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A MESSIEURS,
MESSIEURS LES JUGES
DE LA COURET JURIDICTION
DES REGAIRES DE NANTES.
SUPPLIE humblement Ecuyer Lovis - MICHEL
LIBAULT, Négociant, & ancien Juge-Conful,
Demandeur é untervenant.
CONTRE Meffire LoUIS-RENÉ-CHARLES
D'ANDIGNÉ, Chevalier de Saint-Louis, ancien
Capitaine des Vaiffeaux du Roi; & dame MARGUERITE MURPHY, fon époufe ; & demoifelle
ÉLÉONORE - MARGUERITE MURPHY, Mineure
émancipée de Juftice, procédant fous l'autorité de
M-PIERREFRANGONGRMAUIT DELA MOTTE,
A --- Page 4 ---
A
Procureur au Préfidial (2) de
particulier : lefdites dame & Nantes, fon Curateur
Héritieres, fous bénéfice demoifelle MURPHY
MICHEL MURPHY, danvenaine, du fieur
Défendeurs & Demandeurs. leur pere, Négociant ;
DE
Ecuyers
LACAUS E.
DOMINIQUE
JEAN DEURBROUCQ: DEURBROUCO & PIERREdame
Ecuyer CHAURAND, &
FRANGOIS DrURsKoUco, fon époufe; Meffire
PERAGOURTIER.R dame
DEURBROUCQ, fon époufe ; Meffire PANOU
FEYMOREAU, & dame
DE
dame
DEURBROUCO, fone époufe;
DEURmOUCO, veuve. du fieur
Négociant : lefdits fieurs & dames
DULAC,
Héritiers purs & fimples du. fieur DEURmOUCO,
DEURmnOUCQ, leur
DOMINIQUE
Demoifelle
pere, 2 Défendeurs.
JEANNE PIGEON, fille
CHEVILLARD, fon
Majeure; & M.
ancien Procureur des Procureur, en cette qualité,
bénéficiaire du fieur Créanciers, en la fucceffion
MICHEL MURPHY,
- a ISANT N
authentique qu'il quele lui fieur MichelMurphy, dans une
du fieur Patrice
a donnée, pour la liquidation des procuration
de irembourfer le Murphy fon frere, prêt à faillir, , s'eft affaires
A
quart indifingtement de toutes les obligé dertes
ure; & M.
ancien Procureur des Procureur, en cette qualité,
bénéficiaire du fieur Créanciers, en la fucceffion
MICHEL MURPHY,
- a ISANT N
authentique qu'il quele lui fieur MichelMurphy, dans une
du fieur Patrice
a donnée, pour la liquidation des procuration
de irembourfer le Murphy fon frere, prêt à faillir, , s'eft affaires
A
quart indifingtement de toutes les obligé dertes --- Page 5 ---
(3)
fa Gmmiflion
qu'il acquitterotay cc Procureur fpéciala rempli
.,
avec autant d'exaétitude que dezele, fans avoir d'autre intérêt
celui de l'attachement & de l'amitié : le fieur Michel
que
dans tous fcs détails. D'après
Murphy a approuvé fa geftion
un examen ferupuleux de fes comptes, au pied defquels il a
figné qu'illes avoit vérifiés, qu'il les, avoit trouvé juftes, &c
qu'il déchargeoit le fieur Libault de toute autre reddition de
une conféjuence néceffaire de cette vérificacompte 2 par
il a foufcrit trois billets
tion, & de cette reconnoifance
montant à 134751 livres 7 fols 6 deniers, conçus précifément
pour valeur dans fon quart des dettes acquiuées. Et ce font cès
billets que fes Héritiers, mécontents de voir s'évanouir une
fucceflion calculée d'avance, veulent faire envifager comme
l'effet de l'erreur & de la furprife i quoi qu'ait pu dire le fieur
Dtidhalapty,lkyedeadiest qu'il: In'a eu intention de s'obliger
que pour le quart d'une fomme déterminée, comme s'il fuffifoit
à des Héritiers de prêter à leur Auteur des motifs contraires
à ceux qu'ila exprimés, & qu'il a fait connoitre par une foule
d'aêtes, pour anéantir les engagements qu'ila contractés,ou
les réduire au gré de leurs intérêts. Il ne fera pas fans doute
difficile de faire tomber une découverte auffi finguliere.
Au mois de Juillet1782, les affaires du fieur Patrice Murphy
fe trouverent dérangées au point de ne lui laiffer d'autres
reflources que le dépôt de fon bilan. Il fit part de fa fituation
au fieur Dominique Deurbroucq, fon beau-pere, & follicita
de lui desfecours qui puffent prévenir un éclat toujourshumiliant
pour un Négociant honnête.
Le fieur Deurbroucq lui avoit fait des avances confidérables
dont il ne lui étoit rentré qu'une partie. Sa fortune, qu'il devoit
ménager pour huit enfants établis, étoit entre les mains de
que le dépôt de fon bilan. Il fit part de fa fituation
au fieur Dominique Deurbroucq, fon beau-pere, & follicita
de lui desfecours qui puffent prévenir un éclat toujourshumiliant
pour un Négociant honnête.
Le fieur Deurbroucq lui avoit fait des avances confidérables
dont il ne lui étoit rentré qu'une partie. Sa fortune, qu'il devoit
ménager pour huit enfants établis, étoit entre les mains de --- Page 6 ---
(4).
divers Particuliers de Flandres.
pertes confidérables par des faillites Déjà il avoit éprouvé des
s'attendre; ; il ne favoit
auxquelles il ne devoit pas
jufqu'oh cela
toutes ces raifons qu'il
pourroit aller: c'eft fur
fes enfants même
appuya un refus formel. Les
ne purent l'émouvoir.
prieres de
Çependant le terme des paiements du fieur
approchoit, & point d'argent dans fa
Patrice Murphy
un inftant à perdre. Toute la
caiffe; il n'y avoit pas
du malheur d'un beau-frere
famille Deubroueq, touchée
d'avoir une conférence
qu'elle aime, S'affembla, & decida
avec le fieur Michel
Patrice, & qui, lui tenant de
Murphy, frere de
devoit être le
plus près par les liens du
premier à faire des
fang,
fétriffure, dont lui & fes enfants facrifices, & à éviter -une
reffentir les effets. Les fieurs
euffent été les premiers à
chargés de la commifion Deurbroucq ainé & Libault furent
des plaintes & des
: ils allerent le trouver ; là, après
expreflions de douleur
queftion des moyens de remédier
refpeétives, il fut
Murphycrur quec'étoit
au mal. Le fieur Michel
pere que ces moyens prinicipalemenzavecle) devoient être
fieur Deunbroueg
entrevue avec lui.
concertés; il parla d'une
Dès le foir cette entrevue eut lien il
prendre un parti dans le
; falloit néceffairement
ilyavoit des échéances à moment, puifque dès le lendemain
paroiffoir ferme dans fa réfolution acquitter. Le fieur Deurbroucq Pere
gendre'; fes enfants
de ne rien faire pour fon
Murphy fe
tomberent à fes genoux 5 le fieur
joignit à eux. ( Eh! bien
Michel
>> ces
dit-il, enfin vaincu
inftances, mes
pat
> c'eftdevotre bien enfants, puifque vous êtes tous
dont vous
mais
d'acord,
* je perfifte dans mes
dilpofez;
je vous jure que
> ne partagez le
premieres idées, f vous, M. Murphy,
fardeauavec moisje fuisdéjà dans de gtandes:
ent à fes genoux 5 le fieur
joignit à eux. ( Eh! bien
Michel
>> ces
dit-il, enfin vaincu
inftances, mes
pat
> c'eftdevotre bien enfants, puifque vous êtes tous
dont vous
mais
d'acord,
* je perfifte dans mes
dilpofez;
je vous jure que
> ne partagez le
premieres idées, f vous, M. Murphy,
fardeauavec moisje fuisdéjà dans de gtandes: --- Page 7 ---
(5)
avec votre
il faut aufli que vous l'aidiez,
> avances
frere,
* vous y avez plus d'intérêt que perfonne >,
Ily eût enfuite, entre les deux chets, quelques difcufions
fur la contribution; lc fieur Deurbroucq vouloit que le déficit
eût été payé moitié par moitié entre eux : enfin il fut convenu
le fieur Deurbroucq contribueroit pour les trois quarts, 7
que
& le fieur Michel Murphy pour l'autre quart.
Le fieur Patrice Murphy parut; il déclara que ce déficit
pouvoit être d'environ 300,000 livres, & il-avoit, en ce
moment, des raifons pour ne pas l'eftimer plus fort, en y
généralement toutes fes dettes ; il devoit compter
comprenant fur des effets qui paroiffoient certains, 9 & de la plus grande
importance, qui fe font trouvé perdus dans la fuite, tant en
capital quc bénéfices. On aura occafion de les rappeller dans
la fuite.
C'ett relativement à cette déclaration que les fieurs Deurbroucq & Michel Murphy pafferent entre eux un traité provifionnel, le 26 Juillet 1782; par lequel, après avoir déclaré
vouloir, par humanité, venir : au fecours du fieur Patrice
l'arracher aux
de fes Créaeciers, & conMurphy 2
pourfuites
fertir de faire tout cc qui dépendoit d'eux pour lui éviter le
déshonneur de manquer : ils ajoutent, K qu'en conféquence de
7 fa déclaration d'être en perte, &'de devoir une fomme
9 d'environ 300,000 - livres, ils. confentent, favoir lé fieur
* Deurbrogcq, de payer & acquitter les trois. - quarts de cette
9. fomme, 8x le fieur Michell Murphy de. payer! 8 acquiter
X l'autre quart *.
d'une
Sil les fieurs Deurbroucq & Murphy ne parloient que
fomme de 300,000, ce n'étoitre donc quie parce-que: le fieur
Patrice Murphy àvoit déclaréque fa perte pouvoit être telles
res, ils. confentent, favoir lé fieur
* Deurbrogcq, de payer & acquitter les trois. - quarts de cette
9. fomme, 8x le fieur Michell Murphy de. payer! 8 acquiter
X l'autre quart *.
d'une
Sil les fieurs Deurbroucq & Murphy ne parloient que
fomme de 300,000, ce n'étoitre donc quie parce-que: le fieur
Patrice Murphy àvoit déclaréque fa perte pouvoit être telles --- Page 8 ---
(6)
mais ces expreflions n'étoient point limitatives, leur intention
n'en étoit pas moins d'acquitter tout ce. que le fieur Patrice
Murphy devoit, parce que ce n'étoit que par ce moyen qu'ils
pouvoient l'arracher aux pourfuites de fes Créanciers. Cette
vérité va devenir évidente par les circonftances qui ont fuivi.
Le 3 Août 1782, fept jours après ce traité fous fignature
privée, fe paffa une premiere procuration, par laquelle le
fieur Patrice Murphy abandonna tous fes effets mobiliers &c
immobiliers à fon beau-pere & à fon frere, pour en faire
l'éligement, promettant, de fon côté, de ne faire aucune
efpece de commerce, fans quoi ils pourroient ufer contre lui
de toutes les voies de Juflice 7 pour fe faire iembourfer.
Comme cette procuration portoit pouvoir de fubftiruer,
ils en pafferent le même jour une feconde au fieur Libault, ,ol
ils le chargerent de faire, en leur lieu & place, la liquidation
des affaires du fieur Patrice Murphy 2 de recouvrer les crédits,
de vendre les marchandifes, & de payer les dettes, & s'oblide lui fournir les deniers néceffaires dans les proportions
gerent convenues: 4 Comme auffi, lefdits fieurs Deurbroucq & Michel
de fournir audit fieur Libault, & à fes
>. Murphy s'obligent
demandes &
; favoir, ledit fieut
s
premieres
requifitions
les trois
& ledit fieur Michel l'autre
s Deurbroucq
quarts,
des
nécefaires pour l'acquit des deues
> quart fommes qui feroien:
Patrice Murphy, afin d'éviter, s'il eft poffible, la
> dudit fieur
d'une faillite & d'un dépôt; ainfi que
* honte irréparable
fieurs
& Michel Murphy en font conN lefdits
Deurbroucq
> venus particuliérement *,
4 Ce font ces deux procurations qui ont fixé irrévocablement
les obligations des fieurs Deurbroucq & Michel Murphy ;
c'eft la derniere far-tout que le fieur Libault doit connoitre s
ien:
Patrice Murphy, afin d'éviter, s'il eft poffible, la
> dudit fieur
d'une faillite & d'un dépôt; ainfi que
* honte irréparable
fieurs
& Michel Murphy en font conN lefdits
Deurbroucq
> venus particuliérement *,
4 Ce font ces deux procurations qui ont fixé irrévocablement
les obligations des fieurs Deurbroucq & Michel Murphy ;
c'eft la derniere far-tout que le fieur Libault doit connoitre s --- Page 9 ---
(7)
pour former les engagements refpectifs cntre lui &
mettants : feule elle a dû faire la loi, & être fes comfon adminiftration. Le billet du 26 Juillet
la regle de
n'en eft pas même fait la moindre
lui eft étranger ; il
curation. Mais ce titre
mention dans cette prodoit
ne limite aucunement les dettes
payer ; ce font en général toutes les dettes du fieur Patrice qu'il
Murphy. De quelque part qu'elles
l'acquir de toutes ces dettes
le proviennent ; c'eft pour
fournir les trois
des que fieur Deurbroucq doit
quarts
fommes
Michel Murphy l'autre
néceffaires, & le fieur
particuliérement.
quart. Voilà de quoi ils font convenus
Le fieur Michel Murphy avoit foufcrit ces aétes
plus de connoiffance de caufe,
avec d'autant
écoulé depuis le 26 Juillet, que, dans' l'intervalle qui s'étoit
manqué
jufqu'à leur époque, il n'avoir
d'examiner les livres du fieur Patrice
pas
tout ayant été obligé d'entrer tout auflitôt
Murphy, furexamen avoit été une chofe
en paiements. Cet
Deurbrouq, & c'eft fur lui convenue entre lui & le fieur
maifon
fon
feul, qui demeuroit dans la même:
que
frere, & qui tous les
fon cabinet, que cêtte
jours pouvoit être dans
opération tomboit, & non fur le fieur
Deurbroucq, qui étoit au lit de la mort,-&
quinze jours après. Quand
qui fuccomba
à
après cela on le voit
payer indéfiniment le quart des dettes du fieur s'engager
Murphy, n'eft-il pas évident
Patrice
des plus mures réflexions que cet engagenent eft le fruit
& des éclairciflements
procurés?
qu'il s'étoit
C'eft fur la foi des pouvoirs ainfi
ainti contraétées
donnés, & des
par les fieurs
&
obligations
que le fieur Libaule
Deurbroncq Michel Murphy,
livres,
commença fon travail. Il fe chargea des
d'après un inventaire qu'il
communiquera, fi on'
-il pas évident
Patrice
des plus mures réflexions que cet engagenent eft le fruit
& des éclairciflements
procurés?
qu'il s'étoit
C'eft fur la foi des pouvoirs ainfi
ainti contraétées
donnés, & des
par les fieurs
&
obligations
que le fieur Libaule
Deurbroncq Michel Murphy,
livres,
commença fon travail. Il fe chargea des
d'après un inventaire qu'il
communiquera, fi on' --- Page 10 ---
(8)
Texige, quoique les Héritiers bénéficiaires aient ofé avancer
qu'il n'en avoit été rapporté aucun, Il vendit les marchandifes,
arrêtales comptes, fuivit les Débiteurs, fit les payementsà leurs
échéances, en prenant, dans la maifon Deurbroucq, les fonds
dont il avoit befoin, fauf à la- créditer pour être payé fur le
produit deseffets, à mefureque lesrecouyrements s'en feroient,
Et qu'on juge de l'étendue de fes peines & foins; fes affaires
particulieres emportoient déjà prefque tout fon temps. Il fe vit
donc dans le cas de tripler fon travail. Il lui fallut facrifier les
inftants qu'il donnoit à un délaffement néceffaire, & même trèsfouvent une partie de la nuit ; mais il avoit à coeur de
avec
remplir,
diftinétion, la tâche qu'il avoit entreprife. Il ne confultoit
que l'honneur de la famille, & fon dévouement pour un beaufrere qui n'avoit été que malheureux Il ne vouloit pas'que fon
intérêt y fit pour rien; ; des droits de commiflion, qui feuls
ont fait un objet de près de 10000 livres, lui étoient juftement
acquis fur la vente des marchandifes exiftantes dans les
magafins du fieur Patrice Murphy, & fur celles qui étoiunt
venues à fon adreffe, après fa retraite du commerce, Il en fit
le facrifice au profit de la liquidation : mais aujourd'hui
l'ingratitude des Héritiers de Michel Murphy l'autorife que à
changer de fentiments, il n'entend plus ufer de la même
générofité à leur égard, & il compte bien que fa commiffion
lui fera payée furle quart des paiements qui lesconcernent, &
qu'il a faits, fauf àlui d'en faire l'application comme il lej jugera
à propos.
Après deux ans d'une geftion auffi laborieufe, le fieur Libault
voulut en rendre compte.Le 28 OCtobre 1784,i ilaffembla chez
lui le fieur Michel Murphy & les Hésiters-Deubroucg. Il leur
repréfenta les livresquiluiavoient décosfib,&ongulmok
tenus :
le quart des paiements qui lesconcernent, &
qu'il a faits, fauf àlui d'en faire l'application comme il lej jugera
à propos.
Après deux ans d'une geftion auffi laborieufe, le fieur Libault
voulut en rendre compte.Le 28 OCtobre 1784,i ilaffembla chez
lui le fieur Michel Murphy & les Hésiters-Deubroucg. Il leur
repréfenta les livresquiluiavoient décosfib,&ongulmok
tenus : --- Page 11 ---
))
(9)
attention fur la balance portéc fur le
tenus : il fixa ibogd'leur Murphy, au 25 Juillet 1782, jour
journal du fieur Patrice
la
dont il s'étoit chargé, quoiqu'il
auquel remontoit liquidation
termcs
le 3 Août fuivant, 3 aux
ne l'eût commencée que depuis
de fa procuration. leur montra de fuite la balance préfentée
Le Geur Libault
avcc exaélitude, 2
le 28 O8tobre 1784. Ils examinerent réfultat. s Il leur fournit, au
le crédit &x le débet dont elle étoit le
Il leur donna
foutien, tous les livres, papiers & quittances.
confans aucune réferve, tous les renfeignements
enfin,
venables.
Deurbroucq & filsétoient portés, dans
Les fieurs Dominique
livres 3 fols 8 den.
un feul article, Créanciers pour 457,255
Créanciers,
Cet article étoit compofé de la folde des autres
dans cette qualité,
qui, en conféquence, ne paroiffoient fieur plus Deurbroucq, & à
8i de ce qui avoit été dû au feu
de fes enfants. C'étoit cet article principalement
quelques-uns examiner ; le fieur Libault l'avoit établi le dernier
qu'il falloit
attaché: & c'eft aufli
pour qu'ons'y fût plus particuliérement il vérifia fur les livres
ce que fit le fieur Michel Murphy;
Deurbrouc,
été payé, & des deniers de la maifon
cec quiavoit de la vente des marchandifes & des recou-
& du produit
créances parvrements fur les débiteurs. Il vérifia égalementles
qui avoient étéacquittées ;
ticulieres de la famille Deurbroucq,
avoient
& les billets confentis par le feur Patrice Murphy, qui
Libault comme foldés. Rien, en un mot,
été remis au fieur
linftruire ; & il trouva que
ne lui fut caché de ce qui pouvoit
étoit
Il
l'article de 457,255 livres 3 fols 8 deniers
jufte. figna
l'arrêté conçu en ces termes : K Arrêté ladite balance que nous
& trouvé jufe ; en conféquence nous en fommes
y avons vérifiée
B
le feur Patrice Murphy, qui
Libault comme foldés. Rien, en un mot,
été remis au fieur
linftruire ; & il trouva que
ne lui fut caché de ce qui pouvoit
étoit
Il
l'article de 457,255 livres 3 fols 8 deniers
jufte. figna
l'arrêté conçu en ces termes : K Arrêté ladite balance que nous
& trouvé jufe ; en conféquence nous en fommes
y avons vérifiée
B --- Page 12 ---
(10')
> fatisfaits, & déchargeons M. Libaul: de zoute reddition
> compte jufqu'à ce jour >.
de
Le fieur Michel Murphy avoit donc vérifié les
fieur Libault ; il en avoit trouvé la balance
comptes du
été fatisfait, il
de
jufte, 3 il en avoit
déchargeoit toute autre reddition de
ilapprouvoit conféquemment,
compte 5
d'après un examen
tout
ce qu'avoit fait le fieur Libault ; il ratifioit les férieux,
3 fols 8 deniers, , portés au crédit des Héritiers 457,255 livres
il reconnoiffoit que cette fomme avoit été
Deurbroucqs
de la procurarion qu'il avoit donnée,
employée au defir
ne pouvoit fe
& que par ce motifil
difpenfer d'en rembourfer le quart.
C'eft par une fuite de ces conféquences
le
Mai fuivant il figna trois billets à ordre,
que premier
à 135,791 livres 4: fols 6 deniers. Auffi montant enfemble
portent-ils
>> pour valeur dans le quart des paiements faits que lui c'eft
>> Libault) pour la liquidation des deues du feur Patrice par
(fieur
>> fuivant la procuration du, 3 Aoit 2782, & fans détruire Murphy,
>> theque par lui acquife *.
ThypoDepuis ces billets, le fieur Libault a encore payé, en
du fieur Patrice Murphy différentes
acquit
fommes, dont le
pour les Héritiers Michel Murphy, eft de
quart, livres
II fols 5 deniers ; & ces paiements, il a toujours 16,414 eu
de les faire, dès que la procuration du 3 Août 1782 qualité n'avoit
point été révoquéc, Ila, au foutien de ce compte particulier,
tous les reçus 5 il les a fait notifier: : le rembourfement ne
par conféquent lui en être refufé.
peut
A ce récit, conforme à la vérité la plus fcrupuleufe, il eft
aflez difficile de fe perfuader qu'on ait élevé férieufement des
difficultés fur le paiement des trois billets & des
II fols 5 deniers, Cependant, après le décès du fieur 16,419livres Michel
foutien de ce compte particulier,
tous les reçus 5 il les a fait notifier: : le rembourfement ne
par conféquent lui en être refufé.
peut
A ce récit, conforme à la vérité la plus fcrupuleufe, il eft
aflez difficile de fe perfuader qu'on ait élevé férieufement des
difficultés fur le paiement des trois billets & des
II fols 5 deniers, Cependant, après le décès du fieur 16,419livres Michel --- Page 13 ---
CIr)
été prife fous bénéfice d'invenfà
ayant
& a
enisur
Murphy,
Libault eft intervenu dans l'inftance, y
taire , le fieur
deux des plus célebres Avocats
forméfa demande. Confulté par de
au foutien, les
de cette Ville, il seft contenté fignifer, fous 6 deniers, & les
trois billets de 135791 livres 4 de 16,414 livres II fols
reçus' pour le: compte particulier titres
par eux-mêmes D
deniers, parce que ces
portoient,
du
C'eft alors que les Héritiers, défefpérés
la conviétion.
de leur pere, ont mis tout en:
mauvais état de la fucceffion
qu'ils ne dévoient
détruire cesbillets: Ils ont imaginé
ufage pour
l'erreur &c à la furprife ; erreur en ce que"
leur exiftence qu'à
s'étoit
par le traité di
le feu fieur Michel Murphy ne
livres', engagé, faifant le quart de
26 Juillet 1782, que pour 75,0c0
dans les trois
300,000 livres; furprife, en ce qu'on'a compris,
il ne
billets, les dettes de la famille Deubroset,ausqelle
devoit pas contribuer.
les. Héritiers ont pris des
Pour faire valoir ces moyens, billets, & en: mête-tempsils
lettres de reftitution contre ces Deurbroucq, pour faire fans
ont mis en caufe les Héritiers
avec eux la décharge des
contradi@toirement:
doute prononcer
D'après ce détail où l'on eft entré, 9
dettes qui les concernent. faudra
de grands efforts pour
il eft: déjà fenfible qu'il ne
pas bafe
des intentions
n'a pour
que
renverfer un fyftème qui Michel Murphy, & quil a pris foin
fuppofées au feu fieur
lui-même de démentir par des aêtes multipliés, & qui feul eût
L'erreur, eft lignorance d'un fait effentiel, Elle eft le plus
empêché de contraêter fi on l'avoit connui toute idée d'un
grand vice des conventions, puifqu'elle exclud
avoir lieui
confentement libre,- fans lequel elles ne peuvent
Non videnuur confenire ; gui ertant,
qui Michel Murphy, & quil a pris foin
fuppofées au feu fieur
lui-même de démentir par des aêtes multipliés, & qui feul eût
L'erreur, eft lignorance d'un fait effentiel, Elle eft le plus
empêché de contraêter fi on l'avoit connui toute idée d'un
grand vice des conventions, puifqu'elle exclud
avoir lieui
confentement libre,- fans lequel elles ne peuvent
Non videnuur confenire ; gui ertant, --- Page 14 ---
712)
On appelle dol, ou furprife, toute efpece d'artifice dont
quelqu'un fe fert pour tromper un autre, & l'induire à traiter :
Labeo definit dolum omnem
ad cincumveniendum,
calidiaom,f-itatian, machinationam
fallendum, decipiendum alterum
-
L.IS. I. ff. De Dolo.
adhibitam.
Lorfque le fieur Michel Murphya confenti fes trois
pour Ia fomme de 135,791 livres 4 fols 6 deniers, a-t-il billets,
ignoré de ce qui pouvoit le déterminer à les
rien
pas figner P Peut-on
figner ou à ne les
imputer au fieur Libault. le moindre trait
d'artifice pour furprendre fa reconnoiffance & fon
s'il, n'y a rien de femblable, file fieur Michel engagement;
ce qu'il faifoit, s'il devoit le
fi
Murphy favoit
favoir ; on ne
au fieur Libault aucun artifice
peut reprocher
fance,alors
pour dérober cette connoifdifparoit toute idée d'erreur & de
il
doit refter aux Héritiers que la honte d'avoir
dol, & ne
nêtes Citoyens. Nemo fraudare videtureos compromis d'honL. CLXXXV. De Regulis Juris.
quifciune econfenziunt.
Mais on a dû voir que le fieur Michel
ignorer aucun des,aôtes qui avoient
Murphy ne pouvôit
fignature des trois billets
Précédé le moment de fa
puifquilya avoit été partie; il devoit
connoitre, & il: connoiffoit réellement le traité du 26 Juillet
1782, qui fait aujourd'hui le point d'appui des Héritiers, &
ol, fuivant eux; il ne s'étoit engagé
faifant le quart de
que pour 75,000 liv.
300,000 livres. Il connoiffoit la procuration
du 3 Août fuivant, qu'il avoit donnée au fieur Libault, &
par laquelle il s'étoit obligé à faire raifon du quart, de. toutes
les dettes que ce dernier acquitteroit. Il avoit enfin vérifié les
livres ou la geftion du fieur Libault étoit détaillée, & oùt la
baancede poutes les dettes acquittées, & des fonds
acet acigut, avoit éré portée dans. un, feal article employés de.
uration
du 3 Août fuivant, qu'il avoit donnée au fieur Libault, &
par laquelle il s'étoit obligé à faire raifon du quart, de. toutes
les dettes que ce dernier acquitteroit. Il avoit enfin vérifié les
livres ou la geftion du fieur Libault étoit détaillée, & oùt la
baancede poutes les dettes acquittées, & des fonds
acet acigut, avoit éré portée dans. un, feal article employés de. --- Page 15 ---
(135
liv.3 f. 8 d. y compris toutes les dettes de famillé.
457,255 Fût-il vrai que le fieur Michel Murphy ne fe feroit obligé,
traité
une fomme de 75,000 livrés,
par le premier
2 que pour
l'ont
ce traité eût dà faire la bafe de tous ceux qui
fuivi;
que eût entendu enfin excepter de la contribution, à laquelle
ils'étoit qu'il foumis, les dettes de famille,fes Héritiers ne pourroient
donc
davantage crier à la furprife & à l'erreur, lorfqu'il
s'eft obligé pas à payer le quart de toutes les dettes, par des
billets, où il a déclaré expreffément que ces billets étoient
valeur dans le quart d:s paiements faits par le feur
pour Libault
fuivant la procurarion de 2782. Il s'enfuivroit
inftruit de l'état des affaires du
feulement que, parfaitement
le fieur Libault
fieur Patrice Murphy, 7 &c de la liquidation que
en avoit faite, il auroit renoncé à fes premiers engagements,
les étendre indéfiniment au rembourfement du quart de
pour toutes les dettes, même de celles de famille; & n'ayant pas
d'ailleurs été articulé un feul fait pertinent, 2 qui annonce que lIe
fieur Libault ait cherché àle furprendre, ce feroit toujours le
la maxime'Nemo videtur fraudare eos qui fciune
cas & confentiunt, d'appliquer & de faire tomber, par cela feul, la demande
ei reftitution des Héritiers Murphy.
Mais il faut porter le raifonnement plus loin : fi le fieur
Michel Murphy a confenti les trois billets de 135,79! livres
4 fols 6 deniers, pour le quart des dettes, ce n'eft pas qu'il
ait changé de fentiments, & qu'il ait voulu donner, en ce
moment, de l'extenfion à des engagements moins forts pris
antériéurement ; il n'a agi que conféquement à des actes.qui
rendoient néceffaire l'obligation qu'il contractoit, &z qui prouvoient que fa façon de penfer avoit toujours été la même.
Le traité du 26 Juillet 1782, bien confidéré, ne préfenre
des dettes, ce n'eft pas qu'il
ait changé de fentiments, & qu'il ait voulu donner, en ce
moment, de l'extenfion à des engagements moins forts pris
antériéurement ; il n'a agi que conféquement à des actes.qui
rendoient néceffaire l'obligation qu'il contractoit, &z qui prouvoient que fa façon de penfer avoit toujours été la même.
Le traité du 26 Juillet 1782, bien confidéré, ne préfenre --- Page 16 ---
(14)
d'autre idée que celle d'une volonté de la part des fieurs.
Dominique Deurbroucq: & Michel Murphy, décidée
venir au fecours du gendre de l'un, & du frere de pour
de le fouftraire aux: pourfuites de fes Créanciers, & à la T'autre; honte
dune faillite , de fe charger,pour cet effet, de fes dettes
& de les partager entre eux des trois quarts au quart. Sil
énonce une fomme de 300,000 livres,à quoi elles
monter; fi le fieur Michel Murphy s'y oblige d'en peuvent le
quart, ce: n'eft: que: parce: que le fieur Patrice payer
l'avoit fixée ainfi: par fimple apperçu;mais fans entendre Murphy de
part & d'autre quil-y. eût rien de limitatif, & dans l'expofé,
& dans: la.promeffe qui en eft la fuite. Aufli le fieur Patrice
Murphy,en déclarant quelle pouvoit être fa perte, ,: ne's'eft-il
fervi: que de ce terme vague, environ 300,000 -liv. terme
contraire- à une détermination fixe, & qui doit s'appliquer à
l'obligation des fieurs Deurbroucq: & Michel Murphy,
on le répéte, elle eft abfolument relative à cette déclaration. puifque,
S'ilireftoit quelque doute: fur cette interprétation, il feroit levé
par.la' procuration dus Août, donnée au fieur Libault,
celle que le fieur Patrice Murphy avoit
d'après
confentie;. ce. n'eft.
pas feulement le quart de 300,000 livres que le fieur Michel:
Murphy s'oblige de rembourfer, mais indiftinétemnt le:
de toutes: les dettes,du fieur Patrice
quart
Murphy : 4 Comme auffi
* s'obligent lefdits fieurs Deurbroucq & Michel
9 fournir audit fieur: Libault, & à fes
Murphy, de:
premieres
9 favoir le fieur Deurbroucq les trois: quarts, & le fieur demandes; Michel
>> Laure quart des fommes qui feront neceffaires peur
> dettes dudit fiur Patrice
Pacquiz des:
Murphym.
Ilnly.arien de limité dans cette foumiffion ; il ne
donc:
pas. de rembourfer le
s'agit
quarti de3 300,000: livres, mais géné-
: Libault, & à fes
Murphy, de:
premieres
9 favoir le fieur Deurbroucq les trois: quarts, & le fieur demandes; Michel
>> Laure quart des fommes qui feront neceffaires peur
> dettes dudit fiur Patrice
Pacquiz des:
Murphym.
Ilnly.arien de limité dans cette foumiffion ; il ne
donc:
pas. de rembourfer le
s'agit
quarti de3 300,000: livres, mais géné- --- Page 17 ---
(1;)
ralement le quart de toutes les dettes. Voila de
convenu, & cette déclaraticn
quoi on étoit
c'eft dans ce fens que doit s'entendre explique bien clairement que
26 Juillet ; fanscela, l'objet
le billet ou traité du
le] fieur Patrice
que l'on s'étoit propofé, d'arracher
de lui
Murphy aux pourfuites de fes
&
épargner la honte d'une faillite, feroit Créanciers,
s'il devoit refter des dettes au-déla de
manqué; puifque,
duffent pas être acquittées, il fe trouveroit 300,000 livres, qui ne
mêmes dangers, fe
toujours expofé aux
fon avoir,'hors d'état trouvant, par l'abandon abfolu de tout
d'y fatisfaire.
Quelque foit au refte le fens du billet du 26
peut être que très-indifférent
la
Juillet, > il ne
n'eft point ce
pour décifion de la Caufe. Ce
billet, ou fi l'on veut ce traité
entre les fieurs Deurbroucq
paffé uniquement
dans lequel le fieur Libault n'a' pere & Michel Murphy, &
confulter, c'eft la
point été partie, qu'il faut
donnée, &
procuration du 3 Août feule, qui lui a été
l'a
qui a réglé les conditions fur la foi
reçue. C'eft dans cette procuration
defquelles il
intention de fixer définitivement
que les Parties ont eu
leurs
d'après une vérification des affaires du fieur charges refpectives, ,
faite depuis le 26 Juiller, & fans
Patrice Murphy 2
traité, Auffi y ont-ils établi des claufes dépendre méme du prémier
que la folidité
toutes nouvelles, telles
obligations. Mais parfaite entre eux, pour l'exécution de leurs
Libault,
cette procuration ; qui feule fait la loi du fieur
portant une obligation indéfinie de
quart des dettes acquitrées, les Héritiers
rembourfer le
étroitement afftujettis à la remplir.
bénfieciaires font donc
Le fieur Michel Murphy le penfoit
28 Octobre 1788,
bien ainfi, lorfque le
fon
examinant, fur les livres du fieur
compte de geftion, érabli en débet &
Libault,
crédit, il a adopté
qui feule fait la loi du fieur
portant une obligation indéfinie de
quart des dettes acquitrées, les Héritiers
rembourfer le
étroitement afftujettis à la remplir.
bénfieciaires font donc
Le fieur Michel Murphy le penfoit
28 Octobre 1788,
bien ainfi, lorfque le
fon
examinant, fur les livres du fieur
compte de geftion, érabli en débet &
Libault,
crédit, il a adopté --- Page 18 ---
(16)
la folde de 457,255 livres3 fous 6 deniers, fur une vérification exaéte de tous les articles dont elle étoit formée,
qu'il a figné l'arrêté où il dit qu'il'la trouve jufte, & où il a
déclaré décharger, en conféquence, le fieur Libault de toute
autre reddition de compte jufqu'à ce jour..
Si d'après tous ces aêtes le fieur Murphy a foufcrit trois
billets montant enfemble à 135,791 livrés a 4 fols 6 deniers,
s'il l'a fait librement, fans qu'il ait été employé aucune rufe,
aucune tromperie, pour le furprendre & l'induire en erreur;
fans qu'on voie rien de ce qui entre dans la définition du dol
Calliditas, fatlacia, machinatio, ad circumveniendum fallendum,
decipiendum alterum adhibita. Comment donc a-t-on pu fe pré-.
valoir de la furprife & de l'erreur, pour fonder une demande
en refcifion?
Par cette difcuffion, les moyens. des Héritiers Murphy fe
trouvent réfutés d'avance. Cependant, pour. ne rien laiffer à
defirer, l'on va encore les reprendre, pour avoir occafion de
détruire fans reffource toutes les objections qu'on a pu faire.
1, Le traité du 26, Juillet 1782, où le fieur Michel Murphy
n'a dû s'engager que pour le quart de 300,000 livres, & non
pour le quart de toutes les dettes du fieur Patrice Murphy,
eft toujours le grand point d'appui des Héritiers. > pour prouver
quiln'a pas pu confentir des billets pour 135,791 liv. 4 fous
6 deniers, faifant le quart de ces dettes. Mais l'on. a fait voir
que les expreflions du traité n'étoient point limitatives, que
d'ailleurs ce n'étoit point ce traité qu'il falloit confidérer 5 que
la procuration du 3 Août, où l'obligation. de rembourfer
généralement le quart. des dettes étoit portée, faifoir feule la
loi refpe@tivement au fieur Libault.
Les Héritiers, pour échapperà cet argument fans replique,
fe
dettes. Mais l'on. a fait voir
que les expreflions du traité n'étoient point limitatives, que
d'ailleurs ce n'étoit point ce traité qu'il falloit confidérer 5 que
la procuration du 3 Août, où l'obligation. de rembourfer
généralement le quart. des dettes étoit portée, faifoir feule la
loi refpe@tivement au fieur Libault.
Les Héritiers, pour échapperà cet argument fans replique,
fe --- Page 19 ---
(17)
fe font arrêtésà ces dernierstermes de la claufe 9 qui contient
cette obligation indéfinie, ainf que lefdits feurs Deurbroucg &
Michel Murphy en font convenus particuliérement 5 ils les ont
en quelque forte ifolés. Ces termes, ont-ils dit, emportent le
même correétif que fi les Parties avoient répété mot pour mot
la déclaration annoncée dans l'aôte du 26 Juillet, de ne
s'obliger que jufqu'à la concurrence de 00,000 écus.
Ce raifonnement pourroit avoir quelque couleur, fi dans
la claufe il avoitété fait mention des 100,000 écus, ou même
de l'aête du 26 Juillet où ils font portés ; fans cela l'objection
n'eft qu'un fophifme, qui n'a même pas de quoi faire illufion.
Toutes les parties d'une claufe s'interpretent les unes par les
autres; celle qui la termine fe référe néceffairement aux parties
qui précédent, fil le contraire n'eft formellement exprimé, Cette
vérité eft pour le moins aufli certaine que celle qui s'applique à
différentes claufes d'un même aéte, & quieft contenue dans cette
régle de droit. Semper referur ad fpecificata claufula generalis.
L'on ne doit donc pas féparer cette difpofition finale
3 ainf
que lefdits fieurs.
en fonz convenus particulibrement ,
du reite de la claufe j & alors il devient évident
qu'elle ne
peut s'appliquer qu'à ce qui eft référé dans cette claufe. Ainfi,
lorfque les fieurs Deurbroucq & Michel Murphy fe font obligés
de fournir au fieur Libault, & à fes premieres demandes,
favoir le fieur Deurbroucq les trois quarts, & le fieur Michel
Murphy l'autre quart des fommes nécelfaires pour l'acquit des
deutes du fieur Patrice Murphy, en vue de lui éviter une faillite,
O1l ne peut jamais entendre, par ces derniers termes, uinfa
qu'ils en étoient convenus, fi ce n'eft que les Parties étoient
convenues précédemment de fournir, l'un les trois quarts, &
l'autre le quart des fommes néceffaires pour l'acquit des dettes
du fieur Patrice Murphy.
C
l'autre quart des fommes nécelfaires pour l'acquit des
deutes du fieur Patrice Murphy, en vue de lui éviter une faillite,
O1l ne peut jamais entendre, par ces derniers termes, uinfa
qu'ils en étoient convenus, fi ce n'eft que les Parties étoient
convenues précédemment de fournir, l'un les trois quarts, &
l'autre le quart des fommes néceffaires pour l'acquit des dettes
du fieur Patrice Murphy.
C --- Page 20 ---
(18)
Sicette explication eft vraie en général, elle
ment à l'égard du fieur Libault,
l'eft fpécialer
la procuration du
qui ne doit connoitre que
3 Août, où Fobligation du fieur Michel
Murphy 5 pour le quart des dettes, a été
l'aéte du 26. Juillet quilui eft
contra@tée, & non
& fur
étranger, oà il. n'a pas été
lequel on a gardé le plus profond filence dans Partie,
procuration. Ce filence, fur le contenu de l'aéte
cette
a dû lui faire croire
du 26 Juiller,
que ce n'eft pas de cet aéte que les fieurs
Deurbroucq & Murphy vouloient
lear
tenir, mais uniquement de
procuration ; qu'elle ne lui étoit donnée
regle de fon adminiftration, faire la loi
que pour être la
mettants, & en établir les condirions entre lui & fes comindépendante de toute
d'une maniere abfolue &c
2. o Les Héritiers
autre convention antérieure.
famille
le fieur bénéficiaires fe rabattent fur les dettes de
que
Libault a fait entrer dans la balance de
457,255 livres 3 fols 8 deniers, &
être exceptées de la contribution qu'ils prétendent avoir dû
Murphy s'étoit
à laquelle le feur Michel
obligé. Ce n'eft, objeétent-ils,
ces dettes devoient êre diftraites,
que parce que
parlé que d'un déficit de
que le fieur Patrice n'avoit
Juillet, &
les
300,000 livres, lors du. trairé du 26
que
fieurs Deurbroucq & Michel
s'étoient engagés
Murphy ne
d'ailleurs
que pour cette fomme. Ils n'avoient
cet engagement que pour arrêter les pourfuites pris des
Créanciers du fieur Patrice Murphy, &c
d'une faillite & d'un
prévenir la honte
il n'auroit
dépôt ; ce qui n'étoit pasà craindre,
eu d'autres Créanciers
quand
fiens.
que ceux de fa femme & les
Les Héritiers reconnoiffent donc au
raifonnement, devoir le
moins, par ce dernier
quart des dettes
lefquelles des Créanciers
étrangeres, pour
sapperçoivent
pourroient pourfuivre. Mais ils ne
pas,. qu'en donnant une pareille reconnoiffance,
la honte
il n'auroit
dépôt ; ce qui n'étoit pasà craindre,
eu d'autres Créanciers
quand
fiens.
que ceux de fa femme & les
Les Héritiers reconnoiffent donc au
raifonnement, devoir le
moins, par ce dernier
quart des dettes
lefquelles des Créanciers
étrangeres, pour
sapperçoivent
pourroient pourfuivre. Mais ils ne
pas,. qu'en donnant une pareille reconnoiffance, --- Page 21 ---
(19)
ils contredifent formellement leur premier
de
devoir que le quart de 300,000 livres, puifqu'il fylême, ne
trouver des dettes étrangeres
pourroit fe
Mais ce feroit
pour plus de 300,000 livres.
trop leur accorder que de s'arrêter à cette
réflexion. Il n'y a point eu de diftinétion entre ces dettes étrangeres & les detres de famille ; toutes ont été
foumifes àla contribution,
également
D'abord la déclaration du déficit, faite par le fieur Patrice
Murphy 2 lors du traité du 26 Juillet, n'eft point ce
doit
fixer l'attention, dès que ce traité n'eft pas le titre qui qui ait
obligé le fieur Michel Murphy vers le fieur Libault.
Quand cette déclaration d'ailleurs pourroit fournir
quelques
conféquences, 3 elles feroient plus contraires que favorables aux
Héritiers Murphy. Si on réfléchit, en effet, fur la
où
fe trouvoit alors le fieur Patrice Murphy, l'on pofition
verra
fa
perte ne devoit gueres être eftimée à environ
que
3 00,000 livres,
qu'en y. comprenant les dettes de famille. Il avoit droit de
compter fur des recouvrements confidérables, qui
alors certains, & qui l'euffent réduite à plus d'un paroiffoient tiers
deffous de cette fomme, à quoi ne montoient
auLe fieur Patrice Murphy avoit
pas ces dettes.
l'uneavec le feur Camyn, de
contracté deux Sociétés ;
Marfeille, & l'autre avec le fieur
Kirwan, des Cayes. Il avoit verfé 50,000 livres dans
deux Sociétés, & tout lui faifoit concevoir les plus
ces
efpérances d'en retirer le capital avec de gros bénéfices. grandes Cependant il n'en eft pas rentré un fol ; tout a été perdu, & à
M:rfeille & aux Cayes. Le fieur Kirwan, des
même une forte fomme, pour l'excédent des Cayes,réclame
la matiere d'une inftance. Le fieur Patrice pertes; ce qui fait
outre un fort intérêt dans le
Murphy avoit en
Navire, la Petite - Pofe, chargé
érances d'en retirer le capital avec de gros bénéfices. grandes Cependant il n'en eft pas rentré un fol ; tout a été perdu, & à
M:rfeille & aux Cayes. Le fieur Kirwan, des
même une forte fomme, pour l'excédent des Cayes,réclame
la matiere d'une inftance. Le fieur Patrice pertes; ce qui fait
outre un fort intérêt dans le
Murphy avoit en
Navire, la Petite - Pofe, chargé --- Page 22 ---
(20)
d'une riche cargaifon : il en étoit l'Armateur. Ce Navire. ,'après
avoir attendu long-temps à Rochefort un convoi, parce qu'on
étoit,
enfin fous l'efcorte de quelques
étoit en guerre 2
parti
étoit
vaiffeaux deguere,quiflavoient conduità Porto-Rico.Ily
reftéjufqu'a la paix, quilséroitrendua: Saint-Domingue. La cargaifon étoit, dans la majeure partie, en comeftibles qui fe font
girés. Il-ed harinl de plys une,grande quantité de Navires, qui,
leur concurrence ontal irept at tomber les marchandifes. Ces cirpar conftances ontopéré une perte au moinsde33,43 I liv. fur l'intérêt
feul du fieur Patrice Murphy. Une fpéculation quele fieur Patrice
Murphy: yavoitformée fur des fucres a été encore manquée. Enfin
diverfes créances, qui paroiffoient bonnes, ont été perdues
entiérement 5 on n'en a rien retiré: ce feul objet eft immenfe.
Après des efpérances fi bien fondées d'un côté, & des événements fi peu attendus de l'autre, eft-il donc bien difficile de
concevoir que le fieur Patrice Murphy n'eût pas même porté
fa perte à 300,000 livres, s'il n'avoit entendu y faire entrer
ce qu'il devoit à la famille Deurbroucq?
Au refte, tous ces raifonnements deviennent furperfus 7
d'après les actes; pour que les dettes de famille euffent été
exceptées, il falloit que l'exception eût été formellement exprimée, fur-tout dans la procuration du 3 Août 1782, qui
fait le titre du fieur Libault; & bien loin qu'elle faffe une
pareille exception, elle porte au contraire l'obligation la plus
générale d'acquitter les dettes du fieur Patrice Murphy ; ce qui
enveloppe les dettes de famille comme les autres.
Mais, dit-on, ce n'étoit que pour épargner au fieur Patrice
Murphy la honte d'une faillite, & le fouftraire aux pourfuites
de fes Créanciers; 8c ce motif étoit étranger aux parents, qui
ne l'auroient jamais mis dans le cas de faillir.
porte au contraire l'obligation la plus
générale d'acquitter les dettes du fieur Patrice Murphy ; ce qui
enveloppe les dettes de famille comme les autres.
Mais, dit-on, ce n'étoit que pour épargner au fieur Patrice
Murphy la honte d'une faillite, & le fouftraire aux pourfuites
de fes Créanciers; 8c ce motif étoit étranger aux parents, qui
ne l'auroient jamais mis dans le cas de faillir. --- Page 23 ---
( 21 )
On fait bien que, fans un pareil motif, les fieurs Deurbroucq
& Michel Murphy ne fe feroient pas chargés des dettes ;
mais ce n'eit jamais fur de fimples induétions, tirées du motif
qui a fait agir les Parties, & que chacun peut établir d'après
fon opinion particuliere, que l'on doit faire valoir des moyens
de dol & d'erreur, comme fuffifants pour refcinder des aêtes.
Il faut que ces moyens foient conftatés directement par des
claires & précifes. Dolum ex indiciis perfpicuis probari
preuves
convenit. L. VI. cod. De Dolo.
Cette maxime a une application d'autant plus certaine à
T'efpece préfente, que ces mêmes induétions, dont les Héritiers
peuvent fe retourner avec avantage contre l'exargumentent, qu'ils veulent accréditer. Cen'eft que parce que les fieurs
ception
& Michel Murphy ont voulu venir au fecours du
Deurbroucq
&c
de
qu'ils font
fieur Patrice Murphy,
l'empêcher dépofer,
de
toutes fes dettes, des trois
convenus entre eux
partager
Cette intention fe
quarts au quart, fans aucune reftriétion.
formanifefte principalement par le défaut d'avoir excepté
mellement les dettes de famille ; elles faifoient un objet affez
important pour ne pas mériter une ftipulation- expreffe. Si
cette ftipulation n'a pas été faite, c'eft une preuve qu'on a
entendu que toutes les dettes, fans aucune diftinétion, 2 feroient
commun@senticlesfegs) Deurbroucq & MichelMurphy dans
les proportions convenues. 'K Nous voulons prévenir le déshonfaillite de la part de notregendre & notre frere, il
> neurd'une
nous
fes dettes fur notre compte, 2 que
> faut que nous prenions
de maniere
lun en
5> les partagions fuivant nos facultés,
que
& l'autre les trois
>. On le demande,
* fupporte le quart
quarts
un partage ainfi motivé & réglé, donne-t-il une idée d'exclufion
d'aucunes dettes quelconques.
S'il en étoit ainfi, les proportions du partage ne feroient
ere, il
> neurd'une
nous
fes dettes fur notre compte, 2 que
> faut que nous prenions
de maniere
lun en
5> les partagions fuivant nos facultés,
que
& l'autre les trois
>. On le demande,
* fupporte le quart
quarts
un partage ainfi motivé & réglé, donne-t-il une idée d'exclufion
d'aucunes dettes quelconques.
S'il en étoit ainfi, les proportions du partage ne feroient --- Page 24 ---
(2 22 )
plus gardées, ili n'exifteroit plus tel quilavoit été arrêté,
les Héritiers Deurbroucg, outre les trois quarts des dettes puifque
feroient tenusd'acquirter, comme repréfentant leur
qu'ils
roient obligés de facrifier encore 80,000 livres d'avances pere,fe verau fieur Patrice Murphy, & pour lefquelles il avoit faites
fes billets, lorfque les Héritiers Murphy n'auroient à confenti
que le quart net des dettes étrangeres, fans faire fupporter
facrifice ; & ce qu'ily y a de non moins révoltant, il aucun faudroit autre de
plus que le fieur Chaurand , gendre du feu fieur
courût également rifque de perdre fa créance Deurbroucq,
qui provient d'un compte de commerce ouvert fur perfonnelle, les
ventes
pour
& achats de marchandifes, armement & livres, défarmement de navires, quoiqu'il n'ait paru dans aucun aête
en prendre T'engagement: vraifemblablement enfin on voudroit pour
étendre les mêmes conféquences au fieur Libault, parce
paru en fon nom pour fe remplir d'une fomme de 12,650 qu'il livres a.
13 fols, quoique cette créance foit plutôt celle du fieur
des Cayes, que la fienne.
Briere,
On dit que cette créance eft plutôt celle du fieur Briere
la fienne; & en effet le fieur Briere, avant que de s'embarquer que
pour Saint-Domingue, en 1781, avoit remis au fieur Libault
trois billets, fur le. fieur Patrice
Murphy 2 quilavoit endoffés;
il en avoit donné un bordereau comme fuir :
Billet de Patrice Murphy, du 22 OCtobre
1780, à cinq mois ; ci: . e e
e 4,225 liy.
Autre du même, du 12 Mars 1781,à fix
mois; ci: .
. e .
o . e - 4,176 18 1
Autre du même, du 2 Avril 1781, à fix
mois; ci: -
e e
4,218 154
TOTAL
12,6;0 liv.1sf
oit donné un bordereau comme fuir :
Billet de Patrice Murphy, du 22 OCtobre
1780, à cinq mois ; ci: . e e
e 4,225 liy.
Autre du même, du 12 Mars 1781,à fix
mois; ci: .
. e .
o . e - 4,176 18 1
Autre du même, du 2 Avril 1781, à fix
mois; ci: -
e e
4,218 154
TOTAL
12,6;0 liv.1sf --- Page 25 ---
2 23K
Vient enfuite le mandat en ces termes : K Je prie M. Libault dc
5 vouloir bien recevoir le montant des billets ci-delius 2 à leur
* échéance, où de les renouveller, ou d'en placer le montant
4 en billets à long terme, aux mains de perfonn.s folvables >
> approuvant d'avance, &c. >>
Il réfulte delà que les 12,650 livres 13 folsn'avoient jamais
ceffé d'appartenir au fieur Briere, & que le fieur Libault ne
les avoitreçuesque comme fondéd de procuration ; & néanmoins, 2
dans le fyftême des Héritiers, cette créance, appartenante au
fieur Briere, devroit encore être exclufe de la contribution des
trois quarts au quart, parce qu'il n'eft pas à croire que le fieur
Libault, laiffémaitre d'en difpofer, eût fait des pourfuites contre
le fieurl Patrice Murphy, qui l'euffent mis dans le cas de manquer.
Ainfi les Héritiers Daurbroucq, déjà viétimes de la bienfaifance
de leur pere, par l'acquit des trois quarts des dettes du fieur
Patrice Murphy, devroient encore l'être jufqu'à perdre leurs
créances particulieres. 2 & à envelopper, dansleur perte, ceux
dontils auroient eulesintérêts à conferver; tandis, on le répéte 9
que le fieur Michel Murphy 2 le propre frere de Patrice, en
eût été quitte pour le quart des dettes étrangeres. De pareilles
idées peuvent-elles fe concilier avec le partage des dettes fait
entre lui & le fieur Deurbroucq, dont l'efprit étoit fi évidemment d'obferver entre eux une égalité proportionnelle?
Mais fans qu'il foit befoin de raifonnement, il fuffit de
fuivre le fieur Murphy lui-même, & de confulter ce qu'il a
fait, pour s'appercevoir qu'il a été le premier à contredire une.
prétention fi, injufte. Dès le jour de la fignature de fon traité
avec le fieur Deurbroucq, il envoya chercher une partie
exigible de la fomme de 3,970,livres I2 fals 03 tguelooser fix deniers, qui
rui étoit due, &x à fa fociété avec le fieur Deurbrone, le fieur
, & de confulter ce qu'il a
fait, pour s'appercevoir qu'il a été le premier à contredire une.
prétention fi, injufte. Dès le jour de la fignature de fon traité
avec le fieur Deurbroucq, il envoya chercher une partie
exigible de la fomme de 3,970,livres I2 fals 03 tguelooser fix deniers, qui
rui étoit due, &x à fa fociété avec le fieur Deurbrone, le fieur --- Page 26 ---
(24)
Libaulty fat'sfit, & en a payé le refte aux échéances. Le fieur
Michel Murphy n'entendoit donc pas que les dettes de famille
duffent faire une claffe à part, car c'étoit la même raifon de
décider pour fes propres créances & celles du fieur
ne dira
On
Deurbroucq,
pas que ces paiements fe foient faits à l'infçu
du fieur Michel Murphy, puifque c'eft lui qui tenoit le livre de
caiffe de fa Maifon de Commerce ; que le fieur d'Haveloofe,
fon Affocié, foutient même qu'il s'eft trouvé un vuide confidérable dans cette caiffe, dont il veut le rendre refponfable.
In'y entroit, en un mot, & il n'en-fortoit aucuns deniers,
fans qu'il en eût connoiffance,
Ce qui s'eft: paffé à l'égard de la femme du fieur Patrice
Murphy, offre un autre fait non moins convaincant, Elle avoit
apporté en dot une fomme de 80,000 livres que le feur Deurbroucq, fon pere, avoit comptée; le fieur Patrice Murphy l'avoit
employée dans fon commerce : la reprife en étoit due à la dame
Murphy féparée de biens, fur les effets & fonds de fon
cette
&
reprife a eu lieu depuis l'aête du 3 Août 1782. mari; Par
un traité fous feing privé, paffé entre elle, d'une part, la dame
veuve Deurbroucq & le fieur Michel Murphy de l'autre, il
eft flipulé que ces deux derniers, lui abandonnent à valoir
aux 80,000 livres le quart de la maifon Durbé, eftimé
par
Experts 70,000 livres ; & pour l'excédent, qui ieft de 10,000 1.
le fieur Michel Murphy, ainfi que la dame veuve
donnent
Deurbroucq
ordre au fieur Libault de les compter fur les recouvrements & crédits de la liquidation ; ils le fignent, &c cet ordre
a été exécuté,
C'eft bien là, fans doute, une de ces dettes qui doit avoir
le caraétere le moins équivoque d'une dette de famille, &
le fieur Michel Murphy ne balance pas à confentir que le
fieur
ft de 10,000 1.
le fieur Michel Murphy, ainfi que la dame veuve
donnent
Deurbroucq
ordre au fieur Libault de les compter fur les recouvrements & crédits de la liquidation ; ils le fignent, &c cet ordre
a été exécuté,
C'eft bien là, fans doute, une de ces dettes qui doit avoir
le caraétere le moins équivoque d'une dette de famille, &
le fieur Michel Murphy ne balance pas à confentir que le
fieur --- Page 27 ---
C a 97
(25)
Libault l'acquitte. En confequence de la procuration
lui a
donnée, il en donne l'ordre, il le ligne, &c les Héritiers qu'il béné- -
ficiaires du fieur Michel Murphy foutiendront encore que les
4 J
dettes des Héritiers Deurbroucq, comme dettes de famille,
devoient être exceptées du traité, 2 que ce traité ne tomboit
que furles dettes étrangeres > tandis que cele de la femme
même, la plus intéreffée à fauver l'honneur de fon mari, ne
faire aucunes pourfuites qui puffent précipiter l'éclat d'une
faillite, auroit été dans le cas d'être acquittée! Encore fi par un
fentiment de commifération pour une femme & des enfants,
on s'étoit cru obligé de lui faire cette faveur; mais les Héritiers
bénéficiaires allurent eux-mêmes qu'il s'en falloit bien qu'elle
fit dans le befoin, puifqu'elle trouvoit, dans les fucceffions de
fes pere & mere, fon huitieme de plufieurs millions.
il n'eft perfonne qui ne foit révolté de tant d'inconféquences. Non,-
Enfin ce n'eft pas feulement en donnant ordre au fieur Libault
d'acquitter des dettesdefamille, que MichelMurphy a combattu
le fyftême de fes Héritiers , quill'adémenti, c'eft en examinant
les comptes du fieur Libault, établis en débit & crédit fur fes.
livres, & bien balancés;c'eft en vérifiant cette balance, réduite
dans un feul article, & tous les articles dont elle eft compofée,
& qui font, tant pour dettes étrangeres, que pour dettes de
famille; ; c'eft enl'approuvant & en déchargeant le fieur Libault:
de toute autre reddition de compte. Arrêté ladue balance
nous avonsvérifiée &c trouvé jufle..
déchargeons M. Libaule que:
de toute autre reddition de compte jufqu'a ce jour.
Les Héritiers conviennent que file fieur Libault avoit repréfentéun compte détaillé au fieur Michel Murphy, ,ils n'auroient
plus à fe plaindre ,. il feroit préfumé avoir contraété avec corD
rouvant & en déchargeant le fieur Libault:
de toute autre reddition de compte. Arrêté ladue balance
nous avonsvérifiée &c trouvé jufle..
déchargeons M. Libaule que:
de toute autre reddition de compte jufqu'a ce jour.
Les Héritiers conviennent que file fieur Libault avoit repréfentéun compte détaillé au fieur Michel Murphy, ,ils n'auroient
plus à fe plaindre ,. il feroit préfumé avoir contraété avec corD --- Page 28 ---
(26)
noiffance de caufe. Mais le voilà ce compte, il a étérepréfenté;
quel fujet de réclamation leur refte-t-il donc?
Pour faire difparoitre ces conféquences qui les accablent,
ils réuniffent ici tous leurs efforts pour écarter ces comptes.
L'on ne voit point, objeétent-ils, que le Geur Libault en ait
donné, au fieur Michel Murphy, qui fuffent en regle, qu'il ait
procuréles renfeignements qui convenoient, qu'il laitr repréfenté
les pieces au foutien. Le fieur Michei Murphy étoit un homme
facile & crédule, fans foin, fans attention pour fes affaires,
qui s'eft repolé aveuglément fur la bonne-foi du fieur Libault,
8i n'a pas pris foin d'approfondir fes opérations. Enfin l'arrêté
de compte qu'il a figné n'étoit qu'une approbation de la geftion
du fieur Libault, qui n'emportoit par elle-même aucune obligation. Il feroit peut-être difficile d'entaffer plus d'abfurdités à la
fois ; quels autres comptes pouvoit-on exiger du fieur Libault,
ceux qui font fur fes livres , comptes détaillés avec la plus
grande que exadtitude, & qui portent au crédit la folde de tous
les Créanciers, foit étrangers, foit de la famille, & au débit
tous les recouvrements, foit far les débiteurs, foit fur le produit
des marchandifes, & oû, du rapprochement de ces deux chapitres, réfulte une folde de 457,255 livres 3 fols 8 deniers,
au proft de la matfonDeurbroucq qui avoit fait les avances.
Pour rendre
opérations plus fenfibles, on fuppofe que
dans XHod gaguame aAians AM
y ait
600,000 livres elhas de différentes créancespcapibedes I & que,
2b dois,
Eagaas
la même fomme, une créance unique au profit
tiparus malguil y ait, pour
même, il s'enfuivra
c'eft
d'un feul ; le réfultat étant le
que
des fonds de cet unique Créancier que tous les autres auront
été payés. Si ce réfultat eft inégal, fi par exemple lorehapie loules
by anciinnes Cecanees font Jirp drues
Crcances
ibedes I & que,
2b dois,
Eagaas
la même fomme, une créance unique au profit
tiparus malguil y ait, pour
même, il s'enfuivra
c'eft
d'un feul ; le réfultat étant le
que
des fonds de cet unique Créancier que tous les autres auront
été payés. Si ce réfultat eft inégal, fi par exemple lorehapie loules
by anciinnes Cecanees font Jirp drues
Crcances CA Yavcan lerce nouseaw --- Page 29 ---
- )
Q0i7 )
sadéhit ne) balnee, pay eehi daacridtr, cette différence viendra
de ce que c'eft avec les fonds rentrés qu'une partie de ces
Créanciers aura été fatisfaite; mais l'efprit de l'opération n'en
fera pas moins le même, & voilà comme les comptes du fieur
Libault fe trouvent fur fes livres. Le fieur Michel Murphy l'a
vérifié ; il a rapproché l'article unique de 457,255 1. 3 fols,
des articles' détaillés dans les deux chapitres de crédit & de
débit, & compofés de dettes étrangeres &c de dettes dc famille.
Rien ne lui a été caché, tout a été mis fous fes yeux, non-feulement les livres, mais encoreles lettres,les billets acquités, &c.
& pour ne point fortir des opérations relatives à la famille
Deurbroucq, on lui a-fait voir tous les billetsdu fieur Patrice
Murphy, confentis à fon beau-pere, pour avances faites, &
que la dame veuve Deurbroucq avoit remis au fieur Libault
comme acquittés; : on le trouve référé à la page3 388 duJournal.
Le fieur Michel Murphy a attefté tous ces faits dans l'arrêté
de compte 5 il y a déclaré formellement qu'il les avoit vérifiés.
Arrétéladite balance que nous avonsvérifiée Gtrouvéj jufle. Comment
Ies Héritiers feroient-ils donc écoutés fur une allégation contraire, qui n'a pour tout fondement qu'un reproche injurieux
à la mémoire de leur pere, celui d'une négligence habituelle
dansfes affaires, & d'une crédulité aveugleapprochant de l'imbécillité?
Mais s'il pouvoit encore refter quelques foupçons fur les
comptes du fieur Libault & leur vérification, il y auroit un
moyen bien fimple de les difiper, ce feroit de compulfer
les livres, & le fieur Libault confent qu'ils le foient, fi les
Héritiers Fexigent 2 parce que ce fera pour lui un moyen de
plus de faire triompher fon innocence 2 & de mettre 7 dans'
un plus grand jour, l'exaétitude de fa geftion.
voit encore refter quelques foupçons fur les
comptes du fieur Libault & leur vérification, il y auroit un
moyen bien fimple de les difiper, ce feroit de compulfer
les livres, & le fieur Libault confent qu'ils le foient, fi les
Héritiers Fexigent 2 parce que ce fera pour lui un moyen de
plus de faire triompher fon innocence 2 & de mettre 7 dans'
un plus grand jour, l'exaétitude de fa geftion. --- Page 30 ---
(28 )
Le fieur Michel Murphy, difent fes Héritiers, n'a fait qu'apcette geftion, par fon arrêté de compte, fans conprouver
C'eft-là fans doute P'aveu le plus
traéter aucune obligation.
décifif que ces Héritiers puffent jamais donner contre euxmêmes.. Pourquoi le fieur Libault préfentoit-il fes comptes au
fieur Michel Murphy ? Pourquoi le fieur Michel Murphy les
examinoit-il, & en faifoit-ill'arrêté, fi ce n'eft parce que le fieur
Libault, de fon côté, étoit le Procureur fpécial du fieur Michel
Murphy; qu'en cette qualité il étoit tenu de l'inftruire de fon
adminiftration, & que le fieur Michel Murphy de l'autre
étoit en droit d'exiger ces comptes, que c'étoit à lui de les
examiner & de les approuver s'il les trouvoit juites, ou de les
Onn'a donc de part &x d'autre,
rejetter s'ils ne l'étoient pas.
agi
du
de la procuration
dans ces opérations, qu'en conféquence
Michel
Août 1783. Et delà cet argument : Puifque le fieur
3.
les comptes du fieur Libault après les
Murphy a approuvé
avoir vérifiés, il a donc reconnu que tous les recouvrements
& les paiements qu'il avoit faits, que tous les engagements
qu'il avoit pris étoient légitimes, que la fomme avancée par
la maifon Deurbroucq avoit été bien employée, qu'elle l'avoit
été au defir de la procuration du 3 Août 1782, Mais en reconnoiffant que cette (omme avoit été employée au defir de cette
c'étoit néceffairement fe reconnoitre obligé d'en
procuration,
étant refpe@tivement au
rembourfer. le quart, cette obligation
fieur Libault la claufe effentielle de cette procuration même.
Quand, à la fuite de ces reconnoiffances fi folemnells,le
fieur Michel Murphy a. donné fes billets. de 135791 livres
4 fols.6 deniers pour ce quart, quilles a conçus, pour valeur
dans le quart des paiements faits parle fieur Libault pour la liguidation des deuasdufaurMuphy ,Juivant la procuration. du3holt
fer. le quart, cette obligation
fieur Libault la claufe effentielle de cette procuration même.
Quand, à la fuite de ces reconnoiffances fi folemnells,le
fieur Michel Murphy a. donné fes billets. de 135791 livres
4 fols.6 deniers pour ce quart, quilles a conçus, pour valeur
dans le quart des paiements faits parle fieur Libault pour la liguidation des deuasdufaurMuphy ,Juivant la procuration. du3holt --- Page 31 ---
(29)
2783, peut-on encore entendre de fang-froid les Héritiers
foutenir que le fieur Michel Murphy les a donnés fans avoir eu
des inftruétions fuffifantes, fans qu'ils aient été ptécédés d'un
qu'il eft tombé dans l'erreur, qu'il a été furpris en
compte; s'obligeant pour le quart de toutes les dettes, qu'il ne doit que
le quart de 300,000 livres ; que fes billets enfin font l'équivalent d'un engagement exprimé de cette maniere: 4 Je promets
> de payer 135791 livres 4 fous 6 deniers, pour l'obligation
contractée d'en
livres >. Ce feroit bien
9 quej'ai
payer 75,000 l'imbécillité du fieur Michel
alors' qu'on devroit croire à
Murphy qui auroit foufcrit cette promeffe, & même à celle
du fieur Libault qui l'auroit reçue. Mais comme les Héritiers
n'ont pas encore porté les chofes jufqu'à fe faire un moyen
férieux de cette fituation d'efprit, ils permettront qu'on laiffe à
l'écart leurs idées chimériques, pour s'en tenir aux billets 5
dont la caufe eft exprimée fi énergiquement qu'ils peuvent
feuls faire titre fans, le fecours d'aucune autre piece , &
qu'auffi deuxJurifconfultes, qui méritentla confiance publique,
l'avoient- t-ils décidé ainfi, dès le principe 2 en prefcrivant
au fieur Libault de les faire valoir feuls.
On finit par la réfutation d'un fait que les Héritiers bénéficiaires n'ont avancé que pour aggraver encore les foupçons
fur le compte du fieur Libault. Rien ne prouve, difent-ils,
les livres du Gieur Patrice Murphy foient dans le même état
que pouvoient être lorfqu'il s'en eft regaifi ; il s'étoit obligé
qu'ils de les faire conftater par un inventaire, & il ne l'a pas fait
cet inventaire, il n'en repréfente aucun.
borner
fi dans
. Le fieur Libault pourroit fe
à répondre que,
le premier accord des fieurs Deurbroucq pere & Michel
Murphy,. il eft porté. que-les-livres &c papiers du fieur Patrice
ient dans le même état
que pouvoient être lorfqu'il s'en eft regaifi ; il s'étoit obligé
qu'ils de les faire conftater par un inventaire, & il ne l'a pas fait
cet inventaire, il n'en repréfente aucun.
borner
fi dans
. Le fieur Libault pourroit fe
à répondre que,
le premier accord des fieurs Deurbroucq pere & Michel
Murphy,. il eft porté. que-les-livres &c papiers du fieur Patrice --- Page 32 ---
(30)
Murphy feront conftatés par un
il n'en a
mention dans la procuration du inventaire;
pas été
qu'.In'y étoit point
3 Aoûr, qui feule fait fa loi,
affuijetti, & que. par conféquent
point de reproche à lui faire fi on avoit
iln'y auroit
malité,
négligé cette forMais le fieur Libault, en fe bornant à ce
craindroit qu'il reftât quelques
fur premier moyen,
eu un inventaire, il
nuages
fa défenfe ;
a
en
ily
muniquera même
notifiera copie par extrait, ille comen original, fi on l'exige. On ne
fuppofer qu'il ait été fait après
pourra pas
feu dame Deurbroucq,
coup, puifqu'il eft figné de la
Le fieur Libault
décédée ily a trois à quatre ans.
croit maintenant, avec la plus grande confiance, devoir être tranquille fur le fort des
ont été paffés à fon ordre par le feu fieur trois billets qui
Ils ont été le réfultat des obligations
Michel Murphy.
& qu'il avoit reconnues
qu'il avoit contraétées,
fentis
par une foule d'aétes; ils ont été
avec la plus entiere connnoiffance de
condonç être payés.
caufe, ils doivent
Mais ce qui le touche de plus près, eftle
qu'on a mis en ufage pour les faire
genre d'exception
les réduire. Le fieur Michel
tomber,ou du moins pour
Murphy n'a foufcrit ces biliets
parce qu'il a été induit en erreur par le fieur Libault que
trompé, qui lui a faufemene perfiadé le
, quil'a
étoit en arriere ; envers des Créancirs que fieur Patrice Murphy
dont ces mêmes billets
éirangers, de toute la Jomme
forment la quatrieme partie.
Pour réuflir plus furement, le fieur Libault s'eft bien
de garde de lui donner les éclairciffements
donné
lui fournir un compte détaillé
convenables, de
qui lui'eût fait connoître la diftinétion des dettes ; il lui a laipé ignorer que le quart des
fiur lefquels fon obligation pouvoit tomber,
crédits,
sy tfouvoit englobéavec
éirangers, de toute la Jomme
forment la quatrieme partie.
Pour réuflir plus furement, le fieur Libault s'eft bien
de garde de lui donner les éclairciffements
donné
lui fournir un compte détaillé
convenables, de
qui lui'eût fait connoître la diftinétion des dettes ; il lui a laipé ignorer que le quart des
fiur lefquels fon obligation pouvoit tomber,
crédits,
sy tfouvoit englobéavec --- Page 33 ---
(31)
ceux auxquels elle ne s'appliquoitpas. Dès 1:principe à
delageftion,
le fieur Libault s'étoit reffaifi desl livres du fieur PatriceMurphy,
Jans en faire conflater l'état par un inventaire. Onnepeut étre afuré
qu'ils foient les mêmes qu'ils étoient lorfqu'ils fortirent du catinet de
ce Négociant.
Il a abufé de la crédulité du fieur Michel Murphy, qui
fe repofoit fur luci, & de fon peu de foin & d'attention à fes
affaires, qui prétoit tant à la furprife 5 & c'eft fur ces moyens
qu'ont été prifes des lettres de reftitution en forme.
Le caraêtere de bonne-foi eft principalement ce qui doit
diftinguer un Négociant ; c'eft par-là fur-tout qu'il peut foutenir
fon crédit : il a conféquemment le plus grand intérêt à repouffer
tout ce qui peut y porter la plus légere atteinte. Et.quel coup
plus frappant peut-il éprouver que celui d'une inculpation de
dol & de fraude, configné dans un écrit, rendu public par
la voie de Timpreffion? Le fieur Libault, jaloux de conferver
la répuration intaôte dont il a joui jufqu'à préfent, & de foutenir
avec honneur le bon nom qui lui a été tranfmis, ne peut donc
tropfaire éclaterfa fenfibilité. Son premiermouvement avoit été
derendreplainte ; mais il a cru, à la réflexion, qu'en feréduifant
à demanderla fuppreflion du Mémoire, ou du moinsla radiation
des termes injurieux, ce feroit de fa part un trait de modération 2 qui ne pourroit manquer d'être accueilli.
On obfervera, avant que d'y conclure, que le fieur Libault
a ajouté à fa demande principale celle de 16,414 liv. II fols
5 deniers, 2 pour le quart de différents paiemens faits depuis les
biilets du premier Mai 178;. Les Héritiers prétendent, qu'a
l'appui de cette demande, le fieur Libault n'a aucun titre 2
pas même un titre vicieux. Mais c'eft vouloir tout contefter
contre la foi des titres même dont ils ont connoiflance. La
, avant que d'y conclure, que le fieur Libault
a ajouté à fa demande principale celle de 16,414 liv. II fols
5 deniers, 2 pour le quart de différents paiemens faits depuis les
biilets du premier Mai 178;. Les Héritiers prétendent, qu'a
l'appui de cette demande, le fieur Libault n'a aucun titre 2
pas même un titre vicieux. Mais c'eft vouloir tout contefter
contre la foi des titres même dont ils ont connoiflance. La --- Page 34 ---
(33-)
procuration du 3 Août 1782, où le fieur Libault
de faire la liquidation des dettes du fieur
s'eft chargé
de les acquitter, & oùr le fieur Michel Patrice Murphy, 9 &
d'en rembourfer le
n'a
Murphy s'eft obligé
quart,
jamais été
elle a fubfifté, Voilà le titre aux fins
révoquée; toujours
a payé; il a fourni le
de
duquel le fieur Libaule -
compre ces paiements, Au
ce compte, il a fait fignifier les reçus, & il offre de foutien de
muniquer, Il ne refte donc aucun
les comrembourfement il
précexte pour luirefifer fon
; veut bien feulement prévenir les
que, cette dette s'évanouiroir, qu'il leur reviendroit Héritiers
fomme, s'il parvénoit à
méme une
chaque,
faireacquitter deux contrats de; 30,000 1.
hypothéqués furla terre de la Sénéchalais, en SaintEtienne, confentis parle fieur Kirwanau fieur Patrice
& exigibles depuis long-temps. Le
Murphy,
fin de fa geftion
compte qu'il rendra à la
apprendra alors aux Héritiers ce
à retirer ou à payer; mais comme il n'eft
qu'ils auront
cette difcuffion, il n'en eft
moins fondé pas obligé d'attendre
à préfent le
de pas
à demander dès
paiement ce qu'il a débourfé, Il
confidéré :
requiert,ce
Qu'ilvous plaife, Meffieurs les Procureursdes Parties
à l'Audience, lui donner aête de fa déclaration
mandés:
préfènte pour réponfe à la Requête
d'employer la
bénéficiaires du fieur Michel
imprimée des Héritiers:
Murphy; &c vu les offres, de
communiquer toutes les pieces ci-deffus référées, & fon confentement même que fes livres. de Commerce
liquidation dont il a éré
2 relatifs à la
l'exige, fans
chargé, foient compulfés, fi on.
s'arrêter aux lettres de reftitution obtenues à la
Chancellerie le 15 Mars. 1788, & à la demande
ment qui a été formée, lui adjuger les fins & conclufions d'entérinequ'it
a
offres, de
communiquer toutes les pieces ci-deffus référées, & fon confentement même que fes livres. de Commerce
liquidation dont il a éré
2 relatifs à la
l'exige, fans
chargé, foient compulfés, fi on.
s'arrêter aux lettres de reftitution obtenues à la
Chancellerie le 15 Mars. 1788, & à la demande
ment qui a été formée, lui adjuger les fins & conclufions d'entérinequ'it
a --- Page 35 ---
(33)
a prifes par fa demande d'intervention dans l'inftance de bé.
néfice d'inventaire de la fucceffion du feu fieur MichelMurphy,
avec dépens. Et faifant droit dans fa. demande incidente, ordonner que la Requête imprimée des Héritiers bénéficiaires,
fignifiée le 30 Avril 1788,demeurera fupprimée au Greffe,ou
que dumoinslestermesinjurieux ci-deffus exprimés ferontrayés;
de tout quoi fera rapporté procès-verbal, par un Commiffaire,
& permettre enfin au Suppliant de faire imprimer & afficher la
Sentence qui interviendra, laquelle fera exécutée, 2 par provifion, aux termes de l'Ordonnance : décerner aête enfin au
Suppliant de fa réferve des droits de commiflion fut les paiements qu'il a faits en conféquence de la liquidation dont il
a été chargé, quoique ce foit néanmoins fur le quart de ces
paiements, qui regarde la fucceflion bénéficiaire, fauf à lui
d'en faire l'application au profit des Hôpitaux ou autrement.
Signe, LIBAULT, Partie.
M. HEULLIN DE LA MARTINAIS, Avocat.
M,* CLAVIER, 2 Procureur.
A N A NTES S,
2 Ploprimeria de BRUN ainé 5 feul Imprimeur- - Libraire ordinaire du Roi & de
la Chambre des Comptes, place Saint-Nicolan, --- Page 36 ---
E988
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