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CONYENTION NATIONALE
L ET T'R. E
Lcrite dé New - Yorck par les députés de
Saint - Domingue,
A LEURS COMMETTANS
IMPRIMÉE PAR ORDRE DE LA CONVINTION NATIONALE.
feulement Nota. Commé nous vonlons toujours être jugés, non
par nos difcours Tnais par nos actions, nous
Pas
qu'elles foient publiques. Nous avons jugé à
voulons
cennoître la lettre fuirante,
propos de faire
Français verront nos quoiqu'écrite il ya trois mois. Les.
fentimens, ils pourront
pertidie L colons nobles 1
juger de la
> planteurs, de leur haine
France 2 par les perfécutions qu'ils nous ont fait
pour Ja
leurs efforts"pour nous
effuyer, & par
rité. Qu'oa voie par notre empécher lettre G d'arriver & d'apporter la vé.
nous fommes bien vindicatifs.
New-Yorck, 14 décembre 1793, l'an
fecond de la République.
Fninss ET AMIS, CHERS
CONCITOYENS,
Nous vous avons promis de vous écrire & de vous
informer exactement de tout ce qui pourroit avoir
port à notre miflion. Nous nous empreffons de
rarce devoir, Nous voudrions n'avoir
des remplir chofes
que
A --- Page 4 ---
flatteufes à vous apprendre, Nous allons fans doute
nos amis, nos feres, mais nous vous devons la
la voici.:
EET
Pendant notre traverfée fur le navire les Ciroyens-deMarfeille, commandée par le capitaine Planche 2 nous
avons éprouvé tous les défagrémiens imaginables. Non
feulement on n'a eu aucun égard pour VOS
mais même ils ont été traités avec
députés 2
dédain, avec
& ils ont été obligés de fupporter les plus mauvais mépris,
pos; notre nom feul de député étoit un crime
pro2
donnable,
imparparce gu'on préfumoie bien que nous allions
éclairer la France J lui rendre compte de la vérité des
évènemens arrivés à Saint - Domingue, 6 démafquer tous
les traîtres.
Le capiraine Planche, 2 quoique fon navire fût frêté au
compte de la république pour tranfporter environ 160
malades à Philadelphie, avoit pris à fon bord, fans
autorifation 2 un grand nombre de paffagers émigrés du
Cap; c'étoit en général les gens les
les
plus mauvais fujets 2 la lie du Cap. E corrompus, doute
d'entre eux s'étoient embarqués fur le même navire plufieurs à
deffein de nous garder à vue, & de nous faire facrifier
en arrivant. Le capitaine étoit un traitre, d'accord avec
eux, & nous nous apperçumes bientôt de fa
avec tous fes paffagers, & des mauvais deffeins connivence
avoit contre nous.
qu'on
Pendant la traverfée on avoit travaillé les matelots
& les foldats, on s'étoit affuré d'eux, & on les avcit
difpofés à fe foulever & à fe mettre en
infurrection, en
apparence contre le capitaine, pour le forcer à abandonner la frégate la Fine, J qui étoit chargée
notre
d'efcorter
bâtiment. On prévoyoit dès lors que tant
nous ferions fous la protection de la
que
frégate, OR ne feroit
ée on avoit travaillé les matelots
& les foldats, on s'étoit affuré d'eux, & on les avcit
difpofés à fe foulever & à fe mettre en
infurrection, en
apparence contre le capitaine, pour le forcer à abandonner la frégate la Fine, J qui étoit chargée
notre
d'efcorter
bâtiment. On prévoyoit dès lors que tant
nous ferions fous la protection de la
que
frégate, OR ne feroit --- Page 5 ---
pas ffr de réuflir dans les projets qu'on méditoit contie
nous.
A notre arrivée dans la rivière qui conduit à. Philadelphie, le mercredi 6 novembre 2 nous ne pûmes
douter du complot formé d'anéantir la
plus
peine mouillés 2 il vint à notre bord des députation. matelots & A
lontaires d'un corfaire français, dont l'état-major & VO- l'éétoient compofés en entier des
du
SSFERE à la
de Galbaud. Ces hommes émigrés Cap,
examiner tous ceux qui étoient a bord, commencèrent conférèrent par
le capitaine & les
avec
paffagers, 2 reçurent d'eux tous les renfeignemens; ; ils fe concertèrent tous enfemble,
fe
mirent à tenir dans la chambre les propos les
puis
tans contre la
plus infildéputation, 2 contre la France, & toutes
autorités conftituées par elle.
les
Sur le pont les matelots &cvolontaires faifoient des
rivaris, 2 & dans leurs cris annonçoient qu'il falloit
chafufiller la députation. D'atitres difoient: Je ferviraide pendre bour- ;
reau; d'autres 'difoient : Dufay à la lanterne, & les dragons d'Orléans cuff. Le capitaine Planche s'étoit
au moment de cette fcène, exprès pour donner ablenté
liberté aux infaltes qu'on pourroit nous faire. Il pleine
été fouper à bord du corfaire, mouillé
de avoit
où l'on répétoit les mémes cris & les mêmes auprès infirltes. nous,
Aui retour du capitaine Planche à fon
les
telots qui l'avoient accompagné dans fon bord, maAh! laillez les
Carot, difoient:
faire, 2 les matelots ducorfaire vont
denain matin pour préparer la réception des
devant
Philadelphie : ils vont les recommander. Ah! députés la
à
tion eft f... elle fera pendue e72 defcendant à députafufillée au bord de la mer. Le capitaine Planche terre, , ou
foit mot à tout cela 3 il ne prit aucune
ne dice n'eft celle de feconder de fon mieux précaution, fes
fi
complices
A 2
2 les matelots ducorfaire vont
denain matin pour préparer la réception des
devant
Philadelphie : ils vont les recommander. Ah! députés la
à
tion eft f... elle fera pendue e72 defcendant à députafufillée au bord de la mer. Le capitaine Planche terre, , ou
foit mot à tout cela 3 il ne prit aucune
ne dice n'eft celle de feconder de fon mieux précaution, fes
fi
complices
A 2 --- Page 6 ---
dans leurs projets. Un chirurgien quiétoit à bord, nommé
Dufort, ci-devant chargé de Thàpital de Ia Foffette, &
habitant du quartier Dauphin ou de Valliere, & qui avoit
été fouper à bord du corfaire avec le capitaine Planche,
difoit : Bah! vous êtes étonnés de Ce qu'ont fait &c dit
ces matelots, vous en verrez bien d'autres à-terre : vous
verrez, vous verrez. Il prophétifoit à coup fir, car il favoit
déja tout ce qui devoit arriver. Tout avoit été concerté
dans le fouper avec les fugitifs du Cap
étoient dans
le corfaire. Ce Dufort étoit le principal de la conjuration contre nous, avec Bez, négociant du Cap, 2 foidifant juif, & ancien chirurgien. A eux deux ils dirigeoient d'abord le capitaine 2 enfuite les autres paffagers
qui n'étoient pas moins fcélérats, quoique n'étant pas les
chefs. Ces paflagers étoient Ferrie, Procureuri, Mathicu;
chirurgien du fort Dauphin ; Pafcal, marchand defayence;
Bonna, horloger 3 Claftrier ou Jean lc Grec, Renauit,
lancien confeiller; la femme de Bez; une femme Lombard, pourvoycufe publique de la rue du Bacq 2 - 8c.
Il feroit bien à defirer que ces fcélérats qui ont voulu
aflafliner ou faire affaffiner VOS députés, ne reparuffent
jamais dans la colonie, car ilsfont bien les enneneis de la
France & les vêtres: mais repofez-vous far la vigilance
des autorités, ne vous faites pas juftice vous-mèmes 3
que leurs propriétés foient refpeétées malgré leur crime.
Bientôt fars doute ils feront confidérés comme émigrés,
& leurs biens feront confifqués sau profit de la République.
Lafcène qui venoit de fe paffer n'étoit que le prélude
d'un complot horrible qu'on avoit tramé pour le lendemain.
Qrand nous fumes arrivés devant Philadelphie, nous
apprimes que les inatelots & volontaires du Corfaire,
ice vous-mèmes 3
que leurs propriétés foient refpeétées malgré leur crime.
Bientôt fars doute ils feront confidérés comme émigrés,
& leurs biens feront confifqués sau profit de la République.
Lafcène qui venoit de fe paffer n'étoit que le prélude
d'un complot horrible qu'on avoit tramé pour le lendemain.
Qrand nous fumes arrivés devant Philadelphie, nous
apprimes que les inatelots & volontaires du Corfaire, --- Page 7 ---
aidés de leurs amis les émigrés 5
des anciens prifonniers,
français à Philadeiphie, &
Prince, avoient été faire , Joit-difant patriotes du Port-aumient américain arrivé le même une defcente à bord d'un bâti- (
avoient infulté, maltraité
tour que nous 2 & qu'ils y
un de
Garnot, 2 paffager fur Ce indignement
nios colléques,
vers lui les violences les batiment, & avoient exercé eildemandimes
plus odieufes
Alors
au capitaine Planche de (1).
nous
Canot pour deicendre à
nous donner un
pofés à de pareils
terre 9 voulant éviter d'étre extre notre caractère. traitémens; Il fit 9 & fur-tout de compronetchercha à nous iaffurer, dit d'abord quelques dificultés 3
eraindire," que nous pouvions relter que nous n'avions rien à
infiftàmes far notre demander
avec confiance, Nots
Il fut conférer avec fcs fidèles alorsi il dit qu'il alloit voir.
confulter fur la
amis, fes Faffagers, & Ics
enfuite &
propofition qui lui étoit faite; il revint
y
annonça que la chaloupe étoit prête.
deleendimes, mais la
Nous
lc bord, que-le capitaine chaloupe n'eut pas plutôt quité
talots, nous rappela nous-mémes, rappela le parron & les mater & nous. dit, pour
nous força de remonconduire à terre
raifon,quil ne pouvoit nous faire
montrant fes
> que ces mellicurs sy oppofoienr, en
paflagers, qui étoient l, &
chefs, Dufort & Bez. Mais de
fur-tout les deux
nous P Lc capitaine ne voulut quel droit, dit lun de
nous retint déforce malgré nos pas entendre raifon, &
alors de nouveau ca butte à réclamations. Noas firmes
Ab! vous voulez vous en
tous les mauvais propor.
lence, vous êtes donc
aller, 2 difoient-ils avec infocoupables ? Ah! mellieurs
puté,nous ne fommesplus au Cap, ici
les défir de nous venger. Attendez à demain nous auronsle piai-
& nous verrorst
(:) Ils lui ort misia corde au col.
A
int déforce malgré nos pas entendre raifon, &
alors de nouveau ca butte à réclamations. Noas firmes
Ab! vous voulez vous en
tous les mauvais propor.
lence, vous êtes donc
aller, 2 difoient-ils avec infocoupables ? Ah! mellieurs
puté,nous ne fommesplus au Cap, ici
les défir de nous venger. Attendez à demain nous auronsle piai-
& nous verrorst
(:) Ils lui ort misia corde au col.
A --- Page 8 ---
Le capitaine avoit concerté d'avance avec fes
cctte comédie
paffagers
de nous faire-defcendre dans la chaloupc,
il favoit bien que fcs malelots reviendroient à fa voix, &
que lgs députés ne lui échapperoient pas. Il voulut feus
lement dans cette circonftance n'avoir pas l'air de s'être
refufé à la demande des députés, 2 fur l'expofé des rifques
qu'ils pouvoicnt courir.
Toute lanuit du jeudi au vendredi le capitaine & fes
paffagers montèrent la garde fir le pont, pour que leur
proie ne leur échappât pas. A fépt heures du matin le
vendredi huit, notre collègue Dufay fe jetta dans une
chaloupe où s'étoit raffemblé un grànd nombre de foldats du. bord qui vouloient aller à terre. La mauvaife
volonté & la perfidie du capitaine Planche fe manifeftérent encore dans cette occafion, d'une manière frappante.
Onne pouvoit trouver aucun,matelot pour armer la cha-.
loupe, cependant ils étoient tous à bord, & le capitaine
n'avoit qu'a ordonner; mais il vouloit toujours retarder,
afin de retenir Dufar plus long-temps, & afin de donner
le temps d'arriver à la horde de brigands qu'on attendoit. Enfin la chaloupe partit. Au débarquementà la Calle,
Dufay fat à l'inftant affailli par plufieurs Français qui l'entourèrent, l'infultèrent de la manière la plus humiliante:
le ménacèrent avec férocité, fondirent fur lui, & voulurent le faifit pour le terraffer & fc livrer à foute leur rage;
Dufay ne fut préfervé que par une citoyenne quil'accom-.
pagnoit, & qui s'oppela à leur fureur, en fc préfentanti
leurs coups, &c laiffant au citoyen Dufay le temps de fe
retirer dans une, maifon: Sans ceite citoyenne il eûit été
affafiné. Dufay fut obligé de prendre des chemins détournés par lcs dehors de la ville, & fe rendit enfin dans
la maifon du miniftre de France, afn de lui demander
protedion pour lai 8c fes collègucs qui étoient- encore à
, en fc préfentanti
leurs coups, &c laiffant au citoyen Dufay le temps de fe
retirer dans une, maifon: Sans ceite citoyenne il eûit été
affafiné. Dufay fut obligé de prendre des chemins détournés par lcs dehors de la ville, & fe rendit enfin dans
la maifon du miniftre de France, afn de lui demander
protedion pour lai 8c fes collègucs qui étoient- encore à --- Page 9 ---
bord du navire
étoit à bord du Hu-Cheyer-d-atudfiles navire américain.
3 & Garnot qui
Le miniftre étoit abfent, le conful étoit
peu 5 cependant les cituyens
mort depuis
& le confal.promirent à Dufay qui remplaçoient le miniftre
force publique fuffifante
qu'ils alloient requérir une
cente à terre" des autres pour affurer & protéger la def.
lc complot. f bien concerté députés. Pendant Ce temps la,
taine Planche, de
par la coalition du capiDufort, le
autres pallagers & des Français chirurgien, de Bez, des
delphie, ,S'exécutoit à bord du navire émigrés du Cap à Philafcille. Unetroupe de ces Français lr-Clovair-dedtur
été faire une dofcente à bord. A féroces leur &c furieuxavoient
mencé par injurier la
arrivée ils ont comPlanche les conduifit députation lui-même en général; ; le capitaine
deux de nos collegues,
vers l'endroit oir étoient
ta la chambre de Dufay; Belley alors & ils Toleph, & leur monle battirent 2 furent de là à Belley, maltraitérent lui
Jofeph 2
le battirent, le fouillèrent, lui volèrent faifirent. fon épée 2
argent, fes papiers, tous les effets qui étoient fa montre, 2 fon
bre, & Tinfulerent en lui
dans fa chamun régiment de ligne comme reprochant d'ofer fervir dans
blancs. Belley leur répodit officier, & commander des
que des devoirs envers la
ne voyoit dans fa place
puis vingt-cing ans, &
quil l'avoit fervie de2
d'ailleurs
ver des blancs & les défendre, que quand on favoit faumander. A ces mots ils tombèrent on pouvoit bien les comun de ces fcélérats nommé
fir lui de nouveau;
mambre de la prétendue Affemblée Flanet, du Port - de - Paix,
poignard qu'il approchoit du fein de Coloniale , ayoit un
timider, en lui difant d'ôter fa
Belley pour l'indevoit pas la porter. Belley leur cocarde, qu'un noir ne
roit pas ; qu'ils r'avoient qu'a répondit qu'il ne l'ôtedans ce moment la
frapper. Un deux arracha
qu'on vouloit lui cocarde, Mais ce qui préferva Belley du coup
porter.
il leur dit avec fierté &.
A 4
- de - Paix,
poignard qu'il approchoit du fein de Coloniale , ayoit un
timider, en lui difant d'ôter fa
Belley pour l'indevoit pas la porter. Belley leur cocarde, qu'un noir ne
roit pas ; qu'ils r'avoient qu'a répondit qu'il ne l'ôtedans ce moment la
frapper. Un deux arracha
qu'on vouloit lui cocarde, Mais ce qui préferva Belley du coup
porter.
il leur dit avec fierté &.
A 4 --- Page 10 ---
courage : Pous ne pouvez m'bter celle que je porte dans
T2012 caur. Iy avoit aufli un nommé Scignoret, ancien
commis du Gap: les autres n'ont pas été reconnus ; d'ailleurs, 2 ils étoient en fi grand nombre, & il étoit difficilc
dc les diftinguer.
Enfuite ces brigands fe réndirent à Ia chambre de notre
collègue Dufay, le demandant lui-même à grands cris,
en difant: Ce font Ces blancs qui prennent le parti des
noirs, qui font les pius coupables; ce font eux qu'il faur
punir. Heureufement que Dufay n'y étoit
car il
eit été affafliné par eux; & fi les icélérats pas; n'ont
affouvi leur vengeance fur nous qui reftions à bord, point c'eft
qu'ils ont vu qu'ils alloient commiettre un2 crime inutile,
que Dulay étoit dehors & Garnot fur un autre bâtiment; qu'ainf tant qu'il pourroit arriver un feul de
nous, lur fc-lctatefe feroit dévoilée, 3 que nos collègues, fideles à leur nuifion, vengeroient notre mémoire.
Ces brigands deforcèrent la chambre de Dufay
à clef, brisèrent fes ceffres eiz morceaux, prirent - fermte, tout
CC qu'ils contenoient, linge, hardes, argent,
lettres de change, couverts d'argen:, tous portefeuilles, fes
les, pilens & mémoires relatifs aux affaires de Saint-Do- papiers,
mingue, partic des dépèches (le refte ayant été fauvé
depicis dans une caife qu'or a prife pour une caife de
provifons); cnfin, mirent tout aul pillage. Le capitaine
Planche ne s'oppofà à rien; feulement, afin de
nc pas ordonner ce brimendage, il defcendit à paroître terre,
pondant qu'on étoit à piller chez Dulay: il vouloit laiffer
un champ librc aux brigands.
Enfitite, ces hommes forcenés qui étoient à bord, réfoiurent de s'emparer de Jofeph ; des Ce moment, de le
garder vue, afin de le faire prifonnier. Iis exécutérent
par'aitement Jeur plan; carle Jendemain, lorfque le chargé
caffaires pour le conful, nous cnvoya chercher, Bciley
paroître terre,
pondant qu'on étoit à piller chez Dulay: il vouloit laiffer
un champ librc aux brigands.
Enfitite, ces hommes forcenés qui étoient à bord, réfoiurent de s'emparer de Jofeph ; des Ce moment, de le
garder vue, afin de le faire prifonnier. Iis exécutérent
par'aitement Jeur plan; carle Jendemain, lorfque le chargé
caffaires pour le conful, nous cnvoya chercher, Bciley --- Page 11 ---
fut obligé de defcendre feul; ils gardèrent de
feph avec eux, & nous avons appris
force Jovoient emmené; nous ne favons ce
depuis qu'ils l'aoù ils l'ont conduit, &
qu'ils en ont fait ni
s'ils ne l'ont
ront au moins fait difparoître & bien pas caché. tué, ils l'auvons depuis réclamé auprès du
Nous l'arecherehes jufqu'à
conful, O1l a fait des
dant réuffir à le trouver. préfent inutiles 5 nous efpérons cepenLe citoyen Bournonville, qui remplaçoit le miniftre à
Philadelphie, nous a rendu tous les bons offices
pendoient de lui; il nous a fait
qui déoù étoit le miniftre,
partir pour New-Yorck,
avons voyagé aflez pour nous mettre en fireté, Nous
des gens qui fuient; promptement, mais fans mauvaife c'eft-à-dire comme
A notre arrivée à
rencontre.
du miniftre français l'accucil New-Yorck, VOS députés ont reçu
il leur a accordé toute la qu'ils devoient atendre, &
Le gouvernement des Etats-Unis proteétion néceffaire.
de France qu'il avoit
a éerit au miniftre
fonnes revêtues d'un caractère appris avec chagrin que des
tragées par des Français
refpectable avoient été Bt
rénavant
réfugiés à
on prendroit toutes les Philadelphie; que dopour contenir ces perturbateurs précattions néceffaires
(1), &
des ordrès en confequence. -
qu'onavoit donna
Ces colons français, émigrés
lonie, pour fon bonheur, font ici heureufement de la COminiftre de France & lui donnent
le tourment du
barras.
Ront
Ils font ici fans mafque & fe plus grands em-,
couvert; ils font d'une impudence montrent à déqu'aucuns termes
de (1) Un de Ces hommes avoit été arrêté; Talon
caution, a configné 200 portugaifes & l'a lui a ferv
prifon.
fait fortir d
Lettre écrite de New-Yorck.
A S
bonheur, font ici heureufement de la COminiftre de France & lui donnent
le tourment du
barras.
Ront
Ils font ici fans mafque & fe plus grands em-,
couvert; ils font d'une impudence montrent à déqu'aucuns termes
de (1) Un de Ces hommes avoit été arrêté; Talon
caution, a configné 200 portugaifes & l'a lui a ferv
prifon.
fait fortir d
Lettre écrite de New-Yorck.
A S --- Page 12 ---
i6
fauroient peindze ; ils font ici les plus grands ennemis
de la France; ils y déshonorent le nom françaiss nous
aliénent l'efprit des Américains & nuifent extrémement à
nos affaires près des Etats-Unis. Ils cherchent àl décrier
la France & toutes les autorités confituées par elle; ils
calomnient la Convention nationale, & corrompent
nion publique des Américains par leur royalifime, l'opiaffichent avec
quils
une telle infolence, qu'ils ont ofé porter à
Philadelphie la cocarde blanche; enfin, ils font en correfpondance ouvertement avec les ifles anglaifes & efpagnolas (1). En un mot, les uns commettent dcs af
(r) Dans des gazettes françaifes qu'ils font
ici &
* Philadelphie, voici comme ils s'expriment : imprimer
Chollet, 5 aoit. Armée royalifte dans Pintcrieur de la
France: L'aimée chrétienne & royale a tous les
dc nouveaux faccès; tous nos foldats ont des fufils, des jours fabres & des
canons pris aux patriotes, &G. Nous livrâmes dernièrement i
Villicrs en Anjou un combat, dans lequel 2,000 républicains
reftèrent fur la place, & 3,090 furent faits prifonniers s5 25
de Jcurs canons & tous ieurs bagages tombérent. entre nos,
inains, &c.
Le 94 juiliet, les patriotes, au nombre de 25,000 bien
retranchés, &c., furent forcés hors de leurs retranchemens
par 5,000 royaliftes qui en2 firent 212- grand carnage 3 &
enlévérent toute leur artiilerie 5 ils ont eu tellement
&c.
peur,
L'armée royale déploie. un conrage invincible. Elle éft
poice, &c.
comJDU
Toutle monde eft mécontent, êtrembie fousile. jougdefpotique.
deia Convention.
Les affaires de la Répubiigte vont de mal en.pis.
de la Vendée ont battu les Sans-culottes à plate coiture Lestroyalifes $ &c.
La valeur grie les royalifes ont montrée dans cette - occafont
5 ils ont eu tellement
&c.
peur,
L'armée royale déploie. un conrage invincible. Elle éft
poice, &c.
comJDU
Toutle monde eft mécontent, êtrembie fousile. jougdefpotique.
deia Convention.
Les affaires de la Répubiigte vont de mal en.pis.
de la Vendée ont battu les Sans-culottes à plate coiture Lestroyalifes $ &c.
La valeur grie les royalifes ont montrée dans cette - occafont --- Page 13 ---
1i
fallinats & cherchent Jes
5 les
dans la plus grande
pillages
autres, qui font
leur folde
opulence, ont tous cés" brigands a
pour perfécuter les vrais
de
Français qui arrivent
France Saint-Domingue, & intriguent fans cefle contre la
avec les miniftres des puiffanices étrangéres, & viof au-defues de IO1S Chngrrs1Europeferm un jourétonnée des
prodiges qu'ils ont faits.
.
Dc Santo Domingo (la partie
M.
eft arrivé ici avec lc brevet de efpagnole
de Lopinot
çaife il-le tient du rigent:
k la Partie frande
France. M. de
-
EPA
l'ancien
Tn
Fontange
tous archevéque de Touloule commande un
d'émigrés;
ceux qui fervent dans ce
ont
corps.
jour , &c.
corps
4 liv. par
Le roi d'Efpagne n'a fait confifquer en
priétés de ceux gui avoient refulé de lui Europe que les
hdelité; ou ont continué à proner la préter Terment Toa
de leur pays. Le gouvernement cfpagnol révolution fe
diaboligue,
* hofpitalier, &c. c
montre généreux
La partie françaife fera' fous fa domination
au plus tard ; la Ripublique fera partagée entre dans les quatre mois,
combinées 3 quel Parti refte-t-il donc à prendre a puiflancescolons, &c. :
tous les
aw
L'armée royalifte eft dans le meilleur' ctat poffible 2 &cc.
Toute la Vendée cft au pouvoir des royaliftes, de
qu'une partic dc la Tourraine du Poitou,
même
Perches toûte la
, de T'Amjou, du
& une
0L
Haute-Bretagnie
-
a
partic de la Balle.
La douceur G Llumanité caradérifent
des royaliftes. Des moyens aufli dignes de par-tout la nobleffe la cenduite
juftice de leur caufe, &:c.
& dc la
Toute Ziz Francc Kioir dans - 2L11 - état;
:
trotve plis de siereté, de lois, d'humanité déplorable son nes
cantons que le hefoin de Za paix a rallics que dans les les
peaus: monarchiguies.
gil let
Rs fous
draLcs prétres jurcurs ont cnt 11 cté - cho-es des viles, les
an
nobleffe la cenduite
juftice de leur caufe, &:c.
& dc la
Toute Ziz Francc Kioir dans - 2L11 - état;
:
trotve plis de siereté, de lois, d'humanité déplorable son nes
cantons que le hefoin de Za paix a rallics que dans les les
peaus: monarchiguies.
gil let
Rs fous
draLcs prétres jurcurs ont cnt 11 cté - cho-es des viles, les
an --- Page 14 ---
vent avec Geux-ci dans la plus étroite intimité. Tous les
2gens de la France luttent ici avec courage contre toute
cette vermine ariftocratique. Un de leurs principaux foins
eft de vous procurer des fecours en tout genre, en' at-.
tendant que la France puiffe vous en porter de plus cf:
ciens curés rendus à leurs fonctions, les émigrés rétablis dans
leurs biens & leurs droits, & les anciennes cours de juftice
rappeiées.
50,000 Efpagnols fe font emparés de tout le Roufillon, &c.
La Savoie eft totalement évacuée;les troupesda roide Sardaigne,
au nombre de 40,000,en ont pris poffeflion.
e
La Corfe éft fous la puiffance de Paoli, &c.
Plufieurs Cantons fuiffes ont refufé de recewoir le miniftre,
piénipotentiaire de la République, &c. Venife en fait
&c.
autant,
(1 Extrait d'une lettre). Vous faurez, monficur, que je fuis bon
ariftocrate, aimant le roi, le royaume, les royaliftes, & abhorrant la République,la révolution & les patriotes; auffi,J'aime vos
feuilles, , parce que vous êtes de notre parti, &c.
J'aime le roi : vous dire pourquoi, je n'en fais rien; mais
j'aime le roi, le noin du roi, P'armée du roi, les portraits
du roi, les édits du roi, &c., &C., &c. ( 20 lignes de
Ga d'horreiuis )
fostifes
A la défertion 1 de la cavalerie françaife campée far les fron-:
tières du Nord, eft venue fe joindre la défertion de tout le
corps de cavaleric qui faifoit partie de larmée des Sans-culottcs,
&c. Dubois de Crancé.s'eit fait détefter, &C.
La ville de Nancy s'eft déclarée en état de
& on ne veut plus reconnoûtre les actes de contre-révolution; la
;
Rc.
Conyention,
On verra qu'il n'eft pas poffible
le miniftre
ett encore autorifé fon ambalfadeur pes les Etats-Unis britannique à fournir
de tout le
corps de cavaleric qui faifoit partie de larmée des Sans-culottcs,
&c. Dubois de Crancé.s'eit fait détefter, &C.
La ville de Nancy s'eft déclarée en état de
& on ne veut plus reconnoûtre les actes de contre-révolution; la
;
Rc.
Conyention,
On verra qu'il n'eft pas poffible
le miniftre
ett encore autorifé fon ambalfadeur pes les Etats-Unis britannique à fournir --- Page 15 ---
13'
ficaces, qui vous délivreront de tous VOS ennemis. Notre
premier foin, à notre arrivée, fera de les folliciter.
Nous vous secommandons particulièsement, chers
concitoyens,. d'engager tous nos frères à vivre en bonne
intelligence avec les Américains, les alliés de la France.
des fscours, 6 ddélivrér des
aux colons immolés
par la Convention nationale de palle-ports France, &c,
La Convention nationale, qui égorge les colons, &c.
Ona vu avant hier dcs jeunes gens arborer] Ja
& Parcourir ainfi les rues ; le fentiment qui'les cocarde a portés blanche, a cette
étourderie, & de la eft digne d'éloges; mais le figne de lajuficc, de l'ordre
Paix, &c.
Chanson.
De l'homme foutenez lcs droits ;
Sur quatre affaffinez - en trois,
En braves patriotes.
La Convention vous bénira,
Et la liberté fourira
-
Aux faits des Sans-culottes.
Autrefois c'étoit la prifon,
Aujourd'hui c'eft ic Panthéon
Quis'ouvre aux Sans-culottes., &c.
Adreffe Louis aux Français au nom dc fa majefté très - chréticnue
XVII, roi de France & de Navaire, de
tous les chefs de l'armée catholique & royalifte. la part de
Le ciel fe déclare
la plus fainte & la
Le figne facré de TAO Chrift & l'étendard roval plus jufte caufe.
de toutes parts furles drapeaux Eunglansdel'anarchic, P'emportent &c.
(Odckre.)1 Le général Wurnefer a aitaqré l'arméc
qui a été tellement batue e difperfée, &c.
frangaife,
ire, de
tous les chefs de l'armée catholique & royalifte. la part de
Le ciel fe déclare
la plus fainte & la
Le figne facré de TAO Chrift & l'étendard roval plus jufte caufe.
de toutes parts furles drapeaux Eunglansdel'anarchic, P'emportent &c.
(Odckre.)1 Le général Wurnefer a aitaqré l'arméc
qui a été tellement batue e difperfée, &c.
frangaife, --- Page 16 ---
A ee titre ils méritent de vous beaucoup d'égards :
gardez-les comme des frères. Le peuple américain rebeaucoup d'intérêt à votre fort. Les émigrés
prend cherchent à leur perfuader qu'ils ne feront pas en fiançais sireté chez
vois, & qu'ils ne doivent rien vous porter. Les agens
( Oétobre. ). Les Prufficns ont remporté une viétoire complette.
Nous apprenons que les Français ont été battus
les AIlemands 3 ils ont perdu toute leur artillerie & leurs par
&c.
bagages,
flon (II Oétobre. ) Lc temps n'eit peut-être pas éloigné, od ,
du Sud n'y de prend garde, les Jacobins répéteront dans les états
TAmérigue les fcènes fanglantes qu'ils ont
quées dans les colonies françaifes 5 car cette felte provojent bien qu'elle ne peut fe fauver qu'd lafaveur d'un infernale boulewerfement géneral, &c., &cc., &c. a
(Note des députés de Saint-Domingue.) Tout:sleurs
font de ce fyle, & il ya cent autres artieles encore gazettes
forts 2 mais qu'il feroititrop long & trop digodtant de plus
porter.
rapVoilà cependant les hommes
s'appeloient patriores
mieux tromper le peuple
& qui s'étoient
pour
coalifés
cependant
TORLIN
leurs avec tous les contre-volutionates, leurs rivaux mais
complices la
en conjuration. - Aucun de ces patriotes ne
porte cocarde nationale.
Voilà les hommes qu'on vouloit nommer députés à la Con-.
vention, non pas dans des aflemblées primaires légalement convoquées fur le territoire français 2 mais dans lun club
d'émigres, &
c'ef-ii-dire, de conjurés au continent de l'Amérique;
chefs de (a ce qu'on rppporte > ils vouloient nommer les
fadtion de St.-Marc >
s'eft
VTL
qui
propagée dans la
&leurs précendue alfemblée coloniale qui la remplacée jou leurs agens
pastifans.
Autant vaudroit avoir une députation de Coblentg.
légalement convoquées fur le territoire français 2 mais dans lun club
d'émigres, &
c'ef-ii-dire, de conjurés au continent de l'Amérique;
chefs de (a ce qu'on rppporte > ils vouloient nommer les
fadtion de St.-Marc >
s'eft
VTL
qui
propagée dans la
&leurs précendue alfemblée coloniale qui la remplacée jou leurs agens
pastifans.
Autant vaudroit avoir une députation de Coblentg. --- Page 17 ---
dc la
I5
à
France, au contraire, les raffitrent & Ics
vous porter dcs" fubfiftances. Faires que les engagent
foient toujours bien accueillis &
Américains
vent T'ètre,
les
protégés comme ils doià
Scique
agens de la France n'aient
regretter d'avoir répondu de votre loyauté,
point
Nous allons partir inceffamment
diviferons notre
pour France. Nous
fi les
députation en deux
que
uns font pris, au moins détachemens, les
afin
arriver. Nous voudrions bien
autres puiffent
cautions pour celle de lOueft qu'on & du- prit les mêmes prégnons qu'on ne mette tous les
Sud. Nous craivire, & qu'ils ne fe faffent
députés fir le même nachez que cette députation prendre à la
tous enfemble. Tades parties de l'Oueft & du Sud, Convention nationale s
elle n'eft pas encore en route; cela parte eft promptement, fi
que les Lcopardins : accufent avec adreffe néceflaire, les
parce
de vouloir s'emparer de toute l'autorité & commiffaires de
vouloir que la colonie foit, repréfentée. Nous
ne pas
geons pas Ce foupçon, mais nous vous
ne partaferoient très-bien d'envoyer
avoucns qu'ils
retardé cette mefire tant
fur-le-champ. les
Qu'ils aient
Ont été en grande majorité que à
ennemis de la France
étoient puiflans, enfin quand Saint-Domingue, la faétion étoit tant qu'ils
fa force, quand les membres qui la
dans toute
loient fe nommer entre cux & fouiller compofoient le fein de la vouvention ; mais aujourd'hui qu'elle eft
Conpartie eft émigrée & l'autre
diflipée, qur'une
réduite au
plus aucun inconvénient;
filence, il n'y a
putés à la Convention 3 au contraire, l'envoi des dédemande,
eft un devoir : infiftez fur cette
Vos députés jufqu'à préfent ont
bien
verfes (1); mais ils font trop heureux éprouvé de les
des traavoir en-
(1) Note des députés. Nous ne nous attendions
pas alors
ft émigrée & l'autre
diflipée, qur'une
réduite au
plus aucun inconvénient;
filence, il n'y a
putés à la Convention 3 au contraire, l'envoi des dédemande,
eft un devoir : infiftez fur cette
Vos députés jufqu'à préfent ont
bien
verfes (1); mais ils font trop heureux éprouvé de les
des traavoir en-
(1) Note des députés. Nous ne nous attendions
pas alors --- Page 18 ---
durées pour leurs concitoyens; ils ne chercheront jamais
à venger leurs injures perfonnelles, &c vous engagent à les
oublier pour cc qui vous concerne. S'ils y ont été fenfibles un moment, c'eft parce qu'ils avoient l'avantage
d'aller vous repréfenter & porter Thommage de VOS fentimens & de votre fidélité à la, nation françaife; ils feroient bien défolés que les outrages qu'ils ont a cffuyés
de quelques brigands français qai ne font pas dignes
du' Beau LOTR de Français, puffent altércr les fentimens
d'union qui doivent exifter entre vous & les Français reftés
avec vous & avec les délégués de la France, & furtout les braves militaires qui font venus de France, &
qui confacrent leur vie pour vous défendre. N'oubliez,
jamais qu'ils ont' été envoyés en vertu des décrets, que
l'autorité nationale efl pour pous comme la providence,
d'épreuver en France de nouvelles perfécutions, & qu'a notre
arrivée 2 fur une dénonciation vague, faite audacieufement Nous par
deux intrigans Page. & Bruley 2 on nous fercit arrêter.
avons inftruit le comité de falut public de notre arreftation, &
ila fur-le-champ donné des ordres pour notre élargiflement ;
cependant nous avons refté quatre jours en prifon.
Page & Bruley font ici les ambaffadeurs des colons/suverains,
de ces membres compofant la ci-devant a femblée de St.-Marc >
& depuis la prétendue affemblée coloniale. qu'ils ont formée de
leur pleine puiffance. Ces Page & Eruley étoient eux mémes
de ces affemblées confpiratrices qui vouloient fe féparer de la
France, & traiter avec elle de puiffance. Ils n'ont aucune
miffion légale; ils ont été envovés par la faction versle tyran
uniquement, avec ordre de ne traiter qu'avec lui,8 avec des .
initruétions de fe fouftraire à toute aurorité nationale. Ils. ont
vu avec chagrin que les émigrés, leurs complices, nous avoient
manquds au paffage; ils ont voulu étouffe: notre voix, fentant
bicn qu'ils feroient perdus G nous étions étendus. Arotre atrivée, nous n'étions pas connus 5 ils nous ont fait paffer pour
des perfonnes fufpeétes; &, fur leurs dénonciat'ons, on nous a
fait arrêtér.
- Nous nc nous plaignons pas de cctte rigucur; nous P'avons.
migrés, leurs complices, nous avoient
manquds au paffage; ils ont voulu étouffe: notre voix, fentant
bicn qu'ils feroient perdus G nous étions étendus. Arotre atrivée, nous n'étions pas connus 5 ils nous ont fait paffer pour
des perfonnes fufpeétes; &, fur leurs dénonciat'ons, on nous a
fait arrêtér.
- Nous nc nous plaignons pas de cctte rigucur; nous P'avons. --- Page 19 ---
puifqu'elle a brifé pos fers, 6 vous a élevés à ia dignité d'hommes; ne confidérons plus les
font reftés avec vous, comme les blancs, Européens qui étoient qui
ennemis: : Ia Convention nationale ne
vos
e tous les Français
des
veut plus parmi
que
citoyens, des
& dles frères. Tous ceux qui refpectent
lois doivent amis
donc êtrc
ET2
de la
également chéris de VONS : ce font les enfans
France. Les Français
d'Europe Jone nos libérateurs; fouvenons-nous de tout Ce qu'ils ont fait
nous, 6 que leurs frères doivent être auffi les pour
nous
puifqu'eux-mêmes
ont fait les leurs. Ne déshonorez noires,
point la liberté; ne reconnoiffez plus d'ennemis blancs a
bien méritée par notre indulgence
ces
la preuve de tous les crimes
nous pour
conjurés; car, outre
dans leurs actes Publics & dans que. ceux de avcns leurs dans leurs écrits,
avions encore en- mains deux lettres écrites complices, nous
floient bien, non feulement pour les faire par eux , qui fufles fairejuger. Nous les avions, & nous n'en avions arrêter, mais fait
jufqu'a-préfent ; on verra bien
pas
tocer
méchans qu'ils font coupables. que nous ne fommes pas aufli
font Nora. Nous en avons fait ledture à la
depuis inférées dans le Moniteur du 19 Convention; veniôfe,
elles
Ccs mémcs Page & Bruley venoient de
de la Convention, avec une puiflance
contraéter fousles yeux
un marché de trois millions,
étrangére (les Etats-Unis )
lonie qu'ils prétendoient
&cs'engagoient, au nom de la COdenrées frangaifes (coloniales). repréfenter, a livrer en paiement les
Que diroit la Convention, fi de véritables
d'un permettoicnt de faire un cmprunt ou un engagement repisfertans au fe
département 2
nom
fongères, Aujourd'hui N. les princes colons, dans leurs feuilles men4, ligne 6, difent qu'ils n'ont
que. comme protedteurs > mais c'cft comme a Toulon. reçu les Anglais
Mais croira-t-on que des Anglnis
Républicaine : 1 Nous n'en dirons
viennent protiger des
PRS davantage.
ritables
d'un permettoicnt de faire un cmprunt ou un engagement repisfertans au fe
département 2
nom
fongères, Aujourd'hui N. les princes colons, dans leurs feuilles men4, ligne 6, difent qu'ils n'ont
que. comme protedteurs > mais c'cft comme a Toulon. reçu les Anglais
Mais croira-t-on que des Anglnis
Républicaine : 1 Nous n'en dirons
viennent protiger des
PRS davantage. --- Page 20 ---
les mauvais Français
s'oppofent à T'établiffement
E la République &c de E liberté dans toute l'étendue
du territoire français. A la bonne heure, que ceux-là foient
confondus avec les Anglais & les Efpagnols, puifqu'ils
fe font coalifés avec eux; qu'ils foient vos ennemis, Ces
renégats de leur patrie: mais que tous les bons Français
foient tous de votre famille 2 que ce nom foit à jamais
refpedté par pous 5 démentez les fcélérats complices de
Galbaud, qui vous peignent comme des anthropophages
& comme ayant veulu exferminer tous lcs Français 3
prouvez à Ia France que, quand ils vous accufent, ce
font des calomniateurs 5 que la Convention narionale, en
apprenant tous leurs crimes envers vous, foit étonnée de
votre force 6 de votre modération, & qu'elle rende juftice à votre foumifion à fes lois.
Nous ne faifons ici, chers concitoyens, que vous retracer VOS fentimens, dont vous nous avez fait les confidens 8c les dépofitaires, & nous en ferons fidélement
les garans &c les organes.
Comptez fiir notre zèle, chers contitoyens; foyez
tranquilles 2 nous remplirons notre miflion avec fidélité;
les obfaeles, les perfecutions ne nous lafferont pas, ils
ne.feront qu'accroitre notre courage 5 nous aurons toujours devant les yeux nos commettans & l'étendue des
devoirs que nous impofe votre confiance.
Signé, BELLEY, MILLS, DUFAY, GARNOT,
JOSEPH GEORGES.
P. S. Au moment de notre départ, d'après- les recherches que nous avions fait faire, on' a retrouvé notre
collègue Jofeph Georges; il eft, comme vous voyez par
fa figmature, réuri à nous en.cc moment. --- Page 21 ---
New-Yorck, 14 décembre 1793, l'an 2 de Ia
République frangaifeune & indivifible.
L ET T R E
DE BELLEY,
DÉPUTÉ A LA CONVENTION
NATIONALE,
A SES FRÈ RE
S.
Mis AMIS,
Vous reflentirez, en lifant mna lettre, ia
dignation, en apprenant que
plus vive indéputé, a enduré les outrages Belley, les
votre frère, votre
fcélérats de colons émigrés.
plus humilians parles
rois mieux aimé qu'ils m'euffent Dans un ôté autre temps, faufupporté tout avec courage,
la vie; mais jti
mes frères : jai dû tout facrifier puifque je fouffrois
fion. Notre lettre
au ficcès de notre pour mifcommis contre nous commune-vous par des
apprendra les attentats
Français; mais que la France brigandr.qui ofent fe dire
ear ils fopt indignes d'elle. Je fans doate
vous
défavouera,
engage à Yous ferrer
é qu'ils m'euffent Dans un ôté autre temps, faufupporté tout avec courage,
la vie; mais jti
mes frères : jai dû tout facrifier puifque je fouffrois
fion. Notre lettre
au ficcès de notre pour mifcommis contre nous commune-vous par des
apprendra les attentats
Français; mais que la France brigandr.qui ofent fe dire
ear ils fopt indignes d'elle. Je fans doate
vous
défavouera,
engage à Yous ferrer --- Page 22 ---
1e
auprès des délégués de la France, & de combattre avec
eux tous les enremis de la Républigue. Songez que la
France feule reconnoît la libcrté; que les Anglais &les
Efpagnols, coalifés avec les colons ariftocrates ou royaliftes, veulent vOuS replonger dans l'aviliffement & dans
l'efclavage, 6 que vous m'aver promis de mourir tous
plu:ôt
de laifer envahir la partie du Nord. Ayez la
gloire d1 la défendre à vous feuls, de la conferver à la
France; ; fur-tout gardez les ports', pour que les fecours
puifent vous arriver. Je ferai auprès. de la Convention
nationale la caution de votre fidélité & de votre courage; je ferai le ferment en votre nom : mes frères, fans
doute, ne voudront pas me dé.honorer & me rendre parjure.
Vivez en paix avec les Français réftés fideles; accueillez avec fraternité les Américains; c'eft un devoir pour
vous, &c vous avez grand befoin de Jeurs fecours. Soyez
foumis à tous les ordres des commiffaires civils, parce
qu'ils font les diligués de la France ; ne permettez pas
qu'ils tombent entre les mains des ennemis, qui voudroient les immoler
qu'ils ont été vos: amis ; facrifiez votre vic pour PS défendre. Mes concitoyens,
imitez les Frangais gui combattient pour-leur liberté, &
qai non feulement favert mourir, mais aulfi faveni vaincré. A la réception dc ma letire, jures tous d'être vainqueurs.
Signé, BELLEY.
CaLE Aane AT S2TK
D E LI MP RI M ERIE NATIONALE. --- Page 23 ---
PETITIO N
DEGEORGES
B E GG
Ci-devant chef du second bataillon da.ga
régiment d'infanterie ;
E T
DE SATVESAJRASCODSOES
S H E RLOCK
Ancien capitaineaudit régiment,
r
ex-commandant
descôtes de l'Ouest dela 5me division des armées
des côtes de Brest et de Cherbourg réunies.
A LA
CONVENTION NATIONALE, --- Page 24 --- --- Page 25 ---
D286e
v.l
copn 190)
CDIO
Wab Carler Brolun
Lilnry
Bum Intwersity --- Page 26 ---