--- Page 1 --- --- Page 2 ---
3lubu Uatr Srolrn
Lihrary
Sirom Ihnibersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
2ED4.
[xo]
m'adreffer qu'à lui. Que fes croupiers, qu'il appelle fes amis, le
maintenant du précipice où ils l'ont jeté, Stupide inftrument de leur tirent
de leur méchanceté, il attribue à l'amitié les fecours
haine &
voit pas que ces lâches fe fervent de fon
qu'il en a reçus: & il ne
les dérober à la
des
nom comme d'un manteau qui doit
vengeance Loix, Quelle baffeffe de l'une & de
part !
l'autre
Comme j'écris moi-même mon Mémoire,je ne puis yjoindre les conclufions
que je dois prendre fur ma demande incidente en réparation. Mais
du moins en quoi elles confifteront.
je peux dire
Mon but eft de requérir la fuppreffion du Mémoire
a
Sieur dela
publié fous le nom du
Poupardière; ; une réparation publique 2 en préfence de fix
choifies par moi. Vingt mille livres de dommages-intérêts
perfonnes
maifon de la Providence &:
applicables à la
2 l'affiche de l'Arrêt à intervenir.
L'atrocité des imputations que me fait le Sieur de la
feroit fans doute à conclure à de plus fortes
Poupardière m'autoriréparations. Cet
fonnage ofe m'accufer D'USURE. Oi font tes
impudent perteur P En as-tu une feule à produire à
preuves, 2 audacieux calomniaT'appui d'une accufation
non feulement ton récit n'eft foutenu d'aucune
auffiflétriflante?
fuffiroit pour te faire déclarer
efpèce de preuves ( ce qui
toi-même de
coupable de calomnie ) mais tu t'es convaincu
menfonge & d'impofture en plaçant dans ta
tu prétends me faire
maifon la fcène oir
jouer un rôle infâme. La mal-adreffe de tes
furpaffe encore leur impudence; ; ils ont oublié de s'informer fi
croupiers
voit VII venir chez toi.
jamais on m'aNon,je le répète, jamais je n'ai mis les pieds dans la maifon
la Poupardière. La fcène
du Sieur de
qu'il a la mal-adreffe de
faire
une impofture évidente. Que fes
m'y
jouer eft donc
fe joue pas impunément de pareils apprennent, par fa punition, qu'on ne
l'honneur & de la réputation d'un citoyen.
Signe, DUPRÉ.
VII venir chez toi.
jamais on m'aNon,je le répète, jamais je n'ai mis les pieds dans la maifon
la Poupardière. La fcène
du Sieur de
qu'il a la mal-adreffe de
faire
une impofture évidente. Que fes
m'y
jouer eft donc
fe joue pas impunément de pareils apprennent, par fa punition, qu'on ne
l'honneur & de la réputation d'un citoyen.
Signe, DUPRÉ. e
dA-f-roreanAgeot --- Page 5 ---
Cu 12
M É M OI R E
OUR le Sieur GUESDON DE LA POUPARDIÈRE,
Négociant;
ONTRE les Steurs DAUBAGNA,
G Compagnie, aufe
TRIGANT
Négocians ;
T contre le Sieur DUPRÉ, tous demeurans
au-Prince.
ail Port- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
'.5
- Cat
OIR E
M E M
Négociants
Sieur GUESDON DE LA POUPARDIERE,
POUR le
TRIGANT 8 Compagnie,
CONTRE les Sicurs DAUBAGNA,
aufi Négocians 3
Port-autous demeurans all
ET contre le Sieur DUpRE,
Prince.
Auri facra fames, , quid non mortalia VIRG. cogis Eneid.
Pedou!
dont
c'eft une injuftice,
créancier vexe un débiteur, d'exemples, 8 qui, pour
Qvox
que trop
d'un intérêt foron ne voit malheurenfement point ; mais que l'appas
ufurceia même 2 n'étonne
Pufure 5 que des débiteurs
le commerce par
T'édifice de leur fortune
dide dégrade de créanciers pour élever
ils attenpent le nom
l'aide de titres fitppofes,
fur la ruine des autres 5 qu'à crédit &c à nos libertés ; qu'ils
honneur, à notre
contre nous toutes
tent à notre
& d'armer
ofent fe pérmettre de furprendre
de Poppreffion ; enfin,
deftinées à nous garantir
de toutes les
les avores.d
nous tourmenter
portent la perfidie jufqu'a
A
qu'ils
créanciers pour élever
ils attenpent le nom
l'aide de titres fitppofes,
fur la ruine des autres 5 qu'à crédit &c à nos libertés ; qu'ils
honneur, à notre
contre nous toutes
tent à notre
& d'armer
ofent fe pérmettre de furprendre
de Poppreffion ; enfin,
deftinées à nous garantir
de toutes les
les avores.d
nous tourmenter
portent la perfidie jufqu'a
A
qu'ils --- Page 8 ---
(2)
manières pour preffurer notre, fubftance & s'abreuver de notre
fang, c'eft le fceau du mépris pour les loiss c'eft le levain le
plus aétif dont la fermentation puiffe menacer les fociétés.
FAITS E.T PROCEDURES
La maifon
Daubagna, Trigant & Compagnie - , m'a vendu,
au mois de novembre 1786, un parti de bois
la
anglo-américains,
pour conftruétion d'une bâtiffe fur un cmplacement
que je
poffède atl Port-au-Prince. Je n'avois pas
donner
d'argent comptant à
pour cct achat 5 mais j'étois porteur d'une créance de
16,165 1. 12 f 9 d. de principal fur le Sieur
Duverger 3 riche
Habitant, 7 & fur la fiicceffion du feu Sieur Martin,, vivant Négociant. Cette créance, revêtue de fentence du. Siége, formoit
alors un aétif de 22,000 liv. ; je l'offris en payement, & elle fut
acceptée aux termes & conditions qu'on verra ci-après. (1)
Antérieurement à cet arrangement 2 j'avois confié au Sieur
Dupré, chargé alors des affaires de la fucceffion
Martin 2 mes
titres de créance pour m'en procurer la rentrée ; il m'en avoit
fourni un reçu. (2)
Ce fut ce reçu, 2 reprétentatif de mes titres, ou 1 pour mieux
dire, ma garantie envers Dupré, 2 que je tranfportai aux Sieurs
(1): Cette créance étoit d'autant plus folide, & le recouvrement en étoit d'autant
aifé pour les Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, que M: Trigant, Precureur du plus
de cette Sinkchaufée,fixe d'un des affociés de leur maifon, étoit devenu
Roi
ment débiteur de cet objet par fon mariage avec T'héritiére Martin; & d'ailleurs perfonnelle- ils étoient
eux-mêmes chargés du fyndicat des dettes de la fucceflion du feu: Sieur Martin, & des
répartitions à faire à fes différens créanciers, ainfi que la gazeite du 5 juin 1788,no
en) fait foi.
45,
(2) Lc Sieur Deprés s'étoit chargé de mon recouvrement 2 moyennant
de fix pour cent & une gratification de dix portugaifes, dont il avoir çxigé. Ee.commifion d'àvance mes
billets : c'eft une ci.conflance néceffaire à rerarquer pour Fintelligence-de plufieurs
importans de Ja
pontel
caufe,
T ci 3009504
fi que la gazeite du 5 juin 1788,no
en) fait foi.
45,
(2) Lc Sieur Deprés s'étoit chargé de mon recouvrement 2 moyennant
de fix pour cent & une gratification de dix portugaifes, dont il avoir çxigé. Ee.commifion d'àvance mes
billets : c'eft une ci.conflance néceffaire à rerarquer pour Fintelligence-de plufieurs
importans de Ja
pontel
caufe,
T ci 3009504 --- Page 9 ---
Daubagrtir, Trigune &c
(3)
de cet agent le ner Compagnie, avec autorifation
di, & m'en
produir de ma créance
de recevoir
fance
compter la folde ; ils m'en Pour fe payer de leur
ftivante: :
donnèrent la
< Nous reconnoiffons
reconnoif.
>> une
que le Sieur
reconnoiffance du
>
Sieur
Poupardière
tant contre le Sieur
Doprs, portant nous a remis
>> Sicur Martin, d'une Duverger que concre la condamnation,
>>
réclamer de
fomme de 16,165 L. fucceflion du feut
mondic Sieur
12f 9
> Sepourr nous
Dupré le ner produit d., pour en
> éft due
payer de la fomme de
d'après rentrée,
par ledit
12,7831. 4
> lui avons vendur, Poupardière, pour un
E6d.,quis de
nous
>> compte
, auquel nous
parti bois que-nous
après la rentréc &
promettons de lui
> de.r rentrée
lui en
en rendre
2 ( dans fix
compter la folde ; ou
>>
mois de ce
à défaur
ricomonfance , pour
jour ) lui
> di. Au
exiger le payement de remettre ladité
*
Porr-au-Prince, le
ce qui nous
bagna, , Trigane &
29-novémbre 1786.
ef
Compagniaps :nC
Signé,
cet
Après
Daufaitement libéré arrangement, je me ertlybis &c
luiavois
envers cette maifon de dévois me croire
remis étoit du
commerce. L'aéif parqu'elle avoit de fe
comprant pour elle, à caufe de que je
plus loin que le Payer par fes mains ; mais fes vues la facilité
vois, comme payement des 12,78;
s'étendoient
Sieurs
on le verra dans le cours liv'4 de 16d d. que je lui deDaubagna, Trigant &
ce mémoire 5
en
auffi les
délai apparence, , dans une inaétion cenpansunedoreartiy abfolue
rdu moins
m'ont convenu entre nous 2
pendant les fix mois
fait fouffrir dans
préparant de loin les
du"
En'effet, ils
Thorreur d'une
tourmens qu'ils
me firent, , à
prifon,
reprendre le mandat tiré à l'échéance du terme fixé,
Jiur le Sieur
leur profit, le 29
aligner a
Dupré; en
novembre
par corps à leur payer la configunce, , d me voir
786,
tant des bois qu'ils
Jomme de 12:783 L.
condamner
m'avoient vendus.
+h6d, monA 2
loin les
du"
En'effet, ils
Thorreur d'une
tourmens qu'ils
me firent, , à
prifon,
reprendre le mandat tiré à l'échéance du terme fixé,
Jiur le Sieur
leur profit, le 29
aligner a
Dupré; en
novembre
par corps à leur payer la configunce, , d me voir
786,
tant des bois qu'ils
Jomme de 12:783 L.
condamner
m'avoient vendus.
+h6d, monA 2 --- Page 10 ---
(4)
Ces conclufions, à quelque différence près dans les mots 9
étoient conformes à l'efprit & à la lettre du contrat fait entre les
parties 5 auffi n'eftimai-je pas à propos de paroitre fur l'affignation : je laiffai donc prendre fentence par défaut contre moi le
23 juin 1787, & je fus, felon les conclufions de mes adverfaires,
coadamné à reprendre le mandat, Gc.; en conféguence, aflreint
par corps à leur payer la fomme de 12,783 L. 4f 6d.
Ce Jugement me fut fignifié quelques mois après, à ce qu'il
paroit, (car je n'en ai jamais vu la copie ) 5 mais comme il renfermoit deux chefs de condamnation bien diftinats, dont l'exécution de l'un étoit fubordonnée à l'exécution de T'autre, c'eft-àdire, comme il'n'étoit que l'expreflion exéçutoire de notre contrat, je crus pouvoir être fans alarme. En effet, fi, par une
fition
difpode la fentence, 2 j'étois tenu de reprendre le tranfport que
j'avois fait en payement aux Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, ils étoient eux-mémes fenus de me le remettre ; c'étoit-là
l'efprit de notre convention: cette remife étoit un préalable indifpenfable, qu'il falloit rempiirayant de pouvoir exécuter le fecond
chefdela condamnation obtenue contre moi. il faut étré aveugle,
ou vouloir réfifter à l'évidence, pour ne pas convenir de cette
vérité.
Sur la foi de notre accord, & du jugement qui'en ordonnoit
T'exécution, j'attendois que les Sieurs Daubagna, Trigant &
Compagnie 2 me miffent, par leurs offres 1 en demeure de
reprendre le titre que je leur avois tranfporté en payement:
de leurs bois. Quel fut mon étonnement, , lorfque j'appris
qu'ils fe difpofoienr, au mépris de notre contrat & de la fentence
du Siége, à attenter à ma liberté ! Je fus prévenu de leurs
deffeins, & je me vis contraint de les faire avorter 2 en
appelant de la fentence du 23 juin 1787, par a8te extrajudiciaire
du 20 décembre de la même année.
Mes impitoyables
perfécuteurs, 7 irrités de l'obitacle que
orfque j'appris
qu'ils fe difpofoienr, au mépris de notre contrat & de la fentence
du Siége, à attenter à ma liberté ! Je fus prévenu de leurs
deffeins, & je me vis contraint de les faire avorter 2 en
appelant de la fentence du 23 juin 1787, par a8te extrajudiciaire
du 20 décembre de la même année.
Mes impitoyables
perfécuteurs, 7 irrités de l'obitacle que --- Page 11 ---
j'oppofois à leurs
(5)
s'acharnèrent
projets 2 & fans
à vouloir paffer
refpeet pour mon
quant à la contrainte
outre à l'exécution de la appel,
cet effet le cautionnement prononcée contre moi, & ils fentece,
du Sieur
m'offrirent à
Quoique je fuffe convaincu
Ragueneau.
fentence ne peut avoir
que T'exécution
les effets
lieu,
provifoire d'une
lorfqu'il y a
fuites d'une réparables en définitif, &c que rien appel, que pour
le refpeét contrainte par corps, 2 je ne
ne peut réparér les
que les Sieurs
comprois pas affez fur
portent aux
Daubagna, Trigant &c
fécurité
principes, 7 pour m'endormir
Compagnie,
(1). Je me décidai
dans une
d'exécuter le premier chef
donc à les mettre en profonde
les fommant de
de la fentence du
demeure
avois
me remettre le titre de
23 juin 1787, en.
conditionnellement
créance que je leur
Ças de refus, le leur
tranfporté, & en leur
proreftant
abandonner àleurs
déclarant, en
même de me pourvoir péril, rifques &c fortunes,
perfonnellement à me
pour les faire
de notre convention. payer l'excédent de leur dà, condamner
Cette fommation
aux 9 termes
n'en fitivirent
ne produifit aucun effer : mes
Je fus même pas moins leurs projets de. vexation adverfaires
maifon
prévenu de me tenir fur
contre moi.
Daubagna, 2 Trigant &c
mes gardes ; que la
jeter dans les fers ; qu'elle avoit Compagnie, travailloit à me
nement pour me faire arrêter obtenu des ordres du
entre les mains de la
3 &c que ces ordres étoient Gouvermaréchauffée.
déjà
() Cef uine erreur bien grande de
emprifonner appel. Cette un homme en vertu d'une beaucoup fentence de praticiens, , que de croire qu'on
infirmée: : quel opinion eft alors outrage le Thumanité, En effet, exécutoire il eft poffible par provifion : lorfqu'il puiffe y a
Eiberé? quel eft le prix qui prix qui peut le dédommager d'un inflant- que cette fenterice foit
dans le comm erce , Thonneur peut & réparer le Thumiliation d'un tel
de privation de fa
mance de 1667 eft à
crédit : Au
attentat, qui arraqueà la fois,
précis cet égard,
refte, Taticle XII du titre 34 de l'ordon-
eft poffible par provifion : lorfqu'il puiffe y a
Eiberé? quel eft le prix qui prix qui peut le dédommager d'un inflant- que cette fenterice foit
dans le comm erce , Thonneur peut & réparer le Thumiliation d'un tel
de privation de fa
mance de 1667 eft à
crédit : Au
attentat, qui arraqueà la fois,
précis cet égard,
refte, Taticle XII du titre 34 de l'ordon- --- Page 12 ---
(6)
Coravis m'infpira moins de frayeur que d'étonnement. Je
connoiffois hier les Sieurs Daubagna - 2 Trigant &
çapables de toutes les injuftices envers ceux qui font Compagnie des affaires ,
avec leur maifoa;. mais jc ne me ferois jamais imaginé qu'ils
eulfent ofé armer l'autorité du Gouvernement
contre moi,
avant d'avoir fatisfait à la claufe qui les, S; oblige dans notré
contrat, &à,la, fentençe. qui ordonne P'éxécution de cette claufe.
S'ils n'avoient pas. déguifé la vérité à M. le.Gouverneur général,
les ordres qui lui font échappés (j'ofe le' dire ). n'auroient
jamais vu le jour.
Quoi qu'il en foit, jel me.vis obligé, par les menacès de mes
adverfaires , de me pourvoir au Confeil, &c. de folliciter des:
défenfes contre l'exécution provifoire ordonnée par la fentence
du 23. juin 1787; ce, que j'obtins de la juftice des Magiftrats
fupérieurs,le.1s février 1788.
- Je fisfi gnifier ces défenfes aiix Sieurs. Daubagna 31 Trigant &
Compagnie, dès le leridemain 16, du même mois s avec
tion de procéder en la Cour. Ils conflituèrent
aflignaAvocar en caufe ;
& par arrêt contradiStoire du 2 mai 1788, la Cour mit
aur,
pellation
néant, & confirma purement & fimplement l'ap- la
fentence appelée.
Nous voilà donc renvoyés à l'exécution de la loi que nous
nous étions relpectivement impofée par notre contrat. Il faut
d'abord - que les Sieurs Daubagna, Trigant &
commencent
Compagnie,
par me rendre le tranfport fur lequel j'avois fondé
ma libération envers eux ; & alors je ferai définitivement fous
le coup de la contrainte par corps, qu'ils ont obtenue contre
moi, Jufque-là l'effet de cette contrainte eft en fifpens, comme
je le démontrerai-dans la difcuffion de mes moyens au fond.
Dans la, perfuafion ouj'étois de cette doublc vérité, j'attendois patiemment la fignification de l'arrêt intervenu fur mon
appel, pour me déterminer à prendre un parti convenable aux
ai définitivement fous
le coup de la contrainte par corps, qu'ils ont obtenue contre
moi, Jufque-là l'effet de cette contrainte eft en fifpens, comme
je le démontrerai-dans la difcuffion de mes moyens au fond.
Dans la, perfuafion ouj'étois de cette doublc vérité, j'attendois patiemment la fignification de l'arrêt intervenu fur mon
appel, pour me déterminer à prendre un parti convenable aux --- Page 13 ---
circonflances. Cette
(7)
cution du
formalicé étant
lois
jugement, j'étois fans indipenfable pour l'exéprotearices.
inquiétude fous la foi des
Pendant que je me
livrer à une entière
livrois & devois
juftice contre les confiance dans les formes naturellement me
je les follicitois attentats de mes
tutélaires de la
titre de
& les preffois vainement adverfaires, que, 1 d'un côté,
créance, dont ils
de me remettre mon,
vrement, > & avec lequel paroiffoient avoir négligé le
fatisfaire tous mes
j'aurois pu trouver le
recoudes pouvoirs du créanciers; de l'autre, le Sieur
moyen de
Sieur
me libérer
Paon, envers
Touron, fondé
par le fait des Sieurs lequel je ne pouvois pas
du Compagnie, me fit
Daubagna 2
Gouvernement, emprifonner, * en vertu d'une Trigant &
concrainte
délivrée contre moi fur
ordonnance.
par corps. Cet
une fentence
1788, &c un.
emprifonnement eut lieu le portant
de jours après arrangement donner convenable à ce créancier
24 mai
D3s le jour même main-levée de mon écrou.
me fit peu
bagna,
de mon
Trigant &
emprtionnement, les Sieurs
arrêt, fans m'avoir Compagnie 3 fans m'avoir fait
Dau-.
commandement
notifé aucuns ordres. de fignifier leur
mot, fans
préalable, s fans minifère Tautorité, fans
requête. aucun titre, me firent
d'huililer, en un
L'efpèce d'écrou, configné recommanderi fur les
la geole à Jeur
eRuropremirqueiles & il eft
pour en dérober la regiftres de la prifon 2
mes
effeutiel pour moi de le placer connoifance au Public:
Juges.
ici fous les yeux de
Estraie des regiftres des
>> Le 24 mai 1788, le prifons royales du
*
Sieur
Port-au-Prince.
mandé, en vertud
Poupardière a été ce jour
> Sieurs
d'ordonnance de M. le
recomDaubagna &
Général,en faveur
* mille fept cents
Trigant, pcur. une fomme de douze des
A la fuite de quare-vingr-trois livres. 9
Texpétition eft écrit
Balance, , Jamet,
: Collationné
pour M.
1788, le prifons royales du
*
Sieur
Port-au-Prince.
mandé, en vertud
Poupardière a été ce jour
> Sieurs
d'ordonnance de M. le
recomDaubagna &
Général,en faveur
* mille fept cents
Trigant, pcur. une fomme de douze des
A la fuite de quare-vingr-trois livres. 9
Texpétition eft écrit
Balance, , Jamet,
: Collationné
pour M. --- Page 14 ---
(8)
C'eft pourtant en vertu de cet atte, qui n'eft revêtu
lignature d'officier public 9 auffi monftrueux & aufi d'aucune
aux lois, dont l'obfervance eft fur-tout
coniraire
s'agit de priver l'homme de fa liberté, impérieufe, lorfqu'ill
été
un cachot pendant près de fept mois quej'ai détenu dans
injurieux à l'autorité
5 c'eft en vertu de cet aste'
faire,
même, 2 aul nom de laquelle on a ofé le
que je me fuis vu expofé à périr dans la
misère'; que ma ruine abfolue a été
plus affreufe
Sieurs
confommée, & que les
Daubagna, Trigant &
combler mon infortune.
Compagnie, 2 ont cherché à
Inutilement criai-je à
-
l'injuftice, inutilement
amis 2 inutilement enfin
fis-je agir mes
propofai-je des facrifices énormes
recouvrer ma liberté, 2 toutes les oreilles étoient
pour
les coeurs étoient de glace : le crédit de
bouchées, tous
parvenuàme fermer même l'accès
mes perfécuteurs étoit
Pas un officier public n'ofoit
suprèsdel'aurorié proteétrice,
étoient
me préter fon miniftère; mes cris
interceptés à la porte de ma prifon 3
ment fuccombé fous le poids de
j'aurois infaillibleinattendu d'une
mon défefpoir, fans le fecours
ame honnête & charitable, qui fit
mes malheurs à M. le Marquis du Chilleau.
connoître
en fut révolté; & il
Ce vertueux Chef
crut fa juftice intéreffée à
terme. Croira-t-on que troislettresde
y mettre un
la mémoire fera à
ce Gouverneur général,dont
jamais honorée & chérie à
Ont obtenu avec peine ma liberté des Sieurs Saint-Domingue 2
gant & Compagnie P croira-t-on
Daubagna, Triencore. 2 Gi l'autorité
que ma captivité dureroit
ne s'étoit enfin mélée aux
P
pourtant une vérité prouvée
prières C'eft
par l'événement même (1). La
timens (:) Que qu'ils mes n'ont impitoyables guichetiers ceffent d'afficher aux yeux du Public des
pas! Ils difent, ils écrivent devant les
fenpar humanité, & Pour obliger M. le Marquis du
tribunaux, que ce n'étoit que
élargiflement.. Lhumanité des Sieurs
Chilleau, qu'ils ont conferti à mon
qu'on interroge la porte de mon
Daubagna 1 Trigant & Cempagnie!.. Ah!
cacho:, 2 le bruit des gonds efl l'écho de la fenfibilité d'ame
néceflité
yeux du Public des
pas! Ils difent, ils écrivent devant les
fenpar humanité, & Pour obliger M. le Marquis du
tribunaux, que ce n'étoit que
élargiflement.. Lhumanité des Sieurs
Chilleau, qu'ils ont conferti à mon
qu'on interroge la porte de mon
Daubagna 1 Trigant & Cempagnie!.. Ah!
cacho:, 2 le bruit des gonds efl l'écho de la fenfibilité d'ame
néceflité --- Page 15 ---
néceffité d'obéir aux
(9)
circonflances, toute
pour mes adverfaires, étoit
humiliante qu'elle étoit
le moins. En effet,
encore le facrifice qui leur coûtoit
homme la liberté
c'étoit peu pour eux que de rendre à
honte de
qu'ils lui avoient ravie
un
paroitre à découvert devant injuflement ; mais la
foutenir fes
la vertu, &
regards .
c'étoit-l
d'avoir' à
affeétoit le plus. Il falloit
vraiment ce
les
en outre fe
qui
(avouer en
reconnoitre mes
confequence leurs torts
débiteurs,
un titre qui porte avec
envers moi ) ou me reftituer
ai fait, la
lui, dans le tranfport
preuve d'une ufure,
que je leur en
& les lois
que l'opinion
par l'infamie. L'alternative
punit par le mépris,
défagréable pour eux.
étoir dans tous les Cas fort
Forcés de
prendre un parti, les
gant &
Sieurs
TriCompagnie , cherchèrent à fe tirer Daubagna,
une tournure normande,
de cet embarras
toire.à la faveur de
qui réferve toujours quelque
par
Voici donc
T'ambiguité dans les mots & dans échappala déclaration qu'ils
les phrafes.
M. le Marquis du
remirent entre les mains de
bonté de
Chilleau, & que ce
me tranfinettre,
vertueux chef eut la
quil les caraétérife !.. Le défir d'obliger M. le
rum!.. voilà toutes leurs vertus, Au refte, il faut Marquis du Chilleau :.. Vanitas vanitaTrigant & Compagnie, 3 qui voudroient
qu'on fache que les Sieurs
bien loin de leur caradère ont cherché à aujourdhui faire croire à une générofité Daubugna,
entr'eux & M. le Narquis du Chilleau. Ils effacer les traces de ce qui s'eft paffé à qui eft
niftrateur , parvenus une feconde fois à font même encore, après
de mon cet fujet
nant
de lui, non-feulement les lettres furprendre la religion de M, de ledépart admiencore celles que je lui avois adreffées orignales qu'ils avoient écrites à mon Vincent, , en obteprendre, lorfque je me fuis
moi. même. C'eft ce que yai été Hheérarenr,mais
toute cette
préfenté au gouvernement pour demander des bien étonné d'apjuftificatif de conefpondance, qui me fembloit devoir refter en
expéditions de
ils ont beau Tadminifration du chef, qui a honoré
dépôt, comme un monument
faire, ils ne m'enlèveront pas les
Thumanité en brifant mes fers; ;
vertueux
mais
fon Adminiftrateur a daigné m'écrire en témoignages ceite
confignés dans les Jettres ce
cceur, 7 dépefitaire de toutes les vertus de occafion: & d'ailleurs il n'eft pas que mort ;
pourrois avoir befoin à cet égard,
Thomme, me conferve tous les titres don: je
B
, comme un monument
faire, ils ne m'enlèveront pas les
Thumanité en brifant mes fers; ;
vertueux
mais
fon Adminiftrateur a daigné m'écrire en témoignages ceite
confignés dans les Jettres ce
cceur, 7 dépefitaire de toutes les vertus de occafion: & d'ailleurs il n'eft pas que mort ;
pourrois avoir befoin à cet égard,
Thomme, me conferve tous les titres don: je
B --- Page 16 ---
(10)
(C Nous diclarons confentir à ce que le Sieur de la Poupar-
> dière,retenua aujourd'hui en prifon a notre requête, par défaut
> de non payement de CC qu'il nous doit en vertu de fentence,
> foit clargi, déclarant garder dans nos mains le titre dont eft
>> queftion dans ladite fentence, pour en pourfuivre le recouvre-
> ment 2 & cn rendre compte après nous êtro payés de Ce
5> qu'il tous doit. Au Pori-au-Prince, le 19 janvier 1789,
>> Signé, Daubagna Z 2 Trigant e Compagnic. >Y
Muni de cette déclaration, dont on eft réduit à chercher
le fens dans un commentaire, je me fuis d'abord difpofs à faire
affigner les Sicurs Daubagna, Trigant & Compagnie 2 pour les
faire condamner à me payer, après le prélèvement de leur dû,
la folde de la créance qu'ils ont à moi, & aux dommagesintérets qui font une confequence de leurs vexations.
Il me fembloit, felon les lois, qu'il ne devoit pas y avoir
plus de dificuida affigner cCS Meffieurs qu'un autre particulier:
mais foit que leur crédit perfonnel. en impofe, foit quc les
relations qu'ils ont avec la famille Trigant intimident les
officiers fibalternes de la juftice 2 il n'eft pas moins vrai que 7
lorfque j'ai voulu m'adreffer aux tribunaux qui font ouverts
à tout le monde, je me fuis vu au moment de ne pouvoir y
pénétrer,faute d'affiffance légale. .Le nom deDaubagna, Trigant
& Compagnie, a paru un fignal d'alarme pour les Procureurs.
Me Pafquet de Leyde, auquel j'ai confié mes intérêts, a refté
plufieurs mois dans l'inaétion en me berçant de parcles vagues.
Pendant cét. intervalle mes adverfaires, infornds de ma
réfolution, ont eu recours à M. le Marquis du Chilleau 7
pour le prier de vouloir. me difpofer à un arrangement. Cc
refpeétable chef, toujours empreffé de faire le bien lorfqu'il
sen trouvoit l'occafion, daigna accepter l'office de médiateur.
Il eut en conféquence la bonté de m'éerire, le 8 avril dernier,
pour m'engager à me rendre auprès de luis je courus à fa voix
réfolution, ont eu recours à M. le Marquis du Chilleau 7
pour le prier de vouloir. me difpofer à un arrangement. Cc
refpeétable chef, toujours empreffé de faire le bien lorfqu'il
sen trouvoit l'occafion, daigna accepter l'office de médiateur.
Il eut en conféquence la bonté de m'éerire, le 8 avril dernier,
pour m'engager à me rendre auprès de luis je courus à fa voix --- Page 17 ---
comme à celle de mon (")
Daubagnas il me témoigna fauveur: : je le trouvai avec le Sieur
à T'aminble, Je
défirer que je terminaffe
je le laiffois huirépondis que je ne demandois cette affaire
T'arbitre abfolu de
pas mieux;
mon clargiffement à fa
mon fort ; que je devois que
recofnoillance
juflice, & que
déjà
les
Jaccepterois d'elle
en confidération dédommagemens de
qu'elle voudroit bien avec
mois d'une
mes pertes & de mes
fixer,
injufte captiviré, Ma
foufirances par fept
Marquis du Chilleau le fentit réclamation étoit fondée, le
peu
; mais
le
M.
difpofsà un traité équitable
voyant Sieur
nos Juges naturels,
avec moi, il nous Daubagna
L'amitié
(1)
renvoya vers
vint alors à mon fecours
reurs craignoiene
; elle fit ce que les ProcuJe la portai à M. d'eantreprendre. Ma requête fur donc
ce Procreur
Pafquer pouz la figner ;
dreffée,
il eft
me refitfe fon miniflère. J'ai nouveaux obflacles 5
obligé d'obéir à l'autorité
recours à Tinjonélion :
m'affter; & eependant,
qui lui impofe le devoir de
ma garantie,
malgré les ordres
9 en un mot malgré la
fupéricurs, malgré
m'oppofe encore la plus grande
juflice de ma caufe, il
lui faifant le facrifice de
répugnance : & ce n'eft qu'en
parviens àobtenir fa
plufieurs de mes moyens,
pour
fignature 5 encore ne la
que je
Talfance 6 pour les conclifions
donne-r-il enfin que
L'objet de ces conclufions eft
feulement.
corps;ro.d'ume: fomme de
d'avoir une condamnation
certifié & étayé de
3330 liv.16 f., montant d'un
par
& Compagnie.
bons, contre les Sieurs Daubagna, compte
Trigant
(*) Le Sieur Daubegna pouffa l'indécence
Gouverneur général de vouloir bien
en cette occafion,
mon élargifement Ce vertueux rétablir les chofes dans l'état jufqu'a oà propefer à M. le
avec un fourire mélé de
Adminifirateur lui tourna le
elles étoient avant
colère, , fij j'étois curieue
dos, en me
qui,.comme on le juge bien,ne fut
de retourner en pifon. Sur demaudant,
énergiquiement au Sieur
de pas affirmative, M. le
du
ma réporfe,
Daubagna nc pius lui parler de Marquis cette affaire, Chilleau ordonana
B 2
'a oà propefer à M. le
avec un fourire mélé de
Adminifirateur lui tourna le
elles étoient avant
colère, , fij j'étois curieue
dos, en me
qui,.comme on le juge bien,ne fut
de retourner en pifon. Sur demaudant,
énergiquiement au Sieur
de pas affirmative, M. le
du
ma réporfe,
Daubagna nc pius lui parler de Marquis cette affaire, Chilleau ordonana
B 2 --- Page 18 ---
(12)
2°, D'avoir aôte de l'abandon que je leur fais de ma créance
fur la- fucceflion Martin & fur le Sieur Duverger, pour par eux
n'avoir pas obéià ma fommation du 9 février 1788; en conféquence je requiers qu'ils foient condamnés perfonnellement à
me payerlafomme de 16,165 liv. 12 f. 9 d. en capital, enfemble
les intérêts & les frais du jour qu'ils font acquis, confentant
néanmoins à faire fur cette fomme compenfation de celle de
12,783 liv. 4 f 6 d. que je leur dois.
3°. Et fubfidiairement, je demande qu'ils foient condamnés
à me tenir compte de ladite fomme de 16,165 liv. 12 f. 9 d.,
enfemble des intérêts & frais, fi mieux ils n'aiment me remettre 7
dans le délai de vingt-quatre heures du jour de la fignification de.
la fentence à intervenir 2 mon tranfport fur Dupré, enfemble les
fommes qu'ils pourroient avoir touchées, foit à compte 2 foit
autrement 2 leur offrant toujours de leur imputer en compenfation, tant lefdites fommes que celle de 3330 liv. 16 f, montant du compte mentionné au premier chef de mes conclufions 2
&ce jufques à concurrence de leur dû en principal& acceffoires;
qu'ils foient tenus en conféquence de me communiquer le
tableau en bonne & due forme des répartitions qu'ils ont faites
ou dà faire aux créanciers de la fucceffion Martin , afin que
je connoiffe fi je fuis ou non complètement libéré du prix
des bois qu'ils m'ont vendus 2 offrant, , dans le cas que ma libération ne feroit pas entièrement effeêtuée, de la confommer.
4°. Au fujet de mon emprifonnement, je requiers qu'il foit
déclaré nul, injurieux, tortionnaire & déraifonnable, attendu
fon illégalité, dans la forme, & le défaut de titre au fond ;
qu'en conféquence il foit ordonné que la recommandation de
ma perfonne ès prifons de cette ville, faite à ieur requête, fera
rayée & biffce des regiftres de la geole, 2 & qu'ils foient en
outre condamnés à me payer 2 par forme de réparations civiles
ou dommages-interets, la fomme de deux cents quatre-vingt-
nable, attendu
fon illégalité, dans la forme, & le défaut de titre au fond ;
qu'en conféquence il foit ordonné que la recommandation de
ma perfonne ès prifons de cette ville, faite à ieur requête, fera
rayée & biffce des regiftres de la geole, 2 & qu'ils foient en
outre condamnés à me payer 2 par forme de réparations civiles
ou dommages-interets, la fomme de deux cents quatre-vingt- --- Page 19 ---
cinq mille
(13)
livres, fauf au minifère
expreffément la jonaion, à
public, 3 dont je réclame
telles conclufions qu'il avifèra. prendre pour la vindige publique
5° Concluant contre le Sieur
condamné à me tenir
Dupré, je demande qu'il foit
confiée pour en faire le compte de la créance que je lui ai
bourfer les frais qu'il juftificra recouvrement, offrant de lui remcertifiés&calloués: : & en cas de avoir faits, d'après les états
Daubagna, Trigant &:
conteftation de la part des Sieurs
fance que je leur ai Compagnie, fur la remife de la reconnoifque la fentence à intervenir tranfportée, je fupplie le Siége d'ordonner
Dupré pleine &c entière tiendra lieu & vaudra audit Sieur
décharge de ladite créance.
Nanmoinsje demande que ledit Sieur
mer eremettre,
Dupré foit condamnéà
dix portugaifes de
heures, Io, mon
akadsarnesamet
billetde
miflion 3 qu'il a exigé grati@icniosia.celuider de moi
fix pour cent de compar le Sicge pour fes peines & pour foins fon agence 5 faufà ftatuer
créance, Sc encore fauf fon
au cas de rentrée de ma
Trigant &:Compagnie,
recours contre les Sieurs
&c à défaut de
pour fe faire remettre fa
Daubagna,
le délai fixé, remife par ledit Dupré des billets reconnoilfances ci-deffus
nul effer, & je requiers qu'ils foient déclarés nuls dans
qu'il lui foit fair défenfes de s'en
& de
quelconque fous les peines de droit
fervir en manière
lui Dupré, que les Sieurs
; & finalement que 3 tant
foient condamnés,
Daubagna, Trigant &
chacun en ce qui les
Compagnie 2
l'inftance, 9 fous toutes réferves de fait concerne, aux dépens de
J'ai fait
& de droit.
fignifer ma requête à mes
dernier; ils Ont attendu T'heure de adyerfaires le 16 mai
un défenfeur, qui ne s'eft d'abord l'audience pour conflituer
moyens dilatoires, fans
occupé que de quelques
avec foin, & le combat engager le fond du procès, éludant
publique. II falloit
par écrit, & l'éclat d'une plaidoirie
pourtant fe décider à fe défendre tout de
& de droit.
fignifer ma requête à mes
dernier; ils Ont attendu T'heure de adyerfaires le 16 mai
un défenfeur, qui ne s'eft d'abord l'audience pour conflituer
moyens dilatoires, fans
occupé que de quelques
avec foin, & le combat engager le fond du procès, éludant
publique. II falloit
par écrit, & l'éclat d'une plaidoirie
pourtant fe décider à fe défendre tout de --- Page 20 ---
(14)
bon 3 car je prefiois le jugement : mais admirez le deflin qui
les prorige ! ils évitent ce qui eft inévitable pour tout autre
plrideur, la publicité de l'inftruêtion juridique 1 qui eft le fupplice des oppreffeurs & la confolation des opprimés. Le Siége,
contreles regles ordinaires de la prccédure, 2 ordonne le délibéré
de Taffaire avant qu'elle n'ait été inflruite (1). Cependant T'hcure
du jugement approchoits Brc'eft alors feulement qu'un mémoire
aul déliboré pour les Sicurs Daubagna, Trigant & Compagnie,
part cômme unc fufde del T'étude de leur Procureur 7 annonçant
par fa précipitation la crainte qu'infpiroit la réplique.
L'amité, qui étoit venue. à mon fecours pour ma requête, fe
charge aufi de la réponfe à ce mémcire; il me faut encore le
minifère du Procureur pour fanétionner mon nouvel écrit;
Mo Pafquct me le refufe. Jc fuis donc une feconde fois réduit à
recourir à l'injonétion ; mais je trouve également le chapitre des
égards & des confidérations en fentinelle devant la porte duJuge.
Le temps preffbit 3 le moindre retàrd pouvoit compromettre mes
intérêts: agitd d'une inquiétude auffi légitime, 7 je m'adreffe à
M. le premier Préfident de la Cour, auquel je donne ma requête.
Ce Magiftrat 2 attentif à veiller à ce que la juftice foit renduc,
veut bien m'accorder l'ordonnance fuivante: 4 Soit communiqué
> à Monfieur deSuzanne, que nous prions dès à préfent de faire
>> toutes injonaions. 2 qu'il jugera néceffaires 2 au Procureur du
>> Suppliant. Au Port-au-Prince, 2 lc 17 juillet 1789. Signé, DE
> MARBOIS. >> Toutcs mes démarches Ont été infruétueufes.
Mon mémoire en réponfe n'a pas été figné du Procureur, & la
fentence efl intervenue, fans qu'il ait été joint au procès tandis
(1) L'afaire n'étoit pas inftruite, puifque les Sieurs Daubagna, Trigant & Compagrie;
n'avoient pas encore fignifié leurs défenfes au fond. 11 eft de principe que le Juge ne peut
admettre ni appointemens. 2 ni délibéré, avant que le procès ne foit en état d'être jugé;
kx c'étoit ici le cas.
& la
fentence efl intervenue, fans qu'il ait été joint au procès tandis
(1) L'afaire n'étoit pas inftruite, puifque les Sieurs Daubagna, Trigant & Compagrie;
n'avoient pas encore fignifié leurs défenfes au fond. 11 eft de principe que le Juge ne peut
admettre ni appointemens. 2 ni délibéré, avant que le procès ne foit en état d'être jugé;
kx c'étoit ici le cas. --- Page 21 ---
que celui des Sieurs
(15)
partie de leur
Daubagna, Trigant & Compagnic, a fait
produion, & eft coté dans le
Ce déni de juftice n'eft
le
Vu des pièces.
comme On le verra dans la pas feul dont jayeà me plaindre,
ticipons pas fir les
difcuflion de mes moyens; mais n'anévénemens, 2 pour ne pas
que je me futis prefcrit.
intervertir l'ordre
On connoîr maintenant les faits du
qui les
procès & les
accompagnent ; On connoit
circonflances
que j'ai prifes dans ma
parcillement les conclufions
Daubagna, Trigant & requête au Siége 2 tant contre les Sieurs
& on eft
Compagnie, que contre le Sieur
mations. confquemment en état de juger du mérite de Dupré;
Voicipourtant comment la Sénéchauffée
mes réclales a accueillies:
Sentence fier
délibéré, 2 rendue par la Sinichaufic du
Prince, le 28 juillet 1789.
Port-auK Entre le Sieur Guefdon de la
>> meurant en cette ville,
Poupardière, Négociant, de
> Contre les Sieurs Demandcurs
>
Daubagna, 2 Trigant &
gocians au même lieu,
Compagnie, NéDéfendeurs; ;
> Et contre le Sieur
>> ville, Défendeur. Dupré, 2 demeurant également en cette
>> Vu, &cc. au doffier de Me
>> Poupardière) la requête
Pafquet, , (Procureur du Sieur
>> date du 15 mai dernier, & répondue de notre ordonnance, en
>> coing 3 la reconnoiffance fignifice le 16, par exploit de Gafdes Sieurs
> Compagnie, en date du 29 feprembre Daubagna, Trigant &
> 3juin, qui ordonne
1786; & la fentence du
qu'il en fera
>> Au doffier de Me Poncer,
délibéré,
>> Trigant &
(Procureur des Sieurs
Compagnie ) l'écrou du
Daubagna,
> prifons de cette
Sieur la
ville, 9 en date du
Poupardière, ès
>> fignifices le 26juin dernier
24 mai 1788 ; les défenfes
5 &c le
> de
le
mémoire firvant de
difinfiesfisnini 13 juillet courant,
moyens
>> Au doffier de Me Poncer,
délibéré,
>> Trigant &
(Procureur des Sieurs
Compagnie ) l'écrou du
Daubagna,
> prifons de cette
Sieur la
ville, 9 en date du
Poupardière, ès
>> fignifices le 26juin dernier
24 mai 1788 ; les défenfes
5 &c le
> de
le
mémoire firvant de
difinfiesfisnini 13 juillet courant,
moyens --- Page 22 ---
(16)
confidéré &: mûrement examiné, oui le rapport
I 9) Tout vu ,
Confeiller,nous vidant le délibéré ordonné
> deM.des Suzanne,
fentence du
juin dernier ; vu d'une part le
5 par notre
de
de
de fournitures de divers objets, &;
voyages
>) compte
montant à
liv. 16 f.; dont la partie de
5> cabrouets 2
demande
à celles de Me Poncet ; VUl
>> Me Pafquet
payement
> auffi d'autre part la fentence du 23 juin 1787, confirmée
>> par arrêt de la Cour du 2 mai de l'année dernière 9 qui
condamne
la
de Me Pafquet à
à celle
>>
par corps partie
payer
intérêts &c
la fomme de 12,783 1.
>> de M: Poncet,avec
dépens,
reconnoiflance fournie le janvier
> 4 f. 3 d.; vu auffi la
>> dernier à la partic de Me Pafquer par celles de Me Poncet, de
ont retenu dans leurs mains fes titres
>> laquelle il appert qu'elles
> de créance fur le Sieur Duverger &c la fucceflion Martin,
>> montant à la fomme de 16,165 liv. I2 f. de 9 d. de capital,
>> pour en faire le recouvrement, & en rendre compte à ladite
9 partic de Me Pafquet, après qu'elles auroient été payées dece
> qu'elle leur doit ; renvoyons les parties à précompter fur
5> tous lefdits objets, tant en principal qu'intérêts & frais, par le
> miniftère de leurs Procureurs : en ce qui concerne la demande
>> de la partie de Me Pafquet, en nullité de la recommandation
5> des parties deMe Poncet, & en dommagesintérets pour raifon
9 de fa détention ; vu les lettres écrites par la partie de Me Paf-
>> quer, en date des 25 décembre, 7, 12 & 1 5 janvier derniers,
des
de M Poncet, donné
>> ¬amment le confentement parties
> à celle de Me Palquet en date du 19 janvier dernier à Lefet
> de fa fortie de prifon, nous avons ladite partie de Me Pafquet
>> déclaré non recevable en fes demandes, fins & conclufions.
&
le
> Donnons défaut contre le Sieur Dupré ; pour profit
> le renvoyons de la demande de la partie de Me Pafquet ?
>> attendu & vu notre fentence du 7 du préfent mois de juillet :
3 déboutons les parties du furplus de leurs demandes, fins &
P conclufions 5
du 19 janvier dernier à Lefet
> de fa fortie de prifon, nous avons ladite partie de Me Pafquet
>> déclaré non recevable en fes demandes, fins & conclufions.
&
le
> Donnons défaut contre le Sieur Dupré ; pour profit
> le renvoyons de la demande de la partie de Me Pafquet ?
>> attendu & vu notre fentence du 7 du préfent mois de juillet :
3 déboutons les parties du furplus de leurs demandes, fins &
P conclufions 5 --- Page 23 ---
>>
(17)
conclufions; ; &
> pens, &cc. i mandons, condamnons la partie de Me
Telle eft la
7 &cc. 9:
Pafquet aux dé
décifion inconcevable
demandes : quelle eft donc la
que le Siége a porté fur
lois faintes de la juftice,
faralité de mon étoile P
mes
& le
qui
Quoi! les
riche, ne feroient-elles protègent indiltin@lement le
Daubagna, Trigant &
donc pour moi, , contre les pauvre Sieurs
mot vide de fens P 6 mes Compagnie, qu'un rempart inutile,
pas au défefpoir. 1
concitoyens !.. mais ne
qu'un
Cour; ; les
me refte encore un refige dans nous livrons
dérations Magiftrats qui la compofent font
le fein de la
humaines. Raffuré par leurs
fupérieurs aux conficonfiance à leur équité.
vertus > je me livre
La bafe fondamentale
avec
déjà vu, à une
de ce procès fe
dans ces
queflion de fait ; & cette réduit, comme on l'a
Les quatre lignes :
queftion de fait réfide
Sieurs
moi, en
Daukogna, Trigant G
d'une payement d'une Jomme que je Compagnie, leur
ont accepté de
créance, 2 fous la condition
devois, le
leur étoit pas rentrée dans
sxpmaf.eucfout créance tranfport
exiger de moi le
fie mois, ils me la
ne
Aux termes de payement de leur dii en
remcuroient, pour
ce contrat
elpèces de cours.
que les Sieurs
Synallagmatique, , il eft bien
créanciers
Daubagna, 2 Trigant &
évident
que
Compagnie, 2 ne font mes
Ont contre moi conditionnellament, eft paflif dans leurs c'eft-a-dire, que le titre
qui les oblige n'eft
mains, tant que la
qu'ils
S'ils ne font
pas accomplie,
condition
dition qui les pas mes créanciers avant d'avoir
tion
oblige, il eft bien évident
accompli la concontre moi en juttice,
encore qu'ils n'ont d'accondition,
de cette
AUspeafiscomplionent
Or, dès que les Sieurs
font mes créanciers
Daubagna; Trigant &
past
que fous des conditions Compagnie, ne
auxquelles ils n'ont
contre
sbsetingeaitataues
moi en jutticequ'apes
C
condition
dition qui les pas mes créanciers avant d'avoir
tion
oblige, il eft bien évident
accompli la concontre moi en juttice,
encore qu'ils n'ont d'accondition,
de cette
AUspeafiscomplionent
Or, dès que les Sieurs
font mes créanciers
Daubagna; Trigant &
past
que fous des conditions Compagnie, ne
auxquelles ils n'ont
contre
sbsetingeaitataues
moi en jutticequ'apes
C --- Page 24 ---
(18)
l'accompliffement de ces conditions, comment doit-on caraétérifer la conduite qu'ils ont tenue à mon égard?
Pouffons plus loin nos argumens : Si la conduite des Sieurs
Daubagna, Trigant & Compagnie, envers moi,n'a pas le caractère de la juftice; Gi elle a au contraire celui de la vexation la plus
révoltante ; ii la cupidité la plus criminelle en eft le mobile.; fi
elle renferme tous les abus du crédit ; fi elle a fait fervir, par des
furprifes puniffables, l'autorité deftinée à protéger les
d'inftrument à l'oppreffion ; fi elle a violé toutes les lois hommes, divines
& humaines pour opérer ma perte ; en un mot 2 fi elle a confommé ma ruine, que doit-on penfer de la fentence du 28 juillet
dernier qui profcrit mes réclamations P. . Voilà la caufe en
gros 3 cxaminons-la dans fes détails.
1°, J'ai dit, & c'eft une vérité, que les Sieurs Daubagna 5
Trigant & Compagnie, - 2 n'ont jamais eu que conditionnellement
daction contre moi pour le payement des bois qu'ils m'ont vendus au mois de novembre 1786; & j'ajoute à préfent
loin
d'être mes créanciers, ils ont
été
que 2
toujours
mes débiteurs aux
termes du contrat, 2 en vertu duquel ils m'ont emprifonné,
a donc pas de peine capable d'expier les tourmens qu'ils m'ont In'y
fait fouffrir.
2, En fuppofant (ce qui n'cft pas) que les Sieurs Daubagna,
Trigant & Compagnie, ne fuffent fubordonnés à aucune condition ; c'eft-à-dire, qu'aucun préalable convenu entre nous n'ait
pu les empêcher de provoquer des condamnations contre moi,
& de les exécuter après les avoir obtenues : en fuppofant
fuffent réellement mes
qu'ils
créanciers, toujours eft-il vrai du moins
qu'ils fe font écartés du refpeét qu'ils devoient aux formes tutélaires de la juftice ; que fous ce
ils doivent
honorable
rapport
une amende
aux lois qu'ils ont foulées aux pieds avec
au gouvernement dont ils ont profané
fcandale, &c
mer un citoyen à l'ombre
l'autorité, en ofant opprid'ordres qui n'exiftoient. pas : toujours
lement mes
qu'ils
créanciers, toujours eft-il vrai du moins
qu'ils fe font écartés du refpeét qu'ils devoient aux formes tutélaires de la juftice ; que fous ce
ils doivent
honorable
rapport
une amende
aux lois qu'ils ont foulées aux pieds avec
au gouvernement dont ils ont profané
fcandale, &c
mer un citoyen à l'ombre
l'autorité, en ofant opprid'ordres qui n'exiftoient. pas : toujours --- Page 25 ---
eft-il vrai encore que de
(19)
du nom du
cette violation des formes, & de
gouvernement,i il réfulte cn ma faveur
cetabus
dommages-intéréts confidérables.
une aétion en
3°. Non-feulement les Sieurs
gnie, n'ont jamais eu d'astion Daubagna 9 Trigant &
ment ils m'ont
effeftive contre moi ; Compatous les
emprifonné fans titre 3 non-feulement ils non-feuleprincipes dans la forme ;
ont violé
pofé des ordres fupérieurs
non-feulement enfin ils Ont
ont, de connivence
qui n'exiftoient pas 7 mais
fup--
odieux
avec le Sieur
encore ils
en ceuvre pour
Dupré, mis les refforts les
4°. Dès
m'immoler à leur
plus
que les Sieurs
cupidité.
m'ont jeté & détenu dans Daubagna, Trigant &
eux étant au
une prifon fans titre effedif Compagnie 2
formes les contraire mes débiteurs ; dès
contre moi,
plus impéricufes en
qu'ils ont violé les
ont , de concert avec le Sieur m'emprifomnant ; enfin, dès
les plus odieux
Dupré, mis en
les qu'ils
pu couvrir des pour opérer ma ruine, il eft ufage refforts
torts auffi
conflant que rien n'a
mes conclufions contre graves 3 & que j'étois bien
eux en
fondé dans
Siége a mal jugé, en
première infance : que dès-lors le
& que
proferivant mes réclamations avec
eft jufte confiquemment &
mon appel de la fentence, du dépens,
légitime,
28 juiller,
5°, Enfin, cette fentence
de coter un déni de juftice ajoute de la encore aux griefs que je viens
effet, ce miniftère, dont j'ai
part du miniflère public. En
pas paru dans le
expreffément requis la
& que fon
jugement 7 quoiqu'il y eût le
jonétion, n'a
concours dût m' affurer le
plus grand intérêt
d'attendre. Telles font les vérités triomphe que j'àvois droit
en matière.
que j'ai à développer : entrons
S. I.
Io, Les Sieurs Daubagna,
n'ont-ils pas eu, d'après l'accord Trigant & Compagnie, ont-ils ou
fait entre nous le 29 novembre
C 2
& que fon
jugement 7 quoiqu'il y eût le
jonétion, n'a
concours dût m' affurer le
plus grand intérêt
d'attendre. Telles font les vérités triomphe que j'àvois droit
en matière.
que j'ai à développer : entrons
S. I.
Io, Les Sieurs Daubagna,
n'ont-ils pas eu, d'après l'accord Trigant & Compagnie, ont-ils ou
fait entre nous le 29 novembre
C 2 --- Page 26 ---
(20)
1786, le droit d'exercer quelque contrainre contre moi
raifon de leur dû, avant d'avoir cffeétué la remife de la pour
que je leur avois tranfportéc en payement P
créance
2", La fentence du 23 juin 1787, & l'arrêt du 2 mai
la confirme, 2 ont-ils ou n'ont-ils pas décidé cette
1788 qui
queftion P
Non; les Sieurs Daubagna," Trigant &
eu ce droit, aux termes de notre contrat; Compagnie,n'ont jamais -
tence &c l'arrêt invoqués n'ont décidé jamais non plus la fenla queftion propofée.
En effet, quel eft notre contrat P Le voici mot
conligné refpe@tivement & dans mon tranfport, & pour dans mot,
leur
reconnoifannce; mon tranfport eft ainfi conçu : K Je
K Dupré de tenir aux ordres de MM.
prie M.
>>
Daubagna, Trigant &
Compagnie 2 le net produir une fois rentré, du doflier
9> damnation mentionnés de l'autre
& con-
>> reconnoiffance de
part, (c'eft-à-dire dans la
Dupré ) leur
à cet effet
>>
mes droits, & ce pour fc payer tranfportant fur ladite
tous
>> fomme de 12,783 liv. 4 f 6 d.
rentrée d'une
que je leur
> vente & livraifon qu'ils m'ont faites d'un
dois, pour
de
>> me compter la folde de ce
M.
parti
bois, &
que
Dupré leur aura
>> leur promettant 2 à défaut dé rentréed'iciàfixr moisde compté, 2
> de leur payer ladite fomme de 12,783 liv. 4 f 6 d. ce jour,
>> de cours, en par eux me rapportant le
en efpèces
>> à peine de tous
préfent tranfport, & ce
dépens, 2 dommages & intérêts.
>> Prince, le 29 novembre 1786. Signé,
Au Port-auPoupardière. >>
La reconnoiffance que les Sieurs Daubagna, Trigant &c Compagnic, m'ont fournie de ce tranfport, a déjà étécitéeau
cement de ce mémoire dans l'expofé des faits. Elle
commenconforme alix difpofitions que je viens de mettre fous eft.abfolument les
mes leéteurs. Elle
yeux de
porte également en termes clairs &
meffe en ma faveur de la part de mes
de précis, procompte de ma créance après
adverfaires me rendre
rentrée, ede m'en compter la folde 2
ont fournie de ce tranfport, a déjà étécitéeau
cement de ce mémoire dans l'expofé des faits. Elle
commenconforme alix difpofitions que je viens de mettre fous eft.abfolument les
mes leéteurs. Elle
yeux de
porte également en termes clairs &
meffe en ma faveur de la part de mes
de précis, procompte de ma créance après
adverfaires me rendre
rentrée, ede m'en compter la folde 2 --- Page 27 ---
ou d défaut de rentrée
(21 )
pour exiger de moi le de me remettre la reonoifance de
N'eft-il
payement de ce
Dipré,
de lire, Pas auffi clair que le jour, quileur eft dû,
que je 113 fuis obligé de d'après tout ce qu'on vient
Trigant &
payer les Sieurs
que je leur Compagnie ai fait? , gu'en par eux me
Daubogna,
rapportant le
N'eft-il pas de la même
tranlpore
remettre ce tranfpore
évidence quils m'ont
de leurdi?
avant de
promis de. me
pouvoirexigor de moi le
Quedir fur cela la
payement
reprendre mon manlat femenceduzy juin
payeraux
5 en
17872quje ferai tenu de
Sieurs
configuence , condamné par
124783lir. 4/.6 Dasbagna, ,Trigant G
corps a
le
6d.:ne voilà-t-il pas deux Compagrie, la fomme de
prononcé de cette fentence P
chefs bien diftinês
mon mandat : donc
Io,
dans
on eft tenu de Quejel fiuis teni de
Rquence, c'efl-d-dire,
me le remettre. 20, reprendre
L'efpric & la lettre par Juite de cette
Qwien contence, la force
de notre contrat, , qui remife a je dois Payer,
manière & dans exécutoire pour toutes fes acquis, par la fendonc
l'ordre qu'elles y font
dipofitions, de la
pour déterminer la
énoncées, 2 fe
que Jes Sieurs Daubagna, prévention la plus obftinée à réunifent
rendre la
Trigant &
convenir,
traindre recomnoiffance de
Compagnie, 3 doivent me
au payement de Dupré, avant de
Enfin,
ce que je leur dois. pouvoir me con-.
fentence du que décide l'arrêt du 2 mai
23 juin de l'année
1788, confirmatif de la
hejngh.S-grale doit en précédenté P Que cette
fa forme & teneur.
confiquence être exécutée fentence a
adverfaires
Or, quelles font fes forme
dans toute
&
doivent d'abordn me remettre;
&cteneur? Quemes
que moi, je dois enfuite les
mon tranfport furl
mémentàn notre convention Payer en efpèces de cours, Dupré;
ne fut moins
du 291 novembre 1786 :
conforéquivoque.
jamais contrat
ComentleSicursl
Dasbagm.Tigemes & Compagnis
peuvent-
quence être exécutée fentence a
adverfaires
Or, quelles font fes forme
dans toute
&
doivent d'abordn me remettre;
&cteneur? Quemes
que moi, je dois enfuite les
mon tranfport furl
mémentàn notre convention Payer en efpèces de cours, Dupré;
ne fut moins
du 291 novembre 1786 :
conforéquivoque.
jamais contrat
ComentleSicursl
Dasbagm.Tigemes & Compagnis
peuvent- --- Page 28 ---
(22) )
ils s'aveugler-au point d'élever une queftion fur un fait auffi
précis 8c auffi évident P Ils ont dit cependant, & ils s'obftinent
à répéter que jamais, aux termes de notre contrat, ils n'ont été
obligés de me remettre mon tranfport 2 avant d'avoir reçu leur
payement effcétif; que ce tranfport, gu'ils appellent mandat
eft un gage que je leur ai donné en nantiffement ; en un mot, s
qu'il fait aujourd'hui leur titre de créance contre moi, &
qu'il eft conféquemment abfurde de prétendre qu'un créancier doive fe deffaifir de fon titre, avant d'être défintéreffé.
C'eft comme fi l'on difoit, ajoutent-ils, que le porteur d'une
lettre de change, d'un billet à ordre ou d'un mandat, doit
les remettre d'abord., &c en demander le payement après.
La réfutation de ces fophifmes eft aifée : en effet, la
première règle de la comparaifon eft qu'il y ait fimilitude
dans les objets comparés. C'eft Çe qu'on enfeigne aux écoliers qui
commencent à lire., :
Or demandons, 2 non pas à un Négociant, parce qu'il croiroit
qu'on fe moque de lui, mais au dernier Commis d'un comproir,
f une reconnoiffance. , repréfentative d'un doffier de procédure,
peut être comparée à un effet de commerce: ; en un mot, fi elle
a quelque reffemblance avec une lettre de change, un billet
à ordre ou un mandar, 9 & fi en conféquence on la recevroit
dans une bourfe, comme un aétif de cours? Voilà toute ma
réponfe à une objeétion auffi abfurde.
: Demandons encore à l'homme le plus borné, fi cette reconnoiffance, qui n'eft pour moi qu'une fureté, une garantie de
l'aétif qu'elle repréfente & fur lequel j'ai fait aux Sieurs
Daubagna, Trigant & Compagnie, une délégation pour fe
payer de leur dà, forme leur véritable titre de créance, ou eft
fi effentielle dans leurs mains, qu'ils ne puiffent s'en deffaifir
fans compromettre leurs droits.
Cet homme répondra certainement, qu'une telie pièce n'a
cette reconnoiffance, qui n'eft pour moi qu'une fureté, une garantie de
l'aétif qu'elle repréfente & fur lequel j'ai fait aux Sieurs
Daubagna, Trigant & Compagnie, une délégation pour fe
payer de leur dà, forme leur véritable titre de créance, ou eft
fi effentielle dans leurs mains, qu'ils ne puiffent s'en deffaifir
fans compromettre leurs droits.
Cet homme répondra certainement, qu'une telie pièce n'a --- Page 29 ---
(23)
jamais pu êtred Sen'ajamaise
Srs Daubugna, Trigant & ééeftdivement le titre de créancedes
quel leurcomptede vente qui Compagnie, contre moi, & qu'il
fance du Sieur Dupré, conflituc ce titre; en cffet, la n'ya
pour eux
que je leur ai
reconproduit de que comme autorifation de tranfportée 3 ne vaut
l'aétif que'je' lui ai confié. C'eft recevoir de cet agent le
affegtéarleur payement: : certe
cet aéif feul que j'ai
effentielle dans leurs mains reconnoiffance de Dupré eft fi
eux-mèmes fait
pour la fureté de leur
Peut
léur titre de créance condamner à la reprendre ; clle eft da,qu'ils fi
m'ont
corps à leur
7 qu'ils m'ont également fait peu éncore
mème, mais payer, bien le non pas le montant de la condammer par
ont donc
prix de lacquifition
reconnoilfance
formellement reconnu
que j'ai faite d'eux. Ils
inutile fous tous les rapports, par-la, que cette pièce leur étoit
ont-ils élevé enfuite des
Pourquoi donc, d'après cet
mais abandonnons les queftions que leur conduite méme aveu,
Daubagna,
conjedures, &
réfute?
Trigant &
renfermons les Sieurs
Ou la reconnoifance Compagnié de
3 dans Ce dilemme :
véritablement leur titre de Dupré que je leur ai
reconnoiffance éft
créance, ou elle ne l'eft tranfportée eft
donc payés, & véritablement leur titre de pas' : fi cette
ily y a novation au
créance, ? ils font
par corps contre moi 5 ils n'ont titre. Alors, plus de contrainte
teurs, ou débiteurs de T'aéif d'aétion que contre les
reconnoifance n'eft
que je leur ai
détempretiennent-ils,
pas leur titre de
délégué ; fi cette
&
créance, à quelles fins
moi-mème le m'empéchene-ils, en la retenant, de
la
négligé P Nous recouvrement aurons
qu'ils n'ont pu faire, Ou pourfuivre
Mais ceffons d'infifler bientôt T'explication de tout cela. qu'ils ont
le ftujer d'un doute.J'ofe fur une queftion qui ne
même croire
Peut plus faire
démonfiration à cet égard.
qu'on ne refutera pas ma
Trigant & Compagnie,
L'injuftice des Sieurs
grand jour,
envers moi, paroit maintenan: Daubagna,
&cilnyapase d'homme honnête
dans leplus
quin'en foit indigné.
ceffons d'infifler bientôt T'explication de tout cela. qu'ils ont
le ftujer d'un doute.J'ofe fur une queftion qui ne
même croire
Peut plus faire
démonfiration à cet égard.
qu'on ne refutera pas ma
Trigant & Compagnie,
L'injuftice des Sieurs
grand jour,
envers moi, paroit maintenan: Daubagna,
&cilnyapase d'homme honnête
dans leplus
quin'en foit indigné. --- Page 30 ---
(24)
Que fera-ce donc lorfqu'on,aura vu que > loin d'être mes çréançiers, ils étoient au contraire mes débiteurs? C'eft ce que je vais
prouver.
On vient de voir que les Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, ont dit &x écrit dans. nos inflances devant les tribunaux,
qu'ils gardoient la reconnoiffance de Dupré, dont je leur ai fait
le franfport, comme étant leur titre de créance, le gage de leur
payement 2 leur propriété, en, un mot, jufqu'à ce qu'ils foient :
défintéreffés ; qu'ils ont en conféquence reconnu & avoué par-là
que le compte que j'ai fait avec eux eft payé & foldé depuis le
moment qu'ils ont accepté mon tranfport; que dès ce moment ils
ont fait novation à leur titre ; que ce n'eft plus moi dès-lors
fuis leur débiteur, mais bien leSieur Dupré,lafuicceffion
qui
& le Sieur Duverger ; &x que par conféquent ils n'ont Martin,
d'aétion contre moi pour, jene dis pas
jamais eu
colorer d'un prétexte leurs
légitimer, mais feulement
vexations. Voici le fccau
mets
à la démonftration de
que je
toutes ces.yérités: :
Si les Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, n'avoient
entendu faire Jeur propre aflaire de la créance quejeleuraisranf., pas
portéc,8:la confiderer comme leur payement effeatif, pourçuoi
auroient-ils réfifté à la fommation que je lcur ai fait donner au
mois de février 1788, &-refufé alors de me rèmettre cette
créance?Or, non-feulement ils n'ont pas obéi iàcette fommation;
son-feuilsment ils nem'ont pas remis cette créance, mais même ils
ont fait défenica Dupré defe deffaifir de mes titres. Donc ils ont
faira aête de propridtaires;d donc, dès cep inftant, jeneleur dois rien.
En effet; fous quel rapportles Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, yeulent-ils fc confiderer en cette occalion P Eft-ce comme
créanciers? eft-ce comme mandataires ? ou enfin, efl-ce comme
ceffionnaires ? Il fuxr abfolument qu'ils fe rangenr dans une de ces
frois claffes. Il ne leur refte pas d'autre réfuge.
Veuiens-ils s'envifager comme mes créanciers P Alors les
actions
dois rien.
En effet; fous quel rapportles Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, yeulent-ils fc confiderer en cette occalion P Eft-ce comme
créanciers? eft-ce comme mandataires ? ou enfin, efl-ce comme
ceffionnaires ? Il fuxr abfolument qu'ils fe rangenr dans une de ces
frois claffes. Il ne leur refte pas d'autre réfuge.
Veuiens-ils s'envifager comme mes créanciers P Alors les
actions --- Page 31 ---
astions que la loi leur (25)
la faifie arrêt, à la faifie permet contre moi , fe
corps. La faific arrêt n'a
exécution & à la réduifent à
failie exécution
lieu que fur les
contrainte
trainte
ne peut tomber
fommes &
par
par corps ne s'étend
que fur les
deniers ; la
teur. Or, des actifs
pas au-delà de la meubles, & la confont pas non
ne font pas des
perfonne du débidéfénfe de plus des meubles
fommes & deniers ; ils ne
me remettre mes
fujets à l'exécution : donc
Daubagna, Trigant &
titres, faite à
la
& vexatoire.
Compagnie, comme Dupré par les Sieurs
Veulent-ils
créanciers, eft abfurde
alors agir qu'en s'envifager comme mes
abfolument mon nom 7 & ils ont mandataires P ils n'ont
de ma volonté.
reconnu qu'ils
pur
Enfin, eft-ce comme Pourquoi donc l'ont-ils dépendoient
leurs actions P ils fe font mes coffousitesquiko ont contrariée P
que je leur ai
donc alors déclarés maitres entendu diriger
le montant de déléguée:& comme la valeur
de la chofe
lement
ce que je leur dois, ils fe de cette chofe excède
remplis, 2 mais même mes
trouvent donc
quence 2 aux termes de
débiteurs, 3 &
non-feunotre
obligés en conféfexcédont, , Game
contrat, , à me rendre
Daubagna, Trigant & compter la folde. Il eft difficile compte de
Donc mon
Compagnie, > de fortir de
aux Sieurs
donci il m'eft da emprifomnement eft injufte
ce cercle.
qu'il m'a
des réparations
& odieux au fond; ;
fait, & aux tourmens proportionnées au
que j'ai foufferts.
préjudice
S. IL
Mon
fond, emprtifonnement eft
comme on vient
non-feulement injufte & odieux
plus feandaleux du rdckesoirmanilete en outreler
au
mépris que les Sieurs
> ont
Compagnie,
monumenle
Thonneur &c la pour tous les principes facrés Daubagna, 2 Trigant &
liberté des
qui
Ciroyens: & fous ce
garantiffene
nouvcau rapport,
D
a
ice
S. IL
Mon
fond, emprtifonnement eft
comme on vient
non-feulement injufte & odieux
plus feandaleux du rdckesoirmanilete en outreler
au
mépris que les Sieurs
> ont
Compagnie,
monumenle
Thonneur &c la pour tous les principes facrés Daubagna, 2 Trigant &
liberté des
qui
Ciroyens: & fous ce
garantiffene
nouvcau rapport,
D
a --- Page 32 ---
(26)
ils doivent encore, & une amende honorable aux lois qu'ils ont
outragées, & une fatisfaction éclatante à leur viétime qui
demande vengeance.
La liberté de l'homme eft d'un fi haut prix aux yeux du légiflateur, qu'il la refpeste jufque dans la néceflité oùt il fe trouve
quclquefois de s'écarter fur ce point des droits de la nature. En
effer, iid'un côté, par une févérité fagement ménagée, il s'occupe à maintenir dans le commerce., d'où dépend la fplendeur
des empires 2 la confiance & la fidélité dans lcs engagemens 2 de
T'autre il pofe des bornes rigoureufes à l'ufage d'une contrainte >
qui répugne toujours à fon coeur. Sa bienveillance, , placée entre
le créangier &: le débiteur, 1e s'étend en même temps & avec le
même din à tous les deux. L'un y trouve des armes contre la
mauvaife foi, & l'autre un refuge contre la piaflion, qui abufe
de la faveur. Tels font les grands principes qui nous régiffent 3
anathème à ccux qui les violent ! Quel eft donc la definée qui
attend les Sieurs Daubagna, Trigant &c Compagnic, en cette
circonftance P
Mon emprifommement, confidéré par rapport aux formes, ,
eft le monftre auix ccnt têtes 3 on en coupe une 2 une autre la
remplace. Pour anéantir Thydre, je diviferzi mes attaques : la
méthode & l'ordre font le renfort de la raifon.
Dabord je m'attacherai aux nullités réfultantes de l'omiflion
des formalités qui doivent précéder l'exécution des jugemens 5
formalités de rigueur, qui n'ont pas été obfervées pour ma
recommandation à la geole 3 enfuite je pafferai aux vices d'obreption & fubreprion 7 qui infeétent les ordres furpris contre moi à
la religion du gouvernement 5 en troifième lieu, après avoir
démontré que Pédifice de perfidie &c de cruauté des Sieurs Daubagna., Trigant & Compagnie 2 s'écroule par fon fondement, je
fnirai par prouver qn'ils m'ont emprifonné fans titre &c fans
ordres, & qu'ils font cux-mémes tout à la fois ies miniftres 8x les
reprion 7 qui infeétent les ordres furpris contre moi à
la religion du gouvernement 5 en troifième lieu, après avoir
démontré que Pédifice de perfidie &c de cruauté des Sieurs Daubagna., Trigant & Compagnie 2 s'écroule par fon fondement, je
fnirai par prouver qn'ils m'ont emprifonné fans titre &c fans
ordres, & qu'ils font cux-mémes tout à la fois ies miniftres 8x les --- Page 33 ---
(27)
a infirumens des
nullités
coups portésà ma liberté. Voilà les trois
que je me propofe de relever dans
genres de
Io, Mon
ce paragraphe.
des formalités emprifonnement eft nul , faute d'avoir été précédé
jurifprudence impéricufes que les ordonnances du royaume & la, Nallité Première Divifori
nité
des tribunaux, d'accord avec la raifon &
peLrueeaL la delomprat
7 preferivent.
Thuma-2 condaenation laguleiladtcfat." enverra &
II eft conftant qu'une condamnation
préalable. faute de commancenent
débiteur, 1 qu'autant qu'elle lui eft
n'eft exécutoire contre un
lui eft légalement
légalement connue 3 & elle ne
fiée à
connue, 2 qu'autant. qu'elle lui eft diment
perfonne ou domicile. Il ne fuflic
fignicette condamnation à
pas encore d'avoir notifié
pour pouvoir
perfonne ou domicile 3 il faut en outre 3
Texéeurer, un
ces formalités font de
commandement préalable. Toutes
radicale des actes rigueur, , & leur omiflion entraine la nullité
qui n'en font pas
tions de T'ordonnanee de
revêtus, d'après les difpofide
1539, articles 74
&:
Blois, art. 175.
&75, T'ordonnance
L'ordonnance de 1539,art. 95, veut même
jours francs entre le commandement
qu'il y ait trois
des tribunaux en
& la contrainte ; &
de
cette Colonie eft qu'ily ait au moins un Fufage délai
vinge-quatre heures. Il y a plus ; la
ces formalités foient pratiquées,
loi& T'ufage exigent que
bles d'un débiteur,
méme pour. l'exécution des meutrainte
1 qui eft bien moins rigoureufe que la conpar corps.
Cela eft fivrai, que l'ordonnance de
porte: K Quetoutesles formalités des
1667 , tit. 32, art. 3: 7
> dans les exploits de failie
ajournemens feront obfirvées
exécution, &fous les mémes
*
* Or, quelles font ces formes & ces peines P l'art.
peines,
nous l'apprendre :
3 du tit. 2 va
< Tous exploits
d'ajournement feront
> cile, & fera fait mention dans
faitsaperfonne ou domi-
>> perfonnes auxqielles ils
Toriginal, & en la copie des
Dans
de
auront été laifis,èpeine de nullicé. >>
Pofpece cette caufe, le jugement en exécution
duquel
D 2
font ces formes & ces peines P l'art.
peines,
nous l'apprendre :
3 du tit. 2 va
< Tous exploits
d'ajournement feront
> cile, & fera fait mention dans
faitsaperfonne ou domi-
>> perfonnes auxqielles ils
Toriginal, & en la copie des
Dans
de
auront été laifis,èpeine de nullicé. >>
Pofpece cette caufe, le jugement en exécution
duquel
D 2 --- Page 34 ---
( 2 28)
j'ai été emprifonné ne m'a jamais été fignifié. Jamais les Sieurs
Daubagna, 2 Trigant & Compagnie, ne me l'ont fait connoitre
légalement 5 jamais ils ne m'ont mis en demeure de les
aucun commandement
payer par
la loi & de l'humanité. préalable 2 conformément aux voeux de
En effet, on fe fouvient que la fentence du 23 juin 1787 eft
le principe moteur des vexations exercées contre moi
les
Sieurs Daubagna, Trigant &
par
Compagnie 5 c'eft-à-dire, que c'eft
par une fitite de cette fentence qu'ils m'ont tant perfécuté. On
fe fouvient auffi que je l'ai déférée aux Magiftrats
ma requête du I 5 février 1788, fur laquelle j'obtins fupéricurs, arrêt
par
défenfes de paffer outre à T'exécution, & que fis
portant
arrêt à mes adverfaires le lendemain 16 du même je fignificr cet
mois. D'après
lesprincipesfur la matière, cette fentence eft demeurée fans vertu
du moment de la fignification de l'arrêt de défenfes ; &ce n'eft
gue du jour qu'elle a été régénéréc par l'arrêt définitif du 2 mai
dela même
annéesqu'elleaa acquis contre moi une exiftence réelle.
C'eft donc cet arrêt qui eft le véritable titre de condamnation
dont les Sieurs Daubagna, Trigant &
prévaloir
Compagnie 9 aient pu fe
pour me contraindre. Cependant tcet arrêt nc m'a
été notifid: point de
jamais
fignification 2 point de commandement
lable 2 qui m'aient prévenu de fon exiftence & du deffein préaavoit de le mettre à exécution.
qu'on
Ainfi , file d.faut de fignification & de commandement
lable opèrent la nullité abfolue d'une faifie exécution de préameubles
fetilement, à plus forte raifon produifent-ils plus
encore Cet effer dans le cas de la contrainte impérativement
infiniment plus odieufe
par corps 7 qui eff
2 plus injuricufe en elle-mème, &
préjudici ble: à celui qui en cft l'abjet.
plus
effenticlles Suppofons encore (cc qui n'eft pas) que toutes ces formes
euffent été
Daubzgna,
remplies 9 c'eft-à-dire, que les Sieurs
Trigant & Compagnie, m'euffent fait fignificr à mon
le cas de la contrainte impérativement
infiniment plus odieufe
par corps 7 qui eff
2 plus injuricufe en elle-mème, &
préjudici ble: à celui qui en cft l'abjet.
plus
effenticlles Suppofons encore (cc qui n'eft pas) que toutes ces formes
euffent été
Daubzgna,
remplies 9 c'eft-à-dire, que les Sieurs
Trigant & Compagnie, m'euffent fait fignificr à mon --- Page 35 ---
domicile l'arrêt du 2 mai (29)
& mis par-là en demeure 1788 avec
ont fait faire de
de les payer, commandement la
préalable, s
injuricufe & nulle, ma perfonne à la geole recommandation n'en
qu'ils
En
il
feroit pas moins
effet, ne leur fuffifoir
mandation, , de m'avoir notifié pas 2 pour la validité de la
quel ils m'ont exécuré,
légalement le titre
recomtlation
, il falloit aufi me
en vertu duidle-nene,felon
fignifier la
qui s'explique
recommanK
tomndutinade
> feront
ainfi: Les
lordomnance de
nulies, , fi elles recommandations
1G70,
>>
ne leur font
des
&
prifonniers
5)
perfomnes, procès verbal copies baillées, dont fera fignifiées parlant à leurs
de Thuiflier
fait mention
Ici la maifon
qui fera la
dans le
dreffer de procès Daubagna, 9 Trigant & recommandation. >)
ma,
verbal de la
Compagnie, n'a fait
perfonne dans les
recommandation
fignifier non
prifons de cette
qu'elle a
de
Ee
n'a
plus copie de la
ville; ; elle ne m'a pas fait
figuré dans l'aéte. Cette recommandation : aucun
nullité radicale
huifier
2 & injurieufe recommandation eft donc
emprifonné.
tout à la fois à la loi & nulle de
L'article fitivant
aul débiteur
5 & les
de la même ordonnance
9 & autres recommandations feront mention ajoute des que ( lesécrous
$) nom & aftes, en vertu
arrêts, 2 jugemens
qualité du dequelsilsferont faits 5 du
> fera faire
prifomier ; de
nom 2 fur3 comme
ceux de la
>> lieu où la
aufi du domicile
partic qui les
Ici
Prifon eft fituée,
qui fera par. lui
nulle mention
Jous pareille
élu, du
regiftres de la
2 dans la
peine de nullité. >>
j'ai été
geole, de la fentence recommandation &: de
inferite fir. les
nulle recommandé; ; nulle mention T'arrêt en vertu
mention des furrnoms &
de mes furnom & defquels
Trigant &
qualités des
qualité; :
nulle
Compagnie, àl la requête
Sieurs
menzion enfin de leuré
defguels jai été Dauibagna,
dation eft donc
élcétion de Cemicile. recommandé;
encore une fois nulle fous
Ceerecmen
tcus lcs points de vue,
:
inferite fir. les
nulle recommandé; ; nulle mention T'arrêt en vertu
mention des furrnoms &
de mes furnom & defquels
Trigant &
qualités des
qualité; :
nulle
Compagnie, àl la requête
Sieurs
menzion enfin de leuré
defguels jai été Dauibagna,
dation eft donc
élcétion de Cemicile. recommandé;
encore une fois nulle fous
Ceerecmen
tcus lcs points de vue,
: --- Page 36 ---
(3 30)
Sil'on approfondit ces dipofitionsderiguer de l'ordonnance;
on verra qu'elles font autant d'émanations dc Ia vertu 2 qu'elles
font le réfultat raifonné de la juftice 2 de la fegeffe & de l'humanité. Il eft dans l'ordre, en effet, qu'on prévienne un débiteur
avant de l'emprifonner 3 il eit dans l'ordre qu'on le conftitue en
demeure 'avant de fe porter à cet attentat ; ilieft dans l'ordre
qu'on l'avertiffe régulièrement à la requète de qui il eft détenu 7
en vertu de qJuel ticre, de quelle fentence, de quel arrêt 2 à raifon
de quelle fomme & de quelle dette ; il cft dans l'ordre que fon
créancier lui fignific fcs furnoms & qualités, afn qu'il fache que
c'oft vraiment lui dont il eft le débitéur &c qu'il faut payer; il cft
dans l'ordre enfin,qu'il lui défigne une éleétion de domicile, 2 afin
qu'il puiffe offrir 8créalifer fon payement s'il doit, & provoquer
fon élargiffement s'il ne doit pas.
C'eft fur cès vérités, importantes au bonheur des hommes, que
ncs lois Ont été calquées 3 cc font ces vérités falutaires qui ont
préfids à la naiffance de Tédit du Roi du mois de janvier 1685,
enregiftré au parlement de Paris le 22 du même mois : cet édit
ordoane expreffément, par l'art. 7, que 44 tous huiffiers, fergens,
> ol autres officiers, qui conftitucront prifonniers aucunes 'per-
>> fonnes 7 qui les recommanderont pour dettes civiles , 'ou qui
>> faifiront aucuns meubles, 2 feront tenus d'élire un domicile &
>> conftituer même un procureur 2 avec défenfes aux geoliers des
9 prifons de recevoir lefdits prifonniers fans cela 2 à pcine de
5) cinquante'livres d'amende, &c de tous dépens, dommages &
> intérêts 9 tant contre les officiers que contreJes geoliers qui
>> pourront contrevenir. >
Ici, point d'éleêtion de domicile 9 &c point de conftitution de
procureur 5 point d'huiffier 2 point de fergent 7 point d'officier
public qui ait fait la recommandation : donc elle eft nulle 3 donc
les Sieurs Daubagna 2 Trigant & Compagnie, doivent fupporter
la peine de cette nullité,
mages &
> intérêts 9 tant contre les officiers que contreJes geoliers qui
>> pourront contrevenir. >
Ici, point d'éleêtion de domicile 9 &c point de conftitution de
procureur 5 point d'huiffier 2 point de fergent 7 point d'officier
public qui ait fait la recommandation : donc elle eft nulle 3 donc
les Sieurs Daubagna 2 Trigant & Compagnie, doivent fupporter
la peine de cette nullité, --- Page 37 ---
(31)
Non-feulement les Sieurs
nc m'ont pas fignifié à Daubagna, Trigant &c Ccmpagnie, 2 Seconde
qu'ils avoient
perfonne OuL domicile la condamnation Nullité de Divifoni
obtenue, & à l'aide de
T'emapriforn &k
ment perfécuté ; non-feulement
laquelle ils m'ont fi cruelle- Ment.parfohreptione fubreption ordres qui vicient I
dement préalable
ils ne m'ont pas fait de
contre derigucurdceere moi,"
ils
pour me mettre en demeure
commanont eu encore la témérité d'ufer
de les payer, mais
tion pour furprendre la
d'obreption & de fiubrep-
& obtenir des ordres religion de M. le
En
de rigueur contre moi. Gouverneur-Géncral,
effet, j'ai prouvé, démontrs
dent, que je ne devois rien
même, au paragraphe précéCompagnie, &
aux Sieurs
&
que
c'étoient
Daubagna, Trigant
en vertu de notre convention cux,au contraire, qui me devoient,
& démontré encore qu'ilsn'avoient duzgnovembre 1786 : j'ai prouvé
tive contre moi ; que celle dont ils aucune condamnation effectionnelle, & renfermoit deux chefs étoient porteurs étoit condil'un étoit
diftinas, dont
fiubordonné à l'exécution
l'exécution de
dire, qu'aux termes de notre
préalable de l'autre 5 c'eft-àble par corps à
contrat je n'étois, moi,
payer mes adverfaires,
contraignaroient eux-mêmes remis le titre
2 qu'autant qu'ils m'auma libération : c'étoit-li la que je leur avois tranfporté
c'étoit aufi
lettre & Tefprit de notre pour
confequemment la lettre &
accord;
nation.
l'efprit de. la condamD'après cela, il eft bien évident
Trigant &
que les Sieurs
Compagnie n'avoient aucun titre
Daubagna ,
moi; &, par une fuite de cette
exécutoire contre
la fentence du 23 juin
évidence,i ileft bien certain que
jamais dà fervir de bafe 1787, &c Tarrêt du 2 mai
à la
aux ordres de rigueur
1788,n'ont
religion du gouvernement le 26
furpris contre moi
fuis fondéaconclure
novembre 1787 ; ainfi
&
que ces ordres font
&
je
qu'ils n'auroient
obreptices
Ginéralavoitérsi jamais Vu le jour , f M. le Gouverneur- fubreptices,
Sintoomtetafumenrdese
c'eft-à-dire , fi les Sicurs Daubagna, sciscendoncoadelofie,
l'avoient pas trompsavec
Trigant & Compagnic, ne
autant d'impudencc,
-
fuis fondéaconclure
novembre 1787 ; ainfi
&
que ces ordres font
&
je
qu'ils n'auroient
obreptices
Ginéralavoitérsi jamais Vu le jour , f M. le Gouverneur- fubreptices,
Sintoomtetafumenrdese
c'eft-à-dire , fi les Sicurs Daubagna, sciscendoncoadelofie,
l'avoient pas trompsavec
Trigant & Compagnic, ne
autant d'impudencc,
- --- Page 38 ---
(32)
Dès que ces ordres de rigueur font obreptices &
ils font donc nuls de nullité radicale 3 & il eft vrai fubreptices de
,
j'ai été privé de ma liberté, arraché à mes affaires,
dire que
fortune & dans mon crédit, & torturé
ruiné dans ma
T'horreur d'un cachot
pendant fept mois dans
3 je ne dis pas feulement fans titre
moi, mais même fans un prétexte qui puiffe colorer contre
vexations.
tant de
Les ordres de rigueur décernés contre moi font
nullité d'ordonnance : en effet, les mêmes
encore nuls de
laire
lois, dont l'aétion tutéprorège avec le même foin le créancier & le
favorifent l'un fans lui
débiteur, qui
auffi leur
permettre d'opprimer l'autre, 2 -étendent
prévoyance jufque fur l'exercice du
l'autorité 3 leur vigilance alors
pouvoir confié à
des abus ; 8, dans leur
augmente en raifon de la facilité
fageffe, 7 la main qui
la
tive eft contenue par une autre main
agite verge coerciqui en dirige &
mouvemens : en un mot, tout cft prévu
règle les
un plan immuable
compaffé & établi fur
du bonheur des 9 pour écarter l'arbitraire 3 qui eft le tombeau
peuples & le germe deftruatif des fociétés.
Comme les ordres de rigueur font une faveur
notre droit , ils font affujettis à des formes févères exorbitante de
cution ; ils font une faveur tellement
dans leur exéqu'ils ne naiffent que de
exorbitante de notre droit,
l'impuiffance de l'autorité des tribunaux,
fpécialement prépofés à terminer nos conteftations civiles
font donc qu'un remède extrême
: ils ne
être adminiftrés
5 & les extrêmes ne doivent
qu'avec la plus grande
loi qui autorife ces fortes d'ordres
circonfpeétion. Auffi la
ment d'en armer les mains du
ne permet-elle au gouvernedébiteur
créancier 2 qu'après avoir mandé le
les
2 qu'après avoir entendu de la bouche de ce
raifons qui l'empéchent de fe libérer
malheureux
affuré par lui-même
: enfin 3 qu'après s'être
& jufte. Cette
que l'exercice de cette rigueur eft néce ffaire
fupplée,
précaution 2 qui eft un devoir du gouvernement,
pour l'exécution de fes ordres, les formalités que la loi
prefcrit
'après avoir mandé le
les
2 qu'après avoir entendu de la bouche de ce
raifons qui l'empéchent de fe libérer
malheureux
affuré par lui-même
: enfin 3 qu'après s'être
& jufte. Cette
que l'exercice de cette rigueur eft néce ffaire
fupplée,
précaution 2 qui eft un devoir du gouvernement,
pour l'exécution de fes ordres, les formalités que la loi
prefcrit --- Page 39 ---
prefcrit
(33)
pour l'exécution des
elle le place entre fon
jugemens. Elle avertit le débiteur;
truit, en même
créancier & la juftice, & elle
En un
temps s la religion du
infmot, elle eft le"vau
chef qui ordonne.
du 161 mai 1775, qui
précis de T'ordonnance du Roi
Par T'article Il s'explique ainfi dans les articles II
>> des
cette loi dit : 4
& III.
fentences ou
Lorfqu'il aura été rendu
>> 6 dont lexécution jugemens portant contrainte
par
> nances gui
fera parée aux termes des lois e corps 9
rigifent les
>>
Pourront requérir,
Ifles Jous le Fent, les ordon-
> noncée, lintervention pour donner effer à la contrainte parties
>>
direêe du
proGénéral, par un
>> les
fimple
Gomenar-Lisnene
fentences & jugemens, Mémoire, , auquel feront
>> réception de
foit de
joints
foit de
>
caution, lorfqu'il condamnations,
defdits jugemens &c
y aura lieu 5 & fur le vu
> Général mandera fentences, ledit
les
>
de
Gouvemneur-timncnune
dition qu'ils foienr 5 débiteurs, leur
quelque qualité & con-
> rendre aux prifons
ordonnera de vive voix de fe
> fait aux fentences militaires, &
jufqu'a ce qu'ils aient fatis-
> cas de
jugemens rendus
>
défobifance, , les y fera contraindre contr'eux; 6 en
aurorité, dont il ne
de fa
7 créancier contre
pourra refufer le fecours à propre
Et par T'article III quelque débiteur que Ce puiffe être. aucun
3 les pouvoirs,
cette ordonnance ajoute : < Ne
>
> en
mentionnés en l'article
Pourront
aucun cas, & fous
précédent, être exe vécutés
prérexte de
Commandans en fecond & les
par les
repré@ntation,
établis dans les différens
Oflficiers des
états-majors
les réferver aul
quartiers 5 entendant Sa Majefté
9 à celui qui le ocumeritstrona feul,
> de la Colonie, repréfentera, en cas, de mort ou
ClI
9 des ordres
faufà lui à commettre,
d'abfence
qu'il donnera
pour l'exécution
> fecond ou Oficiers
par écrit, les Commandans
> les
des états-majors des
en
débiteurs. 9
lieux où rfideront
E
ferver aul
quartiers 5 entendant Sa Majefté
9 à celui qui le ocumeritstrona feul,
> de la Colonie, repréfentera, en cas, de mort ou
ClI
9 des ordres
faufà lui à commettre,
d'abfence
qu'il donnera
pour l'exécution
> fecond ou Oficiers
par écrit, les Commandans
> les
des états-majors des
en
débiteurs. 9
lieux où rfideront
E --- Page 40 ---
(34)
Or, jamais le gouvernement ne m'a mandé, ni fait mander
par fes Repréfntans, foit avant de rendre fon crdonnance
contre moi, foit avant de la laiffer mettre à exécution:
jamais il n'a cntendu de ma bouche les raifons qui m'empéchoient de payer aux Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, la fomme qu'ils me demandoient ; jamais il n'a
cherché à infruire fa religion, & à apprendre que les Sicurs,
Daubagna, Trigant & Compagnie, éroient eux-mémes mes
débiteurs au licu d'être mes créanciers ; jamais enfin la
loi proteStrice, qui me garantiffoit dc l'oppreflion, n'a été
obfervée à mon égard. Donc, encore une fois, les ordres de.
rigueur décernés contre moi par le gouvernement font obreptices & fubreptices, illégaux, nuls, , &c dès-lors incapables de
produire aucun cfiet.
J'ai dit (& c'eft une vérité fondée fur la lettre & l'efprit
de l'ordonnance du 16 mai 1775 que je viens de citer)
que le gouvernement ne doit livrer les ordres de rigueur
qu'il décerne pour dettes civiles, qu'après avoir épuifé luimême les formaiités qui lui font tracécs, c'eft-à-dire, gu'après avoir mandé OL fait mander les débiteurs, & que
ces débiteurs ont défobéi ou fe font dérobés à l'autorité ;
alors feulement les ordres font remis à la Maréchaufféc,
pour courir après les débiteurs 8c forcer la mauvaife volonté
à remplir fes engagemens.
Mais dans cette hypothèfe même, le créançier n'eft pas
difpenfé des formalités impofées pour l'exécution des jugemens 5
car les ordres de rigueur ne font abfolument qu'étendre lcs
moyens de contrainte 3 qu'ajouter la main militaire à la main
de la juflice, fans pour cela rien innover fur lcs principes
conffitutionnels qui préparent la voie à l'exécution : je les ai
déjà fait remarquer ces principes 3 ils exigent impéricufement
que lcs décrets d'une autorité quelconque ne puiffent avoir
impofées pour l'exécution des jugemens 5
car les ordres de rigueur ne font abfolument qu'étendre lcs
moyens de contrainte 3 qu'ajouter la main militaire à la main
de la juflice, fans pour cela rien innover fur lcs principes
conffitutionnels qui préparent la voie à l'exécution : je les ai
déjà fait remarquer ces principes 3 ils exigent impéricufement
que lcs décrets d'une autorité quelconque ne puiffent avoir --- Page 41 ---
une force exécutoire
(35)
bonne & due forme; que du jour de leur
fans exiftence.
; jufque-là ils font
notification en
le Prince
Les lettres de cacher paflifs, & comme
ditgrace, contre ceux de fes
méme 7 lancées par
leur font
fujets qui ont
verbal de
formellement
encouru fa
met à
capture de T'Oficier communiquées par le procès
exécution (1). Rien
qui en eft
à cette règle, Eile
ne peur
porteur & qui les
eft
légitimer une
avec rigidité,
non-feulement futivie
infraSion
de cette
mais encore la
dans le Royaume
Colonie en prefcrit
Jurifprudence des
voit dans la
T'exagte
Tribunaux
collefion de M.
obfervation. C'eft ce
page 618. Il cite
Moreau de
qu'on
Cap, en date
un arrêt de
Saint-Mery, vol, 4,
du 7
règlement du
< Fait défenfes feptembre 1763, rendu
Confeil du
>> & à la
( porte cet arrêt ) à tous fur la matière.
s
confiruer Maréchauftse, d'arréter
Huiffers, Sergens,
aucun
> civiles, fans prifonnier en exécution des Citoyen & de lc
>
préalablement lui
jugemens pour dettes
font, des
fignifier les
* Commandans,
ordres, fi aucuns
Généraux
Comumiteterd
9 verbal de
portant main-forte à
ou autres
9>
capture , er bonne 6 due juflice, , G Jans procès
figmifié aux débiteurs
forme , G
s> nullité, G de tous
emprifonnis, 3 le tout d diment
>>
depens,
peine de
partie, ,
dommages G intéréts
> ordonnances. conformément & fous les
envers la
Ordonne
peines portées
n publis & regiftré
que le préfent arrêt Par les
On
par-tout oùr befoin
fera lu,
conçoit parfaitement
fera, &c. >>
confirutionnelles d'un
que, fi telles font les formalités
emprifonnement légal, telles font &
(1) Rien n'a plus de
décernés par le
reffemblance aux le'tres de
les uns font un gouvernement à
cachet, que les ordres de
volonté du acceffoire d'un SaucDomingse décrer de
lly a feulement cette
rigseur
Souverain,
juftice, & les autres des adles diférence, de la que
feule
E2 2
'un
que, fi telles font les formalités
emprifonnement légal, telles font &
(1) Rien n'a plus de
décernés par le
reffemblance aux le'tres de
les uns font un gouvernement à
cachet, que les ordres de
volonté du acceffoire d'un SaucDomingse décrer de
lly a feulement cette
rigseur
Souverain,
juftice, & les autres des adles diférence, de la que
feule
E2 2 --- Page 42 ---
(36)
tellés doivent être également celles d'une recommandation,
puifque celle-ci n'eft autre chofe que la confignation expreffe
dola confirmation 8: de la prolongation d'un emprifonnement.
La recommandation contre laquelle je réclame, ne m'ayant
jamais été fignifice, non plus que l'ordre en vertu duquel
j'ai été recommandé, eft donc, encore un coup 2 nulle, cent
fois nulle, & digne de toute l'aminadverfion des lois. Paffons
à la troifième divifion des nullités qui la vicient.
roifeme Divifion,
Qu'un Sultan étrangle fes fujets au gré de fon
paite de T'emprifon- étéfait & qu'il foit lui-même étranglé à fon tour par fes caprice 7
PITRE ti-re fins ordres
janniffaires,
fcrets d'aucune auto- je le conçois; : c'eft le fort des peuples
l'arbitraire
jégule,
régis par
:
mais que, dans un pays de la domination françoife ? fous
l'empire d'une légiflation pofitive 8 fage, pendant le règne
de la philofophie des fimples particuliers, fans autre titre
de la foif dévorante de Tor, aient le crédit,& l'audace de
s'arroger fur leurs Concitoyens les droits des defpotes orientaux,
& d'armer contre nos libertés, par des furprifes criminelles,
la force deftinée à nous garantir de l'oppreflion , je frémis
c'eft le monument fcandaleux de la dépravation abfolue des
moeurs 2 érigé fur le tombeau des vertus civiles!
J'ai déjà fait voir que non-feulement je ne devois rien
aux Sieurs Daubagna, 9 Trigant & Compagnie 2 mais qu'au
contraire ils étoient eux-mèmes mes débiteurs ; aux termes de
notre contrat 5 que non-feulement ils n'avoient pas de condamnation effeétive contre moi, mais que celle qu'ils avoient
obtenue renfermoit deux chefs diftinats, dont l'un, les concernant, devoit être exécuté avant l'autre qui me regardoit ;
que dès qu'ils n'avoient pas de condamnation contre moi 2
ils n'avoient pu, fans obreption & fubreption, folliciter &
obrenir des ordres pour me priver de ma liberté 7 : &c
qu'en outre ils ne m'avoient jamais fignifié ces ordres
après les avoir furpris, Je vais maintenant développer des
obtenue renfermoit deux chefs diftinats, dont l'un, les concernant, devoit être exécuté avant l'autre qui me regardoit ;
que dès qu'ils n'avoient pas de condamnation contre moi 2
ils n'avoient pu, fans obreption & fubreption, folliciter &
obrenir des ordres pour me priver de ma liberté 7 : &c
qu'en outre ils ne m'avoient jamais fignifié ces ordres
après les avoir furpris, Je vais maintenant développer des --- Page 43 ---
nullités d'un
(37)
mes Juges des autre genre ; je vais mettre fous les
excès qu'il faut voir
yeux de
En effet, fuivant
pour y croire.
la liberté à un
notre conflinution, il faur,
fuffit
Citoyen, être bien fondé
pour ravir
le pas encore d'être bien fondé
en titre; il ne
concours de l'autorité qui
en titre, , il faur en outre
que la loi charge feuls de ordonne, &c celui des Miniftres
autorité, Mais cette marche T'exécution des décrets de
paflion des Sieurs
eft trop lente pour fatisfaire cette
paroir plus
Daubugna, Trigant &
la
fimple de s'affranchir de Compagnie ; il leur
pour accélérer leurs
l'embarras des formes
s'ils fuffent affurés opérations; en conféquence,
ils
d'avance de
> & comme
ne voient pas
Tapprobation du
en fon nom,
d'inconvénient à
gouvernement,
, à fon infçu
exercer leurs
craignent pas de
7 & fans fà
vexations
me tenailler, fiuppofer des ordres qui n'exiftent participation 5 ils ne
avarice des s'abreuver de mes
& point 2 pour
dernières
larmes, affouvir
ils ofent même
gouttes'de ma fubftance. Les
leur
des
profaner l'autorité deftinée à
facrilages !
Colons, en fe couvrant
faire le
un affaffinat
de fon ombre
bonheur
moral! Miniftres &
Pour commettre
crime, ils en ordonnent de leur inftrumens tout à la fois du
confomment de leurs propres mains propre mouvement & en
Onn n'a pas perdu de vue
T'exécution!
Sieurs
que ce fut le 23 juin
Daubagna 2 Trigant &
1787, que les
cette ville une fentence
Compagnic, obtinrent au
qui me condamnoit à
Siége de
port que je leur avois fait fur
reprendre un tranfcorps , à leur payer
Dupré, , & en
vertu de
une fomme de
liv. confiquence, par
cette condamnation
12,783 4f 6d. ;
permirent
, évidemmenr
qu'en
néanmoins d'agir comme fi elle condiionnelle, ils fe
aShuellement exéeutoire, 8:
avoit été abfolue &
titre 2 pour provoquer
qu'ilss'en firent en
contre moi l'autorité du confequence un
Bouvernement, 9
payer
Dupré, , & en
vertu de
une fomme de
liv. confiquence, par
cette condamnation
12,783 4f 6d. ;
permirent
, évidemmenr
qu'en
néanmoins d'agir comme fi elle condiionnelle, ils fe
aShuellement exéeutoire, 8:
avoit été abfolue &
titre 2 pour provoquer
qu'ilss'en firent en
contre moi l'autorité du confequence un
Bouvernement, 9 --- Page 44 ---
(38)
dont ils parvinrent à furprendre la religion le 26 novembre
1787. (1)
Onfe fouvient auffi qu'ayant été prévenu du
menaçoit, & des projets que mcs adverfaires méditoient coup qui me
ma liberzé 2 j'interjetai appel de la fentence, furr laquelle l'ordon- contre
nance du gouvernement étoit aflife ; & que fur ma
requête en
relief,j'obtins, le 15 févricr 1788, arrêt portant défenfes de
outre à l'exécution de ce jugement,
Faffer
par conféquent des ordres
qui en font l'acceffoire.
En confultant les principes généralement
du
adoptés, 2 il eft certain
que, moment de la fignification de l'arrêt de défenfes, les
ordres de rigueur décernés contre moi Ont été anéantis avec la
fentence qui leur fervoit de fondement ; & qu'on n'a pas pu les
faire revivre, fans intervertir la jurifprudence univerfelle de
les tribunaux frangois,quant à la reftriaion des peines &al'exten- tous
fion des faveurs.
Dès quc les ordres de rigueur décernés contre moi
le
gouvernement, le 26 novembre 1787, Ont été anéantis
par l'arrêt
du 15 février1788, il eft conftant qu'ils n'exiftoient par
qu'on les a invoqués le 24 mai fuivant
plus, lorf2 pour me recommander
en prifon : ainfi, felon la maxime 2 quod nullum efl , nullum
ducit efedtum, ces ordres n'exiftant plus ne pouvoient donc prodéformais
pas
communiquer, aux mains chargées de les
l'aStion qu'ils avoient perdue; il falloit donc néceffairement exécuter, les
régénérer.
Or, lesSieurs Daubagna, Trigant & Compagnic, ,n'ont
fait
jamais
régénérer ces ordres de rigueur depuis leur anéantiffement 3
jamais ils ne leur Ont fait donner une nouvelle exiftence.
nouvelle vertu coaétive 5 donc ils m'ont recommandé
2 une
en prifon
(r) Pai vérifié la date des ordres de rigueur décernés contre moi, fur le livre même da
gouvernement, dont on a bien voulu me donner communication.
.
Or, lesSieurs Daubagna, Trigant & Compagnic, ,n'ont
fait
jamais
régénérer ces ordres de rigueur depuis leur anéantiffement 3
jamais ils ne leur Ont fait donner une nouvelle exiftence.
nouvelle vertu coaétive 5 donc ils m'ont recommandé
2 une
en prifon
(r) Pai vérifié la date des ordres de rigueur décernés contre moi, fur le livre même da
gouvernement, dont on a bien voulu me donner communication. --- Page 45 ---
fans titre & fans
(39)
vexatoire,
ordres ; donc cette'
faic de fon injuricufe au gouvernemenr recommandation ell nulle,
nom, alarmante
même, par T'abus
pour les lois.
pour les
qu'on a
Cette
cinyens, & outrageante
Daubagna, Fcommandation eft d'autant
rôle d'asteurs Trigant & Compagnie, plus nulle 2 que les Sieurs
regiftres de & de fatellites : on n'a y Ont joué tout à la fois
la geole pour s'en.
qu'à jeter les
le
ment la fignature d'un
convaincre : On
yeux fur les
détention
oficier public
y cherche vaine5 point d'huiffier,
capable de
figure dans
point de
fanStionner ma
ordre du Tade:jy lis feulement (rgent, point d'archer ne
gouvernement, à la
que je luis
Trigant G
reguéte des Sieurs prifonrier par
&voila tout Compagnie , pour une
: de forte
fomme de 12,783. Daubogna, L.
défavouer les tortures que s'il eût plu à mes
4h6ds
barbare
qu'ils m'ont
adverfaires de
fatisfadion de jouir de
données, 2 ils auroient eu
répondre ; ils auroient
mon
la
fortune
caufé mes fupplice,fins être tenus d'en
reffource s & la ruine totale sourmens, de
Tépuifement de ma
pour moi, que la
mon crédit 2 fans
réparer le tort
garantie d'un
autre
plus horrible qu'ils m'ont fait. Quel infame geolier, , hors d'état de
Ma
que celui de Machiavel! !
fyfeme, cent fois
recommandation à la geole de
fansordres&. &
cette ville, , faite fans titres
Compagnie, fomalilancliglep eft donc le
par les Sieurs
;
centre en un mot & le nec plus ultrd de l'audace Daubagna, Trigane
zion des moeurs,
dernier terme tout à la
humainte; ; le
fois de la corrupOn vient devoir
S. IIL
Trigant &
toutes les vexations que les Sieurs
convaincu de Compagnie, 2 fe font permifes
Daubagna,
leur conduite leur injuflice au fond, &. de contre moi : ons s'efk.
les moss
dans la forme.
la menfrucfird de
qui m'ont attirs tant Cherchens de
maintenant à connoitre
maux fi Peu mérios,&cendunds
- A2
humainte; ; le
fois de la corrupOn vient devoir
S. IIL
Trigant &
toutes les vexations que les Sieurs
convaincu de Compagnie, 2 fe font permifes
Daubagna,
leur conduite leur injuflice au fond, &. de contre moi : ons s'efk.
les moss
dans la forme.
la menfrucfird de
qui m'ont attirs tant Cherchens de
maintenant à connoitre
maux fi Peu mérios,&cendunds
- A2 --- Page 46 ---
(40)
fi long-temps. Comme on juge des caufès
les
pénètre les intentions par lcs aétes.
par effets, on
fondé à dire, l'avarice
D'après cette règle je fuis
que
& la cupidité de mes adverfaires
feules la fource de mes malheurs,
font
La preuve de la vérité confignée dans cette
du feul expofé des faits. En effer, il fuffit de favoir propofition jaillit
fait
(& on le
déjà) que 2 porteur d'une créance de 16,165 liv. 41 6 d. de
principal furle Sieur Duverger & furla fucceffion
propoféau Sieur Dupré, chargéd des affaires de cette Martin,Javois
m'en procurer la rentrée. Cet
fucceffion, de
Port-au-Prince
agent , affez connu fur la place du
pour n'avoir pas befoin de mes
pouvoir me rendre ce fervice,
éloges , avoit cru
pour cent & une gratification moyennant de
une commiflion de fix
avois affuré le
dix portugaifes, dont je lui
payement par deux billets
m'avoit fait foufcrire à fon profit. La loi étoit particuliers, qu'il
néceffité étoit
dure ; mais la
urgente : j'avois cédé aux
en conféquence mes titres à Dupré fur fon circonftances, & remis
reçu.
Quelques jours après je fis avec les Sieurs
&
Daubagna , Trigant
Compagnie 2 l'affaire qui a donné naiffance à ce
leur tranfportai en payement le
de
procès 2 & je
tion de recevoir de lui le
reçu Dupré, avec autorifanet produit de ma créance,
Tout le monde connoit les liaifons fecrètes d'un certain
d'affaires qu'ilyae entre cesnégocians & Dupré; ainfi
fera genre
étonné des refforts qu'ils ont mis en ceuvre
onne pas
en payement de la fomme de
pour obtenir de moi,
totalité de ma créance,
12,783 liv. que. je leur devois, la
qui s'élevoit alors, 2 en principal & acceffoires, à environ 22,000 liv.
D'abord, pour garantir le payement des deux billets ufuraires
que Dupré avoit exigé de moi, en confidération de fes bons
offices, les Sieurs
l'attention de fe faire Daubagna, Trigant & Compagnie, eurent
dos même de la
autorifer , par mon tranfport configné au
reconnoiffance de cet agent,à lui payer ces deux
effets
qui s'élevoit alors, 2 en principal & acceffoires, à environ 22,000 liv.
D'abord, pour garantir le payement des deux billets ufuraires
que Dupré avoit exigé de moi, en confidération de fes bons
offices, les Sieurs
l'attention de fe faire Daubagna, Trigant & Compagnie, eurent
dos même de la
autorifer , par mon tranfport configné au
reconnoiffance de cet agent,à lui payer ces deux
effets --- Page 47 ---
effets fur le
(41 )
les fonds. Ile recouvrement eft
de T'actif, dont il devoir
évident,
leur
geoient pas 2 à cette d'après cette précaution, comprer
Quoi
époque 2 à me
qu'ils ne fonqu'il en foit, Tobligation remettre cette reconnoilfance.
qu'ils
conmat.dereprendre mon
,
-
pas payés de Dupré dans tranfport, dans m'impostrenr, le cas où ils par notre
ment, , qu'ils étendoient fix mois, 3 m'a
ne feroient
ils Ont refté dans
leurs vues plus loin convaincu, par l'événeconvenu
une inaéion
que moi : en
5 & à peine le
abfolue
effet,
gner à
terme eft-il
pendant tout le délai
dant reprendre mon
& expiré, à les 2 qu'ils m'ont fait affique d'un côté ils mandar, me
payer. Il y a
plus 5
payement 2 de l'autre ils pourfaivoient à outrance
pende mes titres, &
faifoient défenfes à
pour leur
m'ôroient par-là le
Dupré de fe deffaifir
fatisfaire, 2 ajoutant à leurs
feul moyen que
& les injures les
procédés les menaces les j'euffe de les
plus
/ On juge bien
humiliantes.
plus dures,
prix que ce fût. Je queje leur fouhaitoisder offris
terminer avec eux, à
de défaite courante
en confiquence des
quelque
tant que je n'avois qu'un ami m'avangoit, à défaur marchandifes
empreffésde recevoir pas : mais comme ils étoient d'un compde
les
bien moins
conférver un prétexte anisinoqueiclard de
devois,
fans réferve à leurs défirs, me vexer pour me réduire que, jaloux
Dans ces
2 ils rejetèrent toutes
à foufcrire
entrefaites, s le Sieur
mes
réferve, eft lancé fourdement Dupré 2 comme propofitions. un limier
Timmoler. Je le vois donc après la vitime 2
de
avec l'air d'un
un jour arriver chez pour achever de
blables, dont il tartufe, 2 qui pleure fur les
moi; il m'aborde
rences d'un fuce en fecret le
malheurs de fes femfes
vifintérét à mon fang, 2 affedtant toutes les
fervices pour me
embarras > & finiffant
appamettre à même de terminer par m'ofrir
Daubgna, Trigant &c
avec les
Je lui réponds
Compagnie,
Sieurs
avec
emprodement, que c'étoit-là
lobjet de
F
A
a
les
moi; il m'aborde
rences d'un fuce en fecret le
malheurs de fes femfes
vifintérét à mon fang, 2 affedtant toutes les
fervices pour me
embarras > & finiffant
appamettre à même de terminer par m'ofrir
Daubgna, Trigant &c
avec les
Je lui réponds
Compagnie,
Sieurs
avec
emprodement, que c'étoit-là
lobjet de
F
A
a --- Page 48 ---
(42)
mes voeux & de tous mes efforts, & je lui demande avec
inquiétude de quelle manière il veut bien m'aider en cette
occafion.
Alors reprenant la parole d'un ton fufffant & fententicux. 2
appuyant fiu-tout fr la rarcté des efpèces 2 & me faifant un
ehlanualaoranedeléiar de la fucceffion Martin, il m'offre (pour
m'obliger 2 bien entendu ) de m'achcter l'aetif que j'ai fur elle.
Volontiers, lui répliquai-je ; je vais vous le vendre : combien
voulez-vous m'en donner ?
Je vous ferai, me répond-il gravement, les avantages que j'ai
faits à plufieurs autrescréanciers de cette fucceffion . . a mais c'eft
du comptant. . -
Encore, quels font ces avantages ?
Il faur que vous faffiez le facrifice de cinquante pour cent 2
& l'affaire :
L'impatience m'échappeàces mots; 8c1 fans lui donner le temps
de finir , je lui dis : Et mcs deux billets feront-ils auffi compris
dans le facrifice ?
Sans doute , me répond-il d'un ton de dignité ; ces deux billets
font le prix du fervice que je vous rends, comme nous en fommes
convenus.
L'indignation faifoit des progrès rapides dans mon ame : le
Sicur Dupré s'en aperçut à la rougeur de mon vifage 3 & il
jugea à propos de fe retirer, fans attendre une folution dc ma
part. (1)
Le fentiment de l'humiliation ne pardonne jamais 3 auffi dès
ce moment les Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie, n'écoutèrent-ils que le défir de la vengeance, 9 dont ils m'ont fi cruelle-
(:) Ma mémoire ne me retrace pas exafement la manière dont fe termina cette entrevuei
Tout ce dont je me rappelle fort bien, c'eft que le Sieur Dupré partit comme un éclair de
gra chambre, cu il oublia fon chapeau, : que je lui renvoyai par mon nègre. --- Page 49 ---
(43)
qu'ils ont fait par la
fentir les.effets. De-là le mépris
les foumifions
ment fait
pendant ma captiviné, de toutes
leur ai
fuite, & fur-tout arrachées, de tous les facrifices quejel lettres
que la douleur m'a
de mes amis, foit par des unt
1 foit par la bouche
aujourdhui fe faire
propolés,
dont ils voudroient
écritesà des tiers,
titre contre moi. de
n'cit pas controuvée pour faire
L'anecdote que je viens rapporter & jai intérêt de la
de nuire 5 elle eft véritable 9
les Sieurs Daubagna
le plaific Je m'artends bien cependant que
leur impofer
connoitre. crier à la calomnie ; mais, pour
& Dupré vont
avec eux:
filence, voici commefargumente: un crime 2 il n'y a point
une fois on s'eft permis
d'un fecond
Quand
celui qui l'a commis 9 capable
malus
d'injure à préfiumer
malus, femper pre/fumiur
du même genre.
ritable 9
les Sieurs Daubagna
le plaific Je m'artends bien cependant que
leur impofer
connoitre. crier à la calomnie ; mais, pour
& Dupré vont
avec eux:
filence, voici commefargumente: un crime 2 il n'y a point
une fois on s'eft permis
d'un fecond
Quand
celui qui l'a commis 9 capable
malus
d'injure à préfiumer
malus, femper pre/fumiur
du même genre. Qui femel
in eodem genere mali. Sieurs Daubagna 7 Trigant & CompaOr, dans mon cas , les
en-fe faifant autorifer, par
fervi Tufure du Sieurl Dupré,
cet
2 fur les
gnie, ont
je leur ai confenti, à payerà le agent, montant des
le tranfport que devoir leur compser pour moi, Ils ont par-là
fommes qu'il
fait foufcrire à fon profit. deux billets qu'il m'avoit
il n'y a pas plus de déshonneur cent
participé au délit ; & affurément de perdre cinquante pour
eux à m'avoir fait propofer s'étoient
rempour
vritfembiotlemens
créance folide 2 dont ils
à
à mon-préfur une
qu'à fe faire autorifer acquitter
plis par leurs mains, arrachées par T'ufure. Deux conféquences avec
judice deux obligations
qu'ils étoient d'intelligenice
réfultent de ce fait : la première, bien entendu faire leur-propre
s-la fecnode, qu'ils avoient double vérité eft démontréc, 8c
Dupré
Cette
payer
aflaire de ma délagation. mon autorifation pour
à
le foin quils ont eu d'exiger laquelle ils fe font obllinés
par & par la précaution avec
dos duquel eft la menDupré, 2
fur le
garder & à cacher mon iranfport,
F 2
--- Page 50 ---
(44)
con expreffe de mes deux billets. Voili pourquoi ils ont tant
réfifté à mc remettre cette pièce. Qu'ils la repréfentent ; elle eft
dans leurs mains, leur reconnoiffance en fait foi; & on jugera, en
la voyant, qui d'eux ou de moi mérite quelque confiance en cette
occafion. Quant à Dupré, que deviendront, à la vue de cette pièce
farale, les dénégations formelles qu'il a faites de l'exiftence du
biller de dix portugaifes en fa faveur Il a dit cependant, & écrit
en première inftance, > que ce billet étoir l'ouvrage de mon imagination; q:le ma r.clamation à cet effet n'étoit autre chofe qu'une
méchanceté de ma part : qui male agit, odit lucem. Qu'on
produife, encore un coup, fareconnoiflance revétuedemon tranfport; c'eft-là le feul moyen de déterminer les opinions fur notre
compte refpcélif,
S- I V. e FISS
D'après tout ce qu'on vient de lire 3 d'après toutes les horreurs -
prouvées que j'ai fouffertes de la part des Sieurs
Trigant &
Daubagna 9
Compagnie 9 quelle idée peut-on concevoir de la
fentence du 28 juillet dernier, qui ia rejeté mes demandes contre
cux avec dépens P e
mais hâtons-nous de prouver combien elle me fait grief, combien elle eft erronée dans fes
tant en
motifs,
la forme qu'au fond.
'on vient de lire 3 d'après toutes les horreurs -
prouvées que j'ai fouffertes de la part des Sieurs
Trigant &
Daubagna 9
Compagnie 9 quelle idée peut-on concevoir de la
fentence du 28 juillet dernier, qui ia rejeté mes demandes contre
cux avec dépens P e
mais hâtons-nous de prouver combien elle me fait grief, combien elle eft erronée dans fes
tant en
motifs,
la forme qu'au fond. Io, Les parties font renvoyées par le premier juge à un précompte entr'elles : Vu, dit-il, la fentence du 23. juin
confirmée par larrêt du 2 mai 1788 > qui me condamne 1787 >
à payer aux Sieurs
par corps
intéréts. G
Daubagna, 3 Trigant € Compagnie > avec
dépens, la fomme de 12,783-liy., 4/-3 d.;6 attendu la
reconnoifance des Sieurs
date du
Daubagna , Trigant & Compagnie., en
19janvier dernier , de laquelle
ont retenu
dans leurs mains
ilappert gu'ils
mor,titre de créance, Gc. --- Page 51 ---
20, Je fuis déclaré
(45)
de mon
non recevable dans ma demande
la fentence emprifonnement, & en
en nullité
vier
2 mes lettres en date des dommages 25 & intérêts : Vu,
derniers , 6 notamment le
décembre 37, 22 6 porte
Leffer de ma fortie de
confemement
15jandamné aux
prifon, 6 fir le tout, par eux donné a
Sur le dipens.
je fuis en outre conles morifs premier chef de cette fentence
qui ont déterminé le
je vois avec
précompter entr'elles,
tribunal à
douleur, , par
à lui-méme la
qu'il femble s'être renvoyer les parties à
vérité qui devoit
travaillé à fe
ment. En effet,
lui fervir
diffimuler
2 les Juges avoient
de guide dans fon
23 juin 1787
fous leurs
jugePourquoi donc 7 puifqu'ils l'ont cotée dans yeux la fentence du
cft-ellc
le vu des
ne dit point du tout tronquée dans le
picces.
démontré
ce qu'ils lui font dire rapport P Cette fentence
pour n'avoir
; je T'ai
ne fuis cordamné
pas befoin de revenir fur déjà affez bien
& Compagnie, par corps envers les Sieurs
cet article, Je
qu'après
Daubagna, 2
impofée, & qu'ils n'ont lévénement d'une condition Trigant
vidorieufement
pas remplie, J'ai
qui leur eft
que je ne leur dois
d'ailleurs prouvé affez
contrairequis medoivent.1 Le
rien, & que ce font
eft donc erroné; &,
motifde lai fentence,fous eux au
fentence au premier chef par une confiquence du faux ce rapport,
Elle
ne Peut pas être
principe , la
paroitra bien moins
jufte.
morif qui a fait ordonner jufte le encore par l'analyfe du
donne en cette occafion
précompte. En
fecend
fion qu'il n'a
Il au contrar qui lie les effet, le Siége
gna,
pas. regarde la
parties une extenTrigant &c
reconnoiffance des Sieurs
moi,
Compagnie > comme une.loi
Daubaloriqu'elle n'ef
dont je me fers contre qu'un titre qu'ils fe font à obligatoire pour
ment. Quoi !
eux, aul lieu d'y donner cuxemémes, &c
parce qu'il plait aux Sieurs
mon
acquiefceCompagnie, de dire gu'ils Sardent Dauhogna, Trigant &
mon titre de
créncé, fur
ies une extenTrigant &c
reconnoiffance des Sieurs
moi,
Compagnie > comme une.loi
Daubaloriqu'elle n'ef
dont je me fers contre qu'un titre qu'ils fe font à obligatoire pour
ment. Quoi !
eux, aul lieu d'y donner cuxemémes, &c
parce qu'il plait aux Sieurs
mon
acquiefceCompagnie, de dire gu'ils Sardent Dauhogna, Trigant &
mon titre de
créncé, fur --- Page 52 ---
(46)
lequel je ne leur ai donné qu'une délégation pour fe payer de
leur dû 3 parce que, après m'avoir bien vexé, il leur plait de fe
charger du recouvrement de cctte créance pour m'en rendre
compte quand elle fera rentrce,c'ef-a-dire $ lorfqu'ils le voudront bien, on en induit que je dois me foumettre à la condition qu'ils trouvent à propos de m'impofer ! Mais oùt donc a-t-on
puifé ces principes ? La fentence du 28 juillet dernier eft donc,
encore un coup, quant ail premicr chef, affife fur une erreur; &
cette erreur eft d'autant plus grande, que je fuis condamné aux
dépens , tandis que je fuis créancicr, même d'après l'événement
du précompte ordonné : donc enfin mon appel cft fondé.
La fentence du 28 juillet a bien plus mal jugé quant au fecond
chef,c'eft-a-dire, en me déclarant non recevable, fous le prétexte
de quelqueslettres qu'onprétend quej'ai écrites de ma prifon, &
fous celui du confentement donné par les Sieurs Daubagna 9
Trigant & Compagnie 2 à l'effet dc mon élargiffement : d'abord,
je mets en fait que je n'ai pas écrit CCS lettres aux Sieurs Daubagna, Trigant & Compagnie; &, les euffé-je écrites, la prétendue
fin de non recevoir que le Siége cn fait réfulter 2 s'évanouiroit
devant la loi, gui in carcerem quem detrufit LL aliguid ei extorqueret, quidguid ob hanc caufam falum ef nullius momenti eft;
L.2 22,8. quod met. cauf. En cffet, la liberté eft la condition la
plus effentielle des conventions humaines : comme il n'y a pas
de contrat fans confentement, il n'y a pas de confentement fans
liberté. Il faut que l'aSte foit le réfultat de la feule volonté
des parties, 8 non l'effet d'une impulfion étrangère ; en un mot,
qu'il ne foit déterminé ni par la crainte, ni par la violence 9 qui
arrachent CC qui doit toujours être librement accordé.
C'eft pour cette raifon qu'on ne regarde pas commc obligatoires les agtes paffés dans les prifons par les perfonncs qui y font
détenues. Denifart, au mot prifon, nous cite àcet égard un arrêt
ule volonté
des parties, 8 non l'effet d'une impulfion étrangère ; en un mot,
qu'il ne foit déterminé ni par la crainte, ni par la violence 9 qui
arrachent CC qui doit toujours être librement accordé.
C'eft pour cette raifon qu'on ne regarde pas commc obligatoires les agtes paffés dans les prifons par les perfonncs qui y font
détenues. Denifart, au mot prifon, nous cite àcet égard un arrêt --- Page 53 ---
(47)
du Ier juin 1714; qui a admis deux
reftitution contre une tranfastion
particuliers aul bénéfice de
tranfaétion eft
paffée entre deux guichets. La
pourtant Taglele plus favorable de la
mais on connoit tous les facrifices dont
vie civile;
l'homme eft
loriqu'ils'agit de fa liberté 2 qui eft le premier & le
capable, 2
de tous les biens ; & le but fondamental des lois plus précicux
ramener les conventions
eft fur-tour de
Si les lois & la
aux principes de l'équité.
niffent
jurifprudence, fi la raifon & l'équité fe réupour proferire des aftes, confentis dans la
même avec la folennité la plus éclatante,
contrainte,
lettres, écrites du fond d'un
2 feroit-ce dans quelques
cachot, , au fein des
trempées dans lamertume &c dans les
tourmens, 2
trouver le confentement néceffaire
larmes, qu'on pourroit
pour la validité d'un contrat P
D'ailleurs, ne faut-il pas que le contrat foit
faut-il pas qu'il foit accordé &
réciproque P ne
manque ici : donc, fous
accepté? Or,ce double lien
aucun rapport, ces lettres, en
qu'elles exiftaffent, n'ont pu élever une fin de non fuprofant
contre ma demande en nullité de mon
recevoir
dommages & intérêts.
emprifonnement, & en
J'arrive au fecond & principal motif,
s'eft déterminé à
par lequel le Siège
profcrire mes réclamations à
( Vu notamment
cet égard.
2 dit-il, les confentemens des Sieurs
* bagna 2 Trigant & Compagnie, en date du
Dau-
> à l'effct de la fortie de prifon de la 19 janvier dernier,
> l'avons déclaré non recevable
Poupardière, nous
en fes
fins
*
demandes,
&
conclufions, > N'admirez-vous pas, à mes Concitoyens ! ce
notamment ? Que fignifie-t-il ?
En voici
Apprenez-le par mon exemple,
l'explication :
< Mrs Daubagna 9 Trigant & Compagnie, ont
> de vous charger de fers au gré de leur avarice, le de droit
> torurer, de vous ruiner de fond en comble, de vous
vous
é non recevable
Poupardière, nous
en fes
fins
*
demandes,
&
conclufions, > N'admirez-vous pas, à mes Concitoyens ! ce
notamment ? Que fignifie-t-il ?
En voici
Apprenez-le par mon exemple,
l'explication :
< Mrs Daubagna 9 Trigant & Compagnie, ont
> de vous charger de fers au gré de leur avarice, le de droit
> torurer, de vous ruiner de fond en comble, de vous
vous --- Page 54 ---
(48)
* ravir toute efpèce de crédit, & de vous réduire au défef-
# poir autant & auffi long-temps que cela les amufera ;
s & quand ils feront bien raffafiés de VOS larmes, ou
>
fatigués
par VOS cris, ils pourront vous dire : nous confentons
>> vos tourmens finiffent $ & avec ces mots , nous
que
confentons 2
>> vous devez vous trouver fort heureux. >>
tempora !
6 mores ! Tel eft, Leéteur, la fentence que je défère à la
Cour : mais que l'erreur du premier juge ne vous alarme
pas ; nous vivons fous un gouvernement jufte 3 nous fommes
fous la garde d'un Tribunal fupérieur que Ia vertu
dirige 2 &
qui apprendra, par une leçon falutaire, 2 aux Sieurs Daubagna 2
Trigant & Compagnie, à refpeéter les droits de T'humanité,
qu'ils ont tous violés dans ma perfonne,
S. V,
Il auroit manqué quelque chofe à mon infortune, fi je
n'avois pas eu encore à me plaindre d'un déni de jufticé
de la part du miniftère public en première inftance 3
comme
j'ai,
on l'a vu, expreffément requis fa jonétion : je ne
fais par quelle fatalité il n'a pas paru dans la fentence du
28 juillet dernier. -
Rien cependant n'intéreffe
miniftère
plus ce
7 que la liberté individuelle des fujets du Roi, que
l'exécution des ordonnances qui nous régiffent , & qui font
ici profanées avec fcandale : rien n'intéreffe plus ce miniftère
que le défordre réfultant des coups d'autorité 5 que l'audace, s
facrilége du crédit qui, par des furprifes criminelles, abufe
de la confiance du gouvernement, & fe couvre,
les
du
pour opprimer
Ciroyens,
manteau du pouvoir deftinéà les protéger:
rien, en un mot, n'intéreffc plus ce minitère, que les droits
faints & facrés de Thumanité, fource de tout bien & de toute
vertu 9 fans lefquels la fociété ne feroit qu'un repaire de bêtes
féroces qui s'entre-dévorent,
Je
ifes criminelles, abufe
de la confiance du gouvernement, & fe couvre,
les
du
pour opprimer
Ciroyens,
manteau du pouvoir deftinéà les protéger:
rien, en un mot, n'intéreffc plus ce minitère, que les droits
faints & facrés de Thumanité, fource de tout bien & de toute
vertu 9 fans lefquels la fociété ne feroit qu'un repaire de bêtes
féroces qui s'entre-dévorent,
Je --- Page 55 ---
Je fuis François,
(49)
étrangères,
& je n'invoque pas
été fourd Pourquoi donc M. le
l'autorité de lois
aux accens de ma douleur Procureur du Roi a-t-il
lorfque je l'ai appelé à mon
P Pourquoi s'cft-il tà
d'y venir P Ah! qu'il
fecours, & qu'il étoit
que la douleur de la me pardonne des
obligé
moi, fans doure, vérité m'arrache ! Il reproches eft
amers
fon filence
d'être obligé de dire
cruel pour
aujourd'hui que je dois attribuer les que ce n'ef qu'à
nous défendra forcé de porter aux pieds de plaintes la
que je fuis
contre
Cour.
ce foin honorable T'oppreffion, fi celui à
Qui donc
&
qui la loi confie
précieux nous
Terminons une difeuflion
abandonne P
de mon ame, & venons
qui ne fait que
crés par la loi de Dieu au dénouement. Un prolongerle des
fupplice.
oblige à réparer le mal , & adopré par les lois des préceptes hommes confaLegeurs; 5 quels titres que nous faifons. Or,je vous
2 nous
n'aije pas à faire
le demande, a
Daubagna, 2 Trigant &
valoir contre les Sieurs
capable d'expier les tourmens Compagnie P Eft-il un genre de
injuflement fouffrir? Pe efl-il qu'ils m'ont fait 6
peine
préjudice qu'ils m'ont un prix qui puiffe me longtemps & fi
& dans mon
caufé dans ma
dédommager du
intérêts
honneur P Je fuis fondé à fortune, dans mon crédit
3 & je fuis modéré
réclamer des
égard, à 285,000 liv.
en réduifant ma dommages&
O vous
demande, à cet
vous
que la Providence a
qui tenez dans vOs mains la appeléà gouverner les
gnez arrêter un moment
deftinée de cette hommes,
de tracer lInftruits
vos regards fur le tableau Colonie, , daine confer l'accèsd par mon exemple, 2
que je viens
de votre
puifliez-vous
en écarter T'erreur
fanQuaire qu'à des
déformais
fouvenir
& les furprifes !
gardes fidèles, pour
qu'un mot de vous ( & ce daignez quelquefois vous
échappé) Peut ouvrir une fource
mot eft promptement
intariflable de
larmes, ou vcus
G
- a --- Page 56 --- :
(50) )
élever un monument éternel de bénédictions dans les coeurs des
familles.
Et vous 2 généreux libératcur 2 illuftre & zélé proteéteur des
droits de l'homme ? vertueux Du Chillau, agréez ici Thommage
e
public del'effufion de mon coeur ! que les infortunées viétimes de
l'oppreffion apprennent, en lifant ce mémoire, combien vous êtes
précicux à l'humanité fouffrante !
Signé, POUPARDIÈRE.
Vu,permis d'imprimer, Port-au-Prince, le 22 novembre 1789:
Signé, PROISY.
2 - U PORT.. AU-PRINCE,
Chez BOURDON, Imprimeur du Roi & du Confeil Supérieur de Saint-Domingne,
de mon coeur ! que les infortunées viétimes de
l'oppreffion apprennent, en lifant ce mémoire, combien vous êtes
précicux à l'humanité fouffrante !
Signé, POUPARDIÈRE.
Vu,permis d'imprimer, Port-au-Prince, le 22 novembre 1789:
Signé, PROISY.
2 - U PORT.. AU-PRINCE,
Chez BOURDON, Imprimeur du Roi & du Confeil Supérieur de Saint-Domingne, --- Page 57 ---
- --- Page 58 --- --- Page 59 ---
1X7 --- Page 60 ---