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CI
Dame Aubry, feuls & uniques héritiers de Jean-Martin
Aubry, la totalité des fonds immeubles, du mobilier
& des fruits que ces deux fortes de biens ont produits,
avec les intérêts de ces fruits du Jour de la demande
& tous les titres de propriéré; c'eft ce qu'ils demandent
à la Cour & ce quilsattendent de fa juftice, avec dépens.
M. DE VERTIERES, Confeiller-. Rapporteur,
M VIEL, Avocat.
Au Port-au-Prince, delImprimerie de MOZARD, 1788) --- Page 3 ---
- ,
Yms
sroig
Dubars sfais
1760.
M É M OIR E
POUR
LES SIEUR ET DAMES
CARADE UX,
Habitans au Cul-de-Sacs
CONTRE
LES SIEURS ET DAME
A U B R Y,
DE TOURS.
Me. G * DUBOIS *
-S-G.D-Fils Ains
--- Page 4 --- --- Page 5 --- *E
:
*
(
a
V F
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A
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(
/
R
M
LATOISON de ROCHEBLANCHE, de CHAPOUR le Sieur CARADEUX ainé, les Dames
& des MORNAIS, Habitans au Cul-de-Sac ;
TEAUBLOND,
Sieur-Dame AUBRY, demcurants à Tours ;
SERVANT deriponfe à celui impriné pourkes
CAYE, du Sicur GRAND-HOMNE DE
PRÈSENCE du Sieur CARADEUX DE LA
EN
HUDIN.
GIZEUX, 6de La veuve
de préparer les décifions des Tribunaux
LE premier devoir de ceux qui font chargés fouvent & trop fouvent cependant la
de leur préfenter la vérité ;
dans les ténèbres, des
est incontesrablement & cherche à la déguifer. Des faits paffés
des
mauvaife foi l'enveloppe
des actes mal conçus, des rapports trompeurs,
combinaifons préparées artific'eufement. 3 attribuées à une caufe pofitive, des affertions, des
circonstances produites par le hafard &
vérité
un nuage impénétrarépandent quelqu-fois fur une
précicufe
fuccombe 3
conf@quences hardies,
féduire, est égarée, 5 linnocence
falloit instruire, & non pas
ble. La justice quil
Terreur ou le crime triomphent.
de la naturc
fans exemple, que fur tout dans un procès
Mais il est rare & peut-être
en ce moment, , qui réfide prefquienièrement
& de Timportance de celui qui nous occupe d'un fiécle, dont une partie a eu pour témoins
dans des faits qui fe font fuccédés depuis plus dont l'a.tre est fixée par les actes les plus
de parfonnes encore existantss,
contradictoire que
une multitude
les
& d'une manière anfli
authentiques, on foit divifé fur tous points
nous le fommes avec nos adverfaires.
A
-être
en ce moment, , qui réfide prefquienièrement
& de Timportance de celui qui nous occupe d'un fiécle, dont une partie a eu pour témoins
dans des faits qui fe font fuccédés depuis plus dont l'a.tre est fixée par les actes les plus
de parfonnes encore existantss,
contradictoire que
une multitude
les
& d'une manière anfli
authentiques, on foit divifé fur tous points
nous le fommes avec nos adverfaires.
A --- Page 6 ---
[=J
Celui aura lu leur Mémoire & qui prendra la peine de parcourir le nôtre, fera
qui
aura
avec la même affurance les deux faits
fans doute indigné de ce qu'on lui
préfenté
abfolument contraires, ; de ce que lun lui affirmera par exemple, 2 qu'un homme vivoit encore
lorfque l'autre a affirmé qu'il étoit mort dès 1703, tandis qu'il existe vraiment
en 1723,
tandis cette
est rapportée, tandis qu'il fuffit de
une preuve légale de ce fait,
que
preuve
favoir & vouloir lire pour s'en convaincre.
du Lecteur ccffera, il ne fera pas même embarraffé far le choix
Mais létonnement
des deux verfions, lorfque nous lui aurons fourni quelques preuves de la légèretéi incroyable
s'est
d'écrire dans cette aftaire, tout en annonçant qu'elle étoit peutavec laquelle on permis
Étre la plus intérefante par la valeur de fon objet dont la Cour f fit jamais occupée.
Fidèles a nos principes & à nos devoirs, nous ne nous laifferons pas ainfi entrainer par
le defir de trouver dans les faits & dans les actes, ce qui n'y fut jamais; nous n'y ajourien nous n'altérerons pas ce qui y est ; nous n'avancerons que des vérités, & nous
terons ;
tirerons des conféquences vraies. Loin de nous le triste & méprifable avantage
n'en
que
quelques instans ; il est verfatile comme le menfonge qui l'obtient.
d'en avoiri impofe pendant
Le Sieur Jean- Martin Aubry mourut au Cul- - de-Sac, le 27 Février 1763. Il laiffoit
plufieurs habitations dans ce quartier & dans celui de Léogane. Les fcellésy furent appofés
Février à la
du Procureur du Roi, informé du décès du
le même jour 27
diligence
Sieur. Aubry,pari M, de Saintard Confeiller au Conf@il-Supérieur du Port-au-Prince.
Le testament du Sieur Aubry n'étoit pas encore connu, du-moins on en ignoroit les
mais ce étoit notoire dès-lors, c'est que les enfans du Sieur Caradeux
difpofitions ;
qui
leur étoit
fi le Sieur
étoient fes héritiers préfomptifs, & que cette fucceffion
dévolue,
avoit exclus fes dernières volontés. Il étoit auffi connu que la
Aubry ne les en
pas
par
famille Caradeux ne devoit pas craindre cette exclufion, d'après les preuves journalières
qu'elle avoit ieçues de Tattachement du Sieur Aubry.
Il avoit recueilli par le décès d'Urfule Robineatt, fa femme, arrivé en 1761, l'effet
de la donation réciproque qu'ils s'étoient faite par leur contrat de mariage. La famille
la Toifon étoit héritière de la Dame Aubry: fa mort avoit déchu fes héritiers de leurs
prétentions à la fortune confidérable dont les Sieur & Dame Aubry joui(foient. Mais
les Sieurs la Toifon cfpéroient encore que le Sieur Aubry 2 leur oncle par alliance s
les auroit entièrement oubliés dans fon testament, s'il ne les avoit pas appclés au
ne
pas
héritiers. Les Sieurs la Toifon pouvoient d'ailleurs avoir
partage de fes biens avec fes propres
du Sieur
des répétitions à former du chef de la Dame Aubry, leur tante, fur la fucceffion
Aubry , fi, par exemple, la donation n'eût pas été univerfelle.
du
Février
M. de
Aufi voit - on affister à Tappofition des fcellés
'il ne les avoit pas appclés au
ne
pas
héritiers. Les Sieurs la Toifon pouvoient d'ailleurs avoir
partage de fes biens avec fes propres
du Sieur
des répétitions à former du chef de la Dame Aubry, leur tante, fur la fucceffion
Aubry , fi, par exemple, la donation n'eût pas été univerfelle.
du
Février
M. de
Aufi voit - on affister à Tappofition des fcellés --- Page 7 ---
131 136 Sieurs la Toifon, fes beaux- -frères 9
comme mari de la Dame la Toifon :
6 pour la conSaintard,
& le Sieur Caradeux père, 2 ts noms qualitis,
Sieur
au nombre de quatre,
d'eux
amender dans les Juccclfions des fau
des droits gu'un chacun
peut
Jervation
6 Dame Aubry.
doutes. Les Sieurs la Toifon fe trouLe testament du Sieur Aubry éclaircit bientôt ces
Caradeux père, la jouiffance
abfolunent déchus. Le Sieur Aubry affuroit ati Sieur de Saintard étoient legavèrent
dont il jouiffoit déjà. M. & Madame
pendant fa vie, d'une terre
Sieur
vouloit leur être délivries aulfiés
de 60, 000 livres, que le
Aubry
taires particauliers
après Ja mort.
livres à la Dame Saintard, fa flleule,
Le Sieur Aubry donnoit IO, 000
fix mille livres à la Demoifelle Maillet, fa filleule.
Il léguoit
ailleurs.
font remarquables. Nous en parlerons
Ces deux derniers legs
chez lui.
livres à la Demoifelle Goiflin, demeurante
Il donnoit 15,000
actuel , le Sieur Aubry déclaroit
étrangères au procès
le
Après plufiaurs autres difpofitions
proches parens 6 héritiers du fang, pour
Lailfer le furplus de fes biens
à fis plus les nommant 6 instituant à cet efier pour fes
être
entr'eux par egales portions $
tout partagé héritiers, & légataires univerfls.
véritables & légitimes
Enfin, M. de Saintard étoit nommé excueur-esamensit
La Dame
fatisfirent pas les Sieurs la Toifon.
Les dernières volontés du Sieur Aubry ne
mais pour une fomme modique &
de Saintard, leur foeur, participoit à fes libéralités, efpérer f le Sieur Aubry T'avoit appelée
infiniment au-deffous de la portion qu'elle pouvoit
au nombre de fes héritiers.
Caradeux; ; elle étoit du nombre
Sieur de Rocheblanche avoit époufé une Demoifelle
la, de la privaLe
le testament 5 & fon mari étoit indemnifé, par
des héritiers défignés par
tion quil éprouvoit perfonnelement.
Varreux, devoient voir avec peine
les Sieurs la Toifon ainé, 2 la Boule, & des
fe
que fi cette
Mais
paffer à la famille Caradaux ; & peut-on perfrader Sieurs la Toifon,
cette fucceffion opulente
comme on ofe le foutenir les
famille eût été étrangère au Sieur Aubry, 9
la confervation de leurs droits,
s'étoient préfentés à Tappofition des fcellés, pour
: Il faut bien pen coneux qui
Caradeux s'en emparât impunément
euffent fouffert que la famille
celui dont Tefpoir est auffi cruellement
noitre les hommes pour ne pas appercevoir que
en recueillir T'objet. Si Yintérêt
fans humeur ceux qui fe préfentent pour
déçu, ne voit pas
de plus puiffant que lenvie & la jaloufie
avoit befoin d'un véhicule, en est-il
fcellés, pour
: Il faut bien pen coneux qui
Caradeux s'en emparât impunément
euffent fouffert que la famille
celui dont Tefpoir est auffi cruellement
noitre les hommes pour ne pas appercevoir que
en recueillir T'objet. Si Yintérêt
fans humeur ceux qui fe préfentent pour
déçu, ne voit pas
de plus puiffant que lenvie & la jaloufie
avoit befoin d'un véhicule, en est-il --- Page 8 ---
[4]
Mais les volontés du Sieur Aubry étoient fi claires, fi pofitives, la parenté & le
degré de parenté qui l'uniffoit à la famille Caradeux, étoient f constants, fi certains (on
le verra bientôt) que cette famille n'éprouva & ne pouvoit éprouver aucune contradiction.
La délivrance des legs particuliers du Sieur Aubry fut ordonnée par une Sentence du
2 Mars 1763. Le 4, l'inventaire fut commencé d la requéte de M. de Saintard,
exicuteur- tef.amentaire; il fut fait par le Sénéchal du Port - au- - Prince, en préfence du
Procureur du Roi, & contradictoirement avec le Sieur Jean -Jacques Caradeux, comme
tuteur dss Sieurs Jean - Baptifte 6 Laurent Caradeux, fes fils mineurs , avec Me. Turrien,
Curateur de Maric 2 Marie - Louife 6 Louife - dinable Caradeux, mineures enmancip.es,
& enfinavec le Sieur de Rocheblanche, comme nuari de Demoifelle Urjule Caradeux, tousfix
héritiers chacun pour un fixieme du Sieur Aubry.
Dans le cours de cet inventaire 2 M. de Saintard requit que les deniers trouvés dans la
fucceffion lui fuffent délivrés jufqu'à concurrence des Iigs particuliers 3 que le Sieur de Rocheblanche restât perfonnellemant dépofitaire de 15, 000 livres 3 pour exécuter les marchés faits
par le Sieur Aubry pour Tglife de la Croix des - Bouquets, & de pareille fomme pour
fournir aux frais funéraires & de justice.
Tout c-la furt exécuté d'autorité de justice ; Tinventaire fut continué à la requête de M.
de Saintard, mais T'exécution testamentaire étant remplia par la remife de fommes fuffifantes
pour accomplir toutes les difpofitions du testament. , les héritiers, la famille Caradeux furent
mis en poffeflion de la maffe de la fucceflion, du confentement de M. de Saintard, &
fans prjudicier ux droits de perfonne.
Avant la fin de cet inventaire, on y vit paroitre un Sieur Moiffrt, gérant lcs biens du
Sieur Grand-Homme de Gigeux. Il étoit informé, difoit-il que le Sieur de Gieux avoit droit
de pritendre une portion de l'héridité du Sicur Aubry. Il fe préfentoit pour alffer en fon nem
à l'inventaire 6 autres op.rations, 9 pour conferver fes droits.
Les Sieurs Caradeux & de Rocheblanche, réfistèrent à la prétention du Sicur Moiffet. La
procuration qu'il exhiboit n'étoit pas en règle. Elle n'étoit pas donnée même au Sieur Moiffet.
Elle ne pouvoit s'appliquer à la ficceffion du Sieur Aubry. Enfin, ils foutinrent que le Sieur
de Gizeux, fût-il préfent lui-méme, ne pouvoit être admis quien prouvant fon habileté à
fucc: ider ; qualiti, difoient-ils, qui n'e jufqui'ici reconnue , 6 C2 incontefablement, que dans
les perfonnes des Sicurs Caradeur 6 de Rocheblanche. Ils conclurent, en conféquence, à ce
qu2 le Sicur Moiffèt exit à feretirer.
M. de Saintard dit que fon office étant d'avertir les héritiers & de les faire jouir du
bénéfice du testament > il fe croiroit autorifé à appuyer les prétentions réclamés par le
Siaur Moiffit, pour le Sieur de Gizzux,sl venoit armé de preuves d'une qualité fuffifante,
& de la filiation du Sicur de Gizeux; inais que fur le vu de la procuration, & attendu
Moiffèt exit à feretirer.
M. de Saintard dit que fon office étant d'avertir les héritiers & de les faire jouir du
bénéfice du testament > il fe croiroit autorifé à appuyer les prétentions réclamés par le
Siaur Moiffit, pour le Sieur de Gizzux,sl venoit armé de preuves d'une qualité fuffifante,
& de la filiation du Sicur de Gizeux; inais que fur le vu de la procuration, & attendu --- Page 9 ---
quil n'avoi aucune connoifance
[5J
fion, ildielaroit s'en
par titres des qualités du Sicur de
rapporter a Jufice.
Gizeux en ladite fuccef
Lc Juge, attendu Tinfoffifance de la
6 ordonna qriil f retireroit,
procuration du Sieur Moiffet, le déclara
le Sieur de
Jans nianmoins prijudicier aux droits 6
fans qualiti,
Gigax en ladite Juccefion, lfquels lei demcuroient qualités que pourroit avoir
Les prétentions du Sieur de
en tant que befoin rifervis.
utile. Des le II Février
Gizeux reparurent bientôt d'une manière
le
1764, il fomma les Sieurs &
plus régulière & plus
feptième, à lui afférant dans la ficceffion
Demoifilles Caradeux de lui remettre
fang.
Aubry, comme coufn-germain G héritier du
Le 22 Mars fuivant, le Sieur da Gizeux forma
d'étre reconnu co - hritier avec les Sizurs
fa demands. Elle avoit pour objet
quatrième degri. II produifoit les titres firr Caraduux, pour un feptième 3 chant tous parens au
lefquels il s'appuycit.
Une fentence du 5 Avril affijettit le Sieur de Gizaux à
appela. Les Sieurs &c Dames
en rapporter d'autres. II
droit du Sieur de Gizeux, &c Caradeux furent contraints de fe rendre à
en
fice de la fenrence, Eile aux titres qu'il rapporta fitr Tappel. Ils
lévidence du
fit infrmée par Arrêt du Mai
renoncèrent au bénéenvoyé du confencament des Sicurs & Demoifelles 19 1754, & le Sieur de Gizeux
de Thérédité du Sieur Aubry.
Caradeux en poffeffion du Aprième
Mais avant même que la réclamation du Sieur de
roit une autre qui ne tarda pas à éclore. Cétoit Gizaux eût été formée, il s'en prépaDès le mois de Septembre 1764, elle
celle de la Dame Hudin, de la Rochelle,
la délivrance du legs univerfel
avoit demandé, devant le Juge du
porté au t-stament du Sieur Aubry.
Port-au-Prince,
Cep procès, dont nous ferons ailleurs le détail, fut
far
jugé
prodactions 2 le 3 Juin 1757 ; il. adjug. a à la définitivement par un Arrêt rendu
fucceflion Aubry, dont clle réclamoit la totalité,
Dame Hudin un huitiènne de la
de la famille Caradeux & du Sieur
Ellefe prétendoit feule héritière à
de
Texclufion
partager avec eux.
Gizeux; mais elle fut feulement admife à
Cet Arrêt fut attaqué de tontes les manières, &
tion, fans avoir pu T'obtenir définitivemint
la veuve Hudin en pourftivit l'exécucette époque, Sc les Sieurs & Dames
jufqu'en 1769; les débats ne cefserent
Caradeux
qu'à
qu'au mois de Mai 1786, les Sieur & Dame jouiffoient paifiblsment depuis 1769, lors
traduits en la Sénéch.uliée du Port-au-Prince. François Lawent 6 Perrine Aubry, les ont
Jls ont cemancé que les Sieurs & Dames Caradeux
defqucis ils jouifent de 'a fuicccfion de Jean Martin euffent a jufifier des titres en vertu
Jubry, G à les communiguer.
Caradeux
qu'à
qu'au mois de Mai 1786, les Sieur & Dame jouiffoient paifiblsment depuis 1769, lors
traduits en la Sénéch.uliée du Port-au-Prince. François Lawent 6 Perrine Aubry, les ont
Jls ont cemancé que les Sieurs & Dames Caradeux
defqucis ils jouifent de 'a fuicccfion de Jean Martin euffent a jufifier des titres en vertu
Jubry, G à les communiguer. --- Page 10 ---
[6]
Que faute de ce faire, ils fuffent condamnés à rendre compte & fatre remife de tous
les biens & des fruits. Qu'eux Sieur & Dame Aubry fuffent même autorifés à s'en mettre en poffeffion. La Dame de Saintard & fon fils ont été affignés aufli pour aflister dans l'instance &
voir prendre contr'eux telles conclufions que de droit. Une première fentence a renvoyé les Sieur & Dame de Saintard hors d'affignation,
avec dépens. Une autre a appointé en droit fur les demandes contre les Sieurs & Dames
Caradeux. Appel de cette dernière, avant que les nouvelles Ordonnances euffent privé les Habitans
de la Colonie de l'avantage d'êrre témoins eux-mêmes de la difcuffion de leurs intérêts, &
du plaifir d'en recueillir la décifion de la bouche même des Magistrats. Les Sieur & Dame Aubry, après avoir faifi la Cour de cet appel, ont ralenti leurs pourfuites pendant près de deux ans. Ils fembloient s'être rendus justice eux-mêmes, ou redouter celle qu'ils avoient à efpérer, lorfqu'au mois de Juillet dernier, on a pour eux formé une
aux Arrêts rendus
le Sieur de Gizeux & Ia Dame Hudin, les dixtierce - oppofition
pour
neuf Mai 1764 & trois Juin 1767. Bientôt après l'on a répandu avec profufion ce qu'on appelle un Mémoire, ce qui n'est
qu'un libelle indifcret, où on fe permet, ainfi que dans les nouvelles conclulions prifès à
la même époque, de changer contre la teneur même des procurations que l'on produit
&
des
annoncées d'abord par les Sieur & Dame
cependant 2 le plan T'objet prétentions
Aubry, dans le premier Tribunal. On ne demande plus aux Sieurs & Dames Caradeux les titres en vertu defquels ils
joviffint. Ce n'est plus faute de communiquer ces titres qu'on veut les faire condamner à
remettre tous les biens de la fucceflion Aubry. Ce n'est plus l'intention & la volonté des
parties elles-mêmes que l'on confulte, quoiqu'elles aient par leur procuration formellement
déclaré à leur repréfentant qu'il ne devoit pas s'en écarter. Pour sy conformer, 2 ili falloit
attendre que les Seurs & Dames Caradeux produififfent Jeurs titres, ou les forcer à
reconnoitre qu'ils n'en avoient aucuns. Cette marche étoit trop fage & trop lente pour la
paffion qui dirige aujourd'hui les Sieur & Dame Aubry. Elle n'eàt pas laiffé l'occafion de
faire un libelle. On n'auroit pas pu fe permettre de contester l'état méme des auteurs des
Sieurs & Dames Caradeux, fi on eût attendu les preuves qu'ils vont en donner $ on
a préféré d'affirmer quils n'en avoient aucunes.
avoient aucuns. Cette marche étoit trop fage & trop lente pour la
paffion qui dirige aujourd'hui les Sieur & Dame Aubry. Elle n'eàt pas laiffé l'occafion de
faire un libelle. On n'auroit pas pu fe permettre de contester l'état méme des auteurs des
Sieurs & Dames Caradeux, fi on eût attendu les preuves qu'ils vont en donner $ on
a préféré d'affirmer quils n'en avoient aucunes. On conclut donc aujourd'hui pour les Sieurs & Dame Frangois - Laurent & Perrine Aubrys
contre la co-hérie Caradeux, le Sieur de Gizeux & la veuve Hudin. --- Page 11 ---
elle foit infirmée, &
adhérant à T'appel de la Sentence d'appointement,
19, A ce qu'en
le principal évoqué. aux Arrêts de 1764
les Sieur & Dame Aubry foient reçus tiers a oppofans
2°, Ace que
Arrêts foient rapportés comme furpris. & de 1767, & que ces
foient déclarés feuls & uniques héritiers 6 lega3°. A ce que les Sieur & Dame Aubry
de la fucceffion. du Sieur Jean-Martin Aubry, & envoyés en poffeffion
taires
Caradeux, de Gizeux & Hudin, & tous autres
4°. A ce que les Sieurs & Dames
à la leur délivrer, à leur rendre compte des
ditenteurs, foient condamnés, méme par corps,
demande. fruits & à les restituer, 2 avec intérêts du jour de la
& Dames Caradeux, de Gizeux & Hudin , foient
s°. Enfin, à ce que les Sieurs
déboutés de toutes leurs demandes & prétentions, avec dépens. la néceffité d'examiner les droits de çeux qui
Ainfi, la réclamation actuelle nous impofe & de ceux qui en demandent auijouront été admis au partage de la fucceffion Aubry,
d'hui T'aniverfalité,
de cette nature, est de la préfenter
La principale tâche à remplir dans une difcuflion Tordre & le plan des adverfaires,
avec clarté. Pour y parvenir, nous ne pouvons adopter à Voici celi qui nous femble
nous leuffions defiré, pour pouvoir les fuivre pas pas. comme
à obtenir des réfultats clairs & précis. le plus propre
n'ont rien qui fe choque. Les titres
des Sieurs Caradeux & de Gizeux
du-moins,
Les prétentions
& repofent font même en partie,
fur lefquels leurs droits ont été reconnus donc être réunis, & en les préfentant en
communs aux uns & à l'autre. Ils peuvent
fouvent
qui toudes répétitions qui ne font
qu'obfcurcir,
même-temps, nous épargnerons
fans utilité. jours au moins allongent & fatiguent
Hudin & celle des Sieurs & Dame Aubry ne peuvent
La réclamation de la Dame
& fondée, l'autre ne peut pas l'être; il
Si Tune étoit juste
les
pas exister en même temps. Yautre. On peut donc difcuter leurs titres,
faur donc les apprécier, les juger Yune par fous le même point de vue.
itions qui ne font
qu'obfcurcir,
même-temps, nous épargnerons
fans utilité. jours au moins allongent & fatiguent
Hudin & celle des Sieurs & Dame Aubry ne peuvent
La réclamation de la Dame
& fondée, l'autre ne peut pas l'être; il
Si Tune étoit juste
les
pas exister en même temps. Yautre. On peut donc difcuter leurs titres,
faur donc les apprécier, les juger Yune par fous le même point de vue. examiner en les comparant, 9 & les réunir
e adverfaires en rendra Texécution, non pas plus
Voilà notre plan. L'inexactitude de nos
toutes leurs erreurs 5 on jugera fi elles ont
difficile, mais plus longue. Il faudra bien relever
pu être toujours involontaires. < --- Page 12 ---
[8]
S Ier
Filiazion & titres des Sieurs e Dames Caradeux €
de Giyeux.
Jcan Dubois époufa en 1655 Anne Galop veuve Papion. Ils dereuroient l'un & l'autre
à Bordeaux, Paroiffe Saint-Michel.
Ils eurent deux filles, Marie Dubois, baptifée le 25 Mai 1656, & Simone Dubois, le
29 Saptembre 1671.
Vers la fin du dernicr fiécle, Marie & Simone Dubois. étoient dans la Colonie, & dans
le quartier du Port-de-Paix.
Marie Dubvis époufa Martin- Aubry. Ils restèrent au Port-de-Paix jufqu'en 1695. Ils
eurent deux enfans; Tun, Jean-Martin Aubry; c'est celui de la fucceffion duquel il s'agit, $
J'autre, Maric-Magdelsine Aubry:cest l'aicule des Sieurs & Dames Caradeux.
En 1695 les ennemis de TÉtat s'emparèrent du Port-de-Paix, & Tincendièrent. Les
Habitans de ce lieu cherchèrent leur falut dans la fuite, & perdirent tout ce qu'ils
poflédoient.
Manin Aubry, Marie Dubois &. leurs enfans, Jean Martin & Marie- Magdelcine 2
vinrent chercher un afile dans le quartier de Léogane. Ils y étoient naturellement attirés
par Simone Dubois, mariée elle-méme dans ce quartier 2 comme on va le voir.
Martin Aubry & Maric Dubois eurent deux autres enfans dans le quartier de Léogane. Jean,
baptifs 1e.4 Septembre: 1696, & Marie, le 2 Février 1698.
Ces deux derniers enfans, Jean & Marie Aubry, font morts fans postérité. Il n'est resté
du mariage de Martin Mubry & de Mane Dubois, que Jean Martin & Marie-Magdelcins.
Jean- - Manin Aubry époufa, le 30 Janvier 1724, Urfule Robineau. Cest celui qui est
mort en 1763,'8 dont la ficceffion donne. lieg au procès.
Marie- Magdeleine Aubry, focur de Jean - Martin, fut mariée à Léogane, d'abord le 25
Juin 1709, au Sietir Jacques Pageot, enfuite le 24 Octobre 1714, au Sieur Barthelemi
Simun, & en troifiem.s nôces, ail Siear Monot-Renaud.
Marie-Niegieléine Aubry & Barthelemi, Simon,. eurent pour fille Louif-Amable Simon,
baptifée à la Putite-Rivière de TArtibonite, le douze Mars 1719.
Zouife-Amable Simon fat marice le 7 Avril 1739, Jcan Jacques Caradeux 5 & de
ce
Pageot, enfuite le 24 Octobre 1714, au Sieur Barthelemi
Simun, & en troifiem.s nôces, ail Siear Monot-Renaud.
Marie-Niegieléine Aubry & Barthelemi, Simon,. eurent pour fille Louif-Amable Simon,
baptifée à la Putite-Rivière de TArtibonite, le douze Mars 1719.
Zouife-Amable Simon fat marice le 7 Avril 1739, Jcan Jacques Caradeux 5 & de
ce --- Page 13 ---
ce mariage font iffus le Sieur Caradeux [9]
Chateaublond & le Sieur Caradeux ainé, les Dames de Rochsblanche, des
la Caye.
Mornais,
Il est donc évident que les Sieurs & Demoif.lles
Magdeline Aubry, & qu'ils font
Caradeux avoient pour aiaule, Mariepetits-neveux de Jean-1 -Martin
II nous femble entendre
Aubry, frère de leur aizule.
nos
nous venons d'avancer
adverfires,forcés de reconnoitre ces
s s'écrier qu'il est facile
conféquences de ce que
en administrer les preuves, &
d'annoncer une généalogie, mais
vons,
que nous n'en avons encore
qu'il faur
3 qu'ils nous fuivent, & quils rougiffant d'avoir
donné aucunes. Nous y arriavoit ufarpé des noms, une naiffance &
affirmé que Marie-Magdecine
aucune
une famille
Aubry
preuve de Li ligiimité de Louife- Amable Ligitine (page 21), qu'on ne rapporte
fance des Sieurs Caradeux eux-mémes
Simon (page
la
impoflible de rien
n'est pas mieux éclaircie 23),que propre naijdire de plus abfurde, de
(ibid). Certes il étoit
plus hardi,
Nous rapportons les extraits, en bonne
leurs foeurs. Ils font tous iffus du
forme, des baptêmes des Sieurs Caradeux
Amable Simon,
même mariage de Juar-Jacques Caradeux
& de
& de LovifiNous rapportons auffi l'acte de célébration du
Louif-Amable Simon. Que faut-il de plus
mariage de Juan-Jacqus Caradeux & de
Caradeux P
pour établir la naiflance des Sieurs &. Damas
L'acte baptifiaire de
des registres de la Paroiffe Louif-Amable de
Simon leur mère est fous nos, yeux, Il.
Marc, dâment
Saint-Jérôme de la Petite - Rivière,
est extrair
légalifé,
Juridiction de SaintLouife-Amable Simon est baptisée le 12 Mars
Barthelemi Simon & de Maie-Magtdine
1719, née du légitime mariage du Sieur
Aubry, fes père 6 mére.
Nous lifons enfuite l'acte de célébration du
Magdeleine Aubry, & leur contrat de
mariage de Berzhelemi Simon G de MarieIls attestent que Barthelemi Simon mariage ; lun & l'autre font du 24 Octobre
du
a époufé
1714.
Port- de - Paix, fille naturelle 6
Maric-Magiodine Aubry, veuve Pageor, native
Dubois, fes père 6 mère.
légitine du Sieur Martin Aubry 6 de Dame Marie
II est donc prouvé que
Vle Simon 3 & que
Maric-Magdline dubry étoit la mère légitime de
Louife-Amable Simon cst la mère légitirne des Sieurs Louif. AmoReste maintenant à
Caradcux,
prouver que
Martin, & nous aurons pleinement Marie-Mogidbine Aubry étoit foeur légiime de Jeanleur
justifié la defcendance
parenté avec Jean-Martin
légitime des Sieurs
Aubry $ car s'ils font
Caradeux,
comme nous venons de le
patits-fils de
démontrer, & fi Main-Magidéine Maic-Moldine Aubpy,.
Aubry étoit faeur légitime de
B
if. AmoReste maintenant à
Caradcux,
prouver que
Martin, & nous aurons pleinement Marie-Mogidbine Aubry étoit foeur légiime de Jeanleur
justifié la defcendance
parenté avec Jean-Martin
légitime des Sieurs
Aubry $ car s'ils font
Caradeux,
comme nous venons de le
patits-fils de
démontrer, & fi Main-Magidéine Maic-Moldine Aubpy,.
Aubry étoit faeur légitime de
B --- Page 14 ---
[1o]
Jean-Matin Aubry, comme nous allons le prouver, il est incontestable que Jean-Martin
étoit T'once de Lotif-Amable Simon, flle de Marie- Mugdleltine Aubry, & par
confequent Aubry le grand oncle des Sieurs Caradeux, enfans de Louife- Amable-Sinon, & petitsenfans de Marie-Alngdelins Aubry.
du Mariage de Martin Aubry & de Marie
Nous ne pouvons pas indiquer l'époque précife
Dubois. Nous fvons feulement qu'il a été célébré au Port-da-Paix, & que cet acte, ainfi
la naiffance de Jean-Martin
& de Marie-Maglslcine dubry
que ceux qui constatoient
dubry
ont été la proie des flammes, lors de l'invafion da Po:t-de-Paix, en 1695.
Le fait da Tincendie du Port-de-Paix n'est pas &: ne paut pas être contesté. Les adverproduifent
d'un certificat de M. le Marquis de Larnage, de
faires eux-mêmes
Texpédition
dont le nom ne être prononcé dans la Colonie fans exciter la reconce Gouverneur
peut
noifance & la vénération des Colons ; le certificat de M. de Larnage prouvé que les
regipres de la Paroife du Port-de-Paix fiurent incendiés en 1695Ce témoignage n'a pas befoin d'être fortifié ; mais nous ne croyons pas pouvoir nous
dlifpenfer d'en produire un autre, par cela feul quil a fait partie des papiers inventoriés,
après le décès de Jean-Martin dubry. Il est émané d'un Miffionnaire qui, ayant été Curé
de la Paroiffe du Port-de-Paix pendant plus de douze ans, certifie quil a une connoifance
certzine qu'il n'y a aucun regifre de buptime, mariage 6 enterrement > que ceux qui ont été
commencis en 1695, 6 continuis depuis ce temps-là 5 tous regiftres antiricurs ayant abfolument
difparu, 6 ayant fans doute dtd perdus pendant 4z guerre qui pricida ladite année..
Ce certificat est du 23 Mars 1742. Celui de M. de Larnage est du 17 Avril de la
même année. Nous voyons à la même époque plufieurs autres actes qui nous indiquent
quel en étoit Tobj:t.
Le Sieur Aubry avoit le proj:t d'acheter une charge de Secrétaire du Roi. Il favoit que
y être reçu il falloit faire preuve de catholicité. Hors d'état de remplir cette obligapour
tion par la repréfentation de fon extrait baptistaire, il s'occupa d'y fuppléer.
Aufli le certificat de M. de Larnage ne fe bornoit-il pas au fait de l'incendie des registras du Port-de-Paix:il contenoit en méme-temps que le Sieur Jean-Martin Aubry, , qui,
avant ce fége (de 1695) étoit ni 6 baptif: dans ladite Paroilfe (du Port-de-Paix), étoie
fils I'gitime du Sieur Martin Aubry 6 de Demoifelie Marie Dubois, Habitans audit quartier
du Port-de-Paix, &
ledit Jean-Martin Aubry, leur fils 3 profelfion de Lz
faifant 3 ainfi que
Religion Catholique, Apofolique & Romaine.
Ainfi, en attestant la catholicité de Jean-Martin, Aubry, M, de Larnage certifioit en
mêne-temps fa légitimité.
Le Sieur Aubry fe ft encore délivrer un ccrtificat de catholicité par le Curé de la
elie Marie Dubois, Habitans audit quartier
du Port-de-Paix, &
ledit Jean-Martin Aubry, leur fils 3 profelfion de Lz
faifant 3 ainfi que
Religion Catholique, Apofolique & Romaine.
Ainfi, en attestant la catholicité de Jean-Martin, Aubry, M, de Larnage certifioit en
mêne-temps fa légitimité.
Le Sieur Aubry fe ft encore délivrer un ccrtificat de catholicité par le Curé de la --- Page 15 ---
Dl
Paroiffe dur Cul-des-Sac,e 29 Mars 1742, 3 rendu à Paris en Juin fiivant il
un autre du Curé de la Paroiffe de Saint-Roch, fur laquelle il demeuroit.
cn prit
Iltraita effectivement de la charge de Secrétaire du Roi. Ces différens certificats lui
fffi fans doute, pour être admis ; mais il avoit eu la précaution de fe
euffent
pièce qui, fi elle ne méritoit pas plus de foi les
munir d'une
des trois Curés, étoit moins
que témoignages de M. de Larnage &
au
d'une forme plus authentique : c'étoit un acte de notoriété
par forme d'enquête.
Le Sieur Aubry préfenta fa requéte aux Juges de Léogane. II leur
tres du Port-de-Paix avoient été brûlés, & quiil étoit effenticl expofa que-les regisétat d'une manière pofitive &
pour lui de constater fon
bles des
authentique. Il demanda permiflion d'afligner les notaanciens du quartier du Cul-de-Sac,
plus
quils favoient de
pour déclarer, fous la foi du ferment, ce
fa naiffance.
Le Juge de Léogane commit à cet effet Me. Mallet de
Volumbrun, , Notaire.
Six témoins, 2 les Sieurs Duvivier, la Toifon, Fougeu, Fontclaye,
Mathieu, déposèrent le 12 Avril 1742. Cette
Beangé-Robiniere &
die des
enquête ne laifle rien à defirer fur Fincenregistres du Port-de-Paix, & fur le fait que le Sieur Aubry étoit né.
des témoins dépofint aufli avoir connu la mère du Sieur
fà y
Plufieurs
mais écartons tout ce est
Aubry, tante Simone Dubois $
qui étranger au fait qui nous occupe en ce moment. Il
question de pronver que Marie-Magiedine Aubry, aizule des Siaurs
est
du Sieur Jean -Martin Aubry.
Caradeux, étoit fceur
Or,voici ce qu'en dit le Sieur la Toifon, fcond témoin : il déclare avoir
Sieur Dubois oncle du Sicur Aubry, la veuve Aubry mète du Sicur
connu le
Simone Dubois époufe du Sieur Grand-Homme père du Sieur de
Aubry, la Dame
Gizeux.. &ilajoue:
C Qu'il connoît de plus une feur germaine du Sieur
dort
9)
Aubry,
le nom est Dame
Mare-Magdelcine Aubry, veuve en dernières nôces du Sieur François
9 Habitante en cette Paroiffe 2).
Monoe-Regnault,
Le Sieur Mathieu, fixième témoin, dépofe ( quil connoit la Dama
n Aubry, veuve du Sieur François
Maric- Magdeleine
s dusit Sieur
Monot-Regnault, Habitante en cctte Paroiffe,
Mubry 72.
feur
Peut-on douter maintenant du lien qui uniffoit le Sieur Jcan-Martin
Migdeline Aubry ai.ule des Sieurs Caradeux P Il efit été
Aubry & Maricd'elle dans cette enquête,
poflible quil ne fût pas mention
parce qu'elle n'avoit abfolument d'autre obj:t de
Tétat & la naiffance du Sieur Aubry, & qu'on aur: pit bien
que constater
de fa foeur. 3 mais enfin elle existe cette
pu ne pass'y occuper de ceux
enquête, & elle prouve en mêms-tainps l'état da
eline Aubry ai.ule des Sieurs Caradeux P Il efit été
Aubry & Maricd'elle dans cette enquête,
poflible quil ne fût pas mention
parce qu'elle n'avoit abfolument d'autre obj:t de
Tétat & la naiffance du Sieur Aubry, & qu'on aur: pit bien
que constater
de fa foeur. 3 mais enfin elle existe cette
pu ne pass'y occuper de ceux
enquête, & elle prouve en mêms-tainps l'état da --- Page 16 ---
[]
frère & celui de la foeur. Elle dépofe formellement du fai: que nous avions à prouver.
Elle fuffiroit foule pour le justifier.
Et quel l'on juge en pallànt de la mauvaife foiinfigne, de la perfidie atroce qu'on à mife
dans cette partie de la défenfe des adverfaires! A les entendre élever des doutes fur la parenté
de Marie-Magdekine Aubry avec Jean-Martin Aubry, on croiroit fans doute qu'ils n'avoient
pas même l'idée de l'existence de cette enquête. Eh bien, on fe tromperoit étrangement.
Les adverfaires produifent eux-inêmes une expédition de l'Arrét du 3 Juin 1767 3 rendu
en faveur de la Dame Hudin. L'enquête de 1742 est vifée dans cet Arrêt, & de manière
à étre facilement apperçue. L'article qui y a trait occupe plus d'une demi- page. On a
épluché le vû des pièces fur lefquelles cet Arrêt a été rendu. Les marges font chargées de
fignes de remarque. On n'a donc pas pu ne pas voir CeS pièces incliquées par le vô mémc,
comme contenant des nctions fur la naiffance du Sieur Aubry.
Ces pièces étoient intéreflantes à confulter pour les adverfaires, puifqu'elles avoient trait
à la naiffance de celui-là même dont ils fe prétendent les coufins germains; ellcs n'étoient
pas difficiles à trouver. Le vû de l'Arrêt indique cn même-temps & la date de l'acte de
notoricté, & le nom de Me. Volumbrun, Notaire, qui y a procédé. Ses minutes font
au Greffe du Port- -au-Prince,
Mais il y a mieux, les procurations des adverfaires n'ont pas la forme & l'étendue
ordinaires à cette efpèce d'actes. Elles font volumineufes, & contiennent des instructions dont
le détail n'est pas toujours intéreffant ; mais nous ne nous fommes pas pour cela difpenfés de
les lire. Et que voyons-nous dans celle du 15 Septembre 1781 ?
Que les Sieurs & Dame Aubry étoient eux-mêmes bien informés dès-lors, de l'existence
de l'acte de notoriété de 1742.
Les Sieurs Caradeux, difent-ils, doivent néceffairement rapporter deux pièces. La première,
Textrait de baptême de Magdeleine Aubry.
La deuxième ( qui doit; faire mention de cette Magdelcine Aubry , c'of l'atte de notoricté palfe
2) devant Me. Yolurmbrun, Notaire au Port-au-Prince, des II 6 12 Avril 1742. Cet acte qui
3) confate l'état de Jean Martin Aubry , n'a pu garder le flence Jur celui de Magdeleine,
3) en fuppofant qu'elle flit fa feur ligitime 77,
Ainfi les adverfaires avoient eux-mêmes défigné à ceux qui devoient les défendre dans
ia Colonie, les pièces qu'ils avoient à confulter 7 avant de fe permettre de contester la
parenté de l'aieule des Sieurs Caradeux avec Jean-Martin Aubry. Ces pièces étoient fous
leur main. Elles étoient vifées dans un Arrêt qu'on attaque, & on a ofé affirmer qu'il
n'existoit aucune preuye de la légitimité de Marie - Magdeleine Aubry. On affirme qu'elle
n'avoit pas Pavantage d'une femblable nafance.
pièces qu'ils avoient à confulter 7 avant de fe permettre de contester la
parenté de l'aieule des Sieurs Caradeux avec Jean-Martin Aubry. Ces pièces étoient fous
leur main. Elles étoient vifées dans un Arrêt qu'on attaque, & on a ofé affirmer qu'il
n'existoit aucune preuye de la légitimité de Marie - Magdeleine Aubry. On affirme qu'elle
n'avoit pas Pavantage d'une femblable nafance. --- Page 17 ---
Si l'acte de notoriéts de
[]
menfonge le plus hardi 1742 a été confilté avant de hafarder cette
notoriété,
qui ait jamais été fait. Si on a
affertion, c'ect le
c'est Finconfiquence, la légèreté la
néglgé de confiler cet acte de
tant plus loin que, dans un autre endroit de la plus hontcufe, Elle auroit été pouffée d'aublent encore vouloir prémunir leurs confeils procuration de 1781, les adverfaires fèmIls fippofent que les Sieurs Caradeux
contre cette allégation téméraire & indécent2. ne critique ici, ajoute la
prouveront Téhat ligitime de Mogdelane
procuration, que fur des
Aubry , qu'on
rapports qui ont été faits. Il falloit donc vérifier ces
devoit en réfulter, Marie rapports avant de donner pour vrai,
que
Magdeleine
pour pofitif, ce
foeur de
Aubry n'étoit pas
qui
Jezn-Martin Aubry. Est-ce donc ainfi
fe
légitime, 9 qu'elle n'étoit
Sur quels principes, d'après quellas
qu'on permet d'en impofér aux Tribunaux pas
règles leur
P
comme devant fervir de bafe à leur
préfente-t-on comme dignes de leur
preuves, mais qui font démentis décifion, 3 des faits qui ne font pas feulement confiance, dénués
ceux-là
par des actes
de
même au nom defquels on écrit ? Peut-on auhentiques 2 par des actes indiqués par
par de tels moyens ? Ignoreton
s'applaudir de T'opinion qu'on furprend
fe voir abufé auffi
que lindignation & le mépris lui
indécemment ? Ce ne fera
ficcèdent lorfqu'on
que nous aurons à faire au Mémoire des Sieur pourtant pas le feul reproche de ce genre
& Dame Aubry. Il est donc
Sieurs
acquis 9 d'après Tenquéte de 1742, que
Caradeux, étoit feur & faur germ.aine de
Maie-Maglidine Aubry, aieule des
quée par Jean-Martin Aubry
Jean-Martin Aubry. Cette
fon décès. Elle
lui-mêmc, failoit encore
enquète, provoest à l'abri de la critique des adverfaires, partie des pièces inventoriées après
repouffer, puifque fon réfultat est commun à
& ils fe garderont bien de la
Jean-Martin & à fa foeur
Nous
Murie-Magloline Aubry,
pourrions donc nous en tenir à cette
voulons aller beaucoup plus loin. Nous voulons Preuve auchentique & fuflifante 5 mais nous
affez déraifonnable pour dourer
couvrir de honte & de confufion
encore de la
de
l'être
naifance aul Port-de-Paix, de fa
légitimité Marie-Magidine
Jean-Martin
parenté avec Jean-Martin
Aubry > de fa
& Marie .
foeur
Nous
Murie-Magloline Aubry,
pourrions donc nous en tenir à cette
voulons aller beaucoup plus loin. Nous voulons Preuve auchentique & fuflifante 5 mais nous
affez déraifonnable pour dourer
couvrir de honte & de confufion
encore de la
de
l'être
naifance aul Port-de-Paix, de fa
légitimité Marie-Magidine
Jean-Martin
parenté avec Jean-Martin
Aubry > de fa
& Marie . Magdelcine Aubry étoient
Aubry. Nous voulons prouver
de Marie Dubois ; que Jean-Martin
nés l'un & l'autre de Martin
que
étant
étoit l'ainé de
Aubry &
légitime,
née
Maris-Magdelkine:
Marie-Magdeleine, 3 après lui du même
qu'ainfi, Jean-Martin
Et
mariage, l'étoit
nous ne puiferons pas toutes ces
néceffairement auffi. & fupects $ nous ne citerons des preuves dans nos affertions, dans des actes informee
que par leur nature & leur authenticité, que témoignages aufli refpectables par leur ancienneté,
Sieur Marie-Magleline Aubry fut mariée pour la première fois le
Jacques Pageor. Nous rapportons l'acte de
5 Juin 1709, avec le
Elle y est défignés Maic-Magdline
célébration de ce mariage en bonne forme,
Aubry, native du Port-de-Paix.
$ nous ne citerons des preuves dans nos affertions, dans des actes informee
que par leur nature & leur authenticité, que témoignages aufli refpectables par leur ancienneté,
Sieur Marie-Magleline Aubry fut mariée pour la première fois le
Jacques Pageor. Nous rapportons l'acte de
5 Juin 1709, avec le
Elle y est défignés Maic-Magdline
célébration de ce mariage en bonne forme,
Aubry, native du Port-de-Paix. --- Page 18 ---
[14]
Nous avons auti le contrat qui régla les effets civils de cC mariage ; &c voici de quelle
manière la future y est défignée.
6 Et Demoifslle Marie-Mugdelcine Aubry, fille de feu le Sicur Martin Aubry, vivant
22 Habitant audit quartier de TEster, & de Dame Marie Dubois, fes père G mère, native
>) de la Paroifede Notre-Dame du Port-de-Paix, dans cette côte, pour elie & en fon nom
>> d'autre part, & autorife de ladite D,ame Dubois f mère, à l'effet das préfntes n.
Remarquons qu'il n'est pas question dans ces acies de Jean-Maitin Aubry. Il étoit en
France à cette époque.
Mais le Sicur Pageot meurt, & Maric-Magdelcine Aubry, fa venve, fe remarie le 24
Octobre 1714, à Barthelemi Simon. Nous rapportons & le contrat de ce fecond mariage,
S Tacte de fa célébration.
Maric-Magdecine Aubry est défignée dans l'un & dans T'autre, nous Tavons déjà dit, reuve
du Sicur Jacques Pageot, native du Pont-de-Faix, , filie du Sicur Martin Aubry bde Dame Marie
Dutois,fes pere 6mire. Ceci prouve fa naiflance ; mais on défigne au contrat les parens
qui y ont aflisté de la part de Marie-Magdeleine Aubry ; &c quels font-ils ces parens ?.
>> Et de la part de ladite Dame future époufe, de ladite Date Dubois fa mère, DU
>) SIEUR JEAN-MARTIN AUBRY SON FRERE.
Jcan-Martin Aubry a figné le contrat oi il cst établi frire de Marie - Magdeline
Aubry, & l'acte de célébration de ce inariage.
Et il n'existe pas de preuye de la parenté de Maric-Magdeldine &c de Jean-Martin Aubry!
Mais pourfuivons.
Le Sieur Simon & Marie-Magdelcine Aubry ont une fille nommée Louife-Amable Simon,
Elle a été baptifée dans la Paroiffe de la Petite-Rivière de I'Artibonite, le 12 Mars 1719.
Louif-Amable Simon époufe Jcan-Jacques Caradeux le 7 Avrl 1739. Nous rapportons & l'acte de célébration & le contrat du 17 Mars précédent. Voici les termes du
contrat de mariage.
> Et Dame Maric-Mogdeleine Aubry, veuve en dernières nôces de feu Sieur François
2) Monot-R-gnault, Habitanite, demeurante en cette Paroiffe (du Cul-de-Sac), fpulant
9) pour Demoifelle Louif- Amable Simon , fa fille mineure, & de Sieur Barthelemi Simon,
22 fon père, vivant d.meurant au quartier de l'Artibonite. 27.
L'acte de célébration port: aufi, ( & Damoifelle Louife- Amable Simon, native de
27 cette Paroiff, fille en ligitime mariage du Sieur Barthelemi Simon & Marie- Magdeleine
a7 Aubry, veuve en dernières nôces du fu Sicur François Monct - Reneud, Habitantn.
able Simon , fa fille mineure, & de Sieur Barthelemi Simon,
22 fon père, vivant d.meurant au quartier de l'Artibonite. 27.
L'acte de célébration port: aufi, ( & Damoifelle Louife- Amable Simon, native de
27 cette Paroiff, fille en ligitime mariage du Sieur Barthelemi Simon & Marie- Magdeleine
a7 Aubry, veuve en dernières nôces du fu Sicur François Monct - Reneud, Habitantn. --- Page 19 ---
[1J
Ces deux actes prouvent incontestablement l'état des Sicurs
leur defeendance directe de
Caradeux, & confirment
Marie-hlagdekin: Aubry ; mais en confuiltant le
trouverons-nous pas auffi une nouvelle preuve de la parenté de Marie-Magdeleine contrat, n'y
Lonife Amable Simon fia fille, des Sicurs Caradeus leurs enfans &
Aubry, da
Martin Aubry ?
petits-enfans, avec JeanN'aura-t-on pas dans ce contrat défigné les parens qui y ont affisté? Sans
a défignés, & voici ce quz nous y lifons.
doute on les
( Et de la part de ladite Dame future
n Martin
époufe I Lovife-Arable Simon), du Sicur JeanAubry Dame Urfule Robineau s
>) Paroifle, ONCIE
fon époufe, Habitans, 9 demeurans en cette
MATERNEL Sc tante de ladite future époufe )).
Cen'est pas tout,nous continuons la lecture de ca contrat 5 & après
Aulbry, veuve Renaud, a doté Louif-Amable Simon
que Marie-Magdeléine
fa fille, nous y trouvons,
( En faveur duquel futur mariage, lefdits Sieur G Dame Aubry autorifée dudit Sieur
9 fon époux, oncle 6 tantefesdits, ont fait don auffi d titre de dot, a ladite Dame
n ipoufe, de la fomme de dix mille livres, qu'il compteront audit Sieur futur future le
9) jour des époufailles, laquelle, dans le cas que la future époufe prédécède fon époux, futur
33 époux fans laiffer d'enfans, 9 fera reverfible aux donateurs ; obligeant au paiement de ladite
9 fomme de dix mille livres, 2 folidairement un foul pour les deux, tous & un chacun
>2 leurs biens, meubles & immeubles, préfèns & à venir 2).
Ainfi, Jean-Martin Aubry afliste, en 1714, au contrat de Marie- Magdelcine Aubry. Il
y afliste, ille figne en qualité de frère. En 1739, il affiste au contrat de mariage de l'enfant
iffr précifément de ce mariage, auquel il avoit allisté en 1714, & il y est déligné oncle
maternel de la future, Lovife- Amable Simon. Cest elle qui est la mère des Sieurs Caradeux,
& ils font étrangers à Jean-Martin Aubry! Ils ont ufirpé fa fucceflion! On l'affirme. On
l'imprime. On préfente le Mémoire où cela est configné 3 aux Magistrats, pour instruire
leur religion, au Public 3 pour fatisfaire fà curiofité, à tous, pour les indipofer contre ces ufutrpateurs qu'on ne peut trop tôt dépouiller ! Vit on jamais audace pareille : S'en est on
promis Timpunité?
Et quel l'on n'imagine pas que nos preuves fe bornent à ce que nous venons de préfenter :
elles femblent fe multiplier fous notre plume.
Si d'un côté Jean-Martin Aubry a affisté au mariage de 1714 comme frère de MarieMagdelcine Aubry, à celui de 1739 comme oncle maternel de Louife- Amable Simnon, de
Tautre on voit Marie Magdeleine Aubry affister à fon tour aul mariage de Jean Martin
Aubry avec Urfule Robineau, en 1724.
<
'imagine pas que nos preuves fe bornent à ce que nous venons de préfenter :
elles femblent fe multiplier fous notre plume.
Si d'un côté Jean-Martin Aubry a affisté au mariage de 1714 comme frère de MarieMagdelcine Aubry, à celui de 1739 comme oncle maternel de Louife- Amable Simnon, de
Tautre on voit Marie Magdeleine Aubry affister à fon tour aul mariage de Jean Martin
Aubry avec Urfule Robineau, en 1724.
< --- Page 20 ---
[16]
Le contrat est du 29 Janvier; on y voit au nombre des parens du Sieur Jean-Martin
Aubry Demoifelle Maric-Mogdelcine dubry fa faur, fenme du Sicur Barthelemi Simon.
Elle a figné le contrat & l'acte de célébration, Aubry Simon.
Dans ces deux actes, Jean-Martin Aubry est défigné (comme Marie-Magdelcine Aubry
fi faeur l'avoit été lors de fes deux mariages, en 1709 & 1714), natif du Port. - dePais, fils de defunt Sieur Martin, 6 de difiente Dame Marie Dutois, fis père 6 mère.
11 est donc évident déjà que Jean-Martin Aubry étoit frere de Marie-Magdelcine Aubry,
& oncle de Louife- Amable Simon ; il ne pouvoit donc pas être étranger aux Sieurs Curadeux, enfans de Louife - Amable Simon, 3 petits -enfans de Marie-Magdeline Aubryl
Veut. on encore de nouvelles preuves de cette dernière vérité, du lien qui uniffoit directement le Sieur Aubry aux enfans Caradeux?
Lc premier de ces enfans, Marie Caradeux, a été baptifé le 25 Avril 1749 ; elle a eu
pour parain le Sieur Georges Simon, fon aieul maternel, & pour maraine, Dame Anne
Villany, fon aicule paternelle.
Le f.cond est Jcan-Baptiste Caradeux, (le Sieur Caradeux ainé). Par qui a-t-il été préfenté au baptême , le 30 Mai 1742? Par Antoine Caradeux fon oncle, par Dame Unfule
Robineau, 3 époufe du Sieur Aubry, Habitante à Bellevue, fa grande tante.
Le troifième est Urfule Caradeux (la Dame de Rocheblanche):e elle a été baptifée le
25 Octobre 1744. Quel est fon parain ? Quelle est fa maraine. : Jean-Martin
Écuyer 3 Confeiller Secrétaire du Roi
Dame Marie -
Aubry 7
Magdeline Aubry, veuve
Renaud, Habitante.
Ainfi le frère & la foeur fe réuniffent encore une fois dans un de ces actes publics, effenti.llement destinés à conferver & tranfimettre les liens des familles. Ils avoient réciproquement
aflisté à leurs mariages. La nature avoit refufé au Sieur Aubry cette jouiffance fi douce de
fe voir renaitre dans fes enfans. Ceux de fa foeur méritent tout fon attachement. II concourt
avec elle au mariage de fa fille. Il la dote comme elle. II s'affocie la Dame Urfule Robineau, fon époufs, dans cet acte qui fatisfait fon coeur, II appartient aux aieux de préfenter
àl T'Églfe les premiers rej.tons de leurs enfans ; c'est une loi de famille dont on ne peut
s'écarter fans leur faire une efpèce d'injure. On l'obferve pour le premier enfant Caradeux, ;
mais la Dame Aubry est maraine du fecond Mais le Sieur Aubry grand oncle, & fa
foeur aizule maternelle, nomment le troifième. On ajoute ainfi le lien fpirituel à celui de
la parenté, & on a ofé dire qu'il n'en existoit aucun entre ces deux familles! Qu'il est
dégoàtant d'avoir à combattre de pareilles abfardnt1Hitons-nous d'achever un détail qu'on
eût bien do ncus épargner. Nous touchons à fa fin.
La
est maraine du fecond Mais le Sieur Aubry grand oncle, & fa
foeur aizule maternelle, nomment le troifième. On ajoute ainfi le lien fpirituel à celui de
la parenté, & on a ofé dire qu'il n'en existoit aucun entre ces deux familles! Qu'il est
dégoàtant d'avoir à combattre de pareilles abfardnt1Hitons-nous d'achever un détail qu'on
eût bien do ncus épargner. Nous touchons à fa fin.
La --- Page 21 ---
La fceur du Sieur
117)
Aubry, 3
tuaire est rapporté. Et où mouru-elle? Maic-Mogiadtine, mournt le 4 Mars 1751. Son extrait mordans TEghfe, Jous le banc de M. fir Thabitation de M. Aubry? Oh fut-elle
Aubry, veuve
Aubry. Comment est elle
enterrée? en dernières noces de M. défignée? Marie Magidéine
de-Paix, âgée d'environ
Monot-Renaud, native de la
58 ans. Tout cela est écrit dans l'acte de
Paroife du PortDans un Pays où l'air & les infèctes femblent
fépulure. dépôts fi effentiels pour l'état & la fortune des travailler à l'envi à la destruction de ces
fe réuniffent trop fouvent pour celle des hommes Gitoyens, comme lignorance & le climat
pofition est fi
eux-mêmes; ; dans
prompte, 2 qu'un ceil attentif peut en
un pays où la décompour ainfi dire, le mouvement continuel de appercevoir les progrès, ohl'on entend,
fentir le vent de la faulx qui moiffonne les ces reptiles dévorans 2 comme on femble
feroit rare de pouvoir fuivre l'existence de individus ; il est difficile, il faut Tavouer, il
venons de le faire
celle de
plufieurs êtres pendant autant
famille. Il feroit pour
Jean - Martin 2 de Marie -
d'années que nous
peut-être impoflible de réunir autant d'actes Magdolcine Aubry & de leur
qu'on auroit à faire, & de les trouver dans l'état où pour le complément de la preuve
obtiennent fa confiance. il faut les offrir à la Justice pour
quils
Il nous en reste encore quelques-uns qui
mais qui la continuent jufqu'aux instans n'ajouteront rien à la conviction déjà
voifins du décès du Sieur Aubry. acquife;
La Demoifelle Unfule Caradeux époufa le Sieur la Toifon
Leur contrat de mariage fut paffé le
de Rocheblanche, en
du confcil, avis 6
29 Octobre. II y est dit que les parens ont 1761:
du
confentement de M. Jean-Martin
contracté
Roi, Maifon, Couronne de France & de fes Aubry, Écuyer, Confeiller Secrétaire
du Cul-de-Sac, ONCLE COMMUN des parties, & Finances, demeurant fur fon habitation
PARRAIN de la fiuture époufe. Le Sieur Aubry étoit effectivement l'oncle du Sieur de
feulement. La foeur de la Dame Aubry Laurence
Rocheblanche, , mais par alliance
la Toifon. L'acte de célébration de ce
Robincau, avoit époufé le Sieur
mariage est du 28 Janvier
Heny
Lors du mariage des Sieur & Dame
1709. Nous le rapportons. en France. Ily avoit été envoyé
de Rocheblanche, le Sieur Caradeux ainé étoit
lui-même les frais de fon
par le Sieur Aubry.
lement. La foeur de la Dame Aubry Laurence
Rocheblanche, , mais par alliance
la Toifon. L'acte de célébration de ce
Robincau, avoit époufé le Sieur
mariage est du 28 Janvier
Heny
Lors du mariage des Sieur & Dame
1709. Nous le rapportons. en France. Ily avoit été envoyé
de Rocheblanche, le Sieur Caradeux ainé étoit
lui-même les frais de fon
par le Sieur Aubry. C'étoit le Sieur
éducation. Nous en
Aubry qui faifoit
après le décès du Sieur
trouvons la preuve dans
>
Aubry, en 1763. II y est dit :
l'inventaire fait
Négociant, au Sieur
cune: lettre du Sieur
> deux
Aubry, , du 9 Décembre 1760,
Charret,
fls 6 la fiasation de fa penfion 77,
concernant l'iducation du Sieur CaraLe Sieur Aubry mourut le 27.
éducation. Nous en
Aubry qui faifoit
après le décès du Sieur
trouvons la preuve dans
>
Aubry, en 1763. II y est dit :
l'inventaire fait
Négociant, au Sieur
cune: lettre du Sieur
> deux
Aubry, , du 9 Décembre 1760,
Charret,
fls 6 la fiasation de fa penfion 77,
concernant l'iducation du Sieur CaraLe Sieur Aubry mourut le 27. Février 1763,
appofés le jour même de fa mort, &
sgé d'environ 80 ans. Les fcellés
cée en prefence du Sieur Caradeux nous remarquons que cette opération fit furent
père, mais qu'il ne put figner le procès commenverbal, parce
C
N --- Page 22 ---
[18]
quil s'étoit retiré pour accompagner le corps du difiunt. Ce foin n'est pas ordinaizement
confié à un étranger.
Pourra-t-on déformais élever des doutes & des foupçons injurieux fur la parenté des Sieurs
Caradeux avec le Sieur Aubry? Il arrive quelquefois qu'une fuccellicn est dévolue à des
parens très-éloignés > dans des familles oû les alliances fe font mulipliées en fe croifant
même, où la multiplicité de noms & furnoms uniformes, oùr l'inexactitude dans Ja déclaration de ces noms & furnoms préfentent des idées difficiles à concilier : que cette confufion
faffe naitre l'incertitude & les procès qui la flivent, cela n'est pas bien étonnant ; les
concurrens peuvent même être tous de bonne foi, parce qu'ils font abufés par des actes qui
femblent favorifer également les prétentions de chacun, & flatter leur ambition,
Mais que dans la fucceffion du Sieur Aubry, qui n'ayant poin: de postérité directe,
n'avoit qu'une focur qui n'avoit elle-mêmc qu'une fille, dans une famille compofé: uniquemerit de trois individus auffi distincts par leur nom que par leur état & leur fexe, dans
une fucceffion ouverte pour des patits-neveux, on ait Eu la témérité de nier l'état de Ja
faeur, de la niéce & des patits-neveux, auffi clairement prouvé, auffi constamment & tant
de fois reconnu & constaté par des actes publics, communs & même réciproques, voilà
ce qui n'est pas croyable. Il faut que la paflion & l'aveuglement qu'elle pioduit fe foient
réunis, pour mettre en problême des vérités aufli palpables.
Il est prouvé, ou rien ne le fera jamais, que Jean Martin Aubry & Maric-Magdel-ine
Aubry étoient nis au Port-de-Paix, du mariuge de Martin-Aubry 6 de Marie Dubois.
II est prouvé que Jean Martin Aubry étoit lainé de Marie - Magdeltine Ja feur. Elle
mourut en 1751, agie d'environ 58 ans. Le Sieur Aubry, mourut en 1763, agé d'environ
80 anis.
Ainfi il n'y a pas de doute poflible fur la légitimité de Marie-Magdelcine Aubry, née
après fon frère, du méme mariage, qu'il n'y en ait auffi fur celle de Jean-Martin.
Il est prouvé que Jean-Martin & Marise-Magidelsine Aubry fe font constamment reconnus
pour frère 6 feur.
Que Juan-Martin a également reconnu pour fa rièce Louife- Amable Simon , Fille ligitime cllé-mêine de Marie-Magdelcine Aubry.
Quil n'a pas moins reconnu pour fes neseux les Sieurs Caradeux, enfans de Louife-Amable
Simon.puits-nfas de Marie- Magdeleine Aubry.
Que cette reconaoiffance a toujours été réciproque pour Jean-Martin Aubry, de la part t
de: Marie-Magteléné fa feeur, de Louife- Amablé Simon fa nicce, des' Siers & Dancs Cari
deux fs petits : neveux,
m
llé-mêine de Marie-Magdelcine Aubry.
Quil n'a pas moins reconnu pour fes neseux les Sieurs Caradeux, enfans de Louife-Amable
Simon.puits-nfas de Marie- Magdeleine Aubry.
Que cette reconaoiffance a toujours été réciproque pour Jean-Martin Aubry, de la part t
de: Marie-Magteléné fa feeur, de Louife- Amablé Simon fa nicce, des' Siers & Dancs Cari
deux fs petits : neveux,
m --- Page 23 ---
Il est prouvé
119]
dirons de quejamais inya eu dans Cette famille
pas doute, 3 d'équivoque fiur les liens
aucun figne, , auicune trace, nous ne
même de cet
de
qui en unifloient tous les
détruire les noeuds éloignement 2 cette indifiérence trop
membres, mais
que la nature & la loi ont
ordinaires, qui, s'ils ne
nuent le nombre,
ferrés, en affoiblifent les
peuvent pas
parce quils en éloignent les occafions. preuves, en dimiNous avons aui contraire
de
parenté des Sieurs Caradeux Tavantage réunir aux actes constitutifs &c
non
avec le Sieur Aubry, tels la
probatifs de la
interrompue de preuves de la liaifon étroite
que loi les preferit, une fuite
tante & fuivie qui peut bien fe
qui existoit entr'eux, de cette liaifon
ordinairement,
rencontrer entre deux familles
consnait, comme ici , de la parenté ou deT'alliance: étrangères, mais qui, le plus
Reprenons maintenant la partie du Mémoire
UJ
des titres des Siaurs Caradeux, de la
des adverfaires qu'on a employéeà
page 21 à la page 28. T'examen
4 Ils devoient, dit-on, 2 justifier la
>> celle de leur" mère & celle de leur légitimité de trois degrés de
la
> lequél ils aient répandu lé
aieule; & il n'est pas un feul de génération, 'ces
leur,
moindre jour par leurs
trois degrés fur
On vient de voir s'il
prétendus titrès." ))
fur ces trois
est permis d'en douter encore, Nous n'avons
degrés. Nous craignons mme le
rien laiffé à defirer
fur prenves, de les avoir peur-être
reproche d'avoir inutilement accumulé
qui nient, lévidence
minutieufement déraillées. Mais
preuves,
méme,qui. altèrent tout ce quils
forfqu'on a des sadverfaires
sappefantir fur des po; nts qui paffaroienr d'accord touchent, , n'est-on pas excufable de
foi? Pouvions-nous d'ailleurs négliger. le moindre avec un contradiceeur loyal & de bonne
pas fulement la fortune des familles
adminicule fur une question qui
leur état ? Nous voulions convaincre nombreufes que nous défendons, quit touche n'attaques
tout fon jour , & la portion du Public les Magistrats auxquels nous devons la vérité encore à:
que le Mémoire des adverfaires
dans
Nous ne répondrons pas en détail à'la difcuflion
: a pu tromper.
ous d'ailleurs négliger. le moindre avec un contradiceeur loyal & de bonne
pas fulement la fortune des familles
adminicule fur une question qui
leur état ? Nous voulions convaincre nombreufes que nous défendons, quit touche n'attaques
tout fon jour , & la portion du Public les Magistrats auxquels nous devons la vérité encore à:
que le Mémoire des adverfaires
dans
Nous ne répondrons pas en détail à'la difcuflion
: a pu tromper. prendrons pas la peine de justifier de
de cette partie du MÉmoire. Nous
fà parenté avec fon frère,
nouveau la, naiffance. de
ne a
Sieur
parce qu'on fe permet de douter Nni-ligabinodady, &c 1
Pageot en 1709, fut bien véritablement
que la femme qui époufa le
disparoit devant les actes & les
Maric-Magteline Aubry. Cc doute ridicule
preuves que, nous rapportons. Mais palferons-nous fous filence cotte maxime
incontsstable, 46 que la déclaration de la nouvells atroce donnée hardiment pour un principe
> fulsment pour faire prifumer qu'elle s'appcloit époufe de Jacques Pageot ne fuffit
> étoit vraiment nie au
viritablement Matic-Magaline
pasPon-dePaix, loin
Aubry ,
> ailefa d'une union
duquel elle f marioit, 6 que fa
qu'elle
Ligitine ?
palferons-nous fous filence cotte maxime
incontsstable, 46 que la déclaration de la nouvells atroce donnée hardiment pour un principe
> fulsment pour faire prifumer qu'elle s'appcloit époufe de Jacques Pageot ne fuffit
> étoit vraiment nie au
viritablement Matic-Magaline
pasPon-dePaix, loin
Aubry ,
> ailefa d'une union
duquel elle f marioit, 6 que fa
qu'elle
Ligitine ? On ne
naifance avoit
> patrie, des pàrens , une famille, & peut pas ainfi, dit-on, fe crécr à foi- même
tous les liens de la nature, du
une
fang & de la loi par
< --- Page 24 ---
I L 20 1
lintérct, l'ambition, s le menfonge peuvent finggerer auffi bien que
97 un fimple difcours, que
7) la vérité n.
Ainfi Ténonciation qui fe trouve dans un acte fait en 1709 1 n'est pas même une préfomption aujourd'hui. Ainfi de ce que l'intérêt, l'ambition & Je menfonge ont pu fuggérer
à celle qui époufoit Pageot en 1709, de prendre les noms & qualités qui lui font donnés
fon contrat, il faut conclure qu'elle a véritablement ufurpé ces noms & ces qualités.
par La mention qui s'en trouve dans cet acte , ne peut pas être abfolument infignifiante. Si
préfiumer que ces noms & ces qualités appartenoient à celle
elle ne peut pas feulement faire
qui les a pris, elle feroit donc préfumer le contraire,
Et dans quel livre, à quelle fource a-t-on puifc de pareils principes 21 Un acte,s'il est: authentique fiur-tout, fait une preuve de ce qu'il contient, tant que l'acte n'est pas attaqué, tant
quil n'est pas anéanti, & on ne veut pas l'admettre pour une préfomption! Son ancienneté
rend fon témoignage plus puiffant encore. Ce fentiment est dans la nature. Les Jurifconfiltes l'ont confacré par un adage: in antiquis enunciativa probant. Et le contrat de 1709
ne vaudroit pas une préfomption! La fraude, le crime en général ne fe préfument pas.
Le faux particulièrement doit être prouvé indiciis luce clarioribus. Et on veut, fans preuve,
fans le moindre indice même, faire préfiumer que les noms & qualités pris par celle qui
contractoit en 1709 étoient autant de fauffetés! On veut qu'elle les ait pris par intérêt,
rendre
à la vérité,
qu'ils lui
par ambition, 2 plutôt que pour
hommage
parce
appartenoient
Et quel feroit donc cet intérêt, quel feroit donc l'objet de cette ambition? Veut-on ençore
cette femme ait prévu en 1709, que le Sieur Aubry, dont elle auroit ufurpé le nom,
que
dont elle fe feroit fuppofée la foeur, qui, à cette époque, n'avoit pas plus de fortune
quelle, qui n'étoit pas marié encore, mourroit un jour fans enfans, laiffant une fortune
confidérable > & qu'elle ait dès-lors médité pour fes petits enfans le projet de leur faire
paffer cette fortune!
Ah! qu'on nous prive plurôt de la faculté de raifonner, fi nous pouvons jamais en
abufer à ce point, fi nous pouvons jamais avancer des principes auffi abfurdes, aufli révolauffi destructeurs de la
publique. Eh ! oùr en ferions-nous fi nos actes de
tans,
tranquillité
famille s fi les contrats de mariage ne valoient pas même des préfomptions fur l'état des
perfonnes ? On a vu, au furplus, fi nous fommes réduits à des préfomptions fir l'état de
Marie-Magdelaine Aubry, fur fon nom, far fa parenté avec le Sieur Aubry.
Les adverfaires paffent enfuite à l'acte baptistaire de Marie Aubry. Il est, difent-ils, plus
contraire qu'avantageux à ceux qui l; produifoient. Il prouve que la feule, fille dont Martin
Aubry ait été père fe nommoit Marie Aubry 6 non Marie-Magdelcine, & qu'elle étoit
née à Léogane & non au Port-de-Paix,
Que ce raifonnement appartient bien à r'aureur du précédent ! Comme fa teinte d'abfir-
enfuite à l'acte baptistaire de Marie Aubry. Il est, difent-ils, plus
contraire qu'avantageux à ceux qui l; produifoient. Il prouve que la feule, fille dont Martin
Aubry ait été père fe nommoit Marie Aubry 6 non Marie-Magdelcine, & qu'elle étoit
née à Léogane & non au Port-de-Paix,
Que ce raifonnement appartient bien à r'aureur du précédent ! Comme fa teinte d'abfir- --- Page 25 ---
dité fe fourient ! L'acte du
(ar] ]
baptéme de Marie Aubry
guartier de Lingane, une fille nommée
prouve que Martin Aubry a eu au
été la fule fille de Martin
Marie; mais il ne peut pas prouver que Marie ait
nommée
Aubry, qu'il n'en ait pas eu une autre nde au
Marie-Magdelcine. La naiffance de
Port-de-Paix, &
julques à Tévidence, & cette
Maric - Magdeltine ati Port-de-Paix est
la requête du Sieur Aubry preuve, on l'a VH, commence par lenquéte faite en prouvée à
lui-même $ elle fe continue dans
1742,
leur ont été communs. On la retrouve enfin
tous les actes de famille qui
concerner perfonnellement
jufques dans le dernier de ceux qui pouvoient
Marie-Magdeline Aubry, jufques dans fon extrait mortuaire.
La naiffance des Sieurs Caradeux eux-mêmes
faires. Leur père, dit-on,
n'échappe pas à la critique de leurs adyercélébration du mariage de s'appeloit Jean, & le troifième de leurs titres est un acte de
dus, La preuve de leur identité Jean-Jacques Caradeux, Jcan & Juan-Jacgucs étoient deux individu Caradeux dont
ne feroit pas fuffifante. Il faudroit encore établir
ils'agit, que les Sieurs Caradeux font
que c'est
est tout naturel de penfer qu'ils avoient
enfans ; cela n'est pas justifié, Il
qui s'est marié en 1739, &
pris pour père Jean Caradeux 6 non
que leur père avoit époulé une femme
Juan-Jacquet,
étrangère que lui au Sieur Jean-Martin Aubry
Ils
qui n'étoit pas moins
de Jean Caradeux & de Louife-Amable
ne prouvent ni qu'ils foient enfans
Marie. - Magdeleine Aubry, ni
Simon, ni que celle-ci ait été fille légitime de
que Marie
actes de 1709 &c de 1739, ait été foeur -Magdeleine Aubry, dont il est parlé dans les
légitime de Jean-Martin Aubry.
La clarté de ces vices de leur
quelque doute.
prétention, est trop grande pour qu'il puiffe rester là-deffus
(Page 24).
Quel galiraathias! Quel langage! Quelquun a-t-il jamais
d'une pratention P Mais paffons fur les mots.
apperçu la grande clarté desvices
Que fignifie donc cette confifion affectée de Jean & de
Sieurs Caradeux fuffent iffus de l'un ou de l'autre, rien Jean-Jacques Caradeux? Que les
pas par leur père, mais bien par leur mère
ne feroit plus indifférent. Ce n'est
ils ont prouvé tout ce quils avoient à qu'ils appartenoient AJcan-Martin Aubry. Ainfi,
de Louif-Amable Simon, fille
prouver, s'ils justifient quils font enfans
légitime elle-même de
légitimes
Jean-Martin. Peu importeroit que leur père s'appelàt Marie-Magdelaine Aubry 9 foeur. de
Jean, ou Jean-Jacques Caradeux.
Mais il n'y a pas plus d'incertitude fur le nom de leur
mère. Le contrat de mariage & l'acte de célébration
père que fir la filiation de leur
Simon fut mariée à Jean-Jacques Caradeux.
de 1739 prouvent que Louife-Amable
& de leurs foeurs, difent auffi qu'ils font Les extraits de baptême des Sieurs Caradeux
enfans legitimes de
Louif-Anable Simon. Il n'y a donc pas méme de
Jean-Jacques Caradeux & de
faire fir le nom du Sieur Caradeux
prétexte à léquivoque qu'on a vouls
père.
<
bration
père que fir la filiation de leur
Simon fut mariée à Jean-Jacques Caradeux.
de 1739 prouvent que Louife-Amable
& de leurs foeurs, difent auffi qu'ils font Les extraits de baptême des Sieurs Caradeux
enfans legitimes de
Louif-Anable Simon. Il n'y a donc pas méme de
Jean-Jacques Caradeux & de
faire fir le nom du Sieur Caradeux
prétexte à léquivoque qu'on a vouls
père.
< --- Page 26 ---
[2 22]
Peut-être a-t-on voulu abufer de ce que le testament du Sieur Aubry ne le défignoit
que par l: nom de Jcan ; mais cette erreur, , cette omiflion d'un des noms de baptême du
Sieur Caradeux père dans un acte qui n'est ni de fon fait, ni de celui de fes cnfans,
vent-elles empêcher qu'ils ne foient enfans légitimes de Louife-Amable Simon, nièce de Jean- penMartin Aubry? Il s'enfitivroit tour au plus que s'il eût existé à la même époque un Jean
Caradeux 1 auqucl toutes les autres défignation. de cet article du testament du Sieur
fe
fuflent adaptées, ce Jean Caradeux eût pu difputer au père des Sieurs Caradeux Aubry
tion dul lags quil contenoit en fa faveur. Mais rien n'est certainement
l'application des Sieurs
à
plus étranger à la filiaCaradeux, leur parenté avec le Sieur Aubry ; ce n'est pas
font fils du Sieur Caradeux, défigné par le restament du Sieur
parce qu'ils
à la fucceffion de celui-ci ; mais
Aubry, 2 qu'ils ont été appelés
parce qu'ils étoient iffus légitimement de Louife-Amable Simon. Voici une autre objection tranchante, a décifive, fans réplique, fuivant les adverfaires. Et
d'ou la tirent - ils ? Du testament du Sieur Aubry? De la lettre de ce testament ? De
testament ? De fes expreflions ? De ce qui s'y trouve? Point du tout. De fon : ce
filenice,
de ce qui ne s'y trouve pas exprimé. Cela promet du pofitif, de Ténergiqué:
Le Sieur Aubry léguoit au Sieur Caradeux père, la jouiffance, fa vie. d'une
terre à Bellevue, dont il jouifoit déja, appartenante au Sieur Aubry durant,
après la mort du Sieur Caradeux à tous les autres biens du Sieur
pour étre réunie
Aubry. Ila enfuite institué fes légataires univerfels & légitimes héritiérs fès
& héritiers du fang. , plus proches parens
Il n'a défigné le Sieur Caradeux père que par. la qualité d'Habitant 2 Bellevue. Il
dit que les enfans du Sieur Caradeux fuffent fes
n'a pas
plus proches parens & héritiers du fang,
Voila, voilh,sécrioton, des preuyes évidentes du défaut de la parente les Sieurs
Caradeux s'aturibuent. Si elle existoit, le Sieur Aubry ne l'auroit pas ignoré, S'il que l'avoit
nue, feroit-il poffible qu'il eût conçu fon premier legs & fa dernière
recondifpofition dans les:
scrines qui les forment ? Le Sieur Caradeux auroit été le gendre de la foeur du Sieur Aubry, l'ancien mari de
Ja nièce, fon neveu, le père de fes perits-neveux, & au moins d'une partie de fes héritiers
l Sieuir Aubry auroit il pu écarter toutes ces qualités; tous ces
&
;
liens, ne le
par fon nom feul de Jean Caradeux & fa feule qualité d'Habitant à Bellevue? déligner que
cette
qualité donnent du Sieur Caradeux lidée d'un homme
Ce nom, 9
étranger all testateur.
ancien mari de
Ja nièce, fon neveu, le père de fes perits-neveux, & au moins d'une partie de fes héritiers
l Sieuir Aubry auroit il pu écarter toutes ces qualités; tous ces
&
;
liens, ne le
par fon nom feul de Jean Caradeux & fa feule qualité d'Habitant à Bellevue? déligner que
cette
qualité donnent du Sieur Caradeux lidée d'un homme
Ce nom, 9
étranger all testateur. Il en est de même, 9 continus-ton, du legs univerfel. Le Sieur Aubry auroit-il
pas les défigner nominativement, s'il les eût
pu ne
avoit
comptés au nombre de fès héritiers ? Il les
vu naitre. Il étoit au milieu d'eux, Ils euffent été les derniers rejetons
de
famille. Ils euffent réuni fon
apparens la
propre nom à calui de Caradeux: Ils fuffent nés fous fes yet" --- Page 27 ---
Suivant Pufage général des familles, il ctit [23] dii
aPAud. crfin en avoir préfimté lui-méme
quelque -Uns
Tout démontre donc, difent les adverfaires,
jamais été unics Tune à Tautre; les
quc Jes familles Caradaux &
titres de la
Aubry n'ont
ment du Sieur Aubry atteste qu'elle n'exista premibre ne prouyent pas Tunion. Le testajamais. Est-ce affez
d'inconféqunes ? Est-ce
nous borner à répondre : La parenté des Sieurs aflez.de fophifmes? Nous pourrions fans doute
trée, Elle T'est par' une foule d'actes émanés du Caradaux avec le Sieur Aubry est démondeux familles. Son testament est du
Sieur Aubry lui-même, &
affisté
IO Août 1762.A
communs aux
au marjage de la Demoifelle Caradeux
la,fin de l'année précédente, il avoit
pris la qualité d'oncle
avec le Sieur de Rocheblanche, &
commun. Il etot donc
il y avoit
1762, lors de fon
impoflible qu'il ignorit, qu'il méconnût
constater
toscament, ce qu'il avoit reçonnu toute. fa
en. légalemint en 1742, après l'avoir
vie, ce qu'il avoit fait
leine Aubry en 1714, dans le fien
déjà figné dans le contrat de
Simon en
de
propre en 1725, dans celui de Marie-Magde. 1739; Ce que le Sieur
Louife - Amable
n'auroit pas ajouté qu'.l étoit fon
Aubry, en parlant du Sieur Caradeux
de fes plus proches
& neveu ou l'ancien mari dx fa rièce ; de ce
père,
héditiers
parens héritiers du fang, il n'auroit
qu'en parlant
étojant les enfans du Sieur
pas dit que ces parens, s
pourroit-il jamais en réfuler
Caradeux, ou que du-moins ils étoient de ce
ces
Ainable Simon,
quele Sieur Caradeux père n'efit pas réellement
nombre,
naturel
qu'elle ne fût pas la nièce da Sieur
époufé Louifed'en conclure que le Sieur Aubry n'a
Aubry?
iers du fang, il n'auroit
qu'en parlant
étojant les enfans du Sieur
pas dit que ces parens, s
pourroit-il jamais en réfuler
Caradeux, ou que du-moins ils étoient de ce
ces
Ainable Simon,
quele Sieur Caradeux père n'efit pas réellement
nombre,
naturel
qu'elle ne fût pas la nièce da Sieur
époufé Louifed'en conclure que le Sieur Aubry n'a
Aubry? II femble qu'il feroit
étoit notoire & avéré
pas penfé qu'il eût b-foin
plus
même. pour tous ceux qui Tenvironnoient. d'exprimer ce qui
Il n'a pas pu prévoir qu'on mit
, pour le Public comme pour luidaux dont il avoit doté la femme
jamais en question qu'il fût allié du Sieur
Louift-Amable
comme fa nièce, quil fat le
CaraSimon, des petits-cnfans de
grand-oncle des enfans de
fit constater l'état & la naiffance
Maris-Magd.leine Aubry. fa foeur, dont il avoit
laquells il avoir allisté en
en même-temps que les fiens en 1742, au
paffé
1714, qui avoit affisté au fien en
mariage den
Le toute fa vie, qui étoit morte chzz lui. 1724, avec laquelle il avoit
Mais au moins le lags fait au Sieur Caradeux
quelqu: haifon entr'cux. II lui lègue l'ufufruit
père par le Sieur Aubry fippofs-til *
Sieur Aubry. Cest
d'une terre dont i
par. cette difpofition,
jouifoie dija du vivant du
le motif de cetta di/pofition
que comnience le testament; &: :quel,
fente
particulière & perfonnelle. au Sieur Caradaux pouvoit être T
nacurellem.nt à celui que la prévention n'avaugle
père? 1lfe prépas. Le Sieur Caradeux n'étoit
fuccéloit La
pas parent du Sieur Anbry., Il n'étoit
pas.
i
par. cette difpofition,
jouifoie dija du vivant du
le motif de cetta di/pofition
que comnience le testament; &: :quel,
fente
particulière & perfonnelle. au Sieur Caradaux pouvoit être T
nacurellem.nt à celui que la prévention n'avaugle
père? 1lfe prépas. Le Sieur Caradeux n'étoit
fuccéloit La
pas parent du Sieur Anbry., Il n'étoit
pas. fucceffion paffoit aux. enfans
que: fon allié:, Il ne' lui
Simon ) étoit morte en 1754. Le Sieur
Caradeux, dont la mère ( Louife - Amable
Aubry veut affurer au Sieur Caradetux père Ja conti1
R --- Page 28 ---
[24 ]
nuation paifible de la jouiffance qu'il avoit déjà commencée d'une terre
Sieur Aubry. Voilà le motif du legs, & il étoit bien inutile
fa qui appartenoit au
pour validité, pour fes
effets, pour l'exécution de cette volonté du Sieur
Aubry, qu'il y exprimât ce qui étoit
connu de tous ceux qui les connoiffoient l'un & l'autre, que le Sieur Caradeux avoit époufé
fa nièce, qu'il étoit le père de fes petits-neveux.
Pour ce qui est du legs univerfel & de la manière dont il est conçu, il est incontestable qu'il n'a rien changé à l'ordre établi par la loi elle-même. Si le Sieur
fût
fans tester, fa fucceffion eût été dévolue à fes plus proches
& héritiers Aubry mort
parens
du
Il
a adopté par fon testament la difpofition de la Loi. Il n'a fait la répéter fang,
que
Si cette partie du testament avoit pu être fufceptible d'interprétation elle eût même été
toute entière à l'avantage des Sieurs Caradeux. lls font iffus de la foeur germaine du Sieur
Aubry. Ils font donc plus exactement, plus littéralement héritiers de fon
fang que tout
autre héritier poffible qui auroit appartenu au Sieur Aubry par fes afcendans, ; mais notre
Droit n'admet point ces distinctions & ces nuances. Il a d'ailleurs éré jugé avec le Sieur
Caradeux que les autres parens du Sieur Aubry devoient venir
concurremment avec eux à
cette fucceffion, s'ils étoient parens au méme dégré.
Ainfi, pour étre admis à recueillir la fucceflion du Sieur
Aubry , pour en être faifis
comme ils l'ont été, il fuffifoit que les Sieurs Caradeux fuffent fes plus proches
ils étoient les petits-fils de fa foeur
parens $
unique, 3 & dans la foule des concurrens dont la fortune
du Sieur Aubry a excité l'ambition, il ne s'en est pas encore préfenté ni annoncé un feul
qui ait piétendu être fon parent à un degré plus proche que celui oû les Sieurs Caradeux
font placés. Les adverfaires eux-mêmes, nous le vèrrons ailleurs, ne demanderoient
étre admis concurremment, quoiqu'on ait le front de réclamer en leur nom l'univerfalité. qu'à
Or nous avons démontré, s à ce point d'évidence qu'on ne peut pas toujours atteindre
fur les filiations, que les Sieurs Caradeux étoient les petits neveux du Sieur Aubry. Et
par quella fatalité étant fes petits - neveux, n'existant pas de parens plus proches, fe trouveroient - ils donc exclus par le filence du testament qui appelle cependant les plus proches
parens, comme la Loi les auroit indiqués elle-même?
Parce que, dit-on, le Sieur Aubry auroit pu les défigner nominativement,
n'est pas vraifemblable qu'il ne l'eût pas fait, s'il eût reconnu effectivement parce les Sieurs qu'il
Caradeux pour fes petits-neveux, , pour fes
plus proches parens. 2 pour fes héritiers.
Il est bien question de ce que le Sieur Aubry auroit pu faire. Il s'agit bien ici de vraifemblance, de conje@tures, de préfomptions. Qu'ont donc fait en ce moment nos adverfaires
de leurs grands principes fir la néceffité de prouver fa parenté, pour être admis recueillir
ine ficcoffion?
à
Le
urs qu'il
Caradeux pour fes petits-neveux, , pour fes
plus proches parens. 2 pour fes héritiers.
Il est bien question de ce que le Sieur Aubry auroit pu faire. Il s'agit bien ici de vraifemblance, de conje@tures, de préfomptions. Qu'ont donc fait en ce moment nos adverfaires
de leurs grands principes fir la néceffité de prouver fa parenté, pour être admis recueillir
ine ficcoffion?
à
Le --- Page 29 ---
Le testament & la Loi déferent celle du [2s1 Sieur
héritiers du fang. Les Sieurs Caradeux font
Aubry à fes plus proches parens, à fos
de parens plus proches. Ils devoient donc constamment fès petits-neyeux; il n'existe pas
recueillir cette fucceflion?
Si le testament n'existoit pas, les Sieurs Caradeux
par la Loi. En feroient-ils moins héritiers P
ne feroient pas défignés noninativement
La difpofition du testament n'est autre chofe
du Sieur Aubry exprimée
que la répétition de celle de la Loi, la volonté
ceux que la Loi y
par lui-même, , quil vouloit que fa fucceflion fût
appeloit. Ils ne font pas plus défignés
recueillie par
qu'ils l'euffent été par la Loi. Comment donc
nominativement par le testament
appelés par la Loi & par le testament, fous ofe-t-on dire & écrire que ceux font
, la
qui
d'héritiers du fang, font exclus
défignation générique de plus
parce qu'on ne les a pas
proches parens,
pola-t-on jamais de paradoxe plus révoltant P
défignés nominativement: ? ProL'expreflion de la volonté du Sieur Aubry fur le legs
d'étonnant ; rien n'est au contraire plus familier,
univerfl n'a certainement rien
avoir fait des legs particuliers,
plus ordinaire que cette dipofition.
testateur, qui n'a
après avoir manifesté toutes fès volontés
Après
de fa
pas difpofé de tout, qui ne veut pas en
dernières, le
fortune fuive la destination de la Loi natureile difpofer, qui veut que le reste
déclare laiffer le fiarplus de fès biens à fos plus
& civile, qui en refpecte le voeu,
difpofition n'a jamais donné lieu à des proches parens, à fes héritiers naturels. Cette
dans l'idée de perfonne de
difficultés, à des doutes. Jamais il n'est venu
difputer ces biens aux
ne sy trouvoient
plus proches parens, parce
pas, 2 parce qu'ils auroient pu y
que leurs noms
que le testament ne les eût pas exprimés, Ilétoit étre, parce qu'il n'étoit pas à préfimer
deux de trouver leur exclufion dans l'acte
réfervé aux adverfaires des Sieurs Caraleur donnoient, mais
qui n'ajoute rien au droit que la
&
qui ne peut pas Taffoiblir en le confirmant,
nature la Loi.
Veut-on, au farplus, appercevoir toute l'abfardité du
testament fr la défignation nominative des
raifonnement tiré du filence du
faires invoquent eux-mêmes
plus proches parens du Sieur Aubry? Les
ce testament & Ténonciation
advermême (page 6), ( la difpofition de Thomme & celle quil contient. Ils difent euxD affirer la fortune du testament à fes
de la Loife réuniffent donc pour
plus proches parens 6 héritiers du >,
De ce que le testament ne défigne les
fang
parens, ils induifent enfaite
pas Sieurs Caradeux pour étre fes
à
quils ne l'étoient pas 5 ils
plus proches
eux, Sieur & Dame Aubry qu'il faut
foutiennent aui contraire que c'est
Sieur Aubry, parce quils prouvent
appliquer cette intention, cette volonté du
foient
qu'ils étoient fis plus proches
pas plus défignés nominativement que les Sieurs Caradeux, parens, quoiquils n'y
Mais qui peut donc autorifer daux
confequences audi diamétralement
oppofess de la même
D
K
quils ne l'étoient pas 5 ils
plus proches
eux, Sieur & Dame Aubry qu'il faut
foutiennent aui contraire que c'est
Sieur Aubry, parce quils prouvent
appliquer cette intention, cette volonté du
foient
qu'ils étoient fis plus proches
pas plus défignés nominativement que les Sieurs Caradeux, parens, quoiquils n'y
Mais qui peut donc autorifer daux
confequences audi diamétralement
oppofess de la même
D
K --- Page 30 ---
[ 26 1
eifpofition : Quoi! la parenté des Sieurs Caradeux est prouvée. Il est démontré quils étoient
les plus proches parens du Sieur Aubry. Il est incontestable que la fucceflion appartient anx
plus proches parens, 2 & les Sieurs Caradeux feroient écartés parce quils ne feroient pas
défignés nominativement! Rien ne prouve, & nous l'établirons, la prétendue parenté des adverfaires. Ils ne feroient,
d'après eux-mêm2s, parens qu'au même degré que les Sieurs Caradeux. Le testament ne les
déligne pas plus que les Sieurs Caradeux, & ils feroient appelés comme étant les plus
proches parens que le Sieur Aubry auroit défignés par fon testament pour lui fuccéder! Il
faut être patient pour difcuter férieufement ce qui ne mériteroit que le mépris & la dérifion. Nous donnons à ces expreffions générales du testament du Sieur Aubry un tout autre
fens, une toute autre valeur que ceux que les adverfaires s'efforcent de leur préter. La lecture de ces mots a fuffi d'abord pour nous convaincre que la ficceffion du Sieur
Aubry devoit nécefTairement paffer à fes plus proches parcns 9 puifquil le vouloit avec la
Loi. Il feroit quelquefois dangereux & même injuste de s'attacher fervilement à la lettre
des actes. Il vaut mieux fouvent en confulter Tefprit & redreffer par une interprétation faine
& raifonnable une expreflion dont celui quil laura employée n'aura pas fenti la valeur & la
force. Mais il est auffi des difpofitions fi claires, des actes fi précis, que toute Thabileté
d'un interprète échoueroit contre la lettre qui les exprime. Le testament du Sieur Aubry est,
il faur Tavouer. 7 de cette dernière etpèce. On s'épuiferoit envain pour en contourner, pour
en contraindre, pour en défigurer le fens. La raifon & la justice y ramèneront toujours. II demeurera toujours constant quil a voulu ce que la Loi auroit voulu pour lui, que fes
plus proches parens fiaffent fes héritiers. Et fut-il jamais de difpofition qui méritât mieux
d'être refpectée, dont il fut moins permis de s'écarter, que celle qui exprime à la fois le
voeu de la nature. s la difpofition de la Loi & la volonté de celui à qui la nature & la
Loi permettoient de ne pas fitivre leur voix, 2 mais qui n'a éconité & voulu fuivre qui'elle. Réfervons cette faculté de restreindre ou étendre la valeur & T'effet des actes pour ceux où
la foibleffe & la paffion, 9 la violence & la fraude auront gêné les mouvemens libres qui
doivent les diriger, pour ceux qui s'écartent des Loix naturelles & civiles fitr lefquelles ils
doivent être mefurés : la raifon & la justice le permettent.
voix, 2 mais qui n'a éconité & voulu fuivre qui'elle. Réfervons cette faculté de restreindre ou étendre la valeur & T'effet des actes pour ceux où
la foibleffe & la paffion, 9 la violence & la fraude auront gêné les mouvemens libres qui
doivent les diriger, pour ceux qui s'écartent des Loix naturelles & civiles fitr lefquelles ils
doivent être mefurés : la raifon & la justice le permettent. Elles le veulent. Mais faire plier,
fous une interprétation fubtile & forcée des volontés claires, certaines autant que justes &
fages, ce féroit abufer criminellement d'un droit qu'il faudroit plutôt s'interdire que de le
profaner. Ce feroit mettre le mal & fes pernicieux effets à la place du remède falutaire
que les Loix ont permis aux Juges d'y appliquer. Si la volonté du Sieur Aubry est trop claire, trop expreffe pour permettre, pour fouffrir
Finterprétation, pourquoi vouloir pénétrer fon intention ? Cette efpèce d'inquifition est
inutile à l'exécution de fon testament. Mais' au moins n'est-il pas défendu de preffentir la
caufe qui a pu lz déterminer, , & on va voir combien les motifs qui ont dû diriger fon --- Page 31 ---
testament étoient oppofés à CCtIX que les [271
le prouver que les oppofer à eux-mêmes adverfaires lui fuppofent. Nous ne voulons
& comparer les
du
pour
Le Sieur Caradeux
difpofitions testament. fon
père étoit étranger,
au
par nom feul & fa qualité
dit-on, Sieur Aubry, puifqu'il l'a
leur parenté ou alliance. d'Habirant, fans y ajouter aucune expreffion
défigné
qui délignit
Les enfans du Sieur Caradeux auroient
ls eût reconnus
été nommés dans le
pour fes parens, Comment ent-il
testament fi le Sieur Aubry
ceux qui auroient été les derniers
négligé de défigner
de
rejetons de fa famille, qui
nominativement
Caradeux, qui fuffènt nés, qui euffent été
euffent réuni fon nom à celui
carefles dès le
élevés fous fes
berceau, 2 dont quelque-uns euffent dô
yeux 2 dout il eût reçu les
Lorfque les adverfaires
être préfentés par lui-méme à lAutel? s'exprimoient ainfi, ils
qui manquoit aux Sieurs Caradeux
penfoient faire Ténumération de tout ce
font pas heureux, les adverfaires des pour prouver leur parenté avec le Sieur aubry. Ils
ves dont on les
Sieurs Caradeux! Ceux-ci cumulent
ne
croyoit dépourvus, du-moins toutes celles
toutes les preuIls ne réuniffent le
qui étoient pollibles. non
pas nom d'Aubry au leur,
pas Aubry ; mais ils font les derniers parce que leur mère s'appeloit Simon &
mort: fans postérité directe. Les Sieurs
rejetons de la famille du Sieur
Il
Caradeux font les petits-enfans de
Aubry. est
Ils font nés, ils ont été élevés
fa foeur unique. maifon. Il a donc
fous les yeux du Sieur Aubry, &
enfans
pu recevoir leurs careffès dès le berceau, Il
plafieurs dans fa
Caradeux,la Dame de
a prifenté à LAutel l'un des
roligieuf:2avee Maric-Magieline Rocheblanche, ; & avec qui a-t-il concouru à cette
Aubry fa faur, aieule de T'enfant I'on cérémonie:
Son attachement
que baptifoit.
unique. maifon. Il a donc
fous les yeux du Sieur Aubry, &
enfans
pu recevoir leurs careffès dès le berceau, Il
plafieurs dans fa
Caradeux,la Dame de
a prifenté à LAutel l'un des
roligieuf:2avee Maric-Magieline Rocheblanche, ; & avec qui a-t-il concouru à cette
Aubry fa faur, aieule de T'enfant I'on cérémonie:
Son attachement
que baptifoit. Caradeux ainé, pour ces enfans ne s'est pas borné à leurs
, fon petit- neveu, comme tous les frères
premières annécs. Le Sieur
Aubry. Le Sieur Aubry & fa femme lui avoient
& fceurs, étoitle filleul de la Dame
envoyé en France. Ils faifoient les frais de fon voné une affection particulière. Iis l'avoient
pondant du Sieur Aubry, qui y fourniffoit. Et éducation. C'étoit le Sieur Charret corref. recevoit-il du Sieur
dlans quel temps le Sieur
1762,
Aubry ces marques de tendreffe & d'intérêr
Caradeux ainé
précifment à Tépoque où le Sieur
vraiment paternels ? En
avant fon rstament, , le Sieur
Aubry faifoit fon testament. Enfin, dix
deux, & il Tavoit encore Aubry avoit concouru au mariage de la Demoifelle mois
& parnain de la future. défigné par le double lien qui les uniffoir. Il étoit Caray établi oncli:
Maintenant quil est avéré que la famille Caradeux
parenté avec le Sieur Aubry 3 de la liaifon la
réuniffoit toutes les pretves de fa
le plns tendre, toutes ces
plus intime, de T'affection 3 de
démontré le Sieur preuves que l'on croyoit leur
Tattachement
que
Aubry n'a ceffé de réconnoitre manquer s maintenant quil est
Mric-Mlaglidéine Aubry pour fa
toit Caray établi oncli:
Maintenant quil est avéré que la famille Caradeux
parenté avec le Sieur Aubry 3 de la liaifon la
réuniffoit toutes les pretves de fa
le plns tendre, toutes ces
plus intime, de T'affection 3 de
démontré le Sieur preuves que l'on croyoit leur
Tattachement
que
Aubry n'a ceffé de réconnoitre manquer s maintenant quil est
Mric-Mlaglidéine Aubry pour fa --- Page 32 ---
[28]
foeur, Lovif-Amable Simon pour fa nièce, les enfans du Sieur Caradeux pour fcs petitsneveux; qu'il a fervi de père à Tun d'eux, qu'il lui en tenoit lieu précifément à lépoque
de fon restament, ; nous le demandons à cclui que la prévention ou la paflion ne maitrifent
l'argument des adverfaires ne fe rétorque-t-il pas avec bien de l'avantage contr'eux?
pas,
On vouloit que le Sieur Aubry n'eût jamais reconnu les Sieurs Caradeux, parce qu'ils
n'étoient pas nommés dans fon testament. Il est prouvé qu'il n'a ceffé de les reconnoitre
fes parens, eux 3 leur mère, leur aieule. Il est prouvé quil ne pouvoit pas ne pas les
pour
reconnoitre. Ilest prouvé qu'il les a affectionnés, chéris, foignés toute fa vie, comme le père le
plus tendre. Ii n'est donc ni vraifemblable, ni même poflible quil les ait oubliés dans fon
testament, qu'il les ait écartés de fon coeur & de fon cfprit dans l'instant où il distribuoit
fa fortune à ceux dont l'attachement avoit mérité le fien, ou il donnoit à chacun d'eux
de fa
oii il s'occupoit de mefurer fes libéralités far fon affection s de
une preuve
tendreffe,
laifler après luiles preuves des fentimens qu'il avoit déjà & tant de fois manifestés de fon vivant.
Quoi! fes plus proches parens, les feuls qu'il eût autour de lui, une famille nombreufe
& fans fortune, celui qu'il avoit accontumé à le regarder comme fon père, celle qu'il venoit
d'appeler fa nièce, fa filleule 3 les enfans de celle qu'il avoit mariée & dotée comme fa
nièce, les patits-enfans de fa foeur unique, euffent été les feuls omis dans le testament du
Sieur Aubry! Il les eût mis dans l'oubli le plus parfait, lorfque ceux qui ne lui tenoient
que par des alliances, par des liens fpirituels, 2 par celui de lamitié, recevoient tous des
marques de fa fenfibilité, de fa libéralité!
Il léguoit 60, 000 livres à M. & à Madame de Saintard, qui n'étoient pas fes parens,
mais feulement ceux de la Dame Aubry, morte dès 1761 5 1O, 000 livres à leur fille, qui
s'cloignoit encore plus de lui, mais qui étoit fa filleule.
Il léguoit 6, 000 livres àla Demoifelle Maillet, qui lui étoit abfolument étrangère, qui étoit
feulement fa filleule. Il léguoit I5, 000 livres à la Demoifelle Goiflin, qui ne lui tenoit par
aucun lien.
Etil ne vouloit rien laiffer aux enfans Caradeux fes plus proches parens ! Et il ne léguoit
rien à la Dame de Rocheblanche, qui étoit en même temps fa pctite-nicce & fa fillaule! - Et
il ne donnoit rien au Sieur Caradeux ainé qu'il avoit envoyé en France, qu'il y faifoit
élever, à fon frère, à fes foeurs qui l'environnoient , dont plufieurs demeuroient chez lui,
Il auroit totalement oublié la famille Caradeux, dont, fuivant les adverfaires eux-mêmes,
il avoit été le bienfaiteur perpitucl. (page 27).
Il faifoit un legs particulier au Sieur Caradeux père, qui n'étoit que fon allié, qui avoit
époufe fa nièce, dont la femme étoit morte, & il n'auroit pas penfé aux enfans du Sieur
Caradeux, aux enfans defa nièce! A qui pourroit-on le perfuader ?
é la famille Caradeux, dont, fuivant les adverfaires eux-mêmes,
il avoit été le bienfaiteur perpitucl. (page 27).
Il faifoit un legs particulier au Sieur Caradeux père, qui n'étoit que fon allié, qui avoit
époufe fa nièce, dont la femme étoit morte, & il n'auroit pas penfé aux enfans du Sieur
Caradeux, aux enfans defa nièce! A qui pourroit-on le perfuader ? --- Page 33 ---
Non, le testament du Sicur
[9]
Aubry ne recéloit point un abandon
inconcevable, aufli injuste d'une famille au milieu de
aufli bizàrre, , auffi
ceffé d'affectionner. Le Sieur Aubry favoit bien
laquelle il vivoit, &c qu'il n'avoit
proches parens. Il instituoit fs plus
que les enfans Caradeux étoient fes plus
pas les enfans Caradeux. Il leur laiffoit proches parens fes légataires univerfels, Il n'oublioit donc
testament 5 mais il répétoit
ce que la Loi elle-même leur auroit afluré fans le
Caradeux, , qui lui avoit toujours avec été fatisfaction chère. cette difpofition de la Loi pour la famille
Cette explication paroitra, nous Tefpérons,
& abfurde que les
plus naturelle, plus vraie que le
adverfaires ont travaillé à donner au
fens perfide
prife dans les fentimens qu'il devoit avoir
testament du Sicur Aubry. Elle est
la vérité démontrée que les Sieurs
2 qu'il avoit néceffairement. Elle s'accorde avéc
Sieur Aubry. Celle des adverfaires Caradeux étoient les parens, les plus proches parens du
fans doute , Cet accord parfait des renverfe, au contraire, cette harmonie qui les choque
Aubry n'a ceffé de donner de fon preuves que nous rapportons de celles que le Sieur
fon t:stament devoit en offrir & attachement, pour les enfans Caradeux, de calles
en contient effectivement.
que
Enfin, nous dira-t-on
mé les enfans Caradeux? peut-être encore, 3 pourquoi le Sieur Aubry n'a-t-il donc
inutile.
Nous pourrions bien nous
de
pas nomNous pourrions bien ignorer les motifs
difpenfer répondre à cette question
mer comme il l'a fait, & il n'en réfulteroit qui ont pu porter le Sieur Aubry à s'expritestament appelle fès plus proches
rien de contraire aux Sieurs Caradeux. L:
Cela leur fuffit. Ils le
parens. Les Sieurs Caradeux font ces plus proches
prouvent. On ne peut rien exiger de plus.
parens.
Mais nous voulons bien encore fatisfaire fitr ce
la
des adverfaires. Le Sieur Aubry étoit
point curiofité plutôt que lintérét
qui, fans avoir le droit de prétendre à environné, fa
obfédé peut-être par plofieurs familles
quils auroient part à fes largeffes,
fucceflion, fe croyoient au moins celui d'efpérer
La fortune du Sieur Aubry
étoit
provenoit en majeure partie de
Aubry
tante des Sieurs la Toifon. En
celle de fa femme, La Dame
l'effet de la donation
mourant avant fon mari, celui-ci
contractuelle, réuni toute la fortune dans
avoit, par
fon avoit été par là déchue de fes
fa main. La famille la Toilos fiennes fon
efpérances. Le Sieur de Rocheblanche avoit fait
par mariage avec Tune des héritières du
renaître
Mais les frères & foeurs du Sieur de
Sieur Aubry, Urfile Caradeux.
de reffources &
Rocheblanche, la Dame de Saintard, n'avoient
d'efpoir qua dans la tendreffe & Tafection du Sieur
plus,
Aubry,
Le Sieur de Gizeux de fon côté, héritier en partie du Sieur
recueillir toute fa fucceffion. II avoit toujours
Aubry, apiroit cependant à
age du Sieur Aubry, les
entretenu une liaifon étroite avec lui. Le grand
de furveiller
foibleffes, les infirmités qui le fuivent ne lui permettoient
Tadministration des biens du Sieur de Gizaux, dans la Colonie,
guères
Les revenus
plus,
Aubry,
Le Sieur de Gizeux de fon côté, héritier en partie du Sieur
recueillir toute fa fucceffion. II avoit toujours
Aubry, apiroit cependant à
age du Sieur Aubry, les
entretenu une liaifon étroite avec lui. Le grand
de furveiller
foibleffes, les infirmités qui le fuivent ne lui permettoient
Tadministration des biens du Sieur de Gizaux, dans la Colonie,
guères
Les revenus --- Page 34 ---
[3o]
du Sieur de Gizeux fouffroient fingulièrement de Tinertie de cette gestion, mais il
de déplaire au Sieur Aubry en lui retirant fa procuration, & il efpéroit les craignoit dernières
volontés du Sieur Aubry le dédommageroient après fa mort du facrifice que qu'il auroit fait
pour lui laiffer fa confiance & le foin de fos intérêts.
Enfin, la famille Caradeux fondoit fes efpérances fur fa parenté & fur la tendreffe
le Sieur Aubry n'avoit ceffé de lui témoigner.
que
Le Sieur Aubry de fon côté, favoit bien que fes parens paternels existoient à la Rochelle,
& il ne vouloit pas plus les oublier que ceux qu'il avoit dans la Colonie,
II est vrai(emblable que le Sieur Aubry 9 en voulant affurer fes difpofitions d'une manière
bien certaine, bien pofitive, craignoit cependant de les manifester avec cette évidence le
nom des légataires univerfels eût ajoutée à fa dernière volonté. Il redouta
que
& le trouble que la défignation nominative de fes légataires eût occafioner peut-être l'explofion
qui fe berçoient de Tefpoir quele choix tomberoit
pu
entre tous ceux
far eux. Mais il favoit bien quels étoient
Rs plus proches parens 2 quels feroient ceux qui recueilliroient fa fuicceflion en la laiffant à
fes plus proches parens, & cela fuffifoit à fon coeur.
Le dirons-nous, 9 enfin, le Sieur Aubry n'étoit peut-être pas exempt des foiblefles
accompagnent fi fouvent l'homme dans les progrès de fa fortune & de fon élevation. qui La
nature avoit trop d'empire fur fon coeur pour lui permettre d'exclure de fa fucceflion les
parens qu'il avoit en France, & dont il avoit autrefois reçu des fecours; mais elle n'en
avoit peut-être pas aflez pour le déterminer à nommer des parens que leur état, leur
fortune laiffoient loin de lui. Quel est Thomme exempt de foibleffe, & fi le Sieur
en eut une, ne fut-elle pas rachetée par toutes les vertus qui le
? Aubry
distinguoient Il est donc
poflible que ne voulant pas défigner fs parens paternels en France, ne voulant
dant les exclutre, ne pouvant pas nommer ceux qu'il laiffoit dans la Colonie fans pas cepenen méme-temps ceux de France, il a't pris le parti de les réunir fous la défignation défigner
rique d'hiritiers du fang, de plus proches parens, bien certain qu'elle fuffiroit
les géné- faire
reconnoitre après fa mort.
pour
Ainfi nous avons fait pour les Sieurs Caradaux plus que nous ne devions. Établir leur
filiation, celle de leur mère, celle de leur aizule, 3 prouver la parenté des ces trois
tions avec le Sieur Aubry, voilà tout Ca que nous
générade leur demander
devions, tout ce qu'on avoit le droit
pour justifier celui qu'ils avoient à fa fucceffion. Ces
font
Elles font incontestables. Nous en avons comblé la mefire.
preuves acquifes.
Marie-Magdeline Aubry étoit foeur du Sieur Aubry & mère de Louife-Amable
celle-ci étoit par conféquent la nièce du Sieur Aubry, & elle étoit mère des Simon; $
deux. Iis étoient donc
Sicurs Carapetits neveux du Sieur Aubry. De tous les afpirans à fà
aucun n'a prétendu encore être parent à un degré plus proche que celui des Sicurs ficceffion, Caradeux.
ifes.
Marie-Magdeline Aubry étoit foeur du Sieur Aubry & mère de Louife-Amable
celle-ci étoit par conféquent la nièce du Sieur Aubry, & elle étoit mère des Simon; $
deux. Iis étoient donc
Sicurs Carapetits neveux du Sieur Aubry. De tous les afpirans à fà
aucun n'a prétendu encore être parent à un degré plus proche que celui des Sicurs ficceffion, Caradeux. --- Page 35 ---
La Loi & le testament du Sieur
(31]
Sieurs Caradeux à recueillir les biens Aubry qui n'en a été que Técho,
donc
du Sieur Aubry. appeloient
les
A l'instant où il est Hlort, à l'instant où fon
& leurs fceurs fe font préfentés comme
testamenr firt connu, les Sieurs Caradeux
fe reporte à cet instant de
habiles à fuccéder au Sieur Aubry leur oncle. qui fe voyoiant frustrés de fermentation oùt le mécontentement de ceux
Qu'on
la Toifon
tout efpoir, dà néceffairement
qui étoient exclus,
qui s'étoient
éclater. Croit-on
à
préfentés aux fcellés, auxquels le
que les Sieurs
linventaire, fuffent bien difpofés à fouffrir
testament ne permit plus de paroitre
à la fois cette fucceflion far
qu'une famille étrangère au Sieur
ly faire admettre 2 Le laquelle ils avoient compté, &c la
Aubry ufurpât
Sieur Caradeux & fes
parenté qui feule pouvoit
fans difficulté, fans la moindre réfistance. enfans furent cependant mis en
M. de Saintard, mari lui-même
Ce filence forcé des Sieurs la
poffeffion
Sieur
de la Demoifells la Toifon,
Toifon, T'aveu de
Aubry , obligé en cette qualité, comme ille dit
exccusun-escamentaire du
fion du Sieur de Gizeux, d'avertir les
lui-méme dans Tinventaire à Toccala fucceflion du Sieur Aubry àla
héritiers, de les faire jouir, la remife
les
famille Caradeux,
quil fait de
preuves les plus fortes du droit & de la pourroient encore être invoqués comme
avions déjà beaucoup
de
qualité des Sieurs
ay-delà Ca qu'on peur exiger d'eux. Caradeux, fi nous n'en
Nous n'avons plus à
Sieurs Caradeux
répondre qu'à une réflexion des adverfaires fur lcs
devroient, felon eux, rapporter
titres que las
pourquoi nous ne produifons pas des lettres du Sieur pour prouver leur parenté. Ils demandent
deux au Sieur Aubry, qui ont dû fe trouver dans Aubry, & celles de la famille Carabeaucoup fur la force & la valeur de
la fucceffion du Sieur Aubry. On s'étend
un titre contradictoire faur le
ces lettres, dont chacune doit éure, en
fait de poffefion du
guelgue Jorte,
ou un atle gui les déclare 6 les retienne prétendu état de parens des Sieurs Caradeux,
Caradeux de fupprimer
éloignés de la fumille.
ry, qui ont dû fe trouver dans Aubry, & celles de la famille Carabeaucoup fur la force & la valeur de
la fucceffion du Sieur Aubry. On s'étend
un titre contradictoire faur le
ces lettres, dont chacune doit éure, en
fait de poffefion du
guelgue Jorte,
ou un atle gui les déclare 6 les retienne prétendu état de parens des Sieurs Caradeux,
Caradeux de fupprimer
éloignés de la fumille. On reproche aux
ctat pourroient
eux-mâmes un des canaux les plus importans, d'oic les
Sieurs
jaillir tris-abondamment. preuves de leur
Retenons bien ceci pour y revenir. Rendons
au moins une vérité dont ils voudroient
grace aux adverfaires d'avoir laiffé
ticn plus juste. abufer ici, dont nous ferons ailleurs une échapper
applicaSans doute une
domestiques font même correfpondance fouvent non fufpecte peut & doit être confultée,
des
Ces papiers
est quelquefois dans la forme
rémoigmages plus firs que des actes dont tout le
on il n'y a participé
extérieure; aucun membre de la famille n'y a fouvent mérire
Elles font leur
que paflivement.
aires d'avoir laiffé
ticn plus juste. abufer ici, dont nous ferons ailleurs une échapper
applicaSans doute une
domestiques font même correfpondance fouvent non fufpecte peut & doit être confultée,
des
Ces papiers
est quelquefois dans la forme
rémoigmages plus firs que des actes dont tout le
on il n'y a participé
extérieure; aucun membre de la famille n'y a fouvent mérire
Elles font leur
que paflivement. Les lettres apparriennent au moins à coopéré,
d'u
ouvrage. On ne les écrit, on ne les
leurs auteurs,. atre qui, 2 le plus fouvent, ne met
figne pas machinalement & fitr la foi
est de fon ministère,
pas plus d'intérêt & dattention à la
la Loi
qu'il n'apporte de foin à faire
portion qui
veut y voir concourir avec lui. perfectionner l'enfemble par ceulx que
R --- Page 36 ---
13]
Mais lorfqu'une filiation est prouvée par des actes irréprochables, lorfqu'elle l'est fur-tout
ces contrats auxquels deux familles réunies exprès pour l'accomplir travaillent réciproquepar
befoin de chercher encore d'autres preuves que la raifon
ment & avec réflexion 2 qu'est-il
& la Loi n'adoptent que lorfqua les autres manquent, ou loriqu'elles ont befoin d'étre
fortifiées ?
Les
de la filiation des Sieurs Caradeux n'ont befoin d'aucun autre appui, on a
preuves
Tous les membres de cette famille étoient auprès du Sieur Aubry. 5 on n'a
pu en juger.
Sieur
fouvent T'occafion d'écrire à ceux avec lefquels on est tous les jours. Le
Aubry
pas
mort à 80 ans, n'a pas paffé les dernières années de fa vie à écrire; a peine pouvoitil figner. Le Sieur Caradeux ainé feroit le feul qui eût pu, pendant fon voyage en France,
recevoir des lettres du Sieur Aubry. Mais un jeune homme conferve-t-il précicufement la
correfpondance de fa famille ?
L'inventaire du Sieur Aubry indique bien au furplus qu'ii y fut trouvé quelques lettres
qui n'avoient rien d'intirelfant. Mais elles ne furent pas invenroriées avcc plus de détail. On
fe borna à cette énonciation foivant Tufage. Ces lettres, comme prefque tous les papiers
du Sieur Aubry, comme ceux qu'il étoit le plus intéreflant de conferver, des titres de
propriété ont été la pâture des vers 5 & fi nous produilions aujourd'hui, comme preuves
de la parenté des Sieurs Caradeux, des lettres écrites par eux au Sieur Aubry, on ne manqueroit pas de nous dire qu'elles ont été fabriquées exprès pour nous faire des titres 2 mais
qu'elles ne fignifient rien : avec des adverfaires comme les nôtres, il est impoflible de ne pas
être en défaut. Vous ne produifez pas de lettres, parce qu'clles dépoferoient contre vous. Si
vous en préfentiez, elles feroient fauffes. Encore vaut-il mieux n'être pas taxé de faux,
de fabrication, & fur-tout avoir das titres qui ne laiffent rien à defirer.
Cest bien là certainement la pofition des Sieurs & Dames Caradeux, & fi leurs adverfaires avoient montré moins dinconféquence, moins d'éloignement pour toute efpèce de
vérité, fi on pouvoit les foupçonner capables de fe réconcilier une fois avec l'évidence &
la raifon, après toutes les injures qu'ils leur ont faites, on pourroit fe flatter de les avoir
convaincus que les Sieurs Caradeux étoient véritablement les plus proches parens du Sieur
Aubry. Mais qu'importe, fi les adverfaires font incurables, au moins aurons-nous perfuadé
ceux qui veulent qu'on les instruile, & non pas qu'on les trompe.
Il nous reste pour compléter cette partie de la défenfe des Sieurs Caradeux, à établir
la filiation du Sieur de Gizeux, & à justifier par là le confentement de la famille Caradaux, d'après lequel le Sieur de Gizeux a été admis pour un fptième par T'Arrêt de 1764Nous répondrons en même-tamps à la portion du Mémoire des adverfaires quiy a rapport,
de la paga 28 à la 32.
Cet
pas qu'on les trompe.
Il nous reste pour compléter cette partie de la défenfe des Sieurs Caradeux, à établir
la filiation du Sieur de Gizeux, & à justifier par là le confentement de la famille Caradaux, d'après lequel le Sieur de Gizeux a été admis pour un fptième par T'Arrêt de 1764Nous répondrons en même-tamps à la portion du Mémoire des adverfaires quiy a rapport,
de la paga 28 à la 32.
Cet --- Page 37 ---
Cet Arrêt de 1764, dit-on
[531
les Sicurs Caradeux & de d'abord, Cst le fruit du concart le moins
Gizzux,
équiveque entre
Oh, pour C2tta fois nous ne ferons pas
daux prévint l'Arrêt; 5 elia y confentit. Cest divifes, nous en convanons. La famille Carafut envoyé en poflefiion du
de fon confentament quele Sieur de
feptième de T'hérédité du Sieur Aubry.
Gizeux
Mais est-ce donc un crime puniflable,
rendu aux droits du Sieur de
comme on femble Tannoncer, que cet
elle ce
Gizaux, à leur évidence P La famille
hommage
testament que pour couvrir clle-même fon invafion
Caradeux n'adm.ttoitfioa Aubry? Cétoit- là une conféquence des
illégitime du reste de la ficcefvenoient d: foutenir que la famille Caradeux premières affertions de nos adverfiras. Iis
donner un prétexte à leur complaifance étoit étrangère au Sieur Aubry, il falloit bien
pour le Sieur de Gizeux,
Stroit-c: donc un fort inévitable
duffent fe tourner contre
pour nos adverfaires de préparer des
existence
eux-mémes P C'est affez du moins le caractère de argumens qui
afinconfquence & à Terreur.
ce qui doit fon
Les droits & la parenté dès Sieurs Caradaux
à ne pas en redouter Texamen. Le Sieur de étoient constans & prouvés de manière
mais pour réclamer une portion égale à c_lle de Gizeux fe préfente, non pour les exclure,
chacun d'eux.
La demand: du Sieur de Gizeux conteno't
que les Sieurs Caradeux étoient héritiers du donc, d'abord, un aveu formel de fà part
& au même degré qu'eux. Ils avoient fur Sieur Aubry. Ilpréendoit feulement Têtre auffi
fuc plas favorable
lui Tavantage de Ja poffeffion. Jamais
de Gizzux,
pour contaster & examiner fevèrement le droit & la pofition ne
qualité du Sizur
La parenté des Sieurs Caradoux & calle du Sieur de Gizeux
origine. Ceux ià pouvoient bien étre parans & celui-ci
n'avoient pas la même
defeandoient directement de la fceur du Sieur
ne pas T'être. Les Sieurs Caradeux
dre de la mère du Sicur
Aubry ; le Sieur de Gizaux prétendoit
avoir
Aubry. Les preuves de lune & de
deicenquslque chofe de commun, , mais la
de celle
T'autre filiation pouvoient
toit au-delà de J an-Maitin
portion
du Sieur de Gizeux,
criciquer
Aubry 7 pouvoit être vicizufe, Les Sicurs Caradaux quiremonimpunémant. On croira donc bien plutôt
pouvoient la
parca qu'.l avoit dus droits, qu'on
quisls ont reconnu le Sieur de Gizaux
aucun. Mais c'est à cette dernière idée n'imaginera pas quils l'ont admis quoiqu'il n'en €ût
fon
que les adverfires ont donné la
complaifamm.nt arrêtés. C.la devoit être, d'après leur
préférence & fe
çonner de fraude, de manfong-,
penchant irréfistible pour foup-
& vrai. Eux
d'imposture, ce qui paroitroit à tout
qui ont Tandace de réclamer toute la facceflion
autre fimple, juste
Tév.dence de ceux des trois branches
fans aucuns titres, contre
qui en jouiffent, comment croiroiznt-ils
qu'on a pa
E
<
. C.la devoit être, d'après leur
préférence & fe
çonner de fraude, de manfong-,
penchant irréfistible pour foup-
& vrai. Eux
d'imposture, ce qui paroitroit à tout
qui ont Tandace de réclamer toute la facceflion
autre fimple, juste
Tév.dence de ceux des trois branches
fans aucuns titres, contre
qui en jouiffent, comment croiroiznt-ils
qu'on a pa
E
< --- Page 38 ---
13 341 ]
décider à abandonner volontairement iile portion fir des titres légitimes ? Les ennemis
fe
de la justice, de la vérité ne doivent point y croire. Ils n'en ont pas la faculté.
fainement. Apprécions le confentement de la famille Caradeux à l'Arrêt de
Jugeons plus
Tont dirigé. Ne calomnions pas fes intentions avant de connoitre
1764, par les motifs qui
fi elles étoient justes.
La filiation du Sieur de Gizaux n'est ni plus longue, ni plus compliquée que celle des
Sieur Caradeux, ; les titres qui Tétabliflent ne font pas plus équivoques, pas moins authentiques queles leurs.
Le Sieur Reni-Simon Grand-Homme de Gigeux, celui au profit duque! l'Arrêt de 1764
a été rendu, étoit fils de Simone Dubois & de Reni Grand-Homme.
Simone Dubois étoit foeur de Marie Dubois, mère de Jean- - Martin Aubry.
Le Sieur de Gizeux & le Sieur Aubry étoient donc enfans dès deux foeurs, coufinsgermains maternels. C'est en cette qualité que le Sieur de Gizeux a réclamé un feptième
de la fiiccefion du Sieur Aubry 2 dont il fe trouv oit parent aul même degré que les Sieurs
Caradeux. C'est à ce titre que ce faptième lui a été adjugé par T'Arrêt du 19 mai 1764.
Voyons maintenant fi cette parenté du Sieur de Gizeux étoit prouvée. On doir d'abord
le
les Sieurs Caradeux n'avoient d'autre motif de reconnoitre le Sieur
préfiumer, parce que
fortide Gizeux, que celui de fe rendreà l'évidence. Cette préfomption est fingulièrement
fiée T'Arrêt de 1767. Le Sieur de Gizzux y étoit partie. Ses titres y font relatés. La
Dame par Hudin les a critiqués. Elle avoit formé tieree-oppofition à l'Arrêt du 19 Mai 17643
cette tierce-oppofition a été admife. La parenté du Sieur de Gizeux, avouée parl les Sieurs
Caradeux, en 1764, a donc été jugés & reconnue contradictoirement avec la Dame
Hudin, en 1767; mais vous verrez que ce fera encore une collufion entr'eux. Cette
nuance a échappé aux adverfaires. Donnez-kur le temps de la faifir, ils ne manqueront
d'affocier la Dame Hudin au concert qu'ils ont fippofé entre les Sieurs Caradeux & de
pas Gizeux, en 1764, & le Sieur de Gizeux à la connivence des Sieurs Caradeux & de
la Dame Hudin pour amener l'Arêt de 1767. Tant qu'il ne faudra que nier &
afhrmer, vous ne les verrez jamais embarraflés. Notre fureur à nous cst de ne préfenter
des vérités, d'en chercher les preuves; & voici celles que nous appercevons de la
qua
parenté du Sieur de Gizeux.
Jean Dubois & Anne Galop, veuve Papion, 2 fe marièrent à Bordeaux en 1655- Ils
demeuroient Tun S l'autre fur la Paroiffe de Saint-Michel, (& non pas de Micbin, comme
Je difent les adverfaires, page 16 & 17).
Leur contrat de mariage est rapporté. Il est du 24 Juillet 1655. La perte des registres de
la Paroiffe de Saint-Michel pour les annézs 1655, jufques & compris 1659, est constatée
& Anne Galop, veuve Papion, 2 fe marièrent à Bordeaux en 1655- Ils
demeuroient Tun S l'autre fur la Paroiffe de Saint-Michel, (& non pas de Micbin, comme
Je difent les adverfaires, page 16 & 17).
Leur contrat de mariage est rapporté. Il est du 24 Juillet 1655. La perte des registres de
la Paroiffe de Saint-Michel pour les annézs 1655, jufques & compris 1659, est constatée --- Page 39 ---
[35)
par une attestation authentique donnée le 20 Juillet 1764, le
le Grfier en chef du Siige Royal de Guyenne
par Curi de Sint-Michel 6r
C: mariage n'est pas contesté par les adverfaires. Ils fè font rendus ur ce
denca. Ils avouent que l:s pièces produites par le Sieur de Gizeux
point àlévide Jean Dubois & Anne Galup, (page 29 & 31).
prouvoient le mariage
Simone & Marie Dubois font iflues de ce
Leurs
mariage.
actes baptistaires font rapportés.
Celui de Marie Dubois est du 25 Mai 1656. Elie y est défignée
Jean Dubois 6 d'dane Galop.
Marte, flle Ligiime de
Celui de Simone est du 29 Saptembre 1671. Elle y est
de Jean Dubois 6 d'Anne Galop.
appelée Simone, fille ligitine
Il est donc évident que Marie & Simone Dubois étoient foeurs
germaines.
Simnone Dubois fut mariée, d'abord en 1693, atl Sieur Jcan le
quartier de Léogane. Ce mariage fut fait au Port-de-Paix. L'acte de Sergent, Habitant aut
l'incandie de 1695 5 mais le Sieur Jean le
avoit
célébration périt dans
dont l'infinuation devoit être faite au Greffe Sargent de
pris une expédition du contiat
Paix. Ce contrat a donc été confervé
Léogane, comme dans celui du Pori-depar ce moyen 5 il esr du 7 Novembre 1693.
On y voit que le Sieur Sergent contracte avec Damoifille Simone
ail Port-de-Paix, native de Bordeaux. fille de defunt Jean
Dubois, demcurante
chand,. 6 Anne Galop fs père 6 mère,
Dubois, Bourgeois 6 MarNous parcourons enfuite les noms des parens qui ont affisté à ce
trouvons de Lz part de Lz Demoifelle Simone Dubois. Martin
contrat 3 & nous
G Habitant de ce quartier ; Dimoifelle Marie
dubry 2 Enfeigne de Milices
dudit Sieur Aubry
Dulois, faur de lz Dame fauure spoufe, fmme
Les fignatures Martin Aubry & Marie Dubois, font rapportées fir
l'expédition.
Le Sieur le Sargent mourut, & Simone Dubois fa veuve fé remaria
Rens Grand-Horme.
en 1699, au Sieur
Le contrat & l'acte de célébration de ce fecond mariage font
du 4 Novembre 1699, paffé devant un Notaire
rapportés. Le contrat est
Tortue & côre
reçu au Confeil Souverain de Tile de la
Saint-Domingue, réfidant à Léogane.
Le Sieur Reni Grand-Homme, Habitant de Léogane, natif du Lude
avec Demoifille Simone Dubois, veuve de feu Sicur Jean le
en Anjou, contracte
même lieu de Léogane, icelle fille naturelle &
Sergent, vivant Habitant du
Marchand, Eourgeois de la ville de Bordeaux, ligitinme de difunt Sieur Jezn Dubois, vivant
6 d'Aane Galop fes père & mère.
, réfidant à Léogane.
Le Sieur Reni Grand-Homme, Habitant de Léogane, natif du Lude
avec Demoifille Simone Dubois, veuve de feu Sicur Jean le
en Anjou, contracte
même lieu de Léogane, icelle fille naturelle &
Sergent, vivant Habitant du
Marchand, Eourgeois de la ville de Bordeaux, ligitinme de difunt Sieur Jezn Dubois, vivant
6 d'Aane Galop fes père & mère. --- Page 40 ---
[36]
D: ce mariag, célébré à Léogane , I: 25 du même mois de Novembre 1699, étoit
iffu le S'eur Ren:-Simon Granl-Honme, frnemmé enfitite de Gigeux. Il fut baptifé l
premier Décambre 1705. Ren:-Smon Grani-Homme, ni le 21 Juin dernier, procr.e ent 1 gitiMe mariuge de M. Rens Grand-Fumne, 6 de Demoifelle Simone Dubois.
Il n'en faudroit pas d'avantage affurément pour justifier les droits & la parenté du Sieur
de Gizaux avec le Sieur Aubry, pour prouver quils éto. ent coufins-germains: ne furlit-il
pas de prouver qu'ils étoient enfans des deux focurs P Et peut-on contester que Maric
Dubois, mère de Jean-Martin Aubry, & Simone Dubois, mère du Sieur de Gizeux, fullent
foeurs garmaines? Mais en voudroit-on d'autres preuves encore?
Dans 1z contrat de mariage de Marie- Magdeline Aubry & Jacques Pageot, du 5 Juin
1709,0n retrouve le Sieur Ren: Granl-Hemne, père du Sicur Gizeux. II y affiste comine
onzie du côti maternel de Maric- Magdeleine dubry, & il T'a figné, 11 aflista aufli à la
cdlébration & en figna T'acte.
Lorfqu: Maric-Magdeldine Aubry veuve Pageot fe remaria cn 1714 avcc Bartheleni
Simon, le Sieur Reri Gran-l-Homme étoit aufli préfent, & fa femme Simone Dubois sy
trouva elle-même. Voici Ce qu'on lit dans le contrat du 24 Cctobre 1714 ( & de la part
>) dx la Dame future épouf:, de ladite Dame Dubois (Miarie) fa mere, du Sieur Jean-
>) Muntin dubry fon frir, de M. Ren: Gran! - Homme, Habitant au quartier de la
37 Grands-rivière de Léogane, de Dam: Simone Dubois fon époufe, tante maternelle de ladite
C Fuure époufe( Maris-Magdel.ine Aubry >).
Enfin ne vo.t-on pas dans l'enquête faite en 1742, la requête du Sieur Aubry Juiméme, qu: Simone D.ilois, époufe du Sicur Grand-Homme, père du Sieur de Gigeux, 3
avoit toujours reconnil Jean-Martin subly pour Jon neveu?
II est donc prouvé, &c prouvé fans réplique; I". que Marie 6 Sinone Dubois itoient
faurs germiaines.
20. Que Marie Dubois dtoit mère de Jean-Matin Aubry.
39. Que Simone Dabois étoit mire du Sieur de Grux, tante de Marie - Magdlelsine
Aubry, Jaur germaine de Jean-Martin subry, & par conféquent tante de Jean- - Martin
Aubry lui-môme.
4°. Quele Sieur de Gigeux, fls de Simone Dubois, étoit coufn-germain de Jean Manin
dubry, fils de Marie Dubois.
Cest pourtan cette vérité qu'on ne pardonne pas aux Sieurs Caradeux d'avoir reconnu en
confentant à PArrêt de 1764 ; c'est l'aveu de cette vérité qu'on foutient hardiment être
e de Jean-Martin subry, & par conféquent tante de Jean- - Martin
Aubry lui-môme.
4°. Quele Sieur de Gigeux, fls de Simone Dubois, étoit coufn-germain de Jean Manin
dubry, fils de Marie Dubois.
Cest pourtan cette vérité qu'on ne pardonne pas aux Sieurs Caradeux d'avoir reconnu en
confentant à PArrêt de 1764 ; c'est l'aveu de cette vérité qu'on foutient hardiment être --- Page 41 ---
l'effet d'un concert dont les Siaurs Caradaur 171
pour prévenic un éclac dont ils devoient iht befnin pour couvrir leur
redouar lus fiuites.
ufapation;
Malheur à celui qui a tant d'averfion
der qu'on lui rende un hommage volontaire pour la vérité, qu'il ne pent pas m3me fe
doit toujours recéler un motif
& Ebre, a: ax yeux duquel) cat aveu perfinhonteux, qui en altère
juste & pur
fon coeur est à fon comble.
T'éclat & le mérite! La perverfité de
Et fi pour justifer T'accusil que les Sieurs
de Gizzux, ce n'étoit pas allez que le
Caradeux ont fait aux prétentions du Sieur
ne pourions-nous
concours de tant de preuves
pas ajouter qu'il est des vérités tellement
ligales & authentiques, >
contestées & mifès en problême? Il
notoires quièlles ne
n'y en eut
peuvent étre
joignit CC figne de notoriété, plus la
jamais qui 2 à Tauthenticicé des
point qui dût étra plus refpectée que réclamation du Sieur de Gizeux. Il n'en titres,
aujourd'hui,
est
Ses droits Ont été reconnus par les Sieurs
Agités de nouveau en 1767, ils ont éprouvé la Caradeux, & fixés par un Arrêt en
& cef.cond
contradiction la
1764.
Arrêtles a confacrés folemnellemant.
plus férieufe, la plus vive;
un préjgé au moins de la vérité
Voudra-t-on admettre deux Arrêts
qu'ils ont décidée?
comme
Mais catte vérité, que le Sieur de Gizaux étoit
cette verité qui diflipe facilement
parent du Sieur Aubry, fon
aujourd'hui les nuages dont les
cuufn-gormains
courrir, ne devoit elle pas avoir à Tépoque de la
adverfaires s'efforcent de la
1767, un tout autre caractère encore d'évidence mort du Sieur Aubry, en 1764, en
& de certitde?
Quoi donc! on pouvoit douter de la parenté de deux
Tautre dans la Colonie, de pères & mères
coufins-germains, nés lan &
vécu, qui,s'ils avoient d'abord habité des qui y avoient été mariés, qui y avoient tols
& y avoient été attirés par le lien qui les quartiers éloignés, s'étoient réunis dans le même,
Jeurs mariag's, & à ceux de leurs
uniffoit, qui avoiant réciproquement affisté à
notoire alors, que l'on auroit fac.lemant defesndans! Cette parenté devoit être d'autant
toient un quartier,
compré les famills, les individus même plus
qui habiEt cette évidence, cette notoriété ne font-elles
l'inventaire des biens du Sieur Aubry? Cest-là pas en effet attestées par- ce qu'on lit dans
réclamation du Sieur de Gizzux. Son Gérant, que nous trouvons la première trace de la
Il n'étoit pas infpiré par l Sieur de Gizeux lSieur Moiffit, f préfente à cct inventaire,
pouvoir de lui, mais il n'ignoroit
qui étoit en France. Il n'avoit pas même
de Gizeux éto't le
pas ce que tous ceux du quartier favoient,
de
tions
parent & le proche parent du Sieur
que le Sieur
pour conferver les droits du Sieur de Gizeux,
Aubry. Il veut aflister aux opéraQue lui répondent les Sieurs Caradeux ?
Que le Sieur de Gizaux étoit
étranger au Sieur
(
ct inventaire,
pouvoir de lui, mais il n'ignoroit
qui étoit en France. Il n'avoit pas même
de Gizeux éto't le
pas ce que tous ceux du quartier favoient,
de
tions
parent & le proche parent du Sieur
que le Sieur
pour conferver les droits du Sieur de Gizeux,
Aubry. Il veut aflister aux opéraQue lui répondent les Sieurs Caradeux ?
Que le Sieur de Gizaux étoit
étranger au Sieur
( --- Page 42 ---
138J ]
quil n'avoit & ne pouvoit avoir aucun droit à fa facccflion ; qu'il y avoit de
Aubry 5 de li du Sieur Moifferà le prétendre.
Rien de cela.
Testravaganc:
part
On lui répond fa procuration n'est pas en règle, qu'elle ne lui est pas donnée à
lui-même, le q:1e Sieur de Gizeux, fût-il préfint, ne pourroit être admis qu'en prouvant
que
Jon habilets à fuceider.
Comment s'exprisae M. de Saintard, exécucurstamemaire du Sieur Aubry, fon allié,
lui qui devoit au moins connoitre les parens du Sicur Aubry? Il dit qu'il appuieroit
du Sieur Moifft
le Sieur de Gizaux, s'il venoit armé de preuves de
ls prétentions
pour
attendu
f filiation ; mais quil s'en rapporre à Justice fur le vii de la procurations 6
gu'll
n'avoit aucune connoiffance PAR TITRES des qualitis du Sieur de Gigeux.
Le Sieur Moifft est renvoyé, attendu Tinfaffance de Lz procuration, fans prijudicier aux
droits du Sicur de Gizeux, qui lui demeurent rfervis.
Thomme
& de bonne foi qui n'appercevra pas dans la démarche
Qu.l est
clairvoyant
dans les
da Sicur Moilfet la preuve que la parenté du Sieur de Gizeux étoit notoire ;
de la famille Caradeux qu'elle n'en doutoit pas, mais qu'elle ne vouloit pas
réponfes admettre le Sieur Moiffet, un étranger fans qualité & fans pouvoir à des opérations de
famille; dans les réflexions de M. de Saintard, la conviction intime & parfonnelle d.s
droits du Sieur de Gizeux, : qu'il difoit faulament ne pas connoitre par titres, mais que
dans TOidonnance du Jnge enfin 2 le réfultat
la tradition ne lui permettoit pas d'ignorer ;
des réflexions refpectives dont il venoit d'étre le témoin, des aveux qui durent les accommais Tapplication exacte du principe, qui ne vouloit pas que le Sieur Moiffet
pagner, affistàt à Tinventaire fans qualité & fans miflion expreffe du Sieur de Gizeux?
Ainfi les Sieurs Caradeux n'ont fait en 1764 que CC quils ne pouvoient fe difpenfer de
faire; ils ont reconnu ce qui étoit notoire, ce qui étoit prouvé, ce qui étoit incontestable, le Sieur de Gizeux étoit coufin-germain du Sieur Aubry, qu'il devoit partager fà
fuccaffion que concurremment avec eux. Is ont abrégé le procès, ils fe font foumis à la condamnation quil leur étoit impollible d'éviter.
Faudroit-il répondre encore à la difcuffion des adverfaires fur la filiation du Sieur de
Gizeux? Ils conviennent du mariag: de Jean Dubois & Anne Galop; ils avouent que de ce
mariage étoient nés Marie & Simonc Dubois. Ils reconnoiffent que Simone Dubois s'est
marié: deux fois dans la Colonie, d'abord avec Jean le Sargent, enfuite avec le Sieur
de Gigeux.
Mais ils ne veulent pas qu'il foit prouvé qu2 & Marie Dubois, femme Aubry 9 fût née des
D mêmes père & mère que Simone Dubois, que Marie Dubois foit venue dans la Colonie, 9
> que Çe foit la fceur de Simone Dubois qui ait époufé Martin Aubry 5 que Jean Du-
Simone Dubois s'est
marié: deux fois dans la Colonie, d'abord avec Jean le Sargent, enfuite avec le Sieur
de Gigeux.
Mais ils ne veulent pas qu'il foit prouvé qu2 & Marie Dubois, femme Aubry 9 fût née des
D mêmes père & mère que Simone Dubois, que Marie Dubois foit venue dans la Colonie, 9
> que Çe foit la fceur de Simone Dubois qui ait époufé Martin Aubry 5 que Jean Du- --- Page 43 ---
>)
[39]
bois & Anne Galop foit venus s'établir à
> Dabois ; on doit prefiomer Jcan Dubois Saint-Dominge, qu'ils y aient amené Marie
que
& Anne
> en France; ; il faut ponfer quils y confervèrent
Galop ont confervéleur domicile
> ds Simone Dubois dans la Colonie
Marie Dubois auprès d'eux ; le paflage
>7 plus le motif de fon
paro't certain ; mais c'est un événement fingulier, &
>) partagé les fingularitis voyage de est extraordinaire, moins il faut croire que fà foeur ait
fz vie, &c les dangers de
>> foient vus ravir p.ar le méme du
fa navigation, & que fes parens fe
>) leur famille
coup fort, les deux feuls enfans
17,
qui compofoient toute
Il avouent que ( Martin Aubry, père de Jean Martin
> Marie Dubois; mais ils prétendent
, paroit avoir eu pour femme une
2) cette Marie Dubois font
que l'origine , la naiflance, la patrie, les parens de
7) feur de Simone Dubois & ignorés, que fes noms ne forment ni ne prouvent qu'elle étoit
>> fille de Jean Dubois & d'Anne tante du Sieur de Gizeux, que Marie Dubois pouvoit être
>> que telle fiit fa naiflance.
Galop ; mais qu'on ne trouve pas la moindre apparence
(Page 31 & 32).
Qual fatras! Quelle rapfodie ridicule & inintelligible!
dités ou des erreurs à relever?
N'aurons-nous donc que des abfurVraiment il s'agit bien de favoir quel fut le motif du
Dubois dans la Colonie ; fi elles y vinrent feules
paffage de Simone & Marie
ment fit finguliers G Jean Dubois &
ou avec leurs père & mère ; fi Tévéneleur ravit leurs deux enfans!
Anne Galop eurent à gémir du coup du fort qui
Marie 6 Simone Dubois étoient foeurs. Marie fut ferne de Martin
Juan Martin.
Aubry &c mère de
Simone époufa René Grand-Homme & donna le
falloit
& ce
jour au Sieur de Gieux, Voilà ce
prouver
que nous avons démontré.
quil
Mais la tendre inquiétude des adverfaires fir le du
Dubois à leurs père & mère, leur artendriffement coup fort qui ravit Marie & Simone
Colonie dut coûter à Jean Dubois & Anne
fir les larmes que leur paffage dans la
nous intéreffe. Nous
les
Galop, morts il y a un fiècle, nous touche &
pouvons confoler d'un mot. Le contrat de mariage du
1693, de Simone Dubois avec Jean le
7Novembre
Simone Dubois n'étoient
Sergent, 9 nous apprend encore que Marie &
pas comme les adverfaires l'affirment fans le
deux feuls enfans de Jean Dubois 6 Anne
Elles
favoir, ,(page 31) les
voit au nombre des
de
Galop.
avoient au moins u frère. On
parans Simone Dubois, Sieur Jean Dubois
a quartier du Port-de-Paix.
de
fan frère, Aide-Major
tenoit
L'établiffement ce frère dans la Colonie, l'état
expliqu: affez le mosif du paffage de Marie 6 Simone Dubois à
qu'il y
X paferent avec leur frère, ou y furent dans la fuite attiréas lui, Saint-Domingue. Elles
par Leurs père &: mère,
É
ient au moins u frère. On
parans Simone Dubois, Sieur Jean Dubois
a quartier du Port-de-Paix.
de
fan frère, Aide-Major
tenoit
L'établiffement ce frère dans la Colonie, l'état
expliqu: affez le mosif du paffage de Marie 6 Simone Dubois à
qu'il y
X paferent avec leur frère, ou y furent dans la fuite attiréas lui, Saint-Domingue. Elles
par Leurs père &: mère,
É --- Page 44 ---
[40]
morts paut-étre même avant cet événement, n'eurent donc point à gémir fur le coup du
fore qui leur ravizleurs filles.
On vcit avec quelle complaifance nous éclairciffons les doutes de nos adverfaires, mimc
fir des points alliz indifférens, & combien ils font malheureux dans leurs épifodes.
Nous avons donc rempli notre tâche fur cette première partie de la définf de la famille
Caradoux. Sa parenté avec le Sieur Aubry ne fera plus douteufs, Elle ne pourra pluts être
raifonnabl.ment contustée. Il n'a pas laiffé d'héritiers plus proches que lcs Sicurs Carad.ux.
La Loi, l testament du Sieur Aubry les appeloit donc à recueillir fà fucc.ffion.
Ils ont pu, ils ont dà y admettre le Sieur de Gizeux, puifqu'il étoit parent au même
deg.équ.ux,
Cos d.ux vérités, nctcircs Cn 1763, font acquifes aujourd'hui, Voyons maintena"t fi
ceux qui nous Ont fo:cé de ls établir, de les publier ont jamais eu le droit de nous en
damand.r la preuve.
S IL
Examen des prientions des Aubry, de Tous, G des
titres de la Damc Hudin.
La famille Carad:ux cit E", avant que de jostifier fs droits, avant que de faire connoitre
fes titres, examiner fi C. UIX qui la provoquoient à cette difcuflion avci.stqualté pcur Txiger
d'ell, fi fur-tout L.ur attaque étoit régulèrment dirigés. Les foimus & ia marche gue les
Loix pr.ferivent pour lcs affaires les plus légères, ne fauroient être vicléus & méprifécs
impuném.nt pour c.lle dont Timportance & l'objet Lmblent mériter qu'on s'y cor.forme
encore plus fcrupaleuf.mnent,
Nous euffions dû peur-étre commencer, fuvant T'ufage, par j:tter les yeux fur la prccédure des adverfaires, & éclairer la route quils ont tenuc, Mais pcur avoir voulu fat.sfaire
Tempreffement des Sieurs Caradeux, &c nctre impaticnce de faire difparcire pcur jamais
jes doutes injurieux élevés fur leur état, & la légitimité de leur pcffefion, ncus n'avons
pas renoncé à faire remarquer que lignorance la plus profonde a, guidé IEs pas de leurs
adverfaires, comme la mauvaifs foi & la calomnie ont préfidé aux moyens qu'ils ont employés.
Lc 24 Mai 1786,n a demandé aux Sicurs Caradeux la justification de leurs titres &
la remife de la fucc.fion, faute d'en justifier.
Cctte demande a été formée au nom de Frarçois, Laurent & Perrine Aubry. Ce fort
encore
us n'avons
pas renoncé à faire remarquer que lignorance la plus profonde a, guidé IEs pas de leurs
adverfaires, comme la mauvaifs foi & la calomnie ont préfidé aux moyens qu'ils ont employés.
Lc 24 Mai 1786,n a demandé aux Sicurs Caradeux la justification de leurs titres &
la remife de la fucc.fion, faute d'en justifier.
Cctte demande a été formée au nom de Frarçois, Laurent & Perrine Aubry. Ce fort
encore --- Page 45 ---
encore les adverfaires que nous femblons avoir 14]
tés par le Sieur Baegut,
en tête $ on les fuppofoit, en
demeurant aux
1786,repréfenSieur François-Paul Chenantais de
Cayes, fondé de procuration, par fubstitution du
roftriat, Receveur des Domaines deS. M. à
Les procurations de François, Laurent &
Amboifs,
des 16, 18 Août & 6
Perrine Aubry au Sieur Chenantais, étoient
du 15 Septembre
Septembre 1781. Celle du Sieur Chenantais au Sieur
1781.
Bacqué est
On ne nous dit pas pourquo; on a mis cinq années
Mais ce que nous voyons, c'est
à réfléchir avant d'en faire
une nouvelle
uage.
Bacqué, du 13 Septembre
procuration du Sieur Chenantais au
1786,& un cahier énorme de nouvalles
Sieur
pièces qui
Cette feconde
laccompagne.
formé la demande procuration nous apprend que des trois individus
en Mai 1786, deux étoient
au nom defquels on a
morts depuis long-temps.
Frangois Aubry étoit mort & enterré à THôpital
Dicembre 1783.
général de la Charité de Tours, le
Laurent Mubry étoit mort 4 Nantes, le 2 Novembre
1784.
Le troifième, Pertine Aubry, a cidé fes droits au Sieur
Chenantais, par acte du 7 Août 1786.
Aufi la procuration de 1786 n'est-elle plus donnée
Bacqué, par fubstitution des pouvoirs le
par le Sieur Chenantais au Sieur
Perrine Aubry, comme celle de que premier avoit reçus de François, Laurent &c
1781.
Le Sieur Chenantais paroit dars la dernière,
felle Aubry, fon époufe, G comme
d'abord cn fon nom, à caufe d'une Demoipouvoirs d'une foule d'autres ceffornaire de Perrine Aubry ; enfuite comme
Sieur
héritiers auxquels il prétend que les droits
ayant les
Aubry, ouverts d'abord en faveur de François,
fur la facceflion du
par! la mort de François &
Laurent & Perrine Aubry, , ont
ticrs de cinquième, &c. Laurent, 2 en fe fubdivifant pour ainfi dire à
paffs
&c.
Tinfini, , par cinquiëme >
Au nombre des pièces jointes à cette
actes mortuaires de Frangois 6 Laurent procuration de 1786, nous trouvons les deux
1786 elle- même est une
Aubry, de 1783 6 1784, & cette
preuve bien
bien
procuration de
est donnés par leurs héritiers.
authentique,
pofitive de leur mort, puifqu'elle
Le Sieur Chnantais charge même le Sieur
dante au Port-au-Prince, les dicès de
Bacqué de déclarer dans linstance déjà
de lui Sieur Chenantais,
Laurent 6 Frangois Aubry, dy
pen-
& dis autres co-intérefTfés
intervenir au nom
leur fone échus p.zr le dicès defiits Siezrs Laurent quil s'affocie pour exercer les droits
Jean-Martin Aubry.
6 Frangois Aubry, dans la ficceffion qui de
F
-
nantais charge même le Sieur
dante au Port-au-Prince, les dicès de
Bacqué de déclarer dans linstance déjà
de lui Sieur Chenantais,
Laurent 6 Frangois Aubry, dy
pen-
& dis autres co-intérefTfés
intervenir au nom
leur fone échus p.zr le dicès defiits Siezrs Laurent quil s'affocie pour exercer les droits
Jean-Martin Aubry.
6 Frangois Aubry, dans la ficceffion qui de
F
- --- Page 46 ---
[4)
Ainfi, non-fetulement François 6 Laurent ubry étoient morts plufieurs années avant la
demande formée en leur nom en 1786, ; mais encore cette procédure est devenue également
vicieute pour Perrine Aubry, loriqu'ayant cédé fes droits au Sieur Chenantais, le 7 Août
1786, elle a dès-lors ceffé d'avoir intérêt & qualité au procès i on n'en a cependant
moins continué les pourfitites en fon nom.
pas
Cest fur-tout la tierce-oppofition aux Arréts de 1764 & de 1767 qui est curieufe. Elle
est formée au mois de Juillet 1788 ; elle l'est comme tous les actes qui T'ont
nom de Frangois, Luurent 6 Perrine Aubry, les deux premiers morts
accompagné, au
depuis quatre & cinq
ans. , l'autre ayant cédé fes droits depuis 1786, 5 elle l'est en vertu d'une procuration donnée
par les héritiers des deux premiers, par le cefionnaire des droits de l'autre. On
même-temps les actes mortuaires de François 6 Laurent Aubry, les pouvoirs de leurs produit héritiers en
pour intervenir, ceux du cefhonnaire de Perrine Aubry, & on n'en forme pas moins la tierceoppofition au nom des deux morts & de Perrine
Aubry 9 qui auroit ceffé d'avoir qualité
depuis 1786, fi elle en avoit jamais eu aucune.
Les affignations pour procéder far la tierce-oppofition font données, d'un autre
Sieur de Gizeux, & à la Dame Hudin. La Dame Hudin étoit morte dès
côté, au
Gizeux l'étoit dix ans
Cela
1778. Le Sieur de
auparavant.
est prouvé fans réplique.
L'Ordonnance de 1667, au titre 26, article 1, 2 & 3, veut que le- jugement du
qui fera en état de juger, ne foit pas différé par la mort des parties ; mais elle procès
qu: f le procès n'est en état, les procédures faites & les Jugemens intervenus veut auffi
de l'une des parties foient nuls, s'il
depuis le décès
n'y a reprife. Elle veut encore que le Procureur
faura le décès de fa partie/oir tenu de le faire fignifier à l'autre. Elle ajoute
qui
égard que les pourfites feront valables
feulement à cet
jufques au jour de la fignification du décès.
Mais où est la Loi qui permet de commencer un procès au nom de perfonnes
deptis plufieurs années, en vertu d'une procuration dont les effets finiflent avec. la mortes vie de
ceux qui l'ont donnée! Oà est la Loi qui, lors même que le procès auroit été commencé
du vivant de François & Laurent Aubry, auroit autorifé à en continuer linstruction
les pourfites fous leur nom, en même temps qu'on
&
rapporte, qu'on produit les actes
qui constatent leur mort, & la procuration de leurs héritiers pour déclarer leur
pour intervenir au nom de ces héritiers ? Oi ESt la Loi qui permet de continuer les décès,
fuites au nom du cédant, lorique le ceffionnaire fe préfente &. donne fes
pourmettre à la place de celui dont il a acquis les droits ? Oà est enfin la Loi pouvoirs pour fe
celui qui veut diriger une action aufli férieufe fur-tout
qui difpenfe
Arrêts, du foin de s'affurer de l'existence de
qu'une tierce-oppofition à deux
ceux qu'il doit affigner, qui lui
ner deux individus morts
permette d'ajourdeptis plufieurs années P
Ce feroit bien là les adverfaires
qui conviendroient aux nôtres 5 mais ont-ils pu elpérer
à est enfin la Loi pouvoirs pour fe
celui qui veut diriger une action aufli férieufe fur-tout
qui difpenfe
Arrêts, du foin de s'affurer de l'existence de
qu'une tierce-oppofition à deux
ceux qu'il doit affigner, qui lui
ner deux individus morts
permette d'ajourdeptis plufieurs années P
Ce feroit bien là les adverfaires
qui conviendroient aux nôtres 5 mais ont-ils pu elpérer --- Page 47 ---
d'enfreindre
143 ]
de la
impunément & d'une manière aufli indécente
procédure, dans un procès de la nature de celui-ci? que ridiculs, les premières règles
exemple recéleroit-elle un piége? Auroit-on voulu
Cette marche abufive & fans
la décifion qui auroit été allife fur des bafès fc préparer de loin un moyen
N'est-elle que l'effet naturel de
aufli vicieufes ? La rufe froit d'attaquer
elles
lignorance, ou de
trop groflière.
ne furent pouflées plus loin.
linconf@quence, de la légéreté ? Jamais
Tout est donc nul, tout est irrégulier dans la
fiarplus Jeurs
procédure des
prétentions 3 les titres dont ils les
adverfaires. Examinons au
étoit préfentée régulièrement &
appuient 2 comme fi la difcullion nous
par ceux au nom delquels il font annoncés,
en
Le fystême des adverfaires est de
mort à Saint -
prétendre que Martin
Domingue en 1763, étoit né à
Aubry, père de Jean-Martin,
mariage de Jucques Aubry & Marie Villette,
Tours, le 20 Novembre 1658, du
Que François, Laurent & Perrine Aubry
ment iffu de
étoient enfans de
Jacques Aubry & Marie Villette :
Jean-Pierre Aubry, , égaleAubry étoient coufins-germains de Jean-Martin qu'ainfi François, Laurent & Perrine
Aubry,
On produit, pour juscifier cette
de
généalogie, une multitude
fépulture, un acte de notoriété, des
d'extraits de baptême, de
chal de Castries, ancien Ministre
certificats, des lettres enfin de M. mariage,
de la
& de
le MaréColonie, dont les Aubry de Tours Marine,
MM, les
ont fait folliciter la
Administrateurs de la
On réclame
Protection en 1786.
la fucceffion de aujourd'hui au nom de François, Laurent G Perrine
favoir fi
Jean-Martin, ce qui femble faire naitre
Aubry Tuniverfalité de
le père de Jean-Martin
deux questions. La
de
tablement iffr de
Aubry, mort en 1763, à
première,
Jacques Aubry & de Marie Villette ; la Sains-Domingue, étoit Vériorigine à Martin Aubry père de
feconde , fi en fippofant cette
feroient véritablement appelés à la fucceflion Jean-Martin, François, Laurent & Perrine
de leur famille fes plus proches
de Jean-Martin Aubry, comme étant Aubry feuls
parens.
Cette féconde e question
adverfaires s il faudra les tirer exigera in examen détaillé de tous les actes
du chaos , de la confufion
rapportés Par les
préfenter, en vérifier la forme, les claffer
avec laquelle on affecte de les
famille auquel ils
relativement à chacun des individus
Laurènt
appartiennent, en confidérer les rapports. La
de cette
Aubry néceffitera la même
mort de
&
çois & Laurent Aubry fuffent, opération une feconde fois $ en fippofant François
Aubry il
comme on le prétend,
que Fran1 faudroit encore s'affurer fi ceux qui
coufins-germains de Jean-Martin
les auroient effectivement recueillis.
prétendent pourftivre aujotrd'hui leurs droits
Nous ne nous occuperons pas ici de cette question
feconcaire. Elle entraineroit une difcuf.
R
Aubry néceffitera la même
mort de
&
çois & Laurent Aubry fuffent, opération une feconde fois $ en fippofant François
Aubry il
comme on le prétend,
que Fran1 faudroit encore s'affurer fi ceux qui
coufins-germains de Jean-Martin
les auroient effectivement recueillis.
prétendent pourftivre aujotrd'hui leurs droits
Nous ne nous occuperons pas ici de cette question
feconcaire. Elle entraineroit une difcuf.
R --- Page 48 ---
[ 44 1
fion trop étendue, S nous regrettons dejà beaucoup de ne pouvoir refferrer d'avantage
celle des points principaux qui nous paroitindi/panfables, On nous en difpenferoit d'ailleurs,
nous n'en doutons pas, lorfque nous nous ferons expliqués fur la première. Après avoir
démontré qu'il n'exista jamais de parenté entre les adverfaires & Jean-Martin Aubry,
pourrions nous avoir encore à leur difputer les degrés & les nuances de cette parenté
quils fuppofent?
On remarquer & faifir dès à préfent T'avantage quel les Sieurs Caradeux ont toujours
& peut cefferont d'avoir fur toutes les familles qui fe font préfentées & pourroient fe
eu ne
préfenter encore à la ficceflion de Jean-Martin Aubry.
La parenté des Sieurs Caradeux avec le Sieur Aubry remonte au Sieur Aubry lui - même,
frère de l'aieule des Sieurs Caradeux. Les preuves quils en rapportent font directes comme la
fource même de cette parenté, Elles réfident dans des actes émanés du Sieur Aubry lui-même,
oit il a reconnu les Sieurs Caradeux pour fes petits-neveux, comme il avoit reconnu leur mère
fa nièce, & leur aizule pour fa foeur; 5 dans des actes communs au Sieur Aubry & aux
pour des Sieurs Caradeux, réciproques entr'eux, qui n'admettent pas plus de doute fur
auteurs
lidentité des perfonnes que fur leur parenté. Ces actes font paffés dans la Colonie, entre
des perfonnes qui y demeuroient.
Les adverfaires partent d'un point plus éloigné. Il faut qu'ils remontent jufques aux aieux
de Jcan-Martin Aubry. Cest en fuppofant qu'eux & lui font fortis de cette fouche comà établir leur parenté : leurs preuves font donc d'abord
mune quils prétendent parvenir
néceffairement indirectes. C'est en fe mettant vis-à-vis de Jean-Martin fur les lignes parallèles
quils tirent de ce point fuppofé commun 2 qu'ils parviennent à fiuppofer encore des
rapports entr'eux.
Mais le point capital & difficile est de justifier cette origine commune : hoc opus, hic
labor est. On pourroit justement comparer les efforts des adverfaires à ceux qu'on fait
détourner le cours d'une fource bienfaifante & la conduire fur une terre que la nature
a pour placée trop au-deffus de fon cours pour partager la fertilité qu'elle répand. Les riverains
la reçoivent fans peine, fans travaux, comme un bienfait de la nature. Celui qui veut l'obtenir, en lui préparant un nouveau lit à force d'art & de foins, fe berce d'unei illufion
qui, en s'évanouiffant, ajoute à fa privation. Si la Loi de la nature femble quelquefois fe
laifler vaincre pirle génie & Tartifice, plus fouvent elle punit la main téméraire qui veut
Tenfreindre & la violer.
Ce n'est pas en 1786 que la famille Aubry, de Tours, a manifesté pour la première fois
fès prétentions à la fucceflion de Jean-Martin Aubry. Nous en trouvons la première trace
dans une procuration donnée en 1767,par uin Sieur Rens-Jaun-Guillaume Aubry, Négociant
nature femble quelquefois fe
laifler vaincre pirle génie & Tartifice, plus fouvent elle punit la main téméraire qui veut
Tenfreindre & la violer.
Ce n'est pas en 1786 que la famille Aubry, de Tours, a manifesté pour la première fois
fès prétentions à la fucceflion de Jean-Martin Aubry. Nous en trouvons la première trace
dans une procuration donnée en 1767,par uin Sieur Rens-Jaun-Guillaume Aubry, Négociant --- Page 49 ---
[45]
a Limeray, tant pour lui que pour
ssesp-agblaniede &c RenéeNighensedendesithe Aubry, fes fceurs, filles majeures,
La dernière est devenue depuis la femme du Sieur Chenantais, Receveur des
de Sa Majesté, à Amboife. Cest, comme on le verra, à cette alliance du Sieur Domaines
que le procès actuel doit fon existence.
Chenanta's
Cette procuration de 1767 étoit donnée au Sieur Guenette Géomètre. On
de venir à Saint-Domingue recueillir la ficceflion du Sieur
le chargeoit
&c. &c. On lui remettoit les titres
Aubry, la partager, tranfiger,
dont on étayoit ces prétentions, & ce
juste idée de Tefpoir que concevoient eux-mêmes les Sieur &
qui donne une
tative, ils
Demoifelles Aubry de leur tenabandonncient au Sieur Guenette le cinquième de tous les
de ladite fuccelfion, à condition
biens 3 fonds G efuts
que tous les frais de voyage procidures 6
fa charge 6 4 fes rifques: de manière que s'il ne leur revenoit
autres feroient à
rien à débourfer.
rien, au moins ils n'euffent
Le Sieur Guenette paffa dans la Colonie le 30 Avril 1767 ; il
chez
de Castelin, Notaire alors au Port-au-Prince, fa
dépofa Me. Contant
yavoit joints.
procuration & les titres quele Sieur Aubry
C'étoit alors que la Dame Hudin pourfuivoit vivement la famille Caradeux.
à la veille du jugement, Il est du 3 Juin 1767. Le Sieur Guenette
On étoit
ca procès, qui avoit précifement
n'ignora pas fans doure
pour objet la fuccellion qu'il venoit réclamer.
vérifier d'abord fi les titres de fés constituans fe
Il devoit
concilioient avec l'existence du Sieur
mort à Saint-Dormingus, II dut aufli confulter fur la valeur de ces titres, fur le Aubry,
pouvoit en cfpérer.
fuccès quil
Le Sieur Guenette instruifit fes constituans du réfultat de fès
de leurs titres ; & depuis le
de
recherches, de Tinfuffifance
dépôt ces pièces, en 1767, jufqu'au mois de
époque de la demande des adverfaires les
Mai 1786,
2 prétentions des Aubry de Tours restèrent
Faffoupiffement & dans l'oubli.
dans
Se perfiadera-t-on facilement que cette inaction foit devenue les
texte de la diatribe la plus infultante la
pour adverfaires le préle Sieur Guenette,
plus atroce contre la famille Caradeux & contre
qu'ils n'ofent cependant pas nommer ?
On lit à la page 12, du libelle, cil y avoit long-temps les Sieurs &
37 connoiffoient leurs droits & étoient en état de les établir; que ils
Dame Aubry
33 la Colonie un
avoient même déjà dans
repréfentant pour cet effet. Mais une fource de richeffès fe
n abondamment & fi fecritement fur le dépofitaire de leur confiance
répandit fi
a fà fortune
& de leurs
-
fe trouva tout à-coup très confidérable, fans
titres, que
19 connue. Il fe plongea dans les
que la caufe en ait été bien
jouiffances de fes nouyeaux biens, &il oublia Taccompliffe-
(
avoient même déjà dans
repréfentant pour cet effet. Mais une fource de richeffès fe
n abondamment & fi fecritement fur le dépofitaire de leur confiance
répandit fi
a fà fortune
& de leurs
-
fe trouva tout à-coup très confidérable, fans
titres, que
19 connue. Il fe plongea dans les
que la caufe en ait été bien
jouiffances de fes nouyeaux biens, &il oublia Taccompliffe-
( --- Page 50 ---
[46]
> munt de fes obligations & les intérêts de fs constituans, à tel point qu'il n'a feulement
s pas encore fongé jufqu'a pr.fent à Liz restitution des piices qui lui avoient été confices n.
(s Ce n'est qu'en 1786 que les héritiers Aubry fe font retrouvés en état de former &
>) da foutenir leurs réclamations 9 par une nouvelle riunion & un nouvel envoi de toutes
>> leurs pièces, & furtout par le choix d'un fecond mandataire qui ne dit pas ctre auff
>> heureux que le premier 7)
L'ombre du crime pourfuit le méchant : par - tout il l'apperçoit ou le fuppofe. Qud
fera donc le terme de l'acharnement des adverfaires contre lcs Sieurs Caradeux ! Eh quoi! !
ce ne feroit point affez pour leur haine 2 pour leur paffion, de les dépouiller, comme
ils Tannoncent, de Tétat, de la fortune qu'ils ont ufurpés ! On voudroit encore les faire
foupçonner de manceuvres honteufes & déshonorantes ! Comme ce conte ridicule est ingénieufément arrangé!
On a fans doute remarqué déjà ce moyen employé pour enrichir le Sieur Guenette f
fecrètement, que cependant les adverfaires le connoiffent affez pour le donner comme avéré.
Et pourquoi le Sieur Guenette auroit-il été ainfi abondamment enrichi? Pour trahir les
intérêts des Aubry de Tours, pour abufer de leur confiance, pour facrifier leurs droits
par un défistement abfolu, par un pacte perfide, ou enfin par la foppreflion de leurs
titres : Point du tout. Pour fulpendre feulement Tufage d'une procuration qui pouvoit être
révoquée le lendemain ; pour ne pas actionner les Sieurs Caradeux qu'on pouvoit
à tout instant 3 en donnant à un autre les pouvoirs confiés au Sieur Guenette. attaquer
Jufque-là on ne voit que de Tinconféquence dans cctte fuppofition injuricufe; mais voilà
latrocité & la calomnie.
Le Sieur Guenette n'a fculement pas encore fongé jufu'a prifent à La restitution des
qui lui avoient été confies.
pièces
Et ces pièces ont été dépofies chez un Notaire du Port-au-Prince, par le Sieur Guenette
lui-même, le 30 Avril 1767, à l'instant de fon arrivéc dans la Colonie : & les adverfaires, en fe plaignant de ce que ces pièces ne leur ont pas été restituées, produifent
eux-même une expédition de toutes ces pièces, qui Jeur a été délivrée par le Greffier du
Port-au-Prince.
Ce n'est pas rout : dans la procuration de 1781, le Sieur Chenantais parle, des informations prifes far les licux par le Sieur Guenette, 6 de leur réfultat. Il n'avoit donc
oublié les intérêts de fes constituans.
pas
Dans Ja nouvelle procuration de 1786, le Sieur Chenantais femble bien élever des doutes
fir le tile 6 l'ardeur du Sieur Guenette. Il dit que le moindre obstacle l'a
rebuté, ou que
n'est pas rout : dans la procuration de 1781, le Sieur Chenantais parle, des informations prifes far les licux par le Sieur Guenette, 6 de leur réfultat. Il n'avoit donc
oublié les intérêts de fes constituans.
pas
Dans Ja nouvelle procuration de 1786, le Sieur Chenantais femble bien élever des doutes
fir le tile 6 l'ardeur du Sieur Guenette. Il dit que le moindre obstacle l'a
rebuté, ou que --- Page 51 ---
d'autres motifs luf ont fait garder l filence, [47]
n'avoit pas remis a1L Sieur Guenctte
Mais il dit audi qu'alors
que le Sieur
des pièces fafffantes ; Citr ce n'est
(en 1767) OR
Sieur
comparant (le Sieur Chemnantais) a découvert les
que depuis peu de temps
Chenantais ay.ant trouvé des
plus incirefiuntes. que le
droits en éhablifant une fliation afe rinfignomens de cette fucefion a projetté d'iclaircir
gois, Laurent Aubry 6 la Dame Jolide pour les réclamer 5 en
les
fs
la
veuve
confquence, Sieurs Franfucefion de Jean-Martin
Maridit, (Perrine Aubry) les
Aubry l'ont chargé de leurs
feuls ayant droit à
Il est donc avoué
pouvoirs. &c. &c. Guenette n'itoient par les adverfàires eux-mémes que les pièces
p.2s faffantes, , que ce n'est
remifes en 1767 au Sieur
vert les pius intirefantes. Il est donc avoué que depuis peu que le Sieur Chenantais a découen 1767, n'avoient aucuns droits,
que ceux qui avoient chargé le Sieur
itoient Frangois, Laurent
puifque les Jeuls qui en
Guenette,
6 Perrine Aubry, &
eulfent (flon les adverfires)
procuration de 1767. qu'aucun de ceux-là n'avoit
paru dans la
Catte dernière vérité est incontestable dans le
même. Car ceux qui avoient chargé le Sieur fystême actuel de nos adverfaires euxfont placés dans la généalogie qui est
Guenette de réclamer pour eux en
de celui qu'il alligne à François, T'ouvrage du Sieur Chenantais, à un degré 1767,
tuans du Sieur Guenette
Laurent & Perrine. Les
au-deffous
été
n'auroient donc pas été les prétendans s en 1767 9 les constiappelés ni par le testament, ni par la Loi. Les plus proches parens. II n'auroient donc
certitude de faire rejeter cette réclamation
Sieurs Caradeux auroient donc eu la
on la fondoit alors. , en admettant même toute la filiation fir
laquelle
Il eût donc été de l'intérêt des Sieurs
chercher à T'éloigner. Certains
Caradeux de faire hâter cette action, au
qu'elle feroit
&
lieu de
par Teloignement du degré de
proferite, par tinfafifance des
parenté, fi on
titres, &
Guenette, ce ne feroit pas fon
fuppofe qu'ils fè foient rapprochés du
Leurs facrifices auroient
filence, mais plutôt fon activité
Sieur
au moins produit un
qu'ils auroient dû
cette inaction stérile & infructueufe
effet plus réel, des
fûres payer.
it
&
lieu de
par Teloignement du degré de
proferite, par tinfafifance des
parenté, fi on
titres, &
Guenette, ce ne feroit pas fon
fuppofe qu'ils fè foient rapprochés du
Leurs facrifices auroient
filence, mais plutôt fon activité
Sieur
au moins produit un
qu'ils auroient dû
cette inaction stérile & infructueufe
effet plus réel, des
fûres payer. d'un mandataire dont
conf@quences plus que
diriger tous les mouvemens & régler les efforts. ils auroient pu, dans cette hypothèe,
Ceux que font aujourd'hui les adverfaires
Caradeux d'une corruption aviliffante,
pour convaincre le Sieur Guenette & les Sieurs
qu'elle n'a pas même été poffible. Les fuffifent donc pour les en justifier, pour démontrer
invention
où
adverfaires n'en recueilliront
révoltante, on apperçoit peut-être encore
que Thonneur d'une
N'a-ton
plus d'abfurdité que de noirceur.
, dans cette hypothèe,
Ceux que font aujourd'hui les adverfaires
Caradeux d'une corruption aviliffante,
pour convaincre le Sieur Guenette & les Sieurs
qu'elle n'a pas même été poffible. Les fuffifent donc pour les en justifier, pour démontrer
invention
où
adverfaires n'en recueilliront
révoltante, on apperçoit peut-être encore
que Thonneur d'une
N'a-ton
plus d'abfurdité que de noirceur. pas obfrvé, au
mière
furplus 2 que le Sieur Chenantais a
G le procuration en 1781, & que la première diligence
lui-même donné une pre-
& nouveau mandataire n'a pas été auf heureux n'a cependant été faite qu'en 1786 :
foudoyé par les Sieurs Caradaux,
que le premier, s'il n'a pas été
quel a donc été le motif de ce nouveau corrompu filence
de --- Page 52 ---
on vient de le voir dans la procuration de 1786. Le Sieur Checinq ans ? II est écrit,
les chimères
a raffemblées
nanrais n'étoit pas encore parvenu en 1784 à réunir toutes
qu'il
& qu'il prétend mettre à la place des titres qui lui manquent. Comment & par
depuis, ,
la lenteur du Sieur Bucqui, rendroit-il Tinaction du Sieur
quelle fatalité ce qui justifie
Guenctte criminelle?
donc enfin quels font ces titres nouvellement réunis par le Sieur Chenantais,
Voyons
le
du Sieur Aubry, mort en 1763, étoit né à Tours, ifu de
pour prouver que père Villette, &
à la famille de ceux qui réclament
Jacques Aubry & de Marie
appartenoit
aujourd'hui,
de
& Marie Villette, fait à Nantes, le 28
1°. L'acte du mariage Jacques Aubry
Janvier 1648.
20. Plufieurs actes de baptême des enfans iffus de ce mariage, parmi lefquels fe trouve,
dit-on, celui d'un Martin Aubry, né en 1658.
de
les adverfaires ont trouvé dans les Archives
3°. Le certificat de M. Larnage, que
de la Compagnie des Secrétaires du Roi, à Paris.
4°. L'acte mortuaire de Martin Aubry, mort à Léogane en 1698.
s°. Un acte de notoriété fait à Tours, le 15 Avril 1786.
titres
les adverfaires est inutile ici. Nous ne nous OcciLe détail des autres
produits par
de vérifier les degrés auxquels ils feroient parens de Jean-Martin Aubry : nous
pons pas
le de Jean-Martin Aubry étoit de leur famille ;
examinons fulement s'ils prouvent que père
feroient les
& s'ils ne le prouvent pas, nous n'avons plus d'intérêt à leur contester quils
de Jean-Martin, s'ils euffent prouvé que fon père étoit leur oncle.
coufins-germains
Or, réfulte-t-il des pièces que nous venons d'énumérer, en admettant même qu'elles
foient authentiques que & vraies? cela n'est pas bien certain, pu fque plufieurs ne font rapportées
collationnées fur d'autres expédir'ons, & que rien ne nous garantit que
qu'en expéditions
d'Officiers
les premières foient exactes, fans altération, & véritablement émanécs
publics,
dignes de la confiance qu'on veut leur faire accorder.
En fuppolant ces pièces vraies & fidelles,il en réfilteroit que Jacques Aubry & Marie
Villette eurent, en 1658, un fils nommé Martin ; qu'il est mort e11 1698, au quartier de
Léogane, un Martin Aubry.
En abufant, > comme on Ta fait, de l'acte de notoriété de 1786, il en réfulteroit encore,
fi on veut, que Martin Aubry, né à Tours, s'en est abfenté à 17 ou 18 ans, & que
ceux qui ont figné cet acte de notoriété ont cntendu dire, (on vcrra par qui) que ce'
Martin'
fils nommé Martin ; qu'il est mort e11 1698, au quartier de
Léogane, un Martin Aubry.
En abufant, > comme on Ta fait, de l'acte de notoriété de 1786, il en réfulteroit encore,
fi on veut, que Martin Aubry, né à Tours, s'en est abfenté à 17 ou 18 ans, & que
ceux qui ont figné cet acte de notoriété ont cntendu dire, (on vcrra par qui) que ce'
Martin' --- Page 53 ---
Martin Aubry avoit quitté la maifon [401
de fon existence, & qu'il avoit formé paternelle 5 qu'il n'avoit jamais donné de nouvelles
favoir dans quelle Partie de
un érabliflement dans l'ile
cette ile.
Saint-Domingue, fans
Mais toutes ces fippofirions feroient
n'en réfulteroit jamais la
admifes, on en feroit des véritési
preuve de ce que les adverfaires ont à sincontestables, qu'it
en convaincre d'après des faits qui leur font
établir. Nous allons les
ont invoqués cux-mêmes.
échappés, & des principes incontestables qu'ils
Les Sieurs Caradeux n'ont pas intérêt de contester à
Martin Aubry à Tours, & dans leur famille
leurs adverfaires qu'il foit né un
adverfaires à prouver que le Martin Aubry né à même, Mais ils foutiennent que c'est à cas
Marie Dubois au Port-de-Paix, le méme
Tours étoit le même que celui qui
qui fut le père de Jean-Martin
que celui qui mourut à Léogane en époufa &c
Aubry, mort en 1763.
1698,
Et que difent ici les Sieurs Caradeux, que le Sieur
fe foit dit à lui-méme, tant la vérité est
Chenantais, l'ame de ce Procès, ne
quelquefois impérieufe & puifiante P
Dans la procuration de 1781, en parlant du Martin
Aubry & de Marie Villette le Sieur
Aubry né à Tours de
marié a Marie Dubois, dont 2
Chenantais fe demande : Ef-ce le même Jacques
efl ili Jean-Martin
de
gui s'op
Qui des trois branches prouvera le contraire ? Est-ce Aubry, lz fuccefion duguel i s'agit P
(les Aubry de Tours) doivent étre
la veuve Hudin êc. Ces
exclure les
reconnus pour les hritiers les
derniers,
autres.
plus apparens, 6 doivent
Le Sieur Chenantais erroit fur les principes & les
de bonne foi fur les faits. Combien n'étoit-il
conféquences, mais il étoit au moins
ton décifif & affirmatif
pas loin, lui cependant partie
qu'on a fubstitué dans le Mémoire à celi
intérefféc, du
certitude qu'on remarque dans la procuration : Il rettoit
du doate & de linné à Tours, étoit le méme celui
en question fi le Martin
noeud plus facile à éluder que
mort à Léogane, Il fentoit bien que c'étoit-là Aubry, le
fairement échouer, Il reconnoiffoit qu'à réfoudre, le point de la difficulté fur lequel il devoit nécef.
deux êtres s fans Jaquelle
Timpoflibilité oùi il étoit de justifier l'identité de
fucceffion de Jean-Martin. cependant les Aubry de Tours ne pouvoient être admis à ces
la
Lorfqu'il demandoit enfuite qui prouveroit le
le contraire ne pouvoit être prouvé, ni la Dame contraire, lorfquil croyoit avoir établi que
qu'en concluoit-il encore? Que la par
Hudin, ni par les Sieurs Caradeux,
Tours.
il
preuve de l'identité étoit
Non, ne s'abufoit pas encore à ce
il acquife pour les Aubry de
de Tours fulfent reconnus les
point $ vouloit feulement que les
pour héritiers les plus apparens & puffent exclure les Aubry
Mais c'étoit-là de k part du Sieur
autres,
conféquence fauffe.
Chegantais une erreur groflière en principes, une
G
udin, ni par les Sieurs Caradeux,
Tours.
il
preuve de l'identité étoit
Non, ne s'abufoit pas encore à ce
il acquife pour les Aubry de
de Tours fulfent reconnus les
point $ vouloit feulement que les
pour héritiers les plus apparens & puffent exclure les Aubry
Mais c'étoit-là de k part du Sieur
autres,
conféquence fauffe.
Chegantais une erreur groflière en principes, une
G --- Page 54 ---
[s 50]
Ce ne feroit ni aux Sieurs Caradeux 2 ni à la Dame Hudin à prouver que le Martin
Aubry de Tours n'étoit pas le même que le Martin Aubry, père de Jcan-Martin. Ils le
feront cependant : mais il est de principe, nous pardonnons au Sieur Chenantais de Tignorer, que lon ne peut étre affijetti à la preuve d'un fait négatif, parceque cette preuve
; c'est à celui annonce un fait à prouver, & non
est prefque toujours impoffible que
qui
pas à ceux à quion l'oppofe à prouver lc fait contraire: Ei qui dicit incumbit onus probandi.
Il est de principe encore qu'on ne peut être reconnu héritier fur des upparences, & qu'on
peut encore moins fur des titres upparens dépouiller ceux qui, à une longue & paifible
poffefion, joignent des titres aufli certains que ceux des Sicurs Caradeux pour en justifier
la légitimité.
L'erreur du Sieur Chenantais fir les principes & la faufle conféquence qu'il en tiroit ainfi
restoit le doute
fe faifoit far Pidentité des deux Martin Aubry, & fon
rectifiée 3
quil
obligation indifpenfable de prouver cette identité.
Pouvons-nous craindre que les principas auxquels nous rappclons les adverfaires, cette
néceffité
enx de justifier l'identité du Martin Aubry, né à Tours, avec celui dont
pour
Jean-Martin est iffu dans la Colonie, foient contestés ?
La raifon feule les preferivoit. Nous les avons adoptés, nos livres en font remplis. Mais
faire de mieux pour nos adverfaires, que nous en rapporter à euxque pouvons-nous
mèmes, & adopter leur propre doctrine, toutefois fans tirer à confèquence?
A la page 23, lorfquils jouoient fi agréablement fur les noms du père des Sieurs Caradeux, il leur est échappé de dire que. Jean 6. Jacques Caradeux étoient incontestablement deux
individus distincts & différens lun de l'autre ; ce qui n'est pas vrai, car on pourroit avoir
donné ati même individu, par errenr. 2 tantôt le nom de Jean-Jacques, tantôt celui de
Jean, & il ne cefferoit pas pour cela d'étre un feul & mêmc.
faudroit encore établir
Ils ont ajouté que La preuve de Pidentit: ne froit pas fuffante, qu'il
que c'est du Caradeux dont il s'agit, que les Sieurs Caradeux font enfans.
Page 30, lorfqu'ils vouloient contester l'identité de Marie Dubois, mère de Jean-Martin
Aubry, avec Marie Dubois, foeur de Simone 2 mère du Sieur de Gizeux, ils difoient :
3 la justice qui ne peut décider que fur des preuves, ne pouvoit pas en trouver une
>> déterminante relativement d Marie Dubois, dans une fimple particularité de la vie de Simone
>) Dubois fa foeur >),
Page 32. ( Marie Dubois 9 femme de Martin Aubry pouvoit être fille de Jean Dubois
> & d'Anne Galop, de Bordeaux. On ne peut pas méconnoitre cette polfibilité, pufqu'on
5) ne connoit aucune circonstance de fon origine ; mais on ne trouve pas la moindre
5) apparence que telle fût fa naiffance. Elle pouvoit auffi étre née dans un autre lieu que
fimple particularité de la vie de Simone
>) Dubois fa foeur >),
Page 32. ( Marie Dubois 9 femme de Martin Aubry pouvoit être fille de Jean Dubois
> & d'Anne Galop, de Bordeaux. On ne peut pas méconnoitre cette polfibilité, pufqu'on
5) ne connoit aucune circonstance de fon origine ; mais on ne trouve pas la moindre
5) apparence que telle fût fa naiffance. Elle pouvoit auffi étre née dans un autre lieu que --- Page 55 ---
5 Bordeaux, & d'autres
Ls1
parens. Ce n'étoit
2 que les règles & la raifon
pas à la première de ces deux
permettoient de donner la
pollibilirés
7 que les principes du Droit preferivent à celui
préférence dans Tinéertitude, 2 parcen completement 1),
qui forme une riclamation de la justifier
Répétons donc avec les adverfaires. S'ii étoit
fat le mâme que le père de
palfrible que Martin Aubry, né à
Jean-Martin, 9 il feroit pofible aufli
Tours,
poléilité que ces deux êtres euffent été diflinsts 6
qu'il ne fût pas le méme ; la
Caradeux pour arrêter leurs adverfaires
difirens lun de Fautre, fuffiroit aux Sieurs
Meroit, au contraire, infuffifante
; la polfibilité qu'ils ne fuffent qu'un feul 6
des
pour les adverfaires, parcequ'ils ne
mimes
pofibilitis, fur des apparences, parceque c'est à celui
peuvent être admis fur
justifier complitement , parcequil faut des
de
qui forme une réclamation à la'
à tout prouver.fur cette identité ;
preuves lidentiti, parceque c'est aux adverfaires
aux titres, & n'ont maintenant parcequ'enfin les Sieurs Caradeux réuniffent la
qu'à critiquer & contredire, non
pofieflion
apparences que leurs adverfaires voudroient y fubstituer.
pas les preuves, mais les
La reffemblance des noms Martin & Aubry &
dont l'un né à Tours, l'autre enterré à
lanalogie pour T'âge des deux individus,
on s'étend avec complaifance.
Léogane, voilà les preuves d'identité fur lefquelles
On affure que la Loi & fès Ministres ne
que c'est aux deux termes de la vie
peuvent en exiger , en defirer d'avantage,
dans les
que les hommes doivent être infcrits
puif
monumens publics, pour affurer leur état & celui de Jeur
& remarqués
On avoue cependant le
postérité,
méme
doit
que mariage est une troifième circonstance, dans
formalité étre remplie pour les mémes fins, & Martin
laguelle la
Mais, ajoute-t-on, la perte de l'acte du
que
Aubry s'étoit marié,
à ces deux actes du
mariage est certaine. Il faut donc s'en tenir, ,
l'ordre établi
commencenient & de la fin de la vie, puifquil est
dit-on,
par la Loi, qu'on ne pourroit jamais s'en
certain même dans
procurer davantage.
On en conclut que l'identit de Martin Aubry, né à
paroitre auffi précifémen: & auffi
Tours, mort à Léogane, doit
de fa vie & de fa mort s'étoient parfairement certaine que fi tous les faits de fa naiflance,
paffés fous nos propres yeux.
II ne manquoir aux adverfaires que d'offrir leur
do le faire; ils le feront
Ce
affirmation fir cette identité, Ils euflent
viction qu'ils affectent peut-étre. ne feroit pas plus ridicule affurément la
pour tâcher de la faire partager.
que conHes Nous remarquons d'abord fur ce point, comme fuar tous les
adverfires 9 la facilité avec laquelle ils accommodent autres, > la foupleffe incroyable
leurs principes aux
Veulent-ils écarter Jes Sieurs
circonstances,
Caradeux? Ils leurs reprochent de ne
pas rapporter une
K
irmation fir cette identité, Ils euflent
viction qu'ils affectent peut-étre. ne feroit pas plus ridicule affurément la
pour tâcher de la faire partager.
que conHes Nous remarquons d'abord fur ce point, comme fuar tous les
adverfires 9 la facilité avec laquelle ils accommodent autres, > la foupleffe incroyable
leurs principes aux
Veulent-ils écarter Jes Sieurs
circonstances,
Caradeux? Ils leurs reprochent de ne
pas rapporter une
K --- Page 56 ---
152]
foule d'actes de famille qui devroient dépofer de leur parente, de ne pas repréfenter leur
correfpondance avec le Sieur Aubry, celle du Sieur Aubry avec eux, de fapprimer ce canal
f important d'oi les preteves de leurctat, de la pofrefion de leur état pourroient jaillir très-abondamment ; (page 28 du Mémoire). La preuve de la parenté doit fe faire par titres, comme
licitations, atles de tutelle, ables de cilibration Ou certificats de mariage. (Cc font
partages,
les propres termes de la procuration de 1786).
Est-il question des adverfaires & de la preuve de leurs droits? Ils n'ont b.foin de puifr
à aucune de ces fources? Un acte de baptême, un acte de mort, cela fuffit, s'écrient-ils,
parce que le mariage est perdu,
L'acte de baptême prouve qu'un enfant né à Tours, a été baptifé en 1658, que cet
enfant étoit celui de Jacques Aubry & de Marie Villette, qu'on T'a appelé Martin. Mais
très-certainement il ne prouve pas que cet enfant foit venu à Saint-Domingue, qu'il y ait
époufé Marie Dubois, qu'il y foit d.venu le père de Jean-Martin Aubry 9 mort en 1763L'acte de mort prouve qu'un homme connu à Léogane, fous le nom de Martin Aubry,
a été enterré en 1698 ; cet acte ne prouveroit mêne pas que cet homme fat le père de
y
Jean-Martin, s'il n'existoit une foule d'autres preuves de l'analogie de ces individus entr'eux,
del leurs rapports communs avec Marie Dubois & Marie-Magdeleine Aubry, s'il étoit permis
d'en douter lorfqu'on retrouve après la mort de Jean-Martin Aubry, parmi les papiersi inventoriés après fon décès en 1763, cet acte qui atteste la mort de Martin Aubry, en
1698, & celui qui constate celle de Marie Dubois, Ce font les deux premières pièces
de linventaire.
Nous préfente-t-on rien de femblable pour constater Pidendité de Tindividu né à Tours,
& de celui mort à Léogane ? La conformité de nom! Ce fera une poffbilité, fi l'on veut,
comme on le difoit pour les adverfaires, à Tégard de Marie Dubois. La
une apparence,
l'acte mortuaire, avec celui qu'auroit eu alors l'individu
eanvenance de l'age exprimé par
feroit-elle plus
Ne connoit - on pas la valeur de ces
né à Tours, en 1658,
probante?
énonciations dans les actes de mort ? Celui de 1698, n'est figné d'ancun parent. n est
T'ouvrage du Prêtre feul qui T'a écrit, I1 aura, felon Tufage, apprécié de fon chef lage de
celui quil venoit d'enterrer.) Peut-on compter fur Texactitude d'une pareille mention? Peuton loffrir comme une preuve irréfistible de l'identité de celui qui venoir de mourir à Léogane,
avec cclui qui étoit né à Tours?
Nous raifonnons toujours dans Thypothèfe oi la véritable origine du père de Jean Martin
le foit
Mais nous voulons détruire
Aubry ne feroit pas connue, 2 quoiqu'elle
parfaitement.
Tefpoir des adverfaires fous tous les points de vue poffibles.
Suppofons que l'acte de mort de 1698 eût donné à Martin Aubry 30 ou so
oir de mourir à Léogane,
avec cclui qui étoit né à Tours?
Nous raifonnons toujours dans Thypothèfe oi la véritable origine du père de Jean Martin
le foit
Mais nous voulons détruire
Aubry ne feroit pas connue, 2 quoiqu'elle
parfaitement.
Tefpoir des adverfaires fous tous les points de vue poffibles.
Suppofons que l'acte de mort de 1698 eût donné à Martin Aubry 30 ou so --- Page 57 ---
au
ans, lieu de lui en fuppofer 40. Si les Aubry de Tours
& fur-tout de poffefion d'ctat, des actes
offroient dos preuves d'identiné,
Martin Aubry, le père de
9 des papiers dom.stiques feulment par lfquels
ils l'euffent avoué
Jean-Martia, les eût reconnus pour fs parens, & ou, de leur côté
pour td; que répondroient-ils à cclui
riété entre les actes de baptème & de
qui leur oppoferoit catte contraIls diroient avec
mort de Martin Aubry, fur la durée de
raifon : cette différence, ou
fa vie? oppofée ; elle ne peut pas
plutôt cette erreur, ne peut pas nous étre
constamment
empêcher que nous ne foyons les parens de celui nous
reconnus pour les fiens, que nous avons de même
qui
a
le nôtre. regardé toujours comme
Et fi dars ce cas la contradiction qui fe trouveroit
morr de Martin fitr fon
entre les actes de baptme & de
roient,
age, ne pouvoit pas exclure de fa fucceflion ceux
, d'ailleurs, des preuves certaines de leur parenté
qui rapportecontradiction apparente ne pouvoit pas détruire
réciproquement reconntre ; fi cette
l'individu qui feroit réclamé fa
toutes les autres preuves de l'identité de
Martin
par familie $ comment & pourquoi cet accord
Aubry, entre l'acte de baptême produit les
fur l'age de
1698, ce rapport qui fe rencontre
par adverfaires, & l'acte mortuaire de
de toutes les
entre ces deux pièces pourroit-il tenir lieu aux
preuves d'identité? La contradiction la plus forte fur ce
adverfaires
On ne sy arrêteroit pas. Elle feroit regardée
point feroit indifférente. même point doit donc
comme le fruit de l'erreur. L'accord fir le
hafard, Il
être vu indifféremment auffi. Il est auffi l'effet de
ne prouve pas l'identité de l'individu, & ce font des
T'erreur ou du
Ce font des preuves
&
preuves qu'il faut en justice,
complites, non pas des conjectures, des apparences. Combien de fois la justice n'a-t-elle pas été féduite, égarée
fignes apparens & même
par des vraifemblances, des
ves
phyfiques, par une réunion de faits, de
qu'il étoit prefque impoffible de ne
circonstances fi pofitiévénemens ultérieurs
pas s'y rendre comme à l'évidence même :
ont enfuite didipé le prestige
Des
pris la place de la vérité. Elle a repris fes droits, trompeur, Tillufion perfide qui avoit
&
violée, ont préparé aux Juges & à Thumanité des
T'innocence facrifiée, la Justice
regrets éternels, des larmes infructucufes.
qu'il étoit prefque impoffible de ne
circonstances fi pofitiévénemens ultérieurs
pas s'y rendre comme à l'évidence même :
ont enfuite didipé le prestige
Des
pris la place de la vérité. Elle a repris fes droits, trompeur, Tillufion perfide qui avoit
&
violée, ont préparé aux Juges & à Thumanité des
T'innocence facrifiée, la Justice
regrets éternels, des larmes infructucufes. Les Loix ont été faites pour prévenir Tarbitraire, II est l'ennemi
Si le Magistrar peut être
le plus cruel de la Justice,
fa
trompé en obéiffant à la Loi, au moins trouve-t-il
propre confolation. Mais s'il fe permet d'éluder la Loi
dans fon coeur
fléchir devant les circonstances
qu'il devoit fuivre, s'il la fait
trompeufes & faufles comme le hafard
veut prendre le vraifemblable pour la vérité s'il
qui les réunit, s'il
aux preuves la Loi
3 préfère une opinion, un
que
exige, cette epinion, ce preffentiment
preffentiment
quils font aufli voifins de la prévention & de
Fégareront fouvent, parcelerreur & du menfonge. Tinjustice, que la vraifemblance est près de
Les Sieurs Caradeux ne doivent donc pas craindee les
que poflibilités & les. apparences --- Page 58 ---
[541
préfentées par leurs adverfaires, foient adoptées comme des preuves de l'identité des deux
Martin Aubry, dont l'un étoit né à Tours & l'autre fut enterré à Léogane,
Les nouveaux effo:ts qu'on fait pour accréditer les confequences qu'on a tirées du rapport
de ces deux actes, pcur ajouter de nouvelles probabilités à celles qu'on en fait réfulter,
prouvent affez que les adverfaires eux-mêmes n'ont pas dans les premières toute la confiance quils feignent dy mettre. Tout en difant que leurs preuves de cette identité qu'als
cherchent font completes, ils en fentent le vide & la foibleffe. Ils appellent à leur fecours
un acte de notoriété fait en 1786. Ils n'en préfentent qu'une portion, & ils s'extafient
enfuite fur le degré d'éclat Sc d'évidence que cet acte ajoute à ce qu'ils appellent leurs preuves. Nous allons faire pour les adverfaires plus qu'ils n'ont fait eux-mémes. Cet acte de notoriété, ce vernis éciarant de leurs preuves, cette pièce victorieufe & triomphante,
l'ont -ils donc fincopé : Pourquoi nous ont-ils fait grace de la majeure partie : pourquoi Pourquoi
n'en ont-ils extrait que les derniers mots en le mutilant? Si le reste a paru inutile aux
udverfaires, au moins est-ils aflez curieux pour le montrer :
Sept perfonnes de Tours certifient : 1o. avoir connu le Sieur. Aubry de la Fontaine, Bourgeois de cette ville, lequal étoit fils du Sieur Jacques Aubry & de Marie Villtte, eft né
6 a été buptifé en La Paroile de Saint-Pierre le Puellicr, le 13 Mars 1671, a époufé Demoifelle Marie-Marthe Archambault, Cn la Paroiffe de Saint-Venant, le 25 Janvier
décédé en celle de Saint-Saturnin, oik il a étd inhumé le Juin
1700, est
1746 ; ledit Sieur
à laiffé pour feule fille & unique héritière Demoifelle
Aubry
Jean
Aubry, 3 préfentement veuve de Me.
oile de Saint-Pierre le Puellicr, le 13 Mars 1671, a époufé Demoifelle Marie-Marthe Archambault, Cn la Paroiffe de Saint-Venant, le 25 Janvier
décédé en celle de Saint-Saturnin, oik il a étd inhumé le Juin
1700, est
1746 ; ledit Sieur
à laiffé pour feule fille & unique héritière Demoifelle
Aubry
Jean
Aubry, 3 préfentement veuve de Me. Maridois, Procureur au Bureau des Finances de cette ville. 2o. Quils ont connu le Sieur Jean-Pierre Aubry, Marchand à Tours, fils dudit Sieur
Jacques Aubry, , & de la Dame Marie Villette, lequel a été baptiften Lz Paroiffe de SaintTenani, le 30 Aoit 1679, a époufe. Demoifelle Marie-. Jeanne le Sage, en la Paroiffe de
Notre-Dame la Riche, le 26 Aoit 1698, est décidi, 6 a été inhuné en la Paroiffe de SaintYenant, le premier Novembre 1726;1 ledit, Jean-Pierre Aubry a laiflé pour feuls enfans François & Laurent Aubry, Marie-Jeanne & Catherine, époufe du Sieur
dénommés en l'acte de notoricté fait devant Me. Galloche, tous quatre
Juillet
Thenon, ancien Notaire a Tours, le 24
1767. 3°. Que lefdits Sieurs Pierre & Jean Pierre Aubry avoient d'autres frères &
&
notamment le Sieur Martin Aubry, baptifi en la Paroife de
le foeurs,
Suint-Saturnin, 20 Novembre
16;8; lequ.l Sieur Martin Aubry ils n'ont point connu,
s'est
ville à de
, parcequ'il
abfenté de cette
lage 17 ou 18 ans $ qu'ils ont entendu dire auxdits Sieurs Pierre 6 Jean-Pierre
Aubry, à leurs parens, à leurs voifins & contemporains
ledit Martin
quitté la maifon paternelle à
de
que
Aubry avoit
velles de
T'age 17 ou 18 ans, ; qu'il n'avoit jamais donné de noufon existence, 6 qu'ilavoir' 'formé un établiffiment dans Pile de
faveir dans
Saint-Domingue, fans
quelle partie de cette ile.
'ils ont entendu dire auxdits Sieurs Pierre 6 Jean-Pierre
Aubry, à leurs parens, à leurs voifins & contemporains
ledit Martin
quitté la maifon paternelle à
de
que
Aubry avoit
velles de
T'age 17 ou 18 ans, ; qu'il n'avoit jamais donné de noufon existence, 6 qu'ilavoir' 'formé un établiffiment dans Pile de
faveir dans
Saint-Domingue, fans
quelle partie de cette ile. --- Page 59 ---
Nous nous
1ss]
défendrions en vain de ces fentimens de vénération
raturellsmant tout c qui fort de la bouche des vieillards.
& de déférence quinfare
le langag: du doute offenfant, de la dérifion
A Disu ne plaife, , qu'empruntant
témoignage de ces fept fiècles vivans
infulante, nous cherchions à ridiculifér le
même ajouter
pour ainfi dire. L'état de
encore aut refpect dû à leur âge.
quelques-uns d'entr'eux doit
Mais nous avons fans doute le droit d'examiner les
pouvons-nous difcuter le témoignage, fans bleffer
pièces qu'on nous oppofe; & ne
ca qui est dà atix témoins A
Nous allons d'abord examiner la forme de
penfer de ce qu'il contient.
T'acte; nous verrons enfuite ce qu'on doit
Cet acte qu'on appelle de notoriété femble d'abord
foit. Il paroît être fait du pur
de
n'avoir été requis par qui que ce
pourtant pas contester quil ait été mouvement ceux qu'on y a fait parler. On n'ofera
tion de diflimuler la caufe & le provoqué par les adverfàires & pour eux. Cette affectaappelons, nimia
moteur de cet acte n'est-elle pas d'abord
pracautio P
ce que nous
Un acte de notoriété ne mérite la confiance de la Justice
par elle; celui dont il s'agit ne l'a point été,
que lorfquil a éte ordonné
Les déclarations qui ne font pas fcellées
ferment
font regardées dans les Tribunaux
parle
ne méritent aucune foi. Elles ne
foibleffe ont accordés à
que comme des certificats que la complaifance &
l'importunité & à la follicitation.
la
tions équivoques font même exclus du nombre
Ceux à qui on a arraché ces attestad'en faire entendre fur le même &
des témoins 9 fi la justice permet enfiite
il s'agit.
fait, il n'est pas question de ferment dans l'acte dont
Un acte de notoriété fiuppofe, ou la déclaration fait
de la connoiffance particulière
que chacun de ceux qui y font
qu'il peut avoir d'une
des
appelés
tater, ou leur attestation unanime fir
partie faits qu'on cherche à
qui fe réuniffenc
un feul & même fait également connu
conspour le certifier, & de chacun d'eux.
de tous ceux
Dans le premier cas, 9 l'acte est compoft de déclarations
notoriété nei réfulte enfuite que du concours & de luniformité détachécs & données à part. La
de plufieurs fur le méme
Le fecond fippofe que tous ceux qui
point.
c'est pour aindi dire à lzur acclamation y participent fe font réunis effectivement, & que
que le fait a été recueilli.
Celui dont on cherche à tirer avanrage ici est de cette dernière
dant que les fept perfonnes qu'on y fait
efpèce, II prouve cepenconféquent pu fe concilier &
parler ne fe font pas même vues, qu'ellas n'ont
avoir faite
concerter la déclaration taanime
par
fir une foule de faits.
qu'ils femblent néaamoins
C
ur acclamation y participent fe font réunis effectivement, & que
que le fait a été recueilli.
Celui dont on cherche à tirer avanrage ici est de cette dernière
dant que les fept perfonnes qu'on y fait
efpèce, II prouve cepenconféquent pu fe concilier &
parler ne fe font pas même vues, qu'ellas n'ont
avoir faite
concerter la déclaration taanime
par
fir une foule de faits.
qu'ils femblent néaamoins
C --- Page 60 ---
L 56]
c'est-àdit l'acte a été fait 6 paf': audit Tours 3 maifon defdites parties ;
I) y est que
dans
au lien de les
dire l'acte a été porté à chacun des fapt témoins,
fa maifon,
que.
l'unanimité, l'uniformité littérale à laquelle
réunir dans une feule pour avouer au moins
fouris toutes leurs déclarations.
on a fi étrangement
les témoins
ou entendiffent lecture de ce qu'on leur
Enfin, falloit-il an moins que
priffent
On
& il paroit qu'on s'est encore affranchi de cette formalité, craignoit
faifoit adopter,
quclques réflexions qui auroient pu déranger cette
fans doute que la lecture leur fluggéràt
admirable harmonie.
à cet accord miraculeux, nous ne craignons pas de le
Qui pourra croire, au furplus, ,
fi extraardinaire qu'elle
dire? On voit fans doute quelquefois des exemples d'une mémoire
Mais
fi étonnante qu'on fe permet de douter de ce qu'elle rapporte.
paroit prodigieufe ,
& on veut
s'en foit trouvé fept dans les
ces prodiges font rares, infiniment rares. 9
qu'il
fept perfonnes choifies pour l'acte de notoriété de 1786.
de leur faire certifier unanimement qu'ils fe rappeloient de l'année, du
On n'a pas rougi
de lenterrement de Pierre & Jean-Pierre Aubry,
jour même du baptême du mariage,
avoient été faits, & des noms
des Paroiffes où ces baptèmes, ces mariages 3 ces enterremens
de baptéme de chacun,
honte de leur faire attester ces naiffances & celle de Martin Aubry, qui
On n'a pas eu
la naiffance des témoins eux-mêmes, des
remontent à 40, 50 & même 60 ans avant
euffent
le
des morts arrivées 40 & 60 ans avant
mariages faits auffi avant qu'ils
reçu jour,
de l'acte où iJs dépofent.
. Tépoque
évident
a abufé de leur vieilleffe trop crédule & trop facile : Le
N'est-il donc pas
qu'on
les
affoiblit & dégrade les facultés de l'ame 2 comme il énerve & décompofe orgatemps
avoir attendu la caducité des fept témoins qui ont concouru à
nes du corps. ; & on femble
accordé
Pourquoi al'acte de 1786, pour en obtenir alors ce qu'ils n'auroient pas
plurôt.
attendu la fin de
pour un acte de notoriété qu'on pouvoit également faire en
t-on
1786 tentative des
de Tours, ou du moins en 1781 lors de
1767, lors de la première
Aubry
affuré de
la première procuration du Sieur Chenantais? C'est qu'on ne s'étoit pas encore
la foibleffe complaiante, qui feule pouvoit y confentir.
de l'acte de notoriété choqueroit tous ceux
On a bien preffenti que cette première partie
de fufpicion & de méqui 'appercevroient. 2 quil en naiffoit néceffairement un fentiment
voilà le motif
lequel on a eu foin de n'en montrer que
fiance pour tout le reste ;
pour
les dernières lignes.
Et quand on ies détacheroit de ce qui précède, quand on réfisteroit à limpreffion qui
réjaillit de la première partie fur l'autre, quand cet acte réuniroit la forme & les conditions
qui
première partie
de fufpicion & de méqui 'appercevroient. 2 quil en naiffoit néceffairement un fentiment
voilà le motif
lequel on a eu foin de n'en montrer que
fiance pour tout le reste ;
pour
les dernières lignes.
Et quand on ies détacheroit de ce qui précède, quand on réfisteroit à limpreffion qui
réjaillit de la première partie fur l'autre, quand cet acte réuniroit la forme & les conditions
qui --- Page 61 ---
qui pourvoient ajouter à fon
Ls7]
la preuve de lidentité du Martin authenticité, à fa foi tout ce qui y
vroit feulement
né à Tours, , &. de celui manque, en réfulteroit-il
que les témoins Ont entendu
enterré à Léogane ? Il s'enfuiformé un érabliffement à
dire que Martin
Saiat-Domingu, fans favoir
Aubry 9 né à Tours, avoit
Un oui-dire, fur-tout
dans quelle partie de cette ile. prétend avoir entendu lorfquil ne peut plus être vérifié, en
oui-dire, feroit
dire, far-il jamais une preuve? En appelant ceux auxquels on
-il prouvé, d'aileurs,
admettant la vérité exacte de
qui, né à Tours, s'en étoit abfenté que Findividu mort à Léogane en
cet
y avoit formé
à 17 ou 18
1698, fàt colui
un établifement? ans, avoit paffé à
Sain-Domingus, &
Mais qu'il est loin de la vérité
Il est vifible que T'acte de notoriété cet oui-dire ! Qu'il est même loin de la
II est palpable
n'est pas Touvrage des
vraif@mblance! qu'elle a été arrangée par le Sieur
témoins dans fa première
pour lui qui avoit déjà ramaffé les
Chenantais lui-méme. Il étoir partie,
Jean-Pierre & Martin Aubry, actes de baptême, de mariage & de
aufli facile
les noms de
d'indiquer, comme il Ta fait, la date mort de Pierre,
baptême, ceux des Paroifes
par
est démontré,
3 que cela eût été impoflible année, par jour,
pour les témoins, Cela
Cette première partie, qui ne
été ainfi préparée
peut pas être T'ouvrage de ceux
Aubry. Nous que pour amener le reste, ce qui est
auxquels on Tatribue, n'a
avons prouvé que la feconde
relatif à Témigration de Martin
auxquels on l'attribue en commun
partie n'étoit pas non plus
s'est pas même affuré
7 puifqu'ils ne fe font pas même Touvrage des témoins
Chenantais a
qu'ils Tadoproient en leur en faifant la
affemblés, 2 pulfqu'on ne
lards
pu en être l'auteur ? Qu:l autre lui
lecture. Qusl autre que 1s Sieur
avoient entendu dire
que avoit intérêt à
de Tours à
que Martin Aubry, né 40, &
fuppolér que ces vieil17 ou 18 ans, & venu à
5o, 60 ans avant eux, étoit
faits auffi éloignés, aufli
Saint-Domingus? ? Comment
parti
fait
étrangers, auffi indiférens
fappofrat-on des
artester 9 aient fait fir chacune d'elles
aux fept perfonnes par
que
confervé un fouvenir affez
une égale impreflion,
lefquelles on les
exact, affz far
qu'elles en aient
manière, avec la même
pour fe permettre de les
toutes
précifion, dans les mêmes
certifier de la méme
Eh quoi!
us? ? Comment
parti
fait
étrangers, auffi indiférens
fappofrat-on des
artester 9 aient fait fir chacune d'elles
aux fept perfonnes par
que
confervé un fouvenir affez
une égale impreflion,
lefquelles on les
exact, affz far
qu'elles en aient
manière, avec la même
pour fe permettre de les
toutes
précifion, dans les mêmes
certifier de la méme
Eh quoi! nuances ? interrogez fept témoins du
cun d'eux y ait un intérêt direct, les même fair, dans l'instant où il arrive, fans
fouvent fur des points eflentiels. rapports qu'ils vous en feront
qu'aul'auront oublié. Ceux
Interpellez-las de nouveau
varieront, & même
les
qui auront confervé le fouvenir du quelques mois après,
circonstances, ils ne feront
fait en lui-même,
plufieurs
avec fon premier récit.
rogez fept témoins du
cun d'eux y ait un intérêt direct, les même fair, dans l'instant où il arrive, fans
fouvent fur des points eflentiels. rapports qu'ils vous en feront
qu'aul'auront oublié. Ceux
Interpellez-las de nouveau
varieront, & même
les
qui auront confervé le fouvenir du quelques mois après,
circonstances, ils ne feront
fait en lui-même,
plufieurs
avec fon premier récit. pas d'accord entr'eux, chacun d'eux
en changeront
ne le fera pas même
Et on veut nous faire croire
Ont pu certifier, aved
que fept perfonnes ,dont la moins
vérité, fe rappeler toutes également des
âgée avoit 70 ans 9
oui-dire des mêmes faits -
H
( --- Page 62 ---
[581
Mais ce qui en diflipe la magie, ce qui fait de cette merCette uniformité est impoffible. très-naturelle, très-facile à expliquer ; c'est que cette uniformité
veille nne chofe très-fimple ,
Il Ta
fr Tintérêt qu'il avoit à la rend'un feul, du Sieur Chenantais.
calquée
est Touvrage
lui a coûté de plus, a été de perfuader
contrer. Il Ta fippofée, & ce que cet ouvrage
pouvoient les donner fans
dont il a obtenu les fignatures, qu'elles
enfifte aux fept perfonnnes délicateffe. II fe fera bien gardé de leur laiffer entrevoir quil vouloit
compromettre leur
comme un açte indifférent. La vieilleffe est bonne &
en abufer ; il le leur aura préfenté
encore utile. Il est fi facile
confiante. Elle ne foupçonne pas le mal, Ellc aime à paroitre
de T'abufer !
Le Sieur Chenantais auroit pu mettre. 2 atl firplus, dans cette petite manceuvre beaucoup
d'art & d'adreffe. La fraude est plus fouvent déconcertée par fes propres inconféquences,
plus
de fe cacher, que par la force de la vérité.
par les foins qu'elle prend
ont entendu parler de Martin Aubry, de fa fuite
Par qui fait-on dire aux témoins quils
de Tours, de fon palfage à Saint-Domingue?
6 Jean-Picrre Aubry,qui étoient les frères de ce Martin Aubry, 7
D'abord, par Pierre voifins &
de Pierre & Jean-Pierre Aubry, ou
enfuite par les parens, les
contemporains mais n'importe, nous donnerons le choix.
des témoins :Tacte est équivoque à cet égard,
dit-on , le Juin 1746;Jcan-Pierre Aubry le premier NovemPierre Aubry est mort,
avoit donc en 1786, 40 ans pour
bre 1726. L'acte de notoriété est d'Août 1786. Iy
avoir entendu Pierre & Jeanqu'aucun des témoins ne pouvoit
Tun, 60 ans pour Tautre, Martin leur frère; & ils fe rappellent tous fept de ces oui-dire!
Pierre Aubry parler de
Ona vu ce quil falloit en penfer.
& contemporains, cela feroit plus facile à concevoir, parce
Quant aux voifins, parens
entendu
de Martin
fixer
à
on les avoit
parler
qu'on a en foin de ne pas
Tépoque laquelle des premières démarches des Aubry
Aubry. Il feroit très-poflible que depuis 1767, époque
de leurs Auteurs nommé
de Tours, ils eufTent pris foin de répéter & faire répéter qu'un
avoit
la maifon paternelle, & paffé à Saint-Domingue.
Martin Aubry
quité
leur entendre dire comme beaucoup d'autres, & ce feroit
Les témoins euffent pu le
dont leurs
ont
enfitite les propos de la famille Aubry elle-même, ces propos
prétentions
l'occafion fe trouveroient transformés en un acte de notodû néceffairement devenir
qui
riété pour jus.ifier ces mêmes prétentions.
Le Sieur Chenantais" a dà fe favoir bon gré de Tinvention.
Cela n'est pas mal imaginé,
raifons ont
les
féliciter on y trouve en même-temps une des
qui engagé.
Il a dû s'en
;
20 ans. Il falloit laiffer mûrir le
Aubry de Tours à fufpendre leur réclamation pendant
projet plutôt que de sexpofer à le faire avorter en le précipitant,
venir
qui
riété pour jus.ifier ces mêmes prétentions.
Le Sieur Chenantais" a dà fe favoir bon gré de Tinvention.
Cela n'est pas mal imaginé,
raifons ont
les
féliciter on y trouve en même-temps une des
qui engagé.
Il a dû s'en
;
20 ans. Il falloit laiffer mûrir le
Aubry de Tours à fufpendre leur réclamation pendant
projet plutôt que de sexpofer à le faire avorter en le précipitant, --- Page 63 ---
159]
Mais au moins falloit-il concilier l'acte de notoriété de
annoncé dans la procuration de
1786, avéc ce qu'on a dit &
1786.
On parle, , dans cette procuration de 1786, d'une lettre écrite le Mars
père Aubry, Minime, à la veuve Maridois, (Perrine
19 1764, par le
Aubry, , l'une des adverfaires).
On ne rapporte pas cette lettre, quoique dépofée chez Me. le
Amboife, le 6 Août 1786. Mais on en a inféré le réfultat dans Gendre, Notaire à
difoit cette Lettre ? Ce
la procuration. Et que
la Dame
Religieux y certifioit, dit-on, avoir oui dire à fon oncle, père de
Maridois, qu'ils avoient eu 1471 frère, quiils'en czoit alli, 6 n'en avoient
du parler.
JAMAIS entenQuelques lignes au-deffis, en parlant de Martin
99 vement la maifon paternelle à
Aubry, on difoit : ( Il a quitté furtiT'âge de 17 à 18 ans, & s'esr
> Tile de
à
réfugié dans un coin de
Saint-Domingus, l'infçu de toute fa famille. C'est à
P qu'on cite la' lettre du Père Aubry, Minime.
lappui de cette affertion
Cette lettre mérite toute l'attention des Magistrats. Le Père
dans un temps voifin de la prétendue
Aubry étoit né en 1702;
difparition de Martin Aubry. Le Père
contemporain de ceux qui ont concouru à l'acte de notoriété. Le
Aubry étoit
famille : il devoit donc avoir au moins
père Aubry étoit de la
autanr de connoiffànce que des
qui avoir trait à l'existence de Martin
fon
étrangers, de ce
la Dame
Aubry oncle ; enfin il parle d'après le de
Maridois, auffi fon oncle, Et quel étoit le père de la Dame
père
Pierre Aubry, le méme que celui à qui l'acte de notoriété fait dire Maridois? Cétoit
avoit formé un éhabliffement dans l'ile de Saint-Domingue.
que Martin Aubry
Eh bien ! ce même Pièrre Aubry a dit à fon neveu, au Père
avoit eu un frère qui s'en étoit allé, 6 qu'ils n'en avoit
Aubry, Minime, quil
JAMAIS entendu parler.
Pour favoir, comnme on le fuppofe dans l'acte de notoriété, Martin
form: un éhablifement à Saint-Domingue, il falloit Pierre que
Aubry avoit
Martin Aubry fon frère, depuis fa fuite de la que
Aubry eût entendu parler de
entendu dire à Pierre
maifon paternelle, & le Père Aubry a
Aubry quz depuis la fuite de Martin Aubry, iZ n'en
jamais entendu parler.
avoient
On le répète encore dans la procuration donnée les
Aubry s'étoit
dans
par adverfaires eux-mëmes: Martin
rifugié un coin del l'ile Saint-Doningue, A 1'INSCU DE TOUTE S.A
FAMIZZE.
Pierre & Jean-Pierre Aubry faifoient partie de cette famille. Ils
fment de Martin Aubry à Saint-Domingus. Ils n'avoient
ignoroient donc l'établif
ignoroient fon établiffement à
jamais entendu parler de lui. Sils
n'ont
Saint-Domingue J ils n'ont donc pas pu en
pu en parler, 2 ceux à qui on a fiurpris l'acte de notoriété n'ont donc parler. S'ils
entendre dire,
pas pu le leur
K
.
Pierre & Jean-Pierre Aubry faifoient partie de cette famille. Ils
fment de Martin Aubry à Saint-Domingus. Ils n'avoient
ignoroient donc l'établif
ignoroient fon établiffement à
jamais entendu parler de lui. Sils
n'ont
Saint-Domingue J ils n'ont donc pas pu en
pu en parler, 2 ceux à qui on a fiurpris l'acte de notoriété n'ont donc parler. S'ils
entendre dire,
pas pu le leur
K --- Page 64 ---
[6o]
Cest ainli que lintérêt aveugle s'éloigne du but de fon ambition, précifément
moyens qu'il choifit pour y arriver. On ne pouvoit fe diflimuler T'infiffifance de l'acte par les
baptême pour justifier l'identité, & que tout le fystêie étoit
de
n'étoit prouvée. Le befoin de la
renverfé, fi cette identité
de
prouver, l'impuiffance de le faire par des titres ont fait
imaginer s'en créer un dans l'acte de notoriété, Mais on ne s'est
qu'à le
dans les termes qui pouvoient le plus affurer l'effet qu'on en attendoit. occupé On n'a concevoir
qu'il en produiroit un tout oppofé, s'il ne s'accordoit dans toutes fes
pas apperçu
fes rapports avec les faits qu'on avoit
combinaifons, fous tous
déjà avancés, avec les autres témoignages
invoquoit en méme-temps.
qu'on
Voila cependant ces titres lumineux 2 ces titres annoncés avec tant
&
Non feulement ils ne prouvent pas l'identité du Martin Aubry né à d'emphafe d'audace,
à Léogane, mais ils prouvent les
Tours, & de celui mott
que adverfaires 9 qui connoiffent
pour eux de justifier cette identité, , font dans Timpuiffance abfolue l'obligation de la
indifpenfable
voulu tromper la justice par des apparences
remplir ; quils ont
menfongères, par des certificats
en les admettant encore, nc prouveroient jamais l'analogie &
infidèles, , qui,
faire préfumer.
l'identité, s'ils pouvoient les
Veut-on juger bien fainement des prétendus titres des Aubry de
apprécier à leur juste valeur ? Qu'on les
Tours, veut-on les
Caradeux
compare avec ceux qu'on demandoit à la famille
pour justifier fes droits à la fucceflion Aubry, avec ceux quel la famille Caradeux
rapporte,
Qul'après en avoir fait le parallèle, on s'interroge fans partialité. Est-il
de
de la parenté des Sieurs Caradeux, avec Jean-Martin
poffible douter
à l'évidence que Jean-Martin Aubry étoit frère de Aubry? N'est-il pas prouvé jufques'
étoit l'aizule des Sieurs Caradeux ? N'est-il
Marie-Magdelsine Aubry, & que celle-ci
pas évident que les Sieurs Caradeux étoient les
petits-neveux du Sieur Aubry, & fes parens au même degré que les
de
prétendent rêtre ?
Aubry Tours
Qui pourroit, au contraire, fe permettre d'affiurer, d'après les
difcuter, que les Aubry de Tours, font
de
pièces que nous venons de
parens Jean-Martin
né à Tours en 16;8, foit le méme
Aubry, que Martin Aubry,
qui a époufé Marie Dubois dans la
père de Jean-Martin, qui mourut à
Colonie, qui fut le
la Justice,
Léogane en 1698? & fi on ne peut l'affurer comment
qui ne doit prononcer que fur ce qui est clairement prouvé
& confacrer ce que l'homme le plus hardi ne pourroit
s'il > pourroit-elle adopter
juste & raifonnable ?
affurer, ne vouloit ceffer d'étre
Nous nous fommes jufques ici prétés à lillufion des adverfaires far la
leur Martin Aubry, fur
de
prétendue fiite de
Téclipfe cet individu du fein de fa famille. Mais
çe Martiri Aubry n'a été imaginée fans doute,
l'abfence de
que pour fervir le projet de revendiquer le
plus hardi ne pourroit
s'il > pourroit-elle adopter
juste & raifonnable ?
affurer, ne vouloit ceffer d'étre
Nous nous fommes jufques ici prétés à lillufion des adverfaires far la
leur Martin Aubry, fur
de
prétendue fiite de
Téclipfe cet individu du fein de fa famille. Mais
çe Martiri Aubry n'a été imaginée fans doute,
l'abfence de
que pour fervir le projet de revendiquer le --- Page 65 ---
Martin Aubry mort à
L6)
la réclamation des Léogan:, s pour celui né à Tours.. Elle étoit
Tours, n'est
adverfaires, ils l'ont fuppofée. Cette abfence nécelhire pour colorer
pas constatée, Rien ne la
du Martin
né à
qui s'en trouve dans l'acte de
justifie puifque nous venons de détruire Aubry, la
fappofe aulli, n'est
notoriété, puifque la lettre du père
mention
adverfaires
pas rapportée, puifque, fit-elle
Aubry, Minime, qui la
par un des leurs, à une époque
rapportée, cette lettre écrite à l'une des
fufpecte par conféquent, 3 ne pourroit rien postérieure au décès de Jean-Martin
notoriété & la lettre ne parlent
prouver en leur faveur 51 puifqu'enfin & Aubry,
que d'oti-dire,
l'acte d:
On pourroit
auxquels on ne paut s'arrêter. foutenir 9 & nous devons
a continué d'y exister, ou dans tout
préfamer, que ce Martin
né
parfaitement instruite du
autre endroit bien connu de fa Aubry, à Tours, s'
terme de fon existence, du lieu
famille, & qu'elle est
famer, que cet individa ne s'est point
où elle a fini. Nons devons
aux adverfaires à prouver fa fuite & expatrié, fon qu'il a vécu dansle fein de fà famille. préeux-même aux Sieurs Caradeux
paflage dans la
Cest
la
une obligation de
Colonie, comme ils faifoient
Colonie, & fon identité avec celle
prouver le palflage de Marie Dubois dans
mère du Sieur de Gizeux. qui étoit née à Bordeaux, fceur de Simone
Dubois
Tant que les adverfaires ne
de leur Martin Aubry, rapportaront pas des preuves. légales & certaines
nous foutiendrons
de la
preuves de fon existence & de fa
qu'ils ne font que détourner & difparition
maifon
mort en France,
diffimuler les
paternelle. pour fuppofer qu'il s'étoit enfui de le
Et ces preuves deTablence de Martin
elles même être difficiles
Aubry de Tours feroient elles
n'avoit été
pour les adverfaires,fi cette abfence impoflibls, devroientleur donner pas imaginée pour en faire la bafe & le
n'étoit pas fuppofée, fi elle
au moins l'occafion de venir
prétexte de leur réclamation, 3
Léogane en 1698, celui qu'ils difent
chercher en 1786, dans I'mndividu pour
leur manquer depuis plus d'un
mort à
Sclon la fable des
fiècle? a de
adverfaires, leur Martin
né
l'age 17 ou 18 ans, par
Aubry, en 1658, auroit fui de
font morts que
conf@quent en 1675 ou 1676. Son père &
Tours
He famille, où long-temps font
après, l'un en 1695, l'autre en
fa mère ne
les invenraires, les
les
1699. Oà font tous les actes
qui ont pu & dô être faits dans
partages, contrats de mariage, les
Aubry?
l'age 17 ou 18 ans, par
Aubry, en 1658, auroit fui de
font morts que
conf@quent en 1675 ou 1676. Son père &
Tours
He famille, où long-temps font
après, l'un en 1695, l'autre en
fa mère ne
les invenraires, les
les
1699. Oà font tous les actes
qui ont pu & dô être faits dans
partages, contrats de mariage, les
Aubry? II a dà y étre
cette famille depuis l'instant où on fait fuir testamens, 9
pes frères & foeurs quastion dc lui, On a dô y
de
c: Martin
ont dû fe faire
parler fon ablence, y
tette époqus,
envoyer en poffefion de fa
pourvoir,
négliger ces formalités dans la
portion, On auroit
ncore dans fon berceau, Mais
Coloni:, où fadministration de la
pu,a
on ne les auroit pas oubliées en France.
cette famille depuis l'instant où on fait fuir testamens, 9
pes frères & foeurs quastion dc lui, On a dô y
de
c: Martin
ont dû fe faire
parler fon ablence, y
tette époqus,
envoyer en poffefion de fa
pourvoir,
négliger ces formalités dans la
portion, On auroit
ncore dans fon berceau, Mais
Coloni:, où fadministration de la
pu,a
on ne les auroit pas oubliées en France. Justice étoit
Pourquoi les adverfaires ne
reulent-ils y fmbstituer des oui-dire, repréfencent-ils aucun de ces actes de leur famille :
des certificats mendiés &
Pourqot
furpris? : Pourquoi ? & cela
( --- Page 66 ---
[6]
ce
adverfaires fuppofent, parcequils
n'estil pas clair? Parceque ces actes démentircient queles
indication de Tabenceprétendus de leur Martin Aubry, 9
ne contiennent aucune preuve, aucune
la
de fa mort, ou de fon existence en
parcequ'on y voit peut-être au contraire preuve donne à fa fuite, à celle oû nous en
France, à des époquss postérieures à celle qu'on
rapportons de l'existence du nôtre dans la Colonie.
de famille font muets fur le compte de ce Marin Aubry,
Si au contraire tous ces actes
de
fi fa famille s'est déaucune indication de fon existence ou fa fuite,
s'ils ne renferment
à elle, s'ils fe font refpectivement & abfolument abanrachée de lii, comme il renonçoir
dans fa
touefa
donnés fi la follicitude paternelle n'a point fuivi ce Martin Aubry
fitite,fi
,
d'un fiècle dans l'oubli total de ce Martin Aubry, comment
famille a vécu depuis plus
dont le fentiment n'a été réadmettre aujourd'hui cette famille à faire revivre une parenté
veillé dans fon fein queparlappàt d'une focfioneysiau/Commmt Taccuxdilir,lorfpabalant
de l'être
a répudié depuis plus d'un fiècle, avec lequel
de la reffemblance du nom
qu'elle
ni de
elle
elle n'a confervé, ,pendant un aufli long temps, aucune forte de liaifon,
rapport,
faire revivre cette parenté pour en faire uniquement le prétexte d'une réclamation
prétendroit
ambitieufe?
rien ici aux adverfaires qui n'ait été déjà preffenti par eux. Ils l'ont
Nous n'oppofons
de
Ils n'ont pu fe diffimuler la force de cette objection,
prévu dans la procuration 1781.
faire la même
de la
ils fe font bornés à dire qu'on pouvoit
& dans Timpuiffance
repouffer,
objection à la veuve Hudin. Ce n'est pas y répondre.
constatent la naiffance prouvent bien que celui qui
Ignore-t-on que les actes publics qui
néceffairement le frère de celui
a été baptife, étant fils de telle & telle perfonne, fera
été
comme lui, & fera iffu des mêmes père & mère ; mais que pour favoir
qui aura baptifé
bien réellement l'individu
enfi'te fi celui qui fe préfente avec un pareil acte est
qui
& T'autre puiffent fereconnoitre pour frères, l'éducation, la pofreffion
y es: défigné, pour quelun
Cest de la cohab.tation, d'une éducation
d'itat est la feule preuve poffible & admiflible?
les
de la reconnoiffance commencée par J'aveu réciproque, continuée par
commune,
ou du moins les liaifons & les relations intimes, que peut & doit
habitudes journalières,
par
réfulter cette polelfion d'ctat.
Or,existe-til le moindretrait de cette reconnoiffance, de ce rapport entre la famille Aubry
de Tours 8 Tindividu mort à Léogane en 1698? En existe-t-il le moindre figne entre
cette famille & Jean-Martin Aubry, mort en 1763?
adverfaires fur ce point. Ils connoiffent le prix & la valeur de cette
Écoutons encore nos
fans
il est impoffible de prouver la
poffeffion d'état, de cette reconnoiffance, kefquelles
de la justifier. Ils ont fait à la famille Caradeux, une obligation étroite de la
parenté,
& Jean-Martin
Les adverfaires ont la même à remplir à leur tour.
prouver entre elle
Aubry.
& Jean-Martin Aubry, mort en 1763?
adverfaires fur ce point. Ils connoiffent le prix & la valeur de cette
Écoutons encore nos
fans
il est impoffible de prouver la
poffeffion d'état, de cette reconnoiffance, kefquelles
de la justifier. Ils ont fait à la famille Caradeux, une obligation étroite de la
parenté,
& Jean-Martin
Les adverfaires ont la même à remplir à leur tour.
prouver entre elle
Aubry. --- Page 67 ---
63 ]
Mais loin de rapportér aucune preuve de poffeffion
ils
convenir d'abord à légard du Martin
d'état, ont toujours été forcés de
Aubry qu'ils revendiquent
donni aucune nouvelle a fes parens de France,
aujourd'hui, quil n'avoie
il vivoit
dans
que depuis fà fuite de la maifon
réfugié un coin de Saint-Domingue, a Pinfeu de toute
paternelle,
JAMAIS donné figne de vie.
fa fanille, fans lui avoir
Ainfi, en foutenant que leur Martin Aubry étoit le même celui
les adverfaires avouent que depuis fon paffage à
que
mort à Léogane, +
aucune relation.
Saint-Domingue, il n'y auroit eu entr'eux
A Tégard de Jean-Martin Aubry, les adverfaires,
avoit reconnu leur famille
preffés par leur intérêt à prouver qu'i
pour la fienne, ont commencé par le fuppofer.
Dans la procuration de 1781, dans des obfervations
pour la famille Aubry de Tours, On
fommaires, imprimées en France,
à Tours quelgues jours
prétend qu'en 1742, Jean-Martin Aubry s'arrôta
pour y découvrir fs parens, quil ne put
demeuroient alors à leur terre de Laz Folfe, en Anjou, ancien
rencontrer, parcegu'ils
patrimoine de la famille.
s Quil revint à Tours en 1756 ou 1757 ; qu'il fe préfenta chez la
1) quiétoit alors en campagne, $ que le malheur voulut la Dame Dame veuve Aubry,
1) Aubry ne sy trouvât pas, & fès
que
veuve du Sieur Jacques
que enfans, les uns en
3) les Cloitres & dans le Commerce, étoient
penfion & les autres dars
9) ces deux anecdotes n'ont été fçues
difperfés chacun de leur côté, enforte que
que par des voifins 6 les
2) Aubry avoit defeendu.
dubergifes cheg qui le Sieur
&
On donne ces faits pour tellement avérés, qu'on affure c'est
Aubry a cru la voie du testament la plus fire
que pour cela que le Sieur
quand il
&
pour donner plis de publicité à fon décès
arriveroit, par ce moyen conferver aux Aubry de Tours, contre toute
d'ufurpation, les biens qu'il n'avoit confervés
efpèce
que pour eux.
N'est-ce pas uin fonge que nous venons de tranferire? N'est-ce
ridicules que les nourrices appellent à leur fecours
pas un de ces contes
pour rendre leurs enfans au fommeil ?
Le Sieur Aubry a vécu près d'un fiècle. Il a fait plufieurs
arrêté deux fois à Tours
voyages en France. Il s'est
pour y découvrir fes parens. Mais le
deux époques cette famille nombreufe fe trouvât
malheur a voulu qu'aux
connoiffance précieufe.
abfente, & ne pût confommer cette reLe malheur a voulu fans doute aufli que Jean-Martin
voulôt pas écrire. Car c'étoit un
fi
Aubry ne fçht pas éctire, ou ne
Tinconvénient de l'abfence de moyen fimple de remplir fès intentions, & de
toute la famille.
réparer
1I étoit cependant très attaché à cette famille,
puifqu'il n'a confervifes biens que pour cux,
ieufe.
abfente, & ne pût confommer cette reLe malheur a voulu fans doute aufli que Jean-Martin
voulôt pas écrire. Car c'étoit un
fi
Aubry ne fçht pas éctire, ou ne
Tinconvénient de l'abfence de moyen fimple de remplir fès intentions, & de
toute la famille.
réparer
1I étoit cependant très attaché à cette famille,
puifqu'il n'a confervifes biens que pour cux, --- Page 68 ---
[ 64]
Mais on peur vouloir reconnoitre une famille pour la fienne, on peut vonloir T'enrichir,
& cependant ne pas vouloir fe donner la peine de l'en prévenir par une lettre.
On va à Tours, on sy arrête plufieurs jours
découvrir
malheur
exprès pour
fis; parens, mais le
veut qu'ils foient à leurs terres, On fe préfente chog la Dame Aubry, mais le malheur
veut encore qu'elle ne sy trouve pas 3 & que fes enfans foient en
dans le commerce ; les obstacles animent
les
penfion, 2 dans les cloitres,
quelquefois, difficultés irritent celui qui a une
intention, un projet à remplir. Mais le malheur veut que le Sieur Aubry ne tienne
an fien. Il renonce à fes defirs de découvrir fès parens, mais il ne renonce à leur laiffer point
des biens qu'il n'a confervés que pour eux.
pas
Pour leur affurer les effets de fon attachement, il fait un testament, mais
foin est de ne laiffer rien échapper qui puiffe feulement les
,
fon premier
défigner, 2 &l les faire reconnoître.
Il ne faudroit, nous ofons le dire, il ne faudroit que cette fable rifible
tout à la fois combien les Aubry de Tours ont fenti la néceflité de
pour prouver
Aubry les avoit reconnus , & combien ils font restés loin de cel but fappofer que le Sieur
quils vouloient atteindre.
Mais ils ont mis encore le comble à leur abfurdité, leur mauvaife
foi, en difant enfuite
tout le contraire de ce qu'ils avoient d'abord avancé de la prétendue reconnoiffance
leur famille par Jean-Martin Aubry.
de
Dans la procuration du 13 Septembre 1786, le Sieur Chenantais dit
>) Le de
n Jean-Martin Aubry étant décédé en 1698, &
que: père
ceflsn'ayant alors. que 4 à
> aucun pepicr de famille, ignoroit atfolument la province de France dont sans, bnayan
9) originaire... qu'on fait par tradition
n'avoit
fon père étoit
qu'il
aucune connoiffance de fes aieux ; qu'il
ne connoilfoit que Martin Aubry,fon pire, 6 qu'il ignoroit f ce père n'avoit
eu des
> frires 6 faurs, qui ayant des enfans 2 étoient à coup-fir fes
point
> droit à fa ficceffion. 2)
coufins-germains, & avoient
On conviendra peut-être qu'il ne peut étre vrai en méme-temps que Jean-Martin
n'ait eu aucune connoiffance de l'origine de fon père, de fes aiaux, de fon Aubry &
qu'il fe foit arrêté deux fois à Tours, pour y voir la famille
pays,
bien pour la fienne qu'il n'a conférvé fes biens
Aubry, qu'il reconnoiffoit fi
que pour elle.
On doit auffi remarquer que lon a fappofé la prétendue reconnoiffance des Aubry de
Tours, par le Sieur Jean-Martin Aubry
9 avant qu'on eût obtenn l'acte de notoriété du
Avril 1786. Lhistoire des vifites du Sieur Aubry à Tours
néceffaire
établir quelques rapports de l'ideritité
paroiffoit
alors pour
après laquelle on foupiroit.
Lorfqu'on a penfé que ces rapports pourroient être fiuppléés par l'acte de
on
s'est facilement déterminé à abandonner le conte merveilleux des démarches du notoriété, Sieur
Aubry,
pour
'acte de notoriété du
Avril 1786. Lhistoire des vifites du Sieur Aubry à Tours
néceffaire
établir quelques rapports de l'ideritité
paroiffoit
alors pour
après laquelle on foupiroit.
Lorfqu'on a penfé que ces rapports pourroient être fiuppléés par l'acte de
on
s'est facilement déterminé à abandonner le conte merveilleux des démarches du notoriété, Sieur
Aubry,
pour --- Page 69 ---
pour reconnoître ceux de Tours en
[6;]
n'avoit connu ni les parens,ni le 1742 & 1756 ou 1757. On a avoué fans
pays de fon père. peine quil
Mais les faits pauvent-ils donc varier ainfi
adverfaires? Qu'ils sachent que celui
au gré, fuivant Tintérêt ou la
ceffairement au moins
qui varie fur des points aufi
pofition des
une fois, &
effentiels en
0 lune & l'autre des deux verfions quil est, à bon droit, foupgonné d'en inpofe nécontradictoires qu'il préfente,
impofer par
Mais foyons généraux & indu'gens. Laiffons
deux fystémes ; laiffons-las perfister dans leur encore aux adverfaires fe choix de leurs
jamais ni le pays, ni la famill: de fon
affertion que Jean-Martin
ne
leur famille pourla fienne,
père, ou revenir àlaur première fable Aubry connut
par l'abfence 6
qu'il s'est arrété deux fois à
quilconnoiltit
Gde
diliper les nuuges dont fompère s'étoit Tours, pour renouer les liens
Jes aventures. (C: font encore les
couvert dans le long cours de ufis
termes de la procuration de
fis crrcurs
Dans le dernier cas, le filence du
1786. )
adverfaires. Si leSieur
testament du Sieur
avoit été
Aubry avoit voulur reconnoitre leur famille Aubry fera terrible pour les
breufe empêché que par le malheur gui voulut
pour la fienne, s'il n'en
fe trouvôt abfente, s'il avoit
que deux fois toute cette famille
famille, au point de ne conferver capendant perfévéré dans fon attachement nomquoil le Sieur Aubry ne les auroit fis biens que pour elle, nos adverfaires nous pour cette
pas délignés
diront
n'auro't pas au moins indiqué la ville de Tours norinativement dans fon
pourbien fçu que Cette
oùr il auroit Gu que Cutte testament, pourquoi il
laquelle il
famille, quil avoit voulu reconnoitre,
faunillevivoit. Il auroit
n'avoit eu aucune
mais quil n'avoit pas
befoin d'être défignée
relation s qui n'en avoit jamais eu aucune racomnue, avec
Sieur Aubry fir leur parficulierement. Les adverfaires nous diront le motif avec lui, avoit
parens, ni héritiers du Sieur compte, eux qui concluoient que les Siaurs Caradaux du filence du
Autant cette défignation Aubry, de Ca qu: le Sieur Aubry ne las
n'étoient ni
notoirement
nominative étoit inutile &
avoit pas nommés,
parente, 9 autant elle eût été
faperflu: pour la famille
ner rapprochoit du Sieur Aubry, qui n'avoit néceffairs, indupen@able pour cette famille Caradene
étoit impoflible de donner le plus léger indice jamais eu aucune liaifon avec.
filence du
Autant cette défignation Aubry, de Ca qu: le Sieur Aubry ne las
n'étoient ni
notoirement
nominative étoit inutile &
avoit pas nommés,
parente, 9 autant elle eût été
faperflu: pour la famille
ner rapprochoit du Sieur Aubry, qui n'avoit néceffairs, indupen@able pour cette famille Caradene
étoit impoflible de donner le plus léger indice jamais eu aucune liaifon avec. lui, querien
réupiffoient à leurs titres. de Cette rolilon d'tat que les Sieurs Inqu.lle il
Caradeux
Dans le premier cas, fi Jean-Martin
de fon père, il fera d'abord faux & Aubry ne connur jamais ni le pays, ni les
la fi-nnz, guil n'ait confervé fes biens très-faux qu'il ait reconnu la famille de Tours parens
fon tasrament en laiffant fas bians à fos que pour elle, quil ait entandu parler d'elle pour
vrai au contraire, , & très-vrai
plus proches parens & héritiers du
dans
les Aubry de Tours &
qu'il n'a jamais existé aucun
fang. II fera
vrai &c très-vrai
Martin & Jcan-Martin
rapport, aicane liaifon entre
lidenticé
que les adverfaires n'auront plus Aubry, ni
morts à Satat-Demiags. II fra
qu'ils fuppofint. preuves de peffion d'état, , ni indiccs de
I
a --- Page 70 ---
[65]
n'avons
qu'une réflexion à ajouter fur l'infuiffifance des titres préfantés par
Nous
plus
leur
avec l Sieur Aubry, mort en 1763. : Mais
les Aubry de Tours pour prouver parenté
cette réflexion est tranchante & décifive. la fortune laiffée par Jean-Martin, Aubry. à Saint-I -Domingue eût été faite
Suppofons que
de
& Jean-Martin Aubry excité par l'ambition
en France par un des Aubry Tours, .qu2
les adverfaires, fe fût
les adverfaires, abufant de la reffembiance de nom commc
comme
cette faicceffion à la famille Aubry de Tours, ou pour la partager
préfenté pour difputer. avec
fuccès ne l'auroit-on pas repouflé? :
avec ell:; avec quel avantage,
quel
fermé la bouche par la repréferitation de l'acte mortuaire du Martia
On lui eût péut-être
eût eu alors autant d'intérêt à le montrer qu'on en a
Aubry né à Tours, parcequ'on
aujourd'hui à en dérober la connoiffance. mêm: ce Martin Aubry, né à Tours, eût réellement difparu, cn
Mais en admettant
que
Tours n'auroientadmettant fon extrait de mort n'eitpu être repréfenté, 2 les Aubry de
que
Aubry:
vous prétendez être de notre famille, & être fils
ils pas dit à Jean-Martin
Quoi! du Martin Aubry né à Tours en 1658! Que vous foyizz fils de Martin Aubry, nous
votre acte de baptême, vous jutifiz C: pendant de
Taccordons. Si vous ne pouvez repréfenter
le Martin
dont vous êtes fils, fut cclui
votre naiffance. Mais oà est la preuve que
Aubry,
né dans notre famille en 16,8! La refTemblance du nom! Elle est infignifiant: dans tous
l'est encore dans cclui-ci, car il n'est peut-être pas de Province en France
les cas.
Que vous foyizz fils de Martin Aubry, nous
votre acte de baptême, vous jutifiz C: pendant de
Taccordons. Si vous ne pouvez repréfenter
le Martin
dont vous êtes fils, fut cclui
votre naiffance. Mais oà est la preuve que
Aubry,
né dans notre famille en 16,8! La refTemblance du nom! Elle est infignifiant: dans tous
l'est encore dans cclui-ci, car il n'est peut-être pas de Province en France
les cas. Elle
plus
ne fe retrouve. L'analogi: de T'age! elle ne peut pas nous être oppofée. our l nom Aubry
Elle
du hafard, & il ne
en réfulter rien de
'Elle n'est pas de notre fait. est l'effet
peut
aucune
de l'identité fans
vous ne pouvez êtrè
ne
laquells
certain. Vous rapportez
preuve
admis au droit que vous réclamez. Vous ne rapportez rien qui puilfe faire foupçonner
faulement votre père fit originaire de notre province. Mais fi rien ne vous rapproche de
famille que fur laqueile vous ne voulez vous enter qu'à raifon de l'intérêt qui vous appell,
notre n'avons-nous de motifs pour refufer de vous y admettre : Il y a plns d'un
combien
pas né à
auroit renoncé à fa famille comme à fon pays. fiècle que Martin Aubry,
Tours,
Depuis fon évafion ,il n'exista jamais aucune relation entre lui & nous. Sil abandonna fa
famille, ella ne conferva aucun attachement pour lui. Votre père est mort fans revenir en
France. Mais vous; vous Jean-Martin Aubry,'vous y êtes venu plus d'une fois," Vous y
votre éducation. Vous avez acquis une charge. Vous avez alors fait
avez parfectionné
y
Vous n'avez
constater votre originz. Vous avez paffé à Tours, ail milieu de notre. famille,
même fongé alors à faire revivre par une reconnoiflance refpective ,le lien de notre
pas
Vous n'avez mêm: manif-sté des doutes &.
otre père est mort fans revenir en
France. Mais vous; vous Jean-Martin Aubry,'vous y êtes venu plus d'une fois," Vous y
votre éducation. Vous avez acquis une charge. Vous avez alors fait
avez parfectionné
y
Vous n'avez
constater votre originz. Vous avez paffé à Tours, ail milieu de notre. famille,
même fongé alors à faire revivre par une reconnoiflance refpective ,le lien de notre
pas
Vous n'avez mêm: manif-sté des doutes &. des foupçons far cette
prétendu: parenté. pas
feroit infructucufe & inutile pour vous. Mais
parenté, tant que vous avez.pu penfer qu'elle
elle vous paroit constante & démontrés, lorique Tappit c'une, fucceffion opulente vous
détermine àchcifir, à adopter notre famille pour la vôtre. EMe ne; peur vous reconnoitre --- Page 71 ---
a vous ne protivez I"dentité des daux êtres 167] dont lun
à
est né à Tours, &
Sain-Domingue. Elle VOuS repouffe de fon fein avec
l'autre est moft
rend T'abandon &
ob
indignarion & mépris. Elle
lui avez
Téloignement vous & votre père avez vécu
vous
pu oublier un père, des aieux, fi vous ne demandez à pour elle. Si VOLIS &
parceque lintérêt vous y invite, vous ne méritez
rentrer dans notre fein que
fr les preuves dont vous avez befoin.
pas que nous nous rendions moins diiliciles
vous réclamez, C'est
Vous n'en avez aucune de la polilfion de
vous, c'est votre père, c'est votre
Térat qite
accufér, & il fuffit pour autorifer notre réfistance.
long abandon qu'il faudroit en
Iledt été impoffible à Jean-Martin Aubry de la
&
faires triomphaffent de celle de la famille Caradeux? vaincre, on voudroit que les adverde la parenté ne doit pas étre
&
Qu'on foutienne donc auffi que Teffet
le privilège de
réciproque 2 qie la famille Aubry de Tours a
revendiquer un individu 2 dont le fils n'edt
la faculré,
par elle.
jamais pu fe faire reconnoître
L'infufifance des titres préfentés par les adverfaires est donc
fupplécr à ce défaut abfolu de preuves de poffeffion
démontrée. Rien ne peut y
des individus est elle-mme
d'état, fans lefquelles celle de
rien. C'en
impoflible, C'est aux adverfaires à tout
l'identité
feroit affez pour Jes écarter ; mais nous voulons prouver,& ils ne prouvent
voulons prouver que l'identité que les adverfaires
aller plus loin encore. Nous
puifque le père de Jean-Martin
avoient à justifier n'a pas pu
des adverfaires.
Aubry étoit iffu d'une famille abfolument
exister,
étrangère à celle
Celui qu'un adverfaire couragaux pourfuit & charge
forces en raifon des efforts de fon ennemi. Cest ainfi vigouraufement, ménage & rappelle fes
leurs pour diffimuiler les preuves accablantes
que Jes adverfaires ont redoublé les
font ceux de la mauvaife foi, de
qui nous restent à leur oppofer. Mais ces efforts
Tinfidélité, qui fe défefpèrent.
Pour fe rendre plus facile Ja difcuflion des titres de la Dame
conféquences qui en réfulent, ils ont commencé les
Hudin, pour affoiblir les.
les actes, par fippofr que tout C2 qui a été fait entre par Ja Dame préfanter à leur gre, par rronquer
est le fruit du concert qui a régné entr'eux;
Hudin & la famille Caradax,
1767, doit fon existence.
que c'est à ce concert que T'Arrêt du 3 Juin
Il falloit bien imaginer un moyen de perfuader au Lecteur
eôt pu parvenir à fe faire admettre au
de la
étonné que la Dame Hudin
avoir aucun droit, fans l'avoir établi partage
ficceflion Aubry, fans cependant
TArrêt
par aucuns titres. Eh bien,
y'
qui a adopré cette réclamation a été préparé
fippcfons, a-t-on dit, que
celui rendu en 1764, pour le Sieur de Gizaux. Cette par un concert réciproque, comms
& on a efpéré que ce qui étoit vrai pour l'Arrêt de analogie a paru heureufement inventée,
celui de 1767. Oa s'est débarraffé
1764, pourroit bien le paroitre
préjugé folemnet.
2 au moins pour Tinsta.at, de ce fardeau Pelant pour d'un
é
fippcfons, a-t-on dit, que
celui rendu en 1764, pour le Sieur de Gizaux. Cette par un concert réciproque, comms
& on a efpéré que ce qui étoit vrai pour l'Arrêt de analogie a paru heureufement inventée,
celui de 1767. Oa s'est débarraffé
1764, pourroit bien le paroitre
préjugé folemnet.
2 au moins pour Tinsta.at, de ce fardeau Pelant pour d'un --- Page 72 ---
I 68 J
Infenfés ! Avez-vous donc pu vous promettre le fuccès d'une illufion aufli facile à détruire?
N'avez-vous donc pu prévoir quel avantage vous nous prépariez fur vous-mêmes, lorfqu'à
la place de votre fiction menfongère & fauffe comme l'imagination l'a
qui conçue, nous
aurions rétabli la vérité que vous avez fi cruellement & fciemment offenfée?
L'Arrêt de 1767 a été rendu fans aucune contradiction ! Il est le fruit du conccrt, de
l'intelligence qui régnoient entre la Dame Hudin & la famille Caradeux ! Qu'on nous futive
un instant, & qu'on juge du mérite de ce début.
L'Arrêt de 1767 est rendu fur les productions refpectives de la Dame Hudin, du Sieur
de Gizeux, de la famille Caradenx, & fur les conclufions de M. le Procureur-Général. Le
volume de cet Arrét annonce celui des trois productions qui y ont été vifées. Les adverfaires produifent cet Arrét de 1767, & celui de 1764. Il ne faut que les comparer
demeurer convaincu, que fil les Sieurs Caradeux ont admis volontairement le Sieur de Gizeux, pour
ils ont au contraire repouffé autant qu'il étoit en eux les prétentions de la Dame Hudin.
Celui de1764, est fur une feuille. Celui de 1767, comprend trente-neuf rôles de minute. Celui
de 1764, est rendu du confentement des Sieurs Caradeux. Ce
confentement y est
littéraleinent. Celui de 1767 n'offre rien de pareil,
exprimé
Mais n'est-il donc pas d'autres fignes auxquels il est facile de reconnoitre fi l'Arrêt de
1767 a été rendu de concert ?
La première demande de la Dame Hudin est de Septembre 1764. L'Arrêt
1767. Le procès a donc duré près de trois ans.
est du 3 Juin
Dès le 3 Décembre 1764, une première Sentence du Port-au-Prince avoit, fur
défanfès des Sieurs Caradeux, affujetti la Dame Hudin à
d'autres , les
rapporter
titres
ceux qu'elle préfentoit.
que
En Mai 1765,la Dame Hudin préfenta de nouveaux titres, & reprit fes pourftites. Les
Sizurs Caradeux les difeutèrent, & le procès firt appointé le 15 Juillet, instruit de &
d'autre, & jugé fur productions refpectives, le 26 Février 1766: la Dame Hudin part fut
déboutée de fes demandes.
Elle appela de cette Sentence, & forma oppofition aux partages que la famille Caradeux
fe difpofoit à falre de la fucceffion Aubry.
L'Appel fut instruit. Chacune des parties fit imprimer fa défenfe. Nous avons fous les
yeux un Mémoire & confilation imprimés au Cap, pour la veuve Hudin; le Mémoire
fut l'ouvrage de Me. Bourgeois, Doyen des Avocats du Cap. La confultation fut délibérée
au Cap,le I Mars 1767, par dix autres Avocats du Confeil du Cap.
Peu de jours avant TArrêt, le 23 Mai 1767,la Dame Hudin fit
fignifier une nouvelle
acune des parties fit imprimer fa défenfe. Nous avons fous les
yeux un Mémoire & confilation imprimés au Cap, pour la veuve Hudin; le Mémoire
fut l'ouvrage de Me. Bourgeois, Doyen des Avocats du Cap. La confultation fut délibérée
au Cap,le I Mars 1767, par dix autres Avocats du Confeil du Cap.
Peu de jours avant TArrêt, le 23 Mai 1767,la Dame Hudin fit
fignifier une nouvelle --- Page 73 ---
Requêts, on clle demandoit que les héritiers [6] Caradeux
en vertu defquels ils fep prétendoient
du Sieur
fuffent tenus de repréfenter les titres
de Marie-Magdelcine Aubry, leur parens
Aubry, & notamment l'extrait baptistaire
fiflifantes pour prouver &
grand-mère ; finon elle protestoit de faire faire les recherches
du
justifier de la batardife des Sicurs
partage de la fuccelion.
Caralaux, G de les faire exclure
Le même jour, 23 Mai 1767, requête des Sieurs
que la velrve Hudin foit déclarée
Caradeux par laquelle ils
non recevable dans fès
demandent
réferves de f pourvoir pour caufe de louragefait à la
conclufions, & acte de leurs
réjaillit Jur eux.
Mémoire de leur aicule, & de ce qui en
Le 2 Juin, veille de l'Arrêt, autre requéte de la
en cas de difficulté de la Cour à lui
Daine Hudin. Elle y demandoit acte, 2
plus amplement 6 plus clairement adjuger fes conclifions, de ce qu'elle
qu'elle étoit coufine-germaine dudit
ofroiedejrsipir
qu'elle a par lui roujours été reconne
feu Jcan-Martin Aubry,
Caradeux & de Gizeux ) feroient tenus pour telle, ce que" fes parties adverfs ( ( les Sieurs
d'avouer ou contester.
Enfin le 3 Juin, , le jour même de PArrêt,
révoque la recornoifance qu'elle
autre Requête de la Dame "Hudin. Elle
Magdeleine
pouvoit avoir faite dans fes écrits de la
x
Aubry, aieule des Sieurs Caradaux; & attendu la
ligitimité de Mariepièces recouvréas par la Dame Hudin, difoit-on,
preuve qui réfiltoit des différentes
du 2 Février 1698, que Jean-Martin
& notamment de l'extrait de baptême
Aubry n'avoit point à catte
Muie-Mugdedine dubry 2 mais bien une qui s'appeloit
époque ds foeur nommés
las Sieurs Caradeux fullènt déclarés inhabiles à
Marie Aubrys on demandoit
qu'attendu les débourfés
hériter à ladite faccelfion, &
que
du procès, & dans le confidérables, que la veuve Hudin avoit faits
finalement
Cas oà la Cour croiroit devoir ordonner
pendant la pourfiite
adjugé une provifion de vingt mille livres.
un interlocutoire, il lai fût
Toutes ces conclufions font répétées mot-à-mot
Arrêt étoit fous les yeux des adverfaires,
dans le vû de T'Arrêt de 1767. Cet
concert, qu'il avoit été rendu Jans
lorfqu'on leur a fait dire qu'il étoit le
aucune contradiction.
fruit du
Que pouvoit-on efpérer d'une imposture auffi avérée? Elle
témoins des efforts de la Dame Hudin, & de
a révolé tous ceux qui ont été
elle a révolté fur-tour ceux qui favent
ceux des Sieurs Caradeux pour lui
baaucoup plus cher fa
que ce procès a failli coûiter au Sieur
réfister ;
que portion dans la fuicceflion Aubry.
Caradeux ainé
Mais qu'on ne penfe pas que ces débats aient fini avec
condamnoit les Sieurs Caradeux & de Gizeux à
l'Arrêt du 3 Juin 1767. Il
de la ficceffion des Sieurs Aubry, dont elle remettre à la Dame Hudin, le huitième
étoit
avec enx.
reconnue héritière par égalus portions
-
coûiter au Sieur
réfister ;
que portion dans la fuicceflion Aubry.
Caradeux ainé
Mais qu'on ne penfe pas que ces débats aient fini avec
condamnoit les Sieurs Caradeux & de Gizeux à
l'Arrêt du 3 Juin 1767. Il
de la ficceffion des Sieurs Aubry, dont elle remettre à la Dame Hudin, le huitième
étoit
avec enx.
reconnue héritière par égalus portions
- --- Page 74 ---
[70 ]
de fuivre l'exécution de cet Arrêt. Dès le 20 Juin elle en
La Dame Hudin s'emnpreffa
du huitième T'Arrêt du
ordonna qu'elle feroit mife en poffefion
que
obtint un autre, qui
de la Cour, 7 pour
à cette mife
3 Juin lui adjugcoit, & nomma un Commiffaire
procéder
En poffaflion.
à la nomination des Expeits, qui doivent y conLe 19. Ordonnance pour parvenir
courir.
défaut contre les Sizurs Caradeux, qui de leur côté
L: 22. Nomination d'Experts par
du Port-au-Prince 9 & frent notifier à la 'veuve Hudin ;les 17, 30
déclarèrent au Greffe
d'entr'eux fe rendoient en France, dans le feul & thique objet de
Juin & 4 Juillet , que deux
le Juin en
de la Dame Hudin.
fe pourvoir en cafation de l'Arrit rendu 3
favear
plus aux Confeils incohfidétés des Sieurs Caradeux
Cette démarche irrégulière appartenoit
qu'ils n'avoient pas confenti à l'Arrêt du
qu'à cux-mémès ; mais au moins prouve-t-elle
3 Juin 1767."
les pourftites de la Dame Hudin. Elle
Elle ne devoit pas arrêter, 9 & ne fufpendit pas
fes adverfaires
les continua même avec T'acharnement & la vigueur qué la réfistance de
devoit lui infpirer.
Juillet
de la mife en poffeffion furent commencées, & on y
Le 6
1767,les opérations
de la fanille Caradeux > qui, fans s'oppofér à
retrotive encore les réferves & protestations foumiffion lui étoit due, fe défend de tout
Texécution de T'Arrêt, fans s'écarter de la
qui
acquigfcement volontaire, & riferve tous Jes droits 2 actions , moyens & exceptions.
s'est continuée jufqu'en Septembre 1767. La Dame Hudin étoit
Gette mifè en poffeffion
encore à toucher la moindre portion du
toujours en fouffrance, & n'avoit pu parvenir
huitième qui lui étoit adjugé.
Elle demanda alors une provifion de. 300,000 livres. Un Arrêt du 5 Saptembre 1767,lui
& elle fit faifir - exicuter, le Sieur Rocheblanche le 21 Septembre.
adjugea 3o,coolivics,
côté, les Sieurs Caradeux formèrent oppofition alArrét qui accordoit àl la Dame
Dei ieur
Hudin cette provifion de 30,000 livres.
Juillet
Dame Hudin obtint un exécutoire de dépens contre la famille
Le 13
1768,1a
deniers. La famille Caradeux
Caradéuix: Ces dépens furent taxés à 8,978 livres, I fous 8
appela de cet exécutoire.
Le 4 Août 1968, la Dame Hudin demanda compte au Sieur de Rocheblanche, de la
gestion qu'il avoit cue des bièns de la fixcceffion Aubry.
Le
autre exécutoire obtenu par la Dame Iludiri, , contre les Sieurs
2 Septembrè 1768,
Caradeux.
deniers. La famille Caradeux
Caradéuix: Ces dépens furent taxés à 8,978 livres, I fous 8
appela de cet exécutoire.
Le 4 Août 1968, la Dame Hudin demanda compte au Sieur de Rocheblanche, de la
gestion qu'il avoit cue des bièns de la fixcceffion Aubry.
Le
autre exécutoire obtenu par la Dame Iludiri, , contre les Sieurs
2 Septembrè 1768,
Caradeux. --- Page 75 ---
[71]
Les IO Décembre 1768,. & 23 Janvier 1769, demande de la Dame.
damnation par corps contre lcs héritiers Caradeux,
la
Hudin, çn, conpour reddition de
compte, :
Cependant les Sieurs Caradeux s'étoient pourvus. .au Confeil
Juin 1767, & par Arrêt du 21 Mars 1768, ils avoient été d'État, contre l'Arrêt du 3
en caffation 6 condamnis en l'amende.,
diboutis de leur demande
.
La Dame Hudin avoit été informée de cet Arrêt. Elle s'en étoit
& elle le fit fignifiar le 7 Janvier 1769, à Me. Faure, alors Avocat procuré de une expédition,
Bdes Sieuré Dame de Brancas, en lui demandant communication la famille Caradeux,
fuivre l'exécution de TArrêt du
de différentes pitc:s, pour
3 Juin : 1767..
Mais la famill: Caradaux, & les Sicur & Dame de Brancas, n'avoient
à attaquer cet Arrêt. Ils n'avoient pu le faire anéantir au Confeil d'État, pas encore renoncé
le faire rétracter par le Tribunal qui l'avoit rendu.
ils tentèrent de
Ils obtinrent au grand Sceau des Lettres de laps de temps, & ils vinrent demander
Jentérinement de leur Requête civile au Confcil du Port-au-Prince. Ils en pourfivoient le
Jugement, lorfque lévénement,. fur lequel Sa Majesté a impofé
Caradeux la faculté & l'efpoir de T'obtenir pendant
filence, epleva aux Sieurs
difcrétion de la veuve Hudin, & à la merci des long-temps. Ils fe.virent livrés à la
Tautorifoit à
pourftites que TArrêt du 3 Juin 1767
multiplier contre eux.
Ce fut alors feulement que la famille Caradeux & la Dame de Brancas.,
Sieur de Gigeux, fon père, réglèrent avec la Dame Hudin le huitième qui lri étoit hericière adj: du
par l'Arrêt du 3 Juin 1767. La Dame Hudin leur céda fes droits
ge
payables dans pluficurs années. Les derniers termes ont été payés moyenuant. aux hiriticrs 510,000 de la. livres,
Hudin.
Dame
Fut-il jamais contradiction plus vive, plus férieufe que celle qui précéda & fuivit l'Arrét
du 3 Juin 1767 P Comment a-t-on ofé dire, que les Siaurs Caradeux n'en avoient
aucune 21 Un procès qui a. duré près de trois ans avantlArêt,près de déux ans
oppofé
on. a épuifé toutes les voies poffibles & ufitées dans les Tribunaux, où on a eur réçours après TArrêtyoh à l'autorité
fuprème de Sa Majesté. elle-même, un procès ci; par. fa nature , on n'a pas,feulement difcuté. les
.droits des concurrens, > oh on a encore critiqué avec. fiel-8c amertume leur état & celui de leurs
aizux, oi une portion de la procédire forne un volume effiayant, oir, plufieurs défenfeurs
fe font fuccédés, n'est point férieux fivant nos adverfaires ! Tout y a été fait de concert!
L'Arrêt n'est point le réfultat des dlibérations des Magistrats! il,est le: fruit dela
del Tintelligence des parties ! Si Vorre répugnance pour la vérité est invincible,r connivence,
an moins de ce qui lui reffemble, ou ceffez de prétendre à la perfiafion rapprochez-vous voiis
que réclamez.
Mais ce n'étoit pas affez. pour les adverfaires de Sppofer k concert & Tintelligence
AK
a été fait de concert!
L'Arrêt n'est point le réfultat des dlibérations des Magistrats! il,est le: fruit dela
del Tintelligence des parties ! Si Vorre répugnance pour la vérité est invincible,r connivence,
an moins de ce qui lui reffemble, ou ceffez de prétendre à la perfiafion rapprochez-vous voiis
que réclamez.
Mais ce n'étoit pas affez. pour les adverfaires de Sppofer k concert & Tintelligence
AK --- Page 76 ---
(72)
oti la contradiction la plus chaude,le choc le plus violent ont régné. Il falloit bien
créer les motifs de ce concert,
encore
Les Sieurs Caradeux avoient, dit-on, befoin de l'indulgence de la veuve. Hudin
cella-ci comptolt fur la leur. 'Elis repréfontoit fur-tout une' Lettre, où Marie
comme
Aubry, 3 parloit de fa fille. Cette énonciation étoit précieufe
les
Dubois, veuve
pour Sizurs' Caradeux. Is
en réclamoient le témoignage, pour justifier leur état & celui de leur
2 étoient donc
aieule. ) Ces pièces
également admifes, reconnues & invoquies de part 6 d'autre. La
7) qui les avoit produites en avoit fait des preuves refpectives l'on
connivence
7> force égale des deux côtis: il falloit donc, de toute nécellité, que réclamoit "avec une
qu'elles
77 qui a été rendu. )
d.terminaffent PArrêtCette nouvelle affertion étoit une fuite naturelle de ce qu'on s'est permis for l'état des
Sicurs Caradeux, fur celui de Miarie-Magdeleine Aubry leur aieule, fur
las avoit fuppofés de justifiar qu'elle fût foeur & fceur légitime de Jean-Martin Timpuiffance oh on
maintenant qu'il est démontré qua les Sieurs Caradeux n'ont
Aubry. Mais
que l'état de leur aizule fit
jamais pu craindre un instant
contesté, nous Rouvoris donc dire & avec plus de raifon
les adverfaires: Les Sieurs Caradeux n'avoient pas b.foin de lindulgence de la Dame que
Ils étoient loin d'invoqu:r la lttre qu'elle
Hudin. produifoit pour en induire la
faifoit Marie Dubois de fafille devoit
que ment' on qu'y
s'appliquer à leur aisule. Ils avoient des titres incontestables, Ils pouvoient donc critiquer févèrement ceux de la
X
DameHudin; ; ils le devoient
méme, car la Dame Hudin ne fe bornoit pas à réclamer une portion de la fucceflion
elle la demandoit toute entière. Elle contestoit l'état des Sieurs Caradeux. Flle
jufqu'au moment de l'Arrêt, qu'ils étoi nt inhabiles à fuccider. Eile
a foutenu
admettant que. leur ai:ule. fit foeur de Jean-Martin Aubry, les Sieurs prétendoit même, qu'en
Caradeux n'étant
petits naveux, feroient exclus par elle, 2 veuve Hudin, qui étoit coufine-germaine, Ainfi fous que
tous les points de vue poffibles, les Sieurs Caradeux devoient faire les plus
pour écarter la Dame Hudin, bien loin de la ménager, & de paroitre feulement la grands efforts
contredireEt les Sieurs Caradeux ont-ils fait ce que leur intérêt leur
Ont-ils repouffs la Dame Hudin de toutes Jeurs
prefcrivoit avec tant d'empire ?
ient exclus par elle, 2 veuve Hudin, qui étoit coufine-germaine, Ainfi fous que
tous les points de vue poffibles, les Sieurs Caradeux devoient faire les plus
pour écarter la Dame Hudin, bien loin de la ménager, & de paroitre feulement la grands efforts
contredireEt les Sieurs Caradeux ont-ils fait ce que leur intérêt leur
Ont-ils repouffs la Dame Hudin de toutes Jeurs
prefcrivoit avec tant d'empire ? réfistance
forces, ou ne lui ont-ils offert cette
foible & complaifante, qui enhardit plutôt qu'elle ne décourage
que
fage cerrain de la défaite de celui qui paroit
2 qui est un pré
Toppofer, qui femble n'avoir d'autre
d'ajourer au triomphe & au plaifir de celui qui attaque ? objet que
Rien n'a été plus férieux, rien n'a été plus vif que la défenfe des Sieurs Caradeux,
font juger d'abord les titres de la Dame Hudin infuffifans. Elie
Ils
les Sieurs Caradeux parviennent à faire
y fapplée par d'autres, que
rejiter encore. La Dame Hudin
Les
Caradaux fe ralentifent- ils? Ils font reparoitre leur définfeavec; plus appelle. Sieurs
la publicité de l'impreffion. Celle de la Dame Hudin
d'énergie. Ils y donnent
paroit fous la même forme. Elle
l'appuie --- Page 77 ---
lappuie du fufrage unanime du Barrean 173]
voient éclore de fa part
du Cap, & les derniers instans de
Timsputation la plus
Dnstruction
Sont-ce là les
outrageante pour la famille Caradeux. fignes auxquels les
ont préparé & d.ternind TArrêt? Si adverfaires ont reconnu le concert & la
pour paroitre fe défandrs, T'Arrêt ce concert eût existé, fi on ne fe fàt connivence qui
comédie f mal-adroitemont
une fois rendu, il enit été inutile de défendu que
faires, Les Sieurs Caradaux imaginée, plus mal-adroitement encore
continuer cette
defiré, dicté
euffent au moins laitte
exécutée par ls adverpar cux, pour ainfi dire. Mais exécutercet Atrêt qu'on
pour éloigner fon exécution, Deux
on la vu: ils font au contraire fippofe préparé,
pourvoir. Les autres ufnt dans la d'entre-eux font exprès le voyage de France TimpolilNe
éluder, an moins,
Colonie de toutes les
pour fe
julqu'a Tiffue de la
riffourcesd: leurs Confils,
requête en caflation. pour
Cette requéte est imprimés en France. On
dans la procuration de 1781,
ne craignoit pas, comme 011 T'a
a recours à la requéte
defe mettre trop a dicouver. La caffation
prétendu
Hudin,
civile, & fur quel morif est-elle fondée? ne réuflic pas,on
précif@ment dans Tefage qu'elle avoit fait des
Sur le dol de la veuve
complaifammenta accueillies, invoquées même les
lettres qu'on prétend avoir été
De fon
par Sieurs Caradeux. côté, la Dame Hudin
prenoit des ezxicuroires, demandoit, marquoit tous l.s jours par de nouvelles
un compte des revenus,
obtenoit dcs provifions, , faifoit des pourfites, Elle
dans les derniers , follicitoit des contraintes par
prifes, pourf@iveit
retranchemens que les formes corps , forçoit enfin la famille Caradeux
Cest donc
judiciaires leur avoient ouverts.
été
De fon
par Sieurs Caradeux. côté, la Dame Hudin
prenoit des ezxicuroires, demandoit, marquoit tous l.s jours par de nouvelles
un compte des revenus,
obtenoit dcs provifions, , faifoit des pourfites, Elle
dans les derniers , follicitoit des contraintes par
prifes, pourf@iveit
retranchemens que les formes corps , forçoit enfin la famille Caradeux
Cest donc
judiciaires leur avoient ouverts. une abfurdité
de concert, de connivence inconcevabls, une imposture révokante
a doncété rendu
entre la Dame Hudin & la famille
que cette fippofition
la
fur la contradiction la plus forte. Caradeux, L'Arrêt de
caffation demandée du
L'Arrêt du Confail d'Érat
que les adverfaires
premier, n'a pas été non plus un
aqui a proferit
n'ont pas araqué, celui de
jeu fans doute. Cet
jus.e idée des titres de la Dame Hudin. De 1767 qu'ils attaquent > donnent donc Arrêt,
décifions,kes eût rendu
même que la collufion eût
une
même
fifpectes, comme les
qui préparé ces
on doit préfumer qu'ils étoient
adverfaires Ont cherché à le faire
de
un Arrêt bien contradictoire,
légitimes & fuffifans, puifquils Ont été croire,
TArrêt, Ont été
puifque tous les efforts des Sieurs
adoptés par
impuiffans. Res judicata
Caradaux, avant &
pro veritate habetur. après
Mais les adverfaires veulent remettre
1767, par T'Arrêt du
en question aujourd'hui cêtte vérité reconnue
ne devons-nous
Port-au-Prince, confirmée par celui du Confeil
en
pas faire remarquer d'abord
d'État en
avant d'avoir ofé la contester : Ils
qu'ils Ont laiffé paffer plus de
1768;
temps même oùr il a éré
Ont eu connoifance de T'Arrêt de vingt annécs
cet Arrêt
rendu, & c'cst en 1788,
1767, dans le
&c à celui de 1764.
reconnue
ne devons-nous
Port-au-Prince, confirmée par celui du Confeil
en
pas faire remarquer d'abord
d'État en
avant d'avoir ofé la contester : Ils
qu'ils Ont laiffé paffer plus de
1768;
temps même oùr il a éré
Ont eu connoifance de T'Arrêt de vingt annécs
cet Arrêt
rendu, & c'cst en 1788,
1767, dans le
&c à celui de 1764. Ils avoient
quils viennent former oppofition à
cependant conçu leurs prétentions, même
avant
K
- --- Page 78 ---
17575 chaque jour de ce long MMence de leur part n'est-il pas un aveu des droits reconnus
de
un nouvel hommage rendu par eux à la vérité qui y est fixée,
par cet Arrêt 1767,
la famille Aubry de
comme au jugement qui T'a confacrée? A qui perfuadera-t-on que
Tours,eût négligéfil long-temps, eût abandonné pendant 20 ans une réclamation auffi intéreffante
elle, des droits auffi précieux, fi ayant connoiffance & plaine connoiffance de
Tévénement pour quiy donnoit ouverture, des efforts de plufieurs concurrens pour fe les partager 2
intimement
de la légéreté, de l'inconfequenc: de fes préelle n'eût été pénétrée, & de Tinfuffifance pénétrée de fes ritres, comme de la force & de la
tentions, comme du vice
Ne trouvons-nous pas dans cct agiotage honteux
valeur de caux des autres concurrens?
la
&
fait entre les adverfaires de leurs prétendus droits, dans ces précautions que crainte
la méfiance de ce droit leur ont infpirées, une nouvelle preuve de cette vérité? Celui qui a
en abindonna-t-il le quart à un mandataire, à condition que les
des millions à prétendre,
fi la
frais de la réclamation feront à la charge du mandataire, s'il n'a aucune prétention s
tentative qu'il va rifquer ne réuflit pas ? Ce mandataire, à fon tour, abandonne-t-ilà un autre
lesdeuxtiers du quart, à condition que le fecond fe chargera lui-même des rifques dc l'événe-
& restera feul chargé des frais, fans répétition, fl T'entreprife ne réuffit pas 2 Net fontment, l les caractères les plus distinctifs des trafics réprouvés par les loix, de ces effaislitigjeux
c2 pas troublent la fociété, &c excitent le mépris univerfel? & ce font cependant bien littéralequi
des
héritiers Aubry avec le Sieur Chenantais, & du
ment las conventions prétendus
Sieur Chenantais avec le Sieur Bacqué, dont Texistence est même un problême. Qu'on y
la cellion que le Sieur Chenantais s'est fait faire enfuite par Perrine Aubry veuve
joigna
n'ofe montrer, faut bien cependant qu'il produife, &
Maridois, - cette ceflion qu'il
pas
qu'il
de concevoir pour le complot de ces deux hommes ambirieux,
on n2 pourra s'empécher
la répugnance & Tindignation dont la Loi elle-même l'a frappé.
Quelle faveur ne métitoit pas aul contraire la réclamation de la Dame Hudin, d'après
fes titres & la manière dont elle les a préfentés ?
au mois de
que la Dame Hudin forma fa première
Ce fut en 1764,
Septembre,
demande en remife de la fiucceffion Aubry.
étoit Maitin Aubry, père de Jean-Martin, étoit né à Taillebourg en
Son fystême
que &
; que Martin Aubry avoit eu deux frères,.
Xaintonge, de Jean Aubry Françoife E(naud
étoit la Dame
fans
& Guy Aubry, marié à Renée Neau, d'ou iffue
Jean, mort postérité,
Hudin ; qu'elle étoit conféquamment coufine-germaine de Jcan-Martin Aubry.
de
la Dame Hudin prétendoit être la plus proche
En cette qualité coufine-germaine,
parente, & exclure les enfans Caradeux, qui étoient patits-neveux.
La Daine Hudin produifit d'abord: :
1°. Une lettre écrite, le 16 Décembre 1696, par Mariè dubry 3 fon frère Guy Aubrys
Marchand à la Rochalle.
udin ; qu'elle étoit conféquamment coufine-germaine de Jcan-Martin Aubry.
de
la Dame Hudin prétendoit être la plus proche
En cette qualité coufine-germaine,
parente, & exclure les enfans Caradeux, qui étoient patits-neveux.
La Daine Hudin produifit d'abord: :
1°. Une lettre écrite, le 16 Décembre 1696, par Mariè dubry 3 fon frère Guy Aubrys
Marchand à la Rochalle. --- Page 79 ---
[753
2o, Une lattre écrite par Marie Dubois, veuve de Martin
Aubry, au même Guy
3°. Une autre lettre écrite par la même Mzrie Dubois,
Aubry.
frère, ls Ier. Mars 1708.
au mime Guy Aubry 2 fon bcau4°. Une lettre de Jaan-Martin Aubry lui-même, écrite de
Marchand à la Rochelle, datée du 26 Janvier
Paris a fon oncle Guy Auby,
1708.
5°. Une raconnoiffance de Jean-Martin
l'avoit cautionns pour un cofre de
Aubry, au prefit de Guy Aubry Jon oncle, qui
chinurgie, en date du 19 Octobre
6°, Un billet du même au profit du même, de la
1709.
fommede. 4Glivres, pour
A ces premières pièces la Dame Hudin
argent prété,
joignoit: -
1o. L'acte de célébration de mariage de Guy
Aubry & Renie Neau s du 3 Février 1688.
2o, L'extrait baptistaire de Murie,fille de Guy
1694. ( C'étoit la Dame Hudin.)
Aubry & de Renée Neau, du 14 Février
3°. L'acte de mort de Guy Aubry, du 3 Juin
1723.
4°. Celui de Magdeltine
Décembre
Aubry, autre fille de Guy Aubry & de Renée
1705.
Neau, du 2
5°. Celui de Pierre Aubry, du 5 Février
1740.
6.0 Celui de Renée Aubry, autre fille de Guy & de Renée
1745.
Neau, du 2 Mai
7.° Un acte de notoricté 9 du 22 Ssptembre
temps la Dame Hudin n'avoit ni frères ni foeurs. 1763, qui constatoit que depuis long8. L'extrait mortuaire de Martin
Aubry, mort à Léogane le 9 Janvier 1698.
9.0 L'acte de notoriété, fait à la requête du Sieur
Aubry, en 1742,
10.° Enfin le testament du Sieur
Aubry, en 1762.
En 1765, la Dame Hudin rapporta d'autres titres
encore,
1. L'act: de baptéme de Jean Aubry, fils de Jean
Juillet 1663.
& Françoife Efmnaud, du 22
2.0 Cali de Guy Aubry, fils de Jean & de
1668.
Françoif: Efnaud, du 13 Février
3.0 Un procès verbal du 28 Janvier 1765, de Tétat des
Taillbourg.
registres de la paroille de
(
2.
En 1765, la Dame Hudin rapporta d'autres titres
encore,
1. L'act: de baptéme de Jean Aubry, fils de Jean
Juillet 1663.
& Françoife Efmnaud, du 22
2.0 Cali de Guy Aubry, fils de Jean & de
1668.
Françoif: Efnaud, du 13 Février
3.0 Un procès verbal du 28 Janvier 1765, de Tétat des
Taillbourg.
registres de la paroille de
( --- Page 80 ---
176]
4.9 Un fecond procès-verbal du 27 Juillet 1765, ayant aufli pour objet de constater le mauvais état des mêmes registres.
C'étoient là tous les titres produits par la veuve Hudin, devant le Juge du Port-auPrince. La Sentence qui rejeta fes prétentions est du 26 Février 1766.
Mais far T'appel qu'elle en fit au Confeil, elle produifit encore de nouvelles pièces.
1. Elle rapporta un troifième procès-verbal du mauvais état des registres de Taillebourg,
fait les 12 & 13 Mai 1766.
2.0 Un Certificat du Greffier de la Sénéchauffée de Saint-Jean d'Angely, qui attestoit
les registres de Taillebourg n'étoient dépofés dans ce Greffe que depuis 1737.
que
3.o Une obligation de 258 liv. tournois confentie, le 2 Juin 1666, devant Patin,
Notaire de T'Isle de la Tortue, par le Sieur Chaudeau de la Clochetiere, à l'ordre de
René Anbry ; une procuration donnée le 28 Mai 1673, par René Aubry à Jean Aubry
fon frère, devant Tanevot, Notaire & Juge de la côte de Saint-Domingue, pour toucher le montant de cette obligation ; la Sentence de condamnation rendue à Xaintes, le
26 Octobre 1686, & T'exploit de fignification de cette Sentence du 2 Janvier 1687.
4.° Enfin un extrait de la copie du rôle d'éqnipage du navire le Fleuron, de Nantes,
Capitaine Monneron, arrivé à Léogane le 18 Janvier 1742, par lequel il paroiffoit que
le Sicur Aubry, Habitant au Cul-de-Sac, avoit paffé en France fur ce navire.
Voilà les titres far lefquels fut rendu l'Arrêt du 3 Juin 1767. La prétention de la
veuve Hudin y fut réduite à fa juste valeur. Elle étoit cousine-germaine du Sieur Aubry.
Elle ne pouvoit pas exclure les enfans Caradeux, petits-neveux, ni le Sieur de Gizeux coufin-germain, comme elie. Mais ils devoient partager tous par égales portions, & c'est là
ce qui fut ordonné. La Dame Hudin obtint un huitième.
Les titres de la Dame Hudin étoient de deux efpèces. Elle justifioit bien, 2 par actes publics, qu'elle étoit iffue de Guy Aubry,8 que celui-ci étoit fils de Jean Aubry & de
Françoife Efnaud. Mais elle ne prouvoit pas ,] par le rapport de l'acte baptistaire de Martin Aubry, quil fat,comme elle le foutenoit, le frère de Guy Aubry.
Elle prétendoit fuppléer à cet acte, d'abord en justifiant le mauvais état des registres
fur lefquels il avoit dà être porté, ensuite par les papiers domestiques & de famille qu'elle
présentoit > par les lettres sur-tout & les billets de Martin Aubry, de Marie Dubois, de
Jean-Martin Aubry lui-même à Guy Aubry.
On faifoit soutenir au contraire par la famille Caradeux que le mauvais état des regis-
ry.
Elle prétendoit fuppléer à cet acte, d'abord en justifiant le mauvais état des registres
fur lefquels il avoit dà être porté, ensuite par les papiers domestiques & de famille qu'elle
présentoit > par les lettres sur-tout & les billets de Martin Aubry, de Marie Dubois, de
Jean-Martin Aubry lui-même à Guy Aubry.
On faifoit soutenir au contraire par la famille Caradeux que le mauvais état des regis- --- Page 81 ---
tres de Taill.hourg n'éreit
Im]
Pats fuffamment constaté,
rapporter Tacte de baptâm: de Martin
pcur difpenfer la Dame Hudin de
à Martin Aubry, à Marie
Aubry, & qule les lettres S: billets qu'elle
Dubois, à Jean-Martin
attribuoit
infaffans.
Aubry li-même étoiznt apperypics 6
Les adverfaires prétendent
infructueufement en 1767. Ils prouver aujourd'hui ce que les Sieurs Caradeux ont
billets
vont même plus loin. Ils
foutenu
produits par la Dame Hudin étoient
prétendent que ces lettres, ces
plus hardie & la plus ridicule. Leur
Touvrage de la fourberie & de
la
quil n'y avoit
fausseté étoit fi palpable, flon eux, Timposture en
que l'intérêt des Sieurs Caradeux
qu'ils concluent
qui pôt leur donner quelque valeur.
eux-mêmes à admettre de pare eilles pièces,
On a vu fi cette collufion entre les Sieurs Caradeux
poffible. Nous n'y reviendrons
& la Dame Hudin étoit
famille
pas. Nous ajouterons feulement
même
Caradeux, fir la requête civile, est lui-même
qu'un des conf.ils de la
tion. C'est Me. de Ronceray, Sénéchal du
témoin de cette imprudente allégafeconder les vues de la Dame Hudin les Port-au-Prince. II pourroit dire fi c'étoit pour
dol quils lui imputoient.
que Sieurs Caradeux l'avoient chargé d'établir le
Voyons au farplus comment les adverfaires
Hudin étoient ou faux ou ridicules. Pour
prouvent que tous les titres de la Dame
par les mutiler à leur gré & futivant
se rendre la chofe plus facile, ils
leur ufage.
commencant
Ils fippofent que la Dame Hudin ne
le
bourg que par un feul & unique
justifioit mauvais état des registres de Tailledu moins qu'ils mettent au des procès-verbal 2 celui du 28 Janvier 1765. C'est I feul
ration,
rang titres de la Dame
, page 18.
Hudin, lorfqu'ils en font Ténumé.
A la page 52, ils n'ofent pas aflirmer
verbaux: mais il faut, difent-ils
que ce foit le faul. Ils parlent de
de faire voir plus
7 en préferzer ici un entr'autres, 6 C72 plafieurs proclsVous
ex.ctement ce qu'ils contiennent. Indocti
partie feulemene , efin
qui avez pené jufqu'ici
difemt 6 ament meninife periti.
plufeurs pièces, il falloit les que pour faire connoitre plus escactement ce que contiennent
préfenter toutes, ou du moins en offrir
fingulièrement erré, vous avez été bien abfitrdes! Pour les
T'enfmble, vous avez
mais, vous n'en verrez.
connoitre plus exactement
confilterez
qu'une fule ; vous ne T'examinerez pas même en
déforqu'une partie fulonent.
entier. Vous n'en
Si le paradoxe est quelquefois féduifant &
fi révoltant, , qu'il n'excite la
dangereux , il est auffi quelquefois fi
que dérifion & le mépris.
abfirde,
Nons qui rampons avec les principes
familiers, nous qui les préférons à cette fiblimiR
'en verrez.
connoitre plus exactement
confilterez
qu'une fule ; vous ne T'examinerez pas même en
déforqu'une partie fulonent.
entier. Vous n'en
Si le paradoxe est quelquefois féduifant &
fi révoltant, , qu'il n'excite la
dangereux , il est auffi quelquefois fi
que dérifion & le mépris.
abfirde,
Nons qui rampons avec les principes
familiers, nous qui les préférons à cette fiblimiR --- Page 82 ---
L 78 ]
té délicieufe, qui pour mieux connoitre un tout , ne veut en voir qu'une partic, confultons
& rapportons les différens procès-verbaux de l'état des registres de Ta:llebourg, parceque
nous voulons connoitre plus cxactemen le véritable état de CCS registres.
rétablir celui du 28 Janvier 1765. On va voir avec quelle indécence
Commençons par
il a été muilé par les adverfaires, à quel point ils ont voulu en abufer.
Ce procès-verbal est l'ouvrage du Doyen de la Collégiale de' Taillebeurg, en même-temps
Curé de la paroiffe, & d'un autre Chanoine du même chapitre.
Ces deux prêtres attestent, en préfence d'un Notaire & de deux témoins, qu'à la réquifition d'un Notaire & Procureur chargé d'ordre de la Dame Hudin, le Curé a repréfenté
les
en extraire lcs actes de baptime de Martin & Guy Aubry, oncle 6 père
registres pour
enfans de Jean Aubry & de Françoife Esnaud, & les actes
de Li Dame veuve Hudin,
de fepulture defdits Jean Aubry & Françoife Esnaud, conjoints, depuis & compris 1640,
jufquss & compris 1680.
cherché enfemble lefdits actes de baptême & de fépulture fur lefdits registres,
( Qulayant
dudit
en date du Février
> il n'y ont trouvé que les actes de baptême
Guy Aubry,
>) 1668, & cclui de Jean Aubry .
Mais que pour ce qui est de l'acte de bapté-
>7 mne dudit Martin Autry & des actes mortuaires de Jean-Aubry & Françoife Esnaud,
s fs père & mère, ils ne fe font point trouvés fur lefdits registres, que lefdits Sieurs com3) parans ont reconnu être d.ns un TRÈS-MAUVAIS ORDRE,ÉTANT GATÉS PAR LES VERS, Y
)) EN AYANT BEAUCOUP DONT LA MAJEURE PARTIEDES FEUILLETS SONT EMPORTÉSET DÉCHIRÉS,S'Y EN TROUVANT AUSSI OU IL Y A DES FEVILLETS RÉPANDUS DANS DES REGISy TRES QUINESONT PAS DE LA MÉME ANNÉE, QUI SONT AUSSI GATÉS PAR LES VERS
Voilà ce qui a paru inutile aux adverfaires pour faire connoitre plus exactement T'état
des registres, ce qu'ils ont jugé convenable S honnête de fupprimer. Voici maintenant
ce qu'ils ont affecté d'imprimer en gros caractères, page 52.
ci-deffus il s'en trouve quatre qui font perdus, favoir:
( Dans le nombre defquels registres
&
fauf cependant le
contient Jes anN
les années 1669, 1670, 1671 1672,
registre qui
& celui
cette dernière jufqu'en 1666, qui font
> nées depuis 1640, jukqu'en 1658,
depuis
lacunes de
à fizs travers de
> dans un alfit bcn ordre, y ayant fculement pluficurs
cing
72 doigt. >.
Ici les adverfaires fe font arrêtés; mais voici ce qui fuit immédiatement.
K C qui donne lieu de penfer aux Sieurs comparans que c'est la caufe pour laquelle
> ils n'ont point trouvé ledit actc de baptôme dudit Martin Aubry, & lcs actes de fépulture
n dudit Jean Aubry & de ladite Françoif: Esnaud fa femme , qui vraifemblablement font
cn ordre, y ayant fculement pluficurs
cing
72 doigt. >.
Ici les adverfaires fe font arrêtés; mais voici ce qui fuit immédiatement.
K C qui donne lieu de penfer aux Sieurs comparans que c'est la caufe pour laquelle
> ils n'ont point trouvé ledit actc de baptôme dudit Martin Aubry, & lcs actes de fépulture
n dudit Jean Aubry & de ladite Françoif: Esnaud fa femme , qui vraifemblablement font --- Page 83 ---
[79]
> décédés dans ladite Paroiffe de Taillbourg,
n 1668 >),
puifqu'ils y avoient leur domicile en
Trouveroit-on un autre exemple de l'infidélité fcandaleufe avec
de choifir, dans le
laquelle on s'est permis
procès-verbal que nous venons de rapporter, le Fragment
imprimé ? En trouveroit-on, de
qu'on a
&
l'impudenée avec laquelle on en conclut énfiite
53) que ce procès-verbal prouve précifément que le registre de
étoit (pag. 52
bon ordre ; que c'étoit indubitablement dans
16;8
en alfet
cette année que Martin Aubry devoit être
puifqu'il est mort en 1698, àgé de 40 ans ; qu'ainfi fon acte de baptême ne
né,
trouvé fir ce ragistre, il n'étoit pas le parent de lz Diame Hudin, il n'étoit s'étant pas
aizux de la veuve Hudin, que c'est là ce que ce procès-verbal établit
pas né des
irréfistiblement? Nous avons prouvé que, de ce que l'acte de 1698 portoit que Martin
étoit
mort à l'age de 40 ans, il ne réfitltoit pas néceflairement fàt né
Aubry
droit pour cela admettre comme certaine &
qu'.l
en 1658, ; quil fauincontestable cette
de
acte de fépulture, & que rien ne l'est moins au contraire défignation lâge dans un
que ces fortes de mentions. Ainfi le procès-verbal auroit constaté que le registre de 1658 étoit en très-bon
folument intact & en bonne forme, qu'il ne s'enfuivroit
Martin ordre,abpas né à
&
pas que
Aubry ne fût
Taillebourg , que l'acte de fon baptême n'eût pas été porté fur Tun
gistres de la même paroiffe pour les années antérieures ou
des retrouvoiant
postérieures à 1658, & qui fe
Crl très-mauvais ordre, gités par les vers, dont les feuillets étoient, en majeure
partie, emportis, déchiris, répandus dans des années auxquelles ils n'appartenoien
pas. Mais le procès-verbal mutilé par les adverfaires ne prouve mêmc,
fuppofé, que le registre de 1658 fût en bon
pas
comme ils l'ont
du
afet ordre; certe année fe trouve au contrairé
exceptée nombre de celles dont les registres étoient en alfei bon ordre. C'étoient celui
de 1640 jufqu'en 1658, 6 celui depuis cette dernière ann.e jufu'en 1666. N'est-il pas vifible quz celui de 1658 n'y est pas compris?
aires ne prouve mêmc,
fuppofé, que le registre de 1658 fût en bon
pas
comme ils l'ont
du
afet ordre; certe année fe trouve au contrairé
exceptée nombre de celles dont les registres étoient en alfei bon ordre. C'étoient celui
de 1640 jufqu'en 1658, 6 celui depuis cette dernière ann.e jufu'en 1666. N'est-il pas vifible quz celui de 1658 n'y est pas compris? Car on eût dit alors
registres de 1640 à 1666 étoient en affez bon ordre. Cette divifion de
que les
1658 à 1666, annonce au contraire
de
1640 à 16,8, de
tinction
l'excaption T'année 16;8, ou du moins une disqu'on a voulu faire entre le registre pour l'annés 1658, & ceux des autres années
intermédiaires de 1640 à 1666. Enfin fi l'année 1658 devoit être néceffairement celle de la naiflance de Martin
fi le registre de cette année étoit du nombre de ceux trouvés dans
Aubry,
il étoit aufli de ceux oà il y avoit plufeurs lacunes de
un aliz bon ordre,
n'en failoit
cing 1 fix travers de doigt ; & il
qu'une feule pour enlever à la Dame Hudin la faculté de trouver l'acte qu'ell:
cherchoit, pour qu'on ne pât pas au moins lui faire une néceflité de le
qu'on ne pût pas affirmer que l'acte de baptême de Martin
n'eût rapporter > pour
ces.
Aubry,
il étoit aufli de ceux oà il y avoit plufeurs lacunes de
un aliz bon ordre,
n'en failoit
cing 1 fix travers de doigt ; & il
qu'une feule pour enlever à la Dame Hudin la faculté de trouver l'acte qu'ell:
cherchoit, pour qu'on ne pât pas au moins lui faire une néceflité de le
qu'on ne pût pas affirmer que l'acte de baptême de Martin
n'eût rapporter > pour
ces. registres. Aubry jamais existé fir
- --- Page 84 ---
[80]
Pourqsoi donc affecter au fiarpluts de ne rapporter, de ne confulter que le procès verbal du 28 Janvier 176;? Oa va voir la motif de cette prédilaction répréhenfible, de
cette réticence coupable, C'est toujours la méme touche, toujotrs le mêine but.
Le fcond procès-varbal rapporté par la Dame Hulin, (toit du 27 Juillet 176,. 1l
s'expliquo:t far la caufe qui empéchoir de trouver l'acte de céiébration du mariage de
Jean Aubry 6 Trangoife Efnaud. ll répétoit, ce que contenoit le premier fuar lcs registres
de 1640 à 1658, & de 1658 à 1666, qu'ils étoient dans tin ebiz lon ondre, Jmuf p'ufieurs Lacunes de cing a fix travers de doigt dans Un grund rcmbre de fuil.cts defdits
registres.
Il en naiffoit donc les méies conféquences que celles que nous venons de tirer du
cès-verbal du 28 Janvier 1765.
proMais la Dame Hudin rapportoit cncore le certificat du Greffier de Saint-Jean d'Angely.
Il pronvoit que ces registres en mauvais état à Taillebourg ne fo trouvoient dans aucun
autre dépôt. Il justifioit que la Dame Hudin n'avoit rien négligé pour f procurer les actes
que le mauvais état des registres de Taillebourg ne lui permettoir pas d'y trouver; &
quoi le diffimuler?
pourElle rapportoit encore un autre procès-varbal des 12 & 13 Mai 1766. 1l étoit d'autant plus authentique qu'il avoit été fait d'autorité de Justice.
Le Curé repréfenta fes registres au Juge en préfence de plufieurs perfonnes, On constata
leur état feuillet par feullet, en obfervant les défectuofités & leurs caufes. Nous n'avons
ce procès-verbal fous les yeux, la copie n'en a pas été confervée; mais il fut produit lors pas
de T'Arrêc de 1767, il y cst vifé, & nous voyons dans le mémoire imprimé
la
Dame Hudin en 1767, ( que ce procès-verbal demandoit a Étre lu en enticr, pour & qu'il
>) renfermoit das fingularités qui faifoient plus que faire naitre des foupçons, entre. - autres
2) au fujat du premier registre, qui commençoit à l'année 1636 & alloit jufqu'au 7. Janvier
>) 1658 inclufivement, oh il fe trouvoit, outre nombre de lacunes , des fuillets arrachés,
5) athiris 6 d.chiris en partie; $ y ayant même, à la date du 20 Janvier 16,8, la lar-
>) geur de quatre doigts de papier gui a cté COUPÉE ET ENIEVÉE AVEC IES SIGNATURES
2) DES DEUX ENREGISTRENENS, 2 sZll bas de chhaque côté du prenter folio.
Nous le damandons mainterant, est-il poftible de conclure, comme on le dit,
tiblement du bon état des registres de Taillebourg, que fi l'acte de baptême de Martin irrifis- Aubry ne sy trouvoit pas, c'étoit quil n'y avoit jamais été porté? Qu'un registre public,
quoiquentieèrement délabré, faffe foi pour les actes qui y font confervés, ont
au temps & bravé la négligence des dépofitaires, cela doit étre. Les derniers qui débris échappé de
registres précieux le fort éncore eux-mêmes pour ceux quils intéreffent.
ces
Mais
, que fi l'acte de baptême de Martin irrifis- Aubry ne sy trouvoit pas, c'étoit quil n'y avoit jamais été porté? Qu'un registre public,
quoiquentieèrement délabré, faffe foi pour les actes qui y font confervés, ont
au temps & bravé la négligence des dépofitaires, cela doit étre. Les derniers qui débris échappé de
registres précieux le fort éncore eux-mêmes pour ceux quils intéreffent.
ces
Mais --- Page 85 ---
Mais dès qu'un
[8r ]
registre est altéré, loriqu'il
en ont été dichirics ,
s'y trouve des
arrachies, 9 lorfque celles
lacunes, lorfque les feuilles
qu'on y voit des alérations auffi fenfibles quirestent font déjàla proie des vers', lorf1658, des fignatures coupées, enlevées, que celle remarquée à la date du 20 Janvier
fermoit a été livrée à des mains
lorfquil est certain qu'une partie des actes
ment prouver que tel ou tel
téméraires au moins, fi elles n'ont été
qu'il renceux que l'intérêt
acte n'a pas été porté fur ce
crimineles, comou la négligence ont facrifiés :
livre, qu'il n'étoit pas un de
le L'obfervation des adverfaires, que la naiffance de
registre de 16;8, fe tourneroit
Martin Aubry devoit fe
encore contre
trouver fur
incon@quence. On voit que Taltération la cux-mémes, fi nous voulions
le registre de 16,8. Nous
plus forte peut-étre fe
adopter leur
qu'elle fût l'effet du
ne pouvons même diffimuler que la trouve précifment fur
hafard, Elle cherchoit à
veuve Hudin ne vo. loit
registre de 1658, des circonstances
rapprocher T'enlèvement de cette
pas
dant alors à la Rochells,
que le beau-frère d'un des héritiers Caradeux portion du
bry,
qu'il avoit été informé
étoit réfique connoiffant les droits de la Dame Hudin avant elle-même du décès du Sieur Au. follicité & obtenu fa procuration, &
à cette fucceflion, il avoir
cequelle avoit eu de justes raifons qu'elle avoit enfitite été obligée de la ardemment
de craindre qu'il n'en abusât,
révoquer, , parCes conjectures injurieufes étoient fausses
registres 2 leur mutilation étoient-ils
fans doute. Mais au moins le mauvais état
à y fuppléer par les
avérés, & dès-lors la veuve Hudin devoit
des
Cest la
papiers domestiques. Elle eût pu l'être même
étre admife
dipolfition de T'art. 14 du titre 20 de
à une Preuve Par t.moins. Cette
TOrdonnance de 1667. preuve par le rapport de papiers
dernier degré d'évidence. Elle réfultoit d'une domestiques fut portée par la Dame Hudin
Aubry, mort en 1763, de deux lettres
lettre écrite par Martin Aubry,
du au
Sieur Aubry
de Marie Dubois fa mère,
père Sieur
lui-méme, & de deux billets enfin foufcrits
d'une autre lettre du
pièces appartenoient à Guy dubry, frère de Martin
par le Sieur Aubry.
uve par le rapport de papiers
dernier degré d'évidence. Elle réfultoit d'une domestiques fut portée par la Dame Hudin
Aubry, mort en 1763, de deux lettres
lettre écrite par Martin Aubry,
du au
Sieur Aubry
de Marie Dubois fa mère,
père Sieur
lui-méme, & de deux billets enfin foufcrits
d'une autre lettre du
pièces appartenoient à Guy dubry, frère de Martin
par le Sieur Aubry. Toutes ces
déterminantes, que nous ne
& père de la Dame Hudin. Elles
pour mot. Il
croyons pas pouvoir nous
font fi
n'y en a, pour ainfi dire,
difpenfer de les tranfcrire ici
pas un feul qui foit inutile
mot
& De la petine-Rivière, Côte
& indifférent. Saine-Domingue, quartier de Liogane, le 16
4 Monfizur & chorfère,
Décembre 1696. LETTRE
DE
e Je vous écris celle-ci
MARTIN AUBRY. s favoir l'état de
pour vous affurer de mes
ma fanté, qui est fort
très-humbles refpects & vous
7 porte bien. Ma ferame vous embraffe bonne, graces à Dieu. Toute ma
faire
)) les Anglois 6 les
& vous fait fes complimens. Je petite Fumille fe
3 diciti. Nous
Efpugmols nous ont entièrement détruits, G
vous dirai que
avons été contraints
nous ont réduit à la
3) demaurer à Liogane, où
d'abandonner le Port-de-Paix, & nous
mendi.
ès-humbles refpects & vous
7 porte bien. Ma ferame vous embraffe bonne, graces à Dieu. Toute ma
faire
)) les Anglois 6 les
& vous fait fes complimens. Je petite Fumille fe
3 diciti. Nous
Efpugmols nous ont entièrement détruits, G
vous dirai que
avons été contraints
nous ont réduit à la
3) demaurer à Liogane, où
d'abandonner le Port-de-Paix, & nous
mendi. nous ayons aflez peine à
fommes venus
gagner notre vie; ainfi, fi vous nous. L
K --- Page 86 ---
[8 Sa]
>> faites la grace de nous récrire, pour nous faire favoir de vOs nouvelles, vous mettrez
>) Tadreffe à la patite-Rivière. J'ai reçu votre Lettre, par laquelle vous m'avez marqué que
>) vous m'envoyez un chapeau de castor & une paire de fouliers ; je ne les ai pas reçus; 5
>) je vous en ai autant d'obligation comme fi je les avois reçus; & fi la perfonne à qui
>> vouslesavez: mis en main est encore enle pays, vous pourrez vous le: faire rendre raifon. Je
>) vous) prie de me faire favoir des nouvelles de mon frère. Je ne fais s'il est mort ou vif. lly
>> a long: temps que je n'ai eu de fcs nouvelles. Si vous fouhaitez que jaie T'honneur de
>> vous récrire, ayez la bonté de m'envoyer l'adrelle oii je les ferai rendre à la Rochelle,
>) car j'ai perdu entiérement tous mes papiers. Moi & mz fenune vous faluons, toute votre
2) honorable famille, & nous demeurons avec refpect,
4 Monfieur & frère, votre très-humble & obéifant ferviteur & frère, Martin Aubry.
( Jc vous ai envoyé pluficurs fois des perroquets & oranges de la Chine. Je ne fais
97 fi vous les avez reçus. Je n'ai pas reçu de nouvelles depuis ce temps-là de vous. 7)
Et fir Tadreffe: ( A Monficur, Monficur Guy Aubry, Miarchand, fur la petite-Rive,
>) dla Rochelle. 7)
PRENIRELETTRE ( Monfieur & très-cher frère,
DE MARIE DuBOIS.
( Je vous fais ces lignes, la larme à l'oeil, pour vous apprendre les tristes nouvelles de
s mon infortunc. Vous faurez donc par celle-ci, que le pauvre M, Aubry est décédé,
> après une longue maladie, & il y a déjà quelque temps. Jc m'aurois donné lhonneur
> de vous le faire favoir plutôt, mais toutes les fois que jaieul le deffein de vous apprendre
>) cette méchante nouvelle, mes douleurs & mes peincs fe redoubloient. Je crois que vous
>> n'en douterez pas, d'autant mieux que nous étions les deux perfonnes que le ciel ait
>) jamais mieux unies, &: qui vivoient le plus d'intelligence. Il m'a laiffée avec trois enfans,
n 6 un qui étoit mort kuit jours avant lui, de foite qu'il ne m'en refloit en tout que trois, 3
>) 6 depuis fa mort, il en eft encore mort lIn. Il m'en reste donc encore deux, qui font
>> un garçon S une fille, & c'est tous les bicns qui me restent de notre mariage, car pour
n le peu de bien que nous pouvions avoir, nous l'avons confommé dans fà maladie,
35 d'autant qu'elle a été fort longue. Voila, mon cher frère, tout ce que jai à vous dire
>) pour le préfent, finon que je vous prie de ne pas oublier une pauvre famille qu'il m'a
>) laiffée, & moi qui ferai toujours, Monfieur & tris-cherfrère, votre très-humble fervante,
n Marie Dubois.
e J'embraffe de tout mon coeur ma fieur votre époufe, & toute votre famille. 7)
Et fur T'adreffe : ( A Monfieur , Monfieur Aubry, Marchand de Za Rochelle, à la Rochelle. >>
à vous dire
>) pour le préfent, finon que je vous prie de ne pas oublier une pauvre famille qu'il m'a
>) laiffée, & moi qui ferai toujours, Monfieur & tris-cherfrère, votre très-humble fervante,
n Marie Dubois.
e J'embraffe de tout mon coeur ma fieur votre époufe, & toute votre famille. 7)
Et fur T'adreffe : ( A Monfieur , Monfieur Aubry, Marchand de Za Rochelle, à la Rochelle. >> --- Page 87 ---
[8;]
ec A Liogane, le zero Mars 1708.
m Mon bean-fire,
DruxtMr LrTTRE DR MARIE
e Celle-ci est pour vous affirer de ines très-humbles
Dunois.
19 voie mon fils en France
refpects, Je vous dirai quej jenpour f perfectionner de fon méticr de
n ls Pères de la Charit! en ce
Je lui ai
chirurgie, qu'ila appris cheg
5 chelle, de vous aller rendre fès pays.
recommandé, , fitôt fon arrivée à la Rodevoirs, à quoi il ne
n prife de ce que j n'ai eu aucune de
manquera pas. Je fixis fort furs votre frère.
VOs nouvelles depuis la mort de mon défune mari
J'efpère qu'aure de lz joie de voir votre neveu
y fervice. C'est ce que je vous
Aubry, & que lui rendrez
prie, comme auffi de m'écrire par la
? Maflle votre nièce vous affire de fès civilités, & moi
première occafion.
9) mon beau-frère, votre très-humble &
qui fitis de tout mon coeur,
8y Aubry.
très-obciffante fervante, MARIE Dusots, veuve
33 Je vous prie d'affurer ma belle-faur & toute votre aimable
9 Ma flle en fait autant. 99
famille de mes civilités.
Et fur l'adreffe : a A Monfieur, Monfieur
Aubry, Marchand, à la Rochelle, 9)
( A Paris, ce 26 Janvier 1708.
35 Mon cher oncle &c ma
LITTRE DE JEANtante 2
MARTIN AUBRY.
29 Cella-ci est pour vous fouhaiter une bonne & heureufe
3) profpérités à vous & à votre chère famille, &
année, & toute forte de
9) fur ce que j'ai tant attendu. Mais
pour en même-temps vous faire excufe
ce qui en a été la
été
37 ladie que jai eue. Je fiuis tombé malade le
caufe, ç'a une facheufe ma9 été à la dernière
20 Novembre, de la petite-vérole, & ai
extrémité, & n'en fuis pas encore entièrement
39 pêche de vous demander ce
guéri, ce qui m'emque je fouhaiterois
s) mander que de la misère. Vous favez
bien, quoique je ne pourrois vous
2: mère, ce qui m'a chagriné
que je n'ai pas reçu aucune nouvelle de ma
beaucoup, me trouvant délaiffs de tout, hors de
>) pourquoi je vous prie de me faire la grace de me faire favoir de
vous. Cest
29 que j'efpère de vous, mon cher oncle & ma
VOS nouvelles, ce
"39 AUBRY.
tante, votre très-foumis ferviteur & neveu,
3) J'embraffe mon cher coufin & ma chère coufine. 5)
Er far T'adreffe : 27 A Monfieur, Monfieur
Aubry, Marchand, d lz Rochelle. >
s Je foufigné Martin Aubry, que Me.
Aubry thon oncle n'est
53 cautionnage qu'il a fait pour moi dun coffre de
nullement engagé au Premier billce de
3) Goujaud, Me.
chirurgie, fourni à moi par le Sicur
Apothicaire, montant à la fomme de
Jean-Marindubry.
cinq cent dix-fept livres dix fols,
(
fieur, Monfieur
Aubry, Marchand, d lz Rochelle. >
s Je foufigné Martin Aubry, que Me.
Aubry thon oncle n'est
53 cautionnage qu'il a fait pour moi dun coffre de
nullement engagé au Premier billce de
3) Goujaud, Me.
chirurgie, fourni à moi par le Sicur
Apothicaire, montant à la fomme de
Jean-Marindubry.
cinq cent dix-fept livres dix fols,
( --- Page 88 ---
[84]
) d'autant que ce n'est que pour m'obliger qu'il l'a fait. A la Rochelle,
)
1709.AUBRY.n
le 19 Octobre
Deuxième billet de ( Je promets payer à Me. Aubry, Maitre de barque de la Rochelle, la fomme
Jean-Martin.Aubry. > 46 liv. qu'il m'a prétée en mon befoin. A la Rochelle, ce Octobre
de
1709. AUERY.D
Toutes ces pièces, leur enfemble fur-tout, préfantent, il faut l'avouer, - ce caractère de
vérité, d'ingénuité, 3 de franchife, auquel il est impoffible de ne pas fe rendre. Les adverfaires, après les avoir tranferites, s'écrient cependant qu'elles ont été fabriquies
zure, mais que le menteur le plus habile médite en vain la reffemblance de fes par Timpof
avec la vérité, ; qu'auffi la fourberie fe manifeste au moindre examen dans fuppofaions
ces billets, ; que Timpofture fe renverfe au premier choc de la vérité,
ces lettres &c
Et comment justifie-t-on toutes ces affertions, que la groffièreté, la
&
dité femblent fe difputer?
perfidic l'abfurD'abord on ne conçoit pas que ces papiers fe foient confervés
la chaumière d'un pêcheur de Taillebourg.
pendant 70 ans dans
Si les adverfaires ne congoivent pas ce que tout le monde conçoit, ce n'est
faute, affurément. Mais ils feront les feuls étonnés de ce ces
pas notre
vés jufqu'en 1764, dans la maifon de
que papiers aient été conferde barque, & marchand à la Rochelle. Guy Ce Aubry, qui n'étoit pas pécheur, mais maitre
n'est-là qu'une abfurdité. Paffons.
On ne congoit pas que ces papiers, découvrant la fource de la grande
de
Martin Aubry, par l'acquifition d'un coffre de
&
fortune Jeaneuffent été ifolés dans les mains de la
chirurgie, par un prêt de 46 livres, ils
velve Hudin; ils euffent accufé Jean-Martin
d'oubli, d'ingratitude, lui dont Tefprit étoit fi fage, le cceur fidroit, les fentimens fip Aubry
purs.
Que fignifie tout ce galimathias? A quoi tout cela mène-t-il? De ce que ces pièces
inculperoient Jean-Martin Aubry d'ingratitude, il s'enfuivroit que ces
font
Les fentimens que le Sieur Aubry auroit manifestés
pièces
fauffes!
roient qu'il n'a écrire &
pendant le reste de fa vie, prouvePu
foufcrire ces deux billets en 1709! Mais pourquoi ne
foupçonner plutôt que la première reconnoiffance est devenue inutile & fans
pas
que le Sieur Aubry avoit payé exactement le prix du coffre de
effet, , parceGuy Aubry fon oncle l'avoit feulement cautionné?
chirurgie 2 pour lequel
Aubry a également fait rembourfer à fon
Pourquoi ne pas penfer que le Sieur
oncle les 46 iivres qu'il lui avoit
que ce billet est resté dans fes mains comme un effet fans
&
prêtées, &c
fconde réflexion ne fait
objet fàns valeur : Cette
pas plus d'honneur que la première à
des
faires. C'est encore une abfurdité. En voici une autre.
lintelligence adverOn ne conçoit pas ençore quel le Sieur Aut-y eût oublié pendant fa &
af fa fucceffion des parens qui auroient été
viz, manqud d'appeler
fis uniques foutiens er France, les fondateurs de fa
comme un effet fans
&
prêtées, &c
fconde réflexion ne fait
objet fàns valeur : Cette
pas plus d'honneur que la première à
des
faires. C'est encore une abfurdité. En voici une autre.
lintelligence adverOn ne conçoit pas ençore quel le Sieur Aut-y eût oublié pendant fa &
af fa fucceffion des parens qui auroient été
viz, manqud d'appeler
fis uniques foutiens er France, les fondateurs de fa --- Page 89 ---
forune, 6 les premiers
L8; I
46 liv, d'urgent prôté artifans de fes longues profpirinis,
loriqu'it mourut. (Page 43-)
PUIsQu'tE leur auroit encore di
Quelle logique admirable! Comme
poflible, fans doute, que l'état de cette conféquence est heureufement
mais le cofie de chirargie,
chirurgien eût commencé la fortune amenéel Il est
roit pas été
pour lequel fon oncle T'avoit
du Sieur Aubry:
pour cela le fondement. Il
cautionné à la
& bien foible. La
en eût été
Rochelle, n'en auvraie bafe de la grande fortune certainement un acceffoire bien mince
1724, avec une veuve opulente, & la
du Sieur Aubry est fon
firvivant à fa femme,
donation univerfelle dont il a recueilli mariage en
les effets en
Nous ne pouvons, au
adverfaires. Ils
furplus, nous laffer de
du
veulent oppofèr à la Dame remarquer cette inconféquence ridicule des
testament far la défignation des
Hudin, comme aux enfans
pas reconnu la Dame
héritiers paternels du Sieur
Caradsux, le filence
&
Hudin, fès parens de la
Aubry. Le Sieur Aubry n'a
délignés. Le filence de fon testament les Rochelle, parcequil ne les a pas
qu'on prétend qu'il a toujours
écarte, mais il appelle les Aubry de nommés
paflages à Tours,
recoanus, qu'on fuppofe qu'il a
Tours,
ceffe à relever des pour lefqpuels fculs il a confervé fes biens. toujours recherchés dans fes
contradictions aufli choquantes! Quil est pénible d'avoir fans
On conclud
la caufe
cependant de ces trois réflexions,
criminelle des écrits
qu'elles fules ne luiffent aucun doute
que les moindres des
repréfentés par la Dame Hudin. Mais ce ne
fur
din. Le domicile de circonstances qui confondent les trop industrieux font, ajoure-t-on,
dicouvrent
Guy Aubry à
les
agents de la veuve Hubien plus parfaitament Tallbourg, dates & l'état des lettres &
l'imposture. billets
G Guy Aubry, père de la veuve
9 près de Xaintes, à
Hudin, étoit, dit-on, né & domicilié
9) la vetrre Hudin plufieurslienes de la Rochelle, & il étoit
à Tailebourg,
> poftcur,
demeuroit fans doute à la Rochelle fur la mort le 3 Juin 1703 ; mais
prenant fà maifon pour celle de
petite rive.. Le
)) de la mort de fon père,
tous fès aieux, & ne
Faufaire comn recevoir
fait vivre ce père à la
fongeant pas à
fait
en 1708 6 en 1709 des
Rochelle fix ans apres
Tépoque
n
Aubry, qui n'auroit
Lctres, un biller G une
Va mort, Glui
9) tres
jamais pu le voir ni le connoitre en recomoifaunce de Jean-Martin
mames, Jean-Martin Aubry n'y étoit
France 3 puifque,
ces
n plus de quatre ans
la
pale pour la première
faivane letaprès mort de Guy Aubry.
fait
en 1708 6 en 1709 des
Rochelle fix ans apres
Tépoque
n
Aubry, qui n'auroit
Lctres, un biller G une
Va mort, Glui
9) tres
jamais pu le voir ni le connoitre en recomoifaunce de Jean-Martin
mames, Jean-Martin Aubry n'y étoit
France 3 puifque,
ces
n plus de quatre ans
la
pale pour la première
faivane letaprès mort de Guy Aubry. 77
fois gu'en 1707 ou en 1708
Ainfi les lettres & billets
faits & adretfés à Guy
rapportés par la veuve £Hudin font
cequils font faits
Aubry, à la Rochelle, tandis
faux, pareequis font
& adreffés à Guy
qu'il demeuroit à
1703, & quil n'a pû connoitre Aubry en 1708 6 1709, tandis qu'il Tiliboung, étoit paren 1707 Ou 1708,
Jean-Martin Aubry, paffé pour la
mort eR
première fois en France
C
és à Guy
rapportés par la veuve £Hudin font
cequils font faits
Aubry, à la Rochelle, tandis
faux, pareequis font
& adreffés à Guy
qu'il demeuroit à
1703, & quil n'a pû connoitre Aubry en 1708 6 1709, tandis qu'il Tiliboung, étoit paren 1707 Ou 1708,
Jean-Martin Aubry, paffé pour la
mort eR
première fois en France
C --- Page 90 ---
[8 86]
dû être
fans doute de cette obfervation; clle nous a paru forte ; elle nous
On a
frappé
demandés alors : Ces obfervations auvive
Nous nous fommes
a fait une
imprcfion.
défendoient la famille Caradeux, en 1764 & 1767?
roient-elles pu échapper à ceux qui
des prétentions de
Si elles ont été faites, comment n'ont elles pas triomphé gloricufement
la Dame Hudin P Comment l'Arrêt de 1767 a-t-il pu adopter des pièces démontrées faulles
des titres authentiques, par J'acte mcrtuaire de Guy Aubry?
par
Mais qu'onfe peigne, s'il est poffibie, notre étonnement & notre indignation, lorfque
reconnu le & le
fourberie & Vimposture reprochés par les
nous avons
que faux menfonge,la
adverfaires
adverfaires à la Dame Hudin & à fes titres, n'existoient que chez ces
euxmêmes & dans kur propre défenfe!
d'abord, l'Arrêt de 1767, où l'acte de mort de Guy Aubry est
Nous avons confulté,
vifé. Nous avons vérifié fa date dans les copies de [cet Arrêt qui ont été fignifiées en
plufieurs des enfans Caradeux, dans calle de la première demande de la veuve
1767 à
en croire nos
Cet extrait mortuaire de Guy Aubry est
Hudin. Nous ne pouvions
yeux.
enregistré tout au long, au Greffe de la Sénéchaullée du Port-au-Prince. Nous avons voulu vérifier nous-mêmes cet enregistrement, & qu'avons-nous apperçu par-tout : Par-tout
est d.at: du Juin MIL SEPT CENT VINGT-TROIS, & non
cetacte de mort de Guy Aubry,
pas de 1703Nous avons repris alors le libelle des adverfaires, nous avons lu & relu les pages 44
& 45, oh on a ofé dater cet acte de 1703, oh on a affecté même de mettre cette date
en caractères italiques pour la faire mieux remarquer, pour faire reffortir d'avantage fon
oppofition avec celles des 1-ttres & des billets de 1708 & 1709, & nous avons conçu
cet excès d'infidélité, le mépris que le Public va déformais partager avec nous.
pour
Il est donc faux, avons-nous dit, que Guy Aubry fût mort en 1703, est-il plus vrai
quil fft domicilié à Taillibourg & non à la Rochelle? Il a été enterré dans lz paroifide
Saint-Sauveur de lz Rochelle. Il est donc mort à la Rochelle. II y étoit donc domicilié.
Cela est préfumable s du moins.
Mais fi les faits far lefquels on avoit établi la prétendue faufleté des lettres & billets
de Jean-Martin Aubry & de fa mère à Guy Aubry, font eux-mêmes démontrés faux, le
le faulfaire compefitcur, Tatifan de T'imposture, de la fourberie n'est donc ni la
menteur,
veuve Hudin, ni fon agent trop industricux.
Ces Lettres, ces billets ont donc pu. être adreffés & faits par Jean-Martin Aubry, paffé
à la Rochelle en 1708, à Guy Aubry qui y demeuroit, & qui n'y est mort qu'en
MIL SEPT CENT VINGT-TROIS.
Les adverfaires,toujours foupirant après les faux, en apperçoivent encore un dans les
T'imposture, de la fourberie n'est donc ni la
menteur,
veuve Hudin, ni fon agent trop industricux.
Ces Lettres, ces billets ont donc pu. être adreffés & faits par Jean-Martin Aubry, paffé
à la Rochelle en 1708, à Guy Aubry qui y demeuroit, & qui n'y est mort qu'en
MIL SEPT CENT VINGT-TROIS.
Les adverfaires,toujours foupirant après les faux, en apperçoivent encore un dans les --- Page 91 ---
dates de la lettre de Marie Dubois, du 187 I
Martin
premier Mars 1708, & de celle
Aubry 3 de Paris, le 26 Janvier 1708.
écrite par JeanMarie Dubois écrit, dit-on, de
fon fls en France, qu'il ira rendre fès Saint-Domingue, devoirs
le premier Mars 1708, qu'elle envoie
& fon fils Jean-Martin
à Guy Aubry en arrivant à la
Aubry , écrit de Paris à
Rochelle,
est tombé malade le 20 Novembre
Guy Aubry, s le 26 Janvier 1708, quil y
précédent.
Une de ces deux lettres est nécefairenent 6
donc en rejeter au moins une, Mais
tris-évidemment) faule, s'écrie-t-on. Il faudroit
feule porte avec elle le poifon de comment en conferver aucune s s'il est indubitable qu'une
l'imposture?
La lettre écrite par Marie Dubois, le
ceque fon fils aura daté la fienne de
premier le Mars 1708, n'est pas fauffe ,)
Jean-Martin
Paris, 26 Janvier 1708. Mais
parAubry ce qui arrive prefque
Il fera arrivé à
T'année 1709, & accoutumé à dater de Tannée toujours : écrivant dans les premiers jours de
du 26 Janvier 1708, quoiqu'il écrivit
1798. 3 qui venoit de finir, 2 il aura daté
vraiment le 26 Janvier
1709.
Cette erreur fut bien relevée par les Sieurs Caradeux
cette oppofition entre les dates de ces deux
en 1764 Ils firent remarquer
du départ de Jean-Martin
lettres, & ce qu'elles contenoient fir
Aubry, , annoncé par fa mère.
Tépoque
La Dame Hudin y répondit
péter d'après elle.
par l'explication bien fimple que nous n'avons fait réque
Mais les adverfaires vont plus loin que les Sieurs
induire de cette contrariété entre les dates des lettres Caradeux, Ceux-ci vouloient faulement
étoient fiufpects. Les adverfires affirment
& ce qu'elles conrenoient, que ces titres
Fuulfe
qu'une de ces deux leftres est
nicefiramant
II y a loin fans doute d'une erreur à un faux. Rien
que nous appercevons dans la date de la lettre de n'est plus vraifemblable que T'erreur
moins qu'in faux auffi mal-adroit, aufi
Jean-Martin Aubry. Rien ne le feroit
montré aux adverfaires.
groffier, aufi palpable que celui qui paroit déDans Tincertitude, la Justice croiroit plurôt à une
parceque l'erreur est dans la nature,
erreur qu'elle ne fippofroit un
croit
> parceque le crime ne fe
faux,
que lorfqu'il est prouvé,
préfime pas, parcequ'on n'y
Mais nous pouvons aller plus loin. Cette
les faits qu'eliles
contradiction entre la date des deux
expriment est de nature à écarter méme tout
lettres, &
très-évident que les adverfaires y voient.
foupçon du faux nicepire8 &
une
parceque l'erreur est dans la nature,
erreur qu'elle ne fippofroit un
croit
> parceque le crime ne fe
faux,
que lorfqu'il est prouvé,
préfime pas, parcequ'on n'y
Mais nous pouvons aller plus loin. Cette
les faits qu'eliles
contradiction entre la date des deux
expriment est de nature à écarter méme tout
lettres, &
très-évident que les adverfaires y voient.
foupçon du faux nicepire8 & --- Page 92 ---
88 ]
Il faudroit au moins accorder quelque intelligence, quelque combinaifon à celui qu'on
poferoit avoir arrangé le fystême de la Dame Hudin, & fabriqué toutes les
fippièces
a
produites pour le foutenir.
quelle
Or, comment admettre que ce faufaire adroit, ce menteur habile n'eût
maille fi groffe, & que faifant deux lettres, dont tout T'objet eût été de fe pas apperçu une
prêter un mutuel
appui, de confirmer & fortifier les inductions qu'il fe feroit propofé d'en tirer, il y eût
laiffé fublister une oppofition telle qu'elle dût frapperloeil le moins clairvoyant, & détruire
toute la magie de fon invention ?
Si les lettres euffent été fabriquées en 1763 ,pour s'en faire des citres,
réclamation de la Dame Hudin, elles l'euffent
pour justifier Ja
été avec réflexion, avec des combinaifons
qui ne permettent pas de croire qu'il s'y fit gliffé une contrariété auffi destructive. Mais
lorfque Jean-Martin Aubry écrivoit de Paris en 1709, il ne cherchoit à établir aucun
port entre fa lettre & celle écrite par fa mère le premier Mars 1708. Il n'a point rapà la date de fa lettre le foin, l'attention qu'un fuuffitire habile eût
apporté
y certainement donné
en 1763.
Ainfi l'oppofition des dates & des faits de ces deux lettres, loin d'en
le
démontre au contraire que ce faux n'a jamais existé ; elle justifie la franchife prouver & la bonne faux, foi 9
que la Dame Hudin a iifes à les repréfenter telles qu'elles fe trouvoient dans fes mains, fans
chercher même à les concilier d'avantage; elle a refpecté T'erreur même qui
devoit être apperçue, mais qui ne pouvoit ni ne devoit la faire accufer de pouvoit, qui
pouvoit & devoit moins encore porter atteinte aux
faux, qui
preuves réfultantes de ces lettres.
Si les faux remarqués par les adverfaires leur paroiffoient auffi avérés
d'en être perfuadés, il feroit bien inutile de fe livrer,
quils feignent
comme ils le font , à d'autres conjectures , pour infpirer encore de la méfiance & du foupçon fur les lettres & les billets.
Mais qu'on ne sy trompe pas; ces reproches de faux font une perfidie
de leur
part. Ils favoient bien quil feroit facile d'en
infigne
Ils
dilliper jufques au prétexte & à
ont voulu fe ménager d'autres voies pour en affoiblir le réfultat.
T'apparence,
e Guy Aubry, père de la veuve Hudin, étant mort le 3 Juin
s & Marie Aubry, cette
étant née
1703, (dit-on page. 45).
veuve,
en 1694, elle ne pouvoit être ni
> cmancip.e, lorfqu'elle perdit fon père. Son tuteur fut obligé de faire faire majeure ni
>) Si les lettres de 1695 & de 1701 avoient existé dans les
un inventaire.
n été
papiers, & qu'elles euffent
regardées comme des titres de famille dignes d'être confervés, elles auroient
3) prifes dans cet inventaire. Elles auroient été
été comparaphées. Si au contraire elles avoient
> indignes de ce foin & de cette formalité, elles auroient
néceffairement
paru
3) circonstancs,
péri
dans cette
( II est impoffible de defirer rien de plus conyaincant de
lafaufenid de ces pièces, >) &c.
Quoil
regardées comme des titres de famille dignes d'être confervés, elles auroient
3) prifes dans cet inventaire. Elles auroient été
été comparaphées. Si au contraire elles avoient
> indignes de ce foin & de cette formalité, elles auroient
néceffairement
paru
3) circonstancs,
péri
dans cette
( II est impoffible de defirer rien de plus conyaincant de
lafaufenid de ces pièces, >) &c.
Quoil --- Page 93 ---
Quoi! De ce que ces pièces n'auroient [89]
pofe avoir pu ou dii étre fait, il s'enfitivroit pas été paraphées dans un inventaire qu'on
En vérité c'est pouffer
qu'elles font
fip:
trop loin Tinconf@quence. Fmlis, ou.quielles auroient péri ? Et fi le Tuteur, > dont on firppofs
voit pas été nommé 1& fi
que la veuve Hudin a da être
& fi cet inventaire
ce Tuteur nommé avoit négligé de pourvue en 1703, n'aavoit été fait & qu'on
faire faire un inventaire! Jettres, il faudroit en conclure
n'y eut cepêndant ni compris ni
qu'elles font faufes! Quoufque abutere
paraphé les
Ce raifonnement fippofe,
patientid nostra? tuteur, a la mort de Guy Aubry comme on le voit, , que la veuve Hudin a eu befoin
en 1703 ni majeure, ni
fon père, en? 1703, parceque, née en
d'un
non en
La
cmancipée. Mais on a vu que
1694, elle n'étbit
1703. veuve Hudin, née en
Guy Aubry étoit mort en
avoit 29 ans. On n'a donc
1694, étoit donc majeure le
1723, &
faire faire inventaire. pas dû lui nommer un tuteur. Ce
3 Juin 1723 5 elle
vient donc
Les lettres n'ont donc pas dà être
tuteur n'a donc pas dû
cet argument qui ne laiffe rien à
paraphées, ni périr alors. Que deces pièces? Il n'en reste que la honte & la defirer de plus convaincant de la Fmufcué de
confiion de Tavoir
Après en avoir aufli indécemment
imaginé. quences aufli fauffès qu'injurieufés, les impofé fur des faits, après en avoir tiré des conféticulières, difent-ils, les
adverfaires s'érigent en legislateurs. Les
fuffent-elles
fgnatures des lettres & billets
écritures parpas démontrés fauffès, ne
rapportés par la veuve
n
vérification régulière
mériteroient encore aucune foi. (
Hudin, ne
9 efprits la
par une comparaifon d'écritures
Jufqu'ti ce quiune
conviction & la certitude de la
authentiques, eût porté dans
> geffe n'attribuât ces fignatures à
preuve entière, 2 il fandroit qu'une défiante les
> écrits incertains,
perfonne, & les réduisit au &
faqui ne pouvant être avoués
rang dans la claffe des
>) jamais non plus étre les fondemens d'un fans indiferétion & fans danger, ne
Arrêt.
on d'écritures
Jufqu'ti ce quiune
conviction & la certitude de la
authentiques, eût porté dans
> geffe n'attribuât ces fignatures à
preuve entière, 2 il fandroit qu'une défiante les
> écrits incertains,
perfonne, & les réduisit au &
faqui ne pouvant être avoués
rang dans la claffe des
>) jamais non plus étre les fondemens d'un fans indiferétion & fans danger, ne
Arrêt. 1
peuvent
Le voeu des adverfaires est diamétralement
privées n'est néceffaire
oppolé à la Loi. La
écrit. C'est
que lorfque celuià qui on les
vérification des écritures
par
la dipofition de Fart. 3 de l'Édit de oppofe en dénie Za vériti, & la dénie
Décembre
La raifon avoit
enfeigné avant la Loi quil n'est
que ce qui est avoué n'a pas befoin de
néceffaire de wirifer que ce qui est
vérité. preuves & de comparaifon
nit;
pour en affurer la
Mais conçoit-on bien toute Tinfamie de ce
tous les membres de la fociété? Celui
pyrrhonifme infiltant pour Thumanité,
justement & légalement foupconné, qui préfenteroit en Justice un titre privé feroit pour
me 2 La honte
par cela feul qu'il demanderoit une
donc
inféparable de cette fulpicion offenfante
chofe dué & légitiqu'il s'en fûr lavé par une vérification
repoféroit fur fon front,
Quelle méfiance
judiciaire de la vérité, de la
jufqu'à ce
outrageante !
honifme infiltant pour Thumanité,
justement & légalement foupconné, qui préfenteroit en Justice un titre privé feroit pour
me 2 La honte
par cela feul qu'il demanderoit une
donc
inféparable de cette fulpicion offenfante
chofe dué & légitiqu'il s'en fûr lavé par une vérification
repoféroit fur fon front,
Quelle méfiance
judiciaire de la vérité, de la
jufqu'à ce
outrageante ! Qu'il est à plaindre celui
légitimité de fon titret
qui a feulement Pu en concevoir
M --- Page 94 ---
[90]
Fucilité, , qui a ofé l'appeler pour le bien de la fociété, Son voeu est atroce autant que contraire à la Loi.
Non, , la perverfité n'est pas encore à cet excès qui néceffiteroit de pareils préfervatifs,
Non, un titre privé ne fera pas fulpect jufqu'à ce qu'il ait été vérifié ; il continuera de
mériter la foi de la Justice, & celle des hommes, julqu'a ce que, devenu fofpect par un déni
formel de celui contre lequel on invoque fon témoignage, il ait befoin de cette épreuve
judiciaire qui lui rende toute fa force, ou ne lui laide aucune valeur, en provoquant même
la févérité de la Justice contre le coupable auteur de fa fabrication.
Ces maximes odieufes n'ont été fuggérécs aux adverfaires que par le vil intérêt qui les
conduit. Les lettres & billets rapportés par la Dame Hudin n'ont pas été virifiis en 1767,
parcequ'ils n'ont pas été dénics par les Sieurs Caradeux, Ces lettres & billets ont donc dû
être regardés alors comine véritablement émanés de Martin Aubry, de Marie Dubois,
de Jean-Martin Aubry lui-même; & dès-lors pouvoit-on balancer à reconnoître la Dame
Hudin pour coufine-germaine de Jean-Martin Aubry?
Mais il est faux, de toute fauffeté, que les Sieurs Caradeux aient invogué eux-mêmes
ces lettres, ces billets ; il est faux quil fe foient réunis à la Dame Hudin pour fupplier
les Magistrats de donner à CeS titres, par leur jugement,la fanction & l'authenticité que leur
nature ne leur afTuroit pas, & les effets qu'ils ne pouvoient pas produire, fi on fe fit
faulement borné à ne pas les avouer.
Les Sieurs Caradeux ont réfisté 9 autant quila été en eux, & aux titres de la Dame Hudin,
& aux conféquences qu'elle en tiroit pour fes prétentions. Mais ils n'ont pas denis la vérité
de ces titres $ ils ne l'ont pas diniée, parceque l'examen qui en fut fait par leurs confeils leur
fit appercevoir plus de danger que d'utilité à les dénier, parcequ'en les déniant la vérification
s'en faifoit, & que le réfultat de cette vérification 3 qui étoit elle-même celui du déni, ,eût
prouvé la vérité de ces titres 5 parceque ce réfultat une fois acquis à la Dame Hudin, il
falloit néceflairement la reconnoitre & l'admettre.
On leur a fait foutenir que ces titres étoient équivoques, apocryphes 6 infuffifans. Croiton que f les écritures, les fignatures de ces lettres, de ces billets n'euffent pas été reconnues
par les confeils des Sieurs Caradeux pour être véritablement celles de Martin Aubry, de
Marie Dubois, de Jean-Martin Aubry, on ne fe fot pas empreffé de les dénier ? Peut-on fe
perfiader qu'on eût renoncé pour eux à un moyen aufli tranchant d'écarter fans retour la
Dame Hudin ? Qu'on en juge par l'acharnement réciproque qui a régné dans ce procès,
par cet acharnement dont la Dame Hudin donna une preuve éclatante à l'instant même
de l'Arrêt, par cet acharnement que les Sieurs Caradeuux, le Sieur de Gizeux, fes héritiers,
ont eux-mêmes montré avant & après cet Arrêt.
En veut-on des preuves plus directes encore ? Les voici, On difoit pour les Sieurs Caradeux:
Hudin ? Qu'on en juge par l'acharnement réciproque qui a régné dans ce procès,
par cet acharnement dont la Dame Hudin donna une preuve éclatante à l'instant même
de l'Arrêt, par cet acharnement que les Sieurs Caradeuux, le Sieur de Gizeux, fes héritiers,
ont eux-mêmes montré avant & après cet Arrêt.
En veut-on des preuves plus directes encore ? Les voici, On difoit pour les Sieurs Caradeux: --- Page 95 ---
[91 I
9 Les lettres, les billets rapportés par la Dame Hudin font infiiffifans
> avecl le Sieur Aubry : on ne peur ni les reconnoitre, niles
pour justifier fa parenté
virifier aujourd'hui.
Que répondoit la veuve Hudin ? > Si Ton penfe ces titres
9) enlever une furcceflion qui ne regarde point celle la fabriquis par l'imposture pour
1 même facile de couvrir de confufion
qui réclame 2 il est tout fimple &
> fournir des pièces de comparaifon
quiconque veut s'en fervir, puifqu'il ne faut que
pour
> toujours de Part ou d'autre. n
faigrkfafingulgat) foit,la fufruipegant
>) La voie feule ( difoit encore la veuve Hudin
3) pour les aniantir ( les lettres & billers
) qui compète aux parties adverfes
), c'est de voir
ces reconnoiffances, écrite de Paris, ni
faire que ni la lettre qui a pricidé
9 Jean-Martin
, l'icriture des billets ne fone de la main de
dubry 2 fans quoi tous leurs
feu M.
3) peu fufpectes. s
raifonnemens blanchiront contre des pices auff
Ainfi, d'un côté, les confeils des Sieurs Caradeux n'ofoient
écrizures, parcequ'il falloit fe rendre fi elles
pas leur faire dénier les
pas
étoient une fois reconnues, 2
ne
efpérer qu'elles ne le fulfent pas, d'après la
parcequ'on pouvoit
faite eux-mêics.
comparaifon qu'ils en avoient fans doute
De l'autre côté,la Dame
de s'en
Hudin 2 loin de réfister à la vérification de ces
défendre, loin d'en redourer Tévénement,la
écritures, loin
rien pour y engager les Sieurs Caradeux. Elle provoquoit elle-même. Elle ne négligeoit
moyen poffible d'écarter le témoignage
leur affuroit que c'étoit pour eux le feul
analogie, de leur concours,
déterminant qui naiffoit de ces pièces, de leur
Et pourquoi n'en conviencrions-nous
que de contester la force & la valeur pas aujourd'hui? C'étoit fe refufér à Tévidence,
Hudin de fa parenté avecle Sieur
des preuves multipliées qu'apportok la Dame
autant de reconnoiffances
Aubry. Les lettres, les billets qu'elle
dont une feule auroit fuffi, Martin Aubry & Marie produifoit étoient
fucceffivement reconnu Guy Aubry, père de la Dame Hudin,
Dubois avoient
Jean-Martin Aubry Tavoit reconnu
fon
pour leur frère & beat-frère.
qualité, & à la recommandation de pour oncle. Il en avoit reçu des fervices en catte
de lumière, de vérité qui naiffoit de Marie Dubois fa mère. Comment réfister à ce faifcean
ces lattres, de Ces
de
mot qu'on y lifoit ?
billets, chaque ligne 2 de chaque
Sans doutelesSieurs Caradeux euffent mieux fait de sy rendre
contraindre par un & plufieurs Arrêts àreconnoitre
volontairement, que de fe laifer
les réproches d'indulgence & de connivence cctre vérité.Duffene-ils éprouver aujourd'hui
mérités, fi leurs adverfaires leur faifoient qu'on leur adreffe, quoiqu'ils les aient fi
un crime d'avoir rendu
peu
impéricufe, le fuffrage du reste des hommes, la
hommage à une vérité
les vengeroient-ils pas affez de cette injustice ? propre confcience des Sieurs Caradeux ne
(
de fe laifer
les réproches d'indulgence & de connivence cctre vérité.Duffene-ils éprouver aujourd'hui
mérités, fi leurs adverfaires leur faifoient qu'on leur adreffe, quoiqu'ils les aient fi
un crime d'avoir rendu
peu
impéricufe, le fuffrage du reste des hommes, la
hommage à une vérité
les vengeroient-ils pas affez de cette injustice ? propre confcience des Sieurs Caradeux ne
( --- Page 96 ---
[ 92 ]
Mais pourra-t-on retenir fon indignation, lorfquon faura que les adverfaires s aui nom
defquels on fe permet de foutenir que ces lettres, C2S billets font faux e fabriquis, ont
reconnu eux-mêmes, & bien formellement, la vérité de ccs mêmestitres ;1 lorfqu'on les verra
écrire eux-mémes, que Martin Aubry a avoué les Aubry de la Rochelle pour Jes
parens.
Voici ce que nous lifons dans la procuration donnée par les adverfaires en 1781.
>9 Si MM. de Caradeux vouloiant, ils éclairciroient bientôt les faits,& ils feroient
> être bien. Il n'est pas qu'ils n'aient trouvé dans les papiers du défunt des titres & peutren3) fignemens plus que faffifans pour les Aubry de Tours. Mais fi l'on venoit à Jeur dire
3) quelque moment, à quel age Martin Aubry est forti de la Touraine,
pour quelle raifon
>> il est forti, quel état il tenoit, quelles raifons l'ont d.terming à fe faire des
>> àla Rochelle pour palfer i
connoilfances
Saint-Doningue > pour sly fixer & s'y établir $ quels
9) l'ont d.termini A ADOPTER LES AUBRY DE L1 ROCHELLE POUR SES
motifs
>) POUR SERVIR DE CORRESPONDANS ET DE PATRONS A SON FILS PARENS, ET
5 quelle
s enfin lui a fait garder ic plus grantflence fur fon existence, vis-à-vis de
raifon
fon père 6 de
> fes frires de Tours, MM. des Caradeux pourroient revenir de lour erreur &
> regretteroient
>' peut-être très-fericufement de n'en avoir pas prévenu les évenemens
plutôt. >
Ces menaces terribles de la part des adverfaires n'ont pas encore été effectuées. Les
Sieurs Caradeux en attendent Tévénement & l'iffuc fans trouble & fans
fi las adverfaires n'ont point encore révélé les motifs
inquiétude. Mais
qui déterminèrent Martin
à adopter les Aubry de lz Rocheile pour fes parcns, 6 pour firvir de
Aubry
a
l'aveu
correfpondans 6 de
pattrons fon fils,
de cette adoption, de cette reconnoiffance Jeur
échappé. Ils pourroient bien le regretter: mais il existe. Il a été fait
est au moins
pleine connoiffance de caufe. Il est au nombre des instructions donnécs avec réflexion, en
par les
eux-mémes à leur repréfentant, à Tinstant ohi ils le chargeoient de leur réclamation. adverfaires
Mais oû font les preuves que Martin Aubry eiit reconnu les Aubry de la Rochelle, la
famille de la D.ame Hudin, pourfes parens, pourles correfpondans, les patrons de Jean-Martin
Aubrysfon fls? Ces preuves n'existent que dans la Iettre de Martin
dans celles
de Marie Dubois, dans celle de Jean-Martin Aubry lui-méire,
Aubry,
de la Rochelle, pire de la Dame Hudin,
toutes adrefées à Guy Aubry,
qui y est défigné frire de Martin
de Marie Dubois, oncle de Jean-Martin Aubry, dans les deux billets de Aubry, celui-ci beau-frère
du même Guy Aubry.
au profit
Los adverfaires Ont donc avoué la vérité de ce qui est prouvé
ces lettres &
billets. Ils l'ont avouée formellement dans la procuration de
par Ils
ces
muler dans leur Mémoire. Mais
1781. ont voulu la difficette vérité Cst fi puiffante qu'elle y a paru encore
leur éloignement pour elle.
malgré
On voit ( page 49 & 50 ) que les adverfaires ne difputent plus que fur le complément
ry.
au profit
Los adverfaires Ont donc avoué la vérité de ce qui est prouvé
ces lettres &
billets. Ils l'ont avouée formellement dans la procuration de
par Ils
ces
muler dans leur Mémoire. Mais
1781. ont voulu la difficette vérité Cst fi puiffante qu'elle y a paru encore
leur éloignement pour elle.
malgré
On voit ( page 49 & 50 ) que les adverfaires ne difputent plus que fur le complément --- Page 97 ---
de Ia preuve de parenté de la Dame Hudin. 1931
volonts de reconnoitre cctte fiamille
Les lettres, dit-on, 2 établiroient
queroit Lz
( les Aubry de la
fauloment la
connoifiance 6 la preuve du motif de la Rochelle ) 6 de L'adopter. Il manne pourroit fe dire que cctte
reconnoifance 6 de Ladoption. parenté fite par la
r.connoïfanee 6 cette aduption éroient
Perfonne
nature, 6 par confquent il
ligitines 6 fondies fur une
Aubry 6 la veuve Hudin éroient
feroit encore impefitle de
vraiment parens. jnger que Martin
Nous reviendrons dans T'instant aur motif de Martin
acquis, avoué , répété par les adverfaires
Aubry $ mais déjà il est donc
Rochelle pour fes parens, quel Marie Dubois les que Martin Aubry reconnoipoit les
de
leur fils,les a aufi
a reconnus
Aubry la
reconnus. également, que Jean-Martin Aubry,
Cette triple
n'est
reconnoiffance des dubry de la Rochelle
prouvée que par les lettres & les billets
pour les parens du Sieur
ne font donc pas faux, puifque la
rapportés par la Dame Hudin. Ces Aubry,
vérité de ce quils
témoins
Comment fè fait-il donc
attestent est avouée,
qu'on maintienne aufli
fatriguies, au nom de ceux-là même
hardiment toutes ces pièces
prouvent, qui annoncent qu'ils
qui avouent que rien n'est plus vrai
Fufis,
Comment cela fè fait-il? pourroient donner les morifs de la vérité que CE qu'elles
vérités
Comment? : Oh, c'est tout
qu'elles contiennent? P
prouvées par ces pièces, & T'aveu de la vérité fimple, C'est que d'abord l'aveu des
premier, ont été faits enz France
de ces pièces 7 est forcé
de nier
par un homme
mais qui
après le
Tévidence, tandis que c'est loin de lui, & ambiieux, qui n'aj pas eu le
compofé le libelle qui taxe les mêmes
fans fa participation directe courage été
pièces de faux, d'imposture, de
qu'a
C'est qu'on compte pour rien la déference
menfange, defurbrins
de 1781 & de 1786 prefcrivent
& la foumiflion même quel les
qui fait demander
pour les instructions
procurations
aux adverfaires la totalit?
évidence, tandis que c'est loin de lui, & ambiieux, qui n'aj pas eu le
compofé le libelle qui taxe les mêmes
fans fa participation directe courage été
pièces de faux, d'imposture, de
qu'a
C'est qu'on compte pour rien la déference
menfange, defurbrins
de 1781 & de 1786 prefcrivent
& la foumiflion même quel les
qui fait demander
pour les instructions
procurations
aux adverfaires la totalit? d'une qu'elles contiennent; c'est que celui
partie, celui qui ofe attaquer l'état des Sieurs ficceflion dont ils ne voudroient
aiaule, lorfqu'on ne l'a
Caradeux, celti de leur
que
demander la
chargé que de vérifier les rapports
mère, celui de leur
de leur
justification $ celui qui les maintient bâtards & qu'on en avoit faits, & d'en
demander le rapport de leurs titres de filiation firpateurs, 2 lorfqu'on la chargé
que Guy Aubry est mort en 1703, lorfquil vivoit & de poffeflion 5 celui qui atteste
fuppofition la bafe & la fource d'une foule
encore en 1723, celui qui fait de cette
les confequences qu'il tire enfuite de fa d'autres, celui qui donne pour
a fait dériver, peut bien fe
première fippolition, 2 &c de toutes celles incont-stables
a tant de fois déjà
permettre encore de nier ce qui a été
quil en
égaré la confiance & changé les
avous par ceux dont il
intentions.
lion 5 celui qui atteste
fuppofition la bafe & la fource d'une foule
encore en 1723, celui qui fait de cette
les confequences qu'il tire enfuite de fa d'autres, celui qui donne pour
a fait dériver, peut bien fe
première fippolition, 2 &c de toutes celles incont-stables
a tant de fois déjà
permettre encore de nier ce qui a été
quil en
égaré la confiance & changé les
avous par ceux dont il
intentions. Quant aux morifs qui ont déterminé
Martin Aubry, , par Marie
cette reconnoiffance des Aubry de lz
Sieurs Caradeux à les Dubois , par Jean-Martin Aubry, ce n'est fans Rochelle, par
Iis Ont menacé de les indiquer. C'est aux adverfaires à nous les dévoiler. pas Ils douie aux
mettre au grand jour. Mais
les connoiffent. julqu'a ce qu'tls aient appris pourquoj
( --- Page 98 ---
[ 94 1
auroit renoncé à fa famille pour en adopter tne quil lui auroit été étrangère,
Marin Aubry
Martin
Marie Dubois
nous eroirons, & tout le monde le croira avec nous, 2 que
Aubry,
Jean-Martin Aubry fon fils, ont reconnu les Aubry de la Rochelle pour leurs
fa femme,
Tétoient réellement. On n'abdique pas les liens qui uniffent à un père, ,
paror.parcequils des
à des foeurs : on ne leur fubstitue pas des étrargers fans de fortes
à une mère, à frères,
des
on doit d'autant moins
& puifTantes raifons qui éioignent des uns & rapprochent autres; ;
la reconnoiffance des Aubry de la Rocheile auroit été commencée par
le fiuppofer ici, que
Martin
continuée par Marie Dubois, confirmée par Jean-Marrin Aubry > & que
Aubry 2
motifs de vivre
de fa famille, ils euffent fans
fi Martin Aubry avoit eu quelques
ignoré
veuve & fon fils dans la détreffe, imploroient les fecours de la fanille
doute fini avec lui. Sa
de leur père, de leur mari. Euffent-ils donné la préférence aux Aubry de la Rochelle fur les
Aubry de Tours? La fortune & l'état de ceux-ci, aux mémes époques, 2 l'euffent au contraire
métitéc.
Et fi cette reconnoiffance n'eûr été fondée fur une véritable parenté, il n'eût pas fuffi
Marrin Aubry eût voulu adopter les Aubry de la Rochelle, il côt fallu aufli que les
que de la Rochelle euffent voulu l'avouer (galement. Et quel motif en cuffent-ils eu?
Aubry Marrin Aubry, Marie Dubois & Jean-Martin Aubry étoient alors dans l'indigence. S'ils
euflent eul intérêt de reconnoitre cette famille pour en obtenir des fecours, cette famille
n'auroit-elle pas été intéreflée à repouffer des étrangers dont Tadoption ne pouvoir que lui
étre onéreufe.
Il est donc certain, & les adverfaires l'avouent, que les Aubry de la Rochelle ont été
reconnus par Marin Aubry, mort à Léogane en 1698, Par fa femme Marie Dubois, par
leur fils Jcan-Martin Aubry lui-même. Il est donc citain & avoué par les adverfairesque
de famille,
par la Dame Hudin, ces l.ttres, ces billets renfermoient
ces papiars
rapportés
ces bill.ts n'étoient donc ni faux, ni fabriqués.
les preuves de cette sconwoifacsjcalans,
C'en feroit bian affez, fans doute ; ma's nous pouvons aller beaucoup plus loin ; nous
démontrer qu'il étoit même impefible que ces lettres & ces billets fuffent faux.
pouvons
Quelle
d'abord que la Dame Hudin, veuve d'un marchand de la Rochelle,
apparence
ait
le
de fabriquer ou de faire fabriquer fix pièces,
âgée en 1763 de 69 ans, conçu projat
de les attribuer à troisp perfonnes diflérentes, pour s'en faire des titres à une fucceffion ouverte
à 2000 lieues d'elle! Le fauffaire le plus intrépide ne fe décide cependant à altérer cu
dans
fes crimes ne feront point
il faut au moins qu'l puiffe
imiter que l'efpoir que
apperçus;i
fe promettre que la pièce qu'il fabrique pourra paffer pour être l'ouvrage de celui quil en
fuppofe l'auteur.
Il n'est peut-être jamais venu dans Pidée de l'être le ples audzcicux, d'entreprendre d'imiter
à la fois l'écrirure & la fignature de trois perfonnes, fur-tout loriqu'il pourroit obtenir les
es crimes ne feront point
il faut au moins qu'l puiffe
imiter que l'efpoir que
apperçus;i
fe promettre que la pièce qu'il fabrique pourra paffer pour être l'ouvrage de celui quil en
fuppofe l'auteur.
Il n'est peut-être jamais venu dans Pidée de l'être le ples audzcicux, d'entreprendre d'imiter
à la fois l'écrirure & la fignature de trois perfonnes, fur-tout loriqu'il pourroit obtenir les --- Page 99 ---
mêmes effets de limitation d'une
195 1
des reconnoiffances bien
fule ; & n'auroie-il pas fiuiala Dame Hudin de
précifés & bien directes de la part de Jean-Martin rapporter
Si elle eût ofé en faire fibriquer,
Aubry :
n'en eft-elle pas fappofs de plus ,pourquoi en auroit-elle arrêté le cours en
récentes? 1709?Pourquoi
Celui qui travaille à contrefaire une ou
inutilement les pièces qu'il fabrique, Il plufieurs écritures, ne cherche pas à étendre
fon objet. Chaque ligne, chaqu:
n'y fuppofe que ce qui est néceflaire
des
mot augmente fa crainte d'être
pour remplir
difemblances, de nouvelles preuves de fon forfait. II
découvert, de fournir par
trop occupé de ce qu'il cherche à fixer, , avoir abrège autant quil est en lui. II est
brôle de fe dégager du poids du crime pour
feulement l'idée de tout autre obj:t et. II
le confomme. qui preffe le coupable,fir-tour dans l'instant où il
On a vu les lettres rapportées par la Dame Hudin. fauffaire. Elles conticnnent des détails indifférens,
Elles n'ont pas ce laconifme du
ne les auroit fabriquies que pour en faire des
étrangers à Tobjet qu'auroit eu celui qui
preuves de reconnoiffance & de
Enfin, admettra-t-on que la Dame Hudin
parenté. des lettres & billets, aient ofé venir les
, ou celui qu'elle auroit employé à la fabrication
Aubry, à fa famille maternella, à des adverfaires préfenter à Saint-Domingue, dans le domicile du Sieur
qui
ment, 9 fi les écritures & les
de
devoient les critiquer & les examiner
fignatures cas
févérecelles de Maitin
letres, dec:s billets, n'euflent
Aubry 2 de Marie Dubois, de Jean-Martin. au noins reffemblé à
Hudin & fes repréfantans fuffent
Aubry? venus s'expofer àl
Admetra-+-on quelaDam:
fauffaires , s'il n'eût fallu, pour les convaincre, lignominie, à la honte, à la punition des
de ces trois individus, & leur
quala repréfnration de pièces vraiment
comparaifon avec celles dont la Dame Hudin
émanées
Et fi l'on est forcé de croire
auroit voulu abufer ? pièces, que dans
que la Dame Hudin n'edr hafardé de
Tefpoir au moins de pouvoir faire illufion
faire ufage de ces
exacte des écritures, des fignatures,
par la reffemblance &
cette imitation euffent
quel auroit donc
fir
l'imitation
été calqués & obtenucs P Les éélsrypet lequel coneref@emblance,
pièces au pouvoir de la Dame Hudin
lettres & les billets étoient les faulas
Marie Dubois & Jean-Martin
qui fuffent écrites & fignées par Martin
Aubry.
moins de pouvoir faire illufion
faire ufage de ces
exacte des écritures, des fignatures,
par la reffemblance &
cette imitation euffent
quel auroit donc
fir
l'imitation
été calqués & obtenucs P Les éélsrypet lequel coneref@emblance,
pièces au pouvoir de la Dame Hudin
lettres & les billets étoient les faulas
Marie Dubois & Jean-Martin
qui fuffent écrites & fignées par Martin
Aubry. Aubry,
Une main adroitement infidèle,
Cet art fi féduifant & fi beau, dirigée par un ceil perçant, peut bien imiter fon modele. penchant que la nature femble lorfque Tufage en est légitime, loriqu'il fert même
funeste à celui qui en abufe, fi justifier en donnant les moyens de le farisfaire, mais Ce fi
ne devroit fervir qu'à fes plaifirs, dangereux à fes pour la fociété, 2 forfqu'on emploia contre
fi parfaites
jouilfances, obtient même
ellscequi
2 queT'oeil le plus exercé pourroit sy
quelquefois des reffemblances
méprendre.
que Tufage en est légitime, loriqu'il fert même
funeste à celui qui en abufe, fi justifier en donnant les moyens de le farisfaire, mais Ce fi
ne devroit fervir qu'à fes plaifirs, dangereux à fes pour la fociété, 2 forfqu'on emploia contre
fi parfaites
jouilfances, obtient même
ellscequi
2 queT'oeil le plus exercé pourroit sy
quelquefois des reffemblances
méprendre. Mais point de reffemblancs, point
La Dame Hudin n'en avoit des d'imitation poflible, où il n'existe point de
pas trois écritures qu'on veut fappofer
modèle,
qu'elle avoit imitées --- Page 100 ---
[96]
ou fait imiter. Les lettres & billets reffembloient cependant à celles de Martin Aubry, de
Marie Dubois, de Jean-Martin Aubry, au point que les Confeils des Sieurs Caradeux
n'osèrent pas leur en faire dinier la vériti, quoique de fon côté la Dame Hudin ne ceffât
de les y provoquer, quoiqu'elle appelât fr fa tête la confufion qui devoit réjaillir de la
comparaifon, fi cette reffemblance n'étoit pas exacte.
Cette reffemblance ne pouvoit pas être l'effet de Timitation, puifqu'il n'existoit pas de
modèle. Les écritures, les fignatures des lettres, des billets ne reffèmbloient donc à celles de
Martin Aubry, de Marie Dubois, de Jean-Martin Aubry, que parcequ'elles étoient effectivement leur ouvrage.
Allons plus loin encore :
Rappclons-nous d'abord que ces lettres, cette correfpondance de Jean-Martin
de fon père, de fa mère, feront oppofées aux adverfaires avec un fuccès particulier Aubry, 2
; rappelonsnous Ce quils difoient eux-mnêines , page 28 : La correfpondance est un des canaux les plus
importans, d'oit les preuves de l'itat pourroient jaillir tris-abondamment
chaque lettre doit
être Ln titre contradictoire fur le fait de pollefion d'itat.
Ces Jettres, ces billets étoient des écrits privés, mais ils ont acquis une date certaine.
Ils Ont été enregistrés au Greffe du Port-au-Prince le 29 Avril 17645 mais ils l'avoient
déjà été au Grefe de TAmirauté de la Rochelle,n vertu d'Ordonnance du Lieutenant de ce
Sitge, fur la requéte de la Dame Hudin.
Cet enregistrement all Greffe de LAmirauté de lz Rochelle, est du
27 Septembre 176s.
La première procuration donnée par la Dame Hudin aux Sieurs Goujaud & Dclastre,est
du 19 Septembre 1763.
Le Sieur Aubry étoit mort à Saint-Domingue le 27 Février 1763, & fon inventaire ne
fut fini que le 31 Mars fitivant.
Or,les lettres préfentées par la Dame Hudin ne font pas feulement précieufss par les
qualifications de fière, beau-frere, oncle, tante , coufine, qui y font données à Guy
à fa femme, à la Dame Hudin elle-méme, leur fille, Martin &
Aubry,
par Marie Dubois.
par
Jean-Martin Aubry, 3
Ces lettres contiennent des faits qui ne pouvoient être connus que par ceux qu'ils intéreffoient, des détails de famille que tout autre que le père, la mère & le fils devoient
ignorer.
Ces détails, ces faits n'étoient pas connus des Sieurs Caradeux, ni de leurs confeils en
1767. Le dirons-nous, les Sieurs Caradeux les ignoroient encore à l'instant où nous avons
entrepris leur défènfe.
O:,
ry, 3
Ces lettres contiennent des faits qui ne pouvoient être connus que par ceux qu'ils intéreffoient, des détails de famille que tout autre que le père, la mère & le fils devoient
ignorer.
Ces détails, ces faits n'étoient pas connus des Sieurs Caradeux, ni de leurs confeils en
1767. Le dirons-nous, les Sieurs Caradeux les ignoroient encore à l'instant où nous avons
entrepris leur défènfe.
O:, --- Page 101 ---
Or, fi tous les faits contenus dans ces lettres 197]
famille alors, à fa
font exactement conformes à
fituation, , au nombre de fes
Tétat de cette
leur état, à leur mort, à tous Jes
enfans , à leur naiffance, leur fexe, à
donc ou qu'ils euffent été révélés à la événemens Dame que cette famille a éprouvés, il faudroit
nous difpenfera bian da croire, elle eût daviné Hudin, ou que,par une magie à laquelle on
paffé à Sainc-Domingue dans lintéricur
à la Rochells en 1763,tout ce qui sétoit
dela famille de Maitin Aubry, de 1695 à
Raffemblons
1709.
quelques-uns des faits principaux
dans
Le
confignés
ces lettres.
Port-de-Paix attaqus 6 ditraitpar les Anglois G les
Martin Aubry
E/pagnols, en 1695.
abandonnant ce quartier, pour venir demeurer I
La perte de tous fes papiers.
ogane.
EFTTRE
DE
L'existence de fa fmme 6 de fa petite
MARTIN AUBRY.
famille en 1695.
La mort de Martin Aubry.
I a CIL quatre enfans. Deux morts 6 deux vivants
Des deux
encore, à Tipoque oic cette letereitoit éerite.
l'un
(PR-MtinE
vivants, garçon, Pautre file.
LETTRE
Le
(DEMANIEDUBOIS
fls envoyien France 3 pour
les pères de Li charits, a Lcogune. fpaficionnerd defon mitier de chirargie, qu'llavoit epprisehe
L'existence de la fille à cette (poque.
Oripmbuotemmes
Son
(-Manetuzon
Ajour à Paris, à lipoque oit i écrit.
Sa maladie. Le genre de cctte maladie,
L'existerce de f mère.
LETTRE
DE JEANSa ditrefe, qui confirme celle dont fon
MARTIN AUBRI.
père & fa mère s'étoient
Il étoit impoflible que dans le
déjà plaints.
la mort du Sieur
court intervalls de quelques mois qui
Rochelle
Aubry 2 à Tépoque où Ion voit la
s'étoient écoulés de
les titres qu'elle a produits, elle eût
Dame Hudin faire enr gistrer à la
& des événemens de la famille de Martin acquis Cette connoifance détaillé: de Tétat
& des morts du père & des enfans, de Aubry, de ces événemens far-tour des naiflances
chez les pères de la charité à
leurs époques, de Tapprentiffage du Sieur
de fon nouvel
Léogane, de lémigration de Martin
Aubry
érabliffemant à la petite rivière de
Aubry.da Port-de-Paix,
Si
Léogane 2 de la perta de fes
on edt fabriqué ceslettres,on les eût
papiers étc. &cc.
vagues qui peuvent convenir à tous les compofées de ces faits généraux , de ces énonciations
f fût donné de
étres, fans appartenir plurôt àlun
garde d'y inférer des faits particuliers, des traits
qu'à Tautres on
caractéristiques & fnguliters,
N
(
Port-de-Paix,
Si
Léogane 2 de la perta de fes
on edt fabriqué ceslettres,on les eût
papiers étc. &cc.
vagues qui peuvent convenir à tous les compofées de ces faits généraux , de ces énonciations
f fût donné de
étres, fans appartenir plurôt àlun
garde d'y inférer des faits particuliers, des traits
qu'à Tautres on
caractéristiques & fnguliters,
N
( --- Page 102 ---
[98 ]
exclufifs de tout autre individu que de celai qu'ils pouvoient concerner feul, des faits dont
Tinexactitude fr un feul point eft changé T'enfemble du tableau, & préparé le moyen fàr
d'en détruire l'effet & l'artifice.
Tous les faits dont Ces lettres contiennent le détail démontrent donc, s'ils font exacts &
vrais, non faulement que les lettres font vraies elles-mémes. 2 mais encore qu'clles ne pouvoient
pas être fauffes.
Or ces faits font tous prouvés, démontrés vrais par les actes que nous produifons. Leur
analogie, leur accord font parfaits. Ilest prouvé que Martin Aubry quitta le Port-de-Paix CR
1695 5 qu'il avoit à cette époque deux enfans , Jean-Martin 6 Marie-Magdeleine Aubry ;
quil vint demeurer all quartier de la petite rivière de Liogane ; qu'il avoit perdu tous fes
papiers ; quil eut encore deu.x autres enfans dans ce dernier quartier; quily mourut peu de
après; que deux de fes enfans moururent aufli, à peu près dans le même temps;
temps quil n'en resta que deux, dont l'un garçon ( Jean-Martin ) Tautre fille, Marie-Magdeleines
il est reconnu & notoire que le premier apprit l'état de chirurgien cheg les pères de la charité
à Liogune ; quil fut envoyé parfe mère en France pour sy perfectionner; que fa faur vivoit
alors.
C:s faits n'ont été ni révélés, ni devinés. Les Jettres qui les renferment émanoient dcnc
nécariairement des individus auxquels la Dae Hudin les attribuoit, & qui pouvoient feuls
conncitre toutes ces particularités. La nature de ces Lettres, leur détail en prouvoient
étoit poflible, la vérité, que la reffemblance la plus exacte des écritures &
encore plus,sil Ces lettres n'étoient donc pas fauffes. Elles ne pouvoient donc pas l'être.
des fignatures.
Il feroit étonnant que des réflexions auffi tranchantes enffent échappé à tout le barreau
du Cap alflemblé pour éclairer la Dame Hudin en 1767,fices Jurifconfultes ne fe fuffent
Técriture des lettres & billets n'étant pas dinice par les adverarrêtés à ce principe vrai, que
faires de la Dame Hudin, il étoit impoffible de douter de leur vérité,
dans le Mémoire imprimé pour la Dame Hudin
Mais ce qui fut judicieufement remarqué
difoit
& fuivantes ) c'est que Me. Bourgeois, Avocat au Cap,y
quil
en 1767 7 ( page 54
feulement de douter de la parenté de la Dame Hudin
étoit bien incroyable qu'on fe permit
del la Dame Hudin, avoit été
avec le Sieur Aubry 5 que lui-méme Me. Bourgeois 3 parent
le Sieur Jean-Martin Aubry ; 7) quil feroit en état de le prouver, & qu'en 1751,
reconnu par
à tous ceux fe rencontrèrent dans fa maifon, ou qui y vinrent
s) le Sieur Aubry le préfenta
qui
M.Saintard étoit du
> pendant un fjour de 4 à 5 jours que Me. Bourgeis fit cheg lui; que
de Meflieurs de la Toifon, M. Beudet M. Olivier Chevalier de Saint-Louis
> nombre ; quun
Goislin 2 tous les blancs
3) & ancien officier des troupes détachées de la Marine, 2 la Demoifelle
ou autres réfidoient en ces temps là fur cette habitation, feroient à même
>) raffineurs
qui
5) de l'attester.
pendant un fjour de 4 à 5 jours que Me. Bourgeis fit cheg lui; que
de Meflieurs de la Toifon, M. Beudet M. Olivier Chevalier de Saint-Louis
> nombre ; quun
Goislin 2 tous les blancs
3) & ancien officier des troupes détachées de la Marine, 2 la Demoifelle
ou autres réfidoient en ces temps là fur cette habitation, feroient à même
>) raffineurs
qui
5) de l'attester. --- Page 103 ---
) Qu: le Sieur Aabry mena lin jour Me. [99]
3) qu'ily étoit dans laur banc
iiourgeois à la mefle à la croix des
avec défunte Madame Aubry. bouquets;
1) Que le Curé qu'ils allèrent voir & diverfes
) regardoit iie. Bourgreis comme fom
& perfonnes eurent connoiffance que M. Aubry
s d: maniè:: Qu2 ce
parent, qu'il en parioit à tout le monde ce
voyagei irtrigua beatcup Madame
fur ton 3
2) en rioit, voyant qu'on lui donnoit des
Auby 6rfis nereux ; queM, Bourgeois
n fouffroit rarement que le bon-homme vues auxqueiles il n'avoit jamais fongé 5
& lui fiffent
qu'on
>) qu'on écoutoit leurs difcours
fauls enfemble ; qu'on épioit leurs
; q42 ce manèg: dura autant que le féjour de Me, actiens,
s) Que M. Aubry paroifToit quelquefois
Bourgeois. >) fans doute par déférence
gêné & fatigué de la contrainte où il étoit
pour fa femme 5 ce
réduit,
> môvne devant Jon spoufe, SI LA DAME
gui ne l'empicha pourtant poirt de s'informer,
> ctoit a fon af,6A f fumille ctoit VEUVE HUDIN, QU'IL APPELOIT SA COUSINE,
>) bien, f le ciel lui en Laifoie la liberté, nombraufe ; qu'il ajouta plafisurs fois yu'tl lui faroit di
3> Que ces dernières paroles fiurprirent d'abord Me,
>) mais qu'il apprit enfuite que le contrat de
Bourgeois, n'en ayant point la clef;
97 donation en faveur du dernier vivant. mariage des Sieur & Dame Aubry portoit une
9) Que le Sieur Aubry aimoit beaucoup fa femme
> afcendant fur fon efprit. Que c'étoit la caufe
; qu'elle avoit pris un très-grand
9) lui déplaire, comblant fès neveux &
de ce qu'il ne vouloit rien faire
nièces de bienfaits, de
qui pit
3) fe trouvoient honorés, & laiflant la
même que M. de Gizeux, dont ils
3) que ceci éclairciffoit ce quil avoit fait pauvre famille des Aubry fans le plus léger fcous;
pour elle, quand il s'étoit vu libre,
n Que cependant le Sieur Aubry dit audit Me.
un très-grand
9) lui déplaire, comblant fès neveux &
de ce qu'il ne vouloit rien faire
nièces de bienfaits, de
qui pit
3) fe trouvoient honorés, & laiflant la
même que M. de Gizeux, dont ils
3) que ceci éclairciffoit ce quil avoit fait pauvre famille des Aubry fans le plus léger fcous;
pour elle, quand il s'étoit vu libre,
n Que cependant le Sieur Aubry dit audit Me. 7) auprés de lui un enfiant de la veuve
Bougeois, , qu'il avoit EZL deftin de retenir
> fit en gualité de Pilotin
Hudin squi étoit venu le vijfter, dans un
fur 1L/2 navire de la
mais
voyage gu'il
> d'imbicille 6 Tavoit renvoyé avec
Rochellesn que layant refufe,il l'avoit traiz! quelque argent ; que cet enfant étoit mort,
> Que le Sieur Aubry preffa & follicita Me,
9 Port-au-Prince, qu'il lui rendroit fervice & Bourgeois de fe fixer dans la partie du
> qui n'étoient dues qu'a alliance
Taideroit ; mais que ces offres
fon
avec Marie Aubry veuve
obligrants,
> acceptées, Me, Bourgeois ayant des affaires d'intérêt féricufes Hudin, ne pouvoient étre
> quile contraignoient de repaffer abfolument
& décifives pour fa fortune,
dans la partie du Nord,
> Quil étoit allé pour cet effet auprès des
>) qu'sl logea chez le Sieur Trutié lni Généraux, afin d'en obtenir quelque
>) au Cal de Sac
1 qui préta une voiture pour faire ce
du grece;
5 que feu M.
,
> acceptées, Me, Bourgeois ayant des affaires d'intérêt féricufes Hudin, ne pouvoient étre
> quile contraignoient de repaffer abfolument
& décifives pour fa fortune,
dans la partie du Nord,
> Quil étoit allé pour cet effet auprès des
>) qu'sl logea chez le Sieur Trutié lni Généraux, afin d'en obtenir quelque
>) au Cal de Sac
1 qui préta une voiture pour faire ce
du grece;
5 que feu M. Aubry lui en donna une
voyage Lamentin
> le Marquis de Vaudreuil,quile félicita
autre pour aller rendre vifite à M. >) dans le cas d'en Étre héritier, mais fier fon alliance avec ledit Sieur Aubry 3 le croyant
9) fur cette bonne fortune, n'étant que lui, Me. Bourgeois, ne comptoit rien moins
pas homme à fe flatter. que --- Page 104 ---
- ICO 1
) Qu'il avoit feulement oui-dire au Sieur Efcoubet fon grand-père, que ce M. Aubry
c ctoit venu le voir auL commttencement du fècle, 6 qu'illavoit reçu comme parent de la veuve
n Hludin, cheg le père duquel il logeoit alors ; que ce fut ce reffouvenir qui infpira à M:,
> Bourgeois la penfée d'aller vifiter ce bon-homme, qui f fouvint parfaitement du nom
72 de Taieul de Me. Bourgeois, & qui ajouta même qu'il lui avoit des obligations, fans lcs
> fpécifier:
99 Quil étoit constant qu? tous ces faits étoient vrais ; qu'il las afirmoit fous Lz foi 6
c la religion du ferment, comine fur tout ce qu'il y a de plus facré parmi les hommes.
99 Quil n'ignoroit pas que catte déclaration feule & ifolée, venant même d'un allié de
9) la Dame Hudin, ne fauroit être d'un grand poids dans la riguaur du Droit ; mais quil
> étoit obligé de ne point f taire fur ca qu'il favoit, lorfqu'on ne m.nageoit rien pour
9) cxclure Marie Aubry, veuve Hudin, & quelT'on s'emportoir contre clle jufqu'à la traiter
s d'aventuriere.
>) Quz quiconque connoitroit particulièremant M:. Bourg-ois, feroit convaincu intérieure9 ment de la droiture d: fos intentions ; qu'il ne cherchoit point à en impofer, & que le
99 pur défintéreff-ment, , aufli bien qu'une ceuvre de charité, étoient les motifs uniques q.i lui
> avoient fait prendre la plume, ,afin de défandre une femme allez fimple pour ne lui avoir
22 pas même demandé le fervice grattit qu'il lui rendoit. 1)
Les adverfaires pourront bien encore traiter ce récit de Me. Bourgeois de fiction &
d'imposture ; mais à qui perfmad-ront-ils que cet Avocat eût ofé imaginer, fuppofer rtous ces
faits, fur lefqu.ls il interpeilloit & réclamoit le témoignage d'une foule de perfonnes vivantes
alors, & dont qa.lques-unes vivent encore aujourd'hui? A qui feront-ils croire que, fi ces
faits n'euffent été avérés & nctoires, les Sieurs Caradeux, au nom d.fquels on s'étoit permis
de traiter la Dam: Hudin d'aventurière, euffent héfité à confondre cJlui qui auroit créé un
conte aufli abfude, pour justifier fs prétentions ? Il leur eût été fi facile de faire entendre
les témoins que M:. Bourgeois indiquoit lui-méme!
Enfin on voit encore dans le Mémoire de la Dame Hudin ( page 58 ) que les Sieurs
de Lz Toifon frères, neveux de Lz Dame Aubry, avoient eu une parfaite connoifance que la
veuve Hudin ctoit Lz p.arcnte de M. Aubry: que celui qui étoit décédé, le Sieur la Toifon
du Frefne, avoit pal: . la Rochelle, étoit ails voir cette femme, 2 avoit mangé chez elle, lu
les pupiers domestiques qu'elle rapportoit, & que fi lon en voulcit convenir dans la famille,
it foutenoit à fon reto:r affirmativement qu'elle ctoit Phiritière du difunt.
Ce n'étoit encore là qu'une afTertion de Me. Bourgeois. Mais ce qui la fait immédiatement
est prouvé ; c'est que le Sieur Delastre 3 beau-frère du Sicur de Rocheblanche, ce Sieur Delastre
riflant à la Rochelle en 1753, avoit été le premier informé de la mort du Sicur Aubry ;
que ce Sieur Delastre avoit fait jouer toute forte de refforts, avoit employé même le
qu'elle ctoit Phiritière du difunt.
Ce n'étoit encore là qu'une afTertion de Me. Bourgeois. Mais ce qui la fait immédiatement
est prouvé ; c'est que le Sieur Delastre 3 beau-frère du Sicur de Rocheblanche, ce Sieur Delastre
riflant à la Rochelle en 1753, avoit été le premier informé de la mort du Sicur Aubry ;
que ce Sieur Delastre avoit fait jouer toute forte de refforts, avoit employé même le --- Page 105 ---
eonfeffaur de la Dame Hudin
[ IOI ]
pour obtenir d'ell fa
au Sieur Delastre fes premiers pouvoirs,
procuation : qu'elle donna effectivement
le décès du Sieur
,] pour réclamer les droits qui lui étoient ouverts
elle fe hâta de la Aubry ; mais quavertie del'abus qu'on vouloit faire de cette
par
révoquer.
procuration,
Ces derniers faits font prouvés & par la procuration donnée
le 13 S-ptembre
& celle
aux Sicurs Delastre &
& Charles le 1763, Juin par que la veuve Hudin donna enfuite aux Sicurs Goujaud,
&
1764, en révoquant le Sieur Delastre.
Goujanl
l'autre.
Nous les rapportons l'une
Or cette obfeffion du Sieur Delastre, ce defir ardent d'avoir
tance qu'ilétoit bean-frire du Sieur de Rocheblanche,
fa procuration, la circonsde la mort du Sieur Aubry, celle qu'il mit lui-même l'activité qu'on avoit mife à Tinstruirg
dans fes
Hudin, 3 tout cela ne prouve-t-il pas que la veuve Hudin démarches aupiès dela veuva
la parente du Sieur Aubry, avant la
étoit réellement reconnue pour
T'être après fa mort? Et fi les Sieurs mort du Sieur Aubry, comme clle â demandé à
leurs confils croyoient
Caradeux n'euffent été abufés par Pinfuffance
appercevoir dans les titres de la Dame
que
que rendre hommage à la vérité, en admattant la
Hudin, qu'euffent-ils fait
Nous culfions trouvé plus de fatisfaction à
veuve Hudin comme cotfine-germaine P
justifier cet acte de
&
part, que nous n'en éprouvons en ce moment à
justice de raifon de leur
forcés n'ont profcrit qu'une réfistanca
prouver que les Arrêts qui les y Oit
le reprocha d'avoir concerté
injuste & déplacés, Elle ne leur a
avec la Dame Hudin le ficcès
pas même fauvé
fi indécemment: : & eût-ce dont été un
qu'on lui envie, qu'on
& de la qualité de la Dame Hudin, le crime, un tort pour eux, d'avoir conçu des critique droits
malgré la contradiction
jugement que les Magistrats eux-mêmes en
que ces droits & cette qualité ont éprouvée!
ont porté,
Devons-nous maintenant nous arrêter à ce que les adverfaires
produites par la Dame Hudin, de cette oiligation de
ont dit des autres picces
à
2581 livres tournois confntie
Saint-Domingu: par le Sieur Chaudeau de la
en 1666
& des pourfuites faites fur cette
Clochetière, au profit de René
obligation, en vertu d'une
Aubry,
Jean Aubry?
procuration de René Aubry à
Il paroit qu'à cet égard les confails de la Dame Hudin avoient
par Tincorrection d'une expédition de
faite
été induits en erreur
avoient cru trouver dans une
l'enquête de
en 1742 fur l'état du Siaur Aubry: Ils
Sieur Aubry dont le témoin dépofition cette enquête une analogie entre un oncle du
C'étoit
parloit, & ce René
créancier du
une erreur,
Aubry,
Sieur Chaudeau,
Ces pièces, & leur existence dans les mains de la veuve
René Aubry, , dont il y étoit parlé, étoit auffi de la famille Hadin,prouvent des
feulement que
mais il n'en réfultoit pas que René Aubry fàt frère de
Aubry de la Rochelle, $
feulement que René étoit oncle de Martin,
Martin. La Dame Hudin prétandoit
A
créancier du
une erreur,
Aubry,
Sieur Chaudeau,
Ces pièces, & leur existence dans les mains de la veuve
René Aubry, , dont il y étoit parlé, étoit auffi de la famille Hadin,prouvent des
feulement que
mais il n'en réfultoit pas que René Aubry fàt frère de
Aubry de la Rochelle, $
feulement que René étoit oncle de Martin,
Martin. La Dame Hudin prétandoit
A --- Page 106 ---
102 J
De ce que J.an Aubry auroit obtenu en 1686 une Sentence oii il fe feroit dit héritier
d'autre Jean Aubry fon père, ob il auroit fuppofé que ce Jean Aubry fon père étoit
Ful h.ritier de Ren:, il ne s'enfutivroit pas, comme on le dit, que. Jean Aubry ,fecond du
nom,n'eàt po.nt eu un frère nommé Martin. On pourroit feulement en conclure
Jean Aubry, premier du nom, étoit feul héritier de Reni.
que
La Santence étoit rendue en faveur de Jan-Aubryfls, héritier de
& icclui comme ayant recucilli la ficccflion de feu René
Jcan-Aubry Jonpire,
ticr d'icelui.
Aubry, fon oncle, feul hériLes mots, ful hiritier, appartiennent à Jean Aubry père, relativement à
non pas à Jean Aubry fils, relativement à Jean Aubry
René, &
père.
La différence est même frappante. On dit que Jean Aubry père étoit feul héritier de
René, & en parlant de Jean Aubry fils, on dit feulement qu'il est fils héritier
pas feul héritier ) de Jean Aubry, fon père.
(& non
Au lieu d'en conclure que Jean Aubry fils n'avoit point de frère, il en réfulteroit
tôt le contraire, puifqu'il ne f difoit pas feulhiritier de ton père, quoiqu'il eût foin de plu- dire
que fon père avoit été Ful hcritier de fon oncle.
Mais on a la fureur d'altérer tout : & pouvoit-on efpérer que le fens d'un acte feroit
reipecté par ceux qui ont nié & mutilé la lettre même de tant d'antres?
Ces dernières pièces prouvent donc que la veuve Hudin avoit eu un autre
à
Saint-Domingue, & que f l'ancienneté des temps ne lui a pas permis de parent des
preuves plus précifes de fon existence, & du degré de parenté qui Tuniffoit rapporter
Anbry, on y trouve au moins le motif apparent conduifit
à ce René
qui
Martin
à
Aubry lui-même
Saint-Domingus, ; on y trouve au moins la preuve que Martin Aubry ne fut le
premier & le feul des Aubry de la Rochelle qui paffa à Saint-Domingue.
pas
II n'y fut pas non plus abandonné par fa famille entière, comme l'eût été le Martin
Aubry de Tours, dans la fiction des adverfaires. Martin Aubry conferva
le fouvenir, Tattachement d'un frère
jufqu'à fà mort
donna des
pour Guy Aubry, père de la Dame Hudin. Il lui en
preuves. Il en reçut de lui. Marie Dubois, fa veuve, annonça à
la mort de Martin Aubry fon frère, & réclamant fon affection
Guy Aubry
adreffa fon fils en 1708 ; fes premiers
pour fes enfans, elle lui
il fut chaz
pas en France furent vers fon oncle Guy
reçu lui, dans fa famille : bientôt forcé de renoncer au
de Aubry,
vient à la Rochelle. Il
féjour Paris, il rey reçoit encore de nouvelles preuves de la
oncle. Il lui prête nne fomme modique, mais
tendreffe de fon
facultés de
à
proportionnée aux befoins du neveu, & aux
Toncle, fon état du moins. Il ne peut lui fournir un
mais il le cautionne
fa
objet plus important
pour valeur. Un des petits enfans de Guy Aubry, le fils de li
au
de Aubry,
vient à la Rochelle. Il
féjour Paris, il rey reçoit encore de nouvelles preuves de la
oncle. Il lui prête nne fomme modique, mais
tendreffe de fon
facultés de
à
proportionnée aux befoins du neveu, & aux
Toncle, fon état du moins. Il ne peut lui fournir un
mais il le cautionne
fa
objet plus important
pour valeur. Un des petits enfans de Guy Aubry, le fils de li --- Page 107 ---
I 103)
veuve Hudin, vient à Saint-Domingue. Le Sieur Aubry le reçuit affectuenfement. retenir, & Cet enfant y réfiste, mais il emporte des marques de fa
liveuly
de la Dame Hudin, Me. Bourgeois, fe
il
tendreff, Un parent
cherche encore à le fixer près de lui, il s'informe préfente, est accueilli par le Sieur Aubry, il
T'état de fa fortune,
avec intérêt de la Dame Hudin & de
Et qui ne s'écriera avec nous? Il est auffi évident que le Sieur
Dame Hudin, aux Aubry de la Rochelle,
Aubry appartenoit à la
Aubry de Tours! Sa famille étoit celle qu'il est clair qu'il étoit abfolument étranger aux
commela fienne,celle
que fon père & fa mère lui avoient appris à regarder
de Tours n'ont, quila constamment, perpétuellement reconnue pour la fienne: : Jes
pour balancer tant & de fi fortes preuves,
Aubry
comme les raifonnemens dont ils
qu'un fystême, une fiction fauffe
Tétayent > comme les faits dont ils
quences quils en tirent, comme lès contradictions
Tornent, commel les consécn les tronquant, en les
qu'ils oppofent aux titres de la Dame
défigurant, en les fuppofant tels qu'ils voudroient
Hudin,
les préfenter tels qu'ils font. Les Aubry de Tours abufent d'une
quils fulfent, au-lieu de
reconnoiffent eux-mêmes la futilité, lorfquils la
reffemblance de nom dont ils
ia mention de l'age dans un acte dont
retrouvent dans la veuve. Hudin. Ils abufent de
vie des hommes, d'une mention l'objet ne fut jamais de vérifier, de constater la durée de la
, qui tantôt fe trouve dans Ces fortes
trouve pas, d'une mention quin'est due qu'au caprice de celui à d'actes, & tantôt ne s'y
d'autre bafe, d'autre mefure des
qui il plait de la faire, qui n'a
mais ils n'ont ni
que rapports inexacts, ou une appréciation plus inexacte
preuves, ni adminicules de cette identité précieufe &
encore; ;
d'établir une filiation ;ils n'ont ni preuves, ni adminicules de
déterminante, Jorfquil s'agit
rien quiles) lie & les rapproche de Tindividu qu'ils
polrifion d'ctat, rien, abfolument
toute fa vie, aprèss'être, felon eux-mêmes, entièrement revendiquent, aprèslavoir abandonné pendant
cet individu, & de celui qu'ils choififfent
détachés pendant plus d'un fiècle, & de
parmi eux pour en faire fon père.
ont ni preuves, ni adminicules de
déterminante, Jorfquil s'agit
rien quiles) lie & les rapproche de Tindividu qu'ils
polrifion d'ctat, rien, abfolument
toute fa vie, aprèss'être, felon eux-mêmes, entièrement revendiquent, aprèslavoir abandonné pendant
cet individu, & de celui qu'ils choififfent
détachés pendant plus d'un fiècle, & de
parmi eux pour en faire fon père. Illeur a fallu plus de 20 ans pour compofer,
combiner
furprendre à la foibleffe de quelques vieillards des arranger, relations
ce plan merveilleux, pour
idées & la mémoire de leur ag?, pour leur faire
incohérentes & infidèles, comme les
ment, , quils avoient entendu dire ce étoit déclarer, fans le faire affurer même par un ferqu'on avoit pris foin de leur crier la veille, qui Ils ignoré de ceux par lefquels on le fait dire, ou ce
Caradaux avec la Dame Hudin
ont ett pleine connoiffance des débats de la famille
; ils avoient un repréfentant dans la
qu'ils fuffent terminés, mais ils n'ont pas ofé fa préfenter alors. Le Colonie, long-temps avant
core. L'acte de notoriété n'étoit encore ni fait, ni
complot n'étoit pas mûr enconçu. Combien la marche de li Dame Hudin a été différente ! C'est à
Sieur Aubry qu'elle fe préfente, Il ne lui falloit ni
Jinstant même de la mort du
réflexions, ni
pour difpoferlssysême d'une parenté qu'elle connoiffoit
préparatifs, ni combinaifons
preuves auffi certaincs. Ses foins, fes efforts fe
depuis fon enfance, dont elle avoit des
mant à la Rochelle, & à
bornent à en affurer T'existence par un
renouveler au Port-au-Prince cette précaution fage, Elle les livre enregistreenfit,
* N 4
( --- Page 108 ---
104 ! avecl la confiance qui nait de la vérité,àl la critique,à la cenfitre defes
pas onvertement & précifément lavérité, mais on manifèste des adverfaires.On: n'en conteste
La Dame Hudin va au-devant de ce qui peut & doit
doutes, on la met en probléme,
l'affurer, ou la détruire. Confondez
imposture, s'écrie-t-elle, par une vérification, par une comparaifon. Six pièces, de trois mon
différentes, offrent des moyens fi faciles d'en prouver la fabrication! Mais
mains
trop dangereufe à fes adverfaires, & on leur fait foutenir
l'aggreffion paroit
fans, parcequils étoient évidemment
que ces titres font douteux & infuffivrais: :ils devoient donc pioduire l'effet
leur a donné. Cet Arrêt n'est pas le fruit du concert & de la connivence. quel'Arrêt de 1767
ment le plus réfléchi, le plus
Il est le réfultat du jugefage, préparé par une contradiction bien
titres & des preuves inconrestables, Cet Arrêt est un
vive, déterminé par des
autre barrière infiurmontable les
nouveau titre pour la Dame Hudin, une
pour adverfaires. Il a toutel la force de la chofej
reconnue; il feroit, s'ilen avoit befoin, fortifié par la longue exécution jugte, d'une vérité
yeux des adverfaires & de leur aveu.
fage, préparé par une contradiction bien
titres & des preuves inconrestables, Cet Arrêt est un
vive, déterminé par des
autre barrière infiurmontable les
nouveau titre pour la Dame Hudin, une
pour adverfaires. Il a toutel la force de la chofej
reconnue; il feroit, s'ilen avoit befoin, fortifié par la longue exécution jugte, d'une vérité
yeux des adverfaires & de leur aveu. Ils l'ont connu en
ils
quilare reçue, fous les
adverfaires n'euffent
foutenir
1767, l'cnt attaqué en 1788. Les
pas pu
le parallele. avec la Dame Hudin, en 1767. Il est bien
désavantageux pour eux aujourd'hui. Chaque jour de leur filence a
une nouvelle plus
fàs droits. ajouté
valeur à
Ceux de la famille Caradeux & du Sieur de Gizeux ont le même
par les adverfaires jufqu'en 1786. Mais leur
avantage. Ils ont été refpectés
foule de
de
évidence, l'authenticité de leurs titres
la
preuves toute elpèce de kur parenté avec le Sieur Aubry, celles de la multipliés,
réciproque de Cette parenté, n'avoient pas befoin d'être confirmées
reconnoiffance
en ont fait. On a eu la témérité, l'imprudence de les
par le temps & Tulage quils
qu'ils n'existoient
contester avant de les connoitre, d'affirmer
pas; aura-t-on le courage de les nier encore en les
les liant? voyant, en les touchant, en
Si l'intérêt & l'ambition pouvoient aveugler à ce point le repréfentant des
devons-nous cfpérer que leur défenfsur fe rendra à l'évidence. II
adverfaires,aur moins
laiflé abufer pardes Mémoires inexacts, d'avoir
regrettera fans doute de s'être
tions injurieufès pour la famille
trop légèrement adopté & publié des
que mous défendons & pour fes auteurs. inculpaNous avons établi les droits des Sieurs & Dames Caradeux fur la ficceffion
Nous Jes avons jestifiés par des titres incontestables. du Sieur Aubry,
Nous avons prouvé que le Siear de Gizeux devoit y être admis
que la reconnoilfance defes droits par la famille Caradeex
concurremment avec eux, &
étoit tm acte de justice & de raifon. Nous avons démontré que ceux dei laDameHudin: n'auroient dà
ont di néceffairement triompher de la
&
pas être contestés, mais qu'ils
Arrêts qui les ont confacrés, font langue vive réfistance qu'on leur a oppofée; que les
remps réfister à leur
justes, & quil y auroir eu de la dér aifon à prétendre plus
exécution.
ment avec eux, &
étoit tm acte de justice & de raifon. Nous avons démontré que ceux dei laDameHudin: n'auroient dà
ont di néceffairement triompher de la
&
pas être contestés, mais qu'ils
Arrêts qui les ont confacrés, font langue vive réfistance qu'on leur a oppofée; que les
remps réfister à leur
justes, & quil y auroir eu de la dér aifon à prétendre plus
exécution. long-. Catte dernière vérité en fournir une autre i laquelle ile est impcffills de fe refufer:
c'est que la --- Page 109 ---
prétention des
[ 1os ]
adverfaires est ridicule &
eu deux familles
inadmifible, puifque le Sieur
paternelles en méme-temps, II
Aubry nepeut pas avoir
pouvoit donc pas être des Aubry de Tours ; aufli appartenoit n'ont-ils aux Aubry de la Rochelle; ; il ne
renté, del'identité du Martin Aubry qu'ils difent être aucune preuve de Jeur prétendue
Aubry. Nous avons écaité fans retour les
né dans leur famille, 2 avec le père du Sieur paqu'ils voudroient faire paffer
pièces informes & infuffantes, les
puifque le Sieur
pour les preuves qui laur manquent, &
inductions fauffes
Aubry leur est étranger.
qu'ils ne peuvent pas avoir,
Pourquoi T'intérêt dela famille
Pourquoi linexactitude fr les fairs Caradeux & fur les ne nous permet-il pas de terminer là notre difcuffion?
traints de nous élever avec force
dates méme de pièces
nous
contre des infidélités ou des erreurs authentiques a-t-elle conLesdroits des Sieur &l
cruelles par leurs effets?
fent voir d'un ceil indifférent la
à vouloir leur arracher leur fortune :
-
criminelles, ; on les a
on les a accufés de l'avoir ufurpée des
FA
des titres de la
préfentés comme coupables de
par voies illicites &
Dame Hudin. On s'est
de fubornation, comme complices de la fauffeté
leur aisule, lorfque le Sieur Chenantais parmis contester leur état, celui de leur mère, cclui
qu'il a arrangée à fon
lui-mme a placé la famille Caradeux dans
de
gré pour les Aubry de Tours. On a
la
avec
pandu une profifion affectée, Taizule
affirmé, dans un Écrit généalogie &
contr.aÉt des mariages
que
& la mère des Sieurs Caradeux imprimé réComment
litimenguique nilune ni l'autre
paroifent avoir
a-t-on pu fe permattre tous ces
ment la mémoire
naiflance.
soentnmethnpiuate
de ces deux auteurs d'une outrages?Comment: famille
a-t-on pu calomnier auffi
refpectables & justement confidérées? II faur
qui en forme aujourd'hui une foule gratuiteauffi offenfans, avant que de les
avoir la preuve, & la preuve fans
d'autres
paffion la plus blâmable
publier, & ils font tous controuvés.
réplique, de faits
les moyens réfervésà la défenfe
On a donc fait fervir à la
pardonnable. Les Sieur & Dames Caradeux
légitime & néceffaire, Cet abus est
gistrats de le réprimer.
en demandent justice, Il est de la
imfageffe des MaSigné, CARADEUX;
Fondé de
CARADEUX, veuve CHATEAUELOND; ;
Fondé procuration de la Dame Boiffonniere des
DossowweeeDesunt,
des pouvoirs des Sieur & Dame de
Morhais 5 TRUBLET DUGUEr,
Rocheblanche.
Monfeur POURCHERESSE DE
PERTIERES, Conf@ille-Rapparzar.
Me.
DUBUISSON, Avocat.
AL
Av Porr - AU - PRINCE, DE
L'IMPRIMERIE DE MOzARD, MARS
178g.
N
veuve CHATEAUELOND; ;
Fondé procuration de la Dame Boiffonniere des
DossowweeeDesunt,
des pouvoirs des Sieur & Dame de
Morhais 5 TRUBLET DUGUEr,
Rocheblanche.
Monfeur POURCHERESSE DE
PERTIERES, Conf@ille-Rapparzar.
Me.
DUBUISSON, Avocat.
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antimnec, anticipans 8 ahésans a
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eentenee CARADIVE, Du
ainé,
dhisge soyalDe
Tpelhuns
Du 29 Suille 1786
Samfan),
d2 clreur
&p amtiajpls 9 L5
dae
CARADEUX De las
Damec T.
Caje ;
DE
ATOIS O W,
ROCHE -
DE CHAIZAU BLANCIIE,
BLOND 8
intinck;
8 CONIRE
R
RAEEAN
efr GRAND: T OMME 8e
8plas Pewe HUDIN
Srems
Cex devoir plus qui important écrivent pour à remplir, inftruire les Tribunaux, n'ont pas en effet de
que de leur préfenter la vérité, Ils en - --- Page 114 --- --- Page 115 ---
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Aubry leur est étranger. qu'ils ne peuvent pas avoir,
Pourquoi T'intérêt dela famille
Pourquoi linexactitude fr les fairs Caradeux & fur les ne nous permet-il pas de terminer là notre difcuffion?
traints de nous élever avec force dates méme de pièces nous contre des infidélités ou des erreurs authentiques a-t-elle conLesdroits des Sieur &l
cruelles par leurs effets? fent voir d'un ceil indifférent la à vouloir leur arracher leur fortune : criminelles, ; on les a on les a accufés de l'avoir ufurpée des
FA des titres de la préfentés comme coupables de par voies illicites &
Dame Hudin. On s'est de fubornation, comme complices de la fauffeté leur aisule, lorfque le Sieur Chenantais parmis contester leur état, celui de leur mère, cclui
qu'il a arrangée à fon lui-mme a placé la famille Caradeux dans de gré pour les Aubry de Tours. On a la avec pandu une profifion affectée, Taizule affirmé, dans un Écrit généalogie & contr.aÉt des mariages que
& la mère des Sieurs Caradeux imprimé réComment litimenguique nilune ni l'autre paroifent avoir a-t-on pu fe permattre tous ces ment la mémoire naiflance. soentnmethnpiuate de ces deux auteurs d'une outrages?Comment: famille a-t-on pu calomnier auffi refpectables & justement confidérées? II faur qui en forme aujourd'hui une foule gratuiteauffi offenfans, avant que de les
avoir la preuve, & la preuve fans d'autres paffion la plus blâmable publier, & ils font tous controuvés. réplique, de faits les moyens réfervésà la défenfe
On a donc fait fervir à la pardonnable. Les Sieur & Dames Caradeux légitime & néceffaire, Cet abus est gistrats de le réprimer. en demandent justice, Il est de la imfageffe des MaSigné, CARADEUX;
Fondé de
CARADEUX, veuve CHATEAUELOND; ;
Fondé procuration de la Dame Boiffonniere des
DossowweDesunt, des pouvoirs des Sieur & Dame de
Morhais 5 TRUBLET DUGUEr,
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