--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Babit Cart ter ronvr
Eilary
Bmmt luimersity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
M É M OI
R E
Envoyé le I 8 Juin
1790,
AU COMITÉ DES
RAPPORTS
D E
LASSEMBLÉE
NATIONALE,
Par M. DE LA LUZERNE, Miniftre
& Secrétaire d'Emt.
A
DE
PARIS,
L'I M P RIM E RI IE
ROYALE
M. DCC. XC. --- Page 8 ---
cru devoir préfenter à chacun
de la Nation 7 j'ai
DÉNONCÉ aux Repréfentans juflificatives. d'eux ma défenfe appuyée de pièces mais elles fuffifent. Ces pièces font peu nombreufes,
de produire beaucoup de témoignages que
abftenu
Je me fuis volontairement
j'aurois pu invoquer. été
& publiées, foit en Francc,
authentiques, 7 des pièces qui ont imprinées qu'elles ferviroient à ma
Desaltes
oû l'on ne préfumoit pas
foit dans la Colonie, à une époque
de foi que des lettres de particuliers,
mériter un tout autre degré
reproché d'avoir
défenfe, m'ont paru du monde ; lettres qu'on m'auroit peur-être
d'antiécrites d'unc autre partic
de la critique on auroit pu mêmc fufpedter
follicitées, & que dans l'amertume fort long fe feroit écoulé avant que j'euffe pu
de contrefaction. Un temps
vérité à une auffi grande
date ou
il n'eft pas aifé de conflater la
être trop en garde
difiper de tels foupçons; affaire de la nature de celle-ci, on ne pcut
diftance; & dans une
foi-même. les édits, les
contre les pièces qu'on produit
ma juflification, font
les ai
Celles fur lefquelles jappuye principalement
nombre, je ne
&-les arrêts; j'en cite un très-grand
ils ont unc date
ordonnances, 2 lcs règlemens ils font connus ; ils ne peuvent être altérés,
par
point fait réimprimer,
Recueil des loix de Saint-Domingue, , publié
certaine : on les trouve dans le volumes in-4."
M. Moreau de Saint-Merry, en 6 conflatent auffi la fauffeté de plufcursi imputations
Lcs papiers publics de la Colonie
que ces journaux (ont exactement
m'ont été faites. J'ai indiqué dans une note, les confulter. qui
du Roi, où l'on peut
dans mon Mémoire
envoyés à la Bibliothèque projet de faire imprimer & d'inférer chefs de dénonJe n'avois point eu d'abordlep
& qui contiennent Ics
qui m'ont été coinmuniquées,
les quinze pièces
faire difcerner la vérité & en
ciation. le
comme je défire fur-tout
les
qu'en foit ftyle,
cût été-de préfenter
Quel
examen, mon voeu perfonnel
de TAMemblée
faciliter le plus fcrupuleux
que chaque Membre
avec ma défenfe : je regrettois les
le reproche & la réponfe;
dénonciations
avoir cn méme temps fous yeux
celle
ce foit. Nationale, ne pôt pas
ne bleffer
dequi que
des motifs de délicatelfe me retenoient.jevotols les dénonciations vont être publiques,
mais difcrétion feroit aujourdhui fuporhuc;
au journal de Paris, du
Ma
d'Arcy a annoncé dans le Supplément
au Mémoire qui
puirque M.
le reproche & la réponfe;
dénonciations
avoir cn méme temps fous yeux
celle
ce foit. Nationale, ne pôt pas
ne bleffer
dequi que
des motifs de délicatelfe me retenoient.jevotols les dénonciations vont être publiques,
mais difcrétion feroit aujourdhui fuporhuc;
au journal de Paris, du
Ma
d'Arcy a annoncé dans le Supplément
au Mémoire qui
puirque M. de Gouy
étoient fous preffc. Je joins donc
m'ont été
juin 1790, n." 39, qu'elles
Ics dénonciateurs, telles qu'clles
lcs quinze pièces produites par
& fignécs par celui dc M."* lcs
les réfute,
mai, après avoir été collationnées
délivrées lc L.""
du Comité des Rapports. ; le I 8 de cC mois,
Députés qui eft Secrétaire
jours l'envoi du Mémoire;
addition retardera de quelques
des Rapports, il étoit déja
Cctte
& envoyé en manufcrit au Comité
conformer. à un Décret
lorfque je T'ai figné
I en a réfulté qu'on n'apuf fe
des
entièrement imprimé. fe trouveront précédés
prefque
f'Affembléc Nationale , & Ics noms propres
poflétieur dc d'ufage d'y annexer. titres qu'il étoit --- Page 9 ---
2 aS M K 22 A -
M É M OI
R E
DE M. LE COMTE DE LA
LUZERNE,
MINISTRE ET SECRÉTAIRE
D'ÉTAT,
AYANT LE DÉPARTEMENT DE LA MARINE.
Des Députés de Saint - Domingue ont cru
fous le double rapport d'ancien Gouverneur pouvoir me dénoncer
Minifre de la Marine. J'avois, fans
de cette ile, & de
de
doute, le droit
répondre ,la communication de leurs
d'exiger, avant
loi de la refponfabilité
preuves, (a) d'examiner fi la
rétroaétif à mon égard, mais nouvellement portée ) peut avoir un effet
L'innocence
cette marche étoit trop. Jente
ne doit pas refter foupçonnée : l'idée d'une pour moi.
m'importune; je vais au-devant du combat
dénonciation
Les exemples de Miniftres
que l'on veut me livrer.
cités au tribunal de la Nation, lors
(a) Les Députés de Saint-Domingue qui ont
aucunes pièccs à l'appui. Jc dois croire qu'il n'en figné exilte la dénonciation, n'ont produit
des rapports,
point au dépôt du Comité
A
ne doit pas refter foupçonnée : l'idée d'une pour moi.
m'importune; je vais au-devant du combat
dénonciation
Les exemples de Miniftres
que l'on veut me livrer.
cités au tribunal de la Nation, lors
(a) Les Députés de Saint-Domingue qui ont
aucunes pièccs à l'appui. Jc dois croire qu'il n'en figné exilte la dénonciation, n'ont produit
des rapports,
point au dépôt du Comité
A --- Page 10 ---
même qu'ils font honorés de la confiance de leur Roi, font rares;
mais I'homme jufte qui a foumis toutes fes actions au tribunal de fa I
confcience, qui n'a rien ordonné qu'il ne crût devoir l'être, , qui ne
s'eft fervi d'une autorité légitime, que pour maintenir la tranquillité
publique, qui a refpedlé l'humanité, qui en a défendu les droits facrés
jufques dans l'individu le pius obfcur, eft fupérieur à tous les événemens. II répond à qui l'interroge 7 & fans rien révéler de ce que
l'intérêt facré de la Nation lui ordonne de tenir fecret, il trouve
dans le réfultat même de fon adminiftration, de quoi juflifier les
principes qui l'ont dirigée.
Je fens combien feroit délicate la pofition où je me trouve, fous un
règne où l'on ne fe feroit aflujetti à d'autres règles qu'à.celles qu'auroient indiquées les circonftances, où une fombre politique auroit
jeté un voile myflérieux fur les moyens qu'on auroit employés, où
de grand mot d'intérêt de T'Etat auroit rendu tout permis, & étouffé
les réclamations les mieux fondées; mais que peut avoir à redouter
le Miniftre d'un Roi jufte par caractère, confiant par principes, qui
n'a jamais voulu régner que par la loi, & qui rejette tout ce qu'elle
improuve 2 Le développement de l'adminiftration du Miniftre eft
néceffairement alors f'éloge du Monarque qu'il fert; tout ce qu'il a fait
de bien appartient à celui dont il a exécuté les ordres, &la publicité
qu'il donne à fa juftification, ajoute encore à la haute opinion que
la Nation entière s'étoit formée de la fageffe du Prince qui la
gouverne.
Pénétré de ces vérités, jy trouve, je l'avoue, un grand adouciffement à la peine que m'a caufée d'abord une dénonciation exprimée
dans les termes les plus offenfans 9 publiée avec affectation, répandue
dans toute la France avec profulion envoyée dans les deux Iudes avant
qu'on m'en eût donné une connoiflance légaie. La calomnie a cet
avantage 7 qu'elle s'empare des efprits, qu'elle a, pour s'y établir,
tout le temps que l'innocence emploie à raffembler fes preuves. Mais
quelque redoutables qu'en foient les effets, j'ai ofé efpérer cependans
publiée avec affectation, répandue
dans toute la France avec profulion envoyée dans les deux Iudes avant
qu'on m'en eût donné une connoiflance légaie. La calomnie a cet
avantage 7 qu'elle s'empare des efprits, qu'elle a, pour s'y établir,
tout le temps que l'innocence emploie à raffembler fes preuves. Mais
quelque redoutables qu'en foient les effets, j'ai ofé efpérer cependans --- Page 11 ---
que mes concitoyens ne me jugeroient pas fans m'entendre ; je me fuis
flatté qu'ils ne croiroient pas, fur la foi d'un petit nombre de
fonnes, qu'un homme qui s'eft toujours montré jaloux de l'eflime perpublique, quife l'eft propofée comme le prix honorable defes travaux,
qu'on n'avoit jamais accufé d'être f'apôtre du defpotifine, fût devenu
tout-à-coup f'oppreffeur du foible, l'aveugle agent du pouvoir arbitraire, & de fléau de ja Colonie dont le gouvernement lui étoit confié.
J'ofe croire encore qu'ils fentiront combien le combat eft
entre
ceux qui ont pu méditer leur démonciation à loifir, & inégal un Miniftre
qui fe doit tout entier à la chofe publique, qui n'a que
d'inflans
dont il puiffe difpofer
peu
eft
pour lui-même, & qui depuis plus de deux ans
éloignéde dix-huit cents lieues de la Colonie où repole la majeure
partie des actes utiles à fa défenfe.
La dénonciation faite contre moi à l'Affemblée Nationale, &
renvoyée par elle au Comité des rapports, a treize chefs différens :
treize perfonnes l'ont fignée, mais, parmi elles, je fais
vrais accufateurs. II en eft qui, après m'avoir ià,
diflinguer mes
regretteront d'avoir
trop facilement cédé à des impreffions
l'Affemblée
étrangères : je vais mettre
Nationale & le public à portée de prendre une
des autres.
jufte opinion
Chacun de ces chefs portant fur un fait différent,
cufflion particulière. Je les traiterai donc
exige une dif
feulement de raffembler fous
féparément; je me permettrai
ul même paragraphe ceux
me
tront avoir une grande
qui
parofanalogie entre eux. J'abrégerai
ce
ma défenfe, & je tiendrai moins long-temps fufpendue par moyen
amis de la vérité,
l'attention des
qui prendront intérêt à ma juftification.
A ij
ant fur un fait différent,
cufflion particulière. Je les traiterai donc
exige une dif
feulement de raffembler fous
féparément; je me permettrai
ul même paragraphe ceux
me
tront avoir une grande
qui
parofanalogie entre eux. J'abrégerai
ce
ma défenfe, & je tiendrai moins long-temps fufpendue par moyen
amis de la vérité,
l'attention des
qui prendront intérêt à ma juftification.
A ij --- Page 12 ---
PREMIER CHEF DE DÉNONCIATION,
Refus olftiné de Lettres de Convocation à la Colonie de SaintDomingue,
SECO N D C HE F.
Olfacle mis dans la Colonie a la nomination de fes Députés aux
Erats-gentraux.
R É P O N S E.
JANAIS peut-être on n'agita dans un État européen de queftion plus
grande par fon objet, plus importante par fes effets, que celle de
l'admifficn des Repréfentans des Colonies à l'Affemblée de la Nation,
Que d'intérêts à ménager, que de rapports à calculer, que d'inconvéniens à prévoir! différences dans le climat, dans les productions, dans les individus même: au premier aperçu, ne devoit-on pas
croire que la nature & la politique étoient d'accord pour écarter de
l'Affemblée Nationale, les Colonies à qui un régime particulier eft
abfolument néceffaire 3
D'un autre côté , peut- on oublier que le commerce des Cofonies
équivaut prefque au quart de notre commerce extérieur? Quelle
province pofsede autant de richeffes qu'en renferme l'ile de
Saint - Domingue 3 quelle influence fes producions n'ont-elles pas
fur tous les marchés de l'Europe? quelle reffource ne nous offrent-elles
acquitter notre dette envers les Nations voifines?
pas Ceux pour qui habitent cette contrée font nos frères. Il n'en eft
pas un feul qui n'ait confervé l'efprit de retour, que fon coeur ne
porte fans cefle vers la mère - patrie. S'ils défirent des richefies, c'eft
pour en jouir un jour aul milieu de leurs concitoyens. ls envient
au fol qu'ils cultivent,jufqu'aux momens que l'intérêt de leur fortune
les oblige de lui donner.
les Nations voifines?
pas Ceux pour qui habitent cette contrée font nos frères. Il n'en eft
pas un feul qui n'ait confervé l'efprit de retour, que fon coeur ne
porte fans cefle vers la mère - patrie. S'ils défirent des richefies, c'eft
pour en jouir un jour aul milieu de leurs concitoyens. ls envient
au fol qu'ils cultivent,jufqu'aux momens que l'intérêt de leur fortune
les oblige de lui donner. --- Page 13 ---
Telles furentl les idées qui fe préfentèrent à mon efprit,
vis
naître l'importante queftion de l'admiffibilité des Députés quandje des Colonies à l'Affemblée Nationale. Je n'étois pas affez préfomptueux
entreprendre de la réfoudre. Je me formai dès ce
pour
de conduite, qui feul convenoit à ma pofition; moment un plan
j'écoutai
rendis compte de tout au Roi; je rapportai à fon Confeil tout, je
m'ordonna de lui faire connoître.
ce qu'il
Cette oblervation doit précéder toute efpèce de réponfe de ma
part. Les dénonciations ne pourroient m'atteindre, qu'autant
prouveroit que c'eft moi perfonnellement qui ai refufé des qu'on
de convocation à la Colonie, & mis des obftacles à la
Lettres
de fes Députés.
nomination
Le récit de ce qui s'eft paffé, fuffira à cet égard pour rendre
juftification complette.
ma
Le 4 feptembre 1788, neuf propriétaires d'habitations dans l'ile
de Saint-Domingue, qui réfidoient ou fe trouvoient alors en
me remirent deux Lettres; l'une étoit deftinée
le
France,
m'étoit adreffée
pour
Roi, d'autre
; toutes deux portoient la date du 31 août
Ces propriétaires s'étoient attribué dans celle qu'ils
1788,
qualité de Commiffires de la Colonie. Ils m'affuroient m'écrivoient, la
figné de quatre mille habitans, les autorifoit à
qu'un acte
offroient de me
prendre ce titre; ils
communiquer cet aéte. Je les refufai, défirant
à cet égard les ordres de Sa Majefté.
prendre
Je remis le même jour les deux Lettres au Roi. Sa
l'importance de la queftion propofée; elle m'ordonna Majefté fentit
d'en faire le
rapport au Confeil d'Etat, d'y difcuter, I.° s'il convenoit de
dérer les neuf propriétaires comme réellement
confifondés des pouvoirs de la Colonie entière; 2.° fi l'on Commiflaires &
devoit
rifer Saint - Domingue à envoyer des Députés à l'Affembiée autoEtats-généraux. Elle
des
approuva fpécialement le refus
de recevoir l'adle qu'on avoit offert de
que javois fait
me communiquer avant
Etat, d'y difcuter, I.° s'il convenoit de
dérer les neuf propriétaires comme réellement
confifondés des pouvoirs de la Colonie entière; 2.° fi l'on Commiflaires &
devoit
rifer Saint - Domingue à envoyer des Députés à l'Affembiée autoEtats-généraux. Elle
des
approuva fpécialement le refus
de recevoir l'adle qu'on avoit offert de
que javois fait
me communiquer avant --- Page 14 ---
de lui en avoir référé. Elle m'ordonna enfin de perfifter dans le plan
de conduite que j'avois d'abord adopté.
Les ordres du Roi à cet égard étoient fondés fur des motifs de,
prudence & de fageffe qu"il elt aifé de pénétrer. Un tel aéte n'avoit
aucun caraétère d'authenticité; rien ne garantiffoit la vérité des
fignatures dont il étoit revètu; la vérification ne pouvoit en être
faite qu'à dix-huit cents lieues de la capitale. On n'avoit reçu à cette
époque aucun avis des Adminiftrateurs, qui indiquât la tenue
d'affemblées particulières dont ces fignatures & cet aéte euffent été
le réfuitat. La prudence exigeoit donc qu'on fe tint au moins fur
la réferve.
En effet, il étoit dans l'ordre des choles poffibles que cet acte ne
fit pas le fruit d'une délibération régulière, & qu'on eût envoyé de
Saint-Domingue des fignatures mendiées. Dans le doute, n'étoit il
pas du plus grand danger de donner une pleine confiance à cet écrit?
pouvoit-on y voir le vocu réel & réfléchi de la Colonie fur les plus
grands intérêts qu'elle eût jamais difcutés?
Les propriétaires qui fe préfentoient comme fondés de procuration
de leurs concitoyens, n'ignoroient pas les formalités auxquelles étoient
affujettis tous les aéles de ce genre envoyés des Colonies. Les particuliers & les corps, tels que les Chambres d'agriculture, les Confeils
fupérieurs, les Affemblées coloniales, lorfqu'elles étoient formées, &
même feurs Comitésintermédiaires, avoient droit d'adreffer diredlement
au Roi leurs demandes & leurs repréfentations ; mais ils étoient obligés
d'en donner auffitôt copie aux Adminiftrateurs de da Colonie, 9 qui
en rendoient compte. Cette formalitén'étoit pas feulement utile, elle
étoit néceffaire; car, quoique les fignatures des Membres de ces Corps
puffent être connues, il étoit poflible auffi qu'on eût tenté de les
contrefaire: : & comment, à une fi grande diftance, fe garantir des
falfifications! comment déconcerter les projets fondés fur de faux
avis, fi l'on fe difpenfoit de les foumettre à cette épreuve? L'acte
itén'étoit pas feulement utile, elle
étoit néceffaire; car, quoique les fignatures des Membres de ces Corps
puffent être connues, il étoit poflible auffi qu'on eût tenté de les
contrefaire: : & comment, à une fi grande diftance, fe garantir des
falfifications! comment déconcerter les projets fondés fur de faux
avis, fi l'on fe difpenfoit de les foumettre à cette épreuve? L'acte --- Page 15 ---
qu'on offroit de me
communiquer ne pouvoit la foutenir,
règle qui ly aftreignoit n'admit aucune efpèce
quoique la
premier motif pour ne pas lui donner
d'exception ; c'étoit U11
une entière
D'ailleurs, une idée fimple autant
croyance.
quiconque connoifoit la
que jufle fe préfentoit à l'efprit de
population de
renferme plus de vingt-cinq mille
Saint-Domingue. Cette ie
Cette affertion fera juftifiée
citoyens majeurs & domiciliés.
Affemblées
par le dénombrement qui précédera les
primaires. Ainfi en fiuppolant certain
des neuf
tout ce
propriétaires, 3 en admettant que leurs
qu'alléguoient
réfultat d'une délibération prife
pouvoirs fuffent le
évident qu'une
par quatre mille habitans, il étoit
grande partie des
appelés, ou avoient été d'un avis citoyens , ou n'avoient pas été
taires.
contraire à celui des fignaIl ne faut donc pas s'étonner
lorfque la queftion fur
qu'on ait penfé au Confeil d'Etat,
y
difeutée, que fur la foi
peu régulière, ,leRoi ne devoit
d'une picce auffi
fondés de la procuration de pas regarderles neufproprictaires 1
comme
véritables
tous les habitans de
intérêts de cette Colonic furent Saint-Domingue. Les
avec raifon de les
y
confultés; on craignit
foutenir
compromettre, fi l'on attribuoit
ou d'en difpoler, à neuf
le droit de les
lement que ce pouvoir leur eût été perfonnes qui ne prouvoient nulC'eft par ce motif de
conféré par la Colonie elle-même.
juftice & de
Sa Majeflé fe détermina à
bienveillance pour la Colonie
les neuf
me défendre de correfpondre
que
Colons, & me preferivit de
par écrit avec
une reconnoifance même
ne rien faire qui pût paroftre
indiredle de deurs prétentions.
de Quelque leurs
convaincu que je dufle être à cette époque de
démarches, je n'en repréfentai
f'illégalité
dans mon rapport à Sa
pas moins le II feptembre,
tion étoit de da
Majelté & à fon Confeil d'État, que la
plus haute importance; fis
quefpour le bien de nos
je fentir qu'il convenoit,
poffeffions éloignées, de
Domingue ou toute autre Colonie
prévoir que Saintforme qui la rendroit digne de
pouvoient fa préfenter fous une
toute f'attention du
Gouvernement Je
f'illégalité
dans mon rapport à Sa
pas moins le II feptembre,
tion étoit de da
Majelté & à fon Confeil d'État, que la
plus haute importance; fis
quefpour le bien de nos
je fentir qu'il convenoit,
poffeffions éloignées, de
Domingue ou toute autre Colonie
prévoir que Saintforme qui la rendroit digne de
pouvoient fa préfenter fous une
toute f'attention du
Gouvernement Je --- Page 16 ---
convenable de l'approfondir & de la décider, finon définitivecroyois
ment, au moins d'une manière pro ifoire.
L'Affemblée Nationale s'efl récemment déterminée à adopter, comme
le fit alors le Confeil du Roi, le premier principe que jy établis. Je
foutins que la mère-patrie devoit regarder toutes fes Colonies comme
fes enfans : que fr de tout temps elle avoit défiré leur donner un
auffi analogue à celui de la Métropole, que la différence du
régime climat, des produélions & du commerce le permettoit, affurément
il
cette uniformité ne devoit jamais être plus marquée que quand
d'envoyer des Repréfentans à l'Affemblée d'une Nation dont
s'agifloit
elles étoient membres.
Comme il n'exiftoit en France aucune loi, aucuns exemples fur
cette matière, la dernière convocation des États-généraux étant fort
antérieure à l'époque de la fplendeur & de la profpérité de nos
de confulter les loix & les ufages
Colonies, il me parut convenable
des peuples voifins.
&
Je parcourus fuccefivement les Gouvernemens monarchiques
l'efprit
Je trouvai que ni
ceux
dans lefquels prévaut
Républicain.
ni le Portugal, ni l'Angleterre, ni la Hollande ( ce font
F'Efpagne,
ayent de vaftes poffeflions dans
les feules Puiffances européennes qui
du
n'admettoient de Députés des Colonics
les autres parties. monde)
Afemblées de la Nation convoquées dans Ja mère-patrie.
aux
néanmoins fir cet exemple univerfel
J'ajoutai que ce n'étoit pas
devoit
& fur cette efpèce de droit public de tous ics peuples, que
fondée la décifion du Roi;
étoit de fa juftice & de fon
être
qu'il
amour pour fes fujets, de ne fe déterminer que par des confidérations
d'utilité générale & de convenance réciproque.
Affurément les Colons devoient être réputés les meilleurs juges de
à leurs
intérêts ; c'étoit donc eux que fur
ce qui importoit
propres
ce point il étoit équitable de confulter.
Jufqu'a cette époque, aucun habitant de nos poffeffions éloignées
n'avoit fait connoitre fon opinion à cet égard. On remarquera même
que
déterminer que par des confidérations
d'utilité générale & de convenance réciproque.
Affurément les Colons devoient être réputés les meilleurs juges de
à leurs
intérêts ; c'étoit donc eux que fur
ce qui importoit
propres
ce point il étoit équitable de confulter.
Jufqu'a cette époque, aucun habitant de nos poffeffions éloignées
n'avoit fait connoitre fon opinion à cet égard. On remarquera même
que --- Page 17 ---
que dès le mois de juillet
demandéla
1787 3 le Parlement de Paris avoit
convocation des États-généraux, que le Roi avoit
le 15 novembre de la même année, qu'il accéderoit à
annoncé
celui de la Nation ; que les remontrances du
ce voeu devenu
détermination même du Roi devoient avoir été
Parlement, que la
coloniales de
connues des
-
la Martinique , de la Guadeloupe, de
Alfemblécs
les féances n'avoient ceffé qu'au I.er
Tabago 9 dont
& au
février
janvier, au IO du même mois,
1788; & cependant ni ces
Comités
Affemblées, ni les
intermédiaires, 2 ni les Chambres d'agriculture de SaintDomingue, n'avoient encore paru fouhaiter que les Colonies
fulfent repréfentées aux Etats-généraux.
Françoifes
On ne peut contefter que ce filence abfolu n'ait duré
de feptembre 1788. Comment le Roi & fon Confeil jufqu'au mois
l'interpréter : étoit - il poffible de ne
devoient - ils
Colonies
pas en conclure, ou que les
éloignées ne défiroient pas êtrei
des
aux
repréfentées par
ou
Députés
Etats-généraux, au moins qu'elles n'avoient pas encore
famment réfléchi fur le parti qu'il leur convenoit de
fuffiaffaire de fi haute importance
prendre dans une
pour elles?
Le défir d'être réputées parties intégrantes de la
la diftance qui les en féparoit, avoit être
Métropole, malgré
puiffantes confidérations,
pu
balancé chez elles par de
dans le moment fiur-tout où le nombre des députationsalloit être fixé par le Roi, eu égard à la population. Il
naturel que ces Colonies craigniffent de n'être
étoit aflez -
fentées. Le nombre des hommes libres
pas fuffifamment repréeft fip peu confidérable,
aux iles du Vent & fous le Vent
qu'il n'eût pas donné droità toutes nos
occidentales d'envoyer plus de quatre Députés à 'Affemblée. Colonies
Domingue, la plus floriflante d'entr'elles, n'auroit
Saintà avoir feul ce nombre de
pas été antorife
de tout
&x de
Repréfentans ; car cent mille individus
age
tout fexe, étoient alors le nombre
obtenir une députation entière, & le territoire
requis pour
dans cette ile, ne renferme
qui nous appartient
II eût donc
pas cinquante mille êtres libres.
fallu, ou, que le Roi qui étoit obligé d'établir cctte
B
n'auroit
Saintà avoir feul ce nombre de
pas été antorife
de tout
&x de
Repréfentans ; car cent mille individus
age
tout fexe, étoient alors le nombre
obtenir une députation entière, & le territoire
requis pour
dans cette ile, ne renferme
qui nous appartient
II eût donc
pas cinquante mille êtres libres.
fallu, ou, que le Roi qui étoit obligé d'établir cctte
B --- Page 18 ---
IO
accordâtune fiveurparticulière aux Colonies, & alors
fixationprovifoire,
c'étoit rifquer d'exciter, par cette exception, les réclamations de toutes
les provinces, ou que les Colonies ne fe regardafent pas comme
fuflifamment repréfentées, eu égardà feur territoire & aleur richeffe.
On pouvoit d'autant plus préfumer quc LC5 confidérations avoient
fait préférer aux Colonies le perti du filence, qu'elles avoient l'exemple
encore récent des provinces de l'Amérique feptentrionale, quiavoient
jaloufes d'envoyer des Députés au Parlement d'Angleterre,
paru peu
d'elles ce moyen de conciliation. Elles
lorfque l'on tentoit auprès
avoient encore celui des Antilles Angloiles quine défireroient nullement
d'avoir au Parlement de la mère-patrie un petit nombre de Députés
dont la voix y feroit étouffée, tandis qu'elles trouvent un appui continuel dans la réclamation extérieure & plus puiffante des riches planteurs qui habitent Lonures, ou qui y viennent fréquemment.
I feroit trop long de pafler en revue toutes les confidérations qui,
faire préfumer que les
à l'époque du I I feptembre 1788, pouvoient
Colonies elles-mèmes étoient au moins incertaines fur le parti qu'elles
& rien affurément n'autorifoit le Confeil du Roi
devoient prendre,
à les prévenir.
l'admiffion des Députés
D'autres difficultés s'élevoient contre
du
devoient inceflimment s'ouvrir.
Coloniaux aux États Royaume, qui
La diftinétion des Ordres exiftoit alors, & quoiqu'il foit fuperflu
de difeuter maintenant ce qui a été néceffairement agité fur cet objet
du Roi en feptembre
eft aifé de fentir que relaau
Confeil
1788,11
tivement au Clergé fur - tout, qui dans les Colonies n'a que trèsde propriétés, & n'eft compofé que de Curés nécefiaires au culte,
peu
dans les ordres religieux, les députations coloprefque tous engagés
facilement être affimilées à celles des Bailliages
niales ne pouvoient
du Royaume. & les diftances mettoient encore de nouveaux obftacles
Le temps
à l'admiffion des Députés des Colonies. 1I importe de fe"fappeler
le Roi n'avoit pas conçu, à l'époque du II feptembre 1788,
que
cefiaires au culte,
peu
dans les ordres religieux, les députations coloprefque tous engagés
facilement être affimilées à celles des Bailliages
niales ne pouvoient
du Royaume. & les diftances mettoient encore de nouveaux obftacles
Le temps
à l'admiffion des Députés des Colonies. 1I importe de fe"fappeler
le Roi n'avoit pas conçu, à l'époque du II feptembre 1788,
que --- Page 19 ---
IT
le' projet d'affembler les Notables, & cependant la convecation des
Etats-généraux avoit été déjà annoncée, comme, devant avoir dieu
mois de janvier fuivant. Or, combien la tenue des
aul
n'eût-elle pas été retardée, s'il eût fallu y admettre les États-généraux
Députés des
Colonies?, car alors il étoit indilpenfable,de
prendre, un temps fuffifant
pour enyoyer les Lettres de convocation; ; il falloit donner aux
priétaires qui réfidoient ou fe: trouvoient en France, le foifir pro- de
repaffer fur-leurs habitations, ou d'envoyer des pouvoirs àleurs
Il falloit accorder aux Aflemblées primaires le
de former gérens,
cahiers, aux Affemblées coloniales, celui de fe temps réunir & de leurs
le cahier général de la. Colonic enfin
rédiger
traverfer les
;
aux Députés élus, celui de
mers. Les Députés des Colonies occidentales n'auroient
certainement pu fe rendre en Europe avant dix mois, & l'on ne
pouvoit refufer le double de temps à ceux de nos
au-delà du cap de Bonne-efpérance.
poffeflions fituées
Qu'edt-on penfé d'un auffi long retard!
Enfin, dans cette dlifeulfon-imporiante, , les Colonies
les feules parties intéreffées dont
n'étoient pas
on eût à prendre
Le Roi
pouvoit-il fans le confentement des
l'opinion.
cation étoit
Etats-généraux, dont la convoprochaine, appeler au milieu d'éux des
contrées fi différentes & fi éloignées de la
Repréfentans de
quelles diffentions entre les Colonies & Métropole? la
quels troubles,
pas excité une décifion
mère - patrie 9 n'eût
feroit-il
prématurée fur un point aufli délicat?
arrivé fi les Etats-généraux n'euffent
que
qui avoit été pris, s'ils fes fuffent
pas approuvé le parti
plaints d'une innovation :
pouvoit être légitimée
qui ne
par l'exemple d'aucune
cela feul les fuites
Nation, & dont par
pouvoient être infiniment ficheufes?
J'oferai donc dire que la réfolution prife
le Roi
Confeil le II feptembre
par
& par fon
étoit fondée
1788, après la plus mûre délibération,
en principes. Ce ne fut pas fans des motifs
que Sa Majefté décida alors que les Colonies
puiffans
Députés à la prochaine
n'enverroient pas de,
conyocation; mais que fi les Etats-genéraux,
Bij
pouvoient être infiniment ficheufes?
J'oferai donc dire que la réfolution prife
le Roi
Confeil le II feptembre
par
& par fon
étoit fondée
1788, après la plus mûre délibération,
en principes. Ce ne fut pas fans des motifs
que Sa Majefté décida alors que les Colonies
puiffans
Députés à la prochaine
n'enverroient pas de,
conyocation; mais que fi les Etats-genéraux,
Bij --- Page 20 ---
penfoient que celles-ci duffent avoir des
d'accord avec les Colonies,
enverle nombre de Repréfentans qu'elles y
Députés, on régleroit
roient à l'avenir.
refufé d'envoyer des Lettres de
Je n'ai donc point obfinénent
jai foumis au Confeil
eonvocation à la colonie de SaintDomingue;
Le Roi
nouvetle de la plus haute importance.
du Roi une queflion
Je nai ni repouffé le yeeu des propriéidires,
Ta décidée dans fa fagetfe.
des Colons, les Minifires dr,
ni fufciné contre les demandes patriotiques
le Confeil de Sa Majefté.
Colons
fe font
Acceffible en tout temps, à toute heure, aux
qui
ies ai toujours écoutés, & je crois les avoir
préfentés chez moi, je
entendus.
la conduite que j'ai tenue : je
Jc viens de mettre au grand jour
elle m'a
d'un
de la gloire de fa patrie;
l'ai crue celie
François jaloux
comme au Miniftre du Roi.
paru convenir au citoyen,
mis des obftacles à la nomination des Députés de la Colonie?
AI-JE
Cette dénonciation femble appuyée fur trois faits principaux.
données à M. du C qui me remplaçoit dans
Les inftrudtions
le gouvernement de Saint.Domingue.
dans la Colonie.
L'ordonnance que ce Gouverneur fit publier
du miniftère de M. de la M Procureur
L'intervention
général au Port-au Prince.
remifes à M.le marquis du C je dirai
Quant aux inftrudlions
différaffent de celles qui avoient
avec vérité qu'il en reçut peu qui
confent
à les
; le Roi d'ailleurs
qu'elles
été données
prédécefeurs
de prévoir quand il partit de
foient produites. II étoit impoffible
C'étoit donc à fa pruF,ance en quel état il trouveroit da Colonie.
déterminèrent
dence qu'on devoit s'en remettre. Les circonftances
ruifonAucun Miniftre n'eût pu tenter
fans doate le partiquila pris.
nablement de lui tracer.le plun qu'il devoit fuivre.
ailleurs
qu'elles
été données
prédécefeurs
de prévoir quand il partit de
foient produites. II étoit impoffible
C'étoit donc à fa pruF,ance en quel état il trouveroit da Colonie.
déterminèrent
dence qu'on devoit s'en remettre. Les circonftances
ruifonAucun Miniftre n'eût pu tenter
fans doate le partiquila pris.
nablement de lui tracer.le plun qu'il devoit fuivre. --- Page 21 ---
Ce quis'eft padé dans la Colonie à l'arrivée du marquis du C,T.
n'eft pas difficile à juftifier.
I rendit une ordonnance le 26 décembre 1788, de concert
juftificatives. Vayzpitces
I'Intendant; elle prouve que ni f'un nil'autre n'étoient
vec n,° 1 &2.
de la réfolution
encore informés
prife au Confeil d'Etat, de convoquer en
Affemblée coloniale. Voici ce quiy avoit donné lieu.
1789 une
Plufieurs imprimésavoient étéenvoyés dans l'ile; on lesavoit
comme l'ouvrage d'une Commiffion chargée par la Colonie de préfentés folliciter
l'admiffion de fes Députés aux États-généraux. Onf fe plaint dans le
bule de cette ordonnance, de ce qu'on avoit fait circuler clandeflinement préamun mémoire,de ce qu'on follicitoit de toutes parts desfignatures, comme
pour couvrir par cette opération tardive l'irrégularité des acles émanés
de la Commiffion prétendue; ; on y annonce que fi plufieurs habitans
avoient donné leurs fignatures librement & volontairement, d'autres
avoient cédéaux follicitations, que mêne un tres-grand nombre avoient
refufé de figner. On y relate enfuite une requête dans laquelle
fieurs Colons témoignoieat leurs inquiétudes fur lavenir : f jamais plu- il
pouvoit dependre d'un nombre d'individus quelconque, d'adrefer à deux
mille lieues des repréfentations à Sa Majefé, ail nom des Colons PrE
général de leur fappofer des vues, des défirs qn'ils n'auroient
manifefes, de folliciter pour eux de prétendus avantages auvquels leur pas
ment dr la différence de régime ne leur permettoient
cloignepas dafpirer.
Je le répète, ce préambule d'une ordonnance publiée à SaintDomingue 3 peut donner une julte idée de l'état d'incertitude où étoit
alors la Colonie.
Quant aux difpofitions que renfermoit cette ordonnance, elles tendoient toutes à connoitre le voeu des habitans , pour en rendre
à Sa Majefté.Je n'examinerai pas fi le mode qu'on avoit
compte
le plus convenable, mais je luis convaincu
l'intention indiqué étoit
que
étoit
qu'en ne raffemblant fur une mème feuille qu'un certain nombre pure, de
fignatures, on avoit voulu connoitre mieux la volonté de chaque
Quant aux difpofitions que renfermoit cette ordonnance, elles tendoient toutes à connoitre le voeu des habitans , pour en rendre
à Sa Majefté.Je n'examinerai pas fi le mode qu'on avoit
compte
le plus convenable, mais je luis convaincu
l'intention indiqué étoit
que
étoit
qu'en ne raffemblant fur une mème feuille qu'un certain nombre pure, de
fignatures, on avoit voulu connoitre mieux la volonté de chaque --- Page 22 ---
-
individu, épargner des déplacemens 14
prévenir les inconvéniens des
toujours codteux aux Colons, &
trop nombreufes affemblées,
plus grands dans les Colonies qu'en
beaucoup
En vain on accufe les Adminiflrateurs Europe. d'avoir
habitans leur fit adreffé
défiré que ce voeu des
pour en fouflraire Ja connoiffance. Ils
annoncé au contraire que toutes les Jettres qui leur feroient avoient
feroient dépofées saufecrétariat public des deux Chambres
écrites,
Elles l'ont été en effet ; tout citoyen a pu vérifier fi fon d'agriculture,
réellement configné, & s'il ne l'y trouvoit
voeu y étoit
teurs de l'avoir
pas, accufer les Adminiftrafupprimé.
D'après les premières difpolitions de cette
Cr qui défendoit conformément
ordonnance, l'article IV,
aux règlemens de
>> affemblée
Sa Majefté, toute
illicite - fous peine contre ceux
>> d'être pourfaivis fuivant la
qui y affifteroient
préfentoit plus
des
rigueur des ordonnances, >> ne me
dans
que précautions fages, prifes contre les infurredtions
ue ie où le moindre événement
médiables.
peut en occafionner d'irréLe dernier fait articulé dans la dénonciation
abfolument
que ie difeute, m'eft
étranger, J'ignore ce qui a pu provoquer le miniftère du
Procureur général du
fur
Port-au-Prince; on ne croira pas
une fimple affertion qu'il ait menacé de traduire dans légèrement &
naux judiciaires tous ceux qui manifeferoient
les Tribula
111 veeu contraire à celui
Cour, encore moins qu'il ait voulu les décréter, les
de
qu'il les ait traités conme des
envoyer e1l France,
étoient des hommes.
fcélérats , parce qu'ils avoient fenti qu'ils
L'énergie de ce ftyle ne rend pas
vraifemblable. I y auroit eu de la folie à un
l'imputation plus
dans de pareils motifs, le texte de fes
Magiftrat de prendre
dénonciations
Mais, dit-on, il fut tenté de dénoncer les neuf judiciaires.
més par leurs concitoyens,
Commiffaires nomColonie.
pour foutenir en France les droits de la
II fut tenté! il ne l'a donc pas fait, & l'on
fable de l'intention
veut me rendre refpon:
qu'on prète à autrui.
uroit eu de la folie à un
l'imputation plus
dans de pareils motifs, le texte de fes
Magiftrat de prendre
dénonciations
Mais, dit-on, il fut tenté de dénoncer les neuf judiciaires.
més par leurs concitoyens,
Commiffaires nomColonie.
pour foutenir en France les droits de la
II fut tenté! il ne l'a donc pas fait, & l'on
fable de l'intention
veut me rendre refpon:
qu'on prète à autrui. --- Page 23 ---
On affure m'en avoir porté des 15 plaintes, &
jai approuvé la conduite de M. de la M... que foin d'improuver;
Je ne pouvois s fur une femblable préfomption
l'approuver, nil l'improuver, & je n'ai fait ni l'un ni l'autre. d'intention, ni
J'ai répondu à ces deux chefs de dénonciation
en droit d'en exiger davantage 2 je dirai
: fe croit-on
du Roi
qu'exadt à fuivre les décifions
que je croyois équitables, qui me paroiffoient tendre
ment à conferver les droits de l'Affemblée Nationale
évidem-
& ceux de la
Colonie, non - feulement je ne regardois point comme valables les
pouvoirs dont les Commiffaires de Saint-Domingue affutroient
pourvus, mais que je croyois prudent de ne rien faire dont ils être
s'autorifer pour écrire all delà des mers, que leur miffion étoit puffent
par le Miniftre. Je me livre aux reproches
reconnue
quelques perfonnes les foins
que peuvent m'attirer de
& les
que j'ai pris des intérêts de la Colonie,
moyens que j'ai employés pour qu'elle ne fit
induite
en erreur.
point
Mes doutes far la queftion en elle-même & fur.f'authenticité de
voirs qui dans tous les cas euffent été conférés fans qu'on eût pou*
les formes, trouvent leur excule dans ceux qu'a
obfervé
Nationale elle-méme ; elle a flotté
dant
témoignés l'Affemblée
fion & la non-admiffion des
pen
deux mois entre l'admif
Repréfenta: ans de cette Colonie.
faire un crime à un Miniftre de n'avoir pas voulu trancher Peut-on
culté fur laquelle l'Affemblée Nationale
une diffia été fi Jong-temps
& qu'il appartenoit à efle feule de décider?
inceriaine,
Nationale elle-méme ; elle a flotté
dant
témoignés l'Affemblée
fion & la non-admiffion des
pen
deux mois entre l'admif
Repréfenta: ans de cette Colonie.
faire un crime à un Miniftre de n'avoir pas voulu trancher Peut-on
culté fur laquelle l'Affemblée Nationale
une diffia été fi Jong-temps
& qu'il appartenoit à efle feule de décider?
inceriaine, --- Page 24 ---
TROISIEME CHEF DE DÉNONCIATION,
pour couvrir fon calomniateur de
Etat enleyé à 1172 citoyen efimable,
fes dépouilles.
R É P
N S E.
de le dire, ce chef d'accufation n'eft qu'un
JE ne puis m'empécher
tifu de faits faux & controuvés.
à Phuanité
II n'eft point de loix dont F'obfervation importe plus de cumuler
à la même perfonne
que celles qui ne permettent point
Les médicamens que
les fonétions de Médecin & d'Apothicaire. de l'autre; & cette
vend l'une, doivent être foumis à l'infpeétion
commis
au malade qu'il ne fera
efpèce de contrôle légal garantit
dans une matière où elles font irréparables.
aucune erreur
l'entrée des
Les ftatuts de T'Univerfité de Paris ne permettent
à
écoles de médecine qu'a ceux qui ont renoncé formellement
débiter les remèdes en qualité d'Apothicaires.
de ces deux fonétions feroit beaucoup plus dangeLa cumulation
dans cette capitale. Le Médecin
reufc encore dans les Colonies que
celle
Ordonnances, notamment par
du Roi eft établi par plufieurs
médicamens deftinés pour
du 30 avril 1764, Infpecteur de tous les
lui donnent
& embarqués dans les navires. D'autres
les hôpitaux
du Roi, la police fur les proconjointement avec l'Apothicaire
duétions de la nature, & les objets de commerce qui appartiennent
à la médecine.
novembre 1780, défend à tout
L'article VII de I'Ordonnance du 3
lieu
ce
de s'établir dans aucun
que
Apothicaire & Marchand-drogaifte,
le Médecin, le Chirurfoit de la Colonie, fans avoir été examiné par
du Roi, & deux Docteurs en médecine, en préfence
gien, P'Apothicaire
d'un
la nature, & les objets de commerce qui appartiennent
à la médecine.
novembre 1780, défend à tout
L'article VII de I'Ordonnance du 3
lieu
ce
de s'établir dans aucun
que
Apothicaire & Marchand-drogaifte,
le Médecin, le Chirurfoit de la Colonie, fans avoir été examiné par
du Roi, & deux Docteurs en médecine, en préfence
gien, P'Apothicaire
d'un --- Page 25 ---
d'un Commiffaire nommé par le 17 Confeil
général.
fupérieur, & du Procureur
S'il étoit arrivé que le Médecin du Roi au Cap, eût
cherché à cumuler dans fa perfonne les titres
par cupidité
Médecin &
incompatibles de
d'Apothicaire; qu'il eût, àf'aide d'un prête-nom, vendu les
drogues qu'en qualitéde Médecin il ordonnoit pour fes
eût été tout à-la-fois le marchand &
malades; qu'il
qui étoient deflinés
l'infpedteur des médicamens
aux hôpitaux & à nos flottes, fa
à des règlemens falutaires ne feroit-elle
contravention
mérité d'être privé de
pas évidente? n'auroit-il pas
devoirs?
toutes fes places , pour en avoir méconnu les
Si les Adminiftrateurs de la
déchu, lui
Colonie , au lieu de l'en déclarer
avoient feulement impofé la néceffité
ou f'autre, n'auroient-ils
d'opter entre f'une
loin d'avoir
pas à fe reprocher un excès d'induigence,
mérité qu'on les accufe d'une injufte févérité :
Enfin, fi T'homne qui avoit tenté d'allier à la
Médecin le commerce lucratif de
profeffion de
l'un &
pharmacie, forcé de choifir entre
Tautre, avoit préféré le dernier, ne juftifieroit-il
les
inquiétudes qu'avoit fait concevoir cette
pas
de fonélions & d'états
réunion en fa perfonne,
incompatibles : croiroit-on
dépouillé, parce qu'on auroit donné à un autre celui qu'on l'eit
qu'il auroit dédaigné?
des titres
Ces hypothèfes fe font toutes réalifées dans la
la conduite du fieur
perfonne & dans
dénonciation
B 1 qui fournit aujourd'hui un chef de
contre moi.
Le fieur B médecin du Roi au Cap François,
1781 une veuve, propriétaire d'un magafin de
époufa en
rable. II continua, quoique Médecin du Roi pharmacie confidéun autre nom julqu'en 1785,
, ce commerce fous
fonds.
qu'il paffa en France & vendit fon
Son abfence néceffitoit la nomination d'un
ce fut du fieur Artaud
firent
Médecin par intérim;
que
choix les Adminiftrateurs qui
C
médecin du Roi au Cap François,
1781 une veuve, propriétaire d'un magafin de
époufa en
rable. II continua, quoique Médecin du Roi pharmacie confidéun autre nom julqu'en 1785,
, ce commerce fous
fonds.
qu'il paffa en France & vendit fon
Son abfence néceffitoit la nomination d'un
ce fut du fieur Artaud
firent
Médecin par intérim;
que
choix les Adminiftrateurs qui
C --- Page 26 ---
dans la Colonic. Je n'étois point gouverneur général
m'ont précédé
ai été reçu en cctte
le fieur B pafla en France; : je n'y
quand
avril:
Ce rapprochement de dates prouve
qualité que le 27
articulé 1786. dans ia dénonciation. On y annonce
Finexaétitude d'un fait
donnèrent fa
départ du fieur B...
les Adminifrateurs
qu'au
Artaud, fans dire que je n'étois pas du
place par intérim au fieur
le fieur B.. S
nombre de ces Adminifrateurs- L'on ajoute que
Artaud dr
fa place all grand regret du fieur
à fon retour, reprit
m'attribue), ce qui donue à penfer
de fon protedeur (qualité qu'on Artaud avoit tenu fa nomination
c'étoit de moi que le fieur
que
intermédiaire..
fut l'objet du procès quiJe ne cherche point à approfondir quel
de fon fonds de pharmacie;
s'éleva entre le fieur B.. o . & Pacquéreur
la femme du fieur
mais il eft prouvé par des aétes authentiques, que fonds de
B acquit les 1e & 6 mars 1786, deux
pharmacie;.
liv. du fieur Lartignon, l'autre pour
Y'un moyennant (a) 250,000
breveté du Roi.
176,150 liv. d'un fieur Sauflay, apothicaire
foin d'obferver dans les. dénonciations, que la dameOn a grand
en biens avec fon mari. Pourquoi
B n'étoit point commune
le fieur B fe
cache-t:on que dans f'un- & l'autre de ces traités,
affure même
cantion de fa femme, à fon clbligé folidlaire! On
porta
du
plufieurs billets deflinés
qu'on a. produit au Confeil
Cap,
& que dans
à eficéluer le payement du prix de ces acquifitions,
Pourbillets folidaires, ie fieur B s'exprimoit en ces termes:
ces
suifon de la vente qui nots a été faise.
établiflemens furent mis fous des. noms fuppofés. Les:
Ces deux
Je préviens le ledcur qne toutes lcs fommes dont il eft parié dans ce mémoire,
(4)
des Colonics, à moins que je n'indique formellement qu'il s'agit
foat énoncées en argent
de France.
des Colonies cft à l'argent de France,
de livres tournois Ol d'argent
livres; L'argent des Colonies, nc I préfentent que
dans le rapport de 3 à 2 5 ainfi 300
argent
200 Jivres tournois, ou argent de France.
qne toutes lcs fommes dont il eft parié dans ce mémoire,
(4)
des Colonics, à moins que je n'indique formellement qu'il s'agit
foat énoncées en argent
de France.
des Colonies cft à l'argent de France,
de livres tournois Ol d'argent
livres; L'argent des Colonies, nc I préfentent que
dans le rapport de 3 à 2 5 ainfi 300
argent
200 Jivres tournois, ou argent de France. --- Page 27 ---
deux commis qu'il y prépofa, furent intéreffés pour un tiers dans
les bénéfices. II procura à l'un le titre d'Apothicaire du Roi
intérim. II conferva à la maifon de commerce-qu'il avoit acquife par du
fieur Sauffay, apothicaire de Sa Majefté, le nom de fon ancien
propriétaire, & fe ménagea par cette double prévoyance, tous les
marchés que le fieur Sauffay avoit faits avec le Gouvernement,
pour le compte du Roi.
Cette contravention aux Ordonnances indifpofoit fe public, foit
à raifon des inconvéniens qu'elle renfermoit, foit à caufe des
bénéfices énormes qu'elie pouvoit procurer à fon auteur.
Un jeune maître en pharmacie, appelé le fieur Albert, qui avoit
été employé pendant quelque temps dans les magalins du fieur
B découvrit la fraude, envoya un mémoire en France, &
demanda la place d'Apothicaire du Roi.
M. le maréchal de Caftries étoit alors Miniftre de la Marine;
il me renyoya le mémoire comme Gouverneur de
Je pris avec l'Intendant de la Colonie, tous les renfeignemens Saint-Domingue,.
crus néceflaires. Le fieur Artaud, nommé
que je
Médecin
par mes prédéceffeurs,
par intérim, quand le fieur B étoit en
fut celui fur lequel on jeta les yeux pour vérifier les faits. France, La
confrance que luia avoient accordée les anciens Gouverneurs, fa probité,
fes talens reconnus, furent les feules recommandations qu'il
auprès de moi.
employa
Le fieur Artaud fit toutes les recherches convenables aux circonf
tances; il crut même devoir, fous la foi du fecret, communiquer au
fieur Albert quelques-unes de fes obfervations, & lui en laiffer
copie. On verra bientôt ce qui eft réfulté de cette confidence :
quoi qu'il en foit, le fieur Artaud découvrit les traités de
cautionnés par le fieur B & rapporta des preuves fans 1786;
du commerce de pharmacie que celui-ci faifoit depuis 1781, réplique fous
des noms interpofés de fes deux commis.
La loi toujours févère auroit eu peine à exculer la contravention
Cij
, & lui en laiffer
copie. On verra bientôt ce qui eft réfulté de cette confidence :
quoi qu'il en foit, le fieur Artaud découvrit les traités de
cautionnés par le fieur B & rapporta des preuves fans 1786;
du commerce de pharmacie que celui-ci faifoit depuis 1781, réplique fous
des noms interpofés de fes deux commis.
La loi toujours févère auroit eu peine à exculer la contravention
Cij --- Page 28 ---
du fieur B... : Nous fûmes, l'Intendant de la Colonie & moi, plus
indulgens qu'elle; nous nous bornâmes à exiger qu'il optit entre
l'un des deux titres : fon choix fut prompt, il abdiqua ja place de
Médecin du Roi, & ne fut plus qu'Apothicaire.
Ainfi vaqua ja place de Médecin du Roi. Les fervices continuels
le fieur Artaud rendoit à la Colonie, la bonne réputation qu'il
que
milieu de fes envieux, la confiance que lui avoient
confervoit au
déterminérent à lui conférer le titre de
accordée nos prédéceffeurs, nous
défiroit la
Médecin du Roi par intérim ; & le fieur Albert, qui
place
d'Apothicaire, ne put l'obtenir, puifque le fieur B . la confervoit.
Le fieur Albert oubliant quelque temps après Ja foi due aul fecret
le fieur Artaud lui avoit confié, en lui donnant une copie des
que obfervations qu'ii nous avoit fait parvenir, remit cette copie même
des mains duquel elle
dans celles du
à un autre Médecin,
paffa
fieur B - qui en fit la bafe d'une plainte en diffamation contre
le fieur Artaud. Le premier Juge reçut la plainte; ; on informa. Le
fieur Albert & deux autres témoins furent entendus. On décréta le.
Artaud
être oui; il fubit interrogatoire, & fut
fieur
d'affigné pour
à Paudience. Il appela de la fentence au Confeil fupérieur
renvoyé du Cap; mais le dépôt fait au grefle par le fieur Albert, des
obfervations du fieur Artaud, fufcita bientôt à l'accufé un nouvel
Avocat, aujourd'hui membre de la
adverfaire. M..
des
du chef de
députation de Saint - Domingue, & Yun
fignataires
je réponds, apprend qu'il eft dit dans ces
dénonciation auquel. s'eft fait accorder par le fieur Sauffay, fon beauobfervations, qu'il fon
de
pour avoir déterfrère, un intérêt dans
commerce pharmacie,
M.
lors Intendant de la Colonie 3 à donner au
miné
Bongard, l'entreprife des fournitures de tous les médicamens
fieur Sauffay, à la Marine- II rend plainte contre M. Artaud; celui-ci
néceffaires
On joint les deux plaintes, & le Confeil du Cap évoquans
appelle.
ordonne que les obfervations du fieur Artaud feront
le principal,
injuricufes & calomnieufes tant au fieur B. - :
fupprimées comme
endant de la Colonie 3 à donner au
miné
Bongard, l'entreprife des fournitures de tous les médicamens
fieur Sauffay, à la Marine- II rend plainte contre M. Artaud; celui-ci
néceffaires
On joint les deux plaintes, & le Confeil du Cap évoquans
appelle.
ordonne que les obfervations du fieur Artaud feront
le principal,
injuricufes & calomnieufes tant au fieur B. - :
fupprimées comme --- Page 29 ---
qu'a M..
. ; le condamne à faire réparation d'honneur à fun
& à T'autre, en préfence de quatre perfonnes à leur choix, & leur
permet de faire imprimer & afficher l'arret au nombre de deux
cents exemplaires.
Le fieur Artaud s'eft pourvu en caffation contre ce jugement. IL
préfentoit comme un vice de forme qui emporte avec lui fa caffition des jugemens en matière criminelle, le défaut de mention de
la lecture des charges & informations; il fe plaignoit d'un mal
évident. H n'avoit point diffamé le fieur B.
jugé
de confiance
- 1 quand il avoit remis
aul fieur Albert, la copie des obfervations
pofoit de nous envoyer; elles ne pouvoient par elles-mêmes qu'ilfe proun
corps de délit. II avoit obéi aux ordres qui lui avoient former été
donnés; il n'avoit été que le vérificateur de faits que l'option faite
par le fieur B... e rendoit certains. Ces motifs déterminèrent le Roi
à prononcer. en fon Confeil des dépèches, la caffation de l'arrèt du
Confeil du Cap François.
Cet arrêt de caflation rendu fr la requête du ficur Artaud, eft
fufceptible d'oppolition ; il y a. plus de deux ans qu'il eft
&
aucune des parties n'a cru devoir s'en plaindre.
connu,
Le récit que je viens de faire & qui eft appuyé de pièces authentiques, mettra l'Affemblée Nationale à portée de juger du
de
confiance qu'elle doit donner aux dénonciations accumulées degré
moi; il n'eft pas un fait attefté dans celle-ci
contre
qui ne foit controuvé,
II efl faux qu'en 1785 je Protégeaffe le fieur Artaud, médecin
Cap, puifque je ne le eonnoillois point.alors, &
ax
arrivé qu'en 1786.
que je n'y fuis
H eft faux que le fieur Artaud fitle
compétiteur du fieur
quand nous lc chargeâmes de vérifier des faits dénoncés B
Albert, puifqu'on ignoroit
le fieur
par le fieur
de Médecin du Roi, celle que
B préféreroit à da place
d'Apothicaire.
Il eft faux que jaye forcé le fieur B à donner fa démifion
.alors, &
ax
arrivé qu'en 1786.
que je n'y fuis
H eft faux que le fieur Artaud fitle
compétiteur du fieur
quand nous lc chargeâmes de vérifier des faits dénoncés B
Albert, puifqu'on ignoroit
le fieur
par le fieur
de Médecin du Roi, celle que
B préféreroit à da place
d'Apothicaire.
Il eft faux que jaye forcé le fieur B à donner fa démifion --- Page 30 ---
de la
de Médecin, puifqu'il a été le maitre, en Toptant,
de la place
conferver.
ait obéi à la force en fe demettant
Il eft faux que le fieur B
déféré.
une fois le choix lui en a été
de fa place, puifqu'encore
cette
violence
Il eft faux qu'il fe foit pourvu contre
prétendue d'exercée,
du
puifqu'il ny a-eu aucune violence
alt Confeil
Cap,
objet que de faire fupprimer des
& que fa plainte n'avoit pour
expreffions qu'il croyoit injurieufes.
fieur Artaud, par intérim,
Il. .eft faux que jaye conféré deux fois aul
la Colonie,
ia place de Médecin du Roi, puifque j'étois très-étrangerà fois cette
il obtint la première
& que-jhabitois en France quand
place de la confiance de mon prédécelleur.
des dépouilles de
Enfin, il eft faux que j'aye revétu le calomniateur d'avoir cumulé
d'un côté le fieur B convenoit
limnocent, puifque
la profeffion de Médecin du Roi,
le commerce de pharmacie avec n'a été nommé qu'après l'option
& que de lautre, le fieur Artaudl
volontaire du fieur B
les dénonciations qu'il
Mais, dût le menfonge envenimer encore Artaud, médecin du
je dirai qu'en nommant le fieur
a fabriquées,
voulu donner un médecin à la Colonie & non
Roi par intérim, j'ai
pas, parce qu'on m'atau fieur Artaud. Je n'abandonnerai
ane place
homme inftruit, vertueux, 8 qui a été longtaque iujuftement, un
écouté en le choififfant que la voix
temps utile à fa patrie. Je n'ai
lui dois l'appui de mon
alors il étoit heureux : je
xie la juflice ;
l'infortune.
sémoignage quand il eft pourfuivi entendre par
le récit des outrages qu'on
On ne pourroit, fans être ému,
courir, les humiliations qu'il
lui a faits, les dangers qu'il vient de fureur de fes ennemis, il n'a
dévorées. Échappé avec peine à la
trouvé a
de falut que dans la fuite.
être viétime, eft da
acharnement dont le fieur Artaud a failli
Cet
d'une prétendue motion imputée
au feul foupçon qu'il étoit complice
alors en France; &:
de Saint-Merry, fon beau-frère,
à M. Moreau
lui a faits, les dangers qu'il vient de fureur de fes ennemis, il n'a
dévorées. Échappé avec peine à la
trouvé a
de falut que dans la fuite.
être viétime, eft da
acharnement dont le fieur Artaud a failli
Cet
d'une prétendue motion imputée
au feul foupçon qu'il étoit complice
alors en France; &:
de Saint-Merry, fon beau-frère,
à M. Moreau --- Page 31 ---
M. Moreau de Saint-Merry a foutenu & prouvé à fes
qu'il n'avoit jamais élevé la motion qu'on lui préte : moyen compatriotes affuré
en effet de mettre I'homme le plus innocent en défaut, que de l'accufcr à Paris de faits dont on fait que les preuves font à SaintDomingue, & de porter à Saint-Domingue des acculations
feroient démenties à Paris par la feule notoriété publique. Mais qui
affez d'avoir rendu compte de ce qui s'eft paffe; je m'interdis c'eft
toutes
réfexions; je n'ai eu pour objet que de démontrer mon innocencc..
QUATRIEME CHEF DE DÉNONCIATION.
Citeyens vendus à 2172 Aventurier peur les Puifances étrangeres,
R É P O N S E,
Quen idée cette dénonciation préfente ! Moi, François,
fouffert que mes concitoyens fuffent vendus ! moi, j'aurois j'aurois
qu'on dégradât Phumanité au point de rendre mes
permis
d'un trafic honteux ! moi, Gouverneur
compatriotes l'objet
plus
pour le Roi d'une de nos
importantes Colonies , jaurois fait paffer une partie de fes.
habitans à des Puilinces étrangères !
Quel tiffa de fauffetés ! Heureufement la
faire la bafe die cette dénonciation, eft mal fablequ'on ourdie; a imaginée pour
l'invraifemblancey perce de toutes parts.
Analyfons-la avant d'y répondre.
ce Le fieur Vidal, homme entreprenant & à
>> témoigné
qui j'ar, dit-on,.
confince, a enlevé, au mois de mars
>> cing cents hommes des prifons du
1787, cinq, mille ou:
Port-au-Prince. On
> fortir, marchant deux à
les en a vus
denx, enchainés, ferrés
des
b s'avançant triftement vers le port, d'où ils ont par fait menottes,.
>). Carthagène & Porto-Bello.
voile pour
> Arrivés fur les côtes d'E/pagne, ces infortunés ont ét6.
2 de s'engager au fervice de cette Puiffance
contraints
étrangère..
1787, cinq, mille ou:
Port-au-Prince. On
> fortir, marchant deux à
les en a vus
denx, enchainés, ferrés
des
b s'avançant triftement vers le port, d'où ils ont par fait menottes,.
>). Carthagène & Porto-Bello.
voile pour
> Arrivés fur les côtes d'E/pagne, ces infortunés ont ét6.
2 de s'engager au fervice de cette Puiffance
contraints
étrangère.. --- Page 32 ---
5 On Ics a fait partir pour Quito, &c ils ont 6té incorporés dans
22 les troupes qui gardent ce pays.
fui
horrible efcla-
>> Plufieurs de ceux qui n'ont pas péri, ont
cet
les bords de la rivière des Amazones; ils font
>> vage en côtoyant
& à
& de la ils font
15 defcendus jufqu'à la Guyanne
Cayenne,
2) repaflés à Saint-Domingue. >)
Tel eft le roman.
Voici la vérité.
Le fieur Vidal, négociant & armateur à Saint-Domingue, failoit,
de
dès 1786, 2e des voyages à la côte Efpagnole. Les Adminifirateurs
Saint-Domingue ont ordre de favorifer ce coimerce avantageux pour
la Colonie, & utile mêmeaux manufaétures établies dans le Royaume.
des lettres du Vice-roi de Carthagène.
Ce particulier m'apporta
à
Dans CCS dettres, le Vice-roi me prioit de permettre l'acquifition
& le traniport à Carthagène, de poudre & de fufils
Saint-Domingue
dont il avoit befoin.
m'avoit été faite, &
Je rendis compte aul Roi de la demande qui
J'avois fait délivrer au
que j'avois accueillie : Sa Majefté m'approuva.
fieur Vidal des armes & de la poudre, & la caiffe publique a reçu
le prix entier de tout ce qu'il avoit emporté.
le Vice-roi avoit befoin de,
Le fieur Vidal me repréfenta que
lui
les régimens qui étolent à fes ordres. Je ne
permis
recrues pour
ceux qui feroient tentés de
rien; mais je ne pouvois empècher
à Ja côte Efpagnole, de prendre avec lui les arrangemens qu'ils
paffer
jugeroient à propos.
relations
deux
Je n'ai eu avec cet Armateur aucunes
particulières; m'a
fois feulement il a été invité à diner au gouvernement. II ne
les objets qu'il avoit à traiter n'étoient
point entretenu longuement;
feulement
fufceptibles de grande difcuffion. Je me rappelle
qu'un
pas
lui ayant intenté un procès au moment où il fe
de fes coaffociés
jai demandé qu'on en accélérât
difpofoit à partir pour Carthagène,
ayoit intérêt à fon prompt
le jugement. Je favois que le Vice-roi
retour,
ité à diner au gouvernement. II ne
les objets qu'il avoit à traiter n'étoient
point entretenu longuement;
feulement
fufceptibles de grande difcuffion. Je me rappelle
qu'un
pas
lui ayant intenté un procès au moment où il fe
de fes coaffociés
jai demandé qu'on en accélérât
difpofoit à partir pour Carthagène,
ayoit intérêt à fon prompt
le jugement. Je favois que le Vice-roi
retour, --- Page 33 ---
retour, & qu'il attendoit mes réponfes aux lettres qu'il m'avoit écrites.
C'eft ja feule marque d'intérêt que je lui aye donnée.
II exifte à Saint-Domingue & dans les Bureaux du
des minutes des lettres que j'ai écrites au Vice-roi de gouvernement;
Carthagène ;
on peut. les confulter. Ma corre/pondance, d'accord avec ma conduite,
n'a jamais eu pour objet que le plus grand avantage de la Colonie.
Plufieurs fois le fieur Vidal m'a rapporté du Continent
des couples d'animaux utiles, & qui manquent à Saint-Domingue, Epagnol
quoiqu'indigènes d'un climat femblable; je les ai envoyés à la
fle voifine & inhabitée, afin qu'ils puffent y multiplier & être Gonave; enfuite
facilement importés dans I'ie de Saint-Domingue, où il feroit à
fouhaiter qu'on pût les naturalifer.
Je le chargeai, peu de temps avant mon départ, de faire vérifier
dans les bois voifins de Carthagène, fi l'on n'y trouveroit
fe
quinquina ; je défirois qu'il en rapportât des graines & du pas
je lui demandai auffi de la vanille &
plant :
quelques autres arbres ou
plantes utiles. Je l'avois adreffé à un botanifte
autant
m'eft poffible de me le rappeler le doéteur nommé, Mutis,
qu'il
d'E/pagne entretient dans cette partié de fes États.
que le Roi
été le fuccès de fes recherches, mais les
J'ignore quel a
conférences
avec lui n'ont pas eu d'autre objet.
que jai eues
J'AI expofé avec vérité tout ce que je fais de relatif au fieur
ce qu'on lui impute me paroit hors de toute vraifemblance. Vidal;
I Je dois d'abord obferver que dans l'expédition qui m'a été
par ordre de l'Affemblée Nationale, de ce chef de dénonciation, délivrée;
porte une fois à cinq mille de nombre des hommes
on
le fieur Vidal; mais da dernière mention
embarqués par
à
qui en eft faite, les fixe
cinq cents: ces nombres font en chiffres ; il eft poffible
ait
ajouté ou retranché un Zéro. Au furplus,
qu'on
faite porte fur
mille
que l'imputation qui m'eft
cinq
ou fur cinq cents, elle eft également invrais
femblable, également fauffe.
ée;
porte une fois à cinq mille de nombre des hommes
on
le fieur Vidal; mais da dernière mention
embarqués par
à
qui en eft faite, les fixe
cinq cents: ces nombres font en chiffres ; il eft poffible
ait
ajouté ou retranché un Zéro. Au furplus,
qu'on
faite porte fur
mille
que l'imputation qui m'eft
cinq
ou fur cinq cents, elle eft également invrais
femblable, également fauffe. --- Page 34 ---
En effet, c'eft des prifons du Port-au-Prince qu'on a vu, dit-on,
nombre
de prifonniers; ; mais fait-on attention
fortir ce
prodigieux contenir ni cinq mille ni cinq cents
que les prifons ne peuvent
S occupe en
perfonnes; qu'elles étoient alors fi peu fpacieufes, qu'on
d'en conftruire de plus vaftes?
ce moment
la neuvième
des perfonnes libres de
Cinq mille blancs font
partie
&
cents même font un nombre impofant,
Saint-Domingue : cing
leur
eût fait fenfation.
qu'on n'eût pas vu fortir de l'ile fans que
départ
n'en
Cependant depuis trois ans que le fait fe feroit paffé, perfonne
a parlé; c'eft pour la première fois qu'on s'en occupe.
flotte. attendoit cette armée 3 deux bâtimens qui ne pa.foient
Quelle
tonneaux chacun, & qui n'auroient pas contenu
pas cent cinquante
on ne leur auroit donné d'autre cargaifon
deux cents hommes, quand
que les vivres néceffaires all voyage.
de
qui
D'oà a-t-on raffemblé ce nombre prodigieux
prifonniers,
n'ont changé de climat que pour recevoir de nouveaux fers?
On a cherché à réfoudre ce problème, en infinuant que depuis
la
fembloit redoubler de rigueur ; que la
l'arrivée de Vidal, police
de
moindre rixe, le moindre foupçon d'ivreffe étoient punis
prifon.
hommes innocens & emprifonnés fe fuffent-ils donc laiffé
Mais ces
fans réclamer : Les fers dont
embarquer pour des côtes étrangères
étouffer leurs plaintes;
étoient chargés, n'auroient pu
on prétend qu'ils devenues
touchantes ; un cri général
elles n'en feroient
que plus
entière, fur-tout
d'indignation fe feroit élevé contre f'adminiftration
où tous les blancs font refpedtés, où l'intérêt commun
dans un pays
n'ont pas
veut qu'ils le foient. Cependant ces prétendus prifonniers
les
eux dans
réclamé; ; on ne trouve aucune requête préfentée par
tribunaux qui ieur ont toujours été ouverts ; le public n'a manifefté
ni fon mécontentement ni fa furprife: les regiftres des prifons exiftent,
fuis certain
ne
pas à cette
confulte, 9
préfenteront
qu'on les
je
qu'ils
dans les
époque un nombre de prifonniers plus confidérable que
autres temps.
iers
les
eux dans
réclamé; ; on ne trouve aucune requête préfentée par
tribunaux qui ieur ont toujours été ouverts ; le public n'a manifefté
ni fon mécontentement ni fa furprife: les regiftres des prifons exiftent,
fuis certain
ne
pas à cette
confulte, 9
préfenteront
qu'on les
je
qu'ils
dans les
époque un nombre de prifonniers plus confidérable que
autres temps. --- Page 35 ---
C'eneft trop pour prouver f'invraifemblance des faits;
vais
en démontrer la fauffeté.
je
Aucun vaiffeau ne mouille dans les ports de
l'on n'infcrive à l'Amirauté la quantité de tonneaux Saint-Domingue, que
ter; je demande qu'on vérifie fur les regiftres le nombre qu'il peut por-
& la continence des bâtimens du fieur Vidal.
Aucun Capitaine ne peut mettre à la voile fans que les rôles de
fon équipage ne foient vifés, , infcrits au bureau des Claffès, &
dépofés au greffe de l'Amirauté; je demande
que ces rôles foient
compulfés : on doit y voir noté de quel pays, étoient les hommes
qui ont traité avec le fieur Vidal; on y trouvera probablement des
Majorcains, 9 des Minorcains, des Italiens, des Maltois & autres
de mer étrangers à la France, 3 attirés à Saint-Domingue
gens
d'un meilleur fort que celui qu'ils éprouvoient dans leur par l'efpoir
débarqués fur cette côte dans de cours d'une plus
pays, ou
longue navigation,
qu'ils avoient projetée & qu'ils ont interrompue.
II eft des hommes ennemis du repos, qui errent de climats
climats; que l'amour de la nouveauté agite fans ceffe;
loin du en
vrai ne trouvent, en quelque endroit qu'ils aillent, rien qui de
avoient efpéré. Le fieur Vidal a pu en raffembler à
ce qu'ils
ne
je pouvois m'y oppofer.
Saint-Domingue,
Il en eft d'autres que leurs dettes & l'impuifance de les
a privés de leur liberté. Les ordonnances refatives à la Colonie, payer;
obligentle Gouverneur général,lorfqu'il en eft requis par le créancier,
de faire retenir prifonniers ceux contre qui les tribunaux ont
des condamnations par corps. II eft poffible
prononcé
débiteurs ayent obtenu du fieur Vidal de
que quelques-uns de ces
quoi payerles fommesmodiques
qu'ils devoient, & fe foient embarqués avec lui. Quels
quelles raifons avois-je de les en empécher :
moyens s
Je n'ai, comme Gouverneur de Saint-Domingue, ni difpofé des
habitans de la Colonie, par des traités honteux,
de moi &
de tout bon François, ni donné les mains à des enrôlemens indignes nuifibles
Dij
enu du fieur Vidal de
que quelques-uns de ces
quoi payerles fommesmodiques
qu'ils devoient, & fe foient embarqués avec lui. Quels
quelles raifons avois-je de les en empécher :
moyens s
Je n'ai, comme Gouverneur de Saint-Domingue, ni difpofé des
habitans de la Colonie, par des traités honteux,
de moi &
de tout bon François, ni donné les mains à des enrôlemens indignes nuifibles
Dij --- Page 36 ---
à l'intérét de T'État. Je ferois expofé aujourd'hui à des reproches plus
mérités
la liberté naturelle qu'a tout homme d'aller
, G, génant
chercher fon bien-être ou il croit pouvoir le trouver,javois empêché
des étrangers, ou même des habitans de Saint-Domingue quijugeoient
à
de tenter une meilleure fortune avec le fieur Vidal, de
propos
paffer dans des pays oû ils efpéroient trouver des avantages plus grands
que ceux dont ils jouiffoient dans la Colonie.
Le départ fabuleux de cette légion enchainée, a fait naître l'idée
d'un voyage & d'un retour plus fabuleux encore. On a entrepris de
perfuader que l'Efpagne qui auroit pu facilement envoyer cette peuimaginaire de Porto-Bello à Panama par terre, & de Panama fur
plade des navires, à tel point qu'elle auroit voulu des côtes du royaume de
Quito, du Pérou, du Chily même, leur a fait prendre une route,
je ne dirai pas inufitée, mais prefque impraticable.
Quand on fe préteroit un inftant à l'illufion 2 quand on fuppoferoit
travers tant de dangers, fans moyens, fans reffources, ils auroient
qu'àt
de tous les obftacles que la nature oppofoit à leur marche,
triomphé & feroient arrivés à Quito, on croira difficilement que ceux d'entr'eux
dit-on, du befoin de la liberté, fe font élancés vers elle,
qui preffés, furtivement les bords de la rivière des Amazones ; qu'en
ayent fuivi ils foient defcendus jufqu'à la Guyanne & à Cayenne, &
la côtoyant
foient revenus à Saint-Domingue.
le merveilleux doit trouver
Ce n'eft pas dans une dénonciation que
de la
Tout en matière auffi grave doit être foumis à l'épreuve
place. doi; la vérité févère met fur la même ligne f'invratfemblable & le
faux, & les faits que l'on m'impute ont l'un & l'autre de ces caractères.
Je n'ai rien permis au fieur Vidal, qui fit contraire aux droits de
P'humanité & à l'intérêt de PEtat. Je n'ai point fu que le fieur Vidal
fe fût lui - même rien permis de répréhenfible à Saint-Domingue.
Voilà tout ce dont je dois répondre : fa conduite au-delà des mers ;
n'eft
foumis à la domination Françoife, n'étoit
dans un pays cqui
pas
elle
le feroit
même à
point affiujettie à mon infpedtion, &
ne
pas
notre cenfure.
ité & à l'intérêt de PEtat. Je n'ai point fu que le fieur Vidal
fe fût lui - même rien permis de répréhenfible à Saint-Domingue.
Voilà tout ce dont je dois répondre : fa conduite au-delà des mers ;
n'eft
foumis à la domination Françoife, n'étoit
dans un pays cqui
pas
elle
le feroit
même à
point affiujettie à mon infpedtion, &
ne
pas
notre cenfure. --- Page 37 ---
CINQUIEME CHEF DE
DÉNONCIATION
Arrètement fandaleux d'un citoyen innocent.
Jugement arbitraire
es injufle.
RI É P O NS E.
Tour Juge eft fous la protedtion de la Loi.
aux États de Blois
L'ordonnance donnée
quand il s'eft laiffé 9 ne permet de prendre un Juge à partie que
haine capitale
corrompre, quand fon jugement eft le fruit de fa
qu'il portoit à la partie
faveur qu'il a accordée, contre droit & condamnée, ou de l'extrême
ont été accueillies. Le Juge n'eft
juftice, à celui dont les demandes
on ne peut lui reprocher
les point relponfable des erreurs del'efprit;
fermer dans
que vices du coeur.. Je
ces principes, qui font la
pourrois me renchargé du pénible emploi de juger fes fauve-garde de quiconque eft
Mais cette défenfe, quelque
femblables.
rempliroit pas
régulière qu'elle foit en la forme, ne
l'objet que je me fuis propofé. Je vais donc
qu'on m'y force, ce qui m'a déterminé à
dire, puif
M. ** * fàt arrêté; je vais rendre
donner des ordres pour que
l'on qualifie d'injufte & d'arbitraire. compte des motifs d'une décifion que
M. de Barbazan, commandant la ftation des forces
Domingue, fe plaignit, en
de
navales à Saint:
un terrain
1787, ce qu'on élevoit des bâtimens fur
qu'il jugeoit avoir été remblayéaux frais
fur. la mer. Ce terrain étoit
du Roi, & conquis
magafins néceffaires
précieux; on projetoit d'y établir des
au fervice de la Marine.
Le voyer dreffa un procès-verbal, le
H conflatoit que M. *** faifoit élever 24 jauvier 1787, dans lequel
emplacement oit il ne devoit bâtir
une cafe en bois e à étnge fur Ull
tant pour
qu'après enl avoir reçu les
fe conformer ail glan de la ville du Cap,
alignemens,
propriété,
que poar juftifier de fa
aires
précieux; on projetoit d'y établir des
au fervice de la Marine.
Le voyer dreffa un procès-verbal, le
H conflatoit que M. *** faifoit élever 24 jauvier 1787, dans lequel
emplacement oit il ne devoit bâtir
une cafe en bois e à étnge fur Ull
tant pour
qu'après enl avoir reçu les
fe conformer ail glan de la ville du Cap,
alignemens,
propriété,
que poar juftifier de fa --- Page 38 ---
M. de Vincent, commandant 30
en fecond, & M. Jauvin, cemmifaireordonnateur, à qui le procès-verbal fut
erdonnance, & défendirent
communiqué , rendirent une
provifoirement à M. ** * de continuer
conflruction de fon bâtiment
la
jufqu'à ce qu'il en eût été autrement
ordonné, & faufà lui à juftifier
par-devant eux de la
terrain que couvroit le bâtiment.
propriété du
Cette ordonnance fut fignifice à M. ** *
9 le 26 janvier 1787.
Deux jours après, le voyer de la ville du Cap conflata
procès-verbal,
M1. *** *
par un fecond
que
, Jans égard à Tordonnance qui lui avoit été
notifiée la furveille, continuoit d'élever fon batiment, qu'il avoit
'des pans de bois e toute la charpente de la cafe, de manière fait monter
prête à recevoir la couverture J tant les trayaux avoient été
qu'elle étoit
précipités.
Les fieurs de Vincent & Jauvin fe contentèrent d'ordonner
fecond procés-verbal feroit notifié à M. ***
gre ce
lordonnance gui lui avoit été
avec fommation d'exécuter
précédemment ngnifiée. Le
ordres exprès de veiller à l'exécution de
voyer reçut des
rendre
cette ordonnance 2 & de
compte journellement de ce qui fe pafferoit.
Cette feconde ordonnance fut fignifiée à M. * * *, le
11787.
29 janvier
Le fix mars, troifième procès-verbal du
II
M. ** * faifoit élever 1in Jecond batiment
voyer. conftatoit que
propriété lui étoit
en bois fur le terrain dont la
conteflée par le Roi, qu'il joignoit ce fecond
premier qu'il Iui avoit été défendu de continuer.
bâtiment au
II s'agiffoit de connoître quels étoient les droits de M. * **
du Roi. M. Jauvin
& ceux
> commiffaire - ordonnateur, > fe
le 16 février fur le terrain contentieux
tranfporta donc
mandant
avec M. de la Plaigne, comparticulier, M. de Boisforêt, diredteur-général des fortifications, M. de Chateauvieux, ingénieur en chef, M. Maffot,
de port, le voyer de la ville du Cap, M. * * * lui -
capitaine
experts, dont lun avoit été nommé
même, & deux
le Roi.
par lui, & l'autre l'avoit été pour
février fur le terrain contentieux
tranfporta donc
mandant
avec M. de la Plaigne, comparticulier, M. de Boisforêt, diredteur-général des fortifications, M. de Chateauvieux, ingénieur en chef, M. Maffot,
de port, le voyer de la ville du Cap, M. * * * lui -
capitaine
experts, dont lun avoit été nommé
même, & deux
le Roi.
par lui, & l'autre l'avoit été pour --- Page 39 ---
M.Jauvin s'étoit muni d'un plan dreffé par feu M. Rabié,
en chef de la Colonie, d'après lequel il foutenoit que le Roi ingénicar avoit
acquis, en 1783,le terrain même fur lequel M. * * * avoit commencé
de bâtir. II fe propofoit d'opérer fur ce plan; mais M. *** sy
& foutint qu'il avoit remis à l'adminiftration un autre plan fait oppofa,
M. Poliart, ingénieur de la Colonie.
par
A cette affertion (fuivant M. M.Jauvin
Au contraire M.
répliqua : Celaeffaux:
Jauvin foutint que faifant fes efforts
convaincre M. ** * que le plan du fieur Rabié étoit celui fur pour
on avoit acquis pour le Roi, en 1783, & M paroiffant douter lequef
de la vérité de ce plan, il lui répondit Non,
M. Rabié n'eft
Cet
Monfieur 1 le plan de
pas faux.
ingenieur efl mort. On ne dira pas
le
plan a été fait depuis.
que
Quelles qu'aient été les expreffions qu'a employées M.
M. *** en parut à l'inflant peu offenfé d'après les différens Jauvin, renfeignemens qui ont été pris; ceux qui lui font les plus favorables,
annoncent qu'il répondit à M. Jauvin: 11 efl bien étonnant
vous
doutiez de ce que j'ai Phonneur de vous dire, mais venons que à notre
opération.
On continua en effet l'opération, & Jorfqu'elle fut finie,
& tous ceux qui avoient été
, M. Jauvin,
préfens au toifé du terrain,
gnèrent M*** julque chez lui; ils entrèrent dans la maifon où accompa- il faifoit
fa réfidence habituelle: ils y reftèrent quelques momens 3 en
avec
fortirent
lui, & ne s'en féparèrent que devant le magalin du Roi.
Deux jours s'écoulèrent fans que M*** témoignât à M. Jauvin le
moindre mécontentement de ce qui s'étoit paffé le I 6 février
au matin ; mais le 18 (er non pas fur T'heure, comme le porte la 1787. dénonciation ) M*** m'écrivit du Cap une lettre, où il accufoit d'abord
M. Jauvin d'avoir agi avec tant de paffion, , e qu'il fembloit
w plutôt en partie intéreffée qu'en juge tranquille & honnête l'attaquer
la vérité. >>
qui cherche
contentement de ce qui s'étoit paffé le I 6 février
au matin ; mais le 18 (er non pas fur T'heure, comme le porte la 1787. dénonciation ) M*** m'écrivit du Cap une lettre, où il accufoit d'abord
M. Jauvin d'avoir agi avec tant de paffion, , e qu'il fembloit
w plutôt en partie intéreffée qu'en juge tranquille & honnête l'attaquer
la vérité. >>
qui cherche --- Page 40 ---
II paffoit enfuite au récit de da 32 fcène du 16
rendoit en ces termes.
février, & il me la
cc J'ai remis autrefois, difois-je, à M. Jauvin un
Ce l'emplacement
vendu
plan figuratif de
que j'ai
au Roi.
>> Cela eft faux, replique auffitôt ce M.. Jauvin. Vous
<c Général, ce qu'un démenti de- cette
fentez, mon
efpèce a dû
>> ame comme la mienne. Je ne vous diffimulerai produire fur une
>> ment convulfif, fuivi d'un froid à me
les pas qu'un mouve-
>>
premier effet : heureufement cela
glacer mains, en a été le
n'a produit, à la fuite de ce
>2 mier moment, quele bonheur de me conteniren homme
pre-
>> n'ai cependant pum'empècher de faire
flupéfait; ; je
fentirà ce M.
> crétion infultante d'un pareil
Jauvin lindif
propos..
[.
>> Je vous demande donc, mon Général,
> de douze Officiers
que M.Jauvin,au: milieu
fupérieurs ou Chevaliers de
>>
Saint-Louis de la
garnifon > foit tenu de me demander pardon, & le Jui
>> vu fon phyfique débile, & la fupériorité
je
accorderai,
que j'aurois
2 fur lui. Cette jeçon pourra lui apprendre à
néceffairement
ne mettre
< ni injuflice dans la portion d'autorité fous
ni outrage
il eft
>>
ponvoirs de Juge du point-dhommeur
laquelle
affaiffé, Les
font entre vos mains
>> Général. Je fuis homme de
les
Jeules, mon
guerre ; Commifaires de la
ont la prétention de l'être : ainfi vous feulêtes notre
à
Marine
J J'attends donc cette
de
Juge tous deux >2.
juftice votre part, fans
il
cc que le démenti qui m'a été donné eft une affaire quoi paroîtra
>3 me feroit loifible d'employer les
dont pour laquelle il
moyens
un homme
3 pourroit ufer >,
outragé
Je répondis à M***
>> Vous m'obligez, M., à remplir des fonétions
<c très-délicates: : je vais
importantes, mais
prendre, comme vous le
>> mations fur ce qui vous a
Je
défirez, des inforchoqué. vous défends
Cc ment d'ufer de voies de fait.
très-exprefféII
3 me feroit loifible d'employer les
dont pour laquelle il
moyens
un homme
3 pourroit ufer >,
outragé
Je répondis à M***
>> Vous m'obligez, M., à remplir des fonétions
<c très-délicates: : je vais
importantes, mais
prendre, comme vous le
>> mations fur ce qui vous a
Je
défirez, des inforchoqué. vous défends
Cc ment d'ufer de voies de fait.
très-exprefféII --- Page 41 ---
> Il m'eft encore permis de me conduire paternellement dans
> affaire : je crois vous rendre le fervice le plus
cette
effentiel en vous
> ouvrant les yeux.
I.
> La dénégation des faits eft de l'effence des procés ; elle ne
>> y être regardée comme une infulte. Qui que ce foit des affiftans peut n'u
>) vu comme vous, n'a interprété de même
i.
>> Lorfque M. Jauvin a nié qu'un plan eût été remis à l'Adminif.
> tration, il ne défendoit pas 3 comme vous, fes
A mais ceux d'un tiers, ceux du Roi. Cefm Magifrat propres intérêts,
>>
age, vénérable,
c'ef le Commifuinc-ondounteer, le repréfentant de TIntendant dans
>>
la
partie du Nord: il exerçoit des fondlions publiques ; il
fort
>>
rempliffoit
devoir, en exigeant qu'un titre important filt produit. C'ell
votre
>> lettre feule que je fuis inftruit; c'eft elle
de par
qui dépofe
ces faits
>>
&
qui m'infpire toutes ces réflexions. Je vous prie de les
vous-
>
même.
pefer
>> Votre meilleur ami ne vous écriroit pas autrement
>>
II eft à craindre
que je le fais.
que votre vivacité ne vous égare: : tous mes
>> tendent à empècher un brave Militaire qui a bien mérité de efforts
>>
de fe perdre lui-même.
fa patrie,
M. Jauvin n'avoit été inftruit qu'indiredtement des
M
plaintes
portoit contre Jui. Il m'écrivit du Cap le 22, & fa lettre que ne
me parvint qu'après que j'eus fait la réponfe dont je viens de donner
l'analyle. 11 nioit formellement avoir ell l'intention de domner, ni avoir
donné 111 démenti d. M II ajoutoit : ce Incapable d'infulter
>> enfant, tranquille, uni dans ma façon d'être, zélé
les
un
>>
pour
devoirs
qu'on m'impofe ou que je me fuis impolés, je réclame votre
> dans une circonflance
intéreffe
jultice
qui
ma
elle
>> diminuer l'eftime
tranquillité;
ne peut
que vous avez bien voulu me
> pas ceffs de la
témoigner': je n'ai
mériter. >>
E
apable d'infulter
>> enfant, tranquille, uni dans ma façon d'être, zélé
les
un
>>
pour
devoirs
qu'on m'impofe ou que je me fuis impolés, je réclame votre
> dans une circonflance
intéreffe
jultice
qui
ma
elle
>> diminuer l'eftime
tranquillité;
ne peut
que vous avez bien voulu me
> pas ceffs de la
témoigner': je n'ai
mériter. >>
E --- Page 42 ---
La defcription que M. Jauvin faifoit ici de fon caradtère, répondoit
parfaitement à l'opinion qu'en ont conçue tous fes concitoyens.
Magiftrat fexagénaire, 9 fes cheveux blancs ajoutent encore à la
vénération qu'infpirent fes fervices & fes vertus. Il me tardoit
de favoir qu'une affaire dont il s'affectoit, qui jetoit f'alarme dans
toute fa famille, fit terminée. La lettre que je reçus de M. * * *
datée du Cap, du 25 février 1787, me laiffa peu
réuffir. Après m'avoir affuré
d'efpérances d'y
que fon intention n'avoit jamais été d'employcr atcune voie de fait (8 il en avoit pris l'engagement le
février au Cap, dans un écrit qu'il remit à M. de la
il 20
Plaigne), me
marquoit : Cc La chofe eft trop férieufe, mon Général,
croire
>> que vous ne nommiez pas une Commiffion à ce fujet. pour Les loix
> pénales, établies par le tribunal des Maréchaux de
fur
>> démenti, entraîneroient
France,
le
certainement M. Jauvin à de bien
a forts défagrémens que la réparation
plus
Le même
que je réclame. >>
jour 25 février, date de cette lettre peu conciliante
de M M. Jauvin lui en écrivoit une qui ôtoit tout
la moindre plainte.
prétexte à
M. Jauvin y affuroit d'abord n'avoir eu connoiffance de la
portée contre Jui que le mercredi 21 au foir, cinq jours après plainte le
fait qui y avoit donné lieu : cc Ma furprife, ajoutoit-il, a été telle,
que je n'en fuis pas encore revenu. >>
c Si dans la chaleur d'un débat inévitable entre
9>
l'Ordonnateur
foutient d'une part les intérêts du Roi, & les foutient avec
qui
> plus de fermeté, qu'ils'y croit autorifé
des
d'autant
par
dont
> muni, & vous M. de f'autre, défendez
pièces
il eft
qui
VOS droitsavec
> parce que vous prétendez qu'il y a erreur dans une de ces chaleur,
>> & croyez en avoir remis d'autres; fi,
dans
pièces,
dis-je,
cette
>> il y a eu quelques mots louches, mal
difcuffion,
prononcés,mal
> mal interprétés; ; qui aient pu vous faire de ia peine, entendus, ou
>> de croire que c'eft contre mon intention.. - .Je
je vous prie
vous réitère
5> n'en ai eu aucune de vous dire perfonneilement
que je
quelque chofe qui
& croyez en avoir remis d'autres; fi,
dans
pièces,
dis-je,
cette
>> il y a eu quelques mots louches, mal
difcuffion,
prononcés,mal
> mal interprétés; ; qui aient pu vous faire de ia peine, entendus, ou
>> de croire que c'eft contre mon intention.. - .Je
je vous prie
vous réitère
5> n'en ai eu aucune de vous dire perfonneilement
que je
quelque chofe qui --- Page 43 ---
5 pât vous choquer. J'aurois été le premier à vous offrir toutes les
>> fatisfactions que vous auriez pu défirer, à l'inftant même &
>>
devant
toute l'Affemblée, fi je vous avois dit quelque chofe
II eft peu d'offenfes en effet, que n'efface
d'offenfant. s.
une explication auffi
complette. M ne la trouva cependant point fatisfaifante : on
en peut juger par la réponfe qu'il lui adreffa.
< Une rétraétation, M. lorfqu'elle eft bien claire &
>>
généreufe;
procure plus d'honneur à celui qui la fait, qu'à celui
la
3>
Tous les difcours de votre lettre tournent autour de la qui clofe reçoit.
>
tielle. On y voit clairement combattre deux
effenpaffions, dont l'une
> attire virtuellement au centre, & l'autre répulfe.
>> Mais comme je ne veux pas que ma confcience me
>> foibleffe de paffer ainfi une infulte qui auroit
reproche la
>> ne devez
trouver
pu me perdre, vous
pas
mauvais de me voir réfolu à mettre en ceuvre
> tous les moyens pacifiques de l'effacer de mon coeur.
>> Les bienféances attachées aux ufages ne font que l'écorce de
>> Thonneteté; ne trouvez donc pas mauvais, je le répète,
>> refufe à une complaifance trop voifine de la lâcheté.
que je me
>> La régularité de mes actions fera toujours fondée fur les
N timens intérieurs de mon ame.
fen-
>> J'éviterai de parler ici de l'horrible affaire
>> éclater,
que vcus euffiez fait
qui nous auroit perdu f'un & l'autre, fi je n'avois
>> maitrifer la violence de tous mes fens révoltés, dont l'effet fi
> manifefté aux yeux & aux oreilles de tous les
s'eft
>
n'en
affiftans, quand il
produifoit aucun far vous. Je dois donc me taire, &
>>
difficile d'en parler fans fcandale.
il feroit
>> Rétra&tez-vous, M. dans des formes prefcrites
la
>> je dirai plus, par f'honneur.
par franchife,
> Votre devoir confifte à ne rien faire
ne
3> type de ja juftice, & fouvenez-vous
qui
porte avec foi le
fur-tout
>> homme en place confifte autant dans les
que f'honnéteté d'un
expreffions dont il doit fe
Eij
&
>>
difficile d'en parler fans fcandale.
il feroit
>> Rétra&tez-vous, M. dans des formes prefcrites
la
>> je dirai plus, par f'honneur.
par franchife,
> Votre devoir confifte à ne rien faire
ne
3> type de ja juftice, & fouvenez-vous
qui
porte avec foi le
fur-tout
>> homme en place confifte autant dans les
que f'honnéteté d'un
expreffions dont il doit fe
Eij --- Page 44 ---
s fervir, que dans la pureté de fes moeurs & la décence de
21 maintien.
forr
<< Tels font, M. mes principes: les circonfiances
>> ne font pas faites pour me faire
ni les craintes
chanceler, elles fervent
>>. d'aliment à mon honneur. >>
au contraire
Tel fut le fruit de mes repréfentations; voilà
les démarches des perfonnes
CC que produifirent
s'entremettre
recommandables que j'avois chargées de
pour pacifier les efprits, & terminer des débats fans
objet.
Inflruit de l'envoi de cette fettre, dont M. Jauvin
paffer la copie, j'écrivis encore à M. ** * le 28 février m'avoit fait
ec J'ai reçu, Monfieur, lui difois-je, une lettre de M. 1787.
2> laquelle il m'affire qu'il n'eft forti de fa bouche Jauvin, par
>> choquante pour vous. II eft en vérité fuperflu
aucune parole
>> pas eu le moindre projet de vous
d'ajouter qu'il n'a
ofenfer, car il vous
>> d'avoir un doute à cet égard; mais jai
le eft impoffible
>>
le Roi de vous le dire, ce qui affurément chargé doit
Commandant pour
>> les Jettres
vous fuffire. D'après
que je vous ai précédemment écrites
>> fini.
, je crois tout
>>
Je devois en effet croire ce débat terminé; mais les avis
reçus le 4 mars, d'une des perfonnes
que je
que j'avois chargées de
nne réconciliation parfaite entre M. *** & M.
négocier
dans les plus vives alarmes. Je ne nommerai
Jauvin, me jetèrent
nature de l'affaire
l'on
point cette perfonne; la
que
me force de rappeler juftifie mon filence. Elle
m'affurcit avoir été obligée de contenir M. Jauvin qui, à la
de la lettre de MM1. * * * vouloit aller lui offrir la
réception
bloitexiger. Elle ajoutoit: je les veille l'un er lautre réparation qu'il femLa juridiétion du Tribunal de Meffieurs
pour éviter les événemers.
les Maréchaux de France,
étoit exercée à Saint.Domingue, par le gouverneur de la
M* * ** le reconnoiffoit dans fa Jettre du 18 février.
Colonie,
de Juge du point-dhomeur,
Les pouvoirs
y difoit-il, Jont entre 1OS mains feules,
mon Général, ainfi yous feul êtes notre juge à tous deux, J'ufai donc
qu'il femLa juridiétion du Tribunal de Meffieurs
pour éviter les événemers.
les Maréchaux de France,
étoit exercée à Saint.Domingue, par le gouverneur de la
M* * ** le reconnoiffoit dans fa Jettre du 18 février.
Colonie,
de Juge du point-dhomeur,
Les pouvoirs
y difoit-il, Jont entre 1OS mains feules,
mon Général, ainfi yous feul êtes notre juge à tous deux, J'ufai donc --- Page 45 ---
de l'autorité que la loi me confioit. J'y fus déterminé par fa crainte
des fuites que pouvoit avoir une affaire à faquelle M ***
9 en affurant
qu'il n'uferoit point de voie de fait, défiroit évidemment de donner de
l'éclat. Prévenu des difpofitions dans lefqueiles étoient les efprits,
devois-je attendre qu'un Magiftrat dont les forces n'étoient
épuifées par de long travaux, s'engageât dans un combat que trop
finguiier
pour une expreffion qu'il étoit même incertain qu'il eût employée?
& quand il s'en feroit fervi, n'avoit-il pas donné à M * * * toute la
fatisfaétion que l'homme le plus fufceptible pouvoit exiger ? Enfin
dans quelle circonftance lui feroit-elle échappée cette expreffion ? quand
il faifoit les fonélions de Miniftre de da juflice, quand il foutenoit
des intérêts de fFtat, dans une de ces difcuffions
litigieufes, qui ne
naiffent-que quand les parties font contraires en faits. J'écrivis
à M** ** * le 8 mars 1787, & je le prévins
donc
de l'arrêter. I le fut en effet, & refta
que j'avois ordonné
au fort Picolet pendant quatre
jours, jufqu'au départ du premier bitiment qui fit voile pour le Portau-Prince.
Le même jour que j'envoyois du Port-au-Prince, cet ordre
rigoureux peut-être, mais devenu indilpenfable, M* *** T m'annonçoit
dans une lettre datée du Cap, des fentimens pacifiques
auxquels il
manquoit d'avoir été plutôt exprimés.
M ** * devoit être en mer quand je reçus fa lettre. L'afaire
avoit éclaté; fa longue réfiftance devenue publique
exigeoit une
marque d'improbation. Je réfolus donc dès ce moment de faireaffembler auffitôt fon arrivée, M. Couftard, commandant
de la partie de f'oueft; M. de
en fecond
Loppinot 1 commandant particulier
intérim de la ville du Port-au-Prince; ; M. le marquis de
par
brigadier d'Infanterie, colonel du régiment du
Grippiere,
M. Mollerat,
de
Port-au-Prince; &
major
ce régiment. Je crus
convenoit
roger M * * * en leur
qu'il
d'intépréfence 9 quoique j'euffe feul à SaintDomingue, l'exercice de la jurididlion qui appartenoit
Meffieurs les Maréchaux de
parmi nous à
France, & de prononcer un jugement dont
marquis de
par
brigadier d'Infanterie, colonel du régiment du
Grippiere,
M. Mollerat,
de
Port-au-Prince; &
major
ce régiment. Je crus
convenoit
roger M * * * en leur
qu'il
d'intépréfence 9 quoique j'euffe feul à SaintDomingue, l'exercice de la jurididlion qui appartenoit
Meffieurs les Maréchaux de
parmi nous à
France, & de prononcer un jugement dont --- Page 46 ---
Ja lettre tardive que j'avois reçue modéreroit cependant les
J'ai fuivi exactement cette marche, & le 26 mars difpofitions.
décidé, comme juge du
1787, j'ai
point-d'honneur, ce
fi le
3> février 1787, M. Jauvin
que
vendredi 16
(encore que fon devoir
>2 combattre cette affertion de
l'obligeât de,
M qu'ilavoit remis
>>
1l'Adminiftration
un plan de M. Poliart), avoit dit: cela efl faux, je le
>> de s'être fervi de ces termes, & lui défendois
défapprouvois
>>
de
d'employer déformais
pareilles expreflions.
J'ajoutai : C Ma cenfure, à cet égard, n'eft que
>
fait me
conditionnelle, le
paroiffant au moins très-douteux; car les informations
>, atteftent que ces mots ont été prononcés, & ceiles
les qui
>>
qui
démentent, font abfolument égales en nombre & du même
>> Mais, foit que le Commifice-ocdonnsteur ait
poids.
>> tient à la forme
loue
ou non ce tort qui
, je
hautement fa probité
& fon
>2
rigide
zèle
pour les intérêts du Roi, qui lui étoient confiés. Ii les eût
22 s'il n'eût pas oppofé la dénégation da
à
trahis,
>> feulement dénué de
plus précife un fait nonlpreuves, mais abfolument improbable.
cc En fuppofant même que M. * * * ait eu réellement à fe
>> d'un mot échappé, je décide que toute Ia fatisfaétion
plaindre
> défirer, lui a ét6 donnée par ma lettre du 28 qu'il pourroit
>
déclaration
février, par la
que j'ai chargé le Commandant pour le Roi, de
>, faire, & par da lettre tres-polie que M. Jauvin lui a
lui
>> écrite. Ainfi, non-feulement je défends à M, *** d'ufer (pontanément
>> yoie de fait; mais fi la préfente affaire a la moindre d'aucune
>>
fuite, fous
quelque prétexte & de quelque manière que ce foit, l'en
>>
je
rendrai
perfonnellement refponfable. Je m'abfliens de prononcer fur
>> la conduite qu'a tenue M. K * * & parce que je lui ai
toute
>> fait fentir combien je l'improuvois, &
verbalement
>> du 8 mars à ma décifion,
parce que fon acquiefcement
quoique tardif, u été volontaire; mais
> déformais aucune affaire ouil aura intérêt, devient affaire
fi
d'honneur,
P j'ordonne qu'on le fafie fur le champ arrêter, & qu'on m'en rende
",compte, afin qu'il foit conduit en France,
& parce que je lui ai
toute
>> fait fentir combien je l'improuvois, &
verbalement
>> du 8 mars à ma décifion,
parce que fon acquiefcement
quoique tardif, u été volontaire; mais
> déformais aucune affaire ouil aura intérêt, devient affaire
fi
d'honneur,
P j'ordonne qu'on le fafie fur le champ arrêter, & qu'on m'en rende
",compte, afin qu'il foit conduit en France, --- Page 47 ---
cc Comme, en examinant ces deux queftions, il s'eft trouvé
> preuves claires & judiciairement conflatées de la
des
>>
formelle & répétée de M. *** aux ordonnances défobéifance
>> ont été fagement rendues par les Repréfentans des provifoires qui
>> il eft dû exemple, & M. ** * gardera les arrêts Adminiftrateurs,
pendant trois
>> au fort I'let. >>
jours
Je me fuis fait un devoir de rendre le compte le plus exact des
circonftances qui ont néceffité ce jugement. Je demande à l'Affemblée
Nationale de les pefer dans fa fageffe, de ne point perdre de
l'ige du fieur Jauvin, les fonétions qu'il exerçoit, le filence vue,
gardé, pendant deux jours, M. ** * fur une phrafe
lui feut qu'a
que
a
regardée comme offenfante, , & le peu de fenfation qu'elle avoit
produite fur tous ceux qui accompagnoient Ics deux parties.
Je la fupplie de fuivre la conduite fage & modérée du fieur
de mettre en oppofition la lettre qu'il a écrite à M. *** Jauvin, & la
réponfe qu'il en a reçue.
Qu'elle daigne remonter au principe de cette affaire; elle
trouvera qu'une difcuffion d'intérêts
n'y
pécuniaires, où f'honneur
pouvoit être en rien compromis. Elle verra dans M.Jauvin le
ne
prépofé pour défendre les intérêts de l'État; ; à ce titre, il étoit magiftrat
la fauve-garde immédiate de la Loi. Appeler à fon
fous
de
c'eft
épée, à défaut
moyens 1
fubftituer la force au : bon droit. Ces
ficheux étoient
exemples
fréquens 2 quand le Roi me nomma au
de la Colonie. J'en ai repréfenté le
gouvernement
demandé ia
danger au Miniftre ; je lui ai
permiflion de rappeler aux vrais principes de
de f'honneur, ceux qui voudroient les méconnoitre. La l'équité il &
j'ai pris foin de domer à mes fentimens fur
publicité que
d'exemple; &,
ce point 7 a tenu lieu
pendant près de deux ans que le
l'ile de Saint-Domingue m'a été confié,
gouvernement de
fonnes contre
on ne citera pas trois
qui j'aye été. forcé.d'ufer du pouvoir
perz
la Loi. Ces trois perfonnes font M: * * * mis
que me donnoit
arrêts, &. deux particuliers
pour trois jours aux
envoyés en France
er à mes fentimens fur
publicité que
d'exemple; &,
ce point 7 a tenu lieu
pendant près de deux ans que le
l'ile de Saint-Domingue m'a été confié,
gouvernement de
fonnes contre
on ne citera pas trois
qui j'aye été. forcé.d'ufer du pouvoir
perz
la Loi. Ces trois perfonnes font M: * * * mis
que me donnoit
arrêts, &. deux particuliers
pour trois jours aux
envoyés en France pourdesfaits plus graves. --- Page 48 ---
Des repréfentations, des défenfes ou verbales ou par écrit, ont; dans
plufieurs occalions, confervéà la jufltice toute fon autorité,en empéchant
des parties de fe la faire elles-memes.
Je me réfume..
J'ai, comme exerçant la juridiétion de MJ Ics Maréchaux de France,
ordonné à M. *** de garder lcs arrêts pendant trois jours.
Je n'ai point en cela excédé ics bornes de mes pouvoirs.
J'ai jugé en mon ame & confcience : l'équité & l'intérêt public
exigeoient un exemple; il étoit effentiel au bon : ordre que j'étois
chargé de mainterir dans la Colonie.
C'eft avec regret, que je me fuis vu forcé de priver M. *** de
fa liberté, pendant quelques jours, avant de le juger.
Mais dès que je le citois au Tribunal, je devois m'affurer de fa
perfonne; c'étoit le feul moyen d'éviter des rencontres périlleufes,
quin'étoient que trop probables, & dont il étoit de mon devoir de
prévenir les effets,
SIXIEME CHEF D'ACCUSATION
Réunion défaftrenfe des Confeils fupérieurs de Saiut-Domingue.
S EPT I E M E CH E F.
Grand.chemin du Cap / menfonge public ; corvéès arbitraires;
dépenfes énormes is inutiles.
R ÉPO NS E.
LArénnion du Confeil établi.au Cap-François, à celui du Port-auPrinces. eft.la bafe des fixième & feptième chefs de dénonciation.
réunion de ces Confeils
-
Mes: dénonciateurs décident que la
eft
fupérieurs de Saiut-Domingue.
S EPT I E M E CH E F.
Grand.chemin du Cap / menfonge public ; corvéès arbitraires;
dépenfes énormes is inutiles.
R ÉPO NS E.
LArénnion du Confeil établi.au Cap-François, à celui du Port-auPrinces. eft.la bafe des fixième & feptième chefs de dénonciation.
réunion de ces Confeils
-
Mes: dénonciateurs décident que la
eft --- Page 49 ---
eft (a) défaftreufe, & que jy ai eu une très-grande part; Hs m'imputent,
1. De n'avoir pas préru l'ordre dargereux gni a confommécette ronion.
2.0 D'avoirexéeuté cet ordre guand je pourois m's forftraire.
3. D'en avoir, depuis mon cutrée dans le miniftére, maintenu avec
opinidtreté les meurtricres difpoftions.
La difficulté des communications entre le Cap François & le Portaul - Prince devoit, fuivant eux, écarter à jmais toute idée de réunion des deux Confeils; mais comme il exifle aujourd'hui un grand
chemin & une communication libre, mêmc pour les voitures, qui
remédient à cetinconvénient, ils ont tiré de la confcétiondece chemin,
de nouveaux chefs d'accufation contre moi. Ils me reprochent,
(a) Je crois convenable de rejeter dans une note la difcuffion d'un reproche qui ne
paroitra que bizarre.
J'aiété pendant vingtmois Gouverneur; général de Saint-Doningue. Les Adminiftrateurs
réfident en temps de paix au Port-au-Prince, centre de da Colonie.
Les Dénonciateurs me cenfurent d'y avoir trop conflamment féjourné : pour donner
du poids à cctte allégation, ils foutienrent quc je n'ai fait quc deux voyages pendantla
durée de mon gouvernement: ;
Que je n'ai été abfent chaque fois du Port au-prince que quinze jours; ;
Que je fuis parti au mois de décembre 1786, pour vifiter la partic du Nord & la
ville du Cap où je n'ai refté que fix jours ;
Que quelque temps après mon retour, j'ai fait une feconde courfe plus courte encore
dans Ja partic du Sud.
Voici ma réponfe.
1.° C'eft le 27 novembre, & non dans Ic nois de décembre, que je fuis allé dans
Ia partie du Nord. Ma tournée a été de quarante-neuf jours, * non de quinze. J'ai
paffe trois femaines ou un mois au Cap ; j'y ai rendu trois Réglemens ou Ordonnances
fur des objets d'utilité publique 3 relatifs à cette ville. Mon départ, mon retour font
confignés dans les gazettes du Port-au-Prince, des 30 novembre 1786 & 18 janvier
1787, n." SI 2n. 5.
2.° Je n'ai depuis cette dernière époque, ni en aucun temps de ma vic, vifité le
Commandement du Sud ; j'étois prêt en novembre 1787 à me mcttre en route pour Ic
voir, lorfque je reçus l'ordre du Roi qui me rappeloit en Europe.
Je rétablis ces faits peut-être minuticux, mais tellement notoires dans la
certainement
Colonie,
que
ellc n'a donné million à qui que ce foit d'affurer à l'Affembléc
Nationale le contraire dc ce que j'avance.
F
de ma vic, vifité le
Commandement du Sud ; j'étois prêt en novembre 1787 à me mcttre en route pour Ic
voir, lorfque je reçus l'ordre du Roi qui me rappeloit en Europe.
Je rétablis ces faits peut-être minuticux, mais tellement notoires dans la
certainement
Colonie,
que
ellc n'a donné million à qui que ce foit d'affurer à l'Affembléc
Nationale le contraire dc ce que j'avance.
F --- Page 50 ---
1.o D'avoir trompé le
fait mariniehemenfus. Miniflre, CR lui fournifant, comme motif, 11l
2,0 D'avoir voulu i-fifier mon oiffertion
de Thumanité,
Par des moyens defarusteurs
C'efl ainfi que les treize dénonciations
en une muititude de petites dénonciations principales fe fubdivifent
Is m'imputent donc de n'avoir
particulières.
Confeils du
pas prévenu la réunion des deux
Cap François & du Port-au-Prince !
Mais ils auroient dû faire
précéder cette acculation de la
que j'avois eu le pouvoir d'empécher cette réunion
preuve
qu'eile fût délaflreufe, ils ne
; car en fappofant
être pas oppofé qu'autant
pourroient me reprocher de ne m'y
ont-ils
que j'aurois pu le faire. Or, quelle
que j'aye eu cette poffibilité? fur
fe
preuve
ils atteftent (a) dans leur
quoi fondent-ils, quand
projet avant de me rendre dénonciation, à
que j'étois prévenu de ce
Je déclare formellement Saint-Domingue?
communication de l'Édit que le Miniflre ne m'avoit donné aucune
de réunion avant mon
pour les Colonies. Je déclare
départ de France
ai eu connoiffance
avec non moins de vérité, que je n'en
que par l'ouverture du paquet
Edit, avec l'ordre exprès de le faire
qui renfermoit cet
Je fuis parti de France en décembre enregiftrer.
Saint-Domingue, dont le
1785, pour me rendre à
L'Édit de réunion fut
gouvernement venoit de m'être confié.
apporté avec cinq autres loix
par un bâtiment du Roi, fur lequel étoient M."
en mai1787,
M.
a ; il y avoit donc
de la M. e
&
quand l'Édit de réunion m'eft quinze mois que j'avois quitté la France
Jong, le Miniftre
arrivé. Dans lIn cfpace de
a pu réalifer un projet qu'il n'avoit temps auffi
conçu quand j'ai pris congé de lui, ou du moins
peut-être pas
n'avoir pas définitivement arrêté fes idées
auquel il pouvoit.
M. M.
avant mon départ.
obferve dans u Mémoire qu'il vient de
(n) Cette affertion de mes Dénonciateurs eft abfolument faufe.
'avois quitté la France
Jong, le Miniftre
arrivé. Dans lIn cfpace de
a pu réalifer un projet qu'il n'avoit temps auffi
conçu quand j'ai pris congé de lui, ou du moins
peut-être pas
n'avoir pas définitivement arrêté fes idées
auquel il pouvoit.
M. M.
avant mon départ.
obferve dans u Mémoire qu'il vient de
(n) Cette affertion de mes Dénonciateurs eft abfolument faufe. --- Page 51 ---
publier, que M. le maréchal de Caftries, Minifre de la Marine,
le confulta le I." oétobre 1786 fur le projet des nouvelles doix,
quant à la forme feulement qu'on devoit leur donner. Ces foix n'étoient
denc alors qu'en projet, & déjà il s'étoit écoulé dix mois depuis
départ de France.
mon
Ce feroit à ceux qui me dénoncent à tout prouver; ils ne
rien, & je trouve dans des faits conftans & d'une date invariable, prouvent
des preuves qu'on peut appeler convaincantes de la fanfeté de leur
dénonciation.
Sont-ils mieux fondés à me reprocher d'avoir fait exécuter T'Edit
de réunion, quand je pouvois m'y foufraire!
J'étois Gouverneur pour le Roi; lcs loix que l'on m'envoyoit, contenoient le mandat impératif pour. moi de les faire enregiftrer : l'obéiffance étoit mon premier devoir, mais j'avois une trop jufte idée de
la droiture des fentimens de M. le maréchal de Caflrics, l'équité du
Roi m'étoit trop connue, pour que je me fulle tû, fi l'on m'avoit
confité, comme l'affurent les dénonciateurs, fur les inconvéniens
que pourroient entraîner quelques-unes de ces loix nouvelles, & fur
les réformes dont elles étoient fufceptibles. Je les aurois certainement
examinées fi l'on me les eût préalablement communiquées, & j'aurois
franchement indiqué les changemens & les corrections que requéroit,
felon moi, cette efpèce de code, dont l'enfemble cependant m'a
devoir produire des effets utiles au peuple. Je fus donc d'avis paru au
Confeil fispérieur, qu'on enregiflrât, & néanmoins qu'on adreffàt des
remontrances au Roi: telle avoit été l'opinion unanime des Membres
qui y ficgeoient. On ne peut aujourd'hui révoquer en doute cette
circonftance dont toute la Cofonie fut alors inftruite.
M. le maréchal de Caftries avoit prévu la plus forte objedlion
l'on pût faire contre l'Édit qui réuniffoit les Confeils;illa réfutoit d'une que
manière fatisfaifante, & qui n'a pas même encore été combattue.
cc Cette réunion, difoit M. le maréchal de Caftries, dans fa lettre
> du 4 février 1787, pouvant être défavantageule dans des matières
F ij
dont toute la Cofonie fut alors inftruite.
M. le maréchal de Caftries avoit prévu la plus forte objedlion
l'on pût faire contre l'Édit qui réuniffoit les Confeils;illa réfutoit d'une que
manière fatisfaifante, & qui n'a pas même encore été combattue.
cc Cette réunion, difoit M. le maréchal de Caftries, dans fa lettre
> du 4 février 1787, pouvant être défavantageule dans des matières
F ij --- Page 52 ---
>> de peu d'importance, if y a été remédié par une ampliation de
>> voirs accordés aux vingt Sénécheufiées 8. Amirautés de fife, pou2> juger en dernier reifort jufqu'ada concurrence de 60o0 - liv.tournois. posr >
Cette ampliation, en eflet, accéléroit la dicifion de toutes les caufes
qui intéreffent la clatfe du pauvre. De plus grands intérêts ne pouvant
s'agiter qu'entre gens riches, on devoit prendre en moindre confidération ies frais de déplacement & de voyages.
Je n'ai point mis à f'enregifirement de ces loix, une précipitation qui
puiffe faire préfumer que j'aye coopéré à leur rédaction. L'Édit de
réunion desdeux Confeilsn'aété feelléqu'enj janvier 1787.Levaiflauqui
l'a apporté a mis à la voile le 22 février; il a relâché aux iles du Vent,
& n'eft arrivé à Saint-Domingue que le 2 mai. Les. Magiftrats du
ont eu plus d'un mois pour fe rendre au Port-au-Prince, & le Cap
I I juin
l'enregitrement a été ordonné, J'ai é1é d'avis d'adreffer des
trances au Roi, & l'imputation qu'on me fait d'avoir, depuis remonque j'ai
ééappelé dll Mivifère, maintenu avec opiniatreté les meurtrières
de l'édit de réuuion , me met à portée de prouver au public dlpoftions
fuis toujours occupé des moyens de corriger les défauts que je me
remarqués dans les loix que j'ai été
que j'avois
chargé, s comme Gouverneur,
de faire enregiftrer.
je fus nommé, en feptembre 1787, Miniftre de la Marine; je n'en
fus inftruit qu'en novembre. Déjà le Confeil fupérieur avoit arrêté
à Saint-Domingue, dans une féance où j'affiftai, des chefs fur
ies remontrances devoient porter ; mais ces remontrances n'étoient lefquels
point encore rédigées. Je recommandai, en quiltant la Colonie, de
hiter le travail, & je me félicitai de pouvoir, comme Miniftre,
folliciter auprès du Roi des rétormes que comme Gouverneur de SaintDomingue j'avois cru convenables & même nécetiaires.
Je ne reçus ces remonirances à Verfailles, qu'en avril 1788; eiles
étoient volumincufes; elies exigeoient un long examen. J'en accufai la
réception, le 17: avrif 1788, aux Ofliciers du Confeil, en les affurant
que j'en rendrois compte au Roi, & que je leur frois connoitre:fes
intentions.
ouverneur de SaintDomingue j'avois cru convenables & même nécetiaires.
Je ne reçus ces remonirances à Verfailles, qu'en avril 1788; eiles
étoient volumincufes; elies exigeoient un long examen. J'en accufai la
réception, le 17: avrif 1788, aux Ofliciers du Confeil, en les affurant
que j'en rendrois compte au Roi, & que je leur frois connoitre:fes
intentions. --- Page 53 ---
J'einployai près de deux mois à confulter & à méditer fur une affaire
d'aufii haute importance. Je préientai mon opinion au Roi, & Sa
Majefté m'ayant donné fes ordres, j'écrivis, 3 le 8 juillet 1788, aux
Adminiflrateurs de la Colonie, une lettre qui devoit être & qui a été
enregiftrée au Confeil fupérieur de Saint-Domingue. J'y dilois, aul
nom du Roi:
K Sa Majcild eft dans l'intention de mainteuir la réunion qu'elle a
> ordonnée des deux Confeils. L'intéret des jufticiables exige qu'it
> n'exifle dans la Colonie qu'une feule Cour fouveraine dè juftice,
> & qu'une même jurifprudence.
> Le: zèle du Confeil fupérieur n'en efl pas moins louable, Ia fervi
> à éclairer Sa Majefté fur les inconvéniens réeis, quoique momentanés
> & docawx, qui réfialtent'de da réunion des deux Cours; Elle a réfolu
D de les faire cefer.
> Elle a éié pécialement frappée, 9 pour le bonheur de fes fujetsi,
> des dangers d'un incendie qui pourroit confumer toutes les'archives
3 rafiemblées au Port - au - Prince, & de la difficulté qu'éprouvent les
J plaideurs lorfqu'ils veulent sy rendre par terre de la partie deptei
> trionale de I'le.
>> Le Roi vous cominande d'accélérer la conftruétion des canaux &
.> des fontaines qui doivent diftribuer l'eau dans tous les quartiers de
>da ville. oùt liége de Confeil; d'accélérer auffi celle idela grande
>> route que vous avez fait récemment tracer à travers:la chaine des
>> montagnes qui féparent de conmnandement de fOueft del celui du
>> Nord.Je ne doute point que vous ne hâtiez, autant qu'il VOuS fera
>> poffible, les travaux utiles & mème néceffaires dont le commence-
>> ment,eft dû à votre amour du bien public & à votre prévoyance (a).-
(a) Lc furplus de, la Tettre, étoit relatif aux imperfcétions remarquées dans
loix qui avoient été envoyées. Le Roi défiroit qu'aprés y' avoir mûrement Jes,autres
les Magilrats. adreflaffent, au mois d'ostobre 17893 de nouvelles
réfléchi & 2
Jes Adminiftrateurs des obfervations. On fixa,certe époqu:, parce. qu'elle remontrances, eft celle de la
rentréc du Confeil , & pour donner aux Membres qui le compofent 9 le loifir
réfléchir pendant les vacances aux changemens qu'il conviendroit d'y faire,
de
és y' avoir mûrement Jes,autres
les Magilrats. adreflaffent, au mois d'ostobre 17893 de nouvelles
réfléchi & 2
Jes Adminiftrateurs des obfervations. On fixa,certe époqu:, parce. qu'elle remontrances, eft celle de la
rentréc du Confeil , & pour donner aux Membres qui le compofent 9 le loifir
réfléchir pendant les vacances aux changemens qu'il conviendroit d'y faire,
de --- Page 54 ---
En
rapportant ce fragment de ma lettre,
dénonciaticn qui a été faite contre moi?
n'accréditai-je pas da
i'intention où étoitle Roi de maintenir
J'annonçois à la Colonie
des deux Confeils; j'atteflois
la réunion qu'il avoit ordonnée
qu'il n'exiflât à
qu'il étoit de l'intérêt des jufliciables
juftice,
Saint-Domingue qu'une feule Cour fouveraine
qu'une même jurifprudence, &c ce font
de
délits qu'on m'impute.
précifément - tà les
Je pourrois fans doute oppofer à mes
exprès du Roi, que j'ai dû exécuter
dénonciateurs les ordres
mot feroit difparoître la
comme fon Miniftre, & un
époque, ou fa relponfabilité dénonciation, n'étoit
puifqu'elle remonte à une
aveç la fermeté & la franchife point encore établie; mais j'avouerai
(dût mon aveu profiter à
qui conviennent à mon caraétère
mes
reunion des Confeils, comme
adverfires), que j'ai regardé da
la Colonie.
pouvant devenir utile aux habitans de
II feroit étrange, fans doute,
la multiplicité des Tribunaux qu'on voulit ériger en principe que
Oublions, s'il eft poflible,
fupérieurs eft avantageule en foi.
chofe publique; n'ayons
ce que ces établiffemens coûtent à la
à la claffe vraiment utile des point égard aux individus qu'ils enfèvent
Jes produétions de la terre, citoyens qui multiplient par Jeurs travaux
ou les répandent
inerce dansstoutes les contrées de l'univers également par le comregards fur la diverlité de
; fixons feulement nos
bunaux fupérieurs, égaux jurifprudence qui s'établit dans des TriLes loix
entre eux en autorité,
ne font jamais tellement parfaites,
les: cas, qu'elles s'adaptent d'elles-mèmes
qu'elles embraffent tous
à décider. Les circonftances de fit laiflent aux efpèces qui fe préfentent
du juge; de-dà nait dans chaque
un vafte champ à T'arbitrage
Tribunal une
juger certaines caufes, habitude qui varie
efpèce d'habitude de
les temps,. & qui exige de la
de
fuivant les lieux, fuivant
y conduifent, une étude.
part, ceux que des intérêts diftérens
même.
plus difficile que ne feroit celle de la loi
fit laiflent aux efpèces qui fe préfentent
du juge; de-dà nait dans chaque
un vafte champ à T'arbitrage
Tribunal une
juger certaines caufes, habitude qui varie
efpèce d'habitude de
les temps,. & qui exige de la
de
fuivant les lieux, fuivant
y conduifent, une étude.
part, ceux que des intérêts diftérens
même.
plus difficile que ne feroit celle de la loi --- Page 55 ---
Je penfois, & je penfe encore que l'unité de Tribunal fupéricur
étoit le feul inoyen de parer à cet inconvénient, beaucoup plus grand
qu'on ne croit. Saint-Domingue fembloit inviter à la réunion de fes
Confeils par l'uniformité de fa coutume, par celle de fes produélions:
l'étendue de fon fol & fa population n'y mettoient point d'obftacies
infurmontables.
Le Port-au-Prince, placé au centre de la Colonie, étoit le
naturel de ce Tribunal unique, La partie de Saint-Domingue fiége
appartient à la France, n'a pas plus de fuperficie
la
qui
de Bretagne; les deux extrémités de fon territoire que
province
plus de foixante-dix lieues de la ville du
ne font pas à
Port-au-Prince; fa
tion ne s'élève pas à plus de cinquante mille êtres
popula- de
libres,
tout
age, de tout fexe, de toute couleur; & fi l'on en retranche les
femmes en puiffance de maris & les enfans, on trouvera à
trente cinq mille individus capables d'efter en jugement.
peine
Sur la furface de cette ile font répandus vingt Tribunaux anciennement établis fous je titre de Sénéchanfies & d'Amirautés. Un Édit
envoyé en même temps que celui qui réuniffoit les deux Confeils,
donnoit une ampliation de pouvoirs à CeS Tribunaux de première
inflance; ; il les rendoit compétens pour juger en dernier reffort
fix mille livres, argent de France, & augmentoit le nombre des jufqu'à
qui devoient y rendre la juflice.
juges
Des précautions auffi fages ne rapprochoient pas feulement
du jufticiable; mais quiconque obéiroit à la loi, devoit être lajuflice affuré
que la loi ne feroit point inutile pour lui; il treuvoit
une expédition
plus prompte & moins coûteufe.
Le recours au Confeil fupérieur ne pcuvoit plus avoir lieu
dans
les caufes d'un intérêt majeur; : & alors fa fortune dont
que
entre qui elles naîtroient, feroit
jouiroient ceux
compter pour moins lobligation d'aller
folliciter un jugement définitifà une diflance de vingt, de trente de
cinquante ficues. pour la prelque totalité des habitans; de foixante ,
Ou
prompte & moins coûteufe.
Le recours au Confeil fupérieur ne pcuvoit plus avoir lieu
dans
les caufes d'un intérêt majeur; : & alors fa fortune dont
que
entre qui elles naîtroient, feroit
jouiroient ceux
compter pour moins lobligation d'aller
folliciter un jugement définitifà une diflance de vingt, de trente de
cinquante ficues. pour la prelque totalité des habitans; de foixante ,
Ou --- Page 56 ---
de foixante-dix lieues pour quelques-uns feulement
extrémités de la Colonie.
qui fe font fixés aux
Contre des motifs fi puifans de réunir les deux
objedter le danger de raffembler toutes les
Confeils, on pouvoit
& dans une ville autrefois
minutes dans un feul greffe
expofée à des
Javois pris des précautions fûres
les fréquens incendies ; mais
nouvellement & folidement
pour
prévenir. Un vafte réfervoir
la ville
conftruit tient pour ainfi dire
une maffe d'eau immenfe, & offre des fecours fulpendue fur
le feu. Cinq fontaines établies dans les
affurés contre
fans interruption. II exifle fuffifamment différens quartiers, coulent
fins pour en conftruire deux
de tuyaux dans les magafi la difette de fonds,
autres; elles feroient achevées maintenant,
qui depuis les derniers troubles fe fait fentir à
Saint-Domingue, n'eût obligé de fulpendre des travaux
pour ainfi dire à leur fin.
qui touchoient
Les montagnes efcarpées qui s'élèvent entre le Nord & l'Oueft
Saint-Domingue, la difficulté des communications
de
des obflacles à la réunion des deux
mettoient encore
d'abord
le
Confeils; mais je dois obferver"
que trajet par mer de l'un à l'autre de ces ports, eft
dangereux. Les vents y font réglés, l'hivernage redoutable rarement
Antilles, efl prefque inconnu entre le Cap & le
aux autres
verfées n'y font pas longues. Quelques
Port-au-Prince; les trade la Gonave pour s'en être
bâtimens ont échoué à la pointe
&
approchés trop près; 9 mais j'ai fait
graver une carte exacte des côtes de cette ile, & j'ai
lever
moyen les navigateurs des écueils qu'ils devoient
averti par ce
fuir.
J'ajouterai qu'au mois de juillet 1788, date de ma fettre
qu'en janvier de la même année il avoit été
, je favois
qui communiquoit du Port-au-Prince
ouvert une grande route
à cette route importante
au Cap François. On travailloit
avec une telle ardeur,
dix-neuf
a été achevée. Les
qu'en
mois elle
montagnes ont été coupées, fes
les defcentes rendues faciles. La
da
ravines comblées,
aujourd'hui trois
pente plus rapide n'excède
pouces & demi par toile; on doit y avoir établi pas des
voitures
, je favois
qui communiquoit du Port-au-Prince
ouvert une grande route
à cette route importante
au Cap François. On travailloit
avec une telle ardeur,
dix-neuf
a été achevée. Les
qu'en
mois elle
montagnes ont été coupées, fes
les defcentes rendues faciles. La
da
ravines comblées,
aujourd'hui trois
pente plus rapide n'excède
pouces & demi par toile; on doit y avoir établi pas des
voitures --- Page 57 ---
voitures publiques. Une ordonnance 49
Marbois le 28 mai 1789;
rendue par M." du C.: &de
enregiftrée au Confeil
Domingue, en a déterminé le départ & l'arrivée; fapérieur de Saintplaces pour les différens endroits oùt elle
elle a fixé le prix des
L'auroit-on cru : de ce chemin même paffe.
grands bienfaits dont la bonté du Roi ait que j'ofe appeler un des plus
on a tiré un nouveau chef de dénonciation pu gratifier Saint-Domingue,
comme on a fait du
contre Thoi. On le fubdivife
fous les noms
premier, en dénonciations partiéulières;
efrayans de menfonge public, corvées
préfenices
opinidtre dans des dilpofitions
arsimata-pefortnaune
J'ai, fi I'on en croit la dénonciation pernicieufes.
Caftries en fui préfentant
F trompé M. le Maréchal dè
pas encore ouverte
comme une route praticable, cefle qui i'étoit
; je me fuis par-la rendu
public.
coupable d'an menfonge
Mais pouvois-je préfenter à M.le'Maréchal
BE
de la Marine, comme
de Caftries, alors Miniftre
deux Confeilsdu
UIIY. moyen propre à déterminer lal réunion,
Cap & du
des
par terre entre
Port-an-Prince,la communication
ces deux villes, quand
ouverte
des Confeils fût projetée :
j'ignorois même que cette réunion
Cen'ef point avec' moi que le Miniftre a
je n'en ai été inffruit qu'en mai
préparé lEdit qui l'ordonne;
bule de cet Édit, des
1787-Silon a annoncé dans le
que chremins commodes e ftirs
préammuniquer entre elles toutes les parties de la
faifoient des-lors comtétreimputée à celui qui étoit féparé de Golonie, cette erreur ne doit pas
de la loi ; je n'y ai eu aucune
dix-huit cents lieues du rédacleur
certainement
part, & fij'eufle été
pas fait I'dloge d'un chemin dont
confalté,je n'euffe
j'avois connu moi-même les difficultés
avant, la, date de l'Edit
Comment s'eft-on
& le danger.
permis, fans avoir
un menfonge public! Le
vérifié Jes faits, de
de la
Miniftre qui m'a précédé dans le m'imputer
Marine, a pu être induit en
département
moi. Je n'avois aucun motif
erreur, mais il ne l'a pas été par
un fait
pour lui donner des
qui me paroiffoit devoir lui être
éclairciflemens fur
indifférent: il ne m'avoit
G
'eft-on
& le danger.
permis, fans avoir
un menfonge public! Le
vérifié Jes faits, de
de la
Miniftre qui m'a précédé dans le m'imputer
Marine, a pu être induit en
département
moi. Je n'avois aucun motif
erreur, mais il ne l'a pas été par
un fait
pour lui donner des
qui me paroiffoit devoir lui être
éclairciflemens fur
indifférent: il ne m'avoit
G --- Page 58 ---
point communiqué fon projet, & il m'étoit
fa penfce.
impoffible de pénétrer
Pour procurer, à la Colonie cette communication,
demandé des corvées aux habitans
, Tai, dit-on
demeuroient
riverains; j'en ai
de
cil loin; er tandis qu'en France
exigé ceux qui
créois à Saint- Domingue. Ca chemin
on Mupprimoit la corvée,jela
des honumes à la
er
a cotité des fueurs aix malleureux,
Colonie, deux millions à la Caife
Comme les inculpations fe preffent fous la
pullique.
ciateurs, quel moyen de leur
plume de mes dénonéchapper?
ne leur déplût ? ils blâment la réunion des que pourroit-c on faire qui
des barrières que ia Nature
Confeils; ils fe
a mifes entre des
plaignent
contrées de
habitans des différentes
Saint-Domingue, Iis n'ofent condamner
grands chemins,, mais ils ne veulent
ouvertement les
& trouvent mauvais qu'ils foient faits pas qu'on les faffe par corvées,
Perfonne
à prix d'argent.
ne niera que la facilité des
fource deiricheffès. La fireté
communications ne foit une
citoient depuis
publique, le tranfport des denrées follidong-temps pour
route, qui unit pour jamais entre elles Saint-Domingue les
f'ouverture d'une
formées; mais la confeétion des chemins priacipales villes qui s'y font
tout temps la corvée étoit établie dans la exige de grands travaux: de
une exiftence légale
des
Colonie ; elle avoit
par
Ordonnances
acquis
Confeils, en juin 1776 & novembre
enregiftrées aux deux
n'étoient pas révoquées, on pouvoit
1781. Tant que ces loix
auroit été ouvert, formé,
commander la corvée; le chemin
roit aucun prétexte à dénonciation. perfedtionné par ce moyen, qu'il ne fourniEnfin, on n'a
& j'avois quitté commencéatravailler Ja Colonie
au chemin qu'en janvier
dès le mois de novembre
1788,
repafler en France. Quels reproches fondés
1787 pour
comme Gouverneur, fur
de
peut-on donc me faire,
l'emploi ces corvées?
Comme
Miniftre, s je déclare qu'il m'a été affuré
feulement employées à tracer & à balifer fa
qu'on les avoit
route, ouvrages peu péni-
n'a
& j'avois quitté commencéatravailler Ja Colonie
au chemin qu'en janvier
dès le mois de novembre
1788,
repafler en France. Quels reproches fondés
1787 pour
comme Gouverneur, fur
de
peut-on donc me faire,
l'emploi ces corvées?
Comme
Miniftre, s je déclare qu'il m'a été affuré
feulement employées à tracer & à balifer fa
qu'on les avoit
route, ouvrages peu péni- --- Page 59 ---
5I
bles & de courte durée. Les remblais & déblais, les charrois de matériaux, tous les autres travaux ont été faits à prix d'argent. Les régimens
du Cap & du Port-au-Prince y ont travaillé ; la Caiffe publique a fourni:
à toutes les dépenfes, s- au moyen de l'ordre qu'on avoit rétabli dans. ies
finances;& cet ordre étoit tel qu'au. 28 octobre dernier, ii, reffoit au,
tréfor. 1,200,000", non compris cent mille, écus deftinés à la conf-.
truction'd'un pont.fir l'Artibonite.
Ces travaux profitables à la Colonic en général, n'ont. été nuifibles
à aucun individu en particulier. Les regiftres des-deux régimens
ont.
qui;
y
été.employés s conflatent que les maladies étoient moins fréquentes parmi les foldats qui travailloient à ce chemin,que parmi ceux
qui vivoient renfermés dans leurs cafernes. Enfin, perfonne jufqu'a
préfent ne s'étoit plaint qu'on eût fatigué fes beftiaux s haraffé fes
nègres pour perfectionner une route qui depuis long - temps étoit
lobjet des voeux de tous les Colons.
Plufieursdes faits queje cite, peuvent être vérifiés dansles comptes
IIntendant de la Colonie a rendus aux mois de juillet des années que 88
&1789:onn n'ajufqu'à ce) jour élevé contre ces comptesaucune objedion
folide ou même fpécieufe : plufieurs Colons eftimables qui
aucune
n'ayant
faveur à attendre de l'Intendant, n'étoient mus que par le feui
amour de la vérité,y ont applaudi. M. le marquis de Gouy d'Arcy, l'un
de mes dénonciateurs, récuferoit-il le témoignage du fieur Chailleau
fon proche parent; du fieur Lebon, Commandant de Milices, tous
deux habitans à Plailance? ils font placés au centre des travaux qué le
chemin du Cap au Port-au-Prince a néceffités.
Mais je vais citer une pièce authentique; contre laquelle
ce
gue
foit ne s'eft élevé, & qui prouve qu'on a avancé un qui fait
dénué de toute vérité, en affurant que ces ouvrages ont été faits
corvée. Qu'on life le préambule de 'Ordonnance rendue le 28 mai par
1789, par M." du C & de Marbois. Perfonne depuis ce jour
n'a pu douter que ce chemin n'ait été ouvert par les ordres & aux
pièces
frais de Sa
Ararin
Majefté.
Gij
élevé, & qui prouve qu'on a avancé un qui fait
dénué de toute vérité, en affurant que ces ouvrages ont été faits
corvée. Qu'on life le préambule de 'Ordonnance rendue le 28 mai par
1789, par M." du C & de Marbois. Perfonne depuis ce jour
n'a pu douter que ce chemin n'ait été ouvert par les ordres & aux
pièces
frais de Sa
Ararin
Majefté.
Gij --- Page 60 ---
Dois-je encore me difculper de cette
le reproche termine le fecond chef de perfévérance opiniâtre dont
tions 2
ces deux premières désonciaJe pourrois dire qu'il
n'appartient qu'à un
changer au' gré des circonflances; ; j'avouerai
caraétère foible de
tellement impérieufes,
cependant qu'il en eft de
grand nombre
que f'homme le plus ferme doit y eéder. Un'
d'habitans de
ment du Confeil du
J'ai Saint-Domingue défiroient le rétabliffelettre
Cap.
cru devoir le propofer, & dans
que j'ai adreffée le 15 mars dernier à M.
une
du Comité, chargé de préfenter à l'Affemblée Thouret, Préfident
'de décret & d'inftruétions
la
Nationale, un projet
jai
pour nouvelle Conftitution des
expreffément énoncé qu'il feroit trés-défirable
Colonies,
du Nord fur le rétablifement d'une Cour
de fatisfaire la partie
de jufice,
défire avec ardeur.
rétabligement qu'elle
Je crois en avoir dit affez pour ma défenfe. Je
difeuflion, déjà trop étendue, en obfervant
terminerai cette
les tribunaux de
qu'au premier célobre 1789,
contentieufe: La Saint-Domingue n'étoient en retard fur aucune affaire
venoient la'
juflice y étoit rendue à l'inftant même où les parties
d'une
demander, & pendant plus d'un fiècle Oll
lenteur dans fon adminiftration,
3'y étoit plaint
abfolu.
qui équivaloit preique à un déni
Je n'ai pas. la prétention d'avoir fait le mieux
le délir du bien, & j'ai mis ài
poffible, mais j'avois
eapable. J'aurai
l'opérer toute l'énergie dont je me fentois
rempli mon objet dans cette partie de
mes concitoyens CH font convaincus.,
ma défenfe,i
ècle Oll
lenteur dans fon adminiftration,
3'y étoit plaint
abfolu.
qui équivaloit preique à un déni
Je n'ai pas. la prétention d'avoir fait le mieux
le délir du bien, & j'ai mis ài
poffible, mais j'avois
eapable. J'aurai
l'opérer toute l'énergie dont je me fentois
rempli mon objet dans cette partie de
mes concitoyens CH font convaincus.,
ma défenfe,i --- Page 61 ---
HUITIEME CHEF DE
DÉNONCIATION
Démifion arrachée injuflemene 2 2112 Magifrat
du
feptungénaire Doyen
Confeil.
RÉPO N S E.
CE chef de dénonciation fembloit
genre de faits
ne devoir renfermer
, cependant on en a
qu'un feul
d'un jugement qu'obtint M. de S pris occafion pour parler
accufation qui n'a été intentée
. e pour m'imputer une
contre ce
aucun autre.
Magiftrat ni par moi, ni par
Ces différens faits tiennent à la réunion des deux
Le Roi avoit déterminé
Confeils.
à
quiln'y auroit plus qu'un Confeil
Saint-Domingue. Le Port-au-Prince étant le chef-lieu
fapérieur
c'étoit dans cette ville que le nouveau Confeil
de la Colonie,
il devenoit donc indifpenfable
devoit tenir fes féances;
d'y transférer les minutes du
Cap, après en avoir conftaté l'état.
greffe du
M. de S..
Confeiller
M." fes confrères furent
au Cap François, & un autre de
nommés Commiffaires par fe
Saint-Domingue, à l'effet de procéder à cet inventaire. Confeil de
Les greffes font à Saint-Domingue le
les fommes dont la juftice croit
dépôt public où fe verfent
jugement définitif des caufes
devoir s'affurer, en attendant le
Confeil du
avoit
portées devant elle. Le Greffier du
Cap
en dépôt à ce titre plus de cent
argent des Colonies.
mille livres,
Le premier foin des Commiffaires devoit
des dépôts ; ils
être de conflater l'état
négligèrent cette
riva-t-il : foit que le défordre
opération importante. Qu'arcaiffe, foit que le Greflier eût régnât depuis long-temps dans la
conçu le projet des s'approprier les fonds
feil du
avoit
portées devant elle. Le Greffier du
Cap
en dépôt à ce titre plus de cent
argent des Colonies.
mille livres,
Le premier foin des Commiffaires devoit
des dépôts ; ils
être de conflater l'état
négligèrent cette
riva-t-il : foit que le défordre
opération importante. Qu'arcaiffe, foit que le Greflier eût régnât depuis long-temps dans la
conçu le projet des s'approprier les fonds --- Page 62 ---
qui y avoient été verfés, il
difparut.
s'embarqua fur un bâtiment Américain &
On fe peint aifément l'effet
Les créanciers de
que produifit la nouvelle de fon
ceux qu'on avoit contraints de
départ.
douleur échapper le gage de leur créance;
dépofer, virent avec
tures. On fe demandoit
chacun fe livra à fes conjecpourquoi les Commiffaires ne
d'abordde la caiffe; Ol1 fes' taxoit de
s'étoient pas affurés
fuite du Greffier avoit été
négligence ; on remarquoit que la
dû négliger. Jufque-là faftueux, annoncée par des indices qu'on n'eût pas
l'avoit vu tout-à-coup vendre fes facile, trop obligeant peut-être, on
vertir fes effets en
meublès, difpofer de fes nègres, con-)
&
argent ; qué falloit-il de plus pour le rendre
provoquer la vigilance des Commiffaires?
fufpect
Dans ces fortes de conjonétures, celui
dire le droit d'être injufle dans fes
qui fouffire, acquiert pour ainfi
circonflances, il Gaifit
foupçôns; il s'attache aux moindres
doivent être traitées jufqu'aux plus légers rapports ; fes, erreurs même
avec indulgence.
Le procès fut inflruit, & le Greffier
peine capitale qu'il avoit
contumax fut condamné à la
encourue.
Quel prétexte peut-on trouver dans ces faits
comment fe permet-on de m'appeler
pour m'inculpert
teur de M. de S.. ..!
Tadverfaire, laccufateur, le délaOù eft donc l'accufation
bunal a-t-elle été fuivie? Les que j'ai portée contre lui ? dans quel triexiftent, je lesi
pièces du procès fait au Greffier
invoque; ce font des témoins
fugitif
qui s'élèvent contre
qu'on ne peut m'enlever,&
Non, je n'ai l'imputation qu'on a ofé me faire.
point porté d'accufation contre M.
iln'eft rien émané de moi qui en ait le caraélère.
de S.
Nationale, lorfqu'en parlant de la
On a trompé l'Affemblée
on n'a pas craint de dire : M.de difparution la
des dépôts du greffe,
permirent d'accufer M. de S
Lugerne er M. de Marbois fe
enlèvement.
d'avoir coopéré à ce criminel
J'ai pu fans doute lui témoigner,
comme au plus ancien des Com-
n'eft rien émané de moi qui en ait le caraélère.
de S.
Nationale, lorfqu'en parlant de la
On a trompé l'Affemblée
on n'a pas craint de dire : M.de difparution la
des dépôts du greffe,
permirent d'accufer M. de S
Lugerne er M. de Marbois fe
enlèvement.
d'avoir coopéré à ce criminel
J'ai pu fans doute lui témoigner,
comme au plus ancien des Com- --- Page 63 ---
miflaires prépofés à la confedlion de 55 f'inventaire,
pour la chofe
combien étoit ficheufe
publique , la difparution du Greffier
ment des dépôts. La perte en elle-même étoit confidérable. dépofitaire & l'enlèven'étoient pas fondés à faire ceux qui avoient été condamnés Queis reproche
& ceux qui attendoient la décifion de la juftice,
à dépofer
les fonds qu'ils foutenoient leur
pour retirer du greffe
appartenir?
Combien cette perte devenoit plus ficheufe, quand des
auroient pu la prévenir, quand ils auroient dû veiller fans ceffe Magiftrats
dépofitaire, qui ne pouvoit leur refufer fes comptes à la moindre fur le
fition de leur part! !
réquiQuels reproches ne méritoient pas les Commiffaires
n'avoir
pas appofé les fcellés fur la caiffe, lors de la réception def'arrêt pour
commettoit à da confection de l'inventaire du
qui les
confoler d'avoir laiffé celui
greffe ? Comment fe
qui y étoit prépofe, difpofer de tous
effets, vendre fes meubles & fes efclaves, fouftraire
fes
premiers gages qui fe préfentoient à elle ?
à la juflice des
que celle qui n'eft flimulée, ni
des
Quelle confiance affoupie
par le cri du
par
préparatifs auffi alarmans, ni
public qui ne voyoit qu'avec inquiétude,
temps, les dépenfes auxquelles fe livroit ce
depuis longdépofitaire.
J'ai pu, j'ai dû fans doute repréfenter tous les effets d'une
négligence ; j'ai dû dire que plus les Magiftrats ont de droits pareille
du public, 9 moins ils doivent s'expofer à fa cenfure,
au relpeét
commettre de fautes
, qu'ils ne peuvent
légères , que les regards des plaideurs font
pénétrans, & que la peine du Magiftrat inattentif, efl da
de la
confiance de ceux que la loi a placés dans fe reffort de fa perte
jurididtion.
J'ai dû enfin hâter la confeétion de l'inventaire le
au Port - au - Prince des minutes qu'il
tranfport
importoit aul public
voir
raffemblées, 9 & ne pas fouffrir que ces opérations retardaffent d'y
Jong- temps le jugement des procès que la réunion des Confeils avoit plus
fulpendus.
Voilà fur quoi a porté ma correfpondance avec M. de S.
fe reffort de fa perte
jurididtion.
J'ai dû enfin hâter la confeétion de l'inventaire le
au Port - au - Prince des minutes qu'il
tranfport
importoit aul public
voir
raffemblées, 9 & ne pas fouffrir que ces opérations retardaffent d'y
Jong- temps le jugement des procès que la réunion des Confeils avoit plus
fulpendus.
Voilà fur quoi a porté ma correfpondance avec M. de S. --- Page 64 ---
Les minutes en repofent dans la Colonie; - je ne les ai
avec moi, qu'on les confulte : elles font
point apportées
de mes dénonciateurs
beaucoup plus au pouvoir
affurant
qu'au mien ; mais je ne hafarde rien en
qu'on n'y trouvera aucune trace de
M. de S.
Je l'avois
reffentiment contre
peu vu au Cap, & fes
parloient en fa faveur.
longs fervices
Auffi, lorfjue fa délicateffe alarmée par les bruits
répandus, le porta à fe dénoncer à fa
qui s'étoient
premier à l'arrêté où cette
compagnie, j'applaudis le
le témoignage de la
compagnie, dont j'étois membre, configna
rendus.
reconnoillance dûe aux fervices qu'il avoit
J'ai répondu à la première partie de la dénonciation
examiner la feconde ; elle prend fon
; je vais
M.
texte dans la
e
de S
Quelques obfervations
démiffion de
pofition du Confeil établi à
préliminaires fur la comjufification.
Saint-Domingue, doivent précéder ma
Lai réunion des Confeilsdu Cap. & du Port-au-Prince
c'étoit au Port-au-Prince que devoit être fixé
étoit prononcée;
tribunal fouverain de la Colonie. Il
dorénavant le fiége du
Cap & à tous ceux de l'ancien reffort importoit donc aux habitans du
Magiftrats vinfent le plus tôt
de ce Confeil, que leurs
devenoient les
pofflible prendre place-avec ceux dont ils
collégues. Inflruits de la
de leur
c'eût été pour les jufticiables un point de jurifprudence
Siége,
qu'il les retrouveroient
tranquilli:é, que de penfer
affaires
pour Juges. Déjà préparés fur les
qui Jeur avoient été diftribuées, is devoient
différentes
les longueurs d'in nouyeau travail.
épargner raux parties
A ce motiffuffifant pour hâter l'arrivée au Port-au-Prince
bres de f'ancien Confeil du
des memplus puiflant
Cap-François, s'en joignoit un
encore ; c'étoit d'affurer le fervice du
beaucoup
d'autant plus important que ce Tribunal étoit
Tribunal, fervice
plus faint des devoirs d'un
unique, Le premier, le
Sotverain, elt d'adminiflrer la juflice à
fes
A ce motiffuffifant pour hâter l'arrivée au Port-au-Prince
bres de f'ancien Confeil du
des memplus puiflant
Cap-François, s'en joignoit un
encore ; c'étoit d'affurer le fervice du
beaucoup
d'autant plus important que ce Tribunal étoit
Tribunal, fervice
plus faint des devoirs d'un
unique, Le premier, le
Sotverain, elt d'adminiflrer la juflice à
fes --- Page 65 ---
$7
fes fujets. Le Roi y a pourvu à Saint-Domingue, en créant un
Confeil compofé de vingt Juges; ; il a rendu l'accès des Tribunaux
moins coûteux en fupprimant les épices; il a procuré aux Magiftrats
l'exiftence honorable qu'ils doivent avoir, en leur donnant des appoin:
temens fuffifins.
Tout Magiftrat doit être exact à fes devoirs; & fii le feul aour du
bien nous a fourni tant d'exempies de citoyens zélés qui oublient. ce
leur grande fortune leur offre de jouifances, pour fe confacrer tout que
entiers à l'étude des loix, quelle exactitude ne doit-on pas exiger de,
ceux qui reçoivent le prix du temps qu'ils conficrent à des fonétions
tout-à-la-fois lucratives & honorables?
Dans des compagnies peu nombreufes, l'affiduité eft plus qu'un
devoir, elle eft d'une néceffité abfolue ; auffi en a-t-il été fait une loi,
impérieufe à tous les membres du Confeil de Saint-Domingue, L'article
19 de l'Ordonnance de 1787, défend aux douze, Confeillers, & aux
quatre Affeffeurs brévetés, de prendre plus d'un mois de congé
an, & il ne veut pas que plus d'un d'entr'eux en puiffe
par
profiter en
même temps.
L'article 26 de la même Ordonnance, 3 prefcrit à tout Oficier
féance au Confeil fupérieur, d'y affifter le premier octobre, jour ayant de
la rentrée, nonobfant tout congé qu'il auroit Pu obtenir, La mercuriale
sy fait ce jour même: : la vie privée & publique de chacun eft foumife
à la cenfure. On exige que les membres du Confeil donnert
de l'exaétitude à remplir leurs
l'exemple
ergagemens; : on y regarde comme un
crime impardonnable le moindre abus de l'autorité dont ils font
fitaires. Le Gouverneur & f'Intendant ne. font
affranchis dépopas
de la loi
générale; ils doivent recevoir les avertiffemens, les injonclions même
dont le Tribunal affemblé les ajugés fifceptibles.
Gouverneur général, je n'ai jamais cherché à me fouftraire à cette
loi; devenu Miniftre, 9 jai dû en iaintenir Jexécution.;
Je le devois d'autant plus., que de nombre des Juges n'eft jamais
complet, dans quelque Tribunal que ce foit,& moins à Saint-Domingue
H
as
de la loi
générale; ils doivent recevoir les avertiffemens, les injonclions même
dont le Tribunal affemblé les ajugés fifceptibles.
Gouverneur général, je n'ai jamais cherché à me fouftraire à cette
loi; devenu Miniftre, 9 jai dû en iaintenir Jexécution.;
Je le devois d'autant plus., que de nombre des Juges n'eft jamais
complet, dans quelque Tribunal que ce foit,& moins à Saint-Domingue
H --- Page 66 ---
que par-tout ailleurs. Les maladies y font fréquentes; ; les voyages en
France y font quelquefois néceffaires. En 1789, quatre des Magiftrats
du Confeil de Saint-Domingne y étoient venus pour caufe de fanté;
uinl autre y avoit été appelé par des travaux relatifs à da légiflation
de Ja Colonie; ull fixième, emporté par le torrent de fes affaires perfonnelles, ne faifoit que de courtes apparitions au Port-au Prince. Un
Affeffeur n'avoit voix délibérative qu'en Cas de partage d'opinions. Le
nombre des vocaux fe trouvoit dond réduit à treize, & pouvoit être
diminué par les maladies ou les accidens qui menacent fans ceffe
Thumanité.
Dans une pareille pofition, n'étoit-il pas d'un devoir indifpenfable
de rappeler au Port-au-Prince tous les Magiftrats qui compofoient le
Confeil, de les mettre tous en aétivité? l'intérêt du public l'exigeoit,
celui des membres du Confeil le demandoit auffi. Toutes les affaires
s'inftruifent par écrit à Saint- Domingue; elles fe jugent par rapport ;
elles font en très-grand nombre. Un des membres ne peut être abfent
fans furcharge pour les autres. L'inexaélitude des Magiftrats feroit à
Saint-Domingue le plus grand de tous les vices dans l'adminiftration
de la juflice.
. Dans un pareil état de chofes, le repos 1 j'en conviens, eft prefque,
impofible; ; i n'eft pas permis d'être Magiftrat inadif: l'intérêt général
l'emporte fur toute efpèce de confidérations particulières. Les fervices
paffés doivent être récompenfés, mais ils ne peuvent autorifer à laiffer
yacante une place qui doit continuellement être remplie.
J'ai dû donner & j'ai donné en effet les ordres les plus précis à tous
les membres du Confeil de fe rendre au Tribunal auquel ils appartenoient. Ces ordres émanés du Roi lui-mème, ont été notifiés à M. de
du Confeil. M. de S...
S e - come à d'autres membres
a prétexté fa mauvaife fanté & eft refté au CapPlufieurs mois fe font écoulés; les affaires saccumuloient, l'adminiftration de la juftice languiffoit : j'ai, de la part du Roi, renouvelé
les ordres. M. de S..
répugnoit à s'éloigner du Cap où fes
és du Roi lui-mème, ont été notifiés à M. de
du Confeil. M. de S...
S e - come à d'autres membres
a prétexté fa mauvaife fanté & eft refté au CapPlufieurs mois fe font écoulés; les affaires saccumuloient, l'adminiftration de la juftice languiffoit : j'ai, de la part du Roi, renouvelé
les ordres. M. de S..
répugnoit à s'éloigner du Cap où fes --- Page 67 ---
biens & fa familie fe retenoient; d'autres
Magiftrats imitoient fon
exemple. Je ne pouvois faire céder l'intérêt général à des confidérations
particulières; ; j'ai dit & dû dire qu'il falloit venir remplir fa
f'abdiquer.
place ou
Cet ordre qui étoit jufte,ne portoit-il que fur M. de S..
non,& j'ai l'avantage, dans la circonftance, de pouvoir
mnes dettres étoient toujours relatives à ceux des membres prouver du
que
au nombre de deux ou trois, qui rempliffoient
Confeil,
leurs fonétions.
avec peu d'affiduité
Cet ordre a-t-il été précipité? non, & M. de S..
autres eft refté revêtu de fon titre
- . entre
pendant quinze mois ; illa touché
pendant tout ce temps fes appointemens fans avoir
au Confeil. Ne ferois-je
paru une feule fois
pas repréhenfible, fi j'avois toléré un abus auffi
nuifible au fervice public & à l'adminiftration de la juflice :
Mais M. de S.
eft
il
fa Patrie.
feptuagénaire, a fervi. cinquante ans
Oui, fans doute, l'Etat lui doit une récompenfe honorable;
il ne peut permettre qu'il foitp préfenté à la Colonie
mais
Juges qui doivent prononcer fur le fort de fes
comme un desvingt
il ne paroifle aul Tribunal. Un vrai
habitans, & que jamais
Magiftrat s'offenferoit d'une
tolérance , elle feroit infiniment
pareiile
vénérable
foit
préjudiciable au public.
un
que
vieillard courbé fous le faix de fes
Quelque
M. des.
Jongs travaux,
. eût acquis de plus grands droits encore à la
noiffance de fes concitoyens, s'il avoit montré moins de
reconà opter entre l'exercice ou l'abdication
répugnance
Mais
volontaire de fes
un moment d'erreur n'efface
fonctions.
fidélité & les
point aux yeux d'un Roi jufte la
travaux de beaucoup d'années. Sa Majefté
démiffion de M.des..
.mais Elle
accepta la
me permit d'annencer
Je propofoit de lui donner des ténoiguages de la
qui'Elle
de Jes anciens
fatisfadion qu'Elle avoit
fervices, en lui accordant des lettres
demandoit.
d'honoraire s'il les
Ces offres queje me fuis alors félicité de pouvoir lui
faire, les
Hij
te la
travaux de beaucoup d'années. Sa Majefté
démiffion de M.des..
.mais Elle
accepta la
me permit d'annencer
Je propofoit de lui donner des ténoiguages de la
qui'Elle
de Jes anciens
fatisfadion qu'Elle avoit
fervices, en lui accordant des lettres
demandoit.
d'honoraire s'il les
Ces offres queje me fuis alors félicité de pouvoir lui
faire, les
Hij --- Page 68 ---
expreffions qui les accompagnoient, doivent éloigner tout foupçon de
reffentiment dema part, je n'en avois conçu aucun.J'ai rendu juftice à
M. de S.
guand il s'eft acquitté de fes devoirs; je lui ai,
comme à tout autre, enjoint au nom du Roi, de les remplir quand
il a paru les oublier.
NEUVIEME CHEF DE DÉNONCIATION.
Exalion publique; pourfuites tyranniques envers 2272 père.de famille
innocent, ds fuites cruelles de ce traitement barbare.
RÉ PONS E.
LA dénonciation que j'analyfe en ce moment porte, de l'aveu
même de mes adverfaires, fur des faits qui me font étrangers; ils
nel'ont imaginée qu'à caufe de la protedlion fpéciale quej'ai, difent-ils,
accordée à ceuxqui, fuivant eux, ont de graves reproches à fe faire.
Le décret d'ajournement perfonnel décerné contre le fieur de la
F : fon voyage au Port-au-Prince, fon retour aul Cap, ,fa mort
furvenue peu de temps après, voilà les bafes de la dénonciation.
Certainement je fuis abfolument étranger à tous ces faits.
Suivant la dénonciation même, c'eft à la fin de 1788 que M. de
Confeil de
-
la F...
a été décrété d'ajournement perfonnel par le
Saint-Domingue , & j'ai quitté la Colonie en novembre 1787. Je
n'ai donc pu; ni comme Gouverneur, 3 ni comme Membre du Confeil,
avoir la plus légère influence fur le décret prononcé.
Eloigné de 1800 lieues de Saint-Domingue, il m'étoit impoffible,
comme Miniftre, de difpenfer M. de la F d'un voyage que fa
fanté pouvoit,à ce que l'on affure, difficilement fiupporter, ,ni d'arrêter
T'exécution d'un jugement dont phyfiquement je ne pouvois avoir Ja
mioindre connoiflance.
Quand. ce décret & le voyage qui l'a fuivi auroient caufe la
décret prononcé.
Eloigné de 1800 lieues de Saint-Domingue, il m'étoit impoffible,
comme Miniftre, de difpenfer M. de la F d'un voyage que fa
fanté pouvoit,à ce que l'on affure, difficilement fiupporter, ,ni d'arrêter
T'exécution d'un jugement dont phyfiquement je ne pouvois avoir Ja
mioindre connoiflance.
Quand. ce décret & le voyage qui l'a fuivi auroient caufe la --- Page 69 ---
maladie & la mort de M. de la F - 9 ce qui ne paroit nullement
prouvé, on ne pourroit jamais, je ne dis pas me
mais
trouver
l'imputer,
un prétexte au plus léger reproche. D'abord,il n'auroit y
étéen mon pouvoir d'interrompre le cours de la
On
pas
juflice.
ne
employer que les voies de droit contre les jugemens des Tribunaux peut
fouverains, & ces voies de droit, le Miniftre ne
les
il faut que les Parties elles-mêmes
peut
fuppléer;
y ayent recours.
La-veuve & des héritiers de M. de la F ne fe font
plaints; il paroit même que la procédure du Port-au-Prince pas encore
été fuivie, puifque M. de da
n'avoit pas
F - étoit retourné chez lui, &
eft mort au milieu de fa famille. Affurément le
qu'il
temps qui s'eft écoulé
entre le Décret & fa mort, ne permettoit pas que je fulfe
des pourfuites faites contre lui, ni que j'en adouciffe les effets. inftruit Le
filence des parties intéreffées (en fuppofant même quej'euffe
les circonflances de cette aflaire, & qu'elles euffent été pu connoître
qu'on P'annonce) auroit arrêté néceffairement les mcilleures auffi graves
où jaurois été.
difpolitions
Ici ma défenfe efl complette, on ne peut fe le diffimuler; mais
fouffirir qu'on me foupçonne d'avoir laillé fubfifter
dois-je
la
une loi abufive &
qu'on qualifie d'exadion publique qui a donné lieu à des pourfuites
niques, e gui a Pll des fuites cruelles!
tyranJe vais donc dire ce qu'eft cette loi; on reconnoitra bientôt
Roi n'a point dû l'abolir, & que ceux
que le
foient
qui y contrevenoient,
anx pourfuites de la juflice; mais les détails de ces
sexpoleurs effets me font étrangers, les tribunaux
pourfuites &:
ne font même faifis
eune réclamation à cet égard.
d'auIndépendamment de l'oétroi qui eft fixé à
les habitans accordent au Roi,
Saint-Domingue, & que
droits
on perçoit dans cette Colonie, des
nommés municipaux; ces droits font deflinés à
de la maréchauffée, les frais de
payer Ja folde
les
police, d'achat des terrains pour
corps-de-garde, le loyer & l'entretien de ceux de ces
dont l'État n'eft
bâtimens
pas propriétaire, C'eft auffi fur ces droits qu'on
é à
les habitans accordent au Roi,
Saint-Domingue, & que
droits
on perçoit dans cette Colonie, des
nommés municipaux; ces droits font deflinés à
de la maréchauffée, les frais de
payer Ja folde
les
police, d'achat des terrains pour
corps-de-garde, le loyer & l'entretien de ceux de ces
dont l'État n'eft
bâtimens
pas propriétaire, C'eft auffi fur ces droits qu'on --- Page 70 ---
Ie prix de leurs efclaves
rembourler aux habitans
des
prélève de quoi
& que l'on paye les penfions
condamnés (au dernier fupplice 3
Curés & Vicaires.
font confiées la perception, la garde,
C'eft all Confeil fupérieur que
les Receveurs font
du produit de ces droits municipaux;
(ont rendus.
la difpolition
& c'eftàlui feul queles comptes
nommés par le Confeil, forme de capitation, & cette capitation,
Ce droit fe perçoit par
moins forte, fuivant l'état où fe
levée par tête de nègres, eft plus ou année, & eu égard auffr aux befoins
trouve la caife à la fin de chaque
la fixe feul; le Miniftre n'y
fuivante. Le Confeil fupérieur
de l'année
été de
fous tournois pour 1789.
influence; elle a
-
les
a aucune
font dans la Colonie de Saint Domingue, de
Les Marguilliers
La loi leur alloue trois pour cent
collecteurs-nés de cette capitation. feront les deniers bons, & qu'ils en
la recette, à condition qu'ils
& privé nom. Cette fétribution
feront refponfables en feur propre ordinairement, ne les indemnife pas
même point
de
dont ils ne profitent
fur leur colledte ; auffi les places
de la perte qu'ils éprouvent onéreufes. & regardées comme des charges
Marguilliers font - elles
publiques.
fonds, plus encore que la crainte qu'onn'en
La deltination de ces
Confeil, & lui fait tenir la main à
abufe, provoque la vigilance du
dans la caiffe qui doit les
foient verfés à lépoque marquée
ce qu'ils
perfonnel :
recevoir.
a été décrété d'ajournement
une
M. de la F... margulilier, les motifs du décret; encore
n'ai point cherché à pénétrer
La levée de cet impêt
je
à 1800 lieues de Saint-Domingue. donc ni approuver ni
fois j'étois
je n'ai
pu
en rien fAdminidration;
ne regarde
s'eft fait à cet égard.
fait
improuver ce qui
la
de Saint-Domingue, que
a une idée de légiflation feuls flatué fur-tout ce qui
Quiconque les Confeils fupérieurs ont
depuis 1766,
concerne la caiffe municipale.
& juillet 3764, joicoloniales, tenues en juin
Les affemblées
ue. donc ni approuver ni
fois j'étois
je n'ai
pu
en rien fAdminidration;
ne regarde
s'eft fait à cet égard.
fait
improuver ce qui
la
de Saint-Domingue, que
a une idée de légiflation feuls flatué fur-tout ce qui
Quiconque les Confeils fupérieurs ont
depuis 1766,
concerne la caiffe municipale.
& juillet 3764, joicoloniales, tenues en juin
Les affemblées --- Page 71 ---
gnirent la perception de cette capitation à celle de l'oétroi. Le Roi & les
Adminifrateurs, en fon nom, fe trouvèrent chargés de la recette
& de l'emploi de ces revenus; mais Sa Majefté, par f'Ordonnance du
I." février 1766, confia de nouveau aux Confeils fupérieurs le droit
qui étoit rentré dans fes mains, & eux feuls, depuis vingt-quatre ans,
fe font occupés de tout ce qui concerne les caiffes municipales.
L'adminifration des fonds qui y entrent, & leur diftribution n' 'étoient
pas uniformes dans toute la Colonie. Dans le reffort du Port-au-Prince
il n'y avoit qu'un feul Receveur, une feule caiffe pour tous les objets
que j'ai indiqués plus haut.
Dans la partie du Nord, au contraire, les penfions des Miniftres
du culte n'étoient point payées fur la caiffe municipale. Ces penfions
étoient inégales : chaque paroifle fourniffoit aux beloins de fon
Curé, mais par des délibérations que le Confeil fupérieur
réformer.
pouvoit
Après la réunion des deux Confeils du Cap & du Port- au-Prince,
celui connu depuis, fous le nom de Confeil de Saint - Domingue,
ordonna, par un arrêt du 13 mars 1788, la réunion des deux caiffes
en une feule. II fentoit combien il étoit défirable que les penfions des
Curés & Vicaires fuffent établies fur des bafes uniformes; mais, il crut
qu'une difpofition de ce genre, qui tenoit à la police générale de fa
Colonie, 3 ne pouvoit émaner que des Adminitirateurs, & ceux-ci
rendirent, de 5 mai 1788, une Ordonnance qui régla ces
à 2,00ott pour des Curés, & à G00# pour des Vicaires.
penfions
Depuis cette époque, le Confeil fupérieur, par un arrêt de
ment du 5 février 1789, étendit à la claffe indigénte des habitans règle- du
Nord, une immunité dont elle jouifloit depuis long-temps dans les
parties de 'Oueft & du Sud; il affranchit de tout payement de droits
municipaux ceux qui ne réfidant ni dans ies villes ni dans les
ne pofféderoient
efclaves
bourgs,
que quatre
ou un moindre nombre.
Eft-ce à ces loix qu'on me reproche d'avoir applaudi : elles étoient
fages; elles tendoient at foulagement de l'humanité; elles étoient
Nord, une immunité dont elle jouifloit depuis long-temps dans les
parties de 'Oueft & du Sud; il affranchit de tout payement de droits
municipaux ceux qui ne réfidant ni dans ies villes ni dans les
ne pofféderoient
efclaves
bourgs,
que quatre
ou un moindre nombre.
Eft-ce à ces loix qu'on me reproche d'avoir applaudi : elles étoient
fages; elles tendoient at foulagement de l'humanité; elles étoient --- Page 72 ---
elles établiffoient une uniformité
conformes aux anciens règlemens;
d'une Colonie fiorifvraiment défirable entre toutes les parties méritoient bien de leur
fante. Ceux qui les mettoient en vigueur, abfurde de prétendre que
je le crois encore 3 & il paroit
été
patrie;
qui les ont rendues, ayent
les Magiftrats & les Adminiftrateurs le zèie & l'amour du bien
mûs par d'autres confidérations que par
public.
même
me dénoncent ; mais
à ceux
qui
Je devois ces éclairciffemens
fur des imputations dont
qu'ils infiftent davantage
&c
je ne puis préfumer
la Nature a mis entre I'Europe
je fuis féparé par tout l'efpace que
Saint - Domingue.
N.
CHEF DE DÉNONCIATION
DIXIEME
Domaine du Roi, ds concelions
Réunions tyramiques all
frauduleufes.
R É P O N S E.-
au moment où une portion de cette
Le fol de Saint- Domingue Françoife, a été regardé comme faifant
ile eit entrée fous la domination fertilité de la terre provoquoit l'induftrie
partie du domaine de T'État. La
Nos Rois ont offert
fes efpérances.
du cultivateur & ne trompoit jamais
voudroit le mettre en
ce fol à quiconque
à la
de concéder gratuitement
les habitans dans une aétivité utile
culture; mais pour entretenir
expreffe de toutes les concefColonie, ils ont impofé pour condition réunis au domaine, toutes ies fois
fions, que les terrains pourroient être fa terre en valeur dans un temps
que le conceffionnaire ne mettroit pas il cefferoit de la cultiver. II
l'avoir défrichée,
marqué, ou qu'après d'ordonnancess de déclarations de nos Rois, qui
exifte une multitude
doivent être prononcées, & les
détermninent les cas où les réunions
formalités
fColonie, ils ont impofé pour condition réunis au domaine, toutes ies fois
fions, que les terrains pourroient être fa terre en valeur dans un temps
que le conceffionnaire ne mettroit pas il cefferoit de la cultiver. II
l'avoir défrichée,
marqué, ou qu'après d'ordonnancess de déclarations de nos Rois, qui
exifte une multitude
doivent être prononcées, & les
détermninent les cas où les réunions
formalités --- Page 73 ---
formalités auxquelles elles font affujetties (a).Lestrois prémiers articles
de la déclaration du Roi, du 17 juillet 1743, , donnent des idées jufles
de ce qu'on doit entendre par conceffions & réunions.
A R T I C L E P R E M I E R.
c LES Gouverneurs, Lieutenans-g@néraux; pour Nous, & lesIntendans
>> des Colonies s continueront de faire conjointement les conceffions
U de terres aux habitans qui feront dans le cas d'en obtenir
les
pour
> faire valoir, & leur en expédieront les lettres, aux claufes & condi-
,39 tions ordinaires & accoutumces.
I I.
> ILs procéderont pareillement (6) à la réunion à notre domaine
5 des terres qui devront être réunies, & ce à la diligence de nos Pro:
cureurs des juridictions ordinaires, dans fe reffort defquelles lefdites
>9 terres feront fituées.
IIL
>ILS ne pourront reconcéder les terres qui auront été une fois
>> concédées, quoiqu'elles foient dans le cas d'être réunies,
> la réunion en aura été prononcée, à peine de nullité des qu'après nouvelles que.
>> conceffions & fans préjudice de la
réunion, 9 laquelle pourra
> être pourfuivie contre les premiers conceffionnaires..
toujours
Ainfi les conceffions font l'aliénation d'un terrain, faite en vertu de
la loi par le Gouverneur général & par f'Intendant ; aliénation
qui
(a) On peut confulter fur CC point l'arrêt du Confeil du 26
des 12 octobre 1683, I.Sr décembre 1610, 17 octobre
feptembre 1686, ceux
Roi du 17 juillet 1743 3 les Lettres patentes du 19 octobre 1713, & la déclaration du
du Roi, des I 8 nars 1763 & 21 janvier 1787.
1787, deux ordonnances
(b) Par une ordonnance du 18 mars 1766, on créa un tribunal
terrier, pour prononcer fur divers objets, & pécialement fur les nommé le tribunal
Un édit enregifré Ie I I juin 1787, a fupprimé
pourfuites en réunion,
niftrateurs la connoiffance de tout
depuis Ge fiège, & a rendu aux Admice qui eft relatif aux réunions.
I
21 janvier 1787.
1787, deux ordonnances
(b) Par une ordonnance du 18 mars 1766, on créa un tribunal
terrier, pour prononcer fur divers objets, & pécialement fur les nommé le tribunal
Un édit enregifré Ie I I juin 1787, a fupprimé
pourfuites en réunion,
niftrateurs la connoiffance de tout
depuis Ge fiège, & a rendu aux Admice qui eft relatif aux réunions.
I --- Page 74 ---
fous la
du fol défigné à un habitant quelconque,
&
tranfmet la propriété
il le mettra en valeur
condition expreffe que, dans un temps marqué,
continuera de le cultiver.
de ce terrain cédé, faute par
Les réunions font le retour au domaine valeur dans le temps marqué,
d'avoir mis fa terre en
te conceffionnaire
ou d'en avoir continué la culture.
matière, eft d'entretenir une
L'objet des loix publices fur cette
autant qu'il eft
défirable entre les Cotons, & d'empécher,
incultes.
émulation
conceflionnaires de laifer leurs terres
poflible, les anciens
auquel je réponds en ce moment,
Les auteurs du chef de dénonciation
le Gouvernement
ces loix; ils avouent au contraire que
mais ils
ne blâment point
raijonnables aux concefionnaires.
ayoit impofé des obligations fort
& les conceffions pourroient
déformais les réunions
prétendent que
de café, par la trop grande quantité qu'on
nuire à notre commerce falubrité de T'air de Saint-Domingue, parce
à la (a)
attirent les
en cultiveroit,8
les deftrudtions des forêts qui y
qu'elles entraineroient
Enfin, ils allèguent que depuis vingt
nuages & y provoquent les pluies.
vingt réunions par année,
pas prononcé
ans, mes prelkcelcurmn'ssoient) de n'avoir pas luivi leur exemple.
& ils me reprochent
chefs de la dénonciation ;) je repoufferai
Je vais répondre à ces premiers fur f'abus qu'ils prétendent que j'ai
enfuite Tattaque de mes adverfaires conjointement avec I'intendant
fait de la faculté qui m'étoit accordée réunions & de faire des conceffions
de la Colonie, de prononcer des
nouvelles.
d'abord en avant une propofition qui
Les dénonciateurs mettent
fans doute paroitra très-estrordinaire. fans confidérer la différence des
Un Miniitre, difent - ils, qui,
(
que je me crois difpenfé
eft tcllement démentie par l'expérience,
mais toutes les
(a) Cctte allégation citerai pas Saint- Domingue feul pour exemple,
plus
d'y répondre. Jc ne eft chaud & le fol fertile ; plus on y fait de défrichemens, l'air,
contrécs où le climat
plus on a diminué T'infalubritéde
la terre des bois qui T'ombrageoient,
on a découvert
a
ent - ils, qui,
(
que je me crois difpenfé
eft tcllement démentie par l'expérience,
mais toutes les
(a) Cctte allégation citerai pas Saint- Domingue feul pour exemple,
plus
d'y répondre. Jc ne eft chaud & le fol fertile ; plus on y fait de défrichemens, l'air,
contrécs où le climat
plus on a diminué T'infalubritéde
la terre des bois qui T'ombrageoient,
on a découvert
a --- Page 75 ---
>> époques & les changemens que le temps apporte à toutes
inflitutions humaines, prétendroit fe référer fervilement
les
2) du fiècle dernier, & des faire obferver
aux loix
>.3 feroit un très-mauvais politique qui ferviroit aujourd'hui mal fal avec rigueur,
a culièrement fa province confice à fes
Nation, & partifoins. >
J'interrogerai à mon tour ceux qui me dénoncent; je leur demanderai
s'ils fe contenterojent d'une juflification de ma part,
feroit
fur un pareil principe. Je
qui
appuyée
fuppofe que je me fuffe écarté des
des Ordonnances, & que, cité comme je le fuis aujourd'hui, difpofitions
dire : 1l efl vrai que j'ai enfreint la loi, mais j'aurois été mauvais j'ofaffe
niffrateur fi jeufe voulu faire obferver fervilement celle du fècle dernier. admni- Un
Minifre doit confidérer la diférence des époques, er les changemens
le
temps apporte à toutes les inflitutions humaines. J'ai
que
m'élevant au-defus d'une loi qui m'a
fervi ma patrie en
lié par celles qui avoient vicilli, . paru mauvaife, er je 1le me fais pas cru
Avec quelle force, avec quel avantage mes dénonciateurs ne
roient - ils pas en faveur des principes : comme ils foutiendroient réclame
temps, loin d'altérer le refpect qu'on leur doit, ajoute
que le
autorité ! Le croira-t-on? quand tout s'incline
encore à leur
au nom feul de
un Miniftre eft dénoncé pour s'être fidèlement conformé
la loi,
exiftent depuis plus de cent années, &
d'autres loix à celles qui
maintenues dans toute feur vigueur. que
fucceflives ont
Comment me difculperois-je d'avoir trahi fciemment mon devoir, fi
j'euffe refufé de concéder les terres qui étoient demandées
nement pour la première fois, lorfque ces conceflions font au Gouverordonnées par toutes les loix de la Colonie? Le règlement fpécialement du I.Cr avril
1773 3 titre III, art. 4, n'oblige ceux qui veulent obtenir des terrains
propres à être mis en culture, qu'à fe munir d'un certificat de
de la paroiffe dans l'étendue de laquelle ce terrain eft fitué, f'arpenteur à le faire
publier pendant trois dimanches confécutifs, en la forme
à
l'iffue de la meffe paroiffiale, & à le faire vifer
le ordinaire,
du quartier.
par
Commandant
Iij
1773 3 titre III, art. 4, n'oblige ceux qui veulent obtenir des terrains
propres à être mis en culture, qu'à fe munir d'un certificat de
de la paroiffe dans l'étendue de laquelle ce terrain eft fitué, f'arpenteur à le faire
publier pendant trois dimanches confécutifs, en la forme
à
l'iffue de la meffe paroiffiale, & à le faire vifer
le ordinaire,
du quartier.
par
Commandant
Iij --- Page 76 ---
y avoir des droits.
La publication avertit ceux qui pourroient les Adminifrateurs de
Le vifa du Commandant du quartier, eft pour être faite fans aucun
la conceffion peut
la Colonie un garant que
le défrichement ne nuira pas à la
inconvénient pour le public, & que
toujours pris parmi les
confervation des eaux. Ce Commandant,
laifler tarir les
eft intéreflé perfonnellement à ne point
propriétires,
fources qui fertilifent fon canton. fans avoir vérifié fi ces formalités
Je n'ai fait aucune conceflion
de plus? J'aurois été injufte
avoient été remplies : que peut-on exiger refufé des concefftons nouvelles
f, m'oppofant au voeu de la loi, jeuffe
exciter
à aucun citoyen, & qui ne pouvoient
qui ne portoient préjudice
de légitimes réciamations.
haute importance, qui, fuivant
de bien plus
II eft une confidération
devoit empècher qu'on ne fit des
les auteurs de la dénonciation ,
e l'indigo épuifoient prodiconceflions. On s'étoit aperçu que le café impofibilité oi fe trouvoient
la terre. Il falloit bénir Theureufe
des
des
gicajement
culture
au - delà
befoins
plufieurs Colons d'étendre une
prérieufe défricher tout ce qui leur
confonmateurs. Si les concefionnaires avoient pit bas qu'il n'auroit pas
été concédé, le café feroit tombé à u1l prix fi
avoit
de culture ; auffi les Adminifrateurs qui m'avoient
dédommagé des frais
ving: réunions par année.
précidé n'avoient-ils pas prononcé dernière partie de l'objedtion, que j'ai
Je réponds d'abord à cette
L'année 1785 eft donc celle
été Gouverneur général en 1786 & 1787.
qui l'a fuivie.
& l'année 1788,celle
qui a précédé mon adminiftration, Port au-Prince, il a été répandu avec
II a été imprimé en 1789, au
tableau que je produis, des
profufion dans la Colonie entière, un les annces 1785, 1786,
réunions pourfuivies & prononcées pendant
1787 & 1788.
n'a douté de l'exaditude de cette pièce
Perfonne jufqu'à ce jour
du
homme public,
elle eft revêtue de Fatteftation greffier,
authentique;
& dont l'intégrité eft connue.
réunions pourfuivies, foixante:
En 1785.1y y a eu foixante-dix-fept
la Colonie entière, un les annces 1785, 1786,
réunions pourfuivies & prononcées pendant
1787 & 1788.
n'a douté de l'exaditude de cette pièce
Perfonne jufqu'à ce jour
du
homme public,
elle eft revêtue de Fatteftation greffier,
authentique;
& dont l'intégrité eft connue.
réunions pourfuivies, foixante:
En 1785.1y y a eu foixante-dix-fept --- Page 77 ---
cinrq ont été prononcées; & en 1786 il n'y a eu que vingt-fix réunions
pourfuivies, & vingt-trois de prononcées.
Rapprochons maintenant du réfultat des deux années qu'a duré moni
adminiftration, celui des deux années qui l'ont précédée & fuivie.
- En 1786 & 1787 ily a eu cent treize réunions pourfuivies, & cent
deux prononcées.
En 1785 & 1788 il y a eu cent quatre-vingts réunions pourfuivies;
& cent trente-trois de prononcées.
: Je préfente les faits & je m'abftiens de toutes réflexions.
Je demande en fecond lieu, s'il feroit d'une fage politique de reftreindre
volontairement la culture du café & d'empècher fon accroidfement dans
la Colonie, par la feule raifon qu'en le multipliant, il baifferoit de prix?
Les nègres deviendront plus chers, 3 parce qu'on en emploîra davantage;
les propriétaires des fucreries ( tels que font onze des treize fignataires de la dénonciation que je réfute), contraints d'acheter continuellement des recrues de noirs dont leurs ateliers ont befoin, verront
augmenter leurs frais d'exploitation : cela peut être, mais le public
aura le café à meilleur compte, & l'intérêt général doit toujours l'emporter fur l'intérêt particulier.
On ajoute que cette plante épuifant fa terre, il eft à craindre
lunivers n'épromve tout-à-coup une privation, qu'une abondance monentanée que
11e feroit que rendre plus fenfible.
Ces inquiétudes pourroient avoir quelqu'apparence de fondement,
fi Saint-Domingue étoit la feule contrée qui produisit du café, comme
les iles Hollandoifes font lcs feules qui, jufqu'à préfent,
donné
des épiceries en abondance; mais plufieurs autres iles & ayent de continent
de l'Amérique, offrent d'immenfes terrains propres à cette culture;
les Nations voifines s'y livreront avec ardeur, dès que nous commencerons à nous ralentir, & que nous ne pourrons plus fournir aux
demandes des confommateurs. Déjà même les Hollandois & les
ont obtenu
Efpagnols
des fuccès qui ftimulent l'induftrie 8x l'aétivité de nos
cultivateurs.
; mais plufieurs autres iles & ayent de continent
de l'Amérique, offrent d'immenfes terrains propres à cette culture;
les Nations voifines s'y livreront avec ardeur, dès que nous commencerons à nous ralentir, & que nous ne pourrons plus fournir aux
demandes des confommateurs. Déjà même les Hollandois & les
ont obtenu
Efpagnols
des fuccès qui ftimulent l'induftrie 8x l'aétivité de nos
cultivateurs. --- Page 78 ---
des
inftant
eût refufé depuis long-temps
Suppolons pour un
qu'on
en réunion, qu'on eût
concellions, qu'on eût rejeté les pourfuites
feroit-il
à la culture des cafés dans nos colonies; qu'en
mis des entraves
dont les habitations font en picin
arrivé 1 Les anciens propriétaires
pas vers la fortune;
auroient peut-être marché à plus grands
diminué de
rapport,
de prix, les Négres auroient
la denrée auroit augmenté
auroit été averti par fon intérêt pervaleur ; mais bientôt l'étranger
branche de commerce que nous
fonnel, il fe feroit emparé d'une
nos efforts
négligée ; & fi nous tentions de nous en reffaifir, en matière
aurions
le plus diligent ayant tout l'avantage
feraient impuiffans
de commerce & de culture.
refufe
de faire produire
fage & éclairé ne
jamais
de
Un gouvernement
donner; ; il s'efforce au contraire
à la terre tout ce qu'eile peut dépendent de lui, à ceux que lamour
procurer toutes les facilités qui
S'il diminue par-là les profits des
des richefles attire dans fes Colonies.
le nombre des concultivateurs, il en enrichit de nouveaux;
des
anciens
raifon de ce qu'on leur procure
jouiffommateurs s'augmente en
fances plus faciles & moins coûteufes. des effets que produifent les
Il eft une manière sûire de juger confidérer la progreffion des cafés (a)
réunions &les conceflions;c'ell de
des Négres qui y ont été
la Colonie, & du nombre
de
produits par
fuivans préfentent les réfultats
l'importaimportés. Les tableaux
des cafés & de
& de leur prix, de Texportation
tion des Nègres
leur valeur.
PR IX
(a)
NEGRESPRODUIT
CAFÉS DES VENTES
IMPORTÉS
des
ANNÉES. VENDUS.
dans
ANNÉES &
LA COLONIE.
VENDUS. VENTES.
1783. 4473.0001 33.419.750.
1783.
9.370. :s.égo,oool
784. 5a,885,000. 44-951,2501784- 25,025. 43.402,000.
1785 S
57.368,000. 37.365.000.
1785. 21762. 43/634000.
1786. 32,180,000. 57:398,000.
1786.
17.648. 54420,000.
1787. 70,093,000. 91,003.900.
1787.
30,839. 60.563,000.
1718. 68,151,000. ga,ooj.dgo.
1788. 29.506. 61.936,000.
.402,000.
1785 S
57.368,000. 37.365.000.
1785. 21762. 43/634000.
1786. 32,180,000. 57:398,000.
1786.
17.648. 54420,000.
1787. 70,093,000. 91,003.900.
1787.
30,839. 60.563,000.
1718. 68,151,000. ga,ooj.dgo.
1788. 29.506. 61.936,000. --- Page 79 ---
Ainfi, en fix années, le produit d'une feule branche de commerce
s'eft élevée de 33.429,750"à 92,003.8,0", c'eft-à-dire, qu'il a pref
que triplé, & le café, foin de diminuer de valeur, a continuellement augmenté. En 1783, il étoit à quinze fous la livre; en
à dix-fept fous; en 1785, à vingt fous; en 1786,à vingt-deux 1784, fous;
en 1787, à vingt-fix fous; en 1788, vingt-fept fous. Cet
fidèle prouve, comme je l'ai déji avancé,
l'abondance de expofé
denrée n'en fait pas toujours bailler le prix. que
cette
Tels ont été les effets des réunions & des conceffions qui m'attirent aujourd'hui le reproche d'une déférence fervile aux loix du
dernier fiècle; comme fi les réunions & les conceffions n'étoient
des moyens affurés d'entretenir l'aclivité du cultivateur,
pas
cette activité n'étoit pas une fource inépuifable de richeffes comme fi
Nation.
pour la
L'ngrandifement des villes marche néceffairement du même
que la culture du fol. Le Port-au-Prince s'eft accru d'un tiers dans pas
l'efpace de quatre années; on a vu fe former des quais immenfes,
s'élever des maifons vafles, oû il n'y avoit autrefois que des marais malfains : les conftructions ont été facilitées par la réunion des terrains
abandonnés; cent vingt années d'expérience ont prouvé la néceffité
d'y avoir recours. Le Gouvernement n'a pu fe méprendre
dant un fi long efpace de temps fur fes véritables intérêts, & penréfultat de fes opérations ne laiffe aucune place à des
le
légitimes,
critiques
Je n'ai encore rempli qu'une partie de la tiche que m'ont
mes infatigables dénonciateurs.
impofée
C Après avoir démontré, difent-ils, que les réunions ne
s
à rien moins qu'à confommer la ruine entière de la tendoient
>)
veulent
Colonie, ils
prouver qu'elles ont été une fource de tyrannie
>
cuffions
& de con-
: de tyrannie, fi les propriétaires ont été
> concuffions, fi le
dépouiliés; de
tyrans ou leurs fous- ordres ont trouyé dans ces
nonciateurs.
impofée
C Après avoir démontré, difent-ils, que les réunions ne
s
à rien moins qu'à confommer la ruine entière de la tendoient
>)
veulent
Colonie, ils
prouver qu'elles ont été une fource de tyrannie
>
cuffions
& de con-
: de tyrannie, fi les propriétaires ont été
> concuffions, fi le
dépouiliés; de
tyrans ou leurs fous- ordres ont trouyé dans ces --- Page 80 ---
ou le plaifir de la
ou des avantages perfoanels,
>> jarcins publics,
3> vengeance. >)
le pouvoir
une pareille dénonciation, que
Qui ne croiroit, d'après
eft concentré dans la perfonne des Adminifrateurs, qu'ils
de réunion
ne font affujetties à
arbitrairement les prononcer, qu'elles
peuvent forme cependant ( & ceux qui m'inculpent ne l'ignorent
aucune
;
du Procureur du Roi du lieu où l'objet
point), c'eft à la pourfuite
c'eft devant
à réunir eft fitué, que s'inftruit la procédure en réunion;
eft
fon avis & les conclufions
le juge que cette procédure
portée; Greflier du Tribunal-terrier.
du Procureur du Roi font envoyés au
de
mois de juin 1787, ce Tribunal a pris connoiffance
Julqu'au
inftruites, comme je viens de l'expofer,
toutes les affaires qu'avoient
Tribunaux ordinaires; & il eft notoire que les Adminiftrateurs
les
de réunions avant cette époque, qu'affiftés de trois
ne prononcèrent
membres comme eux du (a) TribunalMagiftrats du Confeilf fupérieur,
terrier.
Ce Tribunal fut fupprimé par I'Ordonnance du 2I janvier 1787,
mois
fuivant,&1 la même loi attribua aux. Adminiftraenregitlrée aut
dejuin exclufive de toutes les réunions au Domaine &
teurs feuls la connoifance à la diftribution & à l'ufage des eaux. Je
des conteflations relatives
IIntendant de la Colonie,
reconnus encore plus à cette époque, ainfique
d'établir les règles les plus précifes fur la forme de procéder
la néceffité
nous rendimes
en cette matière. Nous y pourvômes par un règlement que
le IO novembre 1787 , peu de jours avant mon
conjointement Colonie. L'état des réunions pourfuivies & accueillies
départ de la
donner de fon utilité
eft le plus sûr garant que je puiffe
en 1788,
& depuis qu'il a été aboli, celui des Adminifratenrs, étoient
(a) Le Tribunal-terrier, inférieurs de juflice ; T'appel de Jeurs décifions étoit de droit, &
véritablenient des fièges
Tout déni de juftice eût été comme dans les autres
fc portoit au Confeil des dépêches.
de rejeter de prime abord une
Tribunaux, une prévarication : il ne m'étoit point permis
requête en pourfuite de réunion ; j'étois tenu de la juger.
& de
rs, étoient
(a) Le Tribunal-terrier, inférieurs de juflice ; T'appel de Jeurs décifions étoit de droit, &
véritablenient des fièges
Tout déni de juftice eût été comme dans les autres
fc portoit au Confeil des dépêches.
de rejeter de prime abord une
Tribunaux, une prévarication : il ne m'étoit point permis
requête en pourfuite de réunion ; j'étois tenu de la juger.
& de --- Page 81 ---
fur iefquels Ies demandes
& de la faveur accordée aux propriétaires
réunion étoient formées (a). II y eut cette année cent quatre
en
furent accordemandes en réunion, & degaeimiferteitarems
des
Jamais autant de pourfuivans
dées aux pourfuivans ou à
étrangers. formalité fuffifoit pour les
n'avoient fuccombé ; l'omiffion de la moindre
&
éconduire. Les regiftres des greffes desjurididions que j'ofe invoquer,
de
que les cinquantequi font ouverts à tout le monde, prouveront plus
trois demandes en réunion 1 qui ont été adoptées, ne trouvèrent pour
ainfi dire point de contradiéteurs. II s'agiffoit de terres entièrement
la réunion étoit ia feule voie que la Ioi eût ouverte
abandonnées;
dans le commerce & les rendre à la culture.
pour les faire rentrer
pendant que j'en ai été
La jurifprudence du Tribunal-terrier ;
avoit
adouci ce
ie texte des règlemens
le chef, a toujours
que
& des conclufions du
de févère. On ne sy écartoit de l'avis du Juge
été
Procureur du Roi, que pour être plus favorable qu'ils ne l'avoient
& quoique la loi exige impéeux-mêmes aux propriétaires attaqués; tiers du terrain dans la première
rieufement qu'on mette en culture un
loi n'a
à
de donner ouverture à la réunion, jamais cette
année, peine
manière
II a toujours fuffi, pour faire
été appliquée d'une
rigoureufe.
(a)
RENDUES CONCESSIONS GONCESSIONS
NOMBRE RÉUNIONS
accordées
accordées
ANNÉES.
des
DÉBOUTÉS.
aux
anx
prononcées.
Propriétaires. POURSUIVANS, A D'AUTRES.
POURSUITES.
1785.
77.
65.
12,
5.
33.
27.
1786.
26.
23.
3.
3.
15.
5.
1787.
87.
79.
8.
I I.
61.
7.
1788.
104.
68.
36.
15.
42.
II.
TOTA A UX en
59.
34.
151.
51.
en 4 années. 294.
235K
.
des
DÉBOUTÉS.
aux
anx
prononcées.
Propriétaires. POURSUIVANS, A D'AUTRES.
POURSUITES.
1785.
77.
65.
12,
5.
33.
27.
1786.
26.
23.
3.
3.
15.
5.
1787.
87.
79.
8.
I I.
61.
7.
1788.
104.
68.
36.
15.
42.
II.
TOTA A UX en
59.
34.
151.
51.
en 4 années. 294.
235K --- Page 82 ---
nombre
le propriétaire eût placé unpetit
fuccomber le pourfuivant, que
à la cultiver.
de Negres fur la conceffion, & qu'il eût commencé
exaditude l'exécution du règlement
Il y a plus ; jai maintenu avec
qui, pour éviter les
'des Adminiftrateurs, rendu le 6 décembre 1785,
,
aux demandes en réunion
furprifes & donner la plus grande publicité
les abornemens
ordonnoit
l'on déligneroit dans trois (a) gazettes,
que
le quartier oû il étoit
du terrain dont la réunion étoit pourfuivie,
fitué & le nom du propriétaire.
ordonne que les
Ce règlement de MM. de Couftard & de Marbois
dans
feront infcrites fur un tableau placé en évidence
mêmes pourfuites
Cette formalité a depuis
la falle d'audience de chaque juridiétion.
la fauve-garde
été remplie avec exaélitude; elle a été régardée comme
dans
; elle n'a trouvé d'improbateurs que
'de la tranquillité publique
étoit profitable.
ceux à qui auparavant le fecret des pourfuites
fois accordée, doit être confervée au
Sans doute la conceffion une
mit le terrain
conceffionnaire; ; mais elle ne luia été faite que pour qu'il
s'il le néglige. Sans les réunions ;
en valeur; il doit en être privé
immenfe, feroient encore
plufieurs quartiers, aujourd'hui d'un produit individus libres que f'on
couverts de bois; au lieu de cinquante mille
déferte feroit
la Colonie ftérile & prefque
compte à Saint-Domingue,
Padminiftration de M. de Marbois, & pendant la mienne, > plufieurs
(a) Pendant
fupéricur ont donné aux gazettes Coloniales un genre
Ordonnances enregiftrées au Confeil
elles donnent une publicité certaine à plufieurs
d'utilité que n'ont point nos journaux; inconvéniens qui naiffent fouvent dans nos tribunaux
actes judiciaires, & préviennent Ics mêmes aétes. II en réfulre de grands avantages pour le
du défaut de notification de çes
doit faire imprimer fa demande, & ne peut
public ; tout pourfuivant en réunion Ics y
qu'clle intéreffe. Le particulier
la fouftraire à Ia connoiffance de tous
citoyens notifer fon dépait à fes créanciers,
qui veut s'éloigner de la Colonic, eft obligé d'y des feuilles Américaines, s'ils ofoient
&c. La loi puniroit févèrement les rédacteurs méritent-elles foi fur tout ce qui conêtre infidèles; auffi Ies gazettes de Saint-Domingue même
prefque comme des pièces
cerne Ia partic Françoife de cette tle. On peut
lesregarder & j'avertis ceux qui voudroient
légales ; c'eft par cette raifon que je Ics cite fouvent," Ic recueil à la bibliothèque du Roi.
y vérifier ce que j'avance, qu'ils en trouveront
iroit févèrement les rédacteurs méritent-elles foi fur tout ce qui conêtre infidèles; auffi Ies gazettes de Saint-Domingue même
prefque comme des pièces
cerne Ia partic Françoife de cette tle. On peut
lesregarder & j'avertis ceux qui voudroient
légales ; c'eft par cette raifon que je Ics cite fouvent," Ic recueil à la bibliothèque du Roi.
y vérifier ce que j'avance, qu'ils en trouveront --- Page 83 ---
divifée entre douze à quinze cents Colons incapables d'en cultiver
la vingtième partie. Le Boucaffin & I'Arcaye, quartiers fi floriffans, ,ont
été dans la main d'un feul particulier; alors ils étoient incultes. Les
réunions & les conceffions ont fertilifé cette partie de f'lfle,en
tionnant f'étendue des propriétés aux facultés des concefionnaires. proporMais quelqu'utiles que foient les réunions en général, quelqu'exac:
titude qu'on apporte à l'obfervation des formes qui doivent les
il faut convenir cependant qu'elles couvriroient des abus précéder ;
vraiment
répréhenfibles, fi elles faiffoient aux Adminiftrateurs la faculté d'en
tifier leurs parens ou leurs amis aux dépens des propriétaires; fila même graperfonne pouvoit en réunir pluficurs, & en faire uin trafic honteux; ; ff
enfin ces réunions n'étoient qu'un moyen de mettreles anciens concef
fionnaires à contribution.
Or, dit-on, tout cela eft arrivé. CC Le feur Wante, fecrétaire
> ticulier (a) de fIntendant, eft parvenu par une activité fans
par:
5 & une avidité inextinguible à réunir dans fes mains feize conceffions exemple;
> à la fois, digne récompenfe de plus de cent fpoliations dont il avoit
>> été l'infatigable agent. >>
On a imprimé, comme je l'ai dit, à Saint-Domingue un état des
réunions pourfuivies; cet état eft certifié & figné par le fieur Sentout;
greffier du tribunal. I a été publié dans toute la Colonie au mois AaNA Pièces
d'avril 1789, & perfonne ne lui a reproché la moindre inexadtitude..
C'eft cet état que j'invoque; on ylit à la page 4 : CC Le 27 décembre
> 1786, il a été réuni un terrain pour hatte & corail,
>>
d'eft-à-dire;
pour élever des beftiaux, au quartier Saint-Louis, à la
P
de M.d e laGautraye; ; de Procureur du Roi avoit conclu à la pourfuite
p & il a été donné à M. Wante. >>
réunion,
Cette conceffion qu'a obtenue fe fieur Wante, auroit pu être faite à
(a) Jamais le ficur Wante n'a été fecrétaire de PIntendant; ce particulier étoit alors
employé dans l'adminiftration, & chef du bureau des anciens
ne lui donnoit aucune influence fur ce qui concernoit Ics conccflions recouvremens, & réunions. place qui
Kij
à la pourfuite
p & il a été donné à M. Wante. >>
réunion,
Cette conceffion qu'a obtenue fe fieur Wante, auroit pu être faite à
(a) Jamais le ficur Wante n'a été fecrétaire de PIntendant; ce particulier étoit alors
employé dans l'adminiftration, & chef du bureau des anciens
ne lui donnoit aucune influence fur ce qui concernoit Ics conccflions recouvremens, & réunions. place qui
Kij --- Page 84 ---
les fervices qu'il a
mais il méritoit de F'obtenir par
tout autre;
rendus.
le fieur de la Gautraye ait eu fur
Quel droit exclufif prétend-on que
le fieur dela Gautraye
avoit
à la dame Noguez;
ce terrain! il
appartenu
fous prétexte de non-culture,
la réunion au Domaine,
aux Admien pourfuivoit
conceffion à fon profit. La loi laiffoit
& il en demandoit la
à bon leur fembloit. Le Tribunalniftrateursla faculté deleconcéder qui le terrain étoit effeétivement
terrier a prononcé la réunion, parce concédé que au fieur Wante, parce qu'il
inculte; les Adminiftrateurs ont
Toutes les propriétés des
s'en étoit rendu digne par fes travaux. titres femblables, & il n'y a
font fondées fur des
habitans de nos iles,
accordées à des fervices auffir
de faveurs de ce genre
pas eu beaucoup
fur la
réels.
conceffions prétendues accumulées
Quant aux quinze autres
évidemment chimériques: le tableau
tête du fieur Wante, elles font
1785 jufqu'au L. janvier
de toutes les réunions prononcées depuis
le parcoure, on
il eft certifié du grefier; qu'on
1789, eft imprimé,
imaginaires.
n'y trouvera pas une feule de ces concefions fous des noms fuppofest
le fieur Wante les a obtenues
a rédigé
Dira-t-on que
vérifié, puifque le Greffier qui
le contraire peut être aifément donner tous les éclairciffemens qai pourroient
Tétat des réunions, a ordre de
d'aucun adte, d' 'aucune
e de ne refufer la comnunication
lui être demandés, regiftre à qui que ce puife être.
l'on
pièce, d'aucun
fuffifantes? eh bien, que
Ne trouve-t-on point ces preuves où les réunions ont été pourfuivies;
confulte les greffes des juridiéions
des parties y font néceffairedes témoins,
les noms des pourfuivans,
ment infcrits.
fontl'objet de ces quinze conceffions, doivent
Enfin, les terrains qui
les indique. Cent carreaux ou
qu'on les découvre, qu'on
être
être connus;
de Paris, ne peuvent
arpens de terre,mefure
fois
trois cent cinquante
& fi la même perfonne poffédoit quinze
dans la Colonie;
fût à l'infu de tous les habitans!
ignorés
feroit-il poflible que ce
cette étendue,
s.
fontl'objet de ces quinze conceffions, doivent
Enfin, les terrains qui
les indique. Cent carreaux ou
qu'on les découvre, qu'on
être
être connus;
de Paris, ne peuvent
arpens de terre,mefure
fois
trois cent cinquante
& fi la même perfonne poffédoit quinze
dans la Colonie;
fût à l'infu de tous les habitans!
ignorés
feroit-il poflible que ce
cette étendue, --- Page 85 ---
dife où font fituées ces conceffions : i eft intolérable que fans
Qu'on
de quinze conceffions fans
avoir rien vérifié on m'accufe; qu'on parle
de
individus fpoliés fans en nommer un feul.
les défigner,
quinze
formule ordinaire à
En vain la dénonciation eft terminée par cette
mesdénonciateurs:7 Tous cesfaits fontla quinteffence desnombreux Mémoires
été
à ce
J'attefte qu'on ne m'en a communiqué
gui ont
adreffés
fujet.
aucun. releverai
les inculpations qui font perfonnelles aul fieur
Je ne
point
telles
la demande de quarante mille livres qu'il a faite;
Wante,
que
lui céder la conceffion dont il
dit-on, au fieur de la Gautraye, pour
La fauffeté démontrée de beaucoup d'autres faits, ne permet pas
s'agit.
d'aifleurs eft invraifemblable : on n'auroit pu efde croire celui-ci qui
d'un terrain abfolument inculte;
pérerd'obtenir un prix auffi confidérable
& fi le fieur Wante y avoit déjà formé des établiffemens (a),
comme tout conceffionaire, le droit d'en exiger le prix;
avoit acquis
s'eft
à cet égard, & je n'ai point à
d'ailleurs 1 fignore ce qui
paffé
répondre à ce qui m'eft abfolument étranger.
maintenant fi en matière de réunions & de concefions;
Qu'on juge
comme en toutes autres, j'ai mérité les reproches graves, quoique
énoncés, d'avoir toleré Jous mes yeux uil brigandage, oljet
vaguement
de fiandale à de corruption.
Mais voici un chef d'accufation d'un tout autre genre.
croire mes adverfaires, < un 1 de mes agens affidés, M. le
A en
confommer la ruine de la Colonie, en
>> Procureur général, a penfé
Les loix coloniales defendent expreffément de vendre avant d'aveir établi, c'eftà-dire (a) d'aliéner une conceffion avant d'y avoir fait un établiflement qui en affure la
propriété, & mette à l'abri des pourfuites en réunion.
II eft poffible quelquefois que cette règle, fage, politique & équitable, foit tranfgreffée,
& qu'on fouftraye des abus de ce genre à la connoiffance des Adminiftrateurs. Une vente
fecrète da"s un quartier recule > peut échapper a leurs recherches, ; mais ils feroient répréhenfibles s'ils toléroient fciemment ces (tipulations illégales.
Je ne crains point qu'il me foit fait de parcils reproches.
es en réunion.
II eft poffible quelquefois que cette règle, fage, politique & équitable, foit tranfgreffée,
& qu'on fouftraye des abus de ce genre à la connoiffance des Adminiftrateurs. Une vente
fecrète da"s un quartier recule > peut échapper a leurs recherches, ; mais ils feroient répréhenfibles s'ils toléroient fciemment ces (tipulations illégales.
Je ne crains point qu'il me foit fait de parcils reproches. --- Page 86 ---
15 abrogeant le règlement par fequel un conceffionnaire
>>
les formalités d'ufage & formé un établiffement
qui avoit rempli
fur fon
>> pouvoit plus être troublé par un conceflionnaire même terrain, ne
P qui auroit. négligé de faire
de fon
plus ancien,
ufage
titre. >>
Dans la vérité, ce Magiftrat crut utile à la Colonie,
deux Confeils furent réunis,
après que les
qui tenoit à l'ordre
d'affujettir aux mêmes principes tout ce
public; il penfà que le Confeil de
pouvoit ftatuer far les réformes qu'il croyoit jufte de Saint-Domingue faire à d'anciens
règlemens. L'opinion du Procureur général fembloit, en
être autorifée par dés exemples antérieurs. Il s'agiffoit quelque forte,
la partie du.Nord, une jurifprudence
d'introduire dans
l'Oueft & du Sud. Le Confeil
généralement fuivie dans celle de
fupérieur de
lerreur du Procureur général, accueillit fon Saint-Domingue partagea
19 novembre
réquifitoire, & rendit, le
1787, un arrêt de règlement dont on
au premier moment, l'irrégularité & les
n'aperçut pas,
inconvéniens; mais
temps après, MM. de Vincent & de Marbois m'adrefsèrent des quelque obfervations fur cet arrêt : des Magiftrats du Confeil en
wices ; la Chambre d'agriculture du
reconnurent les
caffa
Cap réclama, & Sa Majefté
cejugement par un arrêt de fon Confeil, rendu fur mon
le 31 janvier 1789. II a été enregiftré au Confeil
rapport,
MEnIX Pièces Saint-Domingue le 19 mai de la même année. Mes
fupér ieur de
omis de faire mention à l'Affemblée Nationale dénonciateurs de
ont
circonftance. cette dernière
I eft évident que je n'ai pu ni prendre part à la décifion du Confeil
fupérieur de Saint-Domingue, ni provoquer le réquifitoire du Procureur
général qu'on appelle mon agent affidé; j'avois quitté la Colonie dès le
13 novembre 1787,& j'en étois déjà éloigné le 19 du même
mois, date certaine de f'arrêt de règlement
il ya plus, lorfqu'il m'a été connu, j'en ai qu'on me reproche:
caffation; c'eft moi qui ai envoyé dans la Colonie propofé f'arrêt au Roi la
noncée; c'eft moi qui ai ordonné, de la part de Sà Majeflé qui Ta pro- fit
enregiftrer. qu'on ly
--- Page 87 ---
'A T'appui de cette affertion, je ne produirai.qu'une pièce, mais elle
ne fouffire point de réplique; c'eft l'enregiftrement de l'arrêt de caffation.:
Je' pourrois fans doute me plaindre de ia manière doit les faits les
plus certains font dénaturés dans la dénonciation préfentée contre moi
à l'Affemblée Nationale; mais il me fuffit d'avoir démontré la' fauffeté
des imputations qui me font faites.
de cette affertion, je ne produirai.qu'une pièce, mais elle
ne fouffire point de réplique; c'eft l'enregiftrement de l'arrêt de caffation.:
Je' pourrois fans doute me plaindre de ia manière doit les faits les
plus certains font dénaturés dans la dénonciation préfentée contre moi
à l'Affemblée Nationale; mais il me fuffit d'avoir démontré la' fauffeté
des imputations qui me font faites. ONZIEME CHEF DE DÉNONCIATION. Difette de farines, Infouciance criminelle du Miniftre. DOUZIEME CHEF DE DÉNONCIATION
Rappel foudain d'an Gouyerneur cher à la Colonie. Maintenue opinidtre d'un Intendant proferit:
TREIZIEME CHEF DE DENONCIATION. Leutre d'approbation diaée atl Roi, en faveur de PIntendant coupable. RÉPO N S E. Jz réunis ces trois chefs d'accufation fous le même paragraphe, parce
mes dénonciateurs les ont fait dériver de la même caufe. que
Suivant eux, la Colonie éprouvoit l'année dernière une difette
effrayante, & je ne l'ai pas fecourue. Suivant eux, M. le marquis du C Gonverneur général de
Saint-Domingue, y a admis les farines étrangères dans tous les Ports
d'Amirauté, & fon rappel a été la peine de 'Ordonnance qu'il a
rendue à cet effet. Suivant eux, M. de Marbois, Intendant, s'étoit au contraire oppofé
à l'ouverture des Ports d'Amirauté, ardemment demandée par les
Colons.
je ne l'ai pas fecourue. Suivant eux, M. le marquis du C Gonverneur général de
Saint-Domingue, y a admis les farines étrangères dans tous les Ports
d'Amirauté, & fon rappel a été la peine de 'Ordonnance qu'il a
rendue à cet effet. Suivant eux, M. de Marbois, Intendant, s'étoit au contraire oppofé
à l'ouverture des Ports d'Amirauté, ardemment demandée par les
Colons. J'ai approuvé fes refus, & c'eft pour f'en récompenfer que --- Page 88 ---
de Ia fatisfaétion que le Roi
je Iui ai precuré un témoignage fignalé
reffentoit de fes fervices.
hafardées : on a dénaturé les faits; FinCes affertions font plus que
manifefte par-tout; le défir de
tention de confondre les époques s'y même la vraifemblance. Je
me nuire n'a pas permis qu'on refpedtit mille faits. Je prouverai gue Saintvais rétablir la vérité outragée fur difette, tandis qu'en France nous
Domingue n'a point éprouvé de
étions menacés de la famine.
inftant de veiller à la fubfiflance de
Que je n'ai pas ceffé un feul
cette vafte Colonie.
du C quiy ouvroit aux
Que f'Ordonnance de M. le marquis
pas même être
tdus les Ports d'Amirauté, ne pouvoit
farines étrangères
il a été rappelé.
connue en France quand
le Roi avoit pris de révoquer
Qu'on doit attribuer le parti que
antérieure, & évidemment
général, à une Ordonnance
ce Gouverneur
de commerce les plus utiles au royaume.
nuifible à l'une des branches
avoit dévancé fon rappel, en
Que M. le marquis du C fans permiffion du Roi.
quittant de lui-mème Saint-Domingue, avoit rendus, & l'intérêt même
Qu'enfin les fervices que PIntendant à honorer ce Magiftrat, en
de la Colonie, ont déterminé Sa Majefté
& de fon eftime.
direétes de fa confiance
lui donnant des preuves
TIO N P RE MI E R E.
S E-C
dénonciation auroient-ils donc oublié que la
LES auteurs de la aujourd'hui, a été difcutée l'année dernière
queltion qu'ils renouvellent vilies maritimes du Royaume? qu'elle fe
entre eux & les Députés des
M. Gillet de la
traitée dans le rapport que
de
trouve parfaitement
Nationale, a publié au nom
Jaqueminière, Député à P'Affemblée & de commerce? ce rapport a été
la' Scdion du Comité d'agriculture
tous les Membres
chez Baudouin, & il peut être confulté par
imprimé
de T'Affemblée Nationale,
Le
ilies maritimes du Royaume? qu'elle fe
entre eux & les Députés des
M. Gillet de la
traitée dans le rapport que
de
trouve parfaitement
Nationale, a publié au nom
Jaqueminière, Député à P'Affemblée & de commerce? ce rapport a été
la' Scdion du Comité d'agriculture
tous les Membres
chez Baudouin, & il peut être confulté par
imprimé
de T'Affemblée Nationale,
Le --- Page 89 ---
8r
Le mauvais fuccès qu'ont eu des
les Députés de Saint -
plaintes élevées alors par M."
auroit dà
Domingue, les a contraints à s'en
m'épargner une dénonciation démentie
défifier, il
tiques & quin'a plus d'autre
par des pièces authen.
de M.'S les
objet que de me nuire: mais
Députés de Saint-Domingue qui fe font
puifque ceux
ciateurs, veulent renouveler des affertions
rendus mes dénonnouveau prouver que cette Colonie
déjà détruites, je vais de
nous éprouvions f'année
n'a point refenti la difette
dernière; que
que
ce qui étoit en mon pouvoir
j'ai fait, comme Miniftre, tout
font néceffaires, &
pour lui affirer les fubfiftances
lui
que je f'ai fait avec fuccès.
qui
Les rapports de commerce qui uniffent
ont pour bafe un échange exclufif de Saint Domingue à la Francei
duétions de cette poffeffion
nos denrées, contre les proC'eft de la France qu'elle éloignée. reçoit
à la nourriture des Blancs & de habituellement les farines deftinées
c'eft à la France qu'elle vend fe quelques Nègres qui en confomment;
les autres
fucre, le café, le
productions de fon fol fertile. On
coton, l'indigo &
ces loix, fans affoiblir les liens
ne peut porter atteinte à
cette riche contrée.
qui attachent à nous les habitans de'
Le régime commercial dont je viens de
la Métropole; elle eft obligée de
parler, impofe des devoirsa
& fa prévoyance
pourvoir à la fubfiflance des
pour eux a fait indiquer d'avance
Colons,
remplacer ce qu'elle ne leur enverroit
Ii
les moyens de
Domingue trois Ports,
pas. exifle dans l'ile de Saintfont ceux du
connus fous le nom de Ports
Port-au-] Prince, du
d'entrepôts; ce
navires étrangers
Cap-François & des Cayes. Les
défendu
peuvent y apporter diverfes
aux Colons de leur en
denrées, mais il eft
en marchandifes
payer le prix autrement qu'en
importées de la
argent,
Jamais ces Ports n'ont été Métropole, olI en firops & tafias.
ouverts
étrangères. Le continent de
infruétueufement aux farines
que n'en confomment les fAmérique produit beaucoup plus de blés
de vendre la furabondance habitans; ils ont toujours un grand intérêt
de cette denrée à ceux qui les
payent en
L
en
denrées, mais il eft
en marchandifes
payer le prix autrement qu'en
importées de la
argent,
Jamais ces Ports n'ont été Métropole, olI en firops & tafias.
ouverts
étrangères. Le continent de
infruétueufement aux farines
que n'en confomment les fAmérique produit beaucoup plus de blés
de vendre la furabondance habitans; ils ont toujours un grand intérêt
de cette denrée à ceux qui les
payent en
L --- Page 90 ---
venues de F'Europe, ou en firops & taffias
argent, en marchandifes
même blâmer les Adminiflrateurs
dont ils manquent. On ne peut pas
achetées avec du fucre ou
les fubfiftances foient
de permettre que
les befoins font extraordinaires:
du café, pourvu que ce ne foit que quand
prévenir les abus.
les
précautions pour
& en prenant plus grandes
n'étoient point
& T'Intendant de Saint-Domingue
Le Gouverneur
obtenir la permifion d'ouvrir aux
aftreints à recourir au Roi pour
II importoit aux habitans de
farines étrangères ces Ports d'entrepôt. euffent le pouvoir d'appeler euxla Colonie, que les Adminifrateurs
indifpenfables. Le
auffitôt qu'ils les jugeroient
mêmes ces fecours
eu (mais conjointement
Gouverneur & I'Intendant ont donc toujours
&
le droit de rendre des Ordonnances provifoires,
& non féparément)
les bâtimens étrangers à verfer dans les
d'autorifer, en cas de difette,
le befoin. M. du C.
: de
Ports d'entrepôt les farines qu'appeloit
le mars
M. de Marbois, avoit rendu une Ordonnance 30
concert avec
Ports. Examinons fi les farines étrangères
1789, qui ouvroit ces trois
ont pu laiffer la moindre
& celles qui ont été envoyées de France,,
inquiétude fur la fubfiflance des Colons. exiftent à Saint-Domingue,
Cen'eft pas fur le nombre d'individus qui farines de cette Colonie ; les
en
qu'il faut calculer Tapprovifionnement établis, en font un ufage journalier. La
feuls Européens qui y font la racine de chou caraibe, produdlions
patate, ligname, la bananne,
jamais dans tous les
naturelles du pays, dont la récolte ne manque de prefque tous les Nègres
quartiers à la fois, fuffifent à la fubfiflance c'eft-à-dire, aux neuf dixièmes
& gens de couleur, libres ou efclaves,
dies individus qui peuplent I'ile.
le mais & les légumes de toute
Si l'on joint à ces fruits, le riz,
au commerce étraneft toujours permife
efpèce, dont Timportation
Tapproviionnement de Saintger, on concevra fans peine que douze mille cinq cents barils de
Domingue en farines, n'excède pas
mille barils
livres pefant par mois, ou cent cinquante
cent quatre-vingts
fur le relevé fait des farines entrées
du même poids par année; car
ile.
le mais & les légumes de toute
Si l'on joint à ces fruits, le riz,
au commerce étraneft toujours permife
efpèce, dont Timportation
Tapproviionnement de Saintger, on concevra fans peine que douze mille cinq cents barils de
Domingue en farines, n'excède pas
mille barils
livres pefant par mois, ou cent cinquante
cent quatre-vingts
fur le relevé fait des farines entrées
du même poids par année; car --- Page 91 ---
jufqu'en 1788 inclufivement, il eft
à Saint-Domingue, depuis 1784
n'a été que de fept cent cinquante mille barils,
prouvé que l'importation
ce qui donne cent cinquante mille barils pour la confommation moyenne
pendant chacune de ces cing années.
entrés
Recherchons maintenant combien de barils de farine font
dans les ports de Saint-Domingue, dans les neuf premiers mois 1789.
Je ne m'occuperai pas des trois derniers, non que la Colonie ait manqué
de farines pendant ce temps, mais parce que les États qui ont pu
m'être adreffés depuis cette époque, ne me font point parvenus; les
prouvent au refte que le pain a continué à y être à bas prix.
gazettes
des
de France, dont j'étois informé,
:. Les différens mouvemens
ports
& les rapports venus de la Colonie même, m'affuroient que jufqu'au
mois d'avril 1789, elie trouveroit dans les envois qui lui feroient
de
pourvoir à
faits, ou dans les magafins déjà approvifionnés,
quoi
fes befoins ; & en effet, elle n'a pas manqué.
Un relevé de divers états oùt regiftres fidèles & authentiques 9
conflate que dans les mois d'avril, mai, juin & juillet, il eft entré
de
mille trois cent
dans les ports
Saint-Domingue, cinquante-quatre
quarante-huit barils de farine, tant Françoifes qu'étrangères. II n'en
falloit
cinquante mille à raifon de douze mille cinq cents barils
que
alimenter la Colonie pendant ce temps; il eft donc
par mois, pour
ou même craindre
impoffible qu'eile ait jufqu'à cette époque éprouvé
pu
la famine.
Deslettres poftérieures , en date du 24 & du 28 août, m'ont appris
qu'il reftoit alors dix mille bariis de farine chez les divers négocians
de la feule ville du Cap.
Inutilement on tenteroit de jeter du doute fur ces faits; ils ont
le
de M. de la Jacqueminière, imprimé vers la fin
pour garant rapport
de l'année dernière.
de
1 difoit ce membre de l'Affemblée
C On n'a point perdu
vue,
des
de l'ile ne s'élève provifoi-
>> Nationale, que la demande
Députés
> rement qu'à cent cinquante mille barils par an, ce qui fait douze
Lij
Inutilement on tenteroit de jeter du doute fur ces faits; ils ont
le
de M. de la Jacqueminière, imprimé vers la fin
pour garant rapport
de l'année dernière.
de
1 difoit ce membre de l'Affemblée
C On n'a point perdu
vue,
des
de l'ile ne s'élève provifoi-
>> Nationale, que la demande
Députés
> rement qu'à cent cinquante mille barils par an, ce qui fait douze
Lij --- Page 92 ---
5, mille cinq cents barils par mois. Or il réfulte de l'état
>> Jettre des deux Adminiflrateurs de
joint à la
file, en date du 28
>>
eft entré dans les Ports, pendant les
août, qu'il
quatre mois
>> & juillet, cinquante-quatre mille trois
d'avril,mai, juin
cent
2> farines, (ant Françoiles
quarante-huit barils de
qu'étrangères, ce qui donne un excédant
>> quatre mille trois cent quarante-huit barils. Si à cet
de
>> joint le montant des
excédant, on
expéditions qui ont été faites dans nos Ports
>> lement depuis cette époque, S qui étoient de fept mille
feu-
>> barils au commencement de
quatre cents
feptembre, on fera convaincu
>> l'état conftant des chofes, le baril de farine
que fi dans
a valu à
>> 120 à 140 liv. ce qui n'eft pas tout-à-fait le double Saint-Domingue de
>> ordinaire, du moins l'ile a été fuffifamment
la valeur
>> au-delà de f'époque à laqueile les Députés de approvilionnée jufques &
>> çoient da difette comme extrême.
Saint-Domingue annon-
>> A la vérité, cet état ne cadre point avec celui de M. du
>> mais pour fe déterminer en faveur de celui qu'ont
C
>> tement des deux Adminiftrateurs de lIfle, le Comité envoyé conjoin-
>> raifons par lefquelles le Commerce
a penfé que les
a combattu l'exaétitude
>> fournis par M. du C...
étoient fans
des états
>> convaincu
cefui
réplique, 9 & il a été
que
qui fe trouvoit joint à la lettre
>> des deux Aminiftrateurs actuels, & d'une date
commune
> portoit avec lui des probabilités bien plus fortes poftérieure, les
com-
>> fournies par l'ancien Adminiftrateur feul.
que premières ,
>> Une confidération eft encore venue à l'appui de ces motifs,
> a paru au Comité, déterminante en faveur de l'exadtitude
elle
>>
envoyé par M." de Peynier & de Marbois; c'eft
de l'état
> l'extrait des déclarations des
qu'il réfulte de
exportations pour
>> faites dans les Ports du royaume,
Saint-Domingue,
que pendant les mêmes
2> mois, il en a été déclaré à cette deftination
quatre
>> quatre cent quarante-fix barils,
vingt - quatre mille
quantité bien approchante de
>> de vingt-quatre mille fix cent foixante-dix-fept,
celle
annoncée
l'état
> des deux Adminiftrateurs. Ce rapport entre des relevés par faits à
des
qu'il réfulte de
exportations pour
>> faites dans les Ports du royaume,
Saint-Domingue,
que pendant les mêmes
2> mois, il en a été déclaré à cette deftination
quatre
>> quatre cent quarante-fix barils,
vingt - quatre mille
quantité bien approchante de
>> de vingt-quatre mille fix cent foixante-dix-fept,
celle
annoncée
l'état
> des deux Adminiftrateurs. Ce rapport entre des relevés par faits à --- Page 93 ---
a
8;
Saint-Domingue d'une part, & dans nos Ports
> combinés entre eux, a paru au Comité
de T'autre, non
>> la démonftration des faits atteftés
porter jufqu'a f'évidence
>> Quant aux farines
par le Commerce & le Miniftre.
étrangères annoncées
>> celles de France la quantité de
dans l'état, &formant avec
>> moyen d'en vérifier la
54348 barils, nous n'avons eu aucun
>> partie, relativement quantité, mais la vérité reconnue dela
aux farines
première
>> préfomption de fon exaétitude Françoifes, nous a paru une bien forte
>> Ainfi, il
fur les farines étrangères.
nous a femblé
>> en erreur par les états prouvé que M. du C.. avoit été indait
qu'il a
>> de Marbois étoient
fournis, que ceux de MM. de Peynier &
parfaitement
>> les mois d'avril, mai,
exacts; d'où il réfulte que pendant
juin &
> vifionnée de farines,
juillet, l'ile a été fuffifamment
qu'ily en avoit même
appro-
>> qui, avec les envois faits
à cette époque un excédant
>> à
depuis par la Métropole feule, a dû fuflire
T'approvifionnement du mois fuivant. >>
J'ai cru ne pouvoir préfenter à l'Affemblée
dignes de fa confiance,
ceiles
Nationale des preuves
fois par fes ordres. Mais que
qui avoient été vérifiées une
plus
le rapport de M. de la
première
imprimé en 1789, n'a pu conftater
la Jacqueminière, rédigé&
à
que quantité de farines entrées
Je Saint-Domingue jufqu'a la fin du mois de juillet de la
joindrai donc l'état que les
même année.
octobre dernier des farines entrées Adminiftrateurs m'ont envoyé le 24
verra que depuis le I. août
dans les ports de la Colonie. Ony
reçu 48,871 barils;
jufqu'au 20 oétobre 3 la Colonie avoit
barils, quantité fuffifante qu'il en exiftoit en nature, au 24 octobre,
de la Colonie
pour affurer, pendant fix femaines, la 23,872 Foyez Pièces
; qu'on en attendoit
fubfiftance juflific, n.° 7.
raifon de 12,500 par mois,
inceffamment 41,850 barils qui, à
fur fa fubfiftance
tranquillifoient pleinement
pendant cing mois entiers.
Saint.Domingue
Enfin, il eft aifé de
20,000 barils de farines prouver de
que Saint-Domingue a reçu en 1789,
plus qu'iln'en avoit
en
perfonne ne s'eft plaint, où
reçu 1788, année où
Je ferois affurément
perfonne n'a craint de manquer.
difpenfé de me juflifier du reproche d'infouciance,
fiftance
tranquillifoient pleinement
pendant cing mois entiers.
Saint.Domingue
Enfin, il eft aifé de
20,000 barils de farines prouver de
que Saint-Domingue a reçu en 1789,
plus qu'iln'en avoit
en
perfonne ne s'eft plaint, où
reçu 1788, année où
Je ferois affurément
perfonne n'a craint de manquer.
difpenfé de me juflifier du reproche d'infouciance, --- Page 94 ---
la Colonie étoit pourvue. Ma correfpondance avec
après avoir prouvé que
me rendoient de l'état des fubcompte exact qu'ils
les Adminifirateurs,le
fuis
les ordres que j'ai
fiftances, les éclairciffemens que je me
procurés,
on
d'ailleurs les foins que j'ai pris; mais puifqu'enfin
donnés, tout juftifie
fans ceffe occupé de prévenir les
m'accufe d'infouciance 7 je dirai que
devoir
au Roi de
befoins d'une Colonie précieufe je crus
II fut propofer donné ordreà un
furabondante & inufitée.
prendre une précaution
Colonies occidentales, de toucherà
bâtiment deftiné en 1789 pour nos
circulaire adreffée
& d'y remettre une lettre
IAmérique feptentrionale,
Sa Majefté Ies chargeoit d'exciter
lettre dans laquelle
à nos Confuls,
à faire
des farines, foit aux flesdes États - Unis'
paffer
inférer
les Négocians
II leur étoit enjoint de faire
du-Vent, foit à Saint-Domingue.
: tous l'ont fait, & j'offre de
invitation dans les papiers publics
cette
produire leurs réponfes.
les Négocians fe refufoient à
Plufieurs de ces lettres conftatent que
nouvellement arrivés
parce que les Copiainesmardands,
cette fpéculation,
les farines abondantes, ta Ull prix
avoient laifé
de Saint - Domingue,y
modéré.
de difette pendant l'année
Saint-Domingue en effet n'a point éprouvé
ont été un
& même les farines étrangères y
1789.Les farines Françoifes,
Eh! qui ne fe fût
chères (a) que les années précédentes.
peu plus
de pouvoir, à l'aide d'une légère augmentaeflimé heureux en France,
3 Les farines étoient bonnes à Sainttion de prix, affurer fa fubfiflance
coloniales, qu'on les confulte fur Ia cherté de cette denrée
(a) Qu'on ouvre les gazettes
le prix moyen des farines eft ordinairement de
à Saint-Domingue, on reconnoîtra femaines que elles ont été vendues de 140 à 160 liv., &
1OO liv.; que pendant cinq ou fix la plus belle farine de Moiffac n'a coûté que de
que pendant le refte de l'annéc 1789, Ainfr, dans cctte année défaftreufe pour l'Europe, &
110 liv. à 120 liv. tout au plus. faifoient renchérir la denréc cn Amérique, Saint-Domingue
où lcs primes qu'clle fourniffoit
inflans, moitié en fus dc la valeur ordiraire 2
ne l'a payée que pendant quclques n'a fupporté qu'unc augmentation d'un dixième à un
pendant le refte de V'année,
cinquième fur le prix habitucl.
, dans cctte année défaftreufe pour l'Europe, &
110 liv. à 120 liv. tout au plus. faifoient renchérir la denréc cn Amérique, Saint-Domingue
où lcs primes qu'clle fourniffoit
inflans, moitié en fus dc la valeur ordiraire 2
ne l'a payée que pendant quclques n'a fupporté qu'unc augmentation d'un dixième à un
pendant le refte de V'année,
cinquième fur le prix habitucl. --- Page 95 ---
Domingue, elles n'y ont jamais manqué; la mère-patrie a-t-elle eu
les mêmes avantages ?
bornes d'une
modération;
Mais comment fe contenir dans les
jufte
la dénonciation que je réfute, l'affertion fuivante :
quand on lit dans
il n'eft pas entré un feul navire de
< Du 5 juillet au 20 feptembre,
> France dans les ports de Ssint-Domingue."
Je ne puis le dire en termes trop précis.
Le fait eft notoirement faux.
Je produis la lifte de quarante-fept navires venant de France, 1 entrés' Veyez ms. Pièces
de Saint-Domingue pendant cet intervalle de temps , & jutific.
dans les ports
dans ce nombre les vailfeaux négriers.
je ne comprends pas
des papiers publics de la
J'invoque à l'appui de ce que j'avance,
Colonie, où eft annoncée l'arrivée de tous les bâtimens ) avec l'indication du lieu de leur départ: les navires, les Capitaines y font nommés;
les dates du départ & de l'arrivée font énoncées. Ces gazettes ont été
imprimées en 1789; on ne m'y préparoit pas des réponfes à une
dénonciation qu'il n'étoit pas alors poffible de prévoir.
Les regiftres de n0S Ports d'où les bâtimens font partis, les journaux
les ont montés, offriront des preuves furabondantes
des Capitaines qui
à ceux qui pourroient encore en défirer.
laifferai
même à mes dénonciateurs la reffource de dire que
Je ne foixante-dix) pas
il n'a mouilié dans les Ports de la Colonie
pendant ces
jours,
bâtiment François chargé de farines; car les états que je produis,
aucun
dans le feul mois d'août, iy eft entré fur nos navires
conftatent que
4201 barils de farines Françoifes (a).
(a) Je ne peux déterminer exaclement ce qui en a été apporté pendant les vingt-cinq les états
derniers jours de juillet,& pendant Jes vingt premiers de feptembre, parce que
qu'on m'adreffe comprennent des mois entiers.
de farines
Enjuillet, la Colonie a reçu 6743 barils de farine nationale, & 4308
étrangères.
En feptembre, 1487 barils de farine nationale, & 17,910 de farines étrangéres.
En août, outre lcs 4201 barils venant de France, comme je l'ai dit, il en eft entré
17,691, apportés par l'Étranger; en forte qu'en ce feul mois, Ia Colonie a reçu ce qui
fuffiroit à fon approvifionnement pour fept femaincs.
de farine nationale, & 4308
étrangères.
En feptembre, 1487 barils de farine nationale, & 17,910 de farines étrangéres.
En août, outre lcs 4201 barils venant de France, comme je l'ai dit, il en eft entré
17,691, apportés par l'Étranger; en forte qu'en ce feul mois, Ia Colonie a reçu ce qui
fuffiroit à fon approvifionnement pour fept femaincs. --- Page 96 ---
La Colonie n'a donc point manqué de fubfiflances, & elle n'a
ceff uil feul moment d'être l'objet de mes foins les plus affidus. pas
S. I I.
J'AI été jufqu'à préfent foutenu dans la carrière pénible
que j'ai parcourue, par le fentiment intime d'une vie honnête & d'une conduite
pure; à chaque ligne que je traçois, il me fembloit voir entre moi &
la calomnie s'élever Ja vérité, étayée d'une foule de
fervoient d'égide.
preuves qui me
Mais enfin les dénonciateurs qui me pourfuivent, ont eu l'art de
m'impofer le devoir le plus affigeant pour moi. Un Militairé diftingué,
que je n'ai jamais ceffé d'eftimer 1 , M. le marquis du C dont
fus dans ma jeuneffe d'ami & le compagnon
je
d'armes, a été,
mon
-
miniftère, nommé au gouvernement général des iles fous le pendant Vent,
& il a depuis été rappelé,
On exige que je me juftifie de cette révocation ; on me place dans
la cruelle alternative ou de trahir, en me taifant, mon devoir envers
la Nation quim'interroge, envers le Roi qui m'honore de fa confiance,
envers les Miniftres qui ont affifté au Confeil dans lequel ce
été déterminé, ou d'entrer dans des détails qui
rappel a
affligent ma fenfibilité,
On efpère rendre accufateurs l'un de l'autre, deux hommes
fe
fidèrent & qui ne peuvent fe donner réciproquement
des qui conque
témoignages honorables, même fur les points où ils diffèrent d'opinions. Je
me vois contraint à expofer les erreurs d'un brave & Joyal Militaire
comme
qui,
Adminifrateur, s'eft écarté réellement de fes devoirs, mais
un zèle immodéré,je pourrois dire aveugle, pour ce qu'il croyoit être par
le bien public. Doit-on même lui imputer ces erreurs excufables
leur motif? n'eft-il pas très - probable que des confeils perfides ont par
égaré ce Gouverneur, à qui la Colonie de Saint-Domingue, où il n'a
paffé que fix mois, ne pouvoit être fiuffifamment connue lorfqu'on l'a
porté à y introduire les plus grands changemens? ?
J'entre en matière, & me hite de me délivrer d'une tâche, dirai-je
importune 3
it-on même lui imputer ces erreurs excufables
leur motif? n'eft-il pas très - probable que des confeils perfides ont par
égaré ce Gouverneur, à qui la Colonie de Saint-Domingue, où il n'a
paffé que fix mois, ne pouvoit être fiuffifamment connue lorfqu'on l'a
porté à y introduire les plus grands changemens? ?
J'entre en matière, & me hite de me délivrer d'une tâche, dirai-je
importune 3 --- Page 97 ---
importune? ce mot eft foible & exprime peu ce qu'ilm'en coûte pour
difcuter un tel fujet.
droit d'abord mes dénonciateurs me reprochent-ils' le rappel
: De quel
de M. le marquis du C . 2
Pourquoi fuppofent-ils qu'il: a été nommé malgré moi Gouverneur de
Saint-I Domingue?
Pourquoi foutiennent-ils que le rappel de cet Officier général eût
caufe I'Ordonnance qui ouvroit aux farines étrangères tous les ports
pour
d'amirauté de la Colonie ?
Pourquoi, après avoir cherché fans ceffe à induire en erreur fur les
époques & fur les faits, couvrent-ils d'un air de myftère des conjedtures
qui bleffent ouvertement la vérité?
M.
du
a été
*
Ce n'eft point malgré moi que
le marquis
C
de
il avoit douze concur- FoyezPièces
nommé au gouvernement Saint-Domingue;
juft.. N9.
rens; j'ai mis leur demande & la fienne fous les yeux du Roi : leurs
fervices & leurs talens faifoient regretter à Sa Majefté de n'avoir point
alors de récompenfes à offrir à chacun d'eux; mais fon choix ne pouvoit tomber que fur un feul. J'eus I'honneur d'expofer au Roi les motifs
qui me fembloient devoir le fixer fur M. le marquis du C 9 &
ce fut d'après mon avis motivé, que Sa Majefté fe détermina à le préférer.
Ces faits font conftans; M. le marquis du C. : . fui-même ne peut
les ignorer. C'eft donc peur avoir occafion de m'imputer, avec quelque
vraifemblance 7 fon rappel, qu'on fuppole mal-à-propos que je m'étois
oppofé à fa nomination.
Ce n'eft pas non plus fans des motifs cachés qu'on a attribué ce
rappel à fOrdonnance que rendit M. fe marquis du C pour
ouvrir aux étrangers tous les ports d'amirauté de la Colonie, pour
y attirer des farines dont il craignoit de manquer. On a efpéré, en
alléguant cette caufe de fon retour en France, exciter l'indignation
publique; on s'eft flatté qu'on donneroit, par un tel artifice, quelque
poids à la dénonciation qui eft faite contre moi; mais la fauffeté de
cette affertion va être pleinement démontrée, &fon verra, non fans
M
tous les ports d'amirauté de la Colonie, pour
y attirer des farines dont il craignoit de manquer. On a efpéré, en
alléguant cette caufe de fon retour en France, exciter l'indignation
publique; on s'eft flatté qu'on donneroit, par un tel artifice, quelque
poids à la dénonciation qui eft faite contre moi; mais la fauffeté de
cette affertion va être pleinement démontrée, &fon verra, non fans
M --- Page 98 ---
étonnement, que dans une multitude de faits énoncés
il ne s'en trouve pas un feul qui ne foit contraire à la pour vérité. l'appuyer;
Cefutle 28 juin 178 89, que fur des nouvelles apportées de SaintDomingue par M. le chevalier de ia Tourette, lieutenant de vaiffeau
commandant la Levrette, qui en avoit appareillé le 15 mai, le Roi
rappella M. le marquis du C ., & me chargea de propofer à M.
le comte de Peynier, le gouvernement des iles fous le Vent. II étoit
à Paris, je lui fis part des intentions du Roi; il accepta, & fut nommé
le 30 juin.
Pour qu'on pût attribuer le rappel de M. le marquis du C
à I'Ordonnance qui ouvroit' tous les ports d'Amirauté aux navires
étrangers, il auroit fallu au moins qu'il eût été poffible d'avoir coIYoyezPièces junt.N1o, noiffance de cette Ordonnance à Verfailles avant le
n'a été enregiftrée
le
27 juin; or, elle
que 29 mai au Confeil fupérieur du Port-auPrince. Jel la préfente dans une forme authentique : ce n'étoit certainement pas M.le chevalier de la Tourette qui l'avoit apportée, puifqu'il.
avoit mis à la voile le 15 mai du Port-au-Prince, où l'arrêt d'enres
giftrement n'a été rendu que quatorze jours après.
Dira-t-on qu'on a envoyé cette Ordonnance par un autre navire?
quel eft-il? qu'on le nomme: : il n'en eft point venu alors avec cette
rapidité qui tiendroit du prodige ; les mouvemens de nos ports
recueillisavec exadtitude, peuvent être confultés, & dépoferont contre
ce fait chimérique.
Suppofons, contre toute vérité, qu'on eût fait paffer l'Ordonnance
par un bâtiment expédié à l'inflant même qu'elie a été
il
eât été
enregiftrée;
impoffible encore qu'elle fût parvenue le 27 de juin aVerfailles,
car On n'expédie point un bâtiment chargé de dépèches pour les Ports de
la Manche, mer où l'on ne peut quelquefois pénétrer que très-difficilement; & dans quelqu'autre port de l'Europe qu'il eût mouillé,1Oficier
chargé des dépêches ne feroit point venu de ce port en moins de
jours à Verfailles.
quatre
Il faudroit donc fuppofer que le navire feroit arrivé dans le portle
de juin aVerfailles,
car On n'expédie point un bâtiment chargé de dépèches pour les Ports de
la Manche, mer où l'on ne peut quelquefois pénétrer que très-difficilement; & dans quelqu'autre port de l'Europe qu'il eût mouillé,1Oficier
chargé des dépêches ne feroit point venu de ce port en moins de
jours à Verfailles.
quatre
Il faudroit donc fuppofer que le navire feroit arrivé dans le portle --- Page 99 ---
23 juin; mais aucun bâtiment ne paffe en vingt-cingjours du Port-au:
Prince en France, à moins d'être pouffé par une tempête continuelle,
dont on tient note dans les journaux de mer; lestraverfées très-courtes
font de trente jours, comiunément elles font de quarante jours,
fouvent de deux mois. On n'a cité dans le temps, & on ne fauroit
citer aujourd'hui aucun navire qui ait, à cette époque encore voiline
de nous, fait une femblable diligence; on l'auroit d'autant plus remarquée,
qu'elle eft abfolument improbable, & il feroit aifé d'en adminiftrer des
preuves.
Quelle influence ce fait n'a-t-il pas fur Je chef de dénonciation
auquel je réponds : Il n'eft pas poffible que I'Ordonnance enregiftrée le
29 mai au Port-au-Prince, & qui ouvroit aux farines étrangères tous
les ports d'Amirauté, ait déterminé (a), le 28 juin à Verfailles, le
rapel de M. le marquis de C ; il n'étoit pas plus poffible que
M." les Députés de Saint-Domingue euffent reçu des lettres de leurs
Commettans par la Levrette que commandoit M. le chevalier de la
Tourette, ni par aucune voie, & qu'ils euffent été chargés par eux de
me voir, foit pour me témoigner feur fatisfaction dela conduite tenue
par M. le marquis du C . qui avoit rendu cette Ordonnance; foit
pour demander le rappel de l'Intendant de la Colonie, qui avoit refufé
de la figner; & quoiqu'on ait déclaré dans fa dénonciation, que je ne
nierois pas une feule phrafe des deux conférences qu'eut avec moi à ce
fujet ia députation de Saint-Domingue toute entière, parce qu'ils étoient
(a) J'ai fait fentir ce qu'on devoit croire d'un roman fabriqué pour me nuire. Je
vais y fubftituer Ja vérité.
L'Ordonnance enregiftrée le 29 mai au Port-au-Prince 9 n'a été connue en France
vers le 18 juillet; c'eft CC jour que je fus inftruit qu'elle avoit été rendue
que
par une lettre de M. le Marquis de C..
en date du mai
3 & je le fus
pu partir du Port-au-Prince que le 30 mai au plus tôt; Car 29 il y précédent avoit
mois, qui n'a
plaires imprimés s & faifant mention de l'enregiftrement. Tout fe fait joint quatre exemColonies ; on n'y imprime point une pièce femblable en moins de
lentement heures, aux
Ilm'eft parvenu d'ailleurs le mêmej jour des lettres du Port-au-Prince, vingt-quatre datées du 31 mai.
M ij
3 & je le fus
pu partir du Port-au-Prince que le 30 mai au plus tôt; Car 29 il y précédent avoit
mois, qui n'a
plaires imprimés s & faifant mention de l'enregiftrement. Tout fe fait joint quatre exemColonies ; on n'y imprime point une pièce femblable en moins de
lentement heures, aux
Ilm'eft parvenu d'ailleurs le mêmej jour des lettres du Port-au-Prince, vingt-quatre datées du 31 mai.
M ij --- Page 100 ---
dirai
M." les Députés ont erré certainement fur
'dix témoins, 1 je
que
de
les dates, ce qui eft très-poffible aujourd'hui, & qu'ils n'ont eu
conférence (a) avec moi ni le 29 juin,. ni le 30, fur IOrdonnance
rendue
mai au Port-au-Prince, puifque la nouvelle ne leur en
le 29
n'avoit pas pu leur
étoit pas arriveé , je dirai plus 7 puifqu'elle
parvenir.
M. le comte de
J'ajouterai qu'il eft phyfiquement impoffible que
Peinier ait été porteur, comme le foutiennent mes dénonciateurs, de
cafloit & annulloit Ordonnance rendue par M.le
l'arrêt du Confeil qui
de Peinier étoit
marquis du C. . de 29 mai, puifque M. le comte
à Breft le
le Goulet le 18, & que l'Arrêt
en rade
13 juillet, qu'il pafia
le
du Confeil qui a caflé l'Ordonnance du 29 mai, ne fut rendu que
23 juillet à Verfailles.
ont
la
Je dirai que M." les Députés de Saint - Domingue, qui
figné
VoyezPièces
étoient d'autant moins fondés à exagérer le
jut.N4. dénonciation contre moi,
la caffation de cette Ordonnance avoit caufé à la Colonie,
préjudice eft de que fait & notoire que l'arrêt de caffation n'y eft arrivé qu'après
qu'il
I'Ordonnance même de M. du
le premier octobre terme marqué par (b)
des
d'Amirauté. J'avois retardé l'envoi
C.: - . . pour la clôture
ports
de la
de cet arrêt de caffation, afin de ne pas enlever aux habitans
Je donnerai bientôt Ia date certaine de Ia conférence où les intérêts de M. le
(a) du C... ont été foutenus, & le rappel de M. de Marbois follicité. Une lettre
marquis de M."* les Députés, fignée par cux-mêmes, & que je joins aux pièces m'ont juflificatives fait ver- *
eft la preuve que c'eft le vendredi 14 juillet, & non le 29 juin qu'ils
balement cette demande.
des difpofitions de l'Ordonnance
(b) Cet arrêt de caffation n'annulle qu'une partie T'Intendant n'y cût point participé, &
libellée au nom dc denx Adminiftrateurs. , quoique
conjoinfignée parle Gouverneur général, quoique le Roi ne lui en donnât le pouvoir que
II feroit
long de difcuter tous les faits, même publiquement
tement avec fon collègue.
trop Sur
à ruifon de la diftance qui nous fépare dc
connus, & qui me font étrangers, lefquels, l'Affemblée Nationale en erreur.
Saint-Domingue , on a clpéré pouvoir induire
relativement à l'oppoVoici, s'il faut en citer un, les propres termes de la dénonciation,
fition que forma, dit-on, PIntendant à I'Ordonnance du 29 mai.
Confeil fouverain,
feul 'Ordonnance; il la porta au
& Le Gouverneur général figna
pare dc
connus, & qui me font étrangers, lefquels, l'Affemblée Nationale en erreur.
Saint-Domingue , on a clpéré pouvoir induire
relativement à l'oppoVoici, s'il faut en citer un, les propres termes de la dénonciation,
fition que forma, dit-on, PIntendant à I'Ordonnance du 29 mai.
Confeil fouverain,
feul 'Ordonnance; il la porta au
& Le Gouverneur général figna --- Page 101 ---
Colonie les avantages qu'ils avoient efpérés, & pour ne pas expofer
fur la foi de 'Ordonnance, auroient envoyé des farinés
les' étrangersqui, d'Amirauté, à fouffrir de leur erreur. Enfin je dirai que
dans les ports
favoient pofitivement & depuis
M." les Députés de Saint - Domingue
du
à l'époque où j'ai été dénoncé, que l'Ordonnance
Jong-temps, ouvroit les
d'Amirauté aux farines étrangères, n'avoit
mai qui
ports
été la caufe du rappel de M. le marquis du C. - - : puifque nonpas
expolé verbalement, mais que le II août VoyezPitées
feulement je le leur,avois
juit.M."12
leur avois mandé de la manière la plus précife les vrais motifs U13.
1789 je
de Sa Majefté. Ma lettre fait partie des pièces
du mécontentement
juftificatives jointes à ce 1 Mémoire.
lévidence,
Ia révocation de M. le
Il eft donc démontré jufqu'à
que
marquis du C.,
n'a point été & n'a pas pu être occafionnée par
Y'Ordonnancel. qu'il-avoit rendue le 29 mai: : avec ce fait tombent &
s'écroulent toutes les induétions de mes dénonciateurs, & leurs vains
efforts
faire eroire que j'ai voulu livrer Saint-Domingue au fléau
de la pour famine, dont il a été préfervé par mes foins & par ceux des
Adiminiftrateurs. vois contraint à révéler la caufe de ce rappel ; je le ferai,
Mais je me
dans la décifion de Sa
rien
le Roi me l'a permis: on ne verra
Majelté
de jufte; dans la conduite du Gouverneur général, rien que
que d'honnète dans la mienne, rien que ne dût faire le Miniftre de
;
Sa Majefté.
éclairée Ie dévouement patriotique du Décius François, ofa, en
> & de cette Cour
par
> préfence de PIntendant lui-même > enregiftrer, PIntendant &c. n'affifta >>
à Ia féance: du Confeil
II eft notoire à Saint- Domingue, que
pas en France la
fupérieur où cet enregifirement- eut lieu, & l'on peut en donner
preuve la
plus inconteflable.
le Préfident & Ie Rapporteur, prouve que M. de
L'arrêt d'enregiftrement, Confeil figné par a
& il ne préfide cette Cour de juftice
Fougerou, Doyen du
fupéricur, préfidé,
qu'en. l'abfence de l'Intendant.
les dénos
L'Intendant n'affifta donc point à l'enregidtrement pour s'y oppofer, quoique
a ciatcurs l'affurent pofitivement,
le Préfident & Ie Rapporteur, prouve que M. de
L'arrêt d'enregiftrement, Confeil figné par a
& il ne préfide cette Cour de juftice
Fougerou, Doyen du
fupéricur, préfidé,
qu'en. l'abfence de l'Intendant.
les dénos
L'Intendant n'affifta donc point à l'enregidtrement pour s'y oppofer, quoique
a ciatcurs l'affurent pofitivement, --- Page 102 ---
Ea traite des Nègres deftinés pour Saint-Domingue, eft accordée
François exclufivement à toutes autres nations; la vente
font aux
chaque anhée nos Armateurs, monte à 40,000,000 de livres qu'en
Ce réfultat fuffit pour faire fentir toute
de
tournois.
de commerce.
l'importance
cette branche
VoyerPièces juft, N.14 M. le marquis du C. .
rendit feul & fit enregiftrer le II mai
2 15.
1789, une Ordonnance qui contenoit diverfes difpolitions, mais
entr'autres affocioit les négocians
qui
des
étrangers aux nôtres, dans la traite
Nègres deftinés pour le fud de da Colonie.
C'eft cette Ordonnance que mes adverfaires
faire confondre
s'efforcent en vain de
avec celle du 29 mai; c'eft cette première Ordonnance,
dis-je, que m'apporta le chevalier de la Taurette, ayant fait voile le
mai du Port-au-Prince, arrivé à Breft le 21 juin, parti
Verfailles I5
le 22, & rendu à la Cour le 27.
pour
C'eft cette Ordonnance dont les fuites me parurent d'une telle importance, que je montai chez le, Roi à l'inftant même pour lui en faire
part. Sa Majefté m'ordonna d'en conférer le foir avec les autres
Miniftres', & de préparer mon rapport pour le Confeil d'État
devoit être tenu le lendemain.
qui
Le rappel de M. le marquis du C.
. y fut arrêté le 28 juin.
Ce Gouverneur général étoit contrevenu formellement à fes inftructions; il avoit excédé les pouvoirs que Sa Majefté lui avoit confiés
avoit, dans une matière où il n'étoit autorifé à faire de
; il
règlement
copjointement avec l'Intendant, aboli de fa feule autorité l'effet de que
loix commerciales pendant cinq ans entiers, impofé des taxes
nos
& modéré celles qui étoient légalement établies fur diverfes nouvelles,
exemple bien dangereux. Il avoit, relativement
importations,
à un objet qui n'étoit
point urgent, refufé d'attendre l'approbation de Sa Majefté comme le
lui propoloit le Coadminifrateur. Le feul motif qu'on pit
faveur de fon Ordonnance, portoit fur
alléguer en
une bate faufle, & il feroit
é des taxes
nos
& modéré celles qui étoient légalement établies fur diverfes nouvelles,
exemple bien dangereux. Il avoit, relativement
importations,
à un objet qui n'étoit
point urgent, refufé d'attendre l'approbation de Sa Majefté comme le
lui propoloit le Coadminifrateur. Le feul motif qu'on pit
faveur de fon Ordonnance, portoit fur
alléguer en
une bate faufle, & il feroit --- Page 103 ---
conftater
dans les (a) quatre jurididions oùt TOrdonnance
facile de
que
des Noirs,
de M. du C - permettoit aux étrangers d'importer
des efclaves s'étoit proportiontiellement beaucoup plus augle nombre
années
dans les fix autres Sénéchauffées, quoique
menté depuis huit
que
confidérables. II étoit à
fuffent
plus
ces dernières
proportionnelienent fort au - delà de la partie
craindre que la faculté accordée ne s'étendit
ne fournit au commerce interlope les moyens d'importer
du Sud, qu'elle
mais beaucoup de denrées prohibées dans
non -feulement des Noirs,
prévoir fans
l'oueft & dans le nord. de la Colonie; enfin, pouyoit-on
feroient
les étrangers s'enrichiroient de nos pertes, qu'ils
regret, que
coloniales qui n'avoient dû jufqu'alors
autorifés à enlever les produdions
enièveroient une
fe verfer
dans les ports de France ; qu'ils nous
que
doublement avantageux, qui non * feulement
partie de ces échanges
favorable pour nous, entretiennent
rendént la balance du commerce
mais vivifient
notre Marine marchande, & multiplient nos navigateurs,
l'intérieur même du royaume, en procurant de l'emploi
pour ainfi dire,
des
de travail
& des débouchés à nos manufaétures, en fourniffant objets
des
de fubfiflance a plufieurs millions de François?
&
moyens
le Roi dans cette circonftance, pouvoit
Si la réfolution que prit
citerois les. réclamations qu'éleavoir befoin d'être juflifice 1 je
de
toutes nos
vèrent bientôt les Chambres de Commerce
prefque
de Bordeaux, de Nantes, de Saint-Malo, de Rouen,
villes maritimes,
le relevé des recenfemens de 1781 & de 1787, tel qu'il fut préfenté le
(a) Voici
Confeil d'État. On n'avoit point encorc. lcs recenfemens de 1788,
28 juillet 1789,u
Recenfamens des Jurididions de Jacmel,
Recènfement desfix autres Jurididions.
Saint-Louis, des Cayes is de Jérémie.
216,710.
3781.
53,138.
286,206.
1787.
77,790.
AUGMENTATION.
24,652.
69,496.
plus d'exaditude, faire obferver que deux paroiffes non comprifes dans
Je dois, jurididlions, pour
mais de celle du petit Goave, participoient auffi à T'introduclioa
ces, quatre de traite étrangère. Voy. l'art. 2 de l'Ordonnance dont il s'agit
des Negres
érémie.
216,710.
3781.
53,138.
286,206.
1787.
77,790.
AUGMENTATION.
24,652.
69,496.
plus d'exaditude, faire obferver que deux paroiffes non comprifes dans
Je dois, jurididlions, pour
mais de celle du petit Goave, participoient auffi à T'introduclioa
ces, quatre de traite étrangère. Voy. l'art. 2 de l'Ordonnance dont il s'agit
des Negres --- Page 104 ---
du Havre, de Dunkerque; de la 96 Rochelle, de
feille, qui à la première nouvelle de
Bayonne, de Marf'Ordonnance
II mai, prévirent toute l'étendue des
enregifrée le
menacées,
pertes dont elles étoient
Si prefque toutes les Chambres de Commerce de
maritimes ont élevé des plaintes contre la conduite de M. nos villes
du
le
C 9 fi plufieurs d'entre elles ont demandé fon marquis
eft évident qu'il a tranfgreffé fes inftruétions &
rappel, s'il
voirs, je m'en rapporte à tout homme
outre-paffé fes poudifpenfer de faire droit fur leur jufte impartial; auroit- on pu fe
demande?
au Confeil du Roi d'avoir prévenu leur
peut-on reprocher
tance auffi intéreffante
réquifition dans une circonf
pour lÉtat? eft-il un feul habitant de
provinces maritimes ou intérieures, qui ne s'étonne de
nos
devantl'Affemblée de la Nation.,
avoir
me voir cité
de falut de nos Manufaétures, la pour
coopéré à ce qu'exigeoient
confervation &
notre navigation, & la profpérité du Commerce Faccroiffement de
Je n'ai à me difculper ni du filence
national 2
que j'ai employés
faire
que j'ai gardé, ni des moyens
pour
exécuter avec autant d'exaétitude
cétérité, les ordres que le Roi me donna le 28
que de
tables, & il les avoit médités dans la
juin;ils étoient équicirconflanées
fageffe de fon Confeil. Les
exigeoient ce qu'il a fait: j'euffe été inexcufible
révéler à des particuliers, ce que l'Affemblée Nationale
de
probablement pas que. je difcute même aujourd'hui: il n'exigera
faits qui concernent l'ancien Gouverneur
s'agit des
pour fefquels le Roi a fait
général, & non des motifs
partir avec fecret &
a
Militaires les plus diflingués de la Marine, M. le promptitude, un des
qui a fi bien fecondé M. le Bailli de Suffren
comte de Peinier,
dans
tant de part au fuccès de nos armes.
I'Inde, & y. a eu
Mais Pourquoi m'occuper fi long-temps du
de
du C Saint-Domingue fait
rappel M.le marquis
quil faut imputer le
quece n'eff point a la décifion du Roi
départ de ce, Gouverneur
pas en France, &
général; on ne Tignore
cependant càl en croire la dénonciation, l'ordre du.
rappel
,
dans
tant de part au fuccès de nos armes.
I'Inde, & y. a eu
Mais Pourquoi m'occuper fi long-temps du
de
du C Saint-Domingue fait
rappel M.le marquis
quil faut imputer le
quece n'eff point a la décifion du Roi
départ de ce, Gouverneur
pas en France, &
général; on ne Tignore
cependant càl en croire la dénonciation, l'ordre du.
rappel --- Page 105 ---
rappel auroit arraché du milieu de fa Colonie fon confolateur & fon
appui, II me feroit aifé de prouver que dès le 20 juin, huit jours
avant la tenue du Confeil d'État où ce rapport fut décidé, M. le
marquis du C confioit à un bâtiment la lettre o il m'annonçoit
fon retour. II eft parti en effet de la Colonie le IO juillet, dans un
temps où il étoit impoffible qu'il eût connoiflance de la révocation
de fes pouvoirs, & de ce qui avoit été décidé douze jours auparavant
à Verfailles.
M. lc marquis du C a donc quitté le commandement militaire qui lui étoit confié, il l'a abandonné fans congé, fans permifiion
quelconque, & avant d'avoir été relevé.
On exige la vérité; j'ai rendu compte des faits; Sa Majefté m'ordonne même d'ajouter qu'Elle a été juftement mécontente de cC que
les loix coloniales ont été tranigreffées par 'Ordonnance du I I mai
1789, de ce que les foix militaires ont été violées par le départ d'un
Chef qui, dans des circonflances critiques, eft revenu fans fon autorifation, d'une potleffion éloignée oùt il commandoit.
Ileft enfin accompli,ill'eft dans toute fon étendue,ledevoir rigoureux
que vous avez fu- m'impofer : vous m'avez contraint de rendre
publiques les. caufes du rappel de M. le marquis du C mais
je perfifle à dire que fi quelques-unes de fes actions publiques ont
encouru la cenfure du- Roi & de fon Confeil, ces actions même
avoient pour excufe un défir ardent du bien. Tout ce qu'il a fait
porte l'empreinte de la franchife & delaloyauté de fon caraétère, quilui
permettoient rarement de croire qu'on voulût le tromper, & lui
faifoient écouter avec avidité les confeils de ceux qui lui propofoient
(peut-être infidieufement) des projets fpécieux pour augmenter la
profpérité de la Colonie.
Au milieu des imputations hafardées, des dénonciations téméraires
qu'on dirige contre moi, j'entrevois un reproche mai articulé. J'ai,
dit-on, fix jours après le 23 juin, & quatorze jours avant celui de ia
révolution, difpofé avec defpotifme du fort entier des Colonies.
N
confeils de ceux qui lui propofoient
(peut-être infidieufement) des projets fpécieux pour augmenter la
profpérité de la Colonie.
Au milieu des imputations hafardées, des dénonciations téméraires
qu'on dirige contre moi, j'entrevois un reproche mai articulé. J'ai,
dit-on, fix jours après le 23 juin, & quatorze jours avant celui de ia
révolution, difpofé avec defpotifme du fort entier des Colonies.
N --- Page 106 ---
Moi, difpofer avec difpotifme du fort des Colonies ! d'où peut-or
tirer cette induétion 2 J'ai rapporté au Confeil du 28 juin, les lettres
quim'arrivoient de Sain-Damingesparends compte del'Ordonnance
émanée de M. le Marquis du C . là s'eft borné mon miniftère:
quel apparcil dans la dénonciation d'un fait qui ne devoit pas même
être relevé!
Mes adverfaires veulent-ils faire entendre qu'il y a eu des rclations
entre lc rappel de M. le Marquis du C... 3 dont la date certaine
eft du 28 juin, & les événemens arrivés en France lc 14 juillet? mais
qui pouvoit les prévoir dès le 28 juin; & oublie-t-on qu'au Confeil
d'État de ce mêre jour oùt le rappel de M. le Marquis du C fut
arrêté, fiégeoient feulement les quatre Miniftres dont l'Affemblée
Nationale approuva peu de temps après la conduite?
Enfin, puifqu'on me réduit à parler de celle que j'ai tenue dans ces
circonflances délicates, je dirai que, chargé de porter à un Miniftre en
qui la Nation avoit placé fa confiance, l'ordre des'éloigner du Royaume,
je me permis de faire au Roi les repréfentations les plus preffantes fur
la miffion qu'il me donnoit. Sa Majefté les entendit avec intérêt, Elie
perfifa néanmoins. J'obéis; mais devenu libre, quand i'eus rempli mon
devoir avec fidélité, je portai ma démiffion. Sa Majefié témoigna beaucoup de répugnance à l'accepter. Elle m'ordonna bientôt après de
revenir près d'Elle. Les expreffions de fa bonté touchante refteront à
jamais gravées dans mon coeur ; c'étoit fur le témoignage de l'Affembiée
Nationale, qu'Eile me preffoit de reprendre une place que j'avois
volontairement abdiquée.
Je fuis entré dans tous les détails que la critique la plus févère
pourroit exiger de moi; mais enfin, fi du rappel de M. le marquis du
C... on veut induire que comme homme public, je n'ai rien omis
pour conferver dans leur intégrité les rapports effentiels de commerce
& d'intérêt qui doivent unir à jamais la France à Saint-Domingue, je
m'abandonne à la cenfure, & je ne chercherai point à écarter ull
reproche que je mne fais honneur d'avoir mérité.
la critique la plus févère
pourroit exiger de moi; mais enfin, fi du rappel de M. le marquis du
C... on veut induire que comme homme public, je n'ai rien omis
pour conferver dans leur intégrité les rapports effentiels de commerce
& d'intérêt qui doivent unir à jamais la France à Saint-Domingue, je
m'abandonne à la cenfure, & je ne chercherai point à écarter ull
reproche que je mne fais honneur d'avoir mérité. --- Page 107 ---
S.. I I I.
ApRès avoir dénoncé le rappel foudain d'un Gouverneur cher à la
Colonie, on m'impute la maintenue opinidtre d'an Intendant profcrit; on
m'attribue une lettre d'approbation, didlée, dit-on, aul Roi, en faveur de
cet Intendant coupable.
L'ordre des dates, très- néceffaires à rétablir, veut que j'explique
d'abord dans quelles circonflances la lettre a été écrite.
Lorfque I'Ordonnance du I I mai 1789 fut portée au Confeil fupérieur de Saint-Domingue, M. de Marbois qui y étoit contraire,
s'efforça d'en faire du moins différer l'enregiftrement que le Gouverneur général requéroit. Les mêmes motifs qui avoient porté Sa Majefté
à improuver l'Ordonnance, & le Gouverneur dont elle étoit l'ouvrage, devoient faire obtenir à l'Intendant qui sy étoit oppofé, un
témoignage de fatisfaction. Je mis fous les yeux du Roi, dès que
je l'eus reçu, le difcours motivé que M. de Marbois avoit tenu all
Confeil fupérieur de Saint-Domingue, difcours configné dans les
regiftres de cette Cour de juftice. Le Roi m'ordonna d'en donner connoiffance au Confeil d'État, & on le trouvera au nombre des pièces VPièces
juftificatives
juftificatives de ce Mémoire. Sa Majefté y remarqua le refpect reli- No16s
gieux que doit avoir tout Adminiftrateur pour ies loix dont il pft
fpécialement chargé de maintenir l'exécution; Elle fut encore plus
convaincue du préjudice que porteroient au commerce du royaume,
aux manufaclures que cC commerce alimente, & à la Colonie ellemême, l'admiffion des Nègres de traite étrangère dans la partie du
Sud, l'ouverture des Ports peu furveillés, qui avoient été jufqu'alors
fermés à toutes les autres Nations, & le verfement des produéions
coloniales dans les pays jaloux de notre profpérité; Elle fentit qu'Elle
ne pouvoit employer perfonne plus en état de prévenir les effets d'une
Ordonnance impolitique & illégale, que l'Intendant qui l'avoit combattue avec autant de force, de raifon, que de fermeté de caraétère.
Je fus donc chargé d'écrire à M. de Marbois pour lui témoigner
Nij
Nations, & le verfement des produéions
coloniales dans les pays jaloux de notre profpérité; Elle fentit qu'Elle
ne pouvoit employer perfonne plus en état de prévenir les effets d'une
Ordonnance impolitique & illégale, que l'Intendant qui l'avoit combattue avec autant de force, de raifon, que de fermeté de caraétère.
Je fus donc chargé d'écrire à M. de Marbois pour lui témoigner
Nij --- Page 108 ---
la fatisfaétion que Sa Majefté reffentoit de fes fervices, & pour lengager
à les lui continuer ; car cet Adminifirateur avoit précédemment
demandé & obtenu un congé pour revenir en France; ik avoit été
impoffible de réfifter aux motifs dont il avoit appuyé fes inftances.
Depuis vingt ans, M. de Marbois fervoit fa patrie avec zèfe; il en
avoit paffe dix entiers loin d'elle & au-deli des mers, foit dans
l'Amérique feptentrionale, foit à Saint-Domingue; la mort de fon père,
des affaires relatives à fes intérêts privés, fa fanté même, lui faifoient
défirer ardemment de revenir dans fes foyers.
II étoit à craindre qu'il ne hâtât fon retour. Je m'empreffai de lui
écrire; & après l'avoir informé de da caflation de l'Ordonnance du I I
mai, du rappel de M: le marquis du C... :, du départ de M. le
comte de Peynier, j'ajoutois dans ma lettre du 3 juillet 1789:
Ge L'intention de Sa Majeilé eft que, dans les circonflances préfentes,
>> vous ne quittiez point une Colonie que vousavezfi bien adminiftrée,
> & où vous pouvez Jui rendre les. fervices. les plus importans. Je
2 fuis perfuadé que vous n'héfiterez point à lui témoigner votre dévoue-
>> ment. L'exhortation même que je vous fais de la part de Sa
>>
Majefté,
doit être regardée comme une nouvelle margue de la confiance qu'Elle a
s enl vous. >>
J'eus l'honneur de prélenter aul Roi cette lettre qu'il m'avoit ordonné
'de Jui apporter. Il la fit lire dans fon Confeil, Fapprouva; & la néceffité de conferver à Saint-Domingue un homme qui en connoiffoit parfaitement le régime, fur-tout au moment oû l'on Y faifoit patfer un
Gouverneur nouveau, détermina Sa Majefté à lui cionner direétement
des preuves de la confiance dont elle l'honoroit.
Voici des propres mots que le Roi daigua écrire de fa main.
< C'eft par mon ordre exprès que M. de la Luzerne vous écrit.-
s Continuez à remplir vOS fondions & à m'être auffi utile que vous
>> l'avez été jufqu'ici. Vous pouvez être sûr de mon approbation, de:
>> mon eflime, & compter fur mes bontés. >>
Je ne fuivrai point mes dénonciateurs dans la paraphrafe peu refpec:
elle l'honoroit.
Voici des propres mots que le Roi daigua écrire de fa main.
< C'eft par mon ordre exprès que M. de la Luzerne vous écrit.-
s Continuez à remplir vOS fondions & à m'être auffi utile que vous
>> l'avez été jufqu'ici. Vous pouvez être sûr de mon approbation, de:
>> mon eflime, & compter fur mes bontés. >>
Je ne fuivrai point mes dénonciateurs dans la paraphrafe peu refpec: --- Page 109 ---
TOT
tueufe
renferme le treizième chef de Ieur étonriante dénonciation.
que
Sa Majefté eft feule juge de ce qu'Elle a fait ; &' quandlfamour qu'Elle
à fon peuple, quand le délit de conferver dans la Colonie un
porte
ferviteur fidèle & utile àila chofe'publique, l'auroient engagé à s'écarter,
dans la circonflance, de ce qu'on appeloit autrefois des' formes d'ufnge
eft-ce
doitis'en plaindre? un Moou de convenance,
aujourd'hui qu'ôn
narque en eft-il moins grand pour fe communiquer quelquefois à des
fujets zélés pour le bien de leur patriel
Je paffe au reproche de maintenue opinidtre d'un Intendant profcrit.
Ce fut le vendredi 24 juillet 1789, & nonle 29 juin précédent,
pour: la première fois, MM.les Députés de Saint-Domingue me
que, demandèrent verbalement le rappel de:M. de Marbois. Ils n'exhibèrent
cet Adminiftrateur fàt coupable, ou que
aucune. pièce qui conftatât que
la miflion de l'accufer au' Confeil du Roi, deur eût été donuée par la
Colonie.J'ai donc eu de puiffans motifs pour exiger qu'iis m'envoyafient
leurs réclamations par' écrite Je reçus d'eux,le 29 juillets uhe dettre
commençant par ces. termes.
C9t1e demandé de vous préfenter
écrit les réclamac Vous Hous avez
par.
>> tions, objets de fa conférence que nous avons eue avec vous, ven39 dredi (a) foir : elles fe réduifent aux points fuivans
Le rappel immédiat de f'Intendant Marbois juflement. abhorré de
t) II eft donc enfin prouvé. jufqu'à Ia démoniration r & par une lettre qu'ont fignée
MM. les Députés cux-mêmes, que c'eft le vendredi 24 juiller 1789, & non ie 29 juin,
qu'ils ont: eu avec moi la.converfation où ils ont demandé le rappei de M; de Marbois.
Mais le genre de preinves qu'ils oppofent mérite quelques remarques.
a Ils difent d'abord : Dix d'entre nous ont été témoins ds dépeferont du fait que nous
aiangens. Mais il eft poflibfe que le temps ait effacé ceite époque de votre mémoirc. La pièce écrite
peu après la conférence , & fignée de vous, mérite une foi entière, & vous ne pouvez
défapprouver que je m'y réfère 3 quand nous fommes divifés fur une date. Vous êtes mes
dénonciateurs; plufieurs de vous fort mes parties; vousferez mes jages: vondridz-vons être
témoinst Des dénonciations tellés que- les vôtres ne devoient pas être fondées fur de vaines
allégations; c'étoient des. pièces. probantes qu'il falloit prodnire, & non une jettre écrite
, & vous ne pouvez
défapprouver que je m'y réfère 3 quand nous fommes divifés fur une date. Vous êtes mes
dénonciateurs; plufieurs de vous fort mes parties; vousferez mes jages: vondridz-vons être
témoinst Des dénonciations tellés que- les vôtres ne devoient pas être fondées fur de vaines
allégations; c'étoient des. pièces. probantes qu'il falloit prodnire, & non une jettre écrite --- Page 110 ---
IO2
29 Saint-Domingue qui, depuis trois ans, follicite vivement & vaine-
> ment fon rappel. >
Je rapportai les différentes demandes de M." les
Députés au Confeil
du Roi le.9 août dernier; & je leur adreffai ma
le
réponfe
II du
même mois; jy difois fur l'article qui concernoit M. de Marbois.
>> La juftice du Roi ne lui permet pas de donner des marques de
>> mécontentement à M. de Marbois fur des inculpations qui
a
julqu'ici
ne font appuyées d'aucune preuve; le Roi a néanmoins cherché les
>> moyens d'accéder à votre voeu. Cet Intendant a demandé depuis
.> long-temps la faculté de s'éloigner de la Colonie; non-feulement la
>> permiffion lui en a étéaccordée, mais je viens d'écrire de la part de Sa
>> Majeflé.à M. le comte del Peynier & à lui, pour le détermineràen: faire
>> ufage auffitôt qu'il receyra ma lettre : le défir que vous avez de voir
>> ceffer fon adminiftration fera fatisfait, fans que l'équité du Roi fe
>> trouve compromife. >>
J'avois écrit en effet la veille à M. de Marbois, je l'avois engagé à
profiter du congé qu'il avoit antérieurement obtenu. Ma Jettre lui eft
parvenue le I 8 octobre; il a annoncé fon départ pour le 28 du même
mois, & le bâtiment qui f'a ramené en Europe fe trouvant prêt, il
a mis à la voile dès le 26. Peut-on montrer plus de ponctualité? Tous
. ces faits font connus des dénonciateurs; comment ont-ils
dire
pu
que
à vos Commettans, lettre que je ne dois pas reconnoitre. Le combat que vous me livrez
eft bien étrange. L'un de vous hafarde une première denonciation le I.T décembre;elle refte
cing mois dans l'oubli. On cn voit paroitre une feconde : vous y annoncez des
vous Ies promettez; vous certifiez qu'elles font dans Vos mains, & que vous les preuves, nettez >
fous les yeux de l"Affemblée. Je les demande; ;. on n'en fournit aucune : je n'en
moins ma défenfe, & je me livre au hafard de voir arriver de Ia Colonic les actes produis des pas
hommes mal intentionnés pourroient fabriquer après conp, dans'le deffein de vous que furprendre & de me nuire. Je demande des preuves, ai-je dit (V.Pièces juftificatives n.4 17
dr. 18), nulle pièce juftificative cependant n'a accompagné ni fuivi l'envoi des chefs
de dénonciation. Je prends acte de ce filence, & je protefte contre toutes celles
pourroient être envoyées ultérieurement, & qui n'auroient pas tous les caractères qui de
l'authenticité la plus pa-faite, & de la publicité Ia plus conftante.
des preuves, ai-je dit (V.Pièces juftificatives n.4 17
dr. 18), nulle pièce juftificative cependant n'a accompagné ni fuivi l'envoi des chefs
de dénonciation. Je prends acte de ce filence, & je protefte contre toutes celles
pourroient être envoyées ultérieurement, & qui n'auroient pas tous les caractères qui de
l'authenticité la plus pa-faite, & de la publicité Ia plus conftante. --- Page 111 ---
maitenu opiniatrément dans fa place un Intendant coupable &
Javois tandis
jai concouru à accélerer, autant qu'il étoit poflible,
profcrit,
que
fans
des
le retour de M. de Marbois en Europe,
m'écarter, cependant
de
feront toujours dans le coeur de Sa Majefté,
principes juflice.qui
& je puis l'ajouter, dans le mien..
Ics inculpations qu'on s'eft
Qu'on ne croie pas cependant que
permifes contre M. de Marbois foient appuyées de la, moindre preuve:
ce fera à lui, s'il eft jamais accufé,. à établir f défenfe perfonnelle;
maisj je crois de mon devoir de le confidérer fous fes rapports d'homme
public , & de préfenter les réfultats de fon adminiftration.
Faire rendre la juftice & adminiftrer les finances, font les principales
fonctions de FIntendant d'une Colonie.
Avant
M. de Marbois les exerçât à Saint- Domingue, on sy,
plaignoit que de la longueur des procès, & de l'art qu'on employoit pour
les éternifer.
des vacances du mois dejuillet dernier, nulle affaire
Et àl'ouverture
n'étoit arriérée.
Le Confeil du Roi étoit jadis fouvent occupé des demandes en caflation formées contre les arrêts des Confeils de la Colonie.
Et elles font moins nombreufes depuis que M. de Marbois a rempli
la place de Préfident du Confeil de Saint-Domingue; ; très-rarement on.
s'eft pourvu contre ies ordonnances qu'il a rendues' pendant quatre
années d'une adminiftration où les réformes ont été néceffaires & multiplices. Saint-Domingue s'étoit endetté, avant fon arrivée,de onze millions.
- Et fous fon adminifiration, cette Colonie s'eft entièrement libérée ;
eft
France, qu'une feule créance
O1l ne réclamoit, quand,il parti pour
litigieufe de 500,000". Tout fe payoit comptant, quelquefois d'avance;
& il y avoit plus d'un million en réferve dans les caiffes publiques,
In'avoit cependant été exigé aucun nouvel impôt au profit du Roi;
aucun des anciens n'avoit ét6 augmenté, & lc droit fur, les boucheries,
avoit même été fupprimé, La Colonie ne coûtoit plus rien à la Métros
O1l ne réclamoit, quand,il parti pour
litigieufe de 500,000". Tout fe payoit comptant, quelquefois d'avance;
& il y avoit plus d'un million en réferve dans les caiffes publiques,
In'avoit cependant été exigé aucun nouvel impôt au profit du Roi;
aucun des anciens n'avoit ét6 augmenté, & lc droit fur, les boucheries,
avoit même été fupprimé, La Colonie ne coûtoit plus rien à la Métros --- Page 112 ---
pole, & fe fuffifoit pour ainfi dire à elle-mème; elle vendoit avanta:
geufement fes denrées, & les retours qu'elle recevoit, ajoutoient annueliement à fon opulence.
Jamais ori ne m'avoit adreffé aucune plainte étayée de
M. de Marbois ; qu'on juge fi le Confeil du Roi a dû preuves,contre accueillir des
accufations qui en étoient abfolument dénuées. Pouvoisje me
de répondre, le I I août 1789, MM. des Députés qui demandoient difpenfer
le rappel de cet Intendant, que la juflice du Roi ne permettoit
que Sa Majefté donnit à M. de Marbois des marques de mécontente- pas
ment fur des inculpations qui n'avoient été jufque - la appuyces d'aucunes
preuves. !
II n'y eût point eu d'opiniâtreté à le maintenir, il etit été injufte
de le révoquer; j'ai pris le feul parti qui, dans la circonftance,
concilier des intérêts contraires, fins bleffer l'équité. M. de Marbois, pouvoit
qui ne défiroit lui-même que de repaffer en Europe, y eft revenu, &
je n'en fuis pas moins dénoncé pour l'avoir opinidtrément maintenu dans
la Colonie.
QUATORZIEME PIECE COMMUNIQUEE
Délibération prijfe par les habitans de la partie du Nord, le 22
janvier 1790.
QUINZIEME PIECE COMMUNIQUÉE
Leure ordonnée par PAfembléc de la partie du Nord, à MM. les
Députés de Saiu-Domingue, le 9 ferrier 1790.
R ÉPO N S E.
LE Comité des Rapports, en me failant remettre copie des treize
chefs de dénonciation auxquels je viens de
d'une délibération
répondre, y a joint celle
prife par les habitans'de la partie du Nord, le 24
janvier
EME PIECE COMMUNIQUÉE
Leure ordonnée par PAfembléc de la partie du Nord, à MM. les
Députés de Saiu-Domingue, le 9 ferrier 1790.
R ÉPO N S E.
LE Comité des Rapports, en me failant remettre copie des treize
chefs de dénonciation auxquels je viens de
d'une délibération
répondre, y a joint celle
prife par les habitans'de la partie du Nord, le 24
janvier --- Page 113 ---
IO5
janvier dernier, & celle d'une lettre adreffée par cette même affemblée
(a) à M.'s les Députés de Saint-Domingue le 9 février fuivant.
Les rédaétcurs de la lettre s'y réfèrent à la délibération qui l'a
précédée ; c'eft donc de cette délibération feulement que je dois
m'occuper, c'eft aux faits quiy font allégués que je dois répondre.
J'y remarque, à ia fimple leéture, que l'Affemblée de la partie du
nord de la Colonie, n'autorife da dénonciation qui a été faite contre
moi d'une manière pofitive, que relativement à la réunion des deux
Confeils du Cap & du Port-au-Prince, & à celle des cailles municipales. Elle fe plaint, fur ce fecond chef, de ce que les deux refforts ont
été foumis au même régime, quant aux droits curiaux & au traitement
des Miniftres du culte; mais je ne trouve dans cette pièce, rien qui
ait trait à onze autres chefs qui ont cependant formé autant de
chapitres particuliers dans ia maffe des treize dénonciations portées
contre moi.
Mais je remarque de plus dans cette délibération des habitans de la
partie du Nord, fix autres chefs de dénonciation très-articulés, &
les dénonciateurs de France ont néanmoins jugé à propos de ne point que
énoncer.
Je leur demande fi cette délibération du 24 janvier dernier, eft le
feul pouvoir en vertu duquel ils agiffent, ou s'ils en ont d'autres.
Dans de dernier cas, pourquoi les dénonciateurs ne les ont-ils pas communiqués : je me fuis montré d'une manière afles franche pour avoir
le droit de les faire expliquer fur ce point. II paroitra étrange fans
doute 3 que quand on attend de moi des réponfes, on m'ait caché
jufqu'au titre qu'on a pour mc les demander.
Si la délibération du 24 janvier 1790 eft la véritable & la feule
(a) Je dois faire obferver que cette pièce n'eft fignée que de M. l'archevêque
comme Préfident de l'Affemblée provinciale ; de M. l'Archevèque Thibaud Thibaud,
aprés avoir été l'un des Députés, a, depuis Ia dénonciation projetée contre moi, , qui,
de France à Saint-Domingue,
repaffé
mc les demander.
Si la délibération du 24 janvier 1790 eft la véritable & la feule
(a) Je dois faire obferver que cette pièce n'eft fignée que de M. l'archevêque
comme Préfident de l'Affemblée provinciale ; de M. l'Archevèque Thibaud Thibaud,
aprés avoir été l'un des Députés, a, depuis Ia dénonciation projetée contre moi, , qui,
de France à Saint-Domingue,
repaffé --- Page 114 ---
procuration dont foient munis mes adverfaires, je les interpelle de
déclarer pourquoi ils y ajoutent, & pourquoi ils en retranchent'Tout
mandataire doit fe renfermer dans les bornes de fon mandat; fans
autorité par lui-même, il ne peut exercer que celle qui lui a été déléguée par autrui.
Ces queflions pourroient paroitre preffantes' à mes adverfaires; je
veux encore prendre fur moi le foin d'y répondre.
Les onze faits dont Ol1 a imaginé en France de faire des chefs de
dénonciation, font tels, quiln'eft pas même venu à l'idée des habitans
de la Colonie, qu'ils puffent être l'objet d'un reproche. Ma conduite
y eft connue; mon zèle pour le bien général y a été applaudi; mes
efforts y ont été encouragés par les fuffrages de ceux même qui me
pourfuivent aujourd'hui; ils m'ont donné des affurances de leur eftime :
j'en conferve le témoignage dans la lettre qu'ils m'écrivirentle 3 I août
1788,huit mois après mon entrée dans le miniftère ; elle commence
par ces mots: :
Colons de
n'ont
fe confoler de vous
<c Les
Ssint-Domingue qui
pu
>> voir quitter le gouvernement de leur ile 3 qu'en vous voyant
>> fiéger au Confeil comme Miniftre de la marine, viennent aujourcette
bonnes intentions leur ont
&c.>
>> d'huiavec
confiance que vos
infpirée,
Jc lis au bas de cette lettre les noms de M. le marquis de Gouy,
d'Arcy, de M.le comte de Reynaud, de M. le marquis de Perrigny,
d'habitations à Saint-Domingue, & ils
de fix autres propriétaires
m'écrivoient comme étant les Commifaires de Ja Colonie.
Les onze chefs d'accufation ne font donc point l'ouvrage de la
Colonie; elle les ignore. L'adhéfion de quelques-uns de fes habitans,
tentera fans doute d'obtenir, fera tardive; j'en ai pour garant
qu'on
fon filence aétuel qui les dément. Je dois donc ne les attribuer qu'a
T'animofité particulière d'une partie des dénonciateurs. Dans plufieurs
de ces chefs, onl ne traite que d'intérêts ou de gricfs privés; & ce
étonnant, plufieurs dc ces
font unine
griefs
qui
paroitra pas peu
quelques-uns de fes habitans,
tentera fans doute d'obtenir, fera tardive; j'en ai pour garant
qu'on
fon filence aétuel qui les dément. Je dois donc ne les attribuer qu'a
T'animofité particulière d'une partie des dénonciateurs. Dans plufieurs
de ces chefs, onl ne traite que d'intérêts ou de gricfs privés; & ce
étonnant, plufieurs dc ces
font unine
griefs
qui
paroitra pas peu --- Page 115 ---
1O7
quement relatifs à des Députés qui n'ont pas héfité à les figner, &
à en faire des dénonciations préfentées au nom de la Colonie (a).
Ces onze chefs de création nouvelle, traitent de faits qu'on préfumoit ne pouvoir être que difficilement vérifiés en France. A-t-on
cru par cette raifon qu'il y auroit peu d'inconvénient de les hafarder
ici; que les réponfes fe feroient attendre, & que la dénonciation y.
gagneroit d'autant?
Ces fix faits relatés dans la délibération de l'Affemblée du Nord;
en date du 24 janvier dernier, étoient aul contraire de nature à pouvoir
être facilement éclaircis en France par des aétes authentiques. La feule
notoriété fuffiroit pourm'en difculper, & confondre auflitôt mes dénonciateurs. Eft-ce par cette confidération qu'ils fe gardent bien de me
les objecter en Europe, & de les revêtir de leurs treize fignatures?
H eft évident que ces fix reproches ont été conçus en France, qu'on
avoit trouvé moyen de les faire éclore en Amérique, & qu'on
a foin de m'imputer dans chacune de ces deux parties du monde, ce
qui ne peut être vérifié que dans l'autre.
Certes il ett temps qu'on me faffe connoître mes vrais dénonciateurs,
& queje fache jufqu'oi peuvent aller leurs inculpations. Ma juftification
ne reftera pas incomplette : je ne veux aucune grâce ; l'homme pur n'en
a pas befoin.. Je foumets à l'Affemblée Nationale les fix chefs qu'on s'eft
abftenu de figner, & je me dénonce moi-même.
Je ne rappellerai point ici ce qu'en répondant aux treize premiers
chefs de dénonciation , j'ai dit fur la réunion des Confeils oufur l'uniformité du régime dela Colonie. Quant au traitement des Miniftres du culte,
& à l'adminiftration d'une caiffe foumife à la feule infpedlion du Confeil
fupérieur de Saint-Domingue, je prie qu'on fe reporte aux differens
chapitres otj'ai diffipé ces reproches; je ne m' occupe plus que de ceux
qui font énoncés dans la délibération de l'Affemblée provinciale du
(a) Voyez les troifième & cinquième Chefs.
Oij
régime dela Colonie. Quant au traitement des Miniftres du culte,
& à l'adminiftration d'une caiffe foumife à la feule infpedlion du Confeil
fupérieur de Saint-Domingue, je prie qu'on fe reporte aux differens
chapitres otj'ai diffipé ces reproches; je ne m' occupe plus que de ceux
qui font énoncés dans la délibération de l'Affemblée provinciale du
(a) Voyez les troifième & cinquième Chefs.
Oij --- Page 116 ---
Nord, du 24 janvier dernier, qui n'ont pas été adoptés & fignés par
mes dénonciateurs qui fe difent néanmoins fes mandataires.
P 2e RE MI E R REPRO CHE.
r."Fait. Jeniaipoint , dit-on, envoyé de Saint-Doningue le Décret de LAfemblée
Nationale, , qui ordonne aux Troupes deprèter le nouveau ferment
C1l préfence des Oficiers municipaux.
R E P ONS E.
IL étoit dans l'intention del'Affemblée Nationale, que tous fes Décrets
envoyés aux Colonies. Le Mémoire qui
ne fuffent pas indifinétement
&
lui fut adreffé par les Miniftres, le 27 oétobre 1789, qu'elle peut
aifément fe faire repréfenter, conftate que je défirois avoir des éclairciffemens fur ce point pour me conformer à fes principes.
L'Affemblée a délibéré depuis fur les Colonies, & parfon Décret du
8 Mars, elle a annoncé qu'elle n'avoit jamais entendu les comprendre dans
la Conftitution qu'elle a décrétée pour le royaume.
Qu'ai-je donc à me reprocher 3je me fuis tenu dans une fage réferve:
Je n'ai certainement envoyé aucun ordre qui pût, ni fur le ferment des
troupes, ni fur tout autre point, arrêter l'exécution des Décrets de
l'Aflemblce.J'ai attendu, comme je le devois,qu'elle décidât elle-même
convenir à des poffeffions fi différentes de la Métroce qu'elle jugeroit
de la
des Colons
pole. A quels reproches ne me ferois-je pas expofé
part
eux-mêmes, fi j'euffe pris fur moi de faire paffer à Saint- Domingue
plufieurs de ces Décrets qu'elle a jugés n'être pas applicables aux.
Colonies?
Le Mémoire des Minifires, le Décret de l'Affemblée, tout me juftifie
auprès d'e'le, & la Colonie ne me croit répréhenfible que parce qu'on
a eu grand foin de lui cacher quels étoient les véritables devoirs du
Miniftre. On fouftrait à fa connoiffance ce qui concerne fes plus grands
paffer à Saint- Domingue
plufieurs de ces Décrets qu'elle a jugés n'être pas applicables aux.
Colonies?
Le Mémoire des Minifires, le Décret de l'Affemblée, tout me juftifie
auprès d'e'le, & la Colonie ne me croit répréhenfible que parce qu'on
a eu grand foin de lui cacher quels étoient les véritables devoirs du
Miniftre. On fouftrait à fa connoiffance ce qui concerne fes plus grands --- Page 117 ---
intérêts; les lettres des'particuliers, celles même que j'écris de la part du
Roi aux Adminiftrateurs, y font interceptées. Je me fuis plaint de cet
abus & de plulieurs autres, , dans ma dépèche en date du IO avril;
adreffée à M. le comte de Peynier.Je demande qu'on donne une grande VoyezTitces
attention à cette pièce importante, & qui eft une forte d'appei à la jull.M19.
vérité,
Le reproche qu'on m'a fait dans la partie du Nord, ne peut
donc tomber fur moi, & il ne s'adreffe véritablement qu'à ceux qui
ont empéché la vérité de sy faire connoitre.
IL REPROCHE
J'aifait les plus grandls cfors pour arrêter L'admiftion des Députés 2, Fait.
de Saint-Domingue à PAfemblée Nationale.
RÉPONS E.
ONa pu infpirer cette idée à ceux qui habitent à dix-huit
cents lieues de la Métropole; mais ce chef de reproche eft un de
ceux que mes adverfaires fe font prudemment abflenus d'adopter &
de revêtir de leurs fignatures, parce qu'il auroit difficilement été
admis par l'Affemblée Nationale. Qui mieux qu'elle peut favoir
fi j'ai fait près de fes membres 1 aucune démarche pour empécher
l'admiffion des Députés de Saint-Domingue 2 je fupplée au filence des
Repréfentans de la partie du Nord;je préfente à l'Affemblée Nationale un chef de dénonciation, fur lequel, fans autre examen, elle
peut à l'inflant même prononcer.
Les Députés de Saint-Domingue fe difoient fondés de pouvoirs
& légitimement élus. Le Roi & fon Confeil ont cru ne devoir pas,
préjuger une queftion douteufe, & fur laquelle il n'appartenoit qu'à
l'Affemblée Nationale de ftatuer; ils n'ont jamais fait connoitre leur
opinion. Pourquoi veut-on interpréter leur filence? pourquoi chèr-
en, elle
peut à l'inflant même prononcer.
Les Députés de Saint-Domingue fe difoient fondés de pouvoirs
& légitimement élus. Le Roi & fon Confeil ont cru ne devoir pas,
préjuger une queftion douteufe, & fur laquelle il n'appartenoit qu'à
l'Affemblée Nationale de ftatuer; ils n'ont jamais fait connoitre leur
opinion. Pourquoi veut-on interpréter leur filence? pourquoi chèr- --- Page 118 ---
IIO
che-t-on à faire fulpedter les motifs les plus purs? La conduite du
Gouvernement a eu pour objet de donner une jufte marque de
déférence à 'Affemblée Nationale, & de réferver tous fes droits;
elle prouve de plus ia follicitude fcrupuleufe & paternelle de Sa
Majefté, pour les intérêts de la Colonie.
IIL REPROCHE
Jaifarorif, d je favorife encore les Gens de couleur.
3-Faits
RÉPONS E.
LA haine cft ingénieufe, & vient d'inventer un moyen nouveau
pour me nuire au-delà des mers.
On a recours à l'artifice pour exciter l'indignation de la Colonie,
contre un Miniftre qui en a été le Gouverneur. La mémoire de fon
Adminiftration Ty protégeoit, & il n'étoit pas facile de l'inculper
près d'elle avec fuccès. On a tenté, mais inutilement, de le rendre
un feul mot odieux à la contrée dont il avoit bien mérité, &
par de faire ajouter foi à tout ce que la calomnie tâcheroit déformais
d'y répandre contre lui I'protège, a-t-on dit (a),les Gens de
couleur.
Quelle eft cette prétendue faveur que je leur accorde?
: Eft-ce en France qu'elle s'eft manifeftée, comme on veut le perfuader
aux Colons qui réfident à Saint-Domingue 2
En ce cas, je fomme mes dénonciateurs d'en adminiftrer dcs preuves
(a) Pluficurs hommes de couleur libres, qui fe trouvoient en France, ont demandé
à l'Affemblée Nationale que leur état civil dans les Colonics fût amélioré.
On a voulu perfuader à Saint-Domingue que je lcur avois prété quelque appui. Une telle
imputation eft d'autant plus abfurde, gue cette pétition même ne me concernoit en aucune
manière; je n'avois droit de faire aucune démarche, & je déclare formellement que
je n'en ai fait aucune.
res, qui fe trouvoient en France, ont demandé
à l'Affemblée Nationale que leur état civil dans les Colonics fût amélioré.
On a voulu perfuader à Saint-Domingue que je lcur avois prété quelque appui. Une telle
imputation eft d'autant plus abfurde, gue cette pétition même ne me concernoit en aucune
manière; je n'avois droit de faire aucune démarche, & je déclare formellement que
je n'en ai fait aucune. --- Page 119 ---
à l'Afemblée Nationale, & de remplir à cet égard le voeu de leurs
Commettans.
Dira-t-on réciproquement à Paris, que c'eft en Amérique que je
protège les hommes de couleur libres?
J'invoque la Colonie; elle m'a vu jufte tandis que je fa gouvernois:
j'ai acquis alors le droit de demander qu'elle le foit aujourd'hui
envers moi.
QUATRIEME REPROCHE,
J'ai refifé de m'oppofer a l'embarquement d'Ecrits do d'Efampes 4. Fait.
deftinés à faire naitre les plus grands défordres dans la Colonie,
courir des rifques prefque certains 2 la fircté individuelle de tous
fes habitans.
RÉPONSE
JE connois les ftrneftes effets d'écrits & d'eftampes incendiaires;
mais comment, dans les circonftances préfentes, empécher qu'il n'en
foit envoyé dans les Colonies ?
Mes dénonciateurs fe font difcrètement abflenus d'appuyer en France
ce reproche, 9 car on.y fait que je n'ai aucun moyen de police & de
furveillance ; je ne fonge pas même à arrêter les écrits qu'on diftribue
contre moi (a); je n'ignore cependant pas qu'ils s'envoient, & que
les fignes les plus refpeétables ont fervi de paffeports à la calomnie.
Pourquoi ceux qui m'ont accufé auprès de la Colonie, de ne point
(a) Des libelles calomnieux ont été adreffés contre moi avec profufion, & à toutes Voyez Pièces
Ies Colonies & dans toutes les villes du Royaume :je me borne à produire unc lettre du juit.V.20.
Commandant de la Marine à Touion, qui prouve comment ils y ont été reçus. Pareil
envoi a eu le mêmc fuccès dans d'autres Ports. On avoit adreflé ces brochures à MM. les
Lieutenans & à MM. Ics Sous-lieutenans de Vaiffeau. Qu'il me foit permis dc faifir cette
occafion pour offrir T'hommage public de mon eftime à des Officicrs dirigés par le fentiment
de lhonneur, & qui n'cn méconnoiffent jamais la voix.
, qui prouve comment ils y ont été reçus. Pareil
envoi a eu le mêmc fuccès dans d'autres Ports. On avoit adreflé ces brochures à MM. les
Lieutenans & à MM. Ics Sous-lieutenans de Vaiffeau. Qu'il me foit permis dc faifir cette
occafion pour offrir T'hommage public de mon eftime à des Officicrs dirigés par le fentiment
de lhonneur, & qui n'cn méconnoiffent jamais la voix. --- Page 120 ---
II2
mettre d'oppofition à l'envoi des écrits & eflampes qui peuvent jufte:
ment l'alarmer, lui ont-ils laifté ignorer cC que je viens d'expofer, &
fe font-ils plu à me faire imputer par elle des abus que je ne puis
empècher!
CINQUIEME REPROCHE.
5."Fait. Jairefufe de donner des ordres pour faire arrêter les fieurs M
dr G accufes de s'être embarqués avec des milliers de fuals,
pour tenter zne infurredtion dans la Colonie.
RI E P O NS E.
RENDRE compte de ce qui is'eft paffé, c'eft écarter un reproche que
je n'ai certainement pas mérité.
MM. les Députés de Saint-Domingue m'écrivirent le 4 août 1789;
&r m'envoyèrent un Mémoire en forme de dénonciation, figné de M...
Fun d'eux; ils demandoient que je prévinfe un envoi d'armes deftinées
Saint-Domingue. On me donnoit le fignalement de deux hommes;
pour O1l m'indiquoit leurs noms; On1 accufoit un Club confidérable de
Paris de deffeins coupables, ,& déjà, difoit-on, mis en partie à exécution:
on demandoit enfin qu'aucun efclave ou homme de couleur, alors en
France, ne pât repaffer dans la Colonie.
Je ne publierai point la dénonciation, pour ne pas faire foupçonner
injuftement un grand nombre de citoyens qu'on accufoit de projets
dont il n'exiftoit aucune trace.
J'ajouterai feulement que les connoiffances qui étoient particulières
à plus d'un Membre du Confeil, influèrent fur la réfolution qu'on
y prit.
Les mêmes faits avoient été dénoncés, onze ou douze jours auparavant, à un autre Miniftre & à moi, par un particulier qui mettoit un
grand prix, à ia révélation d'un complot imaginaire, & que tout a
démenti depuis.
Quelques
'exiftoit aucune trace.
J'ajouterai feulement que les connoiffances qui étoient particulières
à plus d'un Membre du Confeil, influèrent fur la réfolution qu'on
y prit.
Les mêmes faits avoient été dénoncés, onze ou douze jours auparavant, à un autre Miniftre & à moi, par un particulier qui mettoit un
grand prix, à ia révélation d'un complot imaginaire, & que tout a
démenti depuis.
Quelques --- Page 121 ---
recherches qu'on ait fait faire alors dans nos Ports, ou,
Quelques
devoit embarquer étoicnt raffembiées, on
difoit-on, les armes qu'on
des deux individus dont on donnoit
n'a pu Y en découvrir. L'exiflence
les noms
leur
le fignalement, eft reflée même très - douteufe :
qu'on
attribuoit convenoientàt tant de perfonnes, qu'ilsn'en délignoient aucune;
nul indicé n'a coufirmé depuis un rapport que des vues
en un mot,
dès-lors avoir fuggéré. On préfuma que
d'intérêt perfonnel paroiffoient
lieu
foi d'ia
ce même particulier voyant que les Miniftres, au
d'ajouter
fable qu'il leur avoit racontée, prenoient des informations, efpéra qu'on
la croiroit ailleurs fans examen, qu'il alla jeter à deffein des craintes,
& donna lieu à la dénonciation qui me fut envoyée par MM. les Députés
de Suint-Domingue.
Quoi qu'il en foit, le Confeil du Roi affemblé le 5 août, penfa que
fur des allégations auffi peu vraifemblables, on ne devoit point autorifer
des aétes illégaux; mais je ne négligeai aucune des précautions que la
exige en pareil cas. Je fis part de la décifion, à MM. les
prudence de Saint-Domingue, par une lettre datée du 7 août 1789.
Députés Le même jour j'écrivis à M. le Comte de Peynier, & en lui envoyant
la dénonciation, je lui marquois que l'objet étoit d'unefgrande importance,
à
Voyez Tiècedil
qu'il méritoit toute fon attention, toute fa furveillance. Jel'engageois prendre jufif. N.o 2.
les
er déconcerter julquà la moindre u 22,
toutes
mefures pofibles pour prévenir
tentatiye de foulèvement.
Peut-on blâmer cette conduite' : n'étoit-i il pas plus fage d'obferver en
flence & de prendre fecrètement des précautions, que d'infpirer des
alarmes mal-fondées à tous les habitans de Saint-Domingue, & de caufer
un mal réel par le feul effroi d'une infurredtion imaginaire?
pa
déconcerter julquà la moindre u 22,
toutes
mefures pofibles pour prévenir
tentatiye de foulèvement.
Peut-on blâmer cette conduite' : n'étoit-i il pas plus fage d'obferver en
flence & de prendre fecrètement des précautions, que d'infpirer des
alarmes mal-fondées à tous les habitans de Saint-Domingue, & de caufer
un mal réel par le feul effroi d'une infurredtion imaginaire?
pa --- Page 122 ---
SIXIEME REPROCHE.
à Thotel de Malfiac, n'ont donné 1172 mode
Sixième Fait, Les Colonsqui s'affemblent
de convocation d'afemblée générale de la Colonie.
RÉPO N S E.
ON a tenté de perfuader à l'Affemblée de la partie du Nord, que
l'inftigateur de celles que tiennent à Paris plufieurs de MM. les
j'étois Colons qui y réfident. On a ajouté que je les avois excités à traverfer
les deffeins de MM. les Députés de la Colonie.
Ce fait abfurde eft de la même nature que les cinq autres, facile
à détruire à Paris, mais fufceptible d'avoir été cru à Saint-Domingue.
Je n'ai eu de correfpondance avec M." les Colons réunis à Paris,
relativement à une feule affaire; mais comme ils ont été confultés
que aiors
le Confeil du Roi, conjointement avec M." les Députés de
Saint-Domingue, par
& qu'ils ont été du même avis qu'eux, il me paroit
incroyable qu'on ait perfuadé à Saint - Domingue, qu'ils les avoient
traverfés dans leurs projets.
J'entrerai à cet égard dans quelques détails.
I avoit été arrêté en 1788, au Confeil d'État, qu'il fe tiendroit
à Saint-Domingue, une Affemblée coloniale. On
en oélobre 1789, connoitre le voeu de cette Colonie, de favoir fi elle
fe propofoit de
à. une convocation future des
défiroit envoyer des Repréfentans
Etats-généraux. Cette affemblée auroit eu lieu ; on l'auroit chargée de propofer au
Nationale, la nouvelle Conftitution que la Colonie
Roi & àl'Afemblée
eux-mêmes
auroit cru lui convenir, fi les Députés de Saint-Domingue
étoient
par Ja lettre qu'ils m'éerivirent le 29 juillet
ne s'y
oppofés
3789.
cependant d'avis à quelques égards, & ma réponfe
Ils, changèrent
leur demande fût portée
en date du II août, 2 prouve qu'avant que
Nationale, la nouvelle Conftitution que la Colonie
Roi & àl'Afemblée
eux-mêmes
auroit cru lui convenir, fi les Députés de Saint-Domingue
étoient
par Ja lettre qu'ils m'éerivirent le 29 juillet
ne s'y
oppofés
3789.
cependant d'avis à quelques égards, & ma réponfe
Ils, changèrent
leur demande fût portée
en date du II août, 2 prouve qu'avant que --- Page 123 ---
Quelques recherches qu'on ait fait faire alors dans nos Ports, od,
difoit-on, les armes qu'on devoit embarquer étoient raffemblées, on
n'a pu y en découvrir. L'exiftence des deux individus dont on donnoit
le fignalement, eft reftée même très - douteufe ; ies noms qu'on leur
attribuoit convenoient à tant de perfonnes, qu'ilsn'en défignoient aucune;
en un mot, nul indice n'a confirmé depuis un rapport que des vucs
d'intérêt perfonnel paroifoient dès-lors avoir fuggéré. On préfuma que
les Miniftres, au lieu d'ajouter foi à la
ce même particulier voyant que
fable qu'il leur avoit racontée, prenoient des informations, efpéra qu'on
la croiroit ailleurs fans examen, qu'il alla jeter à deffein des craintes,
& donna lieu à la dénonciation qui me fut envoyée par MM. les Députés
de Suint-Domingue.
Quoi qu'il en foit, le Confeil du Roi affemblé le 5 août, penfa que
fur des allégations auffi peu vraifemblables, on ne devoit point autorifer
des actes illégaux; mais je ne négligeai aucune des précautions que la
prudence exige en pareil cas. Je fis part de fa- décifion, à MM. les
Députés de Saint-Domingue, par une lettre datée du 7 août 1789.
Le même jour j'écrivis à M. le Comte de Peynier, & en lui envoyant
la dénonciation. , je lui marquois que l'objet étoit d'une fig grande importance,
qu'il méritoit toute fon attention, toute fa farveillance. Jel'engagevis à prendre junit. VeyezT V. Pièces 21
toutes les melures poffibles pour prévenir er déconcerter jufqua l moindre 5 22,
tentative de foulévement.
Peut-on blâmer cette conduite 2 n'étoit- il pas plus fage d'obferver. en
flence & de prendre fecrètement des précautions, que d'infpirer des
alarmes mal-fondées à tous les habitans de Saint-Domingue, & de caufer
an mal réei par le feul effroi d'une infiurredlion. imaginairet.
P
melures poffibles pour prévenir er déconcerter jufqua l moindre 5 22,
tentative de foulévement.
Peut-on blâmer cette conduite 2 n'étoit- il pas plus fage d'obferver. en
flence & de prendre fecrètement des précautions, que d'infpirer des
alarmes mal-fondées à tous les habitans de Saint-Domingue, & de caufer
an mal réei par le feul effroi d'une infiurredlion. imaginairet.
P --- Page 124 ---
SIXIE ME REPROCHE.
Sixieme Fajt. Les Colons qui safemblent à Thotel de Maffiac, m'ont donné 272 mode
de convocation d'afemblée générale de la Colonie.
R ÉPONS E.
ON a tenté de perfuader à l'Affemblée de la partie du Nord, que
j'étois f'inftigateur de celles que tiennent à Paris pluficurs de MM. les
Colons qui y rélident. On a ajouté que je les avois excités à traverfer
des deffeins. de MM. les Députés de la Colonie.
Ce fait abfurde eft de la même nature que les cing autres , facile
à détruire à Paris, mais fufceptible d'avoir été cru à Saint-Domingue,
Je n'ai eu de correfpondance avéc M."-les Colons réunis à Paris,
-
relativement à une fcule affaire; mais comme ils ont été-confultés
I que
alors par le Confeil du Roi, conjointement avec M." lés Députés de
2 Saint-Domingue, & qu'ils ont été du même avis qu'eux, il me paroit
incroyable qu'on ait perfuadé à Saint - Domingue : qu'ils les ayoient
traverfés dans leurs projets.
J'entrerai à cet égard dans quelques détails.
II avoit été arrêté en 1788, au Confeil d'Eiat, qu'il fe tiendroit
en oélobre 1789, à Saint-Domingue; une Affemblée coloniale. Oh
fe propofoit de connoître le voeu de cette Colonie, de favoir fi elle
défiroit envoyer des Repréfentans à une - convocation future : des
-
Ktats-généraux:
Cette affemblée auroit eu lieu'; on l'auroit chargée de.propofer au
Roi & à l'Affembiée Nationale, 3 la nouvelle Conflitution que la Colonie
auroit cru lui convenir, fi les Députés de Saint-Domingue eux-mémes
ue sy étoient oppofés par la lettre qu'ils m'écrivirent le 29 juillet
1789.
Is changèrent cependant d'avis à quelques égards, & ma réponfe
en date du II août 1 prouye qu'avant que leur demande fit portée
K
chargée de.propofer au
Roi & à l'Affembiée Nationale, 3 la nouvelle Conflitution que la Colonie
auroit cru lui convenir, fi les Députés de Saint-Domingue eux-mémes
ue sy étoient oppofés par la lettre qu'ils m'écrivirent le 29 juillet
1789.
Is changèrent cependant d'avis à quelques égards, & ma réponfe
en date du II août 1 prouye qu'avant que leur demande fit portée
K --- Page 125 ---
115"
au Confeil, ils (a) m'avoient témoigné défirer que le Roi ne décidât
rien fans retour.
M.'5 les Députés extraordinaires des places maritimes,
apprenant
qu'on follicitoit ia convocation d'une Affemblée coloniale à SaintDomingue, m'écrivirent les 18 &26 aott, & préfentèrent diverfes
oblervations relatives aux intérêts du Commerce national.
"Je leur mandai que cette Affemblée coloniale devoit être convoquée dans un mode purement électif; qu'elle ne feroit que confultative;
que le Roi lui donneroit feulement le droit de propofer à Sa Majeflé
& à l'Affemblée Nationale, ce qu'elle croiroit convenable à l'intérêt
de la Colonie, foit relativement à fon régime intérieur, foit relativement à fcs rapports avec la Métropole. J'ajoutai que les avantages ou
les inconvéniens qui pouvoient réfulter d'une telle Affembléc, paroiffoient ne concerner en aucune manière les Places de Commerce.
: On fit cependant ledture des lettres qu'ils m'avoient écrites aux
deux Confeils d'État du 25 & du 27 feptembre, où la demande d'une
Affemblée coloniale, la nature des pouvoirs à lui donner & le mode
de fa convocation furent fort difcutés.
C Mais, dès le 30 août, prefque tous les propriétaires d'habitations a
(a) Les termies de Ia lettre que je cite, & que je joins aux pièces juflificatives, font
importans, & leur confornité avec ce que je mandai le 19 août à MM. les Députés
extraordinaires du commerce, doit être remarquée.
x. J'ai prévenu néanmoins le Roi, que depuis votre lettre écrite, vous m'aviez verbale-
> ment témoigné que vous lui demanderiez peut-être une affemblée provifoire,
>d'une manière purement éledtive, qui nc ftatuant & n'innovant fur rien, lui compofée
> ainfi qu'à l'Affembléc Nationale, ce qui paroitroit être de l'intérêt de la Colonie. propoferoit,
>> ajouté que cette requête, fi vous infifliez, méritoit, far-tout dans les circonftances J'ai
s actuelles, d'êtrc accucillie.
Les Députés de Saint-Domingue ont connu, dès le I I août, Ia bafe invariabled dontlel
fes Miniftres & moi-même n'avons jamais voulu nous départir ; ils ont fu
ne Roi,
rien innover fans le concours de l'Affemblée Nationale, ni
qu'on vouloit
droits, à l'Affemblée coloniale des pouvoirs
étendus. Je accorder, au préjudice de fes
verbalement
plus
leur ai répété plus d'une
cc que je leur avois écrit. Le Mémoire des Miniftres, adreffé à l'Affemblée fois
Nationale le 27 octobre, fait encore foi que tels ont été les principes conftans du
Confeil d'État.
Pij
ours de l'Affemblée Nationale, ni
qu'on vouloit
droits, à l'Affemblée coloniale des pouvoirs
étendus. Je accorder, au préjudice de fes
verbalement
plus
leur ai répété plus d'une
cc que je leur avois écrit. Le Mémoire des Miniftres, adreffé à l'Affemblée fois
Nationale le 27 octobre, fait encore foi que tels ont été les principes conftans du
Confeil d'État.
Pij --- Page 126 ---
T16
Saint-Domingue, qui réfidoient ou fe trouvoient à Paris, fe réunirent
& adrefsèrent une lettre au Roi.
Elle étoit revêtue de beaucoup de fignatures.
Je fis mon rapport le même jour au Confeil d'Etat. On confidérs
que le Roi ne défirant que donner à l'Affemblée demandée, le mode
de convocation & d'organifation qui conviendroit le mieux & feroit
ic pius agréable à la Colonie, il étoit naturel & avantageux pour le
connoitre, d'entendre un grand nombre de propriétaires.
Sa Majefté ordonna donc qu'il fe tiendroit chez M. le Garde des
Sceaux, le I.T feptembre, uin Comité oùt tous les Minilbres.afifiercient.
Je fus chargé d'inviter M." les Députés de Saint - Domingue à s'y,
trouver, & M." les Colons réunis à y envoyer des Commiflaires.
Plufeurs avis far le mode de convocation & d'organifation, furent
ouverts & difcutés dans cette conférence; aucun ne fut unanimement
adopté, mais on convint que M." les Colons & M." les Députés
traiteroient de nouveau enfemble les mêmes objets, & que forfqu'ils
feroient d'accord fur tous les points, ils m'enverroient leur voeil
commun.
les &
de M." les Colons & de
Je reçus en effet, 16 18 feptembre,
M."les Députés, deux projets de règlement parfaitement femblables. J'en
rendis
l'ai annoncé, aux deux Confeils d'État des 25 &
compte, commeje
feptembre oùr cette queftion fut fort agitée. Le Roi décida que les
Adminiftrateurs 27
convoqueroient une Affemblée coloniale ; le projet
d'Ordonnance qu'ils devoient rendre à cet effet fut arrêté. On fixa les pouvoirs de cette Atlembiée, d'après ce quia avoit été mandé à M." les Députés
de Saint - Domingue, le I I août, & à ceux des villes maritimes de
commerce, le 19 du même mois. Quant au mode de convocation,
d'éleétion, d'organilation, on fe conforma ferupuleufement à ce qui
avoit été propofé les 16 & 18 feptembre, tant par M." les Députés (a)
de Saint-Domingue s que par M. les Colons réunis.
(a) On peut dire que le mode de convocation, d'élection, d'organifation pour T'Affémbléc coloniale, inféré dans le projet d'ordonnance que devoient rendrc les Adminif-,
mois. Quant au mode de convocation,
d'éleétion, d'organilation, on fe conforma ferupuleufement à ce qui
avoit été propofé les 16 & 18 feptembre, tant par M." les Députés (a)
de Saint-Domingue s que par M. les Colons réunis.
(a) On peut dire que le mode de convocation, d'élection, d'organifation pour T'Affémbléc coloniale, inféré dans le projet d'ordonnance que devoient rendrc les Adminif-, --- Page 127 ---
T17
Je n'ai point correfpondu fur d'autres objets avec les propriétaires
d'habitations qui fe font affemblés alors à Paris. Je ne conçois pas
qu'on les ait accufés à Saint-Domingue d'avoir entretenu avec moi
des liaifons nuifibles aux intérêts de ieurs concitoyens. Ils m'ont paru
au contraire, (dans la feule affaire que j'aie traitée avec eux,. & dont
je viens de parler 1 difcuter avec la plus grunde loyauté, & chercher en bons citoyens ce qui pouroit contribuer à la tranquillité &
à la profpérité de la Colonie.
J'ai parcouru tous les chefs de dénonciation portés contre moi;
je n'en ai éludé aucun ; j'ai fait reffortir ceux qu'on fembloit vouloir
taire : la vérité a préfidé à ma défenfe ; je la remets aut Tribunal à
qui je l'ai promife. Ma confiance en fa juftice, me laiffe dans la plus
parfaite fécurité. Gouverneur de Saint-Domingue, j'ai défiré faire
profpérer la Colonie. Miniftre, je n'ai jamais abufé de l'autorité qui
qui m'étoit confiée. Je ne pouvois fervir mon Roi, qu'en méritant
bien de ma patrie : je me livre à la cenfure comme Adminiftrateur
& comme citoyen. Les dononciations n'effrayent point I'homme qui
toute fa vie a marché d'un pas ferme dans le fentier de I'honneur.
Paris, ce I 8 juin 179 0. Signé LA LUZERNE.
trateurs, eft l'ouvrage de MM. les Députés; il eft conforme à Teur voeu & au projet de
réglement qu'ils m'avoient propofé. J'ignore comment & pourquoi on a perfuadéle contraire
à la Colonie de Saint-Domingue , où l'on a répandu que je l'avois rédigé de concert avec
MM. lcs Colons del'hôtel Mafliac feulement. Je produis au nombre des pièces juflificatives, juftif. Voyez n." Pièces
la lettre des premiers & le projet de règlement qu'ils m'envoyèrent. La lettre eft fignée par d 24. 23
huit de MM. les Députés, au nom de tous, & le règlement par douze d'entr'eux.
J'offre de produire le règlenent propofé par MM. les Colons ; mais il eft littéralement
le même, & feulement revêtu de cent cinquante-deux fignatures de propriétaires d'habitations
de Saint-Donvingne.
FIN du Mémoire.
projet de règlement qu'ils m'envoyèrent. La lettre eft fignée par d 24. 23
huit de MM. les Députés, au nom de tous, & le règlement par douze d'entr'eux.
J'offre de produire le règlenent propofé par MM. les Colons ; mais il eft littéralement
le même, & feulement revêtu de cent cinquante-deux fignatures de propriétaires d'habitations
de Saint-Donvingne.
FIN du Mémoire. --- Page 128 --- --- Page 129 ---
PREMIER CHEF DE DENONCIATION.
de Lettres de Convocation 2 la Colonie de SaintRefus ohftiné
Domingue.
Das le mois d'avril 1788, Saint-Domingue averti des difpofitions
annoncées
le Roi, de convoquer bientôt les États- généraux de
par
ne tarda
fe
fon Royaume, avoit éprouvé un mouvement qui
pas-à
dans teute la Colonie. De bons citoyens s'affemblèrent,
propager
Ils firent des réflexions
illicitement peut-être, mais non pasillégalement.
fe
fur leur pofition. Ces réflexions circulèrent; des Comités
fages
ils s'accrurent; enfin prefque tous les propriétaires de la
formèrent, réclamant l'union de leurs compatriotes réfidant en France,
Colonie,
des doléances & des pouvoirs trèsleur, adrefsèrent des mémoires,
étendus, à l'effet de nommer des Commiflaires qui puffent s'occuper.
efficacement de folliciter le fouvenir du Monarque, & des Lettres
de convocation pour la feffion des Etats-généraux qui devoient prochainement s'ouvrir.
Les Colons réfidant en France, animés d'un enthoufiafme patriofe coalisèrent avec ceux qui réfidoient à Saint-Domingues Un
tique, nombre de ceux de Paris, de tous les ports & de toutes les
grand
ou
adhéfion, & élurent
Provinces, fe réunirent en perfonne
par
Commiflaires, tous
dans ia Colonie, auxquels ils:
neuf
propriétaires
Saintinfruétion
celle de procurer. à
donnèrent , pour
principale,
Afemblée fi défirée,
Domingue une admiffion folennelle dans cette
d'oà devoit fortir la liberté & le bonheur de la France. Vous jugerez,
Mefflieurs, fi nous avons rempli notre miffion; mais vous n'imegineriez
les obftacles renaiffant fous nos pas, dont il nous a fallu fans
jamais
jufqu'à vous, Cependant nous n'avions
ceffe. triompher pour paryenir
A
, pour
principale,
Afemblée fi défirée,
Domingue une admiffion folennelle dans cette
d'oà devoit fortir la liberté & le bonheur de la France. Vous jugerez,
Mefflieurs, fi nous avons rempli notre miffion; mais vous n'imegineriez
les obftacles renaiffant fous nos pas, dont il nous a fallu fans
jamais
jufqu'à vous, Cependant nous n'avions
ceffe. triompher pour paryenir
A --- Page 130 ---
qu'un feul contradifteur, qu'un feuf ennemi, le Miniftre de Ia
Marine, lui par état notre protedteur, notre foutien, notre appui.
Et. remarquez pourtant, Meflieurs, combien il eft effentiel que je
vous prouve que toutes fes démarches tendoient à nous fermer le
fanéluaire de ia vérité; car, fi je parviens à vous le démontrer, il
fera clair alors, ou qu'il avoit conçu le projet de conferver fur nous
fon tyrannique empire, & de régner feul par le defpotifine au milieu
d'une Nation libre déformais, ou qu'il craignoit que nos voix ne fe
fiffent entendre & ne révélafient des fecrets qu'il Jui importoit de
cacher. Eh bien! Meffieurs, je vais vous prouver jufqu'à l'évidence
cette propofition importante. Le 4 décembre 1788, nous nous
préfentàmes au Miniftre de la Marine avec des pouvoirs revêtus de
plus de quatre mille fignatures de toutes les parties de l'ile & de
toutes les provinces de France. I ne voulut ni les lire, ni même
fe préter à regarder les fignatures.
Nous lui remimes une lettre pour Sa Majeflé & une pour lui, toutes
deux explicatives du voeu de nos Commettans, celui d'étre appelés
aux Etnts-généraux, & pas autre chofe; il les lut, fe récria, dit qu'il
étoit trop tard, & nous remit à quinzaine.
Nous fûmes exaéts; il nous affura qu'il avoit remis notre lettre
à Sa Majeflé, qu'il en avoit fait le rapport à fon Confeil le II du
même mois, & que le Confeil avoit prononcé. Quoi, s'il vous
M.
plait,
le Comte: C'ef, Mefieurs, ce gue vous ne Jaurez jamais. Le Rci
mie la defendu; c'ef le fecret de TEtat. Ce n'étoit pas de fecret de
l'État; le Roi ne l'avoit pas défendu; mais le fait eft que nous ne
l'avons jamais fu, & que nous l'ignorons encore. Avec de femblabies
décifions, un Miniftre demeure maitre de la campagne, & un Royaume
entier refte dans les fers du defpotifme. Nouvelles lettres de notre
part au Roi & à tous les Miniftres. Toutes font renvoyées à M. le
comte de la Luzerne, 2 & le fecret de l'État qui veille autour de
dui, empêche l'efpérance même de tranipirer jufqu'a nous.
Deux mois fe pailent dans cette anxiété. Les Notables font affemblés,
aitre de la campagne, & un Royaume
entier refte dans les fers du defpotifme. Nouvelles lettres de notre
part au Roi & à tous les Miniftres. Toutes font renvoyées à M. le
comte de la Luzerne, 2 & le fecret de l'État qui veille autour de
dui, empêche l'efpérance même de tranipirer jufqu'a nous.
Deux mois fe pailent dans cette anxiété. Les Notables font affemblés, --- Page 131 ---
Colons fe préfentent devant eux avee ieurs pouvoirs,
& tout aufitôtles
fur le fecret de Ptat. Une iifle
leurs inflructions & leur ignorance
le Confeil du Roi. Peu
de queflions avoit été envoyée aux Notables par
fans doute étoient auffi importantes que celle dont nous demandions
fa folution ; elle n'avoit point été omife fans deffein. Cependant elic
d'une telle conféquence à tous les Préfidens des Bureaux, qu'ils
parut
la,
nous l'écrivirent, 8x qu'ils s'en occu+
voulurent tous traiter, qu'ils
Une défenfe miniftérielle vint enchaîner leur patriotifme 3
pérent.
de découvrir le fecret de l'Etat.
& nous empècher
Ainfi renvoyés de toutes parts au Miniftre, & toujours repouflés
le Miniftre, aul moment où la liberté furgiffoit de toutes parts,
par
derniers
du defpotifine; & fi M. le comte de la
nous fûmes les
jouets
Colons Fançois, comme
Lazernefute coupable de n'avoir point appeléles
d'avoir
les Corfes, à l'affemblée de la grande famille, il fut plus coupable
repouffé le voeu bien prononcé de Saint-Domingue, lorique quatre mille
le faifoient entendre, & qu'il ne lui étoit pas poffible,
propriétaires fa confcience, de douter de l'évidente majorité de ce VCClI contre
dans
encore foulevé un feul oppofant. Enfin, il
lequel l'intrigue n'avoit pas d'avoir fufcité contre les jufles & patriotiques
fut plus coupable encore
fes
le Confeil du Roi
demandes des Colons, les Miniftres collègues,
mal-
& les Notables; d'avoir étouffé les voix plaintives d'un peuple
de lui avoir foigneufement fermé toutes les avenues du trône;
heureux;
dans ia dure alternative, ou de ployer la tête fous le
de l'avoir placé
pouvoit avoir des
joug, ou de la relever par une infurrection qui
fuites dangereufes, & de n'avoir eu d'autres motifs de tant d'oppolile défir de conferver dans les deux mondes un empire
tions," que
conviens qu'il eft. pénible de
tyrannique, abfolu, arbitraire, auquel je
de
renoncer quand on en a fait le principe de fon coeur & Phabitude
fa vie.
Pour prouver, Meffieurs, combien le voeu des Colons étoit énergique
& combien fa vérification étoit facile, je ne puis mieux faire que de
eux-mêmes fe fervir en votre préfence des
laiffer mes commettans
A ij
empire
tions," que
conviens qu'il eft. pénible de
tyrannique, abfolu, arbitraire, auquel je
de
renoncer quand on en a fait le principe de fon coeur & Phabitude
fa vie.
Pour prouver, Meffieurs, combien le voeu des Colons étoit énergique
& combien fa vérification étoit facile, je ne puis mieux faire que de
eux-mêmes fe fervir en votre préfence des
laiffer mes commettans
A ij --- Page 132 ---
mêmes expreffions qu'ils ont adreffées tant de foisàM. de la Mardelle;
Brocureur-général, à M. de Marbois l'intendant, & par notre
& leurs écrits, à M. le comte de la Luzerne miniftre,
organe
toujours écoutés; mais qui n'a jamais voulu
qui nous a
Les pièces
nous entendre.
originales vous feront communiquées en
&
feront lues par extrait quand vous l'ordonnerez.
nature,. vous
COURREJOLLES,
Signé CHABANON,
REGNAUD, LABORIE, ROUVRAY, MAGALLON, le
C." DE MARMEY,DE VILLEBLANCHE, COCHEREL, DE
lè comte 6-GORMAN, le marquis DE PERRIGNY & DE Gour THEBAUDIERE, D'ARCY.
Collationné & certifié la préfente copie conforme à l'original dépofée au
fecrétariat du Comité des Rapports, délivré par nous, Député, fecrétaire
dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE.
SECOND CHEF DE DENONCIATIO N.
Olfacle mis dans la Colonie 2 la nomination de fes
Députés aux
Erats-ginéraux.
TAxDIS que le Miniftre de la Marine nous fermoit toutes les avenues
du trône, confidérons ce qui fe paffoit dans fon cabinet, & les fils
qu'il faifoit jouer depuis le mois de feptembre 1788,
moment de la révolution. Le Roi venoit de lui donner
jufqu'au fucceffeur au gouvernement général de Saint-Domingue, M. pour le
du C... . . Ce dernier emporta des inftructions
marquis
fans doute, & qui préfenteront
qu'il nous montrera
quelque intérêt aux Commiffaires
que vous chargerez d'en faire l'examen; je ne des ai pas vues, mais
à en juger Par les faits, elles étoient un peu
allez, Meffieurs, les apprécier à l'inftant. M. du delpotiques: vous
à Saint Domingue le 24 décembre
C débarque
Luzemne, & accueilli
1788, prévenu par M. de ia
par l'intendant Marbois; fans lui donner le
temps de fe reconnoître, ni de rien connoître, ce perfide
jui fait figner le furlendemain 26, une ordonnance qui n'étoit collègue rien
étoient un peu
allez, Meffieurs, les apprécier à l'inftant. M. du delpotiques: vous
à Saint Domingue le 24 décembre
C débarque
Luzemne, & accueilli
1788, prévenu par M. de ia
par l'intendant Marbois; fans lui donner le
temps de fe reconnoître, ni de rien connoître, ce perfide
jui fait figner le furlendemain 26, une ordonnance qui n'étoit collègue rien --- Page 133 ---
la violation la plus évidente de tous les droits des citoyens
moins que
&
devoit le perdre dans l'efprit de la contrée
& des Nations, qui
&
s'il n'eût bientôt reconnu fon erreur ,
qu'il alloit gouverner,
n'étoit réellement pas coupable.
prouvé par fa conduite, qu'il
fous prétexte de condefcendre
Le but de cette ordonnance étoit,
& de
rendre la manifeflation impoffible,
au voeu des habitans,-d'en efficacement les affemblées coloniales que le
contrarier d'autant plus & fur-tout les éleétions des Députés dont
Miniftre craignoit tant,
avoient de fortes raifons
Fadmiffion paroiffoit fi redoutable à ceux qui
laiffer
la vérité dans le Continent.
de ne pas
paffer
ordonnance remarquable; elle
Vous la verrez, Meffieurs, cette
une
Colons
leurs voeux pour ou contre
permettoit aux
d'exprimer &
donner à cette déclaration
repréfentation aux États-g généraux; pour écrites devoient être adreffées
toute la latitude poffible, des requêtes
cinq perfonnes feulement pouvoient figner chaque
aux. Adminifrateurs; d'une fixième rendoit nul le voeu des cinq autres.
requête, la fignature devenoient autant de fins de non-recevoir; &
Plufieurs autres nullités libres fe paffoient par écrit & fous cachet,
comme ces manifeftations
les Admitoute la Colonie auroit foufcrit ces requêtes quinaires, que
niftrateurs auroient pu dire qu'ils n'en avoient pas reçu douze.
Malgré tous les foins que l'Intendant fe donna pour faire prévafon
il eut bien de la peine à obtenir un réfultat, &
loir
fyftème,
encore ce réfultat fut-il abfolument contre fon voeu.
Que fit-il : muni du pouvoir légiflatif dont il étoit l'organe;
foutenu du pouvoir exécutif qui réfidoit dans la main du Gouverneur,
enfin, aidé du pouvoir judiciaire que dirigeoit fon Procureur général,
l'abus de ce dernier, ceux
la M.. .
imagina d'intimider, par
n'avoient point été effrayés par l'exercice des deux autres.
qui
le Miniftère public chargé de pourfuivre les
Le Procureur général,
de dénoncer au Tribunal
crimes pour conferver ia vertu, menaça
fouverain tous ceux qui avoient émis un voeu contraire aux vues de
de décréter les coupables, de les faire arrêter, de ies
la Cour,
ur général,
l'abus de ce dernier, ceux
la M.. .
imagina d'intimider, par
n'avoient point été effrayés par l'exercice des deux autres.
qui
le Miniftère public chargé de pourfuivre les
Le Procureur général,
de dénoncer au Tribunal
crimes pour conferver ia vertu, menaça
fouverain tous ceux qui avoient émis un voeu contraire aux vues de
de décréter les coupables, de les faire arrêter, de ies
la Cour, --- Page 134 ---
embarquer pour le Continent, enfin, de les traiter comine des fcélérats,
parce qu'ils avoient fenti qu'ils étoient des
mais
eft fe comble de la démence, c'eft
dans fon hommes;
ce qui
que
ariflocratique
ce digne Magiftrat fut tenté de dénoncer auffi les neuf Commiflaires fureur,
nommés par les Colons de France, en vertu des pouvoirs des
tans de la Colonie : cette menace indifcrètement
habiébruitée, fauva une
grande imprudence ati fieur de la M il vit que cette violence
ne prendroit pas, & il nous garda fes bonnes intentions
occafion prochaine.
pour une
Informés de cette difpofition vexatoire, qui n'auroit excité
notre mépris fi elle n'eût pas compromis la liberté de
que
triotes réfidant dans l'ile, nous en
nos compaM. de fa Luzerne. Loin
portâmes plainte formelle à
d'improuver, il approuva, & nous confirma
ainfi dans l'opinion douloureufe que les tyrans de
n'étoient que les agens de fes ordres arbitraires.
Saint-Domingue
Cependant nos Députés furent nommés : revêtus des pouvoirs d'une
grande Colonie, chargés de fes griefs, ils s'embarquérent à la vue &
applaudiffemens de tout un peuple; mais ce fuccès fut dû tout entier aux
leur patriotifme, à deur énergie, & M. de la Luzerne n'en fut
à
coupable d'avoir choifi des agens malfaiteurs, & de leur avoir pas moins
des inftructions de defpotifme & de rigueur. Il fut
donné
d'avoir
plus coupable
employé ou fecondé de petits moyens pour faire un
mal à un peuple fidèle, qui fe jetoit tout entier entre fes bras grand d'un
Souverain chéri qu'on déroboit aux empreflemens de fes
enfin, il fut plus
encore,
fujets ;
coupable
9 après avoir connu
lui
& jufqu'à l'évidence, le voeu clairement manifefté de trois malgré
provinces, de l'avoir foigneufement caché à notre bon grandes
d'avoir ainfi compromis jufqu'à fon
Roi, &
dire fur les confins des deux
coeur , puifque placé pour ainfi
hémifphères, tandis que fa bienfaifance
naturelle tendoit une main paternelle à fes enfans du
M. de' la Luzerne l'excitoit à repouffer
Continent,
inain fes enfans de
impitoyablement de l'autre
l"Amérique & de l'Afie,
foigneufement caché à notre bon grandes
d'avoir ainfi compromis jufqu'à fon
Roi, &
dire fur les confins des deux
coeur , puifque placé pour ainfi
hémifphères, tandis que fa bienfaifance
naturelle tendoit une main paternelle à fes enfans du
M. de' la Luzerne l'excitoit à repouffer
Continent,
inain fes enfans de
impitoyablement de l'autre
l"Amérique & de l'Afie, --- Page 135 ---
combien d'afluces ont été em-
: Pour vous prouver, Mefficurs,
contre nous, & à quel point des refus réitérés ont ulcéré
ployées
vous foumettrons, fuivant notre ufage & d'après
la Colonie, nous
9 les ceuvres du Miniftre & les plaintes de n1OS
des pièces originales
Commettans.
CHABANON, RAYNAUD, ROUVRAY, COURREJOLLES, le
Signé
chevalier DE MARMEY, MAGALLON, LABORIE, DE VILLE-BLANCHE,
COCHEREL, le comte O-GORMAN, DE THEBAUDIERE, le marquis
DE PERRIGNY, DE Gour-D'ARCY.
Collationné & certifié la préfente copie conforme à l'original dépofé
au fecrétariat, du Comité des rapports, délivré par nous Député
fecrétaire dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE.
TROISIEME CHEF DE DÉNONCIATION.
couvrir de
dipouilles
Etat enlevé à 21 citoyen efimable, pour
fes
fon calomniateur.
Ex 1784, le fieur B. o médecin du Roi au Cap, citoyen généralement eftimé pour fes lumières, & refpedté pour fa probité, paffa en
France
quelques affaires. Lors de fon départ, les Admini(rateurs
pour
donnèrent fa place par intérim à un fieur A... e leur protégé.
ce
fort
- -
B... .revint en 1786, & reprend fa place ; procédé déplut
au fieur A.. .: & à fon protedteur. Quelque temps après, la femme
en biens avec fon mari, achète le
du fieuf B... 9 non-commune
de l'apothicairedu Roi;auffi-tôt A.. - fe démafque, il dénonce
magafin
France
révoltante entre deux places
au Miniftre en
, une incompatibilité
celle d'apothicaire & de médecin: le Miniftre qui
auffi difparates que
Rome &
renvoie le Mémoire aux
ne veut pas décider entre
Carthage, veulent s'éclairer, &
Adminiftrateurs. Ces derniers, comme de jufte,
recevoir des inftrudtions impartiales, M. de la Luzerne & fon
pour
fe démafque, il dénonce
magafin
France
révoltante entre deux places
au Miniftre en
, une incompatibilité
celle d'apothicaire & de médecin: le Miniftre qui
auffi difparates que
Rome &
renvoie le Mémoire aux
ne veut pas décider entre
Carthage, veulent s'éclairer, &
Adminiftrateurs. Ces derniers, comme de jufte,
recevoir des inftrudtions impartiales, M. de la Luzerne & fon
pour --- Page 136 ---
collègue chargent de cette miflion le fieur A c'efl-à-dire,fe
compétiteur de B... . : A fait fon rapport & l'affaifonne de
calomnies atroces contre B & un autre citoyen dont le crédit ne
pouvoit nuire à fes vues. Sur ce rapport au moins bien fufpect, les
Adminifrateurs forcent B. ... à donner fa démiffion, & difpofent
intérim de fa place en faveur du fieur A. . ; B obéit à la force, par
mais à l'inftant même il fe pourvoit au Tribunal fapérieur du Cap,& de
concert avec le citoyen lézé comme lui, ils demandent une réparation
éclatante. La Cour fouveraine prononce en deur faveur, & le fieur
A eft condamné comme calomniateur. Ce jugement devoit être
une mauvaife recommandation pour obtenir d'un Miniftre fa confirmation d'une place accordée par intérim ; mais fur ces entrefaites,
M. le comte de da Luzerne eft appelé lui-même aul Miniftère : en
entrant, il n'oublie pas fes créatures ; il fait caffer, par un arrêt du y
Confeil, l'arrêt fi jufte du Tribunal fouverain, & oubliant qu'un arrêt
du Confeil ne lave pas un homme entaché, if confomme da fpoliation
du fieur B.. . - ;& comme Miniftre, & comme difpenfateur fuprème,
il nomme définitivement A... à la place de médecin du Roi, qu'il
lui avoit déjà conférée deux fois par intérim comme Gouverneur,
Ainfi dans cette affaire, M. de la Luzerne eft coupable d'avoir,
s'éclairer, confulté une des parties ; il eft plus coupable d'avoir abufé pour
de l'autorité miniftériefle pour fanélionner f'abus qu'il avoit fait de
fon autorité comme Gouverneur ; enfin ii eft plus coupable encore
d'avoir, fans accufation, fans décrets, fans preuves, 1 fans
enlevé fon étatà un citoyen qui depuis vingt-cing ans l'exerçoit jugement, fans
reproche; d'avoir donné un défagrément injufteà un Tribunal qui avoit
eu la force de n'écouter que fon devoir, & d'avoir
récompenfé un
calomniateur des dépouilles de l'innocent. Ce fait, Meffieurs, eft attefté
par toute la Colonie, prouvé par les regiftres du Confeil fupérieur
du Cap, par ceux du Confeil d'État, & par d'autres pièces qui vous
feront préfentées. Signe CHABANON, COURREJOLLES
: ROUvRAY,
LABORIE, MAGALLON, DE THÉBAUDIERES, REYNAUD, le chevalier
DE
calomniateur des dépouilles de l'innocent. Ce fait, Meffieurs, eft attefté
par toute la Colonie, prouvé par les regiftres du Confeil fupérieur
du Cap, par ceux du Confeil d'État, & par d'autres pièces qui vous
feront préfentées. Signe CHABANON, COURREJOLLES
: ROUvRAY,
LABORIE, MAGALLON, DE THÉBAUDIERES, REYNAUD, le chevalier
DE --- Page 137 ---
DE MARMEY,DE VILLEBLANCHE, COCHEREL; le comte 6-GORMAN;
le marquis DE PERRIGNY, & Gour D'ARCY.
Collationné, certifié la préfente copie conforme à l'original dépofé
au fecrétariat du comité des Rapports 2 délivré par nous Député,
fecrétaire dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE.
QUATRIEME CHEF DE DÉNONCIATION.
Citoyens vendus à 2472 Aventurier pour les Puiffances étrangères.
Vrns les commencemens de l'année 1787; un de ces hommes
cntreprenans, aftucieux, déterminés, qui s'introduifent par-tout parce
qu'ils font fans pudeur, & qui tentent tout parce qu'ils n'ont rien
à perdre, arriva à Saint-Domingue, & s'établit au Port-au-Prince;
il s'appeloit Vidal.
Je ne vous
Meflieurs, les motifs de cet homme,
rapporterai pas,
ni les détails de fa négociation ; un voile épais a couvert des conférences très-fecrètes, & l'enquête que vous ordonnerez, pourra feule
percer ce myftère d'iniquité; tout ce que je puis vous expofer, ce
font les réfultats. Vidal parut avoir obtenu en peu de temps Ia
confiance intime - de M. le Gouverneur. Ce n'étoient qu'entrevues
fecrètes, que conférences dont le but étoit ignoré, & pendant qu'elles
avoient lieu, il fembla que la police avoit redoublé de rigueur. La
moindre rixe entre les citoyens, le plus léger foupçon d'ivreffe étoit
puni par une incarcération à laquelle on ne prit pas d'abord garde,
mais qui s'expliqua facilement après l'événement. Quel fut l'étonnement de tous les habitans, lorfqu'au mois de mars 1787, après bien
des entrevues de Vidal & de M. de la Luzerne, les prifons s'ouvrirent;
8: qu'on en vit proceffionnellement fortir à plufieurs reprifes quatre
à cinq mille hommes blancs, marchant deux à deux, enchainés ;
ferrés par des menottes, & s'avançant triftement vers le port 3
R
iqua facilement après l'événement. Quel fut l'étonnement de tous les habitans, lorfqu'au mois de mars 1787, après bien
des entrevues de Vidal & de M. de la Luzerne, les prifons s'ouvrirent;
8: qu'on en vit proceffionnellement fortir à plufieurs reprifes quatre
à cinq mille hommes blancs, marchant deux à deux, enchainés ;
ferrés par des menottes, & s'avançant triftement vers le port 3
R --- Page 138 ---
pufieurs embarcations les attendoient; le fidèle Vidal ne les abandonne
& la petite flotille fit voile pour Carthagène, Porto-Bello &ci
pas, Elle jeta l'ancre auprès d'un fort fitué dans la rade de l'une de
& nos cinq cents hommes blancs y furent
ces poffeffions Efpagnoles,
débarqués. Quant à Vidal, il fe rendit à terre, vit les chefs Efpagnols,
traita avec eux, termina fes affaires, & ne reparut plus. Peu après fon
départ, un détachement de troupes Efpagnoles fut introduit dans le
fort, & la baionnette au bout du fufil détermina en peu de momens nos
cinq mille blancs fans armes à arborer la cocarde rouge, & à s'engager
librement au fervice d'Efpagne.
Comme pourtant leur bonne volonté n'étoit pas encore éprouvée;
on les pria de fc foumettre à la précaution des menottes, & fous
une efcorte convenable, on les conduifit ainfi, Meffieurs, jufqu'à
Quito, capitale du Royaume de ce nom ; là on leur ôta leurs chaines;
& on les incorpora avec les troupes qui gardent le pays.
Plufeurs étoient morts en chemin, de fatigue & de misère; d'autres;
preffés de ce befoin naturei par iequel i'homme s'éiance vers la liberté;
tentèrent de s'échapper de Quito, & défertèrent. On en arrêta beaufuivant la loi, furent envoyés aux mines; mais un petit
coup, qui,
aux recherches, & côtoyant les bords des
nombre d'entre eux échappa
Amazones Ol de l'Orénoque, ils defcendirent au milieu de mille périls
jufqu'à la Guyanne & à Cayenne, d'oû plufieurs font rèvenus à SaintDomingue.
du
l'on doit le récit
C'eft à ces viétimes
defpotifme que
que
il eft
d'en révoquer en doute l'exacvous venez d'entendre;
poffible
titude, mais il reftera toujours un fait notoire & bien grave que je
ne me fuis pas permis de citer fans témoignage, c'eft l'embarquement de quatre à cinc cents blancs privés de leur liberté, & chargés
de chaines fans jugemens. Quels étoient-ils? oût alloient-ils? M. de
la Luzerne fatisfera fans doute à ces queflions:mais çuand il rejetteroit
cette exécution arbitraire fur quelque ordre inhumain, il fut coupable de ne s'être pas généreufement refule à en être l'inflrument;
citer fans témoignage, c'eft l'embarquement de quatre à cinc cents blancs privés de leur liberté, & chargés
de chaines fans jugemens. Quels étoient-ils? oût alloient-ils? M. de
la Luzerne fatisfera fans doute à ces queflions:mais çuand il rejetteroit
cette exécution arbitraire fur quelque ordre inhumain, il fut coupable de ne s'être pas généreufement refule à en être l'inflrument; --- Page 139 ---
IT
s'Hi n'avoit point d'ordre, d'avoir abufé de for
HI fut plus coupable,
infinuations criminelles
autorité fuprème pour fe laiffer aller aux
dont il devenoit le complice; il fut plus
d'un aventurier méprifable
éternel, & l'on
coupable encore d'avoir dévoué à un bannifiement
fauvedire à la mort, des François réfugiés près de lui, fous la
peut
fon devoir lui
de faire juger
garde du droit des gens que
preferivoit s'ils étoient innocens.
s'ils étoient criminels, ou de ne pas punir
foulevé
dénoncé ce fait, dont la notoriété a
Mille témoins nous ont
l'indignation publique.
REYNAUD, COURREJOLLES;
Signé CHABANON, LABORIE,
DE
ROUVRAY, MAGALLON, le chevalier DE MARMEY,
VILLEBLANCHE, COCHEREL, le comte
THÉBAUDIERE,DE
0-GORMAN, DE Gouy-D'ARCY.
Collationné & certifié Ia préfente copie conforme à l'original dépofé
fecrétariat du Comité des rapports, délivré par nous 3 Député
Secrétaire au
dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE,
CINQUIEME CHEF DE DÉNONCIATION.
d'un citoyen innocent, ds jugenent arbitraire
Arrêtement feandaleux
ds injufte.
de trente ans fervoit le Roi
Ux ancien Officier; qui depuis plus
formé par de longues
avec diftinétion en qualité d'Ingénieur; qui,
études, avoit confacré une partie de fes loifirs à celle des finances;
chargé de plufieurs négociations importantes dans cette partie :
qui,
couronné du fuccès;. qui, dans la circonftance
avoit été dans toutes
avoit fu
à l'armée
la plus critique de la dernière guerre 7
procurer l'armée
Françoife trois millions de l'argent d'Efpagne, fans lefquels
dénuée de tout, manquoit abfolument la belle & importante opération
indé:
de Newyork, fans laquelle I'Amérique ne feroit peut-être pas
qui, auffi brave que bon calculateur, avoit payé de G
pendante; i
B 2
conftance
avoit été dans toutes
avoit fu
à l'armée
la plus critique de la dernière guerre 7
procurer l'armée
Françoife trois millions de l'argent d'Efpagne, fans lefquels
dénuée de tout, manquoit abfolument la belle & importante opération
indé:
de Newyork, fans laquelle I'Amérique ne feroit peut-être pas
qui, auffi brave que bon calculateur, avoit payé de G
pendante; i
B 2 --- Page 140 ---
T2
perfonne, & conquis a la Nation les fles
Turques ; près Saine
Domingue; ce brave Officier retiré du fervice, affranchi de tout
affijettiffement, déformais citoyen pailible, avoit
un
au Cap, furl lequel il imagina de conftruire cinq maifons, acquis dont terrain
devoient augmenter fa fortune & dédommager fes enfugs de lesfoyers celle
fes pères avoient facrifiée au fervice de IÉtat.
que
Ses bons & loyaux fervices qui fui avoient valu l'eftime de
la Colonie, n'avoient pului méfiter dles bonnes grices du fieur toute
-
Commifaire ordonnateur & créature de l'intendant
Jauvin;
s'étoit déclaré avec indécence l'inftituteur de M. de da Marbois, Luzerne lequel
trouvoit bon: cet agent fubalterne laiffa avancer la confirudlion de qui le
cinq maifons, & quand le propriétaire eut verfé dans cette bâtiffe des ces
fonds confidérables ou pris des
lui fit
engagemens importans 2 le fieur Jauvin
fignifier d'avoir à retirer fes ouvriers d'un terrain qui
au Roi.
appartenoit
M. de la Luzerne nomma des Experts à la réquifition du
& comprit dans cette nomination le fieur Jauvin; les pièces plaignant, &
plans furent mis fous leurs yeux, & après févère examen, il fe
les,
non pas que le citoyen avoit ufurpé fur ie terrain du Roi, mais trouva,
le fieur Jauvin, au nom du Roi, avoit empiété de foixante
que
terrain du citoyen.
pieds fur le
Cette découverte bien conflatée, mortifia fingulièrement le fieur
Jauvin, & dans le combat qui fe livra dans fa confcience entre l'aveu.
d'une fauffe imputation & la morgue de fa place, H s'oublia au point
d'injurier cruellement, par un démenti formel, un ancien Oficier
auquel il auroit pu, fans fe dégrader, faire quelques excufes.
L'offenfé eut le mérite bien rare de la modération ; il ne fe
ni un gefle, ni un propos; mais il écrivit fur l'heure à M. permit de la
Luzerne, pour le prier de lui faire faire une réparation convenable..
Ce Général ne fe crut pas permis de prononcer, fans en référer à
fIntendant fon confeil. Mais l'honneur
lui-mme; l'offenfé infifta
outragé He compofe pas avec
auprès du Général, & le Général peu
la modération ; il ne fe
ni un gefle, ni un propos; mais il écrivit fur l'heure à M. permit de la
Luzerne, pour le prier de lui faire faire une réparation convenable..
Ce Général ne fe crut pas permis de prononcer, fans en référer à
fIntendant fon confeil. Mais l'honneur
lui-mme; l'offenfé infifta
outragé He compofe pas avec
auprès du Général, & le Général peu --- Page 141 ---
habitué à cette récidive, donna l'ordre, bien imprudent fans doute,
d'arrêter le plaignant. Des grenadiers commandés pour cette exécution
tyrannique, vinrent en plein jour faifir, 2 all milieu de fes ouvriers;
un citoyen pailible, fur ce terrain même dont fon feul crime étoit
d'avoir prouvé par fes titres, qu'il avoit la propriété, Trainé au fort
Picolet, une prifon ly attendoit; il y entra avec fon innocence, &
au bout de cinq jours il en fortit avec tranquillité, pour être conduit
avec fcandale à bord d'une frégate qui le tranfporta à quatre- - vingts
lieues de chez lui au Port-au-Prince, rélidence des tyrans de ce mal:
heureux pays.
En débarquant, une garde & des Officiers-majors vinrent le rece
voir, & le conduifirent avec appareil au palais du Gouverneur. Un
Confeil de guerre étoit aflemblé, & le Vice-roi s'en étoit à lui-même
réfervé la préfidence.
Là parut comme un criminel, pour être jagé militairement 3 un
officier citoyen qui s'étoit plaint d'avoir reçu une offenfe grave, &
qui avoit inftamment réclamé la punition de l'agrefieur. Cette fcène
digne des Nababs de l'Inde, s'ouvrit à huit heures du matin, & dura
jufqu'a une heure après midi, entre le prétendu coupable & les juges.
On paffa cing heures entières à chercher un crime, & ie foupçon
d'une faute légère même ne fe trouva pas; les fix Officiers que le
Gouverneur s'étoit adjoints pour former ce tribunal extraordinaire,
rougifoient du rôle auquel on les avoit affociés; les yeux baiflés,
n'ofant ouvriria bouche, iis attendoient avec embarras le dénouement.
Le voici, Meffieurs; M. le Préfident du Confeil, M. le Gouverneur,
fs faire un tour d'opinions, fans prendre les voix, fe lève, déclare
que le Confeil de guerre eft Aini, & que l'aceufé gardera pendant
trois jours les arrèts..
Trois jours les arrêts ! & c'étoit pour lui ordonner les arrêts,
qu'on avoit arraché de fes foyers avec éclat, qu'on avoit enlevé à
des affaires ics plus intércflantes pour fa fortune, à des conflrudions
commencées, qu'on avoit refferré dans une prifon, qu'on avola-
déclare
que le Confeil de guerre eft Aini, & que l'aceufé gardera pendant
trois jours les arrèts..
Trois jours les arrêts ! & c'étoit pour lui ordonner les arrêts,
qu'on avoit arraché de fes foyers avec éclat, qu'on avoit enlevé à
des affaires ics plus intércflantes pour fa fortune, à des conflrudions
commencées, qu'on avoit refferré dans une prifon, qu'on avola- --- Page 142 ---
embarque avec fcandale, qu'on avoit expofé dix jours aux
de la mer & à fes incommodités, & qu'on avoit fait
dangers
fans accufation, devant un tribunal
comparoitre;
impofant, un ancien ferviteur
du Roi, un citoyen chéri, un homme eflimé de tous fes
triotes, pour lui dire : Vous n'aurez ni réparation ni juftice. compaAinfi dans cet abus révoltant d'autorité, dont plufieurs témoins
s'afeient parmi nous, & dont le plaignant lui-mème a obtenu,
pour y fiéger, le fuffrage de fes compatriotes, M. de la Luzerne fut
coupable d'avoir obftinément nommé pour arbitre un homme
& récufé; il fut plus coupable de n'avoir
ofé
fufpedt
dans le favori de fon favori,
pas
punir une injure
quand l'honneur exigeoit cette fatif
faction, & que la modération la réclamoit de fa juflice: il fut plus
coupable encore d'avoir attenté avec éclat à la liberté d'un
d'avoir mis fa vie en danger, fa fortune en péril, fon innocence citoyen,
en doute ; de jui ayoir, ayec opiniâtreté, refufé toute fatisfaétion
de la part de fon agreffeur, & de l'avoir, par un arrêtement arbitraire, puni très-injuftement, puifqu'en définitif, le tribunal arbitraire
lui-méme n'a pas trouvé matière à ia plus légère punition.
Voilà mon récit, Meflieurs; M.le chevalier de C.
de Saint-Domingue à l'Affemblée Nationale, à qui nos armées d'Amé- Député
rique ont dû un jour leur falut & leurs fuccès, eft la vidlime
viens de citer. Nos collégues en ont été les témoins, la
que je
dlance des parties en eft la preuve, Nous la foumettons à cerrefpon: l'examen
de VOS Commifaires.
Signé CHABANON; MAGALLON;.
COURREJOLLES, DE
THÉBAUDIÈRES, REYNAUD, DE VILLEBLANCHE, , COCHEREL;
LABORIE,le comte 6-GORMAN, RoUyRAY, le marquis DE PERRIGNY,
le chevalier DE MARMÉ, & DE Gour D'ARCY,
Collationné & certifié la préfente copie conforme à Foriginal
aul fecrétariat du Comité des rapports, délivré par nous Député dépofé
fecrétaire dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE,
IÈRES, REYNAUD, DE VILLEBLANCHE, , COCHEREL;
LABORIE,le comte 6-GORMAN, RoUyRAY, le marquis DE PERRIGNY,
le chevalier DE MARMÉ, & DE Gour D'ARCY,
Collationné & certifié la préfente copie conforme à Foriginal
aul fecrétariat du Comité des rapports, délivré par nous Député dépofé
fecrétaire dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE, --- Page 143 ---
ns
SIXIEME CHEF DE DENONCIATION
Réunion défaftreufe des Confeils fupérieurs de Saint-Domingue:
M. LE COMTE DE LA LUZERNE, Lieutenant général des armées du
Roi, nommé pari le Roi anl gouvernement général de Saint-Doiningue,
eft arrivé au Port-au-Prince au mois d'avril de l'année 1786. Ses
fervices précédens, les diférens emplois qu'il avoitremplis, &l le genre
cennu de fes études favorites, n'avoient pas jufque-là dirigé fon attention
les intérêts commerciaux de fa Métropole & de 1105 Colonies >
vers connoiffances adminiftratives de ces fles précieufes & éloignées,
versles
dont le régime ne nous préfente qu'un petit nombre d'analogics avec
le fyftème du gouvernement continental.
M. de ia Luzerne voulant acquérir ce qui Iui manquoit fur ce point,
& connoître parfaitement toutes ies parties d'une contrée quia deux
cent cinquante lieues de côte , partit du Port-au-Prince au mois de
décembre 1786, d c'efl-à-dire , huit mois feulement après fon arrivée;
& fe rendit au Cap, la ville fa plus intéreffante de la Colonie & le
fiége de fon commerce ; it y demeura fix jours & retourna de fuite
au Port-au-Prince, dont il ne fut pas abfent quinze jours.
il tourna fes pas vers le fud de la Colonie,
Quelque temps après,
moins
C'eft la partie la plus délaifée jufqu'ici, la moins profpère 2 la
peuplée, la moins avancée en culture ; celle enfin qui préfente le
d'accroiffemens poffibles, & le plus d'efpoir de richeffe. Ce
plus
fut
tout-à-fait fi long
le précédent, 8t ces deux
voyage ne
pas
que immenfe, furent les feules
tournées de quinze jours dans une ile
que
ft le Gouverneur pendant les vingt mois que dura fon adminiftration,
II eft vrai qu'une opération importante au miniftère, méditée dès
long temps dans le cabinet, redoutée dès long-temps par la Colonie
& à laquelle elle rapporte tous les maux qui l'accabient, occupa
yivement M. de Ia Luzerne, &x dut abforber beaucoup de fes momcnss
pas
que immenfe, furent les feules
tournées de quinze jours dans une ile
que
ft le Gouverneur pendant les vingt mois que dura fon adminiftration,
II eft vrai qu'une opération importante au miniftère, méditée dès
long temps dans le cabinet, redoutée dès long-temps par la Colonie
& à laquelle elle rapporte tous les maux qui l'accabient, occupa
yivement M. de Ia Luzerne, &x dut abforber beaucoup de fes momcnss --- Page 144 ---
Nous allons vous offirir un tablean raccourci de ce défaftreux
événement.
Quelques annécs après f'époque où Saint-Domingue fe donna à
Louis-le-Grand, ce Prince qui voyoit dans la profpérité de cet
établiffement, la profpérité future de fon Royaume, voulut accorder
à fes nouveaux fujets le plus grand des bienfaits fans doute; la juflice
qui peut feule maintenir la paix entre les membres du
ou terminer deurs différends. II choifit pour da leur rendre corps des habitans focial 3
intègres, qui fe firent en 1685 un honneur d'être les modèles d'un
fyflème judiciaire, à la pureté duquel VOs Décrets viennent de
peler le nôtre. Ces patriarches de la grande famille coloniale fe firent rapun devoir de rendre gratuitement la juflice, & ils ne voulurent recevoir
du Monarque que la patente honorable qui les conftituoit en Cour
fouveraine. Ce tribunal établi d'abord au petit Goave, enfuite à
& depuis transféré au Port-au-Prince, fut pendant feize Léogane,
de
ans le feul
corps
magifrature fupérieure de la Colonie. Sa population
confidérable encore,fa fimplicité des affaires, la bonne foi des habitans, peu
n'excédoient point les forces de dcurs Magiftrats dont le zèle étoit à
toute épreuve.
Mais en 1701, 2 les augmentations rapides qu'avoit déjà éprouvées
Saint-Domingue, fes fuccès, fon accroiffement
de défrichemens qui , dis à l'infatigable activité prodigieux, des
une fuite
fécondé plus de deux cents lieues de cêtes,
Colons, avoient
multipliant les rapports 3
compliquant lin peu les afaires,en étendant le nombre, il devint
fible au tribunal patriarchal de fuffire aux befoins de tous les impof
& Louis XIV, pour rapprocher la juftice des jufticiables habitans; s'étoient
fort étendus, établit aui Cap François un autre Confeil qui
fous
le même mode que celui qui jugeoit au Port-au-Prince, fiupérieur & lui
fon reffort.
traça
Ces deux Cours rendirent conflamment & gratuitement la juflice
jufu'en 1766. Voici, Meflieurs, le premier pas du delpotifmne vers
nOS contrées, alors trop heureufes, Leur profpérité croiffante
ayant
peuplé
'étoient
fort étendus, établit aui Cap François un autre Confeil qui
fous
le même mode que celui qui jugeoit au Port-au-Prince, fiupérieur & lui
fon reffort.
traça
Ces deux Cours rendirent conflamment & gratuitement la juflice
jufu'en 1766. Voici, Meflieurs, le premier pas du delpotifmne vers
nOS contrées, alors trop heureufes, Leur profpérité croiffante
ayant
peuplé --- Page 145 ---
troifième
les habitans firent des démarches pour
peuplé une
province, troifième Confeil fupérieur. Tandis qu'ils :
obtenir l'éreétion d'um
follicitoient cette faveur utile, un fieur la M...
3 homme perdu
de réputation dans la Colonie, ofa, par cupidité, engager M. le
Maréchal de Caftries, à firpprimer le Confeil fupérieur du Cap, à le
réunir à celui du Port - au - Prince, afin que la place de Procureur.
lui valût le double & au-delà de ce
générai de ce Confeil inique
lui rapportoit. II lui repréfenta que la Colonie n'ayant plus
qu'etle feule Cour fouveraine, & cette Cour fiégeant dans la réfidence
qu'une
il s'établiroit bientôt entr'elle & eux
ordinaire des Adminiftrateurs, de
tous les Colons dans une:
une liaifon qui mettroit en peu
temps
dépendance abfolue du Gouverneur.
I l'affura
l'intérêt des habitans exigeoit cette mefure , que
moins il auroit que de Tribunaux, moins il y auroit de procès; & par
y
fembloit alors indiquée en France, tandis
une de ces difparates qui
de
la juftice
le Chef de la Magiftrature, fous prétexte rapprocher
que
créoit dans le Continent une multitude de grands
des jufticiables
ainfi dire à SaintBailliages, le Miniftre de la Marine éteignoit pour
Domingue, le flambeau de la juftice, en éloignant tellement les jufti:
ciables de fon fanétuaire, que la plupart ne pouvoient y parvenir.
route
& dangercufe de plus de quatre - vingts
qu'après une
pénible
lieues.
de ce
avant fon départ, auroit pu
M. de la Luzerne, prévenu
projet
de
détourner l'exécution, fi
le mois d'avril 1786, époque
en
depuis
de la
fon arrivée, jufqu'au mois de juillet 1787 1 époque
fuppreflion,
il eût écouté le voeu des habitans, voulu s'occuper férieufement de
fi défabufant le Miniftre en l'éclairant, il lui eût fait
leurs intérêts, &
alloit porter la défolation dans
fentir les dangers d'une difpofition qui
de
la Colonie. En dépit du filence criminel qu'il garda fur un objet
cette importance, M. le Maréchal de Caftries recueillit apparemment
quelques doutes fur ce point; car malgré la fermeté de fon caraétère,
malgréles inftigations preffantes du fieur la M... quin ne le quittoit
C
'éclairant, il lui eût fait
leurs intérêts, &
alloit porter la défolation dans
fentir les dangers d'une difpofition qui
de
la Colonie. En dépit du filence criminel qu'il garda fur un objet
cette importance, M. le Maréchal de Caftries recueillit apparemment
quelques doutes fur ce point; car malgré la fermeté de fon caraétère,
malgréles inftigations preffantes du fieur la M... quin ne le quittoit
C --- Page 146 ---
pas, il craignit, au moment de figner l'ordre, de mettre le trouble a
Saint-Domingue; ; & par une elpèce de preffentiment de ce qui devoit
arriver, il envoya à M. de fa Luzerne un ordre particulier de fuf
pendre la caffation du Confeil du Cap, fi la réunion comportoit de
grands inconvéniens. Ces inconvéniens incalculables étoient dans
toutes les bouches, dans tous les cceurs, fur tous des vifages ; &
tant l'ordre particulier envoyé par la prudence,futcdlé
pour-
& pourtant l'édit defpotique de la Cour n'en fut par moins l'opiniâtreté,
malgré dei deuil univerfel des habitans à qui f'on pas enlevoit exécuté,
leurs
Magiftrats, pour les tranférer à foixante lieues de deur réfidence, &
par leur réunion en un feul Confeil, mettre le iceau au malheur de
la Colorie.
Ainfi dans cetté circonftance majeure, dont les pièces
vous montreront, Meffieurs, toute l'importance, M. de juftificatives la Luzerne
fut coupable de n'avoir pas prévenu un ordre dangereux; il fut
coupable de l'avoir exécuté, ayant pu s'y fouflraire; il fut
plus
plus coupable encore ,' ne s'y étant pas fouftrait, d'en avoir, depuis fon
avénement au Miniftère, maintenu avec opiniatreté les meutrières
difpofitions.
SignEDE Gour PAeesCoysisesMbeumed COURREJOLLES
le chevalier DE MARMEY, DE VILLEBLANCHE, COCHEREL, le comte
6-GORMAN,le
-
marquis DE PERRIGNY, REYNAUD, ROUvRAY,
DE THEBAUDIERE, LABORIE.
Collationné & certifié Ia préfente copie conforme à l'original dépofé ati
Secrétariat du Comité des Rapports,délivié par nous. Député, Sécrétaire
.dudit Comité, cejourd'hui, Signé ANTHOINE,
1I
valier DE MARMEY, DE VILLEBLANCHE, COCHEREL, le comte
6-GORMAN,le
-
marquis DE PERRIGNY, REYNAUD, ROUvRAY,
DE THEBAUDIERE, LABORIE.
Collationné & certifié Ia préfente copie conforme à l'original dépofé ati
Secrétariat du Comité des Rapports,délivié par nous. Député, Sécrétaire
.dudit Comité, cejourd'hui, Signé ANTHOINE,
1I --- Page 147 ---
ro
SEPTIEME CHEF DE DÉNONCIATION:
Grand chemin du Cap: menfonge public ; corvées arbitraires;
dépenfes énorines dr inutiles.
Lonseur le précédent Miniftre de la Marine adopta, pour notre
défaftreux de la réunion des Confeils, il ne
R malhear, le projet
les
mais dans
s'étoit pas donné le loilir d'en pefer toutes conféquences;
l'intervalle de temps qui s'écoula eritre la détermination du Gouvernement & l'exécution du plan, frappé de quelques objections que
de bons efprits eurent le courage de lui préfenter, il commença,
eu I'honneur. de vous le dire, à avoir quelques doutes,
comme j'ai
du fuccès. On lui dit entr'autres : le Cape eft la ville
fur la poffibilité. de la, Colonie, le fiége du commerce, celle oit
da plus floriffante
oùu les difcuffions
il: fe fait, le plis d'affaires, celle par conféquent
entre l'acheteur & le vendeur doivent être plus fréquentes. Comment
voulez-vous que tous fes habitans quittent leurs manufaélures & leur
commerce, pour aller plaider à quatre-vingts lieues de diftancelQuatrelieues, dit peutêtre le Miniftre - ne font pas un obftacle à
vingts
l'obferciter. en, pofte; c'eft laffaire de deux jours. Mais,-répliqua
Saint-Domingue comme la France, & vous ignovatéur, vous jugez
doute
a
de
à SaintDomingue;
rez
fans
qu'il.n'y point grand-chemin
daroute du Cap au Port-au-Prince eft coupée de montagnes:à
que rivières fans ponts, de fleuves dangereux, de torrens rapides;
pié,de le
eft inconnu, que le fable eft calciné, que le climat
-que- pavé y
ni
ni relais, ni voitures publiques,
eft brâlant, qu'il n'y a pofte,
cheval
ni auberges; que f'on ne peut voyager qu'à cheval, & qu'à
il eft
d'hommes qui puiffent foutenir l'ardeur d'un foleil brulant
peu
le
terre, fouvent
qu'aucun niage ne tempère; qu'ainfi voyage par
mortel, eft prefqu'impolmible aux Européens. Je conviens qu'on
Ci
relais, ni voitures publiques,
eft brâlant, qu'il n'y a pofte,
cheval
ni auberges; que f'on ne peut voyager qu'à cheval, & qu'à
il eft
d'hommes qui puiffent foutenir l'ardeur d'un foleil brulant
peu
le
terre, fouvent
qu'aucun niage ne tempère; qu'ainfi voyage par
mortel, eft prefqu'impolmible aux Européens. Je conviens qu'on
Ci --- Page 148 ---
peut aller par mer; mais outre que la route eft bien plus longue;
les écueils font fi multipliés le long des côtes, que la prudence ne
permet pas de confier à des rifques imminens, des titres précieux,
des pièces originales, dont la perte feroit irréparable; & les bâtimens du cabotage font fi incommodes, que ceux même qui bravent
tout, y regardent à deux fois,lorfqu'il s'agit, pour aller voir un
Avocat, ou folliciter un Rapporteur, de fe livrer au perfide 6lément pendant fix femaines; car il arrive fouvent que. la traverfée
du Cap au Port-au-Prince, eft de quinze jours, & que le retour
eft d'un mois.
Cette obfervation étoit fans réplique, & il n'y a pas de doute
qu'elle influa beaucoup fur le parti que prit le Miniftre d'envoyer
à M. de la Luzerne, cet ordre particulier qui l'autorifoit à fufpendre,
fi les inconvéniens lui paroiffoient trop graves. Que fit-il, Meffieurs?
de concert avec ce malheureux la M...
qui avoit ourdi toute
cette trame, & avec le fieur de Marbois Intendant, qui jouera un
rôle ficheux dans ce mémoire, il fe crut affuré de lever tous. les
fcrupules du Miniftre, en, lui certifiant que de fuperbes chemins
amèneroient de toutes parts avec facilité les jufticiables dans le temple
de la juftice. M. le maréchal de Caftries ne put réfifter à ce motif
déterminant; il n'étoit pas dans fon ame de foupçonner qu'il pit
exifter entre trois de fes créatures, une coalition criminelle, dont le
feul but fût de le flatter, de f'abufer, & de le facrifier à leur intérêt perfonnel. Il envoya donc PÉdit qui devoit frapper le coup
fatal; mais comme s'il avoit prévu que cette loi provoquée auroit
un jour des fuites funeftes, il eut foin de dépofer dans l'acte même
fa juftification future, & il ne manqua. pas d'inférer dans le préambule, pour principal motif de la réunion des Confeils, la belle communication des chemins, c'eft-à-dire, que dans un aéte public, revétu
du fceau royal, & fenfé émané du Souverain en perfonne, trois
agens payés par lui pour léclairer; le trompoient fciemment, &
fous légide de. l'éloignement ou de la faveur,. publioient fans
fa juftification future, & il ne manqua. pas d'inférer dans le préambule, pour principal motif de la réunion des Confeils, la belle communication des chemins, c'eft-à-dire, que dans un aéte public, revétu
du fceau royal, & fenfé émané du Souverain en perfonne, trois
agens payés par lui pour léclairer; le trompoient fciemment, &
fous légide de. l'éloignement ou de la faveur,. publioient fans --- Page 149 ---
avéré, un faux matériel, bien propre à compropudeur un menfonge
fi un
entier, témoin
mettre le nom facré du Souverain,
peuple hautement nommé les
de l'impofture, n'en avoit, dans fa juftice,
auteurs.
belle communication qui n'exiftoit pas, M. de
Pour procurer cette
demander des corvées aux habitans rivela Luzerne commença par forces
il en exigea de ceux
rains. Ils y. prétèrent leurs
épuifées;
demeuroient au loin; ils envoyoient avec une extrême répugnance
qui
& vingt lieues de chez eux, au grand
des nègres à dix, quinze
& de la fanté de leurs ateliers.
détriment de leurs manufaétures,
bientôt on les
Bientôt des ordres de rigueur furent promulgués, Gouvernement
exécuta avec bien plus de rigueur encore: tandis que le
France fupprimoit la corvée 1 le Gouverneur à Saint-Domingue
en
mais la corvée fut infuffifante, parce que les
établiffoit la corvée;
tous les obftacles apparIngénieurs de France n'avoient pas prévu
: alors, Meffieurs, on eut recours
tenant au fol de Saint-Domingue & lIntendant ouvrirent ce canal
à la caiffe publique. Le Gouverneur
employa pour fe
par où s'écoule la fubftance des peuples. L'opiniâtreté
à des
des fommes que le difcernement auroit pu appliquer
juftifier,
Jes Adminiftrateurs forcèrent de moyens,
établiffemens utiles; par-tout
efforts. Enfin, Meflieurs, la réunion
par-tout la nature fe rit de leurs
trois ans. Le chemin
défaftreufe des Confeils a été publiée ily a
commencé il a
la beauté l'excufoit en quelque forte, a été
y
dont
mois ; mais la réunion a été confommée en vingt-quatre
trente-trois le chemin n'eft pas fait au bout de trois ans. Mais ia
heures, &
Édit au defpotifme & des larmes au peuple;
réunion n'a coûté qu'un
des hommes à la
chemin a coûté des fueurs aux malheureux,
: & le
caiffe.
Colonie, & deux millions à la
fait
dont. vous allez connoître toute la vérités
Ainfi, dans ce
grave d'avoir trompé le Miniftre, en lui fourM. de la Luzerne fut coupable
matériellement faux ; il fut plus
nifant comme un fait, un moyen
de youlojr juftifier fon affertion par des moyens deftruéleurs
coupable
'un
des hommes à la
chemin a coûté des fueurs aux malheureux,
: & le
caiffe.
Colonie, & deux millions à la
fait
dont. vous allez connoître toute la vérités
Ainfi, dans ce
grave d'avoir trompé le Miniftre, en lui fourM. de la Luzerne fut coupable
matériellement faux ; il fut plus
nifant comme un fait, un moyen
de youlojr juftifier fon affertion par des moyens deftruéleurs
coupable --- Page 150 ---
de l'humanité; i fut plus coupable encore d'avofr, depuis fon
ment
avéne:
au miniftère, perfifté avec opiniâtreté dans des difpofitions fi
pernicieufes pour l'intérêt général & à jamais inutiles.
Voilà notre récit, Meffieurs ; permettez à nos Commettans d'en fanctionner la ferupuleufe exaélitude par da préfentation des pièces
catives que nous allons vous foumettre.
juftifi:
Signé CHABANON, COURREJOLLES, LABORIE, ROUVRAY,
REYNAUD, MAGALLON, DE VILLEBLANCHE,
le chevalier DE MARMEY, DE THÉDAUDIÈRE,
COCHEREL;
le comte
le marquis DE PERRIGNY, DE Gour-D'ARCY.
6-GORMAN;
Collationné & certifié la préfente copie conforme à
au fecrétariat du Comité des rapports, délivré l'original dépofé
fecrétaire dudit Comité, cejourd'hui.
par nous Député,
Signé ANTHOINE,
HUITIEME CHEF DE DÉNONCIATION.
Démifion arrachée injufement a 2172 Magiftrat feptuagenaire Deyen du Confeil.
Lors de la défaftreufe réunion des deux Confeils fouverains de Saint:
Domingue en 1787, M. de S..
Magiftrat
Doyen du Confeil, éclairé par une expérience de
feptuagénaire, x
les.affaires
quarante années dans
publiques, & récompenfé par l'eftime générale de toute la
Colonie, follicita & obtint des Adminiftrateurs la permiflion de
au Cap, pour raifon de fanté.
refter
Ce loifir fi mérité par u Jnge qui depuis quarante ans n'avoit
pas demandé un feul congé, fut encore troublé par ce défir de fe rendre
utile, qui devient uIn befoin pour ceux qui l'ont toujours été à leurs
concitoyens. Le fieur de S..
. fut chargé, avec deux de fes
collègues, de préfider à l'inventaire du greffe du Cap. Tandis
donnoit tou's fes foins, le Greffier s'enfuit avec fa caille, ans qu'il y
i 'pouvoit X avoir pour I 00,000 livres de dépôts,
laquelle
é par ce défir de fe rendre
utile, qui devient uIn befoin pour ceux qui l'ont toujours été à leurs
concitoyens. Le fieur de S..
. fut chargé, avec deux de fes
collègues, de préfider à l'inventaire du greffe du Cap. Tandis
donnoit tou's fes foins, le Greffier s'enfuit avec fa caille, ans qu'il y
i 'pouvoit X avoir pour I 00,000 livres de dépôts,
laquelle --- Page 151 ---
Cet évènement, naturel de la part d'un comptable infidele, fembloit
ne devoir pas donner matière à des foupçons outrageans ; mais comme f
le vocu le plus cher des deux Adminillrateurs.cût été de trouver des
coupables parmi les bons habitans de la Colonie, certains >' par leur
place, de Timpunité, MM. de la Luzerne & de Marbois fe permirent
d'accufer M. de S..
. d'avoir coopéré à ce criminel enlèvement.
Ce refpedtable Magiftrat, père de fix enfans, tous revêtus de places
& de décorations honorables, aieul d'un grand nombre de petits-enfans
dont il étoit l'exemple, environné de l'eftime de la Colonie, n'avoit
qu'une manière digne de lui de repouffer cette atroce accufation; il fe
dénonça Jui-même à fa compagnie, à fa compagnie déjà réunie au
Confeil du Port-au-Prince, à fa compagnie réfidant i foixante lieues
'de chez lui, à fa compagnie, prélidée par fes deux adverfaires, fes
deux délateurs, fes deux accufateurs, MM.de la Luzerne & de Marbois.
Dans cette affembiée, quelque preffée qu'elle fit entre le devoir &
f'autorité, fe manifefla une indignation générale contre ceux qui s'étoient
crus aflez puiflans pour porter impunément atteinte à I'honneur d'un
feptuagénaire, qui jamais ne. s'étoit écarté de la voie de Thonneur.
Les deux Adminifirateurs. redoutant un jugement. qui alloit les
couvrir de honte, eurent l'adreffe bien tardive de prévenir,. par une
rétradtation formelle, l'examen d'une calomnie qu'il n'étoit pas de jeur
intérêt de laifer approfondir.
Un arrêt folennel & unanime: dé la Cour vint rendre à l'innocent
tout fon éclat, au mérite tout fon luitre, à la vieillefle toute la vénération qui lui efl due.
Le Rapporteur fut chargé par toute fa compagnie, d'écrire à Jeur
Doyen une lettre remplie de ces témoignages d'intérêt, de refpect &
d'amitié, qui feuls pouvoient guérir la bleffure que la calomnie avoit
plé lui faire,
Déjà, F ce digne Magiflrat avoit recouvré le repos fi néceffaire à fes
derniers jours; déjà M. de la Luzerne parti pour la France, venoit d'être
élevé au miniftère, loriqrimmediatement après les premières dépéches
à Jeur
Doyen une lettre remplie de ces témoignages d'intérêt, de refpect &
d'amitié, qui feuls pouvoient guérir la bleffure que la calomnie avoit
plé lui faire,
Déjà, F ce digne Magiflrat avoit recouvré le repos fi néceffaire à fes
derniers jours; déjà M. de la Luzerne parti pour la France, venoit d'être
élevé au miniftère, loriqrimmediatement après les premières dépéches --- Page 152 ---
reçues de ce nouveau Miniftre, I'Intendant Marbois, fouverain en fon
abfence, écrivit à M. de S..
au nom du Roi, pour lui
ordonner de fe rendre au Port-au-Prince fans délai,u d'envoyer fa
démiflion.
Cet ordre conçu dans ces termes qui annoncent le malheur du
mécontentement, étoit évidemment la punition de cette rétraclation
publique à Jaquelle I'honneur outragé avoit forcé MM. de la Luzerne
& de Marbois.
Cet ordre étoit au nom du Roi, & pourtant la juftice & la bonté
du Roi ne pouvoient avouer l'ordre inhumain d'expofer un feptuagénaire malade, à entreprendre une route longue & impraticable.
Que fit cet infortuné vieillard? il écrivit da lettre la mieux raifonnée
& la plus relpedtueufe, & il conjura les deux
Adminiftrateurs, au
nom de leur propre honneur, à ne pas perfifter de le déshonorer.
Mais vaine inftance : la victime étoit marquée ; le complot médité
depuis fix mois étoit irrévocable, le coup étoit porté; le tyrannique
Intendant, fort de l'appui du Miniftre, répondit par un ordre abfolu
de donner fa démiffion, fous peine d'être à l'inflant même faifi, arrêté
& embarqué de force pour le Continent.
Ainfi, parce que ce feptuagénaire malade ne pouvoit pas faire
foixante lieues, on le menaçoit de lui én faire faire deux mille, c'eft:
à-dire, qu'on l'envoyoit à la mort.
Encore néceffaire à fa famille, il n'héfita pas entre fes jours & fon
état; il envoya la démiffion qu'on lui arrachoit, pour prix d'un demifiècle de fervice, & la Colonie perdit le Doyen & lexemple de fes
Magiftrats.
Ainfi, Meffieurs, dans cette coalition monftrueufe de defpotifine, de
vengeance, de calomnie, M. de la Luzerne fut coupable d'avoir, fans
preuve aucune, accufé d'un crime affreux, un Magiftrat intègre ; it
fut plus coupable de n'avoir pas confirmé dans fon coeur la rétracta.
tion généreufe qu'avoit prononcée fa bouche, & d'avoir éçouté un
geffentiment qui devoit diriger le premier acle de f toute-puiffince
contre
ufe de defpotifine, de
vengeance, de calomnie, M. de la Luzerne fut coupable d'avoir, fans
preuve aucune, accufé d'un crime affreux, un Magiftrat intègre ; it
fut plus coupable de n'avoir pas confirmé dans fon coeur la rétracta.
tion généreufe qu'avoit prononcée fa bouche, & d'avoir éçouté un
geffentiment qui devoit diriger le premier acle de f toute-puiffince
contre --- Page 153 ---
contre l'inocence reconnue ; enfin il fut plus coupable encore d'avoir
sonfommé fon noir projet, en arrachant fon état fans dédommagement
ni retraite, fous peine de l'exil & de la mort, à un feptuagénaire
entouré d'une nombreufe poftérité, & environné de l'amour de tout 1711
peuple.
Cette caufe particulière nous eft fpécialement recommandée par nos
Commettans; ils ont recueilli le mérite & la vertu éconduits par le
Miniftre : leurs fuffrages ont placé à la tête du Comité colonial de ia,
partie du Nord, M. de Saint-Martin; eux-mèmes ont dérobé à fa
modération les preuves des vexations inouies dont il a été l'objet;
& tout à l'heure lAfemblée provinciale du Nord vient, à l'unanimité
'des voix, de le nommer Préfident du Confeil fupérieur du Cap, que
les voeux des habitans de cette contrée ont enfin rétabli.
Signé CHABANON, COURREJOLLES, LABORIE, REGNAUD,
ROUVRAY, MAGALLON, le chevalier DE MARMEY, COCHEREL,le comte
6-GORMAN, le marquis DE PERRIGNY, & DE GoUY D'ARCY.
Collationné par nous fecrétaire du Comité des rapports de PAffemblée
Nationale, conforme à la copie étant au Comité, Ie I. mai 179.
Signé ANTHOINE.
NEUVIEME CHEF DE DÉNONCIATION.
Exadion publique s pourfuite tyramique envers 2172 père de fanille
innocent, dr frites cruelles de ce traitement barbare.
PARMI divers traits odieux de fifcalité, nous en choififfons un, Meffieurs,
gui eft venu mettre le fceau à la haine que f'on portoit à l'Intendant.
Quant à M. de la Luzerne, il n'a pas tardé, d'abord par fon filence,
& enfuite par une approbation bien coupable, à étendre fur lui-même
la tache dont s'étoit couvert le fieur de Marbois : ceci, Melieurs,
demande toute votre attention.
D
traitement barbare.
PARMI divers traits odieux de fifcalité, nous en choififfons un, Meffieurs,
gui eft venu mettre le fceau à la haine que f'on portoit à l'Intendant.
Quant à M. de la Luzerne, il n'a pas tardé, d'abord par fon filence,
& enfuite par une approbation bien coupable, à étendre fur lui-même
la tache dont s'étoit couvert le fieur de Marbois : ceci, Melieurs,
demande toute votre attention.
D --- Page 154 ---
Lorlque Saint-Domingue fe donna à la France, ce fut fous la claufe
bien expreffe de recevoir du Souverain une protedtion gratuite, &
de ne payer aucun autre impôt que celui qui provenoit naturellement
de la prohibition du commerce.
Lorfque Saint-Domingue, pour donner une preuve de patriotifme 3
offrit à Louis XIV, dans fes malheurs, de fe charger elle-même des
frais de la protedtion de la France, ces frais ne fe montoient qu'à
cent mille écus, & ce fut fous la claufe bien expreffe que les habitans
répartiroient cette impofition volontaire entre eux comme bon leur
fembleroit, & pour un temps limité.
Voilà deux loix fondamentales de la Colonie, que tous nos Souverains ont reconnues & refpectées, & que le Roi a fanétionnées luimême en 1775 , lorfque par l'article XXXIV de fon Ordonnance fur
le gouvernement civil de Saint-Domingue, il défend exprefement toute
levée de deniers, fans une délibération préalable des habitans.
Je dois obferver ici que cet oétroi gratuit de 300,000 livres accordé
à Louis XIV, s'étant infenfiblement accru jufqu'à la fomme annuelle
de cinq millions, qui en produifent plus de dix dans la perception ;
le peuple généreux qui donnoit des marques fi éclatantes de fon
dévouement à la Métropole, avoit dû s'attendre que les adminiftrateurs qu'elle lui envoyoit, loin de chercher à augmenter ce fardeau'
patriotique, auroient des ordres précis d'en alléger le poids, en confervant au moins précieufement le droit aequis aux habitans de répartir
eux-mêmes entre eux cet impôt volontaire.
Outre les différens prélevemens qui compofoient ce produit annuel,
fe trouvoit la recette des droits curiaux qui fervoit à l'entretien des
Miniftres des autels, & la recette des droits fuppliciés qui payoit les
Maréchauffées, & autres objets relatifs à la sûreté publique. Ces deux
caiffes étoient diftinétes, & elles étoient alimentées par une cotifation fixée depuis Jong-temps à trente fous par chaque tête de Nègres.
Le 27 février 1787, M. Françeis de Neufchâteau, procureur général
du Confeil fupérieur du Cap, encore exiftant, conclut à ce que, vu
& la recette des droits fuppliciés qui payoit les
Maréchauffées, & autres objets relatifs à la sûreté publique. Ces deux
caiffes étoient diftinétes, & elles étoient alimentées par une cotifation fixée depuis Jong-temps à trente fous par chaque tête de Nègres.
Le 27 février 1787, M. Françeis de Neufchâteau, procureur général
du Confeil fupérieur du Cap, encore exiftant, conclut à ce que, vu --- Page 155 ---
l'état brillant de ces caifles, la cotifation fût modérée à vingt fous
trente. Un an après, en mars 1788, fans caufe, fans motif,
au lieude il
à M." de Vincent & de Marbois de réunir ces deux
fans befoin, plait
tête de
c'eft-àcaiffes, de porter l'impofition à un écu par
Nègres, foudire, d'en tripler la quotité, de s'en rendre les Adminiftrateurs
l'année fuivante, & de
verains, d'annoncer une augmentation pour
donner ainfi tacitement au Confeil le droit d'impofer arbitrairement
à l'avenir tous les habitans de la Colonie, au gré de la cupidité ou
de l'ineptie des Adminiftrateurs en chef& des Miniftres.
Ainfi, par une fingularité que vous aurez pu, Meffieurs, obferver
plufieurs fois dans les faits contenus dans ce Mémoire, tandis que
les parlemens en France, effrayés de l'abyme que le génie du fifc
avoit ouvert fous noS pas, abrogeoient le droit d'impofer, que nos
Souverains avoient ufurpé , & renonçoient à ces enregiftremens dont
ils reconnoiffoient les abus; un Miniftre du Roi, comme s'il eût
youlu conferver au defpotifme un trône en Amérique pour le dé-
'dommager de celui qu'il alloit perdre en Europe, cherchoit à établir
l'ariflocratie parlementaire & la bureaucratie
'dans cet hémifphère
habitans & le droit des
fifcale, que le voeu de fes anciens
gens
fembloient en préferver à jamais.
Le Minittre & l'Intendant avoient bien prévu les difficultés
qu'entraineroit la recette de la nouvelle impofition. Ils en avoient
chargé les Marguilliers des paroiffes, citoyens notables, & les avoient
rendus refponfables des recettes qu'ils ne feroient pas.
de
Le fieur de la F.
propridaire-planteur, négociant, père
famille, honoré de l'eftime de fes concitoyens, nommé par leurs
fuffrages Marguillier de la paroiffe de la ville du Cap. reçut l'ordre
'de colleéter le nouvel impôt arbitraire établi par le Miniftre & par
l'Intendant, fon organe. II eflaya en vain de faire fa colleéte 2 mais
perfonne ne voulant payer, il écrivit au Receveur général des droits
municipaux, la lettre la plus mefurée; la plus. honnête, par laquelle il
le prioit de défigner uin autre Receveur qui feroit plus heureux que lui.
D ij
Cap. reçut l'ordre
'de colleéter le nouvel impôt arbitraire établi par le Miniftre & par
l'Intendant, fon organe. II eflaya en vain de faire fa colleéte 2 mais
perfonne ne voulant payer, il écrivit au Receveur général des droits
municipaux, la lettre la plus mefurée; la plus. honnête, par laquelle il
le prioit de défigner uin autre Receveur qui feroit plus heureux que lui.
D ij --- Page 156 ---
Sur"' cetie lettre, dénonciaticn du fieur de la F
au Pre:
eureur général la M.. 3 conclufions rigoureufes du Miniftère
public, & fur fes conclufions' adoptées, arrêt de la Cour qui décrète
d'ajournement perfonne! cet excellent citoyen; ordonne que fon
procès lui fera fait & parfait, que fes biens feront failis, garnifon
établie chez lui, fes meubles exécutés & fa perfonne arrêtée, fi dans
le délai de l'ordonnance, il ne paye pas à lui feul la fomme entière
impofée fur toute la ville du Cap.
Cet arrêt eft mis en exécution un dimanche,
le
la loi, & avec une publicité & un fcandale
malgré texte de
qui ajoutent encore aux
'rigueurs de fes difpofitions. Tout eft faifi all Cap chez ce négociant
relpectable, aux rifques de lui faire perdre fon crédit. La Commune
s'affemble & offre aux exécuteurs une garantie de dix millions; elle
eft refufée: ils fe tranfportent à l'habitation du fieur de la
on trouve
le
alité & férieufement malade; mais les ordres F
fans doute de ne refpecter ni la religion ni l'humanité, On portoient l'arrache
inhumainement des bras de fa femme & de fes enfans, on l'entraine
fans ménagement jufqu'au Cap, & là, malgré les cris de.tous les
habitans, malgré les remontrances refpedtueufes & fortes que la
Chambre du Commerce juge à propos d'adreffer aux Commandans,
on Jui fait verfer de force dans la caiffe municipale, la fomme impofée. H fatisfait; mais le décret fatal étoit lancé, il falloit de
purger encore. Pour éviter la prifon dont il étoit menaçé, il eft
contraint, en dépit d'une fièvre ardente, de fe faire tranfporter, fous
un ciel brifant, au Port-au-Prince, à foixante lieues de chez lui. II
eomparoit par-devant le Rapporteur de la Cour, & lui démontre, à
fon grand étonnement & fans réplique, non-feulement
da
ception de ces nouveaux droits eft abfolument
que
perindépendante de la
charge de Marguillier, & contraire à l'efprit & à la lettre des Ordonnances
du Roi, mais encore qu'il n'eft Marguillier ou Colleéteur
l'année 1787; que l'on eft prefque à la fin de 1788, puilqu'ils'agifoit que pour
d'un impôt créé en 1788, collectible en 1788; que l'on s'ell
da
ception de ces nouveaux droits eft abfolument
que
perindépendante de la
charge de Marguillier, & contraire à l'efprit & à la lettre des Ordonnances
du Roi, mais encore qu'il n'eft Marguillier ou Colleéteur
l'année 1787; que l'on eft prefque à la fin de 1788, puilqu'ils'agifoit que pour
d'un impôt créé en 1788, collectible en 1788; que l'on s'ell --- Page 157 ---
trompé cruellement vis-à-vis de lui, & que cette méprife étrange
avoir des fuites bien funeftes. Hélas ! il ne difoit que trop vrai.
peut
que les AdmiIl revient chez lui par cette route pénible, fatigante,
niftrateurs repréfentoient comme fi belle, & qui eft un des fléaux
de la Colonie. H nous trace le tableau déchirant des atrocités dont
autorité
& des loix abufives l'ont rendu viétime, nous
une
exagérée actions
au Roi, à la Nation,
conjure de dénoncer ces
tyranniques
figne de fa main avec les autres Commiflaires élus par la paroiffe
du Cap, les pouvoirs néceffaires pour parvenir à ce but, nous
fomme de venger fa patrie, & meurt.
.
A l'inflant toutela ville eft en deuil; tous les habitans comme dans une
calamité publique, fe cherchent, fe rapprochent, & la maifon du malheureux la F devient le rendez-vous de toutes ces ames émues,
& le théâtre de la fcène la plus touchante. Dans cette conflernation
générale, dans ce moment de contraction univerfelle oùt tous les coeurs
ferrés avoient befoin d'épancher leur douleur 2 un citoyen patriote 7
u ancien ferviteur du Roi, Officier général dans fes armées, &juftement
honoré de l'eflime de la Colonie, qui depuis lui a accordé fcs fuffrages
en le nommant l'un de fes Députés à l'Affemblée Nationale, M. le
marquis de Rouvray prend la plume : en plaçant un papier fur le
cercueil même de cet infortuné collègue, il écrit fous la didtée de
tous les coeurs, aux Commandans particuliers du Cap, une lettre
couverte d'un grand nombre de fignatures, que toute la ville vouloit
figner, & qui n'exprime que littéralement les fentimens d'exécration
dont les excès du defpotifme avoient rempli toutes les ames.
Après cette fatisfaétion aux mânes de la vidlime immolée, tout
le cortége fe rendit à l'églife; là, en préfence d'une foule immenfe
de peuple qui honoroit de fes darmes celui qui avoit fu mériter fon
eftime & fes regrets, M. le marquis de Rouvray s'avançant noblement vers les Repréfentans des Adminiftrateurs, leur remit à euxmêmes une minute de l'adreffe funèbre qui exprimoit fi bien ie
fentiment général, & que je trahieris ici fur l'original que jai dans
fe rendit à l'églife; là, en préfence d'une foule immenfe
de peuple qui honoroit de fes darmes celui qui avoit fu mériter fon
eftime & fes regrets, M. le marquis de Rouvray s'avançant noblement vers les Repréfentans des Adminiftrateurs, leur remit à euxmêmes une minute de l'adreffe funèbre qui exprimoit fi bien ie
fentiment général, & que je trahieris ici fur l'original que jai dans --- Page 158 ---
mes mains, littéralement conforme au duplicata qui a été envoyé a
M. le comte de fa Luzerne.
Dans léglife du Cop, fur le cercueil de M. de la F
Ce 22 Décembie 1788.
MESSIEUR RS,
>> C'eft fur la tombe d'un des plus honnétes propricaires-planteurs
>> de cette dépendance, d'un négociant des plus confidérés de cette
>> ville, d'un citoyen moiffonné à l'age de trente-quatre ans, d'un
>> père de famille, laiffant des enfans en bas âge, d'un époux tendre
>> & adoré d'une femme intéreffante; c'eft fur ia tombe de M. de la
s> F
viélime nouvelle de la réunion homicide des deux
>> Confeils de
Saint-Domingue, que nous vous faifons part de nos
>> regrets & de notre terreur, en mélant notre voix aux
>>
gémiffemens, aux cris de la veuve & des orphelins qui demandent ven-
>> geance à Dieu & aux hommes. Le défefpoir de cette
>
dépendance
eft au comble, Meffieurs; vous avez, comme nous devant les
> l'effet terrible de tous les changemens oppreffeurs
yeux 3
ont été la
>>
qui
fuite de la réunion des Confeils au Port-au-Prince.
) Plufieurs pères de famille épuifés comme M. de la F... .
29 par les fatigues des voyages, ont perdu la vie, foit au
>>
Port-au-Prince,
foit dans les routes, foit à leur retour dans leurs foyers. Un autre
>> trait l'a frappé d'un coup de mort ; c'eft l'appareil vraiment fcan-
>> daleux qui a été employé contre lui fous les formes perfides d'exé-
> cution judiciaire; & déjà les autres Marguilliers de cette dépendance
>> font auffi menacés du même fort, s'ils n'obéiffent aveuglément à ces
5 foix combinées entre FAdminiftration & les Confeils réunis au Port-
>> au- Prince; à ces loix qui font verfer dans une caiffe étrangère nos
>> contributions volontaires deftinées à l'entretien de nos églifes, de
>> leurs Miniftres, & à la décence du culte divin dans nos paroiffes.
>> Nous vous fommons donc, Meffieurs, par tout ce que vous devez
acés du même fort, s'ils n'obéiffent aveuglément à ces
5 foix combinées entre FAdminiftration & les Confeils réunis au Port-
>> au- Prince; à ces loix qui font verfer dans une caiffe étrangère nos
>> contributions volontaires deftinées à l'entretien de nos églifes, de
>> leurs Miniftres, & à la décence du culte divin dans nos paroiffes.
>> Nous vous fommons donc, Meffieurs, par tout ce que vous devez --- Page 159 ---
Colonie,
à cette dépendance, de faire parvenir
>> à la
particulièrement
l'affreux fpedlacle dont vous êtes témoins;
>> à MM. les Adminiftrateurs
leur confcience & la vôtre de tous les défaftres que
>> nous chargeons
la réunion des deux Confeils & leur incorpos> continuera de produire
Nous fommons les Adminiftrateurs
> ration avec 'Adminiftration.,
>> mêmes de faire favoir au meilleur des Rois qu'on l'a trompé, qu'on
fes
a eu intérêt de les tromper.
>> a trompé
Miniftres, qu'on
coeurs font
de douleur, d'affliction & de terreur;
< Nos
remplis
>> nous fommes au défefpoir, Meffieurs. >>
Dois-je m'aftreindre ici, Meffieurs, à la forme ordinaire que j'ai
dois-je vous récapituler ici les délits dont M. de la Luzerne
adoptée? eft coupablelHéas'i les détails horribles que vous venez d'entendre, font
ies crimes de fon Intendant & de fon Procureur général; la protedtion
fpéciale accordée par lui à ces deux vampires de la Colonie, lui eft
perfonnelle. Le fieur de Marbois fut coupable d'avoir, au mépris des
loix fondamentales de la Colonie, ofé promulguer une impofition
qu'elle n'avoit pas décrétée ; il fut bien plus coupable d'avoir ordonné
la réunion des caiffes, comme il avoit exécuté la réunion des Confeils;
il fut plus coupable encore d'avoir dénoncé fans motifs, & fait décréter
fans fujet un citoyen qu'il n'avoit pas le droit de rendre refponfable
d'une recette illégalement établie; enfin, il fut fingulièrement coupable
d'avoir, par une intention criminelle, ou par inadvertance inexcufable,
dirigé tous les traits de fon defpotifme contre celui qui n'étoit plus
comptable.
Quant à M. de Ia Luzerne, alors Miniftre, il fut coupable de tous
ces faits, puifqu'il en a autorifé plufieurs, & qu'étant inftruit des autres
par la clameur publique& parles Repréfentans eux-mêmes de la Colonie,
quileslui ont plufieurs fois officiellement dénoncés 3 non -feulement il
n'a pas eu égard à nos juftes griefs, non-feulement il n'a pas ordonné
de réparer le mal-déjà fait, non - feulement il n'a pas puni les infligateurs de tant de forfaits, mais il les a approuvés par fon filence, ou
encouragés par fes coeigondances,0urecompenfés par des témoignages
mes de la Colonie,
quileslui ont plufieurs fois officiellement dénoncés 3 non -feulement il
n'a pas eu égard à nos juftes griefs, non-feulement il n'a pas ordonné
de réparer le mal-déjà fait, non - feulement il n'a pas puni les infligateurs de tant de forfaits, mais il les a approuvés par fon filence, ou
encouragés par fes coeigondances,0urecompenfés par des témoignages --- Page 160 ---
honorables dont l'exiftence, Meffieurs, devroit vous paroître une fable,
fi dans un des chefs de dénonciation qui va fuivre, je n'étois à même
d'en mettre la preuve écrite fous les yeux de l'Affemblée ; alors,
Meffieurs, nous dépoferons fur le bureau toutes celles qui ont trait à
da perte du malheureux la F notre compatriote, notre commettant, & le client de la Colonie toute entière.
Signé CHABANON, 3 REGNAUD, LABORIE, COURREJOLLES ;
ROUVRAY, MAGALLON, le chevalier DE MARMEY, DE THÉBAUDIERE,
DE VILLEBLANCHE, COCHEREL, le marquis DB PERRIGNY,
le comte 0-GORMAN, & DE Gour D'ARCY.
Collationné & certifié la préfente copie conforme à l'original dépofé au
fecrétariat duComité des rapports, délivré par nous Député, Secréraire
dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE.
DIXIEME CHEF DE DENONCIATION.
Réunions tyranniques dil Domaine du Roi, ds concelfions frauduleufes.
C'EST fans doute avec horreur, Meffieurs, que vous avez vu, dans
le cours des dénonciations qui précèdent , les infortunés Colons de
Saint-Domingue, viélimes du plus outrageant delpotifne, privés, fans
motifs, fans jugemens, de leur liberté individuelle, être encore contraints de rifquer fans ceffe leur exiftence dans des routes pénibles qui
en ont vu périr un grand nombre. Le Miniftre & l'Intendant qui
s'étoient fait un jeu cruel de compromettre la liberté, la fanté, la vie
même des peuples, n'avoient plus qu'un pas à faire pour achever le
tableau.
Nos propriétés feules, aux impôts arbitraires, aux conceflions près,
fembloient être reftées intaéles. Vous allez voir, Meffieurs, comment
les Adminiftrateurs de Saint-Domingue font parvenus à nous en ravir
le fonds.
Louis XIV.
iftre & l'Intendant qui
s'étoient fait un jeu cruel de compromettre la liberté, la fanté, la vie
même des peuples, n'avoient plus qu'un pas à faire pour achever le
tableau.
Nos propriétés feules, aux impôts arbitraires, aux conceflions près,
fembloient être reftées intaéles. Vous allez voir, Meffieurs, comment
les Adminiftrateurs de Saint-Domingue font parvenus à nous en ravir
le fonds.
Louis XIV. --- Page 161 ---
Louis XIV n'eut pas plutôt pris fous fa proteétion ce fecondroyaume,
fes délégués d'en divifer les terres & de les concéder à des
qu'il chargea
ofaflent les défricher, braver les influences
cultivateurs patriotes qui
lointaines.
d'un climat alors bien dangereux, & féconder ces contrées
Ces conceffions auroient trompé le voeu du Prince, fi des loix fages
n'avoient furveillé f'exécution politique de fes intentions.
fi
à TÉtat, n'euffent aucune
Quoique ces conceffions profitables
Continent,
analogie avec les aliénations dont on a fait tant d'abus dans le
celles-ci fuffent un facrifice arraché par la faveur à Ia fubflance
quoique tandis
celles-là étoient une femence de profpérité pour
du peuple,
que,
Gouvernement
des obligations fort
la Métropole, cependant le
impofa
La contenance de chaque conceffion
raifonnables aux Conceflionnaires. de cultiver fut impofée ; la défenfe de vendre
fut limitée ; l'obligation
d'avoir commencé un établifement, fut intimée à la cupidité,
avant
la ceffion
de ces terres qu'un aliment
qui n'auroit vu dans
multipliée
Ainfi, fous peine de
à l'agiotage, fans aucun profit pour la Métropole.
réunion au domaine du Roi, il falloit, dans le cours de la première
année, avoir opéré des défrichemens, avant - coureurs d'une récolte
prochaine. C'eft à ces doix, dietées par la plus fage politique, que
Saint-Domingne dut des accroillemens rapides, & c'eft à leur obfervation, modifiée par la prudence, que l'on peut attribuer le degré de
fplendeur qui lui donne aujourdhui tant d'importance dans la balance
du commerce Européen.
Mais depuis plufieurs années, depuis environ quinze ans, 3 les choles
ont bien changé de face dans ces précieufes contrées. L'indigo, plante
vorace & d'uneculture facile, à laquelle les premiers Planteurs avoient
confié d'abord le foin d'abforber les fels trop fubftantiels dont ce riche
fol étoit pénétré, avoit préparé les terres à recevoir le dépôt de ce
de toutes les
végétales
rofeau balfamique 9 la plus parfaite
productions
qui nous donne le fucre. Déjà toutes les plaines couvertes de cannes,
fembloient avoir rempli les intentions du Légiflateur & avoir fermé
tout accès aux fpéculations de l'induftrie,
E
'abforber les fels trop fubftantiels dont ce riche
fol étoit pénétré, avoit préparé les terres à recevoir le dépôt de ce
de toutes les
végétales
rofeau balfamique 9 la plus parfaite
productions
qui nous donne le fucre. Déjà toutes les plaines couvertes de cannes,
fembloient avoir rempli les intentions du Légiflateur & avoir fermé
tout accès aux fpéculations de l'induftrie,
E --- Page 162 ---
Cependant cette induftrie accoutumée à triompher de tous les
obflacles, après avoir promené fes regards fur ces plaines couronnées
de fucre, & contemplé avec fatisfaction fon
leva
fur ces montagnes élevées dont des bois
ouvrage 1
les yeux
épais ou des liannes rampantes
ombragent Ja cime, elle chercha la culture qui pouvoit convenir à ce
local ; & bientôt des forêts antiques & le cacao peu produétif, cédèrent
peu à peu da place à cet arbriffeau précieux qui nous donne le café,
Tandis qu'elle sappliquoit à en recueillir les avantages, une découverte ficheufe vint contre - balancer nos fuccès ; on
café comme l'indigo épuifoient
s'aperçut que le
prodigieufement la terre, & que jamais
peut-ètre elle ne pourroit reproduire le même plant.
Cette obfervation fut bientôt fuivie d'une foule de demandes
conceffions. Heureufement que les forces des Colons, que Jeurs
en
aratoires étoient au-deffus de deur zèle : s'ils euffent
défricher moyens
ce qui leur avoit été concédé, le café feroit tombé pu fans doute tout
prix très-bas qui n'auroit
à un
pas dédommagé des frais de culture, & dans
dix à douze ans l'Europe & I'Amérique auroient été foudainement
privées d'une boiffon devenue prefque un befoin, & cet inconvénient
n'eût pas été de dernier.
Quand on connoît nos Colonies, quand on a parcouru cet autre
monde, on fait que dans ces pays où l'on trouve beaucoup de torrens
& fort peu de rivières, où f'on découvre des bois immenfes &
un feul canal de navigation 7 la feule manière poffible de défricher, pas
eft d'appliquer le feu à la defruétion des forêts, anciennes
le monde.
comme
On fait aufi que dans ces climats brûlans, la vie ne feroit
fupportable, fi l'air n'étoit quelquefois rafraichi par des pluies bien- pas
faifantes. Or, détruire les forêts, ces conduéteurs que la nature a fi
fagement établis entre les nuages & nous, ce feroit nous fouflraire à
fa bienfaifance, & nous priveràjamais de ces rofées céleftes auxquelles
feules une terre calcinée doit fa prodigieufe fécondité.
De ces connoiffances néceffaires pour juger, Meflieurs, le cas qui
it quelquefois rafraichi par des pluies bien- pas
faifantes. Or, détruire les forêts, ces conduéteurs que la nature a fi
fagement établis entre les nuages & nous, ce feroit nous fouflraire à
fa bienfaifance, & nous priveràjamais de ces rofées céleftes auxquelles
feules une terre calcinée doit fa prodigieufe fécondité.
De ces connoiffances néceffaires pour juger, Meflieurs, le cas qui --- Page 163 ---
vous eft foumis, il réfulte qu'un Miniflre qui, fans confidérer la difference des époques & les changemens que le temps apporte à toutes
les inftitutions humaines, prétendroit fe référer fervilement aux loix
du fiècle dernier, & les faire obferver aujourd'hui avec rigueur 1
feroit
très-mauvais
ferviroit très-mal fa nation & la
un
politique, qui
province particulièrement confiée à fes foins.
Cette erreur feroit moins exculable dans un Naturalifte profond,
dans un Chimitte confommé, pour qui les détails phyfiques que j'ai
eu I'honneur de vous offrir, font des élémens familiers.
Elle feroit, j'ofe le dire, impardonnable, fi ce Miniftre & fes
fous-ordres avoient devant ies yeux des exemples que l'expérience de
leurs prédécelfeurs fe feroit plu à leur préfenter. Or, M. le comte de la
Luzerne fe trouve dans ce cas, le moins graciable de tous; il étoit fur
les lieux, il connoiffoit le fol ou devoit le connoître, il pouvoit ou
devoit confulter les habitans. Tous les journeux de la Colonie lui
auroient appris à chaque page, que les Adminiftrateurs qui f'avoient
précédé avoient tous fenti que pour ne pas ruiner les propriétaires
aétuels de caféteries, que pour ne pas rendre cette fource de richefles
nulle dans la main des commerçans, que pour ne pas occafionner
tout d'un coup à l'univers une privation qu'une abondance momentanée
rendroit encore plus fenfible, que pour ne pas expofer par une faufie
démarche le fort de toutes les fucreries, & l'exiftence même des
habitans, en rilquant de changer totalement le climat par la deftruction fubite & univerfelle des forêts, il falloit employer déformais avec
une extrême modération la loi fur les réunions; qu'il falloit bénir
I'heureufe impoffibilité où fe trouvoient plufieurs Colons d'étendre dans
ce moment une culture précieufe au-delà des befoins de la confommation; qu'il falloit économifer pour la poftérité le peu de terre qui
reftoit à défricher dans les montagnes; qu'il ne falloit pas incendier
en un jour tous ces bois debout dont la rareté augmente fans ceffe,
& dont la confervation importe tant à la falubrité du climat ; qu'il
falloit enfin ne pas braver l'expérience, & qu'il étoit fage d'imiter
E ij
une culture précieufe au-delà des befoins de la confommation; qu'il falloit économifer pour la poftérité le peu de terre qui
reftoit à défricher dans les montagnes; qu'il ne falloit pas incendier
en un jour tous ces bois debout dont la rareté augmente fans ceffe,
& dont la confervation importe tant à la falubrité du climat ; qu'il
falloit enfin ne pas braver l'expérience, & qu'il étoit fage d'imiter
E ij --- Page 164 ---
des Adminifrateurs qui, déterminés par les motifs qui viennent d'être
développés, n'avoient pas depuis dix ans prononcé vingt réunions par
chaque année.
Apris vous avoir prouvé que le fyftème immodéré des réunions ne
tendoit à rien moins qu'à confommer publiquement le malheur de la
Colonie, je vais vous montrer une concuffion véritable dans les actes
tyranniques exercés par M. de Marbois, & fanétionnés par M. de la
Luzerne.
Ily a eu tyrannie, fi les propriétés ont été arrachées aux citoyens
avec injuftice; il y a eu concuffion, fi les tyrans ou leurs fous-ordres
ont trouvé dans ces Jarcins publics Ou des avantages perfonnels, ou le
plaifir de da vengeance, ou le moyen funefle d'énerver la liberté &
de perpétuer de defpotifmne.
Vous avez vu que depuis plufieurs années, il n'y avoit prefque plus
'de réunions à Saint-Domingue. Le fieur de Marbois eft nommé à l'intendance de ce malheureux pays, & forme le projet d'en bouleverfer
tous les ufages, d'en changer toutes les loix, d'en modifier à fa guife
la conflitution. Pour parvenir à ce but, quel moyen de fuccès? commander avec hauteur ne fuffit pas, il faut fe faire des créatures; il faut
donc devenir riche & donner beaucoup: mais on ne peut devenir
riche en peu de temps, & donner beaucoup fans prendre; il prit
donc au moins pour donner, mais il eut foin de couvrir fes exaélions
odieufes du voile refpeélable de la loi.
Déjà, de concert avec M. de la Luzerne,il avoit réuni les Confeile
fouverains, & vous en avez vu les abus; déjà il avoit réuni toutes les
caiffes, & vous en avez déploré les facheux effets ; il ne dui reftoit plus
qu'à réunir au domaine des propriétés les plus facrécs, & vous allez
voir & tous les maux qui découlèrent de cette fatale opération, & à
quel deffein elle avoit été réfolue.
M. l'Intendant fe fit informer exaétement de toutes les terres qui
n'étoient point établies, & un beau jour, fes commis, fes fecrétaires
& autres agens affidés préfentèrent à M. I'Intendant requêtes en réunion
plus
qu'à réunir au domaine des propriétés les plus facrécs, & vous allez
voir & tous les maux qui découlèrent de cette fatale opération, & à
quel deffein elle avoit été réfolue.
M. l'Intendant fe fit informer exaétement de toutes les terres qui
n'étoient point établies, & un beau jour, fes commis, fes fecrétaires
& autres agens affidés préfentèrent à M. I'Intendant requêtes en réunion --- Page 165 ---
de plufieurs de ces terrains. Ces requêtes ne peuvent être appointées
du Gouverneur; cette formalité n'étoit point un
fans la permiffion
Luzerne donna les
& les
obftacle entre amis; M. de la
permifions,
furent
Voilà donc des propriétaires indigens, de
réunions
prononcées.
mais
pères de famille, des veuves, des orphelins dépouillés;
pauvres auffi voilà le domaine du Roi enrichi de toutes ces propriétés. Quelles
des
incultes, & qui, fuivant la loi,
richeffes, Meflieurs ,
propriétés
rétribution!
doivent être concédées à un nouveau maitre fans aucune
fentez
l'enrichiffement de l'Etat ne pouvoit être la vue de
vous
que
il
avoit. que du mal
l'agiotage du fieur de Marbois, car jufque-la n'y
de fait, & de profit pour perfonne.
dire
les Ordonnances & l'ufage accordent aux pourIfaut vous
que
la nouvelle conceffion à faire
fuivans en réunions la préférence pour.
des
de ces terres réunies : or les pourfuivans étoient les créatures
les créatures des Adminifrateurs furent trèsAdminiftrateurs; ; donc
légalement gratifiées de ces terrains enlevés & réunis.
terres incultes, il falloit, au terme de la loi, les- -
Nantis de ces
établir dans l'année, & ne pas les vendre que l'établiffement ne fat
Abrihifracmistepisest
fait. Sur ces deux pointsembarnl@in,les.
la loi, & permirent en premier lieu de ne pas établir les terrains ;
en fecond lieu, de les vendre fans être établis.
On fent déjà toute l'utilité de ce nouveau commerce. s qui n'of-
&
des bénéfices certains : de fi heureux
froit aucun rifque, préfentoit
tous les fubalternes & bien
commencemens encouragèrent puiffamment
d'autres à fe mettre fur les rangs des courtifans de M. le Gouverneur
l'Intendant. Bientôt ils furent accablés de demandes; ; bientôt
& de M.
de la Colonie furent fouillées de ces nomles gazettes & les affiches
facilement;
breufes annonces : la cupidité une fois éveillée ne s'endort pas
demandoit
foi, enfuite on demanda pour vendre. Un
d'abord on
pour
trois
mortel heureux qui avoit obtenu quatre conceflions, en vendoit
établir la quatrième, & la fpoliation de quatre citoyens compofoit
pour
da fortune d'un favori de l'adminiftration.
urent fouillées de ces nomles gazettes & les affiches
facilement;
breufes annonces : la cupidité une fois éveillée ne s'endort pas
demandoit
foi, enfuite on demanda pour vendre. Un
d'abord on
pour
trois
mortel heureux qui avoit obtenu quatre conceflions, en vendoit
établir la quatrième, & la fpoliation de quatre citoyens compofoit
pour
da fortune d'un favori de l'adminiftration. --- Page 166 ---
C'eft ainfi qu'un fecrétaire intime de M. de Marbois,
vité fans exemple & une avidité
par une adtifes mains feize
inextinguible, parvint à réunir dans
conceffions à la fois, digne récompenfe de
de
cent poliations dont lui feul avoit été l'infatigable
plus'
Cet oubli de toute pudeur avoit élevé un cri univerfel agent.
tion dans toute la Colonie : plufieurs habitans, à la
d'indiguafe trouvoient des biens véritablement
convenance defquels
facilité des réunions fe
négligés, voyant avec quelle
prononçoient, & craignant d'être
les furets de I'Intendant, formèrent
prévenus par
mandes
en leur nom perfonnel des deen réunion de Ces terrains incultes; de crainte d'être
on devenoit poliateur. Jufque-là les pourfuivans avoient auffi dépouillé,
obtenu la eonceffion nouvelie; ainfi ces habitans n'eurent toujours
moindre inquiétude du fuccès, & crurent qu'il fuffiroit de
pas la
pour être sûrs de l'inveftiture défirée. Is firent donc & les pourfuivre
& les frais confidérables qui y font relatifs;les
pourfiites
rables, & les réunions
jugemens furent favoprononcées; mais quand ils fe
recueillir le fruit de leur découverte & de leurs
préfentèrent pour
démarches, ils
rent avec autant de furprife que de douleur, qu'un favori des Admi- appriniftrateurs, avoit été l'être prédeftiné qui, fans peine ni foins,
obtenu les objets de deur convoitife.
avoit
Un de ces citoyens éconduits, le fieur Rouffeau de la
habitant depuis vingt ans à Cavaillon, partie du Sud, Gautraye,
nombreufe famille, avoit fonge,
père d'une
pour l'établir, à
des
tances favorables; il venoit de faire
la profiter
circonfde
prononcer réunion d'un terrain
quinze cents pas carrés, appartenant à la dame
mande auffitôt la conceffion, point de
Noguez;il en deau-Prince,
réponfe. I fe rend au Ports'adreffe direétement à M." de la Luzerne & de
& apprend que le fieur Wante, fecrétaire
Marbois,
particulier de
ce conceffionnaire univerfel
f'Intendant,
que j'ai déjà cité, vient d'être
ce terrain qui lui étoit fi
gratifié de
précieux : il ne cache pas fon mécontentement, la douleur qu'il éprouve de voir paffer ce fol à fa
entre les maius d'un homme chargé de dettes &
convenance
couvert de bienfaits.
tement à M." de la Luzerne & de
& apprend que le fieur Wante, fecrétaire
Marbois,
particulier de
ce conceffionnaire univerfel
f'Intendant,
que j'ai déjà cité, vient d'être
ce terrain qui lui étoit fi
gratifié de
précieux : il ne cache pas fon mécontentement, la douleur qu'il éprouve de voir paffer ce fol à fa
entre les maius d'un homme chargé de dettes &
convenance
couvert de bienfaits. --- Page 167 ---
Le fieur Wante n'étoit pas cruel; il fait propofer au fieur Rouffeau
de lui céder cette terre dont il avoit envie, & ne lui demande que
quarante mille livres pour ce facrifice. On peut juger de-là que le
métier étoit bon : auffi un des fous-ordres du bureau du fieur Wante,
encouragé par la brillante fortune de fon patron, écrit-il au fieur
Torrez fon ami, qu'il 1a tâcker de marcher fur fes traces, e de gagner
comme lui, s'il ef poffible, en une feule année, trois cent mille liyres fur
le commerce des réunions.
Ce brigandage, fource inépuifable de fortune pour foi ou fesp protégés;
ce brigandage objet de fcandale & de corruption, fc continue publiquement fans pudeur fous les yeux de M. de la Luzerne; & pendant tout
le temps qu'il fut Gouverneur, Saint-Domingue étoit aux abois, le
défefpoir dans tous les coeurs, lorfque heureufement M. le marquis du
Chilleau débarqua dans la Colonie.
Sa délicateffe naturelle lui infpira une méfiance involontaire contre
cette opération ufitée; fa politique dui en découvrit les abus, 8: fa fermeté lui prefcrivit de ne pas fe laiffer entamer fur ce point; il refufa
toute permifion, & ce trait d'honnéteté qui lui valut l'amour de SaintDomingue 3 fut, dit-on, le prineipe de fa difgrâce. Un feul homme
avoit fufpendu les calamités dont deux hommes feuls avoient été les
inftrumens; ; fa perte fut jurée, fon rappel ordonné: alors le fieur de
Marbois redevenu fouverain & par conféquent defpote, reprend fes
anciens erremens, le trafic honteux & lucratif des réunions recommence. M. de Peynier obtient la place de M. du Chilleau, mais on
ne l'avoit pas nommé fon fucceffeur pour être le contradicteur de
lIntendant, il fe montre au contraire fon complailant, il ne s'oppole
point à ce défaftreux commerce qui fait gémir toute. la Colonie, pour
enrichir quelques favoris ou quelques fripons; & ces fcandaleufes
opérations, M. de la Luzerne en a été le témoin, M. de la Luzerne en
fait Ja continuation: ; M. de la Luzerne ne les profcrit pas. Qu'il nous.
montre la correfpondance de M. du Chilleau; qu'il nous laifle jetter
les yeux fur l'effroyable tableau que lui fait de tant d'attentats ce
faftreux commerce qui fait gémir toute. la Colonie, pour
enrichir quelques favoris ou quelques fripons; & ces fcandaleufes
opérations, M. de la Luzerne en a été le témoin, M. de la Luzerne en
fait Ja continuation: ; M. de la Luzerne ne les profcrit pas. Qu'il nous.
montre la correfpondance de M. du Chilleau; qu'il nous laifle jetter
les yeux fur l'effroyable tableau que lui fait de tant d'attentats ce --- Page 168 ---
vertueux Gouverneur, & qu'il convienne qu'après avoir fait le
malheur de la Colonie de Saint-Domingue, un de fes agens affidés,
fon Procureur général la M a penfé confommer fa ruine en
abrogeant le règlement fage par dequel un Conceffionnaire qui, au
défir de fon titre, avoit rempli les formalités d'ulage & formé un
établifiement fur fon terrain, ne pouvoit plus être troublé par a u
Conccilionnaire, même plus ancien, qui avoir jaiffé décheoir fon titre:
qu'ii convienne enfin qu'après avoir fait le malheur de la Colonie,
il a' voulu confommer fa ruine en autorifant ia continuation de ces
réunions perfides aul Domaine du Roi, prétexte de tant d'injuftices
& de tant de maux.
Ainfi dans ce chef de dénonciation de la plus grande importance
fous un rapport politique, de la plus cruelle connivence fous uin point
de vue moral, quatre individus chargés fpécialement par le Monarque, du bonheur & du falut d'une contrée utile & éloignée, un
Procureur général, Ull Intendant, un Gouverneur 1 un Miniftre
(M. de la Luzerne jouant lui feul ces derniers rôles), fe font rendus
colledlivement coupables,
D'impéritie envers les deux mondes, en rifquant de faire difparoître fous peu d'années de tous les marchés Européens, cette graine
recherchée à laquelie nous devons une boiffon falutaire ;
D'impéritie envers Saint-Domingue, en rifquant de la priver toutà-coup des reffources que lui préfentent fes forèts, & de provoquer
dans fon climat un changement auffi dangereux pour les manufactures
qu'infalubre pour des habitans.
Hs fe font rendus coupables de tyrannie envers les pères de
famille indigens 9 en prétant une extenfion rigoureufe à une loi que;
vu le changement des temps, da prudence devoit reftreindre ;
De concuffion envers tous les Colons, en deur enlevant leurs biens;
comme vous verrez 9 pour inveftir de deurs dépouilles, fi ce n'eft
eux-mèmes, au moins leurs favoris,& par-là rétrécir le domaine de
da liberté, , en étendant les conquètes du delpotifme i
Enfin
indigens 9 en prétant une extenfion rigoureufe à une loi que;
vu le changement des temps, da prudence devoit reftreindre ;
De concuffion envers tous les Colons, en deur enlevant leurs biens;
comme vous verrez 9 pour inveftir de deurs dépouilles, fi ce n'eft
eux-mèmes, au moins leurs favoris,& par-là rétrécir le domaine de
da liberté, , en étendant les conquètes du delpotifme i
Enfin --- Page 169 ---
Enfin, d'un crime public envers la Nation; en attaquant ouverde Phomme, fa propricté, pour
tement l'un des précieux apanages
l'entretien d'un agiotage honproftituer le produit de ces larcins à
fcandaleux, indigne
teux, d'un commerce infame, d'un brigandage
&fi contraire aux principes
de tous les temps de la loyauté Françoife,
tant de
Nation
qui marche avec
majefé
actuels de ia
magnanime
vers la régénération & la liberté.
Meffieurs,
Tous les faits queje viens d'avoir Phonneur de vous citer,
été
des nombreux mémoires qui nous ont
ne font que la quinteffence
Commettans. Veuillez bien;
adreffés fur cet important fujet par nos
Meffieurs, parcourir avec nous ces originaux intéreffans.
LABORIE, REGNAUD, ROUVRAY, le marquis
Signé CHABANON,
MARMEY, COCHEREL, le comte
DE PERRIGNY,le chevalier DE
DE THÉBAUDIERE 3
6-GORMAN, MAGALLON, COURREJOLLES,
DE VILLEBLANCHE, DE Goux D'ARCY.
Collationné à l'original dépofé au Comité des rapports de PAfemblée
nous fecrétaire dudit Comité. A Paris, le vingt-neuf
Nationale, par
Signé ANTHOINE,
avril mil fept cent quatre-vingt-dix.
ONZIEME CHEF DE DENONCIATION,
Difette de farines. Infouciance criminclle du Miniftre.
défir qu'on ait, Meffieurs, d'excufer M. de la Luzerne;
UELQUE
ait
de toutes les
il eft impoffible de croire qu'il jamais-ignoré que
d'un vafte Empire, celle qui a le plus de droits à la certitude
portions
l'aliment
de fes fubfiftances, c'eft une Colonie qui ne produit point
néceffité, & qui, fituée au milieu des eaux à deux cents
de première
dans ies angoiffes du défefpoiri
lieues de la Métropole, pourroit périr
l'oubli coupable, fàt-il même involontaire, d'un Miniftre négligent.
par M. de la Luzerne n'a pas dû ignorer non plus que les intempéries
défaftreufes de l'année 1788, avoient diminué l'abondance des farines;
F
ffité, & qui, fituée au milieu des eaux à deux cents
de première
dans ies angoiffes du défefpoiri
lieues de la Métropole, pourroit périr
l'oubli coupable, fàt-il même involontaire, d'un Miniftre négligent.
par M. de la Luzerne n'a pas dû ignorer non plus que les intempéries
défaftreufes de l'année 1788, avoient diminué l'abondance des farines;
F --- Page 170 ---
& avoient faiffé fur cette denrée fi néceffaire, des
devoient naturellement refferrer da
inquiétudes qui
quotité des exportations. Dans
cette circonflance, fes regards devoient fe tourner avec intérêt vers
Saint - Domingue & vers nos ports de France; & fi ces derniers
fe trouvoient pas à même de fournir abondamment
ne
Colonie, des
aux befoins de la
champs de PAmérique nous préfentoient des reffources
dont la prohibition nous interdifoit pourtant I'ufage,
plût à la Puiffance exécutive de verfer fur
julqu'à ce qu'il
nous les tréfors de fes
guérets.
Cependant la difette avoit commencé à fe faire fentir à SaintDomingue, & le Miniftre, uniquement occupé à Verfailles à nous
interdire l'entrée des États - généraux, n'avoit pas encore
à
donner aucun des ordres qui devoient nous
fongé
des fubfiftances.
procurer efficacement
M. le marquis du Chilleau y pourvut le 30 mars, par une Ordonnance fage, qui ouvroit aux navires étrangers les trois principaux
ports de la Colonie. M. de Marbois qui n'étoit pas encore en
ouverte avec le Gouverneur, fe prêta à cette mefure, mais elle guerre fut
infrudtuenfe. Les Armateurs des Etats-unis ne pouvant point, au terme
de nos loix prohibitives, charger en retour leurs bâtimens des denrées
de nos manufactures, emportoient le peu de numéraire que nous
avons, nous faifoient ainfi un tort irréparable, fe retiroient mécontens
& ne revenoient plus. La difette reparut donc, & avec elle la
néceffité d'un moyen plus efficace, Le feul qu'il y eût à
fut
prendre
propofé en plein Confeil par M. du Chilleau ; c'étoit d'ouvrir les dix ports d'Amirauté, & de permettre à nos voifins de
charger des fucres & des cafés en retour de leurs farines. L'Intendant
sly oppofa ouvertement; il plaida avec force la caufe de la prohibition contre le falut de la Colonie: fes difcours imprimés
fon
ordre dans les Gazettes, vont être mis fous Vos
Vous par
Jirez la condamnation formelle de M. de la Luzerne yeux.
la y
force de la vérité arrachoit au fieur de Marbois, fans qu'il s'en 1 que doutât.
charger des fucres & des cafés en retour de leurs farines. L'Intendant
sly oppofa ouvertement; il plaida avec force la caufe de la prohibition contre le falut de la Colonie: fes difcours imprimés
fon
ordre dans les Gazettes, vont être mis fous Vos
Vous par
Jirez la condamnation formelle de M. de la Luzerne yeux.
la y
force de la vérité arrachoit au fieur de Marbois, fans qu'il s'en 1 que doutât. --- Page 171 ---
en fubftance,
de nouvelles facilités
>> Pourquoi, difoit-il
7 préfenter
des farines : conviens qu'elles font rares, mais
>> à l'introdudtion
je
elle doit nous faire préfumer au
>> cette rareté ne peut pas durer;
> contraire queles mersi font couvertesdebitimens Bordelois qui cinglent
l'on n'en ait point d'avis certain, la
> vers nos ports, & quoique
en offrir, c'eft la vigilance connue
>> meilleure preuve que l'on puiffe
de la Marine. II fait notre pofition; il connoît notre
>> du Miniftre
au Confeil d'État, il a fous les
toutes les reffources
> détreffe: aflis
yeux
>> du royaume, & dans les mains, les moyens de les diriger vers
nous laifsât en péril fans avis 3
>> nous. Peut-on fuppofer qu'il
de veiller
nous -mêmes à nos preffans
> fans ordre, fans pouvoir
par
>> befoins?>
Et tandis qu'il parloit ainfi, le Miniftre ne fongeoit point à nous ; il
n'écrivoit ni à Bordeaux, ni à Philadelphie, ni à Saint-1 Domingue; il
voyoit J'inquiétude fur les fubfiftances augmenter chaquejour en France,
& il n'en concevoit aucune fur l'état critique où nous étions; il voyoit
refferrement des
ici des révolutions de
la difette ou le
grains préparer
la plus haute importance , & il ne fongeoit pas que la même caufe
produire fous le Tropique les mêmes effets : enfin, ilfe rendoit
pouvoit ici de cette haute négligence dont fon favori fe faifoit à Sainteoupable
contre le Gouverneur prévoyant qui vouloit
Domingue un argument
nous fauver. Le croiriez-vous, Meffieurs?du 5 juillet au 20 feptembre,
il n'eft
entré un feul navire de France dans les ports de Saintpas
Domingue.
Qu'arriva-t-il ? c'eft que M. du Chilleau figna feul. lOrdonnance ;
& qu'a ce dévouement généreux nous dûmes, nous, notre falut; lui,
fa difgrace.
T'abondance fembloit
Bientôt les Américains entrèrent dans 110S ports;1
diminution dans le
de la denrée, dorique la
devoir amener une
prix
Colonie vit, à fon grand étonnement, le fieur de Marbois entretenir la
cherté en achetant par préférence une grande quantité de farines 2
Fi
nance ;
& qu'a ce dévouement généreux nous dûmes, nous, notre falut; lui,
fa difgrace.
T'abondance fembloit
Bientôt les Américains entrèrent dans 110S ports;1
diminution dans le
de la denrée, dorique la
devoir amener une
prix
Colonie vit, à fon grand étonnement, le fieur de Marbois entretenir la
cherté en achetant par préférence une grande quantité de farines 2
Fi --- Page 172 ---
c'étoit, difoit-il, pour les troupes
Jufque Ia leur fubfiflance étoit
expédiée de France en droiture,& par conféquent n'étoit point
fur les befoins des Colons; mais depuis la rareté des
prélevée
grains en France;
non-feulement M.de la Luzerne n'avoit pas pourvuànosbefoins.
il avoit eu la cruauté de nous
dans
, mais
charger,
notre difette, de pourvoir
à ceux de nos garnifons. Nous ignorions ce nouveau malheur; nonfeulement il contribua à foutenir le haut prix des farines, mais
ouvrit la porte aux plus dangereux abus. L'Intendant, fous s
i
'd'acheter pour la troupe, fut foupçonné
le prétexte
d'accaparer pour compte du
gouvernement. Ce foupçon fe changea prefque en certitude, quand On
vit affiché, dans un nouveau moment de détreffe, que le gouvernement
vendroit pour 120# en détail, ce qu'on avoit pu fe procurer à 8o#t
en gros. Le fouvenir des bifcuits gâtés fe retraça douloureufement dans
toutes les têtes. On obferva que le fieur de Marbois avoit chez fon
beau-père à Philadelphie, des magafins de farines qu'il avoit propofé de
tranfporter dans fa Colonie; & de cette maffe de remarques fur un
monopole dont ia rareté d'un aliment néceffaire accréditoit le bruit,
& dont la négligence du Miniflre avoit été la première caufe, il réfulta
que M. de la Luzerne fut trouvé coupable de n'avoir pas furveillé un
objet auffi important que la fubfiflance d'une Colonie immenfe Ip6.
cialement conficeà fes foins; plus coupable d'avoir févi contre l'Adminiftrateur généreux qui avoit appliqué fi à propos le remède au mal;
enfin, plus coupable encore de n'avoir pas prévenu en temps utile fes
coopérateurs à Saint-Domingue, de l'état de pénurie où fe trouvoit le
Royaume, de n'avoir pas même approvifionné les troupes dans : le
moment oùt la difette fe faifoit refientir à tous les habitans, & d'avoir
autorifé ou toléré de la part de l'Intendant, des accaparemens inutiles
dans f'abondance, odieux dans la difette,& qui, dans des circonftances
critiques, deviennent tôt ou tard le prétexte ficheux des infurredtionsles
plus dangereufes.
Ce que je viens, Meffieurs, d'avoir I'honneur de vous expofer, n'eft
point un récit; ce font les plaintes de nos Commeitans dont nous ne
& d'avoir
autorifé ou toléré de la part de l'Intendant, des accaparemens inutiles
dans f'abondance, odieux dans la difette,& qui, dans des circonftances
critiques, deviennent tôt ou tard le prétexte ficheux des infurredtionsles
plus dangereufes.
Ce que je viens, Meffieurs, d'avoir I'honneur de vous expofer, n'eft
point un récit; ce font les plaintes de nos Commeitans dont nous ne --- Page 173 ---
fommes
Ies organes, & nous avons en main toutes les pièces orique
ginales & juflificatives à T'appui.
Signé CHABANON, s LABORIE, ROUVRAY, REGNAUD, COURREJOLLES, MAGALLON, le chevalier DE MARMEY, DE THÉBAUDIERE,
VILLEBLANCHE, COCHEREL, le comte 0-GORMAN, le marquis
DE
,
DE PERRIGNY, & DE GouY D'ARCY.
Collationné par nous Sccrétaire du Comité des rapports de TAffemblée
Nationale , le premier mai mil fept cent quatre - vingt- dix.
Signé ANTHOINE.
DOUZIEME CHEF DE DÉNONCIATION,
d'un Intendant proferit ; rappel foudain d'un
Maintenue opinidtre
Gouverneur cher à la Colonic.
Vous n'avez point oublié, Meflieurs s qu'en oétobre 1788, le
Miniftre de la Marine avoit eu pour fucceffeur dans le Gounouveau
M. le
du Chilleau.
vernement général de Saint - Domingue,
marquis
Le Roi, un peu malgré fon Miniftre, avoit fait de ce pofte important,
ia digue récompenfe du vainqueur de la Dominique, qui après avoir
cette ile dans la dernière guerre, s'y étoit fait adorer en la
conquis
gouvernant jufqu'à la paix.
Ce Général , parti avec des inftructions miniftérielles que nous
avions lieu de craindre, avoit pris terre au Port-au-Prince dans les
derniers jours de cette même année 1788.
L'Intendant effaya de circonvenir le nouveau Général, & de l'afli:
lier à fes principes ; mais ce dernier, dès qu'il eut reconnu le terrain;
remercia fon guide, c'eft-à-dire, qu'il ne voulut plus de bandeau:
franc, doyal, vertueux, il ne voulut voir que par fes yeux, commander par fa raifon , gouverner par la loi. Cette manière d'être
étoit incompatible avec celle du fieur de Marbois; de-là des diférends
dans leurs opinions, de-là des aigreurs dans ieurs difcuflions, de-là
; mais ce dernier, dès qu'il eut reconnu le terrain;
remercia fon guide, c'eft-à-dire, qu'il ne voulut plus de bandeau:
franc, doyal, vertueux, il ne voulut voir que par fes yeux, commander par fa raifon , gouverner par la loi. Cette manière d'être
étoit incompatible avec celle du fieur de Marbois; de-là des diférends
dans leurs opinions, de-là des aigreurs dans ieurs difcuflions, de-là --- Page 174 ---
de l'humeur dans leurs difpofitions refpedtives, de-là enfin
fition publique & foutenue dans leurs actions, &
une oppofinit par rendre tout rapprochement
un doignement qui
impoflible.
Un exemple frappant vient à Tappui de cette affertion. La difette
fe fait fentir à Saint - Domingue : M. du Chilleau & fon
ouvrirent, auxtermes des Ordonnances, les trois
collègue
farines Américaines, & attendirent de
ports d'entrepôt aux
cette mefure le retour de
l'abondance; mais l'abondance ne revint pas, parce que les Américains
n'avoient pas liberté d'exporter de ces ports, en payement de leurs
farines, des denrées coloniales. Le Gouverneur
ne cédoit point au remède, jugea le remède voyant que le mal
vaincu que le falut du peuple eft la loi
infuffifant; & confuprême, & que toutes les
prohibitions doivent tomber devant le befoin impérieux de conferver
fon exiflence, il propofa une feconde
ouvroit aux farines
Ordonnance, par laquelle il
étrangères tous les ports d'amirauté,&
aux navires qui les importeroient, de fe charger en retour des permettoit denrées
de nos manufadtures. Cette Ordonnance devoit être le falut de la
Colonie ; lIntendant s'y oppofa de toutes fes forces, & finit
refufer hautement de da figner.
par
Le Gouverneur jugea froidement le réfultat de ce refus; il
diffimula pas qu'il falloit fe perdre ou perdre la Colonie. II n'héfita ne fe
pas, il figna feul POrdonnance, il la porta au Confeil fouverain de
fa Colonie; & cette Cour, éleétrifée par le dévouement
du Decius François, ofa, en préfence de f'Intendant
patriotique
regifrer unanimement cette Ordonnance fi néceffaire, lui-meme, & Jui
enainli publicité & force de loi. La Colonie fut fauvée; mais
donner
l'audacieux Intendant eut affez de confance dans
on dit que
l'aveuglement du
Miniflre, pour lui mander qu'il falloit qu'il optât entre M. du Chilleau
& lui.
Ici, Meffieurs, je dois vous fupplier de bien obferver les
Cette lettre & cette menace de f'intendant, arrivèrent à
époques.
Verfailles le
29 juin, c'eft-à-dire, fix jours après le 23, & quatorze jours avant
celui de la révolution. Le même bitiment nous apporta des lettres
ance dans
on dit que
l'aveuglement du
Miniflre, pour lui mander qu'il falloit qu'il optât entre M. du Chilleau
& lui.
Ici, Meffieurs, je dois vous fupplier de bien obferver les
Cette lettre & cette menace de f'intendant, arrivèrent à
époques.
Verfailles le
29 juin, c'eft-à-dire, fix jours après le 23, & quatorze jours avant
celui de la révolution. Le même bitiment nous apporta des lettres --- Page 175 ---
Commettans, & des ordres précis fur la conduite que nous
de nos
avions à tenir.
chez
La députation de Saint-I Domingue fe tranfporta toute entière
M. le comte de la Luzerne, pour lui dénoncer la perfidie de PIntendant, & exalter auprès de lui la magnanimité du Gouverneur. De
vérités furent dévoilées dans deux conférences fucceflives, &
grandes M. de la Luzerne n'en nieroit pas une feule phrafe, puifque nous étions
dix témoins. Toutes deux fe terminèrent par la demande expreffe de
du rappel de M. de Marbois,& d'une approbation formelle
notre part,
de ia conduite de M. du Chilleau.
Voici la réponfe du Miniftre après da dernière entrevue. cc Je ne
Meffieurs, de donner une petite réprimande à
> puis me difpenfer,
formes; mais vais
>> M.du Chilleau 1 parce qu'il a manqué aux
je
rapM. de Marbois, puifqu'il paroit que la Colonie
>> peler fur-le-champ
> le defire. >>
de M. de Ia Luzerne furent tranfmis par nous
Ces propres termes
le même jour à nos Commettans. Quelle fut notre furprife, lorfqu'au
violentes
agitoient la Cour, le Confeil 3
milieu des fecoufles
qui
l'Affemblée Nationale à Paris, & toute la France, nous apprimes que
du Chilleau avoit été rappelé fecrètement, que fon
M. le marquis
fucceffeur avoit été nommé fecrètement, qu'il étoit parti très-brufquedéjà il étoit fous voile, que par conféquent le Miniflre
ment, que
avoit craint que lAffemblée
nous avoit trompés indignement 1 qu'il
Nationale n'éclairât da religion du Roi; & nous vimes alors clairement
de fermentation & de défordre, oû quelques Conque dans ces jours
& la
feillers coupables étoient parvenus à élever entre le Monarque
vérité,un mur d'erreurs & de menfonges, M. de la Luzerne, par une
connivence criminelle avec les ennemis de la patrie, s'étoit réfervé le
foin de maintenir dans nos poffeffions d'outre - mer, le delpotifine
la franchife Américaine vouloit dénoncer à la Nation.
odieux que
importance le Miniftre de la Marine
Et remarquez, Meffieurs, quelle
attachoit à ce fecret ! Son infouciance habituelle fit place, en cette
urs & de menfonges, M. de la Luzerne, par une
connivence criminelle avec les ennemis de la patrie, s'étoit réfervé le
foin de maintenir dans nos poffeffions d'outre - mer, le delpotifine
la franchife Américaine vouloit dénoncer à la Nation.
odieux que
importance le Miniftre de la Marine
Et remarquez, Meffieurs, quelle
attachoit à ce fecret ! Son infouciance habituelle fit place, en cette --- Page 176 ---
occafion, à la vigllance la plus adlive; ii
des patentes de Couverneur
craignit que l'expéditionnaire
général ne laifsât tranfpirer cette
ne
fition, & fit point expédier le brevet; il craignit
l'armement difpod'une frégate pour Saint-Domingue, ne donnât quelques que
envoya l'ordre à Breft d'armer
foupçons; ; il
une frégate pour l'Inde, de
vifionner pour f'Inde, & de l'expédier pour f'Inde avec la f'approde M.de Peynier. II ne pouvoit pas
perfonne
ignorer que cette deftination
fimulée pour les régions les plus lointaines, coûteroit en
à l'Etat 60 à 80 mille francs, plus ou moins, au-del d'un pure frêt perte
nos Colonies : mais dans cette crife violente qui devoit décider pour de
l'efclavage ou de la liberté Françoife, dans ces momens défaftreux oùle
Confeil au milieu de la paix, prenoit contre la Nation toutes les
précautions que des hoftilités étrangères auroient pu feules juflifier,
qu'étoit- ce que I 00,000t même prifes fur le tréfor public pour conferver
à un Miniftre, auquel il n'en coûtoit rien, un empire abfolu
rien
alors fembloit ne pouvoir plus détruire ?
que
Nous fommes donc fondés à conclure que dans ce chef
M. de ia Luzerne fut coupable de n'avoir pas voulu, dans
capitaf,
une correfpondance très-claire, dont nous avons vu une partie, diflinguer les
Colonies de l'Intendant, de la loyauté du Gouverneur; d'avoir facrifié
M. du Chilleau, vertueux & chéri, au fieur de Marbois, prévenu & détefté; qu'il fut plus coupabie, lors des plaintes graves & fans répliques
que nous lui portâmes contre fIntendant, de nous avoir formellement
promis fon rappel , forfqu'il étoit bien loin de de rappeler ; de nous
avoir dit de lui-même 3 que notre Gouverneur général ayant
contre la forme , il ne pouvoit fe difpenfer de lui faire péché
légère réprimande, forfque l'ordre de fon injufte rappel étoit déja une
parti; qu'il fut bien plus coupable, puifque ce délit-là, Meffieurs,
appartient tout entier à da Nation, d'avoir, entre le 23 juin & le I2
juillet, difpofé avec defpotifme du fort entier des Colonies, & fait
courir à la France le hafard d'une infurreétion
le
tifmne auroit réprouvé, mais qui dans les
que
patriopremiers momens d'une
fermentation
rappel étoit déja une
parti; qu'il fut bien plus coupable, puifque ce délit-là, Meffieurs,
appartient tout entier à da Nation, d'avoir, entre le 23 juin & le I2
juillet, difpofé avec defpotifme du fort entier des Colonies, & fait
courir à la France le hafard d'une infurreétion
le
tifmne auroit réprouvé, mais qui dans les
que
patriopremiers momens d'une
fermentation --- Page 177 ---
49.
nous faire perdre la plus
fermentation toujours dangereufe 9 pouvoit
fi
pour la Métropole.
importante de ces poffefions précieufes de ne s'être prété à ces
Enfin, qu'ii. fut plus coupable encore
de leur,
criminelles qu'avec une parfaite connoiffance
manceuvres
milieu de la paix, il les obombroit du manteau
coupabilité ; jufqu'au
les couvroit d'un voile dont le tréfor public
myftérieux du filence, &
failoit les frais.
Commettans eux-mèmes à
Après ce récit, Meffieurs, c'eft à nos
le
les pièces originales qui font entre n0S mains, que
vous prouver par
l'Intendant étoit honni, que le rappel
Gouverneur étoit chéri, que
le départ de M. de Peynier a été
'de M.du Chilleau a étéinjufte, que
à la place d'un Général
fecret, & que fon arrivée à Saint-Domingue,
fait trembler fur
été T'étincelle d'une infurredion qui nous a
adoré, a
immenfe contrée, & dont vos fages Décrets ont pu
le fort de cette
feuls arrêter les fuites incalculables.
CHABANON, REYNAUD; LABORIE, COURREJOLLES;
Signé
MAGALLON, DE THÉBAUDIERE, le chevalier
ROUVRAY,
VILLEBLANCHE, le comte DE 6-GORMAN,
DE MARMEY, DE
& DE Gour D'ARCY.
COCHEREL, le marquis DE PERRIGNY,
Collationné & certifié la préfente copie conforme à l'original dépofé Secré- alt
fecrétariat du Comité des Rapports, délivré par nous Député,
taire dudit Comité , cejourd'hui. Signé ANTHOINE.
TREIZIEME CHEF DE DENONCIATION.
didtée all Roi, en fayeur de PIntendant coupable:
Lettre d'approbation
en cédant le I. juillet dernier *
M. LE COMTE DE LA LUZERNE, I'honneur de vous le dire, à la
Meffieurs 7 comme nous avons eu
de
le vertueux
'demande que faifoit l'Intendant Marbois,
rappeler
lui
des
diamétralement oppofés ne
Gouverneur avec lequel
principes
G
ATION.
didtée all Roi, en fayeur de PIntendant coupable:
Lettre d'approbation
en cédant le I. juillet dernier *
M. LE COMTE DE LA LUZERNE, I'honneur de vous le dire, à la
Meffieurs 7 comme nous avons eu
de
le vertueux
'demande que faifoit l'Intendant Marbois,
rappeler
lui
des
diamétralement oppofés ne
Gouverneur avec lequel
principes
G --- Page 178 ---
5o
plus de partager le commandement de Saint Domingué ;
permettoient M. de la Luzerne, dis-je, ne s'étoit pas diffimulé la hardieffe de
décifion
miniftérielle, dans Unt moment oà la France
cette
purement
fembloit ne vouloir plus
attentive à la voix de fes Repréfentans,
obéir qu'à des Décrets nationaux fanctionnés par le Souverain.
Cependant il ofa fabriquer dans ce jour défaftreux deux arrêts du
Confeil, dont M. de Peynier fut porteur. Lun d'eux, fuivant
Tufage, caffoit & annulloit les ordonnances rendues par M. du Chilleau,
la Colonie leur fàtredevable de fon falut; & l'autre, en proquoique
confidérable en faveur de la traite
rogeant inutilement une prime
Armateurs
;
des Noirs, offroit, à la vérité, un bénéfice aux.
négriers
coûter plus d'un million à I'État : la Nation, fans être
mais pouvoit
exigeante, auroit pu défirer d'être confultée fur ce point.
Ces deux arrêts fr contraires au voeu manifefté à Saint-Domingue ;
n'étant propres qu'à fatisfaire M. de Marbois quiles avoit provoqués,
à concilier en faveur de leur exécution. une obéiflance que les
& non
n'avoient
trop affoiblie, M. de
vexations inouies de cet Intendant
que
Luzerne tourmenté fans doute également par le défir de fervir fon
la
d'une refponfabilité certaine, fi la Nation
favori,& par l'inquiétude
tout nouveau &
triomphoit du défpotifme imagina un moyen
qu'il
de croire infaillible pour mettre le delpotifmne luieut l'aveuglement
immémême à l'abri des recherches de la Nation, en le plaçant plus
diatement fous l'égide de l'autorité royale. II écrivit, comme Miniftre,
lettre dans
il lui donnoit fes ordres &
à M. de Marbois, une
laquelle
dans fa
lui traçoit fa conduite ; & comme s'il eût craint,
confcience,
à ces prétendus ordres du Souverain,
gue les Colons ne cruffent plus
confacrer le
dont les Minifres abufoient depuis fi long-temps: pour
malheur de la Colonie, il ofa,par un renverfement bien étrange, au
d'ordonner au nom du Roi, & de certifier par fon feing la
lieu
i ofa, dis-je, déterminer fon Roi à
vérité de la fignature royale;
fidèle
certifier que fon Miniftre n'étoit pour cette fois que l'organe
fes fujets; ; & faififant cette
de (es intentions, & ne trompoit point
-temps: pour
malheur de la Colonie, il ofa,par un renverfement bien étrange, au
d'ordonner au nom du Roi, & de certifier par fon feing la
lieu
i ofa, dis-je, déterminer fon Roi à
vérité de la fignature royale;
fidèle
certifier que fon Miniftre n'étoit pour cette fois que l'organe
fes fujets; ; & faififant cette
de (es intentions, & ne trompoit point --- Page 179 ---
ST
occalion précieufe d'annuler, d'un trait de
effirayans que la Colonie entière
plume, tous ces grieis
fanétionner
reprochoit à fon favori, même de
authentiquement tous les actes tyranniques de fon adminiftration, il abufa de l'empire que lui donnoit fa
fur
Monarque qui, quelles que foient fes
place,
un
étendre fes regards bienfaifans fur
propres fumières, ne peut pas
dans des deux Indes, & il
toutes les parties de fa domination
ne rougit point de l'engager à écrire de
propre main, au bas de fa propre lettre à fIntendant
fa
que Louis XIV n'écrivit jamais peut-être à Colbert:
Marbois, ce
CC C'eft par mon ordre exprès que M. de
>2 continuez à
la Luzerne vous écrit:
remplir vOs fondtions & à m'être
>> me l'avez été
auffi utile que vous
jufqu'ici; vous pouvez être fur de
>> de mon eflime,& compter fur mes bontés.
mon approbation *
s T.S" juillet 178g.
SignLOUIS. Verfailles;
Que de réflexions, Mellieurs, T'analyfe de ces
ne préfentent-elles pas aux Légiflateurs de la quatre lignes royales
France!
Cefl par mion ordre exprès que M. de la Luzerne vous écrit,
dans ces contrées éloignces, fituées à deux mille
Ainfi donc,
où l'authenticité des ordres du Souverai
lieues du Trône,
dans le Continent,
eft bien plus néceffiire
, toutes les fois que le Monarque n'écrira
que
main quelques phrafes entières au bas de
pas de fa
fignature royale, fi révérée
chaque ordre donné, fa
jadis, ne produira plus d'autre effet
paroitre au peuple un moyen fubreptice
le
que de
en ceuvre pour le tromper.
que
Miniftre aura mis
Continuez à remplir vos fonclions : mais
& cette autorifation, fuggérée
perfonne ne les difputoit,
l'efprit
coupablement, n'a pu avoir 3 dans
def'inftigateur, d'autre fens déterminé que celui-ci : Sile
juftement foulevé contre vos prévarications,
Peuple,
vouloit, dans fon
poir. 3 vous expulfer de la Colonie, dites-lui, &
défef
main du Roi, qu'il veut lui-même
montrez-lui, de la
fonclions.
que vous continuyiez à remplir vos
Età m'être aufi utile que vous me Pavez été jufmu'ici. Ah! que les Rois
G
'inftigateur, d'autre fens déterminé que celui-ci : Sile
juftement foulevé contre vos prévarications,
Peuple,
vouloit, dans fon
poir. 3 vous expulfer de la Colonie, dites-lui, &
défef
main du Roi, qu'il veut lui-même
montrez-lui, de la
fonclions.
que vous continuyiez à remplir vos
Età m'être aufi utile que vous me Pavez été jufmu'ici. Ah! que les Rois
G --- Page 180 ---
le meilleur 52 de tous peut être abufé à ce point! 1
font à plaindre, pulfque
utile ! j'avois cru jufqu'ici, que parmi
Et auffi utile
Marbois
ceux-là feuls étoient des ferviteurs vrailes agens du pouvoir exécutif,
du Souverain,& gou:
des intentions pures
ment utiles, qui, pénétrés
fans ceffe dans tous les coeurs & dans
vernant par la loi, affocioient
de la reconnoiffance
toutes les bouches, le nom du Roi aux expreffions
leurs
des
; mais ceux qui, fubftituant
paffions
& de l'amour
peuples
qui n'en a d'autres que de faire
particulièrés à celles d'un Monarque
facré
autorifer
fon nom
qu'à
le bonheur de fes fujets, n'emploient
leurs
couvrir leurs bévues , ou récompenfer
jeurs malverfations 7
lui aliéner le coeur de fes peuples, s'il
fatteurs, & qui finiroient par ceffer d'aimer leur Roi, ceux-là, non
étoit poffible à des François de
dis
ce font les plus
doute, ne lui font point utiles : je
plus,
fans
toutes leurs actions tendent à
dangereux ennemis du Trône, puifque
dont le maintien eft fi néceffaire à l'ordre public.
avilir l'autorité
de mon eftime, er compter fur
Vous pouvez être siir de moi approbation,
de Marbois que
ce foit à un fieur
mes bontés. Ef - il bien pofible que
Souverain de f'Europe,
M. de ia Luzerne ait fait adreffer, par le prenier de l'immortalité à la
honorables qui mettroient le fceau
ces paroles
de
& de vertu qui ont de temps
réputation d'un de ces homines génie
notre excellent Roi
fur la furface du globe 3 Ah! quand
en temps paru
de fa propre main, il croyoit qu'elles
les traçoit avec complaifance, fervices, & il n'avoit garde de penfer
étoient la récompenfe de grands
fautes, & à confacrer de
étoient deftinées à couvrir de geandes
viendroit
qu'elles
jour, cet écrit rémunérateur
grands délits : il ignoroit qu'un
de la Nation; il ignoroit que;
fe placer entre le coupable & la juftice
national des opéla Colonie entière dénonceroit au Tribunal des abus inouis
lorfque
des affertions évidemment fauffes,
rations défaftreufes,
-des intrigues criminelles, des traits
d'autorité, des trafics honteux,"
des dénis de
d'inhumanité , des exadtions tyranniques, atroces, des
incroyables
cruelles, des calomnies
juftice révoltans, des oppreffions
des concufions démontrées;
forfaitures prouvées, des jugemens pervers,
au Tribunal des abus inouis
lorfque
des affertions évidemment fauffes,
rations défaftreufes,
-des intrigues criminelles, des traits
d'autorité, des trafics honteux,"
des dénis de
d'inhumanité , des exadtions tyranniques, atroces, des
incroyables
cruelles, des calomnies
juftice révoltans, des oppreffions
des concufions démontrées;
forfaitures prouvées, des jugemens pervers, --- Page 181 ---
enfin, tous les délits dont le fieur de Marbois eft d'autant
qu'il a eu conftamment l'adreffe de s'affocier
plus coupable;
neur fon
pour complice le Gouvercollegue, ou le Miniftre fon fupérieur, cet
à même de dire à tous les Colons foulevés
Intendant feroit
contre lui :
& retirez-vous fans efpoir de réparations;
Appaifez vos cris,
font des menfonges, puifque le Roi
toutes VOS dénonciations
puifque le Roi m'a accordé
a approuvé toutes mes adtions;
toute fon eflime, puifque le Roi
toutes fes bontés.
m'a promis
C'eft ainfi que le defpotifimne flottant entre l'efpérance & la
en renverfant tous les principes, mettoit l'autorité
crainte
avec la puiffance nationale, &
royale aux prifes
compromettant l'une &
également toutes deux.
Tautre, léfoit
C'eft ainfi que des expreffions royales qui, depuis
la Monarchie, traverfoiènt les mers
la
l'établiffement de
fans altération; qui,
da
pour première fois peut - être
Jement
pour première fois peut-être, avoient été
tranfmifes aux habitans d'un autre
fideleur peindre que des fentimens de
hémifphère, au lieu de ne
bienfailance & d'appeler
publique, la bénédiétion de toutes les provinces & la
l'alégreffe
de tous les coeurs, altérée dans jeurs fources
le fouffe reconnoiffance
produifrent des effets tout contraires & bien par
miniftériel,
infultant du defpotique Intendant
ficheux , triomphe
dans
qui fit, à fon de
toutes les villes cette lettre fi flatteufe de fon trompe, publier
infultant de fa part, pour fes nombreux
Roi; mépris plus
défefpoir univerfel, infurredtion
ennemis, douleur unanime,
plus tragique dont
générale & préparatifs de la fcène la
l'exécution alloit fuivre, fi la fuite
coupable n'eût épargné à la Colonie
précipitée du
Ainfi, tandis
le
une cataftrophe fanglante.
main à
que Miniflre engageoit le Roi à écrire de fa
un Adminiftrateur: : je vous
propre
ies
approuve, 7 je vous eftime,je vous
peuples qui ne fe trompent pas fur leurs
aime;
unanimement : nous vous
perfécuteurs, s'écrioient
déteftons. Ainfi, M. de la Luzerne blimons, nous vous méprifons, nous vous
de trouble
faire
fut coupable d'avoir faifi un moment
pour
fecrètement, dans fon Département, des dipofi-
de fa
un Adminiftrateur: : je vous
propre
ies
approuve, 7 je vous eftime,je vous
peuples qui ne fe trompent pas fur leurs
aime;
unanimement : nous vous
perfécuteurs, s'écrioient
déteftons. Ainfi, M. de la Luzerne blimons, nous vous méprifons, nous vous
de trouble
faire
fut coupable d'avoir faifi un moment
pour
fecrètement, dans fon Département, des dipofi- --- Page 182 ---
de P'Afembiée Nationale;
extrèmement importantes fous les yeux
tions
formel des Députés de Saint-I Dofans la confulter, & contre le voeu
il le faifoit, le danger
fentant comme
mingue ; il fut plus coupable,
que ce fût, tenté d'en
d'avoir, à quelque prix
d'avoir
de ces difpofitions, entière ; il fut encore plus coupable
maintenir lexécution
qui l'attendoit, un moyen
échapper à ja refponfabilité
effayé, pour
tend à rien moins qu'à mettre Topinion
abfolument inufité, qui ne
des peuples ; enfin, Cil
avec le jugement
du Roi en contradiction
de fa main royale, le témoignage le
infpirant au Monarque de tracer
vraiment indigne de fes bontés,
plus honorable en faveur d'un homme & envers la Nation dont il
il s'eft rendu véritablement coupable la Majellé fouveraine dont il a
vouloit enchainer la juftice, & envers
compromis les droits.
à nos Commettans
réflexions, Meflieurs, n'ont point échappé
de yous
Ces
nous ont expreflément chargés
eux-mémes. Ce font eux qui
l'Affemblée Nationale ces abus & leurs
& de dénoncerà
de
les tranfinettre,
d'examiner les pièces originales
fentimens. Nous vous fupplierons
nous ont donnée à cet égard.
la miflion qu'ils
COURREJOLLES, LABORIE;
Signé CHABANON, REYNAUD, RouvRAY,le Chevalier DE MARMEY,
MAGALLON DE THÉBAUDIERE, Gour D'ARCY, DE VILLEBLANCHE:
le Marquis DE PERRIGNY, 6-GORMAN.
COCHEREL, le Comte
conforme à T'original dépofé au
Collationné & certifié la préfente copie Délivré par nous Député, SecreSecrétariat du Comité des Rapports. ANTHOINE,
taire dudit Comité, ccjourdhui. Signé
, RouvRAY,le Chevalier DE MARMEY,
MAGALLON DE THÉBAUDIERE, Gour D'ARCY, DE VILLEBLANCHE:
le Marquis DE PERRIGNY, 6-GORMAN.
COCHEREL, le Comte
conforme à T'original dépofé au
Collationné & certifié la préfente copie Délivré par nous Député, SecreSecrétariat du Comité des Rapports. ANTHOINE,
taire dudit Comité, ccjourdhui. Signé --- Page 183 ---
S5
QUATORZIEME PIECE COMMUNIQUEE
Extra't des Regifires des délibérations de LAfemblée provincials
de la partie du nord de Saint-Demingue.
De la Séance du vendredi 22 Janvier 1790, a été extrait ce qui fiit.
Sux la repréfentation faite à T'Affemblée, 1.° d'une feuille imprimée,
intitulée: Inflructions d'un Propriétaire de biens fitués à Saint-Doningue r
réfidant en France, au porteur de fa procuration ; 2.0 d'une autre
feuille imprimée - contenant procuration d'un Propriétaire colon *
réfidant en France 7 à fon Repréfentant à Saint-Domingue, relativement à la convocation & tenue des Affemblées paroiffiales, provinciales & coloniales; 3.° d'un manufcrit contenant proteftation par
la Chambre de commerce de Nantes, contre une motion projetée
la
de la traite des Noirs;
par M. de Mirabeau, 7 pour
fuppreffion
lecture faite de toutes ces pièces, &c fur l'avis donné par l'Affembilée
provinciale de FOueft, qu'un feur de Saint-Germain eft chargé d'une
quantité confidérable de ces imprimés pour ies diftribuer, & les faire
paffer fans doute aux divers fondés de procurations; ila été remarqué
fi les deux premières de ces. pièces ne font pas l'ouvrage de M:
que de la Luzerne, 9 elles font du moins trop conformes aux principes
qu'il a toujours manifeftés, & à fes vues particulières, pour pouvoir
douter qu'elles ne foient le fruit de fes impulfions.
Que la recommandation confignée dans la première de ces pièces;
de faire en forte-que le gouvernement conferve une grande force,
décèle bien l'efprit qui fa dirigée; que la crainte qui y eft annoncée
qu'on n'ait déjà fecoué le joug, jointe au défir qu'il ne foit opéré
aucun changement, s'accordent bien avec la demande que ce Miniftre
a faite à l'Afemblée Nationale, de laiffer fubfifter provifoirement le
régime de Saint-Domingue tel qu'il étoits
ces pièces;
de faire en forte-que le gouvernement conferve une grande force,
décèle bien l'efprit qui fa dirigée; que la crainte qui y eft annoncée
qu'on n'ait déjà fecoué le joug, jointe au défir qu'il ne foit opéré
aucun changement, s'accordent bien avec la demande que ce Miniftre
a faite à l'Afemblée Nationale, de laiffer fubfifter provifoirement le
régime de Saint-Domingue tel qu'il étoits --- Page 184 ---
Qu'il eft hotoire que ce n'a été que par les manceuvres fourdes de
quelques hommes vendus aui Miniftre, qu'il s'eft formé à Paris une
corporation de plufieurs Colons, à la tête defquels fe trouvent ces
hommes pervers & corrompus, dont le principal but a été de traverfer
la députation de Saint-Domingue al'Aflemblée Nationale; que c'eft par
des infinuations perfides & menfongères, qu'ils font parvenus à fafciner
les yeux de ces Colons, au point de leur faire adopter un plan quis
s'il étoit exécuté, non-feulement ramèneroit la Colonie dans les fers
des tyrans qui l'ont conftamment opprimée, mais même en opéreroit
bientôt la ruine totale.
Qu'en effet, il eft inconcevable que ces Colons fe foient laiffés
hduire à donner ordre à leurs Repréfentans d'acquiefcer aux folles
demandes des gens de couleur, dont l'accomplifément ne tendroit à
rien moins qu'a fupprimer la ligne de démarcation d'entr'eux & les
blancs; ; ce qui, dans le fyfème politique de la Colonie, & fous tous
les rapports, peut être regardé comme le renverfement de tous prin:
cipes conftitutionnels.
Que cette révolution, fi efle pouvoit avoir lieu, entraîneroit néceffairement la perte de la Colonie & la deftruétion des individus qui la
compofent ; & que pour en avoir conçu ou adopté l'idée, il faut être
mal intentionné, ou tombé en démence; qu'à la vérité, les auteurs de
ce projet n'en doivent l'approbation des Colons de l'hôtel de Maffiac;
qu'à l'ignorance abfolue où font la plupart d'entr'eux, de tout ce qui
peut concerner la Colonie de Saint-Domingue, & les intérêts dont ils
y ont hérité, ou à la fottife & à la conduite des autres.
Que les habitans de Saint - Domingue n'ont pas befoin de tuteur
pour décider de ce qui leur convient ; qu'il eft conféquemment bien
inutile que des convulfionnaires fe creufent la tête pour enfanter des
monftres; que tous les fyftèmes concernant l'efclavage des noirs, ou
l'état des affranchis, n'intéreffent & ne peuvent intéreffer que la Colonie,
tant qu'ils ne blefferoire pas fes rapports avec la métropole; que c'eft
donc
ue n'ont pas befoin de tuteur
pour décider de ce qui leur convient ; qu'il eft conféquemment bien
inutile que des convulfionnaires fe creufent la tête pour enfanter des
monftres; que tous les fyftèmes concernant l'efclavage des noirs, ou
l'état des affranchis, n'intéreffent & ne peuvent intéreffer que la Colonie,
tant qu'ils ne blefferoire pas fes rapports avec la métropole; que c'eft
donc --- Page 185 ---
donc à la Colonie feule qu'appartient le droit de faire des changemens
à l'état actuel des chofes, s'il y en avoit quelques-uns à
apporter.
Qu'il convient de déclarer à ces convulfionnaires, que la Colonie
eft très-déterminée à n'admettre en ce genre ou en tout autre, aucunes
innovations que celles que l'Affemblée coloniale, différemment compolée & organifée fuivant le mode & la lettre particulière du Minifire,
pourra trouver utiles.
Qu'il n'eft point à craindre que l'Affemblée Nationale accueille la
motion de M. de Mirabeau, tendant à la prohibition de la traite des
Noirs; que da Nation n'abandonnera pas ainfi une partie d'elle-mèmc,
qui fait confifter fa gloire & fon bonheur dans les liens étroits qui les
uniffent; qu'elle ne forcera pas fes frères, fes enfans, fes alliés enfin, à
recourir à des étrangers pour en obtenir des moyens, qu'ils regretteroient infiniment de ne plus tenir de la mère-patrie.
Qu'il devient pourtant néceffaire de difiper, s'il eft poffible, les
tentatives que les ennemis de la Nation ne ceffent de faire contre une
Colonie dont on ne peut compromettre l'exiflence fans compromettre
celle de la Métropole ; que tous ces ouvrages infenfés, ces projets
pernicieux & incendiaires, travaillent cette contrée depuis trop longtemps ; que fi elle a été affez heureufe pour éviter jufqu'à ce
tous les dangers dont on l'a environnée, fes
jour
Repréfentans ne doivent
pas rafentir leur vigilance pour prévenir les fuites des troubles & des
inquiétudes que fes ennemis cherchent a y introduire.
Par toutes ces confidérations , & après en avoir murement délibéré,
l'Affemblée déclare nuls & de nul effet toutes
procurations & tous
pouvoirs fimités & impératifs adreffés par les Colons réfidant en France,
à leurs Repréfentans dans cette Colonie, concernant la convocation &c
tenue des Affemblées paroiffiales, provinciales & coloniales, & tout
ce qui peut y être relatif; fait défenfe auxdits Repréfentans d'en faire
aucun ufage; défend parciliement à toutes perfonnes, de quelque
& condition qu'elles foient, de diftribuer aucunes de ces
qualité
procurations
ou pouvoirs 9 ainfi que les inflrudlions qui les aecompagnent; & à
H
dans cette Colonie, concernant la convocation &c
tenue des Affemblées paroiffiales, provinciales & coloniales, & tout
ce qui peut y être relatif; fait défenfe auxdits Repréfentans d'en faire
aucun ufage; défend parciliement à toutes perfonnes, de quelque
& condition qu'elles foient, de diftribuer aucunes de ces
qualité
procurations
ou pouvoirs 9 ainfi que les inflrudlions qui les aecompagnent; & à
H --- Page 186 ---
Officiers
d'en recevoir le dépôt, le tout lous telles pein
tous
publics
les
&
qu'ila appartiendra, n'autorifant,quant: à ce, que
pouvoirs généraux
illimités.
Ordonne à tous propriétaires de la province du Nord, adluellement
France, & notamment ceux
compofent le conciliabule de l'hôtel
en
qui
Maffiac, de fe rendre en cette Colonie dans le délai de huit mois, pour
le péril commun dont elle eft menacée, & pour l'aider de
partager
dans de même délai, à Jeurs fondés de
leurs lumières, ou d'envoyer,
procuration, des pouvoirs illimités, dans lefquels ils feront tenus d'inférer leur renonciation formelle à fe méler direétement ou indiredtement
des intérêts de la Colonie, & à s'aflembier pour cet effet, foit audit
dans la Colonie même; & ce, fous peine de
hôtel, ou ailleurs que
confifcation au profit de la province, de leurs revenus, & fous telles
autres peines ultérieures qu'il appartiendra.
Enjoint néanmoins aux Députés de la province du Nord de refter
auprès de I'Affemblée Nationale, pour recevoir les inftructions ou ordres
la Colonie fera dans le cas de leur faire paffer.
que
Protefte contre toutes motions qui pourroient être faites concernant
le régime & la conftitution particulière de la Colonie ; déclare que
c'eft aux feules Affemblées provinciales & coloniales qu'appartient le
droit de régler l'un & l'autre.
Et attendu qu'il eft conftant que le comte de la Luzerne eft l'ennemi
juré de la Colonie, qu'il a toujours cherché à lui nuire par tous les
l'Affemblée
dénonce à l'Affemblée Nationale,
moyens poffibles 2
le
d'avoir abufé de la confiance que le Roi lui avoit
comme coupable
avec les fieurs L & Barbé
accordée, en opérant, conjointement
de Marbois, la réunion des Confeils de Saint-] Domingue, malgré
qu'ils euffent la liberté & l'ordre de ne pas l'opérer fi elle étoit nuifible.
D'avoir, contre fa confcience & fon devoir, foutenu cet ouvrage,
dont il a favouré jes effets funeftes.
D'avoir, 2 avec le fieur Marbois, vexé les Colons, & notamment
avec les fieurs L & Barbé
accordée, en opérant, conjointement
de Marbois, la réunion des Confeils de Saint-] Domingue, malgré
qu'ils euffent la liberté & l'ordre de ne pas l'opérer fi elle étoit nuifible.
D'avoir, contre fa confcience & fon devoir, foutenu cet ouvrage,
dont il a favouré jes effets funeftes.
D'avoir, 2 avec le fieur Marbois, vexé les Colons, & notamment --- Page 187 ---
ceux de cette dépendance, dans toutes les parties de l'adminifration,
dans celle des finances, ayant pouffé cette
& plus particulièrement
vexation jufqu'à ôter aux Colons de la province du Nord, ia difpofition
de leurs cotifations & droits de fabrique, deftinés à la defferte des
cures.
D'avoir enfuite, quand il a été Miniftre, fecondé les vexations, les
injuflices, les rapines & les caprices du fieur de Marbois, avec une
ponélualité & une promptitude dont il n'y a jamais eu d'exemple.
D'avoir refulé de donner des ordres pour faire arrêterles fieurs M...
accufés de s'être
avec des milliers de fufils,
& G s
embarqués
pour tenter une infurredtion dans la Colonie.
D'avoir pareillement refufé de s'oppofer à l'embarquement des écrits
& eftampes deftinés à faire naitre les plus grands défordres, produire
total dans la Colonie, & faire courir des rifques
un bouleverfement
prefque certains à la sûreté individuelle de tous fes habitans.
D'avoir fait les plus grands efforts pour empècher l'admiffion des
Députés de Saint-Domingue à l'Affemblée Nationale.
D'avoir favorifé & de favorifer encore les démarches des gens de
couleur, pour obtenir le fuccès d'une demande dont il fait bien que le
réfultat feroit l'anéantiffement de la Colonie.
D'avoir enfin affecté de ne pas envoyer l'ordre pour la preftation
de ferment des troupes, qui n'a été faite aul Port-au-Prince que le 15
de ce mois, & quand le Général s"y eft vu forcé. Défend en conféquence à toutes perfonnes, de quelque qualité, condition & état qu'elles
foient, de correfpondre en aucune manière avec ledit fieur comte de
la Luzerne, à peine d'être réputés traitres àla patrie, & comme tels,
pourfuivis & punis fuivant la rigueur des ordonnances.
Ordonce que le préfent fera enrégiftré au Confeil fupérieur du Cap
& juridiétions de fa dépendance; qu'il fera imprimé & affiché par-tout
où befoin fera, & qu'il en fera envoyé des exemplaires aux Affemblées
provinciales des parties de l'Oueft & du Sud, à tous les Comités de
H ij
és traitres àla patrie, & comme tels,
pourfuivis & punis fuivant la rigueur des ordonnances.
Ordonce que le préfent fera enrégiftré au Confeil fupérieur du Cap
& juridiétions de fa dépendance; qu'il fera imprimé & affiché par-tout
où befoin fera, & qu'il en fera envoyé des exemplaires aux Affemblées
provinciales des parties de l'Oueft & du Sud, à tous les Comités de
H ij --- Page 188 ---
la correfpondance dans toutes les Colonies Françoifes & dans tous les
Ports de mer, ainfi que dans les principales villes de France.
Signé BACON DE LA CHEVALERIE, Préfident; GEANTY, Secrétaire.
Collationné. SOURBIEU, Secrétaire; l'Archevèque THIBAUD,
Préfident. Plus bas eff écrit : Imprimé par ordre de l'Affembiée provinciale du Nord, ne varietur. Signé le Comte DE Gour, fondé de
pouvoirs de la Députation,
Collationné à l'original dépofé au Comité des Rapports de 'Affemblée
Nationale, par nous Secrétaire dudit Comité. A Paris, le 29 avril 1790.
Signé ANTHOINE.
QUINZIEME PIECE COMMUNIQUEE
Lettres adrefées aux Députés de Saint-Domtingue.
Au Cap, le 9 Février 1790.
UNE grande révolution s'eft opérée dans la Colonie comme en France.
La verge tyrannique des Adminiftrateurs de cette belle & infortunée
Colonie, a été mife en éclat, & l'autorité miniftérielle entée fur le
trône, a fait place parmi nous à la fuprême loi, le falut, c'eft-à-dire,
la volonté du peuple.
Vous aurez appris, Meffieurs, les mouvemens qu'a excités dans
toute la Colonie la fecouffe donnée à la Métropole par l'elprit régénérateur. Ces mouvemens ont été auffi mefurés que leur principe étoit
la Colonie, fera d'avoir fu être
noble, & une gloire impériflable pour
libre fans effufion de fang. Une feule viétime a été immolée à la fttreté
publique; cet exemple néceffaire a montré tout-à-la-fois notre juflice;
notre force & notre modération.
C'eft dans la province de I'Oueft, & comme au centre de la Colonie
que s'eft fait cet exemple, & c'eft du fein de notre province, que font
éclos & que fe font propagés les germes de l'heureufe régénération
dont nous fommes prèts de recueillir les fruits.
feule viétime a été immolée à la fttreté
publique; cet exemple néceffaire a montré tout-à-la-fois notre juflice;
notre force & notre modération.
C'eft dans la province de I'Oueft, & comme au centre de la Colonie
que s'eft fait cet exemple, & c'eft du fein de notre province, que font
éclos & que fe font propagés les germes de l'heureufe régénération
dont nous fommes prèts de recueillir les fruits. --- Page 189 ---
d'abord fécondés par le Comité qui s'étoit
Ces germes précieux, dix-huit mois, & qui a le premier appris aux
formé au Cap depuis
d'une fermentation générale, le déColons de fe réunir, ont enfin reçu
le nouvel ordre
veloppement qui ieur étoit néceffaire pour produire les voeux de tous
'de chofes, auquel tendoient depuis fi long-temps
ceux qui habitent la Colonie.
fa deftination, en préSur les ruines d'un Comité qui avoit rempli
de
hautes
les efprits, & qui ne pouvoit point répondre à plus
parant
dans cette
de la Colonie, la première
deftinées, s'eft élevée
partie
le
Affemblée provinciale; & auffitôt on a vu ce que pouvoient, pour
les lumières réunies de fes Repréfentans, , lorfque
bonheur d'un peuple, ,
à leur choix comme à leurs opérations.
la liberté la plus parfaite préfide
les
entre eux, & les
Un même ferment a bientôt uni tous citoyens
Tous
dans un feul fentiment, celui du patriotifme.
a tous confondus
ralliés à ieur centre; la fûreté publique
les pouvoirs fe font peu-à-peu
tous les troubles; les
a été raffermie par des mefures qui ont prévenu
fubi une
abus ont été éclairés de toutes parts, & plufieurs ont déjà
réforme falutaire; le défordre des finances a cefilé avec l'émigration
des fonds publics hors de la province; les milices, dont l'établiffement
de rébellion dans cette Colonie, parce que c'étoit un
a été un objet
main du
font demoyen de plus d'oppreffion dans la
gouvernement, le patriotifimne léur a
venues un objet d'ardeur univerfelle, parce que
donné fon nom comme fon empreinte : enfin, la juftice fuprème qu'un
odieux avoit bannie de cette province, pour l'enchainer dans
complot
a été rappelce dans fon fanétuaire par le voeu
le repaire du defpotifme,
n'avoit cefié d'être plus vivegénéral des jufticiables d'un Confeil qui
mefure
l'arbitraire des Adminifirateurs péfoit plus
ment regretté, à
que Phonneur &la fortune des Colons. Ce voeu,
fortement fur la liberté,
fauroit contrarier fans crime, a
qui eft le eri du befoin, & qu'on ne vivement irritée d'un arrêt
preflé les Repréfentans d'une province le Confeil fupérieur du Port-auinfolent & incendiairé, rendu par
frauduléufe & defpotique de
Prince, de faire ceffer enfin la réunion
ateurs péfoit plus
ment regretté, à
que Phonneur &la fortune des Colons. Ce voeu,
fortement fur la liberté,
fauroit contrarier fans crime, a
qui eft le eri du befoin, & qu'on ne vivement irritée d'un arrêt
preflé les Repréfentans d'une province le Confeil fupérieur du Port-auinfolent & incendiairé, rendu par
frauduléufe & defpotique de
Prince, de faire ceffer enfin la réunion --- Page 190 ---
deux Tribunaux, dont f'affociation forcée n'a donné jufqu'ici que la
ruine ou la mort des plaideurs - , l'enrichiffement des juges & la fervitude de tous.
Telles font, Mefficurs, les opérations de l'Affemblée provinciale
du Nord: : leur vigueur vous annonce l'énergie qui règne dans cette
province, & leur fageffe vous prouve en même temps que cette
énergie n'eft pas l'effet d'un mouvement tumulteux & palfager, mais
qu'elle a pour caufe la réfolution froide & ferme de fecouer à jamais
un joug qui n'a que trop long temps courbé des têtes fières& en nemies,
déformais irréconciliables, non pas d'une autorité légitime, c'ett-à-dire,
fondée fur les droits impreferiptibles & inaltérables des fociétés, mais
de cette autorité égoifte, infultante, & tôt ou tard révoltante, qui veut
foumettre tout un peuple au caprice de quelques hommes, ou qui
cherche à étendre les loix au-delà de leur iphère naturelle, au-delà
des bornes qui leur font circonferites par les divers rapporis des fociétés
entr'elles, & par leurs intérêts généraux & particuliers.
L'Affemblée provinciale du Nord vous charge, Meffieurs, de préfenter inceffamment à l'Aflemblée Nationale & au Roi, le tableau de
fes opérations, & d'en demander la fandlion. Cette fanction doit porter
nommément : 1. fur la formation même de Affemblée, comme
Afcmblée provincicle, fauf le mode ultérieur qui fera déterminé pour
fon organifation dans la prochaine Affemblee coloniale; 2.9 fu. la
transformation des Milices, telles qu'elles étoient ci-devant établies,
en: Milices patriotiques, uniquement fous la dépendance de la province,
dont les pouvoirs réfident dans fon Aflemblée provinciale ; & 3." fur
le rétablitlement du Confeil fupérieur du Cap, que l'Afemblée provincial du Nord n'a fait que remettre en exercice, ce tribunal n'ayant
jamais été fupprimé, mais fimplement réuni, d'une réunion qui : s'eft opérée
contre toute vérité, contre toute juftice, contre toute règle, contre
tout droit, contre toute raifon.
Les arrètés relatifs à ces trois objets, demandent, Mefficurs, une
fandlion pure er Jimple, parce que ces trois objets font eflentiels à la
Cap, que l'Afemblée provincial du Nord n'a fait que remettre en exercice, ce tribunal n'ayant
jamais été fupprimé, mais fimplement réuni, d'une réunion qui : s'eft opérée
contre toute vérité, contre toute juftice, contre toute règle, contre
tout droit, contre toute raifon.
Les arrètés relatifs à ces trois objets, demandent, Mefficurs, une
fandlion pure er Jimple, parce que ces trois objets font eflentiels à la --- Page 191 ---
fireté & à la félicité de cette province ; le refus de leur fanélion
entraîneroit les plus grands maux, & on peut en juger par les tranfd'alégreffe qui ont éclaté ici dans ies mémorables journées du 6
ports
& du I I de ce mois. Vous en avez les relations ci-jointes.
II convient auffi, Meffieurs, que les pouvoirs de 'Aflemblée produ
font expofés dans fes arrêtés & dans les
vinciale
Nord,tels qu'ils
autres aétes émanés d'elle, foient formellement reconnus 1 parce qu'il
eft impoffible de ne pas s'en rapporter , pour ce qui eft des vrais
intérêts, auffi éloignée de la mère-patrie que l'eft Saint-Domingue,
cette province s'eft elle-même choifis, & qui
aux Repréfentans que
de connoitre
étant fur ies lieux, font plus à même inconteflablement
ce qui lui eft avantageux ou nuifible.
foit du
La conduite, foit de M.dei la Luzerne, foit des Adminiftrateurs,
Confeil fupérieur qualifié de Saint-Domingue, ne juflifie que trop 2
la néceffité oùt nous avons été & où nous fommes encore
Meffieurs, 7
de nous adminiftrer nous-mèmes.
notre confiance, il eft notre
M. de la Luzerne a plus que perdu
femble n'être venu à
ennemi; tyran d'autant plus dangereux, qu'il
nous nuire d'une manière plus efficace par
Saint-Domingue que pour
de fes connoiffances le
la préfomption menfongère qu'élève en faveur
a fait dans cette Colonie. On ne le voit occupé que du
féjour qu'il
foin de la preffurer, de la tourmenter, & de la retenir plus fortement
fous l'empire du defpotime miniftériel, lorfque toutes les
que jamais
bonheur de s'en affranchir. II ne fe
provinces du royaume ont eu le
les
borne
là, & il pouffe fa perfidie jufqu'à favorifer fous main
infurreétions pas d'une cafte qui tient tout des bienfaits de fes anciens
maîtres, & à flatter baffement dans fa correlpondance avec elle, des
dont l'accomplifement ne feroit rien moins que la fubverfion
efpérances
totale de la Colonie.
I étoit temps que ce tyran fût démafqué, confondu & puni. Après
l'avoir dénoncé au public, nous le dénonçons à l'Affemblée Nationale;
& comme elle eft jufte, elle nous en fera juftice. Nous avons tous
anciens
maîtres, & à flatter baffement dans fa correlpondance avec elle, des
dont l'accomplifement ne feroit rien moins que la fubverfion
efpérances
totale de la Colonie.
I étoit temps que ce tyran fût démafqué, confondu & puni. Après
l'avoir dénoncé au public, nous le dénonçons à l'Affemblée Nationale;
& comme elle eft jufte, elle nous en fera juftice. Nous avons tous --- Page 192 ---
applaudi à la dénonciation que vous en avez déjà faite par la bouche
de M. Gouy d'Arcy. Notre arrêté pris à cette occafion, & que nous
enverrons
vient à
de cet acte de couvous
très-incelfamment,
f'appui
rage ; & loin que vous deviez reculer, nous vous donnons charge
expreffe de pourfuivre vigoureufement cette dénonciation : les preuves
ne vous manqueront pas.
Vous en avez une fur-tout des plus viétorieufes dans le manquement
qu'il a commis, en n'envoyant pas au Gouverneur de cette Colonie
l'ordre de faire prèter aux troupes & milices le ferment décrété par
l'Affemblée Nationalele IO août dernier. Ce défaut d'ordre n'excufe pas
fans doute M. de Peynier, qui ne pouvoit jamais fe compromettre,
fur lui de faire un acte qu'il favoit être conforme aux
en prenant
lui-même,
que le Décret de
intentions du Roi
puifqu'il n'ignoroit pas
l'Affemblée Nationale, du IO août,avoit été fanétionné par Sa Majetté,
& envoyé dans toutes les provinces. Mais tout coupable & tout fulpect
s'eft rendu M. de Peynier, par fa négligence & fon refûis de faire
que le ferment décrété par l'Affemblée Nationale, refus qui dureroit
préter encore s'il n'avoit été forcé de fe rendre au voeu de I'Affemblée provinciale de TOueft,iin'en eft pas moins vrai que c'eft le défaut d'ordre,
de la part de M. de la Luzerne. 2 qui a étéle motif ou le prétexte dont
M. de Peynier a cherché à colorer fa conduite. Qui fait même fi ce
Gouverneur n'avoit pas des défenfes fecrètes de faire prèter un ferment
fi contraire aux vues defpotiques d'une adminiftration qui a toujours mis
dans le militaire fa force & fon appui, pour nous fubjuguer & nous vexer?
Nous fommes à jamais foulevés contre cette infâme adminiftration,
fe réuniffent pour faire refpeéter les volontés arbioù tous les pouvoirs
traires de deux hommes dont tous les fubordonnés fe regardent comme
les aveugles inftrumens, & quine fe confidèrent eux-mèmes que comme
d'un Miniftre qui gouverne feul fous l'autoles agens purement paffifs
furpris, dont la conrité empruntée du Monarque perpétuellement
fiance eft d'autant plus expolée à l'abus qu'on peut en faire, qu'il eft
plus homnète.
H
arbioù tous les pouvoirs
traires de deux hommes dont tous les fubordonnés fe regardent comme
les aveugles inftrumens, & quine fe confidèrent eux-mèmes que comme
d'un Miniftre qui gouverne feul fous l'autoles agens purement paffifs
furpris, dont la conrité empruntée du Monarque perpétuellement
fiance eft d'autant plus expolée à l'abus qu'on peut en faire, qu'il eft
plus homnète.
H --- Page 193 ---
mauvais ordre de chofes cède à un nouveau,
II faut qu'un auffi
fiècle tendent à Vintroduire par - tout, &
que les lumières de notre néceffaire dans une Colonie, qui ne peut
qui eft peut-être encore plus
la
la plus
profpérer qu'autant que ceux qui en forment population & de liberté,
d'une plus grande fomme d'égalité
précieufe, jouiront
fomme de travaux & de
les dédommager d'une plus grande
en dernier réfultat
pour
dont la métropole retire
rifques de toute elpèce,
tous les avantages
difpofés à fouffrir qu'on laiffe à un
Loin donc que nous foyons la force dont il a fi long -temps abufé,
gouvernement oppreffeur, réfolu de le réduire aux bornes que le droit
nous avons au contraire
& nous ne vous cachons pas,
naturel & des gens lui preferivent;
contre la conduite
Mcflieurs, que ce qui a achevé de nous indigner
leur
s'affemblentà l'hôtel Maffiac, c'efl principalement
des Colons qui
éclate, non-feulement
oppofition à nos principes fur ce point, laquelle
Miniftre
la
fe font ingérés de donner au
pour
'dans le mode qu'ils
de la Colonie , mais encore
convocation d'une Affembiée générale
nombre
imprimées, envoyces ici à un très-grand
certaines inftruétions
que de leur
'de fondés de procuration, & qui ne peuvent partir
conciliabule.
du Nord vient- elle de prendre un
Auffi l'Afemblée provinciale tous les autres Colons qui fe trouarrêté pour les obliger, ainfi que inceffamment dans la Colonie, ou de
vent en France, de fe rendre
moins inutiles, & d'envoyer
ceffer abfolument des Affemblées tout au
voter dans
leurs fondés de procuration des pouvoirs illimités. pour
à
provinciales & coloniales, fur ies intérêts
les Affemblées paroiffiales,
foit décidé que des Colons abfens
généraux de ce pays, fi tant eft qu'il
en laifant
tranfmettre de pareils pouvoirs à leurs Repréfentans, venir our de ceffer
peuvent Américains qui font en France, P'alternative de
aux
des pouvoirs indéfinis. Nous Jes traitons
leurs Affemblées, & d'envoyer vouloir nous faire la loi, nous ferions
s'ils s'obftinoient à
en frères;
C'eft être ennemi-de la Colonie, que
foreés à les traiter en ennemis.
I
ft qu'il
en laifant
tranfmettre de pareils pouvoirs à leurs Repréfentans, venir our de ceffer
peuvent Américains qui font en France, P'alternative de
aux
des pouvoirs indéfinis. Nous Jes traitons
leurs Affemblées, & d'envoyer vouloir nous faire la loi, nous ferions
s'ils s'obftinoient à
en frères;
C'eft être ennemi-de la Colonie, que
foreés à les traiter en ennemis.
I --- Page 194 ---
de f'abandonner fans excufe légitime dans la pofition critique oû elle
fe trouve; c'eft'êire bien plus fon ennemi, que de prétendre la faire
pafer de l'odieux defpotifine des Miniftres, fous l'orgueilieufe ariftocratie des riches.
Au refte, Meffieurs, quoique l'Affembiée provinciale du Nord
défapprouve les traverfes que l'hôtel Maffiac a apportées à votre députation, elle ne trouveroit pas moins mauvais que vous priffiez le moins
du monde fur vous de rien propofer à l'Affemblée Nationale touchant
la conflitution de la Colonie, ou qui tendit à donner une atteinte
quelconque à fes priviléges 3 d'autant plus qu'elle eft tout-à-fait hors
des termes dans lefquels fe trouvent les autres provinces du Royaume;
contentez-vous de veiller pour elle, & attendez fes ordres fur quoi
ce foit. La voilà fur le point de s'affembler; elle fera elle-même fa
que conftitution , & alors elle vous fera parvenir les nouveaux pouvoirs
& Hes nouvelles inftructions dont l'état aétuel des chofes vous fait un
devoir indifpenfable.
Sur-tout, Meffieurs, veuillez mettre plus d'activité dans votre correfpondance avec nous. II eft affreux que nous n'apprenions que par
les papiers publics s f ou par des lettres particulières, ce dont vous
deviez être les premiers à nous inftruire. II ne faut pas vous diffimulér
cette infouciance de votre part peut amener un refroidiffement
que dans la confiance dont vOS concitoyens vous ont honorés, & qu'il vous
eft d'autant plus néceffaire de la juflifier dans ces circonflances, que le
conciliabule de T'hôtel Maffiac & fes adhérans, font tous leurs efforts
pour vous noircir auprès de la Colonie.
Nous avons l'honneur d'être avec les fentimens de l'attachement le
cordial & de la fraternité la plus intime, Meflieurs & chers
plus
compatriotes, Vos très-humbles, 8cc.
Les Membres de l'Affemblée provinciale du Nord de Saint-Domingue,
Signé l"Archevèque THIBAUD, Préfident.
P. S. Nous vous avons adreffé le primaia de cette lettre par le navire --- Page 195 ---
Afrée, du Havre; ; Capitaine Poupel, fous le couvert du Préfident de
l'Affemblée Nationale. Ce navire a mis à la voile le 30 janvier.
Ce I,CF février 1790, ne varietur. Signé le Comte D E Goux, fondé
des pouvoirs de la Députation.
Collationné & certifié la préfente copie conforme à l'original dépofé au
Secrétariat du Comité des Rapports. Délivré par nous Député, Secrétaire
dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE.
FIN des Dénonciations.
aa
A
ée Nationale. Ce navire a mis à la voile le 30 janvier.
Ce I,CF février 1790, ne varietur. Signé le Comte D E Goux, fondé
des pouvoirs de la Députation.
Collationné & certifié la préfente copie conforme à l'original dépofé au
Secrétariat du Comité des Rapports. Délivré par nous Député, Secrétaire
dudit Comité, cejourd'hui. Signé ANTHOINE.
FIN des Dénonciations.
aa
A --- Page 196 --- --- Page 197 ---
TABLE
D 1 U -M E M O I R E.
AvERTISSEMENT T donné par M. de la Luzerne, au verfo du titre.
Mémoire de M. de la Luzerne -
Page I
Premier Chef de Dénonciation. Refus obftiné de Lettres de Convocation
àla Colonic de Saint-Doningue. Réponte.
Second Chef de Dénonçiation. Obfacle mis dans la Colonie à la nomination
de fes Députés aux États généraux. Réponfe -
Ibid.
Troifième Chef de Dénonciation. État enlevé à un Citoyen efimable pour
couvrir Jon calomniateur de fes dépouiiles. Réponfe.
Quatrième Chef de Dénonciation. Citoyens vendus à u12 Aventurier pour
les Puiffances étrangères. Réponfe.
Cinquième Chef de Dénonciation. Arrêtement fcandaleux d'un Citoyen
innocent. Jugement arbitraire es injufle. Réponfe.
Sixième Chef de Dénonciation. Réunion défafireufe des Confeils fupérieurs
de Saint- Domingue. Réponfe.
Septième Chef de Dénonciation. Grand chemin du Cap; menfonge public;
corvées arbitraires; dépenfes énormes U inutiles. Réponfe.
Ibid.
Huitième Chef de Dénonciation. Démiffion arrachée injuflement à un
Mogiftrat feptuagénaire, Doyen du Confeil. Réponfe.
Neuvième Chef de Dénonciation. Exattion publique; pourfuites tyranniques
envers un père de famille innocent, b Juites cruelles de ce traitement
barbare. Réponfe.
Dixième Chef de Dénonciation. Réunions tyranniques au Domaine du Roi,
es concefrons frauduleujes Réponfe.
Onzième Chef de Dénonciation. Difette de farines ; infouciance criminelle
79 & 8r
du Minifire. Réponfe.
Douzième Chef de Dénonciation. Rappe! foudain d'un Gouverneur cher à
la Colonie ; maintenue opinidtre d'un Intendant projcrit. Réponfe. - 796 &88
Treizième Chef de Dénonciation. Lettre d'approbation didée (1u Roi en
faveur de l'Intendant coupable. Réponfe..
79&99
Quatorzième Pièce communiquée. Délibération prife par les habitans
de la partie du Nord, le 22 janvier 179 0. Réponfe..
Quinzième Pièce communiquée. Lettre adreféc par l' Afembléc de la partie
du Nord, à M." les Députés de Saint- Domingue, le 9 février 1790 0, Ibid,
Réponfe. --- Page 198 ---
Premier Reproche. Le Miniftre n'a point envoyé à Saint - Domingue le
Décret qui ordonne aux Troupes de prâter le nouyeau ferment en préfence
des Officiers municipaux. Réponfe. Second Reproche. Le Miniftre a fait les plus grands cforts pour arréter
l'admiffion des Députés de Saint- - Domingue à PAlemblie Nationale. Réponfe
Troifième Reproche. Le Minifire a favorift e favorife encore les gens
de couleur.
ier Reproche. Le Miniftre n'a point envoyé à Saint - Domingue le
Décret qui ordonne aux Troupes de prâter le nouyeau ferment en préfence
des Officiers municipaux. Réponfe. Second Reproche. Le Miniftre a fait les plus grands cforts pour arréter
l'admiffion des Députés de Saint- - Domingue à PAlemblie Nationale. Réponfe
Troifième Reproche. Le Minifire a favorift e favorife encore les gens
de couleur. Réponfe. IIO
Quatrième Reproche. Le Minifire a refufe de s'oppefer à l'embarquement
d'écrits es d'efampes deflinés à faire naitre les plus grands défordres dans
la Colonie, b courir des rijques prelque certains à la liberté individuelle de
tous fes habitans. Réponte. III
Cinquième Reproche. Le Miniftre a refufe de donner des ordres peur faire
arrêter les fieurs M... er G. accufés de s'être cmbarqués avec des
milliers de fufils pour tenter une infurredion dans la Colonie. Réponfe. I12
Sixième Reproche. Les Colons qui s'affemblent à l'hêtel de Mafiac, m'ont
donné un mode de convocation d'Afemblée générale de la Colonie. Réponte. 114
Fin de la Table du Mémoire. TABLE
DES CHEFS DE DÉNONCIATION. Parsien CHEFDE DÉNONCIATION. Refus obfliné de Lettres de
Conyocation à la Colonie de Saint-Domingue. Page I
Second Chef. Obfacle mis dans la Colonie à la nomination de Jes Députés
aux Etais-ginéraux. Troifième Chef. Etat enlevéàun Citoyen cfimable, pour couvrir de fes dépouilles
Jon calomniateur. Quatrième Chef. Citoyensvendus àun Aventurier, pourles Puifances étrangeres. 9
Cinquième Chef. Arrêtement fcandaleux d'un Citoyen innocent, es jugement
arbittaire b injufle
II
Sixième Chef. Réunion défafreufe des Confeils fupérieurs de Saint-Domingue. 15
Septième Chef. Grand chemin du Cap 33 menfonge pablic; corvées arbitraires;
dépenfes énormes Cs inutiles. Huitième Chef. Démifion arrachée à un Magiftrat feptnagénaire, Doyen du
Confeil. --- Page 199 ---
envers un père de
Neuvième Chef. Exadion publique, 3 pourfuite tyrannique barbare. famille innocent, é fuites cruelles de ce traitement
Réunions
au Domaine du Roi, é concelfions
Dixième Chef,
tyranniques
frauduleufes.. criminelle du Minifire
Onzième Chef. Difette de farines ; infouciance
foudain
Chef. Maintenue opinidtre d'un Intendant profcrit; rappel
Douzième d'un Gouverneur cher à la Colonie. Chef. Lettre d'approbation didtée au Roi, en faveur de l'Intendant
Treizième
coupable . Extrait des Regifres des Délibérations
Quatorzième Pièce communiquée. de la partie du Nord de Saint-Demingue. de l"Afemblée provinciale
Lettre adrefée aux Députés de SaintQuinzième Pièce communiquée. Doningue, au Cop le 9 février 1790. Fin de la Table des Dénonciations. La Table des Pièces juftificatives fe trouye à Ia fuite defdites
Nota. Pièces, à la page 82. E R R ATA.
Regifres des Délibérations
Quatorzième Pièce communiquée. de la partie du Nord de Saint-Demingue. de l"Afemblée provinciale
Lettre adrefée aux Députés de SaintQuinzième Pièce communiquée. Doningue, au Cop le 9 février 1790. Fin de la Table des Dénonciations. La Table des Pièces juftificatives fe trouye à Ia fuite defdites
Nota. Pièces, à la page 82. E R R ATA. ce Mémoire & Ies Pièces juftificatives ont été
La promptitude avec laquelle de
exaétement toutes les fautes d'impreflion. imprimés, n'a pas pernis corriger
On fe borne à indiquer les principales. Page 19, lig. J. deux commis, efacez deux. Ihid. lig. 2. à l'un le titre, lifet à l'un d'eux le titres
Page 39, lig. 29. pas trois, lifez que trois. Page 92, Note (a), lig- 4. 14 juillet, lifez 24 juilict,
Page 93, aux Notes, lig. Ie efacez de
Paze 97, lig. 3. rapport, lifez rappel, --- Page 200 --- --- Page 201 ---
PIÈCES JUSTIFICATIVES
DES FAITS ÉNONCÉS DANS LE MÈMOIRE
DE M. LE COMTE
DE LA LUZERNE,
MINISTRE ET SECRETAIRE D'ÉTAT
DE L A M A. RI I N E. --- Page 202 ---
* PrAOITTEUL 83031
anova 313A albMonit ETIAT al
apMoJad MSErI
SMAANUI AI 0
n 3UE
- --- Page 203 ---
No. .
ORDONN ANCE
DE M ESSIEURS
LES ADMINISTRATEURS:
Du 26 Décembre 1-88.
f2
Extrait des Regiftres du Confcil- Supéricur de Suint-Domingec:
MARIE - CHARLES, Marquis DUCHILLEAU , Maréchal des Camps
& Armées du Roi, Commandeur de lOrdre Royal & Militaire
de Saint-Louis, Gouverneur- Licutenant-Ganéral des Iles Françoics. de l'Amérique fous le Vent , &c In/pedeur-Général des
Troupes, Artillerie, Milices & Fortifeations;
Er FRANÇOIS BARDE DE MARDOIS, Confeiller du Roi en fes Confeils
& en fon Farlement de Metz, Intendant de Jufice, Police,.
Finances, de lar Guerre & de la Marine deidites liles.
Dw Imprimé: cit été répandus arec profeficn & publiés comme
Y'ouvrege d'une Commillion chargée par la Colonie de folliciter ladmiflicn de fes
Depuie" auz Etas-Genéraux; l'affurance avec laquelle C2S Ecrits ont exprimé,
A ij
du Roi en fes Confeils
& en fon Farlement de Metz, Intendant de Jufice, Police,.
Finances, de lar Guerre & de la Marine deidites liles.
Dw Imprimé: cit été répandus arec profeficn & publiés comme
Y'ouvrege d'une Commillion chargée par la Colonie de folliciter ladmiflicn de fes
Depuie" auz Etas-Genéraux; l'affurance avec laquelle C2S Ecrits ont exprimé,
A ij --- Page 204 ---
(4)
comme. le voell publc, stes opinions individuelles fur des queftions du plus vafte
dopné lieu aux habirans ouix-mèmes de douter 6 de pareils
intérêt, a d'abond
& fil'on n'en avoit
pouvoirs n'étoient pas émanés de quelques-uns d'entre eux,
pas fait nlage pour induire en erreur des perfonnes recommandables per leur
leurs lumières : mais bientor on a fait circuler clandeftinement un Mi
rang 8
lequel on follicite de toutes parts des fignatures a comne pout
moire, pour
tardive, Tirrégularité des actes émanés de la préconvrir par cette opération
habitans avoient donné leurs
tendue Commiflion. Nous avons fu que pluffeurs
Agnatures hbrement & volontairement, que d'autres l'avcient accordée à des
prières & des (clliciarions, & enfin qu'un très-grand nombre avoient refufé de
figner. Plufieurs de ces derniers fe font eux-mêmes adreffés à nous 3 pour nous
exprimer la furprife que leur caufoient ces mouvemens 3 & nous inviter à leur
faire connoitre la volonté de S. M. Une Requête revêtue d'un grand nombre
les habitans forment des voeux pour que
de fignatures 3 nous eft parvenue :
Y
leurs
le calme dont la Colonie jouit , ne foit point troublé ; ils témoignent
alarmes fur les maux auxquels elle feroit expofée, 32. s'il pouvoir dépendre d'un
d'individus
d'adrelfer à deux mille lieues des repréfentas2 nombre
quelconque, >
de leur
des vhes, des délirs
> tions à S. M., au nom des Colons ;
fuppoler
; de folliciter
eux de prétendus avantages >
s qu'ils n'ont pas manifeftés
pour
&
& la différence de régime leur interdit d'afpirer,
>> auxquels leur éloignement
enfuite à des Avocats,
>> qui pourroient même leur devenir funeftes; de s'adreller
&
3) pour en obtenir une Confultation fur une queftion purement politique,
>> qui n'eft pas de leur reffort; d'influer, par une voie aufli irrégulière, fur l'opi-
& de mettre,
ainfi dire , le fort d'une immenfe Colonie
>> nion publique,
pour
&
n'ont
2> à la difcrétion de quatre Jurifconfultes qui ne la connoilfent pas, qui
s9 pas même pris foin de s'informer fi ceux qui leur demandoient une décifion,
>> avoient miflion, , caractère & pouvoir pour agir au nom des vingt-cing mille
2 Citoyens libres qui ccmpofent cette Colonie ce,
D'un autre côté, la Chambre d'Agriculture du Cap a arrêré des repréfentations
Minifhre
demander que la Colonie foit autorifée à envoyer des Députés
au
pour
a
& enfuite d'un autre Arrèté en date
aux Etats - Généraux; elle nous depuis,
du de ce mois, fait une adreffe, afin qu'il nous plàt de donner fur le champ
les ordres 5
néceffaires dans toutes les Paroifles de la Colonie, pour qu'il fit inceffamment & au même jour tenu des Affemblées, à l'efet, s'il étoit trouvé
convenable, de nommer des Cemmiliaires-Eledeurs, lefquels feroient autorifes
& tenus de fe rrouver à d'autres Affemblées qui feroient pareillement indiquées
à bref délai, pour y porter le vaeu de leurs Paroiffes.
Ics expreflions de ces Arrétés & Requêtes, & de nombre de Lettres qui 108S
ceffamment & au même jour tenu des Affemblées, à l'efet, s'il étoit trouvé
convenable, de nommer des Cemmiliaires-Eledeurs, lefquels feroient autorifes
& tenus de fe rrouver à d'autres Affemblées qui feroient pareillement indiquées
à bref délai, pour y porter le vaeu de leurs Paroiffes.
Ics expreflions de ces Arrétés & Requêtes, & de nombre de Lettres qui 108S --- Page 205 ---
(5)
fuffifamment
combien les'habitans de la Colonie
ont été adreffées, nous ont
prouvé
de la repréfentation
éroient partayés dans leurs fentimens fur la queftion importante
Erars-Genéraux du Royaume. Nous avons dû prévenir les fuites de cettediverfité
aux
avons
en même temps que cette queftion ne devoit point
d'avis; mais nons
penfé
& fi,d'un côré, nous avions
être déterminée par notre opinion particulière, que
Adiinitrareurs,
les plus puidfans morifs de défirer que notre conduites comine
devions le
fir examinée par S. M. environnée de fcs Erats-Générauxs f nous
honolui demander, ainfi que nous le faitons, comme la récompenfe la plus
rable de 110S travaux, comme une juftice 3 & en même temps comme une grace
une
nombreufe de la Colonie penfoit que
diftinguée; d'un autre chré,
partic
devoit taire la matière de
la repréfencacion des Colons aux Etars-Généraux
d'une des ReT'examen le plus réfléchi, & pour nous fervir des exprefions
Sa
adreflées,
cette queftion devoit être jugée Par
quêtes qui nous ont été
que Aflifes de fon Royaume, & que fi Elle
Majelté elle-même, tenant les grandes
décidée
l'affirmative, la durée de l'Affembiée > ou fes ajournemens,
étoit
pour
de faire jouir la Colonie des avantages de
pourrolent préfenter us moyen
l'admiflion.
nous avons dû chercher un point d'appui que ne pouDans ces cisconftances,
contradiétoires & incertaines qui nous font parvoient nous offrir les opinions
nous ont été données par
venues. Nous l'avons trouvé dans les inftruétions qui
la
de fa bonté >
a
qu'à
Sa Majelté elle-mème. C'eft dans ce monument précieux
dont
les
à manifefter la follicitude tendre & paterelle
fuite des ordres plus propres
diété & figné de fa main les
Elle eft animée pour fes Sujets de St. Domingue > Elle a
deviendroient bientôt notre condamnation, fi ellesn'éroient
paroles fuivantes , qui
: Si la diftance des lieux, f la nasure
pas la règle conftante de notre conduite
Duchil.eau & de Marbois
des chofes exigent que les pauvoirs des fieurs Marquis
confié à leur prudence, & dont le plus léger
foient étendus, c'ef un dépôt facré,
oublier
gue le
Un
ne doivent jamais
> c'eft
abus feroit un délic.
principe qu'ils
Gouvernement doit être modéré, 3 fage & bienfaifant , mais fage avec fermetés que
Pautorité ef établic pour le bonheur de t0:5; > & non pour la fatisfadtion de ceux
&
c'ef fur-tout aux Colonies qu'il efl srai de dire
qui en font dépeftaires , que
elle ef chérie & refpeitée. Signé LOUIS:
qu'elle n'efjamais plus puif-nse que guand
& plas bas, La LUZERNE.
touchantes de la volonté du Souverain ne ceffent jamais
Que ces expreffions
des pouvoirs à nous confiés,
d'ètre notre Loi 1. A CES CAUSES, en conféquence
nous avops ordoané & ordonnons er qui fuit
qu'il efl srai de dire
qui en font dépeftaires , que
elle ef chérie & refpeitée. Signé LOUIS:
qu'elle n'efjamais plus puif-nse que guand
& plas bas, La LUZERNE.
touchantes de la volonté du Souverain ne ceffent jamais
Que ces expreffions
des pouvoirs à nous confiés,
d'ètre notre Loi 1. A CES CAUSES, en conféquence
nous avops ordoané & ordonnons er qui fuit --- Page 206 ---
6)
ARTICLE FRIMIEN.
Acenlu que les intentions de Sa Majelte, relativement, foir à l'admiflion
des Dépuré dos Colonies aux Exats-Généraux du Royaume, foit à la forme dans
Iaqucle il cenvicadroit de recueillir les VPUX &: fenrimens des Colons fur cet
ohjut ieiportanr. n2 nous font point encore connues, -. &: qu'il peut néanmoins
être utile qu'File foit inftroite des défirs & des eipérances de la majorité deldits
Colons, nous les antoritons & nous les invizons même à nous expofer leurs demaides pardettres ou par Requétes qui nous feront adreilées des différens lieux"
de la Colonie > ians qu'elles paitlent ceperlant etre fignées par plus de cinq"
rerfonnes, , faue de quoi elles- ierent icjerécs comme nuiles.
A R T. I I.
Lefdites Lettresou Requéres contiendront en fin de chacune d'icelles, les do-i
mandés ou Jes fentimens de ceux qui les auront tignées, foit pour l'admiflion,
foit pour la run-admiflion, foit enlin pour s'en rapporter à Sa Majefté, & Ja
fepplier de faire cennoitre fa volenté. Chaque fighature fera fuivie de la mention
de la Paroille, du domicile; de Thabitatien, du genre de culture, olL de la profeffion de ccli qui aura figné, à faute die' quoi fa fignature ne fera comptée; il,
fcra enfuite formé des états fcmmaircs de totites les fignatures fuivant les trois
claf'es indicuées 211 commencement du Préfent Arricle, & il fera loifible à tous
les habitans de confulter lefdits états, ainfi que les picces à l'appui 2 i P'effe: de
quci, le tout > dans le mois de Janvier 2 fera par nous envcyé aux Sccrétariais?
des Chambres d'Agricultuire, pour y demeurer on dépôr : & il fera dans ledif!
nicis fatué par Eous ce qu'au cas appartiendra.
A R T. IIL
Les J ettres & Requêtes qui nots ont été adreffécs jafqu'à ce jour, touchant
l'admifticn Cll la nen-admifficn des Dépurés de la Colenie aux Erats-Générix, P
ne feront point comprifes dans lefdits états fommaires; mais "ceux qui les ont
lignees pourront nous en faire parvenir de nouvelles. Déclarons nuls & de nul
efier toutes Requères, Mémoires ou Ecrits quclconques > qui autoient Pu crre ou
fercient ciandeflinament préfentés aux habitans, 3 pour être par eux fgnés, & ne
feront compeées les fignatures obtenues fur lefdirs Ectits, mais feroat coniidérées
conme forprifes, & en confiquenca tenues pour non averues.
les ont
lignees pourront nous en faire parvenir de nouvelles. Déclarons nuls & de nul
efier toutes Requères, Mémoires ou Ecrits quclconques > qui autoient Pu crre ou
fercient ciandeflinament préfentés aux habitans, 3 pour être par eux fgnés, & ne
feront compeées les fignatures obtenues fur lefdirs Ectits, mais feroat coniidérées
conme forprifes, & en confiquenca tenues pour non averues. --- Page 207 ---
(7)
ART. IV.
Défendons, conformément aux Loix & Réglemens de Sa Mekfe, toute affemblée illicite, fcus'peine d'etre,ceux qui y affiterent, pourfuivis iuivonr lasigi ur
des Ordonnances.
Prions MM. les Officiers du Confcil-Superieur de Ssiut-Dcnninsue, d'enrcgiftrer la préfente Ordonnance, & mandons à CelIX des Jeriidictions de tenir la
main à fon exécution.
Sera la préfente enregiftrée ati Grefie de l'Intendance.
Donnée,au Pore-au-Prince, fous le fceaujie nos ammes, &: le contrefsing de ncs a
Secrétaires, lei vingt-lix du meis de Décembre mil fepr cent quatre - vingr huit.
figné DUCHILLPAU & DE MARBOIS. Er Flus bas, par M. le Général,. Agrd
BONHONME, par M. l'Interdant,. Figne MARCHANT.
Enregiftréc au Greffe de l'Intendance des Ifles Françoites de l'Amérique fous
lc Vent, , le vingr-fept Décembre mil fept cent quatre-vingt-huit. SigueSENTOUT,
Greffier en chef.
Enregiftrée a été la préfente Ordonnance au Greffe du Confeil-Supéricur
de St. Domingue , oui &c ce requérant le Procuren-rGenécal du Ioi, pour étre
exécutée felon fa forme & teneur > imprimée, luc, > publice & affichéc par-tout
où befoin fera, & copies collationnées d'icelle envoyées dans les Sénéchauffees
du reflort, pour y être pareillement lucs, publices &c regiltrées 2 avec injonction
aux Subftituts dudit Procureur-Général du Roi de tenir la main à fon exécution,
& d'en certifier la Cour au mois, an défir de l'Arrèt de ce jour.
Donné au Port-au-Prince, en Confeil, le vingt-neuf Décembre mil fept celt
quatre-vingt-huit.
Signé DUvERNON, Greffier-Commnis.
Coliationné , ligné DUBEUF,. Greffier-Commis.
&c regiltrées 2 avec injonction
aux Subftituts dudit Procureur-Général du Roi de tenir la main à fon exécution,
& d'en certifier la Cour au mois, an défir de l'Arrèt de ce jour.
Donné au Port-au-Prince, en Confeil, le vingt-neuf Décembre mil fept celt
quatre-vingt-huit.
Signé DUvERNON, Greffier-Commnis.
Coliationné , ligné DUBEUF,. Greffier-Commis. --- Page 208 ---
(8)
No. II.
des Adminifrateurs à tous les Officiers
COPIE d'une Lettre imprimée
Civils, Militaires, 6 d'Adminiftration.
Port-au-Frince, le 31 Décembre 1788.
Nous préfumons, Monfieur, , que vous avez eu connoillance de divers Ecrits
la non-admiflion des Repréfentans de la Colonie aux
relatifs à l'adiniflion > ou à
& Mémoires, où les
Erats-Généraux. Ils ont donné lieu à plufieurs Requères
diverfement, fuivant leurs di(pofitions & leurs opinions
Colons fe font exprimés
d'aflembler la Colonie, & de donner
particulières. Les uns nous ont demandé
le
Affemblée une Conftitution dont ils nous ont eux-mènes prepolé plan
à cette
oblervé
notre autorité ne s'étendoit pas jul-
& les détails. Les autres ont
que
d'aill'exercice de cet acte, le plus important de la Puillance (ouveraine; que
qu'à
vertu du vccu d'une
des Colons > dont la proporleurs O1l ne pouvoir 9 en
partie
uns fe rendroient,
tion au tout eft inconnue, , convoquer une Aflemblée , oà les
feroit la fuite de leur demande > & dont les autres s'abftiendroient,
parce qu'elle
comme illégale s & qu'ainfi elle ne pourroit offrir
parce qu'ils la regarderoient
l'auroient demandée. Daris ces cirdans fes réfultats que les yeeux de ceux qui
à
de rendre lOrdonnance dont nous joiconftances, > nous avons jugé propos
notre fentiment
ici un exemplaire. Nous n'avons pas voulu y exprimer
gnons
queftion. Nous avons penfé qu'en attendant les
particulier fur cette importante
follicités, nous devions nous borner à reordres de S. M. que nous avons déjà
devoit être mile en
eevoir les demandes des habitans, > & que notre autorité nc
C'eft dans
à connoitre leur vau libre & patriotique.
action que pour parvenir
de vouloir bien vous abftenir , come Officier
cette vûe que nous vous prions
tendre à infuer fur les opinions. Nous
de Sa Majefté, de tout ce qui paroîtroit
fi vous l'ètes, vous voudéfirons cependant que > comme habitant propriétaire,
noure
faire connoitre votre fentiment, dans la forme indiquée par
liez bien nous
Ordonnance.
& Lettres qui nous font parvenues, concourent généLes Adreffes , Requétes
nous-mémes qu'il convient d'ufer de
ralement à demander célérité. Nous penfons
de faire connoitre
toute celle que les conjonétures permettent. Nous vous prions
aux
'ètes, vous voudéfirons cependant que > comme habitant propriétaire,
noure
faire connoitre votre fentiment, dans la forme indiquée par
liez bien nous
Ordonnance.
& Lettres qui nous font parvenues, concourent généLes Adreffes , Requétes
nous-mémes qu'il convient d'ufer de
ralement à demander célérité. Nous penfons
de faire connoitre
toute celle que les conjonétures permettent. Nous vous prions
aux --- Page 209 ---
(s)
aux habitans que nous défirons qu'ils nous faffent parvenir leurs Lettres ou Requêtes aufli-tôt qu'il leur fera poflible. Nous avons aufli ordonné que tous ceux
qui figneront > feront mention des noms de leurs Paroilles, domiciles, habitations,
profeflions > &c. Cette précaution elt indifpenfable pour prévenir l'abus des fignatures qui pourroient être données par des perfonnes qui n'ont pas droit de voter
dans cette circonflance.
Nous avons l'honneur d'ètre avec un parfait attachement, Monfieur, VOS trèshumbles & très-obéiffans ferviteurs. Signé DUCHILLEAU & de MARBOIS.
Cette Lettre imprimée du Gouverneur général & de l'Intendant à tous les
Officiers Civils, Militaires & d'Adminifration en leur envoyant T'Ordonnance
du 26 Décembre 1788, m'a été adrefiée de St. Domingue.
LA LUZERNE.
B --- Page 210 ---
(Io)
No. IIL
ORDO - N N ANCE
CONCERNANT la communication ouverte pour les voitures par les
quartiers des Gonaives s de Plaifance > & du Limbé, G un
établifement de voizures de Pofte pour les Voyageurs.
Du 28 Mai 1789.
Extrait dcs Regiftres du Confeil-Supérieur de Saint- -Domingue,
MANIE-CHARLES, Marquis DUCHILLEAU, Maréchal des Camps
& Armées du Roi, Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire
de Saint - Louis, > Gouverneur - Lieutenant - Général des Ifles
Françoifes de l'Amérique fous le Vent, & InfpeSeurGénéral
des Troupes, Artillerie, Milices & Fortifications ;
ET FRANÇOIS BARBÉ DE MARBOIS, Confeiller du Roi en fes
Confeils & en fon Parlement de Metz, Intendant de Juftice,
Police, Finances, de la Guerre & de la Marine defdites Ifles.
Dirois long-temps la Colonie défiroit une communication pour les
entre le Cap & toutes les parties qui font au fud de cette grande ville. voitures;
défilés fouvent impraticables des dangers multipliés rebutoient les
Des
plufieurs forcés par la néceffité de leurs affaires, n'évitoient lesp périls Voyageurs; d'un
&c
par terre, qu'en s'expofant à ceux de Ja mer.. L'Adminiftration, long-temps voyage arrêtéc
par des obftacles en apparence infurmontables, s a enfin recueilli des notions
certaines, & fur le rapport qui en a été fait à Sa Majefté, elle a ordonné plus
h communication feroit otverte à fes frais. Cette grande entreprife,
que
an & demi de travaux, touche à fa fin. Des pentes égales &
après un la
facilesont pris
, qu'en s'expofant à ceux de Ja mer.. L'Adminiftration, long-temps voyage arrêtéc
par des obftacles en apparence infurmontables, s a enfin recueilli des notions
certaines, & fur le rapport qui en a été fait à Sa Majefté, elle a ordonné plus
h communication feroit otverte à fes frais. Cette grande entreprife,
que
an & demi de travaux, touche à fa fin. Des pentes égales &
après un la
facilesont pris --- Page 211 ---
(Ir)
ou des rochers; elles parcourent les finuofités des
place, ou des précipices ;
& franchillent lcs. abimes des plus profondes ravines. Déjà plufieurs
montagnes,
s'élever
ces travaux, ia valeur de leurs propriétés; ils prchabitans ont vu
, par
&
faire
fitent du chemin royal pour l'expertation de leurs denrées, pour
apporter
dans leurs habitations tout ce dont elles ont befcin. Il refte encore à faciliter la
de l'Adminiftration & des habitans > à affurer aux Voyageurs des
correipondance
de fe tranfporter d'une extrémité de la Colonie à l'aurre,
moyens leurs peu affaires difpendieux l'exigent, , & enfin à foulager les Colons eux-mêmes, pour
quand lefquels l'affluence des Voyageurs, fouvent inconnus, deviendroit une furcharge,
& finiroit par détruire Thofpitalité , qui eft une des vertus particulières aux
habitans de Saint-Domingue. Les établiflemens à former pour cet effet doivent
être régis par règles fixes, dont ni le Public, ni 'Entrepreneur ne puiffent s'écarter.
A CES CAUSES & en vertu des pouvoirs à nous donnés > nous avons ordonné &
ordonnons ce qui fuit :
ARTICLE PREMIE R.
Ii fera établi s à compter du 16 Août prochain 2 des carioles folidement faites,
& attelées de trois chevaux ou mulets, ou plus s'il eft
montées fur deux roues, 3
ordinaires de la Pofte > aux
nécelfaire, pour tranfporter les lettres ou paquets
Lefdites carioles
jours & heures indiqués par le Réglement du 8 Juillet 178;.
aufli tranfporter deux Voyageurs, & leurs valifes ou porte-manteaux ,
pourront
du Port-au-Prince au Cap, & lieux qui font fur la
du poids de quinze livres,
defdits lieux au Port-auroute du Port-au -Prince à Léogane, & en retour
Prince.
ART. II
fera
chaque Voyageur & fa valife,du poids de quinze livres;
Le prix
2 pour
SAVOIR:
3961.
Du Port-au-Prince au Cap. .
Du Port-au-Prince à Saint-Marc. .
e
Du Port-au-Prince à Léogane. * .
les
conviendroient de s'arrêter à des lieux interEt dans le cas où Voyageurs
fols.
médiaires le
de chaque place fera réglé à raifon de huit livres cinq
> prix
par lieue.
cariole du
Dans le cas où , par la fuite > l'Entrepreneur voudroit établir une
le
de chaque place fera de . : 16;
Port-au-Priace au Petit-Goave, prix
B ij
-au-Prince à Léogane. * .
les
conviendroient de s'arrêter à des lieux interEt dans le cas où Voyageurs
fols.
médiaires le
de chaque place fera réglé à raifon de huit livres cinq
> prix
par lieue.
cariole du
Dans le cas où , par la fuite > l'Entrepreneur voudroit établir une
le
de chaque place fera de . : 16;
Port-au-Priace au Petit-Goave, prix
B ij --- Page 212 ---
(12)
Dans le cas oit il voudroit établir une cariole du Pert-au-Frince 2ux
le prix de
fera de
Cayes,
chaque place
.
Le Prix des places defdits lieux au Port-au-Prince fcra le même. . . 356 1.
ART. IIL
Dans le cas oû ily y auroir poffibiliré d'arranger tine rlace derrière la cariole
pour le tranfport d'un ou de deux Valets, le prix fera pour chaque Valer,
le voyage, d'un fixième du prix qui fera payé par le Maitre.
pour
ART. IV.
Le Voyageu: qui voudra fe rendre diredtement du Port-an-Prince au Cap, &
réciproquemen:, fera infcrit & préféré à celui qui ne voudra fe rendre qu'à
SaineMarc, & la préférence fera, de la même manière, toujours accordée à celui
qui voudra fe rendre au lieu le plus éloigné.
ART. V.
Les Voyageurs fe feront infcrire fur le regiftre qui fera tenu à cet effet aux
Bureaux des Poftes du Port-an-Prince, , de Saint-Marc, du Cap & de
ils s'affureront ainfi de leurs places ; ils
Léogane; 5
payeront en même temps moitié du
dont il leur fera donné
prix,
reçu, contenant en outre le jour & l'heure du
& ils payeront l'autre moirié au moment du départ. Ceux qui, après avoir départ, retenu
une place > ne fe préfenteront point à l'heure fixée > perdront la fomme qu'ils
auront payée.
ART. VI.
T.es Voyageurs, de quelque qualité & condition qu'ils foient, ne
fous aticun prétexte > arrêter ni retarder la courfe, & dans le cas où ils pourront s
droient le fiire, autorifons le Poftillon à faire route, & à fe rendre à préten- l'heure
accouiuimée à la Dircétion prochaine > & le prix payé par le Voyageur fera
acquis à la Fere. > fans qu'il puilfe répéter aucune diminution : il fera néanmoins, furla déclaration du Poftillon > dreffe, par le plus prochain Diredteur,
procès-verbal fommaire de l'ablence du Voyageur > & de I'endroit où il au:
quitté la voiture.
ART. VIL
Les Entrepreneurs de courfes feront tenus d'avoir, à la diflance au plus de
cinq lieues, des relais en bon état, & toujours préts à faire route , aux heures
indiquées pour le paffage des Courriers,
era néanmoins, furla déclaration du Poftillon > dreffe, par le plus prochain Diredteur,
procès-verbal fommaire de l'ablence du Voyageur > & de I'endroit où il au:
quitté la voiture.
ART. VIL
Les Entrepreneurs de courfes feront tenus d'avoir, à la diflance au plus de
cinq lieues, des relais en bon état, & toujours préts à faire route , aux heures
indiquées pour le paffage des Courriers, --- Page 213 ---
(13)
ART. VIIL
Tous les Poftillons attachés ati fervice des Poftes & defdites voitures, porteront une vefte uniforme de drap bleu, à paremens & revers rouges, & auront
une plaque aux armes du Poi, attachée à l'avant-bras gauche.
AR T. IX.
Les Diredteurs, Commis, Entrepreneurs de courfes &: leurs Employés 3 continueront de jouir de touts les privileges à eux accordés par les Réglemens concernant les Poftes de la Colonie > & feront fous la proteétion immédiate de nous.
& de nos repréfentans dans chaque quartier , lefquels veilleront à ce que les
Poftillons n'éprouvent aucun mauvais traitement de la part des Voyageurs.
A RT. X.
Si quelque Voyageur vouloit, pour la fareté de fa perfonne ou de fes effets,
fe faire efcorter par la Maréchauffée, il en fera la demande au Commandant ou
Major pour le Roi dans le quartier, oul à l'Officier qui le repréfentera. Il fera
loifible audit Oficier de l'accorder, bien entendu que ladite efcorte ne retardera
aucunement le départ du Courrier, à l'heure indiquée 5 & fera le prix de ladite
efcorte payé" d'avance au taux de l'Ordonnance, & ainfi quil/fera arrêté par
l'Officier qui f'aura commandée.
ART. XI
Si Jes Voyageurs vouloient porter avec eux, outre leur valife du poids de
quinze livres, des paquets de papier > d'étoffes, ce teile, ou des efpèces d'or &c
d'aigent, donr ils auroient chargé le regiftre de la Pofte, , ils en payeront le port
de leur
ci-deffus fixé, &
fiivant la taxe du Régiement 2 en outre du prix
place
<
enfemble
leidits paquers extraordinaires ne pourront > dans tonsles cas, pefer
plus
de quinze livres pour un feul des deux Voyageurs.
A R T. XID
S'il arrivoit que les mauvais temps: 2 les débordemens des rivières & autres
accidens ne permilfent pas à la cariole de patler, FAduinifrateur des Poftes
prendra fes mefures pour que les dépéches parviennent, comme ci-devant,par des
animaux de charge, & fera en forte que la correlpondance 1 éprouve jamais de
retard. Dans le cas même ot quelque force majeure ou accident empècheroit la
cariole de faire route, il feroit fair au Vayageur une diminution fur le prix de
ères & autres
accidens ne permilfent pas à la cariole de patler, FAduinifrateur des Poftes
prendra fes mefures pour que les dépéches parviennent, comme ci-devant,par des
animaux de charge, & fera en forte que la correlpondance 1 éprouve jamais de
retard. Dans le cas même ot quelque force majeure ou accident empècheroit la
cariole de faire route, il feroit fair au Vayageur une diminution fur le prix de --- Page 214 ---
(14)
fa place, proportionnée au chemin qui refteroit à faire pour arriver à fa deftination.
ART. XIII
Seront les Entrepreneurs des courfes dénoncés à nous & à n0S repréfentans,
dans les cas d'inexécution de leur traité avecl'Adminitrateur des Poftes, , lerfqu'ils
exigeront une prompte décilion 2 fauf à être renvoyés devant les Juges, > pour être
pourfeivis fuivant i'exigence des cas, pour les dommages caufés par leurs Employés, du fait defquels ils demeureront civilement garans & refponfables. L'Ad
miniftrateur defdites Poftes fera également pourfuivi, par les mêmes voies, dans
le cas ou il ne rempliroit pas fes obligations envers lefdits Entrepreneurs.
Sera la préfente enregiftrée au Greffe de lIntendance. Prions MM. les Officiers
du Confeil-Supérieur de Saint-Domingue de la faire enregiftrer en leur Greffe,&
mandons à ceux des Jurifdidtions de tenir la main à fon exécution.
Donné au Port-au-Prince , fous le fceau de nos armes, & le
de
nos
contrefeing
Secrétaires, le 28 Mai 1789. Signé DUCHILLEAU > DE MARBOIS. Par
M. le Gouvemeur-Genéal ,, figné BONHOMME. Par M. IIntendant, Jigré SIMON.
Enregiftrée au Greffe de lIntendance des Ifles Françoifes de I'Amérique fous
le Vent, au Port-au-Prince , le premier Juin 1789. Signé SENTOUT.
Regiftrée a été la préfente Ordonnance au Greffe du Confeil-S Supérieur de
Saint-Domingue , oui & ce requérant le Procureur-Général du Roj 2 pour être
exécutée felon fa forme & teneur 5 imprimée > publiée & affichée par-tout où
befoin fera > & copies collationnées d'icelle envoyées dans les Sénéchauffées du
reffort, pour y. être pareillement lues, > publiées > regiftrées & affichées. Enjoint
aux Subftituts dudit Procureur-Général d'y tenir la main, & d'en certifier la Cour
au mois.
Donné au Port-au-Prince , en Confeil, le premier Juin 1789. Signél DE
MARBOIS & FOUGERON, Collationné, BONVALLET. --- Page 215 ---
No. I V. ft AT
RA TIO IV. D'AD M I N A ST
AYIS
Terrier du 6 Décembre 1785, a cti pour
& DE MARBOIS, & du Tribunal
fe font pour parvenir à la réun
LER RÉGLEMENT de MM. DE COUTARD auxquels pouvoient donner licu les pourfuites qui de la manière la plus complétc,
d'obvier par la publicité, 9 aux abus
en aient connoiffance. Pour remplir,
depuis qu'il a été rendit 18
Terrains, fouvent fans que les Propriètaires lcs Tableaux de toutes les iéunions Ces pousfuivies Tableaux font certifiés du Greffier
de ce Réglement, il convient de celui publier des réunions pourluivies en 1785.
els pouvoient donner licu les pourfuites qui de la manière la plus complétc,
d'obvier par la publicité, 9 aux abus
en aient connoiffance. Pour remplir,
depuis qu'il a été rendit 18
Terrains, fouvent fans que les Propriètaires lcs Tableaux de toutes les iéunions Ces pousfuivies Tableaux font certifiés du Greffier
de ce Réglement, il convient de celui publier des réunions pourluivies en 1785. à ce fujet, & de ne refufer la commiy
Janvier 1789, & même
lui ètre démandès
premier crdre de donner tous les éclairciflemens qui pourroient
auxquelles T'Admin,
reçu
actes ou pièces. en caraétères iraliques font ceux des perfonnes Tous les autres orf
d'aucuns regilires, dans la dernière colonne ni Pourfuivans. ni ancien Conccilionnaires. Les noms des imprinés Térrains réunis, quoiqu'elles ne fuflent ou accordés aux Pourftivans,
a confervés concédé ou rendus aux anciens Concofionnaires,
SANA
R moatatomeee
A SOAA a *
E T A T
eft inte
G fur lefquelles
à Saint-Domingue,
Des Réunions pourfuivies
1786, 1787 G 1788. les années 1785,1
Jugement pendant
A N N É E 1785. Débou-l
Noms des
No
Quartiers otij
-
Dates
rés,rendus Noms des premiers
des nou
fonr fitués les Nature
mens les. Juge. déouc conferPourfuivans. Conceffic
terrains pour- de
finitifs. vés aux Conceffionnaires. fuivis en rén-r'immeuble
D Propriét. MM. nion. MM. Mondion MM. de Baupré.Le Pourfst
Conftant,
Culture. Pour. 8 Janv. Réuni. Pendu. Fourcaud & Cartau. Vilmain. Fourcaud. Le Cap. Pour. 22 Janv. Réuni. Derai Mircoreles Lcs enfansa
Jérémie. Emplacem. 22 Janv. Réui. Rendu. De Boynes. 8k Marrin. Boynes:
Port-au-Prin. Emplacem,Pour. Hulin. Conain. Réuni. Coufin. Le Pourfu
Port-au-Prin. Culture. Pour. 5 Févr. Ve. Destrée. Martin Delebrun. Port-au-Prin. Culture. Pour. 5 Févr. Févr. Réuni. Débonté. Richard. Auger. Cailiau.. Le Pourfi
Saint Marc. Culture. Contr. Pour. Févr. Réuni. Lavardin. Souchet. Port-au- Prir. Culture. Débouté. Jn. Frang. Touffin. de
Pourfu
Emplacem. Contr. Févr. Inconnus. Delamotte Bor-Let
Fort Port-au-Prin. Daupl. Emplaccm. Pour. 5 Févr.Riuni. gard. Truitié del
Inconnus. Fouchy. Le Pourfi
Port-au-Prin. Calture. Pour. S Févr.Reuni. Dame Dorlie & Dile. Delon. Fort Dauph. Culture. Pour. 19 Févr,Riuni. Caillaud. Chevaly. Contr. 191 Févr. Débouté. Mineurs Fourcaud. Olivier Toupletry. Pecalbert
Jérémie. Har. & cor. Pour. 19 Févr. Réusi. Bernon. 8 Laland
Jérémie. Hat. & cor. Landais. Bacon. Longuet di
Pour. 19 Févr. Réun. Denis
fr. Jérémie. Culcure. Labadie. Pecalsert
Févr. Rouni. Gouin. Frignel
Jérémic. Hat. &ccor.Pour. 19
Duperier,
Culture. Pour. 26) Fevr.)
Dibouté. Millot. Sejournet,
LePourff
Lc Cap.
usi. Bernon. 8 Laland
Jérémie. Hat. & cor. Landais. Bacon. Longuet di
Pour. 19 Févr. Réun. Denis
fr. Jérémie. Culcure. Labadie. Pecalsert
Févr. Rouni. Gouin. Frignel
Jérémic. Hat. &ccor.Pour. 19
Duperier,
Culture. Pour. 26) Fevr.)
Dibouté. Millot. Sejournet,
LePourff
Lc Cap. Hat. & cor. Pour. 26 Févr Runi. Inconnus. Dias. Frère Débonnaire. Bacquet. Jérémie. Pour. 12 Mars./Réunt. Raymoad
Dame Veilon. La Pour
Port-au-Prin. Culture. Pour. 121 Mars:, Réuni. Fougeron. Lezian. Le Pourt
Port-au-Prin. Emplacem.,Pour. Emplacem.P
12 Mars-, Réuni. Couder. Saint-Marc. HR --- Page 216 ---
és oul les Nature 2 -
tes
Déhoupour- de
a
uge
a tis,rendus Noms des
réumens de
ou coupremiers. Noms des
Noms
limmeuble. - Enitifs,
ffervés aux] Conceffionnaires. Pourfuivans. des neuyeaux
-
Proprict,
Come.litenazire,
Culture, Pour. ! Mars. Rauni. MM. MM. IMM
Culture, Conrr. - Mars. Dihouté. Boilcau. Alabrée,
|Le Pourfuivant. Prin. Hat. écc cor, Pour. I2 Mars. Débouré, Berger. Les Habitans
Dupin. dela ri- Debauverner. 1ph. Emphacom. Pour. 6Avril, Réuni. La viére du Boucaffin. Hat.Sccor. Pour. 16Avril, Réuni. Motte,
Fronty. Le Pourfuivant. Dusnireau & Debou- Dugy. Frontia e Gimbal. Hat. &cor. Pour. 16Avil. Riuni. firc.-
Menny. Delincourt & Bou-Les Pourfuivans. Hlat.&ccor. Pour. GA, Réuni. Dupin & Pruillau. Moron. bée. Paouilhac & Seatost. Rfat.&corjPour. 16Ayril. Réuni. Inconnus. D:lincourt. LaMotte du TrersÉ
les Sicars 6 Dunui
Prin. Culaure, Pour. Icr. Juin.Réuni. Françoife
falle Gulaup. :s. Emplacem. Pour. Ict Juin. Réuni. Martie Blanchard. Labruyere. ie Poufitivant,
es: Har. & cor. Pour. Ier Jain. Réuni. Longpré. Duhyg. Cadon. Le Pourftivant. Hat. & cor.) Conir. Icr. Jnin.]
Débouté. Veuve Lefebvre Jonca. De Rofèay. in. Emplaccia Pour. 9 Juiller. Réuni. Veuve Chafferiau. Longniet. Le
Culture. Pour. yJuillet. Réuni,
Cadeto. Dupont Dumarais Dubrenil, de la Val Le Paerfuivert. Pourfuivent. rin. Culture. Pour. 9-Juiller Réuni,
Latournel. lette,
3. Hat. &cor. Pour. - Juiller.! Réuni,
Barand. Menard. De Boyrie. l0. Hat, &cor. Pour. 9Juillet. Réuni. Perre. Duclos. enfac. I. Cuhuro. Pour. 9Juiliet. Réuni. Veuve S:einder. Cauvin. Mi'lard
Le Pourftivant. rin. Emmplacem. Pour. 16 Juill Réuni. Rendu. Sanitte Bataille. Pillard. Delatour. Perdereau Sanicte Baraille.
&cor. Pour. - Juiller.! Réuni,
Barand. Menard. De Boyrie. l0. Hat, &cor. Pour. 9Juillet. Réuni. Perre. Duclos. enfac. I. Cuhuro. Pour. 9Juiliet. Réuni. Veuve S:einder. Cauvin. Mi'lard
Le Pourftivant. rin. Emmplacem. Pour. 16 Juill Réuni. Rendu. Sanitte Bataille. Pillard. Delatour. Perdereau Sanicte Baraille. jeune. Culure, Pour. 16 Juili./Reuni. Inconnus. La nom. n. Hat. & cor. Pour. 2 Sept. Runi. enis. Fleury. Leveranx. Lc Raymond Pourfuivant. Martin. ve. Cuisure, Pour. 16 Sepi. Dibouré, Colas du Boos. Gourder. Cukure. Hat. & Pour. 29 Oa.Riuni. Savarin,
Lavaine. Le Pourfuivant. flat. & cor.! cor.Pour. 29 Oa.Reuni. Rouanais. Joli de Wernay. Chevalier de Cufon. Pour. 29. Oa. Runi. Inconnus. ILe Roux. Lu Cle. de Sédière. jtin. Emplacem. Pour. 18 Nov./R uni. Boulct. Jamer Labarte. Le Pourfuivant. fin. Emplacem. Pour. 18 Nov. Riuni. Renda. Banduy. Pierre-Paul dit Du- Bauduy. C. Calrure, Pour. 18 Nov. Réuni. [La Nommée Bafile. pon. Le Pourfuivant. 5. Ca'turc, Pour. 18 Nov. Runi. Rendu. Delaval. Rebert, Ledran. Delaval. Cuiture. Pour. 18 Nov.! Réuni,
Wufer. Lnc Bernard. Le Pourfaivant. Har.&c:or Porr. 23 Nov. éuni. Dile. de Francheville. Pinaqui. Fadeviile. An. Hit.S cor. Pour. 23 Nov. Réuni. LesHsrnersFuwme. Paleiais. De Lucroix,
1u Cuitore. Pour. 23
Réuni
Sigogns. Tarlex. Robert. Har. & cor. Pour. 23 Nov. Réuni. Guber: Ois. Bardoux Dubilion. Chev. de Se-Grorge. fin. Emplcem. Pour. 23 Nov. Réuni. éritiers Albert. Loavel,
Godin de Filleutes. En. Fiat.& cor. Contr. 2; Nov.I
Dabonté, Héritiers Leriche. Gardey. iLimulacem. Pour. 23 Nov.Raui. Héritiers Mtoulinier. Bleck. Le Pourfuivant. ph. Culture. Pour. 23 Nov. Réuni. Héritiers Mioif figuat. Wo:lock,
Le Pouritivant. ph. Culture, Pour. 23 Nov. R uni. Charles Avon. Gerard piné. Riboux. Lmplacem. Pour. 2 Déc.Reuni. La Néc. Virmontois., Debeurcel, en fa qualiré. Culture, Contr. 2 Déc.! Débouté. D'abbé Leclair. Piverau. Culrere, Pour. 2 Déc. RAuni. fInconnus. D.yard
Le Pourfuivant. Citere. Pour. 6 Réuni. Charles Rouanais. Laleu. Le Pourfuivant. Cultere. Pour. 6 BE Réuni. Savarin. Detportes. Le Pourfuivant. p. 11 8cco: Pour. Dec. Riuni. Rivoire. D.abois. Broza, Mul. ib. J. Hat. &ccor.Contr. 6 Dac.i
Dthouté. Le nommé Garnier.Jeanue Lahut.
. RAuni. fInconnus. D.yard
Le Pourfuivant. Citere. Pour. 6 Réuni. Charles Rouanais. Laleu. Le Pourfuivant. Cultere. Pour. 6 BE Réuni. Savarin. Detportes. Le Pourfuivant. p. 11 8cco: Pour. Dec. Riuni. Rivoire. D.abois. Broza, Mul. ib. J. Hat. &ccor.Contr. 6 Dac.i
Dthouté. Le nommé Garnier.Jeanue Lahut. H t. &cor.Contr. 6 Doc.. Réuni. IDefquirols del elaNoze.Le Duc. Chev. de la Carjonie. KA --- Page 217 ---
RX
Quartiers ouf
e
Dates
Débourés,
font funés lest Nature 3 ll des. ugerendus CU Noms des premicrs Noms des
des Noms nouve
terrains pour-! de
mens de. conferPourfuivans. Conceilionn
fuivis en réu-limmeuble. finitifs. vés aux Cenceffionnaires. nion. I
Propriét. MM. MM. MM. Port- an-Prin.Culture. jPour. 6 Déc. Réuni
Marquis de Sabran. Cainzu. Henard. Por-an-prin/Cslure Pour. 6 Déc. Réuni. Vaubadon. Severac. "era.abe. Port-au-Prin. Culture. Contr.6 Déc. Débouté. Soifon. Edmond Cavalier. Ponrfuival
Les Cayes. Emplacem. Pour. 6 Déc. Réuni. HCririers Guerpin. Guerpin. *
Le
Les Caycs. Emplacem.Pour. 6 Déc. Réuni. Héritiers Floch. Salabery. Le Pourfuivad
Fort-Dauph. Emplacem. Pour. 6 Déc. Réuni
Alla d. Gafian. Le Ponrfsivai
Jérémie. Cal.2 terr. Pour. 16 éc. Réuni
Douffer & Bernard Vevrier. Veyrier, Chan,
Port-au Prin.C: Ctlture. Pour. 16 Déc. Riuni
Wingan. Davaux. Le Pourfuivan
Jérémie. Calture. Pour. 16 Dec.Runi. Inconnus. Chamoulanau. Captar. Jérémie. Culture. Pour. 116 Déc.Réuni. Inconnus. ILambert. Lc Pourfuivat
Nous foufigné Grefier du Tribunal dAdmin'pration. certifions gue rEtat ci.defus ef exad 8 conforme aux Regipresdu G
quil contient le détail de toutes les Réunions pourfiivies pendant l'année 1785. Au ert-au-Prince,te 14 dyril 1789. Sig-SsN
A N N E E I 786. Saint. - Louis. Hat. & cor |Contr.fr.. Jan. 1
[Débouté. |D'Armegnac. Fadeville,
Pourfuiva
Jérémie. Culture, Pour. 18 Févr. Rauni. Inconnu. Brulle. Teiflier. L: Le Le Pourfuivai
Pirr-au-Prin. Emplacen. Pour. 18 Févr Réuni. Barbier. , M. Jérémie. Hat. & cor. Pour. 18 Févr. Réuni. liconnus,
Ber:eau fils. Le Pourfuivar Pourfuivarif
Saint Marc. Culture, Pour. r8 Fivr.) R uni. Crube, M.L. Briffon. Le
J.rémie. Hat. & cor. Pout. io Avri. Reuni. Rendu. Chevreniont. Barbé. Loppes Loppes, jeunes DU
deau. Port-an- Prin.,Culere, Pour. ro Avri.
Jérémie. Hat. & cor. Pour. 18 Févr. Réuni. liconnus,
Ber:eau fils. Le Pourfuivar Pourfuivarif
Saint Marc. Culture, Pour. r8 Fivr.) R uni. Crube, M.L. Briffon. Le
J.rémie. Hat. & cor. Pout. io Avri. Reuni. Rendu. Chevreniont. Barbé. Loppes Loppes, jeunes DU
deau. Port-an- Prin.,Culere, Pour. ro Avri. Runi. Guenette. Merceron. Roberjot Larti
Jérémie. Hat. &cor.Pour. 10 Avri. Réuni. Inconnus. Dlle. Grille. La Pourfuivan concéder
Jeremie. Hat.& cor., Pour. to Avri. Réuni. Labadie. Laicaris de Jauna. A Pourfuivar
Jacraci. Culnre. Pour. 10 Avri. Réuni. Laterrade. Dame Campagnol. La
Pore-au-Prin. Culrure. (Contr.iso Avri. Dibouté. Gateau, N. L. Rouzier. J'réirie. Culture. Contr.) 3Juitler. Dihouré. Ve Plinque. Caper. Denau,
&c. de Ronferay, n -
Petit-GoaveHat. &cor.Poar. Juiller. Réuni. Rendu. Rigand. Borie,
L'Efrade
& lc Pourf
Port-au-Prin. 5 Emplace.Pour. 60Rob.Reuni. Duliepvre 8 autres. Mozard. pourla fée. TàM. Mar
de Sarta,
le Chev. del
nonville &
Pourfuivant
Port-an-Prin. Emplacem.1 Pour. 20 O8 Runi
Carré. Getin. Le Ponrfuivan
Port-au-Prin-1 Emplaccm. Pour. 20 O8o.Réuni. Ve. Cataglone. Cariole. Réfervé donné à pou la
dence, lorfas
M lei aura a
de de,Lettro
tentes. Petit-Goave. Culnire. Pour. :0 O8o. Réuni. Poliard, M. L. D:foier. de La Luumoy. Jerémie. Cuitare. Pour. (4+ Nov. Réuni
D.me Tannoi. Dame Leppinot. Pourfeivant d'
Petit Goave. Hat. & cor. Pour. 3 Nov. Réuni. Rendu al Dame Ballet. Pauimier jeune. Vicomieffe d'Haller. ia famille. Jérémie. Har. Stcor Pour. 7 Déc.Réuni. Berrier. Girard. Vict. T
Les Cayes, Emplacum Pour. D.c.Runi. Ve. Blech. Peyre. Le Le Pourfuivan Pourfuivand
Pon-wu-Prin.Cature Pour. Dic.Reuni. Dame Blonard. Duffert. Petit-Goave. Culuure. Pour. 127 Déc.Réani
IGuillaume Viart. Martel. ILe Pourfuivang
-
C --- Page 218 ---
a
>u
E desJ Dares. Jugerés,rendus Dibou- Noms des premiers
Noms des
Noms
Niture
dé-
€ ou condes nonveanx
cur
de
mens
Conceffionnaires. Pourfiuivans. Conceffionnaires,
n réu- "immcuble. Anitifs. fervésaux
Proprict. MM. MM. MM. Po:r. Dile. Bonnard. Daché. Le Pourfuivant. Prin. Culture. 27 Déc. Reuni. Noailles. Duchatellier. fLe Pourfuivant. Prin Hat. 8cor. Pour. 27 Déc.Reuni. Marc. De la Gauteraye. Wante. puts. Hat.8c cor. Pour. 27 Déc.Réuri.
fiuivans. Conceffionnaires,
n réu- "immcuble. Anitifs. fervésaux
Proprict. MM. MM. MM. Po:r. Dile. Bonnard. Daché. Le Pourfuivant. Prin. Culture. 27 Déc. Reuni. Noailles. Duchatellier. fLe Pourfuivant. Prin Hat. 8cor. Pour. 27 Déc.Reuni. Marc. De la Gauteraye. Wante. puts. Hat.8c cor. Pour. 27 Déc.Réuri. du Tribunal d'Aiminifration, certifons que l'Etat ci-delfius cf c215 8 conforme aux Regifres da Greffe,
ané Naninsifaraitdeoams Grefier
les Réunions pourfaivies pendantlannée 1786. Au Port-au-Prince, 14Avril 1783.S1g.SENTOUT. A N N E E I 787. Culture. Pour. 12Fév. Rénni. Chauveaux. Inconnus. Laffalle. Lamustière &c. ILe De'afond Pourfuivant. &t la Fabripave. Emplacem. Pour, 12 Fiv. Réuri. quedu Petic-Goave. Emplacem. Pour. 26 Fév. Rénni. Lavielle. Cupidon, N. L. Le Pourfuivant. ges. 25 Fév. Rouni. Lalilorie. Cafcaux. Le Pourftivant. oave. Culture. Pour. Réuni. Philibeit. Marchand. Le Pourfuivant. Cultare. Pour. Pour. jaoFév. Fév. Réuni. Soly & Prince. Baudin,
Le Pourfuivant. Prin. Celare. Réuni. Dlle Fourcand. Foucand. Le Pouirfuivant. Calture. Pour. 5 Mars. &c autres. Boiffeict. Le Peurftivant. Har &cor. Pour. 5 Mars. Réuni. Legrand Taverne. Le Pourfuivant. res. Emplacem. Pour. 5 Mars. Réuni,
PEard. Ve. Domergue. La Pouriuivante. Emplacem. iPaur. 191 Mars. Réuni. Rendu. Chailes. Menard. Augelot. Héritiers Challes. Prin. Culture. Pour. 24Avril. Réuni. De Larochette. Le Pourfuivant. Paix. Culnure. Pour. 14Avril, Réuni. Réuni. Dune Joublot. Gueydon. Robert de Malherbe Pourf. Bonhomme ,
Tlat.&cor. Pour. 24Avril. Borie&dile. Laumoy. Culmre. Pour. 24Avril. Rénni. Sonlard. Belune, Qne. L. La Borhomme. Pourfuivante. Hat. & cor.! Pour. 24Avril. Réuni. Derenty. Lacofte. Decouzgue. Dile. Goton St Louis La Pourfuivante,
Emplacem. Pour. goàviil. Réuni. Dibonté. Inconnus. Boucher. Culture. Cent. 14Mars.i Réuni. Par. rendiLavincendiere. Decoutures. L.Pou-&.Hn.Cebert. Marc. Cukure. Pour. 28Aotr. D: Vcofoin. Dodart. Le Pourivant. Marc. Culrure. Pour. 28Aoit. Réuni. Dins. Le Pourfuivint. Marc. Colare. Pour. Aoir. Réuni. Ramié. Choppin. Birran. ILe Pourfnivart. Dave. Culture. Pour. 28 Aoûr., Réuni. Goi io'is. Le Poorfuivent. poave. Hat. & cor Pour. 28 Août. Réuni,
|Piinté. [P.fquier. Louis.
Aotr. D: Vcofoin. Dodart. Le Pourivant. Marc. Culrure. Pour. 28Aoit. Réuni. Dins. Le Pourfuivint. Marc. Colare. Pour. Aoir. Réuni. Ramié. Choppin. Birran. ILe Pourfnivart. Dave. Culture. Pour. 28 Aoûr., Réuni. Goi io'is. Le Poorfuivent. poave. Hat. & cor Pour. 28 Août. Réuni,
|Piinté. [P.fquier. Louis. L: Pourfnivant. Prir. Har. &cor Pour. 1 Aoit Réuni. Réuni. Veuve Alexandre. Godin fils. Lc Pourfeivant. Prin. Emplecemn. |Pour. Aotr. Réuni. Veave. A'exaadie. Diatel. Le Pourftivant. Prin Emplacem. Pour. Acût. Solleillet. Droniller. ILc Peurfbivant. Pri. Hir. I cor. Pour. oût. Réuni. Dile. Simon Villarton. Pourfrivant. Culrure. Pour. 1. Cigngne. Marfan. ILe ji.e Pourfnivant. i Cakture. Pour. énni. jLaiond. Lcuis. Guillanme & Carriés.Les Pourfuivans. Prin Culture. Pour. Réun. mn:
J. B. Gerard. Gerard. Le Pourfuivant. Hut. &ccor.Porr. uni. lichel. Dumouin. L: Pourfuivant. onis. Hat. & cor.FPour. Réuni. Lezoi. Gabarroche & Na-Ls Pourfuivan
Prin. Culrure. Pour. 14 Sspr. vare. Réani. N-u. Desbordes. L: Pourfuivant. Culture. Pour. 4 Sept. frères. Peurfuivans. Ci funi. Maurepas. Moufnicr
Les
nyes. Culture. Pour. Réuni. Ratreville,
Ponci. ILe Pourfnivant. Prin. Culture. Pour. 14Sept. Daluc & Martin. Dame de Sparre. La Pourfnivanre. puph. Cultre. Pour. 4 Sept. Reuni. Réuni,
Deponshieu. Hervé. Le Pourfuivant. -Prin.i Emplacem. Pour. 28Scpt. Débouré. Incannus. Saint- Val. yes. Emplaccm. Con r. 28 Caob. Sept,
Débonré. Hiriticrs Riviere. Boifard. Consrant &
arc. Emplacem. Contr.)
Tavel,
Regnard
Har. & cor.É Pour. ( OEob Réuni. Rendut à Regnard. de Barentin. jia fanille. Daumas. Le Pourfuivant. ue
pave. Culture. Pour. lio Cao.Réuni. IAnne Dubignon. A
A
- --- Page 219 ---
Dates
Débou-l
Noms dcs
Noms
Quartiers oil
e e desJugetés,tendus Nongs des premiers
des nouve
font fitués les Nature
mens de
ou conPourfuivans. Conccfionnd
terrains pour- de
finitifs,
fervés anx Conceflionnaires. fuivis en réu- Timmeuble. - |Propriét. -
MM. nion. MM. MM. Le Pourfgivant
Oa. Réuni. Decharron. Ciremel. Fercire. Pour la Maréchi
Pour. 1o
-
Saint Marc.Culeure. Pour. ro OS. Réuni. Héritiers Guivolers Cafignoi. di Mor Montagnac. Le Pourf. &
Saint - Louis. Emplucem. Hat & cor. Pour. 26 OS. Réuni. Aband. Lamartinière. Dupuy. Mangeor,
Jérémic.
riét. -
MM. nion. MM. MM. Le Pourfgivant
Oa. Réuni. Decharron. Ciremel. Fercire. Pour la Maréchi
Pour. 1o
-
Saint Marc.Culeure. Pour. ro OS. Réuni. Héritiers Guivolers Cafignoi. di Mor Montagnac. Le Pourf. &
Saint - Louis. Emplucem. Hat & cor. Pour. 26 OS. Réuni. Aband. Lamartinière. Dupuy. Mangeor,
Jérémic. Cnlture. Pour. 26 Oa. Réuni. frères. Dachene. Le Pourfuivan
Saint - Marc. Pour. :6 Oet. Réuni. Sonnier
Thurin. Le Pourfuivan
Saint - Marc Calture. Pour. 26 Oa. Réuni. Moreau. Lenain. Dime Labat. Port-an-PriniMat & cor. Pour. 21 Nov- Réuni. Rendu. Guiltaudeau. Nadau. Le Pourfuivart
Pett-Goave.Hat. & cor. Pour. 21 Nov Réuni. Dur-ge. Lefranc de St. Petit-GoavelHat & cor. Pour. 21 Nov. Riuni. Rendu. Lefranc. Carpentier. Durumain. Pourf. & Den
Port-au-Prin. Emplacem. Pour. 21 Nov.Raunt
Dupoy. Langevin. Le Pourfuivane
Port-au-Prin. Har. & cor. Pour. 21 Nov. Réuni. Verat. Bour rdon. Dezersts. Szint-Marc. Culture. 21 Nov. Réuni. Perit. Prevost. ILe Pourfuivat
Jérémie. Culture. Pour Pour. 21 Nov. Réuni. 4 Veuve Alexandre. & Latramblaesucere & Moreau.Les Pourfuiva
Port-an-Prin. Emplacem. Pour. 21 Nov. Réuni. Doucet
Monilié,
Port-au- Prin.Cu'ture. Cont. 21 Nov. Débouté. Christionne, Thomailin. Vitri & Cuffac. Dufour, les &lesPou Mahé,
netr-GoareCiulnge Pour. Dec. Runi. Port-au-Prin. |Hat. & cor. Servin. Le Pourfuivang
Pour. 7 Déc. Réuni. Leroi. Elie. |Le Pourfuivan
Port-au-Prin. Cuirure. Pour. Déc' Réuni. Raynaud. Marie Catherine. La Pourfuivar
Jérémie. Culture. 7 Déc. Réuni. Barre de Renti. Lemaire. Le Pourfuivang
Port-au-Prin. Culture. Pour. 7 Déc. Reuni. Téderne. Bizotton delaM
Port au Prin.Culture. Pour. 7 Déc. Réuni. Rendu. Bizotton. Lergest. Capdeville. Saint-Marc. Calmre. Pour. 7 Déc. Réuni. Rendu. Capdevitle. Charpentier. Le Ponrftivan
Jérémie. Culture. Pour. 7 Dic. Réuni. Lerebour. Mathicu. Le Pourfuivar
Port-au-Prin. Cuiture. Pour. 15 Dec.Runt. Bernard,
Larroque, Flenois. Le Pourfuivai
Port-au-Prin. Cuiture, Pour. 15 Déc.Reuri. A.lemand. Morenville. Le Pourfuivat
Port-au-Prin. Calture. :Peur. 15 Dic. Reuni. Remis
Gatechair. Le Pcurfuivang
Port de-Paix. Cultre. [Pour. 15 Déc.Rsuni. Thuret. Mailihol. [Lc Pourfuivar
Jacmel. Cuiture. Pour. Peur. 5 5 Duc. Réuni.
fuivai
Port-au-Prin. Cuiture, Pour. 15 Déc.Reuri. A.lemand. Morenville. Le Pourfuivat
Port-au-Prin. Calture. :Peur. 15 Dic. Reuni. Remis
Gatechair. Le Pcurfuivang
Port de-Paix. Cultre. [Pour. 15 Déc.Rsuni. Thuret. Mailihol. [Lc Pourfuivar
Jacmel. Cuiture. Pour. Peur. 5 5 Duc. Réuni. Laffalie. Rivière. Dame Bocozel. Port-de-Paix. Culture. Pour. s Dic.]
Debouté. Héritiers
Lafond. [Le Pourfuivang
Saint-Marc. Emplaccm. Pour. 18 Dec.! Réuni. H.rvé. B:on
Le Pourftivar
Port-au-I Prin Cuiture. Pour. 18 Déc. Riuni. Tirel. C orreger. Defquiron. Port-de- Paix. Culure. Pour 18 Déc. Réuni. CZAC. Sicard. Le Pourfuivan
Le Cap. Celture. Pour. 18 Dec.Remi. Ngués. Ours. Le Pourfuivar
Le Cap. Ceirure. Pour. jrs Déc./Remni
faribaut. Mauni de Jarigni. Le Pourfuivan
Port-de-Paix. Culture. Pour. 18 Lic.] Riuni. Bior
Vidal. Meyère & le
Le Cap. Culure. rs Déc Réuni. Thezau. Prudhomme. Jérémie. Hat. & cor. Peur. Cont. 18 Déc. D:bouté. Girard. Ganit. &
Port de-Paix. [Emplacem. Déc.! Hafque. Dufour
Jacmel. Cu ture Cont. 118 Dic. Kéuni.ipitouss. Moitié r. Veuve Doucet. Breffon. Doucer. Saint-Marc. Hat. & cor Pour. j18
Bournonville. Le Pourfuvatl
Dic.Réuni. Bremond. Leiffenne. Viconite@e 'd'F
Port-an Prin. Culture Pour. 21 26 Dée.] Réun Rendu. Dame Balet. de Haller. Saint-Louis. Hat. & cor. Pour. Daumont. Le Pourfuivan
Pour. Déc. Réuni. Motet. Ciemendor. Le Pourfuivart
Jérémie. Hat. & cor. 26 Dec.Ranni. Guerrepin. Larricu. Héritiers Girot
Les Cayes. Emplacem. Pour. 26 26 Dic.Riunis Rendu. Giroust. Laporte. Héritiers Girol
Port-de-Paix Hat & cor. Pour. Pour. 26 Déc.! Réuni. Rendu. Giroust. Groslier. Port-de-Paix. Culture. Culture. jPour. 26 Dic.I
Débouté. JSaffre. Le Cap,
TEtat ci-defus ef exaft 8 conforme au Regifres du Gr
Grefier da Tribunal d' Adminifration, certifons
Port-ua-Prince, le 14 Avril 1759.Sig.Sx
Nous foufigné
lesRéunions pourfuivies penilant Fate 1757.Au
qu'il contient le détail de toutes
&, --- Page 220 ---
A N N C E
8. oil
fués iers. les Niture S
Dates
Débon-I
desJuge. S pour
de
mensds. kis,rendasNoms ou confer-i
des premiers Noms des,
Noms
n réu-Timmsuble. finitifs. vés aux Cenccfonnaires. Pourfuivans. des nouveaux
Concefionnaires. a
Propriér. 1-Prin Culture. Pour. 33 Févr. Réuni. Coifte. MM. MM.
Page 220 ---
A N N C E
8. oil
fués iers. les Niture S
Dates
Débon-I
desJuge. S pour
de
mensds. kis,rendasNoms ou confer-i
des premiers Noms des,
Noms
n réu-Timmsuble. finitifs. vés aux Cenccfonnaires. Pourfuivans. des nouveaux
Concefionnaires. a
Propriér. 1-Prin Culture. Pour. 33 Févr. Réuni. Coifte. MM. MM. MM. Prin. Culture. Pour. 13 Févr.) Réuni. Gollio,
Philippe. Le Pourfuivant. ires. Culture, Pour. 3 Févr.Réuni. Laroche. Bérad. Le Poarfuivant. p. Emplacem. Poar. 13 Févr.Réuni. Ve. Pompée. Salvandon. Le Pourfuivant. MMarc. Culture. Pour. 13 Févr.Réuni. Cocquiére. Bareau. La Pourfuivant,
Ringel. Le Pourfuivant &
1-Prin. Hat. & cor. Contr. 13 Févr. Débouté. Barré. Angomard. . Culture. Contr. 13 Févr. Débouté. lnconnu,
Castagner. Cukure, Pour. 20 Févr.Réuni. Régmond. Papin. Hat. & cor. Pour. 20 Févr/Réuni. Rançon. Turbé, Bardés. Le Pourfuivant. Lacombet fils & Dile. Jauvin , M. Lacombe aux droits
du pourfuivant,
mort. oave. Hat. & cor. Contr. 6Mars.)
Dabouté. Défaignes. Prin. Emmplacem. Contr. 7 Avril.]
Débouré, Caradeux ainé. Decuffon. &
Culture, Pour. 7 Avril.Réuni. Dugué,
Ducartry Colot. a Culture. Pour. Avril-/Réuci. Dupreffoir. Dejoje fils. Le Pourfuivant. -Prin. 9
Hat. & cor. Pour. 7Avril.Kéuni. Rendu. De' Vaudreuil. B-nchet, D:
Trigant. Kerloguen,
Corineau & les Pro-
-Prin. Culture. Pour. sAvril. Dibouté. Duclair. priétaires. Prin. Culture. Pour. 25Avril. Réuni. Souilon. Donzarbres. Prin. Emplacem. Pour. 2,Avril. Réuni. Pigny. Thomas. Douault. Le Pourfuivant. haye. Enplacem. Pour. 2yAvril. Réuni. Visoire. Janner
Le Pourfuivant. -Prin. Cuture. Pour. 25Avril. Réuni. Biré,
Le Pourfuivant. Paix. Culture. Contr. :5Avril. Débouté. Deré,
Berli. Le Pourfuivant,
Hat. & cor.Pour. 5 Mai. Réuni. Hellein. Sauvalle. Jarc. Hit. &cor. Pour. 5 Mlai.Réuni. Rendu. De Woofouin. Charrier. Defchamps. -Prin. Culture. Pour. 5 Mai.Réuni. Villeneuve. Dupitton. Le Pourfuivant. Prin. Hat. & cor.I Pour. S Mai. Réuni. Flieury. Sermenfan. Le Pourfuivant. Prin. Emplacem. Contr. 5 Mai. Débouté. Caradeux ainé. Trigant,
Le Pourfuivant,
Foave. Hat. & cor. Contr. 5 Mii. Débouté, Dime Fondouze. Destimonville. Boé. Prin. 'Culture. Contr. Mai. Débonté. Mafleau,
Prin. Emplaccm.
. Le Pourfuivant. Prin. Hat. & cor.I Pour. S Mai. Réuni. Flieury. Sermenfan. Le Pourfuivant. Prin. Emplacem. Contr. 5 Mai. Débouté. Caradeux ainé. Trigant,
Le Pourfuivant,
Foave. Hat. & cor. Contr. 5 Mii. Débouté, Dime Fondouze. Destimonville. Boé. Prin. 'Culture. Contr. Mai. Débonté. Mafleau,
Prin. Emplaccm. Pour. Jnin. Débouré. Amblard. Cordelle,
jyes. Cnliurc. Pour. 1O Juin. Réuni. Lefcamoutier. Dalmais. Prin. Culture. Pour. 10 Juin. Débouté, Destrés. Lucinet. Dandafne. Le Pourfuivant. Mlarc. Culture. Pour. to Juin. Débouté. Mauger. Prin. Culuure. Contr. 1o Juin.! Débouré. Vaumelon. Gamotis. Hat.&c cor. Pour. 10 Juin. Débouté. Blanchet. Lamarre, Grélau,
Prin. Culture. Pour. 20 Juin. Réuni. Elie. frères. Prin. Culture. Pour. 20 Juin., Réuni. Daubuffon. La Croiz. Le Pourfuivant. Hlarc. Emplacem. Contr. 20 Juin.! Débouté. Conte,
Drouillard. Poncy. Hat, & cor.! Contr. 20 Juin. Réuni. Dubroca,
Gubriole. Lamberck. Le Pourfuivant &
1-Prin.' Har. & cor. Contr. 20 Juin. Réuni. Noailies. Michand. Le_ Cappeau. Pourfuivant &:
Prin. Culure. Contr. 20 Juin. Réuni. Rendu. Cazeau. Doven. Vanbandon. yes. Emuplacem. Coatr. 20 Juin.]
Débouré. Abadit. Ragnos > acquéreur. pave. Cu'ture, Contr. 20 Juin. Débouté, Rigaud. Defalfogne,
yes. E.mplaccm. Contr. 120 Juin. Débouté. Bardou. Toirac. Lory. (Culture. Coatr. 20 Jin. Dibouré. =
Bigaud. Dubuis. --- Page 221 ---
N
Quartiers oul
e e Dates
- tés,rendus Débou- Noms des
Noms des
Noms
font firués les Nature
desJugepremiers
ds nouvesux. terrains pour- de
ImensdéE. ou confer- Conceffionnaires. Pour fuivans. Cencetionnires)
fuivis en réu- Timmeuble. finitifs. vés 2ix
nion. Propriét. MM. MM. IMM. Jérémie. Culture. Pour. set.Juill.Réumi. Marie-Thérefe,
Bonnel:
Lc Le Chevalier rourfhivant. de La
Jérémie. Hat. & cor. Pour. er,Juill. Rduni. Favre Baunoy. Loppinot. pinot, Loppinot
Beauport, & Lop
not dela Frédillies
Port-an-Prin. Culture. Pour. 1er.Juill.Réuni,
Lafontan. Poinfiner. A Lel concéder. Pourfuivant. Perft-Goave. Emplacem. Pour. reJuill.Reuni. Boyer. Herne. Fencyrols. Brun. Le Pourfuivant. Les Cayes. Emplacem. Pour. Contr. r8.Juill.Réuni. ter.Juill./Reuni. Rendu. Codere fils. Duvivier. Coufiard. Les Cayes. Hat.8 & cor Pour.
Pour. 1er.Juill.Réuni,
Lafontan. Poinfiner. A Lel concéder. Pourfuivant. Perft-Goave. Emplacem. Pour. reJuill.Reuni. Boyer. Herne. Fencyrols. Brun. Le Pourfuivant. Les Cayes. Emplacem. Pour. Contr. r8.Juill.Réuni. ter.Juill./Reuni. Rendu. Codere fils. Duvivier. Coufiard. Les Cayes. Hat.8 & cor Pour. cr, Juill.Réuni. Abant. Jean-Jofeph. Sanvage. Perit-Goave. Culture. Contr. rer.Juill,
Débouté, Comre de Sédiere. Dupuis de Valbois. Les Cayes. Hat. Emplacem & Pour. 12. Juill. Réuni. Tartard. Boubée, neveux. Le Pourfuivant. Saint-Marc. Saint-Marc. Culture. cor. Pour. 12 Juill. Réuni. Sauvé. Tarjet. Le Pourfnivant. de
Saint-Marc. Culture. Pour. 12 Juill. Réuni. Rendu. Bizotton. Duverger. Bizotton laMo:
Jérémnie. Hat. & cor. Pour. 12Juill. Réuni. Corneau & Dubois. Ardoain. Dalbout. Decoigne3-Deluron
Saint-Marc. Culture. Pour. 12 Juil. Réuni. Débouté. Bardet & autres. Rivalleau. Saint-Marc. Culture. Contr. 12 Juill. Debouté. Ve. Feuvre. Dubuc. Jacmel. Culture. Contr. 12Juil. Marthe Dumaine,
MM. 6 Dlles. Port-au-Prin- Hat. & cor. Pour. I:r Sept. Réuni. Beauvais. Parage. Santo Domingod
Saint-Marc. Culture. Pour. rer, Sept. Réuni. Boudet. Robin. Lc Le Pourfiivant. Pourftivant. Jérémie. Culture. Poar. Ier. Sept. Réuni. Sudre. Perron. Crefpy. Le Pourfuivant. Jérémie. Culture. Pour. Ier. Sept. Réuni. Lacombe. Brizard Ducroc. , Licuteni
Jacmel. Culture. Pour. I", Sept. Réuni. Lerant. Lacofe en premicr. Jéréiie. Culture. Pour. Ier, Sept.. J.a. f.d.Nulle. Blanchet. Aubert. Petit-Goave. Culture. Contr. ror. Segt. Débouté. Ranfanne. Lamorhe, Lajeunie. Le Pourfuivant. Port-au-Prin. Emplacem. Pour. rer, Sept. Réuni. Gnillanme. Jacmel. Hat. & cor. Contr. I Sept. Débouté. Marthe Mandat. Bonvalet- Beaunier. Jérémie. Hat. & cor. Contr. Icr, Sept. Debouté. Berlie. Nombret. Claverie. Petit-Goave. Culture. Pour. Ier. Sept. Réuai. Rendn. Claverie. Coinche. Chabrier. Jérémie. Hat. S cor Contr. Ier, Sepr. Débouté. Percin de la
Le Pourfiiivant. Jacmel. Culture. Pour. er Sept. Réuni. Scignette. Tuzet. Brifard
Eulalie Bardis. Jacmel. Hat. & cor. Pour. 15 Sept- Réuni. Rendi. Eulalic, dite Bardis. Declufé. DucroqPort-au-Prin. Culture. Contr. 15 Sept. Débouté. Faure. Gilbert. Conigliano. Port-au-Prin. Culture. Pour. 15 Sept.Réuni. Boiteau. Ville. Le Pourfuivant. Port-au-Prin, Culture. Contr.
. Pour. er Sept. Réuni. Scignette. Tuzet. Brifard
Eulalie Bardis. Jacmel. Hat. & cor. Pour. 15 Sept- Réuni. Rendi. Eulalic, dite Bardis. Declufé. DucroqPort-au-Prin. Culture. Contr. 15 Sept. Débouté. Faure. Gilbert. Conigliano. Port-au-Prin. Culture. Pour. 15 Sept.Réuni. Boiteau. Ville. Le Pourfuivant. Port-au-Prin, Culture. Contr. 15 Sept.Réuni. Badau. Beaudouin. Defcac 6 Sigalon. Jacmel. Culture. Pour. 15 Sept.Réuni. Moulmain. Badau. Port-an-Prin. Culture. Contr. 15 Sept.Réuni. Brémond. Fortin. Galeftrel. Jacmel,
Culture. Contr. 15 Sept. Débouté. Le Pont du
Lamarquc. Le Pourfuivant. Port-an-Prin. Culrure. Pour. 15 Sept. Réuni. Vérot. Manguillot. Manguillot. Petit-Goave. Culure. Pour. 15 Sept.Réuni. Dugué,
Bonhomme. Lofebvre, repréfe
Saint-Marc. Culture. Pour. 15 Oao.Réuni. Rendu. Charpentier. tant l'ancienConce
fionnaire. Saint-Marc. Culture. Contr. 1s Ogo.! Débouté. De Lonchamp. De Reveilhac. la Vilotte. Sauvage. Jacmel. Culture, Pour. 1,O8o. Réuni. Limage,
Bourenne. Mineurs Robert. Petit-Goave. Gulture. Pour. 14 Nov. Réuni. Rendu. Dame Robert. M#:. L. La Pourfuivante. Port-an Prin. Har. & cor. Pour. 14 Nov. Réuni. Michel Honneur. Simonet. Letripier,
Jacmel. Culture. Pour. 14 Nov. Débouté. Simonet. La Mineure PoujoNHE
Jacmel. Culture. Pour. 2 Déc. Réuni. Jolivet. Lattes. Couppé.
Bourenne. Mineurs Robert. Petit-Goave. Gulture. Pour. 14 Nov. Réuni. Rendu. Dame Robert. M#:. L. La Pourfuivante. Port-an Prin. Har. & cor. Pour. 14 Nov. Réuni. Michel Honneur. Simonet. Letripier,
Jacmel. Culture. Pour. 14 Nov. Débouté. Simonet. La Mineure PoujoNHE
Jacmel. Culture. Pour. 2 Déc. Réuni. Jolivet. Lattes. Couppé. Port-au-Prin. Culture. Pour, 2 Déc. Débouté. Livanois. Béraud. Le Ponrfuivant. Jérémie. Culture. Pour. 21 Dec. Réuni. Darmanac. Worfoin. Les Srs. &Diles. B
Jérêmie. Culture. Pour. 2 Déc. Réuni. Rendu. Dame Pineau. Mafie. lance, pr. Woofoi
Jérémie. Culture. Pour. 2 Déc. Réuni. IRendu. Vincent. --- Page 222 ---
uartiers oul
P desJuge-! Dates
Débou- Noms des premiers
Noms des
Noms
nt fitués les Nature
dérés,rendus, ou conferdes nouveaux
rrains pour- de
almens
vés
Conccilionnaires.
Pourfuivans.
Concefionnaires.
Wivis en réu--limmeuble.
E G.aitifs.
aux
ons.
Proprièt.
MM.
MV.
MM.
Lel Pourfuivant.
prt-au-Prin. Culture. Pour. 2 D'c. Réuni.
Namur.
Salaignac.
Pourfuivant.
je-Dauph. Emplacem. Pour. 2 Déc. Réuni.
Dubois.
Bérard.
Le Pourfuiyant.
mel.
Culture. Pour. 2 Die., Réuni.
Mathurin.
Leroi. Brindeau.
Le
Hint-Marc. Hat. &ccor.Contr. 2 Dec.)
Dibouté Débouté. De Régnier. la
Drouchet.
Cap. Culture. C ontr. 8 Déc.
Débonté. Baudouin. Chapelle. Viga:l,
tmel. Hat. & cor. Contr.) 8 Déc.
Débouté. Corre.
Fontarive.
"rmel.
Culture. Contr. 8 Déc.)
Légal.
Olivier.
Le Pourfuivant.
cmel.
Culture. Pour. 8 Dec.Réuni. Débouté. Dile Thuret.
Fadeur.
mel.
Cu'ture. Contr. 8 8 Déc.É Déc. Réuni. Rendu. Boue ainé,
Caftera.
Lagreulit frér.acquér
: Cap. Culture. Pour. 8 Déc.IReuni. Rendu. Digneron.
Tolt fiint.
Les Enians des Sr.&
Art au-Prin. Culture. Pour. 8 Déc.Réuni. Rendu. Dlle. Digneron. Vallee.
Dame Digaeron.
Art-au-Prin. Culture. Pour. 8 Déc.Réuni.
Dibadie, L.M. Défaa.
A concéder.
Cap. Culture Pour.
lOlivier Honnet. Sirrafin.
Le Pourfuivant.
émie. Culture. Poir. 8 Dic.Reuni,
du Trikunal a' AuminiBration, certifions que tEtar ci- defus ef exadt 8 conforme aux Regiftres du Greffe, &
jus foufigné Greffier
pendant Vannée 1788.. dafor-as-Priaw,eis. Avril 174g.Sig.SExTOrT
wil contient le détailde coutes les Riantonspourfaiviers
.
lOlivier Honnet. Sirrafin.
Le Pourfuivant.
émie. Culture. Poir. 8 Dic.Reuni,
du Trikunal a' AuminiBration, certifions que tEtar ci- defus ef exadt 8 conforme aux Regiftres du Greffe, &
jus foufigné Greffier
pendant Vannée 1788.. dafor-as-Priaw,eis. Avril 174g.Sig.SExTOrT
wil contient le détailde coutes les Riantonspourfaiviers --- Page 223 ---
(23)
No. V.
concernant la manière
RÉGLEMENT de MM, les Adminfraceurs,
dont la connoifance leur eft réfervée
de procéder dans les affaires
II de POrdonnance du Roi, du 22 Janvier 1787,
par PArticle
fupprefion du Tribunal-Terier.
portant
Lieutenant-Génétal des
CÉZAR-HENNI, Comte DE LA LUZERNE,
des Illes
du Roi, fon
Gammeartunmemet-Giid
Armées
fous le Vent, 8 In(pedeur-Général
Françoifes de l'Amérique
defdites Iiles;
Artillerie, Milices & Fortifications
des Troupes 2
Confeiller du Roi en fes
ET FRANÇOIS BARBÉ DE MARBOIS, 2
Intendant de Jultice,
Confeils & en fon Parlement de Metz,
defdites Iiles.
Finances de la Guerre & de la Marine
Police,
fon Ordonnance du 21 du mois de Janvier dernier 3 fupSa Majefté ayant > par elle nous a en même temps attribué la connoiffance
primé le Tribunal-Terrier. 2
en réunion de terrain à fon Domaine,
de tcutes les demandes nées & à naitre relatives à la diftribution & à l'ufage des
ainfi que de toutes les conteftations
fur leidites matières, conforméeaux 5 elle a aufi ordonné qu'il feroit proeédé du Juillet 1743. Mais comme
ment à ce qui eft prefcrit par fa Déclaration établies 17 ladire Déclaration > le
des formes de procéder
par
fans être difindépendamment vient d'être fupprimé en obfervoit plufieurs, > qui,
Tribunal qui
l'avanrage d'offrir une plus grande sûreté pour les
pendicufes ou longues , avoient
d'en prefcrire l'obfervation, > ainfi que celle
Parties ; nous avons jugé convenable elfentielles dans les procédures en réunion.
de quelques autres formalités
en ait été autrement ordonné par Sa Majefté,
A CES CAUSES, jufqu'a ce qu'il
ftatuons & ordonnons ce qui
ftatué & ordonné,
nqus avons provifoirenent
fuit :
d'offrir une plus grande sûreté pour les
pendicufes ou longues , avoient
d'en prefcrire l'obfervation, > ainfi que celle
Parties ; nous avons jugé convenable elfentielles dans les procédures en réunion.
de quelques autres formalités
en ait été autrement ordonné par Sa Majefté,
A CES CAUSES, jufqu'a ce qu'il
ftatuons & ordonnons ce qui
ftatué & ordonné,
nqus avons provifoirenent
fuit : --- Page 224 ---
(24)
ARTICLE PREMIE R.
Toutes les demandes qui feront de nature à être porrées devant nous , feront
formécs par Requètes; & s'il s'agit d'obtenir la permidion de pourfitivre un
terrain en réunion, le Demandeur fera tenn de jeindre à fa Requéte une expédition en forme du titre de conceflion, dont il voudra pcurfvivre la réunion.
SECTION PRI EI MJ I E E E.
Réunions.
ART I I.
Sur les Requéres de demandes en réunion, il fera par nous denné afte de
la demande, & ordcnné qu'elle fera pourftivie a la reutère du Procvieur du
Roi; les Procureurs du Rci, fur la fimple remile qui leur fera tite d'une
Requête ainfi répenduc > & fans qu'il foit befcin d'autre Ordennance de nous >
pourfuivront la réunion par-devant les Juges des leux, que nous ccmmcitens
par le préfent Réglement > à l'effet de faire faire par-devant eux tous alesJinftruction quelconques. Ne pourront néanmoins Jes Precureurs du Rei cmmencer aucune procédure , que dans le délai prefcrit par l'Article 3 dulélement
du Tribunal-Terrier, du 6 Décembre 1785, concernant les réunions.
ART. IIL
Cet appointement fera cenfé contenir permiflion tant au Procureur du Roi
qu'au Défendeur à la réunion , d'informer refpectivement de l'établiflemnent ou
du non étab'iffement du terrain dont il fera queftion ; & l'ancien Conceflionnaire ou
fes ayant caufe, ne feront aflignés pour voir ordonner l'enquére.
A R T. I V,
Ne pourront les Procureurs du Roi, fous quelque prétexte que ce foit, fe
difpenfer de faire faire enquéte ol vifite des lieux felon l'exigence des cas; &
ce quand même l'ancien Conceffionnaire ou fes ayant caufe avoueroient le défaut d'érabliffement fur le terrain pourfuivi en réunion.
A R T. V.
Enjoignons aux Procureurs du Roi de faire faire l'enquète ou la vilite des
lieux dans le délai de quinzaine > sprès l'expiration de celui d'un mcis prefcrit
par
foit, fe
difpenfer de faire faire enquéte ol vifite des lieux felon l'exigence des cas; &
ce quand même l'ancien Conceffionnaire ou fes ayant caufe avoueroient le défaut d'érabliffement fur le terrain pourfuivi en réunion.
A R T. V.
Enjoignons aux Procureurs du Roi de faire faire l'enquète ou la vilite des
lieux dans le délai de quinzaine > sprès l'expiration de celui d'un mcis prefcrit
par --- Page 225 ---
(25)
par l'article 3 du Réglement du Tribunal Terrier, 3 du 6 Décembre 1785, concernant les réunions; & fi le Défendeur à la réunion veut faire faire Enquête,
il fera tenu de la faire dans la quinzaine 5 à compter du jour où il aura été affigné, pour être préfent à la preflation du ferment des témoins s que le Procureur du Roi voudra faire entendre ; paffé lequel délai, il ne fera plus reçu à
faire faire Enquête. Pourra néanmoins ledit délai de quinzaine être prorogé par
nous, en connoilfance de caufe, fur la demande qui nous en fera faitc par le
Défendeur à la réunicn.
Ar RT T. VI I.
Les Procureurs du Roi fe conformeront entiérement pour les Enquêtes > dans
les affaires en réunion s aux formalités prefcrites par le titre 22 de l'Ordonnance
de 1667; & notamment aux difpofitions de l'article 27 du même titre 5 & dans
le cas où par l'omiflion de quelque formalité prefcritc par l'Ordonnance, l'Enquête feroit déclarée nulle, elle fera recommencée aux frais defdits Procureurs
du Roi, Gi la nullité eft de leur fait, ou aux frais du Juge qui aura fair l'Enquère, > fi la nullité eft du fair du Juge,
A R T, VIL
Si après l'expiration des délais donnés par l'Ordonnance de 1667, pour fournir reproches contre les témoins entendus, le Défendeur à la réunion ne demande pas copie de l'Enquête 3 alors le Procureur du Roi prendra fes conclufions par écrit, & les fera fignifier au Défendeur à la réunion >
lequel aura, 3
pour y fournir réponfe &c prendre aufli fes conclufions > lc' délai de huitaine
accordé dans les appointemens à écrire & produire par l'article 12 du titre II
de 1'Ordonnance de 1667.
A R'T. VIIL
Si le Défendeur à la réunion > dans la huitaine après l'expiration des délais
pour fournir reproches, demande copie de l'Enquête 3 le Frocureur du Roi la lui
fera fignifier > & en même temps fes conclufions; ; & le Défendeur aura en ce
cas, comme dans cclui qui eft énoncé en l'article précédent, un délai de huitaine
pour répondre &c prendre auli fes conclulions.
ART. IX
Ledit délai de huitaine pour répondre aux conclufions du Procureur du Roi
étant expiré, foit que le Défendeur à la réunion ait répondu ou non, le Procureur du Roi remettra au Greffe de la Jurifdiction la procédure, & le Greffier
D
cas, comme dans cclui qui eft énoncé en l'article précédent, un délai de huitaine
pour répondre &c prendre auli fes conclulions.
ART. IX
Ledit délai de huitaine pour répondre aux conclufions du Procureur du Roi
étant expiré, foit que le Défendeur à la réunion ait répondu ou non, le Procureur du Roi remettra au Greffe de la Jurifdiction la procédure, & le Greffier
D --- Page 226 ---
(26)
en fcra alors un érat fommaire > duquel il fera donné copie au Défendear à la
réunion, avec fcrmation de produire fous trois jours..
A R T. X.
Après l'expiration dudit délai de trcis jours, > le Greffier de la Jurifdidtion, foit
que le Défendeur à la réunion ait produit cu non: 2 enverra toutes les pièces
produites en fon Greffe à celui de IIntendance, & il joindra à la procédure en
réunion les trois afliches qui auront dà être dépofées en fon Greffe par le Demandeur en réunion..
AR T. XI
Toute permifion par nous accordée, de pourfuivre un terrain en réunion >
fera cenfée périmée dans trois mois, à compter de la date, s'il n'a été fait aucune pourfuite par celui à qui. elle aura été accordée; & toute autre perfonne
pourra nous demander une nouvelle permiflion de pourfuivre le même terrain
réunion
un certificat du Greffier de la Jurifen
, en rapportant préalablement
celui
diction , qu'il n'a été fait aucune pourfuite dans le délai de trois mois, par
à qui la première permillion aura été accordée..
SECTIO: N SECONDE
Conteftations relatiyes 2 la diftribution ou à Tufage des Eaux:
A R T. XIL
Dans toutes les demandes concernant la diftribution ou l'ufage des eaux, la Re-.
quête du Demandeur fera répondue par ces mots : Acie de la demande, ce. qui aura
le même effet que peut avoir une Sentence d'appointement dans les Tribunaux:
ordinaires S & far ce fimple aile de la demande , la conteftation fera cenfée renvoyée par-devant les Juges des lieux , que nous commettons par le préfent Réglement à l'effet de faire tous aétes d'inftruction quelconques > de recevoir les
demandes > incidentes des Parties , de rendre tous jugemens préparatoires, & de
les faire exécuter nonobftant oppofitions quelconques, fans néanmoins que l'exécution de leursdits jugemens préparatoires puiffe être oppofée aux Parties comme
fin de non recevoir, lorfqu'elles auront protefté ou fait leurs réferves en les exécutant.
A R T. XIIL
Défendens aux Parties de nous adreffer leurs écrits de conclufions s de répliques
& autres
dcivent faire partie de leur produétion L fous la forme de Re-
> qui plufieurs particuliers faifoient ci-devant, pour obtenir de nous la
quéte, comme
'exécution de leursdits jugemens préparatoires puiffe être oppofée aux Parties comme
fin de non recevoir, lorfqu'elles auront protefté ou fait leurs réferves en les exécutant.
A R T. XIIL
Défendens aux Parties de nous adreffer leurs écrits de conclufions s de répliques
& autres
dcivent faire partie de leur produétion L fous la forme de Re-
> qui plufieurs particuliers faifoient ci-devant, pour obtenir de nous la
quéte, comme --- Page 227 ---
(27)
pernifion de les faire fignifier. Leur ordonnons de fe faire fignifier refpectivement
tous les écrits dont elles voudront faire ufage dans chaque inftance, > & les Juges
des lieux n'auront aucun égard dans leurs avis aux écrits qui n'auroient pas été
fignifiés.
ART. XIV.
Les Parties fe conformeront pour les délais de produire aux difpofitions de I'Ordonnance de 16675 elles produiront toutes leurs pièces au Greffe de la Jurifdiction des lieux : & dans le mois après l'expiration des délais pour produire, le
Procureur du Roi donnera fes conclufions > & le Juge des lieux, fon avis fur les
pièces & procédures qui fe trouveront produites ; lefdites conclufions & lefdits
avis feront remis cachetés au Greffe s & le Greffier les enverra avec les procédures au Greffe de l'Intendance.
A R T. X V.
Ordonnons au furplus que les Edits, Déclarations & Réglemens du Roi , concernant tant les réunions que la diftribution & l'ufage des eaux > & notamment le
Réglement du Tribunal Terrier du 6 Décembre 1785, concernant les réunions, >
feront exécutés felon leur forme & teneur dans tout ce à quoi il n'eft point dérogé par les difpofitions du préfent.
Sera le préfent Réglement enregiftré au Greffe de ]Intendance > imprimé, &c
dûment collationnées d'icelui, envoyées dans toutes les Jurifdiions de la
copies, Colonie,
icelui y être enregiftré & affiché à la diligence des Procureurs'
pour
du Roi, , qui feront tenus de veiller à fon exécution.
Donné au Port-au-Prince, fous le fceau de nos armes > & le contrefcing de
J10S Secrétaires, le IO Novembre 1787.
SignéLA LUZERNE; & plus bas, par M. le Général CAPPEAU.
&
bas, M.lIntendant MAHÉ ; & fcellé
Pareillement, fgné DE MARBOIS; plus
de deux cachets en cire rouge. Enregiftré au Greffe de l'Intendance des Ifles Françoifes de l'Amérique fous le Vent, au Port-au-Prince, le 4 Décembre 1787..
Signé SENTOUT.
Dij
Secrétaires, le IO Novembre 1787.
SignéLA LUZERNE; & plus bas, par M. le Général CAPPEAU.
&
bas, M.lIntendant MAHÉ ; & fcellé
Pareillement, fgné DE MARBOIS; plus
de deux cachets en cire rouge. Enregiftré au Greffe de l'Intendance des Ifles Françoifes de l'Amérique fous le Vent, au Port-au-Prince, le 4 Décembre 1787..
Signé SENTOUT.
Dij --- Page 228 ---
- 28 )
No. VI.
A R R E T
DU CONSEIL D'ÉTAT DU
ROI,
CONCERNANT L de ES CONCESSIONS
ExTRAIT des Regiftres du Confeil- Supérieur de Saint- Dominguc.
Extrait des Regiftres du Confeil. d'Etat..
LE Ror s'étant fait repréfenter en fon Confeil deux Arrêts en forme de Réglement > l'un du- Confeil-Supérieur du Cap, du 20 Juin 1776, l'autre du Confeil-Supérieur de Saint-Domingue du 19 Novembre 1787, concernant les
ceflions qui auroient été faires d'un même terrain à différentes
con--
auffi la Déclaration. du Roi, du 17 Juillet 1743, fur: le fait defdites perfonnes 5 vu
enfemble le formulaire ordinaire d'icelles, & les diverfes Loix qui concefions,
relatives., ainfi que la Lettre des Adminiftrateurs
peuvent y être
en chef de Saint-)
au Secrétaire d'Etat, ayant. le Département de la Marine & des Domingue >
date du 21 Août dernier, Pièces & Réclamations
Colonies 3 en.
qu'un zèle louable avoit
jointes > Sa Majefté a reconnu.
porté les Officiers defdits Confeils-Supérieurs à ftatuer
chacun en droit foi & par forme de
Réglement , quoique d'une manière entiérement contradictoire, fur la validité des titres d'une conceffion faite à différentes
perfonnes d'un même terrain; mais ellé n'a pu fe difimuler en même
ces deux Tribunaux avoient également outrepaffé leurs
temps que
fur des objets de légiflation & d'ordre public, fur lefquels pouvoirs, il leur en eft prononçant interdit
faire des Réglemens; que le Confeil-Supérieur de Saint-Domingue
de
droit de revenir fur un Arrêt du Confeil-Supérieur du
n'avoit pas lè
titué,
Cap, auquel il eft fubfpour ce qui compofoit l'ancien reffort de ce dernier, fous
pofition de la part du Miniftère public, à l'exécution dudit Arrêt; prétexte d'opProcureur-Général. avoit été entendu lors d'icelui: confidérant
tandis que le
porte à la tranquillité des Cultivateurs de SaintDomingue, del cependant qu'il imfixer le véritable
n'avoit pas lè
titué,
Cap, auquel il eft fubfpour ce qui compofoit l'ancien reffort de ce dernier, fous
pofition de la part du Miniftère public, à l'exécution dudit Arrêt; prétexte d'opProcureur-Général. avoit été entendu lors d'icelui: confidérant
tandis que le
porte à la tranquillité des Cultivateurs de SaintDomingue, del cependant qu'il imfixer le véritable --- Page 229 --- --- Page 230 ---
No. VIL
Pag.29.
fubfiftances exiftant dans la Colonie à l'époque du premier O&obre 1789APPERÇU des
fournis à TAdminiftration, qu'à T'époque du S1 Juillet, il reftoit des fubfiitances
On eft fondé à croirc, d'après Ies apperçus
15,000 Banh.
d'un mois, CC qui eft égal à une quantité de
en Farine 7 pour plus
lcs mois fuivans, font comme ci-après :
Les Importations pendant
(Farines Françaifes4,201 Batilz.
20,900
Aoit.
Idem. Etrangeres.
17,691
43,87F
SAYOLK,
(Farines Françaifes
1,487
19,397
Septembre. Idem. Ltrangeres
17,910
(
OAobre, 1op p"jeurs. Farines Etrangeres7,574
63,871 Barils,
Barils
pendant deux mois & vingt jours, s'clèvent à
40,000
Les confommacions évaluces à 15,000 par mois,
Refle d confonmer une quantité de
23,871 Bari's.
qui elfurent la confonmation pendant plus de fix femaines.
Oa. à
17,950
des Farincs étrangères, portent Tintroduction à efpérer en
Les permidions délivrées en Sept. pour l'importation
23,900
Celles délivréts pendant lcs vingt premiers jours d'OStobre, la portent à
65,721 Banls.
Intendant à Saint-Domingue; Port-au-Prince', lc 21 O8obre 17Sy. Signé DE MARBOIS.-
Yu & rérifié par Nous,
mation pendant plus de fix femaines.
Oa. à
17,950
des Farincs étrangères, portent Tintroduction à efpérer en
Les permidions délivrées en Sept. pour l'importation
23,900
Celles délivréts pendant lcs vingt premiers jours d'OStobre, la portent à
65,721 Banls.
Intendant à Saint-Domingue; Port-au-Prince', lc 21 O8obre 17Sy. Signé DE MARBOIS.-
Yu & rérifié par Nous, --- Page 231 ---
( 29)
fens de la Déclararion du Roi, du 17 Juillet 1743 > elle a jugé à propos d'expliquer fes intenticns relativement aux conceflions d'un même terrain, 3 qui, parinadvertance, auroient été ci-devant faites, ou le feroient à l'avenir, à différentes perfonnes; à quoivoulant pourvoir; oui le rapport & tout confidéré: LE Ror ÉTANT
EN SON CONSEIL , a callé & annullé, calle & annulle, comme incompéremment
rendas, leftirs Arrèts, en forine de Réglement, > des Confeils-Supcrieurs du Cap
& de Saint-Domingue, des 20 Juin 1787 ; fait défenfes audit Confeil-Supérieur
de Saint-Domingus d'en rendre de femblables > & lui enjoint de fe conformer
à la diipofition tant des articles 45, 46 de 'Ordonnance du Roi, du premier
Février 1766, que de l'article 25 de l'Ordonnance du 22 Mai 1775, concernant
le Gouvemnement civil de la Colonie 5 à pemne > en cas de contravention, de
nullité & caflation: ordonne Sa Majefté que la Déclaration du Roi, du 17 Juiller
1743 > & toutes autres s auxqueiles il n'auroir pas été dérogé, touchant les co1ccflions de terrains, enfemble les conditions & picces énoncées dans les titres
mêmes defdites concellions , feront exécutées felon leur forme & teneur; interprétant, en tant que befoin feroit > la difpofition de l'article 3 de ladite Déclaration
du Roi, du 17 Juiller 1743 , dit & déclare qu'iln'y a lieu à la réunicn au Demaine en cas de non culture, dans les termes prefcrits par les Réglemens > qu'autant que la conceflion auroit été confommée, & la propricté transférée par un
arpentage fait fans oppofition s lequel vaut prife de poffeflion, conformément aux
titres. de concefli O11 mêine 5 & que dans le concours de deux Conceflionnaires
d'un même terrain >. celui qui aura fait arpenter le premier, ou provoqué légaicment l'arpentage , fera maintenu > quand même fon titre feroit d'une date
téricure , au préjudice du Conceflionnaire plus ancien qui fera déclaré déchu, poffaute de poffeflion prife, ou reprife > dans les formes de droit; déroge à tous
Réglemens ou Arrêts à ce contraire, & ordonne que le préfent Arrêt fera
regiftré au Greffe du Confail-Supérieur de Saint-Domingue, lu, publié,
en-
& affiché par-tour où befoin fera dans ladite Colonie.
imprimé
Enjoint aux Gouverneur
général & Intendant d'y tenir la main. Fait au Confeil d'Etar du Roi, Sa Majefté y étant, tenu à Verfailles, le 31 Janvier 1789. SignéLA LUZERNE.
Regiftré a été le préfent Arrêt du Confeil d'Etat au Greffe du Confeil-Supérieur de Saint-Demingue, oui & ce requérant > le Procurcur-Général du
pour être exécuté felon fa forme & teneur
Roi
par-tour ot befoin fera, &
, imprimé, lu > publié & affiché
copies collationnées. d'icelui, envoyées dans les Sénéchauffées du reffort, pour y être pareillement lues, publiées s regiftrées & affichées ; enjoint aux Subftituts dudit Procureur-Général du Roi d'y tenir la
& d'en certifier la Cour aul mois.
main,
Donné au Port-au-Prince, en Confeil, le 19 Mai 1789.
Signi BONVAILET.
&
, imprimé, lu > publié & affiché
copies collationnées. d'icelui, envoyées dans les Sénéchauffées du reffort, pour y être pareillement lues, publiées s regiftrées & affichées ; enjoint aux Subftituts dudit Procureur-Général du Roi d'y tenir la
& d'en certifier la Cour aul mois.
main,
Donné au Port-au-Prince, en Confeil, le 19 Mai 1789.
Signi BONVAILET. --- Page 232 ---
(30)
No, VIIL
ÉTAT des Navires partis des Ports de France pour Saint-Domingue, & arrivés
dans cette Colonie depuis le 5 Juiller jufqu'au 20 Septembre 1789. Extrait des
mouvemens des Ports, inférés dans les Gagettes de la Colonie.
N.B. On n'a point fait mention des Bâtimens Négriers.
MOUVEMENS DES PORTS DE L'OUEST ET DU SUD.
Num.éros
Jour du
a
des
NOMS
Licu du départ Jour de
des Bâtimens. départ
Lieu de l'arrivéc.
Gazettes.
de Francc. dc France. l'arrivée.
m
LaDameHiellegonde. II Mai. Havre.
6. Juiller. Port-au-Prince.
La Jeune Rofe.
2 Mai. Bordeaux. 6
Idem,
La Sophie.
12 Mai.
Idem,
Idem.
Lab Bonne-Renconere. 20 Mai.
Idem.
Idem.
No, 58. L'Agathe.
ldcm.
Nantes.
8,
Idem,
Lc Robufte.
17 Mai. Bordeaux. 8
Idem.
L'Ami.
17 Mai.
Idem.
Jacmel.
Le Mal dc Duras.
Idem.
S
S.Mare, avoir touché au CapL'Arbonite.
20 Mai. Nantes.
S. Marc.
No, 60. Le Vigilant.
5 Mai. Havre.
Jacmel, touché à la Martiniquc.
No, 62. £L'Américain.
IO. Mai. Bordeaux. 23 Juillet. Port-au-Prince.
LIa Jeune Amazonc.
Marfeille. 22
S.Marc, avoir touché 2ti Cap.
(L'Éole.
7 Mai. Dunkerque. 18
s.) Louis, avoir tosché à. Jacmck.
No. 64. La Suzette.
7 Avril. Bordeaux. 25
Jacmel & S. Louis.
La Plaine du Fond.
Bordeaux, 28
S.Louis, touché à la Marcinique.
(Le Saint-Marc.
81 Mai. Nantes.
S. Marc, touché au Cap.
No, 66. SLc Jeune Louis. TO Juin.- Havre.
5 Aoûr. Port-au-Prince.
L'Optimifme.
20 Mai,
Idem.
7 Juillet. Idem.
L'Aimable Lilly.
Idem.
Marfeille. IO Août. Idem. touché au Cap.
No.68. La Jeune Défiréc, 21 Juin. Bordeaux. IC Août. Port-au-Prince.
(La Saintonge.
7 Juillet. Idem.
13 Août. Idem.
N?. 70. Le Neker.
13 Juin.
Idem.
Idem.
Le Jeune Lion.
4 Juillet. Idem.
2; Août. Idem.
NS. 72. L'Aglatis.
26 Juin.
Idem.
S.J Louis.
La Minerve.
7 Juillet' Havre.
22 Août. Idem.
No, 74. Lc Solide.
Bordeaux. 4 Juiller. Aux Cayes.
pogerm I CME
ToTAL. Vings-fix Navires arrivés dans les Ports de l'Cucf S du Sud, du 5 Juillet au 2oSeptembre,
.
Idem.
Le Jeune Lion.
4 Juillet. Idem.
2; Août. Idem.
NS. 72. L'Aglatis.
26 Juin.
Idem.
S.J Louis.
La Minerve.
7 Juillet' Havre.
22 Août. Idem.
No, 74. Lc Solide.
Bordeaux. 4 Juiller. Aux Cayes.
pogerm I CME
ToTAL. Vings-fix Navires arrivés dans les Ports de l'Cucf S du Sud, du 5 Juillet au 2oSeptembre, --- Page 233 ---
(3r)
MOUVEMENS DES PORTS DU NORD.
Numdros
Jour du Licu du départ Jour dc
NOMS
départ
Licu de l'arrivée.
des
des Bâtimens.
pour de France. l'arrivée.
Gizeites.
France.
T7 CG
No. La Reine du Nord.
Mars, Saint-Malo. 7Juiller. Cap. II avcit touché zux Iles
44.
du Vent,
No. 45- LeGrand-DuedeT Tofcanc. 33 Mai, Bordcaux. 14
Cap.
(Les Deux. Amis.
1S
Marfeille. 14
Idem.
No. so. L'Aimable Magdleleinc. :oJuin. Bordeaux. 29
Idem.
(iidin
I
Marfeille. 31
Idem.
(Les Quatre Frères.
Nantes, 3I
Idem.
L'ARE
Dieppe.
I Aoûr. Iicm.
Ko, SI. Le Deftin.
Marfeille.
Idem.
(La Fleur de Lauricr. 1O
Bordeaux. 2
Idem.
No. 52. La Bonnc Mèrc.
Marfeille. 6
Idera.
fLe Pigmalion.
Bordeaux. 12
Idem.
No. 54. lza Mère de Famille. 26
Havre.
Idem.
No, 55. Le Comte de Valence. 29
Bordeaax. 14.
Idem.
(L'Aimable Vidoire.
29.
Idem.
Llem.
NY. 57. RLc Triton.
9 Juiller. Idem.
Idem.
(L'Elpoir de la Mer.
27 Juin. Dunkerque. 28
Idem.
No. 59. la Françoife défirée.
4 Juillet. Bordcaux. 29
Idem.
(La Jcune Alinc.
Marfille. 2 Sepe. Idem..
No. 60. L'Autriche.
Idem.
Idem.
No.. 61. La Providence.
1O
Idem.
Idem.
No, 65. Lc Fidèle.
Idem.
Idem.
Les Trois Amis.
3 Août. Nantes. 21
Idem.
A TAPAa
TOTAL. 21 Bâtimens arrivés dans les Ports du Nord.
26 Bâtimcns arrivés dans lcs Ports de l'Ouefk & du Sud.
TOTAL 47 Bâtimens arrivés des Ports de France de S. Domingue, depuis le 5 Juillet jufqu'au 20
GÉNÉRAL.
Septembre 1789.
Dans cc nombre ne font point compris les Navires Négriers.
Vu 6 trouvé conforme aux Mouvemens des Ports de Saint Domingue, infarés dans
les Gaxettes de la Colonie, A Paris, le 15 Juin 1790. LA LUZERNE.
Bâtimcns arrivés dans lcs Ports de l'Ouefk & du Sud.
TOTAL 47 Bâtimens arrivés des Ports de France de S. Domingue, depuis le 5 Juillet jufqu'au 20
GÉNÉRAL.
Septembre 1789.
Dans cc nombre ne font point compris les Navires Négriers.
Vu 6 trouvé conforme aux Mouvemens des Ports de Saint Domingue, infarés dans
les Gaxettes de la Colonie, A Paris, le 15 Juin 1790. LA LUZERNE. --- Page 234 ---
(;2)
No. IX.
COPIE du Mémoire prefenté au Roi par M. le Comte DE LA
LUZERNE, & approuvé par Sa Majefté, le 7 Mars 2788.
Presseas Officiers généraux, , foit de vos Armées navales, foit de vOS
Armées de terre, & même quelques Brigadiers demandent à Votre Majefté la
place de Gouverneur général de l'Ile de Saint-Domingue.J'ailhonneur d'en mettre
la lifte fous fes yeux.
M.
M. .
M. :
M. .
M. le Marquis Duchilleau, Maréchal de Camp,
M.
M. -
M.
M.
M. e
M. -
Deux Brigadiers fe font auffi préfentés.
M.
M. .
Parmi ces nombreux concurrens > je regarde M. le Marquis Duchiileau
comme le plus digne que Votre Majefté lui confie un emploi aufli important,
Il a fervi avec diftinétion aux Ifles du Vent pendant la dernière guerrc, foit
comme Brigadier, foit comme Maréchal-de-Camp. Il y a été pendant quatre
ans chargé du commandement de la Dominique > & on n'a pu qu'applaudir
foit à fon adminiftration civile, foit aux mefures prifes pour la défenfe de cette
Ifle nouvellement conquife. C'eft par ces motifs que je propofe à Votre Majefté
de lui donner le gouvernement général de Saine-Domingue,
Au bas eft écrit de la main du Roi : Bon.
Pour Copie, LA LUZERNE.
ORDONNANCE
-de-Camp. Il y a été pendant quatre
ans chargé du commandement de la Dominique > & on n'a pu qu'applaudir
foit à fon adminiftration civile, foit aux mefures prifes pour la défenfe de cette
Ifle nouvellement conquife. C'eft par ces motifs que je propofe à Votre Majefté
de lui donner le gouvernement général de Saine-Domingue,
Au bas eft écrit de la main du Roi : Bon.
Pour Copie, LA LUZERNE.
ORDONNANCE --- Page 235 ---
(33)
No. X.
E
RDO 3 N N AN C
des farines étrangères dans les Ports
CONCERNANT lintrodudion
de la partie Françoife de VIfle de Saine-Domingue.
d'entrepôts
Du 27 Mai 1789.
Extrair ides Regiftres du Confeil-Supéricur de Saint-Domingue.
avons rendue le 31 Mars 1789, enregiftréo au
LOxpoxwaxere que nous
le premier Avril fuivant > portant permifConfeil-Supérieur de St. Domingue
que nous avions ordonnée
fion d'introduire des farines étrangères, > introduétion fur
qu'il
alarmantes.que nous avions reçues Timpollibilité
d'après les nouvelles
accoutuimés de fubfiftances, d'après la deftruction
fut fait de France les envois
occafionnée par un hiver des plus
prefque totale des produéions du Royaume Sa Majefté encourageoit limporrigoureux 2 & d'après les primes par lefquelles
point de douter qu'elle
tation des farines dans le Royaume , qui ne permettoient dont il étoit menacé, &c qu'il
n'eût voulu prévenir les calamités de la difette
la Colonie des chargemens
au commerce national de faire pour
ne fit impollible
fuffifans à fes befoins.
fituation de la Métropole deCette Ordonnance rendue fur les maux que la les vies dont nous nous
voit nous faire craindre, n'a pas entièremént rempli quantité de farines, & le prix
étions Hattés. Il ne s'eft introduit qu'une très-petite fenfible, encore même ne s'eft-elle
du pain n'a éprouvé qu'une diminution peu leurs points intermédiaires ayant
fait fentir que dans les trois villes principales; détrefle facheufe.
été privés de ces fecours, font réduits à une
des bàles différens rappofts des Armateurs
Ce défaut d'importation 3 d'après
mèmes bâtimens ne peuvent fe remplir
timens étrangers > provient de ce que ces des farines qu'ils peuvent impordes denrées coloniales de la valeur
contraires à
par
réfultent deux effets abfolument
ter, & de ce régime prohibitif
du principal objet qui peut la
la Colonie; le premier, de la laiffer dépourvue de numéraire qu'elle peut poffaire fublifter; & le fecond, de la priver du peu
E
d'importation 3 d'après
mèmes bâtimens ne peuvent fe remplir
timens étrangers > provient de ce que ces des farines qu'ils peuvent impordes denrées coloniales de la valeur
contraires à
par
réfultent deux effets abfolument
ter, & de ce régime prohibitif
du principal objet qui peut la
la Colonie; le premier, de la laiffer dépourvue de numéraire qu'elle peut poffaire fublifter; & le fecond, de la priver du peu
E --- Page 236 ---
(34)
féder; les Etrangers ne pouvant pas former leur chargement en toute efpèce de
denrées , emportent en argent une grande partie du montant des farines importées.
Ces maux exigeant un remède prompt & efficace, une prorogation de délai
à notre. Ordonnance du 31 Mars > & un échange en denrées nous paroiffant les
mefures les plus propres pour réparer les inconvéniens reconnus; A CES CAUSES >
& en vertu des pouvoirs à nous donnés, nous Général & Intendant avons ordonné & ordonnons ce qui fuit :
ARTICLE E PRE) MI E R.
A compter du jour de l'enregi(trement de la préfente Ordonnance; > la permiffion
d'importer des farines & du bifcuit , accordée par l'Ordonnance du 31 Mars 1789,
& dont le terme doit expirer le 30 inclus de Juin prochain, continuera d'avoir
lieu jufqu'au premier Oétobre fuivant exclufivement.
ART. IL
Permettons aux Armateurs, Propriétaires & Capitaines de navires étrangers
de fe charger en denrées de la Colonie pour le montant feulement des farines
guils y importeront.
ART. IIL
Cette difpofition de l'Article II n'ayant pas lieu par notre Ordonnance du 32
Mars 1780 , commnencera à avoir fon effet relativement à cette même Ordonnance,
de l'époque de l'enregiftrement de la préfente.
ART. IV.
Les bâtimens étrangers feront affujettis au payement des droits locaux, & ils
payeront en outre le droit d'occident pour lès denrées qu'ils exporteront. > & tel
que les bâtimens François le payent en France pour les denrées coloniales qu'ils
y importent.
ART. V.
Les'droits qui feront perçus en vertu de l'Artiole IV, > le feront provifoirement & jufqu'à ce qu'il en foit autrement ordonné par nous, par les Receveurs
des oétrois, qui feront tenus de verfer tous les mois les fommes qui en réfulseront > entre les mains dhi Receveus principal dc * Colonie.
& tel
que les bâtimens François le payent en France pour les denrées coloniales qu'ils
y importent.
ART. V.
Les'droits qui feront perçus en vertu de l'Artiole IV, > le feront provifoirement & jufqu'à ce qu'il en foit autrement ordonné par nous, par les Receveurs
des oétrois, qui feront tenus de verfer tous les mois les fommes qui en réfulseront > entre les mains dhi Receveus principal dc * Colonie. --- Page 237 ---
(35)-
A R T. V I.
des bâtimens étrangers , aufli-tôr qu'ils feront mouillés dans un
Les Capitnines
feront leur déclaration des farines dont ils feront chargés,
des Ports d'Amirautés,
aux Greffes des Amirautés, & enfuite chez nos Repréfentans S
premirement
defdits Ports , ils feront pareillement une nouvelle décla-
& lors de leur départ
d'après lefquelles il fera Ofration des marchandifes coloniales qu'ils exporteront,
donné des vifites à bord defdits bâtimens, foit par les Siéges d'Amirauté, , foit
afin de s'affurer de la fidélité de ces déclarations; & dans
par nos Repréfentans 3 de fraude de la part defdits Capitaines, les bâtimens
le cas de contravention ou
être condamnés à la confifcation, ainfi
feront, dénoncés aux Amirautés pour y
que leurs cargaifons, au profir de Sa Majefté.
A R T. V II
Dans les lieux où il y a des Bureaux d'Entrepôt établis, les Capitaines feront
affijettis à une troifième déclaration, & les Commis de ces Bureaux pourront faire
à bord defdits bâtimens des vifites & des dénonciations, s'il y a lieu, ainfi qu'il
eft prefcrit par l'Article VI.
A R T. VIIL
exécutées les difpofitions de notre Ordonnance, en date du
Seront au furplus
dérogé
la préfente. N'entendons pa31, Mars 1789, en ce qui n'y eft point
par
à aucune des difpofitions de celle en date du 9 Mai 1789,
reillement contrevenir
mois
de Saint-Domingue , le II du même
> qui
enregiftrée au Confeil-Supérieur
fortiront leur plein & entier effet, à T'exception feulement de ce qui eft prefcrir
par I'Art. III de la préfente.
Sera la préfente Ordonnance enregiftrée au Greffe de FIntendance.
Prions MM. les Officiers du Confeil-Supéricur de Saint-Domingue de la
leur
& afficher par-tout où befoin fera,
faire enregiftrer en
Greffe, imprimer
de
la main à fon
& mandons à ceux des Jurifdictions de leur reffort
terir
exécution.
de
Donné au Port-au-Prince, fous le fceau de nos armes & le contrefeing
notre Secrétaire , le 27 Mai 1789.
Signé DUCHILLEAU.
Par M. le Général, figné BONHOMME.
Enregiftrée au Greffe de l'Intendance des Ifles Françoifes de l'Amérique fous
le Vent, le 27 Mai 1789.
Sigué SENTOUT.
E ij
ceux des Jurifdictions de leur reffort
terir
exécution.
de
Donné au Port-au-Prince, fous le fceau de nos armes & le contrefeing
notre Secrétaire , le 27 Mai 1789.
Signé DUCHILLEAU.
Par M. le Général, figné BONHOMME.
Enregiftrée au Greffe de l'Intendance des Ifles Françoifes de l'Amérique fous
le Vent, le 27 Mai 1789.
Sigué SENTOUT.
E ij --- Page 238 ---
(36)
Regiftrée a été la préfente Ordonnance au Greffe du Confeil-Supérieur de St.-
Domingue, ce requérant le Procureur-Général du Roi, pour être exécutée fuivant fa forme & teneur > imprimée > publiée & affichée par - tout où befoin
fera, & copies collationnées d'icelle envoyées dans les Sénéchauflées & Amirautés
de la Colonie, pour y être pareillement regiftrées > lues , publiées & affichées.
Enjoint aux Subftituts dudit Procureur-Général d'y tenir la main & d'en certifier
la Cour au mois.
Donné au Port-au-Prince, en Confeil, le 29 Mai 1789. Signe FOUGERON
& de LAMARDELLE de GRANDMAISON.
Collationné BONYALLET. --- Page 239 ---
(37)
No. XI
A R R
E T
O N S EIL D' É T A T
D U C
D d U R O I,
PORTANT calfation d'une Ordonnance de M. le Marquis Duchilleau;
Gouverneur, Lieutenant-Gehéral de Saint-Domingue, du 27 Mai
dernier, concernant l'introduclion des farines étrangéres.
Du 23 Juillet 1789.
Extrait des Regiftres du Confeil d'Etat.
LEp Rorsétant fait repréfenter > en fon Confeil, une Ordonnance rendue le
Mai dernier, fous le nom des Adminiftrateurs de Saint-Domingue > fignée
27 feulement
le Marquis Duchilleau, Gouverneur général, regiftrée au Conpar
feil-Supérieur de la Colonie, le 29 du même mois, portant prorogation jufqu'au
premier Oétobre prochain, de la permiflion d'importer du bifcuit & des farines
accordée
une Ordonnance antérieure du 31 Mars, enregiftrée
étrangères >
par
audit Confeil-Supérieur le premier Avril; Sa Majefté auroit reconnu , qu'indépendamment de la prorogation du terme que les circonftances pouvoient rendre
néceffaires, ladite Ordonnance du 27 Mai dernier contient la permiflion d'imles farines & bifcuit étrangers > dans tous les Ports d'Amirauté > & d'en
porter les denrées coloniales pour la valeur defdites farines & bifcuit, au préexporter judice des Loix prohibitives & des difpofitions s tant de l'Arrêt du Confeil du
Août 1784, que de la Dépèche du 13 Novembre fuivant 1 par laquelle, de
l'ordre 30 de Sa Majefté, le Secrétaire d'Etat de la Marine avoit adrefTé circulairement ledit Arrêt aux Adminiftrateurs des Colonies. A quoi voulant pourvoir :
Oui le rapport 5 LE Roi ÉTANT EN SON CONSEIL > a caflé & annullé ladite
Ordonnance du 27 Mai dernier, en ce qu'elle autorife l'importation du bifcuit
& des farines étrangères dans tous les Ports d'Amirauté de Saint-Domingue 3 &
30 de Sa Majefté, le Secrétaire d'Etat de la Marine avoit adrefTé circulairement ledit Arrêt aux Adminiftrateurs des Colonies. A quoi voulant pourvoir :
Oui le rapport 5 LE Roi ÉTANT EN SON CONSEIL > a caflé & annullé ladite
Ordonnance du 27 Mai dernier, en ce qu'elle autorife l'importation du bifcuit
& des farines étrangères dans tous les Ports d'Amirauté de Saint-Domingue 3 & --- Page 240 ---
(38)
qu'elle permet l'exportation à l'étranger des denrées coloniales, qui pourront être
données en payement. Ordonne Sa Majefté que lefdits comeltibles ne pourront
être introduits julqu'au premier Oétobre prochain , par tous bâtimens François
ou Etrangers, que par les trois Ports d'Entrepôr, & qu'il ne pourra s à cette
occafion, être exporté à l'étranger d'autres denrées & marchandifes que celles
mentionnées en l'article III de l'Arrét du Confeil du 30 Août 1784, lequel fera
au furplus exécuté felon fa forme & teneur. Sera le préfent Arrêt enregiftré ail
Greffe du ConfeilSupérieur de Saint-Domingue , lu, publié, imprimé & affiché
par-tout où befoin fera.
Fait au Confeil d'Etat du Roi, Sa Majefté y étant, , tenu à Verfailles le vingt:
trois Juillet mil fept cent quatre-vinge-neuf, Signé LA LUZERNE.
quel fera
au furplus exécuté felon fa forme & teneur. Sera le préfent Arrêt enregiftré ail
Greffe du ConfeilSupérieur de Saint-Domingue , lu, publié, imprimé & affiché
par-tout où befoin fera.
Fait au Confeil d'Etat du Roi, Sa Majefté y étant, , tenu à Verfailles le vingt:
trois Juillet mil fept cent quatre-vinge-neuf, Signé LA LUZERNE. --- Page 241 ---
(39)
No. XI1.
COPIE de la Lettre de MM. les Députés de Saint - Domingue
à M, le Comte D. E LA LUZERNE.
M. L E C O M" T E,
Vo'us nous avez demandé de vous préfenter par écrit les réclamations, objets
de la conférence que nous avons eu l'honneur d'avoir avec vous Vendredi foir;
elles fe réduifent aux points fuivans :
I, Le réfabliflement de M. le Marquis Duchilleau dans fa place de Gouverneur de Saint-Domingue, fuivant le veeu de fes habitans 5
2". Le rappel immédiat de lIntendant Marbois, juftement abhorré de Sainttrois ans follicite vivement & vainement fon retour;
Domingue , qui depuis
fans
;*. Le retour de M. de Peynier, par la frégate qui portera,
délai, les
ordres du rétabliffement de M. Duchilleau, & du rappel du fieur de Marbois 3
Lintroduction pendant deux ans des farines par l'étranger, dans tous les
4°.
attendu la difette des blés dans l'intérieur du Royaume > &
Ports d'Amirauté ,
la défenfe d'en porter dans les Colonies.
so. Sufpenfion abfolue de toute. Affemblée Coloniale , parce que,t quelle qu'en
être l'organifation, , la Colonie ne veut & ne doit la tenir que des Décrets
puiffe
de l'Affemblée Nationale.
6°. L'affurance pofitive qu'aucune innovation relative à l'Adminiftration, ou à
tout autre objet, ne fera faite > même provifoirement, , à Saint-Domingue, fans
le concours de fes Repréfentans.
d'ouvrir
7°.L'ordre aux Chefs des Bureaux du Département & à tous autres,
fans difliculté ni réferve 2 tous les dépôts de la Marine & des
aux Députés,
puiflent puifer tous les renfeignemens dont ils auront
Colonies , pour qu'ils
y
befoin fur les originaux > dont copies leur feront délivrées à la première réquifition ;
8°, Notre oppofition à l'introduction de toute monnoie nouvelle > & notamment d'une petite monnoie de cuivre frappée pour Saint-Domingue , en ce que
cette dernière feroit un impôt réel pour la Colonie, qui, en pure perte pour
elle, ne profiteroit en rien à la Métropole.
ent puifer tous les renfeignemens dont ils auront
Colonies , pour qu'ils
y
befoin fur les originaux > dont copies leur feront délivrées à la première réquifition ;
8°, Notre oppofition à l'introduction de toute monnoie nouvelle > & notamment d'une petite monnoie de cuivre frappée pour Saint-Domingue , en ce que
cette dernière feroit un impôt réel pour la Colonie, qui, en pure perte pour
elle, ne profiteroit en rien à la Métropole. --- Page 242 ---
(40)
Nous ajouterons notre adhéfion formelle au Décret de l'Allemblée Nationale;
du 17 Juin dernier, par lequel toute impolition eft abolie de ce jour > comme
iilégale, & feulement provifoicment continuée pendant la ceflion actuelle des
Etats-Généraux,
Voilà, Monfieur le Comte > les réclamations &c déclarations fur lefquelles nous
attendons la réponfe fatisfaifante que vous nous avez promite.
Nous avons l'honneur d'étre, aveç un fincère & parfait attachement,
MONSIEUR LE CoMrE s
Vos très-humbles &obéiffans ferviteurs;
les Députés de Saint-Domingue,
Signé REYNAUD, le Marquis DE PERRIGNY, l'Archevèque THIBAUD, FIrz
GERALD, le Marquis DE Goux D'ARCY;
DE THEBAUDIERES, Secrétaire général de
la Députation.
Verfailles, at Burean de la Députation de Saint-Domingue, rue d'Anjou, No. 45, Ic
39 Juillet 1789.
No, XIIL
-humbles &obéiffans ferviteurs;
les Députés de Saint-Domingue,
Signé REYNAUD, le Marquis DE PERRIGNY, l'Archevèque THIBAUD, FIrz
GERALD, le Marquis DE Goux D'ARCY;
DE THEBAUDIERES, Secrétaire général de
la Députation.
Verfailles, at Burean de la Députation de Saint-Domingue, rue d'Anjou, No. 45, Ic
39 Juillet 1789.
No, XIIL --- Page 243 ---
(41)
N°. XIIL.
LUZERNE à
COPIE de la Réponfe de M. le Comte DE LA
en date du 22 Aoilt
MM. les Députés de Saint-Domingue,
1789.
nombreufes dont le Confeil d'Etat eft occupé, n'ont pas permis,
Lis affaires
de ce mois, le rapport des demandes
Mellieurs, que jy filfe o avant le 9
au Roi le 29 Juillet dernier,
contenues, foit dans la lettre que vous avez adreflée habitans de la
du Sud
faites par les
partie
& dans les réflexions très-refpecueufes
foit damns l'extrait des Regilires de la
de Saint-Doningue qui y étoient jointes ,
foit enfin dans la
Chambre d'Agriculture du Cap s en date du 5 Juin 1789,
dépèche que vous m'avez écrite à moi-même.
de révoquer la nomination
I". Sa Majefté n'a pas cru qu'il fit de fa juftice
de fes Armées naqu'Elle a faite de M. le Comte de Peinier: Officier général diftinétion, furvales, univerfellement eftimé, &c quia fervi avec la plus grande
DuElle s'étoit décidée à rappeler M. le Marquis
tout dans la dernière guerre.
dans fon Confeil d'Etat, le 28 Juin
chilleau après une mûre délibération prife avoit rendue feul, pour l'introducdernier, relativement à une Ordonnance qu'il du Sud, en quoi il avoit non
tion des Negres de traite étrangère dans la partie
eflentiellement les Loix
feulement outrepaffé fes pouvoirs, mais il avoit interverti
entre la
& les rapports qui exiftent depuis plus d'un demi-fiècle
commerciales ,
Métropole & les Colonies.
France; il m'a mandé le 20
M. le Marquis Duchilleau , d'ailleurs, revient enl
vers le IO ou 15 deJuillet. Sa Majefté ne pent approuver
Juin qu'il s'embarqueroit
auffi critiques > la Cclonie dont
qu'il ait quitré > fur-tout dans des circonftances
fans
> & avant
lui avoit été confé, fans congé s
permiflion
le gouvernement
d'étre relevé.
lui
davanrage de donner des marques
2°,La juftice du Roi ne permet pas
font
à M, de Marbois, fur des inculpations qui ne
julques
de mécontentement
Le Roi a néanmoins cherché les moyens d'accéder
ici appuyées d'aucune preuve.
long-temps la faculté de s'cloigner
à votre voeu 5 cet Intendant a demandé depuis
accordée, mais je viens
Non feulement la permidion lui en a été
de la Colonie.
de Sa Majelté, à M, le Comte de Peinier & à lui, pour le
d'écrire , de la part
aufli-tôt
recevra ma lettre; 8: le défir que vous
déterminer à en faire ufage
qu'il
F
ici appuyées d'aucune preuve.
long-temps la faculté de s'cloigner
à votre voeu 5 cet Intendant a demandé depuis
accordée, mais je viens
Non feulement la permidion lui en a été
de la Colonie.
de Sa Majelté, à M, le Comte de Peinier & à lui, pour le
d'écrire , de la part
aufli-tôt
recevra ma lettre; 8: le défir que vous
déterminer à en faire ufage
qu'il
F --- Page 244 ---
(4)
avez de vcir csffer fon adminifration fera farisfait, fans gue l'équic dtt Roi fe
treuve compromift.
.Sa Mijelé a confenti à la fufpenfion qve vous avez demandéc de toute
Afemblée Coleniale, perce que, , qucile qu'en priie être Torganiferien, la Colonie
Sye PeRE & ne dcit la tenir qve des Décrets de PAlemblée Nationale.
Jai prévenn néanmoins le Roi & fon Confeil que depuis votre lettre écrite >
vOrS m'aviez verbaloment témoigné que vous Jui demanderiez peur-erre une
Afemblée extracrdinaire, proviteire, ocinpofée d'une manière purement élective,
qui ne fatuant & n'innovant far rien, lui propoferoit, ainf qu'à TACemblée
Narionale, cO qui parcitroir être de V'intérè: de In Colonie. J'ai ajoute que cette
requéte, fi vous y infifiez méritoit, fur-tout dans les circonttances adtuciles,
d'ètre aceucillic.
4.Veus avezdamandé l'affirance pofitive qu'arcune innovation relative à l'Adminifration, ou à tout antre cbiet, no fera faite, même provifoirement, à SaintDomingue, fans le concours de fes Reprefentans.
LeRcia décidéque cette alfurance devoitvousêtre donrée. Ilapenfé que c'étoit
à PAfembiéc Nationale, quia admis les Députés de Sains-Domingue , à détérminer enciles innovations deivent avoir lieu dans le régime de cette Colonie *
ec que, jufqu'a ce qu'cile ait cxaminé cette quefion fi importante, le régime doit
refter &c être maintenu tel qu'il a été de tout temps, ou du moins depuis la
paix dernière.
s°. Vous avez follicité Vintrodudion > pendant deux ans , des farines de traite
étrangère dans tous les Ports d'Amirauté, attendu la difette des blés dans:
l'intérieur du Royaume , & la défenfe d'en faire paffer de nos Ports dans les
Colonies.
Cette queftion a été décidée abfolument par Tes mêmes principes que la préeédente. Une permiilion auflilongue, l'ouverture: anx. Etrangers d'une auili grande
quantité de Ports, changeroient abfolument les rapports de la Métropole avec
la Colonie. C'eft à T'Alembiée Nationale qu'il convient que vous adrefliez une:
telle demande.
Quaar aux facilités provifoires à accerder pour un efpace de temps plus ou
moins iong, en cas. de guerre, de difette ou d'autres. fiéaux, les Adminifrateurs
ont pouveir & font dans l'ufage de promulguer les Réglemens nécetiaires. Il
feroit cor.tre l'intéret de la Colonie même qu'clle fit, > dans les cas urgens 2 cbligée
de recourir au Roi. Elle auroit éprouvé de grands malheurs avant qu'il eût été
poflible d'y apporter remede; & la faculté de lui procurer des fecours urgens &
indifpenfables, doit réfider dans des Adminifirateurs qui n'en foient pas féparés.
par une aufli grande diftauce.
nécetiaires. Il
feroit cor.tre l'intéret de la Colonie même qu'clle fit, > dans les cas urgens 2 cbligée
de recourir au Roi. Elle auroit éprouvé de grands malheurs avant qu'il eût été
poflible d'y apporter remede; & la faculté de lui procurer des fecours urgens &
indifpenfables, doit réfider dans des Adminifirateurs qui n'en foient pas féparés.
par une aufli grande diftauce. --- Page 245 ---
t4)
6.Le Roi avoit été inftruit que la Colonie de Saine-Domingue épronveit la
plus grande difette de menue monnoie > que les efcalins valant quinze fous argent
des Colonies, ou dix fous argent de France > y étoient devenus très-rares. On
avoit penfé qu'il feroit commode à tous les habitans, &c fpécialement urile à
la claffe la plus indigente du Peuple, , qu'il circulât des pièces de moindre valeur
pour folder les appoints; car le manque abfolu de ce moyen gône le commerce,
& provoque l'augmentation des denrées de première nécellité.
Telles étoient les confidérations par lefquelles Sa Majelté s'étoit propofé de
répandre dans toute la Colonie de Saint-Domingue s: cent mille écus en efpèces
de billon, valant deux fous fix deniers argent des Colonies. Mais d'après votre
réclamation & celle de la Chambre d'Agriculture du Cap, , Sa Majelté a conienti
qu'il n'en fûr pas envoyé.
7°. L'intention de Sa Majelté eft qu'il foit remis à la difpofition de l'Affemblée Nationale, de fes Bureaux Olt Comités, tous les papiers qui pourront leur
fournir des renfeignemens. Si quelqu'un de MM. les Députés en défire de particuliers, il pourra écrire au Miniftre, qui lui procurera tous les éclaircilfemens
lui fouhaités, lui fera délivrer les copies collationnées qu'il demandera , &
par fera exhiber les titres originaux, dans le cas où l'on voudroit vérifierlexadirude
defdites copies.
8°, L'adhélion formelle que vous déclarez au Décret National du 17 Juin
dernier, par lequel toute impofition eft abolie de ce jour > comme illégale > &
feulement provifoirement continuée pendant la feflion aétuelle des Etats-Généraux; cette adhéfion, dis-je , eft de droit. C'eft à l'Affemblée Nationale qu'il
appartient de fixer elle-même les impofitions qui feront dorénavant payées par la
Colonie de Saint-Domingue, dont elle a admis les Repréfentans.
Mais comme les taxes publiques ont toujours été odtroyées à Saint-Demingwe
l'Afemblée Nationale
à
la
par une Allemblée Coloniale, fi
jugeoit propos que
quotité & la nature des impôts y fullent encore fixées de même (8c il fercit
la difparité des revenus coloniaux à ceux de la Métropole lui fit
pollibie que
adopter ce parti), il deviendroit néceffaire, pour fubvenir aux befoins du fervice, >
ladite Affemblée Nationale décrétàt la continnation des mêmes impofitions
que pendant le temps néceffaire pour convequer à une aufli grande diftance une
Affemblée Coloniale, d'après l'organifation nouvelle qu'il parcitra convenable de
lui donner.
Je défire, Meflieurs > que ces décifions du Roi & le confentement qu'il a
donné à plufieurs de vos demandes, puifle vous être agréable. Je me fais un
plaifir de vous les annoncer. , & vous prie d'être perfuadés de l'attachement fincère avec lequel, &c.
Fij
vequer à une aufli grande diftance une
Affemblée Coloniale, d'après l'organifation nouvelle qu'il parcitra convenable de
lui donner.
Je défire, Meflieurs > que ces décifions du Roi & le confentement qu'il a
donné à plufieurs de vos demandes, puifle vous être agréable. Je me fais un
plaifir de vous les annoncer. , & vous prie d'être perfuadés de l'attachement fincère avec lequel, &c.
Fij --- Page 246 ---
(44)
OTUTAOHOTADR? actepouemes
XIV.
A
No.
i
ORDO 2 N N ANCE
CONCERNANT la liberté du Commerce pour la partie du Sud
de Saint- Domingue.
Du 9 Mai 1739.
Extrait des Regifres du Confail-Sapdrieur de Saint- Dominguc.
LAK tournée que M. le Gouverneur général vient de faire dans la partie dux
Sud , l'ayant mis à portée de connoitre par lui-même l'état dans lequel elle fe
trouve réduite, ainfi que le feul moyen efficace pour la porrer au degré de fplendeur dent elle eft fufceptible ; il a reconnu que la prime de deux cents livres
accordée par TArrêt du Confeil d'Erat du Roi, en date du 29 Ceprembre 1786,
dont l'expiration aura lieu le premier Aoft prechain > par chaque tête de Noirs
introduits, 3 loin de devenir un morif d'enconragement. > a à peine fuffi au remplacement de ceux que les maladies & la défertion enièvent annuellement, qu'elle
n'a pu engager le commerce de France à donner à fes fréculations Faétivité
l'on efpéroit : que ce commerce exige que fes cargaiions y fcient rigoureufement que
payées en argent , Ol les y vendre à vingt-cinq ou' trente pour cent
plus cher, s'il eft payé en denrées, & qu'en continuant à lui livrer exclufivement la partie du Sud, elle fera toujours languillante, fans numéraire, & ne
pourra jamais tirer de fon fein les richelles qu'elle poffede.
Que d'an autre côté, cette partie auili belle que celle du Nord & de l'Oueft,
n'a befoin pour fe développer & devenir aufi fertile qu'eile, que d'une force
qui lui manque 5 qu'en augmentant fes ateliers par une introdustion de Noirs,
cette terre deviendra produdive comme toutes celles des autres quartiers 5 qu'il
rentrera une fomme confidérable au Roi, par les droits qui feront perçus pour
les denrées importeés & exportées 5 que les habitans augmenterent leur fortune >
qu'ils fortiront de leur malheureux état, fe libéreront, & acquéreront en même
temps de l'aifance , & leur tranquillité; que le commerce national trouvera
les moyens de s'étendre par la fuite dans cette partie, & de fe remplir des
fommes qu'elle peut lui redevoir,
'il
rentrera une fomme confidérable au Roi, par les droits qui feront perçus pour
les denrées importeés & exportées 5 que les habitans augmenterent leur fortune >
qu'ils fortiront de leur malheureux état, fe libéreront, & acquéreront en même
temps de l'aifance , & leur tranquillité; que le commerce national trouvera
les moyens de s'étendre par la fuite dans cette partie, & de fe remplir des
fommes qu'elle peut lui redevoir, --- Page 247 ---
(45)
:64écljes, le vp nacnime des labirns
Toutes ces confidléracions mirerpens
introdudtion libre de Ncis, l'intima confance o. nous fommes qu'elle
fur une le mcilleur effet, que le Commerce de France ne fera, pour tin temps,
opérern
denner enfuite
d'activité & de conque celier fes cpérations, 3 pour leur
plus
filance, & qu'enfin la partie du Sud va faire fortit de fon fein des richefles
dont le Roi, les habitans & le Commerce tireront les plus grands
immenfes >
Général & Intendant, en vertu des pouvoirs à nous confiés s
avantages; nous
ftatué, ordonné 2
& fous le bon plaifir de Sa Majefté, avons provifoiretnent
ftatuons Sc ordonnons ce qui fuit; favoir :
ARTICLE PREM I E R.
A
du premier Aoit 178g,jufqu'au premier Aoit 1794 , les Bâtimens
compter du
de foixante tonneaux & au dellus, 2 feront admis dans les
Errangers, Jérémie port les
&
avec les Noirs, farines, , bois de touté
Ports de
s Cayes Jacmel,
efpèce, de charbon de terre, les animaux-&: beftiaux vivans de toute nature ,
les falaifons de beeufs, de porcs, de morues & de poiffons , riz, mais, légumes s
cuirs verds en poil ou cannés , pelleteries, réfines & goudron, & pourront y
décharger & commercer lefdites marchandifesART IL
Toute la partie du Sud profitera de l'introduétion des Nègres , & autres objets
détaillés dans l'article ci-deffias 2 jufques & y compris les Paroiffes de Saint-Mid'Aquin, de Baynet, de Jacmel & des Cayes de Jacchel du Fonddes-Negres,
Paroiffes
mel. Les habitans des fafdites Paroiffes pourront, > ainfi que ceux des
de TAnfe-à-Veau du petit trou des Baradaires, de Jérémie, du Cap Dame-Marie , de Tiburon, des Cotteaux, Torbek > des Cayes, Cavaillon 8 SaintLouis, fe pourvoir de Nègres & autres objets mentionnés dans l'Article gremier,
arriveront dans les, trois Ports d'Entrepôt de Jérémie , des Cayes & de Jacmel,
qui
àla charge de fe conformer aux difpofitions de la préfente Ordonnance, , fur le tranfdes Nègres dans les autres quartiers - 3 & fous les peines y portées, dont
port
fera fait mention ci-après.
ART. III
Les Armateurs François, foit du Royaume 3 foit des Ifles & Colonies Françoifes,
voudront concourir à l'introdudtion des objets indiqués dans l'Article premier,
qui
y feront pareillement admis.
qui
àla charge de fe conformer aux difpofitions de la préfente Ordonnance, , fur le tranfdes Nègres dans les autres quartiers - 3 & fous les peines y portées, dont
port
fera fait mention ci-après.
ART. III
Les Armateurs François, foit du Royaume 3 foit des Ifles & Colonies Françoifes,
voudront concourir à l'introdudtion des objets indiqués dans l'Article premier,
qui
y feront pareillement admis. --- Page 248 ---
(46)
ART. I V.
Le payement des Negres, & autres objets qui feront vendus par les Etrangers aux habitans de la partie du Sud, compris dans la ligne de démarcation,
pourra fe faire en fucre , ou autres denrées de la Colonie,
Ar T. V.
'T'outes les marchandifes > dont l'importation & l'exportation font permifes à
l'Erranger, par les Articles premier & quatre dans les fufdits trois Ports d'Entrepor, feront foumifes aux droits locaux érablis, & payeront en outre un pour
cent de leur valeur, à l'exception des Noirs qui ne payeront point ce dernier
droit d'un pour cent > & aufli à l'exception du droit d'entrée fur la morue & le
poillon falé, qui fera réduit à trois livres par quintal.
A R T. VI
Les Bâtimens Etrangers payeront pour tout droit d'entrée dans lefdirs Ports a
quarante-cinq livres pour chaque téte de Noirs qu'ils y apporteront.
ART. VII
Les Bâtimens Etrangers feront affujettis au payement du droit d'Occident pour
les marchandifes qu'ils exporteront de la partie indiquée par l'Art. 2, & tel que
les Bâtimens François le payent en France pour les denrées coloniales qu'ils y
importent,
ART. VIII
Tout Bâtiment Etranger fortant des trois Ports d'Entrepôt 2 fans avoir payé les
droits ci-deflus mentionnés dans les trois précédens Articles, & qui fera pris par les
Bâtimens de Sa Majelté, ou autres commis à cet effet, fera conduit dans un des Ports
d'Amirauré, > pour y être dénoncé, &: condamné à la confifcation, &: à une
amende de trois mille livres tourncis.
ART. I X.
Les Bâtimens François, foit du Royaume, foit des Ifles &c Colonies Françoifes, paycron: pour l'imporration & exportation des marchandifes défignées dans
l'Ar. Ier, les droits locaux érablis. Jls ne payeront aucun droit d'entrée pour
les Nègres, ni le droit d'Occident qu'ils font dans le cas de payer en Europe,
condamné à la confifcation, &: à une
amende de trois mille livres tourncis.
ART. I X.
Les Bâtimens François, foit du Royaume, foit des Ifles &c Colonies Françoifes, paycron: pour l'imporration & exportation des marchandifes défignées dans
l'Ar. Ier, les droits locaux érablis. Jls ne payeront aucun droit d'entrée pour
les Nègres, ni le droit d'Occident qu'ils font dans le cas de payer en Europe, --- Page 249 ---
(47)
A R T. X.
deborqrent des Nigres & autres cbjets, dans
Tout Biiient Etranger , pris
d'autres lieux de ln Colonie, que coux délignés dans YAricle Ier, fera confiiqué,
& condamné à une amendo de so,coolivres, argent de la Colonie,
ART. X I.
Pour afurer l'offer des amendes mentionnées danslesArticles' VITTCX,ont
Caricaine de Bitiment Etranger fera tont d'avoir un Correfpenden: François,
défignés dans TArice I. qui fcic
à fen arrivée dans un des Pors d'Entrepor,
dans le casde le cautionner pour cet cbjst, lequel cautionnemsent s'éteindra de
plein droit un mois après le départ du Biiment da Port cû il aura fourni ladite
caution.
ART. XIL
Tont Nègre provenant de T'introdudion 5 appartenant aux Navires Exrangers
& qui fera pris hors des limites érablies par P'Article II, fora confifqué aut profir
du Roi. Pour cet efet, les Capitaines des Batinens Eangers feron: cbligésy
dans le délai de dix jours, à compter du jour de leur arrivée dans Uir des Ports
d'Entrepôt, de faire étamper tous les Nègres de leurs cargaifons des trois lettres:
lifibles J. P. S. & fi dans le ffdit délai, lefdits Nègres re font point étampés,
ils feront pareillement confifqués au profit du Roi.
A R T. XIIL
Tout Nègre provenant de lincrodudtion, , qui fera trouvé hors des limites
établies par l'Article II ches des habitans, autres que ceux dénommés audit Article, & à eux appartenant, fera confifqué au profit du Roi, & le Propriétaire condamné > par corps, à une amende de qniuze cents livres applicable aux
hôpitaux de k Providence, du Port-au-Prince & du CapA R T. XIV.
Tout Bâtiment Etranger s arrivé dans un des trois Ports d'Entrepôt, pourra
en repartir avant l'expiration de huit jours , avec des nouvelles expéditions pour
un autre des fufdits Ports d'Entrepôt défignés dans la préfente Ordonnance,
A R T. X V.
I fera établi danis chacun defdits Ports d'Entrepôt, un nombre fuffifant de
pitaux de k Providence, du Port-au-Prince & du CapA R T. XIV.
Tout Bâtiment Etranger s arrivé dans un des trois Ports d'Entrepôt, pourra
en repartir avant l'expiration de huit jours , avec des nouvelles expéditions pour
un autre des fufdits Ports d'Entrepôt défignés dans la préfente Ordonnance,
A R T. X V.
I fera établi danis chacun defdits Ports d'Entrepôt, un nombre fuffifant de --- Page 250 ---
(43)
Commis, pour recevcir les déclarations des cargaifons, qui feront faites par les
Copitaines, lefquelles déclarations ils enregifreront fur un regiflre qui fera tenu
à CEr offe,Ils veilleron: encore à l'exécution des difpeticions des Articles V, VI,
VII ee XII, & 12 délivreront de permis de fortir du Port, qu'après qu'ils fe
foront alfurés qu'clles ontété remplies.
AR'T. XVI
Les Capitaines des Navires Etrangers, outre les déclarations qu'ils foront aux
Comnis des Bureaux d'Entrepor, les feront pareilloment au Greffe de l'Amirauré; ils remplirent d'ailleurs toutes les formalités d'Ordonnance, repréfenteront
leurs connoiffemens & chartes parties.
A R T, X VII
Le produit des amendes & confifcarions Prononcées par lesArticles VIII ,
X, fera attribué, moitié aux Rei, mcitié aux Commis qui auront provoqué la
faific, fle délit a licu dans les Ports d'Entrepôr, Au contraire, fi les Navires pris
en fraude, l'ont été par les Vailleaux & Bitimens de S. M. la toralité dudit
produit appartiendra au Commandant, Etat-Major & Equipages preneurs, fauf
la réduétion , dans tous les cas, des frais de Juftice, des droits de l'Amiral &
des Invalides. Loriqu'il y aura des dénonciateurs, un tiers du même produit
fera prélevé à leur profit.
A RT. XVIII,
Faitons très-exprefles inhibitions & défenfes à tous François des Ifles fous
le Vent, de prèrer leur nom à des francifations fimulées de Bàrimens Etrangers
fous pcine de 3000 livres d'amende, , applicables aux hopitaux de la Providence,
du Pore-au-Prince & du Cap, fans préjudice de la confifcation dadit Bâtiment
ordennée par les divers Réglemens intervenis fur le fait de la navigation. Enjoignons ajx Procureurs de S. M. ès Sièges des Amiraurés, de faire à ce fujet
routes pourfuites & diligences cqntre les contrevenans, à peine d'en répondre,
A R T. XIX
Seront au furplus exécutées les difpofitions des Lettres-Patentes du mois
d'Octobre 1727, & des Ordannances & Réglemens fubfequens, concernant le
Commerce Erranger dais les Ifles &E Colpnies Françoifes, en ce qui n'y eft pas
dérogé par la préfente Ordonnance, qui fera enregiftrée au Grefte de lIntendance,
impriée, publiée & affichée par-tour oû befoin fera,
Prions
au furplus exécutées les difpofitions des Lettres-Patentes du mois
d'Octobre 1727, & des Ordannances & Réglemens fubfequens, concernant le
Commerce Erranger dais les Ifles &E Colpnies Françoifes, en ce qui n'y eft pas
dérogé par la préfente Ordonnance, qui fera enregiftrée au Grefte de lIntendance,
impriée, publiée & affichée par-tour oû befoin fera,
Prions --- Page 251 ---
(42)
Prions MM. les Officiers du Confeil-Supérieer de Saint-Domingue de la faire
pareillement enregiftrer en leur Greffe, imprimer & afficher par-tout oà befoin
fera, & mandons à ceux des Jurifdictions de leur reffort de tenir la main à fon
>
exécution.
Donné au Port-au-Prince, fous le fceau de nos armes & le contrefeing de
Mai
DUCHILLEAU, Par M. le Général,Jpré
notre Secrétaire, le 9
1789. Signé
BONHOMME.
Enrégiftrée au Greffe de l'Intendance des Ifles Françoifes de.1 l'Anérique fous
le Vent. Au Port-au-Prince le 9 Mai 1789. Signé SENTOUT.
Regiftrée a été la préfente Ordonnance au Greffe du Confeil-Supétieur de
Saint-Domingue, oui & ce requérant le Procureur-Général du Roi, pour être
exécutée felon fa forme & teneur, imprimée, publiée & affichée par-tout ot
befoin fera, & capies collationnées d'icelle envoyées dans ies Sénéchauffees. &
Amiraurés du relfort , pour y ètrep pareillement lues, publides,regitrées & affichées;
du
du Roi d'y tenir la main, &: d'ew
enjoint aux Subftituts Procureur-Général
certifier la Cour au mois, fuivant l'Arrêt de ce jour.
Fair au Past-au-Prince, en Confeil, le II Mai 1789. Signé BONVALLET,
G
capies collationnées d'icelle envoyées dans ies Sénéchauffees. &
Amiraurés du relfort , pour y ètrep pareillement lues, publides,regitrées & affichées;
du
du Roi d'y tenir la main, &: d'ew
enjoint aux Subftituts Procureur-Général
certifier la Cour au mois, fuivant l'Arrêt de ce jour.
Fair au Past-au-Prince, en Confeil, le II Mai 1789. Signé BONVALLET,
G --- Page 252 ---
5o 1
No. X V.
A R R E
T
D U: C O N S E IL D' E T A T
DU R O I,
Qvr caffe & annuile une Ordonnance du Gouverneur général de
Saint-Domingue , du 9 Mai dernier > laquelle accordoit aux
Etrangers la liberte du Commerce pour la partie du Sud de
Saint-Domingue.
Du 2 Juillet 1789.
Extrait dcs Regiftres du Confeil d'Etat.
LERor s'étant fait repréfenter une Ordonnance du Gouverneur général de
Saine-Domingue , en date du 9 Mai dernier > portant permiflion aux Navires
étrangers d'introduire dans les Ports des Cayes, Jérémie & Jacmel, à compter
du premier Août prochain, pendant cinq années confécutives, des Noirs, farines
& autres objets, dont profitera toute la partie du Sud, & dont le payement
pourra fe faire en fucre ou autres denrées de la Colonie ; Sa Majefté a recomu
que cette Ordonnance eft tour-à-la-fois incompétente > irrégulière &: préjudiciable au Commerce de France. Elle eft incompétente > non feulement par le défaur
de pouvoir de la part de l'Adminiftrateur qui l'a rendue, imais encore par la
défenfe que lui en failoient fes pouvoirs mêmes > confignés, & dans fcs inftructions, & dans les Ordonnances concernant le Gouvernement civil, & dans les
Réglemens intervenus fur le fait du Commerce étranger. Elle eft irrégulière >
comme émanée de l'autorité du Gouverneur général feul, tandis qu'elle a pour
cbjet un des peints les plus importans de l'adminiftration commune entre lui &
lIntendant > Co-adminifrateur de la Colonic. Enfin, elle eft préjudiciable aux
intérêts du Commerce national > puifqu'elle le repoulle réellement de la partie du
le Gouvernement civil, & dans les
Réglemens intervenus fur le fait du Commerce étranger. Elle eft irrégulière >
comme émanée de l'autorité du Gouverneur général feul, tandis qu'elle a pour
cbjet un des peints les plus importans de l'adminiftration commune entre lui &
lIntendant > Co-adminifrateur de la Colonic. Enfin, elle eft préjudiciable aux
intérêts du Commerce national > puifqu'elle le repoulle réellement de la partie du --- Page 253 ---
(31)
Sud,quoiqu'elle paroiffe l'y admettre en concurrence avec T'Etranger, contie les
Prix duquel il lui feroit impofible de lutter,
Indépendamment de ces vices frappans. 2 ladite Ordennance renferme encore des
difpofitions dont le contre-coup feroit funefte à la Mérropcle, foit, rar la liberté
qu'elle ouvre d'une exportacion illimitée de denrées celoniales au dehors, foic
par l'impuiffance des moyens qu'clle emploie, 3 pour empécher que les deux autres
parties de la Colonie ne participent cn fraude à l'introdudion ou à l'exportaticn
étrangère. Les tableaux d'accroiffement qui ont éré mis fous les yeux de Sa Majefté, conftatent d'ailleurs qu'il n'y avoit pas de prétexte pour ouvrir aufli fubitement de nouveaux Ports aux Nigres & aux denrées de traite étrangire. Lencmbre des Efclaves a cenfidécablement augmenté dans la partie du Sud, & pendant
la guerre, & depuis l'époque de la paix. Isy eft accru plus fenfiblement encore
par l'effet de la prime de deux cents livres par tête de Noirs d'introduétion
françoife, établie par l'Arrêt du Confeil de Sa Majefté, du 25 Septembre 1786.
Quant aux farines, f la difette qui s'eft fait reffentir en France, depuis quelques
mois, étoit un motif légitime pour admettre, momentanément à Saint-Dominfarines Américaines,
les Adminiftrateurs y avoient pourvu, & Sa
gue: > les
déjà
qu'ils
Majelté avoit appronvé la plus grande partie des difpolitions provifoires
avoient faites à cet égard; mais aucune confidération ne devoit porter le Gouverneur général des Ifles fous le Vent, à étendre cette faculté jufqu'au terme de
cinq années. Il ne pourroi: donc réfulter d'un Réglement fi contraire aux principes
conftitutifs des Colonies, que des pertes inappréciables pour les places du Commerce du Royaume. Sa Majefté leur doit protedtion & encouragement > ainfi
qu'aux Cultivateurs des établilfemens coloniaux, & c'eft en maintenant entre eux
un juite équilibre de faveurs & d'appui, qu'Eile cherchera toujours à affurer
leurs intérêts refpectifs. A quoi. voulant pourvoir : oui le rapport 3 & tout confidéré: : LE Ror ÉTANT EN SON CONSEIL, a callé & annullé, calle & annulle
l'Ordonnance du Gouverneur général de Saine-Douingue, du 9 Mai dernier 5
fait défenfes à tous Adminiftrateurs en chef d'en rendre de femblables à l'avenk :
ordonne que les Lettres-Patentes de 1727, l'Arrêt du 30 Août 1784 2 & tous
autres Réglemens de Sa Majefté, concernant le Commerce national ou étranger,
continueront d'être exécutés fuivant leur forme & teneur; > & aux peines y portéss,
fi le cas échet.
jufqu'à ce qu'autrement il en ait été ordonné par Sa Majefté,
y
Autorife cependant les Gouverneur général & Intendant de Saint-Domingue à
trois mois au
à compter de la
fixer un délai, lequel ne pourra excéder
plus,
date de l'enregiftrement du préfent Arrèt, pour l'admiflion des bâtimens étrangers
dans les Ports défignés en ladite Ordonnance du 9 Mai dernier > afin de ne pas
G ij
ce qu'autrement il en ait été ordonné par Sa Majefté,
y
Autorife cependant les Gouverneur général & Intendant de Saint-Domingue à
trois mois au
à compter de la
fixer un délai, lequel ne pourra excéder
plus,
date de l'enregiftrement du préfent Arrèt, pour l'admiflion des bâtimens étrangers
dans les Ports défignés en ladite Ordonnance du 9 Mai dernier > afin de ne pas
G ij --- Page 254 ---
(52)
confirter ci perte ceux d'entre los Armateurs Etrangers qui fe feroient livrésaux
fpréculaticns permifes par ladite Ordonnance i enjoignant 3 au furplus 9 tant
auxdits Adminiftrateurs en chef, qu'à tous leurs fubordonnés militaires & civils,
de veiller, avec le plus de foins, précautions & févérité poilibles, à ce qu'il
abufé de la tolérance de Sa Majefté à ce fujet. Sera le préfent Arrêt
ne foit point
du Confeil-Supérieur de Saint-Domingue > lu, publié, imenregiftré au Greffe
où befoin fera. Fair au Confeil d'Etat du Roi,Sa
primé & affiché par-tout
Majefté y étant, tenu à Verfailles le deuxJuillet mi fept cent quatre-vingt-menf.
Signé LA LUZERNE.
de la tolérance de Sa Majefté à ce fujet. Sera le préfent Arrêt
ne foit point
du Confeil-Supérieur de Saint-Domingue > lu, publié, imenregiftré au Greffe
où befoin fera. Fair au Confeil d'Etat du Roi,Sa
primé & affiché par-tout
Majefté y étant, tenu à Verfailles le deuxJuillet mi fept cent quatre-vingt-menf.
Signé LA LUZERNE. --- Page 255 ---
(53)
N". XVI
Avis motivé de M. BARBÉ DE MARBOIS, Intendart à la
Scance du 22 Mai 1789 du Confeil-Supérieur de Saint-Domingue,
euregifiree fur fa demande.
Ausouns'ner, onze Mai mil fept cent quatre-vingt-neuf, > la Cour étant et
féance, & délibérant fur le nouveau régime propofé par M. le Gouvernéur
l'admiflion des Etrangers dans la partie du Sud de la Colonie,
général, pour
M. de Marbois, Inténdant, Premier Préfident, a dit :
M E S SIEU R S,
Le maintien, l'exécution des Loix de Sa Majefté, relatives à la Colonie de
Saint-Domingue, eft fpécialement confié atix Adminiftrateurs. Les Lettres-Patentes
du mois d'Oétcbre 1727 leur font un devoir de les garder & conferver, & attribuent même une Jurifdiction encore plus particulière à l'Intendant en matière
Mes inftruétions , & nombre de Lettres miniftérielles, >
de commerce étranger.
C'eft donc par une fuite de l'obéiffance que
contiennent les mêmes difpofitions.
de concourir
je dois à la Loi & au Roi, que j'ai déclaré qu'il m'eft impolible
il eft contraire à une multitude de Loix polit.ves,
à l'aéte qui vous eft préfenté;
la
émanées de Sa Majefté, auxquelles il m'eft interdit; > de la manière plus expreffe,
de déroger. Nous pouvons faire des Réglemens;, mais je ne penfe pas que nous
puiffions faire des Loix : il eft conftant que nous ne pouvons changer celles
du Souverain, & tout ce que nous ferions à cet égard fercit radicalement nul.
Les Conftitutions coloniales font fous VOS yeux > & j'en cite les difpofitions.
& Intendart > veilleront à ce qu'il ne
>7 Les Gouverneur > Lieutenant-Genéral
I'entremife des Sujets de S. M.,
ss foit fait aucun commerce étranger, foit par
leur enjoint au
S. M. de veiller à
9>
ou de ceux des autres Nations;
furplus
>y l'obfervation desRéglemens fur le fait du Commerce, & à tout ce qui pourra
de tout ce
des
l'augmenter, & de leur donner avis fur le champ
qu'ils jugeront
&c
de la Colonie, , à l'effer
5o voir y être réformé ou fait pour le bien I'avantage
ujets de S. M.,
ss foit fait aucun commerce étranger, foit par
leur enjoint au
S. M. de veiller à
9>
ou de ceux des autres Nations;
furplus
>y l'obfervation desRéglemens fur le fait du Commerce, & à tout ce qui pourra
de tout ce
des
l'augmenter, & de leur donner avis fur le champ
qu'ils jugeront
&c
de la Colonie, , à l'effer
5o voir y être réformé ou fait pour le bien I'avantage --- Page 256 ---
(54)
s d'y être par el'e pourva sinli qu'ii ar siendra c6, (Ordlonnance du preinier
Février 1766.) > Ne pourront néarmoins leidi : Couvemeur, Lieurenant-Cenéral
3> & Intendant , faire aucuns Réglemens de police centraires aux difpcfitions des
>) Edits , Déclaratiens , Réglemens émanés de' Sa Majefté, & enregitrés aux Cun-
>> feils-Supérieurs > faufà propofer à Sa Majefté les changemens qui leur parci-
>> tront nécellaires > pour y être par elle pourvu ainfi qu'eile avifera bon être c,
(Ordonnance du 22 Mai 1775).
Cet aéte eft, d'ailleurs, incomplet, puifqu'il eft l'ouvrage d'un feul Adminiftrateur, & que, par fon objet, il appartient éminemment aux pouvoirs communs.
Je pourrcis, je devrois peur-être m'arrèter ici, Meffieurs, 8c me borner à
avoir prouvé que nous n'avons pas le pouvoir de détruire ainfi , & dans un infrant l'ouvrage de trcis Rois, de leurs fages Confeils, & les travaux de plus d'ua
fiècle. Mais, prifque les confidérations politiques ont paru influer fur l'opinion
de quelques-uns de vous, l'efpcir de répandre un nouveau jour fur cette queftion me détermine à vous faire connoître mes principes concernant le régime
prohibitif, &c fur cotte matière en général. Vous m'avez vu, pendant trois ans
& demi, actif à la pourfuite des contraventions du commerce étranger, & les
déférer, fans aucun ménagement, à la Juftice dont vous êtes les Miniftres. Eh
bien > Meflieurs > j'abhorre du fond de mon cceur ces principes exclufifs, ces
jaloufies, CCS rivalités nationales ; & je fuis fermement perfuadé que la liberté
du commerce, & la communication univerfelle de tous les Peuples du Monde,
font les moyens les plus affurés de procurer le bien général, > &c de faire atteindre toutes les Nations de 'Univers au plus haut point de profpérité auquel leur
génie, le climat & le fol qu'elles habitent leur permettent d'afpirer. Mais les
Nations fe furpaffent réciproquement les unes les autres dans quelques branches
de commerce ou d'induftrie ; & fi nos Colonies peuvent recevoir chaque article
des Feuples qui peuvent le donner au plus bas prix, fans que, de leur côté >
ils fcient tenus > cu fans même qu'ils aient la liberté de venir prendre chez nous
ceux que nous fommes en état de leur livrer à meilleur compte , il eft manifefte
que le poids que la France mettra dans la balance du commerce des Colonies
fe réduira à ce qu'clle peut leur fournir exclufivement , parce qu'il n'y aura que
fon fol qui le produife. Il y a fur-tout des Nations qui s'ifolent, par leurs
maximes, de toutes celles de I'Univers ; des Nations en poffeffion de toutes les
jouiflances qui peuvent réfulter de ce fyftème. Eiles font encore bien élcignées
de recamoître que l'introdudtion de la liberté donneroit un nouveau développeRient à tous les avanrages dont elles ne jouiflont aujourd'hui que par LN1 état
ivement , parce qu'il n'y aura que
fon fol qui le produife. Il y a fur-tout des Nations qui s'ifolent, par leurs
maximes, de toutes celles de I'Univers ; des Nations en poffeffion de toutes les
jouiflances qui peuvent réfulter de ce fyftème. Eiles font encore bien élcignées
de recamoître que l'introdudtion de la liberté donneroit un nouveau développeRient à tous les avanrages dont elles ne jouiflont aujourd'hui que par LN1 état --- Page 257 ---
(ss)
les fruits de leur ufupaviolent, & qui ne peuvent leur être Otés, parce que même. Je les vois, attentives
tion les mettent en état de protéger leur ufurpation
aufli-tôt; & je ne
à nos mcindres fautes , prètes à en profiter
à nos erreurs,
vive
2 les fuites faneftes qu'aurcit la
puis envifager qu'avec la plus
inquiérude étoit
Un régime prolibicif
mefure qui vous eft propofée s fi jamais elle
du adoptée. fol de leurs Colonies , &
févère leur allure exclufivement tous les bénéfices
On verroit s'élever chez
elles viendroient encore recueillir ceux de nos poflefions.
avec tous les
nouvelles Raflineries , des Manufactures de toutes elfpèces,
elles de
porté au plus haut point l'induftrie, & tous
avantages aflurés à ceux qui ayant
réuniront abondamment les matières preles inftremens des Arts mécaniques > y
du
au contraire, tommières que ces Manufaétures emploient. Celles Royaume, foule dans les
qui leur
beront fuccelivement; &c nos Artifans palferont en
pays
des falaires. La navigation de ces Nations rivales s'étendra aux dépens
offriront
fans
iront peut-être leur en demander : &,
de la nôtre; nos Matelots >
emploi,
Colonie à l'Etranger, > que
s'agit de livrer, pendant cinq années , cette
caracpuifqu'il
celui fur-tout qui a foutenu ce
vous tous , qui êtes bons François, , que la dernière guerre, fongent à ce qui
tère avec tant d'éclat &c de gloire pendant Modération, allifes fur le trône >
arriver pendant cinq ans. La Juftice & la
inpeut
Mais, fi elle éprouvoit quelque
femblent nous préfager une longue paix.
comment
comment la Colonie > comment les Provinçes maiitimes 2
terruption ,
feroient-elles protégées contre une invafion > fi nous
celles même de l'intérieur
s'agiffoit de livrer > pendant cinq ans , la
fommes fans Marine : J'ai dit qu'il
l'aéte propolé
En effet, jamais on ne me perfuadera que
Colonie aux Etrangers.
la Colonie entière, &c que l'on puilfe empêcher effine doive finir par embraffer
les denrées coloniales dans les Ports de la
cacement les Ports non libres de porter
(ans difficulté. Je ne dis rien des
partie ouverte à I'Etranger, qui les exportera
> & de T'impoféprouver la perception du revenu colonial
embarras que pourra
étranger. Il exportera impunément le
fibilité d'empêcher les fraudes du commerce
il
moitié ou le
des denrées qu'il aura déclarées > & ne payera que
double ou le triple
de conftater la fraude > puifque les
tiers des droits; iln'y auroit même aucun moyen avoirlieu chez les Etrangers comme elles
vérifications, au déchargement, ne pourront
grand qu'ilfoit, me paroît exigu >
ont lieu dans le Royaume. Mais cet objet, quelque
dans les termes mêmes
quand il s'agit d'une crife nationale. Refreignons-nons la Colonie; & le relfort de quatre
de l'acte propofé. Dix Jurifdidtions ccmpofent livré aux Etrangers.
doit être, avec les deux tiers d'une cinquième,
une révolution imprévue, les
Heureufes les Nations de l'Univers, fi, par
inftant ! & fi chacune
les
tomboient toutes au même
barrières qui féparent
dans les termes mêmes
quand il s'agit d'une crife nationale. Refreignons-nons la Colonie; & le relfort de quatre
de l'acte propofé. Dix Jurifdidtions ccmpofent livré aux Etrangers.
doit être, avec les deux tiers d'une cinquième,
une révolution imprévue, les
Heureufes les Nations de l'Univers, fi, par
inftant ! & fi chacune
les
tomboient toutes au même
barrières qui féparent --- Page 258 ---
(56)
d'elles, entrant dans la earritre, pouvoient a dégagées d'entraves 3 y combattre
toutes leurs forces > & déployer toutes leurs reffources ! La France n'auavec
y
roit rien à redouter de cette lutre nationale. Mais, en attendant cette époque
fortunée
de maux menacent le peuple s qui, le premier > renverfera les
> que la jaloufie & l'égoiline national ont autrefois pofés ! Seul généobftacles feul que libéral, il donnera continuellement, fans jamais recevoir, & fera
reux, bientôt réduit à l'impuilfance de défendre même les débris de fon ancienne profdiroit-on de l'habitant d'une grande ville, qui, feul, animé de fenpérité. Que
& de confiance, admettroit dans fa maifon tous les Etrangers
timens d'hofpitalité ordonneroit
toutes les portes fullent ouvertes nuit & jour
indiftinétement, >
que
réduisit
veuus 2 Croyez-vous, Meflieurs, qu'à la longue il ne
pas
aux premiers la mifere 1 Vainetent dira-t-on que ces Etrangers feront valoir fon
fa famille à
Et
d'ailleurs, à fa
fol & fes polleflions ; rien n'eit aufli douteux. qu'importe,
les
famille f, pendant cinq années 3 ces Etrangers doivent en confommer tous
& la
dans un état de mifère dont elle ne fe relevera plus :
produits >
précipirer
Pouffons plus loin T'examen d'un fujet aufli grave, & lié par tant de rapports
vaftes intérêts de la Nation. Le régime actuel fublifte depuis un grand
aux plus
vertu de Loix folennellement promulguées; elles font la panombre d'années, Souverain; en
il a dit à fes Sujets : La Colonie de Saint-Domingue
role facrée du
liens &
ceux du
fera unie au Royaume par toutes fortes de
, fpécialement par
Commerce, & le marché oûi s'approvifionnera cette Colonie, celui où elle pourra
fera toute la France même. Nos Rois ont depuis adopté des
gaire fes ventes,
tandis les
refufent l'entrée de leurs Colonies
amaximes plus libérales, , &
que Anglois
dont ils redoutent la concurrence. > trois Ports d'Entrepôt ont été ouà tous ceux
& fepr à huit cents de leurs vaiffeaux
verts aux Etrangers à Saint-Domingue >
étonnante laiffe encore aux Naarrivent annuellement]: majs cette activité
y
des Loix coloniales auxtionaux) les moillons les plus abondanres; ceux-ci,furla-foi.
&
le Légiflateur feul peut porter la main , forment leurs fpéculations >
quelles
infruétueufes, fuflent-elles mèmes ruineufes, ils ne peuvent s'en
fi elles font
à des événemens fupérieurs qui ont déconcerté
prendre qu'à leur impéritie, ou
les combinaifons de leur prudence. Mais rappelons-nous que quatesinge-dis-mille
trois ans
le Commerce de France dans
Efclaves ont éré introduits depuis
par
fera
Colonie, & il eft vraifemblable que le nombre importé cette année ne
cette
Armateur de Nantes, plein de confiançe
pas moindre que les précédentes; qu'un
dans la conftitution donnée aux Colonies, - certain qu'elle ne peut être changée
fans qu'il ait été averti d'avance par le Souverain lui-même qui en a polé les
d'une confiance trompenfe, exfondemens; que cet Armatcur , dis-je > rempli
pédie
a
Colonie, & il eft vraifemblable que le nombre importé cette année ne
cette
Armateur de Nantes, plein de confiançe
pas moindre que les précédentes; qu'un
dans la conftitution donnée aux Colonies, - certain qu'elle ne peut être changée
fans qu'il ait été averti d'avance par le Souverain lui-même qui en a polé les
d'une confiance trompenfe, exfondemens; que cet Armatcur , dis-je > rempli
pédie --- Page 259 ---
t57)
traiter à la côte d'Afique, d'oit il fe
pédie en ce moment un vailleau pour à Jérémie. Ila été inftruit par fos
rendra, ou aux Cayes, ou à Jacmel, ou vendre fa
du prix preCorrefpondans des prix auxquels il pourra
cargaifon,-& mais il arrive en Aoit ou
bable des denrées coloniales qu'il chargera en retour 5
foudainement. Il
& une révolution inattendue le frappe
Septembre prochain 7 diminuée de vingt à vingt-cinq pour cent par Y'afluence de
trouve la marchandife
concurrence 5 & d'un autre coré, les denrées COtoutes les Nations admifes à la
il perla même caufe, une augmentation proportionnée;
loniales ont éprouvé, par
cent fur les envois , & aurant fur les retours 5
dra donc vinge à vingt-cinq peur
lui ont
des fonds pour des
il eft ruiné ; & fa famille , fcs affociés, ceux qui infortune. prété Celui-ci avoit préparé
fon
entreprifes fagement conçues > partagent
font templis, & les marchandes expéditions de la même nature : fes magafins
les attend. La nouvelle
difes font fur le point d'être portées fur le vaiffeau qui far de fa ruine, foit quil
farale arrive > & il s'arrête tout-a-coup, également lié
une fuite d'affaires anexpédie, fcit qu'il n'expédie point. Un autre 2 dans par la Colonie, ce cercle qui
à parcourir avec fes débiteurs
ciennes, > s'attend
dette tandis
les mêmes habitans en
confifte à recevoir le payement d'une
>
que être
fi des Etrancontraétent de nouvelles avec lui; mais la chaine va
rompue, fans de grandes diffifa place. Et non feulement il ne pourra >
de fa
gers prennent
les anciennes dettes > mais il fera encore embarraffe
cultés, , faire acquitter
très-grande perte. Qui indemnifera ces
cargaifon, , & il ne pourra la vendre Sera-ce qu'à la Nation : Ah ! ne troublons point,
malheureux de ce défaftre imprévu ? celle des hommes fages qui s'occupent en
par l'opération qui nous eft propofée > Gardons-nous d'un changement qui tend
ce moment à guérir les maux de l'Etat. du
, & à diminuer- les
à faire pafler chez l'Etranger les capitaux Royaume
elle
avoir de fupporter les charges que peut-être
moyens que la Nation pourra
de Saint-Domingue avec l'agriculture > les
s'impofe préfentement. Les-rapports
du Royaume, font fi mulripliés 9
manufactures, la navigation & le commerce
fentit le contre-coup de l'adqu'il n'eft pas une feule de fes Provinces qui ne
d'une
de leur
miflion des Etrangers ; elles le fentiront, par ia cellation du partie prix de tourer,
d'exportation; elles le fentiront, par f'augmentation
le
commerce
fe confomment dans l'intérieur du Royaume; elles
les denrées coloniales qui
des cinq années > parce que les
fentiront encore long-temps après l'expiration
de grandes fommes >
Etrangers, créanciers de la Colonie à cette époque, , pour
&c
de fait leur privilége , par l'im-,
ne quitteront pas aifément prile, prolongeront leurs liaifons avec leurs çom
puiffance od ils tiendront les habitans de reprendre
patriores.
fe porter. vers la Métropole, la
Mais, tandis que mes inquiétudes paroiffent
H
que les
fentiront encore long-temps après l'expiration
de grandes fommes >
Etrangers, créanciers de la Colonie à cette époque, , pour
&c
de fait leur privilége , par l'im-,
ne quitteront pas aifément prile, prolongeront leurs liaifons avec leurs çom
puiffance od ils tiendront les habitans de reprendre
patriores.
fe porter. vers la Métropole, la
Mais, tandis que mes inquiétudes paroiffent
H --- Page 260 ---
même de la Colonie qu'il s'agit de favorifer ne doit-elle pas pluror en être
partie
I'cbjet? Qui m'affurera que le Commerce national ne fufpendra pas tout-à-coup
fes expéditions, & que, > d'un autre côté, les Etrangers, ne voyant pcint dans
l'aéte propofé les caraétères d'une Loi folennelle & permanente: > craignant une
révocation immédiate d'un régime paffager, n'oferent hafarder des expéditions
dont l'iffue pourroit leur être funefte : Il arriveroit de la forte que cette partie,
aufli fubitement abandonnée, éprouveroit des révoluticns
fubitement fréquentée,
la règle auroit repris fon
convullives qui ne celleroient que long-temps après que
précaution & refpect à ce que le temps a
empire. Ah! ne touchons qu'avec
confacré; &fi le temps même a rendu les changemens néceffaires > apportons-y
qui furpaffe, s'il fe peut, les règles de la prudence ordinaire;
une circonfpection
fans fecouffès, fans bouleverfer les Loix établies,
que ces changemens s'opèrent
dans le
Eh,
fans contrarier ce qui fe fait, peut-être, en ce moment
Royaume.
où ferions-nous, & dans quelle confufion la Cclonie ne feroit-elle
Meflieurs! en
il arrivcit de France une Loi
pas plongée, fi l'aéte préfenté, une fois enregiftré,
Conflitution exige, &
émanée du Souverain, 2 revêtue de toutes les formes que la
contint des difpofitions contraires à celles de l'établilfement propofé ! Les
qui
& les Etrangers d'Europe fe régleroient d'après le régime preferit par
François
le feul véritable Légiflateur auroit fait connoitre
cette nouvelle Loi, par laquelle
&ils trouveroient une autre Loi,
fa volonté; ils s'expédieroient en conféquence,
dans
en arrivant dans la Colonie. Quelle fera alors votre règle
un autre régime
? dans ceux entre les Parties 2 Sera-ce la Loi du Soules procès en contravention
L'une
l'autre continuera de
verain ? fera-ce l'aéte qui vous eft propofé ?
permet,
délit dans
fera
par l'autre : les peines prodéfendre; ce qui eft
l'une,
approuvé
2 Peutnoncées feront également différentes. A quelle mefure vous arrêterez-vous
être fuis-je coupable en paroiffant en douter.
ou Oétobre > il furvient un Arrêt du Confeil de Sa MaEt fi, en Septembre
l'ancien état des
jefté, qui caffe tout ce qui auroit été fait, comment rétablir
chofes fans
d'une multitude d'individus compromis par les changemens ?
>
préjudice
incertains du parri à prendre, & ne (çauront
Les Navigateurs feront long-temps
effroi
le
de YAdminifraticn leur caufera un
, que temps
oh fe porter. L'entreprife Je
de la chute des villes du Cap & du Portfeul pourra faire celfer. ne parle pas
devenir des
Jérémie, Jacmel, vont
Entrepôts
an-Prince, aux dépens defquelles
le déplacement
importans. Je ne parle pas de la perte qui fuivra néceffairement
été
des individus & des capitaux, lorfque la volonté du Souverain aura
manifeftée. Enfin je ne puis, à la fuite d'auffi grands intérêts > parler du fort des
Commis & Employés de toute cipice > qu'exigeroit le nouveau régime, & que
la réforme laiffera fans état,
Entrepôts
an-Prince, aux dépens defquelles
le déplacement
importans. Je ne parle pas de la perte qui fuivra néceffairement
été
des individus & des capitaux, lorfque la volonté du Souverain aura
manifeftée. Enfin je ne puis, à la fuite d'auffi grands intérêts > parler du fort des
Commis & Employés de toute cipice > qu'exigeroit le nouveau régime, & que
la réforme laiffera fans état, --- Page 261 ---
(59)
Avant de terminer, , j'ouvre l'aéte qui vous eft en ce moment préfenté. Arrè-;
tons-nous aux expreflions qui le terminent : Maintient l'exécution des LettresPatentes d'Odobre 1727, en ce qui n'y efl pas dérogépar cette Ordonnance.
Croyez-vous, Meffieurs , qu'il puiffe dépendre de nous de déroger ainfi à une
Loi aufli folennolle? Sans doûte, mon opinion en cette matière n'eft que le réfulrat ifolé de mes connoillances individuelles; mais elles font appuyées fur tant
de Loix, que je ne puis les abandonner fans violer mon devoir. J'en fuis tellement perfuadé, que je ne pourrois confidérer l'acte dont ils'agit coinme valide,
mêmc après T'enregiftrement, & je ne cellerois pas: , pour cela, de prendre pour
règle ies Loix de Sa Majefté. Je propofe donc dc nouveau à M. le Gouverneur
général , s'il perfife à demander qu'on enregiftre, je lui propofe de renvoyer
l'exécution de cet acte au premier Oétobre prochain : nous aurons de la forte le
temps de recevoir des inftructions, , & les maux que je crains pourront encore.
être prévenus.
Signé DE MARBOIS, 6 porté fur les regiftres du Confeil-Supérieur de SaintDomingue, à la fitite de PArrêt d'enregiftrement de l'adte intitulé : Ordonnance
de M. le Gouverneur général, concernant la liberté du Commerce pour la partie
du Sud de Saint-Domingue,
H ij
étobre prochain : nous aurons de la forte le
temps de recevoir des inftructions, , & les maux que je crains pourront encore.
être prévenus.
Signé DE MARBOIS, 6 porté fur les regiftres du Confeil-Supérieur de SaintDomingue, à la fitite de PArrêt d'enregiftrement de l'adte intitulé : Ordonnance
de M. le Gouverneur général, concernant la liberté du Commerce pour la partie
du Sud de Saint-Domingue,
H ij --- Page 262 ---
(60).
N". XVII
COPIE de la Lettre de M. le Comte DE LA LUZERNE à M. le
Préfident du Comité des Rapports.
Du 5 Mai 1790.
les
des dénonciations que Meffieurs les Députés
Jarr reçu, Monfieur , copies
chefs d'accufation qu'elles
des Colonies Ont faites contre moi. J'ai vu les treize
renferment. Aucun n'eft appuyé de preuves, & l'on s'eft contenté d'annoncer
des pièces juflificatives, fans même
vaguement far prefque tous, qu'on produiroit
fixer le terme où cette production feroit entière.
Les faits allégués font pour la plupart d'une fauffeté fi frappante > que je
l'engagement formel de confondre la calomnie.
puis prendre dès ce moment
il
Mais plus je défire préfenter à la Nation ma juftification complette > plus
de connoitre quelles font les prétendues preuves qu'onr promis mes
m'importe accufateurs. Les principes établis par l'Affemblée Nationale > prouvent affurément
qu'il n'eft pas dans fes intentions qu'il m'en foit refufé copie.
Jevous prie donc , Monfieur > d'ordonner qu'il me foit envoyé des expéditions
authentiques de tout ce qui eft & fera produit contre moi. Permettez même
cette remife n'éprouve aucun retard. La confcience de foique j'infifte pour que
T'homme honnête, ne le difpenfe pas , quand il eft
même qui fait la force de
de
d'inftruire le Public des motifs de fa fécurité. Il me tarde paroitre
accufé,
le
d'une manière fatisfaifante pour lui & pour moi, 5
à fon Tribunal, &j je ne puis
cinq mois enfi je ne connois les preuves que l'on m'oppofe. On a pu depuis d'inftans à donner à
tiers les raffembler à loifir. Quant à moi, je n'aurai que peu
le
eft le vague des inculpations auxma défenfe > & ce qui la retardera plus
quelles je fuis forcé de répondre.
J'ai Fhonnneur d'ètre avec un attachement fincère s Monfieur: 2 votre > &c. --- Page 263 ---
(6x)
N. XVIIL
COPIE de la Réponfe du Préfident du Comite des Rapports,
à M. le Comte DE LA LUZERNE 2 Miniftre 6 Secrétaire d'Etas
de la Marine.
Paris, le 8 Mai 1790.
LE Comité des Rapports > M. le Comte , fous les yeux duquel j'ai mis la
Lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 5 de ce mois > m'a autorifé
à vous faire remettre > conformément à votre demande > des expéditions
authentiques de tout ce qui fera produit relativement aux dénonciations faites
contre vous > par MM. les Députés des Colonies; j'ai en conféquence donné les
ordres néceffaires > & je tiendrai la main à ce qu'ils foient exécutés. Je fuis avec
un parfait attachement, M. le Comte, votre très-humble & très-obéilfant fer:
viteur.
Signè"Ds L Cova D'AMBESIEUX, Préfidenx,
demande > des expéditions
authentiques de tout ce qui fera produit relativement aux dénonciations faites
contre vous > par MM. les Députés des Colonies; j'ai en conféquence donné les
ordres néceffaires > & je tiendrai la main à ce qu'ils foient exécutés. Je fuis avec
un parfait attachement, M. le Comte, votre très-humble & très-obéilfant fer:
viteur.
Signè"Ds L Cova D'AMBESIEUX, Préfidenx, --- Page 264 ---
(6)
No. XIX.
L E T T
R E
Ds M. le Comte DE LA LUZERNE, Minifre de la Marine,. d
M.le Comte DE PEINIER, Gouverneur général des Ifles fous
le Vent.
Paris, le IO Avril 1790.
Cuanet, Monfieur le Cemte, de vous tranfmettre la Proclamacion qui contient le Décret concornant les Colonies, & l'inftruction qui y eft jointe > je vous
fais paller aufli la Lettre du Roi à fes Sujets des Ifles fous le Vent.
Je vous recominande de donner fur le champ. la plus grande publiciré à ces.
pièces, de prendre foin qu'elles foient imprimées fans délai, & répandues aufli-tôt
de votre Gouvernement , de les faire inférer dans les papiers
dans chaque partie
d'ordres du Gouvernement,
publics, en exprimant qu'elles y patoiffenr ep vertu
& qu'elles font authentiques.
le bonheur de
Je regarde 3 en cfiet, comme de la plus haute importance pour
la Colonie & pour celui de la Métropole s que les vûes paternelles de Sa Majefté,
les difpofitions équitables & bienfaifantes de T'Affemblée Nationale, foient conque
nues de- tous les Citoyens, & le foient promptement.
&
Puiffent dans cette Ifle Roriflante que vous gouvernez, des Députés éclairés
zélés
le bien public, fe raffembler d'ici à peu de temps, > & feconder des
pour
intentions qui ne tendent qu'à la rendre heureufe !
Tel a été toujours mon vacu. Vous le trouverez exprimé à chaque ligne dans
la férie entière de ma correfpondance avec vous. J'ai penfe, je penfe encore que
d'une manière
à la Colonie, ,
fa profpérité
le calme ne (era rendu
permanente
que
& fa tranquillité ne peuvent être affurées que par la réunion de fes Repréfentans >
& par l'effet de leurs déiibérations.
Perfonne ne fait mieux que moi, qu'on doit tout attendre du grand nombre
de Citoyens honnêtes , vertueux & bien intentionnés qui peuplent l'Ile de SaintDomingue; mais il eft impollible qu'il ne fe trouve dans cette contrée 2 comme
dans tous les pays de l'univers > quelques Sujets trop juftement fufpects, impa-
peuvent être affurées que par la réunion de fes Repréfentans >
& par l'effet de leurs déiibérations.
Perfonne ne fait mieux que moi, qu'on doit tout attendre du grand nombre
de Citoyens honnêtes , vertueux & bien intentionnés qui peuplent l'Ile de SaintDomingue; mais il eft impollible qu'il ne fe trouve dans cette contrée 2 comme
dans tous les pays de l'univers > quelques Sujets trop juftement fufpects, impa- --- Page 265 ---
(63)
ardens à fufciter des troubles, avides d'en profiter > intieus du frein des Loix ,'
indifférens fur le cheix des moyens, parce que
téreflès à les perpétuer, & fort
liens de l'ordre focial, & qu'ils n'ont
tous leurs projets tendent à diffoudre les
l'efpoir de profpérer eux-mêmes que par le malheur raifon de public. leur activité, & foit par
Quoiqu'en petit nombre, ils peuvent, à foit l'erreur où ils les introl'effroi qu'ils infpirent aux hommes de bien,
par exciter en diffeminant de
duifent > & par la défiance qu'ils favent infidicufement la tranquillité publique ne
faufles rumeurs; ils peuvent , dis-je > empêcher que la concorde, lamour du
renaille, qu'un régime falutaire ne s'érablifle, & que
bien général ne rallient tous les Citoyens vertueux.
la vérité. Que la
coupables il ne faut oppofer d'égide que
A ces intrigues
donnée aux intentions du Roi, aux prinplus grande publicité foit promptement
Nationale; que tous les Colons
cipes de fon Confeil, aux vies de l'Allemblée
Il reftera prouvé julqu'à
Jifent & jugent eux-mêmes en connoiffance de caufe. bonheur, & que le Goul'évidence qu'on ne défire dans la Métrepole que leur
Y'effectuer.
vernement n'a omis aucun moyen pour
parcit qu'on s'cft permis à
Cette publicité eft d'autant plus effentielle, qu'il
&
égarer les efprits > de falffier des pièces importantes,
Saint-Domingue , pour
ce qui étoit notoire dans le Royaume
qu'on eft parvenu même à empêcher que
entier, ne fic connu dans cette Ille.
m'a appris qu'on vous a fait paller
Votre Lettre du 24 Octobre dernier,
écrite, & qui, pouvoit
comme de moi une dépèche que je ne vous ai jamais
à la prufuneftes conféquences. On doit affurément applaudir
entrainer les plus
aucune foi, & je vous invite à être
dence que vous avez eue de n'y ajouter
encore en garde contre de femblables embiches.
des Lettres, parce que
I! eft plus délicat que je m'explique fur l'interception intérellé à m'élever çontre cette meje puis anjourdhei paroitre perfonnellement
Nationale, & funefle à
fure immorale > contraire aux principes de l'Affemblée
la Colonie même.
de prétextes fpécieux > on ne T'a
Quoiqu'on ait cherché à colorer un tel ufage
dont la puréellement introduit que dans l'efpoir de furprendre des dépèches
rendre le Gouvernement odieux s ou du moins le compromettre,
blication pourroit
nombreux de la follicitude de Sa
Jl en a réfulté au contraire des témoignages & du zèle de fon Miniftre à remplir fes
Majeflé pour le bonheur de fes Sujets >
je
&-que
vhes bienfaifantes. Ceux qui fe font permis les violations que cite,
de caraétérifer, fe font donc trouvés réduitss pour s'en difcnlper
je m'abfiens
des Lettres
, à en défigurer d'aur
eux-mêmes. 2 à fapprimer une partie
recueilli interceprées du droit abufif qu'ils s'6tres, à interçréter le refte. Ils ont à la vérité
heur de fes Sujets >
je
&-que
vhes bienfaifantes. Ceux qui fe font permis les violations que cite,
de caraétérifer, fe font donc trouvés réduitss pour s'en difcnlper
je m'abfiens
des Lettres
, à en défigurer d'aur
eux-mêmes. 2 à fapprimer une partie
recueilli interceprées du droit abufif qu'ils s'6tres, à interçréter le refte. Ils ont à la vérité --- Page 266 ---
(64)
toient attribué, un autre genre de fuccès dont ils s'applaudifent peur-èrre mais
qui n'a pas été moins préjudiciable à leurs conciteyens. Il eft aifé de difcelnee
quelques hommes ont fouftrait à la Colonie entière la connoilanc: de ce
qui que fc paffoit en Europe, de ce qui y concernoit fes plus grands intérers ue
la' facilicé de Fabufer leur a été allurée, & qu'i-a dépesdu d'eux d'y leriner
tcut accès à la vérité, en oppofant une barrière impénétrable aux avis & aux
détails muldipliés qui y fercicnt parvenus fans celfe de la mere-patrie.
Voici au refte CC que j'ai répondu fur cet objet à MM. les Colons rénidant a
Paris, qui m'en avoient écrit.
:> Sans doute , Mellieurs, il a réfulté des malheurs publics & privés; il peut
de
encore du
de recherches qui exifte à Saint-
>3 en réfulter plus grands
genre
>> Domingue , de ia faific, de l'ouverture & de la publication non feulement
mais des
même les
lecre-
>> du commorce épiftolaire des particuliers ,
dépèches
plus
s> tes, adrefTees par le Miniftre, en vertu des ordres du Roi, aux Adminiftra-
>> teurs & autres Agens du pouvoir exécutif.
>Je m'en aflige pour le bien de TEtat; mais il s'en faut beaucoup que j'en
fuis loin de craindre
la plus intime
53 fois affligé pour mei-mémc, Certes, je
que
a de mes penfécs foit farprife & divuiguée. Il naitra de cette interception même
>> (qui paroit continuer) une accumulacion des preuves les' plus fotres que je
> puiffe délirer ; il fe trouvera révélé que toutes mes intentions, même fecrètes',
>> n'ont été dirigees que vers l'avantage de ma Patrie, & fur-tout vers le bonheur
>> de la Colonie que j'ai précédemment adminiftrée.
>Je ne m'occuperai pas même à réfuter le commentaire qu'on a appofé à
feul
s'élève allez
)
ma correfpondance en l'imprimant. Le texte
de mes dépèches
7 contre les inductions fauffes qu'on a vouiu tirer, contre les interprétations évis demment forcées qu'on a cherché en vain à y donner. Je m'en rapporte à un
sa arbirre qui depuis cinquante-trois ans ne m'a jamais trompé , à une con2 fcience pires je me repofe fur le temps qui ramène enfin irrefifablement tous
s) les humains à des jugemens équitables $ j'en appelle à cette Colonie môme que
p> j'ai gouvernée , qui m'eft chère, &c 3.
Oui, Monfieur 2 je l'ai toujours perfé , & je le dirai anjourd'hui plus
hautement encore 3 qu'on cefle de ravir à la Colonie qui va s'allembler, les
moyens d'être inftruité de ce qui tient à fes propres intérêts, & je ne fuis allitrément pas inquier de fon opinion fur ce qui me concerne perfonnellement.
J'en ai été Gouvemmeur-Gencral pendant un peu plus de dix-huit mois : la
fuppreflion de l'impôt fur les boucheries accordée par le Roi, d'après la dcmande des Adminiftrateurs, des grands chemins, des ponts, des fontaines, deg
palais de juftice, d'autres ouvrages d'utilité publique conftruits ou commencés;
H
érêts, & je ne fuis allitrément pas inquier de fon opinion fur ce qui me concerne perfonnellement.
J'en ai été Gouvemmeur-Gencral pendant un peu plus de dix-huit mois : la
fuppreflion de l'impôt fur les boucheries accordée par le Roi, d'après la dcmande des Adminiftrateurs, des grands chemins, des ponts, des fontaines, deg
palais de juftice, d'autres ouvrages d'utilité publique conftruits ou commencés;
H --- Page 267 ---
(G5)
modérer les frais de procédure 5 voilà à peu près les feules mneun tarif pour
vations qui foient émanées de moi.
s'eft
ce laps
Toutes les pièces nécelfaires pour conflater ce qûi
paffe Je pen.dant demande qu'on
de temps à Saint-Domingue , s'y trouvent encore raffemblées. conftater mes princi
rechetche jufqu'aux moindres traces des faits qui peuvent
y
des
multipliées de mon zèle pour le maintien
pes; il n'en fordira que
preuves
fcrupuleufe à les refpecter moi-mème
de l'ordre & des Loix , de mon exactitude
& à ne n'en écarter jamais.
eft poffible) mon adminiftraQu'on examine avec plus de foin encore (s'il
vérifie fi
Secrétaire d'Etat depuis les dérniers jours de 17875 qu'on
tion comme
fingulièrement remarquable à cet égard, ou
pendant l'année fuivante > époque
ordre illégal dans les Colonies, > A
même poftérieurement, il a été envoyé un
les
foient
feul aéte d'autorité a été prefcrit pai mei ; que tous regiftres
un
y
croira
fe plaindre > à élever ta voix
compulfés. J'invite tout Citoyen qui
pouvoir
j'ofe le
& à produire des preuves. Le réfultat de cette perquifition frappera, cité conme
prédire, tout homme impartial ; il s'étonnera qu'on ait précifement
le
miniftériel, le temps où la Colonie entière en a été
l'époque du defpotifme
obéi
Loix ; qu'on ait indiqué comme le
plus préfervée > & où elle n'a
qu'aux de la Monarchie ou depuis pluthéatre du pouvoir arbitraire, celle des parties
fieurs années il a été exercé le moins d'actes qui portent ce caractère. euffent été
Je délirerois de plus que tous les habitans de Saint-Domingne
&
j'ai fait de la brochure imprimée au Cap,
témoins du premier ufage que
coloniale, ont été publiées
oà mes Lettres fur la convocation d'une Allemblée
d'inculpation
notes d'improbation. J'ai préfenté au Roi cette efpèce
avec des
l'Affembiée Narionale : je me conduirai de même envers les
je Fai envoyée à
à leur dire, fans y joindre une réflexioh : Lifer, pefez
Colons; je me bornerai
6 juger.
ait réufli à leur fouftraire la connoiffance
Mais, comment eft-il poflible qu'on
très-long-temps
de plufieurs faits importans pour eux-mémes, & notoires depuis
le
dis-je ! de pièces mème imprimées & authentiques,
'dans tout Royaume : que
évidemment n'avoir pu trouver accès
qui ont circulé en France, & qui paroillent
dans la Colonie qu'elles intéreffent le plus.
Alfemvous le favez, dès l'année 1788, qu'une
Il vous avoit été annoncé >
blée coloniale (eroit convoquée en 1789 , au mois d'Oéobre.
demandèrent
de
en furent inftruits, & en
MM. les Députés Saint-Domingue
la fufpenfion par leur Lettre du 19 Juillet dernier.
de l'article de leur déJe vous envoie copie (Voyex pièses jointes no, I.)
I
ie qu'elles intéreffent le plus.
Alfemvous le favez, dès l'année 1788, qu'une
Il vous avoit été annoncé >
blée coloniale (eroit convoquée en 1789 , au mois d'Oéobre.
demandèrent
de
en furent inftruits, & en
MM. les Députés Saint-Domingue
la fufpenfion par leur Lettre du 19 Juillet dernier.
de l'article de leur déJe vous envoie copie (Voyex pièses jointes no, I.)
I --- Page 268 ---
(66)
plche, relatifà cet objet, 8c de l réponfe que je leur adrellai d'après la délibération du Confeil d'Etat, & les décilions qui y furent rendues le 9 Août.
Les termes de cette réponfe ne font point équivoques. Ily a été très-pofitivement énoncé que le Roi étcit difpofé à autorifer dans ITle de Saint-Domingue
(fles Dépurés inffoient pour l'obrenir) la convocation d'une autre Alemblée
compoféel d'une manière purement élodive, mais extraordinaire, provifoire, gai
gfazuan: 6 n'iznovant frer rien J propoferoit à Sa Majeft, ainf qu'a LAF
Foamilés Kationale, tout ce qui paroitroit être avantagens à la Colonie.
Telle a éré la bafe invariable des réfolutions du Roi & du Cenfeil d'Etar,
oi. lar nouvelle demande dont il s'agit a été plufieurs fois porrée & difcutée. Sa
Majefté permit d'ailleurs, fcit à MM. les Dépatés, foit à MM. les Colons réfidant à Paris, de propofer à fon Confeil le mode d'organifation & de compoftion de cette Alfemblée qu'ils jugeroient le plus convenable 3 le Gonvernement
n'ayant fer ce point d'autre défir que de pouvoir conjecturer le vaeu de la
Colonie même, & d'y accéder..
Comment Stint-Domingue ignore-t-il que MM. les Dépurés & MM. lesi CoJons réfidant à Paris, affiftèrent le premier Septembre à un Comité folennel
de tous les Miniftres, où CC mode fur long-temps & contradi@boirement agité 2
A-t-on pu difimuler quie far tout ce qui concerne ce mode, le projet d'ordonnance pour la convocation d'une Affemblée coloniale que Sa Majefté a bien
woulu autorifer, projet que je vous ai fait paffer dès le miois de Septembre dernier,
elt, je ne dis pas fidelement, mais littéralemens même conforme aux dernières
propofitions qui furent adrellées au Confeil d'Erat, & par les Dépurés & par
les Colons qui s'étoient enfin concertés & n'avoient plus qu'un veeu !
On. doit fans doute s'étonner que des faits de ce genre & aufli conftatés,
foient refés jufqu'à ce jour ignorés de la Colonie, qu'on nel lui ait point tranfmis
Ja connoilfance des demandes faites par fcs propres Dépurés, des réponfes qu'ils
ont reçues d'après les décifions du Roi & de fon Confeil. Mais il paroit plus
incroyable encore que le Memoire (voyer pièces jointes, no. Il.-) adrelfé par les
établit les
Miniftres à l'Allemblée Nationale, > le 27 Octobre ( Mémoire qui
pnèmes principes, mais qui d'ailleurs a été imprinié & répandu avec profufion
dans le Royaume enticr) ),n'aitpu; pénétrerdans PIle Saint-Domingue. Des hommes
dignes de foi me l'ont néanmoins allurré, & je ne trouve pas en, effet dans les
Gazertes coloniales, qu'il en ait été fair même une fimple mention.
Ii importe que les pièces que je viens de citer foient connues dans la Colonie
que vous adminiftrez; il importe qu'cile foit inftruite que le Roi , dès le mois
de Septembre > avoit confenti à tott ce qu'il pouvoir réellement lui accorder fans
le concours del'Allemblée Nationale; il importe qu'on y apprenne que l'Aflemblée
en, effet dans les
Gazertes coloniales, qu'il en ait été fair même une fimple mention.
Ii importe que les pièces que je viens de citer foient connues dans la Colonie
que vous adminiftrez; il importe qu'cile foit inftruite que le Roi , dès le mois
de Septembre > avoit confenti à tott ce qu'il pouvoir réellement lui accorder fans
le concours del'Allemblée Nationale; il importe qu'on y apprenne que l'Aflemblée --- Page 269 ---
(67)
avoir été confultée (ur Tenvoi'de fes Décrets dans nos pot
Nationale elle-même S
lui avoit peint l'inconvénient d'y promalguer plnfieurs
feflions éloignées, qu'on à alfurer le bonheur & la liberté des François, >.
de fes décifions, qui tendant
funefte dans les. pays oi l'efcla
produiroient peut-êrre néanmoins une révolution
vage elt établi.
Menfieur, quelle a été la follicitude touchante di
Qu'on connoille donc enfin,
Saint-Domingue fur-tout n'iguore plus les
Roi.pour fos Colonies; que celle-de lui fournir les moyens de propoler à l'Allemblée
foins qui avoient été pris pour
les changemens de régime qu'elle croiroit
Narionale, ainli qu'au Monarque, bienfair, elle en recueillerolc déjà les fruits.,
défirables. Si elle elt profité de ce
feroient parvenues, y. auroient éré acles demandes adreffées à la Métropole y le calme lui feroit rendu 2 un ordre
cueillies & peut-être depuis long-temps
que les mefures infoirées aSa
nouveau y régneroit. On doit fans doute regretter. ainfi dire, qu'a Yarofter,
Majefté par fa prévoyance paréruelle, ne fervent , pour
arc'oneft
& foient d'ailleurs reltées fans cffer. Il eft difficite de concevoirpatqual raifonmable
parvenu à infpirer aux Citoyens de Saine-Domingue, d'autre une défiancepeu vûe que de favorifer la
contre le Gouvernement, 2 qui n'avoit évidemment la
& de.lur procuret
convocation de Repréfentons librement élus par Colonie:
l'avantage de difcuter elle-même (es.intérèts..
ceux quiont
On
donc avoir quelques motifs de craindre aujourd'hui aue
peut
la convocation autorifée par le Roi, n'ufent Ges
déjà réuffi à rendre fufpedte cherchent encore à féduire, pour ainfi'dire, l'opinion
mêmes fuggefions, qu'ils: ne
les effets falutaires que doivent produire les
publique, > pour prévenir Narionale, pareillement & pour empècher une feconde fois la' réunion
Décrets de-l'Affemblée
de toutes les parties de la Colonie.
fi défirable.des Repréfentans
fait vivement défirer que la
Cette confidération. 2 je vous l'avoué > m'avoit tèi envoyée. Je regardois comme
Proclamation du Roi Nous fit beaucoup plus
vous parvenir avant qu'ellés
très-utile que les réfolutions de VAMemblée puffent des efprits mal intentioninés
fullent même préfumées au delà des mers, avant n efforcés que de leur dônner d'avance
puffent en avoir acquis connoiffance 2 & s'ètre les
Cont, armés depuis
faulle
Deux bàtimens deftinés à porter,
une
intérprétation. de Breft. J'ai écrit plufieurs fois, foit'au, Préfident de
un mois dans le Port
Comité chargé de rédiger & de lui préfenter
l'Afemblée Nationale, foit au
délibérations des corps
l'inftraction: : ieaareanes 8c multipliées qui prênnent tous les" 'monombreux , les occupations importantes
mon efpoir.
de la Nation, ont trompé
mens des Repréfentans
qu'il dépend de nous:Ne- perdez pas
Il fauty remédier, M. le Conire,autant
faire inprimer > pour rér
un inftant, dès la réception de mes dépèches, pour
Ii ij
, foit au
délibérations des corps
l'inftraction: : ieaareanes 8c multipliées qui prênnent tous les" 'monombreux , les occupations importantes
mon efpoir.
de la Nation, ont trompé
mens des Repréfentans
qu'il dépend de nous:Ne- perdez pas
Il fauty remédier, M. le Conire,autant
faire inprimer > pour rér
un inftant, dès la réception de mes dépèches, pour
Ii ij --- Page 270 ---
(68)
pandre, comme je vous l'ai déjà indiqué 3 tout ce qui émane du Roi & de
l'Affemblée Nationale, & pour en bien conftater l'authenticité. Je vous demande
perfonnellement & avec la plus vive inftance, 2 de donner la même publicité à cette
font
Cette
eft l'arme la plus
Lettre & aux deux pièces qui y
jointes.
publicité
viétorieufe que I'homme pur puilfe oppofer aux armes viles qu'emploient la malveillance & la délation.
Comrouniquez d'ailleurs à quiconque le défirera ma correfpondance entière >
foit avec vous, foit avec vOs prédéceffeurs. Lespièces exiftent. Quel les faits parlent euxmêmes, mais qu'ils foient connus > mon voeu fera rempli. Les Scrurateurs les plus
févères, & même les moins impartiaux, fe trouveront forcés de reconnoitre, & que
les intentions du Roi ont toujours été paternelles > & que celles de fon Miniftre n'ont jamais ceffé d'avoir pour objet le bien de la Colonje.
Les bornes d'une Lettre m'empèchent d'entrer avec vous dans d'autres détails
du même genre > mais qui ne m'ont pas été pareillement confirmés. On dit que
F'artifice a été poulfe jufqu'à vouloir faire foupçonner aux Colons > que. le Gouvernement avoir cherché à favorifer une commotion fur laquelle je fens même
qu'l feroit dangereux de m'expliquer > puifque je vous prie de rendre ma
dépèche publique. Ces fables abfurdes, & mille autres débitées peut-ètre au
delà de YOcéan, par quelques hommes intéreffes à la confufion générale & à
la diffolution de l'ordre focial, méritent-elles quion s'occupe férieufement à les
refuter 2 Je vous le répète > pour difliper ces nuages 2 faites luire l'éclat de la
vérité. Qu'on s'indigne enfn du voile qui T'a trop long-temps couverte: ; que la
Colonie le déchire elle-même; qu'elle fonde les fondemens des allégations improbables qui y ont été répandues. Il lui fera démontré pâr fes propres recherches, que l'unique vûe du Gouvernement > en attendant qu'un autre ordre de
chofes s'établiffe, a été de contenir les humains, quels qu'ils fiffent, fous l'empire des Loix & des ufages qui les avoient antérieurement régis. Elle fentira qu'il
n'a
être affez infenfé pour défirer le défordre univerfel & la fubverlion des
pu
rèples. Que dis-je 2 iln'a pas diffimulé qu'il eût voulu aut contraire, pour le bonheur & pour la tranquillité des Cclonies, que l'ancien régime y pût fublifter
jufqu'à ce que de concert avec la Métropole, elles euffent elles-mêmes pofe les
hales de la nouvelle Confitution qu'elles jugeront devoir leur être la plus avanrageufe.
Dans les circonftances préfentes ,1 ilm'a paru utile, , M. le Comte, que je m'expliqualfe aufli franchement avec vous fur les principes qui ont dirigé Sa Majefté,
& fur ceux de fon Confeil. On y a confamment applaudi à la circonfpection >
jufqu'à ce que de concert avec la Métropole, elles euffent elles-mêmes pofe les
hales de la nouvelle Confitution qu'elles jugeront devoir leur être la plus avanrageufe.
Dans les circonftances préfentes ,1 ilm'a paru utile, , M. le Comte, que je m'expliqualfe aufli franchement avec vous fur les principes qui ont dirigé Sa Majefté,
& fur ceux de fon Confeil. On y a confamment applaudi à la circonfpection > --- Page 271 ---
(69)
à la fagelle & au patriotifme qui ont caractérifé votre conduite. Le Roi en a
fenti le prix, & m'ordonne de vous en témoigner Ia fatisfaction. Permettez qu'aux
éloges qui vous font dus s je joigne perfonnellement les affurances de l'eftime &
de l'attachement fincère avec lefquels j'ai l'honneur d'être, M. le Comte, votre
très-humble & très-obéilfant ferviteur.
Pour Copie. LA LVZERNE. --- Page 272 ---
(70).
RHOSSO AP
4 = -
S
:
EXTRAIT de la Lettre de Mrs, EXTRAIT de la Réponfe du Minifre, en date
les, Députés de Saint-Do- du 1rAodt 1789, d'apiès les décifions
mingue 2 au Minilre de du Confeil d'Erar, du 9 du méme mois.
la Marine, en date du 29
Juillet 1789.
No. I.
Ius demandent fiufpenfion aëfo- Sa MAJESTÉ 2e a confenti la
Y
à fufpenfion
lue de toute. Anemblée coloniale, que vous avez demandée de toute Aliemblée coloparce que, quelle gd'empuilfeèere nicle, parce que, quelle qu'en puiffe être l'orP'organifationsla Colonieneveut ganifation, la Colonie ne veut & ne doit la
éne doit la cenirque des Décrets tenir que des Décrets de T'Affemblée Naticde LAlemblée Natiozale.
nalc.
J'ai prévenu néanmoins le Roi & fon Confeil, que deptis votre Lettre écrite, vous m'aviez
verbalement rémoigné que vous lui demanderiez
peut-être une Aflembléc extraordinaire, provifcire compofée d'une manière purcment élective, qui ne fatuant & n'innovant fur rien,
lui propoferoit, ainfi qu'à l'Allemblée Nationale, cC qui paroitroit être de l'intérét de la
Colonie. J'ai ajouté que cette requête, fi vous
y infiftiez, méritoit, fur - tout dans les circonftances actuclles, d'être accueillie.
L'affurance pofitive qu'aucune Vous avez demandé l'affurance pofitive qu'auinnovation relatiye à lAdminif cune innovation relative à l'adminiftration ou à
tration ou à zout autre objet,ne tout autre objet, ne fera faite, même provifoifera faite, même provifoirement rement à Saint - Domingue, fans le concours de
à Saint- Domingue,fans le con- fes Repréfentans.
cours de fes Repréfentans.
Le Roi a décidé que cette affurance devoit
vous être donnée; il a penfé que c'étoit à T'AC
Pour Copie. LA LUZERNE. femblée Nationale, qui a admis les Députés de
Saint - Domingue , à déterminer quelles innovations doivent avoir lieu dans le régime de cette
Colonie, & que jufqu'à cC qu'elle ait examiné
cette queftion 6 importante , le régime doit
refter & être maintenu tel qu'il a été de tout
temrs, ou du moins depuis la paix dernière.
Pour Copie. LA LUZERNE.
fé que c'étoit à T'AC
Pour Copie. LA LUZERNE. femblée Nationale, qui a admis les Députés de
Saint - Domingue , à déterminer quelles innovations doivent avoir lieu dans le régime de cette
Colonie, & que jufqu'à cC qu'elle ait examiné
cette queftion 6 importante , le régime doit
refter & être maintenu tel qu'il a été de tout
temrs, ou du moins depuis la paix dernière.
Pour Copie. LA LUZERNE. --- Page 273 ---
(7:)
les
du Roi d PAfemblée
M
TÉMOIRE adrefe par
Mixiftres
Nationale, le 27 OEtobre 1789.
à l'Affemblée Narionale > le 14 Oétobre, No
Lirs Miniftres du Roi ont expofé
décrétés ; le même motif, leur attaleurs doutes fur quelques articles qu'elle a
la néceflité de recourir à elle >
chement à fes principes > leur impofe de nouveau
les Colonies.
& de lui demander des éclairciffemens fur ce qui concerne
Plufieurs Ifles foriflantes , & de vaftes polfeflions continentales appartiennent
à la France, 3 dans les trois autres parties de lUnivers.
du
Leur climat, leurs produétions s l'état civil, &c jufqu'à l'efpèce Colonies, phyfique les renplus grand nombre des hommes qui peuplent & cultivent nos
dent abfolument diffemblables de la Métropole.
le
de leurs beintérieure > les Loix qui les régiflent , genre
Leur organifation commerciaux; , foit avec les Nations Etrangères > foit avec
foins, leurs rapports
l'adminiftration de leur Police , celle de leurs Files Négocians du Royaume;
> érabliffent
le mode & la nature des impofitions qu'elles fapportent
nances >
frappantes entre elles & les Provinces Européennes de la
-encore des dilparités
France.
tiennent à la nature mème 2 & à l'ellence des
La plupart de ces différences
les Nations de l'Europe l'ont fenti 5
-chofes; rien ne peut les changer : toutes
des Etats diftinets &c dépentoutes regardent leurs polleflions éloignées comme à leur donner d'autres Loix
dans de la Métropole; toutes' ont été contraintes les affimiler, autant qu'il
celles de la Mere-Patrie, même en cherchant à y
que
les formes du, Gouvemement > & par l'analogie de la Légifferoit poflible > par
lation.
Roi
l'Affemblée Nationale s'occuCes confidérations ont fait préfumer au que
& aufli
féparément d'une portion de la Monarchie , aulli importante toléré
peroit
avoit réfolu
n'y feroit fait ni
diffemblable de fes autres parties : il
qu'il l'Affemblée Nationale eût
d'innovation en aucune manière , jufqu'à ce que feront jugés convenir à ces
fpécialement décrété le régime & les, loix qui
rendue fes
que le Miniftre de la Marine a
par.
contrées. Telle; a étéla réponfe
préfentées Mellieurs
crdres , le 11 Août dernier > à plulieurs des demandes qu'avoient
les Députés. de Saint-Domingue: Nationale a rendu beaucoup de Décrets >
Depuis cette époque > l'Affemblée
les Provinces du Royaume :
& ils ont été envoyés, ou vont l'être > dans toutes
le régime & les, loix qui
rendue fes
que le Miniftre de la Marine a
par.
contrées. Telle; a étéla réponfe
préfentées Mellieurs
crdres , le 11 Août dernier > à plulieurs des demandes qu'avoient
les Députés. de Saint-Domingue: Nationale a rendu beaucoup de Décrets >
Depuis cette époque > l'Affemblée
les Provinces du Royaume :
& ils ont été envoyés, ou vont l'être > dans toutes --- Page 274 ---
(72)
deivent-ils être tranfinis & exécutés de même dans les Colonies 9 quoique l'Affemblée Nationale ne l'ait point exprimé, & que leurs Députés ne l'aient point requis :
On croit nécellaire de faire obferver à l'Afemblée Nationale, que plufieurs
de fes décifions qui tendent à (affurer le boheur & la liberté des François, ne
feroient
fars danger, qu'elles produiroient peut-être une révolution fubire
pas dans des
où les dix onzièmes des humains, en ceffant d'être ef-
& funefte
dénués pays de toute
& de tout moyen de fubliftance; :
claves, refteroient
proptiété,
des
abl'exécution de divers autres Décrets feroit, dans l'état préfent chofes,
folument qué
impraticable, parce qu'il n'exifte aux Cclonies aucune Municipalité
; les citoyens qui s'y trouvent difléminés fur des habitations
ou Corporation feulement féparées, mais affez éloignées les unes des autres > ne pourroient
non mièmne, qu'en fort peu de lieux fe réunir pour tenir des Affemblées permanentes 2
& vaquer aux dérails journaliers d'une Adminiftration Municipale.
foule d'autres réflexions qui tiennent, pour ainfi dire, à la looalité,
Il eft une
foumettre à l'Afemblée Nationale. Elle eft priée de
& qu'on pourroit également
de la
haute
2 & de faire conpefer dans fa fagelle cette queftion
plus
importance
npitre quelles ont été fes intentions.
2°. Ces contrées féparées de la Métropole par de grandes diftances > exigent
les Provinces du Royaume , qu'il foit pourvu aux objets d'utilité
encore plus que
des Réglemens provifoires. Le Roi a reconnu depuis longpublique & urgens > par
des Loix anciennes &
temps qu'il ne pouvoit exercer par lui-inême ce pouvoir;
revêtues de toutes les formes judiciaires > l'ont conféré aux deux Adiminiftrateurs.
main
crût devoir le placer déformais, 3 il importe qu'il réDans. quelque
qu'on
l'exerfide au fein de la Colonie même 3 & il feroit du plus graud danger que
cice en reftât un feul inftant entiérement fufpendu.
de raifons qui pourroient être allégués à l'appui de cette afEntre beaucoup
de ceiles qui font les plus puiffertion , on fe bornera à expofer quelques-unes
Provinces du
fantes & qui dérivent de la difparité même des Colonies anx
,.
& dont en France on fe forme à peine uneidée, des
Royaume. Des Héayx imprévus,
fréquemment, & en peu
tremblemens de terre > des ouragans > ravagent trop
la
riches contrées : elles ont été plus d'une fois menacées de guerre s
d'inftans, ces
avant
fût inflruit en Europe de leur dan-
& même attaquées par l'ennemi ,
qu'on
étre
Il paroit indifpenfable que des remedes prompts pniffent toujours
apger.
exifte des moyens d'établir l'ordre en CES m0portés à des maux urgens > qu'il
de fubvenir aux
ou
les fecours néceffaires >
befoins,
mens critiques, , d'appeler
& des efclaves. II feroit funefte aux Colode pourvoir à la streté des citoyens
rendre
nies & à la Méttopole elle-mêie > que qui que ce foit ne fot autorifé à
fur le champ les Réglsmens provifeires que néceilitent de telles circonfauxces.
l'ordre en CES m0portés à des maux urgens > qu'il
de fubvenir aux
ou
les fecours néceffaires >
befoins,
mens critiques, , d'appeler
& des efclaves. II feroit funefte aux Colode pourvoir à la streté des citoyens
rendre
nies & à la Méttopole elle-mêie > que qui que ce foit ne fot autorifé à
fur le champ les Réglsmens provifeires que néceilitent de telles circonfauxces. --- Page 275 ---
(73)
3°. Quant à l'ordre judiciaire, 3 les appels des Jugemens du Tribunal Terrier
furprimé en 1787, & ceux des Ordonnances rendues par les Adminiftrateurs,
devcient être portés au Confeil du Roi; beaucoup de caufes de ce genre
y font pendantes en ce moment s mais on penfe que les Décrets de l'Affemblée Naricnale autorifent proviloirement lc Confeil de Sa Majefté à connoitre de
ces affaires contentieufes.
Pour Copie. LA LUZERNE: --- Page 276 ---
(74)
No. XX.
EXTRAIT d'une Lettre de M. le Commandeur de Glandèves,
Commandant de la Marine à Toulon, à M. le Comie DE IA
LUZERNE, en date du 10 Mai 1790.
M".
MESSIEURS les Lieutenans & Sous-Lieutenans de vaiffeau ont reçu de trèstimbrés Afemblée Naticnale, contenant plufieurs exemplaires, 1°. du
gros No, paquets 116 duJournal de Paris; 29.d'une feuille intitulée :la Raifon finit toujours par
avoirr raifon 5 3°. d'une autre feuille intitulée : Opinion de M. le Marquis de Gouy
d'Arcy, Député de Saint-Domingue > prononcée à LAlfemblée Nationale le 28
Mars 1790. Tous ces écrits vous" font fans doute connus; ils n'ont point été
MM. les Officiers foient invités à les rendre publics par un
répandus > quoique
billet anonyme renfermé dans chaque paquet. Je puis vous affurer : Mgr. que rien
aucun Membre à changer fes difpofitions à votte égard x
ne pourra jamais porter
ni diminuer le ztle pour le fervice du Roi.
Pour Copie. LA LUZERNA
28
Mars 1790. Tous ces écrits vous" font fans doute connus; ils n'ont point été
MM. les Officiers foient invités à les rendre publics par un
répandus > quoique
billet anonyme renfermé dans chaque paquet. Je puis vous affurer : Mgr. que rien
aucun Membre à changer fes difpofitions à votte égard x
ne pourra jamais porter
ni diminuer le ztle pour le fervice du Roi.
Pour Copie. LA LUZERNA --- Page 277 ---
(75.)
N°. XXI
COPIE d'une Lettre de M. le Comte de la LUZERNE à MM.
les Deputés de Saint-Domingue, en date du 7 Aoit 1789.
Jarrends compte au Roi, en fon Confeil d'Etat > Meflieurs, de la Lettre
vous m'avez fait l'honneur de m'adreffer le 4 du courant. , tendante à. ce
que qu'il foit pris des précautions de furveillance & de sûreté relativement à l'avis
que vous a tranfimis M. de
l'un d'entre vous , des trames ourdies contre la tranquillité & la fidélité de la Colonie de Sair.t-Domingue.
Il a été décidé qu'on ne pouvoit > dans les circonftances préfentes , enjoindre d'arrêter les deux perfonnes délignées 2 ni défendre l'introduétion des livres & brochures qui circulent depuis quelque temps, > ni même s'oppofer au retour des
Noirs libres ou efclaves dans la Colonie , attendu que ces voies d'autorité pourroient encourir la cenfure générale , quelle que fat l'importance des motifs qui
auroient donné lieu, dans un temps fur-tout où la Nation a les yeux ouverts
y
de la
fur tout ce qui ne porteroit pas le caraétère
légalité.
Mais en même temps, Sa Majefté m'a chargé d'envoyer à M. le Comte
Gouverneur général de Saint-Domingue > la dénonciation de M.
de Peynier ,
& fignalés
veille
les deux
fufpects,
de.
> afin qu'il
de très-près
particuliers
dans cette dénonciation , & qu'il ne néglige aucun des moyens juftes & légaux
qu'il fera poflible d'employer. pour prévenir les troubles que l'on voudroit exciter
dans fon Gouvernement. Je lui fais paller les ordres les plus précis à ce fijer S
& je connois trop fon zèle pour 1e pas ètre affuré d'avance de l'efficacité ainfi
de la fagelfe de fes mefures. Je joins ici copie de ma dépèche à ce Gouverque
neur général.
J'ai T'honneur d'ètre avec un fincère attachement > Mellieurs, votre > &c.
Pour Copie. LA LUZERNE,
Kij
dans fon Gouvernement. Je lui fais paller les ordres les plus précis à ce fijer S
& je connois trop fon zèle pour 1e pas ètre affuré d'avance de l'efficacité ainfi
de la fagelfe de fes mefures. Je joins ici copie de ma dépèche à ce Gouverque
neur général.
J'ai T'honneur d'ètre avec un fincère attachement > Mellieurs, votre > &c.
Pour Copie. LA LUZERNE,
Kij --- Page 278 ---
(76)
N". XXII.
COPIE de la Lettre écrite par M. le Comte DE LA LUZERNE à
M. le Comte DE PEYNIER, en date du 7 Aotit 1789.
LERai, Monfieur. , & le Confeil d'Etat de Sa Majefté, me chargent de vous
faire paffer la dénonciation ci-jointe de lun de Meffieurs les Députés à l'Affemblée Nationale , fur des projets dangereux contre la Colonie, dont font violemment foupçonnés les deux particuliers délignés & fignalés dans la dénonciation
dont il s'agit. S'il y avoit eu quelque commencement de preuve politive à lappui
de cette fulpicion, le Gouvernement auroit donné oul vous donneroit des ordres
pour faire arrêter les agens d'un complot aulli puniffable. Mais du moins l'objet
eft d'une fi grave importance s qu'il mérite toute votre attention, toute votre
furveillance 2 & les précautions les plus affurées , pour prévenir & déconcerter
jufqu'à la moindre tentative de foulévement. Je connois votre zèle, & en même
remps votre fagefle. Je me repofe également fur l'une &c fur l'autre, & je vous
annonce d'avance que le Roi approuvera tout ce que vous aurez cru devoir faire 3
en agiflant d'après cC double mobile. Je vous prie de m'inftruire promptement >
& à melure, de Vos recherches 3 de ce que vous aurez découvert s du parti que
vous aurezappris > en un mot de tout ce qui pourra concourir à éclairer & tranquillifer fur l'objet des alarmes de Mellieurs les Députés.
J'ai l'honneur d'ètre, &cc.
Pour Copie. LA LUZERNE. --- Page 279 ---
(77)
fka
arur
Marros
No. XXIIL
COPIE derla Lettre de MM. les Deputes de Sains-Domingue à
M. le Comte DE LA LUZERNE, en date du 28 Septem.bre
1789.
M. LE Crr.,
Les Députés de Saint-Domingue ont Thonneur de voas envoyer le réglement provifoire fur la convocation d'une Affemblée Coloniale à Saint-Domingues,
avec les foibles changemens qui font convenus entre MM. les Colons de Paris,
& la Députation ; nous vous prions , M. le Comte,' de vouloir bien nous en
procurer la prompte exécution ; la fareté de la Colonie exigeant qu'elle prénne
toutes les melures néceflaires pour le maintien de l'ordre que les circonflances
aétuelles pourroient altérer.
Wous fommes, avec refpect,
MONSIEUR LE COMTE,
Vos très-humbles & obéiffans ferviteurs 5
Signé les Députés de Saint-Domingne > LE
GARDEUR DE TILLY , le Marquis DE
PERRIGNY, DuvAL MONVILLE, BoDKIN
Firz GERALD, MAGALLON > DE VILLEBLANCHE, le COMTE O GORMAN, Préfident, le Chevalier de MARAÉ, Secrétaire,
Pour Copie. BA LUZERNE
fommes, avec refpect,
MONSIEUR LE COMTE,
Vos très-humbles & obéiffans ferviteurs 5
Signé les Députés de Saint-Domingne > LE
GARDEUR DE TILLY , le Marquis DE
PERRIGNY, DuvAL MONVILLE, BoDKIN
Firz GERALD, MAGALLON > DE VILLEBLANCHE, le COMTE O GORMAN, Préfident, le Chevalier de MARAÉ, Secrétaire,
Pour Copie. BA LUZERNE --- Page 280 ---
(78)
No. XXIV.
RÈGLEMENT provifoire Jitr la convocation d'une Afemblée Coloniale
à Saint-. Domingue.
SA MAJESTÉ écoutant le voeu des habitans de Saint-Domingue, pour obtenir la convocation d'Affemblées complettes & régulières, > pour délibérer librement dans toute l'étendue de la Colonie , à l'etfet de pourvoir au maintien de
l'ordre, de prévenir les troubles > d'affuurer à tous les habitans une tranquillité
juftement défirable, & de les mettre > par ce moyen, à portée de veiller euxmêmes à leurs propres intérêts, a ordonné & ordonne ce qui fuit :
A RT I C L E P R E M I E R.
Aufli-tôt après la réception de la préfente Ordonnance, les Général & Intendant la feront enregiftrer au Confeil, & l'enverront inceffamment aux Marguilliers de toutes les Paroiffes de la Colonie.
ART. II.
La préfente Ordonnance fera fur le champ inférée dans la Feuille périodique
de la Colonie.
A R T. II I.
Le premier Dimanche qui fuivra la réception de ladite Ordonnance par le
Marguillier, il fera tenu de la faire publier au Prône, , à fon dc trompe ou de
tambour, aflicher par-tout où befoin fera, en la manière accoutumée, pour lui
donner la plus grande publicité dans toute l'étendue de la Paroille , afin qu'aucun
de ceux qu'elle concerne n'en prétende caufe d'ignorance.
A R T. I V.
L'Affemblée de chaque Paroiffe fc formera à la huitaine du jour où elle aura
été annoncée au Prône > publiée & affichée : elle fe tiendra au Presbytère ou à
I'Egliie.
A R T. V.
Les dernières Aflemblées fe formeront en la manière accoutumée, & ceux qui,
jufqu'ici, ont eu le droit d'y aflifter, s'y rendront.
concerne n'en prétende caufe d'ignorance.
A R T. I V.
L'Affemblée de chaque Paroiffe fc formera à la huitaine du jour où elle aura
été annoncée au Prône > publiée & affichée : elle fe tiendra au Presbytère ou à
I'Egliie.
A R T. V.
Les dernières Aflemblées fe formeront en la manière accoutumée, & ceux qui,
jufqu'ici, ont eu le droit d'y aflifter, s'y rendront. --- Page 281 ---
(79)
A R T. VI
L'Affemblée fe nommera par la voie du fcrutin, > & non autrement, ; un Préfident & un Secrétaire à la pluralité des voix.
A R T. VIL
L'Affemblée Paroifliale ainfi organifée, fera le choix, aufli par la voie du fcrude Electeurs. Il fera néceffaire que chaque Electeur
tin, & non autrement. , fix
réunifle plus de la moitié des fuffrages de l'Alfemblée.
ART VIIL
Nul ne pourra être élu en qualité d'Eledteur, s'il n'eft Propriétaire Planteur, s
ayant un bien en culture > avec vingt Nègres recenfés, ou une propriété foncière
équivalente à cent mille livres.
A RT. IX.
Toutes perfonnes abfentes ou non de la Colonie , ayant droit de voter dans
lefdites Affemblées, pourra s'y faire repréfenter par un fondé de pouvoir ad hoc >
& néanmoins > fi elle n'a pas envoyé fon pouvoir ad hoc, Gon fondé de procuration ordinaire pourra la repréfenter.
A R T. X.
Tout Propriétaire, porteur de procurations 2 n'aura qu'une voix, outre Ia fienne, s
quel que foit le nombre des procurations dont il (era portenr, & tout Procureur
fondé qui n'aura pas de propriété, n'aura qu'une voix, quel que foit le nombre
de procurations dont il fera chargé.
A R T. XL
Le Propriétaire de plufienrs habitations fituées dans Ia même Paroiffe s ne
pourra néanmoins y prétendre à plus d'une voix.
A R T. X IL
Les Eleéteurs nommés feront tenus d'accepter ou de refufer: au cas d'acceptation, ils prèteront ferment de bien & fidelement remplir leur miflion : au cas de
refus, il fera procédé à une nouvelle nominaticn. Un extrait du procès-verbal fesa
délivré à chaque Electeur,
habitations fituées dans Ia même Paroiffe s ne
pourra néanmoins y prétendre à plus d'une voix.
A R T. X IL
Les Eleéteurs nommés feront tenus d'accepter ou de refufer: au cas d'acceptation, ils prèteront ferment de bien & fidelement remplir leur miflion : au cas de
refus, il fera procédé à une nouvelle nominaticn. Un extrait du procès-verbal fesa
délivré à chaque Electeur, --- Page 282 ---
$ 80)
A R T. XIIL
Chaque Affemblée fe prorogera, pour former les cahiers d'inftructions qu'elle
voudra remettre à fes Elcéteurs, & elle fera tenue de les clorre dans quinzaine ;
les Eleéteurs fe tranfporteront, munis de leurs cahiers, au chef-lieu de leurs
Sénéchauffees.
A R T. XIV.
Les inftructions auront pour objet tout CC qui concerne l'intérêt public en général, celui de chaque Sénéchauffée, & chaque Paroifle en particulier > fous quclque rapport que ce foit.
ARL X V.
Les Eleéteurs fe rendront dans la huitaine du jour de leur nomination 2 au
chef-licu de leur Sénéchauflée, & ils nommeront un Préfident & un Secrétaire par
la voie du fcrutin, après quoi ils feront, dans la quinzaine, la réduction de leurs
cahiers en un feul, & nommeront entire eux, par fcrutin, des Députés dans le
nombre preicrit dans l'Article ci-après.
A R T. XVI
Afin de donner une égale repréfentation aux trois parties, du Nord, de T'Oueft
&c du Sud, la Sénéchauffée du Cap nommera huit Députés, celle du Fort-Dauphin huit, celle du Port-de-Paix huit > celle du Port-au-Prince huit , celle de
Saint-Marc huit 3 celle de Jacmel huit, celle des Cayes fix, cclie du Petit-Goave
fix, celle dc Saint-Louis fix, celle de Jérémie fix.
A R T. X VII
Les Députés nommés fe rendront au Port-au-Prince, Capitale de la Colonie,
1à ils formeront une Aflemblée généraie, , & s'occuperont des intérêts de la Colonie,
A R T. XVIIL
L'Affemblée ouverte > elle s'occupera de la nomination d'un Préfident, d'un
Vice-Préfident, & de tel nombre de Secrétaires qu'elle jugera couvenable, au fcruUn & non autrement,
ART --- Page 283 ---
(8r)
A R T. XIX,
L'Affemblée vérifiera les pouvoirs des Députés , & jugera de leur validité.
Signé le Marquis DE PERRIGNY, , DuVAL MONVILLE, COCHERL,LABORI,
BODKIN Firz GERALD, COUREJOLLES, , LE GARDEUR DE TILy, GERARD,
le Chevalier DE MARME, Secréraire, & Préfident en l'abfence de M.le Comte
O GoaMA,Macatiox, DE VILLEBLANCHE, LE Comte O GORMAN, Préfident,
Pour Copie. LA LUZERNE.
L
leur validité.
Signé le Marquis DE PERRIGNY, , DuVAL MONVILLE, COCHERL,LABORI,
BODKIN Firz GERALD, COUREJOLLES, , LE GARDEUR DE TILy, GERARD,
le Chevalier DE MARME, Secréraire, & Préfident en l'abfence de M.le Comte
O GoaMA,Macatiox, DE VILLEBLANCHE, LE Comte O GORMAN, Préfident,
Pour Copie. LA LUZERNE.
L --- Page 284 ---
(8x)
ETAT des Pièces remifès par M. le Comte DE LA LUZERNE
au Comité des Rapports, le 28 Juin 1790.
Prino 0. Mémoire figné par lui en réponfe à Ja dénonciation, &
Secondo. Vingt-cing Pièces juftificatives à
de
en 187 pages,
eft certifiée
l'appui ce Mémoire, > dont chacune
par lui, revêtue de fa fignature, & dont le détail fuit.
Détail des Pièces jufificatives.
No, I. Ordonnance imprimée de MM. les Adminiftrateurs de
du 26 Décembre 1788, enregirée au
Saint-Domingre le
,
mois.
Confdil-Surérieur
29 du même
No. II. Lettre imprimée du Gouverneur général & de FIntendant de Saint-Domingue, à tous les Officiers Civils, Militaires & d'Adminifration, en leur
envoyant l'Ordonnance du 26 Décembre 1788.
No. III. Ordonnance imprimée, concernant la communication
voitures > par les quartiers des Gonaives, de Plaifance & du ouverte pour les
établiflement de voitures de
Limbé, & u:
pofte pour les Voyageurs, da 28 Mai
enregiftrée le premier Juin fuivant.
1789,
No, IV. Etat imprimé des réunions pourfuivies à Saint-Domingue & fur lefquelles eft intervenu jugement pendant les années 1785, 1786, > &
No, V. Réglement imprimé de MM. les Adminiftrareurs,
1787 1788.
de procéder dans les afaires dont la connoiffance leur eft concernant la manière
cle deux de l'Ordonnance du Roi, du
confervée par l'Artidu Tribunal
21 Janvier 1787, portant fappreilien
Terrier, en date du 10 Novembre 1787.
No, VI. Arrêt imprimé du Confeil d'Erat, concernant les
du 31 Janvier 1789, &
conceflions, €ll date
enregiftré au Confeil-Supérieur de
le 19 Mai de la même année.
Saint-Domingue,
No, VII. Apperçu des fubfiftances exiftant dans la Colonie, à l'époque du
anier Cétobre 1789, envoyé par lcs Adminiftrateurs, vérifié
pre-
& en date du 2 Oétobre de la même année.
par ITutendant,
No, VIII. Etar des Navires partis des Ports de France pour Saint Domingue, &
arrivés dans cette Colonie depuis le 5 Juillet jufqu'au 20
extrait des mouvemens des Ports, inférés dans les Gazettcs Septembre de la 1789,
No, IX. Copie du Mémoire
Colonic.
préfenté au Roi par M. le Comte de la Luzerne, &:
approuvé par Sa Majefté le 7 Mars 1788.
de la même année.
par ITutendant,
No, VIII. Etar des Navires partis des Ports de France pour Saint Domingue, &
arrivés dans cette Colonie depuis le 5 Juillet jufqu'au 20
extrait des mouvemens des Ports, inférés dans les Gazettcs Septembre de la 1789,
No, IX. Copie du Mémoire
Colonic.
préfenté au Roi par M. le Comte de la Luzerne, &:
approuvé par Sa Majefté le 7 Mars 1788. --- Page 285 ---
(8;)
No, X. Crdonnance imprimée, concernant l'introdudticn des farines
dans les Ports d'Entrepér die la Partie Françoife de lTlie de
érrangères
da 20 Mai 1789, enregifrée au Greffc de lIntendance, le Saint-Demingte,
Sepéricur ,le 29 du même mois.
27: , & au ConfeilNo, XI. Arrêt imprimé du Confeil d'Etat, portant caffaticn de la
Ordonnance.
précédente
No, XII. Copie d'une Lettre de MM. des Députés de
Comte de la
Saint-Demingte, > à M. le
Luzerne, en date du 29 Juiller 1789.
No, XIII. Copie de la Lettre écrite par M. de la Luzerne,
de
> à MM. les
Saint-Demingue, en dare du II Acût 178c.
Députés
No, XIV, Ordonnance imprimée > concernant la liberté du Cemmerce
partie du Sud de Saine-Domingue, du
porr la
même mois au
9 Mai 1789, enregiftrée le II du
ConfeilSupérienr de Saine-Domingue.
No, XV. Arrêt imprimé du Confeil d'Etar du Roi, qui caffe &
cédente Ordonnance, cn date du 2. Juillet 1789.
anmulle la préNo, XVI, Avis morivé de M. Barbé de Marbois,
Mai 1789, du
Intendant, à la Séarce du II
CenfeilSuperieur de Saint-Doningue,
mande par cette Cour de Juftice.
enregiftré fur fa deNo, XVII. Copie de la I.ettre de M.le Comte de la
du Comité des
du
Luzerne, à M, Ic Prélident
No, XVII.
Rapports, 5 Mai 1790.
Copie de la Réponfe de M. le Préfident du Comité des
àM.le Comte de la Luzeme, du 8 Mai
Rapports,
No, XIX. Lettre imprimée de M. le Comte de 1790. la
Peynier, Gouverneur général des Ifles fous le Luzerne, à M. le Comte de
No. XX. Extrait d'une L ettre de M. le
Vent > en date du IO Avril 179c,
dant la Marine à Toulon,
Commandeur de Glandèves, CommanNo, XXI.
en date du 10 Mai 1790.
Copie d'une Lettre de M. le Comte de la
à MM.
putés de Saint-Domingne s en date du 7 Avril Luzerne,
les DéN. XXIL Copie de la Lettre écrite par M. le Comte 178g, de la
Comte de Peynicr, en date di 7 Aoit 178g.
Luzerne, à M. le
No, XXIII. Copie de la Lettre de MM. les Députés de
M. le Comte de la
Saint-Domingue > à
No, XXIV.
Luzerne, 5 en date du 18 Septembre 1789.
Régicment provifoire fur la convocation d'une
à
Aflemblée
Sain-Domingue, , propofé à M. le Comte de la
Coloniale
Dépurés de cette Colonie.
Lazerne, par MM. les
No, XXV, Rapport imprimé fait au nom (1) de la Seétion du
Comité d'Aigri-
(1)Jen'ai point fait réimprime: ce rapport allez éeendu, &c
procurer,
qu'en pcut aifémens fe
.
Régicment provifoire fur la convocation d'une
à
Aflemblée
Sain-Domingue, , propofé à M. le Comte de la
Coloniale
Dépurés de cette Colonie.
Lazerne, par MM. les
No, XXV, Rapport imprimé fait au nom (1) de la Seétion du
Comité d'Aigri-
(1)Jen'ai point fait réimprime: ce rapport allez éeendu, &c
procurer,
qu'en pcut aifémens fe --- Page 286 ---
(84)
l'Alfemblée Nationale de l'examen de
zulture &c de Commerce, > chargé par
la réclamation des Députés de Saint-Domingue, relative à l'approvifionnel'Ile
M. Gillet de la Jacqueminiere. (A Paris, chez Baument de
> par
doin, Imprimeur de l'Allemblée Nationale, 1789.)
A Paris, le 18 Juin 1790. Signé LA LUZERNE.
Je foulligné Sectétaire-Commis du Comité des Rapports de l'Afemblée Nareconnois
les Pièces ci-deffus & des autres parts énoncées & détionale, font
que des Rapports. A Paris ,le 19 Juin 1790. Signé VAILLANT.
taillées,
au Comité --- Page 287 --- --- Page 288 --- --- Page 289 ---
Riar
E790
t
L212m
jim
1-312C
2 a --- Page 290 ---
fommes, avec refpect,
MONSIEUR LE COMTE,
Vos très-humbles & obéiffans ferviteurs 5
Signé les Députés de Saint-Domingne > LE
GARDEUR DE TILLY , le Marquis DE
PERRIGNY, DuvAL MONVILLE, BoDKIN
Firz GERALD, MAGALLON > DE VILLEBLANCHE, le COMTE O GORMAN, Préfident, le Chevalier de MARAÉ, Secrétaire,
Pour Copie. BA LUZERNE — Page 280 —
(78)
No. XXIV.
RÈGLEMENT provifoire Jitr la convocation d'une Afemblée Coloniale
à Saint-. Domingue.
SA MAJESTÉ écoutant le voeu des habitans de Saint-Domingue, pour obtenir la convocation d'Affemblées complettes & régulières, > pour délibérer librement dans toute l'étendue de la Colonie , à l'etfet de pourvoir au maintien de
l'ordre, de prévenir les troubles > d'affuurer à tous les habitans une tranquillité
juftement défirable, & de les mettre > par ce moyen, à portée de veiller euxmêmes à leurs propres intérêts, a ordonné & ordonne ce qui fuit :
A RT I C L E P R E M I E R.
Aufli-tôt après la réception de la préfente Ordonnance, les Général & Intendant la feront enregiftrer au Confeil, & l'enverront inceffamment aux Marguilliers de toutes les Paroiffes de la Colonie.
ART. II.
La préfente Ordonnance fera fur le champ inférée dans la Feuille périodique
de la Colonie.
A R T. II I.
Le premier Dimanche qui fuivra la réception de ladite Ordonnance par le
Marguillier, il fera tenu de la faire publier au Prône, , à fon dc trompe ou de
tambour, aflicher par-tout où befoin fera, en la manière accoutumée, pour lui
donner la plus grande publicité dans toute l'étendue de la Paroille , afin qu'aucun
de ceux qu'elle concerne n'en prétende caufe d'ignorance.
A R T. I V.
L'Affemblée de chaque Paroiffe fc formera à la huitaine du jour où elle aura
été annoncée au Prône > publiée & affichée : elle fe tiendra au Presbytère ou à
I'Egliie.
A R T. V.
Les dernières Aflemblées fe formeront en la manière accoutumée, & ceux qui,
jufqu'ici, ont eu le droit d'y aflifter, s'y rendront.
concerne n'en prétende caufe d'ignorance.
A R T. I V.
L'Affemblée de chaque Paroiffe fc formera à la huitaine du jour où elle aura
été annoncée au Prône > publiée & affichée : elle fe tiendra au Presbytère ou à
I'Egliie.
A R T. V.
Les dernières Aflemblées fe formeront en la manière accoutumée, & ceux qui,
jufqu'ici, ont eu le droit d'y aflifter, s'y rendront. — Page 281 —
(79)
A R T. VI
L'Affemblée fe nommera par la voie du fcrutin, > & non autrement, ; un Préfident & un Secrétaire à la pluralité des voix.
A R T. VIL
L'Affemblée Paroifliale ainfi organifée, fera le choix, aufli par la voie du fcrude Electeurs. Il fera néceffaire que chaque Electeur
tin, & non autrement. , fix réunifle plus de la moitié des fuffrages de l'Alfemblée.
ART VIIL
Nul ne pourra être élu en qualité d'Eledteur, s'il n'eft Propriétaire Planteur, s
ayant un bien en culture > avec vingt Nègres recenfés, ou une propriété foncière
équivalente à cent mille livres.
A RT. IX.
Toutes perfonnes abfentes ou non de la Colonie , ayant droit de voter dans
lefdites Affemblées, pourra s'y faire repréfenter par un fondé de pouvoir ad hoc >
& néanmoins > fi elle n'a pas envoyé fon pouvoir ad hoc, Gon fondé de procuration ordinaire pourra la repréfenter.
A R T. X.
Tout Propriétaire, porteur de procurations 2 n'aura qu'une voix, outre Ia fienne, s
quel que foit le nombre des procurations dont il (era portenr, & tout Procureur
fondé qui n'aura pas de propriété, n'aura qu'une voix, quel que foit le nombre
de procurations dont il fera chargé.
A R T. XL
Le Propriétaire de plufienrs habitations fituées dans Ia même Paroiffe s ne
pourra néanmoins y prétendre à plus d'une voix.
A R T. X IL
Les Eleéteurs nommés feront tenus d'accepter ou de refufer: au cas d'acceptation, ils prèteront ferment de bien & fidelement remplir leur miflion : au cas de
refus, il fera procédé à une nouvelle nominaticn. Un extrait du procès-verbal fesa
délivré à chaque Electeur,
habitations fituées dans Ia même Paroiffe s ne
pourra néanmoins y prétendre à plus d'une voix.
A R T. X IL
Les Eleéteurs nommés feront tenus d'accepter ou de refufer: au cas d'acceptation, ils prèteront ferment de bien & fidelement remplir leur miflion : au cas de
refus, il fera procédé à une nouvelle nominaticn. Un extrait du procès-verbal fesa
délivré à chaque Electeur, — Page 282 —
$ 80)
A R T. XIIL
Chaque Affemblée fe prorogera, pour former les cahiers d'inftructions qu'elle
voudra remettre à fes Elcéteurs, & elle fera tenue de les clorre dans quinzaine ;
les Eleéteurs fe tranfporteront, munis de leurs cahiers, au chef-lieu de leurs
Sénéchauffees.
A R T. XIV.
Les inftructions auront pour objet tout CC qui concerne l'intérêt public en général, celui de chaque Sénéchauffée, & chaque Paroifle en particulier > fous quclque rapport que ce foit.
ARL X V.
Les Eleéteurs fe rendront dans la huitaine du jour de leur nomination 2 au
chef-licu de leur Sénéchauflée, & ils nommeront un Préfident & un Secrétaire par
la voie du fcrutin, après quoi ils feront, dans la quinzaine, la réduction de leurs
cahiers en un feul, & nommeront entire eux, par fcrutin, des Députés dans le
nombre preicrit dans l'Article ci-après.
A R T. XVI
Afin de donner une égale repréfentation aux trois parties, du Nord, de T'Oueft
&c du Sud, la Sénéchauffée du Cap nommera huit Députés, celle du Fort-Dauphin huit, celle du Port-de-Paix huit > celle du Port-au-Prince huit , celle de
Saint-Marc huit 3 celle de Jacmel huit, celle des Cayes fix, cclie du Petit-Goave
fix, celle dc Saint-Louis fix, celle de Jérémie fix.
A R T. X VII
Les Députés nommés fe rendront au Port-au-Prince, Capitale de la Colonie,
1à ils formeront une Aflemblée généraie, , & s'occuperont des intérêts de la Colonie,
A R T. XVIIL
L'Affemblée ouverte > elle s'occupera de la nomination d'un Préfident, d'un
Vice-Préfident, & de tel nombre de Secrétaires qu'elle jugera couvenable, au fcruUn & non autrement,
ART — Page 283 —
(8r)
A R T. XIX,
L'Affemblée vérifiera les pouvoirs des Députés , & jugera de leur validité.
Signé le Marquis DE PERRIGNY, , DuVAL MONVILLE, COCHERL,LABORI,
BODKIN Firz GERALD, COUREJOLLES, , LE GARDEUR DE TILy, GERARD, le Chevalier DE MARME, Secréraire, & Préfident en l'abfence de M.le Comte
O GoaMA,Macatiox, DE VILLEBLANCHE, LE Comte O GORMAN, Préfident,
L — Page 284 —
(8x)
ETAT des Pièces remifès par M. le Comte DE LA LUZERNE au Comité des Rapports, le 28 Juin 1790.
Prino 0. Mémoire figné par lui en réponfe à Ja dénonciation, &
Secondo. Vingt-cing Pièces juftificatives à de en 187 pages, eft certifiée l'appui ce Mémoire, > dont chacune par lui, revêtue de fa fignature, & dont le détail fuit.
Détail des Pièces jufificatives.
No, I. Ordonnance imprimée de MM. les Adminiftrateurs de du 26 Décembre 1788, enregirée au
Saint-Domingre le
moire figné par lui en réponfe à Ja dénonciation, &
Secondo. Vingt-cing Pièces juftificatives à de en 187 pages, eft certifiée l'appui ce Mémoire, > dont chacune par lui, revêtue de fa fignature, & dont le détail fuit.
Détail des Pièces jufificatives.
No, I. Ordonnance imprimée de MM. les Adminiftrateurs de du 26 Décembre 1788, enregirée au
Saint-Domingre le mois.
Confdil-Surérieur
29 du même
No. II. Lettre imprimée du Gouverneur général & de FIntendant de Saint-Domingue, à tous les Officiers Civils, Militaires & d'Adminifration, en leur
envoyant l'Ordonnance du 26 Décembre 1788.
No. I. Ordonnance imprimée, concernant la communication voitures > par les quartiers des Gonaives, de Plaifance & du ouverte pour les
établiflement de voitures de
Limbé, & u: pofte pour les Voyageurs, da 28 Mai enregiftrée le premier Juin fuivant.
1789,
No, IV. Etat imprimé des réunions pourfuivies à Saint-Domingue & fur lefquelles eft intervenu jugement pendant les années 1785, 1786, > &
No, V. Réglement imprimé de MM. les Adminiftrareurs,
1787 1788. de procéder dans les afaires dont la connoiffance leur eft concernant la manière
cle deux de l'Ordonnance du Roi, du confervée par l'Artidu Tribunal
21 Janvier 1787, portant fappreilien
Terrier, en date du 10 Novembre 1787.
No, VI. Arrêt imprimé du Confeil d'Erat, concernant les du 31 Janvier 1789, & conceflions, €ll date enregiftré au Confeil-Supérieur de le 19 Mai de la même année.
Saint-Domingue,
No, VII. Apperçu des fubfiftances exiftant dans la Colonie, à l'époque du
anier Cétobre 1789, envoyé par lcs Adminiftrateurs, vérifié pre-
& en date du 2 Oétobre de la même année. par ITutendant,
No, VI. Etar des Navires partis des Ports de France pour Saint Domingue, &
arrivés dans cette Colonie depuis le 5 Juillet jufqu'au 20 extrait des mouvemens des Ports, inférés dans les Gazettcs Septembre de la 1789,
No, IX. Copie du Mémoire
Colonic. préfenté au Roi par M. le Comte de la Luzerne, &: approuvé par Sa Majefté le 7 Mars 1788.
Oétobre de la même année. par ITutendant,
No, VI. Etar des Navires partis des Ports de France pour Saint Domingue, &
arrivés dans cette Colonie depuis le 5 Juillet jufqu'au 20 extrait des mouvemens des Ports, inférés dans les Gazettcs Septembre de la 1789,
No, IX. Copie du Mémoire
Colonic. préfenté au Roi par M. le Comte de la Luzerne, &: approuvé par Sa Majefté le 7 Mars 1788. — Page 285 —
(8;)
No, X. Crdonnance imprimée, concernant l'introdudticn des farines
dans les Ports d'Entrepér die la Partie Françoife de lTlie de érrangères da 20 Mai 1789, enregifrée au Greffc de lIntendance, le Saint-Demingte,
Sepéricur ,le 29 du même mois.
27: , & au ConfeilNo, XI. Arrêt imprimé du Confeil d'Etat, portant caffaticn de la
Ordonnance. précédente
No, XII. Copie d'une Lettre de MM. des Députés de
Comte de la
Saint-Demingte, > à M. le
Luzerne, en date du 29 Juiller 1789.
No, XI. Copie de la Lettre écrite par M. de la Luzerne, de
> à MM. les
Saint-Demingue, en dare du II Acût 178c.
Députés
No, XIV, Ordonnance imprimée > concernant la liberté du Cemmerce partie du Sud de Saine-Domingue, du porr la même mois au
9 Mai 1789, enregiftrée le II du
ConfeilSupérienr de Saine-Domingue.
No, XV. Arrêt imprimé du Confeil d'Etar du Roi, qui caffe & cédente Ordonnance, cn date du 2. Juillet 1789. anmulle la préNo, XVI, Avis morivé de M. Barbé de Marbois,
Mai 1789, du
Intendant, à la Séarce du II
CenfeilSuperieur de Saint-Doningue, mande par cette Cour de Juftice. enregiftré fur fa deNo, XVII. Copie de la I.ettre de M.le Comte de la
du Comité des du
Luzerne, à M, Ic Prélident
No, XVII.
Rapports, 5 Mai 1790.
Copie de la Réponfe de M. le Préfident du Comité des àM.le Comte de la Luzeme, du 8 Mai
Rapports,
No, XIX. Lettre imprimée de M. le Comte de 1790. la
Peynier, Gouverneur général des Ifles fous le Luzerne, à M. le Comte de
No. XX. Extrait d'une L ettre de M. le
Vent > en date du IO Avril 179c, dant la Marine à Toulon,
Commandeur de Glandèves, CommanNo, XXI. en date du 10 Mai 1790.
Copie d'une Lettre de M. le Comte de la à MM. putés de Saint-Domingne s en date du 7 Avril Luzerne, les DéN. XXIL Copie de la Lettre écrite par M. le Comte 178g, de la
Comte de Peynicr, en date di 7 Aoit 178g.
Luzerne, à M. le
No, XXI. Copie de la Lettre de MM. les Députés de
M. le Comte de la
Saint-Domingue > à
No, XXIV.
Luzerne, 5 en date du 18 Septembre 1789.
Régicment provifoire fur la convocation d'une à
Aflemblée
Sain-Domingue, , propofé à M. le Comte de la
Coloniale
Dépurés de cette Colonie.
Lazerne, par MM. les
No, XXV, Rapport imprimé fait au nom (1) de la Seétion du
Comité d'Aigri-
(1)Jen'ai point fait réimprime: ce rapport allez éeendu, &c procurer, qu'en pcut aifémens fe
1789.
Régicment provifoire fur la convocation d'une à
Aflemblée
Sain-Domingue, , propofé à M. le Comte de la
Coloniale
Dépurés de cette Colonie.
Lazerne, par MM. les
No, XXV, Rapport imprimé fait au nom (1) de la Seétion du
Comité d'Aigri-
(1)Jen'ai point fait réimprime: ce rapport allez éeendu, &c procurer, qu'en pcut aifémens fe — Page 286 —
(84) l'Alfemblée Nationale de l'examen de zulture &c de Commerce, > chargé par la réclamation des Députés de Saint-Domingue, relative à l'approvifionnel'Ile
M. Gillet de la Jacqueminiere. (A Paris, chez Baument de
> par doin, Imprimeur de l'Allemblée Nationale, 1789.)
A Paris, le 18 Juin 1790. Signé LA LUZERNE.
Je foulligné Sectétaire-Commis du Comité des Rapports de l'Afemblée Nareconnois
les Pièces ci-deffus & des autres parts énoncées & détionale, font
que des Rapports. A Paris ,le 19 Juin 1790. Signé VAILLANT. taillées, au Comité — Page 287 — — Page 288 — — Page 289 —
Riar
E790 t
L212m jim
1-312C
2 a — Page 290 —