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A n DE
3obn Carter iBrown
Broun Librung Ilntneraihy
A A
The Gift of
The Associates
The Hobn Carter
of
Brown Library --- Page 3 ---
--- Page 4 ---
Aala --- Page 5 ---
. L
L
emMl --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
LE
COUP DE LUMIERE.
17 8 9. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
LE
COUP DE LUMIERE.
Nousa avons trouvéla lettre fuivante jeudi foir,
on. Le
datr
ier qui
ité que
suur -
on que
ples
eft une
u'crime
mmife. colons
Paris S 2
mingut.,
Vous defirez, mon cher ami 2 que je vous
communique la fuite de nos opérations 3 iy
confens: 3 ce fera toujeurs avec la même franA --- Page 12 --- --- Page 13 ---
LE
COUP DE LUMIERE.
Novsa avons trouvéla lettre fuivante jeadi foir,
à huit heures, près le paffage du Saumon. Le
cachet étoit brifé. Nous prions-le particulier qui
la écrite de nous pardonner la curiofité que
nous avons eue de la lire, & Findiferction que
nons avons maintenant de la publier. C'eft une
faute; mais nous aurions été coupables du crime
de leze-nation f nous ne Pavions pas commife.
Lertre d'un membre du comité des colons
de Saint-. Domingue, feuns à Paris,
à fon ami, réfidant à Saint-Domingue.,
Vous defirez, mon cher ami 2 que je vous
-
communique la fuite de nos opérations ; Jy
confens; ce fera toujcurs avec la même franA --- Page 14 ---
(+)
chife. Je ne rongirai ni ne craindrai
vérité, car c'eft à
de dire la
fur de votre
vous que j'écris, & je fuis
difcrétion.
Vous favez quel eft notre but
concerté des
; nous avons
ou n'ont-ils moyens pour y parvenir. Ont-ils
pas été exécutés ?
Notre but eft d'affranchir,
nie, mais le
non pas la colocommerce de la colonie. C'eft
diftinaion effensielle & dont
une
parfaitement feriti la néceflicé nous avons tous
affemblée
dans la premiere
géncrale des
tous
repréfentans. Nous avons
reconnu que
exifler fans être Saint-Domingue ne pouvoit
dépendant; & que dans l'obligation d'avoir un maitre, ,
rions
quand nous n'en aupas déjà reconnu, & que nous
été libres de faire un
euflions
choix, nous aurions dû la
préfrence à 'la France, comme
au plus facile à
au plus riche,
de
tromper, & au plus
tous. Que nous
indulgene
importe, au refte, de
tre former un des anneaux de la
paroiL'effentiel eft
grande chaine ?
pour nous Putile; c'eft de ne dépendre, pour nos intérêts, que de
d'avoir des
ielations, en
nous-mimes;
temps de
toutes les
paix, avec
puiffances, & d'être
protégés par la
comme
au plus facile à
au plus riche,
de
tromper, & au plus
tous. Que nous
indulgene
importe, au refte, de
tre former un des anneaux de la
paroiL'effentiel eft
grande chaine ?
pour nous Putile; c'eft de ne dépendre, pour nos intérêts, que de
d'avoir des
ielations, en
nous-mimes;
temps de
toutes les
paix, avec
puiffances, & d'être
protégés par la --- Page 15 ---
(5)
de
2 comme fi nous
France en temps
guerre
ellc. C'én'avions jamais eu de liaifons qu'avec
détoit la politique des jéfuites 5 ils fembloient
les biens de cC monie, & les
tachés de tous
Marchons far les
convoitoient tous en effet.
de
traces de ces grands hommes, mais gardons
nous lailler deviner comme eux.
le fommaire de tous les piinNous tenons que
eft d'acheter a
cipes, en fait de commerce,
de vendre à haut prix, & de ne
bon marché,
Il cft indubitable que fi
pas payer fes deties.
notre ie
nous réuffiffons dans ce triple projet,
le
d'Eldorado, tant & fi
fera vraiment
pays
vainement recherché par je ne fais quelanglois,
& dont le bon Candide rapporta de fi beaux
Pour revenir aux no:res, nous avons.
moutons.
& mefurer
commencé par compter nos ennemis,
Les premiers nous ont paru tièi-nomnos juges.
hériffés de raifons & de véritds.
breux, très-ferrés,
d'épines, quife
Je les compare à ces taillisfourrés
fa
au-devant du.chaffeur pourfuivant
préfentent
cependant, vu leur pea de crédit,,
proie.J'elpere
d'atteindre la
qu'ils ne nous empécheront pas
& Alénôtre. Pour nos juges, ce font de grands
avec l'apparence de la force
riles mapous qui,
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(6)
du chêne, ont toute la fragilité du rofeau.
Pour terraffer rles uns & convaincre les autres
nous avons fagenien: divifé nos forces
en deux
partis : l'un de députés à l'affemblée nationale
serjopellaifanmdaiavra
muros;l'autredel fimi
ples colons, que fappellerailarmée extra
Ces deux corps d'armée, réunis fous
muros.
un même
chef, marchant fous les mémes enfeignes,n'ont
qu'un même elprit, k n'alpirent qu'aux mémes
lauriers.
Mais par une adroite politique, CCS deux
paroiffent en guerre ouverte Pun contre corps
& cette
Pautre;
apparence a été fi bien concertée, &c
s'cft fi bien foutenu jufqu'à
préfent, qu'elle 2
déjoué les plus fins. Par un autre coup de maitre,
rous n'avons compofé l'armée intra muros
de fanfarons
que
9 d'impudens aboyeurs 2 de vrais
hérauts d'armes à la voix de Stentor, qui font
retentir tous les échos de la falle d'impoflures
5,
d'exagérations, de faits altérés ou fuppofés; &c
c'eit affurément la meilleure maniere de fe
fenter devant des juges, dont les
préfonr
99 centiemes
par état, par effence, dans le plus abfolu
dénuement de théoric & d'expérience fur la na-
de vrais
hérauts d'armes à la voix de Stentor, qui font
retentir tous les échos de la falle d'impoflures
5,
d'exagérations, de faits altérés ou fuppofés; &c
c'eit affurément la meilleure maniere de fe
fenter devant des juges, dont les
préfonr
99 centiemes
par état, par effence, dans le plus abfolu
dénuement de théoric & d'expérience fur la na- --- Page 17 ---
(7).
ture du procès qui leur eft foumis. Qu'importe
devant de pareils gens le menfonge ou la vérité?
Peuvent-ils difinguer Pun de l'autre ? Le grand
point eft de froifier, d'enflammer limagination.
Ce n'elt pas un fage médecin qui fera fortune
dans une allemblée de villageois, c'eft un bon
charlatan à mouftaches ,. qui affure d'une voix
bien robufte & bien tranchante, qu'il fait voir
les aveugles & marcher les boiteux.
Il faut l'avouer, nos héros députés ont conrmencé
faire merveille. Ils ont crié que la copar
abfolulonie mouroit de faim; qu'elle manquoit
ment de farines; que la France n'en pouvoit pas
fournir un feul baril de toute T'année; que lés
Américains n'y en porteroient qu'autant qu'on
leur permettroit d'extraire en paiement des denil leur en failoit
rées coloniales ; que cependant
mille barils; que Phorrible famine étoit a
leur 5oo porte, & qu'il n'y avoit pas un moment a
perdre fi lon vouloit fauver le refte de 500 mille
tout alloit à fouhommes expirans. Jufques-la
hait., & j'ai vu le moment ou l'aflemblée nationale ouvroit tous les ports, & livroit toutes
les denrées de la colonie aux étrangers. Ah! k
mon ami, quel beau jeu nous avions ! Quelle
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belle
(8)
partie nous avons Mais
défelpere pas encore de la
non s-je ne
bien douloureuxd
gagner; mais il eft
devoir reculer un fi beau triomphe: Vous êtes impatient
de ce fatal délai : d'abord d'apprendre ia caufe
de lumiere
un malheureux trait
parti jene fais d'oi,
fais pourquoi; enfuite
accueilli je ne
la fatuité de nos
qui ont voulu fortir de leur rôle,
dépurés
6 infandum
Je vous ai dit, mon cher
comptions avoir
pays, que nous
cians de la
pour adverfaires tous' les négoméropole, & que c'étoit dans la.
préveyance de cette réfiftance
divifé nos forces. Mais
que nous avions
bien
qucique nous
que cet obftacle feroit le
perfions
fufmonter;
plus difficile à
quoique nous euflions, en. confcquence, réfervé nos meilleurs
combattre ceux-ci, j'avoue
guerriers pour
ment nous a
que le premier mocependant un peu érourdis.
vous l'élite des commérçans
Figurezcoins du
envoyés de tous les
royaume; 5 d'infatigables calculateurs
qui, toifant notre pays" 2 & mefurant nos
macs 2 favent, à une once près, la
eftopain que nous pouvons confommer quantité de
pouffent par des faits toutes
par an; renos affertions hafar-
guerriers pour
ment nous a
que le premier mocependant un peu érourdis.
vous l'élite des commérçans
Figurezcoins du
envoyés de tous les
royaume; 5 d'infatigables calculateurs
qui, toifant notre pays" 2 & mefurant nos
macs 2 favent, à une once près, la
eftopain que nous pouvons confommer quantité de
pouffent par des faits toutes
par an; renos affertions hafar- --- Page 19 ---
(9.)
jufqu'a Vévidence l'injufice
dées, & prouvent
de nos de-
& Pimpatriotifme
de nos plaintes,
leur
mandes. Nous avons eu beau nous traveftir,
défavouer à jamais
tendre une main fraternelle, 2
la conduite des députés de Saint-Domingue', & de
foins inutiles : ils font armés de défiance
perfuadés
foupçon : ils font malheurenfement
eft le feul lien dès hommes 5 quie
que l'intérêt
de brillans hochets qui peuvent
les fermens font
la nature
féduire les enfans 3 mais que ceux que des liaiconfultent avarit de former
a émancipés
fecrette & irréfiftible du moi
fons, la pente
humain.
nous avons auffi-tôt volé
Inftruits dur danger,
bien, leur avonsGardez-vous
vers nos députés.
avec les
de vous mefurer en public
nous' dit,
cachez le poignard fous
envoyés du commerce 3
dans Pombre:
le manteau , & portez vos coups
defcendez far V'arêne, vous êtes perdus:
fi vous
Nos pygmées ont eil la folle
0 vanitas
Ils.ont ofé écrire',
témérité d'attaquer ces géants.
des mémoires 9 & faire une
ils ont ofé publier
Therfite 2ux
guerre de plume. Repréfentez-vous Racine. Nos
prifes avec Achille, ou Pradon avec --- Page 20 ---
(1o)
pauvres écrivains étoient de la méme force, ils
ont eu le même fort, Llès-iors adieu leurs
meres fuccès, adicu leur réputation
éphéce
d'hier, &
qu'il y a de pis, adieu l'elpoir de. voir, du
moins aufli promptement que nous avions lieu
de
l'efpérer. 2 l'aflemblée nationale décréter Pouverture de nos ports aux étrangers, Mais, direzvous, & la calomnie, 9 cette arme.fi
dont Figaro fait un éloge G
puifante,
elle donc
vrai, ne pouvoitfuppléer au défaut du talent?
mon ami, pas même
Non,
sceterofhiree.haphumel 2 àla
main, nos députés font tous des Bafiles; : iis ont
eu la honte du
fans
menfonge
en recueillir le
fruit. Cependant le procès n'eft pas
il faur que nos députés
encorejugé;
du
n'ayant pu jouer le rôle
lion, fe rabattent de nouveau a celui de fon
compagnon de chaffe. Il faut que leurs voix
effrayantes tonnent encore dans tous les coins
de la falle; & fice n'eft
la
par force des raifons, 1
qu'ils triomphent du moins par celle des
mons. C'eft là notre derniere
pouplanche dans le
naufrage, & j'efpere qu'elle nous conduira au
port. Enfin 2 malheur à nos adverfaires fi ce
moyen étoit encore employé fans fuccès. Qu'ils
tremblent: : de marchands à accapareurs de fari-
dans tous les coins
de la falle; & fice n'eft
la
par force des raifons, 1
qu'ils triomphent du moins par celle des
mons. C'eft là notre derniere
pouplanche dans le
naufrage, & j'efpere qu'elle nous conduira au
port. Enfin 2 malheur à nos adverfaires fi ce
moyen étoit encore employé fans fuccès. Qu'ils
tremblent: : de marchands à accapareurs de fari- --- Page 21 ---
(#)
&
lz différence eft infenfible aujonrdhui,
nes,
vous fentéz ou cela mene.
où nous en- fommes
: Vous 1 voyez, mon ami,
Mais qu'elle foit jugée
far la grande queftion.
autre
ou non en' notre faveur 5 nous avions une
corde à notre arc,que nous avons employée avec)
Ceftide-quoi: il-me - refte a
un fuccès complet.
vous rarler. Je vous ai mandé par ma dernierey
lon avoit-ici la plus grande/peur que la faque
des -droits n'excitât là bas'
meufe déclaration
les noirs. L'ami M...a
une infurredion parmi
ordinaire.
fait des- merveilles fous fon mafque
déclamant
la liberté de nos coloTout en
pour
nies, il a porté à fon comble la frayeur qifon'
Alers nous fommes"
avoit qu'ils ne Pufurpaffert.
fur cet'
venus à l'appui; je dis nous,, parce que
objet nous n'avons pas craint de paroitre réunis
Nous nous (ommes entourés d'un'
à nos députés.
affeété dans cette
voile fi impofant, nous avons
les intérêts
affaire tant de commifération pour
& tout nous a fi bien fervi, que
du commerce. 2
mon
nous fommes venus a nos fins. En un mot,
cher ami , nous avons obtenu des affemblées Coloniales dont Tunique motiffemble être de conles
de retenir nos negres dans la
certer
moyens --- Page 22 ---
(-12)
dépendance & le véritable but de nous
de ladminiftration de l'ile. Celui de emparer
nous avons expédié muni de.,
nous que
cette
vous aura fans doure mis dans la confidence Fermiflion,
tous les refforts dont le
doit
de
ce but
jeu
nous conduire à
important, Prenez bien garde, mes
de ne pas vous laifer pénétrer. Vous
amis,
ce Peinier un terrible
avez dans,
renouveller
Argus. Ah!je fens ici fe:
&
tous mes regrets de la perte du bon,
généreux du Chilleau. Nous lui.avons décerné,
une flatue,i ilf faut qu'elle
il
aflez
foit.d'or; nous en a
procuré pour cela.
Nous travaillons de toutes nos forces à vous
donner un intendant felon notre coeur un
homime d'un efprit diamétralement
(
dur
oppofé au
Marbois, à cet inflexible
Caton, qui a
remporté un fi cruel triomphe fur notre fuperbe
triumvirat. Ah ! fi cet intendant étoit un certain
M...Nous y ferons affurément tous nos efforts.
Quoi qu'il en foit, fi la fortune nous traverfe
encore dans ce choix, fi l'on accole au Peinier
un homme de fon cfpece, les choles feront vraiment au pis. Maisles affemblées coloniales
fourniflent des
vous
moyens immenfes, & des reffources inépuifables, Concentrez-y la confiance
fur notre fuperbe
triumvirat. Ah ! fi cet intendant étoit un certain
M...Nous y ferons affurément tous nos efforts.
Quoi qu'il en foit, fi la fortune nous traverfe
encore dans ce choix, fi l'on accole au Peinier
un homme de fon cfpece, les choles feront vraiment au pis. Maisles affemblées coloniales
fourniflent des
vous
moyens immenfes, & des reffources inépuifables, Concentrez-y la confiance --- Page 23 ---
(13) )
du
& les forces de l'ile, & ne vous inquiétez pas
refte.
En attendant 9 mon cher pays, fuivez;
le plan que je viens de tracer à
croyez-moi,
Pindifpenfable, rémon gérant, N'achetez que
les Américains, 7
fervez toutes vos denrées pour
& gardez-vous fur-tout de vous preller de payer
de France. Tout s'acquittera
votre correfpondant
avec le temps.
J'ai T'honneur d'être, &cc. --- Page 24 ---
damunu
Rectinling --- Page 25 --- --- Page 26 --- --- Page 27 ---
E739
c8Sld --- Page 28 ---
6 a
- --- Page 29 ---
Al --- Page 30 ---
/ V