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DES DÉPUTÉS
DE S.-DOMIN GUE
AU
ROL
PoUR être remife à Sa MAIESTE;
au Confeil d'Etat:
M A R S
I 7 9 O. --- Page 4 --- --- Page 5 ---
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DES DÉPUTÉS DE S-DOMINGUE :
A d U R.01, POUR e0rgp3 smile à SA M AJESTE;
au Confeil d'Etat.
SI R E,
Lis DÉPUTÉS DE S.-DOMINGUE ont vu avec la plus
grande fatisfaction que le fage Décret de T'ASSEMBLÉE
NATIONALE, que VOTREMAJESTÉ 2 abien vouli SANCTIONNER, alloit fans doute procurer à la Colonie le
calme qu'elle defire, refferer de plus en plus les liens
quil'uniffent à la Métropole, & mettre tous les Colons.
à portée de renouveller à VOTRE MAJESTÉ les eXpreflions de leur fidélité inaltérable.
CEPENDANT > au moment d'expédier pour S.-Domingue le Décret del P'Affemblée, & VOS ordrès,Sire,
les Députés de S.-Domingue n'ont pu fe défendre edus
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mouvement d'inquiétude qu'ils dépofent avec confiance
dans le fein paternel de leur Souverain.
Tous les Décrets de l'Affemblée Nationale, fanctionnés par VOTRE MAJETÉ,ont été adreffés aux
Cours de Judicature du Royaume, avec ordre de lès
tranfcrire fur leurs Regiftres, & de les faire publier.
DoNC le Décret de P'Affemblée Nationale fur les
Colonies > auffi i-tôt qu'il fera muni de la Sanétion
Royale, devra être adreffé aux Confeils Supérieurs des
Colonies, pour tranfcription en être faite, & publication ordonnée.
SANS cette formalité, la Loi ne feroit pas revêtue de
cette dernière forme qui peut feule manifefter aux
Peuples l'obligation de s'y foumettre.
- Ici fe préfente, SIRE, une difficulté de quelque
confidération.
S.-DOMINGUE a toujours eu,jufqu'en 1787, deux
Co:feils Supérieurs, lun au Port-au-P Prince, l'autre
au Cap. A cette époque ils furent
réunis,n vertu,
d'un Edit furpris à la religion de VOTRE MAJESTÉ;
& cette RÉUNION DÉSASTREUSE fit le défefpoir dela
Province du Nord. Depuis cette époque, elle n'a ceffé
de réclamer avec force contre une opération qui, fous
ération.
S.-DOMINGUE a toujours eu,jufqu'en 1787, deux
Co:feils Supérieurs, lun au Port-au-P Prince, l'autre
au Cap. A cette époque ils furent
réunis,n vertu,
d'un Edit furpris à la religion de VOTRE MAJESTÉ;
& cette RÉUNION DÉSASTREUSE fit le défefpoir dela
Province du Nord. Depuis cette époque, elle n'a ceffé
de réclamer avec force contre une opération qui, fous --- Page 7 ---
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mille. rapports 5 trop pénibles à. expofer à VOTRE
MAJESTÉ, parce qu'ils affecteroient douloureufement
fon coeur, portoit. une atteinte préjudiciable à l'exiftence &càl la fortune des Habitans de la plus floriffante
partie de la Colonie.
CE GRIEF fut le principal motif qui fit defirer à S.-
Domingue d'avoir des Repréfentans aux Etats - Géné- -
raux..
DÈs que la Province du Nord eut nommé fes
DÉPUTÉS,elle 1 leur remit des Cahiers dont le premier
article contenoit la' miffion EXPRESSE de réclamer de la
juftice de la Nation & du Roi le RÉTABLISSEMENT du
Confeil 'du' Cap, auquel eft attaché la profpérité de
cette dépendance.
- LES Députés de S.-Domingue, fidèles à leur
C
mandat,
ont follicité fans reliche, auprès du Miniftre de la
Marinelexécution du' voeu réitéré de leurs Comettaans.
€ ILS ont appris, par les Dépéches dont ce Miniftrea
fait: part il.y a quelques jours à l'Affemblée Nationalé,
que la' Province du Nords j excédée d'une privation f
préjudiciable à fes vrais intérêts', 3 défefpérée de voir
fes Habitans éloignés de 60 lieues de lunique Tribunal
Supérieur de l'Ile, dans un pays oi le climat eft brilant, ou le fol.eR defféché,i il n'y a ni chemins, ni
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(4)
ni auberges, avoit pris le parti de:
voitures publiques,
des
l'ancien Confeil du Cap, fous prétexte
rappeller
avoient. entouré fa fuppreffion; qu'elle
irrégularités' qui
leurs:
préfens de reprendre
avoit enjoint aux Magiftrats
avoit remplacé les Défaillans, >
fondtions, & qu'elle
8 fous le bon. plaific de VOTRE
provifoirement,
MAJESTÉ.
que les Décrets de TAÉ:
C'EST dans cette pofition
être
Nationale, fanêtionnés par le Roi, vont
femblée
M. le Garde des Sceaux C , contrelignés par le
fcellés par
& envoyés aux
Secrétaire d'Etat du Département ,
des Colonies, pour être adreffés par
Adminiftrateurs
Cours de Juftice de chaque Gouvernement
eux aux
Colonial.
Gouverneur
QU'ARRIVERA-T-IL à S-DomingueLe
SUPÉRIEUR du Port-au-Prince
remettra au CONSEIL
fe prétend toules ordres du Roi, & ce Confeil, qui
de toute la Colonie, les
jours le Confeil Supérieur
modifications,
tranfcrira fans doute fur les Regiftres, fans
additions, ni reftrictions; il en ordonnéra la publication
c'eft-à-dire dans la
dans ce qu'il appelle fa Dépendance,
celle du
Province de TOueft, dans celle du Sud, dans
lieu dans
Nord, 82 cette publication aura probablement
de ces Provinces ; mais l'Affemblée
les deux premières
rétabli- (on ançien
PROVINCIALE DU NORD, qui a.
modifications,
tranfcrira fans doute fur les Regiftres, fans
additions, ni reftrictions; il en ordonnéra la publication
c'eft-à-dire dans la
dans ce qu'il appelle fa Dépendance,
celle du
Province de TOueft, dans celle du Sud, dans
lieu dans
Nord, 82 cette publication aura probablement
de ces Provinces ; mais l'Affemblée
les deux premières
rétabli- (on ançien
PROVINCIALE DU NORD, qui a. --- Page 9 ---
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Confeil, & prononcé T'INCOMPÉTENCE de tout autre
Tribunal dans SON RESSORT, ne voudra pas recon-:
noître l'enregiftrement du Confeil du Port-au-Prince,
qui en feroit la fuite; elle fe fonde-:
& la promulgation
roit peut-être même fur un article du Décret del'Affemblée Nationale qui femble aprouver ce qui a été fait
jufqu'à ce jour.
VOILA donc la principale Province de S.-Domingue
PRIVÉE de la communication des Décrets falutaires de
l'Affemblée Nationale, & des ordres bienfaifans de
VOTRE MAJESTÉ ; la voilà néceffairement SÉPARÉE du
de"fes Affemrefte de la Colonie; voilà l'organifation
blées Adminiftratives IMPOSSIBLE, au moins fous le
mode propofé aux deux autres Provinces, par l'inftruétion annexée aux Décrets; enfin voilà le prétexte
de mille troubles, de l'infurrection, de l'anarchie, au
lieu du bienfaitde la tranquillité - 3 de la Conftitition, &
de la Loi.
DANS cet état de chofes, quel parti conviendroit-il
de prendre?
LES DÉPUTÉS de S. - Domingue n'entreprendront
du répoint, SIRE, dans ce court Mémoire, l'apologie
tabliffement de l'ancien Confeil du Cap. Ils voudroient
feulement fifir le feul moyen. qui exifte peut-être pour
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gagner le FOND, en fauvant les FORMES, & accorder
à-la-fois la bonne volonté de la Nation, la dignité du,
Monarque, & le voeu formel & clairement. manifefté
par l'Affemblée Provinciale du Nord.
C'EST fous ce griple rapport, qu'ils ont l'honneur de.
fupplier VOTRE MAJESTÉ de vouloir bien pefer dans
fa fageffe les confidérations qu'ils lui foumettent.
1° LA Députation de S.-Domingue
> AUTORISÉE
expreffément par fes Commettans, renouvelle refpectueufement à VOTRE MAJESTÉ les inftances réitérées
de la partie du Nord,pour obtenirle
*
RETABLISSEMENT
de l'ancien Confeil Supérieur du Cap , & la CONFIRMATION des Arrêts qu'il aura pu rendre depuis le 1O
Janvier de cette anaée.
2° LE Roi, touché des demandes de fes fidèles
Colons 3 qui fans doute ne lui font encore jamais parvenues, daigneroit, dans fa bonté, leur accorderla grace
qu'ils follicitent , par l'organe de leurs Députés, &
ordonner le RÉTABLISSEMENT pur & fimple de l'ancien
Confeil Supérieur du CAP FRANÇAIS, fous le mode
ou il fe trouvoit lors de fa fuppreffion,
- 3" COMME l'Affemblée Provinciale du Nord à déja,
provifoirement, & fous le bon plaifir du Roi,nommé
, daigneroit, dans fa bonté, leur accorderla grace
qu'ils follicitent , par l'organe de leurs Députés, &
ordonner le RÉTABLISSEMENT pur & fimple de l'ancien
Confeil Supérieur du CAP FRANÇAIS, fous le mode
ou il fe trouvoit lors de fa fuppreffion,
- 3" COMME l'Affemblée Provinciale du Nord à déja,
provifoirement, & fous le bon plaifir du Roi,nommé --- Page 11 ---
(7)
toutes les
de ce Tribunal,ne feroit-il pas de
) à
places
la générofité de VOTRE MAJESTÉ, & de fon amour
pour la paix, de faire expédier à S.-Domingue des
BREVETS EN BLANC, qui feroient remplis au defir de
ladite Affemblée Provinciale du Nord.
4" A P'inftant où cette Cour aura été LÉGALEMENT
& ROYALEMENT rétablie,le Gouverneur lui remettra,
comme à celle du Port-au-Prince, les Décrets de PAf
femblée Nationale, fanétionnés par VOTRE MAJESTÉ,
avec l'ordre de les tranfcrire purement & fimplement
fur fes Regiftres, & de les faire publier 8: afficher dans
fon reffort.
LES Députés de S. - Domingue penfent que cette
propolition, CONFORME à la Loi ; FLATTEUSE pour la
>
Colonie, RESPECTUEUSE pour VOTRE MAJESTÉ,eft
la feule' qui puiffe réuinir, fans aucune efpèce d'inconvéniens, tant d'intérêts divers, dont le choc pourroit,
à deux mille lieues de I'Affemblée Légiflative, & du
Pouvoir Exécutif fuprême , avoir les fuites les plus
dangereufes.
Dis que AfTemblée Nationale aura organifé le
POUVOIR JUDICIAIRE en France, fes Décrets feront
pareillement envoyés dans les Colonies. Alors, réformant tous les vices des anciennes inftitutions, elles --- Page 12 ---
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adopteront fans doute le nouveau
régime, avec les
modifications exigées par les localités, & les foumettront à l'Affemblée Nationale & à VOTRE
MATESTÉ,
pour les approuver, s'il y a lieu.
LES Députés de S.-Domingue n'ont plus
à ajouter, & ils fupplient
qu'un mot
inftamment VOTRE MAJESTÉ
d'accueillir avec bonté cet hommage de la VÉRITÉ
qu'ils lui doivent.
IL eft impoffible, SIRE, que S.-Domingue exifle, &
faffe partie de l'Empire Français, fans avoir une liaifon
précieufe & continuelle avec le Chef Suprême du
Pouvoir Exécutif. Tant que ce Chef fuprême & paternel qui nous gouverne 3 & que nous chériffons,
n'aura, entre les Colons & lui, d'autre intermédiaire
qu'un MINISTRE qui a, malheureufement & A JUSTE
TITRE, perdu la confiance de la Colonie. Gommens
un tel homme pourra-t-il être l'agent fidèle deftiné à
entretenir entre le Monarque & fes Sujets, cette union
intime, cette communication fi douce & fi nécelfaire,
qui fait tout-à-la-fois ia force des Empires, & le bonheur des Souverains.
QUAND méme, SIRE , il n'exifteroit pas déja contre
M. DE LA LUZERNE plufieurs chefs d'inculpation trèsgraves, que la Colonie de S.-Domingue a CHARGÉ
un tel homme pourra-t-il être l'agent fidèle deftiné à
entretenir entre le Monarque & fes Sujets, cette union
intime, cette communication fi douce & fi nécelfaire,
qui fait tout-à-la-fois ia force des Empires, & le bonheur des Souverains.
QUAND méme, SIRE , il n'exifteroit pas déja contre
M. DE LA LUZERNE plufieurs chefs d'inculpation trèsgraves, que la Colonie de S.-Domingue a CHARGÉ --- Page 13 ---
(9)
SES DEPUTÉS DE DÉNONCER
qui"vient de fe
A LA NATION, ce
paffer
qu'un peu de modération tour-à-Theure, les troubles
de fa part dans
pouvoir miniftériel auroit
l'exercice du
tonte entière
prévenus, &e que la Colonie
rapporte à l'abus qu'ila fait d'une
arbitraire 3 que notre bon Roi
autorité
que pour faire le
ne lui avoit déléguée
bonheur des
fe paffer,
Colons; ce qui vient de
difons-nous, ne feroit-il
SUEFISANT
pas PLUS QUE
pour prouver
Miniftre & les'Agens
incontefiablement que ce
qu'il avoit employés
tainement plus la confiance
n'ont cermingue.
des Habitans de S.-DoTous les ordres fignés de fa
les Ouvre, SIRE,
main, à Juppofer gu'on
appelleront autour
de la méfiance;
d'eux la précaution
juftement
peut-être méme, aux yeux des Colons
prévenus > TANT DE FOIS
fignature
TROMPÉS, fa
empoifonneroit - elle
faifantes de VOTRE
jufgu'aux loix bienferoit
MAJESTÉ & de la
donc rifquer
Nation. Ce
beaucoup > fans
perfifter à faire panfer les
doute, que de
malade,
plaies d'une Province
par la main méme à
bien
bleffures.
laquelle elle attribue fes
VOILA, SIRE
l'expreffion fidelle des
Députés de votre Colonie de
fentimens des
S-Domingue.
jamais 3 depuis dix-huit mois
Jamais,non,
3 ces fentimens n'ont --- Page 14 ---
04-4
( IO )
varié. Pourquoi faut-il que ce moment foit le premier
od ils parviennent à l'oreille du MEILLEUR des Rois.
Nous fommes avec refpect,
S I R E,
DE VOTRE MAJESTÉ,
Les très-humbles & très-fidèles Sujets,
DirurisDE LA COLONIE DE S-Doxixaus
LES
NATIONALE
a L'AssEMnits
LE Marquis DE Goux D'ARCY.
DE THEBAUDIÈRES. /
LE Comte DE REYNAUD, 8cc, 8cce --- Page 15 --- --- Page 16 ---
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