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URENTRRE
M E M OI IR E
D E
M. DE BLANCHELANDE,
SUR son Administration à Saint-Domingue.
Lanarvir des commissaires civils nommés par sa majesté
à la réquisition de l'assemblée nationale, pour pacifier la colonie
de Saint-Domingue, rend indispensable T'exposé de ma conduite
depuis le jour où j'ai pris les rênes du gouvernement de cette ile.
Un motif de bien public s'accorde en cela parfaitement avec un
sentiment qui m'est personnel. Il est sans doute nécessaire
état et
sa
doité être étrangerà tous
3ec
celui qui, le choc par des intérêts position, tient en convulsion un pays qui
umie
partis,
l'ombre de la plus parfaite tranquillité.
ne peut prospérer commnissaires qu'à le tableau exact de ce qui is'est passé;
présente c'est diminuer aux la tâche qu'entreprend leur patriotisme, que de
la réduire à une simple vérification de faits; mais si cet objet
d'utilité publique m'a frappé, mon coeur n'a pu ques s'applaudir
d'y trouver le moyen de rapprocher les différentes parties de ma
A
en convulsion un pays qui
umie
partis,
l'ombre de la plus parfaite tranquillité.
ne peut prospérer commnissaires qu'à le tableau exact de ce qui is'est passé;
présente c'est diminuer aux la tâche qu'entreprend leur patriotisme, que de
la réduire à une simple vérification de faits; mais si cet objet
d'utilité publique m'a frappé, mon coeur n'a pu ques s'applaudir
d'y trouver le moyen de rapprocher les différentes parties de ma
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RPNCE
(2)
conduite,
la calomnie ne cesse d'isoler, pour lexposer avec
moins de 2 moyens que de défensc à ses traits envenimés.
Immuable dans les principes qui ont dirigé ma conduite
publique à Saint-Domingue, fort d'une conscience qui ne s'est
pas surprise un instant en défaut, F'abandonnerai mon apologic
aux faits eux-mêmes dont je vais faire l'exposé succint. les rênes du
Ce futle8 du mois de novembre 1790 que je pris lientenant
gouvernement de Saint-Domingue, en qualité de
audit gouvernement. Avant d'entrer dans le détail de
général
il est nécessaire
je rappelle les chanmon administration, s'étoient opérés dans cettc que ile depuis les premiers
gements
mois de enuler 1789.
le desir
Les états - généraux se formoient en France, quand de la
d'y être représenté, stimula quelques grands propriétaires
colonie. Il y eut des mouvements secrets dans les trois provinces,
mnais plus particulièrement dans le Nord; le but de ces mouvemnents étoit d'obtenir, pour la colonie, une doute représentation devoir fermer aux
états-généraux. Le gouvernement crut sans
les yeux sur ces mouvements; ils furent approuvés manifestoit en France le
par l'accueil fait au desir de représentation que
grand nombre des colons qui avoient signé la pétition présentée
aux états-généraux : cette approbation donna naissance aux
comités. Ces
de nouvelle formation s'immiscèrent d'abord dans
la police corps des grandes villes, et étendirent, bientôt après, leurs
fonctions dans les deux provinces du Nord et du Sud.
lui
L'assemblée coloniale se formna, abusa de la faculté qui
étoit accordée par Passemblée nationale, et fut dissoute, ainsi la
que le comité de l'Ouest. Le décret du 12 octobre appronva de tout
conduite de M. de Peinier, et des troupes et militaires
grades qui avoient servi fidèlement sous ses ordres, notamment
MM. de Vincent, de Mauduit, celle de Passemblée provinciale
du Nord et des volontaires du Port-an-Prince.
portoient
Ces derniers, formant corps de troupes patriotiques,
àleurs chapeaux, au-dessus de la cocarde nationale, une houppe
ou pompon blanc pour signe distinctif, Ia majeure partic régulières n'ayant
voulu prendre d'uniforme; ils tenoient des séances
pas délibérer sur Padministration intéricure de leur corps.
pour
, notamment
MM. de Vincent, de Mauduit, celle de Passemblée provinciale
du Nord et des volontaires du Port-an-Prince.
portoient
Ces derniers, formant corps de troupes patriotiques,
àleurs chapeaux, au-dessus de la cocarde nationale, une houppe
ou pompon blanc pour signe distinctif, Ia majeure partic régulières n'ayant
voulu prendre d'uniforme; ils tenoient des séances
pas délibérer sur Padministration intéricure de leur corps.
pour --- Page 7 ---
(3)
L'assemblée provinciale du Nord étoit en possession de nommer, an concours, à tontes les places de judicature, de maréchaussée ct de police, vacantes dansla province; elle avoit aussi
l'administration de la caisse municipale, et disposoit des fonds
qu'clle contenoit.
L'cxistence et la dissolution del'assemblée coloniale, àla suitc
de la malheureuse affaire du 29 au 30 juillet, avoient semé la
discorde dans toute la colonie, en développant ses haines particulières et Panimosité la plus active contre le gouvernement.
L'autorité de CC dernier, maintenne dans POuest parla force publique placée anl Port-at-Prince; tint cette province dans une
espèce de tranquillité dont le Sud ne put jouir; l'assemblée provinciale du Nord préserva cettc partie de la subversion dont
clle avoit été inenacéc.
Sur ces entrefaites parut ici le nommé Oge, q. 1.;, il excita
une révolte de gens de Sal caste ; ils débutèrent par des assassinats; une armée se mnit cn marche pour les ramener sous l'obéissance des lois.
Tel étoit Pétat des chcscs quand je pris les rènes du gouvernement de Saint-Domingue.
Résolu de suivre à 'la lettre les décrets nationaux portés pour
cette colonic, de meconformer à Pesprit de l'assemblée nationale,
dans toutes les occasions qui ne seroient pas prévues par ses décrets, de travailler sans relàche à la réunion des esprits, de faire
tous les sacrifices personnels pour parvenir à ce but, jen m'armai
d'une impartialité qui ne m'a jamais abandonné. J'oubliai tout
L
ce qui s'étoit passé avant moi dans la colonie. Je fis un accueil
égal à tous les citoyens, que des intérêts de parti conduisoient
auprès de moi; je tâchai deramener par le raisonnement et par
la puissance de Pintérêt public, ceux qui me sembloient tenir
aux principes del'assen:blée de Saint-Marc, réprouvés par l'assemblée nationale; je leur annonçai que je ne reconnoissois
d'autre loi que sCS décrets. Je conseillai la modération à ceux
qui n'avoient point à SC reprocher les mêmes écarts, mais dont
la gloire d'être restés fidèles aux principes de l'assemblée nationale, pouvoit exalter lcs têtes.
- Je Asentouteoceasion abstraction des personnes; et, marchant
sans déviation SOuS lc drapcau national, j'évitai le danger pour
A 2
ale; je leur annonçai que je ne reconnoissois
d'autre loi que sCS décrets. Je conseillai la modération à ceux
qui n'avoient point à SC reprocher les mêmes écarts, mais dont
la gloire d'être restés fidèles aux principes de l'assemblée nationale, pouvoit exalter lcs têtes.
- Je Asentouteoceasion abstraction des personnes; et, marchant
sans déviation SOuS lc drapcau national, j'évitai le danger pour
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(4)
la chose publique, d'en voirle chefjouer lerôle d'un homme de
parti. Il arriva delà, que les deux partis en opposition élevèrent
ieurs voix contre moi, parce que Pun et lautre auroit voulu que
le représentant du roi prit exclusivement ses couleurs. On peut
voir la preuve de ce que je viens d'avancer dans l'adressedes Volontaires du Port-au-Prince, en date du ier décembre 1790; par
laquelle ils me témoignèrent des inquiétudes sur Faccucil. que
j'avois fait à des personnes d'opinions contraires aux leurs. Ma
réponse parut les tranquilliser; ces deux pièces sont comprises
sous les No 1 et 2, pages 1, 2, 3 et4. mulâtres de la Plaine
Des mouvements eurent lieu parmi les
de P'Artibonite, des Verrettes et de la Petite-Rivière. J'y envoyai
sans délai des troupes, dont je confiai le commandement à M. de
Mauduit; il venoit de remplir cette mission avec succès, quand
la nouvelle allarmante de la révolte des gens de couleur
je de reçus la province du Sud. Vingt-quatre heures suffirent pour expédier un détachement à Jérémic, et l'ordre à M. de Mauduit de
de s'y rendre de son côté avec sa troupe, d'y faire les dispositions nécessaires pour la sureté de cette partie, et d'aller porter
les
s'étoient aussi cantonnés,
des secours aux Cayes, où mulâtres
faite
d'une manière tellement
qu'une attaque
par
les habitants, avant d'avoir erenEsa réclamé moi la force publique,
leur avoit coûté beaucoup de monde.
Je donnai à M. de Mauduit, dans le cours de ma correspondance avec lui, les instructions suivantes
le guider dans
nouvelle mission dont le chargeai. Je trouve dans mes
Resrt
la
je en date des
25 novembre, 2 et
lettres à ce chef de corps,
21,
5 décembre 1790.
Du 21 novembre.
cher
est des plus déli-
< Votre mission, mon
commandant,
d'éviter
cates, ,jele sens. Je vous recommande, sur toutes choses,
mettre tout en
l'efinsion du sang. . .
- Je vous engageà
faire des
usage pour ne pas en venir aux mains; c'est le cas de
sacrifices dans tous les
5 tout amour propre doit céder;
l'on est citoyen avant
militaire.
Aen
Jesuis bien persuadé, mon cher commandant, que vous pensez
comme moi, et c'est dans cette confiance que je ne vous donne
,
d'éviter
cates, ,jele sens. Je vous recommande, sur toutes choses,
mettre tout en
l'efinsion du sang. . .
- Je vous engageà
faire des
usage pour ne pas en venir aux mains; c'est le cas de
sacrifices dans tous les
5 tout amour propre doit céder;
l'on est citoyen avant
militaire.
Aen
Jesuis bien persuadé, mon cher commandant, que vous pensez
comme moi, et c'est dans cette confiance que je ne vous donne --- Page 9 ---
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point d'instructions, m'en
entièrement à votre prudence
sentir que votre mption doit être plutôt celui d'un ampour
bassadeur que d'un chef d'arméc. .
Ma proclamation a fait merveille;j'en reçois des compliments
de par-tout, même des paroisses. - . . Je suis aussi dans cette
ville vu de bon oeil des deux partis; tout y est fort tranquille.
J'ai refusé le secours des volontaires pour gardes et patrouilles,
et cela sans leur déplaire. Tous les postes sont fort diminués,
Tout va bien ; en ayant Pair de
et le soldat pas trop fatigué.
ne me méfier de personne, cela ne nous empêche pas, Couret Moi, d'avoir Poeil et l'oreille au guet. Si les volontaires
eussent noyer fait un service, cela auroit, je crois, occasionné de la
jalousie et peut-être du mouvement; c'est ce que j'ai voulu
éyiter. Les citoyens du parti de l'assemblée coloniale m'ont
demandé de permettre que plusieurs personnes qui ne s'étoient
absentées que parce qu'elles avoient de vous une peur du diable,
reviennent dans leur demeure; j'y ai consenti après avoir pris,
sur leur compte, des renseignements du procureur-général, en
y. mettant la condition, qu'elles se conduiroient avec sagesse et
circonspection; elles sont rentrées, et tout va bien. - . >>
Du 25 novembre.
< Je me persuade, mon cher commandant, que cette lettre
vous trouvera arrivé aux Cayes, et que vous aurez déjà mis les
fers au feu pour la pacification des troubles. Je prie MM. de
PAssemblée provinciale du Sud, de vous donner communication
de la requête que j'ai reçue des révoltés de la Ravine Sèche, ct
leur ai adressée ; je n'aipas le temps de vous en faire faire
que je
Je n'ai
à propos de leur faire réponse ; je
une copie.
pas jugé
leurs
les armes
n'en dois point à ceux qui exposent
prétentions
à la main. Je vous invite à communiquer avec Passemblée
des mesures
vous
le
t
vinciale, au sujet
que
prendrez pour
blissement de Pordre. . >)
Du 2 décembre.
< Dans le cas, mon cher commandant, où les mulâtres armés
feroient quelque résistance, je m'en rapporte bien à voslumières
'ai
à propos de leur faire réponse ; je
une copie.
pas jugé
leurs
les armes
n'en dois point à ceux qui exposent
prétentions
à la main. Je vous invite à communiquer avec Passemblée
des mesures
vous
le
t
vinciale, au sujet
que
prendrez pour
blissement de Pordre. . >)
Du 2 décembre.
< Dans le cas, mon cher commandant, où les mulâtres armés
feroient quelque résistance, je m'en rapporte bien à voslumières --- Page 10 ---
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pour les réduire, plus cn manceuvrant qu'en
savez comme mnoi que c'est la vraie science du combattant; militaire. Dans vous
le cas oùt vous feriez des prisonniers, je pense comne
la loi seule peut lesjuger; alors il faudroit qu'ils. le vous, que
première instance, dans la sénéchaussée des
fussent, en
se faire, m'assure-t-on ici, en 36
Cayes ; ce qui peut
heures; vous
ce cas là les juges, et vous vous chargeriez de ramencr presseriez les dans
pables, pour être jugés définitivement par le conseil;
couvous en conséquence; ces formalités sont absolument arrangezà ce que tout le monde ine dit, : .
nécessaires,
Quand il arriveroit même que les mulâtres armés seroient
rentrés cliez eux à l'arrivée de ma lettre, vous ferez venir le
procureur du roi; vous vous ferez donner le noin de ceux
croira les instigateurs de la révolte, ct que le procureur du qu'on roi
insérera dans un réquisitoire au juge des lieux, afin
vous enjoindrez à ces désignés coupables, et aux témoins d'informer;
vous seront indiqués, de se rendre auprès de
vous qui
arrêter les premiers; vous engagerez les autres blancs vous; et mnulâtres ferez
à rester pour être entendus; oh commencera et on continuera
sans aucun retard la procédure ; vous engagerez, de ma
la sénéchaussée à s'en occuper sans interruption ; et vous part, ne
pourrez revenir ici qu'avec la procédure et les coupables, pour
qu'ils y soient jugés en dernier ressort.
Du 5 décembre.
< Il seroit peut être dans mon genre d'appronver lc
pardon général que vous avez proposé. et qui a été accordé, mais
ilya des considérations majeures quipourroient déterminer, sinon
une) marche contraire, du moins unemodification decellequiparoit
adoptée par la province ; sa sureté y seroit peut être également
intéressée; je ne vous cacherai pas même qu'il m'est revenu qu'il
y avoit dans la classe même des gens pensans du Sud, : diversité
d'opinions sur le pardon général. Tont en desirant donc
n'arrive malheur à personne, je vous recommande, avecla qu'il
grande instance, de bien méditer ce que je vous ai écrit par plus le
dernier courrier, et de vouS mettre si parfaitement en
quelque soit le parti qu'on prendra, que je sois entièrement Atra
: e
; je ne vous cacherai pas même qu'il m'est revenu qu'il
y avoit dans la classe même des gens pensans du Sud, : diversité
d'opinions sur le pardon général. Tont en desirant donc
n'arrive malheur à personne, je vous recommande, avecla qu'il
grande instance, de bien méditer ce que je vous ai écrit par plus le
dernier courrier, et de vouS mettre si parfaitement en
quelque soit le parti qu'on prendra, que je sois entièrement Atra
: e --- Page 11 ---
(7)
Pabri de tout reproche, et que la tranquillité publique ne soit
pas exposée à la môme secousse, ce qui vous intéresse autant
que moi; je crois même que dans tous VOS discours relatifs aux
mulâtres, vous devez vous attacher à accorder les inspirations
de Plrumanité avec les ménagements qu'on doit à la politique
des lieux. . . - >>
J'engage MM. les Commissaires à joter un coup-d'ail sur ma
correspondance avec ce chef de corps 9 durant son expédition
des Cayes.
M. de Cambefort, dont le zèle, la prudence, et une activité
rare, ont été d'un grand secours à la ville du Cap pendant les
temps d'agitations, ayant remplacé M. de Vincent, ancien militaire, aussi recommandable en cette qualité que bon administrateur, qu'une incommodité força d'ahandonnerle commandemnent de la petite armée contre Ogé; M. de Cambefort, dis-je,
dissipa anNord Parmée d'Ogé; ce clef de rebelles fut pris, ainsi
nombre des siens., et les Espagnols les ayant rendus, ils
Rirodt livrés aux tribunaux de justice.
M. de Mauduit appaisa Ia révolte du Snd, et revint au Portau-Prince sans qu'il en eutcoûté un seul lomme aux deux armées.
Les inal-intentionnés, ceux qui ne cherchent les faveurs de
la fortune que dans le trouble et l'anarchie, avoient répandu à
mon arrivée ici, que j'étois un Philantrope, et conséqueinment
un zélé protecteur des prétentions absurdes des mulâtres. Une
réponse que je leur fis, A Pappui de ma proclamation du 12 novembre, 7 et que je joins ici sous les Nos 3 et 4, pages 6 et 7,
contremina un peu le projet de ces mal-intentionnés de rendre
odieux le représentant du roi.
Depuis Pembanchement du détachement de troupes de ligne
ci-devant aux Cayes, cette ville avoit été privée de garnison ;
sur la demande des citoyens, j'ordonnai à M. de Mauduit d'y
CI laisser une.
Le Conseil-supérieur du Port-an-Prince évoqua à lui lejugement des mulâtres préjugés chefs de la révolte; mon opinion
étoit contraire à cettc marche; je l'avois mandé à M. de Mauduit; un arrèt du Conseil cn décida autrement.
Le Petit-Goave ctJacmel avoient donné à la colonie l'exemple
du mépris des lois, des outrages les plus révoltants contre leurs
M. de Mauduit d'y
CI laisser une.
Le Conseil-supérieur du Port-an-Prince évoqua à lui lejugement des mulâtres préjugés chefs de la révolte; mon opinion
étoit contraire à cettc marche; je l'avois mandé à M. de Mauduit; un arrèt du Conseil cn décida autrement.
Le Petit-Goave ctJacmel avoient donné à la colonie l'exemple
du mépris des lois, des outrages les plus révoltants contre leurs --- Page 12 ---
(8)
interprètes, et P'anarchie la plus complète
tiers. Le Conseil-supérieur avoit suivi la régnoit dans ces
quoit la loi dans les différentes
marche que lui mar
suivies de meurtres, et ses arrêts avoient circonstances été qui avoient été
tion impossible par l'impuissance de la force jusques-là d'exécuGoave sur-tout, on avoit vu un sexagénaire publique. Au Petitpour un crime suppossé ; on avoit vu froidement assassiné
point de faire feu sur un brick du roi (la pousser la frénésie au
Pécrivain de ce brick victime de cette trahison. Levrette) ct de rendre
Le Conscil-supérimur me demanda les
cution des décrets de prise de
moyens de mettre à exéGoave;
corps contre les crimincls du
j'y envoyai un détachement de
Petitfit faite avec assez de secret et de
troupes, et cette opération
que les coupables furent arrêtés précision, et unc telle célérité ?
de sang. Je place sous les Nos 5 et sans 6, qu'il en ait coûté une goutte
tion du procurcur-général,
pages 9, 1O et 1 1, la réquisid'après laquelle
pédition, et la proclamation que je fis
j'ordonnai cette exà cette époque. Les coupables furent conduits répandre au Petit-Goave
pour y, être jugés d'après les lois.
au Port-au-Prince
M. de Mauduit y arriva en même
avec son
ment des Cayes, et je profitai de la crainte temps salutaire détacheimprimé Pexpédition du Petit-Goave aux
du qu'avoit
public à Jacmel, pour y rétablir l'ordre perturbateurs sans
repos
troupes. Jc fis une proclamation quejejoins sous le y envoyer des
Le décret du 12 octobre nous étoit
Ne7,page 12.
cielle étoitjugée prochaine; une nouvelle parvenu; son arrivée offidevoit en être la suite. Je voulus connoître assemblée coloniale
habitants de la colonie, et m'en faire connoitre particulièrement les
j'entrepris en conséquence le voyage du Nord. personnellement; En
la partic de la province de l'Oucst qui
parcourant
Croiz-edes-Bouquets, P'Arcahaye,
Pavoisine, je visitai la
Petite-Rivière, P'Artibonite ct les Saint-Marc, les Verettes, la
parmi les nombreux habitants de Gonaives; ces riches je crus appercevoir
dela paix et de l'union. L'attente du décret étoit quartiers, le desir
qu'il contrariât les vues des partisans de l'assemblée générale, de quoiMarc. Tout le monde sembloit rallié par le voeu dominant Saintvoir tarir la source de toutes divisions.
de
Jc passai par les quartiers de Plaisance, du
de
et de la Plaine du Nord, pour anc rendre au Cap. Limbé, PAcul
habitants de Gonaives; ces riches je crus appercevoir
dela paix et de l'union. L'attente du décret étoit quartiers, le desir
qu'il contrariât les vues des partisans de l'assemblée générale, de quoiMarc. Tout le monde sembloit rallié par le voeu dominant Saintvoir tarir la source de toutes divisions.
de
Jc passai par les quartiers de Plaisance, du
de
et de la Plaine du Nord, pour anc rendre au Cap. Limbé, PAcul --- Page 13 ---
(9)
Lassemblée nationale avoit accordé des témoiguages de satisfaction à P'assemblée provinciale du Nord ; je Crits convenable
de concerter avec clle les moyens les plus sûrs de rapprocher
les esprits dans lcs paroisses du Nord, que la diversité d'opinions
tenoit en partie éloignés de Passemblée provinciale, scuf centre
d'unitéde la province. Je n'apperçus quel les
y étoient
représenties par la faute
paroisses ;
ENFET
dispropontioenncllenent
dans la
et ce fut autant pour établir cet équilibre, si nécessaire
représentation de toute société
que pour condescendre
au voeu de Passemblée provinciale que publiai ma proclamaRETM
tion souS la cote No 8, page 13.
les
Elle produisit un cffet avantageux; ma présence dans quar- du
tiers de la Petite-Anse, de Limonade, du Quartier-Morin,
Torrier-Ronge, du Trou, de Maribaroux, dOuanaminthe, ne
nuisit pas au succès de cctte démarche.
Je visitai le Port-de-Paix et le Petit Saint-Louis, en me rendant au Môle, où j'appaisai le différent qui existoit entre les
citoyens de cette paroisse. Une course à Bombarde y cut encore
un meilleur résuliat; je trouvai par-tout beaucoup de citoyens
égarés par les intrigues et les menées sourdes de quelques pronoteurs du désordre. Un des principaux perturbateurs decequar
ticr, et contre lequel il y avoit un procès criminel intenté, fut
arrêté et mis en prison par Pordre que j'en donnai, d'après les
pressantes sollicitations de la plupart-des citoyens du Mole,
ta détenu fut mis aussitôt à la requête du procureur du roi;
mais le cours de la justice ayant de nouveau été interrompu par
l'événement funeste du 4 mars, il a été reiaché à cette époqite.
Je pris sur-tout à tâche d'éclairer la peuplade allemande de
Bombarde, digne par ses mocurs de fixer Pattention d'un administrateur, ct j'appayai à cct cffct une proclamation en langue
allemande, de la promesse de faire faire à ces malheurcuses familles la distribution d'une portion de terre que s'étoit réservé
le roi, et qui étoit inutile à son service, quand elie pouvoit yé
pandre Paisance parmi une foule d'indigents. Ceprojet, couçu par
M.du Chillean, n'avoit point étéimprouvé parlerol,jel Paid depuis
exécuté.
Ce fut au Mole que je reçus les paquets du ministre, en date
du 3 novembre, contenant le décret du 12 octobre, sanctionné
B
portion de terre que s'étoit réservé
le roi, et qui étoit inutile à son service, quand elie pouvoit yé
pandre Paisance parmi une foule d'indigents. Ceprojet, couçu par
M.du Chillean, n'avoit point étéimprouvé parlerol,jel Paid depuis
exécuté.
Ce fut au Mole que je reçus les paquets du ministre, en date
du 3 novembre, contenant le décret du 12 octobre, sanctionné
B --- Page 14 ---
(10)
par le roi. La lettre du ministre, sous la cotc
mn'enjoignant la prompte exécution de ce décret; il me 9, parvint page 14, le
10 février, et le 11 ma proclamation fut envoyée à
avec unelettre: analogue; elles sont cotées 10 et 11, page Pimpression 15.
Après avoir visité les fortifications du Môle, et en avoir fait
changer la garnison, en Sadraumakdard-ts
du Port-au-Prince, à la demande de M. de Mauduit, régiment le
service des deux régiments de la colonie fut à
pour que
rendis au Port-à-Pinent, aux Eaux de Boynes, peu où près
je me
corps de
en
je
deux
EL
police oppositions, et repassant
les Gonaîves et
autres quartiers que J'avois déjà parcourns, je par rentrai au Portau-Prince le 20 février, dans le dessein d'en repartir
ment pour continuer, dans la partie du Sud, le rôle incessam- de conciliateur, qui m'avoit assez bien réussi jusques-là dans les deux
autres.
M. de Mauduit m'instruisit à mon arrivée de l'état ficheux
qu'avoit produit, parmi les hommes de son régiment, un faux
décrct du 17 décembre, qui, détruisantles dispositions de celuidu
12 octobre, blâmoitla conduite du régimentet de son colonel, &c.
Il me demanda la permission d'en faire Ia dénonciation au
procureur-général; , j'y consentis comme au meilleur moyen de détromper les soldats abusés.
Cependant la voix publique, 2 sans autre avis, m'apprit
la
station devoit être sortie de France avec le régiment de que
J'écrivis la lettre cotée 12, page 18, au commandant des Bassigny. forces
de mer, en même temps que je stimulois par tous lcs moyens
possibles, la prochaine tenue de l'assemblée coloniale.
Mon adresse aux habitants de la colonie, 2 sous le No 13,
page 21, apprendra à MM. les Commissaires 2. par
fatalité M. de Village vint mouiller au Port-au-Prince, contre quelle
ces dispositions, le 2 mars dernier, & tout ce qui a suivi ce
fatal événement.
On en a diversement raconté les particularités; chaque version a pris la teinte de l'intérêt, ou de la passion de celui qui
la faisoit, mais le rapprochement froid & impartial de tous CCS
récits divers, m'a mis en mesure d'attester que celui contenu
dans mon adresse aux habitants, est rigourcusement cxact, aul
. de Village vint mouiller au Port-au-Prince, contre quelle
ces dispositions, le 2 mars dernier, & tout ce qui a suivi ce
fatal événement.
On en a diversement raconté les particularités; chaque version a pris la teinte de l'intérêt, ou de la passion de celui qui
la faisoit, mais le rapprochement froid & impartial de tous CCS
récits divers, m'a mis en mesure d'attester que celui contenu
dans mon adresse aux habitants, est rigourcusement cxact, aul --- Page 15 ---
(11)
fait près du décretnational foulé aux pieds, matérielleanent parfait
j'aid'ailleurs eu soin de rétracter depuis dans mon
lant;
que
de Normandie & PArtois. Au surplus,
adresse aux bataillons desirent de connoitre toutes les partisi MM. les Commnissaires
ils
les trouver
cularités de cette affreuse catastrophe, officiers pourront du régiment du
dans le mnémoire imprimé de été plasieurs lcs témoins oculaires, sous la
Port-an-Prinee, qui cn ont
cotc No 14, pagea6.
de tout ce
a trait à la chatne des
Pour ne rien omettre
ici qui dans la matinée du 3
événements, je dois rapporter des anciens que
membres du comité
mars, je reçus une députation
la municipalité
de POuest, qui forment en partie aujourdhui
les
du Port-au-Prinee, à leffet de m'engager à laisser débarquer
bataillons arrivés avec la station. Sur les craintes que je leur
témoignai que CCS bataillons ne causassent quelque désordre dansde lout surnos
me dirent
--
la ville. Nous vOuS répondons
leles,
ces Messieurs, chacun de TOILS et des bons citoyens se clargera
siir qu'il r'arrivera rien. Ils me
dessoldats qu'illogera, soyes
degrandes protesfirent en leur nom et en celui des citoyens, de
à la natations d'amour pour la paix ct Pordre, et fidélité
tion, à la loi et au roi; ils me prierent aussi de faire quitter
le pompon blanc aux volontaires. J'y cousentis, à condition que
le parti opposé n'en arboreroit également ancu, ct je défendis
sur le champ, par unc proclamation, 7 toute espèce de pompon.
à être intrnit
les volontaires, dont une déJe ne tardai pas
que les
des vaisseaux, et
putation avoit été mal reçue par obéissant éqnipages aux cris redoublés de
n'avoit été adinise à bord qu'en
arrêtés entr'eux de quitter
bas le pompon blane, avoient déjà
étonnement
des
ce poinpon. On ne verra pent-être pas sans
tant d'animosité que
gens arrivés d'Europe de la veille, eussent déjà
contre des citoyens qu'ils n'avoient jamais connus. infernale du faux
J'ignore à qui doit être attribué la trame
décret qui a causé tant de maux 5 mais tont annonce qu'elle a
été concertée entre les mécontents du Port-au-Prince et des correspondants en France. En effet, la joie queles premiers mnanifostèrent hautement par des illuminations, et toutes les démonstrations les moins équivoques à Parrivéc de la station, le retour
successif de tous ccux de leur parti qui s'étoient tenus pendant
B 2
us. infernale du faux
J'ignore à qui doit être attribué la trame
décret qui a causé tant de maux 5 mais tont annonce qu'elle a
été concertée entre les mécontents du Port-au-Prince et des correspondants en France. En effet, la joie queles premiers mnanifostèrent hautement par des illuminations, et toutes les démonstrations les moins équivoques à Parrivéc de la station, le retour
successif de tous ccux de leur parti qui s'étoient tenus pendant
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(12)
long-temps éloignés de Ia ville, et les manceuvres de toute
mises en jeu quelque temps avant cette arrivée
espèce
lerégiment du Port-au-Prince; les refus obstinés des pour soldats corrompre
de France de se rendre au Môle suivant mes
et venus leurs
propos séditieux même avant d'avoir communiqué ordres, à
enfin
un passage du Moniteur colonial (feuille
terre,
j'ai mis souS la cotte 15, page 36, qui prédit imprimée évideuiment au Cap)
suites du faux
3es
décret, et dont Pautear prouve en toute OCcasion qu'il est vendu au parti de l'assemblée de
sont des circonstances frappantes, et dont le rapprochement Saint-Marc, offre
une masse dc présomptions presque équivalente à la certitude.
Mais sans vouloir préjuger des intentions, ce qu'il y a de bien
constaté, c'est qu'on n'a cessé depuis trois mois de répandre des
bruits sur un changement d'opinion dc la part de l'assemblée
nationale en faveur de la ci-devante assemblée de
bien propres à affermir lcs sectateurs de son parti, et Saint-Marc, à lui
de nouveaux prosélytes, et que ces bruits ont été accrédités faire
un des 85, mêmc à son arrivée de France vers la fin du mois par
d'avril.
Un autrede ces Messieurs, débarqué au Port-au-Prince un mois
tion. après, a répandu ces mêmes bruits avec encore plus d'affectaVoyez l'extrait du Moniteur colonial du 12
sous la
cotte No 16, page 39.
juin,
Jc m'abstiendrai de sonder plus profondément l'abyme d'ini-.
quités d'ou a jailli l'assassinat de M. de Mauduit, et la subversion de tout ordre, dans un moment où la convocation d'une
nouvelle assemblée coloniale, sembloit devoir affermir mnes CSpérances et lc succès de mcs efforts pour la réunion des partis
qui divisoient la colonie à mon arrivéc. Il me suffit d'avoir
le tribut de vérité et de franchise que je devois à la nation etau payé
roi, en mettant les faits sous les yeux de MM. les
et en leur indiquant les fils les plus apparents Commissaires, de ce tissu de
scélératesse. Instruits sans doute des divers mouvemnents relatifs
aux troubles de Saint-Domingne qui ont pu avoir lieu, et être
reinarqués dans la métropole, ils scront à même de
les événements et les époques, afin d'asscoir leur
comparer
tâche est remplie à cet égard, et je me hâte de jugement. détourner Ma les
yeux de ccs scènes d'horreur.
apparents Commissaires, de ce tissu de
scélératesse. Instruits sans doute des divers mouvemnents relatifs
aux troubles de Saint-Domingne qui ont pu avoir lieu, et être
reinarqués dans la métropole, ils scront à même de
les événements et les époques, afin d'asscoir leur
comparer
tâche est remplie à cet égard, et je me hâte de jugement. détourner Ma les
yeux de ccs scènes d'horreur. --- Page 17 ---
(13) )
Tandis
du Port-au-Prince pour me rendre
que je m'éloignois commandant de la partie de l'Ouest,
au Cap,M. de Coustard,
recommandable
cct offiicier général,
par
ce vieillard respectable,
fut aussi
ses longs services 2 ses vertus et son mérite personnel,
forcé de s'en retirer précipitamment, ct il n'a pu depuis trouver
à rentrer en sureté. M. PIntendant et les officiers d'adjour y
dans le moment de la catasministration ne s'absentèrent que tous les bureaux et la crainte
trophe; la difficultéde transporter démarcle
ne leur
d'angmenter les troubles par une
apparente, direcpernit pas de venir mne joindre. M. de la Merveillere,
teur-général des fortificatious, dont la sagesse & les lumières
m'ont toujours été d'un grand secours, étant parcillement rentré
Port-au-Prince
jours après le funeste événement,
au
quelques à Fordre
lui adressai de venir
ne tarda pas à se rendre
que je
me Rendu trouver dans au Cap. cette ville, le 11 du mois de mars, je trouvai
dansPassemblée provinciale du Nord, les dispositions que devoit
attendre le représentant du roi, d'un corps qui a été honoré de
Papprobation nationalc; je sentis la nécessité de prouver au
seul moyen qui fût dorénavant en mon pouvoir,
peuple le 7 gouvernement parle
qui ne doit exister que comme Pinstrument
que
&
ne cessoit de lui représenter comme
de son bonheur, qu'on
d'autre mission
tramant son asservissement &c sa ruine, n'avoit
de la part de la nation &c du roi, que celle d'opérer sa félicité.
Jc communiquai en conséquence à des commissaires que je
demandai à lassembléc provinciale, toutes les mesures que je
devoir prendre pour ramener l'ordre & la paix dans la
croyois colonie; & d'abord j'expédiai, à M. de Béhague, une corvette
Pinstruire de tout ce qui s'y passoit, ignorant qu'elles
pour étoient lcs bornes que sa majesté avoit donné à sa mission, &c
dans tous les cas, cet officier géuéral ne
ne doutant point que
rétablir Ia
concourût de tout son pouvoir à y
tranquillité.
En attendant la réponse de M. de Béhague, je n'apperçus
d'autre moyen d'éviter des maux extrêmes 9 que de reconnoitre
la municipalité du Port-au-Prince 2 toute inconstitutionnelle
qu'elle étoit, & d'engager les différentes paroisses de la colonic
à organiser des corps de police qui pussent lcs préserver des
dangers dont ellcs me paroissoient menacés.
tablir Ia
concourût de tout son pouvoir à y
tranquillité.
En attendant la réponse de M. de Béhague, je n'apperçus
d'autre moyen d'éviter des maux extrêmes 9 que de reconnoitre
la municipalité du Port-au-Prince 2 toute inconstitutionnelle
qu'elle étoit, & d'engager les différentes paroisses de la colonic
à organiser des corps de police qui pussent lcs préserver des
dangers dont ellcs me paroissoient menacés. --- Page 18 ---
(14)
Je publiai cn conséquence une adresse
No 17, page 42 7 je correspondis avec ces anx différents citoyens, $ cotéc
municipalités; celle du Port-au-Prince
corps on
mon retour dans cette ville. La lettre
demandoit instamment
maire le 16 mars, afin de P'engager à faire, particulière de que j'écrivis au
nicipalité auprès des citoyens & soldats
concert avecla munécessaires pour faciliter cC retour ne abusés, les démarches
lieu d'entrer dans mes vues, au lien d'adopter produisit lcs aucun cffet. Au
proposais, la municipalité me fit une
mesures que je
&pleine de fausses
réponse vague, embarrassée
récriminations; & ceite
tribner à calmer & ramenerles esprits si elle lettre, eût été qui eût pu conlej public, ne fut pas même comprise dans le recneil répandue de
dans
pondance que cette municipalité livroità
ma corressous la cote 18, page 43, & la
l'impression. Je la place
page 45.
réponse, souS la cote 19;
Je ne mc rebntai pas de ce manque de snccès.
temneut aux bataillons de Normandie &e d'Artois J'écrivis direcréponses étranges, sur-tout cclle du premier de ; mais lenrs
ne me laissèrent plus entrevoir de terme à leur état ces bataillons,
dination & de révolte. Enfin, les différents avis & les d'insuborréitérées de plusieurs personnes du Port-au-Prince bien prières
tionnécs, ajoutèrent à ce motif, déjà
intenretour dans cette ville, & achevèrent puissant, dc
9 d'éloiguer mnon
ma résidence an Cap jusqu'à nouvel ordre mc déterminer de la
à fixer
adresse aux deux Bataillons & leurs
cour. Mon
les Nos 20 & 21, page 47.
réponses se trouvent souS
Penaprès, je reçu deM. dc Béhague la
la cote 22, page 55, avec les pièces réponse quejer place. sons
ne vis dans les moyens
qui y étoient jointes. Je
bruit
qu'il me proposoit sans cemmissaires
public nous avoitanmoneésqie les mêmes
(le
més pourla Martiniqueétotent.
cominissaires nomégalement destinés
Saint-Dominguc) je ne vis, dis-je, dans ces
pour
tation de maux, lcs tronpes & les moyens, qu'une augmenne Ine paroissant ni assez surs, ni équipages assez nombreux qu'il m'annonçoit
aux promoteurs du désordre tout espoir de
pour ôter
éviter la possibilité d'une guerre civile. résistance, & pour
mêmc En conséquence, 2 quoique dénué de toute espèce de
de l'espérance dc voir dans peu l'assemblée coloniale ressources ?
se
ces
pour
tation de maux, lcs tronpes & les moyens, qu'une augmenne Ine paroissant ni assez surs, ni équipages assez nombreux qu'il m'annonçoit
aux promoteurs du désordre tout espoir de
pour ôter
éviter la possibilité d'une guerre civile. résistance, & pour
mêmc En conséquence, 2 quoique dénué de toute espèce de
de l'espérance dc voir dans peu l'assemblée coloniale ressources ?
se --- Page 19 ---
(15)
former; par la répugnance & la lenteur de la plupart des paroisses à nommer leurs députés, & parl Paffectation de quelques
autres à choisir pour tels des membres de P'ancienne assemblée
de Saint-Marc, qui se trouvoient encore en France, je refusai
les secours de M. de Béhague, & je me bornai à faire tout ce
qui étoit en moi pour diminuer du moins une source dc désastres que je ne poivois tarir.
Quelques-uns des ofliciers du réginent du Port-an-Prince, qui
d'abord Pavoient fui avec horreur, avoient cru de leur devoir
de s'y rallier pour éviter, tant à la ville qu'aux environs, les
suites funestes de P'abandon total dans lequel se trouvoit cette
troupe déshonorée. Peu de jours suffirent pour les convaincre de
Pinpuissance de leurs efforts. Menacés eux-mêmes par leurs soldats, iis les abandonnerent, & le récit que me ftl leurlieutenantcoloncl de Pétatdes choses ; lequel sC trouve consigné dans la déclaration imprimée de cet officier, & dequelques autres du même
corps 9 qui le suivirent au Cap, me détermina à donnerdes ordres
pour Pembarquement du régiment, partie sur le Fougucux, &c
partic sur un navire frété.
L'exécution de ce plan fut d'abord combattue par tous les
moyens de la séduction, tant auprès du régiment que de l'équipagedu vaissean le Fougueux, destiné à son transport à l'Orient.
La mnunicipalité, la paroisse du Port-au-Prince I toujours représentée dans ses assemblées par environ 150 personnes 2 toutes
dévouées à Passemblécde St-Marc) multiplièrent leurs adresses,
tant auprès de inoi, pour que non ordre filt retiré, qu'auprès
du régiment du Port-au-Prince, de M. de Grimouard & de ses
équipages, pour qu'il restât forcément sans cxécution ; la municipalité écrivit mnême aux différentes paroisses pour les engager
à réunir leurs oppositions au départ de ce réginent & du
vaisseau.
Capendant malgré les assurances que cette même municipalité ne cessoit de donner, tant à moi qu'au public, de la tranquillité qui régnoit au Port-an-Prince 2 ainsi que du bon ordre
& de la discipline du régiment de CC nomn, clle s'apperçut enfin
de son extrême imprudence de vouloir garder une iroupe privée
de chefs & d'officiers, plongée dans nn abyme d'ignominie,
& capable dans cet état de se porter à tous les excès du déses-
malgré les assurances que cette même municipalité ne cessoit de donner, tant à moi qu'au public, de la tranquillité qui régnoit au Port-an-Prince 2 ainsi que du bon ordre
& de la discipline du régiment de CC nomn, clle s'apperçut enfin
de son extrême imprudence de vouloir garder une iroupe privée
de chefs & d'officiers, plongée dans nn abyme d'ignominie,
& capable dans cet état de se porter à tous les excès du déses- --- Page 20 ---
(16)
poir, aux dépens même de ceux qui l'avoient si cruellennent
abusée. L'animosité croissoit entre cette troupe & les bataillons
de Normandie & d'Artois; ; les querclles
plioient; on commençoit à SC déficr hautement particulièrcs de
& se mnulti-
& une affaire générale étoit sur le point dc
part d'autre,
fut résolu de désarmer le régiment, & de s'engager, lc
lorsqu'ii
renvoyer hontensement, sans armcs &c sans drapeaux. La municipalité a rendu
compte à l'assembléc nationale de cetteexpédition, tout au moins
imprudente dans son adresse du 19 mai, dont quelques excmplaires me sont parvenus sous son contre-seing sans lettre
elle m'a fait probablement cet
d'avis;
douter de son acharnement à noircir envoi, pour ne pas me laisser
ma conduite & mes intentions, ainsi qu'à poursuivre les mânes de l'infortuné colonel
Mauduit. Au reste, MM. les Comissaires recounoitront aisément la fausseté & l'artifice de cet écrit, aux contradictions manifestes qu'il renferie, & ils ne verront peut-être
sans étonnement que la municipalité y cite une prétenduc pas lettre trouvée
cliez M. de Mauduit après sa mort, & s'avoue
en
sion des papiers, qui, par un nouveau crime, ont par-là été pillés possessa
maison avec la totalité de ses effets ; enfin, dans cette adresse dans
comme dans celles qui l'avoient précédée 9 lcs motifs sont déguisés, la plupart des faits altérés & plusieurs circonstances dénaturécs ou omises; du nombre de CCs dernières est la démarche
que fit la municipalité, accompagnée de l'état-major del la garde
nationale, d'aller, au milicu dela nuit, forcer M. PIntendant de
fréter le bâtiment de commerce la Révolution
Ja partic du régiment du Port-an-Prince,
2 pour transporter
que j'avois destinée à
être embarqué sur le Fougueux, quoiqu'il résultât de ce changement dans mcs dispositions une auginentation de dépense de
32 mille livres tournois. L'affrétement a eu lieu, & les
ont été mises à bord ; mais soit à cause du retard
troupes
au
qu'apportoient
départ les préparatifs nécessaires à faire dans le nouveau uavire frété, soit que d'après mes observations, on : ait senti la
nécessité d'escorter les deux transports, O1l plutôt peut-être à raison de quelques sujets dc mécontentoment témoigné contre la
commune par Péquipage du Fougueux, on s'est cnfin décidé à
laisser partir ce vaisseau, & à y reverser les troupes 3 mais il c1l
a coûté 14 mille livres de dédommagement cnyers le capitaine
de
le nouveau uavire frété, soit que d'après mes observations, on : ait senti la
nécessité d'escorter les deux transports, O1l plutôt peut-être à raison de quelques sujets dc mécontentoment témoigné contre la
commune par Péquipage du Fougueux, on s'est cnfin décidé à
laisser partir ce vaisseau, & à y reverser les troupes 3 mais il c1l
a coûté 14 mille livres de dédommagement cnyers le capitaine
de --- Page 21 ---
(17)
de la Révolution. Jc prie MM. les Commissaires de vouloir bierr
comparer la relation du désarmement du régiment du Port-auPrince, faite par la municipalité, avec celle que j'aiadressée au
ministre le 8 mai, et qui cst le résultat des informations les plus
exactes quej'ai ieude C2Spi5
Malgré les irrégularités de toute espèce qui ont accompagné
le départ du régiment du Port-au-Prince, je n'ai pas moins appris cet événement avec satisfaction. J'ai vu par lh diminuer
d'une part les moyens de résistance qu'auroient les rébelles à
à la volonté nationale, et de Pautre la colonie délivrée
opposer d'unc source inépuisable de désordres par l'indiscipline et les
fréquentes désertions des soldats de ce régiment.
Si dans cette occasion, après tant de contrariétés, mes ordres
ont été strictement ezécutés 3 suivant l'expression remarquable
dont s'est servie la municipalité du Port-an-Prince dans la
lettre qu'elle m'a écrite le 18 mai. Cette municipalité n'a pu en
dire autantde ceux quej'avois donnés d'embarquer deux compagnies, une de Normandie, l'autre d'Artois, pour aller remplacer
aux Cayes le détachement du régiment du Port-au-Prince que je
venois de faire partir pour France. Il étoit d'usage d'entretenir
une garnison dans cette ville; la municipalité ne cessoit de me
conjurer de la lui envoyer; ; et en effet, la justice et la sureté
générale sembloient exiger que du moins une foible portion de la
force publique, fit répartie dans la province du Snd. Mais la
municipalité du Port-an-Prince fit jouer de nouveau tous ses ressorts pour traverser cette disposition 3 elle affecta des terreurs
imaginaires de la part des gens de couleurs libres du Mirebalais,
tandis que les avis qui me parvenoient de ce quartier m'annonçoient que tont y étoit alors tranquille; elle prétendit qu'il étoit
imprudent de diminuer les forces de leur ville, taudis que
sonne ne la
et
lui en auroit encore resté
Rene
menaçoit, qu'il
coup plus que je n'y en avois gardé moi-mème pendant un temps
considérable, sans compter la nombreuse milice nationale qui
venoit de s'y former, et y faisoit le service avec la
grande
enfin elle
la municipalité
Mer
activité;
parvintà engager
Cayes,
àm'adresser le désistement de ses demandes tant de fois réitérées
sur cet objet. Alors, pour le bien de la paix, j'autorisai le délai
qu'on avoit forcé le commnandant du Port-au-Prince de mettre à
C
considérable, sans compter la nombreuse milice nationale qui
venoit de s'y former, et y faisoit le service avec la
grande
enfin elle
la municipalité
Mer
activité;
parvintà engager
Cayes,
àm'adresser le désistement de ses demandes tant de fois réitérées
sur cet objet. Alors, pour le bien de la paix, j'autorisai le délai
qu'on avoit forcé le commnandant du Port-au-Prince de mettre à
C --- Page 22 ---
(18)
l'exécution de mon ordre, en le suspendant moi-mêmne. J'avois
douné ail reste à une époque peu antérieure des preuves de Ia
condescendance aux desirs des commnnes, en accordant à la
ville des Cayes; d'abord une clef du magasin à des canons; et à la ville du Petit
poudre puis
Goave, pareillement des canons avec des munitions, malgré ma répugnance à confier à cette
dernière dcs moyens dangerenx de défense, après
qu'elle en avoit fait au mois d'août dernier, en Fusage perfide
je l'ai déjà dit, sur ull brick du roi, plusieurs tirant, de comne
dont un cmporta le bras du commis aux vivres. coups canons,
Mais plus je m'étudiois à éviter les occasions de
des refus l'aigreur des esprits contre le
propager par
anontrai de complaisance à accéder aux voeux gouvernement, plus je
connus des municipalités et des paroisses, en tout ce qui ne mne paroissoit
contraire à mes devoirs, et plus celles-ci devinrent
pas
nantes surles pouvoirs et les fonctions de F'administration entrepre- confiés
au gouverneur ct à l'intendant. Outre la nomination aux emplois dont plusieurs paroisses s'emparèrent, et notamment celles
du Port-au-Prince et du Petit Goave, après avoir démis deleur
autorité les anciens officiers de la maréchaussée, par la seule
raison qu'ils avoient été placés par le gouvernement. La première
s'immisça dans l'administration de toutes les caisses, envoya des
commissaires pour les vérifier, et défendit par son arrêté du 27
mai, que je rapporte sous la cotte No24, page 60, qu'aucune
ordonnance de payeinent fat délivrée à l'avenir, sans l'attache
de la municipalité.
Bientôt la commune de Saint-Marc, composée comme celles
des deux paroisses précédentes, de personnes dévonées à la cidevant assemblée générale, suivit leur exemple, et affecta les
mêmes prétentions, par rapport à la nomination anx
de
la maréchausséc, dont elle disposa par sa délibération emplois
et
mise sous
du'sjuin,
quej'ai
la cotte No: 25, page61, en excluant l'ancien
exempt que M. l'Intendant et moi venions d'avancer au
de prévôt, et en en choisissant un qui avoit été cassé le 9 grade avrik
1788 par un arrêt du conseil-supérieur, ct déclaré
de remplir aucune place. La sénéchaussée. 2 qui avoit incapable reconnu
juridiquement le premier, s'adressa à lui pour prêter inain-forte
aux huissiers chargés d'exécuter des décrets dc prise dc corps,
l'ancien
exempt que M. l'Intendant et moi venions d'avancer au
de prévôt, et en en choisissant un qui avoit été cassé le 9 grade avrik
1788 par un arrêt du conseil-supérieur, ct déclaré
de remplir aucune place. La sénéchaussée. 2 qui avoit incapable reconnu
juridiquement le premier, s'adressa à lui pour prêter inain-forte
aux huissiers chargés d'exécuter des décrets dc prise dc corps, --- Page 23 ---
(19)
dans la poursuite d'un assassinat commis précédemment sur un
habitant de la paroisse des Verrettes ; lequel crime n'avoit rien
de relatif aux affaires dn temps; mais les cavaliers de SaintMarc refusérent d'obéir à CC prévôt, disant qu'il leur étoit enjoint par la mmicipalité de nc recevoir d'ordres que de celui
qu'elle venoit de nommer, quoiqu'il n'eût été reçu par aucun
tribunal. Ila résulté de CC conflit une lenteur quia dà favoriser
l'évasion des coupables, et qui a excité la réclamation des juges
contre Pusurpation d'antorité de la part des officiers municipaux
de Saint-Marc. De plus, cette ville déchirée de nouveau parl Panimosité invétéréede l'ancien corps de chasseurs contre ceclui des
volontaires, quoique pour lors réunis tous les deux sous le même
drapean de gardes nationales, étoit devenuc un théâtre de scènes
sanglantes, et qui se répétoient journellement. La municipalité
demanda 1211 détachement de la garnison du Port-au-Prince.
Instruit par ce qui s'étoit passé à Poccasion de la garnison sollicitée par la ville des Cayes, du danger qu'ily avoit de compromettre encore en celle-ci Pautorité du représentant du roi,
je me gardai de délivrer un ordre pour faire partir ce détachement; lequel d'ailleurs, vu Pesprit des bataillons dont on desiroit qu'il fit tiré, loin de rétablir la paix à Saint-Marc, y
eût intailiblementeause de plus grands troubles, en fournissant
aux chasseurs un renfort pour écraser leurs adversaires. Je répondis donc à la municipalité que les mêmes raisons qui venoient
d'empècher que la garnison du Port-au-Prince fournit un détachement pour Jes (ayes, s'opposoient également à cC qu'il en
fit envoyé un à Saint-Marc. Cest ainsi quc, pressé de tous les
côtés par le déluge de maux qui inondent cette belle colonie depuis Parrivée de la station, je me suis vu souvent réduit all
rôle passif et doulourenx de simple spectateur, faute de moyens
pour en arrêter le torrent, cti à la dure nécessité de n'avoir pour
régler ma conduite, que des désastres plus o1 moins grands à
calculer et à choisir.
Enfin Tesprit d'innovation a été poussé au point 7 que le
quartier de Terre-Neuve s'érigea de son propre mouvement en
paroisse, ct SC créa une municipalité et une maréchanssée, malgré les représentations contennes dans ma lettre aux citoyens
de ce quartier, que je rapporte sous le No 26,page 65.
C 2
n'avoir pour
régler ma conduite, que des désastres plus o1 moins grands à
calculer et à choisir.
Enfin Tesprit d'innovation a été poussé au point 7 que le
quartier de Terre-Neuve s'érigea de son propre mouvement en
paroisse, ct SC créa une municipalité et une maréchanssée, malgré les représentations contennes dans ma lettre aux citoyens
de ce quartier, que je rapporte sous le No 26,page 65.
C 2 --- Page 24 ---
(20 )
Il est aisé de concevoir qu'au milieu de pareils désordres, la e
perception des impôts étoit en souffrance, les contribuables ne
payoient point, les affaires languissoient, ainsi
les
ditions des navires, dont les droits d'octrois sont que la
expdsource de la richesse publique; et Jes caisses
principale de dépenscs extraordinaires que le débarquement surchargées forcé des deux bataillons de Normandie et d'Artois avoit occasionné,
des maisons afin de lcs y loger, et pour les
pour louer
destination, ainsi
approprier à cette
que pour divers changements de distribution et
augmentation à Phopital, outre les frais
du régiment du Port-au-Prince; les caisses, d'embarquement se trouvoient
un état de pénurie extrême.
dis-je,
dans
nicipalité du
Malgré ces considérations, la mnumiscer dans Port-au-Prince, celle-là même qui venoit de s'imPadministration des finances, d'après une délibération, demanda à M. de Proisy, intendant
prunt provisoire de soixante-six mille
par intérim, un emfrais de son établissement. M. de Proisy livres, fut cette pour fois subvenir aux
reux pour faire écouter les raisons aussi
assez heuson refus. Mais
sages qu'irrésistibles de
peu après, la garde nationale du Port-an-Prince
ayant convoqué la fédération de toutes les paroisses de la colonie pour le 14 juillet, intéressa le Club à appuyer une nouvelle
demande d'argent à faire à M. PIntendant pour rles frais de cette
fête. Sur un premier refus sagement motivé comme le
les mêmes citoyens réunis en assemblée de paroisse, précédent, montèrent
tumultuensement à Pintendance, et invitèrent
M. de Proisy de venir
impéricusement
On vouloit
porterlui-même sa réponse à Passemblec.
qu'il engageât les fonds publics pour un
de
du quarante mille livres, sans assigner ni ses débiteurs, ni Te: prêt mode
remboursement. Les débats ne se terminèrent que
la Capitulation, à laquelle M. l'Intendant fut
de par
de faire payer des deniers de l'état l'autel de obligé la patrie souscrire, alloit
être érigé. Au reste, il est à craindre que ce projet de qui
propre à produire les plus grands biens dans un moment fédération, de
et d'harmonic, n'excite au contraire de nouveaux troubles, calme de
nouvelles haines, dans un temps de divisions comme
et
le refus de se rendre à cette fête de la part de plusieurs celui-ci; paroisses,
prouve du moins que CC projet est prématuré.
Tandis que ces choses sc passoient au Port-au-Prince, on tra-
é. Au reste, il est à craindre que ce projet de qui
propre à produire les plus grands biens dans un moment fédération, de
et d'harmonic, n'excite au contraire de nouveaux troubles, calme de
nouvelles haines, dans un temps de divisions comme
et
le refus de se rendre à cette fête de la part de plusieurs celui-ci; paroisses,
prouve du moins que CC projet est prématuré.
Tandis que ces choses sc passoient au Port-au-Prince, on tra- --- Page 25 ---
(21)
vailloit fortement les deux compagnies du régiment du Cap, en
lcs exciter à l'insurrecgarnison au Môle Saint-Nicolas, pour
étoient
tion. Déjà quelques soldats, la plupart nouvelles recrucs, de la
gagnés, et déjà quelques mouvements d'insulordination
part de ces deux compagnics, me faisoient appréhender ieur entière défection. Mais les représentations que M. de Cambefort,
leur colonel et mnoi leur adressâmes, la conduite sage et raisonnée de M. de Sainte-Croix, commandant pourle roi, et les CXhortations des officiers de ces deux compagnics, ne tardèrent
leur erreur elles
avec
Res
à leur faire reconnoitre
;
Pabjurèrent
marques les inoins équivoques du plus sincère repentir, nommèrent et livrèrent elles-mèmes les coupables ; ct par une réparation au-dessus pour ainsi dire de la faute, elles se montrèrent
plus que jamais dignes de marclier sous lcs drapeaux du brave
et toujours fidèle régiment du Cap. Jc finis par ajouter à l'éloge
si justement du à CC régimnent, qu'il n'a pas hésité de nommer
fait, à la demande du COun homme par comipagnie, que j'ai aller cxhorter et ramnener à
lonel, transporter au Môle, pour
leur devoir des frères d'armes dont Pégarement a si peu duré,
que ces députés ont cu la satisfaction dc les trouver déjà plcinement convertis, ct de n'avoir à leur offrir, au lieu de Panimadversion de leurs camarades, que de nouvellcs protestations d'estime et d'amitié.
Tel est lc récit des principaux événements qui se sont passés
à Saint-Domingue pendant le cours de mon administration, 7
c'est-à-dire depuis le 8 novembre 1790, jusqu'au premier juilMM. les Comlet 1791, époque ou je m'arrête, désormais persuadé à arriver que : si d'ici à leur
niissaires ne tarderont pas
faits
les
arrivée il survient quelques nouveaux
importants, je
consignerai dans un supplément. Mais avant de clore ce mémoire , il me reste à jetter un coup d'ceil rapide, en formc dc
récapitulation, sur létat présent de la chose publique dans cette
colonie, afin d'en présenter l'ensemble sous un même point de
vue à MM. les Coamissaires.
Généralement parlant, la colonie cst divisée en deux partis.
L'un qui tient pour l'exécution exacte et littérale des décrets,
de Passemblée nationale, sanctionnés par le roi; l'autre, 9 tout en
invoquant ces mêmes décrets, n'en admet que CC qui flatte son
dc
récapitulation, sur létat présent de la chose publique dans cette
colonie, afin d'en présenter l'ensemble sous un même point de
vue à MM. les Coamissaires.
Généralement parlant, la colonie cst divisée en deux partis.
L'un qui tient pour l'exécution exacte et littérale des décrets,
de Passemblée nationale, sanctionnés par le roi; l'autre, 9 tout en
invoquant ces mêmes décrets, n'en admet que CC qui flatte son --- Page 26 ---
intérêt
( 22)
ou sa: passion, snivant les
tout exclure ce qui prononce Ou confirme circonstances, et en vent sursemblée de Saint-Marc. Sanss
la dissolation de l'ascette intention
s'expliquer onvertement à
les écrits de perce au travers de toutes les
cesujet,
CC second parti, quoiqu'il ait soin démnarches, de
de tous
l'apparence de fausses
les colorcr
voir renaître l'aucien terreurs, et d'une crainte imaginaire par de
du despotisme ministéricl. régime, avec les abus si souveut exagérés
fiance Les folliculaires vendus à ce même
et Panimosité des individus
parti, fomentent la décontre le parti opposé,
les
contre le gouvernement et
surdes, ct par les déclamations par les calomnics mdine les plus abincendiaires. Je n'en citerai
plus indécentes et les plns
feuille du 18 mai du Moniteur pour preuve entre mille, que la
No27, page 66, et celle du Courrier colonial, dont je donne l'extrait
22 du même mnois, dont Pextrait nationaldes St-Domingue, du
Chacun puise dans CCS réservoirs est rapporté au No 28, page 69.
et aggrave le mal, mais les effets impurs le poison qui entretient
mêmes sur tons; ils varient
n'en sont pas précisémnent les
tion des esprits, les intérêts du suivant les localités, la disposimodifications, diverses nuances moment, de
etc.; de-là diverses
les paroisses, entre les
P'opinion commune entre
De-là cette diversité de corporations ct même entre les individus.
de pouyoirs illégaux qui prétentions étranges, et cette bigarrure
sicurs
tiennent lien
quartiers 2 et qui se réduisent d'administration en dernière
dans pluconfusion monstruense, et à une anarchie
analyse à une
Les partisants des ceuvres de Saint-Marc complette.
dans presque toute la colonie, si CC n'est dominent maintenant
moins puissants que l'assemblée
an Cap, où ils sont
publique. C'est au concours de ces provinciale, denx
appuyée de la force
doit le calme dont elle jouit.
autorités que cette ville
tachées à cette assemblée dans Quelques la
paroisses qui se sont atautres dans celles de
province du Nord, et quelqnes
mettre aucune discussions l'Oucst et du Sud, qui n'ont voulu adtions
de parti, ni se prêter à des innovavantage inconstitationnelles, inappréciable
ont retiré de cette espèce d'inertie lamais celles-là
de jouir aussi d'une douce
sont en petit nombre, toutes les
tranqnillité ;
plus ou moins par les cabalcs & les factions. autres sont agitéos
isses qui se sont atautres dans celles de
province du Nord, et quelqnes
mettre aucune discussions l'Oucst et du Sud, qui n'ont voulu adtions
de parti, ni se prêter à des innovavantage inconstitationnelles, inappréciable
ont retiré de cette espèce d'inertie lamais celles-là
de jouir aussi d'une douce
sont en petit nombre, toutes les
tranqnillité ;
plus ou moins par les cabalcs & les factions. autres sont agitéos --- Page 27 ---
(23)
Il scmbleroit d'après cct exposé que la majorité de la colonie
mnaintenir Passemblée de Saint-Marc au
est en insurrection pour
& cette majorité existeroit en effct
mépris des décrets nationaux, nombre des
; mais il faut
si Fon n'avoit égard qu'au
paroisses
observer que la plupart de ces paroisses dissidentes ne sont représentées en Ce moment que par un très-petit nombre de citoyens,
lesquels même beancoup n'ont pas lcs qualités actives.
Eere petit nombre employe pour faire la loi toutes les ressources
de Fintrigue ; il grossit so1l parti d'étrangers, de gens sans a ven
& sans état; il flatte les uns & menace lcs autres ; tandis que la
plupart despropriétaires aisés, ceux dont les intérêts particuliers
exigent une surveillance soutenue sur leuns ateliers ou à leurs
affaires ; tous ceux enfin, & le nombre cn est grand, qui, par
caractère, préférent leur repos présent, sans considérer Pavenir,
aux débats intermninables & all tumulte fatiguant des assemblécs
de paroisses, se retirent cliez eux, & ne paroissent jamais à ces
assemblées : c'est donc réellement la minorité qui y prononce 7
& qui en dicte les arrêtés. Ainsi quelques nombreuses que puissent être Jes paroisses qui délibèrent dans le scin de l'assemblée
de Saint-Marc, il n'en est pas moins vrai que la grande majorité
de la colonie improuve ces délibérations.
Malgré les sollicitudes & les chagrins qui mn'oppressent à J'asdu désordre, des divisions & des crimes qui ont souillé
pect cette contrée naguères si paisible & florissante, & qui la menacent encore d'une entière destruction, mon coeur éprouve du
moins un sentiment de consolation en pensant, & cn assurant i
MM. les Commissaires que les vrais coupables sont cn petit
nombre.
Il nc mne reste qu'à exprimer mon vocu pour que la mission
importante dont MM. les Commissaires sont chiargés,, ait un
succès aussi complet qu'on a lieu de l'espérer des soins bienfaisants de l'auguste assemblée nationale & du roi quiles envoyent.
Puissent-ils parvenir à dessiller les yeux de ceux qu'une aveugle
prévention, ou des suggestions perfides ont égarés! et pnissent
tous lcs habitants de la partie française de Saint-Domingue. ?
rénnis désormais pour Pintérêt commun, et ne formant
même
couler des jours sercins à lombre de
Rlas
qu'une
fanille,
lieu de l'espérer des soins bienfaisants de l'auguste assemblée nationale & du roi quiles envoyent.
Puissent-ils parvenir à dessiller les yeux de ceux qu'une aveugle
prévention, ou des suggestions perfides ont égarés! et pnissent
tous lcs habitants de la partie française de Saint-Domingue. ?
rénnis désormais pour Pintérêt commun, et ne formant
même
couler des jours sercins à lombre de
Rlas
qu'une
fanille, --- Page 28 ---
(24)
fertiles et précieuses plantations, sous la protection des lois
qui vont êtrc décrétées, et ne jamais oublier que la concorde, sages
la paix et P'ordre, sont les bases essentielles du bonheur et de
la prospérité des cultivateurs,
Signd BLANCHELANDE --- Page 29 ---
S U PP 1 L E M E N T
AU MÉMOIRE DE M. DE BLANCHELANDE,
Loxsersi je terminois le mnémoire sur mon admninistration, le
3ojuin dernier e et lorsque j'y annonçois I1l supplément, au cas
qu'ilaurvlntquelques) nouveaux: fmerompi-fanhes
commissaires civils, attendus d'un instant à l'autre, j'étois bien
loin de prévoir, et les longs retards qu'éprouveroit le
de ces commissaires, et les événemens qui se sont succédés voyage
le premier juillet dans la colonie, de la manière la plus depuis
et
rapide
la plus désastreuse. Je vais en entreprendre le récit.
coite
Quoiqu'il
m'en
de rappeller des scènes de plus en plus douloureuses
et effroyables; et quelques délicats que puissent être certains
objets à traiter, je Pai promis; je dois à la vérité, à
de transmettre à MM. les Commissaires, Porigine moi-même, et la suite
des maux affreux qui mettent en ce moment la colonie à deux
doigts de sa perte.
Sans cesse animé du desir de voir tous les citoyens de cette
belle colonie se réunir à une seule volonté 2 celle d'exécuter
littéralement et de bonne foi, lesdécrets delassemblée nationale,
sanctiennés parle roi; ferme dans mesdevoirs et dansla: résolution
de les remplir fidèlement; admirateur constant des vues bienfaisantes de n0S législateurs, 7 n'aurois jamais pensé devoir 111
jour m'affliger d'un point : leurs travaux, qui, dicté par lill
sentiment respectable, sans doute, attaquoit brusquement le
régime intérieur et Pesprit, ou si Pon veut, le préjugé inliérent
aux colonies. Je yeux parler du décret du 15 mai dernier, dont
la nouvelle parvint au Cap dans la soirée du 30 juin.
Instruit par l111 séjour de sept arinées consécutives aux fles
du Vent, pendant la dernière guerre, ct déjà de plus d'une an
à Saint-Donningue, à connoitre le génie des colons et les motifs
de leur opinion, par rapport à la ligne de démarcation
les sépare des gens de couleur, je sentis vivement les dangers qui
a
liérent
aux colonies. Je yeux parler du décret du 15 mai dernier, dont
la nouvelle parvint au Cap dans la soirée du 30 juin.
Instruit par l111 séjour de sept arinées consécutives aux fles
du Vent, pendant la dernière guerre, ct déjà de plus d'une an
à Saint-Donningue, à connoitre le génie des colons et les motifs
de leur opinion, par rapport à la ligne de démarcation
les sépare des gens de couleur, je sentis vivement les dangers qui
a --- Page 30 ---
EPJCE
de l'effervescence
(2)
vant Passoupir, attendu qu'alloit produire le
cette nouvelle; et ne poudéjà répandu avec profusion que dans décret étoit arrivé imprimé et
prévenir le ministre de ces
le public, je me hâtai de
mumnéro 29, en lui faisant dangers, da par na dépêche du 3juillet,
et de la violence de la fermentation part
mnécontentement général
cette dépéche, à mles
déjà excitée, Je joignis dans
de plusieurs citoyens propres observations, le résumé de celles
vrais intérêts de la colonie, sages, ainsi froids, attachés sans passion aux
nationale, et
qu'aux travaux de Passemblée
circonstance dontjavois cru devoir recueillir les avis dans cette
craintes que le critique. décret Je finis cette lettre, 2 par annoncer mes
d'hommes. Hélas ! ne fit l'arrêt de mort de plusieurs milliers
prédiction.
l'événement n'a déjà que trop justifié ma
Je fus instruit que le public 2 au milieu de son
extrême, avoit les yeux ouverts sur moi, et desiroit connoître agitation
Pimpression que j'éprouvois et ma façon de
au décret. Sachant que dans les temps
penser le par rapport
peuple est bien près d'une volonté
orageux, desir du
je n'hésitai
à
impériense, et voulant éviter
missaires l'assemblée pas appeller auprès de moi huit comà
ERtE
provinciale,
dépêchie au ministre, afin qu'ils rendissent qui je communiquai ma
de son contenu. Cette démarche ne leur compte publiquement
Calmer l'inquiétude des esprits. Ces parut pas suffisante pour
instances;
Messieurs me firent de vives
en pleine
que l'original même de ma lettre fàt lu aussitôt
disant qu'ils en
Emvie
sions. Après plusieurs raisons,
rendroient mal les expresajoutèrent que cette lecture
débattues de part et d'autre, ils
modérer le
à publique devenoit indispensable pour
vescence peuple, prêt se porter à des excès, et dont
ne pouvoit être tempérée
l'efferconnoissance littérale de mes
7 que par l'espérance que la
mant Jui donneroit de le voir représentations retirer
sur ce décret allarjusques-là;je me rendis à cette raison ou modifier: J'avois résisté
positive que, lecture faite, 7 ma lettre pressante, me seroit sur la promesse
le champ. Cala fut exécuté, et
des
rapportée sur
de la satisfaction générale. je reçus
témoignages flatteurs
Néanmoins je ne m'aveuglai pas surl'embarras de
sur-tont après avoir pris connoissance des adresses ma du position 7
départe-
-là;je me rendis à cette raison ou modifier: J'avois résisté
positive que, lecture faite, 7 ma lettre pressante, me seroit sur la promesse
le champ. Cala fut exécuté, et
des
rapportée sur
de la satisfaction générale. je reçus
témoignages flatteurs
Néanmoins je ne m'aveuglai pas surl'embarras de
sur-tont après avoir pris connoissance des adresses ma du position 7
départe- --- Page 31 ---
(3)
ment de la Gironde, du coimerce de Dordeaax, et autres papiers
deFrancc, oi P'on annonçoit quedes troupes patriotiques alloient
venir ici, lcs armes à la main, pour protéger P'exécution du
décret.. .Acctte inenacc, Pindignation et la fureur générale redoublèrent ; les colons du Nord mnanifestérent tous la plus ferme
résolution 2 d'opposer la force à la force, ct de périr plutôt que
de céder; les nouvelles que je recevois des autres parties dc File,
mne confirmérent successivement que la disposition des esprits
étoit la même par-tout. Mon amne sC trouvoit donc partagée entre
les citoyens de la colonic, dont le bonheur est inséparable du
mien, puisqu'ils sont Français, et mes compatriotes d'Europe
anxquels je ne suis pas moins attaché; ct pour balancer mes
justes alarmes sur les suites funestes de cet étrange défi, il ne
me resta d'autre espoir que dans la réflexion et la prudence des
persomnes sensées qui ranèneroient sans doute en France à des
des sentimens plus modérés, plus humains, les premiers élans
d'un zèle inconsidéré. Heuretisement du moins cct cspoir n'a
pas été déçu.
de
décrct
Cependant l'on continuoit généralement regarderle
dn 15 mai, comme meurtrier pour la colonie ; les têtes s'échauffoient de plus en plus 5 le ressentiment s'exhaloit parles discours
les plus véhémens; les corps popnlaires avoient refusé de prèter
le serment civique à la fédération qui avoit CLL lieu au Portan-Prince lc 14 juillet ; Pinquiétude croissoit, clle enfantoit
mille terreurs inaginaires ct domoit lieu aux sounçons lcs plus
injuricux, et cn même temps les plus absurdes surles démarches
les plus simples des personnes Cll place. Malgré ma profession de
foi, consiguée dans ma lettre au ministre ct connuc publiquement, je n'étois pas moi-mène à l'abri de ces soupçons; 5 et
je venois d'appreudre qu'il y avoit eu dans Passemblée provinciale du Nord, des motions tendantes à me faire expliquer
catigoriguemenit sur le parti que je prendrois 2 si le décrct
arrivoit avec des forces et des ordres pour lc mettre à exécution,
lorsque je fus invité par deux commissaires de cette assemblée,
qui me remirent l'arrèté que je place souS lc numéro 30 2 à mne
rendre dans son sein avec tous les chefs militaires. Jc ne crus
pas devoir accéderà cotteinvitation, voulantéviterles discussions
ct sur-tout les interpellations, ctje] préférai d'écrire à Passemblée
a ij
décrct
arrivoit avec des forces et des ordres pour lc mettre à exécution,
lorsque je fus invité par deux commissaires de cette assemblée,
qui me remirent l'arrèté que je place souS lc numéro 30 2 à mne
rendre dans son sein avec tous les chefs militaires. Jc ne crus
pas devoir accéderà cotteinvitation, voulantéviterles discussions
ct sur-tout les interpellations, ctje] préférai d'écrire à Passemblée
a ij --- Page 32 ---
(4)
la lettre no 31, par laquelle j'ai pris un engagement conscience que les
circonstances, Pamour de la paix et la voix de ma
mn'ont dicté. Je place sous le no 32, la réponse satisfaisante de
l'assemblée. ne puis micux faire connoître à MM. les ComAu restc, la je
situation des esprits, qu'en leur mettant
missaires véritable la pièce numéro 33.Ils trouveront dans cette adresse
sous lesyeux du Port-au-Prince àl'assemblée nationale, des idées
des citoyens
avec
et telles que les inspirent à des
fortes 2 rendues le désespoir chaleur, et le sentiment d'un grand péril;
ames énergiques
aussi Pesprit d'acharnement et d'animais ils y reconnoitront
toujours
mnosité du parti dominant dans cette malheureuse ville,
divisée par des cabales et des querelles intestines. du conseil d'adminisIndépendamment de la municipalité, club, il venoit de s'élever
tration, de la garde nationale et autorité. du
Dès le mois de mai,
dans cette ville une nouvelle avoient
de convoquer
les citoyens du Port-an-Prince ]'Onest. projetté Le refus de plusieurs
une assemblée provinciale de
à cette formation, que l'on
paroisses avoit d'abord mis obstacle
étoit de la
regardoit commeinutile, vu Pattenteohlon
prochaine du décret
arrivée de MM. les Commissaires. La rassemblement, connoissance
eut
du 15 mai, détermina sans doute son
sous le qui no 34,
lieu le 7juillet. L'arrèté de cette assemblée, 2 placé
annonce les titres qu'elle s'est donné.
de tous les
Ses premiers pas tendirent à Penvahissement
pouvoirs, et le premier usage de ces pouvoirs, fut remarquable par
les proscriptions et les vengeances contre la plupart de ceux qui
s'étoient montrés précédemment du parti contraire à lassemblée
de Saint-Marc. Emule de cette dernière, et même renchérissant
de P'Ouest s'empara
sur ses menemione,Taembiir provinciale
la
de Fadministration générale des finances 5 supprima chacun place
d'intendant; attribua un traîtement de 33livres parjourà
de meinbres
l'exemple contraire des assemblées proses
9 malgré
aux leurs aucune
vinciale du Nord et du Sud, 2 quin'accordoient dans les bureaux qui
rétribution ; expulsa ceux des confirma employés la cassation des officiers
lui faisoient le plus d'ombrage;
parla municipalité;
de maréchaussée, prononcéc précédemment enfin elle paralysa la justice,
mais non encore mise à exécution;
de 33livres parjourà
de meinbres
l'exemple contraire des assemblées proses
9 malgré
aux leurs aucune
vinciale du Nord et du Sud, 2 quin'accordoient dans les bureaux qui
rétribution ; expulsa ceux des confirma employés la cassation des officiers
lui faisoient le plus d'ombrage;
parla municipalité;
de maréchaussée, prononcéc précédemment enfin elle paralysa la justice,
mais non encore mise à exécution; --- Page 33 ---
(5)
destituant et
de leurs fonctions tous les magistrats,
en
dépouillant du
et des différens tribunaux,
tous les meibres conscil-supérieur formalité. J'ai
sous les
sans exception et sans aucune
consigné les
saillantes
munéros 35, 36, 37, 38 et39, les opérations plus lors de
de cette assemblée 1 ainsi que le discours du président
son Les installation. réflexions ct les détails sur l'état de subversion de la
colonie contenus dans mon premier mémoire, prouvent assez
au
du roi aucuns moyens,
qu'il ne restoit plus
représentant d'abus. Réduit tà en
aucunes digues à opposer à ce torrent je lc dois à la vérité gémir, et
je n'en publierai pas moins, parce que de l'assemblée combattirent
à la justice, que quelques meibres celles sur-tout concernant les trifortement ces monstruosités,
des actes d'aubunaux, à raison d'incompétence pour seroit produire de soumettre à
torité, que le souverain lui-même
obligé doute,lamnajorité
des formes légales et constitationnelles; et, sans
de
eût été amenée à des avis plus sages par la solidité leurs
raisonnemens; ; mais les factieux du club, avides de places. :
Mais la galerie fit la loi; et M. Duinas 7 le principal orateur
du parti contraire à la cabale, faillit à être victime de son zèle.
Je place sous le numéro 40, une lettre que deux commissaires le
de l'assemblée provinciale du Nord me communiquerent 9
lassemblée provinciale de P'Ouest dénonce
août, par laquelle visite faite
deux de ses commissaires des
que, d'après une du Port-au-Prince, par
ils s'est trouvé un déficit
magasins de 1500 barils aux vivres de farine, et 8 à 900 barils de lard et de boeuf;
et
selon le bruit public, MM. de Blanchelandeet de Parades
avoient que, fait vendre ces munitions au Cap. . : . Quarante-cinq
années de scrvices honorables répondent à cet odieux soupçon,
dont ma fierté ne peut et ne doit s'offenser. Mais j'ai crul
devoir publier cette Jettre, afin de donner une idée des calomnies atroces et de toute espèce que des csprits infernaux n'ont
cessé de vomir contre moi et contre tous mes coopérateurs.
J'ai annoncé, dans mon mémoire, que la plupart des paroisses
disposées à former une nouvelle assemblée coloparoissoient peu
12octobre, elles avoient
niale;malgréla dans proemipatoand,dReetla leur résolution
II de la loi du 11
été confirmées
parlarticle coloniale
a dà être
février suivant, 7 qui porte : < L'assemblée
qui
n'ont
cessé de vomir contre moi et contre tous mes coopérateurs.
J'ai annoncé, dans mon mémoire, que la plupart des paroisses
disposées à former une nouvelle assemblée coloparoissoient peu
12octobre, elles avoient
niale;malgréla dans proemipatoand,dReetla leur résolution
II de la loi du 11
été confirmées
parlarticle coloniale
a dà être
février suivant, 7 qui porte : < L'assemblée
qui --- Page 34 ---
(6)
>formée, en exécuticn du décret du 12 octobre
>inettre à exécution aucun de ses arrêtés sur dernicr, la colonie ne pourra
>l'arrivée des instructions quilni
avant
et. Pon étoit à peu près généralement serontincesamment. convenu
adressées>;
former cette : assembléc, Parrivée des comnissaires d'attendre, pour
les instructions. Mais la connoissance du décret annoncés du
avec
changer ces dispositions. Les
15 mai fit
tations de Passemblée
paroisses se hdtèrent, sur les inviprovinciale du
députés à Léogane. L'assembléc coloniale Nord, d'envoyer leurs
et se constitua le 9, Assemblée
s'y forma le 2 août,
de
générale de la partie française
Soint-Domingae. Malgré les députations et les
pressantes de divers corps civils et militaires de sollicitations la ville du
Porl-an-Prince, d'y venir tenir SCS
cette
préféra de se transporter dans celle du séancos., et
assemblée
le: 25du même mois. Les membres de cette Cap, assemblée s'y ajourna pour,
en effet au Cap successivement, s'y formèrent cn
arrivèrent
et correspondirent de suite avec moi, en attendant comité général
de ses
eut lien
l'ouverture
-
séances, qui
le 4 septembre.
D'après T'esprit de mnodération quiavoit présidé aux
séances de Passemblée générale à
premières
de conciliation que je remarquois dans Léogane, les 1 et d'après les vues
du comité général, je me flattois que la travaux colonie préparatoires touchoit
terme de ses malheurs. Je pensois que les pouvoirs
au
illéganx, que les prétentions outrées, les haines
usurpés et
oppositions d'opinions alloient enfin se briser et invétérées, les
la sagesse de cette autorité supérieure et réunie disparoitre devant
cutif. Je voyois naître du concours heureux
au pouvoir exédeux
et nécessaire de ces
autorités, 7 de ce centre unique de puissance
l'ordre, la paix et lc bonheur des colons; j'avois même légitime, lieu
d'espérer que l'assemblée générale 3 embrassant dans ses vues
bienfaisantes la félicité de tout ce qui respire dans la
trouveroit dans ses lumières et dans sa prudence le
colonie,
propre à satisfaire une classe intéressante, faite sans tempérament doute
être encouragée et soutenne, mais rangée jusqu'alors
la pour
tique, sinon par la nature, dans un ordre séparé et par poliet à concilier en même temps avec les intérêts de cette inférieur,
la sureté commune, ainsi que la dignité et. la délicatesse classe
à qui elle doit le jour et la liberté. Ce tempérament, quel deçeux qu'il
prudence le
colonie,
propre à satisfaire une classe intéressante, faite sans tempérament doute
être encouragée et soutenne, mais rangée jusqu'alors
la pour
tique, sinon par la nature, dans un ordre séparé et par poliet à concilier en même temps avec les intérêts de cette inférieur,
la sureté commune, ainsi que la dignité et. la délicatesse classe
à qui elle doit le jour et la liberté. Ce tempérament, quel deçeux qu'il --- Page 35 ---
(7)
eût été une fois adopté par les partics intérossées; n'ett certainement pas été réprouvé par nos souverains législateurs, puis:
qu'il cût assuré le repos ct la prospétité de la colonie, pour sollosquels ils avoient tant de fois manifesté les plus tendres
licitudes. Ainsi, ell supposant que le décret du 15 mai me fit
la suite
officiellement sans modification, lorsque
Passembléc par
nationale parvenu auroitapprisque la colonie étoit tranquille,
tout le monde étoit content, loin de me faire ul crime
NHevatre suspendu la promulgation de ce décrct, comme je m'y
étois solenmellement engage, elle eût sans doute au contraire
approuvé cet acte de prudence de ma part. Enfin, après une
longue suite de violens orages 7 je croyois entrevoirlautore d'un
jour plus calme, plus serein; mais la tempête la plus affreuse, inforla conjuration la plus abominable menaçoit en secret cet
tuné pays, et ne tarda pas à détruire de si flatteuses espéra ances.
Me voici parvenn à l'époque désastreuse des scènes les plus
épouvantables que la pensée puisse concevoir, que la pliume
tracer. Ce ne sont plus des dissentions entre les citoyens
liten qui tourmentent seules cette belle colonie, c'est un iléau
mille fois plus terrible encore qui s'est déchainé ponrachever rsa le
ruine. Ce sout des esclaves qui, après avoir trainé, dans
silence et Pobscurité des nuits, les plus horribles complots, s'attroupent pourles exécuter, fondent comme des tigres furieux sur
leurs maitres endormis dans la plus profondle sécurité, sur tous
les blancs de tout sexe, de tout Age, qu'ils penvent surprendre,
les massacrent impitoyablenent, ou ne diffèrent de les égorger
les réserver
que pour varier et prolonger leur supplice, que pour des forcenés
à des outrages cent fois pires
la mnort; ce sont
qui portent par-tout le fer etle ftur, déjà ces maguifiques plaines,
si renommées par la beauté de leur culture et la richesse de
leurs productions 1 sont transfornuées dans de vastes ct stériles
déserts ; déjà ces superbes habitations si connues, si vantées dans
les deux mnondes, n'offrent plus que des monceaux de cendres.
Espérances des récoltes prochaines, denrées précienses déjà cueillies et préparées pour la métropolc, bâtimens imposans par leur
nombre, leur proprété, leur élégance, mobiliers de la plus haute
valeur, tout est incendié, pillé, anéanti! Les impies n'épargnent
pas même dans leur rage; ces édifices somptueux 7 monumens
les deux mnondes, n'offrent plus que des monceaux de cendres.
Espérances des récoltes prochaines, denrées précienses déjà cueillies et préparées pour la métropolc, bâtimens imposans par leur
nombre, leur proprété, leur élégance, mobiliers de la plus haute
valeur, tout est incendié, pillé, anéanti! Les impies n'épargnent
pas même dans leur rage; ces édifices somptueux 7 monumens --- Page 36 ---
(8)
de Phumanité de leurs maîtres 7 oi, dans leurs infirrespectables trouvoientles secourslesplus, prompts, les plus assurés,
mités,ilst
des soins assidus et vraiment paternels. Envain,
et recevoient colons, victimes échappées au fer des assassins, se
rassemblent quelques à la hâte et vculent arrêter cette horde barbare et
bientôt ils succombent sous la multitude. Les fainilles
féroce 2 sont détruites o1 dispersées : homes, femmes, enfans,
entières tous ont péri, ou n'ont trouvé leur salut que dans
vieillards,
errans au travers des bois, dénués de tout
une fuite précipitée; d'être découverts. Enfin, par-tout où les
secours et tremblans leurs
dans Ies mornes comme dans les
monstres portent les dévance, pas,
et ils ne laissent derrière eux
plaines, la terreur
traces de sang et de destruction.
que de longues et lugubres
trop fidèle des évéTel est le récit abrégé et malheureusement, un instant; une
ont dévasté, presqu'en
nemens déplorables de
de lieues carrées du terrain le plus proétendue plus riche de la province du Nord et de toute la
ductif, le plus
dc douleur au souvenir cruel de
colonie. Mon coeur se brise
et Pinutilité des
tant de calamités que je faire n'ai pu prévenir; les foibles moyens dont j'ai
efforts que je n'ai cessé de
le avec
achève de le déchirer.
pu disposer, afin d'en arrêter cours, sache, découvrir les vrais
On n'a pu jusqu'à présent, que forfaits. je L'opinion publique est
instigateurs de ces exécrables ourdie
dcs éinissaires secrets d'une
que la trame en a été du beau par nom de Société phailantropiques
secte infernale; paréc
qu'elle couvre dcs desseins nneurct d'autant plus dangereuse, d'un zèle ardent pour Phumanité.
triers sous le voile spécieux
cette sccte s'est
Peut-être qu'égarée elle-même par Papparence, d'un système séduifait illusion sur les conséquences effrayantes de s'être trompé lorsque les
sant... Nimporte, il est affreux funestes. Quoi qu'il en soit de cette
suite del'erreur sont aussi
soient les infames agens
secte abusante ou abusée, et quelques dissimuler le décret
de ces abominables trames, on ne peut se
que qu'on y a
du 15 mai, ou du moins les fausses interprétations de ce décret que
données, et sur-tout lc développement peride
s'est permis, et a osé publier dans sa Iettre incenPabbé Grégoire
de couleur, en date du 8 juin dernier: lettre
diaire aux citoyens dans la colonie dès la fin du mois de juillet; on ne
qui a circulé
peut,
uler le décret
de ces abominables trames, on ne peut se
que qu'on y a
du 15 mai, ou du moins les fausses interprétations de ce décret que
données, et sur-tout lc développement peride
s'est permis, et a osé publier dans sa Iettre incenPabbé Grégoire
de couleur, en date du 8 juin dernier: lettre
diaire aux citoyens dans la colonie dès la fin du mois de juillet; on ne
qui a circulé
peut, --- Page 37 ---
(9)
peut, dis-je, se dissimuler que ce ne soient là les
causes
des maux affreux que la colonie éprouve. principales
Ce fut dans la nuit du 22 au 23 août que Texplosion eut lieu,
par la révolte de plusienrs ateliers du Limbé, d'oi clle se
pagca avec une rapidité surprenante dans le reste de ce quartier, proet dans ceux du Port-Margot, del'Acul et de la Plaine-dn-Nont,
quiysont adjacens. Quelques personnes, blanches et de couleur,
arrêtées la nuit précédente par n0S patrouilles du Cap, avoient
déposé le 22, qu'il y. avoit un projet de conspiration formé
ticulièrement contre la ville, sans donner à connoitre s'il
des
Mfbnot
par
blancs, gens de couleur ou nègres
ou bien
des esclaves. Les conjurés devoient, 2 disoit-on, libres, mettre le
dans la
Rr
nuit suivante à des habitations voisines aa Cap; incendie
qui devoit sC répéter dans la ville, et servir de signal pour assassiner tous les blancs. L'annonce de cet horrible projet fit prendre
des mesures pour en empècher Fexécution ; la nuit fut tranquille
dans l'intérieur de la ville et dans les environs, et
l'on
étoit tenté de ranger ces sinistres avis au nombre de ceux déjà
depuis le commencement de la révolution, avoient tant de qui, fois
donné de fausses alarmes. Mais le lendemain au matin, m'étant rendu avec les chefs
des corps à l'assemblée provinciale, pour assister à une bénédiction de drapeaux, nous flmes avertis, par l'affluence des
habitans échappés au massacre 2 et de ceux chez qui ils avoient
dans leur route répandu l'épouvante et la consiernation,
tous sC réfugioient dans la ville 1 que les atelicrs des quatre qui
paroisses ci-dessus étoient en insurrection qu'ils avoient déjà
égorgé un grand nombre de blanes, et qu'ils incendioient et
ravageoient toutes les habitations, en s'emparant par-tout des
armes et munitions de guerre qui s'y trouvoient. Je fis partir sur le champ la compagnic de grenadiers du
régiment du Cap, commandée par M. Prudhomine,
de M. de Vilaire 2 ingénicur en chef de Ia partie accompagné du
pour aller dissiper P'attroupement des esclaves ct les faire Nord, rentrer
dans le devoir. Cette troupe 2 renforcée d'une centaine de
patriotes, se porta jusqu'à PAcul, au travers des flammes dragons
consumoient les champs de cannes, 2 et des brigands
firent qui
znontre dc s'opposer à son passage, mais s'enfuirent au qui travers
--- Page 38 ---
(10)
des halliers et des cannes 2 après avoir essuyé C quelques décharges
peu meurtrières, parce qu'ils se tenoient cachés dans les broussaillcs.
voir. Cette troupe 2 renforcée d'une centaine de
patriotes, se porta jusqu'à PAcul, au travers des flammes dragons
consumoient les champs de cannes, 2 et des brigands
firent qui
znontre dc s'opposer à son passage, mais s'enfuirent au qui travers
--- Page 38 ---
(10)
des halliers et des cannes 2 après avoir essuyé C quelques décharges
peu meurtrières, parce qu'ils se tenoient cachés dans les broussaillcs. Onr m'assura qu'ilyavoit des blancs parmi eux. Je m'étois
moi-même transporté avec des forces et du canon au Haut du
Cap, bourg distaut de la ville d'une licue vers le
et sur
le chemin de PAcul, comptant m'avancer dans la plaine Sud, si les
circonstances Pexigeoient, afin d'empêcher les
de
nemi. Mais les citoyens du Cap témoignèrent progres lcs
leninquiétudes surle sort de la ville, fondées sur le grand plus nombre vives
d'esclaves mâles qu'elle contenoit dans son
et
voient avoir des
sein, qui pouintolligences avec ceux du dchors, joint à cC
qu'il ne SC trouvoit alors au régiment du Cap qu'environ six cens
hommes effectils, déduction faite des garnisons que le
fournissoit au Mole, au Fort-Dauphin, et des malades, régiment tandis
que le nombre des révoltés croissoit à chaque minute. Ces considérations 1 appuyées d'ailleurs des réquisitions de Passemblée
générale, me déterminèrent, quoiqu'à regret, à rappeller le détachement de l'Acul, et à me borner à la défensive. En conséquence, l'assemblée géuérale m'ayant déféré le commandement général de toutes les troupes patriotiques, je fis
occuper cn force le bourg du Haut du Cap et celui de la PetitcAnse, avec un poste intermédiaire sur la rivière, afin de couvrir
parfaiteinent la ville du côté de la plaine; et je cliargeailes trois
officiers supérieurs du régiment, MM. de Cambefort, de' 'Touzard
et d'Assas, de commander alternativement cetteligne. La marine
royale fournit une garde et des canonniers sur le petit morne
Saint-Michel, où fut construit une batterie
siluée. Jc plaçai dcs postes plus ou moins trs-avantagesement forts, suivant leur
importance, des différentes troupes et des mulâtres de la ville
qui se réunirent aux blancs, sur toutes les avenues du côté du
morne; des bâtimens de la marine royale s'eunbossèrentà
dc balayer les chemins dc la Petite-Anse à l'Est, et de Picolet portée
vers TOucst.
morne
Saint-Michel, où fut construit une batterie
siluée. Jc plaçai dcs postes plus ou moins trs-avantagesement forts, suivant leur
importance, des différentes troupes et des mulâtres de la ville
qui se réunirent aux blancs, sur toutes les avenues du côté du
morne; des bâtimens de la marine royale s'eunbossèrentà
dc balayer les chemins dc la Petite-Anse à l'Est, et de Picolet portée
vers TOucst. Jc fis aussi croiser des bateaux armés le long de la
côte, depuis Caracole jusqu'au canal de la Tortue, afin
les communications
d'assurer
par mer, celles par terre étant totalement
interceptées, avec ordredesvemparerder tous les canots et pirogues
suspects ou de les couler bas. On travailla aussitôt à retrancher les différens postes autour --- Page 39 ---
(11) )
du Capjetafin. d'achever derranquilliserles habitans, on enferma
la ville d'une forte palissade. On joignit à ces précautions, celle
d'unesurveillance contimnelledans Pintérieur, quifnt bien conçue
P'assemblée
On arrèta
ct parfaitement dirigée par
tant provinciale. du dedans que du
un grand nombre de nègres suspects,
dehors; et Passemblée générale institua nne commission prévdtale,quijugea les divers prisonniers. Cette assemblée, s'occupant
sans relâche de son côté de tout ce qui ponvoit contribuer au
salut de la colonie, créa, avec mon approbation provisoire, davan- trois
régimens de tronpes soldées, non seulement pour assurer
tage la défense commune 7 mais aussi pour servir de ressource
nombre
dans la plus affreuse
à un grand
d'individus, bienfaisance s'étendit aussi
misère par les inalheurs présens.
E'TERS
sur les familles réfugiées dans la ville, qui avoient tout perdu,
en leur faisant fournir des subsistances aux dépens de la colonic.
Enfin, l'embargo général fut ordonné dans les ports, sur les
bâtinens de long cours 7 afin de s'assurer des moyens de retraite,
si lcs choses venoient aux dernières extrémités.
Cependant la plaine, IIC pouvant être gardéc, 7 resta en proie
anx incursions des révoltés, dont le nombre's s'accrut prodigieusemnent par la défection successive et prompte des atelicrs. Les
Morin de FAcul, de la Plaine du Nord et celui de la
Petite-Anse quartiers
furent 7 dévastés presque aussitôt, même jusque sous
le feu de nOS postes, 7 dont les brigands s'approchèrent sonvent tarda
à la portée du pistolet. Le riche canton de Limonade ne
pas à éprouver le même sort; et de tant de superbes habitations de
répandues dans les environs de la ville, j'eus le chagrin
celle de Saint-Michel : encore fut-elle
11C ponvoir préserver que
du morne du même
fréqueniment attaqnée, mais sa proximité
nomn et du bourg de la Petito-Anse, m'avoit permis d'y avancer
un poste de la marine royale, sans craindre de trop le com- les
promettre; et ce poste repoussa toujours vigoureusemient
efforts répétés de Pennemi.
La ville étant un peu rassurée parles dispositions préoldentes,
et par P'éloignement du gros des brigands qui poursuivoient côté
leurs dévastations vers PEst 2 je pus enfin porter de ce M. de
obstacle aux progrès du mal. Pour cet effet, je donnai à
Rouvray, qui me fut désigné par Passemblée générale, une
bi ij
com- les
promettre; et ce poste repoussa toujours vigoureusemient
efforts répétés de Pennemi.
La ville étant un peu rassurée parles dispositions préoldentes,
et par P'éloignement du gros des brigands qui poursuivoient côté
leurs dévastations vers PEst 2 je pus enfin porter de ce M. de
obstacle aux progrès du mal. Pour cet effet, je donnai à
Rouvray, qui me fut désigné par Passemblée générale, une
bi ij --- Page 40 ---
(12)
commission pour commander, sur les confins de
les
troupes patriotiques qu'il pourroit rassembler, ct Limonade,
détachement de troupes de ligne avec de Partilleric. j'x joignis un
de camp tira un grand parti de sa petite
Ce maréchal
les rebclles, remporta plusieurs
armée, harcela vivement
Le soin de sa santé l'ayant obligé avantages sur eux, et les contint.
je donnai CC commandement à M. d'Assas, dapuis de revenir au Cap,
du Cap 2 qui continua de barrer la plaine major à la dn régiment
Caracolo.
hautcur de
Empêcher la communication des
l'Oucst, fut en mêmc
brigands avec la partie de
afin de
temps un de nes soins les plus
préserver de la contagion cctte
importans, 2
du Sud. En conséquence, j'ordonnai province et par suite celle
lons de Normandie ctArtois,
que 300 hommes des batailtransportés du Port-au-Prince avecquatre pièces de canon, fussent
avec les troupes
aux Gonaives, àl'effct de former,
patriotiques et habitans des
qui se rénnissoient à Plaisance. $ un cordon quartiers voisins
la Marmelade jusqu'au
respectable depuis
Merveillère
Port-Margot 5 et je désignai M. de la
2 lieutenant colonel au
se trouvoit alors au Port-au-Prince corps-royal aller du génie 9 qui
cordon.
7 pour
commander cC
parl l'envoi J'appris que. M. que mon ordre avoit été prévenu en partie
avoit
Desanlnois, commandant au
déjà fait sur le vaisseau le Borée, de 150 Port-au-Prince, homes de
garnison, 7 accompagnés d'une trentaine de soldats
sa
deux canons, d'après les réquisitions de la
patriotes, 2 avec
Marc et des paroisses
municipalité de Saintmalheurs du Nord, limitrophes, qui non encore informées des
gens de couleur libres paroissoient craindre une insurrection dcs
mouvemens dans
2 parmi lesquels on appercevoit
de
CCS quartiers. Je sus aussi que M. le quelques vicomte
Francyavoitprisle Fontange, maréchal de camp, 7 que j'avois cru parti pour
de l'Onest et lc commandement des forces destinées au cordon
J'avois 7, je confirmai dans CC commandement.
espéré queleshabitansdes quarticrs dela
et du Dondon, dans les mornes au Sud du Grande-Rivière
de plusieurs autres quartiers
Cap, à l'exemple
de préserverleurs
? pourroient former un camp capable
du renfort, mais Eewenedleteanop-iwn de leur envoyer
voisins dc
j'avois un peu compté sur celui des
ces deux paroisses. J'avois écrit en conséquence, Espagnols, dès le
avois 7, je confirmai dans CC commandement.
espéré queleshabitansdes quarticrs dela
et du Dondon, dans les mornes au Sud du Grande-Rivière
de plusieurs autres quartiers
Cap, à l'exemple
de préserverleurs
? pourroient former un camp capable
du renfort, mais Eewenedleteanop-iwn de leur envoyer
voisins dc
j'avois un peu compté sur celui des
ces deux paroisses. J'avois écrit en conséquence, Espagnols, dès le --- Page 41 ---
(13)
24aoht, ,aux différens commandans) Espagnols, età son excellence
don Joaquin Garcia, en même temps quej'avois, y. étant engagé
Passemblée générale, expédié des aviso pour demander des
par secours à la Havanne, à la Jamaique et aux Etats-Unis. Don
Garcia mne témoigna dans sa réponse la crainte de se compromettre, si parl Penvoi de ses troupes sur le territoire Français,
il se méloit d'une rixe entre des sujets d'un méme prince sur
lanseiproisidadnuiny cts'exposoit: tau reproche d'avoir embrassé
un parti équivoque. Je lui répondis le 8 septembre, qu'il ne
pouvoit être question de discussion de droits entre Pesclave
et le maitre 3 que ma demande de secours n'avoit pour objet
que de mn'aiderà réduire des ateliers révoltés qui massacroient
les blancs, et ravageoient nos possessions. Enfin,) je le conjurois
de nouveau de nous envoyer quelque renfort; mais ce gouverneur persista dans sa résolution de se tenir en garde et en
observation sur la frontière.
Par un surcroit de fatalité les gens de couleur libres des
deux paroisses ci-dessus, dont ia plupart avoientiembrassé précédenment le parti d'Ogé 9 abandonnèrent les blancs pour se
joindreaux esclaves révoltés; en sorte que les mnalheureux habitans
de ces paroisses 7 livrés à leurs propres forces et découragés
par leur petit nombre, furent surpris ou dispersés. Ceux qui
échappèrent se réfugièrent chez les Espagnols, où ils trouvèrent
un astlemomentané, La perte de ce riche quartier me fut d'autant
plus sensible, que les brigands y trouvoient des ressources considérables en vivres.
Tandis quej'employois sans relâcle tous les moyens quiétoient
en mon pouvoir pour cerner de tous côtés les rebelles, afin de
les empêcher de s'étendre ou mêine de les resserrer etd'agir offensivement si Ies circonstances le permettoient, je desirois néanmoins d'essayer les voies de la douceur. Persuadé qu'un grand
nombre des coupables avoit été entrainé dans la révolte par
séduction ou par crainte, je crus que la proclamation.,, cotée
numéro 41, pourroit en ramener beaucoup. Je proposai à l'assenblée générale de leur faire parvenir cette pièce écrite d'un
style à leur portée. Cc moyen fut jugé d'abord impolitique 2
et il ne fut employé que lorsque
le rapport de plusieurs
avoient eu R entretiens avec quelques
dragons patriotes 7 qui
'un grand
nombre des coupables avoit été entrainé dans la révolte par
séduction ou par crainte, je crus que la proclamation.,, cotée
numéro 41, pourroit en ramener beaucoup. Je proposai à l'assenblée générale de leur faire parvenir cette pièce écrite d'un
style à leur portée. Cc moyen fut jugé d'abord impolitique 2
et il ne fut employé que lorsque
le rapport de plusieurs
avoient eu R entretiens avec quelques
dragons patriotes 7 qui --- Page 42 ---
(14)
révoltés, je lc jugeai propre à produire l'effet que j'en attendois.
Malheureusement un détachement de
de porter cette pièce, dépassa le licu dragons où lon patriotes, chargé
avec un parti des rebelles, qu'elle seroit remise. étoit conyenu, 9
dragons se trouvèrent enveloppés, et ne
Aussitôt ces
laissant cinq des leurs sur le champ de purent bataille. se dégager qu'en
ficheuse certitude qu'il n'y avoit que la force Jeus alors la
finàla révolte. Maisjene
qui pit mettre
malgré des pertes
pouvois ine dissimnlerque les brigands,
tandis
fréquentes, se renforçoient
quc chaque pas nous affoiblissoit.
continuellement,
En cfict, dans les clocs fréquens
eurent
Jes tentatives des
qui
lieu, soit par
pourles débusquer brigands sur nos postes, soit par nos sorties
et de Touzard, à desleurs, la tête des 7 et dans lesquels MM.de Cambefort
curent constamnent des
troupes patriotiques et de ligne,
détruisoit
avantages plus ou moins inarqués, on
toujours un bon nombre de ces
mais
proportionné à la totalité,
scélérats,,
Peu
ils se sauvoient au travers 7 des parce qu'après le premier cffort,
à la cavaleric de Ies
halliers, ott il étoit impossible
poursnivre et nous perdions
ques-uns des nôtres. M. de Neufvi,
toujours quelentre autres une des victimes que j'eus capitaine à
d'artillerie, fut
nos délachemens, pleins de courage, mais regretter. Dès que
posés en grande partie d'homnes trop
trop foibles, et compour pouvoir tenir long-témps la
peu accoutunés aux fatigues
ville, ? les
campagne, se réplioient vers la
manière : de fuyards revenoient cn foule sur leurs pas : ainsi cette
guerroyer nc terminoit rien. Cependant c'étoit la seule
pouvois et devois cmployer;à force de harcelerles
leur tuer du monde et de leur
brigands,
1E
canons qu'ils avoient en
enlever des munitions et des
assez grande quantité, je devois
qu'ils se dégonteroient enfin dun genre de vie dont ils espérer
si pcu d'avantages puisque loin d'avoir aunélioré leur retiroient
il se trouvoient Seniel de tout
sort,
en cas de maladies ou de
secours, ou inême étoient sacrifiés
fautes les
blessures, punis de mort pour les
plus légères, et sounis enfin aux
au despotisme Africain etbarbare des chefs caprices crucls ct
Je regardois,
qu'ils s'étoient closis.
par des
sur-tout, comme bicn important, de les intimider
coups imposans 9 et de prévenir la confiance
roicnt pas manqué de prendre dans leurs
qu'ils n'aulaissé tranquilles, ainsi que la facilité dl'accroitre forces, si je les cusse
ces forces.
blessures, punis de mort pour les
plus légères, et sounis enfin aux
au despotisme Africain etbarbare des chefs caprices crucls ct
Je regardois,
qu'ils s'étoient closis.
par des
sur-tout, comme bicn important, de les intimider
coups imposans 9 et de prévenir la confiance
roicnt pas manqué de prendre dans leurs
qu'ils n'aulaissé tranquilles, ainsi que la facilité dl'accroitre forces, si je les cusse
ces forces. --- Page 43 ---
(15)
Je crus avoir trouvé l'occasion
coup décisif, en allant attaquer les que habitations je cherchois de frapper un
lifet, sur lesquelles j'appris
les
d'Agont et Gaen grand nombre, qu'ils s'y étoient que brigands étoient rassemblés
de canon. J'y marchai
fortifiés et avoient
hoinmes des
en conséquence A la tête d'environ beancoup 1200
Je divisai cette troupes patriotiques et de ligne, avec
troupe en deux
del'artillerie.
M. de Cambefort, et l'autre colonnes, M. de Pine commandée par
Tonnemitiendroit) assez
par
Touzard. J'espérois
per et de
pourme donner le temps de me
que
manonuvmeondinain.) Tattaquer sur tous les points, mais il eut recours dévelop- à
quelques
Deslapprochic dela première
sa
dans les décharges de peu d'effet, il s'enfuit colonne,aprés
mornes voisins, sans qu'il me filt possible précipitamment de le
m'abandonnant n'eus
huit canons et une grande quantité
suivre,
chasseur blessé dans cette
d'effets. Je
y macar seulement une centaine expédition. Les brigands
une quarantaine, dontun
M. de d'houmes, sans compter
la même soirée sur Phabitation chefque le
Cambefort leurtua dans
cédentes, à la tète d'un détachement Normand, de
voisine des préleur enleva aussi une pièce de canon. dragons patriotes, qui
n'étoient Tandis que ces choses sC passoient dans le
les
pas plus heureux dans les entreprises Nord, brigands
fréquemnent poar forcer le cordon delOuest. Ils qu'ils faisoient
repoussés avec perte à la Marmelade, à Plaisance étoient toujours
Margot, par une suite des bonnes
et au Porttange, et par l'activité ainsi quela valeur dispositions de M. de Fonticuliers des postes et des
des commandans
venoit d'être blessé
troupes. Cependant M. de
parn'étois
grièvement dans une de ces
Fontange
pas tranquille sur cette
attaques, et je
donné Pordre
partic ; j'aurois
qu'on y envoyât un renfort de desiré, etj'avois
garnison du Port-au-Prince,
150 hommes de la
demandé
pour completter les 300
Mais les précédemment sous les ordres de M. de la quej'avois
allarmes où lon étoit aussi dans cette Merveillère.
commandant du génie étoit pour lors
à ville, que ce
d'insulte, déterminérent la commune occupé mettre à l'abri
de ce nouvel ordre.
à s'opposer à P'exécution
En effet, lnuit jours à peine étoient écoulés
cement de l'insurrection des esclaves
depuis le commendans le Nord, qu'il s'en
ment sous les ordres de M. de la quej'avois
allarmes où lon étoit aussi dans cette Merveillère.
commandant du génie étoit pour lors
à ville, que ce
d'insulte, déterminérent la commune occupé mettre à l'abri
de ce nouvel ordre.
à s'opposer à P'exécution
En effet, lnuit jours à peine étoient écoulés
cement de l'insurrection des esclaves
depuis le commendans le Nord, qu'il s'en --- Page 44 ---
(16)
étoit déclaré une dans les environs du Port-au-Prince, de mais la d'un ville
différent. Les hommes de couleur libres, tant
genre de la campagne, prirent tout à coup les armes, se postèrent
que à la Rivière Froide et à la Charbonnière, débandèrent les ateliers brudont ils emmenèrent avec eux la plus grande partie, et
sur une étendue d'environ dix lieues, toutes
lèrent ou ravagèrent des mornes, dans lesquelles furent d'ailleurs comles cafféières des blancs, les mêmes excès et les mèmes cruautés
mis à dans l'égard la partie du Nord. L'audace de ces insurgens s'accrut
que
avantages qu'ils remportèrent sur des détachemens
par quelques fit marcher contre eux; ils osèrent menacer la ville de
qu'on Pincendie, , et la plaine du Cul-de-Sac du soulèvement général
des esclaves. Dans cctte extrémité, la paroisse de la Croix-des- le
Bouquets se hâta de signer les lois qu'ils lui imposèrent par
Concordat quejeplace sous la cote no42. Celle du Port-au-Prince
hésita quelque temps; mais enfin elle se vit réduite, pour d'une se
préserver des horreurs d'une guerre civile et du danger
destruction générale, d'acceptor aussi le Concordat no 43,qui
les commissaires des deux parts à la Croix-desfut signé par oû les homies de couleur étoient venus camper au
Bouquets, nombre de plus de 2000, renforcés d'environ 600 esclaves. La
du Mirebalais, où la population blanche est inférieure
paroisse celle de couleur libre, dans le
de un à dix, fit aussi
à
mais
modéré rapport que les précédens; 5 je le
un traité particulier,
plus
ces
que le décret
rapporte sous la cote no 44. Il paroit par des traités, hommes de couleur,
du 15mai étoit le motifde Pinsurrection
et sur-tont celui dont ils réclamoient Pexécution. troubles, se
L'assemblée générale, instruite de ces nouveaux
en
hâta d'y apporter le seul remède qui étoit en sa puissance, les 7 de
témoignant les intentions les plus favorables pour gens
couleur libres,, par son arrêté du 20 septembre, rapporté n'avoit au
no 45. Je savois que le Concordat du Port-an-Prince
pas
rétabli la confiance réciproque des deux partis, et que la proximité du camp dela Croik-des-Houquets, toujours nombreux, saisis tou- le
la ville.Je
jours en état lostile, continnoit d'inquiéter
devoit
moment.ouTarsdté. del'assemblée générale du 20 septembre
sedcit-aplerarimee nia proclamation sousleno 46,
Pattroupement forméà la Croix-des-Bouquets se séparit.
afinque
Cette
Prince
pas
rétabli la confiance réciproque des deux partis, et que la proximité du camp dela Croik-des-Houquets, toujours nombreux, saisis tou- le
la ville.Je
jours en état lostile, continnoit d'inquiéter
devoit
moment.ouTarsdté. del'assemblée générale du 20 septembre
sedcit-aplerarimee nia proclamation sousleno 46,
Pattroupement forméà la Croix-des-Bouquets se séparit.
afinque
Cette --- Page 45 ---
(:7)
Cette proclamation ne fit pas Peffet quej'avois lieu d'en attendrc,
parce qu'elle fut mal interprétée. La paroisse de la Croix-desBouquets craignit de se tronver dégarnie d'un secours qui, dans
la. conjoncture, lui étoit nécessaire pour contenir les ateliers, si
les hommes de couleur P'abnndonnoieni. Je la rassurai par Pexplication que je donnai à ce sujct dans ma réponse no
Mt. de Juméconrt, qui m'en avoit écrit au nom de sa paroisse. 47,a
D'un autre côté, un parti puissant du Port-au-Prince, qui s'étoit
toujours montré opposé au Concordat du 11 septembre, se
valut de ma proclamation pour faire casser ce concordat par
semblée
KE
provizciale, ct y réussit. Mais enfin, après bien des débats et des menaces de part et d'autre, on fit le nouveau traité
que je place sous le no 48. Cette pièce me fut adressée par les
commissaires respectifs qui l'avoient signée 1 afin d'avoir mon
approbation. Leur lettre et ma réponse se trouvent sous leno 49.
En conséquence de ce traité, 1200 mulâtres armés entrèrent au
Port-an-Prince, et y firent le service de concert avec les
nationales et la garnison. Ainsi parut finie une querelle gardes
avoit mis la province de lOuest à deux doigts de sa perte, qui et
qui fut pour moi une source de nouvelles inquiétudes.
J'appris qu'à Léogane, au Petit-Goave, et dans divers autres
endroits de T'Ouest et du Sud, on avoit fait, avec les hommes
de couleur, des traités à peu près semblables à ceux que j'ai
cités précédemiment, et qu'on y avoit arrêté dans le principe
quelques insurrections d'ateliers.
J'ai annoncé plus haut que j'avois envoyé, dès le 24 août,
demander du secours aux colonies voisines. Trois frégates anglaises ne tardèrent pas à m'apporter de la Jamaique quelques
munitions et armes. Dans le même temps, et sur la même
demandequi avoit été faite au gouverneur anglois, parl
blée de POuest, conjointement avec Pétat-major de la place l'assem- du
Port-au-Prince, CC gouverneur y avoit envoyé le vaisseau lc
Centurion, une frégate et une corvette, avec des approvisionnemens pareils; mais pour des hommes, dont nous avions le
plus grand besoin, il s'excusoit de n'avoir pu nous en fournir.
La réponse que je reçus de la Havane m'apprit que je ne
pouvois en attendre aucun secours. On a vu que le gouverneur
de San - Dominguo se bornoit à surveiller sa frontière. Quant
C
-Prince, CC gouverneur y avoit envoyé le vaisseau lc
Centurion, une frégate et une corvette, avec des approvisionnemens pareils; mais pour des hommes, dont nous avions le
plus grand besoin, il s'excusoit de n'avoir pu nous en fournir.
La réponse que je reçus de la Havane m'apprit que je ne
pouvois en attendre aucun secours. On a vu que le gouverneur
de San - Dominguo se bornoit à surveiller sa frontière. Quant
C --- Page 46 ---
(18)
Américains du continent, ils nous ont envoyés 1000 fusils, en
aux
de
et des vivres. je puis dire
quelques munitions guerre
abondance. voilà
de trois mois que, réduità mes seuls moyens,
Ainsi,
près redoutables par leur nombre et leur féroenvironné d'ennemis relâche au-dedans par ceux presque aussi à
cité, inquiété sans
de noircir ma conduite et celle de mes
craindre, qui ne cessent
les plus malignes et les plus
copératents, parlesinerpremntons la difficulté, souvent T'impossibilité de
odieuses, 2 tourmenté par suffisantes, vu la diminution que les
porter par-tout des forces
tant dans les différens chocs
troupes éprouvent journellement, fréquentes et dangereuses dans
que par les maladies, forte toujours raison à la suite de tant de fatigues,
cette saison; et à plus
publique, souvent de concilier
obligé de consulter l'opinion
faire un pas: voilà, dis-je,
mille intérêts divers avantde dans pouvoir la position la plus critique que Pon
près de trois mois que,
contre les efforts multipuisse imaginer, je lutte constamment à la
de cette colonie. Certes,
pliés des monstres acharnés rien perte ; mais si par hasard j'avois
mna conscience ne me reproche se mette à ma place avant de
commis quelque faute, qu'on
mne Au juger. milieu des embarras et des sollicitudes qui m'assiégeoient du cordon
de toutes parts,je ne perdois pas de vue Pimportance Toffensive, dans le
de POuest, tant pour la défensive
pour En
j'avois
momentou je pouvois agir de mon A3uz conséquence, afin de les déterécrit aux hommes de couleur du Gonaives. Mirebalais, J'en reçus la réponse
miner à envoyer du renfort aux 50. Convaincu de Putilité de cette
peu satisfaisante,, numéro
de l'espèce de'celle-ci, par la
classe d'hommes dans une des guerre mnenées ct des ruses des esclaves, et
connoissance qu'ils du climat ont et de la fatigue, je ne ine rebutai pas;
par Phabitude
tous mes moyens pourles réunir aux blancs; numéro
jerésolus donc d'employer de nouveau à ceux du Mirebalais la lettre alloient faire
j'écrivis
enfin la satisfaction d'apprendre qu'ils
51, et j'eus
aux ordres de M. de Casapasser 500 hommes aux Gonaives, de commnander en chefdans ces quarmajor, que j'avois chargé dela blessure de M. de Fontanges.
tiers, en attendant la guérison à Pexécution d'un projet que je médiAlorsje me déterminai
blancs; numéro
jerésolus donc d'employer de nouveau à ceux du Mirebalais la lettre alloient faire
j'écrivis
enfin la satisfaction d'apprendre qu'ils
51, et j'eus
aux ordres de M. de Casapasser 500 hommes aux Gonaives, de commnander en chefdans ces quarmajor, que j'avois chargé dela blessure de M. de Fontanges.
tiers, en attendant la guérison à Pexécution d'un projet que je médiAlorsje me déterminai --- Page 47 ---
(19)
tois depuis long-temps d'attaquer le Limbé, premier foyer de
des
je
la révolte, et un des principaux boulevards
brigands;
chargeai M. de Tonzard de cettc expédition,, en lui enjoignant
de se concerter avec M. de Casamnajor. M. de Joyense; com- de
mandant de la frégate la Prudente, se chargea du transport
la division de M. de Tonzard; laquelle, forte de 61700 homes, M. de
y compris les canoniers du Corps-Royal, commandés par.
Drozain, clef de brigade, après avoir achevé de désarmer ou
d'enclouer les batteries de la côte 2 dont les pièces pouvoient fut
servir aux ennemis, il débarqua aul Port-Margot. Lc succès
complet; M. de Touzard emporta plusieurs retranchemens avec
fussent cette fois là vailpeu de perte de son côté, qmoiqu'ils
ennemis, dont
lamment défendus, tua beaucoup de monde aux
quelques chefs; encloua leurs canons, fit des prisonniers; et,
ce qui mit le comble à sa victoire, délivra une centaine de personnes blanches, la plupart du sexe, ou enfans, qui depuis
deux mois languissoient, détenues dans Péglise ct au presbytère
du Limbé, exposées aux affronts les plus cruels, et n' attendant
à chaque instant que la mort. Au commencement del le
Pordre avoit été douné d'aller les égorger; henrensement
aRatTSTEe
tachement de M. de Touzard, envoyé pour les sauver, arriva
moment
cet ordre barbare alloit être exécuté. M. de
au Casanajor, que descendu en même temps du côté de Plaisance.
força quelques postes importans des rebelles ; ainsi fut balayé
tout le Limbé, et plusieurs ateliers rentrèrent alors dans les
habitations, où M. de Touzard laissa quelques détachemens
aux ordres de M. Drozain.
M. de Cambefort
: Tandis que les choses se passoient au Limbé, cheval,
la
sorti avec environ 500 hommes de pied et de
gardoit
Plaine du Nord et de PAcul, afin d'empècher que les fuyards
n'y, refluassent; il délogea aussi les brigands de tous les postes
qu'ils y occnpoient 2 en détruisit quelques centaines, parmi
lesquels un de Jeurs plus fameux chefs; leur prit du canon, ct
dégagea aussi nombre de prisonniers ; mais au bout de dix jours
de campagne 7 il fallut rentrer pour laisser reposer sa division.
Afin de rendre le succès de cctte expédition plus complet,
j'avois eu dessein de faire garder les passages des mornes vers,
T'Est, par où j'avois lieu de craindre que les rebelles ne péndC ii
en détruisit quelques centaines, parmi
lesquels un de Jeurs plus fameux chefs; leur prit du canon, ct
dégagea aussi nombre de prisonniers ; mais au bout de dix jours
de campagne 7 il fallut rentrer pour laisser reposer sa division.
Afin de rendre le succès de cctte expédition plus complet,
j'avois eu dessein de faire garder les passages des mornes vers,
T'Est, par où j'avois lieu de craindre que les rebelles ne péndC ii --- Page 48 ---
(20)
sur-tout étant chassés du Limbé. M. d'Assas barroit
trassent, ainsi
je Poi déjt dit, à la hauteur de Caracole,
la plaine,
que étoit
nobreuse pour remplir les deux
mnais sa division dès trop avant peu le
de M. de Touzard pour
objets à la fois; et
M. départ de Rouvray, dont la santé
le Limbé, il étoit convenu que de la défense des montagnes, à la
étoit rétablie, se chargeroit inalheureusement, la division de cet
hauteur de M. d'Assas ;
les
officier général ne put être recrutée, et brigands profitèrent
de cette lacune pour se porter dans FEst, où ils ne tardèrent pas
et compris unegrande
de ra vager et incendierles cat@ières,jusques
partie du Canton de Valièrc.
du
du FortDès-lors, les quartiers du Trou 7. derrières Terrier-Rouge, de M.
Dauphin ct d'Onanaminthe, du côté sur Jes du Sud ; et les révoltés d'Assas, ne
se trouvèrent découverts
tardèrent pas à y exercer leurs brigandages.
instruits sans
Les mulâtres et nègres libres de ces quartiers,
doute de ce qui venoit de se passer dans TOuest, profitèrent et ne
de Pinstant pour faire valoir aussi leurs prétentions, répandus assez
craignirent pas d'accréditer les soupçons étoit déjà d'intelligence avec
géneralement contre cette caste 7 qu'elle
dès
auroit
les brigands, en annonçant hautement que fort de qu'en faire cesser
satisfait à leurs demandes, ils se faisoient
Ils
marchèrent sur Ouanaminthe,
les incendies. s'attroupèrent, et forcèrent les blancs de leur
y commirent diverses exactions, munitions
ils camremettre toutes leurs armes et
; après le quoi, Fort-Dauphin
pèrent dans la plaine, menaçant également
et les environs. de la nouvelle que les brigands pénétroient
A la réception de PEst, j'étois enfin parvenu à rassembler
dans les mornes
et les avois fait partir ayant à leur
environ 300 patriotes, commandant je
de ces quartiers, afin qu'ils
tête M. de Céloron,
les brigands,
se portassent dans la montagne, en délogeassent à leurs incursions.
ou tout au moins, couvrissent le pays exposé se seroit trouvé
Ce renfort, s'il se fut rendu à sa destination 7 aux
de
fort à propos pour en imposer en le mêie temps et resta au gens camp
couleur; mais il refusa de gagner hommes morne, de bonne volonté
du Rocou 2 où M. d'Assas proposa aux s'en trouva
70,
de suivre M. de Céloron. Il ne
qu'environ
la montagne, en délogeassent à leurs incursions.
ou tout au moins, couvrissent le pays exposé se seroit trouvé
Ce renfort, s'il se fut rendu à sa destination 7 aux
de
fort à propos pour en imposer en le mêie temps et resta au gens camp
couleur; mais il refusa de gagner hommes morne, de bonne volonté
du Rocou 2 où M. d'Assas proposa aux s'en trouva
70,
de suivre M. de Céloron. Il ne
qu'environ --- Page 49 ---
(21 )
aveclesquels ce dernier pritle parti dese rendrean Fort-Dauphin,
tacher d'y renforcer son détachement ; ct bientôt, tombé
pour sérieusement malade lui-mème, M. de Céloron fut obligé de
se faire transporter au Cap.
Cependant la partie de Valière, déjà entamée, et les quatre
autres paroisses de l'Est que je viens de citer, pressées à la fois,
les homnes de couleur libres et les esclaves révoltés, prirent
RT parti de céderàla nécessité, en se soumettant aux lois que les
premniers leur dictoient; loisdures et à peu près semblables A celles
les hommes de cette caste avoient imposées dans l'Ouest.
8 paroisses devoient s'adresser aussitôt à l'assemblée générale,
afin de P'engager à ratifier les traités qu'elles étoient disposées
à conclure. Maisla nouvelle du décret national du 24 septembre
venoit d'arriver et d'influer sur Ia disposition des esprits.
Fort de cette nouvelle loi, quoique non encore: arrivée officiellement,le public du Cap ne s'occupoit pliagerdahowamtaggecise
promettoit aux blancs, en effaçant jusqu'à Ia trace du préténdu
décret du 15 mai, sans songer combien étoient profondes les
impressions que Pannonce de ce décret avoit fait parmi la
classe qu'il favorisoit, et difficiles à détruire dans des têtes
exaltées par les promesses séduisantes de leurs instigateurs, par
des espérances inattendues, et sur-tout parles succès que venoient
d'obtenir leurs coupables efforts pour soutenir des prétentions
excessives.
L'assemble générale demeura quelque temps balancée entre
cette nouvelle tournure de Popinion publique, ses promesses précédentesaux, gensdecouleur, leur conduiteétmiagettent suspecte,
et les intérêts pressans des Colons des cinq paroisses de PEst;
elle m'invita d'assister à une séance tenue extraordinairement
à ce sujet 1 avec les chefs des corps militaires. Je m'y rendis.
Mon rôle n'étoit pas moins embarrassant que le sien. J'étois
convaincu du danger d'aliéner une caste, dont les secours nous
étoient si nécessaires, et dont la défection totale, si elle avoit
lieu, comme on étoit fondé à le craindre, achevoit d'anéantir
la colonie au mème instant. D'un autre côté, je n'ignorois
des
et intéressés sans doute au
viztns
que gens malintentionnés,
de calomnier le
dre, épioient sans cesse les occasions
gouvernement. Proposer un accommodement avec les hommes de cou-
une caste, dont les secours nous
étoient si nécessaires, et dont la défection totale, si elle avoit
lieu, comme on étoit fondé à le craindre, achevoit d'anéantir
la colonie au mème instant. D'un autre côté, je n'ignorois
des
et intéressés sans doute au
viztns
que gens malintentionnés,
de calomnier le
dre, épioient sans cesse les occasions
gouvernement. Proposer un accommodement avec les hommes de cou- --- Page 50 ---
(22)
eût été, suivant eux, un crime irrémissible; ils eussent
leur 2
les véritables motifs de cette proposition,
écarté malignement auxyeux de la multitude, malheurcusement
et n'enssent présenté
qu'ils y auroient trouvé d'une
trop crédule, que dema Papparence part envers cette classe, contre laquelle
protection marquée
étoient portés à Pextréne. Je ne
les soupçons et Panimosité les fàcheuses conséquences d'une pareille
pouvois me dissinuler le chef du pouvoir exécutif, sur-tout dans
prévention contre
autant d'étouffer tous les germes
un moment oût il importoit
Pensemble au salut commun.
de division, et de faire concourir Passemblée à apporter quelJe me contentai donc d'engager qu'elle m'avoit présenté la veille,
ques modifications à Parrêté convenable dans tout autre temps,
et qui, quoique Pétat parfaitement actuel des choses, en augmentant la défiance
pouvoit dans
envers les blancs, occasionner de noudes hommes de couleur
cet arrêté modifié, en date du
veaux malheurs. Japprouvai
sous la cote numéro 52.
5: novembre, et tel qu'il est d'ajouter rapporté à cette pièce son adresse
T/assemblée jugea à propos le numéro 53, et jy joignis ma produ 7, que du je place 13, cotée sous numéro 54.
au
clamation
de
je me disposai à aller moi-mème
Non content cela,,
contribner
Fort-Dauphin, persnadé que ma présence Passemblée pourroit générale,
à accélérer la pacification 3 j'en prévins du roi ne fut compromis
qui parut craindre que le représentant
nécessité de mener
cette démarche. Jc sentois parfaitementla
n'ayant pu
par moi des forces capables d'en imposer ; aussi, une division
avec dans toute la ville du Cap, de quoi former
trouver
cens hommes, je fus contraint d'abandonner
de trois à quatre
M. de Touzard à la tête sculement des
ce projet, et d'envoyer
secourir le Fort-Dauphin, de
chasseurs de son régiment, pour
rassembler. habitans sde ce quartierqu'il pourroity
concert aveclos)
fus instruit que le camp de M. d'Assas,
Sur CCS entrefaites, 2 je
le retour successif dans leurs
au Rocou 2 s'affoiblissoit 2 par du Cap, qui en composoient
foyers, des troupes Ce patriotiques réduit à une centaine d'hommes 2
la majeure partic, camp, Pobjet
lequel il avoit été formé,
pour
ne pouvoit plus remplir simple poste de défensequi ne remédioit
ct ne devenoitplusqu'ans les
étoient libres sur ses flancs.
plus à rien, puisque passages
2 je
le retour successif dans leurs
au Rocou 2 s'affoiblissoit 2 par du Cap, qui en composoient
foyers, des troupes Ce patriotiques réduit à une centaine d'hommes 2
la majeure partic, camp, Pobjet
lequel il avoit été formé,
pour
ne pouvoit plus remplir simple poste de défensequi ne remédioit
ct ne devenoitplusqu'ans les
étoient libres sur ses flancs.
plus à rien, puisque passages --- Page 51 ---
(a3)
Comment d'ailleuirs entretenir désormais la commuication de ce
poste avec Caracole, la senle par laquelle il pouvoit vecevoirdes déterrafraichissemens et des mmnitions? Ces considérations me
soumises
minèrent : à faire part à M. d'Assas de mnes idées,
les
toujours à ce qu'ili croiroit mieux 7 parce qu'il étoit sur
lieux. Jelui proposai donc d'écrire de nia part & M. de Rouvray, de
lui offrir le reste de son monde, et
aul Terrier-Rouge 2 pour
avoir enlevé le canon et
revenir de sa personne an Cap; après
encore Pidée,
détruit les ouvrages dn morneàl Becli;jeluidonnai
ses cent
après la destruction des ouvrages de se porter a vec seroit
hommes environ au bourg du Teds oir j'imaginois qu'il
moins à découvert. Enfin, je Pengageois à prendre un parti
mais de ne pas compter surlesecours du Capry-yaatingeasbilite
de lui en procurer. avoir écrit à M. de Rouvray, 1
n'accepta
M. d'Assas, après
les
du morne qui à Becli,
pas sa proposition., détruisit
ouvrages d'où il l'a fit
an
emmena son artillerie à Caracole,
passer du
Cap.
Il envoya au Fort-Danphin son petit détachement réginent
du Cap, et revint de sa personne au Cap. Cet officier a fait pour
le mieux, et j'en suis si convaincu;
j'en aurois je crois fait
cn sa
menacé comme il
d'être abandonnéd'am
Henl
autant
place, les
avoit avec lui.
moment à P'autre par citoyens Rocou qu'il été vivement
Cette évacution du camp du
a
critiquée, Trou
parce qu'il est en effet arrivé que plusieurs habitations du
ont été incendiéos bientôt après Péloigneet du Terrier-Rouge 2
me dispenser de la défendre
mnent de M. d'Assas; je pourrois
maisj'en
cette évacuation, puisque je ne Pavois pas ordonnée;
appelle à tout militaire qui voudra juger avec impartialité les cir- 2
si cette opération n'étoit pas impérieusement nombre dictée par d'hommes
constances, et s'il convenoit de laisser un petit
de canons ainsi isolés et exposés
et une assez grande quantité
dans
où un
à être enveloppés de tontes parts,
Pimpossibilité de les secourir.
dénuement presque absolu de forces me mettoit
et c'est
M. de Rouvray lui-mème revint chercher du renfort,
avec du tempsete des peinesinfinies que l'on est parvenn: à rassem- 80
bler, en troupes soldées 9 mmatelots et mulâtres, environ
à
ordres de M. Pageot.
honmes > que j'ai envoyé Jacquesy,aux
à être enveloppés de tontes parts,
Pimpossibilité de les secourir.
dénuement presque absolu de forces me mettoit
et c'est
M. de Rouvray lui-mème revint chercher du renfort,
avec du tempsete des peinesinfinies que l'on est parvenn: à rassem- 80
bler, en troupes soldées 9 mmatelots et mulâtres, environ
à
ordres de M. Pageot.
honmes > que j'ai envoyé Jacquesy,aux --- Page 52 ---
(24)
Il s'est joint à ce petit secours environ 120 citoyens blancs et
de couleurs, pour protéger ces quartiers. survint pour moi une nouvelle
A Pépoque ou ceci SC passoit 2 inattendus. Dans les premiers
source d'embarras et de chagrins Passemblée
n'avoit
momens de la révolte des esclaves,
générale nouvelle
de bâtimens
aller en porteria
pas voulu se dégarnir
pour n'avois pu en instruire le
en France et à la Martinique, etje lui adressaile 2 septembre 9 par
ministre, que par lettre ne je fut que le 13 du même mois que,
voie de la
dtt
la
Jamaique.
un aviso à M. de
de concert avec Passemblée 7 je dépéchai
me
Béhague, pour lui demander tous les secours qu'il pourroit France
Les dépèches de l'assemblée et les miennes pour
procurer.
le 16 sur un bâtiment de commerce. Le paquetne partirent
fut contrarié dans sa traversée ; tout
bot envoyé à T Martinique
avoir de nouvelles, et déjà
le mois d'octobre se passa sans en
choix
du
Pimpatience du public m'accusoit du mauvais enfin prétendu une
bâtiment expédié pour cette mission. Il revint
après poudres,
absence de cinquante-deux
m'apporta Parrivée quelques prochaine
de la part de M. Béhague,
ITTL
et m'annonça, TEole, commandé par M. de Girardin; dela frégate
du vaisseau montée
M. le commandeur de Villevieille; ; et
la Didon,
par le
de provisions dont il avoit PH
du bricq le Cerf, avec peu
dont il
mais point de troupes 1 2 n'en ayant plus
se dégarnir ;
bâtimens mouillèrent dans la
disposer. En effet, ces trois
des
pàt du
le 16 novembre après - midi. Je savois que
rade Cap,
de Saint-1 Pierre de la Martinique, sur des
émissaires venus
ici sourdement des bruits
bâtimens de commerce, répandoient de M. de Béhague et de tous ses
désavantageux sur le compte
d'avoir rétabli et d'exercer
coopérateurs. On taxoit ce général
d'aristocratic,
Pancien régime ; on Paccusoit de despotisme 2 de
perfide
et de tout ce que la méchanceté fureur peut inventer ; plus mais j'étois
de
à exciter la
populaire
et
plus propre
calomnies fissent, à une aussi
loin d'imaginer que ces indignes assez: forte pour en faire réjaillir
grande distance, une impression ceux
venoient à notre secours.
les funestes effets jusque sur
qui
de
L'assemblée générale, clle-même, à laquelleilavoit étéproposé des bâtimens
faire prèter le serment civique à Pétat - major
annoncés,
is
de
à exciter la
populaire
et
plus propre
calomnies fissent, à une aussi
loin d'imaginer que ces indignes assez: forte pour en faire réjaillir
grande distance, une impression ceux
venoient à notre secours.
les funestes effets jusque sur
qui
de
L'assemblée générale, clle-même, à laquelleilavoit étéproposé des bâtimens
faire prèter le serment civique à Pétat - major
annoncés, --- Page 53 ---
(25)
annoncés, avoit juge cette précantion inutile, puisque cet état
majoravoit déjà, saus doute, rempli cette formalité en Europe O1
aux iics du Vent, ct déplacée vis-à-vis d'officiers distingués
qui venoient offrir-leurs services à la colonie,
Malheurensement le 17 au matin, quelques jeunes gens de
la Didon, ayant déjetné terre, tinrent des propos très-inconsidérés,
occasionnèrent quelques rixes particulières. Il y eut
des
; et P'un d'eux lque Pon nomma fut
GAtiLs
aussitôt,
mon ordre, conduit à M. de Ginardin, qui le fit mettre à
fosse
P:
aux lions. Comme Pimprudence de ces jeunes gens n'étoit
probablement qu'un prétexte saisi avidement par quelques
sonnes apostées pour tromper la multitude, mallieurememont pertrop crédule, et faciliter l'exécution d'un desscin, prémédité de
loin; ; cette punition n'appaisa pas la rumeur. M. de Villevielle,
étant descendu dans l'après-midi avec plusieurs officiers de son
état major, ces officiers se trouvèrent enveloppés d'une foulc
considérable ; ils furent insultés, frappés, mnenacés de la lanterne, et enfin, par composition. : entrainés à P'assemblée générale. M. de Girardin étoit chez moi avec quelques officiers de
son bord, lorsqu'on vint me rendre compte de cet événement.
Son premier mouvement fut de desirer de retourner aussitôt à
bord, mais dans le moment d'une aussi grande effervescence
il cit fallu lui donner une escorte pour sa sureté; et outre
ne
qu'il
mne restoit pas cent hommes au quartier, je craignis de tout
compromettre 7 si j'employois CC moyen. Je préférai d'aller à
l'assemblée générale, qui dans cette crise, veiloit de se réunir
avec Passemblée provinciale, afin de concourir. avec elleà tâcher
de calmer les esprits. Je trouvai une galerie nombreuse et les
têtes montées à un point étonnant. M. de Girardin ne tarda
pasà m'y suivre, seul de son corps, espérant par cette conduite
frauche ramener la multitude, ct détruire d'odicuses préventions.
Il voulut exposer que son zèle seul pour la colonie Pavoit amené
dans ces parages. Mon commandement de la station de la Martique, dit-il, me dispensoit de ce voyage; mais colon comme
vous, j'ai desiré,J'ai sollicité de voler au secours de mes frères...
Il ne put achever, les cris, les huées de la galerie le forcèrent
au silence. Ce tumulte dura pendant le reste de la
et
enfin, il fut décidé que l'assemblée délibéreroit Sur soirée, les inculd
colonie Pavoit amené
dans ces parages. Mon commandement de la station de la Martique, dit-il, me dispensoit de ce voyage; mais colon comme
vous, j'ai desiré,J'ai sollicité de voler au secours de mes frères...
Il ne put achever, les cris, les huées de la galerie le forcèrent
au silence. Ce tumulte dura pendant le reste de la
et
enfin, il fut décidé que l'assemblée délibéreroit Sur soirée, les inculd --- Page 54 ---
(26)
contre les officiers de marine, et qu'en attendant même M. tous de
pations
se trouvoient présens 7 ct
ceux de ces officiers qui dans Penceinte des bâtimens de Pas-:
Girardin, demeureroient
semblée, sous une garde patriotique. navré de cette scène déscsJavone que je fus profondement d'en témoigner ma sensibilité
pérante. Je ne pus m'empècher fis le lendemain matin à Passemblée,
dans la réponse que je
à Parrêté, par lequel elle m'enpour me dispenser les d'acquiescer arrêts aux officiers de I marine, détenus dans
gagea d'ordonner
et it ceux qui se trouvoient à bord des
la maison comnune, arrivés. L'assemblée répondit qu'elle
bâtimens nouvellement
la maison commune, sous
m'avoit entendu retenir ces Messieurs,à à la furenr du peuple.
bonne garde,
pour les soustraire
se répétoient d'un
Tandis que fRu plus horribles imprécations officiers, d'infabout à Pautre de ia ville contre ces malheureux
les
du désordre, de vils suborneurs travailloient
mes partisans de l'Eole et de la Didon. Déjà les matelots courent
équipages
contre leurs chefs; ils ne veulent
en foule déposer à lassemblée renvoi de tout leur état major, à Pexception
rien moins que le de Girardin et d'un oul deux autres. De ce
cependant de M.
avoir prètéle sernient civique,
moment, ce commandant, autres après officiers n'ont été relâchés qu'au
fut libre de se retirer. Les
sollicitations réitérées; et
bout de plusicurs jours, d'après mes dans sa prudence qu'on
T'assemblée a jugé
sans doute, lorsque les faire sortir et les reconduire à bord.
ponvoit sans danger
des commissaires de Passemblée, sous
ils Pont été en effet, par
mais non à bord de la Didon,
une escorte de la garde nationale,
violent pour qu'ils
où Pinsurrection étoit portée à un point trop
risques.
reparoitre sans courir les plus grands
Girardin
pussent y
M. de
La fermentation: n'étoit pas moindresurlEole. place sous la cote no 55,
m'adressa un procès-verbal, que je
constate les excès affreux auxquels son équipage paroissoit
qui
Ce
2 avec son état
disposé à se porter. commandant les armes, barricadé dans
Th
avoit passé la première nuit sons
la violence par la force.
grande chambre, et prèt à repousser furent alors installés à son
Deux comnissaires de lassemblée mutins, et de les contenirj jusqu'à
bord, afin d'en imposer aux
ce qu'on eût trouvé le moyen de les appaiser.
ate les excès affreux auxquels son équipage paroissoit
qui
Ce
2 avec son état
disposé à se porter. commandant les armes, barricadé dans
Th
avoit passé la première nuit sons
la violence par la force.
grande chambre, et prèt à repousser furent alors installés à son
Deux comnissaires de lassemblée mutins, et de les contenirj jusqu'à
bord, afin d'en imposer aux
ce qu'on eût trouvé le moyen de les appaiser. --- Page 55 ---
(27)
Ce moyen étoit unique 2 puisqu'il falloit de tonte nécessité
séparer les officiers d'avec les mécontens. Mais pour ccla, 2 il y
avoit deux partis à prendre : celni de faire partir les officiers sur
Le premier
un bâtiment particulier, edaitaoyertoplagere) hautement
plus facile, sans doute, puisqu'il étoit demandlé
desiroient par
la commune ct par les équipages, et que les officiers de laisser sans
tous de se retirer 2 avoit Tinconvénient de majeur Pétat. Je préférai le
conmandans deux batimens précieux
second. En conséquence, j'ordonnai que les matelots ct canonniers de lEole ct de la Didon, qui ne voudroient pas continuer être
la campagne, vinssent s'inscrire au bureau des classes pour
débarqués, et employés avec leur solde et le traitement en vivres
destroupes de terre, dans les différens postes ou camps qui leur
seroient indiqués. Cet ordre fut exécuté, quoique avec quelques
difficultés. Et eesnonveaussoldats, gardésp spendantquelques les divers jours
eil lieux de sureté, ont été peu à
conduits dans
postes qui avoient le plus besoin E renfort.
Afin d'achever d'appaiser la rumeur publique, qui se ranimoit
par intervalle et venoit de me procurer une députation assez les
nombreuse. 2 sous le nom de la communc, je fis embarquer été mis
jeunes gens qui avoient déjeiné à torre, et qui avoient
la
en prison 7 dès qu'ils avoient été connus 2 sur la corvette
France 2 afin qu'elle les remit au
Fanvette, de que Passemblée j'expédiai nationale pour
et du roi. Malgré cela, on
jugement vouloit encorele renvoi de tous les officiers, et qnelques districts
desarrètés
avoient
à cet effet. Je ne
me firent rennettre
qu'ils
pris
concevois plus d'autre remède contre un pareil acharnement,
que de renvoyerlEole ct la Didon à la station de la Martinique,
ces bâtimens fussent dégarnis de la plus grande partie
trtm leurs équipages. Mais les nouvelles allarmantes reçues de
I'Onest, ont déterminé Passemblée générale à m'engager, par un
arrêté, de garder ces vaisseaux qui pourroient devenir nécessaires
dans les calamités dont cette province se trouve encore menacée..
J'ai parlé pnécdemmentdela nouvelledu décret du 24 septembre,cedécreim'est elletivementarivéle 20 du mois denovembre,
parla corvette le Serin. Sa publicité a causéla plus vive fermentation parmiles) hommes de couleur. Ils ont osé menacer à SaintMarc, de tout mettre à feu et à sang, si on promulgue cette
dij
êté, de garder ces vaisseaux qui pourroient devenir nécessaires
dans les calamités dont cette province se trouve encore menacée..
J'ai parlé pnécdemmentdela nouvelledu décret du 24 septembre,cedécreim'est elletivementarivéle 20 du mois denovembre,
parla corvette le Serin. Sa publicité a causéla plus vive fermentation parmiles) hommes de couleur. Ils ont osé menacer à SaintMarc, de tout mettre à feu et à sang, si on promulgue cette
dij --- Page 56 ---
(28)
loi. Le Port-au-Prince n'est pas plus tranquille,
catastrophe la plus affreuse. D'un autre
on y craint la
plusieurs centaines de brigands ont
côté, on annonce que
les hauteurs
pénétré par PEspagnole dans
Puisse
del'Artibonite, et surla paroisse dela
cette nouvelle ne pas se vérifier!
Petite-Rivière.
Tel cst l'état, de plus en plus déplorable où
colonie, au moment où l'on m'annonce
se trouve la
Commissaires nationaux,a attendus
l'arrivée de MM. les
belle, la plus fertile de ses trois depuis si long-temps. La plus
à la férocité de cent mille
provinces, celle du Nord,1 livrée
depris plus de trois mois monstres déchainés, luttant en vain
débris
pour arracher à ces barbares
de ses possessions incendiées, et
quelques
des efforts inouis,
pouvant à peine,
les
malgré
anenacent la ville du repousser
torches et les poignards qui
genre
Cap ; ses finances et ses ressources en tout
des épuisées; ses citoyens moissonnés en foule, 7 ou par le fer.
fatigues assassins, ou dans les combats 2 ou par les suites de leurs:
tout à excessives; du faite et ceux qui survivent à tant de maux, tombés
profonde coup
de P'opulence 2 dans Pabime de la
misère. La province del'Ouest, déjà cruellement plus
dans quelques-uns de ses
et exposée d'un frappée:
Pautre à éprouver les mêmes quartiers, désastres dans
instant à
Enfin, celle du Sud, en
toute son étendue..
plus fondées
proie aux alarmes les plus vives, les
dévastateur 2 attendant avec effroi le inoment oùt le torrent
fondra à son tour sur elle.
d'horreurs MM, les Commissaires frémiront surement au récit de tant
commises 7 etde celles qui sont prêtes à se commettre.
hrtboonepdtitmaint gémir surles
dont les funestes convulsions achèvent d'ébranler divisionsintestinns,
ses bases cette malheureuse colonie !
dans toutes.
Mais que dis-je? La présence de MM. les
un bienfait, qui doit ranimer nos espérances et Commissaires notre
est
qui va tarir la source empoissonnée des haines et des animosités courage;
particulières, en rassemblant tottes les
sous
sacré des lois sages qu'ils nous apportent. opinions Secondés l'étendard.
bienfaisantes de Passemblée générale, ils vont
par les vues
que je concourerai de tout mon zèlea faire annoncer ces lois
tous les citoyens animés d'un même
respecter. Dis-lors,
pourle bien général, jouissant dela esprit, dun même amour
paix intérieure,et ne voyant:
animosités courage;
particulières, en rassemblant tottes les
sous
sacré des lois sages qu'ils nous apportent. opinions Secondés l'étendard.
bienfaisantes de Passemblée générale, ils vont
par les vues
que je concourerai de tout mon zèlea faire annoncer ces lois
tous les citoyens animés d'un même
respecter. Dis-lors,
pourle bien général, jouissant dela esprit, dun même amour
paix intérieure,et ne voyant: --- Page 57 ---
(29)
plus dans leurs frères que des anis, réuniront à l'envi Teurs'
efforts contre Pennemi commun 5 et s'ils ne parviennent pas à
le rentrerfaire dansledevoir, ils arrêtcront du moins ses progrès
destructeurs, en attendant lcs secours que la métropole ne peut
désormais tarder de nous envoyer.
Je termino ce mémoire sans m'étendre davantage en réflexions,
scroient inutiles. MM. les Commissaires déméleront assez
: la marche progressive des événemensqueje viens
et se sont
ce jour, 2 P'origiue de ces
Actmm
qui
passés jusqa'à
et la liaison que peuvent avoir ontr'ellesles causes compliquées,
dont les effets ont été si finestes. Je nc puis cependant m'empêcher de remarquer, commc un problème difficile à résoudre,
ia grande consommation de poudre que les esclaves ont faite
dans lcs chocs nombreux qui ont eu lien depuis trois grands
mois que dure leur révolte, sans qu'ils paroissent aujourd'lmi
dépourvus de cette espèce de munition. Il n'est pas probablequ'ils en aient trouvé cette quantité dans les habitations qu'ils
ont pillées. Qui donc leur en a fourni?
m'ont
J'ai passé souS silence divers incidens, ou qui ne
ou qui auroient
m:
paru d'une grande importance,
interrompi
fil de la narration. Il en est deux du nombre de Ges deraiers,
que je crois devoir la raporter fermention ici.
eut licu an
dans les
Le premier est
qui
Cap
premiers jours de Pinsurrection des esclaves. Le peuple es'en prit
aux gens de coulenr libres. Hniton dix de cenx-ci furent immolés
à la fureur publiqne; le carnage alloit devenir général, et pentêtre entrainerla destruction dela ville ontière, quand, en passant
hasard, avec M. de Cambefort dans la rue, ct an moment
par
nous fàmes assez heureux.
ou cette scène tragique commençoit,
pour appaiser et arrêter la rumenr.
fimes au
du
Le second incident est la perte que nous
camp
Rocon, d'une compagnic d'hommes de couleur. Cette compagnie
se trouva enveloppée avec son capitaine, M. Charpentier, par"
un parti de brigands, sans qu'on ait su si c'étoit vraiment une'
surprise on un iait exprès, et sans qu'on en ait ei depuis d'autresnouvelles, 2. que celle de la mort de ce brave capitaine 1 que le:
chef des brigands ft égorger.
les téntoiIl me reste àrendre devant MM. les Commissaires,
Rocon, d'une compagnic d'hommes de couleur. Cette compagnie
se trouva enveloppée avec son capitaine, M. Charpentier, par"
un parti de brigands, sans qu'on ait su si c'étoit vraiment une'
surprise on un iait exprès, et sans qu'on en ait ei depuis d'autresnouvelles, 2. que celle de la mort de ce brave capitaine 1 que le:
chef des brigands ft égorger.
les téntoiIl me reste àrendre devant MM. les Commissaires, --- Page 58 ---
(30)
gnages honorables que méritent les troupes
et
ligne qui ont mnontré autant de zèle que de patriotiques dans de
gnerre contre lcs révoltés. Je voudroispouvoir courage
la
de tous ccux des premiers de ces troupes
rappeller les noms
dans les différentes
qui se sont distinguées
attaques, telsque MM. Dubuisson,
ct Verdier, qui ont valeureusement combattu et défendu Valerot
camps dont ils ont eu le commandement. Mais comme le
les
pn est trop grand, je ine borne à dire en
noinbre
ont bien servi, et que le plus souvent leur général que ces troupes
besoin d'être rallentie qu'excitée. Le zèle ct l'activitéde ardeur a eu piutôt
ban, leur commandant, m'a aussi été du
M. DalJe n'ajouterai rien à ce que j'ai déjà dit plus dans grand le cours secours. de
mémoires, des différens chefs militaires
CCs
citer. Leur conduite a été constainment que celle j'ai eu occasion de
d'attendre d'officiers
qu'on a le droit
tés
expérimentés et doués de toutes les
guerrières et civiques; ils ont été pariaitement
qualiles officiers à leurs ordres. Le régiment du
secondés par
à ses principes d'ordre et de
Cap, toujours fidèle
possible,
bravoure et subordination, a surpassé, 7 s'il est
parsal
sa constance,
des
excessives et continuelles, la bonne opinion àsupporter avoit fatigues
de lui avant la guerre. Le corps royal de l'Artillerie qu'il
n'a donnée
mnontré moins de boune volonté et de valenr. Son service,
dirigé par M. de
vtea
été
Pommeirols, et conduit par d'excellens officiers, a
exécuté avec toute l'activité desirable. Ces deux
soldats Corps ont beaucoup souffert et perdu, tant en officiers
? ou tués ou mnorts des suites de leurs
M. de Neufvy,
fatigues.
8et
l'ai dit
capitaine d'artillerie, qui ia ététué, ainsi que je
été précédemment, M. Nadal, lieutenant du même
a blessé dans une sortie, ainsi que M. de
nant au
du
Mansuy,
hiectes
régiment Cap. MM, du Génic ont
à mes éloges, et particulièrement M. de Vilaire, également l'activité droit
soutenue et P'intelligence avec lesquelles il a fortifié pour les divers
postes veillere qui couvrent la ville du Cap, tandis que M. de la Mernécessaires étoit retenu au Port-au-Prince pour diriger les travaux
à la sureté de cette dernière. MM. de la
royale ont aussi rendu des services importans
la célérité Marine
leurs mouvemens sur mer, et par les services par ont
de
à la terre. Parmi tous les officiers de ce
qu'ils
fourni
Corps qui ont concourn
lesquelles il a fortifié pour les divers
postes veillere qui couvrent la ville du Cap, tandis que M. de la Mernécessaires étoit retenu au Port-au-Prince pour diriger les travaux
à la sureté de cette dernière. MM. de la
royale ont aussi rendu des services importans
la célérité Marine
leurs mouvemens sur mer, et par les services par ont
de
à la terre. Parmi tous les officiers de ce
qu'ils
fourni
Corps qui ont concourn --- Page 59 ---
( 31) )
avecle même empressement à la défense communc, je dois détache- nomJnCr' M. de Loz, qui a conmmandé en premnier lien le
ment posté an mnorne et à Phabitation Saint-Michel, et qui par
sa vigilance, etla ferneté de sa troupe,
ses boies dispositions, arraché cette habitation à la furcur des bria, Pon peut dire,
de TOucst, M. de Souquet,
gands. D'un autre côté, an cordon à la tête d'un détachement de
capitaine au régiment d'Artois, de Normandie, auquel se sont joints,
son bataillon ct de celui
défendu les postes de
les habitans de ce quartier, a parfaitenient
M. d'Ala Marmeladedont il a le commandemnent particulier. été
chon, officier au bataillon de Normandic, avoit couleur précédenment blessé dans un combat contre les gens de
auprès
J'avoue
le
tribut d'éloges et de redu Port-au-Prince, rends à toutes juste les troupes soulage mon
connoissance que je
SAT
etqu'il m'cst bien douxden'avoirau mnoins sur cet article
coeur, du bien à dire de tout le monde.
que Enfin je dois faire mention de ceux des hommes de couleur
libres qui ont fidèlement marché et combattu sous nos drapeaux. sont
Ceux-la du moins, par leurs bons et loyaux services, se
rendus dignes des bienfaits de la nation. Puissent les récompenses
lcs attendent ouvrir les yeux à leurs frères égarés, et Jes raqui
n'eussent
da méconnoitre!
inener à des sentimens qu'ils
jamais
Au Cap, le 28 novembre 1791.
B1 L ANCHELA N D E.
P. S. Tandis que ce mémoire est à l'impression, je reçois
Paffreuse nouvelle que la terrible catastrophe que l'on redoutoit
est arrivée le 21 de ce mnois, malgré les efaul forts Port-au-Prince, des chefs civils et militaires pour l'empêcher 7 et qu'à Ia
suite d'un cloc meurtrier entre les citoyens et les hommes de
couleur, le plus riche quartier, sur près del la moitié de la superficie de cette ville, a été totalement incendié.
E R RATA.
Page 23, ligne
au lieu de dans le sein de l'assemblée,
lises dans le sens a21 l'assemblée.
21 de ce mnois, malgré les efaul forts Port-au-Prince, des chefs civils et militaires pour l'empêcher 7 et qu'à Ia
suite d'un cloc meurtrier entre les citoyens et les hommes de
couleur, le plus riche quartier, sur près del la moitié de la superficie de cette ville, a été totalement incendié.
E R RATA.
Page 23, ligne
au lieu de dans le sein de l'assemblée,
lises dans le sens a21 l'assemblée. --- Page 60 --- --- Page 61 ---
PIE CES
DE MON MÉMOIRE.
A DAPPUI
N U M É RO I.
des Volontaires patriotes du Port-au-Prince, à
ADRESSE
du Gouvernement
M. de Blanchelande; , liantienant-général
de Saint-Domingue.
MONSIEUR LE GÉNÉRAL,
Ex arrivant dans la Colonie, vous avez connu les agitations qui la
troubloient. Les principes de M. le comte de Peinier vous ont frappé
parleur sagesse ; vous avez annoncé que vous les adoptiez avec à notre les plans comqu'il avoit suivis. Vous avez bien voulu manifester ensuite cru devoir
pagnie VOS sentiments à cet égard , cependant vous avez
tenter des voies de conciliation qui causent aujourd'hui nosi inquiétudes. elles
Nous venons, M. le Général, vous communiquer nos doléances, ils
sont occasionnées par les mouvements des ennemis du bien public; de leurs
s'étayent hautement de votre protection , ils échauffent les têtes
et les excitent ainsi à la révolte.
partisants, 7 qu'ils trompent, vous taire
long-temps, non pas nos craintes 7
Nous ne pouvons
plus
alarmes
nous
nous n'en avons jamais eu, mais nos justes
? parce que
voyons se ralumer un foyer de haine et de discorde , qui ne peut que
présager de nouveaux le malheurs. Général,
votre silence à notre égard;
On' interprète 3 M.
jusqu'à votre affabilité de votre accessibion calcule les effets et les suites de
Les
lité pour toutes les députations qu'on vous envoie journellement. les agents des
unes sont composées de femmes devenues aujourd'hui autres sont forfauteurs de la ci-devant assemblée de St-Marc, et les
attachées aux districts de cette ville, qui
mées par quelques personnes
se rendent furtivement auprès de vous.
et avec ceux
Vos conversations avec ces différentes députations ,
les lettres qui,
parmi les districts 7 vons approchent plus particulidrement s'il faut les ; en croire,
que vous leur écrivez sur différents objets, sont, former des clubs dans
autant de triomphes, dont ils se targuent ponr
c'est-là
tous les coins dela ville, c'est-là que tout se communique
que
tout s'interprète en faveur de ceux' dont vous avez annoncez que vous
rejettiez les principes , c'est-là qu'ils publient avec une affectation pera
qui,
parmi les districts 7 vons approchent plus particulidrement s'il faut les ; en croire,
que vous leur écrivez sur différents objets, sont, former des clubs dans
autant de triomphes, dont ils se targuent ponr
c'est-là
tous les coins dela ville, c'est-là que tout se communique
que
tout s'interprète en faveur de ceux' dont vous avez annoncez que vous
rejettiez les principes , c'est-là qu'ils publient avec une affectation pera --- Page 62 ---
(2)
et
tiennent de vous
fide que votre opinion leur est favorable,. doit les faire qu'ils sortir de T'engourdissel'assurance d'uné protection la qui
de leur conduite. Delà l'arroment où les avoit réduite vis-à-vis turpitude les membres de notre compagnie, delà
de leurs manières delà des menées sourdes dont nous sommes l'objet,
Er propos insultants, nouvelles et clandestines auprès des soldats du régidelà des tentatives
la bonne foi, en voyant votre éloignement, dont on espère tromper volontaires
leur peint comme devenus
ment pour leurs amis 9 les
delà cette qu'on affluence d'étrangers qui se
les objets de votre improbation avoir abandonné les lieux oi ils ne
replient dans cette ville lcurs après
delà enfn les menaces d'un
péuvent plus exercer
brigandages,
choc prochainM. le
vous exposer des fantômes, 9
Nous ne venons point,
Général, et dont nous sommes certains 3 parce
nous analysons des faits positifs, sous nos yeux ; nous pourrions vous en
qu'ils se passent journellement mais ceux nous avons rapportés nous
citer un plus grand nombre, 9 connoître fermentation qui règne dans
faire
1re
paroissent suffisants pour chacun de nous séparément peut vous dire ce qu'il
la ville 5 au surplus,
recueillant ces différents récits, ilen
a vu, ce qu'il a entendu, et en laisse
de doute surles projets des
résulte un ensemble, qui ne
plus sauriez trop vous défier; Ates
sonnes mal-intentionnées dont vous ne
le comte de Peicherchent à vous tromper 9 comme elles ont trompéM. dévoiler les piéges qu'ils
nier , à qui nous nous sommes réunis de la pour personne du roi, et traverser
avoient osé tendre au représentant
leurs desseins atroces. doute vous dire, M. le Général, ces hommes perIls osent sans
2 bon ordre
dans tous les quartiers de
que 1 paix et le
règnent la nuit. Ils vont même jusKhd la
soit pendant le jour, soit pendant soumission la décision de Fasqu'à vous assurer qu'ils attendent avec discours sont fallacieux ; cette présemblée nationale ; mais tous ces
sont autant de perfitendue tranquillité, cette prétendue résignation et n'attendent que F'occasion
dies. Ils veillent toujours les méchants, nous avons à cet égard une expéde inontrer ce dont ils sont capables faire prendre le change. Nons avons
rience malheureuse qui affreuses ne peuti nous arrivées dans cette ville. La veille inême
été témoins des scènes
dernier 3 le calme paroisde l'événement de la nuit du 29 au juillet le secret le plus profond
soit régner parmi tous les citoyens 7 parce que s'est faite tout-à-coup;
couvroit les trames de nos ennemis. L'explosion violents
guérir un mal dont
il a fallu alors employer des remèdes
pour
on n'a pas encore extirpé toutes les racines. Phonneur de vous dire, M. le
Vous pouvez croire à ce que nous nouveaux, avons
et le
que
des
Général ilse fomente troubles
rapprochement timpossible
la bonté ac votre coeur cherche à opérer, rapprochementi est la cause de la At
que nous même avons tenté tant de fois en vain , ; vOS efforts pour Y
mentation qui se renouvelle en çe moment critique
a fallu alors employer des remèdes
pour
on n'a pas encore extirpé toutes les racines. Phonneur de vous dire, M. le
Vous pouvez croire à ce que nous nouveaux, avons
et le
que
des
Général ilse fomente troubles
rapprochement timpossible
la bonté ac votre coeur cherche à opérer, rapprochementi est la cause de la At
que nous même avons tenté tant de fois en vain , ; vOS efforts pour Y
mentation qui se renouvelle en çe moment critique --- Page 63 ---
(3)
parvenir sont devenus le principe du feu que soufflent et
nent les ennemis du bien public.
qu'entretienVous nous direz sans doute M. le Général,
vous ne
vons opposer aux prétentions des districts, sur 2C objets de leurs pouvez ni
rances 7 et leur défendre de se parer des inarques
la nation à espé- consacrées ; nous ne demandons pas de tels sacrifices, lis. seroient
mais ce nous devons vous observer avec la franchise nous injustes; caractérise, do ces assemblées qui se tiennent dans la qui ville, qui s'y
multiplient, que M. le comte de Peinier, mu par des motifs de
assemblées tranquillité publique 2 avoient défendues ; c'est, disons-nous, que ces
sont (ilslepublient thantement) étayées de votre autorisation.
Après M. le avoir rendu hommage aux mesures sages et vigoureuses
par ral, la comte de Peinier, vous approuvez sans doute, M. le Géné- prises
Notre conduite de ceux qui ont coopéré avec luiau salut de la Colonie.
événement, compagnie, semble qui se glorifie de la part qu'elle a eu à cet heureux
estime.
(permettez-nous de le dire) avoir des droitsAvotre
timents Ayez donc la bonté M. le Général, de nous faire connoître vOS
à cet égard aln de nous tirer de l'incertitude cruelle
senjettent les discours de nos ennemis.
oà nous
les C'est à votre sagesse , M. le Général, à peser dans une juste balance
de ne considérations point
que de nous venons de vous présenter. Nous vous
la
du perdre vue que notre corporation est étroitement prions liée à
partie Nord et aux principales paroisses de l'Onest,
sent les mêmes principes que nous, et qui partagent notre qui profesles décrets de la nation, 3 ainsi que notre attachement respect
mère patrie.
inviolable PHE à
Nous savons 3 M. le Général, d'oà partent les coups
nous porter 5 nous savons avec quelle insidieuse adresse qu'on on cherche tâche à
tirer parti de la dininution des forces publiques depuis le
de
tachement pour les Cayes ; nous savons combien on invente départ de du décontre nous 3 avec quelle souplesse on veut vous faire accueillir
tentions de toute espèce ; nous connoissons les
des
ESTR
portées contre quelques-uns de nos camarades, et plaintes qu'on vous a
une incroyable astnce. Enfin, nous n'ignorons rien qu'on de ce renouvelle se avec
ce
nons observons sans cesse. Pourriez-vous croire, qui M. passe, le
TT T2 ces odieuses délations P Nous n'avons à nous
Géet nous aurions nous mémes, si nous aimions à nous justifier sur rien,
jour de nouveaux griefs à vous porter. La
, plaindre, la
3 chaque
le bon ordre règnent dans nos assemblécs : décence, modération de
et
rades ont eu il est vrai, des querelles quelques-uns mais nos camacompte-t-on deux ou trois, et jamais ils particulières; n'ont été les 5
à peine en
que les troubles ont éclaté , avec quelle tranquillité nos agresseurs. Lorssont-elles pas faites ? ct avec quelle
gardes ne se
an maintien de la sureté publique ? vigilance Tels sont, n'avons-nous M. le Général, pas concouru lcs titres
a 2
modération de
et
rades ont eu il est vrai, des querelles quelques-uns mais nos camacompte-t-on deux ou trois, et jamais ils particulières; n'ont été les 5
à peine en
que les troubles ont éclaté , avec quelle tranquillité nos agresseurs. Lorssont-elles pas faites ? ct avec quelle
gardes ne se
an maintien de la sureté publique ? vigilance Tels sont, n'avons-nous M. le Général, pas concouru lcs titres
a 2 --- Page 64 ---
(4)
que nous vous présentons pour repousser les calomnies que Ies méchants avec lesdisseminent contre nous. Pardonnez à la franchise et à l'énergie
quels nous venons de vous parler. La vérité, et une conscience de pure
n'ont jamais su ni feindre ni flatter; : d'ailleurs nous vous prions d'un songer quil s'agit du salut de la Colonie en général, et de l'existance
grand nombre d'individus qui composentla compagnie des volontaires.
I est donc bien naturel de dénoncer avec véhémence 3 au représentant
de sa majesté, tout ce qui peut porter atteinte à un si grand menacent intérêt.
Et à qui pourrions-nous mieux faire connoître les dangers qui
la chose publique, qu'à vous, M. le Général, que de longs services lés ,
des grades mérités, et un heureux exercice dans l'art de gouverner
hommes, ont élevé au commandement de la Colonie dans des moments
aussi critiques :
confiance
M. le Général,
Nous attendons avec une
respectueuse 7 de strs
votre réponse : notre conduite et votre loyauté nous sont
garants
quelle sera le terme de nos inquiétudes.
Nous sommes avec respect,
MONSIEUR LE GINÉRAL,
Vos très-humbles es très-obéissants serviteurs,
Les Membres de la compagnie des Volontaires patriotes du Port-auPrince.
Collationné, BOVIER, secrétaire.
Port-au-Prince, le I décembre 1790.
No 2.
RÉPONSE de M. le Général.
Port-au-Prince, le 3 décembre 1790.
J'arlu, Messieurs, avec la plus scrupuleuse attention, la lettre que
m'écrire le
de ce
qui ne
vous m'avez fait Phonneur de
premier
mois, solm'est parvenue qu'hier au soir. Ses détails, en me retraçant vos
licitudes sur le maintien du bon ordre dans la ville du Port-au-Prince, rendre
me peignent le patriotisme qai en est le principe, et c'est me
votre obligé que de me fournir l'occasion d'y faire hominage. de
Je sais, Messieurs, tout ce que vous doit' 'la province TOuest; dans les- je
sais avec quelzèle, dans les circonstances les plus allarmantes du dernier
quelles elle s'est trouvée, vous avez concouru à la préserver
degré de désordre, , et je ne me rappelle tout ce mêmes j'en ai apprisque si
me
trouverois en vous
secours,
fr
convaincre que je
il est de mon devoir de
fe mnèmes malheurs nous menaçoient 3 mnais
calmner vos inquiétudes sur leur retour.
comme part-out
1 est sans doute dans la ville du Port-an-Prince,
les plus allarmantes du dernier
quelles elle s'est trouvée, vous avez concouru à la préserver
degré de désordre, , et je ne me rappelle tout ce mêmes j'en ai apprisque si
me
trouverois en vous
secours,
fr
convaincre que je
il est de mon devoir de
fe mnèmes malheurs nous menaçoient 3 mnais
calmner vos inquiétudes sur leur retour.
comme part-out
1 est sans doute dans la ville du Port-an-Prince, --- Page 65 ---
(5)
ailleurs ; des êtres qui ne voient les faveurs de Ia fortune que dans mais le
désordre ; les révolutions servent mieux lenrs coupables de cette projets, ville
j'ai trop bonne opinion de la masse des citoyens
pour
croire qu'à la veille de voir toutes les opinions confondues en une ont séule,
décision de l'assemblée nationale sur les différents qui de
nous, à l'ombre
cete
re Colonie, an moment de voir renaître parmi de toute prospérité Colodécision , la paix et la tranquillité, dans de principes circonstances des fléaux
niale 3 pour croire dis-je que
lenr parcilles banière un assez grand
de la société pussent entrainer sous rendre coupable incertain le succès de nos
nombre de citoyens égarés 3 pour
efforts. Si j'ai été assez heureux, Messieurs, pour faire ailleurs différents qu'ici
de
si dans
ans de service de
je
LEREOE
patriotisme,
une quarante minute, animé du desir contraire à celui du
ne me suis pas aucun surpris être raisonnable ne pourra soupçonner en moi la
bien public, de terminer
d'autres principes, une confolle intention
parladoption et de compromettre le seul bien
duite jusqu'à présent irréprochable sans tache.
qui m'en soit resté, Messieurs, une réputation comme autant de faussetés tout ce qui
Rejettez contrarier donc, la profession 7. de foique je viens de tracer ici. Croyez
pourroit suis bien pénétré de tous mes dévoirs, ct que je fais tout le cas
que E dois faire des citoyens, qui comme vous n'ont jamais méconmu
f décrets de l'assemblée nationale sanctionnés par le roi, seuls dépositaires de tout l'empire français del l'autorité législative 3 vous me verrez
toujours marcher avec vous sous. ces enseignes. lordre du service raJusqu'à présent, Messieurs, les rapports que dans la ville aucune
mène tous les jours > ne m'ont encore la annoncé
J'ai l'oeil ouvert
fermentation qui peut en compromettre tranquillité. les
nécessaisur tout ce qui peut l'intéresser. J'ai en main tous moyens
la maintenir, et j'en ferois
si le cas l'exigeoit, avec
autant res pour de fermeté que je mettrois d'ailleurs IemnFas douceur et de modération
ramener ceux de mes concitoyens qui auroient eu le malheur de
s'égarer, pour
et que leur confiance appellera auprès de moi.
Les détails
vous avez la bonté de me transinettre de la me portént des
cependant à ioner une vigilance encore plus exacte
part
militaires, chargés pendant la nuit de la police de la ville.
du
Je gémis, Messieurs, sur les malheurs particuliers qui résulterit des
grand nombre de combats singuliers auxquels la diversité opinions offrent
donne naissance dans la ville du Port-an-Prince. Les lois scules
les moyens d'y inettre des bornes ; j'ai écrit à M. le la Procureur-général, dénonciation des
qu'il fasse, ayec la plus grande exactitude,
Eous de cette nature qui viendront à sa connoissance.
Soyez persuadez, Messieurs, que ce sera toujours avec un égal inté- le
rêt
je recevrai de vous des avis sur tout Ce qui pourra intéresser
bon atrat si essentiel pour la sureté d'ine coptrée constituée commne
is scules
les moyens d'y inettre des bornes ; j'ai écrit à M. le la Procureur-général, dénonciation des
qu'il fasse, ayec la plus grande exactitude,
Eous de cette nature qui viendront à sa connoissance.
Soyez persuadez, Messieurs, que ce sera toujours avec un égal inté- le
rêt
je recevrai de vous des avis sur tout Ce qui pourra intéresser
bon atrat si essentiel pour la sureté d'ine coptrée constituée commne --- Page 66 ---
(6)
saisirai les occasions de rendre hommage à votrecelle-ci, et que je
patriotisme. lhonneur d'être avec les sentiments les plus distingués et un
J'ai
attachement inviolable,
M E SS I E U R S,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur 7
Signé BLANCHELANDE.
Collationné conforme à Poriginal déposé aux archives de la Compagnie, le 15 décembre 2790.
BOVIER, secrétaire.
No 3.
de M. de Blanchelande aux Gens de couleur du
RÉPONSE
Mirebalais.
14 novembre 1790.
satisfaction les témoignages de zèle et de soumission
JE reçois de avec libres du Mirebalais ; mais je démèle avec peine
des Gens couleur
m'ont présentée, les funestes
dans une partie de la requête qu'ils eux
et ses adhérents.
ravages d'une erreur propagée parmi du par Roi, Ogé je ne dois reconnoître
Comme représentant de la personne les seules qui ayant été faites pour
les lois qu'il a celles sanctionnées du 8 & ; 28 inars dernier.
Str Colonies, sont
décrets
l'assemblée nationale n'a
Le premier de ces deux les Colonies porte enl la constitution décrétée
jamais entendu comprendre chaque Colonie est autorisée à exprimer son
pour le royaume ; que
n'entend rien innover 3 Gic. éc. Ec.
voeu à sa constitution rester i ici qu'elle dans l'ordre actuel, jusqu'à ce que l'assemTout doit donc ait fait la constitution de la Colonie, sur les plans problée nationale
posés par second les Colons. décret du 28 mars n'est que l'explication ou le commenSon de celui de 8 mars et il seroit absurde de donner à un article
taire
un sens absolument contraire à celui
quelconque de cette explication
du texte.
volontaire, & d'autant plus criminelle du
C'est donc une erreur
les instructions du 28 mars
nommé Ogé, que d'avoir des prétendu Gens de couleur que libres avec la classe des
coniondoient la caste
le décret de l'assemblée nationale,
Blancs , leurs bienfaiteurs, quand rien n'y sera innové, Brc.
du 8 mars, dit formellement que
avec les Gens de couleur
J'ai cru devoir entrer dans cette explication
lication
du texte.
volontaire, & d'autant plus criminelle du
C'est donc une erreur
les instructions du 28 mars
nommé Ogé, que d'avoir des prétendu Gens de couleur que libres avec la classe des
coniondoient la caste
le décret de l'assemblée nationale,
Blancs , leurs bienfaiteurs, quand rien n'y sera innové, Brc.
du 8 mars, dit formellement que
avec les Gens de couleur
J'ai cru devoir entrer dans cette explication --- Page 67 ---
libres du Mirebalais, parce que le (7)
autant qu'il est en moi ceux que des premier de mes devoirs est d'éclairer
des au point de les porter à compromettre conseils la pervers peuvent égarer,
prétentions qui tendent à détruire
tranquillité pablique, par
le Après plus, avoir payé de cette manière l'équilibre ma dette a politique la vertu de la société.
T'HUMANITÉ, je dois déclarer aux Gens
que je chéris
sévirai rebalais, comme à ceux de tous les autres
de couleur du Miavec la plus inflexible
quartiers de l'ile,
respect que les lois leur commandent rigueur contre cenx qui eeline.dhir t
Tribunanx feront justice de ceux
envers les Blancs 3 & que les
mais qu'ils trouveront auprès du qui oseront troubler l'ordre
toute
quand ils
représentant de la personne public;
duelles, protection,
auront à se
du Roi
ou de vexations quelconques. plaindre d'injustices indiviSigné BLANCHELANDE
Conforme au manuscrit, CAXEEFOAT.
No 4.
PRocLANAniox de M. le
nement, concernant les troubles Liestunant-gindrat au Gouverdate du 22 novembre
actuels de la Colonic, er
1790.
PHIBIBERT-FRANGOIS ROUXEL DE
Sr la force des
BLANCHELANDE, &c.
tous les siècles & de empires tous les a pour base leur union, cette vérité
à la nature de nos
pays est plus particulièrement
de
Cette maxime fondamentale circonstances et à l'espèce de nos
applicable
dite depuis six mois de la manière de notre la sureté est cependant propriétés. contreaveugle ils
des intérêts privés ou le plus afligeante par le conseil
ont semé parmi nous la discorde, par choc des passions
Falloit-il donc un événement ce fatal instrument de particulidres;
éminemment la tranquillité
semblable à celui qui menace destruction. aussi
dont l'observance réciproque publique, fait d'une pour nous rappeler aux devoirs
indissoluble?
grande société une chaine
Le nommé Oge, mulâtre
et a non-seulement arboré de libre, fait a débarqué au Cap
encore osé l'annoncer au
l'étendart de la révolte; secrétement, mais il a
ajoutant la menace à des raisonnements représentant de la personne du Roi, en
politique démontre le néant.
dont les principes de saine
blique L'assemblée provinciale du Nord a
7 pour réprimer l'audace de ce réclamé l'usage de la force
renis, et j'ai trop de confiance
chef de révolte et de ses
et des
dans le zèle
Galer
troupes de ligne, pour doute du succès. des troupes patriotiques
tement, mais il a
ajoutant la menace à des raisonnements représentant de la personne du Roi, en
politique démontre le néant.
dont les principes de saine
blique L'assemblée provinciale du Nord a
7 pour réprimer l'audace de ce réclamé l'usage de la force
renis, et j'ai trop de confiance
chef de révolte et de ses
et des
dans le zèle
Galer
troupes de ligne, pour doute du succès. des troupes patriotiques --- Page 68 ---
(8)
certain, il convenoit d'en:
J'ai cru que pour le rendre encore et plus sur la réquisition des officiers
voyer des forces à Saint - Marc,
de cette ville, je me suis
municipaux et des troupes de patriotiques plus
sureté.
hâté d'effectuer ce
de grande vue les précautions
m'indique
Je n'ai pas non
perdu
de
Espatr instruit M. le Gouvernenr Ap partie
Jà saine politique.; tentatives j'ai du nommé Ogé.
gnole, des
d'humanité, les inspirations du patriolisme qui
Mais les devoirs
et les obligations
m'impose
gnidera constamment ma conduite, loi d'exhorter tous de habitants
la place que j'occupe, me de font la Colonie, une à la plus parfaite union. Que
des différentes paroisses
donner à leurs ennemis un
la diversité des opinions ne les puisse circonstances pas
les ont privés!
avantage dont la nature divise et les citoyens de cette Sle ; elle est portée
Une grande question de la Nation. Quel est, en pareille circonstance,
au tribunal suprême l'homme honnête: ? D'attendre avec patience, , résignation déle devoir de décision qui ne peut émaner que de ce tribunal
et
une
Que le serment prêté par les citoyens
ARERCALT l'autorité publique,
dans le coeur de tous les
positaire: du Cap, le 25 du mois dérnier, se et répète fasse de leur réunion un remindividus qui peuplent l'ennemi la Colonie, qui menace la tranquillité publique.
part redoutable contre
les
de la Colonie à s'assembler
J'invite de nouveau toutes paroisses l'ordre dans leurs limites ; je
et à pourvoir aux moyens de maintenir les
blancs des villes et paroisses
recommande al'équité de tous citoyens
après avoir rénouvellé
de la Colonie, ceux des gens de couleur qui,
jusqu'à présent
lc serment de rester soumis anx lois qui au ontdétermine maintien du. bon ordre et
leur existence politique, concoureront ceux-là, sur la protection des
à la sureté publique ; qu'ils coinptent,
lois & de la force publique. du bienfait inestimable de la liberté que
Et vous 2 qui ne jouissez
habitent cette Colonie; ; vous qu'on
la générosité des Français qui qui ne peuvent flatter votre vanité
EREaE à égarer par des subilités : mesurez de T'eill'abyme que
qu'en compromettant conseils votre existence... ouvre sous VOS pas 5 je vous déclare, 3 en
la perversité de vos la Nation et le Roi in'ont confiés, qu'il sera
vertu des pouvoirs To tous ceux d'entre vous qui ne méconnoitront envers les
protection
TRLES
accordé devoirs et les obligations qu'ils leur imposent d'entre vous
leurs
mais que tous ceux
qui
leurs bienfaiteurs et leurs la main, pères, ou qui auront trempé, par une conseront pris les aries à les projets du nommé Ogé et de ses adhérents,
nivence coupable, dans
des lois criminelles.
seront livrés à toute la rigueur sous le sceau de nos armes et le contreDonnée au Port-au-Prince >
e1790.
seing de notre Sctamimglesshemenires Signé BLANCHELANDE
Signé BoNHO M M E. 5.
Et plus bas : Par M. le Lieutenant-général.
No
ont trempé, par une conseront pris les aries à les projets du nommé Ogé et de ses adhérents,
nivence coupable, dans
des lois criminelles.
seront livrés à toute la rigueur sous le sceau de nos armes et le contreDonnée au Port-au-Prince >
e1790.
seing de notre Sctamimglesshemenires Signé BLANCHELANDE
Signé BoNHO M M E. 5.
Et plus bas : Par M. le Lieutenant-général.
No --- Page 69 ---
(9)
No 5.
Port-au-Prince, le 26 décembre 1793.
M o N S I E U K I E G i N # R A L 3
J'AI l'honneur de vous adresser, ci-joint, deux lettres qui me sont
l'autre
le J . .
écrites, l'une par le P - - du Petit-Goave (1),
par
de la même sénéchausséc.
les
sont entourés de
Par la première, vous verrez combien
juges
dangers. Par la seconde, vous verrez que les troubles du Petit-Goare sontsans
les
ct le séjour qu'y fait le sieur D :
cesse renouvellés par voyages
fermentation déjà
en dernier lieu, vient l'exciter une nouvélle
;
du Petit-Coave nous avoient instruit de la sensation que cet
juges
PE
homme y avoit fait. Il paroit que le voyage qu'il va faire aux Cayes,
la seconde fois, a pour objet d'y semer le trouble; il est instant,
Monsieurle pour
Général, de le faire surveiller pendant son séjour dans cette
dernière ville; et dans un temps de calamité publique, les seules dénonciations anthentiques, comue celle que j'ai Thonneur de vous envoyer, dont
suffisent
s'assurer de sa personne, par fait de haute police,
vous êtes Jg chef.
d'ailleurs les
Mon ministère ne peut rien dans cette circonstance: ;
lenteurs de la justice ne remédiroient pas au mal présent.
J'ailhonneur, Monsieur lc Général, de vous recommander particule
lièrement le sieur D. ; depuis long-temps la voix publique désigne
ici comme un perturbateur du repos public, et sa conduite l'a pronvé.
Jc snis avec respect,
M O N.S I L U R L F G i N É R A L
Votre très-Inmble ct très-obéissant servitcur s
JULIIN DE SAINT-VERTY.
M o N S I E U k L E P R O C U R E C R-G 3 N i R A L,
MA lettre est de la plus grande conséquence; je n'ignore pas combien
je m'expose en vous l'écrivant, mais la bravoure n'est pas inséparable
ile mon état; cet état mn'ordonne de veiller à la sureté du pays, S1 on eût
(1) La lettre du P
est entre les mains du substitut du Procureur- générai
qui est en France.
b
.
M o N S I E U k L E P R O C U R E C R-G 3 N i R A L,
MA lettre est de la plus grande conséquence; je n'ignore pas combien
je m'expose en vous l'écrivant, mais la bravoure n'est pas inséparable
ile mon état; cet état mn'ordonne de veiller à la sureté du pays, S1 on eût
(1) La lettre du P
est entre les mains du substitut du Procureur- générai
qui est en France.
b --- Page 70 ---
(10)
pris en considération mnes lettres, avant
à Léogane, jamais iln'y auroiteu un
le rassemblement des troupes
ne prend les précautions les plus corps d'armée; si le gouvernement
est inévitable.
promptes, même un plus grand danger
L'on forine sourdement ici un corps
ville et dans les environs; on se
qui sera nombreux, et dans la
les quartiers, on proscritla majorité fortiliera, des habitants On appelle des forces de tous
cause, on proscrit sur-tout les chefs
quisont pourla bonne
du monde du
judiciaires et militaires, on attend
Port-au-Prince : il peut arriver de
en
armée, qui s'emparera du
la clef jour jour; cette
sera composée de quelques citoyens Petit-Coave,
de la partie du Sud,
des déserteurs, des ouvriers soldés abusés, de décrétés de prise de corpsy
Il n'y a qu'un moyen de ne pas exposer depnis long-temps. la
scènes qui perdent la Martinique; c'est Colonie, le Petit-Goaveaux
Mauduit, et lui donner l'ordré de venir d'envoyer par mer à M. de
avant que l'ceuvre soit consommée. Au
s'emparer du Petit-Goave,
lettre, Monsicur le
nom de la patrie, présentez ma
craignois que pour Procureur-général, moi, je serois
à Monsieurle Général; si je ne
écrivant; inais je suis citoyen
parti, le et ne m'exposcrois pas en vous
remplis en ce moment un devoir Français, serai jusqu'à la mort; et je
je le dois.
qui m'expose affreusement, mais
Le maire, honne honnête, étoit
assurant qu'il n'y reviendra
aujourd'hui en ville, et part en
reste encore, mais je m'en irai plus; àla 3 il sent qu'il s'exposeroit en vain; je
de pouvoir m'en aller; mais je crois fin, pent-être succomberois-je avant
Un mauvais sujet, contre lequel j'ai remplir mon devoir en restant.
d'être décrété dc prise de
faitinformation, est dans le cas
la clique régnante le croit corps : je ne l'ai pas décrété, vu l'anarchie;
jugement
croit rendu, décrété,.ct dit tout haut qu'elle cassera le
mais ce n'est qu'elle pas la protection dûe et nous à menace terriblement. Je reste,
protection die au quartier, à la Colonie. mon Guerre état que je réclame, c'cst la
s'engage avant huit jours, si lc gouvernement civile, guerre terribl e
Goave; un exprès par meràM.
ne s'empare du PetitMaudnit, ou l'on expose toute la Colonie.
Je suis avec respect,
M 0 N S I E C R I. E PROCu, R E U R. G # N # R A L,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,.
Petit-Goave, ce 24 decembre 1790.
H
P. S. Je vous prie de faire connoitre ma
toute heure, et si vous me
de
lettre à M. Ic Général, à
pas m'exposer, l'étant
répondez ne le faire que de manière à ne
déjà trop enl vous écrivant.
0 N S I E C R I. E PROCu, R E U R. G # N # R A L,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,.
Petit-Goave, ce 24 decembre 1790.
H
P. S. Je vous prie de faire connoitre ma
toute heure, et si vous me
de
lettre à M. Ic Général, à
pas m'exposer, l'étant
répondez ne le faire que de manière à ne
déjà trop enl vous écrivant. --- Page 71 ---
(1x)
No 6.
de M. le
au
M
PROCLA 4TION
Lioyenant-général
Gouvernement; du 27 décembre 1790.
PHILIBERT-TRANGOIS ROUXEL DE BLANCHELANDE, &c.
LA Colonie n'a cessé d'être agitée depuis quinze mal-intentionnés, mois, mais la
réunion des bons citoyens a par tout intinidé la destruction les dont elle étoit
de manière à préservér au moins de
menacée Ja plus belle portion de l'Empire français.
été des
Parmi les quartiers, heureusement peu nombreux, l'histoire - qui d'un ont
théâtres de scènes d'horreurs qui souilleroient Petit-Goave s'est distingué peuple par
moins doux que le
Français ; lc
la nature de scs
CLESAE
victime de l'atroce barbarie de quelques
On ya vu un sexagénaire, terme de son
l'emploi déforcenés, arriver au dernier
supplice atl
de la passion
risoire de
formes juridiques, adoptées quelques
le tribunal de
de ce quartier forcéde ses assassins ; on a vu circonstances, justice tandis qu'un de ses memment muet dans ces affreuses
bres présidoit froidement à cC menrire.
un attentat
A ce crime public les mêmes individus ont fait succéder
inoui contre les forces navales destinées par le Roi pour la protection a été Cade la Colonie. Une corvette se trouvant à portée de terre >
nonnée et un de ses hornmes a eu le bras emporté.
autant d'at-
: Les circonstances ne permirent pas alors de répriner
le
tentats; ellcs laissèrent à ceux qui s'en étoient rendus coupables le Petittemps du repentir; mais loin d'en faire un pareil les cmploi, actes de violence
Goave est encore aujourd'hui en proie à tous
qui accompagnent l'anarchie la plus complète.
de foiblesse,
Cependantla justice après avoir long-temps soimeillé silence
le
les bons citoyens, après avoir été long-temps forcés au
réclamer par
danger de leur position, , réunissent aujourd'lmi leur cri assurer pour l'exécula protection du Gouvernement, & c'est autant pour les bons citoyens,
tion des décrets de la justice, que pour protéger le Gonvernement
dont la sureté est journellement compromise, , que
se détermine à envoyer des troupes au Petit-Goave. tous les citoyens
C'est donc au nom de leur propre sureté que j'invite le dimanche
du Petit-Goave à s'assembler dans leur église paroissiale, leur 7 seront indi2 janvier 1791, afin de délibérer sur les points qui
de ma part, par mnon représentant, et je ne peux à m'empêcher cette assemTrie leur annoncer que ceux qui ne se tronveroient pas
blée, me deviendroient justement sous suspects. le contre-seing de notre secrétaire,
Donnée au Port-au-Prince, ALANCHELANDE: Par M. le Licule 28 décembre 1790. Signé
b 2
tenant-général. Signé Bo N H OM M E.
1791, afin de délibérer sur les points qui
de ma part, par mnon représentant, et je ne peux à m'empêcher cette assemTrie leur annoncer que ceux qui ne se tronveroient pas
blée, me deviendroient justement sous suspects. le contre-seing de notre secrétaire,
Donnée au Port-au-Prince, ALANCHELANDE: Par M. le Licule 28 décembre 1790. Signé
b 2
tenant-général. Signé Bo N H OM M E. --- Page 72 ---
(12)
No 7:
PRO C L Mf ATIO* de M. le
Gouvernement, concernant les Hieutenant-géndral at
janvier
troubles de Jacmel, - 2 du 9
1791.
PHILIBERT-FRANCON ROUXEL DE
BLANCHELANDE, &c.
DE tous les quartiers de la Colonie qui ont
ravages xle l'anarchie, il n'en est
ainsi éprouvé les funestes
il n'ost plus guère
celui de Jacmel plus oii pour ils
dire qu'un seul;
inent de tous les i.ns
leur
se prolongent au détrifléaux de toute société citoyens ,
réunion pouvoit intimider ces
de la fortune ; mais les 3 qui Circonstances n'attendent que du désordre les faveurs
cette réunion.
rendoient presqu'impraticable
Les mêmes maux, découlant des mêmes
habitable le Petit-Goave
principes, avoient rendu iny a' fait marcher des pour un citoyen honnéte; le Gonvernement
public, déjà décrétés, troupes, ont été arrêtés une douzaine & remis de à perturbateurs la
du repos
toyens se sontcoalisés, etle calme est enfin rendu à cet justice. Les bons ciJacmel n'a pas à se reprocher les crimes horribles infortuné quartier.
long-temps, Provoquoient au Petit-Goave la
des qui, depuis si
désordre y est à son comble les
rigueur lois; mais le
pouvoirs y, sont confondus, ou >
tribunaux mieux sont inuets ; tous les
&
pour
on
airn
aucun, la sureté publique se trouve dans le
en reconnoît
Dans de pareilles
plus
danger.
veux
a
à résipiscence les dirconstanees, je
encore tenter de faire venir
publique ; je desire citoyens que les égarés, officiers je veux de retarderl'appareil de la force
leurs fonctions, que le calme renaisse justice le reprennent sans délai
troublé.
3 que bon ordre ne soit plus
Je déclare, en vertu des pouvoirs
mne sont
vrerai à la rigueur des lois, avec qui
confiés, que je lien troubleroient le cours, 2
d'antant laisse plus d'inflexibilité, cerrx
det ceux qui ont été réfractaires. que je
plus de temps au repentir
les J'envoye M. Ogé (1) pour reprendre à Jacmel & dans la
fonctions de major-commandant pour le Roi,
les dépendance
l'avoient obligé d'abandonner.
que circonstances
J'invite tous les bons citoyens à sc coaliser
le
l'ordre, et pour in'épargner T'usage de ces
pour mnaintient de
vent être la dernière ressource de l'autorité. moyens violents, qui doiFait au Port-au-Prince le 9
Par M. le Lieutenant-genéral janvier 1791. Signé BLANCHELANDE;
Signé BoN H O MM E.
au (1)M. régimen: Ozéétant du Port-au-Prince, ris-dangereusement malade, il fut suppléé par M. de Campan, capitaine
le
l'ordre, et pour in'épargner T'usage de ces
pour mnaintient de
vent être la dernière ressource de l'autorité. moyens violents, qui doiFait au Port-au-Prince le 9
Par M. le Lieutenant-genéral janvier 1791. Signé BLANCHELANDE;
Signé BoN H O MM E.
au (1)M. régimen: Ozéétant du Port-au-Prince, ris-dangereusement malade, il fut suppléé par M. de Campan, capitaine --- Page 73 ---
(13)
No 8.
P R O C L A N1 A T I 0 N.
PHIEIBERTFRANÇOIS ROUXEL DE BLANCHELANDE, &c.
L'ASSEMDLIE provinciale du Nord, d'abord
mières démarches, , par les perturbateurs du repos égarée dans ses prcintrigues avoient subjugué la confiancedeleurs
public, , dont les
concouru, de la manière la plus puissante, à comméttants, sauver la a ensuite
malheurs que lui préparoient les erreurs de l'assemblée de Colonie des
L'assemblée nationale et le roi ont donné à
St-Marc.
du Nord, un témoignage éclatant de satisfaction l'assemblée des
provinciale
la conduite a pu le provoquer , ne sauroient trouver ;
citoyens, en lui dont
puissant encouragement à l'éxercice de leurs vertus civiques. qu'un
L'assemblée provinciale 3 vivement toucliée de
lequel se tienneut d'elle plusieurs paroisses, in'a l'éloignement dans
bien public, à employer les moyens qui sont en engage, au nom du
à la réunion de tous les représentants de la
moi, pour parvenir
J'ai suspendu une démarche qui flattoit province. aussi
coeur, jusqu'à Ce que l'assemblée m'eut fait
sensiblement mon
tions elle étoit destinée.
connoître à quclles foncEn effet, je suis instruit qu'on ne cesse
cipes de l'assemblée provinciale du Nord, ceux d'elfirayer, sur les princirconstances, ne peuvent suivre avec constance qui, par la série état ou par
travaux; ; qu'on annonce ses principes
de ses
dans ses mains, tous les pouvoirs ; et, 7 commne tendants à réunir,
a rendus à la Colonie, O1 relève, avec qu'oubliant les services qu'elle
le même patriotisme qui en avoit été le affectation, des écarts, que
rectifier.
principe, s'est hâté de
L'assemblée m'a fait reinettre l'arrêté
suit :
< Jusqu'à ce qu'il en ait été autrement qui ordonné
tionale, à l'exception des pouvoirs législatif, judiciaire par l'assemblée &
nal'assemblée exerce tous les autres 2 ainsi que la
exécutif,
judiciaire et exécutif, en veriu des pouvoirs illimités surveillance lui sur les
conférés par le peuple.
qui ont été
> Quant à l'article des finances, l'assemblée déclare
provisoirement lui
sur le trésor, que la surveillance et la ne conserver
a été conférée par ses commettants, se réservant vérification qui
autres caisses , comne deniers assignés anx
d'administrer les
la province, suivant le procès - verbal fait dépenses intérienres de
Conseils, temue an Cap le 12 mars 1764 >>. par T'assemblée des deux
Et sur ma demande en interprétation du termé de
employé dans ledit arrêté, l'assemblée m'a
surveillance,
par le mot de surveillance, le droit de veiller déclaré: à
< Qu'elle entend,
ce qu'aucune autorité,
autres caisses , comne deniers assignés anx
d'administrer les
la province, suivant le procès - verbal fait dépenses intérienres de
Conseils, temue an Cap le 12 mars 1764 >>. par T'assemblée des deux
Et sur ma demande en interprétation du termé de
employé dans ledit arrêté, l'assemblée m'a
surveillance,
par le mot de surveillance, le droit de veiller déclaré: à
< Qu'elle entend,
ce qu'aucune autorité, --- Page 74 ---
au mépris de la loi, ne devicnne (14) abusive et tyrannique en l'administrant arbitrairement; et éviter, par-li, le retour à l'ancien régime.
>> Que posée. en sentinelle, pour mnaintenir les droits de ses constituants, elle ne peut sans compromettre leurs intérêts et leur confiance, se dépouiller de cette surveillance, qui lui donne le droit de
demander l'erécution de la loi , pour garantir les citoyens de tous
faits d'oppression e de tous attentats à ses droits >:.
Aucun obstacle ne peut donc plus s'opposer à l'impulsion du sentiment qui m'anime ; je m'y livre sans réserve ; et j'engage, au d'en- nom
du bien public, toutes les paroisses de la dépendance à se hâter
voyer leurs représentants, dans le sein de l'assemblée, pour y concourir à des travaux qui ont pour objet le plus grand bien de tous;
et de ne pas oublier. qu'on ne défend point une place en dans la quittant. la conPénétré des intentions paternelles du roi ; ne voyant
duite passée de l'assemblée et dans l'approbation
lui ont donnéla l'obliNation et le
le tableau ds sa conduite venir; que
T
Roi, que
démarches
troubler l'ordre pugation de ne faire aucunes
qui puisse
Elic,, je me servirai de tous les pouvoirs qui me sont confiés, du
au bonheur des habitants de la
slnt
coopérer avec elle
de
et la province sureté est la preLa police est le premier moyen il faut sureté; les moyens de police cormière base du bonheur public;
que
respondent à un point central, qui leur imprime ce mouvement
d'action et de réaction, dont la continnité peut seule opérer un effet
avantageux à la société. Il convient donc que les différents corps,
chargé de la police partielle des paroisses , correspondent avec dicte l'assemblée de la province 3 et je les y engage avec l'instance que me
le desir du bonheur de tous. Jen'exprimerai jamais celui de mes voeux,
dont il est l'objet, avec la vivacité du sentiment BLANCHELANDE qui me l'inspire.
Donné au Cap, le 2 février 1791. Signé
No 9.
S4187-DoxixoUr, envoi d'un décret de PAssemblée nationale
à M. de Peinier.
Paris,le 3 novembre 1790.
J'AI lhonneur de vous envoyer, Monsieur, deux expéditions scellées, et un certain nombre d'exemplaires imprimés des nationale lettres-patentes du
du roi , du 22 de ce mois, sur le décret de l'assemblée
de donner 12,
relatif aux traubles survenus à St-Domingue ; je vous prie
les ordres nécessaires pour que les lettres-patentes soient particulière- celui
ment enregistrées tant au consell-supérieur du Port-an-Prince qu'à
du Cap, dont vous verrez que le rétablissement est provisoirement con-
s scellées, et un certain nombre d'exemplaires imprimés des nationale lettres-patentes du
du roi , du 22 de ce mois, sur le décret de l'assemblée
de donner 12,
relatif aux traubles survenus à St-Domingue ; je vous prie
les ordres nécessaires pour que les lettres-patentes soient particulière- celui
ment enregistrées tant au consell-supérieur du Port-an-Prince qu'à
du Cap, dont vous verrez que le rétablissement est provisoirement con- --- Page 75 ---
(15)
firmé, ainsi que les jugements qu'il a rendus depuis le premier
Je vous recommande également de tenir la inain à l'exécution de janvier. toutes
les dispositions, 3 tant dudit décret du 12 de ce mois, 7
de
des 8 et 28 inars dernier.
que ceux
Ils est fort à desirer que vous ayez prévenu les intentions de l'assemblée nationale, en convoquant une nouvelle assemblée coloniale,
les travaux se trouveroient déjà avancés lorsque cette dépêche vous dont
viendra.
parLe roi a sanctionné avec plaisir la partie du décret qui contient les
marques de satisfaction que l'assemblée nationale a cru devoir vous donner, 2 et à tous ceux qui ont prouvé 2 par leurs actions, leur attachement aux décrets de l'assemblée nationale. Sa majesté me
de
vous témoigner également combien elle est satisfaite de votre charge conduite
personnelle et du zèle avec lesquels M. de Mauduit, de Vincent et les
autres officiers employés sous vos ordres, ont secondé vOS vues.
Je m'occupe des moyens de vous faire passer incessammentles
navales et les renforts
l'assemblée nationale a décrétés. J'aime forces
croire que dorénavant, W ne nous parviendra de votre part
des à
velles satisfaisantes sur les affaires de la Colonie, que vous que administrez nouavec autant de sagesse que de fermeté.
J'ai l'honneur d'être avec un sincère attachement,
M o NSI E U R
Votre très-lumble et très-obéissant serviteur,
FLEURIEU.
No 10.
PROCLANATION de M. le Lieutenant - général, ,
la
convocation d'une Assemblée coloniale, du 21 fevrier pour
1792.
PHILBERT-FRANÇOS ROUXEL DE BLANCHELANDE, &c.
LES intentions du peuple sont toujours pures; ; ceux-là seuls sont coupables, qui, détournant adroitement son énergie de l'objet vers
elle se porte 7 la convertissent par leurs inenées criminelles en lequel
cence i ets'en servent comme d'un instrument puissant, pour efferves- arriver à
leurs fins particulières.
Tel est l'usage qu'ont fait quelques intriguans du desir qu'avoient les
Français, qui habitent St-Domingue, 9 de travailler à leur
En effet, la première assemblée coloniale qui s'est formée bonheur. au
mencement de l'année dernière devoit s'occnperà réunir tous les compar lesquels la Colonie doit atteindre au plus hant degré de moyens
possible : l'assemblée nationale vouloit être éclairée sur les prospérité localités
est l'usage qu'ont fait quelques intriguans du desir qu'avoient les
Français, qui habitent St-Domingue, 9 de travailler à leur
En effet, la première assemblée coloniale qui s'est formée bonheur. au
mencement de l'année dernière devoit s'occnperà réunir tous les compar lesquels la Colonie doit atteindre au plus hant degré de moyens
possible : l'assemblée nationale vouloit être éclairée sur les prospérité localités --- Page 76 ---
coloniales ; celle de St-Domingue L1l appelée à remplir auprès d'elle
ses honorables fonctions 5 elle a sacrifié un objet aussi sacré aux inspinombre de ses commettans, trompés
rations de sa vanité, 2 et ungrand
le bonheur
par le serment mille fois répété, den'ngir que
des
public, les plus
ne crurent voirdans son étrange marche
moyens
BAREEE
à accélérer I'ceuvre à "laquelle les membrés de cette assemblée
Irotenr appelés.
dissoudre cette assemDéjà M.de Peinier avoit cru de son devoir de
dernier , il en
blée, ct pour se conformer aux décrets des 8 et 28 dont mars
l'asavoit convoqué une autre; la manière honorable
s'explique
semblée nationale an sujet de la conduite de ce Bouvermcuripinénal. à la suite de l'ordre
et les expressions : sifait n'a été,
coloniale, emploie prouve incontestad'une nouvelle convocation
e.ite
blement qu'elle auroit désiré que l'invitation de M. de Peinier eût eu
so11 effet.
suprême de la nation,
Cependant il appartenoit au corps législatif
avec sévérité les
de fixer l'opinion des commettans de en leur proscrivant confiance ; et les représen-
.ceuvres irrégulières des dlépositaires au
donner à la Colonie une
tants de la nation se sont réunis roi, pour hâtant de
en
preuve bien tonchante de leur sollicitude, en se placée ses prendre divisions
considération l'état alarmant dans lequellavoient
intestines. Le moment d'une réunion générale est enfin arrivé ; le
légiset tout citoyen doit s'y
GPTNIRLE
latif a déployé le drapean national,
je m'adresse, vous qui, nés
C'est à vous plus particulièrement les que
vous inpose ce
Français, n'oubliâtes un nnoment obligations que des
votre opinion
par smggestions
titre ; vous qui nelaissâtes égarer
votre erreur; c'est à
votre coeur ait
T"
étrangères, sans que c'est vous participé au nom de la nation, de
vous queje m'adresse , rallier à vOS que j'adjue vos frères, pour conla loi et du roi, de vous
concitoyens, toucher le
au but
fondre vOs efforts avec les leurs, 2 afin de
bienfaits plutôt possible avec votre posd'une régénération dont vous devez partagerles
calculez tous les
térité. Songez à tous les biens qu'elle vous promet dans : des circonstand'un devoir aussi sacré
maux nveniealaeratrouhli. difficiles. N'écoutez
les inspirations de votre coeur,
ces aussi
les pères de la plus ont tracé à votre esprit la marche
maintenant que
haudiere
dans
affaire qu'ils vous ont confiée. Que
qu'il doit suivre
Timportante s'il se peut, àla vertu, ceux qui se firent u
votre exemple rappelle,
jeu de vous égarer.
dans les circonstances les plus alarmanPour vous 2 qui avez déployé le
le plus
vous ouvrirez
tes > tonte l'énergie qu'inspird patriotismel établis à
ne forbras à vOS frères
et les Français
PSmponineue
les
égarés seule et ; même famille, dont tous les efforts seront
ineront dirigés vers plus le qu'une même but, celui du bonleur commun.
Clest pour que vous puissiez y travailler sans perte de temps, nr'empresse que je
dans les circonstances les plus alarmanPour vous 2 qui avez déployé le
le plus
vous ouvrirez
tes > tonte l'énergie qu'inspird patriotismel établis à
ne forbras à vOS frères
et les Français
PSmponineue
les
égarés seule et ; même famille, dont tous les efforts seront
ineront dirigés vers plus le qu'une même but, celui du bonleur commun.
Clest pour que vous puissiez y travailler sans perte de temps, nr'empresse que je --- Page 77 ---
(37)
m'empresse dl'alresser aux asscmblées provinciales, anx municipalités
ct i chaque paroisse de la Colonie, ull certain nombre d'exemplaires
dn décret national du 12 octobre, sanctionné par lc roi le 22., les et
ainsi
jet
ne m'est
ofliciellement que le de ce mnois,
que
crets des Iercatm 28 mars 1790; àl'exécution littérale desqnels les vous astreint à
le corps législatif de la nation 5 en conséquence, j'invite paroisses
s'assembler immédiatoment.pour choisir leurs députés, 9 et les envoyer,
au plus tard, le 20 mars prochain , dans la ville de Léogane , conformément à l'article onzième des instructions décrétées le 28, mars 1790.
Ne perdez
de vue
la source de tous vos malheurs éclairés et l'espèce ont
d'abandon qu' s grand oriee de citoyens honnêtes et
l'emfait de la chose publique, dans des circonstances qui exigeoient
ploi de toutes les ressources inorales renfermoit la Colonie ; ne perdez pas de vue , que tout dépend de TC composition des assemblées sont d'une pri- nasnaires, et que siles éléments d'une assemblée générale
d'une
tureillégale, l'assemblée générale elle-même sera nécessairement
composition
convenable ; je vous invite donc à faire un examen.
scrupulenx a2eau titres exigés par les décrets des 8 et28 mars, pour fixer
l'activité la des citoyens.
met en voS mains tous les
A vue du décret bienfaisant, qui
à l'assem- moyens
d'assurer votre bonheur, 2 il n'est aucun de vous qui ne paye leur doitla Coblée nationale et au roi, le tribut de reconnoissance que
si
lonie;je contracterai envers elle une dette bien chère à mon coeur,
par l'exécution prompte et littérale de CC décret et de ceux des 8 et 28
mars dernier les citoyens Français qui habitent St-Domingue bienfaisantes , me de
mettent dans le cas de servir. à leur égard les intentions
la nation et du roi.
Donnée au Môle Saint-Nicolas, sous le contre-seing de notre secrétaire, lei février 1791.
BLANCHELANDE.
Signé
Par M. le Lieutenant-général au Gouvernement. Signé BONHOMME.
No 11.
Au Port-au-Prince, le 21 février 1791.
J'AI l'honneur de vous adresser, Messieurs, ma proclamation et des
exemplaires du décret, en vertu duquel jel l'ai rendue. verrez mes voeux
Si vous lisez ma proclamnation avec attention, vous y
bien sincères pour la prospérité de cette Colonie. Croyant ne pouvoir n'ai
jamais en faire assez pour en persuader tous ses habitants, je
pu
me refuser, en vous adressant les pièces ci-jointes, de vous répéter du Ro
le bonheur de la Colonic dépend uniquementil'elle aujourd'hui, être
choix qu'elle va faire de ses représentants; que ce choix ne peut
C
. verrez mes voeux
Si vous lisez ma proclamnation avec attention, vous y
bien sincères pour la prospérité de cette Colonie. Croyant ne pouvoir n'ai
jamais en faire assez pour en persuader tous ses habitants, je
pu
me refuser, en vous adressant les pièces ci-jointes, de vous répéter du Ro
le bonheur de la Colonic dépend uniquementil'elle aujourd'hui, être
choix qu'elle va faire de ses représentants; que ce choix ne peut
C --- Page 78 ---
(18)
que le fruit de l'ordre et de l'harmonie qui régnera dans vOS
le tumulte et le désordre ne peuvent produire
des assemblées résultats ;
Ss que cette assemblée doit être
que
vigrande importance que les personnes provoquée 9 qu'il est de la plus
ciance et l'abnégation de ses intérêts sages seroient s'y présentent; absolument quel'insoune doity entrer que des citoyens actifs aux termes de blâmables; l'article IV
3:'t décret du'z8 mars; que les personnes les
leur ancienneté dans le pays, leur état et leurs plus connues par leur age,
les premières à donner lexemple, en s'y propriétés, doivent être
propres à constater leur qualité de citoyens présentant tels avec des les pièces
ments, extraits baptistaires, des quittances actifs, de droits que des recensedes contrats d'acquisitions, ou autres pièces
publics, baux,
doit être admis à voter qu'il n'ait passé à la équivalentes; filière de
nul ne
décret du 28 mars.
IV du
"andat
Le temps d'erreur, de prestige, d'effervescence sont
a succédé à l'orage dans presque toutes les
de passés ; le calie
dois croire que les assemblées de
parties Ia Colonie, et je
l'ont été, des théâtres de licence et paroisses de
ne seront plus, comme elles
seront point gênés. Mais s'il étoit possible désordre, et que les suffrages n'y
mnoindre agitation à craindre, je l'invite à
votre paroisse eût la
force
et
aux agents de la
RenAT
publique du pouvoir exécutif; je donne les ordres nécessaires
à pour faire qu'à votre première réquisition il soit employé des mesures propres
régner, respecter les lois, la paix, et à concilier
me tardera beaucoup d'apprendre que le premier
les esprits. It
va faire pour son bonheur l'aura prèsque assuré; la pas nouvelle que votre paroisse
prie de m'en faire parvenir le plutôt possible, ajoutera à lasatisfaction que je vous
que j'éprouve chaque jour d'être le premier citoyen de
- Vous m'obligerez
Messieurs, si vous voulez Saint-Domingue.
avec la note des citoyens
de votre
celle bien m'adresser
auront
paroisse
des
Smcate
été honorés du choix de leurs concitoyens. 3
députés qui
J'ai l'honneur d'être avec le plus inviolable
votre très-humble et très-obéissant serviteur, attachement, Messieurs,
B L A N C HEL A N D E.
No 12.
COPIE de la lettre de M.de Blanchelande à M. le Cemmandant
desforces navales, en date du 27février 1792.
LES lettres du ministre, Monsieur le
l'arrivée prochaine des forces destinées pourlesiles Commandant, dontle m'annoncent
m'est confié; toutes les nouvelles assurent qu'elles seront gouvernement
deux vaisseaux, deux flûtes et plusieurs frégates, d'un régiment composées d'in- de
HEL A N D E.
No 12.
COPIE de la lettre de M.de Blanchelande à M. le Cemmandant
desforces navales, en date du 27février 1792.
LES lettres du ministre, Monsieur le
l'arrivée prochaine des forces destinées pourlesiles Commandant, dontle m'annoncent
m'est confié; toutes les nouvelles assurent qu'elles seront gouvernement
deux vaisseaux, deux flûtes et plusieurs frégates, d'un régiment composées d'in- de --- Page 79 ---
(19)
fanterie, et des recrues nécessaires pour mettre au complet les deux
régiments coloniaux et la brigade d'artillerie. emploi plus avantagenx il étoit
Pour connoitre parfaitement quel
l'Ouest
possible de faire de ces forces de terre et de mer, j'ai parcouru d'aller
etle.Nord de nos possessions dans cette ile, et dans Pimpossibilité les informations
visiter le Sud, j'aipris surla sitnation de cette province de l'état de vous faire
les plus exactes. J'ai cru qu'il importoit au bien
de
parvenir en mer le résultat de mes observations, afin que, prévenu les
l'état des choses et des combinaisons qu'il m'a dicté, vous puissiez
seconder sans obstacles. m'est
officiellement le 10 de ce mois,
Le décret Saint-Nicolas, du 12 octobre oà je m'étois parvenu arrêté venant du Cap; le 11, j'ai
au Môle
et le décret à
et le 24 mes paquets
livré ma proclamation
l'impression;
sont partis d'ici pour les différentes paroisses. dans les provinces du
J'ai trouvé les esprits lexécution parfaitement des décrets disposés, des 8 et 28 mars, recomNord et de l'Ouest, à
trouve d'obstacles
mandés celui du 12 octobre ; je ne crois pas qu'elle efforts
la
dans le Eeas mais je ne peux me dissimuler que mes la diversité pour
réunion des esprits aigris Res divisions passées, et par La
ne
constante des opinions PORAnp eu un succès complet. prudence
me permet d'oublier ce s'est passé ici sous f'administration
et de
sur la
possibilité 450
et modérée Pa: M. de (Peinier,
m'étourdir
les événements
voir renaître des scènes désastreuses ; si, en prévoyant de les
crois
qui pourroient les faire naitre, je ne me hâtois
prévenir, courir
donner à cet
dans l'excès,
t
qu'il est préférable de
égard colonie aussi que
que
les risques de compromettre la suretéd'une
importante
Saint-Domingne Monsieur l'est pour le la Commandant, France.
me déterminent à vous prier
Ces motifs,
des recrues destinée à
le
de faire déposer au Cap, la d'artillerie,, partie
et de fairetransporter: compléter au Môle
régiment du Cap etla brigade
surles bâtiments à vOs ordres,
Saint-Nicolas, toutler régiment embarqué
et destinés à tenir garnison à Saint-Domingue; il restera à poste fixe
dans cette place de guerre. J'ordonne en conséquence qu'il soit fait de tous
les préparatifs nécessaires; la salubrité de l'air dans ce point la
Colonie, et les avantages de commodité qu'y trouvera ce régiment,
cloigneront j'espère de lui les effets désastreux d'un climat à l'homiciditéduquel le soldat échappe difficilement dans les autres parties de
la Ce Colonie. régiment placé d'ailleurs dans un lieu qui ne communique que
difficilement avec les autres quartiers de la Colonie, les suggestions perfides des perturbateurs du repos public ne s'exerceront pas sur les soldat,
et le régiment conserveral l'esprit
aura porté de France. S'il arrivoit
des troubles agitassent une qent parties de la Colonie, l'usage
que
faire de la garnison du Môle, étrangère au sujet de
aaidon
l'on qui les pourroit auroit fait naitre, suffiroit pour y ramener l'ordre.
C 2
avec les autres quartiers de la Colonie, les suggestions perfides des perturbateurs du repos public ne s'exerceront pas sur les soldat,
et le régiment conserveral l'esprit
aura porté de France. S'il arrivoit
des troubles agitassent une qent parties de la Colonie, l'usage
que
faire de la garnison du Môle, étrangère au sujet de
aaidon
l'on qui les pourroit auroit fait naitre, suffiroit pour y ramener l'ordre.
C 2 --- Page 80 ---
(20) )
Je dois vous observer, Monsieur le Commandant, que dans des circonstances qui concourent à relâcher tous le
la
nation militaire, il seroit important de ne pas faire principes connoftre de le subordice régiment destiné pour le Môle ; la comparaison de ces deux Cap villes à
Pourrottinluerd'une manière désavantagense. surl'exécntion
que me suggère l'amour du bien public. Votre
des projets
iée, ou en atténuera la force, suivant
ce prudence ajontera à cette
à vous plus ou moins subordonné, plus que ou moins régiment ami del se l'ordre. sera montré
Après avoir déposé ce régiment au Môle, je vous
de faire transporter au Cap le détachement du régiment de ce nom prie
au Môle.
que vous trouverez
Je vous dois quelques détails, Monsieur le Commandant, sur ce
peut avoir des rapports plus directs avec vOS équipages.
qui
Malgré bien la diversité des opinions dans la ville du
a
parti
prédominant, et Ce parti tient
l'exécution Cap,iln'y des gu'un
nationaux sanctionnés parle roi. Le régimentdn pour
a été
décrets
soumis à l'ancienne discipline; ; il n'y a donc Cap lieu
constamment
cette ville, les effets de la
pas
de craindre, dans
Môle et celle de Saint-Marc corruption sont dans même VOS matelots; la ville du
Prince et aux Cayes, il Y a deux partis Loute cas ; mais au Port-auun ancien levain de haine
que l'opposition des principes,et
tiennent en activité constante, au Port-auprince, sur-tout, le parti que l'on nomme des districts. Ce parti,
Achement de
suborné lel Léopard, ne s'endort pas, dit-on, dans ses quia
vengeance; 5 l'équilibre n'est contenu que par une surveillance projets
nuelle, et par la bonne conduite soutenuedur
du
contiCette rade est donc plus à redouter que toute régiment autre, pour Port-an-Prince. ceux de
équipages dont vous n'êtes pas sûr.
vOS
villes, J'ajouterai que les villes en général, et particulidrement les
devant être considérées comme les foyers du désordre, il grandes seroit à
souhaiter que VOS équipages fussent en lieu qui ne permit
parti quelconque altérât T'esprit qui les anime, afin d'être RAT qu'un d'eux
pour rétablirl'ordre, de
s'il venoit à être interverti dans ces villes; sous ce
étoit point vue, les Gonaives et le Môle, je dirois Saint-Marc, si la rade
les autres, plus sire, dans me des paroîtroient les points de station préférables à tous
de
circonstances aussi critiques. Ces détails ont
objet vous mettre en mesures plus exactes de prendre le
pour
votre sagesse vous indiquera.
parti que
Signé BLANCHELANDE.
tablirl'ordre, de
s'il venoit à être interverti dans ces villes; sous ce
étoit point vue, les Gonaives et le Môle, je dirois Saint-Marc, si la rade
les autres, plus sire, dans me des paroîtroient les points de station préférables à tous
de
circonstances aussi critiques. Ces détails ont
objet vous mettre en mesures plus exactes de prendre le
pour
votre sagesse vous indiquera.
parti que
Signé BLANCHELANDE. --- Page 81 ---
(21)
No 13.
PHERERTRAUNONSBOURIE DE BLANCHELANDE, &c.
habitants la Colonie de SaintA tous les Citoyens français
Domingue.
Dès que je reçus la dépêche du Ministre, * alloit qui m'annonçoit for- le
l'assemblée nationale,
envoyer
eatire
roi, surla demande de
l'exécution des décrets nationaux, et dont
ces de terre et de fait, mer, comme pour le bien de la Colonie me paroitroit l'exil'emploi seroit hâtaid'écrire au commandant de la Station la lettre suivante :
ger,jeme
Du Portau-Prince, le 27 février 1791.
Les lettres du ministre, M. le Commandant, m'annoncent l'arrivée m'est
prochaine des forces destinées pour les iles dontle gonvernement de deux
confié ; toutes les nouvelles assurent qu'elles seront composées d'infanterie
vaisseaux, deux flûtes et plusieurs frégates, d'un régiment les deux
et des recrues nécessaires
inettre au complet
régiments
coloniaux etla brigade INILRE emploi plus avantageux il étoit posPour connoître parfaitement quel
l'Ouest
sible de faire de ces forces de terre et de mer, j'ai dans parcouru
etle Nord de nos possessions dans cette ile ;
l'impossibilité les
d'aller visiter le Sud, j'ai pris, sur la situation n'id cette bien province de l'état 2 de
informations les plus exactes. J'ai cru qu'il importoit au afin
vous faire parvenir en merle résultat de mes observations, m'a
vous prédes choses et des combinaisons
sRaz
venu de létat
qu'il
puissiez les seconder sans obstacles. m'est
officiellement le 10 de ce mois
Le décret du 12 octobre
parvenu arrêté revenant du
le 11,
au Môle Saint-Nicolas, où m'étois décret à l'impression 2
; et le Cap; 24, mes palivré ma
ie
j'ai
proclamation d'ici
les différentes
quets sont partis
pour
paroisses. dans les provinces du
J'ai trouvé les esprits parfaitement des disposés, décrets des 8 et 28 mars, recomNord et de l'Ouest, al'exécution
crois
trouve d'obstamandés par celui du 12 octobre 5 je ne
pas qu'elle mes efforts
cles dans le Sud ; mais je ne peux pas ine les dissimuler divisions que et par la
pour la réunion des esprits, aigris par
passées
diversité constantes des opinions 2 n'ont pas eu un succès complet. ici sous
La prudence ne me permet pas d'oublier ce qui s'est passé
l'administration sage etmnodérée de M. de Peinier, et de m'étourdirsur
la possibilité de voir renaître des scènes désastreuses ; si, en hâtois prévoyant dé les
les événements qui pourroient les faire naitre, je ne me dans l'exprévenir, je crois qu'il est préférable de donner à cet égard
des opinions 2 n'ont pas eu un succès complet. ici sous
La prudence ne me permet pas d'oublier ce qui s'est passé
l'administration sage etmnodérée de M. de Peinier, et de m'étourdirsur
la possibilité de voir renaître des scènes désastreuses ; si, en hâtois prévoyant dé les
les événements qui pourroient les faire naitre, je ne me dans l'exprévenir, je crois qu'il est préférable de donner à cet égard --- Page 82 ---
(22)
cès, que de courir le risque de compromettre la sureté
aussi importante que St-Domingue l'est pour la
d'une Colonie
Ces motifs, M. le
France.
faire déposer au Cap la Commandant, partie des recrues me déterrainent à vous prier de
mnent du Cap et la brigade d'artillerie, et destinée de faire à compléter le régiSt-Nicolas tont le régiment embarqué sur les transporter au Môle
et destinés à tenir garnison à
; il bâtiments à vOs ordres,
cette place de guerre. J'ordonne St-Domingne en conséquence restera à poste fixc dans
préparatifs nécessaires. La salubrité de l'air dans qu'il soit fait tous les
nie, et les avantages de commodité
ce point de la Cologneront j'espère de lui les effets désastreux qu'y trouvera d'un ce régiment, éloiduquel le soldat échappe difficilement dans les climat a l'homicidité
Colonie.
autres parties de la
diflicilement Cc régiment, placé d'ailleurs dans un lieu qui ne
avec. les autres quartiers de la
communique que
fides des perturbateurs du
Colonie, les suggestions
et ce régiment conservera l'esprit repos public ne s'exerceront pas sur le soldat, pervoit que des troubles agitassent une qu'il des aura apporté de France;s s'il arrilon pourroit faire de la garnison du Male, parties de la Colonie, l'usage
Taudomt qui les auroient fait naitre, suffiroit étrangère aux sujets de
Je dois vous observer 3 M. le
pour y ramener l'ordre.
ces qui concourent à relâcher tous Commandant, les
dans des circonstanlitaire, il seroit important de ne principes faire der la subordination miment, destiné pour le Môle ; la pas
connoître de
le Cap à ce régiinfluer d'une manière désavantageuse comparaison ces deux villes pourroit
suggère l'amour du bien public ; votre surl'exécution des projets que me
ou en attenuera la force, suivant que ce prudence ajoutera à cette idée
plus ou moins subordonné, plus ou moins régiment ami de se sera montréà vous 1
Après avoir déposé Ce
l'ordre.
porter au Cap le détachement régimentau du Môle, je vous prie de faire transverez au Mole.
régiment de ce nom, que vous trouJe vous dois quelques détails, M. le
avoir des rapports plus directs avec VOS Commandant, sur ce qui peut
Malgré la diversité des opinions dans équipages. la ville du
parti bien prédominant, et ce parti tient
l'exécution Cap,, il n'y a qu'un
nationaux sanctionnés par le roi. Le régiment pour du
des décrets
ment soumis à l'ancienne discipline j il a
Cap a été constamdans cette ville les effets de la Corruption n'y donc pas lieu à craindre
Môle et celle de St-Marc sont dans le même pour VOS matelots ; la ville du
Prince et aux Cayes, ily a deux partis,
cas ; mais au Port-auet un ancien levain de haine tiennent en que activité l'opposition des principes,
souhaiter que VOS équipages fussent en Jieu
constante. 11 seroit à
parti quelconque altérât T'esprit qui les anime, qui afin ne permit
qu'un
pour rétablir Pordre, s'il venoit à être
d'être Ras d'eux
objet de vous mettre en mesures plus exactes interverti. de Ces détails ont pour
votre sagesse indiquera.
Signé BLAN CHELANDE. prendre le parti que
de haine tiennent en que activité l'opposition des principes,
souhaiter que VOS équipages fussent en Jieu
constante. 11 seroit à
parti quelconque altérât T'esprit qui les anime, qui afin ne permit
qu'un
pour rétablir Pordre, s'il venoit à être
d'être Ras d'eux
objet de vous mettre en mesures plus exactes interverti. de Ces détails ont pour
votre sagesse indiquera.
Signé BLAN CHELANDE. prendre le parti que --- Page 83 ---
(23)
J'adressai cette lettre à mon représentant au Cap 7 pour qu'elle fit
envoyée au-devant de la station, inais mon paquet ne parvint à M. de
Vincent que le 2 mars 3 et la station fut signalée au Port-au-Prince le
même jour à six heures du matin. Le capitaine de port me l'assura à 20
lieues 5 il reçut de moi le duplicata de ma dépèche au coimandant de
la station ; mais par une fatalité que je ne peux expliquer, il n'atteignit le vaisseau de M. le commandeur de Village, qu'à deux lieues du
mouillage. Le 2 à 4 heures après-midi, les vaisseaux le Fougueux et le Borée,
et la frégate I'Uranie mouillèrent en rade du Port-au-Prince. Ils portoient les deux seconds bataillons d'Artois et de Normandie.
M. de Village se rendit aussitôt auprès de moi, et me dit: que quand
il eut reçu mon paquet en mer , iln'ent pas été sûr de pouvoir suivre
ines Je dispositions. me transportai à bord du Fougueux, et je dis aux soldats de Normandie qui y étoient embarqués.
j'étois fdché de ne pouvoir les
garder auprès de moi, que le bied 45/ service erigeoit je les envoyasse au Mole, gu'ils y seroient même arrivés si je
été
dapu
contrariéparle hasard, que le Mole étoit la seule place de guerre de
la Colonie, que ce poste d'honneur appartenoit à leur anciennetté, que
l'airy étoit très-sain, que tout étoit disposé pour les y recevoir, et
qu'il ne dépendroit pas de moi qu'ils n'y fussent avec agrément : ils
parurent disposés à exécuter mes ordres.
Je me rendis ensuite à bord du Borée, je tins le même discours au
bataillon d'Artois, ,
jetta un cris d'insurrection, et me dit formel1
lement gu'il n'iroit point qui au Môle, 3 qu'il savoit gu'ily avoit au Portau-Prince deur partis, qu'il vouloii connoitre lequelavoit raison, 3 et
qu'il rétabliroit bien Pordre : j'employai tout ce que put me suggérer
mon expérience 7 j'usai de tous les moyens de douceur et de fermeté
que me fournit mon caractère 7.
ramener à des principes de subordination nécessaire, , des ammnaitet qui s'égaroient d'une manière aussi
tous mes efforts furent vains; et j'entendis faire hautement la
étrange propositon > de nie retenirà bord. Ce fut alors queje me retirai.
Vers les 10 heures du soir parurent au gouvernement, à mon grand
étonnement, environ deux cents hommes sous-officiers et soldats des
deux bataillons de Normandie et d'Artois , et matelots des vaisseaux le
Fongueux et le Borée. Les orateurs me dirent : Qu'ils étoient envoyés.
leurs camarades pour compulser ma correspandance avec le minispar tre, et connoitre leur véritable destination : je leur observai que leur
démarche, criminelle en elle-même, étoit une injure
envers un
vieux militaire, quin'avoit jamais connu que les lois ETee Phonneur, et
qui étoit incapable de les tromper, 3 que j'avois toujours été le père du
soldat, et que je ne l'avois jamais égaré ; un beau parleur me répondit:
Propos d'Arisiocrate! à leur livrer toute ma correspondance avec le miJe me déterminai
je leur observai que leur
démarche, criminelle en elle-même, étoit une injure
envers un
vieux militaire, quin'avoit jamais connu que les lois ETee Phonneur, et
qui étoit incapable de les tromper, 3 que j'avois toujours été le père du
soldat, et que je ne l'avois jamais égaré ; un beau parleur me répondit:
Propos d'Arisiocrate! à leur livrer toute ma correspondance avec le miJe me déterminai --- Page 84 ---
(24)
minuit, et
ils
à la lire jnsqu'k une heure après
nistre ; s'occupèrent
étoient à mes ordres 9. ils consentirent
après s'être bien convaincn qu'ils ils demandèrent trois jours pour se raà tenir garnison au Môle ; mais
leurs
qu'ils ne descenfraichir. Je les leur acccordai en afin prenant qu'on eût le paroles, temps de préparerleury
droient le surlendemain 4, en criant vive la Nation , vive le Général.
Jls se retirèrent les neuf heures du matin parut chez moi un
3, vers
LE
Le lendemain
d'Artois, qui mc dit que ie soldats vouloient
capitaine du bataillon demandoient cartouches chacun ; je parus surdescendre, et qu'ils demande ; et 1 refusai; mais comme cet officier
pris d'une parcille T'insnborlination lrat telle qu'infailiblement) les cartouin'observa quel prise avec violence , parce
les soldats n'ignoroient
ches seroient
à
et le désordre s'y
une
lcadr
pas qu'il y en avoit grande à
lordre, en dece motivant verbame déterminai
de
ycatiee
introduiroit, je
avec le régiment du Port-au-Prince le service
Jement, pour partager
trois
la place. deux heures
dans la cour du Gonvernement,
Vers les soldats, parurent tant du régiment du Port-au-Prince d'Artois
ou quatre cents
disoient-ils, voir le Roae Je
et de Normandic. l'accolade Ils wouloient, d'une centaine d'hommes, tandis que atur
rus 7 disoient et tjessuyai : Nous ne sommes pas venus pour P'embrasser. J'eus Le
tres
alorslal
fitenta
nement fut inondé par cette troupe jusqu'a 4 heures.
de diner.
se
en débanche. La nuit fut assez calme,
Le reste de la jonrnée passa se trouvâtà terre malgré les ordres
quoique le bataillon de Normandie
contraires que j'avois donnés. à cheval la ville et ses environs ; le baLe lendemain descendit 4, je parcourus avec armes et bagage. Je me rendis chez M.de
taillon d'Artois dit son régiment étoit gagné, et qu'il n'en réponMauduit, me maintien que de l'ordre. J'allai chez M. de
doit plus
le
fait,
également le mal à son
freatecaiee
été
:
le rapport qui lui avoit
jugea et je fis en toute hâte le dépouillement
Je montai au gouvernement,
en assurer le sort, si'le désordre
des papiers les plus importants > pour
m'exposoit à être attaqué. des prisons venoient d'être forcées par les solJ'appris que les les portes criminels avoient été relâchés.
dats, et que tous heures,
on me dit que la cour du gouvernement et
Il étoit onze
quant du Port-an-Prince, 3 armé de sabres,
étoit remplie par le régiment
savoir quel étoit l'objet de cette
M. de Mauduit à sa tête. J'avançai pour de faire passer des chevaux
irruption subite 7 et cependant j'ordonnai Je fus bientôt environné par cette
dans les derrières du gouvernement. Les soldats me demandèrent le décret 5 j'allai
troupe enivrée de licence. exemplaires de celui du 12 octobre ; ils m'obserleur chercher plusieurs
leurcachois > que leurs camdrades
vèrent gu'il en avoit TLIL le que leurayant je
dit, ils étoient obligés de les
d'Artois et 2 Normandie
croire.
et cependant j'ordonnai Je fus bientôt environné par cette
dans les derrières du gouvernement. Les soldats me demandèrent le décret 5 j'allai
troupe enivrée de licence. exemplaires de celui du 12 octobre ; ils m'obserleur chercher plusieurs
leurcachois > que leurs camdrades
vèrent gu'il en avoit TLIL le que leurayant je
dit, ils étoient obligés de les
d'Artois et 2 Normandie
croire. --- Page 85 ---
(25) )
les désabuser. Facroire. J'employai tous les moyens imaginablos pour dans mon cabinet;
tigué de l'inntilité de mes raisonnements; je passai
wotre vie et la
M. de Mauduit m'y suivit, et me dit : CC Tout est perdu 3
mienne sont en granddanger, songez it vous > je vais pourvoir à TILCI
propre-suretd le >>. fut entouré de soldats, ma marche froide
Quoique les gouvernement sans doute sur ma résolution , et joignis mes
et modérée trompa
de deux lieues : la ville. Je
chevaux, qui me servirent à m'éloigner
de
laissai ordre à un homne de confiance qui resta aut gouvernement, dernier
me tenir sur les avis les plus suivis, pour je pusse tenter certitude un
de
effort; mais je crus très-important de ne Lt tenter qu'avec
succès. Tous les avis qui me parvinrent dans la journée 2 ne firent que mi- me
ma présence ne pouvoit opérer aucun bon effet, au
de Igcdte. mille soldats, ne connoissant d'autre volonté que la leur, s
et
ERET
et secondés par les équipages du Fougneux, du Borée Cette de IUranie conviction
de la Favorite, maitrisant la volonté de leurs chefs. M.de
de
nouvelle de lassassinatde
acquit son dernier degré force, parla
Mauduit par ses propres soldats. des solA la suite de la nouvelle de ce crime horrible, j'appris
enet de
s'étoient rendus an
en
rcilimte
dats d'Artois
Normandie
grefle,
levé l'original du décret du 12 octobre et l'avoient déchiré, en disant
qu'il avokt été surpris à l'assemblée nationale. J'appris que ces mêmcs
soldats donnoient dans les rues l'accolade aux nègres et aux mulâtres,
en leur disant : Yous êtes nos égaur, Passemblée nationale la prononce. Le fait est arrivé à un de mes propres esclaves (1)31 j'appris
mon
avoit été forcé par
mnatelots qui Y
PAOCIEIE
appartemnent
quelques
commis des vols. résulter
la chose
Je calculai les maux infinis qui pourroient environné pour de soldats pu- en
blique de la position du représentant du roi,
Je me déétat de révolte, et qui auroient voulu maitriser ses volontés. remède à
terminai à me rallier à la seule force publiquequi pit porter dorénavant de
des maux aussi pressants, à la seule qu'il me fit permis
reconnoître. (1) La municipalité du Port-au-Prince a envain nié ce fait dans (es écrits; Defaulnois, il m'a cominandant été confirmé
depuis par plulieurs perfonnes dignes de foi. D'ailleu:s, voici ce que M. du bataillon du neuvième régiment, m'a mandé le de 26 chaffer mai fuivant.
à la seule force publiquequi pit porter dorénavant de
des maux aussi pressants, à la seule qu'il me fit permis
reconnoître. (1) La municipalité du Port-au-Prince a envain nié ce fait dans (es écrits; Defaulnois, il m'a cominandant été confirmé
depuis par plulieurs perfonnes dignes de foi. D'ailleu:s, voici ce que M. du bataillon du neuvième régiment, m'a mandé le de 26 chaffer mai fuivant. un de leur camatade contre lequel ils
cLes fous-oficiers & (oldats me avoir demandent bu avec des
& avoir dit à une femme avoit
> m'ont iemis une plainre, pour
nègres, fon état d'efclave, ainli t enfants
>> prispour une mulâtreffe, qu'elle & ne devoit la ftarion plusconferver étoit venue leur rendre! la
>,
>>
tRaNt
qui (e trouvoienr près d'elle, quel les bataillous des
&
rrgiments
Certes.
ils
cLes fous-oficiers & (oldats me avoir demandent bu avec des
& avoir dit à une femme avoit
> m'ont iemis une plainre, pour
nègres, fon état d'efclave, ainli t enfants
>> prispour une mulâtreffe, qu'elle & ne devoit la ftarion plusconferver étoit venue leur rendre! la
>,
>>
tRaNt
qui (e trouvoienr près d'elle, quel les bataillous des
&
rrgiments
Certes. s'il fe trouvoit encore dans
quarante-haisime
CULIAELS
ci-devant Normandie & Artois, . des individus imbus de cette dodtrine, d'entr'eux & qui ofaffent l'ont la prècher
deux mois & demieaprès leut arrivée, on peut bien croire que plufieurs
profeifée
en arrivant. d --- Page 86 ---
(26),
La Colonie me sanras sans doute quelqne gré du sacrifice que j'oi fait
au bien public des monvements d'mne ame qne 45 ans d'expérience à
militaire ont assez accontumé an péril,, pour qu'elle soit inarcessible de
toute espèce de pnsillanimité. Je me snis abandonné à l'inspiration
mnes devoirs, c'est elle pii m'a conduit dans des circonstances anssi
étrange dans la ville du Cap, ou je ferai ma résidence jusqu'à nouvel
ordre. Il n'est ancun bon citoyen qui ne sente l'urgente néc ssité de la tenue
de l'assemblée coloniale dans des circonstances anssi orage uses, le
concours de cette mnasse die lumières avec l'activité du pouvoir exécutif,
ponrra senle raiener l'ordre dans la Colonie, l'y fixer, et garantir vOS
propriétés de toute atteinte.
de bonne foi
J'ai la confiance de croire qu'il n'est aucnn homme
qui,
ayants suivi la inarche de ma conduite publique, ne la trouve parfaitemnent d'accord avec la profession. de foi que j'ai hautement faite. Iln'est
qu'un senl événement qui puisse corriger l'amertnme dans laquelle me
tientla comparaison de Tétatdes choses dansla Colonie, le 2 de ce mois,
ave C nos circonstances actuelles, et cet événement dépend de votre patriotisme. Que l'assemblée coloniale se forme, et que 2 s'astreignant
aux décrets nationaux, elle fixe àjamais le boaheur de la Colonie.
Donné au Cap, le 12 mars 1791. Signé BLANCHELANDE.
No 14.
M E M o I R E que présentent les Oficiers du régiment du
Port - au-. Prince qui ont quitté leur Corps à Pinstant de
Passassinat de M. de Mauduit leur colonel, à M. de
Blanchelande, lieutenant-g.néral au Gouvernement des iles
francaises de PAmérique sous le vent, et inspecteur-genéral
des Troupes.
MONSIEUR LE GÉNÉRAL,
DE braves Militaires, dent les uns servent depuis longues années,
d'antres depnis tin temps plus court, mais qui tous ont mérité les
éloges de la Nation, du Roi et de Vous, fiuyent leur régiment, abandonnent leurs foyers, leurs femines, leurs intérêts; ils ne sont point
arrêtés par la
les fatignes d'une route qu'ils entreprennent
la plapart sans PORIFL avoir quoi payer le premier repas; rien ne peut
les retenir dans une ville où jusqu'alors ils avoient vécu paisibles;
l'instant où ils en seront éloignés 3 est le seul à dater duquel ils croiront exister. Qui a pu les déterminer à une démarche si.extraordinaire ? Qui a pu leur rendre ce séjour anssi odieux P LE CRIME
mais un crime d'autant plus affreux qu'il étoit sans exemple, et qu'il
nent
la plapart sans PORIFL avoir quoi payer le premier repas; rien ne peut
les retenir dans une ville où jusqu'alors ils avoient vécu paisibles;
l'instant où ils en seront éloignés 3 est le seul à dater duquel ils croiront exister. Qui a pu les déterminer à une démarche si.extraordinaire ? Qui a pu leur rendre ce séjour anssi odieux P LE CRIME
mais un crime d'autant plus affreux qu'il étoit sans exemple, et qu'il --- Page 87 ---
a été machiné, calculé et exdeuté (27) avec toute l'atrocité dont peuvent
être capables les scélérats les plus pervers.
Perniettez-nons, M. le Général, de mettre SOUS vos yeux l'exposé
simple & filele des horreurs dont nous avons été témoins.
avoit
Juseu' l'époque du 2 mars, le yégiment du Port-an-Prince étonné tonte la
montré un enthousiasme pour son Coloncl, quiavoit
Colonic. Cet officier, dont le mérite vous est trop conmn, pour de q'il tous
nous reste rien
ajouter, paroissoit avoir captivé le coenr
ses soldats. Pen 2 jours avant senlement, qnelques chasseurs leur yvres vin.
lni avoient témoigné de l'humenr, mais elle s'étoit passée avec
Le 2, ver's quatre lieures, arrivent deux vaisseaux de gnerre et une
frégate portant deux Intaillons,Tam d'Artois, l'antre de Normandic.
Sur les cinc heures, les Commandants de ces vaisseaux, descendent accompagnés à terre. Ils
de quelqnes Officiers de ces deux régiments, de
les conduit an
sont entourrés à l'instant par une foule peuple qui
Gouvernement, anx cris de vire la Station. Plusieurs canots universelle partent
du rivage pour aller visiter LEURS FRERES. La joie paroit l'assemblés
parmi tous cenx qpi avoient pris ci-devaut le parti de
la
ue illamination
nonc
nérale de St-Marc; ils témoignent par coalition certaine qu'ils et madès le mnêine soir. Enfn, tout annonce une
les
chinée depuis France, entre l'éqmipage des vaisseanx, troupes qu'ils
portent et ce parti. Un faut décret semé d'avance, et leiz contradictoi- octobre
rement opposéà celui qu'avoit rendu l'assemblée nationale
veulent
dernier, sert de mot de ralliement pour la révolation qu'ils vaisseanx
opérer. On voit deux bataillons de régients français, la Nation dénx les envoie
aussi français, oublier que c'est à ce titre
et cédant à la sédans cette Colonie
faire exécuter ses
atreats
duction, les fonler aux pour pieds; ils méprisent vOS ordres, M.le Général,
et ne reconnoissent pluis d'autorité que la leur; ils font plus encore,
votre asile, votre caractère et votre personne ne sont plus respectés;
ils vous contraignent à leur laisser compulser vos papiers, destiniez. et refusent Les
formellement d'aller dans les garnisons que vous leur
tonsedncteungiriompbhenty mais ils tremblent 6 encore. Un homme leura fermeté
jours montré le glaive de la justice suspendu surleurs têtes. La leur
de son ame supérienre à toute crainte, son activité, son ils énergie méditent
en imposent. Trop foibles, trop lâches pour l'attaquer, sa conduite est sans
son assassinat. Mais comnent ainener ce crime,
sa persoune adorée de ses soldats dont il est le pére? ils
reproche ont recours , à l'imposture : c'est ici que le faux décret leur devient
nécessaire. Aidés des soldats des régiments déji séduits, et de quelques scélérats du nôtre, ils sèment Tinquiétnde parmi les phis véritable, foibles;
ils parviennent à faire-donter lequel des deux décrets est le
et du donte à la persuasion il n'y a plus qu'm M. pas. de Manduit, lui
La compagnie des grenadiers vint le 3 chez
renouveller le serment qu'elle lui ayoit déja fait, de verser jnaqur'ala
da
Aidés des soldats des régiments déji séduits, et de quelques scélérats du nôtre, ils sèment Tinquiétnde parmi les phis véritable, foibles;
ils parviennent à faire-donter lequel des deux décrets est le
et du donte à la persuasion il n'y a plus qu'm M. pas. de Manduit, lui
La compagnie des grenadiers vint le 3 chez
renouveller le serment qu'elle lui ayoit déja fait, de verser jnaqur'ala
da --- Page 88 ---
dernière
(28) )
vie
goutte de son sang pour sa défense. Ils
sa
ne leur paroissant
trop en sureté, ils le prioient ajoutèrent de que
deux d'entr'eux AAPS servissent d'escorte par-tout oùr il permettre voudroit
Sie. Le soir ils lui portèrent, au gouvernement, un ponpon de leur
compagnie, en le priant de vonloir l'accepter comme le
des
serments qu'ils Ini avoient faits. M. de Mauduit prenant garant la
de l'officier qui étoità seS côtés, & la lui serrant, lui dit: alors Qu'on main est
heureuz de commander des gens comme ceur - là. Qni croiroit
c'est en le quittant que ces mêmes grenadiers, oubliant leurs
que
et les sentiments d'honneur qu'ils avoient montrés jusgu'alors, serinents
l'oreille à la sédnction, et forment Phorrible complot de massacrer prêtent
celui à qui ils viennent de jurerle dévouement le plus parfait. Ils se
laissent persuader que vous, M. le Général, et M. de
les
)
avez trompés 3 que fassemblée nationale, loin de les louer, Mauduit, les blame;
qu'ils les sont crimiuels, et que c'est pour les mettre à la raison , ainsi
que volontaires du Port-an-Prince, qu'arrive la station. La frayeur
s'empare de la de tous les soldats; ils croyent voir sur leurs fronts le signe
leur chef, proscription, et ne ponvoir mériter leur pardon qu'en sacrifiant
ils
leur persnade être l'auteur de l'erreur dans
ont été eeate Une députation de cent d'entr'eux va le laquelle
lui reproche de les avoir trompés, et le somme de venir rendre tronver,
de sa conduite devant les régiments
arrivent ; il le mène au compte
vernement. Envain, M. le Général, TOf présentâtes vous le décret gou- du
12 octobre qui approuve leur conduite. Envain les assurâtes vous
n'en existoit point d'autres 3 ils s'obstinèrent à vous dire que vous qu'il les
trompiez, et qu'ils en croyoient de préférence leurs camarades d'ArL
tois et de Normandie. Ils persistèrent A vouloir que M. de Mauduit
vint au devant de ces régiments. Il prit alors son parti & se mit en
marche. A peine paroit-i, qu'une vile populace l'insulte et le conduit
aux luées jusques dans sa niaison. Une foule de soldats de son
ment vient T'y constituer prisonnier, ainsi que MM. Germain et régi- Gallezot, qu'ils vouloient associer à son sort. Matelots, soldats,
tous entrent chez lui comme dans un lieu
S ils Finvectivent. peuple,
Les bas-offiiers semblent être les plus déchaînés conquis contre lui ; son vin
sert à abreuver les scélérats qui vont l'égorger. On cherche à les calmer; & pour les désabuser, on va au greffe chercher la minute du
décret du 12; ils veulent qu'on la porte chez M. Nicolas, capitaine
général des districs, où étoient réunis les partisants de l'assemblée
de Saint-Marc. Un adjudant s'en charge 3 mais on ne veut pas reconnoître ce décret, & il est déclaré faux cette assemblée.
Les grenadiers viennent alors proposer à par M. de Mauduit de venir
avec les deux Officiers prisonniers comme lui, dans leur
où ils seront en sureté. Il se rend à leurs desirs ; et en compagnie, entrant,
un Une grenadier dit à son camarade : En/in nous le tenons. y
députation de citoyens, M. Pruchomme, négociant, à leur
charge 3 mais on ne veut pas reconnoître ce décret, & il est déclaré faux cette assemblée.
Les grenadiers viennent alors proposer à par M. de Mauduit de venir
avec les deux Officiers prisonniers comme lui, dans leur
où ils seront en sureté. Il se rend à leurs desirs ; et en compagnie, entrant,
un Une grenadier dit à son camarade : En/in nous le tenons. y
députation de citoyens, M. Pruchomme, négociant, à leur --- Page 89 ---
tête vient assurer M. de Mandiit
n'en vent point à SUS jenrs,
ta paroisse va se rémnir, et
l'enverra prier de s'y rendre. dins
Hes soldats s'emparent alors des
qii avoient été pris
la maison du comité lors de Sil dissolution, ct déposés aux casernes;
Elhis
& les portent A l'église oit étoit T'assemllée; mnais elle refuse de ies
rec. voir d'antres mains que de cellcs de M. de Manduit. Ce refus
parott être le sigual du nienrtre. Une multitude de soldats d'Artois,
e Normandie et du Port-an-Prince, confondu: avec les matelots et
le
va s'emparer de sa personne,, ct le mène, non à Paglise, deux
mais Fts à la maison de l'ancien comité, accompagné des
Officiers pi doivent partager son sort. On Paccable d'injures ; on
vent Ini faire demander grace : arrivé à la maison, on écarte, avec
violence, tous les officiers qui l'avoient suivi, & quiauroient pu tenter
de s'oppeser à seS assassins. Il n'en reste plus auprès de lui que treis
On quatre. On veut encore l'obliger d'implorer ses bourreaux 3 STT le
refas obstine qu'il en fait, après quelques coups de poing que lui
portèrent des matelots, un grenadier d'Artois lui donna un coup de
sabre sTT la tote, ceux du Portan-Prince se hâtèrent d'imiter SOIL
exemple, & à l'envic l'un de l'autre massacrent leur Colonel. La garde
du réginient de Normandie accourut an bruit, se contenta d'dtrespetatrice paisibles de ses ici horreurs. de
ce mnoment à celui de la nuit
Peut-on s'empécher
comparer
du 29 an 30 juillet dernier : qui croira que ce sont ces mêmes grenadiers qui, fiers de leur Colonel, avoient dissipé ue foule d'assassins
réunis dans cette mêne maison, qui viennent aujourd'lmi sacrifier ce
même chef, pour plaire à ceux qui vonloient alors les détruire, que
sont devenus ces héros d'alors ? 1ls sont convertis en vils meirtriers.
O régiment du Port -au - Prince oi est ton énergie? Doi te vient
l'apathie dans laquelle tu es tombé? Tu n'a pu délivrer ton chefdes
barbares qui l'égorgeoient ? Tu as V11 dans la plus stupide tranquillité
immoler ton pére, ton ami, ton Coloncl, à la haine des scélérats
qui ont déjà fait couler ton sang P Tu conserves dans ton sein les
auteurs de ce forfait atroce, & tn trouves encore des hommes qui
veulent te commander ! Oseras-tu déployer tes drapeaux? Ils sont
souillés du sang de ton Colonel, & lignominie les suivra tant qu'ils
ne seront point lavés de cet horrible parricide ! Tu as perdu enl 1I1
instant la gloire que ta conduite t'avoit acquise. Plenrons, gémissons
sur ton sort !
Jnsqu'à CC moment, M. le Général, les faits que nous vous avons
détaillés, se sont passés sous nos yeux. Vous avezappris, comne nous,
par la voix publique, les infimies faites au cadavre de M. de Mauduit: sa tête coupée, présentée à la potence 2 posée au-dessus de sa
porte, & là fusillée : son corps trainé par les rues, présenté aux portes
des officiers qui se trouvent sur leur passage, 2 porté devant sa maison >
& percé de tous les couteaux qu'on y trouve : le pillage de sa maison,
se sont passés sous nos yeux. Vous avezappris, comne nous,
par la voix publique, les infimies faites au cadavre de M. de Mauduit: sa tête coupée, présentée à la potence 2 posée au-dessus de sa
porte, & là fusillée : son corps trainé par les rues, présenté aux portes
des officiers qui se trouvent sur leur passage, 2 porté devant sa maison >
& percé de tous les couteaux qu'on y trouve : le pillage de sa maison, --- Page 90 ---
30)
la destruction de tout ce qui lui appartient, l'anéantissement de tout
ce qui pouvoit leur rappeller SOII idéc, prouvent jusqu'à
leur rage étoit portée. ils ne se contentent pas de ces crimes, quel ils point vont
chez M. Galiezot, dont le tort étoit d'être trop attaché à M. de Mauduit ; ils pillent sa maison, en enlèvent denx caisses d'argenterie
partenante à M. Germain qui partageoit le même tort ; elles sont apretrouvées entre les mains des chasscurs et d'un sergent ci - devant
écrivain de notre Colonel : pour les ravoir, il faut douner huit
tngaises A ceux qui préiendent les avoir sauvé.
porDès l'instant qu'on eut assassiné M. de Mandnit, les officiers
tèrent CO séjour d'horreur : une partie n'a plus vonln y
quitd'autres ne l'ont fait qne pour y prendre quelques effets, retourner; et se sont
Jiâtés de s'en éloiguer; d'autres, enfin, ont cru pouvoir y rester :
u)
de ceux qui se sont retiré, quelqnes-uns n'out pH
la
route de cette ville, & sont dans d'autres parties de entreprendre cette Colonie,
chez eux ou chez leurs parents ; unais nons soinmes persuadés
s'empresseront de se joindre à nous pour vous supplier, M. le
de prendre en
Cadls
considération quc nous n'avons quitté notre Corps
pour ne point partager l'opprobre dont ils s'est couvert. Daignez, M. aE
Général, être notre organe et notre appui auprès de la Nation et du
Roi : victime comme nous de l'insurection ct du brigandage qui
pourroit mieux que vous lni exprimer les raisons qui nous ticnnent >
éloignés d'un réginent qui a perdu tous SeS droits à notre cstimne.
Les officiers du détacliement qui étoit à Saint-Marc, pénétrez des
mêmes sentinents qui animent leurs camarades, vous prient, M. le
Général, de leur permettre de se joindredenx pour vous les exprimer.
&
MM. de Germain ct Gallezot n'ont da leur vic, le premier qu'a un
chassenr qui l'a fait évader, et l'autre à M. Beausoleil, citoyen du
Port-an-Prince, qui, dans un autre temps, délivra M. Fauré de la
Jarre, habitant au Cul-de-Sac.
M. Descollines, chevalicr de Saint-Louis, premier capitaine du régiment du Port-au-P,ince, qui, comme nous 3 a qnitté le Port-auPrince lors du mcurtre de M. de Maucuit; et est venu en cette
nous ayant dit qu'il donnoit sa démission, n'a pas cru devoir ville,
ce Mémoire.
signer
Romillon, Germain, Destimanville, la Villegontier, d'Anglade, Ie
chevalier d'Anglade, Mangin, Dargence, Gallezot, Constant, le clrevalier Mangin, Gripicre.
-au-P,ince, qui, comme nous 3 a qnitté le Port-auPrince lors du mcurtre de M. de Maucuit; et est venu en cette
nous ayant dit qu'il donnoit sa démission, n'a pas cru devoir ville,
ce Mémoire.
signer
Romillon, Germain, Destimanville, la Villegontier, d'Anglade, Ie
chevalier d'Anglade, Mangin, Dargence, Gallezot, Constant, le clrevalier Mangin, Gripicre. --- Page 91 ---
(31)
LETTRE de MM. les Officiers du régiment du Port-au-Prince
à M. le Général.
Au Cap, le 23 mars 1791.
M ONSIEUR LE GÉNÉRAL,
D'Arn is l'exposé fidèle que nons vous faisons de notre conduite,
et qui se trouve consigné dans le mémoire que nous avonsthonneurde favorablement la
vous présenter, nous espérons que vous accueillerez de
demande que nous vous faisons unanimement, nous accorder un
congé pour France : nous ne desirons en profiter que pour faire valoir
et faire appuyer notre conduite par votre suffrage.
Nous sommes avec respect,
MONSIEUR LE GÉNÉRAL,
Vos très-lumbles et très-obéissants serviteurs,
Germain, Gallezot, d'Anglade, la Villegontier, Mangin, le chevalier d'Anglade, le chevalier Mangin, Constant.
RAPONS. E de M. le Général à MM. les Officiers du
régiment du Port-au-Prince.
Au Cap, le 13 mars 1791.
J'AI hi, Messieurs, avec attention la lettre
vous m'avez fait
de m'écrire, et le inémoire qui y
joint 5 ce dernier
Tecdltrjk
l'honneur
relation de faits dont j'ai en partie élé le témoin, le
renferine s'accorde une
à ce que d'autres personnes 'en ont dit
reste
parfaitement
et mandé.
Messieurs, à VOS voeux, en vous accordant la permission Je me de rends, passer en France; mais c'est Ala condition
vons vous
rendrez tous à r'O.ient, d'oi vous écrirez au ministre 301 la marine,
lui annoncer votre arrivée, et prendre ses ordres. Je vais l'inpour former de la position où vous vous trouvez, et du parti que je prends
à votre égard.
J'ai lhonneur d'être av: C un bien sincère attachement, Messicurs,
votre très-humble et très-obdissant serviteur, BLANCHELANDE.
permission Je me de rends, passer en France; mais c'est Ala condition
vons vous
rendrez tous à r'O.ient, d'oi vous écrirez au ministre 301 la marine,
lui annoncer votre arrivée, et prendre ses ordres. Je vais l'inpour former de la position où vous vous trouvez, et du parti que je prends
à votre égard.
J'ai lhonneur d'être av: C un bien sincère attachement, Messicurs,
votre très-humble et très-obdissant serviteur, BLANCHELANDE. --- Page 92 ---
(3a)
Procis-r. E maanquiconstate la position dans laquellese trouvoit
le régiment du Port-au-Prinice à Pépoque du 2 mars, jour
del'arrivéede lastation quiavoit cté envoyée d St-Dominguc,
à Peffet defaire erécuter le décret de Passemblée nationale,
amnchonnéparleroi, eil date du 22 octobre 1790 (1).
Nous, les officiers du régiment du Port-an-Prince, soussignés, déclarons et attcstons 2 jusqu'à ce jour 3 la conduite du réginent a été
inéprochable, que Ress soldat, fidèle à ses serments, aux lo's de la discipline militaire, et à l'honneur, n'a cessé, en toutes occasions, de manifester ces sentiments, par son zèle pourle service de l'état, son obéissance et son respect pour ses chefs ; que les mesures criminelles, et les
moyens honteux , si souvent employés
le détourner de ses devoirs,
et le porter à la révolte, ont toujours lrde déconcertés et repoussés avec
le plus grand mépris. Une persévérance si honorable dans ses devoirs,
une fiddlité si rare à ses principes, au milieu d'une Colonie agitée, au
sein même du désordre, et environné de tous les piéges de la seduction,
ne pouvoient que nous inspirer la plus juste confiance pour l'avenir; ;
nous aurions osé répondre de nos soldats comme de nous mêines ; et
comptant fermement sur leur obéissance, assistés par un grand nombre
d'honnêtes citoyéns S après avoir heureusement rétabli la paix au Portau-Prince et dans d'autres parties de la Colonie, nons nous flattions
mnême de ponvoir l'y maintenir. Mais l'exemple contagieux de révolte
des matelots et des troupes de ligne , transportés au Port-au-Prince sur
les vaisseaux et frégates de la station , arrivée hier au soir, a fait évanouir toutes nos espérances. Cette nouvelle épreuve est la plus dangereuse à laquelle le régiment ait été exposé jusqu'à présent, et nous
n'oserions répondre qu'il lu'y succombât. Sa fidélité n'avoit été tentée
que par des hommes qui leurs étoient étrangers par leur état; mainteJant ce sont des matélots et des soldats, ce sont des homines revêtus
de l'habit militaire , quoiqu'ils en aient perdu l'esprit, qui se chargent
de la suite de ce coupable projet, et qui se portent ouvertement pour
ses corrupteurs, au moyen d'un soi-disant décret émané del'assemblée
nationalé, en date du 17 décembre, par lequel elle déclare : qu'ayant
été surprise parde faux renscignements, elle révoque lcs éloges qu'elle
a donnés au régiment, par son décret du 12 octobre. résulter de notre
Craignant donc les suites funestes qui penvent
position critique, nous protestons d'avance contre tous les actes irréguliers et les excès qui pourront avoirlien, etque tous nos efforts ne pourroient empêcher : nons déclarons qu'invariablement soumis inviolablement aux règles
de la discipline militaire, et anx ordonnances du roi,
attachés à ses représentants légitimes dans la Colonie, nous nous oppo-
(I)Ce procès-verbal devoit être livré à l'impreflion le 3, mais les événements arrivés ce jour
& les fuivants s'y font oppofés.
seront
les actes irréguliers et les excès qui pourront avoirlien, etque tous nos efforts ne pourroient empêcher : nons déclarons qu'invariablement soumis inviolablement aux règles
de la discipline militaire, et anx ordonnances du roi,
attachés à ses représentants légitimes dans la Colonie, nous nous oppo-
(I)Ce procès-verbal devoit être livré à l'impreflion le 3, mais les événements arrivés ce jour
& les fuivants s'y font oppofés.
seront --- Page 93 ---
(33 j
seront de tontes nos forces anx manceuvres et aux entreprises
teroient atteinte à leur antorité > et emnployerons tous les moyens qui porPhonneur et notre devoir pourront nous inspirer pourla faire respecter. que
Marchant d'un pas ferme et sir dàns la route honorable que nous nous
soimes tracés, et que nous avons toujours constaminent suivie,
les succès ne couronneroit point nos voeux et nos efforts, quand la fortune quand
trahiroit notre cause, 3 qui est celle de tous les bons
nous n'aurons
du mnoins nul reproche à craindre de notre conscience citoyens, s et nous
croirons avoir mnérité l'estine de la nation et les bontés du roi.
Au Port-au-Prince, le 3 mars 1791.
Signé de Cournoyer, 2 lieutenant colonel; d'Attel, capitaine commandant les Chasseurs ; de St-Val, capitaine commandant; ; Poitou ,
taine en second ; Prévôt, capitaine en second et quartier maître tréso- capirier; d'Hérissé, , premier lieutenant; ; de Saisses 7 sous-lieutenant.
AEN 2 2
MANIFESTE des Officiers du régiment du Port-au-Prince
aux Citoyens de cette Colonie.
PERSONNE ne sauroit douter que des officiers, aussi sensibles à
T'honneur qu'attachés à leurs devoirs, n'aient éprouvé les plus cruelles
agitations, depuis que la révolte des soldats deleur
et l'assassinat d'un chef recommandable et généreux ne leur régiment a
permis de
ce
plus
regarder la
régiment sans honte pour lui-même 9 et sans crainte
sureté publique. Sollicités, par Thonneur, de fuir des
pour entachés, et des soldats sans frein, rien n'a pu les retenir auprès drapeaux
l'espérance de préserver le peuple des excès toujours menaçants d'eux,
Reats troupe indisciplinée, et celle de voir ces malheureux, revenus de
l'erreur qui les a égarés, tâcher de réparer leurs crimes le
et la soumission.
par repentir
Nous n'avons pas désepinédclesamener à cet heureux
tant que nous avons pu nous flatter que la municipalité, changement, réellement
animéedu desir du bien et de Ja paix, nous seconderoit
leur faire
connoitre la vérité et leur devoir. C'est sans doute une pour des plus belles
prérogatives de'cetté magistratnre, que de commander par la
et les municipalités de France l'ont plus d'une fois exercée avec confiance,
dans des occasions à-peu-près
succès,
de l'ignorance des principes de semblables, la nouvelle constitution. qui par-tout ont pu naitre
Mais la municipalité du Port-au-Prince nous a prouvé 3 par ses réponses que si ses propres intérêts lui font desirer une sorte de tranTeime rité.
ce n'est point celle qui est fondée siir Ja justice et sur lavéVoici des faits qui appayent ce .que nous avançons :
Le plus grand,obstacle" auretour de l'ordre dans le régiment du Portau-Prince, et prebailementedansles deux autres
est
leur croyance au décret supposé du 17idécembre, bataillons, , qui a fait tout toujours le mal
e
réponses que si ses propres intérêts lui font desirer une sorte de tranTeime rité.
ce n'est point celle qui est fondée siir Ja justice et sur lavéVoici des faits qui appayent ce .que nous avançons :
Le plus grand,obstacle" auretour de l'ordre dans le régiment du Portau-Prince, et prebailementedansles deux autres
est
leur croyance au décret supposé du 17idécembre, bataillons, , qui a fait tout toujours le mal
e --- Page 94 ---
(34)
et qui le perpétue. Lorsque la municipalité se transporta sur la la place
du gouvernement à lheure de la parade, à leffet d'assister à prestation du serment civique des recrues 1 nous priâmes avec instances le
M. le Maire , de saisir cette occasion pour déclarer aux soldats
et
celui décret du 12 octobre, est le seul qui soit véritable que
de
décembre n'a jamais existé. Nous ne pimes obtenir de lui cet acte
franchise et de vrai patriotisme. Nous ignorions alors, et probablement bout
à
on ignore encore au Port-au-Prince, que la municipalité, poussée du Nord, de
par Tes réquisitions pressantes de l'assemblée provinciale décret a été fors'expliquer sur sa croyance au sujet de ce prétendu l'existence. , Oh ! comcée' de parler nettement et en a nié formellement de maux ! Combien il
bien cet aven, plutôt arraché, auroit prévenu
pourroit en réparer encore ' sil'on avoit soin de le répandre avec profusion parmis les soldats et les équipages !
Les membres composans le conseil d'administration, chargés et d'ef- responsables des finances du régiment, voulant, dans un tel moment
fervescence, mettreleur conduite à l'abri de toute inculpation et craignant à chaque instant le pillage , proposèrent aux soldats de mettre de
sous leurs yeux la situation des caisses 7 et après cette vérification, del la marine.
les faire transférer chez M. Bizouard, trésorier principal de leur intention, et
En conséquence 3 ils prévinrent les compagnies le Maire, deux Officiers municirequirent, par écrit, MM. PIntendant, ,
paux et un Commissaire de la marine , de se transporter aux casernes être 3
pour, en présence des commissaires, nommés connoissance par les compagnies, de leur , conprésents à l'ouverture des caisses , et prendre
etc. ensuite
A
tenu, voir les effets du magasin appartenants aux soldats,
assisteràla translation desdites caisses et des registres dela.comptabilité,
chez M. Bizouard, où seroit dressé procès-verbal du tout.
La municipalité répondit par écrit en CCS termes :
cc Persévérant dans nos principes, de ne nous immiscer dans aucune
des opérations et mouvements militaires, trouvez bon que nous nous
abstenions de nous rendre à votre invitation >.
De leur côté, les compagnies ont décidé que rien ne sortiroit des
casernes, et qu'elles pourvoiroient par des sentinelles à ce que rien ne
fit enlevé. Alors le conseil d'administration leur a déclaré qu'il se
se regardoit, dès ce moment, comme déchargé de tout événement du nombre à
l'égard des caisses; il les a sommé, en outre , de faire choix à l'ouverture
des leurs qu'elles jugeroient convenable, pour être présents le montant; ; et endes caisses, en compter les espèces, et en spécifier
suite, signer quatre procès-verbaux. 3 qui seroient dressés en conséquence, autres
dont un seroit mis dans la caisse à trois serrures, , et les trois
gardés les officiers chargés des clefs ; ce quis'est exécuté.
de
Ponuirs des soldats refusent obéissance à leurs chefs,iln'y a plus
verture
des leurs qu'elles jugeroient convenable, pour être présents le montant; ; et endes caisses, en compter les espèces, et en spécifier
suite, signer quatre procès-verbaux. 3 qui seroient dressés en conséquence, autres
dont un seroit mis dans la caisse à trois serrures, , et les trois
gardés les officiers chargés des clefs ; ce quis'est exécuté.
de
Ponuirs des soldats refusent obéissance à leurs chefs,iln'y a plus --- Page 95 ---
(35)
dliscipline, iln'y a plus de corps militaire. C'est alors
le pouvoir
soustraire A l'anarchie Pasur laquelle ils
civil doits'en emparer, pourles sans cesse la liberté publique. Le magistrat
sont tombés, et qui menace
est indigne de l'estime de ses
qui refuse son ministère en cette occasion,
concitoyens
lui ont confié leur sureté. la
la
On ose aper dans toute la Colonie que paix
parfaite règne
et l'on feint d'ignorer
les
n'y recontnm
au noissent Port-au-Prinçe, d'autre loi que leur volonté. On ose tnsulecs affirmer qu'ils n'ont
d'insubordination,
celle que leur 2
jamais donné d'antre marque d'avoir été trompés di colonel" qu'ils ont
inspiré le ressentiment cet accident ils sont
dans le devoir. Suivant
et
entoes
immolé, il qu'après faut' conclure leur colonel les a trompés quand il leura
ce donné conte, connoissance du lerde du 12, qui les combloit d'éloges ainsi
nationale les a aussi trompés en les
Par conséquent, s'est l'assemblée elle-même en croyant qu'ils les méR'u déférant, et elle
trompée décret
leur a annoncé toutes ces
ritoient. C'est donc un nouveau soif du qui l'horreur de l'ordre etde
trahisons, qui leur a donnéla
sang,
nouveau décret
l'obéissance? Oui : assurément, il nyavoit qu'un l'assemblée qui
opérer un bouleversement semblable; d'aussi et comme
il natio- a bien
Het est trop sage pour en avoir rendu décembre. inconséquents,
fallu en supposer un : c'est la celui scène du affreuse 17
du 4..
soit le seul acte
Mais est-il bien vrai que commis les soldats? On enimpose an public
d'insnbordination cela comme sur qu'aient tout ce
se passe au Port-an-Prince. En voici
sur
qui
les Le prenves 28 mars : dernier, les soldats ont signifié a leurs officiers qu'ils
n'entendoient plus, et cela au sujet du nommé Joli, sons-officier, qu'ils
s'ingérassent de punir aucun d'eux, inême de la salle de discipline; ils
les
avec défenses de paroitre au quartier, sous
ont renvoyé adjudants,
peine Ils ont d'être prétendu pendus. se faire donner arbitrairement de l'argent de la caisse;
et un caporal, à la tête de la députation des compagnies, remis * se permit de
dire à M. de Cournoyer : Si cet argent ne nous est pas
demain, du bras.
nous vous couperons le cou; menace insinuations fut indiquée les parle geste
de
informé
pernicienses
at
M. Cournoyer,
du Bt prétendu
auprès des soldats, venoient ce particulièrement club avoit invité les soldats des uits
triotique, et quele président
E
régiments à se trouver journellement à ses séances, jugea cette donner liaison
infiniment dangereuse ; en conséquence, il décret s'empressa de l'assemblée de
natio- au
et au
connoissance
RERA
régiment
maire,
lequel elle déclare qu'aucune
nale, en date du 19 septembre 1790, par
sous aucun
association , corporation quelconques ne penvent,
préterte,
entretenir avec les troupes de ligne des correspondances, ayant les
à
de les ditourierderécyier
RAE
objet de les attacher les leurparti, de ligne ouvrir de parcilles corresponde leurs chefs, ni troupes
e 2
natio- au
et au
connoissance
RERA
régiment
maire,
lequel elle déclare qu'aucune
nale, en date du 19 septembre 1790, par
sous aucun
association , corporation quelconques ne penvent,
préterte,
entretenir avec les troupes de ligne des correspondances, ayant les
à
de les ditourierderécyier
RAE
objet de les attacher les leurparti, de ligne ouvrir de parcilles corresponde leurs chefs, ni troupes
e 2 --- Page 96 ---
(36)
dances, : sans être tous également coupables, traitres à la
et
criminels au premier chef:
patrie
Le maire répondit Je vais assembler la
sur votre demande. Mais les soldats ont dit: municipalité Nos frères IETNA Normandie délibérer
etd'Artois qui arrivent de France vont azL club
n'aurionsnous pas le droitd'y aller ? La municipalité n'a pourquoi trouvé
à ce
et
de
paf
raisonnement, les soldats vont au club contre la défense réplique de
officiers, 3 contre le voeu d'un décret national; et lon vous dit
leurs
qu'ils ne donnentpoint de marques de désobéissance
hardiment
mer les citoyens.
qui puissent alarNons nous plaisons à le croire et à le publier la
des soldats
n'ont failli que par erreur et par séduction, il falloit. plapart les
les porter au crime; mais malheur à ceux qui les ont jetté tromper pour
probre ! lorsqu'ils s'éveilleront de ce sommeil
ils dans f'opavec raison, ne pouvoir se payer de leur souillure trompeur, croiront, em
livrant enx mêmes les traîtres, ,en donnant des preuves qu'en certaines dénonçant, deleurs
regrets, pardes actes d'une subordination absolue.
Mais dans cette attente incertaine, les officiers de ce
eu lieu de craindre que leur présence ne semblât autoriser régiment le désordre ont
habituel , et les événements plus funestes qui peuvent en résulter à
chaque instant, et dont ils paroitroient responsables,
ne
reste aucun pouvoir pour y obvier; ils n'ont pas cru quoiqu'il devoir
leur
des plus long-temps une position si équivoque, si indigne d'eux. Ils supporter ont fui
devoir frénétiques, sourds à leur voix; à celle de la raison, de la
du
et de Phonneur.
vérité,
Au Cap, le IO avril 1791.
dant Signé les de Cournoyer, lieutenant colonel; d'Attel, capitaine commantrésorier; Chasseurs; Prévôt, capitaine en second et quartier-maître
d'Hérissé, , premier lieutenant; de Saisses, sous-lieutenant.
No 15.
EXTRAIT du Moniteur a colonial du premier mars.
AVIS AUX CITOYENS DU PORT-AU-PRINCE.
Le 2ofevrier 2792.
la Je m'éveille au brait du canon et de la mousqueterie, je m'habilleà
Mauduit hâte, je sors, je demande ce que c'est; on me dit que c'est M. de
qui fait la petite guerre au Champ-de-Mars.
nous sommes à la veille d'une assemblée infiniment Ah! j'entends,
eneadaurdemi-nul. Citoyens, sonvenez-vous des proménades importante militaires : A bon
qui ont précédé la nuit du 29 au 30 juillet.
m'éveille au brait du canon et de la mousqueterie, je m'habilleà
Mauduit hâte, je sors, je demande ce que c'est; on me dit que c'est M. de
qui fait la petite guerre au Champ-de-Mars.
nous sommes à la veille d'une assemblée infiniment Ah! j'entends,
eneadaurdemi-nul. Citoyens, sonvenez-vous des proménades importante militaires : A bon
qui ont précédé la nuit du 29 au 30 juillet. --- Page 97 ---
(37)
dans l'assemblée des
Ce n'est pas tout : on a fait, ilya le quinze jours, à écarter du Port-au-Prince
volontaires, la motion d'engager donl onse général mefie, et à confierla garde de notré
les troupesdel la station, dit
dont 01 eststir, et qui sera porté
ville an réginent Port-au-Prince, bien difficile de nommerle soulfleur. M.,de
au complet. Il n'est pas Port-an-Prince; ; mnaissil la station débarque,
Maudnit est comnandanteu) caril est le plus jeune des colonels; adien la
adieu le comnmandement, adien la compagnie des volontaires; adieu les pompons
prépondérancs; blanc; adieu tout. On tremble que ces lurons qui nous à bord, arrivent et ne ne
ressemblent aux soldats du Serin, En conséquence, qui sont consignés on veut les exiler au
rétablissent l'équilibre rompu. Eli
! des soldats citoyens, choisis
nos
Môle, aux Cayes, etc. être quoi suspects? Etil fandroit avoir plus le conlégislateurs, pourroient des Colonies qu'à des troupes qui sortent du foyer
fiance à un régiment Que cette tentative estimpolitique' je dis
du
pur patriotisme?
France, 2 dont on
la
PADHRA
est injurieuse aux troupes de
d'en concevoir suspecte du ressentine
aadirl
et les principes, et qui peuvent manquer dont une corporation inment; qu'elle est indécente envers de diriger, le général, et même de forcer les volontés,
constitutionnelle veut s'aviser
d'entr'eux murmurer du civisme de
n'ai-je pas entendu les et principaux pour le tourner en ridicule, dire qu'il aspiroit
M. de Blanchelande,
à être mnaire du Port-an-Prince. de M..
ce
vous devez être, et faites les 1
Croyez-moi, bonne M.
On a 7 fait soyez l'éloge dtte votre bravoure, et jy crois
choses volontiers. de Quant grace. à votre modestie, vantée, dit-on, par Washington,
d'en douter,
vous cabalez pour être toujours
vous me permettrez
puisque
M. le Commandant par intérim.
vous avez vu Thèbes, Sparte
Vous avez fait un voyage dansla de leçons Grèce; vous auriez pu rapporter de ces
et le pas des Thermopiles. Que
contrées, jadis fertiles en héros! disoit
pour conserver
Lorsque votre amour propre vous
d'intriguer vous
votre commandement, que ne vous rappelliez- rétabli qu'Epaminondas, Messène, réuni
après avoir, àla tête des Thébains, braleSparte, et rendula libertéaux Grecs,
en une ligue toutes les villes de l'Arcadie, soldat,
le
ne dédaigna pas de marcher comme simple
lorsque autre
lui fit l'affront de ne le nommer général; qu'une
FESe
mutiné de nouvelles victoires, pas il accepta la place d'intendant des
et après
du
dés rues, que ses envieux lui EsEt
belles, et d'inspectenr nettoiement fidèlement : car dit-il, cc non seulement la
donner , et qu'il s'en acquitta
mais aussi l'homme quelle est la
magistrature montre quel est T'homme,
magistrature Et lorsque >. de pitoyables flagorneurs, tans en vers
donnoit vous
et
étouffoient d'un
d'encens
FRGLE
noircissoient vous
nuage
erit
le sauveur de la
des nausées à tout le monde, 3
ne deux songiez-vons cent
Perses, avec une
Grèce, Miltiade,
avoir
Nerar
caiti
après
l'homme quelle est la
magistrature montre quel est T'homme,
magistrature Et lorsque >. de pitoyables flagorneurs, tans en vers
donnoit vous
et
étouffoient d'un
d'encens
FRGLE
noircissoient vous
nuage
erit
le sauveur de la
des nausées à tout le monde, 3
ne deux songiez-vons cent
Perses, avec une
Grèce, Miltiade,
avoir
Nerar
caiti
après --- Page 98 ---
(38)
poignée de Greos, dans les champs de Marathon, n'obtint d'autre
compense de cette innmortelle journée, que de voir
rédans le Poecite, avant ceux des ncuf
placer son portrait
avec Ini .
capitaines qui commnmandoient
defessemblerun Cen'est pas le toutd'aller aux Thermopiles, il faudroit encore tâcher
on pourroit me demander, peu aux grandshommes qni yont péri. Jedis un peu, car
entre UIL colonel soldé, un avecraison, Miltiade et un cequ'il pent y avoir de commun
la tête d'ane armée, empruntoit cinq écus Epaminondas qui, partant à
vinaigre au lieu de vin.
pour sa dépense, et buvoit du
J'ayouc, par exemple, que Cet Epaminondas,
n'étoit
ni colonel, ne se faisoit point accompagner qui
ni chevalier:
rablier, àg grandes moustaches, et la liache sur par-tout par un sapeur à
qu'aucun colonel de Frauce osât le faire dans l'épaule; je doute inême
donc grace de votre lictenr; si c'est une
cela ce moment. Faites-nous
voure ; si c'est un Lon, cela ne va pas à garde, la
ne va pas à votre braMais revenons à nos moutons : je voulois constitution. dire à nos
me paroit un peu synonyme dans le moment présent; citoyens, voici
ce qui
àl lenr dire :
ce que j'ai
On vas'assembler Pournommer les députés
par une insouciance déplacée, vous ne vous rendez al'assemblée coloniale;si,
compagnie des volontaires, dont la majeure partie est pas Al'assembléc, la
intéressés à l'ancien régime, décidera seule des élections. composée de gens
des représentants qui ne seront pas vos
Vous aurez
pour dépntés, des conseillers, des gens représentants; en place, des membres on vous du donnera
aristocratique de la rue Dauphine, qui combattront dans
billard
A
coloniale, non pas pous vOs intérêts, mais pour conserver l'assemblée
Tout volontaire, actif O1l non, voudra voter; quel
leurs places.
cela? C'estque tout le monde vienne : c'est de les noyer
la d'empécher
sur-tout, économisez le
Lruaee
temps; point de dissertations; ; il n'y a majorité; absolumentqu'une chosei faire : c'estde nommerdix
Nousn'avons aucunes instructions àleur donner, deptetdissmpliants elles
les décrets nationaux : ainsi, citoyens, point de
sont toutes dans
avec uIl scrutin dans VOS poches, contenant tunulte; arrivez tous
votre signature; cependant, comme O11 pourroit vingt vouloir noms, et munis de
ne fussent pas signés, ayez-en un antre tout
sans queles scrutins
tous ceux qii remettront iun scrutin aux commnissaires prêt soient signature, tenus indis- Que
tinctement, à peined'être rejettés, de représenter, 1ola
inajorité; 20 celle d'un an de séjour; 30 celle d'une contribution. prenve de lenr Si
quelque ponrlui; citoyen, il vaut mienx quoique évidemment actif, n'a pas ses pièces, tant pis
qu'nn citoyen 7 faute de
point cette fois son droit de voter, que de le voir preuves légales, n'exerce
quel il n'est pas da. Il y avoit à Athènes la peine usurper de mort par contre celui tout auétranger quise seroit introduit dans les assemblées du
songez que vous allez faire des fonctions de souverain; penple. songez Citoyens, dela
que
vaut mienx quoique évidemment actif, n'a pas ses pièces, tant pis
qu'nn citoyen 7 faute de
point cette fois son droit de voter, que de le voir preuves légales, n'exerce
quel il n'est pas da. Il y avoit à Athènes la peine usurper de mort par contre celui tout auétranger quise seroit introduit dans les assemblées du
songez que vous allez faire des fonctions de souverain; penple. songez Citoyens, dela
que --- Page 99 ---
(39)
nomination de vos députés, va dépendre l'établisement actuelle; des assemblées l'établisde département, et la suppression de la bureaucratic d'une
militaire et inquisement des municipalités, et la cessation
police civil et criminel,e.
sitoriale; l'établissement du nouvel ordre judiciaire, accoucha en
l'abolition des tribunaux monstruenx dont Lamardelle où
1787,
à l'aide de la Luzerne et de Marbois; de ces tribunaux aussi lâches l'ignorance dans le
le dispute à la corruption ; de ces tribunaux enfin,
la Colonie,et
danger, que féroces dans leurs vengeances, cause qui de rongent tous les troubles qui
ont étéla preinièrc, et peut-être l'unique
l'ont agitée.
réveiller votre attention ; Dieu veuille
En voilà
Nous
voir si vous méritez d'êtrel libres.
en
Hitons
que vous
FRc
sans
en attendant,
EmaAtT
Je vous dirai mon nom quand jele pourrai blason. danger;
voici mnon cachet dontjexpliquerai un jour le
LS.V.A.D.LLE E.D.L.R. E.S.N.I.E E. A.E.T T.E.A.N.
No 16.
EXTRAIT du Moniteur colonial du 22 juin.
A L'1 E DITE U R.
me faisoit
la Colonie
MONSIEYR; 2 ayant appris qu'on
passerdans, dernière
avoir abandonné mon assemblée comme étant dans la
des pour situations, et accablée sous le poids de l'ignominie, je vous prie,
de vouloir bien insérer dans vos feuilles la
Monsieur, en l'honneur conséquence de vous écrire pour instruire le public des railettre que mn'ont j'ai fait passer dans la Colonic, et de la façon que je m'y
sons qai
suis pris pour cela. à demander l'agrément de mon assembléc, qui a fait
J'ai commencé
et
je vous prie d'insérer mot i mot. Je
un arrêté en conséquence à l'assemblée que nationale pour une lettre quc j'ai
me suis adressé dl'écrire ensuite à M. le Président, qui a occasionné plusienrs décu l'honneur
différentes discussions a été renvoyée au comité Cobats, et qui après
Deux jours
je mne suis
lonial pour statuer ce qu'il appartiendroit. à l'extrémité du faubourg après St-Gerrendu chez M. Barnave qui reste même bon de citer certaines anecdotes
main, à l'hôtel Lamneth. h est
faire connoitre au public, sur quel ton ces Messicurs se gouvernent pour ; voici ce qui m'est arrivé personnellement.
Je me rends chez M. Barnave à dix heures du matin, je me présente
suisse et
s'il est chez lui; il me demande si jc suis sur
à son
avoir m'informe audience ;
c'est cela lai répondis-je,
la liste pour
encore qu'est-ce sous
? Suis-je chez des
Hinsiens
Monsieur, sommes-nous
tdenet
despotes, allez dire à M. Barnave, que c'est un député de St-Dominqui veut lui parler, et pour affaire. Le ton ferme avec lequel je
gue
ix heures du matin, je me présente
suisse et
s'il est chez lui; il me demande si jc suis sur
à son
avoir m'informe audience ;
c'est cela lai répondis-je,
la liste pour
encore qu'est-ce sous
? Suis-je chez des
Hinsiens
Monsieur, sommes-nous
tdenet
despotes, allez dire à M. Barnave, que c'est un député de St-Dominqui veut lui parler, et pour affaire. Le ton ferme avec lequel je
gue --- Page 100 ---
C40)
m'énonçois en imposa ai suisse 2 qui fut dans l'instant avertir M. nave, que je voulois lui parler et pour
Barfusinvité à repasser ; il vint in'annoncer cette aflaire, pour toute réponse je
drelemème ton et la même forineté, l'invitantà nouvelle, qui mue fit pren,
nave, lui apprendre que je restois au Marais, et retournerchez c'étoit M. Barpour que ma foible santé me permit de revenir une que
trop loin
suisse voyant que je soutenois toujonrs le même ton seconde fois. Le
fut de suite lui dire que je voulois absolument lni n'osa insister, et
aller. Voyant cette résolution, il ordonna
parler avant dem'en
eu Phonneur d'écrire à M. le Président YL l'assemblée me fitentrer. Ayant
appris que ma pétition avoit été renvoyée au comité nationale , j'ai
en êtes commissaire
venois
colonial Vous
parer mes malles pour rapporteur partir ; il 7 me je dit qu'il'n'avoit ponr savoir si je puis précuper, , mais qu'il me promettoit qu'à la séance du pu soir encore s'cn OCdécid e, que je n'avois qu'à lui envoyer demain à la même l'affaire heure seroit
laquais, et qu'ilm'en apprendroit le résultat, à quoi je ne
mon
j'ens l'honneur de lui écrire en conséquence ; il me
manquai pas;
mitd avoit accédé à ma demande, et que je n'avois répondit que le COmidi à l'assembléc nationale, qu'il me feroit délivrer qu'à me trouver à
je m'y rendis à l'heure indiquéc ; je fus le trouver; il mne Inon le passe-port fit de 5
expédier par le secretaire, et signer par le
suite
Jc vous l'envoie, Monsieur, vous priant de président. l'insérer dans
mot à mot, conforme à l'original. Comme je venois dans vos la feuilles
pour ma tranquillité ct non pour être
crus
Colonie 5
port n'étoit pas suflisant, je saisis l'occasion inquiéth, d'une je
que le passeassemblée me donna auprès du ministre de la marine mission
mon
*
der, outre mon passe-port, une lettre ministérielle pour .7uter demansauf-conduit en cas d'événement auprès de MM. les pour me servir de
qu'ilfit décréter sans difficulté 5. je vous prie Monsieur, Alministrateurs;ce de
mnon certificat pour confondre cenx ont voulu
la joindre avec
j'y joindrai un petit détail de certaines qui circonstances critiquer mon arrivée :
mon arrivée. qui Out précédé
J'ai débarqué au Port-au-Prince lc vingt-cinq mai la
le
des olficiers de la garde nationale, etle club ; amnicipalité,
Homtn les marques de la
tendre fraternité,
patriotique , m'ont
inviolable , et de l'estime P plus particulière ; deT'etachementle, tous les
plus
marqué CC même empressement pendant
citoyens m 'ont
Je suis parti pour me rendre au Cap; en mon arrivant séjour à an Port-an-Prince.
barqué au Port-au-Prince lc vingt-cinq mai la
le
des olficiers de la garde nationale, etle club ; amnicipalité,
Homtn les marques de la
tendre fraternité,
patriotique , m'ont
inviolable , et de l'estime P plus particulière ; deT'etachementle, tous les
plus
marqué CC même empressement pendant
citoyens m 'ont
Je suis parti pour me rendre au Cap; en mon arrivant séjour à an Port-an-Prince. les mêmes témoignages d'amitié de' la part de MM. St-Marc, les Officiers j'ai reçu
cipauxjet du district numéro 1 i la garde nationale m'a donné muniprenve par ses démarches, combien elle s'intéressoit à la sureté une
personne (1).J'ai quitté de suite St-Marc, et me suis rendu à Plaisance, de.ma
de (1), Sainte-Foi, M. le Maire a prié MM. les Officiers de la garde notionale
de M.
'amitié de' la part de MM. St-Marc, les Officiers j'ai reçu
cipauxjet du district numéro 1 i la garde nationale m'a donné muniprenve par ses démarches, combien elle s'intéressoit à la sureté une
personne (1).J'ai quitté de suite St-Marc, et me suis rendu à Plaisance, de.ma
de (1), Sainte-Foi, M. le Maire a prié MM. les Officiers de la garde notionale
de M. Labarthe jusqu'au de Sainte-Foi, bas dela Coupe 3 ce qu'ils ont fait avec plaisir, d'accompagner-M. > maigré les Labarthe instances
ot --- Page 101 ---
(41)
oû j'ai trouvé M. le Capitaine-général qui passoit la revue de la troupe:
Tonte la inunicipalité, Messieurs les Officiers et gardes nationales m'ont
donné les mêmes prenves d'affection, d'estiune et d'attachement
ailleurs. M. le Maire ct MM. les Officiers de la garde
Talse
par-tout
de cclle de
hale m'ont pronvé, ' par une démarche à-peu-près combien ils pareille étoient attachés à
St-Marc, combien je les intéressois, et dans feuilles
donner
l'assemblée générale (1). J'insère tout ceci
vos
pour
uue preuve de ma juste reconnoissanco à tous les braves citoyens. lettre écrite
Pendant le cours de mon voyage on m'a communimné une
par M. Anvray, oùt j'ai vIl
tronquoit la vérité des faits qui sc sont
passé lorsque nous avons eus e bonheur d'être admis à nous défendre.
Les alentours, les sarcasmes et les expressions dont il se sert sont tous
faux, et je proteste devant ce qu'il a de plus sacré que notre admis- il faut
été
nous
et
M
sion a
telle que
pouvions désirer, qu'assurément
que l'assemblée nationale y voye tout différemment qu'elle ne comités faisoit,
quand elle a rendu son décret du 12, pour avoir nommé maintenant quatre dans Ja
ponr reviser totalemnent l'affaire
nous regardons
plus favorable position pour le eilra de notre cause : je ne m'étendrai pas
d'avantage sar cette matière, attendu que lc détail seroit un peu trop
long. Jaurois un autre petite observation à faire au public concernant d'é- le
Moniteur miversel; on n'ignore pas qu'à Paris il y a 80 et tant
crivains qui donnent Lous les jours une feuille, dans laquelle la vérité de
est totaleinent déguisée 2 attendu qu'ils sont toujours aux rédacteur ordres est
ceux qui les payent. Le Moniteur est de cC nombre ; son
il s'est
agent de M. Barnave, et en cette qualité 3 pourlni fairela cour et 3 si fort
toujours plu à dire des indignités contre Passemblée générale,
noqil nous a obligé quelques fois d'aller nous-mèmes lui en marquer mais
tre surprise , à quoi il nous répondoit qu'il en étoit bien mortifié;
que cela venoit par la faute de ses écrivains placés dans les galerics pour
prendre à la volée tout ce qui se passoit pendant le cours de la séance, ,
et que dans les circonstances il n'étoit pas étonnant qu'on IIC fit pas
aussi exact que quand on écrivoit à tête certains reposée. écrivains
vont me
Je suis assuré, Monsieur, qu'il y a ils
plume la
tout ce
employer
contrarier dans
que j'avance 5 peuvent
n'étant
plus envénimée, ils sont assurés que je n'y répondrai pas,
le
faire de
assauts ; mais bien pour
tebiz
venu dans pays
pareils
ma santé, EICnE depuis long-temps.
détail
Les amis de la régénération qui désircront avoir un
plus circonstancié pourront me faire Phonneur de in'écrire au Fort-Dauphin, de leur dire 1
où i'ys serai sous huit jours, je me ferai un vrai plaisir
vérité dans toute sa purcté.
(1) Le district numéro I a posé un factionnaire a la porce de M. Bernard, oi étoit logé
M. Labarthe de Sainte-Foi.
f
EICnE depuis long-temps.
détail
Les amis de la régénération qui désircront avoir un
plus circonstancié pourront me faire Phonneur de in'écrire au Fort-Dauphin, de leur dire 1
où i'ys serai sous huit jours, je me ferai un vrai plaisir
vérité dans toute sa purcté.
(1) Le district numéro I a posé un factionnaire a la porce de M. Bernard, oi étoit logé
M. Labarthe de Sainte-Foi.
f --- Page 102 ---
(42)
J'ajouterai ici de plus, que malgré qu'il
des
forts,
paroisse des écrits
sont
plus
2 concernant la philantroplie j'assurerai la
qui
l'assemnblée nationale est totalement persuadée
Colonic que
se cultiver sans esclaves, et qu'elle ne pense que le planteur ne peut
le sort de cette caste ; la plus grande preuve absolument plus à mitiger
c'est que deux jours avant mon départ de Paris, que elle je puisse a voulu en donner,
nouvelle tentative auprès de l'assemblée; ils ont été
faire nne
huées et des sarcasmes sans nombre, qjuiles auront repoussés par des
tés de s'yexposer davantage.
assurément dégoàJ'ai lhonneur d'être, etc.
LABARTIE DE SAINTE-For.
No 17.
PHILBERT-FRANGOUS-HOUXEL DE HLANCHELANDE, &c.
tous les Citoyens des différentes Paroisses de la Colonie,
Au Cap,le 25 mars 1791.,
LE décret, Messieurs, de l'assemblée nationale, du 12 octobre dernier, sanctionné par le Roi, déclare les prétendus
actes émanés de l'assemblée constitnée à Saint - Marc, décrets et le autres
d'assemblie générale de la partie française de
sons titre
tentatoires dla souveraineté nationale, et à la Seint-Domingue, - atnuls et incapables de recevoir aucune exécution. puissance législative,
d'être Ce mêmc décret porte : Que toutes les lois établies
exécutées dans la Colonie de
continueront
en ait été substirué de nouvelles, Saint-Domingue en observant la 9 marche jusqu'à ce qu'il
par les décrets du 8 mars et instructions dn 28 du même prescrite
C'est en véritable ami de la constitution
mois.
Colonie, dont la Nation & le Roi m'ont confié'le frauçaise , en chefde cette
je vais m'exprimer.
gouvernement, que
titutionncls L'assemblée des nationale & le Roi ont reconni s. dans les décrets consvrier 1790, le droit premier qu'a octobre,, le peuple 2, d'avoir 3 et 22 des décembre 1789 et 2 féministration de la police, & la surveillance de assemblées tout
pour l'adsâ surcté et son bonheur,
ce qui intéresse
, jusqu'à ce qu'une
uniforme et plus parfaite cût été établie pour organisation toute la France. générale,
à D'après la monarchic ces décrets, et d'après celui qui sert de base fondamentale
ciales,
française > jinvite de nouveau les assemblées provincontinuer municipalités, leurs
comités ct burcaux de police de la Colonie, à
lance,
fonctions , à redoubler, s'il est possible, de surveiljusqu'à sc que l'assemblée coloniale ait établi l'uniformité pres-
parfaite cût été établie pour organisation toute la France. générale,
à D'après la monarchic ces décrets, et d'après celui qui sert de base fondamentale
ciales,
française > jinvite de nouveau les assemblées provincontinuer municipalités, leurs
comités ct burcaux de police de la Colonie, à
lance,
fonctions , à redoubler, s'il est possible, de surveiljusqu'à sc que l'assemblée coloniale ait établi l'uniformité pres- --- Page 103 ---
(43)
crite
les décrets des 8 et 28 mars. C'est me conformer, jele répar intentions de l'assemblée nationale et du Roi 7 que d'emEne aux les moyens, qu'ils m'ont confics pour garantir la Colonie de
toutes secousses violentes. les citoyens des paroisses, 7 qui n'ont point
J'invite pareillement
de tels établissements populaires, d'y
encore formés provisoirenent
la diversité de leurs anciennes
pourvoir incessamment; établi ; et deux ceux dans qui par la inême
3 à se réunir
opinions en ont scule asseiblée, afin de paroisse, décider à la majorité
paisiblenient en une
des voix celui qui devra exister. de
secondaires, à la subordinaPinvite enfin tous les corps police
le bien de Jeur admition, si nécessaire dans chaque province powr de
ne
nistration, ne reconnoître qu'nn point commun réunion, suis qui moipent exister'que dans leurs assemblécs provinciales 1 comme je
même le point central de l'administration de la Colonie. Aidez-moi donc, Messieurs, je vous en conjure au nom du
dans
l'exécution Bes
triotisme qui doit nous animer tous, aidez-mnoi
faire le bien
projets bienfaisants de la Nation et du Roi ; je ne puis
général dans l'état actuel des choses, qu'autant que tous les citoyens
coopéreront avec moi 5 vémnissons-nots, lc gonuvernement ne peut
Y avoir d'autre intétêt que le vôtre, puisqu'il n' est institué que pour
votre bonheur; et s'ila a arriver que l'esprit de domination vérité; ou une
ambition mal calculée, A fait quelquefois oublier cctte grande
croyez, Messicurs, que j'ai à cocur de me montrerdigne de coopérateur mon admide notre régénération, et de marquer à chaque pas
nistration le respect. que je porte a cctte maxine sacrée. et des senJ'ai lhonenr d'être, avec L111 respectueux attachement -obéissant
timents distingnés, Messieurs, votre très - hunble et très
servitcur. Signé BLANCHELANDE
No 18. COPIE de la lettre de M. de Blanchelande d M. Lerembour,
maire au Port-au-Prince, enl date du 16 mars 1792. Arn ès avoir répondn ofliciellement, Monsieur, à la lettre que la
municipalité du Port-au-Prince m'a fait Phonneurde mn'dcrire, je CO11sulte l'estine particulière j'ai pour vous, ct je veux vous entretenir mérite
d'un noyen de rétablir brale au Port-an-Prince, que yotre
rend très-pratiquable 7 et dont le succès vous donneroit de nouveaux
droits à la reconoissance de voS concitoyens.
du 16 mars 1792. Arn ès avoir répondn ofliciellement, Monsieur, à la lettre que la
municipalité du Port-au-Prince m'a fait Phonneurde mn'dcrire, je CO11sulte l'estine particulière j'ai pour vous, ct je veux vous entretenir mérite
d'un noyen de rétablir brale au Port-an-Prince, que yotre
rend très-pratiquable 7 et dont le succès vous donneroit de nouveaux
droits à la reconoissance de voS concitoyens. surles membres
Profitez, Monsieur, del'ascendant quc vons avez
troupes qui
compoentlenmatiaipisetedltes amel-tominthienceoyrdes)
et surles équipages de la station, pour les détromper sur la prétendue
--- Page 104 ---
(44)
existence du décret qu'on leur a dit détruire celui du 12
tâcherde leur persuader qu'on oublic les devoirs sacrés octobre, 3 pour
se rend coupable d'un crime indigne de Thomme libre, du citoyen, qu'on
réfractaire aux lois, et que c'est l'être au
quand on est
noître une autorité établic par la nation et plns le haut degré que de méconces mêmes lois 5 que cette conduite de la roi, pour P'exécntion de
de mer, en intimidant les citoyens, entraîne part des troupes de terre et
despotisme qu'elles exercent ne peut
leur liberté, et que le
heurs dans la Colonie. que produire de très-grands malJe crois,
justice à mes Monsieur, intentions. que Je vous, comme tout être impartial, rendez
vous vis à l'époque oû pris les renncs du
Bouvernement, présider une députation à l'objet '
qu'applaudir; je goitai infniment les principes laquelle je nc pus
pâtes; étranger aux événements malheureux
que vons ine dévelopde faire respecter et exécuter les décrets arrivés jusqu'alors, chargé
rôle de conciliateur et de chef de la force nationaux, je jouai le double
maintien des décrets ; le premier de ces deux publique, rôles toute destinée au
ment à la sensibilitéde mon naturel, et elle me
convenoit parfaitegraducls de réussite. Je peux dire avec vérité qu' snggéroittons #f ne s'est les moyens
quart-d'heure depuis mnon arrivée dans la Colonie durant pas passé un
esprit n'ait travaillé sur un objet de cette
,
lequel mon
de ces deux rôles, je n'ai point à me importance d'avoir : quand au second
dération des moyens dont
m' 'étoit reprocher confié
usé avec immole roi. T'emploi
par la nation ct par
Je touchois au moment d'un succès
alloit rendre ma tâche plus facile en réunissant complet tous ; l'assemblée Coloniale
K
savez le reste, Monsieur, ct quand
les esprits... Vous
concourir avec moi à arrêter un mal j'invoque aussi votre patriotisme pour
propagation perdroit la Colonie, je ne pressant que celui dont la
lanciez un moment à ni'en
peux pas croire que vous baIl entroit, Monsieur, dans préterle le plan secours. de mon
deux ou trois mois à la provincc du Nord, et administration six semaines de donner
Sud, pendantle courant de l'année pour mcs revues et autres à celle du
service; il est infiniment pénible pour moi d'avoir été
objets de
l'exécution de Ce projet par la puissance des
forcé d'avancer
du Port-an-Prince;
les
malheureux événements
subordination,
lorsque troupes rentrant dans les
la
, qui peut seule lesz rendre utiles à la
principes dc
pect et obéissance au représentant du
société, jureront resmais mnon séjour ici pendant quelque roi, j'irai au Port-au-Prince,
néral de la Colonic.
pénible pour moi d'avoir été
objets de
l'exécution de Ce projet par la puissance des
forcé d'avancer
du Port-an-Prince;
les
malheureux événements
subordination,
lorsque troupes rentrant dans les
la
, qui peut seule lesz rendre utiles à la
principes dc
pect et obéissance au représentant du
société, jureront resmais mnon séjour ici pendant quelque roi, j'irai au Port-au-Prince,
néral de la Colonic. temps est nécessaire an bien géJ'ai l'honneur d'être, etc. Pour copie conforme. Signé BLANCHELANDE. --- Page 105 ---
(45)
No 19.
AUTRE lettre écrite d M. de Blanchelande > lieutenant
général au Gouvernement du Cap.
Portau-Prince, le 20 mars 1791.
M O NS I E C R I E G i N 1 R A L,
Nous avons reçu un nouvel envoi de votre proclamation, du 12de
ce mois auquel se trouve joint un exemplaire de votre lettre circulaire, ad la inême datc, adressée aux corps municipaux, ou des comités de police des paroisses de la Colonie.
Le premier envoi portoit pour suscription, à MM. de la municipalité provisoire du Port-au-Prince ; le second porte pour adresse, i
MNi. des Corps municipanz, ou des comités de police de la paroisse,
all Cette Port-au-Prince. différence dans l'expression ne provient pas sans doute d'un
changement d'opinion de votre part, sur la légalité de l'établissement
de la municipalité du Port-an-Prince; $ s'il en étoit ainsi, nous vous observerions, Monsieur le Général,
dissiper toute espèce de doute,
la municipalité du
n'a point été établie conforndque
NerSAie
mnent au plan de l'assembléc générale 9 tenue à St-Marc 5. mais conforjuément au décret et aux instructions de l'assemblée nationale, pour
l'établissement des inunicipalités dans tout l'empire Français, dont les
Colonies font une partie. La municipalité du Port-au-Prince n'est donc
pas de la création de l'asseniblée générale, tenue à St-Marc ; elle n'est
donc pas détruite
le décret du 12 octobre ; clle doit se regarder
comme légalement tonutituetee parce qu'elle l'a été conformément.aux
décrets delassemblée nationale : et quele décret du 12 octobre suppose
lui-mêue l'existence des municipalités dans la Colonic, puisquil est
ordonné qu'il sera transcrit surleurs régistres.
Ajoureeà cela, M. le Général, que les circonstances seules suffisoient
pour légitimer son établissement dans l'abandon général de la chose
publique; qnelle autre ressource étoit-il possible de trouver pour arrêter
le désordre? Il est appaisé ce désordre mais le moindre doute jetté,
sur-tout par vous, M.le Général, sur] la légitimité de notre existence,
peut servir de prétexte à quelques mécontents, n'importe de quel parti,
pour troubler de nouveau la tranquillité pnbliqne.
La différence de qualification dont YOuS vous êtcs servi à notre égard;
dans vos deux envois 7 a donc lieu de nous surprendre ; nous ignorons
quel en peut être le motif. Vos premières lettres 1I011S l'apprendront
sans doute.
é,
sur-tout par vous, M.le Général, sur] la légitimité de notre existence,
peut servir de prétexte à quelques mécontents, n'importe de quel parti,
pour troubler de nouveau la tranquillité pnbliqne.
La différence de qualification dont YOuS vous êtcs servi à notre égard;
dans vos deux envois 7 a donc lieu de nous surprendre ; nous ignorons
quel en peut être le motif. Vos premières lettres 1I011S l'apprendront
sans doute. --- Page 106 ---
(46)
M. le Maire nous a fait part, M. le
de
avez écrite en particulier, comme la matière Général, cclle que vous lui
d'intérêt public, il a pensé que c'étoit à la municipalité que vous y traitez est tonte
répondre.
assemblée d'y
Vous paroissez tonjours persuadé, M. le
ments arrivés dans cette ville, le 4 de ce Général , que les événeque canse l'erreur où on avoit
le mois, ont pour seule et unien lui parlant d'un prétendu décret plongé du régiment du Port-au-Prince,
cclui du 12 octobre.
17 décembre 3 qui détruisoit
n'avons Quelques renseignements que nous ayons cherché à
pu trouver aucune preuve de cette prétendue prendre nous
décret du 17 décembre ; tout s'est réduit à des oui-dire supposition d'un
balancer dans l'esprit du régiment la
incapables de
de l'original inêne du décret du 12 représentation Il
qui lui a été faite
juste de donner aux événements du octobre. la
ne nous paroît donc pas
leur vraie cause M. le Général, 4, cause que vous leur assignés;
juger, le souvenir de la nuit désastreuse est, du autant que nous en pouvons
péditions militaires qui en ont étd la suite
aul ont 30 juillet, et des extorité 2 pour nous servir de l'expression la ; 12 vu que cC coup d'aucommun avec la conduite de l'assemblée plus douce, n'avoit rien de
ont vu que depuis cette fatale époque, leurs générale bras n'avoient tenue à St-Marc 3 ils
armés contre leurs frères ; ils ont
leur
cessé d'être
celle des bataillons de Normandie et comparé
conduite passée avec
paraison, et puisqu'il faut le dire, l'ordre d'Artois de en Europe, donné Cette compes de la station au nomn de tous les citoyens s'éloigner
aux trouque le plus grand nombre des citoyens pensoit le lorsqu'il contraire étoit certain
w
trop grande faveur accordée publiquement à une classe
i enfin la
lon vouloit armer pour sontenirl l'opinion du
inférieure que
ces circonstances réunies sont pent-être, M. plus le petit nombre; toutes
des événements que vous attribuez à la supposition Général, d'un la décret vraie cause
ricurà celui du 12 octobre.
postéMais qJuel que soit cette cause dont la connoissance
servir aujourd'hui qu'à prévenir de nouyeaux désordres, ne peut nous
lité regardera toujours comme son premier devoir de
la municipaqu'il sera en elle, à retenirles troupes et les équipages contribuer, de la station autant
la
grande subordination. Vous lui supposez, M. le
dans
qu'ellen'a pas et
Général, une
agn
simples
de
et qu'elle ne doit pas avoir; clle se borne aux
objets police , ne se mêle en rien de CC
ner les troupes de terre et de mer; elle n'a que le droit qui de peut concertion , lorsque quelques soldats ou matelots viennent lui
représentates, et clle n'a usé de CC droit jusqu'ici, comme elle porter des plainque pour le maintien de la discipline et
le:
n'en usera jamais
et de la tranquillité.
pour rétablissement de la paix
Nous nle pouvons, M. le Général, qu'entrer dans toutes vos
que vous nous proposez de faire sentir aux troupes la nécessité vues de 3 lors- l'or-
'a que le droit qui de peut concertion , lorsque quelques soldats ou matelots viennent lui
représentates, et clle n'a usé de CC droit jusqu'ici, comme elle porter des plainque pour le maintien de la discipline et
le:
n'en usera jamais
et de la tranquillité.
pour rétablissement de la paix
Nous nle pouvons, M. le Général, qu'entrer dans toutes vos
que vous nous proposez de faire sentir aux troupes la nécessité vues de 3 lors- l'or- --- Page 107 ---
(47)
dre et de la discipline. Vous nous y trouverez toujonrs disposés ; nous
flattions
la manière dont nous avions agi dans des cirnous
mômne que
d'avance. Mais malconstances anssi difficiles, vous en auroit persnadé
gré la rénnion des habitans de cette ville, il existe cncore quelques
espritsinquiets et nal-intentionnés qui sC plaisent à incriminer la COuduite des meilleurs citoyens. Vons en avez auprès de vous, M. le Général, nousle savons; 3 ct trompé par leurs calomnies, vous conservez,
dont la conencore une défiance marquée Hourdes citoyens paisibles,
duite particnlière, et le caractére public dont ils sont revêtus, sembleroit mériter plus de confiance.
Les troupes ont renouvellé en notre présence le serment d'être fidèles
à la nation, , à la loi et an roi ; ce scrment comprend nécessairement
celui de respecter votre autorité et nous croyons non-seulement Stlperflu, mais nômne dangerenx de leur faire prêter lc serment particulier
de vous obér; CC seroit sortir des bornes que nous prescrivent les décrets de la nation, et d'ailleurs la mnnicipalité des sernicns n'en fait plus
qu'une cérémonie extérieure, et leur ôte toute leur force : on el a fait
la triste expérience dans celte ville, sil'on n'cût pas opposé scrment à
serment, si Ou ne les eût pas fait répéter chaque jour, nous y eussions
toule la vécu tranquilles et nous y jouirions déjà, ainsi que
Colonie,
du fruit de la régénération.
Au surplus, M.le Général, nous allons faire de concert avec les cheis
de tous les corps, tontes les démarches possibles pour déterminer les
troupes à vous engager elles-mêmes de hâter votre retour daus cette
ville, qui a toujours été le lieu de la résidence des représentants du
roi. Cest! l'objet de nos desirs.
Nous avons l'honneur d'être,
M o N S I EU R I. E G E N É R A L 9
Vos très-humbles et très-obdissants serviteurs,
Les Officiers municipauz.
LERENBOUR père, maire.
J. MALAHAR, S. G.
No 20.
PIRLIBERT-FRANÇOISROLXEL DE MLANCHIELANDE, &c.
Au Cap, le 26 mars 1791.
Sous-OrrICTERS 2 Grenadiers et Fusiliers des régiments de
Normandie et d'Artois.
ECOUTEZ la voix d'un vieux militaire, qui n'a pas eu de succès
à la guerre, sans avoir été sccondé par le conrage des soldats français,
LERENBOUR père, maire.
J. MALAHAR, S. G.
No 20.
PIRLIBERT-FRANÇOISROLXEL DE MLANCHIELANDE, &c.
Au Cap, le 26 mars 1791.
Sous-OrrICTERS 2 Grenadiers et Fusiliers des régiments de
Normandie et d'Artois.
ECOUTEZ la voix d'un vieux militaire, qui n'a pas eu de succès
à la guerre, sans avoir été sccondé par le conrage des soldats français, --- Page 108 ---
et qui se fit toujours un devoir ( 48 de ) les conduire
Phonneur ; dcoutez le représentant de notre
dans le chemin de
honoré de sa confiance et de celle de la Nation Roi > l'homme qui est
blic et la franchise dont il fait profession, doivent ; son caractère puEt si tous ces titres ne la lui concilioient
fixer votre confiance.
rateur de la révolution, d'abord en qualité pas de 3 voyez en moi un coopénationales, et président du comité; ensuite maire Comimandant de la ville des troupes
en Bourgogne, et président de l'assemblée
de Chaussin
ple dans ma province aurois-je perdu ines primaire. Moi l'élu du penmnère patrie 2 et serois-je venu dans cette contrée sentinnents en quittant la
intérêis du pleuplef
pour combattre les
Vous avez été abusés à votre arrivée au
mieux que moi par qui. On vous a peint VOS Port-au-Prince, frères
vous savez
parce que les lois maintennes par le décret du dans l'oppression,
R
nouvel ordre, étoient mises en vigueur
la 12 octobre jusqu'à
savoit bien que de braves soldats envoyés pour sureté publique, On
tien de l'ordre, sous le coinmandement
nation pour le mainvoudroient
detine
pas méconnoître lcs décrets, et représentant du Roi, ne
12 octobre. On s'est servi du moyen lc conséquemment celui du
à ces fins ; on vous a dit qu'il existoit plus un autre criminel pour en yenir
soit celui du 12 octobre ; onl vous a dit
décret qui détruivoyer au Mole, que pour vous
que je ne voulois vous ensculs arracher à
éloigner de ceux que vous
mier élan de l'oppression votre
; on vous en a imposé. Mais dans pouvicz le
voix de votre Général, patriotisme, de votre , vous n'avez pas mêine écouté pre- la
rité Çn y résistant, et vous vous êtes père; vous avez méconnu SonI autodu patriotisme et de lhonneur. égaré, en croyant suivre le sentier
€7
Cettc conduite, mais plus encore celle dles
M. de Mauduit, m'ont forcé à mne retirer ici, gens J'ai qui ont assassiné
le soldat français > je connois ses sentiments
passé mna vie avec
connoitre que vous avez abusés, que vous avez ; vous n'êtes pas à reà mon égard.
manqué à vOs devoirs
Les citoyens qui croyent avoir à se
de
auguste de la Nation & le Roi
plaindre moi, ont le tribunal
ma conduite, et je défie
pour réfuge 3 je suis responsable de
qui n'honore mes intentions; qui
ce soit d'y trouver une démarche
m'écartasse de
dren quand il arriveroit
mes devoirs, c'est" la Nation seule que par erreur je
de me juger. Voilà la loi, et des hommes
qui auroit le droit
doivent jamais la perdre de vue.
dignes d'être libres ne
Dans le compte qui m'a été rendu du
s'y étoient passés, on désignoit des soldats Port-au-Prince, des faits qui
comme ayant enlcvé et déchiré le décret du d'Artois'et de Normandie,
sais aujourd'hui le contraire; me hâte de 12 octobre dernier. Je
lontaire. Je devois compte à i Colonic, à rectifier la
une erreur invoqui se passoit, mais n'ayant pas été témoin , oculaire Nation de entière de CC
tous les faits,
je
s'y étoient passés, on désignoit des soldats Port-au-Prince, des faits qui
comme ayant enlcvé et déchiré le décret du d'Artois'et de Normandie,
sais aujourd'hui le contraire; me hâte de 12 octobre dernier. Je
lontaire. Je devois compte à i Colonic, à rectifier la
une erreur invoqui se passoit, mais n'ayant pas été témoin , oculaire Nation de entière de CC
tous les faits,
je --- Page 109 ---
(49)
je penx avoir été trompé sur quelques-nns et si mon coeur a saigné
en
le récit relatif à l'original àl décret du 12, il trouve
EEnENE tne satisfaction infinic à annoncer à la Nation, au Roi
et à la Colonic, qu'on a pu vous conduire à un tel excès d'égarement.
Puissai-je leur annoncer bientôt que, digne de la liberté dont vous
partagez les douceurs avec la Nation que vous servez, vous êtes prêts
à obéir au représeutant du Roi pour le soutien des décrets nationaux,
pour le mainticn de la tranquillité publique, et pour l'exécution des
lois! A cette conduite subordonnée, franche et loyale, je reconnoîtrai
mnes compagnons, d'armes, ces soldats qui firent la gloire de la France
dans un temps d'oppression ; ct qui, devenus soldats citoyens, doivent être aujourd'hui propres à de plus grandes choses.
BL A N C H E I A N D E.
No 21.
COPIE de la lettre des sous-olftciers, caporaur > grenadiers
et soldats du second bataillon du neuvième régiment
d'infanterie 2 ci-devant Normandie, àM. de Blanchelande,
CIL datc du 14 avril 179t.
M o N S I E C R L E G i N É R A L,
Nous avons tràs-certaineuent raison d'être surpris de l'honneur
singulicr
vous nous faites par votre lettre en date du 2.6 mnars
dernier, TT laquelle vOuS avez eu la sage précantion de joindre une
centaine de copies imprimées ; il est de notre devoir de vous en accnser la réception, et de vous prévenir que lecture en a été faite à
la tête du bataillon qui Y a prété toute l'attention qu'elle mérite.
Qn'il est glorienx pour vons, M. le Lientenant-général, de nous la
donner l'exemple Jc plus frappant de la fermeté et de la bravoure
plus rare 3 un militaire consommé, 3 qui conpte incessamment 45 traité années de service, qui a montré de si excellents principes, qui a
la station avec une franchise dont nul être ne pent se faire une juste
idée,, inérite bien l'honorable réputation dont il jouit dans toute la
Colonie. C'est à l'auguste assemblée nationale, de qui vous avez si fidèlement
interprété les principes, que vous devez l'envoi des troupes que vous
avez vu arriver au Port-au-Prince avec un plaisir quil n'appartient
qu'à vous d'exprimer. Permettez, M. le Licntenant-général , qu'une
partic de ces tronpes patriotiques, les sous-ofliciers, caporaux 3 grenadiers et fusilliers di second bataillon du neuvième régiment dinfanterie, ci-devant Normandic, yous fassent hommage de quelqnes
S
prété les principes, que vous devez l'envoi des troupes que vous
avez vu arriver au Port-au-Prince avec un plaisir quil n'appartient
qu'à vous d'exprimer. Permettez, M. le Licntenant-général , qu'une
partic de ces tronpes patriotiques, les sous-ofliciers, caporaux 3 grenadiers et fusilliers di second bataillon du neuvième régiment dinfanterie, ci-devant Normandic, yous fassent hommage de quelqnes
S --- Page 110 ---
(50)
articles du pacte fédératif qu'ils ont fait tenant
qui a été approuvé de l'auguste Sénat
garnison à Brest, et
ront notre dévouement à la
français ; ils vous manifesten'en n'ont jamais douté. Ce patrie; sont ceux qui lui sont attaché de coeur
Général, qui, quoique convaincus ces ennemis à la patrie , M. le
jours au nombre de ses vrais
que nous avons été et seront toucontraire.
défenseurs, s'efforcent de persuader le
sentiments Peissiez-vous, M. le Lieutenant - général ; être bien pénétré des
les nobles militaires qui anniment tous les individus du bataillon, ainsi
à qui nous
qui se sont rassemblés auprès de votre
que
Nous, vous prions instamment d'en faire part.
personne,
de Normandie, sous-ofliciers, 3 caporaux, grenadiers et soldats du
à la loi réitérons devant dieu le sermnent d'être fidèles régiment à
-
nation,
et an roi.
la
du Nous jurons de défendre jusqu'à la mort la nouvelle
royaume, 3 et nos digues représentants qui, d'accord constitution avec
citoyen, Nons , ne travaillent que pour le bonheur de la France. un roi
tes, tant jurons de protéger et de défendre tous nos braves compatrioNous jurons citoyens de militisires, que militaires citoyens.
mais
plutôt mourir que de cesser un seul instant
libres; forme
nous protestons n'entendre d'autre liberté
d'être
à la loi et à la subordination qui en émane. que celle conNous jurons de surveiller et de travailler de tout
trames & mancuvres de l'aristocratie.
notre pouvoir les
Nous jurons'enfin d'empêcher, au
cun de nous devienne la victime de la prix manifestation même de notre de sang, qu'au4
soldats patriotiques 5 mais nous regardons comme infame et indigne ses sentiments d'être
de donner citoyens, ouvertement quiconqued'entre IOuS seroit assez lâche pour craindre
Nous nous contentons des de preuves de son patriotisme, &c.
mais croyez, M. le
vous faire part de ces articles seulement;
ennemis du bien Tieutenantgénéral, que des guerriers ennemis des
et qu'ils ne s'en écarteront public, ont leurs devoirs gravés au fond du coeur 3
Puissent les vrais français jamais. du Cap, en
forces patriotiques, écraser le reptile déployant l'étendart de leurs
pourle bonhenr réel dela Colonie, Gatreau, et faire tarir à jamais,
le cloarne
imposteur va puiser, à l'aide de
empestiféré les
ott cet insigne
songes qu'il ose répandre contre Tanonyme, tous les français plats de et la grossiers menpatriotisme qui existe dans votre
M.
station. Le
les titres de
lettre, le Lieutenantpère que vous vous y donnez, nous antorisoient général,
seroit que : vous montrant tel dans vos actions, ce
a croire
contraint de se taire, et de rendre aussi 2 lâche'et plat foliculaire
Vous ne voulez pas croire que le bon ordre justice a vos enfants.
tabli au
est bien réellement réet que dans Port-an-Prince; tous lcs ; nous vous certifions qu'il y existe fermement,
temps on nous trouvera disposés à le maintenir,
lettre, le Lieutenantpère que vous vous y donnez, nous antorisoient général,
seroit que : vous montrant tel dans vos actions, ce
a croire
contraint de se taire, et de rendre aussi 2 lâche'et plat foliculaire
Vous ne voulez pas croire que le bon ordre justice a vos enfants.
tabli au
est bien réellement réet que dans Port-an-Prince; tous lcs ; nous vous certifions qu'il y existe fermement,
temps on nous trouvera disposés à le maintenir, --- Page 111 ---
(51)
mlle considération ne nons fera jamais écarter des bornes de ce
TECEHN nous ne dontons pas du plaisir
parcille dont confirmation les prinfaire
à 11n1 bon Général
que vons,
arme
pent
épronver se sont si forteinent manifestés aux yeux de tous
cipes les français non équivoques de la Colonic, nolamnent à ceux du Port-au-Prince, au
témoignage desquels nous appellons.
sous un toit
Les citoyens militaires et militaires citoyens, seule quoique et mêne famille
diffdrent, ne forment au Port-an Prince qur'une
votre surde frères; il est. fichenx, M. le Lieutenant-g@néra), que retienne
veillance extraordinaire, dans les circonstances actuelles, vous
all Cap, et qu'elle nous prive du plaisir de voir parmi nous le com- la
pnandant des troupes nationales, président du comité, maire de
ville de Chaussin en Bourgogne président de l'assemblée primaire,
élu du peuple de la province e Bourgogne ; en u11 mot, un des plus
grands coopérateurs de la révolution, &c.
dont vous nous
Comme HOLS ignorons lcs titres recommandables reconnoitre eit.
dites être pouvus, il nons a été impossible de vons
du
cCs qualités; ces SOUIS - ofliciers, caporaux, grenadiers et soldats le chef
second bataillon de Normandie, ont reconu et reconnoissent
du pouvoir exécutif de Pile Saint-Domingne; représentant du monarque qu'ils chérissent et servent toujours fidèlement, tant que sainte vous
sercz revêtu de ce titre que vous commanderez ail nom de la
loi créde par nOS véritables pères de l'assemblée nationale, qui ne nous de
convaincu
ont janais trompé et nc nous tromperons jamais. Soyez
d'être
l'obéissance du régiment de Normandie, qni s'est rendu digue
libre par son patriotisme et Sa somnission anx fait lois. le bonheur des
Que les anges rebelles à la constitution,
déjà
des méchants, fassent efforts impuissants pour
i
bons et ledésespoir le
cenvre de la régénération, et tente vainement ceux
empêcher qui sont attachés grand (c'est dans l'ordre) ; mnais que des écrits aussi
noirs
Pame ct les mains crochues de ceux qui les ont
tats
anssi soient réparidns que contre nons dans toute la Colonic par de lâches fugilifs, pardes perfides anonymes. Ah, M. le Lienterantgénéal, à tous les indi- convenez vons-mème que c'est rendre bien peu de justice
vidus d'ue station qui n'a janais voulu participer au crime!
Tous les citoyens de la Colonie font retentir l'air des éloges que
notre conduite franche nous a mérités; que nos lâches ennemis aient
assez de coeur pour se montrerà nos yenx, nons leur prouverons que
nous soinmes tous soldats français 3 s'ils se désabusent, nous nons
montrerons encore tels par notre générosité.
toujours contre les
Tel est l'emportement qne nous manifesterons
ennemnis du bien public; cet excès de zèle est une recommendation
auprès d'un Général tel que vous.
Ia franclise
Ponrricz-vons douter de la confiance que nous inspire
dont vous faites profession f si nous avions en le moindre doute, nous
S 2
nous soinmes tous soldats français 3 s'ils se désabusent, nous nons
montrerons encore tels par notre générosité.
toujours contre les
Tel est l'emportement qne nous manifesterons
ennemnis du bien public; cet excès de zèle est une recommendation
auprès d'un Général tel que vous.
Ia franclise
Ponrricz-vons douter de la confiance que nous inspire
dont vous faites profession f si nous avions en le moindre doute, nous
S 2 --- Page 112 ---
(52)
de votre civisme et de votre bravoure, la
tenue à notre égard est bien faite pour nous 5 conduite désabuser. que vous avez
mère Nous n'avons point perdu non plus nos sentiments en
la
patrie; et, comme vous le dites, nous suivons le sentier quittant
triotisme & de Thonnear; vous nous trouverez
du pamin frayé par tous les soldats français et toujours dans ce cheqn'on ne défend pas une place en la quittant. , nous n'oublierons jamais
Nous avons Phonnenr d'étre, avec tout le
et la
que nous vous devons,
respect
reconnoissance
MoNSIEUR LE GÉxinAL,
Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs les
roi, les sous-officiers , caporaux
fidéles sujets da
bataillon du neuvième régiment d'infanterie grenadiers et soldats du second
en garnison au Port-an-Prince.
) ci-devant Normandie,
caporal; Raoud, Gourgarits, compagnie de grenadiers i Petit, sergent- major ; Nassoy,
caporal ; Fourrier ; compagnie Linoir de Desaulnois; Voitins Chèverey, Chenu sergent; Lion,
Lambert, caporal ; Espitallier ; Clauvet 3 5 Degercs; ; ; Sara sergent 5
major; Tremette, 7 caporal; Vivoleny ; Ieriot ; Godard; Vandri, sergentmajor ; Depaix, caporal ; Orchamp; Poirier; Desaulnois Marli, sergentsergent- major ;
neveu 3 Billet,
Baudet
Piqueny 3 caporal ; Mignard ;
sergent-major ; Lasaude, caporal;
Bonissent ; Margen
sze ; Bleuse s sergent; Junié,
Courbier; Losdir; Aepeni
<
sergent-major; ; Glenat, caporal caporal; ; Sorel; Chiral Mirofle, ; Pillay ; Bortey; Joly,
officiers,
pour tons les soussigné l'original caporaux > grenadiers & soldats du second bataillon
ont
déposé au Régiment,
qui
CoPIE de la lettre des
sous-officiers , grenadiers et fusillers du 48emc
régiment d'infunterie , ci-devant Artois, d 12. de
date du 24 avril 2792.
blanchelande, en
M O N S I E U R I. E G E N L R A L,
LES sous-officiers, grenadiers ct fiusillers du second
régiment d'infanterie, ci-devant Artois, ont gardé bataillon, ou 48ewe
respectueux silence, et s'ils élèvent aujourd'hui leurs jusqu'à présent un
moins pour se plaindre avec amertume,
foibles voix, c'est
angrand jour, 3 et prouveràla Colonie entière que pour mettre leur conduite
conséquemment amis de l'ordre et dc la suborilination. qu'ilssontsoldats .
Français,
Envoyés par
usillers du second
régiment d'infanterie, ci-devant Artois, ont gardé bataillon, ou 48ewe
respectueux silence, et s'ils élèvent aujourd'hui leurs jusqu'à présent un
moins pour se plaindre avec amertume,
foibles voix, c'est
angrand jour, 3 et prouveràla Colonie entière que pour mettre leur conduite
conséquemment amis de l'ordre et dc la suborilination. qu'ilssontsoldats .
Français,
Envoyés par --- Page 113 ---
(53)
pour rétablir dans cette fle le calmc et la
la nation à Saint-Domingne, fatalité inconcevable, n'y régnoient phis detranquillisé, qui, par une l'objet de cette mission étoit gravé dans nos coeurs;
puis étions
de croire qu'un jour O1t nous supposeroit des intentions
nons
comme dans la mère-patrie,
SECCTAE
contraires. Ile existe, hélas I dans ces contrées de la révolution
leurs coltdes hommes pervers, des ennemis
qui, par
l'aumanceuvres voudroient tout bouleverser. OFrance! depuis
pables
tu as rencontré d'écueils! Combien de fois
rore de ta régénération, , que été calomniés ! Mais nous avons juré de la
tes plus zélés défensenrs constitution ont
fait le désespoir des gens mal-intendéfondre, cette
qui plutôt d'être parjures. Nos concitionnés, et toutnotre. sang conilera
nous que avons prêtés, sur l'autel
toyens les ont entendus ces serinents fidèles à nation, à la loi et at roi, et de
d'être à
Tan
de'la Patrie,
de notre jamais vie, les décrets de l'auguste assemblée sancsoutenir, au le péril
restaurateur de la liberté française. Quel sera
tionués parl monarque leur
liront le compte
leur étonnement, ou plutàt Monsieur indignation le Général, dans lorsqu'ils leqnel nous sommes
que vous avez rendu, foulé
ledécret du mois d'octobre dernier ! Non:
accusés d'avoir
aux foi; pieds jamais ils ne nous feront cette injure ; ils nous
ils n'y ajouteront pas tels
nous ont vu dans les premiers temps de la
jugeront toujours animés du qu'ils même patriotisme qui a caractérisé l'esprit du rérévolution,
mérité, de la
des citoyens de Rennes , les cravates
giment, et nous a
part
aux couleurs nationales attachées à nos drapeaux. /
Quoique fausse, une imputation aussi grave nous a pénétré de la plas
vive douleur, et nous ne pouvons nous empêcher de nous plaindré offi- TIIL
instant de votre précipitation à consigner dans une correspondance
cielle des faits de cette nature, avant d'avoir été bien constatés; l'impression qu'un premier récit ne manque pas de faire, s'efface difficilement: avoir rectifié
ct malgré T'empressement avec lequel vous nous à annoncez vous faire si elle nous
cette erreur, quel reproche n'auriez-vous pas
devenoit funeste été !
affectés du rapport qui vons a été fait que
Nouns donnions avons l'accolade également aux nègres et mulâtres; rapport aussi faux que
nous lej premier, et qui ne tendoit à rien moins qu'à nous rendre odieuxà toute
la Colonie.
Les portes des prisons n'ont point été non plus ouvertes aux crimninels,
à moins qu'on ne regarde comme telles les personnes détenues la pourcause demande
del leurs opinions, et quiseules ont été mises enl libertéd'après
générale des citoyens.
du
d'avoir
Quant à linculpation faite à un grenadier comble de régiment, la méchanceté et frappé de la
le premier M. de Manduit, c'est le les honnêtes citoyens du Port-aucalonnie; nous en appelons à témoins le desir de le sanver, et dont les efforts
Prince, qui ont partagé avec nous)
Jngez d'après cela,
ainsique les nôtresontété malleurnnmerentintie
ès
générale des citoyens.
du
d'avoir
Quant à linculpation faite à un grenadier comble de régiment, la méchanceté et frappé de la
le premier M. de Manduit, c'est le les honnêtes citoyens du Port-aucalonnie; nous en appelons à témoins le desir de le sanver, et dont les efforts
Prince, qui ont partagé avec nous)
Jngez d'après cela,
ainsique les nôtresontété malleurnnmerentintie --- Page 114 ---
(54)
Monsicur le Géméral, conibien il a été
vu votre signature au bas du mémoire doniourenx pour nons, d'avoir
du
mémoire
de-qmelques ofliciers du régiment
Port-au-Prince; oi
recon faux, par votre
Colons, vous annonc PZ que M. de Mauduit a été tné proclamation aux
soldats; mémoire enfin qui ne prouve véritablement par ses propres
l'abandon par les officiers de leur
que deux choscs :
che que l'on nous fait de nons être coloucl, laissé séduire et leur fuite au Cap. Le
du 17 décembre, nous paroit dénué de
par un prétendu A20OT
hommes venus
faire vraisemublances et est-ce à des
d'Europe pour
respecter le décret du 12 octobre,
pouvoit persuader qu'ilen existoit un coutradictoire, rendu
étoient encore en
pen1eNn
quils
France; nous attestons, sur notre
qu'ancun citoyen ne nons en a parlé.
honneur,
Il nous reste, Monsicur le Général, à nons justifier de
€
tion dont vous nous acèusez vous même.
l'insnbordinaqui s'est passé, et vons reconnottrez
Daignez vous rappeler tont ce
rendre au Môle, nous ne soimes que malgré notre répustance.lcons
que par votre consentement et votre cependant perinission. restés au Port-au-Prince
C'est vous qui nons avez antorisé à envoyer une
à
pour connoitre par nous-mnèmes la situation des députation terre,
la promesse faitei cette même députation, que les habitants; malades furent c'estd'après
portés, le lendemain3, mnars, à T'hopital, et le 4 les bataillons furent transdébarqnés. Si une partie des troupes
à terre
1C fut que
LLIT ordre
la veille, CC
eclsnend
d'après
positifde M. de
et
rendit compte aussitôt; ce fuit encore dl'après votre Village, ordre dont on vous
les cartouches furentdelivrées ; ce n'est
par écrit que
nous sommes descendus au Port-au-Prince, SRmNSILISE inais bien
<
Rorues qui demandent une grace, et qui sont assez heurenx comne des
tenir. . . Nous ne pouvons vous dissinnuler, votre arrivée pour l'obles vaisseaux de la station, sur-tout la nuit, nous a
subite dans
en cffet, un départ si précipité ne devoit-il pas, dans paru les mystériense;
actuelles, alarmer des soldats citoyens envoyés pourlesalutdela circonstances
et privés, par cet ordre inattendu, de l'espoir de SE courirdes Colouic,
croient mallenreux. Un peu plus de confiance en nous, Monsicur Français
Général, vous eft
Rda
gagné tous les coeurs; jaloux de l'avoir
nous vous cnssions sccondé avec transport; ct ralliant sous les obtenue, mêmes ,
drapeaux des citoyens désunis, vOS desirs etles nôtres étoicnt
Vons connoissez le soldat Français; s'il n'avait à combattre accomplis. les ennemis du dehors, sa conduite ne seroit pas douteuse, il vous que en a
plusicurs fois des preuves dans les dernières guerres. Anjourd hui donné
plus sage constitution trouve encore des détracteurs, notre
que la
seroit-elle criminelle? mais nous aimons à le croire, le inquiétude n'est
éloigné sans doute ott tous les Français, affligés des maux jour
pas
se rangeront sous la bannière nationale. Alors l'intérêt dela patrie,
sacrifié à la félicité comnune, la confiance
particulier sera
renaitra, nos chefs flattés de
dernières guerres. Anjourd hui donné
plus sage constitution trouve encore des détracteurs, notre
que la
seroit-elle criminelle? mais nous aimons à le croire, le inquiétude n'est
éloigné sans doute ott tous les Français, affligés des maux jour
pas
se rangeront sous la bannière nationale. Alors l'intérêt dela patrie,
sacrifié à la félicité comnune, la confiance
particulier sera
renaitra, nos chefs flattés de --- Page 115 ---
(55)
notre docilité, y tronveront la récompense de leurs travaux, et nou S
nOIS empresserons de leur marquer notr-reconnoissmce par unc entière
soumission.
Nous sommes avec respect,
MONSTEUR LE GÉSÉRAL,
Vos très-lumbles et très-ohéissants serviteurs 7 les sous-officiers,
grenadiers et fusiliers du 48eme régiment d'infanteric, ci-devant Artois, ,
Charlier Boine, pour la coinpagnie de Veneur; Charier de Blic, pour
la compagnic d'Andelard; ; Meunier de Souquet, Bennely Lamarche, >
Blandain Roust, pour la compaguie de Blic; Preitres Nadaud, Goujon,
Lamathe Daubarede; Mallard, grenadier; Jean Poulet, grenadier ;
Jardin, grenadier.
No 22.
Au Fort-Royal de la Martinique , le 3 avril 1791.
JE viens, Monsieur 3 de recevoir les paquets que vous m'avez adressés concernant la situation déplorable où sc trouve la partie française
de St-Domingue; je me suis empressé de les commmniquer à MM. les
Commissaires dn roi, qui partagent aussi sincèrement que moi vOS peiet lesmnalhenrs due Colonie aussi préciense que celle
nes particnlières Aninez du même esprit
bien général, nous
vous
pourlet
que sommes gouvernez. concertés de suite sur les moyens de venir à votre secours,
nous
s'cn
ct vous verrez par la délibération 2 dont je joins ici copie 2 qu'il
faut bien ne nos ponvoirs répondent à n1oS vues, dans 1111 inoment oit
l'on emploic tout ce que l'intrigue et la séduction ont de plus propre
à corrompre crainte nos troupes. réussisse, nons a décidés k ne garder
quatre
La
qu'on n'y
du
les
et un
Cayenne, suivant les
Juratiat
bataillons pourl Aintilles,
pour
roi. Dans le nombre des cinq antres destinés à repasser en France, nous
avons arrêté de changerla marche des deux sur lesquels on peutle
vous
Monsieur,
l'envoi vous en sera fait
f'as
compter 5 et
verrez, en
que si vous le
utile, et an
manière que vous pnissiez. profiter,
jugez Nous faicas contraire, qn'on ignore quelles étoient nos dispositions.
sons des voeux pour le promnpt retour de l'ordre dans la Colonie et pour
votre tanquillité particilière. Vous nous trouverez tonjours empressés,
MM. les Commissaires du roi et moi, à vous procurer 3 sur les avis
oi vous en sera fait
f'as
compter 5 et
verrez, en
que si vous le
utile, et an
manière que vous pnissiez. profiter,
jugez Nous faicas contraire, qn'on ignore quelles étoient nos dispositions.
sons des voeux pour le promnpt retour de l'ordre dans la Colonie et pour
votre tanquillité particilière. Vous nous trouverez tonjours empressés,
MM. les Commissaires du roi et moi, à vous procurer 3 sur les avis --- Page 116 ---
(56)
nous vous prions de nous douner, tous les
3.ca nous.
secours qui dépendront
J'ai l'honneur d'être avec le plus inviolable attachement,
Moxs SI E U R
Votre très-humble et très-obéissant serviteur
BEHAGUE.
DELIBERATIO N.
AvJorgn'nur trois avril à neuf heures du matin
a rassemblé les commnissaires du roi, toutes affaires 3 M. le Général
leur communiquer les lettres qu'il venoit de recevoir de cessantes s pour
par un aviso expédié par M. de Blanchelande,
St-Domingue
rable situation de cette Colonie.
7 concernant la déploLe résumé de ces lettres est, queles bataillons de
tois arrivés sur les vaisseaux commandés par M. de Normandie et d'Arjoints au régiment du Port-an-Prince.; qu'ils se sont Village, se sont
niers excès de l'insubordination et de la barbarie portés le aux derce régiment, M. de Mauduit, a été assassiné ; ses que colonel de
diers ; que M. de Blanchelande lui-même, n'a par propres grenala fuite ; que le renvoi des bataillons de
pu échapper que
plus grande diligence ; mais que la force, Normandie dont le salut et d'Artois de exige FiI
gue dépend, résidant en ce moment dans le seul régiment St-Domin- dn
jusqu'ici faire s'est montré inébranlable dans ses devoirs, il est Cap,
passer des
sur
instant
T
M.dc Blanchelandeyrebrcaud troupes
lesquelles on puisse compter.
Cap-Frangais,
sont les instructions de M. de Behague, sjonteyquignorant, à la
quelles
ces que sa majesté lui a confiées 3 il Croit quant de son devoir disposition des force gouverneur des Isles dh vent le péril dans lequel se trouve d'annoncer la
à
de St-Domingue, 3 persuadé que son patriotisme lui dictera la Colonie
nation qu'il aura à prendre,
détermiIl résulte de cet exposé qu'il s'agit de venir au secours de
gue 2 sans perdre de vue le salut des Antilles, au-delà
St-DominGénéral et les commissaires du roi n'ont aucunes instructions desquelles ni M. le
pouvoirs.
aucuns
Animés du même esprit pour le bien général, témoins des
que l'on fait journellement pour corrompre les troupes nouvellement efforts
arrivées quillité dans et mettre les Isles obstacle du au rétablissement de l'ordre et de la tranloi du huit décembre vent, et par conséqnent à l'exécution de la
la proposition qui a été dernier, faite par nous M. le avons Général, adopté de avec empressement
renyoyer en France
ane
le
pouvoirs.
aucuns
Animés du même esprit pour le bien général, témoins des
que l'on fait journellement pour corrompre les troupes nouvellement efforts
arrivées quillité dans et mettre les Isles obstacle du au rétablissement de l'ordre et de la tranloi du huit décembre vent, et par conséqnent à l'exécution de la
la proposition qui a été dernier, faite par nous M. le avons Général, adopté de avec empressement
renyoyer en France
ane --- Page 117 ---
(57)
des dix bataillons venus sons ses ordres, et dont le nombre
tune parlie inutile
par la réduction do Fort-Bourbon et
devient anssi
aujourd'lni seroit diflicile de les préserver de la séduction en
du Fort-Royal, qu'il
les dispersant.
ensuite relativement à ce renvoi :
M. le Général a proposé le
régiment del la Guadeloupe,
1°, De ne l'effectuer qu'après décidé départdu ainsi que celui du régidont nous avons déjà
l'ennbarquement la , paix et le salut de la Comnent de la Martinique commeintéresimnt
denotre
lonie
devenu très-pressant et l'objet principal
, embarquement
attention. 2°. De
la totalité de nos forces actuelles
contraindre ledit
régiment smHiered la Guadeloupe à s'embarquer en cas tonrd résistance. des Al30. De conserver seulement quatre bataillons conformément pourla garnison aux ordres du
tilles, et un qui doit passer a Cayenne,
roi.
:
en considération la lettre de M. de BlancheD'un autre cêté, des prenant dont est menacée la Colonie de St-Doininlande etle récit dangers
gue, M. le Général a été encore d'avis: à
en France, les deux
1°. De choisir sur les cinq bataillons renyoyer
qui peuvent inspirer le plus de confiance. iroit annoncer l'arrivée de
20, Que Vaviso retournant à St-Domingue
s'être ici préalableces deux bataillons à M: de Blanchelande 1 après des forces de ier
ment concerté avec M. de Girardin, commandant des vaisseaux
statiounées aux Antilles, pour la reconnoissance être vus de terre, quiles M. de
porteront, de mnanière leur que faire ces donner vaisseaux ordre sans de venir le joindre ou de
continner Blanchelande leur puisse route pour France, 3 suivant qu'il le jugera à propos. oi nous
dessus
examiné, et dans la conviction
Tout ce que moins mûrement il aura de troupes dans la Colonie, plus il nous
sommes I que
y nous nous sommes unaniment rangés à l'opisera aisé d'en répondre Général
nous paroît réunir toutes les mesures
nion de M. le
: qui
dicter
le salut des Iles ue
la prudenos et le patriotisme penvent
pour
vent et de la Colonie de Saint-Domingue.
Fait au Fort-Royal, 3 lc trois avril mil sept cent quatre-vingt 0n1Z3.
Signé BEHAGUE, LACOSTE, MAGNYTOT, MONTDENOIX.
h
animent rangés à l'opisera aisé d'en répondre Général
nous paroît réunir toutes les mesures
nion de M. le
: qui
dicter
le salut des Iles ue
la prudenos et le patriotisme penvent
pour
vent et de la Colonie de Saint-Domingue.
Fait au Fort-Royal, 3 lc trois avril mil sept cent quatre-vingt 0n1Z3.
Signé BEHAGUE, LACOSTE, MAGNYTOT, MONTDENOIX.
h --- Page 118 ---
(58)
No 23.
COPIE d'une lettre de M. de Blanchelande az Ministre de
la Marine, du 8 mai 1792.
M ONSIE U R
ON ne s'est pas contenté de travailler sourdement au
le régiment destiné à être embarqué 3 et l'équipage du Port-an-Prince,
doit effectuer avec un transport sa translation.
Fougueux qui
core fait des assemblécs de
ne AlOrient, mais on a enpartie que des meinbres de paroisses, ce
2 dont qui sont formées en très-grande
ler daus mon no 67. Du sein club, de ses assemblées, j'ai cu l'honneur de vous parà toutes les paroisses pour solliciter de moi le changement ont jailli des de adrosses
du départ du régiment et du Fongueux ' jusqu'alarnivée des commis- l'ordre
saires, dont l'époque est très-incertaine ; on croyoit
duire le régiment A cette
alors pouvoir conle
opinion 9 mais on s'est apperçu du contraire, et
réginent ayant déclaré qu'il vouloit obéir à l'ordre
on a cliangé de mesure à son égard, comme je vais vous d'embarquement, le détailler à
l'instant.
.
.
.
. J'ai
.
générale de la Colonie exigcant le renvoi du régiment répondu la sureté
Prince, dont la
Port-aut:
peupler la Colonie situation, de
sans chefs et sans discipline, ne pouvoitque
déserteurs; que d'ailleurs ce
ne
partir sans escorte 3 je ne pouvois accéder à la demande régiment des pouvant
Un courrier extraordinaire arrivé hier s m'avoit d'abord annoncé citoyens.
désarmement du régiment du Port-au-Prince parles bons
le
fédérés avec les soldats de Normandie et d'Artois l'ordinaire citoyens, conjour me porte les détails de cet événement, ce seroit : mal les" de ce
de s'en tenirà la relation mensongère qu'en a publié la connoître
Re du Port-an-Prince : je vais vous transmettre ceux municipadonnés par un homme dont la position, le caractère et m'ont cté
sont assez connus
talents me
f
T'exactitudela) plus pour ponvoir vous assurer qu'il règne dans ces détails
clarté.
scrupulense, comne vous ydécouyrirez la plus grande
Le dimanche premicr de ce mois, un placard fut affiché à la
l'église ; il représentoit une carricature insultante
les porte de
et le régimnent du Port-an-Prince; un chasseur de ce pour corps l'arracha volontaires en
les s'cxprimant auteurs d'une manière peu agréable, tant pour ceux qui en étoient
ciers
que pour ceux
s'amusoient à le considérer , ct des offimunicipaux avoient E nombre de ces
dats d'Artois et de Normandie virent l'action du derniers ; quelques solchasseur, coururent à
il représentoit une carricature insultante
les porte de
et le régimnent du Port-an-Prince; un chasseur de ce pour corps l'arracha volontaires en
les s'cxprimant auteurs d'une manière peu agréable, tant pour ceux qui en étoient
ciers
que pour ceux
s'amusoient à le considérer , ct des offimunicipaux avoient E nombre de ces
dats d'Artois et de Normandie virent l'action du derniers ; quelques solchasseur, coururent à --- Page 119 ---
(59j
hi, lc maltraitérent et le conduisirent à la municipalité, d'où ilfut con. duit à la geole ; grande rumeur dans le régiment du Port-an-Princ:, et ceux de
plusiets duels dans la journée entre les soldats de ce de corps blessés furent
Normaidie et d'Artois 1 avant la nuit une douzaine
conduis à l'hôpital. deux soldats du
du
Le 2au matin 2 nouveanx combats, 9
soldats régiment de NormanPort-a-Prince tués bruit répandu par quelques
les armes ct
die etd'Artois que i regiment du Port-au-Prince Préloto, prenoit matelot déalloit ortir de ses casernes ; à l'instant le nommé
fait
barqu del'Uranie, et créé commandant de l'artillerie patriotique,
battride son chefla générale et sonner le tocsin. Le troupes patriotiques, Artois et Normandie courent aux armes ,
et bintôtla ville du Portau-Prince présentel l'aspect de deux partis annonce prêts
à s'gorger. Le commandant Préloto court de rang en rang et
soit
quela sureté pablique exige que le régiment du mêches Port-an-Prince allumées. La
désrmé ; on voit arriver aussitôt 4 canons et les trouve tous les soldats
mnicipalité se rend ait quartier du régiment, d'aller , rendre et
à la troupe
sas armes et en chemises ; elle se hâte
tournoient compte les têtes 3 on
anée du peu de fondement des allarmes qui
les confédérés fornh crie moins qu'il faut désarmerle régiment, le
nnt FAnERAN corps 7 qui tous marchent vers quartier. de Norman- Qnelques
oiciers, etpartical,drement M. Desaulnois, commandant doit son
e, et par intérim de la place , à qui la ville du Port-au-Prince dans toute son horJut dans cette circonstance critique 3 envisageant du
jr, la suite d'une résistance de là part du réginent Port-an-Prince, obtinrent
sèrent auprès de ce régiment de moyens si pitissants, qu'ils dans des
ue les arines seroient livrées, pour être cependant ainsi rendues ses draaisses qui seroient embarquées avec ce régiment, sans que férir. jeaux ; le désarmement s'opéra de cette manière
coup des casernes
Trois cents homes de garde furent portés aux portes
pour en interdire la sortie aux soldats. de la
accomDans la nuit du 2 au 3, une députation de la
iunicipalité, nationale da Port-aupagnée des comnandant lIntendant et major
garde Vaffra tement d'un batiment
Prince, 1, a été presser M. du
pour) du Port-an-Princ: que j'avnis
propre à porter la portion le régimeut MI.
manière
coup des casernes
Trois cents homes de garde furent portés aux portes
pour en interdire la sortie aux soldats. de la
accomDans la nuit du 2 au 3, une députation de la
iunicipalité, nationale da Port-aupagnée des comnandant lIntendant et major
garde Vaffra tement d'un batiment
Prince, 1, a été presser M. du
pour) du Port-an-Princ: que j'avnis
propre à porter la portion le régimeut MI. de Proisy vous dédnira
donné ordre d'embarquer sur lont
I accéder à cette demande,
sans doute les raisons qui
camt
contrariantmes ordres, fait faire au trésor une dépense superfine
liv. tonrnois Je verrois avec beancoup de peine ce départ
deux
sans escorte. TALC
du régiment du Port-an-Prince sur du transports Port-au-Prince a été embarLe 4: à 4 heures du soir le régiment avoit fait mouiller en grande rade ;
qué sar les denx transports les deix qu'on bâtiments n'étoient point encore appromaison me mnande que reste
si M. de Grimncuard est mnaître dees
visionnés, et il me
l'espoir
--- Page 120 ---
(6)
rier, équipages, que recevant la lettre
je lui ai écrite par le dernier
iln'en fera pas moins partir e
courLa moitié de la ville du Port-an-Prince Fougueux. est en
à SOII comble, et si les suites ne sont pas extrêmement fuite, le désorire y est
le parti dominant ne trouve aucun obstacle; la fachenss, c'est
pas moins à
ne
Suninte
municijalité
de la
parfaite
m'assurer que la ville du Port - au - Priiçe jouit -
tre le
tranquillité, tout en me reprochant de ne
par ma
pa y inetPautrr
présence. Dans cet état des choses je ne crois pas
au-Prince une
qu'il puisse X avoir a Portdécrets.mnationaux, explosion 7 les citoyens qui tiennent pourlexécuton des
que justice leur soit s'étant rendue retirés, l'assemblée et se contentant d'attendre en ilence
par
nationale. Pour copie cenforme, signé BLANCHELAND,
No 24. EXTRAIT des regitres des délibérations de la paroisse du
Port-au-Prince. LES citoyens assemblés en l'église
vertu et par suite des arrêtés pris & insérés paroissiale dans de cette ville, , n
sieur Chaidron, en date des 8, 15 et 22 courant, M. les gazettes u
président de la dernière assemblée de paroisse a ouvert Viriot, la curét
C
exposé la nécessité de procéder à la nomination d'un
séance t
l'assemblée a d'abord fait choix d'un président et marguillier; d'un
S:
S" Taillefer ayant été nommé à l'unanimité à la
secrétaire
M. Genty à celle de secrétaire
place de présiden:
d'usage, &c. > tous les deux ont prêté le sermer
La paroisse a en outre arrêté qu'il seroit nommé onze
pour aller, au nom de la commune, notifierà M.
à la nomination d'un
séance t
l'assemblée a d'abord fait choix d'un président et marguillier; d'un
S:
S" Taillefer ayant été nommé à l'unanimité à la
secrétaire
M. Genty à celle de secrétaire
place de présiden:
d'usage, &c. > tous les deux ont prêté le sermer
La paroisse a en outre arrêté qu'il seroit nommé onze
pour aller, au nom de la commune, notifierà M. de commissaire
fonctions d'intendant, le présent arrêté, et lui
Proisy, faisan
nom de cette commune 3 d'avoir à ordonner aux enjoindre toujours, at
de donner auxdits commnissaires l'état actuel de différents leurs comptables
ne faire aucun payement, à partir du jour de ladite caisses, et de
quelque billets prétexte que ce puisse être, qu'an préalable, notification, les
sous
d'ordre et rescriptions n'aient été visés de la municipalité ordonnances, la- 3
municipalité est instamment requise, au nom de la
grien vonloir exercer proyisoirement,
commune,
provinciale sera constituée et en jusqu'au les moinent que l'assemblée
délégme à cet effet par le présent arrêté, activité, de constater pouvoirs la qu'elle lui
payements, et
nécessité des
Parrivée des Aoasticpmaitesicemata bons pères def
instructions; ; tout ce qui aquelque Tapport famillejusqu'à à l'intérêt des
unicipalité est instamment requise, au nom de la
grien vonloir exercer proyisoirement,
commune,
provinciale sera constituée et en jusqu'au les moinent que l'assemblée
délégme à cet effet par le présent arrêté, activité, de constater pouvoirs la qu'elle lui
payements, et
nécessité des
Parrivée des Aoasticpmaitesicemata bons pères def
instructions; ; tout ce qui aquelque Tapport famillejusqu'à à l'intérêt des --- Page 121 ---
(61)
Colons qui composent cette paroisse et cclle de la dépendance; et sont de
lesdits comnissaires en cas de refus de la part dudit sieur Proisy
l'ordre ci-dessus réclamé, autorisés à passer outrc.
anprès de M. de Proisy
La paroisse a nommé pour cominissaires Liberat, J. D. Boyer, Julien, HuMM. Taillefer, Poncy 9 Dudésert, Genty, Marin, Galon, Daquillard et Dugon jenne, Robergeot,
mesnil; lesqucls ont ensuite accepté. observé combien il étoit révoltant et abusif
Un citoyen ayant
leurs fonctions
dc voir des fonctionnaires publics payés pour remplir de
mêmes
et servir la close publique, désertéurs au contraire
ces à
fonctions, et travaillant sourdement dans différents quartiers agiter
de nouveaux troubles, la paroisse a arrêté et arrête qu'il sera enjoint
audit sieur Intendant de ne délivrer aucune ordonnaiyce, billet d'or- de
dre ni rescription, à aucuns desdits fonctionnaires publics absents
lcurs fonctions, soit militaires, judiciaires, ou tenant à quelque corps
administratif, sons quelque dénomination ce puisse être, qu'il n'ait
constaté par un acte authentique et visé de5 la municipalité qu'ils ont
été constanunent à leurs places, et exercé leurs fonctions; qu'en ontre
lesdits commissaires nommés pour vérifier les caisses, constatéront l'état
actuel desdites caisses, le numéraire effectifqui leur sera représenté,
ainsi que le bordercau ae caisse que le receveur ou trésorier seront
obligés en outre de représenter ic bordercau antérieur de la caisse, A
compter du Ier de ce mois, ainsi que le mouvement d'icelle, avecles les
pièces au soutien ; lesquels seront paraphés ne varietur, , avec
regitres de leur comptabilité par lesdits commissaires et seront en
outre tenus lesdits comptables de fournir de suite expédition des bordereaux, mouvements de caisses et pièces au soutien, à coinpter
du 1er de ce mois : la paroisse enjoint égalementà M. lIntendant on
so11 représentant de fournir ou faire fournir tous les lundis de chaque
semaine, les mouvements de chaque caisse, à la municipalité; laqu'elle
remettra lesdits mouvements à l'assemblée provinciale de lOuest,
dès qu'elle sera constituée.
Fait et clos, le 27 mai 1791.
No 25.
EXTRAIT T' des regitres des délibérations de la paroisse
de Saint-Marc.
L'AN mil sept cent quatre-vingt-onze, et le cinquième jour du mois
de juin, avant midi :
Les citoyens actifsde la paroisse, assemblés en vertn d'une convocation
de la municipalité, et en conséquence de son arrêté du quinzième de
mois de mai dernier, la place de président a été déférée à M. Orict,
mai 1791.
No 25.
EXTRAIT T' des regitres des délibérations de la paroisse
de Saint-Marc.
L'AN mil sept cent quatre-vingt-onze, et le cinquième jour du mois
de juin, avant midi :
Les citoyens actifsde la paroisse, assemblés en vertn d'une convocation
de la municipalité, et en conséquence de son arrêté du quinzième de
mois de mai dernier, la place de président a été déférée à M. Orict, --- Page 122 ---
(6)
le plus ancien d'age; et celle de secrétaire, M. Contamine
Pour
procéder, parla voie du scrutin, la nomination d'un
jeune.
secrétaire pour présider ladite assemblée paroissiale, président MM. et d'un
Fescourenté été nommés commisaires
Berjat et
Dépouillement fait desdits scrutins, pourieldepoutilenient M. Crasset ainé des scrutins.
réunirla majorité de cinquante huit voix
s'est trouvé
M. Carere ainé a réuni, à la pluralité de pourla place de président, 2 et
secrétaire ; lesquels, chacun en soi, ont quarante-trois et ont voix, celle dede bien et muglementremphir leurs fonctions. accepté
prêté le serment
nommé M.leprésident député à a la premièrement faitlecture d'une lettre de M. Michel,
paroisse, en date du prochaine 17 avril; Jaquelle assemblée nomination coloniale, M. par l'assemblée de
par ladite lettre.
Michel accepte
Lecture faitede ladite lettre, l'assemblee a
à M.
arrêtéqu'elle seroit
l'Honorey Dubuisson, a imprimeur du
au
envoyée
la rapporter dans sa feuille du Moniteur peuple de Cap, avec prière de
blée charge la municipalité.
colonial, quoi faire l'assemEnsuite M. le Président a reçu, des mains de M.
officier
àla municipal, délibération un paquet contenant onze objets, que la municipalité Villeneuve, soumet
des citoyens actifs de la paroisse; Ouverture
paquet, M. le Président a fait lecture de la première feuille, sous faite dudit
contenant un arrêté de ladite municipalité, qui renvoie à lenot,
paroissiale la demande à clle faite, par un des meinbres du l'assemblée
cipal, d'un détachement de cinquante hommes de
corps inuniactuellement enl garnison au Port-au-Prince.
troupes qui sont
La matière mise en délihération, par la voie du scrntin,
oui et
E
par non; dépouillement fait du scrutin, en présence et
les par mêmes
commissaires ci-dessus, il s'est trouvé qu'on demande lesdites par
à la majorité de quatre-vingt-six voix contre
troupes,
quence, il a été de suite nommé deux comnissaires cinguante-nenf; en consdau Port-an-Prince, àl'effet dedemander lesdlites pour à se M.I transporter
O11 son représentant, et faire toutes les démarches tronpes
le Genéral,
a tombé par acclaiation sur M. Didié jenne ct M. Carerc nécessaires; jeune, le choix
accepté de suite : et attendu qu'il est trois lieures de
la qui ont
nuation de la présente asseinblée a été renvoyée A relevée, contisigné tous les citoyens actifs présents, avec MM. les quatre deux heures; et ont
au scrutin ci-dlessns nommés, les commissaires
Commissaires
sident et nous secrétaire.
scrutateurs, 3 M. le PréPourcopie conforme, signéGrasset, président; Careresiné,seurdituine.
Et lesdits jour et an
dessus, quatre heures de
nuation de l'assemblée e ce matin, M. le Président relevée, a fait par contilettre del la mmnicipalité du Port-au-Prince, ainsi
lecture d'une
pagnant la délibération de la paroisse deladite ville; que d'unelettre ladite lettre accomsignée
crétaire.
scrutateurs, 3 M. le PréPourcopie conforme, signéGrasset, président; Careresiné,seurdituine.
Et lesdits jour et an
dessus, quatre heures de
nuation de l'assemblée e ce matin, M. le Président relevée, a fait par contilettre del la mmnicipalité du Port-au-Prince, ainsi
lecture d'une
pagnant la délibération de la paroisse deladite ville; que d'unelettre ladite lettre accomsignée --- Page 123 ---
(63)
nommés par ladite délibération : toutes les deux
de quatre commissaires les citoyens de cette paroisse à coopéreri la formatendantes à
administrative, Hlaétép procédé d'abord
tion d'une ACUECINLE provinciale, si
des dépuilés
former
à la délibération, pour savoir on nommeroit représentant) la pour paroisse de
ladite assemblée provinciale, administrative,
Saint-Marc. M.le Président a fait passer du côté nord les citoyens qui seroient pour
l'affirmative, et du côté sud ceux qui sont pour la négative ; les citoyens
du côténord emportant en nombrela grande majorité,il a étédécidéqu'on
procédroit de suite à la nomination de trois administrative, dépntés, pour à représenter raison d'un
la paroisse à ladite assembléc provinciale, actifs,
la voie du scrutin, par
dépnté par cent cinquante citoyens s'est de suite exécuté, par
conformément au
une scnle et même liste; nationale, CC qui du 8 mars 1797, qui ordonne
SonL
décret de l'assemblée administratives aura lieu dans la
&c.
sur assemblées
roatonlter
décret Dépouillement les
fait du scrutin de quatre vingt -dix-sept votants il en
nce et par les mêmes commissaires de la séance avant midi, est
prés. résulté
M. Rabotean a réuni quatre-vingt-sept voix pour preinier
dépnté; que M. Mary a réuni quatre-vingt-six voix pour troisième second député;
et M. Rousset a réuni quatre-vingt-denx voix pour ont accepté; M. député. RousMM. Raboteau etMary S'étant trouvés présents,
set s'est trouvé absent.
même voie du scrutin à la nomina.ion
On a de suite procédé parla seule et même liste, etle dépouillement fait
de trois suppléants par une
votants, M. Santinier a réuni quatredu scrutin de quatre-vingt-six suppléant; M. Millet en a réuni soixante
vingt-deux voix Latour pour premier
voix pour troisième suppléant;
dix-huit; et M.
soixante-quatorze nommés ainsi que dessus
de
lesquels députés et suppléants, trouvant
l'ont de requis, suite prêté
prêter le serment d'usage; et se
présent,
entre les mains de M. le Président.
Et
continuation de la présente assemblée, 9 la grande majorité
des citoyens par a proposé de nommer à la place de prévôt particulier de
maréchaussée de cette paroisse 1 par intérim, vacante parla promotion
de M. Descontures, ci-devant prévôt particulier, et actuellement prévôt
général parintérimn ; laquelle promotion nous consentons, toujours et l'avouant
pour nous être agréable ; et de suite les citoyens actifs,
de
à ladite nomination de'
2i
ont
prévôt particulier
sents ,
procedé intérim, ainsi qu'à la nomination d'un exempt, aussi
paroisse, intérim, par par la voie d'un seul scrutin ; et le dépouillement desdits fait
Apant scrutin, contenant soixante-dis-necufotants, en a présence l'unanimité, la
deux commissaires ci-dessus, M. le Conte a obtenu,
de cette
place de prévôt particulier par intérim de la maréchaussée la
paroisse; ; et M. Bressan a obtenu aussi à l'unanimité place ici d'exempt
détaché de cette ville, par intérim ; lesquels deux leur citoyens a
préseuts p-et ont
ont accepté chacun en soi les deux places qu'on
confié,
ecufotants, en a présence l'unanimité, la
deux commissaires ci-dessus, M. le Conte a obtenu,
de cette
place de prévôt particulier par intérim de la maréchaussée la
paroisse; ; et M. Bressan a obtenu aussi à l'unanimité place ici d'exempt
détaché de cette ville, par intérim ; lesquels deux leur citoyens a
préseuts p-et ont
ont accepté chacun en soi les deux places qu'on
confié, --- Page 124 ---
(64)
prétés le serment de bien et fidèlement
entre les mains de M. le
remplir chacun leurs fonctions
Jes renvoie tous les deux Président, et à la commme rassemblée qui
palité de cette ville, à laquelle ponr ils prêter anssi leur serment à la municites les fois qu'ils en seront par clle promettent et le s'obligent d'obéir touet de la tranquillité publique 3 la commune requis pour maintien de l'ordre
nicipalité de faire recevoir demain 6 juin, chargeant à la tête en outre la imcette ville, le sieur le Connte en sa qualité de
de la brigade de
sienr Bressan : cn sa qualité
prévôt particulier, et le
lcs deux par intérim.
d'exempt détaché de cette paroisse > tous
d'une Ensnite lettre et sans dliscontinuation , M. le Président a donné
de la
no 6, signé de M. Lebreton de Villandry,
lecture
garde rationale du Port-au-Prince,
major-général
de St-Marc à noinmer des députés à la 3
inrvite celle de la paroisse
se
ienr Bressan : cn sa qualité
prévôt particulier, et le
lcs deux par intérim.
d'exempt détaché de cette paroisse > tous
d'une Ensnite lettre et sans dliscontinuation , M. le Président a donné
de la
no 6, signé de M. Lebreton de Villandry,
lecture
garde rationale du Port-au-Prince,
major-général
de St-Marc à noinmer des députés à la 3
inrvite celle de la paroisse
se tale
prépare pour être célébrée le 14 juillet
civique, fédérative qui
an-Prince; cette invitation a paru à tous les prochain, en la ville du Portet agréable, qu'ils ont arrêté
citoyens d'autant plus juste
districts s'assembleroient
par une acclamation générale,
les
en
que
ment le nombre de députés qu'ilscroiront particulier pour nommer chacun séparéaux décrets de la nation sanctionnés nécessaire, le
en Se conformant
pour cette dépense l'imposition d'une par roi 3 et qu'il seroit payé
formant la garde nationale de cette paroisse. gourde par chaque citoyen actif,
De suite et toujours par continuation de la
Président a fait lecture d'une lettre du
présente assemblée, M. le
a renvoyé à la municipalité
PetitGoave; laquelle l'assemblée
M. le Président a aussi fait pour lecture y répondre. d'une
palité par le capitaine du premier
plainte le portée à la municitaine de
en cette ville, ne lui district, avoit
sieur Meau, capifaire la
pas
un canot
Roernt
Ade à bord d'nn navire qui entroit dans la rade de cette pour aller
L'assemblée paroissiale charge la
ville.
de la commune aux supérieurs du sieur municipalité Meau, de porter les plaintes
avoir manqué aussi essentiellement aux arrêtés capitaine de de port, pour
avec prière même de le destituer en cas de récidive la municipalité, >
la municipalité de rendre public parl la voie de
; charge en outre
port d'hier au conseil inunicipal extraorlinairement l'impression ledire et raple sieur Fabre, 3 brigadier, et tout ce quis s'en est ensuivi assemblé, fait par
Arrête en outre, , l'asseinblée paroissiale
le
dudit
rations de paroisse sera
2 que regitre des
EREISAE
comine faisant partie des désormais archives déposé de la au greffe de la municipalité,
Sur la motion d'un citoyen actif de cette paroisse. ville, la
à Tmnanimité qu'elle vote des remercimens à M. commune a arrêté
parvenn à faire entendre par l'assemblée nationale, Linguet, les membres pour être de
Passemblée générale de cette Colonie, et détruire tous les gricfs etinculpations quileur ont été suscités.
Arrête de plus qu'il sera aussi voté des remercimens à MM. Emnery
pere,
ffe de la municipalité,
Sur la motion d'un citoyen actif de cette paroisse. ville, la
à Tmnanimité qu'elle vote des remercimens à M. commune a arrêté
parvenn à faire entendre par l'assemblée nationale, Linguet, les membres pour être de
Passemblée générale de cette Colonie, et détruire tous les gricfs etinculpations quileur ont été suscités.
Arrête de plus qu'il sera aussi voté des remercimens à MM. Emnery
pere, --- Page 125 ---
(65)
de Dunkerque pour les serpère ct fils, Simon et Wnick, rendus négociants aux
de St-Domingne, >
vicesi importants qu'ils ont le prêt généreux représentants qu'ils leurs ont fait, sans
actuellement ent France; par
auroient ajouté infiniment à toutes
lequel les bescins les plus urgents
les vexations qn'ils ont essuyées.
vote des remerciments à M. GrasArrête de plis la comunne, qu'elle assemblée, pour toutes les peines et
set ainé, président donné de dans la présente les deux séances de ce jour.
soins qwils'est
de ses deux séances
Arrête encore la présente publiques -mabietecpeaeft parla voie del'impression 1 de quoi
de ce jour seroient rendnes
elle chargela municipalité. besoin
la paroisse de s'assembler pour
Arrête enfin
vu le
qu'a nommés pour former l'assemrégler les pouvoirs edars donner aux députés
dinanche problec vinciale administrative, elle se convoque pour
chain prc 12 du courant, à l'effet de régler à huit lesdits heures pouvoirs. de relevée les jour et
Fait et clos en l'église paroissiale les
actifs présens, signés avec les
an que dessus, , et ont tous ci-dessus citoyens nommés.
deux comnissaires au scrutin
aîné ; CARRERE ainé, secrétaire.
Pour copie conforme, signéGRASSET
anl registre déposé CIZL grelfe de lu municipalité
Pour copie conforme
de Saint-Marc.
Collationné à l'original, CARRERE, secrétaire greffier.
No 26.
de la lettre de M. de Blanchelande à MM. les
COPIE
de Terre-Neuve, en date du 23 mai 2792.
Citoyens
Messieurs, avec la lettre que vous m'avez fait l'honJ'AI reçu, le 15 dc ce mnois, et qui ne m'a été remise qu'hier
neur de m'écrire les pièces qui Y étoient jointes;, je les ai lues avec
par M. Linberti,
je ne verrois rien que de raisonnable dans VOS
beaucoup d'attention eussicz 3
été légalement autorisés à vous constituer
opérations, si vous.
mais vous avez, Messieurs,
en paroisse, et à former une municipalité; l'expression du décret du 12 octobre,
outre-passé vOs pouvoirs, d'après toutes les lois établies continueront d'être
qui dit positivement: la Colonie cc Que de Saint - Domingue jusqu'à ce qu'il en
> exécutées substitué dans de nouvelles, &c. >). Je crois donc que vous ne
> ait étd
comme un projet à soumettre Ala
pouvez regarder votre procédé que
i
Messieurs,
en paroisse, et à former une municipalité; l'expression du décret du 12 octobre,
outre-passé vOs pouvoirs, d'après toutes les lois établies continueront d'être
qui dit positivement: la Colonie cc Que de Saint - Domingue jusqu'à ce qu'il en
> exécutées substitué dans de nouvelles, &c. >). Je crois donc que vous ne
> ait étd
comme un projet à soumettre Ala
pouvez regarder votre procédé que
i --- Page 126 ---
(66)
décision de l'assemblée coloniale 7 lorsqu'elle sera fornée :
moi, je n'ai pas le pouvoir de sanctionner, cela tireroit à de quant à
grandes conséquences. Il doit nous arriver incessamment des
trop
saires; il seroit plus sage de ne rien inuover
commisne puis non plus que vous, Messieurs, créer une jusqu'à nouvelle leur maréchaus- arrivée ; je
sée, attendons un nouvel ordre de choses qui ne
tarder
temps : croyez, je vous prie, à mes regrets de ne peut
long.
vous est agréable.
pouvoir faire Ce qui
J'ai l'honneur d'étre, &c.
Pour copie conformc, signé BLANCHELANDE
No 27.
EXTRAIT du Moniteur colonial du 28 mai.
LETTRE de PAuteur du Fanal des Patriotes, à Piditeur.
MONSIEUR, un avantage particulier à votre
sans vous la Colonie ne jouiroit pas, ct dont elle feuille, a grand avantage dont
d'accorder à des débats place aux athlètes du pour et du contre, , et d'offrirun besoin, cadre c'est
politiques dont il pourra enfin résulter
chose.
m'avouerez que cela pressc dans UIl pays où les bons quelque
Vous
endormis d'un sommeil léthargique ; un malleureux citoyens paroissent
par des factions, et partagé entre deux erreurs, où la pays tourmenté
à naitre, et où les bons principes, serrés comme entre deux vérité est encore
les dupes de St-Marc et les souteneurs du
feux, entre
peine à se faire jour.
gouvernement, auront de la
Iarrons Nous touchons bientôt, je pense > à la grande foire
des deux partis vont s' 'entendre, et où
politique où les
ni crochue pi bossue 3 mais bien fourchue, achevera l'aristoeratie, de
qui n'est
ses nombrenses dupes dans le
où clle lcs a si bien faire tomber
deux chemins opposés. C'est piége dans un tel moment
lc conduites par
entrevoit des véritds utiles au penple 9 doit les dire que sans citoyen qui
déplaire aux gens de parti, ni d'limilier enl eux le
s'inquiéter de
cien régime. Je ine flatte que vous ne refuserez vieil-homme de l'ansérer quelquefois mes réflexions : également ficheuses pas, Monsicur, aux
d'inelles plairont rarement à l'un ou à l'antre; mais
vous deux partis,
les grimaces des mécontents ! vous n'aurez 3 jamais que à
importeront
opinions à VOS amis ni à voS ennemis, car vous
repondre de mes
dédaigne un masque d'anonyine.
présumez bien que je
ine flatte que vous ne refuserez vieil-homme de l'ansérer quelquefois mes réflexions : également ficheuses pas, Monsicur, aux
d'inelles plairont rarement à l'un ou à l'antre; mais
vous deux partis,
les grimaces des mécontents ! vous n'aurez 3 jamais que à
importeront
opinions à VOS amis ni à voS ennemis, car vous
repondre de mes
dédaigne un masque d'anonyine.
présumez bien que je --- Page 127 ---
(67)
Je n'abuscrai point de la faveur que je vous demande ; et je n'aurai
pas la prétention d'accaparer it1l espacé utile au public pour répondre
des
sur-tout
11c signifieront rien. Je nc perdrai
a
critiques, observer lorsqu'elles si dom
Lachaise prend mesl lantérnes
pas mOil tompsa
mettrai Auguste sur la
de nos lecteurs
pour des vessics, et je ne
pas
de patience la Croiz-des-liouquels
un impôt aussi stérile. Lorsqu'nn le anonyme mien, n'avertirai point que ce
demandera un fanal
éclairerl le
je s'en
bien sans
sont deslnnettes RIRFUE manquent, public appercevia
de
ne doit perdre
mnoi. Il est un cetire
hminenx
patriote
révne, c'est que AT public, EMRaOE si long-temps en reste souflrance, de moclame tout son zèle et toutes ses forces, ct quil nelui
plus
mens à donner à de vains jeux d'esprit. l'heurense nouvelle
la Colonie
Vous avez annoncé 1 Monsienr,
à désirer
a
se tronve enfn purgée du régiment du Port-an-Prince. f's est les noul'importance des événements locaux ne fasse pas négliger
que velles d'Europe, qui peuyent en même temps avoir une influence de propice sur le patriotisme naissant des Colons, ct sur les progrès lopi- à
nion publique si lente à se former parmi eux. C'est ce qui m'engage lecteurs
vous reprocher dé n'avoir pas encore fait connoitre à vos
sur- patriotes I'ntile décret de l'assemblée nationale, du 20 février, ouvrir qui les
PRIME LES GOUVERNEURS ; il est cependant bien propre à faire
l'anyeux anx citoyens de Saint-Domingne sur leur gont tenace pour
cien régime, et leur extrême ignorance dn nonvean. il auroit
de
Si ce décret ett été rendu dix-hnit mois plutôt, leur
appris de la
bonue Jieure aux Colons à dégagerl les bases de ici tous constitntion les essais de révosenle pierre d'achopement qui a fait avorter
n'auroient
osé
lution. Alors les aristocrates de St-Marc et antres ,
pas
bâtir leurs plans sur la conservation dc ce qu'on appelle banni gouvernement, de sa consc'est-i-dire l'ancien régine, quela nation Prançaise a
écarter
titution ; mais que le peuple de St-Domingue n'a pas encore pu même
de la sienne, puisqw'il ne l'a pas commencée, et ne parolt pas
se soncier d'y travailler. nécessairedes haseadelarévolatien, quel'assrmaboasorne C'estT parunec conséquence:
à balayerles gouverneurs lieutenantsHientenantsderwf, commandants
le roi dans les progénéraux, vinces et places, etc. ctc. C'est qiln'y a plus Gri. roi dans le sens ci-de- de
l'ancien régime : la nation ayant depois long temps supprimé subalternes le les
vant roi de Navarre et de Prance, tous les pachas
ainsi
représentoient ont dà être supprimés à lenr tour. C'est
Tetee
Hasbrmarort vieuxarbre, OIL methloisir: ses branches
en fagots qi servent à cliauffer le four. Vous voyez que le pretendu
gouvernenr de St-Domirigne n'est plus représentant que d'un potentat oit s'exqui a cessé d'exister depuis denx ans ; et voits sentez leridicule arroser' l'arpose le bon penple de St-Domingne 1 en croyant tonjours
trouvent
bre, lorsquiln'arrose plus qu'un fagot. Les patiiotos instruits
i 2
isir: ses branches
en fagots qi servent à cliauffer le four. Vous voyez que le pretendu
gouvernenr de St-Domirigne n'est plus représentant que d'un potentat oit s'exqui a cessé d'exister depuis denx ans ; et voits sentez leridicule arroser' l'arpose le bon penple de St-Domingne 1 en croyant tonjours
trouvent
bre, lorsquiln'arrose plus qu'un fagot. Les patiiotos instruits
i 2 --- Page 128 ---
(68) )
à cette longue méprise je ne sais quel air
trop dans le sens de la révolution.
arisiocratique 3 qui n'est pas
latif La diz prochaine assembléc Coloniale, lorsqu'elle exercera le droit
souverain, c'est-à-dire du PEUPLE, en rédligeant sa
légisgui ne peut être faite gu'au sein de cette ile, maxime constitution et inattagnable , que personne en cffet n'a combattue ni da sage
qu'elle exprime le plus absolu des droits d'nn peuple libre combattre, l'assemblée puisColoniale dis-je, imitcra sans doute ce nouveau
;
tion que l'assemblée nationale a décrété pour le point de la constitumant un gonverneur désormnais sans fonctions, et royaume dont le , en suppriginaire offre l'idée illusoire d'une rivière qvi n'auroit ponvoir imaMais ce n'est pas tout : quoiqu'il. soit très-bon de
pas de source,
cette heureuse suppression, il n'en est pas moins vrai consacrer par une loi
vice-roi de l'ancien régime est déja supprimé par la force que ce des pacha choses. ou
Iln'y a plus de gonverneur de St-Domingue ; il ne peut avoir
verneur de St-Domingue. Cette double proposition est prouvée y
de gou- trois
démonstrations majeures, 3 dont une senle suffiroit
par
1°, J'ai déjà indiquéla première. Un souverain, complettement. un
peut seul être représenté dans chaque partie de ses donaines: mnonarqne le absolu
narque absolu , que représentoit ici 'le gouverneur
Or; mnosouveraineté qu'il usurpoit est retournée au
s n'existe plus ; la
ni de domaines. Donc le
peuple ; il n'a. plus d'états
plus
gouverneur ne le représente plus, donc iln'est
gouverneur. Sublatd causi tollitur effectus.
2°, Le roi des Francais, agent nnique et immobile placé au centre de
l'empire pour y. être l'organe passif de la volonté générale, est roi des
Premier François indivisiblement, il est co-ordonné au tout et non aux parties.
il
fonctionnaire public, représentant né des
ne peut être représenté auprès de ses comincttans; citoyens il impliqueroit Français,
contradiction, que, cclui qui me représente fnt
moi. Donc M. Blanchelande, ni
représenté auprès de
tout autre > ne peut représenter. Louis
Capet, de Louis qui n'est plus représentable ; il Ile peut être gouverneurau nom
Capet qui ne gouverne plus.
Ces deux premières preuves rendent raison du décret national
anéantit une nuée de représentants royaux ; leur existence devenue qui iconstitutionelle les
dans les 83 départements, l'est à plus forte raison dans
Colonies.
30. L'assemblée nationale ayant solemncllement
du 8 mars 2 que Ia Colonie n'est point comprise dans reconnu, la constitution parle décret du
royaume 3 la constitution particulière qu'il faut en conséquence que
St-Domingue se donne > ne peut-être présumée monarchique 7.
MM. qu'elle n'existe pas encore ; il n'existe donc pas de roi de
puisde St-Marc s'étoient avisés d'en créer un 3 en statuant St-Domingue.
ctes législatifs seroient portés directement à la sanction du roi que leurs
ces aritocratrs-royalisues ont-ils été obligés de partir marons. Mais : aussi à
tout péché miséricorde ; si la nation leur pardonne A la fin, il faudra
ue se donne > ne peut-être présumée monarchique 7.
MM. qu'elle n'existe pas encore ; il n'existe donc pas de roi de
puisde St-Marc s'étoient avisés d'en créer un 3 en statuant St-Domingue.
ctes législatifs seroient portés directement à la sanction du roi que leurs
ces aritocratrs-royalisues ont-ils été obligés de partir marons. Mais : aussi à
tout péché miséricorde ; si la nation leur pardonne A la fin, il faudra --- Page 129 ---
(69)
leur
aussi. Ici la conséquence cst bien simple : si
bien que je St-Domingne parilonne n'existe pas, il ne peut? être re présenté.
le roi de
ni le roiide F,ance
n'existe
Ainsi, nual ne ponvant représenter être
mei le roi de
plis, ni le roi des Français qui ne peut
représenté, ou de
St-Domingue, qui n'existe pas, le titre de gouverneur
représentant du roi demenre nul et vide de sens. l'union dans la Colonie, et
Je pense, 3 Monsieur, , que pour ramener tirer un
parti de cette donnée
terminer tous ses maux, on peut
grand
de se
préliminaire. Si la commune du Cap enfin réveillée le décret , du rongissant 12 octobre , et
trouver à la tête des paroisses qui méprisent
à
asrefusant de l'exécuter, élisoit bien vite ses députés la prochaine
semblée coloniale, et qju'en tête de leur mandat, marchant sur les trades
de la nation, elle votât la première la
ces précieuses représentants vous verricz aussitôt ces nombreuses pasuppression de gouverneur, de 3 celle du
que parce
la croyent
ne
roisses 3 mni se défient
les verriez Cap
qu'elles de se ranger aul'appui du gouvernement vous seulc en état empressées sa force et sa prépondétour d'elle. Alors cette ville,
par salntaire, réaliseroit cette
rance d'imprimer à la Colonie un mouvement est
connue 7.
révolution dont on y parle tant, et qui les n'y institutions, pas ct puisque pis est,
l'ancien régine y vit encore dans toutes
qui
dans toutes les têtes. aisément peut-être
ne pense on V€ rr it l'assemAlors, et plus
qu'on des
faire éproublée colonialeréunie an Cap,del'aveus contrée général les
paroisses, effets d'une régéver sans délai a cette heureuse
puissants
nération désormais irrésistible.
dit
A bon en
Je crois, Monsieur en avoir assez
pour aujcurd'hui.
tendeur, salut, votre frère ct concitoyen.
BAILLIO,
No 28.
EXTRAIT du Courrier national du 22 mai 1791.
DU PORT-AU-PRIXC E.
MRCRDI au soir des avis parvenus de toutes parts, annoncèrent à
la uunicipalité du Port-au-Prince les vives inquiétudes des citoyens
de cette ville, fondées sur l'ordre subitement donné pour le les
ratifs du
du vaissean le Borée pour transporter
sI
des départ bataillons de Normandie et d'Artois en la ville des Cayes;
le mnent lendemain du départ d'un régimnent, lc lendemain du départ d'un
vaisseau, sur denx qu'il y, avoit en rade, la municipalité envoya sur les
sept heures du soir, une députation au conseil d'administration d'assurer assemblé, l'effet de conférer conjointement avec ellc aux moyens
le les
ratifs du
du vaissean le Borée pour transporter
sI
des départ bataillons de Normandie et d'Artois en la ville des Cayes;
le mnent lendemain du départ d'un régimnent, lc lendemain du départ d'un
vaisseau, sur denx qu'il y, avoit en rade, la municipalité envoya sur les
sept heures du soir, une députation au conseil d'administration d'assurer assemblé, l'effet de conférer conjointement avec ellc aux moyens --- Page 130 ---
(70)
la tranquillité publique, Un instant après arrive à la
conscil d'admimistration, une députation des amis de municipalité la
et au
qui confirma les nouvelles allarmantes dont il dtoit question constitution ; le conseil
d'adiministration nomma six commissaires parmi ses
rendre àla municipalité assemblée ely délibérer
membres, pour se
dans un instant aussi critique.
surlesmoyensip prendre
Il fut arrêté que quatre commnissaires se rendroient chez M. Desaulnois, faisant fonction de commandant, à l'effet de
rendre à la municipalité; la députation s'étant rendu chez l'inviter M. le à se
mamdant, cC dernicr se rendit à la manicipalité; sur la
Comqui lui fut faite par M. le Président, de douner
réquisition
Ordres qu'il avoit reçus de faire partir les
communication des
Borée, sa réponse
troupes sur le vaisscan le
ambigué augmenta d'abord"
les
çons ; enfin, M. Desaulnois reinit un extrait parlui beancoup certifié la soupde M. le Général, observant
de lettre
tendu qu'elle contenoit des choscs qu'il dont ne pouvoit il
montrer l'original, atsance
n'avoit
ne pouvoit donner connois3 qu'il
point d'ailleurs reçu ordre de faire partir
troupes sur le vaisseau le Borée 3 que M. de Crimouard,
ses
dant la station, étoit maître de les transporter sur son
commanLa municipalité lui représenta le danger où se trouvoit vaisseau. la ville du
Port-an-Prince, dénuée de toutes ses forces, dans un moment où
ennemis du bien public paroissuient l'avoir choisie
le
les
leurs mauvais desseins, ct enfin l'interpella de suspendre pour l'ordre'du foyer dé- de
part des troupes jusqu'à l'arrivée des commissaires conciliatenrs.
ses réponses éludées, il fut requis de répondre par ouiou par
Sur
dans ce dernier cas la municipalité demnandoit au nom de Ia non, que
dela loi et du roi, qur'il se trouvât le lendemain, 8 heures du nation,
V
à la tête de ses troupes, 3 pour requérir de lui ce qu'elle
matin, COnIvenable pour la sureté publique.
jugeroit
M. Desaulnois se décida enfin, ct d'après la réquisition en
on reçut à onzel heures du soir une suspension d'ordre de
forme,
ce
M. le Lieutenant-général en donnit de nouveaux. départ jusqu'à
A Blanchelande confirinera les ordres, cela n'est pas
s'il en donne de nouveaux, ils seront antant au désavantage douteux, de l'ouest ou
ceux-ci. La trame étoit inal ourdie 5 on en a vu le fil; on sera
pits adroit un autrefois. On n'a pu mettrela division entre les bataillons de Normandie et Artois 5 on fera de nouveaux efforts ; on imaginera d'autres moyens, d'autres ressorts seront mis en ceuvre.
On a beaucoup compté sur le patriotisme des chefs militaires ils
sont bien patriotes 3 ils obéissent si volontiers, quand il
d'exé- ;
cuter la
qu'ils renverseroient volonticrs la Colonie aul s'agit nom de
nation , de loi et du roi Ils ne reconnoissent
la
f
que celui du représentant du roi siégeant au divan de du pouvoir Cap; légitime c'est de
Cc cabinetseul que peut partir un ordre juste ct raisonnable.
C'est lAl'olympe, .
c'est là le siége du vrai pouvoir; c'est de-là
que
3 ils obéissent si volontiers, quand il
d'exé- ;
cuter la
qu'ils renverseroient volonticrs la Colonie aul s'agit nom de
nation , de loi et du roi Ils ne reconnoissent
la
f
que celui du représentant du roi siégeant au divan de du pouvoir Cap; légitime c'est de
Cc cabinetseul que peut partir un ordre juste ct raisonnable.
C'est lAl'olympe, .
c'est là le siége du vrai pouvoir; c'est de-là
que --- Page 131 ---
(7:)
doit partir la foudre; c'est de-là qu'on l'a lancée tant de fois depuis
deux mois; nais heureusement elle n'a pu nous atteindre. Citoyens
du Port-an-Prince, tremblez : la conduite de vOS ennemis vous prouve
aujourd'hui combien un acte de vigueur et peut-être de cruauté eût été
nécessaire pour la paix ; sans adopter ce principe barbare, veillez ;
l'ange exterminateur peut paroître bientôt, veillez, conservez l'arçhe
du Seigneur; ; si VOS enncmis s'en emparent vous êtes perdus.
AU CAP-FRAI N ÇAIS,
Chez DUFOUR DE RIANS, imprimeur du Roi et du Conseil
supérieur. --- Page 132 ---
I --- Page 133 ---
PIE C ES
A LAPPUI DU SUPPLEMENT DE MON MÉMOIRE.
No 29.
COPIE de la dépéche de M. de Blanchelande aul Ministre
de la Marine, en date du 3 juillet 179t.
MONSI EUR,
UNmasitre arrivé de Nantes, le jeudi 30 juin, a apporté plusicurs
lettres
annoncent le décret rendu par l'assemblée nationale, aux et
séances 13 et 15 mai, qui admet les
de couleur, nés de père
et
voudrois qu'il me
mère libres, 3 aux assemblées prinnaires
je
ESRAESTE
fat permis de vous laisser ignorer la sensation
a fait, les et la rapidité de la
elle commence à se communiquer toutes parties avec laquelle
colonie. Indépendamment de Phabitude du préjugé, les colons les plus sages
et les plns froids sont convaincns que la souunission des noirs classein- dépend
essentiellement de ce qu'il existe, enitre eux et les blancs, une ensuite
termédiaire, marquée autant parl'état civil que parla conleur; dans le
cedécret a paru mne violation formelle de la promesse consignée
préambule du décret du 12 octobre.
exciterla
Ainsi, Monsienr, trois motifs puissants se réunissent le pour colonie
fermentation :l'amour propre est offensé; on croit lon croit salutdela violé.
compromis; et on réclame ul engagement
du Nord la rendui
Le
des
services
partie
ire, marquée autant parl'état civil que parla conleur; dans le
cedécret a paru mne violation formelle de la promesse consignée
préambule du décret du 12 octobre.
exciterla
Ainsi, Monsienr, trois motifs puissants se réunissent le pour colonie
fermentation :l'amour propre est offensé; on croit lon croit salutdela violé.
compromis; et on réclame ul engagement
du Nord la rendui
Le
des
services
partie souvenir
importants
lassemblée que nationale en a fhit, les
la nation, l'aveu antlientique
cct aveu, tout favorise et
éloges et les remerciments qui odta accompagné
excite le mécontentement. Monsieur,
vous fasse le détail des propositions,
N'exigez pas,
que
les convertoutes plus violentes les nnes Ex aittres, qui s'agitentdans civile
sations; les coenrs les plus ElE sont aliénés; et la guerre
la plus
affreuse on la perte de la colonie pour! la France peuvent être lessuitesde
la disposition silence du présente des espiits. dans'la discussion de cette affuire, est comLe
commerce, il
étoit
de la traite
paré an zèle avec leqniel Sestmontrclorspuil
question
dles noirs;et cette comparaison irrite surles encore esclaves d'avantage. et les simples affranchis
La première partie dn décret
ne rassure même à l'égard des propriétés; on n'y celui-ci voitqu'une anéantit dispo- la
sition, qu'un Hetets subséquent abrogera, comme
a
affuire, est comLe
commerce, il
étoit
de la traite
paré an zèle avec leqniel Sestmontrclorspuil
question
dles noirs;et cette comparaison irrite surles encore esclaves d'avantage. et les simples affranchis
La première partie dn décret
ne rassure même à l'égard des propriétés; on n'y celui-ci voitqu'une anéantit dispo- la
sition, qu'un Hetets subséquent abrogera, comme
a --- Page 134 ---
CA
promesse du 12 octobre : ainsi (2). est
la confiance des colons en l'assemblée (ce qui le plus grand des malheurs )
Les mêmes. lettres annoncent
nationale se détruit.
vaisseaux; et ma plume se refuse que à vous l'Angleterre a un armement de 45
les voeux que cette circonstance a fait naitre. rendre les disconrs, et peut-être
L'assemblée provinciale s'assemble
prendre un parti; je ne saurois prévoir ce demain, s m'assure-t-on 2 pour
rience de son patriotisme: mais l'assemblée qui y. sera résolu; Jailespe
sur les gens de couleur, dans son adresse du nationale mois de a vu ses principes
pas changés. D'un autre côté, il est difficile
les juillet ; ils n'ont
n'aient pas avis de ce décret si public; et s'ils remuent que geus de couleur
Jugez, Monsieur,
doit être ma
tout est perdu.
pas de commenter les
et mon devoir position; il ne mn'appartient
est
Hcle
mais je suis résolu de verserla
de les faire exécuter;
de répandre celni de mes
dernière goutte de mon sang, plutôt que
A
Je fais des voeux
concitoyens la
et de mes frères.
semblée nationale, pour et les que retraite des députés des colonies de l'asdécret fatal; je desire qu'au réclamations moins du commerce aient fait retirer ce
prêter : car en supposant même l'assemblée nationale daigne l'intermission stricte des blancs, il (ce qui est commeimposible) une sousante de prétentions,
peut de donnerlieu à unei foulet toujours renaispartis.
capable mettre les armes à la main aux deux
Il prononce uniquement l'admission des
blées, , et les blancs s'en tiendront à ce gens de couleur aux assemen tireront] la conséquence
droit; mais les gens de couleur
véritablement cette assimilation qu'ils sont admissibles à tous les emplois, et
encore être esclaves, peut détruire parfaite la colonie de gens dont les frères peuvent
de la subordination.
en rompant tous les liens.
impression, J'ai cru, Monsieur, devoir vous rendre compte de cette
je serai exact dans la suite
première
dance 3 je ferai mes efforts pour entretenir journalière de ma corresponpêcher l'effusion du sang : mais la position la de paix la 2 ou plutôt pour emcombien mes moyens seront foibles, sur-tout colonie vous annonce
ble de tous les blancs en un seul
après la réunion inévitasemblée nationale.
parti, qui ne sera plus celui de l'asEn un mot, Monsieur, 3 j'ai tout lieu de
n'est au moins modifié ne
craindre que ce décret s'il
d'hommes, et ne devienne 3 soit l'arrêt de mort de plusieurs milliers
1 même qu'il a pour objet également de favoriser. funeste au petit nombre de ceuxJe suis avec respect, 3 etc.
Pour copie conforme, J BLA ANCHELANDE.
en un seul
après la réunion inévitasemblée nationale.
parti, qui ne sera plus celui de l'asEn un mot, Monsieur, 3 j'ai tout lieu de
n'est au moins modifié ne
craindre que ce décret s'il
d'hommes, et ne devienne 3 soit l'arrêt de mort de plusieurs milliers
1 même qu'il a pour objet également de favoriser. funeste au petit nombre de ceuxJe suis avec respect, 3 etc.
Pour copie conforme, J BLA ANCHELANDE. --- Page 135 ---
(3)
No 30.
EXTRAIT dcs registres des délibérations de PAssemblée
provinciale du Nord.
Séance du 29 juillet 1791.
Ir a été donné lecture d'une délibération du district no 11, contenant à
plusieurs observations, ainsi
plusieurs colonic projets de la précautions veille de l'arprendre dans la circonstance oltse se trouve la
à
rivée des commissaires civils. Lecture ensuite d'une lettre de M. Dalban,
commandant des troupes patriotiques, tendante à aviser aux moyens
convenables pour distribuer) les différents corps en cas d'une prise d'armes de
inattendue. Un membre a demandé qu'il soitconvoqué une assemblée
tous les chefs patriotiques, pour délibérer sur le parti qu'il convient dans
de prendre dans la criscactuelle. Un autre membre le a Commandant demandé que de la
cette assemblée, MM. le Représentant du roi,
province ct lcs Chefs des troupes de ligne ct de marine soient invités. arrêté
L'assemblée, prenant en considération ces deux réclamations, a
et arrête qu'it seroit convoqué pour demain samedi 3 trois heures de
relevée, une asseiblée extraordinaire, dans laquelle MM. le Représentant du roi, le Cominandant de la province, les Chefs des troupes alin
triotiques et des troupes de ligne et de marine seroient invités, Tac
se concerter sur les moyens ct les précautions à prendre dans la circonstance critique où la colonie peut se trouver au premier moment. secrét.
Prieur, président; Bouysson, , sccrétaire; Poulet,
adj.
No 31.
COPIE de la lettre de M. de Blanchelande à MM. de PAssemblée
provinciale du Nord, C1l date du 30 juillet 1792.
M ESS I E U R S,
DEux membres de l'assemblée provinciale m'ont fait Phonneur de
passer chez. moi ce matin pour an'inviter de mc rendre desird'être aujourd'hui dans
agréable
votre sein. Jeleuraireprésenté qu'avecle plus
à l'assemblée, je croyois
le représentant roi (ne pouvant
Rrd
devoit être instruit que des motifs de cette démarche, afin que
FTteS
dliscuter) semblée et moi ne fussions pas dans le cas de donner plus ou moins
d'extention, moi à ses demandes, et elle à mes réponses, devant toujours parler d'une manière positive. L'un de CCS Messicurs m'a dit qu'il
croyoit que c'étoit pour mc prier de mettre les forts en état de défense.
Je Ini ai répondu qne les forts étoient disposés, et qu'il n'y avoit que
des hommes à Y a placer.
les raisons de cette précaution, j'ai obe
Sans chercher comprendre,
a ij
ne fussions pas dans le cas de donner plus ou moins
d'extention, moi à ses demandes, et elle à mes réponses, devant toujours parler d'une manière positive. L'un de CCS Messicurs m'a dit qu'il
croyoit que c'étoit pour mc prier de mettre les forts en état de défense.
Je Ini ai répondu qne les forts étoient disposés, et qu'il n'y avoit que
des hommes à Y a placer.
les raisons de cette précaution, j'ai obe
Sans chercher comprendre,
a ij --- Page 136 ---
(4)
servé à ces messieurs que je pensois.que ma position
échapré colonie, à l'assembléc; que je ine trouvois placé entre la n'avoit point
, entre mes devoirs et mes affections, et
France et la
des compatriotes et des frères, que les uns et les par aitres conséquent devoient cntre
également chers.
mn'être
Jecrois, Messienrs, avoir manifesté d'une
mes principes etla conduite que je me
manière det claire et précise ,
vant offici-llement; ils sont consignés propose tenir, le décret arrien date dn 3 de CO mois, qne j'ai spontanément daus ma dépèche au ministre,
semblée, et par copséquent à tous les citoyens de commauniqnée cette
à l'asJe ne connois point les ordres qui ine
villé.
tance; j'espère et je siris même persnailé parviendront dans la circonsi mne prescrire aucun acte de riguenr qu'ils l'exécntion 11C seront pasde nature
Lorsque le roi m'a envoyé à
pour
de ce décret.
Saint-Domingue, c'étoit
suretéet aux droits des citoyens, ala tête
il pour voiller à la
de m'élever, et non pour leir faire la desquels m'a faitl T'honneur
quictudes,
guerre. N'ayez donc point d'inJc déclare Messieurs, à tons les sur le parti de
je prendrai.
faire mettre à exécution citoyens fre colonic : que si je snis
de
j'ens suspendrai la
ce décret, soit sans forces ou avec des chargé forces,
dela colonie, prendre pronilgation, pour, de concert avec les représentants
à retirer et
toute mesure afin d'engagerlawentice nationale
aunuller son décret.
Rendez, Messieurs, justice à la pureté de mes
et seront tonjours Ics mêncs, et mon attachement intentions la ; elles sont
particulièrement pour la province du Nord, cst pour colonie, et
ell caractères ineflaçables; c'est une vérité dout gravé dans mon coeur
dans toutcs les occasions.
je donnerai des preuves
Je suis, etc.
Pour copie conforme, B L A NCHELANDE
No 32.
Au Cap, ce 31 juillet 1791.
MONSIEUR JE LIEUTENANT AU sarasrsisrelainat,
Phonneur L'ASSENIBLÉE de lui a reçu hier, en séance, la lettre que vous lui avez fait
vouloir bien écrire en réponse à l'invitation
vous
vous rendre dans son scin, à l'effet de qu'elle
a faite de
de son arrêté du 29, dont il vous a dté reinis concerter sur l'objet
La lecture de votre dépêche a excité la plus expédition.
semblée en a éprouvé nne satisfaction infinie. Les grande sensation, et l'astiments, et Jes promesses formelles et consolantes expressions, les senfixé toute la sensibilité et la gratitude de
m'elle renferme, ont
d'en être très-persuadé; elle h'avoit toutefois l'assemblée ; elle vous prie
pas besoin, monsicur le
29, dont il vous a dté reinis concerter sur l'objet
La lecture de votre dépêche a excité la plus expédition.
semblée en a éprouvé nne satisfaction infinie. Les grande sensation, et l'astiments, et Jes promesses formelles et consolantes expressions, les senfixé toute la sensibilité et la gratitude de
m'elle renferme, ont
d'en être très-persuadé; elle h'avoit toutefois l'assemblée ; elle vous prie
pas besoin, monsicur le --- Page 137 ---
(5)
Comnandant général, de CC nouvean
de votre justice ct
de votre amour ponr la tranqnillité et la Maisgntr de la colonie, pour
être prfaitenent convaincue de votre loyanté et de la pureté de vos
intentions. La confiance entière que les colons doivent avoir dans les
nonvelles assurances que VOIS veucz de donner, calineront infailliblement les allarines que lenrsuscitent les flchenses circonstances, oit nons
nous tronvons, et les rassurerons surles dangers que leur présage une
loi anssi injuste que destructive des vrais principes: qui sculs peuvent
convenir à nos localités et à notre constitntion politique,
L'assemblée ne croit pas, monsieur le Commandant
pouvoir vons donner une assurance plus formelle et agréable de conarieh
fiance qu'elle a dans votre profession de foi, qu'en adressant à Passeinblée coloniale une copie de la lettre que veus lni avez écrite. Nous nC
dontons pas qn'elle ne partage vivement la satisfaction qu'elle nous a
causé, et la confiance entière qu'elle nous inspire.
Nous somnes avec respect,
Monsicur le Lientenant au gauvememeni-général,
Vos très-humnbles ct très-obéissants serviteurs,
Les Membres de PAssemblée provinciule du Nord.
Prieur, président; Bouyssou, secrétaire.
No 33.
EXTRAIT des registres de la paroisse du Part-au-Prince,
el de la délibération en date du 7juillet 1791.
MM. les Citoyens et Habitants rassemblés en l'église, au sor de la
cloche, M. le Présidlent a ouvert la séance.
Un citoyen a obtem la parole, eta fiit lecture d'un projet d'adresse
al'assenibléc nationale, oit est dépeint ell termes énergiques le désespoir qu'a jetté dans,Pesprit de tons les citoyens le décret de l'assemblée
nationale, en daredui5 maidernier. Ila été arrêté quil seroit livré
àl l'impression pour êire rendu pablic, att nombre de cinq ceuts exeinplaires; ct l'assemblée a noumé deux coumuissaires, MM. Ollivicr et
Van-Eeckhont, à pila pièce a été renise, pour faire exécuterle présent arrêté anx frais de la paroisse.
Coilationne par nons, président et secrétaire. Signé FERTÉ, président; MIAJLLES, secrétaire.
PROJET d'adresse à Pfunollieeationdhay délibérd en PIssemblée de
la paroisse du Furt-au-Prince, en date du 1juilict 2792.
DEPUIS squela Sse des forces dont VouS avez décrétél'envoi à SaintDomingue, endats du 12 octobre dernier, ont dès l'instant de leap
paroisse.
Coilationne par nons, président et secrétaire. Signé FERTÉ, président; MIAJLLES, secrétaire.
PROJET d'adresse à Pfunollieeationdhay délibérd en PIssemblée de
la paroisse du Furt-au-Prince, en date du 1juilict 2792.
DEPUIS squela Sse des forces dont VouS avez décrétél'envoi à SaintDomingue, endats du 12 octobre dernier, ont dès l'instant de leap --- Page 138 ---
(6)
arrivée changé la face politique de cette colonie et
méconnus des citoyens, les diverses adresses
vengé les droits
mnent fait parvenir la municipalité et le conseil que vous ont successivegarde nationale de cette ville, ont da vous d'administration de la
pensée, l'opinion, n'étoient plus enchainées prouver sans donte que la
fillusion assiègent tout aussi bien l'assemblée parla force, que l'intrigue,
rain,
le palais d'un prince ou d'un roi, et qui constitue le
le souvetusurpés dans la colonied des tyrans, n'étoit que trône infime
la constitution, de nos droits, et
point le trône sacré
FHE
Si votre comité colonial ent,
de la liberté.
la fatale époque sur-tout qui a déslinstant de la révolution, et avant
nier, réfléchi avec
précédé votre décret du 12 octobre derqu'offroient alors les attention, colonics sagesse et impartialité sur le tableau
atroces et prévaricateurs,
3 sila conduité de tous ces ininistres
-
tenoient dans ces preiniers qui, temps par de une trouble confiance aveugle et criminelle,
importante partie de l'empire
et de convulsion la plus
volonté, eût été rigourensement français sous le joug arbitraire de leur
primitif et sacré qui a uni Saint-Domingue approfondie; à la si la nature du contrat
quelque sorte sous leurs nouveaux rapports ces deux France, et rendu en
inent tributaires de leurs besoins, de leurs richesses et parties mutuelletrie; si le caractère des colons qui Phabitent, si la nature de de leur induspriétés, été
de leurs moeurs, de leurs habitudes, et de leurs leurs prosotunise à une pénible mais trop juste
localités eût
voulu de bonne foi remonter aux
discussion ; si l'on eût enfin
produit d'aussi sinistres effets, il est premières hors de doute et funestes canses qui ont
12 octobre dernier n'auroit jamais vu le jour; que votre décret du
U
n'auroit jamais pu accuser avec justice votre comité que Saint-Domingue
tice et de partialité ; que l'éclat de la vérité, en colonial, d'injusnuages, formés par l'imposture et la prévention, auroit dissipant tous ces
votre assemblée par l'organe de nos seuls et
pénétré dans
ct que le peuple enfin, dont aux termes des lois, légitimes de la nature réprésentants;
décrets, ils représentoient la volonté générale, seroit
etde vos
heureux.
libre, satisfait et
Nous ne chercherons point à fixer de nouveau votre
de l'Europe, del'nnivers, sur letablean horrible des atrocités attention, celle
avons été les victimcs; nous nous tairons sur toutes ces
dont nous
ces détestables complots que les dlétracteurs de VOS
trames,sur tous
la révolution ont ouvertement mis en
lois, les ennemis de
lasser notre courage, et faire en un mot usage de pour cette abattre notre fermeté,
vaste tombeau, ou un, foyer sans cesse ardent d'aristocratie colonie un lugubre et
révolution; nous ne chercherons
et de contrefatale insouciance,
point non plus à pénétrer
quelle contradiction de
quelle
qui ne
nnis à
principes, Ber colons
l'empire sous
ecieneuts.
péré, qui ne sont agités que du besoin et de l'espoir lequel leur de voir patrie a prosresserrer
mot usage de pour cette abattre notre fermeté,
vaste tombeau, ou un, foyer sans cesse ardent d'aristocratie colonie un lugubre et
révolution; nous ne chercherons
et de contrefatale insouciance,
point non plus à pénétrer
quelle contradiction de
quelle
qui ne
nnis à
principes, Ber colons
l'empire sous
ecieneuts.
péré, qui ne sont agités que du besoin et de l'espoir lequel leur de voir patrie a prosresserrer --- Page 139 ---
(7)
de plus en plus lesl liens du sang et de l'affection qui les l'instant attachent de irré- la
sistiblement à la métropole, ont pu être ainsi, depnis
révolntion, livrés al'anarchie, A l'ignoranes des opérations particulières
et à la
antid'un comité colonial, - abandonnds à la discrétion
rage enlin l'on
révolntioinaire des ministres et de leurs agents; ct] pourquoi été
a décorédu titre imposant dn mot loi, CC insmr'ià ce jour n'a en
enx l'effet singulier la force, de la confiance
grande partie
que
et de la utere
vous devez
la
C'est par la bonche du peuple que
apprendre devez vérité,
parce que créés par le peuple, ce sont ses intérêts que vous il conserver et défendre; dans le moment de sa premièré énergie rectifie peut se
tromper, inais cette erreur est courte, la réflexion murit,
bien
vite son jugement, et alors ce jugenent est aussi éclairé, colonial aussi juste
qwirrévocahle. Lorsque le rapporteur de votre comité
consacroit dans votre assenblée, par la plus horibleimpneture, quela tranquillité étoit l'effet de votre décret du 12 octobre dernier, il égaroit
votre religion, pour jouir à plaisir du fruit salarié de son crine.
Consultez a cet effet les adresses de 44 paroisses; clles renferment nos
preuves, notré vérité, ainsi que votre injustice et vOs erreurs. décret
La prévention et l'intérêt particulier
ont provoqué ce
la lonte et au mépris de la
générale du peuple, on a
RELS
qu'à qualifié du titre suprème de loi, a porté le désespoir dans le corps
politique de la colonie, et dans l'ame des vrais citoyens, parce Cous- que
témoins et victimes des attentats commis par Peinier, Mauduit,
tard, Vincent, et Jeurs exécrables complices, nous n'avons dans la pu colonie, sns
horreur voir le nom de ces monstres, condamnés déjà
à passer dans les siècles futurs chargés de honte, de haine et de la malédiction publique; inscrits au contraire dans les fastes imiortels de
l'empire, comme des hommes utiles à la patrie ct dignes de ses remerciments. Mais, si esclaves de notre amour et de notre fidélité, si rassurés par la pureté de nos intentions et l'espoir pent-être trompeurde révovoir dans la suite un jugement aussi injuste et aussi inpolitique
si lorsque déclarant solennellement dans un des considérant de ce
qué; mème décret, que jamais vous ne statuerez sur l'état des personnes dans
la colonie, que sur le voeu libre et spontané des colons; si en nous
renvoyant en outre à l'exécution du décret du 8 mars nous avons, en
vertu d'une proinesse aussi authentique, sacrifié tout ressentiment et
satisfait à votre décret,
peuvent penser, que doivent faire aujour- les
d'hui des colons, 1SLE mépris d'une aussi auguste promesse;
papiers publics leur annoncent que leurs droits sont sacrifiés, yque la
parole du souverain d'une nation n'est pas plus sacrée que celle d'un
roi,
la ligne de démarcation nécessaire pour l'existence etla
périté 202 la colonic est rompue, et que l'ame du colon sensible,
PRE
néreux et bienfaisant, cst déchirée par la honte, le remords et le repentir du bienfait.
ons, 1SLE mépris d'une aussi auguste promesse;
papiers publics leur annoncent que leurs droits sont sacrifiés, yque la
parole du souverain d'une nation n'est pas plus sacrée que celle d'un
roi,
la ligne de démarcation nécessaire pour l'existence etla
périté 202 la colonic est rompue, et que l'ame du colon sensible,
PRE
néreux et bienfaisant, cst déchirée par la honte, le remords et le repentir du bienfait. --- Page 140 ---
(8)
Anssitôt que la lberié, fère et sire de la volonté
nation, eut par l'union de SCS représentants élevé le génétale d'une
timc et seule souveraineté; aussitôt que le penple
trône de la légient, parla connoissance de sa force; de son pouvoir statumnt.urlui.mbme et de sCS
prononcé qu'il n'y, anroit dans l'empire d'autie loi
droits,
neroit de la volonté générale; enssitôt enfin
que celle
émasublime des droits de l'homme et de
que par l'accord
et
R.ie
constitntionmclles sur lesquelles
citoyen, vons eûtes posé lesbases
Français,
reposent votre gloire ct le bonhenrdes
nc put souscrire Satut-Domingnit, come
par le
inhérent à SeS localités,
loi
partie de la
gonérale;
ne
taclar,
la
put plus être considérée comme
l'expression de
SOS droits particnliers Ini furent conséqueunment l'expression de sa volonté;
le pacte social se forma, et le décrét du 8 mars reconnns et conscrvés;
ment à l'empire votre désistement, en lxant et annença déterminant sclennelleamion, nos liaisons et nos rapporis.
notre
Dès cet instant la colonie n'a pu avoir de
soin; dès cet instant vous avez renoncé à tont droit représentants de
dans votre
les lois nécessaires à notre régine
souveraineté snr
patrimoine, notre propriété sacrée intérieur; ct
ce droit est devenu notre
convention sociale cst devenue
inviolable 9 notre pacte 3 notre
la vôtre ; les membres
particnlière et séparée entièrement de
interrogés ct
composant notre association ont seuls dû être
formé la volonté consultés, et l'émission de leur voen a conséquemment
caractère
géndrale de notre association ou de la colonie.
que nons avions donc imprimé sur les
Le
volonté étoit aussi inviolable, aussi sacré
le représentants de cette
peuple; et coinme les grandeurs ainsi que les vôtre ; il émanoit du
relatives, CC peuple statnant surlui-méme que étoit quantités un
sont tonjours
p
ull corps collectif créoit mne
tont, qui en créant
destituer parla force,. mnais puissance, que la quevous la avez bien pu dissondre,
vOuS fnisoient un devoir d'entendre justice, et de
raisom, ct la saine politiFideles à vOS principes, interrogez les respecter. pouvoirs, les droits des
lateurs, consultez votre existence politique, votre constitution et la législorsmu'elle émanc de votre sein, c'est le peuple par votre
loi:
dicte, êt par soit silcace, Ou son refus,
qui ou la
organe la
donc alors comme scnverain, comme jonissant lapprenve du
détruit 3 il agit
ct inlérent à sa qualité de penple. La sanction est deeitimpreossptible à la
chef suprême dn ponvoir exécutifla
dès apposée
loi, le
latenr, le chef'suprème du pouvoir exécntif, promulgue tout ; Tinstant le légisdevient sujet, Maintenant la colonie vons demande le penple oùt sont en un mot
colons qui Thabitent, ccs denx points die vne, ces deux
pour si les
sentiels et si importants, et si n'étant cn ancune manière rapports esce soirverain, ne participant point copséquennment d'aucune. membre sorte de
loi, elle; pent et doit cependant recevoir comme loi,
Aln
volonté qui, quant à elle, est une volonté toute particulière, lerésnltatde formée cette
à
la colonie vons demande le penple oùt sont en un mot
colons qui Thabitent, ccs denx points die vne, ces deux
pour si les
sentiels et si importants, et si n'étant cn ancune manière rapports esce soirverain, ne participant point copséquennment d'aucune. membre sorte de
loi, elle; pent et doit cependant recevoir comme loi,
Aln
volonté qui, quant à elle, est une volonté toute particulière, lerésnltatde formée cette
à --- Page 141 ---
(9)
à deux mille lieues de so1 sein, émanée sans sa participation Te étrangère et contiadictoire en tout point à la volonté générale qu'elle mCme
s'est créée el qu'elle renferme.
Par l'obligation que vons vous êtes imposée dans votre décret du
8: mars, par la conviction intime et anthentique de votre ignorance sur
10S localités, par la contradiction manifeste, où les principes que vous
avez déjà consacrés vous mettroient avec les principes qui nous sont
et particuliers, vous reconnoissez et vous décrétés que dans la
Tilratmn générale qui vient de se former , St-Domingue n'a pu, ainsi
que l'ont fait toutes les autres parties de l'empire , aliéner la somme
totale de ses droits, de ses priviléges à toute la comununauté ; or, si
la réserve de nOS droits, de nos priviléges a été solennellement et co1stitutionnellement reconnue 2 toute atteinte portée à ces droits est une
nsurpation ; toute volonté qui ordonne ou fait exécuter cet acte 1 une
tyrannie ; et tout peuple sur qui cet acte s'exerce est iun peuple d'esclaves ou de sujets.
Pour exercer légalement quelques fonctions, il faut avoir nécessairement un caractère avoué et légal; or, s'il n'y a pas dans l'assemblée
nationale un seul homme qui soit honoré par le voeu légalement manifesté de la colonie, de quelque mandat; si elle désavoue, et a déjà
hautemnent et formellement désavoué tout mandataire qui auroit pu
obtenir sa confiance dans les premières secousses de la révolution,
dc quel droit, par quel pouvoir, sur quelles raisons enfin, sinon sur
cellés des despotes et des tyrans, peut-on s'appuyer pour nous forcer
à recevoir une loi qu'on nous dit être dictée par la politique et par la
raison, mais qui n'est pour nous qu'une loi de sang, d'anarchie et
d'indignation P
L'esclavage est dans la colonie le pivot de son existence et de sa prospérité ; c'est à ce prix, c'est par Ics travaux des esclaves que. vous connoissez le sucre en Europe, et votre commerce 9 votre marine, votre
empire prédominant tiennent 1le premier rang. De cet état dela nature,
de cette race esclave est née , par la nécessité et le besoin impériéux de
la nature et du plaisir,, une caste nouvelle, dont l'existence 9 les
priétés sont, sous tous les points de vue possibles le fruit de 1emRier
de la bienfaisance et de la générosité des colons. i existe donc dans les
deux extrêmes que forment le noir et le blanc, des nuances 7 des modifications, des progressions, 3 des liens et des devoirs qu'on ne sauroit
tout d'un coup renverser, anéantir et détruire. Si létat civil de liberté
n'accorda jamais par lui-même chez u peuple le droit d'influer sur
l'état politiqne ; si ce droit est, et a été dans tous les empires le fruit
d'une sage et froide réflexion , combinée avec le meilleur mode possible de constitution ; si les dangers d'accorder à des nègres, ou hommes
de couleur libres une liberté, une puissance politique avant que la succession graduelle et progressive du temps ait en quelque sorte effacé la,
S
anéantir et détruire. Si létat civil de liberté
n'accorda jamais par lui-même chez u peuple le droit d'influer sur
l'état politiqne ; si ce droit est, et a été dans tous les empires le fruit
d'une sage et froide réflexion , combinée avec le meilleur mode possible de constitution ; si les dangers d'accorder à des nègres, ou hommes
de couleur libres une liberté, une puissance politique avant que la succession graduelle et progressive du temps ait en quelque sorte effacé la,
S --- Page 142 ---
tache de l'esclavage dont ils sont (10) à peine
tains, incaleulables et attentatoires' à sortis, sont des dangers cerpolitique de la colonie ; si pour sentir l'existence 3 à la sureté du corps
tude, de cette loi si nécessaire, il faut l'empire et la force de cette habites les maxinies de
d'après l'accord universel de touétat pour connoître législation et statuer , être sur les lienx, être membre d'un
bres 3 aux citoyens de cet. état sainement ; sila sur ce qui convient aux meinSt-Domingue doivent
sont un effet nécessaire prospérité, de la 2 la splendeur enfin de
régner dans les
soumnission, de l'ordre
cet ordre, lorsque la classe ateliers, intermédiaire comment supposer cette soumission, qui
extrêmes, abusée par ses folles
qui se trouve entre les deux
impolitieque décret, agira sans prétentions et plus encore par votre
race oùt elle tient par ses
cesse pour pouvoir prédominer sur la
et de l'affection, en sens rapports, parles liens du sang, de l'habitude
tout fait pour la colonie, contraire, et à qui la de la volonté des colons qui ont
partient? Or, comme une telle loin'offre colonie en quelqne manière apdégoàt ct anuiéantissement, il n'est plus plus qu'anarchie, 1 désordre,
que lorsque les la soinme des maux excède la dunion, plus de pacte, parce
pour supporter; lorsque la force
somme des forces nécessaires
contraire une force oppressive et protectrice d'un peuple devient au
sur lesquelles reposent la sainteté meurtrière; lorsque les clauses enfir
alors le pacte, le contrat d'union est du contrat ne sont plus observées, 3
dans ses droits primitifs; et si dans cette rompu, crise chacune des parties rentre
doute violente, il est une des parties qui fasse moyen toujours de
impolitique et
et de savoir pour l'autre son énergie, son courage, la force sa force, de il est sans
de réduire la MOURIR. colonie Tel est l'état oà votre fatal décret se défendre
a fait naître,
: tel est le sentiment déchirant du15 et funeste maivient
présumé de vos etqu'il forces nous et de fait éprouver. C'est en vain que vous qu'il
viendront plutôt
VOS sinistres moyens ; nos
avez deunissent, et que désertes; nous chérissons nous romprons pluiot tous les campagnes liens qui ROLS
enchainerons la soime de nos besoins encore à sans doute malgré nous; nous
que d'adlérer à un décret qui n'est
celle de nos facultés, plutôt
religion, et non l'effet réfléchi des que l'effet d'une rage effrénée de
Nous sentons tous qu'une
maximes d'unc sage constitution.
renferme votre
population de 25 millions
nous connoissons empire, est une masse énorme de
d'individus que
nos droits, notre
puissance; ; mais tous
crets; et tout peuple devient libre, justice, VOS promesses et VOS dévouloir le devenir.
quand il a la force et) le courage de
Avant que cette sinistre nouvelle
bralants d'amour et de fidélité, se nous fut parvenue 3 nos coeurs,
devions pective d'une fédération qu'à votre réjonissoient d'avance sur la persJonie célébrer. Déjà les députés de exemple la et à la même époque nous
s'étoient rendus; ; nous desirions tous majorité de des paroisses de la COnous unir, de prononcer
ir le devenir.
quand il a la force et) le courage de
Avant que cette sinistre nouvelle
bralants d'amour et de fidélité, se nous fut parvenue 3 nos coeurs,
devions pective d'une fédération qu'à votre réjonissoient d'avance sur la persJonie célébrer. Déjà les députés de exemple la et à la même époque nous
s'étoient rendus; ; nous desirions tous majorité de des paroisses de la COnous unir, de prononcer --- Page 143 ---
(11) )
inviolable et jusru'alors cher à tousles Français. Les noires
un scrment
de l'anarclie et de la guerre civile abordent la
furies de la discorde, votre décret; aussitôt au plaisir et à la joie
colonie, promulguent la
le désespoir et lhorrenr ; un sentiment confus et
succèdent rage 3
de la mère
3 l'horreur qu'inspire
pénible détourne nos regards
les patrie coeurs de tous les citoyens;
ce sombre avenir comprime et resserre délibère, et la voix terrible de l'uon s'assemble, on discute,, n'y on aura point de serinent ; chacun voit
nanimité prononce qu'il mais chacun se sent assez de force pour le
l'abime entr'ouvert, constitutionnel est proscrit ; et à sa place Saintinesurer ; le serinent l'autel seul de la colonie, reçoit celui d'un pacte fédératif
Domingue, C'est donc sur cet antel, qu'aninés
la justice de nos
et d'union.
le désespoir > et encore Ht. aigris par votre
droits, qu'agités par
et
en caractères de
quoiingratitude, nous avons juré
rédigé le serinent de nons unir, rPi nous
qu'arrosés encore par nos les pleurs, atteintes des ennemis de notre constitudéfendre contre toutes
et éloigner de nos
tion, d'employer tous nos moyens pour repousser enfin toutes sortes de sacricôtes ce fatal et funeste décret , et faire
le moins
fices,, dAt-il nous en coûter le plus grand et
pénible peutêtre de tous. . . : . la niort.
No 34.
EXTRAIT des registres de PAssemblie provinciale et provisoi- de
administrative de P'Ouest de la partie française
rement
Saint-Doningwe.
Séance du jeudi 7 juillet.
considérant
d'après l'état qui vient d'être fait de
L'ASSENIBLÉE
doit avoir que, la province de l'Ouest, tant par les
la représentation que des dix
que par celles proportionnelles
nominations connues
autres paroisses,
n'ont
encore déque peuvent faire les rquatre des paroisses qui à raison d'in pas sur 150 citerminé leur choix, lc nombre députés, en ce moment dans son
toyensactils, doit's'élever à 37; qu'elle possède des représentants lui
sein 19 députés, et que sur ce rapport la majorité réunit à cette majorité dc reest acquise : considérant en outre qu'elle au noibre de huit, tandis
présentants, celle des paroisses représentées la
ne s'élève qu'à 14, :
le total de celles qui composent dépendance d'insouciance et de
Tmnniears enfin qw'elle s'exposeroit aux reproches le caractère
convient,
tiédeur, si elle ne s'empressoit de prendre
quilui sans relâche au
et de justifier le choix de la province, en travaillant
bonheur et à la tranquillité de ceux qui Phabitent;
et proA arrêté et arrête : qu'elle se constitue assembléc provinciale française de Saintvisoirement administrative de l'Ouest de la partie
6 ij
ent dépendance d'insouciance et de
Tmnniears enfin qw'elle s'exposeroit aux reproches le caractère
convient,
tiédeur, si elle ne s'empressoit de prendre
quilui sans relâche au
et de justifier le choix de la province, en travaillant
bonheur et à la tranquillité de ceux qui Phabitent;
et proA arrêté et arrête : qu'elle se constitue assembléc provinciale française de Saintvisoirement administrative de l'Ouest de la partie
6 ij --- Page 144 ---
(12)
Far Domingue, le peuple. pour exercer à ce titre tous les pouvoirs qui lui sont délégués
300 Que le présent arrêté de constitution sera
exemplaires, qu'il en sera adressé de
imprimé au nombre de
et secrétaires aux assemblées provinciales du collationnés Nord par les président
Lientenant - général au
et du Sud, à M. le
fonctions
à gouvernement, à M. le Commissaire faisant
marguilliers d'intendant, des
toutes les municipalités de la colonie, aux
ments
paroisses et
qui ne renferment
encore ces établissepopulaires, aux conseils
Cap, et qu'il sera en outre inséré dans supérieurs le K Port-an-Prince et du.
de Saint-Domingue.
courrier national et la gazette
Vu conforme au registre, Ce sept juillet
dent; Poncet et Rochefort, secrétaires. 1791. Signé Dumas, présiNo 35.
EXTRAIT des registres des délibératicns de
ciale et provisoirement administrative de PAssemblée provinfrangaise de Saint-Domingue.
POuest de la partie
Séance du 9 juillet 1791 après-midi.
sur HAtemuptrsamedaer le fond, MM. Marie et provisoirement, etjusqu'à ce qu'elleaitstatué
effet, se transporteront chez tous Boyer, les ses commissaires nommés à cet
représenter tous leurs livres et registres rcceveurs et comptables, se feront
et en dresseront procès-verbal, qui demeurera qu'ils paraphèront, arrêteront
les mêmes commissaires se feront rendre déposé aux archives ;
3.5 l'état des caisses, par bordereaux détaillés compte des chaque semaine
penses; que les ofliciers municipaux des autres recettes et des démeurent chargés de l'exécution du présent dans villes leurs et paroisses detifs, et qu'à cet effet l'assemblée leur
ressorts respeccessaires.
délègue tous pouvoirs à ce nén'ait Qu'il été ne visé sera fait aucun payement par lesdits
par MM. Chotard ainé et Binau comptables, que l'ordre
saires nommés à cet effet par l'assemblée. Grandmaison, commisQue le commissaire faisant fonctions
demeurent personnellement
d'intendant, et les comptables
sans cette formalité, et
responsables seront
des sommes qui seront payées
taires au présent arrêté. qu'ils
en outre poursuivis comme réfracQu'il sera notifié au commissaire faisant fonctions
qu'il ait à s'y conformer et en donner l'ordre à
d'intendant, pour
sera égalemént à tous les comptables,
ses subordonnés; qu'ille
aucun prétexte de désobéissance.
pour qu'ils ne puissent opposer
Fait et clos en séance, au Port-au-Prince, lesdits
jour, mois et an
payées
taires au présent arrêté. qu'ils
en outre poursuivis comme réfracQu'il sera notifié au commissaire faisant fonctions
qu'il ait à s'y conformer et en donner l'ordre à
d'intendant, pour
sera égalemént à tous les comptables,
ses subordonnés; qu'ille
aucun prétexte de désobéissance.
pour qu'ils ne puissent opposer
Fait et clos en séance, au Port-au-Prince, lesdits
jour, mois et an --- Page 145 ---
(13)
ai
les président et secrétaires. Signé
que dessus, et ont signé Poncet, registre secrétaire; et Rochefort, secrétaire.
Duunas, président; ;
Collationné conforme, signé Huard jeune, secrétaire garde des archives.
Pour copie conforme à, l'expédition que j'ai entre les mains,
Signé Bizouard Joseph.
No 36.
M. le Président de PAssemblée provinDIScOURS prononcé par. administrative de POuest de la partic
ciale et provisoirement
le 13
SOTZ
française de Saint-Domingwe,
juillatsngi.jourde
installation.
M ESS IE U R S,
ApRès les événements critiques et orageux qui ontsi long-temps agité
la dépendance de l'Onest, il doit être doux et satisfaisant pour tons
les citoyens qui la composent, de voir siéger dans cette ville si
le théâtre du despotisme, un corps dépositaire de la confiance
SEEE
Messieurs, à votre mémoire les malhenrs
Je ne rappellerai point, et dont le détail feroit sans doute l'éloge le
vous avez de épronvés, votre patriotisme, et la honte de vOS persécuteurs;
DE
considérations énergique
plus majeures et plus importantes doivent aujourd'hui
fixer votre attention. même où des nouvelles allarmantes sont venues plonger la
A l'instant
colonie dans la consternation et le deuil 2 vous veniez, Messieurs, du hazard de
déterminer votre constitution, comme si les combinaisons consolation. à côté de
avoient voulu placer le remède à côté du mal, la
la douleur.
les
heureuses semblent se réunir en ce moment
Les présider circonstances à votre installation plus
; déjà se sont rendus de toutes parts
pour
le patriotisme appelle dans le sein de cette ville
ces citoyens que
de la révolution; déjà tous se disposent EHI
célébrer concourir l'époque à la rBnte de la colonie, et jamais cette fête civique
ne pouvoit avoir un objet plus utile, et prendre un caractère plus imposant que dans ce moment où Punion dont on va contracter l'engagement auguste , deviendra le garant de la sureté commune. réunie
salut
A côté du spectacle imposant de la force publique édifice du pourle
de tous, vois d'avance s'élever le majestueux
corps représentant & la colonie, de ce corps qui forme aujourd'hui son unique
espérance; à cet aspect je ne puis m'empécher de fixer un instant mes
regards sur le passé, et de considérer celui que l'erreur et le despo-
union dont on va contracter l'engagement auguste , deviendra le garant de la sureté commune. réunie
salut
A côté du spectacle imposant de la force publique édifice du pourle
de tous, vois d'avance s'élever le majestueux
corps représentant & la colonie, de ce corps qui forme aujourd'hui son unique
espérance; à cet aspect je ne puis m'empécher de fixer un instant mes
regards sur le passé, et de considérer celui que l'erreur et le despo- --- Page 146 ---
(14)
tisme ont dissous sans avoir jamais pu le
2 la
nouvelle assemblée coloniale me paroit détrnire; composition d'une
dive, mais juste, faite aux premiers dépositaires aujourd'hui de une la réparation tarblique, un hommage rendu à leur prévoyance, à leurs confiance pumalheurs dont nous sommes menacés semblent n'accuser lumières; et les
tique, l'ingratitude ct l'aveuglement de ceux qui trop que P'inpolivoulu méconnoître leurs bienfaits.
long-temps ont
C'est du sein de cette même assemblée qui,
le
unanime des paroisses, semble en quelque manière d'après renaître choix presque
cendres ponr devenir une seconde fois l'ange tutélaire de la de SCS
que doivent sortir les délibérations qui nons
colonie,
nous garantir, et peut-êtrede garantir la France découvriront entière les inoyens de
nous ne pouvons encore que mesurer toute l'étendue. d'un péril dont
Quant à nous, Messieurs, quoique renfermés dans un cercle
étroit, nos fonctions n'en sont cependant pas moins
plus
leur objet jusqu'au moment où ce corps représentant, importantes dont
par
planera sur toute la colonie, sera constitué; nons exercerons l'antorité
sorte, sur toute la province de l'Ouest, le ministère
en quelque
revêtu; et nous déterminerous provisoirement les points auguste dontil il est
appartiendra seul de donner une sanction définitive. auxquels lui
Chargés en outre d'exercer les fonctions
vons justifier la confiance du peuple, en plaçant administratives, dans des
nous defruit de Ses contributions, et en appliquant à des
mains puresle
sente T'avantage, des deniers trop long-temps employés objets dont il resoppresseurs.
Astipendier ses
Nous devons d'ailleurs, en exerçant une surveillance active sur
les pouvoirs, leury rappeler qu'ils sont créés pour le plus
tous
du peuple, et non pour leur intérêt particulier; et nous grand assurer avantage
but deleur institution, si
méconnu
que ce
qu'on ne s'en écartera pas long-temps désormais impunément. par eux, sera rempli, ou
Tel est, Messieurs, l'avantage qu'on attend de votre
et
j'ose dire que le zèle etla constance avec lesquels vous constitation, avez
jour suivis VOS travaux, justifie toutes les
jusqu'à ce
fait naitre, et présente pour l'avenirla perspective espérances des
vous les aviez
heureux.
.dutaint
plus
Je ne craindrai
d'ajonter, Messieurs, que le
sentant de cette mne.
la municipalité da Port-an-Prince, preinier corps repréconstitution a précédé fs vôtre, doit être pour vous un noble dont la
d'émulation ; placée dans les circonstances les
objet
embarrassantes, 9 sa sagesse, sa prudence et sa plus modération critiques et les plus
ou appaisé tous les dangers, sans que la paix qui a été le ont fruit ses
trayaux, ait été achetée
LNSS
par aucun sacrifice. Placés,
nos pouvoirs, à un dégré supérienr, puissions-nous, par la nature de
en vertus les membres qui Ia composent, et juistifier comme Messieurs, eux la égaler
fiance de nos concitoyens.
con-
embarrassantes, 9 sa sagesse, sa prudence et sa plus modération critiques et les plus
ou appaisé tous les dangers, sans que la paix qui a été le ont fruit ses
trayaux, ait été achetée
LNSS
par aucun sacrifice. Placés,
nos pouvoirs, à un dégré supérienr, puissions-nous, par la nature de
en vertus les membres qui Ia composent, et juistifier comme Messieurs, eux la égaler
fiance de nos concitoyens.
con- --- Page 147 ---
(15)
sur-tout,
chacun de nous doit
C'est dans CSS moments
Messicurs, des
d'opinions ont
Punion. Si
INestac
sentir le prix de
jusqu'à présent confondues dans l'intérêt
été suanifestées, elles doiventêtre aujourd'lmi
de raison
général; que nos malheurs passés et ceux que nous avons trop
dc craindre, servent au noins a nous éclairer et à nous réunir;
devant le sentiment
s'éclipse
public qui dlur
tout sentiment particulier le voile de l'oubli soit tiré sur tous les événetous nous animer; que vrai
notre salut dépende de notre union,
ments passés ; et s'ii est
que
ceux chercomme
du nom de citoyens, que
qui
ne regardous désormais à indlignes la troubler.
cheroient Félicitons-nons, Messieurs, de sidger dans une ville oit le patriotisme
de si
racines; dans une ville oi il existe des mia déjà jeté
profondes
à la colonie. Normandie,
litaires citoyens, nons d'artillerie, étrangers etvous, jusqu'alors Marins composant la station,
Artois, Corps-Royal moments sont consacrés avec joie à rappeler le souvenir
nos premiers et à consacrer le momment de notre reconnoissance.,
de vos vertus, d'être constamment environnés d'une garde nationale
Fdlicitons-nous démontré sonI
et sa bravoure dans les circonstances les
mt. a périllenses, ct à énergie qui le souvenir de ses succès sera toujours le
garant de la victoire. enfin de
parmi des citoyens qui ont déplové
Félicitons-nons de constance dans le siéger malheur, autant de générosité dans le
antant triomphe, ct dont la conduite peut servir de leçon aux tyrans, ct de
modele aux vrais patriotes.
No 37.
EXTRAIT des registres des délibérations de PAssemblée
administrative de POuest de
provinciale, et provisoirement
la partie française de Saint-Domingwe.
Séance du 15 juillet 1791.
L'assembléc considérant qu'clle est constitnée administrative de la
province de l'Ouest de la partie française de Saint-Domingne, et qu'à
ce titre elle doit exercer toutes les fonctions qui Jui sont déléguées
par les décrets constitutionnels,
dit
dès
Quel'article du décret du 22 décembre,
exf pressément tque que
les assemblées administratives seront en activité, il ne doit y avoir
aucun intermédiaire entre lesditcs assemblées et le pouvoir éxécutif
suprème; les intendants, commissaires départis, et leur subdélégués
demeurent Quc l'article supprimés. du titre III du même décret attribue auxdites assemblées
Fadministration générale et la manutention des finances. d'intendant
L'assemblée a arrêté et arrête qu'elle ne rcconnoit plus
que que
les assemblées administratives seront en activité, il ne doit y avoir
aucun intermédiaire entre lesditcs assemblées et le pouvoir éxécutif
suprème; les intendants, commissaires départis, et leur subdélégués
demeurent Quc l'article supprimés. du titre III du même décret attribue auxdites assemblées
Fadministration générale et la manutention des finances. d'intendant
L'assemblée a arrêté et arrête qu'elle ne rcconnoit plus --- Page 148 ---
dans la province de
(16)
esti investie de tous les l'Onest; pouvoirs et qu'en sa qualité dl'adaninistrative, elle
rale des finances.
nécessaires pourladministration généFait et clos en séance, au Port-au-Prince, lesdits
dessus, et ont signé au registre les
jour, mois et an
Sgnd Dumas, président; Poncet et Rocliefort, président et secrétaires, ainsi
secrétaires.
No 38.
EXTRAIT des registres des délibérations de
provinciale, et provisoirement administrative de PAssemblée
la particfrangaise de
POuest de
Saint-Doningue.
Séance du 27 juillet 1791 au inatin.
rieur L'assemblée du Port-au-Prince considérant que la plupart des mnagistrats du
et des tribunaux
conseil-supé.
sont en partie auteurs des maux incalculables inférieurs de la province,
colonie, et par leur coalition ouvertement
qui ont affligé cette
exécutif, et par le signal de division qu'ils ont professée arboré les avec le pouvoir
Qu'après s'être armés contre les citoyens
premiers.
suivis ct exterminés autant qu'il a été en leur patriotes, ils les ont pourde la loi;
pouvoir avec le glaive
Considérant que les lois ne sont créées par la
que pour l'ordre de la société; que le suprême puissance du
RCPHEh mains des officiers
est
dépôt qu'il en fait dans
peut en avoir en des hommes publics, qui un acte de confiance; et qu'il ne
mais encore ont cherché à l'anéantir non-seulement lui-même; ont méconu ses droits,
de Considérant qu'il est du plus grand intérêt du
ses représentants, d'ôter sans délai ce dépôt sacré peuple des et du devoir
ennemis;
mains de ses
Considérant enfin que des magistrats ennemis déclarés
grande partie des justiciables, et partisans
du de la plus
vent, aux termes même des anciennes
aveugles reste, ne peutemps les fonctions redoutables
ordonnances, exercer plus
- A arrêté et arrête:
de dispensateurs de la
longrieurs eti inférieurs que tous juges et gens du roi des tribunaux justice; supéet dépouillés de leurs deladépendance, de Pouest, sont et demeurent déchns
fonctions ; déclare en
vacantes et impétrables, à compter de ce jour; conséquence sauf à leurs places
préférence dans les nouvelles nominations, ceux d'entr'cux admettre par
point démérité aux yeux de leurs
qui n'ont
Arrête en outre que le concours de concitoyens. quinzaine
toutas
ci-dessus désignées, sera ouvert à
de pour
les places
du présent dans les papiers publics. compter l'insertion qui sera faite
Fait en séance les jour, mois et an que dessus.
au
Dumas,, président; Poncet et Rochefort, secrétaires. Signé registre,
Collationné conforme au registré.
No,
39.
démérité aux yeux de leurs
qui n'ont
Arrête en outre que le concours de concitoyens. quinzaine
toutas
ci-dessus désignées, sera ouvert à
de pour
les places
du présent dans les papiers publics. compter l'insertion qui sera faite
Fait en séance les jour, mois et an que dessus.
au
Dumas,, président; Poncet et Rochefort, secrétaires. Signé registre,
Collationné conforme au registré.
No,
39. --- Page 149 ---
(17)
No 3g.
EXTRAIT des registres des délibérations de PAssemblie proadministrative dc POuest de la
vinciale et provisoirement
partie française de Saint-Domingue.
Séance du vingt-sept juillet 1791 au matin.
Arrêtés concernant les Tribunauz.
L'assemblée a arrêté qu'il sera nommé quatre commissaires pour se
de suite au grefle du conseil, en celui de la sénéchaussée et
transporter à l'effet
les scellés sur toutes les procédures cride l'amirauté, relatives à la révolution, d'apposer et parapher tous les registres au serminelles
vice de ces divers fait tribunaux. des scrutins pour la nomination des commissaires,
Dépouillement résulté
MM. Perrussel, Genti, Funel de Céranon et de
il en est
que
des
Lattre ont réuni la pluralité
suffrages.
de St-Marc, du
Arrête l'assemblée qu'elle,
aux municipalités commissaires
Petit-Goave et de Jacmel , MrSna les
pouvoirs qu'à ses
s
procéder de suite aux inêmes paraphes ct appositions des scellés 3
pour et lui envoyer expédition de leurs procès-verhaux. des divers tribunanx
Arrête en outre qu'elle délègue aux procureurs nécessaires
rendre
anxquels ils sont attachés, tous pouyoirs
pour
la
suivant l'ordre du tablean, et jusqu'a
FReStLSen
visoirement justice
conséquence extraits des délibérations de
des nouveaux juges seroit 3 qu'en notiliés aux chefs supprimés de tous les tribula présente séance
des
des divers tribunaux de
naux de justice et aux doyens
procureurs
la dépendance.
Séance du 27 juillet 2792 apres-midi.
L'assemnblée délibérant sur les dangers incalculables devoir d'interrompre de le mnain- le
cours de la justice 3 et considérant qu'il est de SOIL
tenir de toute son antorité; aux avocats militans au conseil supérieur
A arrêté qu'elle délègne
rendre provisoirenient la justico à la
tous pouvoirs officiers nécessaires pour et
cet effct, l'arrêté pris ce matin,
place des
destitués; qu'à des avocats.
et le présent seront nolifiés au doyen
Scance du 29 juillet 2791 ai matin.
Un des membres a demandé si l'assemblée dans son arrêté d'amirauté. du vingtau matin, avoit entendu comprendre n'avoit les officiers entendu faire aucune
E.uemmte interrogée a répondu qu'elle
exception.
C
irs officiers nécessaires pour et
cet effct, l'arrêté pris ce matin,
place des
destitués; qu'à des avocats.
et le présent seront nolifiés au doyen
Scance du 29 juillet 2791 ai matin.
Un des membres a demandé si l'assemblée dans son arrêté d'amirauté. du vingtau matin, avoit entendu comprendre n'avoit les officiers entendu faire aucune
E.uemmte interrogée a répondu qu'elle
exception.
C --- Page 150 ---
(18)
Séance du 29 juillet après-midi.
dispe L'assemblée itions cnnsidé-ant qu'ilimporte au bonhchr du peuple
des
bu sales ne le retiennent pas plas long-temps sous que un
gime comm judiciaire, mi répigne à l'équité, et que la
rédans le tempe même d'in gouvernement
France n'ajamais
Qne ie conseil supérieur de
oppressif.
l'évidence, t malgré ses vues SDomingue 9 entraîné par la force de
de reconnoitre les vices nombreux antngrohtinntaines, de
n'a pus s'empêcher
mai 1793
la colonie entière a ce régime par son arrêté du 21
l'organe a 2wi légitimes
exprinté son voeu à cet égard,
Nord, dont les droits ne représentants, le 14 mai 1797; que la partie Pai
jouit provisoirement de diffèrent point de ceux de T'Onest et dn Sud,
changements, dus aux arrêtés l'organisation de l'assemblée des anciens tribunaux; qne ces
été canonisés par l'assemblée nationale
provinciale du Nord, ont
grand intérêt, qne dans mn même
elle-même la
; qr'il est du plus
ce seroit concevoir une idée coupable, pays, si justice soit une ; et que
çois eût voulu faire des distinctions eritre des on pensoit colons
le sénat frandroits à sa sollicitude.
qur ont les mêmes
A arrêté et arrête, qite provisoirement,
coloniale ait statué sûr l'organisation des etjusqu'à tribunaux ce l'assemblée
rieur, SOuS le nom de
conseil
aaea
conseil
du
supétres tribunaux de la province exerceront supérieur letirs Port-an-Prince, et les aunière qu'avant les édits et ordonnances du mois fonctions de
del la même maconséquence les amendes sont réduites sur le taux janvier 1787; ; qu'ert
de 1667 que le conseil aura pour membres fixé par l'ordonnance
aux ap pointements de 18000 liv., douze conseillers essentiels un président
de 13550 liv., et un procureur général aux
aux appointements
liv.; que l'assemblée pourra nominer en outre appointements de 18500
voix consultative et faculté d'être nommés
quatre assessenrs 5 avec
tuts du procureur général ; mais quie ces assesseurs rapporteurs, et , et deux substiront ancuns appoiitements.
substituts n'auArrête en outre qu'aucun officier militaire ou
séance à l'avenir comme juge au conseil
d'administration n'aura
tant de nosseigneurs demeure
supérieur ; que le nom insulsupérieur porteront sinplement supprimé; dans ; et les requêtes an conseilArrête
le
le inot de messieurs.
AERNuT
que dernier ressort confié aux tribunaux
vant supprimé, il ne sera plus nommé de conseillers aux inférieurs se trouqui seront comprsécs du même nombre d'officiers
sénéchanssées,
Que tous les tribunaux d'exception, sauf
qu'avant 1787.
rent suppriinés ; et les contestations celui leur de lamiranté, demeuront portées devant fec jnges ordinaires. qui
étoient attribuées seL'assemblée Arrête que les dispositions ci-dessus seront notifiées à
a arrêté et arrête, que le jour fixé pourlinstallation qui de droit.
des
urs se trouqui seront comprsécs du même nombre d'officiers
sénéchanssées,
Que tous les tribunaux d'exception, sauf
qu'avant 1787.
rent suppriinés ; et les contestations celui leur de lamiranté, demeuront portées devant fec jnges ordinaires. qui
étoient attribuées seL'assemblée Arrête que les dispositions ci-dessus seront notifiées à
a arrêté et arrête, que le jour fixé pourlinstallation qui de droit.
des --- Page 151 ---
(19)
de l'assemblée se rendront en la
nouveaus juges, luit commissaires
le siége.
salle d'andience du conseil supérienr, , et y occuperont
les
introduits dans lintérieur du parquct, préterontdevant)
Les juges,
des citoyens, le serment d'être fidèles à
commissaires et en présence et de
avec exactitude etimpartiala nation , àla loi ct au roi,
remplir
lité les fonctions de leurs offices. les commissaires descendus dans le parquet
Après ce serment prèté, Le président des commissaires prononcera un
installeront les la circonstance ; et, parlant ensuite au nom du peudiscours analogue
et à ses
"Fi
ple, prendra pour lui l'engagement de porter au tribunal doit à la loi et juge- à ses
mens, le respect et l'obéissance que tout citoyen
organes.
de l'assemblée installeront dans la même forme
Quatre commissaires
du Port-an-Prince.
la sénéchaussée et l'amirauté conseil
de la commune de St-Marc,
L'assemblée délégue au
de général tous pouvoirs nécessaires
à celui du Petit-Goave et à celui même Jacmel, forme ci-dessus les juges
pour installer en corps et dans la
de
territoire. que
qui seront nommés dans les officiers tribunaux du ininistère leur public seront
Arrête l'assemblée que les les
avant d'être admis à TRELICICS
et prêteront le serment devant juges
feront enregistrerle jour
de leurs fonctions, et que les nouveaux délibérations juges de l'assemblée relamême de leur installation toutes les
tives aux tribunaux.
Séance du 30 juillet 2792 après-midi.
L'assemblée a arrêté que tous les arrêtés pris
elle et relativement dès
seroient réunis et mis en aare :
que
au ponvoir judiciaire, seroit
il seroit rendu public la voie de
cet
fini,
AFA
son travail sur objet
Timpression. clos
les
mois et an que dessus. Signé au reFait et
en séance, jour,
secrétaires.
gistre DUMAS, président ; PONCET et ROCHEYORT, secrétaire, garde des archives.
Collationné conforme, HUARD jeune,
No 40.
des piccss déposces aux archives de PAssemblée
EXTRAIT
provinciale du Nord.
Port-au-Prince, le 4 août 1791.
MESSIEURS ET CHERS CONPATRIOTES;
Visite faite
des cem nissaires par nc us non m 's dans les magasins
ils'est par trouve un déficit de 150. barils e fai e, et environ
des vivres, barils de lard et dc boeuf. Sur Favis dunné auxdits cimissaires
Bà 900
C ij
posces aux archives de PAssemblée
EXTRAIT
provinciale du Nord.
Port-au-Prince, le 4 août 1791.
MESSIEURS ET CHERS CONPATRIOTES;
Visite faite
des cem nissaires par nc us non m 's dans les magasins
ils'est par trouve un déficit de 150. barils e fai e, et environ
des vivres, barils de lard et dc boeuf. Sur Favis dunné auxdits cimissaires
Bà 900
C ij --- Page 152 ---
(20) )
que M. le ci-devant Intendant en avoit la lettre d'avis et la
se sont transportés chez lui, et lui ont fait part de l'avis facture, ils
avoit donné, et lui ont demandé lettre et facture. Il leur a qu'on dit leur les
farines n'étoient pas encore arrivées. Les commissaires en vain que lui ont
exposé qu'ils étoient sûrs que la farine et les salaisons étoient
et que le bruit public étoit que MM. de Blanchelande et le Commissaire arrivées >
ordonnateur avoient fait vendre les farines et les salaisons à l'encari
au Cap.
D'après ces considérations, messieurs et chers
nous
vous prions de vouloir faire faire une visite exacte compatriotes, dans les
des vivres de votre ville, des registres d'entréc et de sortie, magasins vérifier s'il n'est pas entré pour les magasins, des vivres pourle pour Port-auPrince, la quantité de 2000 barils de farine, dont5o0 ont été
et ce que sont devenues les 1500 antres, et les 8 à
de envoyés,
Vous nous rendrez d'autant plus de service, et à la province, 900 salaisons. nous
sommes à la veille d'être sans subsistances
les
que et
cela occasionneroit à nos caisses un déficit de pour plus de troupes, liv. que
voudrez bien, messieurs et chers
150,000 Vous
Agréez d'avance nos sincères
compatriotes, nous en donner avis.
Nous sommes, etc. Signé remercimens. Dumas,
président ; Poncet , secrétaire.
Pour ertrait conforme à l'original, Paquot, secrét. garde des arch.
No 41.
Priusaz-P.ngous RouxEr DE BLANCRELAXDE, représentant du roi à Saint-Domingue.
Aux Nègres en révolte dans la province du Nord.
Le représentant du roi vous demande, au nom de la
même roi
vous aimez, et de lhumanité, de cesser VOS nation, de ce
de rentrer Hincm sur VOS habitations, et d'y reprendre vOS désordres, travaux.
Vous vous êtes rendus bien criminels! Vos maîtres massacrés
mains, leurs terres et leurs bâtimens incendiés, sont des crimes par VOS
Écontez VOS consciences, et vous jugerez que dieu et. les hommnes atroces!
être bien irrités; vous penserez vous méritez surla terre une doivent
punition, en attendant celle que 3 ciel vous
si vous grande
dans vos mauvaises intentions.
prépare,
persistez
résolution Je vous engage donc de vous retirer sur vos habitations, avec la ferme
d'y vivre paisiblement et souis à vOS
vous
clare, en ma qualité de représentant du
maitres; ne
je
déJ'engage les bons
roi, qu'il vous sera rien fait.
fourbes et méchans, nègres, de s'en . qui ont été trompés par leurs camarades
cinparer sur le champ, et me les remettre; ;
dans vos mauvaises intentions.
prépare,
persistez
résolution Je vous engage donc de vous retirer sur vos habitations, avec la ferme
d'y vivre paisiblement et souis à vOS
vous
clare, en ma qualité de représentant du
maitres; ne
je
déJ'engage les bons
roi, qu'il vous sera rien fait.
fourbes et méchans, nègres, de s'en . qui ont été trompés par leurs camarades
cinparer sur le champ, et me les remettre; ; --- Page 153 ---
(21 )
maitres
le mal leur a été fait, les recede rejoindre leurs
qui, malgré et leur feront qui grâce.
vront en pères et en bienfaiteurs,
saint,
vous tiendrai fidèleJe vous jure, 3 sur ce qu'il y a de plus
que si je
avoir entendu
ment la parole de tout ce que je vous promets, vous après vous soumettez
les ordres que le roi vous donne par ma bouche,
y
sur le chaip.
dans votre affreuse révolte, tremblez,
Si vous persistez an contraire vous. Par-tout où les troupes que
malheurenx ! Plus de grice pour de San-Domingo; de la Havane, :
commande et celles qui m'arrivent
etc. ainsi que des nègres et
la Jamaique, de la viennent Nonvelle-Angleterre, d'être armés pour marcher contre vous 3
mulitres libres qui
Ainsi, ou la mort ou votre pardon.
vous extermineront sans pitié.
Choisissez. Je vous donne d'ici à demain au soir pour me répondre. Vous pourrez
m'envoyer des nègres pour venir me parler, à qui je vous aussi promets sacrée qu'il
ne sera rien fait; je vous en donne ma parole, qui est
que
celle du roi. le 23
1791. BJ L A N C HE L A N D E.
Au Cap,
septembre
No 42.
EXTRAIT des archives de la paroisse de la Crwiz-des-Bouguets.
AuJounD'nUr sept septembre mil sept cent quatre-vingt-onze, de
relevée. commissaires du conseil de
de la paroisse de la Croix-desBouquets, Les
qui sont : MM. d'Espinose, guerre 7 de Lepine, Drouillard jeune,
Turbé Lamarre et d'Emanneville,
de Jiumécourt, Rigogne, dudit
avec les députés des citoyens de
assemblés sur la place
LSrves:
couleur actuellement rassemblés andit lieu, qui sont : MM. Bauvais,
Rigaud, Daguin fils, Barthelemy, Joseph Labastille, Deniare sur ainé, les
Pierre Café et Pierre Pellerin, à l'effet de statuer définitivement différens décrets de
demandes des citoyens de couleur des 9 concernant de couleur ont formé
l'assemblée nationale. Les députés et MM. les citoyens Commissaires y ont fait leurs
les demandes qui suivent 3
réponses comme suit :
DEMLANDES des Députés des RÉPONSES des Commissaires de
de couleur.
la paroisse de la Croiz-desCitoyens
Bouquets.
ARTICLE PREMIT ER.
Reconnoissance et adoption de
tous les décrets de l'assemblée naAcconDÉ.
tionale concernant les colonies
françaises, sanctionnés par le roi,
et promulgués jusqu'à ce jour.
MM. les citoyens Commissaires y ont fait leurs
les demandes qui suivent 3
réponses comme suit :
DEMLANDES des Députés des RÉPONSES des Commissaires de
de couleur.
la paroisse de la Croiz-desCitoyens
Bouquets.
ARTICLE PREMIT ER.
Reconnoissance et adoption de
tous les décrets de l'assemblée naAcconDÉ.
tionale concernant les colonies
françaises, sanctionnés par le roi,
et promulgués jusqu'à ce jour. --- Page 154 ---
(22)
II.
Promesse, obligation et accord
de les exécuter ponctuellement et
sans aucune interprétation quelconque 5 et ce en conformité" des
AccORD E.
décisions de l'assemblée nationale
même à cet égard, qui défend d'interpréter.
III
Promesse et protestation francle
et loyale de ne jamais s'opposer
directement ni indirectement à
l'exécution en toute sa forme et
AccOxD E.
teneur d'un décret du 15 mai dernier pour les colonies, que l'on dit
n'être pas encore parvenu officiellement.
I V.
Acconpi. Dans lequel article
nous entendons, de
Commencement et ouverture des tre aux citoyens de justice,admen- couleur la
assemblées primaires, paroissiales culté consultative et
faet coloniale, par tous les citoyens Les quatre articles ci-dessus délibérative.
actifs, anx termes de l'article IV portencrobligation franche et emdes instructions de l'assemblée na- restriction, antant
sans
tionale, du 28 mars de l'année voir de la paroisse, d'exécuter qu'ilest au poudernier.
chement et sans restriction les fran- décrets de l'assemblée nationale concernant les colonies sanctionnés
V.
par le roi, et promulgués officielDe députer à l'assemblée colo- lement jusqu'à ce jour.
niale en raison d'un députépar centaine de citovens actifs; lequel déAcconp x.
puté choisi parmi les hommes de
couleur même, pour icenx et librement élu.
V I.
Protestation del la part de MM. les Acconné. Répondu que c'est dans
Paroissiens blancs et de celle des l'intention d'être constitué
personnes de couleur, tant contre ment et uniformément que légale- la
f'activité des prétendues municipa- roisse n'a
formé de
palités qui se disent ou non provi- lité, et
n'a reconnu municipa- aucune
contre
AURIL
soires, que
l'assemblée illé- assemblée administrative jusqu'à CC
galement administrative, puisque jour.
conné. Répondu que c'est dans
Paroissiens blancs et de celle des l'intention d'être constitué
personnes de couleur, tant contre ment et uniformément que légale- la
f'activité des prétendues municipa- roisse n'a
formé de
palités qui se disent ou non provi- lité, et
n'a reconnu municipa- aucune
contre
AURIL
soires, que
l'assemblée illé- assemblée administrative jusqu'à CC
galement administrative, puisque jour. --- Page 155 ---
(23)
I'inexécntion de tous les décrets,
contre laquelle nous déclarons nos
Accon D
grlefs,n'a mtwimmmetsrmees
tion convenable :le droit du uple
libre n'
etle
être.
PiAIN
l'étantqu'un
V I I.
L'activité et le service des citoyens de couleur, tant ponr la
sureté de tous, que pour celle de
MM.les Blancs, qui partagerontladite activité pour les mêues causes
AccoaD :
et motifs envers les citoyens de couleur s de concert contre l'ennemi
connun ; et de pourvoir aux subsistances des citoyens de couleur,
par MM. les Elancs, 9 pendant tout
le temps de leur service.
V IIL
Réparation de l'honneur et de Ia AcconDÉ, attendu le vifintérêt
fortune des Demare frères, Poisson
prenons à tous les citoyens
frères, veuve Robin et de ses fils
la paroisse.
Tapu
Renaud, et de tous autres qui ont
perdu par le fer et la flammne leurs
propriétés dans l'insurrection des
Blanesde cette paroisse sur le FondsParisien, au mois d'avril de l'année
dernière.
I X.
Autrement, la guerre civile.
La paix.
Convenu qu'il sera délivré une expédition des présentes à chacun des
députés des citoyens de couleur t ci-dessus dénommés, et que le tout
sera déposé dans les archives de ln paroisse de la Croix-des-Bonymets.
Fait et arrêté lesdits jour, inois et an; et ont lesdits Commissaires et
Diputés { signé à l'original) Hanns de Jtunécourt, Labastille,J. Bauvais 9 d'Espinose, B. DrouilRigand, Delepine, Dagnin fils, d'Emanneville,
J. Delard, Turbé Lamarre, ,P. Café, P. Pellerin, Rigogne, Proquau,
mare ainé et B. Medor.
Collationnée par nous, notaire du roi, secrétaire garde des archives octobfe de ladire paroisse, &
délivrée a M. de Jumécourt, capitaine général de la paroisse, ce 11
1791.
P. ETIT D EVILLERS
. DrouilRigand, Delepine, Dagnin fils, d'Emanneville,
J. Delard, Turbé Lamarre, ,P. Café, P. Pellerin, Rigogne, Proquau,
mare ainé et B. Medor.
Collationnée par nous, notaire du roi, secrétaire garde des archives octobfe de ladire paroisse, &
délivrée a M. de Jumécourt, capitaine général de la paroisse, ce 11
1791.
P. ETIT D EVILLERS --- Page 156 ---
(24)
No 43.
CoxCORDAT de MM. les Citoyens blancs du Port-au-Prince
avec MM. les Citoyens de couleur.
L'an mil sept cent quatre-vingt-onze, et le onze du mois de
tembre.
sepLes commissaires de la garde nationale des citoyens blancs du Port-auPrince, d'une part;
Et les commissaires de la garde nationale des citoyens de couleur,
d'autre part, iceux fondés de pouvoirs par arrêté de cej jour, et du neuf
septerabre présent mois.
Assemblés sur la place d'Armes du bourg de la
à
l'effet de délibérer sur les moyens les plus capables Croix-des-Bonquets, d'opérer la réunion
des citoyens de toutes les classes, et d'arrêter les progrès et les suites
d'une insurrection qui menace également toutes les
de la colonie.
L'assemblée ainsi composée s'étant transportée dans parties l'église paroissiale
dudit bourg de la Crois-des-Honquets, pour éviter l'ardeur du soleil, il
a été procédé de suite, des deux côtés, à la nomination d'un président
et d'un secrétaire.
* Lés commissaires de la garde nationale du Port-an-Prince ont nommé
pour leur président M. Gamot, et pour leur secrétaire M.
et les commissaires de la garde nationale des citoyens de couleur Hacquet; ont
nommé pourlenr président M. Pinchinat, et secrétaire M. Daguin fils.
Lesquels présidens et secrétaires ont respectivement accepté lesdites
charges, et ont promis de bien et fidèlement s'en acquitter.
Après quoi il a été dit de la part des citoyens de couleur, que la loi
faite en leur faveur en 1685, avoit été méprisée et violée
d'un préjngé ridicule, et par l'usage abusifet le despotisme parles
de l'ancien
ils
ALROPET
régime; n'ont jamais joui que trés-imparfaitement du bénéfice de cette loi.
Qu'au moment où ils ont vu l'assemblée des représentans de la nation
se former, ils ont pressenti que les principes qui ont dicté la loi constitutionnelle de l'état, entraineroit nécessairement la reconnoissance de
leurs droits qui, poura avoir étélong-temps méconnus, n'en étoient
moins sacrés.
pas
Que cette reconnoissance a été consacrée par les décrets et instructions
des 8 et 28 mars 1792, et par plusieurs autres rendus depuis; mais
ont vu avecla plus vive douleur les citoyens blancs des colonies qu'ils leur
refusoient avec obstination rectmnen de ces décrets pour ce qui les y
concerne, par l'interprétation injuste qu'ils en ont faite.
Qu'outre la privation du bénéfice desdits décrets, lorsqu'ils ont voulu
les réclamer, on les a sacrifiés à l'idole du préjugé, en exerçant contre
eux
28 mars 1792, et par plusieurs autres rendus depuis; mais
ont vu avecla plus vive douleur les citoyens blancs des colonies qu'ils leur
refusoient avec obstination rectmnen de ces décrets pour ce qui les y
concerne, par l'interprétation injuste qu'ils en ont faite.
Qu'outre la privation du bénéfice desdits décrets, lorsqu'ils ont voulu
les réclamer, on les a sacrifiés à l'idole du préjugé, en exerçant contre
eux --- Page 157 ---
(25)
des lois et de l'autorité du gouvernement, an point
enx un abus incroyable leurs foyers.
de les forcer d'abandonnerl
leur existence inalhenreuse, et
Qu'enfin, ne pouvant plus A tous supporter les événemens,
se procnrer l'exerétant résolus del'exposer tiennent de la nature, ct ponr qui sont consacrés par
cice des droits qu'ils
réinis
la
de la
les lois civiles et politiques, ils SC sont
31 sur août dernier, montagn: se
Charbonnière, oi ils ont pris les armes lé
pour
suettre dans le cas d'une juste défense.
Que l'envie d'opérer la réunion de tous les citoyens indistinctement, Commisleur fait accucillir favorablement la dépntation de MM. les
saires blancs de la garde nationale du' Port-an-Prince;, qu'ils voyent blancs
difficile à exprimer, le retourdes citoyens
avec une satisfaction de la raison, de la justice, de P'humanité et de la
aux vrais principes
tout lien de croire Ala sincérité de ce retour,
saine politique; qu'ayant d'esprit et d'intention aux citoyens blancs,
ils se réuiront de coeur,
égalité soit la base et le résaltat de
pourvu que la préciense et sainte ait entr'eux et les citoyens blancs d'autre
toutes opérations. qu'iln'y nécessairement le mérite et la vertu, et
différence que belle qw'entraine Pharmonic ct la concorde cimentent
que la fraternité, la sincérité, les attacher
En conséà jamais les liens doivent lexécution des articles réciproquement. suivans, anxquels les
ils ont
mentionné cn
TNSNS comissaires blancs ont répondu, ainsi qu'il est
la colomne parallèle à celle des demandes.
Demandes des commissaires de Réponse des commissaires de la
lignbrssomobdudeyes garde nationale des citoyens
de couleur.
blancs.
ARTICLE PRENIER
Les citoyens blancs feront cause
commune avec les citoyens de couleur, et omirihamgenttiniakge
forces et de tous leurs moyens à l'exécution littérale de tous les points
et articlesdes décrets etinstructions
ACCEP T É.
de l'assemblée nationale, sanctionnés par le roi, et ce, sans restriction et sans se permettre aucune interprétation, conformémentie-gsi
est prescrit par l'assemblée nationale, qui défend d'interprèter ses
décrets.
d
ens blancs feront cause
commune avec les citoyens de couleur, et omirihamgenttiniakge
forces et de tous leurs moyens à l'exécution littérale de tous les points
et articlesdes décrets etinstructions
ACCEP T É.
de l'assemblée nationale, sanctionnés par le roi, et ce, sans restriction et sans se permettre aucune interprétation, conformémentie-gsi
est prescrit par l'assemblée nationale, qui défend d'interprèter ses
décrets.
d --- Page 158 ---
(26)
I I.
Jes citoyens blancs promnettentet
s'obligentdene jumaiss'opposerdirectentent ni indirectemeat l'exécution du décret du 151 mnai dernier,
qui dit-on n'est pas encore parvenn
ofliciellement danscatted colonic; de
protester même contre toutes protestatinnsetréclamationscomnationscontraires
A CE P T E.
aux dispositions du susdit décret,
ainsi que contre toutes adresses à
l'assemblée nationale, an roi, aux
quatre-vingt-trois départemens et
aux différentes chanbres de commcrce de France, pour obtenir la
réyocation de ce décrct bienfaisant.
III
Ontdemandéles susdits citoyens
de couleur, la convocation prochaine etlotiverturedesassembides
et coloniales, par tous
AccE P T É.
citoyens actifs, aux termes de
INasnee
l'article IV des instructious de l'asscmblée nationale, du 28mars 1799.
I V.
Dedéputer directementàl'assemblée coloniale, et de nommer des
députés choisis parmi les citoyens
AccEP, T É.
de conleur, quiauront, cominecenx
des citovens blancs, voix consultative et délibérative.
V.
Déclarent les susdits citoyens
blancs et de conleur, protester contre toute municipalité provisoire ou
non, 3 de mêmecontre toutes assemA U CE P T T.
blées provinciales ct coloniales: ; lesditesinunicipalivés, assenblées pro- --- Page 159 ---
(27)
vinciales etcoloniales n'étant point
formées surle mode prescrit parles
AcCEPTE
décrets et instructions des 8 ct 28
mars 1790.
V I.
Demandent les citoyens de coitleur qu'il soit reconmu par les citoyens blancs,
leur organisation présente, ilurs opérations récentes et leur prise d'armes, n'ont
eu pour but ct pour motif, queleur
surcté individuclle, l'exécution des
décretsodelasenilice nationale, la
réclamation de leurs droits méconnus et violés, et le desirde parvenir
par CC moyen à la tranquillité plbliqe; qu'en consiquenceils soient
déclarés non inculpables pour les
événemens qui ont résultéde cettc
prise d'armes, et qu'on ne puisse
dans aucun cas exercer contr'eux
ACCEPT E.
collectivementon individuellement
aucune action directe ou indirecte
pour raison de ces mêines événemens; qu'il soit en outre reconnu
que leur prise d'armes tiendra jusqu'au moinent oùt les décretsdel'assemblée nationale seront ponctuellement et formellement cxécutés ;
qu'en conséquence les armes > canons ct munitions de guerre cnlevés pendant les combats qui ont ett
lieu, resteront enl la possion de cenx
qui ont eu lc bonheur d'être vainquenr; que cependant les prisonnicrs (si toutesfois il en est) soient
remis en liberté de part ct d'autre.
V I I.
Demandent lesdits citoyens de
couleur,
conformément à la
loi du 11 Tereer dernier, et pour ACCEPTÉ, en ce qui nous concernc:
nc laisser aucun doute surla sincéd ij
erre cnlevés pendant les combats qui ont ett
lieu, resteront enl la possion de cenx
qui ont eu lc bonheur d'être vainquenr; que cependant les prisonnicrs (si toutesfois il en est) soient
remis en liberté de part ct d'autre.
V I I.
Demandent lesdits citoyens de
couleur,
conformément à la
loi du 11 Tereer dernier, et pour ACCEPTÉ, en ce qui nous concernc:
nc laisser aucun doute surla sincéd ij --- Page 160 ---
(28)
rité de la réunion prête à s'opérer,
toutes proscriptionscessont ctsoient
révoquées dès ce moment; que toutes les personnes proscrites, décrétées, ct contre lesquelles il seroit
intervenn desj jugemens ou condamnations quelconques 3 pour raison
des tronbles survens dans la colonie depuis le commencement de la
révolution, soient de suite rappelés
et mis SOLLS la protection sacrée et
imméiate de tous lcs citoyens;
réparation solemnelle et canilte
tiques soit faite Aleur honneur; qu'il
soit
par des moyens conveaobEeune aux indemnités que nécessite leur exil, leurs proscriptions
ct les dércts décernés contr'eux ;
que toutes confiscations de leurs
biens soient levées, et
restitution leur soit faite de SodeTe les objets
qui leur ont été enlevés, soit en
exécution des jugemens prononcés ACCEPTÉ, en ce qui nous concerne.
contre eux, soit à main armée. Dcmnandant que le présent article soit
strictement et religieusement observépartous les citoyens du ressort
du conseil supérieur de Saint-Domingue, et sur-tout à l'égard dcs
sieurs Poisson, Desmares, les frères
Regnauld 3 et autres coinpris au
même jugement
ceux-ci, tous
les habitans de 1 paroisse de la
Croix-des-Bonquets, de même qu'à
l'égard du sieur Jean Baptiste Lapointe 9 habitant de l'Arcahaye 2
contre lequel il n'est intervenu un
jugement sévère 1 que par une suite
dc persécutions exercées contre les
citoyens de couleur, et
proscrit' par les citoyens de 2a.NE
et delAreahaye,n n'apuse dispenser
d'employer rune juste défense contre
quelqu'un qui voaloit l'assassiner,
Croix-des-Bonquets, de même qu'à
l'égard du sieur Jean Baptiste Lapointe 9 habitant de l'Arcahaye 2
contre lequel il n'est intervenu un
jugement sévère 1 que par une suite
dc persécutions exercées contre les
citoyens de couleur, et
proscrit' par les citoyens de 2a.NE
et delAreahaye,n n'apuse dispenser
d'employer rune juste défense contre
quelqu'un qui voaloit l'assassiner, --- Page 161 ---
(29)
et qui l'assassinoit en en effet; se
réservant les citoyens de couleur,
de faire dans un autre moment ct
envers qui il appartiendra, toutes
protestations ct réclamations relatives aux jugemens prononcés contre les sieurs Ogé, Chavannes, et
autres compris dans lesdits juge- ACCEPTÉ, en ce qui nous concerne,
mens, regarlantdesà présentles sarrêts prononcés contre susdits sieurs,
par le conseil supérieur du Cap.,
commeinfames, dignesd'être voués
àl'exécration contemnporaine eet future, et comme la cause fatale de
tous les malheurs qui affligent la
province du Nord.
VIII
Que le secret des lettres et correspondances soit sacré et inviolable,
ACCEPT L.
conformément aux décrets nationaux.
I X.
Liberté de la
) saufla resACCEP T É.
ponsabilité dans Torcs cas déterminés
par la loi.
X.
Demandent en outre les citoyens
de couleur, qu'en attendant l'exécution ponctuelle et littérale des décrets de l'assemblée nationale, et
jusqu'au moment oii ils pourront SC
retirer dans leurs foyers, Messieurs
ACCEPT L.
les Citoyens blancs de la garde nationale du Port-au-Prince s'obligent
de contribuer à lapprovisionnementdel'armée des citoyens de couleur, pendant tout le temps durera SOI1 activité contre les atnents
communs et du bien public, et de
faciliter la libre circulation des vivres dans les différens quartiers de
la partic de l'Oucst.
ée nationale, et
jusqu'au moment oii ils pourront SC
retirer dans leurs foyers, Messieurs
ACCEPT L.
les Citoyens blancs de la garde nationale du Port-au-Prince s'obligent
de contribuer à lapprovisionnementdel'armée des citoyens de couleur, pendant tout le temps durera SOI1 activité contre les atnents
communs et du bien public, et de
faciliter la libre circulation des vivres dans les différens quartiers de
la partic de l'Oucst. --- Page 162 ---
(30)
X I.
Observent en outre les susdits citoyens de couleur, que la sincérité
dontles citoyens blancs viennentde
leur donner' ne preuve anthentine leur permet pas de garder
Ra silence sur tes craintes dont ils
sont agités; en conséquence, ilsdéclarent qu'ils ne perdront jamais de
vnela recomnoissance de tous droits
et de ceux de leurs frères des autres
quartiers; qpilayegoieatasecleinACCEP P T
coup de peine et de douleur la réunion prête à s'opérer au Port-auPrince et autres lieux de la dépendance, souffrir des difficultés dans
lesautres endroitsdela colonie, atquel cas ils déclarent
rien au
monde ne sauroit les CRARA de
se réunir à ceux des leurs qui, par
unesuite desanciens abusdu régime
colonial, éprouveroient des obstacles à la reconnoissance de Icurs
droits, et par conséquentà) leur félicité.
Après quoi l'assemblée revenue à Ia place d'armes, la matière mise
en délibération, mûrement examinée et discutée, l'assembléc considérant qu'il est d'une nécessité indispensable de mettre en usage tous les
moyens quipeuvent contribuer au bonleur de tous les citoyents,
égaux en droits.
quisont
Que la réunion des citoyens de toutes les classes peut seule ramener
le calme et la tranquillité si nécessaires à la prospérité de cette
qui se trouve avjourd'lui menacéc des plus grands malheurs. colonie,
Quel'exécution ponctuelle et littéralc de tous les articlcs des déerets et
instructions de l'asseinblée nationale sanctionnés par le roi, pent scule
opércr cette rénnion désirable sous.quelque point de vue qn'on
Il a été arrêté, savoir : de la part des citoyens blancs,
l'envisnge.
tous les articles insérés au présent concordat.
qu'ils acceptent
Et de la part des citoyens de couleur, pque, vu l'acceptation de tous les
articles sans restriction insérés au présent concordat, ils se réuniront
et se réunissent en effct de
dl'esprit eti d'intention aux
blancs, pour ramener le calme eett et tranquillité, pour travailler citoyens de concert à l'exécution ponctuelle des décrets de l'assemblée nationale sanc-
.
tous les articles insérés au présent concordat.
qu'ils acceptent
Et de la part des citoyens de couleur, pque, vu l'acceptation de tous les
articles sans restriction insérés au présent concordat, ils se réuniront
et se réunissent en effct de
dl'esprit eti d'intention aux
blancs, pour ramener le calme eett et tranquillité, pour travailler citoyens de concert à l'exécution ponctuelle des décrets de l'assemblée nationale sanc- --- Page 163 ---
(31)
tionnés par le roi, et ponr employer toutes leurs forces et tous leurs
moyens contre l'ennemi MM. comiin. les
blancs ct MM. les Citoyens de
A été arrêté Dar devant étcindre Citoyens 'tonte espèce de haine etdedivision
conleur, entre les que citoyens cC jour de la colonie en général, les citoyens de C uleur du
Port-an-Prince, gni, par mne fausse pusillanimité, ne se sont pasréunis
àlws fières de l'armée, seront compris dans l'annistie générale; que
jamnis arcnn reproche ne leur sera fait de leur conduite, entendânt heureuse
participe ent également aux avantages promet notre
TIr entre toutes les personnes et tous Setlead citoyens indistinctement.
De phis,que protection égale devantétreaccondée: au sexe en général,
les femmes et filles de couleur en jouiront de même que les femmes et
filles blanches, et que mêmes précautions et soins seront pris pour leur
sureté respective.
Arrétéque le présent concordat sera signé par. l'état major dela garde
nationale du Port-an-Prince.
voie
Ila été arrêté gre le présent concordat sera rendu public par la
de l'impression 3 que copies collationnées d'icelui seront envoyées à à
l'asseinblée nationale, au roi, anx
vingt trois départemens,
toutes les chambres de comnerce 3.pea France, à M. le Lieutenantgénéral au gouvernement, et à tous autres qu'il du appartiendra. mois, MM. les
Arrêté que mercredi prochain, quatorze présent l'armée de MM. les
Citoyens blancs du Port-au-Prince se réuniront à
Citoyens de conleur en la paroisse de la Croix-des- Bonquets,
sera
chanté
de cette
sdu matin, un Deum
dansl'église
harotue,adnclheured heureuse
Messieurs des batailCI1 action de giace de notre
réunion; que
de la marine
lons de Normandie et d'Artois, et des Corps d'Artillerie,
des déroyale et marchande, seront invités à s'y faire représenter
Croixde mêine les
RL
putations particnlières, que
citoyens en général
seront
des-I Bouquets, du Mirebalais et antres endroits circonvoisins, le
invités as'y rendre, afin d'unir leurs voeux aux nôtres pour bonkeur
commun. Arrête en outre qJue le présent concordat sera passé en triple minute,
dont la première scra déposée aux archives dela mmnicipalité de fature),
la seconde entre les mains des chefs de l'armée des citoyens couleur,
et la troisième dans les:archives de la garde nationale du Port-au-Prince.
Fait triple entre nous et de bonne foi, les jour, mois et an que
dessus. S7gn#Fournier, Beanvais, Nivard, Arnoux, Demare, Rodrigue,
Dubuisson, Talazac, Lunley, Saljuzan, Ratteau, Medun, Meynardié,
Rigand, Gnieu, Baudamant, Labastille, Prudot, Bellenton, Sollier,
Papalier, Epoigny, Lanzier, Getin, Saint-Dazille, Vidie, Cambre,
Mayeur, Reuche, Faubert, Lafleur, Ribié, J. Coustard, Doyon,
Turin, Massac, Renier, Caffé, Saint-Laurent, Dubois Martin, Conle,
Plaisarce Cozaram, J. Rey, J. Nagonne, P. Rivière, Pingannean, Gouin
Wokkacein, Bautran, Pellerin, le Baron de Montalembert,
ait
Epoigny, Lanzier, Getin, Saint-Dazille, Vidie, Cambre,
Mayeur, Reuche, Faubert, Lafleur, Ribié, J. Coustard, Doyon,
Turin, Massac, Renier, Caffé, Saint-Laurent, Dubois Martin, Conle,
Plaisarce Cozaram, J. Rey, J. Nagonne, P. Rivière, Pingannean, Gouin
Wokkacein, Bautran, Pellerin, le Baron de Montalembert,
ait --- Page 164 ---
(32)
Fief, Massotte, 2 Duvivier, Bruache ,J. B. Perrin, Kerlegand,
Legal, M. Bosno, Forest, J. F. Demare, Manlo, Elie, Laborde Montat,
Boisson, Mesnard, Langoumois, Harley, Osterval,
comte de Lafitte
1o
de Courey, Labastille fils, Couppé, Court, Saignelonge,
Raonl, 3 Perrin , Petion Degance, Fabre, Pinchinnat, Descoussa,
Dagnin fils, secrétaire des citoyens de couleur. Gamot, président;
Hacquet, secrétaire des citoyens blancs.
président;
Discouns de M. Gamot, président des commissaires
représentant les Citoyens blancs du Port-au-Prince > à
MM. les Conmissaires représentant Parmée des Citoyens
de couleur.
M E SSIEURS S,
Nous vous apportons enfin des paroles de paix. Nous ne venons
plus traiteravec vous; nous ne venons plus vous accorderdes demandes,
nO1IS venons,'animés de l'esprit de justice, reconnoitre
ment VOS droits, vons engager à ne plus voir dans les Citoyens authentiqne- blancs
que des amis, des frères, anxquels la patrie en danger vous invite,
vous sollicite de vous réunir pour lui porter un
secours.
Nous acceptons entièrement et sans réserve aucune, prompt le concordat
que vous nous proposez. Des circonstances malheureuses vous connoissez sans doute, nous ont fait hésiter un instant; mais que notre courage a franchi tous les obstacles;, nous avons imnposé silence aux petits
R)
préjugés, an petit esprit de domination.
Que le jour oit le flambeau de la raison nous a éclairé tous, > soit
de à jamais mémorable! qu'il soit un jour d'oubli pour toutes les erreurs, 3
pardon pourt toutes lesinjures, et ne disputons
et dezèle pour le' bien de la chose publique. déornuisquedamont
No 44.
L'AN mil sept cent gmatre-vingt-onze, et le
du
mois de septembre, trois heures de relevée, MM. vingtdeuxième lcs Citoyens de couleur jour
assemblés surl'habitation du sieur Barthelemi Ibar père, sise dans les
hauteurs de Saint-Marc, à l'effet de délibérer sur les moyens les
capables d'opérer la réunion de tous les citoyens de toutes les plus
ct d'arrêter les progrès et les suites d'une insurrection
menace classes,
lement toutes les parties dela colonie.
qui
éga
Sur quoi, la matière mise en délibération, il a été de suite
à la nomination d'un président et d'un secrétaire; le choix de procédé. la
mière cliarge a été déiérée à l'unanimité des voix à M, Savary ARE
résidant
ens les
capables d'opérer la réunion de tous les citoyens de toutes les plus
ct d'arrêter les progrès et les suites d'une insurrection
menace classes,
lement toutes les parties dela colonie.
qui
éga
Sur quoi, la matière mise en délibération, il a été de suite
à la nomination d'un président et d'un secrétaire; le choix de procédé. la
mière cliarge a été déiérée à l'unanimité des voix à M, Savary ARE
résidant --- Page 165 ---
(33)
résidant à St-Marc, et celle de secrétaire i M. J. B. Dubourg : lesqquels
président et secrétaire ont accepté respectivement lesditcs ciia ges, et
ont prôté serment de bien et fidèlement s'en acquitter.
Après quoi il a été arrêté que quatre commnissaires les
se blancs transporte- comroient à Saint-Marc,
fire
à MM. Citoyens du concordat entre
les districts
ladite
et paroisse,
e
posant
i
MM. les Citoyens blancs du Port-an-Prince ayec MM. les Citoyens de
couleur dudit lieu, dont ils demandent l'exécution comme ci-après.
Que la loi faite en leur fiveur en 1685, ayant été méprisée et violée
parles progrès d'un préjugé ridicule et I'nsage abusif, et le despo- trèstisune ministériel de T'ancien régime 3 R n'ont jamais joui que
imparfaitement du bénéfice de cette loi. des
de la nation
Qu'au moment où ils ont vu l'assemblée représentans ont dicté la loi consse former, ils ont pressenti que les principes nécessairement qui la reconnoissance
titutionnelle de l'état, entraineroient été
méconnus, n'en étoient
de leurs droits, qui, pour: avoir long-temps a été consacrée parles décrets
pas moins sacrés: que cette reconnoissance et
plusieurs autres rendus
et instructions des 8 et 28 mars la 1790, vive par douleur que les citoyens
depuis 5 mais qu'ils ont vu avec avec plus obstination, l'exécution dé ces
blancs des colonies leur refusoient,
l'interprétation injuste qu'ils
décrets,
ce qui les Y concerne, par
en ont hour la
du bénéfice desdits décrets lorsqu'ils ont voulu
les Qu'outre réclamer, on privation les a sacrifiés à l'idole du préjugé, en exerçant contre
des lois et de l'autorité du gouvernement, au
eux un de abus les incroyable forcer d'abandonner leurs foyers.
point
leur existence malheureuse, ,
Qu'enfin, résolus ne de pouvant l'exposer plus à supposer tous les événemens pour se procurer
l'exercice et étant des droits qu'ils tiennent de la nature, et qui sont consacrés de
parles lois civiles et politiques, ils sc sont réunis dans les hauteurs
Saint-Marc, oi ils ont pris les armes pour Se mettre dans le cas d'une
juste Qne défense. l'envie d'opérer la réunion de tous les citoyens indistinctement, de
leur fait desirer que leur députation soit accueillie favorablement
MM. les Citoyens blancs de la ville de Saint-Marc et dépendances; lefretour 1 qu'ils civerront avec une satisfaction, difficile à exprimer, de la
de Phutoyens blancs aux vrais principes de la raisoil, lieu justice, ce retour,
manité et de la saine politique; qu'ayant tout
d'espérer citoyens blancs,
de
et d'intention aux
ils se réuniront cour, d'esprit
soit la base ct le résultat de
pourvu que la préciense et n'y sainte ait entr'eux égalité ct les citoyens blancs d'autre
tontes opérations qu'il
nécessairement le' mérite et la vertu,
différence que REREN u'entralnent sincérité, Tharmonie et la çoncorde, cimnentent
et qque la fraternité, la
attacher réciproquemént : en conséqence,
à jamais demandent les liensmidoivent Pesécution des articles suivans :
ils
C
ense et n'y sainte ait entr'eux égalité ct les citoyens blancs d'autre
tontes opérations qu'il
nécessairement le' mérite et la vertu,
différence que REREN u'entralnent sincérité, Tharmonie et la çoncorde, cimnentent
et qque la fraternité, la
attacher réciproquemént : en conséqence,
à jamais demandent les liensmidoivent Pesécution des articles suivans :
ils
C --- Page 166 ---
;7
(34)
AATICIE P R E M I E R.
Les citoyens blancs ferc nt cause commune avec les
conlcur, à
et contribueront de toutes leurs forces et de tcus leurs citoyens de
tions l'exécution de
littérale de tous les points et articles des décrets ct moyens
l'assemblée nationale, sanctionnés par le
et ce instruction et sans se perinettre aucune interprétation, roi, conformément sans restricqui est prescrit par l'assemblée nationale, qui défend
à ce
décrets. Accepté.
d'interprèter ses
II.
Les citoyens blancs promettront et s'obligeront de ne
dernier, poser directement ni indirectement à l'exécution du décret jamais du 15 s'op- mai
colonie; 3ep diton, n'est pas encore parvenu officiellement dans cette
contraires aux protester mêine contre toutes protestations et réclamations
adresses à l'assemblée dispositions nationale, du susdit décret, ainsi que contre toutes
temens
au roi, aux
3 et aux différentes chanbres de cominerce quatre-vingt-trois de
déparobtenir rla révocation de ce décret bienfaisant,
France, pcur
Accepté,
I II.
Demandentl les susdits citoyens de couleur, la convocation
etl'ouverture des assemblées primaires et coloniale
tous prochaine
actifs, aux termes de l'article IV des instructions pour de
les citoyens
nale, du 28 mars 1790. Accepté.
F'assemblée natioI V.
De députer directement i l'assemblée coloniale, et de nommer
députés choisis parmi les citoyens de couleur
des
des citoyens blancs, voix consultative et délibérative. qui anront, comme ceux
Accepté.
V.
Marc Demandent les citoyens de couleur que les citoyens blancs
et dépendances protestent, de concert avec eux, contre de tontes Saintmunicipalités provisoires ou non, de même que contre toutes
provinciales et coloniale; lesdites municipalités, assemblées assemblées
et coloniale, n'étant point formées sur le mode
provinciales
et instructions des 8 et 28 mars 1790. Accepté, prescrit par les décrets
V I
Demandent les citoyens de couleur
soit
blancs que leur organisation présente, qu'il leurs reconnu par les citoyens
eu pour but et pour motif leur sureté opérations récentes n'ont
décrets del'assemblée:
la réclamation individuelle, de leurs l'exécution des
et
ARBLAGE
violés, et le desir de parvenir, par ce moyen, à la droits tranquillité méconnus
prr
28 mars 1790. Accepté, prescrit par les décrets
V I
Demandent les citoyens de couleur
soit
blancs que leur organisation présente, qu'il leurs reconnu par les citoyens
eu pour but et pour motif leur sureté opérations récentes n'ont
décrets del'assemblée:
la réclamation individuelle, de leurs l'exécution des
et
ARBLAGE
violés, et le desir de parvenir, par ce moyen, à la droits tranquillité méconnus
prr --- Page 167 ---
(35)
conséquence, ils soient déclarés non inculpables pour les
bliqne; qu'en
résulter de leur prise d'armes, et qu'on ne
événemens qui ponrroient
contr'eux collectivement ou indivipuisse 7 dans aucun action cas" 9 directe exercer ou indirecte pour raison de ces mêmes
duellement ancune
reconnu
leur
d'aries tiendra
événemens : qu'il soit cn outre
que nationale prise seront poncjusqu'an moment où les décrets de l'assemblée
tuellement et littéralement exécutés. Accepté.
V II.
lesdits
de conlenr,
conformément à Ia loi
Demandent
citoyens ne laisser aucun que doute sur la sincérité
du 11 février dernier, et pour toutes proscriptions cessent et soyent
de la réuuion qu'ils desirent, toutes les personnes proscrites, décrérévoquées dès ce moment; il seroit que intervenu des jugemens ou condamnatées, et contre lesquelles raison des tronbles survenus dans la colonie
tions qmelconques, pour de la révolution, soient de suite rappelées et
depuis 'lc commmencement la
sacrée et immédiate de tous les citoyens; que
mises SOuS solennelle protection et anthentique soit faite àleur honneur, qu'il soit
réparation des mnoyens convenables, aux indemnités que nécessite
pourvn, par leurs
et les décrets décernés contr'eux ;
leur exil, confiscations proscriptions de leurs biens soient levées, et que restitution i2ue
soit toutes faite de tous les objets qui leur ont été enlevés, soit en exécution l'arrêt
des jugemens prononcés contr'eux 7 soit à main contre armée; le sieur que Fritot, en
rendu au conseil supérieur du Port-an-Prince de Saint-Marc, soit déclaré
faveur des huissiers de la sénéchaussée
des décrets et insnul et de nul effet, étant contraire aux dispositions avec demoiselle
tructions des 8 ct 28 mars 179>; et que son nullementTompécher mariage
d'exerCatherine-Anteinette Aigrou, ne pouvoit il pourra exercer, dès le lendecer aucun emploi ; la Ju'en conséquence d'luissier à l'ainiranté de Saint-Marc, dont
main de l'accord, charge
les huissiers de la sénéchaussée de
Na été pourvu par tenus sa majesté; de lui rembourser que
solidairement les frais dudit
ladite Ville, et de seront l'indemniser du non exercice de sa charge, demandant
procès, le présent article soit strictement et religieusement observé par
que tons les citoyens du ressort du conseil supérieur de Saint-Domingue.
à
du désarmement des citoyens de couleur, qui a eu lieu par
Et l'égard
restitution leur soit faite, soit desdites armes ou
ordre du comité, que suivant l'état
présenteront : se réservant les
de leur montant de couleur de faire, dans qu'ils un autre moment et envers qui il
citoyens
toutes protestations et réclainations relatives aux jugeappartiendra, contre les sieursOgé, Chavannes, et autres compris sdans
mens prononcés
les arrêts prononcés contre
lesdits jngemnens, regardant le conseil dès-a-présent supérieur du Cip, comme infames, dignes
Jesdits
contemporain: et future, et comine la cause
d'être voués
aserue
Nord.
SENYV
fatale de tous les malheurs qui affligent la province du
Accepte.
e ij
jugeappartiendra, contre les sieursOgé, Chavannes, et autres compris sdans
mens prononcés
les arrêts prononcés contre
lesdits jngemnens, regardant le conseil dès-a-présent supérieur du Cip, comme infames, dignes
Jesdits
contemporain: et future, et comine la cause
d'être voués
aserue
Nord.
SENYV
fatale de tous les malheurs qui affligent la province du
Accepte.
e ij --- Page 168 ---
(36)
VIIL
Que le secret des lettres et correspondances soit sacré ct
conformément aux décrets nationaux. Accepté.
inviolable,
I X.
La liberté de la presse, s saufla responsabilité dans les cas
par la loi. Accepié.
déterminés
X.
Demandent en outre les citoyens de
cution ponctuelle et littérale dés décrets conlenr, de l'assemblée u'en attendant l'exéjusqu'an moment oi ils pourront SC retirer dans leurs nationale, et
Citoyens blancs dela ville de Saint-Marc et
foyers, MM,les
contribuer à T'approvisionaement de l'armée dépendances des citoyens s'olligeront de
de
pendant tout le temps que durera son activité
couleur
muns et du bien public, et dé ficiliter la libre contre les ennemis coindans les différens quartiers de la partie de l'Ouest. circnlation des vivres
Accepte.
X I.
Observant en outre les susdits citoyens de conleur,
ne
jamais de vue la reconnoissance de' leurs droits et de qu'ils perdront
frères des autres quartiers, qu'ils verroient avec
ceux de leurs
de douleur que la réunion qu'ils demandent souffrit beaucoup des de peine et
*
les autres endroits de la colonie;
diflicultés dans
monde ne sauroit les empêcher de auquel se réunir cas ils à déclarent que rien aut
par une suite des anciens abus du régime colonial, ceux de leurs frères,
TL: obstacles à la reconnoissance de leurs
éprouveroient
leur félicité. Accepté.
droits, et par conséquent à
X I I.
dance Et attendu de la nécessité d'armes et munitions où se trouve la
Saint-Marc, demandent les citoyens de
dépencitoyens blancs nommeront parmi eux deux'
couleur, que les
se transporter au Cap, pour faire demande à commissaires, M. le
à l'effet de
au gouvernement d'armes et munitions
la Liebtenant-général
de cette ville et dépendances. Accepté. pour plus grande sureté'
Fait et clos le présent procès-verbal de demandes
ci-dessus et des autres parts servant de concordat, en douze articles
an que dessus. Signé Savary, président; B.
lesdits jour, mois et
Chanlatte jeune, capitaine général.
Dubourg, secrétaire; et
pour faire demande à commissaires, M. le
à l'effet de
au gouvernement d'armes et munitions
la Liebtenant-général
de cette ville et dépendances. Accepté. pour plus grande sureté'
Fait et clos le présent procès-verbal de demandes
ci-dessus et des autres parts servant de concordat, en douze articles
an que dessus. Signé Savary, président; B.
lesdits jour, mois et
Chanlatte jeune, capitaine général.
Dubourg, secrétaire; et --- Page 169 ---
(37)
No 45.
de PAsssemblée générale de la partie
EXTRAIT des registres
française de Suint-Domingre.
De la séance du 20 S] ptembre 1791 a été extrait ce qui suit:
L'ASSTMIELEE générale de la partie française de Saint-Domingue,
après avoir délibére pendant quatfe scanccs,
A A R R L T L E T A R R ÈT E:
à l'exécution de la loi du 15
Ant. I. Qu'elle ne s'opposera de couleur point libres, lorsqu'elle sera conni
mai, concernant les hommes
olliciellement. Déclare
vonlant donner aux hommes de coulenr libres, nés
Il
que
et qni ne participent pas au bénéfice de
de père et mere non libres,
de la bienveillance
ladite loi du 15 mai, une prenve non équivoque a défendre la cause pabliqne,
qu'ils ont méritée par lenr empressement avec T'approbation de M. le Lientenant
clle se prepose provisoirement et définitivement avec l'approbation de l'asan gonveruement général, la
du roi, d'améliorer leur état, aussitôt
semblée nationale et de sanction ladite loi; intention qu'elle a déjà manifesté
après la promulgation
par ses arrêtés des 5, 6et 14 de ce mois.
dénonce à la nation
III. Déclare en outre l'assemblée à la nation, générale à la qu'elle loi et au roi, les hommes
française, comme traîtres anssitôt
la
du présent arrêté,
de conleur libres qui,
de après Saint-Domingne promulgation en
et
ne voleront pas à la défeuse
dlanger;.
de l'incendie et des assassinats, voudroient
L
tranquilles tifierlenrinaction spectateurs le doute surles intentions del'assemblée générale.
L'assemblée
son président de se retirer par-devers M. le Lienle
RitierE
tenant au gawemntment-Renteal, 1,
lui de communiquer le faire notifier de présent suite
son
et
phentel
arrêté, avoir administratives, approbation, qui demeurent chargées de le notifier
aux assemblées
et civils, et le faire imprimer, lire
aux municipalités, corps populaires
et afficher par-tout on besoin sera. les
mois et an que dessus. Paul
Fait, clos et arrêté en séance, jour, vice-président ; Petit Deschaide Cadusch, président; Poncignon, secrétaires.
peaux, Millet, Lux et ci-dessus, Miailles, et notifié a l'assemblée provinciale du
Nord, J'approuve afin qu'elle l'arrêté ait à lui donner sa pleine et entière exécution.
Donné au Cap, sous le sceau de nos armes et le contre-seing de notre
secrétaire, le 20 septembre 1791. Signé BLANCHELANDE.
Par M. le Lieutenant général, signé DENAIVE.
Conforme à l'expédition déposée aux archives de l'assemblée provinciale. Au Cap en séance, le 21 septembre 1791. Domergue, président;
Poulct, secrétaire.
afin qu'elle l'arrêté ait à lui donner sa pleine et entière exécution.
Donné au Cap, sous le sceau de nos armes et le contre-seing de notre
secrétaire, le 20 septembre 1791. Signé BLANCHELANDE.
Par M. le Lieutenant général, signé DENAIVE.
Conforme à l'expédition déposée aux archives de l'assemblée provinciale. Au Cap en séance, le 21 septembre 1791. Domergue, président;
Poulct, secrétaire. --- Page 170 ---
(38)
No 46.
P RO C L A M A T I O N.
Plailibert-Frarenis Rouxel de Blanchelande,
roi, et commandant général des
représentant du
ligne de la partie française de troupes patriotiques et de
Saint-Domingue.
L'assemblée générale de la partie française de
son arrêté du 20 de ce mois, revêtu de mon Saint-Domingue, par
d'une manière franche etloyale, son intention approbation, de fuire
a les annoncé,
de couleur, nès de père et mère libres, des plus
jonir homines
leur existence politiqne. Pour éclaircirdes doutes injurieux, grands avantages elle dans
festé d'avance, et de la manière la plus
sa
a mani41
loi du 15 mai, dont l'exécution
formelle, sounission à la
me sera parvenue officiellement. n'éprouvera aucun délai, dès qu'elle
Ce décret, qui fixe constisationnallement les droits des hommes
couleurlibres, recevra, d'après les dispositions paternelles de l'assemblée de
générale, en faveur des hommes de couleur, non nés de
et
libres, une extention qui doit vivement exciter leur sensibilité, père mnère
J'aime à croire qne le calme va succéder à des jours
et
le respect pour les décrets de la nation, sanctionnés par d'orage, le
que
préside aux délibérations de l'assemblée générale, en
roi, à qui
des hommes de couleur libres qui, par des raisonnemens imposera ceux
se sont jusqu' présent écartés del'esprit et du texte de ces sophistiques,
les plus récens sont, dans tous les cas, l'explication décrets, de dont
qui les précèdent.
légale ceux
La franchise et la loyauté de ma conduite, ont dû convaincre
blancs et les hommes de couleur, je mets au rang de mes
les
devoirs, et le maintien des droits
civils et
premiers des uns
et des
et
politiques
EdEa
autres, la proscription de toute réclamation arbitraire et
illégale.
Cest pour prévenirtonte résistance criminclle à l'exécution de l'arrêté
du 22 de ce mois, concernant les hommes de couleur libres, 9
voulu faire connoître mes sentimens d'une manière particulière. que j'ai
En conséquence, 2 en vertu des ponvoirs qui me sont confiés
nation et par le roi, j'ordonne à tous les hommes de couleur par la
qui sont actuellement armés et réunis pour soutenir des
libres,
inconstitutionnelles et hors des décrets, de se retirer avec lenrs prétentions
dans leurs paroisses respectives, d'v concourir à la défense de la armes cause
commune, avecle zèle dont leurs frères des provinces du
du
et de partie de l'Ouest leur donnent T'exemple; et
Nord, Sud
la volonté de la nation et du roi, l'obéissance d'observer, doivent, d'après
tous les autres citoyens de la colonie, aux corps qu'ils populaires existans. comme
C'est ainsi qu'ils se montreront dignes des bienfaits du sénat delal France,
ives, d'v concourir à la défense de la armes cause
commune, avecle zèle dont leurs frères des provinces du
du
et de partie de l'Ouest leur donnent T'exemple; et
Nord, Sud
la volonté de la nation et du roi, l'obéissance d'observer, doivent, d'après
tous les autres citoyens de la colonie, aux corps qu'ils populaires existans. comme
C'est ainsi qu'ils se montreront dignes des bienfaits du sénat delal France, --- Page 171 ---
(39) )
l'assemblée
leur prépare, et de la protection de la
de cenx que
générale
des décrets nationaux, et
force armée, que je ne dois diriger qu'au gré
contre leurs infracteurs.
Donné au Cap, sous le sceau de nos armes et le contre-seing de notre
secrétaire, le 26 septembre 1791.
A ND E.
B L A NCHEL
Par M. le Lientenant-ginéral, D E NAIVE.
No 47.
COPIE de la lettre de M. de Blanchelande à M. de Jumécourt,
en date du 2I octobre 1791.
D'après la lettre que vous mn'avez fait T'honneur de m'écrire l'ordre Ie 30
septembre, les dispositions
vous aviez faites pour maintenir entre
et le calie dans la plaine ARrON Cul-de-Sac, et les concordats signés
les paroisses du Port-au-Prince, de la Croix-les-Beuqets, . et des
citoyens de couleur, j'avois espéré que la tranquillité alloit être assurée
dans ce quartier, et je jonissois par avance de cet espoir si consolant,
lorsque votre lettre du 12 de ce mois est venue renouveller mes sollicitules et mes chagrins. est-il
que ma proclamation du 26 septembre
Quoi, Monsieur,
possible assez défavorable pour causer des événeait souffert ttne interprétation
vous
craindre !
vous
mens aussi sinistres que ceux que
paroissez
je
avoue que cette idée i'afflige au-dell de toute expression. de
de
Il n'est pas douteux, Monsieur, que ordre tout attroupement des antorités gens
couleur arinés, sans. réquisitions, sans
le fait seul
soit leur couleur et leurs motifs, est par
Felsm:
quelque nable; et si mon desir de voir régner la paix mn'a fait garder rassemblés le silence à la
sur l'irrégularité de la couduite des citoyens de couleur l'autorité
Croix-des-Bouquets, j'ai cru devoir du inoins employer l'utilité de la
dont
de
Jrour
faire cesser cat-atroupement, des loin effets funestes prévoir
défiance et les
lieu de craindre
parla
publiqne 3 j'avois
jeter dans les esprits, et que jetoit en eflet,
inquiétudes sur-tout dans : pouvoit ville du Port-an Prince, la proximité d'un camnp, resté
état
les conventions signées de part et d'autre ;
en
de guerre malgré
m'a déterininé à rendre ma proclatelle a été la raison puissante qui motif. Et d'après les efforts que jer n'ai
mation ; tel a été mon véritable commande dans cette colonie, pour tâcher
cessé de faire lharinonie depuis que et je concilier les différens partis, on ne peut
d'y rétablir
d'y
d'autres. Anjourd'hui, Monsieur 3
pas raisonnement m'en supposer la
des citoyens de couleur est
vous me faites connoître que présence à Dien ne
je m'y
nécessaire à la sureté de votre quartier,
plaise
ma
ne
plus Sidtre regarder.
oppose : sous ce point de vue, proclamation peut
cette colonie, pour tâcher
cessé de faire lharinonie depuis que et je concilier les différens partis, on ne peut
d'y rétablir
d'y
d'autres. Anjourd'hui, Monsieur 3
pas raisonnement m'en supposer la
des citoyens de couleur est
vous me faites connoître que présence à Dien ne
je m'y
nécessaire à la sureté de votre quartier,
plaise
ma
ne
plus Sidtre regarder.
oppose : sous ce point de vue, proclamation peut --- Page 172 ---
(40 )
Elle ne portoit, cette proclamation, que sur ceux qui pouvoient tronbler
l'ordre public, et dès que les habitans de la plaine réclament eux-mêmes
leurs secours comme nécessaires pour maintenir ce inême ordre, nonseulement j'approuve qu'ils se rendent à une pareille
mêine je l'ordonnerois s'il le falloit.
réquisition, mnais
Je vous ferai cependant, Monsieur, quelques observations à cet
Je ne pense pas qu'il soit nécessaire, pour garler votre
égard. ces
troupes de couleur soient aussi nombreuses qu'on m'assure plaine,
sont. Vons sentez comme moi
le
TaRdE
qu'un rasseniblement de 3000
on plus annonce des défiances, et peut causer des allarmes hommes ne
vent qu'aigrir les esprits et produire les effets les plus qui peu- ne
vous cacherai inêne pas qu'on m'avertit que les citoyens ficheux; de couleur je
des vues hostiles contre le Port-au-Prince. Ah! Monsieur, ne
ont
rien pour les ramener i la saine raison ; je ne leur fais
négligez
croire qu'ils sont incapables de l'entendre : faites leur sentir pas l'injure toute l'hor- de
reur d'un pareil dessein; faites leur voir combien il seroit pernicieux,
quelqu'en fht l'issuc, et pour ceux qu'ils voudroient comnbatire, et
eux-mémes; tout sercit enseveli sans distinction SOUIS les ruines de pour la
colonie, pour la conservation de laquelle nous devons tout sacrifier.
Déjà assez de malheurs la désolent, cette brillante colonie, sans
encore le fléau désastreux d'une guerre civile!
yajouter
Que demandent les citoyens de couleur, connus
autant par leur douceur que par leur courage? L'exécution jusqu'à présent
et prompte des concordats passés dernièrement entr'eux et les porictuelle citoyens
blancs. Je vous ai observé, Monsieur, dans ma lettre du 16
qu'il seroit prématuré, et je crois dangereux, de vouloir exécuter octobre, sur
le champ l'article IV du concordat avec la paroisse de la Croix-desBonquets; 3 je vous en ai donné les raisons, je les crois bonnes. Si
ques corps populaires ne paroissent pas constitués
on quel.
avoir égard aux circonstances infiniment critiques légalement, on la
doit
a formé, et qui m'ont engagé moi-même à les reconnoitre nécessité provisoire- les
ment; outre que, quand je le voudrois, il ne dépend pas de mnoi de les
dissoudre, leur existence n'étant que provisoire ; je ne vois pas
inconvénient il peut y. avoirà ce qwils subsistent encore
quel
en attendant que les lois nationales, concernant
quelqne temps,
de la colonie, me soient parvenues, et j'en verrois l'organication. mille à accélérer générale le
moment de leur séparation. Ce seroit une nouvelle
et elle
pourroit se renouveller dans peu 'si la formation des secousse, nouveaux
décrété. qu'on leur substitueroit ne se trouvoit pas conforme au mode qui aura corps été
les lois Engagez MM. les Citoyens de coulenr à attendre comine moi
qui doivent nous régir tous ; elles ne penvent tarder
et alors leur exécution qui aura lieu tout naturellement et désormais, sans commnotion, remplira les voeux des citoyens de couleur.
Les citoyens de couleur craindroientils que l'on ne vint les
dn Port-an.Princc?, J'ose croire qu'il n'en sera rien ; si quelques attaquer
gtiat
pas conforme au mode qui aura corps été
les lois Engagez MM. les Citoyens de coulenr à attendre comine moi
qui doivent nous régir tous ; elles ne penvent tarder
et alors leur exécution qui aura lieu tout naturellement et désormais, sans commnotion, remplira les voeux des citoyens de couleur.
Les citoyens de couleur craindroientils que l'on ne vint les
dn Port-an.Princc?, J'ose croire qu'il n'en sera rien ; si quelques attaquer
gtiat --- Page 173 ---
(4)
paxticulières étoient pour cette démarche inconsidérée, j'espère qu'elle
h'aura pas Fapprobatipn du grand nombre ; et pour ma part, vous pouvez, Monsienr, les assurer que je viens 3 Str les simples inquiétudes
qui ont été témnoignées à ce sujet, quoique ne les regarde pas coinme
fondées, de défendre au commandant Et roi au Port-au-Prince de
ne se rendre à aucune réquisition
pourroit lui être faite de couleur ponr faire de
marcher les troupes de ligne contre T camp des citoyens la continnation,
la Cxoix-dcs-Botquets, dont j'autorise
cette lettre
mais seulement en nombre jugé PEES.ET par les habitans de la paroisse
pour leur propre sureté.
fais tout ce est en moi pour empéVous voyez., Monsieur, que je
qui beaucoup sur votre
cher que vos maux ne s'agravent; je compte toujours l'animosité des esprits.
prudence et votre modération, pour tempérer
de l'armée
Vous pouvez montrer cette lettre et la précédente aux chefs
des
de couleur; je les exhorte, au nom de la patrie en danger,
à Tadee quelques sacrifices momentannés pour le bien commun ; ct, pour
ne leur laisser aucun. doute sur la pureté de mes sentimens et sur ma
ferme résolution , d'appuyer toutes leurs demandes, lorsqu'elles le roi. seront Je
justes et conformes aux décrets nationaux, de sanctionnés la
par j'ai faite
vous pric de leur communiquer la copie
réponse
leur frères du Mirebalais, et
joins
je
Ter
dernièrement à
que
J'ai l'honneur d'être, &c.
BL A N C H E L A N D E.
No 48.
TRAITÉ de paix entre les Citoyens blancs et les Citoyens de
couleur, des quatorze paroisses de la province de POuest, de
lapartiefraniçaise de Saint-Doningwe.
L'an mil sept cent quatre-vingt-onze, , et le mercredi dix-nenvième
jourda mois d'octobre, a nenfheures du inatin, les commissaires depaix de
des citoyens blancs et des citoyens de couleur des différentes paroisses
la province de l'Ouest , se sont réunis sur l'habitation Gourean, les dépendante de la paroisse du Port-an-Prince, 2 pour faire, entre citoyens
blancs et les citoyens de couleur de ladite province de l'Ouest, un traité
solide et inébranlable.
ont
séance, et ceux des citoyens blancs
Les commissaires acclamation, présens pour pris leur président 3 à l'effet d'ouvrir
ont l'assemblée nommé et Pti. proclamer le résultat des scrutins, M. Lercmboure
père, et pour scrutateursMM. Tiby et Dufour. Ils ont vérification procédé ensuiteà faite des
la nomination d'un président et d'un secrétaire ; étoit nommé
scrutins 1, il en est résulté que M. Caradeux aîné,
prési- à la
dent, à la pluralité de quinze voix ; et M. Dufour secrétaire,
pluralité de treize voix; et ce, pour toute la durée de l'assemblée.
f
mboure
père, et pour scrutateursMM. Tiby et Dufour. Ils ont vérification procédé ensuiteà faite des
la nomination d'un président et d'un secrétaire ; étoit nommé
scrutins 1, il en est résulté que M. Caradeux aîné,
prési- à la
dent, à la pluralité de quinze voix ; et M. Dufour secrétaire,
pluralité de treize voix; et ce, pour toute la durée de l'assemblée.
f --- Page 174 ---
(42)
Les commissaires de: citoyens de couleur ont nommé
pour leur président, M. Pinchinnt; pour leur secrétaire, paracclamation, M.
non seulement pour l'ouverture de lassemblée, mais
Dabourg,
sa durée,
encore pour toute
Lesquels présidens, secrétaires et scrutateurs ci-dessus
/ accepté lesdites charges, et ont en présence de
nommés, ont
le serment de se bien et fidèlement comporter en l'assemblées, icelles.
prêté
Ensuite il a été procédé à la vérification des pouvoirs des
saires , ainsi qu'il snit :
commisIl a été fait remise Str le bureau, par les commissaires des
blancs et de couleur desdites paroisses, dix-huit arrêtés, d'oà citoyens il
résulté, après lecture et vérification faites d'iceux,
a éte nommé est
commissaires des citoyens blancs, avec ponvoirs illimités; qu'il
MM. d'Arnant et Dufau pour la paroisse du Grand - savoir:
un arrêté de ladite paroisse du 16 du présent mois. Goave, par
MM. Caradeux atné, Vincendon Dntour, Catherinot,
Leremboure père, Boyer, Dufour et Guieu, pourla paroisse Canfranc, du Portau-Prince, octobre par ladite paroisse assemblée en quatre sections le 17
MM. présent nois, ainsi qu'il résulte du procès-verbal dudit
Grasset aîné et Drouii, pour la
de
jour.
arrêté de ladite paroisse du 16 octobre présent paroisse mois. Saint-Marc, par
MM. Tiby ainé et de Lagroix, pour la paroisse de
l'arrêté de ladite paroisse di 16 octobre présent inois. Léogane, par
MM. Leydier et Beaudouls, pour la paroisse du
l'arrêté de ladite paroisse du 16 octobre présent mnois. Mirebalais, par
l'arrêté MM. Raboteau et Pongandin, pour la paroisse des Gonaïves,
de ladite paroisse du 16 octobre présent mois.
par
l'arrêté MM. Piver et Avril, pour la paroisse de la Petite -
de ladite paroisse du 16 octobre présent mois. Rivière, par
MM. Lathoison, Desvarreux et Hamon de
de la Crois-des-Bouquets, par l'arrêté de ladite Vaujoyenx, paroisse pourla du paroisse octobre
présent inois.
Etqu'il a été nommé commissaires avec pouvoirs limités; savoir:
l'arrêté MM, de Dupalisainé ladite et Feneyrol, , pour la paroisse du Petit - Goave, par
paroisse du 16 octobre présent mois.
MM. Tavet et Ragon, , pour la paroisse de. Jacmel, parl l'arrêté del ladite
paroisse du 17 octobre présent mois.
MM. Allenet et d'Oleyres, pour la paroisse de l'Arcahaye,
de ladite paroisse du 16 octobre présent mois.
parl'arrêté
Etdela part des citoyens de couleur avec pouvoirs illimités:
MM. Pinchinat, Borno ainé, Etienne Saljuzan, Alexandre Petit Bois
etJean-Baptiste Nivard, pourla paroisse du Mirebalais.
Sterlein MM.Lapointe, Chanlatte fils, Barbancourt, Hugville, Juste Drouillard,
Créplanie et Leblane, pour la paroisse de l'Arcahaye.
paroisse du 16 octobre présent mois.
parl'arrêté
Etdela part des citoyens de couleur avec pouvoirs illimités:
MM. Pinchinat, Borno ainé, Etienne Saljuzan, Alexandre Petit Bois
etJean-Baptiste Nivard, pourla paroisse du Mirebalais.
Sterlein MM.Lapointe, Chanlatte fils, Barbancourt, Hugville, Juste Drouillard,
Créplanie et Leblane, pour la paroisse de l'Arcahaye. --- Page 175 ---
(43)
MM.Deslandes et Lazare Perodin,pourla) paroisse de la Petite-Rividre
del'Artibonite.
Jean Jolly fils, Ciprien Jolly et Charles
MM. Jean-Baptiste Paul,
Lepinaud, pouria parvissedes Veret ttes.
Ducla, JeanMM.Jean Savary, Jean - Daptiste Dubourg, Angustin de Saint-Marc. 1
Baptiste Pinson fils et François Perisse, pourla paroisse Pellerin, Marcl Borno,
MM. Beauvais, Rigaud, Iamhen,Dayguates, Pétion, Lillavois, Barthelemy
Charles Olivier, Poisson ainé, Degand, etdela Croiseles-Bouqnets,
Medor,ponrles paroisses du Port-an-Prince de l'armée campée actuellement au
composeient le çorps primitif
ELe Tous dela 1 sdits Croix-des-Bongiets, arrêtés fnits andit cainp de la Croix -des - Bouquets, par
les citoyeus de chinemedesdites paroisses, le 18 octobre Pierre présent Coquillo, mois.
Et NM. Laquinte de Clavin, , Lonis de Clavin, des
de couleur
pour la paroisse des Gonaives, par l'arrêté
citoyens
de ladite paroisse 9 du 16 octobre présent résulte mois.
ya onze paroisses
De la sesdite vérification des powvoirs,il fournissent qu'il le nombre de
dont les citoyens blancs sont représentés; et qui
de couleur
vingt-hnit commissaires; et qilyen a luit dontles trente-un citoyens commissaires;
sont représentés, et qui foupiwatienenirede) l'autre
la
absolne , tant des
ce qui donne de l'une et de
commissaires part majorité doivent fournir
paroisses de la province 3 que des
qu'elles
collectivement, Tousl lesquels commissaires ont étéprésens, à l'exception de M. Boyer, comcomnissaire de la paroisse du Port-an-Prince, et de M. Ragon,
missaire de la paroisse de Jacmel.
trois
avoient donné
Un des commissaires ayant observéque, blancs paroisses mais que la majorité
des pouvoirs limités à leurs commissaires
,
ne comptant
desdits commisabresn'en étoit pas moins acquise puisqu'en resteroit
pas ceux qui n'ont que des pouvoirs limités, du a nombre en de trente-quatre toujours
vingt-deux; ce qui fait la grande majorité
que toutes les paroisses devoient fournir. et
discutée 2 il a été arrêté
La matière mise c1l délibération marement à il n'a été donné que des
à l'unanimité que lesdits commissaires, qui avec ceux qui en ont
ponvoirs limités, délibéreroient conjointement un nouvel arrêté de leur paroisse,
d'illimités, saufà faireapprouver par ponvoirs.
les articles du traité qui excsteroientleurs comnissaires des citoyens de couleur, que
Après quoi ila dernier étéditparles ils avoient fait un concordat avec les citoyens
le 11 septémbre
,
blancs du Port-an-Prince. oùt ils croyoient toncher au terme de leur malheur, les
Qu'an inoment
de cette colonie,n'ayoient
ennemis dn bien public, le flambeau jaloux delaprospérité de la discorde et de la guerre civile.
cessé de secouer
fidèles à leurs
pleins de
Qued depuis le 1 1 septembre-dlemier,
tout principes, à craindre d'une
zèle pour Ja conservation dcs propriétés, ayant
Jij
blancs du Port-an-Prince. oùt ils croyoient toncher au terme de leur malheur, les
Qu'an inoment
de cette colonie,n'ayoient
ennemis dn bien public, le flambeau jaloux delaprospérité de la discorde et de la guerre civile.
cessé de secouer
fidèles à leurs
pleins de
Qued depuis le 1 1 septembre-dlemier,
tout principes, à craindre d'une
zèle pour Ja conservation dcs propriétés, ayant
Jij --- Page 176 ---
(44)
insurrection de la
générale,
du spectacle affreux de quelques habitans
plaine qui avoient At à être assassinés au milieu
sous lénrs yenx, les citoyens de couleur s'étoient adressés de à leur la camp ville du et
Port-au-Prince, de
afin , pour en obtenir des canons, des fusils et des munitions
leur guerre, en
d'opposer aux ennemis communs , des forces capables de
de leur demande imposer ; que sans avoir égard à la justice et à la
on leur avoit refusé avec
toute légitinité
secours,
obstination
espèce de
Qne l'assemblée provinciale du Port-au-Prince,
principes
avoit
persistant dans ses
qui, après inconstitationnels, avoir instruit M. le Général envoyé au le Cap des commissaires,
couleur, en avoient obtenu une
sur compte des citoyens de
les articles du concordat du 11 proclamation contraire à presque tous
contre le voeu mêine des propriétaires septembre de la dernier; nne de proclamation. qui,
la dissolution d'une armée, qui,
province T'Ouest, ordonne
des moyens d'empêcher les insurrections jusqu'anjourd'hui de toute ne s'est occupée
est reconmue nécessaire et doit être
espèce, dont
FrRenOE
du concordatduir
maintenue conformément à l'art. IV
subite, dequelque manière sepenibrederieradunearmbecnin. qu'elle futopérée,
dontla dispersion
la ruine des provinces de l'Ouest ct du Sud. entralneroitinfailliblement
Que la prétendue municipalité du Port-au-Prince
privée et sans consulter le voeu des citoyens de couleur, avoit, deson autorité
seroit fait un serment fédératif, auquel seroient
seulement arrêté qu'il
citoyens de couleur de la paroisse da Port-au-Prince; appelés
les
cet arrêté commne un
qui leur étoit tendu par la ; qu'ayant regardé
lité
piége
susdite
,. pour faire reconnoître aux citoyens de couleur son municipaillégale, Ces derniers avoient répondu à l'invitation
existence
faite par MM. Leremboure
Taxis de
qui leur avoit été
une lettre où les raisons de père, leur refus se trouvoient Blaireau et Malahar,
avoient fait en ontre, à cette occasion, > des adresses détaillées;
TANAE
de Blic, de Grimouard, et à MM. les Capitaines à MM. des vaisseaux Desaulnois,
commerce.
du
Que ce fut alors qu'arriya la proclamation de M. le
partagés entre le desir d'obéir à cette proclamation, et Général; la crainte que
voir s'effectuer les dangers qui menaçoient les restes chancelans
de
colonie les citoyens de couleuravoient requis une assemblée des de cette
de la plaine du Cul-de-Sac
habitans
intérêts avec l'obéissance 3 qui, cherchant à concilier leurs propres
qui est die au représentant du roi, s'étoient
sireoNimmedi citoyens
de concert à obtenir de M. le Géneral duPort-au-Prince, la
pour travailler
proclamation ; qu'en
les 3 suspension de l'effet de sa
conséquence 3 habitans dn Cul-de-Sac
envoyés leur zèle an Port-an-Prince des députés qui faillirent être les avoient
et de leur
victimes de
adressées aux citoyens patriotisme; du
; qu'à la réception des différentes lettres
Port-au-Prince 3 ils s'étoient aussitôt assemblés
à obtenir de M. le Géneral duPort-au-Prince, la
pour travailler
proclamation ; qu'en
les 3 suspension de l'effet de sa
conséquence 3 habitans dn Cul-de-Sac
envoyés leur zèle an Port-an-Prince des députés qui faillirent être les avoient
et de leur
victimes de
adressées aux citoyens patriotisme; du
; qu'à la réception des différentes lettres
Port-au-Prince 3 ils s'étoient aussitôt assemblés --- Page 177 ---
(45)
déclaré nul un concordat solennel et marqué du sceau d'une
et avoient
cérémonie religiense. le concordat du Il septembre dernier, les citoyens de
couleur Qnie depnis avoient esstyé des refus huilians de la
des citoyens du
vouloient leur imposer la ti'3 de s'adresser aux
Port-an-Prince, qai
obtcnirleurs
fermes dans leurs
corps populaires pour en
démandes; que du
des
principes 1e 7 et ne voulant en aucune façon de dépendre lenrs besoins caprice
hommes, ils avoient mieux aimé se priver inconstitionnels, physiqnes, contre
que de s'adresser pour les obtenir à des corps
Villégalité desquels ils avoient déjà des protesté. lettres incendiaires, des libelles,
Qie tous ces refus, différens etlesl avis, bruits dindependancequ couroient,
l'arrivéedes vaisseaux anglais,
l'alarme et le désespoir parmi les
avoient depuis long-temips répandu a fallu toute la
et la fermeté
citoyens de couleur, au point qu'il
prudence dernièrement
des chefs pour contenir l'impétnosité de leur arnée; lettre
Caradeux,
de
faites
ester
encore. après les propositions paix nationale parla du Port-au-Prince, en date
cominandant général de dans la garde
oit tout devoit concourir à faire
du 12 du courant, et
un temps
du
cesser les malheurs qui afgflient cette colonie, e les mal-intentionnés d'effervescence
Port-au-Prince s'étoient portés à des excès incroyables
des
de couleur,
se
un
contre
détachement de l'arnée
citoyens avoit été chercher qui,
reposant sur la foi des promesses et des traités, les bonnes intentions
des vivres au Port-an-Prince, en sorte que malgré
avoir
et les efforts des yertueux citoyens, ce détachement, après de reveniran échappé
à la fareur de ceux quile ponisuivoient, a été obligé
caunp
sans apporter les vivres qui avoient été promis.
attachement
Quensenmoinslededr. ardent d'une réunion sincère,leur
de leur
aux intérêts de la mère-patrie et a leurs concitoyens, l'aspect des
patrie prête à être réduite en cendre, leur font accueillir avec
transports d'allégresse les propositions de paix qui leur ont été faites
M. Caradeux, commandant général de la garde nationale du Portpar
parvenirà une réunion géinérale dans la provinee
au-Prince de l'Onest, ; dber onti pour invité toutes les paroisses de sac adépendance à concourir
au traité de paix qui doit avoir lieu anjonrdl'lut. des
de couleur, consiEn conséquence, 1 les commissaires citoyens bases essentielles d'une
dérant que la confiance et la justice sont les
les
du
paix solide et inébranlable voulant corroborer mêine dispositions. à leur
concordat du 11 septembre dernier, et pouvoir en
temps les
sureté individnelle, ont fait les demandes suivantes 9. auxquelles mentionné
commissaires des citoyens blancs ont répondu, ainsi qwil est
en la colonne parrallele à celle des démandes.
les commissaires citoyens bases essentielles d'une
dérant que la confiance et la justice sont les
les
du
paix solide et inébranlable voulant corroborer mêine dispositions. à leur
concordat du 11 septembre dernier, et pouvoir en
temps les
sureté individnelle, ont fait les demandes suivantes 9. auxquelles mentionné
commissaires des citoyens blancs ont répondu, ainsi qwil est
en la colonne parrallele à celle des démandes. --- Page 178 ---
(46)
DEMANDES des Commissaires RÉPONSES des Commissaires
des Citoyens de couleur.
des Citoyens blancs.
ARTICLE PREMI I ER.
Lc concordat du 11 septembre
dernier entre les citoyens biancs de
la garde nationale du'Port-an-PrinCC et la garde nationale descitoyens
de coulenr, campés au bonrg de la
Croix-des-Bompièts, sera reconnu
légal et conformeala constitution;
A C CP T E.
en conséquence, les articles
V
sontinsérés,serontexécutés aaRet
leur forme et tenenr, avec les changemens, amendemens et angmentalions qui pourront être faits parle
présent traité de paix.
I I.
L'arrêté de la paroisse du Portan-Prince, en datedn 11 du présent
mois, portant cassation dudit conACCEPT E.
cordat du 11 septembre dernier. 2
scra déclaré mul etde nul effet.
I 1 I I.
Il sera reconnu que la proclamation de M. le Général, en date du
26 septembre dernier, a étés surprise
à sa religion, qu'il a étémalinstruit
des raisons 3 événemens et circonstances quiy ont donnélien,qw'elle
estabsolumentcontraireauxarticles
1, 3,4,5,6,10. etiduconcordat
A C CE P T É.
du 11 septembre dernier; en conséquence, l'exécution de cette proclamation sera suspendue, et les
citoyens blancs de la province de
l'Ouest > s'obligeront d'employer
tous les moyens qui sont en leur
pouvoir, pour cn obtenir la révocation.
raisons 3 événemens et circonstances quiy ont donnélien,qw'elle
estabsolumentcontraireauxarticles
1, 3,4,5,6,10. etiduconcordat
A C CE P T É.
du 11 septembre dernier; en conséquence, l'exécution de cette proclamation sera suspendue, et les
citoyens blancs de la province de
l'Ouest > s'obligeront d'employer
tous les moyens qui sont en leur
pouvoir, pour cn obtenir la révocation. --- Page 179 ---
(47)
I V.
L'article premier du concordat
du 11 septembre dernier, sera exécuté selon sa forme et teneur; et
les citoyens blancs et de couleur
s'entendront pourréclamer, auprès
A C E P T É.
du représentant du roi, l'exécution
littérale de tousles points et articles
des décrets et instructions de l'assemblée nationale, sanctionnéspar
le roi.
V.
Pour parvenir à l'exécution de
l'article Vdn concordat du 11 septembre dernier, l'illégalité des municipalités, assemblées étant provinciales bien recon- ACCEPTÉ comme il sera dit dans
et coloniale,
déjà
nues;, tous les actes déjà émanés, les trois articles ci-après.
ou qui émaneront de ces corps inconstitutionnels 7 seront déclarés
nuls, et leurdissolution seraopérée
comme ilsera ditdans les trois articles suivans.
V I.
Pour éviter le désordre et l'anar- Convenu en ces termes :
chie, il sera substitué à chaque inu- Les municipalités existantessubnicipalité de la province de l'Ouest, sisteront Tronietuement,ànee) ce
un bureau de police, , qui, provisoi- qu'elles aient été remplacées
rement et en attendant les nonveaux d'antres, à la formation
eulieg
plans d'organisation de l'assemblée tous les citoyens actifs indistincte-
-atpond-poerisodbstins, exercera inent serontappelés, en vertud'une
les fonctions attribuées aux munici- proclamation que M. le Général dans
palités;lequel bureau de police sera sera invité de faire à cet effet
composé de'membres choisis parmi le délai d'un mois; et les citoyens
les citoyens blancs et de çonleur. de couleur auront néanmois, dès à
présent, la faculté de se faire représenteraux nunicipalités existantes,
ainsi qu'aux autres établissemens
en tiennentlien, en les suborTLnmair à la nouvelle assemblée
- proclamation que M. le Général dans
palités;lequel bureau de police sera sera invité de faire à cet effet
composé de'membres choisis parmi le délai d'un mois; et les citoyens
les citoyens blancs et de çonleur. de couleur auront néanmois, dès à
présent, la faculté de se faire représenteraux nunicipalités existantes,
ainsi qu'aux autres établissemens
en tiennentlien, en les suborTLnmair à la nouvelle assemblée --- Page 180 ---
(48 )
coloniale, ou aux nouveaux plans
d'organisation que nous attendons
delzsemhiéeritiponale ; etles actes
desdites municipalités ou des corps
qui en tiennent lieu, valideront
jusqu'à l'époque oùt ils seront remplacés par d'autres, à la réserve
néanmoins des actes qui auroient
portéatteinte auxdroits de citoyens
de couleur, lesquels dès à présent
sont déclaré nuls et de nul éffet.
VII.
I Les assemblées provinciales et ACCEPTÉ en ces termes :
des
ahainbstratives,a@antveh,N@antpsintdue Les paroisses ont envoyé
nécessité urgente et indispensable, députés à
provincialeet
PNe
O1 attendra
leur formation provisoirement administrative de
l'arrivée umalne des nouveaux l'Ouest, les retireront sans délai,
plans d'organisation susdits, bien néanmoins tous les actes de ladite
entenduqueles dispositions du pré asseinblée, subsisteront existent provisoire- actuellcsent article et du précédent, n'au- ment; tels qu'ils
ront leur effet , qu'autant qu'une mentdans chague lieu, en attendant
nouvelleassemitide. coloniale 2 léga- les nouveaux plans d'organisation
le, constitutionnelle et représenta- qui doivent être envoyés par l'as- la
tivede toutes les classes des citoyens semblée nationale, ou jusqu'à la
actifs, ne pourroit, en se renfermant décision que
à cet égard à Ja
dans les bornes des pouvoirs lui nouvelle
coloniale,
NIE
dé- réserve néanmoins des actes qui ausont ou seront
par
E
délégués déferminerlemode roient porté atteinte aux droits des
cretsnationanx,
convient aux citoyens de couleur; lesquels sont
d'organisation, qui et assemblées dès à présent déclarés nulsetde nul
susdites nunicipalités
effet.
provinciale et administratives.
VIII
Les citoyens blancs de toutes les ACCEPTÉ, avec la condition
les actes de ladite assemblée
at
paroisses de l'Ouest, rappelleront colo- sisteront provisoirement et seront
leurs députés à T'assemblée
soumis en définitifàl la décision de
niale; révoqueront leurs pouvoirs, l'assemblée nationale, à la réserve
etsupplieront? M. le Général d'opé- de ceux anroient porté atteinte
rerla dissolution de cette assemblée,
qui des
de couleur;
si mieux elle n'aime prononcer sa aux droits sont dès citoyens à présent déclarés
dissolution.
lesquels nuls et de nul effet.
IX.
putés à T'assemblée
soumis en définitifàl la décision de
niale; révoqueront leurs pouvoirs, l'assemblée nationale, à la réserve
etsupplieront? M. le Général d'opé- de ceux anroient porté atteinte
rerla dissolution de cette assemblée,
qui des
de couleur;
si mieux elle n'aime prononcer sa aux droits sont dès citoyens à présent déclarés
dissolution.
lesquels nuls et de nul effet.
IX. --- Page 181 ---
(19)
I X.
M. le Général scra prié par MM.
N
lesCommissaireshlancset.de-cleur
réunisdes quatorze paroisses de la
proxinedelOaesty de Riredansm
mnois, à compter de ce jour, 3 me
prociamation, portant convocation
des assemblées paroissiales auxquelles seront appelds tous les ciACCEP T 1.
tovens actifs indistinctement, aux
termes de l'article IV des instructions dn 28 mars 1792, a à l'effet de
nonmer des dépntés à la nonvelle
assemblée coloniale; lesqutels seront
invités SC rendre El Léogane pour
ydéerminerlelin.ie, plus favorable
jlux séances de laditeassemnblée.
X.
Les citoyens de couleur se réuniront avec les citoyens blancs, pour
former les assemnblées paroissigles,
A CCEPT Y.
et seroit comne les citoyens blancs
électeurs et éligibles.
X I.
L'inesécution des articles principauxdn concordat du 11 sepiembre
dernier, ayantdlonné lieu à desé évdnemens qui peuvent être reganlés
comme des hostilitésde part cetd'nnAccE P T f.
tre; les dispositions de l'article VI
daditconcoralat, serontsuivies pour
les événemens postérieurs comme
pour ceux antérieurs audit Co11cordat.
XII
Les citoyens de couleur, voulant
donner à l'article VII du concordat
& --- Page 182 ---
(50)
du 11 septembre dernier, la juste
et bienfaisante extention dontile est
susceptible, demandent quela mdmnoiredes malhenreuses victimes de
la passion et du préjngé, soit rélabilitée 3 qur'il soit pourvn par la
colonie aux indemnités et aux pensions dôes à leurs veuves ct : leurs
enfanssque tons procès criminels,
antérieursila révolntion intentés
contre les citoyens de couleur pour
raisonsdes rixes entr'eux ct lescitoyens blancs, de même que tous
jngemens on le préjngélaurottem.
porté sur la justice squi cst die à
ACCEE P T E.
tous les citoyens de l'empire soient
revisés.
Qnoique la province de l'Ouest
se trouvé seule représentée au présent traité, lcs citoyens de couleur,
desirant que le présent article comprenne tons les quartiers de la COlonie en général; et considérant en
outre que l'exécution d'une réclamation si juste, peut seule éteindre tout sujet de haines et de divisions entre les citoyens, tous les
citoyens de cette province sC réuniront pour lc faire accepter et exéÇuter par-tout où besoin sera.
X I I I.
Les articles VIII et IX du concordat du 11 septembre dernier,
seront exécutés selon leur forme et
AccarT É.
teneur.
X I V.
Les qualifications, telles que le
nomne,Negre libre,Muldtre libre,
Quarteron libre, Citoyens de couleur, et antres de ce genre, seront
alaveniraévérement défendues;ct
ens, tous les
citoyens de cette province sC réuniront pour lc faire accepter et exéÇuter par-tout où besoin sera.
X I I I.
Les articles VIII et IX du concordat du 11 septembre dernier,
seront exécutés selon leur forme et
AccarT É.
teneur.
X I V.
Les qualifications, telles que le
nomne,Negre libre,Muldtre libre,
Quarteron libre, Citoyens de couleur, et antres de ce genre, seront
alaveniraévérement défendues;ct --- Page 183 ---
(51)
on nc sC servira désormais, pour
tous les citoyens de la colonie,
AcCE D T E.
des qualifications usitécs pour qes
blancs.
X V.
Les citoyens de couleur sentant plus que jamais la nécessité
de l'article XI du concordat du 11
ACCEP T L.
septembre dernier, ledit article sera
exécutd selon 8a forme et teneur.
XVI.
Pour parvenir à l'exécution de
l'article Xdn concordat du 11 septembre dernicr 7 d'une manière
juste ctuniforme, la province entière de l'Ouest pourvoira aux beACCEP T i.
soins de l'armée des citoyens de
couleur par-tout où elle sera campée
et pendant tout lc temps de son activité, ainsi qu'il est dit dans les
articles VIet X du susiditconcordat.
X V I I.
Les préposés à l'administration,
les municipalités et autres corps
prétendns administratifs, rendront
comptodefempletderdetiesqogle
ACCEF T É.
ont tiré des caisses publiques et des
trésors, depuis le commencement
des troubles de la colonie.
XV I I I.
Ponranililerbontsajed del haines
etdedivisions, pour éteindrele esouvenirdes injusticesqui ont été COILmises envers les citoyeus de couAc CE P T i.
leur, il sera fait dans les quatorze
paroisses de la province de T'Ouest,
2111 service solennel en mémoire de
gij --- Page 184 ---
(6a)
cenx, qui, depuis le commencement des troubles ont été sacrifiés
à la passion et au préjugé.
X I X.
Aussitôt quele présentraitéaurr
été signé, une députation de la
garde nationale du Port-au-Prince,
des régimensdel Normandieet d'Artois, due corps royal d'Artillerie,du
corps de la Marine royale, ainsi
qu'ine députation de la Marine
mnarchande, serontinvités à se rendre sans armes sur l'habitation Damiens, pour opérer une réconciliation parfaite avec les citoyens de
couleur, qui se rendront au mêine
lieu sans armes et cn nombre égal;
cette réunion, pourêtre plus solennclle, se fera en présence des commissaires de
tant des citoyens
blancs, que TaL citoyens de coulcur
représentantla province del l'Oucst,
et de deux membres de la municiA C CE P T P.
palité quiseront députés à cet effet;
après cette cérémonie, chacun se
retirera chez soi; le lendemain il
sera chantédans l'église paroissiale
di Port-au-Prince un Te Deum; un
détachement de 1500 hommes de
l'armée des citoyens de couleur, se
rendra an Port-au.Prince pour y assister; il entrera tambour battânt,
drapeaux déployés , et sera reçut
avec les honneurs que méritent des
citoyens inviolablement fideles kla
Nation, à la Loi et an Roi, et
n'ont pris les armes pour Eadet
cesser les troubles, auraa depuis
temps déchirent leur MTpaiest
patrie; il se rendra avec les autres
citoyens à l'église paroissiale de la
villepourla cérémonie duleDeum,
il entrera tambour battânt,
drapeaux déployés , et sera reçut
avec les honneurs que méritent des
citoyens inviolablement fideles kla
Nation, à la Loi et an Roi, et
n'ont pris les armes pour Eadet
cesser les troubles, auraa depuis
temps déchirent leur MTpaiest
patrie; il se rendra avec les autres
citoyens à l'église paroissiale de la
villepourla cérémonie duleDeum, --- Page 185 ---
(53)
sera chanté en action de grices
ae l'heureuse réunion entre tous les
citoyens indistinctement; ce détachement partagera dès le jour
même, le service de ia garde nationale, jusqu'à ce que le régiment do
gardes nationales soldées, dont il
sera fait mention ci-après 3 soit
formé.
X X.
Il sera formé, avec l'agrément
de M. le Général, un régiment de
nationales soldées de deux
Eembat de 500 hommes par bataillon ; ce régiment sera composé éliront
de citoyens de couleur,
leurs chefs,
Re
eux-mémes
de présen- M. le
AccrpTi;
teront à la nomination
Général, et seront destinés à la défense de la province de l'Ouest 5
alors ceux des citoyens de couleur
mentionnés dans l'article précédent, qui n'entreront point dans
ledit corps, cesseront d'être à la
charge de la province de l'Ouest.
X x I.
Le serment félératifdécrété par
l'assemblée nationale, qui n'a
la
e
avoir lieu sans participation
tous les citoyens, sera fait incessamment; et 'les qnatorze paroisses
ACCEP T $.
de la province de l'Ouest seront
priées d'y participer, ainsi que les
autres paroisses de cette colonie, si
les circonstances permettent de les
Y appeler.
X X I I.
M. le Général sera invitéà revenir au Port-an-Prince 3 qui est le
AccEP T 3.
siége du gouvernement, ou à s'y
Maire représenter par qui de droit, --- Page 186 ---
(54)
XXI I I.
M. le Général sera en outre prié
de donner son approbation à tous
les articles du coucordat du 11 septembredernier, ainsi qu'à tous ceux
du présent traité de paix, et d'en
maintenir l'exécution ; M. le Commandant pourle roi, l'état major
ACCEP T E.
des bataillons de Normandie et
d'Artois, celui dela Mariner royale,
etMM.les Capitaines des vaisscanx
du commerce * seront également
priés de donner leur adhésion aux
susdits concordat et traité de paix.
X X I V.
Le présent traité de paix ayant
pour but d'établir, d'une manière
uniforme Ja reconnoissance et
l'exercice des droits des citoyens de
couleur dans toute la province de
l'Ouest, le concordat du 11 septembre dernier aura sa plaine et
entière exécution pour toutes les
lispositions d'icelui, auxquelles il
n'est pas dérogé par les articles du
A C C 1 E r T E
présent traité,
dans tous les
cas, servira de i et de commentaire pour l'exécntion dudit concordat; bien entendu que toutes les
paroisses de la province de l'Onest,
se conformeront aux dispositions
da présent article et de tous ceux
insérés dans les susdits concordat
et traité de paix.
X X V.
Pour ne laisser aucun doute sur
la pureté des sentimensqui animent
A C C E P T E.
les citoyens de coulenr, ils jurent Nous faisons le mêmc serment.
avec les citoyens blancs de sontenir
de toutes lcurs forces la nouyelle
entendu que toutes les
paroisses de la province de l'Onest,
se conformeront aux dispositions
da présent article et de tous ceux
insérés dans les susdits concordat
et traité de paix.
X X V.
Pour ne laisser aucun doute sur
la pureté des sentimensqui animent
A C C E P T E.
les citoyens de coulenr, ils jurent Nous faisons le mêmc serment.
avec les citoyens blancs de sontenir
de toutes lcurs forces la nouyelle --- Page 187 ---
(55)
et de verser la dercmetutbafi nière goutte leur sang pours'opposer au retour de l'ancien régime.
X X V I.
Les citoyens de couleur ne vottlant s'écarter C11 aucune mnanière
de la marche prescrite par l'asseinblée nationale pour l'exécution de
ses décrets, demandent que le concordat di 11 septembre dernier ct
ACCEP T É.
le présent traitéde paix soient SOILmis à son approbation, déclarant
s'en rapporter absolument à sa décision sur les articles insérés dans
ces deux actes.
des
de couleur,
Lecture faite des déclarations et demandes
citoyens
les commissaires des citoyens blancs se sout retirés pour délibérer à part
sur icelle, à laquelle délibération ils ont employé le reste de la séance
jusqu'à dix heures du soir.
remise
Alors tous les commissaires se sont retirés, et la séance a été
au lendemain, jeudi 20 du présent mois, sept heures du matin, pour
être tenue sur Phabitation Damiens.
Les commissaires se sont réunis lesdits jour et heures indliqués sur
ladite habitation Damiens, et les comnissaires des citoyens blancs ont
continué à délibérerà partjusqu'à 3 heures après-midi pour rédigerleurs
observations.
Alors s'étant rassemblés dans un même lieu avec les commissaires des
citoyens de couleur, ils ont remis leurs observations sur le bureau.
Lecture ayant été faite desdites observations, la discussion a été outverte et contiunée jusru'a 11 heures du soir, et la séance a été remise
au lendemain vendredi 7 heures du matin, pour avoir lieu surla mêie
habitation.
Auxdits jour et heure indiqués, lesdits commnissaires se sont réunis
sur ladite habitation.
A l'ouverture de la séance s'est présenté M. Picard, comme commissaire de la paroisse du Port-an-Prince, suppléant M. Boyer, en vertu
du dépouillement des scrutins de l'assemblée de ladite paroisse.
La discussion de la veille a été continuée jusqu'à 6 heures du soir,
et les observations et réponses des comunissaires des citoyens blancs ont
été rédigées et acceptées par les commissaires des citoyens de couleur,
et écrites en marge des demandes de ces derniers.
Lecture ayant été faite de nouveau, tant des déclarations et demandes
des citoyens de couleur, que des observations des commissaires des
er, en vertu
du dépouillement des scrutins de l'assemblée de ladite paroisse.
La discussion de la veille a été continuée jusqu'à 6 heures du soir,
et les observations et réponses des comunissaires des citoyens blancs ont
été rédigées et acceptées par les commissaires des citoyens de couleur,
et écrites en marge des demandes de ces derniers.
Lecture ayant été faite de nouveau, tant des déclarations et demandes
des citoyens de couleur, que des observations des commissaires des --- Page 188 ---
(56)
citoyens blancs mises en marge d'icelles; etle tont ayant été
examiné et discuté comme ila été dit ci-dessus, il a été reconnu mirement les
dires de MM. les Commissaires des citoyens de couleur contiennent que
vérité, que leurs demandes sont justes, que leurs précautions n'ont
pour but que la sureté publique et individuelle, et ne tendent
ôter aux ennemis du bien public tous moyens de troubler la
et qu'à la
tranquillité dont cette colonie est privée depuis long-temps, et paix dont elle
a grand besoin de jonir désormais.
En conséquence, il a étéarrêté de la part de MM. les Commissaires
des citoyens blancs, que tous les articles ci-dessus et des autres
sont et demeurent arrêtés ainsi, et de la manière qn'ils ont a cceptés parts en
marge de chacun desdits articles, et qu'ils seront paraplés des
ct secrétaires au bas de l'acceptation.
présidens
Et de la part de MM. les Commissaires des citoyens de
il
été déclaré qu'ils agréent l'acceptation et les réponses mises couleur, en
a
de chacun des articles insérés au présent traité de paix, et consentent marge
par amour pour la paix et la tranquillité, à ce que lesdits articles tels
qu'ils ont été acceptés, soient exécutés selon leur forme et
qu'a ce qu'il en ait été autrement décidé par les décrets de teneur, l'assemblée jusnationale, sanctionnés par le roi, et sans que pour raison de ce consentement, on puisse leur reprocher de s'être écartés de l'esprit des décrets
nationaux; que vu la confiance dont MM. les Citoyens blancs viennent
de leur donner des
anthentiques, ils ne s'occuperont désormais
des moyens de Reapr pronver leur inviolable attachement à leurs
Sidendes et àleur bonhenr; que pleins d'admiration pour ce noble retour
aux principes, qui seuls peuvent opérer la prospérité de tous les
et dans l'impossibilité de trouver des expressions qui puissent rendre Colons, les
sentimens qu'ils éprouvent dans ce fortuné moment, ils jurent de faire
cause commune avec les citoyens blancs, de verser la dernière goutte
de leur sang pour la défense de leurs personnes et de leurs
ct de travailler de concert à l'exécution ponctnelle et littérale propriétés, de tous
les décrets etinstructions de Tasembléenstionale, sancHionéparleroi.
Il est convenu en outre, qu'ils sera fait quatre minutes du
traité de paix; savoir: une pour être envoyée à l'assemblée nationale, présent
une ponr les citoyens blancs des quatorze paroisses; laquelle sera déposée
au greffe de la municipalité du Port-an-Prince, une pour l'arinée des
citoyens de couleur, et une pour M. le Général; lesquelles seront toutes
signées par chacun des susdlits commissaires, et que copie collationnée
dudit traité de paix, sera envoyde à chacune des quatorze paroisses de
la province de l'Ouest.
Arrêté en outre, que tant le concordat du 11 septembre dernier,
le présent traité de paix, seront imprimés à la suite l'un de l'autre que au
nombre de trois mille exemplaires.
Fait sur l'habitation Damiens, en quadruple, cejourd'hui vingt-un
octobre mil sept cent quatro-vingtonze.
Le
a
, et que copie collationnée
dudit traité de paix, sera envoyde à chacune des quatorze paroisses de
la province de l'Ouest.
Arrêté en outre, que tant le concordat du 11 septembre dernier,
le présent traité de paix, seront imprimés à la suite l'un de l'autre que au
nombre de trois mille exemplaires.
Fait sur l'habitation Damiens, en quadruple, cejourd'hui vingt-un
octobre mil sept cent quatro-vingtonze.
Le
a --- Page 189 ---
(57)
Le présent traité de paix ayant été présenté a la signature, les commissaires des citoyens blancs de la paroisse du Port-au-Prince, ont
observé queles articles XIX ct XXIII concernoient plusieurs corps; que
les citoyens n'avoient pas le droit d'obliger à leur exécution, et ils Ont
demandé a faire lecture desdits articles auxdits corps avant de signer :
SuT quoi il a été arrêté qu'il scroit remis anx commissaires des citoyens
blancs de ladite paroisse, une copie des demandes et des réponses cidessus, laquelle leur a été renise signée des commissaires des citoyens
blancs des autres paroisses : en conséquence, la signature du présent
traité a été renvoyée après le retour desdits commissaires.
Et le dimanche, 23 di même mois, à7 heures du matin, les commissaires des citoyens blencs étant de retour sur l'habitation Damiens, et
tous les autres commissaires y étant réunis, ils ont tous signéle présent
e11 quadruple minutes. D'Oleyres, Leydier, Beandoulx, Jean Dronin,
Grasset, Hugville jeune, J. J. Rabotéau, Pongandin, Sterlein cadet,
Savary ainé, A. Rigaud, Ciprien Jolly, Lazare Perodin, Marc Borno,
Alexandre Petit-lois, Petion, P Pellerin, B. Nivard, B. Medor, ,
Doyon ainé, J. Borno ainé, Caradeux, chev. Lepinard, A. Ducla,
Deslandes, J. B. Paul, E. J. Gnien, Barbancour, Piver, Laquinte de
Clavin, Poisson, J. Jolly fils, P. Michel le Blanc, F. Perisse, Cottin,
Louis de Clavin, Juste Dronillard, Dupalis, Feneyrol , Damaud,
Dutand, Saljuzan, Charles Olivier , Tiby ainé, P. Coquillo, J. B.
Lapointe Beanvais, Avril, Dufour, Hamon de Vaujoyenx, J. L.
Allenet, Cannfrancg,, Chanlatte fils, Leremboure père, Piccard, Pinson
fils, G. Catherinot, Vincendon Dutour, Delacroix, Lathoison Desvarreux, P. Pinchinat, Dubourg et Tavet.
roatves
L'AN mil sept cent quatre-vingt-onze, et le dimanche vinge-troisième
jour du mois d'octobre, en exécution de l'article XIX du traité de
fait entre les commnissaires blancs et les commissaires des citoyens
rts
couleur de la province de l'Ouest, les dix-neuf, vingt et vingt-un du
présent mois, et signé ce jour; les députations de la garde nationale de
la paroisse du Port-au-Prince, des bataillons de Normandie et d'Artois,
du corps royal d'Artillerie, du corps de la Marine royale de l'équipage
du Borée, du corps de la Marine marchande, et tul nombre égal de
citoyens de l'armée campée att bourg de la Croix-des-Honqmets, se sont
rendus au Pont-de-Valiere, et ensuite sur Thabitation Damiens; et lecture ayant été faitepar M. le Maire de la municipalitédn Port-an-Prince,
en présenée de M. Cléry, substitut du procureur-syndic dela municipalité, et de tous les commissaires du susdit traité de paix en entier à
haute et intelligible voix; lesdits citoyens blancs et de couleur se sont
donnés réciproquement les témoignages les plus authentiques de réconciliation; et après avoir prêté le serment civique, ils ont tous juré de
k
ayant été faitepar M. le Maire de la municipalitédn Port-an-Prince,
en présenée de M. Cléry, substitut du procureur-syndic dela municipalité, et de tous les commissaires du susdit traité de paix en entier à
haute et intelligible voix; lesdits citoyens blancs et de couleur se sont
donnés réciproquement les témoignages les plus authentiques de réconciliation; et après avoir prêté le serment civique, ils ont tous juré de
k --- Page 190 ---
a
(58)
maintenir ledit traité dans tout son contenu et de
ennemis du bien public quiconque refuseroit de
regarder comme
les Fait sur Thabitation Damiens, les jour, mois et l'exécuter. an
susdits comnissaires signé : d'Oleyres,
que dessus, et ont
page précédente.
Leydier, etc. ainsi qu'àla
DiscouRs prononcé par M. le Maire du Port-au-Prince,
à la suite de la lecture du Traité de Paix.
M E S-S I E U R S,
Qu'il est beau ce jour où nous pouvons dire avec vérité
sommes tous frères et amis!
que nous
Qu'il est beau ce jour où deux classes de citoyens divisés
mêlent et se confondent pour n'en faire à l'avenir
jusqu'ici, se
Qu'il est beau enfin ce jour où une réconciliation qu'une entière, seule!
loyale, rapprochant tous les coeurs, éteint tout
franche,
ne laisse plus voir devant nous
des
souvenir du passé, et
passés dans les douceurs de la confiance que et jours de l'amitié! tranquilles et heureux
Nous sommes donc de ce jour frères et amis; nous scellons en
moment Ia paix et la réconciliation.
ce
fendre Jurons tous, promettons-nous tous de nous soutenir et de nous désureté mutuellement, d'être tous les protecteurs du bon ordre et de la
sons d'autres publique. ennemis Unissons-nous les pour la cause commune, et ne connoiset de traiter comme que ennemisdu bien public. Jurons de regarder
treviendroient au présent perturbatenrs traité. (Ici du repos toute
tous Ceux conle
députation a
nous
Erap
jurons).
TAET
il Citoyens n'existe de couleur, mes amis, vous perdez ici cette
plus de distinction, plus de différence. Nous dénomination; n'aurons à
l'avenir, tous ensemble, qu'une même qualification, celle de
Que la sincérité préside à un contrat aussi solennel et aussi citoyen.
que les expressions de la bouche ne soient point démenties
lcs sacré;
timens de coeur. Promettons-nous tous amitié, franchise, par senque les témoignages que nous nous donnons ici soient le loyanté; et
paix et d'une union durable à jamais. (Toute la
gage d'une
nous le jurons).
députation a dit,
Et vous braves militaires de Normandic et d'Artois, du corps
d'Artillerie, de la Marine royale et marchande, de
royal
seau le Borée; vous tous enfin qui êtes ici présent, l'équipage notre du vaisfaçtion et mêlez vos élans aux nôtres.
partagez
satis-
nous donnons ici soient le loyanté; et
paix et d'une union durable à jamais. (Toute la
gage d'une
nous le jurons).
députation a dit,
Et vous braves militaires de Normandic et d'Artois, du corps
d'Artillerie, de la Marine royale et marchande, de
royal
seau le Borée; vous tous enfin qui êtes ici présent, l'équipage notre du vaisfaçtion et mêlez vos élans aux nôtres.
partagez
satis- --- Page 191 ---
(59)
C'est à vous que nois sommes redevables de notre état; c'est vous qui
dans tous les teinps nouts avez secourus, , soutenns. Vous savez à la à
montrer que VOTS êtes de braves militaires, comme vous savez paix
repaR
montrer que vous êtes de bons citoyens. Recevez ici tous noS sentimens
d'amitié et de reconnoissaitce, à notre bonheur qu'une chose, c'est de le rendre
durable; Il ne manque c'est d'écarter plus loin de nous tout ce qui peut troubler l'ordre
et la paix; c'est de ramenerla confiance, la tranquillité, la sureté
loi soit observée;
ceux
soient
oil;
blique. Que la
que
qui soit commandent bien rempli, finissons un
voilà notre vocux à tons; et, pour qu'il et disons tous : Je
d'être
acte anssi solennel
un serment sacré,
jure
fidèle a la Nation, M la Loi et au Roi, et de contribuer de tout mon
pouvoir à la tranquillité publique. (Nous le jurons).
No 49.
COPIE de la lettre de MM. les Commissaires des Paroisses
de la province de POuest, à M. le Général, eil date du 24
octobre 1791.
MONSIEUR LE GÉNERAL,
Nous avons l'honneur de vous adresser une des quatre minutes originales du traité fait le 21 de ce mnois, entre les citoyens blancs et les
citoyens de couleur des quatorze paroisses de l'Ouest, en exécution des
articles III, VI, IX et XXIII dudit traité, nous vous invitons, M. le
Général, dle revêtir de votre approbation, et à retirer votre proclamnation du 26 septembre dernier, 3 ainsi qu'à en faire une nouvélle, dans dans
le délai d'un mois, tendante à convoquerles assemblées primaires inchaque paroisse, dans lesquelles assemblées, tous lcs citoyens actifs
distinctement seront électeurs et éligibles, pour y former des municipalités, et pour nommer des députés à une nonvelle assemblée détermniner colonialc; le lieu
lesquels seront invités à se rendre à Léogane,
y
le plus favorable aux séances de ladite sene.IO2 3 nous vous invitons
également, M. le Général, à revenir au Port-au-Prince, qui est de le
siége de votre gouvernement, ou à vous y faire représenter par qui
droit, ainsi quil est dit en l'article XXII dudit traité.
Nous sommes avec respect, des etc. de la province de l'Ouest, CaraSigné les commissaires paroisses
la Pointe,
deux Beauvais , le Remboure père, Baptiste
Dupalis Feneyrol, Lathoison Duvanenx; Barbamour, Beandonen, DufonrDamand,
Hngville jeune, Louisde Clavin, Piver, Picard, Catherine, Camfrancr,
Tiby Saillée, E. T. Guieu, J. L. Menete, Alexandre Petitbois, Avril,
/ ij
, des etc. de la province de l'Ouest, CaraSigné les commissaires paroisses
la Pointe,
deux Beauvais , le Remboure père, Baptiste
Dupalis Feneyrol, Lathoison Duvanenx; Barbamour, Beandonen, DufonrDamand,
Hngville jeune, Louisde Clavin, Piver, Picard, Catherine, Camfrancr,
Tiby Saillée, E. T. Guieu, J. L. Menete, Alexandre Petitbois, Avril,
/ ij --- Page 192 ---
(60)
Boleycis de la Croix, Ciprien Jolly junior, Jolly fils, Gnerin, Pierre
Mellerin,Savary, Simon fils, B. Michel le Blauc,
Deslandes, Chevalier l'Épinard, P. Pinchinat, Laquente de Clervin,
vier, P. Coquille, Turct, Juste Drouillard, Chaulatte Dubonrg, Clarles Olifils, Marc Borne.
Pour copie conforme. BLANCHELANDE
RéPONSE de M. de Blanchelande à MM. les Commissaires
des Paroisses de la province de POuest.
de J'AI m'écrire reçu % Messieurs, avec la lettre que vons m'avez fait l'honneur
citoyens blancs 24 et de octobre, couleur le des traité fait le 21 du même mois entre les
joint, et qui est calqué sur un concordat quatorze précédent, paroisses de l'Ouest qui y étoit
cu qu'une connoissance indirecte.
dont je: n'aij jamais
bation Vous m'invitez, Messieurs, premidrement, à revêtir de
cet acte que vous qualifiez de traité de pair,
mon
précédé d'aucune déclaration de
quoiqu'il aRPERE été
ilages de meurtres, d'incendies, guerre qui n'étoient ; mais uniquement de brigantexte fort. légitime, et qui n'avoient pour cause et pour autorisés mnobile d'ancun la du
plus
que
rt
Je vondrois de tout mon coeur, , Messieurs,
me
desir; mais songez, je vous
que ne pouvoir rendre à votre
tion conformément à la
je peux donner mon approbadont
prescrite
PEDEL
e esl dit, dans l'article XXVI de votre par l'assemblée nationale,
couleur ne veulent s'écarter en aucune
traité, que les citoyens de
marche prescrite par Passemblée nationale, manière;s , le songez que, suivant la
nies est représentatif comme cclui de la
gouvernement et
des coloreprésentatif, que c'est précisément par métropole, cette raison qu'il l'assemblée est tellement
tionale, dans son instruction pour
quic
nala formation des assemblées
Porganisation des colonies, établit
tion de la contribution et du coloniales territoire sur les trois bases de la
tans ade colonies ne peuvent point émettre 5 que par conséquent les ITSEE
qu'il doit être émis par lenrs représentans, directement c'est-à-dire, leur voen 7 mais
blées coloniales ; qu'ainsi je ne saurois appr'ouver le traité par les assemprésentez, non plus que le concordat du 11 septembre, que vous me
quelque denx justes > quelque avantageux d'ailleurs qu'on pôt quelque libres,
actes, sans me réndre responsable envers la nation et supposer ces
absolument parce que ce traité et ce concordat, dans la formne où ils s'offrent, enversl le sont roi,
illégaux.
vingt-trois Que diroit-on si une partie plus ou moins considérable des qnatreconcordat départemens du royaume ayant fait entr'eux un traité, uli
quelconque, s'avisoient de le présenter directement à la sanc-
'ailleurs qu'on pôt quelque libres,
actes, sans me réndre responsable envers la nation et supposer ces
absolument parce que ce traité et ce concordat, dans la formne où ils s'offrent, enversl le sont roi,
illégaux.
vingt-trois Que diroit-on si une partie plus ou moins considérable des qnatreconcordat départemens du royaume ayant fait entr'eux un traité, uli
quelconque, s'avisoient de le présenter directement à la sanc- --- Page 193 ---
(6)
tion dn roi, sans qu'il eût été anparavant délibéré, décrété par l'assem- abblée nationale ? Tris-certainement une pareille marche seroit de
et l'on ne manqueroit pas
"RE
solunent inconstitutionnelle,
nationale, c'est àc Ronites
tontela nation Ranopeantorotrorim convient ou ne convient pas à la totalité ou à une parAjuger de ce qui
dès-lors, si l'intérêt d'une portion plus ou moins
tie de la nation ; et que
prénne une megrande des quatre-vingt-trois départemens exige qu'on
à présenter
sure, c'est à T'assemblée nationale à discuter oetemesure,et:
ensuite à la sanction du roi le résultat de sa délibération.
Ce raisonnement s'applique parfaitement, quoiqu'en petit, aux coloseules connoitre des intérêts
nies ; les assemblées coloniales penvent seules
arrêter ce
de leurs colonies
;
qu'elles
respectives Talee
peuvent
jugent à propos
la sureté 7 pour la prospérité du pays; et quantà direcà
, non pas le voeu des constituans
moi 7 je, suis RTRSTI approuver
tement émis par eux, mais le voeu des représentans.
Voilà la marche prescrite par Passemblée nationale, et vous savez
ina
dépend de la manière dont je me serai conformé
que a cette marche. responsabilité Je suis trop attaché à la constitution ; je crains trop de
compromettre l'autorité que le roi i'a confice , pour in'écarter jamais
de cette rigle, etje pense
les citoyens de conleur sont vouloir eux-inèmes m'introp soumis aux principes 321 l'assemblée nationale pour
duire à les violer.
Je ne déciderai rien,
mes fonctions ne sont pas de déciders
mais faites décider par TRUSASRE générale la convenance 1 la justice 2
l'utilité de ces deux actes ; je suis disposé d'avance de donner de suivre mon cette approbasion à tout ce qu'elle aura décidé là-dessus. Faute directement
marche, vous ne pouvez vous dissimuler décrets vous allez sont le cri de
contre les décrets nationaux, de ces
Pwsrnetis
ralliement des hommes de couleur, et dès-lors vous
les droits
LEE
de la nation que je suis chargé de défendre.
Votre second veu, Mcssieurs, est pour que je retire ma proclamation du 26 septembre. Cette pièce 3 vue de sang-froid, sera toujours
approuvée. J'ai dà, sans doute, user des moyens qui étoient en mo11
ponvoir pourdissiper une troupe armée, non-seulements sans mon loin d'avoir ordre,
mais sans que j'en aye été prévenn, etdontle rassemblement, des
but la défense commne, menaçoit les propriétés campagnes,
Hrnut la ville, et maintenoit des citoyens en étatde guerre civile pour
appuyer senlement des prétentions qui, bien ou mal fondées, n'auroient
jamais dû être dispntées par la voie des armes , mais être portées an tribunal de la nation et au jugement des commissaires civils, annoncés
le décret du 11 février, et attendus à chaque instant dans la colonie.
Tanies sont, Messieurs, les intentions pures ont dicté cette proclamation elle n'a en
objet
le
moment. Ce noment
danger
;
les pour
que sont d'accord. Dès-lors son effet a
est passé, puisque partis opposés
fondées, n'auroient
jamais dû être dispntées par la voie des armes , mais être portées an tribunal de la nation et au jugement des commissaires civils, annoncés
le décret du 11 février, et attendus à chaque instant dans la colonie.
Tanies sont, Messieurs, les intentions pures ont dicté cette proclamation elle n'a en
objet
le
moment. Ce noment
danger
;
les pour
que sont d'accord. Dès-lors son effet a
est passé, puisque partis opposés --- Page 194 ---
(62)
eessé, ct il n'a même jamais pu avoir lien contre les attroupemens de
citoyens quelconques rassemblés pour la sureté générale.
Vous mc demandez, en troisième lieu, > Messieurs, de faire une nouvelle proclamation tendante à convoquer les assemblées primaires, dans
lesquelles tous les citoyens actifs seront électeurs et éligibles
former des municipalités et pour nommer des députés à une pour nouvelle y
assemblée coloniale etc.
Quant aux assembiées primaires 7 leur formation
ce moinent dans une grande partie de la province du seroitimposible attendu en la
dispersion des habitans depnis l'invasion des brigands. Nord, l'on comnence
par faire cesser leurs brigandages, et alors on verra Que ce
à faire.
qu'on aura
Mais pourquoi ces assemblées primaires? C'est en partie,
former une nouvelle assemblée coloniale. Et pourquoi dit-on, une nouvelle pour
assemblée coloniale? Parce que l'on suppose l'assemblée actuelle nulle et
illégale 3 or, sur quoi fonde-t-on cette nullité, cetteillégalité Sur l'ar. IV
du décret du 28 mars 1790.
Mais on ne fait donc pas attention que pour arriverà ces
décrétées le 28 mars 3 on trouve sur sa route le décret du instructions, 12
que j'ai reçu ofliciellementle 10 février dernier, et promulgué octobre, le en
vertu duquel l'assemblée coloniale actuelle s'est formée; et Iequel 11, décret
du 12 octobre a suffisaminent expliqué que l'article IV de célui du 28
mars ne devoit pas se prendre dans toute la généralité des termes dans
lesquels il est conçu.
Cet article IV ne peut donc en aucune manière servir de prétexte pour
arguer d'illégalité l'assemblée coloniale actuelle. Cette assemblée est au
contraire on ne peut plus légale : en effet, c'est en vertu de ma
mation du 11 février, rendue sur le décret du 12 octobre
proclaque toutes les paroisses ont nommé leurs députés ; si des événemens précédent, extraordinaires et déplorables ont retardé leur rassemblement, ce retard
ne sauroit invalider la nomination des membres qui devoient former
l'assemblée générale. Elle s'est effectivement formée ; sa constitution a
eu lieu à Léogane. De-là elle a transféré la tenue de ses séances au
parce qu'elle avoit le droit de fixer le lieu qui ilui paroîtroit le plus Cap, convenable pour cela. Tout est donc légal jusqu'ici dans les élémens comne
dans la marche de cette assemblée. Je n'ai donc pu m'empêcher d'en
reconnoitre la légalité. Je ne peux donc, sansêtre inconséquent tet mêne
injuste, 2 concourir à sa dissolution, ce seroit de ma part un acte d'autorité arbitraire dont je suis ennemi, ct qui me rendroit responsable et
condamnable.
Al l'égard des municipalités et autres corps administratifs, il ne peut
être question de les recomposer jusqu'à ce que l'organisation de la colonie soit faite, , et cette organisation ne peut avoir lieu jusqu'à ce
l'instruction de l'assemblée nationale à ce sujet soit arrivée ofliciellement. qne
Enfin, Messieurs, vous m'invitez à revenir au Port-an-Prince ou à
ma part un acte d'autorité arbitraire dont je suis ennemi, ct qui me rendroit responsable et
condamnable.
Al l'égard des municipalités et autres corps administratifs, il ne peut
être question de les recomposer jusqu'à ce que l'organisation de la colonie soit faite, , et cette organisation ne peut avoir lieu jusqu'à ce
l'instruction de l'assemblée nationale à ce sujet soit arrivée ofliciellement. qne
Enfin, Messieurs, vous m'invitez à revenir au Port-an-Prince ou à --- Page 195 ---
(63)
faire représenter par qui de droit. Je m'y rendrois volontiers, , si je
m'y n'avois la certituile morale la dignité du représentant du roi y seroit
Mais
où puis-je être placé d'une manière plus
compromise.
TIREA
la chose publiqne sur-tout dans la circonstance acavantageuse pour de l'assemblée
qui peut avoir besoin à chatuelle, 3 qu'auprès intervention générale, et àlaquelle le dépositaire du pouvoir
instant de mon être
uni ? Ajoutez que la guerre
Szanur ne sauroit
trop intimément absolument ma présence en cette
intestine qui agite cctte province, de exige donner les ordres nécessaires dans une
ville, pour je sois à portéc
pareille
à
gehut
Je ne peux donc ni ne dois me rendre au Port-au-Prince. à faire ce Qnant que vous m'y defaire représenter parqui de droit, je suis disposé le roi du commansirez à Cet égard, en yenvoyantfoliliciere chargé par
dement en cette partie.
les décrets nationaux seront toujours ma
En un mot, , Messieurs saurois s exhorter ceux
croyent avoir de bonboussole, et je ne
trop
écarter. Mon devoir
nes vues
la chose
à ne point
pe
pour
publique,
constamment
est d'être neutre 5 c'est vers cette neutralité que je porterai
tous Au mnes surplus,, soins. croyez, je vous prie, Messieurs, qu'animé 2 comme je
le suis, du desir de vousêtre agréable, de contenter tout le monde et de
rétablirla paix, il m'en coûte infinimnent de ne pouvoir, en ce moment,
accéder à toutes vos propositions ; mais que je concourrai tendre toujours à votre avec
le grand plaisir à l'exécntion de tout ce qui pourra
Kakcer particulier ctà celui de la colonie, , en tout ce qui n'excèdera pas
la mesure de mes pouvoirs, et quisera conforme aux décrets concernant le roi.
les colonies, rendus par l'assemblée nationale et sanctionnés Messieurs, par
J'ai Phonneurd'être, avec des sentimens bien distingués,
votre très-lumble et trés-obéissant serviteur 3
BLA N CHELANDE.
Au Cap, le 3 novembre 1791.
No 50.
Mirebalais, le 3 octobre 1791.
Infandum, regina , jubes renovare doloren.
MONSIEUR LE GÉNÉRAL,
C'EST avec des transports mêlés de joie et de reconnoissance que nous
vous entendons nous appeller vos amis et vos enfans ; nous saurons toujours apprécier vos bontés, et notre reconnoissance à cet égard sera les
au-dessus de nos expressions; cependant nous ne pouvons , dans
circonstances où nous nous trouvons, envoyer, ainsi que vous le desirez,
3 octobre 1791.
Infandum, regina , jubes renovare doloren.
MONSIEUR LE GÉNÉRAL,
C'EST avec des transports mêlés de joie et de reconnoissance que nous
vous entendons nous appeller vos amis et vos enfans ; nous saurons toujours apprécier vos bontés, et notre reconnoissance à cet égard sera les
au-dessus de nos expressions; cependant nous ne pouvons , dans
circonstances où nous nous trouvons, envoyer, ainsi que vous le desirez, --- Page 196 ---
(64)
nn corps d'armée au camp de M. de
à Plaisance, Nons
connoissons ni les causes, ni les
le but, ni les motifs ne de
l'insurrection a eu
Aecont
les
qui lieu dans la Feter du Nord; quand inême nous
connoitrions, Ponrtions-nons abandonner la défense
et de nos propriétés , pour aller secourir une province de nos personnes
orgueilleuse, la
qui, ayant épuisé sur nons et nos frères tous puissante les traits de et
barbarie et de l'iniquité, se trouve sans donte
à une
punition du ciel: ct qui, dans l'état désastreux exposée
juste
réduite, brûle encore du desir de lancer sur nous auquel ses foudres elle se extermi- trouve
nateurs? Ne devons-nous pas réunir tous nos efforts
la
tion d'une autre province, qui du moins, si elle a été pour conserva- envers
nous, se hâte de reconnoîtré son erreur et de l'abjurer? injuste HlOuS im- 1
un pays, dont les grands chemins, ornés depuis Qie
de
Temar d'hommes plantées sur des piques, font reculer d'horreur long-temps le
geur le plus intrépide? Irons-nous donc verser notre
la voyafense d'une ville oû se tient une assemblée qui se dit sang_pour et déau lieu de s'attacher à être juste, croit nous consoler générale, qui
mettantelle-mômeau-dessps dela loi, pour nons
leancoup, en se
et l'avilissement? d'une ville, où le
de notre plonger frère dans crie l'opprobre encore
vengeance ; d'une ville qui, depuis ERat les
de février Ogé et de mars derniers, ne présente anx yeux de l'humanité indignée,
le
révoltant des bourreaux, des gibets et des roues ; d'une que spectacle
sur laquelle s'appésantit le bras de la vengeance.
Babylone enfin, ils
sont malheureux.
il est si beau de pardonner! Mais, quoi!
Nous ne devons pas, M. le Général, chercherà
le
de nos ennemis et à diviser nos forces, lorsque nons augmenter somines menacés nombre
de toutes parts ; lorsqu'après un concordat solennel 3 nous nous trouvons réduits à l'affreuse nécessité de nous tenir en garde contre toute
espèce de trahisons et de perfidies; lorsque les troupes étrangères et les
vaisseaux Anglois investissent les côtes de
et nous
forcent de veillerà la conservation de la colonie, Saint-Domingac, à la
Plus
instruit que nous, M. le Général, vous devez savoir métropole. à
vous en
tenir sur ce qui se passe; mais nous, victimnes infortunées quoi
barbare et ridicule, nous qui avons fait si souvent la triste d'un préjugé de
ce que peuvent contre nous nos ennemis, nous ne pouvons expérience nous
plaindre et chercher à nous préserver de leur fareur! Les ennemis que
bien public veulent la perte de la colonie, et ils réussiront sans doute du
dans leurs projets criminels, si les citoyens vertuenx, si les vrais Français ne se hâtent de réunir tous leurs efforts pour faire échouer leurs
perfides complots.
Nos frères de Saint-Marc, de la Petite-Rivière, des Vérettes et des
Gonaives, se disposent à envoyer des secours à M. de
à nous, nous réserverons nos forces pourla défense dela Fontanges: quant
Nous avons reçu, M. le Général, l'arrêté de l'assemblée partiedel'Ouest. du
cn
date du 20 septembre. Après la connoissance que vous avez de Cap, tout ce
que
pour faire échouer leurs
perfides complots.
Nos frères de Saint-Marc, de la Petite-Rivière, des Vérettes et des
Gonaives, se disposent à envoyer des secours à M. de
à nous, nous réserverons nos forces pourla défense dela Fontanges: quant
Nous avons reçu, M. le Général, l'arrêté de l'assemblée partiedel'Ouest. du
cn
date du 20 septembre. Après la connoissance que vous avez de Cap, tout ce
que --- Page 197 ---
(65)
nous avons souffert dans cette colonie il n'est pas étonnant qu'il
satisfasse que
votre ceur; inais il s'en faut de beaucoup qu'il remplisse nos
desirs. Nous allons nous permettre la discussion de cet arrêté, qui contient trois articles.
A R T I C L E PR E M I E R.
Il est incroyable, M. le Général, que les représentans des citoyens
blancs ayent employé quatre séances pour s'appercevoir qu'ils n'ont pas
le droit de s'opposér a l'exécution d'une loi nationale et constitutionnelle; il est étonnant qu'ils ayent délibéré à l'exécution pendant quatre de la loi séances du 15
pour déclarer qu'ils ne s'opposeront pas
mai; tandis qu'il est notoire que c'est uniquement pour s'y opposer qu'ils
sont
tandis
le moment de leur réunion, les
se
assemblés;
que depuis n'ont cessé de retentir de la/ fatalité
voûtes de l'enceinte qui les renferme la classe des
blancs a fait des
de ce décret ; tandis qu'enfin obtenir la révocation de citoyens cette même loi; en sorte
effortsincroyables si la
après laquelle ils soupirent, avoit lieu, nous
que
acitente
serions, à leur avis, déchns du bénéfice de ce décret bienfaisant. MI est
plus étonnant encore, qu'après avoir délibéré pendant actuellément quatre séances, d'un déils n'aient pu s'appercevoir qu'il ne s'agit mais point bien de l'exécution de
l'article cret qui IV n'est des' pas Instructions connu oficiellement, du 28 mars, dont l'inexécution, ainsi que
les perfides mnanceuvres colons des blancs, ont occasionné le décret du
15 mai, qui ne peut être considéré que comme un amendement à ce
même Cet article article I IV. de l'arrêté du 20 septembre ne sauroit donc ramener,
dans la colonie, le calme et la tranquillité.
I I.
Les lois sur l'état des personnes qui ne. participent point au bénéfice des
du décret du 15 mai, ne regardent pas seulement les représentans
citoyens blancs, mais une. assemblée coloniale, légale et représentative
de toutes les classes de citoyens. D'ailleurs, que signifie le mot amélioration employé dans cet article? Il est avilissant, et devient inadmissible
dans une constitution où il n'est question que de citoyens Français:
IIL
On' aura de la peine à concevoir, qu'après avoir délibéré pendant
quatre séances, une assemblée illégale, età qui sans doute il en a coûté
beaucoup pour vouloir paroitre être juste dans les deux premiers articles
de son arrêté du 20 septembre, sorie subitement de ses principes
dans l'article
subséquent: dEes
parens de lienfaisance, pour consigner
réunion et.. de toute
principes destructifs de toute justice, de toute
i
aura de la peine à concevoir, qu'après avoir délibéré pendant
quatre séances, une assemblée illégale, età qui sans doute il en a coûté
beaucoup pour vouloir paroitre être juste dans les deux premiers articles
de son arrêté du 20 septembre, sorie subitement de ses principes
dans l'article
subséquent: dEes
parens de lienfaisance, pour consigner
réunion et.. de toute
principes destructifs de toute justice, de toute
i --- Page 198 ---
(66)
harmonie: A qui croit-elle donc en imposer? De quel droit ne dénon- loi
ceroit-elle à la nation Française, comme traîtres à la nation, à la
et au roi,: que les citoyens de couleur? Seroit-ce parce que ceux-ci Seroit-ce sont
plus inviolablement attachés à la mère-patrie
les autres?
dans toutes les parties de la colonie 8e contribuent plus que
parce Ies autres que citoyens à la défense commune? Nous sommes, à la vérité,
soldats de la patrie ; mais sommes-nous donc les soldats on les valets des.
blancs qui se montrent nos ennemis ? Qnelle extravagance !
Telle est, M. le Général, notre manière de raisonner sur Pinjuste dont
arrêté du 20 septembre. Les titres de vOS amis et de vOS enfans,
YOUS nous honorez, ne nous permettent pas de croire blancs que vous réunis vous au
refusiez à devenir notre interprète auprès des citoyens
notre
Cap. Le temps de l'erreur et du prestige est passé pour colonie. nous, L'exécuprofession de foi est maintenant connne de toute la
nationale
tion ponctuelle et littérale de tous les décrets de l'assemblée
de
santionnés par le roi; voilà, auprès du représentant du devise roi, l'objet et le but
notre réclamation ; vivre libres, ou mourir, voilà notre
auquel nous aspirons.
Nous sommes avec un: profond respect, M. lc, Général,
Vos très-lumbles et très-obéissans serviteurs,
Les représentans de la coramune des citoyens de couleurde Mirebalais.
P. PINCHINAT, président.
ALEXANDRE PETITBOIS, vice-président.
Suivent cinquante signatures.
No 51.
LETTRE de M. le Général à MM. les Citoyens de couleur
du Mirebalais.
Au Cap, le 20 octobre 1791.
JAT réçu, Messieurs, la lettre que vous m'avez adressée le 3 de ce
mois; je vais y répondre plus en père que comme représentant d'un roi
qui doit être l'objet de lamour, du, respect de tout bon Français.
Je vois avec douleur que des motifs étrangers au bien général, vous
empêchent d'y coopérer; et que vos demandes, contraires aux lois
vous me
et sur
vous
les fonder, vous
fau
citez,
lesquelles.
prétendez affreux
désolent
regarder avec une espèce d'indifférence les maux
qui devenir
la province du Nord' de Saint-Domingue, et
peuvent
arrête plus à
terribles encore pour celles de l'Ouest et du dti si on ne les
Beur source. Est-ce donc le moment de disputer sur des droits que per-
vos demandes, contraires aux lois
vous me
et sur
vous
les fonder, vous
fau
citez,
lesquelles.
prétendez affreux
désolent
regarder avec une espèce d'indifférence les maux
qui devenir
la province du Nord' de Saint-Domingue, et
peuvent
arrête plus à
terribles encore pour celles de l'Ouest et du dti si on ne les
Beur source. Est-ce donc le moment de disputer sur des droits que per- --- Page 199 ---
(67)
vous
et dont l'assemblée générale et moi sotinnes
sonne ne ferme résolution conteste, de vous inettré en possession, aussitôt que le
dans la
vous les accorde, me sera parvenu officiellement?
décret tdu15mai, qui de cette florissante contrée, occasionnée par
Sera-ce parla subversion
à vous
la jouissance
votre tiédeur 3 que vous droits? parviendrez Je; yous le demande procurer mes enfans ? La
iminuable de ces inêines
dira-t-elle,
elle saura qu'un esprit
France nous jugera tous. Que
quand
des
de défiance et d'inquiétude Trouvera-t-elle vous a rendu tranquilles dans la conduite spectateurs que vous
calamités de vos frères? où la chose publique est dans le plas grand
voulez tenir, au du moment bienfait
vous a accordé? Ah! rentrez en
danger, le prix
qu'elle
de
froid couler le
vous-mémes, mes braves amis, ne voyez pas sang Venez
fratersang de vos pères et de VOS premiers protecteurs. sont sous plutôt ines ordres
niser et coopérer avec eux dans tous et les à les camps faire rentrer qui dans leur devoir.
immédiats, à la défaite desrebelles, d'un bout à l'autre dans votre lettre;
Le fiel le plus amer est répandu forts sont employés
noircirles
les termes les plus choisis etles plus
dont
les travaux,
desseins des représentans de vOs auteurs,
ERTLIT
pris dans leur véritable jour, n'offrent succassivément, leurs bonnes depuis intentionis qu'ils
sontassemblés, que des résultats qui démontrent
pour les citoyens de couleur. les quatre séances qui ont produit l'arrêté
Vous relevez ironiquement dernier. Si
de vous en eût été témoin, il
-du 20 septeinbre la
des quelqu'un discussions n'a été causée que par deux
vous eût 'dit
longueur l'une
faire exécuter dès à préseiit le décret
opinions edrentes
pour
seulement l'exécution, et manidu 15 mai ; l'autre
en la promettre décidée, aussitôt que j'aurois reçu et
fester a cet égard la totente plus avis
il est fondé
promulgué ce décret. Ce dernier
a sageinent prévalu; le roi le 26 du
sur le décret national du 23 février 1797; sanctionné par toute
même inois, qui rend criminel de lèse-nation, tout corps,
une loi nationale, avant qu'elle
pauc
sonne qui mettroit à exécution légalement. L'assemblée générale n'a donc
été connue et promulguée de foi en attendant ce décret, et rappeler
pu que faire sa profession s'en écarteroient. Oui ines enfans, l'assemblée
-ensuite au devoir ceux qui
dans les
des'décrets
générale me paroit être et est effectivement le roi; C'est principes pourquoi j'agis
de l'assemblée nationale, sanctionnés par
de concert avec elle. des hommes ennemis du bien publicetintérrssés
Il ne peut y avoir que
des vaisseanx
investissent
au désordre, qui vous ont insinuéque les ont
étrangers à livrer, au
nos côtes, et que les blancs qui
appelés songent Si
moyen des troupes étrangères, la colonie aux Anglais. queljnes
individus, dans la colonic, ont pu enfanter de tels projets, j et s'ils sont
déconverts, ils seront sévèrement
Mais je puis assurer que l'asseinblée générale n'a jamais eu Hita de mettre la colonie sous nne
domination: étrangère; elle a envoyé, d'après mon approbation, ct de
i ij
s qui
appelés songent Si
moyen des troupes étrangères, la colonie aux Anglais. queljnes
individus, dans la colonic, ont pu enfanter de tels projets, j et s'ils sont
déconverts, ils seront sévèrement
Mais je puis assurer que l'asseinblée générale n'a jamais eu Hita de mettre la colonie sous nne
domination: étrangère; elle a envoyé, d'après mon approbation, ct de
i ij --- Page 200 ---
(68)
concert avec moi, des aviso et des commissaires aux fles
espagnoles et anglaises, et au continent des Anglo-Américsins, voisines, afin
d'y réclamer les secours les plus prompts pour éteindre la révolte des
esclaves. Les mêmes demandes ont été faites aux iles
vent. Croyez-vous d'ailleurs, mesamis, quejen'aye pasles françaises ouverts? du
Et pensez-vous qu'un vieux Français, qu'un ancien yeux
moi, toujours fidèle au roi (pour me servir des auciennes inilitaire comine
et à sa patrie, puisse 9 je ne dis pas tolérer, mnais souffrir expressions) une telle
trahison, tant qu'il lni restera une goutte de
dans les veines?
mes enfans, rassurez-vous, je suis incapable e8 vous
Non,
Je reviens à l'arrêté du 20 septeinbre ; c'est
tromper. selon
manière de concevoir, en vue de protesteren quelque précisément sorte contre toutes ma
les démarches qui ont pu être faites pour demander la révocation du
décret du 15 mai, que l'assemblée générale dit, dans son
article, qu'elle ne s'opposera pas à l'exécution de cette loi, premier
qu'elle ne fera ancune représentation contre cette exécution. c'est-à-dire, Vous me
citez l'article IV des Instructions du 28 mars. Je vous le
d'après VOs propres décisions : est-il permis à un citoyen, demande, inême au
il représentant du roi, d'interpréter les décrets? Ce pouvoir n'appartientpas exclusivement au corps législatif national? Ét
nationale a déclaré que la constitution frsnçaise ne lorsque concerne l'assemblée les
colonies, et qu'elle entend n'y rien innover sur l'état des point
de quand elle décrète que les lois établies doivent y exister personnes, ce
nouvelles lois les abrogent; je vous le demande,
jusqn'à que
cet article IV en votre faveur, sur-tout lorsque l'assemblée puis-je interpréter
a jngé elle-inême nécessaire d'en déterminer
nationale
décret du 15 mai, et ses instructions du 29 du T'application, même mois? par son
d'ailleurs ce qui s'est passé en France, à fégard des personnes Voyez
n'étoient tpas raingées precédemmentelans la classe ordinaire des
qui
les Juifs, par exemple, enfans de la métropole depuis une citoyens;
de générations, et formant une population nombrense, ne multitude
d'aucun droit politique. L'assemblée nationale rend un décrets jouissoient
qui porte que tout citoyen, payant une contribution de la tgénérique, valeur de
trois journées de travail, est citoyen actif, et exige une plus forte somme
pour l'éligibilité. Néanmoins il a fallu un décret particulier
faire
jouir les Juifs de ce droit : Ce décret a été rendu, et l'on
vu
ces nouveaux
pas
Rourd
citoyens s'armer pour interpréter le décret primitif et
générique ; cen'a été que parles voies de la
sont
à se faire écouter, et ils n' 'ont exercé leurs droits douceurqu'ils qu'après la parvenus
tion du décret rendu en leur faveur, et sanctionné pàr le roi. promulgaPourquoi n'êtes-vous pas satisfaits de l'arrêté du 20 septembre? Parce
vous le commentez avec passion, et la passion entraine
3ue vois le souvenir du passé vous effarouche; il
vOs l'injustice.
dociles q généreux; il vous met en garde contre les change citoyens caractères blancs, et
vous prévient contr'eux, tandis qu'ils ne s'occupent aujourd'hui que des
décret rendu en leur faveur, et sanctionné pàr le roi. promulgaPourquoi n'êtes-vous pas satisfaits de l'arrêté du 20 septembre? Parce
vous le commentez avec passion, et la passion entraine
3ue vois le souvenir du passé vous effarouche; il
vOs l'injustice.
dociles q généreux; il vous met en garde contre les change citoyens caractères blancs, et
vous prévient contr'eux, tandis qu'ils ne s'occupent aujourd'hui que des --- Page 201 ---
(69)
moyens de vous satisfoire. Oh! ines enfans, cette situation de vos esprits
mn'nflige beaucoup! Songezdone que les dispositions contre vous ne sont
plus les mêmes. C'est u fait. Qn'importe lcs motifs qui ont occasionné
ce changement, dès qu'il vous estavantageux. à Ne pensons Evitons plusqu'an sur-tout bien les
qu'il vous promet, et qui se réalisera pen peit. malheurs.
seconsses,. elles entrainent toujonts les plus grands
Parl'article II, l'assemblée genérale sc propose, avec l'approbation de
l'assemblée nationale et la sanction du roi,d'ancinrer létat de cenx des
citoyens de couleur qui, n'étant pas compris dans la loi du 15 mai, se
trouvent exclus da bénéfice d'icelle. Comment pouvez-vous d'avilissant? être choqnés Si ilasd'un projet aussi bienfaisant? Que peut-il c'est présenter la loi du I février
semblée générale n'a pas été plus loin,
parce de
: cette loi lui défendant
organiser
ctbr
jusqu'à
ne le lui a pas permis officic llement les instructions, portant un projet d'orce' j'aye reçt
toute la colonie.
ondtsio générale pour
mes bons amis, point
Prenez donc encore quelque temps patience,
leslois nationales
d'animosité, point de passion; dans péu, aussitôt quie
que l'on attend de jour en jour seront arrivées, on s'occupera del'organisation définitive et stable de la colonie. Alors les corps populaires
provisoires, actuellement existans 2 s'éclipseront devant les nouveaux
corps constitutionnels que la loi établira. Alors vous concourerez avec
les citoyens blancs à la formation de ces derniers corps. La volonté de
l'assemblée générale est telle, et telle est aussi la mienne; placé comme
le suis ici
faire observer. les lois, et
y rappeler ceux
:
pour le
citoyen
pour corps premier de la dtee
écartent, depuis simple n'a fait aucun jusqu'au acte
mais seulement
L'assemblée générale
d'organisation,
des lois provisoires et de surveillance les circonstances ont nécessitées.
Quant au troisième article, si Titemme générale ne parle que des
citoyens de couleur, c'est parce ses inquiétudes n'ont pu regarder.que
cette classe de citoyens, après Rece prise d'armes et leur rassemnblemnent
dans la partie de TOuest.
la
de l'assemblée coloniale,
Enfin, vous semblez d'assemblée attaquer légalité
elle ne s'est
existante sous le nom
générale. Cependant suit de
constituée que conformément; aux lois nationalés, qu'elle
pointen
point, et d'après la promulgation que j'en ai faite le11 février dernier.Si
des troubles et des événemens déplorables ont retardé sa formation, cela
ne fait point périmerle droit que les citoyens ont eu de la former plutôt.
Ils se sont rendus à Léogane, première obéissance au décret du 28 mars;
etlà,après s'être constirués légalement, ils ont choisis le lieu d'assemblée
qui Jeur convenoit le plus. Ils étoient libres à cet égard, on ne peut donc
raisonnablement rien objecter contre cette assemblée.
Vous voyez s mes amis 7 que je vous parle ainsi je vous l'ai promis bon
en commençant cette lettre, avec la franchise et Hunasenurans la
d'un
père qui gémit sur légarement de ses enfans. Puissent, mon exemple, de et
les raisons
viensde vous alléguer , vour ramener à des sentimens
douceur et par dont sur-tout, dans des circonstances aussi critiques,
cet égard, on ne peut donc
raisonnablement rien objecter contre cette assemblée.
Vous voyez s mes amis 7 que je vous parle ainsi je vous l'ai promis bon
en commençant cette lettre, avec la franchise et Hunasenurans la
d'un
père qui gémit sur légarement de ses enfans. Puissent, mon exemple, de et
les raisons
viensde vous alléguer , vour ramener à des sentimens
douceur et par dont sur-tout, dans des circonstances aussi critiques, --- Page 202 ---
(70)
dépend le salut de la colonie entière, et par conséquent le vôtre mêine.
Rendez-vons avec confiance à mes sollicitations; soyez d'ailleurs bien persuadésque vous me trouverez toujours disposé à
vosréclamations,
seront fondées sur les lois. Soyez
justes, , mes enfans,
pEOELE
lorsqu'elles
soyez conséquens: ; demandez et vous recevrez, mais ne demandez que ce
que les lois, revêtues de leurs formalités, autorisent à vous accorder;
songezsur-tout qu'on devient crininel, lorsqu'on demande même la chose
la plus juste les armes à la inain. L'assemblée nationale etleroi ont parlé;
ce sont leurs voix seules que nous devons écouter; ; je vous en montrerai
l'exemple, ctj'aime à croire que vous ne me ferez pas le chagrin derefuser
de le suivre, et de concourir ainsi avec mnoi à assurer votre bonheur.
Prouvez-mnoi, mes braves amis, que vous rendez justice à la pureté de mnes
intentions et à ma loyanté, Je vous ai demandé d'envoyer un renfort au
cordon des Gonaives. Cette opération estimportante pour couvrir la partie
del'Onest et en ferinerexactement, tous les débouchés. Votreintérétmime
In sollicite ; il vaut mieux prévenir le danger de loin, que d'attendre que
l'incendie gagnele cantre de vos foyers. Quand vous n'y enverriez qu'une
centaine d'hommes d'infanterie, ils y seront très-utiles; et vous in'anrez
donné, , ainsi qu'àla colonie, une préuve de votre dévouement au bien
public, dont on ne pourra manquer de vous savoirle plus grand gré.
Je vous renouvelle, M ESS IEURS, les assurances de mon sincère
attachement.
Signé B L A N C H E L A N D E.
No 52.
EXTRAIT des registres de PAsssemblée générale de la partie
française de Saint-Domingue:
Dc la séance du 5 noveinbre 1791 a été extrait ce qui suit :
Sun la motion faite par un membre, relativement à l'état politique des
hommes de coulenr et nègres libres.
L'assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue ;
Considérant que ce n'est pas dans un temps de troubles, dc confusion et
de révolte qu'elle peut s'occuper de lobjet de cette motion;
ses arrêtés des 5, 6, 14 et 20 septembre dernier leur
. Considérant que
ont Considérantqueles été insidicusementinterprétés; hommnes de couleur et nègreslibres ont été mécham-
: ment excités par des opinions erronées sur les décrets nationanx, et
notamment sur celui du 15 mai, qui n'a jainais été officiellement envoyé
dans cette colonie; décret
nationale consConsidérant que le
constitutionneldelassemblée de dessiller leurs
tituante, du 24. septembre dernier, , ne peut manquer
yeux et de les ramener à leur devoir;
Et dans ce cas voulant les prendre sous sa sauvegarde spéciale,
A: A R R 1 T E E T A R R E T E:
1°: Qu'elle ne s'occupera de l'état politique des hommes de couleur et
qui n'a jainais été officiellement envoyé
dans cette colonie; décret
nationale consConsidérant que le
constitutionneldelassemblée de dessiller leurs
tituante, du 24. septembre dernier, , ne peut manquer
yeux et de les ramener à leur devoir;
Et dans ce cas voulant les prendre sous sa sauvegarde spéciale,
A: A R R 1 T E E T A R R E T E:
1°: Qu'elle ne s'occupera de l'état politique des hommes de couleur et --- Page 203 ---
(71),
cessation des troubles occasionnés par la révolte des
nèg:e eslibres, qu'àla
lesdits hommes de couleur et nègres libres,
esclaves ; et qu'après que
sous l'antorité de l'assemblée générentrés dans réunis leur les divers respective camps sous les ordres du représentantdi
rale, ou
l'ordre et la
rrtre
roi auront coopéré avec lcs citoyens blancs à ramener
paix
dans la colonie. les hommes de couleur et nègrés libres seront tenus de se con2°. Que
article SOnS
d'être poursuivis et jugés par les
formner au précédent comne sédilienx 1 et perturbateurs peine
du repos public.
tribunaux, 3°, Ordonne
tous projets et plans déjà proposés concernant l'état
des stinter de couleur et nègres libres, seront remis à son
politique comité de constitution, pour lui présenter ses vues aussitôt que la tranquillité rétablie
de s'occuper maintient de cette de question. plus fort ses arrêtés
Déclare ALJNEAL générale qu'elle
autorise de nouveau
des 5,6eta4s septemnbre dernier; libres en conséquence de
à lui
les hommes de couleur et nègres
chaque paroisse,
présenter
leur pétitions, qu'il leur sera loisible de faire parvenir par un d'entr'eux,
choisi parmi les propriétaires nés de pére et mèrel libres; lesquels pourront faire
rester dans le lieu de la résidence de l'assemblée générale, de couleur pour et y
telles autres pétitions que l'intérêt desdits hommes
nègres
libres semblera accorde exiger. amnistie générale anx hommes de conleur eti
4°. Qu'elle
portés à des actes de violence, tant contre tHETS
libres-qui citoyens pourroients'être contre des corps populaires, 7 et qui se seroient arinésillégalerentreront dansleur devoir aussitôt la promnlgation
ment,
snemraie
du présent arrêté. l'assemblée
sous sa
spéciale lesdits
9 En conséquence *
prend
sauvegarde
hoinmes de couleur et nègres faitune libres. mention honorable, dans son procèsArrête en outre qu'ilsera de
libres, du Cap etautres
verbal, des hommes couleuretnègres commune contreles quartiers, brigands.
qui ont concouru avecles ler Wlancsaladéfense du roi sera invité à faire une proclamaArrêteenfn que à représentant l'esprit du présent arrêté.
tion L'assemblée conformément son
de se retirer par-devers M. le LieuteS
charge président lui
nant au gouvernement: général, et pour l'inviter communiquerle à le faire notifier présentandté, de suite aux
pour avoir son approbation asseinblées 5
et administratives du
tribunaux judiciaires, du aux
demeurent provinciales de le notifier aux
Nord, de l'Ouest et Sud, qui
chargées
mumicipalités et autres
a police de leur arrondissement, pouravoir dans
son exécution 5 l'inviter ACnles notilier aux commandans., pour leroi,
chaque ville et quartier de la colonie. mois
dessus. PetitDescham12 Faitet arrêté en séance, les jour,
etanque Grenier, Grainond,
peaux, président; Besnard Boisset, vice-président ;
Pagee et tFavarange, , conformément secrétaires. à la loi, signé BLANCHELANDE.
J'approuve,
police de leur arrondissement, pouravoir dans
son exécution 5 l'inviter ACnles notilier aux commandans., pour leroi,
chaque ville et quartier de la colonie. mois
dessus. PetitDescham12 Faitet arrêté en séance, les jour,
etanque Grenier, Grainond,
peaux, président; Besnard Boisset, vice-président ;
Pagee et tFavarange, , conformément secrétaires. à la loi, signé BLANCHELANDE.
J'approuve, --- Page 204 ---
(72)
No 53.
EXTRAIT des registres de PAssemblée générale de la partie
française de Saint-Domirgue.
De la séance du 7 novembre 1791, a été extrait ce qui suit :
ADRESSE de PAssemblée générale de la partie française de SaintDomingue, aux Hommes de couleur et Nègres libres.
L'ASSEMDLÉE générale, toujours bienfaisante, n'a jamais hésité à aller
au-devant de vous, quand elle a pensé que cette démnarche importoit à
votre bonheur et pouvoit servir la chose publique.
Mais elle voit avec une douleur extrême et un mécontentement trop
juste, les manceuvres coupables où vous ont entrainés, et dans lesquelles
vous entretiennent sans doute des erreurs funestes ou des insinuations
perfices. Ce n'est point sur la sédition et la violence que vous deviez fonder votre
espoir.
Les traités arrachés par la force ou la perfidie, 9 ne peuvent avoirqu'un
succès passager ; et le retour doit être terrible.
L'assemblée générale vous avoit tracé une route plus heuréuse ét. plus
8ûre. C'est dans le sein de sa justice, de sa bonté, que vous deviez voler
et vous réunir.
des lois
vous
les
Cessez d'invoquer aveuglement
éteintes, qui
portoient
coups les rigoureux.
:
Cessez le croire que le sage sénat dela France, quéleroi, que lej peuple
Français, puissent approuver un inoment le désordre et le crine.
Craignez plutôr la juste sévérité de cette assemblée auguste, dont les
sentimens et les' décrets ont été calommiensement interprétés !
Craignezla terrible et juste vengeance d'un peuple entier, dont tous les
intérêts ont été si cruelleient outragés ! Craignez la terrible et juste vengeance d'une colonie tombée en un instant du faite de la prospérité
dans toute la profondeur de l'infortune ! Craignez enfn l'éclat de cette
chute', et le ressentiment inévitable de toutes les puissances qui nous
environnent, qui ont les mêmes intérêts que nous :
Tremblez : sur-tout,
vous ne soyez reconnus et jngés comme les
auteurs ou les complices e tant de malheurs et de forfaits.
Lejourde Ja clénnence n'est pas encore passé;l'assemblée, générale vous:
ouvre ses bras protecteurs : venez-ydéposer vOs chagrinset; tyos espérances:
Comptez entièrement sur sa loyauté et sur sa bienfaisance ; mais
comptez aussi irrévocableient sur toute l'étendue de sa justice et desa
fermeté.
in sobia
SALUT. Petit Deschampennx, président ; Besnard Boisset, vice-président i Grenier ; Gramond ; Page et Fayarange, secrétaires.: No 54.
assemblée, générale vous:
ouvre ses bras protecteurs : venez-ydéposer vOs chagrinset; tyos espérances:
Comptez entièrement sur sa loyauté et sur sa bienfaisance ; mais
comptez aussi irrévocableient sur toute l'étendue de sa justice et desa
fermeté.
in sobia
SALUT. Petit Deschampennx, président ; Besnard Boisset, vice-président i Grenier ; Gramond ; Page et Fayarange, secrétaires.: No 54. --- Page 205 ---
(73)
No 54:
PROCLA M ATIO N.
PHILIBERT-FRANÇOIS ROUXEL DE BLANCHELANDE,
Maréchal des Camps et Armées du Roi, Licutenant au Goucernement général des iles françaises de PAmérique SOuS le
vent , Inspecteur ginéral des Troupes, Arzillerie ct Fortifications desdites iles.
TrAsematdinginéemle de la partie française de S-Domingue,par: SOII
arrêté du 5 de ce mois, revêtu de inon approbation 3 conformément à
la loi, a annoncé l'intention oi elle est des s'occuper de l'état des Hommes de conleur et Nègres libres, ala cessation des troublcs occasionnés
parla révolte des esclaves.
Elle les autorise de nonveau à lui présenter leurs pétitions, 1 qu'ils
pourront lui faire parvenir par un d'entr'enx qu'ils auront choisi dans
chaque Elle leuraccorde paroisse. amnistie pour tont ce qui a pu se commettre d'irrégulier et de criminel jusqn'à ce moment.
Hommes couleur
Elle prend souS sa sauvegarde spéciale tous les
de
et Nègres libres.
Elle loue ceux qui ont concourn avec lcs Blancs à la défense commune
contre les brigands.
Elle m'invite enfin à faire une proclamation conformément à l'esprit
de son arrêté.
Hommes
Ne doutant pas des bonnes intentions del'assemblée pour les
de couleur et Nègres libres, je meplaisà croire aeuerconaleotisatin
la voix de la justice et de la raison ; et qu'onvrant les yenx sur l'abime
affreux où leurs séparation des Blancs court risrque deplonger la Colonie
entière ', ils rentreront dans le devoir et se joindront aux Blancs, leurs
pères et bienfaiteurs, pour combattre les révoltés.
En effet, je vous le demande, hommes réputés jusqu'à présent sensible et généreux : Est-ce dans le moment de la plus grande calamnité qui
puisse alliger cet infortuné pays, que vous devez vous livrer à des discussions prématurées sur vOs prétentions P Et tandis que le fer des assassins se lève de toutes parts sur des têtes qui devroient vous être chères, s
pouvez-vous exiger qu'au milieu du trouble et du tumulte des armes on
s'occupe de vos intérêts particuliers ? Al ! quand mêine vons obtiendriez
dès-à-présent tout ce que vous desirez, à quoi vous serviroit cette espèce
de victoire, si fante d'avoir réuni VOS efforts contre l'ennemni commun >
et aussi redoutable pour vous que pour les Blancs 3 la ruine entière de
la partie française de St-Domingue. étoit consommée ? Avecqui, vis-à-vis
de qui exerceriez-vous alors les droits que vous auriez acquis?
k
ts particuliers ? Al ! quand mêine vons obtiendriez
dès-à-présent tout ce que vous desirez, à quoi vous serviroit cette espèce
de victoire, si fante d'avoir réuni VOS efforts contre l'ennemni commun >
et aussi redoutable pour vous que pour les Blancs 3 la ruine entière de
la partie française de St-Domingue. étoit consommée ? Avecqui, vis-à-vis
de qui exerceriez-vous alors les droits que vous auriez acquis?
k --- Page 206 ---
(74)
Prétendriez-vous conquérir ces droits parl la force, et
tresse générale pour VOItS les faire aceorder? De
profiter dela détraité arraché paria violencef Nevoyez-vous quelle solidité seroit un
accuser d'être les instigateurs del linsurrection pas des d'ailleurs qu'on va vous
teurs des crimes atroces qpr'ils commettent,
Esclaves, et les fauDequelelilleRei, la France entière verront-ils si vous en retirez avantage?
votre conduite
Reconnoltront.-ils si
ell vous ces hommes qu'on leur a
si suspecte?
sounis aux lois, si vertuenx, si dignes en un mot peints du titre modérés,
de Citoyen P Quoi, ces mêmes ateliers dont vous vous êtes vantés honorable
l'assemblée générale d'être seuls capables de réprimer
devant
tion, ce seroit vous qui les révolteriez contre leurs maîtres linsubordina- leur
commanderiez la dévastation, le menrtre, l'incendie ? Je ne 3 veux qui
ajouter foi à une pareille bassesse, à une aussi atroce
pas
perfidie ; mnais
songez
, si vous n'abandonnez pas le systême pernicieux
des
gens a.litats et vendus sans doute aux ennemis de l'état vous ont que fait
embrasser, indépendamment des reproches que l'asseiblée nationale
sera fondée à vous faire, de l'avoir trompée
messes et des espérances frivoles, les
indignement les
odicix par des procréditer contre vous
VOuS
sonpçons plus
vont s'acde la Colonie, de la 1 France, que du allez monde vous convrir d'opprobre anx yenx
ponsables de tous les maux
entier; ; qu'on vous rendra resvous allez attirer
que vons n'aurez pas
et
sur vous et sur Vos semblables, cmpéchés; les malédictions qu'enfin et les
vengeances de toutes les Nations.
Voyez d'un autre côté la disposition générale des
en votre
veur ; n'allez donc pas,
des
esprits
faqui vous sont dévoués. Songez par à precédés mériter l'estime révoltans, de 9 aliéner des coeurs
voulez être traités en frères ; que l'attachement, la confiance ceux par et qui la vous raison soient les bases de vos demandes, et des
en
la
suite : c'est le seul moyen de faire accueillir réglemens qui seront
et d'assurer par-là le repos et le bonheur favorablement des générations VOS pétitions,
futures.
présentes ct
Rendez-vous à ces réflexions ; revenez sur vos pas qu'on
conformez-vous à l'arrêté de l'assemblée générale, du 5dé ce égare; ;
dans vOS paroisses
mois ; rentrez.
respectives, ou1 plntôt réunissez-vous dans différens camps, sous l'antorité du représentant du roi. Je vous invite les
nom de la patrie en danger, qui réclame l'assistance de tous y
au
et qui saura reconnoître leurzele et leurs services. Et si unsi ses enfans,
moiif ne suffit pas, vous l'ordonne au nom de la
puissant la
du roi. Au Cap, le is novembre
nation, de loi et
1791.
BL A N C H E L A N D E,
No 55.
Autentbuidiearsfsoepab.e.ailce sept
heures du soir, le vaisseau l'Eole étant mouillé Sontquatre-vingt-onzelsrpe dans la rade du Cap, iie
reconnoître leurzele et leurs services. Et si unsi ses enfans,
moiif ne suffit pas, vous l'ordonne au nom de la
puissant la
du roi. Au Cap, le is novembre
nation, de loi et
1791.
BL A N C H E L A N D E,
No 55.
Autentbuidiearsfsoepab.e.ailce sept
heures du soir, le vaisseau l'Eole étant mouillé Sontquatre-vingt-onzelsrpe dans la rade du Cap, iie --- Page 207 ---
(75)
Saint-Domingne 7 nous chef de division commandantledit vaisseau, , et
les forces navales anx fles sous le vent, et officiers composant l'état major
dudit vaissean 3 ayant éprouvé depnis trois jours que d'insurrection nons sommes
mouillésen radedu Cap, tons les outrages ct les marques
lesplusfortes, de la parrde la plus grande partiede notre équipase, qui,
avoiraccusé: cafawenbiceg@noale et proviniciale du
nOnL Cap, contentdenous: des crimes les plus atroces, nous a encore manifesté hantemnentet
dans
ils
tavec opinià3
avec menaces la volonté décidée
laquelle le vaisseau persistent: T'Eole, en nous
treté, depuis deux jours , qJue nouS quittions
leur refus des
refusant absolument tonte obéissance, ,ct en accompagnant étaut
à la coninvectives les plus humiliantes ; tous ces faits
d'ailleurs membres
noissance de l'assemblée générale et provinciale, dont plusienrs
sont à borddn vaisseau depuis ce matin, et quiont cru violences leur prudence
exigeoit qu'ils restassent a bord, pour nous garmtir ee
étant auxquolles cés hommes égarés auroient pu se porter; 3 les mêmes griefs
également conmus deM. de Blanchelande, gouverneur général, auquel
ilen a été rendu compte. coumandant le vaissean l'Eoleet état majordudit
vaisseant, Nous, chefdedivision avons jugé de notre devoir, d'envoyer à M. le Général notre
démission, notre éloignement étant le seul moyen de ramener à l'ordre
sous d'autrechefs,
pent-être travailler au rétaun blissement équipage, de qui, la tranquillité et an Relneur de la colonie, auquel nous
ramesabuntareareaaiineEt conséquence
à M. le Général, de ucus fournir les moyens de nous soustraire bon ordre à des et
actes d'inaubordination et de violence, si contraire au
au bien du service, etanxquels nous sommes présentement de dans l'impossibilité de remédier et de rameneravec: nous les hommes l'équipage,
toujours fidèles à la nation, à la loi et an roi, nous ont pronvé à
:a cette circonstance, comme dans toutes les autres, leur fidélité
leur serinent,
servir
En foi de quoi nous avons sigué le présent procès-verbal, du pour les
et valoir ce que de raisou. Fait à bord de lEole, en rade Cap,
même jour, mois et an que dessus. Bouchant, chirurgien major; GuiLa Combe, commis aux revues;
sons-lieutenant de
chard, sous-lientenant de vaissean ; Saint-Hilaire,
sousvaissean; Onerangal, sous - lientenant de vaisseau ; Dnbouays,
lieutenant de vaissean ; Daniel, sous-lientenant; Chef du Bois, souslientenant de port; Saint-Haouen, sonslientenantle port; Kerouartz,
lieutenant de vaissean 3 Benouville, lientenant de vaisseau; Chauvigny,
lieutenant de vaissean; Girardin, commandant.
AU CAP-FRANÇAIS, DE L'IMPRIMERIE ROYALE.
-Hilaire,
sousvaissean; Onerangal, sous - lientenant de vaisseau ; Dnbouays,
lieutenant de vaissean ; Daniel, sous-lientenant; Chef du Bois, souslientenant de port; Saint-Haouen, sonslientenantle port; Kerouartz,
lieutenant de vaissean 3 Benouville, lientenant de vaisseau; Chauvigny,
lieutenant de vaissean; Girardin, commandant.
AU CAP-FRANÇAIS, DE L'IMPRIMERIE ROYALE. --- Page 208 --- --- Page 209 ---
E R T A TA du Supplément.
SUPPL E M E N T.
Lifez
ligre
Texte.
s
age.
W
d'un an.
d'ure an
denné
donnés.
ces choses.
2 8
les choses
faites.
faic
rEspagnol.
Fpagrole
lefairerentrers
le :entrer fsire
premières. preniers
secours.
3o
services UI.
PIECES A L'APP
faite.
fuit
II
rendus.
rendu
chungé,
changés
russureront
ra-sure:ons
causée.
causé
S
usuryé.
usurpés
encore mesurer.
encore que mesurer
suivi.
suivis
I 4
vainqueur
vaingueurs,
34 a 35
ruppelées.
IO
rappeles
mises.
mis
II
enefer.
I
enencfet
contre lesdits sieurs.
sieurs
II
contresusdits
leurs. tous
supporter.
supposer
s'exposer, Texposer
doivent les astacher.
doivenc attacher
conue. connu
manifestée.
IS
maniferté
soient.
SoIC de la chose
pourluchose:" raisonne nent
raisonnab.ement. formés. formé
serendre. ne se iendre
desassemalées. de Passemblées
aff-gent.
afghient pouveir
pourvoir. aiciurés. déclaré
48 2 col.
II
heures
heure.
ont éié acceptés.
II
ont acceptés
présence.
présence présent
présens. vaux
1au.
j9
approsation.
z5 i16
approbasion colons des
descolons. sacisfoire
sutisfatre.
I
11 féerer
I fivrier
respectives,
leur paroiserempective
leursparoisses seusib.es.
scnsiblc
30 231 --- Page 210 ---
ERRATA du premier Mémoire de M.
deBeAxemELAyos.
M L M O I R E.
Page
Ligne
Texte.
I3
W
3 )
Liseg donné menacé
données. menacées,
reçu
J
le
repus. sein
la.
sens.
PIÈCES A L'APPUL annoncez
réduite
annoncé.
et
réduits.
IO
avoient
ni.,
f
de tout
avoit. doute
dans cout. douter. chargé
ses
chargés.
IO
et
ces. le
est.
13 faire régner respecrer temps les lois,
les temps.
et i concilier
faire régner la paix, respecter les accourur
Lois, et a concilier. accourue.
2.9
spetatrice
ses
spectatrice. sauvé
ces, se a
sauvées.
1I
accablée supprimer. pour
accablé,
II
passé
par.
II
rennes
passés, municipalité
rènes. ces
multiplicité, abusés
ses. a pu
été abusés.
so
soldats citoyens
n'a pu.
SI
ignorons
soldat cizoyen.
$1
reconnoissent
ignorions.
SI
trompé
retonnoitront.
SI
tromperons
trompés,
st
3o
qui sont
tromperont.
s8
ces
gui y sont.
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II
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+3
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prèté. rendu
actes,
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SIGT V A A UX
D E
B R U M E,
A LUSAGE
DE L'ARMEE DU ROI
CO M M A NDÉE 1e
PAR M. LE CTE. D'ORVILLIERS,
Fieutarant - gehital Des clzuces cVavales, Gund-Cain 2c
POce Royal 89 cMilitaize 2e caint Louis, Com--
manant TARMEE DU ROI, en 1779.
A
A B R E S T;
De lImprimerie de R. MALASSIS, Imprimeur ordinaire du Roi
&c de la Marine.
ae
M, DCC. I. XXIX --- Page 212 ---
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PAR M. LE CTE. D'ORVILLIERS,
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