--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A2oc
7D
Habir Carfer romit
filmry
Brumnt Autuersihy
F --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(8)
telle eft la nature de
voulant les démontrer; d'avancers je n'avois pas
celle que je viens
à des Juges aufli
même befoin de les rappeller
dont j'iméquitables & aufli éclairés que ceux
plore la proteétion & la juftice.
vain
MM. les DéON obje@teroit en
que Phonneur de
de St.Domingue, qui ont
putés
MESSEIONEURS, repréfiéger parmi vous 2 entière : un honorable
fentent la Colonie
- M. le
Membre de l'Affemblée Nationale 3
a déja fait plufieurs moComte de Mirabeau,
à
avec juftions qui tendoient toutes prouver de Couleur
la: claffe des perfonnes
tice, que
repréfentée par la Députation
n'étoit nullement Elancs, & qu'elle ne peut être
des Colons
quelqe'un qu'elle auroit
repréfentée que par
sûr, la claffe des
choifi librement. Et à coup
choifi fes
de Couleur n'auroit pas
maxiperfonnes
dans la claffe de ceux des
Repréfentans elle a tant à fe plaindre depuis
mes defquels
titre.
f long temps 8c à fij jufte
Signé RAIMOND. --- Page 5 ---
1O
L
E
T
T
R E
AUX
PHILANTROPES,
Sur les malleurs, les droits et les réclamations
des Gens de couleur de Saint- Domingue,
et des autres tles françoises de lAmérique 3
PAR M. GRÉG OIR E,
Curé d'Emberménil, Député du Département
de la Meurthe.
APARIS;
(BELIN, libraire, rue Saint-Jacques, près St. Yves $
Chez DESENNE, libraire, au Palais-Royal: 5
(BAILLY, libraire, rue St-Honoré. s barrière des Sergens ;
Et au Bureau du PATRIOTE FRANCOIS, place du Théâtre Italien,
NA
OCTOBRE I 7 9 O. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
LETT R E.
AUX PHILANTROPES
LEn octobre 1790. 9 doit être une époque à jamais
funcbre dans lesfastes de l'histoire : à son retour périodique 2 la liberté, lhumanité, la justice seront en deuil,
et la postérité, étonnée ou indignée, se rappelera qu'a
parcil jour une partic de la nation fut immoiée aux préjugés, à la cupidité de l'autre. Ce ne fut point une SaintBarthelcmi, mais quel est le plus humain, cclui qui
m'ôte en un moment la vie et ses peines, ou celui qui
me la prolonge, cn me ravissant rout ce qui peut la rendre
supportable?
L'esclavage des Ilotes est une tache ineffaçable à la
mémoire des Spartiates. Lacédémone, à cet égard, devoitelle trouver en France des imitatcurs P N'imputons point
à l'assembléc nationale, mais à ceux qui l'ont induite en
erreur, T'asservissement de nos frères 2 consacré d'une
manièrc solemnelle. On décide > ( chose inouie chez toutes
les nations!) qu'il ne sera rien changé à l'état des personnes dans nos iles, que sur la demande des colons 5 c'està-dire, quc l'on n'extirpera les abus que surle voeu de ceux
qui en vivent , qui en sollicitent la prolongation ! c'est-àdire, que les droits éternels des hommcs seront subordonnés à l'orgueil 3 à l'avarice ! c'est-à-dire, qu'ils seront
A
décide > ( chose inouie chez toutes
les nations!) qu'il ne sera rien changé à l'état des personnes dans nos iles, que sur la demande des colons 5 c'està-dire, quc l'on n'extirpera les abus que surle voeu de ceux
qui en vivent , qui en sollicitent la prolongation ! c'est-àdire, que les droits éternels des hommcs seront subordonnés à l'orgueil 3 à l'avarice ! c'est-à-dire, qu'ils seront
A --- Page 8 ---
(2)
plaise à leurs desjouets de Toppression , josquieequil
d'alléger leur sort !
potes
décret est prononcé 2 Presqu'à Tunanimité,
Cet étrange
françcis, au moment oui ils
les représentans du peuple
la
par
d'avoir foudroyé la tyrannic, reconquis
sapplaudisent si l'on eût craint la lumière, , dans une
libertés et comine
un autre décrct, précédant
affaire de si. haute importançe > n'ouvrit la discussion. -
eelui-ci, avoit empéché qu'on
de
16 août dernier, relatif aux troubles
Celui du
rendu de la méme manière; et ses. tristes
Nancy , avoit été
d'unc précipitation
résultats auroient bien di garantir n'avoient lien de sage à
eathousiaste. Si les réclamans
aucunc atteinic; et,
présenter, le décret n'en souffroit
conséquences à
quelles terribles
dans le cas contraire,
entendre (1); mais jamais
tiren! On na pas voulu nous dont le caractère intrépide
la voix de ceux
des
on n'étouffera
et qui, voués au soutien
s'irrite contre les obstacles,
pour les
sur T'échafaud
droits des hommes > nionteroient législatif doivent T'exemple
défendre. Les membres du corps lc devoir d'obéir n'ôtc
du respecteà ses décisions 5 mais
nationale ne prélc droit de raisonner. L'assembléc
dailleurs,
pas
dominer les confiances; ce scroit,
rend pas
excéderoit lcs forces humaines. Ainsi,
une entreprisc qui
erreur,
un micux,
croit rectifier une
proposer zèle, fat-il,
quiconque dette envers la pattie, et son
acquitte une
louable.
esroné,seroit encore
décret du 12, Tassembléc naJ'établirai que 2 par son
2°. à ses principes,
manque, r".à ses. promesscs,
tionalc,
Mirabcau et moi, avons inmtiloment
MM. Pétion,
demandé (1) la parole. :
prisc qui
erreur,
un micux,
croit rectifier une
proposer zèle, fat-il,
quiconque dette envers la pattie, et son
acquitte une
louable.
esroné,seroit encore
décret du 12, Tassembléc naJ'établirai que 2 par son
2°. à ses principes,
manque, r".à ses. promesscs,
tionalc,
Mirabcau et moi, avons inmtiloment
MM. Pétion,
demandé (1) la parole. : --- Page 9 ---
(3)
;". à la justice , 4°. à Thumanité. Il sera plus aisé de me
censurer que de répondre. Ensuite, je prouverai que le
décret est impolitique. Ccci s'adresse à' ceux qui, composant avec les principes les plus inflexibles, croient que
l'intérêt cst tout, et la justice rien. Mais auparavant, donnons quelques détails certains sur les sang-melds, nommés aussi mulàtres ou gens de coulcur.
Ils sont environ 40 mille dans nos iles dé l'Amérique. ,
toujours plus atrachés au : sol que les colons blancs. , dont
les yeux se tournent sans ccsse vers la métropole, et qui
Se hâtent de faire fortune pour repasser cn France.
Les sang-mélés sont libres; il nc s'agit point cncore
des esclaves, que, par bonté pour cux, il ne faut peur-être
conduire
à la liberté. Lcs droits de
que graducllement
Thomme, concédés brusquement à ceux quin'en connoissent pas les devoirs, pourroient devenir un présent funeste.
J'insiste sur le mot libres , appliqué aux gens de coulcur, 3
parce que toutes les fois qu'on veut faire entendre en leur
faveur l'accent de Thumanité, des Cannibales 2 pour faire
diversion > égarer l'opinion, effrayer la pusillanimité 3
cricnt qu'on veut faire égorger tous les blancs, en affranchissant les Negres, dont il n'est pas question ; dont la
cause n'a rien de commun avec celle des mulâtres. Et
combien, depuis le décret, viennent niaisement me dire:
( Je croyois que vous vouliez proposer l'abolition del'esclavage>. Croire sans savoir , c'est sottise; dire le contraire dc ce qu'on sait,c'est perversité : vous choisirez.
Eh bien, je vous l'assure, tel de mauvaise foi, qui vient
de lire cette tirade, est prêt à répéter la même imposture.
Les sang-mélés possèdent le tiers des fonds territoriaux..
A 2
combien, depuis le décret, viennent niaisement me dire:
( Je croyois que vous vouliez proposer l'abolition del'esclavage>. Croire sans savoir , c'est sottise; dire le contraire dc ce qu'on sait,c'est perversité : vous choisirez.
Eh bien, je vous l'assure, tel de mauvaise foi, qui vient
de lire cette tirade, est prêt à répéter la même imposture.
Les sang-mélés possèdent le tiers des fonds territoriaux..
A 2 --- Page 10 ---
(4)
Croiroit-on que, dans un ouvrage , imprimé cette année
un magistrat propose de leur ôter toute
au Cap-François,
immobiliaire, et de les réduire à une pension
propriété
les contraindre a servir les blancs P Ce sont. les
modiquie, , pour
termes de l'auteur (1)-
acclimatés. Cette
Lcs sang-mélés > étant indigènes, sont
partant robuste, est regardéc, depuis longrace croisée,
ferme
de la colonie contre
temps, comme le plus
appui
detfinsurrection dcs Nègres et le marronage (2)- Qnand
nièrement dcs dissensions intestinés divisoient les blancs,
maintenu la sûreté publique et contenu les esclaves
qui a subordination ? En temps de guerrc, ils gardent
dans la
à Pensacola,
les côtes. On sait quel courage ils ont déployé
Et quand, à la Martinique, on proposoit à
à Savannah.
il s'y refusa, en citant
M. de Damas de les désarmer,
leur bravoure et leur fidélité.
avec éloge
falloit
fat bien reconnue , pour
Leur fidélité ! il
qu'elle
obtenir le témoignage éclatant que leur rend Hilliard
d'Auberteuil (3). L'assemblée générale de Saint-Marc, qui
(1)1 Idées sommaires, par M. de Beauvois, conseiller au
Cap,erc. P. 13.
de l'article mulatre, dans I'Encyclo-
(:) Voyez la note
pédic.
de la colonie fran-
(3) Considérations sur l'état présent
M. Hilliard
çoise de Saint-Dominguc. Paris, 1777 ? par viens
d'Auberteuil. C'est ici'le cas de dire ce que je Vers la fin d'ap- de
prendre sur la fin tragique de cet écgivain. dc préparer un mél'année dernière > ayant été soupçonné il fut conduit, sur un bàmoire en faveur des sang-mélcs,
Après
timent du roi, , qui étoit en radc, au Port-au-Prince. on Ten
mois dans la fosse aux Lions,
avoir langui.deux le remettre à terre, ou bientôt il
scrtit mourant, pour
cxpira. a
ce que je Vers la fin d'ap- de
prendre sur la fin tragique de cet écgivain. dc préparer un mél'année dernière > ayant été soupçonné il fut conduit, sur un bàmoire en faveur des sang-mélcs,
Après
timent du roi, , qui étoit en radc, au Port-au-Prince. on Ten
mois dans la fosse aux Lions,
avoir langui.deux le remettre à terre, ou bientôt il
scrtit mourant, pour
cxpira. a --- Page 11 ---
(51)
tendoit, dit-on, à Tindépendance des
associer les sang-mélés à
colonies, 2 vouloit
ses projets 5; cile vouloit, de
qu'ils jurassent envers les blancs
plus,
Qu'arrive-t-il ? le serment
respect et soumission.
clause
civique, profané par cette
insolente, est surpris ou extorqué à
autres lc rejertent
plusieurs : les
courageusement. Ils'
d'adresser.à M. de Peynicr leur
s'empressent
à la mère
protestation d'attachement
patric, et prouvent par-là"
des droits de cité, auxquels ils
qu'ils sont dignes
un bon usage. Toures les lettres aspirent, pour en faire
respirene le même esprit. II suffira qu'ils m'ont écrites
d'en citer une:
ct Nous n'avons senti aucun
>, les colonics. Vous aviez
agrément des décrets sur
Prévu
3j feroit; mais, Dieu nous
Tinserprétation qu'on cn
est témoin
32 corrompra pas nos
que linjustice ne
3> toujours,
cacurs, et quc nous conserverons
pour la nation et pour notre bon
>> fidélité qui nous est naturelle.
roi, cctte
3). laisser au
Pourquoi avoir voulu nous
jugement de nos ennemis, etc. : >>
J'arrive à mes preuves,
Io, Par son décret du 12, l'assemblée
à sa promesse. Le 22 octobre
nationale manque
1789, la députation des
sang-mélés, > admise à la barre, y lut son
répondit : Aucune partie de la nation
adresse; on lui
ses droits auprès delassemblic
ne réclamera vainement
A-t-on tenu
des représentans de la nation, 3 etc,
parole : II fut décrété qu'on
à l'assembléc de leur
rendroit compte
du comité de
pétition. Dans dix ou douze séanccs
toirement
vérification, > elle a été discutée contradicavec les colons blancs ct parce que l'avis
(1) J'invoque le témoignage de mes
collégucs au co-
ses droits auprès delassemblic
ne réclamera vainement
A-t-on tenu
des représentans de la nation, 3 etc,
parole : II fut décrété qu'on
à l'assembléc de leur
rendroit compte
du comité de
pétition. Dans dix ou douze séanccs
toirement
vérification, > elle a été discutée contradicavec les colons blancs ct parce que l'avis
(1) J'invoque le témoignage de mes
collégucs au co- --- Page 12 ---
(6)
favorable aux sang-mélés, on a si bien
du comité étoit
n'a pas été fait à T'assemblée
manaeuvré, quc le rapport
nationale.
La plupart de MM. les colons blancs
mité de vérification.
les
de couleur
nc nous ont-ils pas dit et répété, assembiées que paroissiales gens
,
avoient le droit d'assisrer aux
vu voter a 2
rien ne les en empéchoit, qu'ils cn leurs avoient efforts sont dirigés
d'eux, cct. : Et cependant tous de couleur; et malgré l'évicontre cette demande des gens de l'instruction sut les colodence du sens de l'article 4
de Saint-Domingue se
nies, quand les trois départemens de convocation de l'assembléc
sont concertés pour le plan les sang-mélés,par l'article 9: >
coloniale, ils ont repoussé
que vojci texcucllement: : #
nègres
a
été pratique, les mulâtres ,
cc Ainsi qu'il de toujours couleur libres, ne seront point admis
3> et autres gens
ctc, >> Conci1 à voter dans les assemblées paroissiales,
liez tout celà. Et eris mihi magnus Apollo.
colons blancs qui, dans la liberté, vculent trouver
Les
celle des autres s ont toujours caché
le droit d'enchainer les efforts que lon faisoit à l'assemblée buaux sang-mélés soustraire cette classe outragée aux la
nationale pour
à Fopprobre dont on
miliations dont on T'abreuve,
numero 19, rencouvre. La gazerte du Port-au-Prince, une réticence dont le
dant comptc de nos séances mlisse 2 par très-légerement sur ce
motif n'est pas séance équivoque, du 3 décembre, quand il fut quesque je dis ala comité colonial; elle énonce sculement
tion de créer un
Clermont Lodève et Charles
que MM. T'abbé Grégoire, diversement sur les questions accessoiLameth, ont parlé principales 5 et voici le fin mct : c'ést
res, et surla question
de décréter rétablissement d'un
que je voulois, qu'avant l'admission des citoyens de couleur,
comité, on jugeât
M. Charles Ladont je peignis la siruation afligeante.
déclara
meth, grand propriétaire de Saint-Domingne de méconqu'il préféreroit de tout perdrc plurôt que
goire, diversement sur les questions accessoiLameth, ont parlé principales 5 et voici le fin mct : c'ést
res, et surla question
de décréter rétablissement d'un
que je voulois, qu'avant l'admission des citoyens de couleur,
comité, on jugeât
M. Charles Ladont je peignis la siruation afligeante.
déclara
meth, grand propriétaire de Saint-Domingne de méconqu'il préféreroit de tout perdrc plurôt que --- Page 13 ---
(7)
2°. L'assemblée nationale contreditses principes. J'ouvre
cette célèbre déclaration des droits, qui assure à tous les
hommesle patrimoine inaliénable de la liberté,quiscra totljours l'épouvantail des tyrans, et l'écueil ou viendront se
briser toutes les prétentions des oppresseurs. Oseriez-vous
direque les blancs seuls naissent et demeurent libres et égaux
en droits : Pourriez-vous localiser cette morale, qui embrasse toutes les régions comme tous les âges 2 Au lieu
de biaiser sur les expressions, , dans un décret qui signifie
évidemment la traite > la dignité du corps législatif n'exigeoit-elle pas qu'il prononçât avec clarté, et fit exécuter
avec fermeté : M. Barnave nous assuroit, le 12, que ja- :
mais l'assemblée n'avoit cntendu rien changer à l'état des
personnes sans l'aveu des colonies ; et moije lui soutiens
quel lorsqu'à la séance du 28 mars j'insistai pour queles gens
de couleur fussent désignés nominativement dans l'article 4
de linstruction, un très-rand nombre de voix, plusieurs
colons, et M. Barnave, qui professe actucllement une autre
doctrine, s'empressèrent de déclarer qu'ils regardoient l'article comme prononçant d'une manière irréfragable les
droits des sang-mélés, comme leur assurant la plénitude
des avantages de citoyens 5 et vainement les colons blancs
ont voulu démentir cette vérité; M. Garat, dans le journoitre les principes que la justice, Phumanité ct la vérité
éternelles ont consacrés;il se déclara pour l'admission des'
députés de couleur, et même il desiroit qu'on préparàt
l'abolition future de l'esclavage. Je pric l'opinant de
du
avec tout ce
me
ant la plénitude
des avantages de citoyens 5 et vainement les colons blancs
ont voulu démentir cette vérité; M. Garat, dans le journoitre les principes que la justice, Phumanité ct la vérité
éternelles ont consacrés;il se déclara pour l'admission des'
députés de couleur, et même il desiroit qu'on préparàt
l'abolition future de l'esclavage. Je pric l'opinant de
du
avec tout ce
me procher son avis 3 décembre,
qu'il
ptès la tribune le 28 mars : lorsqu'il craigr noit si fort, que
les
sur ma demande, 3 on ne désignât nominativement sangmêlés dans l'article 4 dc l'instruction sur les colonies. --- Page 14 ---
(8)
nal de Paris, leur a répondu victorieusement, en prou*
vant cette assertion' jusqu'à l'évidence.
2 M. Barnave. Après avoir dit que jaEncore un mot
de l'assembléc de rien stamais il ne fut dans lès vues
de la colonie,
tuer sur l'état des personnes que sur le vceu
l'assemblée nationale se propose de le décréter
il assure que
L'assembléc nationalc n'en a pas le
continutionnellomont. La constitution est la distribution
droit, et je le prouve.
leur
5 mais l'état des_personnes,
des pouvoirs politiques
antéleur liberté sont hors de la consticution,
égalité,
L'assemblée nationale peut reconrieurs à la constitution.
mais
les déclarer, en assurer l'exercice;
noitre ces droits, immédiatement de Dieu, ce qui est
ce que nous tenons des lois de la nature ne peut être
dans l'ordre essentiel
droit d'exercer leur
l'objet. d'un décret. Les hommes ont
liberté comme ils ont droit de manger, dormir, etc. Ainsi,
citée renfermc une absurdité.
la proposition vient,de lire établit clairement Tinjustice
39. Ce qu'on
de raidu décret, et ce qui suit n'est que surabondance
Le code noir ou édit de 1685', , registré à Saintsonnement.
veut qu'en tout les mulaDomingue, articles 57 ct 59,
cette
soient assimilés aux blancs. Ils invoquent
tres libres
abrogée, et qui est inconciloi, que vous n'avez point
amèle décret du 12. Les blancs sc plaignent
liable avçc
ministériel à leur
rement des attentats du despotisme
interdire aux sang-mélés de trop justes
égard,et ils véulent
traiter leurs soupirs comme
plainres , appesantir leur joug,
dont le crimc est
des cris de rebellion ; et des hommes
la loi leur
de vouloir goiter les fruits d'une liberté que
livrés à la merci de ceux qui, contr'eux,
assurc, sont
sont juges et partics.
On
sc plaignent
liable avçc
ministériel à leur
rement des attentats du despotisme
interdire aux sang-mélés de trop justes
égard,et ils véulent
traiter leurs soupirs comme
plainres , appesantir leur joug,
dont le crimc est
des cris de rebellion ; et des hommes
la loi leur
de vouloir goiter les fruits d'une liberté que
livrés à la merci de ceux qui, contr'eux,
assurc, sont
sont juges et partics.
On --- Page 15 ---
(9)
Ou les sang-mélés sont une portion intégrante de Tempire françois, , et alors ils doivent être
un peuple
citoyens > ou ils song
étranger, ct alors en guerre contre
ils ne peuvent jamais être rebelles.
leursdespotes;
sacré le
N'avez-vous pas conprincipe que la résistance à
time ?
l'oppression est légiFrançais, je vous interpelle ; avec lc sentiment de
la dignité de Thomme, la connoissance de
cerritude dc
vas droits, la
votre supériorité, en pareil cas, que feriezv.ous P
4°.Ledécret du 12 cxcontaitcifhamanidé. Sivotre
n'est pas ferméc à la pitié, écoutez les
ame
rante mille malheureux dont les droits sanglots de quadont les maux sont incontestables. sont inconeussibles,
Dans mon premior ou=
erage, j'aiaccumulé des faits bien capables d'attendrir
leur pénible existence : quel alfreux
sur
roir y joindre!
supplément on pourLégislateurs, vous avez prononcé le droir
ct dans la colonie on leur défend de
d'émigrer,
roisses
sortir de leurs
sans permission 5 ct les planteurs blancs,
paavec nos armareurs, empéchent les
concertés
à leurs
sang,mélés de retourner
foyers 5 on refuse de les embarquer
les
Approchent-ils de la côte ? on les
pour isles;
du moins on les rembarque
empéche d'aborder 3 ou
incontinent; leurs lettres sont
incercepréegs O1l tâche de rompre toure
entre ceux de la colonie et ccux qui
communication
que ceux-là ignorent
sont en France, afin
complettement les efforts
ici en lear faveur, ct
quelon faic
que ceux ci soicne répurés des
turiers. Exposées à tous les mépris, à tous les
avenrécemment ercore, Oil a vu des filles de couleur outrages,
àleurs familles,
des
arrachées
erable
par
blancs, pour assouvir leur exélubricité. Les sang-mélés oscront-ils
se plaindre,
B
communication
que ceux-là ignorent
sont en France, afin
complettement les efforts
ici en lear faveur, ct
quelon faic
que ceux ci soicne répurés des
turiers. Exposées à tous les mépris, à tous les
avenrécemment ercore, Oil a vu des filles de couleur outrages,
àleurs familles,
des
arrachées
erable
par
blancs, pour assouvir leur exélubricité. Les sang-mélés oscront-ils
se plaindre,
B --- Page 16 ---
(10)
est, un crime, et que le style le plus resquand la plainte
attentatoire a la dignité des blancs 2
pectueux paroit encore droits : M. de la Chevaleric, préParleront -ils de leurs
appele cela un désident de F'assemblée de Saint-Marc,
droit de s'asd'idèes Tous les citoyens ont
règlement
traiter de leurs affaires 5 et,a force ouverte,
sembler pour
assemblés paisiblement
on dissipe les gens de couleur,
oseroit défendre
concerter leurs demandes. Quiconque
pour
d'être massacré, ou, tout au moins,
leur cause, risqueroit ravagées. Après avoir égorgé
dc voir ses possessions sénéchal da Petit-Goave, parcc
M. Ferrand de Baudières,
on
avoit réclamé en faveu: des sang-mélés, promenoit
qu'il
ct, par une perfidie saranique 3 on
sa tête sur une pique;
les engager à trahir leurs
corrompoir les Nègres, > pour
promettoit de l'argent
maitres; et une prodanasiomnpeblignep tucroit un des 27 mulâtres
et la liberté à tout esclave qui
assemblée près dc -a
s'être trouvés à une
proscrits, pour le
de la Fête-Dieu, on égorgeoit,
petite rivières ct jour
fidèles au drapcau
àlal Martinique, quatorze sang-mélés, infortunés de cette classe à la
de la patrie. J'ai vy des
leur nullité civilc, leur
galerie, , le jour oi l'on prononça
quand ils
réprobation politique $ ils fondirent en larmes, millions de
de décrct, qui laisse dcs
ouirent ce préambule
!Et
parier
victimes sous le glaive des sacrificateuts lonpse
dc justice, de religion, de charité! du décret est impolitique S
s".J'ajoute que lc préambule
dc discorde.
crd'abord,s soil obscurité peut être une pommc
lors de son installaticn à la
Voyez son discours,
place de président.
ation politique $ ils fondirent en larmes, millions de
de décrct, qui laisse dcs
ouirent ce préambule
!Et
parier
victimes sous le glaive des sacrificateuts lonpse
dc justice, de religion, de charité! du décret est impolitique S
s".J'ajoute que lc préambule
dc discorde.
crd'abord,s soil obscurité peut être une pommc
lors de son installaticn à la
Voyez son discours,
place de président. --- Page 17 ---
(11)
II déclare que rien ne sera changé à l'état des personnes 9
que sur le voeu de la colonie. Et qui émettra ce voeu :
Qu'est-ce que la colonie : Les blancs partiront de la pour
exclure les. sang-mélés 5i mais ceux-ci sont colons dans
goute la force du terms, légalement libres , et conséquemment fondés à croire que. le décret n'exclut que les esclaves.
Qu'est-ce donc qu'unc loi dont le texte amphibologique
offre des germes de division?
Je répète cC que j'avois imprimé précédemment, ct.qu'on
s'est'dispensé d'attaqrer , que des convenances politiques
ne doivent pas féchir la sigueur de cette morale invariable,
émanée de Dieu, qui.cst la même pour les nations ct les
individus 5 que la vertu scule, dans les empires., est un
point fixc, et que leur fabilité,leur benheur, résuitentide
Theureux accord des principes politiques avec ceux de la
justicc. Mais il y a peu d'hommes, et les hommes seuls
peuvent goûter ces vérités précieuses! Oublions donc que
clest.ici la lutie de'la cupidité contre la justice. Faisons 3
s'ilest possible, momentanément, abstraction de cette justice., ct ne parlons que le langage d'une politique enfantée
par des passions 3 toujours abjectes, toujours atioces, )
qui.sejouen: de Texistence des homies (),
Les'coions blancs nous. disent gue l'intérêc général s'oppose à la demande des sang-mélés. Ceux-ci-a assurent le
contraire; et ces deux classes d'hommes étant à peu-pris
égales en nombre, ce conflit d'autorités les détruit respecs
tivement. Ajoutons cependant que s'il falloit compter les
(t)Se jouer de Pexistence des hommes est bien le- termc
ptopte : on fait quelquefois des loteries d'esclaves, et le,
SGIt leuf donne un maitre.
B 2
êc général s'oppose à la demande des sang-mélés. Ceux-ci-a assurent le
contraire; et ces deux classes d'hommes étant à peu-pris
égales en nombre, ce conflit d'autorités les détruit respecs
tivement. Ajoutons cependant que s'il falloit compter les
(t)Se jouer de Pexistence des hommes est bien le- termc
ptopte : on fait quelquefois des loteries d'esclaves, et le,
SGIt leuf donne un maitre.
B 2 --- Page 18 ---
(12)
ceux d'une portion
sufrages ,les sang mélés y joindroient
Mais
n'ent point abjuré les vrais principes.
de' blancs qui
de Baudières est bien capable
le martyre de M. Ferrand
J'ignore même. .com*
d'effrayer les apôues de Phumanité.
échapper à la proscription M. de Saint-Olympe,
ment a pu
de la Cioix-der-Bouguets. Dans une
président de T'assemblée
de t'ile, et qu'on a 1
circulatre," adressée aux 52 paroisses séance du '12, il s'exprime
la
dc lire à la
eu gaucherie
ainsi :
nationale eût ressuscité lesidroits
Cc Avant que Ténergie les hommes de l'abyme profond
$ primordiaus de tots
être ensevelis pour les
> dans lequel ils sembloicnt avoit fait appercevoir aux
> François 2 la saine politique la nécessité de ne former
5 habitans de Sainte-Domingue'
opposér une résistance
scule classe de ciroyenss pour
les
> qu'une
à l'ennemi 1 domestique, dont
> ferme et' constante
si
disproportion des
naturelles sont en grande
33 forces
donnoit à l'anivers lespectaele
> nôtres; Saint-Demingue commandée par la politique >
de lunion 2
32, :
* e-traordinaire
diviseen créant des distinctions
5> qui par-te ut ailleurs
prendre 'urie noûLe monde politique va certainement allumé en France, amèvelle face. Le volcan de la liberté
le sort
générale, et changera
nera bicntêt une explosion
Tintérêt
humaine dans les deux hémisphèress dedans
de Fespèce
leur sûreté au
de la colonic ct de la métropole, les forces aient une
e: au déhors, exigent que toutes, du faisceau dont. un père
même tendance : c'est Thistoire
Mais le sein de
offroit T'emblême à sa-familleC'est
mourant
couve, des germes destructeurs.
nos Hles recèle ct
d'avilir une partic du
toujours une détestable politique maintien de l'ordre.
au lieu de Tintéresser au
pcuple,
é au
de la colonic ct de la métropole, les forces aient une
e: au déhors, exigent que toutes, du faisceau dont. un père
même tendance : c'est Thistoire
Mais le sein de
offroit T'emblême à sa-familleC'est
mourant
couve, des germes destructeurs.
nos Hles recèle ct
d'avilir une partic du
toujours une détestable politique maintien de l'ordre.
au lieu de Tintéresser au
pcuple, --- Page 19 ---
(13).
cxercée sur les soldats, qui , eà
N'est-ce: pas T'oppression
a failli entraîner la
causant linsurrection des régimens, >
dissolution de T'armée de ligne ? Ce seroit tine grande
lcs colonies puissent conservet longerreur d'imaginer que
violente la nature 5 il fautemps cet état de contrainte qui
cela, bien peu connoître la marche des choses
droit, pour
fortife
les considérations
humaines;et certe opinion sc
par
suivantes.
voient arborer par-tout cette cocarde,
Les sangpmélés
doit faire le tour du monde 5
qui, suivant la prédicrion,
ils voient promener avcc pompe l'étendart de lar révolution;
le cri de la liberté , qui retenut' sans cesse
et croit-on que
réveillera
dans leurs coeurs le senàletrs orcilles s ne
pas
forces,
timent" de leurs droits? Joignez-y celui de leurs
ne citerai
dont laccroissement progressifest prodigieux.Je
qu'in fait. Én 1779, il y avoit à Saint - Domingue 7055
de couleur (1); en 1787,0n en comptoit 19632 (2).
gens
Ainsi, dans un laps de hait ans > voilà une population
tandis
suivant-M. Moheau 3 la
plus que doubléc ;
que,
dans une
France offre à peine un'neuvième d'augmentation
période de 72 ans.
T'accroissement
dont
Bornerez = vous cette population
cAréné d'un
futur a pour" caution certaine le libertinage
nombre de blancs : L'industrie des mulâtres, les
grand
fruits de leur industrie, suivront les mêmes gradations.
(1) Administration des finances par M. Necker, tome I,
chap. 13.
dans los
(2) Relevé fait à Saint Domingue, et déposé
burcaux de la marine.
'augmentation
période de 72 ans.
T'accroissement
dont
Bornerez = vous cette population
cAréné d'un
futur a pour" caution certaine le libertinage
nombre de blancs : L'industrie des mulâtres, les
grand
fruits de leur industrie, suivront les mêmes gradations.
(1) Administration des finances par M. Necker, tome I,
chap. 13.
dans los
(2) Relevé fait à Saint Domingue, et déposé
burcaux de la marine. --- Page 20 ---
(14) -
d'an soulèvement, désarmerez-vous toutes
Dans la crainte
: Il faudra alors
les milices de couleur et les maréchaussées
contenir par des envois multipliés de
les remplacer , ctles
le service,
déstinées à faire constamment tout
troupes,,
dévore les Européens efféminés
dans un climat bralant, qui
et les Nègres excédés.
au
nous dire si la caste dégradéc, > poussée
Qui peut
la force au secours de la justicc 9
désespoir, n'appelera pas
les
si les mulâtres ne feront pas causc commune: . avec
filial.ou T'habitude
Nègres, , contre ceux vers quil l'amour
doux
les cût portés sans effort : Le parti le plus
du respect,
chez
qu'ils
de
T'Espagnol,
pour eux ne sera-t-il. pas passer des nuances du teint
avoisinent, et chez qui la diversité
des distinctions civiles? Déjà plusieurs ont
n'entraîne pas
fait certain,car
adopté ce parti,' et je vous donne pour
n'ont
si les injustices des blancs
j'en ai les preuves > que
beaucoup de sing-mélés se proposent
un terme prochain, contrée oi le soleil n'éclaire que leurs
d'abandonner une
rileur industric ct leurs
doulcurs, et de porter-ailleurs
chesses.
la coalition des sang
Ne redoutez-vous pas, ch outre ,
blancs, qui visent à Tindépendance,
mélés et d'unc partic'des
devant immensément à la métropole >
avec d'autres qui,.
libérer sans
avidement une occasion de se
payer?
saisiroient
des autres, nc
L'aigreur,1 l'ambition des uns, l'improbité
seisfementeront-elles pas des troubles, pour amener une
scroient incalculables ? Qui sait"
sion, dont les résultats
de cC chac intési des paissances rivales ne profiteront pas
en force sur les colonies?Un passage
ricur, pour se porter
est bicn propre
imprimé récemment dans le Morning -post >
meutre en question, si déja
2 donner Téveil; ct j'entends
'aigreur,1 l'ambition des uns, l'improbité
seisfementeront-elles pas des troubles, pour amener une
scroient incalculables ? Qui sait"
sion, dont les résultats
de cC chac intési des paissances rivales ne profiteront pas
en force sur les colonies?Un passage
ricur, pour se porter
est bicn propre
imprimé récemment dans le Morning -post >
meutre en question, si déja
2 donner Téveil; ct j'entends --- Page 21 ---
(15)
des agens secrets n'ourdissent pas la trame qui doit amener
une rupture éclatante , dont ensuite ils rejetteront perfidement l'odicux sur les défenseurs de Phumanité.
C'est ici le cas de relever une fourberie , dont la honte
appartiendra à qui de droit. L'assemblée provinciale du
Nord envoie une adresse à l'assemblée, nationale : j'cn ai
diverses éditions, faites, lesunes à Saint-Domingue, les
autres cn France. Quel est le faussaire qui, dans les édi-#
tions faites en France, a retranché divers passages , dont
l'effet infaillible eût été de révolter les patriotes : En voici
quelques citations : cc A Dieu ne piaise que nous entendions
> vous dénoncer nos frères et nos défenseurs ( les menbres
>> de lassembléc de Saint-Marc); nous rendons justice' à leurs.
2> vucs, 7 nous les partageons. .
. Ils nc peuveut avoir
5) en vue que le bien de la colonic. Mais avant d'enta-
>> mer lc nouvcau pacte, qui doit lier à jamais Saint-
>> Dominguc à la France, ctc. >> Et le mot pacte, qui annonceroit. des provinces fédérées, est répété en divers
autres passages également supprimés. Mais je prie le lecteur
de s'arrêtersur celui-ci, qui est imporrant : cc Si la division
>> subsiste 2 elle peut mener à une guerre intestine; si
5> l'assemblée générale propage des idées qui ne sont
>> absolument étrangèrcs a aucun individu, la réunion
> peut entrainer une scission absolue avec la France > qui
> ne sera que trop stirement soutenue >>, Et c'est pourtant à
cette assembléc, qui a tenu un langage si séditieux, qu'on
a fait voter des remercimens par l'assemblée nationale,
qu'elic outragcoit!
bawdjboebepmphteiNtasn si mes frayeurs étoient
justifices par Tévénement, je n'aurois point a mc reprocher den'avoir pas appelé l'artention sur ces considérations
absolue avec la France > qui
> ne sera que trop stirement soutenue >>, Et c'est pourtant à
cette assembléc, qui a tenu un langage si séditieux, qu'on
a fait voter des remercimens par l'assemblée nationale,
qu'elic outragcoit!
bawdjboebepmphteiNtasn si mes frayeurs étoient
justifices par Tévénement, je n'aurois point a mc reprocher den'avoir pas appelé l'artention sur ces considérations --- Page 22 ---
(16)
N'est-il donc pas évident que, si T'orgueil vouloit
majeures.
la classe des citoyens, devenue
abjurer ses prétentions ,
moins forminombreuse, rendroit cclle des esclaves
plus
étant rapprochés par
dable 2 Les sang-mélés et les blancs,
la masse de
les mêmes intérêts, les mêmes avantages, efficacement la tranforces combinées assureroit plus
lcurs
Tenez pour certain que, tôt ou
quilliré des colonies.
des mulatres se relèvera avec
ard, T'énergie comprimée
contraint des opprimés,
violence irrésistible. Ce repos
une
bornes que le remps de leur foinc peut avoir d'autres
silence effrayant du malheur!
blesse : apathie dangereuse!
un élan tumulordinairement quc par
qui ne se rompt
tueux vers la liberté !
vient de lire, voyons ce qu'opposent nos
A cc qu'on
antagonistes.
nationale, disent-ils, nc, connoit pas 1
1°. L'assemblée
qu'il faille les cn croire
Tétat des colonies. En concluent-ils
du même poinr >
aveuglément : Les sang-mûlés, partant
Il scroit abinfèrent le contraire. S'agit-il des principes?
faut avoir habicé une contrée 3
surde de prétendre qu'il
des temps et des lieux.
poursaisir des vérités indépendantes
blancs auroient-ils
S'agit-il de faits? Pourquoi les planteurs
? Ils pérorent
exclusif de nous les manifester
lc privilège
ministérielle qui
à merveille, pour dévoiler T'oppression dit un mot des
pesoit sur eux 5 mais vous ont-ils jamais
exercent contre les mulàcres,
vexations odieuses qu'ils
défenseurs des mulâtres 2
des atrocités exercées contre les
Baudières sont resLes laches assassins de M. Ferrand de
à PEde ce crime à la nation, à P'univers,
ponsables combler la mesure, il nc s'agit plus que de
rernel. Pour
barir
érielle qui
à merveille, pour dévoiler T'oppression dit un mot des
pesoit sur eux 5 mais vous ont-ils jamais
exercent contre les mulàcres,
vexations odieuses qu'ils
défenseurs des mulâtres 2
des atrocités exercées contre les
Baudières sont resLes laches assassins de M. Ferrand de
à PEde ce crime à la nation, à P'univers,
ponsables combler la mesure, il nc s'agit plus que de
rernel. Pour
barir --- Page 23 ---
(17)
bâtir un roman s dans lequel on supposcroit
étoit un conspirateur.
que le défune
2°. Jamais, dit-on, la colonie ne sacrifiera
de la couleur: Sans doure il
le préjugé
y a
un pays ot le mariage d'un blanc d'étranges préjugés dans
déshonore.t
avec une mulâtresse le
tandisqu'il n'est pas déshonorant de
elle dans un concubinage
vivre avec
trissure
grossier. Il est avoué que la fléimprimée à la couleur, est la
la dissolution qui règne dans les
principale cause de
donc venus ici
colonics. Sommes-nous
pour pactiscr avec les abus ? et l'assemblée
nationale, qui décrète que l'infamic d'un
rejaillira point sur ses proches
supplicié ne
ne peut-elle
malgré le préjugé généial,
pas, ne doit-elle pas extirper celui-ci?
3°. Mais les gens de couleur tiennent de
liberté, Je vous demande si, à côté d'un nous leur
faisance et de
acte de bientions.
justice, on doit jamais placer les humiliaObservons d'ailleurs que le
sède la liberté à titre
très-grand nombre posde chair
hérédiraire, et lorsqu'un marchand
humaine, arrivé de la côte, vous vend
clave qui méritera d'être
un esdroits
affranchi, vous transmet-il des
imprescripribles sur toute sa postérité?
4°. Mais les gens de couleur
bontés, CC sont nos enfans.
peuvent compter sur nos
ternel les
Vos enfans 5 et le cceur pa"
repousse ! Nous adoucirons
sort. Est-ce le
> dites-vous, leur
passé ou T'avenir, 3 que vous
garant ?
offrez pour
Articulez
netrement Vos intentions,
poser avec eux ? ils refusent la
prétendez-vous com.
les faire monter au
de capitulation 5 voulez-vous
lesavantages de
rang citoyens, lcs associer à tous
citoyens : Pourquoi cet
eeux gui tentent d'opérer
acharnement contre
cette bonne ceurre? pourquoi
Nous adoucirons
sort. Est-ce le
> dites-vous, leur
passé ou T'avenir, 3 que vous
garant ?
offrez pour
Articulez
netrement Vos intentions,
poser avec eux ? ils refusent la
prétendez-vous com.
les faire monter au
de capitulation 5 voulez-vous
lesavantages de
rang citoyens, lcs associer à tous
citoyens : Pourquoi cet
eeux gui tentent d'opérer
acharnement contre
cette bonne ceurre? pourquoi --- Page 24 ---
(18)
vouloir courber sous le joug,s sans les entendre,desl hommesi
qui ne veulent pas anticiper sur vos. droits , mais jouir de
ceux que leur assurent la nature et la loi (1)?
A, défaut de raisons , les colons blancs sèment des
tantôt ils nous disent qu'un décret en'
terreurs paniques;
faveur dcs mulâtres 5 les feroit tous égorger 5' cC qui andes
fort charitablesde la part desblancs;
nonce
dispositions
rantôt c'est l'inverse. Vous allez, disent-ils, nous faire
massacrer tous. Et par qui, messieurs ? par les noirs ;
pouvez-vous craindre des hommes que vous nous peignez
si heureux sous votre régime, quc leur sort est infniment
préférable à celui de nos villageois? Selon vous , les
Nègres se refuseroientà Téchange, ils ne voudroient pas
Guinée ni même accepter le don de:l la
retourner en
,
les
Calomnic grossièré : ils ne
liberté , par
sang-mélés.
la rentrée dans leurs droits,
demandent paisiblement que
(1) Je reçois en ce moment un mémcire intéressant, de
m'envoic M. Marneville , capitaine au régiment
que Pondichéri 5 j'y, lis CC passage honorable pour les sangcette
du monde : CC Les
mélés de nos colonies dans
partic
couleur
ont réclamé le droit de porter
5> gens de
libres,
beauconp de diffcultés 9
s la cocarde nationale : après
Lc refus eût
>> la permission leur en a été accordée.
rem-
> été de toute injustice. Cette espèce d'hommes a
dans tous les temps s les devoirs de bons citoyens,
>> pli, de
fidelcs:
toute la gudre, ils ont servi
3> ct sujets
pendant
oti l'on a vonlu
>> avec zèle sur notre escadre, et par-tout
j'aiété téAu dernier siége. de Pondichéry
s> les employer.
dont
> moin dela valeur des Topasies (soldats mulatres), Cette classe in55 On avoit formé une troupe particulière. cruel ; mais son sort
5> téressante est victime d'un préjugé
doux dans les colonics françoises,
2> cst infiuiment plus
dans celles de
>> au-delà du cap de Bome-Espérance; que
: T'Amérique 22,
, et par-tout
j'aiété téAu dernier siége. de Pondichéry
s> les employer.
dont
> moin dela valeur des Topasies (soldats mulatres), Cette classe in55 On avoit formé une troupe particulière. cruel ; mais son sort
5> téressante est victime d'un préjugé
doux dans les colonics françoises,
2> cst infiuiment plus
dans celles de
>> au-delà du cap de Bome-Espérance; que
: T'Amérique 22, --- Page 25 ---
(19 )
et l'accès dans vos. : coeuts 5 mais qui peut nous dire à
quel terme les forceront VOS durctés?
Avant de finir, qu'on me permctte quelques réfexions"
sur le sort de ce nouvel écrit. Ou les blancs n'y repondront pas 5 ct franchement quand la logique cst pressante.,
c'est le parti le plus sage; on affecte alors un ton dénigrant > qui signific : cela ne mérite pas une refutation ; et
d'après l'axiome dc Boilcau, on est sûr d'avoir des admirateurs.. Ou lesblancs tenteront dc répondre, ct voici un échantillon de leurs preuves, recueillics dans des brochures, des
colloques particulicrs, et dans l'assembléc, autour dela tribune. cc En défendant les mulâtres, vous êtcs des fous,
des convulsionnaires, des énergumènes, des hommes
pésris d'amour-propre >> 5 et ces éloquentes apostrophes
détruisent merveilleusement tous les syllogismes. C'cst une
hcureuse resssourcc que les calomnies et les injures : j'en
attestccelles que jai vu pleuvoir sur moi, et que je méprise
à légal de leurs vils auteurs; j'en atteste ces pamphlets
imprimés contre moi, cil France, à.Francfort, à SaintDomingue, pour m'être. constitué avocat de causcs que
je n'abandonnerai jamais, : .celles. des. juifs, des SuissesFribourgeois, des gens dc couleur(1). Je placesur la même
confe,souslepinss grand secret, une
#
(n)Leeteurs,jewguse
anccdore sur mon comptc, que les colons blancs se soufRent
à Toreille: Il défend les sanig mélés , rien d'itonnant en cela,
sonfrera épousé uine femrede couleur. Assurément, sij'avois
pour belle-sceur une vettucuse métive, je la priscrois
la
totalité devos femmes, dont on vante.
ciA
SERY presque mais qui.ne savent pasméme sous les dehors d'ane
pudeur apocryphe, masquer Ia laideur du vice 3 qui réunissent Peffrenterie du zegard, limpudence du propos,ie
cynisme des actions.
Pulequ'on gratifie d'unc belle-socur un homme qui CSt
, sij'avois
pour belle-sceur une vettucuse métive, je la priscrois
la
totalité devos femmes, dont on vante.
ciA
SERY presque mais qui.ne savent pasméme sous les dehors d'ane
pudeur apocryphe, masquer Ia laideur du vice 3 qui réunissent Peffrenterie du zegard, limpudence du propos,ie
cynisme des actions.
Pulequ'on gratifie d'unc belle-socur un homme qui CSt --- Page 26 ---
(20)
ligne les reptiles cachés sous l'herbe
l'anonyme
et les libellisres
s pour darder plus sêrement
sous'
Retranchez : vous dans l'ombre
leur venin.
les amis des noirs,
, et de-1 I. criez
, qui le Sont de
que
sont lcs conemis des blancs
rous les hommes,
Anglois. Peignez-les
; qu'ils sont soudoyés par les'
fer,
comme des monstres qu'ilfaur
parce qu'intrépidement ils font la
étoufrans : mais , sur-tout, évitez de
guerre aux tyFécueil. Imitez la prudence de raisonner; car c'est - là
nord de
l'assemblée provinciale du
les troubles Saint-Domingue : dans son adresse, ellc
dc
des colonies en partic à mon livre
impure
couleur. Elle se garde bien de
sur les gens
énoncés, les principes
détruire les faits qué j'ai
mon
quej j'ai posés ; contente de
ouvrage, elle
qualifier
croit, sans doute,
injurieuse est une preuve
qu'une épichète
Non , non, messieurs triomphante. les
pas leyale; jai
colons , cetre marche n'est
pour moi ces mavimes
contre lesquelles s'amortissent
sublimes de justice,
paralogismes, Voulez-vous tous les outrages, tous les
lichement
me combattre? au lieu d'être
n'incidentez anonymes s montrez-vous à front
pas , ne divaguez pas hors de la découvert,
attaquez mcs principes descendez dans
question;
l'arêne ; je vous
fils unique, il n'en coûtoit
famille entière, de lui
guéres plus de lui composer une
une mre Suisse, erc. donner, Cette par exemple, un père) Juif,
ane réfutation victorieuse de dialectique formidable seroit
des malheure eux.
tout ce qu'il avance en faveur
Fh! messieurs les colons
chereher des argumens
> pourquoi vous ingénier à
obvic que je m'empresse de péremptoires ? Il en est lin
mélis. parce quila
vous offrir. Il défend les plus
Jeficid des Suisses: Teçu d'eux qre-lques millions, ainsi que E
. donner, Cette par exemple, un père) Juif,
ane réfutation victorieuse de dialectique formidable seroit
des malheure eux.
tout ce qu'il avance en faveur
Fh! messieurs les colons
chereher des argumens
> pourquoi vous ingénier à
obvic que je m'empresse de péremptoires ? Il en est lin
mélis. parce quila
vous offrir. Il défend les plus
Jeficid des Suisses: Teçu d'eux qre-lques millions, ainsi que E --- Page 27 ---
21 )
de ramasser le gantelct, ct de n'être point en depromets
meurc pour la réplique.
n'ai
eu la
: Au reste 2 en déduisant mes preuves,je
pas
présomption d'opérer des miracles, de convaincre la vanité, d'humaniser la cupidité. Loin de nous cette tourbe
d'êtres sans caractère, stupéfaits de trouver en autrui CC
saint amour de Thumanité , qui leur paroit une démence
insigue ou un sentiment exagéré. Mais il est encore des
ames dioites s capables de s'élever à ces grandes vues mo*
rales, qu'on désiguoit à la tribune comme des spéculations métaphysiques.
Un jour ils seront appréciés, les vrais amis des hommes,
qui se croiroient indignes du bonheur , s'ils ne cherchoient
à le répartir sur tous leurs frères. Ils ne caressent point les
opinions dont on s'engouc ; ils ne fléchissent pas lc genou
devant les idoles que la mode encense; ils n'aspirent point
à la Jictature dans les clubs 3 pour y exercer le monopole
des suffrages, pcur) y distr:buer etrecevoir des honneurs, que
l'homme sensé repousse, dès qu':ls sont présentés par la
main souillée de l'intrigue. N'aspirant qu'à être utiles s
bravant les clameurs de la haine, ilss s'exposeroient à toutes
les vengeances, pour venger ces grands principes d'égalité,
de liberté, de justice > que la nature inspire, que la religion
consacre, 2 et sans lesquels on voit bientôt les hommes s'avilic
ct les empires s'écrouler. --- Page 28 --- --- Page 29 ---
R d EFLI EXIONS
SUR
LE.C ODE NOIR,
E T
DÉNO NCIATION
D'UN CRIM E AFFREUX,
COMMIS A SAINT-DOMINGUE:
Adressées à TAssemblée Nationale, par la
Société des Amis des Noirs.
a
A PARIS
DE L'IMPRIMERIE DU PATRIOTE FRANÇOIS 3
Place du Théêtre Iralien.
3 a
AOUT 179 O. --- Page 30 --- --- Page 31 ---
à
E771
Lo5ld
Y2
a
LHtet
à
- --- Page 32 ---
%
-
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