--- Page 1 --- --- Page 2 ---
L
3labir Carter arolon
Librany
Brwmn) Hntversity
CII, CHADIENAL ine Colomisle,
Librairie, Aner des torale-Anen uns,
17 Qnai PARIS --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(18)
ROYITET
Député de Bayonne,
CORBUN,
Dépurés
BÉCHADE caeal de Bordeaux.
J. B", NAIRAC;
Député de la Rochelie:
MOSNERON l'ainé, Dépurés de Nantes.
MOSNERON DE L'AUNAY,
Député de P'Orient.
PUCHELBERG,
DE MONTMEAU;
(Députés de Rouen.
DUPONT,
V
DESCHAMPS;
QUESNEL,
Dépurés de S.-Malo.
BODINIER;
BLANCHE,
IDépués du Havre.
LEGRAND;
Déparé de Dieppe.
Louis NIEL;
7 Député de Dunkerque
GOSSELIN;
S de Lille.
Député de Lyon.
TOURXACHON;
DE BRAY,
d'Amiens.
L'ELOGE.
KDéput
JOURDAIN DE
Dépurt'sle Cholet.
LE CoQ,
IJ
t. --- Page 5 ---
B 76. usmo
M E M OIR E
HISTORIQUE
E T
POLITIQU E,
POUR
LA
VILLE
DE
LA BASSE-TERRE,
A
M IARSEILL E,
De PImprimerie de F. BREBION, près la Loge;
prto
179 I. --- Page 6 ---
-
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A AIO
aUDIRO
P
4 - --- Page 7 ---
AN
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M E M . OIRE a
ET o
POLITIQUE
HISTORIQUE
POUR LA VILLEO
ar1.
LA,
G1 10
BASSE-TERRE
DE
SDADTI)
e - ub d8 E
1S4 0: 11:
5 ooitet
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: 0O hbob saoioi 2t ST
ft : 52 3.30 eap lois 2
ne o veut" poinf ckerci2
LA ville de la Baffe-Terre
mais, ellc doit
ni inculper perfonnes,
de prérention,
& juftifier fa condinte envers
défendre fon exiftence, Pune & Tautré: Pour remceux qui ont voulu antaquer
delle 'elle emplir cette iâche d'une maniere font d'une digne utilité commune, 2
brafferatous les objets qui
ne fe rapportent pas
parce que, fes voeux & fecinicràts & à l'ordre general Les
à. elle feule, mais au bien feuls moyen's qu'elle va
& les faits font les
a
dy
principes La certitude des uns & des autres fervira
employer. réfutation aux conjeêtures & aux autres reffourcee e: fh
de
familieres à la malignité,
d'une maniere font d'une digne utilité commune, 2
brafferatous les objets qui
ne fe rapportent pas
parce que, fes voeux & fecinicràts & à l'ordre general Les
à. elle feule, mais au bien feuls moyen's qu'elle va
& les faits font les
a
dy
principes La certitude des uns & des autres fervira
employer. réfutation aux conjeêtures & aux autres reffourcee e: fh
de
familieres à la malignité, --- Page 8 ---
(45.
de Pancien Régime:
TABIEAV
l'ancien régime des
Rien de plus monftrueux & que un Intendant, fouverains
Colonies. Un Gouverneur
lintrigue & la faveur
dans leur partie, 9 nommés ou par à faire leur fortune dans
qu'à réparer
dangereux
;ne fongeant d'une adminiftration palfagere, excrçoieat
le cours dans leur union ou leur divifion,
fur-,
également
bornes. Celle du Gouverneur
autorité fans
s'appeune
abfolument de Tefprit militaire, & fur toutes
zout, tenant impunément fur tous les citoyens Une milice régje
fantifloit claffes de lordre civil & focial. il difpofoit arbiles
a dés places defquelles
de la
a fon gré 2 lui affuroit une obéiffance aveugle étoient fcs
irairement,
des quartiers qui leurs dépardes Commandans
dans
part
& autant de petits defpotes
délégués, temens: f a
le Gouverneur s'étoit
Par un abus bien étrange,, les débiteurs, & d'exé- la
emparé du droit de faire dont payer le foin eft dévolu par
cuter les par corps
ordinaires. Le Gouverneur
juftice à fes-exécuteurs, Commandans des quartiers;
donnoit des ordres aux exécutés fuivant fes caprices.
mais ils étoient éludés ou
fi effentielle de l'ordre d'un
C'eft ainfi que cette partie aux- volontés arbitraires Il
ciyil - a, été. en proic d'abus n'en eft-il pas réfulté! qu'il n'eft
homme. Combien poffible de les définir,
nous. cft bien moins de les concevoir.
civiles
facile à Tefprit milice étoit tel, que les prifons Officiers
L'abus de la
néceffairemenr aux
dont! Tinfpeaion appartient de cette fonétion précieufe,
que la Juftice a chargé Le fort étoit devenu la prifon
n'étoient plus connues.
fur Tordre d'un Général,
citoyens: C'étoit-là que
malheureux habitant
des deux fatellites entrainoient un fein de fa famille; tandis
impitoyablement au orgueillufement des
atraché Thomme favorifé jouiloit
que
les plus légitimess
biens des ctéanciers
ion appartient de cette fonétion précieufe,
que la Juftice a chargé Le fort étoit devenu la prifon
n'étoient plus connues.
fur Tordre d'un Général,
citoyens: C'étoit-là que
malheureux habitant
des deux fatellites entrainoient un fein de fa famille; tandis
impitoyablement au orgueillufement des
atraché Thomme favorifé jouiloit
que
les plus légitimess
biens des ctéanciers --- Page 9 ---
Un citoyen tranquille ts) dans fes
plus à l'abri des coups du defpotifimne. foyers n'étolt 'pas
vu qui ont été enlevés &
N'en a-t:on pas
ait feulement fu les caufes embarqués d'une fans que perfonne
Auprès de qui pouvoit-on réclamer pareille violence?.
attentats ? Les chefs ne relevoient contre de pareils
ils prévenoient leurs viétimes, & les que du Miniftre 5
d'elles-mèmes.
plaintes tomboient
Créatures du Miniftre, ils en
la qu'ils vouloient; ainfi on les a vu obténoient tour Ce
face d'une Colonie, & faire
changer à leur gré
la profpérité publique fuivant pencher la balance de
lieu ou telle ville.
qu'ils favorifoient tel
Un Confeil fouverain compofé
fous tant de rapports de la
d'habitans dépendans
chefs auffi abfolus, leur étoit proteétion fi néceffaire de
caufe de l'homme
entiérement dévoué, La
triompher. La récommandation puiffant ne pouvoit manquer de
l'autre préfidoient au confeil, étoit d'un chef, qui l'un &
fuccès. Quelles lumieres
le gage certain du
apporter des Juges qui ie quelle émulation pouvoient
mois , & qui, dans
raffembloient tous les deux
des travaux continuels Fintervalle, de leurs 2 n'étoient occupés que
C'étoient eux qui
habitations ?
veraineté des
enrégiftroient les actes de foulégiflateurs dans adminifrateurs, & ils étoient
qu'ils défaifoient toute la partie de l'ordre eux-mêmes
Les Jurifdiaions ou traveftiffoient à leur gré. judiciaire,
reufes. Les Juges qu'on inférieures n'étoient pas plus heuleur nomination à la faveur, envoyoit de France devoient
hâtoient d'amaffer une fortune 2 jamais. au mérite. Ils fe
fut. Récommandés par leurs
à quelque prix que ce
vexoient impunément leurs proteéteurs aux chefs, ils
verfations (1).
jufticiables par leurs - malliere. (1) C'étoit Les chefs exerçoierit eux-mêmes une
Is avoient donc ce tous qu'on les appelloit le Tribunal Jurifdiéion du
particupouvoirs enfemble,
Gouvernement.
A3
voient
hâtoient d'amaffer une fortune 2 jamais. au mérite. Ils fe
fut. Récommandés par leurs
à quelque prix que ce
vexoient impunément leurs proteéteurs aux chefs, ils
verfations (1).
jufticiables par leurs - malliere. (1) C'étoit Les chefs exerçoierit eux-mêmes une
Is avoient donc ce tous qu'on les appelloit le Tribunal Jurifdiéion du
particupouvoirs enfemble,
Gouvernement.
A3 --- Page 10 ---
S
(6)
de la plus hotible
étoient la proie
une fontaine où
E *Les finances Un pont, un chemin publique, 2
quelque
déprediation.
moins Putilité l'objet Ne pillage
Sencostieitaen
devenoit
convenance partculilere,
cette caiffe
affreux.
qui préfentoit plus d'abus & que fi elfentielle de
Qu'eft-ce Cette partie précicufe fouvent l'objet du
des libertés?
étoit le plus
Elles étoient
notre ordre politique, de tadmisiniration. d'autres fois
trafic des fubalternes à un prix exorbitant fouvent ; elles étoient
portées quelquefois laiffées gyatitement 5 faveur honorable à
elles étoient de galanterie 5 & cette le prix de Témulation
:un fujet
qui ne devoit être que dimpen(ée fans choix,
Thumanité,
des efclaves 7 ainfi ravalée à leurs
& de Tattachement & fans mefure, étoit Pidée vaine & injufte
fans regle & ne leur préfentoit que
yeux, 2
& de la paffion. d'un
minifdu caprice Telle eft la foible efquiffe Il eft gouvetement facile de concevoir
d'un régime militaire. d'abus & de vexations.
zéricl, combien il devoit engendrer ; les Colonies ne pouSans doute, dans leur autre origine forme de gouvernement aflez de popuvoient avoir aucune
ni
n'ofroient ni affez d'avantages, .
Elles
admettre un autre régime.
lation pour
Nécefité de la. Réyolution:
que les
les Colonies fe font peupléess, font arrachées à la
'A mefure été. que cultivées 5 qu'elles fe
i florifiant &
terres ont
les liens d'un commerce FEurope , T'ordre
Métropole par dans la balance de régime: barbare des
fi prépondérant
, 8. lc à une fociété bien
focial s'eft perfedionné rie pouvoit convenir 43) ertotie 10 B
premiers temps
fous le poids d'un gouorganifée. Tous les Colons gemifoienr de/porique 5 ils foupinoien: auroit après
vernement. vraiment
quand la France D'en
unc nouvelle muations
& A
, T'ordre
Métropole par dans la balance de régime: barbare des
fi prépondérant
, 8. lc à une fociété bien
focial s'eft perfedionné rie pouvoit convenir 43) ertotie 10 B
premiers temps
fous le poids d'un gouorganifée. Tous les Colons gemifoienr de/porique 5 ils foupinoien: auroit après
vernement. vraiment
quand la France D'en
unc nouvelle muations
& A --- Page 11 ---
$z - )
des Colonies.a aureis-demandé
pas changé 9 Tétataduel
an autre ordre de chofes.
C'eft dans ce moment que le peuple françois opprimé
parle fafte & l'orgueil d'une Cour ruineufe., a opéré Thifla-p plus belle révolution qui ait jamais paru dans
toire de lunivers, cet événement a du produire une,
grande. fenfation dans les Colonies., Aj peine a-t-on appris
que la Baftille étoit renverféc,. qu'on a attaquéle coloniales def fe
potifme de toutes parts. Les allemblées,
font. formées 5 elles fe font. prefque toutes le érablies motif,
légillatrices. Une circonfpeétion. légitime a été
de quelques-unes 5 l'ambition, celui de quelques autres.,
le premier temps , l'Affemblée nationale nous
confidérant : Si,dès, comme une partie du peuple françois, nous.
eut participé les. bienfaits de fa fageffe, avec la per-,
miflion d'adopter ce qui nous convenoir 2 & de. lui
qui feroient incompatibles.
repréfenter les-particularités :
Colonies, éclairées
aveç. nos moeurs & nos climats o les
n'auroient, pas été livrées, aux conjectures dangereufes,
des fyftémes politiques. Ellès auroient fuivi une. marche,
stre; elles auroient partagé de bonne heure les offets
falutaires de la régénération.
A
Principe. de 14. nouyelle Conftitution, doprslanature.
des Coloniess.
3 2
Toutes les partics d'un Empire ne. peuvent avoir
qu'une 1
même conftitution. Les, principes dojvent con- étre, :
inviolables, autantquoniformek Ainfi,tout.ce qui
titue le pouvoir légiflatif & exécutif daps. la monarchie
françoife,ne peut point varieraux. Colonies dépendantes. doivent (O ). être,
de la monarchie; les droits. des citoyens. y
les mêmes. Toutes les conditions du contrat focialy
doivent reffortir, pour tous les individns de 20t la, Nation,
françoile. décret des droits de Thomme : texte. (G de Bconc
LLe
A 4
Ainfi,tout.ce qui
titue le pouvoir légiflatif & exécutif daps. la monarchie
françoife,ne peut point varieraux. Colonies dépendantes. doivent (O ). être,
de la monarchie; les droits. des citoyens. y
les mêmes. Toutes les conditions du contrat focialy
doivent reffortir, pour tous les individns de 20t la, Nation,
françoile. décret des droits de Thomme : texte. (G de Bconc
LLe
A 4 --- Page 12 ---
e
(81
les loix faites pae
Htution d'ou ont découlé efsérirablement toutes
le paéte focial
T'Affemblée nationale, c'eft le titre anquel la Nation foufcrit raf-
& fondamental;
s'eft formée, & a droits
femblée dans fecrepréfentans. politique & des
Tengagement facré de l'affociation de la liberté & de légalité civile.
de chacun. C'eft l'aête naturelles ont retenu TAflemblée de
Des confidérations
fa follicitude marernelle
nationale, & ont empéché dans un pays où une foule
faire proclamer ce décret
Tapplication, & cond'efclaves auroit pu s'en arroger humaine en une defde la fagelle
vertir ce monument des Colons & des Colonies.
gruétion totale doute un malheur que les circonftances de
C'eft fans
nous habitons, un titre
aient écarté des régions que
tousles efprits, & la
cette nature: Ilfe feroit n'eût gravédans pas été à la merci des fyf de
fituation des Colonies on a abufé de la prudence
zêmes & des chimeres: donnant une extenfion forcée
TAffemblée nationale, en qu'elle avoit. faite: pour les
& abfurde à Texception
&
Colonies.
les. efprits ombrageux fon
Si pour tranquillife nationale a déclaré , par
alarmés, T'Affemblée
n'a. jamais entendu comdécret du 8 mars >. qu'elle. dans la Conftitution qu'elle - a
prendre les Colonies
il n'en eft pas moins vrai
décrétée pour le Royaume, de Thomme ne devcit nullement
que le décret des droits les Colons s, s'ils n'avoient eu leur à
affeder ni inquiéter
aux dépens de
redouter l'abus qu'on en' exiftence. pouoirfaire Ce décret eft, comme
& de leur
rous les individus
tranquillité lavons dit, le pacte focial de font-ils partié
nous compofent la Nation. Les efclaves qui lui appartient?
Ei de la Nation, foit du territoire éloignés, achetés
Etrangers, tirés des climats les plus
françois, pou:
les' Colons des mains des négocians fait par des
par voient-ils être appellés à ce la contrat, Nation originaire des
hommes libres qui forment
*
& de leur
rous les individus
tranquillité lavons dit, le pacte focial de font-ils partié
nous compofent la Nation. Les efclaves qui lui appartient?
Ei de la Nation, foit du territoire éloignés, achetés
Etrangers, tirés des climats les plus
françois, pou:
les' Colons des mains des négocians fait par des
par voient-ils être appellés à ce la contrat, Nation originaire des
hommes libres qui forment
* --- Page 13 ---
t5)
François (r)? Quand P'Affemblée
légillatif&
nationale; un corpe
ce n'a
fouverain, a décréré les droits de
pu être que dans l'acception
Thomme,
bres de
&
politique des meml'affociation, non
& univerfelle que le philofophe dansl'acception fantaftique
ques efprits égarés
peut y attacher. Queltifme d'une fauffe par la fuperftition ou par le fanafuite abufer de la philantropie 2 ont bien pu dans la
n'altérera jamais dilpofition de ce décret ; mais on
C'eft le contrat focial l'efprit dans lequel il a été diété.
de la Nation françoife, dont
gens de-couleur n'ont jamais fait partie.
les'
droit L'efclavage n'eft point, comme on l'imagine,
arbitraire de vie & de
c'eft
un
néceflaire à l'exiftence des mort;
une condition
loix qui fixent les mefures Colonies, dans
réglées par des
peut difpofer de fon efclave ; & lefquelles un maitre
fort d'un efclave eft plus heureux d'après ces loix, le
point de Colonies fans
qu'on ne penfe. Mais
efclavage. Les differtations Negres 3 point de Negres fans
à Cet égard feroient inutiles.
L'expérience 9 la connoiffance des lieux
ne laiffent aucun doute fur ce
& de l'efpece,
Les affranchis doivent la point.
la vie aux blancs. Ils ne
liberté, & la plupart
tage contre leurs bienfaiteurs. peuvent faire fervir cet avanà afligner que leur
Rien n'eff plus difficile
jouir du bénéfice de place la dans l'ordre civil. Ils doivent
aux yeux de la
loi, & être égaux aux blancs
doivent point fe coafondre juftice ; mais ils ne peuvent, ils ne
dans l'ordre politique. Le avec eux dans la Cité 9 ni
la fauve-garde d'un
préjugé de la couleur eft feul
nombre font d'un feul fyftême côté. ou toute la force & le
Lalfranchifement ne fait pas difparoitre
qui met une féparation invincible
cette teinte,;
d'hommes des
entre les deux claffes
Colonies; & fi les efclaves voyoient
(t) Il feroit facile de prouver cette
matiere d'un trayail particulier,
vérité; mais ce feroit la
ité 9 ni
la fauve-garde d'un
préjugé de la couleur eft feul
nombre font d'un feul fyftême côté. ou toute la force & le
Lalfranchifement ne fait pas difparoitre
qui met une féparation invincible
cette teinte,;
d'hommes des
entre les deux claffes
Colonies; & fi les efclaves voyoient
(t) Il feroit facile de prouver cette
matiere d'un trayail particulier,
vérité; mais ce feroit la --- Page 14 ---
- -
tros
muiromtioient
avec les blancs les affranchis, naturelle & fenfible,
tonfondus aucune difference
de la couleur
à leurs yeux
dès-lors le préjugé
Les
d'avec eux-mêmes
plus de sûreté.
-
& i n'exifteroit
état
sévanouiroit
donc fe tenir dans un
mitoyen affimilés
affranchis doivent les autres. lls doivent être
la
entre les uns &
& aux yeux de la loi; mais
aux blancs en juftice
dans la Cité (1),
politique doit les en féparer effentiels du régime colonial; dans
Tels font les principes confond & bouleverfe
philofophie aveugle
Phomme d'état refpete
qu'une.
mais que
fon zele immodéré, inébranlable de rédifice.
comme la bafe
Colonies doivent être gouvernées, de
A cela près, les regles que toutes les parties de la
fuivant les mêmes Les citoyens doivent doivent y jouir y être
TEmpire françois, & des mêmes droits national, 5 ils
ils, doivent
même qualité Affociés au contrat
le même
auffi libres. mêmes Loix, le même Souverain; ce feroit enavoir les feroit contraire à la liberté;
un maitre.
Roi. Ce
focial, que de leur donner
de,
freindre le paôte des attributs & des prérogatives & conftiparticulier qui jouît cette perfonne 7 une.
Le Roi,
être repréfenté par
la royauté.
9 ne peut
: de
tutive du gouvernement Il eft le dépofitaire fuprême difun fimple citoyen. dépôt facré dont il ne peut
Tautorité 5 c'eft un
diftances, comme tout autre,
& la raifon des
différent pour
pofer 5
les partifans d'un fyttême L'idée du pouvoir.
qu'allepuenr Colonies, eft parfaitemenr vaine.
dans toutes
les
morale. Il réfide récllement Tribunaux judicft purement
exécutifs les
du pouvoir
adminiftratis
les parties
,.les. Corps détails de ce
ciaires, les Municipalités exercent tous les
les Corps militaires" 5
été fait avant qu'on ait eu connoilbnce dans cette
(1) Ce Mémoire a
de TAffembiée Nationale déclarons
d'aucune -des hafard diipofitions nous venions à les heurter,nous EuA
partie. Si par
que c'eft Iinvolontairement,
purement
exécutifs les
du pouvoir
adminiftratis
les parties
,.les. Corps détails de ce
ciaires, les Municipalités exercent tous les
les Corps militaires" 5
été fait avant qu'on ait eu connoilbnce dans cette
(1) Ce Mémoire a
de TAffembiée Nationale déclarons
d'aucune -des hafard diipofitions nous venions à les heurter,nous EuA
partie. Si par
que c'eft Iinvolontairement, --- Page 15 ---
Rars
dont Tenfemble idéal fe trouve dans la perfonne
pouvoir,
la diftance oû il
augufte du Roi. Ainfi, , peu importe
de fon Etat 5
peut fe trouver de telle ou telle partie le lien moral
il y tient néceffairement & fans ceffe par les Colonies
de l'ordre polirique. Qu'on crée donc dans
tous les divers établiffemens qui forment Torganifation établiffe
politique des départemens de France 5 qu'on
des Tribunaux pour rendre la juftice aux Citoyenss
des Officiers Municipaux pour exercer la police, des
Corps adminiftratifs pour régler l'intérieur du département, & une force militaire pour exécurer;le. pouvoir
exécutif fera auffi folidement établi que dans toute
de la Françe, & la fuprématie du Roi
s'étendra autre partie à quelque diftance que ce foit, par la Loi
conftiturionnelle de l'Etat.
Un Citoyen, avec des prérogatives auffi éminentes ,
placé près de tous ces Corps qui releveroient immédia- Un
tement de lui, les corromproit néceffairement. & dont le titre
Monarque 2 au faite de la grandeur ,
eft perpétuel, n'a pas befoin de corrompre un vafte
Empire; & comment le pourroit-il ? 11: n'en eft pas
de même du Gouverneur qu'on envoie aux Colonies
&
fait fervir à fon ambition, ou
paffagérement, 7
qui
lui confie,
à fa fortune le pouvoir qu'on
de fes déléPar-tout où le pouvoir. fera rapproché
gués, ils fe corrompront mutuellement, & il n'y aura
plus de liberté.
:.
touLa nomination du - Gouverneur appartiendra
jours au Roi, c'eft-à dire 2 au Miniftre: Si ce Gouverdécide
définitive du Roi,
neur ne.
qu'avec l'approbation raifon auprès de celui dont il
n'aura:t-il pas, toujours
fera la créature 2.,
miniftériel. Ce
$ 2 Ce fera. donc toujours. un régime
Gouverneur ou ce Repréfentant du Roieft un militaires
fon gouvernement tiendra de l'efprit de fon état.
La: fituation des Colons ne fera donc pas meilleure.
Elle. fera pirc, en: ce: que l'aurorité étant dans. lancien
avec l'approbation raifon auprès de celui dont il
n'aura:t-il pas, toujours
fera la créature 2.,
miniftériel. Ce
$ 2 Ce fera. donc toujours. un régime
Gouverneur ou ce Repréfentant du Roieft un militaires
fon gouvernement tiendra de l'efprit de fon état.
La: fituation des Colons ne fera donc pas meilleure.
Elle. fera pirc, en: ce: que l'aurorité étant dans. lancien --- Page 16 ---
(125 deux chefs, ils pout
entre
ordre de chofes, partagée contraindre mutuellement.
voient s'obferver & fe
feroit maître abfolu.
Aujourd'hui le gouvernement qui font un peuple libré,
Il eft vrai que les Anglois,
de leurs Colonies.
ont établi de même le gouvernement Colonies
ne font pas
Mais qui ignore que les
Angloifes politique de la
librest Si le principe de l'exiftence
& dont le
ifle tres-circonfcrite,
Grande : Bretagne,
a exigé qu'elle charcommerce fait feul la profpérité, qu'elles ne lui échapgeâr de fers fes Colonies, de même peur de la France, dont
pallent, , il n'en eft pas de dans fon territoire des refTimmenfe étendue trouve
un reffort
fources fuffifantes, & dans L'affranchifement TAgriculture de l'Amépuilfant de fa machine.
nous venons d'avancer;
rique du nord juftifie bien ce commerciales que
des Anglois
& fi toutes les poffeflions
c'eft qu'elles n'en ont
n'ont pas fuivi cet exemple, généreufe & franche
pas eu les moyens. La dédaignera politique de parcilles mefures.
de la Nouvelle France
dit elle : même dans fes
L'Affemblée Nationale nous d'être les citoyens libres
Inftruaions : ( Choififlez, de devenir bientôt les efclaves
> d'une nation libre, ou aujourd'hui pour vos alliés. >
> de ceux quisoliriroient
Ce langage n'eft pas équivoque. chofe à exiger de fes Colonies;
La France n'a qu'une denrées & la préférence pour
c'eft le tribut de leurs condition fi effentielle & fi
les fiennes. C'eft cette
qui doit être l'objet
avantageufe pour la Métropole, C'eft un pacte entr'elle &
principal de fon attention. doivent être appellées &
fes Colonies. A ce pacte
de? France.
du Commerce
celles-ci & les Chambres
à refferrer les Loix
Ces derniers tendent toujours autres à les relâcher: C'eft
prohibitives 9 comme les' à tenir un jufte milieu dans
à l'Affemblée Nationale Elle faura difcerner le voeu
oppofées.
du
ces prérentions
des maximes générales
& Tintérêt des Négocians, deux chofes ne font pas les mêmes.
commerce; car ces
ce pacte
de? France.
du Commerce
celles-ci & les Chambres
à refferrer les Loix
Ces derniers tendent toujours autres à les relâcher: C'eft
prohibitives 9 comme les' à tenir un jufte milieu dans
à l'Affemblée Nationale Elle faura difcerner le voeu
oppofées.
du
ces prérentions
des maximes générales
& Tintérêt des Négocians, deux chofes ne font pas les mêmes.
commerce; car ces --- Page 17 ---
(r35
Si lintérêt du Négociant alpire, à exercer une efpece
élever fa fortune particuliere dans
de monopole durée pour de la carriere d'un individu', le grand
la courte
qui embraffe les fiecles & les
fyftême du commerce, contraire une certaine liberté
peuples, réclame au & Pinduftrie. Or, flAffembleé
qui favorife l'agriculture l'arbitre des grands intérêts ; fi c'eft elle
Nationale eft
commercial, c'eft donc de
qui doit diéter ce émanée paôte la Loi que le Roi fanaionfon fein que fera
ceci dans une
nera. Nous ne ferons donc point pour
décrétées
hypothefe différente des autres Loix générales befoin
le Royaume, pour lefquelles il n'eft pas
pour
du Roi. Quand la Loi eft promuld'un Repréfentant doit être exécutée dans toutes les parties
guéc, elle.
de l'Empire.
c'eft une exception
Quant aux circonflances le cri urgentes, du befoin fe fait entendre,
de néceffité. Lorfque
fe raifent. Une feule formalité
lcs conventions Conftatez politiques le befoin par un aête légal, la décifion
fuffit. interviendra fera facrée aux yeux de toutes les
qui
Puiffances. Il'n'eft: donc pas befoin de repréfentant particulier
c'eft-à-dire de la fanétion 2 ni pour les loix
du Roi,
ni pour celles du Commerce,
générales du Royaume,
PAffemblée Nationale,
puifque ces loix font décrétéesparl
& fanétionnées par. le Roi lui-même.
refte
partie de légiflation propre
Il ne
plus c'eft qu'une celle qui concerpe les gens de
aux Colonies;:
des Colons, leur vie,
couleur (1)- Ceci eft lapropriété L'Affemblée Natioleur exiftence phyfique & morale. vérité dans fes inftrucnale reconnoit elle-même cette
aux Colonies
tions. du 28 mars 1790, en annonçant quant au régime
le droit d'exercer un pouvoir l'influence légillatif, peut avoir le
intérieur. Il s'agit de fixer
que
de leur état & de leur condition ; i
(1). Nous ne. parlons que la traite eft une affaire de coms
eft évident que ce qui concerue
merce.
exiftence phyfique & morale. vérité dans fes inftrucnale reconnoit elle-même cette
aux Colonies
tions. du 28 mars 1790, en annonçant quant au régime
le droit d'exercer un pouvoir l'influence légillatif, peut avoir le
intérieur. Il s'agit de fixer
que
de leur état & de leur condition ; i
(1). Nous ne. parlons que la traite eft une affaire de coms
eft évident que ce qui concerue
merce. --- Page 18 ---
colonial dans
du Corps
Gouverneur fur les délilbérations
partie.
; il n'y a point
cette
loi doit être fanéionnée fanétionne dans
Toute
à ce que le Gouverneur du corps colonial ;
dinconvéniens les arrêtés ou décrets
une grande
cette partie avoir aucun droit de yeto.
premier eft
fans
"E
mais
le veto & la fanétion.
différence entre
qu'au Monarque,
volonté fuprème ; elle n'appartient n'eft autre chofe que
une
inceffible. La fanétion
du Corps
& elic eft
imprimé à la délibération c'eft lenlégal
exécutif;
le caraéere c'eft le fceau du pouvoir exécuter la loi.
colonial; qu'il contraéte de faire fanêtion plus convenable
gagement autre forme de
le Corps
Il eft une
; car, dans cette partie, c'eft de préfenter
aux démocraties vraiment démocratique :
recévoit
colonial eft
Paroiffes ou Diftriats; pour la forme
la délibération aux donne force de loi; c'eft
a
leur affentiment quiy les cahiers que la Guadeloupe
a été établie dans
Si ce mode de fanétion dans
qui à TAffemblée Nationale. eft facile de le fimplifier
envoyé compliqué, il
étoit trop principes.
chofe à confidérer;
les mêmes
Nationale n'a qu'une intérieur foient bien
L'Affemblée les limites de cc régime Coloniales ne puiffent
ceft que afin que les Affemblées elles fe préfentent d'ellesmarquées,
Or,
au-delà de ce
point les outre-paller. doivent point sétendre
mêmes, & ne
de couleur.
la Nation
qui concerne les gens
qui empêche que
un
Au furplus 2 qu'eft-ce chargé de forveiller fes intérêts; puille,
n'aiti tici un homme
du Commerce, qui requérir ?
Commifaire protedheur faire des réferves,
toutes les occafions 2
de TAffemblée
dans
au tribunal fuprème
dévolue à
protefter & appeller place eft naturellement mais non
Nationale ? Cette finances de la Marine ,
Tadminiftration des
qui ne doit avoir de aucune faire
Commandant des Troupes;
que celui
au
civile., aucun Pouvoir
fonation
exécuter.
aiti tici un homme
du Commerce, qui requérir ?
Commifaire protedheur faire des réferves,
toutes les occafions 2
de TAffemblée
dans
au tribunal fuprème
dévolue à
protefter & appeller place eft naturellement mais non
Nationale ? Cette finances de la Marine ,
Tadminiftration des
qui ne doit avoir de aucune faire
Commandant des Troupes;
que celui
au
civile., aucun Pouvoir
fonation
exécuter. --- Page 19 ---
(15)
mefures une fois prifes 2 le fyftême poli:
Toutes ces
Elles jouiront de toute
tique des Colonies fera parfait.
elles feront
la liberté dont elles font fufceptibles; aujourd'hui
affimilées à toutes les parties d'un Empire & la prof;
heureux & libre; elles feront floriflantes >
périté nationale en réfultera.
-
dans la formation des cahiers.
Accord parfait
les idées qu'on s'étoit forTelles étoient a-peu-près de
lorfque les Colons,
mées d'un nouvel ordre chofes',
s'affembrifant leurs fers aux bruits de la Révolution, Alors un même
former leur conftitution.
blerent pour
fentiment les animoit. On prévint
efprit. 2 un même
Nationale 5 & on fit en peu
l'attchtion de l'Affemblée
ces cahiers qu'elle
de temps ce plan de conftitution, fon décret du 8 mars de
nous a demandé depuis par
que foit cet ouvrage,
Pannée derniere. Quelqu'informe
Tinftinét
fait fans autres lumieres, fans autre: guide la que Guadeloupe
de la régénération, il a préfervé
puiffant & des troubles qui ont agité les autres ifles-,
des maux
voulu
à ce même travail dans
lorfqu'ellés. ont
procéder de vertige & de difcorde s'elt ré-
-des-temps.ol l'efprit fein. Au: moins il - eft la preuve de
-pandu dans leur
qui régnoient parmi nous à
T'harmonie & du concert
scette époque:. a
:C
2 Troubles de la Pointe-d-Pitre.
tousles fondemens
Te Cependant la févolution ébranloit
faut
fyftême: C'eft dès 'ce moment-qui
dé Tancien
pour obferver
avoir Toeil Tur la ville uels'Batte-Terre, dela révolution
"le tole qu'elle a joué depuistorigine
:
sraS
jnufuatioundhul miniftériclle étoit, que fes Américains
La politique dans chaque' Colonie qu'un lieu pour
du nord n'euffent
Cer entrepôt avoit été fixé
y verfer leurs. cargaifons: Cette faveur fembloit lui avoir été
a la Balle-Terre.
dé Tancien
pour obferver
avoir Toeil Tur la ville uels'Batte-Terre, dela révolution
"le tole qu'elle a joué depuistorigine
:
sraS
jnufuatioundhul miniftériclle étoit, que fes Américains
La politique dans chaque' Colonie qu'un lieu pour
du nord n'euffent
Cer entrepôt avoit été fixé
y verfer leurs. cargaifons: Cette faveur fembloit lui avoir été
a la Balle-Terre. --- Page 20 ---
116)
tandis que la Pointe-à-Phre;
accordée pour la foitenir; & fon Port, qui y attirent
heureufe par fa fituation
fleuriffoit par fes propres
tout le commerce européen, nom de liberté fe fut-il fait
avantages. A peine Pointe-à-Pitre le
réclama avec force
entendre 2 que la
Quelques hommes qui parV'entrepôt des Américains. firent
cette
Ville 2
imperieufement
loient au nom de la
une fermentation violente
demande. En même temps Pitre contre le Commandant de
s'élevoit à la Pointe-à
fut obligé de s'y
M. de Clugoy
la Grande : Terre:
à fauver M. Darot du fort qui
aranfporter 2 & parvint à la demande de l'entrepôt 9
Quant
la Colonie
.le menaçoit.
Téluda, en affemblant du.l Roide
M. le Gouverneur
par T'Ordonnance
fuivant le mode prefcrit devoit être pour la Pointe-aPitre; à
1787. La majorité
abandonnera des: queftions
car toutes les fois qu'on des hommes, 7 elles feront bientôt
Fintérêt particulier
nombre de paréfolues. Or, il y. avoit un plus grand fût placé à la
intéreflécs à ce que Tentrepôt
fans doute
roiffes
M. le Gouverneur prévoyoit fur lui de
Pointe-à-Pitte. mais il ne vouloit pas prendre Roi.
tout cela 3
fixé par la volonté du lieu ordidéplacer un entrepôt fe forma à la Bafle-Terre,
beauL'Affemblée féances. On ne put point s'entendre;
naire des
voulurent avoir auffi les Américains. nécefité
coup de Diftrias
ici les objets de premiere avoir
Cette Nation apporte nous. fournir; mais après
que la France ne peut ou ils en emportent la ils valeur emvuidé leurs cargations,
le pays 9 ou bien
en efpeces > ce qui appauvrit locales, ce qui fait tort au com- font
portent des denrées L'un & l'autre de ces inconvéniens conmerce deFrance.
Le dernier parut le plus le
inévitables & nuifibles. c'eft pourquoi il réduifit
fidérable au miniftere Port, 5
qui étoit ordinairement
à un feul
facile de le fur-
: commerce
qu'il fat plus
du cheflieu, 2 pour
- celui & de prérenir les abus.
fervit d'exemple
2 veiller
de la Pointe-à-Pitre
aux
La prétention
& l'autre de ces inconvéniens conmerce deFrance.
Le dernier parut le plus le
inévitables & nuifibles. c'eft pourquoi il réduifit
fidérable au miniftere Port, 5
qui étoit ordinairement
à un feul
facile de le fur-
: commerce
qu'il fat plus
du cheflieu, 2 pour
- celui & de prérenir les abus.
fervit d'exemple
2 veiller
de la Pointe-à-Pitre
aux
La prétention --- Page 21 ---
17)
aux autres Diftriêts qui la' formerent
&
avoient tout autant de droit
auffi,
qui
circonftance
que cctte ville dans la
préfente. La Baffe-T Terre
droits avec la Loi qui étoit
elle.
défendir fes
& l'Affemblée fe
pour
On fe brouilla,
n'eft
fépara fans avoir rien réfolusfi ce .
que chaque Paroiffe nommeroit des
pour faire leurs cahiers fur les voeux & Eleéteurs,
dont leurs conftituans les chargeoienr, & demandes -
puter les porteurs de ces cahiers à l'Affemblée pour dé
nale. Pour cette fois on indiqua le licu du Natiovous au petit Bourg, pour partager le
rendezles deux villes. Le- levain fermenta différend entrè
produifit une fcifion ouverte
avec force, & il
Terre, entr'elle & la
& jorée par la - Grande
Baffe-Terre. Cette fciffion
par divers traits qu'il eft inutile de
éclatà
Heureufement TANemblée des Eleétcuirs rappèller.
au perit Bourg. Dès la premiere
fe: forma
de la Baffe-Terre
fcance; un Dépuré
abjura avec véhémence la
fciffion, & entraîna tous les" coeurs. Mais
fatale
coûta à la Baffe-Terre le facrifice le
cette paix
de l'entrepôt des
plus cher, celui
Amériquains.
qu'on eût fait valoir, elle avoit la Quelques Loi
Iraifons
julqu'à ce-q que cette Loi'edt éré
pour elle;
fans doute bien fondée à défendre révoquée, elle étoit
exiftence. L'autorité
les droits de fon.
Certe fubverfion-? M. fur-tour de'
pouvoir * elle confentir à
illégal & illicite.
Clugay fanétionna cet arrêté
C'eft de Ce moment que PAffemblée eut
tendre à la fouveraineté. Un
Pair de pré
du quartier de
dépuré de la Grande-Terre
TAnfe-Bertrand, M. du
pofa aux Eleéteurs quin'étoient
Bondoire, procahiers, & dé nommer des
chargés que de faire des
fe déclarer Affemblée générale Députés pour Frarice, de
fut propofée à la ville de la coloniale. Cette queftion
verneur avoit établi dès
Baffe-Terre, ot le Gou:
fort prudente & fort
lorigine, & par une politique
qu'à la Pointe-à-Pitre, habile, un Comité municipal, ainfi
Ce corps devoit recevoir tolis les
B
Bondoire, procahiers, & dé nommer des
chargés que de faire des
fe déclarer Affemblée générale Députés pour Frarice, de
fut propofée à la ville de la coloniale. Cette queftion
verneur avoit établi dès
Baffe-Terre, ot le Gou:
fort prudente & fort
lorigine, & par une politique
qu'à la Pointe-à-Pitre, habile, un Comité municipal, ainfi
Ce corps devoit recevoir tolis les
B --- Page 22 ---
(18)
Le
révolution, & garantir le Gouverneur. la
chocs, de la,
de Ja Batle-Terre trouva prétenComité municipal Bondoire exceffive.
tion, de M., du
pour confulter les Paroifles,
L'Allemblée fe fepara
Ssajouran à la Baile-Terre. eut de nouyeaux mouCelta.peu.psts alors qu'il à y l'occafion de quelques
xemens à la Pointe-aPiure, faits à un foldat qui portoit. une Il
mauvais, traitemens différente de celle de la troupe. fut
cocarde nationale rumeur; rAflemblée coloniale T'ordre.
y eut une faire grande deux députations pour ramener s'affembla.
obligée de entrefaites, le Confeil fouverain qualité,
t: Sur ces
qui, en cette laquelle,
dans
la Cour, fit une mercuriale, tenu une conWitreeNce
prélidoit diftinguer la Bafie-Terre qui avoit deux villes d'avoir
fans
il taxoit les
de la
duite- très - réguliere, publique. Les citoyens de cette
attenté à la tranquillité alairmés & offenfes
à la
Bafle - Terre, juftement auffi-tôt une requète rendu up
incolpation, préfenterent fe rétracta, & il fut
Cour. M: de Viévignes fatisfaction entiere à, cette ville.
Arrêt qui donna
contre la Bafe -Terre. -
Projets
fans motifs. M,
-. Tontes, ces atteintes n'étoient biens pas dans le déparr
de Clugny, qui poffede de.grands vouloit élever la Pointe-a
tement de la Grande-Terre, Bafle-Terre.
dela
Pitre au préjudice
Hiforigue de cette Ville.
fondée en mème-temps les
La ville de la Baffe-Terre,
fous rous
la Colonie 2 eft recommandable la plus ancienne & la
que de vue. La Guadeloupe,
fut toujours enviée
points confidérable des Ifles du vent, qu'elle eut à fourenir
plus
Les diverfes atraqucs la
fleur
des Angloistandis que Martinique
arrêterent fes.progrès,
a
ela
Pitre au préjudice
Hiforigue de cette Ville.
fondée en mème-temps les
La ville de la Baffe-Terre,
fous rous
la Colonie 2 eft recommandable la plus ancienne & la
que de vue. La Guadeloupe,
fut toujours enviée
points confidérable des Ifles du vent, qu'elle eut à fourenir
plus
Les diverfes atraqucs la
fleur
des Angloistandis que Martinique
arrêterent fes.progrès,
a --- Page 23 ---
riffoit. Une politique mal-entendue (79)
foumit à Cette Ifle, qui s'énorgueillit des Miniftres la
autrès Antilles: Le
des tributs des
commerce de la Guadeloupe, gouvernement, furent les finances, 3 le
Martinique, tandis qu'une Mle Angloile, abandohnés la
à la
les fepare 7 &t intercepte naturellement' Dominique, 9
opérations cIl temps de guerre, & favorife toutes les
interioqué en temps de paix.
lecommerce
Ie Cctte dépendance , fi nuifible aux
dont la France n'a pas encore
progrès d'une
toute la valeur, doit être
pu bien connoitre
d'une Nation libre qui examine rompuc par les Repréfentans
& entend mieux fes intérêts, La elle-méme abjourdhui,
plus grande étendue, une meilleure Guadeloupe offre une
climat que toutes les Ifles du vent. terre & un meilleur
La Pointe-3-Pitre, fortie depuis
marais, eft fituée dans l'enfoncement péu du fein des
de lIfle, feparées par la riviere falée, der deux Parties
chofe qu'un bras de mer fort égroir & qui n'eff autre
pofition lui donne uin port commode, fortlong- Cette
difficile & peu profonde ne
maisdont l'entrée
de guerre de paffer.
permer pes aux, vaiffeaux
fituation
L'avantage de Ce Port & fa
attirent le commerce, qui
propre
avec plus de' fuccès ; mais clle'ef y Acutira toujours
de marécages qui rendent lair' -
entironnée encore
d'eau, & fon terroir entiéreméni petr BRSNAYEI point
toute la Grande Terre, qurn'ef découcerit a Iv ainfi que
ne préfente aucuge
pelqueReuhe
€ La côte de réfiftance à l'enneni. 51 plaines
la
s'étend en fe
Guadeloupe 2 pro,rement dite 2
accès
Prolongeant par diverfes
difficile, & offre à fon extrémité montagnes d'in
fonde & immenfe, ot tous les
une baie r
proment & . mouillent à labri de bâimens entrent facileL'air y . eft très-pur, les eaux prefque tous les vents.
les reffources de la vie' en
abondantes; toutes
le feul point de défenfe de la Colonic. grande affluence. C'eft
Plus la Nation
B2
accès
Prolongeant par diverfes
difficile, & offre à fon extrémité montagnes d'in
fonde & immenfe, ot tous les
une baie r
proment & . mouillent à labri de bâimens entrent facileL'air y . eft très-pur, les eaux prefque tous les vents.
les reffources de la vie' en
abondantes; toutes
le feul point de défenfe de la Colonic. grande affluence. C'eft
Plus la Nation
B2 --- Page 24 ---
(20)
plus elle
Himportance de la Guadeloupe; eft-il le chefconnoitra
ce pofte. Auffi
les
fera portée à foutenir
les troupes, les
lieu; c'eft-là que le gouvernement, la-Cour d'appel & tous
finances, les hopitaux, font placés.
érabliffemens principaux
expofte aux attaques
Cette pofition l'a toujours l'ont allégée en 1691 7 en
l'ennemi. Les Anglois
été repouffés par la
de
Deux fois ils ont
en der1703, en 1759:
Ils ne l'ont emporté
feule valeur de fes habitans. & vigoureufe réfiftance,
nier lieu qu'après une longue honorable. C'eft chez ces
la capitulation la plus
& traités, que
& par
les foldats étoient logés dans fes murs.
citoyens que dépofoient les bleffés. C'eft
la courfe
les efcadres
pour la guerre & pour Iile qu'avec
que les expéditions Les Anglois ne rendirent cette fe flatter
fe failoient.
& l'on ne doit point cédaffent.
le plus grand regret, ils la reprenoient 2 ils la
ne
que fi jamais
la fidélité des Guadeloupiens
Quoi qu'il en. foit,
la
s'eft jamais démentie. le plus cher cet amour pour
La Bafle-Terre paya fois incendiée 2 & fes alentours,
patrie. EHe fut trois auffi anciens que la Colonie 2
ravagés. Ses habirans,
& l'on peut
font attachés à cette terre éloignée, les peres des
fe
les confidérer comme
véritablement
originaire de la Guadeloupe. fa faveur,
Colons, le peuple
réclamoient en
Tels font les titres qui
de Gouverneuf.,
M. de Clugny arriva en qualité à la Grande-Terre,
lorfque
Poffeffeur de biens confidérables à favorifer la Pointe-a-Pige,
fon intérêt devoit le porter ou les Généraux jouiffoient d'un foudans un temps fur-tout abfolu auprès du Miniftre
pouvoir & d'un crédit
de fon admi-:
Les commencomens
la,
verain des Colonies.
il prédic
annoncerent cette . difpofition;
niftration ruine dc la Baffe-Terre.
lui fut ôté,
En effet, T'entrepôr des Amériquains Ce ne fut que;
être tranfporté à la Pointe-a-Pitre. ouvert les jeux au
pour tant de confidérations eurent
quand
-tout abfolu auprès du Miniftre
pouvoir & d'un crédit
de fon admi-:
Les commencomens
la,
verain des Colonies.
il prédic
annoncerent cette . difpofition;
niftration ruine dc la Baffe-Terre.
lui fut ôté,
En effet, T'entrepôr des Amériquains Ce ne fut que;
être tranfporté à la Pointe-a-Pitre. ouvert les jeux au
pour tant de confidérations eurent
quand --- Page 25 ---
tarj
Miniftre, qu'il fut replacé dans fon premier
:
Le
fiege.
Gouvernement, l'Intendance & le Confeil
voient fuivre le même fort. Ainfi, un Gouverneur habi- detant de la Grande-Terre auroit dépouillé infen@iblement
une Ville précieufe à l'Ile dont elle eft le boulevard.
La révolution fembloit devoir favorifer ces vues. Un
fyftéme de liberté ou d'une majorité
donnoit l'effor-à des idées nouvelles. Ainfi, mal-entendue, le
aéte de cette révolution
premier
2 fanctionnée par les adminiftrateurs 2 fut le partage de l'entrepôt, malgré la Loi
qui le fixoit exclufivement à la Baffe-Terre :
parfaitement vrai, puifque la
partage
fait au vent de la
Pointe-à-Pitre 2 teut-àqu'elle rejette.
Balfe-Terre, ne laiffe aller que ce
Ainfi, le Commifir-Ordonesrmur avoit inculpé la
Baffe-Terre, le Confeil, l'Affemblée
avoit teou la conduite la plus fage & la 2 tandis qu'elle
Ainfi, l'on prit un foin extrême à plus tranquille.
mouvemens de la Pointe - à - Pitre, affoupir & l'on tous chercha les
bientôr à provoquer la Baffe-Terre par tous les
poffibles. C'eft ce qui juftifiera la fuite des événemens. moyens
Décrets G Infirudions de PAfembléc Nationale.
Mouvemens fimultants.
Nos Cahiers étoient faits, 2 nos Députés
calme regnoit, lorfque le Décret da 8 partis; le
Inftructions qui
mars & les'
ceuvre bienfailante laccompagnoient de la
font arrivés. Cette'
tionale,
tendreffe de TAffemblée Nadifcorde & par du un effet incroyable, a été le fignal de la
trouble dans'les Colonies. I
On a vu en même temps à St. Domingue, à la
Martinique, à Ste. Lucie, à la
cabale divifer les citoyens:" Un
Guadeloupe 2 la
métamorphofé certains individus changement fubit a
connoitre. L'ancien
au point de les mérégime, déguifé fous tant de traits,
B: 3
Affemblée Nadifcorde & par du un effet incroyable, a été le fignal de la
trouble dans'les Colonies. I
On a vu en même temps à St. Domingue, à la
Martinique, à Ste. Lucie, à la
cabale divifer les citoyens:" Un
Guadeloupe 2 la
métamorphofé certains individus changement fubit a
connoitre. L'ancien
au point de les mérégime, déguifé fous tant de traits,
B: 3 --- Page 26 ---
-
C
t) 1
Tous ces mouavec plus de vigueur. en même temps aux
fe reproduifoit concertés, & répandant à la même époque dans un.
vemens qu'on a remarqué avoient fans doute
agitations partie de la France, devoient aboutir à une
certaine
Tous ces fils
même principe. dirigeoit.
fource
main qui les
les troubles des Colonies, la réaétion,
Il eft certain que
; devoient, par
capable
du commerce fecouffe à TEtat,
&
principale
porter une
de Tédifice 2
de celui-ci, les nouveaux fondemens des ennemis de la révodlébranler. aux infenfés projets
favorable.
duffent être les effets
lution. toutes les manieres, quels que à la France.,. il étoit,
De mouvemens par rapport la localité 7; on fit une
de ces
fous le prétexte de
à. légard des
pofible que
de la régénération
mus les,
des principes
que furent
exception C'eft par cet efpoir
coloniale.
Colonies.
efpece de conre-ressietiona que la,
auteurs d'une interpeéterent la Déclaration. Nationale avoit;
C'eft ainfi qu'ils
de PAffemblée en, difant G qu'clle,
prudence indulgente fon Décret du 8 mars 2 les Colonies dans
diétée dans
entendu comprendre
>. Fameux
> n'avoit jamais décrétée pour le Royaume titre du Citoyen
> la Conititution des Droits de Thomme repoullé, 2
2 parce que la
Décret ! vous fûtes méconnu, Nationale daigna avoir
François de TAifemblée
dans un pays
la fageffe
proclamation
upe Loi,
difcrétion, d'en épargner.la, d'efclaves edt pu Satribuer do. contrati
où une multitude pour toutes les parties C'eft ainti,
qui n'étoit faite que les membres de la Cité & fagefocial, 5 pour de tous la bonté d'une mere tendre, yolevent : &,
qu'on abufe
les. nuages,
les, corC'eft en ce moment.que côté de. Thorifon. Toutes
de l'autre
touses.les Huiflances:
repalfent tous les Perfonaagess
L,es lnlituchions,
porations 9
courage. conwecation:
de T'ancien régime Gouicinenr reprennent unc nouvelle dans, fon
enjoignoiens au Loin de, fe tenir. tranguille
de TAffemblée.
vent : &,
qu'on abufe
les. nuages,
les, corC'eft en ce moment.que côté de. Thorifon. Toutes
de l'autre
touses.les Huiflances:
repalfent tous les Perfonaagess
L,es lnlituchions,
porations 9
courage. conwecation:
de T'ancien régime Gouicinenr reprennent unc nouvelle dans, fon
enjoignoiens au Loin de, fe tenir. tranguille
de TAffemblée. --- Page 27 ---
()
sourernement; le
ilfe tend àla
délai de la convocation, Ce"n'eft Grande-Terre pendane
d'cff un habitant qui tient
& plus un Gouverneurs
les habitans par fes
au'pays a'lac clafe de rous
e Tout change; grandes pollefions.
o :
de la révolution." La on'ne défiance parle plus le premier: langage
parmi les citoyens : les'uns-font & la' divifion fe gliflent'
lesia autres de patriotes
a
quabties-dwrfsrares
C'eft far-tont àlai PointeaiPitre erirages!
digieux changement. L'elrir'd dominant quéclate ce proTerre gagne Jes
alla Grandes
aux difpofitions des Negocians, habitans. 2 dont lafortune: eff liée
dans lorigine de la Révolution, Ces mêmes' Hommes qui,
de la caufe publique
avoiert' été le's organcs'
Amériquains, font facrifiésau 7 pour réclamer Témtrépor dest
pour avoir ofé s'élever contre-des reflentiment de Paurormé,
dans la fociété.
diftinchions odieuifes
Quatre citoyens font arrachés de
avec violencc devant le comité
leurs foyers, traduits
les arrêter fans une dénonciation municipal, quife refufe à
au'n milieu des outrages & des
; conduits malgré cela
des cachôts pour le feul : crime violences, - & jerié dan's
lution. Trois autres citoyens d'avoiralime Ja Révost
qu'en'abandonnanr leor domicile n'evirent Jel même fore
des proferits: Ce fonr des haines , &F fuyahr comme
daifent ces attentats:
particulieres qui
: La vieille!
pro.!
manceuvres." Elle juftice ferme femble liguée avec" de pareilles
arreftation. On
T'cell fircerre illegale & affrcufel
forge une procédure,le
remplit de fes charges le greffe criminel. parti dominant
ighorant'ou' emportépar fa paffion
Le juge"
Les malheureux languiflent dans les commer'des nillités,
refait la procédure monftrueufe & ferss tandis qu'on
eux fe métier d'informer & d'inftroire. 7
qu'on apprend fur
combé fous le poids de l'inimitié &'
Ils auroient fucle'cri de l'indignation éclatanr
dela vengeance, fi
de l'Affemblée de la Colonie, n'ent" aux' prèmierés féances.
enlevé ces victimes
B 4
les commer'des nillités,
refait la procédure monftrueufe & ferss tandis qu'on
eux fe métier d'informer & d'inftroire. 7
qu'on apprend fur
combé fous le poids de l'inimitié &'
Ils auroient fucle'cri de l'indignation éclatanr
dela vengeance, fi
de l'Affemblée de la Colonie, n'ent" aux' prèmierés féances.
enlevé ces victimes
B 4 --- Page 28 ---
-
(24). auffi abufive que ia.
aux mains d'une juftice
Innocentes violence qui les avoit préfentées. dépurés de cette même ville fein
Il n'eft point ju/qu'aux ne foient recherchés au des
de la Pointe-a-Pie , Coloniale. qui
Ces coopérateurs
même de TAffemblée
une députation particuliere
cahiers font attaqués par Ils quittent leurs fonêtions
d'une Affemblée primaire. en juftice réglée ceux mêmes qui
Honorables, pour poufuivre oilenfes; ce font ces
les ont auffi publiquement leur place. Enfin un nouveau
hommes qui : prennent préfage de finiftres changemens. dans fon gou-:
choix de dépures de fon côté revient
toutes les
Le Gouverneur cette tournée. Il s'arroge
fes
vernement après
du Roi ; & confidérant
fonétions du répréfentant définitive & conftitationnells, droits.
inftruétions comme uneloi & fait décheoir de fes
fe
au Confeil ,
fi dès Ce moment
il préfente fon collegue, comme
Tadninihrateur été abfolu & unique Chef.
rAffemblée tenoit
il eût
des chofes, lorfque
Elle
-
étoit l'état
des inftruétions.
- Tel féances conformément au veeu des paroiffes. Un
fes été maintenuc par la majorité avoit fixé.le lieu des
avoit Arrêté de cette Affemblée Mais fous divers prétextes
premier. féances à la Bafle-Terre.
faveur du Général,
on agita cette queltion.La la
com2
fpécieux,
plus.grande
de la Pointe-a-Pure, : donnerent la.prè-,
Tintrigue
des députés 2
de toutes
modité ou proximité d'ailleurs, au moyen
férence à cette ville 2 qui paroiffoit convenable au plan, bicn,
les violences exercées, On fit cependant un Arrêté C'eft
qu'on fc propofoit. la fin des feances àla Bafife-Terre. fut
effentiel avant
La motion
pourtant
des cahiers.
avoit été formé par
la confirmation détruire un ouvrage qui
fanationné
faite de
de la Colonie 2
Affemblée générale
toutes les paroilles,
une
adopté par
en étoient les,
par les adminiftrateurs, France avec les députés qui
fi cette,
& rendu en
étoit fait de la Guadeloupe 5
porteurs. C'en
avoit réuffi.
motion dangereufe
effentiel avant
La motion
pourtant
des cahiers.
avoit été formé par
la confirmation détruire un ouvrage qui
fanationné
faite de
de la Colonie 2
Affemblée générale
toutes les paroilles,
une
adopté par
en étoient les,
par les adminiftrateurs, France avec les députés qui
fi cette,
& rendu en
étoit fait de la Guadeloupe 5
porteurs. C'en
avoit réuffi.
motion dangereufe --- Page 29 ---
1 25 )
delarévolution:
contre-pied
Tout paroiffoit prendrele fe faire le même changement par
Il dut néceffairement
rapport à la Martinique.
a eu avec les affaires de la
Rapport que la Guadeloupe
Martinique.
long-temps cette Ifle', autrefois floriffante ,.
Depuis
inteftines. Une Affemblée
étoit en proie aux diffentions
un hommc d'une
de l'efprit de laquelle s'étoit emparé
de dif-,
affichoit un fyftème
éloquence dangereufe 2
Elle
tination, une morgue & un orgueil inconcevables.
hafarda même quelques coups d'autorité dont préjudiciables: la popuLa ville de St. Pierre,,
au commerce. confidérable époufa avec chaleur les prin-,
lacion étoit
9 Elle eut de bonne heure une -
cipes de la régénération. défendit fes droits. Un premier
Municipalité ; elle
s'accommodant fort bien.
Général, militaire abfolu 2
s'unit intimement à
du fyftême de cette Affemblée de l'une 2 & le defpotifme de
elle. L'efprit fyftématique
de la Révolution.
l'autre s'éloignoient également la cocarde nationale
Deux officiers oferent méprifer Pierre fut furieux. Cette
au fpeétacle. Le peuple de St.,
avecles Bourgeois.
querelle entraîna celle de la garnifon
La troupe
Il penfa y avoir beaucoup de fang répandu. fembloient
fe retira au Fort-F Royal. Les difpofitions Pierre. Elle viot
contre la ville de St.
menaçantes fecours de PAfemblée Coloniale de la,
folliciter les
confidération la.
Gaudeloupe. Celle-ci prit en grande
de fes memdemande de cette ville. Elle députa quatre Une troupe
bres 2 & M: de Clugny les accompagna. démarche réuffit fort
de volontaires les fuivit 5 cette
à la ville de St.:
bien. On rendit une juftice complette
à la GuaPierre, & la députation revint triomphante
deloupe. n'avoit
la bleffure du moment 5
Mais on
guéri que L'Ailembléc perfifta dans
le germe du mal fufibftoit.
. Elle députa quatre Une troupe
bres 2 & M: de Clugny les accompagna. démarche réuffit fort
de volontaires les fuivit 5 cette
à la ville de St.:
bien. On rendit une juftice complette
à la GuaPierre, & la députation revint triomphante
deloupe. n'avoit
la bleffure du moment 5
Mais on
guéri que L'Ailembléc perfifta dans
le germe du mal fufibftoit. --- Page 30 ---
(26)
par MF de
M. de Vioménil fut remplacé on le fit paffer pour
fes principes. On. rendit celui-ci fou, ou
C'eff
Damas.
une machine gousernoit. véritatel; & en attendant, TAilemblée, qui exerçoit
dans cet interim que
ariftocratique e, ne' garda
Blement un. goluvernemient la fouveraineté, appuyée
de mefures. Elle s'arrogea des forces & des forteplus
exécurif; & fiere
elle eut même
du pouvoir milieu defquelles elle: fiégeoit,
au
reffes
d'armer des gens de couleur pour intimider
Timprudence Pierre qui étoit laife de fes vexations, faifoit
la Ville de St.
follicitations qu'on lui
avoit réfifté aux
dont elle:
& qui
à des délibérations'
pour la faire- participer
devoit être la viétime.
de couleur, par une partie
des gens
*
Cet. armement même pays contre Tautre's jétta endes ciroyens d'un les Golonies. St: Pierre eut en
l'alarme dans toutes
L'Alfemblée étoit
core recours à la Guadeloupe.
la repréfenroit
& le Comité peneniCobetan fes alarmes.
vacances, de St. Pierre lui porterent s'affembla
Les Comité députés Municipa! de la Baffe-Terre 11 n'y. eut qu'un
Le
les deux Comités fe réunirent. Tous * les' citoyens
aufli 5 avis, un cri' d'indignations M.
même
courir aux armes.
Dugommier de ie
braloient de St. Louis, député à TAflemblée caufe de la'
Chevalier de
dévoué à la
Guadeloupe 7 & entiérement Commandaiir desVolon-"
révolution, étoit proclamé dans le lieu de'la féance.
taires. M. de Clugny parut que fa prefence pouvoit
avec raifon ,
IP fut prié d'ac:
On penfoit, beaucoup dans cette affaire. Comités avoient
opérer
les dépurés que les deux des' Volontaires:
compagner & de conduire la Troupe à fes ordres, & il
choifis ,
tous de fe conformer Au même inftant, il.
Ils jurerent cette charge intéreffante. armes & des muni--
accepta diftribuer aux Volonratresides
devoit récevoir'
fit
la Frégate qui
tions 2 & fit appareiller
des
tôut fon monde.
On fe: pénétra
& On fe rendit à Sainc-Pierre
dépurés que les deux des' Volontaires:
compagner & de conduire la Troupe à fes ordres, & il
choifis ,
tous de fe conformer Au même inftant, il.
Ils jurerent cette charge intéreffante. armes & des muni--
accepta diftribuer aux Volonratresides
devoit récevoir'
fit
la Frégate qui
tions 2 & fit appareiller
des
tôut fon monde.
On fe: pénétra
& On fe rendit à Sainc-Pierre --- Page 31 ---
(57)
plaintes & des récits touchans que fit la Municipalieés
Jamais des freres ne furent accueillis plus terdrement fe
d'autres freres. Les députations & le Général
par rendirent de là àla Ville du Fort-Royal. Le Comité de
par: le même
la Colonie 9 perpétuellement prélidé
le
haut
homme M. Dubuc
leur fit l'accueil plus
2 fier. Pendant fils, plufieurs jours que les Repré
& le plus
d'infpirer les
fentans de la Guadeloupe effayerent
de la régénération, le Comité de la Martiprincipes perfifta dans les fiens, & le réfultat dc plufieurs
nique
furent faites fucceffivement à St.
démarches qui
Pierre & au Fort-Royal, ne fut autre qulune promeffe
refpective de ne point fe nuire.
Volontaires & le
Les députés de la Guadeioupe, 9 les
Général, roujours d'un parfait concert; fe retirerent,
& M. de Clugny reçut, en arrivant dans fon Gouver-4
les félicitations les plus vives & les bénédicnement, tions de tout on peuple. Ce fut alors que la BaffeTerre fut la premiere à voter fa continuation, à laquelle
accéda la plus grande partie des Paroiffes.
les
Le patrioti(me de cette Ville oublioit faciicment
torts que le Gouverneur habitant de la Grande-Terre
avoit voulu lui faire. Pourquoi ces voeux, ces tranfports
n'ont-ils pas toujours été mérités ?
Toutes les expéditions faites àla Martinique portent
jufqu'à préfent le caraétere de la parfaite harmonie
qui regnoit dans notre Ifle. C'eft à peu près à cette:
le principe de la divifion germe & fe
époque que:
répand dans les Antilles.
La. Martinique reçoit auffi le décret do 8 mars 5
Tinterprétation de cette loi excita de nouvellcs divifions
entre la ville de St. Picrre & TAffemblée de cette Ifle: 7
C'eft fur ces: entrefaites qu'une émeute der gens de!
couleur, àl'occafion de la proceffion de la Fête-Dieu,!
jette J'alarme à St. Pierre ; dans le premicr mouvement, quelques : uns. d'eux font arrêtés. & pendus.
Les ciroyens honnétesarrétentle cours de ces.horreurs. z
ita de nouvellcs divifions
entre la ville de St. Picrre & TAffemblée de cette Ifle: 7
C'eft fur ces: entrefaites qu'une émeute der gens de!
couleur, àl'occafion de la proceffion de la Fête-Dieu,!
jette J'alarme à St. Pierre ; dans le premicr mouvement, quelques : uns. d'eux font arrêtés. & pendus.
Les ciroyens honnétesarrétentle cours de ces.horreurs. z --- Page 32 ---
( 28 j
forièux:
fruit de la terreur ou de la licence de quelques le
Coloniale, le Général, 2
Régiment
L'Affemblée
occafion d'exercer leur reffenfailiffent ardemment cette Toutes les forces de terre &
timent & leur puiffance. devant la ville de St. Pierre.
de mer fe déploient
couleur entourent fes murs.
Une légion de gens de
de charger & de fe
Chacun n'attend que le fignal réfiftance devant un
venger. Cette ville ne fait aucune c'en étoit fait d'elle,
apparcil fi formidable autrement eût été détruite de fond
& la plus belle cité des Antilles
en comble par des François. à la tête de fon armée, accom-
: M. de Damas entre C'eft alors que l'on voit qae
pagné du direétoire.
n'a que fervi de prétexte à
Témeute de la Fête-Dieu
affreufe s'éleve 5 une
d'autres motifs. Une inquifition drefféc. Les citoyens les
longue lifte de profcrits eft
font
épargnés;
les plus honnêtes ne
point
plus innocens 2
fureté. Les Soldats font des perquiperfonne n'eft en
maifons. On fuit 5 on fe
fitions dans Pintérieur des
on fe fauve dans les
cache 3 on court dans les bois;
éviter les recherHles étrangeres. Ceux qui ne peuvest dans les prifons,
ches de leurs perfécuteurs, font entaffés vaiffeaux du Roi ne
à fond de cale. Les
Les
ou jettés
renfermer tant de viétimes.
fuffifent pas pour
de fervir de géoles.
bâtimens marchands font obligés
d'une Ville
St. Pierre n'offre plus que le fpe&tacle
prife d'affaut.
on retourne au
Après cette horrible expédition, nombre de prifonniersFort-Royal avec un grand
de la juftice. On
La tyrannie fe couvre du manteau Un tribunal compofé
inftroit le procès de ces infortunés. même caufe, devoit
de planteurs 2 qui ne font qu'one
& le cri du
La voix de T'innocence
Soldat.,
les condamner.
dans le coeur du
remord fe font entendre
barbarie contre des
JI rougit d'avoir fervi à une pareille leur infortune 5 Jui feul
citoyens. Lui feul peut réparér qu'oni leur apprête.
peut les délivrer des fupplices
ftroit le procès de ces infortunés. même caufe, devoit
de planteurs 2 qui ne font qu'one
& le cri du
La voix de T'innocence
Soldat.,
les condamner.
dans le coeur du
remord fe font entendre
barbarie contre des
JI rougit d'avoir fervi à une pareille leur infortune 5 Jui feul
citoyens. Lui feul peut réparér qu'oni leur apprête.
peut les délivrer des fupplices --- Page 33 ---
(-29 )
Il demande leur élargiffement ; le Direétoire l'avoit
refufé à M. de Damas. Indigné, il l'exige, & aufli
à
leurs fers qu'il s'étoit montré à les
ardent rompre
l'airin. Le Général, lc
en charger, il fait gronder les
du defpoDircétoire, les vaiffeaux, tous
fuppôts
tifme prennent la fuite à leur tour 5 & pour cette fois
la force publique venge & protege le citoyen.
Telles font les circonftances qui nous ont apparu, 2
St. Pierre eft venu demander du fecours pou r
lorfque
la troifieme fois. Nous ne prétendons point porter Nous
fur les affaires de la Martinique.
aucun. jugement fincérement les faits dont on nous a
avons raconté
MM. les Commiffaires de la
donné connoiffance. fur les
notre objet eft de
Nation informent
lieux;
d'autre
montrer que la Baffe-Terre n'y a pris
part
celle de toute la Guadeioupe & de Thumanité,
que
du civifme outragé.
il faut rendre
Avant cette derniere expédition 2
d'un événement qui regarde M. de Clugny.
compte Une efpece de contre - révolution particuliere aux
Colonies agiffoit & fe propageoit depuis à-peu-près
de l'arrivée des Décrets & Inftruétions. Nous
l'époque expofé la marche de cette contre-révoluavons déja
foudain dans les efprits, cette
ROA
tion. Ce changement abufive du Décret du 8 mars, M. le
interprétation
s'emparé exclufivement de toute la
Gouverneur qui
du Roi dans
portion d'autorité promife au répréfentant
Pointefes Inftrucions, ces violences commifes à la
à Pitre, tous ces corps de milice & de Confeil fouveun nouveau courage, & s'uniffent au
rain, abfolu. reprennent La Baffe-Terre étoit attentive à tous ces
chef
l'exemple de St. Pierre fabjugué par une
mouvemnens; enchaînée ;
par toute. la force du defpotifime,
armée,
à
la crainte & la défiance.
étoit bien propre infpirer
des moyens pour préIl ne manquoit peut-être que:
Sans doute le
fenter un autre tyran à la Guadeloupe.
la
fentoit. fort. bien que fans
parti ( ariftocratique
rennent La Baffe-Terre étoit attentive à tous ces
chef
l'exemple de St. Pierre fabjugué par une
mouvemnens; enchaînée ;
par toute. la force du defpotifime,
armée,
à
la crainte & la défiance.
étoit bien propre infpirer
des moyens pour préIl ne manquoit peut-être que:
Sans doute le
fenter un autre tyran à la Guadeloupe.
la
fentoit. fort. bien que fans
parti ( ariftocratique --- Page 34 ---
point dominer &
& Ics forts, il ne
douter de ces
1ra
troupe à la Batie-Terre. Comment événement pût le dés'établit lorfque fans qu'aucun le régiment par dépumenées,
tout
términer, on vit un jour
ordre, fc préfenter aux
tations & dans le plus grand de leur propre moumunicipauix, & préter
d'être fidele à la
Ofticiers. le ferment le plus folemnel de défendre la Conftivement Nation, à Ja Loi & au forces! Roi, & delà ils fe L rendent au
leurs
à côté
tution de a toutes de la Colonie, oà ils dépofent offroient
Comité général
deux étendards qu'ils
national
du drapeau de leur fidélité.
raifonner dilremment
pour gage aéte inattendu faifoit
écrite. quelque
1 Cet
La publicité d'une lettre à M: de Clugny,
les deux partis. par M.de Damas
contre
temps auparavant lui annonçant fon expédition
dans laquelle, en
de contenir fes habitans,
St. Pierre, il lui prefcrivoit de f la' Dominique, qu'ilfe
reçus
formides avlempontienlien d'armes 6: des préparatifs
des
faifoit des amas
des denonciations,
dables contre la Bale-Terre,
fubite de plufieurs
la difparution
alarmoient
liftes de profeription, diverfes autres circonflances, foulevement
familles, & C'eft alors qu'on apprit le des citoyens
les citoyens. du Fort-Royal en faveur aux aguets.
de la garnifon Cette nouvelle tint les efprits avoit fait
prifonniers.
M. de Clugny
de
Peu de jours auparavant, lui étoit dévoué, fans toutes congé les
partir un ciroyen qui fans caution & contre
bateau
la Municipalie, 2 Sur ces entrefaites, arrive fort un myftéregles de la police. s'arrêter; une chaloupe en
du
louvoie fans
qui débarquent
qui
1 avec deux paffagers font aucune démarche
ricufement
5 ne
côté du Gouveinement quoique fimpies pariculiers,
auprès de la Municipalite, direétement à Phôtel du Gouveraeur- fuit, tandis
& fe rendent
fmfpeôte : on les
expédition paroit
Ils font porteurs
- Cette bateau eft obligé de mouiller. de Clugny ; & la
que le
de M. de Damas à M.
de dépêches
qui
1 avec deux paffagers font aucune démarche
ricufement
5 ne
côté du Gouveinement quoique fimpies pariculiers,
auprès de la Municipalite, direétement à Phôtel du Gouveraeur- fuit, tandis
& fe rendent
fmfpeôte : on les
expédition paroit
Ils font porteurs
- Cette bateau eft obligé de mouiller. de Clugny ; & la
que le
de M. de Damas à M.
de dépêches --- Page 35 ---
lettre
(3r )
porre en fiubftance, après avoir
fubit qu'avoient pris les troupes de la parlé du parti
gu'il ne peut point luienvoyer aucune
Martinique,
M. de Clugny avoit donc demandé des e/pece defecours.
verneur de la Martinique dans le
fecours au Gouavoir tout fubjugé. Cette affaire temps où celui-ci
fur-tour d'après les faits antécédents. paroît La tres-f@rieufe,
noncée. Le Comité de la Colonie & la Jettre eft déla Bafle-Terre s'affemblent
Municipalité de
deux Députés porteurs de la extraordinairement. lettre
Les
bateau font entendus. On informe 5 l'équipage du
deux paroiffes de la Ville font
jour & nuit. Les
copnoiffance de Ces faits. Elles convoquées eftimenr, pour prendre
bération unanime 2 que le jugement du Gouverneur , par une délipeut appartenir qu'à la Colonie entiere &
ne
l'avifer & l'inftruire de ce.qui fe
2 qu'on doit
la Municipalité,
paffe ; que. jufqu'alors
2 qui répond de fa perfonne,
configner à vue, pour qu'il ne puiffe
doit le
ni par fes écrits 2 fouftraire la connoifance point, par fesadions
d'une affaire qui intéreffoit autant la Colonie profonde
tion. Ce: avis des Paroiffes eft porté à la que la Naqui le défere au Comité général. Tout Municipalité,
C'eft ici que le crédit du Gouverneur va de concert.
avec chaleur. Toutes les paroiffes de la paroit & agit
confultécs ; le Comité n'avoir
Colonie font
la lettre. Aucunedes circonftances envoyé qu'une copie de
ou quil'avoient précédée, n'eft notifiée. quifaccompagaoient Un
s'éleve en faveur du Général , &
grand parti
motifs diffsrens,, on fait de cette
bientôt, fur des
de M. de Clugny 2 une affaire prétendue arreftation
Terre. Le
particuliere à la BaffeGouverneur s'en fervit
fuivre fes anciennes vues fur l'élévation habilement pour
Pitre au préjudice de. l'autre Ville.
de la Pointe-à
les paroiffes de IIfle
Quoi qu'il en foit,
y eut partage d'opinions: envoyerent &
leurs commiffaires. H
portant fur tout
l'amour de la paix l'emtion de
7 on leva la configne. Toute
Cette affaire eft parfaitement
l'infiruceftà même de la
s'il
en' regle, & OR
rapporter
en eft queftion.
Pitre au préjudice de. l'autre Ville.
de la Pointe-à
les paroiffes de IIfle
Quoi qu'il en foit,
y eut partage d'opinions: envoyerent &
leurs commiffaires. H
portant fur tout
l'amour de la paix l'emtion de
7 on leva la configne. Toute
Cette affaire eft parfaitement
l'infiruceftà même de la
s'il
en' regle, & OR
rapporter
en eft queftion. --- Page 36 ---
(32 )
que les Députés
C'eft dans Tintervalle de ces faits, la troifieme fois. Le
de St. Pierre arriverent & pour leur parti s'étoient réfugiés
Diredtoire, le Général
quartier de la Cam-
& retranchés au Gros-Morne, des gens de couleur; ils
Ils avoient armé
des atteliers
pagne.
à tous les transfuges
efclaves
offroient un afyle n'étoient pas à leur camp. Les
&
dont les Maitres
Prefque tous débanderent
même furent armés.
portes de St. Pierre.
la campagne jufqu'aux voir tourner contr'elle la
ravagerent Cette Ville devoit s'attendre à auroit été détruite infaillide fes ennemis : elle
Elle envoya demander
blement rage
par le fer & la flamme. pour fc garantir des
fecours à fes généreux voifins 2
Il en partit de
du
dont elle étoit menacée.
infurrections
toutes les Ifles.
décida, dans ces conLe Comité de la Guadeloupe falloit former une députation
critiques, qu'il
qui feroit fuivie
jonêtures
civils & militaires 7.
de tous les corps
fuffifantes pour la faire relpecter,
d'une maffe de forces
de St. Pietre. Il fut arrèré
garantir la ville
partiroit:
& pour
du Régiment de la Guadeloupe qu'à regret lors
qu'une partie
n'étoient reftés
Ces braves foldats 7 qui brûloient de voler au fecours
expéditions,
l'arrété du Comité
des premieres Il
avec joie
de cette Ville. porterent le fanétionna.
Gouverneur., qui
auffi fes députés,
au La ville de la Baffe-Terre joignit de la Colonie, &
la Municipalité, à ceux
marcha à cette
ainfi que confidérable de Volontaires conftant dans
une troupe M. Dugommier, toujours
Au refte;
expédition.
'Commandant.
fut proclamé
en deux émiffions
fes principes, expédition a été divifée
cette derniere fe font fuccédées rapidement.
s'étoit
de troupe, qui TAffemblée générale Coloniale ariftocratique
Cependant
Le fyftême
La
ajournée à la Pointe-à-Pitre. & faifoit des profélyter. de St.
gagnoit infenfiblement, S'enrichiffoit des dépouilles
Jui
Pointe -à-) Pitre dévouée à la Grande-Terre qui donne
Pierre , & s'étoit
dition a été divifée
cette derniere fe font fuccédées rapidement.
s'étoit
de troupe, qui TAffemblée générale Coloniale ariftocratique
Cependant
Le fyftême
La
ajournée à la Pointe-à-Pitre. & faifoit des profélyter. de St.
gagnoit infenfiblement, S'enrichiffoit des dépouilles
Jui
Pointe -à-) Pitre dévouée à la Grande-Terre qui donne
Pierre , & s'étoit --- Page 37 ---
(33 )
donne l'exiftence. Les habitans de cette partie de I'Ie :
où le Général avoit fa réfidence & fes biens 9 avoient
époufé prefque tous ce fyftême. M. de Clugny s'étoit
retiré de la Baffe-Terre, & avoit fixé fon gouvernement à la Pointe-à-Pitre, 9 d'où il ne s'eft plus repréfenté au cheflieu, le feul que le Roi & la Loi lui
défignoient.
la BaffeTel étoit l'état des chofes ; cependant
Terre voulut concourir à la formation de cette Affemblée, quoiqu'elle parût convoquée fous de mauvais
augures. En effet, la majeure partie étoit des Députés
qui tenoient par divers rapports à l'ancien régime %
& qui en époufoient la caufe, foit parce qu'ils étoient
abufes, foit par pufillanimité ou par intérêt. Bientôt
on ne diffimula plus ; la ville de Saint-Pierre étoit
ravalée 3 ainfi que tous fes adhérens, & on préconifoit
le parti oppofé. M.: de Clugny recevoit familiérement
chez lui les membres de l'Affembléc, & la plus parfaite
intimité régnoit entre le pouvoir jadis fi odieux, & cenx
que le peuple avoit chargé de fes droits ; commiflion
qui n'admettoit guere une fi parfaite intelligence.
Un Dubuc de la Grande-Terre avoit paflé à la
Dominique 2 Ifle fituée entre la Martinique & la
Guadeloupe. C'étoit là le bureau de correfpondance
entre le parti du Directoire 2 à la tête duquel étoit
inamoviblement le fieur Dubuc fils 1. & le parti arifto-.
cratique de la Guadeloupe.
La coalition étoit on ne peut mieux marquée. Elle
éclata
fut
de l'affaire de la
bientôt 2 lorfqu'il
queftion
Martinique à l'ATemblée Coloniale. On ofa propofer
les décrets les plus funeftes, tels que le rappel des
troupes, dans un moment ot St. Pierre étoit environné
d'ennemis qui venoient l'infulter jufqu'à fa porte 5 on
en propofa d'autres plus révoltans , mais la cabale
même n'eut pas le courage de les adopter. Enfin on
propofa une députation de Planteurs. C'eft ce mot
qui frappa les oreilles; c'eft ce mot qui caraétérifoit
C
les décrets les plus funeftes, tels que le rappel des
troupes, dans un moment ot St. Pierre étoit environné
d'ennemis qui venoient l'infulter jufqu'à fa porte 5 on
en propofa d'autres plus révoltans , mais la cabale
même n'eut pas le courage de les adopter. Enfin on
propofa une députation de Planteurs. C'eft ce mot
qui frappa les oreilles; c'eft ce mot qui caraétérifoit
C --- Page 38 ---
-
(34)
de la Martinique:
fameuix du Direaoire tous les partifans
le (ême
de ralliement parmi
C'étoit le mot
fingulier.
de ce fyftême
Syféme dit des Planteurs.
dit des Planteurs:
Il faut donc développer le fyftême dans leur origine ce
Colonies n'étoient point
brillans où l'on
Les
Ces atteliers
qu'elles font aujourdhoi. les denrées de luxe qui alimentent des
exploite & travaille
font la plus belle fource
le commerce de France, n'étoit
des côtes hériffées
richefies nationales. Ce
que oû jamais l'induftric
de bois & de montagnes fut 2 fur le rivage que fe forhumaine ne pénétra. érabliffemens. Ce
Ce fut la navigainerent les premiers
Là où les bâtimens
la place.
conftion qui en indiqua & mouiller, là les émigrans fonda la
peuvent aborder demeures: Ce fut-là qu'on
truifoient leurs
& de
Colonie.
d'abord les terreins d'alentour, de TIne.
- On défricha
on découvrit la furface inftrumens
proche en proche fournit les matériaux & les
&
La Métropole
3 mais la navigation
néceffaires pour Texploitation les fecours fuffent dépofés
commerce exigeoient que
cultivateurs
le
érablifemens, commeles
dans ces premiers leurs denrées en retour. L'induftrie &
y apportoient la population augmenta.
du comPeu-à-peu d'Europe, ou furent engendrés 5 des
les arts vinrent fe civilifa 5 il fallut une juftice
merce. Le pays
5 des fortifications fe forcomptables ; des adminiftrateurs marchands. C'eft ainfi que
& des troupes 5 des
liées
merent les villes: & celle des campagnes furent
Leur profpérité
de la culsuredépendoit
de celle-ci
Tune à T'autre. Ledeveloppement comme la richefle
Le
du fecours des villes, de celle-là en France,
dépêndoit des progrès de beufs , feme fon champ,
Jabourenr, avec. fa paire
des adminiftrateurs marchands. C'eft ainfi que
& des troupes 5 des
liées
merent les villes: & celle des campagnes furent
Leur profpérité
de la culsuredépendoit
de celle-ci
Tune à T'autre. Ledeveloppement comme la richefle
Le
du fecours des villes, de celle-là en France,
dépêndoit des progrès de beufs , feme fon champ,
Jabourenr, avec. fa paire --- Page 39 ---
(35)
& recueille au bout de l'an; il n'a pas befoin
aide. Mais comment le foible Colon auroit-il d'autre
ces fuperbes manufaétures à fucre fans le fecours pu établir
villes 2 oùt il trouve, par fon crédit feul, tous les inf- des
trumens néceffaires à fa fortunc ? Qu'eft-ce
lui
donné cette foule d'efclaves
qui
a
vigoureux qui
pour lui ce rofeau précieux ( Quia élevé ces plantent
bâtimens où l'on fabrique fon fucrc? Quiluia nombreux
ces beftiauxqui préparcnt la terre,ou quien charrient. procuré les
productions? Qui lui fournit tous les inftrumens néceffaires à cette culture ouà cette exploitation ? Illui
tout cela cependant pour fa manufacture & faut
peut cueillir qu'ati bout de dix huit mois environ. 2
il ne
Quelle que fût l'économie d'un Planteur, ile eft
qu'il ne pourroit jamais, même dans une fuite de évident
rations, fe procurer par lui-même la fomme des généque demande un pareil établifement. Il a donc moyens
avoir recours à lai bourfe des
il
fallu
capitaliftes; a fallu
un crédit imaginaire à CCS Négocians
offrir
qui ont
pour cette chimere 9 leurs chofes & lcs
donnés
mieres de ces fortunes brillantes
matieres prequi
aujourd'hui les Planteurs.
énorgueilliffent
Mais de mauvaifes fpéculations, > le goût de la dif
fipation, quelquefois des malheursont grévé
brillantes de dettes cofidérables &
cesfortunes
villes! Ingrats Planteurs !
on accufe les
regardez cet habitant comme
vous, qui, moins preffé de jouir, a penfé que ce n'étoit
pas avec ces moyens qu'il avoit acquis la
manufaéture dont il eft le maître
magnifique
commencé
aujonrd'hui 5 qui a
par l'acquitter envers les honnêtes
cians qui lui ont fourni tous les inftrumens Négo- de fa
fortune 2 qui fe trouvent maintenant le feul
d'un bien immenfe, là ot il ne croiffoit
propriétaire des
ôu des mangles
que
ronces
2 qui peut faire feul fes
& n'a plus befoin du fecours des
propres aflaires,
lui-même fa denrée
capitaliftes 5 qui vend
aux navigateurs, 2. & reçoit d'eux
immédiatement tout ce qui eft néceflaire à fon attelier,
C 2
égo- de fa
fortune 2 qui fe trouvent maintenant le feul
d'un bien immenfe, là ot il ne croiffoit
propriétaire des
ôu des mangles
que
ronces
2 qui peut faire feul fes
& n'a plus befoin du fecours des
propres aflaires,
lui-même fa denrée
capitaliftes 5 qui vend
aux navigateurs, 2. & reçoit d'eux
immédiatement tout ce qui eft néceflaire à fon attelier,
C 2 --- Page 40 ---
Y
(36) lieu d'accufer injuf
fa conduite, au les débireurs ! Et
Que n'imitez-tous villes dont vous êtes à l'aifance dont il
tement des vous ferez parvenu bàrimens 2 détruit
même, quand
renverfe vos main propice pour
jouit; fi Touragan, vous tendra la
fuffira
7 qui
le Navire tardif,qui
vos plantations Attendrez vous
terraffé
vous relever? befoins de votre voilin également chercher dans
à peine aux fléau? Ou bien irez-vous
en
par le même
les fecours qui vous manquent, que
étrangers
& les engagemens
les ports les droits du commerce la Nation qui vous protege,
violant
avec
ieront
vous avez contractés negres & toutes vos polfeffions a frappé la
tandis que vos
du défaftre qui
fous le poids fommes en guerre, ces étrangers de vous
opprellées Colonie 3 Et ii nous
Thumanité
votre
ennemis auront-ils
en
devenus vos,
eux-mémes
ou bien fe dépouillerontils
aider,
de la Métropole
f.veur?
les Négocians Colon qui veut
Mais, dira-t-on, le même crédit au
anroient pu donnerl
valoir sûrement
s'établir.
qui place & fait à Phomme qui
Quoi! le Négociant les offrir au delà des mers lui fera, &
fes fonds 2 ira
gage des avances qu'il
dans un
n'a encore aucun leffet de fes promeffes l'on a vu
attendra patiemment
confiance ! Oui, 2
avec
! Quelle
direêtement
autre hémifphere Européen correfpondre encore la-ton vu
le Negocian. folidement établi: 3 fortes avances, 2 &
Thabitant déja
&
maifon
fouvent conftitué en longues Mais jamais une
un
fruftré de fa frivole s'avifa attente. de fournir mberalementat frais.
ne
à grands
de commerce
de s'établir
pas toucultivateur les moyens
ne rendra-t-elle comme
Mais encore la navigation fi c'eft elle qui 2 comles villes néceflaires fixéla 2 place dans desrades
jours l'avons dit, en a
unie au commerce. leurs
nous & sàres 3 Elle chintimement fort des vaiffeaux 2 de
modes
légérement le
les côtes de PIle
Expofe- -t-on des Marins ? Toutes
cargaifons &
commerce
de s'établir
pas toucultivateur les moyens
ne rendra-t-elle comme
Mais encore la navigation fi c'eft elle qui 2 comles villes néceflaires fixéla 2 place dans desrades
jours l'avons dit, en a
unie au commerce. leurs
nous & sàres 3 Elle chintimement fort des vaiffeaux 2 de
modes
légérement le
les côtes de PIle
Expofe- -t-on des Marins ? Toutes
cargaifons & --- Page 41 ---
( 37 ) donc des abris. On ne
font-elles acceflibles ? Il faur
faut donc des magavend pas à bord des Navires 5 il
tracomptant à un habitant qui
fins. On ne vend pas
n'a
fa denrée pour payer; 5
vaille à s'établir, & qui d'affaires. que
Tout cela entraîne
il faut donc des hommes
ou le Géreur d'un
un certain mouvement. Le Capiraine
parce
Navire qui eft preffé de retourner en Europe & les circonf- 2
qu'il calcule les frais de fon expédition
vend le fond de fa cargaifon à des Marchands,
tances 7
européen adrcffe pour fa comou bien le Commerçant
américaine le
modité à une maifon de commerce débit, le détail &
Navire & la cargaifon. De-là le
des
le train du commerce. Il faut une police,
tout
des arts 5 c'eft ainfi que
Tribunaux, une induftrie,
fe formentles Cités.
des Planteurs? Que l'on
Quelle eft donc la chimere effentielle des Colonies
dife que la profeffion la plus tire de la terre les denrées
eft celle du cultivateur qui
unit
doat la production eft l'objet du commerce qui certain:
les Colonies à la Métropole 7 rien n'eft plus
défavoué cet axiome politique(1)-
les villes n'ontjamais defirer les Planteurs 3 Une préponQue peuvent donc T'adminiftration de la chofe publique 5
dérance dans
de la maffe des raifons
mais elle réfulte néceffairement
favoir, la popufocialcs, qui produit la repréfentation,
de laquelle repréfentation
lation & la propriété 2
à limpôt. Mais
le figne oftenfible eft la contribution feuls ont le droit
prétendre de là que les cultivateurs la Loi, faire
de faire exclufivement abfolument
dire, en
fonner le nom de Planteur, comme pour de tous
oubliant les rapports de la fociété & l'origine à nous
les établiffemens : > cette terre eit à nous,
feuls vous n'êtes rien, & vous ne devez point par-
>
;
des deux Paroiffes de la Baffe-
(1) Voyez la délibération
à l'Affemblée féant à la
Terre lors de la nomination des Députés
Pointe-à-Pitre,
C 3
ufivement abfolument
dire, en
fonner le nom de Planteur, comme pour de tous
oubliant les rapports de la fociété & l'origine à nous
les établiffemens : > cette terre eit à nous,
feuls vous n'êtes rien, & vous ne devez point par-
>
;
des deux Paroiffes de la Baffe-
(1) Voyez la délibération
à l'Affemblée féant à la
Terre lors de la nomination des Députés
Pointe-à-Pitre,
C 3 --- Page 42 ---
(38-)
> ah! c'eft affichet
les avantages des citoyens; des temps paffès,
> tager
& un orgueil dignes doit régénérer en
un defpotifme dans une révolution qui
& révoltans
moins folide
tout les François. enfanté par Timagination, dans l'anCe fyftême
avoit été produit
la
brillant, des Dubuc, de la Martinique avant alors
que Affembléc coloniale
n'étoit
cienne
L'objet de cette Affemblée qu'on faifoit au
sévolution. l'affiette de Timpôt du million avoit porté le germe des
que Roi. Dès-lors l'ancien Dubuc
par une diftincqui ont éclaté aujpurd'hut les villes & les camdiffentions odieufe qu'il faifoit entre la partie qui nuit, &
tion
qu'il appelloit les uns Par une fuite de ces prinpagnes, la partie qui fert.
tout le
les autres
fait
fur les Villes prefque avec
cipes, il avoit
paffer n'étoit guere conféquent de la
poids de T'impôt, leur ce qui donne à Radmicifration cache des
Texclufion qu'on Aujourd'hui ce fyftême Ces auteurs
chofe pablique.
& plus infidieufes. révolution de
vues plus profondes le voeu d'écarter la
euxpartager
ont véritabloment ou d'en profiter Roi pour le pouvoir foucet hémifphere,
du
mêmes avec un repréfentant
Villes oùt
verain.
il falloit fe féparer des raffemblée,
Pour y parvenir, étant plus grande 2 plus plus agirs
la population révolution doit néceflairement refte plus de
T'efprit de la villes de la Cité, il ne
en excluant la les révolution s'amortit.
les auteurs
peuple, & produire cette odieufe fciflion, moyen qui fit
Mais pour devoient ufer de quelque habitans de la camr
du fyftême fur la multitude des êtes tous fur cette
impreffion ils leur ont dit : > Vous villes n'exiftent que par
pagne; terre que vous cultivez. Les de la chofe publique.
>
ce font des parafytes
loriqu'ils ont
> vous; habitans pallagers vous quittent Si vous admertez
> Leurs fortune à vos dépens.
ferez cn
> fait leur
les droits de Fhomme, vous
9 légalité &
pour devoient ufer de quelque habitans de la camr
du fyftême fur la multitude des êtes tous fur cette
impreffion ils leur ont dit : > Vous villes n'exiftent que par
pagne; terre que vous cultivez. Les de la chofe publique.
>
ce font des parafytes
loriqu'ils ont
> vous; habitans pallagers vous quittent Si vous admertez
> Leurs fortune à vos dépens.
ferez cn
> fait leur
les droits de Fhomme, vous
9 légalité & --- Page 43 ---
(.30 )
Tavec - eux. Ils votidront s'élever fur
5 concurrence
un jour. ))
> vous, & ils vous gouverneront flatté lamour - propres. il a
Ce langage a d'abord méfiance & la haine. Mais ceux qui.
bientôt excité devoient la
direl : ( Chaque fociété eft, comraifonnoient, de diversétats 5 elie ne peut être bien organifée
> pofée
C'eft le
des pays. civilifés. Il elt
> fans cela.
propre.
où il n'y ait qu'une
> abfurde de fuppofer une fociété
commerce, la
> profellion. Les arts,, Tinduftrie,de villes. Les Citoyens qui les
> juftice 9 demandent des l'organifation de notre fociété.
> profellent, forment
leur travail & Putilité
> Ils lui apportent leur temps 2
aux charges de
> de leur profeffion. Ils contribuent
eux
font
PEtat. Si lennemi fe préfente, ce font
qui
>>
expofés avec leurs propriétés. Ils font
>) les premiers défendre. Ils s'attachent au pays; ils
> intéreffés à les
ils fe lient.avec
>> y vivent eux. & leurs générations 5 naturelles de. la
> les cultivateurs par les relations abandonnent le
> fociété, & fi queiques-uns d'entr'eux moins leur travail &
annécs, au
> pays après quelques
les attachent & les engagent
)) les fruits qu'ila accumule,
reftent fur ces rivages. Enfin,
> tout le temps qu'ils
Ne fommes-nous pas
> que font-ils moins que nous 2
de cette terre
eux des bords éloignés
) venus comme
dans ces climats nos peines
> chérie, pour apporter 2 Ne font-ils pas comme nous les
> & nos efpérances
les individus de la Nation 3 Et
>) enfans de la Patrie,
nous nous
dans
partie de lEmpire que
>
quelque
fommes-nous pas tous des citoyens
> rencontrions Décret 2 ne du Droit de PHomme! pourquoi
>. françois? O
pas à la
politique ne permit-elle
> une circonfpeêion de faire" retentir vosi fublimes leçons dans
> Mere-Patrie
> ces contrées ? >)
raifonné des hommes moins
C'eft ainfi qu'auroient
diftination odieufe de
prévenus ; & dès-lors cette
évanouie.
Planteurs fe feroit honteufement cachoient fous ce
Mais les auteurs de ce fyftême
C4
>. françois? O
pas à la
politique ne permit-elle
> une circonfpeêion de faire" retentir vosi fublimes leçons dans
> Mere-Patrie
> ces contrées ? >)
raifonné des hommes moins
C'eft ainfi qu'auroient
diftination odieufe de
prévenus ; & dès-lors cette
évanouie.
Planteurs fe feroit honteufement cachoient fous ce
Mais les auteurs de ce fyftême
C4 --- Page 44 ---
-
(40) y
En excluant ainf
d'autres intentions. néceflairement
vnafque fpécieux & le
5 ils s'arrogeoient Unis avec un
les Villes
peuple civiles & fociales.
du
routes les fonéions du titre faftueux de Repréfantent
flatté
leur orgueuilGouverneur érabliffoient dans les campagnes
des
ils
d'habitans,
Roi,
ils formoient une juîtice
que leurs
leufe milice; convinlfent ; & ne refpealant Villes auroient
loix qui leur
les citoyens des viatime de l'auengagemens refpe&ifs, caprices, & ja
été le jouet de leurs
couvroit le fyftême
torité (1). l'ordre des chofes que fe
à la
Tel étoit Ceftàa faveur qu'il propageoir fit bientôt
des Planteurs.
ainfi déguifée,
& Tariftocratie
Ile. On vit également
Guadeloupe;
dans notre
& alors
beaucoup de profélytes coalifer avec les Planteurs 3 même que
lc Gouverneur fe
étant le
la
général de TAffemblée étonnant qu'on
le fyftême
il n'eft pas
celui de la Martinique, la ville de St. Pierre. à cette
vit fe réunir contre s'affocia elle-mème
du ligue. GouLa Pointe-a-Pitre habitans 2 celle fur-tout
fa
"Toute la faveur des & la ruine de la Bafle-Terre
la dépreffion
la claffe fupérieure
verneur, corrompirent facilement
violences
foible rivale,
& au moyen de quelques de la révode fes citoyens: ; de ceux que Tenthonfiaime les autres
exercées à l'égard
cette mafle de forces 2
les
lution élevoit contre de la claffe fupérieure l'attelier par
intimidés ou dépendant la Loi. Elle devint des Villes 5
liens du befoin, reçurent alloient forger les chaînes
que la
od les Planteurs étcit d'autant plus s.adroite,
de commerce
& cette politique étoit elle - même une place
Pointe-àPitre
dhypotheques ; la faifie réelle des
(1) Il n'y, avoit point de bureaux des fruits eit profcrite ; les negres conftitués
étoit impraticable ; la faifie être faifis. Les habitans faifis font exécutés : ils
habitans ne peuvent point effets quand ils font ne fauroient être
gardiens de leurs propres 3 & les par ordre corps des chofes.
nc les eseneatiaata Tel eft lancien
mis en exécution.
Pitre
dhypotheques ; la faifie réelle des
(1) Il n'y, avoit point de bureaux des fruits eit profcrite ; les negres conftitués
étoit impraticable ; la faifie être faifis. Les habitans faifis font exécutés : ils
habitans ne peuvent point effets quand ils font ne fauroient être
gardiens de leurs propres 3 & les par ordre corps des chofes.
nc les eseneatiaata Tel eft lancien
mis en exécution. --- Page 45 ---
41 )
naturellement la proteâion du commerce
qui réclamoit
de France.
conduite des Planteurs de la MartiDiftrence de la
des Planteurs de la Guadeloupe.
nigue, 6 de celle
conduite de TAffembléc de la Martinique
Dans la
de raifon. un intérêt fenfible.
on voyoit une apparence concentré dans la ville de
Tout le commerce étoit aflez d'un débouché pour
St. Pierre. Ce n'étoit pas aient fait tous leurs efforts
lIle. Que les habitans
cette caufe étoit
rompre cette concentration, 2
pour
& légitime. Il eft certain que létabliffement
naturelle
eit favorable à l'agriculture ; au
de plufieurs marchés
exclufive affujettiffant
lieu que cette concentration
& de la Colonie
toutes les produétions de PEurope de monopole; &
à un même lieu 2 eft une efpece onéreux aux citoyens S, les
tous les privileges & droits
d'une
ou fervitudes 2 tous ces fyftêmes
dépendances miniftérielle doivent être réformés.
politique
le même principe a produit
Mais à la Guadeloupe, Loin de divifer le cours de
une marche différente.
on a voulu favorifer
l'agriculture & du commerce 2.
avantagée par
ouvertement une feule place, déja trop a befoin au
la nature 7 au préjudice d'une autre qui fe foutenir.
contraire de toute la faveur humaine pour
à
On a voulu à la fois tranfporter tous les avantages Ville non
Pointe-à-Pitre, & concentrer dans cette
la
mais encore tous les
feulement tout le commerce,
naturellement
érabliffemens publics qui appartiennent
au Chef-lieu.
le
de bonne foi
C'eft alors qu'on a vu facilement Planteurs peu & que ce
qui régnoit dans ce fyftème des
qui 2 agiffoit,
n'étoit plus l'intérêt de la chofe publique
mais la haine de la révolution.
ce n'cft pas la
Auffi qu'on ne s'y trompe point 5
la
divifé la ville de St. Pierre &
rixe des intérêts qui a
abliffemens publics qui appartiennent
au Chef-lieu.
le
de bonne foi
C'eft alors qu'on a vu facilement Planteurs peu & que ce
qui régnoit dans ce fyftème des
qui 2 agiffoit,
n'étoit plus l'intérêt de la chofe publique
mais la haine de la révolution.
ce n'cft pas la
Auffi qu'on ne s'y trompe point 5
la
divifé la ville de St. Pierre &
rixe des intérêts qui a --- Page 46 ---
-
(42)
ipouvoit défendre
claffe dite dés Planteurs; chaqueparti) C'eft un droit naturel.
caufe auprès de la Nation.
fous l'apfa
le but odieux d'un fyftême qui, de cet
Mais c'étoit
tendoit à repouffer
parence de cette querelle, dont tous les citoyens
hémifphere une régénération & doivent jouir.
d'un noufrançois font jaloux
cet ariftocrate
Le voilà donc démafqué Que d'habitans des cam7 ce Planteur.
dire que les villes
yeau genre, été abufés! & onaofé
- ellcs
pagnes ont l'ambition de les dominer! Qu'ont d'un régime
avoient autre chofe que la deftruation militaire & miniftériel
demandé d'un Gouvernement de citoyens 3 Nous
arbitraire, fur toutes les claffes
étrange de
qui pefoit
les auteurs de ce fyftême
ofons défier tous
des villes 7 un mot 7 unepenfée au
trouver dans le langage
& qui n'ait été dirigé
qu'on puiffe taxer d'ambition, révolution ; au lieu que votre qualité une
but heureux de la
entre vous & nous
feule de Planteurs marquoit humiliante pour vos concitoyens & la
ligne de démarcation
entre T'orgueil
De-là cette haine Planteur 7 cette guerre & le citoyen. Ces épithetes de la
nature 2 entre le
avez gratifié les partifans ville
injurieufes dont vous qui ont volé au fecours d'une & les
révolution & ceux réfifter, font-ce là les fentimens droits de
qui ofoit vous
3 O décret des
?
principes de la régénération fommes-nous en Amérique dans
Thomme Pourquoi
de la Révolution
Pour revenir donc à Thiftoire de la paix & de légalité
les amis
propofer
la Guadeloupe, fort éronnés, lor@qu'ils entendirent féante à la
durent être
générale coloniale Planteurs
dans le feinde TAffemblée
au nom des
alors
Pointe-à-Pite, une députation La cabale fe préfenta de fon
pour TIle de la Martinique. avoit plus à douter donc
découvert, & iln'y
Ce n'étoit
à vifage
le parti du Direétoire. formé entre
intimité avec médiation 5 c'étoit un paôte
de la
plus une
Guadeloupe & le Diredoire
PAffemblée de la
s'en font fuivis 2 ont parfai
Martinique; les effets qui
Pointe-à-Pite, une députation La cabale fe préfenta de fon
pour TIle de la Martinique. avoit plus à douter donc
découvert, & iln'y
Ce n'étoit
à vifage
le parti du Direétoire. formé entre
intimité avec médiation 5 c'étoit un paôte
de la
plus une
Guadeloupe & le Diredoire
PAffemblée de la
s'en font fuivis 2 ont parfai
Martinique; les effets qui --- Page 47 ---
(43 )
démontré cette vérité. Ces nouveaux députés
tement
direêtement au Gros-Morne 7 oùt réfidoit
fe font rendus
communiqué avec la ville
le Dircêtoire. Ils n'ont point
des quatorze
de St. Pierre, ni avec les Commiffaires Sous prétexte d'une
paroiffes réunies au Fort-Royal.
à la députation
plus grande aativité, ils ont avoit propofé déja faite, de fe parmixte que la Guadeloupe
mettre dans
tager, & on a fu, en failant ce partage, le fyftéme dit des
une feétion tous ceux qui foutenoient dans l'autre feétion féanteau
Planteurs, & laiffer le refte
légale, on a
Fort-Royal. Alors, fous cette apparence
fon inclination & fa partialité.
fuivi ouvertement
à T'Affemblée de la GuaBientôt on a vu paroitre formelle contre M. Dugomdeloupe une dénonciation les Volontaires réunis dans la
mier qui commandoit
Affemblée qui avoit clleville de St. Pierre; & cette
cette Ville, & fous les
même de tout temps protégé
étoit parti
aufpices de laquelle ce généreux de la ciroyen même caufe, en
avec tous les braves défenfeurs
la Colonie,
vertu d'un arrêté du' Comité repréfentant une dénonfanétionné du Gouverneur, ne membres. rejetta pas Elle la reçut,
ciation injurieufe à un de fes
en remettant à y faire droit.
commandée par
Une Frégate dite L'Embufiade,
cherarriva à la Pointe-à-Pitre pour y
M. d'Orléans,,
le Gros Morne. Déja plucher des provifions pour
Les efprits s'agiterent,
fieurs bateaux étoient chargés.
fans réfifUne foule monte au Fort, & s'en empare fonne. Ils defcentance. La trompette des Planteurs
La
dent de leurs habitations armés de toutes Gouverneut pieces.
fermentation fe répand; le
plus grande
tiennent confeil. La condition de la
& l'Affemblée
des batcaux. On
remife du Fort eft le déchargement Fort eft rendu, & la Frés'y foumet avec peine. Le
gate part.
l'Affemblée tient fes fances, les
Dans ce tumulte,
les craintes l'ailiearmes à la main. Les menaces,
anteurs
La
dent de leurs habitations armés de toutes Gouverneut pieces.
fermentation fe répand; le
plus grande
tiennent confeil. La condition de la
& l'Affemblée
des batcaux. On
remife du Fort eft le déchargement Fort eft rendu, & la Frés'y foumet avec peine. Le
gate part.
l'Affemblée tient fes fances, les
Dans ce tumulte,
les craintes l'ailiearmes à la main. Les menaces, --- Page 48 ---
(44) )
& d'autre. Tous
étinceler le fer de part
gent. On a vu
troubles arrivés à la Pointeévénemens, tous ces
en faveur d'une Ville
ces à-Pitre font oubliés ou palliés
& la Balle-Terre,
de dons;
T'intérêt veut combler
de régner, mais confque ou le calme n'a jamais ceffé conduite & dans fes ptin-
& uniforme dans fa
le foyer des diffentante
taxée d'être
cipes, eft ridiculement
tions.
eft rendu, que les habitans reprenA peine le Fort
de chaleur. Les bateaux
leurs projets avec plus
la Martinent
de nouveau, & partent pour
font chargés
ardeur. La cirnique. Tout fe coalife avec une nouvelle eft trop lente au
politique du Gouverneur
On l'accufe
confpection de certains membres de TAlfembiée. du Roi que ces
gré
& le repréfentant inviolable &
de pafillanimités
avoient décrété
n'eft
Députés fuperftitieux
de la royauté,
revêtu de toutes les prérogatives
Miniftres de
même refpcété par ces orgueilleux
pas
fon culte.
continuelles envers la Bafe-Terre.
Provocations
contre
2 la confpiration avec
Dans tous ces mouvemens étoit toujours fuivie les
la ville de la Baffe-Terre lon charge de toutes
acharnement. C'eft elle que Colonie dont ces efprits
publiques de la
crime. C'eft une
réfolutions fe font aujourd'hui un ni tranquillité.
inconf@quens où il n'exifte ni sûreté, ni police, de la Balleville
f'exprimoit au fujet
le plus
C'eft ainfi qu'on
étoit dans le calme
Terre, tandis qu'on conftant y
que depuis la révolution
profond, & qu'il eft
affaire qui ait troublé
cft pas paffé la moindre
au milieu
il ne s'y
elle n'a jamais ceffé de jouir
la paix dont
de P'Empire.
doute & juftifier ces
des tremblemens
fans
à
C'eft pour la provoquer de TAffemblée dénonça
qu'un membre
reproches 2
toit dans le calme
Terre, tandis qu'on conftant y
que depuis la révolution
profond, & qu'il eft
affaire qui ait troublé
cft pas paffé la moindre
au milieu
il ne s'y
elle n'a jamais ceffé de jouir
la paix dont
de P'Empire.
doute & juftifier ces
des tremblemens
fans
à
C'eft pour la provoquer de TAffemblée dénonça
qu'un membre
reproches 2 --- Page 49 ---
(45 ) de cette Ville, M. Amic;
la Colonie un des Députés homme diftingué par fes moeurs
Médecin du Roi, On lui prêtoic un propos incendouces & pures.
diaire à Tégard du Régiment.
devoit, avant tout ;
M. Amic, par fa qualité à 2 fes concitoyens. Les
rendre compte de fa conduite
saffemblerent: 3 & cet honnête citoyen
deux paroiles
des inculpations hafardées
n'eut pas de peine à fejufifier
contre lui.
honorable, la ville de la
Après une Délibération
à PAffemblée ColoBafle-Terre déféra fon député contre lui, ou contre fon
niale, en demandant juftice l'événement.
accufateur, quel que fût
fon accufation, &
Le délateur ne put prouver
P'AfTemblée oublia la Commibise-Odeemiety calomnie.
fait un
M. de Viévigne,
Etranger jufqu'alors aux
voyage à la Pointe-à-Pitre. il revient avec les difpomouvemens de la révolution, Il n'attendoit fans doute
fitions dominantes du temps. la réfidence du Chef-lieu.
que le moment d'abandonner faire naitreIl ne tarda pas à la
La voici.
des Officiers de la MarineM. de Vendanger 2 un
protéger le
Royale, en ftation dans ces parages pour Il défendoit
avoit été fidele à fa miffion.
commerce 2
Pierre. Son fervice l'appella à la Ballela caufe de St.
YOrdonnateur lui
Terre. Il eut befoin de provifions 5 jours; il daigna
refufa. Cet Officier attendit quelques
en
enfin il n'avoit plus de bifcuits. L'équimême folliciter :
lui dit : >Mes enfans,
page fe mutina. M. de Vendanger & du Roi ne veut point vous
MIntendant de la Nation
donner du pain. Matelots jurent de mener TOrdonnateur
Auffi-tôt ces
les tranfporte ; ils defcendent
en France. L'indignation tête leur Officier. On voit paffer
à terre ayant à leur
Jeur deffein. Ils
rapidement des Marins 5 on ignore Ils le faififient, en
arrivent à Thôtel de FOrdonnateur.
criant: en France, en France.
Vendanger & du Roi ne veut point vous
MIntendant de la Nation
donner du pain. Matelots jurent de mener TOrdonnateur
Auffi-tôt ces
les tranfporte ; ils defcendent
en France. L'indignation tête leur Officier. On voit paffer
à terre ayant à leur
Jeur deffein. Ils
rapidement des Marins 5 on ignore Ils le faififient, en
arrivent à Thôtel de FOrdonnateur.
criant: en France, en France. --- Page 50 ---
(46)
avoit marché fur
Cependant un Officier Municipal & les atteint à la fortie de
leurs pas. Il fait diligence 2
PIntendance. Il réclame sûreté pour fa perfonne , qu'il
fous les aufpices de la Nation, de la Loi &
prend & conduit lOrdonnateur à la Municipalité.
du Roi,
mauvais raifonnemens,
L'Ordonnateur fait queiques
doit nourrir un équipage du Roi.
& convient qu'il fi le Code d'adminiftration peut
Nous ignorons
à refufer du pain à
jamais autorifer un Ordonnateur
dénué. C'eft le
in Bâtiment du Roi qui s'en trouve
d'une difcuflion entre T'Oficier &cTAdminiftrateur.
fujet
qui font enfin des hommes 9
Mais fi ces Matelots,
aucune fubfiftance
preffés par la faim & ne recevant
du Roi au
de celui qui tient fous la clef les provifions rués dans la
fervice duquel ils font engagés, s'étoient
leur arracher le pain, qui
maifon des particuliers pour
excitée
eût été coupable de cette violence
par Timpul
fion irréliftible de la nature?
Tels étoient pourtant les faits auxquels nous exporefus inhumain de M. de Viévignes. Le crime
foit le
étoit de s'être dévoué à la caufe de
de M. Vendanger
du commerce.
St. Pierre, à la proredion difficile de concevoir comment
Quoiquil en foit, ileft
accident
à la Baffe-Terre cet
partion peut Néanmoins imputer M. de Viévignes en prend le prétexte
culier.
8 défertant le fiege que lc Roi lui a
de l'abandonner ;
établir fa réfifixé, il va, de fon propre mouvement,
dence à la Pointe-à-Pitre. Gouverneur, ni Intendant à
Ainfi donc il n'exifte ni
toutes
la Baffe-Terrè. C'eft à la Pointe-à-Pitre que réfique P'Afembléc générale coloniale
les puillances,
dans leur partialité 2
dent; & fes Adminiftratcurs 2 à leur foin, comme le
abandonnent une Ville confiée aller habiter, avec une
rempart de la Colonic, pour
lcs crifes
feinte fécurité, un pays fans ceile agité par
d'une régénération difficile.
'exifte ni
toutes
la Baffe-Terrè. C'eft à la Pointe-à-Pitre que réfique P'Afembléc générale coloniale
les puillances,
dans leur partialité 2
dent; & fes Adminiftratcurs 2 à leur foin, comme le
abandonnent une Ville confiée aller habiter, avec une
rempart de la Colonic, pour
lcs crifes
feinte fécurité, un pays fans ceile agité par
d'une régénération difficile. --- Page 51 ---
(47 )
Gonduite de la Bafe-Terre.
eft la conduite de la Bafle-Terre au milieur
Quelle
continuelles ? Sans Chef, fans pouvoir, 2
de ces atteintes elle a continué à jonir d'une tranfans Tribunanx, Lc bon efprit de fes habitans l'a
quillité inaltérable.
de la révolution , fous la
garanti de tous les orages
& avec la protedtion
direétion de fa Municipalité, formée pour la fervir au befoin,
d'une Garde Nationale euà faire ufage; elle a attendu &
& donton n'a jamais
Tousles
attend avec réfignation des temps plusheureux. la
citoyens même ont concouru à foulager
garnifon des
extrêmement diminuée depuis le départ
qui étoit
à St. Pierre 9 & ils ont fait pendant
fecours envoyés mois le fervice de divers poftes de la ville.
plufieurs
& invariable dans fes fentimens & fes
Conftante
garanti M. Dugommier
réfolutions 2 elle a fermement cabale
s'élevoit pour ie
contre les efforts de la
délibération qui
des deux
perdre. Elle a déclaré, affocioit par fa une caufe à celle de ce généparoiffes 2 qu'elle
contre tout ce que PAC
reux citoyen 2 en proteftant pourroit entreprendre à cet
femblée générale coloniale la décifion de toute cette
égard pour foumettre nationale, feul Tribunal qui eûr
affaire à lAffemblée
le droit d'en connoître.
Conduite des Députés de la Bafe-Terre.
Tandis que la Baffe-Terre marchoit uniformément
la carriere de la régénération au fein de la paix, 2
dans
d'orages, fes députés avoient à fouquoiqu'environnée
coloniale, le choc detousles
tenir à TAffemblée générale
réunis dans celui des
fyftémes anti-coniirutionnels
Planteurs.
M. de Bondoire & plufieurs autres avançoient que
PAffemblée coloniale étoit légiflative. dans le régime
repréfentoit la nation, & qu'elle devoit
intérieur 2 qu'elle
2
dans
d'orages, fes députés avoient à fouquoiqu'environnée
coloniale, le choc detousles
tenir à TAffemblée générale
réunis dans celui des
fyftémes anti-coniirutionnels
Planteurs.
M. de Bondoire & plufieurs autres avançoient que
PAffemblée coloniale étoit légiflative. dans le régime
repréfentoit la nation, & qu'elle devoit
intérieur 2 qu'elle --- Page 52 ---
( 48 5 fouverain, aux termes
dès à préfent un pouvoir décrétées partAlfemblée
exercer
17 des inftruétions
de l'article
dès ce moment
mationale.
& autres vouloient dela royauté,
M. de Saint-Jean de tous les attributs T'article 18 des
inveftir le Gouverneur
énoncés à
& de tous les pouvoirs On fit la motion de le facrer décréter Roi.
mêmes inétructions- plus manqué que de le
iétoient
inviolable. Il n'auroit
continuelles qui
Telles étoient les propofitions coloniale, loin de s'occuper
ouvertes à TAffemblée & des bienfaits de la Révolution. TAC
des droits du peuple
repliquoient que
Les députés de la Baffe-Terre s'attribuer un pouvoir 5 qu'elle
femblée ne pouvoit de ceux en qui il réfidoit 5 qu'elle natiodevoit le recevoir
le décret de TAlfemblée
n'avoit d'autre titre que point lire ni entendre les articles
nale; qu'on ne pouvoir
décrétées par TAffemblée
& 18 des inftructions l'article 16 quiles précedes
fans examiner les Affemblées coloniales
nationale, l'article 16 dit : > que les mefures prefcrises par
que fois formées fuivant
les fonétions qui
> une articles précédens 2 rempliront du 8 Mars 9 & fe
> les
par le décret
aux
> leur font indiquées dans leur plan de conftirution articles 17 &
> conformeront fuivantes 5 > qu'ainfi les
comme des
>) maximes
être confidérés que
qu'elle
18 ne pouvoient à un plan de confitution pour s'en
maximes propres TAffemblée nationale 5 que du 8 mars,
devoit envoyerà falloit confulter le décret
convaincre, il
les Affemblées coloniales, avoit à
auquel l'article connuffent 16 renvoyoit les fonêtions qu'elle titre confpour qu'elles le décret du 8 mars étoit décret leur portoit, que
semplifs que
article du
Jon
titutif; que le premier
à faire connoitre
Colonie étoit autorifte
qui puife
chaque
meilleure forme Tadminifration
vaeufur la
feroit formé des
lui convenir. fecond article portoit, qu'il
à exprimer
Que le coloniales à cet efet, admifes
Que
Apemblées
ce yoct.
ions qu'elle titre confpour qu'elles le décret du 8 mars étoit décret leur portoit, que
semplifs que
article du
Jon
titutif; que le premier
à faire connoitre
Colonie étoit autorifte
qui puife
chaque
meilleure forme Tadminifration
vaeufur la
feroit formé des
lui convenir. fecond article portoit, qu'il
à exprimer
Que le coloniales à cet efet, admifes
Que
Apemblées
ce yoct. --- Page 53 ---
( 49. )
Que-le troifieme annonçoit des. inftrudions
des Aemblées
St
devoient fervir à la formation
travail dont elles étoient chargées.
nialés, 7 Gau
que tous ces plans
Qu'enfin le quatrieme portoit, coloniales feroient foumis
préparés dans les Alfemblées nationale, pour acquérir force
à Pexamen de rAlemblée
de, Loi.
a Qu'il étoit donc bien évident que les célui Affemblées de faire
Coloniales n'avoient d'autres. droits devoient que
être exa-t
des plans dc conftitution, nationale lefquels feule légiflatrice de.
minés, par, T'Affemblée d'après 7 ces différens plans &
I'Empire François, qui,
générale de toutes les
fa fagefle, feroit la Conftitution
même être conçu.
Colonies ; que cela ne abandonnant pouvoit
à la merci de
autrement 2 parce qu'en des Aflemblées coloniales. a
l'arbitraire & de Topinion
dés Colonies, Çe feroit
l'établiffement de la Conftitution
différentes
les expofer à - avoir autant de Conftitutions lexercice du pouvoir
qu'il y auroit d'Affemblées 7 que fuppofe la folution
légiflatif dans le régime intérieur,
confiftoit le
d'une queftion préalabic, favoir en quoi. multitude
régime intérieur ; qu'en effet, il régnoit. une générale de
d'avis différens à cet égard dans TAffemblée variété exifteroit
la Guadeloupe 2 & que cette. même de toutes les Colonies
parmi les différentes Affemblées feule, comme la lettre du
Françoifes ; qu'ainfi la raifon
coloniales
décret, annonçoit allez que, les Aflemblées celle de former des
n'avoient d'autres fopéions que
aux inftruéions
plans de Conftitution 7, conformément
changer
del l'Allemblée nationale, Squ'elles ne pouvoient à l'excepen, aucune maniere la Conftitution actuelle, & des Affemblées
tion feulement des Municipalités Tétabliffement étoit' ordonné par
adminiftratives dont
l'Affemblée n'avoit
l'article 5. dy, décret du 8 mars; que déja du pouvoir légic
donc pas plus de droit à s'inveflir
autre
latif, qu'à donner au Gouverneur un pouvoir qua
quc celui dont il étoit revêtu par fa commiffion D 5
, aucune maniere la Conftitution actuelle, & des Affemblées
tion feulement des Municipalités Tétabliffement étoit' ordonné par
adminiftratives dont
l'Affemblée n'avoit
l'article 5. dy, décret du 8 mars; que déja du pouvoir légic
donc pas plus de droit à s'inveflir
autre
latif, qu'à donner au Gouverneur un pouvoir qua
quc celui dont il étoit revêtu par fa commiffion D 5 --- Page 54 ---
M
(50 ) fe permettre de receGouverneur même ne pouvoit émané d'elle; qu'enfin hous
le voir & tenir aucun pouvoir dans les bornes qui atteinte nous
devions nous reftreindre
c'étoit porter TAffemblée
étoient indiquées 5 qu'autremient fuprême réfidant dans
légilatit
nationale. au pouvoir
foutenus par. les dépurés les
Tels ont été les principes dont on peut s'affurer par
de la Balte-Terre, ce
Ce font pourtant ces
des délibérations. a accufé de licence.
pioobrenbsat ceft cette ville qu'on titres
lés
quideenminent
dépurés font les faits ; cC font
Mais ce des arbitres fuprêmes. membre de la Cour
Topinion D'une autre part, M. Godet, avoit fait un projet
Souveraine & député à TAifemblée, avoitréuni dans un corps
d'ordre judiciaire 2 par lequelil les attributs les plus abfolus être
qu'il nommoit Cour d'appel, II falloit, pour y entrer ce terme 2
& les plus magniliques Ce Confeiller délignoit) auroit par des polfefcitoyen, pofelionnt créé exprès, tout homme qui des Planteurs,
quilasoid Telle étoit T'ambition du la fyftême 3 en forte que
fions. régnoit jufquaulein de juftice les fublimes fonaions
qu'elle Magifirat, pour exercer lumieres n'étoient plus les
pourêtre miniftere 2 la vertu 2 les
5 il falloit être
de ce
néceffaires & effentielles
conditions
la comPlanteur. de M. Godet tendoit à perpétuer iien n'étoit
Ce ptojet
Cependant
:
dont il étoit Conffitution: membre. Des habitans dans: occupés un
pagnie plus vicieux que fa des travaux de" Fagriculture
avec
de vie peu compatible
un
Konimelleneat & avec genre
toujours par. quelques
climat abftraite de la Loi; tenant d'un pays tres-cif:
l'étude à la maffe des habitans eft rare, ne fc raf:
relations confcrit, & dont la population deux mois pour tenir leurs étoit
fembloient que. tous les
la juftice fupérieure d'oidre
féances. Durant Tintervalle, cela, fi cette forme
nulle. Qu'on juges fubfifter. d'après
judiciaire pouvoir
elleneat & avec genre
toujours par. quelques
climat abftraite de la Loi; tenant d'un pays tres-cif:
l'étude à la maffe des habitans eft rare, ne fc raf:
relations confcrit, & dont la population deux mois pour tenir leurs étoit
fembloient que. tous les
la juftice fupérieure d'oidre
féances. Durant Tintervalle, cela, fi cette forme
nulle. Qu'on juges fubfifter. d'après
judiciaire pouvoir --- Page 55 ---
( 0e St )
Colonies
La barbarie des premiers temps, lorfqueles feule
un
étoient encore informes 5 avoit pu
produire les Colonies
chofes. Mais aujourd'hui que elles font fufpateilordrede le degré de civilifation dont
ont acquis
fauroient s'accommoder d'unejuftice
ceptibles 2 elles ne flambeau de la régénération a lui
auffi vicieufe. Le
de TEmpire François 2 &
pour toutes les parties abus. Les Cours Souveraines font
réfléchit fur tous les
de la nouvelle Conflitution.La
contraires aux principes M. Godet ne peut fublifter
Cour d'appel imaginée par
milieu des débris des Parlemens.
au
contraire ne peut mieux convenir aux
Rien au
nouvel ordre judiciaire de la France
Colonies que le
fût connu, la raifon l'avoit
fimplifié. Dès avant Un qu'il tribunal de Diftriet établi à la
diaté pour ce pays.
à la Pointe-à-Pitre; 5 en activité
Batfe-Terre, 2 un autre & éleêtif par le peuple! , difpendant toute Pannée,
à toute la Guadeloupe, &
penfent facilement la juftice
déplaévanouir l'inconvénient d'un trop grand
font
réfultoit de la concentration d'une juftice
cement qui
même
& la concurrence qui
fouveraine dans un
lieu, Villes. exiftoit à cetégard entre les deux
& fyftêmes C qu'on
Tels étoient les diférens projets le travail de l'Affemblée
fepropofoit de faire paffer dans
de s'occuper de
générale coloniale. A peine permit-on adminiftratives & des
T'organifation des Chambres à l'article 5 du décret du
Municipalités, conformément fut faite' avec une tiédeur &
8 mars. Cette opération
cèux qui pénéinconcevables à tout autre que
une peine véritable cfprit du fyftème des Planteurs.
troient le
adminiftratives &
Enfin le Réglement des Chambres finis & tout ce- qui
celui des Municipalités furent
2 l'Affemblée abanpouvoit refter d'amis de la paix dans
donna les auteurs des fvitêmes à leur extravagance 2
nuire au repos de la Colonie déja trop
qui pouvoit
s'élevoient à fon horifon.
menacée par les orages qui
cette retraites
L'Affemblée devenue incompétente par
D 2
&
Enfin le Réglement des Chambres finis & tout ce- qui
celui des Municipalités furent
2 l'Affemblée abanpouvoit refter d'amis de la paix dans
donna les auteurs des fvitêmes à leur extravagance 2
nuire au repos de la Colonie déja trop
qui pouvoit
s'élevoient à fon horifon.
menacée par les orages qui
cette retraites
L'Affemblée devenue incompétente par
D 2 --- Page 56 ---
-
a
(52 2e )
& ne cefferent
membres les plus inquiets relterent; s'ils avoient été
les
leur autorité comme
paroiffes
pas d'entretenir Ils frent tous leurs effornsauprèsdes vain avoit-on réduit la
compétens.
TAffemblée. En
y parvenir.
pour cumpletter du nombre; ils ne purent pas & du falut
compétence
qu'ily alloit de la paix
étoit
On éroit perfiadé D'ailleurs le décret du 8 mars
de la Colonic.
des Chambres adminiftratives cahiers de
exécuté. Les Réglemens étoient faits ainfi que les
qu'ils
8 des Municipalites qui quelques defeéucux
de la Guadeloupe 2
voeu généraldela TAffemblée Colonie,
puilfent être repnefentoientie de Conftitution que
B formoient le demandé. plan
Il eût été trop dangereux cet
nationale avoit
cabale & de haine de refaire
dans ces temps de
toutes les paroiffes 8 par PAf la
ouvrage, confacré. par
2 & de nouveau par & inffanction-des Adminiftrsteurs T'arrivée des décrets
femblée confirmée depuis
tructions.
adminiftrative étoit conCependant la Chambre à la Baffe-Terre. Avec
pour le 7 de janvier
décrété par une
voquée
cet établiffement
fi on avoit
quel emprelfement devoit-il pas fe former,
ici
Loi nationale ne
Conftitution ! C'eft
véritablement la nouvelle fe démentit. La cabale
aimé
de ces faux patriotes de la Balfe-Terre ne
quelezele
8 les ennemis établiffement qui
Sglc-foundement pas de faire échouer ville. un A Tépoque du 7
manquerent être placé dans cette
ceux d'un cerdevoit ilen'y eut de repréfentans que fideles à la
janvier, nombre de paroiffes conftamment de la Grande-Terre
rain
Mais lamajeure partie fuite des principes que
négénération. repréjentée, par la
la Chambre
ne.fit point déja
préfent de cabale
avons
iwpofo-dufanus Cetefprit
adminiftrative nous
n'a pas pu fe former. judiciaire. Il furagité
même jafques fur le çorps
2 fi le Coninflue TAffembléc feantedla Pointe-a-Pire, lc Chef-lieu
dans étoit fixé à la Baffe-Terre comme tranfporté
feil qui
Souverain, ne feroit pas
g par la volontédu
ambre
ne.fit point déja
préfent de cabale
avons
iwpofo-dufanus Cetefprit
adminiftrative nous
n'a pas pu fe former. judiciaire. Il furagité
même jafques fur le çorps
2 fi le Coninflue TAffembléc feantedla Pointe-a-Pire, lc Chef-lieu
dans étoit fixé à la Baffe-Terre comme tranfporté
feil qui
Souverain, ne feroit pas
g par la volontédu --- Page 57 ---
(53),
tellement PAC
dès ce moment à la Pointe-à-Pitre l'idée 9 d'un pouvoir
femblée s'étoit familiarifée avec
de Virrégularité
arbitraire. Il n'y eut que lévidence
à la
qu'on ne portàt ce nouveau coup
qui empêcha
les membres du Confeil
Baffe-Terre. Quoi qu'il en foit,
de
la prévention & l'efprit de parti au mépris la
époufant devoir & du bien public, ne fe rendirent point
leur
notamment les habitans de la Grande-Terre,
plupart, &
à la féance de janvier.
fermentoit contre la BaffeTelle étoit linimitié qui
tous ces torts n'ont pu
Terre. Toutes ces injuftices 9
où elle n'a ceffé
la faire fortir de l'état de tranquillité
ne veuille
d'être de tout temps, à moins que la malignité décrites
les affaires générales que nous avons
luii imputer
&
elle n'a pris
fidélement dans ce mémoire, 2 auxquels
commune à tous. Encore cette imputation
que la part
confidérant fa fituation & fà
tombera d'elle-même, en
s'eft trouvée
conduite dans le particulier, & lorfqu'elle
fur-tout
ifolée dans le cours des chofes, en comparant
fe
hiftoire avec celle de la Pointe-à-Pitre , qui
fon
du travail difficile de la régénération.
reffent toujours abandonnée entiérement 9 a confervé
La Baffe-Terre
Elle a dû cet avantage ail bon
fa paix & fa tranquillité. civilifés par une fuite du fiecle,
efprit de fes habitans
qui agifloient contr'elle.
& aux mêmes circonitances favorifée ouvertement par le
Car la Pointe-à Pitre
être le foyer de la
Gouvernement 2 & choifie pour
le choc de ces
cabale , a dû:éprouver néceffairement l'amourde la liberté
fyftemes mnicontitutsascb,arec
des
dominant dans la partie du peupie indépendante -Terre n'avoit
raifons d'intérêt 5 au lieu que la Balle
à
qu'un même fentiment, qu'une amc,
qu'un efprit 7
individus tenant encore par
Texception de quelques
diverfes relations à l'ancien ordre. des chofes.
-
D 3
dû:éprouver néceffairement l'amourde la liberté
fyftemes mnicontitutsascb,arec
des
dominant dans la partie du peupie indépendante -Terre n'avoit
raifons d'intérêt 5 au lieu que la Balle
à
qu'un même fentiment, qu'une amc,
qu'un efprit 7
individus tenant encore par
Texception de quelques
diverfes relations à l'ancien ordre. des chofes.
-
D 3 --- Page 58 ---
-
(54)
Objet du Légifateur.
particuliers fe dimipent
Ces orages 2 ces mouvemens embraffe toutes les parties
& l'oeil qui
politiques
néceflairement, ne verra que les circonftances & mode T'Empire, , fervir à la Conftitution phyfique les intrigues
qui peuvent rEtat. Les querelles particulieres, cabale doivent
rale de
de l'intérêt ou de la
& les convulfions de Patilité publique.
s'évanouir auprès
à Dégard de la profpérité
Utilité de la Bafe-Terre publigue.
les fervices que la Baffe-Terre
Mettons-à T'écart tous fa fidélité fi fouvent éprouvée. &
rendu, fon ancienneré,
de la Colonie
a
de favoir fi c'eft de lr'intérêt & foutenue. D'abord
Il s'agit
foit confervée
avantageux
de l'Etat qu'elle démontré & il eft évident quileft
il eft affez
d'avoir plufieurs débouchés, plufieurs aux
un
pour
pays
alors une concurrence favorable
marchés. Il exifte T'autre hémifphere. La navigation à
denrées de l'un &
de plus grandes reffources de
trouvent
plus
& le commerce & Tagriculture infiniment Linduftric
leurs fpéculations, d'abondance & de moyens. Un comcommodité 2
de cette concurrence. la population
naît naturellement
favorifent
intérieur, le cabotage & circuler les richeffes
merce
& font fruétifier fe trouvent liées, foit
& Taétivité, Ainfi toutes les parties foit par un équilibre
du pays. relations qui s'érabliffent,
publique.
par les dans la balance de la profpérité
fi J'on
heureux,
à la Pointe-aPitre, GuadeIl faut donc un contre-poids la partie oppofée de la
la
ne veut pas que toute
& linerties mais
tombe dans la langueur favorifée par fa pofition,
loupe
eft tellement
Elle
Pointe-a-Pitre naturelleiment tout le commerce. Toute
qu'elle appelle IIfle. Son port eft commode.
eft au vent de
s'érabliffent,
publique.
par les dans la balance de la profpérité
fi J'on
heureux,
à la Pointe-aPitre, GuadeIl faut donc un contre-poids la partie oppofée de la
la
ne veut pas que toute
& linerties mais
tombe dans la langueur favorifée par fa pofition,
loupe
eft tellement
Elle
Pointe-a-Pitre naturelleiment tout le commerce. Toute
qu'elle appelle IIfle. Son port eft commode.
eft au vent de --- Page 59 ---
( 55 la plus ) riche de PIle, & une
la Grande-Terre, partie
aboutiffent à cet entrepôt.
portion de la Guadeloupe, locales concourent à lélévation
Plulieurs autres raifons
eft fituée beaucoup
de cette ville. La Baffe-Terre
d'un climat
moins heureufement 2 quoiqu'elle jouiffe & d'une rade
pur , de bonnes & abondantes eaux, donc befoin d'être
profondc & immenfe. Elle a
foiblefavorifée pour fe foutenir & contre-balancer
ment la Pointe-à-Pitre.
Utilité de la Bafe-Terre pour la shreté publigues
confidération bien plus importante vient
Une autre
affertion. La Bafle-Terre eft le feul
à Tappui de cette
Çolonie. La Pointe-à-Pitre &
point de défenfe de la
& entiéretoute la Grande-Terre font un pays, plat
ouvert à T'ennemi. La Bafle-Terre au contraire
ment fes environs réfiftent facilement à linvalion.
& tous
les fortifications. C'eft
C'eft auffi là que font placées
de
toutes
dans ce lieu que fe font en temps Colonie. Dans guerre ces cirles expéditions relatives à la
les troupes qui. font confidérablement
conSances 9 trouvent. chez les citoyens un afyle, &
augmentées,
des foins falutaires. Plus
les bleffés, les malades, de fes Colonies, plus il fe
I'Etat fentira l'importance
S'il eft de l'intérêt
portera à confolider. leur défenfe.
fous.ce point
de la Nation de foutenir la Baffe-Terre Les Colons
de vue, il l'eft également de la Colonie. intéreffés à avoir
ne font-ils pas plus immédiatement & de leurs vics?
cette fauve-garde de leurs propriétés
dans
Or, fi l'on en reconnoit l'utilité & limportance de l'abanla guerre, feroit-on. affez inconféquent que néceffaire de
donner. en tems de paix?. Il eft. donc
foutenir cette Place:il faut lui procurer. un mouveexiftence capables de.remplir fes vues.
ment &.une
donc la. Baffe-Terre fous le
Que l'on confidere
publipremier alpeêt de. fon rapport avec la profpérité
D 4
en reconnoit l'utilité & limportance de l'abanla guerre, feroit-on. affez inconféquent que néceffaire de
donner. en tems de paix?. Il eft. donc
foutenir cette Place:il faut lui procurer. un mouveexiftence capables de.remplir fes vues.
ment &.une
donc la. Baffe-Terre fous le
Que l'on confidere
publipremier alpeêt de. fon rapport avec la profpérité
D 4 --- Page 60 ---
-
is6) fous celui de la défenfe
que, ou qu'on la confidere la néceffité de favorifer ce
& de la soreté : on fentira dépendent de la politique
lieu par tous les moyens qui dont la nature a doué la
humaine, au défaut de ce
morifs qu'on l'avoit
Pointe-à-Pitre. C'eft d'après ces
TAdmicréée le chef-lieu de PIfe. Le Gouvernement, les
'le : Confeil,
Hopitaux
niftration, les Finances, réfident ordinairemet enzous ces' érabliffemens qui font placés dans ce cheffemble, & comme au foyer, l'on avoit jugé néceffaire de
lieu. Lors même que
les Amériquains on l'avoit
n'avoir qu'un entrepôt pour C'eft ainfi qu'on étoit parvenu
établi à la Baile-Terre. dont on connoiffoit Tutilité.
à foutenir cette Ville
fe concilie avec les principes
Lintérêt de la Bafe-Terre
:6 d'un bon gouvernement.
fuivant cet efprit & fe' conforAujourd'hui, en introduites par la régénération,
mant aux réformes à lui donner, tous les moyens
on doit s'appliquer réfulteront de la nouvelle Conftitud'exiftence qui
ia détruire. La Bafletion, fi on ne veut pas faveur du nouvel ordre
Terre abandonnera tout en
affez marqué fes fenpolitique qui va s'élever. Elle a
ordre politique
timens dans la révolution. Mais quelque dans un pays un
qui exifte, il y aura nécellairement oùt tous les pouchef-lieu 2, un centre des opérations, dans telle mefure qu'il
voirs aboutiront, & feront placés de fixer. Si dans Torgaplaira à l'Aflemblée Nationale
comme de la Métronifation politique de la Colonie 2
le cours de
il eft jufte de divifer & de répandre
qui
pole,
comme une fource bienfaifante
Tadminitration
du peuple : les diverles
doit être à portée des befoins
fe réuniront fans
branches de cette adminiftration c'eft-là que fe trouveront
doute au même point, & pour fe balancer & fe
raffemblés tous les pouvoirs, main. De cette maniere, c'eft
préter matucllement la
2
le cours de
il eft jufte de divifer & de répandre
qui
pole,
comme une fource bienfaifante
Tadminitration
du peuple : les diverles
doit être à portée des befoins
fe réuniront fans
branches de cette adminiftration c'eft-là que fe trouveront
doute au même point, & pour fe balancer & fe
raffemblés tous les pouvoirs, main. De cette maniere, c'eft
préter matucllement la --- Page 61 ---
('s7 5
réunion qui doit produire cette unité, ce concert,
cette
principe d'un bon gouvernement. Ainfi
cette harmonie, de
le corps légiflatif dans un
il feroit abfurde placer exécutif à l'autre extrêmité.
endroit, & le pouvoir
le corps légiflarif à
L'Affemblée coloniale repréfentera il exercera les fonétions
certains égards, & à d'autres,
demanderont le
générales qui, les uns & les autres, exécutif dans les Coconcours du Délégué du pouvoir font le moyen de tout, 2
lonies. Les finances 7 qui
de ces deux pouvoirs.
doivent aufli être placées auprès des
imméLa Chambre adminiftrative. , qui a
rapports
en
TAffemblée coloniale, ne peut guere
diats avec
Cette Chambre aura à régler
avoir un fiege féparé.
de la Colonie, & à les
les dépenfes particulieres de lEtat. Elle aura donc un rap.
diftinguer de celles
des finances nationales 2
port d'affaires avec la caiffe liées entr'elles par des
& toutes ces parties feront réfultent de leur nature. Or,
relations réciproques qui
avoir
du pouvoir exécutif ne peut
qu'une
le Délégué Colonies ; c'eft celle des troupes qu'il complace aux
celle des fortifications & des hopitaux; ;
mande : c'eft
la Bafle-Terre. Les autres
c'eft, à la Guadeloupe, établiffemens principaux 5 doivent
pouvoirs, les autres être auffi placés. Cette nouvelle
donc naturellement donc y attirer fur cette ville les regards
confidération doit
le but
Nationale; & en en rempliffant
de P'Affemblée
légiflatif fuprême fatisfera auffi
& le voeu, le Corps
à la Baffe-Terre les
aux premieres vues ait 2 & de procurera le foutenir avec le commerce
feuls moyens qu'elle
lui permettre.
médiocre que fa pofition puiffe
Faufe explication du point central.
Dans le premier moment de l'effervefcence 2 lorfque où elle
rAffemblée générale fe forma à la Bafle-Terre,
&
fiégé, la cabale de la Pointe-à-Pitre
avoit toujours
d'un principe profeffé par
- de la Grande-Terre abufant
premieres vues ait 2 & de procurera le foutenir avec le commerce
feuls moyens qu'elle
lui permettre.
médiocre que fa pofition puiffe
Faufe explication du point central.
Dans le premier moment de l'effervefcence 2 lorfque où elle
rAffemblée générale fe forma à la Bafle-Terre,
&
fiégé, la cabale de la Pointe-à-Pitre
avoit toujours
d'un principe profeffé par
- de la Grande-Terre abufant --- Page 62 ---
(58 )
T'Affemblée Colo:
que
Nationale, 2 prétendit
comme le lieu
PAffemblée devoit fiéger à la Pointe-a-Pitre 2 par le nombre;
niale de la Colonie. Elle Temporta le récit contenu dans
central
déja démontré par
effentiel à
& nous avons
ce premier point étoit
dans ce
ce Mémoire, exécuter que
tous les projets conçus eft vrai, il eft
obtenir, pour Mais fi en thefe générale foient il placés, autant
remps-là.
publics
moins
jufte que les établiffemens centre du pays 2 il n'eft pas.
de
qu'il eft poflible, au
bien fauffement le mot des
vrai que lon interprétoit D'abord on ne concevra pas que
point central.
être, Fun ou Tautre,
Ports de mer d'une Ile puiffent il n'y a pas plus de raifon
central. Ainfi,
qu'il peut
un point
foit ainfi qualifiéc, eft la nature
que la Pointe-a-Pitre
Or, telle
pour avoir pour la Baffe-Terre.
pouvant
y en
le commerce & la navigation fur le rivage
des Colonies, que
il n'en exifte que
Mais
feuls former les Villes, dans l'intéricur des terres.
de la mer 5 & non
de point central dans l'accepfaut-il entendre cC terme lacception géométrique qui
ou dans
gcométition politique Si c'étoit dans l'acception le territoire ;
lui conviennensi fans doute mefurer
également
il faudroit
le plus
que, le point qui feroit à-peu-près le point central.
&
de toutes les oatémner.ferol de le dire, on ne
éloigné
comme nous venons
des terres, &
En ce cas,
Ville dans l'intérieur
fi c'eft
trouveroit aucune feroit bien vain & inutile. Mais faut Fintercet arpentage politique du tcrmc qu'il on fe condans l'acception il n'en faut pas douter, celui ou tous
préter 2 comme
central doit être
vaincra que le point les facultés du corps politique
toutes
la feule explicalcs pouvoirs,
Voilà cerainement nous venons de
font concentrés. raifonnable qu'on peut faire : or cft la Bafle-Terre.
tion démontrer que ce centre politique eft immenfe; chaque &
dont lc continent
En France 2
de la même organifation.
jouiffant
raifon politique
département l'autre ;il n'y a aucune
- attenant Tun,a
central doit être
vaincra que le point les facultés du corps politique
toutes
la feule explicalcs pouvoirs,
Voilà cerainement nous venons de
font concentrés. raifonnable qu'on peut faire : or cft la Bafle-Terre.
tion démontrer que ce centre politique eft immenfe; chaque &
dont lc continent
En France 2
de la même organifation.
jouiffant
raifon politique
département l'autre ;il n'y a aucune
- attenant Tun,a --- Page 63 ---
( 59 )
foient plutôt en tel
pour que les établiffemens publics dû exifter d'autre que
lieu que tel autre. Il n'en a pas
& dès-lors il eft
celle de la commodité générale 5
naturel qu'on ait choifi le centre,. eft géométriquement de même
Il n'en
pas
parlant, , du département. dans létendue des mers 2 & qui
d'une Colonie ifolée
C'eft T'entrée de l'Ife qu'il
doit pourvoir à fa sûreté.
de défenfe qu'il faut
faut garantir ; c'eft un point toutes les données ne
Ainfi, 2
chercher principalement. & elles doivent toutes fe diriger
font plus les mêmes C'eft ,. fous la proteétion de cette fauvefur ces localités. s'élever, tous les établiffemens pugarde que doivent
locale n'admet point par conblics. Cette différence même principe, ou du moins
féquent Tapplication du
dans le même fens. de toutes ces vérités politiques,
On fe convaincra les divers Etats de PEurope la
fi on cxamine dans
les pouvoirs généraux. Cerpofition du lieu où fiegent &c. ne font point au
tainement Paris 9 Londres 5 Villes où font raffemblés
centre de ces Etats; mais ces néanmoins être confidérés
tous les pouvoirs 3 peuvent de la machine.
comme les centres politiques
explication de la regle de la majorité.
Fauffe & abfurde
le parti de la GrandeC'eft avec la même facilité que abufé du principe
Terre & de la Pointe -à - Pitre ont
la regle la plus
de la majorité, qui eft véritablement Parmi les memnaturelle des délibérations publiques. générale coloniale,
l'Affemblée
bres qui compofoient
du lieu où fiégeroit PAf
lorfque s'eft agité la queftion
partie
femblée, il y en avoit une plus grande leur
la Pointe-à-Pitre 2 de laquelle
penchoit pour
que de la Baffe-Terre; en
dence étoit moins éloignée
une raifon
conféquence ils ont fait de cette majorité ainfi fubftitué une
déterminante de la folution, & ont à lobjet de la
regle, une & fimple de délibération, l'affaire d'une. plus ou
queftion. Ce n'a donc été que
ie
femblée, il y en avoit une plus grande leur
la Pointe-à-Pitre 2 de laquelle
penchoit pour
que de la Baffe-Terre; en
dence étoit moins éloignée
une raifon
conféquence ils ont fait de cette majorité ainfi fubftitué une
déterminante de la folution, & ont à lobjet de la
regle, une & fimple de délibération, l'affaire d'une. plus ou
queftion. Ce n'a donc été que --- Page 64 ---
(60) & le parti de la Grande:
moins grande commodité ;
Terre a emporté.
s'étoient pénétrés des devoirs
: J Mais fi ces Meffieurs à leur caradtere, ils auroient
& des principes attachés
les Députés de tel
s'ils étoient particulilerement
ils
vU
que
voifin de la Pointe-à-Pitre, perdoient étoient
ou tel quartier individuelle du moment qu'ils
cette qualité
devenoient alors les repréfen- de
réunis en corps; qu'ils
devoient fe dépouiller
tans de la Colonie; qu'ils perfonnelles ou privées, pour
toutes les acceptions l'intérêt général & un du grand
ne s'occuper que de majeures & les confidérations
tout. Ainfi les raifons valoir en faveur de la Bafleque nous avons déja fait
déterminés, & ils n'auTerre, les auroient sûrement
à une commodité
roient pas facrifié ces titres eft puiffans donc bien vrai que fi ceft
frivole & particuliere. Il
qui fait la décifion du
la majorité des délibérans l'intérêt de la majorité des délie
corps 2 ce n'eft point le motif de cette décifion:
bérans qui peut faire
des principes les
C'étoit donc un abus bien groffier d'interpréter ainfi
fimples & les plus vrais, que
plus Ics regles de la majorité.
être réfolues que par
d'intérêt ne peuvent
Les queftions
un tiers.
qui ont trait à telle ou telle
Toutes ces queftions
de nature à ne
partie du pays, font, comme on voit, arbitre fuprême tel
pouvoir être fixées que par un
qu'on fubftituera
"Affemblée Nationale, parce du tout. C'eft
que
T'intérêt.de la patrie à celui lors de la formaroujours
&
ainfi que dans les commencemens; il fut queflion du fiege de
tion de nos cahiers, quand l'on? connût le nouvel
la Cour d'appel, avant que
inême intérêt des
de la France,-le
ordre judiciaire
les membres de TAffemblée;
deux villes préoccupa our la bonne foi & Tharmonie
& dans ce temps
Affemblée Nationale, parce du tout. C'eft
que
T'intérêt.de la patrie à celui lors de la formaroujours
&
ainfi que dans les commencemens; il fut queflion du fiege de
tion de nos cahiers, quand l'on? connût le nouvel
la Cour d'appel, avant que
inême intérêt des
de la France,-le
ordre judiciaire
les membres de TAffemblée;
deux villes préoccupa our la bonne foi & Tharmonie
& dans ce temps --- Page 65 ---
(6r) )
on eut la juftice & ia fageffe
régnoient parmi nous,
ne pouvoit être déde convenir que cette queftion Nationale, à qui on pré:
cidée que par TAllemblée
inftruéifs.
des mémoires
fenteroit réciproquement
Intérét de la, Nation à ces différends.
intérêt à cette queftion:
La Nation a effeétivement Colonies dont elle conNous avons expofé que les
régira elle-même
à mefure qu'elle
noîtra limportance la' fource la plus riche de fon
fes facultés, étoient
d'établir les
commerce. Il lui eft donc avantageux conferver & pout
mefures les plus propres pour les
nous avons défavorifer la culture. A ces titres,.
en
méritoit les regards & les
montré que la Baffe-Terre Qu'on jette la vue fur toute la
fecours de la Nation.
de la Guadeloupe. Eile
côte qui s'étend fous le vent
de la Baffe-Terre.
eft d'une riche fécondité auprès eft inculte & abandonnées
Mais à peu de diftance clle
& la nature fouffre,
eile appelle le bras du cultivateur, fur ce rivage n'a pas
parce que la ville dominante étendre fes fecours
encore affez, de moyens pour C'eft un arbre dont
frustifians jufqu'à cettc deffechent portée. faute de fubftance
les rameaux ftériles fe Si la Baffe-Terre étoit encouau cceur de la plante.
des capitaliftes & toutes
ragéc & foutenue, bientôt & de Tinduftrie s'y établiles reffources du commerce
dans les bois. L'air fe
roient. La hache feroit portée cultivées au loin, &
purifieroit. Les terres feroient côteaux inutiles, des planprefenteroient, au lieu de
les rivaux de la France
tations précieufes dont tous
Colonies
C'eft ainfi que nos
languitfent,
font fi jaloux.
bien moins avantageufes,
tandis que celles des Anglois, bord de la mer jufqu'à la cime
fleuriffent depuis le
en
C'eft que ce peuple commerçant
des montagnes.
connoit la valeur (1).
côte & à deux lieues fous le vent de la
(1), C'eft fur cette
lieu dit tdnj-a-la-Baraue 3
Bafle-Terre, que fe trouve lc
eft ainfi que nos
languitfent,
font fi jaloux.
bien moins avantageufes,
tandis que celles des Anglois, bord de la mer jufqu'à la cime
fleuriffent depuis le
en
C'eft que ce peuple commerçant
des montagnes.
connoit la valeur (1).
côte & à deux lieues fous le vent de la
(1), C'eft fur cette
lieu dit tdnj-a-la-Baraue 3
Bafle-Terre, que fe trouve lc --- Page 66 ---
(6) elfentielle, qui doit encore
Une circonftance bien
de la Métropole 5
attirer fur la Baffe-Terre les regards petite He de peu de
des Saintes ,
2 relac'eft la proximité dont la pofition eft conféquenté Elle
valeur, mais
la Colonie de la Gaudeloupe.
rivement à toute
canal d'environ deux lieues;
n'en eft féparée que par un deflus de la Baffe'Terre, &
elle eft fituée un peu au toute la navigation qui eft
domine par conféquent villes
de la Colonie:
établie entre. les deux
à principales côté de la Dominique qui
Elle fe trouve auffi placée
à la Grande-Bretagae. réfulte
moindre
:
appartient
il en
qu'au
Ce lieu a été abandonné;
s'en failillent, & dèsde guerre les Anglois
entre nos deux
mouvement
eft interceptée
lors toute communication la Martinique ou de la Guadeloupe
Colonies. Celle de
de la Dominique, qui,
échappé à la vigilance fituée entre les deux Iles,
quiauroit nous l'avons dit, eft
& fon extrême voicomme eft faifie par ce nouvean pofte même 2 de furveiller tous les
finage met nos ennemis à
& d'y defcendre au
mouvemens de la Guadeloupe,
moment favorable. donc fairc penfer à faire
premier Une bonne politique doit défenfe. Non feulement il en
un lieu de
de ce pofte
Telle a été la faveur que
sûr povr les bâtimens.
1 qu'ils ont
c'eft un Gouverneurs afyle
ont donné à la Pointe-à-Pitre étoient affurés pour Panlecertains
dont les bâtimens
Ceforcé des Capitaines d'aller paffer Phivernage à la Pointe-a-Pare. de ces deux Ports
à-la-Barque 2 occafion a permis de juger lequel de
Prefque
pendant une sur. C'eft lc fameux ouragan ont 1776. été jettés à la
étoit le navires plus mouillés à la Pointe-à-Pitre à
tous les
de ceux qui fe trouvoient TAnfedcla-Barque
côte 5 & 2ucun le moindre péril. Ile dite les Saintes 1 fituée deux
n'a éprouvé eft de même de la petite de
Gouverneur de
Il en vent de la Baffe-Terre, M. Nolivos, , avoit reconnu
lieues au
fous le miniftere de M. établi de Choifeul iin port & un carénage
la Guadelompe de ce lieu. ny avoit
accordée àla
les avantages commode 5 mais la faveur ouvertement a profcrit cet
facile &
une nouvelle adminiftration,
Pointe-a-Pitre mérite par une attention particuliere.
endroit qui
de la petite de
Gouverneur de
Il en vent de la Baffe-Terre, M. Nolivos, , avoit reconnu
lieues au
fous le miniftere de M. établi de Choifeul iin port & un carénage
la Guadelompe de ce lieu. ny avoit
accordée àla
les avantages commode 5 mais la faveur ouvertement a profcrit cet
facile &
une nouvelle adminiftration,
Pointe-a-Pitre mérite par une attention particuliere.
endroit qui --- Page 67 ---
(63 à )
réfulteroit des avantages réciproques pour la Nation à
l'égard des Anglois 2 mais encore elle y trouveroit un
sûr & commode pour. fes vaiffeaux de guerre 7
port baflin dont l'eau n'auroit pas le vice deftruéteur de
un celui du Fort Royal à la Martinique 2 un carénage, un
les bâtimens en temps d'hivernage 2 des
afyle refTources pour & des provifions pour rafraîchir nos équipages & nos Troupes 2 un air excellent qui. femble
déligner ce lieu pour les infirmeries en temps de guerre.
Tels font les moyens que l'intérêt de la France & de
cette Colonie diête naturellement. Sià toutes ces raifons
politiques, la ville de la Baffe-Terre peut ajouter en fa
faveur, fon ancienneté, les longues générations de fes
habitans qui font les fondateurs de la Guadeloupe 2
leur attachement fignalé pour la France, leurs fervices
dans la guerre 2 leur expolition dans ces conjonatures
fâcheufes, mais inévitables 2. leur dévouement exemplaire à la nouvelle Conftitution, cette Ville ne doitelle
fe flatter de voir tourner vers elle les regards
pas
propices de la Patrie ?
Profefion de foi de la Bafe-Terre.
Nous avons tâché de remplir dans ce Mémoire le
but que nous nous étions propofe. Nous nous fommes
occupé de l'intérêt général 5 celui de la Bafle-Terre
n'en eft que la conféquence immédiate. Si, en traitant
ces objets, nous avons pu affeéter quelques perfonnes, 2
c'eft fans l'intention de les inculper 2 encore moins de
les dénoncer. La juftice fuprême expiera tout. Mais
c'étoit fans doute néceffaire pour rapporter les faits que
devions
foit d'ailleurs l'événous
juftifier. Quel que
nement de ces querelles particulieres & des affaires
accidentelles qu'ont pu occafiener la Révolution &
les cabales, qui en font inféparables 2 la Baffe-Terre
déclare qu'elle eft indifférente à cet égard ; qu'elle eft
audef@uedelamaligene de fes ennemis, foit particuliers --- Page 68 ---
confervera (64) fa tranquillité malgré.
foit politiques ; qu'elle
qu'elle éprouve 2 même
continuelles
Nation & le
les provocations des Commiffaires que la
entiédepuis Farrivée
5 qu'enfin clle s'abandonne de PAC
Roi nous ont envoyés du bien public & à la fagelfe
rement au voeu dont clle bénit les Décrets.
femblée Nationale
nous Préfident &
Paraphé, ne yarietur, par des deux Paroiffes
Secretaire de T'Affemblée
au defir de
réunies de la ville Bafle-Terre mai 2 & du vingtvingt-deux
la délibérationdu année. Signé fur toriginal,
fix juin de cette Préfident 5 & NATOIRE, 2
DE BOVIS,
Secretaire.
conforme à T'original dépofé ville aux
Collationné de la Municipalité de cette
Archives
Ifle Guadeloupe 2 ce.15 juillet
Bafle-Terre,
1791.
Secr. Greff.
ARTIUN-REONAULT,
EXTRAIT,
de
réunies de la ville Bafle-Terre mai 2 & du vingtvingt-deux
la délibérationdu année. Signé fur toriginal,
fix juin de cette Préfident 5 & NATOIRE, 2
DE BOVIS,
Secretaire.
conforme à T'original dépofé ville aux
Collationné de la Municipalité de cette
Archives
Ifle Guadeloupe 2 ce.15 juillet
Bafle-Terre,
1791.
Secr. Greff.
ARTIUN-REONAULT,
EXTRAIT, --- Page 69 ---
(65) )
EXTRAIT des Regifres des Délibérations
réunies de la ville la
des deux Paroipes
juin
en date du vingt-fix
Balle - Terre,
: mil lfept cent quatre-vingt-onge.
LAenute revenant fur fon Arrêté du vingt-deux
dernier, arrête que fans qu'il foit befoin de la
mai
I Rédaéteurs, le premier
fignature des Commiffaires l'Afemblée Nationale fera
Mémoire de la Ville pour
le Préfident &
fimplement paraphé, ne varietur, par être dépofe aux
le Secretaire de lAffemblée. 2 pour les expéditions
archives de la Municipalité, & que
feroht faites & collationnées le par réfidu le Secretaire-Archi- de l'Arrêté du
vifte, de ladite Municipalité; le furplus fon effet. L'AC
vingt-deux mai aura pour M. le Procureur de la Comfemblée arrête auffi tenir que la main à la plus prompte
mune voudra bien
Arrétés. Signé al Regifire,
exécution de ces deux
Secretaire.
BOVIS, Préfident; & NATOIRE,
Collationné conforme à l'original, par moi
Secretaire-Greller de la Municipalité,
ARTRUR-REGXAULT, Sec. Greff.
EXTRAIT des Regifres.des Délibérations
des deux Paroifes réunies de la ville BalfeTerre, en date du 22 Mai 1791.
i Élibérant fir le premier Mémoire, il a été arrêté &
ne varietur, par le Préfident
qu'il fera paraphé 2
pour être dépofé aus
Secretaire des deux Paroiffes,
E
né conforme à l'original, par moi
Secretaire-Greller de la Municipalité,
ARTRUR-REGXAULT, Sec. Greff.
EXTRAIT des Regifres.des Délibérations
des deux Paroifes réunies de la ville BalfeTerre, en date du 22 Mai 1791.
i Élibérant fir le premier Mémoire, il a été arrêté &
ne varietur, par le Préfident
qu'il fera paraphé 2
pour être dépofé aus
Secretaire des deux Paroiffes,
E --- Page 70 ---
( 66 )
fera figné par les
Archives de la Municipalité; qu'il de le faire; qu'il en
Commiflaires qui ont été chargés à M. Barnave, avec
fera envoyé une copie particuliere les mêmes Commif
Adreile qui fera rédigée par
France 2 &
une
Timpreffion en fera faite Ville eh fournira une
faires; que
de cette
de
qu'à cet. effet yn Négociant moides, pour la valeur
lettre de change de vingt Bovis, Delrieu, Gillet ainé.,
laquelle Mrs. Albert, Lieutaud. & Seaux, caution- les,
Oraifon, Fontelliau, à fc faire rembourler par
neront 7 fauf à eux de la Ville, 2 pour la valeur de
bénévoles
à Timprelfion
Citoyens lettre de change être confacrée d'autant d'exemladite dudit Mémoire; jufques sa concurrence fomme de treize cents
plaires que comportera ladite exemplaires trois cents feront
vinge-livres, fur lefquels de la Bafle-Terre, & être
envoyés à la Municipalité France aux Municipalités des.
T'excédant diftribué en Comité colonial de TAffemblée.
Villes maritimes 7 au membres de ladite Affemblée jufNationale 2 & aux de tout ce qui pourra, refter faite ; que à
ques à concurrence à ladite imprefion qui incellamment, fera
pour parvenif deux copies feront faites
fufdite 2
Marfeille 2
avec la lettre de change
depour être envoyées,, l'autre à Marfeille; TAfiembléc
Tune à Bordeaux, la derniere foit faite d'abord defti- pour
firant au farplus que
& quant à la copie être
être remife à M. Dugommier; avec T'Adreffe, pour
née à M. Barnave 2 être jointe occafion. La Municipalité la
remis le tout par la premiere incelfamment à l'exécution de
fera priée de pourvoir
préfente Délibération.
Collationné.
Sec. Greff
ARTnuR-REGKAULT, --- Page 71 ---
A
PRÉCIS HISTORIQUE
DES TROUBLES SURVENUS
A LA GUADELOUFE,
Depuis Parrivée des Commissaires du Roi
à la Martinique.
A PARIS;
DE LIMPRIMERIE NATIONALE
179 2. --- Page 72 --- --- Page 73 ---
E710
LycIo --- Page 74 ---