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Iiberd.
Egalité.
LES RÉFUGIÉS
DE SAINT-DO MIN G U E,
En arrestation dans la Commune de Nanes,
A LA CONVENTION
NATIONALE
Cronas
TEPRÉSENTANTS DU PSUPLE FRANGAIS,
Lorsqu'on agite dans votre sein la grande
Colonies, 7 et qu'il est constant que vons voulez question des
ter le flambean de la vérité dans ce dédaie, enfin
les grands conspiratenrs
qui ne fut tT
Tintrt et mbarde factions encore
que vous avez déja
égaré T'opinion publique; nous nous puissantes 7 ont toujours
probes et courngeux qui depuis denx adjoindrons ans
aux hommes
tance contre les projets
Inttent avec consvous furent souvent liberticides, 3 dont les résultats cruels
blème par lel fait, prédits, et ne deviennent plus un :
tats médités
puisqu'il est vrai que les grands arten- procontre toutes vOS possessions d'outre-mer
consommés, et qu'il ne nous reste plus que l'espoir de SOITE la
vengeance.
de Depuis vous instruire quatre: mois on vous entretient souvent des
des causes de nos désastres.
moyens
ne peut plus vous en cacher les effets : et parce qu'on
mois on vous laisse ignorer que trois mille témoins depuis quatre
res, de tout sexe, de tout
qui yenoient
oculaise
Age,
jetter dans le sein de leur mere- patrie volontairement
le coup d'une injuste arrestation ordonnée s gémi. sent sous
Couthon et Robespierre. Les -uns venoient olfrir par Saint-Just,
leurs bras et leur existence; les autres,
à lemspays
cours pour mille rejettons infortunés
demander des seéchappés aux flammes
vous laisse ignorer que trois mille témoins depuis quatre
res, de tout sexe, de tout
qui yenoient
oculaise
Age,
jetter dans le sein de leur mere- patrie volontairement
le coup d'une injuste arrestation ordonnée s gémi. sent sous
Couthon et Robespierre. Les -uns venoient olfrir par Saint-Just,
leurs bras et leur existence; les autres,
à lemspays
cours pour mille rejettons infortunés
demander des seéchappés aux flammes --- Page 4 ---
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et anx poignards; tous enfin venoient vous nommer leurs
assassins et provoquer la vengeance du peuple surleurs têtes
coupables.
Ilimportoit sans doute anx complices de tant de forfaits,
d'étouller les voix des malheureux qui 1 confiants dans votre
justice, accouroient de deux mille lieues, pour limplorer;
aussi s'est-on efforcé, A notre arrivée 1 de nous frapper de
la terreur qui planoit alors-. sur toutes les tétes, pour proSter plus surement de l'erreur du peuple sur nos principes,
et victimer à loisir ceux jai auroient eu assez de
pour articuler la vérité, même aul pied de l'échafaud.
ASR
s'apprétoit, n'en doutez pas, cette nombreuse hécatumbe;.
car nos ennemis savent bien que des hommes qui ont bravé
mille périls et mille morts pour venir combattre des calomnies accréditées, ne seroient pas intimidés par les appréts
du supplice.
Ces hommes vils nous jugeoient sans doute d'après leut
coeur ; ils croyoient qu'effrayés Ott insouciants sur
TCRT dangers de notre patrie 7 dont leur rapacité mettoit à
contribution les ressourcés et les richesses 9 nous n'oserions
abandonner un paysde paix, qni offroit de l'aliment à notre
industrie , pour yeniri les combatire corps à corps. Mais
par quelle fatalité , depuis quatre mois de détention, et
malgré plusieurs, adresses faites à In Convention Nationale,
n'avons nous pas eu la consolation de voir nos doléances ars
river. au. tribunal dont nous espérions justice ? lorsqu'au
contraire nous avons la cruelle certitude que le Sénat Français ignore T'oppression qui s'exerce à notre égard. ILétoit
facile de le concevoir avant la chute du dernier tyran ; mais
depuis cette heureuse victoire, quels moyens atroces sont
donc encoreemployés pour étouffer les plaintes de l'infortuné,
alors qu'elles osent s'élever dans le sanctuaire national ? à
ordre de Tinfame triumvirat mit en arrestation
: Uniseul.
femmes' et
la
trois mille hommes, 9
enfants, qui fuyoient
protection offerte par les ennemis de leur pays ; les triumvirs sont tombés et l'ordre subsiste et S 'exécute encore.
Les Représentants du Peuple envoyés dans les Départements
Maritimes, étonnés, attendris sur le sort des pauvres meres
de famille, qui,dans le dénuement le plus absolu gémis-
at mit en arrestation
: Uniseul.
femmes' et
la
trois mille hommes, 9
enfants, qui fuyoient
protection offerte par les ennemis de leur pays ; les triumvirs sont tombés et l'ordre subsiste et S 'exécute encore.
Les Représentants du Peuple envoyés dans les Départements
Maritimes, étonnés, attendris sur le sort des pauvres meres
de famille, qui,dans le dénuement le plus absolu gémis- --- Page 5 ---
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soient sous le coup dé cette injuste arrestationi; liont.adoucid
autant qu'il étoit en eux; mais lin-doaeuonsnenret
sonnieres dans les municipalités oùt elles ont euwlasliberté
de se retirer. D'oà viemt donc la persécution
sappeshntit de
constamment sur nous 9 malgré mêine les
la Con:
f
vention Nationale? Un décret bienfaisant accorde des secours
pécuniaires aux réfugiés Français, dont les possessions ont
été envalies par l'ennemi: nous sommes.t tous dans cettepos
sition ; l'Anglais et 1Espagnol pillent et se partagent.nos pios
priétés pour avoir dédaigné et méprisé leur criminelle
loin
sur
les bienfaits d'une
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tection ; et
d'appliquer nous
que nous avons tous droit de réclamer, on nous incarcere,
on nous persécute: veut: on donc nous punir d'être deneurés fidelles à notre patrie, et de lui avoir sacrifié, sans balancer, toutes nos fortunes?
Quels motifs peuvent legitimer une arrestation qui a en.
veloppé la totalité des hommes, des femmes et des enfants
qui arrivoient d'Amérique ? On nous considere Ou comme
dénoncés, ou comme dénonciateurs. Dans le premier Cas,
nous laisse-t-on languirdans le fond de'nos maisons
RMETY Pourquoi ne nous interroge: t on pas ? Pourquoi ne
nous met-on pas en jugement ? Dans la seconde
nous comprimer par la terreur qu'imprime le
A2ERPTE
pourquoi faut de liberté ? Pourquoi comprendre dans un tel arrêtles
temmes ettles enfants s victimes innocentes dont on craint
sans doute les plaintes naives et sinceres. Citoyens Représentants , les intrigants qui ont sollicité cet ordre barbare,
craignoient, n'en doutez pas, que ces veives, ces
lins infortunés n'eussent tous , dans l'accent deleur
RtE
poir légitime ; prononcé d'une commune voix les noms
exécrables de Sontonax et Polverel, spoliateurs et assassins de leurs époux et de leurs peres.
On n'a que trop réussi à étouffer la voix de l'ionocence
craintive; mais nous sommes Français 2 nous sommes Ré.
publicains, et dut l'erreur nous conduire à l'échafaud, nous
y publierons la vérité jusqu'au dernier soupir.
Oui, Citoyens. Représentants, les Colons détenus dans
les, maisons d'arrét des Carmes du Luxembourg et autres, 9
connus sous la dénomination de Commissaires des Colons
de Saint-Domingwe auprès de la Convention, sont les seuls,
'ionocence
craintive; mais nous sommes Français 2 nous sommes Ré.
publicains, et dut l'erreur nous conduire à l'échafaud, nous
y publierons la vérité jusqu'au dernier soupir.
Oui, Citoyens. Représentants, les Colons détenus dans
les, maisons d'arrét des Carmes du Luxembourg et autres, 9
connus sous la dénomination de Commissaires des Colons
de Saint-Domingwe auprès de la Convention, sont les seuls, --- Page 6 ---
R:3::
les dignes missionnaires de L4a portion du Peuple Français ;
demeurée fidelle à leur patrie dans ces contrées éloignées.
Ils ont avec nous combattu constamment létendard du
royalisme'; ilsi vous furent députés par nous pour Nous asstret de notre dévonement, , lorsque. la France étoit rsur le
point de suceomber sous ses nombreux assaillants : les Français qui les déléguerent, n'étoient pas 2' com me. on s'est
à vous le faire croire, des Emigrésr des Royalistes, Cenx. plu
ei ite firene jamais-aucun acte' de rdévonement ni de dél6gation à da souveraineté qaals ontragerént; et nous
verons au contraire: que.nos voeux ont été invariables prous
le salut de la République.
!
i5
pour D1
C'estainsi, Citoyens Représentants : quelon vous
et sans les bienfaits de la liberté dela pressey vous ignoreriez, trompe ;
ainsi que nos délégués, que les déligants que lon * calomnie tous les jours à votre. harre,en les qualiliant
sont en partie dans vos départements maritimes. d'émigrés Yous Yous 1
assurerez sans peine de cette vérité, en. vous faisant
duire la liste des passagers de la flotte et des parlementaires proarrivés d'Amirique; vous y verrez presque tous les
taires des mandats donnés à. Clausson., T: Millet, Fondviolle signaet Dunis; détenus ài Brest et à Paris.
C'est pourquoi, Citoyens Représentants, nous demandons
que notre cause ne soit pas. séparée de celle de ces fidelles
compatriotes ,'soit comme accnads Soit-pemmc sucuaatonrs.
Nous demandons à étre-mis hors detatdlarnestation, , et
les autorités constituées 'de cette commune soient autorisées que
à donsar des passe-ports pour. nous rendre à Paris, où nous
serona plus en état de fournir. les renseignements les plus
positifs sur l'intéressante affaire des Colonies ; et dansile eas
où cette demande ne seroit pas accueillie, nous vous demandons enfin à être iraduits.et mis-en jugement au Tribunal
Révolutionnaire, afin
notre inocence justifiée atteste à
PEnrope entiere les adecur de'nos ennemis ; ou J que notre
supp ice : sinous sommes coupables, termine notre existence
doulourense. Le cri des patriotes-opprimds doit étre
ou la mort.
I
si :0 justice
Vive la République:t Vive Za Convention!
Signé FAYE, MASSONNEAU, LEPRETONVILAN
DRY J. J. MALAHAR LISTRE, 1 WILLEMOT
LEFLEUX, JONQUIERE 3 AGÉRON, FOURNTER
DEAUBONNEAU, DUVERGE.
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