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Hobn Carter Broion
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The Gift of
The Associates of
The Yobn Carter Bromn Library --- Page 3 ---
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DE
M,TURC DE CASTELVEYRE,
ET DE
M. DOLIOULES --- Page 4 ---
C
T 1e 1 2
L TS 0Ta,0
- --- Page 5 ---
E L
O G à
E
S
DE
M. TURC DE CASTELVEYRE,
ET DE
M. DOLIOULES,
FONDATEURS des deux Hospices appelés Maisons
de Providence, au Cap-Français, Isle SaintDomingue ;
(
Par M. MOREAU DE SAINT-MERY,
Conseillerau Conseil-supérisurde Saint-Domingue,
Président des Electeurs de Paris au mois de Juillet
1789,e des Représentans de la Commune ; Député
de la Colonie de la Martinique à lAssemblés
Nationale; Citoyen de la ville de Saint-Malo;
des Académies de Rouen, la Rochelle, Orléans,
Marscile, Richemont en Virginie, Philadelphie;
des Musées de Paris, Bordeaux et Toulouse; de
la Socidiéd'dgriculure de Paris, etc. etc.
OUVRAGE qui a remporté le prix, au jugement
de la Société Royale des Sciences et Arts du
Cap-Français, au mois de Juillet 1790.
A PARIS,
De l'Imprimerie de G. A. ROCHETTE, rue Sainte
Jean-de-Bauvais, No, 37 & 38.
M, DCC. XC, --- Page 6 ---
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E LOG E
DE
M. TURC DE CASTELVEYRE:
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mge
sonll
LouIs TURC DE CASTELVETRE,
Fondateur de l'hospice charitable, nommé la
Providence des hommes S au Cap-Français, isie
Saint-Domingue, reçut le jour à Martigues,
petite, mais ancienne ville de Provence, à sept
lieues de Marseille (r) le 25 août 1687: Il fut
le troisième et le dernier enfant de Claudé
Turc, Viguier de la même ville, et de Marie
Bonnel. Ajoitons qu'il naquit Gentilhotime, 9
puisque les préjugés atrachés à ce titre, semblent ajouter encore au genre d'utilité que Castelveyre a choisi.
(1) C'étoit une colonic de Marseille, sous le nom de Marin
sima, parce qu'elle est bâtie sur le bord dela mer.C'estlap patrie
deGérard Tenque, ffondateur de P'ordre des Cheyalienehiospitadiors de SunrJas-dhJinuskes
A 3
Ajoitons qu'il naquit Gentilhotime, 9
puisque les préjugés atrachés à ce titre, semblent ajouter encore au genre d'utilité que Castelveyre a choisi.
(1) C'étoit une colonic de Marseille, sous le nom de Marin
sima, parce qu'elle est bâtie sur le bord dela mer.C'estlap patrie
deGérard Tenque, ffondateur de P'ordre des Cheyalienehiospitadiors de SunrJas-dhJinuskes
A 3 --- Page 8 ---
(6)
Son aieul, aussi Viguier de Martigues, cédant à des institutions désavouces
parla nature, 2
qui place. tous les enfans au même rang dans
le coeur paternel, avoit, choisi-lun-de ses fils
pour son-héritier, et réduit chacun'des deux
autres à une légitime d'environ 4,000 livres.
Cette aspece d'injustice qui frappa sur le père
de-Tarc, et les événemens
-
qui. détruisirent la
fortune qu'on devoit attendre de son P. union avec
Marie Bonnel,. rendirent très-médiocre le sort
de l'homme que nous avons à louer.
nOn lit dans une pièce revêtue dels sa signature, quilfu élevé dans de grands sentimens
de charitépour les pawrres,eiqu'il. s'étoit employé desi sa jeuresse a leur procurer tous les
soulagemens que ses facultés pouvoient lui.pere
mettre. Il paroit même que cette charité etoit
une vertu de sa famille. Bernard Turc, son
grand-oncle, s prêtre et prieur de Vernegues,
fit en mourant une. fondation pour marier ,
chaque année, deux pauvres filles du lieu,
Louis Turc, cousin germain de Castelveyre,
et chevalier servant dans l'ordre de. Malthe - 5
consacroit une partie de son revenu à secourir
Phôpital de Martigues, 2 qui lui est redevable
des lits de fer qu'on y voit encore.
Formé par de pareils exemples, prenant en --- Page 9 ---
(7)
suclque sorte avec l'accroiszement un gout plus
vif pour le bien, Castelveyre a dà ére,des sa
jeunesse,tel que nous venous de voir qu'il s'cst
peint lui-même.
Il est en cffet des êtres qu'un, penchant
irrésistible
vers la vertu. Ils la
Ret
que
porte
rent, ils la cherchent comme l'aliment de leur
ame. Heureuse destinée qui fait cependant
moins de jaloux que les faveurs de la fortune.
et les succès de l'ambition!
Les recherches les plus exactes n'ont PH nous
apprendre ce qui occupa Castelveyre jusques
vers sa trentieme année;mais lerestedesa vie est
assez précieux pour nous. suffire.
Presqu'au moment où il venoit de naitre en
Provence, M. Charron, créole du Canada, éter
blissoit à Ville-Marie, dans l'isle de Montréal
un hofpice pour recevoir les orphelins, les
estropiés, les infirmes etles vieiliards.
-
Ce citoyen estimable passa en France en
1716, pour solliciter une nouvelle grâce du
gouvernement : c'étoit d'accorder à son hospice des maîtres pour l'enseignement de la.jeunesse. Le législateur convaincu de T'influence
de l'éducation sur les moeurs publiques et prifées, et SIIr le bonheur focial, accueillit cette
demande ; et ce fut au moment ou M. Charron
1LE A
irmes etles vieiliards.
-
Ce citoyen estimable passa en France en
1716, pour solliciter une nouvelle grâce du
gouvernement : c'étoit d'accorder à son hospice des maîtres pour l'enseignement de la.jeunesse. Le législateur convaincu de T'influence
de l'éducation sur les moeurs publiques et prifées, et SIIr le bonheur focial, accueillit cette
demande ; et ce fut au moment ou M. Charron
1LE A --- Page 10 ---
(8)
cherchoit des inftituteurs
glorieux, des
dignes de ce titre
hommes propres à former des ci
toyens, qu'il connut Castelveyre.
Quand on est capable d'élever
comme celui de M. Charron,
un hospice, 2
avec orgueil le
lorlqu'on porte
nom et l'habit
et que l'un et l'autre
d'hospitalier,
la reconnoissance
inspirent le respect et
dans T'érendue d'une
contrée, on ne parle fans doute
vaste
devoirs sacrés qu'on s'est
soi-même des
espece de vénération, imposés, qu'avec une
et l'on doit
CG sentiment aux autres. Voila
commander
pression
strement l'imque produisoit M. Charron,
entretenoit du temple qu'il avoit élevé lorsqu'il
bienfaisance
à la
2 dans une terre ou
xépandu assez de maux,
T'Européen a
cher à
pour qu'il doive chery montrer quelques vertus. Qu'on
d'après cela ce qui dut se
juge
ron & Castelveyre,
passer entre Charlorsque des circonstances
que nous ignorons, les eurent réunis ! Ah!s sila
sympathie n'est pas une chymère, combien
éffer doit être vif
son
lager
quand c'est le desir de souPhumanité foible, malheureuse
frante qui la fait naire!
et souf
Ils partirent en 1719 pour le Canada ta]. Au mois de juin, sur la Adte du roi IE CHAMEAV, --- Page 11 ---
(9)
à
le voyage fut-il commencé, que
mais peine
mortellement atteint de la
M. Charron se sentit
l'enleva le 17 jour de la travermaladie qui
sée. Il fit un testament, non pas pour y déposer
les derniers regrets de T'orgucil expirant, mais
d'estime et
pour offrir de purs témoignages
seuls dons qui lui restassent. 9
d'attachement :
'il s'étoit dépouillé en faveur des pauvres.
puisqu'
étoit nommé pour la modique
Castelveyre y
destiné à
somme de dix pistoles, a mais il étoit
D
celui dela conrecueillir un legs plus précieux,
déterfiance de M. Charron. Cette confiance
mina celle des administrateurs et de l'évèque
choisirent (:) Castelveyre pour
du Canada, qui
succéder à M. Charron, en qualité de supéricur
de la Croix de Saint-Joseph a
des Hospitaliers
sous le nom de Frère Chrétien 2 qu'il adopta
à lui rappeller sans cesse, les
comme propre
rendoit si néqualités que son nouvel emploi
cessaires.
Ainsi celui dont la vocation étoit d'aimer E et
de soulager les pauvres., les infortunés, eut
devoir continuel d'adoucir et leurs maux
pour leurs misères. Heureux si son zèle trop ardent
et
les
d'être utile
ne l'eût pas trompé sur
moyens
V
E1 Le19's septembre 1712,
à lui rappeller sans cesse, les
comme propre
rendoit si néqualités que son nouvel emploi
cessaires.
Ainsi celui dont la vocation étoit d'aimer E et
de soulager les pauvres., les infortunés, eut
devoir continuel d'adoucir et leurs maux
pour leurs misères. Heureux si son zèle trop ardent
et
les
d'être utile
ne l'eût pas trompé sur
moyens
V
E1 Le19's septembre 1712, --- Page 12 ---
(:o)
à Thospice dont il étoit devenu le chef,
eût trouvé dans son
ou s'il,
,
esprit autant de ressources
que dans son caur!
Castelveyre avoit déjà rempli depuis
ans la place de supérieur d'une
deux
manière digne
d'éloge, quand sa communauté crut utile
intérêts de T'hospice de
aux
et de le
l'envoyer en France,
charger de soins qui auroient
des talens exercés dans le
exigé
commerce
vOIt cependant
(1). Iln'ajamais eu l'occasion de les acquérir ; et peut-être même étoient-ils de
à lui demeurer
nature
titude
toujours étrangers par son
pour les affaires de ce genre, Une bonne inapfoi excessive étoit la source de ce
mable sans doute, mais bien
défaut, estiqu'il livre l'homme de bien à dangereux, la
puisceux
merci de tous
qui se font
I.
une étude de ne le pas imiter.
Le frere Chrétien arrive à la Rochelle,
qui avoit, à cette époque,
port
ment
presque exclusive3 toutes les relations du Canada ; il
forme des liaisons
y
a
d'intérêt. Nouvel
if
va dans plusieurs villes du
apôtre,
ment dans la
royaume, 2 et notam-
-
capirale ; on voit même par un
article de ses
comptes, qu'il voyageoit à pied
[IJ Les pouvoirs de cette
t72r,
ap
communauté sont du 22 septombre --- Page 13 ---
(Ir)
s'élève à peine à plus d'us
puisque sa dépense
de
lieue.. Par- tout il vante l'hospice
sou par
échauffe, il
et repart
Montréal, il
persuade,
(1), avec des instituteurs et avec des
en 1722
établir des manufactures.
ouvriers pour
succès
Ce premier voyage: fait avec quelque
le frère. Chrétien
en fit desirer un autre, que
effcâua à la fin de la mème année (2). Ce
son crédit, mais il ne sut pas
retour augmenta.
défendre d'une foule de spéculations qu'il
se
étoit facile de lui présenter sous un coup-d'ail
et auxquelles il se livra en 1723,
avantageux,
il
à la déet en 1724- D'un autre côté, ajouta
de la maison de Ville-Marie, celle d'un
pense. Séminaire à la Rochelle (3), destiné à fournir
des instituteurs aux enfans: Canadiens.
Cependant ceux qui lui avoient vendu ou
commencorent à murmurer. Peu s'en
prèté,
[) Au mois de juin. 3 sur la Aâte du roi le chameau,
[2] La houvelle procuration qui fut donnée au frere Chrétien
est du 3. octobre 1722. A 3e
3 M. Pévèque -
de la
(3) Ce séminaire se forma d'une maison cû Patilité de cette
Rochelle avoit établi des maîtres d'école lunion pour de- la maison
ville, M.lévéque de Quebec avoitadoptà
l'approude Ville-Marie àcelle de la Rochelle 5 les hospitaliers mais cette
verent mêmre : suivant un acte du 22 octobre 17245
de soutenir! les dépenses qu'clle
union.dura peu parl'impuissance
pccasionnoit aux hospitaliers,
) Ce séminaire se forma d'une maison cû Patilité de cette
Rochelle avoit établi des maîtres d'école lunion pour de- la maison
ville, M.lévéque de Quebec avoitadoptà
l'approude Ville-Marie àcelle de la Rochelle 5 les hospitaliers mais cette
verent mêmre : suivant un acte du 22 octobre 17245
de soutenir! les dépenses qu'clle
union.dura peu parl'impuissance
pccasionnoit aux hospitaliers, --- Page 14 ---
(r)
fallut même que sa liberté ne fût
à la Rochelle,
compromise
par Timpatience d'un
Mais sa conduite étoit si franche, créancier.
publiques
ses vertussi
2 qu'on n'osa pas le traiter comme
coupable de retards, dont sa délicatesse
même avoit tant à souffrir.
elle1 L'année 1725
arriva, et le frère Chrètiea
étoit chaigé de dettes. Le desirde lcs
plus
acquitter
promptement, et l'espoir d'y parvenir, le
déterminèrent à passer à
#1 vouloit établir
Sain-Domingue, oùr
un commerce des
de la brasserie de
pécheries et
T'hospice de Montréal.
A peine débarqué à Léogane,
trainé par son véritable
toujours enChrétien,
penchant 2 le frère
abandonne ses idées
se livre tout entier à celle de fonder Jlucratives, et
ville
dans cette
unasyle pour les pauvres. Le préfet-apostolique (1) de la mission des Jacobins,
chez
lesquels son habit religieux lui avoit fait
ver Thospitalité, l'affermissant
troua
dans ce dessein,
commença l'établissement d'un
eut pour base la bienfaisance
hospice qui
lons. Le frère
de plusieurs co:
Chrétien vouloit unir; par la charitéle. Canada, la France &
Livré à ce plan si propre à séduire, Saint-Domingue: il
ne senEIJ Le pere Vagaal, --- Page 15 ---
(13)
toit pas que le seul amour du bien, quelque
ardent qu'il puisse être, ne suffit pas toujours
pour assurer les succès.
Ses créanciers lassés d'attendre se plaignirent
et en France, et en Canada. Les hospitaliers
eux - mêmes l'accusèrent hautement d'imprudence. Tantde clameurs élevées à la fois, portèrent le ministre de la marine (:) à écrire att
gouverneur de Saint - Domingue d'avertir le
frère Chrétien de repasser en Canada, ou de
l'y envoyer s'il ne s'y prêtoit pas volontairement.
On ne sait pourquoi le frère Chrétien avoit
déplu à ce gouverneur (2), qui ne lui avoit
jamais montré qu'un éloignement mêlé de défiance. Prévenu par des avis particuliers et
allarmans, que le ministère cherchoit à attaquer
sa liberté, il eut la foiblesse de fuir, privé de
soutes ressources, dans la partie Espagnole de
cette colonie.
Ilyp passa trois années en proie au chagrin et
à la misère ; mais instruit qu'on lui imputoit en
Canada la mauvaise foi la plus déshonorante,
il revint dans la partie Française, résolu de
(I) Le 19 mars 1726.[M.le comte de Maurepas.)
(2) M,le chevalier dela Rochalar.
sa liberté, il eut la foiblesse de fuir, privé de
soutes ressources, dans la partie Espagnole de
cette colonie.
Ilyp passa trois années en proie au chagrin et
à la misère ; mais instruit qu'on lui imputoit en
Canada la mauvaise foi la plus déshonorante,
il revint dans la partie Française, résolu de
(I) Le 19 mars 1726.[M.le comte de Maurepas.)
(2) M,le chevalier dela Rochalar. --- Page 16 ---
(14)
t'embarquer pour alier à Quebec. Il y eut à
peine paru qu'il fut arrêté (1)parles ordres du
gouverneur (2), et conduir comme un criminel à bord d'un vaisseau (3), d'ou il futtransféré, en arrivant dans la rade de l'isle d'Aix,
sur un autre vaisseau (4), qui le porta au Canada.
Il trouva à combattre dans cette colonie, et
Ia prévention que sa conduite inconsidérée sembloit excuser, et les moyens que la chicaneinspiroit à ses adversaires, qui hardis à l'accuser,
tandis qu'il étoit absent, espéroient du moins
lassér sa patience, lorsque son retour imprévu
les avoit déconcertés. Mais le frère Chrétien
avoit senti sa probité blessée, etil ne lui fallut
pasd'autre excitateur. Enfin un jugement,1 longtems desiré, puisqu'il ne fut rendu que le 22
avril 1735, condamna les frères hospitaliers à
lui rembourser une somme, qui réunie à celles
qu'ilavoit dgubu-dondaienctonstan, suffit
pour l'acquitter de tous ses
engagemens
envers
eux. Telle fut mémo limpression que produi-
(:) Au Fort-Dauplin.
(2). M.le chevalier de la Rochalar.
(3) Commandé, par M. de Macnemara.
(4) Au mois dej juillet1728,surl la fite du roile Profond,com
mandée par M.le comte Desgouttes,
réunie à celles
qu'ilavoit dgubu-dondaienctonstan, suffit
pour l'acquitter de tous ses
engagemens
envers
eux. Telle fut mémo limpression que produi-
(:) Au Fort-Dauplin.
(2). M.le chevalier de la Rochalar.
(3) Commandé, par M. de Macnemara.
(4) Au mois dej juillet1728,surl la fite du roile Profond,com
mandée par M.le comte Desgouttes, --- Page 17 ---
(:5)
sirent sur les juges et les vertus et l'infortune
du frère Chrétien, qu'ils luiadjugèrent 500 liv.
poursubvenir: aux besoins les plus impérieux s et
dont il étoit accablé (r).
C'est une situation vraiment touchante que
celle d'un homme qui n'ayant d'autre pensée
(1) Sur la demande des créanciers du frère Chrétien, M. Hocquart, intendant du Canada, rendit une ordonnance le 3 Décembre 1729 , par laquelle il s'évoqua la connoissance des contes-.
tations subsistantes entre lui et ses créanciers, et en renvoya la
décision au procureur- général du conseil-supérieur de Québec,
pour y pourvoir sommairement.
L Le 27juin 1730, le frère Chrétien abandonna à ses créanciers. s
I°, ce qui pouvoit lui être dû par le sieur Bercy, négociant a
Québec, quiavoit étéson agent dansleropérations de commerce,
et par les frères hospitaliers; 2°. ce qu'il avoit entre les mains
des frères des écoles de la Rochelle; et 3°. environ 7,000 livres
gu'il avoit laissées à M. Canelée, marchand à Léogane.
Le23 janvier 1731, un arrêt du conseil d'état évoqua toutesles
contestations entre le frère Chrétien, ses créanciers, les hospitaliers ct M. Bercy-, et les renvoya pardevant le gouverneurgénéral, lintendant etle procureur général du Canada, pour y.
statuer en dernierressort.
Ilrésulte du Jugement du 22 avril 1735, que le frère Chrétien
fut reconnu créancier de l'hospice de Montréal, de 24,940 livres
Io sols 9 den. qui portèrent à 61,000 liv.P'abandon qu'ilavoit fait
a ses créanciers, somme plus qu'égale à ses engagemens, quimonteient a 59,358 liv. 9 S.4 d.
Toutes les parties de ce jugement renferment des hommages
rendus à la probité rigourcuso, et sur-tout au désintéressement
du frère Chrétien.
ancier de l'hospice de Montréal, de 24,940 livres
Io sols 9 den. qui portèrent à 61,000 liv.P'abandon qu'ilavoit fait
a ses créanciers, somme plus qu'égale à ses engagemens, quimonteient a 59,358 liv. 9 S.4 d.
Toutes les parties de ce jugement renferment des hommages
rendus à la probité rigourcuso, et sur-tout au désintéressement
du frère Chrétien. --- Page 18 ---
(16)
qué celle d'être utile, d'autre passion que celle
du bien, se trouve réduit à la plus affreuse
indigence,après dix-huit années de travaux, de
soins, de dangers et d'une espèce de persécution!
Combien d'autres y auroient succombé ! Mais
le frère Chrétien a sa conscience, et ce courage
que les malheurs semblenta accroître encore chez
les êtres vertueux.'
Dans cet état de détresse, il jette un regard
sur Ssint-Domingue, et l'espérance renaît dans
son coeur, Il prend la résolution de quitter le
Canada, non sans regret, non sans en inspirer
lui-même aux hommes estimables de cette contrée, célèbre par le courage et plusi encore par
le patriotisme de ses habitans, qui leur a fait
préférer l'exil et la pauvreté, à la nécèssité de
se soumettre au joug de l'Angleterre.
Le fréie Chrétien ne va point à Léogane ,
où tout lui retraceroit des Souvenirs douloureux ; mais au Cap, où un charme secret l'attiroit.
C'est ici que commence, en quelque sorte,
une existence nouvelle pour celui qui veut être
connu désormais à Saint - Domingue, sous le
nom de Turc de Castelveyre, et même communément sous celui de Casiplyeyre seul, tiré d'un
canton --- Page 19 ---
(17)
canton de Saint-Mitre, lieu de son origine maternelle.
Débarqué au Cap en 1735, les enfans devinrent les premiers objets de ses soins. C'est
un malheur attaché à la paternité, dans la plupart de nos colonies 9 que la nécessité de se
séparer desc objets de la tendresse la plus vive
pour les envoyer à travers les périls de la mer, e
chercher en Europe une éducation
2 qui mal
dirigée, ou peu surveillée, ne répond pas toujours à l'espoir des parens. Mais un malheur
plus grand encore, c'est l'impuissance ou ceuxci ne se trouvent que trop souvent de subvenir aux dépenses de cette éducation, et quiles
force à garder leurs enfans dans des lieux où
tout, enseignement leur
-
manque.
a Castelveyre se consacra donci.donner à ceux
du Cap, ces notions premières, que les
grès de l'esprit humain font en
proquelque sorte
compter pour rien, quoiqu'elles soient au
de ses plus belles conceptions
rang
, puisqu'elles enseignent à voir , à saisir et à transmettre les
idécs en leur donnant un corps. A ces leçons
simples, il mêloir celles d'une morale
les
vicissitudes avoient
que
épurée, et qui étoit propre
a élever l'ame de ses jeunes disciples
jusqu'à
B
ès de l'esprit humain font en
proquelque sorte
compter pour rien, quoiqu'elles soient au
de ses plus belles conceptions
rang
, puisqu'elles enseignent à voir , à saisir et à transmettre les
idécs en leur donnant un corps. A ces leçons
simples, il mêloir celles d'une morale
les
vicissitudes avoient
que
épurée, et qui étoit propre
a élever l'ame de ses jeunes disciples
jusqu'à
B --- Page 20 ---
(i8) )
l'amour des vérités pratiques qui rendent T'homme citoyen etami de la vertu.
Mais cette ceuvre laborieuse et méritoire ne
Tempêche pas de remarquer que des personnes
infirmes, que celles nouvellement arrivées d'Europe errent de tout côté privées de secours. Ce
spectacle touchant lui inspire l'idée d'allier un
nouveau devoir à ceux qu'il s'étoit
ét déjà il ouvre un asyle aux malleureux imposés 2
dans
sa propre maison.
LesJéfaites alors missionnaires de la partie du
nord de Saint -
Domingue, ne furent pas les
témoins indifférens d'un zèle aussi
Ils l'excitèrent au contraire
les généreux.
les aumônes. Ce
par
éloges, par
sentiment approbateur se
pagea, et Castelveyre trouva plusieurs
prodans le nombre
colons,
desquels On peut citer MM. Prost
et, Dubuisson, négocians du Cap-Français, qui
seconderent ses vues. L'ardeur de Castelveyre
s'accrur avec ses ressources, Il avoit roujours
entr'autresi infortunés, des orphelins, des enfans
privés de tour appui; et les: conduisant
la
main chez ceux dont ail alloit solliciter la par bienfaisance, il leur montroit ainsi dans ces objets
touchans et si chers à sa sollicitude
gu'il faisoit des fruits de la charité
l'emploi
publique.
Castelveyre parvint même à acquérir deux --- Page 21 ---
(19)
terreins dans la ville du Cap, et MM. de Lare
nage & Maillart, ces deux chefs que les colons
de Saint-Domingue ne nomment qu'avec un'
sentiment de reconnoissance, crurent digne du
souverain qu'ils savoient faire aimer à une aussi
grande distance, de lui en concéder un troisième. L'ambition du bien public s'accràr encore dans les coopérateurs de Castelveyre. L'ordonnateur de la marine (1) et le procureurs
général du conseil-supérieur du Cap (2), auxquels il avoir annoncé un projet plus vaste, l'engagèrent à acquérir une petite habitation (que
l'agrandissemeut de la ville a fait entrer depuis
dans son enceinte,) et les membres de ce conseil-supérieur fournirent la somme qui manquoit
pour cet achat (3). Castelveyre se trouva donc
à même de soulager un plus grand nombre de
malheureux, qui, sans lui, sans son exemple,
n'auroient peut-être jamais rien obtenu.
Ces succès mulipliés et rapides puisque cinq
ans avoient sufi pour les réaliser, renouvellèrent dans sa pênsée le souvenir de ce
lui
qui
[1] M. le Normand de Mézy, depuis adjoint au
marine en 1758, et existant a Paris en 1790,
ministère de la
(2) M. Juchereau de Saint-Denis.
(311 Leur cotisation se monsa à 14,800 liv,
B 2
uroient peut-être jamais rien obtenu.
Ces succès mulipliés et rapides puisque cinq
ans avoient sufi pour les réaliser, renouvellèrent dans sa pênsée le souvenir de ce
lui
qui
[1] M. le Normand de Mézy, depuis adjoint au
marine en 1758, et existant a Paris en 1790,
ministère de la
(2) M. Juchereau de Saint-Denis.
(311 Leur cotisation se monsa à 14,800 liv,
B 2 --- Page 22 ---
(20)
Canada. llalloitavoir dés affaires
étoit artivé en
de biens à suivrejet:
adiriger, une administration
d'un perfide
chassant loin de lui les insinnations
il mit le sien à avouer quiln'éamour-propre, de soins de ce genre. En contoit pas capable de s'en dépouiller et de conséquence il arrête
ne
fier à des mains plus habiles ce qu'il
regar- Il
comme le patrimoine des pauvres.
doit que
espèce de droit, 2 si T'on
ne se réserve qu'une celui d'en indiquer la des-,
peut T'appeller ainsi,
tination particulière.
qu'il présenta aul con-
: Ce fut dans cet.esprit
une reseil du Cap,le 12 Novembre 1740, avoit eu,
où après aveir exposé ce qu'al
quête,
de faire, il déclare eabandonner tout
le bonheur
former, un érablissementr
ce qu'il possède pour
les vieillards, les:
ou l'on recevra les enfans:,
hommes quis
infirmes, les incurables., et les
et:
de Francesse - trouvent sans asyle
arrivant
Cetacte qui imprime la vésans secours (1).
vertu commune san S
nération,.n'et pas: d'une
a'un autre >i quil
doute, maisal est accompagné
le rend plus éclatant encore.
de biens dontil
Castelveyre en se dépouillant
en revouloit se croire que le dépositaire,
ne
des Colonics frangsiser de
Cl Voyez les Loix et Constitutions 641.
*àmétique sous le Vent, tome 3, page
a --- Page 23 ---
(2r)
nonçant à la faculté d'en appliquer lui-même
les produits pour l'exécution de ce qu'il avoit
institué, montroit une défiance de soi digne de
louange, mais à cette abdication il joint un véritable sacrifice ; son intention, ajoute-t-il, est
de se consacrer le reste de sa vie à cet établissement, sans autre récompense que le plaisir de
pouvoir être de quelque utilité. Ces expressions
simples annoncent assez qu'il ne trouve pas
pénible l'engagement sacréqu'il prend avecles
malheureux
c'est presque à titre de
9 puisque
grace qu'il implore d'être compté parmi ceux
qu'il appelle dans le temple de la pitié. Mais
il faut un nom à T'hospice offert presque toutà-coup, aux indigens, aux foibles 2 aux souf- 4
frans; Castelveyre lui donne celui de Providence : mot sublime & touchant; destiné à rappeler à l'homme qu'une puissance consolaurice
veille sans cesse sur lui.
Convaincu qu'il doit désormais l'exemple à
tous ceux auxquelsils'est associé après les avoir
adoptés, Castelveyre prend l'uniforme grossier
de son nouvel état; son unique distinction est
d'être choisi pour Hospitalier (1), c'est-à-dire 2
(:3 Il est nommé à ce titre par atrêt du conseil-supérieur du
Cap,du 8 mars 1741. Voyez Loix et Constitutions des Colonies
françaises del PAmérique sous lc Vent, tome 3,1 P. 659.
B 3
emple à
tous ceux auxquelsils'est associé après les avoir
adoptés, Castelveyre prend l'uniforme grossier
de son nouvel état; son unique distinction est
d'être choisi pour Hospitalier (1), c'est-à-dire 2
(:3 Il est nommé à ce titre par atrêt du conseil-supérieur du
Cap,du 8 mars 1741. Voyez Loix et Constitutions des Colonies
françaises del PAmérique sous lc Vent, tome 3,1 P. 659.
B 3 --- Page 24 ---
(22)
d'être chargé de devoirs
utiles. Il vit et
multipliés et plus
mange avec les pauvres. Il les
soigne, les panse, les
encourage et les console.
Il-va sur le rivage attendre
aité, la misère,
ceux que la curio9 Timprudence, des motifs
peut-être amènent
graves
dans
d'Europe, et il les conduit
un séjour où Thospitalité
du moins, SI elle ne
est touchante 9
Il cherche
peur encore être généreuse.
avec empressement des
des emplois,
occupations,
pour ceux qu'il a recueillis
coeur est par-tout, il échauffe
; son
analogues.
ceux quilui sont
Un talent
remarquable de
le plus difficile
Castelveyre, et
peut-être $ étoit d'attirer à lui
quelques individus d'une classe
jugés ne garantissent
que ses préjuhorreurs du
pas de l'infortune et des
besoin. Et quelle leçon
suasive que l'exemple !
plus pernoblesse de
Castelveyre cachant la
ses aieux sous un habit de bure
et montrant qu'il est une noblesse réelle fon- 2
dée sur les vertus, étoit bien fait
ler lorgueil. Aussi
pour consode la
pendant qu'il fut hospitalier
Providence, il inspira à
sonnes d'une naissance
plusieurs perdistinguée le
d'y entrer, sinon sans douleur, du
courage
honte.
moins sans
Quant au caractère de
Castelveyre 5 il peut --- Page 25 ---
(2s)
se peindre d'un trait. Il avoit rempli ane partie
du terrein de la Providence d'arbres fruitiers, 1
Vous serez volé, lui disoit-on. Ah! répondit-il,
j'en planterai tant 3 qu'il y en aura méme pour
les yoleurs,
Un homme aussi recommandable ne fut cependant pas à l'abri de la calomnie, qui l'accusa
d'avoirvoulasapproprier une esclave, erd'avoir
eu avec elle un commerce illégitime. (r) Il
eut moins de peine à dévoiler une trame ourdie
parla méchancetée, qu'à arrêter l'indignation
des juges qui vouloient punir avec éelat T'outrage fait à ses mceurs et à sa probité.
Aux jours principaux de l'année, des habitans riches envoyoient à la Providence et des
C'étoient des
provisions et desrafakchisemens.
jours de fête pour Castelveyre, parce qu'ils
[13 Un blanc employé au service de la Providence , ayant éte
renvoyé pourinconduite,i1 en détourna une négresse, nommée
Marguerite. Piqué de ce que Castelveyre i'avoit fait chercher
avec succès, il excita une vieille femme de couleur [la veuve le
Clerc] réclamer Margucrite comme sa propre esclave. La fugisive parla lel langage qu'on lui aveit dicté, etsoutint même qu'un
jeune mulâtre étoitle fruit des foiblessesde Castelveyre pour elle.
Mais la véritable mère du mulitreJcah-Pieste se présenta, ct ls
ealamnie fut manifestéc.
B 4
de ce que Castelveyre i'avoit fait chercher
avec succès, il excita une vieille femme de couleur [la veuve le
Clerc] réclamer Margucrite comme sa propre esclave. La fugisive parla lel langage qu'on lui aveit dicté, etsoutint même qu'un
jeune mulâtre étoitle fruit des foiblessesde Castelveyre pour elle.
Mais la véritable mère du mulitreJcah-Pieste se présenta, ct ls
ealamnie fut manifestéc.
B 4 --- Page 26 ---
(24)
adouciscienilesordesr malheureux
de sa joie.
qu'il égayoit .
Les chefs de la colonie alloient
visiter la Providence. Nous
quelquefois
forma sous
avons dit qu'elle se
T'administration de MM.
et Maillard,qui sembloient avoir
Larnage
les vertus dans
fécondé toutes
ce climat lointain
fuence des leurs étoit
9 tant l'in-
:
grande sur la félicité
blique. Les éloges de ces chefs
puvel aiguillon
étoient un. noupour Castelveyre,
Enfin ne se démentant jamais,
dans le bien, si cette
opinitre
expression est permise, il
accomplit le vGu qu'ilavoit formé de
le reste de' ses jours à la Providence, consacrer
l'enleva le 2I
où la mort
Cet
mars 1755, dans sa 67 année.
age permettoit d'espérer encore de lui des
secours précicux, SI sa vie active et
si les chagrins qu'il avoit
laborieuse,
n'avoient
éprouvés en Canada,
pas altéré sa constitution
Il
rut avec le calme
(t). mouque donne le
d'une conscience
témoignage
exempte de remords. Ori lui
accorda une pompe funèbre qui honora
son cercueil que les larmes du
moins
peuple, et sur-
[I] Castelveyre étoit un homme de cinq
gros, un peu voûté, les épaules fortes, le piçds quatre pouces,
zanongoit. la douceur ctla bonté,
nez épaté, Sa fgure --- Page 27 ---
(25)
tout celles des malheureux qui le suivoient en
foule
Quelle surprise ne vais-je pas faire éprouver,
en disant,'après cela, qu'on parcourt tout l'hospice de la Providence, sans trouver nulle part
le nom de son fondateur ! Ce n'étoit pas dans
le caveau de la paroisse, sépulture de ceux que
la vanité veut qu'on distingue,lors même qu'ils
ne sont plus, mais dans l'enceinte du temple
qu'il avoit consacré, que sa cendre auroit dû
être mise. Son ombre eût pu errer autour de
l'asyle où il fut durant I5 ans, confondu avec
les infortunés qu'il y avoit, réunis. Pourquoi
lorsqu'il est tant de marbres imposteurs qui
célèbrent des noms dévoués à l'oubli, à la
haine, au mépris peut-être 7 le nom de Castelveyre eft-il enseveli avec lui dans la tombe ?
Et que faut-il donc pour mériterla reconnoissance ? Combien de voix devroient s'élever
dans les deux mondes pour célébrer les louanges de ce mortel vertueux. Mais l'orgueil les
étouffe, parce qu'on rougiroit d'avouer l'origine
(11 été enterré le même jour 2L mars 1755 dans le caveau
de l'église du Cap. Son extrait moituaire lui denne le titre de
Fondateur et premier Directeur de la Proyidence
des hommes.
donc pour mériterla reconnoissance ? Combien de voix devroient s'élever
dans les deux mondes pour célébrer les louanges de ce mortel vertueux. Mais l'orgueil les
étouffe, parce qu'on rougiroit d'avouer l'origine
(11 été enterré le même jour 2L mars 1755 dans le caveau
de l'église du Cap. Son extrait moituaire lui denne le titre de
Fondateur et premier Directeur de la Proyidence
des hommes. --- Page 28 ---
(46)
de richesses dont
l'hospice de la
été la première
Providence a
plus
cause. Combien ce silence rend
recommandable l'artiste accueilli dans cet
hospice, qui depuis a
embellir la
employé son ciseau à en
chapelle s afin qu'il y restât une
preuve de sa gratirude, dans un tems où les
faveurs de la fortune sembloient lui
d'être ingrat
commander
Er quel homme a eu une influence
quée que
plus marCastelvéyre sur le sort des
reux ? Dès
malheuM.
1739 3 son exemple. avoit portée
Dolioules (2) à léguer sa maison
former au Cap un hôpital deftiné
pour
femmes; à ces infortunées
aux pauvres
leur sexe, les devoirs
que la foiblesse de
ternité livrent
et les dangers de la maplutdt aux besoins. C'estla
vidence du
Pro-.
dèle
Cap qui a fourni l'idée et le
de celle fondée au Port -
moau - Prince, dès
1776, par la charité de quelques
et confirmée
des
citoyens (3),
vier
C'est par
lettres-patentes du 3 jan1789.
la Providence
qui a servi d'a-
[21 M. Adde.
[2J Voyez à la suite de cet éloge,
EJ M.l'abbé Moreau, curé de cette ville; Messieurs
Eoissonnière de Mornay, Chastelier et du Crabon, Gourreau,
habitans; et M. le Remboure, : négociant, Leur
tous quatre
Imitateur,
exemple a eu des
citoyens (3),
vier
C'est par
lettres-patentes du 3 jan1789.
la Providence
qui a servi d'a-
[21 M. Adde.
[2J Voyez à la suite de cet éloge,
EJ M.l'abbé Moreau, curé de cette ville; Messieurs
Eoissonnière de Mornay, Chastelier et du Crabon, Gourreau,
habitans; et M. le Remboure, : négociant, Leur
tous quatre
Imitateur,
exemple a eu des --- Page 29 ---
(27) )
milliers de défenseurs, blessés au
syle à des
durant la derniere guerre (1);
service dela patrie
le terrein de la Providence, 3
enfin, c'est sur
ses frais une
affranchi-negre a conftruitàs
qu'un
aux individus
maison ou il prodigue ses soins
classe. C'est-là que depuis 34 ans, 15 ou
de sa
infortunés font T'utile et continuelle épreuve
vertu (2)-
de sa compatissante
alors
neuf cens malades. Cette maison
[J On ya vu
jusqu'à
On lit sur la porte
regoit ordinairement environ cent personnes.
principale cette insctiption latine :
Hic Divitum donis Pauperes curantur.
C'est-à-dire :
Riche
ses dons soulage ici le Pauvre.
Le
par
né en
3 à la
Chazor.weleidasepe
(2) Jasmin,
Afrique
luienmingue en 1736, à M. Thomazeau , maçon au Cap, qui
métier, fut laisséparlui en mourant à M. Louis, , qui
seigna son
le fit affranchir en 1746. Jasmin se matia la
favorisa Jasmin, , et
négresse de la Côte-d'Or,ausi
mêmeannée, à Marie Catherine,
afftanchic a cause de ses bons services.
de resLe spectacle des hommes de couleur > libres, manquant 36sources dans la ville du Cap , porta en 1756 le pere Daupley,
suite,curé des Négres , à chercher quelqu'un qui voulôeleurcons- Castruire un réduit sur le tertein dela Providence fondée par
telveyre. Jasmin qui fixa son choix, élevatrois mois après,àse,
dépens, une maison en maçonnerie, oi depuis cette
propres il consacre ses soins, ceux de sa femme, de douze de
époque
de Phumanité
ses esclaves, et sa propre fortune, au sculagement
souffrante.
saitr cn dans la
Jasmin existe, sa charité est vivante, etàp peine
struire un réduit sur le tertein dela Providence fondée par
telveyre. Jasmin qui fixa son choix, élevatrois mois après,àse,
dépens, une maison en maçonnerie, oi depuis cette
propres il consacre ses soins, ceux de sa femme, de douze de
époque
de Phumanité
ses esclaves, et sa propre fortune, au sculagement
souffrante.
saitr cn dans la
Jasmin existe, sa charité est vivante, etàp peine --- Page 30 ---
28 )
Ercependant Castelveyre n'est nommé nulle
part! L'auteur célèbre de
T'ouvrage sur les deux
Indes, et quelques autres ont
de la
parlé avec éloge
Providence, mais pas un seul n'en a fait
connoître le Fondateur Les détails
publie dans la colonie même
qu'on
sur cet
sont inexacts
hospice,
(2).
Ne sembleroit-il
pas que ce qui n'est
ne soit pas fait
qu'utile
pour inspirer un vif intérêt. Si
la frivolité crée un
objerquelconque, si l'aduville qu'il habite le bien qu'il y fait, Il a soixante-seize
vouloit employer une partie de sa fortune à
ans. Il
menter son établissement; ; mais le
consolider, à augPindifference ou des motifs ridicules. gouvernementlui La
a opporéde
prix pourPéloge de
société quia proposéun
d'elle d'étayer, de Castelveyre, ne trouvera-t-elle pas digne
nouveau,lesj justes
voudroit se dépouiller en faveur des sedumationrdejammin, qui
pauvres?I Les
deront, , sans doute, à présent
colons la seconqu'ils ont une part àleur
administration, et qu'ils seront juges eux-mèmes
propre
des encouragemene dont Pétablizsement
de la nature
ecptible.
fait ParJasmin est susJe dois dire que la Société Royale
aaccordé, par sa délibération du
d'Agriculture de Paris
d'ordJasmin,
26 mars 1789, une médailie
cemscunpiudevraua
emploie les productions d'une
RURALE.attendu. qu'il
quarticr du
petite habitation qu'il possedcan
Morne-Rouge, à Putilité de son
(1) M. Hilliard d'Auberteuil ;M.
hospice.
(2) On trouve dans PAlmanach de Dubuisson.
Pépoque de 1779
Saint-Domingue ( depuis
seulement) une notice servilement
que année, et qui attribue également
copiée chade Providence des hommcs
l'origine des denx maisons
veyre,
et des femmes à M. Turc de Castel-
petite habitation qu'il possedcan
Morne-Rouge, à Putilité de son
(1) M. Hilliard d'Auberteuil ;M.
hospice.
(2) On trouve dans PAlmanach de Dubuisson.
Pépoque de 1779
Saint-Domingue ( depuis
seulement) une notice servilement
que année, et qui attribue également
copiée chade Providence des hommcs
l'origine des denx maisons
veyre,
et des femmes à M. Turc de Castel- --- Page 31 ---
(29)
toutle monde veut
lation dleve un monument,
connoître l'histoire ; on n'est insouciant en
en
celle des bienfaiteurs
quelque sorte que pour
homdu
humain. Belle leçon pour ces
genre
vaine renommée,
mes qui ne cherchent qu'une
et quine savent pas se dire comme Castelveyre,
le
je fais le bien sans autre récompense que
plaisir de pouvoir étre de quelque utilité.
Mais qu'importe, après tout, le nom de celui à qui l'on doit de tels bienfaits, puisqu'on
le bénir et le révérer sans le nommer :
peut malheureux
trouve dans l'hospice créé
Le
qui
Castelveyre, un asyle où il peut fuir à la
par fois et la misère et la mort 2 n'en chérit pas -
moins l'auteur de tant de biens, quoiqu'il lui
soit inconnu.
la Société royale des Sciences- et
0 Cependant
d'hommes
Arts du Cap-Français (1) composée
volontairement associés en 1784, pour travailler à tout ce qui peut être avantageux à
une aussi brillante colonie, n'a pas voulu parindifférence. Convaincne
tager. cette coupable
de les
que T'éloge des vertus est un des moyens
C'est le now que des lettres-patentes du 17 mai 1789 ont
donné p3 au CERCLE DES PHIIADEIPHES sn confirmant cet és-"
blissement utile,
--- Page 32 ---
(50)
propager, et que c'est faire un noble usage des
talens, que de les employer à célébrer les hommes utiles, 9 cette société a promis dès le II
mai 1785, une médaille d'or à celui qui feroit
bien connoître les deux Fondateurs des Providences, morts l'un trente ans, l'autre
ans avant qu'on ait songé à
quatorze
protéger ces établissemens par des léttres-patentes C'est
essayer de répondre aux vues de cette précieuse pour
corporation ; c'est du moins pour exciter des
efforts plus heureux que les.
miens, et pour
exprimer mes propres sentimens sur ceux dont
elie veut arracher les noms à l'oubli,
recherché
que j'ai
cei qui pouvoit leur assurer des droits
à ila reconnoissance de tous ceux
qui sont nés
sous la domination Française.
Etene effet, ce n'est pas seulement
Castelveyre fut homme de
parce que
bien, et que tous
ceux de cette classe appartiennent à Fhumanité
entière, que son éloge peut être lu avec inté-,
rêt dans la métropole comme dans les colonies.
Om avw que Castelveyre né en France, a fondé
enA Amhérique un hospice particulièrement destindaux Européens, que des motifs quelconques,
et trop souvent la soif des richesses
3n0 t a
conduisent
[2) Eiles sont du 'premier juillet 1769,
ce que
bien, et que tous
ceux de cette classe appartiennent à Fhumanité
entière, que son éloge peut être lu avec inté-,
rêt dans la métropole comme dans les colonies.
Om avw que Castelveyre né en France, a fondé
enA Amhérique un hospice particulièrement destindaux Européens, que des motifs quelconques,
et trop souvent la soif des richesses
3n0 t a
conduisent
[2) Eiles sont du 'premier juillet 1769, --- Page 33 ---
(s:)
sur un rivage bràlant, où la maladie et le bes
soin les attendent fréquemment. Il a voulu
montrer par-là que les François , soit qu'ils
habitent la France ou l'Amérique ne forment
qu'un seul peuple, qu'une seule famille.
Homme vertueux, dont les bienfaits ont resserré les liens qui unissent les deux mondes !
Toi qui dans la plus brillante de nos colonies
a consacré un asyle à l'infortune, puisse la voix
d'un Américain ne pas paroitre trop foible à tes
compatriotes 9 à mes concitoyens ! Puisse ta
mémoire, trop long-tems inhonorée, recevoir
de la postérité la plus reculée, le tribut d'attendrissement et de gratitude que tu as si bien
mérité !
[1) Turc de Castelveyre a eu une seur appelée Claire, née le
24 février 1683; et un frere appelé Bernard, né le 2I septembre
1685. Bernard mourut jeune. Du mariagede Claire avec M. Jaubert est provenue une fille, mariée à M, Antoine Eymin, et qui
fut la mere de madame veuve Tardieu actuellement vivante en
Provence. C'esttout ce quisubsiste de la famille de Castelveyre, --- Page 34 ---
f:
wiovaat
D node
of
aidipogos
-st 1.1 DvS
aup ctrye --- Page 35 ---
E
L
O . G
E
DE M, DOLIOULES
LIxDIFTEnINCE inexcusable
qu'on a montrée long-tems à Saint-Domingue, pour la mémoire de deux hommes qui ont été dans cette
ville les fondateurs des Maisons de Proyidence,
est devenue encore plus funeste à l'égard de
M.Dolioules, dontles bienfaits, confondus avec
ceux de M. Castelveyre. 2 par une administration commune, ont été moins remarqués.
On ne trouve en quelque sorte rien de purement personnel à M. Dolioules; mais en parlant
de l'établissement dû à son ame compatissante,
on l'aura dignement célébré.
François Dolioules, né en France, et maître
Maçon au Cap-Français, conçut le projet de
donner une maison qu'il possédoit dans cette
ville, anx Religieuses de Sainte-Marie, quiy
sont chargées de l'éducation des jeunes per
sonnes du sexe.Ii manifesta ce dessein par son
C
e
à M. Dolioules; mais en parlant
de l'établissement dû à son ame compatissante,
on l'aura dignement célébré.
François Dolioules, né en France, et maître
Maçon au Cap-Français, conçut le projet de
donner une maison qu'il possédoit dans cette
ville, anx Religieuses de Sainte-Marie, quiy
sont chargées de l'éducation des jeunes per
sonnes du sexe.Ii manifesta ce dessein par son
C
e --- Page 36 ---
(34-)
contrat de mariage qui 4 contieht cette
mais il en renvoya la jouissance
donation;
de sa femme.
après la mort
Si Dolioules ne persévéra
mier
pas dans ce preA projet, on peut dire que ce fut
lui
en substituer un autre non moins utile, pour et dont
il n'est pas difficile de
Dolioules
soupçonner le motif.
habitoir le même lieu que
Témoin de ses
de
Castelveyre
succès, ii
vertus,
ses soins, de. scE
conçut la pensée de former un
ou seroient reçues les inforrunées
asyle,
vant lès horreurs del
qui, éprou:
plus
Titdigence,semblente encore
malhehreuses, en ce qué dès convenances
sociales ou des préjuges
damnent à tairé les
orgueilleux les con-,
même à
tourmens de la misére, et
rougir lorsqu'ils sont adoucis par la
bienfaisance. Ainsi Dolioules
Castelveyre sembloit
rémarquant ce que
avoir laisse
ou
ce qu'il né lui avoit pas cté possible échapper, de
prendre dans son plan, s'empressa de le recueillir' comet sut, sije puis m'exprimer ainsi, trouver
seconde moisson après lui.
une
Par son testament du huie mai
lioules donna donc sa maison
1739, Doen maponnerie,
emiplacomchs. circonstances es dipandarices. A
pour fonder un hôpital destind aux
femmes honteusés de la paroisse du
pauvres Il
Cap. ne --- Page 37 ---
(35 1
de deux jours à cet acte de génés
survécut que
dont T'exécution étoit soutosité religieuse,
mise à la durée de la vie de son épouse, qu'il
évitoit toujours de dépouiller d'une jouissance
à laquelle ce titre lui assuroit des droits.
Dolioules, mort dans sa quatanté-cinquième Le
année, fut suivi de très près par sa moirié.
décès de celle-ci devint Tépoque d'une contestation élevée par les Religieuses (qui vouloient
faire revivre la donation insérée en-leur faveut
dans le contrat de mariage de Dolioules) contre le curé du Cap chargé de T'exécution du
les marguilliers le soutenant pour
testament,
le curateur aux succesl'intérêt des pauvres,
à ce titre de cele
sions vacantes, dépositaire
de la
de. Dolioules, et enfin les administrateurs réclaProvidence fondée par Castelveyre, qui
moient la direction du nouyel établisement,en
de leur hospice avec
s'appuyant su T'analogie
celui projetté par la charité de Dolioules.
de la Sénéchaussée du Cap,
Un jugement
déclara nulle la,
rendu le IO novembre 1741,
révoquée
donation. faiteaux religieuses, comme
Etattendu le défaut d'autopar le testament.
T'hôrication du prince pour établir légalement à cet
piral des femmes, ce tribunal renvoya,
de la Providence 2
sgard, les administrateurs
C2
s'appuyant su T'analogie
celui projetté par la charité de Dolioules.
de la Sénéchaussée du Cap,
Un jugement
déclara nulle la,
rendu le IO novembre 1741,
révoquée
donation. faiteaux religieuses, comme
Etattendu le défaut d'autopar le testament.
T'hôrication du prince pour établir légalement à cet
piral des femmes, ce tribunal renvoya,
de la Providence 2
sgard, les administrateurs
C2 --- Page 38 ---
(36)
comme il Mavoit déja prescrit le 25a avril
avant la réclamation des dames
1740,
en solliciter une provisoire des religieuses) à
Roi dans la oolonie.
réprésentans du
Un appel des
la
Religienses, encore fondé sur
donation, prolongea la discussion
huit mars 1743, qu'un arrêt du
jusqu'au
rieur du Cap confirma
Conseil-supé.
chaussée. Ce:
lejugement de la Sénéfut le 29 du même mois
MM. de Larnage et Maillart,
que
que les fréquentes
auxquels il semble
nie
occasions dè servir la Colovenoient se présenter comme
l'attachement
pour nourrir
qu'ils avoient pour elle, s'empressèrent de confirmer, sous le bon plaisir du
souverain, les vues utiles d'un
nom devroit être moins
citoyen dont le
ignoré.
IP Dès que les
administrateurs de la Providence
furent en possession de la maison laissée
Dolioules, on la plaça sous l'invocation par
Sainte, qui, préc' pitée durant
d'une
par la fortune, du faîte des quelque temps
cour, jusque dans
grandeurs d'une
l'abyme de la misère, tira
Cette cruelle vicissitude la
de
plas fier
leçon utile de ne sC
aux avantages que le sort
sut fonder son bonheur
dispense, et
sur sa bienfaisance
#ers' leg
enpauvres et les infortunés, dont elle --- Page 39 ---
t37)
avoit appris à juger les douleurs par sa propre
expérience.
Le nom de Providence Sainte - Elisabeth
fut donc celui de l'hospice de Dolioules, ou
C
l'on réunit les femmes qui existoient dans un
autre.
Pour entendre ce qui a rapport à cette translation, il est indispensable de savoir que durant
le procès de la succession Dolioules 9 le cure
du Cap, et lesadministrateurs de la Providence
des hommes 9 acheterent une maison pour
recevoir provisoirement les pauvres femmes
malades. On lui donna le nom d'hôpital S.Joseph Il lui fut conservé pendant qu'on
disposoit le terrein de l'hospice Dolioules 3 et
les dépenses de cet établissement n'étant secondées que par des aumônes et par le sacrifice
généreux que lui faisoient les curés du Cap.de
tout leur casuel, il fut lent à se former. Enfin
on y plaça celles qu'y appelloit la volonté de
Dolioules a et alors il n'y eût plus d'hôpital
S. Jofeph.
Mais. comme l'administration de l'hospice
DJ C'est aujourd'huf, en 1790, une maison appartenanteaux
Providences du Cap, ctsituéedans cette ville,u coin doarues
Saint-Joseph et Veudreuil,
que lui faisoient les curés du Cap.de
tout leur casuel, il fut lent à se former. Enfin
on y plaça celles qu'y appelloit la volonté de
Dolioules a et alors il n'y eût plus d'hôpital
S. Jofeph.
Mais. comme l'administration de l'hospice
DJ C'est aujourd'huf, en 1790, une maison appartenanteaux
Providences du Cap, ctsituéedans cette ville,u coin doarues
Saint-Joseph et Veudreuil, --- Page 40 ---
(38)
Sainte - Elizabeth, qui avoit été
aux pasteurs du Cap,
abandonnée
parce qu'ils en faisoient
pour ainsi dire tousles frais, futremise
par le père Desmarets,
en 1751
de la Providence
jesuire, aux directears
des hommes, et
plus dès-lors qu'un
qu'iln'y eut
régime et des
teurs communs pour les deux
administraon s'accoutuma à
érablissemens S
appeller l'un la
des hommes, & l'autre, la Providence Providence
des
mes. Telle a été depuis l'unique distinction sfem:
se soit conservée entre les bienfaits de
qui
Castelveyre et ceux de Dolioules.
Elle n'a cependant pas suffi
fan et l'autre, et l'on
pour rappeller
dente
en a une preuve évipar la notice qu'on lit dans
de
l'almanach
Saint-Domingue, où les deux
sont annoncées comme
Providences
ayant Turc de Castelveyre pour unique fondateur.
Et comment le vulgaire ne seroir-il
cusé de son inscience à cet
pas exnotice qui le
égard, quand la
trompe et qui I condamne en
que sorte Dolioules à un injuste oubli quelT'ouvrage de l'un des
est
administrateurs des Providences, égaré lui-même par la
curie de ses
coupable inprédécesseurs. En effet il n'est
mais venu à la pensée d'aucun d'eux
jadans un lieu
de placer
quelconque de la Providence des' --- Page 41 ---
(39)
du
estimable qui l'a
femmes, le nom
citoyen
fondée.
Cependant ils veulent cesadninisenateuniss
excitér la bienfaisance, eti ils ignorent
soucians
à en étouffer les
que Tingratitude est propre
de faire le
germes ! Pour un homme capable
bien d'une manière utile mais obscure s comest un éclat qui embellit la
bien croyent qu'il
c'estles
Publier les belles actions ;
provertu !
échauffer encore' les ames suscepvoquer, c'est
le
c'est enfin leur offrir
tibles de les produire,
de la reseul tribut digne d'elles, Thommage
connoissance publique. Dolioules avec Cas
Et pourquoi confondre
de
enrichir l'un aux dépens
telveyre ? Pourquoi
de cette
l'autre ? Chacun d'eux peut se passer
réunion, et il semble même que leur émulas'est emtion est un titre de plus. Castelveyre s'attendrissant
paré d'un sexe,et Dolioules en
méinfortunes de T'autre, n'a ni moins
sur les
obtenir. A la vérité, en visirité, ni moins à
sensible
un être
qui
tant les deux Providences,
souffrante ou
voit de toute part l'humanité
consolante,
malheureuse accueillie par une pitié
les sexes, et son ceeur et son
ne distingue pas
et Dolioules et
esprit ne doivent pas séparer
confondent
doat les vertus se
Castelveyre 2
T'autre, n'a ni moins
sur les
obtenir. A la vérité, en visirité, ni moins à
sensible
un être
qui
tant les deux Providences,
souffrante ou
voit de toute part l'humanité
consolante,
malheureuse accueillie par une pitié
les sexes, et son ceeur et son
ne distingue pas
et Dolioules et
esprit ne doivent pas séparer
confondent
doat les vertus se
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M834e.
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pais si l'on prenoit foin de lui apprendre
que
deux individus se sont ainsi disputés sa reconnoissance, il s'enorgueilliroit peut-être encore
plus d'être homme; et son souvenir conserveroit leurs deux noms avec un égal intérêt.
Puissent mes efforts servir à faire
distinguer,
à l'avenir, et Castelveyre & Dolioules ; sauf
àles confondre à jamais dans les mouvemens
de.cette juste admiration, qui a déterminé la
Société royale des Sciences et Arts du Cap,
a proposer leurs deux Eloges par le même
programme, afin qu'ils fussent, 9: sinon communs, du moins contemporains comme leurs
bienfaits.
31196a Brwy. 1953
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