--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Avob
Habi darter iromn
Litriry
Érun Anibersity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
ho, %
LETTR E
DE
GUILLAUME- 1 " LE " DISPUTEUR
AU
COPSIN-JACQUES
Sur l'état préfent de nos Coloniese
A PARIS S,
Libraire, Cour des Fontaines,
Chez MARET,
Palais Egalité.
ANIV. DE LA ROPUELIQUE FRANGAISE+ --- Page 6 ---
& --- Page 7 ---
UMNUTIIGIIMUE
Immuint
LETTRE
D E
GUILLAUME - LE - DISPUTEUR
A U
COUSIN-JACQUES,
Sur l'état préfent de nos Colories.
Vous riez & vous faites rire, charmant
Coufin. Pour moi je fais foucieux, querelleur, inquict; je me difpute, & jimpàtiente : il y a donc bien peui d'analogie
entre nos humeurs ; cependant je voudrais
faire connoiffance avec vous, votre gaieté
fans doute mes idées qui
rafraichirait 1
femblent ne fe repofer que fur des objets
finiltres & défaftreux 5 je ne vois que
poignards, que cadavres, que torches, que
flammes & que cendres:
A --- Page 8 ---
Enfoui depuis fx mois fous
papicrs, de
un tas dc
décrets, de motions
d'arrérés miniftériels,
d'ordre,
pêches fecrètes,
d'inftrucions, de dé.
de
d'arrêtés des comités,
correfpondances officiclles &
cielles, de
confidende difcours procès-verbaux, de pamphlers,
differrations prononcés à la tribune, de
théâtre enfin, métaphyfiques, de pièces de
tous matériaux
cueillis pour écrirc Thiftoire que jai relution de nos iles à
de la révoqu'intrigues,
fucre j je n'ai vu
Coulinedacques, qu'erreurs, que crimes. Ah!
dans
évitez, évitez de
cette fentine
fouiller
trouvericz pas de
d'iniquiré 5. vous n'y
quoi rire.
Ces temps paffés,
ment travaillée de limagination péniblece tiffir
corps excédé par les veilles dhorreurss le
entouré de tous les
& le travail;
de
écrits dont
vous parler, je
je viens
fautcuil devant
m'affoupis fur mon
pas le fommeil mon fecrétaire. Ce n'écait
vais
dont je jouiflais j
un fatiganr,
jéproumes facultés. engourdifemene dc toutes
Dans. cctte
tuation je vis' un fpedre douloureufe fihideux & dé-
ps excédé par les veilles dhorreurss le
entouré de tous les
& le travail;
de
écrits dont
vous parler, je
je viens
fautcuil devant
m'affoupis fur mon
pas le fommeil mon fecrétaire. Ce n'écait
vais
dont je jouiflais j
un fatiganr,
jéproumes facultés. engourdifemene dc toutes
Dans. cctte
tuation je vis' un fpedre douloureufe fihideux & dé- --- Page 9 ---
toltant de fang; il érait aflis fur dn tas
de 0 cadavres, & environné d'offemens, de
cendres & de décombres; fous fes pieds
éraient des inftrumens aratoires brifés, des
fymboles des arts & du commerce à moitié
brâlés, des vaiffeaux mis en pièces; à la
main il tenait un poignard avec lequel il
gravait fur les débris d'nnc machine â
de la
-
filer la foie, & au-deffous
Conftitution de 1793: Périfent nos Colonies plutôs
gue de renoncer d u72 Teul de nos principes!
A cettel exclamation je réconnus Robefpierre. Ii continua d'écrire, & je lus diftinêtement ces mots:
Je recommande d la reconnaifance du
britannique lcs familles des
gouvernement
des mi-.
membres des diverfes légiflatures,
nifres, des commifaires civils, des fonctionnaires publics, écrivains 6 autres qui,
diredement ou indiredement, ont f puifamment coopéré à la ruine des iles aficcre
frangaifes, 8 dont les noms fuivent..
S.. -
Alors un bruit foudain me réveilla':
A: 2 --- Page 10 ---
c'érak un cricur de 4
la découvere de la journal qui annonçait
con/piration Babauf:
Ce
fonge, mon cher
donne une idée, celle Confin, m'avait
veau dans le tas de de fouiller denoudépofitaire, afin de papiers dont je fais
tableau commencé faire moj-mème le
à quoi fert, ai-je parr mon fpectre. Mais
concitoyens
dit, à guoi fert à mes
que l'on fache
qui ont déshonoré le
quels font ceux
travaillant à la ruine du nom Français, en
aétif & le plus
peuple le plus
Al! Puiflene-ils induftrienx du monde:
leur fera-t-il
oublier leurs noms ! Ne
pas plus utile de
moyens de
chercherles
réparer tant de maux ?
C'eft la-deffus,
je vous confuite. mon cher Couin,
& jaimerai
Vous étcs franc &: q:e
à recevoir VOS
avifé,
deux queilions fuivantes. confeils fur les
ruine du nom Français, en
aétif & le plus
peuple le plus
Al! Puiflene-ils induftrienx du monde:
leur fera-t-il
oublier leurs noms ! Ne
pas plus utile de
moyens de
chercherles
réparer tant de maux ?
C'eft la-deffus,
je vous confuite. mon cher Couin,
& jaimerai
Vous étcs franc &: q:e
à recevoir VOS
avifé,
deux queilions fuivantes. confeils fur les --- Page 11 ---
La France peut-elle, doit- elle conferver la
fouveraineté des Ifles à fucre ?
ON lit, dans les débats entre Polverel &
Sonthanax & leurs dénonciateurs, qu'un commiffaire de Saint-Domingue difait, en 1790,
à Mirabeau qui lui préfentait Vaffranchiflement
des noirs & l'égalité des affranchis, comme une
mefure dictée par l'humanité & par Putilité
publique:
l'exécution
(E Qu'artivera-til, quand, par
> de ce projet, vous aurez chafTé tous les.
) colons blancs ? Vous romprez les liens du
> fang, de l'amitié, de Pintérêt; les rapports
> de goits, delangage, d'habitudes quiunifent
> les blancs à la Mère- patrie ; & alors la
> premicre puiflance qui fe présentera con-
> quérera vOs Ifles à fucre >.
Voilà précifément ce qui eft arzivé. Les.
débats entre Polverel 6 Sonthanax & leurs.
dénonciateurs, le prouvent jufqu'à Pévidence.
Les Anglais ne fe font emparés particulereinent
de Saint-Domingue, qu'après le maffacre & la:
difperfion des colons biancs ; & dans les.
dépêches dernierement remifes au ministre de:
la marine, par les envoyés de l'armée de SaintDomingue : on lit textuellement dans les infe
tructions données à ces envoyés :
A 3 --- Page 12 ---
C Qu'il eft trifle O
> ces mêmes
d'étre obligé de dire
> repouffer les hommes (les noirs) armés que
D ployent
ennemis de Jeur
pour
que
liberté,
> leurs libérateurs trop-fouvent leurs armes ,n'em2 neux, ne
& leurs frères,
contre
) de la liberté, connaiffant pas les vraies Soupgon-
> le dégré dè
bien dloignés d'avoir bornes
5 civilifés, fouvent lumière néceffaire à des atteint
a pables, Jeur
plus à plaindre hommes
> toujours
ignorance eft une que cou3) qui, enhardie renaifante pour la faction rellource
> dont les
par une marine afez liberlicide
) nos edtes, Anglais fone ZLn vain nombreufe,
> dolité & ne ceffe de fe jouer de étalage fur
> les induire d'abufer de ia facilité
leur cré-
> ralumer en erreur, pour
qu'il y a de
les
femer Ja
> trop
guerres inteflines,
divifion,
A dela long-temps dévafté cette
qui n'ont que
>
République, & favorifer portion précienie
dfruduurs que
par-là
a Anglais,
nos Farouches lesprojed
méditent depuis fi
ennemis, les
Dans le rapport fait
long-temps ).
Capitaine au 106.
par PAdjudanr
que dans la miffion rogiment
Brideant,
Etienne
qui lui a d'infanterie, été
On lit
Tautotité Dacy, chef des noirs
confiée vers
legitime, ces mêmes révoltés contre
A Vive la
noirs difaient:
)) Roi
République Pas
vive
#
la
macaques blancs; tul ne bon;
le
guerre à Congos, mais tu la connais pas
connaitras &
).
Capitaine au 106.
par PAdjudanr
que dans la miffion rogiment
Brideant,
Etienne
qui lui a d'infanterie, été
On lit
Tautotité Dacy, chef des noirs
confiée vers
legitime, ces mêmes révoltés contre
A Vive la
noirs difaient:
)) Roi
République Pas
vive
#
la
macaques blancs; tul ne bon;
le
guerre à Congos, mais tu la connais pas
connaitras & --- Page 13 ---
> nous vous tuerons tous; que lc fang des blanés
> étoit doux trop >.
On lit encore dans ce même rapport que le
chef des révoités Beracia difait à PAdjudant
Brideau :
( On dit que nous voulons étre Anglais 3
le
n'est-ce
mes frères ?.
>> oui nous voulons!
pas
> en Je tournant vers les foldues qui crièrent
)) tous oui! >>
-
Enfin on lit dans la lettre du Gouverneur
de Saint-Domingue, Eticnne Laxeaux, à l'aroyée
du port de Paix: .
( Le danger eft preffant ; les Anglais ons
> Fait leur coalition avec les négres de. JeanTitus à leur.
)) Frangois, qui ont aujourd'hui
> tête. Les fufils, les poudres font débarqués
) de ce jour >
S758
étranabfolument
Après cet ayeu d'hommes
gers-aux intérêts, aux paflions dont on a toujours:
accusé les colons blancs ; après le témoignage:
du gouverneur Laveaux, 7 d'autant moins. fufped:
qu'il a-été le principal colloborateur de Polverel
& Sonthanax à Saiit-Domingue, il ne doit
plus refter de doute aux gens impartiaux., que:
les hommes de couleur & les. noirs, après
avoir été les infrumens de la dévaftation de
réalifé ce que: disait ce.
nos Colonies, n'ayent
Colon à Mirabeau, en 1790; c'est-à-dire qu'ils:
n'ayent été, ne foient encore les inflrumens
As
:
qu'il a-été le principal colloborateur de Polverel
& Sonthanax à Saiit-Domingue, il ne doit
plus refter de doute aux gens impartiaux., que:
les hommes de couleur & les. noirs, après
avoir été les infrumens de la dévaftation de
réalifé ce que: disait ce.
nos Colonies, n'ayent
Colon à Mirabeau, en 1790; c'est-à-dire qu'ils:
n'ayent été, ne foient encore les inflrumens
As --- Page 14 ---
employés
quête de Pour faciliter à
Dans nOS Ifles à fucre, FAngleterre la conQn lit encore les débats dont il vient
qu'en 1730, à la d'êre parlé,
Miratezus ce même
folliciation de
Domingue eut un entrecien commillaire de Saint-.
ambafladeur fecret
avec Gillert
voit Ars qu'il lui difoit d'Angletetre à
Elliot,
) Le
:
Paris; On
> n'eft réablifement de
>
pas ce qui vous T'ancienne monarchie
Vousne
importe en
>) venger pouvez oublier qué vous
France.
>
d'elles pour avoir fi bien ayezià vous
X Hindependanre &
des Etats-unis
fecondé
>-auf deequellan fyléme
tinis par-là un fi d'Amérique,
> fut
denrabifemnento qui, grandobllacle de
> vos le.moar.de la guerre de
votre part,
>
protefations
1756.
pas que
danitié, je né me Malgré
> avez armés; quarante vailleaux de
diflimule
* avoir
ainsi que
ligne que vous
>) bliffement pour motif vetre PEipagues ne peuvent
de
diferend fiar
> lequel il ferait Naurha-Sundo
Péta-
> choifi
affez étrange différend pour
> ceffaire par vous fut Louis que le mediatenr
de
XVI,
> tique de PEipagne, dans le
l'alié né-
> préparatifs, FEurope. Je vois dans fyléme poli-
> par la
le Projet de déchirer ces grands
> fe
guerre la plus
la France
Porteront fans
defallmucule.
> Pobjet éternel de donte fur nos Ifles Vos à coups
y. ayez
votre
fucre,
préporé la ruine & jaloufe, le
dont vous
bonleretfemnen
,
> tique de PEipagne, dans le
l'alié né-
> préparatifs, FEurope. Je vois dans fyléme poli-
> par la
le Projet de déchirer ces grands
> fe
guerre la plus
la France
Porteront fans
defallmucule.
> Pobjet éternel de donte fur nos Ifles Vos à coups
y. ayez
votre
fucre,
préporé la ruine & jaloufe, le
dont vous
bonleretfemnen --- Page 15 ---
5) par le Décret du I2 O8obre 1790, que
vient de didter )).
> votre politique
maritimes qui aura
( Cclle des Puiffances
de poudre fur mer, qui aura
> brilé.le plus
> détruit le pluis de vaifleaux & de marins,
maitrefle du commerce maritime. Je
) reflera
& cela
> crains bien que ce foirPAngleterre;
aflez
f l'on continue de,
) eft
vraifemblable,
notre marine. Qu'en réfultera-t-il
) déforganifer
vous ? Pextenfion de votre
) d'heureux pour
défoler Phumanité
> commerce. Eh bien! fans
ufez de votre pré-
) par une guerre fanglante,
la France
> pondérance fur mer, pour porter
à établir,
toutes les Illes.
> & P'E(pagne
pour
> à fucre, une liberté. de commerce indéfinic
fous la
de la France,
) & refpedive,
garantic
) de PAngleterre & de PEfpagne. Ce moyen,
) qui promet à PEurope une paix durable,
)). donnera à chacune des_Puiffances maritimes,,
) la faculté de développer toutes les reflources
) de fon induftrie commerciale, & vous ne
dans nos belles contrées, les
>. porterez point
>. féaux de la guerre intérieure & extérieure ).
( Je fais bien que vous pourrez détruire
)) nos Colonies ou les conquérir; mais pouvez-
> vous les conferver ? Le fyftême politique de
Neconvient-
> PEuropele permetra-ttljanais?
intérêts de
> il. - donc pas mieux à VOS
propofer,
la liberté refpedive du coln-
> dès-à-préfent,
>. merce des Ifles à fucre; que d'y contraindre
porterez point
>. féaux de la guerre intérieure & extérieure ).
( Je fais bien que vous pourrez détruire
)) nos Colonies ou les conquérir; mais pouvez-
> vous les conferver ? Le fyftême politique de
Neconvient-
> PEuropele permetra-ttljanais?
intérêts de
> il. - donc pas mieux à VOS
propofer,
la liberté refpedive du coln-
> dès-à-préfent,
>. merce des Ifles à fucre; que d'y contraindre --- Page 16 ---
T0
de retablir les
> la France, par Pimpofibilité
> fennes, quands-par Pintrigue de vos agens $
les
& détruire > ?
> vous
aurezfait bouleverfer
Dans la fuite de la difcuflion entre Polverel
& Sonthanax & leurs dénonciateurs, ce Colon
dont on a parlé, ajoute qu'à cette époque Gilbert
avoir bien
Elliot retourna à Londres, après
concerté fans doute fon plan avec les Agens
qu'il avait choifis à Paris; 3 que ce fut alors auffi
fe confirma la coalition de toutes les puifque fances de PEurope contre la France, & que
PAngleterre, qui ne mettait toute PEurope
en mouvement, que pour envahir l'empire du
les:
commerce maritime, : efpérant conquérir
Ifles à fucre & les conferver, a préféré les
a fait employer à ceux qu'il
moyens qu'elle
avait confeillés.
A cétte' époque, celle de 1790, Barnave
dirigé par les Lameth , & quelques autres'
membres de PAffemblée conflituante accufaient
P'Afemblée générale de l'ile Saint-Domingue
de vifer à Pindépendance, parce qu'elle demanda à être revêtue du : droit de flatuer fur
le régime focial qui convenait aux Colonies.
L'Affemblée conflituante, par l'organe de fon
préfident,avairéents cette Affemblée, demandez
zout ce qui convient a votre Colonie, PAflemblée
nationale & le Roi vous y invitent. Ce qui COIvenait à leur Colonie, c'était de Pifoler des
grands mouvemens dont la France était menacées --- Page 17 ---
"TI
< de prévenir l'abus que l'on pouvait faire de
a Déclaration des Droits de Phomme, qui renverfait le fyftême focial qu'ils regardaient
comme la: bafe de la profpérité commerciale
de la France. Les Colons devaient d'autant plus
croire à la bonne foi, à la probité des Légiflateurs de la France, que la leure dont il vient
d'être parlé, accompagnait le Décret du 8 Mars
1790, dont une des difpolitions portait, que
PAffemblée confituante n'avait pas entendu comprendre les Colonies dans zine Confituion qui
pouvait être contraire à leurs convenances locales
6 particulières. Que-! l'on fe tranfporte à PA(-
femblée générale d'une des Iles à fucre, & l'on
la Déclaration des Droits de
verra fi, après
lhomme, les Membres qui compofaient cette
Affemblée ne devaient pas voir, dans le texte
du Décret du 8 Mars 1790, & dansles éxpreffions de la lettre qui l'accompagmait, 9 que
PAffemblée conftituante, ne pouvant plus difcuter fur le fort des noirs, en remettait le foin
aux Affemblées des Ifles à fucre, puifque ce
même Décret du 8 Mars 1790, leur demandait
leurs plans fur-la Confitution qui leur convenait. Cette demande de-lAffemblée générale
de Saint t Domingue, bien antorifée par la
volonté nationale, était donc une adte de la
plus grande fageffe, de la plus: grande prévoyance. Les hommes d'état qui difpofaient alors du
er fur le fort des noirs, en remettait le foin
aux Affemblées des Ifles à fucre, puifque ce
même Décret du 8 Mars 1790, leur demandait
leurs plans fur-la Confitution qui leur convenait. Cette demande de-lAffemblée générale
de Saint t Domingue, bien antorifée par la
volonté nationale, était donc une adte de la
plus grande fageffe, de la plus: grande prévoyance. Les hommes d'état qui difpofaient alors du --- Page 18 ---
fort de la
demande, France, le
3 loin de trouver dans
de fciflion,
prétexte d'une vaine
cette
auraient dû dindipendance, de
accufation
de
y trouver au contraire fouverainete
Puifances Pémancipation des iles à fucre de l'initiative
établie fur commercantes des
qui, fielle toutes les
affutré à la
principes bien
avait été
Puifances France le
combinés, aurait
de PEurope. premier Alors rang parmi les
defplendeur vers lequel
laFrance, à létat
pas; ajoutant le reffort ellemarchairaf G
d'un gouvemnement
qu'elle devait grands
marine
recevoir
marchande coafhationnel, ayant une
capitaux & des iesnembreufe, de
demandaient
moyens d'indufrie
gros
pour tirer
qu'à fe
qui ne
tout Favantage développer, eût été placée
refpedive du
pollible de lal
les confpiratenrs commerce des iles à fucre. liberté
commerce
avaient d'autres
Mais
à
devair être libre
vues; & file
fucre, ils ne
avec toutes les iles
le plus. grand voulaient pas que ce fut
Si on jette avantage les
de la France.
pour
que du moment yeux fur le
Puiflances
où la grande pale, on voit
de
coalition
du moment PEnrope a
des
la
olr, par une atdscnetiuced
que
poférité
monruofité
que
naturels de
jugera, on a vu les. politique
fe diriger PAngleteire fe liguer aveci ennemis
alors
par limpreffon de. fon
elle &
dans aulli.on a vu la
cabinet ;
nos villesde
profeription & la mort,
commerce & del
mantfidures,
pale, on voit
de
coalition
du moment PEnrope a
des
la
olr, par une atdscnetiuced
que
poférité
monruofité
que
naturels de
jugera, on a vu les. politique
fe diriger PAngleteire fe liguer aveci ennemis
alors
par limpreffon de. fon
elle &
dans aulli.on a vu la
cabinet ;
nos villesde
profeription & la mort,
commerce & del
mantfidures, --- Page 19 ---
apper tous ces hommes indufrieux, dont les
prtunes particulières alimentaient la fortune
ublique: Prefque tous les capitaux qui ne font
pas devenus propriétés nationales, par le fait
lcs. tribunaux de fang répandus fur toute la
jurface de la France font paffes à l'étranger.
Une rage frénétique détruifait les manufadures;
andis queles réquifitions dévoraient les ouvriers
K les animaux de Jabourage, parconféquent les
brincipaux inflrumens de la culture, & tous
es moyens de reftaurer les manufadures. Des
combinaifons vicieufes détruifaient la marine
militaire, tandis que la plus étrange réquifition
qui ait jamais exiflé, détruifait les refles de la
marine du commerce; ; & l'adte de navigation
& la deftruction de noS forêts ôtaient les
moyens de les réparer. Nos avantages contre
Efpagne & la Hollande étaient tous entiers
pour Putilité de l'Angleterre 2 puifque nous
battions les deux Puiffances qui, naturellement,
devaient concourir avec la France à baiancer
les forces maritimes de TAngleterre, 2 chez
laquelle la conquête de la Hollande, a fait
d'ailleurs refluer un grand nombre de capitaliftes
effrayés de Pimpulfion révolutionnaire apportée
par les conquérans 3 & aufli-tôt que nous y
avons été les maîtres,. les forces Britanniques
ont dû aller & ont été en effet fe faifir du Cap
de Bonne-e(pérance.
En même. temps des' lois ambigues &
la France à baiancer
les forces maritimes de TAngleterre, 2 chez
laquelle la conquête de la Hollande, a fait
d'ailleurs refluer un grand nombre de capitaliftes
effrayés de Pimpulfion révolutionnaire apportée
par les conquérans 3 & aufli-tôt que nous y
avons été les maîtres,. les forces Britanniques
ont dû aller & ont été en effet fe faifir du Cap
de Bonne-e(pérance.
En même. temps des' lois ambigues & --- Page 20 ---
contradidoires ont jeté le défordre & P'anarchie
dans nos iles à fucre. Des agens choilis par
l'influence de Brillor, (& qui malhicureufement
viennent d'y retourner encore), aul moment
failait déclarer la
*
où ce même Briffor
guerre
ont porté dans ces mêmes iles
à PAngleterre,
de
compiète de tous principes
une fubverfion
detout fyftême
gouvernement; la déforganifation
focial, le renverfement de tout fyfléme poliLa dévaflation, la ruine & Pincendie ont
tique.
La perfécution, la prof
frappé les propriétés.
cription, la mort ont frappé les proprictaires
Les Colons blancs ont été anéantis; 5 les forces
ont été, chaflées; les Anglais fe
protedrices
ils ont été les maîtres. Pendant
font préfentés;
les louanges, les ericouragemens
ce "temps,
& le Tont encore aux aflaffins
étaient prodigués
menaces
des Colonsblancs. Les humiliatiens,les
le fupplice étaient le prix
les emprifonnemens,
infortunés. En fallait-il
des réclamations de ces
plus pour les jeter dans le parti de FAngleterte?
Cependant la plupart a réfifté, & pourles forcer
à réclamer la protedion de cette puiffanice. 9
de déclarer émigrés ceux
n'a-t-on pas propofé
aiteindre?
que le fer & le feu n'avaient pu
Toutes cesmefitres n'ont-elles pas été dirigées
la main qui a ruiné Lyon, Nantes & les
par villes de commerce ? Examinons quelles
autres
en feront les fuites néceffaires.
de la
LAngleterre, riche des dépouilles
les forcer
à réclamer la protedion de cette puiffanice. 9
de déclarer émigrés ceux
n'a-t-on pas propofé
aiteindre?
que le fer & le feu n'avaient pu
Toutes cesmefitres n'ont-elles pas été dirigées
la main qui a ruiné Lyon, Nantes & les
par villes de commerce ? Examinons quelles
autres
en feront les fuites néceffaires.
de la
LAngleterre, riche des dépouilles --- Page 21 ---
Hollande & de celles de la France, domine
peui-être fans retour dans les mers des Indes,
car elle poflede le Cap de Bonne-Efpérance.
Dans nos iles à fucre, elle nous a enlevé tout
ce qui n'eft pas la proie de la dévaftation la
plus complète, & fuivant les dépéches dont
OD a vu Pextrait, elle ne tardera pas à être
maitrefle du refte. Elle commande dans la
Méditerranée. Elle menace les États-unis, par
nos propres agens, d'un bouleverfement peutêtre prochain, afin de fe placer fur le golfe
du Méxique, comme elle Peft à Gibraltar & au
Cap de Bonne-Efpérance. Elle a un fyflème
commercial organifé, des relations bien établies,
des manufacures bien montées, une marine
militaire puiffante, une marine du commerce
nombreufe, beaucoup de numéraire, ZL72 efprit
public, un gouvernement ferme & vigilant.
Dans cette. pofition refpedive de la France &
de l'Angleterre, quelques foient les intérêts
politiques de PEurope, penfe-t-on, fi. PAngleterre eft obligée de nous rendre nos iles
à fucre, qu'elle les remette avec un 2 fyfléme
focial qui en affure la deftrudion, & qui fc
propagerait dans les fiennes? La France de fon
côté, fans déroger à fes principes conflitutionnels, recevra-t-elle la Loi que lui impofera
néceffairement l'Angleterre de retirer le décret
qui affranchit les noirs ? Dans cette alternarive,
pour faire la paix, qu'exigera PAngleterre de --- Page 22 ---
la France ? Si elle ne peut conferver la fouveraineté des iles à fucre, il eft bien démontré
qu'elle a pris tontes fes mefures, pour en achever
Ia dellrudion, ou pour forcer la France à confentir àleur émancipation. Ce qui, à proprement
parler, n'efl pour PAngleterre que la garantie
jufqu'à ce que
d'un monopole prefqu'exclufif,
de fes
la France ait rouvert tous les canaux
induftrielles. Voilà donc où nous ont
reffources
fix ans, accufent les
conduit ceux qui, depuis
colons de vifer à l'indépendance, & qui, pour
filence, ont voulu les conduire
leur impofer
au fupplice.
tous ces
Quelles mefutres pouvaient prévenir
maux? Celles-là mêmes propofées par l'affemféante à
blée générale de Stint-Domingue,
Saint-Marc, dont les membres, par cela feul,
devenus les
d'une ii conflante & fi
font
objets
terrible perfécution.
néceffaire de la fouveraineté
La conféquence eft le droit exclufif d'y comdes Colonies
d'y vendre & d'y acheter
mercer, c'ef-à-dire,
exclufivement. réfultant de ce droit exclufif eft
L'avantage
toutes les marchandifes qut font confomque dans les Colonies françaifes font fabrimées
France ou en font exportées ;: que
quées en
coloniales font tranfportées
toutes les denrées
&
diredement dans les ports de France,
que
de la confommation en France de
le fuperflu
ces
comdes Colonies
d'y vendre & d'y acheter
mercer, c'ef-à-dire,
exclufivement. réfultant de ce droit exclufif eft
L'avantage
toutes les marchandifes qut font confomque dans les Colonies françaifes font fabrimées
France ou en font exportées ;: que
quées en
coloniales font tranfportées
toutes les denrées
&
diredement dans les ports de France,
que
de la confommation en France de
le fuperflu
ces --- Page 23 ---
ces denrées coloniales, vendu à T'étranger,
concourt à procurer aux manufadures nationales les matières premferes que le territoire
ne produit pas,ics mnoyens de fubfiftance dans
Ies temps nécefliteux, enfin, les matériaux néceffaires à la marine militaire.
Quelles font les charges de 1 cette fouveraineté? La néceffité d'entretenir une nombreufe
marine militaire & toutes les autres dépenfes
de fouveraineté, comme Pétabliffement & lentretien dés forts, poftes & comptoirs.
Après avoir pofé les avantages & les charges
de la fouveraineté des Colonics, il faut examiner fi la balance eft à l'avantage de la
France.
Le premier avantage réfultant du droit eXclufif de commercer aux Colonies eft que toutes
les marchandifes qui y a font confommées font
fabriquées en France ou en font exportées.
Quelles font les marchandifes confommées aux
Colonies qui font du produit immédiat du fol
de la France & de fes manufadures? Ce font
les farines, le beurre, les viandes falées &
fumées, les vins; les eaux-de-vie, les huiles,
les fruits préparés, les toiles, les foieries, les
chapeaux, les draps, les toiles peintes, le
favon, la chandelle, la bougie, la verrerie, la
faiencerie, Phorlogerie, P'orfèvrerie, la bijouterie, le papier, les papiers peints; les glaces,
les meubles & tous autres objets de luxe, les
B --- Page 24 ---
marchandifes en coton & fil; les bas de foie,
de fil & de coton ; les cuirs manufadurés,
les inflrumens aratoires, les uftenfiles de fucrerie, le fer, les armes, la parfumerie, la
mercerie, la clincaillerie.
Quelles font les marchandifes confommées
aux Colonies qui ne font pas du produit du
territoire français ou manufadurées en France,
& qui font portées aux Colonies par les Commerçans français? Ce font les marchandifes
des Indes orientales & les épiceries, qui, pour
parvenir aux iles à fucre, paffent par l'Europe;
ce font les drogueries, les piallres, les toiles
& dentelles de Flandre; les mouffelines, toiles
de coton & toiles peintes de Suiffe & d'Angleterre; enfin les animaux vivans, foit pour
la culture, foit pour la confommation.
Certes, aucune puiflance maritime ne peut
entrer en concurrence avec la France pour
toutes les marchandifes qui font du produit
immédiat de fon fol & de fes manufadures,
détaillées. Elles le
& qui ont été_ci-devant
d'autant moins que la France eft ellepeuvent
de la
même en poffeflion d'approvifiouner
plupart de ces marchandifes les pays étrangers
auffi bien que les Colonies. L'Angleterre feule
rivalife utilement avec elle pour les. draps
légers qui font néanmoins inférieurs à ceux de
France, pour les toiles peintes, la verrerie,
la faiencerie, les cuirs manufadturés, le fer,,
_ci-devant
d'autant moins que la France eft ellepeuvent
de la
même en poffeflion d'approvifiouner
plupart de ces marchandifes les pays étrangers
auffi bien que les Colonies. L'Angleterre feule
rivalife utilement avec elle pour les. draps
légers qui font néanmoins inférieurs à ceux de
France, pour les toiles peintes, la verrerie,
la faiencerie, les cuirs manufadturés, le fer,, --- Page 25 ---
les armes, les inftrumens aratoires, les uflenfiles de fucrerie, la mercerie, la clincaillerie,
les viandes falées & fumées, & le beurre. Mais
la France a, comme l'Angleterre, toutes les
matières premières propres à la fabrication de
ces marchandifes; il n'eft donc que d'en per*
fedionner la manufadure.
Les foieries & les toiles de France portées
en Efpagne procureht les piaftres; celles-ci &
les marchandifes du produit du fol & des' manufadures de France procurent les marchandifes des Indes orientales, les épiceries & les
drogueries : les toiles & les dentelles peuvent
être fabriquées en France; les mouffelines &
les toiles de coton d'Angleterre & de Suiffe
peuvent d'autant mieux être fabriquées en
France, que c'eft par fon entremife que ces
deux puiffances reçoivent les cotons de nos
Antilles qui concourent à la fabrication de ces
marchandifes.
Or, fi c'eft avec le produit de fon fol &
de fes manufadures que la France fe procure
: les piaftres, les marchandifes des Indes, les
drogueries & les épiceries ; felle pent rivalifer avec la Flandre pour la fabrication des
dentelles, des batiftes, des linons, des toiles;
fi elle peut luter avec avantage contre PAngleterre & la Suifle pour les toiles peintes, les
mouffelines, les toiles de coton : fi elle petit
perfedionner chez elle la manufadure des marB2 --- Page 26 ---
chandifes pour lefquelles PAngleterre rivalife
ntilement avec elle; fi elle eft sûre de la
prépondéraiice dans le débouché de celles du
produit de fon fol & de fes manufa@ures
pour lelquelles aucune puiffance ne peut le
lui difputer, il en réfulte donc que les avantages du droit exclufif pour la France de
vendre aux Colonies, fe bornent à garantir à
quelques commerçans de fes ports de mer ce.
même droit exclufif d'acheter à l'étranger &
de revendre aux Colons les marchandifes de
fabriqué étrangère, jufqu'à ce que nos manu--
faétures puiffent rivalifer utilement avec celles
fourdes autres puiffances commerçantes qui
français. De-là le droit
niffent aux négocians
c'elt-àexclufif de commerçer aux Colonies,
dire, la fouveraineté fur les Colonies : les dépenfes de cette fouveraineté, létabliffement &
l'entretien de la marine militaire ont donc
pour but unique de protéger l'importation. exclufive aux Colonies de marchandifes du produit de fon fol & de fes manufadures, pour
lefquelles elle ne peut craindre la concurrence,
de marchandifes du produit de fon fol_&
ou de fès. manufadures pour lefquelles elle peut
rivalifer utilement avec les autres puiffances
commerçantes 5 encore eft-il. fort important
d'obferver que les inarchandifes pour lefquelles
craindre Ia concurrence forment
elle ne peut
de fes exportations aux
les quatre cinquièmes
ifes du produit de fon fol & de fes manufadures, pour
lefquelles elle ne peut craindre la concurrence,
de marchandifes du produit de fon fol_&
ou de fès. manufadures pour lefquelles elle peut
rivalifer utilement avec les autres puiffances
commerçantes 5 encore eft-il. fort important
d'obferver que les inarchandifes pour lefquelles
craindre Ia concurrence forment
elle ne peut
de fes exportations aux
les quatre cinquièmes --- Page 27 ---
Colonics. Enfin donc, en dernière analyfe, la
fouveraineté fur ces Colonies, les dépenfes de
cette fouveraineté ont pour but de garantir à
quelques cominerçans des villes maritimes le
droit exclufif de revendre aux Colonies un
cinquième des marchandifes qui y font confommées ; cinquième acheté de létranger &
les manufadures de France, avec quelques
que
peuvent parvenir dans peu à
encouragemens, fabriquer de manière à ne plus craindre la con
currence, Appréhenderoit-on que les Colons ne changeaffent de goits, d'habitudes & ne fe décidaffent à préférer les marchandifes étrangéres 2
Colons fuivront
aux marchandifes françaifes?les
toujours, à cet égard, Pimpulfion de tous Tes
confommateurs, ils donneront toujours. Ia préférence aux bonnes qualités dans les marchan-
& au bon
difes de confommation journalière >
goit dans les objets de luxe. La France, : fur
à toute
ces deux points, peut toujours prétendre
la perfedion que les fabricans peuvent atteindre;
ceux-ci ne tarderont pas à fe convaincre que
ceft une erreur 2 en manufadure 2 de croire
qu'on atteint - le but qui garantit le débouché 2.
lorfqu'on eft parvenu à vendre au meilleur marché polfible; malheureufement en France, pour
atteindre ce but, on a facrifié Ia bonne qualité;
un ff grand
qui eft ce qui procure, parexemple,
débouché à la clincaillerie anglaife, qui cepenB 3 --- Page 28 ---
dant eft à fi haut prix ? c'efl la perfedion
les ouvriers ont atteint. On la préfère
que
même en France: : & cependant la clincaillerie par-tout,
françaife eft bien moins chère ; les confommateurs & fur-tout les confommateurs aifés,
comme le font les Colons
a
féduits
9 peuvient bien être
un moment par le bon marché, mais
l'expérience les ramène toujours à la bonne
qualité,
Profitant de nos avantages fur
&
fe faifant céder
PEfpagne,
par cette puiffance la partie
efpagnole de Saint-Domingue, le Comité de
Salut public a préparé à la France une prépondérance décidée, dans tous les marchés des
Antilles. Si maintenant on y tranfporte la
nombreufe population de français qu'il plus fera.
poflible; 5 c'eft-à-dire, de français laborieux &
uiles ; & non de cette écume extra révolutionnaire. Si on les fait acompagner par des femmes
dont ils puiffent faire des époufes : ils
dans ces contrées les
porteront
goûts 2 les habitudes, lç:
langage de la France. Si l'on examine la polition
de Saint-Domingue, fes ports, la commodité
de fes relations avec les autres Nes & même
avec le continent , on verra fi ce n'eft pas de-là.
que doivent partir toutes. les impullions
feront données au grand archipel, & àla
qui
du continent qui Pavoiline.
portion
Il eft une preuve de fait, qui garantit la
conllance des colons français, dans la confom-
goûts 2 les habitudes, lç:
langage de la France. Si l'on examine la polition
de Saint-Domingue, fes ports, la commodité
de fes relations avec les autres Nes & même
avec le continent , on verra fi ce n'eft pas de-là.
que doivent partir toutes. les impullions
feront données au grand archipel, & àla
qui
du continent qui Pavoiline.
portion
Il eft une preuve de fait, qui garantit la
conllance des colons français, dans la confom- --- Page 29 ---
mation des marchandifes françaifes auxquelles
ils font habitués. Certes 2 fi quelque peuple
devait avoir de l'averfion pour PAngleterre, bient
c'était celuides Etats-unis d'Amérique. Eh
liaifons, les habitudes, le langage
les anciennes
le deflus fur les haines
fur-1out, ont repris
& cruelles
invétérées, fuite d'une guerreintelline
& les Etats-unis d'Amérique ne confomment,
pour ainfi dire, que des marchandifes anglaifess
çelt peut-être la faute de notre gouvernement;
étaient les
& quiconque a examiné quelles
linvues du miniftre Choifeul, lorfqu'il prépara
des Etats-unis d'Amérique, ne doit
dépendance s'étonner des efforts du gouverment britapas
renverfer le plan que Choifeul
nique, pour
fecondés
avoit combiné : efforts puiffamment
les propres agens de France aux Etats-unis
par d'Amérique. Il a été communiqué à cet égard
une note à Robert Lindet, lorfqu'il était au
comité de falut pablic; puis, à Pinvitation de
celui-ci remife à Merlin de Douai, vers le mois
de Frimaire de l'an troifième; c'étaient des vues
fur les moyens d'arracher à FAngleterre, 7 le
fceptre du defpotifme commercial qu'elle exerce
& ftr-tout de mettre des bornes
en Amérique 3 envahiffeur; depuis ce temps * il a
à fon fyftême
du choix
été envoyé aux Etats-unis wn miniftre
de Thuriot, que Pon eft endroit de foupçonner
de fuivreles erremens de fes predécelfeursstevenons à notre fujet.
B 4
des vues
fur les moyens d'arracher à FAngleterre, 7 le
fceptre du defpotifme commercial qu'elle exerce
& ftr-tout de mettre des bornes
en Amérique 3 envahiffeur; depuis ce temps * il a
à fon fyftême
du choix
été envoyé aux Etats-unis wn miniftre
de Thuriot, que Pon eft endroit de foupçonner
de fuivreles erremens de fes predécelfeursstevenons à notre fujet.
B 4 --- Page 30 ---
Le fecond avantage réfultant du droit exclulfif
de vendre & d'acheter aux colonies
en ce que toutes les denrées coloniales 5 confifle
font
tranfportées diredtement dans les ports de
& que le fiperflu de la confommation France,
France de ces denrées coloniales vendu à l'é- en
tranger, concourt à procurer aux manufadures
nationales les matières premières que le territoire ne produit pas, 5 Jes moyens de fubfiflance
dans les temps nécefliteux, enfin les matériaux
néceflaires à la marine.
JI eft bien établi que, dans l'ordre où étoient.
les chofes en 1791, les quatre cinquièmes des
marchandifes portées aux colonies par les commerçans français, ne peuvent éprouver de concurrence de la part des étrangers, qui'puiffe être
préjudiciable à la France, &.
le
cinquième reftant, elle
que, pour
peut-être utilement en
concurrence avec les autres puiffances commergantes 3 la France eft donc bien certaine de
recevoir, en produit des colonies,le
de ces quatre cinquièmes, & d'entrerutilement. payement
en concurrence avec les autres puilfances
le cinquième reftant. Elle eft donc bien certaine pour
d'avoir des denrées coloniales fort au-delà de fa
confommation, & qu'elle aura obtenucs au meilJeur marché poffible, puifqu'elle les aura
le plus diredement poflible, le plus débaraffé reçues
poflible de frais de voyage; elle pourra donc
vendre aveç avantage ce fuperflu aux puiffances --- Page 31 ---
étrangères ; car G les négocians de la Ruffie, de
la Suede, de la Norwège, du Danemark & des
villes anféatiques, veulent acheter des marchandifes aux colonies, ils ne pourront pas les y
payer avec les bois de conftrudion, le chanvre,
la mature, le brai, la réfine, le goudron, le
fuif, le cuivre non manufaduré qui ne s'y confomment point; ils ne les y payeront pas non
plus avec les bleds en nature, qui ne s'y tranfportent pas ; ils n'y porteront pas des farincs
dont la confommation eft bornée à Pufage du
petit nombre d'européens > qui ont porté dans
ces contrées les habitudes de PEurope. I! faudra
donc que ces négocians viennent apporter dans
nos ports les produits de leur territoire, pour
les y échanger contre des denrées coloniales ou
contre des marchandifes propres aux colonies.
Ce fera donc de manière ou d'autre les marchandifes provenant des colonies, qui concourront
à procurer, à la France les matières premièrés
que fon fol ne produit pas, les fubfiftances dans
les temps néceffiteux, & les matériaux néceffaires
à la marine. Si ce procédé établit une grande
concurrence dans les ports de France, de la.
part des étrangers, le réfultat néceffaire de cette
grande concurrence fera de diminuer le prix de
leurs marchandifes, & d'augmenter celui de
celles du produit du fol & des munufadures de
France. Mais tous les peuples du nord, dirat'on, : par des raifons bien connues & qu'il-ef
ceffiteux, & les matériaux néceffaires
à la marine. Si ce procédé établit une grande
concurrence dans les ports de France, de la.
part des étrangers, le réfultat néceffaire de cette
grande concurrence fera de diminuer le prix de
leurs marchandifes, & d'augmenter celui de
celles du produit du fol & des munufadures de
France. Mais tous les peuples du nord, dirat'on, : par des raifons bien connues & qu'il-ef --- Page 32 ---
inutile de déduireici, naviguient à bien meilleur
marché que nous 2 & peuvent par conféquent,
après avoir acheté dans nos ports les marchandifes propres aux colonies, les aller vendre aux.
colons à meilleur marché que nous; ils peuvent
même feulement prendre ces marchandifes à
fret, pour le compte des négocians français ou
des colons, & faire tomber par-là, la marine
commerçante. C'eft-là que la France doit employer l'exercice de la fouveraineté. C'eft-là que 3
doit s'appliquer l'aâte de navigation i c'eft en
mettant un impôt bien mefuré fur toutes les
marchandifes françaifes 2 qui s'embarqueront
les mers d'au-delà des tropiques fur des
pour
c'eft-à-dire, fur celles qui ne
navires étrangers,
craignent point la concurrence des autres puiffances maritimes, que non-feulement elle retroului conviendra, & même
vera Péquilibre qui la balance de fon côté.
qu'clle fera pencher
la vigiMais les négocians étrangers tromperont
lance des douanes françaifes : ils s'expédieront
leurs ports refpedifs & iront direêement
pour colonies. Cette mauvaife foi peut avoir lieu
aux
individus, & il eft des moyens
pour quelques
avoir lieu de la.
de la prévenir. Elle ne peut
part d'un peuple que ce ne foit une infradion
à un traité, un ade hoflile; & l'on fait comment
ces chofes fe traitent de peupleà peuple, lorfque
l'offenfé a la faculté d'agir. S'il a la faculté d'agie
on ne l'offenfe pas; s'il ne Papas,ilei fubjugué,
ividus, & il eft des moyens
pour quelques
avoir lieu de la.
de la prévenir. Elle ne peut
part d'un peuple que ce ne foit une infradion
à un traité, un ade hoflile; & l'on fait comment
ces chofes fe traitent de peupleà peuple, lorfque
l'offenfé a la faculté d'agir. S'il a la faculté d'agie
on ne l'offenfe pas; s'il ne Papas,ilei fubjugué, --- Page 33 ---
il n'ell donc pas poffible de combiner pour ces
cas, des moyens de répreflion:
II fe préfentera encore une réflexion ; c'eft
que les étrangers, après s'être pourvus dans nos
ports de marchandifes propres aux colonies',
les porteront dans les leurs & de-là les enverront
aux colonies. Ce procédé ne préfente pas l'inconvénient de nuire au débouché du produit du
fol de la France & de fes manufadures , puifqu'au contraire il les exporte ; il préfenterait
donc feulement celui de mettre aux colonies,
les étrangers dans une concurrençe défavorable
à la France; il n'eft pas que ces marchandifes
achetées en France & portées chez l'étranger s
ne fuffent chargés de quelques droits. Ces droits,
les frais multipliés de chargement & de déchargement, d'efcales & d'affurances feraient perdre
à ces étrangers tous les avantages de leur plus
grande économie dans la navigation, 2 & rétabliraient toujours Péquilibre en faveur dela France.
Il réfulte de cette difcuflion; 2 que la France
poffede les quatre cinquièmes de fes exportations aux colonies 2 en marchandifes auxquelles
&
lefquelles elle
rien ne peut fuppléer,
pour
n'a aucune concurrence à craindre. Il en réfulte:
encore qu'elle peut entrer utilement en concurrence avec les autres puiffances commerçantes,
le cinquième reflant ; n'eft.ce pas là un
pour plus certain du débouché des produits
garant
de fon fol & de fes manufadures, que ne l'eft
ede les quatre cinquièmes de fes exportations aux colonies 2 en marchandifes auxquelles
&
lefquelles elle
rien ne peut fuppléer,
pour
n'a aucune concurrence à craindre. Il en réfulte:
encore qu'elle peut entrer utilement en concurrence avec les autres puiffances commerçantes,
le cinquième reflant ; n'eft.ce pas là un
pour plus certain du débouché des produits
garant
de fon fol & de fes manufadures, que ne l'eft --- Page 34 ---
lafouveraineté des Colonies?
Puifque cette fou-i
veraineté, par le commerce exclufif; ne Ini
préfente d'avantage effedif que celui de
à quelques
garantir
commerçans des villes
le privilége de vendre aux Colonies maritines, celles
marchandifes
des
que nos - manufadures n'ont
aflez
pas
perfedionnées, pour les mettre utilement
en concurrence avec celles des
chandifes
étrangers : marque ces mêmes commerçans achettent
aux étrangers, lorfqu'elles ont été
avec des matières premières
fabriquées
qu'ils ont pour la
plupartreçuesde nous;telles queles
les toiles de coton & toiles peintes mouffelines,
& de Suiffe. Cet
d'Angleterre
'de
avantage qui n'efl que celui.
quelques négocians, & qui eft bien loin
d'être celui du commerce, ce qu'il ne faut
confondre ; compenfe t'il les frais & les incon- pas
véniens de Ja fouveraineté des Colonies?
Il faut examiner maintenant, f la France
commercerait pas plus utilement aux
ne
fi le commerce y était libre, fi toutes Colonies, iles
à fucre de l'archipel des Antilles
les
état
formaient LIn
indépendant; & fi la fouveraineté des Colonies n'eft pas au contraire. un obflacle au développement.de fes'reffources induftrielles.
Quelle eft la puiffance de PEurope, par fa
pofition topographique, par Pétenduc de fon
territoire, par la fertilité de fon fol, par le
nombre de fa population, par l'adlive indufirie
de fes habitans qui puiffe rivalifer avécla
France,
les
état
formaient LIn
indépendant; & fi la fouveraineté des Colonies n'eft pas au contraire. un obflacle au développement.de fes'reffources induftrielles.
Quelle eft la puiffance de PEurope, par fa
pofition topographique, par Pétenduc de fon
territoire, par la fertilité de fon fol, par le
nombre de fa population, par l'adlive indufirie
de fes habitans qui puiffe rivalifer avécla
France, --- Page 35 ---
lorfqu'un bon gouvernement dirigera habilement
touites fes reffources ? Si PAngleterre, avec U
territoire fi peu étendu, une population fi peu
nombreufe, promène fon pavillon fur toutes
les mers de Punivers; que doit-on attendre de
la France, fi fon gouvernement organife un
fyftême commercial; ; fes ports fur l'Océan, fur
la Méditerranée, fur la Manche appellent de
les
à la navigation. Si dans
toutes parts
français
indufdes refTources
ce grand développement
trielles
la France, elle eft bornée
que promet
à commercer à telle ou telle ile des Antilles,
dans tel. ou tel territoire d'Afie ou d'Affrique
dont- clle fera fouveraine, que fera-t'elle.de ce
fuperfu de fes produdions territoriales & dur
produit de fes manufaéures que lui promet l'édu
il fortira de l'état
nergie
peuple , quand
d'agitation où il fe trouve? Les fources de cette
induftrie fe tariront; ; le peuple français reculera
d'un fiècle; & file gouvernement ne dirige pas
vers un but utile l'impulfion d'activité donnée
la
après les déchiau peuple par
révolution,
remens affreux d'une guerre intefline, 2 la France
deviendra une puiffance du fecond ordre, elle
perdra tout le fruit des agitations éprouvées
dans le dernier fècle & à la fin dè celui-ci. Ce
but utile verslequel le gouvernement doittendre
fans celle,ceft Pextenfion du commerce; il ne
doit. pas perdre de vue que l'Angleterre n'a
foulevé toute PEurope contre la France s que
par
révolution,
remens affreux d'une guerre intefline, 2 la France
deviendra une puiffance du fecond ordre, elle
perdra tout le fruit des agitations éprouvées
dans le dernier fècle & à la fin dè celui-ci. Ce
but utile verslequel le gouvernement doittendre
fans celle,ceft Pextenfion du commerce; il ne
doit. pas perdre de vue que l'Angleterre n'a
foulevé toute PEurope contre la France s que --- Page 36 ---
pour mettre celle-ci au niveau de
& Piti fait maintenant
PE/pagne 5
le cardinal de Richelieu en France ce que faifait
la
en Angleterre, lors de.
cataftrophe de Charles I.,
Les marchandifes du
produit du
français ou de fes
territoire J
ment-elles
manufadures, ne fe confompas dans toutes les parties du monde?
L'agent de Hollande à Ceylan, le Francifcain
à Goa, linquititeur à Rio de la Plata le
tador à Carthagena de las Indias 6 à 2 conle
Mexico s.
bourguemeftre aux
Berbiches, 9 le
aux Barbades 6 à. la
gentlemant
pas les vins dé
Jamaique ne boivent-ils
France; leurs femmes ou leurs
maîtreffes ne fe parent-elles pas des objets de
Juxe, que les manufadures
feules au gout de tout Punivers? françaifes façonnent
& les
Les Efpagnols
Portugais, ; épars fur le contincnt del'Amérique, depuis le Chili jufqu'au
confomment-ils
Mexique, ne
pas les toiles de Picardie, de
Normandie, de Champagne, de Bretagne & du
les
Maine,
chapeaux, les foieries, les bas de
foie, les objets de luxe, la bijouterie de Paris
& de Lyon ? Celui qui cultive le lin dans le
Maine; célui qui bèche la vigne dans le
celui qui cultive les muriers
Médoc;
travaillentils
en Languedoc, ne
le
pas pour PAffriquain, le Péruvien,
Mexicain ? Mais comment ces
du territoire français & de fes
produdions
manufadures,
parviennent-elles dans ces contrées? Au travers
de toites les entrayes du monopole le plus def- --- Page 37 ---
truéeur ou de tous les dangers dela contrebandes
ce qui, en les renchériffant prodigieufements
en reftreint beaucoup la confommation. Si les
négocins français portaient diredement ces produéions aux lieux où les confommateurs les
appellent, quelle vafte carrière ne s'ouvrirait pas
pour Pinduftrie françaife ?
Il réfulté donc de ce raifonnement, que Pinduftrie nationale fera refferrée dans les bornes
de la confommation dc fes Colonies, fi la France
en refte fouveraine; & que cette induftrie nationale au contraire 2 n'aurait d'autres limites
que celles de toute l'extenfion qu'une bonne
adminiftration pourrait lui donner, fi le commerce des Colonies était libre.
Si dans ces Colonies, il eft des contrées dont
le fyftême focial exige des modifications aux
principes du gouvernement que la France s'eft
donné : ces modilications fe feront fans difficultés, fans obflacles; & la France_ne fe verra
point expofée à ce que des agitateurs fe faififfent
de principes mal appliqués, pour bouleverfer
fes Colonies & par là renverfer fon propre gouvernement.
Si le commerce eft libre; tous prétextes 9
toutes caufes de guerre cefleront à cet égard
entre les puiffances maritimes, & une paix durable, confolidant le gouvernement, garantira fa
durée & fa profpérité: car quel eft le propre de
touies les guerres?del d'apporter des altéra-
itateurs fe faififfent
de principes mal appliqués, pour bouleverfer
fes Colonies & par là renverfer fon propre gouvernement.
Si le commerce eft libre; tous prétextes 9
toutes caufes de guerre cefleront à cet égard
entre les puiffances maritimes, & une paix durable, confolidant le gouvernement, garantira fa
durée & fa profpérité: car quel eft le propre de
touies les guerres?del d'apporter des altéra- --- Page 38 ---
tions aux combinaifons des
changeantles relations établies gouvernemens, $ en
entre les peuples,
fur-tout en facilitant les entreprifes du defpotifime.
Sil l'onalléguait que dans cette forte d'accord,
P'Angleterre ne ferait pas une mife égale à celle
des autres. puiflances, à moins qu'elie n'ouvrit
fes ports de PAlie, on répondroit
objedion efl fort jufle. Si cette
que cette
de la liberté
grande mefure
refpedive du commerce dans les
Antilles avait été propofée à
l'époque où ceite affemblée PAngleterre 2 à
générale, féante à
Saint. - Marc 2 ile Saint-1
donné
Domingue, en avait
Pinitiative; fi ceux qui gouvernaient la
France avaient fait à la cour de Saint-James,
la propofition. 1 qu'un fimple particulier fit à l'em- s
baffadeur fecret d'Angleterre, à Gilbert Elliot
alors la France était en poffeflion de tirer de $
cette grande mefure politique, tous les avantages que l'on vient de déduire. Mais
ceux
les.fidieux,
qui ont fi conftamment perfécuté,
cette affemblée générale de
outragé
favaient bien jufqu'ou
Saint-Domingue,
iles à fucre
pouvair aller pour les
françaifes, la déclaration des droits
de Phommé, Ils. en avaient calculé tous les
effets; & ils étaient certains que.cet aéte
ou: détruirait les Colonies
feul,
ferait paffer fous la domination françaifes 3 ou les
de
Au furplus, il n'eft
PAngleterre.
pas inutile de remarquer
qu'après fon fecond voyage en Angleterre, le
duc
'ou
Saint-Domingue,
iles à fucre
pouvair aller pour les
françaifes, la déclaration des droits
de Phommé, Ils. en avaient calculé tous les
effets; & ils étaient certains que.cet aéte
ou: détruirait les Colonies
feul,
ferait paffer fous la domination françaifes 3 ou les
de
Au furplus, il n'eft
PAngleterre.
pas inutile de remarquer
qu'après fon fecond voyage en Angleterre, le
duc --- Page 39 ---
33.
Suc fOrléans envoya à fon chargé d'affaires a
Sain-Domingue, l'ordre d'affranchir les noirs
de Phabitation qu'il avait près le
Prince.
port au
Si cette liberté de commerce enfin, avait été
propofée à une époque où la France avait une
armée navale & une
(
nombreufe marine du commerce, il eft vraifemblable
qui alors n'avait fait aucunes que P'Angleterre
confenti à ouvrir fes
conquêtes 3 aurait
ports de PAfie. Si dans
ce temps un traité entre les grandes puiffances
maritimes, avait garanti à PAngleterre la liberté
de commercer dans toutes les Antilles & dans
tout le Continent de
P'Amérique, cette puiffance
n'aurait eu aucuns obflacles à craindre, aucunes
difficultés à furmonter 5 elle aurait trouvé
tout, foit dans les Indigènes, foit dans les Euro- par
pcens tranfplantés en Amérique, des hommes
intéreffcs a l'exécution de traités qui
taient leurs jouiffances & leurs richeffes. augmen- Ilt n'en
eft pas ainf des poffeflions de
'Afie. Ces
PAngleterre en
poffeflions ne font qu'éventuelles; elles
peuvent lui être enlevées ou par les armes des
princes d'Afie, mifes en mouvement
la
jaloufic, & par les intrigues des
par
puiffances de
PEurope, 9 ou par les entreprifes de' ceux de ces
princes fur lefquels ces poffeflions ont été ufurpées, & qui pourraient être affez bien fecondés
pour les recoriquérir; il efl donc aflez vraifemblable que dans la liberté & la sûreté de fon
C
lui être enlevées ou par les armes des
princes d'Afie, mifes en mouvement
la
jaloufic, & par les intrigues des
par
puiffances de
PEurope, 9 ou par les entreprifes de' ceux de ces
princes fur lefquels ces poffeflions ont été ufurpées, & qui pourraient être affez bien fecondés
pour les recoriquérir; il efl donc aflez vraifemblable que dans la liberté & la sûreté de fon
C --- Page 40 ---
PAngieterre aurit
commerce en Amérique,
fait
trouvé fi-non un avantage fur celui qu'elle
en Afie, au moins une grande compenfation de'
s'y ferait donnée
de la concurrence qu'elle
il eft.
la part des autres puiffances de PEurope ;
donc affez vraifemblable aulli que cette puif
fi
fance n'aurait pas rejetté ces propofitions, étaitla
elles avaient été faites dans la pofition où
France en 1790.
Quelle eft-elle aujourd'hui, cette pofition
de la France relativement à fes Colonies? Quels
lui refte t-il de les reconquérir, de les
moyens
de les rétablir ? Toutés les fources
conferver,
commerciale ne font-elles pas
de fà profpérité
marine
obftruées ou defféchées ? A-t-elle une
? Peut-elle équiper une armée
du commerce
lutter contre celle de PAnnavale qui puiffe
de la traite des noirs s
gléterre ? La fuppreflion
lui laiffe t-elle aucun efpoir de réparer la population de nos iles à fucre ? Tous les crimes de
la licence & de la plus extraordinaire démagogie
laiffent-ils Pefpérance, fans
qui les dévaftent,
devoir & au
une verge de fer, de raméner au
travail, des forcenés égarés par la fauffe application d'un fyflême focial qu'ils ne conçoivent
focial eft devenu loi conflipas, & ce fyftênie
tutionnel de la France ? Elt-il, ou n'cft-il pas
certain que PAngleterre eft à peu près s'maitreffe
? Le
fe
de toutes nos Colonies
gouvernement le
laiffera-t-il aller aux indudions de ceux qui
au
une verge de fer, de raméner au
travail, des forcenés égarés par la fauffe application d'un fyflême focial qu'ils ne conçoivent
focial eft devenu loi conflipas, & ce fyftênie
tutionnel de la France ? Elt-il, ou n'cft-il pas
certain que PAngleterre eft à peu près s'maitreffe
? Le
fe
de toutes nos Colonies
gouvernement le
laiffera-t-il aller aux indudions de ceux qui --- Page 41 ---
f
poitent, à demander à PEfpagne, ja rétroceflion
de la Louifiane ? N'y verra-t-il pas l'intention
de révolurionner ces contrées & les états méridionaux d'Amétique, 7 par Isfrarchillemenrdes
noirs, & de faciliter par-là, au milieu de la
combufion, le paflage des Anglais du Canada
au Golphe du Méxique, où ils fe placeront,
comme. ils le font au Cap de Bonne-Elpérance
& à Gibraltar ? Continucra-t-il de s'alioner les
coeurs des colons Français ? Laiffera-t-il les
Anglais fe confolider dans leurs conquétes 2
Attendra-t-il que l'intrigue du cabinet britanniqué, fecondée par les agens d'une certaine
a fadion 3 ait révolutionné les états méridionaux
d'Amérique ? Attendra-t-il que les Anglais D
profitant de l'inquiétude des Américains far la
propricté de leurs noirs S les leur achetent à vil
prix, & les tranfportent dans les iles qu'ils nous
ont conquifes ? Autendra-t-il enfin s que ceux-ci
portant dans ces iles les habitudes & le langage
des conquerans s n'er éloignert à jamais les
Frangais ?
Telles ont été les erreurs, téls oht été les
crimes de ceux qui depuis la révolutien, ont
déterminé les opérations relatives atx colonies s
qu'il femble qu'il ne refle plus qu'à opter entre
lindépendance refpedive des iles à fucre, O1E
Jear abandon à PAngleterre. Ne convient-il
donc pas mieux de propofer à cette puiffance,
pour prix de la paix, Pindépendance refpediye
- 2
ais ?
Telles ont été les erreurs, téls oht été les
crimes de ceux qui depuis la révolutien, ont
déterminé les opérations relatives atx colonies s
qu'il femble qu'il ne refle plus qu'à opter entre
lindépendance refpedive des iles à fucre, O1E
Jear abandon à PAngleterre. Ne convient-il
donc pas mieux de propofer à cette puiffance,
pour prix de la paix, Pindépendance refpediye
- 2 --- Page 42 ---
des iles à fucre 9 que de les voir
peut-être, fans retour fous fa domination paffer s
Ile eft évident qu'en ce
moment, tout l'avantage de cette détermination ferait
terre ; il eft certain aulli
la pour PAngleque
pofition de
P'Elpagne, par rapport à fes iles
n'eft point la même que celle des d'Amérique, $
fances maritimes. Tout
autres puifeft
le
l'avantage de ces iles
pour gouvernement 3 par lesimpôts excef
fifs dont font chargées toutes les marehandifes
qui y font portées ou qui en font exportées; &
pour les étrangers s parce que
a peu de manufadures, achette PEfpagne, de
qui
tout
Pétranger
prefque
ce qui fe confomme dans les fles.
Alors cette liberté' de commerce priverait le
gouvernement des impôts qu'il
&
préfenterait rien
perçoit, 9 ne
d'avantageux au peuple d'Ef- A
pagne, qui ne ferait plus lintermédiaire entre
les manufadures étrangères & les confommateurs
dans les iles efpagnols; : mais fi les
ou iffus d'efpagnoles, qui habitent les Efpagnols iles de
PAmérique, qui gémiffent depuis fi long
fous le defpotifme commercial des
temps
exclufives; dans les entraves des lois compagnies
tives les plus rigoureufes, &. dans les fers prohibi- d'un
gouvernement militaire qui les exclut de toutes
fondions publiques; ; fi ceux-là favaient enfin
que la France & PAngleterre veulent
leurs ports, & les affranchir d'un fréquenter
joug devenu
infupportable, penfe t-on que PEIpagne voulng
long
fous le defpotifme commercial des
temps
exclufives; dans les entraves des lois compagnies
tives les plus rigoureufes, &. dans les fers prohibi- d'un
gouvernement militaire qui les exclut de toutes
fondions publiques; ; fi ceux-là favaient enfin
que la France & PAngleterre veulent
leurs ports, & les affranchir d'un fréquenter
joug devenu
infupportable, penfe t-on que PEIpagne voulng --- Page 43 ---
eourir la chance d'un mouvement révolutionaire
dans ces contrées, & qu'elle voulut s'expofer
à'fe voir fans retour chaffée de fes iles & peutêtre' du continent de PAmérique?
Mais, dira-t-on, lors même qu'il ferait démontré que Pindépendance refpedive des, iles
à fucre, fut pour la France la feule reffource
qui lui reftat, pour concourrir au commerce.de
ces iles; cette indépendance eft-elle poflible ?
N'eft elle pas une forte d'aliénation du territoire?
: Et P'ade conflitutionnel qui déclare les colonies
partics intégrantes de la France, peut-etre méme
pour les fouftraire à cette fatale indépendance >
permettra-t-il jamais qu'elle foit prononcée de
la part de la France ?
Si la France ne peut confentir à cette forte
d'aliénation; fi ceux qui ont déterminé que les
Colonies 9 alors conquifes par PAngleterre 3.
comme Pétait Pile de Corfe, font parties intégrantes de la France, n'ont pas prévu toutes les
conféquenées de cette mefure conflitutionnelle,
il faut elfayer deles expliquer & prouver, peutêtre, que cette mefure fera la caufe que les
Colonies : font abfolument perdues pour laFrance.
Si le Corps légiflatif, ne peut: confentir à
cette (orte d'aliénation des flesà fucre Françaifes,.
il arrêtera donc que le Diredtoire exécutif prendra fes mefures pour les reconquérir. Le Direcsoire cxécutif en a-t-il lcs moyens ? A-t-il une:
C 3 --- Page 44 ---
armée navale? Fera-t-il la i nX à la condition
de laiffer lcs iles à fucre aux Ariglais 2 dans
Fefpoir de les reconquérir, lors qu'ilaura recréé
la marine ?
les
Si les Anglais confervent les Colonics,
Français n'y commerceront plus, la marine
Françaife étant privée du mouvement de mille
à douzé cens navires occupés par le commerce
des Colonies, comment confervera-t-elle Ol6,
formera-t elle les marins nécellaires.à la formaiion d'une puiffante armée navale, dont PAngleterre feule aura confervé les élémens? Lors
même que la France, par fon commerce de
cabotage en Europe, formerait affez de marins,,
ce qui n'eft pas vraifemblable : lors même que
toutes les économies du gouvernement, qui'a.
tant de maux à parer, s'appliqueraient à la
confrudion des vaiffeaux, fe diffiunulerait-on
qu'il faudra vingt ans, peut-être, de la plus.
fage adminilration, pour mettre la marine
françaife en état d'entreprendre la conquête des
ilcs à fucre. Mais dans vingt ans. la population *
des Colonies fera renouvelée; il n'y reflera
plus de ces colons blancsfi parfaitement dévoués
à Ia France, & qui ont fi courageufement luté
contre les dévaflateurs de leur pays. Ceux qui
habiteront ces contrées, abfolument dirigés par
Pimpalfion que leur aura donné le, gouverJtemept britannique, auront perdu toutes les
habitudes frangaifes, toutes, leurs relations avee:
cs à fucre. Mais dans vingt ans. la population *
des Colonies fera renouvelée; il n'y reflera
plus de ces colons blancsfi parfaitement dévoués
à Ia France, & qui ont fi courageufement luté
contre les dévaflateurs de leur pays. Ceux qui
habiteront ces contrées, abfolument dirigés par
Pimpalfion que leur aura donné le, gouverJtemept britannique, auront perdu toutes les
habitudes frangaifes, toutes, leurs relations avee: --- Page 45 ---
la France. Ils feront nourris dans la haine d'un
ordre de chofes qui a ruiné leurs pères, &
dans Phabitude de la reconnaiflance pour PAngleterre qui leur aura donné fareté & protcdion
contre leurs afaffins & les incendiaires de leurs
Ces- Colons apporteront donc la
propmctés.
réfiflance aux armées françaifes
plus. grande
encore avec la loi qui a
qui fc préfenteront
affranchi leurs nègres. Il faudra donc encore
une fois. cxterminer cette population de propiiétzires blancs & révolutionner les nègres;
ccfl-à-dire, remettre les chofes en Pétat ou
elles font. Quel fera donc le terme des calamités pour ces contrées ? Dans la fuppofition
Pon, réuffit, qui réparerà la popnlaiion des
que
dont la deftrudion fcroit encore une fois
noirs,
-fecoulfe
la fuite néceffaire de cette nouvelle
révolutionnaire ? Quels proprictaires iraient cn
'Afrique: acheter des hommes bruts, pour ei
faire des hommes libres ? N'efl-il pas d'ailleurs
à craindre, fi PAngleterre ne voit pas le fort
des colonies fixé par le traité de paix qui devient
néceffaire, qu'elle ne les abandonne à toutes.
les horreuts de la dévaflation dont elles font
Elle n'a qu'à laiffer faire. la loi du 16
I proie.
comme l'a dit Echafpluviofe, an II, qui,
feriauxainé, a porté dans ces contrées la liberté,
comme le ravage d'une tempête.
Hommes d'état, réféchifez, le moment en.
C A: --- Page 46 ---
go
eft venu. La France ne peut plus concourir
commerce des îles à fucre,
att
pendance refpedive
que par leur indéchaffée à jamais,
5 autrement elle en eft
On entend certains differtateurs
dire avec
dire, & le
à
confiance, nous conquérerons noS
fucre, en Angleterre méme. Faifons
iles
avec PEmpereur, & alors,
la paix
armée formidable de nos plus compofant ardens
une
tionnaires, > nous la jetterons en
révoluquelque moyen que ce foit, & Angleterre, il eft
par
blable que l'Efpagne nous fournira des vraifempour cette utile opération. Qui doute, vaiffeaux
ils, de la haine du peuple
ajoutentAnglais? Le peuple
Français pour les
impulfion de haine, Français, le
mnu par cette
de
par befoin de fe venger
lever PAngleterre, ne peut-il encore une fois
en maffe?
fe
Mais. cette levée en maffe
les Pyrenées & les
qui peut paffer
manche, fans
Alpes, ne peut paffer la
anarchands,
un grand nombre de vaiffeaux
Oi font-ils çes vaiffeaux
Où font les matériaux néceflaires marchands?
en état de prendre la mer?Les
à les mettre
ils arriver dans nos
les Anglais laifferontnous les
ports,
navigateurs qui
apporteront du nord ? Il nous
ene arméc navale en état de battre celle
faut
que.les
les Pyrenées & les
qui peut paffer
manche, fans
Alpes, ne peut paffer la
anarchands,
un grand nombre de vaiffeaux
Oi font-ils çes vaiffeaux
Où font les matériaux néceflaires marchands?
en état de prendre la mer?Les
à les mettre
ils arriver dans nos
les Anglais laifferontnous les
ports,
navigateurs qui
apporteront du nord ? Il nous
ene arméc navale en état de battre celle
faut
que.les --- Page 47 ---
Anglais équiperont pour s'oppofer à la defcente.
Celle-ci' fera d'autant plus formidable, que le
gouvernement britannique n'aura plus que cette
dépenfe à faire. Quant à PEfpagne, eft-il bier
démontré qu'elle fourniffe des vaiffeaux pour
uné opération, dont le réfultat fera de propager
le fyltéme révolutienaire en Europe, , & dont la
conféquence fera Ia fubverfion de fesiles à fucre, J
& peut-être de fcs poffeflions dans le continent
d'Amérique?
Nous admettons néanmoins que tout cela:
s'exécute ainfi; que la flotte Efpagnole fe réuniffe à la flotte Françaife; qu'elles battent la
flotte Anglaife, lors même qu'clle ferait jointe
à celle de la Ruflie; que le débarquement fe
fafle, que l'armée marche à Londres, qu'elle
plante le drapeau tricolor fur la tour. Eh bien,
la France aura puni PAngleterre ; elle aura un
traité qui lui rendra fes Colonies; mais elle
n'aura point de Colonies, & un tifon fuffit pour
cela.
Deux ou trois avifos expédiés d'Angleterre,
au moment où les Français y débarqueront, en
porteront la nouvelle aux iles à fucre. Les Anglais, qui y font en forces, quitteront leur rôle
de protedeur; & avec des inflrumens aufli familiçrs avec la deflrucion & Paffalfinat que le font --- Page 48 ---
les noirs, ils promèneront par-tout le fer & le
feu. La dévaflation, comme un torrent, couvrira ces contrécs infortunées; ils fc retireroht
& les abandonneront à ces hordes de caniales
antropophages que Sonthanax & la loi du 16
pluviôfe, an II, en ont rendus maitres. Que
Pon fonge encore une fois que Sonthanax eft
là, & quil y a été renvoyé à l'époque de la
confpiration dc Babauf.
Cette violente mefutre entrainera la ruine
des iles à fucre Anglaifes, de celles de PEL
pagne; qui Paura provoquée cette ruine, en
fecondant la France, dans fa defcente cn Angleterre. Eh bien, alors. le triomphe de Pitt
fera complet. L'Angleterre atia fort peu perdu
dans les Antilles, & par fes établiffemens du
Bengale, 3 clle refera maitreffe exclufive du
commerce du fucre; c'efl-à-dire du commerce
mnaritime.
De ce que l'ate confitutionnel déclarc le :(
Colonies parties intégrantes de la France; de
ce qu'il s'enfnive que le Corps légillatif nes:
peut les aliéner du territoire de- la République
françaife; qu'il ne peut auffi modifier les lois
fur Pétat des perfonnes, dans les iles à fucre, >:
il n'en faut pas conclure que la mefutre propofée d'une indépendance refpedive de tontes
mnaritime.
De ce que l'ate confitutionnel déclarc le :(
Colonies parties intégrantes de la France; de
ce qu'il s'enfnive que le Corps légillatif nes:
peut les aliéner du territoire de- la République
françaife; qu'il ne peut auffi modifier les lois
fur Pétat des perfonnes, dans les iles à fucre, >:
il n'en faut pas conclure que la mefutre propofée d'une indépendance refpedive de tontes --- Page 49 ---
les iles à fucre foit impollible : ce que ne peut fe
le, Corps légillatif peut
faire rigoureu/enent exicutif, & peut êire le
faire pa: le Diredoire
le Corps Jéfruit d'une négociation. Certes,
les
gillaxif & le Peuple français apprenant que
FAngletorre, reColonies font conquifes par
haute
comme un ade de la plus
garderont
de la
importance & du plus grand avantage,
fes
du Diredoire, d'avoir obtenu par
part
le droit de çommercer, nonnégociations
comme
feutément dans des iles que Fon regarde
mais encore dans des iles anglaifes
perdues,
S'il s'élevait quelque objedion
&.efpagnoles.
aliénation, on pourrait y
fur cette prétendue
auiquel
répondre d'avance par un argument
rien ne réfifterait. Les Ifes Jont conquifes! du
répondrait-on : &: cependant en échange
droit que nous concédens aux autres puiffunces
maritines de commercer dans des colonies
même de.
qu'il nous ferait difficilé, impofible
veconquérir, nous obtenons celui de commetcer
daus lcs leurs; voila le fruit de nos avantages
fur le continent ! Ce n'eft donc pas feulement
de nos pertes que nous obe
une compenfation
réel pour le dévetenons, c'eft un avantage induffrielies de la
loppement des refTources
le
République. Enfin, pourrait-on ajouter,
entre Pabandon à
Corps r légilatif doit opter
FAngletorre des. ilcs à fucre qu'elle a con*
, nous obtenons celui de commetcer
daus lcs leurs; voila le fruit de nos avantages
fur le continent ! Ce n'eft donc pas feulement
de nos pertes que nous obe
une compenfation
réel pour le dévetenons, c'eft un avantage induffrielies de la
loppement des refTources
le
République. Enfin, pourrait-on ajouter,
entre Pabandon à
Corps r légilatif doit opter
FAngletorre des. ilcs à fucre qu'elle a con* --- Page 50 ---
quifes, & l'adoption de la mefure
c'eft-à-dire, entre la ruine abfolue propofée;
merce français & les moyenis de
du comnouvelles fources de
lui ouvrir de
que quelque
profpérité. Craindrait orr
nouveau Robefpierre
core :
s'écriât enPérifent nos
pliugôt
renoncer à un feul de Colonies, nos
que de
y a une.violation de
principes / Mais s'il.
la fatale
principes à craindre dans
circonflanice où fe trouve la
par rapport à fes Colonies,
France
cette violation de
principes, cette violation de l'adte
tionnel fera formellement
confitubandon à
prononcéé dans l'aPAngleterre des ilcs
quifes, & elle ne Pef
dans gu'elle a condance
pas
leur
: car l'ade conflitutionnel
indépenreufement
ne peut rigouexiger autre chofe,
iles ne deviennent
la
figon que ces
puiffance &
pas
poffeflion d'une autre
;
cette nouvelle combinaifon
tique ne les fait paffer ni fous la
polide PEfpagne, ni fous celle de
domination
PAngleterre.
Il eft fans doute uile de donner
fur lcs moyens d'exécution. Il
un apperçu
ces contrées, depuis f
ne faut pas que
par les guerres d'opinion, iong-temps déchirées
devenir encore le théâtre
foient expofées à
indépendance
des fadions. Si cette
être
refpedive des iles à fucre- doie
garantie par les puiffances
ccllessci doivent fe concerter fur maritimes, le
gouvct- --- Page 51 ---
nement que ceS iles doivent adopter. Ces puif
fances maritimes doivent nommer refpedivement des commiffaires ; favoir, la France deux,
PAngleterre deux, l'Efpagne deux, la Hollande
un & le Danemark un; ces commiffaires réunis
feront la conflitution des iles à fucre. Cette
conftitution fera agréce par les cinq puiflances
fufdites, & enfuite envoyée aux Antilles avec
des forces combinées, pour la mettre à exécution, fous la garantie des puiflances qui
l'auront agréée; & alors tout rentrera dans
l'ordre.,
GUILAUME-LE-DISPUTEUR
A Paris, de lImprim. de QUILLAU, rue du Fouare,
numéro 2 2 Divifion du Panthéoa-Frangis.
"
Cette
conftitution fera agréce par les cinq puiflances
fufdites, & enfuite envoyée aux Antilles avec
des forces combinées, pour la mettre à exécution, fous la garantie des puiflances qui
l'auront agréée; & alors tout rentrera dans
l'ordre.,
GUILAUME-LE-DISPUTEUR
A Paris, de lImprim. de QUILLAU, rue du Fouare,
numéro 2 2 Divifion du Panthéoa-Frangis.
" --- Page 52 --- --- Page 53 ---
o, 10
M E M OIRE
SUR
LES COLONIES OCCIDENTALES.
Le ciloyen LANCEL , ci-devant Commissaire
et chef du burcau de police 2 à lisle de
France :
A tous citoyens qui 11 par état, ou par
intérét 1 ont quelque rapport avec ce
qui concerne les colonies orientales - et
aux citoyens Isidore Langlois et Lunier,
rédacteurs du jourmailesleseagerda soir,
pourles détromper sur cequ'ils ontinséré
dans leurs numéros des hait et onze décembre mil sept cent Tuntre-vingt-seize,
leur faire comnoitre la vérité, etles motifs
de la calomnie exercée contre le citoyen
Burnel $ agent particulier du directoire
exdeutifaux Isles de France et de la rénion
ou Mémoire sur les Colonies orientales.
LTePAAAuE que j'ai reconnu dans VOS écrits
jusqu'à ce jour 9 me convaine, citoyens, que vous avez
été induis en erreur sur le compte du citoyen Bamel,.
et que cédant trop facilement à P'esprit de prévention,.
vous avez. répété pour la vérité, lcs calomnies de cerw
tains hommes intéressés à dénigrer ce citoyen pour empêcher ou retarder l'exécution de la loi sur la libeité
. A --- Page 54 --- --- Page 55 ---
E797
L133: e
4 &
aate --- Page 56 ---
-