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M E M OIR E,
EN RÉPONSE
A CELUI DU COMMERCE DE FRANCE.
LADMISSION du Commerce étranger dans les Co:
lonies Françoifès auroit fans doute de tres-grands inconvéniens, & feroit contraire à celui de France, s'il étoit exclufif, ou du moins trop partagé avec celui-ci; mais les
craintes du Commerce de France font toujours mal fondées, quand elles portent far Texclufif. Ce n'eft que
ce dernier qu'on peut avoir dans les Colonies les
les
".r
Marchandifes séches, enfin toutes celles de luxe, dont
la confommation y eft immenfe, & qui ne peuvent y venir
d'ailleurs.
Si le Gouvernement de St. Domingue s'eft prété quelquefoisà T'admiffion des Naviresétrangers dansles Colonies,
cen'a été que dans des cas de néceflité, out la Colonie étant
en rifque de manquer de fubfiftance, &c fur-tout pour les
Negres, a cru indilpenfabie de permettre momentanément
Tintroduétion des Batimens Anglois, pour y porter toute
MA n a DTTROTS # A --- Page 8 ---
RPJCS
y fournit,
denrées que la Métropole ne potivoit vivans.
efpece de Riz, le Mais &c des Animaux de l'année
telles que le
du.3 Août & du 4 Septembre Deux ouLES époques
exigécette admiffion. les vivres de la
derniere ont effeGivement détruit tous
de
confécutis quiavoient laiffoient ces deux parties des
ragans du Nord & du Sud,
la fubfiftance
partic Colonie fans aucune reffource
de laiffer périr CeS
la
Eer
Eût-ce été un plus fuir de leurs Habitations, 7
Negres.
les
00 les
SCTa
Efclaves, ou de
forcer
piller dans toutes paraprès s'être répandus pour trouver à fubfifter, les forcer
pour, de Tine où iis auroient pu voir par-là toutes les Habities
à TErranger, &c
denenfin de fuir
hors d'état de pouvoir cultiverles & fans
tations dévaftées, fortune du Commerce de France,
aurées qui font la
fèches quil apporte,
Vins & Marchandiles de maniere à sugmenter
lefqullsles été invendus, ou vendus dettes des Habitans avec
roient
Rocnditalienenles
encore plus
feul
qu'on croit
le Commerce?
prit alors le
parti furle champ,
LE Gouvernement
: iladnit
quily eûtà prendre durer qu'un an, les Baraifonnablemenro qui ne devoient vivans, de Mais, de
fur des pernifions chargés d'Animaux dont la Colonie manrimens Anglois
dans ce genre retint dans les HaRiz & des comefibles Cette foible relfource très-mal, mais
quoit abfolument. Efclaves, qui y, ont fubfifté
dans Tefpébitations les
abandonné leurs travaux,
les vienfin quin'ont pas
grande abondance lorfque
rance de jouir d'une plus à planter, feroient arrivésàleur
vres eniretmmeatrens
fubir, & fubiffoient
maturité. Barimens étrangers devoient les Ordonnances; 5
CES
les vifites preferites par
en effet toutes
it abfolument. Efclaves, qui y, ont fubfifté
dans Tefpébitations les
abandonné leurs travaux,
les vienfin quin'ont pas
grande abondance lorfque
rance de jouir d'une plus à planter, feroient arrivésàleur
vres eniretmmeatrens
fubir, & fubiffoient
maturité. Barimens étrangers devoient les Ordonnances; 5
CES
les vifites preferites par
en effet toutes --- Page 9 ---
les Capitaines Marchands commandans dans les Rades ou
Ports étoient autorifés, il leur étoit même ordonné d'affifter à ces vifites, ainfi que de rendre compte des foupçons qu'ils pourroient avoir que ces Bâtimens étrangers,
au lieu de ie charger de Sireps, comme il leur étoit
mis de le faire, fe chargeaffent d'autres denrées du Pays. perON peut même affurer que, fur la demande qu'ont fait
quelques Capitaines commandans dans les Ports, de vifiter
des Bâtimens qu'ils foupçonnoient chargés d'autres denrécs
que de Sirops, clle a été ordonnéc, & faite dans l'infant
en leur préfence, fans qu'il s'en foit jamais trouvé un en
contravention.
QUELLE précaution plus fage pouvoit prendre le Gouvernement que de rendre juges, dans leur propre affaire,
les Capitaines des Navires Marchands : La nécefité forgoit de faire entrer des fubliftances pour les Negres, des
Animaux vivans, qu'on ne pouvoit plus tirer de TEipagnol,
pour la fubfiftance des Troupes & des Habirans qui manquoient abfolument. Falloit-if laiffer périr & les Troupes 8c
les Habitans & les Efciaves, faute d'une fubfiftance que le
Commerce de France ne peur procurcr dans nos Colonies
QU'IL foit entré dans le méme teins quelque farine par
FEtranger, la chofe eft très-poffible; elle eft d'autant plus
vraifemblable, que, dans les premicrs momens qui ont
fuiviles ouragans dont il vient d'étre parlé, lcs Habitans
ont nourri leurs Elclaves avec du bifcuit pendant plus de
trois & quatre mois. Le Commerce de France auroit-il pu
y fuffire ? Avoit-il apporté afez de farine en cet inflant,
pour pouvoir fubvenir à une figrande confommation? C'eft:
donc à tort
le Commerce de France fo plaint far ce
point. Qu'il Oo de bonne foi, ii conviendra que cC luia
ont
fuiviles ouragans dont il vient d'étre parlé, lcs Habitans
ont nourri leurs Elclaves avec du bifcuit pendant plus de
trois & quatre mois. Le Commerce de France auroit-il pu
y fuffire ? Avoit-il apporté afez de farine en cet inflant,
pour pouvoir fubvenir à une figrande confommation? C'eft:
donc à tort
le Commerce de France fo plaint far ce
point. Qu'il Oo de bonne foi, ii conviendra que cC luia --- Page 10 ---
a
4 cher fes farines: : il lesa
pour vendre plus
juiqu'à 120, 9
été un prétexte
Ports de la Colonie
en
vendues dans quelques
liv. & en a-t-il remporté
130, & même jurqu'à vendu 15°, à vil prix2 Non. N'a-t-il pas
Non. En a-t-il
Oui. Donc
France? farine fort au-delà de fes eipéranest il étoit faché de
vendu la
fur ce point; mais
dût
il a tort de fe plaindre davantage, pour faire feul les profits, de ces
n'en avoir pas
que de fe pourvoir
Il
la Colonie périr de faim, plurôr des fecours étrangers.
denrées de premiere nécellité par & ne fut-ce que pour
être jufte une fois,
avec foifaut cependant intérêt, il faut quelquefois compter les Negres; point
fon propre
pour
méme.. de 2
Point de fubliftance &
: point de foblifCafé, de Coton dindigo
mortalité,
de Sucre,de
pefte,
les Blancs : famine, épidémie, & d'Indigo.
tance pour de Sucre, de Café, de Coton voudroit ne faire
& pasplus Commerce de France
&
MAIS le
dans les Colonies Françoifes, exclufif:
recueillir, fans femer, au monde pour fon profit
croit créées & mifes
de les faire fublifter.
fans Soccuper des moyens dans nos Colonies le Commerce
CAR enfin quapporte n'eft farement pas le moins plaignant? du Comde NANTES, & qui
comme les Rouliers
les regarder que
néceffité quils y
On ne peut! aux chofes de premiere de Nantes, qui nous
merce, quant Ceft lui, ditle Commerce
lui que ile St.
importent.
c'eft effe@livement par
fournit les Negres; fournie, mais en trés-petite quantité, feroit
Domingue en eft &x à un prix excédent, puifquil 100,
vu la confommation, qu'il y gagne près de 200 pour
facile de démontrer laiffe
&
il en
manquer. fe plaint qu'à Tépoque
cependant le Commerce en général
dans
TOUT
Navires Anglois
Avril dernier, il - y avoit 26
du 26
effe@livement par
fournit les Negres; fournie, mais en trés-petite quantité, feroit
Domingue en eft &x à un prix excédent, puifquil 100,
vu la confommation, qu'il y gagne près de 200 pour
facile de démontrer laiffe
&
il en
manquer. fe plaint qu'à Tépoque
cependant le Commerce en général
dans
TOUT
Navires Anglois
Avril dernier, il - y avoit 26
du 26 --- Page 11 ---
ia Rade du Cap; 14 au Port-au-Prince, 5
& I3 aux
iJ infère de-là que ces Navires exportant les denrécs Cayes! autres
que les Sirops, ont fait hauffer le prix des Sucres, Coton
& Indigo, & baiffer cclui du Fret. Le Commerce n'a
donné dans fon Mémoire la vraie raifon de cette
pas
ou
hauffe,
n'a pas voulu la dire : la voici dans la plus exaête vérité.
C'eft qu'effedivement, à cette époque d'Avril, il avoit
226 Navires François dans tous. les différens Ports del y la Colonie; pas un ne vouloit retourner en France fans
ment. Les Habitans devenus plus fpéculateurs
chargeont fenti qu'ils pouvoient profiter de la circonftance qu'autrefois,
hauffer le prix des denrées, & l'ont très-f fagement pour fait.
Les Négocians de Nantes, qui, ayant fpéculé en France
qualépoque de T'expédition de leurs Navires, le Fret étoit
à St. Domingue à 17 deniers pour le Sucre, & en proportion pour les autres denrées, prévoyant des retours
excellens par le Fret feul, furent fort étonnés
dre que le Frer étoit tombé à II deniers pour le
& en méme
les
COCEE
proportion pour
autres denrées, & toujours par la même raifon des 226 Navires François qui fe
trouvoient dans nos Ports; raifon la plus phyfique polible:
plus il y a de perfonnes pour faire un métier, plus le falaire
des Ouvriers en ce genre diminue.
Sile Commerce de France vouloir être de bonne foi,
il conviendroit que fes plaintes ne font ni auffi vraies, ni
auffi bien fondées qu'il veut le faire croire; il n'accuferoit
pasles Adminiftrateurs, quin'ont fait que Ce qu'ils devoient
dans la circonftance où ils l'ont fait, & qui feroient biamables aux yeux du Roi & de la Colonie, s'ils euffent agi
diféremment. C'eft parles mêmes principes & par la même
prudence qu'on les a vus defendre, à lépoque de Juille;
i vraies, ni
auffi bien fondées qu'il veut le faire croire; il n'accuferoit
pasles Adminiftrateurs, quin'ont fait que Ce qu'ils devoient
dans la circonftance où ils l'ont fait, & qui feroient biamables aux yeux du Roi & de la Colonie, s'ils euffent agi
diféremment. C'eft parles mêmes principes & par la même
prudence qu'on les a vus defendre, à lépoque de Juille; --- Page 12 ---
étrangers dans tous les
dernier, Tadmifion des Navires celui du Mole St. Nicolas 7
Ports de la Colonie, excepté dans ce Port, pourfexceur
avec les ordres les plus précis du Roià cet égard.
tion des LetresPatentes
de France dire : mais puilfque
ON entend le Commerce fourniffoit, MM. les AdininitftreMole St. Nicolas vous
de ces denrées nécel
le
les moyens de vous pourvoir 8 des Efclaves, pourteurs,
fubliftance des Habitans
de cesfaires à la
éres-vous pas aftreints à l'admiflion St. Nicolas exquoi ne vous
dans le Port du Mole fimple : les befoins
Navires étrangers La raifon en eft toute
de Caclufivement 2
très-peu
été
étoient inftans; il refte malheureufemert 8c la famine auroit
dans I'Ie St. Domingue, Ie affligées par les ouboteurs dans les partics de cette du Mole ces fecours
complète
qu'on eût pu extraire
de cette
BL ragans, avant reverlés dans les parties manquantes fon
éloignepour être
dans celle du Sud, vu grand
Colonie, fur-rout
ment du Mole.
France dit dans fes plaintes qualé dans
LE Commerce de
26 Navires étrangers
d'Avril dernier - ilyavoit éroient probablement pas pour fait en
poque du Caps ils n'y
que Ton ne
le Port des Sucres, car perfonne n'ignore du Cap, & que les Anextraire du Sucre blanc dans la partie de Sucre brut.
dans
que
fe
guères que
Anglois
glois ne chargent
entré de Navires
DIRE qu'il ne foirpoint de.cette Colonie, ce feroit mentir, oû ily (& a
les différens Ports celui quirépond à un Mémoire dans le même cas
il ne faut pas de Rats faux avaticés, tombe néceffité 8c lacrainte
beaucoup cosredit.) puilfque la
à donner
que ceux qu'il
determinsle Gouvernement
de manquer avoient
des pernifions,
Anglois
glois ne chargent
entré de Navires
DIRE qu'il ne foirpoint de.cette Colonie, ce feroit mentir, oû ily (& a
les différens Ports celui quirépond à un Mémoire dans le même cas
il ne faut pas de Rats faux avaticés, tombe néceffité 8c lacrainte
beaucoup cosredit.) puilfque la
à donner
que ceux qu'il
determinsle Gouvernement
de manquer avoient
des pernifions, --- Page 13 ---
MAIS que ces Navires ayent chargé d'autres denrées
que des Sirops, fi cela eft, tout le blâme doit tomber fer
lcs Capitaines de NaviresFrançois, sà quile Gouvernement
avoir permis & même ordonné de faire la vifite des Navires qu'ils pouvoient foupçonner en contravention : c'eft
donc à tort que le Commerce de France fe plaint quant à
cette partie.
ON dira, avec auffi peu de vraifemblance, que ces Navires étrangers apportent des Negres au Cap: ce n'eft farement pas le lieu oà ils en porteroient; le Port du Cap eft
celui de toute-la Colonie ou ile en arrive le plus, par le
Commerce de France; & s'il arrive un Navire Négrier
de 4 à 5oo Negres, il eft bien rare qu'il en forte moins
de mille à douze cens ; Ignague & quelques-autres
Ifles voifines du
poRIcaa
Cap fournifient abondamment à cette ampoule. Le Commerce de France devroit bicn dire ce qu'il
ne peut railonnablement ignorer quant à ce qui regarde
les Negres, & relativement à ce qui concerne l'extradion
des denrées de la Colonie, plurôt que d'accufer les Adminiftrateurs, à qui, dans le fond, ilrend furement juftice.
QUANTà la prétenduc Monnoie fauffe dont fe plaint
fi amérement le Commerce de France, monnoie dont,
dit-il, Oni fe fort pour enlever les denrées de la Colonic,
le mal à'a jamais étd auffi grand que le Commerce voudroit le farre croire : il eft certain qu'il s'elt introduit une
Monnoie, contrefaite dans les Ifles de la Nouvelle-Angleterre, mais eile n'étoit pas fauffe; il nc lui manquoir que
d'être faite à Vera-Crux ou à Santa-Fé, pour valoir autant
que toute la Monnoie d'or d'Efpagne coupée, qui, par
convennion, a Unl cours dans cette Colonie fort au-deffus
de fa valeur réelle : il cxiftoit même beaucoup de cette
eft certain qu'il s'elt introduit une
Monnoie, contrefaite dans les Ifles de la Nouvelle-Angleterre, mais eile n'étoit pas fauffe; il nc lui manquoir que
d'être faite à Vera-Crux ou à Santa-Fé, pour valoir autant
que toute la Monnoie d'or d'Efpagne coupée, qui, par
convennion, a Unl cours dans cette Colonie fort au-deffus
de fa valeur réelle : il cxiftoit même beaucoup de cette --- Page 14 ---
8 au hafard, & comparée
contrefite; qui, prife
prife au hafard,
Monnoie Monnoie dEfpagne, egolement celle d'Elpagne.
avec la de valeur intrinsbque d'or que fut inflruit de
avoit plus LINSTANT où le Couvernerent quina jamais
A
de cette Monnoie contrefaite, 000 liv. il prir
Tintroduélion Colonie la fomme de 500,
fon introexcédédans la
fures pour empécher que le Goules plus
les précautions
& le meilleur moyen.que fut de la déduélion ne continuat; devoir & pouvoir employer, recevoir : ce qui
vernement crut perfonne ne voulit en
La Colonie
crier au point que
Tintroduétion nouvelle.
500,
efeclivement a arrêté
chargée d'environ pour le même
fe trouve donc aujourdhui Monnoie contrefite, qui le a Gouverne000 liv. de cette de dificultés, ainfi que d'Efpagne.
cours, & fans plus que Tautre Monnoie
moins néTavoit prévu,
iln'eft pas
ment
que foit cette Monnoie, ainfi que la Monnoie
QUELLE
tout-d-fait,
MM. les Adceffire. de la fuprimer & T'on ne doute pas que fous les ycux du
coupée dE/pagne,
remis la nécellité
que la Cour
minifratcurs n'en ayent eft d'autant plus prellant, fes Monnoies couMiniftre. Linftant de réformer toutes
fe propofe er
1774.
ici
dE/pagne
du I Septembre de
de donner
pées àl Tépoque n'eft pas hors propos
de cette
ON croit qu'il
Tintroducion
idée de ce qui a occafionné
une
lavantage
Monnoie contrefite. Sucriers, trouvant un très-grand enlevoient
LES Habitans leurs Sirops que les Anglois
du
dans la vente de vivacité, crurent devoir profiter que,
avec la plus grande
le prix ; - ils jugeoient ils
moment pour en augmenter de cetre denrée, ne
des
Near
les demandes
Anglois
on
vu
à 90 liv. ce dont, jufqualors,
avoit
voient porter
qui a occafionné
une
lavantage
Monnoie contrefite. Sucriers, trouvant un très-grand enlevoient
LES Habitans leurs Sirops que les Anglois
du
dans la vente de vivacité, crurent devoir profiter que,
avec la plus grande
le prix ; - ils jugeoient ils
moment pour en augmenter de cetre denrée, ne
des
Near
les demandes
Anglois
on
vu
à 90 liv. ce dont, jufqualors,
avoit
voient porter --- Page 15 ---
avoit donné que 60 liv. & tinrent en
à
prix une denrée dont les Anglois ne conféquence ce
Ce fut à cette
les
peuvent pas fe paffer.
époque que
Anglois, auffi bons
lateurs que les Habirans de St. Domingue,
ipécucontrefaire dans plufieurs de leurs Colonies imaginerent les Monnoies de
d'or d'Epagne, qui n'ayant qu'une valeur de convention,
prétoient facilement à lillufion; ils en coulerent donc, en
fable, fur le modèle de celles qui font dans la Colonie, &
qui font toutes au moins trop foibles-d'un tiers, & beaucoup, de moitié: de forte que la plupart des. Pifoles,
appelle ici Louis, & qui doivent valoir 30 liv. n'en valent qu'on
que 20, & très-fouvent beaucoup moins.
MUNIS de cette Monnoie, audi bonne dans le fait
celle quia cours dans cette Colonie, les Anglois vinrentau que
Môle St. Nicolas faire emplette de nos Sirops : ils
liv. ce qui, peu de tems avant, n'en avoit valu payerent 60;
: donnoient donc trois Piftoles ou Louis, qui que
toient àl'Habitant qui les recevoit 90 liv.
repréfenment pareille Monnoie d'Elpagne a cours pour puilqu'effective- 90 liv.
qu'elle ne les vaille pas; mais dans le fait il n'en coutoit quoi- à
TAnglois que 60 liv. valeur effelive des trois Piftoles
donnoit. L'Habitant y gagnoit véritablement,
qu'il ces
trois Piftoleslui repréfentoient 90 liv. &iln'en coutoit puifque rien
de plus à T'Anglois que les 60 liv. qu'il avoit toujours données de la mefure ordinaire de Sirop.
VOILA quelle fut la caufe de lintrodu@tion de cette
Monnoie contrefaite : il en eft entré effeétivement dans la
Colonie pour I5 à 20000 liv. de vraiment fauffe, qui n'a
pas refté longtems dans le Commerce; elle étoit trop facile
à reconnoître.
QuoiQu'IL en foit de cette Monnoie contrefaite 2
B
T'Anglois que les 60 liv. qu'il avoit toujours données de la mefure ordinaire de Sirop.
VOILA quelle fut la caufe de lintrodu@tion de cette
Monnoie contrefaite : il en eft entré effeétivement dans la
Colonie pour I5 à 20000 liv. de vraiment fauffe, qui n'a
pas refté longtems dans le Commerce; elle étoit trop facile
à reconnoître.
QuoiQu'IL en foit de cette Monnoie contrefaite 2
B --- Page 16 ---
1o
celle d'E(pagne, il
vaille autant ou moins que
& c'eft ce dont
foit qu'elle néceffaire d'en arrêter Tintrodidion, & à quoi il
étoit
s'eft occupé fur le champ, de (ix mois on n'enle très-bien Gonvernement réuffi, puilfque depuis plus &
a cours dans
a
de cette Monnoie, qu'elle ne vaut pas
tend plus parler
celle dEfpagne, qui
le Commerce comme à Vera-Crux ou à Santa-Fé. de
micux, quoique avoitle frappée plus à craindre de Tintroduéion comme on
CE quily
& ce qui arriva
cette Monnoie contrelite, fous le prétexte de cette préten- cette
Tavoit craint, c'étoit que dont la fomme introduite dans 000 liv.
due fauffe Monnoie, ainfi qu'il a été dit, 500, &
Colonie n'excede pas,
fat
décriée,
Monnoie d'Eipagne ne également du
la
Navires
REESE
les Capitaines des
aucune Monnoie
fous ce prétexte, vouluffent plus recevoir
vu
de France ne
le Commerce ne fit gêné,
coupée d'or, & que par-là exiftoit alors dans la Colonie.
le peu de Portugailes &Ton qui peur foupconner que faire plufieurs naitre
LA chofe arriva,
sdeNaviresat
déterminerent) les Capitalinesd
raifons difficultés.
dans les Ports de la
ces
quily avoit alors
avoient monON fe rappellera Navires de France: : les denrées bonnes remifes en
Colonie 226
faire efpérer de
confé
té au point de ne plus
le Fret avoit baillé, par Les
France en les y exportant; pour faire de grands profits. forquent
de reffources
que s'ils pouvoient les
de Navires fpéculerent faire
qu'au poids
à ne
prendre
en
EA
cer le Gouvernement les remifes feroient meilleures à un
Monnoies d'or coupées,
qui eft efieGivement
exportant tout l'or dElpagne,
lui
très-haut titre.
eût donné dans le piége que
Si le Gouvernement
é, par Les
France en les y exportant; pour faire de grands profits. forquent
de reffources
que s'ils pouvoient les
de Navires fpéculerent faire
qu'au poids
à ne
prendre
en
EA
cer le Gouvernement les remifes feroient meilleures à un
Monnoies d'or coupées,
qui eft efieGivement
exportant tout l'or dElpagne,
lui
très-haut titre.
eût donné dans le piége que
Si le Gouvernement --- Page 17 ---
II
tendoient les Capitaines de Navires, la Colonie fe feroit
trouvée entierement dépourvue de Monnoic, & furchargée de fes denrées, que le Commerce de France feroit
venu enlever l'année prochaine, & au prix qu'il auroit
voulu.
LA Métropole auroit réellement fouffert de cette opdration : la fomme des denrées des Colonics quiy feroit entrée, auroit étd moins confidérable, & l'extraétion de l'or
n'auroit enrichi que quelques Particuliers.
LES Capitaines Marchands voyant que leur fpéculation
n'avoit pas réuffi, voulurent au moins en retirer un petit
avantage perfonnel vis-à-vis deleurs Armateurs: : ils crierent
très-haut contre cette Monnoie, qu'ils appeiloient faulle;
ils fe plaignirent de In gêne qu'elle mettoit dansleurs recouvremens, de CC qu'on ne vouloit pasla recevoir au Tréfor
du Roi pour l'acquittement de leurs droits; ils informerent
fur le champ leurs Armateurs qu'ils fcroient forcés de refter
plus longtems dans la Colonie; que, quoique préts à partir, ils y. étoient retenus par toutes ces dificultés; qu'ils
étoicnt obligés de fe défaire
J
decette prétendue fauffe Monnoic à un prix inférieur à celui auquel is l'avoient reçue.
Mais toutes ces précautions prifes à l'avance ne tendoient
qu'à faire fupporter à leurs Armateurs de plus grands frais,"
pour leur féjour dans la Colonie, des non - valeurs plus
confidérables, d cela a produit Tefer qu'ils cn attendoient.
ON n'ignore pas dans la Colonie combien Ont été violentes les clameurs des Capirmines, lors deleur arrivéc dans
leurs Ports refpeétifs en France: : leur reddition de compte
à leurs Armateurs étoit chargée d'une immenfité de fraisy
de non-valeurs qu'ils attribucient à l'eflet de cette prétendue fauffe Monnoie, mais dont la vraie caufe étoit la haufc
confidérables, d cela a produit Tefer qu'ils cn attendoient.
ON n'ignore pas dans la Colonie combien Ont été violentes les clameurs des Capirmines, lors deleur arrivéc dans
leurs Ports refpeétifs en France: : leur reddition de compte
à leurs Armateurs étoit chargée d'une immenfité de fraisy
de non-valeurs qu'ils attribucient à l'eflet de cette prétendue fauffe Monnoie, mais dont la vraie caufe étoit la haufc --- Page 18 ---
I2
la quantité de
& la diminution du Fret; par
dans
des denrées
fe trouvoient à cette époque
Navires François qui
des
les Ports de la Colonie. France fait fonner fort haut, que
LE Commerce de
fauffe, ayant été
de cette Monnoie, qu'ils appellent rendu 15 liv. &
pieces
France, la Piftole n'avoit pas
dansles Pifeffayées en
Silent voulu choifir choifi, fans
les autres, en proportion. cours ici, comme cils ont
toles d'Efpagne qui ont
pour faire valoir leurs prédoute, parmi T'autre Monnoie, aifé de lui en fournir grande quansentions, il auroit été
dansle Commerce de cette Cotité, qui cependant a cours les meilleures de cette elpece,
lonie pour 30 liv. comme rendiffent peut-être pas 15, liv.
àl'effai clles ne
à celui du Comquoiqual réfulte de ce Mémoire en Réponfe tems pour fe plainIL
qu'il a mal pris fon
la Colomerce de France, des Navires étrangers dans
des
dre de l'admifion qu'ils n'y ont été admis faifoient que par crainnie de St. Domingue; après des ouragans qui
fi le Gounécellités majeures, & la plus alfurée difette, ladmifdre la plus prochaine
que
fàt
(igneulements
vernement ne s'en occupé d'autre objet Timportation
Bâtimens n'avoit
dans cette
fion de ces
pCOr
quela Memopolenapone à permettre &
de comeflibles les foins des Adminilrateurs François de
Colonie; que
Marchands
aux Capitaines
fur les Bâtimême à ordonner jugeroient convenables
une
faire les vifites qu'ils
leur ouvrant
quils croiroient en contravention, caufe, on poumens
dans leur propre
d'en
voie pour fe tranquilliler affuré qu'ils ne
pas même
être
hnepligetoiest
voit & devoit T'ont fait en effèt, & fous les yeux ont eu Ie
faire ufage : ils
Les Capitaines Marchands
pas
On ne conçoit
des Adminitrateuts. sétoient trompés.
chagrin de vair quils
qu'ils
leur ouvrant
quils croiroient en contravention, caufe, on poumens
dans leur propre
d'en
voie pour fe tranquilliler affuré qu'ils ne
pas même
être
hnepligetoiest
voit & devoit T'ont fait en effèt, & fous les yeux ont eu Ie
faire ufage : ils
Les Capitaines Marchands
pas
On ne conçoit
des Adminitrateuts. sétoient trompés.
chagrin de vair quils --- Page 19 ---
IS
comment ces mémes Adminiftrateurs follicités par le Commerce, pour ces vifites, fans aucun fuccès pour lui, n'ont
pas fait fupporter aux Capitaines plaignans tous les frais
qu'ont occalionnés le déchargement &c le rechargement de
ces Navires érrangers, qui, après la plus exaéte & la plus
fcrupuleufe vifite, ne fe font trouvés chargés que de
IL réfulte encore que cette prétenduc fauffe Monnoie, Sirops.
quidansle vrai n'étoit qu'une Monnoie contrefaite, &c dont
la fomme introduite dans la Colonie n'ajamais excédé, ainfi
qu'il a été dit, celle de 500, 000 liv. a fervi de
aux Capitaines Marchands François, alors dans la Colonie, moyen.
pour leur faire efpérer que les Adminiftrateurs fe détermineroient, à leurs vives & réitérées repréfentations, à mettre toutes les Monnoies d'or coupées à leur valeur intrinfèque, pour qu'ils pullent en faire Tulage qui a été dit cidevant, & que voyant que cette fpéculation à cet égard
avoir échoué, ils ont voulu au moins en tirer quelqu'avantageaupresdeleurs Armasmun.sigsibcoe-znh réufli.
IL en réfulte encore que toutes les plaintes du Commerce ne doivent rien faire changer aux bonnes difpofitons du Roi pour la franchife du Port du Môle St. Nico.
las. Qui fourniroit à la Colonie les Bois de conftruétion
pour les Manufa@ures, les Effentes, le Merrain?La Colonie n'eft pas en état de le faire, & pourroit-on fe flatter
que le Commerce de France en apportât P Toutes ces marchandifes font cependant indi(peniables pour fabriquer &
exporter les denrées de ce Pays. Qu'on veille avec la plus
grande attention à l'exécution des Lettres-Patentes CORcernant le Portdu Môle; cela doit être : on le fait, & les
Adminiftrateurs y tiennent la main. Mais vouloir abolir la
franchife de ce Port, qui, on ofe le dire, eft auffi avanta:
-on fe flatter
que le Commerce de France en apportât P Toutes ces marchandifes font cependant indi(peniables pour fabriquer &
exporter les denrées de ce Pays. Qu'on veille avec la plus
grande attention à l'exécution des Lettres-Patentes CORcernant le Portdu Môle; cela doit être : on le fait, & les
Adminiftrateurs y tiennent la main. Mais vouloir abolir la
franchife de ce Port, qui, on ofe le dire, eft auffi avanta: --- Page 20 ---
produéions mêmes
de France que'lés
elle n'auau Commerce fans le Commerce Anglois feroit une mauET la Colonie, puifque Effentes, ni Merrains, ce
auroit à
roit ni Bois, ni dont le Commerce de France les Suvaife fpéculation,
Timpofmibilité d'embarquer
fe plaindre un jour, par past Tembarquer en grenier. à ce
cres : car enfin on ne peut
la main dont que
MAIS quel'on tienne (cropaleulement) que des Sirops
n'exportent en échange
dans cette
les Anglois fe palfer, & dont la furabondance fait, 8 l'on doit
ils ne peuvent
c'eft très-bien
Colonie lui eft nuifible, le faire.
au Méter-femupuleuement ce que T'on peut répondre
VOILA à peu près France, quant à ce qui regarde
moire du Commerce de
le
la Çolonie de St. Domingue. concerne les Mles-du-Vent,
A L'ÉGARD de ce qui
le Comerce étranger
de France fe plaint que Colonies. Mais à qui
Commerce d'abandonner celui de ces
Le Commerce
Ta forcé prendre, fi ce n'eft à lui-même? culiver les Cannes
peueilsen France n'ignore pas qu'on ne peut de
qu'avec
de
des Ifles l'Amérique font entre les
& les autres produtlions
les Etats qui
er Janvier
des Negres : il eft prouvé par depuis Tépoque du I il n'eft
mains des Receveurs, que
Décembre 1770,
jufquà celle du dernier
parle Commerce
11766,
la Colonie de la Martinique,
n'eut eu
entré dans
1076 Negres. Si cette Colonie lui fourniffoit
de France, que
que ceux que
d'autres fecours, en ce genre, furement plus, & le Commerce fait,
comme ille
la
France, elerlesiftersir pas à y vendre,
de France ne trouveroit avantage, toutes les Marchandiles
&c avec un très-grand luxe
y apporte.
fe
sèches ou de
quil Colonies du Vent à plaindre
CE feroit plutorà ces
de la Martinique,
n'eut eu
entré dans
1076 Negres. Si cette Colonie lui fourniffoit
de France, que
que ceux que
d'autres fecours, en ce genre, furement plus, & le Commerce fait,
comme ille
la
France, elerlesiftersir pas à y vendre,
de France ne trouveroit avantage, toutes les Marchandiles
&c avec un très-grand luxe
y apporte.
fe
sèches ou de
quil Colonies du Vent à plaindre
CE feroit plutorà ces --- Page 21 ---
1S
contre le Commerce, qu'à lui, contr'elles. Le plus grand
nombre des Navires François qui y abordent, vend fes
Marchandiles sèches en argent comptant, qu'il va porter
à St. Domingue pour y acheter les denrées de cette Colonie, & laiffe aux Habitans les leurs, lefqu'ellesn'étant point
extraites parl le Commerce del France, les Habitans font obligés de s'en défaire à ceux qui les leur payent, ou quileur
donnent d'autres chofes en échange.
QUE le Commerce de France porte donc des Negres
aux Ifes-du-Vent; qu'il les y, vende à un prix raifonable;
qu'il tire en échange les denrées du Pays; il aura toujours
la préférence, parce que les Negres qu'il y apportera feront de meilleure efpece que ceux que ces Colonies font
obligées de tirer par néceflité, & faute d'en avoir d'autres,
du Commerce étranger. Comment le Commerce de France
peut-il fe flatter que, n'apportant pas aux Ifles-du-Vent
l'inftrument de premiere néceffité, (les Negres), il aura
la préférence pour les denrées fur ceux qui fourniffent les
moyens de les cultiver? Cela ne feroit pas jufte, &c l'on
trouve que c'eft encore beaucoup qu'avec ces Negres qu'ils
ne fourniffent pas, les Habitans leur raffemblent Targent
néceffaire
acheter les Marchandifes sèches & de luxe
que le Ctontree de France y importe.
A % 2 > KEU
AU FORT-AU-PRINCE,
DE LIMPRIMERIE ROYALE, 1773. --- Page 22 ---
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Me. G # DUBOIS
DE PAR LE ROI
REGLEMENT DE POLICE.
DU 19 JUIN 1772.
EXTRAIT DES REGISTRES
DU CONSEIL SUPÉRIEUR DU PORT-AU-PRINCE
par le Confeil, le Réglement de Police, conVU cernant la ville du Port-au-Prince, fait par MM.
les Général & Intendant de cette Colonie; ledit Réglement compofé de dix-huit articles, en date du 23
Mai dernier. Signé enfin, VALLIERE & MONTARCHER.
Scellé de deux cachets en cire rouge, & contrefigné
AUGUIÉ & FERRAND. Le requifitoire du Procureur-Général du Roi, tendant à Tenrégiftrement dudit Réglement au Greffe de la Cour, à ce qu'il foit
imprimé, lu, publié & affiché, & que copies collationnées d'icelui foient envoyées dans les JurifdiStions
du reffort, pour y être pareillement lues, publiées &
régiftrées, avec injongion à fes Cubftituts d'y, tenir
la main & d'en certifier la Cour: au mois : ledit requifitoire lgnè, DELAMARDELLE.
Sur quoi, la matiere mife en délibération & oui le
de M". Fauché, Confeiller, LA COUR a
rapport ordonné & ordonne que ledit Réglement de Police,
fera régiftré au Greffe de la Cour, imprimé, lu, publié & affiché; & que copies collationnées d'icelui,
feront envoyées daas les Jurifdiétions du reffort, pour
&
à la
y être pareillement lucs, publiées
regiftrées,
LE.
Sur quoi, la matiere mife en délibération & oui le
de M". Fauché, Confeiller, LA COUR a
rapport ordonné & ordonne que ledit Réglement de Police,
fera régiftré au Greffe de la Cour, imprimé, lu, publié & affiché; & que copies collationnées d'icelui,
feront envoyées daas les Jurifdiétions du reffort, pour
&
à la
y être pareillement lucs, publiées
regiftrées, --- Page 24 --- --- Page 25 ---
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