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L ETT R E
DE M. DEGOUY,
DÉPUTÉ DE SAINT-DOMINGUE,
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Paris, ce 23 Aoit 1791.
Moxarenia PRÉSIDENT,
J'AI appris hier qu'avant mon arrivée à la séance;
ilyavoit été. faitl lecture d'unelettredu Gouverneurgénéral de Saint-Domingue 7 propre àt donner de
justes alarmes sur la nature des évenemens qui
avoient suivi la réception du décret du 15 mai
dernier.
J'AISU aussi qu'au mémeinstant un des Membres
de cette Assemblée qui ont sollicité le plus viveA --- Page 6 ---
RPJCE
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ment ce décret contre l'avis unanime des Députés
des Colonies, m'avoit IMPUTÉ tous les malheurs
qu'il entrainoit, et les avoit attribués tous à une
lettre écrite àe mes Commettans, dont il a déposé
un exemplaire sur le bureau.
JE n'cxaminerai pas par quel crime ma correspondance particulière a été pour la troisième fois
VIOLÉE par les ennemis des Colons.
JE n'examinerai pas si le remord d'avoir soutenu
une opinion erronée 2 pouvoit excuser dans nos
adversaires. T'inconséquence de présenter à l'Assemblée Nationale, à titre d'accusation contre un de
ses Membres, un imprimé sur lequel on a frauduleusement placé son nom ; une lettre signée par la
main d'un FAUSSAIRE mal-adroit, qui n'a pas même
cherché à imiter sa signature.
MAIS je représenterai à tous messieurs les dénonciateurs passés 2 présens et avenirs , que rien
ne déjoue leurs manceuvres et ne démasque la petitesse de leurs moyens, comme ces dénonciations
aussitôt abandonnécs que produites ; ils devroient,
pour leur honneur, en conduire une A BIEN, la
miennc, par exemple ; et pour me servir de leurs
propres termes, avoir la douceur de trouver- une
victime. --- Page 7 ---
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JE less supplie de se rappeler que jaiéuénisonct,
ilya un an, pour avoir été le moteur d'un décret
rendu à Saint-Domingue, le 28 Mai, d'après une
lettre de moi, quin'y arriva que le 16 Juin.
CETTE vieille dénonciation a été rajeunie il y a
six mois; et depujs cette époque tous mes efforts,
toutes mes instances n'ont pas pu obtenir un quartd'heure d'examen des quatre Comités qui furent
nommés pour en connoitre.
JE desirerois vivement
voulàt bien solder
M
qu'on
cet ancien compte, parce que si je dois, comme
le disent ces Messieurs , être PENDU, pour avoir
écrit une lettre PRIVÉE à un de meslamis, on n'aura
pas besoin d'examiner aujourd'hui si je dois l'être,
pour avoir expédié une missive OFFICIELLE à mes
Commettans.
RI
on
Our; assurément, je Ieur en ai adressé une trèsdétaillée , au sujet du décret du 15 Mai. Je ne sais
pas si celle qu'on vous a présentée est LA MIENNE,
attendu que ceux qui sont capables de CORROMPRE
mes bureaux , peuvent bien CARTONNER mes ouvrages. Mais je déclare ici, comme je le fis l'année
dernière en pareille circonstance, que je me glorifie de celle que j'ai écrite dans cette dernière
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mettans.
RI
on
Our; assurément, je Ieur en ai adressé une trèsdétaillée , au sujet du décret du 15 Mai. Je ne sais
pas si celle qu'on vous a présentée est LA MIENNE,
attendu que ceux qui sont capables de CORROMPRE
mes bureaux , peuvent bien CARTONNER mes ouvrages. Mais je déclare ici, comme je le fis l'année
dernière en pareille circonstance, que je me glorifie de celle que j'ai écrite dans cette dernière
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occasion ; que j'écrirai TOUJOURS dans le méme
sens , et que je n'en retrancherois pas une ligne.
Ir, s'agit maintenant de savoir si j'aitort; ils'agit
d'ÉVALUER jusqu'à quel point doit aller LA LIBERTÉ
DE NOS OPINIONS à la tribune, la liberté de nos
opinions dans les Comités; il s'agit de savoir s'il
nous est permis de mander à nos Commettans ce a
que nous avons dit EN PUBLIC, quand même cela
fronderoit l'opinion de M. BIAUZAT ou de M. REGNAULT d'Angely; il s'agit enfin de décider ce que
nos adversaires gagneroient à un silence pusillanime
de notre part, quand les papiers publics qui nous
écoutent, et qui nous copient, n'instruisent que
TROP LITTÉRALEMENT nos Commettans des ERREURS
contre leurs propriétés et des OUTRAGES contre leur
honneur, dont cette tribune a été souillée tantde. fois.
Jusqu'a ce que la liberté de nos opinions, 3 et la
VERITÉ des comptes que nous avons à rendre,
ayent été LIMITÉES, je m'applaudirai d'avoir donné
à l'une et à l'autre la plus grande latitude, et
je demanderai à tous les dénonciateurs BANNAUX,
la permission de regarder leurs dénonciations
comme NON-AVENUES.
CEPENDANT, pour ne pas rester sous le coutean --- Page 9 ---
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de la CALOMNIE, je déclare que toutes les fois qu'un
écrit, revêtu de ma signature, me sera présenté,
j'avouerai SANS EXAMEN tout ce qu'il renfermnera ;
mais, lorsqu'on me présentera un imprimévisiblement 6
ALTÉRÉ par des FAUSSATRES, je dirai : lisez-le
touE hant, et puis je déclarerai tout haut de
même, si je l'avoue ou si je le désavoue.
D'APRÈS cette proposition équitable, je demande:
10. QUE mes calomniateurs de l'année dernière
soient tenus de produire enfin aux quatre Comités
réunis, les pièces sur lesquelles ils m'inculpent;
20, Qur M. Biauzat et tous autres quia approuvent
son procédé, veulent bien signer (ne varietur)
T'exemplaire qu'ils ont déposé hier sur le bureau,
et déclarer s'ils maintiennent qu'il est de moi,et
signé de moi;
3°. Que la lecture publique en soit ordonnée
par l'Assemblée, et qu'après cette lecture, je'sois
interpellé d'AVOUER ou de DÉSAVOUER cette pièce,
en tout ou en partie.
40. QUE l'examen en soit alors renvoyé au Comité des RECHERCHES, et de là, à la haute CouR
NATIONALE d'Orléans.
é hier sur le bureau,
et déclarer s'ils maintiennent qu'il est de moi,et
signé de moi;
3°. Que la lecture publique en soit ordonnée
par l'Assemblée, et qu'après cette lecture, je'sois
interpellé d'AVOUER ou de DÉSAVOUER cette pièce,
en tout ou en partie.
40. QUE l'examen en soit alors renvoyé au Comité des RECHERCHES, et de là, à la haute CouR
NATIONALE d'Orléans. --- Page 10 ---
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Er afin qu'en attendant ce prononcé , l'Assemblée Nationale, la France et T'Amérique puissent
prendre une juste idée de la BONNE-FOI de nos
détracteurs, je dois annoncer à T'Assemblée, que
Ja'lettre que j'ai écrite à mes Commettans, et qué
ces Messieurs regardent comme la cause des troubles actucls, mentionne tout ce quis'est passé depuis le 7 Mai, jusques cucompris le 31 du même
mois; qu'elle n'a pu être imprimée que le 171 juin,
et partie de France au plutôt que le 25 de ce même
mois de Juin.
On,le décret est arrivé le 29 à Saint-Domingue;
donc ma lettre, partie d'ici le 25, n'a pu soulever
la Colonie le 29, parce qu'il faut plus de' quatre
jours pour faire le voyage.
Jr termine cette déclaration par une proposition
qui laissera peu de doutes sur mes: sentimens, et
qui embarrassera peut-étre un peu mes adversaires.
Drux opinions bien opposées ont été soutenues
dans cette Assemblée, pour et contre le décret du
15 Mai,
J'ai soutenu l'opinion CONTRE avec tous mes
Collègues, tous les Colons, et à présent avec toute
la Colonie. --- Page 11 ---
t75
M. REGNAULT et d'autres ont provoqué le décret.
EH BIEN, je demande Al'Assemblée de permettre
que toute la RESPONSABILITÉ de l'opinion que j'ai
soutenue, repose sur MA TÈTE.
JE demande qu'un de ces MESSIEURS veuille bien
charger la sienne de toute la RESPONSABILITÉ de
l'opinion qui a triomphé,
JE demande ensuitc qu'on juge, et que celui de
nous deux auquella Législature qui nous succédera,
aura à reprocher la perte des Colonies, ou Leffusion d'un torrent de sang, soit puni comme un
TRAITRE, et subisse LE DERNIER supplice.
CE que je dis-là, n'est pas une proposition vaguo;
je T'ÉCRIS, je la SIGNE; que quelqu'un ose en faire
autant.
JE promets, sir mon honneur, de poursuivre
sans délai son jugement ou le mien.
Je suis avec respect,
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
Votre très-humble Sorviteur,
LoUIs-MARTHE DE GOUY,
Député i LAssemllée Nationale.
DE LIMPRIMERIE NATIONALE --- Page 12 --- --- Page 13 ---
DÉLIBÉRATION
Des quatre Comités réunis de Consticuition 2 1
de Marine > d'Agriculture S Commerce
6 des colonies.
Du 12 feptembre 1791.
T3
Les comités (ci-deffus ) réunis,
éclairer la
délibération de PAffemblée nationale PANT la fituation
actuelle des colonies, & pour la mettre à même de
difcerner les allégations vagues des faits certains ; de
diftinguer, entre les opinions diverfement manifeftées,
celles qui ont l'affentiment du plus grand nombre &
qui font fondées fur la connoiflance des localités &
fur les intérêts effentiels de la métropole, ont arrêté
qu'il feroit donné à l'impreflion, & diftribué au domicile de chacun des membres de TAffemblée un
extrait littéral des pétitions, adreffes 2 lettres & autres
pièces arrivées au comité, par renvoi de l'Affemblée
A
manifeftées,
celles qui ont l'affentiment du plus grand nombre &
qui font fondées fur la connoiflance des localités &
fur les intérêts effentiels de la métropole, ont arrêté
qu'il feroit donné à l'impreflion, & diftribué au domicile de chacun des membres de TAffemblée un
extrait littéral des pétitions, adreffes 2 lettres & autres
pièces arrivées au comité, par renvoi de l'Affemblée
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