Original Document (French)
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LETTRE écrite d Meffeurs les Membres
du Comite colonial, d
ce
Paris,
Janvier 1798
MESSIEURS,
CHAQUE citoyen doit à la chofe publique le
tribut de fon opinion. J'acquitte ma dette, en
vous failant paffer quelques obfervations fur les
contradidions que j'ai reconnues entre les décrets
du 8 mars dernier, & les inftrudions du 28 du
même mois, qui étoient cenfées en être le développement : pour peu que vous ayez la bonté d'examiner combien lcs difpofitions de CeS deux décrets
fonta ambigués, équivoques, oblcures & infuffifantes
pour régénérer les colonies, vous jugerez combien
il étoit difficile que les repréfentans de SaintDomingue puffent y trouver une règle stre pour
la marche de leurs travaux;, auffi les défordres
font-ils arrivés au point qu'on s'entr'égorgepit, &
quelesd deux partis invoquoient également la
la loi & le roi. De pareils défaftres fent nation,
rables de toute loi obfcurément énoncéc, infépa-
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RPJCE
les
Mes voeux bien fincères font, Meflieurs, que
nouvelles inftrudtions que vous rédigez foient claires
& précifes, afin que la fatale divifion celfe, & que
nous ayons tous à.bénir la bienfaifance des loix que
vous nous enverrez.
Il eft fur-tout indifpenfable que, pour parvenir
au but défiré, deux grandes vérités préfident à vos
travaux.
La première. , que le gpuvernement fut de tout
temps plus defpotique à Saint-Domingue que dans
aucune autre partie de l'empire, & qu'ainfi qne
tous les autres François, les colons veulent des loix
qui brifent les chaines dans lefquelles le pouvoir
arbitraire les retenoit.
La feconde, que le moyen de concilier les intérêts des colonies avec ceux de la métropole, n'eft
pas de donner aux négocians & armateurs une
influence fur le fort politique des colonies, mais
de confulter les manufa@urés, les fabriques & l'agricalture de France, & les cultivateurs des colonies ; c'eft-la le moyen 9 le feul moyen trop
long-t temps méconnu, d'obtenir-un réfaltat conforme à l'intérêt vraiment national. Le négociant
eftun intermédiaire, quine produit ni ne confomme,
mais dont le but eft de s'enrichir aux dépens du
produéeur & du confommateur.
Avec des denrées, on aura toujours du com-
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merce ; & avec des commerçans, on n'aura pas
toujours des denrées.
Qu'eft-ce qui conftitue les colonies? leurs produétions. Que la conftitution foit donc favorable
aux cultivateurs, & leur profpérité eft aflurée,
Je fuis avec refpeê,
Meffieurs,
Votre très - humble &
très-obéiffant ferviteur,
TAUSIA-BOURNOS.
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