--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 ---
L F. SONTHONAX,
AU REPRESENTANT DU PEUPLE
PELET (de la Lozère),
Membre du Comité de Salut Public.
ziez TAu Cmer tr
Daxsi la séance du 16 plnviose, tu accuses les commissaires
civils d'être les incendiaires des colonies 2 tu re fais aucuné
exception, et ces commissaires $ dis-tit , 02t dts remplacès par
d'autres et lout cela n'a aboutit qu'i faire brilorlos colonies, (r)
J'étais commissaire civil, je suis signalé parJes colons comme
l'un des anteurs des mouvemens séditieux qui ont agité la
colonie de St.-Domingue , et c'est au moment oi je suis caloinnié, c'est quand je suis anx prises avec mes ennemis que
la vérité terrible va pénétrer leur retraite profonde, c'est alors
qu'un membre du gouvernement, que Pelet insinue des préjugés
à mes juges, et égare T'opinion publique. La rectitude de tes
intentions générales ne me permet pas d'accuser ton coeur en
ce moment; non, tu n'es point vouln colpcrter la calomnie,
tu n'es ni vendu aux colons ni ancien propriétaire d'hommes,
(r). Eazit du Mouitcur, séance du 16 pluviose. --- Page 4 ---
(2)
je ne pais voir dans ta cruelle inculpation que l'impradence
d'un rapporteur inéclairé , qui trop attaché à SGS idées, fuit
arme de tout.
Si Gouly 1 Creuzé- Pascal et Defrance dont je méprise ls
triunvirat, se fnssent permis celte calomnie, rassuré sur la
justice de tes collègnes, je n'anraispas meme rappeilé que le
décret du seize pluviose les cxpossede 1 et j'aurais dédaigné
les cris de Tintérêt oLI l'effet de lindustrie qui les didomage
peut-étre de leurs pertes. Qaand tl individa affiche les livrdes
d'un parti, que ce parti est celui des Baveurs de sang, 1 des
boureaux des noirs, tu sens combien il est honorable d'être
l'objet du ressentiment d'un être aussi vil.
Iguores-tu que les flâmes avaient dévoré les plantations ds
St.-Domingue, 13 mois avant l'arrivée des commissaires civils
dans cette ile, le 24 aofit 1791 etjours suivans, et quelincendie
de la mallieurense: commune du Cap, eat T'unique expédition nilita're,deGalbaud,qu'apets celtelorrible mauceutreceli-he gou.
verneur fuyant comme un traitre , fit voile vers les Etats-unis,
d'ch 11 se rendit en Canada près du prince Fdonard qu'il
chargea de venger la honte de Téleve, del'ami, et du protégé de
Dannouriez.(1)?) Ignores-tu qu'us antre général de St.-Domingue
ncmmé Lasalle, chef de la conspiration des poudres en 1783,
démis poar SCS bévues, homme sans moyen, 3 sans condaite,
ct crapuleux, devenu aide. de-camp de Lafeyette, apris avoir
été général, pais g'inérul envoré dans la colonieaSai paraller
(G.ieulvenveit ea gralitedm mae.! L.1-3e camp duts : mée deD. nnurie
6cn2.trou ctson ami.
ncmmé Lasalle, chef de la conspiration des poudres en 1783,
démis poar SCS bévues, homme sans moyen, 3 sans condaite,
ct crapuleux, devenu aide. de-camp de Lafeyette, apris avoir
été général, pais g'inérul envoré dans la colonieaSai paraller
(G.ieulvenveit ea gralitedm mae.! L.1-3e camp duts : mée deD. nnurie
6cn2.trou ctson ami. --- Page 5 ---
(3)
demander du Gervice cu commodore FoxD que les colons
blancs avaient appellé RIl mole, et qui n'a pas daigaél'enroler?
11 me semble que les agens militaires dont tu ne parles point
ont jous un role assez marquant pour attirer Taitention dan
rapporteur cai, n'écoutant que la voix du devoir,rent plutôt
éclxirer les esprits que défendre sOnl opinion.
Si tu ignorais toutes ces choses 1 avais-tu donc oublié le
préambale du décret du 8 noveinbre 1792 2 daus lequel la
convention, en rappellant tous les commissaires civils dont le
civisnie lai était suspect 1 fait une honorable exception Cll
faveur des commiasaires Polverel et Sonthionax dont le patriclisme est reconnu.
Me reproclerais-tu d'avoir soustrait la colonie de St.-Domingue à Tiuvasion des anglais 2 en proclanant la lberté
générale 2 Vois avec quel emprossement its se sont portés
contre celles cit les colons n'avaient point à se plaiadre de
cette mesure de justice : de sAreté générale et de conservation.
Voilà un acte que Page et Bruley appellent un crime qu'ils
ne ms pardenneront jamais; mais toi Pelet, tu n'as point le
vocabalaire de ces buvears de sang africain, 5 tu n'es point
Tami de ces audacieux jui conspirent avec inpuniré contre
la liberté da penple des colonies ; ils te désignent cependant
par-tout comme lear ami, corne L1: sage qni partage leur
délire contre la liberfé; que dis je lear ami, des scélérais ne
peuvent avoir que des complices, et tu ne.peux pas être le leur.
Tunerassosieras point à Ces hommes de bone qui n'attaçuent
que des cadavres ou des victimes. Se lier avec eux, c'est maudier
l'infimie : c'est briguer le déshomneur. lls s'agitent en tous --- Page 6 ---
-1125
(45
sens ; chaqque jour on voit paraitre un nouveau libelle, 3 enfia
ils sont infatiguables dans leurs convulsions liberticides. Ces
hommes, tn le sais, s'accolent à toutes les factions rignantes 2
mais sans amis conme sais patrie 1 ils donnent toujours le
dernier conp de pied à la faction qni expire.
Tu ne vetx sans doute rien préjuger dans l'affaire des COlonies, tu connais trop bien tes devoirs. Rassuré aur ta moralité, maispiyi pour craindre les effets de ta légéreida porter
uajagement, je d'invite à ne point oublier qquand ta parleras
de nospossesionsd'ontre-mer qu'il fant ou dire toute la vérité,
dut-elle contrarier tes systèmes 2 ou t'iniposer un silenco : que
le soin de ta réputation te prescrit.
Je ne te demande que justice, je l'attends de toi 3 et quoique je n'aille pas, comme les colons 2 faire antichambre à toa
burenu, je me tiens assuré de T'obtenis.
SONT HO N A X.
Paris 20 Pluviose lan troisième républicain.
De Hmpriniere de
IX, Dassige Honord. --- Page 7 --- --- Page 8 ---