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JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
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Trust Fund of
Lathrop Colgate Harper
LITT, D.
G SAY
MCA --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
M É M OIR E
E T
PIECES JUSTIFICATIVES
ADRESSÉS
A LA CONVENTION NATIONALE,
PAR le Citoyen LARCHEVESQUE-THIBAUD;
ancien Procureur de la Commune du Cap
François.
A PARIS;
De PImprimerie de TESTU, rue Hautefeuille,
no 14.
179 3. --- Page 6 ---
- - 1
- :
- 3: --- Page 7 ---
Je parle de moi dans ce Mémoire 9
puisqu'il a pour objet ma justification; 5
mais il s'en faut que je l'occupe tout
entier.
Lisez le:j'ose croire qu'il vous donnera
quelques notions qui vous aideront à résoudre plus d'un problème touchant l'une
des plus importantes portions de la République françoise 9 et en même tems la plus
malheureuse,
Quand on a éprouvé des perfidies, des
noirceurs pareilles à celles que je raconte, 2
il est bien difficile d'être parfaitement modéré. Qu'on me pardonne donc quelques
expressions que, de sang froid, on trouveroit peut-être trop fortes, mais quiéchappent naturellement à un homme profondément ulcéré, et qui a sujet de l'être.
Au reste, la fin de ce mémoire prouvera --- Page 8 ---
que chez moi la soif de la vengeance: a
fait. place aul desir d'être utile à mon pays
et a la France. Ce desir l'emportera toujours dans mon coeur sur toute autre
passion. --- Page 9 ---
LE CITOYEN
LARCHEVESQUE THIBAUD,
Ancien Procureur de Za Commune du Cap
Francois, 3
A LA CONVENTION NATIONALE.
Les numéros qui se trouvent enire deux parenthèses, indiquent les pieces jostificatives,
LEGISEATEURS,
VICTIME du pouvoir dictatorial ques'est
arrogélun des commissaires délégués à SaintDomingue par lcs ministres de Louis Caper
je viens vous demander justice de l'acte arbi
traire exercé contre moi par CC tyran, quine
semble avoir dirigé ses premiers coups contre
les ennemis dela révolation, quepour pper
ensuite plus sûrement les moilleus patriores,
et exéeuteravec plus de facilité des dosseins
qui, s'ils pouvoient se réaliser, mettroientle
comble aux maux de la Colonie, er.acheve
A
és à SaintDomingue par lcs ministres de Louis Caper
je viens vous demander justice de l'acte arbi
traire exercé contre moi par CC tyran, quine
semble avoir dirigé ses premiers coups contre
les ennemis dela révolation, quepour pper
ensuite plus sûrement les moilleus patriores,
et exéeuteravec plus de facilité des dosseins
qui, s'ils pouvoient se réaliser, mettroientle
comble aux maux de la Colonie, er.acheve
A --- Page 10 ---
*
(2)
roient de la perdre pour elle-mème et pourla
métropole.
faites
Madéportation est un tissude perfidies
révolter toute ame honnête: toutes les
pour
été indignement violées; elles ne
formes syont
moins de
alégard
le seroient pas avec
pudeur dénoncé par la
du scélérat le plus fortement
ne
clameur publique : nul motif, nul prétexte à
autoriser une atteinte aussi cruelle
pouvoit la liberté d'un citoyen françois : tout devoit,
m'en garantir; tout devoit m'asau contraire,
dues à
surer la premiere des récompenses
à
Phomme qui, par son civisme, a contribué
la satisfaction de vivre transauver son pays,
quille au milieu des siens.
élevées coilméchamment
Les préventions
tre moi, et que favorise Teoignemendesliers
ont été le théâtre de ma vie politique,
qui
la nécessité de donner quelque
m'imposent
Qu'on me parétendue à ma justification.
détailsqui
donne donc sij'entre dans quelques
paroitre minutiéux au premier coup
pourront
pour faire
d'ail, mais qui sont indi-pensables
J'esconnoître les hommes et les choses.
bien
bout cet
lorsqu'on aura lu jusqu'au
pere que toutes les pieces qui Paccompaécrit, avec
convaincu qu'iln'y a de crime
gnent, oll sera
de coupable que le
ici que ma déportation,
dictaleur Sonthonax. --- Page 11 ---
(3)
P REMIE RE PARTIE
J'ÉTOIS, 2 le 9 Janvier dernier, tranquillement occupé dans inon calinet aux paisibles
fonctions de mon nouvel état de conirôleur de
la marine, Jorsqu'a huit heures et demie du
matin, un homme ayant un bonnet de pandour à la rête et le sabre nu à la main, se
présente à moi escortéd'une foule de bayonnettes, et m'exhibe un ordre du commissaire
civil Sonthonax: cet ordre portoit de me rendre à bord du vaisscau de la République
PAinérica, et défenres de communiqueraved
aucune personne de l'équipage.
Cet ordre émanoit da commissaire Sonthonax seul; il n'étoit pcint motivé.
Jenesais qu'obéir aux antoritésconstitnées.
Sans examiner si l'ordre étoit légal Oil non, - si
le commissaire Sonthonax avoit ou non le
droit de me faire arrêter sans aucune instruction préalable, et de sa seule autorité, sansle
concours d'aucun deses collégues,je me soumis, et ne demandai que le teins de m'habiller.
Le porieur d'ordre éloit un nommé Ginioux, arracheur de dents de profession, enrôlé dans on ne sajt quelle troupe, ardent déAz
si l'ordre étoit légal Oil non, - si
le commissaire Sonthonax avoit ou non le
droit de me faire arrêter sans aucune instruction préalable, et de sa seule autorité, sansle
concours d'aucun deses collégues,je me soumis, et ne demandai que le teins de m'habiller.
Le porieur d'ordre éloit un nommé Ginioux, arracheur de dents de profession, enrôlé dans on ne sajt quelle troupe, ardent déAz --- Page 12 ---
(4)
tracteur des corps populaires, connu de toutle
Cap. pour lun des plus grands zélateurs de la
contre-révolulion, pour lun des ennemis les
plus déclarés du parti patriote, porté enfin
comme tel sur une liste d'expulsion dressée
parla commune du Cap;c'est cet homme
le dictateur Sonthonax avoit
que
licteur ordinaire,
pris pour son,
pour le ministre familier
de ses ordres de rigueur; c'est lui quiavoit été
chargé de m'arrêter.
Pendant que je m'habillois pour me rendre
au tombeau de ma liberté, ma femme,
vouloit s'habiller aussi
aller
qui
pour
fléchir, s'il
se
Podstdespeelikies. en domanda
la permission au PandourGinious:ce satellite
impudent ent l'audace de ne vouloirpas même
s'éloigner jusqn'à la porte de ma chambre;
carlui etles fusiliers qui d formoient sa cohorte,
me cernoient de si près, que je ne pouvois
pas faire deux pas sans les toucher.
Mais c'éloit bien d'honnêteté qu'on s'occupoit, lorsqu'on avoit en vue de m'immoler:
.on affecta, en effèt, dans la promenade qu'on
me fit faire de chez moi au bord de la mer,
de passer devant un corps-de-garde uniquement composé de citoyens pris dans la garde
nationale. Ce n'étoit pas la route : mais, on
avoit compté que ces eitoyens, sensibles à --- Page 13 ---
(5)
l'affiront que j'éprouvois, feroient quelques
mouvemens pour TIC délivrer, et il n'en cût
pas fallu davantage à la nombreuse cohortequi me conduisoit pour me massacrer.
C'étoit un spectacle bien propre à soulever
les citoyens, que de voir Phomme qui s'étoit
toujours montré le plus ferme défenseur de
le
couraleurs droits 2 Phomme quiavoit plus
geusement soutenu la révolution contre tous
ses ennemis, l'homme enfin qui, par son
extrême vigilance, avoit préservé la ville du
Cap du ineurtre et de Pincendie; de le voir,
dis-je, tout-à-coup, et au moment oû iljouissoit au plus haut dégré de l'estime, de la
confiance et de la reconnoissance de ses conentre deux fortes haies de
citoyens 7 placé
bayonnettes prises dans loutesles couleurs,et
renforcées encore devant et deriiere par un
détachementde dragons; serréde près comme
un scélérat dont on ne pouvoit trop s'assurer;
traîné ignominieusement dans les rues de
cette même ville quilui devoitson salut, et où
récemment encore il venoit de rétabliria paix,
la concorde et Pharmonie; soutenant sa vertueuse épouse qui n'avoit pas voulu l'abandonner, 2 et à qui sa tendresse avoit donné le
courage de partager la honte dont on le couA3
de dragons; serréde près comme
un scélérat dont on ne pouvoit trop s'assurer;
traîné ignominieusement dans les rues de
cette même ville quilui devoitson salut, et où
récemment encore il venoit de rétabliria paix,
la concorde et Pharmonie; soutenant sa vertueuse épouse qui n'avoit pas voulu l'abandonner, 2 et à qui sa tendresse avoit donné le
courage de partager la honte dont on le couA3 --- Page 14 ---
vroit et d'affionter (6)
voient le
tous les dangers qui pouà ses
menacer; de le voir ainsi arraché
enfans, à sa famille; à ses
propriétés,à sa patrie,
amis, à ses
à deux mille lieues
pour être envoyé,o1?
de-là; dans un monde où
Terisembledesa vie ne
oit la calomnie le
pouvoit pas être connu,
défense,isolé de ce trouvant sans appui, sans
qui a bien mérité quifaitlaforcede de
Phomme
moignage
ses concitoyens, leur ténombreux et unanime,
percerà discrétion de ses traits les pouvoit le
nimés ; et encore,
plus envetamment, à travers commentenvoyé? un océan
précipiles périls des qnatre élémens immense et tous
saison la plus
réunis, dans la
de T'année. rigoureuse et la plus redoutable
Ah,si quelque chose devoût
fureur d'un peuple
provoquer la
séditieux, c'étoit
que l'on peint comme si
vement aussi sans doute la vue d'un enlevable, aussi révoltant extraordinaire, aussi inconcetoutes ses circonstances: en lui-méme et dans
ment préché au
maisj'avois constamaussi bien
peuple du Cap,
que de bouche, la
d'exemple
autorités
soumission aux
me voyoit légilimes; céder dans une occasion où il
sans murmure à celle
m'opprimoit, il ne pouvoit
qui
que me plaindre, --- Page 15 ---
(7)
mc témoigner ses regrets, et m'offrirses voeux
pour une justice telle qaejavois droit de Pattendre.
C'estainsi que se passa un événement que
mes ennemis et Sonthonax lui-même auroient
desiré voir terminer d'une maniere plus tragique, et qui ne servit qu'à prouver, à leur
honte, combien peujétois dangereux.
Arrivé au bord de la mer, je quittai, non
sans émotion, une terre oùt je laissois ce que
j'avois de plus cher all monde, mes enfans; oll
me fit entrer dans un canot, avec quelquesuns de mes gardes, qui me témoignoient par
leurs regards, ne pouvant pas le faire antrement,l la donleurqu'ilsavoient d'être employés
pour une pareille opération, et je me rendis,
en compagnie du pandour Ginioux,qui im'entretenoit, chemin faisant,des expédiionsqu'il
avoit encore à faire, à bord de la forteresse
flottante out je devois être incarcéré, en attendant que le tyran eûtt statué sur mon sort.
Je ne dois pas passer sous silence l'étonnement dont furent saisis les patriotes du vaisseaut en voyant le prisonnier qu'onleur. amenoit.Jene dois pas omettre non plus de parler
de l'accueil que mn'ont fait les ofliciers de ce
vaisseau, et deshonnétetés dont ilsm'ont comblé: à la parcle près, ils ne pouvoient pas
A4
esse
flottante out je devois être incarcéré, en attendant que le tyran eûtt statué sur mon sort.
Je ne dois pas passer sous silence l'étonnement dont furent saisis les patriotes du vaisseaut en voyant le prisonnier qu'onleur. amenoit.Jene dois pas omettre non plus de parler
de l'accueil que mn'ont fait les ofliciers de ce
vaisseau, et deshonnétetés dont ilsm'ont comblé: à la parcle près, ils ne pouvoient pas
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(8)
m'exprimer d'une manière plus touchante la
peine qu'ils ressentoient d'une disgrace aussi
peu méritée que la mienne.Je
lier un tribut de
doisen particuDafossey,
reconnoissance au citoyen
commandant en second de cemême
vaisseau;il est impossible de
les consolations
pousser plus loin
muettes qu'ils'est efforcé de
jeter sur mon infortune.
J'ai dit qu'il étoit huit heures et demie du
matin quand j'ai été arrêté, Jusqu'alors les
arrestations, avant-coureurs de
s'étoient faites
déportations,
nuitamment;l la veille mêmede
mon arrestation, c'est-à-dire, dans la nuit
7 au 8.Janvier, plusieurs citoyens avoient été du
arrachés deleurs domiciles et jetés àbord d'an
vaisseau de P'Etat : mais la municipalité du
Cap venoit enfin de s'élever
ditions ténébreuses,
contre ces expé.
qui, en troublant le repos
descitoyens, 2 ne pouvoient que semer
dans toute la ville et occasionner des T'alarme
mens dangereux sous plus d'un
mouveun réquisitoire assez
rapport ; sur
de la
énergique du procureur
commune, elle avoit pris un arrété vigoureux ( no, I. ) pour engager len commissaire
tatoires à la
Samemanmean
sûreté, àla tranquillité
et dans ceta carrêté, non contente
publique,
opinion sur
d'exprimer son - -
Firrégularité de ces enlevemens --- Page 17 ---
(9)
clandestins, elle avoit témoigné hautement sa
façon de penser sur le compte des citoyens
enlevés; elle avoit Cu le courage de déclarer
formellement qu'elle ne les reconnoissoit coupables d'ancun crime.
Sonthonax nc pouvoit prétendre cause d'iguorance de cet arrêté: car la municipalité
s'etoit transportée en corps chiez iui, ce même
jour 8 Janvier, à huit heures et demie du soir,
pour Ic lni remettre. Sonthonax étoit pour lors
en partie de plaisir chez le général Rochambean : invité par la municipalité à se rendre
chez lui oùt elle l'attendoit pour chose qui
intéressoit essentiellement les ciioyens, il
lui fit direassez lestementqu'7 étoit trop tard
pourfentendre, qu'elle revint le lendemain;
elle avoit offert d'aller le trouver, si ses occupations ne lui permettoient pas de venir; elle
ne put obtenir ni lun ni l'autre; il fallut se
contenter de laisser au sccrdtaire de ce despote lexpédition qu'on vouloit lui remettre
en mains propres.
Cenétoit assezpour couper cours aux arrestations nocturnes : l'arrêté de la municipalité
pouvoit d'autant moins être méprisé, qu'il
avoit été pris al'unanimité par le corps municipal enticr, à la réscrve de deux de ses membres qui étoient pour lors malades, et que du
put obtenir ni lun ni l'autre; il fallut se
contenter de laisser au sccrdtaire de ce despote lexpédition qu'on vouloit lui remettre
en mains propres.
Cenétoit assezpour couper cours aux arrestations nocturnes : l'arrêté de la municipalité
pouvoit d'autant moins être méprisé, qu'il
avoit été pris al'unanimité par le corps municipal enticr, à la réscrve de deux de ses membres qui étoient pour lors malades, et que du --- Page 18 ---
(10)
nombre de ceux qui y avoient concouru,
trouvoit un citoyen de couleur, le seul
2 se
partie de la nouvelle
qui fit
municipalité.
Mais, comme le despotisme est
dans les moyens de se satisfaire! ingénieux
férer aux
Forcé de déreprésentations de la
notre dictateur moderne
mmunicipalité,
rision insultante,
affecta, par une déd'étaler en
un éclat vraiment
plein jour , avec
scandaleux, l'appareil
cachoient auparavant les ombres de la que
et le nouvel ordre de choses
nuit,
le lendemain de
commença dès
l'arrété, c'est-à-dire, dès le
9 Janvier : Finauguration s'en St en ma
sonne ; maisje ne fus' pasle seul à servir ainsi perde spectacle,et dans ce méme
ili ne fut faitrien 'moins
jour 9 Janvier,
que cinq
sans compter une sixieme qui fut arrestations,
il est vrai, mais
manquée 2
le méme
pour laquelle on déploya
appareil.
Ces diverses arrestations forment
soire
un accesil essenticllement lié à la mienne, et dont
est- nécessaire que je rende compte.
cheval Pendant qu'une troupe de gens à pied et à
investissoit ma maison et m'en arrachoit, une autre cohorie semblable exécutoit
les mêmes ordres contre les
et Delaire
citoyens Raboteau
2 demeurant sous le méme toît.
Le; premierétoit membre de la commission --- Page 19 ---
(II )
intermédiaire. Qu'étoit-ce que cette commission intermédiaire ? C'étoit Un corps de la
création, de l'invention du nouveau triumvirat délégnéanxisles. . sous-le-vent.Iifanl savoir,
en effet,qque les nouveaux commissaires civils
Polverel, Sonthonax et Ailhaud, après avoir
dissousl P'assemblée coloniale, tout en donnant
les plus grands éloges à son patriotisme, au
lieu d'en former une nouvelle, imaginerent
de lui substituer uue corporation sous le titre
queje viens de dire. De quelle manière étoit
composée celte corporation? De douze membres, dont six étoient pris parmi les citoyens
blancs, et six parmi les citoyens de couleur.
Commentles uns etl lesautres furent-ils choisis?
Les citoyens blancs furent élus parl'assemblée
coloniale avant sa dissolution; et les citoyens
de couleur le furent par les commissaires
civils eux-mémes : ils nommerent deux hommes de couleur pour chaque, partie de la Colonie, et l'on s'attend bien que des hommes
ainsi nommés nie pouvoient qu'êire dévoués
à ceux quirles avoient invesiis de leur Confiance.
Voilà quelle étoit lorganisation de ce corps
hétéroclite, appelé commission intermédiaire. Un tel corps pouvoit à peine être administratif: il plut aux commissaires civils
de couleur le furent par les commissaires
civils eux-mémes : ils nommerent deux hommes de couleur pour chaque, partie de la Colonie, et l'on s'attend bien que des hommes
ainsi nommés nie pouvoient qu'êire dévoués
à ceux quirles avoient invesiis de leur Confiance.
Voilà quelle étoit lorganisation de ce corps
hétéroclite, appelé commission intermédiaire. Un tel corps pouvoit à peine être administratif: il plut aux commissaires civils --- Page 20 ---
(12)
de lai conférer le pouvoir
asi bien usé,
législatif, et il en
quel Passemblée coloniale la plus
constitationnelle ne pourroit pasen
loin
porterplus
l'exercice, ou Pabus, si l'on veut. Aussi
les commissaires civils ne se sont-ils
pressés de former la nouvelle
pas emniale : le 13 Janvier
assemblée colodernier, époque de mon
départ de la Colonie, quatre mois après l'arrivée de ces commissaires, les assemblées
maires n'éloient
pripas encore
cet effet; encore moins
convoquées pour
songeoient-ils à faire
nommer des députés à la Convention nationale.
Lecitoyen Raboleau étoit lun des membres
les plus distingués, les plus
plu fermes de la
couragenx et les
corporation dont je viens de
parle.
Alégard du citoyen Delaire, négociant; à
sa qualité d'officier municipal, il réunissoit
celle de trésorier de la subvention extraordinaire ; autres mots qui demandent explication. Cette subvention extraordinaire est une
imposition du quart des revenus créée
forme
par
d'emprunijet une observation quin'est
pas indifférente, c'est- que cette imposition
mettant dans la main du contribuable une
reconnoissance à la place da quart de ses
revenus, tend à introduire dans le commerce --- Page 21 ---
(13)
aneespèce depapier monnoie qui, entr'autres
abus, présente à ceux quiont beaucoup d'espèces en maniement , sur-tout aux agens du
fisc, la facilitéde faire desfortunes immenses.
De-là des conséquences cai se présenient naturellement, et qu'on m'épargnera lapeine de
tirer. Cette imposition, conçue d'abord dans
le sein de Tasembléecoloniale, avoriée avant
la dissolution de cette assemblée, a 616 reprise
ensuiteet établie définitiveuent, par qui? Par
cettc même cominission intormédiaire, ouvrage du triumvirat Polverel, Sonthonax et
Ailhaud. Mais par qui P'arrété qui fixe et détermine cette imposition a-t-il été approuvé?
Parle commissaire Sonhonaxstul.Aue celte
approbation a-t-elle fait entrer Polverel en
guerre ouverte avec son collegue: on a vu CCS
deux triumvirs lancer I'un contre l'autre des
proclamations indécentes, et dans lesquelles
ils donnoient uneexeimplejusqu'alorsinconau,
celui de la division entre les dépositaires d'un
pouvoir dont le but étoit de rétablir Ia paix et
la tranquillité dans une Colonie depuis trop
long-tems déchirée par plus d'une guerre
intestine ; mais du moins CCS proclamations
ont-elles servi à lever un coin du voile qui
cachoit la véritable éiendne des poavoirs de
ces deux hommes auxquels, par une chaîne
ils donnoient uneexeimplejusqu'alorsinconau,
celui de la division entre les dépositaires d'un
pouvoir dont le but étoit de rétablir Ia paix et
la tranquillité dans une Colonie depuis trop
long-tems déchirée par plus d'une guerre
intestine ; mais du moins CCS proclamations
ont-elles servi à lever un coin du voile qui
cachoit la véritable éiendne des poavoirs de
ces deux hommes auxquels, par une chaîne --- Page 22 ---
(14)
inexplicable de malheurs, le sort de cette
Colonie expirante a été entierement livré.
Le citoyen Delaire étoit aussi trésorier de
la société des amis de la Convention
nale, etlecommisaire:
natioles fonds de
Sonthonax a fait verser
cette derniere caisse dans le trésor public. L'a-t-il pu? J'en doute.
Tandis qu'on nous arrétoit,
laire et moi, la même
Habotean, Deavecla même
opération se répéloit
pompe chezle citoyen
autremembredela commission
d'Augy, 2
aussi recommandable
intermédiaire,
par son énergie et son
patriotisme, que par ses lumieres et ses talens.
Ainsila commission intermédiaire
réduite à
se trouvoit
quatre citoyens choisis par la Colonie, contre six nommés par le tyran Sonthonax, et encore-, de ces quatre citoyens
blancs, trois alloient quitter, savoir; l'un, le
ciloyen de Laval, pour aller occuper la
de maire des Cayes à
place
laquelle ses
venoient del l'appeler; Pautre, le concitoyens
turier des Flottes,
aller
citoyen Coutrésorier de l'octroi pour
remplir celle de
à Tiburon, dont il venoit
d'être pourvu par l'ordonnateur
et le troisieme, le citoyen
Pouget ;
aller
Chotard, pour
vaquerà ses affaires,en vertu d'un
qu'il venoit d'obtenir. Auront-ils été congé
cés, du moins les deux
remplapremiers? De quelle --- Page 23 ---
(15)
maniere l'auront-ils ét6? Matiere à réflexions:
Dans le même tems encorc, on alloit faire
la même descente, et avec le même éclat,
chez le ciloyen Lalanne, autre olficier municipal, perc nourricier de plus de soixante famuillerutinéoepariincendinquiacomumnéune
partie des SL.-Domingue. Mais, peur cette fois,
la rage da tyran fut trompée dans SonI attente.
Les satellites chargés d'arrêter cC digne patriote durent se trahir: quoiqu'il en soit, leur
proie leur échappa. Les perquisitions qu'on
fit de sa personne n'avoient encore eu aucun
succès lors de mon départ, quis'est effectué
le 13 Janvier. J'ai su, depuis mon arrivée à
Paris, que lecitoyen Lalanne éloitrentréchez
lui. Pourquoi cette différence?
Il n'est pas inntile d'observer que les citoyens Delaire et Lalanne avoient signé l'arrélé du corps municipal concernant les arrestations nocturnes.
Une autre remarque à faire, c'est que les
citoyeus d'Augy, Raboteau, Delaire, eti moi,
nous appartenions, parla nature de nos fonctions, à la Colonie entiere. Dépendoit-ii d'un
seul commissaire dont le pouvoir éloit concentré dans la province du Nord, de nous
enlever à ces mêmes fonctions?
La frénésie des déportations s'éloit cmpa-
anne avoient signé l'arrélé du corps municipal concernant les arrestations nocturnes.
Une autre remarque à faire, c'est que les
citoyeus d'Augy, Raboteau, Delaire, eti moi,
nous appartenions, parla nature de nos fonctions, à la Colonie entiere. Dépendoit-ii d'un
seul commissaire dont le pouvoir éloit concentré dans la province du Nord, de nous
enlever à ces mêmes fonctions?
La frénésie des déportations s'éloit cmpa- --- Page 24 ---
(16)
rée du commissaire Sonthonax.
tinée du méme
Dans la majour 9 Janvier, une sixieme
victimefut marquée poura assouvir son orgueil
dictatorial. Le citoyen Dufoo,
bureau de l'état major
employé au
de la
général de l'armée
province du nord de
completta le nombre des citoyens Saint-Domingue,
jour-là. Celte armée, pour le dire enlevés ce
ne consistoit
en passant,
gueres qu'en deux mille et quel
ques cents hommes, dispersés dans différens
camps ou postes. Elle ne laissoit pas
outre
d'avoir,
Fadjudant-général, dont le citoyen Laveaux, commandant par intérim de la
vince du Nord, remplissoit les fonctions protrois adjoints à
Tadjudant-major, un dessinateur et trois secrétaires. Voilà ce qui
soit l'état major général de cette
compoélat major
armée, et un
génetal ainsi composé, ne cottoit
rien moins à la Colonie que soixante mille liv.
par an, ou à-peu-près.
Le citoyen Dulbo fut conduit à bord du
vaisseaul FEole: quant aux citoyens
Rahoteau et Delaire, ils furent embastillés d'Augy,
dans le même vaisseau que moi,
à bord de
c'est-à-dire,
LAmérica, oùt il est à remarquer
que nous avons eu touss les quatre la même
chambre pour prison pendant trois jours, et
cependant, suivant la letire du général Rochambeau --- Page 25 ---
(17)
chambeau au ministre dela marine, en date
du 1oJanvier dernier,nouse étions arrêtés tous
les quatre comme des chefs de faction.
Par une autre bizarrerie non moins difficile à expliquer, après nous avoir laissés tous
les quatre dans la même chambre à bord de
PAmérica, pendant trois jours, nous avons
éto, d'Augy, 2 Raboteau et moi, dispersés, au
moment de notre départ pour France, sur
trois navires différens ; le citoyen d'Augy sur
la Françoise, le citoyen Raboteau sur la
Perle, 2 P'un etl'autre de Marscille, ,et moi sur
PEclatantde Bordeaux. Cettedispersion peut
coûter cher aux citoyens d'Augy et Raboteau;
on assure qu'ils ont été pris; peut-être l'épouse
du citoyen Raboteau, à qui son mari avoit
écrit de venir le rejoindre avec leurs enfans 9
a-t-elle subile même sort ; et on traitera légérement le chapitre des déportations des malheureux colons de Saint-Domingue!
Autre bizarrerie plus inexpliquable encore
que les précédentcs. Le citoyen Delaire, qui,
aux yeux du commissaire Sonthonax, ne pouvoit,comme moi, comme les citoyens d'Augy
et Raboteau, qqu'être innocent ou coupable,
a dû être déporté, non en France, mais aux
états-imis eadigenjemeilkperune (no.2)
Jusqu'ala veille de mon dépa art,jai moi-même
B
ons de Saint-Domingue!
Autre bizarrerie plus inexpliquable encore
que les précédentcs. Le citoyen Delaire, qui,
aux yeux du commissaire Sonthonax, ne pouvoit,comme moi, comme les citoyens d'Augy
et Raboteau, qqu'être innocent ou coupable,
a dû être déporté, non en France, mais aux
états-imis eadigenjemeilkperune (no.2)
Jusqu'ala veille de mon dépa art,jai moi-même
B --- Page 26 ---
*
T
(18)
ééleurré de cet espoir, et, si ma femme eût
été plus confiante aux discours trompeurs par
cherchoit à la détourner de faire
lesquels. on
je
les préparatifs d'un voyage pour France,
nu, comme le ciloyen Dufoo, s
serois parti
autrcs vêtemens que la
qui est vern sans
sur
chemise, le pantalon et le gilet qu'ilavoit
le corps au moment oùt il a été arrêté. dictaCeci me mene aux perfidies dont le
Sonthonax a usé envers moi,et cette parteur
défense ne sera pas la moins pitie de ma
quante.
j'étois gardé à vue dans ma
Pendant que
Ginioux, Sonthonax,
chambre par le licteur
confident
Sonthonax, m'envoie son
le perfide
Albert, pour me dire, de
intime, le citoyen
mon arressa part, de me tranquilliser; que
dont
tation tenoit à des mesures de précaution doute
le motif; que sans
je saurois parlasuite! dans cet arrêté pris la
je ne trempois pas
au reste, de me rasveilleparla municipalité;
surer;
je ne partirois pas.
Albert.
Je aerd dire un mot de ce confident
venu deFrance à SaintCestonjennchomme tenter fortune; ci-devant apDomingue pour
depuis son,
prenti architecte, et employé,
de la
arrivée dans la Colonie, au secrétariat forts
commission civile, ouilgagnoit d'assez --- Page 27 ---
(19)
appointemens, il venoit d'être créé par son
protecteur Sonthonax commissaire de la ma
rine au département des Classes ; j'avois la
bonté de le loger dans ma maison, lui et ses
bureaux: ; il venoit régulierement déjelner
chez moi tous les jours, dîner quelquefois, et
assez souvent souper.
Il faut aussi, puisque loccasion s'en présente, que j'explique ce quec'ast que ce secrétariat de la commission civile. A mon départ
de Saint-Domingue, il consistoit en huit employés, sans compter le secrétaire en titre,
O.F. Delpech. De ces huit employés,ily en
avoit deux aux appointemens,s savoir, Pun de
500 livres par mois, et lautre de 42oliv.; les
sixderniersjouisoient chacun d'untraitement
de 400 liv., aussi par mois: : (s)de maniere
que le seul secrétariat deia commission civile
coûteà la République, enseuls appointemens
de commis, 39,84oliv. par an, sans compter
les autres frais de bureau, tels que papier 2
encre. 2 plumes, etc.; sans compter encore les
appointemens du secrélaire en iitre O. F.Delpech; sans compter encore les frais dl'impres-
(1)Le frere du citoyen Gerbier membre de la coimission intermédiaire, avoit obtenu de Sonthonax unc place
pari ces six.
B2
, enseuls appointemens
de commis, 39,84oliv. par an, sans compter
les autres frais de bureau, tels que papier 2
encre. 2 plumes, etc.; sans compter encore les
appointemens du secrélaire en iitre O. F.Delpech; sans compter encore les frais dl'impres-
(1)Le frere du citoyen Gerbier membre de la coimission intermédiaire, avoit obtenu de Sonthonax unc place
pari ces six.
B2 --- Page 28 ---
: -
(20)
sion, etc. etc. lout cela
Nord
pour la pravince du
seul seulement, et pour la
commissaire civil
représentation du
sumer que celledu
Sonthonax. Ile esta à prépas
commissaire Polverel n'est
dépenser tant
peinede
ceereteatte
d'argent pourdonner
grâce à une Colonie
lec coup de
retirera le fruit de tant aux de abois?Qui est-ce qui
Mais
dépenses ?
reprenons le fil des
thonax.
perfidies de SonLa veille de mon arrestation,
du soir, j'avois été le
à sept heures
cueilli comme
voir, et il m'avoit acun ami accueille son ami:
s'avançant air
vers moi, bon soir, me dit-il
riant et d'un ton familier;
d'un
za-t-i1PEt en disant cela, il comment cela
et serre la mienne.
me tend la main
J'étois allé chez lui
pensé de.le suivre
pour obtenir d'être distransférerà
au Mole, où il projetoit de
sa suite Tadmninistration,
quela commission
(1) ainsi
état de la santé dema intermédiaire. Le mauvais
miné à cette démarche. femne m'avoit déterpond d'abord que le
Sonthonax me récontrôleur de la marine
(1) On entend à Saint-Domingue
l'administration civile dc la marine et par administration, s
ces deux administrations sont réunies celle des finances ;
dansles mémesmains. --- Page 29 ---
(2r)
est inséparable de l'ordonnateur. J'insiste :
alors il me prend le bras, et, en le serrant 9
jey vousaimetrop, me dis-ilpourvous laisser.
Le citoyen Raboteau étoit venu, dans le
même tems, demander au commissaire civil
si le congé que celui-ci lui avoit promis éloit
expédié. Sonthonax s'excuse sur ses grandes
occupations, et assure Raboteau qu'il aura
son congé le lendemain sais faute : all moins
nous nous quittons bons amis, lui dit Raboteau? Comment P Répond le fourbe Sonthonax; la preuve, c'est queje vous engage d
venir manger masoupe demain. Lepourrezzous?-- Volontiers, lui dit Raboleau. Et le
lendemain matin Raboteau est arrêté.
Ce quiavoit donné lieu à cette question de
Raboteau, le voici. Dans une des séances de
la commission intermédiaire, il s'étoit élevé
avec force contre un marché de trois millions
et qquelques centsmillel liv. conclu par l'administration avec une maison de commerce du
Cap, pour Fapprovisionnement du magasin
général. Cela avoit donné lien à une discussion très-vive. Comme l'approbation du commissaire civil avoit seule déterminé la conclusion de ce marché, Sonthonax avoit pris
pour son compie tout ce quis'étoit dit de désagréable à ce sujet, et l'on sent combien SCI
A 3
it élevé
avec force contre un marché de trois millions
et qquelques centsmillel liv. conclu par l'administration avec une maison de commerce du
Cap, pour Fapprovisionnement du magasin
général. Cela avoit donné lien à une discussion très-vive. Comme l'approbation du commissaire civil avoit seule déterminé la conclusion de ce marché, Sonthonax avoit pris
pour son compie tout ce quis'étoit dit de désagréable à ce sujet, et l'on sent combien SCI
A 3 --- Page 30 ---
(22)
amour-propre avoit dû en être blessé. Aussi
avoit-il écrit à la commission intermédiaire
une lettre de réprimande très-forte, mais si
forte que Louis XIV irrité n'en auroit
écrit de plus shautaine au
pas
ce que les Capets
pluspetit bailliage de
Raboteau
appeloient leur royaume,
jugeoit, d'après cette
Sonthonax
lettre, que
pouvoit avoir du ressentiment contre lui: voilà pourquoi il lui avoit demandé,
en riant, s'ils se quittoient bons amis?
Pendant que j'étois-là, le citoyen
étoit aussi venu
d'Angy
pour demander au commissaire-Soathonas.lheure desa commodité, afin
de conférer avec lui sur une affaire
tante.
imporSonthonax lui avoit donné rendez-vous
pour le lendemain matin; à neuf heures. Et
le lendemain matin, à neufheures, le citoyen
d'Augy est pareillement arrété!
Cen'est pas tout. La veille encore de mon
soterta donné
un grand dîner. Dès le matin, le confident
Albert éloit venu de sa part demanderà
femme de la liqueur de la
ma
Martinique, du v'n
deMalaga. Nous n'avions nide l'un ni del'autre; depuis l'insurrection suscitée par les contecdeomsinmuftomns la plus stricte
avoit porté une réforme exemplaire dans ma --- Page 31 ---
(23)
maison. Cependant je ne voulus pas laisser
échapper cette occasion de faire un léger
cadeau à Sonthonax, que je croyois patriote,
et que je me plaisois à appeler mon bienfaiteur. J'envoyai donc acheter, pour 200 liv.,
une caisse deliqueurs de la Martinique, chez
une personne que je savois en avoir de trèsbonnes, et je fis porler la caisse chez Sonthonax; elle parut lui faire plaisir, et, après
goelqssfigons.ilflenepas. L'instant d'après,
le confident Albert revint demander le Malaga. Ma femme ne lui dissimula pas l'impossibilité de s'en procurer de bon. Sur ses
instances, elle eut recours à une de ses amies
qJei lui en céda trois bouteilles. Je ne dirai.
point que Sonthonax m'avoit aussi emprunté
des sceaux, del largenterie, cte: ; mais CC que
je ne dois pas taire, c'est que CCS objets ne
m'étoient pas encore rendus au moment de
mon arrestation.
Ce ne sont-là que les perficies qui ont précédé immédintement, accompagné ou suivi
mon arrestation. Il en est d'autres qui remontent plus haut, et dont il faut aussi que je
rende comptc. Peut-étre donneront-elles la
elef de ma déportation. Qu'on me pardonne si
je reprends les choses d'un peu loin.
Un jour, 2 le confident Albert étant venu me
B4
que CCS objets ne
m'étoient pas encore rendus au moment de
mon arrestation.
Ce ne sont-là que les perficies qui ont précédé immédintement, accompagné ou suivi
mon arrestation. Il en est d'autres qui remontent plus haut, et dont il faut aussi que je
rende comptc. Peut-étre donneront-elles la
elef de ma déportation. Qu'on me pardonne si
je reprends les choses d'un peu loin.
Un jour, 2 le confident Albert étant venu me
B4 --- Page 32 ---
(24)
voir, fit tomber la conversation
gations que m'avoient le
sur les oblientiere pour le
Cap et la Colonie
avec lesquels j'avois courage et la persévérance
de la révolution. lutté contre les ennemis
Ilne tarissoit
louanges. Il me témoigna
point sur mes
missaire Sonthonaxa
combien le comvices quej'avois rendus attachoit de prix aux serFrance
à la Colonie, à la
elle-méme: : je
vant lui, aux plus hautes pouvois aspirer, suin'étoit point de place à
récompenses ; il
prétendre. Le confident laquelle de
je ne pusse
par aniauinuerdonrerdane Sonthonax finit
ne mettez point de bornes Tadministration: à
disoit-il; demandez telle
VOS desirs, me
drez; je suis certain
M. place que vous vourien à vous refuser. que Sonthonaxn'aura
Je luirépondis quej j'étois
nes intentions du
sensible aux boncommissaire
que ma récompense étoit
civil : mais
dans mon
a
qu'une jouissance pour moi
coeur ;
tes les autres, étoit de voir au-dessus de toula révolution
enfin le parti de
triomphant à
que j'étcis content et
Sain-Doningue;
rois plus qu'à pouvoir satisfait; que je n'aspitraile paisible et
vaquer dans une refaires, , que j'avois tranquille à mes propres afaffaires. publiques. toujours négligées pour rles --- Page 33 ---
(25)
Telle étoit, dans le vrai, ma façon de penser. Malheureement,des personnes qui me
sont sincerement attachées ct à quije fis part
de la conversation quej'avois eue avecle co1lfident Albert, me représenterent que je'ne
raisonnois pas tout-à-fait en pere de famille;
qu'ayant six enfans,dont cing garçons, > je
ne devois pas pousscr le désintéressement à
l'excès; qu'une place dans ladministration
me donneroit unl jour le moyen de pourvoir
à leur avancement; qu'an reste, je me flattois
vainement d'être le maître de refuser, sije
venois à être continué dans la place de
procureur de la commune, comme tout l'annonçoit; que je n'avois de moyen de me soustraire de cette place oragense, qu'en prenant
lesdevants et en entrant dans Fadiministration.
Je cédai à ces raisons, et j'écrivis en conséquence au commissaire Sonthonax. Mes
desirs ne tarderent pas à être satisfaits. La
place de contrôleur de la marine, la seconde
de l'administration, étoit vacante par le décès
du titulaire; Sonthonax m'en fit expédier de
suite la commission, sauf la confirination du
pouvoir exécutif national. (I No.3.)
C'éloit le 2 Novembre. L'ordonnateur Pouget devoit faire une absence de quelques
jours;il voulbitsuiveleginéal Rochambean
. Mes
desirs ne tarderent pas à être satisfaits. La
place de contrôleur de la marine, la seconde
de l'administration, étoit vacante par le décès
du titulaire; Sonthonax m'en fit expédier de
suite la commission, sauf la confirination du
pouvoir exécutif national. (I No.3.)
C'éloit le 2 Novembre. L'ordonnateur Pouget devoit faire une absence de quelques
jours;il voulbitsuiveleginéal Rochambean --- Page 34 ---
(26)
contre les révoltés. Il me
dans une expédition
être insfallut donc attendre son retour pour
tallé.
à la place de conA peine ma nomination
ce
trôleur de la marine fut-elle connue, que concim'arriva. Mes
qu'on m'avoit prédit de la maniere la plus
toyens témoignerent
je restasse propressante leur veeu pour que
pour
cureur de la commune. On procédoit
élections des membres de la nouvelle
lors aux
toutes les sections de la
municipalité. Dans
de celles où dominoient
ville, à Texception Tunanimité des suffrages
les aristocrates.J'eus)
pour cette place. motivé d'après ma nominaSur mon refus
de la marine, le
tion à celle de contrôleur
sous la dénoclub patriotique établi au Cap de la Convenmination de sociélé des amis
nomtion nationale envoya une députation T'enSonthonax pour
breuse au commissaire la commune du Cap
gager à ne pas priver
soutien 2 de son plus ferme
de son unique
de son vertueuz
appui, ,de son meilleurami, infiniment flatteurs
pere ; ce furent les termes
de moi.
dont la députation se servit en parlant
voir la réponse que lui fit Sonthonax;
On peut
avee
(n.4)elice contraste assez singulierement
ma déportation. --- Page 35 ---
(27)
La sociélé me députa anssi un grand nombre de ses menbres pour me décider à ne
point quitter la place de procureur de la
commune ; les instances qae me fit cette députation furent telles, qu'il fallut vraiment
mne faire violence pour ne point me rendre
à des sollicitations d'une nature si séduisante
pour moi. Sij'avois couru des risques en défendant les inlérêls de mes concitoyens 2 si
j'avois sacrifié pour eux mon tems, ma santé,
mes plaisirs, en revanche j'avois reçu. de la
communc du Cap en diverses occasions des
témoignages d'attachement si touchans 9 si
attendrissans 2 que le sonvenir habituel en
étoit comme une espece de charme qui me
lioit par une sorte d'attrait que je ne saurois
définir, à une place oi je ne trouvois le plus
souvent que peines et dégoiits. Mais, outre
que ma santé m'avertissoil de l'insuilisance
de mes forces pour suivre plus long-lems une
carriere aussi faliguante 2 outre qu'il éloit
tems de songer à travailler pour ma famille
quiavoit plus besoin que jamais queje m'occupasse d'elle depuis la destruction de mes
propriétés, 2 je regardois franchement ja revolution comme parfaitement assise à Saint
Domingue, et dès-lors je ne voyoisnulle raison
qui m'imposàt le devoir de rester dans une
que ma santé m'avertissoil de l'insuilisance
de mes forces pour suivre plus long-lems une
carriere aussi faliguante 2 outre qu'il éloit
tems de songer à travailler pour ma famille
quiavoit plus besoin que jamais queje m'occupasse d'elle depuis la destruction de mes
propriétés, 2 je regardois franchement ja revolution comme parfaitement assise à Saint
Domingue, et dès-lors je ne voyoisnulle raison
qui m'imposàt le devoir de rester dans une --- Page 36 ---
(28)
place oùt mes services n'étoient
saires. Je connoissois
plus nécespersonnes qui
d'ailleurs parmi les
d'un mérile si pouvoient y aspirer des sujets
faire tort à la supérieur 3 que j'aurois cru
commune
leur eusse point cédé le elle-méme, si je ne
Je persistai donc à remercier pas.
toyens de cette derniere
mes concimarque de leur bienveillance; seulement, en les priant de
ailleurs leurs suffrages, je
la
porter
leur désigner Thomme
pris
liberté de
que je croyois valoir
mieuxque moi, et depuis j'aie eu
de voir le choix du peuple
lasatisfaction
mien.
concourir avec le
Mais, par une suite de l'attachement
qu'ils m'avoient voué, mes
stinerent à me vouloir
concitoyens s'obcommune, Ils firent pour procureur de la
une derniere
ce fat de proposer au commissaire tentative :
déclarer
civil de
compatiblès les deux places de
cureur de la commune et de contrôleur de promarine. Sonthonax, gui avoit sans doute la
vues, écrivit à la municipalité
ses
tration
que l'adminismunicipale étoit
Tadministration
incompatible avec
financiere. Là finit une lutte
qui m'étoit tout-à-la-fois
reuse.
agréable et doulouSur ces
e revient de entrefaites, l'ordonnateur Pouget.
son expédition guerriere. Il étoit --- Page 37 ---
(29)
tems quej j'entrasse en fonction de ma nouvelle
place de contrôleur de la marine ; j'y fus installé le 16 Novembre. Hélas ! j'eus, bientôt
lieu de mc repentir de n'avoir pas cédé au
voeu de mes conciloyens.
Le 2 Décembre 2 l'union qui étoit si bien
établie entre lcs citoyens blancs ct les citoyens
dc couleur, sur-tout depuis la journée du 19
Octobre, 1 fut tout-à-coup troublée.
Qu'est-ce que cette affaire du 2 Décembre?
Comment s'est-elle passée ? Quelles en ont élé
les -So-iadanni-ras
de m'expliqquer autrement que par oui-dire;
je sais seulement par moi-méme que le3o Novembre O11 le premier Décembre, le commissaire Sonthonax fit une proclamation où il
annonçoit qu'on faisoit circuler: unfaux décret
portant révocaticn de la loi du 4 Avril. Personne n'a vu au Cap ce faux décret. Quand
j'ai demandé aut commissaire Sonthonax à le
voir, ilm'ar répondu qu'il ne Favoit pas, mais
qu'il me donnoitle fait pour certain,
C'est pourtant de-là qu'il est parti pour dissoudre le club des amis de la Convention nationale, 011, ce cjui revient au méme, pour
suspendreindéiuiment ses séanpes: et quinze
jours auparavant, savoir, le 16 Novembre,
ii avoit confessé, par la voie des papiors pu.
j'ai demandé aut commissaire Sonthonax à le
voir, ilm'ar répondu qu'il ne Favoit pas, mais
qu'il me donnoitle fait pour certain,
C'est pourtant de-là qu'il est parti pour dissoudre le club des amis de la Convention nationale, 011, ce cjui revient au méme, pour
suspendreindéiuiment ses séanpes: et quinze
jours auparavant, savoir, le 16 Novembre,
ii avoit confessé, par la voie des papiors pu. --- Page 38 ---
(30)
blics, (No. 5.) que la très-grande majorité
dhommes probes
de ce club étoit composée comment accor- -
et pleins de patriotisme: la dissolution de ce
der un pareil aveu avec
faux décret
club, sous prétexte d'un prétendu
de lui et de ses coopéqui in'étoit connu que
rateurs ?
arbitrairement
Non content de suspendre amis de la Conles séances de la société des
nationale, il défendit encore jusqu'a
vention
assemblée de la commune.
nouvel ordre toute
le
On venoit de nommer le maire, procureur- de la nousyndic et les officiers municipaux
subsrestoit à nommerle
velle municipalité;il
et les notables.Sontitut du procureur-syndic
la conthonax n'a pas même voulu permettre faire
vocation des assemblées primaires pour
cettenomination; en sorte qu'il a préféréd'installerla
les assemcCoE
plette, plutôt que de souffrir que avoit bien
eussent lieu : il y
blées primaires
de la nouvelle mides notables à Finstallation
del P'ancienne,
nicipalité, mais c'étoient ceux
celle - ci
provisoire que
de la municipalité
huit
en avoit-il que
remplaçoit, et encore n'y auroit dû en être
lorsque le nombre
ou dix,
de vingl-quatre.
Pavoir vu, c'est
Caquejes sais encore pour --- Page 39 ---
(3r)
rue le premier Décembre, il fut fait dans les
différens cquartiers de la ville des patrouilles
renlorcées etr multiplices,uniiquement et exclusivement composées d'bommes de couleur,au
mépris de la Joi du 4 Avril, qui ne reconnoit
plus de distinctions. De telles pairouilles
étoient faites pour donner de l'ombrage aux
eitoyens blancs : on se demandoit ce qu'elles
siguinoient ; on en concevoit les plus grandes
inquiétudes, les plus vives alarmes.
C'est dans de pareilles circonstances cqu'est
survenue l'affaire du 2. Voici ce que la voix
publique m'en a appris dans mon bureau que
je n'ai pas quitté.
Sonthonax ou Rochambeau venoient de
donner à trois citoyens de couleur des commissions d'officiers dans le régiment du Cap.
Il étoit question de les faire recevoir. Le régiment du Cap représenta que sa preiniere compagnie, celle des grenadiers, 2 étant pour lors
au camp Clévisse,aquaire licues de-là,il convenoit d'autant plus d'attendre son retour 2
que cette compagnie ayant été pendant queique tems brouillée avec les autres, 2 et le raccommodement s'étant fait depuis peu, il étoit
à craindre, si Oll passoit outre à la réception
de ces officiers en son absence, qu'elle ne vit
. Le régiment du Cap représenta que sa preiniere compagnie, celle des grenadiers, 2 étant pour lors
au camp Clévisse,aquaire licues de-là,il convenoit d'autant plus d'attendre son retour 2
que cette compagnie ayant été pendant queique tems brouillée avec les autres, 2 et le raccommodement s'étant fait depuis peu, il étoit
à craindre, si Oll passoit outre à la réception
de ces officiers en son absence, qu'elle ne vit --- Page 40 ---
(33)
en cela un manque d'égards
n'en résultât une nouvelle pour elle, et qu'il
Sonthonax et Rochamheau rupture.
on, ces raisons
prirent, , dit-"
tôt le régiment pour un refus formel. Aussidu Cap reçut l'ordre
ger sur le
dese ranfut donné Champ-de-Mars. Le même ordre
aux autres troupes de
les citoyens de couleur furent ligne. Enfin,
se mettre en bataille
aussi appelés à
sur la même
ne fut point qiestion des
place: il
Cap, ce qui parut
citoyens blancs du
suspect.
Sur ces entrefaites, on arrête un
couleur
citoyen de
portant un sac. On lui demande
qu'ily a dans ce sac : ilrépond, du
ce
On le conduit à la
biscuit.
faile
municipalité: ouverture
dusae,ilnesly trouve que des cartouches.
D'unautre côté, on voyoit passer continuellement dans la rue qui aboutit à l'une des
barrieres de la ville appelée la Fossette, celle
par où passent les
semblables à celles dans enterremens, 2 des bieres
esclaves
lesquelles on met les
qu'on porte au cinietiere. On
une de ces prétendues bieres; c'étoient arrête
fusils qu'elle contenoit.
des
Le bruit de semblables découvertes
pand bientôt dans toute la ville,
se réles plus sinistres
et y porte
soupçons. On vient âs savoir
que --- Page 41 ---
(33)
que le régiment du Cap n'avoit pas une cartouche, tandis que les autres troupes de ligne
et le bataillon des citoyens de couleur et
étoient abondamment pourvus. On ne doute
plus alors qu'il n'y ait des desseins formés 2
soit contre le régiment du Cap, soit contre la
caste des citoyens blancs. Les esprits fermentent, les têtes s'échauffent, on veut se mettre
en mesurc de parer à ces desseins hostiles, et
voilà ce quia donné lieu à cette prise d'armes
du 2 Décembre, qui, comme l'on voit, a été
provoquée par Sonthonax lui-méme. Le premier coup de feu ayant été tiré parles citoyens
decouleur, etles citoyens blancss'étant dès-lors
confirmés dans l'opinion que c'étoit à eux
qu'on en vouloit, on sent qu'il leur étoit difficilede contenirleur indignation. Aussiauroitelleeu des suites terribles,si la municipalité,
jointe au généreux d'Assas, 5 ne se fussent jetés
entre les deux feux pour les faire cesser.
D'Assas fat blessé grievement au pied; Pun
des officiers municipaux, 2 le citoyen Joyeux,
vieillard de 65 à 66 ans, le fut aussi, mais
légerement.
Les citoyens de couleur sortirent dela ville,
et allerent s'emparer d'un camp all haut du
Cap et d'un poste appelé Belair, quise trouve
entre la ville et ce Camp.
C
jointe au généreux d'Assas, 5 ne se fussent jetés
entre les deux feux pour les faire cesser.
D'Assas fat blessé grievement au pied; Pun
des officiers municipaux, 2 le citoyen Joyeux,
vieillard de 65 à 66 ans, le fut aussi, mais
légerement.
Les citoyens de couleur sortirent dela ville,
et allerent s'emparer d'un camp all haut du
Cap et d'un poste appelé Belair, quise trouve
entre la ville et ce Camp.
C --- Page 42 ---
(34)
Voilà comme la voix publique racontoit
Jamais, au reste,je
Taffaire du 2 Décembre.
n'ai ouï dire qu'on ait tirésur le commissaire
de sa part:
civil; c'est une imposture grossiere il a cru sans
écrivant à deux mille lieues, 2 rendre plus
doute pouvoir impunément se
qu'il
intéressant, en supposant des dangers connoin'a jamais courus. Ceux qui ont pu difficitre ici ce personnage, se persuaderont au moinlement qu'il ait exposé sa personne
deen juge par sa conduite
dre péril. Qu'on Croira-t-on qu'il a abanpuis cette affaire. ordinaire pendant sept à
donné sa demeure s'est tenu pendant tout ce
huit jours, et qu'il
Rochambeau, ou ily
tems-là chez le général
avoit nuit et
eanese
moins ? C'étoit vraiment quelque
mes au risible
de voir ces deux hommes
chose de
que
les garder,
fatiguer la troupe de ligne pour la défense
même de compromettre
au point
postes à Fextérieur de la
d'un des principaux lorsqu'on ne songeoit
ville, celui de Janton;
de couleur égarés
qu'à rappeler les citoyens
entr'eux et les
Sonthonax, et à rétablir
Je ne
par
désormais inaltérable.
blancs une paix
ce ridicule excès de
saurois me figurer que de la crainte, sur-tout de
précaution. fat leffet
dessein,demème
lapart de Rochambesu.Sonc --- Page 43 ---
(35)
que celui deSonthonax, ne pouvoit donc être
évidemment que de se ménager un prélexte
de tourner leur pouvoir contre les blancs, et
encore contre ceux qui jusques-là s'é:oient
montrés les patrio'es les plus zélés. Très-certainement l'allaire da 2 Décembre avoit été
amenée dans cette vue-là; il n'est pas possible, lorsqu'on réfléchit à ce qui l'a précédée
et suivie, de lui donner d'autre principe que
cette abominable
politique.
Au surplus, les faits quej'en ai rapportés ;
jeneles donne, encore une fois, que tels qu'ils
m'ont été transmis par la noioriété publique,
J'ai resté tout Ce jour-là chez moi;je n'étois
sorti que le malin de très-bonne heure, pour
aller chez le commissaire Sonthonax lui demanderune décision sur quelques points d'administration que je lui avois soumis depuis
plusieurs jours ; ne l'ayant pas rencontré,
j'étois aussitôt rentré chez moi pour travailler.
C'étoit un dimanche, et comme j'élois un peu
arriéré dans ma besogne de contrôleur, soit
par l'encombrement ouj'avois trouvé les affaires, soit parce que la carriere étant absolument neuve pour moi,j'étois forcé de marcher à pas lents et de chercher à m'instruire,
je m'étois fait un plan de m'enfermer le dimanche, seuijour quej'eusse de libre dansla
Cz
aussitôt rentré chez moi pour travailler.
C'étoit un dimanche, et comme j'élois un peu
arriéré dans ma besogne de contrôleur, soit
par l'encombrement ouj'avois trouvé les affaires, soit parce que la carriere étant absolument neuve pour moi,j'étois forcé de marcher à pas lents et de chercher à m'instruire,
je m'étois fait un plan de m'enfermer le dimanche, seuijour quej'eusse de libre dansla
Cz --- Page 44 ---
(56) )
a
zemaine, et de m'y occuper tmiquemnent
expédier d'une part ce qui pouvoit être en
souffrance, et acquérir de l'autre les lumieres
nécessaires, tant pour ne point commettre de
fautes, que pour me garantir des piégesqu'on
étoit dans le cas de me tendre.
finan-
-i Un aperçu del'état oii j'ai trouvé-les
Cap, quand je suis entré en exercice
ces'au
fera voir s'il étoit
de la place de contrôleur,
tems tout
à propos que je consacrasse intéressante mon
de la
entier à une partie aussi
chose publique:
installation, les traites
Au: oment demon
n'étoient. enregissur la trésorerie nationale 1556, et lon en étoit
trées que jusqu'au.no.
le tirage au no. 9400 et tant; cependant
pour les traites qu'on expédioit ne laissoient
toutes
au contrôle de la
pas de porter, enregistré
le . e avec la
marine; à Saint-Domingue; alors l'emploi
signature de celui.qui exerçoit
de contrôleur.
1776,
à
et
smetoaoadnttan
T'administration civile des ports
concernant de marine, la seule qui isoit en viarsenaux
tous les actes et
gueur à Saint - Domingue,
doivent
marchés passés avec Fadministration de la marine. Il
être enregistrés au - contrôle
depuis le
n'y en avoit pas un seul d'enregistré
mois d'Octobre 1791. J'ai fait enregistrer, 9 --- Page 45 ---
(37)
pendant le peu de tems quej'ai exercéla place
de contrôleur, 7 les actes des mois de Novembre
et Décembre de la même année, au nombre
de deux cens ou à-peu-près.
Quand j'ai pris possession du contrôle, j'ai
voulu, comme de raison, constater ma charge.
Je pensois qu'il dût y avoir un inventaire
dont on n'auroit eu qu'à faire le récolement.
Au lieu d'un inventaire où chaque pièce Se
trouvât détaillée et classée, il n'existoit qu'u
bref état, mais sibref, que, si on avoit voulu
faire disparoitre les trois quarts des papiers
qui formoient le dépôt du contrôle, Oll l'auroit pu sans pouvoir être convainci d'infidélité. Encore ce bref état remontoit-ilà plus
de dix ans ; il n'en avoit point été fait de
recolement, ni par le citoyen Deschamps,
auquetj'ai succédé, ni par. le citoyen Parades,
quravoit eu son interim. Cependant la même
ordonnance du 27 Septembre 1776 prescrit
formellement cet inventaire, et en général de
tenir les papiers du contrôle dans le plus grand
ordre. Celui que Jai établi, si on le suit,
donnera les plus grandes facilités pour COIIserver ce précieux dépôt, et retrouver atl besoin chaque pièce avec la plus grande facilité.
Voici quelque chose de plus extraordinaire. On étoit en possession de ne tenir ni
C3
quravoit eu son interim. Cependant la même
ordonnance du 27 Septembre 1776 prescrit
formellement cet inventaire, et en général de
tenir les papiers du contrôle dans le plus grand
ordre. Celui que Jai établi, si on le suit,
donnera les plus grandes facilités pour COIIserver ce précieux dépôt, et retrouver atl besoin chaque pièce avec la plus grande facilité.
Voici quelque chose de plus extraordinaire. On étoit en possession de ne tenir ni
C3 --- Page 46 ---
)
(38)
livres ni registres au magasin
général; ; le
garde-magasin bons de
se contentoit de conserver les
donnance T'ordonnateur, et rien de plus. L'ordéjà citée du 27 Septembre
prescrivant au contrôleur de vérifier 1776,
soirs l'entrée et la sortie du
tous les
d'arrêter l'une et l'autre magasin général,
avec
tous les huit jours
l'intendant, et d'en faire la
les mois, je me mis en devoir de balance tous
tâche. La première fois
remplir cette
sin général
que j'allai au magapour cet objet, on me dit
tour qu'on ne tenoit point de
sans déjuge de mon étonnement. Je registres. Qu'on
son d'une
demande la rainégligence aussi
rejette sur le mouvement singulière; on se
gasin, sur la
continuel du matières
prodigieuse quantité de males quiy entroient et qui en sortoient tous
jours et à tous les instans du
la consommation,
jour, pour
camps établis dans non-seulement la'
des divers
encore de la colonie partie du Nord, mais
ce
entière. Il est vrai
mouvement éloit très-considérable que
c'éloit une raison de plus, suivant
: mais
qu'on redoublât d'éxactitude à tenir moi, des livres pour
qui pussent constater fidèlement l'entrée
la sortie des matières, afin de
et
gaspillage 7 le brigandage,
prévenir le
jours le. défaut d'écritures. que favorise touMalgré toutes les --- Page 47 ---
(39) )
représentations que j'ai pu faire à ce sujet, 7
je suis parti du Cap sans avoir pu obtenir
d'une bonne et sage admice premier point
seulement des projets à
nistration. Il y a eu
distinguer l'arriéré du coucet égard, pour
T'établissement de deux bureaux,
rant, par
d'établir
dont un s'occuperoit uniquement
la balance du passé, et l'autre du détail journalier. J'ignore si ces projets ont été mis à
exécution.
Il ne.faut pas demander si le contrôleur
avoit ou n'avoit pas un préposé au magasin
général, comme le prescrivent les ordonnances : je n'y en ai point trouvé; c'étoit un ar-.
été
d'un:
ticle tombé en désnétude: jai
plus
mois à ponvoir y en placer un, et le désordre
qui régnoit dans la comptabilité du magasin
le défaut de tenue de livres et
général par
registres, a encore empéché que ce préposé
n'ait été aussi utile à la chose qu'il auroit pu
et dû l'être.
servi du moins à constater.
Cependant, il a
vol
s'étoit permis un des comun petit
que
et
mis employés au magasin général, 7
qui.
avoit été placé là par lordonnateur Ponget..
Ce commis fut surpris mettant deux paquets
de chemises, de six chacun, dans un. sac. Sur
l'avis quim'en fut donné par mon préposé,je
C4
'ait été aussi utile à la chose qu'il auroit pu
et dû l'être.
servi du moins à constater.
Cependant, il a
vol
s'étoit permis un des comun petit
que
et
mis employés au magasin général, 7
qui.
avoit été placé là par lordonnateur Ponget..
Ce commis fut surpris mettant deux paquets
de chemises, de six chacun, dans un. sac. Sur
l'avis quim'en fut donné par mon préposé,je
C4 --- Page 48 ---
(40)
lui donnai ordre
procès-verbal. Muni sur-le-champ d'en dresser
le commissaire
de la pièce, , je consultai
faire. Le commis Sonthonax sur ce quejedevois
mille, des malheurs infidèle étoit père de fal'avoient conduitàSaintDomingue; je répugnois à
cet
Le commissaire
perdre
homme.
Sonthonax
soit de le chasser de
jugea qu'il suffien
Padministration. J'écrivis
conséquence à T'ordonnateur
lui envoyant copie du
Pouget, en
pulsion de ce commis suivit procès-verbal. de
L'exDepuis
près.
récensement long-tems on n'avoit point fait de
dans les
général des matieres contenues
du
magasins de l'état, et
27 Septembre 1776 veut T'ordonnance
un tous les ans, à la fin de qu'on en fasse
constance étoit on ne
l'année. La cirle
peut plus
faire; on vivoit efféctivement propice pour
jour dans F'administration
au jour le
ciance, soit toute
2 et, soit insougénéraln'étoit
autre cause , le magasin
jamais
mois des objets de
approvisionné pour un
consommation les
indispensables; ; à peine l'étoit-il
plus
pour huit jours. Ainsi il étoit quelquefois
peu-près, quand je
vide, ou àcensement. On
proposai d'en faire le re1 J'eus'
m'allégua mille difficultés.
recours au commissaire
d'autant plus que je desirois
Sonthonax,
que cet inven- --- Page 49 ---
(41 )
taire se fit en présence de deux officiers municipanx; car je pensois que l'écharpe municipale devoit se montrer autant que possible, et pour cause, dans tous les coins et recoins de Tadministration. A mon départ du
Cap,jen'avois encore pu me procurer'la satisfaction de voir seulement commencer cet
inventaire.
L'ordonnateur Pouget avoit donné, le 4
Novembre, une commission de préposé à
la distribution des vivres d'un camp établi au
quartier de plaisance, à un jeune homine autrefois employédans le bureau de la rédaction
des comptes. Je connoissois ce jcune homme
pour l'avoir fait envoyer par la municipalité du Cap Cil état d'arrestation au Port-anPrince, comme prévenu d'un vol de 40,000 I.
Ayant obtenu son élargissement provisoire,
il étoit revenu au Cap, et avo't réussi, je
ne sais trop comment, à SC faire donner la
commission dont je viens de parler. Je déclarai au citoyen Pouget qu'on avoit surpris
sa religion ; et sur ma remontrance, le préposé fut destitué de son emploi.
Un autre préposé de Fadministration au
Camp de la Petite-Anse avoit été pris en flagrant délit. Chargé de faire passer des vivies
40,000 I.
Ayant obtenu son élargissement provisoire,
il étoit revenu au Cap, et avo't réussi, je
ne sais trop comment, à SC faire donner la
commission dont je viens de parler. Je déclarai au citoyen Pouget qu'on avoit surpris
sa religion ; et sur ma remontrance, le préposé fut destitué de son emploi.
Un autre préposé de Fadministration au
Camp de la Petite-Anse avoit été pris en flagrant délit. Chargé de faire passer des vivies --- Page 50 ---
(43)
dans un autre, il en avott mis
de ce camp
de quoi remplir un boude côté à-peu-près
le délit conscaut. Le boacaut fut découvert,
taté, et le coupable livré, sur ma remontrance, au glaive des loix. n'est qu'à une
Ce camp de la Pelite-Anse
lieue du Cap. Qu'on juge de la dilapiriation
dans les camps plus
qui devoit se commettre difficile de s'en faire une
éloignés! Il seroit
mais, comme
idéejuste.Je voulois y remédier; et à pourjavois d'un autre côté à scruter de la cosuivre, soit les divers comptables
lonie, soit lcs débiteurs à la caisse publique; et
j'avois encore à porter la lumiere l'adque
autres parties de
Tordre dans plusieurs voulois me donner un sousministration, je
jeté les yeux sur
contrôleur, et javois déjà
les
réunissoit toutes
qualités
un homme qui
une pareille place.
qu'on pouvoit desirer pour à qui je Pavois proL'ordonnateur Pouget, abonder si fort dans mon
posé,m'avoit paru
de sa sincérité, je
sens, que, doutant un peu
luiavois écrit dans des termes exagérés,mais s'il étoit vrai
qui devoient produire leur effet,
tavec franchise : soit que la premiere Forqu'ilagit
lettre m'ait trahi, soit que
ligne de ma
fit dans le secret de ma
donnateur Pouget --- Page 51 ---
(43)
déportation, le succès de ma proposition fut
renvoyé à cinc On six jours, et dans l'intervalle j'ai été arrêté.
Entr'autres rélormes, je me proposois de
faire suppriner un certain bureau créé parle
prédécesseur de Pouget, sous le nom de Bureau de P'administration générale. Le véritable objet de ce bureau étoit de faire supporter à la colonie les frais de commis et
autres 2 attachés à l'intendance. Ces frais,aux
termes des ordonnances, devoient être purement à la charge de l'intendant. Ils nes s'6levoient à rien moins 2 2 dans le dernier état
des choses, , qu'à soixante - dix mille livres
par an, ou à-peu-près, argent de la colonie.
La charge étoit forte; mais aussi l'intendant,
qu'on ne qualilie aujourd'hui que d'ordonnateur, josit d'un traitement de 120,0001.,
aussiargent desi isles.I Parla création ingénieuse dece bureau de l'administration ngénérale,
les choses éloient si bien arrangés, quel'ordonnateur ne tiroit même pas de sa poche de
quoi payer les appointemens de, son secrétaire particulier. J'avois déjà fait dénoncer
cet abus à la commission intermédiaire par
.un des employés au bureau des fonds ; mais
pour que la réfor rme fut plus ellicace, et pour
la rendre en méme tems générale, j'avois
isles.I Parla création ingénieuse dece bureau de l'administration ngénérale,
les choses éloient si bien arrangés, quel'ordonnateur ne tiroit même pas de sa poche de
quoi payer les appointemens de, son secrétaire particulier. J'avois déjà fait dénoncer
cet abus à la commission intermédiaire par
.un des employés au bureau des fonds ; mais
pour que la réfor rme fut plus ellicace, et pour
la rendre en méme tems générale, j'avois --- Page 52 ---
(44)
proposé au commissaire Sonthonax
quer à la colonie le décret de l'Assemblée d'appliconstituante du 21 Septembre
nant Fadministration
1791, concezvenoit de
civile de la marine. Il
me charger d'ébaucher ce travail,
lorsqu'il m'a déporté.
Ce travail étoit d'autant plus nécessaire;
que Rochambeau et
de
avoient
Pouget 2
concert,
déjà enchevêtré Padministration civile de la marine, avec ladministration
taire, par la création d'une
milide
place isolée, celle
voir commissaire auditeurdes guerres. On va
en faveur de qui.
Le citoyen Leborgne, ancien secrétaire
de la premiere commission
lors secrétaire du
civile, et pour
général
missoit sans doute d'être Rochambenu, réduit
g6emploi de secrétaire. Il avoit au simple
grands
rendu de si
services à la colonie! Je lui avois ra-.
vi, sans le savoir, la
a
la
place de contrôleur de
marine; il imagina de s'en faire
une équivalente. Le
donner
Tous les chefs
moyen étoit simple.
d'administration au
avoient été compris dans la liste
Cap
dressée par la
d'expulsion
commune; on
si Fadministration
peutjuger par-là
cratie.
étoit gangrenée d'aristoLe commissaire Sonthonax, après avoir --- Page 53 ---
(45 )
tonsulté la commission interméliaire, avoit
ratifié cette liste, quant aux fonctionnaires
publics, et avoit prononcé en conséquence
contr'eux la peine de destitution.
La place de commissaire de la marine
ayant le détail des guerres, c'est-à-dire, des
revues et des hôpitaux, devenoit vacante par
ce moyen. Quefaitl le citoyen Leborgne?Sous
prétexte de se faire donner cette place, qui ne
pouvoit jamais être que pour 'administration
civile de la marine, il sollicite de Rochambeau et Pouget une place à-peu-près de ce
nom, mais qui appartient à Tadministration
militaire de la marine , et qui correspond
exactement à celle de contrôleur dans l'administration civile, savoir, celle de commissaire auditeur des guerres dont j'ai parlé.
Rochambeau et Pouget , qui n'en savoient
pas apparemment davantage, ou qui avoient
résol de le favoriser, à quelque prix que
ce fut, ne font aucune difficulté de la lui
accorder. On saura que c'est-là tout ce qui
existe de l'administration militaire à SaintDomingue.
En parlant de l'état où j'ai trouvé l'administration, je ne dois pas omettre de faire
mention d'une entreprise qui, sous une apparente économie, cachoit, par la tournure
ambeau et Pouget , qui n'en savoient
pas apparemment davantage, ou qui avoient
résol de le favoriser, à quelque prix que
ce fut, ne font aucune difficulté de la lui
accorder. On saura que c'est-là tout ce qui
existe de l'administration militaire à SaintDomingue.
En parlant de l'état où j'ai trouvé l'administration, je ne dois pas omettre de faire
mention d'une entreprise qui, sous une apparente économie, cachoit, par la tournure --- Page 54 ---
(46)
de ses clauses, une source de
Cette entreprise étoit celle de l'entretien déprédationss
meubles , effets et ustensiles ' à
des
l'usage des
troupes. L'entrepreneur joignoit à cette
lité celle de
quafets et ustensiles garde-magasin des meubles, efen réserve; mais loin de ménager les intérêts de la
seconde
république en cette
qualité, il servoit de manteau à l'infidélité des fournisseurs, dont il recevoit les
ouvrages quels qu'ils fussent, bons ou mauvais, conformes Ou non aux marchés
sés avec eux.-Le fait étoit avoué
pastrepreneur dans des lettres
par cet enqu'il lavoit écrites
au prédécesseur de Pouget, et où il osoit
demander encore une indemnité. Il falloit
faire cesser cet abus. Quant à la résiliation
de l'entreprise, elie étoit du ressort des tribunaux; mais l'administration pouvoit de sa
seule autorité destituer
place de
Yentrepreneur de sa
garde-magasin. Je provoquai donc
cette derniere mesure. La destitution de cet
eptrepreneurfut prononcée parfordonnateur
sur ma remontrance, et sa place de gardemagasin fut donnés à un autre. Il n'est
inutile de remarquer que celui qui Pa pas
est un homme de couleur, le
eue,
citoyen Durand, et que c'est à ma sollicitation
lui a été accordée.
qu'elle --- Page 55 ---
(47)
Je ne m'étendrai pas davantage sur le
désordre qui régnoit dans l'administration
des finances à Saint - Domingue, quand j'ai
été appelé à la place de contrôleur de la marine. De quelque cause que provienne ce
désordre, soit qu'il dérive de la négligence
de ceux qui ont eu les rênes de P'administration depuis que la révolution s'est introduite dans la colonie. 2 soit plutôt qu'il
faille l'attribuer à la mauvaise volonté de
gens qui cherchoient, là-bas comme ici, à
décrier et à renverser la révolution par toutes
sortes de moyens, je peux toujours assurer
qu'aujourd'hui cette administration est bien
le labyrinthe, le dédale le plus inextricable,
le plus impénétrable qu'il soit possible de
voir. Cependant, il est essentiel, et même
urgent de débrouiller ce cahos. On fait monter en effèt les dépenses de la Colonie à 50
ou 60 millions par an, lorsque dans des
tems ordinaires, elles ne passent pas huit 1
ou dix millions. Une si forte augmentation
dans les dépenses du fisc demande qu'on
suive avec attention les canaux par où elles
passent.
Revenons aux suites de l'affaire du 2 Décembre.
J'ai déjà dit que les citoyens de couleur
, il est essentiel, et même
urgent de débrouiller ce cahos. On fait monter en effèt les dépenses de la Colonie à 50
ou 60 millions par an, lorsque dans des
tems ordinaires, elles ne passent pas huit 1
ou dix millions. Une si forte augmentation
dans les dépenses du fisc demande qu'on
suive avec attention les canaux par où elles
passent.
Revenons aux suites de l'affaire du 2 Décembre.
J'ai déjà dit que les citoyens de couleur --- Page 56 ---
(46)
s'étoient retirés au camp du hant du
dont ils s'étoient établis les
Cap,
que d'un autre
maîtres, ainsi
appelé Bélair. poste placé dans un endroit
prits dans la
Cette scission jetoit les esplus grande consternation. Chaque jour, on dépioroit le fâcheux
de cette malheureuse
résultat
affaire du 2 ;
jour onl pensoit aux moyens de
chaque
velle plaie dont elle avoit
guérir la nounie.
frappé la Colo-
- On étoit dans cette situation,
Décembre, traversant le
lorsque le 4
nade sur laquelle est située 2
soir, la promela maison où les
corps populaires tiennent leurs
fus acosté par plusieurs de
séances, je
qui gémissoient sur l'état où mes concitoyens
lors le Cap. Ils me
se trouvoit pour
Ja place de
reprochoient d'avoir quitté
étoient
procureur de la commune ; ils
persuadés que, si jy fusse
fatale affaire du 2 n'auroit
resté, la
m'inviterent à la
pas eu lieu; ils
reprendre; ils
rent au nom de l'amour
m'y engagel
que me portoient mes
conciloyens, fait
au nom de tout ce que j'avois
jusqu'alors pour la chose publique.
Pendant que je me défendois de leurs instances, legrouppes augméntoit, les sollicitations
redoubloient;elles. devinrent si
je ne pus m'empécher de dire pressantes, que
que, si non
retour --- Page 57 ---
(49)
retour à ma premiere place pouvoit ramener
la paixetlatranquititéparmimnes concitoy ens,
iln'étoit point de sacrifice que je ne fusse dis-.
posé à faire pour leur prouver mnon patriotisme.
Je fus pris au mot : on me St monter à la
maison commnune; on exigea ma parcle que
je n'en sortirois pas, quela municipalité, qui.
étoit pour lors en séance, n'eût prononcé sur
la pétition cu'on alloit lui faire. Je le proms.
Les citoyens qui m'avoient accompagné 2
entrereni en foule dans la salle des séances
de la municipalité, lui exposerent que j'étois
prêt à rentrer dans la place de procureur de
la commune,témoignerent le desir de m'y revoir, et demanderent à la municipalitéde m'y.
rappeler sur le champ, en attendant qu'on
pit convoquer les assemblées primaires pour
m'yconfirmer. J'ai déjà dit que le procureursyndic de la nouvelle municipalité étoit nommé; mais il n'avoit pas encore accepié, et il
étoit absent; c'éioit lun des officiers municipaux qui faisoit provisoirement les fonctions
de procureur de la commune.
- La pétition fut favorablement accueillie de
la municipalité, dont j'ose dire que j'avois
emportéles regrets.. Dos citovens vinrentaussitôt m'annoncer son VOP11. Je parus à peine,
D
le procureursyndic de la nouvelle municipalité étoit nommé; mais il n'avoit pas encore accepié, et il
étoit absent; c'éioit lun des officiers municipaux qui faisoit provisoirement les fonctions
de procureur de la commune.
- La pétition fut favorablement accueillie de
la municipalité, dont j'ose dire que j'avois
emportéles regrets.. Dos citovens vinrentaussitôt m'annoncer son VOP11. Je parus à peine,
D --- Page 58 ---
(50)
que tous les signes qui peuvent manifester la
joie d'un peuple qui retrouve l'homme
ila mis sa confiance,
en qui
me furent
c'est un des momens les plus délicieux prodigués. de
vie;je ne m'en rappelle
ma
jamais sans attendrissement. O vous, que Pintérêt du
touche si foiblement,
peuple
apprenez que les
sances de l'égoisme ne sont rien au jouis- de
celles que lon goûte quand le
prix
noissant du zèle avec lequel vousl'avez peuple, reconet il l'est toujours lorsqu'on le sert
servi,
environne de tout son
bien, vous
des
amour et vous accable
marques de son attachement.
sont enivrantes! Non, il n'est
de Qu'elles
pas récompense au-dessus de celle-là. Que ceux
ont
eu le bonheur de la
qui
leur
mériter, me disent s'il
est jamais arrivé d'en desirer d'autre.
La séance de la municipalité finie,
chez le commissaire civil lui faire
j'allai
qui venoit de se
part de ce
passer.
Soit jalousie ou tout autre
me
motif,Sonthonaz
reçut très-froidement ; ses premieres
les furent celles-ci:je
parovoisbiorguclesfinoure
populaires vous touchent plus que les bienfaits d'un ami. Ce discours me
l'avonerai, je m'étois
surprit : je
attendu à des éloges de
sa part pour mon dévouement à l'intérêt du
peuple. L'ordonnateur Pouget étoit présent 2 --- Page 59 ---
(5r)
i affecta d'être singulierement peiné de me
voir quilter la carriere de ladministration;
à l'entendre, jy élois bien plus nécessaire
que dans Pautre; il ne tarissoit pas sur mes
louanges. Le fait est qu'ils ne me vouloient
pas dans la place de procureur de la commune. Ils avoient leurs raisons. Quoi qu'il en
soit, Sonthonax m'observa que les circonstances qui m'appeloient de nouveau à la
place de procureur de la commune, n'étoient
que momentanées; il me dit qu'il vouloit me
conserver celle de contrôleur de la marine,
et en conséquence il consentoit que j'exerçasse la premiere de ces places jusqu'à ce
que le nouveau procureur-syndic fit de retour. Je lui rappelai alors qu'ilavoit déclaré
Tadministration municipale incompatible
avec l'administration financiere; quant à moi,
je n'y voyois aucune incompatibilité, en ce
que jamais la municipalité ne pouvoit avoir
de compte à rendre à ladministration, non
plus que celle-ci à la municipalité. L'ordonnateur Pouget appuya ce que je disois d'un
fait qu'ilavoit vu en France: il cita l'exemple d'un trésorier ou receveur qui, ayant été
nommé maire de son endroit, avoit été autorisé à garderl les deux places. Déterminé par
ces motifs,Sonthonax: me ditdelui exposerpar
D2
compatibilité, en ce
que jamais la municipalité ne pouvoit avoir
de compte à rendre à ladministration, non
plus que celle-ci à la municipalité. L'ordonnateur Pouget appuya ce que je disois d'un
fait qu'ilavoit vu en France: il cita l'exemple d'un trésorier ou receveur qui, ayant été
nommé maire de son endroit, avoit été autorisé à garderl les deux places. Déterminé par
ces motifs,Sonthonax: me ditdelui exposerpar
D2 --- Page 60 ---
-
E
( L 52 ).
écrit lesraisons qui fondoient la
entre les deuxplaces de
compatibilité
mune et de contrôleur procureur de la comde la
me feroit une réponse
marine, et qu'il
lui écrivis
officielle conforme. .Je
comme il le desiroit, et sa
du lendemain. 5 Décembre,
réponse
éclatant rendu à
est un témoignage
Cemême
monipatriotisme. (No.6.)
seil
jour 5 Décembre, voyant le congénéral de la commune
foule de citoyens
assemblé, et une
séances
inondant la salle de ses
et des environs, je saisis cette occasion de faire un discours où
mieres semences de
je jetai les prepaix : je fis le tableau du
bonheurdont nous commencions
le malheureux événement
àjouiravant
à
du 2 Décembre: :
j'opposai ce tableau celui de la situation
déchirante où se trouvoit la ville du
peignis les suites désastreuses
Cap: je
du 2 avoit failli avoir
que la journée
pour toute la
et pour la classe des blancs aussi Colonie,
pour-des citoyens de couleur: à
bien que
cette
je joignis celle de T'horrible
peinture
lonie se trouvoit
plaie dont la Coencore toute couverte
pris texte de-là
: je
4 Avril,
pour m'étendre sur la loi du
comme sur Tunique remede à
maux aussi désespérés: je fis à cet
des
raisonnement
égard un
propre à convaincre les
les plus répugnans à cette loi,s'il
esprits
pouvoits'en --- Page 61 ---
(53 )
trouver de tels parmi ceux qui m'éconteient,
lemémeà-pen-pres que celuiquiest consigné
dans T'interrogaioire qu'on niai fait subir à
Rochefort : (No.7.)je n'élevai ensuite avec
force contre les ennemis sccrets de la révolution qui,ne pouvant plus la comba'tre ouver.
tement, cherchoient à la sapper en perpéluant
les divisions parmi les citoyens : j'avertis àce
sujet mes concitoyens de regarder comme le
plasdangereuxder tous les pieges les soupçons
qu'on cherchoit à leur inspirer contre les
hommes de cculeur : je passai de-là aux méfiances dont on envilonnoit les dépositaires
des différens pouvoirs : je ne négligeni rien
pour prouver combien elles étoient injustes s
combien même clle étoient nuisibles à la
chosepublique:j j'allaijusqu'à garantir surma
tête la pureté dés principes, non-seulementdut
commissaire civil, non-seulement du général
Rochambeau, mais encore de tous ceux qui
étoient nouvollementanvestis de quelque portiondepouvoir; (ma pauvretête, aquotjel'exposois!) je terminaimon discours par engager la municipalité à se transporter dans le
sein de la commission intermédiaire pour lui
faire la proposition de nous rendre tous ensemble chez le général Rochambeau, oùt le
commissuire civil avoit transféré son leges
D3
non-seulementdut
commissaire civil, non-seulement du général
Rochambeau, mais encore de tous ceux qui
étoient nouvollementanvestis de quelque portiondepouvoir; (ma pauvretête, aquotjel'exposois!) je terminaimon discours par engager la municipalité à se transporter dans le
sein de la commission intermédiaire pour lui
faire la proposition de nous rendre tous ensemble chez le général Rochambeau, oùt le
commissuire civil avoit transféré son leges
D3 --- Page 62 ---
(54)
Tai dit, depuis Taffaire du
ment, comme je
dont ce général
z,au milieu des bayonnettes
nuit
affectoit de hérisser sa maison
provisoire là de
à Tun et l'autre
et jour, et
témoigner
ressentoit de Timpression que
la peine qu'on faite les scènes aflligeantes qui
leur avoient
au
de les assurer
venoient de se passer
Cap,
du peula confiance
qu'ils a avoient toujours
civil à venir
ple, et d'nviter le commissaire
reprend:e sa demeure ordinei.e. très-succinct
Cedisconrs, dont le sommaire
dans les papiers publies du Cap,
est rapporté
le meille eur effet. Ma pro-
(No, 8.).produisi La municipalité, enposition fut adoplée.
de la foule
tourée de la famille.cena-dice à la comdes cioyens présens, se rendit
plunrisioninenmédhaise : celle-cin'eut étoit pas faite,
tôt entendu Tinvitation qui lui rendre avec
qu'elle leva sa séance pour se
civil
auprès du commisseire
la municipalité afin de leur porter le voeu
et du gouverneur, démarche dissipa leurs indu peuple. Cette
feintes, et leurs fronts
quiétudes réelles ou
devinrent sereins.
à ne point
Sonthonax s'obstina ordinaile; cependant il étoit là, sans
quitter sa demeare
de concerter ses plans
doute, plus à portée
lequel, au reste,
Rochambeau,'
avec legénéral --- Page 63 ---
(55 1e )
avoit rapporté de son expédition d'Ouanaminthe une maladie dont le traitement a:
duré environ six semaines, et qui, pendant
tout ce tems-là,ne lui a pas permis de monter
à cheval, ni même de sortir de son appartement.
Le lendemain, 6 Décembre, le rétablissement de la paix devoit être scellé par la
rentrée des citoyens de couleur au Cap.
C'étoit le fruit de plusieurs dépntations qui
avoient été. faites auprès d'eux, tant par la
municipalité et par la commission intermé
diaire, que par la garde nationale du Cap;
et par les différens corps de troupes de ligne,
sans en excepter le régim. nt du Cap. Après
plusieurs conférences orageuses, les citoyens
de couleur, revenus de leurs frayeurs qu'en
tretenoient à dessein nos ennemis communs,
c'est-à-dire, ceux de la révolution, avoient
donné les marques de la reconciliation la plus
sincere, êt dans l'effusion miutuelle des coeurs,
il avoit été fait un serment réciproque d'oublier de part et d'autre généralement toût le
passé.
Les ciloyens de couleur étoient atténdus
avec impatience au Cap. Pour mieux les rassurer et ranimer tout-à-fait leui confiance,
D'4
nos ennemis communs,
c'est-à-dire, ceux de la révolution, avoient
donné les marques de la reconciliation la plus
sincere, êt dans l'effusion miutuelle des coeurs,
il avoit été fait un serment réciproque d'oublier de part et d'autre généralement toût le
passé.
Les ciloyens de couleur étoient atténdus
avec impatience au Cap. Pour mieux les rassurer et ranimer tout-à-fait leui confiance,
D'4 --- Page 64 ---
(56)
le commissaire civil, ,:le
deux corps populeires gouverneur. et les
cevoir à Tentrée, de la devoient aller les re-.
jusqu'à leurs
ville, et:les' conduire
server, c'est casernes; car une chose à obcommissaires que-très - impolitiquement les
d'un
civils les avoient laissés
corps de casernes qui ileravoit jouir
signé dans le
été aset cpui étoit si commencement fort inutile
des troubles,
Avril, que c'est
depuis la loi du 4
en partie ce
qui a contribué à
casernement
time avec les blancs, empécher leur union indonnoit
5 par la facilité
aux ennemis sourds de la
qu'il
de: les travailler
révolution
sans étre
pas ienu aux différens
aperçus. Il n'a
les citoyens de couleur corps populaires que
sernés; mais
ne fussent plus càpétuer les divisions ceux.quiavoient intérét à perd'hommes
entre les deux classes
citoyens de libres, portoient sous main les
conservât couleur à demander qu'on leur
leurs casernes 2 et la
dance des corps populaires
condescenane, nouvelie
sur ce point est
faire
preuve de leur
toutes sortes de sacrifices disposition à
Céoit aux commissaires
pour la paix.
dans cette occasion
civils à faire agir
la loi du 4 Avril leur leur autorité; T'esprit de
mais leur intérêt
en faisoit un devoir;
particulier, à eux, étoit de --- Page 65 ---
(57) )
favoriser la désunion des citoyens de conleur
pour s'en faire un rempart : ils n'ont en
garde par conséqquent de leur ôter leurs casernes. Voilà l'une de leurs plus grandes
fautes, pour ne pas dire crime; et une faute
encore plus iunpardoumable de la part de
Sonthonax , a été de les y rétablir lors de
leur rentrée au Cap.
Lc jour fivé pour leur rentrée étant arrivé, la municipalité se rendit de bonne heure
chez le citoyen Rochambean, pour y attendre,
avec la commission intermédiaire, et une
foule de citoyens, le moment d'aller au-devant des citoyens de couleur.
A peine y étions-nous, que nous apprimes
que quatré citoyens blancs avoient été enlevés de leurs demeures la nuit précédente,
et incarcérésà bord du vaisseau de la république TEole; c'étoient les citoyens Perneuil,Baillio jeune, Fournier et Gervais.
Tout le monde ignoroit, j'ignorois moimême, et, sans une lettre de Sonthonax à la
Convention nationale, que j'ai vue dans les
papiers publics, j'iguorercis encore de quoi
ces quatre patriotes pouvoient être accusés;
mais ce que je sais, ce que j'affirme, et ce
qui est prouvé, c'est que la municipalité du
Cap, qui devoit savoir parfaitement com-
oyens Perneuil,Baillio jeune, Fournier et Gervais.
Tout le monde ignoroit, j'ignorois moimême, et, sans une lettre de Sonthonax à la
Convention nationale, que j'ai vue dans les
papiers publics, j'iguorercis encore de quoi
ces quatre patriotes pouvoient être accusés;
mais ce que je sais, ce que j'affirme, et ce
qui est prouvé, c'est que la municipalité du
Cap, qui devoit savoir parfaitement com- --- Page 66 ---
(58)
ment s'étoit passée la
jugeoit nullement
journée du 2, ne les
si
conpables; ; elle les
peu famtils, que la nouvelle de leur jugeoit
restation lui causa la plus grande
arqu'elle en fut pénéirée de
surprise, ,et
ploya,
douleur; elle emcomme on va le voir, tous ses efforts
départ pour
EErCstE
France, elle se ressouvenoit encore d'eux avec intérêt. Son arrété du 8 Janvier, cet arrêté où elle se plaint
des enlevemens clandestins
hautement
saire
dont le commisSonthonax seul sembloit se faire
cet arrêté
un jeu,
exprime ses
sort de maniere à
inquiétudes sur leur
touchant leur
ne laisser aucun doute
innocence.
Une circonstance ajoutoit à la douleur
l'arrestation de ces quatre
que
citoyens éloit faite
pour inspirer; c'étoit le spectacle de l'épouse et de la belle - soeur du
neuil, venues
citoyen Ver-
:
pour solliciter son élargissement, tenant dans leurs bras les denx derniers enfans de ce digne citoyen
fondant en larmes.
(1), et
Aussi affécté que mes
pressai d'aller savoir du collegues, je m'emthonax, la cause d'une
commissaire Sonarrestation aussi inaf-
(1) Il ena huir; leur mere allaitoit le dernier. --- Page 67 ---
(59)
tendue. C'étoit une mesure qu'on lui avoit
conseillée; vo.là
fut sa réponse. Je
quelle
lui fis alors envisager les suites funestes
qu'une telle mesure ponvoit avoir, el surtout un acte de rigueur exercé sur des blancs
seuls, même (n les supposant coupables;j je
lui reptésentai qu'une telle rigueur alloit directemunt conire le but qu'il devoit se proposer dans cette journée, et qui étoit de cimenter la paix entre les blancs et les citoyens
de couleur; je lui fis entrevoir le ressenliment que cette rigueur-déplacée autant qu'injuste devoit allumer dans la premiere de ces
deux castes contre l'autre; je mis enfin sous
ses yeux le danger imminent d'une guerre
civile que ce ressentiment pouvoit produire
à chaque instant; car d'une haine acérée à
une explosion terrible, il n'y a d'intervaile
que l'occasion, et le moindre événement la
fait naître.
Le commissaire Sonthonax eut l'air de
goûter mes raisons; il n'étoit embarrassé,
disoit-il, que du moyen de réparer la fante
qu'on lui avoit fait commettre. Il me vint
une idée; je la lui proposai, le croyant de
bonne foi: : c'étoit de dire qu'il n'avoit fait
arrêter ces quatre citoyens que pour lur
propre streté, d'après des avis qu'il avoit
énement la
fait naître.
Le commissaire Sonthonax eut l'air de
goûter mes raisons; il n'étoit embarrassé,
disoit-il, que du moyen de réparer la fante
qu'on lui avoit fait commettre. Il me vint
une idée; je la lui proposai, le croyant de
bonne foi: : c'étoit de dire qu'il n'avoit fait
arrêter ces quatre citoyens que pour lur
propre streté, d'après des avis qu'il avoit --- Page 68 ---
(60 )
eus, et qi'il les feroit débarquer aussi-10t
que les citoyens de couleur seroient rentrés
chez eux.
Sonthonax
approuva mon idée, et m'au:
torisa formellement à porter cette
à la femme et à la belle-soeur du réponse
citoyen
Verneuil, ainsi qu'aux membres de la municipalité et de la commission intermédiaire,
et à la foule de
peuple qui tous attendoient
mon retour avec une inquiétude
imable.
inexpriCette réponse, faite au nom de Sonthonax,
sécha les larmes des deux citoyennes désolées, et calma tous les esprits. Cn ne
plus qu'au retour tant desiré des citoyens pensa de
couleur; ils se firent beaucoup attendre.
Enfin, vers midi, on vint nous annoncer
qu'ils étoient prétsd'arriver, Aussi-tôt le commissaire civil, le gouverneur, la
sion
commisintermédiaire, la municipalité, tout le
monde enfin se mit en marche pour aller audevant d'eux. La joie de revoir des freres
quele soufle.empoisonné de la discorde avoit
dispersés, éclatoit trop visiblement sur tous
les visages, pour qu'il fût possible de douter un senl moment que cette réunion fût
sincere et désormais durable.
Après une demi-heure, passée à l'ardeur --- Page 69 ---
(61)
dl'm soleil brulant, on vit paroître le bataillon des citoyens de couleur: car il est à remarquer qu'ils venoient eil corps de troupes
et en armes; telle étcit la complaisance dont
on avoit usé envers eux : tant de ménagemens, tant de sacrifices devoient bien faire
passer l'épenge sur la journée du 2, quand
même le tort auroit été du côté des blancs.
Je ne dois pas passer sous silence que ce
bataillon étoit précédé d'un char découvert,
dans lequel étoit Pinchinat, le coriphée des
hommes de couleur. Il étoit accompagné,
comme pour rehausser son triomphe, d'un
Blanc, du citoyen Saget, depuis inspecteur de
police au Cap, par le seul choix du commissaire Sonthonax. Ce char couvrit de sa poussiere les diverses aulorités constituées et la
multitude de ciloyens que P'attente de leurs
freres de couleur mettoit toute en sueur.
Les démonstrations de la cordialité la plus
franche accueillirent les citoyens de couleur.
Ils furent conduits jusqu'au devant de la
maison du général Rochariheau, oi ils furent
harangués par lui et par le commissaire civil. Je ne citerai que les expressions trèsméditées et plus qu'équivoques dont se servit Rochambean. Je ne sais, leur dit-il,
parler à des soldals que pour leur donner
leurs
freres de couleur mettoit toute en sueur.
Les démonstrations de la cordialité la plus
franche accueillirent les citoyens de couleur.
Ils furent conduits jusqu'au devant de la
maison du général Rochariheau, oi ils furent
harangués par lui et par le commissaire civil. Je ne citerai que les expressions trèsméditées et plus qu'équivoques dont se servit Rochambean. Je ne sais, leur dit-il,
parler à des soldals que pour leur donner --- Page 70 ---
(62)
quelque
dirai commandemons ainsije ne vous
qu'un seul mot 2 CONTINUEZ (1).
Quoi qu'il en soit du sens que
fermer ce dernier mot, les
pouvoit renleur allerent
citoyens de couleurs
se remettre en possession de
casernes.
Chacun se félicitoit du calme
noit cette heureuse journée,
que ramecoup la joie dont les
lorsque tout-àenivrés fut troublée esprits patriotes étoient
par le bruit
vint
se répandre que les
qui
à
quatre citoyens dont
parlé ne descendroient
j'ai
étoient destinés
pas au Cap, et qu'ils
à être exportés en France,
On m'en fait part. Aussi-tôt
la chambre du
je cours dans
commissaire Sonthonax
m'en assurer. La chose n'étoit
pour
que trop vraie.
Qu'on juge de ma surprise. Je lui
ce que je lui avois dit le
rappelai
matin; je lui
pelai sur-tout ce qu'il m'avoit autorisé à dire rap-
(1) Sonthonax avoit aussi harangué la foule des
qui remplissoient la salle du gouvernement,
citoyens
l'on alloit se mettre en marche
au moment ou
citoyens de couleur; entr'autres pour aller au-devant des
velle du changement de la
choses, il confirma la noucn propres ternies,
monarchieen république 3 et il die
2 que dans ce nouvel ordre de choses,
chaque département devant avoirle droit de faire ses loix,
Saint-Domingue jouiroit aussi de la mènefaculit. --- Page 71 ---
(63)
de sa part au peuple, que l'arrestation des
quatre citoyens n'avoit pour motif que leur
sûreté personnelle, et qu'ils seroient relaxés aussi - tôt que' les citoyens de couleur
seroient rentrés en ville. Mes argumens
éloient pressans; ne sachant que me répondre,
il me dit enfin en jurant : F... 2 Que potlez- vous ? C'est la condition quils m'ont
imposée (en parlant des citoyens de couleur),
sans cela, vous ne les auriez pas.
Après un aveu de cette nature, il étoit
inutile sans doute que j'insistasse; je jugeai
que je ne gagnerois rien sur un homme qui
prenoit pour base de sa conduite une politique intéressée, plutôt que la justice et la
raison. Je le quittai, le désespoir dans le
çoeur.
La muni@gallénateodsibdlie resta consternée de ma réponse. Un de ses membres
proposa pour lors de faire demander l'élargissement des quatre citoyens par Pinchinat;
cet expédient fut adopté. Je fus chargé de
porter la parole à ce Francklin des citoyens
de couleur, pour me servir de l'expression
de l'ex-commissaire Roume. Pinchinat voulut me persuader qu'il n'avoit aucune influence sur ses freres; il retourna ce texte
de vingt façons différentes : je lui prouvai
ie resta consternée de ma réponse. Un de ses membres
proposa pour lors de faire demander l'élargissement des quatre citoyens par Pinchinat;
cet expédient fut adopté. Je fus chargé de
porter la parole à ce Francklin des citoyens
de couleur, pour me servir de l'expression
de l'ex-commissaire Roume. Pinchinat voulut me persuader qu'il n'avoit aucune influence sur ses freres; il retourna ce texte
de vingt façons différentes : je lui prouvai --- Page 72 ---
a
a
(64)
d'autant de manieres
voient rien à lui
que ses freres n'arefuser; je lui fis envisager Fhonneur dont il se couvriroit à
yeux, en faisant la démarche
tous les:
cipalité lui
que la muni-.
lui dissimulai proposoit par mon organe; je ne:
teroient
pas lobligation que contracenvers lui et envers ses freres
les cioyens blancs, si cette démarche tous
le succès
avoit
qu'elle ne pouvoit manquer d'obtenir; je lui fis observer
marche mettroit
que cette seule déblancs
le sceau à la réunion des
avecles citoyens de couleur, et
vaudroit mieux, elle seule,
qu'elle
proclamations,
que toutes les.
sibles
que tous les sermens
: j'épuisai enfin toutes les
posma raison pour
ressources de
sirions.
l'amener à ce que nous deRéduit à ne,savoir que me
il chang a pour lors de
et répondre,
celte hauteur
ton, me dit avec
qui caractérise la
satisfaite : Au surplus,
vengeance
Monsieur,
que les coupables soient livrés
ifaut
des loix. - Mais
au glaive
pables, lui
vous, qui iparlez de courépliquai-je, oscriex-vous bien
assurer qu'il n'en existe point
votres? - Je lejure,
parmi les
vant la main: et
répondit-il, en lecependant la notoriété
blique accusoit les citoyens de couleur puyoir admis parmi
d'aeux, 'le 2 Décembre, un
très-grand --- Page 73 ---
(65)
brès-grand nombre d'esclaves armés, ce qui
avoit renforcé d'une mtaniere'frappante leur
bataillon, cui SC trouvoit porté ce jour-là à
liuit O11 neuf cents homes au moins, 2 lorsque son complet t, suivant le contrôle remis
à la municipalité, n'étoit tout au plus que
d'environ six cents hommes. Parmi ces, eSclaves, on avoit sur-tout remarqué celui du
lieutenant-colonel du régiment du Cap, qui
eut la douleur de le voirà son opposite, sur
le champ de Mars, prét à faire feu Sur son
maitre, si l'ordre eût été donné de tirer sur
ce régiment.
Indigné de la réponsé injuste et barbare
de Pinchinat, je me contentai de lui dire,
qaespuiequ'ilrofuwoitionoratle négociation
qu'on lui proposoit, la municipalité alloit se
concerter avec la commission intermédiaire
pour demander directement au commissaire
civil l'élargissement de IOS quatre concitoyens, et quej'espérois quele commissaire
civil ne refuseroit pas ce qui lui seroit demandé, non-seulement par les représenlans
de la commune du Cap,'mais encore par les
représentans provisoires de la Colonie; car
c'est ainsi qu'il plaisoit anx comnissaires
civils de qualitier leur ceuvre politique, la
conmission intermédiaire.
E
médiaire
pour demander directement au commissaire
civil l'élargissement de IOS quatre concitoyens, et quej'espérois quele commissaire
civil ne refuseroit pas ce qui lui seroit demandé, non-seulement par les représenlans
de la commune du Cap,'mais encore par les
représentans provisoires de la Colonie; car
c'est ainsi qu'il plaisoit anx comnissaires
civils de qualitier leur ceuvre politique, la
conmission intermédiaire.
E --- Page 74 ---
-
(66)
Je me rendis avec les officiers municipaux tard. Les
à la maison commune. Il intermédiaire étoit
s'émémbres de la commission
retirés. Ils furent convoqués
toient la plupart
pour Tapresdiner. intermédiaire étant alors
La commission nombre de sept. membres ( car
assemblée au
à Téxception du seul
les citoyens de couleur 2 allecterent de ne
negre- libre La Tortue,
étant réupoint y. venir), et la municipalité fut faite, et
nie dans son sein, la motion La Tortue,
fortement appuyée, même par civil une déd'envoyer vers le commissaire réclamer la
Butation des deux corps 7 pour qu'on vouloit
relaxation des quatre citoyens
si injustement sacrifier., -
le refus
.Cette députation ne rapporta que Sonthodu despote
le plus sec de*la part
nax.
sollicitoit étoit diffiPlus la justice qu'on
à employer
cile à obtenir, plus lés moyens devoient être renpour se la faire rendre la commission inforcés. Je demandai que
se transportermédiaire et la municipalité
civil.
chez le commissaire
tassent en corps
que SonthoOn ne pouvoit se persuader lacte d'iniquité
nax eût résolu de consommer
seconde
dont on gémissoit : on crut qu'une --- Page 75 ---
(07) )
dépulation, , plus marquante senlement, ct
composée en conséquence du président dela
commission intermédinire, du maire ct du
procureur de la commune, sulfiroient pour
vaincre sa résistance.
Nous nous rendimes chez ld commissaire
civil, c'est-à-dire, chez le général RochamBeu,ear ine faut pas oublier que ces deux
hommes ne faisoient qu'un; ct après que le
président de la commission intermédiaire et
le maire eurent parlé, je pris à mon tour la
parole, comme procureur de la commume:
El seroit difficile, je crois, de parler avec plus
de force que je ne le fis pour déterminer
Sonthonax à ne pas se scuiller d'une injustice aussi criante que celle cn'on vouloit lui
faire comictire. Il foignit d'abord de douter
que nous lui apportassions le voeu de la commission intermédjaire : Comment u-t-clle pis
. délibérer, nous dit-il? Elle n'est pas COIRplette.Dans ce momenten cflel,) je romarquai
autour de lui trois ou quatre cilovens de couleur, membres de celle commission, entre
antres Pinchinat. IL est prais lui répoudis-je; la commission n'est pas complette;
mais, d qui a-t-il temu quelle ne lefiit?
Pourguoi ces Messicurs que je vois autour
de zous, ne sty song-ils pass rendus ? Sans
E2
-t-clle pis
. délibérer, nous dit-il? Elle n'est pas COIRplette.Dans ce momenten cflel,) je romarquai
autour de lui trois ou quatre cilovens de couleur, membres de celle commission, entre
antres Pinchinat. IL est prais lui répoudis-je; la commission n'est pas complette;
mais, d qui a-t-il temu quelle ne lefiit?
Pourguoi ces Messicurs que je vois autour
de zous, ne sty song-ils pass rendus ? Sans
E2 --- Page 76 ---
(68)
oit Pon esi avec
doute on est bien partoul mais on est encore
civil;
le commissaire
et le poste de ces Mesmieux à Son poste ,
La Torsieurs n'est pas ici. Au surplus,
est
trauve : ainsi la commission
tue s'y
membres; il n'en faut
composée de sept
puisse délidavantage pour qu'elle
pas
bérer.
m'eut rien à dire; mais comme
Sonthonax
beauconp sur le serment qui-avoit de
J'insistois haut du Cap par. les citoyens
été fait au
des eitoyensblanes,
couleur et parles députés
il eut
de part et d'autre ;
de - tout oublier
tournant vers le citoyen
Tairdelignorer, et se
descitoyens
commandant le bataillon
Cairou,
étoit là aussi ( car Sonthonax
decouleur; qui
les àutres jours
affecta ce jour-là plus que de citoyens de coude ne s'environner que
c'étoit que ce
leur),il lui demanda ce que
il délayoit
serment. Cairou voulut tergiverser;
sur
une disgression
dans de grandes phrases
disoit-il, auissiles sermens qui avoient été, il fut ramené à
tôt oubliés que prononcés; lui-même : forcé
la question par Sonthonax non sur le fait
de-s s'expliquer par oui ou par il finit par en
du serment que jalléguois,
convenir neitement. sembloit s'adoucir ; nous
Le dictateur --- Page 77 ---
(69)
vines Ic moment oùt ilalloit se rendre à 1IOS
instances. Aprèsnous avoir écoutés avec liltérêl il nous dit de relourner an lieu de nos
séances, cu'il nous feroit savoir sa décision.
Il eut Pair de nous le dire avec tant de
bonié, que nous remportâmesla presque certitude d'avoir réussi; nous en étions si persuadés, que nous transmimes ce senliment
aux deux corps réunis qui nous altendoient,
et à la galerie nombreuse qui assistoit à la
séance.
La réponse se fit attendre deux heures. Ellc
. fot accablante : c'étoit l'inexorable persévérance du despote dans sa premiere détermination. Sans doute on lui avoit rappelé les
engagemens secrets qu'il avoit pris avec les
citoyens de couleur, ou bien il avoit cru devoir laisser retirer le peuple qui formoit la
galcrie, et qui eût é16 rovolté d'une pareille
réponse. Quoi qu'il eil soit, il fallut se" résoudre, et abandonner la"cause de nos quatre
concitoyens au ciel, qui protege l'innocence
opprimée. 1
Il éioit dix hcures: je sortis, emportant
avecmoi la doucesntisfaction d'avoir fait mon
devoir,etledésespoirden'avoir pu faire triompler la cause de Pinnocent.
Je retournai néanmoins cncore chez SonE3
ille
réponse. Quoi qu'il eil soit, il fallut se" résoudre, et abandonner la"cause de nos quatre
concitoyens au ciel, qui protege l'innocence
opprimée. 1
Il éioit dix hcures: je sortis, emportant
avecmoi la doucesntisfaction d'avoir fait mon
devoir,etledésespoirden'avoir pu faire triompler la cause de Pinnocent.
Je retournai néanmoins cncore chez SonE3 --- Page 78 ---
(70)
thonax. Son abord froid me frappa. Je lui
demandai s'il m'en vouloit
le devoir de ma
pour avoir fait
charge? Je vous
me
avouerai,
répondit-il, que j'ai été d'abord
contre pOUS, parce qu'on n'aimey pas d piqué étre
contredit; maisfaifait réfcaion
que vous
fuisiez,dans ce
de défenseur, à encadlednnitomnal raison de votre
j'ai cessé de pous en vouloir. Nous place, et
sâmes en effet, et assez long-tems, du caule plus amical, et de maniere à
ton.
croire
me faire
que Sonthonax ne gardoit aucuri ressentiment contre moi.
Dès le lendemain, le bruit courat'o
devois
que je
un
damentermne.lemigeta d'abord
pareilbruit: ilslaceredlitn,er à la fin, il
tant de consistance, tant de
prit
le
et
personnes me
répéterent, aveci des particufarités si
fortes, "et tellement. circonstaniciées,
crus devair m'en
, que je
missaire
expliquer avec le comSonthonax.
J'allai done le trouver, et mon début le
mit parfaitement à son aise. Ne me sentant coupable d'aucun crime, d'aucun délit qui pût me mettre dans le cas de mériter la peine de la
déportation, ne pouvant
@recmbarqucaifavois à l'être, que parce
j'aurois eu le malheur de déplaire à
que
certaines --- Page 79 ---
(71)
personncs, ennemies de la révolution, on intrigantes, je me bornai à lui demander un
congé pour la nouvelle Angleterre. Ce parti
d'ailleurs s'accordoit de toutes les manieres
avec ma situation physique et morale; j'y
trouvois le rétablissement de ma santé, la
fuite des affaires publiques, la tranquillité
de l'ame, des ressources enfin, sur-lout du
côté de la fortune, que je n'aurois pas trouvées ailleurs. Mon dessein étoit d'aller à
Charsles'Town, oùt une belle-samur,dauires,
parens, des amis qui y éloient, ell attendant
la fin des troubles de Saint-Damingue, m'anroient facilement aidé de leur bourse et de
leur crédit.
C'est ici oùt ont commencé à mon égard
les perficics de Sonthonax,
On ne sauroit se figurerj jusqu'à quel point
ce traître poussa la dissimulation : peine, 2
dotleur, chagrin, désolation de voir qu'on
osât lui préter des desseins aussi noirs; colere, indignation contre ceux quise permettoient de faire courir des bruits aussi méchans, aussi calomnieux; menace de les de
porier eux-mémes, sijcles lui nommois; protestations les plus fortes, et accompegnées des e
démonstrations les plus persuasives de Pattachement le plus sincere, le plus inébranE4
ssa la dissimulation : peine, 2
dotleur, chagrin, désolation de voir qu'on
osât lui préter des desseins aussi noirs; colere, indignation contre ceux quise permettoient de faire courir des bruits aussi méchans, aussi calomnieux; menace de les de
porier eux-mémes, sijcles lui nommois; protestations les plus fortes, et accompegnées des e
démonstrations les plus persuasives de Pattachement le plus sincere, le plus inébranE4 --- Page 80 ---
(72)
lable; tont fut mis en usage
de duplicité
par ce monstre
pour dissiper mes soupçons.
Cependant ilm'avoua qu'on Ini avoit
mandé mon
de-"
disoit-il,
embarqueniont ; mais il avoit,
rejeté loin de lui cette proposition.
Puisquon pous a demandé mon embarquement, lui dis-je, on
suis stir, dla
reviendra,Fen
chiarge ; et ony reviendra si
souvents et avec tant d'art, que
rez parlaccorder. Me
vousfini-
'capable , me répondit-il, d'une crayez-vous donc
blesse? - Non, lui
pareille Joipeindra si.noir
dis - je; mais on me
d vos yeux, que vous croirezfaire zen acte de vertu en
Ainsi, 2 de grace,
m'embarquant.
pour la nowvelle domnezLmoi un congé
Angleterre. Là-dessus les
bras protestations, les serremens de mains et de
recommencent de la
et tout cela d'un air si
part du perfide
naturel,
pénétré, d'un ton si
:
que je ne crus pas devoir
et que je finis par ne point douter insister,
brnit
que ce
d'embarquement ne fat une
ruse de mes ennemis
nouvelle
entre
pour semer la méfiance
Sonthonax et moi.
Un autre bruit couroit en ville,
venoit de faire
Sonthonax
giment du
embarquer une parie du rélêtre
Cap; on disoit que le reste alloit
aussi. J'avois deux neveux dans' ceré --- Page 81 ---
(73)
giment. Pour savoir à quoi m'en tenir sur
leur sort, sans étrc indiscret, je demandaià
Southonax s'il me conseilloit de leur faire
donner leur démission. Après un moment de
réflexion, Aitendez, me dit-il; en tout cas,
s'ils sortent de ce régiment, je les placerai dans. Z172 autre. Une telle assurance étoit
bien propre à dissiper de plus en plus mes
dontes.
Enfin, je prends congé "de- lui. Il m'accompagne jusqu'à l'escalier, me prend la
mdin, et en me quittant, m'adresso ces mots :
Jespere qu'un jour vous counoitrez CC
que c'est quun hemme. franc et hométe.
Qui est - CC qui n'auroit pas été persuadé à
ma place que je navois rien à craindre?
Autre trait de perfidic desa part. Après que
ses terreurs vaines OuI simulées eureut cessé,
il vint reprendre sa demaeure ordinaire. Dès
le lendemain, il m'engage à diner. Sur la
fin du repas, il plait au secrélaire en titre,
de la commission, O. F. Deipech, de me
demander . oùt donc j'avois l'esprit d'aller
prendre la défeuse des quatre citoyens Verneuil, Baillio, Fournier et Gervais? Ma réponse fut simple : sans examiner s'ils étoient
innocens ou coupables, je lui dis qu'en ma
qualité de procureur de la comnniune, jétois
m'engage à diner. Sur la
fin du repas, il plait au secrélaire en titre,
de la commission, O. F. Deipech, de me
demander . oùt donc j'avois l'esprit d'aller
prendre la défeuse des quatre citoyens Verneuil, Baillio, Fournier et Gervais? Ma réponse fut simple : sans examiner s'ils étoient
innocens ou coupables, je lui dis qu'en ma
qualité de procureur de la comnniune, jétois --- Page 82 ---
(74)
de tous les citoyens ; et qne
le défenseur-né
des loix, fus
des hommes livrés au glaive
sent-ils des scélérats, devenoient de ce moqui devoient intéresser
ment des infortunés
leur état."
la pitié, T'humanité de ceux que
appelle à protéger les malheureux. J'ajontai
Pun d'eux étoit mon ami. On ne doit
que poir des amis dans des-coupablés, me
plus
mais ceuxdit-il.L Duccont,lainepentaede déclarés
ctnon encore
cines sontqu'accusés, ! si
votre ami,
coupables: Eh quoi
j'étois
accusé
continuai-je, et queje vinsse d être
pous seriez donc de
d'un crime grave 2.
doute.
à m'abandonner? - Sans
force
moi,je tiens que lorsqu'on est
Eh bien,
on doit Pêtre, et en
Pami d'une personne,
crime
remplirles doninyhungpacrives dit Alors Sonthosoit constaté. 1 Bon, me
comme
avec une sorte de transport; voild
nax,
je vous aime. T'astucieux Sonthonax m'enCest ainsique moment oùt il se proposoit
dormoit jusqu'au
de frapper son coup.
borne aux traits de perfidie que je
Je me
Avant que de reprendre
viens de rapporter:
depuis mon arle récit de ce qui s'est passé circonstance
restation, je dois parler d'une
rendu
à toutes celles dont j'ai déjà
qui, jointe --- Page 83 ---
(75)
comple, aidera' peut-être à trouver le noeud
de Fintrigue dont ma déportation a été le
résultat.
Un jour cmue j'étois aut club des amis de
la Convention nationale, j'avois signé par
imitation, et sans la connoitre, une adresse
au général Rochambean, par laquelle le
club lengageoit à revenir sur la nomination
qu'il avoit faite d'un particulier appelé
Sautet à la placc de capitaine de port de
la ville du Cap; le club demandoit cette
place pour le citoyen Santo-Domingo, qui
eflectivement y avoit des titres beaucoup
mieux fondés que son concurrent.
Cette- adresse, quej'ai luc depuis, parce
qu'elle a été' insérée dans les papiers publics
du Cap, n'avoit rien, absolument rien qui
pût offenser le moins du monde un homme
juste; anais legénéral Rochamboau est hautain, susceptible, excessivement jaloux de
ses droits, s'irritant de la moindre résistance,
vindicatif à l'excès ; il prit donc cette adresse
en très-manvaise part ; il ne la regarda rien
moins que comme une entreprise faite sur
son autorité; c'étoit de la part du club, disoit-il, vonloir le dépcuiller de la nomination aux places qui dépendoient du gouvernement ; le club tendoit à tout envahir, etc, clc.
legénéral Rochamboau est hautain, susceptible, excessivement jaloux de
ses droits, s'irritant de la moindre résistance,
vindicatif à l'excès ; il prit donc cette adresse
en très-manvaise part ; il ne la regarda rien
moins que comme une entreprise faite sur
son autorité; c'étoit de la part du club, disoit-il, vonloir le dépcuiller de la nomination aux places qui dépendoient du gouvernement ; le club tendoit à tout envahir, etc, clc. --- Page 84 ---
(76)
*
Qu'on - juge, d'après cela, de quel ceil il voyoit
les signataires de cette piece.
Jen'ai poiasgmenderseatamwah
général Rochambeau; je n'ai pas été à portée
conséquemment de connoître parmoi-mémele
fond de ses sentimens touchant la révolution 1:
mais,ce queje sais, c'est que jamais général là
S. Domingue n'a été plus dur dans le propos,
plus repoussant dans les manieres, que ce
gouverneur éphémerc; ; et un homme qui
commande avec cette rudesse, ne sauroitêtre
l'ami d'une, révolution dont une des Dases
fondamentales est l'égalité : ce que je sais,
c'est que tous les patriotes redoutoient sa demeure comme l'antre du lion, et qu'il falloit
des affaires indispensables pourles y attirer:
ce queje sais, et cqui est très-prouvé, c'est
que le général Rochambeau avoit si fort aliénéla confiance, l'attachement des citoyens du
Cap, que le commissaire Sonthonax ayant,
par une proclamation du 30 Décembre, invité tres-euralondartument, ou plutôt trèsmalicieusement et tre-insadiesement, les citoyens de bonne volonté à s'inscrire dans le
délai de deux jours au secrétariat du gouvernement pour être prêts aux ardres du
Bouverneur-genéral, il ne s'est présenté à ce
secrétariat, en tout, que QUATORZE personnes; --- Page 85 ---
(77)
Rochambeau a eu la mal-adresse et la méchanceté tout-à-la-fois de constater CC fait
par un procèsiverbal d'une forme vraiment
nouvelle; ;'en date'du 2 Janvier (No, 1):
ce que jesais, et qui peut être prouvé à tout
instant, , c'est que ce même Rochambeau a
tenu aul citoyen Thounens, député de lassemblée coloniale de Pisle. Sainte-Lucie la
Fidele, des propos qui ne peuvent sortir que
de la bouche dun homme attachéauparti du
ci-devant roi: ce que jesais,et que jeprouverai encore à l'arrivée en France des. citoyens
d'Augy et Raboteau,c'est que, pendaut notre
détention à bord de PAmérica, un jeune
homme employé au Cap dans les bureaux'
de l'administration, et que je nommerai en.
tems ct lieu, m'a rapporté en leur présence
avoir cntendu dire à Rochambeau qu'iln'auroit point de repos qu'il ne mn'eût fait embarquer avec d'Augy. Ce jeune homme se
trouvoit par hasard avec Rochambeau chez
une fille quise fait appeler madame de Pons,
pour être venue de France- avec le citoyen'
de Pons, dans une maison occupée par le
citoyen Dufay, nommé par CC général à la
place d'inspecteur des limites enire les possessious françoises et espagnoles à Saint-
endu dire à Rochambeau qu'iln'auroit point de repos qu'il ne mn'eût fait embarquer avec d'Augy. Ce jeune homme se
trouvoit par hasard avec Rochambeau chez
une fille quise fait appeler madame de Pons,
pour être venue de France- avec le citoyen'
de Pons, dans une maison occupée par le
citoyen Dufay, nommé par CC général à la
place d'inspecteur des limites enire les possessious françoises et espagnoles à Saint- --- Page 86 ---
: (78)
Domingue (4), plece de l'ancien
qui rapporte 18,000 liv. de
régime, et
Colonie, Sans
fixe; argent de la
compter le logement,
Quel pouvoit être le
etc, etc.
nation de
sujet, de cette récrimiRochambeau contre moi?
ire que mon
Pas d'auture au bas de patriolisme, ou bien ma signaT'adresseidont j'ai
Je reviens à
parlé.
Ta suivie.
mon arrestations et à ce qui
Incarcéré à bord de
dois chaque
TAmherica, j'attenjour qu'on "vînt m'i 'initerrogen;
(i) La république ne doitpas
reuse qui se présente à ellc de fairela manquer l'occasion heuespagnole de
conquête de la partic'
dédommageroit Saine-Domingue, , conquéte facile, et qui scule
Métropole que de amplement la
tous les patriores, tant de la
toutes les
Colonic, de tous les" sacrifices, de
pertes que leur cause leur attachement
volution.
à la réSi elle ne prend pas ce parti, je lui en
c'est de demander la révision de la
offre un autre:
tirée entre les
ligne de démarcation
possessions des deux nations.
suivant le traité qui, en.est la basc, devoit Cette ligne,
reétement du nord au sud; elle l'a éré
être tiréc diterritoire françois; de" maniere
cn rentrant sur le
démarcation forme
que la ligne actuelle de
dont la véritable à-peu-près les deux côtés d'un triangle
ligne est la base. Cette
à notre nation prés 'd'un tiers de
opérarion dérobe
ct d'excellenre terre.
ce qui devroit lai revenir, --- Page 87 ---
(79 )
ehaque jour j'altendois qu'on m'apprit de
quel crime j'étois accusé", qu'on me fit connoître mes accusateurs, mes dénonciateurs:"
le croiroil-on? Je suis parti sans qu'on ait
daigné me faire aette grâce, et cependant
j'ai resté quatre jours dans la rade du Cep,
dont trois passés à bord de PAmerica, et"
un à bord de TEclatant, sur lequel j'ai été
transféré le 12 Janvier: : en sorte que. j'ai eu
pendant la traversée, et plusieurs jours encole après mon arrivée en France, le cruel
tourment d'imaginer sans cesse qu'est-ce qui
pouvoit avoir donné lieur de ma part à un acte
aussi tyrannique, aussi violent, que celui souts
le poids duquel je gémissois; j'avois beau repasser toute ma conduite; je n'y trouvois ni
action, ni parole, ni écrit, 111 intention, qui
ent pu an'attirer une pareillé disgrâce.
Ainsi, non-seulement le despote Sonthonax
fait révivre à Saint-Domingue les lettres de
cachet : car 2 qu'étoit-ce qu'une lettre de
cachet 7 sinon un acte en tout semblable à
celui qu'a excercé envers moile commissaire
Sonthonax 7 c'est-à-dire 2 l'enlévement d'un
citoyen, d'antordé,àimsinamésy sans aucune
instruction préalable 2 et sa réclusion dans
tout autre lieu qu'une prison civile ? Nonseulement il transforme les vaisseaux de la
omingue les lettres de
cachet : car 2 qu'étoit-ce qu'une lettre de
cachet 7 sinon un acte en tout semblable à
celui qu'a excercé envers moile commissaire
Sonthonax 7 c'est-à-dire 2 l'enlévement d'un
citoyen, d'antordé,àimsinamésy sans aucune
instruction préalable 2 et sa réclusion dans
tout autre lieu qu'une prison civile ? Nonseulement il transforme les vaisseaux de la --- Page 88 ---
(80)
Rtépublique en de véritables prisons d'état ,
et leuirs commandans en conen bastillesi,
il transa cierges, 2 en geoliers ; mais même encore de la révoplante l'inquisition au sein
des victimes
lution françoise 2 puisqu'al'instar étéréduità tâcher
de ce tribunal de sang 2 j'ai
de deviner les motifs de ma déportation; je
les ignorpis encoré après l'interrogatoiré que
devant la munitipalité de Rochefort;
jaisubi lieu de me les
, on m'a
car, là, au
apprendre n'ai commencé
questionné porir les savoir; je
à
instruit que dans ma prison 2
à en être
eu occasion de lire dans
Rocheforl, oû j'ai
du
le moniteur une lettre de Rochambeau
Janvier au ministre de la Marine, par
IO
enfin
la
fois
Sul
laquelle fai
pour premiere
quel éfoit le crime dont on mn'accusoit.-
Le dictateur Sonthonax,a poussé bien
: il a été
maper
jusqu'à
Join le despotisme
moi aucuné piece
pécher d'emporter avec
: les scellés
qui pit servir à ma justification et ils lont été à
apposés sur mes papicus" (
de ma
Tinstant même où Pon se saisissoit
) les scellés, dis-je, n'étoient pas
personne levés quand je suis parti, quatre jours
encore
De tous mes papiers,
après mon arrestation,
de
je n'ai pu emporter que ma commission
de la marine,quejavois
contrôleur provisoire
laissée --- Page 89 ---
(8r)
laissée dans la poche d'un de mes habits : lo
peu de pieces que je me trouve avoir autres
que celle-là,m'ont été données, soit à bord
de LAmérica, soit à bord de PEclatant >
par des patriotes qui prenoient intérêt à mon
sort, par mes compagnons d'infortune euxmêies. Sonthonax vraiment savoit ce qu'il
faisoit en tenant ainsi mes papiers sous les
sceltés:j'aurois pu en effetproduire des lettres
qui m'eussent été précieuses 2 notamment de
lai, , de Rochambeau, de Roume, Pun des
preiiers commissaires civils;j'aureis pu faire
valoir des témoignages éclatans d'estime qui
m'ont été donnés par des corps 7 par des
sociétés populaires des différentes parties de
la colonie ; j'aureis pu enfin représenter des
procès-verhaux de la municipalité du Cap, ct
d'autres pieces qui auroient jeté un grand
jour, tant sur ma conduite, que sur les divers
troubles qui ont agité la colonie et la ville
du Cap en particulier. On a eu la cruauté de
me priver de toutes ces picces ; tout est resté
souS les scellés jusqu'après mon départ.
Je ne dois pas laisser ignerer une circonstance qui prouve à quel point la tyrannie du
commissaire Sontlionax tenoit les citoyens
dans l'oppression. Le precureur de la coinmune 3 cuti est venu. lui-mème m'apporter à
F
divers
troubles qui ont agité la colonie et la ville
du Cap en particulier. On a eu la cruauté de
me priver de toutes ces picces ; tout est resté
souS les scellés jusqu'après mon départ.
Je ne dois pas laisser ignerer une circonstance qui prouve à quel point la tyrannie du
commissaire Sontlionax tenoit les citoyens
dans l'oppression. Le precureur de la coinmune 3 cuti est venu. lui-mème m'apporter à
F --- Page 90 ---
(82) )
l'attestation de la municibord de PAmérica
et qu'elle
palité dont je suis muni (no. 12), le jour
m'a donnée de son pur mouvement
de
même de mon arrestation ; le procureur tiens aussi
la commune, , dis-je, de qui je Sonthonax
Texpédition de la lettre que m'autoriser à
m'a écrite le 5 Décembre pour de la comexercer les fonctions de procureur celles de contrôleur
avec
mune conjointement m'a remis ces pieces que.
de la Marine, ne ainsi-dire, et après s'être
furtivement, pour
Telle est
assuré qu'il n'étoit vu de personne.
vante
la liberté dont on jouit au Cap : qu'on
après cela les avantages des France dictatures. le 13 JanEnfin jai fait voile pour
de voyage six
vier. J'ai eu pour compagnons Michel, Serres,
autres déportés , les citoyens et Dufoo. Cest
Seiches, Molard
Fromenteau. 2
que la munià T'occasion des cinq premiers T'arrêté du 8 dont j'ai
cipalité du Cap a pris
rien ajouter au tédéja parlé (4) : on ne peut contient en leur
moignage que cet arrêté
trois
sont
faveur. De ces cinc, ily en a
qui
peres de famille.
le dictateur
Il sémble 7 au reste 7 que dans toutes ces
Sonthonax ait voulu ménager
Sonthonax a fait défense d'imaprimer cct arrêté.
(1) --- Page 91 ---
(8 83 )
déportations un triomphe au général Rochama
beau. Le propre jour en effet que sortoit, au
bruit de l'artillerie des forts du Cap, l'aviso
le Luttin portant aux isles du vent ce trèsjeune général, enfant gâtéde l'ancien régime,
sortoient aussi les trois bâtimens qui portoient
enFranceles tristes jouetsde la politique infermnale du despote dont l'affreuse tyrannie jetoit
le Cap dans une consternation inexprimable.
Le navire dans lequel j'ai passé, et dont
la desthation étoit pour Bordeaux, a mouillé
de relâche à l'isle d'Aix (1). Le capitaine
nommé Coste 2 hemie égoiste ct très-p petz
honnête 5 a fait jouer tant de ressorts 2 qu'il
est venu à bout de me faire débarquer à Rochefort, avec mes compagnons d'infortune:
Les consolations que nous avons reçues des
vrais patriotes de cette ville, 2 dès qu'ils ont
comu notre religion, nous ont amplement
dédlommagés de n'avoir pas débarqué à Bordoaux,. ou la plupart d'entre nous avoient
leurs parens ou leurs Connoissances.
(1)Il ne m'apparticnt pas dc décider s'il y avoit néces
sité,ou non, de faire cette relâche: je remarquerai seulenent qu'il y avoit à bord de TEclatant plusicurs passagers
non portés sur le rôle, et quc CC bâtiment étoic frété paf
T'état à raison de 15,000 liv.par mois, qui couroient tant
de relâche qu'en mer,
Fa
'entre nous avoient
leurs parens ou leurs Connoissances.
(1)Il ne m'apparticnt pas dc décider s'il y avoit néces
sité,ou non, de faire cette relâche: je remarquerai seulenent qu'il y avoit à bord de TEclatant plusicurs passagers
non portés sur le rôle, et quc CC bâtiment étoic frété paf
T'état à raison de 15,000 liv.par mois, qui couroient tant
de relâche qu'en mer,
Fa --- Page 92 ---
(84)
Nous n'en avonspas moins été dispendi usetout le tems de notre
ment délenus, , pendant
véritable
Rochefort, dans une
prison
séjourà
de maison d'arqualifiée trés-improprement trouvé une autre vicrêt (1), oi nous avons
de Sonthonax,
time du despotisme dictatorial
Galibert
étoit malade lorsqu'il
le citoyen
2, qui
de
été enlevé de chez lui, et au patriolisme
a
la municipalité du Cap avoit
qui je sais que
tres-avantagenx. Malgré
rendu un témoignage
d'une foule
sollicitations et celles
toutes nos
il ne nous a pas été
de patriotes de Rochefort,
de
d'obtenir, ni de la municipalité
possible ni du district, ni de l'ordonnateur
cette ville,
de la Conde la Marine, ni des "commissaires
étoit le
vention quiy ont passé, Pun desquels Colomembre du comité
citoyen Mazade 7
moins
d'être transférés dans un lieu
nial,
d'y
désagréable, quoique nous consentissions
état d'arrestation à nos frais,'et que
être en
eussent la générosité de
nombre de patriotes
On s'attachoit
s'offir pour être nos cautions.
derlittéralement au décret du II Décembre
nier, et on ne faisoit pas attention que, lorsdécret a été rendu, la Convention
que ce
la manie des
étoit bien loin de prévoir que
()J'y ai resté pour ma part 20 jours. --- Page 93 ---
(85 )
déportations dût un jour se tourner contre les
défenseurs mêmes de la révolution.
Peus'enest fallu qu'à mon arrivée à Paris , le
IMars,jen'aie étéconfiné à l'abbaye, où deux
de mes compagnons d'infortune, de , les citoyens
Galibert et Fromenteau 2 avoient été conr
duits directement, en vertu de je nesais quels
ordres, et contre la leneur expresse du décret
du II Décembre. L'ex-ministre Monge alloit
m'y envoyer, de même que le citoyen Michel
avec qui j'avois été conduit, sans la loyale
résistance du lieutenant de la gendarmerie
maritime de Rochefort sous l'escorte de qui
nous é ions venus, du citoyen Jeansson, qui
avoit eu occasion de se convaincre de notre
attachement à la révolution,et qui eut T'honnêteté de répondre de nous corps pour corps ;
equidaemninalongeà: nous taduiredevant
la Convention.
Je ne saurois dissimuier ici que, de ma
prison à Rochefort, j'ai-écrit deux fois à cet
ex-ministre gravec priere de communiquer
mes lettres s-à la Convention, ainsi, que les
pieces qui les accompagnoiznt, sans qu'il ait
daigné me répondre. J'ignore- si c'esi-làl'étiquette du ministere jecrois pluiôrdevoir attribuer ce manque d'égards àla protection dontil
F 3
la Convention.
Je ne saurois dissimuier ici que, de ma
prison à Rochefort, j'ai-écrit deux fois à cet
ex-ministre gravec priere de communiquer
mes lettres s-à la Convention, ainsi, que les
pieces qui les accompagnoiznt, sans qu'il ait
daigné me répondre. J'ignore- si c'esi-làl'étiquette du ministere jecrois pluiôrdevoir attribuer ce manque d'égards àla protection dontil
F 3 --- Page 94 ---
(86) )
obombroit
m'est revenu que cet ex-ministre
le commissaire Sonthonax.
dans leurs
Mis d'abord en état d'arrestation
maisons, les divers déportés de Saint-Dominarrivés à Paris depuis le 6r"Marsn'ontpas
gue
de la Convention d'être libres
tardé à obtenir
leur
à la charge de se représenter
sur
parole,
toutes les fois qu'ils en seroient requis. fait luire à
Ce premier acte de justice a
triomTeurs yeuxl lespoir de voir pieinement soutient
pher-lenr innocence. C'est ce quiles
contre Phorrible calomnie quiles poursuit.
SECONDE PARTIE
naturellement.
Une réflexion se présente
coupable, si Sonthonax en avoit
Si j'étois
de
de véritables preuves,
eu : des preuves , confondent un accusé, et
ces preuves qui forcé de se rendre, m'au-
'auxquelles il est
m'imroit-il fait un mystere du crime qu'on
au conNe se seroit-il pas empressé,
putoit?
le faire connoitre, et de me
*traire, de me
accuse, voilà
dire : voilà ce dont on vous
vous;
les preuves que l'on fournit contre alors vrai
qu'avez-vous à répondre ? C'est
si
coupable, Sonthonax,
ment que, Jeusseétéc --- Page 95 ---
(87)
de mon silence, ou de la
fort de mon aveu,
foiblesse de ma justification, eût pa 7 sans
au tribunal de la nareproche, me traduire
me faire subir la peine due à mon
tion, pour
crime.
lieu de cela, il me cache, et le
Mais, au
intentée contre moi,et
sujet de l'accusation
mes accusateurs, , et les prétendues preuves
lui administrer. Donc il craiqu'on a pu
donc il ne
gnoit que je ne me justifiasse; ;
il
Il a fait plus;
me croyoit pas coupable.
contrim'a privé des pieces qui auroient pu
buer à manifester mon innocence. Donc il
ne vouloit même pas que je pusse me justifier ; donc il est lui-méme coupable de la
plus criante des injustices.
Ge
Et remarquez une chose, je vous prie.
n'est pas lui qui écrit au ministre, pour lui
c'est Rochambeau:
annoncer ma déportation; mois après, le II
il n'écrit lui-même qu'un
Février. Pourquoi avoir difléré si long-tems
de le faire?
4 Mais, voyons un peu ce que contiennent
ces deux lettres ; le rapprochement n'en sera
pas inutile à ma cause.
Lettre de Rochambeau, du IO Janvier.
Nous n'avons cependant pas été dans Pie
F4
prie.
n'est pas lui qui écrit au ministre, pour lui
c'est Rochambeau:
annoncer ma déportation; mois après, le II
il n'écrit lui-même qu'un
Février. Pourquoi avoir difléré si long-tems
de le faire?
4 Mais, voyons un peu ce que contiennent
ces deux lettres ; le rapprochement n'en sera
pas inutile à ma cause.
Lettre de Rochambeau, du IO Janvier.
Nous n'avons cependant pas été dans Pie
F4 --- Page 96 ---
6 88 )
naction depuis quelque tems.
Ia
force: publique à enlever de nuit Employer et de
les patriotesi, voilà ee que Rochambeau jour
pelle nétre pas dans Finaction.
apIM. Sonthonaz s'apercevant du piege de
Hfuction... Voilà donc Sonthonax s'apercevant tout d'un coup d'un
itrois mois et demi d'observations piege ! Ce après
devoit être sans doute bien caché, bien piege
vant.
saDe la faction de PAssemblée de SainsMarc L'Assemblée de Saint-Marc ne subsistoit plus; tous ses membres étoient depuis
long-tems dispersés, et il existoit cependant
une faction de lassemblée de Saint-Marc!
Expliquez-moi cela ; expliquez-moi sur-tout
comment il est possible que Sonthonax n'ait
su l'existence de cette faction qu'au moment
oà il m'a fait embarquer?
Qui "ne cherchoit quà gagner. du tems,
qu'à traîneren longueur, afin de
>
cette guerre, de dégotiter la métropole perpétuer
envoyer des
des
dy
vaisseausy
troupes et des
fonds,et partir de det abandon,quils
supposent, pour prononcer Pindépendance de
la Colonie, Vailà donc le piege. Convenons
qu'il est bien nouveau, et qu'il falloit être
bien fin pour s'en apercevoir. Q le grand --- Page 97 ---
89)
génie que Sonthonax! Mais, pour commettre
un crime, il faut y avoir intérêt : or, quel
est l'intérêt de propriétaires expulsés de leur
biens, si ce n'esl d'y rentrer le plus promptement possible? Ceux que l'on donne pour
les chefs de cette prétendue faction de PAssemblée de Saint-Marc, sont tous propriétaires, et presque tous sont enveloppés dans
les désastres de la partie dn pord de SaintDomingue; ; Delaire, Raboteau, Lalanne et
moi, tous quatre, nous avons nos habitations
incendiées, et nos negres en révolie; si le
citoyen d'Augy n'a pas éproavé le même
sort, il n'en a pas moins perdu considérablement, étant privé de faire du revenu par
la nécessité oùt il est de fournir continuellement aux corvées de negres et d'animaux
qu'exige la défense de son quartier : et l'on
veul que des hommes privés de leur fortune
cherchent à prolonger leurs pertes en faisant
trainer en longueur, en perpétuant une
guerre qui en est Punique cause ! Et dans
quelle vue encore? dans la vue de faire prononcer l'indépendance de la Colonie. Je.le
demande : peut - on imaginer rien de plus
niais, de plus imbécille?Quoil vouloir dégoiter la métropole denvoyer au secours
de la Colonie des vaisseaux, des troupes
veul que des hommes privés de leur fortune
cherchent à prolonger leurs pertes en faisant
trainer en longueur, en perpétuant une
guerre qui en est Punique cause ! Et dans
quelle vue encore? dans la vue de faire prononcer l'indépendance de la Colonie. Je.le
demande : peut - on imaginer rien de plus
niais, de plus imbécille?Quoil vouloir dégoiter la métropole denvoyer au secours
de la Colonie des vaisseaux, des troupes --- Page 98 ---
a
A
(90)
e'est-à-dire, s'ôter à soi-même
et desfonds,
achever de
les moyens de rétablir sa fortune,
de
se ruiner tout exprès pour le seul plaisir
Eh, que peutrendre la Colanieindépendantel
A quoi
illeur revenir de cette indépendance2
leur servira que la Colonie soit indépendante, ?
ruinés
lorsqu'ils seront completement
d'emdis-je, m'a requis
M. Sonthonax,
embarquer
ployer la force publique pour nationale les
et enpoyer à la Convention
dAugy,
citoyens furcheronme-TAibuudy, Raboteau... Voilà cinq
Delaire, Lalanne,
ministre comme departiculiers annoncés au
à la Convant être embarquds et bien! envoyés le fait est qu'il
vention nationale: Eh
que trois ; on
n'en a été embarqué et envoyé
tout - àla déjà vu, et cela sera confirmé
Theure par Sonthonax lui-même. séditieuse de
al Les chefs de cette faction Lalanne sont
Saint-Marc Delaire et
aussi présentés comme des chefs de faction, d'Augy et
Thibaud,
bien que Larchevesque donc ces derniers sontRaboteau. Pourquoi été
et ene
ils les seuls qui aient
embarqués
voyés à la Convention nationale? dans la ville du
Qui étoient renfermés
qu'clle
les commotions
Cop,quidirigeoicurl d'une année. DEPULS
ressentoit depuis plus --- Page 99 ---
(9r)
PLUS D'UNE ANNÉE ! Et personne n'en a rien
su! Quoi? Dans une ville oùt il est si aisé
d où
aux citoyens de.s'éclairer mafuellement,
les dangers dont on étoit menacé tenoient
sans cesse les yeux ouverts 2 personne n'a pu
deviner-la main qui excitoit sourdement tous
les troubles dont on étoit agité, personne ne
s'est seulement douté qu'il existât une faction quiimprimoit tous ces mouvemens? Sonthonax est arrivé au Cap le 17 ou le 18 Sepiembre dernier, et ce n'est que le 9 Janvier
de cette année qu'il apprend l'existence de
cette faction ! Et dans cet intervalle, rien
n'avoit encore transpiré des trames d'une faction qui agissoit cependant depuis plus d'un
an avec tant de fracas! Et les factieux, loin
d'être comus, loin d'être dénoncés commne
tels à ce dictateur 2 lui étoient au contraire
donnés par toute la ville du Cap pour d'excellens patrioles ! Et sOUS ses yeux, celui que
lon met à la tête de ces factieux est continué,
i l'unanimité, dans lIa place de procareur de
la commune de cette même ville ! Et une
députation d'un club composé pour la trèsgrande majorité, de son aveu 2 d'hommes
probes, ct pleins de patriotisme, vient le
prier de laisser ce chef de factieux dans la
place de procureur de la cominune ! Et cette
toute la ville du Cap pour d'excellens patrioles ! Et sOUS ses yeux, celui que
lon met à la tête de ces factieux est continué,
i l'unanimité, dans lIa place de procareur de
la commune de cette même ville ! Et une
députation d'un club composé pour la trèsgrande majorité, de son aveu 2 d'hommes
probes, ct pleins de patriotisme, vient le
prier de laisser ce chef de factieux dans la
place de procureur de la cominune ! Et cette --- Page 100 ---
(92.)
députation appelle ce chef de factieux lu
nique soutien,lepluaferme appui, le meilleur ami,l le vertueux pere de la commune
du Cap!Et Sonthonax lui-méme exprime à
cette dépuiation, danslestermesles plus honorables, l'opinion avantageuse qu'il a conçue
de ce chef de factieux! Et au moment d'un
trouble survenu dans la ville du Cap, il voit
la municipalité rappeler provisoirement ce
même chef de factieux à la place de procureur
de la commune, 2 pour rétablir la paix et la
tranquillité! Et ce qu'il avoit refusé un mois
auparavant, il croit le devoir au dévouement
de ce chef de factieux à la chosé
publique,
savoir, de l'autoriser à exercerprovaoiretent
les deux places de procureur, de la commune
et de contrôleurde la marine'Erlemême club
enfin, dont il a reconnu que la très-grande
majorité étoit composée d'hommesprobes et
pleins de patriotisme, décerne la couronne
civique à ce chef de factieux (No. 13.)! Le
même club annonce à la société - mere des
amis de la liberté et de l'égalité,
adresse du 30 Octobre,
par une
que c'est à ce même
chef de factieux, tant calomnié en France,
que le Cap est redevable de son existence
(No 14.)! Oh! Rochambean, Sonthonax!
comment se peut-il gue vous soyez si gauches --- Page 101 ---
(93)
dans VOS calomnies? Vous vous entendez cependant si bien!
Jai obei à cette réquisition, , et ces perturbateurs sont à bord-maintenant, etpréts
à partir pour alleri rendre compte à la Conventionsnationule. Vous n'êtes pas exact,
Rochambeau; de ces perturbateurs, il n'y,
en avoit que quatre à bord au moment où
vous écriviez,et 1
quoique ces quatre ciloyens
fussent prêts à partir 2 il n'en est réellement
parti que trois.
Comparons maintenant la lettre de Sonthonax avec celle de Rochambeau.
Lettre de Sonthonaz, du II Février.
Anotre arrivée à sain-Domingue,ily
existoit deux factions ; les royalistes, et
les aristocrates de la Peau. Dès la premiere
phrase, 2 Sonthonax en impose grossierement.
Depuis la loi du 4 Avril, ce qu'il appelle >
par un tour d'esprit tout-à-fait neuf, 9 aristocratie de la Peau, 2 avoit disparu. Je n'en
veuxd'autres preuves quela propre lettre qu'il
a écrite en commun avec ses collegues à la
Convention nationale, le 25 Octobre 1792.
(No, 15.) Dans un endroit de cette lettre,il
est dit quele club établi au Cap, sous le titre
thonax en impose grossierement.
Depuis la loi du 4 Avril, ce qu'il appelle >
par un tour d'esprit tout-à-fait neuf, 9 aristocratie de la Peau, 2 avoit disparu. Je n'en
veuxd'autres preuves quela propre lettre qu'il
a écrite en commun avec ses collegues à la
Convention nationale, le 25 Octobre 1792.
(No, 15.) Dans un endroit de cette lettre,il
est dit quele club établi au Cap, sous le titre --- Page 102 ---
a
(94)
damis dela Convention
mé de citoyens réunis nationale; éroitfors
dans un
DES TROIS
que le
autre,
bataillon des COULEURS:
de couleur étoit auiour de la
citoyens
mnissoriale, MÉLÉ
maison comNALE BLANCHE
AVEC LA GARDE NATIO+
les
; dans un autre encere,
gardes nationauz,a ainsi
les
que
de la
que
soldats
garnison, PÉLE - MÉLE AVEC LES
TOYENS DE COULEUR, ctoient
CIde leur maison, criant
venus autour
dans le dernier
tous Vive la nation;
sente plus
enfin, que la ville ne pre.
D'AMIS. Cette gL'UN PEUPLE DE FRERES ET
de couleur union, , ce mélange des
avec les citoyens
citoyens
corde pas, sans doute,
blanes, ne s'acde la Peau,
avec cette aristocratic
niers. Son que Sonthonax prête à ces derinsipide
l'esprit perdu. J'aurai plaisanterie est donc de
d'opposer à Sonthonax occasion, par la suite,
le
des premiers commissaires lémoignage d'un
présent, il me suffit de
civils : quant à
Les
l'opposer à lui-même.
premiers ont été
journée du 19 Octobre frappes, dans la
le coup a retenti dans dernier, az Cap 3
et Pheureuse
toute la Colonie, 3
nouvelle de la république
Finncoiselesafait disparoitre. Les
en sont devenus plus
seconds
parle eici, ET SUR-TOUT audacieux. On ne
AU PONIEAU-PRINCE, --- Page 103 ---
(95)
d'indépendunce. Suivant Rochambeau;
que
est au Cap; Sonle foyer de T'indépendance
Que
thonax, lui, le place au Port-au-Prince. Fun et
conclure de cette contradietion? Que
l'autre sont de plats imposteurs.
Les malheureuz citoyens de couleur;
jouets de tous les complots, seroient égorla
de la France et de
gés sans
protection Les blancs, bien plus malses mandataires. sont les seuls qui perdent
heureux, puisqu'ils désastreux qui ont bouledans les événemens
de tous les comversé St-Dominguo,/ouete
plots , de ceux des contre - révolutionnaires
d'abord, et ensuite de ceux desprétendus mandoairendelardpeblisued finiront parêtre égorela faveur de la protection
gés ou expulsés, France accorde aux citoyens de couque la
de rétablir léquileur, si elle ne s'empresse
libre, en faisant cesser la cause quile rompt,
ces mandataires inc'est-à-dire, en rappelant colons blancs, les co-!
fideles; ou plutôt, lès
lons de couleur , et la France elle-même,
finiront tous par être les dupes du manege de
astucieux mandataires, s'ils ne sont remces
vîte
d'autres mandataires
placés au plus
par
d'un meilleur choix, et sur - tout qui n'aient
qu'un pouvoir dont ils puissent user, et non
abuser. Ce seroit trop, sans doute , infipas
d'un dictateur pour toute la réniment trop
ant colons blancs, les co-!
fideles; ou plutôt, lès
lons de couleur , et la France elle-même,
finiront tous par être les dupes du manege de
astucieux mandataires, s'ils ne sont remces
vîte
d'autres mandataires
placés au plus
par
d'un meilleur choix, et sur - tout qui n'aient
qu'un pouvoir dont ils puissent user, et non
abuser. Ce seroit trop, sans doute , infipas
d'un dictateur pour toute la réniment trop --- Page 104 ---
(96 )
publique, et ily en a deux pour la seule Co
lonie de Saint - Domingue! Il
même trois, si le commissaire y en auroit
horrant le
Ailhaud, abdespotisme de ses collegues, n'eût
préféré d'abandonner sa mission,
de tremper dans les actes
plutôt que
arbitraires qu'ils
commençoient à se permettre (r).
J'envoie à la Convention
y rendre compte de leur nationale,pour
jugés, trois membres
conduite, et élre
de PAssemblée de
Saint-Marc et de la seconde Assemblée
loniale Autre imposture.
COnous étions membres de
D'Augy et moi,
Marc, mais
l'Assemblée de St.
non Raboteau ; celui-cietd'Augy étoient de la seconde Assemblée
je n'en étois point.
coloniale,
Avec le Commandant de la
tionale du Cap. Autre
garde naimposture. Le citoyen Michel, 2 dont il est ici question
étoit commandant, 3 non de la garde natio; s
nale, mais des dragons" nationaux du
Sonthonax voudroit faire confondre le Cap.
que commandoit le citoyen Michel
corps
lui qu'on appeloit
avec ceproprement garde
nale à
et
natiocheval, dont : il est parlé dans la
lettre des commissaires Polverel, Ailhaud
et
(s)C'est ce que le ciroyen Ailhaud a déclaré
dans son interrogatoire à la Convention.
lui-méme
Sonthonax --- Page 105 ---
(97)
Sonthonax à la Convention, en date du 25
Octobre, sous le nom de cavalerie nationale
volontaire. Ce dernier corps portoit Puniformede la maison de Conde,et, au lieu de
se reunir au citoyens, > ilse trouvoit parmi les satellites du gouvemement à la journée du 19 Octobre. Le citoyen Michel a des
sentimens bien opposés à ceux du commandant de ce corps. C'est un franc et loyal patriote, aussi estimé au Cap pour son invariable attachement à la révolution, que pour
sa bravoure et son intrépidité, dont il rapporte une preuve glorieuse dans un drapeau
qu'il a enlevé aux révoltés, et qui est luimême une preuve parlante de l'esprit qui dirige les negres dans la guerre qu'ils font aux
blancs patriotes. Ce drapeau a déjà été eXposé aux yeux du public dans l'affaire de lexgénéral Blanchelande, et le ciloyen Michel
est dans le dessein d'en demander à la Convéntion le dépôt dans ses archives.
Ces quatre individus sont du nombre des
plus acharnés ennemis de la loi du 4 Avril.
Ce n'est donc pas pour cause d'indépendance que lindividu Sonthonax m'a déporté; c'est pour cause d'aristocratie de la peau.
Je me laverai bientôt de cette derniere imputation, et de maniere à faire retomber sur
G
elande, et le ciloyen Michel
est dans le dessein d'en demander à la Convéntion le dépôt dans ses archives.
Ces quatre individus sont du nombre des
plus acharnés ennemis de la loi du 4 Avril.
Ce n'est donc pas pour cause d'indépendance que lindividu Sonthonax m'a déporté; c'est pour cause d'aristocratie de la peau.
Je me laverai bientôt de cette derniere imputation, et de maniere à faire retomber sur
G --- Page 106 ---
(98)
Sonthonax tout le blâme dont il veut me
couvrir : mais, dans le moment
actuel, il
m'importe de faire
chambeau n'a
remarquer, ou que Rosu ce qu'il disoit dans sa lettre
aut ministre de la marine,
lui
çoit
lorsqu'il
annonque j'étois embarqué pour cause d'indépendance, ou bien que l'accusation
m'intente ici Sonthonax est un
que
trouvé
prétexte conaprès-coup pour colorer ma
tion,
déportaJe vous ferai passer successivement les
déclarations qui constatent leur délit. Jg
VOUS FERAI PASSER ! De deux choses l'une
ou ces déclarations ont
:
précédé mon arrestation, ou elles ne sont venues
elles ne sont venues
qu'après. Si
qu'après, sur quoi donc
m'a-t-on déporté?Si elles ont précédé,
quoi ne les avoir pas
pourenvoyées en mêmetems que ma personne? Ce n'est pas le tems
quia manqué, puisque j'ai resté quatre jours
dans la rade du Cap, depuis l'instant de
mon
arrestation, et qu'iln'y a rien moins que huit
commis employés dans les bureaux de la
commission civile, sur le pied de 4800 liv.
par an pour les moins appointés. SUCCESSIVEMENT! On n'avoit donc pas fini de mendier des déclarations!
Remarquez que Sonthonax écrit le II Février,
c'est-à-dire, un --- Page 107 ---
(99)
itots après mon arrestation. LES DÉCLARATIONS QUI CONSTATENT LEUR DÉLIT ()!
Des dénonciations, encore moins des déclarations, ne sont pas des preuves, puisqu'elles
ont besoin elles-mêmes d'être prouvées. D'ailleurs, quelle foi peut-on ajouter à des dénonciations, à des déclarations
sont faites
qui
dans l'ombre du mystere, et dont Pimpunité
est, en quelque sorte, garantie par T'éloignement oit est celui qui accuse de celui contre
qui l'accusation est dirigée? S'il suffisoit de
simples déclarations pour établir un crime,
(1) Il existe suir les registres de la municipalité du Cap
tres-circonstanciée, de la fin
unc déclaration très-longue,
de Décembre ou du commencement de Janvier, que j'ai
vue etlue, dont il a été donné connoissance à Sonthonax,
ct delaqnuellilr@niteroit, siles faits qu'eile énonce étoient
prouvés, que Pinchinat est un des principaux auteurs de la
continuation des troublcs à Saint-Domingue, , que c'est lui
qui entretient la révolte des negres. Cette déclaration a été
faite par un homme échappé d'un camp des révoltés, dont
il avoit été longtems prisonnier. Ces mêmes registrcs contiennent d'autres déclarations contre d'autres citoyens de
couleur. Lc commissaire Sonthonax a-t-il seulement fait
passer ces diverses déclarations à la Convention nationale ?
L'at t-il instruit encore de CC que contiennent lcs archives
de l'assemblée coloniale et de l'assemblée provinciale du
Nord touchant les mêmes troubles? Pourquoi donc cette
partialité?
Gz
d'un camp des révoltés, dont
il avoit été longtems prisonnier. Ces mêmes registrcs contiennent d'autres déclarations contre d'autres citoyens de
couleur. Lc commissaire Sonthonax a-t-il seulement fait
passer ces diverses déclarations à la Convention nationale ?
L'at t-il instruit encore de CC que contiennent lcs archives
de l'assemblée coloniale et de l'assemblée provinciale du
Nord touchant les mêmes troubles? Pourquoi donc cette
partialité?
Gz --- Page 108 ---
a
(zod) )
quelle est l'innocence au monde
devenir xictime de la calomnie? qui ne pût
Larchevesque- Thibaud arrive
deaua avec Michel
par, Borzont
dAugy a et Raboteau
par Marfeille. Il n'est point
comme l'on voit, de Delaire ni de question, Lalanne.
Que sont-ils donc devenus?
chambeau les
Cependant Roannonçoit au ministre comme
étant même déjà à bord,ctp prêts
aller rendre compte à la Convention apartirpour
nale, et il les présentoit l'un et l'autre natiodes chefs reconnus de celte
comme
tieuse de Saint-Marc,
faction sédimotions
qui dirigeoit les comque ressentoit la ville du Cap
depuis plus d'une année. Pai quelle
politique ces deux chefs sont-ils donc étrange
lorsqu'on a fait partir les trois autres? restés,
Je ne poursuivrai pas plus loin Ja lettre de
Sonthonax; le moment n'est pas encore veriu
de relever une antreimposture, mais des
punissables, que contient la derniere plus
de cette missive.
partie
Que résulte-t-il de ces deux dépêches ? De
l'une, qu'on ressuscite contre moi cette vieille
accusation d'indérendance, intentée jadis
les contre-évoilutionnaines contrel.Assemblée par
de Saint-Marc, et dont elles'est si bien justifiée dans le tems à l'Assemblée
constituante; --- Page 109 ---
- 0e IOI )
de l'antre, que je suis accusé d'être un aristocrale de la peati, suivant l'expression trèsingénieuse dont le ci-devant rédacteur à gages
du journal de Prud'homme vient d'enrichir la
nomenclature de notre révolution.
Il me sera facilelc d'écraser le calomniateur
despote sur l'une et surl'autre de'ces puériles
accusations.
I N D E P E N D A N C E.
Ma preniere défense à cette inculpation
est puisée dans un fait que vous ignorez,
LÉGISLATEURS, mais cui seul stffiroit pour
la faire disparoître entierement : c'est que c'est
moi qui ai proposé à la municipalité du Cap
d'imprimer sur les drapeaux de la garde nationale de ceite ville la devise qu'ils portoient
encore à l'époque de mon départ de la Colonie, et que j'aime à croire qu'ils portent
même dans ce moment : VIVRE FRANCOIS OU
MOURIR. (No. 16.) -
Les troupes patriotiques dii Cap étoient organisées en plusieurs corps différens, lorsqtie
Je fus nommé par le peuple à la place de
procureur de la commune. Chacm-de ces
corps-avoit son esprit particulier,et ili régnoit
tees-peu d'ensembie parmi eux.
G3
mon départ de la Colonie, et que j'aime à croire qu'ils portent
même dans ce moment : VIVRE FRANCOIS OU
MOURIR. (No. 16.) -
Les troupes patriotiques dii Cap étoient organisées en plusieurs corps différens, lorsqtie
Je fus nommé par le peuple à la place de
procureur de la commune. Chacm-de ces
corps-avoit son esprit particulier,et ili régnoit
tees-peu d'ensembie parmi eux.
G3 --- Page 110 ---
1 IOZ )
L'undomes premiers pas dans cette
carriere fut de provoquer
pénible
l'instar des gardes nationales leurorganisation à
de France. La
municipalité c'étoit
me chargea de ce travail, et
un travail aisé, puisque je n'eus
le.calquer sur les décrets del'assemblée qu'a
constituante, 2 à quelques différences près
nécessitoient les localités.
que
Parmi les changenens à faire, il en
un qu'elles commandoient
y avoit
plus
ment gebiameard@siretiuilaiae impérieuseeffet, la devise prescrite
les devise:en
les
par
décrets pour
drapeaux des gardes nationales
avoir des inconvéniens dans
pouvoit
Saint-Domingue,
un pays tel que
fût
J'en proposai donc une
propre tout-à-la-fois, et à sauver. ces: qui inconvéniens, et à. exprimer le voeu qui unissoit la Colonie à la France; c'est celle dont
je viens de parler, et que je portois gravée
dans, mon coeur. Je n'eus pas de peine- à la
faire adopter ; tous les coeurs patriotes étoient
à Punisson du mien. On ne me répondit
par les plus vives acclamations,
que
moment les
s et de ce
drapeaux de la garde nationale
du Cap défièrent les rois d'Angleterre et d'Espagne, et tous les autres despotes couronnés
qui combattent la révolution française.
Voilà Thomme qu'on accuse d'indépen:
a3 --- Page 111 ---
(103 )
dance, celui d'oit émane une devise qui doit
à jamais rappelerà ses concitoyens,s'ils pouvoient Poublier, Pobligation de rester fideles
à leur mere-patrie. Quelle absurdité!
Une seconde réponse 2 non moins victorieuse,se tire de ma conduite.
De tous les ennemis que les contre-révolutionnaires ont eus à Saint-Domingne, il n'en
est pas un qqui ait été plus intrépide, plus opidele dire:sans
niâtre que moi.Jenecrains) pas
monénergicet mafermeté,sans: moninfatigable
persévérance, sans les dangers auxquels j'ai
plus dune fois exposé ma. liberté, ma vie
même pour le soutien de la révolution, et que
le brave, le vertueux d'Assas a partagés. avec
moi, ainsi que les courageux patriotes qui
sont aujourd'hui associés à mon sort, le pavillon blanc eûtt flotté depuis long-tems à S.-
Domingue, ei les complices de Louis Capet.
y trouveroient aujourd'hui un vasteasyleetun
ample salaire aux coupables efforis qu'ils ont
faits pour seconder sa trahison.
Mes preuves à cet égard abondent ; elles
sont consignées dans les papiers publies du.
Cap, dans les archives. de la municipalité de
cette ville, et jusques dans VOS propres archives, LÉOISLATEURS: oui, dans vos propres
archives. L'asse.nb'é: législative a dû en effes
G4
.
y trouveroient aujourd'hui un vasteasyleetun
ample salaire aux coupables efforis qu'ils ont
faits pour seconder sa trahison.
Mes preuves à cet égard abondent ; elles
sont consignées dans les papiers publies du.
Cap, dans les archives. de la municipalité de
cette ville, et jusques dans VOS propres archives, LÉOISLATEURS: oui, dans vos propres
archives. L'asse.nb'é: législative a dû en effes
G4 --- Page 112 ---
(I I04 )
recevoir un arrêté qui lui a été adressé officiellement par la municipalité du
mois de Juillet de l'année
Cap, au
a pris à l'occasion d'une derniere, 2 et qu'elle
nouvelle controuvée
en haine du nom français et de la révolution.
L'imprimeur d'une gazette intitulée journal
politique s'étoit permis de l'insérer dans sa
feuille : sur mes conclusions, cet
fut condamné par la
imprimeur
insérer dans
municipalité du Cap à
trois de ses numéros l'arrêté
vengeoit la France et la révolution des im- qui
pertinences d'un mauvais gazetier.
Qu'on' interroge la colonie entiere, et l'on
verra. s'il est un seul homme
soit
tré pour la révolution d'une quise
monprononcée
maniere plus
que moi, qui ait combattu pour
elle , je ne dirai pas seulement avec plus de
courage, mais avec plus d'audace, et sur-tout
avec] plus de constance. AuwiSonthonaxsestil bien donné de garde de faire instruire
mon
procès sur les lieux : la voix publique auroit
étouffé l'infame accusation qui est
dans la lettre de Rochambeau;
consignée
;l'un et l'autre
n'eussent recueilli que la honte de l'avoir
mise au jour.
C'est la conduite d'un homme, c'est-à-dire,
l'ensemble de ses actions, qui est la véritable 3
pierre de touche de ses sentimens. Un homme --- Page 113 ---
(105 )
constamment ennemi des contre-révolutionnaires ne peut sans doute qu'étrel'ami de lai 1évolution, et uil ami de la révolution ne peut
qu'étre l'ami de larépublique françoise, et un
ami de la république françoise ne peut pas
porterses concitoyensà fairescission avec elle.
Sij'ensse visé à Golgpebetjanlesaips
été l'ennemi des contre-révoiutionnaires:1 loin
delà;je me serois joint à eux, je les aurois du
moins laissé faire, et il y auroit eu bientôt
un second BÉHAGUE à Saint-Domingue,
Une troisieme réponse, c'est la confiance
dont mes coneitoyens n'ont cessédem'honorer
depuis que j'ai commencé à travailler pour
la chose publique.
A peine la nouvelle de la convocation des
élats-généraux fut - elle parvenue dans la
Colonie, 2 qu'elle résolut 2 en dépit de ses
chefs, de se donner des représentans à cette
diéte auguste 7 et je fus l'un de ceux que
nomma la province du Nord. Forcé par des
intérêts majeurs de repasser à Saint-Domingue peu de mois après mon admission à l'assemblée constituante,je trouvai au Cap une
assemblée provinciale toute formée , et dès
le jour méme que j'eus mis pied à terre elle
me déclara son membre-né, Quelques membres à qui mes sentimens révolutionnaires
ses
chefs, de se donner des représentans à cette
diéte auguste 7 et je fus l'un de ceux que
nomma la province du Nord. Forcé par des
intérêts majeurs de repasser à Saint-Domingue peu de mois après mon admission à l'assemblée constituante,je trouvai au Cap une
assemblée provinciale toute formée , et dès
le jour méme que j'eus mis pied à terre elle
me déclara son membre-né, Quelques membres à qui mes sentimens révolutionnaires --- Page 114 ---
(106 )
vonlurent, quelque-tems après; ;
déplaisoient, difficultés sur cette faveur ; car
élever des
aussitôt les citoyens de ma
c'en étoit une :
leur
section se réunirent et me nommérent conseil
à cette assemblée. Le
représentant
vient à être rétabli; je suis
supérieur du Cap
nomme pour
Yun de ceux que cette assemblée manquoient à
remplacer les magistrats qui
forme la
tribunal. Peu de tems après se
ce
Colonialedes Saint-Dominpreniereasembites
séances dans la ville
gue, celle quia tenu ses
députés nomde Saint - Marc: les premiers la ville du Cap
més à cette assemblée par et nous le somsont le citoyen d'A Augy et moi,
la nôtre,
une section qui n'étoit pas
mes par
Mes concitoyens 2 égarés
et à l'unanimité.
agens du
des santrencolationmnaiee
par
Peinier, me révoquent pendant
gouverneur à Saint - Marc : cette révocation
que j'étois
des habitans de la
n'est pas plutôt connue
fortune, qu'ils
paroisse où est le siége de ma Pun de leurs
s'empressent de me choisir pour
à cette même assemblée, digne
représentans
d'un meilleur sort. Cest
par son patriotisme qu'elle prévint une guerre
sur ma molion
du gouverneur étoit
civile que l'aristoératie
en France.
prête d'allumer, en se transportant
; sale vaisseau de l'état le Léopard
sur --- Page 115 ---
(107 )
erificesnoui, mais quifut perdu pour clle ct
pour la Colonie. Dc retour à Saint-Domingue
où j'arrivai le 27 Octobre 1791, deux mois
après la révolte déclarée dans la partie du
Nord,je suis nommé en Décembre suivant
par les habitans de ma paroisse, réfugiés au
Fort-Dauphin, leur député à la seconde assemblée Coloniale qui étoit déjà formée depuis quatre à cinq mois.Jen'avois ni accepté
ni refusé, lorsqu'au mois de Janvier suivant,
une municipalité provisoire venant à s'établir au Cap,jes suis élu procureur de la commmune, place que j'ai exercée depuis le-3r
da même mois jusqu'au 16 Novembre dernier. Appelé par le commissaire Sonthonax à
la place de contrôleur de la Marine, j'étois
réélu dans le mêmetems par mes concitoyens,
comme 011 l'a vu, à celle de procureur de la
commune. On a vu aussi qu'après ma retraite
de cette derniere place 2 les circonstances
avoient engagé la premiere municipalité
encore existante à m'y rappeler momentanément.
LÉGISLATEURS, voilà quelle a été ma vie
publique depuis 1789. Croira-t-on que,sije
n'étois pas aussibon françois que bon patriote,
le peuple: em'efitconliéses intérêts pardeschoix
vu, à celle de procureur de la
commune. On a vu aussi qu'après ma retraite
de cette derniere place 2 les circonstances
avoient engagé la premiere municipalité
encore existante à m'y rappeler momentanément.
LÉGISLATEURS, voilà quelle a été ma vie
publique depuis 1789. Croira-t-on que,sije
n'étois pas aussibon françois que bon patriote,
le peuple: em'efitconliéses intérêts pardeschoix --- Page 116 ---
&
- 0e 108-)
si souvent répétés ? Croira-t-on sur-tout
depuis que la faction
que 3
contre-révolationnaire
eut cherchéàme
des
rendresuspect en me prétant
projets
d'indépendance, mes
eussent
concitoyens
continué à placer en moi leur confiance,s'ils n'avoient évidemment
reconnu la
fausseté d'une pareille imputation?
Ils auroient donc été les
de
complices mes
prétendus projets : mais, avant de leur faire
cette injure, a-t-on bien réfléchi que tous les
citoyens blancs
deSuint-Domingue sonit nés en
France, ou originaires françois, ou naturalisés
françois; qu'ils tiennent tous à la France
des liens de
par
parenté ou d'amitié ou d'intérêt (1),parle même langage, par les mêmes
(r) On ne peut pas en dire autant des citoyens de couleur, et ceci est tre-remarquable. Sur vinge d'entr'eux,il
n'en est peut-étre pas un qui ait des parens en France;
leur parenté est concentrée dans la Colonie. Sur vingt toute
sonnes dont les négocians de SaintperM
Domingue
S
denrées ou avec qui ils font des affaires, il reçoivent les
y a dix-huit
blancs au moins contre deux hommes de couleur. Sur cent
colons de Saint-Dominguequi ont desliaisons d'affaires avec
les négocians de France, on trouveroit à
trois
peine
ou
quatre citeyens de couleur; ; les autres sont des blancs : il
n'y a qu'à compulser à cet égard les livres des
tant de France que de Saint - Domingue.
négocians s
enfans de citoyens de couleur, it
Enfin, sur cent
deux
n'y en a peut-érrc Pas
qui soient envoyés en France pour y. étre élevés. --- Page 117 ---
(109 )
moeurs, par les mêmes golts; que tous ou
presque tous les enfans créoles sont envoyés
en France pour y recevoir leur éducation, et
qu'ils contractent par-là le plus fort attachement pour la mere-patrie ; que la plupart des
habitans, lorsque la fortune a couronné leurs
travaux, viennent consommer leurs revenus
dans la métropole; qu'un très-grand nombre y colloquent une partie de leurs capitaux;
qu'il n'est point de Colon qui ne conserve
jusqu'à un âge très-avancé le desir, et même
l'espoir d'y finir ses jours ; qque les Colons des
villes sont presque tous commerçans, et que
cette classe d'hommes, qui forme une portion
tres-considérable de la population blanche à
Saint - Domingue, est nécessairement unie à
Ia France par ses liaisons commerciales; que
nulle puissance ne peut offriraux Colons des
avantages aussi variés, aussi multipliés que
ceux qu'ils retirent de la France; enfin que
la révolution qui s'est opérée dans la forme
du gouvernementFrançoisdéliyrantles Colons
d'un joug qu'il retrouveroient sous tout autre
gouvernement, 2 le despotisme des dépositaires
de toute espece de pouvoir, cela seul suffiroit
pour leur faire chérir la métropole, quand
ils n'auroient pas d'ailleurs autant de motifs
de lui être attachés ?
aussi variés, aussi multipliés que
ceux qu'ils retirent de la France; enfin que
la révolution qui s'est opérée dans la forme
du gouvernementFrançoisdéliyrantles Colons
d'un joug qu'il retrouveroient sous tout autre
gouvernement, 2 le despotisme des dépositaires
de toute espece de pouvoir, cela seul suffiroit
pour leur faire chérir la métropole, quand
ils n'auroient pas d'ailleurs autant de motifs
de lui être attachés ? --- Page 118 ---
a
( IIO )
Et c'est au milieu de tels hommes
veut que j'aie conçu et manifesté des qu'on
d'indépendance ! et l'on veut
projets
dévoilé des
qu'après avoir
le
principes si contraires à leur voeu
plus cher, à leurs intérêts les mieux entendus, j'aie néanmoins, par une sorte de
tige, captivé si long-tems leur confiance? presla calomnie forge donc des
Que
inculpations moins
contradietoires, moins absurdes.
Mais il est encore bien d'autres absurdités
qu'il faut dévorer pour croire à ce systême
d'indépendance qu'on a la platitude de me
supposer.
En effet, où sont donc les
troupes, 2 les vaissenuxparlemoyen desquels la
soutenir son indépendance? Dans Coloniepourroit l'état de dépopulation oùt elle est réduite, à peine
elle mettre sur pied dix mille hommes pourroitelle n'en a
effectifs ;
état de
peut-être jamais eu trente mille en
porter les armes : eh, ,
a
force aussi petite
qu'est-ce qu'ane
pour garantir une étendue de
côtes de deux cents lieues ? où
de quoi armer des vaisseaux de prendroit-elle
qui n'a, ni bois de construction, guerre, elle
ni fer, ni
enivre,nichanvre, ,nig goudron, rien en un
de ce qu'il faut pour une marine ? Et
mot
ces vaisseaux, comment feroit-elle pour en
les équipages? Oi sont encore ses subsistan- composer --- Page 119 ---
(nr)
ees,scs munitions de guerre 3 l'argent surtout, Pargent, ou uns signe équivalent et sur,
close si nécessaire à toute puissance pour se
maintenir ? Et l'on voudroit qu'une colonie
dont les moyens sonta absolument nuls, où tout
est si précaire, pût songer sérieusement à se
rendre indépendante? Elie ne peut pas venir à
bout par: ses propres forcesde réduire quelques
hordes d'hommesà, moitié sanvages, sans tactique, sans discipline , sans vrai courage,) mal
armés, dépourvus de tout ce qui est nécessaire pour soutenir une guerre : et l'on me
supposeroit assez peu de jugement pour entreprendre de faire faire à une telle colonie scission avec la métropole ! Ce seroit vraiment
vouloir la faire anéantir par cette mémepuissance dont elle dédaigneroitla protection, ou
bien l'exposer à devenir la proie de telle autre
puissance qui seroit tentée de s'en emparer:
trop heureuse même d'en trouver une qui
voulitbienla protéger contre les pirates, contre tous. ses ennemisder terre ct demer;etencore
à quelles conditions ! S'il étoit des hommes
capables de former une entreprise aussi extravagante, convenons-en, il faudroit, non pas
les livrer au glaive des loix, mais les mettre
aux petites maisons.
, ou
bien l'exposer à devenir la proie de telle autre
puissance qui seroit tentée de s'en emparer:
trop heureuse même d'en trouver une qui
voulitbienla protéger contre les pirates, contre tous. ses ennemisder terre ct demer;etencore
à quelles conditions ! S'il étoit des hommes
capables de former une entreprise aussi extravagante, convenons-en, il faudroit, non pas
les livrer au glaive des loix, mais les mettre
aux petites maisons. --- Page 120 ---
2 1 II2 )
feroit Qu'on pèse d'un autre côté ce que l'on me
risquer pour une pareille
Je suis pere de famille. Ma entreprise.
siste d'une
fortune conpart, dans une
d
sidérable
habitation con-
, située dans la partie du Nord de
Saini-Domingue, et sur laquelle je ne devrois
rien,sans les désastres arrivés à Saint-Domingue ; de Pautre, dans un mobilier assez
au Cap, où je fais ma demcure ordinaire: fort
Mon habitation
estincendiée, mes negres sont
en révolte ; mais tel est le crédit dont je
au Cap, et qui est dû à ma bonne conduite, jouis
que du moment que le quartier où est mon 2
habitation sera rendu à la culture ,j'aurai trèspromptement les moyens de la rétablir. J'occupois au Cap la seconde place de l'administration, au moment ouj'ai été arrêté, etj'avois
T'espoir d'y être confirmé
moins
définitivement, au
d'après ce que Sonthonax; me disoit, peu
de jours même avant mon arrestation, avoir
écrit en ma faveur au pouvoir exécutif national. Enfin je m'étois concilié l'estime géne
rale de mes concitoyens, j'entends de
qui sont patriotes, et c'est, sans doute, ceux
un homme honnête, le premier des biens. pour
Ilauroit donc fallu que je sacrifiasse femme;
enfans, 2 fortune, > état, réputation, en un mot
mes --- Page 121 ---
(113 )
mes intérêts les plus, précieux, les plus sblides;
les plus réels, et à quoi? Al la poursuite d'ui
projet le plus incertain, le plus chimérique,
le plus insensé qui fut jamais; ; cela tombe-t-il
sous le sens ?
Pour mieux seritir la chimere d'un semblable projet, considérez tous les ressorts qu'il
m'auroit fallu faire jouer pour le corduire à
son terme. Il auroit fallu d'abord m'assurer
des citoyens de la ville du Cap, et ce n'étoit
pas chose aisée, d'après ce que j'ai dit. Que
dis-je, des citoyens dui Cap? De ceux de la
Colonie entiere ; car à quoi servoit d'avoir le'
consentement de la provincé du Nord,sicelles
de l'Ouest et du Sud nes s'accordoient pas avec
elle sur un objet aussi majeur ? Enisuite il
m'auroit fallu mettre dans môn parti la troupe
de ligne, et cela encore d'un bout de la Colonie à l'aubre. Ce n'étoit rien que d'ètre strdes'
forces de terre; il m'eût été également indispensable de pouvoir compter sur les forces de
mer. Ce n'étoit encore rien : les citoyens de
couleur pouvoient faire manquer Faffaire;
c'eût donc été uil point capital que de pcurvoir aussi tabler Stir eux. Enlin ileût été danis'
l'ordre de disposer en faveur de ce projet les
pussances maritimes qui auroient pu le traH
de la Colonie à l'aubre. Ce n'étoit rien que d'ètre strdes'
forces de terre; il m'eût été également indispensable de pouvoir compter sur les forces de
mer. Ce n'étoit encore rien : les citoyens de
couleur pouvoient faire manquer Faffaire;
c'eût donc été uil point capital que de pcurvoir aussi tabler Stir eux. Enlin ileût été danis'
l'ordre de disposer en faveur de ce projet les
pussances maritimes qui auroient pu le traH --- Page 122 ---
(114)
verser. Tout cela étoit-il donc.bien possible 2
Répondez, 2 calomniateurs.
Jecrois, d'après ce quejeviens dedire,qu'on
doit être pleinement convaincu, que: jamais
lidée de rendre la Colonie de Saint-Domingue
indépendante n'a pu entrer dans ma tête,. ni
dans aucune autre tant, soit peu douée de la
et de réfléchir. Sonthonax le
facultéde penser : I a beau, dire qu'orz ne
sait bien lui-même sur-tout au Port-aus
parle alu Cap , et
lui seul le dity
Princes que dindependances1 même lui. Maisilsait.
et personne n'y croitpas
aussi qu'ily.a. des mots qu'on n'approfondit
de les prononcer pour que
point; ; qu'ilsmilit
et la multitude. de ces:
mille échos les répétent, bien des
il sait
échos est la vérité pour
gens; accroires
facilement en faire
encore qu'on peut d'aussi loin
lui. D'un autre,
lorsqu'on écrit
que avoient une
côté, Sonthonax et tous ses pareils,
base bien commode pour asseoir leur supposisnvoir,lereproche quien
tiondindépendance été fait autrefois à Tassemblée de Saint:
avoit
les ennemis de la révolution. Les
Marc par
éprouvent;
Batamerrees la vérité de ce mot : calombien aujourd'hui
cicasi la plaie guérit,la
niex soujours; Ne voilà-t-il pas en effet que
trice restera. été membre de cette assemblée S
pour avoir --- Page 123 ---
(ns)
dles hommes quin'ont de patriote
le
que mas*
que etle langage, m'aflublent, -
à cause de mon
civisme qu'ils redoutent, de cem même
d'indépendance dont les
systêmé
Mauduit, les
pons blancs et toute la tourbe
pomtionnaire
contre-révolunel'accusoient que pourfaire triompher leur parti ?
Mais sur quoi étoit donc fondé ce
d'indépendance
reproche
qu'on ne cessoit de
tort et à travers à la
faire à
Coloniale de
premiere assemblée
Saint-Domingue?
sur ce que cette premiere assemblée Uniquement
sur ce qu'elle a consigné dans
a pensé,
Funique moyen de concilier la ses.actes qué
qui convient aux Colonies àvèc constitution
propre à la France, étoit
ceilé qui est
semblées Coloniales
d'attribuer aux asle pouvoir
chant le régime intérieur
législatif toulointaines. Sielle
dè ces coiitrées
avoit voulu se
le gouverneur Peinier,
coaliseravec
comme celles de la
Martinique et de la Guadeloupe l'ont fait
ce même tems avec Viomenil,
dans
gny et Béhague qui ont fini Damas, Clucocarde blanche et le
par arborer la
se seroit jamais avisé pavillon blanc, on ne
fondement
de bâtir sur un
un systême aussi
pareil
celui dont On s'est seivi
monstrueux que
Elle a donc
pour la calomnier.
crii que les assemblées colas
He
les de la
Martinique et de la Guadeloupe l'ont fait
ce même tems avec Viomenil,
dans
gny et Béhague qui ont fini Damas, Clucocarde blanche et le
par arborer la
se seroit jamais avisé pavillon blanc, on ne
fondement
de bâtir sur un
un systême aussi
pareil
celui dont On s'est seivi
monstrueux que
Elle a donc
pour la calomnier.
crii que les assemblées colas
He --- Page 124 ---
(116) )
niales devoient avoir le pouvoir législatif en
touche le régime intérieur; ellela cru
ce. qui
qu'elle a regardé ce régime in-:
ainsi, parce
avec la déclaratérieur comme incompatible
constion des droits acllemme.l.A-oebile base:
tituante ayant pris cette déclaration pour alloit
fondamentale de la constitution qu'elle
ayant annoncéque
donner au peuple françois,
cétoit-là sa profession defoi, sa religion poli- d'oit!
tique et législative, le principe radical
devoient découler, comme autant de conséquences, toutes les loix qui alloient régénérer
la France, et n'ayant fait d'exception pour
aucune classe d'hommes, pour aucune por-]
tion de Pempire, il ne paroissoit pas décréter, possible
PAssemblée constituante pât
même que d'une mantere, en quelque sorte, passur Pinitiative des Colonies,
sive, c'est-à-dire, fàt: contraire à cette mêmet
aucune loi qui
déclaration.
des Colonies
Et cependant le régimeactuel fasse, la
est, quoiqu'on dise et quoiqu'on de leur exisbase essentielle et indispensable
sans
tence : la preuve en est, mais une preuve
depuis plus d'un siecle qu'elles
réplique, que n'a
en; substituer
sont établies, on
pas pului
et
soit très * dispendieux
d'autre, queiqu'il rien de tel que deconsalter
tres-casuel.In'est: --- Page 125 ---
C17)
l'expérience sur les réforries qu'on est tenté
de faire en quelque matiere que ce soit, et
lorsqu'elle vousapprend ue des honimes intéressés à adopter des moyens moins coûtenx,
moins précaires, préferent d'en employer de
plus chers, et d'une possession plus incertaine,
5l faut convenir, sans doute, que la nécessité
leur en fait une loi.
D'un autre côté, si le régime actuel des
Colonies est le pivot de leur existence, il ne
faut pas se le dissimuler, les Colonies sont à
leur tour le fondement le plus sûr, sinon de
l'existence, au moins de la richesse et de la
prospérité de l'état. Si l'on en doute, qJu'on
veuille bien faire les réflexions suivantes.
Qu'est-ce qui a rendu nos ports de mer ce
qu'iis sont ? Les Colonies. Que seroient en
cffet sans elles Bordeaux, Nantes, le Havre,
Dunkerque, etc. ? Qu'est-ce qui entretientla
marine marchande, et par voie de suite la
marine militaire? Les Colonies. Qu'est-ce qui
donne un débouché si considérable à nos ma-:
nufactures? Les Colonies. Oùt passe en grande
partie le superflu de nos farines, de nos vins,
de nos huiles, de nos savons, etc.? aux Colonies.
Ce sont donc les Colonics qui alimentent,
qui vivifient notre commerce extérieur, notre
H3,
,
Dunkerque, etc. ? Qu'est-ce qui entretientla
marine marchande, et par voie de suite la
marine militaire? Les Colonies. Qu'est-ce qui
donne un débouché si considérable à nos ma-:
nufactures? Les Colonies. Oùt passe en grande
partie le superflu de nos farines, de nos vins,
de nos huiles, de nos savons, etc.? aux Colonies.
Ce sont donc les Colonics qui alimentent,
qui vivifient notre commerce extérieur, notre
H3, --- Page 126 ---
a
(-118)
commerce intérieur, notre industrie, et
qu'à nos cultures ; ce sont elles
jusi
donnent un rang distingué
qui nous
sances maritimes.
parmi les puisL'esclavage des negres est un
sans doute; ; mais si,
grand mal,
il faut
pour remédierà ce mal,
plonger dans la
affreuse
six à huit millions
plus
misere
d'hommes,
rien moins que - le'tiers Qu le c'est-à-dire:, 2.
tans de la
quart des habiFrance; s'il faut réduire à une
nullité absolue les villes les plus
de la république; ; s'il faut
importantes
à rester sans défense
exposer nos côtes
de
en tems de guerre, faute
matelots, 9 dont la marine marchande
la pépinicre naturelle;s'ilf faut
est
que la culture
que l'industrie,
France
déclinent, au point que la
redevienne ce gu'elle étoit il a
cents ans, avant l'établissement
y deux
nies
de ses Colo-
; je vous le
demande,de ces deux
a
maux,
à
lequel préférerez-vous?
Sans doute on peut se passer de sucre et de
café : mais l'état peut-il se passer de
Ses manufactures
vaisseaux?
peuvent-elles se passer de
consommateurs ? Le cultivateur
passer de débouché
peut - il se
pour son superflu? Ceux
quin'ont quie leurs bras pour vivre,
ils se passer de gens qui les fassent peuventder?
travail- --- Page 127 ---
(119 )
Ce n'est pas tout. Avant les désastres survenus à Saint-Domingue - , on calculoit à deux
cents millions tournois, ou à-peu-près, la vaJeur des denrées coloniales importées en
France; ; à quatre-vingt et quelques millions
celles de ces denrées qui se consommoient
dans l'intérieur de l'état; à cent vingt millions, ou environ, celles' quise vendoient à
l'étranger; et environ à soixante millions les
marchandises quel'éiranger nous fournissoit:
ensorte que la balance ordinaire du commerce étoit, en faveur de la France, d'une
soixantaine de millions par an. De-ll'énorme
quantité de numéraire quis'est introduite en
France depuis un siecle; car cette balance se
solde toujours , sans que cela paroisse, en argent. La perte des Colonies,sie elle avoit lieu,
n'entraîneroit donc pas seulement celle d'un
bénéfice national immense, mais elle nous
rendroit encore tributaires de l'étranger pour
une somme énorme, ce qui finiroit tôt O1l
tard par écraser la France.
Les Colonies sont donc nécessaires à la richesse, à la splendeur, à la force politique
de la France. Détruisez les Colonies, ou, en
d'autres termes, anéantissez l'esclavage des
negres, vous renversez donc la fortune publique, en même tems que vous ôlez le pain:
H 4
, mais elle nous
rendroit encore tributaires de l'étranger pour
une somme énorme, ce qui finiroit tôt O1l
tard par écraser la France.
Les Colonies sont donc nécessaires à la richesse, à la splendeur, à la force politique
de la France. Détruisez les Colonies, ou, en
d'autres termes, anéantissez l'esclavage des
negres, vous renversez donc la fortune publique, en même tems que vous ôlez le pain:
H 4 --- Page 128 ---
(120 )
à des millions de
des
François, Il n'y a donc
gens
que
d'intelligence avec les
notre révolution
ennemis-de
faut le
, payés par
puisqu'il
dire, ou des gens bien Pit,
peu sagaces en ce qui ifait le véritable ignares et bien
de la république,
soutien
bolition de cet qui puissent provoquer l'aesclavage.
Et si on savoit encore
la condition du
en quoi consiste
est
vêtu negre dans nos Colonies ! il
logé,
et nourri par son
bout de l'année à Tautre,
maître, d'un
fasse, et soit que le tems lui quelque tems qu'il
dè travailler, Est-il malade? permette ou non
un hôpital, où tous-les
Il est reçu dans
Jui sont prodigués,
soins ? tous les secours
pour le
et,il n'y va de rien moins
maître,s s'ily manquoit,
de
rir le risque d'une
que
cour
souvent
perte de mille écus, 2 et
il auroit davantage,en perdant le sujet dont
négligé de prendre soin. La
et les enfans de cet individu sont
femme
Ingés, vêtus, nourris par le maître, pareillement
tant en maladie
et traités
qu'en santé à Ses
negre et sa femme ont chacun
frais.Le
de terre qu'ils cultivent à leur un petit coin
produit est tout
gré, dont le
mille
pour eux, et quileur procure
douceurs, Ils élevent encore des
chons, de la volaille, et le bénéfice
CQretirent ne contribue
qu'ils en
pas peu à augmenter --- Page 129 ---
(121 )
lenr aisance. Je le demande, s'il esta aumonde
une condition où le mal soit compensé par
des avantages réels, n'est - ce pas celle du
negre dans nos Colonies?
a Si l'on disoit en France à un cultivateur
pauvre, et n'ayant d'autre fortune que ses
bras : ( Je vous nourrirai, vous, votre femme
( et VOS enfans, toute l'année, hiver comme
< été, lorsque la pluie, la neige ou les fri-
( mats vous défendront d'ouvrir le sein de
( la terre, comme lorsque les beaux jours
(C vous appelleront aux champs; si vous ou
G quelqu'un des vôtres venez à tomber maC lades, les secours de l'art ne vous manqueG ront pas, non plus que les remedes, et les
( soins plus utiles, plus efficaces encore que
< les remedes; voilà des vêtemens, un loge-
* ment sain; jouissez de ce lopin de terre,
( je vous en abandonne tout le produit; faites
< venir de la volaille, procurez-vous d'autres
< douceurs ; loin de m'y opposer, 2 je vous en
( faciliterai les moyens : je ne mets à tout
e cela. qu'une condition; c'est que vous ne
E tramaillerez que pour moi, et que vous me
( donnerez tout votre tems, à l'exception de
( celui cqu'un délassement nécessaire exige,
( et auquel est attaché la fécondité dusol dont
f je vous cede la jouissance ). Répondez: est-
de la volaille, procurez-vous d'autres
< douceurs ; loin de m'y opposer, 2 je vous en
( faciliterai les moyens : je ne mets à tout
e cela. qu'une condition; c'est que vous ne
E tramaillerez que pour moi, et que vous me
( donnerez tout votre tems, à l'exception de
( celui cqu'un délassement nécessaire exige,
( et auquel est attaché la fécondité dusol dont
f je vous cede la jouissance ). Répondez: est- --- Page 130 ---
( 122 )
il beaucoup de cultivateurs
borieux, qui refusassent de pauvres, mais la:
aarché?
souscrire un pareil
Je sais qu'ilsingit là d'une
que le negre qui est amené convention, et
Domingue,ne
d'Afrique à S.-
mais dans
compose point avec, son maître:
sume-i-clle combien d'occasions la loi ne prépas la volonté, le
de Thomme,
consentement
loir et de
d'après ce qu'il a intérêt de vouconsentir? Etce
merce national
negre, que le comva retirer en Guinée
servitude atroce, qui n'est autre
d'une
exécrable de la
qu'un abus
force, et où sa vie
cesse à la merci des
est sans
qui n'a d'autre
caprices d'un despote
frein
regle, qui ne connoît
que sa volonté, ne doit L- il
d'autre
s'estimer heureux de
pas encore
servitude, il est
passer sous une autre
lement
vrai, mais où ilj n'est réelesclave que de la loi
le pouvoir de
qui circonscrit
son maître, et où il
avec usure tout ce que la nature
retrouve
Thomme ?
stipule pour
La conservation de l'individu, la
tion de l'espece, voilà
propagamande." Une
ce que la nature comcondition telle que celle des
negres dans nos Colonies, n'est donc
contraire à la loi
pas
état, la vie de
naturelle; car ,* dans cet
l'individu est assurée, et tout --- Page 131 ---
(123 )
ce qui peut le porter à se multiplier lui en
présente Tappât.
Les extrêmes sont dans l'ordre de la nature,
au moral comme au physique, et si l'on vouloit raisonner vigoureusement, on verroit que
l'extrême pauvreté, la panvreté absolue est
peut-être plus contraire à la loi de la nature,
que la servitude de nos negres 2 qqui n'est
autre chose que l'extréme dépendance; car,
dans Pétat de pauvreté absclue, la vie de
Phomme qui s'y trouve réduit est tellement
précaire, qu'il dépend de son semblable de
le laisser mourir de faim et de misere, eni
Jui refusant l'assistance dont il a besoin (1).
Ici en effet, l'intérêt, au lieu d'appeler la
main bienfaisante de la pitié, la repousse :
dans les Colonies, au contraire, Piniérêt sollicitelemaitre de conserver les jours du negre
qui est sous sa pratection plus encore que
sous sa dommation, et de lui procurer même
la somme de bonheur dont son état est susceptible, Oui, je le répete, de bonheur: le
sort du negre, dans nas isles, ne l'exclut
pas, et si les chants, les danses, toutes les
démonstrations de la gaieté annonce l'lomme
(1)On nc voit pas un scul mendiant aux Colonies Françoises,
server les jours du negre
qui est sous sa pratection plus encore que
sous sa dommation, et de lui procurer même
la somme de bonheur dont son état est susceptible, Oui, je le répete, de bonheur: le
sort du negre, dans nas isles, ne l'exclut
pas, et si les chants, les danses, toutes les
démonstrations de la gaieté annonce l'lomme
(1)On nc voit pas un scul mendiant aux Colonies Françoises, --- Page 132 ---
(124)
heuretx; nos negres peuvent à bon droit
passer pour l'être.
vous, qu'une philantropie bien louable
assurément, mais indiscrete et
mene
exagérée, prodes africains d'inquiétudes en inquiétudes sur le sort
lez
qui cultivent nos terres, n'alpas chercher si loin un aliment à
humanité : arrêtez VOS regards
votre
de malheureux
sur cette foule
de rendre à la liberté qui vous entourent, et avant
pas assez mûrs
des êtres qui ne sont
pour savoir en
mencez par faire en sorte
la jouir, comp
soit pas un bien. stérile que
liberté ne
freres qui n'en ont
pour çeux de vas
françois
point d'autre, pour des
qui vous appartiennent de bien
près que des hommes d'une nation
plus
rente à tous égards de la nôtre
si diffévous sur T'humanité de
: et reposezdu soin d'attacher
VOS freres doitre-mer
à la vie des hommes
sont si intéressés à ménager
qu'ils
La liberté est le
et à conserver.
premier des biens, sans
doute, et c'est ce qui doit
vrais patriotes à faire les
porter tous les
plus grands sacrifices
derniers efforts, Igs
actuelle de notre
pour maintenirla forme
n'est vraiment libre gouvernement, parce qu'on
qued
nous devons d'autant edanstédatrepublicnine
ferme de
plus la chérir, cette
gouvernement 3 que : le bonheur --- Page 133 ---
(125)
eu'a eu notre nation d'y parvenir n'est pas
donné à tous les peuples. On voit en effet,
dans la marche progressive des sociétés, les
républiques se changer en monarchies; c'est
la tendance du pouvoir d'aller toujours en se
concentrant jusques dans la main d'un seul:
mais on voit peu de monarchies converties
en desen républiques:elies dégénerent plutôt
polisme absolu, parce qu'il est dans la nature
de l'homme de chercher toujours à étendre
ce qui flatte et satisfait son orgueil, son ambition, sa cupidité, en un mot ses passions.
Sachons donc apprécier et conserver Pinestimable avantage dont nous jouissons: mais.
aussi ne nous faisons pas illusion; tous les
peuples ne sont pas également aptes à recevoir le don précieux de la liberté; nousmêmes nous ne l'aurions peut-être pas été éily
a cinquante ans. La liberté est le frtit des lumieres; elle n'est bonne qu'avec la philosophie, parce qu'il n'y a que la philosophie
quiapprenne à en faire, un digne usage; autrément on en abuse, c'est-à-dire, on
tombe dans la licence.
Ainsi, n'allez pas offrir le bienfait de la
liberté à des hommes bruts, qui ne connoissent encore que les besoins des sens, et dans
le tête de qui aucune idée des rapports de
a cinquante ans. La liberté est le frtit des lumieres; elle n'est bonne qu'avec la philosophie, parce qu'il n'y a que la philosophie
quiapprenne à en faire, un digne usage; autrément on en abuse, c'est-à-dire, on
tombe dans la licence.
Ainsi, n'allez pas offrir le bienfait de la
liberté à des hommes bruts, qui ne connoissent encore que les besoins des sens, et dans
le tête de qui aucune idée des rapports de --- Page 134 ---
(r126)
Phomme en société n'a encore germé; vous
leur feriez un présent funeste; ils n'en vous
droient même pas : témoins nos negres ré-.
voliés, car ils ne combattent point
elle;
toutes les déclarations de ceux
pour
qui ont été
pris les armes à la main, déposent de cette
vérité, et la lettre de P'ex-commissaire civilRoume au ministre de la marine, écrite de
Saint - Dominguc le II Juillet 1792, en est
une nouvelle. (Lisez attentivement cettel
picce, No. 17.) Attendez donc que les facul
tés morales de nos negres, naturellement
tardives
plust
Sabafanalbahoeis
assez développées peur leur faire envisager .
la liberté sous son véritable aspect; et jusqu'alors, bornez-vous à améliorer leur sort,
d'après les vues que.les assemblées coloniales, plus instruites que vous des localités,
et désormais plus rapprochées de la caste:
negre par l'admission des citoyeris de cous:
leur àl'égalité politique avecles
:
donneront à
blancs, vous
ee sujet.
Je viens de prouver que la condition du:
negre dans les Colonies est, non-seulement
supportable, mais très-douce. Il n'en est pas
moins vrairque ce régime paroit être en contradiction avec Ia déclaration des droits de:
Fhomme; du moins l'Assemblée de St-Mars --- Page 135 ---
0e 127 )
la croyoit-elle ainsi. Il falloit donc trouver UiIl
étranmoyen de le rendre, 9 en quelque sorte,
gerà la coustitution françoise; il falloit mettre:
l'Assemblée nationale dans le cas de n'avoir
jamais à en connoître, et l'Assemblée de StMarc ne voyoit d'autre expédient pour cela
que de faire attribuer aux Assemblées Coloniales le pouvoir législatif en ce qui concerne ce même régime. Elle se disoit : Qu'importe à la métropole que lcs Colonies fassent
elles-mêmes leurs loix domestiques, ou que
ces loix leur soient dictées par P'Assemblée
nationale, pourvu que les rapports commerciaux soient toujours les mêmes? Quel est en
effet le point de contact, si je peux m'exprimer ainsi, qui unit les Colonies avec la
métropole ? Pas d'autre que le commerce.
Mesure d'utilité, mesure d'intérêt. Or, les
Colonies ne peuvent être utiles à la France
que par le commerce, par les marchandises
gue ses vaisseaux y portent, , et par les denrées qu'ils en rapportent en retour ; les Colonies ne peuvent donc intéresser la France
que sous le point de vue des rapports commerciaux.
Voilà d'où est partie l'assemblée de SaintMarc pour combiner. la constitution que les
Colonies demandent, avec celle que la France
Pas d'autre que le commerce.
Mesure d'utilité, mesure d'intérêt. Or, les
Colonies ne peuvent être utiles à la France
que par le commerce, par les marchandises
gue ses vaisseaux y portent, , et par les denrées qu'ils en rapportent en retour ; les Colonies ne peuvent donc intéresser la France
que sous le point de vue des rapports commerciaux.
Voilà d'où est partie l'assemblée de SaintMarc pour combiner. la constitution que les
Colonies demandent, avec celle que la France --- Page 136 ---
-
( 128 )
s'est donnée. Il lui paroissoit
les rapports commerciaux qu'en conservant
de
ayec la France dans leur Saint-Dominguet
sant tàl'Assemblée nationale intégrité, en laisdroit de faire des loix sur exclusivement le
avoit aucun inconvénient ces rapports, il n'y
concernant le régime
à ce que cellés
exclusivement
intériear fussent faites,
niales. Loin aussi; par les assemblées coloqu'il y eût aucun
c@ partage,Tesemblée de
inconvénient à
pour l'Assemblée nationale, Ssint-Mareyvoyaile
sibilité de se méler à jamais Pheureusei d'un
impos-,
ne pouvoit que la faire escobarder régime qui
plication de ses
danslapmettoit PAssemblée principes; cet arrangement
tion à n'être jamais nationale dans une poside maintenir
froissée entre la nécessité
ce même régime, 7 et le
que ses décrets à ce sujet pourroient contraste
la sublime déclaration
faire avec.
à la constitution
qui sert de frontispice
françoise.
Au
surplus,ilxaginsoit d'un
social entre toutes les
nouveau pacte
dans un pacte de cêtte parties de T'Empire; et.
toute autre association, nature, comme dans
de
les parties sont libres
nable proposer ce qu'elles croyent le plus convepour accorder leur intérêt
avec l'intérêt général,
particulier
mettent au voeu de la pourvu qu'elles se.soumajorité, A cet égard
l'assemblée --- Page 137 ---
(129 )
l'assemblée de Saint-Marc agissoit avec tant
de simplicité, qu'elle n'a pas craint de venir
apporter elle-même ses travaux à l'Assemblée
constituante, pour l'en faire juge. Elle eûl pu,
si elle eût voulu, terrasser ses ennemis en restant à Saint-Domingue; sa position à SaintMarc la rendoit supérieure à toutes leurs attaques:1 mais il eût fallu se résoudreà une guerre
civile; elle préféra donc d'en ôter le prétexte
aux eunemis de la Colonie et de la France,
en venant s'éclairer au foyer des vraies lumieres, , prête à,abjurer ses principes, s'ils étoient
vicieux, et disposée en même temsà travailler
sous les yeux de l'Assemblée nationale, et de
concert avec elle, à une constitution cqui fût
agréable tout-à-la-fois à la Métropole et à la
Colonie. Trois mois eussent suffi pour ce travail, et la Colonie n'eût peut-être pas souffert
les maux qui l'ont mise depuis à deux doigts
de sa perte, 2 et dont le contre-coup s'est fait si
rudement sentir à la France.
Malheureusement la correspondance du COlonel Mauduit avec l'ambassadeur
n'étoit
d'Espagne,
pas encore connue. Cet ennemidéclaré
de la révolution en étoit cependant regardé
comme le héros. Le gouverneur Peinicr,
ne se conduisoit que par ses conseils, avoit qui la
confiance du comité colonial, qui, lui-même,
I
ts
de sa perte, 2 et dont le contre-coup s'est fait si
rudement sentir à la France.
Malheureusement la correspondance du COlonel Mauduit avec l'ambassadeur
n'étoit
d'Espagne,
pas encore connue. Cet ennemidéclaré
de la révolution en étoit cependant regardé
comme le héros. Le gouverneur Peinicr,
ne se conduisoit que par ses conseils, avoit qui la
confiance du comité colonial, qui, lui-même,
I --- Page 138 ---
(130 )
entrainoit PAssemblée constituante dans tout
Barave,sapporter de
ce qu'illui proposoit. le front de dire aux commisce comité, eut
les Quatresaires qui lui furent envoyés par d'Octobre
vingt-cinq, dans les premiers jours
délai
le prier de lettr accorder un
1790, pour
seulement, afin de préparer
de quinze jours
de voter
leur défense, qu'il falloit s'empresser
remercimens AUX SAUVEURS DE LA COdes
effet, huit jours après, il fit son
LONIE : et en
les actes de l'assemrapport, d'après lequel furent cassésy cette assemblée de Saint-Marc
sous le
blée le fut cllc-même, et ceux qui,
le
manteau du patriotisme , ne desiroient que
rétablissement de l'ancien régime, recueilliétoient dûs aux vrais' : athleTent les éloges qui
tes de la révolution. Les Quatre-vingl-cincg admis à
d'être
obtinrent, comme par grâce,
justifier leurs intentions.
succès, ils
Ils le firent avec succès, et, ce Jumineux
le durent
seulement à lécrit
ne
pas leur défense sous le titre d'apqui parut pour
mieuzinstruites
a
Miratiresuonatenese
redevables
mais ils en furent prineipalement avec le comité
qu'ils eurent
aux conférences leur avoit donné entrée à ses
colonial, qui
jeterent des lumieres
séances. Cest-là qu'ils
c'est-là qu'ils marprofondes sur la Colonie; --- Page 139 ---
(131)
guerent les Traits cqui devoien! essentiell-ment
différencier la constitution qu'il convenoit de
Ini donner, d'avec celle dont la France commengoit à jouir; c'est-là enin qu'ils rendirent
sensibles aux espriis les plus prévenus contr'eux Jeur courageux patriouisme, leur attachement filial 2 à la mere-patrie, leur soumission respectueuse et sans bornes aux décrets
des représentans de la nation.
Jaloux de ne laisser aucun nuage surla pureté de leurs sentinens, ils les consignerent
de la maniere la moins équivoque dans deux
adresses qu'ils firent à FAssemblée constituante; et enûn le7Juillet 1791, PAssembléc
constituante, satisfaite de Jeur justification,
déclara n'y avoir lieu à inculpation contr'eux,
et les délia de l'arrestation où ils étoient depuis
le mois de Septembre de l'année précédente.
(no 18).
Tels étoient les principes de la premiere
assemblée coloniale de Saint-Domingue; tel
a ééle résultat des ses travaux, de ses sacrifices,et des calomnies atroces qu'on avoit répandues contr'elle.
Ces calomnies se renouvellent aujourd'hui:
mais lorsqu'on voit que c'est à P'aide d'un pareil artifice que les Blanchelande, les Cambefort, les Touzard et antres travailleurs encon12
l'année précédente.
(no 18).
Tels étoient les principes de la premiere
assemblée coloniale de Saint-Domingue; tel
a ééle résultat des ses travaux, de ses sacrifices,et des calomnies atroces qu'on avoit répandues contr'elle.
Ces calomnies se renouvellent aujourd'hui:
mais lorsqu'on voit que c'est à P'aide d'un pareil artifice que les Blanchelande, les Cambefort, les Touzard et antres travailleurs encon12 --- Page 140 ---
( 132 )
ire-révolution à Saint-Domingue, ont cherché
à faire prendre le change sur les véritables
causes des troubles qui désolent cette Colonie,
ne seroit-on pas tenté de croire queles Sonthonax et les Rochambean s'entendent avec
eux, sur-tout lorsque l'on compare les ménagemens dont Oll a usé envers ces contre-révolutionnaires, avec. l'excessive rigueur qu'on a
employée à mon égard?
L'embarquement de Blanchelande s'est fait
sans éclat, et comme s'il se fat embarqué de
lui-même; celuide Cambefort, de Touzard et
de leurs adhérens, ressembloit presque à une
capitulation:Ton: a misdans le mien l'appareil
le plus formidable, le plus humiliant.
Tous mes papiers ont été mis sous les scellés: chose extraordinaire! on a négligé cette
précaution à l'égard de ceux de Blanchelande,
de Cambefort, de Touzard, etc; j'avois donné
avis aux commissaires du lieu où étoient déde ce dernier, et cet
a
-
posés les papiers
avis
même été méprisé,
Blanchelande, Cambefort, Touzard etleurs
adhérens 2 ont eu la libre faculté d'emporter
tout ce qui pouvoit servir à leur justification;
cette justice m'a été refusée.
Enfin la municipalité du licu où je devois
débarquer, étoit prévenue de me faire con- --- Page 141 ---
(133 )
duire de suite à Paris de brigade en brigade :
rien de semblable à l'égard de Blanchelande,
de Cambefort, de Touzard et Consorts.
Sur toutes les dillérences que je viens d'articuler, voici eneffet comme s'expriment tCambetort, Touzard et leurs adhérens, dans leur
mémoircjustificatifsp. 54:ils (en parlantdes
commissaires) ils nous ont laissé libres de
voirnos amis et de mettre ordre à nos affaires, pendant dixjours que nous avons été
retenus en rade; ils n'ont pasjugé nécessaire de meltre les scellés sur nos papiers
Enfin ils ont déclaré que nous ne serions
pas en dtat d'arrestation, et qu'à dater du
jour de notre arrivée en France, nous all.
rions Zn mois pour. nous présenter à la Convention nationale.
Comparez maintenant , et jugez.
Aristocratie de la peau.
Sonthonax m'accuse d'être Z72 des ennemis les plus acharnés de la loi du 4Avril.
Pour répondre à cette calomnie, je n'ai
besoin que d'opposer à Sonthonax le témoignage d'un homme qui a été revêtu du même
caractere que lui, qui a : été bien plus à portée que lui d'épier mes sentimens, et cela
I3
. nous présenter à la Convention nationale.
Comparez maintenant , et jugez.
Aristocratie de la peau.
Sonthonax m'accuse d'être Z72 des ennemis les plus acharnés de la loi du 4Avril.
Pour répondre à cette calomnie, je n'ai
besoin que d'opposer à Sonthonax le témoignage d'un homme qui a été revêtu du même
caractere que lui, qui a : été bien plus à portée que lui d'épier mes sentimens, et cela
I3 --- Page 142 ---
(1 134) )
oû le naturel devoit percer chez
dans un tems
mois malgré tous les efforts que j'aurois pu
contraindre, c'est-à-dire, à Parfaire pourle
d'un homme enrivée de la loi du 4 Avril;
d'aa
fn qui ne sera strement pas soupçonné de cette
voir été peu zélé pour Texécution Roume,
c'est le citoyen
loi : cet homme,
ancien commissaire civil à Saint-Domingue.
lettre'
m'a écrite le 16 Mars
Dans une
qu'il
dernier (No. 19), il me rend en propres
térmes la justice de convenir que, lorsque
Aril arriva,je me soumis SANS
la loi du 4
de
HÉSITATION à celte loi, et que profitant
Pinfluence que me donnoient mesfonctions
de la commune, ET SUR-TOUT
de procureur
MON, CIVISME M'Ai'INFLUENCE MORALE QUE
je fus, selon son opinion 2
VOIT ACQUISE,
contribua LE PLUS EPFICACEMENT
celui qui
de cette méme loi
à Pezécution paisible TANT PAR MES DISdans la wille du Cap,
AUPRÈS
COURS QUE PAR MES DÉMARCHES
DÈS CITOYENS BLANCS:
- être me
Et comme on pourroit peut
quoiquété ce témoignage,
dire que jai
et ce qui suit écarque ce qui précede
je citerai un
tent facilement ce soupcon, ex-commistémoignage que le même
autre
m'a renda dans un tems et dans
saire Roume --- Page 143 ---
( 20 135 )
un lieu non suspects, 2 à Saint-Domingue, le
28 Août 1792, trois semaines seulement avant
l'arrivée des commissaires POLVEREL, AILHAUD et SONTHONAX.
Jeluiavois rendu compte de mes diligences
pour faire mettre en état d'arrestation et envoyer au Port-au-Prince, sur la réclamation
d'un citoyen de couleur, l'individu dont j'ai
parlé dans le cours de ce mémoire 2 celuiqui
étoit prévenu d'un vol de 40,000 liv.; j'avois
adressé en même tems au citoyen Roume
les exemplaires de trois de mes requisitoires,
d'un, entr'autres, oil j'avois crayonné, d'après ma maniere de voir, les causes des troubles de Saint - Domingue. Roume m'envoie
qquelques exemplaires de ce même réquisitoire, qui lui avoit paru contenir des vérités
utiles, et qu'il avoit jugé à propos en conséquence de faire imprimer au nom de la commission pour le répandre dans les provinces
de l'Ouest et du Sud (No. 20.), et il accompagne cet envoi d'une lettre (No 21.) oi il
me marque :
Je suis très - heureux de voir qu'un
homme placé. comme vous Péles, ait
ell le courage de paincre entierement des
préjugés aussi enracinés que destructeurs,
POUR NE PLUS VOIR DE POSSIBILITÉ AU SA14
qu'il avoit jugé à propos en conséquence de faire imprimer au nom de la commission pour le répandre dans les provinces
de l'Ouest et du Sud (No. 20.), et il accompagne cet envoi d'une lettre (No 21.) oi il
me marque :
Je suis très - heureux de voir qu'un
homme placé. comme vous Péles, ait
ell le courage de paincre entierement des
préjugés aussi enracinés que destructeurs,
POUR NE PLUS VOIR DE POSSIBILITÉ AU SA14 --- Page 144 ---
( 0e 136)
LUT DE LA COLONIE QUE DANS L'UNION
FAITE DES CITOYENS
PARCette lettre
DESTROIS COULEURS
atteste donc
de ma soumission à la loi jusqu'au du
principe
quel est-il ce
4 Avril; et
sible
principe? Qu'il n'est pas posd'opérer le salut de la Colonie autrement que par lunion parfaite des
des trois couleurs.
citoyens
En effet, j'ai respecté le préjugé de la
couleur jusqu'à l'époque de la révolte des
negres. Je dis respecté, car je n'en étois
imbu : venu en France à l'âge de
pas
et demi, élevé dans une ville
cing ans
terres, à Toulouse,
au centre des
rappelé dans la Colonie
par l'état de mes affaires à l'age de 28
et après 23 ans de séjour en
ans,
rai pas de
France,) je n'aupeine sans doute à persuader
le prdjugé devoit être
que
a-pen-près nul
moi; et lorsqu'on saura que j'ai exercé pour
:
dant neuf ans en France, et
pendouze à Saintpendant dix ou
Domingue, l'une des
sions peut-être la moins favorable
profesgés, celle d'avocat,
aux préjuparce qu'à ses
comme à ceuxde la justice,tous les états yeux
sont
égaux, on croira facilement qu'un
préjugé
(I) Ces citoyens des trois couleurs sont les blancs, les
hommes de couleur libres Proprement dits, ct les
libres.
negres --- Page 145 ---
(1 137 )
anssi puérile en soi que celui de la couleur (1)
n'a pas du jeler des racines bien profondes
dans mon esprit.
Je n'ai donc pas pris la teinte de ce préjugés mais je Fai respecté, et j'ai dû le faire,
le
miversellement établi,
parce que
voyant
Jui connoissant pour base une vérité généralement reçue, et prouvée par le fait, savoir,
que le negre esclave n'éloit maintenu dans
la subordination envers les blancs, que par
l'opinion oùt il étoit de la supériorité de T'espece blanche sur la sienne, j'ai dà regarder
l'existence d'une caste intermédiaire comme
des principes
une conséquence nécessaire
constitutifs de la Colonie, et dès-lors le préjngé devenoit pour moi T'arche sacrée.
Lorsque la révolte des negres a eu fait
des progrès, le préjugé s'écrouloit sans doute
sa base; mais alors les hommes de coupar leur étoient, eux, en insurrection contre la
loi. D'une part, en effet, ils ne vouloient point
du décret da 15 Mai, parce qu'il ne leur accordoit pas assez; de Pautre, ils méconnoissoient la loi du 28 Septembre 2 parce qu'elle
(1) C'està-peu-près comme si, en France, on classifioit les
gens dans la société suivant les nuances dc la peau, depuis
le blond jusqu'au brun le plus foncé.
mais alors les hommes de coupar leur étoient, eux, en insurrection contre la
loi. D'une part, en effet, ils ne vouloient point
du décret da 15 Mai, parce qu'il ne leur accordoit pas assez; de Pautre, ils méconnoissoient la loi du 28 Septembre 2 parce qu'elle
(1) C'està-peu-près comme si, en France, on classifioit les
gens dans la société suivant les nuances dc la peau, depuis
le blond jusqu'au brun le plus foncé. --- Page 146 ---
-
( 138 )
remetloit leur sort au pouvoir des Assemblées
coloniales.
Je devois être l'ennemi des ennemis
loi, et néanmoinsj j'avois si fort
de la
du
secoué le
préjugé, que mon opinion étoit alors joug
falloit tirer une ligne de démarcation; qu'il
clarer blanc, parmi les hommes de ; dé2
libres, tout ce qui étoit au-delà de
couleur
depuis et compris le
cette ligne,
le produit du blanc et quarteron, de la c'est-à-dire,
zice-versd, et accorder
mulâtresse, et
tout ce qui étoit en-deçà, l'égalité politique à
mulâtres libres et aux
c'est-à-dire, aux
l'opinion
negres libres. Telle est
que j'ai manifestée toutes les
qu'il a été question des hommes de
fois
et negres libres;je pourrois
couleur
le lémoignage de
invoquer sur cela
de foi, entr'autres plusieurs du
personnes dignes
des membres les
citoyen Jouelle, Fun
plus recommandablesa
égards de l'Assemblée coloniale,
tous
même livré quelques réflexions auquel j'ai
jetées à ce sujet sur le
que j'avois
lui-même si convaincu papier, et qui éloit
que
moyen de faire cesser radicalement c'doit-lafunique
mélés avec les hommes de
nos déeu le courage de soutenir couleur, qu'il a
cinquieme, dans PAssemblée cette opinion, ink
smatheurousement les
coloniale, où
esprits étoient trop ai- --- Page 147 ---
(139 )
gris par la conduite que les homimes de cotleur tenoient dans la province de POuest,
pour pouvoir l'adoptèr.
disposé à la
J'étois donc nainrellement
soumission la plus parfaite envers la loi du
Avril. Aussi, à
cette loi a-t-elle été
peine
reconnue de l'assemblée coloniale 7 que 3
comme le dit l'ex- commissaire Roume, je
m'y suis soumis sans hésitation 2 et que
mêmej'ai fait,part mes discours et par mes
démarches auprès de mes concitoyens, tout
ce qui étoit en inoi pour rendre aussi efficaces qu'ellos pouvoient Pêtre leurs propres
dispositions à la pleine et entiere exécution
de cette loi.
Il ne faut pas en effet s'en rapporter à çe
disent Polverel, Ailhaud et Sonthonax
que dans leur lettre à la Convention nationale,
du 25 Octobre dernier, que c'estune étrange
erreur que celle qui regne eni europe, de
croire quil y ait eu dans la Colonie 7172
seul blanc qui se soit montré de bonne foi
Pami des citoyens de couleur libres : calomnie abominable, et cqui est démentie par
leur lettre même, oi, en parlant de la promptitude avec laquelle la société des amis de la
Convention nationale suspondit ses séances
Sonthonax
que dans leur lettre à la Convention nationale,
du 25 Octobre dernier, que c'estune étrange
erreur que celle qui regne eni europe, de
croire quil y ait eu dans la Colonie 7172
seul blanc qui se soit montré de bonne foi
Pami des citoyens de couleur libres : calomnie abominable, et cqui est démentie par
leur lettre même, oi, en parlant de la promptitude avec laquelle la société des amis de la
Convention nationale suspondit ses séances --- Page 148 ---
( 140 )
à leur invilation, ils s'écrient
triotes ont de
: tant les pala loi!
respect pour les organes de
avant d'avoir du
organes de la loi, les
respect pour les
doute pour la loi
patriotes en ont sans
elle-méme.Jaurai occasion
d'opposer encore le témoignage de l'ex-commissaire Roume à l'assertion
de rapporter. Pour le
que je viens
connoître la
moment, il suffit de
prits,
position oi étoient tous les es2 pour être bien persuadé
voit pas exister un seul
qu'il ne dedans les
patriote qui ne fût
dispositions les plus favorables
vers les citoyens de couleur.
enEn effet, la révolte des
negres, loin de
s'appaiser, ne faisoit que s'accroître. Les
troupes qu'on avoit reçues de France avoient
diminué de plus des trojs
noeuvres meurtrieres
quarts, par les mades contre-révolutionnaires, autant que par
du
mat et par les fatigues de Tintempérie la
clià craindre
guerre; il étoit
que celles qu'on seroit
dans le cas de recevoir n'eussent
encore
sort. La population
le méme
mingue étoit
blanche de Saint - Doles
réduite des deux tiers par le fer,
par
maladies, par l'abandon
foule
de eolons avoient fait de leurs qu'une
autre côté, le parti
foyers. D'un
patriote étoit fortement --- Page 149 ---
(141)
travaillé par les contre - rérolutionnaires;
dont le nombre s'accroissoit avec leur audace.
Dans un tel état des choses, je le demande,
pouvoit-on ne pas bénir une loi qui, d'un
seul coup, doubloit les forces qu'on avoit à
opposer aux rébelles, et donnoit un moyen
sûr de faire triompher le parti de la révolution, si cher à tous les vrais françois? Pouvoit-on ne pas accueillir, bras ouverts, de
nouveaux freres, qui ne venoient augmenter
la famille que pour la rendre plus puissante,
plus heureuse, plus respectable à tous ses ennemis?
Oui,telles étoient les dispositions des blancs
patriotes envers les citoyens de couleur, 2 et
ces dispositions ne tarderent pas à se manifester dans une circonstance bien faite aussi
pour réunir tous les coeurs. Ils'agissoit de célébrer la fête de la fédération du 14 Juillet :
c'est moi qui la provoquai, à Vinstigation des
patriotes; ; et un sujet d'allégresse pour eux
étoit d'en prendre occasion de cimenterlunion qui venoit de s'établir entre les blancs
et les citoyens de couleur. Ily eut un repas
patriotique où ces derniers furent invités : la
municipalité'sy rendit, ainsi que les présidens des deux autres corps populaires: et une
er la fête de la fédération du 14 Juillet :
c'est moi qui la provoquai, à Vinstigation des
patriotes; ; et un sujet d'allégresse pour eux
étoit d'en prendre occasion de cimenterlunion qui venoit de s'établir entre les blancs
et les citoyens de couleur. Ily eut un repas
patriotique où ces derniers furent invités : la
municipalité'sy rendit, ainsi que les présidens des deux autres corps populaires: et une --- Page 150 ---
(142) )
chose qui fut bien remarquée des ennemis
de la révolution (et les" citoyens de couleur
n'en ont pas d'autre à Saint-Domingue), faveur c'est
qu'oubliant la dignité de T'écharpe en
de la concorde fraternelle, j'allai jusqu'à me
méler dans les danses qui terminarent cette
journée, laquelle fut répéée peu de
agréable
les citoyens de couleur.
jours après par
que je ne suis pas
A ce fait, qui prouve
Pennemi de la loi du 4 Avril,jen ajouterai
Il; 1 y avoit
un qui est encore plus marquant. municideux places vacantes dans le corps
Pinstallation de la municipapal, et depuis
donné de subslité, ,on ne m'avoit pas ençore
municititut, quoique je dusse en avoir. La
au
touchoit moment d'étrerenouvellée.
palité Pour préparer les voies à une municipalité
tricolore,je proposai à mes collegues de remles trois placès vacantes
plir provisoirenient
Ma
des citoyens de couleur.
proposition
par
sans peine, si elle n'eût
auroit été adoptée
mais les magistrats
pas été hors des regies;
peuple.
du peuple doivent être nommés parle
mes collegues;
a
Voilà ce que me répondirent Tinohservation des
et ils m' ajouterent qué pourroit êire un
regles dans cotte rencontre d'exhaler leurs
préiextc anx mal-intentionnés
mmauvaises intentions. --- Page 151 ---
(143)
Ces raisons étoicnt trop solides pour que
j'essayasse de les combaitre : je m'y rendis;
mais si, ma proposition n'a pas eu de succès, elle n'en prouve pas moins cue je cherchois tous les moyens d'assurer l'exécution
de la loi du 4 Avril.
On me dira : où cst la preuve de ce fait,
ainsi que du précédent? Jeconviens qu'il faut
l'aller chercher à Saint-Domingue, et voilà CC
qui aggrave le crime que Sonthonax a commis, en me déportant sans me laisser la faculté de prouver les faits qui pouvoient opérer ma justification. Mais je cite mes témoins, et voici du moins un fait dont je
peux administrer la preuve : c'est celui qui
est consigné dans la lettre que l'ex-commissaire Roume n'a écrite (No. 19),la démarche
que j'ai faite auprès du citoyen de couleur
Savary,pour conférer aveclui surles moyens
de resserrer de plus en plus Punion qui régnoit entre les différentes classes d'hommes
Hibres. Remarquez que ce fait date de la fin
de Septembre ou des premiers jours d'Octobre : ily avoit quatre mois à cette époque
que la loi du 4Avril étoit promulguée: : preuve
que mes principes n'avoient pas varié.
Je ne suis donc pas Pernemi de la loi du
4 Arril, puisque f'ai'concouru de toutes mes
surles moyens
de resserrer de plus en plus Punion qui régnoit entre les différentes classes d'hommes
Hibres. Remarquez que ce fait date de la fin
de Septembre ou des premiers jours d'Octobre : ily avoit quatre mois à cette époque
que la loi du 4Avril étoit promulguée: : preuve
que mes principes n'avoient pas varié.
Je ne suis donc pas Pernemi de la loi du
4 Arril, puisque f'ai'concouru de toutes mes --- Page 152 ---
(144)
forces à son exécution. C'est-là,je crois, une
vérité démontrée.
Mais, qui est-ce qui na pas exécuté cette
loi? Les commissairès eux-mêmes, Sonthonax en particulier.
La loi du 4 Avril,en accordant l'égalité
politique aux hommes de couleur et negres
libres 2 confond nécessairemnent cette classe
avec celle des blancs, pour ne faire des deux
qu'une seule et même famille. Voilà évidemment quel est l'esprit de cette loi, et c'est en
cela qu'elle pouvoit être vraiment le remede
aux maux qui travailloient la Colonie de St.
Domingue.
Les citoyens de couleur (J'avertis que, sous
cette dénomination générique, on a coutume
de comprendre, pour abréger, les negres
libres) les citoyens de couleur, aux termes
de cette loi, ne doivent donc plus être mis
en opposition avec les blancs. Il ne doit
donc plus y avoir de corps séparés de blancs
et de citoyens de couleur. Les uns et les autres doivent donc concourir également à formner toutes les corporations, à remplir tous
les emplois.
Ce n'est pas tout. L'article premier de la
loi du 4 Avril prescrivoit expressément de
faure procéder INMÉDIATENENT APRÈS SA
PUBLICATION, --- Page 153 ---
(145)
PUBLICATTON, à la formation de notvelles
assemblées coloniales et de houvelles municipalités; ; si P'article 4 autorisoit les nouveaux commissaires à proncncer la suspension et même la dissolution des assembiées
coloniales lors existantes, ce n'étoit que dans
la vue d'accélérer la convocation des ussemblées paroissiales pour la formation des
souvelles asseiblées coloniales et des nouvelles municipalités.
Suivant Particle Io dè la même loi, les
Colonies doivent nommer aussi des représentans à l'assemblée nationale.,
Les commissaires actuels ont-ils exécuté
cette loi antant qu'il étoit en eux dans ces divers points ? Loin de-là; car ils ont agi précisémént en sens contraire, et c'est ce que
je prouve.
Io, Au lieu d'incorporer dans la garde
nationale du Cap, chacun suivant sa section,
les citoyens de couleur qui avoient formé
jusques-là deux bataillons séparés, ils les ont
laissés d'abord pendant assez long - téms
comme ils étcient, malgré toutes les sollicitations,"soit de la municipalité, soit de la
garde hationale , ct Sonthonax a fini par
ajouter à la garde nationale un bataillon unis
K
.
Io, Au lieu d'incorporer dans la garde
nationale du Cap, chacun suivant sa section,
les citoyens de couleur qui avoient formé
jusques-là deux bataillons séparés, ils les ont
laissés d'abord pendant assez long - téms
comme ils étcient, malgré toutes les sollicitations,"soit de la municipalité, soit de la
garde hationale , ct Sonthonax a fini par
ajouter à la garde nationale un bataillon unis
K --- Page 154 ---
( (146)
composé de citoyéns de couleur, à
quement l'exclusion des blancs.
mois
e Il faut observer que trois ou quatre actuels, les
avant T'arrivée des commissaires les deux
officiers blancs qui commandoient donné
bataillons d'hommes de coaleur, ,avant de couleur
leur démission, et les hommes des officiers à la
nommé dans leur sein
ayant
blancs: qui venoient de quitter 2
place des d'entr'eux qui n'étoient pas d'avis
plusieurs
quoiqu'elle eût été faite
de cette nomination,
Pautborisation de l'assemblée provinciale
avec
s'étoient retirés vers le commissaire
du nord,
leur paroissoit
Roume ponrlatiénoignerqull laisser les choses dans Pétat tou
convenable de
des commissaires
elles eeientjuqtatarneée attendus, et le prier en conséqui étoient
*
quence
leurs sercrcmriatmtne
de couleur fussent commandés par fourriers. Le
leurs caporaux et leurs
gens, ,
avoit accueilli leurs
commissaire 1 Roume avoit écrit une lettre conreprésentations, et
commandant la
forme au citoyen D'AssAS, 22 )
garde nationale du Cap. (no. moins les
de couleur, au
plus
Les citoyens moins ambitieux de grades
raisonnables, 2 les desiroient donc ne faire
et d'épauleues, --- Page 155 ---
147 )
qu'un avec les blancs, 9 être mélés et confondus avec eux,et ils s'attendoient que les nouveaux commissaires auroient opéré ce mélange, cette fusion. Pourquoi donc ceux-ci
ne l'ont-ils pas fait? Pourquoi, au contraire,
Sonthonax a-t-il créé tout exprès un bataillon de garde nationale uni juement composé d'hommes de couleur, sous le titre de siaieme butaillon, et dans lequel on faisoit
même entrer de force des citoyens de couleur qui s'étoient déjà fait incorporer dans
les compagnies deleurs sections?
20, Sonthonax nes'est pas contenté de créer
un bataillon de garde nationale au. Cap, uniquement composé de citoyens de couleur ; affectant sans cesse de favoriser cette caste au
détriment de l'autre, et d'oublier que l'esprit
de la loi du 4 Avril est que les deux castes
n'en fassent qu'une, et que l'une d'elles par
conséquent n'ait d'existence distincte et séparée nulle part,i il a encore créé des compagnies franches qui ne doivent pareillement
être composées que de citoyens de couleur.
(N.23).Pourmieux masquer cette infraction
à la loi du 4 Avril, notre dictateur a laissé
de côté cette loi qui devoit être sa seule regle,
pour ne voir, suiyant lui, que l'exemple de
Ka
deux castes
n'en fassent qu'une, et que l'une d'elles par
conséquent n'ait d'existence distincte et séparée nulle part,i il a encore créé des compagnies franches qui ne doivent pareillement
être composées que de citoyens de couleur.
(N.23).Pourmieux masquer cette infraction
à la loi du 4 Avril, notre dictateur a laissé
de côté cette loi qui devoit être sa seule regle,
pour ne voir, suiyant lui, que l'exemple de
Ka --- Page 156 ---
(148 )
PAssemblée nationale, qui a permis aux citoyens de couleur qui se trouvent en France, 2
de servir en compagnies franches; mais il
auroit dû considérer que, sous aucun rapport, ce qui a été statué à cet égard pour
la métropole, ne pouvoit être tiré à conséquence pour la Colonie,où régnoit un préjugé quin'a jamais existé en France, et oùt
une corporation particuliere de citoyens de
couleurfait effet, lorsqu'une corporation semblable se perd en France dans l'immensité
de la population qui.couvre le sol de Ia métropole, A ce mauvais prétexte, Sonthonax
joint une infâme calomnie contre les citoyens
blancs, en attribuant à leur apathique indifférence ou à leur mauvaise volonte,
apathie, mauvaise volonté qui ne sont ni
vraies ni vraisemblables, ce qui est purement
leffet d'une défiance mallieureusement
-
bien
trop
fondée.( Voyez en entier les notes da
#
21°, 23).
30. Les comimissaires
actuels n'ont pas
encore fait procéder à la réélection de l'assemblée coloniale, du moinsi il n'y en avoit pas
de formée à l'époque du 17 Mars dernier,
ni méme apparence qu'on se disposât à en
former une; c'étoit pourtant la premiere chose --- Page 157 ---
(149 )
que la loi du quatre Avril prescrivoit aux
nouveaux commissaires : INNEDIATEMENT
APRÈS LA PUBLICATION DU PRÉSENT DÉCRET,
porte l'article premier de celte loi, il sera
procédé dans chacune des Colonies françoises des isles du vent et sous lc vent dà la
réélection des assemblées colontales et des
municipalités.
Les commissaires. se sont contentéed'ordonner la formation des, nouvelles municipalités;
éncore même catiseedspsarodep-agise
I2 du mois d'Octobre, 2 trois semaines après
leur arrivée. A l'égard de la nouvelle assemblée coloniale, ils onl même mis en question
s'il convencut d'accélérer. Ou de différer liz
conpocation des ssscmbliessprimaircs pour
saformation, et cette question,ils l'ont soumise à la délibération des, assemblées de
communes. (Voyez le No'26,avec les notes.)
Cependant, 2 non-seulement ce point étoit
formeilement décidé, comme on vient de le
voir, par l'article premier de Ja loi du 4
Avril, qui veut qu'il soit procédé à la réélection des assemblées coloniales IMMÉDIATEMENT après la publication de cette loi,
et elle étoit pabliée depuis le 27 Mai; mais
encore c'étoit-là un point essentiel.gour le
K3
communes. (Voyez le No'26,avec les notes.)
Cependant, 2 non-seulement ce point étoit
formeilement décidé, comme on vient de le
voir, par l'article premier de Ja loi du 4
Avril, qui veut qu'il soit procédé à la réélection des assemblées coloniales IMMÉDIATEMENT après la publication de cette loi,
et elle étoit pabliée depuis le 27 Mai; mais
encore c'étoit-là un point essentiel.gour le
K3 --- Page 158 ---
(i5o )
parfaite exécution de cette même loi, sur-tout
la pacification radicale des troubles de
pour Saint-Domingue: En effet, les citoyens de
couleur devant concourir avec les blancs dans
les assemblées primaires au choix des membres qui forméroient la nouvelle assemblée,
aux termes de l'article second de cette loi,
et devant aussi , suivant le même article,
réuniroient les condiêtre éligibles lorsqu'ils
di
tions prescrites par Tart.4 de linstruction
28 Mars 1790, il est évident que chaque
membre de la nouvelle assemblée auroit été
censé avoir pour lui le voeu des citoyens des
trois couleurs : ainsi les blancs auroient été
censés nommés par les citoyens de couleur,
qui, à leur tour; auroient été censés avoir
donné leurs suffrages aux blancs. Une assemblée ainsi composée auroit donc eù nécessairement et éminemment la confiance des
hommes des trois couleurs. On seat de quelle
force, de quelle efficacité une telle assemblée auroit été pour pacifier tous les esprits,
détruire jusqu'an moindre germe des
et pour L/Assemblée législative l'avoit jugé
troubles.
de même, puisqu'elle a fait de cette prompte
convocation de nouvelles assemblées coloniales, aussi bien que de nouvelles muniçi- --- Page 159 ---
(151 )
le premier soin dont les commispalités,
de la loi du 4
saires envoyés pouef'exéeution
Avril eussent à s'occuper. la formation de
Et qu'on ne dise pas que
nouvelle assembléc coloniale pouvoit
cette
des diflicultés : sur cela, je réponéprouver
sans doute ne devoit mieux
drai que personne
connoitre si la chose étoit facile ou difficile
l'ex-commissaire Roume, qui étoit dans
que la Colonie depuis dix mois, qui avoit suivi
soin tous les événemens dont elle avoit
avec
en avoit étudié et approété le théâtre, cqui
été enfin à portée
fondi les causes, quiavoit
de
de sonder la disposition des esprits
part
et d'autre. Or, voici ce que le citoyen Roume
écrivoit aux nouveaux commissaires, 2 dès le
Juillet
(No. 24.), et la lettre leur a
1I remise 1792 à leur arrivée par le secrétaireété
adjoint de la cormission civile:
vous ASSUPai la satisfactionidepouvoira
Mesieurs, que, loin d'avoir à craindre
RER,
le moindre obstacle, vous serez reçus
comme les anges tutélaires de la partie
française de Saint-Domingue : les citoyens
DES TROIS COULEURS s'empresscront de vous
leur respect et leur confiance; les
prouver assemblées primaires seformeront sous vos
K4
ée par le secrétaireété
adjoint de la cormission civile:
vous ASSUPai la satisfactionidepouvoira
Mesieurs, que, loin d'avoir à craindre
RER,
le moindre obstacle, vous serez reçus
comme les anges tutélaires de la partie
française de Saint-Domingue : les citoyens
DES TROIS COULEURS s'empresscront de vous
leur respect et leur confiance; les
prouver assemblées primaires seformeront sous vos
K4 --- Page 160 ---
a
(152 )
yeux , SANS LA PLUS LÉGERE DIFFICULTÉ, ET
PEUT-ÈTRE NE SEREZ-VOUS JAMAIS DANS LE
CAS DE JUGER DES CONTESTATIONS, RELATIVESACES
Asussutisfapmeret une
assemblée coloniale qui réunira DE BONS
COLONS, DES TROIS COULEURS; LA PAIX, ET
LE BONHEUR NAITRONT SOUS VOS PAS., Totb
3 Le. citoyen Roume voyoit très-bien,ret) la
preuve qu'il ne, hasardoit pas une de vaine aSsurance, c'est qu'il offroitaux nouveaux commissaires de rester dans la colonie, s'ils le
jugcoient à propos, tout le tems qu'ils eroi
roient nécessaire, et de continuer d'agirisous
LEURS ORDRES.
On. ne pouvoit certainement rien voir de 5
pladehatkrenégganes telle, offre. Non-seus
lement Jes nouveanx commissaires Tont.dé
daiguée, 3
mais, ils n'ont pas même suivi la
route que leur traçoit la loi, quoiqu'ils ne
pussent pas, douter, d'après le témoignage de
-
lcur prédécesseur, qu'ils. ne trouveroient ni
épines ni roncesesur cette rouie. 1LSn
Ils devoient. d'autant, plus s'empresser de
conyoquer une nouvelleassehblég coloniale,
que, dès le 4Septembre, . 2. l'assemblée colo
niale lors existante avoit pris un arrêté formel pour requérir le commissaire Roume de --- Page 161 ---
(153)
convoqher , sans délai, les assemblées primaires, 2 à l'effet de procéder à la réélection
ordonnéc par la loi du 4 Avril. Je ne rapporterai point icil les motifs qui fondoient cct
arrêté; il faut les lire dans l'arrété même:
(No. 25.) mais cet arrêté est ue nouvelle
preuve des avantages que devoit produire la
formation d'une nouvelle assemblée coloniale, et du peu d'obstacle qu'elle devoit
éprouver. Le commissaire Roume ne s'est
refusé au voeu que lui exprimoit cet arrêté,
gue parce que l'exécution de la loi du 4
Avril éloit expressément réservée aux nouveaux commissaires.
30, Ces commissaires, au lieu de former
de suite une nouvelle assemblée coloniale, s
ont. créé de leur chef une commission intermédiaire, composée de douze membres, et
mi-partie de ciloyens blanes et de citoyens
de icouleur.
J'ignore cquelles peuvent être les instructions que le conseil exécutif a pu donner à
ces nouvearx commissaires : je ne connois
que la loi,et je sais que la loi ne leur donnoit
pas le pouvoir de créér des commissions intermédiaires.
Je doute même qu'ils pussent prendre StIr
ée coloniale, s
ont. créé de leur chef une commission intermédiaire, composée de douze membres, et
mi-partie de ciloyens blanes et de citoyens
de icouleur.
J'ignore cquelles peuvent être les instructions que le conseil exécutif a pu donner à
ces nouvearx commissaires : je ne connois
que la loi,et je sais que la loi ne leur donnoit
pas le pouvoir de créér des commissions intermédiaires.
Je doute même qu'ils pussent prendre StIr --- Page 162 ---
à
(154)
eux de dissoudre l'assemblée
existante, , jusqu'à la formation coloniale lors
velle assemblée. L'art.
d'une notine semble
4 de la loi du
en effet autoriser les
4Avril
délégués pour son exécution à commissaires
assemblées coloniales
dissoudre les
suspension seroit
3 qu'autant que leur
vue d'accélérer insuffisante, et dans la seule
blées
la convocation des assemblée coloniale paroissiales. Or, on a vu que l'assemqui existoit à l'arrivée
veaux
des noucommissaires, 2 loin
retarder la convocation d'empécher ou de
maires, l'avoit
des assemblées
au contraire
primême. D'un autre
provoquée ellerendu aiz
côté, ces commissaires ont
patriotisme deleette
tice la plus éclatante.
assemblée la jusMais
(no, 26).
est-il vrai passsons sur sa dissolation :
de dire
toujours
placer
qu'ils ne pouvoient la rem:
poration, provisoirement mais
par aucune autre corpoint la
sur-tout qu'ils ne pouvoient
citoyens composer, blancs
comme ils l'ont fait, de
couleur de l'autre. d'une part, et de citoyens de
les deux castes
C'étoit continuer de meftre
en oppositionl'ume
c'étoit diviser au lieu de réunir, aveclautre;
au lieu de méler et de
distinguer
que proscrivoit la loi du confondre, et voilà ce
4 Avril. Moins en- --- Page 163 ---
(155)
core devoient - ils s'ingérer de nommer euxmêmes les citoyens de couleur qui devoient
fairé partie de cette corporation illégale : c'6toit évidemment se donner des créatures;e'étoit vouloir influencer et dominer cette corporation parle canal d'individus qui, étant
de leurchoix, devoient maturellementleur être
tout dévoués.
4°. Les commissaires actuels n'ont pas encore fait procéder à la nomination des dixhuit députés que la Colonie doit avoir à la
Convention nationale; et à cet égard ils ont
pareillement fait un probléme de la nécessité d'accélérer ou, de différer ceite nomination, probléme qu'ils ont également donné
à résoudre aux assemblées de communes.
(No. 26.) Il-faut le dire, et leur conduite le
prouve : ces commiscaires ne veulent ni assemblée coloniale, ni députés de la Colonie à
la Convention.
C'est ici un grand crime sans doute de
leur part. Non-seulement ils privent la Colonie de concourir, comme elle en a le droût
par le décret de l'Assemblée législative, à la
formation des loix qui doivent la régir; nonseulement ils la privent d'avoir dans le sein
même de la Convention des défensears qui
, et leur conduite le
prouve : ces commiscaires ne veulent ni assemblée coloniale, ni députés de la Colonie à
la Convention.
C'est ici un grand crime sans doute de
leur part. Non-seulement ils privent la Colonie de concourir, comme elle en a le droût
par le décret de l'Assemblée législative, à la
formation des loix qui doivent la régir; nonseulement ils la privent d'avoir dans le sein
même de la Convention des défensears qui --- Page 164 ---
(156 )
lui seroient si nécessaires dans une foule d'oc:
casions; non-seulement ils privent la Convention elle-même des lumieres dont elle a
avec discerbesoin pour pouvoir prononcer
nement et justice sur les intérêts des colonies,
et pour se garantir des erreurs funestes ou
T'esprit de parti et de systême cherche continuellement à la faire tomber, lumieres qui
lui être données d'une maniere
ne peuvent des hommes revêtus d'un casûire que par
leur véracité, leur inractere qui garantisse
mais encore ils
tégrité 3 leur impartialité ;
abominable
tendent à fairecroire, par-là, cette
d'indépendance qu'ils ont l'atroimputation cité de faire à la portion de la nation franpeut-étré la plus fidele et la plus attaçoise
s'il fautjuger du moins
chée à la république,
de sa fidélité et de son attachement par ce
la cause de la révoluqu'elle a souffert pour
c'est.
tion; leur but est de persuader que
la
Be
Teffet d'une indifférence coupable que
encore
de députés à la
lonie n'a pas
envoyé
Convention, lorsqu'au contraire on Ta vue,
de la révolution, s'indès le commencement
de lettres de condigner de n'avoir pas reçu
dans l'asvocation pour se faire représenter
lassemblée de la grande famille, déjouer --- Page 165 ---
(I 157 )
tuce des administrateurs d'alors, et braver enfin tous les obstacles, pour avoir cette représentation, dont le plus grand prix à sesyeux
étoit de convaincre la France que les colons
de Saint - Domingue se glorifioient de faire
partie, a d'une nation appelée par ses lumieres
et par son énergie aux plus hautes destinées.
Ce crime est u des actes qui répandent
le plus d'odieux sur la conduite des commissaires Polverel et Sonthonax. Il est d'autant
plus grave par rapport à,l'exécution de la loi
du 4 Avril, que des députés de Saint- Do -
mingue à la convention nationale seroient un
lien de plus qui uniroit étroitement les
deux casles, celle des blancs et celle des
hommes de couleur, par une raison bien
simple* c'est que chaque député seroit censé
élu par les deux casles; qu'ainsi chaque député auroit la confiance des citoyens blancs
aussi bieu que des citoyens de couleur, et
cette confiance est le plus fort de tous les
liens.
Voilà commelabienfaisanteloidu4Avril se
trouveroit pleinement exécutée; voilà comme
on parviendroit à abolir jusqu'à la moindre
trace d'un préjugé qui n'a jamais été qu'une
chaque député seroit censé
élu par les deux casles; qu'ainsi chaque député auroit la confiance des citoyens blancs
aussi bieu que des citoyens de couleur, et
cette confiance est le plus fort de tous les
liens.
Voilà commelabienfaisanteloidu4Avril se
trouveroit pleinement exécutée; voilà comme
on parviendroit à abolir jusqu'à la moindre
trace d'un préjugé qui n'a jamais été qu'une --- Page 166 ---
(158 ) .
source d'antipathie, de haines, de
et enfin de guerre civile
divisions;
parviendroit
; voilà comme OIt
dénomination jusqu'à anéantir même cette
leur,
d'hommes ou de gens de couqui n'est propre qu'à rappeler,
rai plus, à perpétuer
je disourdement ce funeste
préjugé; mais dénomination en même
qu'on est forcé de conserver
tems
qu'au lieu de voir les blancs toutes les fois
de couleur confondus
et les ciloyens
en une seule et même
famille, sous le simple titre de
les verra au contraire
citoyens, On
distinct et
paroître sous un mode
séparé; toutes les fois en un mot
qu'il existera un ordre de choses
à celui que Sonthonax
semblable
a affecté d'établir à
Suini-Doningue.
Les commissaires actuels sont donc
senls infractaires à la loi du 4
eux
moi que : l'un d'eux,
Avril-Etc'est
Sonthonax, a lefront
cuser d'être un des ennemis les
d'acnies de cette loi! moiquil'ai
plus achar
discours et par mes
préchée par mes
préche encore! Vil exemples, moi qui la
flatté
calomniateur! t'es-tu donc
que tes calomnies deviendroient
rités en traversant les mers?
des vécru que les rayons de la vérité ou bien, as-tu
ne perceroient
jamais cet épais nuage de préventions
que tes --- Page 167 ---
(159 )
pareils ne cessent depuis longtems d'élever
sur ma tête, et quej'ai peut-être trop dédaignéjusqu'à présent de dissiper?
CONCIUSIO N.
LÉGISLATEURS! La constitution dort, mais
la déclaration des droits de l'homme veille;
e'est elle quej j'invoque.
Cette déclaration dit formellement que,
nul ne peut être accusé, arrété ni détenu
que dans les cas déterminés par la loi,ct
selon lesformes gu'clle a prescrites.
Elle dit que la loi doit étre la méme pour
tous.
Elle dit que ceux qui sollicitent, expédient, exécutent oufont exiouterdesordres
arbitraires , doivent être punis
Peres de la patrie! et mnoi aussi, je suis
citoyen françois. Je dois jouir des mêines
droits que tous les citoyens françois. Il ne
peut pas y avoir deux lois, l'une pour les
françois du continent, l'autré pour les fran-
(1) Je citc les termes de la premicre déclaration des
droits de l'homme et du citoyen parce que la seconde
n'existoit pas encore lors de,ma déportation. D'ailleurs,
le fonds en est et en sera toujours le même.
i aussi, je suis
citoyen françois. Je dois jouir des mêines
droits que tous les citoyens françois. Il ne
peut pas y avoir deux lois, l'une pour les
françois du continent, l'autré pour les fran-
(1) Je citc les termes de la premicre déclaration des
droits de l'homme et du citoyen parce que la seconde
n'existoit pas encore lors de,ma déportation. D'ailleurs,
le fonds en est et en sera toujours le même. --- Page 168 ---
(-160 )
çois des colonies. Si aucun citoyen domicis
lié en France ne peut être enlevé à ses foyers
et soumis à la peine de la déportation, sans
qu'on ait observé à son égard les formalités
quipeuvent assurer sa défense, ol n'a pas pu
s'en dispenser à mon égard, on l'a dû encore
moins en raison de Fintervalleimmense qu'on
me faisoit franchir, et de Pimpossibilité où
l'on me mettoit d'établir ma justification.
LEGISLATEURS'je suis pere de six enfans;
cinc, dont deux a la mamelle, sont réstés
orphelins au Cap;j'ai amené avec moi l'ainé de mes garçons, pour le mieux imboire
de l'esprit républicain. Ma qualité de pere
de famille devoit rendre, ce me semble le
dictateur Sonthonax plus circonspect à 2.
pro=
noicer ma déportation; il devoit songer qu'er
m'infligeant cette peine (car c'en est une $
puisquejes S suis réellement bannidemon pays),
-
il devoit, disije, songer qu'il portoit la désolation parmi les
a
qu'il enfonçoit le
a
miens,
poignard dansl le coeurd'une épouse vertueuse,
qu'il ôtoit enfin à des êtres foibles et environnés de mille dangers, 7 "leur appui nalurel,
le seul sur lequel ils puissent véritablement
compter, parce que c'est celui que la nature
leur donne.
LÉGISLATEURS 1 --- Page 169 ---
(16r) )
Lnsareonetpauisfomnctiommsine public;
comme fonctionnaire publie,j'avois droit d'attendre quelque ménagement; ; car les atteintes
portées à Phouneur d'un fonctionnaire public
sont d'autant plus cruelles, que son état le met
plus en spectacle à ses concitoyens. L'état que
j'exerçois étoit d'ailleurs ma seule ressource
pour faire subsister ma famille, depuis que
linsurrection contre - révolutionnaire des
negres m'a privé de toute espece de revenu.
LÉGISLATEURS! ma déportation me cause
un préjudice énorme: : je demande que larépublique m'indemnise du tort qu'on me fait
éprouver. aunomde la nation. Il m'estaffreux
de voir aggraver mes pertes par les dépenses
que m'occasionne l'acte le plus arbitrairedont
on puisse avoir l'idée; il n'est affireux de voir
augmenter la somme de mes malheurs,et par
qui?
Par un mandataire de LoUIs GAPET;
Par un homme dont la conduite persécutrice envers les patriotes témoigne assez qu'il
étoit du choix des ministres d'un roi hypocrite, qui tramoit contre la révolution pendant qu'il juroit de la maintenir;
Par un home que limmensitéde ses
voirs livre à tous les genies de
Gueagon
sans autre frein que sa responsabilité; et
L
'est affireux de voir
augmenter la somme de mes malheurs,et par
qui?
Par un mandataire de LoUIs GAPET;
Par un homme dont la conduite persécutrice envers les patriotes témoigne assez qu'il
étoit du choix des ministres d'un roi hypocrite, qui tramoit contre la révolution pendant qu'il juroit de la maintenir;
Par un home que limmensitéde ses
voirs livre à tous les genies de
Gueagon
sans autre frein que sa responsabilité; et
L --- Page 170 ---
(162 )
-
de
R
qu'est-ce que ce frein à deux mille lieues
Ja métropole? La crainte de la responsabilité attachée à l'exercice d'un pouvoir est
ei raison inverse de la distance à laquelle il
agit: on éludoit sous vos propres yeux, Peres
Conseripts,celle responsabilité; combien ne
doit-elle pas être foible au-delà des mers?
Par un homme enfin dont Pexpérience n'a
pas miri le jugement, qui ne prend conseil que de lui-même ou de quelques bas
adulateurs, et qui, avant que de frapper ses
coups, ne daigne même pas consulter les premiers juges des citoyens, les magistrats du
peuple. Il cst vrai: comment les consulteroiti1, puisqu'il tue le patriolisme en expulsant
les patriotes?
n'aspire à aucune place,
LÉGISLATEURS'je
absolument à aucune : ma seule ambition
#
est d'être reconnu bon françois, vrai patriote,
amni de la révolution et de la république fran1
çoise. Mais j'ai été horriblement calomnié;
:
mais toutes les formes ont été foulées aux pieds
dans mon arrestation, dans ma déportation.
Si les formes sont dans une république plus
que dans aucun autre gouvernement les gardiennes de la liberté publique et individuelle,
je dois être vengé, Sonthonax doit étre puni;
qu'undéeret sévere livre, aut glaive des lois ce. --- Page 171 ---
(163) )
ravisseur dema liberté, et appellesur sa tête.t
Mais non ; je nie borne au mépris le plus
parfait d'un êtreaussi Dassement porfice; content de l'avoir démasqué, je ne solliciterai
pas d'autre peine contre lui quant à ce qui
me cencerne.
Mais je ne lui fais remise que de mon injure personnelle; il ne m'appartient pas de
lui remettre celle de la Colonie : c'est même
pour rendre plus efficace la poursuite de celleci, que jefais volontiers le sacrifice de l'autre.
Que'le despote Sonthonax soit au plutôt privé
d'un pouvoir dontilabuseau doubledétriment
dela Colonie qu'iltyrannise,et de la métropole
qu'il trompe; qu'il sorte au plutôt d'une terre
qu'il souille par sa présence.
Faites midux, LÉGISLATEURS; rappelez, et
au plutôt, lun et l'autre de ces commissaires:
Fussent-ils des hommes accomplis, eussent-ils
les meilleures intentions, il est certain, et on
ne sauroil le contester, qu'ils n'ont la COnfiance que de l'un des deux partis, et des
conciliateurs deiv. nt nécessairement avoir
celle des deux pour rétablir la paix. Il faut
donc remplacer ces commissaires par d'autres, qui, élant neufs pour les deux partis,
auront, de prim'abord, la confiance de lun
et de l'autre. Telle est la' premiere mesure
L 2
ent-ils
les meilleures intentions, il est certain, et on
ne sauroil le contester, qu'ils n'ont la COnfiance que de l'un des deux partis, et des
conciliateurs deiv. nt nécessairement avoir
celle des deux pour rétablir la paix. Il faut
donc remplacer ces commissaires par d'autres, qui, élant neufs pour les deux partis,
auront, de prim'abord, la confiance de lun
et de l'autre. Telle est la' premiere mesure
L 2 --- Page 172 ---
( à 164)
vous avez à prendre, si vous voulez re
que
et efficacement à nos
médier promptement
maux. La seconde est de faire un bon choix dans
commissaires quiseront envoyés
les nouveaux
Que ce choix ne soit pas
à Saint-Domingue.
parce qu'il est plus
livré au conseil, exécutif,
doaisé à tromper. Que Yesprit de parti n'y de famine pas ; il n'est point question ici malade.
voriser le médecin, il faut sauver le
commissaires soient d'unQue les nouveaux
maturité
donne
âge qui suppose cette
que les talens
T'expérience : on a beau dire que
mieux
suppléent à Texpérience;Taime encore
les
la chose que le supplément. Sur-tout que
commissaires soient d'un patrionouveaux
soient connus
tisme bien prononcé ; qu'ils
et la.
aimer sincerement la révolution
pour
leur réputation à cet égard
république; que
et non sur de
soit établie sur des preuves, soient
vaines recommandations; ; qu'ils
pruautant
fermes; qu'ils soient vrais,.
dens
que
désintéressés ;
francs et sinceres, autant que
tàtenir
mais
sprincipalement quilsf'appliquent
ilsn'auront mêla lehner-atuhomendesn dès
n'auront
de balance à tenir
qu'ils
me plus
U
fait des deux castes qu'un seul peuple, parce
pour lors de toutes les cou-.
qu'ilne surnagera --- Page 173 ---
(: 165 )
leurs quelesqualités de citoyens,
d'amis. Enfin
defreres et
arrivés
que ces commissaires, une fois
dans la colonie, ne se
car il semble
séparent plus;
que cette séparation anrene
constamment la division
division
d'opinions, et cette
la
d'opinions un surcroît de maux
Colonie.
pour
La troisieme mesure est de confirnter la loi
du 4Avril en ce quitouche l'égalité
qu'elle accorde aux hommes de couleur politique
gres libres,d'en ordonner de
et neet entiere
plus fortla pleine
exécution, de déclarer cette égalité
politique l'une des bases fondamentales de la
constitution à faire pour les colonies. Les
bonnes lois ne sauroient être
La
trop confirmées.
quatrieme mesure est de charger les'
nouveaux commissaires de publier
tôt leur arrivée à
3 aussinistie entiere et Saint-Domingue, une amgénérale sur tout ce qui s'est
passé entre les deux castes d'hommes
La question concernant la véritable libres.
troubles survenus entre
cause des
facile à résoudre
ces deux castes est
dans la Colonie
ou plutôt elle n'y en est
même,
France, oulon n'a
pas une : mais en
données
sur ces troubles que des
partielles, incertaines, suspectes
fat-ce que par la scule qualité des
,ne
il est diflicile qu'un homme
personnes,
sage et impartial
L8
passé entre les deux castes d'hommes
La question concernant la véritable libres.
troubles survenus entre
cause des
facile à résoudre
ces deux castes est
dans la Colonie
ou plutôt elle n'y en est
même,
France, oulon n'a
pas une : mais en
données
sur ces troubles que des
partielles, incertaines, suspectes
fat-ce que par la scule qualité des
,ne
il est diflicile qu'un homme
personnes,
sage et impartial
L8 --- Page 174 ---
( 166 )
puisse asseoir une opinion, quelle
dans une matiere aussi
qu'ellesoit;
gnement des lieux
embrouillée. L'éloi
connoissance des produit, par rapport à la
causes qui font naître les
événemens, le même effet que le tems.
troubles de
Les
Saint-Domingue sont pour la
France, ce que sera pour la postérité dans
deeshetsunomothin.ter
passentide: nos jours; ; la même d'événemensquise obscurité
néenssairement
doib
tres. i fautidonc envelopper ici
les uns et les aucouper le neud
quand tout.le mondea
gordien;
donner raison à
tort, il faut finir par
tout le monde. En
çant uné amnistie entiere et
pronon
les torts
générale sur tous
raspectifs entre les blancs et les cil
toyens de.couleur et negres
ghe un travail
libres; on s'épàr.
but, qui est de inextricable, rétablir
et on van droit au
la paix.
Laicinquieme mesure consiste à
aux nouveaux . commissaires de enjoindre
ausci-tollentarrivée, les assemblées convoquer,
Jo, pour former la nouvelles
primaires,
niale; 20, pour nommer les assemblée colola Colonie à la Convention représentans del
Cette mesure est la plus. essentielle nationale (r).
de toutes
(1) Le nombre de ces députés a été fixé
wn décret de l'Assemblée législative.
à dix-huit par --- Page 175 ---
(167)
pour ramener la paix et la tranquillité dans,
la Colonic; ; j'en ai déjà dit les raisons. Elle
est d'une exécution facile, parce que.tous les
partis desirent ia formation d'une nouvelle
assemblée coloniale, aussi bien que la représeniation de,la, Colonie à ia Convention nationale.
La sixienie mesure est de prescrire à la,
nouvelle assemblée coloniale de commen-,
cer toutes ses opérations par. s'occuper uniquement et exclusivement de lorganisation
intérieure de la Colonie, sans que, sous quelque prétexte que ce soit, elle puisse divertir
la moindre parcelle de son tems à d'autres,
travaux. IL convient en-conséquence del l'autoriser à former dans son sein un comité pour
Tadministration provisoire de la Colonis.Ce
comité, qui pourra étre composé, du même
nombre de membres que la; commnission in-,
termédiaire actuelle, en remplira, les fonc-.
tions, et aura bien moins d'occupations, puis-,
qu'il ne se mélera pas de faire des loix.
La septieme mesure est d'autoriser la nou-;
velle assemblée coloniale à mettre, provisoirest
ment à exécution le plan qu'elie, aura arrêté
pour l'organisation de la Colonie, sous Tapprobation des nouveaux commissaires, ctjusqu'à ce (juo la Convention nationale y ait
L 4
édiaire actuelle, en remplira, les fonc-.
tions, et aura bien moins d'occupations, puis-,
qu'il ne se mélera pas de faire des loix.
La septieme mesure est d'autoriser la nou-;
velle assemblée coloniale à mettre, provisoirest
ment à exécution le plan qu'elie, aura arrêté
pour l'organisation de la Colonie, sous Tapprobation des nouveaux commissaires, ctjusqu'à ce (juo la Convention nationale y ait
L 4 --- Page 176 ---
( 168 )
statué ; car rien n'est plus urgent
organisation;
que cette
ily a dans la Colonie un tel
mélange de l'ancien et du nouveau
que c'est - là l'une des
régime,
ses désastres. Par
principales causes de
exemple,. les
sont encore ce qu'ils étoient
tribunaux y
des conseils
en 1789; il y'a:
supérieurs, des
des
sénéchanssées,
de Brocureursig@némux, plus
etc.; et ce qu'ily a
fâcheux, c'est qu'en général ceux
quisiegent dans ces tribunaux, sont
les plus encroûtés de Tesprit
peut-êlre
contre-révolutionnaire; de-là un soutien assuré
hommes de ce parti; de-là des
pour les
secreftes contre ceux du
vengeances
- La's septieme
parti patriote, etc.
la
mesure à pour objet d'assurer
responsabilité dès conmissaires civils
tuels, et d'empécher
acmot. Cette
qu'elle ne soit un vain.
mesure consiste à charger les
veaux commissaires de
noumations
prendre des infor-:
exactes sur leur conduite, de
voir les déclarations
recede faire
qu'on sera dars le cas
contr'eux, de recueillir tous les renseignemens qui pourront jeter du
leurs opérations, de les
jour sur
en un mot d'instruire interroger sur le tout,
Jieux à
leur procès sur les
charge et à décharge; en sorte que les
commissaires actuels ne partent
avoir subi cette
qu'après
épreuve, et qu'en allendant --- Page 177 ---
(169 )
Ils ont un.
is soient mis en état d'arrestation:
à rendre à la nation : où ce compte
conpte être mieux débattu et vérifié que snr)
peut-il
mieux connoître la véles lieux ? oùt peut-on
qu'à
rité d'an fait passé à Saint-Domingue
même? Méfiez-vous, en g6Suint-Domingue
des rapports qu'on vient
néral,LÉCISLNTEURS,
vous faire de si loin : où sont les contradicfoncteurs de ceux qui les font? Lorsqu'un n'a
tionnaire public qui rend ses comptes, 2
de contradicteur dans ce qu'il avance,
point
dénaturer
quel vaste champ n'a-t-il pas pour lebien
les objets, pallier ses fautes, exagérer
taire celui qu'il n'a pas faitet
qu'ila pufaire, 2
encenser ceux quilui
qu'ilanroitpneidad faire,
été favorables, dénigrer ceux qui lui ont
ont été contraires, en un mot s'attirer des éloges
mérite
et se dérober au blâme
qu'il ne
pas,
étoit connue
qu'il encourroit. si sa conduite
elle doit l'être? Aussi est-il imposcomme
vous sachiez jasible, LÉGISLATEURS 1 que
dans létat
mais la vérité sur les Colonies,
actuel des choses : et sur qui retombe cette
fatalité? Est-ce sur les Colonies senlement ?
La mesure que je viens de proposer me
d'autant pius salutaire, que ce seroit un
paroît frein
les nouveaux délégués, , s'ils étoient
pour tentés d'abuser de leur pouvoir; ils
jamais
-il imposcomme
vous sachiez jasible, LÉGISLATEURS 1 que
dans létat
mais la vérité sur les Colonies,
actuel des choses : et sur qui retombe cette
fatalité? Est-ce sur les Colonies senlement ?
La mesure que je viens de proposer me
d'autant pius salutaire, que ce seroit un
paroît frein
les nouveaux délégués, , s'ils étoient
pour tentés d'abuser de leur pouvoir; ils
jamais --- Page 178 ---
( 170 )
la fin de:
n'onvisageroient pas, sans frayeur,
leur exercice, et cette frayeur les empêcheroit
de commettre bien des fautes.
-
mesure,lconvient
Enfin, et voiciladerniere:
delimiter, ou du moins de réglerley pouvoirdes celui
on leur laisse
nou veaux commissaires.Si
du moins les
de déporter, qu'on en exprime seul, le crime de
cas : je n'en connois qu'un
iln'en est:
contre-révolation ; hors ce crime,
aucun,selon moi, qui ne doive être jugé sur
les lieux. Mais que, dans ce cas-là mêmes dé-.
commissaires ne puissent
les nouveaux
le procès aura été ins-!
porter qu'après que
exclusivement.: Il
thuit jusqu'au jugement de se voir tout-àest cruel pour un citoyen
ses enobligé d'abandouner sa femme,
coup
aflaires , tout ce qu'ila de plus cher,
fanssses
traverser les mers, le.
de plus précieux, pour
des
plus souvent sans 1 aucun
préparatifs France
etaller en
qu'exige un pareil voyage,
souvent danjouer le rôle, toujours pénible,
diffigereux d'accusé 2 avec une prévention T'horrible dé-:
cile à surmonter, et encore avec
sa
savantage de ne pouvoir produire pour
jastification ni pieces ni témoins, d'ignorer
sujet il est ainsi transplanté.
même pour quel
de barIl y' - a là.je ne sais quoi d'atroce, s'en faire
bare; qu'il faut avoir éprouvé pours
une idée juste. --- Page 179 ---
C17:)
Que les nouveaux cormissaires n'aient
point ce droit; c'est celui d'un tyran, d'un
despote; il les feroit hair d'avance. Ce n'est
pas une vorge de fer qu'il fant leur mettre
en main; c'est le rameau d'olivier. Qu'ils
aient le pouvoir dese faire aimer, encoreplus
que de se faire craindre.Des anges de paix ne
doivent avoir besoin que de la parole pour
opérer le bien.
Telles sont, LÉGISLATEURS, 2 les vues que
j'ose vous proposer. On peut en avoir de meilleures ; mais du moins sera-t-on forcé de convenir que ce ne sont pas celles d'un factieuc, ni d'un liomme qui aspire à rendre
la Colonie
indépendante, 2 encore moins d'un
ennemi acharné de la loi du 4 Avril.
A Paris ,le 20 Mai 1793, l'an deuxieme
de la République Françoise.
Lancsstenes.Temaoe
Jhoaliliadonierfinpotuwtwcomnians
la seconde partie de la lettre de Sonthonax au
ministre, en date du II Février (No. 1o.).
UN INCIDENT, dit-il, m'a fourni P'occasion de déporterquatie soldats du Port-auPrince, de ce régiment d'Artois que les
FACTIEUX ont égard, ct dont ils cherchent
encore aujourd'hui à prolonger lerreursur
le préjuge des couleurs. Enreyés PAR DES
.Temaoe
Jhoaliliadonierfinpotuwtwcomnians
la seconde partie de la lettre de Sonthonax au
ministre, en date du II Février (No. 1o.).
UN INCIDENT, dit-il, m'a fourni P'occasion de déporterquatie soldats du Port-auPrince, de ce régiment d'Artois que les
FACTIEUX ont égard, ct dont ils cherchent
encore aujourd'hui à prolonger lerreursur
le préjuge des couleurs. Enreyés PAR DES --- Page 180 ---
(172 )
SCÉLÉRATS; ils étoient venus
FIDELE GARNISON DU CAP. SOULEVER LA
chambeau les
Le genéral Roa fait arréter
etje les renvoie en France sur-le-champ,
la Colonie.
pour en purger
Voici ce que m'écriveit du
le citoyen Borel,
Port-au-Prince
tionale de cette commandant la garde naville, le 28 Décembre
nier, et sa lettre, qui m'est
derdemain de mon
parvenue le lenarrestation, a été communiquée au commissaire Sonthonax
cureur de la commnune du
par le proavoit été remise
Cap, à qui elle
avec la piece dont il va être
question.
Notre club vous Fait
une
en faveur du citoyen passer
adresse
wous aurai une entiere Santo-Domingo. Je
puyerde tout votre
obligation de Tapcrédit, et tiendrai
mon compte ce que vous ferez
pour
Yous connoissez les
pour lui.
lui avons.
obligations que nous
Je vous recommande
essentiellement les braves
toyens qui vous 7 remettront militaires - ci-.
celte
nous prie de les soutenir dans la lettre, et
mande qu'ils zontfaire.
juste ieVoilà donc ce que c'est que cet incident
quia fourni à Sontlionax l'occasion
eer un nouvel acte de son despotisme d'exertorial, C'est une députation de
dicta-.
militaires-ci- --- Page 181 ---
( d 173 )
toyens envoyés, non pas par des scélérats;
mais par un club patriolique, non pas pour
soulever la fidele garnison du Cap, mais
présenter une adresse en faveur du
pour
Cerégiment d'Ar
citoyen Santo-Domingoles militaires-cizois auquel appartenoient
étoit
toyens envoyés ainsi en députation,
desfactieuza, à-peu-près comme
égaré par
embarqué
l'étoit le bataillon de Normandie
Blanchelande. Quant à cette expression
par
le
de Blanchelande en
defactieux, , procès
: elle
la signification
a suffisamment appris
contre-révoveut dire, dans le langage des
Sonthonax, à leur
lutionnaires, patriotes.
imitation, qualifie donc les patriotes de factieux. Faut-il être surpris qu'il les déporte?
les membres d'un
Faut-il être surpris que
club soient à ses yeux des scélérats?
Les quatre soldats députés par le club du
Port-au-Prince lui eurent à peine remis Fadresse dont ils étoient porteurs, qu'il s'enid'en donner avis à Rochambeau, et
pressa
Rochambeau lui envoya une
sur-le-champ qui de chez lui, les conduisit au bord
garde, de la mer, et de-là en rade, sans les laisser
parler à personne. Voilà comme le despote.
Sonthonax en a purgé la Colonie.
Que sont-ils devenus? Il y a toute apparence qu'ils auront subi le même sort que
peine remis Fadresse dont ils étoient porteurs, qu'il s'enid'en donner avis à Rochambeau, et
pressa
Rochambeau lui envoya une
sur-le-champ qui de chez lui, les conduisit au bord
garde, de la mer, et de-là en rade, sans les laisser
parler à personne. Voilà comme le despote.
Sonthonax en a purgé la Colonie.
Que sont-ils devenus? Il y a toute apparence qu'ils auront subi le même sort que --- Page 182 ---
(174)
d'Augy et Raboteau. On sait aujourd'hui, à
n'en point donter, que CCS derniers' ont été
pris parles espagnols; on a même appris que
d'Augy éloit, dans les prisons de Cadix, au
secret, rédnit à vingt-ciuq sols par jour pour
toute ressource. Telle est la récompense que
ce vertueux ciloyen recueille de son patriotisme, grâce à la diciature dont le commissaire Sonthonagfestinvesi Milles viescomme
celle de ce tyran pourront-elles jamais racheler tous les maux qu'il fait soulliir à tant
et à d'aussi bons patriotes?
Al'égard des cing autres coupables dont
il est question dans la derniere partie de la
lettre de Sonthonax, et u'il dit dénoncés
par la voix publique comme les instigateurs des malheureuses journées du commencement de Docembre dernier, ce sont
les citoyens Serres, Fromentean, Seiches,
-
Jecques Molard et Duffoo, les mêmes à l'oc-
:
casion desquels la municipalité du Capa pris
sonarrêté du 8Janvier (Nor.). Chose étrange,
et qui prouve bien Pimpudenr avec laquelle
Sonthonax se' permct de calomnier! A l'entendre, c'est la voix publique qui lui a dénioncé ces cing prétendus coupables : Eh
bien,la municipalité, organe de la voia piblique,a déclaré formellement gielle ne les
mcowoinoitreospoubiastsucmucucoucoe --- Page 183 ---
(1 175 )
les lois ou la tranquillité publique. Les municipalités sont instituées pour protéger la liberlé, la suretédes citoyens, et pour maintenir la unguillitépublique. Ainsi, à moins
de supposer de tels corps bien stupides bien
insoucians, il faut croire qu'ils sont les premiers instruits de la véritable cause des troubles qui agitent une ville, et qu'ils en connoissent mieux que personne les auteurs. Le
témoignage de la municipalitédu Cap est donc
ici de la plus grande crédibilité, sur-tout lorsqu'il est donné d'une maniere aussi affirmative : et remarquez. que ce n'est pas dans un
arrêté surpris et obscur qu'eile a consigué ce
témoignage; c'cst dans un arrété pris par le
corps municipal entier, à la réserve de deux
de ses membres qui se trouvoient absens pour
cause de maladie; c'est un arrêté signé par
tous les membres présens, sans en excepter
le citoyen de couleur qui fait partie de ce
corps; c'est dans un arrété enfin porté par ce
même corps chez le commissaire Sonthonax,
afin qu'il ne pât en prétendre cause
rance.
d'ignoJe le demande; si ce délégué ose en
imposer avec autant d'effronterie dans une
lettre officielle, s'il ne se fait pas serupule de
livrer des innocens au glaive des lois avec de
par.ilessuppositions, quelle foi peut-on ajonier à tous ses autres rapports ? quelle idée sur-
dans un arrété enfin porté par ce
même corps chez le commissaire Sonthonax,
afin qu'il ne pât en prétendre cause
rance.
d'ignoJe le demande; si ce délégué ose en
imposer avec autant d'effronterie dans une
lettre officielle, s'il ne se fait pas serupule de
livrer des innocens au glaive des lois avec de
par.ilessuppositions, quelle foi peut-on ajonier à tous ses autres rapports ? quelle idée sur- --- Page 184 ---
(176)
d'un tel
se former de la moralité
tout peut-on
personnage ?
les ministres
Mais, faut-il s'étonner que
St.-Domingue
de Louis Capet aient envoyéà commissaire ciun être de cette espece pour
dans
vil? Voici ce qu'on lit sur son compte de l'élettre de la société-mere des amis
une
séante aux jacobins, à
galité et de la liberté, date du 29 Janvier
la société de Nantes, en
dernier.
que nous connoisNous vous observons Sonthonaz. Ce VIL INsons parfaitement
société dans un tems
TRIGANT étoit de notre DÉCRIER LES MEILOU...
IL SUFFISOIT DE
UNE PLACE,
LEURS PATRIOTES POUR AVOIR
Heureusement pour
ET IL EN A EU UNE...
toujours
la chose priblique, les jacobins 2
dans leurs principes, 2
fermes et inezorables tous les intrigans, - DE
ont purgé la sociétéde
QUI NE FURENT
TOUS LESABOYEURS A GAGES, D'ARGENT ET
JAMAIS PATRIOTES QU'A FORCE
Surveillez comme nous,freres
DE PLACES.
ÉTRES VILS, qui ne peuet amis, tous ces
POUR SE L'APlent le bien de leurpatrie que
PROPRIER. homme de cette trempe ne pouvoit
Un
être l'ami des patriotes a St.
doute
-
pas sans
Domingue. JaDCOEVENeE-TOsts --- Page 185 ---
(:)
PIECES
JUSTIFICATIVES.
No. Ier,
EXTRAIT des registres des délibérations
de la Municipalité de la ville et banlicue
du Cap.
Séanee du 8 Janvier 1793, Tan premier de
la République françoise, lit heures
du soir.
Ls corps municipal légalement assemblé ,
le citoyen maire ouvre la séance.
Le procureur de lacommune donne lecture
du réquisitoire suivant:
CITOYENS MAIRE ET OFFICIERS MUNICIPAUX,
La désolation est dans plusieurs familles. 2
la consiernation dans tous les coeurs. Depuis
cnelque tems les citoyens sont enlevés avec
éciat pendant la nuit, conduits en rade, et
telle est la rigueur dont on use envers eux,
qu'on ne leur permet mêie pas de se munir
del linges et vétemens,et que destinés à partir
Picces Justificutives.
A
quisitoire suivant:
CITOYENS MAIRE ET OFFICIERS MUNICIPAUX,
La désolation est dans plusieurs familles. 2
la consiernation dans tous les coeurs. Depuis
cnelque tems les citoyens sont enlevés avec
éciat pendant la nuit, conduits en rade, et
telle est la rigueur dont on use envers eux,
qu'on ne leur permet mêie pas de se munir
del linges et vétemens,et que destinés à partir
Picces Justificutives.
A --- Page 186 ---
(=)
de suite pour France, devanty aborder dans
une saison rigoureuse, ils éprouveront doublementfhorreur de leur situation. Ces arressoesguivesiednliatie, reprennent avee
plus de force, et celte nuit encore plusieurs
citoyens ont été arrachés de leurs maisons
des bras de leurs épouses, de leurs enfans, 2
avec un scandale qui ne fait qu'ajouter à l'in-.
térét que. le public paroît prendre à leur sort.
Quel est donc leur crime? Je l'ignore, et
tant que je ne les reconnoîtrai pas coupables,
comme défenseur des droits des citoyens, ma
voix doit s'élever en leur faveur.
Je sais que l'autorité dont sont revétus les a
commissaires civils ne les astreint pas à rendre compte à la Colonie des motifs qui les
font agir: mais seroit-ce blesser cette autorité
que de faire au citoyen Sonthonax des représentations sur des déportations qui peuvent
produire les effets les plus dangereux? Croiroit-il avoir avili celte
I
même autorité, si,
avant de condamnerdes
%
citoyens, il ent consulté la municipalité? Eh, qui mieux' qu'elle
pouvoit lui donner des renseignemens sur
ceux qui lui ont paru coupables? Non-seulement j'ignore leur crime, mais je ne connois.
même pas les dénonciateurs; car. c'est dans le
silence qu'ils portent leurs coups. Ce mystere --- Page 187 ---
(3)
dans les dénonciations, 2 ne doit-il pas être
Pent-il se
suspect au eitoyenSontlionns?
promettre que sa religion n'est pas surprise? Que
faudroit-il pour Péclairer? Ecouter la justificalion des accusés; ; inais c'est un droit qui
leur est ravi.
Ce n'est pas ainsiqu'ont agiles amis de la
révolntion à Saint-Domingue, lorsqu'ils dénoncerent les chefs du pouvoir exécutif et les
contre -révolutionnaires qui vouloient ravir
cette Colonie à la France : ils se montrerent; ;
ils accuserent hautement 2 publiquement ;
ils fournirent des preuves 2 et leurs ennemis
lorsque leur trahison
ne succomberent que
fut portée au dernier dégré de conviction.
Mais, malgré l'évidence de leurs criminels
complols, ils ne furent pas traités avec une
sévérité égale à celle dont on use avec les
citoyens qui viennent d'être cnlevés. Quel est
donc leur crime ? Combien ne doit-il pas être
horrible, puisque, par la différence de maniere d'agir à leurégard, il doit excéder celui
de haute trahison;et pourtant la connoissance
de ce crime ne se rend pas publique !
Mais fussent-ils les plus coupables de tous
Ies hommes, la loi leur permet de se défendre. Me dira-t-on qu'ils se disculperont ei
A: 2
les
citoyens qui viennent d'être cnlevés. Quel est
donc leur crime ? Combien ne doit-il pas être
horrible, puisque, par la différence de maniere d'agir à leurégard, il doit excéder celui
de haute trahison;et pourtant la connoissance
de ce crime ne se rend pas publique !
Mais fussent-ils les plus coupables de tous
Ies hommes, la loi leur permet de se défendre. Me dira-t-on qu'ils se disculperont ei
A: 2 --- Page 188 ---
(4)
France ? Je réponds à cela
qu'arriwant
d'abord,
comme coupables 7 envoyés par un commissaire national, il est très-possible que la
juste vengeance que la France a le droit
d'exercer contre les auteurs des maux de
Saint-Domingue se transmettant au peuple
de l'endroit oùt ils aborderont, celui-ci confondant les délits et les regardant tous du
même genre, ne leur permette pas-d'ouvrir
la bouche pour se défendre, et que cette erreur
leur devienne funeste : mnais quand même ils
seroient admis à sejustifier, comment produiront-ils des preuves de leurinnocence? Ont-ils
eu la faculté de s'en procurer avant leur départ? La plus grande grâce qu'ils pourront
éprouver, sera donc de languir dans les
sons
pren attendant cette justification. Et s'ils
éloient innocens !.. De quels remordsle citoyen Sonthonax ne seroit-il pas déchiré?
A ces causes, je requiers que la municipalité arrête des
:
représentations au commissaire
national civil Sonthonax sur les dangers qui
peuvent résulter de ces déportations pour la
tranquillité publique; qu'elle réclameles citoyens embarqués qui sont encore à bord;
qu'elle Pengageà vouloir faire cesser les alarmes des citoyens; que l'arrété à intervenir --- Page 189 ---
(5)
qui seramisà la suite du présent réquisitoire,
lui soit porté en corps par la municipalité
après la présente séance.
Cap, ce 8 Janvier 1793. Lc procureur de
la commune du Cap. Signe, DE LAVERGNE,
Sur quoi, la matiere mise en délibération,
le conseil municipal prenant en très-grande
considération le réquisitbire du procureur de
la commune;
Sosopd-ssoatorah
leurs légitimes défenseurs,et quel la municipalitén'a aucune connoissance dela causedelenlevement nocturne eldéportation des citoyens;
Considérant que ces enlevemens jettent la
consternation parmi lous les habitans qui
éprouvent poar eux-mémes des craintes sur
le sort subi par les autres
citoyens, parce
quele motifde leur détention n'est pas connu;
Considérant que les ciloyens arrêtés n'ont
point été entendus dans les moyens de défense qu'ils auroient pu alléguer, qu'ils SuCcombent peut-étre, dans cemoment, sous une
fansse accusation cmui peut entraîner une mort
infamnante en France avant qJu'ils aient pu se
procurer lcs pieces justificatives (1);
(1)Ceci se rapporte aux citoyens Verneuil,
Fournier Ct Gervais.
Bailliojeune,
A3
Considérant que les ciloyens arrêtés n'ont
point été entendus dans les moyens de défense qu'ils auroient pu alléguer, qu'ils SuCcombent peut-étre, dans cemoment, sous une
fansse accusation cmui peut entraîner une mort
infamnante en France avant qJu'ils aient pu se
procurer lcs pieces justificatives (1);
(1)Ceci se rapporte aux citoyens Verneuil,
Fournier Ct Gervais.
Bailliojeune,
A3 --- Page 190 ---
(6)
Considérant que Ja mort a moissonné depuis dix-huit mois la majeure partie des habitans de cette infortunée Colonie par les fatigues continuelles qu'ils ont éprouvées; que
presque tous ceux embarcqués ont combattu
consiamment poursa conservation; que quelgqjues-uns mémed'entr'eux ont donnédes marques de la plus grande bravoure et rendu des
services signalés à la chose publique, et qu'ils
avoient le droit d'attendre luI autre sort;
Considérant enfin, que le citoyen coinmissaire national civil, par sa lettre du vingtdeux Déceinbre dernier, qui ordonne l'installaiion de la municipalité, conformément à la
loi du 4 Avril, lui a garanti la jonissance de
toute la plénitude de pouvoirs qui sont aitribuds par la nation à ce corps des représentans
du peuple; que ces pouvoirs lui donnent le
-
droit de réclamer cn faveur de la liberté de
ses constituans, lorsqu'ils croient que leur
*
arrestationn'est pas revêlucdes formeslégales:
Arrête à P'unanimité, que lc citoyen commissaire national civil sera invité d'ordonner
la relaxation des citoyens enlevés et actuellement détenus en rade, autant pour rendre à
des familles désolées la tranquillité dont elles
sont privées, que pour rassurer les autres
citoyens surl le sortdont ils se croient menacés. --- Page 191 ---
(7)
Déclare la munieipalitéqu'elle ne reconnott
point les ciloyens enlevés coupables d'ancun
délitcontre les loix Oll latranqaillité publique.
Sera le présent arrêté transcrit à la suile
du réquisitoire du procurour de la commune,
et porté de suite parla municipalité en corps
au citoyen commissaire national civil.
En séance, à huit heures et demie du soir
Iedit jour.
Et par suite de ladite délibération et dudit
arrêté, le corps municipal, à l'exception des
citoyens Gautier la Gautrie etJoyeux,a absens
cause de maladie, s'est transporté à la
par maison de la commission nationale civile, oit
étant arrivé, Phuissier de service auroit dit
que le citoyen commissaire national lcivil étcit
chezle citoyen gouverneur-géndral; à quoi ilc
à
citoyen maire a répondu qu'il l'engageoit
aller avertir le citoyen commissaire national
civil, que la municipalité l'attendoit chez lui
pour affaire tres-importante; mais quc, si
ses occupations le retenoient indispensablementdansl la maisondu ciloyen Rochambeau;
la municipalité passant par-dessus les formes
iroit le trouver.
Et après avoir attendu environ un quart
d'heure, est arrivé le citoyen Muller, secrétaire de la commission nationale, lequel a
A 4:
qu'il l'engageoit
aller avertir le citoyen commissaire national
civil, que la municipalité l'attendoit chez lui
pour affaire tres-importante; mais quc, si
ses occupations le retenoient indispensablementdansl la maisondu ciloyen Rochambeau;
la municipalité passant par-dessus les formes
iroit le trouver.
Et après avoir attendu environ un quart
d'heure, est arrivé le citoyen Muller, secrétaire de la commission nationale, lequel a
A 4: --- Page 192 ---
(8)
déclaréqu'il éioit envoyé par le citoyen commissaire national civil, pour dire, de sa part 3
au corps municipal, qu'il étoit trop tard pour
T'entendre, et qu'ilrevint le lendemain.
Etl le citoyen maire, au nom de la municipaliré, ayant insisté, attendu qu'il s'agissoit
d'affaire très-intéressante concernant les citoyens, ledit citoyen Mnller a répondu que
CCS nouvelles observations ne pouvoient
A
rien
changer à la détermination du ciloyen commissaire national, et alors il a été
remis audit
citoyen Muiler expédition du réquisitoire et
del'arrêté ci-dessus, avec très-pressante invitation de la porter de suite au citoyen commissaire national civil Sonthonax;après quoi
le corps municipal est retourné dans le lieu
ordinaire de ses séances, oùt il a clos lcp présent
a tu
procès-verbal pour servir et valoir ce qu'il
appartiendra, et ont tous les officiers municipaux signé avec le citoyen maire et le secrétaire - Greffier, ledit jour à neuf heures et
demie du soir.
Signé auregistre ct à la minute, Chevallier
l'aîné, maire; Picard, officier municipal;
Brocas, officier municipai ;
dAubigna 2
officier municipal; Carrie, ofliciermunicipal;
Charrier, officier municipal; Lalanne, ofi- --- Page 193 ---
(9)
cier municipal ; Delaire, . officier municipal;
Laforest ainé, oflicier mmicipal; Lcuis
Foucher, ofliciar municipal; de Lapergne,
procureurdela commune; ct Granier,secré.
taire-greflier.
Pourexpédition collationnéc; ;signédeFondeviolle, secretaire-gretlicr.
No. I I.
Eatrait d'une lettre ccrite ai ciloyen Larchevesque-Thilaudsparte citoyen Pierre
Raboleau pere, en date de la Rochelle,
le 23 Février 1793.
CITOYEN,
L/inquiénude dans laquelle je suis de n'avoir aucune nouveile de mon fils Picrre-Jean
Raboteau, me fait prendre la liberté de vous
écrire pour vous prier de in'en donner, s'il
vous est possible. J'ai su, par des bruits répandus par quelque passager ou oflicier du
navire PEclatant, qu'il avoit été arrété le 8
avec M.Dalaire, son ami, chez qui il logcoit,
ct embarqué sur le navire les deux Cousins,
de Nantes,qu'on dit étreparti le rdeJanvier
du Cap. Ce navire n'a poini encore para.
oteau, me fait prendre la liberté de vous
écrire pour vous prier de in'en donner, s'il
vous est possible. J'ai su, par des bruits répandus par quelque passager ou oflicier du
navire PEclatant, qu'il avoit été arrété le 8
avec M.Dalaire, son ami, chez qui il logcoit,
ct embarqué sur le navire les deux Cousins,
de Nantes,qu'on dit étreparti le rdeJanvier
du Cap. Ce navire n'a poini encore para. --- Page 194 ---
(10)
Tai 2ZL hier deux lettres de M. de Besse -
commis chez MM. Delaire, écrites
*
au frere
duditsieur,et à M.de Besse
tille du
pere; 2 par apos9 Janvier, que M. Delaire avoit été
embarqué sur le vaisseau PAmerica, ET
QU'IL DEVOIT ÉTRE CONDUIT A PHILADELPHIE.
Signé,1 PIERRE RABOTEAU.
Certifié conforme à l'original,
Bascasvesioee-Tamauns.
No, IIL
AU NOM DE LA NATION.
Nous Léger-Félicité Sonthonax, Commissaire national civil délégué aux Isles françoises de P'Amérique sous le Vent.
Sur ce qui nous a été représenté par M.
l'ordonnateur et directeur-général des finances, quel la place de contrôleur de la marine
-
est vacante à Saint-Domingue par la mort de
M. Deschamps, qui en étoit titulaire : connoissant le zele, les talens, le patriotisme,
et les lumicres du sieur Jean-Baptiste-Larchevesque Thibaud, procureur, de la commune du Cap, l'avons nommé et nommons
par ces présentes à ladite place de contrôleur
de lai marine, pour jouir des émolumens, hon- --- Page 195 ---
(1r)
y sont attachés, le
neurs et prérogatives qui
en ait
et
ce qu'il
tout provisoirement jusqu'a
exécuétéantrement ordonné par le pouvoir
iif national.
Novembre 1792. Le
Fait (IIL Cap, ce 2
SONTHOcommissaire national civil; Signé,
NAX.
nationai civil; SiPar M. le commissaire
O. F. DELPECH, Secrétaire de la comgne, mission. En marge est le sceau de la commission.
conirôle, 16 Novembre
Soit enregistré au
1792; Signé, POUGET. contrôle de la marine 2 à
Enregistré au
Saint - Domingue, le 16 Novembre 1792,
CHARVET, chefdu bureau du contrôle,
Signé,
en l'absence de M. le contrôleur.
Enregistré au desir de T'arrêté de la commission intermédiaire de la partie françoise
de la séance du 16 Node Saint-Domingue,
Président;
vembre 1792; Signé, RABOTEAU,
inPOITTEVIN, Secrétaire de la commission
termédiaire.
marine 2 à
Enregistré au
Saint - Domingue, le 16 Novembre 1792,
CHARVET, chefdu bureau du contrôle,
Signé,
en l'absence de M. le contrôleur.
Enregistré au desir de T'arrêté de la commission intermédiaire de la partie françoise
de la séance du 16 Node Saint-Domingue,
Président;
vembre 1792; Signé, RABOTEAU,
inPOITTEVIN, Secrétaire de la commission
termédiaire. --- Page 196 ---
(I 12) )
No. I V.
Krtrait du Moniteur général de la partie
Françoise de Saint-Domingue, du Mercredi 7 Novembre 1792.
SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA CONVENTION
NATIONALE, SÉANCE DU 5.
JE vois avec plaisir, disoit M. Sonthonax
à la dépulation qui lui fut envoyée par la
sociélé des amis de la Convention nationale,
pour l'engager à ne pas priverla commune du
Cap de son unique soutien, de son plus ferme
appui, de son meilleur ami, de SOII vertueux
pere, de M. Larchevesque Thibaud; je vois
avec le plus grand plaisir, disoit-il, la gloire
de ce magistrat; ; tous les coeurs sont à lui,
tous les citoyens luia adressent le tribut de leur
:
confiance et de leur reconnoissance: : voilà la
récompense d'un représentant du peuple.
Qu'il est heureux l'homme incomparable qui,
après avoir lutté avec courage et constance
contre toutes les perfidies de l'aristocratie
après avoir défendu et conservé les intérêis >
et les droits d'u peuple que l'ancien régime
cherchoit à écraser, après avoir déjoué, par --- Page 197 ---
(13) )
sa vigilance ct son activité, 2 les projets sinistres des contre-révolutionnaires, se voit au
milieu deses concitoyens conu 2 un pere dans
les sein de sil fanille ! Tous tremblent qu'il ne
parte, r'il ne les abandonne; toutes les voix
le rappolent; mais l'intérêt colonialexigenn
homme integre, z6l6, laborieux, instruit, vigilant, actif et patriote, pour remplir une
place qui n'ollie que des épines, ct ou personne, peut - étre, ne ponrroit trouver des
roses, si ce n'est M. Larchevesque Thibaud;
il est le senl cui puisse trouver le fil de ce
dédale d'intrigue et de fraude; 9 il est le seul
qui puisse rendre à cette machine immense
et détraquée un mouvement régulicr et saiutaire; il est le seul qui
donner cours
à lasource fézonde des
qui est depuis
Rtantens
si longiems tariepar la rapacité et la malverversation; il est donc le seui sur qui M. le
commissaire national ait dA jeter les yeux.
C'st uli malheur, u1l très - grand malheur,
sans doute, pour la commune du Cap; mais
il a tracé la route que son successeur doit
suivreg et il est à présumer que cclui qui
sora désormais dépositaite de la confiance de
la commue, ne cherchera pas d'autre modole.
Nous n2 raprorierons point tout ce qui a
il est donc le seui sur qui M. le
commissaire national ait dA jeter les yeux.
C'st uli malheur, u1l très - grand malheur,
sans doute, pour la commune du Cap; mais
il a tracé la route que son successeur doit
suivreg et il est à présumer que cclui qui
sora désormais dépositaite de la confiance de
la commue, ne cherchera pas d'autre modole.
Nous n2 raprorierons point tout ce qui a --- Page 198 ---
(14)
été dit à ce sujet par MM. Verneuil, Lachaise, Albert, et beaucoup d'autres. Nous
n'en privons nos lecteurs que pour ne pas affecter la modestic de M. Larchevesque Thibaud.
No. V.
Extrait du Moniteur général de la partie
françoise de Saint- Dominguc, du 16
Novembre 1792.
LE commissaire national civil,instruit que
des gens mal - intentionnés et ennemis de
toute espece de régime libre, cherchoient à
persuader au peuple que la proclamation
d'hier étoit dirigée principalement contre les
sociétés patrioliques; qu'elle accusoit notamment celle des amis de la convention nationale d'avoir excité les scenes scandaleuses
qui ont déshonoré la journée du 14 de ce
mois;
Déclare qu'ils seroitinjuste d'attribuer à une
association DONT LA TRES-GRANDE MAJORITÉ
EST COMPOSÉE D'HOMMES PROBES ET PLEINS
DE PATRIOTISME, des délits dont les auteurs
nc peuvent êire que des ennemis très-directs
des sociétés populaires, et sur-tout de ce qui
peut tendre à sauver la colonie. --- Page 199 ---
(15)
Déclare que, plein de respect pour les
droits sacrés que 'la constitution garantit à
tous les françois, il protégera toujours celui
des'assembler, de discuter sur les affaires publiques, 2 pourvu qu'il soit exercé selon les
regles établies par la loi. Signé, SONTHONAX.
No. V I.
Extrait des pieces déposées aua archives
de la municipalitéde la ville et banlieue
du Cap.
Revétu provisoirement,
Monsieur, 2 de la
place de procureur de la commune par la
municipalité du Cap, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous gardiez en mémetems les fonctions de contrôleur de la marine. Il seroit très-fAcheux, et ce n'est
à moi à le souffrir, que vous fussiez victime pas
de voire dévouement à la chose publique.
Je vous confirme les deux charges dont
vous êtes honoréjusqu'après l'arrivée de M.
Lavergne, qui remplira alors définitivement
la magistrature que vous allez provisoirement
exercer.
Au Cap, le 5. Décembre 1792. Le commissaire national civil; sigpe,SONTHONAX.
Il seroit très-fAcheux, et ce n'est
à moi à le souffrir, que vous fussiez victime pas
de voire dévouement à la chose publique.
Je vous confirme les deux charges dont
vous êtes honoréjusqu'après l'arrivée de M.
Lavergne, qui remplira alors définitivement
la magistrature que vous allez provisoirement
exercer.
Au Cap, le 5. Décembre 1792. Le commissaire national civil; sigpe,SONTHONAX. --- Page 200 ---
Ct9)
Collationné par nous contrôleur de Ia marine. Au Cap, le 5 Décemère 1792. Signé,
LARCHEVESQUE THIBAUD.
Pour expédition collationnée; Signé DE
FONDEVIOLLE, Secrétaire-grellier.
No. VII
Extrait des minutes déposées dans les
archives de la maison commune de la
ville de Rochefort, département de la.
Charente inférieure.
Procès-verbal du 14 Février 1793, l'an deuxieme de la
République françoisc.
Est entré le sieur Larchevesqse-Thibaud,
Interrogé de ses noms, surnoms, âge, qualités et demeures :
A répondu se nommer Jean-Baptiste-GabrielL.anchevesque-Thibaud.agedequarante
N
sept ans et demi, ancien procureur dela communedu Cap, et en dernier lien contrôleur de
la marine à Saint-Domingue, demeurant au
Cap,ctpropriér taire au quartier de Valliere.
Connoissez-vous les motifs qui ont porté les
commissaires nationaux-civils, à ordonner
votre déportation?
A --- Page 201 ---
(17)
A répondu entaenset
sait parfaitement qu'il ne Ta été que par
qu'il
qui est le
lcs ordres d'un des commissaires,
ciloyen Sonthonax, elc.
nc
Par des rapports moraux et politiques 2
teniez-vous pas à ceite classe de citoyens qui
dernier effort pour empéa poussé jusqu'au
accordoit la
cher Pexécution de la loi qui
liberté anx negres, et dont le vru principal
dans les Colonies comme dans la
étoit l'égalité
république françoise ?
n'existe, à sa connoisA répondu qu'il loi
accorde la liherté anx
sance, aucune
seulement cni
vrai qu'il a é1é
negres; ; qu'il est
législative un Cécret
rendu par P'assemblée de loi du 4 Avril, laconnu sous le nom
de couleur et
quelle accorde aux hommes
les cinegres libres l'égalité politique avec
blancs. Qu'à l'égard de cette loi, iln'a
toyens aucunes liaisons morales ni politiquesavec
eu
s'être opposés à soll exécuceux qui penvent
et-par éiat,
tion; que loin delà, par principe
la
concouru à son exécution
il a constamment
plus parfaite: par principe, en cec quel'opinion
maintenoit le negre dans son état de suborqui
FaEE
blanche, étant absolument anéantie par
l'insurrection pece
des negres, le préjugé dela couB
Pieces Justificatives.
isons morales ni politiquesavec
eu
s'être opposés à soll exécuceux qui penvent
et-par éiat,
tion; que loin delà, par principe
la
concouru à son exécution
il a constamment
plus parfaite: par principe, en cec quel'opinion
maintenoit le negre dans son état de suborqui
FaEE
blanche, étant absolument anéantie par
l'insurrection pece
des negres, le préjugé dela couB
Pieces Justificatives. --- Page 202 ---
vA
(18)
leur
devenoit, non - seulement inutile, mais
même nuisible, par une raison bien
quiest que la seule force
simple,
placer l'opinion
peut désormais remla
pour maintenirle negre dans
subordination, et que cette force, pour être
eflicaee, devant être indligène -
Jieux mêmes,
2 prise sur les
comme T'expérience ne l'a récemment que trop bien prouvé, il faut de
toute
de couleur et
-oninata
effet
negres libres pour produire cet
avec succès, et que les hommes de couleur et negres libres ne peuvent y être déterminéss sûrement qwenleurprenientumny
iniérêt qui les y porte; que cet intérét grand
être.a autre que leur assimilation
ne peut
les Blancs.
parfaite avec
Par état; en ce que sa place de
la commune lui enj imposoit
procureur de
devoir; devoir
formellement le.
-
qu'il a rempli avec la plus
grand: exactitude: ce quiest si
:
vrai, qu'ayant
provoqué au mois de Juillet dernier la fête
civique de la fédération au Cap, etles
blancs ayant cru devoir célébrer cette citoyens fête
un repas patriotique quiavoit
par
pour. but de cimenterfunion entre principalement les
libres de toutes les classes, il s'est rendu citoyens
lieu oit se donnoit ce repas, et que là il au a
mangé, bu et dansé avec les citoyens de
cou- --- Page 203 ---
(19).
leur, au grand scandale de
crates dout il faisoit
quelqués aristox
tems, de mépriser la profession, depuis longvrai encore
critique ; ce qui est si
, que la
du Cap, dent il étoit municipalité provisoire
deux places d'ofliciers procureur-syndic, ayant
il lui proposa de municipaux vacantes ;
pardeux
remplir ces deux places
remplir citoyens de couleur, comme aussi de
de
par un citoyen de coulenr la
substitut du procureur de la
place
étoit également vacante.
commune,qui
Que ce fait et le précédent
attestés par la
pourroient être
municipalité du
second pourroit l'être
Cap; que le
commissaires
encore par les citoyens
Sonthonax,à nationaux civils, 2 Polverel et
la
quiilft part de son idéeavant de
proposer à la municipalité,
lesquels
prouverent, en lui disant
Fapinsister, pour
cependant de ne pas
cultés;
peu que cela éprouvât de diffiqu'elletivementlan
que très-portée à recevoir municipolité, dans
quoicitoyens de couleur, ne crut
son sein des
voiradopter. la mesure
pasnéanmoinsdedoit, non-seulement proposdéopw@oll.regne
inconstitutionnelle, comme illégale, comme
attendu que les officiers
municipaux et le substitut du
commune devoient être
precureur de la
nommés par. le peu.
B: 2
és;
peu que cela éprouvât de diffiqu'elletivementlan
que très-portée à recevoir municipolité, dans
quoicitoyens de couleur, ne crut
son sein des
voiradopter. la mesure
pasnéanmoinsdedoit, non-seulement proposdéopw@oll.regne
inconstitutionnelle, comme illégale, comme
attendu que les officiers
municipaux et le substitut du
commune devoient être
precureur de la
nommés par. le peu.
B: 2 --- Page 204 ---
20 )
en cé
ple, mais encore comme prématurée, selon toutes les
que l'on ne devoit pas tarder,
apparences, à élireune nonvellemenicipalité
Ajonte le répondant qu'il est tellement partisan de la loi du 4 Avril, qu'il a civil plusiéurs Son
fois proposéan citoyen commissaire entiere exéfaciliter la pleine et
thonax, 71 pour
loi, de fondre les cicution de cette même
ou sections
toyens de eonleur dans les districts
a vu
de la ville du Cap, et que lui répondant
le
qu'au lieu d'adopter ce parti,
avec peine
à la lettre et à T'esprit de la loi
seul conforme
bataillon
du 4 Avril, ilait créé un sixieme
de la garde nationale du Cap uniquement le
de citoyens de couleur, chose que
composé
en ce
répondant regarde comme impolitique,
queposa
que, pour
la
rompliranapartenmmme
sible les vues des législateurs quiont porté
-
il convenoit de mêler
loi du 4 Avril dernier,
les classes des ciet confondre entr'elles toutes
afin de
libres de toutes les couleurs,
toyens
entr'elles cette uion, cette harmaintenir
rétablir la paix dans
monie si desirables pour
travaillée
une Colonie depuis trop long-tems la municidissentions intestines : que
parles
également rendre témoignage,
palité pourroit
cette maniere de penser a
s'il le. falloit, que
toujours été celle du répondant. --- Page 205 ---
(ax)
Connoissez-vous les molifs qui ont insurgé
i
les Negres?
A répondu que non; mais. qu'il présumd,
vraisemblance, quec'est un
avec beaucoupde
qui, de France,
systême de contre-révolution
caiqui le
s'étendoit jusqu'aux Colonies; que
à le croire, est que les, Negres ne sonb
porte
insurrection que deux mnois.. après
entrés Pévasion en de Louis Capet , qui a eu lieu le
d'un autre côté tons les in21 Juin 1791; que a fait subir aux différens
terrogatoires qu'on
negres révollés qui ont été pris, attestent que
les negres en insurrection ne se réclamoient
du roi, se disoient les soldats du roi, préque tendoient n'etre armés quo pour le rétablirsur
n'aroient
exi de gucrre que. ces
son trône;
pour
leur liberté
mots gens di roi, disoient ne tenir
du roi,ne connoissoient d'autre pavillon
quele que, pavillon blanc, etc.; quainsi ce seroit
une grande erreur de croire que la révolution
ait donné lieu à Pinsurrection. des negresis
Saint-Domingue; qu'une preuve qui a paru,
sans réplique au répondans de ce qu'il avance
ici, est que lon ne retrouve chez les negres
révoltés aucune des formes amenées par la
révolution, qu'on ne voit parmi euxni municipalités,ni assemblées primaires ou de commune, ni club, ni en un mot aucun des étaB3
illon blanc, etc.; quainsi ce seroit
une grande erreur de croire que la révolution
ait donné lieu à Pinsurrection. des negresis
Saint-Domingue; qu'une preuve qui a paru,
sans réplique au répondans de ce qu'il avance
ici, est que lon ne retrouve chez les negres
révoltés aucune des formes amenées par la
révolution, qu'on ne voit parmi euxni municipalités,ni assemblées primaires ou de commune, ni club, ni en un mot aucun des étaB3 --- Page 206 ---
- 22 )
blissemens auxquels la révolutionad donnélien;
qu'il n'est donc pas possible de douter que
l'insurrection des negres ne soit une suite
malheureusement trop certaine de cet esprit
contre -révolutionnaire qui a été propagé à
Saint-Domingue par des hommes qui, sans
doute, ont reçu cettemission,soit de Cobleniz,
Soit des autres ennemis de la révolution françoise.
Avéz-vous connu Blanchelande, Cambefort
et d'Esparbès? Ne sont-ce pas ceux-là quiont
soufflé aux negres cet esprit contre-révolutionnaire qui désole la Colonie?
- A répondu, à légard de Blanchelande, qu'il
n'a point de preuve positive qu'ilaitrépandu
R
parmi les negres révoltés cet esprit contrerévolutionnaire: ; mais que la conduite que
R
ledit Blanchelandea tenue danslemploi qu'il
a. fait de ses divers moyens pour la rédueI
tion des negres , luira a donné, à lui répon-
:
dant, les plus foris soupçons qu'il ne voyoit
pas de mauvais cil la révolte des esclaves, et qu'il pouvoit regarder cette révolte
comme un moyen d'opérer la contre-révolution à Saint-Domingue, ou, ce qui revient
presque au méme, d'y rétablir l'ancien régime.
- Qu'al'égard de Cambefort, le répondant --- Page 207 ---
(23)
Ta suspeclé de n'eire pas Fami de la révolution, en ce que, entr'autres choses, Paide-decamp dudit Cambefort,dursqui éloit porteur:
de quelque message de sa part, fappeloit
monsieur le Baron. Que dun autre côlé, il
a paru at Cap un écrit fait par le citoyen
Gros, ancien procureur syndic de la municipalité de Valliere, et qui avoit été pendant
trois mois prisonnier chez les Brigands,dans
lequel ledit Cambefort est violemment inculpé
de s'être entendu avec eux;qu'un témoignage
pareil, émané d'un tel homme, et consigné
dans ull écrit signé de lui, revêtu du nom
de l'imprimeur, a produit chezle répondant
plus que du doute sur les intentions et les
principes dudit Cambefort; d'autant que ledit
Cambefort n'aj jamais réclamécontre cet écrit,
ne l'a jamais dénoncé comme calomnieux,
n'en a jamais poursuivi l'auteur ni limprimeur, et que luis répondant n'a connoissence
à cet égard que d'am démenti domé dans les
papiers pablies du Capau citoren Gros par
un sous-oflicier du régiment du Cap.
Qu'à Fégard de d'Espariès, il a restétrop
peu de tems au Cap, pour que le répondant
puisse assurer que ledit d'Esparbès ait semé
parmi les negres Pesprit contre - révolntionnaire, etc,.
B4
limprimeur, et que luis répondant n'a connoissence
à cet égard que d'am démenti domé dans les
papiers pablies du Capau citoren Gros par
un sous-oflicier du régiment du Cap.
Qu'à Fégard de d'Espariès, il a restétrop
peu de tems au Cap, pour que le répondant
puisse assurer que ledit d'Esparbès ait semé
parmi les negres Pesprit contre - révolntionnaire, etc,.
B4 --- Page 208 ---
(24)
Votre déportation ne viendroit-elle pas de
ce quel'on vous a soupçonné d'avoir des liaisons àvec ces trois individus?
Arépondu qu'encore une fois, ilignore positivement les motifs de sa déportation,
c'est un mystere impénétrable
que
pour lui, un,
mystere dont il a d'autant plus lien de se
plaindre, que, quoiqu'il ait resté quatre jours
dans la rade du Cap, on n'a pas daigné linterroger; qu'il a d'autant plus lieu encore de
se plaindre de ce mystere, qu'ayant apposé
les scellés sur tous ses papiers au moment
même de son arrestation, on n'a pas daigné
non plus les lever avant son départ pour
Erance,et qu'ainsi on l'a privéde pieces
lui auroient été infiniment utiles et
qui
roient beaucoup contribué,
qui aule rendre favorable, mais non-seilement à
encore à faire.connoitreses principes de maniere à ne les laisser
enveloppés d'aucun nuage; qu'au surplus il
:
n'ajamais eu de liaison, niavec Cambefort, ni
avec d'Esparbès; qu'il ena eu seulement avec
Blanchelande, pendant les premiers tems de.
son reiour, de lui répondant, au Cap; mais
que celie liaison n'a pas duré longtems, parce
que le répondant n'a pas trouvé dans la
sonne, dudit Blanchelande une maniere per-, de,
penser quilui fit croire que ledit Blanche-, --- Page 209 ---
(25)
lande étoit sincerement lamide la révolution;
que cetd-peegeés.amante que le répondant
peut s'en souvenir, versle mois de
lan dernier,
Février de
chez lui,et qu'il s'est tout-à-fait retiré de
ledit
quedepuis, laconduite qu'a tenue
Bienchelnsde a bien
dant dans la sagesce du confirméle réponqu'en effèt, au mois d'Avril parti qJu'ilavoit pris;
suivant, ledit
Blanchelande se voyant déjà
de la majorité de l'assemblée comme assuré
celle de l'ascemhlée
Coloniale, de
roissoit
provinciale du nord,]
maitre prendre des mesures pour se rendre paabsolu de la garde nationale du
ce qu'il manifesta par une letire
Cap;
au citoyen d'Assas, qui éloit le qu'il écrivit
delag garde nationale,
commandant
objet d'en connoitrele laquellelettre. avoit pour
ble les forces et la
plus exactement possilande se proposant, consistauces que Blancheladite garde nationale d'après cet état, de passei
tés del'assemblée
en revue, et diversarrécoloniale paroissant donner
augouvernen-géinéral un
sur ladite garde nationale, pouvoir trop étendu
obligé de faire un
le répondant fut
dont l'effet fût de
réquisitoire à ce sujet,
dit Blanchelande traverser les projets que lebertépublique. paroissoit méditer sur la lilifungrandéclat Quedepuis dans la Ce réquisitoire, qui
ville du Cap, les yeux
tés del'assemblée
en revue, et diversarrécoloniale paroissant donner
augouvernen-géinéral un
sur ladite garde nationale, pouvoir trop étendu
obligé de faire un
le répondant fut
dont l'effet fût de
réquisitoire à ce sujet,
dit Blanchelande traverser les projets que lebertépublique. paroissoit méditer sur la lilifungrandéclat Quedepuis dans la Ce réquisitoire, qui
ville du Cap, les yeux --- Page 210 ---
(26)
des citoyens ont constamment étéowverts
tant
unei@ianchelinsdequer du
surles divers agens
doute pouvoir exécutif et que le répondant ne
point que ce ne soit-là l'une des causes
du qui ont le plus contribué au salut de la ville
Cap, et à préserver la Colonie entiere de
retomber sous l'ancien régime.
Les principes que vous venez de
pern'ont
dévelopdu
doncjamais été parfaitement connus
citoyen Sonthonax; car s'il les eût connus, il est difficile de croire
terminé à ordonner
qu'il se fût déAi répondu
votre déportation r
vaincu
que 7 pour être pleinement conquele cioyenSonthonax étoit bien
nétré dela puretédesesp
pé-
-
dant, il ne faut que. lire principe.deluirepon la feuille du Moniteur
colonial du 7 Novembre
damment de cela ,le répondant dernier;qu'indépen
duire un réquisitoire qu'ilf fit le 3r pourroit Juillet pronier ou le Ier Août,etdansle
derles mêmes
lequelila manifesté
principes de la maniere la moins
équivoque et la plus
sitoire
éncrgique; que ce réquidéveloppe tellement la maniere de
ser du répondant et les véritables
pentroubles
causes des
qui ont agitéla Colonie de Saint-Domingue, que le citoyen Roume, l'un des
miers commissaires nationaux civils
predans cette Colonie,
envoyés
3 a jugé à propos. de le --- Page 211 ---
(27)
annombre de 2000 exemplaifaire imprimer
de
être distribués dansles provinces
res,pour du sud de
; que ce
Ponest et
Saint-Domingne; privé
même réquisitoire, qu'il est aujourd'hui les
(parce que tous
de pouvoir représenter
ont été comexemplaires qui lei en restoient
été
prissous lesscellés avec ses papiers.)(1)a civils
envoyé aux commissaires nationaux
Polverel, Sonthonax et Ailhaud, en mner,avant
entrassent dans la rade du Cap;
même qu'ils
éclairer leur religion sur le
qu'il a suffi pour
le
compte de lui répondant, aut point que
commissaire Sonthonax lui a dit, que c'étoit
qui les avoit empêen partie ce réquisitoire
Blanchelande
chés de déféreraux conseils que
de commencer toutes
leur donnoit parl lettre 2
de lui
leurs opérations par T'embarquement eussent
répondant, sans attendre mémequ'ils
mis pied à terre.
Leclureàlui Sensdaisemgpskrende
il a dit qu'ellos contiennent vé-!
ses réponses,
sous toutes rérité, qu'ily persiste, et a signé
de droit, tant contre SOnI
serves et protestations
arestation.quiecntre sa déportation, qu'ilsoutient illégales et formeliement contraires à la
déclaration desdroitsdelliommeet ducitoyen.
()11 se retrouve dans lerapport faitpa: le citoyen Roume
à la Convencion nationale.
ui Sensdaisemgpskrende
il a dit qu'ellos contiennent vé-!
ses réponses,
sous toutes rérité, qu'ily persiste, et a signé
de droit, tant contre SOnI
serves et protestations
arestation.quiecntre sa déportation, qu'ilsoutient illégales et formeliement contraires à la
déclaration desdroitsdelliommeet ducitoyen.
()11 se retrouve dans lerapport faitpa: le citoyen Roume
à la Convencion nationale. --- Page 212 ---
(28)
Closà la maison communedallochefort, les
jour, mois et an que dessus. Signe à la minute
Larchevesque - Thibaud; Delisle, maire;
Texier, Leloup, Marafret, Jossand Lainé,
Pellé, Savigny, officiers municipaux; André, procureur de la commune, et Joyeux 2
secrétaire-greflier.
Pour copie conforme, MARAFRET, officier.
municipal.
JOYEUX fils, secrélaire-greflier.
No. VIIL
Extrait des Anales Patriotiques de SaintDomingue, des 5 et 6Décembre 1792.
M UNICIPALITÉ DU CAP.
M. Larchevesque Thibaud vient de reprendre les fonctions de procuretr-syndic de
la commune du Cap. Sa rentrée dans cette
place a été signalée par un de ces actes qui
ont été la base de sa conduite pendant tout
le tems qu'il en a rempli le ministere. Déterminé sans doute à reprendre les fonctions
de magistrat du peuple par la situation déchirante où se trouve depuis quelques jours
la ville du Cap, il a développé dans un djscours plein d'éloquence et d'énergie les mal- --- Page 213 ---
(29) )
henrs qui ienaceroient la ville du Cap et
la Colonie entiere, si la division qui regne
parmi les citoyens n'est promplement remplacée par la réanion la plus franche et la
plus sincere; ii a démontré les dangers qui
peuvent résulter de la méfiance que les citoyens manifesteroient dans les autorités consdeshommes
tituées, a détruitiescalomies que
pervers, qui ne cherchent que la ruine de la
Colonie, se plaisent à verser sur les principes
des représentans de la nation.
Il a prouvé que ce sont les ennemis de la
révolution, seuls, qui cherchent à soulever
le peuple contre des chefs cqu'il doit chérir,
dans Tespoir de les voir remplacer par les
scélérats dont cette Colonie a été purgée; ; enfin il a conciu à ce quela municipalité réunie à la commission intermédiaire, et entourée de tous les citoyens, se transportât auprès de M. le commissaire civii, pour lui
protester que la confance que les citoyens
ont en lui n'est nullement altérée par les calomnies atroces des ennemis du bien public,
et pour l'inviter à venir reprendre le séjour
qu'il a habité jusqu'à cet instant.
Ces conclusions onl élé adoptées, et la municipalité s'est en conséquence transportée
chez M. le commissaire civil, pour y effec-
de tous les citoyens, se transportât auprès de M. le commissaire civii, pour lui
protester que la confance que les citoyens
ont en lui n'est nullement altérée par les calomnies atroces des ennemis du bien public,
et pour l'inviter à venir reprendre le séjour
qu'il a habité jusqu'à cet instant.
Ces conclusions onl élé adoptées, et la municipalité s'est en conséquence transportée
chez M. le commissaire civil, pour y effec- --- Page 214 ---
(30 )
tuer la proposition de M. Larchevesque Thibaud.
No. IX.
EXTRAIT du Moniteur Universel,
du 24 Février 1793.
Copie de la lettre écrite au Ministre de
ia Marine parle citayer
Rochumbeau, 9
gouverneur general propisoire des isles
sous le vent, en date du Cap, le IO
Janvier 1793, l'an deuxieme de la République Françoise.
JE préviens le ministre de la marine
les cordons de l'est et de l'ouest sont en que
pleine
marche; que M. Candy, homme de couleur,
et colonel des troupes patriotiques, a évacué
tous les postes occupés par Noël, chef des
brigands, à la tête d'une partie du cordon de
T'est; que l'adjoint à l'état - major, Auguste
Grasse, du Port de Paix, et lieux circonvoisins,s'est emparé des camps commandés par
Joseph à
de
Zepihiuinyqelechoyen Neuilly, -
lieutenant - colonel au vingl-quatrieme régiment, marche pourattaqueret enlever tous les
postes occupés par des negres révoltés, depuis --- Page 215 ---
(3r )
le Limbé jusqu'au Dondon ; et que ne pou: de
vant continuer la conduite des opérations
j'ai reçu Y'ordre du concelte guerre, puisque
aux isles du Vent,
seil exécutif de me rendre
colonel
j'ai coufié la suite des opérations au
comandant par interim de la proLaveaux,
La
du Nord seroit
vince du Nord.
province avoient voulu
nettoyée, si les citoyens du Cap
marcher le 4 de ce mois, lorsque le comMais,
missaire civil rendit sa proclamation.
cependant,) j'ai, je crois, donné au colonel
Laveauxlesmoyens de se passerde la ville du
la conquête des noirs armés. Nous
Cap pour
été dans Pinaction den'avons cependant pas
quelque tems. M. Sonthonax s'apercepuis du
la faetion de l'assemblée
vant
piege.de
de Saint-Marc, qui ne cherchoit qu'à gagner
traîner en longueur, 2 afin de
du tems, qu'a
de dégoûter la métroperpéiuer cette guerre,
des troupes et
pole d'y envoyer des vaisseaux,
des fonds, et partir de cet abandon qu'ils
supposent 7 pour prononcer Vindépendance
de la Colonie; M. Sonthonax, dis-je, m'a red'employer la force publique pour emquis barquer et envoyer à la Convention nationale
Thibaud,d'Augy,
les citoyens Larchevesque Raboteau, les chefs de
Delaire, 2 Lalanne, séditieuse de l'assemblée de Stcette faction
es et
pole d'y envoyer des vaisseaux,
des fonds, et partir de cet abandon qu'ils
supposent 7 pour prononcer Vindépendance
de la Colonie; M. Sonthonax, dis-je, m'a red'employer la force publique pour emquis barquer et envoyer à la Convention nationale
Thibaud,d'Augy,
les citoyens Larchevesque Raboteau, les chefs de
Delaire, 2 Lalanne, séditieuse de l'assemblée de Stcette faction --- Page 216 ---
(32)
Marc, cqui iétoient renfermés dans la ville da
Cap, qui dirigeoient les commotions qu'ellé
ressentoit depuis plus d'une année. J'ai obéi.
à cette réquisition, et ces perturbateurs sont
à bord inaintenant, et prêts à partir pour
aller rendre compte à la Convention natiomale. Je pars demain pour les isles du Vent.
Signé ROCHAMBEAU.
No. X.
Copie de la lettre écrite ai Ministre de Ta
Marine, 2 par le citoyen Sonthonaa, com2a02apacrae
en date du Cap François, le II Février
*
1793, Pan premier de la République,
imprimée par ordre de la Convention
Nationale.
1 5
CITOYEN,
N -
A notre arrivée à Saint- Domingue, il 3
existoit deux factions, les royalistes et les aristocrates de la Peau. Les premiers ont. été
frappés dans la journée du 19 Octobre dernier au Cap; le coup a retenti dans toute la
Colonie, et l'heureuse nouvelle de la république francoise les a faif disparoître. Les
seconds --- Page 217 ---
(33 )
secontis eh sont devenus
ie parle iciy et sur-tout plus audacienx. Oa
au Port-au-Prince,
quedindependance
de couleur; jouets de bemmalisunanreiora tous les
roient égorgés sansla
complots, Seet de ses mandataires. protection' de la France
J'envoie à la Convention nationale
rendre compte de leur conduite
pour y.
gés,trois membres de
et étre juMarc et de la, seconde Tassemblée de Saintàvec le
assémblée coloniale;
cheval du commandant de la gardé nationale à
hombre Gap: Ces quatre individus sont
des plus acharnés
du
du 4Avril.
ennemis de la loû
Je vous ferai passer
clarations qui constatent successiventent leur
les dédélit..
Larchevesque Thibaud arrive
deaux, avec Micliel,
par Borgarde nationale à
commandant de la
tant,
cheval, sur le tavire
capitaine Goste.
TEcla:
D'Augy et Raboteau vont
les navires la Perle et la par-Marseille, stie
taines Terruce et Garrin: Erungoise, capiUn incident m'a' fourdi l'occasion
porter quatre soldats du
de dé:
ce régiment d'Artois
Pott-ansPrince, dé
égaré, et dont ils
que les factieux ont
d'hui à prolonger T'erreur cherchent enicore aujonrs.
Pieces
sur le préjuge des
Justfficatives
C
Goste.
TEcla:
D'Augy et Raboteau vont
les navires la Perle et la par-Marseille, stie
taines Terruce et Garrin: Erungoise, capiUn incident m'a' fourdi l'occasion
porter quatre soldats du
de dé:
ce régiment d'Artois
Pott-ansPrince, dé
égaré, et dont ils
que les factieux ont
d'hui à prolonger T'erreur cherchent enicore aujonrs.
Pieces
sur le préjuge des
Justfficatives
C --- Page 218 ---
(34)
couleurs. Envoyés par des scélérats, ils
venus soulever la fidele garnison du éteient.
général Rochambeau les a faitarréter Capale sur-lechamp,etije les renvoie en France
en
purger la Colonie.
pour
Cinq autres coupables, dénroncés
voix publique comme les
par la,
malbenreuses
instigateurs des
Décembre
journécs du comitnencement de.
Je
dernier, ont subi le même sort.
suis, - forcé,contre mongré, contre mon
caractere, à tous ces actes
f faut que la loi, l'égalité, desévérité; mais,
Thumanité triomphent;etje m'immolerai, s'il le faut,
remplir ma, nission. J'appelle sur ma tête pour la
responsabilité, si je fais mal; mais sis suis
le but de la Convention
aje
*
d'être soutenu,
nationgle,je demande,
a
rilleuse
d'être encouragé daps la pécarriere-que j'ai entreprise.
Le
-
commissaire civil de la
françoise à Saint - Domingue. république
a
THONAX.
Signé SoxNo, XL
Extrait du Monitetr général de la partie
Françoise de Saint - Domingue, rdu 4
Janvier 1793.
AUJOURD'HUI mercredi, 2 du mois de Jan- --- Page 219 ---
(85)
vier de l'année 1793; l'an
publique
premier de la ré
maison du françoise, à midi précis, dans la
isles de
citoyen gouvérneur - général des
PAmérique
du Cap
sous-le-Vent, en la ville
françois, isle
tiroyen
Sint-Domingue : nous
Pierre - Joseph
saire auditeur des
Leborgne, commiscitoyen Donatien guerres 5 eh présence du
général, du citoyen Rochambeau, Etienne
gouverneurmandant la province du
Laveaux, comLouis-Stanisias
Nord, et du citoyen
dant-général.de Richardin, adjoint à T'adjuportés au secrétariat l'armée, nous serions transs'
du
y faire le relevé des noms gouvernement, des
pour
se,sont fait inscrire
citoyens qui
negres révoltés,
pour marcher contre les
7 de la proclamation aux termes des articles 6 et
du
cité Sonthonax,
cifoyen Léger L Félicommissaire
délégué aux isles françeises national.civil,
pour y rétablir l'ordre et la sous-le- Vent
blique, ladite proclamation tranquillié pu-
: du mois dernier,
en date du 30
ticle 6 : ( Jugeant par laquelle il est ditalar
t claves révoltés
une" sortie conire les esabsolument
t invitons tous les
de indispensible,
( à s'inscrire, dans citoyens le
bonne volonié
: t au secrétariat du
délai de deux jours,
k prêts aux ordres gouvernement, du
pour être
citoyen gouverneur:
Ca
blique, ladite proclamation tranquillié pu-
: du mois dernier,
en date du 30
ticle 6 : ( Jugeant par laquelle il est ditalar
t claves révoltés
une" sortie conire les esabsolument
t invitons tous les
de indispensible,
( à s'inscrire, dans citoyens le
bonne volonié
: t au secrétariat du
délai de deux jours,
k prêts aux ordres gouvernement, du
pour être
citoyen gouverneur:
Ca --- Page 220 ---
(36)
( général > ; à Tarticle-7: C Ceux quisaprès
fait
refuseroient de marcher,
< s'êtré
inscrire, infames et indignes du droit
K seront réputés
( de citoyen françois >.
Louis
Nous autjons demandé aù citoyen
Philippe, secrétaire du citoyen gouverneus
les inscripgénéral; : nommé pour recevoir
la liste nominale
tions, de nous représenter conformés à la
des. citoyens qui-se seroient commissaire natioproclamation du citayen
nal civil, ce qu'il auroit fait sur-le-champ, inscrils
et auroit donné la liste des citoyens suit,
dans le délai de deux jours, ainsi qu'il Au
savoir, Si 2 etc. en, tout quatorze personnes.
basi de ladite liste est écrit : ( Je soussigné,
les noms des personnes qui
C certific qué
'sont les noms des
C sont inscrites ci-dessus, soient venues au se-
€ seules personnes qui
sy faire inscrire,
s.crétariat dugauvernements
du
les invitoit la proclamation
< aigsi-que commissaire, national civil, en date
C citoyens Décembre dernier. Fait au Cap franC du 30
le deux Janvier de
c çois, a midi précis,
secré4
année. Signé PHILIPPE,
( la présente
général provisoire des"
K taire du gonvérneur
( isles sous-le-Vent >.
ledit ciaurions de suite interpellé
-
Nous
de prêter Serment que ladite
toyen Philippe --- Page 221 ---
(37) )
L
étoit sincere et
liste qu'il nons"a représentée
(véritable, ce qu'il anroit fait sur-le-champ; le
et lui en aurions donné acte. Et comme
delni/wra/Re-deus jours est expiré à Pheure
de midi ci-dessus mentionnée, nons aurions
clos, le présent procès-verhal 1, pour servir et
valoir ce que de raison, que nous aurions
signé, ainsi que les citoyens Rochambeaur; bas de
Laveaux, Richardin et Philippe, au
cliaqque
et à la.fin, qui ont éié-de - nous
page
cins
paraphées:
Fait au Cap, les jour, mois et an que dessus. - Donatien Rochambeauet. Luzeaux;L.
J. Richardin; Louis Philippe et Leborgne2 i
à
Donatien Rocham21 Signé
Foriginal,
beau.
21 Collationné, Leborgne.
iviS
No. XIL,
Af Su
3 55 :0o
Au nom de la République Françoise.
SITES
AT UXICINALITE DU C.AP.
AL
de lar
Nous maire et officiers municipaux
ville et banlieue du Capy-voulant donner au
citdyen Larchevesque Thibaud; ancien proC3
L.
J. Richardin; Louis Philippe et Leborgne2 i
à
Donatien Rocham21 Signé
Foriginal,
beau.
21 Collationné, Leborgne.
iviS
No. XIL,
Af Su
3 55 :0o
Au nom de la République Françoise.
SITES
AT UXICINALITE DU C.AP.
AL
de lar
Nous maire et officiers municipaux
ville et banlieue du Capy-voulant donner au
citdyen Larchevesque Thibaud; ancien proC3 --- Page 222 ---
( 38 )
cureur-syndic de la commune de cette
une preuve de notre estime
ville;
fattachement
particuliere et dej
clarons
que nous lui avons voué, dé-*
et attestons qu'ayant rémni les
frages unanimes de ses concitoyens
suf la
place de leur progureur-syndic, il pour
pendant son exercice des
a donné
éclatantes du
preuves. les plus
plus
pairiotisme le plus pur et le
ardent; qu'en défendant les droits de
Sa.copciloyens aveç la plus grande
et une énergie peu commune, il a
force
un zèle
démontré
rigide' .
infatigable, et, par-dessus tout, une
observance' aux décrets nationaux, et
s'est, dans toutes les occasions, montré 1
de' la constitution; déclarons ?
Fami
-
donné sa-démission
enfn quil h'a
dedla: place
de la commune de cetté ville de-procuréur
plir celle de contrôleur" de. la que pour rem1
suffrages du citoyen commissaire marine,oules civil de la
:
république et di. citoyen. directeur
des financès l'ont appelé; place
général
avons vu quitter" avec
que nous lui
concitoyens ont
regret, que tous ses
partagé.
En conséquence, nous le recommandons
dune maniere spéciale à toutes les municipalités, à tous les cerps légalement constiués
auxéuels il se présentera, promeitent d'avoir
pour agréable l'accueil fraternel qu'on lui --- Page 223 ---
(39)
fera, offrant le même à ceux qui, comme
seront porteurs d'une pareille
lui,
tion.
recommandau1
tr 0
Donné en la maison commune du
neuvieme jour de Janvier
Cap,le
mier de la république
1793, l'an' preSigné Chevallier françoises.
RET
rier, officier
Tainé, maire; Chari
municipal;
cier municipal; Carrié, dAubogna, offiPicard, officier
oflicier municipal;
officier
municipal; Louis Foucher;
municipal; ; Brocas, officier municipal; de la Vergne, Procureur de la commune; de Fondeviplle, secrétaire
Cing mots rayés nuls,
- greffier.
En marge est apposé le sceau de la municipalité du Cap. 319
90A
No. XIIL
Estrait du Moniteur
Frangoise de
généralide Za partie
- 20 Novembre Saint-Domingaue, di Mardi
iTe
1792:
eob
:
SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA CONVENTION
NATIONALE, SÉANCE DU 18.
M. Granier monte à la tribune, ef développe, dans.un discours plein
d'énergie, et
C4
ier.
En marge est apposé le sceau de la municipalité du Cap. 319
90A
No. XIIL
Estrait du Moniteur
Frangoise de
généralide Za partie
- 20 Novembre Saint-Domingaue, di Mardi
iTe
1792:
eob
:
SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA CONVENTION
NATIONALE, SÉANCE DU 18.
M. Granier monte à la tribune, ef développe, dans.un discours plein
d'énergie, et
C4 --- Page 224 ---
6r40 )
dicté pan-le sentiment, les-obligations
anenses que la ville du Cap.et la
in
tiere ont à M. Larchevesque
Colortie epThibaud; il
trace Sa : conduite depuis silero commméncexbient rede-da tévolution 30 et Prouve rque le:
tisme le plus purglel couragele mieux patrios
zen, l'intérêt colonial leimienx
souaoujonrs: été la base des sesactionsii senti,i Font
sac fermeté dans Fassemblée de-Saint-Maris iliranpelle
seseforts dans le sein ide: la mélropoalempone
embraser. les ciloyens
du: deu
du.Cap ét la: L Golonie
sacré de la constitulion, - le juste choix
quen fitl la commune du Cap pourle charger de défendre sesintéréls coinme proourenra
syndic,det.c
commecles-senl. hommes capable
dl'étouffer, par la pureté de, ses
T'hydre de Taristocratie, Il le dépeint principes,
les journées des28 Avril, 23 Mai, 5, 18et dans
19 Octobre, tantôt contenant par sa ferineE
16les factieux qui cherghoient àt troubler
l'ordre public, tantôt. encourageant.
présence et son vexempleseena qui vouloient par sa
réprimer l'inisolence des anciens agens
pouvoir. - exécutif, 7 se porlant toujourer oi du. de
salut public Lappeloit, x bravant les
les plus imminens, méprisant lesfactionstras dangers
mées, çontre luist décopcertant par
*
lance et -son activité les perfides savigiprojets des M --- Page 225 ---
(45 )
sacrifiant enfin
ennemis de la Révolution,et
écraet ses plaisits pour
son temns, soxiniérens de Coblentzs et faire
seiil lès compables agens
4,4
triompher lai constithtion.
rapide de
Après avoir fait une description
de uses
et de ses vertus ,
ses talens,
qualités qui fut faite par de
il rappelle In.demande
d'élever une stafanatiques révolutionnoires ennemi de la
tue àil Barmave,à cet astucieux
déserteur
Colonie et de la France, à ce lâche
de la cause de sa patrie 2 et invite les citoyers
du Cap à élever un monument qui pnisse red
et présenyer à la postérite la plus
rappeler
vrais
M. Larcilée le modele-des
patriotes, T
si
clievesque Tlibaud; et considérant que,
la ville du Cap doittoute sa- reconnoissance' mieux
citoyen, elle ne sanroit
à ce généreux
lai témoignant encore à ses
Pexprimer qu'en demande:
lat société lui
déscendans, il
que
Finenvoie une, nombreuse députation pour à
et
viter à 2 se rendre dans: son sein,
et per- né
mettre que son dernier enfant; concu le
le baptéme jour
dans la révolntran,reçoive
sous le
de Pinstallation de la minicipalité, société,
nom de Chéri, qu'il soit allilié à la
et
que MI. le maire, ce citoyen estimable
trois fois élu par le peuple, soit, également
invité à être son parrain, et que M.le com-
députation pour à
et
viter à 2 se rendre dans: son sein,
et per- né
mettre que son dernier enfant; concu le
le baptéme jour
dans la révolntran,reçoive
sous le
de Pinstallation de la minicipalité, société,
nom de Chéri, qu'il soit allilié à la
et
que MI. le maire, ce citoyen estimable
trois fois élu par le peuple, soit, également
invité à être son parrain, et que M.le com- --- Page 226 ---
missaire national civil, (4) M. le
néralet M. le président de la gouverneur géterm édiaire soient aussi
commission Inà toute la société
priés de se joindre
monie.
pour assister à. cetten céréAPPLAUDI AVEC ENTHOUSIASNE.
M. Flanet observe que. les laix du royaume
ayent prononcé qu'il he sera point élevé de
monumens aux grands hommes de leur vi
vant, il est une récompense bien flatteuse
pour un citoyen vertueux et pour un vrai patriote, s et que cette récompense est la couronne civique. En conséquence, il
que M.I Lagchevesque Thibaud soit proposè invité à
se rendre à la: séance du lendemain, et,
là, M. le.président lui
que;
placera sur la tête la
couronne civique au nom de toute la com-!
mune du Cap.
Un membre observe qu'en différant cette.
cérémonie
jusqu'au
-
jour de
la municipalité, elle en
Tinstallation:de,
aequérra plus de
:
solemnité. Cette proposition est adoptée.
La seconde proposition, de M.
Iative au baptéme du fils de M-Larchevesque Granierare
Thibaud, est ajournée à la séance du lende:
main.
RoR
S
80 ouioar Si
o
: --- Page 227 ---
(43)
No. XI V.
Extrait d'une adresseen date du 30 Octobre
la société des amis de
1792,mtituée: nationales établie au Cap
le la Convention
des
la société-mere
ible 4Octobre 1792,
amis de la constitution, aux Jacobins',
à Paris.
à
formée, fut instruite
La société, peine la dissoudre à main armée.
que l'on vouloit
à celle que nous veCette nonvelle, jointe
"où limpinions. de recevoir des camps,
toyable mort exerce les plus terribles ràvages;
Le peuple
fait naître l'indignation géiiérale.
de dése leve tout entier 3 jure à Passemblée derniere
fendre la patrie jusqu'a la
et arrête que. le
,
at
de son sang,
à
Octobre, tous les citoyens ' se rendront
lieu des séances de la
la salle du spectacle,
adressée;
société, pour y signer une pétition à MM. les comau nom de tous les citoyens;
Tembarmissaires nationaux - civils, pour
de tous les traîtres, tant de lancieh
quement
exécutif, adminis
que du nouvéau pouvoir
tratif et judiciaire.
procureur de
M. Larebvesgwe-Tibaud,)
de son sang,
à
Octobre, tous les citoyens ' se rendront
lieu des séances de la
la salle du spectacle,
adressée;
société, pour y signer une pétition à MM. les comau nom de tous les citoyens;
Tembarmissaires nationaux - civils, pour
de tous les traîtres, tant de lancieh
quement
exécutif, adminis
que du nouvéau pouvoir
tratif et judiciaire.
procureur de
M. Larebvesgwe-Tibaud,) --- Page 228 ---
(44)
la commune, est chargé, en son nom, d'étre
le rédacteur de cette pétition. C'est à ce digne
citoyen, tant calomnié en France, que le
Cap est rederablé de son existence.: Le 17,.
à neuf heures du matin, les citoyens se rassemblent. M. Robquin, adjudant-major du
troisieme bataiilon de l'Aisne. , membre de
yotre sociélé, et vice-président de la nôtre,
ouvrit la séance, et instruisit lest patriotes
réunis du motif.de l'assemblée. Chacun jure
de ne point désemparer que la Victoire ne
fat complette. Le mémoire est présenté; on
en fait" lecture; % les citoyens s'empressent ide
le signer, et le portent de Suite aux
-
commissaires nationaux-civils:
SOuS kor
A cetté nouvélle, la
e
crainte s'empare des
ames' lâches.et. féroces de nosi ennemis. Tous
les intrigans, les soi-disamns grands planteurs;
a
les ofliciers dul régiment du Caps de: Walshi,
et id'autres différens corps,s'assemnblent
#
chéz
Carabefort. Bientôt nous. -
: apprenons ques les
troupes sont consignéés aux casernes, que les
olliciers,en les endectrinahti/jurent de commencer leur vengeance par Larchevesque
Thibaid, et de massaerer sans pitié tous les
citoyens quise's sont! distingués, 3 soit par leur
patriotisme, soit par leurs travaux à l'assems
blée coloniale, éct. --- Page 229 ---
(45)
No. XV.
Extrait d'une lettre. adressée à la Conveni
citoyens Polverel;
tion nationale parles
commissairesAillaud el Sonthonaz,,
civils délégués à Saint-Domingwe, en
date du Caple: 25 Octobre 1792,imprirnée
par ordre de la Conventionpaisibles et sans armes
DEs rassemblemens
sont formés : un clubs'est établi sous le nom
se des amis de la Convention nationale : on y
dénoncé hautement les anciens agens du
a
exécutif comme les auteurs de tous
pouvoir
Colonie. Ce club étoit formé
les maux déla
de citoyens réunis des trois couleurs ; quelque ces élans
ques-uns, nous ayant témoigné
d'esde liberté pouvoient nuire dans un pays
fimes inviter la société à se séclavage, nous
et à cesser ses séances : deux minutes e
parer
notre voeu fut connu, la foule des
après que
tant les patriotes
délibérans étcit dissipée,
les orgunes de la lois
ont de respect pour Octobre, la commune
Le lendemain 18
s'assembla dans-I l'église : les dénonciations se
renouvellerent avecfureur: la garde nationale
prit les armes, et sur le soir la municipalité
iter la société à se séclavage, nous
et à cesser ses séances : deux minutes e
parer
notre voeu fut connu, la foule des
après que
tant les patriotes
délibérans étcit dissipée,
les orgunes de la lois
ont de respect pour Octobre, la commune
Le lendemain 18
s'assembla dans-I l'église : les dénonciations se
renouvellerent avecfureur: la garde nationale
prit les armes, et sur le soir la municipalité --- Page 230 ---
(46)
vint nous avertir que la sureté de la ville étoit
compromise: Le bataillon.
couleur étoit alors
des.citoyens de
missoriale
aufour de la maison com-,
, mélé avec la garde nationals
Bunches fussent pour veiller à ce que nos jours ne
point. en péril. : a
* Malleureusement ily avoit auprès des
sernes un corps-de cavalerie nationale
cataire, qui, àu lieu de se réunir
volonse trouvoit parmi les satellites aux citoyens s
du
meni. Ce corps portoit Funiforme de gouverne- lar
de
maison
Condé-, 2 innocemment sans doute
des couleurs aussi
; mais
universellement
devoient
proscrites
déplaire au peuple. On leurcria de
dit
emgnam-enfrns
par un coup. de pistolet étourdivrépon- gui blessa
cioyen; aussi-tôt.une gréle de balles
un
snr eux : trois furent
fondit
tués, et sans le courageux dévouement de M.Laveaux
nant-colonel
(s),lieuteI
s commandant les dragons du
sei.ieme régiment, quileur fit un rempart de
L
(1) Les commissaires Polverel, Ailhaud et
auroient été plus vrais, s'ils eussent dit que.les Sonchonax
(c'est ainsi qu'on appeloir ceux
vestes jaunes
salut qu'aa généreux
de ce corps) ne durent leur
Borcl, qui se mit au-devant
picce de canon au moment ou l'on alloir la
d'and
tirer, $ --- Page 231 ---
(47)
ses troupes 9 ils
ils
quittes pour être dioientécharpés ; en furent
déshabillés. -
Ainsi s'est terminée la journée du
Octobre, dans laquelle les amis etles 19
dans de Coblentz et de la Martinique corresponarborer la cocarde
devoient
blanche: Les gardes nationaux, péle-méle avec les citoyens de
couleur,s criant sont venus autour de notre mai
tous vive la nation. La ville cn,
illuminée toute la
a été
plus
nuit, et elle ne préente
d'amis. aujourd'hui qu'un peuple de freres et
Signé POLVEREL, , AILHAUD,
THONAX.
SOxNo, XVI
Extrait de Parrété de la
Cap des 27, 28,
municipalité du
Mars
29 Iévrier, Ier. ei 2
1792, portant
soire de la garde organisattun proviSection 2; article 25: nationale du Cap,
LES drapeaux de la garde nationale
Cap seront aux trois
du
ces mots : la partie çouleurs, et porteront
françoise de SaintDomingue, et ces autres mots :
çois Ou mourir.
vivrefran-
xNo, XVI
Extrait de Parrété de la
Cap des 27, 28,
municipalité du
Mars
29 Iévrier, Ier. ei 2
1792, portant
soire de la garde organisattun proviSection 2; article 25: nationale du Cap,
LES drapeaux de la garde nationale
Cap seront aux trois
du
ces mots : la partie çouleurs, et porteront
françoise de SaintDomingue, et ces autres mots :
çois Ou mourir.
vivrefran- --- Page 232 ---
48)
No, XVIL
Eatraitdune lettre écrite au ministre de la
marine, le II Juillet 1792, par le cia
zoyen Roume, ex-commissairé civil délégué aux Isles sous-le-Fent
J'AT fait venir au bourg de
celui de la Croix dcs
PArcahaye eta
deurs esclaves
Bouguets 18s commandeshabitations. Les
ces que j'ai eues avec eux' m'ont cônvaincu conféren-.
que les negres de ces paroisses n'ont aucune
espèce de prétention à la
Ils n'ont qu'un cri
liberté, :
des
pour 2 demander le retour 4
A
propriétaires sur leurs habitations ; ilsché
rissent filialement tous leurs maîtres, êt ne
seront heureux que lorsqu'ils les vérront
leurs femmestet leurs enfans
aved
sile maître, disent ils,
au milisu d'eux:
-
même aussi-tôt
ne peut pas venir lui-"
que nous le
nous' envoie son fils: ou 'sa fille désirons, qu'il
fant de six ans, il fera
Tat-ce un enlajoie de nos
nous le respecterons, et nous travaillerons coeurs; s
toutes nos
de
à
forces, 2 encouragés par sa présences
réparer les pertes quela guerre eivile cause
à nos maitres. Is se louent de quelques économes gérans;mais il en est plusiéurs contre
lesquels --- Page 233 ---
(49 )
quels ils témnoignent la plus grande
et celle aversion m'a
aversion;
proches de durelé paru justifiée par les rCqu'ils fontàs ces gérans.
Pour copie. Sigrié ROUME.
No, X VIIL
Décret de
Tdsemiléenationales du
let 1791, relatif aux membres 7 Juil
devantussembice
de la cigenérale de Saint-Domingue, à ceux du comité
P'ouest de ladite Colonie, provincialde
Santo - Domingo,
2 et alL sieur
commandant le
seau le Léopard.
vaisle
TAsenbicseudsnadbpapisn
rapport qui lui a été fait au avoirentendu nom de
comités des colonies,
SCS
tution,
3 de marine, de constid'agriculture et
en considération les
commerce, prenant
tions des membres explications et rétractadela ci-devant
générale des Saint-Dotingue,
assemblée
leursadresses des 19 Avril et conterues dans
22 Maid derniers,
Déciarequiln'y a dieu à
les membres de la ci-devant inculparion centre
rale de
assemblée géné
vincial Saine-Domingue, de
ceux du comité
l'ouest de ladite
proi
Pieces
Coloniey et le sieur
Justifcatives.
D
les
commerce, prenant
tions des membres explications et rétractadela ci-devant
générale des Saint-Dotingue,
assemblée
leursadresses des 19 Avril et conterues dans
22 Maid derniers,
Déciarequiln'y a dieu à
les membres de la ci-devant inculparion centre
rale de
assemblée géné
vincial Saine-Domingue, de
ceux du comité
l'ouest de ladite
proi
Pieces
Coloniey et le sieur
Justifcatives.
D --- Page 234 ---
(50)
Santo-Domingo, commandant le Vaisseau Ze
Léopard.
En conséquénce, décrete qu'elle leve les
dispositions de ses. décrets des 20'Septembre
et 12 Octobre 1790, par lesquelles les membres de la ci-devant assemblée générale de
Saint-Domingue, ceux du comité provincial
de
lesieur
1E P'ouest,etl
Santo-Douingo ont été
mandés et retenus à la suite de lAssemblée
nationale, ainsi que, les. dispositions par lesquelles le, roi a. renvoyé léquipage du, vaisseau le Léopard dans ses quartiers respectifs,
et enjoint aux officiers de. rester dans leurs
départemens.
No.. XIX.
D
Lxtrait d'une lettre du citoyen Roume aus
citoyen Jarchoregue-Tidaud; en datè
deParis le 16. Mars 1793.
ro
-
CITOXEN,
JE vois avec règret, par le'style et le fond
de votre lettre de.ce jour; que vous avez reçu
et suivi depuis hier des conseils tout différens
de,c ceux quej'avois prisla liberté de vous don- --- Page 235 ---
(51)
ner. Vous êtesle naître dedonner votre confiance à qqui vous croyez la mieux mérier;
mnais il me seroit impossible de voirles choses
sous un autre aspect que celui dont je vous
ai fait part, etc.
Tout le tems que j'ai demeuré à Saint
Domingue, 2Os principes et votre zele patrotique vous ont mérité moi estime et
mon admiration. Lorsque la loidu 4Avril
arriva, vous abandonndtes
les préjugés
courugeusement
que vous partagiez apec les
colons biancs contre ceux de
couteurs VOUS
YOUsSOCNITES,SANS LA MOINDRE HÉSITATION, A LA LOI DU 4 AVRIL. Profitant de
Pinfuenee que pous donnoient vos
tions de procureur de la
fonctout
commune, et surPinfluence morale que votre civisme
vous avoit acquise, VOUS
OPINION
FUTES,SELON MON
2 CELUI QUI CONTRIBUA LE PLUS
EFFICACEMENT A L'EXÉCUTION PAISIBLE DE
LA PUBLICATION DE CETTE LOI DANS LA VILLE
DU CAP, TANT PAR vOs DISCOURS
VOS DÉMARCHES PRÈS
QUE PAR
DES CITOYENS BLANCS.
Lorsque j'cus engagé le citoyen Savary 2
senir aie Cap, afin de ramener ses concitoyens sur les fausses idées que le. parti
costre-résedstionvatre pouvoit leur avoir
fuit adopter, et pour les éclairer suer leurs
Da
DE
LA PUBLICATION DE CETTE LOI DANS LA VILLE
DU CAP, TANT PAR vOs DISCOURS
VOS DÉMARCHES PRÈS
QUE PAR
DES CITOYENS BLANCS.
Lorsque j'cus engagé le citoyen Savary 2
senir aie Cap, afin de ramener ses concitoyens sur les fausses idées que le. parti
costre-résedstionvatre pouvoit leur avoir
fuit adopter, et pour les éclairer suer leurs
Da --- Page 236 ---
(32)
prais intéréts, vous ettes encore le cou:
rage, affrontant les reproches de la vanité
des blancs, de rendre avec moi, quoique
vous/ussiezalors procureurde. ela commune,
une premiere visite à ce citoyen de couleur logé chez un autre citoyen de couleur;
dans laquelle visite, pous et lui laissant de
côté tout ce qui n'étoit que cérémonial ou
étranger au bien de la Colonie, j'eus la
satisfaction de pous entendre dire à Pun
et à Pautre les choses les plus sages et les
plus capables de réparer les malheurs de la
Colonic, aZL moyen d'une parfaite réunion
de tous les libres ayant des principes patriotiques à Saint-Domingue. Je consigne
ici ces faits , all cas que vous pensiez qu'ils
puissent ujouterau bien que j'ai dit de vous
dans m072 rapport, etc.
A
Je serois affligé que vous crussiez devoir
anterrompre toute correspondance avec
a
moi;
mais, si telle éloit votre intention, soyez certain que votre erreur ne porteroit aucun changement à ma maniere de penser et de dire
sur ce qui vous concerne pendant monséjour
à Saint-Doraingue. Ainsine vous génez pas
vis-à-vis de moi, etc. Signé ROUME. --- Page 237 ---
( (53)
No. XX.
Extrait du réquisitoire du citoyen Larcheprocureur-syndic de la
vesque-Thibaud.
commune du Cap,du premier. rAoit 1792,
imprimé par ordre de la commission Tiutionale civile.
La commission nationale-civile, jugeant
dans les circonstances actuelles, le paque, triotisme, la surveillance et la réunion des
bons citoyens ne sauroient être entretenus par
de moyens ; ayant trouvé dans un réquitrop
de la commune
sitoire du procuren-syndic
été distribué dans la province
du Cap, quia
très-bien fait des
du Nord, un développement
malheurs de la Colonie, accompagné de vues
très-sages pour en empêcher les suites; Orledit développedonne en conséquence nombre que de deux mille
ment seraimprimé at
être distribué dans les proexemplaires 2 pour
vinces de l'ouest et du sud.
Au Port au Prince, le 24 Aott 1792.Le
Commissaire national civil à Saint-Domingue. ROUME.
PETIT VILLERS, secrétaire ad hoc de la
commission.
D2
du Nord, un développement
malheurs de la Colonie, accompagné de vues
très-sages pour en empêcher les suites; Orledit développedonne en conséquence nombre que de deux mille
ment seraimprimé at
être distribué dans les proexemplaires 2 pour
vinces de l'ouest et du sud.
Au Port au Prince, le 24 Aott 1792.Le
Commissaire national civil à Saint-Domingue. ROUME.
PETIT VILLERS, secrétaire ad hoc de la
commission.
D2 --- Page 238 ---
(54)
DÉVELOFP: EM E N T.
Ouvrons donc enfin les yeux; interrogeons
les événemens qui se sont passés, et qui se
passent encore sous nos yeux; cessons de nous
étourdir sur la véritable cause de nos maux,
et tout nous dira, tout nous' convaincra qu'ils
prennent leur source, dans le dessein formé
d'opérer une contre-révolution.
La loi du 4 Avril est venue. Naturellement,
si les ciloyens de couleur et negres libres eussent été les seuls qui eussent mis le poignard
et la torche aux mains de nos esclaves, tout
devoit finir du moment que cette loi a été
acceptée. Au contraire, Finsurrection fait des
progrès; l'embrasement augmente ; la révolte
a gagné des cantons où les esclaves s'étoient
montrés plus quesoumis,oi ils s'étoient rendus les défenseurs de leurs mnaîtres; le désasa
tre enfin menace de devenir général.
D'oû vient cela ? On ne peut plus dire desormais que ce soient les citoyens de couleur
et negres libres qui fomentent, qui attisent la
rébellion de nos esclaves; ils n'ont plus d'intérét à l'entretenir; ils ont, au conteaire, le
méme intérêt que nous à la faire cesser,
Il y a donc une cause sourde qui travaille. --- Page 239 ---
(55)
nos esclaves. Quelle est-clle cette
n'est la fareur
cause, si cC
d'opérer, à quelque
ce soit, la contro-révolation?
prix que
Je veux croire que la
pour beauconp dans les philanthropic entre
éprouvonsmais
malheurs que nous
cotepiedlenuhroplieny entre
que comne instrument, et non pas comme
cause. Il falloit aux
un appât qu'ils passent contre-révolitennires
ves,
présenter à nos esclal'ont pour lessoulever contre la servitude; ils
trouvé dans la déclaration des droits de
l'homme. Mais, sans les contre-révolutionnaires,jamais cette déclaration n'eût
sur nos esclaves une impression
produit
pour les faire passer tout d'un
assez forte
onla vu, de la soumission la coup, comme
derniers excès de la révolte. plus parfaiteaux
Suivons les événemens.
commencé
Quand est-ce qu'a
linsurrection de nos
23 Août 1791; et deux ans
esclaves?-Le
paru la déclaration des droits auparavant avoit
de
depnis deux ans eette déclaration Fhomme;
tenti dans tout
avoit rede
Funivers, 6 et, pour ne
que
parler
ples Seincbaningae.fmeues dans ses trimontagnes, sans que nos esclaves
sent témoigné la moindre envie de
eusveloir,eisefussent
s'en prérelâchésle moinsduraonde
D4
23 Août 1791; et deux ans
esclaves?-Le
paru la déclaration des droits auparavant avoit
de
depnis deux ans eette déclaration Fhomme;
tenti dans tout
avoit rede
Funivers, 6 et, pour ne
que
parler
ples Seincbaningae.fmeues dans ses trimontagnes, sans que nos esclaves
sent témoigné la moindre envie de
eusveloir,eisefussent
s'en prérelâchésle moinsduraonde
D4 --- Page 240 ---
(56 )
du respect et del'obéissance qu'ilsavoient eus
jusques-là pourleurs maîtres.
Ce n'est donc pas la déclaration des droits
de l'homme qui ileur afait briserleurs chaînes.
La nouvelle du décret du 15 Mai arrive,
dans la Colonie, et les esclaves ne font pas
encore le moindre mouvement.
- Enfin, arrive celle de l'évasion du roi,du
21 Juin suivant, et cette nouvelle semble être:
le signal de Pinsurrection. La révolte de nosatteliers éclate pou de jours après, et avec elle
commencent les assassinats, les incendies, et
aussi-tôt nos esclaves ont des fusils, des G@-.
nons, toute espèce d'armes, toute espèce de:
munitions de guerre et de bouche, et le mal
s'accroît avec tant de violence, avec tant de
rapidité, que ses progrès étonnent autantqu'ils
consternent ceux mémes qui croient qu'on ne
doit en chercher la cause que dans le desir de
briser tout-à-fait un joug qu'on a commencé
à secouer.
Une remarque à faire, c'est que là où les
citoyens de couleur et negres libres ont commis le plus de ravages, les esclaves en ont
faitmoins: : comme. sila même main eût donné
limpulsion aux uns et aux autres, et se fut
contentée d'agir dans une partie de la Colonie --- Page 241 ---
(57)
le moyen des esclaves, et dans l'autre par
par Tentremise des citoyens de couleur et negres
libres!
bien convaincre que Ia
Mais veut-on se
le mobile
philanthropie n'est rien moins que
cie la guerre que nous font nos esclaves? Qu'on
jette un coup d'ail sur ce qui se passe parmi
eux: y voit-on ancune des formes populaires
Ont-ils des
que la révolution a introduites?
de paix, des assemmunicipalités. , desjuges
des
- nationablées de communes 2
gardos
les, etc.? Rien de tout cela. On n'y jure que
de rétablir le roi
par le roi; on n'y parle que
les distincsur son trône ; on y allecte toutes
est
tions de Pancien régime; ; en un mot, on y
cause de mort
si opposé au nouveau, blancs qu'une ont le malbien assurée pour les
qui
heur de tomber au pouvoir de ces barhares,
est d'avoir joué un rôle dans quelque corps
popnlaire. Cettehaine, cette aversion pour le nouveau
décèlent ouvertement le principe de
régime, Pinsurrection de nos esclaves ; car, si c'étoient
eussent excités à la
les philanthropes quiles
révolte, comme les plus grandsphilamtbropes
de PAssemblée nationale constituante sont
aussi ceux qui ont le plus coopéré à la conssitulion frangoisc, en soulevant nos attelicrs
d'avoir joué un rôle dans quelque corps
popnlaire. Cettehaine, cette aversion pour le nouveau
décèlent ouvertement le principe de
régime, Pinsurrection de nos esclaves ; car, si c'étoient
eussent excités à la
les philanthropes quiles
révolte, comme les plus grandsphilamtbropes
de PAssemblée nationale constituante sont
aussi ceux qui ont le plus coopéré à la conssitulion frangoisc, en soulevant nos attelicrs --- Page 242 ---
58 )
contre nous, ilsn'eussent pas manqué de leur
insinuer le goût des formes populaires que la
constitution a introduites; ils n'eussent pas
fait prendre sur-tout à Jean - François le
cordon bleu, et un superbe crachat qu'il porte
sur son habit.
N'en doutons pas, la révolte de nos esclaves
est due aux contre - révolutionuaires: 5 la
guerre que ces mêmes esclaves nous font machinalement, est une véritable guerre de contre-révolution.
Mais quel pent être le but de ceux qui nous
ont suscité cette guerre et quil'entretiennent
avec tant d'art? Pense-t-on que ce soit simplementd'opérer la contre-révolution à SaintDomingue ? Il faudroit leur supposer des vues
bien courtes, pour s'imaginer qu'ils bornas
sent là leurs projets : et à quoi leur serviroit
d'opérer la contre-révolution à Saint-Domingue, si elle ne s'opéroit pas en France?
-
Voilà donclenrgrand but: c'est d'opérer ou
d'aider à opérer la contre-révolution dans la s
mere patrie. Or, pour parvenir à ce but,
que faut-il? Ruiner, anéantir Saint-Domingue, comme l'une des principales sources de
la prospérité de notre nation : ils esperent
>
en effet, que la misere du nouveau régime
fera regretter lancien; et certes,pour amener --- Page 243 ---
(59)
cette misere, ils ne sauroient
dre qu'en détruisant
mieuxs'y prenune anssi florissante COlonie que collo-ci. On comple déjàt plusieurs
faillites considérables dans quelques ports de
mer ; ct, par une suite de ces
faillites, 2 des
maisons de banque, des meillenres de Paris,
ont suspendu, dit-on, leurs paiemens. Il est
fort à craindre, si le calme ne rendît
tement dans la Colonie,
la
prompque
fortune publique du royaume ne soit elle-même bientôt
ébranlée parles secousses que doivent nécessairement lui donner des revers maltipliés
dans les fortunes particulieres.
Tenons donepour certain que, dans le systême come-rtbotutiounstre, Saint-Domingue est destiné à périr; et, si on en doute,
qu'on réfléchisse, 2 encore une fois,sur ce qui
s'y passe depuis que la loi du 4 Avril a été
reçue et acceptée. Jamais nous ne nous sommes crus plus près du terme de nos maux
qu'à cetteépoque, et cependant tout nousannonce que noussommes aujourd'hui plus loin
que jamais de rentrer sur nos propriétés, et
de recouvrer notre tranquillité.
Quand on connoît le mal, il faut y appliquerle remede. Quelest celni dont nous
vons user jusqu'a ce cue le vrai remede pou- à
nos maux nous soit arrivé de France?. Jelai
-
a été
reçue et acceptée. Jamais nous ne nous sommes crus plus près du terme de nos maux
qu'à cetteépoque, et cependant tout nousannonce que noussommes aujourd'hui plus loin
que jamais de rentrer sur nos propriétés, et
de recouvrer notre tranquillité.
Quand on connoît le mal, il faut y appliquerle remede. Quelest celni dont nous
vons user jusqu'a ce cue le vrai remede pou- à
nos maux nous soit arrivé de France?. Jelai
- --- Page 244 ---
(60)
déjàdit, une extrême surveillance : cette sur
veillance, jointe aux nouvelles mesures que
j'ai cru, messieurs, devoir vous proposer (1),
empéchera nos vrais ennemis d'exécuter leurs
projets avant l'arrivée des secours que nous
attendons (carc'est dans cet intervalle qu'ils
ont résolu de frapper leur grand coup); et
les nouveaux secours arrivant, la Colonie
est sauvée, les projets de contre-révolution
échouent,nos esclaves se voyant abandonnés
de ceux qui iles ont mis en insurrection, rentrent dans l'ordre, Saint - Domingue renait
pour lui et pour la métropole.
Mais ce n'est pas tout de redoubler de surveillance, il faut encore del'union. Que ceux
de nos concitoyensqui forment des voeux pour
le rétablissement de Pancien régime, ouvrent
donc les yeux à leur tour; qu'ils soient bien
persuadés qu'on les abuse,
-
2 qu'on les joue, 2
:
qu'on les trompe; qu'ils servent d'instrument,
:
sans le savoir, aux mauvais desseins de ceux
qui ont su les gagner; qu'ils cooperent en
aveugles, et sans autre profit que des chimeres
qui ne se réaliseront jamais, à la destruction
de cette Colonie, à Tappauyrissement de la
mere patrie, à la ruine, à l'exil, à la mort
(1) Les mesures dont il s'agit ici sont particulicres aux
circonstances des localités de la ville du Cap. --- Page 245 ---
(6r)
de leurs concitoyens.
Que cette seule idée les
rapproche de leurs freres; n'avons-nous
éprouvé assez de malheurs,
pas
celui de nos divisions?
sans y ajouter
Qu'ilsse pénetrent biende cette
en est des contre-révolations
vérité, qu'il
chûtes en maladie: : les
comme des reles unes et les autres sont ravages que causent
qie les principes qui d'autentplusg S grands,
constituentle
litique, ainsi que le corps humain, corps poencore eu le tems dese remettre
n'ont pas
Qu'ils sachent encore
en équilibre.
le
àla
qu'étant 2 comme nous
sommes,
traîne de la
devons nécessairemcnt
métropole, nous
nous voulons être
suivre son alure, si
heureux et
qu'une
tranquilles ;
chaloupe qui est à la remorque
gros vaisseau, s'eilorccroit
d'un
en sens contraire;
la vainement d'aller
blie en France, il que faut révolution étant élade bon gré
comme à un torrent, tâcher
s'y livrer
gner les bords le plus
seulement de gaqu'en résistantà
qu'il est possible, et
d'être
ce torrent, on court le risque
nie englouti.C'est à quoi nous mene la
contre - révolutionnaire
maT'orgucil et une cupidité
que propagent
Mais,
mercantile.
qu'on nes s'en flatte pas, cette
révolution dont se repaissent
contreceux quin'ont pas été à portée de ridiculement
le changement quis'est
voir de près
opéré en. France dans
ords le plus
seulement de gaqu'en résistantà
qu'il est possible, et
d'être
ce torrent, on court le risque
nie englouti.C'est à quoi nous mene la
contre - révolutionnaire
maT'orgucil et une cupidité
que propagent
Mais,
mercantile.
qu'on nes s'en flatte pas, cette
révolution dont se repaissent
contreceux quin'ont pas été à portée de ridiculement
le changement quis'est
voir de près
opéré en. France dans --- Page 246 ---
(6a)
la masse des esprils, comme dans le gouvers
nement, ne se fera jamais, et on er sera facilement persuadé, si lon fait attention au. caractere propre et particulier qui distingue la
révolution présente de toutes les autres.
Dans les révolutions qui ont précédé,
avoit d'armé queles troupes qui soutenoient iln'y
Pun etl'autre parti; - le peuple n'er retiroit pas
le fruit; il n'en étoit, au contraire, que plus
foulé par le parti vainqueur. Iciluniversalité
du peuple a 6to armée tout-à-coup; ; il l'a été
pour recouvrer ses droits, et il est déjà accoutumé à en jouir. Il a fallu des siecles d'astuce
pour len déponiller; ce he sera pas la force
d'un momhent qui l'en privera de nouveau,
sur-tout Jorsqu'il a de quoi réparer les plus
grandes pertes, et qu'au courage et à.lintré
pidité iljoint l'intérêt le plus vif, celui de conserver une conquête que. cent peuples n'au-
-
roient pas le bonheur de faire comme lui.
No, XX I.
Extrait d'une lettre du citoyen Roume au
citoyen Landorose-pibasion date
du Port-au-Prince le 28 10dL.1792.
MONSIEUR,
JE viens de recevoir votre lettre du 21 de --- Page 247 ---
(63)
des mesures que vous
ce mois, qui m'instruit
à la réclavoulez bien prendre relativement
mation de M. Bovomée Drouillard, (1) qui
deux exemplaires de trois de vos
accompagne
les sages disréquisitoires, et cqui m'exprime
positions dans lesquelles vous, monsieur,
et les bons citoyens du
les corps populaires
Cap, pous trouvez CAL'ÉGARD DE NOS FRERES
LES CITOYENS DE COULEUR ETNEGRESLIBRES
de vos deux
J'avois déjà eu connoissance
réquisitoires'sur" Pordre public, et les exemplaires queje vous remets ci-joints vous prouveront mieux que tous les complimens du
monde à quel point j'ai approuvé, au nom
nationale civile, le dévede la commission
desmalheurs de la Colonie.
loppement
. - o
monsieur, de poir
Je suis très-heureux,
homme doué de pos talens et placé
guun pous Pétes, ait eu le courage de
comme
aussienrapaincre endteroneuidaprduges
cinés que destructeurs, 2 POUR NE PLUS VOIR
DE POSSIBILITÉ AU SALUT DE LA COLONIE
QUE DANS L'UNION PARFAITE DES CITOYENS
Snspentcoauatet-bdeoes.tdeorsrmnots
el dissipez dans toutes les léles blanches
(1) Giroyen de couleur.
-heureux,
homme doué de pos talens et placé
guun pous Pétes, ait eu le courage de
comme
aussienrapaincre endteroneuidaprduges
cinés que destructeurs, 2 POUR NE PLUS VOIR
DE POSSIBILITÉ AU SALUT DE LA COLONIE
QUE DANS L'UNION PARFAITE DES CITOYENS
Snspentcoauatet-bdeoes.tdeorsrmnots
el dissipez dans toutes les léles blanches
(1) Giroyen de couleur. --- Page 248 ---
(64)
jusqu'au souvenir de ces absurdes distinea
tions quin'ont jamais fait que du mal aux
Colonies, et qui, depuisla loi du 4 Avril;
les perdroient sans ressource, si elles n'é!
toient estinpéeudebonnefaistpourioujours
Pour copie. SignéROUMENo, XXIL
Copie de la lettre écrite par le méme au
ciroyend-Asss, commundantdelagarde
nationale du Cap.
Cap François de Saint-Domingue, 5 le 8 Juin 1792.
MONSIEUR LE CAPITAINE GÉNÉRAL,
Lessieurs Durand, Viotte etautres citoyens
de coulcur, m'ont, consulté relativement à
l'arrété de l'asscmblée provinciale du nord,
qui les autorise à se nommer de nouveaux
officiers.
Les citoyens de couicur-pensent, que, d'après les lettres du ministre au géuéral et à la
commission, qui portent que l'on attendra
l'arrivée des nouveaux commissaires, pour
procéder aux opérations quileur sont personnellement altribuées, il ne leur convient pas
de changerlétat dans' tequel ils se trouvoient
organisés, --- Page 249 ---
(65)
organisés, et en conséquence cqu'il leur convient d'attendre l'arrivée de ces commissaires,
pour se conformer aux instructions qu'ils en
recevront.
Ces citoyens desirent donc,
2 qu'en-attendant, ils soient commandéspar leurs sergents,
leurs caporaux et leurs fourriers : si cependant vous jugiez, monsieur, que, pour le
bien du service, il fallot les soumettre à une
espèce d'état-major, ils s'en rapportent à VOtre sagesse, et vous prient d'autoriser les plus
anciens de ces sous-officiers à en remplir les
fonctions, sans changer leurs grades.
Je ne trouve rien que de très-prudent dans
ces dispositions. Je pense que vous n'y trouverez point d'inconvéniens, 2 et conséquemment j'espere que vous admettrez leurs, demandes.
Le commissaire national, etc. SignéROUME.
Pour copie. Paris, le 20 Mai 1793,l'an 2.de
la République. ROUME.
Pieces Justificatives.
E
'autoriser les plus
anciens de ces sous-officiers à en remplir les
fonctions, sans changer leurs grades.
Je ne trouve rien que de très-prudent dans
ces dispositions. Je pense que vous n'y trouverez point d'inconvéniens, 2 et conséquemment j'espere que vous admettrez leurs, demandes.
Le commissaire national, etc. SignéROUME.
Pour copie. Paris, le 20 Mai 1793,l'an 2.de
la République. ROUME.
Pieces Justificatives.
E --- Page 250 ---
(66)
No. X XIIL
Ordonnance di commissaire-civil Sontho109 en date du 16 Décembre 1793. 2
:
AU:NOM DE LA NATION.
Nous, LiCER - FÉLICITÉ SONTHONAX;
conmissaire - national-civil, délégué aux
islesfrançoises deldmérique soils le vent,
pour J rétablir Pordre ei la trunguillité
publique:
Considérant que Tétat de dépérissement où
l'influeuce mortilère du climat de Saint-Domingue, jointe aux faligues de la guerre, a
réduit les armées arrivées d'Europe, (1)
(1) A qui en est en partie la faute ? Voici CC qu'on lit
dans unc adressc aux commissaires-civils, qui ne sera point
suspecte; CC BC sont point dcs colons blancs qui parlent; ce
sont des soldats deligne ct des volontaires nationaux venue
de France, le second bataillon du 84° régiment, Ie 3° bataillon du départemenedu Pas-de-Calais, ct l'artillerie venve
avec ces mêmes troupes. Cette adresse a été rendue publique; 5 clle est rapportéc dans lc Monitcur Colonial du 24
Octobre dernier.
Depuis un mois que nous sommes débarqués dans cette
Colonie, CE TEMS PEUT-ÈTRE AUROIT DÉJA SUFFI pour
réduire des esclaves réyoltés, dont la multitude indisci-
-
84° régiment, Ie 3° bataillon du départemenedu Pas-de-Calais, ct l'artillerie venve
avec ces mêmes troupes. Cette adresse a été rendue publique; 5 clle est rapportéc dans lc Monitcur Colonial du 24
Octobre dernier.
Depuis un mois que nous sommes débarqués dans cette
Colonie, CE TEMS PEUT-ÈTRE AUROIT DÉJA SUFFI pour
réduire des esclaves réyoltés, dont la multitude indisci-
- --- Page 251 ---
(67)
hécessite P'augmentation de la forcé milis
taire :
plinée s'embarrusse elle méme, ET CEPENDANT NOUS PERDONS CE TEMS PRÉCIEUX DANS UNE INACTION AUSSE
DANGEREUSE QU'HUMILIANTE.
Qi'sttendons-nous, messicuri, OUPLUTÔT QU'ATTEN=
DEZ-VOUS pour mettre en action six mille soldats frangois, dont la seule ambition est de se rendre utiles, et qui
ne peuven: sansindignation végéter lichement, en se tenant
sur la défensive, quand le salut de la Colonie et la conservation des propriétés que nous sommes venus défendres
semblent dépendre d'unc attaque généralc?
Nevousle dindiewktpuvuninst IL EXISTE ENCORE
DANSLA COLONIE, CE PARTI cosTatabnoemowuni,
dont l'urique buz est de paralyser vos meilleures intentions.
Dichiret le voile épais dont il cherche à vous envelopper
(ils SC son: contentés d'cn lever un coin, et encore avec
bien du ménagement, lorsqu'ils ont embarqué Blanchelande, Cambefort, Touzard, etc. ), et sacher que ce tems
perdu pour vous et pour: nous, NE L'EST. POINT POUR LES
ENNEMIS DE LA CHOSE PUBLIQUE: sachet que chaguejour
de retard sert de prétexte aux mal intentionnés (ce parti
contre-révoladioannaire qui existe encore dans la Colonie)
pour faire naitre sur votre compte et sur celui de M. le
goxverneur-génlral des souppons que nos cours repousseront
roujours:sacheg encore qu'ilest des intrigans qui emploient
ce tcms A NOUS PRÉVENIR CONTRE LES CITOYENS DE
COULEUR, A NOUS DIVISER, et fisire échouer par notre
division une entreprise dont le succès cépend de notre bonne
intelligence. (Lesévenemens qui ont suivicette
cifent
adresse,juse
completement CC qui CSt dit ici ).
Cependan: les brigandsse PRÉVALENT DE NOTRE INACH
Ea
repousseront
roujours:sacheg encore qu'ilest des intrigans qui emploient
ce tcms A NOUS PRÉVENIR CONTRE LES CITOYENS DE
COULEUR, A NOUS DIVISER, et fisire échouer par notre
division une entreprise dont le succès cépend de notre bonne
intelligence. (Lesévenemens qui ont suivicette
cifent
adresse,juse
completement CC qui CSt dit ici ).
Cependan: les brigandsse PRÉVALENT DE NOTRE INACH
Ea --- Page 252 ---
(68)
Que Tindiference apathique de la plupart
des citoyens, et la mauvaise volonté de quelTION, qu'ils prennent peut-être pour de la timidité, attaquent ournellement en détail plusieurs petits camps, dont
la perte, EN AFFOIBLISSANT D'AUTANT NOTRE PARTI,
FORTIFIEROIT LE LEUR, (c'cst peut-étre ce que veulent
les commissaires, pour amencr une transaction qui scroit
aussi funcste à la France par ses suites, que désastreuse pour
la Colonie qu'elle anéantiroit par le seul fait) et brâlent
2 nos yeux des biens QU'UNE ATTAQUE PLUS PROMPTE
AUROIT SOUSTRAITS A L'INCENDIE, Et nous,restés oisifs,
nous ne pouvons encore faire 3 pour le rétablissement de
l'ordre et la conservation des propriétés, ,que des voeux impuissans; ET CHAQUE JOUR DE RETARD, LA MALADIE
ENLEVE CENT BRAS A LA DÉFENSE DE LA CAUSE COMMUNE.
Serions-nous réservés à devenir, comme ceux qui nous
ont précédés > les tristes victimes des traitres? etc.
Cédez, messieurs, CEDEZ A L'IMPATIENCE DE SIX MILLE
SOLDATS qui brilent de vous donner des preuves de leur
dévouement et de faire trembler devant la loi vos ennemis,
I
les nôtres 3 OU PLUTÔT CEUX DE LA FRANCE ENTIERE.
:
Déja nous avons fait entendre, MAIS INUTILEMENT,
notrevoix à M. le gouverneur-général; déjà nous lui avons
exprimé nos voeux ; l'on nous avoit fait espérer l'attaque
du I2 au I5, ET LE 19 AUCUN PRÉPARATIF NE L'ANNONCE ENCORE : LES BRIGANDS SE FORTIFIENT, ET
NOUS, AU CONTRAIRE, LA MALADIE DIMINUE CHAQUE
JOUR NOTRE NOMBRE. Faites au plutôt cesser ce reproche qui nous offense, ET N'AYEZ PAS A VOUS REPROCHER DE VOIR TRANQUILLEMENT MOISSONNER PAR
LA FAULX CRUELLE DE LA MORT TANT DE BRAVBS
A
attaque
du I2 au I5, ET LE 19 AUCUN PRÉPARATIF NE L'ANNONCE ENCORE : LES BRIGANDS SE FORTIFIENT, ET
NOUS, AU CONTRAIRE, LA MALADIE DIMINUE CHAQUE
JOUR NOTRE NOMBRE. Faites au plutôt cesser ce reproche qui nous offense, ET N'AYEZ PAS A VOUS REPROCHER DE VOIR TRANQUILLEMENT MOISSONNER PAR
LA FAULX CRUELLE DE LA MORT TANT DE BRAVBS
A --- Page 253 ---
(69) )
pas de compter
ques autres, ne permettent
pour
nationale sédentaire,
assez sur la garde
soulager la troupe de ligne ()-
VOUS POUVEZ voUs SERVIR SI UTISOLDATS DONT
MISSION qui doit vous
LEMENT POUR REMPLIR UNE
de votre patrie,
faire jouir à jamais de la reconnoissance de la Colonie,
célebres dans les annales
et rendre vos noms
Sonthonax accusc
(C'est pour étourdir ce reproche que
de maules citoyens du Cap d'une indsférence apathique,
vaise volonté).
vOs ORDRES pour subNous N'ATTENDONS PLUS QUE
rallier
venir ensuite nous
juguer des esclaves révoltés,
autour de vous.
nombre considérable de blancs que la mort a
moissonnés (1)Le dans les camps oul au retour des expéditions -
la révolte des nedans lesquelles on les a employés depuis
volonté
explique si c'est à Tapathie, à la mauvaise
gres,
nationale qui n'a jamais été sédentaire 3 qu'il
de la gardc
de soulager la
faut imputer son impuissance prétendue
des enterde ligne : qu'on se fasse rendre compte
troupe
seulement, depuis lc 23
remens qui ont été faits au Cap
le nombre en est
de cette révolte:
Août 1791 s époque
mortalité, de
effrayant. Et d'oi provenoit cette excessive
dans les camps? Ce n'est pas
même que celle qui régnoit
ni des fatigues de la
seulement de linfuence du cliinat
situation des
mais c'est sur-tout de l'insalubre
guerre ;
qualité des vivres qu'on y districamps, de la mauvaise
des nadu
de soin qu'on prenoit
buoit aux soldats,
peu
d'une qualité plus
lades dans les hôpitaux, des remedes
les véritables
qu'on leur administroit : voilà
que suspecte
ou étoient réduites, noncauses de l'état de dépérissement
E3
cliinat
situation des
mais c'est sur-tout de l'insalubre
guerre ;
qualité des vivres qu'on y districamps, de la mauvaise
des nadu
de soin qu'on prenoit
buoit aux soldats,
peu
d'une qualité plus
lades dans les hôpitaux, des remedes
les véritables
qu'on leur administroit : voilà
que suspecte
ou étoient réduites, noncauses de l'état de dépérissement
E3 --- Page 254 ---
(70)
Que le recrutement des nouvelles forces
doit étre fait sur-tout parmi des hommes acseulement les armées arrivées d'Europe 3 mais encore la
garde nationale du pays 3 voilà les véritables influences
mortifères qui,agissoient sur l'une comme sur les autres.
Tous les jours des dénonciacions à cet égard.inondolent la
sociéré dés amis de la Convention nationale, qui de son
côté ne manquoit pas de les réféchir aussi-tôt avec toute
l'énergic du parriotisme, ct à la municipalité, et à l'administration (j'ai déjà éxpliqué ce qu'il faur entendre par
ce mor ),et atl commissaire, civil Sonthonax; peutétre
n'est-ce pas l'en des moindres motifs de la dissolution de
cette société Plus d'une fois on cst' venu apporter a la
municipalité.du vin qu'on distribuoit aux postes des' enviIonS de ta vilies sa couléur/seulé annonçoir.ce qu'il étoit,
c'est-a-dire, na vrai poison. Unefois il en ving dansl le même
moinche-de.deux postesOiferens : analyse faire de ces deux
espéces de vin par d'habiles chimistes Ci présence des mcdecins, ctichiruigiens de Rérat,net de deux officiers municipaux, ii s'est trouvé que lun étoit falsifié,: et que l'autre
étoit composé, c'est-à-dire, qu'iln'y cntroit pas une goute
-
de juis de raisin; le bois de campêche trouvé dans
le.: vase
déposoit de la vérité du fait. On:a remis aux commis-
:
saires civils une expédizion du proces-verbal de cette analyse , et ils ont dû en faire' passer des copies en France,
Aussi les hommes dispargissoient-its avec une rapidité inconcevable.
Voila comme le parti cantrerévolacionnaire travailloir
les. patriotes à Saint-Domingue; car là; comme ici, c'étoit
la même marche.. En dernier licu, la forcé de la garde Dationale du Cap étoit réduite de plus, del moitié par lcs mcrtalicés; une bonnc' partic de.l'autre moitié étoit en proic
ont dû en faire' passer des copies en France,
Aussi les hommes dispargissoient-its avec une rapidité inconcevable.
Voila comme le parti cantrerévolacionnaire travailloir
les. patriotes à Saint-Domingue; car là; comme ici, c'étoit
la même marche.. En dernier licu, la forcé de la garde Dationale du Cap étoit réduite de plus, del moitié par lcs mcrtalicés; une bonnc' partic de.l'autre moitié étoit en proic --- Page 255 ---
(75)
climalés, ,accoutumés àla guerre des esclaves;
et propres à les chasser des retraites où Par
aux maladies. Cela n'emplchoit DAs que cC qui restojtnc.
fit toujours animéde lamlme ardeur pour combattre T'ennemi : comment se persuader, Cn effet, que des hommes
dépeuillés de leurs propridtés, ct donc'les vies écoient jour
et nuit menacdes, pussent értecapables de mauvaise volonté
ou d'uncinuopéronce epathique pour sortir de cet état? Mais
veut-on savoir ce que c'étoit quc cette prétenduc apachiey
quc cette prétenduc marvaise velonté ? Défaut de confiance, ct Cc défaut de confiance provenoit, non-seulement
de ce que lcs chefs ne prenoient jamais que des demi-mesures, ne remportoient par conséquent jamais que desdemisuccès aussi ruincux que des défaires; mais encorc ct principalement de cette prédilection aveugle queleCommisairs,
le Général ct tout ce qui suivoit, leur impulsion , témoiguoient pour les citoyens de couleur; du desscin qui paroissoit forméd"humilier, d'écraser, d'ancantir la 'caste des
blancs pour fairc dominer l'autre, tandis que le voeu de la
loi étoit de maintenir les deux castes dins la plus parfaite
égalité, ou pluro: de les méler, de les confondre cnsemble pour n'en former qu'une, ct de faire disparoitre parconséquent reute.espèce cde distinetions,sour ce quit pouvoit
conserver entr'ellesrune lignc de démarcation, et des-lors
un mur de séparasion, unc source de divisions.
Sonthonax ne dit pas cela, mais Sa conduite le dit pour
lui, et décalomaie ainsi ceux qu'ils s'efforce de noircir aux
yeux de la nation. Lepervers cache son machiavélisme sous
Ies dehors d'une vaine science d'homme d'étag, Il préparcits.
le 16 Décembre, sa proclamarion du 31 du même mois,
ct le procis-verbal ridicule de Rochambeau du 2 Janvier.
(Voyez le n°. II ci-dessus),
E4
ax ne dit pas cela, mais Sa conduite le dit pour
lui, et décalomaie ainsi ceux qu'ils s'efforce de noircir aux
yeux de la nation. Lepervers cache son machiavélisme sous
Ies dehors d'une vaine science d'homme d'étag, Il préparcits.
le 16 Décembre, sa proclamarion du 31 du même mois,
ct le procis-verbal ridicule de Rochambeau du 2 Janvier.
(Voyez le n°. II ci-dessus),
E4 --- Page 256 ---
(72 )
taque générale prochaine doit les
ser (1).
repous-.
Que l'Assemblée nationale,
pour rendre
plus utiles les citoyens de couleur
quise trouvent en France, (2 ) leur a permis de servir
en compagnies franches.
(1) Les colons blancs sont aussi acclimatés
Ics citoyens de couleur; ils sont autant, ET PLUS
que
tumés à la guerre des esclaves
QU'EUX, accoun
le-moins
; l'expérience les a rendus
pour
aussi propres qu'eux à chasser ces
de leurs retraites. Pourquoi donc aller chercher brigands
qui n'existent
si
des motifs
point, ce n'est pour cacher ceux
n'ose montrer?
qu'on
Sonthonax parleici d'une attaque générale prochaine; cctte
attaque générale n'étoit donc encore qu'en projet le 16
Décembre, , lorsqu'elle auroit dû être faite depuis
tems, , lorsque les troupes de ligne et les volontaires longtionaux nouvellement arrivés de France la sollicitoient navement dès le mois d'Octobre, Il est vrai
la
vidu général
que
maladie
Kochambeau, cettc maladie dontj'ai parlé dans
lc cours dc mon mémoire, avoit dû nécessairement
der cette attaque générale.
retar-
-
lés
D'ailleurs, un commissaire dans
principes de Sonthonax devoit commencer
non pas l'exécution de la loi du 4
par assurer,
Avril, cette loi en ce
qui dépendoit des blancs étoit pleinement exécutée; mais
le triomphe des citoyens de couleur, c'est-à-dire, leur supériorité sur les blancs, et il ne pouvoit en venir là
par une chaine d'actes plus arbitraires, plus astucieusement que
combinés les uns que lcs autres. Or ce ne pouvoit pas étre
f'affaire d'un jour.
(2) Les citoyens de couleur se trouvant cn Francc ont
Avril, cette loi en ce
qui dépendoit des blancs étoit pleinement exécutée; mais
le triomphe des citoyens de couleur, c'est-à-dire, leur supériorité sur les blancs, et il ne pouvoit en venir là
par une chaine d'actes plus arbitraires, plus astucieusement que
combinés les uns que lcs autres. Or ce ne pouvoit pas étre
f'affaire d'un jour.
(2) Les citoyens de couleur se trouvant cn Francc ont --- Page 257 ---
(73)
Considérant d'ailleurs que toutes les forces
eflicacement et sûreréunies ne peuvent agir
sont conduites pardes
ment, que lorsqu'elles
exacte et
hommes doués d'une connoissance
lieux
sont le théâtre de la
pratique des
cqui
guerre (1).
Sur la demande de M. le gouverneur-gé
avons ordonnéet ordonnons ce qui
néral,(2)
suit:
Art. Ier, Autorisons M. le gouverneurdemandé eux-mémcs à se former en compagnies franches.
a donné lieu à cette formation, s et non des
Voilà ce qui
sauroit
le très-petit nombre
vues d'utilité que ne
comporter France. Au surplus, ce
de citoyens de couleur qu'il y a en
à Saintêtre très-nuisible
qui est utile cn France, peut
Domingue, ct c'est ici le cas.
controuvés. Je
(1) Toujours des motifs grossierement
? Ne
le demande, qui est-ce qui a établi Saint: Domingue
blancs 2 Qui est-cc qui a créé ces grandes
so: t-ce pasics
habitations, oti Pindustrie dispute
manufacturcs appclées
Ne sont-ce pas les blancs ?
à la culture le premnier rang?
autreQuiest-ce qui commandoit, qui est-ce qui dirigeoit
fois les chasses que l'on donnoit aux negres marons? N'étoient-ce pas encore des blancs? Qui donc mieux qu'eux
êtrc doué d'une connoissance exacte et pratique des
peut lieux quisont le zhédtre de la guerre des negres révoltés?
(2) Pour le coup voilà donc la partialité de M. le gouverneur général cn évidence, ct cC gouverneur- général étoit
Rochambeau. --- Page 258 ---
(74.)
général à créer et organiser une compagnie
de guides, conformémenta auxdécrets de PAssemble nationale (1).
II. L'autorisons en même tems à former
six compagnies franches de cinquante hommes chacune, PRIS PARMI LES CITOYENS DE
COULEUR ET NEGRES LIBRES (2).
III. L'organisation de ces compagnies et
la nomination des. officiers appartiendront à
M. Le gouverneur-général (3).
IV. La moitié des officiers des six compagnies sera prise parmi les sous-ofliciers des
troupes de' ligne (4).
VLas solde de ces compagnies serala même
que celle des troupes de ligne, suivant l'ar-
-
mée dans laquelle elles seront employées.
(1) II n'est
dit ici
-
point
que cette compagnie de guides
sera exclusivement cemposée de citoyens de coulcur; mais
:
cèla s'cntend, d'après les considérans de l'ordonnance.
(2) Point de blancs par conséquent 3 cela est clair.
(3) Cela est-il bien conforme aux décrets de PAssemblée nationale ?
(4) Comme Sonthonax SC ménageoit, et à son ami Rochambeau, les moyens dc s'attacher la troupe de ligne
aussi bien quc lcs citoyens de couleur !
ivement cemposée de citoyens de coulcur; mais
:
cèla s'cntend, d'après les considérans de l'ordonnance.
(2) Point de blancs par conséquent 3 cela est clair.
(3) Cela est-il bien conforme aux décrets de PAssemblée nationale ?
(4) Comme Sonthonax SC ménageoit, et à son ami Rochambeau, les moyens dc s'attacher la troupe de ligne
aussi bien quc lcs citoyens de couleur ! --- Page 259 ---
(75)
VI. L/éqeipement sera réglo par M. le
gouverner-gendral,
Ordonnons que la présente ordonnance
sera imprimée, publide et aflichée par-tout
di besoin sera.
Donné au Cap, le 16 Décembre 1792.
Le Conmissaire national civil,
Signé SONTHONAX.
-
ParM.le Commissaire national civil;
O. F. DELPECH, Secrétaire de la
Commission.
No. X XIV.
Lettre du citoyen Roume aua nouveauz
Commissaires nationaua civils, délégués
à Ssint-Domingue en veriti de la loi dis
4 Avril 1792.
Port-au-Prince > le II Juillet 1792.
MESSIE U RS,
M. le Borgne 7 secrétaire adjoint de la
commission aura Thonneur de vous donner
tous les éclaircissemens que vous désirez,
sotrelativementanx terausdelili.Misbe), --- Page 260 ---
(76)
Saint-Léger et Roune, 9 soit sur la colonie
et les événemens quis'y sont passés depuis la
révolution. M. le Borgne ne vous laissera rien
à désirer sur ces matières ; et la confiance
qu'il mérite m'a beaucoup encouragé dans
le parti que j'ai pris de m'absenter du Cap,
pour venir préparer dans l'Ouest l'exécution
de la loi qui vous est confiée
Ci-joint > Messieurs : > copie d'une lettre
que j'écris au ministre par le navire l'Abracadabra qui part ce soir pour le Havre;
vous y vei rrez l'état actuel des choses dans
l'Ouest et le Sud.
J'ai la satisfaction de pouvoir vous assurer,
Messieurs. 2 que loin d'avoir à craindre le
moindre obtacle, vous serez reçus comme les.
anges tutélaires de la partie françoise de SaintDomingue : les citoyens des trois. couleurs
s'empresseront de vous prouver leur respect
I
et leur confiance : les assemblées primaires se
€
formeront sous VOS yeux, sans la' plus légére
difficulté, et peut-être, ne serez-vous jamais
dans le cas dejuger des contestations relatives
à ces assemblées. Vous formerez une assemblée coloniale qui réunira de bons Colons
des trois couleurs; la paix et le bonheur naîtront sous VOS pas.
Dès que j'apprendrai I 3 Messieurs, votre
presseront de vous prouver leur respect
I
et leur confiance : les assemblées primaires se
€
formeront sous VOS yeux, sans la' plus légére
difficulté, et peut-être, ne serez-vous jamais
dans le cas dejuger des contestations relatives
à ces assemblées. Vous formerez une assemblée coloniale qui réunira de bons Colons
des trois couleurs; la paix et le bonheur naîtront sous VOS pas.
Dès que j'apprendrai I 3 Messieurs, votre --- Page 261 ---
(77)
arrivée dans l'isle, je me tiendrai pour averti
sont cessées; ; etje profiterai
que mes fonctions
me rendre près
de la premiere occasion pour
et aller
de vous, y prendre vos commissions,
à Tasembléenationalo
soumettre ma conduite
et au roi.
Messieurs, si vous jugiez dans
Cependant, d'après ce que jai fait, que je
votre sagesse, contribuer à vOS succès, et que vous
pusse
devoir
sur vous de me
jugiez aussi
prendre tems dans la Colonie,
retenir encore quelque soumettre et à continuer
je suis prêt à m'y
Pai fait en
d'agir sous VOS ordres, comme trouvé je seul reschef depuis que je me suis
C'est
ponsable des travaux de la commission.
quifait cette offreà troisbons
un bon François
national, ROUME.
François. Le commissaire
deuxieme
Pour copie, le 20 Mai 1793,Van
de la République, signé ROUME.
No. XX V.
de PAssemblée coloExtrait des registres
de Saintniale de la partie françoise
Domingue,
la séancc du 4 Septembre a été extrait cC qui suit :
Dc
L'Assemblée coloniale considérant que: : --- Page 262 ---
(78 )
tlepuis la promulgation de la loi du 4 Avril;
cile n'a cessé de témoigner le desir sincere
d'une réunion parfaire enire les dillérentes
classes de citoyens,ete quetoutessesdémarches,
tous ses actes ont constamment tendu à ce
but;
Quc jusqu'à présent ses intentions onte été
contrariées par les ennemis du bien pallic,
qni,fondant leurs criminelles espérances sur
la division des citoyens, 2 ont employé toutes
leurs manceuvres pour la porpéluer;
Que, pour déjouer les complots qui mcnacent la Colonie d'une destruction tolale,
il reste un dernier moyen que l'assembléd
s'empresse de saisir; c'est de faire procéder
à lexécution immnédiate de la loi du 4 Avril
en ce qui concerne la réélection de l'assemblée coloniale et des autres corps populaires;
Que l'assemblée colonialea voit été retenue
S
jusqu'a présent par cette importante considération, que l'exécution de la loi du 4 Avril
est exclasivement confiée aux nouveaux commissaires civils; mais que l'arrivée de ces
commissaires, qui devoient être eux-mêmes
porteurs de la loi, ayant été retardée jusqu'à
ce jour, cette considération doit céderaujourd'hui au besoin impéricux d'une réunion gé.
ée coloniale et des autres corps populaires;
Que l'assemblée colonialea voit été retenue
S
jusqu'a présent par cette importante considération, que l'exécution de la loi du 4 Avril
est exclasivement confiée aux nouveaux commissaires civils; mais que l'arrivée de ces
commissaires, qui devoient être eux-mêmes
porteurs de la loi, ayant été retardée jusqu'à
ce jour, cette considération doit céderaujourd'hui au besoin impéricux d'une réunion gé. --- Page 263 ---
(79) )
nérale, ct que MM. les commissaires civils
, à leur arrivéc, blâmer une dé
ale pourroni accélere Pexécution de la loi;
marche qui
Que du moment que les homes de couleur auront concourt à Pélection des corps
ct participeront à leurs délibérapopulaires,
resterde prétexte aux
tions, il ne pourra plus
de
divisions, et que la réunion des citoyens
seule opérer le satoutes les classes, cqui peut
infaillut de la Colonie, doit être le résultat
lible de cette démarche franche et loyale des
représentans de la Colonie :
A arrêté et arrête que M. le lieutenant att
gouvernement général et M. le commissaire
mational-civil sont eidemeurento expressément
requis, au nom du salut de la Colonie, de
convoquer sans délai, 2 les assemblées primaires, à Peffet de procéder à la réélection de
Passemblée coloniale et des autres corps poconformément à la loi du 4Avril;
pulaires,
l'assemblée eoloniale
Arrête en outre que
actuelle continuera ses travauxj jusqu'au moment oût la nouvelle assemblée coloniale sera
réunie,et que les auires corps populaires subsisteront jusqu'à ce qu'ils aient été remplacés;
enfin
les hommes de couleur et
Arrête
que
libres sont de nouveau invilés à CIr:
negres --- Page 264 ---
(80).
voyer, conformément à l'arrêté du 19 Août
dernier, 2 des commissaires dans lc sein de
l'assemblée coloniale actuelle pendant le tems
qu'elle continuera ses travaux.
Sera le présent arrêté imprimé, lu, publié
et affiché par-tout où besoin sera, et notifié
aux assemblées provinciales et administratives, qui demeurent chargées de le notifier
aux municipalités de leur arrondissement.
Fait et arrêté en séance, les jour, mois et
an que dessus. Signé, Raboteau, présidents
Grasset, vice- président; Gombault, Gasnier du Tessé, Le Houx et Bureau, secretaires.
Collationné, Signe Poittevin, garde des
archives; P. J. Raboteau, président.
No, XXVI
Extrait de la proclamation des commissaires civils Polverel, Sonthonax etAil-
:
haud, en date du 12 Octobre, 1792.
a
CITOYENS,
Ou sommes - nous ? Quelle fureur vous
agite?etc.
L'urgence
au, présidents
Grasset, vice- président; Gombault, Gasnier du Tessé, Le Houx et Bureau, secretaires.
Collationné, Signe Poittevin, garde des
archives; P. J. Raboteau, président.
No, XXVI
Extrait de la proclamation des commissaires civils Polverel, Sonthonax etAil-
:
haud, en date du 12 Octobre, 1792.
a
CITOYENS,
Ou sommes - nous ? Quelle fureur vous
agite?etc.
L'urgence --- Page 265 ---
(8r)
L'urgence de la Convention nationale
France nous force à ordonner la
de
des dix-huit
nomination
députés aflectés à la Colonie de
Saint-Domingue, sans attendre la
de l'assemblée coloniale.
formation
- Les représentans provisoires de la Colonie
ayant reconau leur incompétence
la
de
pour faire
laisserons répartition
ces dépuiés (1), nous en
le soin à la commission
diaire (2). qui administrera la
interiél'intervalle de la dissolution
Colonie dans
tuelle à Finstallation
de lassemblée ac
de la nouvelle.
Cette commission
de
intermédiaire, composée
citoyens sans distinction de couleur,
est
(1) Sil'assemblée coloniale étoit
cette répartition > à plus forte raison incompétente la
pour faire
médiaire.
commission inter-
(2) Lcs commissaires civils ont pris sur cux de
également sur les trois provinces les meinbres de répartir
mission amnachade@roymafanide
la comcraintdefaire unesemblabler
10.): pourquoiont-ils
à la Convention nationale, répartition des députés à envoyer
vince 2 S'ils
savoir, de six pour chaque prolà ils eussent pouvoientel'un, bien micux ils pouvoient l'autre, et partion nationale de France, satisfairà l'urgence de la Convenmination des dix-huit
qui les forgoit d'ordonner la nodéputés affectés àla Co.onie de
Domingue, 3 sans attendre la formation de l'assemblée Sainttoniale, gu'en remettant à la commission
60.
soin de faire cette répartition.
interméliaire le
Pieces Justificatires.
F --- Page 266 ---
(82)
Punique moyen dscenderlankceniédfivedir
une représentation coloniale (1) avec l'intérêt
d'un peuple qui, en guerre avec ses esclaves;
ne sauroit avoir le loisir de s'occuper de discussions politiques. Citoyens, 2 le séjour des
camps est peu propre auxinstitutions sociales.
La paix scule pourra vous donner de bonnes
lois (2).
Nous les remercions (les corps populaires ), au nom de la nation françoise, de
tous les soins qu'ils se sont donnés pour maintenir la tranquillité publique depuis la publication de la loi du'4 Avril dernier. Nous TCmercions sur-tout cette assemblée coloniale,
:
qui,à part le préjugé qu'elle a trop long-tems
partagé sans doute avec ses commettans, n'a
souvent et d'autres torts que ceux du pa-
-
triotisme; qui, entrainée quelquefois dans
#
de fausses mesures par le torrent irrésistible
a
(1) C'est dire évidemment que la commission intermédiaire tiendra lieu d'assemblée coloniale.
(2) Cest-dire:citoyens, > vous r'aurer une assemblée coloniale que lorsque les troubles auront pris fr. Est-ce là
exécuter la loi du 4 Avril? Est-ce-là vouloir faire cesser les
troubles, lorsqu'unc nouvelle assembléc coloniale en étoie
l'unigue moyen?
de fausses mesures par le torrent irrésistible
a
(1) C'est dire évidemment que la commission intermédiaire tiendra lieu d'assemblée coloniale.
(2) Cest-dire:citoyens, > vous r'aurer une assemblée coloniale que lorsque les troubles auront pris fr. Est-ce là
exécuter la loi du 4 Avril? Est-ce-là vouloir faire cesser les
troubles, lorsqu'unc nouvelle assembléc coloniale en étoie
l'unigue moyen? --- Page 267 ---
83 )
des agitations populaires, n'a dàses égaited
mnens passagers qu'à sa haine invincible,
pour les tyrans et la tyrannie.
ART. 5. Imnmédiatement après Pinstailation
des mmicipalités constitutionnelies, le
mier acte dort elles
pre-,
s'occuperont , sera de,
prendre le voeu de leurs communes sur la nécessité d'accélérer OLL de différer la convocalion des assemblées primaires, soit
pour
former lassemblée coioniale, soit pour les
nominations des députés à lq Conventioni
nationale de France (1); elles feront
venir sur-le-champ leur délibération parsur cè
sujet aux commissaires nationaux-civils,
ART. 6. Les municipalités déjà formécs eri
(1)Iln'y avoit point a délibérer sur un objet décidé
la toi du 4 Avril, Remarquez que, depuis la présente par
proclamarion > Sonchonaz 4 défendu toute assemblée de commune au Cap. Ainsi, pendant que les commissaires ordonnent d'une pert de délibérer, de l'autre ils empéchent dc
le faire. Je ne peux pas produire la proclamation de Sonthonax, qui défend toute assemblée de commune au Caps
parce que je ne l'ai point 5 mais le fait est certain : la proclamarion dontje parle cst des derniers jours de Novembré
ou du premier Décembre. On peur demander toutes les
preclamations des commissaircs civils actuels au ministte
de la marinc; à qui ils ont dû en envoyer des expiditionss
F: do --- Page 268 ---
(84)
exécution de la loi du 4 Avril, seront tenues
également d'assembler, le premier novembre
prochain, 3 les citoyens actifs, pour prendre
leur voeu sur les objets énoncés dans l'article
précédent, et le transmettre desuite aux commissaires nationaux-civils.
ART. 9. Le jour de Ja notification de la
présente proclamation, l'assemblée coloniale
élira au scrutin et à la majorité absolue des
suffrages, six de ses membres, lesquels formeront une commission intermédiaire avec
six autres citoyens de ceux qui ne sont point
représentés dans l'assemblée coloniale, lesquels seront nommés parles commissaires
nationaua-civils.
ART. IO. Des six membres à élire, deux
seront attribués à la province du Nord, deux
à celic de l'Ouest, deux à celle du Sud; les six
-
autres seront répartis dans la mêmeproportion.
ART. II. Les fonctions des commissaires
intermédiaires seront, IO, de surveiller l'exécution des arrêtés de l'assemblée coloniale,
dans la partie des finances et de l'administration ; 20, de connoître des contestations sur
les arrêtés des municipalités, et de casser ou
d'approuver leurs délibérations; 30, de déci-
à celic de l'Ouest, deux à celle du Sud; les six
-
autres seront répartis dans la mêmeproportion.
ART. II. Les fonctions des commissaires
intermédiaires seront, IO, de surveiller l'exécution des arrêtés de l'assemblée coloniale,
dans la partie des finances et de l'administration ; 20, de connoître des contestations sur
les arrêtés des municipalités, et de casser ou
d'approuver leurs délibérations; 30, de déci- --- Page 269 ---
(85)
der de toutes les questions
été de la
qui auroient
compétence- de Passeniblée coloniale (1).
Les commissaires nationaux-civile,
Sgd.telered,Aoauduomns, et Ailhaud.
Farhrst-lesemmmiaires
.
nationanx-crvils,
Signé, O. F. Delpech, secrétaire
commission.
de lz
P.S. A peine ce mémoire
€
quej'ai eu connoissance des éloil-ilimprimd, deux
vantes. Elles dévoilent
pieces suiqui font agir
parfaitement les vuCS
Sonthonax, et le
auroit de laisser
danger qu'ily
livrée
plus long-tems la
au pouvoir
Colonie
despotique de ce
entreprenant et pervérs.
satrape
(1) Voilà donc la commission
tous les pouvoirs qu'avoit l'assemblée intermédiaire investic de
conséquent du Pouvoir
coloniale, et Par
éré attribués à celle-ci législatif, dans les objets qui ont
et dont elle n'a pas été par l'Assembléc nationale constituante
dépouillée par l'Assemblée
législative ; en un mot, voilà la commission nationale
travestic tout-à-fait cn assemblée coloniale, Il intermédiaire
surprenanc que les commissaires Polvercl n'cst donc Pas
se soient pas pressés dc
et Senthonax ne
coloniale,
convoquer la. nonvelle assemblée
F3 --- Page 270 ---
86 )
Ectrait dune lettre écritedu Cap François,
le 17 Mars 1793, lan deurieme de la
République; ceite lettre est- entre les
mains. d'un membre de-la Convention
nationale.
cI est bien affligeant, citoyen, pourr un
homme qui, depuis 35 ans, ne s'occupe que
dubienp public, dévoir les manceuvres odieuses
qui, depuis dix-huit mois, s'acharnent à la
perte de cette malheureuse Colonie: Les partisans de l'ancien régime ont commencé ses
malheurs : il ést triste de voir un homme
revétu d'un caractere national les surpasser
enscélératesse, enraffinement de barbarie et
de. cruauté. C'est ce que vous verrez par la
continuation ci-jointe de mon récit sur les
I
malbeurs de Saint-Domingue, depuis le 12
a
Janvier. Prenez, je vous en conjure, 2 la défense.de VOS freres de Saint-Donringue. Je ne
vous dis'rien que de vrai. La République ne
trouvera jamais en nous que les françois
les plus dévoués aux intéréts de la merepatrie. Combien je m'estimerois heureux
d'être a portée de le luijustifier! Vous connoissez mon dévouement: : si mes services
dans la Colonie peuvent être de quelque
depuis le 12
a
Janvier. Prenez, je vous en conjure, 2 la défense.de VOS freres de Saint-Donringue. Je ne
vous dis'rien que de vrai. La République ne
trouvera jamais en nous que les françois
les plus dévoués aux intéréts de la merepatrie. Combien je m'estimerois heureux
d'être a portée de le luijustifier! Vous connoissez mon dévouement: : si mes services
dans la Colonie peuvent être de quelque --- Page 271 ---
(87)
utilité à la Convention, elle peut disposer de
moi; mon zele et mon civisme ne se démentiront jamais >.
Précis des_faits arrivés depuis le 12 Janpier. Cette piece est entre les mains du
méme membre de la Convention.
mes dernieres
C Vous avez pu juger par
à
de notre situation pénible et fâcheuse 2
raison de la conduite inconcevable du commissaire Sonthonaz, du VIL Rochambeau,
gouverneur DE LA FABRIQUE DES COMMISSAIRES, de Pinsouciant et déprédateur. Pouget,ondonmateur, et de leurs infames adhérens. Je vous ai exposé les moiifs de la déportation des hommes les plus préeieux, les
plus estimables les plus zélés républicains,
les plus attachés à la métropole, de ciloyens
enfin qui ne respiroient que Punion entre
tousles citoyens 2 la paix et ln tranquillité.
Tous les jours nous sentons vivement leur
perte : elle nous afllige; mais cequinous console, est l'espoir que la Convention nationale
leur rendra justice, qu'ils feront connoître la
conduite odieuse des hommesqui abusent de
leur caraciere pour la ruine de la Colonie,
ruine inévitable, s'ils restent encore longF4 --- Page 272 ---
88) )
zems, 3 et dont le contre-coup seroit affreuz
pour la mere-patrie. Vous-avez vu que leur
enlevement, > leur déportation n'avoit eu lieu
quàraison de la fermeté, du courage qu'ils
opposoient aux projets insensés et meurtriers de Sonthonaz et Rochambeau, de
leur résistance aux dilapidations inconcevables de Pouget, et de leur persistance à vouloir établir l'ordre et la clarté dans toutes les.
parties de Padministration >.
( Je vous ai peint la joie universelle à la
nouvelle du départ de Rochambeau, Tespérance qu'elle avoit fait naître, l'empressement de tous les ciloyens à marcher contre
les révoltés. aussi-tôtqu'on: 2
a su que cet homme
abominable ne dirigeoit plus la campagne.
Nous avons cru pendant long-tems que ces
espérances se réaliseroient : aujourd'hui nous
agnorons quel sera le terme denos malheurs )a
I
( Sonthonax, après avoir déporté les citoyens d'Augy et Raboteau, après avoir forcé
le citoyen Laval de quitter son poste, 2 a remplacé ces trois hommes précieux de la commission intermédiaire partrois sujetsfoibles
et A SA DÉVOTION, De ce moment, cette commission est tombée dans le mépris le plus
absoln. Sa premiere démarche a éié de déférer
4 l'ordre impératif de Sonthonax de lui votor
I
( Sonthonax, après avoir déporté les citoyens d'Augy et Raboteau, après avoir forcé
le citoyen Laval de quitter son poste, 2 a remplacé ces trois hommes précieux de la commission intermédiaire partrois sujetsfoibles
et A SA DÉVOTION, De ce moment, cette commission est tombée dans le mépris le plus
absoln. Sa premiere démarche a éié de déférer
4 l'ordre impératif de Sonthonax de lui votor --- Page 273 ---
(89 )
des remercimens
leurs
pourladéportation des meilcitoyens, de Ses membres, des
Delaire, trésorier de Textraordinaire citoyens
et Larchevesque-Thibuud, procureur syndic de la
commune, Elle a eu la bassesse
sonscrire:
les remercîmens ont été votés, d'y
moment, la commission
el, depuis ce
ment
n'est que Pinstruaveugle, que la complice des
de Sonthonax ; ellefait tout ce
projets
mande, et prend tous les
qu'illui commoyens
pour se perpétuer , pour empécher possibles la
mation d'une assemblée coloniale
forment désirée et dont P'existence généralemettre ZL7Z terme à nos malheurs. peul seule
anciens
Un des
membres,leciteyend Chotard, ,homme
instruit, dans les principes de Ses collegues
déportés,n'a seil
pu tenir long-tems dans ce conprivé de
il a
prétexte de Sonthonax;
quitté, 2 sous le
congé >.
C Après quelques jours de préparatifs, la
campague contre les révoltés a commencé
vers le 20 Janvier. Le commandant
étoitlesieur Laveaux, créaiurede
général
et de
Sonthona
Rochambeau, le même pour
tion duquel ces deux homes
l'élévabrave citoyen d'Hinnisdal
ont forcé le
à quitter son commandement; ; ce général, en effet, auroit
miné la guerre,
terctcesiprécisement ce qu'on --- Page 274 ---
(90)
nie vouloit pas. Legénéral Laveaux s'étoit fait
accompagner delfordonnateurPouget,homme
très-inmile pour cette expédition, mais qui
néglige toutes sesfonctions pour se méler
de ce qui ne le regarde pas. Cet ordonnateur ne vouloit point rester en ville pendant
l'absence de ses protecteurs: ; il a abandonné
toutes les affaires pendant un mois. Depuis
son retour,il s'est dit malade, et soils prétexte de sa santé, il vient I de partir depuis
huit jours pour la Marmelade, (1) destination supposée, mais, dans le fait, pour se
rendre auprès de son appui Sonthonax; qui
projette à Saint-Marc la ruine absolue de
la Colonie, ainsi que vous le verrez ci-
*
après >.
( Ces dispositions faites 2 la campagne
s'onvre de toutes parts. Le général Laveaux
commandoit la principale armée; le brave
citoyen Neuilly. lieutenant-colonel de Rohan,
S
commandoit les forces du cordon de l'ouest,
et le citoyen Desfourneaux, lieutenant-colonel du bataillon du Pas-de-Calais, commandoit les forces de la partie de l'est. Dans ces
(r) C'estle nom d'un quartier dc la province du nord,
fameux poar la perfection avec laquelle on y cultive le
café.
agne
s'onvre de toutes parts. Le général Laveaux
commandoit la principale armée; le brave
citoyen Neuilly. lieutenant-colonel de Rohan,
S
commandoit les forces du cordon de l'ouest,
et le citoyen Desfourneaux, lieutenant-colonel du bataillon du Pas-de-Calais, commandoit les forces de la partie de l'est. Dans ces
(r) C'estle nom d'un quartier dc la province du nord,
fameux poar la perfection avec laquelle on y cultive le
café. --- Page 275 ---
(91)
Pardeur étoit égale. Tous les
frois corps,
retranchemens des bripostes, lcs camps s,les
Ils
gands ont été successivement emportés. de
étoient tous repoussés dans les montagnes
Leur réduction absolue étoit inéValliere.
d'autre ressource que
vitable. Ils n'avoient
dans
de se rendre à discrétion ou de se sauver
Huit jours au plus aula partie espagnole.
terminer cette expédition.
roient suffi pour
en fit sentir la nécessitd,
Le brave Neuilly
tous les bons
insista pour ce dernier exploit; ;
à lui; il ne seroit plus
citoyens se joignirent
partie de la
resté à nettoy er qu'ume très-petite étonnéde
"province du nord. Mais Sonthonax
avoit été se concerter au
ces succès rapides
de la grande rivicre avec son protégé
camp
éédenepointacheTateang.Lareudannind
à la
ver la rédiction. Laveaux se conforme
il rebute le brave Neuilly; il redécision; demandes de tous les braves gens
"potisse-les
enfin il donne lordre de la
sous ses ordres ;
l'armée, ou la disrentrée en ville de toute
dans divers camps ; il laisse respirer
perse
tranquillement les brigands.
cette cessation des opérations
Cette rentrée 2
tous les cide la campagne, ont consterné
ouvriroit
toyens. On se flattoit que bientôt ou
Sonthonax et Laune seconde campagne; --- Page 276 ---
(92)
veaux. le publioient: mais c'étoit pour mieux
tromper, En effet, Sonthonax annonce son
prochain voyage pour se rendre à St-Marc,
dans la partie de l'ouest, afin, dit-il, de se
réunir à son collegne, qui devoit s'y rendre
de son eôté. Il part le 28 Février, emmene
avec lui le vaisseau de ligne PAmérica, demande depuis le renfort de la flûte la Normande, fait venir ses gardes-du-corps , les
dragons d'Orléans, exécuteurs de tous SeS
ordres arbitraires, par terre à Saint-Marc,
etj priveainsila partie du nord de 15ol hommes,
pour les mener dans une partie tranquille, o
tous les esprits sont parfaitement unis, oit
iln'existe aucuns troubles ).
C En partant, il délegue une partie de ses
pouvoirs à la commission intermédiaire,
charge le procureur-syndic de la commune
du Cap de lui rendre compte tous les deux
jours de la situation de
:
la ville, oit tous les
citoyens blancs ne respèrent que Punion, la
paix et la tranquillité, mais dans laquelle
des émissaires de Sonthonax s'efforcent de
tontes manieres à exciter la méfiance des
hommes de couleur et negres libres. Ces citoyens,. faciles a séduire, croient malheureusement aux propos de ces malveillans; ils
pensent que. leur sûreté exige qu'ils soient
les deux
jours de la situation de
:
la ville, oit tous les
citoyens blancs ne respèrent que Punion, la
paix et la tranquillité, mais dans laquelle
des émissaires de Sonthonax s'efforcent de
tontes manieres à exciter la méfiance des
hommes de couleur et negres libres. Ces citoyens,. faciles a séduire, croient malheureusement aux propos de ces malveillans; ils
pensent que. leur sûreté exige qu'ils soient --- Page 277 ---
(93)
toujours prêts à repousser T'attaque; ils ne
paroissent dans les rues quarmés de sabres,
souvent defusils, et constamment avec une
ceinture de pistolets, tandis que tous les
autres citoyens sont
point d'autres
tranguilles 2 ne portent
armes qu'une badine ou une
canne.
( Cette sécurité des vrais citoyens devroit
suffire pour rassurer des freres
rissons
que nous chézeritablement, et dont nous
rons l'erreur. La municipalité
déploles
cherche tous
moyens possibles de ramener leur confiance; elle sent que lunion ne peut être
faite que par l'exécution
pardu
complette de la loi
4 Avril; elle connoit les paeux de tous
les citoyens pour P'erécution decetteméne
loi;elle réclame le droit incontestable de former la convocation de la
tous les citoyens dans leurs commune, d'unir
tifs (1); elle demande à être districts respecautorisée à Porganisation de la garde nationale
sation arrêtée
la
(2), organipar
commission intermédiaire avant la déportation du mois de Janvier; ce moyen seroit le seul de
toutes les corporations, de
supprimer
cimenterPunion
(:)Cequ'on appelle ici Section,s'appelle au
(2) Ils'agit là d'unc nouvelle organisation. Capdistrict, --- Page 278 ---
(94)
de tots les citoyens : Eh bien, la coimis-;
sion intermédiaire, vendue à Sonthonaz, et
sa créature Laveaux, s'opposent à la convo-.
cation des districts,à laformation de la garde;
nationale; ils ne rougissent pas de calomnier
la municipalité, et particulierement le
procureur-syndic Lavergne, citoyen estimable,
et digne successeur de Tarchesesque-thibaud; Sonthonax a l'impudence de les dépeindre comme des agitateurs dans une pro-.
clamation qui indigne tous les honnêtes
gens.
Cette épithete d'agitateurs est fort commode à Sonthonax pour persécuter les.
hommes les plus trunquilles,pour entrelenir lu méfiance dans les hommes de cou-,
leur, pour exciter quelques troubles dans
la ville. Sonthonax et Laveaux n'attendent
que ce moment pour faire rentrer toutes les
troupes dans la ville, abandonner les camps,
S
et livrer une seconde fois la partie du nord
anx brigands. Cet exposé n'est point fondé
sur une supposition, mais sur la vérité: ii
est consigné dans une proclamation de Sonthonax, qui ordonne à Laveaux de faire lever
les camps, 2 de rappeler toutes les troupes dans
la ville duCap,s s'il appréhende quelque mé:
sintelligence, etc >,
n'attendent
que ce moment pour faire rentrer toutes les
troupes dans la ville, abandonner les camps,
S
et livrer une seconde fois la partie du nord
anx brigands. Cet exposé n'est point fondé
sur une supposition, mais sur la vérité: ii
est consigné dans une proclamation de Sonthonax, qui ordonne à Laveaux de faire lever
les camps, 2 de rappeler toutes les troupes dans
la ville duCap,s s'il appréhende quelque mé:
sintelligence, etc >, --- Page 279 ---
(95)
infernal seroit déjà exéeuté;
R Ce projet
des citoyens. Le 13 du cous
sans la pridence
les
mois de Murs), au soir,
partirant (du
annonçoient du tumulte pour
sansdeLaveaux: Le
au matin, une rixe s'6ic lendenain.
marché: sur-leleve entre deux femmes, au
champ on crie aux armes. Les citoyens
; niais aussi-tôt tous
blancs ne remuent point
Laveaux et
les citoyens de couleur, abusés par
de Sonthonax, se rendent, les uns
les agens
les autres à la porte de la ville
à V'arsenal,
d'autres aux postes voiappelée la Fosselle,
: ils
sins de la ville, armés de toutes pieces
chassent de leurs
s'emparent des canons,
de
les vélérans qui ne formoient que
postes
corps-de-garde, et qui ne s'attentrès-petits
canons,
doient pas à eienrpsienedangmntlese
les tournent contre la ville. On espéroit
et
la
les citoyens blancs repousseroient
que
laforce; mais cette PASQUINADE
force par
de Sonthonax et de Laveaux nafuitqi'ezciterle mépris et la pitié. Deux commissaires
se sont rendus auprès de
de la municipalité ils ont reconnu leur erces hommes abusés;
reur,et ont retourné chez eux paisiblement
et sans être inquiétés >.
de toutes
C Vous serez sans doute surpris
odieuses, et vous ne pourrez
ces nanouvres --- Page 280 ---
(96)
en concevoir le motif: il tient à un projet
coupable, et qui mérite la plus sévere punition (C.
Sonthonaz prétend que la Colonie de St:
Domingue ne doit point faire partie de la
république décrétée une ctindivisible : son
systéme est que les françois de Saint-Domingue doipent Etre SERFS de la république,
GOUVERNÉS DESPOTIQUENENT ET ARBITRAIREMENT PAR DES SATRAPES INSOLENS, , QUI
NE RECONNOITRONTD'AUTRES LOIS QUELEURS
VOLONTÉS, Il s'arroge ce droits il marche
en tyran , ENTOURÉ SANS CESSE DE SES
GARDES-DU-CORPS, c'est-d-dire, des dragons
quil avilit, en les rendant les instrumens
de ses vexations. Il persuade aux citoyens
*
de couleur que, sous un pareil gouvernement, ils jouiront de toutes les prérogatives, et ces hommes aveuglés 7. FLATTÉS
DE LA SUPRÉMATIE QUE SONTHONAX LEUR
:
PROMET SUR LES BLANCS,secondentses projets, sans se douter que, s'ils se réalisents
ils en seroient les premieres victimess.
G Sonthonax ne trouve pas la même docilité dans les autres citoyens 5 et pourles
J amener, ilforme le projet de leur déportation >.
Tel est le motif quia déterminé son voyage
à
ont de toutes les prérogatives, et ces hommes aveuglés 7. FLATTÉS
DE LA SUPRÉMATIE QUE SONTHONAX LEUR
:
PROMET SUR LES BLANCS,secondentses projets, sans se douter que, s'ils se réalisents
ils en seroient les premieres victimess.
G Sonthonax ne trouve pas la même docilité dans les autres citoyens 5 et pourles
J amener, ilforme le projet de leur déportation >.
Tel est le motif quia déterminé son voyage
à --- Page 281 ---
(97) )
Il voit avec peine que la loidu
à Saint-Mare.I
exécutée at Port4Avrile lest complettement la
de Pouest, la
au-Prince; que dans partie
de
tranquilité est parfaites que les citoyens
toutes les classes ne forment quun tout;
y jouissent de la conqueles corps populaires
les corporasidération qui leur est due; que
sont abolies ; quela garde
tions particulieres
composée de
nationale est indistinctement
ses attous les ciloyens; qu'elle ne dirige
contre les brigands ect. Qette positaques que devreit excitèr Padimiration du
tion heureuse
Sonthonaz la regarde
délégué de la nation:
son descomme un crime. Il ne cache plus
scin d'aller assiéger le Port-au-Prince ; par
mer et par terre, afin, dit-il, d'embarquer sous.le
tous les bons citoyens quil désigne
le
nom de LÉOPARDINS, sans réfléckir quei
reproche fail à Passemblée de saint-Marc
républicain, qui caractéétoit le systéme
les vrais amis de la
rise aujounthui tous
patrie >,
ce
il fautdeshommes;
( Pourexécuter siege,
illusion sur le
et Sonthonax ne peut SC faire
à latrefus de tous les citoyens à'se prêter
d'une ville pour exterminer leurs freres.
taque Dans cette position, il a imaginé d'affranautorité, les esclaves de
chir, de Sa seule
C
Piecesjuatifiectices. --- Page 282 ---
(98)
couleur de Saint-Marc et des environs,
en former une armée, avec
il pour
laquelle se propose de marcher au Port-au-Prince. Il suit le
même projet au Cap; oi ilfait enlever des
esclaves, 2 sous le prétexte de les enrôler pour
la guerre, sans l'aveu de leurs maîtres ; mais
je doute qu'il réussisse dans cet abominable
projet 5 qui tend à la subversion, à Panéantissement absolu de la Colonie >.
Les citoyens de Saint-Marc, 2 par l'organe
de M. Dusollier, commandant de la garde
nationale, effrayés d'un pareil projet, lui ont
demandé s'il avoit un décret d'affranchissement : il a été forcé de convenir qu'il n'en
avoit reçu aucun, Alors M. Dusollier lui a
demandé l'explication de Sa conduite, en lui
signifiant de renoncer à un systême aussi destructeur des propriétés, systeme auquel les
citoyens étoient déterminés de s'opposer de
toutes leursforces. Legénéral Desfourneaux,
lientenant-colonel du bataillon da Pas-de-Caa
lais, qui a accompagnéSontionax à S. Marc,
luia pareillement signifié qu'il luiseroit soumis en tout ce qui concerneroit l'exécution
de la loi; mais qu'il ne souffiiroit jamais les
atteintès qu'il voudroit y porter ).
1 C Les citoyens de la partie du nord et les
eorps populaires sont dans les mnémes dispo-
opposer de
toutes leursforces. Legénéral Desfourneaux,
lientenant-colonel du bataillon da Pas-de-Caa
lais, qui a accompagnéSontionax à S. Marc,
luia pareillement signifié qu'il luiseroit soumis en tout ce qui concerneroit l'exécution
de la loi; mais qu'il ne souffiiroit jamais les
atteintès qu'il voudroit y porter ).
1 C Les citoyens de la partie du nord et les
eorps populaires sont dans les mnémes dispo- --- Page 283 ---
(99 )
sitions. Ainsi nous devons espérer que lescé.
lérat Sonthonax sera forcé d'abandonner le
funeste projet de mettre le comble à
seres par celuid'une
nos miguerre civile, , qui feroit
perdre sans retour pour la métropole la plus
florissante des Colonies.
( Au nom de P'intérêt de la
au nom des françois de
république,
Pattachement
Saint-Domingue dont
pour la mere-patrie ne s'est
jamais démenti, qui onl élé calomnics
indignement, et qui préféreroient les
dures extrémités à la désobéissance plus
faites
d la
loi,
en sorte que la convention nationale nous délivre de ce
agens. La
monstré et de ses
les
république trouvera toujours dans
françois de
des amis : si la Saint-Domingue des freres,
république les
ils ne se rendroient
abandonnoit,
point criminels, ils
terotent leurs
quitsein de la
propriétés 2 et viendroient au
mere - patrie réclamer
et la considération
l'existence
>.
> Je dois terminer
par vous observer que
touslesjours les agens de Sonthonaz cherchent d soulever
rindignation de tous les
citayens par tous les moyens
et que depuis quinze jours ils mettent imaginubles 2
pratique pour faire prendre les
tout en
citoyens de couleur,
armes aux
2 qui ne trouventjamais
Gz --- Page 284 ---
ioo )
de résistance. L'événement du 14 de ce mois
est une répétition de quaire à cinq tentatives
antérieures et inutiles. Salut )).
>> P. S. A l'insiant nous apprenons que
Sonthonax, 2 intimidé Par la déclaration du
citoyen Sormieres, et non du citoyen Du
Sollier, commandant de la garde nationale,
quiluia déclaré que, s'il ne faisoit cesser les
enrôlemens des esclaves 7 tous les citoyens
prendroient les armes, vient de déciarer qu'il
en étoit surpris, et qu'il n'y"avoit aucune
part; ; qu'en conséquence il a ordonné à ces
esclaves de rentrer chez leurs maîtres. Cette
excuse grossiére ne peut tromper. Sonthonax
avoit lui-même donné la cocarde à ces esclaves en signe de liberté, et disposant de
la municipalité de Saint - Marc composée
dhommes à sa dévotion, il a fait accompagner son désaveu d'une déclaration de.
-
cette municipalité 2 portant que ces enrôle-
:
mens étoient légitimes : qu'ils avoient pour
but de fortifierle partides hommes de couleur,
lesquels craignoient la supériorité des blancs,
et que ce n'étoit que par déférence qu'ils
consentoient à l'exécution des ordres du délégué de la
litre
république, 2
que s'arroge
Sonthorax, quoigi'iln'en ait encore aucun
pour Se Tapproprier. Sonthonax- croit en
portant que ces enrôle-
:
mens étoient légitimes : qu'ils avoient pour
but de fortifierle partides hommes de couleur,
lesquels craignoient la supériorité des blancs,
et que ce n'étoit que par déférence qu'ils
consentoient à l'exécution des ordres du délégué de la
litre
république, 2
que s'arroge
Sonthorax, quoigi'iln'en ait encore aucun
pour Se Tapproprier. Sonthonax- croit en --- Page 285 ---
(10I ).
; mais il est déjoué
imposer par ce subterfuge;
et démasqué ).
dune autre lettre en date du 5
Extrait
adressée all même membre de
Janvier,
la méme personne qui
la Convention par
et le PRÉCIS qui
a écrit la précédente
Paccompagne.
parti , nous avions les
> M. d'Esparbès
dans la conduite
plus flatteuses espérances
devoit
ferme et loyale de M. d'Hinnisdal qui
naturellement prendre le commandement par
intérim. MM. Les commissaires ont pensé
différemment : ils ont, de leur seule autorité,
confé cet intérim à M. Rochambeau, qui,
dans les premniers momens, a paru vouloir de
choix, et qui même a fait près
justifierleur
la lisière espaguole une petite expédition
M.d'Hinnisdlal que M. Rochampréparéepar voulu réduire à la nullité, et consébeau a
forcé de retourner en France. , au
quemment de tous les vrais citoyens >.
grand regret
dont M. Rocham-
> Aprèscette expédition,
beau s'est altibué le mérite 7 quoiqu'elle
de
n'appartint réellement qu'aux préparatifs
M. d'Hinnisdal, le gouverneur par intérim
est revenu aul Cap, où le préteate prai OUL --- Page 286 ---
IO2 )
fiaux d'une maladie a interrompu le cours
de ses opérations. Son inaction, le genre de
société qu'il s'est choisie, et qui n'est composée que de filles publiques de couleur et
d'hommes de couleur, Paccuellpeufauvorable qu'il a fait aux auires citoyens, des
concerts, des bals et des fétes qu'il donne
dsas socidéjeiguisontréclisontréolilenentuneinulte
à la misère publique, ont indisposé contre
lui: la majeure partie des habitans du Cap
a renoncé à le voir, et de cet abandon est
résulté la reprise des animosités anciennes.
entre les citoyens des deux castes >.
e
> Il résulte de toutes ces dissensions une
inactivité perfide., M. Rochambeau demande
un corps de citoyens pour des opérations
militaires. Le commissaire Sonthonax vient
de faire une proclamation pour exciter ceux
de bonne volonté à s'inscrire chez M.leGouverneur, avec la clause d'être regardé comme
infâmes et traîtres à la patrie; s'ils ne remplissent pas leurs engagemens. Cette proclamaiion a cacité Pindignation générale :
14 personnes seulement se sont inscrites, 2 et
personne ne veut marcher ; les blancs refasent soUS le prétexte de ne vouloir laisser
ations
militaires. Le commissaire Sonthonax vient
de faire une proclamation pour exciter ceux
de bonne volonté à s'inscrire chez M.leGouverneur, avec la clause d'être regardé comme
infâmes et traîtres à la patrie; s'ils ne remplissent pas leurs engagemens. Cette proclamaiion a cacité Pindignation générale :
14 personnes seulement se sont inscrites, 2 et
personne ne veut marcher ; les blancs refasent soUS le prétexte de ne vouloir laisser --- Page 287 ---
(ro3 )
leurs familles et leur fortune à la discrétion
des hommes de couleur, les citoyens de couJeur souS des prétextes qui ne valent pas
mieux. J'ignore quel sera le résultat de ces
divisions : mnais ce que je vois avec peine
c'est que M. Rochambeau et meme Mi.
Sonthonaz ont perdu toute confiance, ET
QUE LEUR CONDUITE N'EST PAS DE NATURE A
LA RÉTABLIR. On croit que M. Rochambeau
va prendre le parti de retourner à la Martinique : ce. seroit peut-être ce. qui pourroit
arriver de plus henreux ; mais à quile commandement sera-t-il dévolu? Je Pignore, et
je vois les maux de la Colonie à leur comble,
si la Convention nationale ne vient à notre
secours par le choix d'un bon
d'un caractèue
commandant, 3
ferme, mais assez liant pour
concilier tous les esprits qui ne sont plus
dévisés defait,et qui ne sé craignent Qu'à
RAISON DES MÉFIANCES RÉCIPROQUES QUE
LEUR SONT INSPIRÉES >.
( Je ne dois pas même vous dissimuler,
Monsieur, qu'il est teis de meitre unfrein
à la dictalure des commissaires nationaua-civils. M. Ailhand a cuitté la Colonie;
MM. Polverelei Sontbonax ne paroissent
merveillensement d'accord ; la commission pas
intermédiaire est in corps illegal, et qui --- Page 288 ---
104)
ne peut ni ne doit plus administrer la Colonie; il nous faut une assemblée coloniale,
légalement composée sur les bases de la loi
du4. Avril et des loixpostérieures; ; la commission intermédiaire la demande avec instance (1); toute la Colonie la desire, et je
ne conçois pas comment les deux commissaires qui nous restent ne s'empressent pas
de céder à ce vceu genérals.
( Je comprends encore moins comment
des commissaires qui ne sont délégués que
pour l'éxécution de la loi du 4 Avril, pour
la formation d'une assemblée coloniale constitutionnelle, pour la poursuite des auteurs s
fauteurs et complices des troubles dont nous
sommes les victimes, oublient leur mission
pour se livrer à des actes arbitraires d'au-
*
torité,qui se ripctontjoumellenenl, et qui
feroient réellement regrelter Pancien Tégime, si une pareille administration de3
voit durer.
:
(:) C'étoit avant que les citoyens d'Augy et Raboteau
eussent été déportés, et avant. que les citoyens Laval ct
Chotard cussent quitté,
-
F IN..
-
victimes, oublient leur mission
pour se livrer à des actes arbitraires d'au-
*
torité,qui se ripctontjoumellenenl, et qui
feroient réellement regrelter Pancien Tégime, si une pareille administration de3
voit durer.
:
(:) C'étoit avant que les citoyens d'Augy et Raboteau
eussent été déportés, et avant. que les citoyens Laval ct
Chotard cussent quitté,
-
F IN..
- --- Page 289 ---
ERRATA
Page 13, ligne 20, une exemple, lisez : un exemple.
Page 31, ligue 21, au camp Clévisse, liscz au camp
Clérisse.
Page 45, lignes 13 ct 14, à l'administration militaire
de la marine, effacez : de la marine.
Page 51, ligncs 4 et 5, ii ne tarissoit point sur mes
louanges, effacez CCS mots.
Page 87, avant-derniere lighe : ajoutez entre deux parentheses (n°. 9).
Page 93, ligne 14: ajoutez cntre deux pareatheses 2
(no.1o).
Page 100, ligne 21, que contient la derniere partie,
lisez : que contient le seconde partie.
Page 123, ligne 7, 2 la loi de la nature, lisez. : klatoi
de nature.
Page 126, ligne IO, une nouvelle, ajoutez : preuve.
Page 127, ligne premierc, la croyoit-elle ainsi, 5 lisez:
le croyoit-elle ainsz.
Page 134, lignes I2 et 13,sans hésitation, lisez : sans
la moindre hésitation.
Page 139, ligne 9, sans hésitation, lisez : sars la
moindre hésitation.
Page 169, ligne 14, ea'ilapufaire, lisez : quilafois --- Page 290 ---
92-03
< --- Page 291 --- --- Page 292 ---
-
-
. --- Page 293 ---
E743
L319m --- Page 294 ---
a --- Page 295 --- --- Page 296 ---