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MICHEL-PASCAL CREUZÉ,
MEMBRE DU CONSEIL DES ANCIENS,
A
JEAN-PHILIPPE GARAN,
DÉPUTÉ D U LOIRET,
SUR son rapport des troubles de St-Domingue,
distribué au Corps législatif en ventôse,
an V, dix-huit mois après la clôture des
débats.
SE VEND A PARIS,
CHEZ M ARET, Cour des Fontaines, Palais Egalité.
DESENNE, Palais Egalité, Nos I ct2.
- - Et chez tous les marchands de nouveautés.
AN CINQ DE IA RÉPUBLIQUE --- Page 6 --- --- Page 7 ---
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MICHEL-PASCAL CREUZE,
MEMBRE DU CONSEIL DES ANCIENS,
A
JEAN-PHILIPPE GARAN,
DÉPUTÉ D U LOIRET,
SUR son rapport des troubles de St-Domingue,
distribué au Corps législatif en ventôse,
an V, dix-huit mois après la clôture des
débats.
Quis nescit primam historiz legcm nequid falsidicere audeat, deinde nequid veri non audeat,
nequa suspicio gracix sit in scribendo, nequa
simultatis.
CICER.
O, N nc pouvait, mon cher colleguc, choisir une
meillcure épigraphe que cellc que vous avez placéc en
tête de votre rapport. J'adopte catiérement ces grands
principes du premier des orateurs. Ne dérobous rien
aux regards de nos concitoyens ; les intérêts de la patrie
exigent que la vérité paraisse dans tout son jour.
Peut-êtrc serait-il difficile dc la découvrir dans les
neufmortels volumes desdébats, qui vont être enrichis'
de trois autres, que vous nous promettez dans votre
rapport.
A
raphe que cellc que vous avez placéc en
tête de votre rapport. J'adopte catiérement ces grands
principes du premier des orateurs. Ne dérobous rien
aux regards de nos concitoyens ; les intérêts de la patrie
exigent que la vérité paraisse dans tout son jour.
Peut-êtrc serait-il difficile dc la découvrir dans les
neufmortels volumes desdébats, qui vont être enrichis'
de trois autres, que vous nous promettez dans votre
rapport.
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Vous parlez au nom dela commission des colonies 1
des comités de salut public, de législation ct de la marine. J'ignore si ces comités ont assistés, par commissaires, à vos conférences,sinsi que je lai vu pratiquer
plus d'une fois, ou si tous les membres ont scrupuleusement examiné les cent mille pieces qui ont pu fournir la matiere de votre travail. Déjà le comité de salut
s'est expliqué dans l'affaire des colonies, par
Tenatr d'un deses membres; le comité de marine ena
fait autant. J'appréhende, mon cher collegue, qu'il n'y
ait entre vous un grand dissentiment; et je ne conçois
rien de plus embarassant que de concilierles mêmesautorités qui se trouvent en contradiction avec cllesmêmes. Mais nep préjugeons rien à cet égard.
Pour moi, qui ai aussi ma maniere de voir, je vais
l'exposer sans déguisement. J'ai regardé comme une
véritable conspiration ourdie contre la république, le
systême de pillage, d'incendie, d'extermination, dc
loi agraire, celui qui a été suivi et qui régne encore en
ce momment à Saint-Domingue.
Je pense aujourd'hui, plus que jamais, que ce sys- la
tême infernal est lc même que celui qui a dévasté
Vendée, organisé la guerre civile, soulevé les esprits,
empêché les rapprochemens, en portant de tous côtés
le fer et la flamme. 1 lorsque, sans négliger les moyens la
de répression, il eit été plus sage de préférer, à
dévastation, la voie de conciliation dont on s'est si
bien trouvé depuis.
Convention déCe fut le 4 pluviose, an 3, que la
créta que la commission des colonies entendrait, sous
trois jours, 1 les accusateurs et les accusés de Saint-Domingue. Elle marqua le vif intérêt qu'elle prenait a
cette affaire importante et son impatience d'en connaître les résultats, en ordonnant que des tachygraphes
recueilleraient les débats sous la surveillance de la commission. Son attente ne fut pas remplic. puisqu'à pcine de
savions-1 nous, au bout de buit, de quinze jours,
trois semaines et d'un mois, cC qui s'était dit au Carouzel. Et ce n'cst qu'aprés plus de dix-huit mois,
écoulés depuis la clôture dcs débats, que nous rccc-
ience d'en connaître les résultats, en ordonnant que des tachygraphes
recueilleraient les débats sous la surveillance de la commission. Son attente ne fut pas remplic. puisqu'à pcine de
savions-1 nous, au bout de buit, de quinze jours,
trois semaines et d'un mois, cC qui s'était dit au Carouzel. Et ce n'cst qu'aprés plus de dix-huit mois,
écoulés depuis la clôture dcs débats, que nous rccc- --- Page 9 ---
vons le premier aperçu de vos longues méditations. Il
faut en convenir, si la marche de la justice est lente,
la lumicre a quelquefois bien de la peine à parvenir
jusques à nous.
Rien ne me paraissait plus propre 1 mon cher
collegue, à la produire, que d'opposer aux
tions des accusateurs, etaux dénégations des accusés, allégale témoignage de ceux qui étaient à même par leur
présence de voir et d'entendte ce qui s'est passé à
1,800 lieues de nous. Je sais qu'il reste un trèsgrand nombre de picces authentiques ; il faudra bien
s'en contenter, si ion nejuge pas tout à fait incomplette l'instruction que vous nous présentez. Vous
savez bicn mienx que moi que les commissaires enquesteurs, examinateurs, recueillent
la déposition des témoins, sauf scrupuleusement à les
ensuite, et à y avoir tel égard que de raison. apprécier On
conçoit assez difficilement que dans une colonic
entiere, composée de trois provinces, on puisse suspecter la race entiere des blancs; ne serait-ce
Jà aussi une aristocratie de la peau ? Et faut-il toujours point
apprécier les choses par la couleur ? Voudrait. - on
encore créer un nouveau genre de suspects ? Hammes,
femmes 1 enfans 2 vieillards , habitans 7
militaires 4 marins,
étrangers,
mutilés
commerçans 9 colons incendiés,
individu 1 proscrits, déportés, réfugiés, pas un seul
parmi eux ne peut faire foi en justice !
Sont-ce donc bien là des, citoyens ? Il suffira donc
d'être né Français, d'avoir éré ruiné, opprimé,
n'être pas même entendu ! Je l'avouc 1 je
pour
rien. Tous les individus qui tiennent n'y à conçois
ont les mêmes
l'espece
Tonaie
droits, méritent les mêmes
égards ; il faut améliorer le sort de chacun sans
détruire son semblable, et assurer la liberté sur les
principes de la civilisation et de l'intérêts social.
veux bien faire des africains nos amis, nos alliés, Je
mais sans expulser ceux qui nous touchent de plus
prés encore ; nos concitoyens. nos parens, nos enfans. N'attendons pas de la part de ces étrangers ce
véritable amour de la patrie que la nature a placé
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; il faut améliorer le sort de chacun sans
détruire son semblable, et assurer la liberté sur les
principes de la civilisation et de l'intérêts social.
veux bien faire des africains nos amis, nos alliés, Je
mais sans expulser ceux qui nous touchent de plus
prés encore ; nos concitoyens. nos parens, nos enfans. N'attendons pas de la part de ces étrangers ce
véritable amour de la patrie que la nature a placé
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dans lc coeur de tous les hommes 1 que le sentiment
de la reconnaissance ne remplace que. faiblemcnt.
Sachons faire du bien sans nous faire de mal à nous.
mémes. Livrcz des armes à des enfans, à des furieux,
ils se querelleront, ils les tourneront contre euxmêmcs. Les noirs sont cncore au berceau de la
liberté; ce sont à cet égard de véritables enfans.
Ils ignorent l'usage qu'ils doivent faire de leurs
forccs, ils les emploieront les uns contre les autres.
Nés dans les forêts 1 leurs goûts, leurs habitudes
conservent encore quclque chose de sauvage: n'ayant
aucune idée de la propriété, de Tinviolabilité des
personnes, on les verra se disputer les productions
d'une terre abandonnée à elle-même; ils se batiront
pour le moindre truit; se feront une guerre contihuclle et meurtriere, ou termineront par se vendre
eux-mêmes. C'est ce que nous confirment des relations assez récentes de Saint-Domingue. N'oublions
jamais que sur le maintien des propriétés, repose
la culture dcs terres, toutes les productions 1 tout
moyen de travail, tout ordre sociai. Oh ! combien
nous nous sommes écartés de ces principes sous les
apparences d'une vaine philantropie.
Mais puisque nous avons contracté vous ct moil'obligation de dire toutes les vérités, de n'en dissimuler
aucune, vous nous direz sans doutc 5 vous principalement membre du comité de législation et son organc
ce quelon doit penser de Dafay * au sujet duquel vous
avez iposé silence toutes les fois qu'on a soutenu
qu'il ayait pris une part très-active dansles troubles dc
Ja Colonic et partieuliérement lors de l'incendic du
Cap. Serait-il possible que lcs deux sentenccs qui
vous ont été remiscs ct ensuite déposées au comité
de législation seraient apocriphes? Tune lc déclare
cn état dc faillite, T'autre, ct ccllc-ci cn parchemin,
si je me le rappelle bien, lc déclare stcllionataire;
aurait-on cmprunté lc sceau du Châtelet ? ou bien
penseriez-vous qu'un failli, qu'un stellionataire surtout. pit représenter Saint-Domingue ct tout le peuple frauçais P cela même ne scrait-il point une vio-
remiscs ct ensuite déposées au comité
de législation seraient apocriphes? Tune lc déclare
cn état dc faillite, T'autre, ct ccllc-ci cn parchemin,
si je me le rappelle bien, lc déclare stcllionataire;
aurait-on cmprunté lc sceau du Châtelet ? ou bien
penseriez-vous qu'un failli, qu'un stellionataire surtout. pit représenter Saint-Domingue ct tout le peuple frauçais P cela même ne scrait-il point une vio- --- Page 11 ---
lation manifeste de la charte constitutionnelle ? Puisqu'enfin il faut tout dire ; et pourquoi nous tairionsnous sur un fait d'une si hautc importance ! Je
sens que vous ne pouvicz : à la comnission, faire
le procès d'un représentant du peuple 5 mais cufin
vous deviez recneillir les débats et ne ricn atténkier
en éliminant telle ou telle partic de T'accusation. Qne
dirait-on d'un tribunal qui interdirait la parole à un
témoin , à un accusateur qui, pour rendre raison des.
faits dont on veut s'instruire. 9 déclarerait tout bonnement quc la provocation a été faite par tcl citoyen qui
siége aujourd'hui au corps législatif? le devoir de ce
tribunal ne scrait-il
de recucillir tout simplement
T'exposé du amtubteule : sauf à en référer ensuite
à qui de droit? Etle comité de législation 4 dont vous
êtes l'organe, dont vous éticz membre alors. à qui la
Convention avait attribué la connaissance de ce qui
regardait les députés, a-t-il bien examiné CCS pieces?
a-t-il donné son avis? a-tilinstruitle corps législatif? si
CCS pieces nc pouvaient fixer son attention - les a-t-il
fait remettre à ceux qui les avaient déposées ; car
sans doute c'était leur propriété ? jc n'ai point de
dissimulation, on pounait nous accuser de bienveillance, et elle serait funeste à la chose publique dès
qu'elle peut conduire à la violation des principes.
Uneautreremarque,etje ne puis la passer soussilence,
puisque nous nous sommes interdit toute cspece de
réticence 5 c'est que notre collégue Grégoire si estimable par SCS connaissances, et sous tant de rapports 2
récusé par les Colons, nesc soit pas abstenu de Juimême de connaitre de cette discussion, ait accepté
sa nomination à la commission des Colonics. On
prétend qu'ila en différens tems écrit en faveur des
noirs. qu'il s'est déclaré lcur protecteur, qu'ila ouvert précédemment son avis. Ces motifs de récusation
ont quelquefois paru admissibles aux ycux de nos
juisconsultes. Sonthonax nous apprend même qu'un
des motifs qui l'a déterminé à assiérer et bombarder
lc Port-au-Prince,, c'est que SCS habitans factioux y
diszient beaucoup de mal de la sociélé des amis des
A 3
'ila en différens tems écrit en faveur des
noirs. qu'il s'est déclaré lcur protecteur, qu'ila ouvert précédemment son avis. Ces motifs de récusation
ont quelquefois paru admissibles aux ycux de nos
juisconsultes. Sonthonax nous apprend même qu'un
des motifs qui l'a déterminé à assiérer et bombarder
lc Port-au-Prince,, c'est que SCS habitans factioux y
diszient beaucoup de mal de la sociélé des amis des
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noirs, dont on prétend qu'il était mcmbre.
en soit, les débats ont roulé sur onze chefs Quoiqu'il d'accusation bien précisés. C'est à leur examen qu'il faut
uniquement se borner pour les bien apprécier. Nous
ne perdrons pas de vue que les commissaires civils
étaient chargés de rétablir à S-in-Dominguc.fordre
et la tranquillité publique 9 et de faire exécuter la
loi du 4 avril. Le premier chef d'accusation
sur ce que les commissaires n'ont point rempli porte leur
mission. La loi du 4 avril prescrivait 1 art. Icr, 99 de
faire procéder aussitôr la publication du présent décret,
dans chacune des colonies francaises des Isles du vent
et sous le vent, à la réelection des assemblées
coloniales. 99 Le décret est du 8 mars 1790.
L'instruction qui T'accompagnait est du 28 du même
mois. Celles qui étaient particulieres aux commissaires civils., portent qu'ils s'occuperont à rétablir la
paix, T'ordre, et la prospérité publique.
Les obligations étant connues, voyons s'ils les ont
remplies ; si la loi du 4 avril à été exécutée; s'ils
ont substitué leur volonté particuliere à la loi; siau
lieu de rétablir l'ordre, la paix, la prospérité publique, ils n'ont pas créé l'anarchie, le désordre, et la
dévastation. Les partisans de
collegue
Sonthonax, ( car son
ayant payé le tribut à la nature 1 on ne peut
accoler son nom qu'aux grands événemens
il a pris part. ) ses partisans tenteront-ils auxquels de nous
Ceserait persuader que T'objet de sa mission a été rempli?
de
assurément trop préjuger de notre crédulité,
celle de nos concitoyens, des habitans des deux
mondes, ct de la postérité. On sait et l'on saura
avec bien des détails plus affligcans encore, que la
dévastation a été générale, lcs massacres commandés,
exécutés cn plein jour; qu'il n'y a point cu d'assemblée coloniale. Ces vérités sont
il nc peut exister aucun doute à cct incontestables; égard. Il faut
donc sur des faits de notoriété
damnation.
publique passer conLc deuxieme chef Ics accuse de s'être opposé à
l'exécution du décrct du 22 août 1792, relatif à la
nomination des députés à la Convention.
ation a été générale, lcs massacres commandés,
exécutés cn plein jour; qu'il n'y a point cu d'assemblée coloniale. Ces vérités sont
il nc peut exister aucun doute à cct incontestables; égard. Il faut
donc sur des faits de notoriété
damnation.
publique passer conLc deuxieme chef Ics accuse de s'être opposé à
l'exécution du décrct du 22 août 1792, relatif à la
nomination des députés à la Convention. --- Page 13 ---
L'accusé SC disculpe ên disant qu'il a exécuté la
loi du 22 août, en envoyant des députés à la Convention - etqu'il n'a défendu qu'à la seulc communc
du Cap de s'assembler. Priver une grande cité du droit
de voter, de nommer ses représentans, c'est la plus
petite chose du. monde aux yeux de Sonthonax.
Néanmoins comme cet aveu pourrait paraitre précieux, - nous pouvons déjà dire habemus confitenten
Teum. Français vous Tentendez, votre délégué, c'est
lui- même qui parle ; il n'a interdit les assemblées
qu'à la seule commune du Cap. Un commissaire
pout-il avoir un pareil droit ?
Le troisicme chef porte sur un fait bien important
encore. On y accuse les commissaires civils d'avoir
usurpé le pouvoir législatif 2 de s'être attribué les
fonctions du pouvoir exécutif et administratif.
C'est bien ja, si je ne me trompe - 7 une véritable
dictature;, porter des lois, les faire exécuter, administrer, c'est peut-être encore un cercle trop circonscrit pour des ambitieux. Une proclamation du 3r
novembre 1792 institue un tribunal extraordinaire $
cari ilfallait aussi de l'extraordinaire à Saint-Domingue;
et il y, est dit : 99 S'il s'éleve quelque contestation
57 sur la compétence des juges, nous ordonnons
99 qu'elles nous seront rapportées, pour être vuidées
29 sur le champ 1 dérogeant à toute ordonnance
ici la formule
29 contraire. 29 Peut-être reconnaitra-t-on
du monarque qui avait commissioné les délégués à
Saint-Domingue ? Mais la création d'un tribunal cst
bien, si je ne me trompe 9 encore un acte du
pouvoir législatif, et un tribunal extraordinaires ah!
combien de larmes ont fait répandre de semblables
institutions ! combien clles ont été funestes à l'innocence !
Bientôt après les commissaires instituent une
commission intermédiaire, lorsque le décret voulait
une asscmblée coloniale. Cette nouvelle création est
bien encore du ressort du pouvoir législatif.
L'imposition de plusieurs contributions ; la subvention du quart des revenus, sans.consulter le peuple,
A 4
ouvoir législatif, et un tribunal extraordinaires ah!
combien de larmes ont fait répandre de semblables
institutions ! combien clles ont été funestes à l'innocence !
Bientôt après les commissaires instituent une
commission intermédiaire, lorsque le décret voulait
une asscmblée coloniale. Cette nouvelle création est
bien encore du ressort du pouvoir législatif.
L'imposition de plusieurs contributions ; la subvention du quart des revenus, sans.consulter le peuple,
A 4 --- Page 14 ---
S
sontbien encore un acte de bon plaisir ct de soanveraincté. Au corps législatif, le peuple français est
représenté par ses propres délégués : à SaintDomingue lc peuple ne Test point du tont.
L'on voit encore Sonthonax créer dans la
da Nord un tribunal de 5 juges, sans jurés; province se réserver les nominaticns, le droit dc prononcer sur
Ics compétences 1 et déroger à toute loi existante.
Néanmoins, les commissaires n'avaient, par la loi,
quel le decit circonscrit de présentation, - et le choix
était réservé au gouverneur général, d'oà résulte
nécessuirement l'usurpation des pouvoirs.
Les commissaires civils ne s'en tiennent
là.
Par une proclamation ils mettent hors la loi, pas enjoignent de courir sus des fonctionnaires publics, des
élus du peuple; ils défendent, à peine de
de leur accorder aucune retraite.
complicité,
Sonthonax va plus loin : il aff.anchit les
et
fixe le prix dalranchisement. Les deux commissaircs negres
supposent une loi qui n'existait pas encorc, pour
afiranchir les negres; ct ils justifient la loi
en partageant aux negres ces terres en culture, agraire dont
la propriéié ne pouvait être incertaine. Est-ce donc
ainsi qu on les respecte, qu'on les mainticnt?
Il nc manquait plus que d'avoir cctte dictature
que Robespier.c exerça en secret si long-tems, pour le
malheur de la France 3 ct que
son émule,
mais plus audacieux que lui, Sonthonnx, ne craignit pas de déclarer ouvertcaicnt, Il écrivait du Cap, le 5 janvier,
l'an premier de la république. Cette lettre piétendue
confidentielle, cst néanmoins imprimée dans tous les
papiers publics, dont il est fait mention
tome 6 des Débats. 19 C'est aux commissaires page Datic- 44,
9) naux civiis, investis par la loi du 22 juin ct cellc
21 du 17 août dernier 1 dc la dicrature
à
coloniale,
suppléer, Cn vertu de leurs pouvoirs 1 au silence
77 des ancicns agens du pouvoir exécutif de
29 et surtout à éloigner du peuple soumis France; à
>9
laur
gouzernenent, les horribles fiéaux que lui
:) la disette des vivres. 59 El bien ! cet insolent prépare
ux civiis, investis par la loi du 22 juin ct cellc
21 du 17 août dernier 1 dc la dicrature
à
coloniale,
suppléer, Cn vertu de leurs pouvoirs 1 au silence
77 des ancicns agens du pouvoir exécutif de
29 et surtout à éloigner du peuple soumis France; à
>9
laur
gouzernenent, les horribles fiéaux que lui
:) la disette des vivres. 59 El bien ! cet insolent prépare --- Page 15 ---
dictateur est un républicain ! Le peuple souverain -
essencc, est soumis à son gouvernement ; ct voilà
R digne' émulc dcs Sabins des Cincinnatus ! Y voyezvous clair à présent, mon cher collegue ? Sericzvous lc partisan de Ja dictature, de la loi agraire, de
la violation de tous lcs principes ? Non certes, vous
ne vous porterez pas le défenseur de cet usurpateur
de tous les pouvoirs, qui viole les propriétés, qui
soumet le pcuple à son gouvernement. Voilà donc
la domination qu'il prétead établir; voilà donc l'empire de Sonthonax ! Que lui faut-il? des sujets 2 un
pcuple soumis. des africains qui jetent des fleurs sur
son passage ; comme autrefois les Syracusains élevaient
dans les places publiques des statues 2 enrichies d'or,
à Verrès, le plusinfàme coucussionnaire qui jusqu'alors
eût jamais dévasté la Sicile ? Inutilement S était-il fait
donner, précédé par la terreur qu'il avait inspiré,
un certificat, portant que jamais il n'avait fait battre
de verges aucun citoyen. Lc fait était constant, mais
il était constant aussi qu'il avait fait abattre plus de
tête à lui seul que tous ses prédécesseurs ensemble.
Y eût- il jamais un caractere plus frappant de ressemblance Pje conviendrai avec. vous que Sonthonax,
qui pourtant a permis la mutilation des negres, de
leur couper les oreilles ou les jarcts 1 les a néanmoins
soustraits aux châtimens rigoureux de leurs maitres;
mais vous ne me nierez pas, mon cher collegne, que
ce philantrope a à peu près exterminé la race des
blancs, et fait périr, par le fer et par la flamme,
environ vingt mille français, colons, marins, défenseurs de la patrie. Si vous contestez ces faits 2 je
vous opposerai les pieces de conviction que Cicéron
produisit cn plein sénat à Hortensius, homme puissant 1 consulaire. 1 le premier orateur de son tems 1
qui défendait Verrès de tout son pouvoir et de tout
son crédit. Les faits parlent ; les écrits et les témoins.
Ecoutons Southonax dans sa prétendue justification:
$) Je suis le délégué du pouvoir législatif, exécutif,
72 et administratif; ; et revêtu par eux dc pouvoirs
97 illimités. 29 Vous l'cntendez cC mot sorti de sa
ius, homme puissant 1 consulaire. 1 le premier orateur de son tems 1
qui défendait Verrès de tout son pouvoir et de tout
son crédit. Les faits parlent ; les écrits et les témoins.
Ecoutons Southonax dans sa prétendue justification:
$) Je suis le délégué du pouvoir législatif, exécutif,
72 et administratif; ; et revêtu par eux dc pouvoirs
97 illimités. 29 Vous l'cntendez cC mot sorti de sa --- Page 16 ---
bouche. Sonthonax revétu de pouvoirs illimités!
lc pouvoir exécutif, le pouvoir administratif ont-ils et
jamais pu en conférer de semblables ? Le pouv oir
légisiatif pouvait-il même instituer une autorité
à la sienne, indépendante de la sienne,
égale
hors sa présence, 9 créant une législation particuliere, délibéiante
oppressive. , concussionnaire, dévastatrice, incendiaire,
portant partout la désolation et la mort ? Est- ce
bien là le code de l'anarchie lc plus complet ?
Quoi! une puissance secondaire avec des pouvoirs
illimités ! des pouvoirs illimités qui ne viennent
pas du peuple ! Vit-on jamais une plus révoltante
usurpation ! Encore, si vous aviez usé de tous ces
moyens pour lc bonheur des gouvernés pour la
prospérité publique, objet spécial de votre délégation,
pour les intérêts de la métropole 1 on pourrait en
faveur du bicn que vous auriez opéré, excuser une
prétention extravagante. Mais vous avez
dans le désordre; la terre qui vous portait toutplongé estinondée
du sang que vous avez fait répandre ; les cités bombardées par vous, incendiées sous VOs yeux, par FOS
ordres, par ces brigands qui formaient votre garde
prétorienne, sont cncore en ce moment ensevelics
sous leurs ruines; les habitans sont égorgés ou dispersés ; le territoire de la république : 1 intact
votre arrivée 1 a été envahi sous vos yeux, livré jusqu'à en
votre présence ; et vous n'êtes pas responsable envers
la France, vous qui aviez envahi tous les
qui dirigiez tous les moyens de résistance, pouvoirs qui dis- 3
posiez des fortunes publiques et particuliercs ,
rendiez des lois à votre gré, qui aviez usurpé, sur qui
les citoyens, 1 le droit de vie ct de mort ! lls sont
passés ces tems désastreux qui enfanterent l'infâme
doctrine de la dictature, de la dictature sans responsabilité. Vous êtes en présence de la nation, le
peuple et les autorités vont porter un jugement terrible et irréfragable, en attendant que lay postérité,
qui déjà existe pour vous, l'ait confirmée.
Eh bien ! vous convenez d'avoir établi un tribunal
extraordinaire pour juger les délits de contre-révolu-
droit de vie ct de mort ! lls sont
passés ces tems désastreux qui enfanterent l'infâme
doctrine de la dictature, de la dictature sans responsabilité. Vous êtes en présence de la nation, le
peuple et les autorités vont porter un jugement terrible et irréfragable, en attendant que lay postérité,
qui déjà existe pour vous, l'ait confirmée.
Eh bien ! vous convenez d'avoir établi un tribunal
extraordinaire pour juger les délits de contre-révolu- --- Page 17 ---
tion. Vous voilà donc, dc votre avcu. 1 créateur de
tribunaux révolutionnaires, Vous avez créé une commission intermédiaire 1 dont vous avez vous-même
nommés six membres ; les faits sont donc bien constans ? Vous avez donc bieu usurpé le pouvoir législatif et les droits du peuple, à qui la nomination
de ses juges appartient cssentiellement ? N'allez pas
dire que la Convention a approuvé cette commission
intermédiaire: ; si le décret du 6 mars a été rendu,
n'est-ce pas sur votre exposé P Si la Convention a
reçu des rapports infidelles a ne les tenait-elle pas dc
vous et de vos agens ? Mais vous subtilisez lorsque
vous prétendez qu'il vous était permis d'instituer
une commission avec les mêmes pouvoirs qu'avait
l'assembléc nationale, parce que cette commission
ne pouvait au plusavoir qu'une existance momentanée,
ct que vous avez toujours éloignélassemblée indiquée
et voulue par la loi.
Vous convenez aussi d'avoir établi Ia subvention du
quart des revenus, impôts et taxe pour les frais dc la
guerre. Mais pourquoi la guerre sous des commissaires
pacificateurs P pourquoi armer lcs citoyens les uns
contre les autres 1 quatorze communes contre le Port
au Prince ? Prétendez-vous justifer un forfait par un
autre? Vous avczlevé des contributions, la contribution
énorme du quart des revenus 1 des taxcs révolutionnaires. , des contributions comme en pays ennemi. Eh
bien! du moins 1 ouvrez vOs mains 1 présentez vOs
comptes 1 justifiez de l'emploi que vous en avez fait.
Quoi! vous auriez imposé arbitrairement, administré
arbitrairement, dépensé arbitrairement, et vous viendriez nous dire avec Danton: le sac est vuide ! Quand
on a manié les deniers publics. 1, gouverné les finances,
il faut des comptes, des comptes scrupuleux. Les véritables trésors de la républiqne sont enfouis dans les
coffres des dilapidateurs, - de tous ccux qui prétendent
n'avoir aucun'compte à rendre. Tout a passé par VOs
mains 1 par celles de vos agens 1 vous êtes donc responsables de tout, ou toute responsabilité est illusoire.
Car enfin celui qui prend sur lui de faire CC qu'une
ié les deniers publics. 1, gouverné les finances,
il faut des comptes, des comptes scrupuleux. Les véritables trésors de la républiqne sont enfouis dans les
coffres des dilapidateurs, - de tous ccux qui prétendent
n'avoir aucun'compte à rendre. Tout a passé par VOs
mains 1 par celles de vos agens 1 vous êtes donc responsables de tout, ou toute responsabilité est illusoire.
Car enfin celui qui prend sur lui de faire CC qu'une --- Page 18 ---
loi antérieure n'a pas ordonné, cst incontestablement
bien responsable de sCS gestes et faits. Oh! ! combien
est féconde la minc des spoliations publiques! Quand
scrons-nous assez sages pour T'exploiter au licu de
revenir sans ccsse à de nouveaux inpôts !
Vous ne pouvez disconvenir d'avoir mis hors la loi,
quantité de citoyens, dc fonctionnaires publics . Jcs
Neuville, lcs Deshowville, ics Lafcuilléc et les offciers
municipaux deia Niarmelade, des Cayemites,
ils avaient, dires-vous, lcs uns émigrés, dejeremie; les autres
passés à 1Espagnol, lcs autres : cnrolé des Négres 1
esclaves contre la iépublique. Quoi! sans autre forme
de procès, sans aucune insirucuon, sans procès-verbaux qui constatent ces délits vous disposcz de la
vie des citoyens! Vous prétendez que la Convention
déclare traitres à la patric ceux qui marcheront contre
les ordres de la commission. La commission est-clle
donc la patris, et punit-on un délit sans l'avoir constaté.
Vous convenez d'ayoir donné Ia liberté aux négres
quiprendrsientles armcs pour défendre les possessions
colonialcs contre les Anglais ct les Espagnols; avoir
étendu ce bienfait 1 par votre proclamation du II
juillet 1793, aux femmes ct aux enfans de ceux qui
avaient combalu pour la république. Vous allez plus
loin: par votre proclamation du 29 août 1793. vous
accordez la liberté i tous les csclaves de la partie du
Nord, parce que, dites-vous, l'assembléc nationale la
fcur avait donné tacitement par l'article 18 de la déclaration des droits, et qu'ils avaicnt tous bien mérité
par leur attachement à la république et leur ardeur
à la défendre. Quoi I vous nous parlcz d'un affranchissement tacite, d'une loi tacite I Mais quand la
loi se tait, qui a droit de la fairc parler ? Vous
avancez que les csclaves du Nord avaicnt tous mérité
Jeur liberté par leur attachement i la république ct
Jeur ardeur à la défendre: mais soycz donc d'accord
avec vous-même avec les faits lcs micux constatés.
Rappelez-vous votre Iettre du 26 ocrobre 1792, ultéricure de neuf à dix mcis à la proclamation dont
il s'agit ici : vous disicz : 21 Un détachement consi-
de la fairc parler ? Vous
avancez que les csclaves du Nord avaicnt tous mérité
Jeur liberté par leur attachement i la république ct
Jeur ardeur à la défendre: mais soycz donc d'accord
avec vous-même avec les faits lcs micux constatés.
Rappelez-vous votre Iettre du 26 ocrobre 1792, ultéricure de neuf à dix mcis à la proclamation dont
il s'agit ici : vous disicz : 21 Un détachement consi- --- Page 19 ---
93 dérable de chevaliers de Coblentz était venu
79 préparer aux princes émigrés une retraite dans la
97 colonie. La counivence était évidente entre le
39 gouvernement et les esclaves révoltés. Ceux-ci
79 décorés des ordres du roi 2 parés de la cocarde
59 blanche, ne perlent de la liberté, que comme d'un
99 objet accessoire aux causcs de lcur prise d'arnes;
91 ils veulent venger, disent-ils, leur bon roi Louis
' XVI. Ils veulent le remettre sur le trône ; mal9) heur à celui qui tombe entre leurs mains avec le
27 signe tricolor de la liberté. Il est haché sans mi99 séricorde. Il n'y a de sireté que pour la cocarde
99 ou l'écharpe blanche. Les officiers généraux. les
29 colonels 7 les autres ofliciers de l'ancien régime
29 ci-devant employés dans la colonie, peuvent aller
:9 impunément dans le camp des brigands 2 ils en
97 sont idolatrés; quelques-uns sy sont promenés et
99 y ont reçu les lionneurs militaires. La majorité des
93 citoyens de couleur est peu instruite: : ils épousaient
99 aveuglément et sans le savoir les intérêts des
97 ennemis de la France. Par-tout où leur cause tri59 omphait, le royalisme était restauré, le gouver79 nement populaixe détruit. 29
Eh bien ! mon cher collègue.y voit-on clair aujourd'hui? Ces républicains si dignes de la liberté,
quil'ont si bien méritée, qu'étaient-ils quelques mois
avantleur aflranchissement? La pluspart, des révoltés,
dcs brigands, des ennemis de la France, 2 des partisans
du trône, des restaurateurs du royalisme, des porteurs
de cocarde blanche 7 des gens qui ne parlaient de
liberté, que comme d'un objet accessoire à leur prise
d'armes, qui hachaient sans miséricorde tout ce
portait le signe tricolor. Et voilà Sonthonax!
vos
elit
républicains exclusifs, lc vrai peuple de SaintDomingue, vOs défenseurs. votre garde prétorienne,
ceux à qui vous avez confé les destinées ct les plus
riches possessions de la France ! Faut-il ici rappeler
lcurs exploits ? Je vais me taire et vous laisser parler.
Le lendemain 27 octobre 1792, vous disiez dans une
proclamation : 27 Vos plus grands ennemis étaient au
ce
portait le signe tricolor. Et voilà Sonthonax!
vos
elit
républicains exclusifs, lc vrai peuple de SaintDomingue, vOs défenseurs. votre garde prétorienne,
ceux à qui vous avez confé les destinées ct les plus
riches possessions de la France ! Faut-il ici rappeler
lcurs exploits ? Je vais me taire et vous laisser parler.
Le lendemain 27 octobre 1792, vous disiez dans une
proclamation : 27 Vos plus grands ennemis étaient au --- Page 20 ---
9) milieu de vous; ils n'y.s sont plus, vous en voilà
>9 délivrés à Jamais ; ceux qui àvaient excité ou
99 tégé la révolte de vos csclaves; ceux qui
pro72 fait égorger vos peres 1 VOS freres , vos avaient
99 vos enfans $ bruler et dévaster VOs
épouses, 1
99 ceux qui 2 chargés de diriger la force propriétés ;
2) contre les brigands,la tournaient contre publique
> ceux qui révélaient aux brigands le secret vous-méme; de vos
99 forces et de votre faiblesse, le lieu, le
25 moment des marches ct attaques projétées jour, le
5> leur disaient: aujourd'hui vous devez fuir, , qui
99 que votre défaite serait inévitable ; demain paice
29 pourrez nous attaquer ou nous âttendre de vous
97 ferme, ) parce que vous serez sûrs de vaincre ; pied
99 qui faisaient distribuer aux brigands les
ceux
57 les munitions de guerre et de bouche armes, la
9, métropole vous envoyait pour votre défensc; que ceux
5) qui ont fait périr les trois quarts des
99 sont venues à votre secours, soit
troupes qui
par l'insalubrité
97 des lieux où ils les ont portées, soit par l'inac29 tion où ils les ont fait languir, soit en les dissé2) minant sous le feu des brigands à de grandes
9) distances les unes des autres 1 sur des
où
29 elles ne pouvaient pas Se secourir, où les points
9)
brigands
pouvaient facilement les couper : ceux qui ont
9) laissé quelquefois lcs camps pendant plus de 15
29 jours sans un mot d'ordre connu, 2 qui pôt leur
>> servir de signal de reconmaissance; ceux qui ont
2) si long-tems fomenté les haines, Si long-tems soufHé
27 le feu de la guerre civile entre les différentes clas5) SCS d'hommes libres, pour qu'ils S'eniregorgeassent
99 entre enx, pour les empêcher de se rallier à la
29 cause commune; ; ccux qui ont voulu vous armer
:) contre vous - mémes, parce que notre
mission,
notre vau imperturpabie était de vous ramener
27 tous au centre d'unité, sans lequel la colonic ne
29 pcut jamais renaitre dc SCS cendres ; ccux
29 fondaient des espérances de contre-révolution qui
59 France, sur tant de calamités, , surl Fanéantissement cn
2> de la colonic, sur la ruinc du commerce fran-
la
29 cause commune; ; ccux qui ont voulu vous armer
:) contre vous - mémes, parce que notre
mission,
notre vau imperturpabie était de vous ramener
27 tous au centre d'unité, sans lequel la colonic ne
29 pcut jamais renaitre dc SCS cendres ; ccux
29 fondaient des espérances de contre-révolution qui
59 France, sur tant de calamités, , surl Fanéantissement cn
2> de la colonic, sur la ruinc du commerce fran- --- Page 21 ---
2) çais ; ou qui, encouragés par lefsuccés éphémeres
7) du traître Béhaguc, se flattaient d'arborer bientôt
: le pavillon blanc à Saint- Domingue, et de vous
3) courber de nouveau sous le joug du despotisme..
29 Ces hommes ne sont plus... Les uns vont subir
99 en France le jugement de la nation, et la colonie
99 sera vengée : les autres fuyent dans les terres
97 éirangeres; ils y subiront la peine inséparable des
29 scélérats démasqués, la honte et le remords. 99
Vous en convencz donc Sonthonax : les esclaves révoltés étaient des brigands dirigés par des scélèrats,
qui onti fait égorger nos peres, nos freres, nos épouses,
nos enfans, brâler et dévaster nos propriétés; et ces
mêmes hommes, égarés sans doute, pour prix de
leurs exploits, de leur dévouement à la métropole, vous
leur donnez de votre chef, loug-tems avant que la loi
en ait été portée, une liberté qu'ils ont si bien mérité. Vous les armez, vous leur révélez le secret de
nos forces et de notre faiblesse, vous leur livrez les
armes de la troupe de ligne, vous dirigez leurs pas.
Quoi, Sonthonax, vous ne voyez pas que votre main
a tracé elle-même votre acte daccusation! Quel est
le crime que vous exposez ici, dont vous ne vous
soyez rendu coupable? Examinez les tous en détail,
quel sera celui dont vous ne serez pas convaincu?
Mais pouquoi parler de détail, lorsque, semblable
à Verrès, vos forfaits surpassent de beaucoup ceux que
vous aitribuez à tout ce qui vous à précédé. )
Continuons. Lorsque Fon égorgeait de tous côtés,
lorsque le feu consumait les habitations,le peu d'habitans qui avaient pu échapper aux flâmes, sans asile, 2
sans appui,, abandonnent une terre dévorante, pour
se réfugier au delà des mers chez les aliés de la
France. Queiles preuves donnâtes-vous de cette sublime philosophie que l'on a essayé de trouver en
vous ? De vos principes d'humanité, qui toujours est
si compatissante 1 sur-tout envers les malheureux ?
Vous défendites par une proclamation aux habitans,
d'abandonner la colonie, sans l'autorisation de la
commission civile, à peine d'être mis hors la loi, et
nent une terre dévorante, pour
se réfugier au delà des mers chez les aliés de la
France. Queiles preuves donnâtes-vous de cette sublime philosophie que l'on a essayé de trouver en
vous ? De vos principes d'humanité, qui toujours est
si compatissante 1 sur-tout envers les malheureux ?
Vous défendites par une proclamation aux habitans,
d'abandonner la colonie, sans l'autorisation de la
commission civile, à peine d'être mis hors la loi, et --- Page 22 ---
de voir leurs bids confisqués. Et c'est là toute la
protection quc des incendiés peuvent obtenir d'un
dictateur! d'un homme se disant revêtu de pouvoirs
illimités! Français, Nation franche et généreuse, qui
depuis si long-tems combattez pour assurer la liberté
que vous avez si glorieusement conquise. pourrez-vous
contenir votre juste indignation? Vous les voyez ces
victimes' éparses, mutilées 1 poursuivies par lc fer
et par la ilâme, chercher en vain un lieu de sureté:
Resteront-clles dans leurs foyers? Ils sont cmbrasés!
Prendront-clles une fuite devenue inévitable ? se précipiteronr-elles dans la mer?leur perte estjurée! Tarrêt
de mort est prononcé! si elles cedent au sentiment de leur conservation, il faut qu'elles périssent, elles sont hors la loi. Nul, à peine de complicité, ne peut leur ofrir un azile. Kesteront-clles a
Mais la mort les attend! Eh! ne sont-elles pas déjà
hors la loi, puisqu'on les poursuit à main armée,
qu'on les égorge et qu'on les brôle? Français, qu'eussiez vous dit si un génie vômi des enfers, eût ainsi
poursuivi les incendiés de Grenelle ou ceux de Saint
Roch. Le premier devoir des autorités n'était-il pas
d'arrêter les progrès de l'incendie, de mettre à couvert les incendiés, de leur fournir tout espece de
secours, de rechercher les causes d'un si déplorable
événement, de poursuivre quiconque cût, de dessein
prémédité, allumé lcs torches? Cc n'est plus deux
ou trois maisons qui brilent, ce n'est plus un groupe
de maisons, ce n'est plus quelques citoyens qui périssent, ce n'est plus un accident, c'est une colonie
entiere quclon prétend dévaster, c'cst la population
des blancs qu'on veut, de sang froid, exterminer
toutes sortes de moyens, le fer, la ilâme, la
par mise hors de la loi. Reste Français, tu périras; tâche
de tc sauver, Français, la mise hors la loi tatteindra.
Tu seras déclaré émigré, tes bicns scront confisqués,
les alliés de la France ne pourront plus te recevoir;
expulsé de leur territoire, si tu passes chez T'ennemi
tu es un traitre évidemment; nul espoir de salut pour
toi. Oh vous qui prétendez punir de mort une fuite
si
hors de la loi. Reste Français, tu périras; tâche
de tc sauver, Français, la mise hors la loi tatteindra.
Tu seras déclaré émigré, tes bicns scront confisqués,
les alliés de la France ne pourront plus te recevoir;
expulsé de leur territoire, si tu passes chez T'ennemi
tu es un traitre évidemment; nul espoir de salut pour
toi. Oh vous qui prétendez punir de mort une fuite
si --- Page 23 ---
si légitime, tapissez vos appartemens de ces lugubies
tableaux qui retracent les horreurs de lincendie du
Cap! Que le souvenir de tant de désastres soit toujours présent à votre mémoire ! Diies vous à vous
mêmcs; la main qui a converti en bâchers les maisons jadis si opulentes de ces industrieux
menace également mes propriétés et ma vie. habilans, Si vous
le avez quelque fortune, vous expierez daus les ftâmes
crime davoir passé pour riche. Celui qui
pour envahir mon bien, devient à l'instant m'égorge aussi
coupable que je l'étaiss comme moi, il sera
de mort aux yeux de celui qui convoite ce digne
appelle sa propriéré : et la justice éternelle qui guil ne
laisse jamais le crime impuni, suscitera contre les
scélérats, des scélérats de leur espece. Pour vous,
âmes honnêtes et sensibles, écartez loin de vous ces
images sanglantes, appaiséz les mânes errantes ct fugitives de plus de vingt mille de VOs freres ; ne perdezjamais de vue que la suretépublique et individucile
de dépend du concours de tous pour assurer les droits
chacun.
IV chef, Les commissaires civils ont
les
forces de terre et de mer envoyées par paralysé la
pour rétablir l'ordre 1 et sont accusés d'avoir France, 1
tenté pour les détruire. Iis ont défendu aux chefs tout
militaires de faire marcher les troupes en masse contre
les révoltés.
Ces faits sans doute sont assez graves.
maintenant s'ils sont prouvés. D'abord,
Voyons
convenu dans la proclamation du
Sonthonax est
les plus grands ennemis de da colonnic 27 octobre, que
aux brigands le secret des forces et de la révélaient
des Colons, le lieu, le jour, le moment des marches; faiblesse
qu'ils faisaient distribuer aux brigands les armes, les
munitions de bouche et de guerre :
fait périr les trois quart des troupes, soit qu'ils avaient l'insalubrité des lieux oà-elles étaient réparties par soit
l'inaction où ils les ont fait languir, soit en les
séminant sur
Bar
des points' où elles ne
Se secourir. mutuellement, où les brigands pouvaient pouvaient pas
B
, le jour, le moment des marches; faiblesse
qu'ils faisaient distribuer aux brigands les armes, les
munitions de bouche et de guerre :
fait périr les trois quart des troupes, soit qu'ils avaient l'insalubrité des lieux oà-elles étaient réparties par soit
l'inaction où ils les ont fait languir, soit en les
séminant sur
Bar
des points' où elles ne
Se secourir. mutuellement, où les brigands pouvaient pouvaient pas
B --- Page 24 ---
facilement les couper. Sonthonax
lement toutes ces manceuvres
qui décrit si fidébien la perfidie ; et si lui-même 1 en connaissait donc
n'a-t-il pas prononcé, quelque
les a exécutées,
sa
condamnation ?
puisse être le rapport,
pabie NcRE la plus infâme Ne se déclare-t-il pas couclamation qui défend de trahison? faire
Lisons cette promasse et ordonne de se tenir seulement aucune opération en
fensive: cependant les révoltés étaient
sur la déCap,les commissaires: avaientamené six aux portes du
ils avaient été précédés
mille hommes,
forces étaient bien imposantes; par un parcil nombre ; Ces
demandaient à faire une
d'ailleurs la
les habitans
du dictateur.
sortie; volonté
la défense paralisa tout. Il ne disconvient suprême pas de
soutient qu'il la a faite par sa proclamation, mais il
qu'ilne s'était que présenté garnison du Cap était trop faible, ct
volonté, Elle était
que quinze hommes de bonne
disséminé les six mille trop hommes. faible, 1 parce qu'on avait
aussi intéressant, il n'aurait
Qnoi! ! sur un fait
tendre des témoins, d'écouter les pas été à propos d'ende sortir est bien certaine; le notif militaires. n'en La défense
faitement connu. Sonthonax convient est pas parseulement ordonné au commandant des encore forces avoir
times, de ne laisser partir aucun bâtiment de mariparce qu'il avait le droit de
sa
l'état,
ces de terre et de mer. Les dirigerà volonté les forsur desendroits mal
troupes ont été disséminées
pendant, l'accusé sains; dit
on les y a laissés périr. Ccdes mauvais
qu'il n'cst point responsable
Quoi ! il a placemens le droit de ni déplacemens de la troupe.
de terre et de mer
diriger il à volonté les forces
mauvais
5 quoi ! connaît le danger des
placemens 1. et il ne les
ne réparc pas unc si funeste erreur prévient !
pas ! ct il
pas un ordre précis
et il ne donne
Est-il donc nécessaire pour de assurer un meilleur service!
pouvoirs, si on ne sait réunir sion en ses mains tous les
usage ? Est- ce donc ainsi pas,
ne veut pas en laire
sere les défenseurs de la
qu'on 2 laisse périr de midistribuait daus lcs
patric Les vivres qu'on leur
campe et sur les bâtimens, étaient
ne réparc pas unc si funeste erreur prévient !
pas ! ct il
pas un ordre précis
et il ne donne
Est-il donc nécessaire pour de assurer un meilleur service!
pouvoirs, si on ne sait réunir sion en ses mains tous les
usage ? Est- ce donc ainsi pas,
ne veut pas en laire
sere les défenseurs de la
qu'on 2 laisse périr de midistribuait daus lcs
patric Les vivres qu'on leur
campe et sur les bâtimens, étaient --- Page 25 ---
de mauvaise qualité ; on n'eutaucun égard à T'adresse
présentée par le 2€ bataillon du 849 régiment, ni aux
plaintes portées par les autorités constituées. Le vin
n'était qu'une mixtion de bois de campêche et de litarge, On avait découvert du poison dans les bois:
sons destinées aux militaires de terre et de mer,servant contre les révoltés. Ces faits avaient été dénoncés aux commissaires par la municipalité du,
A
tout cela, que répond Sonthonax ? Il ne disconvient Cap.
pas des
appuyés d'ailleurs de pieces authentiques 5 mais croit se
en disant
ni
les plaintes quisont parvenues disculper, jusqu'à lui, touchant que sur
la mauvaise qualité des vivres, il en a changé les
préposés, ceux des magasins de l'état, et placé des
contrôleurs, d'où il conclut qu'il a rempli son devoir
de surveillance. Il a rempli son devoir ! On,
sonne
les vivres ? on fait périr de la maniere empoi- la plus
attroce nos plus braves soldats, etle dictateur trouve
au-dessous de lui de constater les faits ! Il-se contente
de déplacer les employés, sans faire le procès aux
délinquans ! Il est sourd à toutes les réclamations sur
la mauvaise tenue des hopitaux ! Il se contente de
renvoyer les entrepreneurs infideles et de les remplacer par une régie! Certes, voilà des commissaires bien
occupés de rétablir l'ordre et d'assurer la prospérité
publique,
Mais ce n'était pas assez de les dévouer à la mort
par tous les moyens perfides qu'on employait, il fallait encore les laisser manquer de tout, les priver de
leur solde. Il est bien remarquable que Sonthonax ne
désavoue rien, mais il prétend toujours se disculper
en soutenant que les fonds à sa disposition, étaient
insuffisans. Cependant, la France lui avait fait passer
1.600,000 livres. Les commissaires avaient levés des
taxes: : pendant, leur administration, 2. il a été tiré pour
22 millions de lettres-de-change sur la trésorerie nationale, et l'on avait perçu la subvention du quart
des revenus. Le rapporteur croira-t-il nous avoir suffisammenti instruit, avoir compleitement acquitté Sonthonax, s'il ne nous parle point de l'emploi de ces
Ba 2
insuffisans. Cependant, la France lui avait fait passer
1.600,000 livres. Les commissaires avaient levés des
taxes: : pendant, leur administration, 2. il a été tiré pour
22 millions de lettres-de-change sur la trésorerie nationale, et l'on avait perçu la subvention du quart
des revenus. Le rapporteur croira-t-il nous avoir suffisammenti instruit, avoir compleitement acquitté Sonthonax, s'il ne nous parle point de l'emploi de ces
Ba 2 --- Page 26 ---
sommes; s'il n'en a point examiné Ics
même ils n'ont las été produits parmi les comptes ; si
picces qui ont fixélattention de la commission cent ? mille
êtrc celle-ci eut-elle mérité de figurer dans le Peut
port, n'eût-elle servi qu'à nous expliquer la raison rappour laquelle, officiers ct soldats, n'ont touché
400,000 livres , d'après la déclaration de
que
rien de plus sur leur soldc.
l'accusé, et
Le cinquieme chef d'accusation m'a
ter un grand intérêt ; on reproche aux paru commissaires présend'avoir organisé la guerre civile à
La guerre civile ! le génie malfaisant Saint-Domingue, qui enfanta la
Vendée, aurait-il traversé les mers
ler ses attentats ?
pour y renouveLa proclamation du I2 octobre
aux communes. 9 immédiatement
1792 1 enjoint
des municipalités
après l'installation
vaeu pour accélérer constitutionnelles. ou différer les de former un
maires , soit pour former T'assemblée assemblées coloniale, pri- soit
pour nommer des députés à la Convention.
Ou la loi autorisait les assemblées primaires à
mer ces assemblées,à enyoyer des
forne les y autorisait pas. Dans l'un
députés, 1 ou clle
vait-il y avoir lieu à délibérer ? ou Voulait-on l'autre cas 1 pou- 5
corder un droit qu'elles n'avaient
?
leur acpriver de celui que la loi lcur donnait pas Voulait-on ? Ne cher- les
chait-on pas plutôt à amener des divisions et
troubles ? La chose parait au moins
des
assemblées primaires s'étaient formécs, probable. Les
mé des municipalités constitutionnelles. avaient nomméloient donc les commissaires
De quoi se
civils? Les assemblées
primaires, en sc conformant strictement aux
sont-cllcs pas indépendantes ? Les commissaires lois, ne
vaient-ils les géner dans leurs fonctions
pouils leur prescrire des lois 1 tant
? pouvaientpas de celles qui étaient consacrées qu'elles ne S écartaient
nationale ? Au reste
par l'Assemblée
semblée nationale 1 qu'côt éld l'autorité de l'Aslons le voir dans la au yeux d'un dictatevr P Nous aleie Sonthionax, ainsi proclamation qu'il
rédigée ct avouéc
sen explique 2uX débate.
vaient-ils les géner dans leurs fonctions
pouils leur prescrire des lois 1 tant
? pouvaientpas de celles qui étaient consacrées qu'elles ne S écartaient
nationale ? Au reste
par l'Assemblée
semblée nationale 1 qu'côt éld l'autorité de l'Aslons le voir dans la au yeux d'un dictatevr P Nous aleie Sonthionax, ainsi proclamation qu'il
rédigée ct avouéc
sen explique 2uX débate. --- Page 27 ---
Si T'Asscmbléc nationale changeait quelque chose au
régime colonial , fixé par les lois de l'Assemblée
constituante, Telativement à l'esclavage des noirs, il
déclare qu'il ne se rendra jamais l'exécuteur d'une
pareille injustice, qu'il s'y opposera de toutes ses
forces ! I
D'après un pareil aveu 2 que penser de Sontho:
nax ? ou qu'if est le plus fourbe de tous les hom-.
mes, ou le. moins disposé à reconnaitre la loi, à
la faire exécuter. Et Sonthonax obtiendra votre confiance ; et vous lui confierez l'exécution des loisy
qu'il convient que cette déclaration était aude son caractere,
Ree_te
qu'il oublia en ce moment
ce qu'il devait à lui-même, à la république,
ne songer qu'au salut de la ville du Cap. Vous PPeR
croirez, sans doute sur sa parole , ce délègué qui
en s'oubliant lui-même 1 oublic aussi la république!
Ab, il n'est que trop vrai qu'il la constamment oubliée, ainsi que ses devoirs ! L'on verra bientôt quels
efforts il a fait pour sauver le Cap et toute la Colonie. Il débute par envoyer 300 hommes armés à
Jérémie pour y tenir garnison, quoiqu'il y eût dans
cette place 600 negres esclaves sous les armes : qui
reçurent à coup de canon et de fusil les arrivans.
Telle est du moins la version de Sonthonax. Mais je
le demande : envoyer 300 hommes pour prendre
possession d'une commune gardée par ses habitans
et 600 negres à lenrs ordres, n'est-ce pas compromettre l'autorité ? n'est-ce pas exposer un si foible
délachement ? n'est-ce pas suggérer à un corps plus
nombreux du double, armé de fusils et de canons,
l'envie de résister ? n'est-ce pas enfn, une organisation préméditée de guerre civile ? Sonthonax fait
attaquer Jérémie par une force armée, il a incontestablement provoqué la guerre civile. Mais Sonthonax 1 dont on peut bien suspecter la véracité,
d'aprés ce qu'il a déclaré lui-même au sujet de"Tcsclavage des noirs, n'est du tout point d'accord avec:
les accusateurs. Ceux-ci soutiennent que Jérémie
navoit poin: cessé de correspondre avec Jcs autoriB 3
préméditée de guerre civile ? Sonthonax fait
attaquer Jérémie par une force armée, il a incontestablement provoqué la guerre civile. Mais Sonthonax 1 dont on peut bien suspecter la véracité,
d'aprés ce qu'il a déclaré lui-même au sujet de"Tcsclavage des noirs, n'est du tout point d'accord avec:
les accusateurs. Ceux-ci soutiennent que Jérémie
navoit poin: cessé de correspondre avec Jcs autoriB 3 --- Page 28 ---
tés constituces 1 qu'elle ne s'est
les hommes de couleur
point insurgée contre
à combattre Ces hommes 1 mais qu'elle a été réduite
les a chassés, il est vrai, insurgés contre elle, qu'elle
té, mais que leurs femmes. pour leurs pourvoir à sa suremis sous la sauve-garde de Ja loi, enfans ont été
de la
par délibération
volume municipalité, des Débats. 2 rapportée page 172 du septieme
détaché contre
Qu'au surplus Sonthonax avait
de couleurs, Jérémic onze cens vingt-cinq hommes
et non pas 300 1 comme il l'a avancé.
Qne Jérémic crut pourvoir à sa
en
mant ses portes. Ici, Sonthonax sureté,
leur fersur lc nombre, mais il reproche passe à
condammation
livrée aux Anglais, et qu'il voulait Jérémie de s'être
pour prévenir cette démarche des y mettre garnison
naires. Les accusateurs
contre-révolutioncéc entre les poignards répliquent des
que Jérémie, plades incendiaires, avait
assassins et les torches
puissance
accepté la protection d'une
et aux
étrangerc, pour éviter d'être livrée au fer
propriétés. flammes,.et se conserver à Ia France avec ses
Etait-il bien prudent de livrer au désespoir
commune cn présence d'un ennemi qui lui offrait une sa
force protection ? Etait-il, bien prudent d'attaquer de
avec 1125 hommcs de couleur,
avaient vive de
grands
qui
aussi avoir ressentimens. à
9 une commune qui prétendait
Au lieu de la se plaindre de ces hommes de couleur ?
valu concilier les pousser à bout, n'eût-il pas mieux
réellement
deux partis, si la conciliation ctt
entré dans les vues des commissaires ?
C'est à cette époque que lés commnissaires destituent le général Galbaud, pour faits graves, disentils, dont il ne parait pas qu'ils ayent jamais rendu
clle compie. Mais Ja destitution d'un gouverneur étaitbicn à leur pouvoir ? Etait-clle bien
au moment où l'ennemi érait à la porte ? politique, Etait- elle
juste ? Ce fait intéressant particulierement
je n'en dirai ricn.
Galbaud,
V. Chef. Dans lemème tems
en
de Tennemi, lcs conumissairessont cttoujours présence
accusés d'avoir ca-
, disentils, dont il ne parait pas qu'ils ayent jamais rendu
clle compie. Mais Ja destitution d'un gouverneur étaitbicn à leur pouvoir ? Etait-clle bien
au moment où l'ennemi érait à la porte ? politique, Etait- elle
juste ? Ce fait intéressant particulierement
je n'en dirai ricn.
Galbaud,
V. Chef. Dans lemème tems
en
de Tennemi, lcs conumissairessont cttoujours présence
accusés d'avoir ca- --- Page 29 ---
nonné la ville du
et
du Cap.
Port-au-Prince, incendié celle
. En effet, les commissaires requierent
roisses pour marcher sur le Port-a
quatorze padonc une grande masse de
au-Princc, Voila
contre les autres 9 commandés citoyens les armés les uns
civils ! voilà donc la guerre civile par
commissaires
ganisée ! Les accusateurs
complettement orcalme au Port-au-Prince, l'accusé préendent que tout était
cité avait long-tems feint d'être soutient que cette
près le départ de Polverel, elle avait patriote mais qu'as
s'était, comme les autres communes, jeté le masque,
mie de la métropole ct de ses
montrée l'ennefait avec les paroisses de l'Ouest principes ; qu'eile avait
délibérer sur les
une ligue fédérative,
rar. à suite de la journéc changemens du
arrivés en France,
ganisation uniforme
IO août, et sur une oret faire regner l'union pour la toutes les parties dc T'Ouest,
hommes libres. Polverel plus parfaite entre tous les
par la voie des journaux, ayant défendit appris cette résolution
assemblée fédérative,
la réunion de cette
traire aux intérêts de la qui France. ne pouvait être que conque leur plan avait manqué, firent Les factieux voyant
gres de la
soulever les neprétexte d'accuserla Croix-des-Bouquets. société des 1 pour en prendre le
Ainsi donc, le prétendu
amis des noirs.
texte de la guerre civile, de fédéralisme la"
a été le préau-Princevainsi que de Taccusation canonnade du Port:
mer contre la' société des amis des formée ou à forGrégoire ! vous seriez-vous
noirs ! Eh bien,
de cette société, d'avoir entré douté, vous membre
dans les motifs de cette
pour quelque chose
Les Colons auraient-ils philantropique canonnade ?
garder tout-à-fait
eu tort" de' ne pas vous re-:
faire ? Blâmerez-vous étranger dans cette malheureuse afde
encore la faiblesse
proposer ce' moyen' de
qu'ils ont eu
Au surplus , Sonthonax récusation souticnt à votre égard?"
Prince était rempli de facticux,
que le Port-au
couer le-joug des autorités
qu'ils voulaient scaux Anglais qui vennient de constituécs, déclarer
et se livrer
la? guerre àla
B4
ait
eu tort" de' ne pas vous re-:
faire ? Blâmerez-vous étranger dans cette malheureuse afde
encore la faiblesse
proposer ce' moyen' de
qu'ils ont eu
Au surplus , Sonthonax récusation souticnt à votre égard?"
Prince était rempli de facticux,
que le Port-au
couer le-joug des autorités
qu'ils voulaient scaux Anglais qui vennient de constituécs, déclarer
et se livrer
la? guerre àla
B4 --- Page 30 ---
France : qu'il n'avait à prendre avec ces habitans
Ics moyens diplomatiques ou ceux de la force que
verte. Les moyens diplomatiques ne pouvaient être ouemployés au moment où il fallait combattre
Il fit donc la Proclamation du 2I mars.
l'étranger.
Il me parait évident, d'aprés l'exposé même de
Sonthonax, que les habitans du Port-au-Priuce avaient
trouvé insuportable le joug des autorités constituées.
Les Français sous le régime de la liberté, sont-ils
donc encore sous le joug? Ces deux mots sont-ils
bien compatibles? Qnel est donc le Français qui
pourrait, sur-tout depuis la révolution, soutenir lidéc de
sous le joug d'un tyran, d'un incendiaire, Run's Sonthonax enfin! Certes, c'est sa
querelle qu'il a prétendu venger; car, dans un propre
ment de franchise et de bonne foi, ill'avait déclaré modans une piece consignée aux débats et
par ces mots : Le patriotisme le plus pur signe commençant au Portau-Prince etc. On conçoit aisément qu'un
courroucé, extrême dans scs passions, atroce tyran dans ses
vengeances, n'a pas recours aux moyens diplomatiques;
laguerre, la guerre civile, la guerre
voilà ceux dont il sait faire usage. Il d'extermination. ferme l'oreille
à toutes les voies de conciliation, à toutes
sitions de paix. Il attaque en présence de l'ennemi propocommun, ses propres freres égarés ou non, qu'il lui
eût été si facile, qu'il eût dô lui parraitre si doux de
ramener aux vrais principes. Sachant donc qu'an
avzit résolu d'assassiner son collegue Polvezel, allégation dont la preuvej judiciaire et complette devenait
Si importante, puisqu'elle fournissait le prétexte des
plus extraordinaires et des plus cruels
il entre en force dans la rade du
événemens,
aussitôt Lassafle,, dénonciatenr du prétendu Port-au-Princes complôt
d'assasiner. Polverel, se présente devant la place à la
tête de sa troupe 5 l'entrée lui est refusée.
avoir employé tous les moyens de douceur, on Après tire
sur lcs forts ct sur la ville, les factieux furent
vantés; ils deneurerent presque seuls lc 13, épou- et le
lendemain ils s'enfuirenr, la pluspart chargés d'argent
dénonciatenr du prétendu Port-au-Princes complôt
d'assasiner. Polverel, se présente devant la place à la
tête de sa troupe 5 l'entrée lui est refusée.
avoir employé tous les moyens de douceur, on Après tire
sur lcs forts ct sur la ville, les factieux furent
vantés; ils deneurerent presque seuls lc 13, épou- et le
lendemain ils s'enfuirenr, la pluspart chargés d'argent --- Page 31 ---
et de lettres de change. Ils abandonnerent la ville
à sa discretion. Tel est le rapport officiel du vainqueur.
Mais sans prétendre secouer le joug des autorités
constituées, ne serait-il point permis de suspecter des
rapports de ce genre ? Les témoins oculaires, les
marchands forains, les marins ne pouvaient-ils point
être entendus? La commission ne l'a pas jugé nécessaire.. Au moins,à leur défaut, écoutons les victimes
ct sachons apprécier les contradictions.
Les Colons soutiennent que tous les hommes libres
étaient depuis plus de 3 mois dans la plus parfaite
union, au Port-Au-Prince. Les hommes de couleur
étaient admis dans tous les corps, suivant plusieurs
pieces citées page 291 tome 7 des débats. il s'cleva
disent-ils alors, une insurrection au Cul-de-sac. Le
Port-au-Prince fournit 1500 hommes pour cn arrêter les suites, et invita les autres communes de
l'Ouest, à en faire autant. Plusieurs envoyerent des
détachemens composés d'hommes de couleur et de
blancs. Ils concoururent efficacement au rétablissement
dc l'ordre à la Croix-de-bouquets. Jamais le Portau-Prince n'a voulu soulever Jacmel contre la métropole; il a employé au contraire tous les moyens
possibles pour la ramener à l'ordre lors de sa révolte.
Il n'a point convoqué une fédération pour délibérer
sur la journée du IO aoit, mais pour ramener tcus
lcs esprits au milieu d'une fête générale. Polverelloin
de regarder cette démarche comme criminelle. l'a
formellement aprouvée par une proclamation du II
janvier 1792, page 303 tome 7, et regrettait de ne
pouvoir pas sy trouver lui-même..
L'accusé dit qu'il y avait un double plan, celui
de la fête approuvé par Polverel, et celui d'une
ligue fédérative qu'il a défendue après sa proclamation,
et iln'y eût ni fête ni fédération. Certes cet aveu de
Sonthonax, prouverait évidemment qu'il n'était pas S1
difficile de faire entendre raison aux habitans du Portau-Prince; qu'ils savaient même respecter les autorités constituécs, quoiqu'eHarouchés de leur joug.
Mais les Colons crient, ici à l'imposture, puisquil
est certain que la fête a eu lieu. Cc dissentimeut
édérative qu'il a défendue après sa proclamation,
et iln'y eût ni fête ni fédération. Certes cet aveu de
Sonthonax, prouverait évidemment qu'il n'était pas S1
difficile de faire entendre raison aux habitans du Portau-Prince; qu'ils savaient même respecter les autorités constituécs, quoiqu'eHarouchés de leur joug.
Mais les Colons crient, ici à l'imposture, puisquil
est certain que la fête a eu lieu. Cc dissentimeut --- Page 32 ---
prouve au moins la nécessité
si l'on veut juger sainement, d'entendre les témoins,
d'allégations
tradictoires, du oui ou du non : et
aussi conde part ou d'autre, comme
s'il y a imposture
comment ajouter foi à des on n'en peut pas douter 9
impostcurs. Le silence de
pas présumer qu'il faut, en
ne laisse-t-il
FraECEa
quelque
l'écoutaut, l'en croireavec
vient d'éelaircir précaution, le fait et non sur simple parole?Il conrités constituées.Des relatif aux mépris des autoet autrcs, avaient obtenu militaires de Provence, d'Artois,.
putation vers Rochambeau la permission d'aller en déle même traitement
leurgénéral, pour demander
d'armes arrivés de France que celui accordé à leurs frcres
Ils avaient à cet effet obtenu avecPolverel et Sonthonax.
à peine arrivés au
ils
un congé de Lassalle;
pour France. Les Cap à sont arrêtés et embarqués
dignés de: cette violation corps qui ils appartenaient, ind'ur acte aussi
des droits les plus sacrés,
arbitraire,aussi
Picquenard secrétaire de la commission depotique.chetchetent civile,
soupçonnaient d'avoir faitdonner cetordre
qu'ils
quenard ne fut point arrêté comme l'a avancé inique.Picthonax, il se réfugia sur la frégate T'Astrée;
Sonmarque d'abord cette nouvelle
l'on rctoute justification, Sonthonax imposture. dit
Mais pour
a forcé à fuir le secrétaire de la qu'au moins on
ceux qui l'avaicnt fait, s'étaient déclarés commission; que
contre l'autorité nationale, qui avait bien le cIl iévolte
faire embarquer
droit de
convenable
quatre soldats lorsqu'elle le jugeait
Est-il
pour le salut commun.
l'autorité donc bien vrai qu'il y ait eu révolte contre
a réduit à nationale, la fuite le secrétaire parceque la troupe mécontente,
Est-il bien vrai
de la commission civile?
de déporter ipso que cette commission cit lc droit
par la seule raison facto, quatre défenseurs de la patrie,
La nation indignée qu'elle le jugcait convenable ?
ordonnera-t-clle le
par terre et par mer d'une ville, d'ou bombardement Ic
de Sonthonax et de la commission a été secrétaire forcé de
séchapper ? je doutc fort que la nation
une conduite aussi imprudente en présence approuve de l'cn-
contente,
Est-il bien vrai
de la commission civile?
de déporter ipso que cette commission cit lc droit
par la seule raison facto, quatre défenseurs de la patrie,
La nation indignée qu'elle le jugcait convenable ?
ordonnera-t-clle le
par terre et par mer d'une ville, d'ou bombardement Ic
de Sonthonax et de la commission a été secrétaire forcé de
séchapper ? je doutc fort que la nation
une conduite aussi imprudente en présence approuve de l'cn- --- Page 33 ---
nemi; une' conduite qui a eu de si funestes résultats?
doute fort que le pcuple français qui a proclamé
I doctrine de Tégalité, appiouve cette différence
humiliante, que les délégués du pouvoir exécutif ont
introduit dans les traitemens des différens corps qui
devaieut défendre la colonie. Etait-il un plus sûr
moyen d'exciter des jalousies. 1 des réclamations *
un soulevement peut- être ? Quoi , au moment
dc combattre des ennemis extérieurs 4 déjà trop
redoutables, au moment de contenir des révoltés 1
des brigands, reconnus pour tels par les commissaires 1 ils s'avisent d'autoriser des traitemens
différens pour la troupe; ils' se permettent de dépor- de
ter 4 hommes chargés par leurs corps respectifs
faire à cct égard dcs représentations à leur génétal,
et munis à cet effet d'un congé du commandant révolLassalle. Y cât-il jamais un abus d'autorité plus
tant PY en ent-il de plus funeste ? Ah! ! certes, il y
ainsi
lai toua icirévolte,ily a conspiration
que je
jours avancé, mais c'cst de la part des commissaires
qui ont violé avec autant d'impudence tous les
ont assassiné dans leurs foyers des
EE
cipes, qui
et
ont
les intérêts de
tans paisibles ,
qui
compromis
nos
la république, au point de livrer aux Anglais
plus richcs possessions 1 qu'ils n'auraient jamais
envahies si Ton n'eât pas suscité des troubles sous
les prétextes les plus frivoles : si on eût su ménager
12,000 hommes de troupe réglée 1 les payer, lcur
icurnir des vivres de bonne qualité. les soigner
dans les' hopitaux, 5 rechercher ct punir les empoisonneurs 7 si on nc les cût pas disséminés. enchainés;
désarmés et déportés. Tant de forfaits ne prouvent
que trop la profonde scélératcsse d'une trame ourdie
dans le secret', suivic avec autant de constance que
de perfidie 5 par des agens qui sous lc masqnc de la
philantropie 1 ont dcstitué arbitrairemnent, et parce
qu'clles le jugcaient convenable, toutes les autorités 9
concentré dans leurs mains tous les pouvoirs 1 pour
piller, exterminer tout à leur aise et sansrencontrer
4'opposition.
ouvent
que trop la profonde scélératcsse d'une trame ourdie
dans le secret', suivic avec autant de constance que
de perfidie 5 par des agens qui sous lc masqnc de la
philantropie 1 ont dcstitué arbitrairemnent, et parce
qu'clles le jugcaient convenable, toutes les autorités 9
concentré dans leurs mains tous les pouvoirs 1 pour
piller, exterminer tout à leur aise et sansrencontrer
4'opposition. --- Page 34 ---
C'est donc uniquement pour venger sa
querelle, et parce que le
propre
ses portes aux délégués dc Port-au-Prince la
a fermé
ont canonné cette ville infortunéc. république Voilà - qu'ils
précis, incontestables ; des aveux sans
des faits
bombardement d'une ville
réplique. Le
suivi de la déportation française d'un
par des Français,
ses habitans 7 et d'une contribution grand nombre de
fournie sous trois jours.
qui doit être
La déportation, et Sonthonax en
étendue sur les soldats des régimens convient, d'Artois s'est
Normandic, des canonniers de la garde nationale, de
5 avaient tiré sur les bâtimens de la
observe que les soldats n'ont été
république;
que le conseil de discipline de déportés qu'aprés
présentés comme les
ces régimens les a
corps, et que les particuliers plus mauvais sujets de leur
sur une liste fournie
la n'ont été déportés que
à l'instant oà il
par mnnicipalité elle-même,
la ville révoltée venait d'entrer de vive-force dans
l'état;
qui avait tiré sur les vaisseaux de
ordonné qu'il peut avoir commis dés erreurs, et avoir
Temnbarquement pour France de
gui xe le méritaient pas ; qu'on ne peut le personnes condamner, puisqu'il s'est contenté de les envoyer en France
prendre des leçons de liberté 1 tandis
aurait
pu les livrer à une commission militaire qu'il était
droit d'établir dans une ville séditieuse, qu'il
avait cn
combattu les délégués de la république. qui
Quoi! des erreuts, en fait de déportation !
arracher des citoyens de leurs
à lcurs Qnoi!
à leurs enfans 5 à leur
foyers,
épouses,
licues prendre des
affaires, pour aller à 1800
Anglais
leçons de Jiberté, tandis que les
nation ! prétendaient Y eût-il asscrvir la colonie à leur domimot sacré de liberté. jamais un plus étrange abus du
recevoir
Les habitans qui avaient voulu
Southonax, etnon l'armée
Te
qui lui avaient inutilement
qu'il commandait,
envoyé plusieurs
tions avant le
députal'étaient
siege 1 étaient coupabies ou ne
pas. C'était une affaire à juger: : mais que le
vainqueur, que la partie qui se dit outragéc sc fasse
ût-il asscrvir la colonie à leur domimot sacré de liberté. jamais un plus étrange abus du
recevoir
Les habitans qui avaient voulu
Southonax, etnon l'armée
Te
qui lui avaient inutilement
qu'il commandait,
envoyé plusieurs
tions avant le
députal'étaient
siege 1 étaient coupabies ou ne
pas. C'était une affaire à juger: : mais que le
vainqueur, que la partie qui se dit outragéc sc fasse --- Page 35 ---
justice elle-même, sans autre forme de procès; qu'elle
se pardonne des erreurs en pareil cas 1 c'est incontestablement détruire tout principe de justicc. On
rait hésiter sur la compétence d'une
otsan
militaire, vis-à-vis des citoyens assiégés dans leurs
maisons : au moins encore aurait-on conservé quel- de
simulacre de tribunal. Mais que Sonthonax
que
et autorité dictatoriale 1 déporte à
sa pleine puissance
manitort ou raison, y eût-il jamais tyrannie plus
feste ?
Détournons nos regard de tant d'horreurs, pourles
fixer un moment sur la ville du Cap. Nous y verrons
arriver le général Galband.prenant connaissance de la
situation de la colonie - de l'état des magasins. de la
force de T'armée, du régime des hôpitaux. Il reçoit
une pétition des détenus du Port-an-Prince 1 qui se
plaignaient d'être dénués de vêtemens, de vivres,
d'être réduits à boire de l'eau corrompue 1 à manger
du biscuit gâté. La terreur qu'inspirent tous les
tyrans était si grande, que les parens. - les amis des
accusés n'osaient leur faire passer dcs secours 1 pas
même répondre à leurs billets. D'un autre côté la
troupe campée dans des endroits mal-sains était sans
habits 1 sans bas, sans souliers ; elle ne touchait
point sa solde. Il arrêta avec Tétat- major que sur
ies 1,100,000 apportées de France par la Concorde,
on en prendrait 450,000. Il convoqua une assemblée
où se trouva la commission intermédiaire 1 la marine
de l'état et du commerce, les officiers de l'administration 1 lordonnateur civil et la municipalité.
L'assemblée décida qu'on demanderait aux marchands
de venir aux secours des troupes dc ligne, des
réfugiés sans ressources, des malades entassés dans
les hôpitaux. Un pareil début était propre sansdoute à inspirer de la confiance 1 à ranimer les
troupes. à consoler les malheureux 1 à arrêter Ja
mortalité, occasionnéc soit par un mauvais régime:
soit même par des poisons préparés. Aussi Galbaud
fut-il regardé comme un ange tutélaire. Les esprits
se réunirent autour de lui; tei fut, tel sera toujour
sans ressources, des malades entassés dans
les hôpitaux. Un pareil début était propre sansdoute à inspirer de la confiance 1 à ranimer les
troupes. à consoler les malheureux 1 à arrêter Ja
mortalité, occasionnéc soit par un mauvais régime:
soit même par des poisons préparés. Aussi Galbaud
fut-il regardé comme un ange tutélaire. Les esprits
se réunirent autour de lui; tei fut, tel sera toujour --- Page 36 ---
l'ascendant de la justice et de la bienfaisance.
capitaines des états unis présenterent à Galbaud une 44
petition pour lui représenter combien était
treux pour eux 9 pour la répablique, le désasforcé de leurs bâtimens dans la colonie. Retenus séjour
la seule volonté de Polverel et Sonthonax, ils de- par
mandaient à être payés en denrées coloniales,
les fournitures quils avaient faites. Galbaud convo- pour
que une assembléc des différentes autorités gui se
trouvaient sur les lieux ; les commissaires en étaient
à 70 lieues. On statua de gré à gré sur les réclamations des capitaines américains ; on en prévint la
commission 1 qui déclara qu'clle allait se rendre au
Cap, et que l'embargo ne serait levé qu'à lcur
retour. Les marins indignés de voir que les corsaires s'emparaient à la vue du Cap de tout ce qui
voulait entrer ous sortir, se plaignirent hautement de
ce qu'on ne voulait pas leur permcttre de courir
sus. I's s'indignaient encore de voir l'état affreux
des prisonniers précipités à fond dc cale, par ordre
des commissaires; la plupart étaient inalades; la
contagion gagnait chaque jour.
On fit descendre 31 personnes, dont plusicurs
moururent quelques jours aprés ; tout était donc
dans la plus grande confusion. Enfin Polverel et
Sonthonax arrivent au Cap 1 suivis de 60 mulets
chargés de deux malles chacun. Ils déclarent qu'ils
viennent de purgerla partie de l'Ouest des factieux,
dcs indépendans 5, des aristocrates, des salariés, dcs
princes d'Italie ct de Coblentz; qu'ils ne reconnaissent comme vrai peuple de Saint-Domingue que Jcs
hommes de couleur. Ils reçoivcht la visite dc Galbaud et des officiers de l'arméc. Mais un homme
qui avait commencé par pourvoir aux besoins de la
tronpe, par soustraire pour CC scrvice 450.000 à la
rapacité de ceux qui trainaient à leur suite tant dc
mulets chargés, lorsque la colonic manquait de
tout, était surement dans la clusse des suspects. un
hiomne incivique : ct quoique autorité constituée,
envoyée par la Métropole, Sonthonax lui adresse de
ivcht la visite dc Galbaud et des officiers de l'arméc. Mais un homme
qui avait commencé par pourvoir aux besoins de la
tronpe, par soustraire pour CC scrvice 450.000 à la
rapacité de ceux qui trainaient à leur suite tant dc
mulets chargés, lorsque la colonic manquait de
tout, était surement dans la clusse des suspects. un
hiomne incivique : ct quoique autorité constituée,
envoyée par la Métropole, Sonthonax lui adresse de --- Page 37 ---
suite une proclamation, portant sa destitution, et injonction de se rendre à bord du vaisseau la Nornandc. Toute communication extérieure lui est
interdite. Peut - on violer avec plus d'impudence et
les droits du peuple français et ceux du citoyen ?
Y eût-il jamais de formes plus acerbes ? Différens
désordres SC commettent dans la ville du Cap;
l'anarchie y était complette ; on égorgeait particllement. Polverel et Sonthonax n'écouterent aucune
plainte ou ne firent droit sur aucune. Mais le 19
juin ils firent une proclamation qui déclarait criminels
de leze - nation les marins qui seraient trouvés à
terre après sept heures du soir. Criminels de lezenation 1 grands Dieux ! les marins quià heures du
ne seraient
à leur
et
code
az
soir
pas
bord!
quel
a-t-on puisé une parcille loi ? Qndi ! un défenseur
de la pattic, un marin si utile, si difficile à former
sera criminel de leze-nation 1 pour nes'être pas rendu
à l'heure indiquée; il serait assujetti à une loi aussi
barbare 1 qui ne lui aurait pas été transmise par
ses officiers ! et Sonthonax prétend devenir législateur du peuple français ! ce n'était donc pas assez
lui d'avoir usurpé dans une premiere mission
ott fonctions législatives. On le verrait siéger dans
l'auguste sénat 1 venir donner à tous les citoyens
un cours public, et des leçons de liberté; on le
verrait encore. désoler la France après avoir ruiné ses
colonies ! Quel homme ne se souleve pas à une
pareille idée ?
Les équipages à cette nouvelle ne jettent qu'un
cri:Il faut embarquer Polverel et Sonthonax. On se
rend auprès de Galbaud qu'une conduite toute
opposée avait investi de la. confance générale. On
le proclame le libérateur de Saint-Domingue contre
la tyrannie des commissaires civils. Il se refuse d'abord
à prêter son ministere - et termine par se rendre à
tantd'instances réitérées. Il met en liberté les déportés 2
à l'exception de ceux qui étaient détenus pour
crime. Le combat s'engage; d'une part on fait prisonnier le frere du général Galbaud, de l'autre le fils
de Polverel.
. confance générale. On
le proclame le libérateur de Saint-Domingue contre
la tyrannie des commissaires civils. Il se refuse d'abord
à prêter son ministere - et termine par se rendre à
tantd'instances réitérées. Il met en liberté les déportés 2
à l'exception de ceux qui étaient détenus pour
crime. Le combat s'engage; d'une part on fait prisonnier le frere du général Galbaud, de l'autre le fils
de Polverel. --- Page 38 ---
fortifier Les commissaires civils vont ouvrir les
leur parti, Ils s'entourent de tous prisons pour
l'espoir du butin, la soif du
du ceux que
la
pillage,
crime, de
debauche.Tamour du sang et du meurtre avaient
sunmmbieaungurdeux, qu'avaient ralliés
de T'autre côté on voyait ceux
auprès de Galbaud l'intérêt de
patrie 2 T'ordre, la justice, la raison, Thumanité, la
devoir, les lois et famour du bien
Les
le
missaires civils furent réduits à prendre public. la comdonnant l'ordre barbare de mettre le feu
fuite,
Une prudente circouspection n'a
par tout.
cer le nom de
pas permis de prononDufay. qu'on assure avoir fait cette
proclamation; ni dentendre à cet
sur tant d'autres aucune
égard , comme
la ville futà feu et à
déposition. les
Dans un instant
les vicillards furent sang;
femmes. les enfans,
l'épée. Ce fut à cette ou bràlés, ou passés au fil de
rendirent la fameuse occasion que les commissaires
par laquelle ils donnaient proclamation la du 21 juin 1793,
négres qui
liberté à tous les
d'améliorer prendraient le
les armes, et promettaient
sort des autres. L'incendie futt
l'ouvrage de ceux qui se gorgeaient de tellement et
butin, que Lassalle rendit une
sang
de
qui- continueraient de
proclamation contre ceux
Sonthonax
piller ct d'incendier.
tion, dont pour se laver de cette horrible inculpagénérale des ses actes philantropiques S, ni la liberté
des Antilles, noirs, 1 ni T'alfranchissement du peuple
province de ne pourrait couvrir l'odieux, dit que la
du général 1Ouest é:ait pacifiée lors de l'arrivée
Galbaud.
du On n'a surement pas perdu dc vue la pacilicauon
Port-an-Prince.
Galbaud contre le voeu de ses instructions
çn déléguaient le droit aux commissaires, 1 qui
installer par la commission intermédiaire. Il s'est fait
le tocsin sur les besoins de Saint -
a sonné
pris des mesures extraordinaires
Domingue . ct
gasins de la
pour fournir lcs male dénument république, 1 dont On pouvait
avec les seuls revenus provenant réparer des
kabitations sequestrées. 11 méconnajssait Tautorité des
commissaires
eu de ses instructions
çn déléguaient le droit aux commissaires, 1 qui
installer par la commission intermédiaire. Il s'est fait
le tocsin sur les besoins de Saint -
a sonné
pris des mesures extraordinaires
Domingue . ct
gasins de la
pour fournir lcs male dénument république, 1 dont On pouvait
avec les seuls revenus provenant réparer des
kabitations sequestrées. 11 méconnajssait Tautorité des
commissaires --- Page 39 ---
commissaires civils et accucillait tous leurs
ils destituerent César-Galbaud à. cause de ses ennemis; déclamations perpétuelles contre la république 9 la convention et les ministres: ; et son frere, le général Galbaud, parce qu'il voulait se faire un parti, et
était propriétaire à Saint A Domingue, la loi ne qu'il lui
permettant pas d'y occuper le commandement: Les
deux Galbaud se rendirent à bord de la
mais bientôt
Normande,
l'ex-général Teprit son titre; les vaisseaux s'embosserent contre la ville; 3,000 matelots
descendirent à terre avec un canon - marchant contre
le gouvernement, défendu par 50 hommes de garde,
qui sans s'épouvanter couchent par terre une grande
partie de leurs ennemis, font prisonniers Galbaud,
cadet, et plusieurs ofliciers de marine. Ge succès
donna aux hommes de couleur le tems de se
réunir; ils se rassemblent et forcent les marins de se
rembarquer, L'arsenal seul resta au pouvoir de Galbaud. Sur les bords de la mer les hommes de couleur coururent les plus grands dangers ; la garde
nationale blanche faisait sur eux un feu terrible
les. fenêtres. Pendant la nuit les matelots restés
l'arsenal
PI
se répandirent dans la ville, enfoncerent
et pillerent les magasins de
Le lendemain les
bijouterie, 1 d'horlogerie.
marins vinrent en plus grand
nombre ; ils criblerent de bombes et de boulets le
sonvernement : c'est alors que les commissaires se
retirerent au Haut-du-Cap. Dès qu'ils furent hors lés
barrieres, des matelots commencerent à incendier le
quartier des hommes du 4 avril. Galbaud bombarda
la ville ; en un instant elle devint la proie des
flammes. Arrivés au Haut-du-Cap 9 les commissaires
trouverent diverses troupes d'esclaves insurgés, X
depuis un mois avaient quitté les couleurs royales qui
pour prendre celles de Ja république. Ils leurs
mirent la liberté s'ils voulaient prendre les armes propour la nation ; ce qu'ils accepterent. Le 24 et 25l
Galbaud, d'accord avec les officiers de la marine,
appareilla avecla flotte etle convoi. pour la nouvelle
Angleterre. Galbaud fit offrir en partant le fils de
C
diverses troupes d'esclaves insurgés, X
depuis un mois avaient quitté les couleurs royales qui
pour prendre celles de Ja république. Ils leurs
mirent la liberté s'ils voulaient prendre les armes propour la nation ; ce qu'ils accepterent. Le 24 et 25l
Galbaud, d'accord avec les officiers de la marine,
appareilla avecla flotte etle convoi. pour la nouvelle
Angleterre. Galbaud fit offrir en partant le fils de
C --- Page 40 ---
fit Polverel en échange avec son frere ; mais
taire la voix de la nature, et
Polvercl
était innocent et Galbaud.
répondit que son fils
aucune comparaison entre coupable ; il n'y avait
II me semble bien étonnant ces deux hommes.
de réparcr le dénuement absolu qu'avec où tant de moyens
Domingue,
se trouvait SaintSonthonax, qui en convient,
su y apporter remede, ni tranquilliser les n'ait pas
l'espoir d'un meilleuravenin. Il nep paraitra esprits par
étonnant qu'une garde de 50 hommes, , assaillie pas moins
matelots 1 hommcs difficiles à
par3000
non avec eux ; que ces hommes intimider,: ayant un cacouchés par terre un grand nombre de ayent leurs néanmoins
et fait prisonnier Galbaud cadet, qui les ennemis,
dait, Ce
l'on aura peine à croire, c'est comman- les
magasins a0L bijouterie d'horlogerie
été que
par les. matelots pendant la nuit, et ayent les incen- pillés
diés se soient retirés sur la flotte, qui, que en bombardan: la ville, l'avait livrée aux flammes. On scra
réunir peut-être encore surpris de voir en ce moment se
auprès des commissaires diverses
claves insurgés, reconnus bandits
troupes d'esmais qui par une heureuse et subite depuis long-tems,
avaient quitté lcs couleurs royales
conversion,
pour prendre celles de la république. depuis un mois,
fidélité Ne pourrait-on dc
pas élever quelques doutes sur la
cet exposé de la part dun homme
vaincu précédemment d'imposture ?
conque ce concours de brigands révoltés, Imaginema-t-on ait été
par un pur hasard, quil n'ait point été produit produit
quelque pacte P Que la promesse du pillage n'ait par
été une des conditions secrettes du traité, que le point
blicanisme de ces nouveaux champions soit même répucn ce moment bien affermi ; enfin, que la liberté
qui leur a été accordée en masse par des commissaires
lugitils, soit un acte bien réfléchie d'unc philantropie désintéressée.
Lc procès-verbal des hommes de mer et canonniers
les employés sur les vaisseaux de la république ct sur
navires du commerce, rapporté page 53 du tome
par
été une des conditions secrettes du traité, que le point
blicanisme de ces nouveaux champions soit même répucn ce moment bien affermi ; enfin, que la liberté
qui leur a été accordée en masse par des commissaires
lugitils, soit un acte bien réfléchie d'unc philantropie désintéressée.
Lc procès-verbal des hommes de mer et canonniers
les employés sur les vaisseaux de la république ct sur
navires du commerce, rapporté page 53 du tome --- Page 41 ---
8, accuse Polverel et Sonthonax d'êtté, les
de l'incendie du Cap. Et si les accusés
autéurs
écarter leffet naturel d'une piece aussi prétendent
n'était-il pas au moins bien naturel d'entendre importante ces té- 1
moins oculaires, de les confronter ? Suffira-t-il donc
d'une simple dénégation de la part de l'accusé
opérer son entiere justification P
pour
du Sonthonax, il est vrai, d'après l'extrait du
vaisseau T'América, assure que Galbaud a journal
ru les vaisseaux de Tétat, soulevé les
de parcouengagé les matelots à descendre à terre gens
mer,
siner les commissaires civils
pour assasgasins et la poudriere du ; qu'ils Il ont pillé les mabaud, avant de partir, a Cap. fait enclouer, ajoute 2 les que Galdans les forts ; fait, scier leurs affuts, et canons casser
tourillons.
Tlas
l'incendie du
Après avoir essayé de prouver que.
Galbaud, il Cap avait étéprovoquée et exécutée par
fait tout 7
prétend que les commissaires civils ont
donnerent ce qui était en eux pour l'empécher. Ils;
ordre pour que tous, les citoyens fussent
descendre dlispersés sans violence 1 empêcherent les marins de,
lieux
à terre crainte de rixes 3 firent fermer
où l'on vendait les liqueurs
les.
tout ce qu'ils ont pu pour arrêter l'incendie fortes, et ont fait
cux-même envoyé des. chirurgiens à bord ; qu'ils soi- ont
gner chaque jour les malades qui s'y trouvaient. pour
termine en déclarant que ceux quil
Il.
incendié le Cap, sont eux-mêmes les Taccusent.d'avoir
incendie.
auteurs'de-cet
Jene puis me lasser de répéter ici qu'il était bien
intéressant de constater si un homme
ainsi qu'on l'a avoué, avait à haute quelconque, voix fait des
provocations de
d'incendie ; si cet homme était
Galbaud ou la créature de Sonthonax. Toute T'agent, dissimulation à cet égard ne remplit pas le voeu
rateur romain. 2 ne satisfait pas notre juste
del'oment à connaitre la vérité, ne peut, dans aucun empresse- cas,
paraitre excusable.
On n'est pas tenté de croire, d'aprèsles
ues accusateur,, que les Colonz, les habitans observations
ayent eu
C 2
des
provocations de
d'incendie ; si cet homme était
Galbaud ou la créature de Sonthonax. Toute T'agent, dissimulation à cet égard ne remplit pas le voeu
rateur romain. 2 ne satisfait pas notre juste
del'oment à connaitre la vérité, ne peut, dans aucun empresse- cas,
paraitre excusable.
On n'est pas tenté de croire, d'aprèsles
ues accusateur,, que les Colonz, les habitans observations
ayent eu
C 2 --- Page 42 ---
envie de brûler leurs propriétés 1 d'égorger leurs
femmes, leurs enfans, de se réduire eux-mêmes à la
mendicité. Il serait bien plus naturel de penser que
les ennemis des Colons ont seuls été les incendiaires;
que les commissaires ne se sont pas opposés à cet
horrible attentat : qu'ils ont même fait tout ce qui
était en eux pour le consommer, et que leur propre
déportation eût seule pu prévenir la plus exécrable
de toutes les calamités. Je conviens que l'on doit un
grand respect aux autorités constituées, mais les lois
de la nature 1 qu'aucune autre ne peut effacer 2 le
sentiment si juste de sa propre défense, ne permettent-ils pas, ne prescrivent-ils pas même d'éteindre les
torches ardentes jusques daris les mains d'un magistrat suprême, d'un Néron, , ou de tout autre, quel
qu'il puisse être, au. moment où il se dispose d'incendier Rome. Fera-t-on un crime à celui qui aurait
le courage d'enlever un pareil monstre pourle livrer
aux tribunaux !
Galbaud enclouant les canons avant son départ,
que pouvait-il prétendre, sinon qu'on ne lestournât pas
contre les restes infortunés d'une race proscrite 1 qui
n'avaient pu se rendre à bord, ou quc l'escadre n'avait pu recueillir ? Quand on voit tous les négocians,
marchands, propriétaires 1 manufacturiers - artistes 1
ouvriers 1 soldats et marins se rallier sous les ordres
de Galbaud. peut-on SC persuader que Galbaud ait
incendié le Cap ? Peut-on croire que tant de victimes
ayent cherché leur salut dans les bras de celui qui iaurait consommé leur ruine d'une maniere si atroce P
Pourrait-on croire que sur tant de milliers de citoyens
qui, dans un moment de trouble et de confusiou. 1
se seraient, désarmés, dépourvus du tout, mis à la
merci de leur bourreau tont-puissant, pouvant ensevelir dans l'abyme des mers jusques à la trace des
plus noirs forfaits, pas un scul individu ne Se soit
plaint de ses violences: ; que tous le proclament leur
libérateur ; que tous, sur une flotte dont il dirigeait
lcs mouvemens. , ayent été déposés sains ct saufs 1
après un long trajet, sur unç terre hospitaliere ; que
pourvus du tout, mis à la
merci de leur bourreau tont-puissant, pouvant ensevelir dans l'abyme des mers jusques à la trace des
plus noirs forfaits, pas un scul individu ne Se soit
plaint de ses violences: ; que tous le proclament leur
libérateur ; que tous, sur une flotte dont il dirigeait
lcs mouvemens. , ayent été déposés sains ct saufs 1
après un long trajet, sur unç terre hospitaliere ; que --- Page 43 ---
S7
tant de malheureux enfin , n'accusent de leurs désastres que les commissaires civils, s'ils avaient tout fait
pour les en garantir. Ah, sans doute,la France reconnaissante et la postérité. décerneront, tôt ou
des couronnes civiques à ceux qui ont sauvé la tard, vie
à un si grand nombre de leurs frerçs ! Nous accordons tous les jours des récompenses à ceux qui, par
un généreux dévouement 2 conservent à la société un
seul de ses membres ; et la société juste, éclairée 2
pourrait iméconnaitre un si grand bienfait ? Certes 1
la compagnie de lincendiaire Galbaud me parait bien
moins dangereuse que celle du philantrope et du
protecteur Sonthonax.
Environné de brigands, de negres révoltés, de
royalistes décidés, reconnus pour tels par lui-mêmc
un mois avant cette cruelle catastrophe, de tout ce
que la géole renfermait dc plus scélérat, croira-t-on
Sonthonax qui nous dit qu'ils'est entouré de tous les
amis de la République, de tous ceux qui ont préféré
de la servir, que de rester esclaves sous les conspirateurs qui détestaient la république et ses délégués ?
Oh combien l'erreur serait ici funeste ! Combien elle
compromettrait la chose publique! Galbaud, désigné
comme un traitre, un incendiaire, sauve des milliers
de citoyens : rret des amis d'un mois 1 brigands
altérés jusqu'alors de sang et de carnage, armés
le pillage, des échapés de la géole qui ontjuré SONE
terminer la race des blancs, qui en sont
venus
a-peu-près
à bout, sont à votre sens les amis dc la république, toujours prêts à la servir'! Ah! Sonthonax,
recrutez tant qu'il vous plaira parmi lesnouveaux convertis et jusques dans le bagne de Brest, mais ne
tendez pas que nous ayous jamais confiance en vous préni en vos amis. On' a remarqué que les flammes
avaient respecté le seul quarticr dont l'incendiaire
Galband s'était rendu maitre, et qu'elles avaient consumé le reste sous la protection de Sonthonax,
queles habitans qui ont cherché leur salut vets ce dernier, ont tous été immolés ou précipités dans les prisons, quc ceux qu'unc meilleure étoile avait dirigés
C 3
ne de Brest, mais ne
tendez pas que nous ayous jamais confiance en vous préni en vos amis. On' a remarqué que les flammes
avaient respecté le seul quarticr dont l'incendiaire
Galband s'était rendu maitre, et qu'elles avaient consumé le reste sous la protection de Sonthonax,
queles habitans qui ont cherché leur salut vets ce dernier, ont tous été immolés ou précipités dans les prisons, quc ceux qu'unc meilleure étoile avait dirigés
C 3 --- Page 44 ---
vers Galband avaient été sauvés. Cette
sans doute peut mériter quelque considération. remarque Il
de paraitmême Galbaud qu'après lincendic dugi juin , erledépart
etde la Hlotte, exécuté le 24j
nax a fait le 26 une proclamation
juin, Sonthomort contre ceux qui seraient trouvés portant peine de
crant, incendiant. Sans doute il faut un pillant, terme à massaetles chefs ont peu de part au butin,
tout;
savent pas arrêter à propos le
et quand ils ne
tout consumer par les flammes. pillage, Mais la qu'ils laissent
même postérieure au départ de la flotte, proclamation,
t-elle pas que les pillards, les incendiaires, les n'attestegeurs étaient encore dans la ville du
égorii n'était plus au pouvoir de Sonthonax Cap? Certes 9
mort ceux que la prudence et la nécessité de mettre avaient à
contraint d'abandonner le théâtre de tant d'horreurs.
Le huitieme chefr renferme l'accusation
tre Sonthonax d'avoir délégué le droit de portée vie et con- de
mort au commandant militaire du Cap.
celle Quelle d'un plus seul effrayante commmission militaire, que
de vie et de homme ayant sur les citoyens le droit
mort, Que peut-on redouter de plus du
régime de la liberté? militaire et du plus cruel despote sur la terre
Cette accusation parait fondée sur les
donnés à Pinchinat 2, homme dc couleur, pouvoirs par les
commissaires, pouvoirs écrits de la main de Pinchinat.
et certifiés par lui. 20 Sur les pouvoirs donnés à
Lavergne et à"Galineau pour lc Port-de Paix, et à
Albert, secrétaire de Sonthonax, pour le Cul-de-Sac
ct le Mirebalais. Jc trouve une picce bien authentique, bien concluante dans la proclamation du 26
juin de Polvercl et Sonthonux; elle prouvera bien
évidemment la peine de mort; mais ce qu'il y a de
plus extrordinaire, c'est nue nouvelle
du 24 juillet suivant quiétend la peine proclamation de mort aux
malheurenx qui viendraient chercher dans les décombres de leurs maisons ce qui pourrait avoir
aux flammes. sous prétexte que les propriétaires échappé s'étant
rcndus coupables de trahison envers ia république,
26
juin de Polvercl et Sonthonux; elle prouvera bien
évidemment la peine de mort; mais ce qu'il y a de
plus extrordinaire, c'est nue nouvelle
du 24 juillet suivant quiétend la peine proclamation de mort aux
malheurenx qui viendraient chercher dans les décombres de leurs maisons ce qui pourrait avoir
aux flammes. sous prétexte que les propriétaires échappé s'étant
rcndus coupables de trahison envers ia république, --- Page 45 ---
S9
leurs biens devaient lui appartenir. Gignioux, dentiste et commandant du Cap, était chargé dc l'exécution, et de faire fusiller sur le champ. A cet effct,
il a fait construire une jettée en planche sur lc bord
de la mer, où chaque jour il a fait fusiller tout ce
qui pouvait lui déplaire, blancs ou hommes de couleur.
Sonthonax, pour se justifier, prétend qu'il avait le
droit de déléguer des pouvoirs, puisqu'il ne pouvait
les exercer tous parlui-mée. Il nie d'en avoir donné d'illimités. Lavergne, selon lui, fut envoyé au
Port-de-Paix, au sujet d'une insurrection de plusieurs
citoyens qui demanduientà main armée la dissolution
de la municipalité. Lavergne fit l'information : sur
son rapport, la municipalité fut casséc. Galineau-deGasc fut envoyé au Port-de-Paix pour appaiser de
nouveaux troubles dont un des principaux fauteurs
était François Laveaux. Ce colon, lun des plus riches de la Colonie, avait, d'après Sonthonax, fait bâtir sur son habitation un fort, flanqué de murs entourés de fossés, garnis de 8: à IO piéces de canon;
il avait enrôlé une armée composée de matclots déserteurs. Galineau était chargé de créer des compagnies franches, leurs pouvoirs n'étaient donc pas illimités? Albert fut envoyé à la Croix-des-bouquets
pour faire rentrer les noirs révoltés dans les ateliers,
en leur lisant la proclamation des commissaires civils sur l'ordonnance de 1684. Quant aux pouvoirs
délégués à Pinchinat, lEtang etRigand, Sonthonax
prétend que ce n'est point son ouvrage, que cette
allégation ne regarde que son collegue Polverel. Il
répond que la proclamation du 26 juin qu'il a faite
était pour arrêter le pillage et l'incendie que les africains continuaient dans la ville du Cap, et pour protéger la population blanche qui en était victime; que
ces mesures ont dà continuer tant que le désordre
continuerait: : que le 24 juillet, il a fait une autre
proclamation prononçantle sequestre et la mise à la
disposition de la république des biens des absenss, et
la peine de mort contre ceux qui tenteraient d'attenC 4
ait pour arrêter le pillage et l'incendie que les africains continuaient dans la ville du Cap, et pour protéger la population blanche qui en était victime; que
ces mesures ont dà continuer tant que le désordre
continuerait: : que le 24 juillet, il a fait une autre
proclamation prononçantle sequestre et la mise à la
disposition de la république des biens des absenss, et
la peine de mort contre ceux qui tenteraient d'attenC 4 --- Page 46 ---
ter à ces propriétés. Il-se dit autorisé par la loi
août 1791 qui déclare que les biens des émigrés, du25 des
non-résidens dans les colonies françaises, seront
à la disposition de Tadministration des colonics. mis
donc proclamé que tout ce qui serait trouvé dans Ila les
décombres, appartiendrait à la
Galbaud etles siens ayantpillé les république, parce que
que cette mesure pour les remplir. magrins.inyavait ilr n'a
lc droit de vie et de mort au commandant pas du donné
parce que le droit de vie et de mort est celui de Gap,
mourir un citoyen sans motif et à sa volonté, et faire
le commandant n'avait que le droit de faire exécuter que
la proclamation.
Ici échappent des aveux bien
tous de la plus haute importance. Les précieux africains 9 ils le sont
juin incendiaient encore et victimaient les blancs. Les 26
blancs n'étaient donc pas les incendiaires mais bien
les africains que Sonthonax avait armés, dont il avait
formé sa garde prétorienne; ce vrai peuple de St.-
Domingue de la
2 ces francs républicains, cesa amis brûlans
métropole 1 pillaient, victimaient, incendiaient
d'après l'aveu de Sonthonax, après lc départ de la
presque totalité des blancs. Et c'est
fait de leur liberté et des armes qu'onleur Tusage qu'ils ont
Tout en rejettant sur Polverel les pouvoirs a délégués confiées à
Pinchinat, TEtang et Rigault, il convient que le
juillet il a prononcé le sequestre des
des 24
absens pour remplir les magasins 1 avec propriétés de mort
contre ceux qui attenteraient à ces propriétés. peine
Mais
comment ce nouveau légisiateur, ce legislateur choisi
pour siéger dans le sénat français, a-t-il
une
loi aussi barbare P Comment s'est-il permis pu de porter la
raliser et de l'étendre à ces victimes infortunces généne s'étant pas absentécs, cherchaient à dérober qui, aux
flammes les tristes restes de leur antique fortune et à
recouvrer.le peu de ressource qui leur restait
se
soustraire à la mort, à laquelle ils n'avaient pour
que
de vrais prodiges ! La peine de mort échappé contre
des Htenhar qui fouillent dans les ruines de leurs
maisons en cendrcs. 1 y eût-il jamais de plus profonde
victimes infortunces généne s'étant pas absentécs, cherchaient à dérober qui, aux
flammes les tristes restes de leur antique fortune et à
recouvrer.le peu de ressource qui leur restait
se
soustraire à la mort, à laquelle ils n'avaient pour
que
de vrais prodiges ! La peine de mort échappé contre
des Htenhar qui fouillent dans les ruines de leurs
maisons en cendrcs. 1 y eût-il jamais de plus profonde --- Page 47 ---
scélératesse ! Qni pourrait sc méprendre sur ce nouveau genre de philosophies, sur cette sublime philantropie dont on nous fait un si pompeux et perfide éialage ; qui oserait sur le sol de la liberté faire
Tapplication de principes aussi barbares aux infortutunés qui ont perdu dans les flammes 1 leurs parens
leurs épouses 1 leurs enfans et tous leurs biens ! Quoi!
Sonthonax déclare émigrés ceux dont il convient
les africains pillaient et incendiaient les maisons, 3 ceux que
qui ne cessaient pas d'être leurs victimes, cinq mille
habitans
transplantés 1 non sur une terre contigue et
sous la domination d'une puissance en guerre, non
parmiles anglais - si voisins, si puissans. 1 qui offraient
des secours de toute espece, qui recueillaient avec
tant de soin les mécontens , qui leur faisaient de si
brillantes promesses, et qui avaient tant de moyens
pourles réaliser, mais à 5 ou 600 lieues, au milieu
de. nos alliés, chez un peuple qui avant nous a
clamé et conquis la liberté.
proSi jusqu'ici l'incendie a chez tous les peuples
passé pour le plus exécrable de tous les forfaits, , c'est
que jusqu'à nosjours personne encore n'avoit
la nature au point de condamner à mort celui outragé
fouille' dans les cendres de ses propriétés, pour qui en
arracher ce que les flammes mêmes auraient
Oh Erostrate, oh Néron, oh Carrier
épargné,
loin de celui
vous
1 que vous êtes
qui
dépassa tous dans la carrière
du crime !
En vain l'accusé prétend-il que dans les instructions
données à linspecteur des fouilles, il y avait una articlequi indiquait la forme à suivre pour les proprictaires qui auraient à reclamer des objets de leurs maisons. Ces instructions 9 si elles ont existé,
elles demeurer sccrettes, soumises à Tarbitraire pourraient- d'un
homme plus ou moins cupide 1 plus ou moins sanguinaire ? Ne devaient-elles pas être consignées dans
la proclamation ?
Huitieme chef d'accusation. Les commissaires ont
ordonné dans tous les ports de St-Domingue de repousser à coup de canon les vaisseaux de l'état, sans
distinction, quelques fussent leurs besoins.
objets de leurs maisons. Ces instructions 9 si elles ont existé,
elles demeurer sccrettes, soumises à Tarbitraire pourraient- d'un
homme plus ou moins cupide 1 plus ou moins sanguinaire ? Ne devaient-elles pas être consignées dans
la proclamation ?
Huitieme chef d'accusation. Les commissaires ont
ordonné dans tous les ports de St-Domingue de repousser à coup de canon les vaisseaux de l'état, sans
distinction, quelques fussent leurs besoins. --- Page 48 ---
Iciil convientde donncr copie dedeux
commence par ces nots : D'apris les ordres pieces. L'une
missaires civils.
des comL'autre par ceux-ci:Le traitre Galbaud.
défense L'accusé soutient quel le texte est altéré et
ne porte quc sur les seuls bâtimens armés que la
guerre 1 sans généraliser, Cl cela attendu
en
a enlevé les vaisseaux. Le sécretaire de la que Galbaud
lit la proclamation de
commission
clare que celle
l'accusé sur ses registres, et délaquelle les
qui a resté notifiée par Savari, et sur
ratio n
accusateurs se fondent, contient une altéLes colons établissent que la frégate la Concorde
qui n'était point sortie avec la flotte, a néanmoins été
allait repoussée à coup de canon au Port-de-Paix, où elle
Pour faire del'eau, dont son nombreux
manquait. Elle a été également accueilli au équipege Mole.
corde Sonthonax convenant du fait, soutient que la Conavait été en insurrection dans la rade du
contre les commissaires. Il déclare que l'ordre donné Cap
par le gouverneur par intérim, 2 Etienne Laveaux 1 ne
peut être criminel, parce qu'il était de son devoir de
mettre la ville en état de délense contre les incursions
de la rade; il soutient que si l'ordre eût été cxécuté
par les ofhciers d'artillerie qui en étaient chargés, loin
de mettre'le feu à la flotte, ils l'eussent sauvée,
que la première bordée tirée sur les batimens, aurait parce
fait connaitre aux marins la supériorité des forces de
la ville sur les vaisseaux de la rade, alors ils auraient
amené pavillon et se seraient rendus ; la ville ni la
Hotte n'cussent été endommagés. Sonthonax ajoute
que sa prociamation n'était dirigée que contre les vaisscaux emmenés par Galbaud. Qne l'América resté
dans la rade, n'a point été repoussé d'aucun port.
fine croit pas qu'on puisse lui reprocher d'avoir repoussé les bâtimens emmenés par Galbaud, puisque
les équipages s'étaient révoltés contre les commissaires 9 avaient enlevé les vivres des magasins 2 les poudres dcl l'arsenal.
Des ordres aussi rigourcux ont été donnés. Son-
ux emmenés par Galbaud. Qne l'América resté
dans la rade, n'a point été repoussé d'aucun port.
fine croit pas qu'on puisse lui reprocher d'avoir repoussé les bâtimens emmenés par Galbaud, puisque
les équipages s'étaient révoltés contre les commissaires 9 avaient enlevé les vivres des magasins 2 les poudres dcl l'arsenal.
Des ordres aussi rigourcux ont été donnés. Son- --- Page 49 ---
thonax justife Etienne Lavaux et manifeste assez son
intention de prendre d'un coup de filet toute la flotte, 1
en la forçant de baisser pavillon 1 de se rendre maitre
de tout le convoi de Galbaud et des fugitifs; CC
ne Jaisse aucun doute, c'est qu'au premier coup a
canon à boulct tiré sur la ville, il était enjoint de
faire usage des six mortiers et de faire le plus grand
feu sur tous les vaisseaux de la rade, afin de braler
promptement les rebelles, principalement le Jupiter.
ou se trouvait Galbaud) Qnoi, parce que les vaisseaux auraient fait un mouvement, auraient tiré un
seul boulet sur les incendiaires, il faut les brûler
promptement et enlever dans un instant à la France,
ses matelots si difficiles à former, dont on avait un
si pressant besoin , ses vaisscaux, si coàteux à construire, que nous avons en si petit nombre et sacrifier
des richesses immenses dans un moment où l'on manquait de tout soit en Francc soit dans la colonie ?
Vingt mille hommes, deux cents bâtimens sacrifiés à
la vengeance des commissaires; des commissaires qui
avaient si imprudemment préparés, excités un soulevement, qui n'avaient employé aucuns moyens de
rapprochement et de conciliation, 1 qui, comnc au
Port-au-Prince 1 rejettaient tous les moyens diplomatiques. 1 pour soumettre tout CC qui existait dans la COlonie au joug de leur domination ! Et cette cruelle et
dérisoire proclamation des commissaires en date du 24
uin que contient-elle?uLe traitre Galbaudaprès: savoir
réduit le Cap en cendres 5 va livrer à l'Anglais et à
TEspagnol les bâtimens du commerce et ceux de la
république 9). Que de calomnies atroces entassées lcs
unes sur les autres ! Il cst évident que Galbaud n'a pas
incendié le Cap, que les incendiés sc sont jettés dans
Ses bras, que maître de disposer à son gré des équipages, comme on lc supposc, il pouvait avec 50o canons à sadisposition, foudroyer a incendier le
chasser et poursuivreles commissaires. Il pouvait se Cap, réfugier chezlEspagnol ou chez T'Anglais; il n'a rien
fait de toutcela; mais Sercey encore plus que Galbaud,
a sauvé par une sage manccuvre, o lcs hommes, les
ettés dans
Ses bras, que maître de disposer à son gré des équipages, comme on lc supposc, il pouvait avec 50o canons à sadisposition, foudroyer a incendier le
chasser et poursuivreles commissaires. Il pouvait se Cap, réfugier chezlEspagnol ou chez T'Anglais; il n'a rien
fait de toutcela; mais Sercey encore plus que Galbaud,
a sauvé par une sage manccuvre, o lcs hommes, les --- Page 50 ---
navires, les vaisseaux del'état etles richesscs
nemi convoitait depuis long-tems.
que l'enêtre lc dessein des commissaires qui, Quel le pouvait donc
à tous lcs
24 ordonnent
taires, à tous commandans, les citoyens, aux à municipalités, aux militraîtres à la patrie, de
peine d'être déclarés
mens armés
repousser. 2 détruire tous les bâtides
qui s'approcheraient à la portée du canon
besoins ports, 9 bayes et rades de la colonie. 9 même pour
pressans 7 sccours et rafraichissemens quelconques.
Cet ordre barbare a-t-il besoin de commentaire
Ne porte-t-il pas une disposition précise de détruire !
même un vaisseau échoué ; celui
ferait
de détresse : celui qui manquant de qui tout ne deman. signal
derait qu'à faire aiguade. Détruire, extermincr
lc principe chéri, suivi avec constance
, voilà
par les commissaires. Aussi la Concorde 1 transmis
tant pour faire de l'eau est repoussée à se ptésen- de
canon. Pouvait-on lui supposer des vues coup hostiles !
Supérieure en forces, elle aurait fait sa provision à
main armée; inférieure qu'avait-on à redoutcr de sa
part! sa conservation était CC qu'on ne voulait
pas.
Mais la perfidie n'a point de bornes, et elle se
dévoile d'elle-même. Sonthonax écrit le 6
1793 à Gener, aux Etats-unis, qu'il n'a nul septembre
des forces navales, et de les retenir aux Etats-unis besoin
avec les déportés et réfugiés. Treize jours
c'està-dire lc 19 septembre, les Anglais qui aprés, n'avaient
plus ces forces à combattre, qui n'avaient
encorc
mis le pied à Saint-Domingue, qui faisaient pas
de
cas des Africains. ces nouvcaux soldats de la peu république, s'emparent de Jérémie avec un seul vaisseau dc 50 canons. Sonthonax trahissait la France
évidemment, puisqu u'il convenait que lc défaut de
bâtimens de guerre l'exposait au plus grand
et que lc cabotage était intercepté.
danger, les
colons ne
Cependant
cessaient dc demander qu'on lcs envoyât
pour défendre leurs proprictés contre lennemi commun; mais il cffrayait moins lcs commissaires que
publique, s'emparent de Jérémie avec un seul vaisseau dc 50 canons. Sonthonax trahissait la France
évidemment, puisqu u'il convenait que lc défaut de
bâtimens de guerre l'exposait au plus grand
et que lc cabotage était intercepté.
danger, les
colons ne
Cependant
cessaient dc demander qu'on lcs envoyât
pour défendre leurs proprictés contre lennemi commun; mais il cffrayait moins lcs commissaires que --- Page 51 ---
le retour des colons ; et l'enlevement des caboteurs
ne fit point changer le systême si désastreux de
retenir aux Etats-unis nos forces navales. Mais avaiton bien envie d'opposer à l'Anglais la moindre résistance P Il est facile de le conjecturer par la singuliere
précaution que prirent les conimissaires de désarmer
les blancs, 1 pour confier la défense de la colonie à
la légion de TEgalité, aux hommes de couleurs ct aux
Africains. Une proclamation du 21 avril
défend
à tout citoyen de la garde nationale d'avoir 1793
lui au-delà des munitions nécessaires
chez
giberne. Celle du 27 Février 1794,rendue pour garnir sa
thonax seul, page 241, tome 8, ordonne le par désar- Sonmement de toute la garde nationale du Port-au-Prince,
pour les livrer à la seule légion de l'Egalité,
d'africains et d'hommes dc couleur. Sa composée
va plus Join; il force les capitaines du commerce prévoyance à
dégréer les navires, età transporter à leurs frais- les
dans les magazins de l'état, afin sansrien ne
f.atrmath
existe 9"Ee cet égard un puisse échapper fait au vainqueur. II
deux
rapport
parles marins. Ces
pieces sont citées dans les débats. Toutes les
places civiles et militaires furent confiées aux
de couleur. D'après ces profondes
hommes
fort Bizoton 1 en état d'opposer une combinaisons, le,
tance 1 se rend à 300 Anglais, et 200 vigoureuse résisrent aussitôt de celui de la Saline. Deux autres s'empale
jours
Port-au-Prince a où se trouvaient Polverel après
Sonthonax, 9 est livré sans
férir. Les armes et
étaient entre les mains des Africains coup et
couleur. Les blancs en petit nombre hommes dans
de
commune étaient désarmés; les autres
cette
-la plupart déportés. Ccux du
incarcérés, et
minés ou contrains de prendre Cap'avaient été cxtermoment de l'incendie.
une fuite précipitéeau
dans On la s'était opposé, comme on a vu, à leur retour
colonie i on avait soigneusement
à Genet de retenir aux Etats unis lcs forces recommandé
dont on n'avait pas besoin à
navales
qu'en effct on était décidé à le Saint-Domingue, livrer sans
puisopposilion,
. Ccux du
incarcérés, et
minés ou contrains de prendre Cap'avaient été cxtermoment de l'incendie.
une fuite précipitéeau
dans On la s'était opposé, comme on a vu, à leur retour
colonie i on avait soigneusement
à Genet de retenir aux Etats unis lcs forces recommandé
dont on n'avait pas besoin à
navales
qu'en effct on était décidé à le Saint-Domingue, livrer sans
puisopposilion, --- Page 52 ---
ainsi que les bâtimens qui se trouvaient dégréés, et
pour cause. Il est bien évident dans le systême de
Sonthonax que ce sont les blancs réfugiés et déportés qui ont vendu ct livré la colonie, dontils étaient
éloignés de 600 licues : eux qui auraient eu tant de
facilité d'aisurer la conquête aux Anglais, si
comme
ils devaient l'être de rentrer sur leurs jaloax propriétés, ils eussent eu la lâcheté de pactiser avec
l'ennemi commun 1 pour satisfaire leur vengeance ct
recouvrer les biens dont ils avaient été
avec
dépouillés
une barbarie si réfiéchie . Toute fois Sonthonax
les déclare tous émigrés. parce qu'ils ont quitté des
foyers embrâsés, et qu'ils n'ont pas eu assez de
docilité pour sc laisser entierement exteiminer.
L'impiroyable Sonthonax n'excepte pas mêne ceux
qui, détenus dans les prisons 2 ont achetés de lui
pour 165al. chacun un passeport pourt passer en France
ou à la nouvelle Angleterre. Un passeport vendu Si
cher à des milliers de citoyens déjà ruinés, 5 et à qui
il restait peut - être encore quelques Portugaises 2
quelle plus abominable concussion ! et ces hommes
trop heureux dc mettre leur vie à couvert, lorsque
tout le reste leur a été enlevé, sont déclarés traitres
envers la patrie, émigrés. dignes de mort enfin, si
aucun d'eux a le malheur de fouiller dansles ruines
encore fumantes du Cap.
Il y a de tristes et étonnantes vérités que la postérité ne voudra.jamais croire, dont les contemporains même ont bien de la peine à SC pénéirer. Eh
bien! je vais donner copie de deux passeports de
ce genre, délivrés par Sonthonax 1 avoués par lui,
ct bien connus de la commission des colonics.
CO M M ISSION CIVILE.
Nous, Léger-Félicité Sonthonax, commissaire civil
dc la répuilique, délégué aux Isles francaiscs de
l'Amériq:ie sous le ven, pour y rétablir lordre ct
la tranquilité publique;
Vu Je récipissé du tésorier-payeur de la colonic,
en date de ce jour, de la sommc de scite cen! cin-
thonax 1 avoués par lui,
ct bien connus de la commission des colonics.
CO M M ISSION CIVILE.
Nous, Léger-Félicité Sonthonax, commissaire civil
dc la répuilique, délégué aux Isles francaiscs de
l'Amériq:ie sous le ven, pour y rétablir lordre ct
la tranquilité publique;
Vu Je récipissé du tésorier-payeur de la colonic,
en date de ce jour, de la sommc de scite cen! cin- --- Page 53 ---
quante livres 1 foutnics au trésor, en vertu de l'article
premier de notre ordonnance du vingt-quatre novembre dernier 5 permettons au citoyen
Baudri de passer en France par telle voie Jean-Baptiste qu'il lui
plaira.
Fait au Port républicain, le 5 octobre 1793 1 l'an
2 de la républiquc.
Au dessous la signature de Sonthonax.
AUTRE COMMISSTON CIVILE,
Nous, Léger-Félicité Sonthonas, S:c., &c., comme
ci-dessus.
Vu le récipissé, &., &c., comme ci-dessus.
Permettons au citoyen Pierre Bail de passer en
France par Ja voie de la nouvelle Angleterre.
Fait au port républicain 1 le 18 février 1794, an 3
de la république.
Signé, SONTHONAX 2
par le comissaire civil de la république;
Signé, GAUT,
Secrétaire adjoint de la commission.
Je doute qu'il puisse ya avoir de pieces plus authentiques pourasseoir un décret d'accusation; la concussion
est manifeste 5 quelle loi autorisa jatais la vente
des passeports 2 et sur un tarif aussi élevé. Aussi
fallait-ilune ordonnance ad hoc du républicain Sonthonax, trop modeste mêmc pour prendre des
mais bien scrupuleusement attaché au protocole arrêtés;
monarchique.
Eh bien ! Français, vous croirez-vous librcs
tant de sacrifices, 2 si Tincendiaire de vos
après si
un égorgeur public peit encore impunément foyers 1
de vous 16501. pour àvoir la permission d'abandonner exiger
vos propriétés embrâsées 2 et de passer de telle
partic du territoire français sur tellar autre partic !
Peut-on plus impé.icusement demander la bouise ou
la vie de la part d'un délégué, chargé de rétablir
T'ordre et la tanquilité ! Sans : doute.après une si
de vos
après si
un égorgeur public peit encore impunément foyers 1
de vous 16501. pour àvoir la permission d'abandonner exiger
vos propriétés embrâsées 2 et de passer de telle
partic du territoire français sur tellar autre partic !
Peut-on plus impé.icusement demander la bouise ou
la vie de la part d'un délégué, chargé de rétablir
T'ordre et la tanquilité ! Sans : doute.après une si --- Page 54 ---
admirablé administration. aprèsa avoir rendu un
si exact de tant de millions
a
compte
qu'il perçus. - qu'il
trainait à sa suite sur soixante mulets chargés de 2
malles chacun, lors de sa sortie du Port-an-Prince,
lots de son entrée au Cap, il méritait bien les honncurs d'une seconde délégation, pour restaurer la
colonie, tout ainsi qu'il y avait la premiere fois rétabli l'ordre et Ia tranquilité publique; sans - doute le
veau d'or devait être adoré; sans doute tcut ce qui
était soumis au joug de sa domination, devait jeter
des fleurs sur ses pas, lui ériger des statues, comme
les Syracusains à Verrès, etle porter
leurs suffrages à siéger au corps législatif, et PT représenter lc
pcuple français, dont il a si bien mérité!
Il: ne faut pas croire toute fois que Sonthonax reste
ici sans réplique. Pour divertir l'attention 1 pour pallier et faire oublier des faits aussi constans 1 il fait
remonter jusqu'à l'assemblée constituante, la conspiration.qui a livré Saint. Domingue à l'étranger. L'assembléc avait été humiliée par elle; elle résolut de
s'en venger.
Pour cela, les colons déportés par elle a Paris
eurent des conférences avec Elliot 1 négociateur anglais : ces conférences eurent des suites dans la
seconde assemblée coloniale ; on fit des tentatives
pour amener lcs Anglais sur le territoire français,
mais elles ne réussirent pas. ( Voyez le traité passé
aux débats, 6e volume : page 94.) II - fut arrêté le 25
février 1793, par lcs députés de Saint-Domingue,
que cette colonie serait livrée à cette puissance
jusqu'i la paix générale, époque à laquelle le gouvernenent ct les puissances alliées décideraient définitivement entre clles de Ja souveraineté dc SaintDomingue.
A uucimputation aussi grave les accusateurs répondent qu'on s'est plu à annoncer plusicurs fois avec
emphase 1 Ce prétendu traité,qui n'a jamais été produit en entier. 1 ct dont On1 n'a jamais voulu faire
connaitre les signatures. Ils demandent qu'il soit produit afin de connaitre les signataircs. En elfet queis
accusés
nenent ct les puissances alliées décideraient définitivement entre clles de Ja souveraineté dc SaintDomingue.
A uucimputation aussi grave les accusateurs répondent qu'on s'est plu à annoncer plusicurs fois avec
emphase 1 Ce prétendu traité,qui n'a jamais été produit en entier. 1 ct dont On1 n'a jamais voulu faire
connaitre les signatures. Ils demandent qu'il soit produit afin de connaitre les signataircs. En elfet queis
accusés --- Page 55 ---
accusés, quels jurés se croiront convaincus
simple fragment de la pièce qui seule peut constater d'après un
délit, ct dont on nc donne, pas à connaitre les
le
tures; se fonderait-on sur un écrit anonime; signasigné Par de véritables émigrés, avant supposé,
débats shar UIl traité d'une si haute
d'ouviir des
incontestablement être
importance ; il doit
de concevoir comment communiqué, et il cst difficile
jusques-là, commen't la Sonthonax a pu en argumenter
à une demande aussi légitime. commission a pu se refuser
Dans l'extrait même qu'on nous donne de cette
piece, il y a de quoi confondre Sonthonax
défenscurs. qui ont toujours selon eux
et ses
rendre indépendans, tandis que le traité
voulu les
au gouvernement et aux puissances alliées cité, de décider réserve
dchuitivement à lpaix, de la souveraineté de SaintDominguc. Peut-il ou pense-illes regarder comme indépendans 1 quand ils réservent au
aux puissances alliées de décider gouvernement et
souveraineté du
Au
entre elles de la
pays?
reste toute
ne peut faire la matiere d'une accusation piece informe
et jusqu'à cC que l'écriture et les signatures sérieuse; soient
connues, avouées, ou vérifiées, on ne
ment y avoir égard.
peut absoluA cette occasion, , Sonthonax soutint
son du quartier de la Grande-Anse, que la livrailittérale du traité passé à Londres; est le l'exécution. 25
vrier 1795.
féA dicu ne plaise
jamais je justifie des actes
qui prononcentla i5dtce et si quelque chose
atténuer le reproche fait aux habitans de
peut
c'est la position affreuse dans laquelle ils Jérémie 2
vaient. Le Port-au-Prince avait été
se trouavait été incendié ; une armée de trente canonné; mille le Cap brigands était campée près de
et
à
Jérémie 1
cherchait
l'envahir; déjà une proclamation des
Polverel et Sonthonax, 2 mettait hors la commissaires loi la municipalité en masse 7 et toutes les
ce quarticr; ; déjà une autre proclamation administrations levait de
imposition de deux cent mille livres sur la
une
dc Jérémie, et il y était dit que si cette commune somme
r
endié ; une armée de trente canonné; mille le Cap brigands était campée près de
et
à
Jérémie 1
cherchait
l'envahir; déjà une proclamation des
Polverel et Sonthonax, 2 mettait hors la commissaires loi la municipalité en masse 7 et toutes les
ce quarticr; ; déjà une autre proclamation administrations levait de
imposition de deux cent mille livres sur la
une
dc Jérémie, et il y était dit que si cette commune somme
r --- Page 56 ---
n'était promptement comptée 1 les dix plus belles
habitations seraient à l'instant sequestreh.jusqu'a ce
que Timposition eût été remplic ; déjà Rigaud,
Pinchinat, et l'Etang, délégués de ces proconsuls
insolens, avaient l'ordre de faire arrêter tous ceux à
ils préteraient dcs intentions suspectes. Voilà
Rcuacie vérité ; tous ces détails, toutes ces proclamations et les ordres qui les accompag agnent, ont été
lus et discutés dans les débats ; le silence de la
commission des colonies ne parait-il pas au noins
inconcevable?et cependant cette commission a trouvé
Sonthonax ne pouvait être acccusé. Dans la
cruelle que
alternative où se sont trouvés lcs habitans de
la Grande-Anse, ils ont livré leur pays, en accusant
la France de lcs avoir réduits au désespoir, par T'envoi de ceux qui gouvernaient par tant d'atrocités.
Sonthonax attribue à Galbaud les succès de l'ennemi; c'est selon lui à dater de l'époque de son
arrivée qu'ont commencé les tralisons. Ii avait donné l'ordre à Neuilli d'arrêter les commissaires civils,
qui, épouvantés de n'avoir pu parvenir à cette arrestation 1 se sont retirés chez 1'Espagnol. Le Môle ct
Jérémie se sont livrées les premieres à l'Anglais
après que lcs hommes de couleur en avaient été
chassés : d'oà il conclut que les blancs ont donné
l'exemple de la trahison. Les Anglais devenus maitres de différens poris de la colonie 1 Lassalle 2 commandant par intérim, abandonna la France pour passer
de lenr côté.
Ce sont les Anglais qui publicrent le décret du
16 juillet 1793, portant destitution des commissaires
civils, et aussitôt sept des principales communes
de l'Ouest les abandonnerent pour se livrer aux
Anglais. On a voulu s'emparer des commissaires civils
et les assassiner : c'est ainsi que Sonthonax prétend
établir sa justification par de simples allégations.
Quant aux bâtimems tombés au pouvoir de l'ennemi, lors de la prise du Port-au-Prince 1 il donne
lecture d'ure lettre par lui écrite daus le tems à
Rochambeau,a) Ja Martinique, pour Tavertir du dénu
ment où il se trouvait, et lui deinande de lu
aux
Anglais. On a voulu s'emparer des commissaires civils
et les assassiner : c'est ainsi que Sonthonax prétend
établir sa justification par de simples allégations.
Quant aux bâtimems tombés au pouvoir de l'ennemi, lors de la prise du Port-au-Prince 1 il donne
lecture d'ure lettre par lui écrite daus le tems à
Rochambeau,a) Ja Martinique, pour Tavertir du dénu
ment où il se trouvait, et lui deinande de lu --- Page 57 ---
envoyer une escadre si il y en : avait une, comme
on le disait,afin de défendre le convoi de quarante
navires, chargés de denrécs coloniales : il ajoute
s'il a marqué à Genct le desir d'éloigner des côtes que
de SaintDomingue lcs vaisseaux qui s'étaient embossés contre le Cap,le 20,9 21 et 22juin. c'est parce
que Ics équipages s'étaient révoltés, et ne pouvaient
que favoriser les projets des Anglais.
On voit tou ujours le même systême. Ces vaisseaux
rebelles partant du Cap allaient, disait Sonthonax,
se livrer eux et leur convoi, à l'Anglais, à TEspagnol ; néanmoins contrc cette 1 assertion tout a été
sauvé. Dans la crainte que ces forces nayales ne secondassent les projets des Anglais, il les tient éloignécs des côtcs de Saint-Domingue; il demande une
escadre qui n'existait pas à la Martinique, ou dont
on ne pouvait disposer 1 et Saint-Domingue tombe
aussi-tôt au pouvoir des Anglais ! Oh profondeur de
la sagesse des délégués de la métropole ! Combien
la république est heureuse d'avoir des commissaires
doués d'une aussi grande pénétration ! Comme ils
savent lire dans l'avenir ! Avec quel zele, avec
succès ils préparentleurs moyens de défense ! Oh qu'ils quel
sont précicux CCS hommes uniques, pour assurer les
grandes destinées des Nations !
Sonthonax observe que les Anglais se sont
trois fois devant le Port-au-Prince
présentés
1 qu'ils furent repoussés deux fois 6 que la derniere ils avaient deux
vaisseaux de 74, un de, 64, un de 50, et six frégates, 1 douzc bâtimens de transports, et une infinité
de goélettes. Ils s'cmparerent du fort Bizoton,
ne fit aucune résistance 1 et ensuite du Port - au- qui
Prince, par la trahison des factieux qui y dominaient
encore.
Quels pouvaicnt donc être ces factieux qui dominaient encore? les blancs. Ils étaicnt déportés incarcérés, et le reste, en bien petit nombre, désarmés;
les factieux étaient donc les nouveaux républicains de
Sonthonax, armés exclusivement, qui ne lâcherent
pas un coup de fusil.
Au sujet du traité passé à Londres, l'accusé sOP.
D2
1 et ensuite du Port - au- qui
Prince, par la trahison des factieux qui y dominaient
encore.
Quels pouvaicnt donc être ces factieux qui dominaient encore? les blancs. Ils étaicnt déportés incarcérés, et le reste, en bien petit nombre, désarmés;
les factieux étaient donc les nouveaux républicains de
Sonthonax, armés exclusivement, qui ne lâcherent
pas un coup de fusil.
Au sujet du traité passé à Londres, l'accusé sOP.
D2 --- Page 58 ---
tient que les accusateurs doivent mieux le connaitre
que lui, qu'il est l'ouvrage de ceux qui ont imprimé qu'il était nécessaire de conserver à l'Angleterre
SCS possessions dans l'Archipel du Mexique.
Les Colons répliquent, ce n'est point par des divagations qu'on établit des faits, représentcz-nous des
pieces authientiques. Ils lui demandent à leur tour',
comment il lui a fallu assiéger le Port-au-Prince par
terre et par mer en avril 1793, lâcher trois ou quatre
mille coups de canon pour s'en emparer : comment
il l'a rendu lui-même en juin 1794: suns tirer un
seul coup de canon, ayant sous sa main une armée
nombreuse, et étant débarrassé des blanes, expulsés,
désarmés ou emprisonnés. Au surplus : lon a avancé
que les Anglais, reconnaissans de cette complaisance, n'avaient pas permis qu'on inquiétât dans leur
fuite les commissaires ni leurs mulets.
Sonthonax répond, qu'à la vérité lcs avant-postes
du Port-au-Prince avaient été mal gardés. mal défendus, et que sans lc décret qui venait d'arriver,
portant sa destitution, et le mettait hors d'état de
faire aucun acte de juridiction : il aurait envoyé à la
Convention le chef de la force arméc.
Il est bien étonnant que Sonthonax, aussi-tôt son
retour, n'ait pas fait connaitre à la Convention l'ineptic ou la trahison qui avait livré aux Anglais la
seconde place de la Colonic; devenue la premiere
depuis lembràscment du Cap. Mais il fallait asseoir
cette accusation sur des pieces, 1 Tappuyer sur la déposition des' témoins 1 et Sonthonax qui veyt être
cru sur parole, redoute les picces autant que les témoins.
falSur les passe: ports. . Sonthonax prétend qu'il
lait du moins que lcs Colons qui quittaient la Colonie, payassent unc somme en remplacement du service militaire.
Les Colons deinandent quels services militaires pouvaient faire des hommes désarmés, déportés, incarcéiés, des enfans de douze ans, les femmes mêmes
qui payaient 1000 livres leur passe-port. lls ajoutent
tous CCs hiomnes étaient coupables ou innocens : cou-
.
falSur les passe: ports. . Sonthonax prétend qu'il
lait du moins que lcs Colons qui quittaient la Colonie, payassent unc somme en remplacement du service militaire.
Les Colons deinandent quels services militaires pouvaient faire des hommes désarmés, déportés, incarcéiés, des enfans de douze ans, les femmes mêmes
qui payaient 1000 livres leur passe-port. lls ajoutent
tous CCs hiomnes étaient coupables ou innocens : cou- --- Page 59 ---
pables, la loi du 4 avril vous enjoignait de Ics faire
passer cn France, et ils n'avaient pas besoin d'acheter de passe-ports : innocens, pouviez-vous les déporter, rançonner lifuocence, lui vendre 1650 liv.
s2 liberté?
Santhonax soutient qu'il avait lc droit d'assnjétir
les femmes et les enfans au remplacement 5 que les
femmes avaient des propiétés qu elles devaient payer
ceux qui les défendaient; qu'ilavait dà en user, ainsi
envers Jes déportés.
lies Colons reprochent à l'accnsé une proclamation
du 27 décembre 1793.. qui défend aux femmes d'cnvoyer à bord aucuns de Jeurs effets : déclarant que
les contrevenans seraient réputés émigrés, et fusillés
sans autre forme de procés. Et voilà la législation
de Saint-Domingue sous Je joug de la domination de
Sonthonax ! Quoi, une femme qui a acheté 1000l.
Ja permission de se soustraire à une si cruelle oppression. n'aura pas la faculté d'cmnbarquer aucuns
de "ses cdets ! Qnoi, une femme qui aura soustrait
quelques nippes , un trousseau 1 je vais plus loin 1
quelques denrées pour subsister 1 au moins quelque
tems : sur une terre inconnuc, cette femme sera déclarée émigrée, et comme telle fusillée ! Est-il une
3me asscz barbarc pour adopter, pour exécuter une
pareille loi! Voila, sans doute, un nouveau genre
d'émigration bien commode pour celui qui annonçait
au gouvernement que toutes les proprictés de SaintDominguc étaient biens nationaux ; que tous les Colons déportés ou assassinés, élaient des révoltés justement condamnés ; que tous leuis biens appartenaient
de picin droit au fisc ; qu'il y en avait pour plus
de 14 milliards, et que les réfugiés n'étaient.p point
à plaindre 3 qu'ils étalaient un luxe insolent aux ÉtaisUms. Et Ton conçoit commcnt des hommes, des
femmes échappés au fer, aux flammes, s'embarquant
cn foule précipitamment, d'autres sortant des prisons
à force dargent, à qui on fait défense d'emporter
leurs eifets sous peine d'être fusillés, sont dans le
cas détaler un luxe insolent. Et l'on feint de croire
Southonax 1 lorsque I Univers entier sait
les ÉtatsB 3
ient un luxe insolent aux ÉtaisUms. Et Ton conçoit commcnt des hommes, des
femmes échappés au fer, aux flammes, s'embarquant
cn foule précipitamment, d'autres sortant des prisons
à force dargent, à qui on fait défense d'emporter
leurs eifets sous peine d'être fusillés, sont dans le
cas détaler un luxe insolent. Et l'on feint de croire
Southonax 1 lorsque I Univers entier sait
les ÉtatsB 3 --- Page 60 ---
Unis ont généreusement accucillis tant de victimes
innocentes de la plus profonde scélératessc ; qu'ils leurs
ont donné Thospitalité ; qu'ils ont subvenu à leurs
besoins, et que ces vrais amis'de T'humanité ont fait
d'utiles et abondantes collectes à cette occasion. Qiel
contraste frappant entre cette prétendue philantropie
qu'on voudrait accréditer, qui n'emploic contrc les
citoyens que les bayonnettes et les fusillades, et celle
des Anglo-Américsins, qui se dépouillent pour revé1 tir des étrangers dénués de tout.
Sera-t-on éionné d'après de si belles promesses .
d'après une si gloricusc administration, que Sonthonax ait été renvoyé une seconde fois à Saint-Domingue pour y mettre la derniere main au grand-ceuvre
entrepris sous d'aussi heureux auspices 1 et qu'un fatal décret surpris à la Convention, avait interrompu.
0 altitudo sapientia ! Combien ces profordes combinaisons sont au-dessus de mes faibles conceptions!
Ccmbien je fus imprudent lejour oû. prévoyant de
nouveaux désasstrcs, je proclanai à la tribunc que
jc rendais responsables envers la nation, les auteurs
des choix funestes que tout le monde pressentait déjà,
lorsqu'on demanda à être autorisé à envoyer de nouveaux commissaires à Saint-Domingue.
Le dixiême chef d'accusation est davoir dilapidé le
trésor public et envahi les fortunes particulières. Les
accuseursévaluent à 15.6oo,00ol.T'imposition du quart
dans' la partie du Nord,à 5,650,000 I. les impositions
volontaiies dans Ics partics du Sud et de J'Ouest 1 la
France a envoyé lc 29 décembre 1792 deux cents
quatre-vingt-dix: mille piastres gourdes, à 8liv. 5sols,
qui ont été versées dans la caissse de l'extmordinaire 3
qui a accusé réception ; lc Cap a été assujetti à une
imposition forcée de 673.000 1. ct le Port-au-Prince à
une contribution de 450,000 1. Etiennc Lavaux avoue
dans une lettre, avoir perçu sur cette dernière somme
140,000 liv. cn numéraire et le reste en denrée. Il y
avait encorc différentes recettes - celle des épargnes 1
ccllc des aubaines, celle des batardises, celle des deshérences, celle dcs confiscations maritimes, celle des
droits suppliciés, celle des droits municipaux, celie
. ct le Port-au-Prince à
une contribution de 450,000 1. Etiennc Lavaux avoue
dans une lettre, avoir perçu sur cette dernière somme
140,000 liv. cn numéraire et le reste en denrée. Il y
avait encorc différentes recettes - celle des épargnes 1
ccllc des aubaines, celle des batardises, celle des deshérences, celle dcs confiscations maritimes, celle des
droits suppliciés, celle des droits municipaux, celie --- Page 61 ---
des libertés, celle de I'octroy. Quel vaste champ !
Quel champ plus fécond pour un dictateur qui réunissant tous les pouvoirs dans ses mains, disposant
de tout, cassant toutes les autorités à son gré, ne
rencontrant nulle part aucun contradicteur 9 aucun
vérificateur, a encore été dispensé de rendre aucun
comptc ! Est-il donc étonnant qu'un pareil commissaire
ait étonné, scandalisé chacun par un luxe effréné au
milieu de la détresse générale ! Il n'y avait point de
navire qui en partant ne payât 30, ou 40 mille livres.
Pendantlescjour des commissaires il en est parti 59 de
long-cours 1 il est parti pour la nouvelle Angleterre
un convoi de 87 navires, en tout, 156 navires. 1 qui
ont produit au moins 4,600,000 liv. : on a encore
fait verser dans la caise publique la recette dès succcssions vacantes qui avait tous ses fonds depuis
cinq ans,en vertu d'une proclamation de Polverel et
Sonthonax: 1 du 2 avril 1793 - rapportée aux débats 1
page 128, tome 9, quienjoignait de verser sous quinze
jours toutes les sommes non-reclamées; cet objet était
très considérable. Par une autre proclamation du 5
mai 1793 : rapportée page 131, tome 9; les commissaires ont mis entre lcs mains de la république.lcs
biens des religieux et religieuses, objet non-moins
considérable que le précédant.
On a sequestré au moins 50 habitations de véritables émigrés; leur produit a été très-considérable
aussi, et mérite bien de figurer dans le chapitre des
comptes à rendre.
On a en outre sequestré beaucoup d'habitations 9
dont les propriétaires en France ont produit leurs
certificats de résidence: ; les revenus n'en ont pas
moins été versés dans la caisse générale, et doivent
aussi entrer en ligne de compte.
Dans la partie de T'Ouest on a vendu au profit
du fisc, quantité de bicns séquesirés 1 et pour des
sommes Les commissaires incalculables. ont dissous la société des amis de
la Convenrion, et fait entrer 132,000 qu'ils avaient
dans une caisse de bienfaisance, destinée à secourir
les malheureux et les malades dans les hôpitaux.
été versés dans la caisse générale, et doivent
aussi entrer en ligne de compte.
Dans la partie de T'Ouest on a vendu au profit
du fisc, quantité de bicns séquesirés 1 et pour des
sommes Les commissaires incalculables. ont dissous la société des amis de
la Convenrion, et fait entrer 132,000 qu'ils avaient
dans une caisse de bienfaisance, destinée à secourir
les malheureux et les malades dans les hôpitaux. --- Page 62 ---
Des richesses immenses 1 provenant des fouilles
du Cap;tous les métaux précieux ; lor, l'argent en
vaissclle; les bijoux d'une ville si opulente ; on évaluc à 150 millions ces produits 7 que les commissaires ont fait apporter dans la maison du Grigri,
habitée par eux. Sonthonax a fait à sa porte un
encan public des bijoux du Cap.
Toutes les sommes prove antes de tant de passeports 1 vendus injustemeut dans le principe, ct dont
au moins il convient de justifier l'emploi.
Cependant les troupes manquaient dc tout, ne
touchaicnt pas leur solde.
Cependant lon avait tiré sur le trésor national
20,860,000 liv.; les Etats-Unis d'Amérique devaicnt
32,500,000 : la majeure partic a été acquittée sur la
demande de Sonthonax et Polverel. Est - il dopc
étonnant que l'on demande ccmpte de plus de
250,000,000 liv. en numéraire ? N'est-il pas ctonnant
au contraire que le gouvernement, dans des momens
de détresse, entouré de dilapidateurs bien connus,
dispense de rendre compte. donne de nouvelles
commissions 2 sollicitc chaque jour de nouveaux
impots, lorsque la plus abondante, la plus douce,
la. plus légitime des perceptions 1 scrait le recouvrement des sommcs escroquécs par les sangsues publiqui se partageant chaque partie d'administraSecr dévorent la substance du peuple ct ia fortune
publique?
Oh"' Annibal, que dirais-tu si ft vivais parmi
nous ! Tu renouvellerais sans - doutc les conscils que
ta sagesse donna à Carthage, qui. dans un monicnt
de détresse, après une guerre longuc ct malhenrense,
se croyait réduite à recourir à de nouveaux subsides,
dont on ne savait pas même sur quoi fouder
tu
Passiette;
dis à tcs concitoyens : Apprenez à faire un
meilleur emploi de vos forces : faires regorger tout
ce qui vous a été dérobé, et vous trouverez de quoi
assurer le service. Les Carthaginois le crureut 1 et ils.
n'eurent plus besoin d'impositions extraordinaires.
Oui,ma patrie, tu as de grandes ressources; clles ne
sont pas inépuisables ; apprens à Çn mieux user;
on ne savait pas même sur quoi fouder
tu
Passiette;
dis à tcs concitoyens : Apprenez à faire un
meilleur emploi de vos forces : faires regorger tout
ce qui vous a été dérobé, et vous trouverez de quoi
assurer le service. Les Carthaginois le crureut 1 et ils.
n'eurent plus besoin d'impositions extraordinaires.
Oui,ma patrie, tu as de grandes ressources; clles ne
sont pas inépuisables ; apprens à Çn mieux user; --- Page 63 ---
C:1 n'envicras pas à'la Grece un Aristide. quand te
sauras remplacer les Silhouctte. les Terray par des
Sulli, par des Colbcrt. Le, génie de la liberé, qui
prodnit parmi nous tant de héros - nous fournira
aussi des milliers d'excellens administrateuts, économes
ct bons comptables :
Un autre que Sonthonax aurait pu se trouver embarrssé: mais fécond en ressources 2 il dit : IO Qn'it
ne doit aucun compte; que pour rendre an - compie
en finance il faut avoir administré les finances.
20 Que s'il devait un compte CC serait aux commissaires de la Convention ct non aux colons : qu'an
surplus. : combattant par honneur - il répond que le
tableau des levenus est fort exagéré; que son administration n'ayant duré que vingt mois : il aurait fallu
que le rcvena cût été de 125 millions par an 1 pour
attcindre les 250 millions aaxquels les colons portaient la recctte; que ce recouvrement était d'ailleurs
impossible. lorsque les deux tiers de la province du
Nord étaient incendiés, et la presque totalité de la
province du Sud; que les produits de la colonie,
dans un tems de prospérité 1 n'excédaient pas 30
millions par an ; il nic que l'imposition du quart
ait pu produire 15,500,000 ; selon lui les borderaux
de recette ct dépense dc la subvention du quart 1
n'excedent pas-2.500,000 liv. Il ajoute que lcs colons
n'ont point prouvé que les impositions volontaires du
Sud et de l'Oucst aient été perçues ; il prétend se
disculper d'avoir fait des sequestrations injustes ;
il avance même qu'il a empéché le sequestre d'une
grande quantité dhahitations. 9 dont Jes propriétaires,
à raison de la guerre - pouvaient avoir été empêchés
de faire passer tous les six mois les certificats
par la loi: il reconnait avoir rcçu les 290,000 exigés piastres gourdes, subsides bien léger pour les dépenses
de la colonie : plus, les 450,000 de la contribution
du Port-au-Prince. 1 employés pour achats de comestibles, salaisons et farine ; lcs 670,000 liv. de la
contribation du Cap 1 n'ont jamais été payécs, car
lincendie est arrivée 3 ou 4 jours après S3 proclamation, qui n'était qu'une ordonnance pour con-
reconnait avoir rcçu les 290,000 exigés piastres gourdes, subsides bien léger pour les dépenses
de la colonie : plus, les 450,000 de la contribution
du Port-au-Prince. 1 employés pour achats de comestibles, salaisons et farine ; lcs 670,000 liv. de la
contribation du Cap 1 n'ont jamais été payécs, car
lincendie est arrivée 3 ou 4 jours après S3 proclamation, qui n'était qu'une ordonnance pour con- --- Page 64 ---
traindre les babitans à satisfaire les capitaines américains. Les débiteurs se sont enfuis; la république a
payé pour eux. Au reste les droits d'octroy étaient la
nuls ou presque nuls, ce qui a été reconna d'hommes par
commission intermédiaire 1 formée alors
dans le sens des colons.
d'Aubaine, BaEnfin les caisses de Deshérence,
arrivée; elles
tardize, Liberté, étaient vuides à son
tirer
n'offraient plus de ressources; on commençait à
n'avait plus de remise
sur la Métropole; Philadélphie
vacantes devait
à faire. La caisse aux successions T'assemblée coloniale y
être mal garnie 9 puisque
du 4 novembre
avait puisé 1 par T'arrêté qu'il rapporte
1792. il n'a point touché à la caisse des amis de la Convention, seulement il l'a faite administrer par les commissaires de la municipalté du Cap. ( sans doute par
les
Les fouilles du Cap,a
respect ponr
proprietés). lieu avant les fouilies,
raison du pillage qui a eu
liv., suivant une
n'a pas produit au-delà de 500,000 des détails à ce sujet, et
lertre de Wante, qui donne la trésorerie de 20 à 30
convient avoir fait tirer sur s'élevait à 5 millions
millions, paice qne la dépense inillions pour. son admipar mois, ce qui fait cent
été
en assignats.
nistration. Les 30 millions ont
payés
d'ordonIl y a eu plus de 20 millions, non payés ct du Sud.
nances 1 tirées sur les provinces de l'Ouest
sur
Le tirage sur les Etats-Unis était des au-delà délégations de trois
le congrès. Il n'a pas di monter la France.
millions sur 32 qui étaient dis à
Jamais de
on n'a mis plns de 4 millions à la dette disposition des Amé
ladministration de la colonie,sur la
ricains ; en sorte qu'on ne doit évaluer que sept est
millions en tout sur les Etats - Unis. 11 dit quil
absurde de penser que la colonie ait absorbe'la notoriété prestotalité de la dette, puisquil cst de
que
les colons réfugiés reçoivent chez les
publique 1 que
de plus 1 la station de
consuls des sommes énormes; des Eats-Unnis 1 a
Saint-Domingue dans les poris
imputées sar
encore occasionné de grosses dépenses,
la dette des Anglo-Americains.
sept est
millions en tout sur les Etats - Unis. 11 dit quil
absurde de penser que la colonie ait absorbe'la notoriété prestotalité de la dette, puisquil cst de
que
les colons réfugiés reçoivent chez les
publique 1 que
de plus 1 la station de
consuls des sommes énormes; des Eats-Unnis 1 a
Saint-Domingue dans les poris
imputées sar
encore occasionné de grosses dépenses,
la dette des Anglo-Americains. --- Page 65 ---
5g
Enfin il termine en disant que s'il avait vouiu
voler il en avait tous les moyens, sans pouvoir étre
découvert 1 mais qu'il ne se glorifie pas d'avoir
rempli soi devoir, en comptant du produit de 400
barils de petit salé, dont il pouvait s'emparer sans
que personne s'en doutât.
Les Colons opposent à l'accusé sa lettre en date
du Il janvier 1793 à la commission intermédiaire.
dans laquelle il lui demande de quel droit ellc s'in- 1
gere dans l'administration des finances. Ils citent différens comptes apurés par la commission intermédiaire
et approuvés par lui. il se mélaît donc de l'administration des finances, et ne voulait pas que d'autres
s'en mélassent. Les accusateurs disent encore qu'il. ne
faut pas comparer les anciens produits avec ceux de
l'administration dcs commissaires 2 puisqu'avant eux
l'imposition du quart des revenus n'existait pas. On
ne connaissait pas d'impositions volontaires ni forcées,
de versemens de caisses particulieres 1 de séquestrations, de confiscations, d'enlevemens de caisses
vées,ni des incendies dont les fouilles faites, ,au
prides malheureux devinrent des opérations fiscales. dépens
Un calcul très - exact, disent les Colons, fait sous
l'administration précédente, sur une pétition du commerce de Nantes, porte les revenus de la
du
Nord à I80 millions. En supposant que les partie malheurs
de Saint-Domingue aient réduit ces revenus au tiers,
cC tiers s'élevait encore à 60 millions, dontle quart
pourla subvention était bien de 15 millions, et non
pas de 2,500,000 livys comme Sonthonax l'évalue.
Les Colons conviennent que la dépense a
s'élever à 5 millions par mois, sous l'administration pu des
commissaires qui a duré 2I mois, ce qui ferait 125
miltions. Qu'est donc devenu le surplus, puisqu'il est
rentré plus de 250 millions dans la caisse
Encore si la troupe, si les marins avaient été générale?
mais chaque jour ces militaires demandent leurs payés, décomptes 5 ils persistent à dire : les caisses étaient
nes à l'arrivée des commissaires, aujourd'hui plei- elles
sont vuides, et la colonie est perdue.
II La commission des Colonies considérant quel le
ce qui ferait 125
miltions. Qu'est donc devenu le surplus, puisqu'il est
rentré plus de 250 millions dans la caisse
Encore si la troupe, si les marins avaient été générale?
mais chaque jour ces militaires demandent leurs payés, décomptes 5 ils persistent à dire : les caisses étaient
nes à l'arrivée des commissaires, aujourd'hui plei- elles
sont vuides, et la colonie est perdue.
II La commission des Colonies considérant quel le --- Page 66 ---
onzieme ct dernier chef d'accusation a pour objet de
constater la validité de l'élection de Saint-Domingue
ct dc les inculper, qu'elle n'a pas de pouvoirs pour
recevoir des dénonciations contre les représentans du
peuple, mcins encore pour laisser débattre devant
clle la validité dc leurs électious, que la convention
a renvoyé au comité de législation toutes les dénonciations qui ont eu lieu contre lcs représentans du
peuple, et particulierement cclles quc lcs Colons ont
faites contre les députés de Saint-Domingue, arrête
que les débats sont terminés.
Les piéces concernant cette députation ont été envoyées au comité de législation : Garan - Coulon,
vous en étiez membre, vous êtes encore son organc.
En ce moment sans-doute vous donnerez satisfaction,
ou au moins vous remettrez les pieccs à ceux qui en
ont fait le dépôt.
Les Colons rappellent à Sonthonax qu'il s'cst porté leur accusateur dans lei cours de la discussion ; ils le
somment de produire .contre cux les picces quila,et
lui portentle déf formel de rien prouver àleur charge.
Sonthonax convient d'avoir accusé quelques' CoIcns. mais qu'il ne doit pas entrer dans de nouveaux
débats. Quand il accusera. il le fcra comme fonciionnajre public et magistrat. Il promet dc présenter à la
commission des Colonies et à la Convention Scs recherches sur les troubles de Saint-Domingue, dans
un mémoire justificatif.
Lcs Colons soutiennent que le décret en vertu duquel ils sont cn présence de la commission, porte que
les débats seront ouverts entre les accusateurs ct lcs
accusés; or si Sonthonax se porte accusatcur, il doit
discuter avec cux, pourquoi ils le somment de lc faire
inconinent. La commission arrête qu'il n'y a pas licu à délibérer sur la demande des Colons ; clle parait néanmoins
fondéc en justice, et mcttre cn demeure à CCt égard
le commissaire Sonthonax. A-t-il ellectivement fourni ià
la commission SCS secheichessmsf'ongine des troublesde
S-Domingue? Aurait-il avant son départ fourni des notes pourle rapporteuret corrigé les épreuves, commc la --- Page 67 ---
chose a été avancée par des hommes dignes de foiie
n'en sais rien? Dans une discussion contradictoire
quia duré 6 mois entiers, commencée le II pluviose
an 5, terminée le 2 fructidor de la même année, ily
a près de 30 mois, et dont parait à peine en ce moment le premier des trois volumes promis,Jaurais desiré qu'en écartant toute érudition, et négligeant au
besoin les grâces du style, on se fàt exactement renfermé dans. les différens chefs d'accusation, et que les
allégations et dénégations respectives eussent été
les seules
authentiques et
/
an 5, terminée le 2 fructidor de la même année, ily
a près de 30 mois, et dont parait à peine en ce moment le premier des trois volumes promis,Jaurais desiré qu'en écartant toute érudition, et négligeant au
besoin les grâces du style, on se fàt exactement renfermé dans. les différens chefs d'accusation, et que les
allégations et dénégations respectives eussent été
les seules
authentiques et
/ préciées d'après
pieces
les
déposition des témoins. J'en ai indiqué plusieurs;
faits dontils prétendaient avoirà rendre compte étaient
graves 5 plusieurs n'étaient ni Colons ni militairess
dans tous les cas il pouvait être prudent d'entendre
ceux qui étaient présens lors des affreux désastres de
la Colonic. Ils ont été écartés, ceux quiétaient arrivés,
et en arrestation au Hâvre au nombre de 192, ceux
qui étaient détenus au château dans la ville et dans
les hopitaux de Brest, où manquant des choses.
indispensables 1 il en périt de misere plus: de
cyet
d'après une liste officielle signée, que jai vue, aingi
plusicurs de nos collegues. Ils disaient fonnelRmebte dans une pétition présentée aux comités de
salut public, de sureté générale, de la marine et à
la commission coloniale : 21 Nousavons vu dans les par
piers publics linvitation faite par cette commissionà
tout individu qui aurait des renscignemens à donnef,
de les commuiquer directement à cette commission,
nous avons le plus ardent desir de répondre à ses
vues. Dès que nous fàmes arrivés:à Brest, avant que
la flotte qui amenait le riche convoi de Saint - Domingue ne mouillât, l'ordre fat donné de consigner à
bord tous les passagers venant de Saint - Domingue.
Peu de jours après, les membres du comité révolutionnaire passerent à bord pour mettre les scélés sur
nos effets et papiers, et en firent transporter une' partie au parqaet du tribunal révolutionnaire. après quoi
on nous permit de débarquer. Nous demandamesdes
passe-ports pour Paris qui nous furent refusés. On
forma une commission oû tous les Colons furent som-
ne mouillât, l'ordre fat donné de consigner à
bord tous les passagers venant de Saint - Domingue.
Peu de jours après, les membres du comité révolutionnaire passerent à bord pour mettre les scélés sur
nos effets et papiers, et en firent transporter une' partie au parqaet du tribunal révolutionnaire. après quoi
on nous permit de débarquer. Nous demandamesdes
passe-ports pour Paris qui nous furent refusés. On
forma une commission oû tous les Colons furent som- --- Page 68 ---
més de porter la déclaration de ce qu'ils
savoir concernant les troubles de Saint - pouvaent
Nous fûmes obligés de porter devant clle Domingue. les griefs
que nous avons contre les dévastateurs de Saint -Domingue; ceux qui oserent dire la vérité, furent 2 arrétés et conduits au château ; les autres craignant un
pareil sort garderent le silence. Plus de 60 d'entre
nous sont encore incarcérés, réduits à de très : mauvais pain et à l'eau, età la surveillance la plus inquisitoriale, pour empêcher que nos plaintes ct nos
missemens ne fussent entendus. 29 Ainsi, lorsqu'on sem- géblait appeler dans les papiers publics la vérité. on incarcérait ceux qui pouvaient la faire éclorc. ou au
moins éclairer les débats. On comptait alors deux à
trois mille Colons en arrestation dans les
fus assez heurcux. 1 par une motion d'ordre 1 d'obtenir ports. Je
leur liberté; et voilà l'origine des connaissances
jaiacquises sur cette colonic, et de l'intérêt que m que ont
inspiré toutes les calamités qu'ont éprouvés,
vent encore ses
qu'éproutrop infortunés habitans. On leur a
reproché de n'être pas venus en France; mais les déportés, les réfugiés eureat-ils le tems ct les moyens
de préparer leur départ, de choisir leur asile ? Proscrits, fusiliés, poursuivis parle fer eti parla
dénués
fiamme,
de tout, ils saisissent la seule occasion qui se
présente de pourvoir à leur salut. Deux à trois mille
incarcérés ou arrêtés dans les différens ports de la république, par la seule raison qu'ils venaient de SaintDomingue 2 visités comme à Brest par une commission révolutionnaire qui enleve le peu qu'il avaient
sauvé, papiers et autres effets; tout cela était-il bien
propre àles déterminer de venir chercher des bastilles ou la mort sur la terre de la liberté.
Oui, ce qui s'cst passé à Saint-Domingne avait de
grands rapports avcc ce que nous avons vu CI Francc;
c'est unc forte branche de la vaste conspiration tramée
contre la République : même systémc de pillage, d'incarcération, d'incendie, d'extermination qui a existé
dans Ja Vendée; le mênie génie a dirigé les événemens du mêmc genre 1 a trop long-tems étouffé la
vérité. Laissons -là se produire dans tout son jour,
à Saint-Domingne avait de
grands rapports avcc ce que nous avons vu CI Francc;
c'est unc forte branche de la vaste conspiration tramée
contre la République : même systémc de pillage, d'incarcération, d'incendie, d'extermination qui a existé
dans Ja Vendée; le mênie génie a dirigé les événemens du mêmc genre 1 a trop long-tems étouffé la
vérité. Laissons -là se produire dans tout son jour, --- Page 69 ---
non
rappcler de fâcheux souvenirs que toutefois
lc C.RPE dc Thistoire ne laissera point échapper; mais
pour réparer les plus criantes injustices 1 pourrayer de
la liste des émigrés dix mille Colons impitoyablement
chassés de chez eux, qui n'ont jamais pactisé avec
l'ennemi, qui n'ont cessé de Porter leurs regards attendris sur leur patric, de réclamer son appui, son
assistance pour rentrer sur des propriétés en cendres
et couvertes de sang, dont ils ont êté expulsés par le
feu, les poignards etles bayonnettes, entin pour préparer la restauration denos Colonies, source inépuisable de richesses, aliment indispensable de nos manufactures ct de notre commerce, la pépiniere de ces
marins quisemblent aujourd'hui balancerles destinées
des plus puissants empires.
doute
Loin de nous quiconque peut révoquer en
les avantages des Colonies pour leurs métropoles !
Réduits à un territoire très-circonscrit, que seraient
parmi les puissatices de TEurope les Hollandais, les
Portugais, sans leurs Colonies. Ils occuperaient un
point sur la terre, facile à envahir, et sans moyens de
résister. Que seraient les Espagnols ? Cette riche,
vaste et puissante monarchie aurait-elle des flottes,
pourrait-elle les entretenir, subviendrait-elle par ellcmême aux frais de la guerre, sans la ressource de ses
galions ? T'Angleterre serait-eile élevée à un si haut
degré de gloire et de puissance, couvrirait-eile de ses
vaisseaux toutes les mers conaues ; aurait-elle le débouché de toutes les productions de son industrie 5
pourrait-cile fournir de si gros subsides à ses alliés >
si ses établissemens sur les différens points du globe
ne mettaient à sa disposition les trésors immenses
qu'elle puise dans son commerce. Elle seule peut nous
spprendre de quclle importance sont nos Colonies 5
ilfaut qu'elles ayent à ses yeux une grande valeur,
puisqu'elle prétend compenser par la restitution des
parties qu'eile a envahics, tout le fruit de nos conquêtes et de tant de sacrifices. Elle doit ces avantages à ses forces navales. Sachons créeraussi une marine capable de lui résister. Ce projet n'est point une
ehimerc; la France en a eu long-temsune bien respec-
dans son commerce. Elle seule peut nous
spprendre de quclle importance sont nos Colonies 5
ilfaut qu'elles ayent à ses yeux une grande valeur,
puisqu'elle prétend compenser par la restitution des
parties qu'eile a envahics, tout le fruit de nos conquêtes et de tant de sacrifices. Elle doit ces avantages à ses forces navales. Sachons créeraussi une marine capable de lui résister. Ce projet n'est point une
ehimerc; la France en a eu long-temsune bien respec- --- Page 70 ---
table, en état de se mesurer, d'obtenir même de
grands succès sur ses rivaux quelquclois heureux, et
toujours trop confians dans leurs propres forces.
Nous ne pouvons nous passer de manulactures, de
comnerce, 1 de relations extérieures, de marine, de
Colonics. Elles seules peuvent rendre le quart du produit de nos possessions contineniales; ct lorsque nous
manquons de matieres premieres pour nos frabriques,
lorsquc notre numéraire ne peut sufhre à nos dépenses; lorsqne la balance du conmerce est si prodigieusement à notre désavantage * hâtons-nous de recueillir
les tristes débris de notre fortunc passéc ; hâtonsnous d'être justes envers nos concitoyens ; rallions
tons les esprits, nc négligcons ai ucun moyen dc prospérité publique; améliorons autaut qu'il est en nous
le sort de tous les membres du corps social ; ouvrons
les yeux sur nos erreurs : empressons - nous de les
iéparer; concourons de tous nos moyens au triomphe
dela liberté, et à T'affermissement Ce ia république!
On a fait aux Colons de très- sanglans reproches
d'un trafic infâme de chair hunaine; d'avoir dégradé
Thumanité en soumettant au fouct de maiheureux esclaves, de ne les avoir pas affranchis. J'ai toujours
blamé,je l'avoue, le comnerce des esclaves, et ches
les anciens ct chez les modernes. Mais ce commerce
illicite aux yeux de la nature est-il plus infâme pour
celai qui achete, que pour celui qui transporte et
qui vend. Si lun est digue de l'exécration générale,
Tautrer n'aura-t-il point son contingent dans le blâme?
St pour colorer le pillage, le massacre, lincendie,
la dévastation des Colonics , vous leur reprochez lc
commerce des esclaves, faudra-t-il piller incendier,
dévaster tous les peuples de TEarope qai ont partage une si funeste erreur! Faudra-t-il piller. incendier, dévaster Ja métropole, parce que SCS armateurs
faisaient ouvertement ce trafic ; la métropole qui encourageait la traite des noirs par des primes 1 avec
ses fottes, par des anemens. : par ses consuls, ses
bustions sur la côte d'Afrique ; la métropole. qui
long-toms cn fit un privilege exclusif, qui avait dicté,
cousacié le code noir.
Ab;
ont partage une si funeste erreur! Faudra-t-il piller. incendier, dévaster Ja métropole, parce que SCS armateurs
faisaient ouvertement ce trafic ; la métropole qui encourageait la traite des noirs par des primes 1 avec
ses fottes, par des anemens. : par ses consuls, ses
bustions sur la côte d'Afrique ; la métropole. qui
long-toms cn fit un privilege exclusif, qui avait dicté,
cousacié le code noir.
Ab; --- Page 71 ---
Al, Grégoire ! vous qui êtes un si bon casuiste
la coupe n'appartient - elle point autant à celui qui
provoquc,
organise 1 récompense cc commerce
toutefois si Tntasuoge qui extrait les noirs de Guinée
ou d'ailleurs ; qui les entasse, les empile sur des navires à fond de calle 1 oà.les trois-quarts périssent
souvent de chagrin 1, de maladies occasionnées par
T'air infect qu'ils y respirent : qu'à ceux qui, tranquilles dans leurs foyers, attendent que la seule cupidité leur apporte des instrumens qu'ils jugeaient indispensables à leur culture !
Croirez-vous; Grégoire 1 que le vendcur Européen
puisse accuser; mettre en justice , condamner son
achetcur Américain ! Oh, je le pense 9 ce n'est ici
qu'une véritable querelle d'Allemand. Comme vous,
conviendrai que celui qui exécute.à la lettre le
je code noir, est un barbare. Comme moi, aussi vous
avouerez : je pense, que la nation qui a admis ou
porté un pareil code, n'est pas celui plas de irréprochable. l'ancien réCc crime, me dircz-vous, est
gime, celui de nos anciens tyrans ; eh bien, rejetezdonc uniquement le crime sur les véritables
ou SI vous absolvez les vendeurs, ah,
CRBREL
bles ;
bon
réclame la même indulgoirc ! trouvez
que je faveur des acheteurs. Car
gence de votre parts en
et réaliser en
enfin, il ne faut pas tout exterminer,
ce monde un véritable enfer. 9 que tant de gens supposent n'exister
dans votre imagination, moins
pour la gloire de5 Dieu, toujours juste, toujours
miséricordieux 1 que pour donner plus d'importance
à vOs absolutions.
Quoiqu'il en soit de ces questions théologiques,
croyez-vous que la torture que l'on fesait naguere
subira tant de malheureux; la torture qui a sacrifié
avec tant de barbarie des milliers d'innocens : que
lc désespoir forçait de se déclarer coupables de ce
qu'ils n'avaient pas fait, tandis que tant d'intrépides
scélérats savaient se soustraire à la peinc de mort
que la loi prononçait contre leurs forfaits ; croyezvous de bounc foi que la torture fut un moindre
outrage à la nature. 3 quc CCS fouets qui vous exaspeE
la torture qui a sacrifié
avec tant de barbarie des milliers d'innocens : que
lc désespoir forçait de se déclarer coupables de ce
qu'ils n'avaient pas fait, tandis que tant d'intrépides
scélérats savaient se soustraire à la peinc de mort
que la loi prononçait contre leurs forfaits ; croyezvous de bounc foi que la torture fut un moindre
outrage à la nature. 3 quc CCS fouets qui vous exaspeE --- Page 72 ---
rent. Ah ! sans doute il fallait proscrire ces institutions barbares, mais i ne fallait pas être mille fois
plus barbares nous-mêmes : piller, incendier, dévaster
des régions entieres, ou excuser par philaniropie
encourager 1 perpétuer de semblables excès. Nos
lois autorisaient à trainer à la potence un misérable
domestique quiavait volé 5 sols à Ses maitres. Cette
loi si inique existait encore hier parmi nous nous
en faisions la plus atroce application envers ; même
des innocens. Eh ! pourquoi ne pas permettre aussi
que lcs colons qui employaient les fouets
le vol d'un cochon de la part d'un esclave pour punir
sent leur péché par la pieuse fondation de 1 expiasmesses de la Pie, faites au Saint-Esprit; le quelques
aurait reçu de l'autel, et le pécheur aurait pu prêtre SC
convertir et obtenir miséricorde auprès du ciel, par
lintercession des vrais croyans.
Je sais qu'il aurait été très - sage, très - humain,
même
tres-politique, 1 d'accorder successivement des
libertés. Je vois que les colons ont en plusieurs cas
usé et abusé de la permission, , au grand détriment
de leur bourse,e et malgré lcs défenses très-formelles
de la Métropole. Le colon qui prétendait affranchir,
donnait la liberté à un esclave d'un grand prix, à ce
qu'il avait de mieux sur son. habitation 1 C'était déjà
un sacrifice de 8, de 10à12000 liv., 1 mais il lui fallait
encore payer au gouvernement 3 ou 4,000 1. 7 cette
liberté d'affranchir ; et quantité d'arrêts trés - récens
leurs fesaicnt défenses d'en user, même après avoir
obtenu la permission des gouverneurs et intendans.
Convenez donc 1 mon cher Garant , que les
princes colons étaient bien moins tranchans que nos
potentats d'Europe
Signé, CREUZÉ PASCAL,
Membre du Conseil des Anciens. --- Page 73 ---
CORPS LEGISLATIE
ANSa a
CONSEIL DES CINQ-CENTS.
EGALITÉ
LIBERTÉ
M E 2 2e SSAGE
Extrait du registre des délibérations du Directoire
exécutif, du 1° er frimaire, Pan P de la République
frangaise 2 une et indigisibte.
Lr Directoire exécutif, formé at nombre de membres
requis
l'article 142 de la constitution, arrête qu'il
sera fait par atl Conseil des Cing-cents un message dont la
teneur suit :
Le Directoire exécutif cels Conseil des Cing-cents.
CITOYENS REPRE*ENTAN*,
LE Conseil a désiré connoître la situation politique et
eommerciale des colonies françaises, > et le Directoire
pour satisfaire à son arrété, ne peut que se reporter &
la correspondance de ses agens. Partis de France depuis
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