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a f
- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
M E M OIRE
EN FORME DE DISCOURS
SUR
LA DISETTE DU NUMERAIRE
A SAINT T-DOMINGUE,
E T
SUR LES MOYENS D'Y REMÉDIER,
Lu à la Chambre de Commerce du Cap François,
le 19 Mars 1787,
PAR M. FRANGOIS DI E NEUFCHATEA U.
NOUVELLE ÉDITION,
Suivie de lettres et de pieces relatives à des objets intéressans pour la France et les Colonies.
Sicp placet?" an melius, quis habet suadere ? (HORACE.)
(Sur TImprimé au Cap François.)
A
M E T Z,
DE LIMPRIMERIE DE CLAUDE LAMORT.
Et se trouve à PARIS,
( BAILLY, Libraire, rue St. Honoré, vis-à-vis la
Chez
Barriere des Sergens;
LEFEVRE, Libraire, rue neuve des Bons-Enfans,
No.18.
AvEC APPROZATION ET PRIVILEGE, 1788. --- Page 6 ---
a --- Page 7 ---
AVERTISSEMENT
DE LEDITEUR
I s'est répandu plusieurs copies du discours suivant. Les unes et les autres préd'assez
variétés. Je crois
sentent
grandes
avoir saisi la plus correcte : celle qui paroit avoir été envoyée à M.L* D"Pkx*
avec des lettres et des pieces que je
a
donne également.
J'y ai joint quelques notes au bas des
avec les renvois que j'ai jugés
pages,
nécessaires.
Je demande bien pardon au respecrable Magistrat, auteur de cet ouvrage,
et à la personne de considération à qui
il avoit été adressé, des fautes qui se
dans limpression, faite
seront glissées
loin de l'auteur et sans son attache. Il
doit m'excuser par le motif même quil'a
fait écrire. L'intérêt de la France et celui.
des Colonies m'a semblé exiger que ses --- Page 8 ---
vues fussent universellement
n'ai pas dû balancer à faire connues. Je
blic du manuscrit
part au. puhasard
complet, qu'un heureux
a fait tomber dans mes mains.
N. B. La premiere édition
au Cap, a été citée et
donnée
différens
analysée dans
papiers publics. Voyez le
plément au No.3 31 . du Mercure de
supde l'année 1787; mais la
France,
présente édition
CnkcuacwpHlauntemsmime des choses
et renferme
nouvelles.
Malgré le soin que l'auteur a
crire
pris d'épurement, il s'est glissé nécessairement,dans cet ouvrage des termes
et des mots
locaux
techniques, soit de
soit de Marine, soit de
Colonie,
ils sont en petit
Commerce, -
Mais
tendre,
nombre, et faciles à enpar ce qui les suit ou les précede. --- Page 9 ---
DISCOURS
S U R
DU NUMERAIRE
LA DISETTE
A SAINT-DOMINGUE,
ET
LES MOYENS DY REMÉDIER.
DU 19 MARS 1787.
EasAvoxs de résoudre, en faveur de la Cole plus difficile, peut-être, et le plus imlonie,
qu'on puisse y agiter dans la
portant problême
circonstance actuelle.
Ils'agit de remédier à cette disette d'argent
éprouve. aujourd'hui au Cap, et qui jette
qu'on
alarmante, et une
dans les affaires une léthargie
gêne inexprimable.
instruits
Les Magistrats n'en sont que trop
nombre infini d'affaires dilatoires qui surpar ce
moment les rôles de leurs auchargent en ce
diences.
vient
leur demander jus:
Le plaideur ne
plus
tice; il vient pour implorer du tems.
A
'agit de remédier à cette disette d'argent
éprouve. aujourd'hui au Cap, et qui jette
qu'on
alarmante, et une
dans les affaires une léthargie
gêne inexprimable.
instruits
Les Magistrats n'en sont que trop
nombre infini d'affaires dilatoires qui surpar ce
moment les rôles de leurs auchargent en ce
diences.
vient
leur demander jus:
Le plaideur ne
plus
tice; il vient pour implorer du tems.
A --- Page 10 ---
Le
(2)
créancier, le débiteur ne
deux
forment
personnages, parce que le méme
plue
qui presse sans succès
homme,
quelques
ceux qui ont envers lui
d'état de satisfaire engagemens, est par-là même hors
aux siens.
C'est du moins un prétexte
volonté.
pour la mauvaise
La confiance a
disparu : tout languit dans
Tinaction; et, quoique Fabondance
jours de ses trésors cette
couvre tousa fécondité, la Colonie terre, prodigieuse par
sont
est riche, et les
pauvres. L'objet du
Colons
se; Taction du
commerce est immencommerce est nulle; le
manque; nul créditn n'y supplée;
numéraire
raire ou crédit, la richesse
et, sans numé.
vie est dans le
n'a plus de vie : sa
culer, on diroit mouvement; qu'elle cesse de cirqu'elle cesse d'être!
C'est un état de mort
dustrie, et généralement pomtla A
culture et linUn tel état mérite pour la société.
Il a frappé depuis l'attention des citoyens.
long- tems MM. les
ministrateurs de cette Colonie,
Adgrandeur du mal, et en desirent qui sentent la
Ils ont eu la
le remede.
sagesse de ne pas interdire à la
C'est
de ce
eeratpnbretets
probléme.
tion semble principalement devoir
au Cap que cette quesêtre traitée,
parce que la na- --- Page 11 ---
(3)
fait de la rade du Cap-François, le chef
ture a
le centre des affaires, et le
lieu du commerce,
Port principal de cette Colonie.
Ainsi nous oserons livrer au public nos idées,
consulter la Colonie sur cette matiere imporet
craindre le reproche d'usurper des
tante, sans
objets réservés à l'autorité.
Ils'agit moins ici de déployer T'autorité que
d'agir sur l'opinion ; c'est par T'opinion qu'on
suppléeàlargent, autant qu'on y peut suppléer.
Nous ferons nos efforts pour aider le Gouvernela confiance et dirigeant
ment, en appellant
Topinion.
ne
et ne doit
Notre travail à ce sujet
peut,
qu'autant qu'il parviendra de Jui-même,
réussir,
à réunir ensemble, à rallier plus
et parévidence,
dela Colonie etles intérêts
fortement les besoins
du Royaume.
aux
Le nom de Colonie suffit pour rappeller
la nécessité d'athabitans de Saint-Domingue à celles de la métacher toutes leurs destinées
et c'est ce qu'on ne doit jamais perdre
tropole; dans toutes les recherches des moyens
de vue
les Isles françoises.
de prospérité pour
Farrangement
En partant de cette maxime,
rétablir ici l'abondance du nuà prendre pour
d'autant mieux à cette Coméraire, conviendra
A 2
Royaume.
aux
Le nom de Colonie suffit pour rappeller
la nécessité d'athabitans de Saint-Domingue à celles de la métacher toutes leurs destinées
et c'est ce qu'on ne doit jamais perdre
tropole; dans toutes les recherches des moyens
de vue
les Isles françoises.
de prospérité pour
Farrangement
En partant de cette maxime,
rétablir ici l'abondance du nuà prendre pour
d'autant mieux à cette Coméraire, conviendra
A 2 --- Page 12 ---
(4)
lonie, qu'il pourra convenir aussi bien à la métropole. Par conséquent, il a besoin d'être
nu, d'être approuvé en
conavant d'être féalisé. Europe et en Amérique,
Nous devons donc offriràla France
et à SaintDomingue un nceud que les deux mondes
sent saisir également.
puisCette matiere est vaste :
est possible, dans ses bornes resserrons-là, s'il
1°, Nous
essentielles.
poserons d'abord quelques
pes sur les causes et les effets de la disette princinuméraire à Saint-Domingue.
du
En même tems nous
sance des projets donnés développerons l'insuffi.
remédier.
jusqu'à présent pour y
2".et3 3°. Delà nous
qui nous semblent les passerons aux expédiens
justes.
plus heureux et les plus
Après savoir creusé plus avant dans les
de la rareté des
causes
des
especes, nous tirerons, du sein
causes elles-mèmes, deux
paux, dont l'un regarde les
moyens princia rapport au crédit,
monnoies, et l'autre
Nous ferons entrevoir l'extension
ble dont ces
considéraà notre intérêt moyens sont susceptibles, en liant
crédit
les progrès du commerce et du
public de la métropole elle-même. --- Page 13 ---
(s):
4". Nous jetterons enfin des vues ultérieures
sur Taggrandissement que ces moyens peuvent
donner à la culture et au commerce, c'est-à-dire,
aux deux branches nourricieres et principales de
l'arbre de la Colonie.
A 3 --- Page 14 ---
(6)
PREMIERE
PARTIE,
Vues genérales sur la disette du
numéraire a
Soiat-Doningu, àcct
et sur les projets proposés
égard,
Noesronsy
promis des
pes sont courts, et leur principes : ces princi.
de longs détails,
simplicité n'exige pas
Laisser un pays de commerce
numéraire, c'est risquer de
manquer de
publique aux vues
sacrifier la fortune
rét privé,
sans cesse variables de l'intéC'est faire plus encore: c'est
ple riche 'à une sorte de famine. exposer un peu.
mine d'argent est
Pour lui la faoà il manque de presque aussiafiteuse que celle
pain,
Le commerce
d'argent a succédé
commerce d'échange, Que l'on
par-tout au
comme on voudra! qu'il soit définisse T'argent
le
sure, ou le
signe, ou la medes valeurs! gage, ou l'agent des richesses et
qu'il soit lui-méme la
valeurs de convention!
premiere des
qu'on le nomme encore
exposer un peu.
mine d'argent est
Pour lui la faoà il manque de presque aussiafiteuse que celle
pain,
Le commerce
d'argent a succédé
commerce d'échange, Que l'on
par-tout au
comme on voudra! qu'il soit définisse T'argent
le
sure, ou le
signe, ou la medes valeurs! gage, ou l'agent des richesses et
qu'il soit lui-méme la
valeurs de convention!
premiere des
qu'on le nomme encore --- Page 15 ---
(7)
en le définissant : LA NARCHANDISE
mieux,
toujours est-il de fait que
UNIVERSELLE! monnoies doit être assimilée à
Tinvention des
en mieux
utiles découvertes qui ont changé
ces
humain, et dont Thabitude
l'état du genre
s'abolir. Oui, Messieurs,.
adoptée ne peut plus
au comde ramener. un peuple
il est impossible
il a fait usage du se-,
merce d'échange, quand
d'argent. On ne
des especes
cours intermédiaire
civilisées à l'état des
reporte point les nations
hordes sauvages.
est une Isle trop
Saint-Domingue, sur-tout,
vers. cet état
la faire rétrograder
1 Aorissante pour
de barbarie.
cette ColoOn peut dire avec assurance que
connue encore. On l'a souvent canie est peu
Des
lomniée au moral, et même au physique.
quila peignoient sans l'avoir
hommes éloquens, laisséà diresur les abus qui sont
vue, n'ont rien
ailleurs, une ombre au taici, comme par-tout
nécessaire de la foibleau social, et Tappanage
blesse humaine.
d'examiner jusqu'à
Ce n'est pas le moment
quel point leurs portraits sont outrés:
n'a
assez dit, on ne sait pas
Mais on
jamais de travaux et d'efforts,
assez ce qu'il en a coûté
fallu de courage et de persévérances
ce qu'ila
A 4 --- Page 16 ---
ce guis'est fait de (8)
naturel, pour qu'une surprenant, et presque desurtous les
poignée d'hommes, bravant
féaux, et survivant enfin à
times que le climat s'est
toutes les vicun sol et sous un ciel immolées, ait créé sur
brâlans, les plus
manufactures, et les
grandes
de Funivers.
possessions les plus riches
Comment donc un si beau
exposé au dénuement
pays peut-il être
aujourd'hui, dont il a d'especes, dont il souffre
souffert
C'est que ces hommes
plusieurs fois?
vaincre la nature, et
étonnans, qui ont SiZ
vue, Teurope ne rend auxquels, sous ce point de
ces fondateurs
pas une entiere
d'un grand et
justice,
ont pu commettre des
magnifique empire,
que; et peut-être
erreurs en fait de politiexcusée
est-ce à une de ces
par les circonstances,
erreurs, 9
attribuer la rareté extrême
que nous devons
des
d'argent dont cette Colonie
especes d'or et
la victime.
est de tems en tems
Considérons la maniere dont les
troduisent à
especes s'incet
Saint-Domingue :
égard, et nous
réfléchissons à
monnoies d'or
verrons que la disette des
époques,
et d'argent est, à de certaines
lintermittence
I
où nous les
inévitable de la source
puisons.
D'oh nous viennent
quement des
l'argent et l'or? Unique.
étrangers.
de tems en tems
Considérons la maniere dont les
troduisent à
especes s'incet
Saint-Domingue :
égard, et nous
réfléchissons à
monnoies d'or
verrons que la disette des
époques,
et d'argent est, à de certaines
lintermittence
I
où nous les
inévitable de la source
puisons.
D'oh nous viennent
quement des
l'argent et l'or? Unique.
étrangers. --- Page 17 ---
(9)
II n'est pas en notre pouvoir de restraindre
Técoulement des especes qu'ils nous apportent,
sont à la fois des objets de comparce qu'élles
merce et des signes des marchandises. à SaintPour attirer, et pour fixer ces especes
Domingue, on a haussé leur taux.
illusoire étoit un appât
Cet accroissement
la fraude, et pour une espece de fraude
pour
dangereuse, qu'elle étoit déguisée
d'autant plus
d'un trafic. Comment pouvoitsous l'apparence
point ici la matrice de
on s'en défendre, n'ayant
d'en
cette monnoie adoptive, ni le moyen légal
apprécier la valeur, d'en punir la contrefaçon,
et d'en prévenir la rognure?
encore
Mais cet accroissement trompeur avoit
autre vice, car il n'a point rempli son but,
un
seniement subordonnés, en certains
et nous a
points, à une puissance étrangere.
de
On nous propose cependant d'augmenter
nouveau la valeur des especes qui nous viennent
Il faut mettre, dit-on, les gourde FEspagnol.
des à douze escalins (1): : c'est le mot trivial;
c'est le plan que chacun indique.
Il séduit au premier coup d'oeil.
Cest-à-dire, à 9 liv. de la Colonie, ou 6 liv.
()
Tournois. --- Page 18 ---
II est d'ailleurs (10)
sonnes qui ont des accrédité par certaines perqui les cachent
piastres dans leur caisse, et
de
avec soin, attendant le
gagner sur chacune un escalin de moment
Mais la réfexion, à tout
plus.
sonnes, prouve
autre qu'à ces perà moins
que ce parti seroit
que de substituer
impraticable,
des valeurs réelles.
une monnoie fausse à
trée L'insuffsance du moyen nous paroit
par unee cexpérience
démonSuivons-en la
répétée déja trop souvent.
gradation.
En 1721, une ordonnance du
duit ici les
Roiavoit réSuine-Domingue piastres-gourdes à 4 liv. 15 sols de En 1726, la piastre fut fixée à 6 liv.
En 1735, les piastres,
(2).
coûtoient douze
devenues plus rares, 4
pour cent de
elles
Portées à 6 liv. 14 sols.,
plus;
furent
En 1740, on les mit à 7 liv.
La guerre de 1744 les éleva
Io sols.
bientôt à 7 liv,
En 1762, la gourde fut mise à 8 liv.
(1) Vovez le recueil des loix de
par M. Moreau de Saine-Miy, Saint-Domingie,
supérieur du Cap.
Conseiller au Conseil
(2) Voyez le méme recueil.
cent de
elles
Portées à 6 liv. 14 sols.,
plus;
furent
En 1740, on les mit à 7 liv.
La guerre de 1744 les éleva
Io sols.
bientôt à 7 liv,
En 1762, la gourde fut mise à 8 liv.
(1) Vovez le recueil des loix de
par M. Moreau de Saine-Miy, Saint-Domingie,
supérieur du Cap.
Conseiller au Conseil
(2) Voyez le méme recueil. --- Page 19 ---
(1r)
un
plus cher;
En 1766, on Pachetoit
peu
elle étoit à 8 liv. 3 sols.
ces
Enfin, par un dernier effort, en 1773,
ont été élevéés au
mêmes piastres-gourdes
ou onze escalins.
corapte rond de 8 liv. 5 sols,
Mais cette nouvelle mesure a été bientôtinutile; on les a enlevées.
faisoit
Dès 1775, la disette du numéraire se
ressentir; et M. le Comte d'Argout, qui comavoit à cette époque consulté
mandoit au Cap,
MM: les Adminisle commerce, de la part de
à
sur le moyen de rappeller les especes
trateurs,
Saint-Domingue (1).
la sortie par les
Depuis, on en a défendu
étrangers (2); mais on n'a pu prévoir ni gêner
France, comme nous le verrons
leur reflux en
dans la suite de ce discours.
Cei reflux a été immense. Les circonstances
avoient semé beaucoup de gourdes
de la guerre
des mildans la ville du Cap; il s'en est exporté
lions depuis la paix.
escalins, on les en-,
Qu'on les mette à douze
levera de même; elles disparoitront à mesure
(:) M. d'Argout écrivit à la Chambre du commerce
lc 12 Décembre 1775.
(2) En 1780. --- Page 20 ---
(12)
que Saint-I
Domingue en fera la
nant, pour les obtenir,
dépense, en don.
chandises de
un douzieme de marplus qu'elles ne;
exagéré, où elles sont
coûtent au taux
On
en ce moment.
peut en dire autant de l'or,
restrictions.
avec quelques
La pistole d'Espagne,
mingue
liv.
qui passe à Saint-Do-"
liv. de pour 31
IO sols, ne vaut
France, quand elle est du
que 20
elle perd la moitié,
meilleur aloi:
ou contrefaite
quand elle est altérée,
; et
rognée
jours ici
cependant on Temploie toupour 31 liv. IO sols.
Les
120 liv. quadruples il
en or, qui ne valoient
y a peu d'années, ont
que
à coupà 126 liv.,
pris cours tout
ait consacré
sans qu'aucune forme
ce taux, émané, à ce
légale
en 1781, d'une simple
qu'il paroit,
Trésor. Mais
exigence des Commis
on prétend
du
TEspagnol trouve du
qu'à ce taux même
d'or, et l'on voudroit profit tàexporter ces pieces
à 132 liv.
en conséquence les porter,
Quand on réfléchit mûrement à
la prime que nous donnons
l'énormité de
obtenir leur
aux Espagnols pour
sable
numéraire, il ne paroît pas
d'aggraver
propoaujourd'hui, de notre
mouvement, le poids de cette
propre
sant encore la valeur de
lésion, en rehauscette monnoje, quoi-
, et l'on voudroit profit tàexporter ces pieces
à 132 liv.
en conséquence les porter,
Quand on réfléchit mûrement à
la prime que nous donnons
l'énormité de
obtenir leur
aux Espagnols pour
sable
numéraire, il ne paroît pas
d'aggraver
propoaujourd'hui, de notre
mouvement, le poids de cette
propre
sant encore la valeur de
lésion, en rehauscette monnoje, quoi- --- Page 21 ---
(13)
parût plus raisonnable d'accorder cette priqu'il
le mettre au niveau des especès
me à l'or, pour
d'argent.
d'établir dans cette Isle une
Onavoit proposé
monnoie Coloniale, etl la Chambre d'Agriculture
dans son Mémoire du 26 Octodu Cap a dit,
de numébre dernier : C La Colonie n'a point
raire
lui soit
et c'est un grand
<
qui
particulier,
< malheur >).
En conséquence, elle propose d'affecter àla
-
Colonie une monnoie quilui soit propre, dont
le
fixé
la loi, soit tel qu'il ne soit pas
taux,
par
del'exporter, sans éprouver des pertes
praticable fortes
sur les denrées, et qui ne tente
plus
que
d'essayer de la contrepas pourtant les étrangers
faire, pour en verser à leur profit, &c.
Ce projet valoit mieux sans doute. On l'a
présenté plusieurs fois, et il a toujours échoué
défaut de confiance entre la Colonie et le
par un
d'autres raisons qui ne
Gouvernement, et par
y revienne assez à tems
laissent pas espérer qu'on
pour parer au mal qui nous presse.
Pourquoi faut-il que les mesures les plus
sages ne trouvent pas toujours les esprits disposés ou à les promouvoir, ou à les adopter?
Forcés par cette circonstance de reculer à
Saint-Domingue le projet d'établir une monnoie --- Page 22 ---
(14)
Coloniale, he nous rebutons
que nous faisons des
pas ans l'examen
suppléer, s'il est expédiens nécessaires pour
monnoie,
possible, au défaut de cette
La détresse effrayante où se trouve
merce; nous en fait un devoir. Si
notré comse prolonge, elle fera notre
cette langueur
demande avec
ruine; et chacun se
remédier?
inquiétude : comment donc y
Cette question
plusieurs
importante a déja occasionné
réponses indiscrettes,
tion publique a suffisamment que limprobaNous ne
réfutées.
croyons pas, par
nous arrêter à
exemple, devoir
niens de
développer en détail les inconvéces entrepôts de denrées,
légérement dans les feuilles
proposés trop
peces de lombards, où le Américaines (1), estres, ou; gardiens, tiendroit récépissé des sequesles ténébreux et
lieu des valeurs; ; asyfavorables à l'usure,
cheroit aisément sous
qui se caCes
un dehors oflicieux.
entrepôts ne serviroient qu'à retarder les
chargemens, à géner et à
les
des denrées, à
compliquer ventes
augmenter les frais, souvent à
(1) Voyez l'extrait de TAflfiche
la suite de ce Discours,
du Port-au-Prince, ,4
récépissé des sequesles ténébreux et
lieu des valeurs; ; asyfavorables à l'usure,
cheroit aisément sous
qui se caCes
un dehors oflicieux.
entrepôts ne serviroient qu'à retarder les
chargemens, à géner et à
les
des denrées, à
compliquer ventes
augmenter les frais, souvent à
(1) Voyez l'extrait de TAflfiche
la suite de ce Discours,
du Port-au-Prince, ,4 --- Page 23 ---
(15)
engorger la circulation, et à faire craindre
Colons que cet usage
aux
inquiétant ne fournit
que jour des armes contre la liberté
quelcontre la propriété,
civile et
Ne transportons point au midi les
du nord! ce qui convient
exemples
nuire
sous une zone,
sous une autre. Un climat froid,
peyt
pauvre, n'ont pas de moyen qui
un pays
beautéde notre ciel et aux richesses s'applique à la
Et d'ailleurs,
de nos terres.
la justice
comment accorder les loix de
avec les entrepôts?
Le séquestre recevroit-il les
les saisies des créanciers ? il oppositions ON
embarras extrême,
en résulteroit un
et des procès sans nombre.
Mais les denrées entreposées
insaisissables? En ce cas, n'est-ce seroient-elles
un refuge de plus à la mauvaise foi? point ouvrir
Ce projet seroit supportable sile
consentoit à être payé en denrées, commerce
toléréici dans des tems de
comme on l'a
merce est
misere. Mais le comindigné de cette
le commerce de France.
proposition : je dis
noncé sur le sujet qui Voyons ce qu'il a proplique au
nous occupe, dans sa répour et contre.
L'Auteur de cet écrit, l'un des meilleurs
vrages faits par les Commerçans
Ouune grande sortie
François, a fait
çontre les paiemens en den. --- Page 24 ---
(16)
rées ; voici comme il
s'explique ( lettre VII,
pag. 48 ).
C On est convenu à
de
<
argent.
l'Amérique payer en
Pourquoi les débiteurs sont-ils admis
quelquefois à payer en denrées,
a mettent le plus haut prix? C'est auxquelles ils
< la partie du Sud de
sur-tout dans
<C
gnent le
Saint-Domingue que réplus ces abus. Les sucres
< lent, suivant leur
bruts vaqualité, de
à
€C Pourquoi le débiteur
25 35 liv.
qui s'est
à
CC en argent, acquiert-il le droit engagé de
payer
CC en sucre, et de vendre
se libérer
ce dernier au
< prix, quoiqu'il soit inférieur
plus haut
en
CC pendant le Capitaine est forcé qualité? Cede recevoir
< sucre en paiement; ; et, au-lieu d'être
ce
c 10,000 liv., il ne reçoit effectivement payéde
< ou 7,000 liv., parce qu'il
que 6
y a une
C de plus de deux
différence
cinquiemes de la
C sucre qu'on lui livre à celle
qualité du
quia été
CC plus chere; ; une pareille
vendue la
&
jurisprudence est décourageante pour les Armateurs ;
(C
l'occasion de dire
etc'estbien
que dans cette
<C
partie de
Saint-Domingue :
< Le cuivre devient or, et lor devient à rien
>
Voilà donc ce que pensent les Négocians du
Royaume sur les paiemens en denrées Et
c'est,
cinquiemes de la
C sucre qu'on lui livre à celle
qualité du
quia été
CC plus chere; ; une pareille
vendue la
&
jurisprudence est décourageante pour les Armateurs ;
(C
l'occasion de dire
etc'estbien
que dans cette
<C
partie de
Saint-Domingue :
< Le cuivre devient or, et lor devient à rien
>
Voilà donc ce que pensent les Négocians du
Royaume sur les paiemens en denrées Et
c'est, --- Page 25 ---
(17)
leur faire plaisir qu'on a
c'est, dit-on, pour
de faire ici des entrepôts . La conimaginé
réfute elle-même. Les seuls créantradiction se
desiciers des Colons, les seuls qui pourroient
denrées en acquit de leurst titres,
rer d'obtenirles intéressés à Tétablissement de
les seuls qui sont
trop fameux, sont ceux précisément
cet entrepôt
horreur Tidée, la seule idée de
qui rejettent avec
Peut-on rien de plus
ceS paiemens en nature!
fort?
moins sages et bien plus
D'autres projets
mémel'ombredune
compliqués, ne méritent pas
discussion.
raisonnable de croire suppléer
II n'est pas
billets, acàl l'argent monnoyé par des papiers,
&c. Tous effets et tous papiers,
tes obligatoires, lettres de change de Négocians
autres que Ies
ne sont que de vains signes.
bien connus,
les
ainsi que la monOn peut bien répandre,
mais ils n'ont de valeur, qu'autant que
neie ;
imitent est réellement existant, ou
T'argent qu'ils
que
est censé exister. Ils ne le multiplient
qu'il
donnent
des chimeres.
danslopinion; ils ne
que
le Colon
Et ce n'est pas sur cette base que
doit asseoir ses richesses ;
de Saint-I Domingue
car ses richesses sont réelles.
satisfaits des plans qu'on a jusqu'à préPeu
B --- Page 26 ---
(18)
sent, ou essayés, ou proposés, nous
à notre tour s'il en existe d'autres, demandons
bles et meilleurs. Nous le
plus praticade nous
croyons ; mais, avant
expliquer, nous oserons encore
ger la sagesse de nos lecteurs.
interroFaut-il embrasser un systême
versel, ou s'occuper plutôt de la réunion unique, unisieurs moyens qui s'entraident?
de pluparti nous paroit
Or, ce dernier
préférable.
En consultant
lexpérience, en discutant
vers projets, nous devons découvrir le
diremede,
mal et le --- Page 27 ---
(19)
SECONDE PARTIE,
Premier moyen : Intéresser la France à rétablir
le numéraire à Saint-Domingue.
Lar richesse est présente ; le crédit est absent;
il faut les rapprocher.
En trois mots, voilà notre tâche.
Nous ne pouvons l'approfondir qu'en portant
nos yeux vers l'Europe.
C'est l'Europe qui a fondé les cultures du
nouveau monde, qui en a payé les avances, qui
en absorbe les produits. L'intérêt de PEurope
est d'aider P'Amérique.
Créanciere de Saint-Domingue, la France
doit lui procurer des moyens de se libérer.
Voyons ce qu'elle est en état d'opérer en notre faveur, et comment nous pouvons répondre
à ses services.
Ceci nous force à revenir en quelque sorte
sur nos pas; mais c'est le seul moyen d'affermir
notre marche, et il vaut mieux risquer des répétitions que des omissions.
:
B 2
L'intérêt de PEurope
est d'aider P'Amérique.
Créanciere de Saint-Domingue, la France
doit lui procurer des moyens de se libérer.
Voyons ce qu'elle est en état d'opérer en notre faveur, et comment nous pouvons répondre
à ses services.
Ceci nous force à revenir en quelque sorte
sur nos pas; mais c'est le seul moyen d'affermir
notre marche, et il vaut mieux risquer des répétitions que des omissions.
:
B 2 --- Page 28 ---
(20)
On ne peut se dissimuler
ans à-peu-près, il s'est
que, depuis vingt
des
opéré en Europe deg granrévolutions, non seulement dans
de l'or et de F'argent, mais
la valeur
téme des finances de
encore dans le syschaque Etat.
C'est depuis ce tems en effet que la France,
T'Espagne, l'Italie
les lumieres
elle-méme, ont mis à profit
dès
d'arithmétique politique,
long-tems en Hollande et en
répandues
La circulation de mille fonds Angleterre.
porté en tous lieux une nouvelle nouveaux a
Par-tout
activité.
on a mis en usage banques
ques, loteries, actions et
publitrats, entreprises
prêts sur dépôts, conpubliques,
de change,
rescriptions, lettres
emprunts avec annuités, &c.
Par-tout, le haut intérêt de
guisé sous les formes les
T'argent, désollicité T'avariceàse
plus ingénicuses, a
dessaisir des
avoit retenues
especes qu'elle
jusqu'alors en stagnation.
Aumilieu de ces mouvemens,
en Europe la marche du
quiaccéléroient
de l'industrie, la
commerce et les progrès
Colonie de
est restée elle seule, sans nul Saint-Domingue
sa fertilité,
autre ressort que
Soutenue par ses propres
les déployer,
forces, elle n'a pu
de
parce que ses affaires
se traiter par des moyens
continuoient
directs, et sans cré- --- Page 29 ---
(2r)
de banque ou de commerce; car on
dit public
tédonner ce nom à l'espece d'agiotage
ne peut
dont le Capa eu des exemnébreux et inique,
à l'oeil de
dérobés sous une ombre épaisse
ples
notre ministere.
annonce un impôt
Ce qui nous en est revenu
à lexexcessif, arraché par des gens cupides
de mandats:
tréme détresse de quelques porteurs CommerCette manceuvre est étrangere aux
victimes.
du Cap, qui en sont eux-mémes
çans
d'énergie et de conAussi leur état est privé
difsistance. Ils ont eu le mérite de donner, en
de leur zele à M. le
férens tems, des marques
de Bongars,
Comte d'Estaing, à M. le Président
de Galvez; mais ils n'ont pu remplir enà M.
Colons, cette idée si noble
core, vis-à-vis des
lorsdoit avoirdu commerce,
et si juste quel'on
l'agent et le mobile
qu'on le considere comme
s'adresse à
des succès de Yagriculture, et qu'on
venir'au secours de cette classe respeclui pour
continuels ont besoin
table, dont les travaux
d'étre secondés.
Colonie
de cette
pouLa situation passive
quand
voit-elle tarder à lui être pernicieuse,
autres concouroient à la rendre encore
plusieurs
plus funeste?
la Golonie est demeurée au
Non seulement
B_3
quel'on
l'agent et le mobile
qu'on le considere comme
s'adresse à
des succès de Yagriculture, et qu'on
venir'au secours de cette classe respeclui pour
continuels ont besoin
table, dont les travaux
d'étre secondés.
Colonie
de cette
pouLa situation passive
quand
voit-elle tarder à lui être pernicieuse,
autres concouroient à la rendre encore
plusieurs
plus funeste?
la Golonie est demeurée au
Non seulement
B_3 --- Page 30 ---
même point, tandis (22)
mens notables
qu'il survenoit des
et des
changes
dans le commerce de la combinaisons nouvelles
lonie éprouvoit d'autres France; mais cette CoLes
préjudices.
Espagnols de la Havane et
et çeux de Saint-I
du Mexique,
dans ces derniers Domingue même ont porté
tems, à la
une portion de Targent Jamaique et ailleurs,
autrefois.
que nous tirions d'eux
Quelle en est la raison?
Seroit-ceque nos Ouvriers se seroient laissés
surpasser, dans quelques
vre, par des Fabricans objets de main-d'aeuSeroit-ce
étrangers?
que l'envoi de ces
n'zuroit pas été fait avec
objets au Cap,
on s'en plaint
assez dechoix, coinme
la qualité des communément, pour T'aunage et
toiles, et d'autres
seches, ou mal faites ou altérées? marchandises
Enfin, seroient-ce des faveurs et
plus grande, une exemption
une liberté
géne et de tous droits,
absolue de toute
voiles Espagnoles
qui auroient entrainé les
vers les Isles
Dans cette-derniere
Angloises?
se reprocher d'ayoir hypothese, on auroit à
commis ici une
tique, en rebutant
erreur poliles, dont tant de mal-à-propos liens
des amis si utiont les mêmes
nous rapprochent, qui
intérêts et les mêmes rivaux
que --- Page 31 ---
(23)
Mous, et que T'on n'a point de motif d'envelopici dans les défenses générales du commerceperi
étranger.
Quelle qu'en soût la cause, ils se sont éloignés, et le pavillon de 1'Espagne paroit plus
rarement dans la rade du Cap; ou, 's'il y vient
encore, c'est pour nous imposer une redevance
onéreuse.
des manufactures à
En effet, l'exploitation
sucre, qui n'ont pas de moulins à eau, nous
force d'acheter et de renouveller sans cesse les.
mulets, qui sont nécessaires pour les autres
moulins.
C'est pour la Colonie, comme chacun le
de
de
millions.
sait, un objet
dépense
plusieurs
par an.
a 1
La consommation des villes de la Colonie
s'est fort accrue aussi depuis quelques années.
Il en est résulté que nos voisins de Saint-Domingue, en nous vendant des bestiaux en plus
nombre, ont moins de solde à nous dongrand
les marchandises que nous
ner en argent, pour
leur fournissons.
Nos citoyens y perdent sous un double rap-
: la viande devroit être icile meilleur COport mestible, et sur-tout le moins cher; mais, par
l'efet du monopole, c'est précisément le contraire.
B 4
Colonie
s'est fort accrue aussi depuis quelques années.
Il en est résulté que nos voisins de Saint-Domingue, en nous vendant des bestiaux en plus
nombre, ont moins de solde à nous dongrand
les marchandises que nous
ner en argent, pour
leur fournissons.
Nos citoyens y perdent sous un double rap-
: la viande devroit être icile meilleur COport mestible, et sur-tout le moins cher; mais, par
l'efet du monopole, c'est précisément le contraire.
B 4 --- Page 32 ---
(24)
Nous avons démontré
niens de la ferme des
ailleurs les inconvé:
et inutile qui
boucheries, ferme odieuse
scandaleuse compose aux fermiers une fortune
avec la substance des
fortune d'autant plus odieuse
peuples (1),
Tépithete
en tous sens, que
populaire en désigne la
terribles mots : Fermiers
source par ces
des boucheries,
poisonneurs publics!
emVoilà ce qui concerne les
mérique dans leurs relations Espagnols de l'Ade
avec nous.
terre et de mer
De son côté
pier monnoie lEspagne même a créé du
pour I 20,000,000,
papandu dans les
qu'elle a réFargent.
Isles, afin d'en
repomper
Ensuite elle a institué la
banque de Madrid,
(1) Voyez l'arrét imprimé du Conseil
Cap, du 26 Octobre
Supérieur du
nie des boucheries, 1785, et Pexamen de la carte banprésenté à cette Cour
le
eureur-Général, le 3 Novembre
par Proayant été lus par un homme
suivant. Ces écrits
ans de séjour dans la
éclairé qui avoit quarante
Colonie, il a
Magistrat ces paroles
lui-méme écrit au
< fant, Monsieur, trés-remarquables .
C Il
* courage,
que votre probité soit égale à
pour oser
votre
ec ici depuis un demi-siecle attaquer l'idole que l'on adore
>. --- Page 33 ---
(25)
nomméc, banque royale de Saint'
vulgairement
Charles.
Cette banque s'est emparée du privilege'des
commerce de TInde, et à
piastres, destinées au
de l'intérieur de la France.
la circulation
Cette circulation même, rapidement presséc
linstitution de la caisse d'escompte, dans
par
a fait refluer en Eule sein de la Capitale (1),
rope le numéraire d'Amérique.
Les nouveaux alliés du royaume de France,
les marins des Etats-unis, n'ont, pourainsi dire,
nouvelle caisse d'escompté a été établie à Pa-
(1) La
d'Etat, du 24 Mars 1776.
ris par arrêt du Conseil
nuisent à
veut
Les gens qui ne font rien, et qui
Procureur- qui
faire, n'ont pas laissé de reprocher à M. le
Général du Cap tout le bien qu'il a dit ici de la caisse
Comme il n'en connoît aucun Membre, on
d'escompte.
d'intérêt personnel dans son
n'a pas osé soupçonner à cet
mais on lui a suropinion : il est trop pur
égard; changeoit à tout
tout objecté que la caisse d'escompte étoit
cela
moment dAdministrateurs, et qu'elle
par
même soumise à toutes les fluctuations de Popinion.
ce
fait sa sûreté. Si les afEt c'est précisément qui
faires perdent en particulier, en général elles gagnent.
Il est fort inutile de débattre ces questions avec qui
les entend
et, par malheur, ce sont les sourds
ne
pas 5
qui crient le plus fort.
égard; changeoit à tout
tout objecté que la caisse d'escompte étoit
cela
moment dAdministrateurs, et qu'elle
par
même soumise à toutes les fluctuations de Popinion.
ce
fait sa sûreté. Si les afEt c'est précisément qui
faires perdent en particulier, en général elles gagnent.
Il est fort inutile de débattre ces questions avec qui
les entend
et, par malheur, ce sont les sourds
ne
pas 5
qui crient le plus fort. --- Page 34 ---
(26)
paru dans les Ports de la
emporter des
Colonie, que pour
nous-mémes especes, ayant plus besoin
de ce qu'ils nomment
que
Four réaliser leur papier.
argent durs
Aussi, pour empécher que les
leur arrivent ne sortent de chez
piastres qui
pent, et font circuler les
eux; ils les couEnfin les
morceaux.
de rassembler commerçans françois se sont hâtés
les piastres que la guerre avoit fait
sonirdelEspagnis, et qui avoient été
dans nos Ports par les flottes et les dispersées
Ils y ont trouvé du profit,
vainqueurs.
le même tems, les coffres
parce que, dans
entroient
pleins de piastres, qui
par Bayonne, étoient diminués.
Nous ne pouvons douter
tout la France,
que ce ne soit surqui, dans ces
par les opérations de la caisse circonstances, et
causé la cherté des
d'escompte, a
la détresse
piastres, et conséquemment
que nous éprouvons
N'estil pas naturel
aujourd'hui.
que ce
serve à ia réparer, si son soitelleausiquinous
et se combine avec le nôtre? avantage s'y trouve,
Il est certain que la réunion des
pitalistes, dans Tétablissement
grands Cade la caisse d'escompte, a fait hausser dans le
maniere très-sensible, la
royaume, d'une
des
somme des salaires, celle
consommations, et donné plus d'ardeur aux
projets du commerce, --- Page 35 ---
(27)
La rotation continue de ces fertiles capitaux
concentrée dans Paris, seul théàa été jusqu'ici
de la caisse dont il
tre effectif des opérations
s'agit. Mais cen'est pas assez pour l'objet qu'elle
et pour les moyens qu'elle emploie.
se propose,
institution
On avoit douté un moment qu'une
pût avoir du succès dans notre Monarpareille mais le doute est forcé de respecter l'exchie;
périence, et ce succès est assuré
Si la caisse d'escompte a réussi dans un pays
si éloigné de la qualité productive, et vraiment
étonnante, du sol de cette Colonie, les opéraauxiliaire seront plus fructions de cette banque
de les éténdre
tueuses, s'il est un moyen simple
sans danger jusqu'à Saint-Domingue.
Les
Or, ce moyen nous paroit infaillible.
balancer de
Capitalistes françois ne pourront
venir à notre secours, et de nous procurer le
numéraire qui nous manque, si cette Colonie
Voyez le compte rendu au Roi-au mois de Janvier
(1)
aussi le traité de
3781, pages 22 et suivantes. Voyez chap. 26, SUT
Padministration des Finances, tom. III,
Zes billets de banque, et. sur la caisse d'escompte, d'es- page
317, édition in-80. Voyez enfin larticle : Caisse
compte, tome IV du supplément in-8°. au Répertoire
aniversel de Jurisprudence, pages 363 et suivantes.
rendu au Roi-au mois de Janvier
(1)
aussi le traité de
3781, pages 22 et suivantes. Voyez chap. 26, SUT
Padministration des Finances, tom. III,
Zes billets de banque, et. sur la caisse d'escompte, d'es- page
317, édition in-80. Voyez enfin larticle : Caisse
compte, tome IV du supplément in-8°. au Répertoire
aniversel de Jurisprudence, pages 363 et suivantes. --- Page 36 ---
(28)
sans doute sera bientôt suivi
C 3 dont l'exemple
reçoit les écus
toutes les Isles françoises ),
par
le prix de treize escalins et'
de SIX francs pour
au-lieu
ou DIX livres de la Colonie,
un tiers,
et les louis d'or simples pour
de NEUF Jivres,
ou QUAcinquante-trois escalins et un tiers,
livres, au-lieu de TRENTE-SIX, argent
R. A NTE
si Ton ajoute
de Saint-Domingue ; c'est-à-dire,
valeur tournois des especes de France,
ici à la
au-lieu' d'une
deux tiers de valeur numérique,
moitié en suS qui en fait le taux actuel.
combinaison nouvelie, trop Jong-tems
Cette
même,
différée, ne coûtera rien au royaume, pas
extraction de métaux ;
nous osons le dire, une
extraction d'ailleurs qui ne peut être dangereuse,
puisque le commerce
malgré l'ancien préjugé, lui-même à la faire prosdes Indes n'a pas suffi
crire, ou à la faire redouter.
le fruit de
Ce que nous proposons n'est pas
seules idées : c'est le voeu des Capitalistes
nos
que nous croyons avoir
du royaume de France,
ainsi.
saisi, et qui nous autorise à parler
d'étudier les moyens de prospérité
Jaloux
récila France et les Colonies se doivent
que
encore les nocuds qui
proquement pour resserrer
de la
nous avons suivi les progrès
les unissent,
caisse d'escompte. --- Page 37 ---
(29)
les discours prononcés dans les asEn lisant
semblées de ses actionnaires, nous avons vu
Administrateurs regretter hautement que les
ses
salutaires de cette banque de secours
fonctions
renfermées dans l'intérieur de
restassent comme
Paris, et ne fussent pas appliquées, soitau commerce maritime, soit aux manufactures.
L'emploi de son crédit, pouri;à 20,000,000
d'inpar an, n'est pas une mise-dehors capable
fluer sur son service intérieur.
Lesriches possesseurs del'argent du royaume
peuvent-ils en faire un usage plus noble et plus
utile que d'enréfléchir un rayon sur le commerce
maritime?
Telles sont les données du moyen régénérateur que nous vous présentons.
de Paris ont des fonds à faire
Les Banquiers
valoir.
Ports
s'ouLes Négocians de nos
peuvent
vrir sur ces Banquiers un crédit proportionné
besoins actuels du commerce des Colonies.
aux
de nos Isles prendront ainsi
Les plantations
des
innombrables de cette
leur part
avantages
circulation que la caisse d'escompte doit et peut
procurer. L'existence de cette banque lui impose en
effet l'obligation d'être utile à tout CC qui con-
ont des fonds à faire
Les Banquiers
valoir.
Ports
s'ouLes Négocians de nos
peuvent
vrir sur ces Banquiers un crédit proportionné
besoins actuels du commerce des Colonies.
aux
de nos Isles prendront ainsi
Les plantations
des
innombrables de cette
leur part
avantages
circulation que la caisse d'escompte doit et peut
procurer. L'existence de cette banque lui impose en
effet l'obligation d'être utile à tout CC qui con- --- Page 38 ---
(30)
T'Etat
la
lorsqu'elle peut le
cerne
qui protege,
faire avec profit et sûreté.
Mais cette sûreté ne peut se rencontrer, tant
les écus de six francs n'auront cours dans la
que
livres de Saint-DoColonie, que sur le pied de9
mingue, ou de douze escalins : et nous allons le
démontrer par le raisonnement,. quoique le fait
semble suffire.
CoLe Commerçant qui enverroit dans cette
lonie des écus de six livres,. soit pour acheter
soit
acquitter des salaires,
des denrées,
pour
de
non seulement n'y trouveroit aucun genre
bénéfice, mais il perdroit en outre, 1°. lintérêt
tout le trajet; 20. les
de son capital, pendant
l'assurance ctla commission;
frais qu'entrainent
3°. la provision du Banquier qui auroit accepté
ses traites sur Paris ; 4°. l'escompte qu'il devroit donner à la banque publique pour se charde ces effets jusqu'à leur échéance; ily perger droit enfin 40 sols de france, en avançant quade nos livres tournois pour une
rante-quatre
portugaise qui ne peut être évaluée intrinséquement aussi haut.
Il est doncimpossible que la Colonie puisse
tirer de l'argent de l'Europe dans la proportion
de France.
oit se trouve l'argent
Ce qui doit nous frapper, c'estlipégalitéqui --- Page 39 ---
(31)
sei rencontreà à cet égard entre les
ses et les especes étrangeres. especes françoiLorsque la piastre-gourde étoit évaluée
huit, neuf et dix escalins,
ici à
francs
notre écu de six
représentoit, comme aujourd'hui, douze
escalins à
Saint-Domingue; ; il étoit
à 9 livres.
dès-lors
Ile est resté au même taux,
eessivement
lorsqu'on a suchausséletaux des
C'est une contradiction
piastres-gourdes.
évidente.
; c'est une injustice
Quand bien même la
un jour établir
politique nous feroit
une prime nouvelle en faveur
monnoies de fabrique étrangere, la raison des
galité, lintérêt du
et l'é
ser
commerce et celui de l'Etat
eréuniroventasjouedhai, pour reculer au
cette nouvelle époque
moins
jusqu'après le
ment de la valeur de nos
rehaussede France devant avoir monnoies, les especes
leur tour, afin que l'équilibre se rétablisse et se maintienne,
Nous ne ferons au reste pour les
de France que ce qu'ont fait souvent monnoies
des Etats
étrangers, sur-tout en Italie, où l'on
donné l'exemple
nous a
la valeur
d'assigner à un taux plus fort
numérique des especes
La valeur
françoises.
que nous proposons de
l'écu de six livres
donner à
portera le change de France
, les especes
leur tour, afin que l'équilibre se rétablisse et se maintienne,
Nous ne ferons au reste pour les
de France que ce qu'ont fait souvent monnoies
des Etats
étrangers, sur-tout en Italie, où l'on
donné l'exemple
nous a
la valeur
d'assigner à un taux plus fort
numérique des especes
La valeur
françoises.
que nous proposons de
l'écu de six livres
donner à
portera le change de France --- Page 40 ---
(32)
Colonie à soixante-six deux tiers
dans cette
pour cent.
indemniser largeCe bénéfice suffira pour
le
du royaume et le Capitaliste
ment Négociant
la
les frais qu'ils ont à faire pour que
de tous
crédit dont ils jouissent au
Colonie participe au
de la caisse d'escompte, et pour remplir
moyen
est d'aider et
ainsi l'objet de cette caisse, qui
etlindusttie
d'augmenter les grandes entreprises
nationale.
sans doute les
Ce même bénéfice engagera
du royaume à nous procurer des esNégocians
de 6 francs, et qui suivront le
peces au-dessous
même cours.
livres
ici à
Ainsi les écus de trois
passeront
cent sols.
sols y seront à quaLes pieces de vingtquatre celles de six à dix.
rante; celles de douze à vingt;
faciliCes subdivisions des especes d'argent
le détail, et seront, sous ce point de vue,
teront
très-ntiles au Cap et dans la dépendance.
observation nous a été fournie par les
Cette
et nous la croyons bien
Négocians du Cap (1),
fondée.
Voyez leur réponse à la suite de ce discours.
()
M. le Procureur-Général s'est
Il iaut observer que
Nous --- Page 41 ---
(33)
à
Nous avons vu les causes quis'opposent
l'abondance de Targent et des moyens d'agriculture dans cette Colonie.
assurer que cet état des choNous pouvons
quand l'écu de six
ses seroit bientôt changé,
à dix livres des
francs, porté dans l'Amérique
Colonics, ou treize escalins et un tiers, feroit
celuiquivondroitlyp porter.
profiteraurlechange
les besoins de
Et il ne faut pas craindre que
quelque grands qu'ils soient
Saint-Domingue,
ni
soient à charge à la métropole,
présumés, effet sensible dans l'état actuel de sa
causent un
circulation.
suivant notre
Les besoins de la Colonie,
s'éleverà plus de 20,000,000
appergu,nepeuvents
tournois.
entrant en concurCette masse d'argent,
cachées
rence avec celle des piastres qui existent
alors, avec celles en ouet qui se montreroient
cette Colonie recevroit graduellement,
tre que
rétabliroitnotre
en traitant mieux les Espagnols,
observation du commerce du Cap.
rendu à une autre
il n'avoit porté Pécu de six
Dans son premier travail,
liv. 15 sols de Saintlivres qu'à treize escalins, ou à 9
Domingue : sur quoi, voyez encore cette réponse.
C
argent,
cachées
rence avec celle des piastres qui existent
alors, avec celles en ouet qui se montreroient
cette Colonie recevroit graduellement,
tre que
rétabliroitnotre
en traitant mieux les Espagnols,
observation du commerce du Cap.
rendu à une autre
il n'avoit porté Pécu de six
Dans son premier travail,
liv. 15 sols de Saintlivres qu'à treize escalins, ou à 9
Domingue : sur quoi, voyez encore cette réponse.
C --- Page 42 ---
(34)
et remettroit bientôt la circulation
commerce,
dans l'état le plus Aorissant.
Qu'est-ce qu'une pareille somme, comparée
total du numéraire de la France?
au On doit croire ce numéraire élevé maintenant
de trois milliards, dont deux sont en
à près
écus, et le troisieme en or.
des louis vieux (que lon a été
La refonte
donner le
obligé de proroger encore, pour se
tems de voir rentrer dans le royaume ceux qui
s'élevoit au mois de Dérestoient à létranger),
cembre à 900,000,000.
il est aisé de
Avec de semblables ressources,
le crédit de 20,000,000, en faveur du
voir que
à.
des Colonies, ne sera pas .charge
commerce
d'argent qui sont dans le
aux possesseurs
royaume.
de traiter T'article de l'argent,
Nous venons
passons à celui du crédit. --- Page 43 ---
(35)
TROISIEME PARTIE.
Second moyen. Crédit et circulation, par une
méthode nouvelle.
Lr crédit ne peut se fonder que sur une base
solide.
donc ici les especes de garanties
Rappellons
donner
et les sécurités que les Colons peuvent
et à leurs cautions, envers la banà leurs agens
que nationale.
des capitaux considéNous ne parlerons pas
de
les bâles fonds
terres,
rables que sapposent
manufactures delIsle:
timens et les avances des
les
sont aussi des manufactures,
car
plantations
derichesses réelles,
etréunissent les deux genres
commel'on sait, dansles présens
quiconsistent, de la nature, et les produits de Pindustric.
Mais, en France, ces fonds ne sont pas bien
quelque modeste qu'elle fût, l'évaluaconnus;
tion en paroitroit exagérée.
C 2 --- Page 44 ---
(36)
si ce n'est la
D'ailleurs on nous contesteroit,
du moins la possibilité
sincérité de T'estimation,
à en faire un objet
de manier ces fonds, de façon
la Colonie
de commerce; ; et malheureusement
n'en est pas là.
d'une loi générale,
Elle a besoin à cet égard
veut
faire une loi générale,
ou, si lon ne
pas
en autorisant et
elle a besoin qu'on y supplée,
pardes
bien hypothéqués,
fondant des emprunts
et le culentre le commerçant
actes particuliers
tivateur.
ici le lieu de traiter cet
Mais ce n'est pas
autre sujet. embarras actuel, il ne s'agit point
Dans notre
Colonies ; il doit leur
d'engager le capital des de leurs revenus le
suffire d'apprendre à tirer
crédit qui leur manque.
et du ressort du
Ceux de la dépendance
anSupérieur du Cap, en la présente
Conseil
être estimés environ 30,000,000
née(1), peuvent
de la Coen argent
tournois, ou 45,000,000
lonie.
ou premiers ComSi les riches Négocians,
qui sont, pour
missionnaires dela ville du Cap,
de cette quantité
ainsi dire, les seuls chargeurs
(1) 1787.
rendre à tirer
crédit qui leur manque.
et du ressort du
Ceux de la dépendance
anSupérieur du Cap, en la présente
Conseil
être estimés environ 30,000,000
née(1), peuvent
de la Coen argent
tournois, ou 45,000,000
lonie.
ou premiers ComSi les riches Négocians,
qui sont, pour
missionnaires dela ville du Cap,
de cette quantité
ainsi dire, les seuls chargeurs
(1) 1787. --- Page 45 ---
(37)
Coloniales, vouloient s'entendre en:
de denrées
s'ils usoient du moyen qui est en leur
tr'eux,
nous allons découvrir, pour se
pouvoir, et que
ménager un crédit, chez leurs divers correspondans de Nantes et du Havre, de Marseilles et
de Bordeaux, de la Rochelle et de Dunkerque,
bientôt trouvé dans le créditde
ceux-ci auroient
dont la
leurs banquiers la portion du numéraire
Colonie a besoin ; et cette portion, sortie un
reflueroit à tout insmoment du royaume, y
-
d'une maniere avantageuse pour les deux
tant
hémispheres.
Quiconque auroit besoin d'argent en partant
de la Colonie pour se rendre dans le royaume,
à ces Négocians de lui sauver
seroit très-obligé âuroit à faire autrement sur les
le sacrifice qu'il
monnoyées qu'il emporteroit en nature;
especes
d'intérêt d'en rapporter à
et il auroit encore plus
les homson retour autant, ou même plus : car
mes de tout état, qui sont hors du commerce,
toujours sur Timportation ou
perdent presque
Texportation des marchandises.
Les particuliers en
C'est une regle générale.
de leurs
: il leur conce cas sont victimes
agens invariable de
vient donc mieux d'avoir un signe
deleurs projets, de l'argent en un
leurs besoins,
mot qu des équivalens certains.
C 3 --- Page 46 ---
(38)
Mais il n'est pas indifférent pour les Négode la concians qui jouissent au Cap-François
de
fiance publique, et pour la Colonie entiere,
aussi d'une maniere incontestable le
constater
auront à donner à leurs
genre de sécurité qu'ils
qui leur
correspondans, pour les envois d'argent
effectués, et ceux-ci aux Banquiers de
seront
qu'ils. auront à en
France, pour Pacceptation
faire ensuite, et qu'il sera facile de faire escompter à Paris.
Nous observons ici que la caisse d'escompte
la banque de Londres) exige que les
(ainsi que
soient
traites, billets ou effets de commerce,
revêtus de deux signatures solvables, et qu'ils
une entreprise ou objet
reposent sur un gage,
de commerce, connus des Administrateurs.
Or, nous le répétons, ce gage est en nos
mains. Il est bien plus considérable, plus certain
tout autre : il est immense et infaillique
à la fois P'existence et la récomble; il assure
d'hommes;
du travail de plus d'un million
pense
en un mot dans les revenus de nos
il consiste
terres.
Mais, comment pourrons - nous approprier
des Marchands, au
ces revenus aux spéculations
crédit des Banquiers? Et comment, par avance,
obtiendrons-nous la signaseulement surlespoir,
ture ct des uns et des autres?
, plus certain
tout autre : il est immense et infaillique
à la fois P'existence et la récomble; il assure
d'hommes;
du travail de plus d'un million
pense
en un mot dans les revenus de nos
il consiste
terres.
Mais, comment pourrons - nous approprier
des Marchands, au
ces revenus aux spéculations
crédit des Banquiers? Et comment, par avance,
obtiendrons-nous la signaseulement surlespoir,
ture ct des uns et des autres? --- Page 47 ---
(39)
Consultons ici nos voisins et leur expérience:
nous occupe, et les embarras
La disette qui
à Saint-Christoqu'elle causc, n'existent point
- autre Isle
phe, ni à la Jamaique, ni dans aucune
:
Le secret dont on use est simple
Angloise.
que nous cherc'est le mot de la grande énigme
chons à deviner.
qui résiLes planteurs des Isles Angloises,
dent à Londres, envoyent par leurs correspon- néleurs habitations, tout ce qui est
dans, sur
et même de l'argent
cessaire pour Texploitation,
des plantapayer les salaires. Les géreurs
pour
astreints à charger sur des navires
tions sont
recueillies, sans en
indiqués, toutes les denrées
vendre. aucune partic.
d'examiner ici les
Notre objet n'étant point
méthode,
ou les inconvéniens de cette
avantages
plus essentielqu'on
attachons-nous au résultatley
en ait obtenu.
de
tirécs comme.
C'est celui des lettres change
nous l'allons voir.
sont, généOn sait que les lettres de change
les seuls cffets négociables qui
ralement parlant,
et en faire les foncpuissent tenir lieu d'argent,
tions, ou même les multiplier.
devoir
Celles dont il s'agit nous paroissent dont
solides du crédit,
fournir les instrumens
C 4 --- Page 48 ---
(40)
s'est passé trop long-tems, et
notre commerce
animer et pour étendreses
dont il a besoin pour
opérations.
on en use dans les Isles AnVoici comme
gloises.
doivent arriver, et arriToutes les denrées
Londres. Mais si-tôt
à
vent à un consignataire l'instant que la lettre
qu'elles sont à bord; dès
arrêter l'assude la Colonie pour en
est partie
à tirer des lettres
rance, le chargeur est autorisé
et ces lettres
de change sur les connoissemens; ;
solide,
dont le gage est certain,
de change,
comme le
impérissable, servent à ce chargeur,
à
feroit de l'argent : il les présente au créancier,
Gouvernement même, ou à son
Touvrier, au
du
des fourtenir lieu
paiement
receveur, pour
et des impôts.
nitures, des ouvrages
ajouter à la mapiditéaveclaquelle
On ne peut
les planteurs 5 et, dans
ces effets circulent parmi
lieu de numéraire.
beaucoup de cas, ils tiennent
confiance:
Celuiquiveut partir les reçoitavec
recherche même; parce qu'avec ces lettres,
il les
le risd'un crédit infaillible, il n'a pointàeourir denrées.
d'aucune variation sur le prix des
que
est toujours assuré.
D'ailleurs le chargement
sur
acquittent,
Par ce moyen, les consignataires moindre que
le premier avis, la traite, toujours
circulent parmi
lieu de numéraire.
beaucoup de cas, ils tiennent
confiance:
Celuiquiveut partir les reçoitavec
recherche même; parce qu'avec ces lettres,
il les
le risd'un crédit infaillible, il n'a pointàeourir denrées.
d'aucune variation sur le prix des
que
est toujours assuré.
D'ailleurs le chargement
sur
acquittent,
Par ce moyen, les consignataires moindre que
le premier avis, la traite, toujours --- Page 49 ---
(41)
sur la base duquel
la valeut du chargement,
cette traite repose.
le
des lettres
S'ils tardoient à le faire, porteur
luiseroit autorisé à faire décharger
de change
et la feroit vendre à
même la denrée envoyée,
Mais cet évédu chargeur.
l'encan aux risques
à cause, 1°.
nement n'a jamais eu d'exemple,
dans la
le consignataire trouve
du profit que
droits du commerce :
commission et les autres
admettre, par
22. de la facilité qu'il a de faire effets de comDirecteurs de la banque, les
les
à volonté dans la circulamerce qu'il substitue
dont il s'agit.
tion publique, à la traite
même obligé
intéressé d'ailleurs, il est
Il est
sortes de lettres de
d'acquitter sans retard ces
qui
s'il veut se faire délivrer la denrée,
change,
à des sommes plus fortes.
s'éleve toujours
Ports sont aujourd'hui
Les Négocians de nos
de
dans la même position que les consignataires encore
la ville de Londres : mais ils n'ont pas leur
de cette méthode, et ce n'est pas
essayé
faute.
en métaux monLes trésors des royaumes Paris n'a pas,
noyés sont dans les Capitales, et
Port de
Londres, le bonheur d'être un
comme
mer.
qui a gêné long-tems
C'est un désavantage --- Page 50 ---
(42)
du crédit public de la France:
le développement
plus même un retard:
Mais ce désavantagen'est
la rapidité de la
car la distance est abrégée par
les progrès des lumieres concorrespondance,
du crédit
cernant le commerce, et lextension
des Banquiers de Paris.
que rien ne contrarie
Aussi présumons-nous Anglois dont nous
en France le succès del'usage
donnons Tidée, et que cette opération, concerfois dans la Colonie elle-même, ne peut
tée une
dans le sein de la métropole.
trouver d'obstacle
en ce Port pour
I1 suffira qu'en chargeant
Coloniales,
jesuppose, de denrées
10,000,000,
réunissent leurs faculles principaux Négocians
5,000,000, sur les connoissemens
tés, pourtirer
de leurs corresde ces chargemens, au profit
dans les Ports du royaume.
pondans
suivront d'euxLes habitans, les régisseurs
des
mêmes cet exemple ; et ceux qui auront
libres donneront ordre à leurs corresponfonds
retour des écus de six
dans de leur envoyer en
louis d'or de France, sous T'obligation
livres ou
de six mois,
de payer les provisions, escompte
frais, dont il seroit justifié
assurances ou autres
factures d'envoi.
par
les lettres de change sur les connoisseQue
données de cette maniere par toute
mens soient
régisseurs
des
mêmes cet exemple ; et ceux qui auront
libres donneront ordre à leurs corresponfonds
retour des écus de six
dans de leur envoyer en
louis d'or de France, sous T'obligation
livres ou
de six mois,
de payer les provisions, escompte
frais, dont il seroit justifié
assurances ou autres
factures d'envoi.
par
les lettres de change sur les connoisseQue
données de cette maniere par toute
mens soient --- Page 51 ---
(43)
à leurs créanciers
sorte de Colons et de chargeurs si elle obtient
respectifs! et que cette mesure,
alors
soit légalement approuvée!
le voeu public,
affaires - sur-tout dans les
les
il s'introduit C
dans
ici les plus commugrandes affaires, qui sont dont la pratique emnes), une facilité nouvelle,
que sont forpêchera tous ces envois d'argent,
France les peres de famille, pour
cés de faire en
les époux, pour la
T'éducation de leurs enfans; écoulemens d'espension de leurs femmes, &c.,
ne le saubien plus considérables qu'on
peces,
cette Colonie, et partiroit croire, depuis que du Cap, se sont aggranculièrement cette ville
les voita et qui
dies et peuplées au point où on
doit s'augmenter encore.
qu'un tel
On sent trop qu'il est impossible sans un nuaccroissement de population subsiste
à ses besoins, et que
méraire, ou un crédit égal
suppléer.
d'échange n'y pourroit
nul commerce circulation de ces lettres de change
Lorsquel la
bien établie par la
sur les connoissemens sera
les denrées de
conviction de tous ses avantages,
stagnantes, ne seront
la Colonie ne seront pas
pendant la
perdues pour le propriétaire,
pas durée du trajet ou du magasinage.
remlui-même, voulant se
Le consignataire
bourser, ne retardera point la vente. --- Page 52 ---
(44)
Enfin, des capitaux immenses , qui sont
à
rendus tout à coup à la vie,
morts présent,
Colonial
mettront dans la balance du commerce
des intérêts et un accroissement
un mouvement,
dont nous sommes frustrés par notre léthargie.
que les NégoOn ne doit pas appréhender
cians des Ports refusent des avances d'argent tou
sûretés infaillibles, comme
de crédit sur des
celle indiquée.
Les sommes étonnantes que ces Négocians
dans Paris à un grand nombre de
fournissent
leurs
Colons, pressés de la fureur d'anticiper
et de consommer Tavenir; ces avanjouissances
étendues,
bien moins fondées et bien plus
ces,
élever de doute sur le
nous apprennent à ne pas
bonne vozele des Commerçans, Jorsque leur
n'est
contrariée par leur intérêt perlonté
pas
sonnel.
les deux mesures
Telles sont, en substance,
le rétaprincipales qui nous semblent promettre
blissement du numéraire et du crédit.
pas que le second de
Nous ne dissimulerons favorable au complus
ces moyens, quoique
à la bourse du Cap
merce local, a paru présenter
d'ceil,
des inconvéniens, qui, au premier coup
le lui font croire inadmissible.. Chambre nous
On lira la réponse que cette
par leur intérêt perlonté
pas
sonnel.
les deux mesures
Telles sont, en substance,
le rétaprincipales qui nous semblent promettre
blissement du numéraire et du crédit.
pas que le second de
Nous ne dissimulerons favorable au complus
ces moyens, quoique
à la bourse du Cap
merce local, a paru présenter
d'ceil,
des inconvéniens, qui, au premier coup
le lui font croire inadmissible.. Chambre nous
On lira la réponse que cette --- Page 53 ---
(45)
les objets de ce discours qui ont trait
a faite sur
au commerce. des lettres de change, on voit
A l'égard
tiennent moins au corps du
que les objections
même, et aux difficulprojet qu'à sa nouveauté
dans lexérencontrer
tés locales qu'il pourroit
cution.
par les précauCes obstacles disparoitront
d'emtions que le législateur ne manquera pas
est introduit. Nous croyons
ployer, si cet usage
le creuset
superflu de nous y arrêter, avant que
discussion publique ait épuré nos vues.
de la
si un examen réQuand elles seront adoptées,
fait
dignes, il sera tems alors,
fléchi les en
juger
détails
ont inet il sera facile de régler les
qui
circonspection de nos Négoquiété la sage
cians.
de déterminer, par
S'il n'étoit pas prématuré
les formalités rigoureuses auxquelles
exemple,
seroient assujetties, avant
ces lettres de change
nous trande pouvoir être mises en circulation,
lui déquilliserions sans doute le commerce, en
les.moyens qu'on prendroit pour imveloppant
effets
les caprimer légalement à ces
négociables
ractercs d'un crédit, et le sceau d'une confiance
à l'abri de tous accidens.
tireroit
Les connoissemens sur lesquels on --- Page 54 ---
(46)
nécesavec eux la preuve
ces lettres porteroient
saire de trois faits préalables.
faite en condes denrées,
1°. L'estimation
les Négocians sur des
noissance de cause par
dans
qui seroient prises avec précaution
montres
mêmes denrées : après
chaque portion de ces
du magasin que
celles-ci ne sortiroient
quoi
pour aller à bord.
par lesquels
2". Le certificat des navires, dans un délai
Yassurance auroit dû être retenue
dont le tems seroit limité.
antérieur,
des droits du Roi.
3°. L'aequittement
ces lettres de
Ensuite, nous pensons que les contestaoccasionner
change ne pourroient judiciaires qu'entrainent
tions et les lenteurs
quelquefois des actes moins privilégiés. des loix du
sur ce point la rigueur
On suivroit dont la bonne foi est l'ame, et
commerce: ; loix,
encore par la cédont l'exactitude est garantie
qu'il fût
lérité des formes : on ne souffriroit pas
qui
atteinte à cette ponetualité,
porté aucune
tous les engagemens fonconsacre et caractérise
dés sur des lettres de change.
du
donc pesé les objections
Nous avons
tellement
Elles ne nous ont pas paru
de
commerce.
fallàt supprimer un moyen
insolubles qu'il
dans la peur
si desirable et si puissant,
crédit,
ont l'exactitude est garantie
qu'il fût
lérité des formes : on ne souffriroit pas
qui
atteinte à cette ponetualité,
porté aucune
tous les engagemens fonconsacre et caractérise
dés sur des lettres de change.
du
donc pesé les objections
Nous avons
tellement
Elles ne nous ont pas paru
de
commerce.
fallàt supprimer un moyen
insolubles qu'il
dans la peur
si desirable et si puissant,
crédit, --- Page 55 ---
(47)
s'applanir;
obstacles qui peuvent
de quelques
seront familiarisés avec
lorsque les esprits se
cette nouvelle idée (1).
davantage
motivé
Nous avons cependant
dans notre résumé, ou dans nos propositions,
peuvent rendre ce moyen aussi
les mesures qui
heureux enfin dans les
sûr, aussi sacré, aussi
qu'il lest depuis long-tems
Isles Françoises,
dans celles des Anglois.
deavec plaisir ce que nous
Nous publions
lumieres
sur ce
à la franchise et aux
vons
point
des Commissaires du commerce.
Si le tems nous l'avoit permis, nous aurions
la même confiance les observations
réclamé avec
qui a parmi ses
de la Chambre d'agriculture,
et dont
députés des hommes du premier mérite,
Tamitié nous honore.
Chambre s'est
Mais nous savons que cette
de notre Discours :
déja expliquée sur l'objet
monnoie
travail rentre dans le nôtre; car la
son
desireroitde voir frapper pour
Coloniale, qu'elle
l'inseroit bien remplacée par
Saint-Domingue,
de France à un taux controduction des especes
desirons que ce
venable. Quoid qu'il en soit, nous
examen succint des objections du com*
(1) Voyez un Pieces àla suite de ce Mémoire.
merce,N, 2 des --- Page 56 ---
(48).
trouve dans ce Mémoire un
Corps respectable
de son adoption.
esprit et des vues dignes
canevas,
Nous sommes loin de penser quele l'étendue
esquissé par nos foibles mains, au-dessus épuise de nos
d'uns sujet aussi grand, et trop
forces.
pas, par exemple, qu'il y
Nous n'ignorons
secondaires, et que
auroit ici quelques mesures
aussi des
du Cap suggéreroient
les ressources locales, que l'on peut employer.
opérations
subsidiaires semblentapparMais ces détails Chambre de commerce du
tenir au zele de la
et,
Cap, ou à Fautorité des Administrateurs; abstiendrons d'en
cette raison, nous nous
pour
parler.
traiterons pas non plus diverses
Nous ne
d'assez près à l'objet de
questions qui tiennent celle de la mesure qui
notre Discours, comme
doit fixer ici l'intérêt de Targent.
des détails
Cette matiere et d'autres exigent
cette
auroient allongé considérablement
qui
reviendrons quelque jour.
discussion : nous y
de
de ces
D'ailleurs, il sera tems introduit s'occuper dans la
objets, lorsque le mméraire auront repris leur
Colonie, et lecrédit crégénéré,
influence.
l'on n'a point de résultats assez
Jusques-la,
précis,
, comme
doit fixer ici l'intérêt de Targent.
des détails
Cette matiere et d'autres exigent
cette
auroient allongé considérablement
qui
reviendrons quelque jour.
discussion : nous y
de
de ces
D'ailleurs, il sera tems introduit s'occuper dans la
objets, lorsque le mméraire auront repris leur
Colonie, et lecrédit crégénéré,
influence.
l'on n'a point de résultats assez
Jusques-la,
précis, --- Page 57 ---
(49) -
examiner quel doit être le cours de
précis, pour
l'intérêt, et fixer d'autres points qui sont en
controverse entre la classe des préteurs, à qui
justice est due, et la classe des emprunteurs
qu'on doit favoriser dans une Colonie.
Nous croyons seulement qu'il est essentiel
de réclamer auprès des chefs de cette Colonie,
les faveurs et les privileges qui sont en leur
puissance, afin de rappeller ici les Espagnols,
qui paroissent s'en éloigner.
A cet égard, MM. les Administrateurs sont
très-bien disposés; et lon peut en juger par la
réponse qu'ils ont faite sur ce sujet au commerce
du Cap,réponse qu'il est inutile de détailler ici.
--- Page 58 ---
(50)
PARTIE.
QUATRIEME
de circulation. Améliorations
Nouveaur moyens
Colonie.
publigues de la
annoncé des vues ultérieures sur
Nous avons
naitre de l'adoption des
les effets qui doivent
pfemieres.
de la
présent, nous ne parlons que
Jusqu'à
des seFrance, comme de la source prochaine
dont la Colonie a besoin.
cours numéraires
perdu le tems à repousser
Nous n'avons pas
affecter, d'un écoulela crainte, qu'on pourroit et louis de France,
ment insensible des écus entre les mains des
le canal des Colonies,
par
étrangers.
sans peine, en impriOn pourroit y parer
qu'on voudroit
mant iciaux especes de France,
intérieurs,
dans TIsle pour ses besoins
conserver caractéristique et une marque spéun poinçon
ce moyen la monnoie
ciale. On obtiendroit par la Chambre d'AgriColoniale, que demande
culture. --- Page 59 ---
(ST)
C'est le moyen
la Jamaique,
qu'employent les Anglois de
pour empécher que l'on
la
quantité déterminée de
exporte
piastres et de
ses, qu'ils ont cru devoir mettre
portugaiMais
en circulation.
portons nos regards plus loin.
Sinous voulons trouver
cherchons le
del'argent en Europe,
par-tout où il est.
A cet égard, on pourroit
n'est pas la France même soupçonner que ce
l'avance des
qui sera grévée de
nie
especes à importer dans cette
: car donnez au
ColoNégociant, de
qu'il puisse être, un
quelque pays
bénéficeàfaire, et
qu'il vous servira!
comptez
Il est des peuples
T'erreur ou du défaut commerçans, enrichis de
tions, qui sont
d'expérience des autres nafonds, dont ils embarrassés de placer de gros
veulent tirer des
forts que l'intérêt, trop bas chez revenus plus
C'est dans leurs mains
eux.
n'est que
sur tout que F'argent
marchandise, et ils en ont
vendre, ou à préter.
toujours à
II est vrai que ces
volontiers
peuples ne préteroient
aux habitans
pas
françoises.
particuliers des Colonies
Dans l'état actuel de notre
législation,
pothéque est trop peu solide; et
ThyDomingue fasse tous les
quoique Saintans de grands pas vere
D 2
plus
C'est dans leurs mains
eux.
n'est que
sur tout que F'argent
marchandise, et ils en ont
vendre, ou à préter.
toujours à
II est vrai que ces
volontiers
peuples ne préteroient
aux habitans
pas
françoises.
particuliers des Colonies
Dans l'état actuel de notre
législation,
pothéque est trop peu solide; et
ThyDomingue fasse tous les
quoique Saintans de grands pas vere
D 2 --- Page 60 ---
(52)
sa libération n'est
Yacquittement de ses dettes,
pas complette encore/ avancée, il manqueroit
Mais, fut-elle plus
que
dans cette Colonie la sûreté légale
toujours
d'argent cxige, qu'il veut en queltout préteur
toucher lui-même, avant que
que sorte voir et
toucher ses fonds. A cet
T'emprunteur puisse
devrions imiter encore
égard, on croitque nous raison de le croire?
les Anglois. Mais a-t-on
et contre
L'auteur de la Réplique au pour
le ré-
(Londres, 1785, in-4".) exalte beaucoup des
des Colonies Angloises, sur T'article
gime
les Colons Anglois payent les
dettes. Il dit que
les loix d'Anesclaves moins cher, parce que
de
gleterre, en cas denon paiement, permettent lettre,
les habitations. (Seconde
saisir et vendre
(Lettre septieme, page
page 13) Il y revient. la sévérité de leur ju48 ) Il cite les Anglois et
seulement
envers les débiteurs, non
risprudence
mais il semble même impucomme un modele,
la culture prospere et
ter à cette sévérité seule,
Mais,
létat Alorissant des Colonies Angloises. insinue
iloublie ece qu'il a avancé; caril
ailleurs,
(deuxieme lettre, page 14), que
au contraire
dépérissent sensibleces Colonies étrangeres
qui faisoit jadis
ment, et que la Jamaique, de SUCTE, en fait
guatre-singediz mille barriques --- Page 61 ---
(53)
mille, dont le
aujourthui soizante-dix
a peine
n'est pas un moyen prohaut prix, ajoute-t-il,
dans les marchés du
à établir pour nous,
pre
nuisible.
nord, une concurrence
de cette conL'auteur ne s'est pas apperçu
comtradiction : du moins, il n'a pas expliqué
faire
les Colons Anglois,
ment il peut se
que
à bas prix et les
ayant de son aveu les Negres
sous le
comptant, vivant par conséquent
payant
comme le plus propre à enrégime qu'il exalte
les entreles avances et à déterminer
courager
en faveur des planteurs.;
prises du commerce
ces Colons,
dis-je, il est arrivé que
comment,
néanmoins restés au-dessous
sibien régis, soient
moins de
des Colons françois, et produisent
denrées et les vendent plus cher. même chose, en
Le savant Smith a reconnu la excellentes redans ses
faveur de nos Colonies,
des diffécherches sur les causes de la richesse
ouvrage classique en son genre.
rentes nations,
conclure que notreloifran
Delà,jene veux pas défaut de loi sur les dettes
çoise, ou plutôt le
à lexsoit absolument préferable
des Colonies,
constitutions Angloises :
cessive rigueur des
d'une fois, Rome a
délicat. Plus
c'est un article
des loix haété à deux doigts de sa perte, pour
sardées sur ces deux grands points politiques,
D 3
sur les causes de la richesse
ouvrage classique en son genre.
rentes nations,
conclure que notreloifran
Delà,jene veux pas défaut de loi sur les dettes
çoise, ou plutôt le
à lexsoit absolument préferable
des Colonies,
constitutions Angloises :
cessive rigueur des
d'une fois, Rome a
délicat. Plus
c'est un article
des loix haété à deux doigts de sa perte, pour
sardées sur ces deux grands points politiques,
D 3 --- Page 62 ---
(54)
des tèrres et Tacquittement des créanle partage
avoit donné
ces. Dieu, législateur des Hébreux,
étudie
débiteurs l'année du Jubilé. Plus on
aux
on est incertain du partiqu'on
ces matieres, plus
doit préférer.
les Anglois sont un peu
On peut penser que
les François
trop séveres et que, de leur côté,
sont trop indulgens.
sur
Ilya donc un vice dans notre législation
dettes Coloniales. On a fait de leur paiement
les
de la
affaire de
un bienfait spécial
une
grace,
constitués, en quelpart de nos Gouverneurs,
du créancier
que sorte, les huissiers et recors
.
autant à leur dignité
Colonial; ce qui répugne
véritable qu'à l'essence des choses. L'exigeance
des dettes est une affaire de justice, et non pas
de protection. la Colonie a pour chef un grand
Lorsque
veines
coule le sang des
hpmme, dans les
duquel
cet ordre des choses devient un peu
Lamoignon,
mais lcs
hommes sont
plus supportable :
grands
de
tres-ràres, et la race des Lamoignon a trop
qu'on la prodigue
bien à faire en France, pour
Ainsi T'ordre
souvent aux Colonies Américaines.
actuel est un vice considérable.
Sans doute,
C'est un vice qui tient à d'autres.
la suite
d'y remédier par
jl n'est pas impossible --- Page 63 ---
(55)
éclairés sur leur
d'amener les Colons même,
et
desirer la loi qui feroit leur bonheur,
intérêt, à
illimité, fruit de
les faisant jouir de ce crédit
en
sacrés et inla confiance dans des engagemens
faillibles.
devons en convenir, ce n'est pas
Mais, nous
si bien la loi dont
Taffaire d'un jour de combiner
but d'alléger
ils'agit, qu'elle réponde au triple
lexéle fardeau des dettes anciennes, d'assurer
actuels, et de pourvoir
cution des engagemens
des créances fuen même tems à linviolabilité
tures.
lon doit souhaiter,
C'est une révolution que
et qu'on ne peut prévoir. existe. Il est, suivant
En attendant, le mal
Et souvent,
Tusage, grossi par la prévention.
les créanciers hypothécaires
fautedesentendre,
dontla prétention ne
n'ont qu'un gage illusoire,
et à perdre à
retirer hors du commerce
sert qu'à
eux-mêmes, les
la fois pour FEtat, comme pour créances.
habitations chargées de leurs
d'un
Et, comme si ce n'étoit point assez
obstacle, il s'éleveun autre préjugé,
aussi grand
doute aux yeux des
non moins légitime sans la bonne foi de tout
préteurs étrangers, contre
en due
françois qui voudroit emprunter
planteur
cats, en Aorins ou en autres cspeces.
D 4:
sert qu'à
eux-mêmes, les
la fois pour FEtat, comme pour créances.
habitations chargées de leurs
d'un
Et, comme si ce n'étoit point assez
obstacle, il s'éleveun autre préjugé,
aussi grand
doute aux yeux des
non moins légitime sans la bonne foi de tout
préteurs étrangers, contre
en due
françois qui voudroit emprunter
planteur
cats, en Aorins ou en autres cspeces.
D 4: --- Page 64 ---
(56)
étrangers en
La perte sur le change des pays
jointe
France et de la France à Saint-Domingue, de commisfrais ordinaires de provision ou
aux
annonceroit pour l'emprunsion de Banquiers, évidente de six pour cent.
teur une perte
jamais croire
étranger ne voudroit
Le préteur
pût être balancée par la
que cette perte préalable
ou par
fécondité des biens de Saint-Domingue, faire.
bénélices du çommerce qu'on peut y
les
dans l'étata actuel, la prudente timidité
Ainsi,
d'argent, en, pays étranger >
des possesseurs
seçours direct de leur
écarte toute idée d'un
même les plus conpart en faveur des Colons,
sidérables et les plus opulens. Tordre des choses
Mais qui ne voit que, dans
la valeur de
d'introduire,
que nous proposons les lettres de change sur
T'argent de France et
à cet égard
connoissemens assurés, ameneront
avantageux? qu'il en résultera
un changement habitans de cette Colonie et
d'abord, entre les
les Etats de T'Europe,
de tous
les Capitalistes
doué de la puissance
intermédiaire,
un agent fonds des derniers par Tappât d'un
d'attirer les
qui dorsûr, et de donnerà ces richesses,
gain
dans les mains des premiers,
ment aujourd'hui
vivifiera les terres,
une forme et une valeur qui
l'emploi de ces
leurs produits par
et augmentera
provdnite mêmes. --- Page 65 ---
(57)
honnêtes et laboAinsi donc; 6 cultivateurs
hommes
habitez cette Isle! ainsi donc,
de
rieux qui
faites à la métropoletant et
respectables! qui
sacrifices, vous en aurezleprix, parce
si grands
de vêtir, de nourrir,
que vous aurez les moyens
le voeu de
vos atteliers; de remplir
de repeupler
intérêts, en rendant
vos coeurs et celui de vOs
de vos traheureux encore les compagnons
de
plus
beaucoupplus
vaux ; et si ce n'est decultiver bien mieux lcs
du moins de préparer
terreins,
cultivez; de mettre un carreau
terreins que vous
lexpression du Socrate
Tun sur l'autre, suivant
les
ouvrarustique (1); ; de chercher dans grands d'autres
des Rozier (3), et
ges des Miller (2),
à SaintDomingue,
Agronomes, trop peu connus?
est Thistoire d'un cultivateur
(1) Le Socrate rustique
a douné un bon extrait
Suisse. M. PAbbé Rozier en
dans son cours, d'agriculture.
écrit.en Anglois,
(2) Le Dictionnaire du jardinage, langue.
Miller, que lon publie en notre
M. PAbbé
par
d'agriculture, par
(3) Le cours complet
volumes in-4°.; l'on
Rozier, dont on connoit déja sept
attend le huitieme.
et il seroit à sonhaiter
Ces trois livres sont excellens,
sur-tout le derqu'ils fussent répandus universellement, mille paroisses $
nier; mais il y a en France quarante de ce livre seroit
dans chacune desquelles un exemplaire a-t-il trois mille
très-nécessaire, et cependant à peine
ulture, par
(3) Le cours complet
volumes in-4°.; l'on
Rozier, dont on connoit déja sept
attend le huitieme.
et il seroit à sonhaiter
Ces trois livres sont excellens,
sur-tout le derqu'ils fussent répandus universellement, mille paroisses $
nier; mais il y a en France quarante de ce livre seroit
dans chacune desquelles un exemplaire a-t-il trois mille
très-nécessaire, et cependant à peine --- Page 66 ---
(58)
d'économie rurale,
les principes et les moyens
mieux vos
applicables à ce climat; de soigner
d'élever des races créoles, si préféraanimaux;
d'essayer
bles en toutsens aux races étrangeres; fécondes
des méthodes ou plus courtes ou plus enfn aux
routines; de subvenir
que les vieilles
de tous les genres qui vous manquent
avances
dont le déficit cause
dans ce moment; avances
incalculable.
à la Colonie un préjudice
on se récrie avec
On est surpris avec raison,
naissent
justice sur les valeurs immenses qui dire, du
pour ainsi
tous les ans d'elles-mêmes, miraculeuse.
sein de cette terre presque Dieu! si tous les habiQue seroit-ce, grand
où sont les plus
tans sortoient de Pimpuissance de crédit, de
faute de numéraire ou faute
aisés,
la nature acxemplir les conditions auxquelles c'est-à-dire, s'ils
corde à Thomme ses bienfaits!
faire les dépenses et payer les travaux,
pouvoient
det tous les revenus!
qui sont les bases primitives
augmenter
suivant leurs besoins,
s'ils pouvoient,
Saint-Domingue qu'une
soniscriptetrs. On n'en connottà habitation dewoit en
douzaine d'exemplaires. Chaque
avoir un.
bien lu et bien compris, pourCe cours d'agriculture, du
et de la Cov
roit changer en bicn la face Royaume
lonie. --- Page 67 ---
(59)
te nombre des bras, employer plus d'ouvriers
améliorer les terreins, les égoutter, les
blancs, les labourer ou les fumer, les ouvrir ou
arroser,
élever
les clorre! s'ils pouvoient principalement
des moulins à eau, pour affranchir leurs sucreries du tribut annuel de plusieurs millions qu'il
pour Pachat des mulets,
faut payer aux étrangers
les autres moulins exigent et consomment!
que
s'ils
porter leurs diverses
en un mot,
pouvoient
dont elles seposséssions au degré de prospérité
roient susceptibles!
de cette Colonie sont
Mais, que les habitans
loin de cet état d'aisance!
aucun
tire de sa terre
Iln'en est presque
qui
tout ce qu'il en pourroit tirer.
ce
qui ait tout qui
Il n'est point d'habitation
valoir en effet ce qu'elle peut
lui faudroit, pour
valoir.
et
Il en est un grand nombre qui languissent
qui déclinent.
incultes, qui sont abanIl en est qui restent
maldonnées, qui servent de refuge aux Negres
faiteurs.
seulement parler ici des
Et je n'entends pas
Caffeyeres, dont on anmepaeoiaenel
précaire que brillante, n'est qu'un phosphore
Cette fatalité s'est étendue à tous nos
passager.
effet ce qu'elle peut
lui faudroit, pour
valoir.
et
Il en est un grand nombre qui languissent
qui déclinent.
incultes, qui sont abanIl en est qui restent
maldonnées, qui servent de refuge aux Negres
faiteurs.
seulement parler ici des
Et je n'entends pas
Caffeyeres, dont on anmepaeoiaenel
précaire que brillante, n'est qu'un phosphore
Cette fatalité s'est étendue à tous nos
passager. --- Page 68 ---
(60) sucreries, ou, suiétablissemens, même à des
moderne, la
d'un écrivain
vant le mot énergique
terre retombe en désert.
et de la désoLe noir tableau du désespoir
contraste
ici le plus hideux
lation vient opposer de la culture et du bonheur.
aux images riantes
le crédit s'étaQue l'espece circule, et que de cette Coloblisse! alors les richesses réelles
dans une progression
nie iront en augmentant
croire, si nous
refuseroit de nous
telle qu'on
delexcédent de revenudont
donnionsunapperga
privée,
du nord est actuellement
la seule partic
c'est-à-dire,, uniqueà défaut d'encouragement,
ment faute d'argent et de crédit.
et
trop le redire : T'argent
Nous ne pouvons
qui savent metle crédit! voilà les vrais ressorts les efforts et
action tous les talens, tous
tre en
toute Tindustrie des peuples.
juger en Europe des possibilités
On pourroit
cette abondance
de procurer à Saint-Domingue
qui en cominexprimable et cettereprodaction,
déles premiers
penseroient si magnifiquement disons-nous, si l'on
boursés. On en jugeroit,
qu'ont opérés
avoit une idée juste des prodiges habitans.
de simples
dans leurs plantations consacré par leur bonne
Un crédit favorable,
intelligens et coufoi, a permis à ces hommes --- Page 69 ---
(6r)
seuls, d'achever seuls, des
rageux, de tenter
des
si vaset
entreprises
travaux si dispendieux
Cité du Royaumede
tes, que plus d'une grande
et n'auroit pas
France en auroit été effrayée,
trouvé les moyens d'y pouryoir.
conCeux qui ont bien vu Saint-Domingue, faire connoinoissent (et que ne pouvons-nous liront, sans avoir
à ceux qui nous
tre également
connoissent ces sucreries, qui
vu cette Isle!), ils
le fardeau de dettes porékoientaccablées sous
et qui, dans un
tées à près de deux millions,
à P'aided'un
espaced'un peu moins de vingt . ans,
fidéet constante
crédit, né d'une scrupuleuse des dettes noulité, ont suffi à combler Tabyme
sur cet
des anciens arrérages, et à jeter
velles et
consolident des fortuabyme les fondemens qui
nes jmmenses.
canaux, rivieres
Ils connoissent ces grands
d'hommes, qui dispersent des eaux
faites de main
des sucreries, ou qui
lointaines sur les terreins
machines; ces digues, montagnes
en meuventles
contiennent les torfactices, qui dirigent et qui
desséchées, qui
rens dans leur lit; ces grêves
abondansur la mer des plantations
ont usurpé
rochers escarpés qui paroissent
tes; enfin, ces
cependant aux
inaccessibles, et qui prodiguent
des trésors annuels,
soins de leur cultivateur
faites de main
des sucreries, ou qui
lointaines sur les terreins
machines; ces digues, montagnes
en meuventles
contiennent les torfactices, qui dirigent et qui
desséchées, qui
rens dans leur lit; ces grêves
abondansur la mer des plantations
ont usurpé
rochers escarpés qui paroissent
tes; enfin, ces
cependant aux
inaccessibles, et qui prodiguent
des trésors annuels,
soins de leur cultivateur --- Page 70 ---
(62)
detels
Lelangage ne suffit pas pourexprimer
: il faut les voir; mais, à leur vue, l'étableaux redouble, lorsque l'on songe à la
tonnement
des moyens avec lesquels
foiblesse, à la pénurie
ces créations merveilleuses.
on a produit
sont
à faire
Voilà pourtant ce que
parvenus
Colons isolés! ce que des femmes ont tentés
des
ont exécuté ! cC que de simples réont suivi,
mérite très-rare d'opérer pour
gisseurs ont eu le
leurs commettans! hommes seuls ont fait, nous laisse
Ced que des
hommes réunis sont capapressentir ce que les
bles de faire.
faire un faisceau de ses
Si cette Colonie veut
sielle
se donner ce qui lui manque;
forces, pour la foiblesse de l'enfance à T'âge
veut passer de
c'est ce qui dépend
plus robuste de sa virilité;
d'elle et des bontés du Souverain.
municiJesuppose en effeto qu'une assemblée
formée avec un soin nouveau dans chacune
pale,
de Saint-1 Domingue, qui sont
des trois parties
disois-je,
distinctes, je suppose,
trois provinces assemblée de ce genre prenne en conquechaque
nous osons proposer, etjugeant
sidération ce que
exhausse
peut obtenir en masse,
du créditqu'elle
de
Seavec un tel levier ses moyens prospérité! ici des
alors de voir effectuer
roit-ili impossible --- Page 71 ---
(63)
tentatives plus hardies et non moins fructueuscs, sur le produit desquelles on trouveroit
facilement l'intérét annuel qu'il faudroit
aux préteurs?
payer
Diverses provinces de France et plusieurs
grandes villes ont obtenu du Roid des
de ce genre et se sont améliorées, permissions
actions qui lioient des
soit par des
intéressés.à des projets
particuliers, soit par des emprunts solidaires
que l'assemblée municipale consacroit
général.
au bien
Aucune cependant des provinces de
ni de ses grandes villes,
France,
n'est dans le
aucune, il faut le dire,
cas de
ni
T'étendue
Saint-Domingue,
des besoins, ni
pour
ressources.
pour l'étendue des
Tout est à faire ici; et tout ce qu'on
sera payé avec usure par la fécondité des fera,
Les seuls marécages infects,
terres.
immédiat
dont le poison
corrompt sans cesse l'air du Cap, exigeroient bien peu d'avances pour être
phosés en des plantations utiles,
métamorou, si on l'aime
mieux, en maisons de
jardins, qui donneroient campagnes, en superbes
de loyer, le méme
bientôt, de revenu ou
à leurs
capital que l'on auroit prété
propriétaires pour les fertiliser.
Nous citons d'abord ces marais,
parce qu'il
diat
dont le poison
corrompt sans cesse l'air du Cap, exigeroient bien peu d'avances pour être
phosés en des plantations utiles,
métamorou, si on l'aime
mieux, en maisons de
jardins, qui donneroient campagnes, en superbes
de loyer, le méme
bientôt, de revenu ou
à leurs
capital que l'on auroit prété
propriétaires pour les fertiliser.
Nous citons d'abord ces marais,
parce qu'il --- Page 72 ---
(64)
de vérifier les calculs de Pimmense
est très-aisé
sans compter, si
prodnit de leur desséchement,
la ville du
lon. veut, les avantages infinis, pour
de la salubrité d'une telle opération.
Cap,
environne et le même sucLe même danger
(1),
cès attend d'autres villes de Saint-Domingue
aujourd'hui de lagons pestilentiels
entourées
n'exhalent que des germes de
qui ne recelent et
offrent en même
mort et de putridité, et qui
et
heureuse de labondance
tems la perspective
voudront secondes richesses aux hommes qui
der la nature.
du nombre de celles
Ces améliorations sont
et le
qui peuvent s'opérer par des actionnaires, donner
n'y doitintervenir que pour
crédit public
favoriser les premiers dé
T'impulsion et pour
boursés.
de même de plusieurs autres enIl en. seroit
mais qui tiennent
treprises, locales à la vérité,
du bien général.
pourtant aux rapports défendre d'en donner des exemJei ne peux me
que dans la province
ples; mais je ne les prendrai
sensiafin de rendre mon projet plus
du Nord,
m'écoutent, et de me renfermer
ble à ceux qui
moi-méme.
dans ce quc j'ai pu voiretétudier par
Le Fort Dauphin, les Cayes, &cc.
Ne
(1) --- Page 73 ---
(65)
Ne seroit-il pas juste, autant
ble, de venir au secours des infortunés qu'indispensadu Môle etde Bombarde,
habitans
dénués
la seule ressource qui faisoit aujourd'hui de
roches stériles leur
subsister sur ces
qu'en coûteroit-il, population nombreuse P Et
si l'on vouloit restituerle localqu'ils habitent, aux dispositions
seroit dans le cas d'admettre?
utiles. qu'il
Ne conviendroit-il pas au bien de la
Nord, d'aider les hôpitaux de la
partie du
Cap; qui n'ont point de
providence du
leur
ressources pour
sublime'et noble
remplir
ces
destination, à se procurer
ressources, en mettant en culture
cent vingt-cing
les deux
carreaux de terre, reconnue
cellente, qu'ils possedent depuis trente
exla Paroisse de
ans, dans
Plaisance, et qui, depuis
ans, défaut decrédit, restent
trente
Est-il indifférent
en bois debout?
de contribuer
pour les Colons en
de leur part à l'exécution du général
qu'a donné la Chambre de
projet
au Cap François; projet Commerce, naissante
la voix publique,
siardemment desirépae
pour établir aux
Mogane, des chaloupes
Caiques et à
pilotes, qui
pontées, avec de bons
répondent à l'aveniro du
ment des navires, et
débouquece passage si funeste, suppriment les risques de
été estimée à
dont la perte annuelle a
plus de six millions?
E
donné la Chambre de
projet
au Cap François; projet Commerce, naissante
la voix publique,
siardemment desirépae
pour établir aux
Mogane, des chaloupes
Caiques et à
pilotes, qui
pontées, avec de bons
répondent à l'aveniro du
ment des navires, et
débouquece passage si funeste, suppriment les risques de
été estimée à
dont la perte annuelle a
plus de six millions?
E --- Page 74 ---
(66)
Ce sont là des biens partiels, et nous en conmais la chaine du bien public est comvenons ;
C'est au public à leur
posée de ces anneaux.
donner la premiere existence.
Et quand nous parlons du public, ce n'est pas
seulement aux habitans de Saint- - Domingue que
adressons ; c'est le voeu du royaume
nous nous sollicitons aussi, et que nous desirons
que nous
de cette
d'intéresser également aux améliorations
Colonie.
N'oublions pas qu'en Europe et en Amérique,
du même Roi, tous les François sont SOsujets
lidaires.
Fune des idées que
Supposons un moment que
faisons entrevoir soit munie du sufnous vous
quiseroit établie
fragede T'assemblée municipale
dans la partie du Nord, et qu'il se forme en conTapprobation du Roi, une société
séquence,sous! suffisant d'intéressés, d'actionnaid'un nombre
exemple, tous
res, pour mettre en valeur, par
Cap. Doute-t-on en ce cas,
les marais duhautdu
de Ciqu'il ne se trouve en France beaucoup
toyens et de Capitalistes qui veuillent prendre
si
et que les actions
part à un projet fructueux,
n'en soient fort recherchées?
Une telle entreprise n'a besoin que d'être confidele
de son succès dans
nue. Son exposé
répond
Fun et dans Pastre hémisphere. --- Page 75 ---
(67)
Ne doit-t-on pas en augurer de même de
T'établissement de chaloupes et de pilotes >
enfin le débouquement des navires
pour assurer
partans de Saint-Domingue?
Les armateurs des Ports de France, les assules
et les marins s toutes ces /
-reurs,
passagers doivent-elles
y prendre
classes respectives ne
pas
moins d'intérêt? Ne doivent- elles pas
plus ou
du Cap, avecla Colonie
s'uniravec le commerce
soustraire à la mer les victimes
entiere 7 pour
qu'elle engloutit, et aux bateaux providenciers,
les débris dont ils s'enrichissent?
avoir démontré les très-grands
Nous croyons
de cette Colonie
avantages que diverses parties
tirer du voeu et du crédit communs
peuvent convenablement? àdes entreprises locales.
adaptés
ensuite de nous
Mais, si l'on nous permet
embrassent la Colonie
élever aux moyens qui
dans l'ensemble de ses besoins, nous sommes
du
nombre d'objets qui s'offrent à
étonnés
grand
la fois et assiegent notre pensée.
Ne seroit-il pas, en effet, aussi aisé qu'avand'appliquer à cette Isle et d'y faire adoptageux
la
seule, les calculs simples
ter, par persuasion
de
qui ont déterminé des généralités
et frappans
Roi de les délivrer du farFrance àdemander au
deau des corvées en nature?
s2
l'ensemble de ses besoins, nous sommes
du
nombre d'objets qui s'offrent à
étonnés
grand
la fois et assiegent notre pensée.
Ne seroit-il pas, en effet, aussi aisé qu'avand'appliquer à cette Isle et d'y faire adoptageux
la
seule, les calculs simples
ter, par persuasion
de
qui ont déterminé des généralités
et frappans
Roi de les délivrer du farFrance àdemander au
deau des corvées en nature?
s2 --- Page 76 ---
(68)
Il ne faut que dire aux Colons: :
savez ce qu'il vous en coûte pour la
< Vous
Evaluezles
et Pentretien des routes.
< confection
les sacrifices qu'exige de
CC risques, comptez
méthode vexatoire, par
K chacun de vous cette
de vos
de journées des Negres
CC la quantité
détourne
assemble et qu'elle
CC atteliers, qu'elle
de succès.
de danger souvent que
& avec plus
à cette inquiéCC Opposez à cette dépense,
la
d'argent, moindre de plus
EC tude,
quantité
les
de la
qui suffiroit pour acquitter
ec
moitié,
au rabais,, et
des chemins adjugés
EC travaux
un meilleur état>.
les faire entretenirdans
et pourl
<C Comparez, et jugez >>.
Ce calcul est àla portée de tous les habitans;
sentiroit T'avantage de substituer aux COrchacun
méthode douce, égale et salutaire,
vées cette
d'étreordonné pour trois
dontl'essai généralviente
arrêt
dans tout le royaume de France, par
ans Conseil d'Etat, du 6 Novembre 1786.
du
monument précieux de
Qu'on lise cet arrêt,
Y'amour du Roi pour ses Peuples ; qu'on l'apet l'on décidera, si, dans tous
plique au local,
des corvées n'est pas
ses opponta,bsmppresion qui mérite lui seul qu'une
un objet important, soit instituée tout exprès
assemblée municipale
point dela Colonie, pours s'occuper
dans chaque --- Page 77 ---
(69)
nous indiquons(s)!
dec cet objet, souslaspectquer à retenir ici le zele
Nous avons de la peine
intéresse au bonheur des Colons.
qui nous seroit bien doux de parcourirl la sphere
Ilr nous
en
du bien qui est possible à Saint-Domingue, le
ainsi vers des combinaisons utiles,
dirigeant
des efforts, des lumieres et dès suffrages
concours
réclament égades assemblées Coloniales, que
et du
du Nord, de POuést
lement les provinces
Sud de PIsle Saint-Domingue.
aimerions sur-toutà tracer les moyens
Nous
faciles qu'auroient ces assemblées :
de faciliter
1°. D'assigner des soulagemens,
des
caisse
à ceux
des avances sur la
publique,
dans le Traité de PAdmi-
(1) Il faut lire à ce sujet
nistration des finances de la France 2 le commencement
V du second volume 1 intitulé : Exposition
du chapitre
utiles adoptées par les.Adminissuccincte des dispositions
trations provinciales. les Mémoires de M. Dupré de St. Maur,
Voyez aussi
Galaiziere.
du manuserit).
et celui de M. de la
(Note
avant que
Onvoitquet Stontosciéloitécrit en Amérique, dans l'asPAuteur pit savoir ce qui s'est passé à ce sujet
semblée des Notables. Iln'en est que plus glorieux mèmcs pour
lui d'avoir. agité au Cap, le 19 Mars 987, les
objets qui tenoient alors la Franco en suspens.
grands
(Note de PEditeur).
E 3
,
Voyez aussi
Galaiziere.
du manuserit).
et celui de M. de la
(Note
avant que
Onvoitquet Stontosciéloitécrit en Amérique, dans l'asPAuteur pit savoir ce qui s'est passé à ce sujet
semblée des Notables. Iln'en est que plus glorieux mèmcs pour
lui d'avoir. agité au Cap, le 19 Mars 987, les
objets qui tenoient alors la Franco en suspens.
grands
(Note de PEditeur).
E 3 --- Page 78 ---
(70)
habitans qui ont éprouvé des Aéaux et subi des
maalheurs non mérités et réparables.
la police des noirs, ou es2°. Deperfectionnerl
en faisant les frais de médailles
claves, ou libres,
d'un métal de peu de valeur, pourles substituer
dont les gens de couleur
aux papiers équivoques
dousont obligés d'être munis, papiers souvent
teux et sujets à la fraude; au-lieu que les mérenseignemens, leur légende et
dailles, parleurs
le
sû: de
leurs dates, donneroient, ou moyen
l'état et la paroisse
vérifier sur le champ l'age,
du libre, ou de l'esclave qui en seroient porteurs, ou un préjugé légitime pour faire suspecarrêter et examiner ceux qui en seroient
ter ,
dépourvus (1).
D'appeller dans la Colonie et d'y distri3°,
des artistes
buer, parles secours de l'assemblée,
le
choisis dans
vétérinaires et des chirurgiens,
la voie du concours ; seule maniere
royaume par
(1) Cette idée très-ingénieuse avoit occupé quelque
Cet illustre modele des Gouvertems M. DELARNAGE.
dix années dans
neurs de Saint-Domingue, qui passa
TIsle, eut le tems de s'en faire aimer, et eut Phonneur d'exémourir pauvre. M. deLarnage n'eut pasle tems
l'y
-
cuter son idée.
vient de la proposer de nouveau,
Un sarant Anglois
Manchester.
dans les Mémoires de la société de --- Page 79 ---
(71) suffisant et d'un mérite
d'en avoir en nombre
le
seule maniere de détruire brigandage
reconnu;
sur les animaux, sur
épouvantable qu'exercent
audales negres et sur les blancs, des ignorans intemdestructeurs cent fois quéles
cieux, plus
péries dont on accuse le climat.
aider le
De faire un premier fonds pour
4°.
côtes
Gouvernement: - àrappeller et rétablirsurles des
la classe essentielle
de Saint-Domingue,
manquent depuis.
pêcheurs et des caboteurs qui
ainsi qu'à
à Tapprovisionnement,
très-long-tems
de PIsle ;
des diverses parties
la correspondance le fret d'un de nos Ports àl'autre,
tellement, que
cher que celui du Capméme
est quelquefois plus
très-peu d'argent et
en France, tandis qu'avec
une
privileges.dépendans de T'autorité,
quelques
engageroit nombre de
assemblée municipale
et
blancs à se livrer à la pêche et au cabotage,
diriger encore vers ces deux débouchés
pourroit Témulation indécise des gens de couleur
utiles,
libres.
également quelques hom5°. D'encourager
faire des
mes zélés, honnêtes et instruits, pour
éleves et former chez eux des écoles ou atteliers
(1), où les nouveaux venus d'Eud'agriculture
T'Angleterre a fondé des atteliers de Commerce
(1)
et d'Agriculture en 1708.
E 4:
cabotage,
diriger encore vers ces deux débouchés
pourroit Témulation indécise des gens de couleur
utiles,
libres.
également quelques hom5°. D'encourager
faire des
mes zélés, honnêtes et instruits, pour
éleves et former chez eux des écoles ou atteliers
(1), où les nouveaux venus d'Eud'agriculture
T'Angleterre a fondé des atteliers de Commerce
(1)
et d'Agriculture en 1708.
E 4: --- Page 80 ---
(72)
recevroient des instructions physiques et
rope,
des biens
morales sur la régie très-compliquée
des
de Saint - Domingue ep et passeroient par
capables de cautionner leur conduite
épreuves Tavenir: épreuves et instructions probablepour!
former de bons régisr
ment plus efficaces pour
n'ont de
seurs,. que les loix lesplus effrayantes mauvais.
force pour contenir et pour éloigner les
6°. D'instituer des récompenses pourattirer
les. talens; les Jumieres', le
à Saint-Domingue,
Colonie
tirer
génie et Lindustrie, dont cette
peut
de si grands services dans tant de genres différens,
dansthydraulique, dansla chymie, dans
comme
des plantes, dans la science des
la connoissance
les divers
machines, tous objets dans lesquels
cantons de cette Isle sont réduits à se déroberou
asedispaterlesfujetse quele hasard leur procure.
D'exciter puissamment et par des avances
7°.
les tentatives déja faites pour transmarquécs, Saint-Domingue, dans les terreins secs
planterà actuellement inutiles, la cochenillel et
et arides,
sont yenus du Mexique, mais
lcs nopals qui nous
essais, n'ont pu
qui, n'ayant subi que de petits
donner encore que des succèsi simperceptibles aux
dont l'oeil ne sauroit
regards du Gouvernement,
voir que de grands résultats.
moinsles
g°,Dedélivrer la Colonie, ou du
pro- --- Page 81 ---
(73)
sucreries qui en sont les
priétaires des grandes tribut exceflif, qu'on paye
biens principaux, du l'achat des mulets qui servent
aux Erpagnols pour
tribut immense et effraaux moulins à sucre 5
yant,dontil est vraisemblable quefonsatianclià ces moulins la méchanique
roit, en adaptant
à feu, &c.
des pistons, des pompes
Cest à regret que nous nous arrêtons: essentiels
Combien d'autres objets, non moins
attendans tous les points. de Saint-Domingue,
prescrivent même, on peut
dent, sollicitent,
du crédit de la Colonie et
le dire, cette réunion
jetter enfin des
ces avances primitives,soit pour
partout
ponts sur les rivieres; soit pour creuser,
des
oû le besoin Texige et out la nature Tindique,
des canauxdarrosage, &c.,
canauxde transport,
divers efforts sagement
et pour porterenfin par ces
comble
combinés, la premiere des Colonies au
de splendeur que sa destinée est d'atteindre?
L'opinion publique nous démentira-t-clle?
Celle du commerce de France a paru bien
assertions , du moins si l'on
contraire à nos
dans une trèsen croit aux écrits qu'il a publiés
mal défendue de part et d'augrande querelle,
du commerce de
tre. L'un des meilleurs patrons
au pour et conFrance ( I l'auteur de la réplique
toute
s'éleve avec beaucoup de force contre
re)s
de splendeur que sa destinée est d'atteindre?
L'opinion publique nous démentira-t-clle?
Celle du commerce de France a paru bien
assertions , du moins si l'on
contraire à nos
dans une trèsen croit aux écrits qu'il a publiés
mal défendue de part et d'augrande querelle,
du commerce de
tre. L'un des meilleurs patrons
au pour et conFrance ( I l'auteur de la réplique
toute
s'éleve avec beaucoup de force contre
re)s --- Page 82 ---
(74)
de culture dont nos Isles
espérance des progrès
61).I1
(neuvieme lettre, pag:
sont susceptibles
beaucoup de quartiers
prédit, au contraire, que
avec une assuproduiront moins; et il ajoute,
Tasegemseateearnced ces spropresmots:
Toute la
du Nord de Saint-Dominec
partie
la couvririez d'un
est cultivée, et vous
C gue
ne produiroit pas
CC million de norrs qu'elle
Cc davantage>.
de combattre les conséMon objet n'est pas
tire de ces mots
quencess ssinguliereaqsetAsteurs
mais
du systéme' e'des loix prohibitives;
en faveur
son assertion est fausse
jene puis dissimuler que
dans la
et si exagérée
dans sa première phrase, absurde. Il n'est pas
seconde, qu'elle en devient du Nord dé Saintvraidedire, que toutelapartie énonciation signiDomingue soit cultivée : cette
sont
les cultures de la partie du Nord
fie que
ou même à leur degré de
à leur' dernier période,
il est faux que tout
plus grande splendeur. Or,
tout soit
défriché. llest plus faux encore que
soit
citera pas un seul quartier où
en valeur. On ne
nombre,
même en assez grand
ne se trouvent,
ou incultes, ou
oulanguisantes,
des habitations,
faute de Negres etde forces.
tout-à-fait désertes,
et qui sont les
Les biens les plus considérables,
Cinq
mieux établis,
empmantnuesmies --- Page 83 ---
(75)
transportés au Capseu:
à six millions decapitaux
avec le plus
seroient employés et placés
lement,
dans moins d'une semaine.
grand avantage,
expliD'après ces faits, comment pourraton
assure qu'on.
de Saint-Domincette partie
dAreesiaathess
auroit beau couvrir
ne produiroit
d'un million de noirs, qu'elle
gue
pas plus, &c.?
tranchantes, qui échapCesont de ces phrases
de la dispute. De
toujours dans la chaleur
pent
chaque partie adverse
sang froid, on en rougiroit: L'auteur de celle-ci
se permet de ces hyperboles. il avoit un intérêt
n'étoit pas sur les lieux, et Pour nous, nous
contraire à celui des Colons.
toute cette
avoir bien vu
écrivons au Gap, après
aucune raison perpartie du Nord, et sans avoir balance ni pour ni
sonnelle de faire pancher la
Colons et
Nous sommes attachés aux
contre.
Nous voudrions les réunir;
aux Commerçans.
est ia même, et leur
car, au fonds, leur cause vérités mêmes que nous
cause est fondée sur les
développons.
des plans imagiNon, non, ce ne sont point
peinaires que nous dessinons aujourd'huisnous) ici
nous voyons; ; nous ne touchons
gnons ce que
que des objets palpables.
de trop exalter
Quiconque nous accuseroit
Colons et
Nous sommes attachés aux
contre.
Nous voudrions les réunir;
aux Commerçans.
est ia même, et leur
car, au fonds, leur cause vérités mêmes que nous
cause est fondée sur les
développons.
des plans imagiNon, non, ce ne sont point
peinaires que nous dessinons aujourd'huisnous) ici
nous voyons; ; nous ne touchons
gnons ce que
que des objets palpables.
de trop exalter
Quiconque nous accuseroit --- Page 84 ---
(76)
vues les
des Colons, ne conpar nos
espérances
la
momennoîtroit de Saint-Domingue que gêne
où le défaut de numéraire jete ses habitanée,
la santédece corps sirobuste
tans. Ijugeroitde
les symptômes actuels de sa paralysie.
par
même dans sa détresse, le J
Et cependant,
spectacle de ce pays est fait pour élever l'imagination. Le tems et le crédit lui promettent tant
qu'il doit amplifier les idées de
de ressources,
il élargit celles du plus
Thomme public, comme
simple particulier.
il faut le voir en
Pour bien voir ce pays,
grand et regarder dans l'avenir.
fideleet la voici
On oppose une objection, de la beauté de
ment. On convient, dira-t-on,
et les
; mais il unit tous les extrêmes,
ce pays
sont aussi terribles que ses
fléaux de la' nature y
bienfaits sont étonnans.
Nous sommes loin de le nier.
fléaux sont passagers, et la terre
Mais ces
et le ciel demeurent.
Béaux eux-mêmes ne pouvant s'efMais, ces
importans et proporfacer que par des secours
aux
répugnent aux idées mesquines,
tionnés,
trop circonscrits.
mesures étroites, aux plans
rendent si
Mais, ces Aéaux eux-mêmes qui demanlcs grands biens de cette Isle,
précaires --- Page 85 ---
(77)
cette Isle soit mieux administrée, que
dent que
soutenus, que rien ne soit
ces biens soient plus
en assurer et en maintenir
omis de ce qui peut
la splendeur.
les moyens d'aisance et de prosEh!quels sont
si étendus qu'ils soient, dont on puisse
périté,
entreprises devra se défier la
douter? De quelles
lorsque T'esprit
Colonie de Saint- Domingue,
d'asintroduit dans cette Isle au moyen
public
bien conduites, répondra
semblécs municipales
de la nade grands efforts aux promesses
par
recueillir, et fera profiter
ture, saura semer pour
de la fertilité
les habitans de Saint-I Domingue
; de la douceur continuelle
de ce vaste jardin
des frimats du Nord;
de sa température, exempte
abris de
de la riche variété de son sol et de ses
;
heureuse analogje avec les latitudes les plus
son
quilai permet de s'emparer des végéfavorisées, utiles de tous les continens, et surtaux les plus
vraiment uniques dans
tout de ces circonstances,
anoblie
le monde,. oà s'y trouve Yagriculture
dégagée des liens féodaux et gothipar le fait,
des
ques qui la garrottent en Europe; exempte
droits de parcours et de vaine pâture; libre de la
dime, et du cens, et des bans des récoltes, et
de tant d'autres servitudes sous lesquelles la glebe
estdemeurée esclave dans l'ancien continent?
plus
vraiment uniques dans
tout de ces circonstances,
anoblie
le monde,. oà s'y trouve Yagriculture
dégagée des liens féodaux et gothipar le fait,
des
ques qui la garrottent en Europe; exempte
droits de parcours et de vaine pâture; libre de la
dime, et du cens, et des bans des récoltes, et
de tant d'autres servitudes sous lesquelles la glebe
estdemeurée esclave dans l'ancien continent? --- Page 86 ---
(78)
L'agriculture de cette Isle languit, dans cet
instant, faute du véhicule qui peut seul l'animer.
d'aNous l'avons dit: sans numéraire, point
vances ; sans avances, point de produit, point
de succès, point d'entreprise.
C'est l'affligeante image du découragement oùt
nous sommes tombés.
Avec du crédit, au contraire, avec la circulagriculture à Saint-Domingue seroit,
lation,
les François acclimatés sous ce beau ciel,
pour
le plus grand, le plus heureux de
le. premier,
jamais
tous les arts, si les François pouvoient
croire heureux hors de la France.
se
n'ont pu fixer ici les
Hélas ! tant d'avantages
grands propriétaires ! Sensibles aux désagrémens
d'un régime trop versatile, ou entrainéspar d'autous ont quitté cetté terre
tres causes, presque.
de la
de délices, pour les délices plus paisibles
mere-patrie.
leurluxeenMais, au sein de cette patrie que
richit, ils ont des devoirs à remplir envers ce
territoire qu'ils ont abandonné.
Oui, sans doute, ils ont des devoirs, peutêtre moins connus, mais non moins sacrés que
et qui mériteroient que lun d'eux
leurs 'droits,
Prince
les traitât avec le même soin qu'un grand
lui-même, dans le siecle
du sangroyald len apporta --- Page 87 ---
(79)
les devoirs des Seigneurs
dernier, à développer
de province (1)-
de paroisse et des Gouverneurs
vérité
Nous convenons avec plaisir de cette
Padministration de
expriméc dans PEssai sur
que nos moeurs ont modifiéla"
Saint-Domingue,
est entre le maître et Fesdistance excessive qui
humains rendent
clave, et que tous les Colons
les
heureuz que ne le sont Payleurs Negres plus
la satisfaction de
sans. Cest ce que nous avons
n'est
Colonie. Notre tâche
point
voir dans cette
les maîtres sont
de détailler ici les, moyens que
mêsans doute, d'employer par eux-1
obligés,
leurs représentans,
mes ou de faire employer par
attachés
adoucir ainsi le sort des Negres
pour habitations dont ils sont les propriétaires.
aux
à ces propriétaires ; et
Cette tâche appartient
dérober la
n'est
à nous de leur en
gloire.
ce
pas
dans le nombre
Sculement, nous rangeons
devoirs imposés aux Colons absens, cede ces
aux efforts que nous provolui de prendre part
a de si grands
en faveur d'un pays qui
quons
chefde la branche de Conti,
(1) Armand de Bourbon,
bon
intitulé :
frere du Grand Condé, a fait un
ouvrage,
des Grands. Paris, 1667, 3 vol. in-12.
Devoirs
de ce concerne les Seigneure,
On trouve un extrait
qui
dans le Code rural.
devoirs imposés aux Colons absens, cede ces
aux efforts que nous provolui de prendre part
a de si grands
en faveur d'un pays qui
quons
chefde la branche de Conti,
(1) Armand de Bourbon,
bon
intitulé :
frere du Grand Condé, a fait un
ouvrage,
des Grands. Paris, 1667, 3 vol. in-12.
Devoirs
de ce concerne les Seigneure,
On trouve un extrait
qui
dans le Code rural. --- Page 88 ---
(80)
attachement, d'un pays qui leur
droits à leur
et qui peut
donne de si mombrensesjosisancea, de la crise oà il
les accroitre encorc, en sortant
est anjourd'hui.
et d'exciter ici
Un des moyens d'y parvenir. donnent la vie au créles viremens d'especes qui
fait
chacune
c'est celui d'un emprunt
par
dit,
la Colonie, dedes provinces qui composent d'après des plans
mandé par leurs assemblées, autorisé du Souet des calculs vérifiés par elles s des travaux puvérain, affecté et distribué pour
entièutilitémajeure, et consacré
blics et d'une
de la culture et du comment à la prospérité
merce.
tromper sans doute; mais
Nous pouvons nous
voulons
ce n'est pas un plan que nous
et prescrire; dont le
sont des vues que nous jettons,
ce
d'en faire naître de meilleures.
mérite sera
rencontréjuste, ou si nous somSi nous avons
le zele qui nous anime 7 l'impresmes égarés par
sans retard.
sion de cC Mémoire Tapprendra
pour en reNos intentions sont trop pures
douter T'examen.
ses détails n'éNotre discours étant public, à la censure de ce
chapperont pas au suffrage ou
et
considérable de têtes bien organisées
nombie
dont cetteColonie abonde.
d'esprits courageux
lls --- Page 89 ---
(81)
Ils nous tiendront compte du moins de la
franchise avec laquelle nous leur
idées. Par la
proposons nos
publicité, nos erreurs seront
centes. Que dis-je? elles seront utiles.
innoElles auront d'ailleurs l'avantage
ble d'être développées et présentées inappréciaen
avec plus de succès que je ne puis le faire France, ici.
Oui, les idées utiles à la Colonie
ne peuvent
que gagner en passant par l'organe du Député de
Saint- Demingue (1), connu depuis
par son attachement aux vrais intérêts long-tems de
Isle, et aux principes qui en doivent cette
Tadministration.
guider
C'està lui de faire valoir cette ébauche
parfaite, et de présenter les besoins
imtans de Saint-I
des habiDomingue, dans le jour le
lumineux, à ce digne et loyal ministre d'un plus
Roi, qui n'a cessé lui - même de
bon
la Marine et sur les
répandre sur
Colonies, les bienfaits de
SA MAJEST É.
Pour nous, qui ne prenons aux richesses de
Saint-Domingue aucunintérêtp personnel,
et ne voulanta avoir, dans cette
n'ayant
nceuds d'amitié,
colonie, que des
sans lien de fortune, nous ne
(1) M, de la Coste,
E
umineux, à ce digne et loyal ministre d'un plus
Roi, qui n'a cessé lui - même de
bon
la Marine et sur les
répandre sur
Colonies, les bienfaits de
SA MAJEST É.
Pour nous, qui ne prenons aux richesses de
Saint-Domingue aucunintérêtp personnel,
et ne voulanta avoir, dans cette
n'ayant
nceuds d'amitié,
colonie, que des
sans lien de fortune, nous ne
(1) M, de la Coste,
E --- Page 90 ---
(82)
d'aucune partialité dans les
eommes suspects
différentes idées que nous venons de hasarder;
foible débris de celles que nous avions pu reen meilleur ordredans un tems
cueillir et mettre
plus heureux.
anime
Nulle espece d'ambition ne nous
ici,
celle d'exciter quelqu'un de plus instruit à
que donner de meilleurs moyens et de meilleures
vues. Nous le disons tout haut, pour répondre
d'avance à ces esptits chagrins qui veulent du
aux choses les plus simples, et qui isupmystere
motifs même à l'amour du bien
posent des
public.
Nec nos ambitio, nec nos amor urgethabenli.
(OvIDE.) --- Page 91 ---
NE AGE
écrite
la Chambre du ComNo,0r. Lettre
par
NEUFmerce du Cap, à M. FRANÇOIS DE
Procureur- Général du Roi en SOT
CHATEAU,
de la même Ville, le 20
Conseil Supérieur
Mars 2787.
MONSIEUR,
Desirant répondre à la confiance dont votts
et concourir de tout notre pou*
nous honorez,
qui vous animent,
voir aux vues patriotiques
Phonneyr de vous adresser nos obnous avons
deremédier à la pénuservations sur les moyens
en cette Colonie. Vous en avez
rie des especes
cette force et cette
développé les causes avec
conduisent nécessairement à Péviénergie, qui
mémoire dont vous nous
dence, dans le savant
du
de
donné lecture dans notre séance
avez
Monsieur, recourir à
ce mois. Vous daignez,
foibles lumieres sur les moyens de remédier
nos
aussi funeste pour
à un mal d'une conséquence
Tagriculture que pour le commerce.
Nous sentons combien il seroit difficile d'a1 2 --- Page 92 ---
(84)
r l'étendue de vos connoissances; mais
jouter
devons des preuves de notre zele, et
nous vous devoir aussi doux que flatteur pour
c'est un
nous à remplir.
Nos observations porteront sur trois points,
les prendrons dans lordre que vous étaet nous
blissez dans votre mémoire.
la cirLe premier a pour objet d'introduire
culation des écus de six livres deFranceàt treize
escalins, et les louis d'or à cinquante-deux escalins.
objet lintroduction dans
Le second a pour
tides
des lettres de change
le cours
paiemens, de denrées de la Colorées sur connoissemens
bord de navires
nie, chargées et assuréeseà
françois.
porte sur les moyens les plus
Le troisieme
dans la Coloà rappellerles Espagnols
propres
de leur numéraire
nie, encoumngerfinusdacion
les motifs de
- dans la rade du Cap, et détruire
cette nation paroît donner en
la préférence que
ce moment à des ports étrangers.
Sur le premier point, nous pensons comme
Monsieur, qu'on doit faire de puissans
vous,
donner cours en cette Colonie aux
efforts pour
françois.
porte sur les moyens les plus
Le troisieme
dans la Coloà rappellerles Espagnols
propres
de leur numéraire
nie, encoumngerfinusdacion
les motifs de
- dans la rade du Cap, et détruire
cette nation paroît donner en
la préférence que
ce moment à des ports étrangers.
Sur le premier point, nous pensons comme
Monsieur, qu'on doit faire de puissans
vous,
donner cours en cette Colonie aux
efforts pour --- Page 93 ---
(85)
deFrance, d'or et d'argent; mais nous
monnoies
de cinq huitiemea
croyons que Faugmentation d'une moitié en sus
de valeurnumérique, au-lieu
à préde leur valeur tournois qu'elles gagnent
seroit
encore assez forte pour en.
sent, ne
pas
suffisante à la circuattirer et retenir la quantité
lation nécessaire.
d'après nos calculs,
Nous avons apperçu,
convenoit de porter le change de France,
qu'il
deux tiers pour
dans la Colonie, à soixante-six
donneroit à Pécu de six livres tourcent; ce qui
livres dans la Colonie, et
nois une valeur de dix
louis d'or de vingt-quatre livres tournois,
au
celle de quarante livres.
trèsNous pensons aussi qu'il est sur-tout
d'introduire des pieces d'argent de
important
cotme écus de trois
plus basse dénomination,
sols, de douce ct
livres, pieces de vingt-quâtre
le même
suivroient absolument
de six sols, qui
les mecours : car il est nécessaire de faciliter
nus échanges et les petits paiemens.
de
Autant il seroit utile d'aider le commerce
lui
la petite monnoie, audétail, en
procurant
d'introduire des pieces
tant il seroit dangereux
de moindre valeur que 7 sols 6 d., puisqu'il en
résulteroit la ruine edes détailleurs, et une espece
de misere dangereuse dans la Colonie.
F 3 --- Page 94 ---
(86)
Sur le second point, nous croyons que ce
moyen est impraticable à Saint-Domingue,
Vu, 1°. les diférentes qualités des denrées,
etla variation deleur prix; par conséquent l'imd'unejuste estimation, même
possibilitéabsolued
bas du cours, d'un chargement sur la
au plus
ouvriroit
présentation du connoissement; ce qui
à la mauvaise foi, contre laquelle le
une porte
défaut.
preneur le plus éclairé seroit en
28, Le gage de ces traités peut devenir insuffisant et même nul par le défaut d'assurance,
des avis retardés, des révolutions, qui, comme
réduire
nous en avons des exemples, pourroient
au-dessous de la
le net produit des chargemens
basse estimation. La difficulté des recours,
plus
exorbitant,
le rechange indéterminé et souvent
les lenteurs de la proçédure dans ce cas, la faparun abus de la loi;
cilitéd'éluder Thypothèque
Négociant ne peut se disces obstacles, qu'un
confiansimuler,' détruiroient nécessairementlae
à la circulation de ces
ce et, s'opposcroient
traites.
Ne seroit-ce pas d'ailleurs des entraves pour
et pour tous les Cole commerce en particulier,
dans l'obligation
lons en général, quisont
deprendre du papier sur France, dont on n'auroit aucun
besoin, etforcés de recevoir la valeur des denrées
éluder Thypothèque
Négociant ne peut se disces obstacles, qu'un
confiansimuler,' détruiroient nécessairementlae
à la circulation de ces
ce et, s'opposcroient
traites.
Ne seroit-ce pas d'ailleurs des entraves pour
et pour tous les Cole commerce en particulier,
dans l'obligation
lons en général, quisont
deprendre du papier sur France, dont on n'auroit aucun
besoin, etforcés de recevoir la valeur des denrées --- Page 95 ---
pa.
(87)
que le marché fas
en papier de ce genre, pourvu feroit Phabitant ou
au-dessus de 1000 liv.? Qu'en
du
qui, n'ayant pas les ressources
tous autres,
de moindres sommes à
commerce, n'auroit que
payer?
du commerce, s
Legenre de culture, lesystême
constitution des loix angloises peuvent perla
dans leurs
mettre la circulation d'un pareil papier
Colonies.
de la Jamaique et des autres
Le commerce
avec Londres et
Isles se fait presqu'entièrement tire
sur ces
Liverpool, mais sur-tout il ne
que
deux villes ; et leurs denrées, d'une seule nature,
estimation invariable. Le repermettent une
conséquent trèschange des traites éprouve par
peu ou point de variation.
avec tous les
Mais nos Colonies commercent
de diffPorts de France; leurs denrées sont dans les
et d'une variation infinie
rente nature,
susceptibles d'estimaqualités, par conséquent
donc que,
Nous croyons
tions très-arbitraires.
détails, nous
sans entrer dans de plus grands
démontré, Monsieur, que Saint-Domingue
avons
Colonies. Angloises pour
ne peutétreassimiléauxe
la circulation des traites sur connoissement.
de
il est impossible
Sur le troisieme point,
E 4 --- Page 96 ---
(88)
rien ajouterà la maniere dont vous l'avez traité;
etle moyen le plus sûr de rappeller les Espagnols
effectivement Tafiranchissement de tous
est
droits, la liberté de ne pas faire des déclarations
des gourdes qu'ils importent et des marchandiOn doit d'ailleurs s'en rapses qu'ils exportent.
porter àla sagesse du Gouvensmamntsunleped
d'encouragement qu'on pourroitaccorder à cette
nation, pour détruire les motifs de préférence
qu'elle accorde à nos voisins.
Votre mémoire, Monsieur, nous a pénétré
d'une justeadmirations surles yucs sages, etr réellement patriotiques, qu'il renferme. Il prouve le
zeleinfatigable dont vous êtes animé pourle bien
d'un paysquivous devra un tribut éterneld d'éloges
Il étoit réservé à un Maet de reconnoissance.
gistrat aussi éclairé que vous, Monsieur, de
traiter les objets les plus intéressans au bonheur
dela Colonie; de tenter tous les moyens propres
à réformer les abus, et d'assurer la prospéritéde
l'agriculture et du commerce. Nous vous assunotre
de la vivacité de notre
rons en
particulier
xeconnoissance et du sentiment du respectueux
attachement, avec lesquels nousavons Thonneur
d'être, &cc.
Signé à Toriginal, Plombard, Morange,
, de
traiter les objets les plus intéressans au bonheur
dela Colonie; de tenter tous les moyens propres
à réformer les abus, et d'assurer la prospéritéde
l'agriculture et du commerce. Nous vous assunotre
de la vivacité de notre
rons en
particulier
xeconnoissance et du sentiment du respectueux
attachement, avec lesquels nousavons Thonneur
d'être, &cc.
Signé à Toriginal, Plombard, Morange, --- Page 97 ---
(89)
MilSecrétaire, Auvray, Poupet,
Bcauchéne,
Camusat, Boisson,
lot, Delaire, Chaudruc,
Hardiyillier, Gombault.
succint des objections conNo. 2. EXAMEN
contre les. lettenues dans la lettre précédente,
tres de change tirées sur connoissemens.
sur les lettres
Les objections du commerce
de change, ne sont pas bien fortes.
c'est
Qnant à la réception forcée, Monsieur,
de contraindre
une erreur.Iln'a pas été question de la caisse
La réception des billets
personne.
forcée.
n'est
Cen'esspasobligés
d'escompte
pas
c'est autorisés qu'on a dit.
La multiplicité
Revenons aux connoissemens.
se
de France est indifférente : ce qui
des Ports
lieux. D'ailleurs,
faire en cent
fait en un, peutse
il n'y a qu'à
au-lieu de Londres et de Liverpool,
Bordeauz et le Havre, ou Rouen et Marmettre
Ports. Unseul suffiseille, et laisser les autres
les
dans son principes
roit pour cette opération devenir imitateurs.
autres ne tarderoient pas à
n'existent pas en
Les lenteurs de la procédure doit les crainFrance sur une telle matiere : on --- Page 98 ---
(90)
où toute
dre encore moins à Saint-Domingue,
affaire nautique se juge d'heure à autre. incondassurance, avis retardés. Cet
Defaut
auroitlieu dans les
vénient, s'il pouvoit exister, nullement à crainIsles Angloises. Or, il n'est
la traite étant toujours négociée,
dre, puisque
avant le départ du navire, le
au moins une fois,
faire assurer deson
porteur ou cessionnaire peut
assurance vaut.
côté, et la premiere
tems de
n'est
Fassurance, en
paix,
Au reste, mille, et il suffit que le preneur
pas d'un pour
Ce risque a-t-il jasache le risque qu'il court.
de négociation?
mais empêché aucune espece
mais
dejuste estimation,
Iin'est pas question la denrée est un gage
seulement d'un gage. Or,
tous les
de la même nature, et plus certain que habits de
prête sur des
autres. Le Mont-de-Picté
des modes, et
drap, et les vers les mangent; sur
tems noirelles passent; ; sur des broderies quelei traite faite sur
cit. Le Banquier qui accepte la
dcs Indes,
des actions de la compagnie
dépôt
de leur valeur; il n'accepte que
nes'inquiete pas
Iln'y a point
les deux tiers du fonds originaire. calcule. On asde chance que le spéculateur ne
à Londres,
à Paris, comme
sure aujourd'hui
et la vie et la mort.
T'incendie et les rentes,
son
d'assurer au Cultivateur
On a proposé
ies quelei traite faite sur
cit. Le Banquier qui accepte la
dcs Indes,
des actions de la compagnie
dépôt
de leur valeur; il n'accepte que
nes'inquiete pas
Iln'y a point
les deux tiers du fonds originaire. calcule. On asde chance que le spéculateur ne
à Londres,
à Paris, comme
sure aujourd'hui
et la vie et la mort.
T'incendie et les rentes,
son
d'assurer au Cultivateur
On a proposé --- Page 99 ---
(91)
de richesse et de
bétail et ses recoltes. Cemoyen seroit (par parensécurité pour Tagriculture,
Ce setres-praticable à SaintcDomingue. dans'
these)
des vues proposées
roit un des accessoires
sur le Numépartie du Discours
la quatrieme
objections ducommerce.
raire.. Mais revenonsauxc des lettres de change,
La mauvaise foi falsifie circuler : c'est à chaet ne les empêche pas de La banque d'Amscun de connoitre son cédant. caisse d'escompcelle de Londres et la
terdam,
te, n'ont pas d'autres principes. sur France,
Ona toujours besoin de papier on vientà
puisque I'on part plus qu'on n'arrive; retourne deux,
un, et Pon s'en
avec dix
Saint-Domingue dix. Tel qui y vint
trois, et quelquefois
de
liv. de renle fonds
30,000
louis, a emporté chacun connoit, en emportes. Tel autre, que
tera trois cent millene sont
denrées dans les Isles Angloises
Les
nature; ils ont, comme nous,
pas d'une seule
outre le rhum, l'indigo,
sucre, melasse, et en
le rocou, le cale coton, le café, le gingembre, lel bois d'Inde, &cC.,
ret, et de plus le mahogani,
Le change
donti cils font degrandes exportations.
Kinsale et Edimbourgs
avec Londres, Liverpool,
; mais il y a touvarie suivant les circonstances
une
de celui qui porte
jours une prime en faveur --- Page 100 ---
: (92).
liv. de
aux Isles. On a payé la guinée 41
guinée
de
monnoie Coloniale en 1770à] Kingston
notre
et aux Isles du vent, 40 liv. 5 sols
la Jamaique,
en 1779.
les
du
Nous croyons donc que
Négocians
abord d'une
Cap se sont effarouchés au premier
qu'ils n'ont pas assez examinée, pour
pratique,
et non déla rejetter sur des assertions vagues
montrées.
EXTRAIT de la Gazette du Port-au-Prince,
No.3.
Nouvelles politiqups, art. SUEDE.
du 3. Mars 1787.
à différentes époques, une
E Ce Royaume a éprouvé, fait des défenses d'exporpénuric totale d'especes. On a
on a
ter le numéraire. On a créé un papier-monnoie, servi de
institué des banques, tous ces moyens n'ont On a fait des
rien; Pargent est sorti comme auparavant.
a eu
et il faut convenir que ce moyen
loix somptuaires,
attirer dans un
quelque utilité : mais on n'a jamais pa
telles que
des matieres brutes,
pays qui ne produit que la
les muitions 1ale fer, le cuivre, les bois, polasse, celui queles achats
vales, assez d'argent pour compenser font sortir conmécessaires des marchandises étrangeres fait entrer;
tinnellement. Les subsides étrangers en ont
ct' ce
dans les tems de calme, ils sont bornés;.
mais,
suffire à soutenir la circulation d'un
moyen ne pent
tant d'autres causes.
Royaume appauvri d'especes les par choses à leur cours naOn a proposé d'abandonner
les bois, polasse, celui queles achats
vales, assez d'argent pour compenser font sortir conmécessaires des marchandises étrangeres fait entrer;
tinnellement. Les subsides étrangers en ont
ct' ce
dans les tems de calme, ils sont bornés;.
mais,
suffire à soutenir la circulation d'un
moyen ne pent
tant d'autres causes.
Royaume appauvri d'especes les par choses à leur cours naOn a proposé d'abandonner --- Page 101 ---
193)
les échanges des marchanturel, et on a prétendu que
faute
dont il falloit se contenter,
dises étoient un moyen
convaincu que ce pis aller
d'autres. On s'est bientôt
impraticaet à quelques égards
étoit très-incommode,
prêteroit de Pargent
ble. On a proposé une banque qui
le
des ofsur des terres, mnaisons, et sur prix
de papier
Ce moyen n'a fait qu'acoélérer la
fices qui sont vacans.
et la Conr en a
sortie de Pargent 3 le papier est resté,
ensuite enont
même abusé. Des grands propriétaires continnellement
des Commerçans à leur avancer
gagé
d'une année de leur revent, et ils
moitié du montant
: c'est encore pis
ont consenti à le toucher en papier
une
bien en herbe. Il en est résulté
que de manger son
ruineux pour plusieurs
affreuse confnsion et un agiotage de la bonne foi des
maisons. Les propriétaires ontabusé voulu leur
ceux-ci à leur tour ont
impoCommerçans: ;
cette
On a vu que
opération
zer dcs loix insupportables.
mauvais dessein)
(peutêtre sans
étoit un appat présenté
et avoir toujours
aux terreins pour excéder leurs moyens
tandemi-année de leur revenu dépensée d'avance,
une
doit s'efforcer d'avoir une demidisque touthomme sage
a été obligs
devant les mains. Le Gouvernement
année"
marchés et de venir au secours des uns et
de résilier les
vient
dans cette détresse, on
d'adopter
des autres. Enfin,
des mines de cuinouvel
Les propriétaires
amn
expédient. articles de productions du pays,
autres
vre etdeq quelques
le Magasinier les
les déposent dans un magasin public;
notes
il en donne en échange une ou plusieurs
reçoit,
ce qu'elles reimprimées. Les notes circulent jusqu'à
délipour y être annullées par la
viennent au magasin,
du billet. De la sorte,
vrance de la denrée au porteur
denrée exisreprésente toujours une
Ge papier-monnoie
Les propriétaires
amn
expédient. articles de productions du pays,
autres
vre etdeq quelques
le Magasinier les
les déposent dans un magasin public;
notes
il en donne en échange une ou plusieurs
reçoit,
ce qu'elles reimprimées. Les notes circulent jusqu'à
délipour y être annullées par la
viennent au magasin,
du billet. De la sorte,
vrance de la denrée au porteur
denrée exisreprésente toujours une
Ge papier-monnoie --- Page 102 ---
(94)
-
valeur réelle et certaine. On perd ou
tante, ayant une
suivant que la denrée angl'on gagne sur ces notes;
mais elles ne sont pas
de valeur;
mente, ou diminue
la denrée même. Un Seisujettes à plus d'agiotage de que tant de tonnes de fer pour un
donne une note
8cc.
gneur
un tableau, pour un ameublement,
carosse, pour
les avantages des échanges, sans leur
On a, de la sorte,
de papier suffit pour
incrommolité 5 car un morceau
maius différentes.
cent tonnes de cuivre en vingt
Tasser
objets, tels que ceux de consamA Tégard des petits
d'artisans, 8cc., on n'a jamation journaliere, salaires
faire face. Au
d'argent monnoié pour. y
instimais manqué
encore présenter cette
reste, nous ne voulons pas
les avantages, sans avoir
comme rémnissant tous
seula
tution,
L'expérience et le tems pourront
d'inconvéniens. les uns et les autres. >>
faire comnoitre
ci-dessus nous paroit prendre sa source
No.4 L'article
des Voyages de M. le Marquis
dans le tome second
septentrionale 9
dans PAmérique
DE CHASTEELUX,
Nous allons en rapporter les
1781 et 1782.
en 1780,
et 103.
pagrss02
et je me mis sous la
la proposition,
voir lea
C J'ACCEPTAI Victor, qui me mena d'abord
conduite de M.
de tabac. Ces miagasins, dont
svare-kouses, ou magasins
dans la Virginic,
construit une grande quantité
brilée
on a
une partie a été
par
mais dont malleneusement direction de Pautorité publique.
sont sous la
les Anglois,
nonmés pour vérifier la qualité
Ily. a des Inspecteurs
font porter; et, s'ils la
du tabac que les planteurs y
de la quantité.
bonne ils dounent un reçu
trouvent
.
de tabac. Ces miagasins, dont
svare-kouses, ou magasins
dans la Virginic,
construit une grande quantité
brilée
on a
une partie a été
par
mais dont malleneusement direction de Pautorité publique.
sont sous la
les Anglois,
nonmés pour vérifier la qualité
Ily. a des Inspecteurs
font porter; et, s'ils la
du tabac que les planteurs y
de la quantité.
bonne ils dounent un reçu
trouvent --- Page 103 ---
(95)
être considéré comme vendu 5 car
Alors le tabac peut
dans le pays. Je suppose 2
les récépissés sont nonnoie
vingt kogsdéposé à Pétersbourg
par exemple, que j'aye
je puis m'en aller à cinhads ou bouceanx de tabac,
ou à Frédélieues delà, comme à Alezandrie
des
quante
besoin d'acheter des chevaux,
xicksburg; et, si jai
les paye avec mes reçusz
draps ou toute autre chose, je
dans nombre de
circuleront pent-être encore
lesquels
dans celles des Négocians qui
mains, avant de parvenir
les exporter. Il résulte
viennent enlever les tabacs pour
valeur de banque 5
delà que le tabac est non seulement entend dire souvent :
mais monnoie de commerce. On
de tabac. Ce chePaipayé ma montre dicc hogsheads
O7L m'en offre vingt,
val m'a colté quinze hogsheads,
est
vrai
le prix de cette denrée 2 qui pres-
&c. Il est
que
de
varier ei
toujours le même en tems paix, peut
que
mais alors celui qui le reçoit en paietems de guerre; marché libre, calcule ses risques et
ment; faisant un
cet établissement
Enfin, on doit regarder
ses espérances.
met les denrées en valeur et
comme très-utile, puisqu'il
et qu'il rend
en circulation dès qu'elles sont recueillies, du Marsorte le cultivateur (1) indépendant
en quelque
chand. >
prétendue offre un point de vue bien diffé-
(s)Cettei indépendance
ont toujours servi d'alimens au morent. Les magasins de Tentrepôt
le culivateur : la misere
nopole, énervé Tindustrie et découragé d'établisiemens.
publique est une suitc inévitable de ces sortes --- Page 104 --- --- Page 105 ---
RELATIVES
LETTRES
SUR LE NUMÉRAIRE
AUDISCOURS
E T
AUTRES OBJETS IMPORTANS
A PLUSIEURS
FRANCE ET POUR LES COLONIES.
POUR LA
PREMIERE
,
LETTRE
D*. P**, Colonel de des
A M. le Comte
Colonies.
François, le 23 Mars 1787Au Cap
Monsieur le Comte, combien vous
J: sais,
Colonie, ét le plaisir que
vous intéressez à cette
des nouvelles.
l'on vous fait en vous en donnant
de
pour vous objet
: Ce n'est pas simplement
craignant
comme pour les oisifs, qui,
curiosité,
commode de décider
le travail et trouvant plus
parlent de Saint-Domingue
que de s'instruire,
ou sur les nouveaux alsur les vieilles relations,
manachs copiés d'après elles.
G
Cap
Monsieur le Comte, combien vous
J: sais,
Colonie, ét le plaisir que
vous intéressez à cette
des nouvelles.
l'on vous fait en vous en donnant
de
pour vous objet
: Ce n'est pas simplement
craignant
comme pour les oisifs, qui,
curiosité,
commode de décider
le travail et trouvant plus
parlent de Saint-Domingue
que de s'instruire,
ou sur les nouveaux alsur les vieilles relations,
manachs copiés d'après elles.
G --- Page 106 ---
(98)
Vous avez visité, étudié et parcouru nos Colonies. Dans cette Isle sur-tout, vous avez jugé
edefnabdciédesanciemns, portraits
parvousmémed
Jei nesais si jamais ils
qu'on, en a faits en France.
à présent, ils défigurent
ont pu ressembler:mais:
ce qu'ils ont voulu peindre; et Saint-Domingue
de
rire de la grimace affreuse que l'on
a
quoi
croit en Europe être sa physionomie.
Un caractere essentiel d'un pays comme celui-ci, c'est sa mobilité; ses traits changent à
chaque instant : car qui dit Colonie, dit révolution. Avancés à beaucoup d'égards, nous
sommes à bien d'autres encore dans l'enfance.
tout ici tend
Tout est neuf; et par conséquent,
cesse à
ed'autres formes. II n'est pas
sans
prendre
difficiles à
étonnant que ces nuances fugitives,
r'observateur même qui les conbien saisir, pour
à celui qui les voit
sidere de près, échappent
d'un autre hémisphere.
vérité. Vous
Vous êtes convaincu de cette
sentez le besoin de notions locales, pourapprémieux cette Colonie importante et
cier un peu
dire même,
si légèrement traitée, pour ne pas
insultée dans tant d'écrits mosi grossièrement
dernes.
je
A ce titre, Monsieur, vous accueillerez,
Tessai que j'ai Phonnenr de yous faire
l'espere,
passer. --- Page 107 ---
(99)
lunette d'approche, si j'ose m'exC'est une
mets dans vos mains, et qui
primer ainsi, queje
ce
rapprocher des yeux qui sont en France,
peut
qui se passe en Amérique.
Servez-vous en, Monsieur, pour nous regarderà votre aise, et pour montrer, même aux Bala lanterne magique, où notre misere acdauds,
leur offrira sans
tuelle, au sein de Populence,
doute un spectacle piquant.
étoit naSaint-Domingue n'est plus ce qu'il
Les Aots d'or qui couloient au Cap,
gueres. absolument taris. Chaque jour les dessemblent
seche encore: : VAuri sacra fames estl'expression
de l'état ou nous
littérale et non hyperbolique
vraiment dans
nous trouvons ; et, cette Isle est
le défautdenumérsire,
un moment critique, par
le mal,
et
les remedes bizarres, et pires que
par
crise violente a fait naître l'idée.
dont cette
Colons dese passer d'argent,
On proposeaux
douteux dans
à T'exemple des Suédois, exemple
le fait et infiniment dangereux dans l'application (1). On veut créer des entrepôts; des papiers, des chimeres.
Voici, à ce sujet, un passage assez curieux; tra*
duit () du latin, de Gesner. CC Il est vrai que le genre huk main et la société se sont long-tems entretenus sans
G2
crise violente a fait naître l'idée.
dont cette
Colons dese passer d'argent,
On proposeaux
douteux dans
à T'exemple des Suédois, exemple
le fait et infiniment dangereux dans l'application (1). On veut créer des entrepôts; des papiers, des chimeres.
Voici, à ce sujet, un passage assez curieux; tra*
duit () du latin, de Gesner. CC Il est vrai que le genre huk main et la société se sont long-tems entretenus sans
G2 --- Page 108 ---
(too)
besoin
j'ai senti ma maini
Dans ce
public,
vérités utiles. J'ai cru que
pleine de quelques
état me faisoit un devoir de leur donner
mon
attachésàcette franTessor, et malgré les périls
chise, j'ai ouvert cette main.
Monsieur, le sujet du mémoire que je
Voila,
joins à ma lettre. Je ne veux point vous prévenir
les détails de cet ouvrage. Toutes les préfasur
à dire aux lecteurs :
ces du monde se bornent
Vous alleg voir, Messieurs, ce que yous alle%
yoir. Je ne ferai point de préface.
donnerai seulement un petit résumé
Je vous
ce discours.
desobjetscapitaux surl rlesquels porte
numéraire et les embarras qu'elle
La disettedu
tenir à une faute qu'on a
cause me paroissent
de France,
faite, en préférant ici aux especes
d'or et d'argent de fabrique étrangeles especes
monnoyés, par le seul moyen des échanges.
ec métaux dans la Suede, on aj pu se passer d'argent bien
c Ainsi,
, parceq eqiencoreaujourdlaf
ec plusl slong-temsqlailleurs dire que lon y trouve des peres de
< même, j'entends
eux-mêmes les habits, les voi-
<C famille qui mcubles fabriquent dont ils ont besoin >). (J.M. GesGC tures; les in eruditionem universalem , Lipsiae
neri Isagoges
521). On peut rapproclier cette note
3784, tom. 2, page
dans les pieces qui suivent
de Particle SUEDE, rapporté
le mémoire, No, 3, page 92. --- Page 109 ---
(1oi)
donmant à ces dernieres des faveurs et
re, et en
sont privées.
des primes, dont les premieres
vers
J'invite donc la Colonje à se retourner
et à l'intéresser au besoin qu'elle
la France,
éprouve.
étouffée aussi, par
La circulation me paroit
défaut de confiance qui dépend de beaucoup
un
eetles abrege, etjetâche
de causes. Jelesindique de lumieres sur les
sur-tout de répandre plus
etles moyens du crédit qui nous manque.
sources
que j'adresse et que
C'est encore au royaume
je rallie ce besoin des Colons.
d'augmenter
En conséquence; je propose France qui aud'abord la valeur des especes de
dans la propor*
ront cours à Saint.Domingue, de leur valeur tourk
tion de deux tiers au-dessus
t ne
Ainsi donc, l'écu de six francs, qui
nois.
neuflivres, seroit porté à dix,
vaut au Cap que
le louis d'or; de
argent de Saint-Domingue;
livres, seroit
même, qui ne vaut que trente-six
Ce taux procureroit au change
élevé à quarante.
bénéfice évalué
de France, dans la Colonie, un
sojxante-six, deux tiers pour cent.
justice, vu ce que l'on ardéja
Ce n'est qu'une
et Porfait en faveur des monnoies Espagnoles
tugaises.
douteux qu'à ce prix, il ne nous
Il n'est pas
G 3
argent de Saint-Domingue;
livres, seroit
même, qui ne vaut que trente-six
Ce taux procureroit au change
élevé à quarante.
bénéfice évalué
de France, dans la Colonie, un
sojxante-six, deux tiers pour cent.
justice, vu ce que l'on ardéja
Ce n'est qu'une
et Porfait en faveur des monnoies Espagnoles
tugaises.
douteux qu'à ce prix, il ne nous
Il n'est pas
G 3 --- Page 110 ---
(1oz)
nous faut de numévienne du royaume, ce qu'il
nous en poinyaire; et, quand il nous sera venu,
nous
de lautorité du Roi, ce que
gonnerons,
Les Anglois de la Jamaique
voudrons en garder.
retenirlesgouront usé de ce moyen simple pour
de chades. Ils ont enlevé environ un huitieme
et ont mis à la place un morceau
que piastre,
deux lettres G. R. (Georgius
d'alliage, ayec ces
Rez).
devoir aller plus loin.
J'ai cru
à ce qu'il m'a
Le commerce du Cap languit, faute d'unon à défaut de forces, mais
semblé,
avec le comser de ses forces et de se concerter
le
de maniere à se procurer
merçe de France,
dont notre agriculture
crédit qu'il mérite; crédit,
ne peut plus se passer. d'escompte, si utile à
J'ai cru que la caisse
le commerce
Paris, pouvoit faire aisément pour de Londres.
maritime, ce que fait la banque
de
étudiant les progrès du crédit public
En
qu'on pouvoit en étendre
la France, j'ai pensé
Jes bons effets jusques à Saint-Domingue. quijouissent
L'usage des Planteurs. Anglois,
etse
crédit à la Jamaique et ailleurs,
d'un grand
au
du numéraire sans inconvéniens,
passent
tirées sur les condes lettres de change
moyen
noissemens des denrées samuncpmapenatignt --- Page 111 ---
(To3),
ici les sele plus propre à nous communiquer
et des
des Banquiers de votre Capitale
cours
Négocians des Ports.
son utilité,
Je développe cet usage, Jindique
dans
crois démontrer que son adoption
et je
dans les aflaires un ressort
cette Colonie mettra lettres de change viennent
tout nouveau, si ces
ici, comme chez les Anglois.
à circuler
n'est pas la plus
Cette portion de mon plan dhabitudeque
aisée à faire entendre, par le peu
Mais
nous avons ici des matieres commerciales. subordonne
a laquelle je
la discussion publique,
éclairera bientôt les
T'exécution de mes vues,
eux-mémes,
Commerçans du Cap et les Colons
sur cet objet intéressant.
succint,
Si ce que j'en ai dit paroit un peu
fait
c'est ia forme de mon mémoire qui m'en a
reviendrai ailleurs, et Tapprofondirai
la loi; j'y
Je vous dois ces
ce que je n'ai pu qu'effleurer.
savez
détails, Monsieur, parce que vous
juger,
plus hautes et plus étenet que des spéculations
à cette
dues vous ont accoutuméa cctte patience, nécessaires
attention, à ces vertus méditatives,
en
il veut prononcer,
même au génie, quand
théorie nouquelque genre que ce soit, sur une
velle.
Enfin, Monsieur, je donne à Saint-Domingue
G 4:
vous dois ces
ce que je n'ai pu qu'effleurer.
savez
détails, Monsieur, parce que vous
juger,
plus hautes et plus étenet que des spéculations
à cette
dues vous ont accoutuméa cctte patience, nécessaires
attention, à ces vertus méditatives,
en
il veut prononcer,
même au génie, quand
théorie nouquelque genre que ce soit, sur une
velle.
Enfin, Monsieur, je donne à Saint-Domingue
G 4: --- Page 112 ---
(104)
d'animer Tindustrie et de faire
un moyen général
un emrevivre Tagriculture et le commerce, par,
actions, dont les fonds
prunt Colonial, ou pardés
seroient appliquésà des travaux publics,
C'est la Colonie elle-même qui pourroit s'améliorer, en suivant cette vue.
le,sais
Ce n'est pas la plus praticable, et je
mais ce, n'est: pas la moins utile. Ne
de reste;
donner à ceux qui me liront
seroit-ce que pour
convenable de cette
en France, une opinion
Colonie?
S
écrit autrefois qu'elle étoit un petit
J'ai
malheureusesod elle
royaume. Les circonstances
changer
réduite
ne, me font pas
est
aujourd'hui,
d'avis.
Cemal est gyand,etje
Je vois le mal quiest.
être, et je
le dis. Mais je vois le bien qui peut
des
grand encore. Lesi Colons sont
le vois plus
respectables- Ils ont de léhommes courageux,
Les Colons étrans
nergie et des vertus très-rares.
les ont
atteints: : car les Planteurs
gers ne
pas
la même zone un sol de
Anglois, cultivant sous
davances,sont
même qualité, avec bien, plus
Franbien inférieurs à nos Plantcurs.
pourtant
et la beauté des établisçois, pour la grandeur
Thumanité
l'activité des entreprises,
semens,
&c. Tels sont nos habitans.
envers les Negres, --- Page 113 ---
(Tos)
on les calomnie. Mais ce n'est pas
Cependant,
sont
aussi utiles qu'ils
leur faute, s'ils ne
pas miraculeuse qu'lls
pourroient l'être sur la terre
cultivent:
vrai qu'il faut le dire, et qu'il est
N'est-il pas
et à la
nécessaire d'inspirer au Gouvernement
nation la véritable idée de ce qu'est Saint-Dodoit devenir, sila France
mingue, et de ce qu'il
veut y aider?
est écrit ici sur
Ce.que j'annonce au reste,
ment
aux hommes et qui
la terre qui ne
point
tient toutes ses promesses.
j'ai composé
C'est dans ce point de vue, que
ce discours.
si j'avois sauvé du nauII eût été meilleur,
en
frage les matériaux précieux que je portois.
France,. et que je vous aurois foumis, pour
vivifier d'un souflle de votre génie; mais tel
les
vous ladresse, j'ose dire, avec
qu'il est,. je
confiance.
en grand, comme un
Je sais que vous voyez
n'avez
homme d'état doit voir, et que vous
pas
nécessaires
besoin de ces longs éclaircissemens,
ne
ceux qui, dans un systéme important,
pour
minuties.
s'arrêtent qu'aux
qu'un ami du genre
A ceux-là, je répéteraice
autant de
humain leur a dit, avant moi, avec
force que de vérité:
ose dire, avec
qu'il est,. je
confiance.
en grand, comme un
Je sais que vous voyez
n'avez
homme d'état doit voir, et que vous
pas
nécessaires
besoin de ces longs éclaircissemens,
ne
ceux qui, dans un systéme important,
pour
minuties.
s'arrêtent qu'aux
qu'un ami du genre
A ceux-là, je répéteraice
autant de
humain leur a dit, avant moi, avec
force que de vérité: --- Page 114 ---
(106)
difficultés se levent aisément:
cc Les petites
s'agit dans une enec Ce n'est pas d'elles qu'il
du détail?
Est-ilc question
ce treprise importante. obstacles, et dix mille moyens
< on trouve mille
d'examiner,
de les lever. Ici, il est question
cc
si Tentréprise est
C par la mature des choses,
ou non. En se tenant aux principes
< possible
doit
vouloir contenon ne
pas
cc incontestables,
ni résoudre toutes les obCC ter tous les esprits,
fera. Ilsufni dire comment tout se
Cc jections,
tout peut se faire >,
ac fit de montrer que
de
L'auteur de PEssai SILT Tadministration
dit dans le même sens :
Saint-) Domingue a
dans quelles
entrevoyent,
eC Lorsque Anglois
d'utilité, ils
ce soit, un objet
< que genre que
mais des
point des difficultés,
ec ne. s'occupent
etilsy parvicnnent orcc moyens de les vaincre,
4c dinairement >>.
titrés ou
Voilà ma réponse aux Censeurs, n'édifiant
détruisant toujours et
non titrés, qui,
édifie.
point, ne veulent pas qu'on
mes idées et
Au surplus, je livre au public
et
qu'il en naisse de meilleures;
mes vues, pour
devise est dans Horace :
ma
wale! si quid novisti rectius istis,
Vive,
si TOR, his utere mecum.
1 Candidus imperti;
J'ai Thonneur d'étre, &c. --- Page 115 ---
LETTRE I I
-
Couvereur-GénsA M. le Comte de I* I
ral des Isles'sous le vent.
MONSIEUR,
de réduire à très-peu de chose
Jxr été obligé
rassemblées
les vues de bien public que j'avois
le
du Discours sur
dans la quatrieme partie
Numéraire.
idée, d'appliquer un emSéduit par cette
améliorations,
prunt que feroit cette Colonie aux
m'étois
dont tant d'objets sont susceptibles, je Mais
de multiplier ces objets.
livré au plaisir
surchargé cette
leur surabondance auroit trop
de mon ouvrage,. et son peu de proporpartie
eût été trop sention avec les trois premieres
sible.
cru devoir
Dans les retranchemens que.j'ai
et que je ne
faire, il en est un que je regrette,
saurois m'empêcher de vous communiquer.
bien à faire, dans un
Il s'agit d'un grand
dont vous êtes le meilleur Juge
genre particulier choisir, non seulement Far votre
que je puisse
surchargé cette
leur surabondance auroit trop
de mon ouvrage,. et son peu de proporpartie
eût été trop sention avec les trois premieres
sible.
cru devoir
Dans les retranchemens que.j'ai
et que je ne
faire, il en est un que je regrette,
saurois m'empêcher de vous communiquer.
bien à faire, dans un
Il s'agit d'un grand
dont vous êtes le meilleur Juge
genre particulier choisir, non seulement Far votre
que je puisse --- Page 116 ---
(108)
L'hommage
rang, mais par vos connoissances.
daignez le recevoir
vous en appartient; Monsieur, au rang des déJe mettois donc,
fructueuses
penses
à donner
mtentmvglienamtienar
cette Colonie, les encouragemens
pour
aux plantations.
dans l'acception reJe prends ici ce mot
toujours
où j'ai
marquable de TEncyclopédie, heureux de M. de
été frappé de ce passage si
Jaucourt.
VERTU MORALE.
PIANTATIONS,
Monsieur, me paroit bien nomCette vertu,
dans une Comée et digne d'être ainsi spécifiée
et
membre est un Planteur,
lonie, dont chaque
doit Pêtre par excellence. a mettent bien en
La plupart de nos habitans
sans
loi
et couvrent
pratique cette
primitive,
des sciences de Harlem a proposé en
() L'Académie
le café, le sucre, le cacao
1776 cette questien : C outre autres plantes, arbres
K et le coton, y. a-t-il quelques être cultivés dans les CoCC ou végétaux, qui puissent et qui soient propres à
des Indes occidentales,
les
< lonies d'alimens ou à être d'un usage utile pour
< servir
du pays2>
GC manufactures
sur le même sujet, appliqué
Cette secondelettreroule
a nos Colonies. --- Page 117 ---
(109)
leurs terres des végétaux utiles qui sont
eesse
; mais vous savez,
connus à Saint-Domingue
aux esMonsieur, qu'ils se livrent uniquement
qui croissent le plus vite et qui
peces de plantes
donner des jouissances promptes.
peuvent
de culture semble inconciliaUn autre genre
Colons. Se
naturelle aux
ble avec Timpatience
considérant tous comme exilés à Saint-Dominils se promettent tous de partir rau printems
gue,
cette attente soit souvent
prochain; et quoique
quoiqu'ils restent souvent un grand
illusoire,
disant
s'en vont, cet
nombre d'années, en
qu'ils
de retour et cette inquiétude ont cela de
esprit
détournent beaucoup d'entr'eux
funeste, qu'ils
dont ils
de faire des essais et des plantations,
à la fois l'idée et les moyens, mais dont le
ont
reculé
terme le plus court est encore trop
pour
imaginaires. Les succès qu'il fauleurs projets
droit attendre ne sont pas faits pour eux.
C'est une maladie dont il n'est pas possible
les
: mais la masse publide guérir
particuliers seroit de Pintérêt de la Coque en souffre; et il
à
lonie elle-méme, non pas d'opposer une digue
reflux
qui porte les Colons en
ce
impétueux
d'attacher
France, mais d'imaginer un moyen
Planteurs plus patiens, qu'on
ala glebe quelques
intéresseroit à des plantations nouvelles et con-
.
C'est une maladie dont il n'est pas possible
les
: mais la masse publide guérir
particuliers seroit de Pintérêt de la Coque en souffre; et il
à
lonie elle-méme, non pas d'opposer une digue
reflux
qui porte les Colons en
ce
impétueux
d'attacher
France, mais d'imaginer un moyen
Planteurs plus patiens, qu'on
ala glebe quelques
intéresseroit à des plantations nouvelles et con- --- Page 118 ---
(1o)
sidérables, en les dédommageant, par des avandu sacrifice de leurs tems et
ces ou des prix,
des frais des expériences.
retireroit dans
Je crois que Saint-Domingue
l'intérêt des avances consacrées à ces pépipeu dont j'ai donné l'idée ailleurs (1), surnieres,
etles Négocians des Ports
toutsiles Navigateurs
étoient eux-mêmes engagés par des prix solemnels, à nous procurer les especes de racines et
(1) Voyez l'article Variétés des Affiches Américaines,
du samedi 24 Mars 787, où PAuteur s'explique en ces
termes Il seroit : fort à desirer qu'il se formit à Saint-Dooù les procédés de la
mingue une pépiniere publique,
des eflets,
grefle pussent être essayés et démontrés par
choisir les Plantesà natuoù les particuliers pourroient où lon formeroit un dépôt des
raliser, à perfectionner;
graines et semences, &c.
de lAbbé de
J'invite le lectenr à peser ces paroles
de cet homme de bien, dont la plupart
Saint-Pierre, réalisent
Dans so1 Mémoire
des rèves sc
aujourd'hui. le Commerce maritime,
sur les moyens de perfectionner
des Colonies,
ily a un Chapitre intitulé : Plantation
oit il s'exprime ainsi: heureusement fuit des essais pour
CC Nous avons déja
le Sucre i il fuut en
< le Café, pour le Tabac, pour
Rien ne TOLLS
d'autres et continuer sur cè plan.
C fuire
des
de Quinquina, de
CC empéche d'avoir
plantations
< divers bois de Brésil, 8cc. 22 --- Page 119 ---
(rII)
manquent à cette Isle, et que sa
d'arbres qui
latitude permet d'y naturaliser.
L'heureuse analogie de cette latitude avec
climats les plus doux, les plus favorisés, de
les
n'est-elle pas en
l'ancien et du nouveau monde,
sorte une invitation que la nature bienquelque
habitans de cette Colonie,
faisante adresse aux
une foule de plantes
et qui les presse d'adopter donner ici les
faites pour réussir, et pour
produits les plus lucratifs?
d'AraL'exemple du café (qui est un jasmin
bien
à cet égard.Je me hâte de
bie) est
puissant du ridicule qu'on attale citer, pour me sauver
ordinairement aux propositions nouche trop
velles.
il n'y a-pas cent ans, de
On se seroit moqué,
auroit proposé aux Colons d'aller chercelui qui
inconnue, dont les
cher danslYémen une plante
devoient tapisserleurs montagnes d'aurameaux
tant de rameaux d'or.
Combien de millions, pourtant, n'a pas valu
Antilles l'heureuse transplantation de ce
à nos
Auroit-on osé s'en douter, lorspetit arbuste?
lon eut l'idée de l'apporter en Amérique,
que
sa culture nouvelle à celle des
et de substituer
qu'un fleau destructeur venoit de
cacaoyers,
ravager?
les
cher danslYémen une plante
devoient tapisserleurs montagnes d'aurameaux
tant de rameaux d'or.
Combien de millions, pourtant, n'a pas valu
Antilles l'heureuse transplantation de ce
à nos
Auroit-on osé s'en douter, lorspetit arbuste?
lon eut l'idée de l'apporter en Amérique,
que
sa culture nouvelle à celle des
et de substituer
qu'un fleau destructeur venoit de
cacaoyers,
ravager? --- Page 120 ---
(112)
inestimable que le hasard a
C'est un présent
faitaux Colonies Françoises ; mais ce présent.
doit être aussi une leçon utile, si nous savons
en profiter. Cet arbrisseau si précieux ne vient pas dans
tous les terreins. 11 épuise ceux oùt ilvient, après
certain nombre d'années. Voilà donc des places
perdues! sans compter les sommets pelés, et les
savannes, et les sables, oùt nous ne plantons
seroient
favorables à la
sien, et qui
peut-être
culture de plusieurs autres plantes.
Ce n'est pas seulement, Monsieur, le poivre
de Java, la canelle de Ceylan, les muscadiers
voudrois voir transporter et
d'Amboyne, queje
desirerois
fructifier dans cette Isle, mais je
sur-toutles végétaux suivans.
qu'ellestapproptiat:
1°. (Le Lentisque. )
On pourroit avoir par Marseilles le lentisque
croût dans PIsle de Scio, et dont le mastic
qui
le fait réserver pour le Grand
est d'un prix qui
Seigneur seul.
2°. (L'Aligari.)
On auroit par la même voie Palizari de Chyracine de teinture, qui se vend. à Marseilles
pre,
80 liv. le quintal.
sont fait
Plusieurs de nos Ambassadeurs se
un --- Page 121 ---
(113)
du Levant des plantes
un honneur d'apporter
inconnues. Busbec, envoyé à Constantinople
Le célebre
d'Allemagne,
Ferdinand premier, Empereur
par donna le lilas à TEurope, en 1562.
Ambassadeur de France en Portugal,
Nicot,
nous fit connoître le tabac.
M. de
Je suis persuadé, Monsieur, que
Choiseul Gouffier, qui remplit aujourd'hui avec
notre Ambassade de Turquie,
tant de distinction
faire
des
feroit aussi un plaisir de nous
passer
se
des
de lentisque et d'alizari, et
graines ou
pieds
ou de
d'autres plantes de Turquie ou d'Egypte,
seroient dans le cas d'être utiles
T'Archipel, qui
à Saint-Domingue des (1)- Indes est' celui qui nous
Le commerce
si nous
fourniroit les plantes les plus précieuses,
celles que je vais citer entre
pouvions en obtenir
autres.
3°. (le Sagou. )
des Philippines, qui donne le
La fougere
sagou.
49. (le Camphre. )
Le camphrier de Borneo.
dans la lettre III, la note gutr le Salep.
(4) Voyez
H
iles
T'Archipel, qui
à Saint-Domingue des (1)- Indes est' celui qui nous
Le commerce
si nous
fourniroit les plantes les plus précieuses,
celles que je vais citer entre
pouvions en obtenir
autres.
3°. (le Sagou. )
des Philippines, qui donne le
La fougere
sagou.
49. (le Camphre. )
Le camphrier de Borneo.
dans la lettre III, la note gutr le Salep.
(4) Voyez
H --- Page 122 ---
(114)
s°. (le Cachou.)
Le cachou du Bengale.
6°. (la Thérdbentine.).
Le thérébinte de Siam.
7°. (le Suifvégétal. 1 J
L'arbre à suif, de la Chine.
de Bouflers, qui commande
M. le Chevalier
s'occupe forteanjourd'hui au Sénégal, et qui
et du bien
des progrès de notre commerce
ment
sans doute de nous comde l'état, s'empresseroits de Guinée qui nous
muniquer celles des plantes
seroient avantageuses (1)- Monsieur, nous trouveSansalleraussil loin,
voisin :
et dans le continent
rions en Amérique
8°. (Thuile de Palme. )
du Brésil, dont on tire Thuile de
Le palmier
palme.
9". (le Quinguina.) )
d'eau douce, dont Técorce est
Le manglier
le quinquina.
dans la lettre snivante, Tarticle 8,
() Voyez aussi,
scripsum sur Tacacia du
sur Phuile de palue et le post
Sinégal. --- Page 123 ---
(II5)
J'abrege à regret cette listei
Elle suffit, je crois,, à démontrer combien il
seroit important, pour cette Colonie, d'attirer
dans son sein les végétaux de cette
Nous serions en état, par leur adoption, especc. de
fournir un jour à la France les
drogueries ét les
teintures, les épices et les parfums, les vernis et
les baumes, que la médecine, le luxe et les arts
de la métropole sont forcés de faire venir
levant ou du midi, et qui rendent
ou du
tributaire des étrangers.
notre patrie
Jusqu'à présent, Monsieur, je n'ai parlé
des especes de plantes propres au commerce, Les que
profits qu'elles promettroient, seroient un grand
appât pour en répandre la culture; et, sous
point de vue, j'ai cru devoir d'abord
ce
ter la perspective, afin d'allécher
en présenl'intérêt.
Me sera-t-il permis ensuite d'énumérer
d'autres
tant
plantes, qui ne seroient utiles que
l'agrément des Colons et le bien-être des pour Esclaves?
Je n'abuserai point de votre
mais je citerai seulement,
patience :
comme les plus intéressantes des plantes de ce genre, à
ici,
transporter
1°, Le dattier de l'Egypte.
2", Le Mangoustan de Malacca.
H 2
afin d'allécher
en présenl'intérêt.
Me sera-t-il permis ensuite d'énumérer
d'autres
tant
plantes, qui ne seroient utiles que
l'agrément des Colons et le bien-être des pour Esclaves?
Je n'abuserai point de votre
mais je citerai seulement,
patience :
comme les plus intéressantes des plantes de ce genre, à
ici,
transporter
1°, Le dattier de l'Egypte.
2", Le Mangoustan de Malacca.
H 2 --- Page 124 ---
(116)
3°. Le chit-se de la Chine (1)-
4". Les fruits à pain, de Taiti.
s°. Et les cocotiers à fruit double, des Isles
Mahé ou Séchelles.
Cen'est pas tout, Monsieur : il ne suffit point
à mon gré d'aller chercher ailleurs des végétaux
utiles, si l'on néglige ceux qu'on possede déja.
Peut-être même vaut-il mieux tirer parti de
sonjardin, que de songerà à faire des acquisitions
de plantes exotiques.
A cet égard, Monsieur, vous avez vu combien nous sommes en retard.
Les arbres précieux, qui sont communs à
Saint-Domingue, sont cabandonnésàe eux-mêmes,
et ne nous offrent rien qui approche, même de
loin, de la perfection où ils pourroient atteindre,
ni des prohits considérables qu'on pourroit en
tirer, en les soignant, en les greflant, &c.
du choix des
Je ne serois embarrassé que
exemples.
L'intéressant auteur des Etudes de la nature
reproché aux habitans des Colonies, cette
a déja d'indifférence, qui les porte à ne faire auespece
du fruit et du caire des cocotiers, qui
cun usage
sont la richesse des Indes.
(1) Voyez TEncyclopédie. --- Page 125 ---
(117)
les Chinois savent ti11 pouvoit ajonter que
de T'arac,
du fruit du cocotier, la liqueur
rer,
et que nous n'en retirons
de la meilleure espece,
rien.
citronniers sont égaleNos orangers, nos
ment négligés.
des Colons, en leur parlant
J'ai fort étonné
/ orangersde Java) ), quel'on
des pompelmouisses dont chaque fruit a la groscultive à Surinam,
en bonté
seur de la tête d'un homme, et surpasse
de Portugal; et de ces citronniers,
les oranges
dont les citrons famenx
d'un vallon de Toscane,
à Florence même, un écu piece 2
se vendent
argent de France.
l'on ne veut pas
Ce sont-là des prodiges que
les
oit,
on peut
croire dans un pays
cependant,
surpasser (1).
Isle lui répond en effet de
Le climat de cette
anteur, en donnant le moyen de
()Je ne' sais quel fruits
une double greflc,
grossir de beaucoup ies
croit par devoir transcrire en
ajoute une réflexion qu'on
note.
qu'au Pérou, on a vu une
cc, Un historien rapporte baril, et que les Espaguols
C grenade aussi grosse qu'un
du Saint Sacrement.
C la firent porter à la procession Ic fruit avoit-il été greifé 2.,
CC Sur quelle espece d'arbre
dire >).
e Cest ce qu'il a oublié de nous
H 3
quel fruits
une double greflc,
grossir de beaucoup ies
croit par devoir transcrire en
ajoute une réflexion qu'on
note.
qu'au Pérou, on a vu une
cc, Un historien rapporte baril, et que les Espaguols
C grenade aussi grosse qu'un
du Saint Sacrement.
C la firent porter à la procession Ic fruit avoit-il été greifé 2.,
CC Sur quelle espece d'arbre
dire >).
e Cest ce qu'il a oublié de nous
H 3 --- Page 126 ---
(118)
culture de cesa arbres, quand
las supériorité pourla
on voudra les cultiver.
seront certaiLe peu de soins qu'ily faudra,
avec usure, quand les produits
nement payés
balancer la quantité
seront assez nombreux pour
l'on importe en
des produits de ce genre, que
et qui
France par Marseille et par Amsterdam, de la
viennênt de Malte, de Sicile, d'Italie,
Grece, du Portugal, &c.
Cette quantité est très-forte.
considérant
On pourra s'en convaincre, en soit dans
les tableaux du commerce de France,
dans
ouvfage de M. l'Abbé Expilly,soit
le grand
ordre de matieTédition de Tencyclopédie, par
un fort bon travail d'un Négores, où se trouve
tous les objets du comciant de Marseille, sur
merce de cette grande ville.
donc
indigenes seroient
plus
Ces produits
considérables qu'on ne le croit communément.
donc, de l'assemblée ColoIls mériteroient
TAngleterre en a
niale, autant d'attention que
lorsqu'elle a
donné à la culture de ses chênes,
:
décerné une médaille d'or, avec T'inscription
Au Lonp WEIMOUTI,
Pour le récompenser d'avoir
semé du gland.
Monsieur, Pidée que j'ai depuis longVoilà, --- Page 127 ---
(119)
qu'il faut encoutems à coeur, sur les plantations
rager et tenter dans la Colonie.
chose de
J'avois rédigé sur ce point quelque J'étois aidé
mieux, avant mon funeste naufrage. venoient
précieux, qui
alors de renseignemens
connoissez le
THOUIN (1), dont vous
de M:
mérite.. Je les ai perdus à Mogane.
étoit reseulement qu'il y
Je me ressouviens
le
à Saint-Domingue
commandé de transporter
crois,
du Pérou: C'est, à ce que je
XIRINOYA
eau point
mais perfectionnée
notre pommocanelles,
d'être méconnoissable. tableau des diverses esJ'avois aussi fait un
cannes à Suld'arbrisseaux de coton et des
peces
à Saint-Domingue, et qu'il
cre, qui ne sont pas
les marins.
seroit a desirer d'y voir porter par donneroient une
Les cotonniers des Indes
dc
à la teinture; et les çannes
bourre plus propre
contenir un
sucre de PIsle de Sicile passent pour Lc sucre
doux que celles des Antilles.
suc plus
en Italie pour des
qui en est provenu est préféré
usages recherchés. de sacre donnert un suc méD'autres cannes
du Rci, et de PAcadémie des Scien-
(1) Du jardin
ces de Paris.
H4
neroient une
Les cotonniers des Indes
dc
à la teinture; et les çannes
bourre plus propre
contenir un
sucre de PIsle de Sicile passent pour Lc sucre
doux que celles des Antilles.
suc plus
en Italie pour des
qui en est provenu est préféré
usages recherchés. de sacre donnert un suc méD'autres cannes
du Rci, et de PAcadémie des Scien-
(1) Du jardin
ces de Paris.
H4 --- Page 128 ---
(120)
nombreuses ne nous
dicinal, &c.; et ces variétés
sont point connues.
me
Monsieur, ce que j'ai pu
Je vous livre,
recherches sur les
rappeller de mes précédentes
déja trèsd'accroitre ici les richesses,
moyens
grandes, du regne végétal.
une
Je crois devoir, à cette lettre, en joindre
dont elle a été le sujet. J'avois
très-curieuse,
vues à un homme éclairé qui
communiqué mes
mérite à tous
m'a fait part des siennes, et qui
Il
d'être écouté ici en fait de botanique.
égards
bon
: ce sera Finvennous promet un
ouvrage
taire de nos biens; que nous ignorons.
besoin de vous recommander
Mais onn'a pas
vous savez les
ni les hommes, ni les ouvrages;
apprécier.
Pollio et ipse facit.
J'ai Phonneur d'être,, &c. --- Page 129 ---
(121)
LETTRE IIL
Associédu Cercle des
Réponse de M. D
de
Philadelphes du Cap, à M. François
Neufchdteau.
Mo N S I E U R,
Jarl, avec le plus grand plaisir, votre projet
les plantations ct
sur la maniere d'encourager
Sij'avois à en
les pépinieres dans nos Colonies.
diil me suffiroit de dire qu'il est
faire l'éloge,
bienfaisantes sur
gne de vous et de vos vues
l'utilité publique.
et les
Vous m'avez demandé mes remarques
suivi les plantes dans l'ordre où vousvoici : j'ai
même les avez rangées.
P R E MIEI RE DIVISION,
PLANTES UTILES A U COMMERCE.
1°. Lentisque de Scio.
C'est le pistacia chia, de Linné.
Nous n'avons rien ici quiapproche de cette
espece bisannuelle. --- Page 130 ---
(122)
2. Aligari.
aucun botaniste qui fasse menJe ne connois
sous ce nom ; mais je souption de cette plante,
espece de gaque T'alizari n'est qu'une
çonne
à la nôtre, et qui réussiroit
rance, supérieure
très-bien ici.
3°. Sagou.
nommé
Le sagou se tire du palmierfougere,
Cycas-circinalis ( Linné )-
4°. Camphre.
(Linné). Tous
II se tire du laurus-camphora ici. L'on voit
les laiirus réussiront parfaitement
chez M. Millot, au Bonnet, un laurus-cinnamocanelier de Ceylan, qui a peut-être
mum, ou
il conserve toujours son
plus de quarante ans ;
odeur aromatique.
5°. Cachou.
de Linné. Je crois qu'il
CestTareca-catheca, dans la Colonie; mais
pieds
en existe quelques
je n'en suis pas certain.
6°. Thérébinte de Siam.
connois point : mais nous avons ici
Je ne le
nommé vulgaide Linné,
le pistacia-sgylvesais
amocanelier de Ceylan, qui a peut-être
mum, ou
il conserve toujours son
plus de quarante ans ;
odeur aromatique.
5°. Cachou.
de Linné. Je crois qu'il
CestTareca-catheca, dans la Colonie; mais
pieds
en existe quelques
je n'en suis pas certain.
6°. Thérébinte de Siam.
connois point : mais nous avons ici
Je ne le
nommé vulgaide Linné,
le pistacia-sgylvesais --- Page 131 ---
(123)
baume à cochon, ou sucrier de montarement,
thérébinte des plus précieux.
gne, qui est un
7°. Arbre à suif, des Chinois.
de Linné.
C'est le croton-sebiferum,
ici
especes de croton ;
Nous avons
plusieurs
mais celle-là nous manque.
Palmier du Brésil, dont on tire Phuile de
8°,
Palme.
de Linné; nousl'aCeattdhis-glinecensis,
dans le
vons ici. J'en ai trouvé quelques-uns
du
J'ai
de l'huile et
morne du Bonnet.
goûté
fruit; mais ils en rendent peu.
Guinée
Il en existe une superbe variété en
de
pieds dans les jardins
( dont j'ai vu quelques
fruits
comme
quidonne des
gros
la Martinique),
Il faudroit s'anos citrons, et très-oléagineux.
s'en
des Négriers, pour
dresser aux Capitaines
procurer. réussiroit très-bien ici, sur-tout dans
Elle
les lieux SCCS et arides.
9?. Manglier d'eau d'ouce.
trois especcs de Mangliers, dont
Je connois
dite, possede de grandes proune, proprement : mais ce n'est pas le quinpriétés febrifuges
quina. --- Page 132 ---
(124)
Les botanistes désignent ce dernier sous le
nom de chincona ( Linné).
SECOXDE.BIVISION
PLANTES, UTILES A UX COLONS.
1°. Dattier d'Egypte.
Nous avons sur le Morne, derriere Ia Providence, le dattier d'Egypte ou du Levant : car il
n'y en a qu'une espece connue. Mais il ne prosbien que dans les lieux un peu secs.
pere
de Linné.
C'est le phoenix dactylifera,
Sa culture demande quelques détails, que je
vous donner, s'ils vous sont
me feraiun plaisirde
agréables.
2°. Mangoustan.
de Linné.
C'est le garcinis-mangostans,
doute nullement que ce bel arbre, qui
Je ne
bien réussiàlIsle de Java, oùt il a été transa si
planté, n'ait ici le même succès.
3°. Chit-se.
Ceseroit un beau cadeau à faire aux Colons!
Mais il faudroit le tirer des provinces les plus
méridionales de la Chine; car il croît également
bien dans les autres de cet Empire.
2°. Mangoustan.
de Linné.
C'est le garcinis-mangostans,
doute nullement que ce bel arbre, qui
Je ne
bien réussiàlIsle de Java, oùt il a été transa si
planté, n'ait ici le même succès.
3°. Chit-se.
Ceseroit un beau cadeau à faire aux Colons!
Mais il faudroit le tirer des provinces les plus
méridionales de la Chine; car il croît également
bien dans les autres de cet Empire. --- Page 133 ---
(125)
4". Fruit à pain.
C'est le rima, de Linné.
le Comte de la Luzerne nous a en cela
M.
tous dévancés.
je
dans un mémoire que
Jelui en demandois, Janvier dernier. Il me
lui présentai au mois de
répondit alors qu'il avoit écrit depuis long-tems
dàns diverses parties de IInde, pour s'en procurer.
s°. Cocotier afruit double.
J'ai eu un de ces superbes fruits en ma possession, et je lai envoyé en France.
Il est si rare dans toute P'Asie, qu'on tentecrois, vainement de T'élever ici.
roit, je
vraiment bien choisies,
A toutes ces plantes,
note.
dont voicila
vous pourricz en ajouter une,
PLANTE A AJOUTER.
Le Salep.
Orchis-morio, de Linné.
des Analeptiques et
C'est le plus puissant
être le seul végétal qui contienne, sous un
peutvolume, le plus des substance nutritive.
très-petit
de faire
Iljoint à cela la singuliere propriété
Tâcretédel'eau de mer, dans laquelle
disparoitre lorsqu'on a soin d'employer cette
on le délaye, --- Page 134 ---
(126)
eau dans certaines proportions : trésor inappréciable pour les gens de guerre, les marins et les
passagers! divine
abonde chez les Turcs,
Cette
plante
réparer leurs
qui en font un grand usage, pour
forces épuisées.
quelque tems, de l'anaJe m'occupe, depuis
lyse chymique des végétaux de la Colonie, non
relativement: à la médecine ( nous avons déja
pas
mais relativement à la teintrop de remedes ),
ture, aux vernis, aux arts et au commerce.
Ce n'est point la prétention de m'enrichir,
m'anime : toute mon ambition se borne à
qui
par des expériencès exacmontrer aux Colons,
constatées, les ressources et les richestement
les entourent. Je serai trop récompensé
ses qui
si
à leur indiquer quelde mon zele, je parviens
d'industrie.
quenouvelle branche de commerce ouc
Comme vous paroissez vous intéresser particulièrement à cette partie, je me ferai un devoir de vous informer des progrès de mon travail,
à mesure que jy avancerai.
J'ai l'honneur d'être, &c. Signé D
Au Cap, le 28 Mars 1787.
P. S. L'addition que vous avez faiteà avotre
compensé
ses qui
si
à leur indiquer quelde mon zele, je parviens
d'industrie.
quenouvelle branche de commerce ouc
Comme vous paroissez vous intéresser particulièrement à cette partie, je me ferai un devoir de vous informer des progrès de mon travail,
à mesure que jy avancerai.
J'ai l'honneur d'être, &c. Signé D
Au Cap, le 28 Mars 1787.
P. S. L'addition que vous avez faiteà avotre --- Page 135 ---
(127)
utiles () ne peut qu'étretrésherbier des plantes
beaucoupde
avantageuse à la Colonie, j'espere sur-tout de Tala réussite de tous ces arbres; soins, couvrira
cacia du Sénégal, qui, par arides vOs et désertes de
peut-être un jour les plaines &c. Mais il fautavoir
la Désolée, des Fredoches,
les meilattention à se procurer
la plus grande
toutes celles qui fournissent
leures especes ; car
arabique, ne sont pas
la gomme, qu'on nomme
et la meilleure
bonnes. La premiere
également
est nommée par.
de toutes, selon les botanistes,
intermemimosa, Sénégal, spinis ternis,
Linné;
foribus spicatis; on
dia reftexas. foliis bipennatis,
la
méricommunément vers pointe
la rencontre
distante d'une petite
dionale de FIsle au Bois,
Il seroit à
lieue au nord de Plsle du Sénégal. de cette
bon botaniste fit chargé
propos qu'un
puisqu'il en
mission ; elle est tres-importante, le commerce et les
doit résultér, pour TEtat,
s'évaluer que
Colonies, un bénéfice qui ne peut
des
millions, et cela, sans nuire à aucunes
par
celles de la
autres branches de culture, puisque
trouvé cette addition dans notre
() Nous n'avons pas
et les notes el donexemplaire; mais ce post-scriptu
uent une idée suffisante. --- Page 136 ---
(i28)
absolument les terreins les plus
gomme exige
arides.
vous citez (1), ne
Les autres plantes que
d'une moindre importance, et nous
sont pas lieu d'espérer que nous les possédeavons tout M.le Comte de la Luzerne a écrit
rons un jour.
on
de tous côtés pour nous les procurer. Quand
considere que le sucre, le café et lindigo donnent à la France une prépondérance marquée sur
toutes les nations commerçantes de PEurope,
trop de soin, et faire trop
on ne peut prendre
Colonies
naturaliser dans nos
de dépense, pour
de
du nouveau monde, les richesses végétales
tous les pays de la zone torride.
oiJe pense comme vous, Monsieur, sur les
de basse-cour (2) qu'on veut introduire
seaux
réussiroient difficilement; cet objet,
ici. Ils y
curieux et agréable
d'ailleurs, me paroit plus
L'arbre à cire, de Cnyenne, appellé gayamadow.
(1)
nommé bataule, dont le fruit
L'arbre du Sénégal,
de
fort bonne.
doune une espece de beurre, Oll graisse la gomme
Le bois de Seringue, du Para, qui produit
élastique, &c. &c.
(2) La poule.de Congo.
Le kinki, poule dorée de la Chine.
la Guiaue:
Lehoco, espece de dindon du Méxique et de
Le faisan de la Guianc.
que
adow.
(1)
nommé bataule, dont le fruit
L'arbre du Sénégal,
de
fort bonne.
doune une espece de beurre, Oll graisse la gomme
Le bois de Seringue, du Para, qui produit
élastique, &c. &c.
(2) La poule.de Congo.
Le kinki, poule dorée de la Chine.
la Guiaue:
Lehoco, espece de dindon du Méxique et de
Le faisan de la Guianc.
que --- Page 137 ---
(129)
lucratif. Mais il seroit bien avantageux pour
que
qu'on pût y naturaliser le paca
Saint-Domingue animaux de charge qui sont au Péet le lama,
chameaux
au Méxique, au Chily, ce queles
rou, à PArabie et les chevaux à l'Europe. L'exsont
des denrées qui croissent dans nos
ploitation
deviendroit alors beauplus hautes montagnes,
et
plus aisée; et le Colon, entreprenant
coup
lieux les
hardi, pousseroit sa culture jusqu'aux
plus escarpés. Monsieur, de faire valoir ces
C'est à vous,
idées, qui honorent votre génie et que votre
stile embellit. Ne vous rebutez pas. Soyez notre
Abbe de Saint Pierre. Vous avez très-bien vu
la plupart de ses rêves se sont exécutés, deque le projet de la société royale de médeçine,
puis
changemens de léducation et aux réjusqu'aux del'impôt. Vous pensez comme lui. Vous
formes
la
avez sur lui Favantage des voyages multipliés,
connoissance des affaires, &c. Vos rêves seront
praticables quelessiens, et ils se réaliseront
plus
de votre vivant.
--- Page 138 ---
(130)
LETTRE IV.
AM. le Président D*, p**, (1)-
Au Cap, le premier Avril 1787Vous le savez, Monsieur et cher Président
on donne à la terre, plus la terre
et ami, plus
en raison de l'énous rend. Elle refuse aussi,
dont on use envers elle. On n'obtient japargne
qu'autant que l'on a dépénsé
mais ses produits,
Ainsi, la source des ripour leur production.
chesses est la dépense même.
Cela est vrai, sur-tout des dépenses publiPargent, comme l'a dit
ques; et c'est-là que
Rousseau, est la semence de l'argent.
Frappé de ce principe, j'ai donné, comme un
de régénérer Saint-Domingue, l'applicamoyen
faire à des travaux considéràtion qu'on peut
des fonds et des avances qu'on se procurebles,
Colonial ou par des actionroit par un emprunt
naires.
Cette lettre et la suivante ont été imprimées furtivement (1) à Paris, d'une maniere défectueuse.
'a dit
ques; et c'est-là que
Rousseau, est la semence de l'argent.
Frappé de ce principe, j'ai donné, comme un
de régénérer Saint-Domingue, l'applicamoyen
faire à des travaux considéràtion qu'on peut
des fonds et des avances qu'on se procurebles,
Colonial ou par des actionroit par un emprunt
naires.
Cette lettre et la suivante ont été imprimées furtivement (1) à Paris, d'une maniere défectueuse. --- Page 139 ---
(131)
utiles étoient bien présenSi ces entreprises
elles trouveroient
tées, et leur plan bien conçu,
éveilleroient
exciteroient delintérêt,
du crédit,
seulement à Saint-Donon
des souscripteurs, France et à Paris même : c'est
mingue, mais en
dans un endroit de mon
fait entrevoir
ce que jai
mémoire.
chose
J'avois à dire, sur ce point, quelque ce méde mieux; ; mais
de plus, ou peut-être de choses nouvelles, que
moire offroit déja tant
encore plus
j'ai craint d'en risquer une autre, utile en même
si facile et si
inusitée, et pourtant
la supprime résoudreàl
tems, que je ne saurois
mer tout-à-fait.
Monsieur le ** 7 que je préC'est avec vous,
de
suri toute
tends y revenir, et j'ai lieu compter
Quelque occupé que vous soyez,
votreattention.
carje vais ramener Fobjet
vous.devez m'écouter,
des vôtres.
de mes idées à l'objet principal tout se tient,
Dans le tissu du bien public,
s'entrelastout se lie; les fils qui le composent
sent et se répondent.
les loix
Vous avez le dessein de réconcilier Cette
criminelle avec Thumanité.
de la justice
de votre ame et devotre
tâche sublime est digne tort de vous en éloigénic. Je n'aurai point le
seulement
de vous en distraire. J'oserai
gper,oud
--- Page 140 ---
(132)
à votre rencontre, dans un coin de
me placer,
les routes;
dont vous éclaircissez
ce labyrinthe,
etje vous offrirai peut-être une pause agréable.
Arrêtez-vous donc un moment, et jettez un
coup d'oeil sur ces travaux publics, dontj'engage
la Colonie à faire la dépense, pour augmenter
par ce moyen ses avantages nâturels.
Dansle nombre de ces travaux, je comprends
sur-tout les chemins, qui se font aujourd'hui par
des eorvées deNegres, pris dâns chaque attelier;
c'est-à-dire que ces chemins sont souvent mal
entretenus, et que les portions mieux faites sont
quisonge
toujours affligeantes pourlephilosophe
sont cimentées du sang et des sueurs
qu'elles
innocens : car, voilà les effets de
des hommes
nommela corvée.
cetteheureuse idéefiscale, qu'on
C'est ce que l'on voyoit en France ; et, grace
bon Roi et à l'arrêt de son Conseil du
à notre
8 Novembre 1786, ce qu'on n'y verra plus.
Je ne sais pas si je me trompe; mais je pense
ces travaux, ces ouvrages et ces chemins,
que
à intéresser
dans notre Colonie, parviendroient
bonté de coeur, qui distingue si bien notre
cette Monarque, si on lui présentoit toutes
auguste
d'effacer la
ces entreprises comme une occasion
des supplices du code noir, et de subsxigueur tituer à la peine de mort et à toutes les autree
1786, ce qu'on n'y verra plus.
Je ne sais pas si je me trompe; mais je pense
ces travaux, ces ouvrages et ces chemins,
que
à intéresser
dans notre Colonie, parviendroient
bonté de coeur, qui distingue si bien notre
cette Monarque, si on lui présentoit toutes
auguste
d'effacer la
ces entreprises comme une occasion
des supplices du code noir, et de subsxigueur tituer à la peine de mort et à toutes les autree --- Page 141 ---
(133)
contre les Esclaves, la conpeines prononeées
soit pour toute
damnation: aux ouvrages publics,
suivant
leur vie, soit pour un tems déterminé,
la nature des crimes.
une idée
On a déja, dans Saint-Domingue,
et ce qu'on apimparfaite de ce que je propose;
en est
la chaine des Negres déserteurss
pelle
mais cet essai mérite de recevoir
comme Pessai:
existence nouvelle.
une autre forme et une
pour
Les Negres à la chaine sont perdus
pendant qu'ils y demeurent, et
leurs maitres,
le public. Ils restent
sont également perdus pourl les uns les autres,
dans l'oisiveté, se corrompent
pervertis
et sortent de la géole beaucoup plus inconvéniens
nel'étoient à leur entrée. Ces
qu'ils
quej'ai vu les Cosont si généralement connus,
mal Tétablislons regarder comme un trèsgrand
d'ailleurs
sement de la chaine, dont les Negres
ne sont nullement effrayés.
de cette Colonie
Les Conseils souverains
dans les
devenus très-doux et très-humains
sont
Les condamnations à mort
jugemens criminels.
: elles le seroient
ne sont pas très-fréquentes étoient certains que
moins encore, si les Juges
d'être mis à la chaine 2 imprimât,
la punition
une saludans Tesprit des Esclaves coupables,
taire terreur, et donnât un exemple utile.
I 3 --- Page 142 ---
(134)
des Magistrats de Saint-DoLa disposition
doute. C'est une
mingue leur fait honneur sans
qui
des progrès de la raison universelle
preuve
et qui doit tôt ou
va tous les jours en croissant,
à Paide de
tard étendre par-tout son empire, les deux arts
TImprimerie et de la Navigation,
admirables et les plus utiles au monde.
les plus
l'esprit d'indulIl est triste, Monsieur, que
soit contrades Tribunaux des Colonies
gence
Timperfection de cette galere
rié, soît géné, par
de terre dont je vous ai parlé.
aussi, dela partder nos habitans,
Il en résulte
des loix
certaine aversion de livrer au glaive
une
de crimes.
les Negres prévenus
le prix de ces EsEn cas de peine capitale, sur la caisse muclaves est remboursé au maître
mais ce rembournicipale des droits suppliciés, foibleetqui n'a,
sement est fixé sur un pied trop
la valeurdes
nulle proportion avec
trop souvent,
Esclaves.
Esclaves qui a coûté au
Il en est tel de ces
s'il est conmaître cinq à six mille livres; et,
le payeàraison
damnéà mort, la caissepublique
ce
douze cent livres. On ne sauroit changer
de
les habitans qui doivent
taux, sans surcharger et les loix générales ne
en fournir les fonds;
des
entrer dans les exceptions
peuvent gueres
cas particuliers.
nulle proportion avec
trop souvent,
Esclaves.
Esclaves qui a coûté au
Il en est tel de ces
s'il est conmaître cinq à six mille livres; et,
le payeàraison
damnéà mort, la caissepublique
ce
douze cent livres. On ne sauroit changer
de
les habitans qui doivent
taux, sans surcharger et les loix générales ne
en fournir les fonds;
des
entrer dans les exceptions
peuvent gueres
cas particuliers. --- Page 143 ---
(135)
PEsclave au contraire n'est que condamné
Si
un'tems limité, il s'y gâte et
à la chaine pour
fnit par n'être bon à rien.
les propriéCes deux alternatives, exposant donc deux
forment
taires à un préjudice évident,
soient
les crimes des Noirs
obstacles à ce que
d'une maniere efficonnus et punis à tems, ou besoin à cet égard
cace.Aussila Colonicag grand
d'une police mieux conçue. réuniroit les avantages
Celle que je propose
présent ;
à T'usage suivi jusqu'à
qui manquent
bien mieux avec les intéelle s'accommoderoit ceux de la Colonie, avec
rêts des maîtres, avec
Fintention de
la clémence des Juges, enfin avec
nos loix criminelles.
devroient
Les Negres, reconnus coupables,
désormais livrés, pendant un cèrtain
donc être
des
du desséchement
tems, aux Adjudicataires des terres, des fouilles
marais, des remuemens
des routes ou de
des canaux, de la confection
équivalens
enfin, de ces travaux
leur entretien;
les Espagnols ont
à ceux des mines, auxquels
destiné leurs criminels.
EsCe que je voudrois ajouter à cette police
seroit de
les journées de ces
pagnole, ce
payer
et de donner
criminels aux dépens du public,
son Esclave, à ladéau maître ce quegagneroit
I 4: --- Page 144 ---
(136)
duction des frais de nourriture, modérément
évalués. On intéresseroit ainsi Phabitant de la
Colonie à dénonceraux Juges les Negres criminels, sans craindre de se voir frustré, par leur
supplice, des droits, souvent coûteux, de sa
propriété. L'état du Negre esclave, condamné
aux travaux publics, ne seroit point changé relativement, à son maitre, à qui le prix de son
travail et le loyer de ses journées continueroient
d'appartenir.
Par ce moyen, Monsieur, on ne sauroit doucriminelle ne fût mieux seconter que la justice
dée et mieux administrée. Les coupables seroient
déférés et punis; leur châtiment seroit utile, et
l'ouvrage de leurs bras et par T'exemple subpar
des autres Esclayes, de
sistant, sous les yeux
ces travaux forcés et correctionnels.
De leur côté, les Juges éclairés et humains,
qui signent à regret des condamnations à mort,
slvolumen:infoquesse, puisque ces condamnations servent à détruire des hommes, sans
rendre les antres meilleurs, s'empresseroient
rempliroit le.
d'admettre une loi favorable, qui
double but de punir les coupables et de les
amender.
de supplice feroit sur les
Ce nouveau genre
esprits des Negres uneimpression plus profonde
et correctionnels.
De leur côté, les Juges éclairés et humains,
qui signent à regret des condamnations à mort,
slvolumen:infoquesse, puisque ces condamnations servent à détruire des hommes, sans
rendre les antres meilleurs, s'empresseroient
rempliroit le.
d'admettre une loi favorable, qui
double but de punir les coupables et de les
amender.
de supplice feroit sur les
Ce nouveau genre
esprits des Negres uneimpression plus profonde --- Page 145 ---
(137)
et les roues. Leur superstition
que les potences
dans certaines cirleur fait braver la mort; ct,
dans lidée
la desirer,
constances, ils paroissent de la vie, ils vont reoi ils sont qu'en sortant
dans leur pays.
joindre leurs parens et retoufnent indifférent à l'apAussilel Negre est-il en général
ému,
et il n'est pas
pareil des peines capitales,
Qwand il voit la justice, en grosse compagnic,
Mener tuer un homme avec cérémonie.
(DEsPAtADX.)
Monsieur, ces deux vers
Vous connoissez,
dû, peut-être,
Ils auroient
du grand Satyrique.
siecle sur Tinutile
faire ouvrir les yeux de son
vers
comme ses quatre
atrocité des exécutions,
Thonneur trèssur le sale mot du congrès eurent
et la juriscommun d'influer sur Yopinion
peu
de déféLe Parlement ne rougit pas
prudence. à l'avis d'un Poëte, pour corriger un
rer alors
la Cour en cela se couvrit d'une
vieil abus ; et
gloire véritablement exemplaire.
J'aspect des
Je vous disois, Monsieur, que
touchoit
même les plus séveres, ne
supplices,
conséquemment
les Negres, et n'étoit pas
pas
efficace d'arrêter le cours de leurs
un moyen
crimes.
du spectacle conII en seroit tout autrement --- Page 146 ---
(138)
livrés à des entrepreneurs,
tinuel de ces forçats,
attachés aux
lesquels ils seroient sans cesse
par
des douceurs que les
travaux publics, et privés
dans le train OfEsclaves, bons sujets, goûtent
Ce parallele si frappant
dinaire des habitations.
des Esclaves.
surl l'esprit
auroit un grand pouvoir
et Ies plus péLes besognes les plus pénibles
condamrilleuses seroient le partage des Negres
comme le remuement
nés au dernier supplice, desséchement des marais,
des terres inondés,le
seroit le lot des au-
&c. L'entretien des chemins
à tems.
seroient condamnés aux galeres
tres qui
point, et
Cette occupation ne les corromproit
beauqu'elle en corrigeroit
Yon peut présumer
maîtres
fini, les
lesreprendroient
coup.Leurtemsf
sans répugnance.
leurs habitudes et
La crainte seule de quitter
travaux et
être en proie à ces
leurs cases, pour
dont ils seroient accompagnés,
aux privations
suffiroit vraisemcette seule crainte, disois-je, leur devoir la majeure
blablement à contenirdans
bien des
des Negres. Elle épargneroit
partie
qu'on croit à présent
coups, bien des sévérités, habitation a de ces mauvais
nécessaires. Chaque
et dont on ne
Negres qui débauchent les autres,
ils sont
à bout, ni par le fouct, auquel
vient pas
ni par la prison même, dont
comme insensibles,
it vraisemcette seule crainte, disois-je, leur devoir la majeure
blablement à contenirdans
bien des
des Negres. Elle épargneroit
partie
qu'on croit à présent
coups, bien des sévérités, habitation a de ces mauvais
nécessaires. Chaque
et dont on ne
Negres qui débauchent les autres,
ils sont
à bout, ni par le fouct, auquel
vient pas
ni par la prison même, dont
comme insensibles, --- Page 147 ---
(139)
Leur bonheur est de
ils ne font que se moquer. maitres, ni pour euxne rien faire pour leurs
se
Ils ont beau voir les autres Negres
mêmes.
existence aisée; rien
procurer par leurtravail une
leur
au
dompterl leur paresse et
penchant:
ne peut
mois d'un travail forcé, sous les
vice. Quelques
seroient certainement la
entrepreneurs publics,
convenable pour
leçon la plus efficace et la plus
ou
mauvais Esclaves de leur perversité
tirer ces
de leur inertie.
tems, des chanIls'est fait, depuis quelque
intérieur des
avantageux dans le régime
gemens
Le
des lumieres et
atteliers d'Esclaves.
progeès influent sur le
la douceur des moeurs françoises
véNegres. Les maîtres éclairés sur leur
sort.des
besoin d'une autre loi,
ritable intérêt, n'ont pas
humains et bienni d'un autre motif pour être ordonnance en
faisans. Aussi, sans qu'aucune
les cachots
eût fait un devoir, j'ai vu détruire
d'habitations. J'ai vu, dans queldans beaucoup
heureusement au mobile
ques autres, substituer
domestiques, le resdu fouët et des châtimens
d'une
et bien moins arbitraire
sort plus puissant surdes faveurs, des prix et des
émulation fondée
seroit
distinctions. Cette derniere discipline
et les fouëts des combientôt la seule en vogue,
épouvantail plus
mandeurs ne seroient qu'un --- Page 148 ---
(140)
inutile que la schlague, si les travaux publics
offroient à tous les habitans un moyen légal letfacile de réprimer et de punir ceux d'entre leurs
Esclaves qui auroient mérité quelque correction.
Par ces raisons, je crois, Monsieur, cet arrangement praticable et même désirable, pour
perfectionner le code criminel et la police générale de cette Colonie. On réussira mieux par cette
méthode nouvelle, qu'on n'a pus'en fatter, quand
onnepréchoitaux Colons Phumanité enversleurs
Negres, que par des déclamations absurdement
injurieuses, qui calomnioient ces Colons et qui
les révoltoient, au-lieu de les persuader.
J'ajoute une réfexion.
La caisse des suppliciés, dontje vous ai parlé, est celle où l'on perçoit les contributions de
les indemnités qui résultous les habitans, pour
maitres de la
de leurs Esclaves.
tent aux
perte
les Conseils suCette caisse est administrée par
périeurs, parce qu'elle est envisagée comme muLa confiance des Colons et du Gounicipale.
être mieux placée. Ce révernement ne sauroit
Monsieur, s'adapte de lui-même à larrangime,
employées
gement proposé. Ces contributions,
non le prix des Esclaves, mais le prix
a payer,
qui seroient faits par eux,
des travaux publics
directe
tourneroient d'une autre maniere, et plus
etplus utile, au profit du public cetd desintéressé.
urs, parce qu'elle est envisagée comme muLa confiance des Colons et du Gounicipale.
être mieux placée. Ce révernement ne sauroit
Monsieur, s'adapte de lui-même à larrangime,
employées
gement proposé. Ces contributions,
non le prix des Esclaves, mais le prix
a payer,
qui seroient faits par eux,
des travaux publics
directe
tourneroient d'une autre maniere, et plus
etplus utile, au profit du public cetd desintéressé. --- Page 149 ---
(141)
de finance, qui croise si souAinsi la partie
de
utiles, ne gâteroit point
vent tant
pensées
celle-ci.
mais
Voilà mon voeu pour Saint-Domingue,
là; carj'ai toujours les yeux
je ne peux meborner Ce sera le sujet d'une seconde
I sur la mere-patrie.
lettre, si vous le permettez. écrit avec vous, en
J'aime à m'entretenir par
à la mer, et
attendant que j'ose me raccoutumer
un second naufrage, pour aller vous parrisquer
après ce que j'ai
ler. Résolution périlleuse, acquis le droit, de
éprouvé! Jsimallieureusement:
dire, avec Virgile :
Taedet pelagi perferre laborem.
L'amour de la patrie et le besoin de la santé
vaincront mes répugnances. Je. vous promets, 2
de me remettre en mer. Ce sera le
Monsieur,
cas de redire, avec Virgile encore :
potentes!
Dii maris et terrae, tempestatumque segundi,
Ferte viam vento, facilem etspirate
J'ai Thonneur d'être, &c, --- Page 150 ---
(142)
LETTRE V.
Aui méme.
Monsieur, les motifs que je
Vous avez vu,
changer dans les Colonies les supdonne, pour
plices des Negres en des travaux publics.
Ce que j'indique pour les Negres, pourroit
s'exécuter, Monsieur, avec tout autant desuccès,
même à Tégard des Blancs, jugés dans les Cours
du Royaume, si le Roi vouloit destiner, pour
,quelque partie du nouveau
recevoir ces criminels,
Esmonde, non encore établie par des Negres
claves.
leur faudroit une partie du nouJe dis qu'il
non encore établie par des Negres
veau monde,
d'offrir
Esclaves, parce qu'il seroit impossible
des Negres d'une Colonie à Esclaves,
aux yeux
à ce point et
le spectacle de Blancs dégradés
vendus à l'encan à des Entrepreneurs, qui pourroient les traiter plus mal que les Negres euxsont ordinairement. Ily auroit du
mêmes ne le
évident à faire ce mélange, aumoins un danger
cCs
lieu qu'on peut, sans aucun risque, placer
transférés du Royaume, dans une
criminels,
oit impossible
des Negres d'une Colonie à Esclaves,
aux yeux
à ce point et
le spectacle de Blancs dégradés
vendus à l'encan à des Entrepreneurs, qui pourroient les traiter plus mal que les Negres euxsont ordinairement. Ily auroit du
mêmes ne le
évident à faire ce mélange, aumoins un danger
cCs
lieu qu'on peut, sans aucun risque, placer
transférés du Royaume, dans une
criminels, --- Page 151 ---
(143)
Isle particuliere, et leur faire subir une
légale, qui satisferoit à la loi
captivité
de leurs
pour le châtiment
crimes, rendroit en même tems leur
existence utile à la
mere-patrie, et leur laisseroit
néanmoins l'espoir de recouvrer un jour la vie
civile, si leur conduite en étoit digne.
N'est-ce pas une expérience, digne de la
grandeur et de Phumanité du Roi, de résoudre
ainsi, par le fait, la question tant
voir si des Blancs
agitée, de sades
pourroient suffire à la culture
terres situées dans le voisinage de la
torride? On en doute
zone
méme le
communément; on soutient
contraire : mais la négation n'est
conjecture, car on ne l'a jamais tenté. qu'une
L'épreuve en seroit importante,
fût l'issue.
quelle qu'en
En effet, si ces criminels ne
tenir la
pouvoient soutransplantation et letravail de la
s'ils étoient moissonnés
culture,
par les
cc climat, si, redoutable, le intempéries de
s'agit seroit alors bien
problême dont il
décidé, et le sacrifice
jours de ces coupables ne seroit
des
considération.
pas de grande
Mais s'il arrivoit au contraire
heureux réussissent à
que ces malcultiver aussi bien
défricher une Isle et à la
ou mieux que les
seroit-ce
Negres, ne
pas un moyen, tres-avantngeux à la --- Page 152 ---
(144)
de beaucoup de mauFrance, de se débarasser
favoraNe seroit-ce pas une époque
vais sujets?
glorieuse pour la justice, intéble à Thumanité,
celle on l'on verroit
ressante en politique, que dans une infinité de cas,
la peine de mort abolie
convertis en
et les meurtres judiciaires sagement ardente, des
sous cette zone
une transportation,
du Royaume?
criminels jugés par les Parlemens divination sur
hasarder ma foible
Sije peux
tout me porte à penser,
un si grand problème,
bien conduits ett bien
Monsieur, que ces Blancs,
dans tousurpasseroient les Negres
disciplinés, cultures qui sont propres au nouveau
tes les
monde.
point la preuve dans les
Je n'en chercherai
d'Alger et de Maroc,
jardins et les campagnes
fertilisés, comme
ationkcmentr mains des Captifs; mais, sans
Yon sait, par les
le
en France
aller si loin, je dirai que peuple, le plus libre des
dans toute FEurope, le peuple
et
supporte des travaux
pays lcs plus tempérés, saisons plus difficiles, et des
plus grands, et des
privations cent fois plus
besoins plus durs, etdes classe la plus chargée des
douloureuses, que la
Esclaves de Sainc-Domingue.
Cecia T'air d'un paradoxe. quand je ne conJe ne l'aurois pas avancé,
noissois
si loin, je dirai que peuple, le plus libre des
dans toute FEurope, le peuple
et
supporte des travaux
pays lcs plus tempérés, saisons plus difficiles, et des
plus grands, et des
privations cent fois plus
besoins plus durs, etdes classe la plus chargée des
douloureuses, que la
Esclaves de Sainc-Domingue.
Cecia T'air d'un paradoxe. quand je ne conJe ne l'aurois pas avancé,
noissois --- Page 153 ---
(145)
livres; mais
Saint-Domingued que parles
noissois
exact. J'ai vu de près le peuple
rien n'est plus
J'ai pu compadans notre Europe.
et ses peines celui des Noirs en Amérique. Et
rer à son sort,
l'idée dela misere affreuse
ceux-cin'ont pas mêmel
de la plupart des paysans. le noble courage d'éM. de Saint-Pierre a eu
millions
y avoit dans le Royaume sept
crire qu'il
sans vêtemens et sans asyle.
d'hommes sans pain,
de morale imprimé à
L'auteur d'un traité
la même
avoit déja développé
Lyon en 1784,
méritent d'être
assertion, et ses propres. paroles
rapportées.
combien dejourdit cet auteur,
< Combien,
des campagnes ne subEC naliers et d'artisans
dont
du salaire de leurs journées,
CC sistent que
sols, en comle
fort est quinze
<C le prix plus
avec celles d'été! Et,
celles d'hyver
CC pensant
d'une année, c'est tout au plus
<C dans le cours
à s'employer cent
trouvent
CC si ces pauvres gens Le reste est perdu pour eux,
< soixante jours.
les fêtes, les corvées
dimanches,
c parce queles
les ouvrages de comC royales, seigneuriales,
les maladics, le
le mauvais tems,
€C munauté,
les laissent sans occupa-
< défaut d'ouvrages
et dès-lors sans salaires.
< tions,
subsistent
Le nombre de ces familles qui
<
K --- Page 154 ---
(146)
sols répétés cent soixante fois,
CC avec quinze
livres, est
avec. cent vingt
plus
< c'est-à-dire,
croire et s'éleve à plus
CC grand qu'on ne peut
tiers des sujets. On dit trop peul en posant
CC du
millions d'individus viyent en
< en fait que sept
livres par an
<C France avec moins de vingt-cing
ec pour chacun (1) >>.
J'ajoute à ce passage celui de la Bruyere :
des miseres sur la terre qui saisissent
<C Ily a
jusques aux
Ec le coeur. limngueigudgscsuss)
alimens. Ils redoutent Thyver. Ils appréhen-
<
CC dent de vivre >9.
écrivoit à Paris
Voilà donc ce que la Bruyere
dans le
beau siecle de notre monarchie!
et
plus
tems des hommes libres,
Il y avoit donc de son
mais réduits à ce comble du malheur
il est vrai,
de vivre! Ily'en a
et du désespoir, d'appréhender
encore ; nous venons de le voir.
Mais la comparaison seroit bien plus exacte
le sort des Negres et celui de ces Paysans
entre
appelle Bordiers dans plusieurs provinces
qu'on
dit l'auteur des
de France. Ecoutons ce qu'en
observations sur T'Angoumois (2).
Traité de morale et de bonheur, à Lyon, ches
Barret, (4) tome premier, page 30.
à étendre
(2) Essai d'une méthode générale propre
ir, d'appréhender
encore ; nous venons de le voir.
Mais la comparaison seroit bien plus exacte
le sort des Negres et celui de ces Paysans
entre
appelle Bordiers dans plusieurs provinces
qu'on
dit l'auteur des
de France. Ecoutons ce qu'en
observations sur T'Angoumois (2).
Traité de morale et de bonheur, à Lyon, ches
Barret, (4) tome premier, page 30.
à étendre
(2) Essai d'une méthode générale propre --- Page 155 ---
(147)
ont dans leur doa Quelques propriétaires
louent à trèsGE, maine de petits logemens qu'ils
marché à quelques familles de paysans,
< bon
les ouvriers nécesCC dans la vue de se procurer
saires à la culture de leurs fonds. Iis s'attaC
en leur laissant à faire
c chent ces travailleurs,
de
< au tiers ou au quart quelques journaux
et de vignes, à prix fait. Ils
aC terres labourables
ces Borliers à la journée
< ont soin d'occuper
fait, toutes les fois qu'ils manquent
< ou à prix
nécessaires à
<C d'ouvrage et qu'ils ne sont pas
culture du terrein qui leur est confié. Ces
< la
les
sortes de
sont ordinairement
plus
<
paysans
La santé est leur
< misérables de la province.
On ne leur donne pas même de bé-
< richesse. la crainte que l'on a qu'il ne soit
<c tail, par
du maître On peut juger
6C nourri aux dépens
de la misere de leur état, lorsqu'ils sont ma-
<
ont des enfans qui ne peu-
< lades, lorsqu'ils
<c vent encore travailier, et ce qui arrive quelsont employés par un
ac
quefois, lorsqu'ils
produr et
qui, dans des anK priétaire
inhumain,
< nées de disette, leur fait payer très-cherleplus
les connoissances des voyageurs. Paris, 1769, tome premier, page 149K 2 --- Page 156 ---
(148)
qu'il a eu soin d'entasser dane
et mauvais grain
leur nourriture. >>
e son grenier pour
Ces hommes sont bien plus à plaindre que
les Negres des Colonies.
Sans la religion qui les soutient etles console,
millions d'hommes sans pain ne pourroient
ces
le fardeau de leur existence. Ils ont
supporter d'être instruits à croire en Dieu et
cet avantage une autre vie. ( Spes eorum immortad'espérer
litatis plena. )
de
ne sont
Les Negres, sous ce point
vue,
tout-à-fait aussi bien partagés. On a peu de
pas soin de leur ame. C'est un marique de politique,
inexcusable à mon avis, d'autant plus que Fesd'en faire des chrétiens fut le respectable
poir
détermina Louis XIII à tolérer leur
motif qui
esclavage. L'intention de ce bon Prince n'est pas remplie à Sgint-Domingue.
Ce vice :. peut se réparer, quand on le voudra
l'ai
dissimulé. Je l'ai dit assez
bien. Je ne
pas
hant; je l'ai écrit avec la force dont je pouvois
Je le répete ici pour l'acquit de ma
être capable.
la honte des oreilles qui reconscience, et pour
de m'entendre, s'il est possible qu'il
fuseroient
des hommes en place, chez qui se vérifiela
y ait
dont parle le prophéte,
surdité des simulacres
habent, et non audient).
(sures
dissimulé. Je l'ai dit assez
bien. Je ne
pas
hant; je l'ai écrit avec la force dont je pouvois
Je le répete ici pour l'acquit de ma
être capable.
la honte des oreilles qui reconscience, et pour
de m'entendre, s'il est possible qu'il
fuseroient
des hommes en place, chez qui se vérifiela
y ait
dont parle le prophéte,
surdité des simulacres
habent, et non audient).
(sures --- Page 157 ---
(149)
Les Esclaves sont donc à-peu-p près généraledes consolations quela religion peut
ment privés
des hommes.
seule verser dans les esprits
les Negres
auquel sur-tout
Mais au physique,
de rien. Ils mesont sensibles, ils ne manquent heureuse. Ils
nent une vie que lon peut dire
tous le bonheur d'être peres,
goûtent presque souvent à charge à vos malheubonheur qui est
à souffrir
Les Negres n'ont point
reux paysans.
ni l'exaction des impôts,
les rigueurs de Thyver,
d'autres maux de
nil les soucis de l'avenir, ni tant
dans
sont dans vOS campagnes et
tout genre qui des fléaux si terribles pour la
VOS villes même,
des journaclasse des pauvres, des artisans,
liers, &c.
meurent de froid, de
Ces pauvres cependant
à la porte des
faim, de douleur ou de désespoir,
mêmes hommes, qui épuisent leur réthorique en
ridiculement ampoulées, sur le
déclamations, noirs Esclaves ! J'ai moi-même enmalheur des
se récrier à table
tendu de benoîts philosophes
sert ici
la
du fouét, dont on se
sur discipline
et dans le même jour,
pour contenir les Negres;
de la conduite
j'ai vu ces doucereux censeurs
le soldat ou
des Colons, menerimptoyabiement ou la calle, ou
le matelot avec le plat de sabre,
les cordes.
K 3 --- Page 158 ---
(15o)
Voilà T'inconséquence où conduit la fureur
de s'occuper d'autrui, en s'oubliant soi-même!
L'alfranchi d Auguste a raison.
Peras imposuit nobis Jupiter duas.
C'est par l'effet de ces besaces qu'on a des
entrailles d'airain pour la foule des misérables
quel'of voit tous les jours, dont on est entouré,
en paroles, surlesort d'homet qu'ons'attendrit,
l'on ne connoit pas, dont on
mes éloignés, que
n'a même pas d'idée. C'est ainsi que T'Europe,
au sein de son luxe brillant, ne cesse de blâmer
la servitude américaine, et loin de réformer chez
la dureté des riches envers
elle linhospitalité,
des millions de pauvres, elle est par tout rongée
de cette lépre sociale, dont la
de la mendicité,
contagion triomphe de sa politique et déshonore
sasagesse.
c'est-à-dire, 6 esprit hucontradiction!
main!
leurs
L'Europe et l'Amérique ont peut-être
torts; mais ce n'esk pas ici le lieu de traiter cette
Cellequinous occupe est assez imporquestion.
solution rendroit utiles à l'état une
tante, et sa
foule d'individus que l'on perd tous les ans.
Sans doute, il faut les retrancher de la société,
ont porté le trouble. Mais on peut
puisqu'ils y
leur ôter la vie, dans des
les en séparer, sans
contradiction!
main!
leurs
L'Europe et l'Amérique ont peut-être
torts; mais ce n'esk pas ici le lieu de traiter cette
Cellequinous occupe est assez imporquestion.
solution rendroit utiles à l'état une
tante, et sa
foule d'individus que l'on perd tous les ans.
Sans doute, il faut les retrancher de la société,
ont porté le trouble. Mais on peut
puisqu'ils y
leur ôter la vie, dans des
les en séparer, sans --- Page 159 ---
(151)
dont la seule idée est
tourmens abominables, souleve le coeur, et dont
horrible, dont le nom
de la
rapproche les solemnités
la contemplation
des recriminelle, de l'aspect dégoitant
justice
et des fêtes des Canibales.
pas des antropophages Dracon qui donna aux
C'est le sanguinaire
cette loi si cruelle : omnium fagitioAthéniens
les genres de crirum una pena mors. (Tous la mort. ) Mais ce
me subiront une même peine,
d'AtheDracon fut étouffé dans lamphithéâtre
sur
mettoit le plus légerlarcin
nes;; et sa loi, qui
les Athéniens. Je
la ligne de Thomicide, révolta Dracons moderne conseille pas d'étouffer nos il nous faut des
nes : mais je dis qu'à leur place,
et facile et
Solons. Je soutiens qu'à un peuple
il faut,
françois,
humain, comme ce bon peuple
Nos loix
n'en doutons pas, uneautrelegislation. il faut que nos
sont trop loin de nos moeurs :
loix s'en rapprochent. modéré qu'on a imaginé
C'est dans cet esprit
maisons de force et
la peine des galeres, et les
mais vous
les renfermeries. Je ne l'ignore point;
de
aussi
les galeres ni les maisons
savez
que
contenir les
force, ne sont pas suffisantes pour
criminels. ôtez la honte, à laquelle il se trouve
Si vous
sensibles, pour
encore des scélérats très-peu
K 4 --- Page 160 ---
(152)
certaines gens du peuple, c'est presque un état
désirable que la qualité de forçat.
Quant aux renfermeries et maisons de correction, elles codtent beaucoup et remplissent
mal leur objet. Les hommes y sont entassés, et
il est assez rare gu'ils n'en sortent pas pires qu'ils
n'étoient avant d'y entrer, Leurs occupations,
dans ces réduits, sont peu utiles, et beaucoup
de mauvais sujets se font une espece de jeu de
ce genre.de peine.
Soyez bicn convaincu qu'il n'en seroit pas de
même à leurs yeux, de cette transportation sous
un ciel dévorant, où un esclavage durable et
des travaux pénibles attendroient les galériens.
Ils en seroient plus effrayés, et par conséquent
mieux punis.
Ceux qui en périroient, ne mériteroient pas
de laisser des regrets.
Ceux qui résisteroient au danger du climat,
pourroient se corriger et devenir meilleurs.
Jen'ose presque pas hasarder une autre raison : clest qu'en suivant ce plan, les méprises
de la justice, s'il lui en échappoit, ne seroient
plus irréparables.
Je serai plus hardi pour dire que ce genre de
peine, n'imposant au coupable qu'uné espece
d'exil et une disparution de la société pendant
mériteroient pas
de laisser des regrets.
Ceux qui résisteroient au danger du climat,
pourroient se corriger et devenir meilleurs.
Jen'ose presque pas hasarder une autre raison : clest qu'en suivant ce plan, les méprises
de la justice, s'il lui en échappoit, ne seroient
plus irréparables.
Je serai plus hardi pour dire que ce genre de
peine, n'imposant au coupable qu'uné espece
d'exil et une disparution de la société pendant --- Page 161 ---
(153)
ou moins long, n'emporteroit pour
un tems plus
d'ignominie; et qu'ainsi
les parens' nulle espece
dans sa racine cet
le Gouvernement extirperoit combattu mon ancien
affreux préjugé qu'a si bien
ami, M. de la Cretelle.
l'essai que je
Sous tous les points de vue,
c'estconseille n'est pas indigne d'un bon Roi,
en faisant punir ses sujets
à-dire, d'un pere, qui,
l'aucriminels, doit regretter encore que
les plus
à
ses enfans.
torité de sen nom serve égorger récusable de
Jinvoque à ce sujet lautorité non
Grand Louis XIV. Il ne put jamais se rénotre
la désertion de la peine de mort,
soudre à punir
fit. Il
un
l'instance qu'on lui en
réprochoit
quelqu'
de Nangis que le régiment du
jour au Marquis
Sire, lui dit ce
Marquis n'étoit pas au complet.
sil'on
Colonel, O1l n'en viendra jamais à bout,
la tête aux déserteurs. Eh! Nangis,
ne casse pas
répliqua le Roi, CE SONT DES.HOMNES!
humanité renferment ces
Quel sens et quelle
connues! Qu'elparoles, jusqu'à présent trop pen
deles sont bien justifiées par ce qui s'est passé
Onen est venu en effet
puis ce grand Monarque!
savoit respecter.
à détruire ces hommes qu'il
déserteurs.
Long-tems, on a cassé la tête aux
Cette coutume des sauvages a semblé ne préter
attrait horrible de plus à la désertion. Enqu'un --- Page 162 ---
(154)
fin, l'expérience y a fait renoncer, et notre siecle
à cet égard a dû rétrograder, pour revenir, en
quelque sorte, au mouvement sublime de l'ame
de Louis XIV: : CE SONT DES HONMES!
Emparez-vous, Monsieur, de ces mots qui
viennent si bien à l'objet de ma lettre, et: jugez s
d'après eux, de la valeur de mes idées, que je
soumets aux vôtres.
En finissant ma longue épitre, je reçois des
nouvelles. Nous en manquions au Cap depuis
quarante jours. On ne signaloit plus de navires
d'Europe. Enfin donc, il en arrive un! On m'apporte à linstarit des paquets de papiers publics,
et je vois mon projet exécuté en Angleterre par
T'établissement de la Bayede Botanique, et bien
mieux encore à Florence, par Pédit admirable
vient de publier, au mois de Décembre derque nier, le Grand Duc de Toscane, Duc vraiment
bien nommé, vraiment Grand en effet par cette
attention suivie qu'il donne au bonheur de ses
peuples!
bien, Monsieur, que mon idée
Vous savez
est ancienne. Je vous en ai déja tourmenté dans
mes lettres; mais aujourd'hui, j'insiste. Léopold
de Lorraine et Georges de Brunswich consacrent cette idée.
, par Pédit admirable
vient de publier, au mois de Décembre derque nier, le Grand Duc de Toscane, Duc vraiment
bien nommé, vraiment Grand en effet par cette
attention suivie qu'il donne au bonheur de ses
peuples!
bien, Monsieur, que mon idée
Vous savez
est ancienne. Je vous en ai déja tourmenté dans
mes lettres; mais aujourd'hui, j'insiste. Léopold
de Lorraine et Georges de Brunswich consacrent cette idée. --- Page 163 ---
(155)
Ces deux autorités me semblent imposantes.
celui d' Elizabeth
Joignezào ces deux exemples
de
en Russie, sans goutte
et de son long regne
sang répandu.
de dire que ce n'est pas
Or ne manquera pas la Russie a une Sibéla même chose, parce que
à craindre
rie, lieu d'exil et de châtiment plus la France a
la mort mme. Je réponds que
Ste.
que
sous la zone torride, et que
des possessions
les Negres qui
Lucie I ( en transportant ailleurs
la
encore portion
s'y trouvent ), ou simplement
offrent pour
de-la Guiane quiappartient au Roi,
local
tout aussi effirayant,
ce projet un
séparé,
les environs de
tout aussi peu commode que
Tobolsk.
P... oh Je crois
Mais, oû trouver l'argent
dans les
Tavoir dit. Dans les souscriptions 3
de
primitives que feroient sur ce point
avances
qui auroient le plaisir de
généreux actionnaires, et de bien placer leur
faire une bonne ceuvre
argent.
dans mes conclusions;
Ainsidonc, je persiste
voix s'éleve et
sàr de gagner ma cause, si votre
range en ma faveur l'opinion publique. et à la
souhaite a TAmérique
C'est ce que je
sainte et douce humaFrance, au nom de cette
nom de la
nité; dont vous êtes le défenseur! au --- Page 164 ---
(156)
justice, qui n'a pas besoin que son glaive soit
teint du sang des uns, pour protéger les autres !
Enfin, au nom sacré de la gloire du Roi, qui,
maitre de choisir dans les divers chemins de
Timmortalité, ouverts aux Monarques françois,
a reçu du ciel même le don de préférer les sentiers de la bienfaisance, de la perfection des loix
et du bonheur de ses sujets.
Courte observation sur les deur lettres précédentes.
Deruis que ces deux lettres ont été écrites
du Cap, on a vu paroitre en France Pétat actuel
du dépôt demendicitédel la généralité de Soissons,
IV compte, années 2784 et 1785, in-4., et
l'on a lu dans cet ouvrage, les passages suivans,
qu'on ne sauroit se dispenser de citer ici, à l'appui de ce que l'auteur devinoit, du fond de TAmérique.
Page 4. CC Le riche consomme la jeunesse
K du pauvre comme une denrée. Le pain que
C nous mangeons est donc souillé par la sueur
comme le sucre est teint
€C d'étres malheureux,
des
Cen'est qu'au théâtre où
CC du sang
Negres.
ec l'on voit des moissonneurs célébrer leurs trac vaux par des danses et des chants >.
'appui de ce que l'auteur devinoit, du fond de TAmérique.
Page 4. CC Le riche consomme la jeunesse
K du pauvre comme une denrée. Le pain que
C nous mangeons est donc souillé par la sueur
comme le sucre est teint
€C d'étres malheureux,
des
Cen'est qu'au théâtre où
CC du sang
Negres.
ec l'on voit des moissonneurs célébrer leurs trac vaux par des danses et des chants >. --- Page 165 ---
(157)
seroit bien important de rePage 5. Cc Il
de race,
les loix contre les mendiantes
a nouveller
débauchent plusieurs homec qui, outre qu'elles
fédans les dépôts qu'une
< mes, n'apportent des enfans mal construits.
et
<C condité coupable
qui puisse
ae Je ne connois qHeFEXTORTATION d'un Aéau qui concampagnes
< débarrasserles
dans certains cantons, à
K tribue beaucoup,
la mendicité >.
<C propager
L'auteur donne le plan de
Pages 20 et 2 2.
recherches à fairesurles causes de la mendicité,
< une suite d'observations, qui
pour se procurer
nos idées surles peines
ec changeroient peut-être
et sur la bienfaisance >>.
C à infliger
Pécrit
Mais c'est sur-tout à la page 19, que
de Foude Soissons se rapproche parfaitement
les proprest termes: <Je crois
vrageduCapscitons)
pas assez de rigueur contre
C qu'on n'emploie
dé race et les vagabonds qui
K les mendians
le résont en tierce récidive. Je ne puis trop
cc
que Yezporiation, qui
CC péter. Je ne connois
détruire cette
publique. C'est au
G puisse
peste
à trouver, comme les Anglois,
4C Gouvernement:
destiné à recevoir le mendiant valide,
GC un lieu
n'est
encore vicié dans son organisa-
< qui
pas
Je n'étendrai pas cette idée, dont on
< tion.
les développemens. C'étoit une
cf peut prévoir --- Page 166 ---
(158)
bien vue de la
d'un Administrateur,
< chose
part
d'avoir établi un attelier en Corse. Ce
<C que
en
suivi avec persévé-
<c projet, exécuté grand,
avec ordre, ajouteroit en vingt
CC rance, dirigé
au Royaume. >>
< ans une nouvelle province
ce
des
On ne peut qu'admirer rapprochement
idées de deux écrivains éloignés, qui arrivent
tous deux aux mêmes résultats. On se permettra
d'observer quel'attelier des eaportés seroit moins
dans les parties d'Abien placé en Corse, que
mérique indiquées par les Iettres à M. du Paty,
et la raison en est sensible. A cette différence
près, on ne peut qu'adopter les vues du respectable auteur de l'état actuel du dépôt de mendicité.
Rendons justice aux gens de Lettres! Ils ont
bien senti Timportance de cette question sur
la mendicité & sur ja misere profonde des pauTrois Académies en province en
vres paysans.
M.
ont fait le sujet de leur prix d'éloquence.
TAbbé Rozier y est revenu fort souvent, avec
noble chaleur,. dans fon livre classique &
une
publié sousletitre de Cours
vrament nécessaire,
Voyez les articles Cabane, End'Agriculture.
fans trouvés, Etangs, &c.
aux gens de Lettres! Ils ont
bien senti Timportance de cette question sur
la mendicité & sur ja misere profonde des pauTrois Académies en province en
vres paysans.
M.
ont fait le sujet de leur prix d'éloquence.
TAbbé Rozier y est revenu fort souvent, avec
noble chaleur,. dans fon livre classique &
une
publié sousletitre de Cours
vrament nécessaire,
Voyez les articles Cabane, End'Agriculture.
fans trouvés, Etangs, &c. --- Page 167 ---
(159)
LETTRE VI.
*** sur les
Réponse à Monseigneur
la Cod'administrer et de faire feurir
moyens
lonie de Saint-Domingue.
M 0 N S E IG N E U R,
Vousmef faitesl Phonneur deme demandermon
avis sur les meilleurs moyens d'administrer la
Colonie, oà je viens de passer quatre ans dans
untravail continuel. J'ai perdu malheureusement
les recueils d'observations que j'avois rédigées,
les
nombreuses qui les justifioient.
et
pieces
les
essentiels de mes
Un seul des résultats
plus
réflexions combinées avec celles des bommes lps
plus éclairés, un point que je crois capital, est
bien présent à mon esprit. Je vais vous l'exposer,
répondre à la confiance que vous me témoipour Mais souffrez, Monseigneur, que j'ose y
gnez.
apposer une condition.
dire.
Jc n'ai nul intérêt à ce que je vais vous
Je n'ai point de propriété dans l'Isle Saint-Domingue.. Je n'y demande point de places, et pour
encore Timpartialité de mes réflemieux garantir --- Page 168 ---
(160)
xions et la pureté de mes vues, je desire que cet
écrit soit livréàlopinion et à la censure publique.
Cela posé, j'entre en matiere.
Un seul gouvernement, une seule Intendance,
un seul Tribunal souverain, une seule assemblée
Colons, pouvoient suffire à la
des principaux
partie françoise de PIsle Saint-Domingue, tant
beau
étoit dans son enfance. Mais à
que ce
pays
mûr. Et
ce premier âge, en a succédé un plus
Pétat actuel de cette immense Colonie, les prole
dont elle
grès qu'elle a faits, développement
encore ne sauroient plus s'acest susceptible
commoderdelasimplicité de ce régime primitif.
L'Administration unique et triennalequiexiste
aujourd'hui, est un Vice-Royauté, dontl la courte
durée aggrave le fardeau, et dont le poids énoraccable
et les Supérieurs et les Inme
également
férieurs.
Ile est physiquement et moralement impossiseul Chef militaire et un seul Chef
ble qu'un
dans trois ans, on ne dit pas à
civil parviennent
bien régir, mais à connoître Saint- Domingue,
et moralement imparce qu'il est physiquement
deux hommes seuls, en trois ans,
possible que
et visitent tout par euxse transportent par-tont
la
mêmes, depuis la rive du Massacre jusqu'à
la Béate, c'est-à-dire, dans un espace
pointe
de
le est physiquement et moralement impossiseul Chef militaire et un seul Chef
ble qu'un
dans trois ans, on ne dit pas à
civil parviennent
bien régir, mais à connoître Saint- Domingue,
et moralement imparce qu'il est physiquement
deux hommes seuls, en trois ans,
possible que
et visitent tout par euxse transportent par-tont
la
mêmes, depuis la rive du Massacre jusqu'à
la Béate, c'est-à-dire, dans un espace
pointe
de --- Page 169 ---
(16r)
lieues de côtes, et sous les rayons
de deux cens
venus ont peine à.
d'un soleil que les nouveaux
supporter.
cette Colonie ( la plus belle posCependant
) est divisée
session que le Roi ait en Amérique)
considérables, au
la nature en trois parties
par
au Sud.
Nord, à T'Ouest,
qui n'ont
Ce sont trois provinces diverses,
point encore de nom. L
ville
Chacune de ces trois provinces a une
le Port-au-Prince, les Cayes
capitale : le Cap,
Saint-Louis.
de chemin. qui les lie
Ces villes n'ont point
terre, ou du moins les chemins en
entr'elles par
sont impraticables. saison où l'on ne fait point ce
Il est telle
sa vie. Les grands déplavoyage, sans exposer
Lindésont dangereux sous cette zone,-
cemens
du péril de laisser à eux-mémes
pendamiment
chaque habitation. On
les Esclaves qui peuplent
Colonie étoit une armée en présence
a dit qu'une
vrai
un certain
de YEnnemi. Cela est
jusqu'à
point,et même ailleurs qu'en Amérique.
des Colons de la partie du Cap qui
On a vu
été obligés d'aller chercher au Port- auavoient
oubliés dans le bureau de
Prince des papiers
YIntendance, périr à leur retour, avant qu'ils eusleurs demeures.
I
sent pu regagner --- Page 170 ---
(162).
absent pendant huit jours, est.
- Un maitre,
cultures abandonnées et son
sûr de retrouver ses
attelier en désordre.
bien
Enfin, ces trois provinces sont
plus
éloignées et ont moins de rapport ensemble, que
Généralités qui partagent la Normandie
les trois
de Rouen., Caen et
entre les Intendances
Alençon.
tis
se tient, se commuLa Normandieaumoins
dans ses points les plus
nique et se ressemble
de PIsle Saintopposés : mais les trois portions
habitées par les François, ne. sont
Domingue,
n'ont prèsque point d'analogie.
pointtamassées;
chacune se trouve
Chacune a son 3 climats.
différente pour son agrid'ailleurs à une époque
son genre. de commerce.
culture,,sa population,
d'un
local, et
Chacune a donc. besoin
régime
spécieuse au premier coup d'ceil,
Tuniformité,
si étendues
loin d'être un bien dans. descontrées désordre et
et si diversès, seroit un moyen de
d'anarchie. Elle ressembleroit, sij'ose
une cause
bannales des
vous le dire, à ces ordonnances
tous
d'Hôpitaux, qui font saigner
Chirurgiens d'une salle, et font purger. tous ceux
les malades
à la différence des maux
d'une autre, sans égard
et des tempéramens.
commenLOUIS XIV le sentit, lorsqu'au
'être un bien dans. descontrées désordre et
et si diversès, seroit un moyen de
d'anarchie. Elle ressembleroit, sij'ose
une cause
bannales des
vous le dire, à ces ordonnances
tous
d'Hôpitaux, qui font saigner
Chirurgiens d'une salle, et font purger. tous ceux
les malades
à la différence des maux
d'une autre, sans égard
et des tempéramens.
commenLOUIS XIV le sentit, lorsqu'au --- Page 171 ---
(163)
cement du siecle. il forma un second Conseil Supérieur pour la partie du Nord.
le
au Cap, qui n'étoit ceIl en plaça siege
trés-chétive Bourgade. Le
pendant alors qu'une
de l'édit émané de ce grand Monarpréambule
mérite d'être lu avec attention (1).
que,
du Sud
Les Cayes Saint-Louis et la partie
Voicile préambule de lédit du mois de Juin 1701.
(1) LOUIS, &cc. SALIFT:L'agplicntion que nous donec,
concerne PAdministration de la partie
tc nons à ce qui
comme à toutes les aucC des Colonies de PAmériqne,"
tres'
de notre Royaume, a fait connoitre quele
<
parties
nous avons établi par notre
c Conseil supérieur, que,
du mois
dans la côte de PIsle Saint-
< édit
d'Aodt1685,
n'est point suffisant pour la rendre avec
C Domingue,
et commodité dans les différens
< une égale diligence
du
nos sujets, parce" que ceux
( quartiers occupés par du petit Goave, où il-s'asC Nord étant très-éloignés
est très-dificile; et ne se
<, semble,la communication
faisant
mers les, criminels ne peuvent être
<
que par grands frais et avec peu de sfreté 2
ec transportés qu'à
contraints de charger de leur
C étant presque toujours
des batimens
C garde et de leur transport, les Capitaines
en souffrentdans leur édminerce; d'ailCc marchands qui
< leurs, les particuliers qui ont des affaires civiles sont
C obligés, pour les suivre, de quitter leurs habitations,
et de passer dans un quartier très-éloigné. A CES
&c. Nous ayons Créé et établi, créons et
-< CAUSES,
< établissons par cès. présentes, signées de notre main,
L 2 --- Page 172 ---
(164)
aujourd'hui dans le cas favorable
sont exactement
le
et la partie du Nord.
où étoient, en 1701,1 Cap
forcé de
Depuis quelques années, on a été
les
des Juridictions et des Ami
diviser
sieges
Port-au-Prince, et les
rautés au Cap, ainsi qu'au
aujourd'hui séparés, ne
Officiers de ces sieges,
suffisent qu'à peine au détail de leurs fonctions.
CeuxdelAmirauté du Capn'ont pas un mos'ils veulent faire leur devoir :
ment de repos,
ordinaire de cette
et lon a calculé que le Juge
de
année commune, plus
même ville, rendoit,
trente mille sentences.
Si deux simples Justices ont vu multiplier
objets de service à un point si extraordileurs combien
forte raison la masse génénaire, à
plus
rale des affaires delIsle doit-elle être aujourd'hui
surchargée, et sans nulle proportion
confuse,
étoitil y a cinquante ans, vu suravec ce qu'elle
attributions diversesqu'on
tout la multiplicité des
a faites depuis aux Administrateurs?
cette époque, en effet, la population
Depuis
dans la vaste étendue
s'est presque quadruplée
de la Côte françoise.
dans TIsle SainiDomingat,dont
< un ConseilSupérieur
du Cap François, ,àlins-
< la séance se tiendra au bourg
de celui qui fut établi en 1685 >.
6 tar
ans, vu suravec ce qu'elle
attributions diversesqu'on
tout la multiplicité des
a faites depuis aux Administrateurs?
cette époque, en effet, la population
Depuis
dans la vaste étendue
s'est presque quadruplée
de la Côte françoise.
dans TIsle SainiDomingat,dont
< un ConseilSupérieur
du Cap François, ,àlins-
< la séance se tiendra au bourg
de celui qui fut établi en 1685 >.
6 tar --- Page 173 ---
(165)
la hien voit
Les Administrateurs ne peuvent
ni en saisir T'ensemble.
et leur génie est
Le courant les emporte dont les pluis miThydre des détails,
étouffé par
et aboutissent à leur
nutieux même se rapportent
autorité.
à tout. Il le faut plus encore
Il faut le tems
péoùt le travail est excessivement
dans un pays
est précisément ce
nible. Cet tems, si nécessaire,
aux Chefs de Saint-Domingue.
qui manque
mettre plus de soin à quelque
S'ils veulent
tout le public
particulier, ils font gémir
objet
dans l'attente et Tincertitude. il faut qu'ils déS'ils sont jaloux d'expédier, souvent à des
cident sans voir, et qu'ils laissent intérêts dont
subalternes à peser) les grands
mains
ils sont responsables.
n'ont que trop retardé
Ces deux alternatives
les progrès de la Colonie. suivant le caractere,
Tour-à-tour, en effet,
tout
des Administrateurs,
réféchi ou ardent,
tout est brusquement
demeure dans Tinertie, ou
tranché.
des décisions fait rester en arriere
La lenteur
commet,
la moitié des affaires, et la précipitation bouleverdes erreurs qui souvent
sans examen,
sent l'autre moitié,
L 3 --- Page 174 ---
(166)
Il n'est point de paroisse qui n'offre de trisde quelque habitant ruiné par ces
tes exemples
oublis destruc-
.erreurs irréparables, ou par ces
teurs. Et un habitant aux Antilles, par la grande
un village
valeur de ses propriétés, représente
entier, ou même un bourg de France.
On avoit cru remédier à ce double inconvénient, en chargeant les Soss-Ondesderepntdenter sur les lieux les Chefs trop éloignés. Mais
ou n'osent user de leurdroit,
ces Vices-Gérans,
ou ne savent qu'en abuser.
Dans tous les cas, les habitans sont victimes
et ils doivent en être d'aude ces Sous-Ordres;
la plupart d'entr'eux, par
tant plus affectés, que
des
leur rang ou par leur fortune, sont dignes
plus grands égards.
de peuple
A proprement parler, il n'ya point
dans les Colons de Saint-Domingue, du moins
parmi les Blancs.
raison dene pas préposer
C'est une puissante
médiode la Colonie des hommes
aux places
et le demi- talent ne
cres, dont le demi-pouvoir
sauroient avoir d'influence et de prépondérance
dans un pareil pays.
se lier au
Leur chétive existence ne pouvant
bien de la chose publique, ils laissentla manceuceux
en ont les honneurs, et ne s'occuvre à
qui
de Saint-Domingue, du moins
parmi les Blancs.
raison dene pas préposer
C'est une puissante
médiode la Colonie des hommes
aux places
et le demi- talent ne
cres, dont le demi-pouvoir
sauroient avoir d'influence et de prépondérance
dans un pareil pays.
se lier au
Leur chétive existence ne pouvant
bien de la chose publique, ils laissentla manceuceux
en ont les honneurs, et ne s'occuvre à
qui --- Page 175 ---
(167)
des petites vues qui leur sont
pent gueres que
personnelles.
avec laquelle se succéEnfin, cette rapidité
et les Ordondent et les Commandans en second
acheve deles rendre étrangers etindiffenateurs, à une scene oùt iis ne font que se montrer et
rens
disparoitre.
Rien n'est fixe. Les
On vit au jour le jour.
les vues, les principes
plans, les réglemens,
changent sans cesse. six mois des mesures nouOn voit tous les
velles adoptées et détruites.
inUn régime si versatile fatigue les Sujets,
tourmenteles Cultivateurs,
quiete les Magistrats,
dégoûte les Négocians.
exisL'esprit public n'existe pas. II ne peut
ter dans un pays où Pon ne trouve ni formes permanentes, ni assemblées municipales.
Ilen est résulté que le Gouvernement ne conla Colonie, et.que la Colonie n'a point
noîtpoint
de confiance dans le Gouvernement.
l'on puisse dire à qui en est
Aussi, sans que
nombreux, le
la faute au juste, les abus sont
bien ne se fait pas, et l'on ne croit qu'au mal.
Ce tableau affligeant et vrai n'inculpe néanmoins aucune des personnes qui meuvent la machine.
I 4 --- Page 176 ---
(168)
Les secousses qu'elle reçoit sont indépendantes du zele de ses Directeurs actuels; mais
elles accusent le vice du ressort principal, et
montrent la nécessité de lui substituer des ressorts plus actifs.
:
d'un
d'arriver à ce résultat.
Il est plus
moyen
Il n'en est qu'un, sûr du succès et du suffrage
universel.
C'est de faire pour Saint Domingue ce qu'on
a fait en France et déja même en Amérique, pour
les départemens qui étoient trop considérables.
On les a divisés, et le succès a répondu à ce
qu'on devoit en attendre.
Ainsi la constitution physique et politique
de
sollicite audes trois parties Saint-Domingues
de la sagesse du Monarque et de sa
jourd'hui,
Gouvernemens séparés ettrois
bienfaisance, trois
Intendances distinctes.
SouveIl faut en même tems trois Conseils
municipaux.
rains et trois grands Corps
des Gouverseulement à l'un
On conserveroit
la
en chef des forces militaires,
neurs disposition
les Isles du Vent;
comme cela s'est pratiquépour
des armes doit être dans une
car la suprématie
main seule.
Isles n'avoit pas emLa mer qui sépare ces
n'eussent pendant long-tems un
pêché qu'elles
bienfaisance, trois
Intendances distinctes.
SouveIl faut en même tems trois Conseils
municipaux.
rains et trois grands Corps
des Gouverseulement à l'un
On conserveroit
la
en chef des forces militaires,
neurs disposition
les Isles du Vent;
comme cela s'est pratiquépour
des armes doit être dans une
car la suprématie
main seule.
Isles n'avoit pas emLa mer qui sépare ces
n'eussent pendant long-tems un
pêché qu'elles --- Page 177 ---
(169)
Mais ensuite, on T'a partagé.
régime commun.
Isle du Vent a son AdmiAujourd'hui, chaque
son Conseil et son Assemblée. réclanistration,
de Saint-Domingue
Les trois parties
ment le même avantage.
mewre un obsne sauroit y
Leur contiguité
à les lier entr'elles.
ne sert pas
tacle, puisqu'elle
qu'ily a bien plus
Elle les rapproche si peu,
du Nord, que
du Sud à la partie
loin dela partie
cheflieu de la Martinique,
de la Guadeloupe au
avant qu'on ait au
jours
et qu'il se passe quinze
quoique la poste
de Jérémie,
Cap des réponses
servie.
aux lettres soit assez bien
sauroit être
Vent ne
- Aucune des Isles du
à
Timportance des produits,
comparée, pour
de Saint-Domingue.
aucune des trois parties
tel quartier, qui
Celles-ci offrent au contraire
richesses ou de la Martinique
lui seul balanceles
ou de la Guadeloupe.
du
I1 sort de Limonade ou Quanier-Morin, du
placées dans la dépendance
2 deux paroisses millions de livres de sucre par
Cap) huit à neuf
an.
du Capaplus de deux cens
Cette dépendance annuellement cinquante
sucreries qui rendent
qu'à elle seule,
millions de sucre. C'est-à-dire du sucre qui
le quart de la totalité
elle produit
sort des Colonies. --- Page 178 ---
(170)
Elle en rendroit le double, et ses productions
en café, coton, indigo, &c. augmenteroient de
même, si la partie du Nord étoit portée à sa
valeur.
Elle peut donner du travail à deux cent mille
Negres.
Quelle magnifique province!
Conséquemment quelle injustice d'en abandonner le régime à de simples Subdélégués!
Une considération frappante à cet égard, c'est
que cette partie du Nord n'a gueres de propriétaires résidens sur les lieux.
Mais l'importance deleurs biens intéresse PEtat et doit déterminer le suprême légisiateur à
députer au Cap des organes directs de son autorité, qui puissent surveiller, encourager ou
contenir sans cesse les fondés de pouvoir des propriétaires absens.
Cette ville du Cap a pris de tels accroissemens et peut en recevoir de si considérables,
qu'elle seroit propre elle seuleà occuperles Chefs
d'une Municipalité, uniquement livrés au soin
de la faire fleurir, commelecentre du commerce
et le magasin général des Colonies françoises.
Les deux autres parties de PIsle Saint-Domingue sont bien moins avancées que la partie
du Nord.
surveiller, encourager ou
contenir sans cesse les fondés de pouvoir des propriétaires absens.
Cette ville du Cap a pris de tels accroissemens et peut en recevoir de si considérables,
qu'elle seroit propre elle seuleà occuperles Chefs
d'une Municipalité, uniquement livrés au soin
de la faire fleurir, commelecentre du commerce
et le magasin général des Colonies françoises.
Les deux autres parties de PIsle Saint-Domingue sont bien moins avancées que la partie
du Nord. --- Page 179 ---
(171)
avec tant de détail, parce
Je n'en parlerai pas
bout de quaje les connois moins, et qu'au
que
suivie dans la seule partreans d'une application
encore d'en
tie du Nord, je ne me fatte pas
ressaisir tous les besoit.s, ni toutesles
avoir pu
facilités que le ministere pusources, quelques
embrasserlenblic ait données à mon zele, pour
semble du ressort de la Cour.
j'ai fait
Mais d'après les comparaisons que
de
les lieux entre les différens cantons
faire sur
je suis en état d'avancer,
FIsle Saint-Domingue,
Sud et rOuest
crainte d'être démenti, quele
sans
le disois, bien moins avancés
sont, comme je
élevés à son nique le Nord, et qu'ils ne seront
des Add'aisance et de prospérité, que par
veau
consactésaleurbonministrateurs exclusivement
heur particulier. bien fondé à dire que chacune
Je suis donc
mérité d'obtenir
de ces trois superbes provinces
qui y
un Intendant,
du Roi un Gouverneur, de six années, afin
soient envoyés pour l'espace
et
d'en étudier les ressources
d'être en mesure
eux-mêmes
de les faire mieux valoir;dese) porter
les
tous les ans, et sans frais, dans toutes
pa- les
de
par leurs yeux, et non sur
roisses : juger
les plus efficaces
rapports d'autrui, des moyens vivifier le comTagriculture; de
d'encourager --- Page 180 ---
(172)
merce; de faire rendre à tous bonne et prompte
justice; de donner plus d'attention à la police
générale; de placer des paroisses par-tout où le
besoin peut s'en faire sentir; de veiller aux concessions et distributions des eaux etdes terreins;
d'établir sur ce point la législation, qui est toutà-fait incomplette; d'ouvrir les débouchés qui
manquent, et de tenir en même tems les routes,
déja existantes, dans un meilleur état; en un mot,
d'aider les Colons par la protection et par la
vigilance d'un Gouvernement paternel, à enrichir
la métropole de l'immensité des produits dont
Saint-Domingue est susceptible.
On ne sauroit trop dire combien la Colonie
seroit reconnoissante de ce nouveau régime, et
combien la nouvelle en seroit reçue avec joie.
C'est le voeu général qu'on exprime dans cette
lettre, et l'on feroit un gros volume, si l'on vouloit en dénombrer les motifs et les avantages.
Chaque habitant auroit l'espoir d'aborder aisément les Chefs de son district.
II auroit la douceur de les voir tous les ans
venir dans son quartier, non pour un dinerd'appareil ou pour l'instant d'une revue, mais pour
approfondir tout ce qui seroit digne d'un examen
local.
Les procès de terreins et d'eaux, qui trainent
lettre, et l'on feroit un gros volume, si l'on vouloit en dénombrer les motifs et les avantages.
Chaque habitant auroit l'espoir d'aborder aisément les Chefs de son district.
II auroit la douceur de les voir tous les ans
venir dans son quartier, non pour un dinerd'appareil ou pour l'instant d'une revue, mais pour
approfondir tout ce qui seroit digne d'un examen
local.
Les procès de terreins et d'eaux, qui trainent --- Page 181 ---
(173)
et sont terminés au hasard
sans fin aujourd'hui
seroient bienmieux
pardesjuges placés troploin,
briévement jugés.
instruits et plus
trois Conseils ( car il en
Les Magistrats des
-
la partie du Sud ) travaillant
faudroit un pour
se concersous les yeux des Administrateurs, tour-à-tour les
teroient avec eux, et pourroient fonctions resaider et en être aidés dans leurs
pectives.
inférieurs seroient plus conLes Officiers
tenus et les loix mieux exécutées.
écoutées
du commerce seroient
Les plaintes
sans retard.
point de
Les objets maritimes ne souffriroient
délai; et tout délai leur est funeste.
tous les
Le recours à l'autorité seroit, dans
de
Les relations continues
cas, facile et décisif.
moins difficiles et
Plsle avec la France, seroient
moins irrégulieres.
plus se compliLa comptabilité ne pourroit
inextris'arriérer, s'embrouiller au point
quer,
cable où elle est aujourd'hui.
miliEt toutes les parties de l'ordre public,
ecclésiastique, civil, &c. setaire, judiciaire,
abus n'auroient éclairées de si près, qu'aucun
d'échapper, ni le tems de s'invéroit ni l'espoir
sérer. --- Page 182 ---
(174)
I1 naîtroit naturellement une grande émulation entre les Chefs des trois parties de SaintDomingue. Ce seroit à qui feroit mieux prospérer son département.
Le même zele animeroit les Assemblées particulieres de chacune de ces provinces. Moins
nombreuses et moins génantes que PAssemblée
Coloniale, elles aurcient aussi plus de moyens
d'atteindre au but de leurs travaux qu'elles connoîtroient mieux.
On alléguera la dépense que P'Etat devroit
faire
ces trois établissemens ; s'il en étoit
pour
ainsi, la dépense seroit bien vite regagnée par
Taugmentation des produits de chaque province.
Mais je sais que cette dépense, sagement
combinée, ne seroit pas plus forte que celle du
unique et vicieux, actuellement subsisrégime Je
en offrir les preuves, s'il étoit
tant.
pourrois
convenable de donner sur ce point des détails,
avant l'admisqui seroient un peu prématurés,
sion du plan.
La seule objection qu'on puisse opposer à ce
le travail des buplan, c'est qu'il multiplieroit
dont il exigeroit trois correspondances
reaux,
diverses, au-lieu qu'ils n'en ont qu'une à'suivre
dans l'ancien état.
Mais ce nouyeau travail ne chargeroit que les
preuves, s'il étoit
tant.
pourrois
convenable de donner sur ce point des détails,
avant l'admisqui seroient un peu prématurés,
sion du plan.
La seule objection qu'on puisse opposer à ce
le travail des buplan, c'est qu'il multiplieroit
dont il exigeroit trois correspondances
reaux,
diverses, au-lieu qu'ils n'en ont qu'une à'suivre
dans l'ancien état.
Mais ce nouyeau travail ne chargeroit que les --- Page 183 ---
(175)
copistes, car les mêmes principes s'appliquant
trois Intendances - 2 la besogne seroit la
aux
même.
seroit-elle beaucoup plus élaguée,
Peut-être
bien des minuties, qui vont aujourparçe que
avoir été mal saisies et
d'hui au Ministre, pour
le fait des Sousretardées à Saint-Domingue par
Ordres, ou faute d'un régime municipal bien Orseroient alors tranchées définitivement.
donné,
d'autres raisons à donner en faIly auroit
Mais en
veur du démembrement qu'on propose.
voila de bien sensibles et qui doivent suffire.
une telle matiere, on, risEn voulant épuiser.
d'êtreindiscret: ; et il seroit fàcheux qu'aqueroit
d'opérer le bonheur d'une
vec le desir le plus pur
irriter
importante Colonie, on ne parvint qu'à
l'amour propre et l'orgueil.
Les meilleures intentions trouvent souvent
sur le chemin du bien
ainsides vues particulieres
public.
ici les besoins et les voeux de
En consignant
la reine des Colonies, j'espere, Monseigneur,
m'être
heurté à ces tristes écueils. Je
ne
point
crois indisvous ai dit ce que j'ai vu, ce que je
pensable. Si je me trompe, le public fera justice
de mon plan et dévoilera mes erreurs. Si au contraire le public vous dit quej j'ai raison, usez de --- Page 184 ---
(176)
votre crédit pour opérer le bien quejem'estout
time heureux de pouvoir indiquer.
donneurs
à desirer que les
Il est peut-étre
aux Mid'avis et les faiseurs de plans présentés
suivent la même marche et montrent
nistres,
jour les motifs qui les font écrire.
ainsi au grand
des
est
Un mémoire secret sur
objets publics
caché. L'homme qui propose
toujours un piege
allume en quelque sorte un flambeau,
un projet,
la lumiere,
fait pour éclairer. S'il veut répandre
la
doit
rester dans l'ombre, ni craindre
il ne
pas d'oùt nait la vérité.
discussion, dont lauteur veut avoir une place,
Un projet évident; car il ne voit que lui ; etj
est un piege
il parle de bien
quand il nomme la patrie, quand
toujours rintérêt personpublic, il sous-entend
lintérêt
nel, dont le schisme est inévitable avec
général.
d'une part, point de mémoires
Ainsi donc,
universelle. Et enclandestins! Premiere regle
de
de mémoires par des solliciteurs
suite, point
Seconde regle, non moins
graces et d'emplois!
sûre.
vousinculquer ces
Je voudrois, Monseigneur,
: c'est le creuset auquel s'épuredeux principes
toutes ces nouvelles
roient ou se fondroient
dont on ne
idées, tous ces papiers mystérieux, tourmente
'une part, point de mémoires
Ainsi donc,
universelle. Et enclandestins! Premiere regle
de
de mémoires par des solliciteurs
suite, point
Seconde regle, non moins
graces et d'emplois!
sûre.
vousinculquer ces
Je voudrois, Monseigneur,
: c'est le creuset auquel s'épuredeux principes
toutes ces nouvelles
roient ou se fondroient
dont on ne
idées, tous ces papiers mystérieux, tourmente --- Page 185 ---
(177)
des gens en place;
tourmente que troptatiention qu'à les débarrasser de
et l'épreuve ne servit-elle le secret seroit bon.
la foule des intrigans, &c.
Je suis avec respect,
donner uneidée de Timportance
P. S. Pour
provinces qui fordes trois grandes
des produits
de YIsle Saint-Dominment la partie françoise
à ma, lettre un exgue, je crois devoir joindre de cette Colonie,
trait du tabléau de population les résultats consique Pon peut comparer avec
et politique, &c.
gnés dans thistoire rephilosophigue
non comme
On peut compter sur cet extrait, très-modéré : car,
très-fidele, mais comme étant c'est en moins *
s'il y manque quelqué chose,
non en plus.
essai estimable sur PadminisL'auteur d'un
imprimée incorrectration de SaineDomingue, de M: TAbbé Raynal, en
tement sous le nom
différent En récapi1785, présente un tableau
formés par les
tulant les divers établissemens
François, il compte à Ssine-Drmingue:
sucreries, au-lieu de 708.
au-lieu de2310.
700 indigoteries, au-lieu de 2448.
3000 cafeyeres, au-lieu de 297.
150 cotonneries, au-lieu de 3460 cacaoyeres,
M --- Page 186 ---
(178)
420 places à vivres.
180 places à bestiaux.
70 fours à chaux.
82 tuileries ou briqueries.
10O distilleries, appellées guildiveries.
Ces diférences sont très-grandes. Jusqu'à
présent, l'on n'a pas eu d'états assez exacts, sur
lesquels on pût établir les calculs politiques de
L'auteur du traité de Ladministracette Colonie.
tion des finances s'en plaint avec raison. Aussi,
le chapitre des Colonies
-dans ce chef-d'ceuvre,
.est absolument foible et vuide.
Ce qu'on a dit de plus certain, et ce qui doit
fixer l'attention sur Saint-Domingue, c'est que,
dans moins d'un siecle, la France en a tiré plus
de deux milliards; et que toute habitation quia
cent Negres est autant pour TEtat, qu'un
quatre de la seconde classe dans le Royaume.
bourg
létat ci-joint étant,
Quoi qu'il en soit, 7
comme on l'a dit, trop modeste, plutôtqu'enflé,
doit suffire pour donner une grande
C son aspect
qui contient environ SIX
idée de cette Colonie,
HABITATIONS de toute espece et plus
MILLE
de trois cent mille Negres.
FIN. --- Page 187 ---
E X T R A I T
Du Tableau dc Population ct de Culture de la partic Françoise de SaintDomingue, cn 1784,
Dresse a'apris le Récensement géncral.
HA BITATIONS E T HANUTACTURES
D'ou rroviennent les denrées que la Colonie fournit au Gummore,borsiesion,l leur division, leur
nombre.
PARTIES
PAROISSES. E
rtBonur DEROCEST.
ctitvaille
et uis
8o
DU suD..
'.
2y
Onn
du
ot
Toe
Damphi
)
Oonn 11
Vallie
) uph
-)
n
E '41
abit. du
des Habitations
ensement géncral.
HA BITATIONS E T HANUTACTURES
D'ou rroviennent les denrées que la Colonie fournit au Gummore,borsiesion,l leur division, leur
nombre.
PARTIES
PAROISSES. E
rtBonur DEROCEST.
ctitvaille
et uis
8o
DU suD..
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)
Oonn 11
Vallie
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-)
n
E '41
abit. du
des Habitations --- Page 188 --- --- Page 189 ---
TABL E.
DE L'EDITEUR.
AvesTienxNT
à SaintSULT la disette du numéraire remédier, du
Discours
et les moyens d'y
Domingue,
29 Mars 1787.
iere. & suiv.
Exposition du sujet. . e Page
sur la
PARTIE. Vues générales
et
PREMIERE
à San-Domingatin
disette du numéraire àcet- egard.. 6 &suiv.
surles projets proposes Premier moyen. Intéresser
SECONDE PARTIE. le numéraire à Saintla France à rétablir
19 & suiv.
Domingue. -
Second moyen. Crédit
TROISIEME PARTIE. méthode nouvelle. 35et circulation par une Nouveaux moyens de
QUATRIEXE PARTIE.
publiques de la
circulation. Amediorations
5o.
Colonie.
. e
sur le numéraire:
Pieces jointes au discours Chambre de ComNo. Ier. Lettre écrite par François la
de Neufchamerce du Cap, à M. du Roi en son Conteau, Procuaur-gendiat. de la même ville, le 20 Mars,
seil-supérieur
- - .
e
83.
1787: : e . succinct des objections de la
No. 2. Eramen contre la méthode proposée
lettre précedente, tirées SUT, connoissentens.
des ictires-de-change
e
85. --- Page 190 ---
ij
No, 3. Ertrait de la gagette du
du 3 Mars 1787.
Port-au-Prince, 9
Suede. a
Noavellapolitigue, article
(N B. Cest la publication
e o page 92.
terminé P Auteur d faire de cet article gui a dé.
sur le numéraire des Colonies. part au public de ses idées
il au-Prince luifut remise le 6 La gazette du Portécrivit son mémoire.
Mars, et sur le champ
No. 4. Ertrait des voyages de M.
de Chastelluz, dans
le Marquis
nale, (lesguels
FAmérique septentriola source du projet voyages paroissent avoir été
de l'afiche du
proposé à l'article Suede,
parle
Fort-aa-Prince, et combattu
LETTRES mémoire). : e
o . 94.
RELATIVES au discourss
raire, et à
surlenumé.
pour. la France plusieurs autres objets
et pour les Colonies. importans
LETTRE PREMIERE, àM. le Comte D*
Colonel de des Colonies,
P**,
du
2787. a
-
23 Mars
LETTRE II. à M. le
. - e 97.
Comte de I*I Gouverneur-général des Isles sous le vent
plantes utiles, d
(sur.les
nies
transporter dans les Colo-
(r). .
107.
(1)N.B. A la
du Pérot, sur
119, il est question d'un
vante.
L27E a oublié d'insérer la note fruit suiLettres Les Journanx de
latins del Leipsick, rendant
Grégoire
compte des
soin de remarquer, comme Majane, (Septembre 1734) ont
voi fait à Majans, de noyaux chose de toute nouvelle, l'enPérou. C C'est, disent les
Xirinoya, arrivés du
< du Nouveau Monde, Anteurs , le plus beau fruit
nouveau lui-mème pour FEu-
L27E a oublié d'insérer la note fruit suiLettres Les Journanx de
latins del Leipsick, rendant
Grégoire
compte des
soin de remarquer, comme Majane, (Septembre 1734) ont
voi fait à Majans, de noyaux chose de toute nouvelle, l'enPérou. C C'est, disent les
Xirinoya, arrivés du
< du Nouveau Monde, Anteurs , le plus beau fruit
nouveau lui-mème pour FEu- --- Page 191 ---
iij
associé
de M. D
LETTRE III. Réponse
du Cap, à M.
du cercle des Philadelphes du 28 Mars 2787
François de Neufchdieau,
page 121.
(surle mëme sujet que la précédente). D* p**, du
LETTRE IV. à M. le Président des Negres
(sur Tapplication
130.
2 Avril:787
criminels aux travaur publies).
que la
LETTRE V. au méme retireroient (sur Tavantage de la transFrance et Phumanité dans quelque partie de
des criminels
e 142.
portation TAmérique)- - * 0 .
lettres
sur les deux
preclCourte observation
des idées de PAuteur,
dentes (sur le rapport dans l'excellent compte
avec le résultat énoncé mendicité (2)- . - 156.
rendu des dépôts de
trois sens à la foisJ
et qui seul est flatteur pour
sa figure aux
< rope,
plait à Podorat, , autant que àl PAuteur de
C Son parfum
au
On conseille
VEsC yeux et sa saveur nul goût- pays n'étant, plus que
< semer les analogue noyaux 1 au Pérou >.
à
€ pagne 1
le sort des Paysans du
(2) L'Autenr, en esclaves comparant 2 indique des passniges a oucelui des Negres Il en citoit plusieurs cabane, qu'on et lisons
Cours dAgriculture. Arrétons-nous au mot
blié d'insérer. si touchant et si vrai:
de la misere et
ce morceau desire de connoitre le tablean les
d'Election,
C Sion Pinfortune, que Pon parcoure pays son logeC de
Habitant n'ose réparer dans la crainte de
< on le malheureux écroule de toutes parts 9. le plus souvent
C ment qui
ses impositions ,, Un 'et
ou quel-
< voir augmenter du plus strict nécessaire. grabat, sert de lit au
C manque de paille jettée dans un coin,
Souvent
C que peu à la mere aux filles et aux garçons. leurs vêteC pere,,
ils onts pour se couvrir, que eravaillent,
< sans draps,
leurs haillens. Qu'ils
< mene, ou plutôt
la crainte de
< on le malheureux écroule de toutes parts 9. le plus souvent
C ment qui
ses impositions ,, Un 'et
ou quel-
< voir augmenter du plus strict nécessaire. grabat, sert de lit au
C manque de paille jettée dans un coin,
Souvent
C que peu à la mere aux filles et aux garçons. leurs vêteC pere,,
ils onts pour se couvrir, que eravaillent,
< sans draps,
leurs haillens. Qu'ils
< mene, ou plutôt --- Page 192 ---
Iv
* * * * (sur le
LETTRE VI. à Monseigneur
de faire feurir la Colonie de Saintmoyen
la division de cette grande
Domingue, par
Provinces distinctes)-
Colonie 2 en trois
page I 59de la Colonie de SaintP.S. (sur Pimportance
Domingue )- :
e 177.
Tableau de population et de culture de SaintDomingue, en 2784
ec dit Phomme riche ; et cet homme au coeur d'airain éloie auroit raison 1 si ces malheureux n'étoient pas
toutes les ressources. .
e On auroit
cc gnés de de
ce tahleau est chargé ; je le peins
e tort penser que et dirois à celuiqui le jugeroitainsi:
c d'après nature, je
ces antres, ces especes de
C Venez et voyez; oû la misere parcourez s'est réfugiée 5 voyez les malec sépulcres les habitent ! Ils sont plus à craindre que
K heureux animaux qui confiés à leurs soins : Panimal pâture
CC les les
et son conducteur est sans pain >.
e dans champs, fidelle d'une classe du peuple libre s
Voilà la peinture
Certainement les Negres 7
dans notre Europe les policée. sont moins à plaindre que
esclaves dans Colonies 2 affligeant confirme les idées
ces Blancs. Et PAutéur ce parallele dans ses Lettres IV et V.
présontées par
à craindre que
K heureux animaux qui confiés à leurs soins : Panimal pâture
CC les les
et son conducteur est sans pain >.
e dans champs, fidelle d'une classe du peuple libre s
Voilà la peinture
Certainement les Negres 7
dans notre Europe les policée. sont moins à plaindre que
esclaves dans Colonies 2 affligeant confirme les idées
ces Blancs. Et PAutéur ce parallele dans ses Lettres IV et V.
présontées par --- Page 193 ---
DU CENSEUR ROYAL.
APPROBATION
le GardeJAL lu
ordre de Monseignenr intitulé : Mémoire
un Manuscrit la disette du numéraire
sur
ItE
en forme de discours et sur les moyens d'y remé Mars
à Sannt-Domingues, du Commercel le 29
dier, liu en la Chambre
DE NEUFCHATEAU, 3
1787,par M. FRANGOIS puisse en empêcher
et n'y ai rien trouvé qui ce 20 Décembre 1787.
Timpression. A Metz,
CHENU.
DU SCEAU.
PERMISSION
Rot DE FRANCE
Lourey PAR LA GRACE amés DE DtEv, et féaux Conseillers,, les
à nos
des ReET DE NAVARRES Cours de Parlement,, Maitres
Gens tenans nos de notre hôtel, ontin-caseal.Paint Civils
quêtes ordinaires Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans : SALUT.
de Paris,
Justiciers qu'il appartiendra àMetz,
et autres amé nos le Sr. LAMORT, anatleaalumme faire imprimer et
Notre Nous a fait exposer Mémoire qu'il desireroit enforme de discours,sur les
donner au Public Numéraire un
d Saint-Domingue du Commerce et sur
la disette du remédier, lu à la Chambre M. FRANGOIS
moyens d'y
le 19 Mars 1787, par lui accorder nos
du Cap-Frangois
s'il nous plaisoit nécessaires. A CES
DE Lettres Naorexart0i. de permission pour ce traiter PExposant, nous de
CAUSES, voulant favorablement par ces Présentes * lui
lui avons permis et permettons autant de fois que bon notre
faire imprimer ledit ouvrage vendre et débiter par tout
semblera, et de le faire le temps de cinq années Présentes. consécu- FAIRoyaume 7 pendant du jour dela date des
et autres
tives, défenses à compter à tous Imprimeurs 7 Libraires qu'elles
SONS
de quelque qualité et condition étrangere dans aupersonnes, soient, d'en introduire obdissance. d'impression A LA CHARGE que ces
cun lieu de notre
autant de fois que bon notre
faire imprimer ledit ouvrage vendre et débiter par tout
semblera, et de le faire le temps de cinq années Présentes. consécu- FAIRoyaume 7 pendant du jour dela date des
et autres
tives, défenses à compter à tous Imprimeurs 7 Libraires qu'elles
SONS
de quelque qualité et condition étrangere dans aupersonnes, soient, d'en introduire obdissance. d'impression A LA CHARGE que ces
cun lieu de notre --- Page 194 ---
03-934
vj
Présentes seront enrégistrées tout au long surle de Registre
Imprimeurs et Libraires Paris,
de la Commmnauwedes trois mois de la date d'icelles 5 que Pimpression
dans
sera faite dans notre Royaume et non
dadit ouvrage
et beaux caracteres; que TImailieurs, en bon,papier conformera en tout aux Réglemens de la
pétrant se
à celui du 10 Avril 1725, et
Librairie,, et notamment Conseil du 30 Août 1777., à peine
à PArrêt de notre
Permission;
de
de déchéance de la présente
servi qu'avant de
Texposer en vente 9 le manuscrit qui aura dans,le mêine copie
à Pimpression dudit ouvrage, été sera donnée remis ès mains de notre
état outApprobation. aura Garde-des-Sceauxe de France,
très-cher ct féal Chevalier Commandeur de nos ordres;
le Sieur DE LAMOIGNON, deux exemplaires dans notre
qu'il cn sera ensuite remis dans celle 'de notre Château
Bibliothèque publique, dans celle un de notre très-cher et féal
du Louvre, un
de France,le Sieur DE MAUPEAU,
ChetatierChancelier, dans celle dudit Sieur DE LAMOIGNON;, le tout à
et un de nullité des Présentes; Du CONTENU desquelles
peine
et enjoignons de faire jouir ledit Expovous MANDONS
et paisiblement 2
sant & ses ayans-canse leur soit pleinement fait aucun trouble ou empêsans souffrir VoULONS qu'il
la copie des Présentes, qui sera
chement.
qu'à
ou à Ja fn
imprimée tout au long: au commencement à P'original.
dudit onvrage, foi soit ajoutée comme
COAMANDONS au premier notre Huissier ou Sergentsur tous Actes
ce requis, de faire pour Pexécution d'icelles, aûtre
requis et nécessaires, sans demander Charte Normande, permission et
et nonobstant clameur de Cartel Haro, est notre plaisir. Donné 1
Lettres à ce contraires : du mois de Mai Fande grace
àParis levingbsixieme jour
de notre regne le
mii sept cent quatre-vingt-huit Conseil. 9 et LEBEGUE.
quinzieme. Par le Roi, en son
XXIII de la Chambre Royale 6SyndiREGISTRÉ sur le registre
de Paris, No, 1079 - fol. 566,
cale des Litraires et Imprimeurs énoncées dans la présente Pormission s
conformément de aux remetere dispositions à ladite Chambreles neuf exemplaires presenla charge Larrèt du Conscil du 16 Avril178s. A Paris, le ' Juin
crits 1788. par KNAPEN, Syndic.
REGISTRÉ sur ie Registre de la Chambre Syndicale fuin des 1788. LibrairesImprimeurs de Metz, fol. 94 recto. Metz; le2s
Syndic.
ÇOLLIGNON, --- Page 195 ---
E78S
FS25M --- Page 196 ---
--- Page 197 ---
- --- Page 198 ---
à