--- Page 1 --- --- Page 2 ---
3hohn Uanter Srolon
Librany
firoumn Iininersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
X
T R
A
I
T
EGLE M E NT DU ROI,
Du vingt-cing Septembre 1744,
Miniftre, cn date du 10 Janvier 1788, enregiprce ail C
péricur de Saint-Ponirgue, le 15 Avilr88.
*
A R T I C L E X I I
Janvier de la même année, Elle
que année fur les Nigres étant acquis àSal Majesté ie prumier
d'icelui,tous les Habitans, de quelque qualité & condition qu'ils foient, excmpt, ou non exe
cligieufs, leurs Agens ou Procureurs, fcient tenus, chacun à laur égard, de faire tous la
Nègres, Négreflis, Négr llons & Nigrittes, Domeftiquas, Ouvriers de jardin & autres qui C
farnom &
déclaration ils certifieront véritable, pour fervir à dr.fler le Re
par nom,
age, laquelle
la remettront à cet effet dans le mois de Mai de chaque année aux Capitaines & Ofliciers
'aroiffe, & faute par lefdits Habitans d'y fatisfaire dans ledit temps, les Privilégiés défaill
: l'exemption dud.t droit, & les autres Habitans auffi défaillans, condamnés en cent liyres
uffent être réputées comtninatoires.
X I V.
Mlice recevant leflites décarations, aura foin de les ligner & dy faire figner deux perfo
n'auro.t figné que par une Marque ordinaire. Il gardera T'une par-davers lui, & rendra I'
vira, fot
fon Recenfement l'année fuivante, avec les changemens qui feron
pour cempufer
dans
année, ou pour avoir la preuve, en cas de N
: la remife qu'il en aura fate
chaque
:fdits Nigres ont été diciarés, ainfi qu'4 fera dit ci-apiès.
X V.
marronnage, condamnés à pcine de mort ou aux galères par Justice, ne feront rembou
l'Habitant fur les deniers publies, s'il ne prouve par fon Recenfement qu'il les a déclarés, &
i pour marronnage, ou autres délits, ne feront rendus qu'en juftifiant pareillement de leur de
r être employés fur les travaux de Sa Majesté, & THabitant condamné à cinq cens livres
1. da préfear Réglement.
X V I I.
L --- Page 5 ---
Me. G * DUBOIS *
2 313
**
*
*
*
*
* * * * N *
*
*
*
N SAXTEA M
* *
*
* 5 *
*
*
* K * * * * *
* * * *
*
*** *
M O I R E
M E
LAURENT 8c Dame
POUR les Sieurs FRANÇOIS, demeurans à Tours, ftipulés &
PERRINE AUBRY, Colonie par le Sieur BACQUÉ,
repréfentés en cette
Négociant, appellés & anticipans,
de
le Sieur CARADEUX ainé, appellant
CONTRE
de ceue ville du PortSentence rendue au Siège Royal 8 anticipé,
au-Prince, le 29 Juillet 1786
Le Sieur CARADEUX DE LA CAYE, du Sieur ROCHELa Dem ijelle CARADEUX, époufe
BLANCHE, & lui pour Lauorijer,
La Dame CHATEAUBLOND, MORNAY,
La Dame veuve DE
HOMME DEGIZEUX, demeuLe Sieur RENÉE GRAND
rant e1l France,
auff demeurante en France, tous
Et la veuve HUDAIN,
intimés 8 appellés en Linflance.
jamais occupée d'une
La Cour ne s'eft peut-être
de fon objet,
affaire plus intéreffante par la valeur
A.
S*G.D-Fits Aine'.
A
BLANCHE, & lui pour Lauorijer,
La Dame CHATEAUBLOND, MORNAY,
La Dame veuve DE
HOMME DEGIZEUX, demeuLe Sieur RENÉE GRAND
rant e1l France,
auff demeurante en France, tous
Et la veuve HUDAIN,
intimés 8 appellés en Linflance.
jamais occupée d'une
La Cour ne s'eft peut-être
de fon objet,
affaire plus intéreffante par la valeur
A.
S*G.D-Fits Aine'.
A --- Page 6 ---
Geics
2.
que celle des Sieurs & Dame Aubry. Ils réclament
une fucceflion qui cft ouverte depuis vingt-cinq ans &
qui valoit, lors de fon ouverture, au moins cinq à
fix millions. La progreffion de cctte valeur depuis ce
temps T'a dlevée, à-peu-près, de deux fois plus, & il
faut ajouter à cela tous les fruits qui ont été recucillis
depuis le commencement de Tannée 1763 & les intércts
çui ont couru depuis le jour de leur demande. En
un mot,c'cf la fortune de la famille Caradeux que les
Sieurs & Dame Aubry demandent, parce qu'elic leur
appartient toute entiére : c'eft la fortune qui forme le
patrimoine de cette famille fi nombreufe & pourtant
fi opulente, c'eft cette fortune qui, quoiqu'en saugmentant chaque jour dans les mains de ceux qui la poffedent, fournit en France 8c dans la Colonie à tant &
de fi faftucufes dépenfes. Ces feuls traits fuffifent
faire connoitre à la Cour, à la Colorie entière,& pour dans
la Capitale même du Royaume, le précieux héritage qui
fait lobjet de ce procés.
Mais autant que cette caufe a d'importance par la
grandeur, le nombre & le prix des biens que les héritiers Aubry réclament, autant & même plus encore 2
cile a de fimplicité par le point de droit qu'elle préfente & par les faits & les aêtes qui doivent en
duire la décifion.
proI. Les Sieurs & Dame Aubry qui réclamerit la
fucceflion font petits-enfans de Jacques Aubry & de
Marie Villette.
2.0 Jean-Martin Aubry,de la fucceffion duquel il --- Page 7 ---
3 de Jacques Aubry &c de
sagit, étoit également petit-fils
Maric Villette.
le défunt &c les réclamans étoient enfans de
Ainfi
coufins germains entr'eux.
frères & par conféquent
de voir un lien de parenté
Il n'eft guère pofible étre plus fort, plus démonfplus étroit, & rien ne peut des conteftations que les pièces
tratif, ni moins fujet à
font toujours des aêtes
le juftifient, puilque & ce de fépulture, &
ceux
E mariage, de bapteme dans la caufe ont la fuite la R exagte
qui font rapportés
intime & qu'ils ne laifient pas la
& la liaifon la plus
leur
ni par conmoindre incertitude fur
aurhenticité,
féquent fur le fait de la parenté.
les Steurs & Dame Aubry doiVoila tout cc que
étre envoyés en pofvent établir
ce Mémoire pour
depuis vingtfeffion des laete qui leur fait appertiennene en des mains étrancinq ans, que Terreur a
paffer faire de la manière la
géres. C'elt auffi ce qu'ils vont fait connoitre comment la
plus irréfiftible, après avoir
de perfonnes qui n'y,
fucceflion fe trouve au pouvoir
véritablement aucun droit.
ont
F A I
T
S.
s'ouvrit le 27 Février 1763 par la
Cette fuccefion
Sccrétaire du Roi,
mort de M. Jean-Martin Aubry,
ennene en des mains étrancinq ans, que Terreur a
paffer faire de la manière la
géres. C'elt auffi ce qu'ils vont fait connoitre comment la
plus irréfiftible, après avoir
de perfonnes qui n'y,
fucceflion fe trouve au pouvoir
véritablement aucun droit.
ont
F A I
T
S.
s'ouvrit le 27 Février 1763 par la
Cette fuccefion
Sccrétaire du Roi,
mort de M. Jean-Martin Aubry, --- Page 8 ---
natif du Port-de-Paix,
d'environ quatre-vingts ans
& Habitant de la
de la
Ta
Croix-des-Bouquets,
dans laqueile il mourut & fut enterré le même jour.
Il ne lui avoit pas fuffi de trouver dans les loix une
difpoficion qui réglàt le cours de fa fortune après
qu'il
auroit quitté la vic, il avoit encore voulu prendre foin
lui-mime de faire connoitre à fes héritiers, Tar une
déclaration formelle de fes vrais fentimens, que fon coeur
n'avoit pas d'autre affecion ni d'autre penchant que ceux
même de la loi; & dis le IO Août 1762, fix mois
avant qu'il fht attaqqué dc la maladie dont il mourut,
il avoit fait Uil teftament folennel.
Son premierlegs fut fait au père des Sicurs Caradeux
en ces termes :
<6 Donne & lègue ledit Sieur teflateur, audit Sieur
5) Jean Caradeux, Habitin: aL m'm: q:artier de Belle5> Vil2, la jouillance, fa vie durante feulement, de la
2> terre de la quelle il jouit déjà, appartenante à lui
5> dt Sear toftiteur, pour ladite terre revenir après
5> la mort dudt Sieur Caradeux & être confolidée
5> avec tous les autres biens de mondit Sicur teftateur
>> defquels elle fait partie >).
Plufieurs autres legs font faits enfuite à des filleules, à fon exécuteur-teflamentaire & à une perfonne
qui avoit pris foin de Tadminiftration de fa maifon dans
les dernières années de fa vie, après quoi, le legs de
la liberté eft fait en faveur de 37 Efclaves, & enfin
le teflateur termine ainfi fes difpofitions :
46 Item, déclare ledit Sieur teftateur laiffer tout le
>> defquels elle fait partie >).
Plufieurs autres legs font faits enfuite à des filleules, à fon exécuteur-teflamentaire & à une perfonne
qui avoit pris foin de Tadminiftration de fa maifon dans
les dernières années de fa vie, après quoi, le legs de
la liberté eft fait en faveur de 37 Efclaves, & enfin
le teflateur termine ainfi fes difpofitions :
46 Item, déclare ledit Sieur teftateur laiffer tout le --- Page 9 ---
meubles 5 & immeubles, ou autres
> furplus de fes biens,
quelconques, fans aucune
> effets mobiliers généralement ni excepter & en quoi quils puiffent
> chofe réferver,
avoir & d9 qui pourront luia appar-
> confifter, qu'il pourra de fon décls, tant en France qu'ence
> tenir au moment
parens & hésiziers du Jang,
p> pays,, à jes plus proches entr'eux
égale portion,
b> pour le tout être inftituant partagé à cet lear pour les véri-
> les nommant 8c
héritiers & légataires univerfels
> tables & légicimss lefdits biens, tant meubles qu'im-
> du furplus de tous
leurs hoirs, fucceffeurs ou
> meubles, pour par eux,
ufer, faire &c dilpofer
à Tavenir jouir,
> ayans-cautie
& à perpétuité, comme
>> du tout en pleine propriété
voulant
> de chole à eux légirimement Sieurteftateur appartenante, arquilnyait entr'eux
> & entendant mondit
fi
d'eux vouloit
difficulré, & que quelqu'un
du
2> aucune
point que ce pàt être
>> contrevenir en quelque
de dernière volonté
teftament &c ordonnance
exclus
>> préfent
Sieur teftateur, il foit entièrement
>> de mondit
,fans pouvoir y rien prétendre.
>> de fa fucceffion
& accomplir le préfent teftament
5> Et pour exécuter de demière volonté, 2 icelui plurôs
5> & ordonnance diminuer, mondit Sieur teftateur a
59 augmenter
fon enécutcur-utamennine
5)
&
pour
en fa
Rrtr
nommé
de M. Saintard, fe deflaififant
5> la perfonne
Sieur teflateur, de fes biens généra5> faveur, mondit
jufqu'à Tentière exécution dudit
5> lement quelconques, teftament & ordonnance de dernière
2> préfent fon
defir de la Coutume de la
fuivant & au
5> volonté,
& vicomté de Paris, 8cc.
>> ville, prévôté
fa
Rrtr
nommé
de M. Saintard, fe deflaififant
5> la perfonne
Sieur teflateur, de fes biens généra5> faveur, mondit
jufqu'à Tentière exécution dudit
5> lement quelconques, teftament & ordonnance de dernière
2> préfent fon
defir de la Coutume de la
fuivant & au
5> volonté,
& vicomté de Paris, 8cc.
>> ville, prévôté --- Page 10 ---
La difpofition de Thomme & celle de la Loi fe réuni
rent donc de ce moment pour affurer la fortune du tefta
teur à fis plus proches parens 6 hériticrs du fang : le telta
ment n en défignoit aucun, parceque le teflateur, Amé
ricain de naiflance, mais François d'originc, nie les cCI
noiffoit pas fans doute parfaitement ; mais cet age
difoit implicitement & failoit connoitre feul que la famille
Caradeux n'étoit pas de ce nombre, & par conféquen
ne pouvoir élever aucune prétention fur les biens.
Iere. Réclamation.
Cependant de quatre réclamations qui cnt été faite
julqu'à préfent, la première fut formée bientôt après la
mort du Sieur Aubry, par les fix enfans de ce Sieu
Jean Caradeux, HABITANT au même quartier de Belle
VIC, qui avoit été, fous cette fimple & feule qualité
Tobjet du premier legs.
On ne voit pas fiurquoi ils la fondèrent alors, quell
procédu e ils firent, ni quels moyens ils empleyérent
aucun des abtes faits à ce fujet dans CeS preniers temp
n'eft connu ; mais il eft certain que M. de Saintard, exé
cutcur-teflamentaire, leur remit la fucceffion toute en
tière fans difficulté; on prétend même que l'année de
fon exécution-tefamenire n'étoit pas encore expirée
loriqu'il leur délivra tout.
scme. Réclamation, Le Sieur Rende Grandhomme Degizeux fe préfenta
dans T'année fuivante pour réclamer aufi comme héri
tier. Sa prétention n'alla pas jufqu'à l'exclufion de la
famille Caradeux, mais il articula que le défunt, qui
ceffion toute en
tière fans difficulté; on prétend même que l'année de
fon exécution-tefamenire n'étoit pas encore expirée
loriqu'il leur délivra tout.
scme. Réclamation, Le Sieur Rende Grandhomme Degizeux fe préfenta
dans T'année fuivante pour réclamer aufi comme héri
tier. Sa prétention n'alla pas jufqu'à l'exclufion de la
famille Caradeux, mais il articula que le défunt, qui --- Page 11 ---
Dubois, 7 étoit fon coufin germain
toit fils de Marie
lui Sieur de Gizeux étoit
par leurs mères, Dubois, parceque foeur de Marie, & ilne conIs de Simonue
Caradeux la qualité qu'ils vouluelta pas aux Sicurs
-
ent prendre.
les Sieurs Caradeux
Sa modération & l'intérêt que
paruffent
voient alors de faire naitre des jugemens qui tempéontradi@toires & refpeBables par cette qualité,
infiniment la réfiftance qui lui fut oppofée, cepenèrent
qui ne cherchoit que
ant le Juge du Port-sn-Prince, du Sieur de Gizeux &c qui ne
a vérité dans les pièccs
une fentence du 5, Avril
y trouvoit pas, ordonna droit, par Taéte de mariage de Jean
quavant qu'il fit
& du
ayeul de Jean - Martin Aubry
Dubois, prétendu
pieur de Gizeux, lui feroit rapporté.
Gizeux
les Sieurs CaraMais le Sieur de
appella: des difputes judiciaires
Heux craignirent que la chaleur attentif & une critique trop
he produisir un examen trop
ils reconnurent & iis
évére -
de leurs prétendus droits, même année 1764, que le
fignérent le 15 Mai de la
eux, ils re: oncèSieur 6o de Gizeux étoit co-héritier avec
leur adverbénéfice dela fentence, en difpenfant
rent au
qui lui avoit été preferite, &c
faire de la jultificrtien
fucceffion leur fut
dès le 19 du même mois de Mai,la
chaà raifon d'un feptième pour
hdjugée en commun,
formoient. Iieft clair
cet
cune des fept têtes quils
& qu'on ne peut T conArrêt n'étoit pas contradi@oire volontaire 8 non comme
fidérer que comme un partage
une décifion rigoureufc,
rent au
qui lui avoit été preferite, &c
faire de la jultificrtien
fucceffion leur fut
dès le 19 du même mois de Mai,la
chaà raifon d'un feptième pour
hdjugée en commun,
formoient. Iieft clair
cet
cune des fept têtes quils
& qu'on ne peut T conArrêt n'étoit pas contradi@oire volontaire 8 non comme
fidérer que comme un partage
une décifion rigoureufc, --- Page 12 ---
Ces circonflances ne donnoient à la poffeflion des
Sieurs Caradeux qu'une très- foible apparence d'affermifiement, aufli les choles ne demeurerent-elles pas
long-tomps dans cet état.
geme. Réclamation. Le 29 Septembre fuivant (1764) Marie Aubry,
veuve Hudain, de la Rochelle, vint former une trolfième réclamation. Les vues quelle annonça n'étoient pas
bornées comme celle du Sieur de Gizeux à une fimple
cohérédité, ni à un fimple partage avec les fept perlonnes qui avoit déjà recueilli les biens; ; toute la fucceffion fut Tobjet de fa demande.
-
Mais fes titres ne répondoient pas
leur force à
Télévation de la prétention dont ils Retaent être Tappui:
on peut dire que tout ce qu'clle prouva, c'eft qu'elle
s'appelloit Aubiy, qu'elle étoit d'une famille Aubry de
la Rochelle, mais que ses aEtes réunis n'établiffoient pas
autre chofe que ce foible rapport de nom, qui n'a jamais pu fuffire pour faire préfumer & pour faire admettre
dans les Tribunaux T'exiftence du lien du fang.
Les Sieurs Caradeux s'armérent alors de leur Arrêt
du 19 Mai précédent, pour repouffer Marie Aubry
veuve Hudain, & ils obtinrent,le 3 Décembre 1764
une fentence qui ordonnoit, avant faire droit, que la
veuve Hudain rapporteroit en bonne & due forme, dans
un an, les extraits baptiftères de fon père & celu
du Sieur Jean - Martin Aubry, qu'eile prétendoit avoir
été frères, & lextrait de mariage de fon ayeul, qu
dan
rent alors de leur Arrêt
du 19 Mai précédent, pour repouffer Marie Aubry
veuve Hudain, & ils obtinrent,le 3 Décembre 1764
une fentence qui ordonnoit, avant faire droit, que la
veuve Hudain rapporteroit en bonne & due forme, dans
un an, les extraits baptiftères de fon père & celu
du Sieur Jean - Martin Aubry, qu'eile prétendoit avoir
été frères, & lextrait de mariage de fon ayeul, qu
dan --- Page 13 ---
avoit dû 9 être auffi celui du Sieur
Hans fon fyfème
can-Martin Aubry.
8c
Hudain n'exécura pas cet interlocutoire
La veuve
moins de plaider encore all même
en continua pas année cntière, elle fc contenta de
pendant une
de Tétat des
Fiège - faire en France des proces-verbaux
aire
Paroifle de Taillebourg, & de foutenir
Fegiftres de la
alles & Tétat de ces regitres, elle deque, d'après ces
d'autres preuves que
Foit être dilpenfée de rapporter déjà
& étre
prétendoit avoir
prodeizes
telles hérinière qu'elle du Sieur Jean n-Martin Aubry.
ugée
jugée en première
La conteflation fut défnitivement fentencc
dénftance le 26 Février 1766, par une & la condamna qui
Marie Aubry de fa demande
bouta
d'avoir fatisfait à celle du 3 Décemux dépens, faute
pre 1764
de cette fentence & attaLa veuve Hudain appella
la voie de la tiercequa TArrét du 19 Mai 1764 par
à écrire par un
Pupoftion; les parties furent appointées 1766, 8c cette forme de
premier Arrêt du 25 Juillet confervé un détail exact &c
procéder a heureufement
fervoient alors à la défenfe
égal de toutes les pièces qui Los Sieurs &c Dame Aubry
le chacune des parties. connoitre 8 les comparer avec
vont bientôt les faire cux-mâmes, pour loutenir &
cs titres qu'ils apportent Ceft en effet de la compauftifier leur réclamation.
doivent réfulter les vériFaifon qu'ils vont en faire, que Arrêt dans la caufe.
tés qui motiveront un nouvel
B
c
procéder a heureufement
fervoient alors à la défenfe
égal de toutes les pièces qui Los Sieurs &c Dame Aubry
le chacune des parties. connoitre 8 les comparer avec
vont bientôt les faire cux-mâmes, pour loutenir &
cs titres qu'ils apportent Ceft en effet de la compauftifier leur réclamation.
doivent réfulter les vériFaifon qu'ils vont en faire, que Arrêt dans la caufe.
tés qui motiveront un nouvel
B --- Page 14 ---
IO
D'uncdti, fi les Sieurs Caradeux & de Gizeux avoient
été eux- - memes véritables héritiers de Jean-Martin Aubry, fi leur défenfe avoit étd appuyée fur des titres certans & inattaquables, il leur auroit été facile d'écarter la
veuve Hudain, cqui ne prouvoit pas d'autre vérité relative
à fa famille 8càla parents que celle d'avoir eu pour oncle,
par Guy Aubry, fon pire, non un MARTIN AUBRY,
qui étoit lindividu nécefiaire, mais uin Jean Aubry qui
n'étoit qu'un perfonnage indifférent & dont Texiftence
quelqu'alfurée qu'elle parût, ne pouvoit avoir aucune
influence fur Théritage de Jcan - Martin Aubry.
Les Sieurs Caradeux & de Gizeux auroient eu même
d'autant
de facilité à exclure la veuve Eudain
a
plus
que
la nuilité ablolue de preuves n'étoit pas le feul avan
tage qu'elle leur donnit fur clle, & qu'clle produiloi
cile-méme des pièces invinciblement deftruétives de fe
chimériques prétentions.
D'un autre côté, f la veuve Hudain n'avoit pa
fenti clle-méme toute la foibleffe de fes moyens, G elle
n'avoit pas été convaincue de l'abfence vraie de toute
les preuves qui lui étcient néceffaires, fi elle avcit dt
periuadée de la juftice de fa demande, elle auroit dé
truit pour jamais l'elpoir & les réclamations des Sieur
Caradeux & de Gizeux, qui avoient encore mois d'ap
parence de droit qu'elle-méme.
Mais chaque partie chanceloit fur fes prétendus fou
nens, on recomnut qu'une conciliation ne pouvoit avci
de l'abfence vraie de toute
les preuves qui lui étcient néceffaires, fi elle avcit dt
periuadée de la juftice de fa demande, elle auroit dé
truit pour jamais l'elpoir & les réclamations des Sieur
Caradeux & de Gizeux, qui avoient encore mois d'ap
parence de droit qu'elle-méme.
Mais chaque partie chanceloit fur fes prétendus fou
nens, on recomnut qu'une conciliation ne pouvoit avci --- Page 15 ---
II
aucun danger, ail lieu que le parti contraire
occafionner une chite finelte, elles fe tendirent pouvoit les
mains & fe foutinrent mutuellement
leur
mais elles n'en feiguirent pas moins de par le combattre accord;
appareil & avec éclat, afin de faire crcire que la avec ficceflion avoit été férieufement réclamée de part &
tre, & d'en impofer dans la fuite, Par ce
d'auà ceux qui fans cela pourroient fe croire quelque fratagéme droit. 9
La veuve Hudain attendit prefqu'à la veille
ment pour reprocher à la famille Caradeux la dujngede la perfonne par laquelle cette famille fe batardife
héritière, & pour ofirir, d'un côté, de
prétendoit
bitardife, & d'un autre côté, qu'elle avoit prouver toujours cette été
reconnue par le Sieur Jean-Martin Aubry pour fa coufine, ce qu'elle fommoit fes adverfaires d'avouer ou
contefter.
de
Mais jufqu'alors elle avoit eu la
de reconnoitre la légitimité de l'origine des précaution Sieurs
de produire même des pièces compofées Caredeux, faire
&c
à cette légitimité.
pour
croire
Les Sieurs Caradeux répondirent à fa requéte, en fe
plaignant que la veuve Hudain les outrageoit; mais ils
ne conteftérent pas férieufement fa parenté avec JeanMartin Aubry, & ne défavouèrent pas qu'elle eût toujours été recomnue par le défunt pour fa parente.
La décifion ne pouvoit pas être incertaine, d'après de
de produire même des pièces compofées Caredeux, faire
&c
à cette légitimité.
pour
croire
Les Sieurs Caradeux répondirent à fa requéte, en fe
plaignant que la veuve Hudain les outrageoit; mais ils
ne conteftérent pas férieufement fa parenté avec JeanMartin Aubry, & ne défavouèrent pas qu'elle eût toujours été recomnue par le défunt pour fa parente.
La décifion ne pouvoit pas être incertaine, d'après de --- Page 16 ---
I2
telles circonflances; elle fut rendue le 3 Juin 1767
fur Ce concert des partics : chacune d'elles fut
héritière
Lil
jugée
pour
mitième, &c leur fort étoit à peine fixé
par Tarrét, que leur conniven C fc manifeflant par fon
dernier eilet, les hériticrs Caradenx payérent à li veuve
Hudain cing cents quarante mille livres, pour demeurer
les maitres de la fuccellion iur laquelle ils n'avcient aucun
autre titre que deux arrêts concertés & furpris.
Il3 yavoit long-temps dès-lors que les Sieurs & Dame
Aubry comoilfoient leurs droits & étoient cil état de les
établir; ils avoient même déjà dans la Colonie un repré
fentant pour cet effet, mais une fource de richeffes fe
répandic fi abondamment 8c f fecrétement fur le dépofitaire de leur confiance & de leurs titres, que fa fortune
fe trouva tout-a-coup tres-confiderable, fans quela caufe
Cn ait été bien connuc; il fe plongea dans les jouiffances
de fes nouveaux biens & il oublia Faccomplifement de
fes obligations &c les intérêts de fes conftituans, à tel
point quil n'a feulement pas encore fongé juiqu'à
ient à la reftitution des pièces qui lui avoient été RaIK
Ce n'eft qu'en 1786 que les héritiers Aubry fe font
retrouvés en état de former & dc foutenir leur réclamation, par une nouvelle réunion & un nouvel envoi
de toutes leurs piices, & furtout par le choix d'un
fecond Mandataire, qui ne dut pas être aufli hcureux
que le premier.
Ignorant alors l'exiftence des arrêts rendus Cil 1764
é juiqu'à
ient à la reftitution des pièces qui lui avoient été RaIK
Ce n'eft qu'en 1786 que les héritiers Aubry fe font
retrouvés en état de former & dc foutenir leur réclamation, par une nouvelle réunion & un nouvel envoi
de toutes leurs piices, & furtout par le choix d'un
fecond Mandataire, qui ne dut pas être aufli hcureux
que le premier.
Ignorant alors l'exiftence des arrêts rendus Cil 1764 --- Page 17 ---
& 1767 au proft du Sieur 13 de Gizeux
Hudain, & ne voyant tous les biens de & dela veuve
Aubry que dans les mains des Sieurs la faccefion
n'ont atraqué que ceux-ci.
Caradeux, ils
Leur allion a été formée le 22 Mai
requête dans laquelle ils ont demandé 1786, par une
mis d'appeller tous les membres de la qu'il leur fit perpour voir dire qu'ils feroient condamnés famille Caradeux,
muniquer dans 24 heures les titres
de leur comfont en pollefion & jouiffent des biens en vertu defquels ils
Aubry, faute de quoi ils feroientcondammés de la fucceffion
fentence, & fans qu'l en fit befoin
par la même
remettre tous les biens & à leur rendre d'autre, à leur
fruits.
compte de leurs
de Le eft premier jugement qui a été rendu fur leur
une fentence interlocutoire du
demanmême année, par laquelle les
29 Juillet de la
tées à écrire & produire,
parties Ont été appoinC'eft de ce jugement
Cour. Le Sieur Caradeux que Tappel a été porté à la
Août
ainé qui Ta interjetté le
fuivanr, a été anticipé par les Sieurs & Dame 28
Aubry, co-héritiers qui ont appeilé en méme temps tous les autres
Caradeux.
& Mais de infruits depuis ce temps que les arrêts de
&c la 1767 avoient été rendus avec le Sieur de 1764
veuve Hudain, ils s'en font fait délivrer des Gizeux
expd --- Page 18 ---
ditions, & il les ont attaqués incidemment par la voye
de la tierre-oppofition, en demandant à la Cour la
permiflion, çu leur a été accordée, de mettre en caufe
le Sieur de Gizeux & la veuve Hudain, de forte que
le procès préfante maintenant quatre fortes de parties
& de prétentions, entre lefquelles & fur lefquelles l'arrêt doit être rendu.
La première de ces quatre fortes de partics eft la
cohérie Caradeux toute entière.
La feconde eft le Sieur de Gizcux.
La troifième eft la vcuve Hudain.
La quatrilme cft la cohérie Aubry.
Quant aux prétentions, chacune des quatre a un
principe différent.
La première, qui eft celle des héritiers Caradeux, cft
que Jcan-Martin Aubry avoit une fceur légitime qui
étoit leur aycule, &x qu'ainfi ils étoient fes arrière neveux.
Celle du Sieur de Gizeux, ia feconde en ordre, eft
que Simonne Dubois, fa mére, étoit focur de Marie
Dubois, mère de Jean-Martin Aubry, d'ou il réfulte
que le défunt & lui étoient coulins germains maternels.
La troifième qui a été foutenue par la veuve Hudain, eft que Guy Aubry, fon père, étoit frère de
Martin Aubry, pere de Jean Martin, ce qui fait qu'clle
eft coufine germaine paternelle.
Enfn, la quatrième & dernièrc que les Sieurs &
Dame Aubry fontiennent &vont établir, eft que Pierre
artin Aubry, d'ou il réfulte
que le défunt & lui étoient coulins germains maternels.
La troifième qui a été foutenue par la veuve Hudain, eft que Guy Aubry, fon père, étoit frère de
Martin Aubry, pere de Jean Martin, ce qui fait qu'clle
eft coufine germaine paternelle.
Enfn, la quatrième & dernièrc que les Sieurs &
Dame Aubry fontiennent &vont établir, eft que Pierre --- Page 19 ---
1S
& Jean-Picrre Aubry, leurs pères, étoient frères de
Martin Aubry, père de Jean-Martin, &c qu'ainfi eux
feuls étoient les vraiscoufins germains parernelsdu défunt.
On peut remarquer que Ces quatre réclamations ne
font pas toutes inconciliables & que chacune des parties s'attribuant un chef de parenté différent, la nature
de leurs réclamations ne rend pas le concours de leurs
hérédités entièrement impoffibie, f ce n'eft pour les
deux dernières, de forte que les Sieurs Caradeux 8c
le Sieur de Gizeux pourroient être héritiers, fans exclure
ou la veuve Hudain, ou les Sieurs & Dame
8 vice verfa, au lieu que la veuve Hudain &les Aubry, Sieurs
& Dame Aubry doivent néceflairement n'être pas ad.
mis enfemble, puilque ce font deux différentes familles
Aubry, de diférens lieux, qui réclament le même Aubry, quoiqu'il n'ait pu avoir qu'une origine, qu'une
famille, qu'un père & qu'une patrie.
Mais il eft certain qu'aucune des premières réclamations n'étoit jufte, & les Sieurs & Dame Aubry fe flartent de rendre indubitable & évidente Tillufion des S
Caradeux &c de Gizeux & de la veuve Hudain; &c
comme c'eft uniquement par l'examen des titres qui fer.
vent d'appui à chaque réclamation, & par des obfervations juites & folides fur ces titres quil eft poflible
de parvenir à ce but, la première chole qu'il faut faire
maintenant eft de placer ici l'énumération fidelie de ces
titres, dont le vu fe trouve tout au long dans TArrêt du
3 Juin 1767, qui eft attaqué en ce moment par la tierceoppofition. --- Page 20 ---
PREMIÈRE RECLAMATION.
Tirres de Zz famille Caradeux.
1°. Célébration de mariage à Léogane le 25 Juin
1709, entre Jacques Pageot 8 Maric-Mogdelcine Au
bry, native du Port-de-Paix.
20, Baptéme de Marie Aubry, à Léogane le 2 Janvicr 1698.
3°. Célébration du mariage de Jean-Jacques Caradeux & de Louife-Amable Simcn, fillelégitime de Bartholomée Simon &c de Marie-Magdelcine Aubry, du
7 Avril 1739.
4°. Autre mariage d'Urfule Caradeux & Louis Latoifon Rocheblanche, du I" Novembre 1761.
59. Mariage de Jean-Martin Aubry & Urfule Robineau, veuve Colin, du 30 Janvier 1724
6°, Mort de Marie Dubois, veuve Aubry, du 29
Juillet 1723.
DEUXIEME RÉCLAMATION.
Titres du Sieur de Girgux.
1°, Contrat de mariage de Jean Dubois 8x Anne
Galap, veuve Papion, du 24 Juillet 1655:
20, Déclaration d'un Curé de la Paroiffe de Micbin,
de Bordeaux, 8 du Greffier en chef du Sidge Royal
de Guyenne, du 28 Juillet 1764, que, malgré d'exactes recherches, ils n'ont point trouvé les regiftres de
mariages
3.
DEUXIEME RÉCLAMATION.
Titres du Sieur de Girgux.
1°, Contrat de mariage de Jean Dubois 8x Anne
Galap, veuve Papion, du 24 Juillet 1655:
20, Déclaration d'un Curé de la Paroiffe de Micbin,
de Bordeaux, 8 du Greffier en chef du Sidge Royal
de Guyenne, du 28 Juillet 1764, que, malgré d'exactes recherches, ils n'ont point trouvé les regiftres de
mariages --- Page 21 ---
I7
mariages de ladite Paroiffe de Micbin, pour les années
1655 &c fuivantes, julques & compris 1659.
: Extraitso sdeb baptèmes de MaricécSimonne Dubois,
filles de Jean Dubois & Anne Galap, des 25 Mai 1636
& 2I Septembre 1671.
4°. Mariage de Simonne Dubois &c Jean le Sergent,
du 7 Novembre 1693.
5o Mariage du Sieur de Gizeux & de Simonne
Dubois, veuve le Sergent, du 4 Novembre 1699.
TROISIEME RÉCLAMATION,
Tiares de Marie Aubry, veuve Hudain.
1°. Baptême de Jean Aubry, fils deJean & de Françoife Hénaut, du 22 Avril 1663.
2°. Baptême de Guy Aubry, fils de Jean & de
Françoife Hénault, du 13 Février 1668.
3. Mariage de Guy Aubry, & Renée Neau, du
3 Février 1668. .
4°. Baptême de Marie, fille de Guy Aubry &x de
Renée Neau, du 14 Février 1694Mort de Guy Aubry, du 3 Juin 1703.
Lettre de Martin
E
Aubry, de Ldogane, du 16
Décembre 1695, à Guy Aubry, à la Rochelle.
7°. Lettre de Marie Dubois, à Aubry, Marchand
à la Rochelle.
8°, Lettre de Marie Dubois, veuve Aubry, datée
de Léogane le I" Mars 1708 & adreffée à Aubry,
Marchand à la Rochelle,
C --- Page 22 ---
9°. Lettre fignée Aubry, datée de Paris du 26 Janvier 1708, & adreffée à Aubry, Marchand àla Rochelle.
IOU. Billet confenti par Aubry, en faveur d'un Aubry, maitre de barque à la Rochelle, de 46 liv. valeur reçue Cil argent prété, daté du 19 O8obre 1709.
IIO Déclaration du même Aubry, qu'un autre Aubry; fon oncle, n'avoit fait que lui préter fon nom, en
confentant un bilict de 517 liv. IO fous, à Goujeau Apothicaire, pour un coffre de chirurgie, en date du IO
Ofobre 1709.
12°. Procés-verbal de létat des regiftres de Taillebourg, du 28 Janvier 1765.
13°. Obligation du 2 Juin 1666, devant Patin, Notaire à la Tortue, par Chodeau de la Cochetiere, en
faveur de Rence Aubry, de 258 liv. tournois, payables
en France, à l'ordre dudit Rence Aubry.
14°. Procuration dudit Renée Aubry, à Jcan Aubry, fon frère, du 28 Mair673, pour toucher le montant de Tobligation ci-deffus.
15°. Sentence rendueà Xaintes, le2608obre 1686,
portant condamnation contre Chodeau de la Cochetiere - 2
en faveur de Jean Aubry, fils de JEAN AUBRY, fon
père, & icelui comme ayant recueilli la fucceffion de
feul Renée. Aubry, fon oncle, SEUL HÉRITIER D'ICELUI.
QUATRIEME RECLAMATION,
Titres des Sieurs 6 Dame Aubry.
I°. Extrait mortuaire de Jean-Mantin Aubry, natif
du Pont-de-Paix, du 27 Février 1663.
la Cochetiere - 2
en faveur de Jean Aubry, fils de JEAN AUBRY, fon
père, & icelui comme ayant recueilli la fucceffion de
feul Renée. Aubry, fon oncle, SEUL HÉRITIER D'ICELUI.
QUATRIEME RECLAMATION,
Titres des Sieurs 6 Dame Aubry.
I°. Extrait mortuaire de Jean-Mantin Aubry, natif
du Pont-de-Paix, du 27 Février 1663. --- Page 23 ---
2°, Certificat de M. de 19
Aubry étoit né au
Larage, que Jem-Manin
de MARTIN AUBRY Port-de-Paix, & de Marie du légitime mariage
1695, dans laquelle les regiftres Dubois, de la Paroifle avantlannée
confumés par le feu que lesAnglois mirent
furent
3° Extrait mortuaire deMARTIN
dans le bourg,
Manin, du
AUBRY, père deJean9 Janvier I 698, dans
bry eft dit être mort à
lequel Martin Au42 Ale de baptême de Léogane, MARTIN A L'ACE DE 40ANS.
Aubry, & de Marie
AUBRY, fils deJaca 20 Novembre
Villette, de la ville de Tours,
16,8.
& 5o A&e de célébration de mariage de
de Marie Villette, père &c mère de Jacques Aubry
BRY, du 28 Janvier 1648.
MARTIN Au.
6°, ABe de baptême de Pierre
ques Aubry & de Marie Villette, du Aubry, fils deJac7". Aete de célébration du mariage I3 du Mars 1671. I
Aubry, avec Marie-Marthe
même Pierre
174t giastoavinlics depurrinde Archambault, du 25 Avril
aulay filud dipisn
friyme
9°. A&e de fépulture de Pierre
aesfonilyent
1746.
Ambry, du 19 Juin
IO°. Baptème de Jean-Pierre Aubry, fils de
Aubry & de Marie Villette, du
Jacques
I1°, Mariage du même Jean-Pierre 30 Août 1679.
Marie-Jeanne Lefage, du 26 Août
Aubry, avec
12°, Baptôme de
1698.
Aubry, du 15 Novembre Marie-Jeanne, fille de Jean-Pierre
13°. Age de baptéme de 1701. Catherine,
Pierre, du I2 Ogobre
fille de Jean14°. Baptème de François, 1705. fils de
bry, du 3I Septembre
Jean-Pierre Au1713,
°, Mariage du même Jean-Pierre 30 Août 1679.
Marie-Jeanne Lefage, du 26 Août
Aubry, avec
12°, Baptôme de
1698.
Aubry, du 15 Novembre Marie-Jeanne, fille de Jean-Pierre
13°. Age de baptéme de 1701. Catherine,
Pierre, du I2 Ogobre
fille de Jean14°. Baptème de François, 1705. fils de
bry, du 3I Septembre
Jean-Pierre Au1713, --- Page 24 ---
15°. Baptême de Laurent, fils de Jean-Pierre Aubry,
du 3 O8obre 1714.
16°. Alte de fépulture de Jean-Pierre Aubry, du
I er Novembre 1726.
17°. A8e de fépulture de Maric-Jeanne, fille de JeanPierre, du 28 Juin 1779.
18°, A8e de fépulture de Catherine, fille de JeanPierre, du 26 Novembre 1776.
19°. A8e de notoriété, du 15 Août 1786,
lequel fept o@ogénaires atteftent que (6 les S" hetiet
>> & Jean-Pierre Aubry avoient eu pour frère le Sieur
>> Martin Aubry, lequel ils n'ont point connu parcequ'il
2> s'eft ablenté de la ville de Tours à Tage de dix-fept
>> ou dix-huit ans, quils ont entendu dire auxdits S"
5> Pierre & Jean - Pierre Aubry, à leurs parens, à leurs
>> voifins & comtemporains que ledit Martin Aubry
>> avoit quitté la maifon paternelle à Tage de dix-1 fept
5> ou dix-huit ans, : qu'il n'avoit jamais donné de nou5> velles de fon exiftence & qu'il avoit formé un éta55 bliffemert dans l'ifle de Saint-Domingue, fans favoir
2> dans quelle partie de cette ifle >).
Tels font tous les titres dont les trois piemières
ties firent ufage en 1767, lors de TArrêt du 3
&
les
SE
que
héritiers Aubry préfentent aujourd'hui à la
Cour.
Il faut maintenant cn faire l'examen pour connoitre
leur valeur & leur force, & faire fentir leurs conféquences & la néceffité de leurs effets dans la décifion de
ce procès.
ifle de Saint-Domingue, fans favoir
2> dans quelle partie de cette ifle >).
Tels font tous les titres dont les trois piemières
ties firent ufage en 1767, lors de TArrêt du 3
&
les
SE
que
héritiers Aubry préfentent aujourd'hui à la
Cour.
Il faut maintenant cn faire l'examen pour connoitre
leur valeur & leur force, & faire fentir leurs conféquences & la néceffité de leurs effets dans la décifion de
ce procès. --- Page 25 ---
Examen des Tities des Sieurs Caradeux.
La produétion des Sieurs Caradeux n'étoit
breufe, mais elle étoit encore plus foible
pas nom-
& les conféquences des pièces qui la
par la nature
par le nombre de ces pièces,
fe réduifent compofoient, à fix. que Ils
devoient juflifier la légitimité 3e trois degrés de
tions, la leur, celle de leur mère & celle de leur généra-
& il n'eft pas un feul de ces trois degrés fur lequel ayeule; ils
ayent répandu le moindre jour par leurs prétendus Titres.
Le premicr prouve que Jacques Pageot époufa,
Juin 1709, une femme
les
lc 25
qui prit
noms de MarieMagdeleine Aubry, en fe difant native du Port-de-Paix.
Mais cet acte, qui n'eft foutenu par aucun autre à cet
égard, ne préfente en cela qu'un fait particulier de la
femme qui fe marioit, il prouve qu'elle s'attribua des
noms, une naiffance, & une famille légitimes, elle dit
les avoit, qu'ils lui appartenoient; mais eft-ce
la déclaration
TC
contraétant
propre & particulière d'une femme
un mariage & fe qualifiant dans un contrat,
qui peut conflituer fon état & en former la
Ii faut que cette déclaration ait fes fondemens & preuve?
fication dans des vérités & dans des pièces
fajufti
& non fiulpeêtes, & qui ne puiffent
être authentiques les
& les fruits d'un intérêt
pas
effets
particulier, ni les
de
ceux qui peuvent vouloir tromper fur leur ouvrages condition; il faut des abtes de baptémes, des titres propre de famille,
à
contrat,
qui peut conflituer fon état & en former la
Ii faut que cette déclaration ait fes fondemens & preuve?
fication dans des vérités & dans des pièces
fajufti
& non fiulpeêtes, & qui ne puiffent
être authentiques les
& les fruits d'un intérêt
pas
effets
particulier, ni les
de
ceux qui peuvent vouloir tromper fur leur ouvrages condition; il faut des abtes de baptémes, des titres propre de famille,
à --- Page 26 ---
des contrats de mariages antérieurs, en un mot des aêtes
qui ne puilffent pas avoir été produits & viciés
le
fait &c fintérét de ceux qui en font ufage.
par
La déclaration paflée le 25 Iuin 1709,
la nouvelle époufe de Jacques Pageor, ne fuffit donc par
feulement pour faire préfumer qu'elle
pas
ment
s'appelloit véritableMarie-Magdeleine Aubry, qu'elle étoit vraiment
née au Port-de-I Paix, loin duquel elle fe marioit,
que fa naiflance avoit été l'effer d'une union
&c
On ne peut pas ainfi fe créerà foi-même une légitime.
des
2 une famille & tous les liens de la patric,
du Et & de la Loi par un fimple difcours, nature, lintérêt, T'ambition, le menfonge
que
bien que la vérité.
peuvent fuggérer auffi
Mais d'ailleurs quel rapport y a-t-til donc entre Pageot, fafemme & les Sieurs Caradeux? Ceftd'une LouifeAmable Simon qu'ils prétendent être fils, & le
de mariage de 1709 fait connoitre la femme de contrat
Pageor, mais non la mère de Louife - Amable Jacques Simon.
Le fecond des aêtes des Sieurs Caradeux,
eft le
baptème de Marie
eft
qui
tageux à ceux qui le Aubry,
plus contraire qu'avanla feule fille dont Martin produifoient; car il prouve que
moit Marie
Aubry ait été père, fe nomAubry &c non Marie-N
étoit née à Léogane &
Magdeleine, & qu'elle
Le troifième
non au Port-de-Paix.
prouve le mariage de
radeux avec Louife-Amable
Jean-Jacques CaSimon, qui eft dite dans
le
baptème de Marie
eft
qui
tageux à ceux qui le Aubry,
plus contraire qu'avanla feule fille dont Martin produifoient; car il prouve que
moit Marie
Aubry ait été père, fe nomAubry &c non Marie-N
étoit née à Léogane &
Magdeleine, & qu'elle
Le troifième
non au Port-de-Paix.
prouve le mariage de
radeux avec Louife-Amable
Jean-Jacques CaSimon, qui eft dite dans --- Page 27 ---
cet aéte fille légitime de Bartholomée 23
Magdeleine Aubry, mais le feul fait Simon du
& de Mariece que T'adte prouve; & le feul fait néceffaire mariage eft tout
pour cette génération, c'étoit la
à prouver
Amable Simon dont on ne
légitimité de Louifeon ne voit pas, en effet, fi 1 rapporre aucune preuve :
que l'on dit être mère de Marie-Louife- Mare-Magdeleine Aubry,
eft la méme qui s'étoit mariée à
Amable Simon,
ne voit pas G elle étoit devenue Pageot en 1709, on
ne voit pas furtout qu'elle eût été veuve de Pageot, on
forte
remariée à
quelaprétenduc. e
Simen; de
tendue Louile-Amable Marie-Magdeleine. Aubry, Sclaprécontra8té des mariages Simon, fa fille, parcifent avoir
Tautre n'eût eu Tavantage légitimes, d'une quoique ni T'une ni
femblable naiffance.
La propre naiffance des Sieurs
n'eft pas mieux éclaircie
Caradeux eux-mémes
lautres, 9 car leur père par ces premiers aEtes ni par les
le teftament du Sieur s'appelloit Jean-1 Jean Caradeux, fuivant
"Arrêt de
& l'on Martin Aubry & fuivant
ni mariage 1767; d'un Jean
ne remarque dans ces" pièces,
de ce même Jean Caradeux, Caradeux, ni baptème des enfans
Il eft vrai que la troifième des
eft
célébration de mariage de Jean pièces
un aéte de
outre que. Jean & Jean-Jacques Caradeux Jacques Caradeus; mais
eftablement deux individus diftings
étoient inconFautre, la preuve de leur identité
& différens lun de
Et faudroit encore établir
ne feroit pas fufifante,
Kagit que les Sieurs Caradeux que c'eft du Caradeux dont il
font enfans, & il eff
Il eft vrai que la troifième des
eft
célébration de mariage de Jean pièces
un aéte de
outre que. Jean & Jean-Jacques Caradeux Jacques Caradeus; mais
eftablement deux individus diftings
étoient inconFautre, la preuve de leur identité
& différens lun de
Et faudroit encore établir
ne feroit pas fufifante,
Kagit que les Sieurs Caradeux que c'eft du Caradeux dont il
font enfans, & il eff --- Page 28 ---
étonnant qu'ils n'ayent pas pris foin de le juftifier, ou
plutôt il eft tout naturel de penfer qu'ils avoient
père Jean Caradeux, & non
pour
Jean-Jacques qui is'eft marié en 1739, & que leur père avoit époufé une femme
qui n'étoit pas moins étrangère que lui au Sieur JeanMartin Aubry.
Tout fe réunit & concourt à juftifier cette
& ce foutien, & furtout à prouver que de opinion
manière & entre quelques perfonnes que les alliances quelque de
leurs auteurs ayent été faites, ils n'ont jamais été liés au
Sieur Jean-Martin Aubry par le fang d'une manière civile
& légitime, puilqu'ils ne juftifient ni qu'ils foient enfans
de Jean Caradeux &c de Louife-Amable Simon, ni
cette Louife-Amable Simon ait été fille légitime deMarie- que
Magdeleine Aubry, ni que Marie-Magdeleine
dont il eft parlé dans les aétes de 1709 & de Aubry, ait
été foeur légitime de Jean-Martin Aubry. 1739,
La clarté de ces vices de leur prétention eft trop
grande pour qu'ils puiffe refler là deffus quelque
mais le teflament du Sieur Jean-Martin
doute;
met feul
en
Aubry
évidence le défaut de la parenté que les Sieurs Caradeux s'attribuent; car fi clle exiftoit véritablement cette
parenté, il feroit évidemment certain que le teftateur ne
lauroit pas ignorée, puilqu'elle proviendroit de fa
pre foeur, mariée fous fes yeux, & demeurant dans
Paroifle
DE
& fur fa terre méme ; & s'il l'avoit reconnue,
feroit-il poffible qu'il eût conçu fon premier legs & fa
dernière difpolition dans les termes qui les forment?
Le
sate
clle exiftoit véritablement cette
parenté, il feroit évidemment certain que le teftateur ne
lauroit pas ignorée, puilqu'elle proviendroit de fa
pre foeur, mariée fous fes yeux, & demeurant dans
Paroifle
DE
& fur fa terre méme ; & s'il l'avoit reconnue,
feroit-il poffible qu'il eût conçu fon premier legs & fa
dernière difpolition dans les termes qui les forment?
Le
sate --- Page 29 ---
Le Sieur Jean Caradeux, 25 dont il
ment les noms & la qualité dans fon a recueilli foigneufeété à fes yeux & dans fon coeur le teftament, auroit
T'ancien mari de fa nièce, fon
gendre de fa fceur,
petits neveux &c au moins d'une neveu, le père de fes
& tandis qu'un fi nombreux
partie de fes héritiers,
liens les auroit unis l'un à concours de qualités & de
tin Aubry n'auroit
T'autre, le Sieur Jean-Marde Jean
pas pu le déligner par fon feul nom
Caradeux, par fa feule qualiré
meurant au quartier de Bellevue, dans d'Habitant, dedans Taete méme du plus grand & du le moment &
chement de fon affedion fur
plus tendre épanregarder comme fes proches. tous ceux qu'il pouvoit
Ce nom de Jcan & cette qualité ifolée
qui ne donnent de lui que Tidée d'un
dHalitums
au teflateur, auroient été naturellement homme étranger
ment écartés de fon efprit
le
& néceffairefentiment même de ces
fouvenir, l'idée & le
:
hber
roit été la caufe du bienfait, elle comme fe
la parenté audans la défignation du Sieur
feroit manifeftée
principe de fa libéralité
Caradeux, le
& juflifiant le
excitée, fi le Sieur Jean-Martin par
vrai titre qui l'auroit
lifié le Sieur Caradeux fon
Aubry n'avoit pas quaappellé le père des petits enfans neveu, de fa il Tauroit au moins
fans de fa nièce.
foeur ou des enLes mêmes fentimens auroient produit les mêmes
néceffaires dans le legs univerfel des Diens
effets
du fang. Mieux connus &
aux héritiers
plus près de lui qu'aucun
D
le Sieur Jean-Martin par
vrai titre qui l'auroit
lifié le Sieur Caradeux fon
Aubry n'avoit pas quaappellé le père des petits enfans neveu, de fa il Tauroit au moins
fans de fa nièce.
foeur ou des enLes mêmes fentimens auroient produit les mêmes
néceffaires dans le legs univerfel des Diens
effets
du fang. Mieux connus &
aux héritiers
plus près de lui qu'aucun
D --- Page 30 ---
autre, puifqu'ils avoient la même patrie de naiffance
que le Sieur Aubry les avoit vu naitre, 8c qu'ils avoient
dà exciter & captiver fat tendreffe dès leur enfance, les
Sieurs Caradeux auroient été les objets d'un attache
ment plus fort 8c mieux déterminé, mieux fenti nécef
fairement, les dernières paroles du teftateur fe feroient
appliqudes à eux nominativement comme les biens : on
fe complait à nommer ce qu'on aime, & les neveux
chéris du Sieur Jean-Martin Aubry, n'auroient
été
moins fignalés par leurs noms &c par leurs titres pas
bles aul coeur, à la bouche & à Torcille de leur oncle agréaprér à les quitter & plein du
de fe féparer d'eux
pour toujours, que par le don PES biens immcnfes
n'auroit attachés qu'à ces noms &c à ces titres,
qu'il
Loin de fe laiffer aller à ces mouvemens & d'employer ces défignations qui euffent été fi naturelles, f
néceffaires, fi infaillibles, le Sieur Aubry ne
des enfans, quoiqu'ils euffent été les derniers parle point
apparens de fa famille, quoiqu'ils euffent réuni rejettons fon
pre nom à celui de Caradeux, quoiqu'ils fuffent nés
euffent été
I
qu'ils
élevés fous fes yeux, quoiqu'il eut dû
en avoir pris foin lui-même & avoir reçu leurs careffes dès le berceau, & quoiqu'enfin, fuivant l'ufage
ral des familles, il eut dû en avoir préfenté lui-méme généquelques-uns à T'autel, pour établir entr'eux dans la Religion & dans la Loi, le même lien que la nature auroit eu mis.
y
Il appelle leur père à recevoir une dernière marque
qu'ils
élevés fous fes yeux, quoiqu'il eut dû
en avoir pris foin lui-même & avoir reçu leurs careffes dès le berceau, & quoiqu'enfin, fuivant l'ufage
ral des familles, il eut dû en avoir préfenté lui-méme généquelques-uns à T'autel, pour établir entr'eux dans la Religion & dans la Loi, le même lien que la nature auroit eu mis.
y
Il appelle leur père à recevoir une dernière marque --- Page 31 ---
de fa
mais 27
n'eft bienfilince;
Ce n'eft point un
point un allid qu'il nomme &
parent, , ce
ce n'eit point le gendre d'une foeur, qu'il ni le appelle en lui,
nièce, ni le père de petits
mari d'une
homme qui ait été attaché neveux, ce n'eft point un
ment à quelqu'un qui ait ou qui le foit lors du teflaau teflateur, ce n'eft feulement appartenu ou qui appartienne
doux, ce n'eft abfolument
que le Sieur Jcan Caratier de Bellevue : voil qu'un fimple Habitane du
titres,cen n'eft,
toutes fes qualités & tous quar- fes
n'eft rien de par conféquent, qu'un étranger, puifqu'il
plus pour le teflateur
quartier de Bellevue.
qu'un Habitant du
Lunanimité la plus parfaite & la plus
manifefte donc entre les a8es & les déclarations irréfifible fe
familles Caradeux &
des deux
n'ont jamais été unies l'une Aubry. à Tout démontre qu'elles
les titres de la famille Caradeux T'autre, puifque, d'un côté,
& que de Tautre, le teftament ne du prouvent Sieur pas Tunion,
qu'elle n'exifla jamais. Oi chercher d'autres Aubry attefte
comment pourroit-on n'être
preuves &c
& de l'éclat de celles qui fe forment pas frappé de la force
des faits fi certains & fi convaincans par des aêtes &
P
Une autre fource a dà pourtant en produire de trésmultiplices : c'eft le commerce de lettres
a dû
entre tousles membres de la famille Caradeux qui
exifter
Jean-Martin
& le Sieur
mille. Le père Aubry, & les enfans bienfaiteur perpétuel de cette faMartin
Caradeux & le Sieur JeanAubry ont dusécrire mutucllement cent & cent
frappé de la force
des faits fi certains & fi convaincans par des aêtes &
P
Une autre fource a dà pourtant en produire de trésmultiplices : c'eft le commerce de lettres
a dû
entre tousles membres de la famille Caradeux qui
exifter
Jean-Martin
& le Sieur
mille. Le père Aubry, & les enfans bienfaiteur perpétuel de cette faMartin
Caradeux & le Sieur JeanAubry ont dusécrire mutucllement cent & cent --- Page 32 ---
fois. Chacune de leurs lettres réciproques doit être, cn
quelque forte, un titre contradiStoire fur le fait de pof
feflion de leur prétendu état de parent, ou un aête
les déclare & les retienne
de la famille; &
éloignés
n'ont pas laiffé couler cette fource fi abondante & fi
claire, n'eft-ce pas évidemment parcequ'elle effaceroit
toutes les faufles couleurs dont ils ont eu T'art de fe peindre aux yeux de M. de Saintard, pour obtenir de lui
la fucceflion, & qu'elle formeroit un torrent quiles emporteroit auffi loin du Sieur Jean-Martin Aubry, que
la nature &la Loi les en avoit placés par leur naiffance?
Il ne faut donc plus s'arrêter à cette première réclamation des héritiers Caradeux, elle eft futile, elle n'a
le moindre fondement, puilque leurs titres font les E
ftériles qu'ils puffent produire, que le teftateur les a
méconnus par fon filence à leur égard, qu'illes a repouf
fés par ce qu'il a dit tres-énergiquement de leur père,
& puifqu 'ils fuppriment eux-mêmes un des canaux
les plus importans, d'ou lespreuves de leur étatpourroient
jailhr tris-abondamment, paffons donc à l'examen de
la feconde réclamation.
Examen des Titres du Sieur de Gizeux.
Le Sieur de Gizeux ne produifoit pas plus de titres
que les Sieurs Caradeux; auffi fes preuves ne furpaffoient-elles pas celles des autres en force, en conféquences & en effets.
Les cinq pièces qui formoient fa produétion établiffoient trois faits, favoir :
leur étatpourroient
jailhr tris-abondamment, paffons donc à l'examen de
la feconde réclamation.
Examen des Titres du Sieur de Gizeux.
Le Sieur de Gizeux ne produifoit pas plus de titres
que les Sieurs Caradeux; auffi fes preuves ne furpaffoient-elles pas celles des autres en force, en conféquences & en effets.
Les cinq pièces qui formoient fa produétion établiffoient trois faits, favoir : --- Page 33 ---
1°. QueJean Dubois &c Anne
doivent avoir contraété
Galap, veuve Papion,
Bordeaux.
mariage en Tannée 1655, à
20, Que de leur mariage ils avoient eu Marie
Simonne Dubois, nées les 25 Mai
&
&
tembre 1671, à Bordeaux.
21 Sep3°. Et que Simonne Dubois s'étoit mariée deux
dans la Colonie, la première à Jean le
fois
Novembre 1693, &la feconde au Sieur de Sergent, le 7
1699.
Gizeux, en
C'étoit là tout ce que le Sieur de Gizeux
encore les deux mariages de Simonne Dubors juftifioit;
ils prouvés, fuivant le Sieur de Gizeux,
n'étoientcontrats & non par des aêtes du fait même que des par des
ges; & c'étoit delà uniquement qu'il concluoit fa mariaavec Jean- Martin Aubry, fils de Marie Dubois. parenté
Mais ily avoit trop loin, fans doute, du fait
fur le compte de Simonne Dubois, au fait de la prouvé naiffance de Marie Dubois, femme Aubry, des mémes
& mère, pour que la juflice eût jamais
père
ces deux fairs & en prendre également le pu rapprocher
le mariage de Jean Dubois & d'Anne
principe dans
pion, file concert le moins équivoque Galap, & le veuve Patain parl'Arrét même, n'avoit
plus cerclles-mémes, & n'avoit
pas rapproché les parties
du Sieur de Gizeux
pas produit la reconnoifance
pour héritier, de la part des S"
Caradeux, déjà illégitimement faifis de la fucceffion.
fairs & en prendre également le pu rapprocher
le mariage de Jean Dubois & d'Anne
principe dans
pion, file concert le moins équivoque Galap, & le veuve Patain parl'Arrét même, n'avoit
plus cerclles-mémes, & n'avoit
pas rapproché les parties
du Sieur de Gizeux
pas produit la reconnoifance
pour héritier, de la part des S"
Caradeux, déjà illégitimement faifis de la fucceffion. --- Page 34 ---
De ce que Jean Dubois & Anne Galap avoient eu
deux filles à Bordeaux, & que l'une des deux s'étoit
mariée ou paroiffoiz avoir éré mariée deux fois dans la
Colonie, on ne pouvoit pas conclure que Tautre fille
des mêmes père & mère avoit aufi pafié à Saint-Doqu'elle s'y étoit mariée comme fa fceur, & que
Martin
avoit
CRN
Aubry qu'elle
époufé. La railon
nepermet pas d'induire de parcilles contéquences d'un fait
ifolé. La juftice, qui ne peut décider que fur des
ves, ne pouvoit pes en trouver une déterminante preu- relativement à Marie Dubois, dans une fimple particularité de la vie de Simonne Dubois fa foeur.
Cette preuve n'auroit pas même été formée par des
éclairciflemens fur la fuite de la vie de Jean Dubois &
d'Anne Galap; car quand il auroit été clair que les
& mère avoient quitté eux-mêmes leur patrie, père
venir s'établir à
pour
Saint-Domingue, On n'auroit trouvé
dans la certitude de leur émigration, que la
tion du tranfport de leur famille entière, & préfomp- ainfi de
Marie Dubois auffi bien que de Simonne; mais dans ce
cas là même, le pallage de Marie Dubois à Saint-Domingue n'auroit pas été affuré, car il auroit été
ble que fes père & mère l'euffent laiffée en France, poffi- ou
même qu'elle n'eut plus été vivante au temps de lenr
départ.
A quelle diftance le Sieur de Gizeux ne fe trouvoit-il donc pas d'une verité démontrée à cet égard,
puilque, ne prouvant ricn de relatif fà Jcan Dubois &
le pallage de Marie Dubois à Saint-Domingue n'auroit pas été affuré, car il auroit été
ble que fes père & mère l'euffent laiffée en France, poffi- ou
même qu'elle n'eut plus été vivante au temps de lenr
départ.
A quelle diftance le Sieur de Gizeux ne fe trouvoit-il donc pas d'une verité démontrée à cet égard,
puilque, ne prouvant ricn de relatif fà Jcan Dubois & --- Page 35 ---
Anne Galap audelà de leur 3T
ment Tavantage d'une
mariage, il n'avoit pas feulepréfomption en fa faveur?
Cette préfomption étoit au contraire
tre lui, puifqu'en ne voit les père & mère évidemment con-
& que dévant être préfumés avoir
qu'en France,
cile & leur famille,
y
confervé leur domipas juftifié, on doit tant que le contraire ne fe trouve
vèrent aufli Marie Dubois néceflairement penfer qu'ils conferauprés d'eux.
Il eft vrai que l'exiftence de Simonne
nie paroit aflez certaine, mais
dans la Coloy avoir été amende & mariée puifqu'clle fes
ne paroit pas
nement fingulier fut, fans doute, par la parens, quelqu'évé
fit perdre dans fa jeuncffe
caufe qui la leur
& plus le motif
par fon départ de Bordenux,
extraordinaire, qu'il faut suppofer à fon
eft
moins il faut croire
fa voyage
ragé les fingularités de fa vie & les que fceur ait pargation, & que fes parens fe foient dangers de fa navidu fort les deux feuls enfans vu ravir par le même
E famille.
qui compofoient toute
Ileft vrai encore que Martin
Martin, paroit avoir eu
Aubry, père de Jeanbois, mais Torigine, la pour femme une Marie Dude cette Marie Dubois font naiffance, la patrie, les parens
ment ni ne prouvent
ignorés, fes noms ne forbois & tante du Sieur qu'elle étoit foeur de Simonne Dudeux perfonnes étoit
de Gizeux, &c le lien de ces
la réclamation du Sieur ce qu'il falloit établir pour que
de Gizeux fe trouvât juftifice,
--- Page 36 ---
Marie Dubois, femme de Martin Aubry, Fouvoit
étrefille de Jean Dubois & d'Anne Galap, de Bordeaux,
on ne peut pas méconnoitre cette pofibilité,
ne
puifqu'on
connoit aucune circonftance de fon origine, mais on
ne trouve pas la moindre apparence quc telle fut fa naiffance. Elle pouvoit auffi étre née dans un autre lieu
que Bordeaux, & d'autres parens queles père & mère
de Simonne Dubois, femme de Gizeux; & ce n'étoit
pas à la première de ces deux poflibilités que les règles
& la raifon permettoient de donner la préférence dans
T'incertitude, parceque les principes du droit
vent
preferià celui qui forme une réclamation de la juflifier
complettement, & que, d'un autre côté, les parens de
Simonne Dubois paroiffant avoir vécu &c être morts
en France, fon paflage dans la Colonie ne pouvoit être
attribué qu'à une caufe & un événement rares & furprenans, qui lui étoient abfolument perfonnels & qui ne
pouvoient pas être communs à fa fceur.
Ainfi toutes les preuves adminiftrées par le Sieur de
Gizeux, de faits paffés à Saint-Domingue, fe réuniffant fur le feul individu de Simonne Dubois, & tout
forçant à croire, d'un autre côté, que Jean Dubois, Anne
Galap & Marie Dubois, leur autre fille, n'avoient jamais quitté la France, la prétention du Sieur de Gizeux ne fe trouve pas mieux appuyée
celle des
Sieurs Caradeux, & la néceflité de les rejetter que l'une &
l'autre eft, par conféquent, évidemment égale &
tement certaine, Venons donc maintenant à l'examen parfaide la troifième,
Examen
forçant à croire, d'un autre côté, que Jean Dubois, Anne
Galap & Marie Dubois, leur autre fille, n'avoient jamais quitté la France, la prétention du Sieur de Gizeux ne fe trouve pas mieux appuyée
celle des
Sieurs Caradeux, & la néceflité de les rejetter que l'une &
l'autre eft, par conféquent, évidemment égale &
tement certaine, Venons donc maintenant à l'examen parfaide la troifième,
Examen --- Page 37 ---
Examen des Tires de la veuve Hudain.
Les Sieurs Caradeux & de Gizcux
firccefion de Jean-Martin
ont obtenu la
pas de titres & qu'ils ne Aubry, quoiquils n'euffent
Le cara@tire du fuccès de paruffent la
pas même en avoir.
entièrement femblable,
veuve Hudain n'cft pas
nant; cinq actes de
quoiqu'il ne foit pas moins étonde ba tàme & de fépulture, célébration, tant de mariages que
entre la famille de Marie
n'établiffent aucun rapport
ceile de Jean-Martin
Aubry, veuve Hudain, ec
héritière.
Aubry, dont elle a étd jugée
Cette première forte de titres n'offroit
Aubry abfolument rien
donc à Marie
Happai dans Tentreprife qui pût lui fervir de bafe &
ambition & T'avidité
qu'elle vouloit former; mais
tles invincibles, firent qui ne connoiffent point d'obftales reffources d'impoftures, imaginer d'employer pour elle
Fité, fifent paroitre dans des qui, écrits fuppléant à Tinutile vé
parenté que les abtes
impofans, le lien de
authentiques ne prouvoient
pas.
Ce fut ce qui produifit une feconde
qui, étant mifes à labri d'une
efpèce de
C
pièces
concert des Sieurs Caradeux contradiStion férieufe, par
rent croire au Public & à la avec la veuve Hudain,
jue cette veuve avoit vraiment juflice des également abufés,
droits.
Er pour couvrir, autant qu'il dtoit
poffible, fes préE --- Page 38 ---
tentions infidieufes 8r menfengeres d'une apparence de
vérité, on produifoit auffi pour elle des procés-verbaux
de T'état des regifires de la Paroiffe de Taillebourg, par
lofquels on prétendoit prouver, qu'il étoit impofible à la
veuve Hudain d'établir fa généalogic & fa parenté avec
Jean-Martin Aubry, d'une mamere plus complette.
On ajoutoit encore queiques autres pièces, mais
leur choix, leur adoption & leur rapport n'étoient
des cffets que d'un tres-mauvais difcernement, car elles
s'élevcient contre les faufles preuves qui fe trouvoient
dans les premieres, & clles auroient dû fuffire pour faire
recomnoitre toute Tillufion que les agles produifoient, fi
elles avoient été foutenues par la critique vigilante &c
févire d'un intérêt légitime.
Les Sieurs & Dame Aubry divifent donc en quatre
fortes tous les prétendus titres de la veuve Hudain.
La première elpèce eft compolée des cinq premiers
qui font les extraits de baptéme de Jean & de Guy Aubry, fils de Jcan, de mariage de Guy Aubry, de baptême de Marie Aubry, veuve Hudain, fille de Guy,
& de mort de ce Guy Aubry.
Ainfi Jean Aubry, pere, Jcan & Guy Aubry, fcs fils,
& Marie Aubry, fille de Guy, font les feules quatre
fonnes qui compofent la famille connue par ces
E
& qui rempliflent entiérement la généalogic de la veuve
Hudain.
Oni nc trouve pas la dedans beaucoup de perfonnages
ry, fils de Jcan, de mariage de Guy Aubry, de baptême de Marie Aubry, veuve Hudain, fille de Guy,
& de mort de ce Guy Aubry.
Ainfi Jean Aubry, pere, Jcan & Guy Aubry, fcs fils,
& Marie Aubry, fille de Guy, font les feules quatre
fonnes qui compofent la famille connue par ces
E
& qui rempliflent entiérement la généalogic de la veuve
Hudain.
Oni nc trouve pas la dedans beaucoup de perfonnages --- Page 39 ---
à Tun defguels il foit poflible 35 de déférer la
Jean-Martin
paternité de
réclamé
Aubry; car la veuve Hudain ile
que pour ion coufin germain, il faudroit layant
fairement quil eût été fils d'un frère de
nécefde la veuve Hudain, & le feul frère Guy Aubry,
E Aubry étoit Jean. La
qu'ait eu ce
actes n'en préfente. abfolument généalogie dreilée fur les
aucun autre.
C'eft donc de ce Jean
qu'il
ver ou préfumer
Aubry
faudroit ou proumais quoique la que Jean-Martin Aubry étoit
point, Tincertitude veuve Hudain n'ait rien prouvé far fils; ce
vérité ne laiffe
à ne peur pas naitre, T'abfence de la
fomption fi favorabie pas cette veuve Tavantage d'une préelle-méme.
pourl Tadverfaire &ci fi trompeufe en
Le père de Jean-Martin Aubry ef
puifquil eft mort à Léoganc & parfaitement conm,
1698, fon alle de
quily a été inhumé en
que le défunt
fépulture eft au procès, il attefte
Aubry, le certificat s'appelloit de M. MARTIN Aubry & non Jean
la Colonie, prouve la même de Larnage, Gouverneur de
ajouter ni Martin Aubry, ni vétiré, on nle peut donc
généalogie de la veuve
Jean-Martin Aubry à la
lien de parenté
Hudain, On ne peut pas voir de
généalogie, les réunir entr'eux, & on ne peur pas, d'aprés cette
n'en
même famille, en mettantla compofer qu'une feule &
Jean-Martin
veuve Hudain à la place de
de fcs biens. Aubry, dans la propriété & la poffeffion
L'unité de leur fang n'eft
pas prouvée, elle ne peut --- Page 40 ---
pas êtrc reconnuc, cllene peut pas mêmc être foupçonnée
julqu'à préfent par les hommes qui, comme les Magictrats, recherchent la lumière de la vérité, puifque les
bornes de la famille de la veuve Hudain font parfaitement marquées par fes titres, & qu'elics ne renferment perfonne à qui Jean-Martin Aubry puiffe être
donné pour fils ou pour defcendant ou pour parent, en
quelque ligne & à quelque degré - que ce foit. La veuv e
Hudain ne peut pas être héritiere de Jean- Martin Aubry, puifque Tunité du fang eft le feul principe du cours
des biens.
Les prérendus titres de la feconde efpice font des lettres, billets & recomnoifance de Martin Aubry,
de Jean-Martin, de Marie Dubois fa veuve & de Fe
Martin Aubry lui-même. Il faut les placer ici tout entiers pour les faire mieux connoitre & rendre plus fenfible la verité des obfervations qu'ils exigent.
Leure de Martin Aubry.
5) De la Petite-] Rivière, 2 côte Saint - Domingue,
quartier de Léogane, le 16 Décembre 1696.
Monfieur & cher frère,
(6 Je vous écris celle-ci pour vous affurer dc mcs très5) humbles refpels & vous faire favoir l'état de ma fanté,
Aubry lui-même. Il faut les placer ici tout entiers pour les faire mieux connoitre & rendre plus fenfible la verité des obfervations qu'ils exigent.
Leure de Martin Aubry.
5) De la Petite-] Rivière, 2 côte Saint - Domingue,
quartier de Léogane, le 16 Décembre 1696.
Monfieur & cher frère,
(6 Je vous écris celle-ci pour vous affurer dc mcs très5) humbles refpels & vous faire favoir l'état de ma fanté, --- Page 41 ---
eft fort bonne,
> E
graceà Dien. Toute
porte bien, ma femme vous
mapetite famille
> fes complimens. Je vous dirai embraffe & vous fait
> Elpagnols nous ont entiérement que les Anglois & les
>> réduits à la mendicité,
détruits & nous ont
2 bandonner le
nous avons été contraints d'a-
> demeurerà Léogane, Por-de-Paix, Bc nous fommes venus
2 notre vie, ainti f olnousa avonsaffez
vous nous
peineagogner
récrire, pour nous faire
faites la grace de nous
> mettrez ladreffe à la favoir de VOs nouvelles, vous
, lettre
Petite - Rivière.
par laquelle vous
Jairegu votre
> m'envoyez un chapeau de m'avez marqué que vous
liers, je ne lesai
caftor & une paire de fougation comme fi pas les reçus,je vous en ai autant d'oblià qui vous les avezmis Je
avois reçus, & fila perlonne
vous la ferez rendre eni main ef encore en ce
des nouvelles de
railon, je vous prie de me
mon
F2E
ou vif, il y a fort frère, je ne fais s'il eft mort
nouvelles. Sivous fouhaitez long-temps que je n'ai eu de fes
récrire, ayez la bonté de quejaie Thonneurde vous
les ferai rendre à la Rochelle, m'envoyer Tadreffe ot je
ment tous mes papiers. Moi i& car jai perdu entiéretoute votre honorable famille ma femme nous faluons
retpe&t, Monfieur &
& vous demeure avec
tres-obéillant frére, frère, 2 votre tres-humble &
voyé plufieurs fois des Martin Aubry, Je vous ai enla
perroquets & des
Chène, je ne fais pas fi vous les
oranges de
pas eu des nouvelles
avez reçus, je n'ai
M. M. Gy Aubry, depuis ce temps R de vous. A
la
Marchand fur la
Rochelle, à la Rochelle.
Petite-Rive, à
>)
retpe&t, Monfieur &
& vous demeure avec
tres-obéillant frére, frère, 2 votre tres-humble &
voyé plufieurs fois des Martin Aubry, Je vous ai enla
perroquets & des
Chène, je ne fais pas fi vous les
oranges de
pas eu des nouvelles
avez reçus, je n'ai
M. M. Gy Aubry, depuis ce temps R de vous. A
la
Marchand fur la
Rochelle, à la Rochelle.
Petite-Rive, à
>) --- Page 42 ---
Leure de Maric Dubois, veuve Aubry.
Monfieur &c cher frère, 2
C6 Je vous fais ces lignes la larme à T'oeil, pour vous
55 apprendre les triftes nouvelles de mon inforrune; vous
59 faurez donc par celle-ci que le pauvre M. Aubry ef
99 décédé après une longue maladic, &ilya déjà
quel
que temps. Je m'aurois donné la peine de vous le
$) faire favoir plutôr, mais toutes les fois que j'ai eu
$> le deffein de vous apprendre cette méchante nou-
>> velle, mes douleurs & mes peines fe redoublent, Je
5) crois que vous n'en douterez pas, d'autant mieux
2> que nous étions les deux perfonnes que le ciel n'a
>> jamais mieux unies & qui vivent le plus d'intelli
>> gence, il n'a eu en tout que quatre enfans, un qui
2> éroit mort huit jours avant lui, de forte qu'il ne m'en
5) reftoit en tout que trois, & depuis fa mort il en ef
52 encore mort un, il m'en refte donc encore deux,
5>
font unl garçon G une fille, &ce font tous les biens qui
2> qui me reftent de notre mariage; car pour le
de
95 biens que nous pouvions avoir, nous l'avons confom peu
5) mé dans la maladie, d'autant qu'elle a été fort lon
2) gue. Voila, mon très-cher frère, tout ce que Jai
29 à vous dire pour le préfent, fi non que je vous prie de
>> ne pas oublier une pauvre famille qu'il m'a laiffée
$ &cmoi quiferai toujours, Monfieur &t très-cher frère,
2> votre tres-humble & trés-obéiffante fervante, Marie
5> Dubois. J'embraffe de tout mon coeur votre
5) & toute
époule
votre famille. A M. M. Aubry, Marchand
22 à la Rochelle, à la Rochelle 22.
vous dire pour le préfent, fi non que je vous prie de
>> ne pas oublier une pauvre famille qu'il m'a laiffée
$ &cmoi quiferai toujours, Monfieur &t très-cher frère,
2> votre tres-humble & trés-obéiffante fervante, Marie
5> Dubois. J'embraffe de tout mon coeur votre
5) & toute
époule
votre famille. A M. M. Aubry, Marchand
22 à la Rochelle, à la Rochelle 22. --- Page 43 ---
Leure du Sicur Jean-Marin Aulry, du 26 Janvier17o8.
Mon cher oncle & ma chère tante,
2> Celle-cieft pour vous fouhaiter une bonne & heu9> reufe année 8c toutes fortes de profpérités à vous &
>> à votre chère famille, 8c pour en même
2> faire excufer fur ce quej'ai 9 tant attendu, mais tempsvous
5> en a été caufe, ça été une facheufe maladie ce qui
5> effuyée, je fuis tombé malade le 20 Novembre, que j'ai, de
5> la perite-vérole, & ai été à la dernière extrémité &c
>> ne fais pas entièrement guéri, ce qui
de
>>
m'empêche
vous demander ce queje fouhaiterois bien,
59 je ne vous pouvois mander que la mifere; vous quoique fau5> rez que je n'ai pas reçu aucune nouvelle de ma mére,
>> ce quim'a chagrind beaucoup, me trouvant délaiflé
59 de tout, hors de vous, ceft pourquoi je vous
55 de me faire la grace de me faire favoir de prie vOS
5> nouvelies, c'eft ce quejelpère de vous. Mon cher
9> oncle & ma chère tante, votre trés-humble & très55 obéiffant ferviteur & neveu Aubry. J'embraffe mon
59 cher coufin 8c ma chère coufine. Al Paris, ce 26Jan2) vier 1708. A M. M. Aubry, Marchand fur la
92 rive, à la Rochelle >>.
grande
Lettre de Marie Dubois, veuve Aubny.
29 A Léogane, le I" Mars 1708.
K Mon cher frère, celle-ci eft pour vous affurer de
DR
ante, votre trés-humble & très55 obéiffant ferviteur & neveu Aubry. J'embraffe mon
59 cher coufin 8c ma chère coufine. Al Paris, ce 26Jan2) vier 1708. A M. M. Aubry, Marchand fur la
92 rive, à la Rochelle >>.
grande
Lettre de Marie Dubois, veuve Aubny.
29 A Léogane, le I" Mars 1708.
K Mon cher frère, celle-ci eft pour vous affurer de
DR --- Page 44 ---
9> mes très-humbles refpoéls,je vous dirai que
35 mon fls en
J'envoye
France pour fe perfeétionner de fon mé55 tier de Chirurgic, qu'il a appris chez les Pères de la
55 Charité en ce pays. Je lui ai recommandé de ne pas
55 manquer, fitôt fon arrrivée à la Rochelle, de vous aller
9> rendre fes devoirs, à quoi il ne manquera pas. Je
55 fuis fort furprife de ce que je n'ai eu aucune de VOS
2) nouvelles depuis la mort de mon défunt mari, votre
35 frère. J'elpere qu'aurez de la joie de voir votre neveu
$5 Aubry, & que lui rendrez fervice. Ceft ce
je
9> vous prie, comme auffi de ni'écrire par la première que
$> occafion. MA FILLE, VOTRE NIÈCE, vous
de
5>
affure
Jes civiliiés, & moi qui vous fuis de tout mon cceur,
55 mon beau frère, votre très-humble & très - obéiffante
>) fervante, Marie Dubois, veuve Aubry, Je vous
5>
d'affurer ma belle foeur & toutc votre aimable famille prie
55 de mes civilités, ma fille en fait autant. A M. M.
59 Aubry, Marchand, à la Rochelle >).
Reconnoifance du Sicur Jean-Marin Aubry.
66 Je, fouffigné, Martin Aubry, que M. Aubry, mon
29 oncle, n'eft nullement engagé au cautionnage
a
2> fait pour moi d'un coffre de chirurgie, fourni quil à moi
5>
M. Goujaud, maitre Apothicaire, montant à la
>)>
de
cens
ENE
cinq
dix- fept livres dix fous, d'au55 tant que CC n'eft que pour m'obliger qu'il l'a fait. A
2) la Rocheile, ce dix-neuf Oltobre 1709, Aubry 99.
Biller
nullement engagé au cautionnage
a
2> fait pour moi d'un coffre de chirurgie, fourni quil à moi
5>
M. Goujaud, maitre Apothicaire, montant à la
>)>
de
cens
ENE
cinq
dix- fept livres dix fous, d'au55 tant que CC n'eft que pour m'obliger qu'il l'a fait. A
2) la Rocheile, ce dix-neuf Oltobre 1709, Aubry 99.
Biller --- Page 45 ---
Billet du Sieur Jean-Marin 41
Aubry.
4 Je promets payer à M. Aubry, maitre de
9 que à la Rochelle, la fomme de
bar99 pour argent qu'il m'a prété à mon quarante befoin. fix A livres,
29 chelle, ce 19 OStobre
la Ro1709, Signé Aubry $),
On voit que Timpofture
manqué de Récondié, ni dans fabriquant les
ces ouvrages, n'a
loit fuppofer, ni dans le nombre circonflances des
qu'il falfalloit mettre en foène pour attacher l'une perfoanages à
qu'il
familles différentes
l'autre deux
fe font même
qui ne fe font jamais tenues, qui ne
jamais connues.
Le père, la mère, le fils de la nouvelle famille
Saint-Dominguc, recomnoilfent, chacun à
de
membres de la famille de la Rochelle, la fille part, tous les
Marie Dubois, veuve
même de
Hudain à méconnu
Aubry, cette fille dont la veuve
clle-méme l'exiftence
eft
dépeinte par fa mère à fes prétendus légitime,
remplie des fentimens qu'eile leur devoit parens, &
comme
envers eux des devoirs qu'elle auroit eu véritablement Sacquittant
accomplir. Il femble, au premier regard,
à
manque à la compolition de Ces ceuvres de que rien ne
menfonges,
Mais c'eft toujours envain que le menteur
habile médite & combine
le plus
de fes
péniblement la reffemblance
les lui rendre fuppofitions avec la vérité : il ne peut pas plus
faire la vérité méme; parfaitement & femblables, quil ne peut en
comme elles font d'une nature
F
ment Sacquittant
accomplir. Il femble, au premier regard,
à
manque à la compolition de Ces ceuvres de que rien ne
menfonges,
Mais c'eft toujours envain que le menteur
habile médite & combine
le plus
de fes
péniblement la reffemblance
les lui rendre fuppofitions avec la vérité : il ne peut pas plus
faire la vérité méme; parfaitement & femblables, quil ne peut en
comme elles font d'une nature
F --- Page 46 ---
différente & oppofée, elles ont néceffairement des trait
groffiers qui les décèlent & qui, étant faifis & raflem
blés, font reconnoitre bientôt tout l'artifice.
Auffi la fourberie fe manifefte-t-elle au moindre
men dans toutes ces prétendues lettres, reconnoiflanc exa
& billets de la famille Aubry de Saint-Domingue, à l
famille Aubry de la Rochelle. La vérité fe montre elle
même d'un autre côté avec tant d'éclat & de force pa
l'authenticité des abtes quila préfentent, que tout T'édifice
de l'impofture fe renverfe & fe détruit au premier cho
qu'il en reçoit, & que le mérite de la feule vraifem
blance ne fe retrouve plus dans le plan de rufes
teur
s'étoit tracé,
que Tau
Comment concevoir, en effet, que ces écrits qui n'an
noncent que la mifere, & qui étoient incapables de
naitre le moindre elpoir, fe fuffent confervés
faire
foixante - dix ans dans la chaumière d'un malheureux pendan
pécheur de Taillebourg, où il n'avoit peut-étre
un
feul meuble qui pût les recevcir & les mettre à pas T'abri
des injures & des ravages du temps, pendant le
de fes efpaces 2 ?
moindre
Comment concevoir, que découvrant le
la fource de la grande fortune de Jean-Martin principe &
par T'acquilition d'un coffre de chirurgie &
Aubry,
d'argent de 46 liv. ils eufent été ifolés dans par un prèt
de la veuve Hudain; qu'ils euffent accufé
les mains
Aubry de Toubli le plus
Jean-N Mar"
impardonnable, de lingrati
des ravages du temps, pendant le
de fes efpaces 2 ?
moindre
Comment concevoir, que découvrant le
la fource de la grande fortune de Jean-Martin principe &
par T'acquilition d'un coffre de chirurgie &
Aubry,
d'argent de 46 liv. ils eufent été ifolés dans par un prèt
de la veuve Hudain; qu'ils euffent accufé
les mains
Aubry de Toubli le plus
Jean-N Mar"
impardonnable, de lingrati --- Page 47 ---
de la plus repréhenfible & 43 la plus odieufe,
mauvaife foi la plus déteftable, tandis
méme de la
fon elprit, la droiture de fon
que la fageffe de
fentimens s'étoient fait connoitre coeur, dès
la pureté de fes
mort par les difpofitions les plus
long-semps avant fa
rées & les mieux failantes P
jultes, les mieux méfuComment concevoir qu'il eut toujours
dant fà vie & qu'il eut manqué
oublié penà fa fucccflion ceux de fes
d'appeller expreflément
être les plus chers, ceux qui auroient parens qui été auroient dû lui
tiens en France dans fes
fes uniques fouquels il auroit dû tout, premières années, ceux auxdateurs de fa fortune & les parcequ'ils auroient été les fongues proipérités,
premiers artifans de fes lonfix livres
puifqu'il leur auroit encore dà quarante
d'argent prété, lorfqu'il mourut ?
On ne pourra jamais concilier des contrariétés fi
nantes, & elles feules ne doivent laiffer
étonla caufe criminelle des écrits qui étoient aucun doute fur
la veuve Hudain. Mais ces
repréfentés pour
bilités ne font que les moindres invraifemblances, des
ces impo.iifondent les trop induftrieux agens circonftances de la
qui con-
& le domicile certain de Guy
veuve Hudain,
mort affurée en 1703, les dattes Aubry des à Taillebourg, fa
reconnoiffance en 1695,
lettres, billet &
de ces lettres découvrent 1701, bien 1708 & 1709, & l'état
ture & ne laiffent pas la moindre plus reffource parfaitement Timpof
tenir.
pour la fouGuy Aubry, père de la veuve Hudain, étoit né &
ftances de la
qui con-
& le domicile certain de Guy
veuve Hudain,
mort affurée en 1703, les dattes Aubry des à Taillebourg, fa
reconnoiffance en 1695,
lettres, billet &
de ces lettres découvrent 1701, bien 1708 & 1709, & l'état
ture & ne laiffent pas la moindre plus reffource parfaitement Timpof
tenir.
pour la fouGuy Aubry, père de la veuve Hudain, étoit né & --- Page 48 ---
domicilid dans la Paroiffe de Taillebourg, près de Xain
tes, à plufieurs lieues de la Rochelle, & il étoit mor
le 3 Jain 1703, mais la veuve Hudain demeuroit, fans
doute, à la Rochelle fur la petite-rive. Le fauffaire
compoliteur prenant fa maifon pour celle de tous fes
ayeux, & ne fongeant pas à l'époque de la mort de fon
père, fait vivre ce père à la Rochelle fix ans
la
mort
aprés
& lui fait recevoir en 1708 &c en 1709 des lettres,
un billet &c une reconnoiffance de Jean-Martin Aubry,
qui n'auroit jamais pu le voir ni le connoitre en France,
puilque fuivant ces lettres mêmes, Jean-Martin
ny étoit paffé pour la premiere fois qu'en 1707 Aubry ou en
1708, plus de quatre ans après la mort de Guy Aubry,
D'un autre côté, Jean-T Martin Aubry écrit de Paris,
à fon prétendu oncle, le 26 Janvier 1708, il lui ap
prend qu'il étoit tombé malade à Paris dès le 20 No
vembre précédent, il falloit donc qu'il fit arrivé en
France, au plus tard, vers le milieu de l'année
&le premier Mars 1708 feulement, Marie
1707 5
vede Martin Aubry, écrit à Guy Aubry qu'elle Dubois, ENVOYE veufon fils en France & qu'il ne manquera pas d'aller lui
rendre fcs devoirs, auffitôt qu'il fcra rendu à la Rochelle,
& On la fait figner Marie Dubois, veuve Aubry, quoiqu'elle fut remariée depuis long-temps.
Une de ces deux lettres du fils & de la mère eft néceffairement & trés-évidemment fauffe; car fi Jean-Martin Aubry étoit tombé malade à Paris, le 20 Novembre 1707, far mère ne pouvoir pas l'envoyer en France
quera pas d'aller lui
rendre fcs devoirs, auffitôt qu'il fcra rendu à la Rochelle,
& On la fait figner Marie Dubois, veuve Aubry, quoiqu'elle fut remariée depuis long-temps.
Une de ces deux lettres du fils & de la mère eft néceffairement & trés-évidemment fauffe; car fi Jean-Martin Aubry étoit tombé malade à Paris, le 20 Novembre 1707, far mère ne pouvoir pas l'envoyer en France --- Page 49 ---
au mois de Mars 1708, elle 45 ne
mander alors à
pouvoit pas lui recom.
avec
Saint-Domingue de rendre fes devoirs
& fi empreffement elle lui failoit à fes parens en arrivant à Ia Rochelle;
véritablement cette
au mois de Mars à
recommandation
à Paris, il n'avoit Snint-Domingue, il n'étoit donc pas
la même année, iln'étoit pas pu y écrire dès le 26 Janvier de
lade dès le 20 Novembre pas de poflible la
quily eût été madonc dans tousles cas
précédente, il faudroit
mais elles ont découlé rejetter au moins une de
eft indubitable
toutes de la même fource, cespièces; & s'il
Timpofture,
qu'une feule porte avec elle le poifon de
comment feroit-il poffible de
tres plus pures & d'en conferver
réputer les auaucune P
La fitpercherie, toujours mal-affurée dans fes
n'eft plus équivoque, On ne peut reconnoitre
aclions,
ces méprifes multiplices, mais elles'apperçoit qu'elle dans
s'il eft poffible, dans Tomiffion d'un caragére tencoremieux,
portant, que les titres auroient eu
tres-imavoient été vrais, c'efl la
infailiblement, s'ils
raphe de quelques Notaires. fignature ou au moins le paGuy Aubry, père de la veuve Hudain, étant
le 5 Juin 1703, & Marie
mort
née en 1694, elle ne pouvoit Aubry, être ni cette veuve, étant
cipée loriqu'elle perdit fon père. Son majeure ni émande faire faire un inventaire; & fi les tuteur lettres fut obligé
& de 1701 avoient exifté dans les
de 1695
euffent été regardées comme des titres papiers de famille & qu'elles
d'être confervés, elles auroient été
dignes
comprifes dans Cet
3, & Marie
mort
née en 1694, elle ne pouvoit Aubry, être ni cette veuve, étant
cipée loriqu'elle perdit fon père. Son majeure ni émande faire faire un inventaire; & fi les tuteur lettres fut obligé
& de 1701 avoient exifté dans les
de 1695
euffent été regardées comme des titres papiers de famille & qu'elles
d'être confervés, elles auroient été
dignes
comprifes dans Cet --- Page 50 ---
inventaire, ellcs auroient été paraphées; fi au contraire
elles avoient paru indignes de ce foin & de cette formalité, elles auroient péri néceffairement dans cette circonf
tance.
Il eft impoflible de defirer rien de plus convaincant
de la fauffeté de ces pièces que ces vérités certaines,
qu'elles contredifent & qui les anéantiffent; mais
tout s'accorderoit & fe concilieroit parfaitement quand
des menfonges plus heurcufement
avec
tures particulieres
compofés, ces écritenir la foi de la ne Juftice pourroient jamais exciter ni obIfclées dans les mains de & provoquer fes jugemens.
fentées
ceux qui les ont déjà
ou qui les repréfenteroient encore, & privées repré- &
dépourvues de tout CC
a
taines, elles
pourroit les rendre cerne
pas plus les vraies
tures de
Redtet
Martin Aubry, de Marie Dubois, & de fignaMartin Aubry que celles de toutes autres mains Jeanles leurs : la prudence
que
Tribunaux
qui préfide aux décilions des
ne permet pas d'accorder une confiance
aveugie à tous les écrits qu'on produit fous leurs
&cjulqu'a ce qu'une vérification régulière
yeux ;
paraifon d'écritures
par une comclprits la conviéion & authentiques, la certitude eut porté dans les
il faudroit
de la preuve entière,
qu'une défiante fageffe n'attribuât ces
tures à perlonne & les réduisit au
& dans figna- la
claffe des écrits incertains,
rang
fans indiferétion
9 qui ne pouvant étre avoués
& fans
ne
non plus être les fondemens danger, d'un Arrét. peuvent jamais
Que feroit-ce en effet qu'une prétendue règle de
& authentiques, la certitude eut porté dans les
il faudroit
de la preuve entière,
qu'une défiante fageffe n'attribuât ces
tures à perlonne & les réduisit au
& dans figna- la
claffe des écrits incertains,
rang
fans indiferétion
9 qui ne pouvant étre avoués
& fans
ne
non plus être les fondemens danger, d'un Arrét. peuvent jamais
Que feroit-ce en effet qu'une prétendue règle de --- Page 51 ---
juftice qui affureroit le refpe& 47 & la foi
à des aStes tels que ceux
des Magiftrats
de la veuve Hudain & qui ont été préfentés au nom
apparence d'ancienneré, qui fous le prétexte de leur
faire décider des intérêts les rendroir ces altes capables de
à ce qu'ils indiqueroient ? plus précieux, conformément
Ce ne feroit rien autre chofe
tice & d'abfurdité monftrueufe,
principe d'injuf
de la
de
contrariant le vceu
aahens
la loi nature, même
la raifon, de la juftice, &
en mille occafions,
anéantiffant
des familles qu'au crime le
n'affureroit plus les biens
confommé.
plus heureux & le micux
Les héritiers Aubry, de Tours, écartés
qui ne feroient pas certains,
par des titres
là par d'autres titres
pourroient combattre ceuxqui n'aurcient
qu'ils fabriquercient eux-mêmes &
relpedt des Tribunaux, pas moins que les autres Tavantage du
d'après la règle.
Dautres Aubry de tous les
de
toutes les familles Aubry de la lieux, France tous les pays,
reclamer avec de parcilles
pourroient venir
droit que d'eux d'en RafeeN puifquil ne dépenIl faudroit bien que dans le concours de
réclamations & de tant de pièces
tant de
aux mêmes mains, la juftice cherchât différentes attribuées
qui pourroit paroitre le plus affuré, à difcerner ce
étant acquife à des écrits
mais fa foi légale
ciennes, fon choix ne qui porteroient des dates anpourroit tomber que fur ceux
clamer avec de parcilles
pourroient venir
droit que d'eux d'en RafeeN puifquil ne dépenIl faudroit bien que dans le concours de
réclamations & de tant de pièces
tant de
aux mêmes mains, la juftice cherchât différentes attribuées
qui pourroit paroitre le plus affuré, à difcerner ce
étant acquife à des écrits
mais fa foi légale
ciennes, fon choix ne qui porteroient des dates anpourroit tomber que fur ceux --- Page 52 ---
qu 2 auroient été rendus moms incertains & plus apparens par la fupériorité de l'adreffe, & par conféquent tla
fucceflion deviendroitncodfatemnent le prix des fauffaires
les plus raffinés. Qui oferoir jamais profeffer une doérine
fi allarmante & fi funefte P
Elle eft trop injufte, trop dangéreufe, trop évidemment abfurde pour que les Sieurs & Dame Aubry
puiflent jamais craindre de la voir réuffir, quant une
effronterie infupportable l'éleveroit contr'eux dans des
écrits, mais indépendamment de cette affurance que la
juftice & la railon leur infpirent, ils ont encore la
certitude que l'on ne pourroit pas même faire la tentative de la foutenir, puifque les lettres de 1695, de
1701, de 1708 & les reconnoiffances
-
de 1709 font
d'une fauffeté auffi avérée qu'infigne, par la certitude
du domicile de Guy Aubry à Taillebourg, de fa mort
en 1703, du pallage de jean-Martin Aubry en France,
en 1707 &c 1708, faivant les lettres mémes, & par le
défaut de fignatures & de paraphes des Notaires fur
ces picces, 2 quoiqu'elles ayent néceffairement dà être
inventoriées.
Les fondemens de la confance des Sieurs & Dame
Aubry font encore plus étendus & plus forts, & la
vérité des lettres & billets, la vérité des fignatures de
Martin Aubry, de fa veuve, de fon fils feroit préfente
& parfaitement affurée dans le proces, fans
cette
confiance en fût ébranlée, ni que les Sieurs ST Dame
Aubry en fiffent émus.
La
ent néceffairement dà être
inventoriées.
Les fondemens de la confance des Sieurs & Dame
Aubry font encore plus étendus & plus forts, & la
vérité des lettres & billets, la vérité des fignatures de
Martin Aubry, de fa veuve, de fon fils feroit préfente
& parfaitement affurée dans le proces, fans
cette
confiance en fût ébranlée, ni que les Sieurs ST Dame
Aubry en fiffent émus.
La --- Page 53 ---
La nature fait l'état des 49 hommes
a loi le fixe civilement
fes
par leur naiffance,
rantit par fes abtes quile par
règles, T'affure & le gani T'amitié, ni la pafion, ni prouvent; & jamais le caprice,
qu'en foit la
en un mot Tadoption,
caule, ne peuvent changer les faits quelle
nature, ni démentir & faire rejeter lcs aEtes de la de Loi, la
lieu L'exiftence de Martin Aubry, fa naiffance dans un
de la queleonque, de parens quelconques, font les
nature qui ont formé fon état, la loi a du faits
produire des abtes jufificariss, c'eft
en
tout doit s'établir, rien n'eft certain par s'ils ces aftes que
pas, & tout ce
pourroit
ne paroifient
de Martin Aubry,
fa
paroitre du fait même
veuve
9e
veroit
& de fon fils,
qu'il a reconnu ou adopté des hommes
prouparens, 9 mais ne prouveroit
pour fes
hus, ou adoptés, le fuffent pas
ces hommes reconen ader dans I'ordre de
nature & de la loi.
la
Ainfi, quant les lettres de 1695, 1701,
&c
1709 feroient vraies, quant leur vérité feroit 1708
elles ne prouveroient pas par elles feules la certaine,
He Martin & de Jean-Martin
parenté
Hc la Rochelle & de la veuve Aubry, avec la famille
Hudain, elles
feulement la volonté de reconnoitre
établiroient
adopter; maisil
cette famille & de
e
manqueroitau complément de la
parenté, la connoiffance & la preuve du morif preuve
a reconnoifance & de ladoption. Perfonne
de
fe dire que cette reconnoifance & cette
ne pourroit
légitimes & fondées fur une parenté faite adoption la étoient
par nature
G
la veuve Aubry, avec la famille
Hudain, elles
feulement la volonté de reconnoitre
établiroient
adopter; maisil
cette famille & de
e
manqueroitau complément de la
parenté, la connoiffance & la preuve du morif preuve
a reconnoifance & de ladoption. Perfonne
de
fe dire que cette reconnoifance & cette
ne pourroit
légitimes & fondées fur une parenté faite adoption la étoient
par nature
G --- Page 54 ---
& par conféquent il
encore impoflible de
fmatle
juger
que Martin Aubry &c la veuve Hadain étoient vraiment parens.
On demandera petit-étre pourquoi donc la Cour
même a admis la veuve Hadain fur ces pièces, malgrd-rant de circonftances 8c de vérités de droit que
les Sieurs 8c Dame Aubry prétendent être fi frappantes
& f décifives? Les Sieurs Caradeux ne mancueroient
pas en effet de former cette queftion & de foutenir,
pour la faire paroitre plus embarraffante, qu'ils n'ont
rien négligé de ce qui étoit néceffaire pour écarter la
veuve Hudain.
L'étonnement eft naturel &
mais il ne
pas avoir de durée. Ces fruits
concert des
Mgeae
SEOI
Caradeux & de la veuve Hudzin contenoient, principalement dans la lettre du I" Mars 1708, des nouvelles pofitives & précites d'une fille de Martin Aubry,
foeur de Jean-Martin. On failoit méme dire à Maric
Dubois dans cette lettre : (6 ma fille votre nicce vous
affire de fes civilites >>. La veuve Hudain qui produifoit
elle-méme ces lettres pour juftifier fa prétendue parenté,
ne pouvoit en méconnoitre aucune partie. Elle étoit
forcée par cela-même de renoncer à fa prétention de
batardife de Marie-Magdeleine Aubry, quoiqu'elle fut
demontrée : les Sieurs Caradeux réclamoient ce témoignage de la mère fur létet de fa fille, pour juftifier
le leur, 8c adoptoient ainfi néceflairement tla totalité des
lettres. Ces pièces étoient donc dgalement admifes,
parenté,
ne pouvoit en méconnoitre aucune partie. Elle étoit
forcée par cela-même de renoncer à fa prétention de
batardife de Marie-Magdeleine Aubry, quoiqu'elle fut
demontrée : les Sieurs Caradeux réclamoient ce témoignage de la mère fur létet de fa fille, pour juftifier
le leur, 8c adoptoient ainfi néceflairement tla totalité des
lettres. Ces pièces étoient donc dgalement admifes, --- Page 55 ---
reconnues & invoquées de SI part &
vence qui les avoit
d'autre, la connirelpe@tives, que l'on réclamoit produires, en avoit fait des preuves
deux côtés, il falloit
avec une force égale des
déterminaflent TArrét donc, de toute néceffiré, qu'elles
qui a été rendu.
Rien ne peut être plus clair &c cette
replique à T'objedtion
réponfe fans
méme temps une démonftration qu'on auroit pu faire, eft en
& par conféquent une
de complète du concert
de ces lettres.
preuve
plus de la fauffeté
Ainfi, la première &cla feconde
titres de la veuve Hudain font efpèce des prétendus
en faveur de cette veuve. Les également impuiflantes
quables qu'a quatre perfonnes premiers ne font sppliAubry, les feconds incertains & étrangères à Jean-Martin
par leur nature & leur caraéère incapables d'aéles de prouver
encore démontrés faux
privés, font
bilité de leur confervation, par Tinvraifemblance & limpofliméprifes groffières
par les contradictions & les
en partie des obligations qui sy confenties trouvent, parceque ce font
me qui, dans la vérité, n'exiftoit en faveur d'un homdates depuis fx années entières; plus au temps de leurs
démontrée,
enfin, leur vérité feroit
adoption
qu'elles ne prouveroient rien au delà d'une
time, & qui pouvoit étre fantafque aufli bien que
par conféquent elles ne
légilement la parenté,
prouveroient pas réelIl n'en eft pas de même de la troifième
efpèce, Elle
me qui, dans la vérité, n'exiftoit en faveur d'un homdates depuis fx années entières; plus au temps de leurs
démontrée,
enfin, leur vérité feroit
adoption
qu'elles ne prouveroient rien au delà d'une
time, & qui pouvoit étre fantafque aufli bien que
par conféquent elles ne
légilement la parenté,
prouveroient pas réelIl n'en eft pas de même de la troifième
efpèce, Elle --- Page 56 ---
n'eft pas fulpedte, incertaine, fauffe, & fans conféquences conme la feconde, elle ne borne pas la famille de
la veuve Hudain à quatre perfonnes étrangires à JeanMartin Aubry comme la première, les Sieurs & Dame
Aubry avouent fans peine qu'elle eft authentique, claire,
vraie & incont-ftablement probante.
Mais ils réclament la preuve qui en fort, c'eft en leur
faveur qu'elle s'éleve; ceft irréfifliblement contre la veuve Hudain qu'elle fe tourne.
Cette troifième cfpèce eft compofée de plufieurs procès-verbaux de Tétat des regiftres de la Paroiffe de TailD
lebourg,ol éroit née toute la famille Aubry de la Rochelle. JI faut en préfenter ici un entr'autres, & en
partie feulement, afin de faire voir plus exagtement ce
qu'ils contiennent.
e Dans le nombre defquels regiftres il s'en
9> trouve quatre qui font perdus, favoir: lesannées 1669,
35 1670, 1671 & 1672, SAUF CEPENDANT LE REGIS5> TRE QUI CONTIENT LES ANNÉES DEPUIS 1640 JUS5) QU'EN L'ANNÉE 16,8, ET CELUI DEPUIS CETTE DER2> NIÈRE JUSQU'EN 1 666 QUI SONT DANS UN ASSEZ BON
55 ORDRE, Y AYANT SEULEMENT PLUSIEURS LACU-
$) NES DE CINQ A SIX TRAVERS DE DOIGT
9).
Cette defcription de l'état de ces regiftres fait connoitre parfaitement cet état. Eile prouve que les regiftres de 1640 & des années fuivantes jufqu'en 1666 font
16,8, ET CELUI DEPUIS CETTE DER2> NIÈRE JUSQU'EN 1 666 QUI SONT DANS UN ASSEZ BON
55 ORDRE, Y AYANT SEULEMENT PLUSIEURS LACU-
$) NES DE CINQ A SIX TRAVERS DE DOIGT
9).
Cette defcription de l'état de ces regiftres fait connoitre parfaitement cet état. Eile prouve que les regiftres de 1640 & des années fuivantes jufqu'en 1666 font --- Page 57 ---
dans un afer bon ordre. Alle,
montré que Martin
d'aprés cela, s'il ef déannées, ii faut
Aubry étoit né dans une de ces
bourg n'étoit certainement le
ne pas douter que TailleTade de fon baptême pas lieu qui T'avoit vu naitre, puifque
nes syeft pas trouvé,
L'ade de fépulture de Martin
ne le 9 Janvier 1698, contient qu'il Aubry, eft faità LéogaH0 ans; puifque Martin
mort à Lage
Éroit àgd alors de
Aubry mort en
ans,
1698,
hé
il eft indubitable
en 1658, dans une des années dont les qu'il étoit
Taillebourg rendoien: encore un compte fidèle regiftres de
Son baptême n'a cependant pas été fait dans
en 176;.
puilque Tale ne sy en trouve pas, ce n'eft certeParoiffe,
Hlans cet endroit qu'il avoit reçu le
donc pas
Honc pas les ayeux de la veuve Hudain jour; qui le ce lui n'étoient
donné, il n'étoit donc pas fon
voilà
avoient
Froilieme efpèce de titres établit parent, irréfiftiblement. ce que cette
La quatrième & dernière efpèce eft compofée de trcis
pièces qui ne prouvent pas moins que les
contre la veuve Hudain elle-méme.
précédentes
Chodeau de la Cochetiere avoit confenti le 2 Juin
1666, devant Patin, Notaire à la Tortue, une
Fion de 258 liv. tournois,
obligadre de Renée
payables en France, à l'orAubry.
Renée Aubry avoit donné le 28 Mai 1673 une
curation à Jean Aubry, fon frère,
pro2 pour toucher les
èces qui ne prouvent pas moins que les
contre la veuve Hudain elle-méme.
précédentes
Chodeau de la Cochetiere avoit confenti le 2 Juin
1666, devant Patin, Notaire à la Tortue, une
Fion de 258 liv. tournois,
obligadre de Renée
payables en France, à l'orAubry.
Renée Aubry avoit donné le 28 Mai 1673 une
curation à Jean Aubry, fon frère,
pro2 pour toucher les --- Page 58 ---
2;8 liv. montant de Tobligation de Chodeau de la Cochetiere.
Jean & Renée Aubry, frères, étoient morts dans lintervalle de 1666 & 1673 à 1686, 8c n'avoient laiffé
fils & neveu, & pour feul e unique héritier que
Kear Aubry, fils de Jean, qui obtint le 26 Novembre 1686, en la Jurifdiétion de Xaintes, une fentence
portant condamnation des 258 liv. contre Chodeau de
la Cochetiere, en faveur de ce Jean Aubry fils, héritier de Jean Aubry, fon père, & icelui comme ayant
recueilli la fucceflion de feu Renée Aubry, ion oncle,
SEUL HERITIER D'ICELUL
C'eft la ce que prouvent & ce que portent littéralement les titres de la quatrième clpéce ; & que COilclure delà qui ne foit inutile, ou plutôt qui ne foit contraire à la veuve Hudain P
Elle prétend, fans doute, que ces Jean Aubry, père
& fils, & Renée Aubry, dont il s'agit dans ces aêtes,
étoient fes parens & ceux de Jean - Martin Aubry. Son
foutien doit être même que Jean & Renée Aubry étoient
frères de Martin, père de Jean- -I Martin, mais la fentence dc Xaintes, du 26 Oetobre 1686, contient une
preuve décifive du contraire : fi Jean, 2
Renée & Martin
avoient été fréres, Jean & Martin auroient été également
héritiers de Renée, au lieu que fa fucceffion à étd recucillie
toute entière par Jcan, fils de Jean, qui s'eft dit SON
SEUL HÉRITIER, Martin n'étoit donc pas frère de Jean
Jean- -I Martin, mais la fentence dc Xaintes, du 26 Oetobre 1686, contient une
preuve décifive du contraire : fi Jean, 2
Renée & Martin
avoient été fréres, Jean & Martin auroient été également
héritiers de Renée, au lieu que fa fucceffion à étd recucillie
toute entière par Jcan, fils de Jean, qui s'eft dit SON
SEUL HÉRITIER, Martin n'étoit donc pas frère de Jean --- Page 59 ---
ni de Renée, il n'étcit donc S5
le
Hudain?
pas parent de la veuve
C'eft ici que fe termine l'examen & la
titres de la veuve Hudain &c
difcution des
qui concerne les trois premières par conféquent tout cC
en état maintenant d'apprécier réclamations. On cft
doit étre convaincu de leur défaut chacune d'elles & l'on
de leur injuftice,
de fondement 8c
En effet, inutilité des titres des Sieurs
ablence de toute preuve & de toute
Caradeux,
naiflance, de leur
de
juftification de leur
& de leur
état, ceux de leur prétendue mère
prétendue ayeule,
tr'eux dans le teftament par le Teer à déterminante leur
con-
"atteftation très-formelle
leur
égard & par
homme
que
père n'étoit
étranger au teftateur.
qu'ua
Inutilité femblable des titres du Sieur de
fence égale de toute preuve & de toute Gizeux, aba naiffance & de Torigine de Marie Dubois juftification de
ien de parenté avec Simorne
& de fon
de Gizeux.
Dubois, ayeule du St
Mime inutilité des premiers titres de la veuve Hudain, défaut de certitude des feconds, contradiétions
panites Acgrodiresensfeaux, fauffeté avérée de
frap.
titres & infuffifance dans la fuppofition même cesfeconds de
vérité. Preuves inconteflables dans les 3 mes & les leur
mais preuves inconteftables
la
4 s
que
veuve Hudain n'a --- Page 60 ---
jamais été parente de Jean - Martin Aubry, enfin évidence &c certitude de la connivence &: du concert entre les Sieurs Caradeux &c la veuve Hudain, tels font
tous les caractères 8cles réfultats de tous ces titres. On
n'a pas befoin de répéter encore ici la conféquence qui
doit en être déduite & l'influence qu'ils doivent avoir
dans l'Arrêt que la Cour doit rendre entre les parties,
il ne refte donc plus qu'à examiner les titres des Sieurs
& Dame Aubry.
Examen des Titres des Sicurs e Dame Aubry.
Ce n'eft pas comme les Sieurs Caradeux & de Gizeux, &c comme la veuve Hudain, dans
ni
dans les
Terreur,
ténébres de lincertitude, ni dans les voies de
Tartifice, du mentonge & de limpofture que les Sieurs
& Dame Aubry propolent à la juflice de defcendre &
de s'égarer pour y prendre les motifs d'un jugement.
Ils ne fe préfentent devant elle & ne lui foumettent
Jeur demande, qu'environnés de la lumière la plus pure
& la plus inaltérable, des titres les plus authentiques &
les plus décififs : leur qualité de coufins germains de
Jean-Martin Aubry eft fi certaine & fi parfaitement
établie qu'il n'eft rien de plus affuré parmi les hommes,
Le père de Jean-Martin Aubry a été reconnu dans
tous les différens temps &c dans tous les différens aétes
du procès pour être Martin Aubry, mort & enterré à
Léogane, le 9 Janvier 1698 & dont l'aete de fépulture
eft produit au procès.
Les
plus décififs : leur qualité de coufins germains de
Jean-Martin Aubry eft fi certaine & fi parfaitement
établie qu'il n'eft rien de plus affuré parmi les hommes,
Le père de Jean-Martin Aubry a été reconnu dans
tous les différens temps &c dans tous les différens aétes
du procès pour être Martin Aubry, mort & enterré à
Léogane, le 9 Janvier 1698 & dont l'aete de fépulture
eft produit au procès.
Les --- Page 61 ---
- Les Sieurs & Daine 57
reufement à tout & donneroient Aubry fatisferoient donc rigouplerte de leur
la démonftration comparenté avec Jean-Martin
prouvant feulement que Marin
Aubry, en
né à Tours, dans leur famille Aubry, fon pére, cit
dont ils
Sc des mémes
fait
defcendent, & en produifant
parens
au nom de Marin Aubry.
Taéte de baptôme
aéte qui eft néceflaire &
Celt uniquenent cet
entière.
qui peut former une preuve
Ils le rapportent, & cetage
bry eft effeclivement né à Tours prouve que Martin AuJacques Aubry & de Marie
& qu'il étoit fils de
T'agte de célébration du
Villette ; & ils y ajoutent
de Marie Villette,
Mariage de Jacques Aubry &c
fance de Martin
qui établit la légitimiré de la naif
certitude fur la vérité Aubry, du & ne Jaifle pas la moindre infamille de Tours.
lien de Martin Aubry à une
Il n'eft donc plus poflible dès à
que la patrie d'origine de
préfent de douter
ville de Tours, &
Jean-Martin Aubry foit la
lette ayent formd la que fouche Jacques Aubry & Marie Vilvérité démontrée,
de fa famille, C'eft une
de Jacques Aubry puilque & de Tale de baptôme de ce fils
fépulture du père de Jean Marie Villette, & Tagle de
nent
-Martin Aubry
à
également au même fujet, à la
appartienlul méme Marin Aubry.
même perfonne,
Sieurs Mais ce n'eft pas là que fe borne la
& Dame Aubry.
preuve des
H --- Page 62 ---
Aux deux noms, Marin & Aubry, l'aéte de fépulture ajoute fage & ille fixe à quarante ans, en 1698.
Ainfi, f le Martin Aubry qui eft inhumé à
à
Logane
cet age, eft le même qui étoit né à Tours de Jacques Aubry &c de Marie Villette, l'aete du baptème
fait à Tours doit néceffairement donner le méme age
à la même époque de 1698.
Et fi au contraire Martin Aubry né à Tours, &
Martin Aubry mort à Léogane en 1698, étcient deux
individus differens, il eft preiqu'entièrement indubitable
que Textrait de baptéme donnera en 1698 un age plus
ou moins avancé.
L'aéte de baptéme de Martin Aubry, de la ville de
Tours, eft de 1658. Dans Tefpace de cette année à
celle de 1698 1 , onl trouve trés-précifément les quarante
années que l'extrait mortuaire de Léogane afligne à fon
fujet; ainfi ces deux abtes fe réunifent & s'attachent
néceffairement l'un à T'autre, non - feulement par le parfait accord des noms qu'ils contiennent, mais encore
un accord égal fur Tage qu'ils conftatent lun & l'autre. par
Il eft impoflible que la loi & fes Miniftres en exigent
& même qu'ils en defirent d'avantage, puifque c'eft uniquement aux deux termes de la vie que les hommes doivent être infcrits &x remarqués dans les monumens
blics de la loi pour l'affurance de leur état & de celui pu:
de leur poftérité.
le parfait accord des noms qu'ils contiennent, mais encore
un accord égal fur Tage qu'ils conftatent lun & l'autre. par
Il eft impoflible que la loi & fes Miniftres en exigent
& même qu'ils en defirent d'avantage, puifque c'eft uniquement aux deux termes de la vie que les hommes doivent être infcrits &x remarqués dans les monumens
blics de la loi pour l'affurance de leur état & de celui pu:
de leur poftérité. --- Page 63 ---
Il eft vrai que le
59 eft
tance dans laquelle la mariage même
une troifième circonfpour les mêmes fins, &
formalité doit être remplie
rié, puilque c'eft de la fucceflion que Martin Aubry s'étoit mamais la perte de Tagte du
de fon fils
taine que le fait de ia
mariage n'eft pas moins quilsagits certoutes les parties Ont toujours célcbration, c'eft une véritd que
& qui fe trouve atteftée
reconnue dans le procès
glois firent le fiége du Port-de-Paix par THifloire méme : les Angérent les Habitans à la fuite, ils le en 1695, ils oblidièrent, & les dépôts publics
pillerent & Tincenla proye des flammes, Talte devenant, du
ainfi que le refte,
bry fut confumé &
mariage de Martin Au
perdu pour toujours.
Il faut donc de toute néceffité s'en
agtes du commencement & de la fin de tenir à Ces deux
eft certain, mâme dans T'ordre établi
la vie, puifqu'il
pourroit Jamais s'en
par la loi, qu'on ne
a8tes s'accordant le plus procurer davantage, & ces deux,
parfaitement
prouvant la naiffance & la
qu'il eft poffible &
dans les villes de Tours & de mort du méme individu
Martin Aubry doit paroitre auffi Léogane, l'identite de
parfaitement certaine que G tous les précifément & auffi
de fa vie & de fa mort s'étoient faits de fa neiffance,
pres yeux.
paffés fous nos proOn chercheroit
moyens de réfifler inutilement, à
dans des fubtilités, des
en difant
une vérité fi puiffante & G
des
que ce n'eft pas affez de
claire,
deux extrémirés de lexiftence, rapporter &
les altes
que pour foute-
certaine que G tous les précifément & auffi
de fa vie & de fa mort s'étoient faits de fa neiffance,
pres yeux.
paffés fous nos proOn chercheroit
moyens de réfifler inutilement, à
dans des fubtilités, des
en difant
une vérité fi puiffante & G
des
que ce n'eft pas affez de
claire,
deux extrémirés de lexiftence, rapporter &
les altes
que pour foute- --- Page 64 ---
nir & confirmer cette apparence d'identité, il faut encore en completter la preuve par des aêtes du temps
intermédiaire.
Les Sieurs Caradeux & de Gizeux & la veuve Hudain n'avoient pas la millième partie de Ces moyens 2
quand ils ont obtenu des fuccès fi faciles. Mais d'ailleurs la loi n'exige & ne preferit expreffément que le
rapport des abtes de-baptéme, de mariage & de
-
fépulture pour conftater Tétat des hommes. Ces ables établifent dond entiérement cette identité devant elle &
ne laifent aucune incertitude fur ce point ; puilque ce
font les feules melures qu'elle prefcrit & qu'elle prend
pour avoir les réfultats qui doivent fervir de bale à fes
décifions. Ainfi les Sieurs & Dame Aubry qui rapportent l'extrait de baptame & l'ale de fépulrere de Mar
tin Aubry, tris-concordans par les circonftances qu'ils
établiffent chacun à part, forment par cette feule
duétion toute la preuve que la loi demande, & la juftice prode leur réclamation eft mife par cela feul dans le jour
le plus éclatant qu'elle puiffe recevoir,
Combien ne feroit-il pas injufte & déraifonnable en
effet d'exiger une preuve d'identité par des aetes
intermédiaires de la naiffance à la mort des hommes;
furtour lorique, comme dans cette cfpèce, le rapport
de Tade de mariage eft impoffible, parce qu'un accident arrivé dans les dépôts publics en a produir la
perte P Un homme qui fe fépare de fa famille & qui
s'en cloigne, a, le plus ordinairement, pour motifs le
ien ne feroit-il pas injufte & déraifonnable en
effet d'exiger une preuve d'identité par des aetes
intermédiaires de la naiffance à la mort des hommes;
furtour lorique, comme dans cette cfpèce, le rapport
de Tade de mariage eft impoffible, parce qu'un accident arrivé dans les dépôts publics en a produir la
perte P Un homme qui fe fépare de fa famille & qui
s'en cloigne, a, le plus ordinairement, pour motifs le --- Page 65 ---
nécontement, la méintelligence, la
peut demeurer
la
froideur, la haine,
- retiennent auffi julqu'h dans le mort dans ces fentimens qui
es parens. L'ale de
plus profond filence envers
premier quile
fépulture fe trouve d'aprés cela,
lonc bleffer la concerne, ainfi que fa famille. Ce feroit
jullice & la raifon
ens d'autres preuves que celles des que d'exiger des pa-
: de lépulture.
agles de baptème
Telles furent fans doute les circonftances
Martin Aubry, né à Tours &c mort à
relatives
uitta fes parens de bonne heure dans des Léogane. Il
clavantageufes, il ne reprit point fes
di(pofitions
Els & n'en donna jamais aucune
fentimens natumourut dans fon refroidiffement marque à fes proches,
pi lui avoient donné le
à légard de ceux
nt il n'a produit
jour; la
& parce qu'en moufTartia Aubry & de Ge preuve de fes noms de
Foit pas reconnoitre le lien âge de de fa famille 40 ans, on ne vouoigner les Sieurs & Dame
& il faudroit
pportent pas de prétendues Aubry, parce qu'ils ne
iffi
preuves auffi
dangereufes en clles-mêmes que celles incertaines,
roduites par la veuve Hudain!
qui étoient
Au refle, fi les réclamans font ces
eft pas qu'ils manquent eux-mémes d'abtes obfervations, ce
nt encore à la force de leur
qui ajoue ne font point des écritures preuve déjà toute cntière,
ines & faufles quils
privées, des pièces incernotoriété, du
Août pofsédent, ils produifent un alte
IS
1786, parlequel fept ceto-
que celles incertaines,
roduites par la veuve Hudain!
qui étoient
Au refle, fi les réclamans font ces
eft pas qu'ils manquent eux-mémes d'abtes obfervations, ce
nt encore à la force de leur
qui ajoue ne font point des écritures preuve déjà toute cntière,
ines & faufles quils
privées, des pièces incernotoriété, du
Août pofsédent, ils produifent un alte
IS
1786, parlequel fept ceto- --- Page 66 ---
génaires atteflent que les Sieurs Pierre &c Jean-Pierre
Aubry, fils de Jacques Aubry & de Marie Villete
avoient eu pour frère Marin Aubry, quils n'ont poin
connu, parce qu'il s'eft abfenté de la ville de Tours
à Tage de 17 ou 18 ans; qu'ils ont entendu dire aux
dits Sieurs PIERRE 8c JEAN-PIERRE AUBRY, à leur
PARENS, à leurs VOISINS & CONTEMPORAINS que ledi
Manin Aubry, 2 avoit quitté la maifon paternelle à Tag
de 17 ou 18 ans, yeil ravoit jamais donné de nouvelle
de fon exifence e qu'il avoit formé L172 établiffement dat
Llfe Sain- Domingue, Jans Javoir dans quelle panic (
ceue Ipte.
A quel degré d'éclat & d'évidence la preuve de
Sieurs & Dame Aubry n'eft-clle pas élevée par Ce
alte, puilquil eft furabondant, puitque la Loi ne T'ex
geoir pas & que c'eft par la bouche des vicillards C
nos jours, le témoignage entier & uniforme d'une gén
ration paffée P
Jean-Martin Aubry étoit donc originaire de Tou
&y avoit fa famille, c'eft la Loi même qui prouve
qui confacre cette vérité, par les abtes qu'elle même
produirs & qui, par leur unenimité, nous rendent €
quelqua forte les témoins de lexiftence entière & fuiv
de Martin Aubry.
Ceft par un aSte qui eft Touvrage de la Loi qu
nous fommes certains de la naiffance d'unMartin Aubry
à Tours; c'eft par un alle de la même nature que nou
donc originaire de Tou
&y avoit fa famille, c'eft la Loi même qui prouve
qui confacre cette vérité, par les abtes qu'elle même
produirs & qui, par leur unenimité, nous rendent €
quelqua forte les témoins de lexiftence entière & fuiv
de Martin Aubry.
Ceft par un aSte qui eft Touvrage de la Loi qu
nous fommes certains de la naiffance d'unMartin Aubry
à Tours; c'eft par un alle de la même nature que nou --- Page 67 ---
pnnoiffons la mort d'un Martin
à
pcun de nous ne peur révoquer Aubry, ces faits Liogane;
irce quils nous font atteftés
des
en doure, 9
its de la Loi même. Ces aétes par
abtes qui font les
put refufer fa foi, puilqu'ils font auxquels émands perfonne ne
Eclarent & prouvent
Martin
de la Loi,
16;8 ne pouvoit vivre que & mourir Aubry,né à Tours
pil devoit mourir en 1698, s'il mouroit que fous ces noms,
parante ans, qu'il a vécu & eft mort
à Tage de
èS noms à Tage de quarante ans, ils
en effet avec
fTartin Aubry, né à Tours, & Martin prouvent donc que
Léogane, n'étoit qu'une feule &c même Aubry, mort
par conféquent le fait de T'identité n'eft perfonne;
prtain ni moins indubitable que les faits de la pas moins
de la mort,
naiflance
été de 1786, puifguiandépendammenr ils
de l'alle de notoaptéme & de
Ont tous trois, dans les adles de
fépulture, une feule & même
gale en force fur tous les points auxquels elle s'étend. preuve
Martin Jacques Aubry & Marie Villette, père & mère de
Aubry, 2 ne T'eûrent pas feul de leur
élébré le 28 Janvier 1648. Ils eûrent
miariage,
( Jean-Pierre, qui furent baptifés les encore Mars Pierre
30 Août 1679; ainfi comme il eft certain T3
Martin 1671
Aubry étoit fils de Jacques Aubry & de Marie que
emême ileft inconteitable qu'ilavoit
frères Villerte,
K Jean-Pierre Aubry.
pour
Pierre
Marcin, Pierre &Jean-Pierre Aubry, fils de
Aubry & de Marie Villette, fe mariérent chacun jacques de
1648. Ils eûrent
miariage,
( Jean-Pierre, qui furent baptifés les encore Mars Pierre
30 Août 1679; ainfi comme il eft certain T3
Martin 1671
Aubry étoit fils de Jacques Aubry & de Marie que
emême ileft inconteitable qu'ilavoit
frères Villerte,
K Jean-Pierre Aubry.
pour
Pierre
Marcin, Pierre &Jean-Pierre Aubry, fils de
Aubry & de Marie Villette, fe mariérent chacun jacques de --- Page 68 ---
leur côté, le premier à Saint-Domingue, où il eut Jeat
Martin, fon fils, & les deux autres à Tours. Ce
toujours fous la même autorité des aétes publics q
font p.oduits au procès que ces faits font adminiftré
Pierre eut de fon mariage avec Marie-Marthe A
chambault, Perrine qui exifteaujourdhui & qui réclam
&c Jean-Pierre, qui époufa Marie Lefage, eut Mari
Jeanne, Catherine, François & Laurent, qui vivoier
encore tous quatre lorique Jean-Martin Aubry mouru
à la Croix-des-Bouquets, le 27 Fevrier 1763.
La fucceflion de Jean-Martin Aubry s'ouvrit dor
fur cinq tôtes & fe trouva fufceptiple d'un partage P
cinquiemes entre elles.
Mais Maric-Jeanne & Catherine, fille de Jean-Pierre
moururent en 1776 &c 1779 & laiffèrent leurs par
à François & Laurent Aubry, leurs fréres & leurs feu
héritiers, qui depuis ce temps ont chacun deux cir
quièmes prendre, tandis que la portion de la Dam
Perrine Aubry eft toujours d'un feul cinquième.
On voit clairement, d'aprés cela & par tous les ade
en bonne forme qui font de ces affertions autant d
vérités fur lelquelles il eft impoffible de difputer, no
feulement que la famille Aubry de Tours eft la véri
table famille de Jean-Martin Aubry, mais encore
les membres de cette famille qui réclament aujour qu
d'hui étoient véritablement les coufins germains di
défun
2:
Aubry eft toujours d'un feul cinquième.
On voit clairement, d'aprés cela & par tous les ade
en bonne forme qui font de ces affertions autant d
vérités fur lelquelles il eft impoffible de difputer, no
feulement que la famille Aubry de Tours eft la véri
table famille de Jean-Martin Aubry, mais encore
les membres de cette famille qui réclament aujour qu
d'hui étoient véritablement les coufins germains di
défun
2: --- Page 69 ---
du défunt, vérité
qui a été annoncée
ment de ce mémoire & qu'il
au commencesagiffoit de démontrer.
Après un échairciflement fi
il n'eft pas poffible aux Sieurs complet & fi parfait,
Degizeux, ni à la veuve
Caradeux, au Sieur
& Dame Aubry, ni même Hudain, de
d'écarter les Sieurs
en comparaifon avec ceux de faire entrer leurs titres
preuve & la certitude font irréfiftibles ces héritiers, puifque la
ci, tandis que les premiers n'étoient en faveur de ceuxMagdeleine Aubry, ni
Marie parens ni par MarieAubry de la Rochelle, par &
Dubois, ni par les
Arrêts de 1764 &
qu'ils n'avoient obtenu les
fans aucune contradiétion 1767 d'une qu'entr'eux fur leur concert,
& furtout fans aucun véritable partie vraiment intérefféc
titre,
II n'eft point de règle, de
ni de fophifmes dont ils
circonftance, de pièces, 2 -
tenir dans
puiffent abufer pour fe maineft
Tufurpation : le cours du
des
reconnu, la Loiy attache les biens fang
avoit laiffés, il faut donc
que
ces
EAEZ
mains étrangères qui les avoient que
biens fortent des
en celles que la nature a faites & faifis, & qu'ils paffent
ment ont
que la Loi & le teftapas rendu légirime marquées pour les recueillir. Le temps n'a
par fon écoulement
pas en 1764 & 1767, il n'a
ce qui ne l'étoit
qui étoit vrai, ce qui auroit été pas détruit en 20 ans ce
lors des Arrêts de ces
refpe@lable & décifif
pation que plus odieufe années, & la il n'a pu rendre l'ufurgue plus néceflaire, Il faurdonc célérité de la reftitution
remettre aux Sieurs &
I --- Page 70 ---
tel
Dame Aubry, feuls & uniques héritiers de Jean-Martin
Aubry, la totalité des fonds immeubles, du mobilier
& des fruits que CCS deux fortes de bicns ont produits,
avec les intérêts de ces fruits du jour de la demande
& tous les titres de propriéré; c'eft ce qu'ils demandent
à la Cour & CC qu'ilsattendent de fa juftice, avec dépens.
M. DE VERTIERES, Confeiller-1 Rapporteur,
MC VIEL, Ayocat.
Au Port-au-Prince, delImprimeric de MOzARD, 1788, --- Page 71 ---
Dubors haiu droug itms
1760.
M E M OI R E
POUR
LES SIEUR ET DAMES
CAR RADEUX,
Habitans all Cul-de-Sac;
CONTRE
LES SIEURS ET DAME
A U B R Y,
DETOURS
Me. G * DUBOIS *
5-G.D-Tits Aine
--- Page 72 --- --- Page 73 ---
E7RY
--- Page 74 ---