--- Page 1 --- --- Page 2 ---
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G
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%
CAET A
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Joln Carter Oruton. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
%
HTC
D.26. --- Page 5 ---
y I. Junat Du Riguine Colerual. Pans1833
2 Scttre sux La quen Cion 20 Prnic,
3. Ganusgee, da vevere surler aftavres
0 Haiti
I 1833
4oleseur Les Colonies rancpue 0f
our ler 2ran luis ClC
Ja: 1833
5 Ootetc-drulizrer de Liquarsiel 1893)
b.cquide des Eminproue hançois
dau ler Stan De dleutuehey Ve fc 1835
7 dauna-Cmix: 8 mauripotion Be, fw
Yoclaver. fi
fe
M 1835
S-WQecayagdus3 Framcor
9: Haiti: ou. Rewreguems eris
Cuttesctrgues en
Is 1835 --- Page 6 ---
--- Page 7 ---
5.
LA VÉRITÉ
SUR
LES AFFAIRES D'HAITI;
Oao ollo. Lsmaugace.
PUBLIEE
PAR
LE COMITÉ DES ANCIENS PROPRIETAIRES
DE SAINT-DOMINGUE,
En sommes-nous encore là de supposer
que l'Etat s'enrichit de ce qu'il fait
perdre à des particuliers.
Discours de M. LAFFITTE, dans la
séance du 11 fevrier 1833.
a
tee
PARIS,.
IMPRIMERIE DE-CARPENTIER-MÉRICOURT,
RUE TRAÎNÉE, No 15, PRèS ST-EUSTACHE.
2 0000
1833.
É DES ANCIENS PROPRIETAIRES
DE SAINT-DOMINGUE,
En sommes-nous encore là de supposer
que l'Etat s'enrichit de ce qu'il fait
perdre à des particuliers.
Discours de M. LAFFITTE, dans la
séance du 11 fevrier 1833.
a
tee
PARIS,.
IMPRIMERIE DE-CARPENTIER-MÉRICOURT,
RUE TRAÎNÉE, No 15, PRèS ST-EUSTACHE.
2 0000
1833. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
TABLE ANALYTIQUE
Oo POureage.
recornaissance par la France, dans sou
Traité de 1825, portant del la Constitution d'Haiti, quiexpulse
intérêt politique et commercial, Cet abandon qui a eu lieu à l'insu
les français de leurs propriétés.
eux-mêmes avec une Comdes Colons et pendant qu'ils traitaient
refusait de traiter sans
Anglaise, a été exigé par Haiti, qui
pagnie
cela; pages 69, 70, 78 à 80 et115.
est le
des
L'indemnité de 150 millions payable en cinq ans,
prix
cédées à la République d'Haiti pour cause d'utilité pupropriétés
de cette colonie ; pages 3,74,
blique, et non de Vindépendance
79à 81 et 123.
est due suivant la Charte et les
La garantie de cette indemnité
s'est fait remettre les
lois, par la France, dont le gouvernement
faite
lui-même.
titres de propriété en échange d'une liquidation
par
il
haut-tuteur, ainsi que l'a dit M. Dupin: 2
Et, edt-il agi comme
d'aliéner les biens de son mineur pour
n'est pas permis à un tuteur
13, 40, 42, 63,70à à 82, 125
arranger ses propres affaires ; pages
à 125.
cession des biens
le droit de propriété, 2 la
Sans ce respect pour
étrandes Colons par le gouvernement français. 2 à un gouvernement de battre
nouveau mode de confiscation et
ger, 2 ne serait qu'un
monnaie en 1833; page 72.
la France deviendrait
S'il est vrai, comme l'a dit M. Dupin 1 que
le consentedes
at traité sans
responsable en faisant
changenens elle l'est à plus forte raison pour
ment des anciens propriétaires, ensuite changé, le tout sans les
avoir fait ce même traité, etl'avoir
avoir consultés; pages ;5 et56.
momentanée de la jouissance des biens ne détruit pas
La perte
les deux gouvernemens contractans
le droit de propriété, puisque
indemnité
cession
Font eux-mêmes: reconnu, en stipulant une
pourla
qui en a été faite; pages 76 et 77:
un document
Ces biens n'étaient pas sans valeur, car d'après
du Comofficiel d'Haiti et publié dans le journal
fourni par un agent
eiriquante mil:
merce du 23 février 1831, ils ont produit en 1827
uit pas
La perte
les deux gouvernemens contractans
le droit de propriété, puisque
indemnité
cession
Font eux-mêmes: reconnu, en stipulant une
pourla
qui en a été faite; pages 76 et 77:
un document
Ces biens n'étaient pas sans valeur, car d'après
du Comofficiel d'Haiti et publié dans le journal
fourni par un agent
eiriquante mil:
merce du 23 février 1831, ils ont produit en 1827 --- Page 10 ---
lions de café, sans compter les
et les maisons des villes;
sucreries , indigoteries, cotonneries
Traité de
pages 45 à 49 et 61.
à
1829, ratifié par le
cette République la faculté de gouvernement d'Haiti, qui accorde
millions d'indemnité restant dus, payer l'intérêt à 3 p. ofo des 120
1200 mille francs, et laisse à
avec un fonds d'amortisemente de
comme une spéculation Técartl'opération de l'emprunt d'Haiti,
pages 54 à 56, 59 et 60. particulière qui ne regarde point la France;
L'emprunt d'Haiti n'étant qu'une
auxrisques et périls des préteurs,
spéculation particulière faite
bénéfices, > la France ne leur doit qui n'auraient pas compté de. leurs
vernement étranger qui a violé que protection auprès du
nent de le reconnaître
ses engagemens, ainsi qu'ils vien- gou83 et 120.
cux-mêmes; pagesgà 12, 52, 55, 64 à 66,
Projet de traité de 1831,
le ministère de M.
négocié au mépris de celui de
sous
fonds destinés
Laffitte, et refusé par Haiti
1829,
par ce dernier traité et
2 qui détourne les
lindemnité, et les applique
par la loi, au paiement de
lemprunt, que les
par privilége au remboursement de
58 millions, que la France adjudicataires devra font monter , avec les intérêts, à
15, 17 à 19, 27 à 31, 55, 56, payer à défaut d'Haiti; pages 14,
Disgrace de P'envoyé d'Haiti 67, 68, 86 à 89 et 114.
quelques modifications
dont la mission se bornait à
blique enverrait
aux droits d'entrée des denrées
solliciter
en France pour se
que la Répufaire le traité de 1831, qui
libérer, et ne l'autorisait point à
priétaires et met le
consommeraît la ruine des anciens produ Trésor de France remboursement de l'emprunt d'Haiti à la
; pages 14, 15, 33 et 56.
charge
Ressources de la République d'Haiti
des domaines nationaux
consistant : IO dans la vente
30 la réduction de P'armée decrétés en 1826; 20 le produit des
à l'état de paix; 4° dix
douanes;
provenant du trésor de
millions en réserve,
huit ans
Christophe et des économies
qu'on ne paye rien; le tout
faites depuis
parlosagens d'Haiti lors des
d'après les documens fournis
47 à 49, 59 à 61, 98 à 108, 116, négociations du traité de 1829; pages
Le banquier
122 et 126,
négociatcur d'Haiti et
prunt, n'a cessé
principal actionnaire de
de
d'induire en erreur la Chambre des
lemsacrilierlesintérets des anciens
Députés, et
public, à ceux d'Haiti et des
propriétaires et ceux du Trésor
dont, par le projet de traité porteurs de
d'obligations de P'emprunt, 2
la charge de la France,
1831, il a mis le remboursement à
qu'elle n'y était pour rien; pendant qu'il reconnaissait à la tribune
103 à 121.
pages 4, 6, 25, 45, 58, 83, 89 à 97, et
des anciens
Députés, et
public, à ceux d'Haiti et des
propriétaires et ceux du Trésor
dont, par le projet de traité porteurs de
d'obligations de P'emprunt, 2
la charge de la France,
1831, il a mis le remboursement à
qu'elle n'y était pour rien; pendant qu'il reconnaissait à la tribune
103 à 121.
pages 4, 6, 25, 45, 58, 83, 89 à 97, et --- Page 11 ---
M. le ministre des affaires étrangères, qui a cru que le
Erreur de
de celui de 1831; tandis que le
traité de 1829 était le préliminaire
de côté; et que
premier a été ratifié par Haiti, et laisse l'emprunt
le second a étérefusé et rend la France garante duremboursement
de cet emprunt; pages 51 à 54, 56, 64 et 65.
d'Haîti demande concessions sur concessions
Le gouvernement
ct sa mauvaise foi est telle
sans jamais exécuter ses engagemens >
aujourd'hui, qu'il essaye de parvenir à ne rien payer du tout; pages
23, 32 à 35, 37, 59, 51, 57, 58, 6o, I1O, III, 114 à 117, et 126.
Insultes multipliées de ce gouvernement envers celui de France 7
1830, et longanimité de celui-ci; pages 14, 15, 24, 25, 32 a
depuis
39. 57 à 63, 73 et 109.
Colons désirent
la
C'est une erreur de croire que les anciens
que
France fasse la guerre à la République d'Haiti, aveclaquelle ils n'ont
débattre
c'est à la France qu'elle doit, d'après les
rien à
1 puisque
traités,, et non à eux; pages 69, 72 à 74.
font
Le commerce français avec Haiti, que certaines personnes
haut, est tout-à-fait nul. Ce sont les anglais, les amérisonner trop
le font seuls; pages 20, 127 et 128.
cains et les hambourgeois qui
le
français puisse obtenir des renImpossibilité que gouvernement d'Haiti, du seul vice-consul qui
seignemens exacts sur les ressources
lui reste dans ce pays; attendu qu'il est en même temps précepteur
de la fille du président Boyer, aveclequelil concertera une réponse,
oû il ne sera question quede misère; ces renseignemens se trouvent
auministère des affaires étrangères dans les documens officiels fournis
consul, , M. Molliet, et par les négociateurs d'Haiti 2 lorspar'notre conclure le traité de 1829, il fallut prouver que la Répuque , pour
l'intérêt de 3 P. olo avec un fonds d'amortisseblique pouvait payer
ment; 5 pages 60 et 6r.
la
Quinze mille familles françaises, jadis opulentes et aujourd'hui
plupart réduites à un état voisin de lindigence, attendent avec la
plus vive impatience du gouvernement et des chambres, la chétive
indemnité qui leur est due pour les biens dont on les a expropriées;
pages 70, 71 et autres.
êt de 3 P. olo avec un fonds d'amortisseblique pouvait payer
ment; 5 pages 60 et 6r.
la
Quinze mille familles françaises, jadis opulentes et aujourd'hui
plupart réduites à un état voisin de lindigence, attendent avec la
plus vive impatience du gouvernement et des chambres, la chétive
indemnité qui leur est due pour les biens dont on les a expropriées;
pages 70, 71 et autres. --- Page 12 --- --- Page 13 ---
fa Harité
SUR
LES AFFATRES D'HAITI,
Chaque année les pétitions des Colons, anciens propriétaires à Saint-Domingue, amènent les Chambres à
s'occuper de l'affaire d'Haiti. Les débats laissent cependanttoujours le public et les Colons dans la mêmeincertitude sur l'état des relations de la France avec cette république, et ils ne reçoivent jamais que des renseignemens
vagues et contradictoires.
Je vais essayer de jeter quelque jour sur cette affaire.
Tout le monde connait la condition pécuniaire insérée
dans l'ordonnance qui a définitivement émancipé notre
ancienne Colonie. La somme de 150 millions, stipulée
dans cette ordonnance, n'élait pas le prix de l'émancipation, mais la représentation du 10 de la valeur donnée
à des biens dont on expropriait des Français en faveur
du peuple d'Haiti.
Ce n'était pas non plus une exigence trop forte que la
demande de payer 150 millions par cinquième, en cing
ans, à une époque surtout où tous les gouvernemens, les
nouveaux comme les anciens, trouvaient à emprunter si
facilement. Aussi desquelobligation contractée parHaiti
fut connue en Europe, l'on vit se former plusieurs com-
la valeur donnée
à des biens dont on expropriait des Français en faveur
du peuple d'Haiti.
Ce n'était pas non plus une exigence trop forte que la
demande de payer 150 millions par cinquième, en cing
ans, à une époque surtout où tous les gouvernemens, les
nouveaux comme les anciens, trouvaient à emprunter si
facilement. Aussi desquelobligation contractée parHaiti
fut connue en Europe, l'on vit se former plusieurs com- --- Page 14 ---
paguies à Paris même, pour fournir ce nouvel
et, une compagnie moitié française, moitié
emprunt,
entre autres, avec beaucoup
anglaise, offrit
d'un coup les 150 millions. d'instance, de préter tout
Mais les
tiens, heureusement
Commissaires Haipour ces préteurs
duisirent leur demandeà 30
aventureux, réayantM. Laffittcen
millions; et une compagnie,
dre,quivoulaitausi
millions, vint enchérir
préter les 150
sur les offres faites
tres, et fut déclarée
par les auadjudicataire de
millions.
l'emprunt de 30
Quand l'échéance du premier
nité arriva, la
cinquième de l'indemRépublique d'Haiti paya ce
qjuième; 1° avec 24 millions fournis
premier cinde
2° avec5
par les contractans
Temprunt;
millions 300 mille francs
envoya directement; elle doit
qu'elle
mille francs sur ce premier
encore aujourd'hui 700
cinquième.
Depuis cette époque, elle n'a plus rien
à la France, et n'a
envoyé du tout
payé que fort peu de
teurs de ses obligations
chose aux porJe dois dire
pour l'emprunt.
cependant, qu'au mois de
au lieu de verser les 30 millions du décembre 1826,
elle a fait déposer à la Caisse des
second cinquiême,
un bon
dépôts et consignations,
représentant la somme due; il est
( Nous, J. G. Imbert,
ainsi conçu:
> ment des
Secrétaire-d'Etnt au départefinances, en vertu des ordres
)) d'Haiti, et en conformité des
du Président
) la lettre du Président du arrangemenstipulés dans
> la date du
Conseil de S. M. T. C., sous
17 septembre 1825.
> Reconnaissons et déclarons
la
)) doit à la Caisse des
que République d'Haiti
dépôts et
> las sonme de 30 millions consignations de France,
de
) échoir le 31 décembre
francs, pour valeur à
courant, du deuxième terme de
ité des
du Président
) la lettre du Président du arrangemenstipulés dans
> la date du
Conseil de S. M. T. C., sous
17 septembre 1825.
> Reconnaissons et déclarons
la
)) doit à la Caisse des
que République d'Haiti
dépôts et
> las sonme de 30 millions consignations de France,
de
) échoir le 31 décembre
francs, pour valeur à
courant, du deuxième terme de --- Page 15 ---
daus T'ordonnance du 17 avril
mentionnée
> l'indemnité
avons signé et revètu de
> 1825. En foi de quoi nous
sera déposée
qui
cachet la présente obligation,
y notre
Caisse
parfait paiement.
)) à la
jusqu'à
décembre 1826.
le 19
)) Fait au Port-au-Prince,
G. Imbert. >
) SignéJ.
à la Caisse des dépôts ct
Cette pièce est encore déposée millions écus que Haiti
au lieu des 30
rendre
consignations,
Il serait assez difficile de se
aurait dû y verser.
faire admettre une pareille recompte du motif qui a pu
effective; car la signaconnaissance, aul lieu dela somme
revêtue même de son cachet,
ture de M. J. G. Imbert,
de plus, et T'on
ne nous donnait pas une grande garantie
a pu
moins comment le Gouvernement
comprend encore
de libération.
satisfait par ce simulacre
se trouver
le Ministre des, finances, qui
Tout porteà croire que admettant ce bon à la Caisse
était alors M. de Villèle, en
déa voulu donner quelques
des dépôts et consignations,
des Colons n'était
lais à Haiti; et comme la liquidation
les 30
avancée
eût pu employer
pas assez
pour qu'on s'ils avaient été versés au
millions du second cinquième,
en la
l'avantage qu'il faisait à la République,
Trésor,
délais, était un acte de bienlaissant jouir de quelques
à personne.
veillance qui ne portait préjudice
condescendance,
malgré toute cette
La République,
à satisfaire à ses engagene se montra pas plus empressée
le Consul-Général
mens, et au mois de septembre 1827
au
fut chargé d'exprimer
de France, au Port-an-Prince,
causait
d'Haiti, le mécontentement que
Gouvernement
et
à satisfaire à ses obligations,
son peu d'empressement le délai que le roi avait bien
de lui faire observer, que
préjudice
condescendance,
malgré toute cette
La République,
à satisfaire à ses engagene se montra pas plus empressée
le Consul-Général
mens, et au mois de septembre 1827
au
fut chargé d'exprimer
de France, au Port-an-Prince,
causait
d'Haiti, le mécontentement que
Gouvernement
et
à satisfaire à ses obligations,
son peu d'empressement le délai que le roi avait bien
de lui faire observer, que --- Page 16 ---
-
)
voulu accorder pourle paiement du second
l'indemnité, durait depuis
cinquième de
attendait eucore les
sept mois, et que la France
premiers résultats des efforts
Gouvernement Haîtien avait
que le
quitter.
promis de faire pour s'ac.
A la même époque, la
guée aussi des retards
Compagnie de l'emprunt, fatique la
mettait
plir ses obligations
République
à remvoir au
envers elle, envoya un fondé de pouPort-au-Prince; et le Président,
le Consul et par l'envoyé de la
pressé alors par
la fin de 1827, à
Compagnie, se décida, à
charger M.
publique à Paris, de faire la Lallittebanquier dela Répour le
demande de délais nouveaux
paiement de l'indemnité,
Dès le mois de janvier
Gouvernement du
1828, ce négociateur fit, au
roi, des propositions
délais réclamés, et faciliter
pour obtenir les
blique. Il offnit,
la délibération de la
1° de confondre
Répuvernement devait, tant
tout ce que ce Goupour l'indemnité
prunt, de n'en faire
que pour l'emla France.
qu'une seule et même dette envers
2° De déposer au Trésor de
du tout, trente-cing
France, pour se' libérer
francs
annuités de 6 millions 500 mille
chacune, tant pour l'intérêt que
ment des
pour l'amortissecapitaux; et la France alors
du service et du remboursement
devenait chargée
de
Cette négociation traina
l'emprunt.
la proposition du Ministre en longueur. Cependant, sur
Commission
des finances, le roinomma une
pour examinenla
la République. Cette
proposition faite au nom de
ministre des
commission, présidée par M. Roy,
Levis,
finances, et composée de MM. le duc
vicomte Lainé, baron
dea
Benjamin-Delessert,
Portal, pair de France,
Berbis ct Lastoury députés, exami-
négociation traina
l'emprunt.
la proposition du Ministre en longueur. Cependant, sur
Commission
des finances, le roinomma une
pour examinenla
la République. Cette
proposition faite au nom de
ministre des
commission, présidée par M. Roy,
Levis,
finances, et composée de MM. le duc
vicomte Lainé, baron
dea
Benjamin-Delessert,
Portal, pair de France,
Berbis ct Lastoury députés, exami- --- Page 17 ---
attention la réclamation de la Répuna avec unegrande
entendre ler banquier d'Haiti,
bliques' elle voulut même
:
dans les termessuivans:
qui réitéra ses propositions
d'une année, en capital
( Haiti soldera dans le terme
le Goules avances faites ou garanties par'
)) et intérêts, 2
service de P'emprunt,
français, tant pourle
)) vernement
cinquième.
solder le premier
) que pour
Goo mille francs de rentes 3 P. o/0;
) Trois millions
la France, pour solderles
) seraient fournies au pair par
derniers cinquièmes
des quatre
)) 120 millions, 2 montant
) de l'indemnité.
avant d'entrer
)) Haiti voulant se libérer del'emprunt 6 millions 500 mille
de l'indemnité, les
> en paiement
d'abord au rachat des 27
5) franes seraient appliqués restent à rembourser, de
) millions des obligations qui
seraient fourla jouissance des rentes qui
) manière que
les Colons, de trois
) nies, se trouverait reculée, pour
)) ou quatre ans. >
proposé était de
L'on voit que le but de Yarrangement
avande la France , toutes les sommes
mettre au compte
de Pemprunt, pour le
cées à Haiti par les contractans
à se faire
des intérêts; de les autoriser en outre,
service
sur les annuités fourpayer, par privilége et préférence,
Haiti, du capital avancé par eux.
nies par
résultat, de
Cette négociation aurait eu , en effet, 2 pour
créandans l'espace de quatre ans 2 aux
faire rembourser,
millions
leur étaient dus
ciers de Temprunt, les 27
qui du contrat, ne
Haiti; et qui, d'après les stipulations
par
que dans l'espace de vingtdevaient leur être remboursés
Tout était donc combiné, dès cette époque,
cinq ans.
à sacrifier les Colons et
amener le Gouvernement
pour
venir au secours de l'emprunt.
les intérêts du Trésorspour
'espace de quatre ans 2 aux
faire rembourser,
millions
leur étaient dus
ciers de Temprunt, les 27
qui du contrat, ne
Haiti; et qui, d'après les stipulations
par
que dans l'espace de vingtdevaient leur être remboursés
Tout était donc combiné, dès cette époque,
cinq ans.
à sacrifier les Colons et
amener le Gouvernement
pour
venir au secours de l'emprunt.
les intérêts du Trésorspour --- Page 18 ---
-
Le banquier d'Haiti joignait à sa
plan de finances qui devait
proposition un autre
nouveau. Ce plan consistait assurer l'exécution du traité
parla France 4 millions 600 principalement à faire créer
qui seraient donnés
mille francs de rente 3 p.
en
o/0,
teurs des
paiement aux Colons et aux
obligations
porconsidérable
del'emprunt, avec un amortissement
pour éteindre la dette en 35
ciateur d'Haiti ajoutait
ans. Le négomême, qu'il était
tous les points avec le Ministre des
d'accord sur
demande d'un crédit
finances, et que la
en rentes, était la
ce Ministre devait
première loi que
présenter aux
en place,
Chambres, s'il fût resté
La Commission n'eut pas de peine à
toute cette négociation était
reconnaître que
contractans de
entreprise pour tirer les
l'emprunt du mauvais
mis par leur spéculation
pas où ils s'étaient
nait
hasardée. Personne ne
cependant comment on pouvait établir
compreces faitesà Haiti, pour, le service de
que les avanle paiement du premier
son emprunt, et pour
cinquième, l'avaient été
compte du Trésor, et sous la
pour le
garantie du
L'opération de l'emprunt était
Gouvernement,
pour qu'on eût oublié,
dans
encore trop récente
missaires Haitiens
que
lel moment où les Comse rendirent à Paris
trois
pour le réaliser,
Compagnies se formèrent pour le
qu'il y eut une grande
soumissionner;
missaires
concurrence: : mais que les Comayant fixé leur maximum à
offres ne s'étant élevées
90 francs, et les
qu'à 76 francs,
ne
pas adjugé; qu'une
l'emprunt
fut
Compagnie particulière,
n'avait
pas soumissionné
qui
d'abord, vint s'offrir et se
de
l'emprunt à 80 francs; c'est-à-direà
chargea
nuité de 1,000 francs,
800 francs par annuitésd'Haiti
que peu de jours après, les anfurent cotées à 840 francs sur les bulletins
s, et les
qu'à 76 francs,
ne
pas adjugé; qu'une
l'emprunt
fut
Compagnie particulière,
n'avait
pas soumissionné
qui
d'abord, vint s'offrir et se
de
l'emprunt à 80 francs; c'est-à-direà
chargea
nuité de 1,000 francs,
800 francs par annuitésd'Haiti
que peu de jours après, les anfurent cotées à 840 francs sur les bulletins --- Page 19 ---
9de la Bourse; que la Compagnie en vendit pour 6 milun bénéfice de quelques
lions; et réalisa par conséquent
mille
aurait
vendre tout l'emcent
francs; qu'elle
pu
prunt à ce taux, si elle ett répondu aux demandes qui
lui étaient faites, mais qu'elle arrêta les ventes, dans
l'espérance qu'elle ferait plus tard un bénéfice plus considérable; qu'elle fut trompée dans son attente, par des
événemens imprévus, qui firent baisser, à cette époque,
tous les effets publics sur les différentes places de l'Europe; et que c'est à cette circonstance qu'on peutattribuer
la première baisse des effets d'Haiti, dont le cours ne s'est
jamais relevé; et qu'enfin, si la compagnie se trouvait
autant en perte, elle devait l'attribuer un peu à son ambition, et à ce qu'ellen'avait pas voulu se contenter d'un
bénéfice raisonnable.
Il était diflicile, en effet, en résumant ces antécédens,
de comprendre comment les adjudicataires de l'emprunt
pouvaient prétendre que la France était obligée directement ou indirectement dans cette opération.
La Commission ne s'en livra pas moins, dans un grand
nombre de séances,1 l'examen des propositions faites par
le Négociateur d'Haiti, et à celui de toutes les questions
dont elles devaient amener la discussion.
La première question à examiner devait être naturellement celle des avances qu'on disait avoirété faites pour
le compte de la France au Gouvernement d'Haiti, pour
le service de son emprunt, et celle' de la garantie promise
aux prêteurs.
Le Ministre des finances, qui était alors M. Roy, avait
rejeté, avec son austère sévérité, cette singulière prétention du Négociateur d'Haiti.
Cependant, le IO juin 1828, le banquier d'Haiti fit
.
La première question à examiner devait être naturellement celle des avances qu'on disait avoirété faites pour
le compte de la France au Gouvernement d'Haiti, pour
le service de son emprunt, et celle' de la garantie promise
aux prêteurs.
Le Ministre des finances, qui était alors M. Roy, avait
rejeté, avec son austère sévérité, cette singulière prétention du Négociateur d'Haiti.
Cependant, le IO juin 1828, le banquier d'Haiti fit --- Page 20 ---
IO
connaitre à ce ministre, qu'il venait de lui être
Haiti, un envoi qui montait à environ
fait par
des ordres lui avaient été
un million; et que
donnés de
somme celle de 828,000 francs,
prélever sur cette
qui devait échoirle 30 du même pour payer le semestre
mois.
Qu'il n'oubliait pas la condition de la
par l'État, etl'obligation à
garantie donnée
laquelle ils'étail
quil ne pouvait agir ici qu'en
soumis, mais
d'Haiti, ni se soustraire
qualité de mandataire
Il demandait
aux ordres quilui étaient donnés.
en conséquence des instructions
nistre à cet égard.
au MiLe Ministre lui répondit C qu'il avait
l'emprunt avait été fait
toujours pensé que
avaient
par Haiti, que les
agi pour leur compte
adjudicataires
était intéressé
personnel, que
que
PEatn'y
quittement dela
pour en recevoir le montant en acdette de la
qu'il n'avait. pas à
Repmhigspecfindiemaé
intervenir dans les
contractans de
arrangemens des
l'emprunt, soit avec Haiti, soit avec
porteurs des obligations dont
les
Le Ministre
lemprunt se composait.
ajoutait dans son
avait
entendu parler dans
rapport, qu'il
bien
ces derniers temps
par le banquier d'Haiti
(en 18a8). et
rait été donnée
lai-mème, d'uneg garantie
par son
quiaul'emprunt,
prédécesseur, aux contractans de
pour les rembourser de deux séries de
emprunt, et des arrérages de trois
cet
nier était échu le I"r
semestres, dontle derqu'aient été les
janvier 1828; mais que quclles
recherches qu'il avait fait
tère des
faire au minisfinances, on n'yavait rien trouvé
toriser à donner une
qui put l'augarantie de la nature de celle
parlait le banquier de la
dont
République,
La négociation se suivait assez
M. Saint-Macary,
activement, quand
envoyé d'Haiti, arriva à Paris, au
le I"r
semestres, dontle derqu'aient été les
janvier 1828; mais que quclles
recherches qu'il avait fait
tère des
faire au minisfinances, on n'yavait rien trouvé
toriser à donner une
qui put l'augarantie de la nature de celle
parlait le banquier de la
dont
République,
La négociation se suivait assez
M. Saint-Macary,
activement, quand
envoyé d'Haiti, arriva à Paris, au --- Page 21 ---
II
mois d'octobre 1828. On devait croire qu'il venait pour
les propositions faites au nom de son Gouverneappuyer
et l'on fut fort étonné de voir
ment par son banquier;
cet
le désavouer en quelque sorte, reau contraire
agent
jeter les bases de la négociation entamée, changer toutes
les propositions faites, et proposer une négociation sur
des bases toutes nouvelles.
moins
de voir aussi le banquier
L'on ne fut pas
surpris
d'Haiti, changer. complètement ses premières offres de
6 millions 500 mille francs d'annuités pendant trenteles réduire à un
de 60 millions au lieu
cinq ans,
capital
de 120, et ajouter à cette offre des conditions moins acceptables les unes que les autres.
Je croisinutile d'entrer ici dans d'autres détails, il me
suffira de dire que toutes les propositions de l'envoyé
d'Haiti, comme toutes celles du banquier de' la République, furent rejetées; que ce rejet a eu lieu après une discussion qu'on peut bien considérer comme ayant été contradictoire, et queleGouvernement français, pour mettre
un terme à toutes les tergiversations de la République, et
aux prétentions des coutractans de lemprunt, décida
qu'il enverrait son ultiniatum directement an Port-auPrince.
Mais
de dire cependant
l'occasion de
o
il importe
qu'à
la demande faite par le banqaier d'Haiti, de confondre
lindemnité et l'emprunt. 7 pouri n' en faire qu'une seule et
même dette, il fut reconnu. que la France n'avait à se
méler en rien dè l'emprunt fait par la République.
Que cet emprunt était une spéculation particulière;
qu'il avait étéadjugé pabliquement et avec concurrence
Haiti, àux risques et périls des prêteurs, et que le
par
Gouvernement ne pouvoit, sans se rendre responsable,
ondre
lindemnité et l'emprunt. 7 pouri n' en faire qu'une seule et
même dette, il fut reconnu. que la France n'avait à se
méler en rien dè l'emprunt fait par la République.
Que cet emprunt était une spéculation particulière;
qu'il avait étéadjugé pabliquement et avec concurrence
Haiti, àux risques et périls des prêteurs, et que le
par
Gouvernement ne pouvoit, sans se rendre responsable, --- Page 22 ---
s'immiscer dans le règlement de
cette affaire.
daten'ayantpasé été contractée
Que cette
ni pour son compte, il
par Haîti
ne
fenverslaFrance,
le nouveau traité de
pourrait en être question dans
négocier
finances que la France
avec. la République,
consentaità
des quatre derniers
pour faciliter sa libération
cinquièmes
pour lindemnité, En
qu'elle devait encore
Ministre des finances conséquence, la Commission et le
tout pour instruction recommandèrent de donner suraux
rien
négociateurs, de
changer aux conditions de
s'abstenir de
rester étranger à la France.
cet emprunt, qui devait
Quant aux 120 millions
pour l'indemnité, la
700 mille francs encore dus
connurent
Commission et le Gouvernement
limpossibilité où était la
reque la voie des
République, depuis
les solder
emprunts lui était à peu près
par quart dans les termes fixés
fermée, de
d'émancipation, et on s'arrêta à
par l'ordonnance
base des
l'idée de prendre
demandesà faire à la
pour
500 mille francs offerts
République, les 6 millions
cemment, comme étant dans annuellement par elle tout réelle pouvait
la limite des ressources dont
disposer sans nuire à la marche de
vernement et de son administration
son gouOn décida enfin,
intérieure.
elle serait admiseà qu'au lieu de payer en quatre ans
se libérer avec des
lions 600 mille francs
annuités de 3 mildu
chacune, représentant les -
capital de 120 millions, à3
intérêts
200 mille francs
P. o/o, avec un million
Gouvernementle d'amortissement. On laissait ainsi à ce
surplus des 6 millions 500
qu'ilavait offert de
mille francs
payer
ser avec ses autres
annuellement, pour en dispopour le service de ressources, comme il l'entendrait,
son emprunt,
Comme ces conditions
changenient encore toute la po-
3 mildu
chacune, représentant les -
capital de 120 millions, à3
intérêts
200 mille francs
P. o/o, avec un million
Gouvernementle d'amortissement. On laissait ainsi à ce
surplus des 6 millions 500
qu'ilavait offert de
mille francs
payer
ser avec ses autres
annuellement, pour en dispopour le service de ressources, comme il l'entendrait,
son emprunt,
Comme ces conditions
changenient encore toute la po- --- Page 23 ---
OR 2 a
U
49A
GRA
ade C
8m e0a & 3119
étaient en quelque sorte une
sition des Colons, qu'elles
droits,
Goude nouveau à leurs
puisquele
atteinte portée
qu'il avaità leur faire sur
vernement réglaitles paiemens
la Commission reconHaiti faisait àla France, 7
ceux que O
des Colons, pour obtenir la
nut la justice de la demande
du Ministère:
celle-ci était même dans la pensée
garanties
la signature du
mais l'exécution en fut ajournée après
envoyait conclure à Saint-Domingue.
traité qu'on Consul-Général de France à Haiti, fut
M. Mollien,
arrêtées par le Gouverchargé de porter les propositions ultimatum de la France:
nement, et delesdonner comme
au mois
ils s'embarqua à Brest, avec M. Saint-Macary,
de janvier 1829.
difficultés d'admetLe Président d'Haiti fit quelques
2 il tenait toujours à ce que
tre ces nouvelles propositions.
comme
la France se chargedtdu service de son emprunt,
l'avait proposé; il voulait
le banquier de la République
avec CC
encore confondre ce qu'il devait pour l'emprunt, seule
devait pour l'indemnité, et n'en fairequ'une
qu'il
France mais les conséquences de cet
dette envers la
avaient été trop bien senties en France, pour
amalgame consentir, et le Président lui-même reconnut
qu'on pât y
était inadmissible, et il s'en désista.
que cette proposition traité conclu sur les bases envoyées
En conséquence, un
M. Mollien, pour
M.dela Ferronnais, fut signé par
par
tous les membres du Gouvernement
la France, et par
Président, au mois d'ad'Haiti- Ce traitéfutratifié parle Ministre des affaires
vril 1829, et envoyé aussitôt au ratification du roi.
être présenté à la
étrangères, pour
le Gouvernement, après
Il est donc bien constant que
les prédélibération très approfondie, avait rejeté
une
de lemprunt, et que c'était
tentions des contractans
signé par
par
tous les membres du Gouvernement
la France, et par
Président, au mois d'ad'Haiti- Ce traitéfutratifié parle Ministre des affaires
vril 1829, et envoyé aussitôt au ratification du roi.
être présenté à la
étrangères, pour
le Gouvernement, après
Il est donc bien constant que
les prédélibération très approfondie, avait rejeté
une
de lemprunt, et que c'était
tentions des contractans --- Page 24 ---
PPo
28PP01
même A PP 7 2e
pour se débarrasser de toute
égard, qu'il avait envoyé conclure le importunité à cet
Prince, au lieu de le finirà Paris.
traité au Port-auIln'est
stant que le Président de la
pas moins conrenoncé aussi à l'idée de faire République avait lui-même
dans le nouveau traité de comprendre son emprunt
finances qu'il allait
avec la France, et qu'il avait
conclure
parler dans ce traité,
de reconnu qu'on ne devait
que ce qui était
ment des quatre cinquièmes
relatifau paieAinsi, ile est vrai dedire encore dus pour lindemnité.
que cette
et bien décidée; et le traité du mois question était jugée
ratifié par le Président, et donné d'avril 1829, déjà
son ultimatum, était donc le
par la France comme
définitivement
contrat nouveau qui réglait
pour l'avenir, la dette d'Haiti
France.
envers la
Cependant, le discours de la Couronne, à
de la session des
l'ouverture
Chambrès, en 1831, fit
avait été fait, cette année, deux
connaître qu'il
traités
la République
nouveaux avec
d'Haiti, et annonça qu'ils
sous les
seraient mis
J
yeux des Chambres, ? dès que la
qu'on attendait serait arrivée.
ratification
x
Mais, au lieu de recevoir cette
naux du Port-au-Prinee
ratification, 2 les
firent bientôt savoir jourPrésident Boyer avait refusé
que le
deux traités
avec éclat, de ratifier les
signés par M. Suint-Macary, au nom de la
République, l'un relatifà la dette d'Haiti, Tautre
au commerce.et. à la navigation. Lon a même
relatif
journaux du
vu dansl les
Port-au-Prince, une proclamation
sident de la
duPréRépublique, en date du 12 juin
dans laquelle il blâme M. Saint-Macary
1S31,
de
des'être
négocier ces deux traités, à l'insu de
permis
ment. II déclare
son Gouvernequil ne lui avait donné aucun
pouvoir
à la dette d'Haiti, Tautre
au commerce.et. à la navigation. Lon a même
relatif
journaux du
vu dansl les
Port-au-Prince, une proclamation
sident de la
duPréRépublique, en date du 12 juin
dans laquelle il blâme M. Saint-Macary
1S31,
de
des'être
négocier ces deux traités, à l'insu de
permis
ment. II déclare
son Gouvernequil ne lui avait donné aucun
pouvoir --- Page 25 ---
; qu'il l'avait envoyé
pour se livrer à cette négociation; avec le GouverneFrance, en 1830, pour s'entendre
en
diflicultés concernant le derment français sur quelques
relatifs à l'intronier traité, et demander dès avantages expédiées pour la
duction des denrées qui seraient
libération d'Haiti.
proclamation, que (. sôIt
Il dit en outre dans.cette
mois à Paris,
avait ordre de ne rester qu'un
)) Envoyé
à cet ordre, il y est resté plus d'une
>) que contrairementi
lui
sa mission, ct
a pris sur d'outrepasser
> année; qu'il
deux traités contenant des con-
) cela pour rapporter
autorisé à souscrire. )>
il n'était pas
)) ditions auxquelles
pas les intérêts divers
Les persounes qui ne connaissent affaire,. ne peuvent
qui sont venus se croiser dans cette avait envoyé au
comment la France 7 qui
comprendre
en 1829, un ultimatum,
Président de la République,
haitien:avaient tous
les membres du Gouvernement
que
Président avait ratifié, a pu oublier les
que le
signé.et 1
avait contractés en quelque sorte par
engagemens qu'elle
en 1830,sur les
l'envoi de cct ultimatum, et négocier,
la Républimêmes questions. 5 des traités nouveaux que
que ne demandait pas.
comment la France; dont
Il est difficile d'expliquer
avec Haiti par
tous les' intérêts de fnances étaient réglés
étaient
1829: et quand toutes les ditficultés
le traitélde
a
à
avait dicté, pu
aplanies par ce traité, qu'elle-méme
une néconsentir à ce qu'on remit tout en question par.
les
le Président désavoue; qui compromet
gociation que
ruinerait les Colons qu'on
intérêts de la France, et qui
abandonneà Haiti.
êtreici la raison d'État,
Chacun se demande oû peuvent
et le but politique de cette étrange négociation.
ficultés
le traitélde
a
à
avait dicté, pu
aplanies par ce traité, qu'elle-méme
une néconsentir à ce qu'on remit tout en question par.
les
le Président désavoue; qui compromet
gociation que
ruinerait les Colons qu'on
intérêts de la France, et qui
abandonneà Haiti.
êtreici la raison d'État,
Chacun se demande oû peuvent
et le but politique de cette étrange négociation. --- Page 26 ---
a
J'ai déjà fait connaître qu'en 1828, le
République avait été chargé
le
banquier de la
de nouveaux délais
par Président, d'obtenir
pour le paiement de
qu'une négociation avait été entamée à
l'indemnité;
avaitproposé de laisser à la
ce sujet ; qu'il
charge de la
ment et le service de
France le paiel'emprunt, comme celui de
demnité, en remettant
l'innuités de 6 millions pour s'acquitter de tout, 35 an500 mille francs
avait été jusqu'à soutenir
chacune. Qu'il
République, avaient
que les sommes avancées à la
Trésor de
élé avancées pour le compte du
France, et sous la garantie du
Que toutes ces
Gouvernement.
avaient été
propositions et toutes ces prétentions
rejetées sous le ministère de
M. de la
M. Roy et de
traité
Ferronnais; et que ce rejet avait été
du mois d'avril
suivi du
1829.
Quand la révolution de juillet
crit par le Consul de France arriva, ce traité sousd'Haiti, était dans les
et par le Gouvernement
attendant la
cartons des affaires
ratification du roi, qu'un
étrangères,
ferai connaître avait
incident que je
Cette révolution malheureusement retardée.
vint changer les
choses : quelques intéressés dans
personnes et les
alors l'espoir de faire entamer
l'emprunt, reprirent
une
et de faire admettre,
négociation nouvelle,
par un nouveau traité, les
positions que la République avait fait faire
propour son emprunt; ils furent fortifiés
en 1828,
rance par certaines
dans cette especirconstances, et l'on
en effet qu'une autre
apprit bientôt
négociation était entamée
l'envoyé d'Haiti,
avec
Dans cette nouvelle
toutes les conventions négociation, on mit dans l'oubli
1829, qui avait écarté précédentes, et surtout le traité de
toutes les prétentions des con-
positions que la République avait fait faire
propour son emprunt; ils furent fortifiés
en 1828,
rance par certaines
dans cette especirconstances, et l'on
en effet qu'une autre
apprit bientôt
négociation était entamée
l'envoyé d'Haiti,
avec
Dans cette nouvelle
toutes les conventions négociation, on mit dans l'oubli
1829, qui avait écarté précédentes, et surtout le traité de
toutes les prétentions des con- --- Page 27 ---
tractans de l'emprunt, pour les
du 2 avril 183r,
les
remplacer par le traité
qui
a toutes admises.
Ce n'était pas assez; ; ilfallait, par ces concessions
à Haiti, rendre facile l'exécution
faites
fois, n'avait
d'un traité qui, cette
pas pour but l'intérêt
cial de la France, mais
politique et commerseulement de faire
prunt, et les avances faites à la
payer l'emculateurs
République par des
imprudens; et c'est sur les Colons
spéfait tomber toute la charge du
que l'on a
veurs qu'on accorde à
nouveau traité et des fadans
Haiti; et s'il est vrai de
cette circonstance, les Colons
dire que 2
on doit convenir aussi
sont fort maltraités,
que le Trésor public
pas lui-même plus ménagé.
deFrance n'est
Je m'abstiendrai de donner le texte du traité
qui, du reste, a été
de 1831,
publié au
seulement en indiquer ici la
Port-au-Prince; je vais
substance.
Dans ce traité, l'on admet
d'Haiti le
d'abord, comme le
proposait en 1828, au nombre
banquier
dues à la France
des sommes
par Haiti, tout ce qu'elle doit
tractans de l'emprunt, et cela
aux con3go mille francs.
se monte à 33 millions
On' admet
Trésor de
également comme dette d'Haiti envers le
France, les 4 millions 848 mille
ont étéavancés par les contractans de
francs qui
publique, pour le service des
l'emprunt à la Réintérêts.
Enfin, on admet comme dette d'Haiti
les 120millions
envers la France,
les
700 mille francs qui sont encore dus
quatre cinquièmes de l'indemnité,
pour
De sorte que la France, qui n'était créancière
que de 120 millions 700 mille francs,
d'Haiti
cière de 158 millions
deviendrait créanainsi la
893 mille francs, et
place de messieurs les
prendrait
adjudicataires, qui ne se2
érêts.
Enfin, on admet comme dette d'Haiti
les 120millions
envers la France,
les
700 mille francs qui sont encore dus
quatre cinquièmes de l'indemnité,
pour
De sorte que la France, qui n'était créancière
que de 120 millions 700 mille francs,
d'Haiti
cière de 158 millions
deviendrait créanainsi la
893 mille francs, et
place de messieurs les
prendrait
adjudicataires, qui ne se2 --- Page 28 ---
raient plus créanciers d'Haiti; ct les charges de
resteraient à la France, comme la chose
l'emprunt
montrer.
est facile à déPour s'acquitter de toutes ces dettes, Haiti
4 millions chaque année, jusqu'à extinction des paierait
sans intérêts.
capitaux,
Le Trésor commencerait
par prélever, par
et privilége, 2 millions chaque anvée,
préférence
des 4 millions 848 mille francs,
pour se couvrir
avec les intérêtsà 3
o/o avancés par lui, est-il dit hardiment dans
pour
pour le service de l'emprunt,
le traité,
L'on capitalise ensuite ce qui est dû à
pour les intérêts arriérés,
T'emprunt,
jusqu'au mois de
I 1831, ce qui, avec le capiral primitif,
décembre
de 33 millions 3go mille francs.
forme la somme
Pour solder cette somme, le traité autorise le
d'Haiti à prélever, après le
banquier
Trésor, sur l'annuité
lions que doit payer la
de4 milRépublique, et ce aussi
vilége et préférence sur les
par priColons, 2 millions à
cer de juin 1832, jusqu'h extinction de la
commenEnfin arriverait le tour des Colons,
dette.
trois ans après la ratification du
quicommencernient
traité, et
Sor serait soldé, à recevoir
quand leTre
2 millions seulencnt sur les
quatre que paicrait Haiti, tant que les
ne
créanciersdel'emprunt
seront pas remboursés; et s'il arrivait
la
République fat en retard de payer tout ou partie de que
annuité de 4 millions, ce retard ou ce déficit
son
nécessairement
porterait
toujours sur les 2 millions réservés aux
Colons; Messieurs
del'empruntayants un
et se trouvant, comme on le voit, la privilége sur eux,
mtéressante du traité.
partie principale et
Quant aux intérêts qui étaient stipulés dans le traité
pas remboursés; et s'il arrivait
la
République fat en retard de payer tout ou partie de que
annuité de 4 millions, ce retard ou ce déficit
son
nécessairement
porterait
toujours sur les 2 millions réservés aux
Colons; Messieurs
del'empruntayants un
et se trouvant, comme on le voit, la privilége sur eux,
mtéressante du traité.
partie principale et
Quant aux intérêts qui étaient stipulés dans le traité --- Page 29 ---
il faut y renoncer : on en fait très gracicusede 1829,
qui avait consenti à les
ment la remise à la République,
lui fait.
pas la faveur qu'on
payer, et qui ne demandait
demande comQuand on lit cet étrange traité, on se
tous les antément on a pu oublier aussi complètement
cédens et le traité de 1829.
traité
consentir à remplacer un
proComment on a pu
la France et acvoqué et dicté, en quelque sorte, par
désavantala République, par un traité plus
cepté par
et qu'elle ne veut pas
que Haiti ne demandait pas
geux,
même encore recevoir.
ait renoncé, dans ce
Comment il se fait surtout qu'on
Haiti
aux intérêts des 120 millions que
traité nouveau,
qu'on
avait consenti à payer, quand elle ne demandait pas
lui fit cette remise.
consentir à entamer une négoComment enfin on a pu
Haîtien
souscrire deux traités avec un
qui
ciation et à
dont la mission, d'après ce
n'avait pas de pouvoirs, et
se bornait à
qu'a publié le chef de son gouvernement, de 1829, et à
certain article du traité
faire interpréter remises de droits pour les denrées que
obtenir quelques
la République devait envoyer en paiement. del'humeur en
le Président ait pris
On conçoit que
revenir, après un an d'absence, chargé
voyant son agent
et
ait
traités
il ne s'attendait pas, qu'il
de deux
auxquels
de les ratifer. Ce refus
refusé, dans le premier moment,
ferai connaitre.
tient pourtant à une autre cause que je
Je vais d'abord analyser ces deux traités.
tenir quelques
la République devait envoyer en paiement. del'humeur en
le Président ait pris
On conçoit que
revenir, après un an d'absence, chargé
voyant son agent
et
ait
traités
il ne s'attendait pas, qu'il
de deux
auxquels
de les ratifer. Ce refus
refusé, dans le premier moment,
ferai connaitre.
tient pourtant à une autre cause que je
Je vais d'abord analyser ces deux traités. --- Page 30 ---
NÉGOCIATION DE 1830 ET 1831.
Deux traités, comme on l'a vu, ont été souscrits
l'envoyé d'Haiti, le 2 avril 183r.L'un
avec
de la dette de la
règle le paiement
République, tant envers la France
qu'envers les contractans et les porteurs des
de l'emprunt, l'autre est relatif au
obligations
vigation.
commerce et à la naJe ne m'occuperai pas de ce dernier traité, dont il
serait d'ailleurs assez difficile d'expliquer
Haiti n'a pas et n'aura
de
l'utilité; car
pas,
bien des années, une
barque à la mer 5 et notre commerce: avec ce
un tel état de nullité,
pays est dans
qu'il ne vaut presque pas la
qu'on s'en occupe.
peine
Ce traité n'a été, dans le fait, qu'un
entamer une nouvelle
moyen de faire
négociation à l'aide de laquelle on
pouvait revenir sur le traité de 1829, qui génait des intérêts qu'on voulait protéger. Il se
de 28
cles. Il semblerait
compose
artiqu'on aurait à traiter des intérêts
commerciaus et de
navigation avec une des grandes
puissances maritimes. Je ne parlerai
cet acte
pas autrement de
diplomatique qui serait resté dans tous les
sans application sous bien des points, s'il eût été
cas
puisque Haiti a à peine une navigation de
ratifié,
Si ce traité de
cabotage.
navigation est un acte
n'en cst pas de même du traité de
insignifiant, il
jour par les mêmes
finances signé le même
négociateurs. Celui-ci a des résultats
qu'on peut tout de suite apprécier, Cl il mérite
rieux examen.
un sé-
autrement de
diplomatique qui serait resté dans tous les
sans application sous bien des points, s'il eût été
cas
puisque Haiti a à peine une navigation de
ratifié,
Si ce traité de
cabotage.
navigation est un acte
n'en cst pas de même du traité de
insignifiant, il
jour par les mêmes
finances signé le même
négociateurs. Celui-ci a des résultats
qu'on peut tout de suite apprécier, Cl il mérite
rieux examen.
un sé- --- Page 31 ---
le dommage que ferait hux Colons et
J'ai déjà indiqué
traité de finances qui a été subsà la France, le nouveau
sous le mititué à celui qui avait été conclu en. 1829, connaitre
de M. de la Ferronnais. Je vais faire
nistère
à anéantir ce traité
à présent comment Oli est parvenu
comment notre
d'Haiti, et
sans l'aveu du gouvernement lui-même dans cette fausse
a été entrainé
gonvernement
tenté de dire à son insu.
démarche 1 je suis presque
conclu
M. Mollien
Quand le traité qui avait été
par
à
d'Haiti, en 1829, fut renvoyé
avec le gouvernement
du Roi, -M. de
être présenté à la ratification
Paris, pour
des affaires étranla Ferronnais n'était plus au ministère
fait
la ratification ne se serait pas
gères. S'il y fit resté,
serait fixé depuis trois ans, 2
attendre; le sort des Colons
avec
France n'aurait plus à débattre aujourd'hui
et la
comme avec les autres
Haiti que des intérêts généraux
états.
mécontentes du traité qui
Mais quelques personnes
franque le Gouvernement
venait de se conclure, parce
la France créançais n'avait jamais voulu reconnaitre
ni de la
cière d'Haiti, des sommes dues à lemprunt,
Rémille francs avancés à la
somme de 4 millions 848
cherchèrent,
le service de ses intérêts,
publique pour
la ratification du traité.
dès cette époque, à empécher
avait succédé
On fit observer à M. de Polignac, qui
de
qu'un traité de commerce et
à M. de la Ferronnais,
aurait dà être conclu
navigation avec la République
le traité de fiavant, ou au moins en même temps que
traité
laissa
ignorer que ce
nances; on lui
probablement
Haiti au miavait déjà été demandé par
de navigation
avait reconnu que le règlement
nistère précédent, qui
traiter avant toute
de l'indemnité devait se
du paiement
, qui
de
qu'un traité de commerce et
à M. de la Ferronnais,
aurait dà être conclu
navigation avec la République
le traité de fiavant, ou au moins en même temps que
traité
laissa
ignorer que ce
nances; on lui
probablement
Haiti au miavait déjà été demandé par
de navigation
avait reconnu que le règlement
nistère précédent, qui
traiter avant toute
de l'indemnité devait se
du paiement --- Page 32 ---
U
2.2
de cette
dépendent toutes les
autre affaire, car
question à envoyer un négociaautres. M. de Polignac se décida mois de mars 1830,
teur à Haiti (1), oh il arriva au
ce traité de commerce et de navigapour y proposer
tion.
quand on apOn fut fort étonné au Port-au-Prince,
la ratifiau lieu de rapporter
prit que ce négociateur,
attendait, venait entacation du traité de 1829, qu'on
on vit
nouvelle; et surtout quand
mer une négociation
du 23 mars, le disdans le journal du Port-au-Prince
à l'audience SOcours que l'envoyé français prononça
lui donna le Président, et dans lequel,
lennelle que
de la sagesse du Gouvernement
après avoir fait l'éloge fidélité dans l'exécution de ses
d'Haiti, et surtout de sa
mot du traité
engagemens 2 il ne lui disait pas un
de 1829.
venait proposer FenMais la nouvelle négociation que
voyé français ne fut pas longue. Le Gouvernement
d'ailleurs par caractère, 7
d'Haiti, assez soupçonneux
francherchait à s'expliquer comment le Gouvernement
moisauparavant, des'ocçais, qui avait refusé quelques
la
d'un traité de commerce et de navigation que
cuper
demandait, pouvait envoyer un commissaire
République
quand Haiti ne le demandait
exprès pour le conclure,
négociation s'entama
plas. De sorte que cette nouvelle
interrompue
d'assez mauvaise gràce, et fut promptement
incident qui brouilla toutes les affaires.
par un
s'éleva sur la valeur qui serait donUne discussion qui
que la Répunéc à la gourde d'Haiti, dans les paiemens
(1) M. Pichon.
demandait, pouvait envoyer un commissaire
République
quand Haiti ne le demandait
exprès pour le conclure,
négociation s'entama
plas. De sorte que cette nouvelle
interrompue
d'assez mauvaise gràce, et fut promptement
incident qui brouilla toutes les affaires.
par un
s'éleva sur la valeur qui serait donUne discussion qui
que la Répunéc à la gourde d'Haiti, dans les paiemens
(1) M. Pichon. --- Page 33 ---
donna au Président l'iblique devait faire à la France, edt promis dans le
bien qu'il
dée de soutenir 2 que dans celui de 1825, de payer
traité de 1829, comme
s'acquitter en gour150 millions de francs, il pouvait
valeurnominale de 5 fr., mais qui perdait
des d'Haiti,
50 pour cent.
devint fort vive; l'humeur vint se
Cette discussion
français s'embarqua
méler à la négociation ; l'envoyé
sans
du
de la République,
fort mécontent gouvernement à M. de Polignac que
rien finir, et n'ayant à rapporter traité de commerce
l'annonce qu'il avait échoué pour le
d'avril 1829
: et que le traité du mois
et de navigation
était lui-même de nouveau mis en question.
de l'enaussitôt après le départ
Le président Boyer 2
sur un navire
voyé français, expédia M. Saint-Macary de faire interavec la mission spéciale
de commerce, 2
lui donnant l'ordre de ne
préter le traité de 1829, en la révolution de juillet,
rester qu'un mois à Paris; mais
de
Haiti n'avait pu prévoir, et les embarras
que certes
après cette révolution, ne permirent
notre Gouvernement de l'affaire de la République. L'envoyé
pas de s'occuper
se faire entendre,
d'Haiti craignait même de ne pouvoir ministère, le 2
survenu dans le
quand le changement
devint président, ranovembré 1830, dont M. Laflitte
très favoraCe changement devint
nima ses espérances.
et bien funeste aux
de T'emprunt,
ble aux contractans
à cet évèattribuer principalement
Colons; et l'on peut
avec Haiti.
l'embarras actuel de nos relations
nement,
la négociation avec l'enEn effet, dès ce moment,
le moins
del'activité. Et sans parler
voyé d'Haiti prit
cet envoyé avait misdu monde du traité de 1829, que
dans une autre
sion de faire interpréter ; on l'entraina
ses espérances.
et bien funeste aux
de T'emprunt,
ble aux contractans
à cet évèattribuer principalement
Colons; et l'on peut
avec Haiti.
l'embarras actuel de nos relations
nement,
la négociation avec l'enEn effet, dès ce moment,
le moins
del'activité. Et sans parler
voyé d'Haiti prit
cet envoyé avait misdu monde du traité de 1829, que
dans une autre
sion de faire interpréter ; on l'entraina --- Page 34 ---
laquelle il n'avait, a ce qu'il. parait 3
négociation pour
on
pour motif de cette négociation,
aucun pouvoir; prit
la demande qui avait été adressée par Haiti au gouverdemande
avait été
nement de Charles X, en 1828,
qui
sous le ministère de M. De la Ferronnais, et à
rejetée
Président d'Haîti avait renoncé lui-même en
laquelle le
hant. L'on mit ainsi au né1829, comme on T'a vu plus
les
le fait, la négociation de cette époque,
ant, par
composée de Pairs et de Dépuavis de cette commission
du
tés, les décisions du conseil des ministres, et. le traité
d'avril
lui même, qui en était la suite ; et
mois
le 2 avril 1831, les
enfin les négociateurs signèrent,
deux traités que le Président refuse de ratifier.
L'on devait croire, il est vrai, qu'avec les immenses
la France faisait à la République € 2 le
concessions que
accepterait avec empreschef de ce gouvernement
bienfait; il en fut
sement et reconnaissance ce nouveau
autrement.
même
ces traités ne fusLe Président, avant
que
en avait eu consent parvenus à notre consul-général,
la
M.
Ies lui avait envoyés par
naissance.
Saint-Macary
concerté, d'avance,
voie de l'Angleterre, et il s'était
sur l'accueil qu'il devait leur
avec, son gouvernement
faire.
consul-général au Port-auDès que M. Mollien,
à celui
Prince, eut reçu ces actes , si coutraires pourtant
à
avait signé en 1829, il se hâta de les présenter
qu'il
mais celui-ci, loin de les
la ratification du Président ;
accueillir comme on devait le croire, les rejeta, dit-on,
dédain, et accompagna mêmc, à ce qu'il parait,
avec
et d'ironies que les membres de
son refus de sarcasmes
se plurent bientôt à publier.
son gouvernement
Prince, eut reçu ces actes , si coutraires pourtant
à
avait signé en 1829, il se hâta de les présenter
qu'il
mais celui-ci, loin de les
la ratification du Président ;
accueillir comme on devait le croire, les rejeta, dit-on,
dédain, et accompagna mêmc, à ce qu'il parait,
avec
et d'ironies que les membres de
son refus de sarcasmes
se plurent bientôt à publier.
son gouvernement --- Page 35 ---
L'altercation entre le consul et le Président dût être
annonça son départ,
vive, car leconsul, aussitétaprès,
et quitta en effet le Port-au-Prinee pour revenir en
France, en laissant au consul des Cayes le soin de
les intérêts des Français qui restaient dans le
protéger
pays.
nos relations diplomatiques avec
Depuis ce moment,
Haiti n'ont plus été qu'indirectes. Le départ du consul
français fit craindre au petit nombre de Français qui
leurs relations ne fussent intrafiquent avec Haiti, que
terrompues. Les bruits de guerre se répandirent bientôt
dans le pays, et les publications arrogantes du gouvernement d'Haiti étaient bien faites pour les accréditer.
Je ne discuterai pas sur le plus ou moins de gravité des
insulitesquipeuvent avoir été faites à la France dans cette
circonstance;, je ne connais pas assez les détails de la
scène qui a eu lieu entre le consul et le Président, et
le Gouvernement saura sans doute apprécier tous ces faits.
Il parait seulement, d'après ce qui a été dit par M. le
ministre de la marine à la Chambre des Députés 2 dans
la séance du 29 février 1832, que les insultes n'ont
point été considérées comme tellement graves, qu'on
dût cesser immédiatement toutes les relations avec Haiti;
car ce ministre a annoncé que le Gouvernement avait
envoyé au Président les traités du 2 avril 1831, qu'il
avait refusé de ratifier 5 qu'on lui avait donné un
délai pour le faire, et que ce délai était au moment
d'expirer.
si la
Il résulterait donc de cette copmunication, que
ratification des traités arrivait, toutes les difficultés seraienteaplanies; et il ne serait plus à craindre que les.
insultes amenassent une rupture.
a annoncé que le Gouvernement avait
envoyé au Président les traités du 2 avril 1831, qu'il
avait refusé de ratifier 5 qu'on lui avait donné un
délai pour le faire, et que ce délai était au moment
d'expirer.
si la
Il résulterait donc de cette copmunication, que
ratification des traités arrivait, toutes les difficultés seraienteaplanies; et il ne serait plus à craindre que les.
insultes amenassent une rupture. --- Page 36 ---
-
ainsi éclaircie, il s'agit à présent de voir
La question
la
cette
de quel intérêt il peut être pour France, que
demandée avec tant de persévérance , et
ratification
soit donnée. Et si je viens à démême avec menaces,
à
des Colons,
montrer que ces traités, si injustes l'égard
avoir les plus graves inconvéniens pour la
peuvent
lui
le moindre avantage 2 on sera
France, sans
procurer
obtenir la ratificabien étonné de notre insistance pour
tion de pareils actes.
cettc
Comme Français et comme Colon, j'espère que
ratification n'aura jamais lieu, et je crois qu'en refusant
le Président est dans son droit; et que
cette ratification, ,
avec Haiti, les torts >
si ce refus amenait une rupture
cette fois, seraient de notre côté.
s'est-il
La France, en 1829, 2 a
En effet, que
passé?
de
l'Haiti, un projet
fait proposer au gouvernement
elle a
traité
le paiement de Tindemnité;
pour régler
comme son ultimatum. Le goumême donné ce projet
d'Haiti l'a accepté et signé, et le président
vernement
l'a ratifié.
être
Ce traité est renvoyé en France, en 1829, pour
soumis à la ratification du Roi ; et en 1831, au lieu de
traité ratifié, on négocie à l'insçu du Prérenvoyer ce autres traités avec un Haitien sans pouvoir,
sident, deux
3 et on veut
et qui se porte fort pour son gouvernement: à recevoir ces
contraindre le chef de cette République
Cette exigence de la France serait, il faut en contraités.
déraisonnable; et quand on
venir, aussi injuste que
à
voit que ces traités ssont tout-à-fait a préjudiciables
la France, l'exigence est bien plus incompréhensible
encore.
l'ai déjà fait connaître, et la
La France, comme je
Haitien sans pouvoir,
sident, deux
3 et on veut
et qui se porte fort pour son gouvernement: à recevoir ces
contraindre le chef de cette République
Cette exigence de la France serait, il faut en contraités.
déraisonnable; et quand on
venir, aussi injuste que
à
voit que ces traités ssont tout-à-fait a préjudiciables
la France, l'exigence est bien plus incompréhensible
encore.
l'ai déjà fait connaître, et la
La France, comme je --- Page 37 ---
incontestable, n'avait d'autre somme à réchose est
d'Haiti,
celle de 120 milclamer de la République
que
lions 700 mille fr. encore due pour l'indemnité.
dans le traité du 2 avril 1831, on énuCependant,
mère de la manière suivante les sommes dont la France
deviendrait créancière d'Haiti.
L'article I"r est ainsi conçu :
(( La dette d'Haiti envers la France se compose,
> I° De la somme de 120 millions 700 mille fr. pour
) solde de l'indemnité.
somme de millions 848 mille francs, pour
) 2" Dela
avances faites
le Trésor de France, pour le
> les
par
> service de l'emprunt !!.
> 3° Enfin des obligations non remboursées de l'emmontant à
millions 600 mille francs, et des
) prunt
de-
) intérêts qui sont ou seront dus sur cette somme,
31 décembre
51 décembre I 831,
) pnisle
1828jusqu'au
à 5 millions
mille francs, ce qui fait, en
)) montant
toutes ces sommes, 33 millions 396 mille
D capitalisant
> francs.
à
cette hardiesse qui fait reOn a peine comprendre
connaitre par la France même, dans un traité, qu'elle
d'une somme de 38 millions 344 mille
est créancière
francs, quand cette somme est due à une compagnie
un emprunt quilui a été adjugé à ses risques et pépour
rils, publiquement et avec concurrence, par un gouvernement étranger.
Si cette convention diplomatique n'avait pour butque
de donner aux contractans et aux porteurs des obligations
de l'emprunt, une garantie contre l'infidélité d'Haiti,
car ils ont droit à la proon ne pourrait qu'yapplaudir,
tection du gouvernement; mais quand cette protection
est créancière
francs, quand cette somme est due à une compagnie
un emprunt quilui a été adjugé à ses risques et pépour
rils, publiquement et avec concurrence, par un gouvernement étranger.
Si cette convention diplomatique n'avait pour butque
de donner aux contractans et aux porteurs des obligations
de l'emprunt, une garantie contre l'infidélité d'Haiti,
car ils ont droit à la proon ne pourrait qu'yapplaudir,
tection du gouvernement; mais quand cette protection --- Page 38 ---
de la manière la plus grave,
va jusqu'à compromettre,
des Français
les intérêts du Trésor, et jusqu'à spolier
déjà si malheureux, pour protéger des spéculateursavencette stipulation est une injustice révoltante.
tureux, clair
si ce traité devient définitif, le GouverIl est
que
c'est à la France que
nement français aura reconnu que
et
doit les 33 millions 396 mille francs,
la République
de
de l'emprunt, ou aux porteurs
non aux contractans
seso bligations.
reconnaitrait dès lors en quelque
Il est clair qu'elle
avait été souscrit pour sou compte,
sorte que l'emprunt
à
il a été adet que les banquiers et la compagnic qui
n'ont été que les préte-noms ou ses fondés de poujugé,
voirs.
serait libérée à l'égard
Il est clair que la République
de ses
des adjudicataires de son emprunt et des porteurs
ceux-ci surtout, auraient le droit de
obligations, 2 et que
créancière d'Haîti
soutenir que la France se reconnaissant
c'est
le capital de l'emprunt, et s'en faisant payer,
pour
fairel le service puisque la République se trouve
à elled'en
dlégagée envers eux.
assume donc sur lui une responsabiLe Gouvernement
lité d'autant plus grande, que tout en faisant, comparativement à l'état actuel des choses, la position des créanmeilleure qu'elle ne l'était, il n'en change pas
ciers,
traité, toutes les conmoins, comme on le verra par le
ditions de l'emprunt. Il s'immisce dans une affaire partiil
les
d'un contrat privé sans
culière; change stipulations
d'ailleurs
consulter les parties intéressées. Comment
les consulter? Les coupons de l'emprunt sont
pourrait-il dans des milliers de mains en France, en Andisséminés
des effets
qui
gleterre, en Hollande; ce sont
négociables
n'en change pas
ciers,
traité, toutes les conmoins, comme on le verra par le
ditions de l'emprunt. Il s'immisce dans une affaire partiil
les
d'un contrat privé sans
culière; change stipulations
d'ailleurs
consulter les parties intéressées. Comment
les consulter? Les coupons de l'emprunt sont
pourrait-il dans des milliers de mains en France, en Andisséminés
des effets
qui
gleterre, en Hollande; ce sont
négociables --- Page 39 ---
et
de portefeuilles 2 comme toutes
se déplacent
changent
les valeurs de cette espèce. Et quoique la France, en se
déclarant créancière ne s'oblige pas d'une manière exà
les actionnaires et à faire le service de
plicite payer
ils sont fondés à soutenir qu'elle est responl'emprunt 9
les consulter, elle a changé les condisable, puisque sans
les
de remboursement, la
tions de leur contrat,
époques
quotité des intérêts et l'amortissement.
Les intérêts de la France, comme on le voit, pourraient être gravement compromis par ce traité; il est
d'ailleurs libelé de manière à faire naitre, 7 de la part
même de ceux qui en profiteront, des prétentions. tout-àfait contraires aux intentions quil'ont dicté.
Voici textuellement ce que porte ce traité à l'article 3 :
les millions la France consent à ce qu'il soit
( Sur
5 au service de l'emprunt, une
)) affecté par préférence
de deux millions :
seront à cet effet versés
)) somme
qui
les
des affaires de la Républi-
> chez
banquiers chargés
à Paris, en deux
égaux de six mois en
> que
paiemens
devant se faire le 3ojuin 1852. >
)) six mois,lepremier
Rien n'indique, comme on le voit, ce que deviennent les autres conditions del'emprunt. Les intérêts continneront-ils à se payer? Le remboursement annuel par
série, aura-t-il toujours lieu?Iln'en est rien dit. On ne
sait
non plus comment se répartiront les 2 millions
pas
d'obligations de l'emprunt. Les convoentre-les porteurs
pour leur soumettre ce concordat? Mais s'ils
quera-t-on
tombent
d'accord, quelle sera l'autorité qui rène
pas
glera et jugera leurs différens P
L'affectation de 2 millions pour le service de l'emprunt, est d'ailleurs une énonciation tellement vague,
chacun sera en droit de soutenir que le service de
que
se répartiront les 2 millions
pas
d'obligations de l'emprunt. Les convoentre-les porteurs
pour leur soumettre ce concordat? Mais s'ils
quera-t-on
tombent
d'accord, quelle sera l'autorité qui rène
pas
glera et jugera leurs différens P
L'affectation de 2 millions pour le service de l'emprunt, est d'ailleurs une énonciation tellement vague,
chacun sera en droit de soutenir que le service de
que --- Page 40 ---
consiste à rembourser par série tous les ans,
Pemprunt
à
o/o les intérêts tels
1,200 mille francs, et à payer 6p.
doivent sc
ont été convenus, et que les paiemens
qu'ils
le contrat, d'autant que le traité ne
faire commele porte
dit pas le contraire.
millions
Chacun sera fondé à dire que les 2
prélevés
sur l'annuité de 4 millions que doit payer
par privilége
facilité de plus que la France a stiHaîti, ne sont qu'une
les autres conditions de
l'exécution de toutes
pulée pour
l'emprunt.
d'Haiti, d'un autre côté, ne serait-elle
La République
à la France des anfondée à soutenir qu'en payant
pas
sont compris les 33 millions
nuités dans lesquelles
elle est libérée de
396 mille francs pour son emprunt,
de ses oblitoutes les autres charges envers les porteurs
Le
Quel sera le juge encore de ce différend?
gations?
dire aux Anglais, aux HollanGouvernement pourra-t-il
de l'emdes obligations
dais et aux Français porteurs
entre Haiti et
: J'ai décidé que le contrat passé
prunt s'exécuterait pas, et que vous seriez remboursés
vous ne
ans sans intérêts.
de votre capital en dix-sept
interveétrangers ne peuvent-ils pas
Les gouvernemens
faire observer à
nir alors en faveur de leurs sujets, pour
bien
comme Etat indépendant, peut
la France queHaiti,
de fitous les autres Etats, régler ses affaires
comme
mais que la France n'a nulnances comme elle T'entend;
créanciers d'Haiti; et
lement le droit de faire la loi aux
doit
s'associer au manque de foi de ce gouqu'elle ne
pas
de tous les pays.
vernement envers ses créanciers
de reconLa France sera donc dans l'alternative, ou
envers les créanciers
naître qu'elle est responsable
toutes les cond'Haiti, pourl l'emprunt dont clle a changé
ler ses affaires
comme
mais que la France n'a nulnances comme elle T'entend;
créanciers d'Haiti; et
lement le droit de faire la loi aux
doit
s'associer au manque de foi de ce gouqu'elle ne
pas
de tous les pays.
vernement envers ses créanciers
de reconLa France sera donc dans l'alternative, ou
envers les créanciers
naître qu'elle est responsable
toutes les cond'Haiti, pourl l'emprunt dont clle a changé --- Page 41 ---
ditions, ou de déclarer qu'en donnant aux créanciers le
droit de prendre 33 millions 396 mille francs sur les
fonds de l'indemnité, elle n'a entendu changer en rien
de
Cette convention du 2 avril
lcs conditions l'emprunt.
1831 ressemblerait beaucoup plus alors à une prévarication qu'à un traité.
La chose, commeon le voit, est des plus graves, 7 et
à
comment on a a pu placer le
l'on a peine comprendre
Gouvernenient dans une telle alternative et commettre
une parcille imprudence.
Quant aux 4 millions 848 mille francs déclarés aussi
dette d'Haiti envers la France pour les avances faites par
le Trésor à la République, pour le service de son emprunt, il faut lire plusieurs fois cette déclaration pour
croire qu'elle est récllement insérée dans le traité. Cette
énonciation est au moins erronée, et l'on aurait été bien
embarrassé, si l'on avait été obligé de préciser dans le
traité, les époques auxquelles cette avance avait été faite
par le Trésor, qui lui-même ne pourrait certainement
le prouver pas ses écritures. Mais la Chambre ayant
pas
dernièrement le remboursement de ces 4 milapprouvé lions 848, mille francs fait par le Trésor, je m'abstiens
de toute autre réflexion.
L'on voit donc que toute cette négociation de 1830 on'a
été entreprise, et que le nouveau traité n'a été fait que
dans l'intérêt de l'emprunt; et si le traité de 1831 recebien démontré que toute la
vait son exécution, ilest
charge de l'emprunt retomberait sur la France; que les
déboursés des préteurs leur rentreraient au détriment des
Colons qu'on abandonne à Haiti.
On a lieu de s'étonner pourtant que le gouvernement
d'Haiti ait refusé de ratifier une convention qui lui pro-
é n'a été fait que
dans l'intérêt de l'emprunt; et si le traité de 1831 recebien démontré que toute la
vait son exécution, ilest
charge de l'emprunt retomberait sur la France; que les
déboursés des préteurs leur rentreraient au détriment des
Colons qu'on abandonne à Haiti.
On a lieu de s'étonner pourtant que le gouvernement
d'Haiti ait refusé de ratifier une convention qui lui pro- --- Page 42 ---
B
Quelques mots suffiront pour
curait tant d'avantages.
expliquer cette bizarrerie.
la révolution de jnila appris
Quand ce pouvernementa
qu'elle amènerait une guerre générale;
let, il a pensé
à toute l'Europe, ne
que la France ayant à répondre
au milieu
d'Haiti, et que la République,
s'occuperait pas
pourrait, sans danger
de cette conflagration générale,
:
de remplir ses engagemens
pour elle, se dispenser
allié tout ce qui serait enqu'elle aurait d'ailleurs pour
de la France. Imbu de cettcidée, , ce gouvernement
nemi
d'une manière positive,
n'a pas même encore reconnu;
Il a même rede la France.
le nouveau gouvernement
consul des Cayes
fusé Tezequatur à la commission quele
de la
recevait au nom de Lonis-Philippe, en échange
qu'il avait reçue du gouvernement de
commission
le seul gouvernement
Charles X, et Haiti est peut-être
de la
soit dans cette position à l'égard
du globe qui
France.
générale, a donc été le vériL'attente d'une guerre
dans
motif du refus du Président et de sa conduite
table
les percirconstance. C'est ce que n'ignorent pas
cette
connaissent ce qui se passe à Saint-Dominsonnes qui
sans ce motif, ce queM.de Saintgue; et bien sûrement, lui de faire était trop avantageux
Macary avait pris sur
ne se fàt pas
son pays, pour que ce Gonvernement
pour
cmprossé de l'accepter.
de ratifier le traité de
Cependant, tout en refusant
habilele Président de la République met très
1831,
circonstance pour faire revivre toument à profit cette
été écartées par le Goutes les prétentions qui avaient
concesprécédent, ct obtenir de nouvelles
vernement
sions.
, lui de faire était trop avantageux
Macary avait pris sur
ne se fàt pas
son pays, pour que ce Gonvernement
pour
cmprossé de l'accepter.
de ratifier le traité de
Cependant, tout en refusant
habilele Président de la République met très
1831,
circonstance pour faire revivre toument à profit cette
été écartées par le Goutes les prétentions qui avaient
concesprécédent, ct obtenir de nouvelles
vernement
sions. --- Page 43 ---
Il avait envoyé M.
volution de
Saint-Macary à Paris avant la réjuillet, comme il le dit lui-même dans
proclamation du 12 juin 1831,
sa
terprétation d'un article du
pour s'entendre sur l'in.
traité, et demander
remises de droits sur les denrées
quelques
France pour se libérer des
qu'il enverrait en
obligations
avait contractées par le traité de
nouvelles qu'il
jourd'hui, tout en
1820; et pourtant aurejetant le traité du 2 avril
ne veut plus non plus de ce traité de
1831, il
signé par tous les membres de
1829, quia été
ratifié par lui. Et au lieu de ce traité son gouvernement, 2 et
genit à s'acquitter des
par lequel il s'oblidemnité,
120 millions encore dus
, en fournissant des annuités
pour l'in600 mille francs, et un million
de 3 millions
200 mille francs
tisement, il offre de payer 45 millions
d'amorintérêts, et il Ose dire à la France
en 45 ans, 2 sans
matum.
que c'est son ultiComme aussi les concessions n'ont
gouvernement que des points de
jamais été pour ce
obtenir encore plus, il
départ pour arriver à
tages qui lui étaient regarde comme acquis les avanfaits dans les traités
refuse d'exécuter. C'est ainsi,
même qu'il
tient à son profit la clause du par exemple, qu'il mainà la République
traité de 1829, qui faisait
l'abandon du privilége de
quiayait été stipulé en faveur du
demi-droit
le traité, de 1825; et sans autre commerce français par
nos agens consulaires
formalité, il a
à
et même au
signifié
l'avenir les navires français
gouvernement, 7 qu'à
vires des autres
payeraient comme les nanations; et en effet,
malgré la réclamation du
depuis deux ans 7
sont soumis à cette nouvelle Gouvernement 7 les Français
cette insulte etlo
taxe, et la France souffre
cette infraction aux traités.
--- Page 44 ---
34 -
d'Haiti, et cette faiCette audace du gouvernement
dans cette circonstance, ne sont
blesse de notre part,
bien d'autres faits qui
encore rien; je pourrais citer
incompréhensible encore la sympathie
rendraient plus
quelques-uns de nos orateurs, quiles ignorent proque
ont montrée pour ce gouvernement qui,
bablement ,
à la France.
depuis deux ans, prodigue ses outrages
dernières
du gouvernement
Je passe aux
propositions
millions
s'acquitter des 120
de la République 2 pour
qu'il doit encore pour l'indemnité.
NOUVELLE
D'HAITI,
PROPOSITION DU GOUVERNEMENT
Mour le Daiement
ET DE SON EMPRUNT,
DE LINDEMNITÉ
les lettres venues d'Haiti depuis quelSil'on en croit
dans
de ses
mois, et ce qui a été dit
plusieurs
ques
le Président aurait envoyé de nouvelles projournaux, différentes de tout ce qui avait été convenu
positions bien
Elles consisteraient à réduire
dans les précédens traités.
l'ordonnance de 1825
à 75 millions l'indeninité que
millions les
fixait à 150 millions 5 à imputer sur ces 75
le premier cinquième 9 CC
30 millions déjà payés pour
désormais
réduirait à 45 millions la sommeà payer
qui Haiti à la France, au lieu de 120 millions qu'elle
par
naux, différentes de tout ce qui avait été convenu
positions bien
Elles consisteraient à réduire
dans les précédens traités.
l'ordonnance de 1825
à 75 millions l'indeninité que
millions les
fixait à 150 millions 5 à imputer sur ces 75
le premier cinquième 9 CC
30 millions déjà payés pour
désormais
réduirait à 45 millions la sommeà payer
qui Haiti à la France, au lieu de 120 millions qu'elle
par --- Page 45 ---
doit encore pour l'indemnité 2 et ces 45 millions seraient payables en 45 ans 7 sans intérêts, à raison d'un
million par an,
Cette proposition , qui n'est pas même envoyée officiellement par le gouvernement d'Haiti, mais tout simplement en forme de note sans signature, n'en est
moins, si l'on en croit les bruits du
pas
Port-au-Prince, un
véritable ultimatum : car il serait dit que si la France
accepte cette proposition > on lui donnera la forme officielle; que si la France n'accepte pas la
ne
République
fera plis d'autres propositions, ni réponse, ni paiement, s'en remettant d'ailleurs à la justice de sa cause.
Tel est au moins ce que répètent les Haîtiens et les membres même du gouvernement dans leurs publications.
Il est diffeile de pousser plus loin l'insolence.
D'après cette dernière proposition d'Haiti,
resterait
l'emprunt
en dehors du traité; et autant le Président tenait, en 1828, à ce que la France intervint dans cette
affaire, autant il parait tenir aujourd'hui à ce
ne
s'en méle
qu'elle
pas.
Le gouvernement d'Haiti dicterait donc aussi la loi
aux porteurs de ses obligations, comme il veut la dicter
à la France: ; et tout en appelant
cette
toujours
dette
une dette d'honneur, il ne réduirait pas moins aussi ses
obligations. Au lieu, par exemple, de donner un million
800 mille francs d'intérêts avec décroissement
million 200 mille francs d'amortissement.
,et un
2 d'après les
conditions de l'emprunt, il-ne donnerait
rembourser
plus pour tout
qu'un million paran. Il espère qu'au moyen
d'un agiot il
retirer
:
pourra
ses obligations sur la
et se libérer ainsi : mais il pourrait bien
place
encore se tromper dans son calcul; il se réserve probablement, dans
ce
, de donner un million
800 mille francs d'intérêts avec décroissement
million 200 mille francs d'amortissement.
,et un
2 d'après les
conditions de l'emprunt, il-ne donnerait
rembourser
plus pour tout
qu'un million paran. Il espère qu'au moyen
d'un agiot il
retirer
:
pourra
ses obligations sur la
et se libérer ainsi : mais il pourrait bien
place
encore se tromper dans son calcul; il se réserve probablement, dans
ce --- Page 46 ---
ressource dont il a uséjusqu'ici ; ce
la
cas , d'employer
du tout.
sera de ne pas payer
sa demande en réducLe Président, pour justifier les désastres causés par
misère du pays et
tion, exposela
dans la partie du Sud. Ces désastres
le dernier ouragan
mais chaque année, des évésans doute,
sont affligeans
viennent désoler ces. contrées
nemens du même genre moins forte; ils ne sont pas, pour
d'une manière plus ou
Ce n'est pas même
des événemens imprévus.
ce pays,
depuis 1825 2 que ce gouvernement
la première fois,
misère de son pays pour faire
invoque des malheurs et la
fait jusdemandes semblables 3 mais qu'a-t-il
valoir des
cette
l'ordonnance de 1825, pour prouver
qu'ici depuis
bonne foi dont il nous a si souvent
bonne volonté et cette
parlé?
intérieur des mesures d'adminisA-t-il pris dans son
la
rendre à son pays prospétration et de finances pour
eussent été pour ses
rité dont il est susceptible, et qui
garantic P
créanciers et pour son crédit, une mais première il a laissé en susil ne T'a pas fait,
1826,
Non-sculement exécution la mestre décrétée en
pens et sans
améliorer ses finances, faciliter le
par le Sénat 2 pour
dans une sage prode ses dettes, en aliénant,
paiement
nationaux qui ont été donnés pour
portion. 2 les biens
étaient déjà la garantie de
et qui
gage à son emprunt, contracté
avait
pourl'indermité.
Tengagement qu'il
suite à cette mesure, 2 qui avait
Au lieu de donner
de diviser les propriéd'ailleurs l'immense avantage de mains , et de donner
nombre
tés dans un grand
il a pris au contraire le
un élan à l'industrie agricolc,
et de laisser dépéde frapper les terrcs de stérilité,
parti
et lcs édifices des villes. Qu'on compare
rirles! habitations
unt, contracté
avait
pourl'indermité.
Tengagement qu'il
suite à cette mesure, 2 qui avait
Au lieu de donner
de diviser les propriéd'ailleurs l'immense avantage de mains , et de donner
nombre
tés dans un grand
il a pris au contraire le
un élan à l'industrie agricolc,
et de laisser dépéde frapper les terrcs de stérilité,
parti
et lcs édifices des villes. Qu'on compare
rirles! habitations --- Page 47 ---
élait à la mort dè
seulement la ville du Cap, à ce qu'clle
une idée de ladministraChristophe, et l'on aura déjà
tion haîtienne.
semble être devenu, pour ce pays,
L'état de misère
Il l'invode
et de gouvernement.
une mesure politique
toutes les fois qu'il
que, pour prouver son insuffisance, Chaque année, au lieu
s'agit de remplir ses engagemens.
rades états qui attestent un acheminement
de produire
il n'en fournit japide vers le bien et les améliorations,
de misère.
une augmentation
mais que pour prouver
à ce
e
bien facile, cependant, de prouver
Il me sera
si
Etat, il a des resgouvernement que, pour un petit
etqui iauraient
immenses donti il ne veut pas user,
sources
les moyens d'arriver à
pu lui fournir très promptement
ferai connaitre 2
si une politique, que je
sa libération,
ne lui donnait d'autres
et qui est toute machiavélique,
conseils.
communication faite par Haîti, si on lui
La nouvelle
en espère, ne serdonnait la suite que son gouvernement et à nous enla position
virait encore qu'à compliquer
C'est ainsi qu'il en
trainer dans une autre négociation.
convention
ans, toutes les fois qu'une
use depuis quinze
il faisait naitre quelque
semblait arrivée à son terme,
1825,
la conclusion. Depuis
incident qui en retardait
entreprises, et
huit négocintions ont été successivement
résultat. Le traité du mois d'avril I 829
n'ont donné aucun
à bonne fin, parce que le
était le seul qui eût été amené
français, fatigué de toutes ces tergiversagouvernement donné très sèchement et très positivement
tions, l'avait
des intérêts priultimatum; et c'est ce traité que
comme
vés en France ont réussi à faire disparaitre. donné aux
suite, d'ailleurs', pourrait-il être
Quelle
ultat. Le traité du mois d'avril I 829
n'ont donné aucun
à bonne fin, parce que le
était le seul qui eût été amené
français, fatigué de toutes ces tergiversagouvernement donné très sèchement et très positivement
tions, l'avait
des intérêts priultimatum; et c'est ce traité que
comme
vés en France ont réussi à faire disparaitre. donné aux
suite, d'ailleurs', pourrait-il être
Quelle --- Page 48 ---
de la République? Comment;
dernières propositions
même
le départ de
dans cette circonstance, et
depuis
notre consul du Port-au-Prince, nos communications: avec
ont-elles eu lieu?
ce gouvernement
d'une altercation trèsTout le monde sait qu'ensuite
à l'occasion du refus de ratifier
vive avec le Président,
le consul de France avait
le traité déjà signé par le Roi,
quitté le Port-au-Prince.
d'Haiti, loin de chercher à pallier
Le gouvernement
en reV'insulte qu'il faisait au gouvernement français,
fusant, dans les termes les plus offensans, la ratification
des traités conclus par son agent, voulut se donner ici
l'offensé; et profitant du départ d'un négociant anpour
pour le Havre,
glais, nommé L. Loyd, quis'embarquait
étranille chargea de remettre au ministère des affaires
contenant des observations
gères une note sans signature
traités
M. Saint-Macari.
du Président sur les
signés par
notifié à la
réponse à cette note il a été
II parait qu'en
la ratification
République, que si, dans un délai.fixé,
arrivée en France, on saurait la contraindre
n'était pas
à respecter ses traités.
M. le
de cette communication que
C'est probablement
à la chambre des
ministre de la marine a voulu parler
Députés dans la séance du 29 février 1832.
dans cet intervalle de temps 7
Le gonvemnementdflai,
nouvelle insulte à
a trouvé encore Voccasion.de faire une
Le consul
la France, et il ne l'a pas laissée échapper. interim
de France aux Cayes, qui remplaçait par
et qui était commisM. Mollien au Port-au-Prince,
de Charles X, reçut du gouvernement
siouné au nom
de Louis-Phiactuel unc nouvelle commission au nom
du Port-au-Prince,
lippe. Il la présenta au gouvernement
ans cet intervalle de temps 7
Le gonvemnementdflai,
nouvelle insulte à
a trouvé encore Voccasion.de faire une
Le consul
la France, et il ne l'a pas laissée échapper. interim
de France aux Cayes, qui remplaçait par
et qui était commisM. Mollien au Port-au-Prince,
de Charles X, reçut du gouvernement
siouné au nom
de Louis-Phiactuel unc nouvelle commission au nom
du Port-au-Prince,
lippe. Il la présenta au gouvernement --- Page 49 ---
qui, sans alléguer aucun motif, et sans autre
tion, refusa
explical'ezequatur, ; et jamais ce consul n'a
l'obtenir. Je sais seulement
pu
énergique
que, sur une plainte trèsque cet agent français adressa au secrétaired'état, on lui donna une excuse dilatoire,
en sont encore là.
et les choses
Enfin, le gouvernement d'Haiti
à
note du gouvernement
ayant répondre à la
français qui lui avait été
par M. L. Loyd, et qui fixait un délai
portée
tion des traités du 2 avril
pour la ratificagociant
1831, chargea M. Vaur, néfrançais, qui revenait du Havre, de
réponse.
porter sa
Cette
réponse 2 toujours en forme de note non
contient la proposition de donner à la
signée,
der les 120 millions encore dus
France, pour sollions
pour lindemnité, 45 milpayables en 45 ans, sans intérêts ; et cette
qui contient cette ridicule
note,
voyée par l'entremise d'un proposition, est encore enmise comme
voyageur, et devait être reune lettre venue par la
au
des affaires
poste
ministère
étrangères; car M. Vaur, qui en était
teur, n'avait d'autre mission du
porTel est l'état de nos relations gouvernement d'Haiti,
d'Haiti et des négociations
avec la république
entamées
elle.
depuis 1828 avec
L'on Voit que, dès cette
plus pressantes avaient été époque, les tentatives les
faites auprès du dernier
vernement pour l'amencr à reconnaitre
gouétait une créance de l'état à
que. l'emprunt
faire placer dans le traité charge d'Haiti, et pour la
sur la même
demnité.
ligne que l'inL'on voitque le dernier
gouvernément a résistéà cette
prétention, et s'y est refusé formellement à
cause des
it que, dès cette
plus pressantes avaient été époque, les tentatives les
faites auprès du dernier
vernement pour l'amencr à reconnaitre
gouétait une créance de l'état à
que. l'emprunt
faire placer dans le traité charge d'Haiti, et pour la
sur la même
demnité.
ligne que l'inL'on voitque le dernier
gouvernément a résistéà cette
prétention, et s'y est refusé formellement à
cause des --- Page 50 ---
pareille déclaration pouvait avoir pour
dangers qu'une n'a même jamais voulu consentirà ce
la France, et qu'il
dans le nouveau traité de
qu'il fit parlé de cet emprunt
finances qu'il allait faire avec Haiti.
la révolution de juillet, les
L'on voit comment, depuis
les
ont changé 5 comment les conchoses et
dispositions
arrivés à faire reconnaître
traetans de l'emprunt sont
s'e est hâté de conclure avec un Haidans un traité qu'on
était dà à la France 3
tien sans pouvoir, que l'emprunt
cette spéculation particuet comment, par conséquent,
comment aussi,
lière est devenue une affaire de TÉtat ; et
les contractans de
non contens de ce premier avantage,
à faire déclarer leur créance pril'emprunt sont arrivés
vilégiée.
favoriser quelques intérêts privés, le gouAinsi, pour déclare à la tribune même que l'indemvernement, qui
aux
nité stipulée dans l'ordonnance de 1825 appartient
Colons, que les 150 millions sont la valeur représentative
de leurs biens, n'en dispose pas moins des sommes que
rembourser
des spéculapaye Haiti pour
2 par privilége, bénéfices.
deleurs
teursquin'aurient, certes, pas compté
déjà une fois par
Les Colons, cependant, expropriés
réclament l'indemnité promise
l'Etat et dans son intérêt,
s'ils se sont
et que la loi leur accorde. Ils soutiennent que
soumis à tous les arrangemens que le gouvernement a
dans l'intérêt de l'état, c'est avec
cru devoir prendre
l'exécution de
la réserve de droit que PEtat garantirait
ChamChaque année ils adressent aux
cet engagement.
leurs réclamations
bres des plaintes inutiles. Chaqueannée dans cette sessemblent devenir plus importunes; et,
avec
de force le système
sion , l'on a vu développer
plus
réclamations.
qu'on invoque pour repousser leurs justes
arrangemens que le gouvernement a
dans l'intérêt de l'état, c'est avec
cru devoir prendre
l'exécution de
la réserve de droit que PEtat garantirait
ChamChaque année ils adressent aux
cet engagement.
leurs réclamations
bres des plaintes inutiles. Chaqueannée dans cette sessemblent devenir plus importunes; et,
avec
de force le système
sion , l'on a vu développer
plus
réclamations.
qu'on invoque pour repousser leurs justes --- Page 51 ---
discussion qui a eu lieu à la
Mais, comme dans la
décembre et TI février derChambre des Députés, les 29
de nos adtrouvent résumés tous les argumens
nier, se
en revue ce qui s'est dit dans
versaires, je vais passer
soit par les difdeux séances, soit par le ministère,
ces
d'y répondre et de prouver
férens orateurs ; j'essaierai
discutent, ni
ni les orateurs qui
que ni les ministres,
n'ont été bien informés de
les Députés qui délibèrent
sous son vrai
l'affaire; qu'elle n'a jamais été présentée contre la deles
qui existent
jour, et que
préventions qu'être la suite de la rémande des Colons ne peuvent
envers les
serve mise de tout temps par le gouvernement
audu refus de produire les pièces qui
Chambres, et
raient pu les éclairer.
je n'ai ijamais parJe ne dissimule pas cependant que
des pétitions
l'opinion des Colons qui croient qu'avec
tagé
la justice qu'ils réclament.
aux chambres ils obtiendront
favorable réservé à leur
Quel peut êtrc le sort le plus
Mais alors la pétipétition? c'est le renvoi au ministère.
Capharnaum
dans le grand
tion renvoyée sera précipitée
s'engloutir les pétiministériel, où d'ordinaire viennent
tions pour ne plus reparaitre.
les Colons et l'état ne
Les juges de la question entre
Les juges
sont ni les chambres, ni le gouvernement. de connaitre
sont les tribunaux; ; à eux seuls appartient
des questions de propriétés.
opposent à cette
Je sais bien que quelques personnes
connaître
l'incompétence des tribunaux pour
proposition
tient à une
des actes diplomatiques 5 mais cette objection
avec la
fait confondre l'acte diplomatique
erreur qui
pas l'acte diploquestion privée. Les Colons n'attaquent
fait entre la France et Haiti. Ils ne contestent
matique
le gouvernement. de connaitre
sont les tribunaux; ; à eux seuls appartient
des questions de propriétés.
opposent à cette
Je sais bien que quelques personnes
connaître
l'incompétence des tribunaux pour
proposition
tient à une
des actes diplomatiques 5 mais cette objection
avec la
fait confondre l'acte diplomatique
erreur qui
pas l'acte diploquestion privée. Les Colons n'attaquent
fait entre la France et Haiti. Ils ne contestent
matique --- Page 52 ---
le droit dont il a usé, ni l'expropas au gouvernement Cette
du traité est bien
priation qui a eu lieu.
disposition
véritablement l'acte diplomatique dont les tribunaux ne
peuvent connaître.
n'a
Mais l'indemnité due aux propriétaires expropriés
rien de diplomatique, c'est une affaire à régler uniquement entre l'État et la partie intéressée; et s'il' y a contestation entre elle et l'Etat, soit sur la valeur , soit sur
le paiement du prix convenu et accepté par les parties, on
rentre dans le droit commun et les tribunaux sont juges
de cette contestation.
N'en est-il pas de même pour les expropriations pour
d'utilité
quand il s'agit de prendre une
cause
publique le service de T'Etat? Les tribunaux ne
propriété pour
mais ils sont juges
sont pas juges de l'utilité publique,
le
demande du
qui réclame de l'Etat
de la
propriétaire
prix du bien dont il a été exproprié.
Je n'hésite pas à dire que si les Colons, au lieu des'asur pétitions, s'étaient adresmuser à présenter pétitions.
leur affaire serait terminée depuis
sés aux tribunaux,
l'on
long-temps, à moins que le gouvernement. ce que
car alors il n'yaurait plus ni lois ni
ne peut supposer 2
exécuter les arrêts. Ceci aurait
hiérarchie, ne voulit pas
de trop graves inconvéniens.
lieu à la chambre des
Je passe à la discussion qui a eu
février
dans les séances des 29 décembre et I 1
députés
derniers.
affaire serait terminée depuis
sés aux tribunaux,
l'on
long-temps, à moins que le gouvernement. ce que
car alors il n'yaurait plus ni lois ni
ne peut supposer 2
exécuter les arrêts. Ceci aurait
hiérarchie, ne voulit pas
de trop graves inconvéniens.
lieu à la chambre des
Je passe à la discussion qui a eu
février
dans les séances des 29 décembre et I 1
députés
derniers. --- Page 53 ---
SÉANCE DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS,
Du 29 DÉCEMBRE 1832.
Quelques créanciers de l'emprunt d'Haiti
sés à la Chambre,
se sont adrespourdemander, les uns, qu'on fasse à la
République une remise considérable sur la
doit encore pour
somme qu'elle
l'indemnité, afin de faciliter à ce
vernement, les moyens de se libérer de ses
gougagemens. : les autres
nouveaux enpour demander
le
ment exige l'exécution du traité du que
gouverneM. le
2 avril 1831.
rapporteur de la commission ne pouvait
occuper la Chambre de la réclamation des
guères
l'emprunt d'Haiti,
créanciers de
2 sans parler de la
des
et il a appelé la sollicitude de la
position
Colons,
sur les autres,
Chambre sur les uns et
M. Laffitte, qui a pris la parole
le
a plaidé d'abord la cause
après rapporteur,
créanciers de
d'Haiti, et ensuite celle des
l'emprunt, et malgré le
ment que le gouvernement haîtien
peu d'empressepour satisfaire
a montré
aux obligations de son
jusqu'ici
ne paye pas même les intérêts, ilj n'en emprunt, dont il
du vif désir
a pas moins
que ce gouvernement avait de
parlé
mais ce pays est si
se libérer :
demande
pauvre, a-t-il dit, et ce qu'on lui
est tellement au-dessus de ses forces,
pourrait jamais s'acquitter,
qu'il ne
serait
qu'autant que l'indemnité
réduite ; et enfin il a occupé la
fait qui lui est personnel,
Chanbre d'un
devoir
et sur lequel il a annoncé
donner, en temps et lieu, des
faisantes.
explications satis-
nement avait de
parlé
mais ce pays est si
se libérer :
demande
pauvre, a-t-il dit, et ce qu'on lui
est tellement au-dessus de ses forces,
pourrait jamais s'acquitter,
qu'il ne
serait
qu'autant que l'indemnité
réduite ; et enfin il a occupé la
fait qui lui est personnel,
Chanbre d'un
devoir
et sur lequel il a annoncé
donner, en temps et lieu, des
faisantes.
explications satis- --- Page 54 ---
M. Laflitte, la discussion est devenue générale,
Après
les Colons, comme sur les créanciers de
elle a pôrté sur
l'emprunt; les uns et les autres, les premiers surtout 7
ont été fort mal traités par les différens orateurs; et
c'est M. le ministre des finances qui a entamé le premier
cette discussion.
Les paroles de ce ministre ont été brèves et tranchantes.
Je dois proclamer à cette tribune, a-t-il dit, que le
doit rien aux Colons. Il: aurait dà dire ne veut
Trésor ne
sans entrer dans d'aurien payer aux Colons : car dire,
le Trésor ne leur doit rien, c'est
tres explications, que
dire
la Charte et les lois protectrices de la propriété
que
n'existent plus.
son assertion, M. le ministre des finanPour appuyer
de fait, que les 150 millions
ces a établi, comme point
Saint-Dominstipulés dans l'ordonnance quia émancipé
ont été le prix de l'indépendance, et non celui des
gue,
propriétés des Colons.
Mais M. de Charamaule, député, a fait sentirce que ce
dans le moment où le Présystème avait d'imprudent,
la révolusident d'Haiti mettait ce motif en avant depuis
tion de juillet, pour s'exempter de payer l'indemnité;
le ministre des affaires étrangères, ainsi que
et M
assertion de M. le ministre
M. Dupin, ont relevé cette
en
mettait d'ailleurs le gouvernement
des finances, qui
les notes encontradiction avec lui-mème; car toutes
d'Haiti, depuis 1831, avaient
voyées au gouvernement
donnée à
but de combattre cette interprétation
pour l'ordonnance de 1825, par le Président d'Haiti, depuis
la révolution de 1830.
aires étrangères, ainsi que
et M
assertion de M. le ministre
M. Dupin, ont relevé cette
en
mettait d'ailleurs le gouvernement
des finances, qui
les notes encontradiction avec lui-mème; car toutes
d'Haiti, depuis 1831, avaient
voyées au gouvernement
donnée à
but de combattre cette interprétation
pour l'ordonnance de 1825, par le Président d'Haiti, depuis
la révolution de 1830. --- Page 55 ---
Cette divergence d'opinion et ce dissentiment de deux
ministres siégeant dans le même conseil, quand il s'agit
de fixer la Chambre sur un fait qui sert de base à un
combien il est difficile
traité, ne prouvent-ils pas déjà
dejustifier l'injustice qui fait contesteraux Colons ce que
la loi leur accorde?
Mais si, comme l'a déclaré M. le ministre des finances,
il n'a pas été stipulé d'indemnité dans le traité qui a
abandonné les biens des Colons à la République, mais
seulement une indemnité pour l'abandon de la souvereconnaissance
les Colons
raineté et la
del'indépendance,
n'ont-ils pas plus de raison encore pour réclamer cette
indemnité de la France?
M. le ministre des finan-
( Le gouvernement, ajoute
d'une manière bienveillante en faveur des
) ces, a agi
été
) Colons; car le prix de cette indépendance leur a
enet
se plaindre d'un
) titrenentabandonné; pourraient-ils
leur aurait fait toucher 150 millions,
) arrangement qui
> s'ils avaient été payés? )
Non certainement, les Colons n'auraient fait entendre
aucune plainte, si les 150 millions avaient été payés;
mais comme ils ne l'ont pas été, leurs plaintes deviennent donc très légitimes, quand surtout, en présence
de tous ces faits, on leur dit pour toute réponse, le TrésoT ne vous doit rien.
ne doit rien
Enfin, pour prouver quelegonvernement
aux Colons, le même ministreajoute : ( Sileschoses étaient
) restées dans l'ancien état, les propriétaires avaient à
) réclamer, quoi? des terres stériles, sans aucune va-
) leur, qu'il aurait fallu commencer par remettre en
) exploitation ; ce que les Colons ont perdu, ce sont les
) terres fécondées autrefois par la sueur des nègres. )
ne vous doit rien.
ne doit rien
Enfin, pour prouver quelegonvernement
aux Colons, le même ministreajoute : ( Sileschoses étaient
) restées dans l'ancien état, les propriétaires avaient à
) réclamer, quoi? des terres stériles, sans aucune va-
) leur, qu'il aurait fallu commencer par remettre en
) exploitation ; ce que les Colons ont perdu, ce sont les
) terres fécondées autrefois par la sueur des nègres. ) --- Page 56 ---
-
faire observer à M. le ministre
Mais ne peut-on pas
de la Martinique, de la Guades finances, que les terres
sont aussi fertilisées
de Cayenne, de Bourbon,
deloupe,
et ce motif doit-il faire crainpar la sueur des nègres;
de voir la protection
de ces colonies,
dre aux planteurs
leur échapper un jour.
du gouvernement
si Saint-Domingue et les
Peut-on oublier aussi que
fertilisées par la sueurdes nègres,ces
autres coloniesétaient
du commerce français par les
nègres avaient été achetés
accorde lor, et que le gouvernement
Colons au prix
pour faire ce comdait même une prime d'importation
merce.
deces Colons, et aux deux milQue c'est à l'industrie
et dans nos
liards qu'ils ont enfouis à Saint-Domingue du commerce
colonies, ou versés dans la caisse
autres
Nantes, Marseille et nos autres
français 2 que Bordeaux,
dont elles ont
devaient la splendeur
villes maritimes 2
siècles, et qu'ont fait dispapendant plus de deux
joui
raitre les désastres de Saint-Domingue. indirectement
n'attaque-t-il pas aussi
Un tel reproche
de France? Toutes les
toutes les fortunes industrielles sont-elles pas aussi le
richesses des manufacturiers ne
Ces
des ouvriers de leurs fabriques?
produit de la sueur
moins respectables et
fortunes colossales en sont-elles
raison d'Etat ou
de protection P Et si une
moins dignes
le
à exproprier
forçait gouvernement
d'utilité publique,
fabricans, et à comprendre
sur nos frontières quelques
dans un traité de paix,
l'abandon de leurs manufactures
ces fabricans
pourrait-il renvoyer
ou de délimitation,
auprès du gouverpour leur indemnité,
à se pourvoir,
débarrasser de leurs réclamations
nement étranger; ou se
dans son
leur disant : L'État qui vous a expropriés
en
moins dignes
le
à exproprier
forçait gouvernement
d'utilité publique,
fabricans, et à comprendre
sur nos frontières quelques
dans un traité de paix,
l'abandon de leurs manufactures
ces fabricans
pourrait-il renvoyer
ou de délimitation,
auprès du gouverpour leur indemnité,
à se pourvoir,
débarrasser de leurs réclamations
nement étranger; ou se
dans son
leur disant : L'État qui vous a expropriés
en --- Page 57 ---
intérêt, ne vous doit rien; ; le produit de
n'était dà qu'à la sueur de vos ouvriers.. vOs fabriques
pendant pourrait conduire le
Jusqu'our ceColons!
principe qu'on oppose aux
Quant à la non-valeur de nos biens, dont
ministre des finances,
parle M. le
je demanderai depuis quand le
gouvernement peut disposer des biens des
en déclarant qu'ils étaient sans valeur P partienliers,
jours à répondre ici,
si
J'aurais toulitique
que
par l'incurie ou la podu-gouvernement d'Haiti, une grande
des
propriétés des anciens Colons étaient
partie
ment de la reconnaissance
en friche au mode l'indépendance
la
France, un grand nombre des
par
étaient aussi, à cette même
propriétés anciennes
duit; la chose
époque, d'un assez bon
est facile à démontrer.
proPeut-on nier, par
des biens des
exemple , que cC sont les revenus
anciens Colons, qui fournissent
trente ans à Haiti, les moyens
depuis
taine
d'échange qui, à une cerépoque, ont fait monter son commerce à
40 millions. Et si un grand nombre de
plus de
retrouvé des terres stériles,
colons avaient
retrouvé des
d'autres plus heureux auraient
terres en valeur et qui sont encore le
cipal revenu de ce gouvernement.
prinLa République d'Haiti n'a
ministre des
pas considéré, comme M. le
finances, que les propriétés que le
nement français lui abandonnait étaient
gouveril les a affectées et
sans valeur, car
hypothéquées au
tes et de son
paiement de ses detemprunt; ; et même en 1826, une loi
acceptée par le Sénat, avait décidé,
dit plus haut, qu'une
comme je l'ai
partie de ces biens serait vendue
pour assurer le paiement de
l'indemnité, et rem-
pas considéré, comme M. le
finances, que les propriétés que le
nement français lui abandonnait étaient
gouveril les a affectées et
sans valeur, car
hypothéquées au
tes et de son
paiement de ses detemprunt; ; et même en 1826, une loi
acceptée par le Sénat, avait décidé,
dit plus haut, qu'une
comme je l'ai
partie de ces biens serait vendue
pour assurer le paiement de
l'indemnité, et rem- --- Page 58 ---
l'État avait contracté envers la
plir P'engagement que
France.
d'exécution.
Cette loi reçut même un commencement
haîtien a commencé par mettre en
Le gouvernement urbaines. M. le ministre des finanvente les propriétés
maisons du
et des autres
ces doit convenir que les
Cap
à des Français, et qui
villes, qui toutes appartenaient
toutes louées si avantageusement par le gouvernesont
des
sans
ment d'Haiti, ne sont cependant pas
propriétés
français en a disposé cepenvaleur. Le gouvernement
stériles, elles ont
dant aussi, comme il a fait des terres
cédées à la République , qui en tire un grand proété
aussiles anciens propriéduit ; et l'on repousse pourtant
en leur disant que
taires qui réclament des indemnités.,
leurs biens étaient sans valeur.
d'Haiti
commencées par le gouvernement
Les ventes succès. C'est alors que la politique de ce
se faisaient avec
Les indigènes,
Gouvernementl tl'a décidéà les interrompre.
quelocataires, sortaient en devenant propriéqui in'étaient
dans lequel les tiennent les
taires, de l'espèce de servage
les ventes,
Le gouvernement en continuant
gouvernans.
invoquer sa misère pour retarder
ne pouvait pas non plus faire à la France et à son emdevait
les paiemens qu'il
motifs ont fait interrompre cette
prunt, et ces deux
l'ai déjà fait remarquer,
mesure qui aurait, comme je
si les ventes avaient
fort avancé la libération d'Haiti;
comme la loi du pays et les engagemens
été continuées,
contractés le prescrivaient.
allégation de non valeur,
Enfin, pour repousser cette
refuser aux Codont on voudrait se faire un droit pour
aussi,
qu'ils réclament, je demanderai
lons l'indemnité
à l'exsi tout ce que Haiti a en revenu ne provient pas, --- Page 59 ---
49 -
ception de ses douanes, des plantations
Cafeyries, qui n'ont
été
anciennes de nos
pas
renouvelées et
encore, si même les douanes du
qui existent
tées par
pays ne sont pas alimenl'exportation des denrées
produisent?Sie
que ces plantations
entreautres, dans les années
1818 et 1819, les récoltes
1816, 1817,
4o.millions de
en café n'ont pas produit
livres au moins? Je demanderai, si un grand nombre
dans le nord,n'ont
d'habitations, 2
pas fourni, sous le gouvernement
Christophe, à tout le luxe etaux énormes
de
Empereur noir? Si ces
dépenses de cet
revenus n'ont
son armée, à doter et enrichir
pas servi à payer
ses
sa cour? S'ils n'ont
généraux et les gens de
cations
pas payé les dépenses de ses
et la construction de ses
fortifiduit deces biens n'a
places fortes?
nord,n'ont
d'habitations, 2
pas fourni, sous le gouvernement
Christophe, à tout le luxe etaux énormes
de
Empereur noir? Si ces
dépenses de cet
revenus n'ont
son armée, à doter et enrichir
pas servi à payer
ses
sa cour? S'ils n'ont
généraux et les gens de
cations
pas payé les dépenses de ses
et la construction de ses
fortifiduit deces biens n'a
places fortes? Si le propas fourni l'énorme trésor
tophe avait amassé à la
que Chrisété
Ferrière, et dont une
pillée au moment de sa
partie a
mort, et l'autre
portée au Port-au-Prince? Ce
partie transdes anciens Colons
sont cependant les biens
qui ont fourni à toutes
et ces mêmes biens
ces dépenses,
le revenu de la composent encore, en grande partie,
République. L'on peut très bien direaux Colons,
rons pas, mais ce serait un abus de nous ne vous paiede la part du
la force, ce serait,
gouvernement, employer à
citoyens qu'ild doit défendre, la
opprimer les
usage pour les
puissance dont il doit faire
protéger. M. Teste, qui a succédé à la tribune
tre des
à M. le Minisfinances, a fait
remarquer que les Colons ont
compter sur une indemnité, d'après
dû
de 1825, et
l'ordonnance royale
l'acceptation de cette
toute la solennité
ordonnance faite, avec
Ce
requise > par les autorités d'Haiti. Député a fait observer, avec grande
raison aussi,
--- Page 60 ---
-
les trois orateurs
tenu à la tribune, par
le réle langage
facheux pour
que
était un pronostic
rien n'était plus
qui Pont précédé,
fntures, et que
à la
sultat des négociations dans le cours de cette négociation, les
à donner,
outrées, que
propre
d'Haiti, des espérances
République
nécessité on verra prodiguer
concessions que csans aucune
a pris
ce
étrangères
à pavernenent. Ministre des affaires
Enfin, M. le
après M. Teste. de Haiti, SoUs trois
la parole
la question
dans ses
Cc Ministre a envisagé
((
très distincts : prenitrenent, en second
points de vue
général de la France,
avec l'intérêt
des anciens Colons;
)) rapports
savec l'intérêt
lieu dans ses raj pportsa
des contractans
))
avec Tintérêt
dans ses rapports
)) enfin,
d'Haiti. M. le Ministre
> de l'emprunt touche lintérêt général, du
avril
) En ce qui
cite lordonnance
affaires étranpères
d'Haiti. Le prix
) des
reconnu T'indépendance
qui a
davantages
) 1825,
a été lastipulation
de
des marchandiss
>
oeteindépendasce l'admission
tels que
sur le pied d'un
> commerciaux, dans les ports d'Haiti,
aux étran-
> françaises
de moitié aux droitsi imposés
n'a
inférieur
a dit le Ministre
)) droit
d'Haiti,
avait
Le
condition qu'il
)
gouvernement
gers.
) des
reconnu T'indépendance
qui a
davantages
) 1825,
a été lastipulation
de
des marchandiss
>
oeteindépendasce l'admission
tels que
sur le pied d'un
> commerciaux, dans les ports d'Haiti,
aux étran-
> françaises
de moitié aux droitsi imposés
n'a
inférieur
a dit le Ministre
)) droit
d'Haiti,
avait
Le
condition qu'il
)
gouvernement
gers. exécuté loyalement cette dès le premicr mo-
> jaiais
à l'éluder
il s'est appliqué
)) acceptée;
ouvertes, et de
) ment. négociations se sont
frannouvelles
> De
le gauvernement
en népociations, est venu à renonceri
)) négociations d'avril 1829, en
au mois
des articles préli-
)) çais,
Il y a renoncé dans entre notre Con-
) ce demidroit. sigués au Port-au-Princt, de la République. > minnires
Haili, etle Président
à
) sal-Général --- Page 61 ---
5r
> Cette renonciation se trouve consignée
> définitif qui a été signé à Paris le
dans le traité
En
2 avril 183r. >
effet,depuis la publication de
avril 1825,
l'ordonnance du
qui a émancipé notre ancienne
l'acceptation par la
Colonie, et
République, de toutes les
mises dans cette ordonnance, le
conditions
dès le premier
gouvernement d'Haiti,
moment, a cherché à éluder ses
mens. Huit négociations successives
engageont été
sur diverses questions et
entreprises
toujours ce même
a su se soustraire aux nouvelles
gouvernement
par cette tactiqueà
conventions. Il a réussi
arracher de
gagner toujours du terrain, , et à nous
nouvelles concessions.
Enfin, au mois d'avril
1829, un traité
non des articles préliminaires d'un
définitif, et
M. le Ministre des affaires
traité, commelecroit
entre le Consul-Général
étrangères, avait été signé
de France au
avec tous les membres de son
Port-au-Prince,
sident, comme chef de l'État, gouvernement, et le Préqui lui donnait bien le
avait ratifié ce traité, ce
caractère d'un traité
traité avait été
définitif; ce
renvoyé en France pour être
par le roi, ainsi que cela avait été
ratifé aussi
promis et
gouvernement d'Haiti,
annoncéau
J'ai fait plus haut
de
d'avril
Thistorique
ce traité du mois
1829, et de celui du 2 avril 1831,
ensemble la moindre
qui n'ont pas
considérer
connexité; ainsi, loin de
le traité
pouvoir
signé au
articles préliminaires du traité Port-au-Prince, comme
après, l'on doit
signé à Paris, deux ans
tifconcla
reconnaitre que c'était un traité définid'après Tultimatum
nais,
envoyé par M. de la
7 qui l'avait soumis et fait
FeronMinistres ; etil n'a rien de
discuter en Conseil des
commun avec le traité de
Iy a peut-être de la témérité à relever
183r.
ainsi une as-
préliminaires du traité Port-au-Prince, comme
après, l'on doit
signé à Paris, deux ans
tifconcla
reconnaitre que c'était un traité définid'après Tultimatum
nais,
envoyé par M. de la
7 qui l'avait soumis et fait
FeronMinistres ; etil n'a rien de
discuter en Conseil des
commun avec le traité de
Iy a peut-être de la témérité à relever
183r.
ainsi une as- --- Page 62 ---
tribune
le Ministre des affaires étransertion faitcà la
par
mais T'affaire
ils s'agit d'expliquer un traité;
gères, , quand
laisser propager une erreur qui
est trop grave pour
la fortune
change toutes les positions et qui compromet
familles. Cette assertion du Ministre prouve
de 15 mille
fait avant lui.
qu'ilétait mal informé de ce quis'est
d'établir,
Voici donc encore les faits qu'ilimporte bien le nôtre. Je
dans l'intérêt de la France, comme dans
vais les établir encore au risque de me répéter.
Le traité de 1829 a été la suite d'une négociation enà Paris, dans le cours de 1828, entre le banquier
tamée
d'abord directement avec le gouver- -
de la République, ensuite avec lui et un envoyé d'Haiti,
nement français; et
Gonvernement franetdeux Commissaires nommés parle
conclureà
qu'on a envoyé
çais. C'est cctte négociation
obsessions qui
de certaines
Haiti, pour se débarrasser
a été terminée
gênaient fort à Paris; et cette négociation
par le traité de 1829.
au Port-au-Prince,]
une Commission
Avant d'arrêter la base de ce traité,
M. le
composée de pairs et de députés, et présidée consultée par
et
Ministre des finances, avait été
Comte Roy,
l'ai
dit, et c'est sur son avis
entendue, comme je
déjà
arrêtées.
les bases de ce traité avaient été
l'ai fait
que Lintérêt de l'emprunt était venu, comme je
aussi, se mêler à la négociation entamée pour
connaître
les intéressés dans
régler le paiement de lindemnité;
les deux
avaient voulu que l'on confondit
l'emprunt
semblait d'abord assez admissidettes. Cette proposition
dcl'emble: mais bientôt on reconnut que cette opération
particulière, le Gouverneprunt étant une spéculation
SC méler
sans se rendre responsable,
ment ne pouvait,
ct il fut donné
d'en changer ou modifier les conditions;
égociation entamée pour
connaître
les intéressés dans
régler le paiement de lindemnité;
les deux
avaient voulu que l'on confondit
l'emprunt
semblait d'abord assez admissidettes. Cette proposition
dcl'emble: mais bientôt on reconnut que cette opération
particulière, le Gouverneprunt étant une spéculation
SC méler
sans se rendre responsable,
ment ne pouvait,
ct il fut donné
d'en changer ou modifier les conditions; --- Page 63 ---
d'écarter dans le
instruction aux négociateurs,
pour
particulière pour réglerle paietraité toute stipulation
ment de l'emprunt. fit donc rédiger, non pas desartiM. de la Ferronnais
de traité définitif
cles préliminaires, 9 mais bien un projet
contenait
commeullimatum3 à Haiti, et quine
qu'on envoya
mode nouveau de paiement de Pinautre chose qu'un
plus longs. Il consisdemnité, avec des délais beaucoup Haiti à se libérer en
tait, comme on l'a vu, à admettre
de 5 millions 600 mille francs, représentant
annuités
intérêts du capital de 120 millions, et un
à 3 p. a/o les
million 200 mille francs d'amortissement. du demi-droit
L'on faisait ensuitc à Haiti la remise
du commerce français par Tordonnance
stipulé au profit
avait même déclaré au Gouverned'émaneipation. L'on
soit d'un traité de
ne s'occuperait,
ment d'Haitr, qu'on
soit de toute autre affaire,
commerce et de navigation ,
tel
était
du traité de finances, qu'il
qu'après la conclusion
devant être conclu avant
proposé, ce traité de finances
M. Moltout. Il fut donc signé au mois d'avril 1829, par
par tous les Membres du Gouverlien, Consul-Général, ratifié dans les formes d'usage par le
nement d'Haiti, et
le sont tous les traités définitifs,
Président d'Haiti, comme être soumis à la ratification du
et renvoyé à Paris, pour
Roi.
connaître tout ce qui a été fait pour retarder
J'ai fait
l'état oà cn étaient les choses
cette ratification, ainsi.que
le Goude 1830 est venue changer
quand la Révolution
vernement.
le traité du mois d'avril
Il est donc bien constant que
traité de 1831,
1829, loin d'être un préliminaire au affaires étrangères a
comme le croit M. le Ministre des
mis à la ratification du
et renvoyé à Paris, pour
Roi.
connaître tout ce qui a été fait pour retarder
J'ai fait
l'état oà cn étaient les choses
cette ratification, ainsi.que
le Goude 1830 est venue changer
quand la Révolution
vernement.
le traité du mois d'avril
Il est donc bien constant que
traité de 1831,
1829, loin d'être un préliminaire au affaires étrangères a
comme le croit M. le Ministre des --- Page 64 ---
car il terminait et réglait tous les
était un acte définitif,
Haiti, lesquels conintérêts de finances de la France avec
uniquement alors dans le règlementdu paiement
sistaient
avait reconnu
le Gouvernement
de l'indemnité, puisque
stipuler des
qu'il ne pouvait, sans se rendre responsable,
le paiement de l'emprunt 5 et si ce traité
conditions pour
comme il devait l'être, tous nos
eût été ratifié par le roi,
débats actuels n'existeraient pas 2 et nous n'aurions plus
d'autres affaires que celles qui existent entre
avec Haiti,
Etats, dans des temps ordinaires
la France et les autres
de paix. le traité de 1829 est si loin d'être le préliminaire
Enfin,
avril 1851,
toutes les conditions qu'il
du traité du 2
que
le dernier
renferme sont anéanties et abrogécs de fait par
traité.
de ces deux traités va
Au surplus, le rapprochement
démontrer cette vérité jusqu'à Pévidence.
RAPPROCHEMENT
TRAITÉS DE 1829 ET DE 1831.
DES
de 1829, le Gouvernement avait reDans le traité
rien insérer qui pdt
commandé au négociateur de ne
de l'eminnovation au contrat ou aux conditions
porter
prunt.
on déclarel'emDans le traité de 1831, au contraire,
et abrogécs de fait par
traité.
de ces deux traités va
Au surplus, le rapprochement
démontrer cette vérité jusqu'à Pévidence.
RAPPROCHEMENT
TRAITÉS DE 1829 ET DE 1831.
DES
de 1829, le Gouvernement avait reDans le traité
rien insérer qui pdt
commandé au négociateur de ne
de l'eminnovation au contrat ou aux conditions
porter
prunt.
on déclarel'emDans le traité de 1831, au contraire, --- Page 65 ---
detle d'Haiti envers la France; ; on change donc
prunt,
ensuite
cette dette
d'abord le créancier; on fait
payer
Haiti à la France, et on rend très habilement, par
par
les créanciers de l'emprunt, créanciers
cette stipulation,
d'Haiti.
de la France : car ils ne sont plus créanciers
Dans le traité de 1829, le Gonvernement n'avait pas
voulu qu'on admit que le Trésor de France était créancier
mille francs avancés à la Réd'Haiti, des 4 millions 848
le
des intérêts
publique par ses banquiers, pour paiement
de l'emprunt.
Dans le traité de 1831, au contraire, on reconnait que
c'estle Trésor de France qui est créancier d'Haiti de cette
somme 5 que c'est lui qui en a faitlavance; et cependant
il ne l'a remboursée aux préteurs qu'en 1830; donc il
ne l'avait pas avancée en 1827 et 1828.
Le traité de 1829 stipule que Haiti, qui obtient de
très longs délais pour s'acquitter de l'indemnité qu'elle
les intérêts à 3 P. o/o
devait payer en cinq ans, payera
d'un million 200 mille francs.
avec un amortissement
Le traité de 1831 non seulement donne un délai bien
plus long encore à Haiti pour solder l'indemnité, mais il
fait remise des intérêts et supprime par conséquent l'amortissement, quoique Haiti n'ait demandé aucune de
ces faveurs.
Le Gouvernement, dans le traité de 1829, avait refusé aux contractans de l'emprunt de s'immiscer dans
leur affaire, dans la crainte surtout de changer les conditions de leur contrat, tant le Gouvernement redoutait
de faire peser une charge sur la France 7 et d'assumer sur
lui une grande responsabilité.
Le traité.de 1831, au contraire, change toutes les conditions del l'emprunt; il changel la quotité des intérêts, en
une de
ces faveurs.
Le Gouvernement, dans le traité de 1829, avait refusé aux contractans de l'emprunt de s'immiscer dans
leur affaire, dans la crainte surtout de changer les conditions de leur contrat, tant le Gouvernement redoutait
de faire peser une charge sur la France 7 et d'assumer sur
lui une grande responsabilité.
Le traité.de 1831, au contraire, change toutes les conditions del l'emprunt; il changel la quotité des intérêts, en --- Page 66 ---
même une partie, change les époques de remsupprime
l'amortissement, et rend par conboursement, supprime
d'une affaire qui lui était
séquent la France responsable
complètement étrangère.
faveur de l'indemLe traité de 1829 stipulait tout en
nité, il était fait dans ce seul intérêt.
Le traité de 1831, au contraire, ne place Pindemnité
troisième ligne; il donne à l'emprunt et au Trésor
qu'en
les Colons. Il les aatorise à prendre, - par
un privilége sur
del'empréférence avant eux , jusqu'à parfait paiement
la moitié de toutes les sommes que Haiti devra
prunt,
payer d'après ce dernier traité.
donc démontréque le traité de 1831 détruit enIl est
et
tièrement le traité de 1829 dans toutes ses partics, que
être considéré
conséquent celui-ci ne peut jamais
par
de l'autre.
comme le préliminaire
des affaires étrangères a
Cependant, M. le Ministre
dit à la Chambre que le traité de 1831 n'avait porté
changement au traité de 1829. S'il veut se
qu'un léger
lun
faire représenter ces deux traités et les comparer
l'autre, comme je viens de le faire, il verra qu'il
avec
était complètement dans T'erreur.
Le Président de la République, au surplus, n'a pas
considéré, comme M. le Ministre des affaires étrangères,
le traité de 1829 comme n'étant que le préliminaire d'un
il l'a considéré comme tellement définitif,
autre traité;
admis
ait se livrer à une nouvelle
qu'il n'a pas
qu'on
pu
et il a refusé de
négociation sur cette même question,
reconnaitre le traité de 1831. Ila désavoué publiquement
il l'a
et même exilé; il a déclaré
lc négociateur,
disgracié
néanmoins de
qu'il n'avait aucun pouvoir, mais profitant
lc Gouvernement d'Haiti, qui nc manque jace conflit,
re traité;
admis
ait se livrer à une nouvelle
qu'il n'a pas
qu'on
pu
et il a refusé de
négociation sur cette même question,
reconnaitre le traité de 1831. Ila désavoué publiquement
il l'a
et même exilé; il a déclaré
lc négociateur,
disgracié
néanmoins de
qu'il n'avait aucun pouvoir, mais profitant
lc Gouvernement d'Haiti, qui nc manque jace conflit, --- Page 67 ---
maisl'occasion d'éluder les
a saisi celle-ci
engagemens qu'il a contractés;
pour demander de nouvelles
et d'abord une réduction de
concessions,
envoie même
75 millions sur sa dette. Il
audacieusement un
et dit publiquement
ullimatum, il déclare
qu'il n'admettra les nouvelles
missions de nos Agens consulaires
comaura fait droit à
, que quand la France
ses réclamations. Il prend enfin avec
France, un ton de hauteur
la
la discussion
que notre ton débonnaire et
qui a eu lien à la Chambre
qu'encourager.
ne pourront
En effet, M. le Ministre des affaires
d'annoncer à la Chambre
étrangères, loin
que la France
au gouvernement d'Haiti,
avait répondu
à sa
à
avec la fermeté qui convient
position, > sa force et à sa puissance, semble
quelque sorte excuser sa résistance. Il
en
pas trop les insultes de
ne blâme même
ce
la
qu'il oppose semble, selon Gouvernement; résistance
lui, tenir à l'insuflisance des
ressources du pays, et à l'exagération des
la France.
demandes de
J'indiquerai donc l'état des ressources
rait pu faire usage, si elle avait
dont Haiti auvolonté de se libérer.
eu de la bonne foi et la
Mais
tenter des raisons
sileGouvernement veut se conquelui donne le
ou ses défenseurs officieux; si
gonvernement d'Haiti,
de
au lieu de se faire rendre
compte
ce qui s'est passé depuis dix
mandes faites
la
ans, et des depar République, à
à chaque négociation: s'il
chaque Ministère, et
cessions
;
veut se faire énumérer les conqu'elle s'est fait faire par les différentes
tions ou traités qu'elle a toujours éludés, il négociasous tous les Ministres, et surtout
verra que
comte de la
sous celui de M le
Ferronnais, la position d'Haiti avait été bien
analysée et bien discutéc, et reconnu
que ce qu'on lui
ans, et des depar République, à
à chaque négociation: s'il
chaque Ministère, et
cessions
;
veut se faire énumérer les conqu'elle s'est fait faire par les différentes
tions ou traités qu'elle a toujours éludés, il négociasous tous les Ministres, et surtout
verra que
comte de la
sous celui de M le
Ferronnais, la position d'Haiti avait été bien
analysée et bien discutéc, et reconnu
que ce qu'on lui --- Page 68 ---
était loin d'étre exagéré, et que si
demandait en 1829 s
contractés par le
Haiti ne maintient pas ses engagemens
traité de cette époque, ce ne sont pas les ressources qui
mais la volonté. Le Ministre n'a-t-il pas,
lui manquent,
évidente de la mauvaise foi de ce
d'ailleurs une preuve
Gouvernement, dans son refus de payer, depuis 1827, %
acquitmême les intérêts de son emprunt, qu'il pouvait
qu'ilne donnait pas un sou
ter d'autant plus facilement,
foi,
et quand après cet acte de mauvaise
à la France;
du désir
vient aussi
à la Chambre,
M. Laffitte
parler
de se libérer
qu'à le Gouvernement de cctte République
les millions 904 mille
et de payer même sur le champ
francs dus au Trésor, c'est une véritable dérision.
Il est en vérité difficile de comprendre comment, après,
M. Laffitte peut encore croire à
tout ce quis'est passé,
comment il peut
la bonne foi du gouvernement d'Haiti;
faire de telles illusions; et comment,. surtout,
encore se
à la Chambre, à la France, et
il veut les faire partager d'Haîti, qui n'ont déjà que
aux malheureux créanciers
de leur confiance et de leur crédulité.
trop de regrets
en parEnfin, M. le ministre des affaires étrangères,
de l'offre faite par Haiti, de nous payer 45 millions
lant
la réponse que la France pourrait
en 45 ans, ajourne
et il subordonne, en
faire à cette nouvelle proposition;
à l'examen de deux questions :
quelque sorte, sa réponse
les Colons conr
4° ce que Haiti peut fournir; 2" ce que
sentiraient.
fournir, je ferai
J'indiquerai ce que Haiti pourrait
connaitre les ressources dont cette République pourrait
Haiti elle-même, d'ailleurs, a indiqué. cc.
faire usage; et
le traité du
qu'elle pourrait faire, quand elle a souscrit
n'a con-.
mois d'avril 1829, auquel son gouvernement
l'examen de deux questions :
quelque sorte, sa réponse
les Colons conr
4° ce que Haiti peut fournir; 2" ce que
sentiraient.
fournir, je ferai
J'indiquerai ce que Haiti pourrait
connaitre les ressources dont cette République pourrait
Haiti elle-même, d'ailleurs, a indiqué. cc.
faire usage; et
le traité du
qu'elle pourrait faire, quand elle a souscrit
n'a con-.
mois d'avril 1829, auquel son gouvernement --- Page 69 ---
senti qu'après une longue discussion et un long
Ainsi, en mettant même de côté les
examen.
vent lui offrir l'excédant de
ressources que peuson budget et de son
gne, que je réduirai au taux que ce
épargouvernement et ses
agens avouent eux-mêmes, les ressources
les propriétés des villes qu'une loi lui ordonnait territoriales,
dre, lui
de vensufiraient, et bien au-delà assurément,
payer l'indemnité réduite en annuités,
pour
le traité de
comme le stipule
1829, et pour toutes les charges de l'emprunt. Il est donc inutile d'aller
de
chercher, ou d'attendre
nouveaux renseignemens de
Saint-Domingue; tout ce
qu'on pourra dire et écrire ne détruira jamais des faits.
Ainsi, dès à présent, M. le ministre des affaires étrangères pourrait exiger d'Haiti l'exécution du traité de
1829, et intervenir d'une manière non moins
dans l'intérêt des créanciers
efficace,
del'emprunt, auxquels le
gouvernement doit protection.
Quand on voit un ministre, en 1833,
décision à cause de l'incertitude où il
ajourner sa
financière
est sur la position
d'Haiti, l'on croiraitque cette affaire est
et qu'on la traite aujourd'hui
neuve
Mais la question
pour la première fois.
qui embarrasse M. le duc de
déjà été examinée et discutée
Broglie a
contradictoirement
avec Haîti; ; et le traité de
même, 9
remebt
1829 ne s'est pas fait si
que le ministère d'alors, qui avait tout autant légàmoins le désir de finir cette affaire d'une
au
nable pour les deux
manière convepays, puisse être taxé
voyance. La question était alors,
d'imprénon pas de savoir quelle était la comme aujourd'hni,
Haiti devait
somme capitale que
payer, l'ordonnance de 1825,
ce pays la déterminait, mais elle était de acceptée par
et dans quels délais la
savoir comment
République pourrait s'acquitter, 2
avait tout autant légàmoins le désir de finir cette affaire d'une
au
nable pour les deux
manière convepays, puisse être taxé
voyance. La question était alors,
d'imprénon pas de savoir quelle était la comme aujourd'hni,
Haiti devait
somme capitale que
payer, l'ordonnance de 1825,
ce pays la déterminait, mais elle était de acceptée par
et dans quels délais la
savoir comment
République pourrait s'acquitter, 2 --- Page 70 ---
l'on tenait à régler les choses de manière que l'exécuet
incertaine. Ce n'est ention du nouveau traité ne fàt pas
les
avoir entendu toutes les objections, reçu
fin qu'après
que les bases du traité
renseignemens les plus positifs,
de 1829 ont été irrévocablement arrêtées.
excès de prudence, le gouvernement
Cependant, par
sur les moyens que Haiti
qui avait acquis sa conviction
le
avait de remplir le nouvel engagement, a voulu que
de traité fût porté au Port-au-Prince pour l'y conprojet
soumisà un nouvel examen,
clure. Il fut par conséquent
tous les memet c'est après une nouvelle discussion que le Président
furentappelés par
bres de ce gouvernement
avoir subi
à donner leur avis. Ce n'est enfin qu'après
troisième épreuve, que ce gonvernement a reconnu
cette
de millions 800 mille francs 7 y compris
qu'une rente
convenable pour
l'amortissement, était un arrangement
et
telle convention pourrait s' 'exécuter,
le pays, et qu'unc
sans en excepter
tous les membres de ce gouvernement, et le Président' y
ce nouveau traité,
un seul, signèrent
mit sa ratification.
qu'attend M. le duc de Broglie, ct
Les renseignemens n'arriveront qu'après la session, auqui probablement
authenticité? Quels renseigneront-ils une plus grande
n'aient été fournisà M. dc
recevoir qui
mens pourra-t-il
ministres?
la Ferronnais et aux autres
ces
renseignemens aujourdhni?il
De qui recevra-t-il
la France ait encorc
les recevra du seul Vice-Consul que
la probité de ce
à Saint-Domingue. Mais sans suspecter la probité d'un
Vice-Consul, pas plus qu'on ne suspecte
récuse, les Colons ne sont-ils pas
juge de tribunal qu'on
dc cct agent: ?
en droit de récuscr lc témoignage
-t-il
ministres?
la Ferronnais et aux autres
ces
renseignemens aujourdhni?il
De qui recevra-t-il
la France ait encorc
les recevra du seul Vice-Consul que
la probité de ce
à Saint-Domingue. Mais sans suspecter la probité d'un
Vice-Consul, pas plus qu'on ne suspecte
récuse, les Colons ne sont-ils pas
juge de tribunal qu'on
dc cct agent: ?
en droit de récuscr lc témoignage --- Page 71 ---
6r
Tout le monde sait qu'il a un intérêt dans la maison
de commerce française qui existe au Port-au-Prince,
Tout le monde sait que le commerce a aussi un intérêt bien prononcé à ce que l'indemnité soit réduite,
pour que Haiti, délivré de cet embarras, n'ait
à déméler avec la
plus rien
France, et que les opérations
ciales puissent se faire avec plus de sécurité. commerTout le monde sait que cet ageut a été le
dela fille du
précepteur
Président, et qu'il existe par
tre lui et le chef de ce
conséquent engouvernement des relations
peuvent le porter à le servir.
qui
Tout le monde sait que des liaisons existent aussi
cet agent et le sieur Inginac, secrétaire d'Etat entre
qui est le membre influent dans
d'Haiti,
qu'à
où
ce gouvernement, et
lépoque ce secrétaire d'Etat traitait fort mal nos
autres Consuls, il avait toujours une bienveillance
quée pour celui qui est appeléà donner seul
marson avis dans l'affaire d'Haiti.
aujourd'hui
Dans une telle position, les Colons ont bien le
sans blesser personne, de récuser le
droit,
agent, et de s'étonner
témoignage de cet
que ce soit à lui qu'on s'adresse,
quand les autres Consuls sont en France,
raient être entendus, et
qu'ils pourquand on pourrait
consulter les officiers
également
qui ont commandé les stations.
Tous nécessairement doivent avoir fait des
vaudraient au moins autant
rapports qui
ils n'auraient
que ceux qu'on attend; car
été rédigés ni sous les influences
ni sous celle d'intérêts
locales,
privés.
Ce ministre pourrait aussi, pour former sa conviction,
consulter l'espèce de compte-rendu sur la situation
d'Haiti, qui se trouve. dans le Journal du Commerce du
23 février 1851 ; ce journal recevait alors sa direction du
galement
qui ont commandé les stations.
Tous nécessairement doivent avoir fait des
vaudraient au moins autant
rapports qui
ils n'auraient
que ceux qu'on attend; car
été rédigés ni sous les influences
ni sous celle d'intérêts
locales,
privés.
Ce ministre pourrait aussi, pour former sa conviction,
consulter l'espèce de compte-rendu sur la situation
d'Haiti, qui se trouve. dans le Journal du Commerce du
23 février 1851 ; ce journal recevait alors sa direction du --- Page 72 ---
d'Haiti, etl'article a été rédigé parl'aprincipal organe
depuis peu du Port-augent de la compagnie quiarrivait d'Haiti lui-même, qui se trouPrince, et par l'envoyé
vait alors à Paris. En s'en tenant encore à ce renseigneainsi dire quelque chose d'officiel par
ment, qui a pour
il'ont fourni, un certain dele caractère des personnes qui
proud'authenticité, en faudrait-il davantage pour
gré
a les moyens de payer dans les
ver que ce gouvernement:
et
ce dernier traité
délais qu'il a acceptés en 1829, que
n'avait rien d'exagéré.
à l'affaire
Ce qui se passe aujourd'hui par rapport inconvéniens du
d'Haiti, fait ressortir un des grands
conmode actuel de gouvernement. C'est cechangement même ministinuel de ministres qui permet rarement au
Celui
commencée.
tre de terminer une négociation qu'ila
succède tenant ordinairement à une opinion opqui lui
désapprouver ce qu'a fait son préposée, commence par
de ce qui s'est
décesseur, et souvent, sans s'enquérir
et ne se fiant qu'à sa manière
passé et des antécédens,
commencées comme si
de voir, il traite les affaires déjà
décidées se reelles étaient à leur début; les questions
à finir deprésentent de nouveau, et les affaires prêtes événemens du
viennent interminables. Un des grands
la
heureusement a fort bien tourné pour
siècle, qui
eu d'autre cause.
France, n'a pourtant pas
dernière, dans la séance
Je sais qu'ila été dit, l'année
Haiti n'afévrier, à la Chambre des Députés, que
du 29
de payer 150 milvait contracté en 1825 l'obligation
la
brûler sa capitale parl'escadre
lions que parl peurdevoir mouillée dans la rade; mais que réfrançaise qui était
ils verront que
pondront ces défenseurs d'Haiti, quand
cette même
quatre ans après a manifesté
ce gouvernement
Je sais qu'ila été dit, l'année
Haiti n'afévrier, à la Chambre des Députés, que
du 29
de payer 150 milvait contracté en 1825 l'obligation
la
brûler sa capitale parl'escadre
lions que parl peurdevoir mouillée dans la rade; mais que réfrançaise qui était
ils verront que
pondront ces défenseurs d'Haiti, quand
cette même
quatre ans après a manifesté
ce gouvernement --- Page 73 ---
volonté dans le traité de 1829. M. le Consul
qui a conclu' ce dernier traité, était seul
Mollien,
alors au Portau-Prince, aucun vaisscau armé ne se trouvait
le port, ni dans la rade, ni dans les
ni dans
la plus entière règnait dans le
parages. La liberté
cabinet d'Haiti, et là cependant une nouvelle convention,
somme
stipulant la méme
payable avec les intérêts, dans des délais beaucoup plus longs, il est vrai, a été signée
par le secrétaire d'Etat d'Haiti,
non-sculement
avec M. Mollien, mais
qui avait négocié
par tous les membres du
nement, comme si le Président avait
gouverforme inusitée, donner
voulu, par cette
plus de force à son nouvel
gement et à sa signature, et manifester d'une engaplus patente la libre volonté de
manière
sienne.
son gouvernement et la
Haiti-a eu quatre ans pour réfléchir et calculer
sition, ses ressources et le nouvel
sa polait
engagement qu'elle al
contracter; quel nouveau
nouvelles données faut-il donc renscignement et quelles
affaires
encore à M.le ministre des
étrangères pour prendre un parti et faire
ces honteux débats pour la France.
cesser
Quant à ce que les Colons pourraient
question de savoir
consentir, et à la
jusqu'à quel point le ministre
avoué par les propriétaires de l'indemnité,
serait
geant pour une somme queleonque,
en transije dirai
ras du ministre et celuidu
que l'embarfaire, tient
gouvernement, dans cette afuniquement à ce qu'on n'exécute
les
et ce que prescrit la Charte. La Charte
pas lois
sentd'une
et les lois vous dimanière assez claire et assez précise
doit faire quand il transige avec un
cequel'Etat
ger, et qu'on lui sacrifie
gouvernement étranou qu'on lui abandonne des
propriétés et des intérêts privés. Les Colons ont
assez
celuidu
que l'embarfaire, tient
gouvernement, dans cette afuniquement à ce qu'on n'exécute
les
et ce que prescrit la Charte. La Charte
pas lois
sentd'une
et les lois vous dimanière assez claire et assez précise
doit faire quand il transige avec un
cequel'Etat
ger, et qu'on lui sacrifie
gouvernement étranou qu'on lui abandonne des
propriétés et des intérêts privés. Les Colons ont
assez --- Page 74 ---
à tous les arrangemens qui
prouvé qu'ils sC soumettaient
ses traités.
être favorables à l'Etat et faciliter
pourraient
la quotité de l'indemnité, ily
Vous avez fixé vous-méme
la dicette évaluation, vous ne pouvez plus
ont accepté
dans votre loyauté,
minuer. Les Colons ont eu confiance
nombreuont été contractés par eux, de
des engagemens
intérêts de famille se sont réglés sur
ses transactions, des
les lois,
dont l'effet était garanti par
cette promesse, à calculer, dans les arrangemens que vous
c'est à vous
de
voulez faireavec Haiti, les paiemens que vous exigerez
c'est à vous à en régler les époques et
cette République;
le Trésor de France
la quotité, de manière à ce que
d'avances et des
n'en souffre pas, et qu'il soit à couvert
du
devrait faire lui-même; les charges
paiemens qu'il
due aux Colons, neseTrésor, par rapport à l'indemnité
Cette affaire se réront, en quelque sorte que fictives.
elle doit Vêtre,
duit donc, si on veutla conduire comme
d'administration. , et vous la règlerez vousà une mesure
même mieux que nous ne pourrions vous l'indiquer.
avoir discuté sans avoir eu le temps de se faire
Après
exact de l'état des choses par rapport
rendre un compte
des affaires étrangères passe
aux Colons, M. le ministre
à la question de l'emprunt.
cette opération
Ce ministre reconnait d'abord que
(
étrangère à la France,
> de l'emprunt est complètement
n'a contracté aucun engagement
> que le gouvernement
ont contracté avec publi-
) envers les préteurs, qu'ils
et périls; et jer ne
et concurrence, à leurs risques
) cité
dire que le
dit le ministre, qu'on puisse
) pense pas,
soit tenu à leur égard plus qu'à l'é-
)) gouvernement
des Cortès, et envers tous ceux qui
) gard de l'emprunt
étrangers. )
leurs fonds dans les emprunts
> placent --- Page 75 ---
Comment, après une telle déclaration faite devant la*
Chambre des Députés, M. le ministre des affaires étrangères peut-il soutenir encore le traité du 2 avril 1831,
qui déclare que la dette d'Haiti envers ses
préteurs est
une dette de la République envers la France? Comment ce même ministre qui déclare
d'Haiti est une spéculation
quel'emprunt
particulière faite aux
et périls des préteurs, dont le
risques
gouvernement n'a
plus à se méler que de l'emprunt des Cortès,
pas
soutenir ce traité du 2 avril 1831, qui donne peut-il
teurs un
aux préprivilége sur les Colons, qui les autorise à
lever par préférence sur eux, jusqu'à l'extinction pré- de
leur dette, deux' millions sur les quatre millions
Haiti devait payer pour l'indemnité?
ulière faite aux
et périls des préteurs, dont le
risques
gouvernement n'a
plus à se méler que de l'emprunt des Cortès,
pas
soutenir ce traité du 2 avril 1831, qui donne peut-il
teurs un
aux préprivilége sur les Colons, qui les autorise à
lever par préférence sur eux, jusqu'à l'extinction pré- de
leur dette, deux' millions sur les quatre millions
Haiti devait payer pour l'indemnité? Tout cela ne que
terait-il pas à croire que M. le ministre des affaires porétrangères n'était pas préparé pour soutenir la discussion
qui a eu lieu le 29 décembre 1832, ou qu'il n'a
donné une grande attention même à la lecture du traité pas
du 2 avril 183r. Tout en me récriant fortement contre
de
l'injustice ce
traité, quiviole des droits acquis, qui change les conditions insérées dans l'intérêt des tiers, dans l'ordonnance
dc 1825, acceptée par Haiti, je suis loin de croire
les créanciers de l'emprunt d'Haiti,
que
ciers de
pas plusg que les créanl'emprunt des Cortès, doivent rester
au Gouvernement. Ils ont, comme
étrangers
Français, 7 le droit de
réclamer sa protection, et dele presser" d'intervenir, dans
leur intérêt, auprès des gouvernemens qui violent ainsi
leurs engagemens. Des milliers de familles
sont intéressées
françaises
dans, ces deux emprunts, ils sont victimes des gouvernemens avec lesquels ils ont contracté. Les
créanciers d'Haiti, surtout, quiont contractésous les
yeux
--- Page 76 ---
sorte encourngés par lui,
d'un ministre, et en quelqué
et SI
toute particulière:
doivent recevoir une protection
tenu à leur égard,
français n'est pas
le Gouvernement
deniers
il est tenu d'inresponsable des
prétés,
comme
exiger que la justice soit rendue
tervenir du moins pour
tant de raison de la
à des Français qui se plaignent avec ct je crois que l'inétranger;
perfidie d'un gouvernement dans l'affaire dc l'emprunt
tervention de la France
étaient bien conduites -
d'Haiti, amènerait, si les choses
créanciers de
faire rendre justice et aux Colons et.aux
à
blesser les droits ni les intérêts des uns
Pemprunt, sans
ou des autres. desaffaires étrangères arrive au
Enfin, M. lc ministre
des préteurs, qui se sont
point délicat de la prétention millions 904 mille francs,
fait rembourser par le Trésor 4
le paiement
faites par eux à Haiti, pour
pour les avances
des intérêts. dit le ministre des affaires étrangères,
( Il est arrivé,
particulière, le Gouverneune circonstance
) que par
un certain point,
se trouve en ce moment,jusqu'à
)) ment
avec les préteurs. > co-intéressé. réflexion, et sur la garantic
Jem'abetiendrai de toute
les prêteurs, et
réclamée auprès du gouvernement par
Cette
dont cette somme a été rembourséer
sur la manière
du but que je me propose. Jen'en
discussion m'écarterait
un préjudice
qu'il en résulterait
parlerai donc qu'autant
réel pour les Colons. uneeirconstance forSi le Gonvernement SC trouvepar il ne peut, en bonne
tuite, co-intéressé avec les prétours,
les mêmes
règle, et dans tout élat de cansc, qu'avoir ils lc
ct lcs exercer comme
pourdroits que les prètenrs,
les prèteurs aumient-ils pu
raient faire eux-mêmes.
'écarterait
un préjudice
qu'il en résulterait
parlerai donc qu'autant
réel pour les Colons. uneeirconstance forSi le Gonvernement SC trouvepar il ne peut, en bonne
tuite, co-intéressé avec les prétours,
les mêmes
règle, et dans tout élat de cansc, qu'avoir ils lc
ct lcs exercer comme
pourdroits que les prètenrs,
les prèteurs aumient-ils pu
raient faire eux-mêmes. Or, --- Page 77 ---
jamais exiger que les Colons leur
avânces qu'ils ont faites à Haiti,
remboursassent les
térêts de son emprunt?
pourle paiement desinPourquoi donc le Trésor,
qui en 1830 a
bénévolement, et sans l'intervention
remboursé
des
quatre millions 904 mille francs
Chambres, les
quiers de
avancés par les banl'emprunt au gouvernement
le droit de se faire donner
d'Haiti, aurait-il
le traité du 2avril
aussi, comme on le fait dans
Si le Trésor 1831, un privilége sur les Colons P
enfin s'est obligé d'une manière
conque envers les préteurs, c'est à luià
quelqui lui devient
payer cette dette,
personnelle. Il
un crédit aux Chambres
peut demander à ce sujet
les lois, il
; mais, à moins de violer
ne peut se rembourser au
toutes
qui ne sont pour rien dans
détriment des tiers,
La Chambre
cette affaire.
a paru néanmoins
tions données par M. le ministre satisfaite des explicacar,sil'on en croit le
des affaires étrangères :
sonif fait
Moniteur, les mots de très-bien se
entendre, et des marques
tion, dit la même feuille,
prolougées d'approbaont été données
aux explications fournies
par la chambre
Si
par le ministre.
cependant il est vrai, comme le
M. Roy et M. de La
disaient en 1828
traité
Ferronnais, que les
qui changeaient les conditions stipulations d'un
draient la France
de l'emprimnt renFrance, devenuc responsable, s'il était vrai que la
de 183r, devient créancière de l'emprunt par le traité
cet
alors débitrice envers les
emprunt au lieu d'Haiti; s'il était
créanciers de
être compromise
vrai qu'elle
par ce traité pour 38 millions
peut
puisqu'elle a changé, sans consulter
au moins,
sées, , toutes les conditions de
les parties intéresintérêis,
l'emprunt, la quotité des
l'amortissement, les époques de
remhoursement,
r, devient créancière de l'emprunt par le traité
cet
alors débitrice envers les
emprunt au lieu d'Haiti; s'il était
créanciers de
être compromise
vrai qu'elle
par ce traité pour 38 millions
peut
puisqu'elle a changé, sans consulter
au moins,
sées, , toutes les conditions de
les parties intéresintérêis,
l'emprunt, la quotité des
l'amortissement, les époques de
remhoursement, --- Page 78 ---
Haîti la somme due à l'emet qu'elle se fait payer par
dont parle le
cette satisfaction de la chambre,
prunt,
fort bien se changer en improbation.
Moniteur, pourrait
la chambre se fasse donc remettre cC traité, que
Que
connaissent comme moi, et -elle
plusieurs personnes
mérite
l'examen le plus apverra si cette affaire ne
pas
profondi.
M. le présiAprès le ministre des affaires étrangères,
dent de la Chambre des Députés quitte le fauteuil. Les
Colons présens à cette séance sont pleins d'espérance
ils voient monter à la tribune ce brillant orateur
quand
les intérêts de
chargé de défendre, à la Cour suprème,
de
et de
et de plaider dans l'intérêt
la veuve
l'orphelin,
ils l'enla loi. Mais qu'ils sont loin de compte quand
le sarcasme et l'ironie la plus amère aux
tendent opposer
mille familles françaises arbitrairéclamations de quinze
par des mesures que l'équité réprouve
rement spoliées
comme les lois.
aux Colons de
a-t-il dit, n'a pas manqué
( L'envie, l'indemnité fàt payée de la même manière
) faire que
Ils auraient voulu que la
) qu'elle l'a été aux émigrés.
raison de cette
) nation intervint, non pas sculement en
dont j'ai parlé, mais qu'elle
)) tutelle gouvernementale
directe de payer leur
elle-même l'obligation
)) contractàt
Colons étaient alléchés par un attrait
X indemnité. Les
remils voyaient les émigrés qui se faisaient
> puissant;
leurs
ils auraient
un milliard
propriétés;
- > bourser
pour leurs 150 millions 5 ils auraient
> touché au même titre
fit la
à leur
demandé
la France
guerre
> volontiers
que
à tract que nousa allassions à Saint-Domingue,
) profit,
leur refaire des esclaves et les réin-
> vers l'Océan, pour.
des hommes et des choses $
( tégrer dans leurs propriétés
aient les émigrés qui se faisaient
> puissant;
leurs
ils auraient
un milliard
propriétés;
- > bourser
pour leurs 150 millions 5 ils auraient
> touché au même titre
fit la
à leur
demandé
la France
guerre
> volontiers
que
à tract que nousa allassions à Saint-Domingue,
) profit,
leur refaire des esclaves et les réin-
> vers l'Océan, pour.
des hommes et des choses $
( tégrer dans leurs propriétés --- Page 79 ---
6g -
)) ou si nous désertions ce qu'ils
3 de les rembourser
appellent un principe,
en argent, comme leurs
y qui ont obtenu un milliard
compagnons,
) sisté et a dà le faire.
(on rit). La France a récembre
) Extrait du Moniteur du 30 dé1831.
Quand les Haîtiens, qui
France depuis deux
prodiguent les outrages à la
discussion à la
ans, auront connaissance de cette
Chambre des Députés,
ils pas à
combien n'auronthauteur s'applaudir. et ne seront-ils pas fiers du ton de
qu'ils ont pris envers notre
c'est bien leur cause
Gouvernement. Car
sorte, à la.t tribune que sont venus plaider 2 en
de
quelque
Chambre des
France, et le président de- la
Députés et les ministres eux-mêmes.
Aucun d'eux, non-seulement n'a osé relever
que Haiti a la hardiesse de jeter à la
le gant
cun des organes du
France, mais chavoir eux-mémes Gouvernement, ou les agens du pouviennent au contraire
cuser de barbarie les Colons
s'humilier et acqui sont venus se
échappés aux massacres, > et
réfugier dans le sein de la
Où l'orateur a-t-il vu que les Colons
mère-patric.
sir insensé qu'on fit la
ont montré le déallassions à
guerre à leur profit, et que nous
Saint-Domingue, à travers
leur refaire des esclaves et les
l'Océan, pour
priétés des
réintégrer dans leurs
hommes et des choses?
proLes Colons, au
contraire, ne se sont-ils
tout ce que le
pas soumis à
l'intérêt de
gouvernement avait réglé lui-méme dans
l'Etat?
N'ont-ils pas accepté l'évaluation donnée
biens, sans
à leurs
cependant avoir été
sultés ni entendus P
préalablement ni conLeurs biens n'ont-ils
été
propriété
pas
abandonnés en toute
par un traité de paix à un état étranger P
ons, au
contraire, ne se sont-ils
tout ce que le
pas soumis à
l'intérêt de
gouvernement avait réglé lui-méme dans
l'Etat?
N'ont-ils pas accepté l'évaluation donnée
biens, sans
à leurs
cependant avoir été
sultés ni entendus P
préalablement ni conLeurs biens n'ont-ils
été
propriété
pas
abandonnés en toute
par un traité de paix à un état étranger P --- Page 80 ---
La France n'a-t-elle pas, 2 par cet abandon, fait cesser
cette concession, , les dél'état de guerre, et évité, par
à
lui auraient coûtées les armemens qui,
penses que
amené une collision
cette époque, auraient probablement
certainefàcheuse entre elle et l'Amérique du nord, et
ment avec I'Angleterre?
fait
Le traité qui a exproprié les Colons n'a-t-il pas
entamées pour la vente de leurs
rompre les négociations
nombre d'entr'eux avec une
biens par un assez grand
qui en sont
compagnie anglaise 9 ou avec des indigènes
à traiter?
détenteurs, et qui consentaient
de
a-t-il donc de si étrange dans la réclamation
Qu'y
demandent que la France 9
ces malheureux Colons, qui
une mequi a agi dans son intérêt propre en prenant de la diplodans les annales
sure qui n'a pas d'exemple
l'indemnité convenue
matie, leur paie ou leur garantisse
et promise?
français avait-il de
Quel droit enfin le Gouvernement
se les
enlever tous leurs, titres de propriétés pour
leur
de les détruire et de les remplacer par une
approprier,
chiflon 2 si ce même
liquidation qui ne serait plus qu'un
tant d'actes arbitraires, , pouvait
gouvernement, après
ct partie,
sans autres formalités, se rendre juge
encore,
et se déclarer irresponsable?
à la Chambre
Les Colons ont-ils manqué de respect
d'entr'eux, poussés
des Députés, quand quelques-uns
confiance à elle
le désespoir, se sont adressés avec
par
intérêt
du Gouvernement?
pour réclamer son
auprès
serait-il donc devenu, bien déLe droit de pétition
pour les
et n'aurait-il plus
cidément 1 un droitillusoire;
Thilarité de
Français d'autre résultat que de provoquer
Chambre
Les Colons ont-ils manqué de respect
d'entr'eux, poussés
des Députés, quand quelques-uns
confiance à elle
le désespoir, se sont adressés avec
par
intérêt
du Gouvernement?
pour réclamer son
auprès
serait-il donc devenu, bien déLe droit de pétition
pour les
et n'aurait-il plus
cidément 1 un droitillusoire;
Thilarité de
Français d'autre résultat que de provoquer --- Page 81 ---
7!
la Chambre qjuand on se plaint d'actes arbitraires et de
linexécution des lois?
(On rit), dit le Moniteur; c'est assurément la
mière fois, depuis que nous avons une assemblée prenale, quel'on voit les députés de la nation rire des natiocasmes que l'on oppose au récit des malheurs de sarmille familles françaises qui invoquent la
quinze
lois.
protection des
( Les Colons étaient alléchés
2 dit encore
par un attrait puissant,
l'orateur; ils voyaient les
) faisaient
émigrés qui se
rembourser un milliard pour leurs
> ils auraient touché au même titre
propriétés ;
que leurs
>, 150 millions. ))
compagnons
Qu'ya-t-ild de commun entre la position des Colons
celle des émigrés?
et
Ceux-ci ont été dépouillés
par une loi de la révolution; et si, dans les temps de
patrie pour les
guerre civile, il y a une
partis, les émigrés étaient accusés
ter les armes contre cette
de pors'est.
patrie; mais la patrie d'alors
cruellement vengée de cet ennemi, car elle a
rouler sur les échafauds la tête de leurs
fait
femmes, de leurs
pères, de leurs
enfans, et même de ceux qui témoignaient quelque pitié pour tant de victimes ou qui éfaient
suspectés de leur porter quelque intérêt, La
des biens des émigrés était enfin
confiscation
cées
une des peines
contre eux.
prononTout cela se. passait, si je ne me
et 1794.
trompe, en 1793
Mais à quelle époque les Colons ont-ils
C'est le 17 avril
étéexpropriés P
1825, sous l'empire de la
interdit les
Charte, qui
disent
confiscations, et sous l'empire des lois
que nul ne peut être exproprié dans
qui
l'intérêt de
enfin
confiscation
cées
une des peines
contre eux.
prononTout cela se. passait, si je ne me
et 1794.
trompe, en 1793
Mais à quelle époque les Colons ont-ils
C'est le 17 avril
étéexpropriés P
1825, sous l'empire de la
interdit les
Charte, qui
disent
confiscations, et sous l'empire des lois
que nul ne peut être exproprié dans
qui
l'intérêt de --- Page 82 ---
d'utilité publique sans avoir reçu
l'Etat ou pour cause
indemnité.
une juste et préalable
donc entre les Colons ct les
Quelle similitude y a-t-il
c'est la spoliation
Emigrés? Il en existe une, il est vrai,
dans la
mais je ne pense pas qu'il puisse entrerd
violente ;
Gouvernement nouveau aura
de T'orateur, que le
pensée
rétablir les confiscations, en assimilant
jamais le droit de
de lÉtat, aux émigrés spodans l'intérêt
les expropriés
révolution et de la République.
liés dans F'intérêt de la
battre aussi monnaie en
Cette nouvelle manière de
cette confiscal'empire de la Charte, et
1833, sous
contre 15 mille familles
tion réelle prononcée en masse terriblement, il faut en
françaises, nous rapprochernient
redouterait autant
d'une époque que Forateur
convenir,
nous-mêmes.
de voir revenir que
par un
L'opinion émisc, dans cette circonstance, talent et un
lutté avec un grand
homme qui a souvent
et les loïs d'exception,
zèle contre l'arbitraire
grand
être entraîné dans ses improvisaprouve jusqu'oi peut
quand il se laisse dotions l'orateur le plus spirituel, Car certes ces doctriminer par la passion du moment.
de l'orabien loin de la pensée et des principes
nes sont
teur qui les a fait entendre.
demandé, a dit le
Colons auraient volontiers
( Les
la France fit la guerre à leur pro-
) même orateur, que
à travers l'océan, pour
et
nous allassions,
> fit,
que
esclaves. )
> leur refaire des
loin la prévention, je
Il est diflicile de pousser plus
dirai même l'injustice.
fois, la conquéte 7
Si quelques fous ont rêvé, par
combattn un
majorité des Colons a toujours
l'immense
des massacres et produit
système qui n'aurait causé que
la guerre à leur pro-
) même orateur, que
à travers l'océan, pour
et
nous allassions,
> fit,
que
esclaves. )
> leur refaire des
loin la prévention, je
Il est diflicile de pousser plus
dirai même l'injustice.
fois, la conquéte 7
Si quelques fous ont rêvé, par
combattn un
majorité des Colons a toujours
l'immense
des massacres et produit
système qui n'aurait causé que --- Page 83 ---
que des ruines et des cendres. Et
dans
temps, des Colons
si,
ces derniers
ont parlé de la possibilité de la
avec Saint-Domingue, c'est
guerre
informés des insultes
que probablement ils étaient
réitérées faites depuis deux
cette République à la France.
ans par
C'est qu'ils ont su, qu'au moment où le traité du
avrili83r donta parlé M. le Ministre des
gères, avait été présentéan Président de la affairesétrance traité, revêtu de toutes. les formalités voulues République,
rendred définitif, de la part de la France, avait été pour le
avec un insolent dédain.
rejeté
C'est qu'ils ont su, et qu'ils ont lu dans les
tions faitesà Haiti, même
publicaPrésident de la
par ce Gouvernement, que le
tion et la
République, sans égard pour la ratificasignature qu'on avait eu
de
mettre d'avance,
l'imprudence faire
, par le roi
à ce
avait
Louis-Philippe,
traité,
accompagné son refus d'ironies
membres de ce Gouvernement
sanglantes, que les
ter contre la révolution
se plaisent encore à répéet notre Gouvernement.
C'est qu'ils ont su, que le Gouvernement
ses communications insolentes,
d'Haiti par
faires
que le Ministre des af
étrangères se contente dequalifier de
conformes aux bienséances qui s'observent rapports peu
tions civilisées, avait été
entre les nasorte à la France, la
jusqu'à imposer en quelque
mandes, si
condition de faire droit à- ses deon voulait qu'il donnât
suls commissionnés
F'ezequatur aux Conpar notre nouveau
C'est qu'ils ont su, qu'en 1831, le Gouvernement.
d'Haiti avait d'autorité,
Gouvernement
droit
supprimé le privilége du demistipulé en faveur de notre
de 1825, et
commerce, par le traité
que sans égard pour les
notre
réclamations de
Gouvernement, il a maintenu sa
résolution, et que
on voulait qu'il donnât
suls commissionnés
F'ezequatur aux Conpar notre nouveau
C'est qu'ils ont su, qu'en 1831, le Gouvernement.
d'Haiti avait d'autorité,
Gouvernement
droit
supprimé le privilége du demistipulé en faveur de notre
de 1825, et
commerce, par le traité
que sans égard pour les
notre
réclamations de
Gouvernement, il a maintenu sa
résolution, et que --- Page 84 ---
74 -
malgré les traités exisnos navires paient aujourd'hui,
tans, les mêmes droits que les a utres nations, comme le
Gouvernement d'Haiti l'a ordonné.
Voilà les faits qui auront pu faire dire à des Colons,
commeà beaucoup d'autres Français qui en ont eu connaissance, que la France pourrait faire la guerre à
assurément
refaire des esclaves aux CoHaiti, non
pour
des hommes
lons, et les réintégrer dans leurs propriétés
et des choses, mais pour soutenir la dignité nationale et
la France des insultes dont le Gouvernement
venger
haîtien a comblé la mesure.
L'orateur et le Gouvernement voyent les choses plus
pacifiquement, les Colons n'ont pas assurément à s'en
méler; ils ne pourraient rien gagner à la guerre; mais
ils ont bien le droit de repousser les reproches injustes
leuradresse du haut de la tribune, et de se plainqu'ou dre des sarcasmes 2 des ironies qu'on leur renvoie pour
toute réponse, quand ils demandent justice.
l'orateur, il a aussi dans cetteaffaire
( Enfin, ajoute
ya
intérêt
des intérêts privés: car ce n'est pas dans un
le Gouvernement a stipulé, mais en exer-
)) propre que
des citoyens Fràn-
). çant une haute tutelle dans l'intérêt
il leur devait
en stipulant; c'était son
)) çais;
protection
car un bon Gouvernement est le proteeteur
)) devoir,
oùt cet intérêt est
> des intérêts des citoyens, partout
) méconnu ou menacé.
150 millions ne sont pas le prix de lai reconnais-
) Les
d'intérêts pri-
) sance; mais la véritable représentation
de
ne devait
entrer un sou dans les Caisses
> vés. Il
pas
Colons et devaient être
> lÉtat, ils étaient attribués aux
à la Caisse des dépôts et consignations 1 pour
> déposés
des Colons était
> être répartis. Dès lors $ la position
out
) méconnu ou menacé.
150 millions ne sont pas le prix de lai reconnais-
) Les
d'intérêts pri-
) sance; mais la véritable représentation
de
ne devait
entrer un sou dans les Caisses
> vés. Il
pas
Colons et devaient être
> lÉtat, ils étaient attribués aux
à la Caisse des dépôts et consignations 1 pour
> déposés
des Colons était
> être répartis. Dès lors $ la position --- Page 85 ---
) fixée pour cette somme de 150 millions
))
leur intérêt. Vous
stipulés dans
concevez que maintenant ce
)) est devenu unintérêt
droit
privé, un intérêt acquis, un in-
) térêt déterminé en chiffres; il y aurait
) extrême, de la part du
imprudence
Gouvernement, à
) dans une négociation qui aurait
s'engager
pour objet de
) une innovation au titre, à un
à
faire
droit, une
> priétéqui ne luiappartient pas. Les Colons
pro-
) se plaindre qu'on a sacrifié une partie de leurs pourraient
)) il en résulterait, non pas une responsabilité droits,
) Trésor, mais une grande question de
pour le
) ministérielle relativement
responsabilité
aux intérêts
soit
))
privés
des
prêteurs, soit des Colons. ))
Avec de tcls
principes 2 qui sont ceux qui régissent en
France les intérêts privés,. et qui consacrent l'inviolabilité
des propriétés, sauf pourtant la responsabilité ministérielle substituée à la responsabilité de
principes, dis-je,
l'Etat, avec ces
qui sont la base de notre droit
que devient le traité du 2 avril1831,
public,
novation
qui porte une inremarquable au titre des Colons et à celui des
préteurs? qui impose aux uns et aux autres des conditions
nouvelles, et qui détruit même les lois
l'emploi des fonds destinésà
qui ont réglé
l'indemnité?
Si le Gouvernement n'a pas le droit,
naît M. Dupin, de
comme le reconchanger la condition des
de toucheraux 150 millions
Colons, et
stipulés pour leur indemnité
par l'ordonnance du 17 avril 1825; si M.
que les 150 millions sont,
les
Dupin croit
pour
Colons, un droit
quis, un intérêt privé, et
acnement
qu'ilya aurait pour le
une imprudence extrême à
Gouvernégociation qui aurait
s'engager dans une
pour objet de faire une
au titre, à un droit, à une
innovation
propriété qui ne lui appar-
millions
Colons, et
stipulés pour leur indemnité
par l'ordonnance du 17 avril 1825; si M.
que les 150 millions sont,
les
Dupin croit
pour
Colons, un droit
quis, un intérêt privé, et
acnement
qu'ilya aurait pour le
une imprudence extrême à
Gouvernégociation qui aurait
s'engager dans une
pour objet de faire une
au titre, à un droit, à une
innovation
propriété qui ne lui appar- --- Page 86 ---
comment M. Dupin peut-il reconnaitre que le
tient pas,
faire l'abandon des biens des Colons
Gouvernement a pu
et
étranger, sans être responsable
à un Gouvernement
étranger
du prix des biens que le Gouvernement
garant
le traité.
devait payer aux expropriés par
Pour soutenir Tirresponsabilité du Gouvernement,
l'inquantà l'abandon des biens et au prix stipulé pour
demnité, M. Dupin est obligé, comme tous ceux qui
de fonder des théories, de
nous ont combattus jusqu'ici,
de
créer un droit nouveau, 2 un droit de circonstance,
faire des raisonnemens plus ou moins spécieux.
Mais
faire. crouler toutes ces théories, tous ces
pour
raisonnemens, je ne ferai qu'une seule question.
Existe-t-il dans le droit public de la France, et même
dans le droit public de l'Europe, une seule loi, ou un
loi
qu'il est de certains cas où les
seul articlede qui dise,
des particuliers et disGouvernemens peuvent exproprier
deleurs biens, sans leur donner d'indemnité?
poser
vous serez obligéde créer, comme je
Pournous répondre,
nouveau, et de lui donner même un effet
le disais, un droit
lois existantes vous condamnent.
rétroactif, car toutes.les
Ou bien le Gonvernement nous répondra peut-être,
orateurs l'ont déjà fait, nous ne vous
comme quelques
par
vous Pétiez depuis long-temps
avons pas expropriés,
fait la
avec Haîti.
le fait quand nous avons
paix
effet,
Les Colons reconnaissent qu'ils étaient privés en
années, de la jouissance de leurs biens
depuis plusieurs
comme la France était
par la révolte et par la guerre 2
privée de l'exercice de sa souveraineté.
avec grande raison qu'elle
Mais la France a soutenu,
qu'elle en
n'avait perdu aucun de ses droits, parce
l'exercice; les Colons ontavait perdu momentanément
la
avec Haîti.
le fait quand nous avons
paix
effet,
Les Colons reconnaissent qu'ils étaient privés en
années, de la jouissance de leurs biens
depuis plusieurs
comme la France était
par la révolte et par la guerre 2
privée de l'exercice de sa souveraineté.
avec grande raison qu'elle
Mais la France a soutenu,
qu'elle en
n'avait perdu aucun de ses droits, parce
l'exercice; les Colons ontavait perdu momentanément --- Page 87 ---
ils perdu leurs droits à la propriété,
ont perdu aussi momentanément
parce qu'ils en
droits
la jouissance P Leurs
n'étaient-ils pas aussi imprescriptibles
vôtres.
que les
Vous avez reconnu vous-même,
pas perdu nos droits; Haiti l'a
que nous n'avions
car vous les lui avez abandonnés reconnu également,
tés. Vous les
et elle les a acheavez cédés pour obtenir cette
vous vouliez conclure, et vous en avez vous-même paix que
la valeur.
fixé
Vous auriez pu garder le silence sur nos
s'ils
étaient périmés; vous auriez
même
droits,
cette clause
pu
vous contenter de
vague et banale qai s'insère
dans les traités de
ordinairement
serveraient
paix, ct dire que les Français conleurs propriétés, et qu'il leur
un temps déterminé
serait donné
pour les vendre; mais cette clause
d'usage n'eut point satisfait l'Etat avec
besoin de traiter. Il
lequel vous aviez.
et vous l'avez
exigeait que l'abandon fût explicite,
prononcé en stipulant
ce
vous paierait la valeur des
que gouvernement
nous dites
biens ; et aujourd'hui vous
2 qu'avant cette époque nous n'étions déjà
propriétaires.
plus
Vous ne nous avez pas
vous nous avez
expropriés, dites-vous, mais
pris jusqu'à nos titres de
qu'à nos comptes
propriété, jusnos
habitations. d'administratiou, jusqu'aux plans de
Vous avez exigé que tout vous
vous avez
fat remis,
toutgardé, de sorte qu'il ne nous serait même
plus possible aujourd'hni, si cela était
prouver que nous étions jadis
nécessaire, de
minguc. Vous nous
propriétaires à Saint-Doavez donné en
titres, une liquidation
remplacement de nos
et
que vous avez réglée
quand, armés de cette
vous-mème;
pièce, nous venons réclamer
d'administratiou, jusqu'aux plans de
Vous avez exigé que tout vous
vous avez
fat remis,
toutgardé, de sorte qu'il ne nous serait même
plus possible aujourd'hni, si cela était
prouver que nous étions jadis
nécessaire, de
minguc. Vous nous
propriétaires à Saint-Doavez donné en
titres, une liquidation
remplacement de nos
et
que vous avez réglée
quand, armés de cette
vous-mème;
pièce, nous venons réclamer --- Page 88 ---
solennellement convenue et promise. 2 vous
l'indemnité
devons rien, c'est Haiti qui
nous dites : nous ne vous
demander que
vous doit; et si nous insistons alors pour
à remplir ses engagemens, on nous
Haiti soit contrainte
la France fasse la
prête l'absurde idée de vouloir que
à notre profit, et qu'elle aille à Saint-Domingue,
guerre
nous refaire des esclaves et nous
à travers l'Océan, pour
hommes et des
réintégrer dans nos propriétés des
choses.
dites-vous, mais
Vous ne nous avez pas expropriés,
en
sorte vous-mêmes
vous vous êtes expropriés
quelque ôté le droit de nous proavec nous: 5 car vous vous êtes
de nos biens. bx
téger, si nous réclamions la restitution
votre
Pouvez-vous nier que nous avons perdu, par
le
ordonnance de 1825, qui a été acceptée par Haiti,
manière
de nos androit de disposer d'une
quelconque,
ciennes propriétés ?
nous
Pouvez-vous nier qu'avant votre ordonnance,
avions cette faculté?
adressiez au GouPouvez-vous nier que si vous vous
d'Haiti, seulement à titre de bienveillance
vernement
la demande que nous pourrions
pour nous, pour appuyer
de nos propriéfaire de nous laisser la libre disposition
obtenir de ce Gouvernement une indemuité,
tés, ou
l'ordonnance de
il n'eut le droit de vous opposer l'abandon de nos
non-seulement a fait
1825, 2 qui
dessaisi du droit d'appuyer nos
biens, mais qui vous a
réclamations.
dire que
Comment, après tant de faits, pourriez-vous
le traité fait avec
nous n'avons pas été expropriés par
faut
donc alors ce qu'il
Haiti en 1825? Indiquez-nous
deexpropriation soit complète ; car nous,
pour qu'une
il n'eut le droit de vous opposer l'abandon de nos
non-seulement a fait
1825, 2 qui
dessaisi du droit d'appuyer nos
biens, mais qui vous a
réclamations.
dire que
Comment, après tant de faits, pourriez-vous
le traité fait avec
nous n'avons pas été expropriés par
faut
donc alors ce qu'il
Haiti en 1825? Indiquez-nous
deexpropriation soit complète ; car nous,
pour qu'une --- Page 89 ---
puis votre
ordonnance, nous ne
mer de prétentions d'aucun
pouvons plus forvous vous êtes ôté le droit genre sur nos biens; et vous,
de nous protéger.
inhérent à votre puissance,
Je sais bien que quelques
les mots, ils nous disent
personnes argumentent sur
n'a
que dans le traité, la France
pas prononcé Tabandon; mais la
ment des biens 7 et l'obligation
stipulation du paietractante de
imposéc à la partic conpayer ce prix, ne sont-ils pas un
prononcé d'une manière assez
abandon
Votre refus, allons
explieite.
faut avoir
au fait, tient à un autre
la franchise d'en
motif, il
convenir; il tient
peur que vous font Ces mots et cette
à la
lions; et il vous semble
somme de 120 milde la
plus facile de renier la dette
payer.
que
Cependant, si vous voulez examiner
sans prévention cette
franchement et
affaire, et l'état des
vous voulez la régler comme elle
choses ; si
serait facile, tout en
pourrait l'être, 5 il
remplissant envers les
gation que vous imposent
Colons l'obliThonneur, la justice et les
d'arranger cette affaire de manière
lois,
par le fait, rien à la
qu'il n'en coûtât
lité
France, et qu'elle n'eût en
aucun sacrifice à faire. C'est
réapropose de vous démontrer
encore ce que je me
un peu plus tard.
Enfin, M.
les
Dupin, 2 pour appuyer par des
théories qu'ila mises en avant
raisonnemens
France ne doit rien
pour prouver que la
Chambre,
aux Colons, fait remarquer à la
que ce n'est pas dans son intérêt
le gouvernement français a
propre, que
stipulé, mais comme
çant une haute tutelle dans l'intérêt des
exeril leur devait, dit-il
citoyens français;
protection, en stipulant.
Ainsi s'il était démontré que le
Gouvernement a bién
appuyer par des
théories qu'ila mises en avant
raisonnemens
France ne doit rien
pour prouver que la
Chambre,
aux Colons, fait remarquer à la
que ce n'est pas dans son intérêt
le gouvernement français a
propre, que
stipulé, mais comme
çant une haute tutelle dans l'intérêt des
exeril leur devait, dit-il
citoyens français;
protection, en stipulant.
Ainsi s'il était démontré que le
Gouvernement a bién --- Page 90 ---
dans son intérêt propre. 2 que dans celui des
plus stipulé
devrait donc payer l'indemnité
Colons, le Gouvernement
est facile à faire.
Or, cette preuve
ou la garantir.
ont eu lieu depuis 1816,
Toutes les négociations qui
seulement
le
d'Haiti, non
ont prouvé que gouvernement
traiter avec la
voudrait, mais ne pourrait pas
ne
sil'abandon des biens n'était pas prononcé.
France,
serait même résigné à tous les danCe gouvernement se
entraîner une lutte
gers et aux malheurs que pourrait
faite. Un traité
nouvelle, si cette concession n'eût pasété
aurait laissé aux anciens propriétaires , comme dans
qui
ordinaires, le droit de réclamer leurs proles traités
la
comme
priétés, aurait été considéré par
population,
de trahison de la part du Gouvernement, La
un acte
alors nettement tranchée, et le Présiquestion devenait
qu'il ne
dent Pétion, comme le Président Boyer, 2 pour
doute à cet égard, offraient dans les
soit laissé aucun
indemnité dans
différentes négociations, 2 de stipuler une
Le Président Pétion, en 1815, s'en ouvrit
le traité.
moi de la manièrela plus francheau Port-au-Prince,
avec
le Roi Louis XVIII. Il n'y
quand j'y fus envoyé par
condition, et
avait donc pas de traité possible sans cette
vous avez dû y consentir.
Quant à la stipulation de 150 millions convenus pour
des biens abandonnés à la
l'indemnité, en échange
été faite autant dans
République, cette stipulation a
dans celui des Colons. Car le
l'intérêt de la France que
sacrifiant à la politique de TEtat, les proGouvernement de 15 mille familles, savait bien que les expropriétés réclameraient de lui l'indemnité que leur assurent
priés
ainsi des sommes
la Charte ct les lois: et il se couvrait
qu'il devait rembourser. --- Page 91 ---
Quand plus tard il a déclaré et fait déclarer
loi, que les 150 millions
par une
Haiti, seraient
qu'il se ferait donner
affectés
par
intégralement, et sans
réduction, aux Colons
aucune
expropriés, et
par cinquième en cinq ans; les Colons leurseraient payés
évaluation et cet
ont accepté cette
renoncé à
arrangement; mais ils n'ont assurément
aucun de leurs droits à charge de
lesa expropriés, ni à user de
l'Etat qui
lois, si le paiement
ceux que leur donnent les
s'effectuait
promis par Haiti à la
pas. La France,
France, ne
faisait avec Haiti, recevait
par l'arrangement qu'elle
de l'autre; elle
d'une main ce qu'elle donnait
payait pour ainsi dire sans
lier, et sans grever les
bourse décontribuables; elle
encore dans son intérêt. traitait donc
Dans le traité qui avait été fait
la même position était
avec Haiti en 1829,
600 mille fr.,
gardée. Des annuités de 3
2 et un million 200 mille
millions
ment étaient remises à la
fr.
faisait avec Haiti, recevait
par l'arrangement qu'elle
de l'autre; elle
d'une main ce qu'elle donnait
payait pour ainsi dire sans
lier, et sans grever les
bourse décontribuables; elle
encore dans son intérêt. traitait donc
Dans le traité qui avait été fait
la même position était
avec Haiti en 1829,
600 mille fr.,
gardée. Des annuités de 3
2 et un million 200 mille
millions
ment étaient remises à la
fr. d'amortisseda remettre
France, qui de son côté
aux Colons une rente
aurait
térêts se trouvaient
égale; et tous les inlui-même
garantis. C'étaient ce que M. Laffitte
proposait en 1828. Les lois
des propriétés étaient
sur Pinviolabilité
par le
respectées, et les
fait, ne se trouvaient
contribuables,
tout temps, quand la
pas grevés; car Haiti, en
religieusement
France exigera qu'elle tienne
ses
indemnité ainsi réduite. engagemens 2 pourrait payer cette
Les orateurs 2 qui je crois ignoraient
des choses et les faits
le véritable état
l'état n'était
que jai rapportés, ont trouvé
nullement engagé envers les Colous. que
gouvernement, a dit M. n'a
Le
son intérét
Dupin,
pas stipulé dans
propre, mais comme
telle. Il a agi en vertu de
exerçant une haute tucette tutelle gouvernementale,
--- Page 92 ---
et dans
tous les Français partout
qui l'oblige à protéger
tous les pays. donc cette haute tutelle ponvernenen- le
Mais quelle est
leurs biens les citoyens que
qui dépouille de
donc ce tuteur
tale,
doit protéger. Quel est
prix de la
paverenent les biens de scs pupiles comme
qui donne
conclure, qui pousse la solleitudejusgea la
paix qu'il veut
droits des expropriés, qui exige
liquider lui-même les
leur remet en échange un
de tous leurs titres, qui
vient dire à ses
remise
liquidation 3 et qui après, aJ'ai abandonné
chilfon appelé réclament une indemnité :
affaires perpupiles qui
biens, pour arranger mes n'avez le
> il est vrai vos
vous dois rien ; vous
mais je ne
adresser à moi pour
) sonnelles,
ni de vous
de vous plaindre,
à votre égard
> droitnid
que
> vous
tutelle, par suite de la protection ni les
anmn
de haute
la Charte,
A un acte
Ninvoquez ni
tous les citoyens. des pro-
)
jedoisà
en France linviolabilité d'en
> lois qui garantissent interdisent au pouvernenent cause
) priétés 9 et qui l'intérêt de TÉtat, soit pour
soit dans
ct prélable
) disposer,
sans payer une juste Charte doivent
) d'utilité pablique, ces lois et cette
Toutes
> indemnité. haute tutelle pmvemenentle. > se taire devant une
doctine peuvent prévaloir
droit nouveau et cette
lois, que Dieu
Si ce
et nos autres
notre acte fondamental
tutelle gouvernesur
de la haute
alors les pemples
préserve
repreésentauif.
État, soit pour
soit dans
ct prélable
) disposer,
sans payer une juste Charte doivent
) d'utilité pablique, ces lois et cette
Toutes
> indemnité. haute tutelle pmvemenentle. > se taire devant une
doctine peuvent prévaloir
droit nouveau et cette
lois, que Dieu
Si ce
et nos autres
notre acte fondamental
tutelle gouvernesur
de la haute
alors les pemples
préserve
repreésentauif. est obligé
mentale du gavernenent
auxquels
les argumens
érudits et les
Tels sont cependant des hommes les plus
d'avoir recours un
quand il s'agit de repousser,
plus spiritucls de France, du fisc, une demande apdans l'intérêt mal entendu
je le disais toutàl Pheurc,
sur les lois. II est 1 comme
puyée --- Page 93 ---
obligé d'inventer des théories et de créer
vcau, Mais tout porteà croire
un droit nouqu'imparfaitement
que cette affaire ne luiétait
lumières
connue, et plein de confiance.
et dans sa justice, je n'hésiterais
dans ses
mon compte, malgré la dureté de
pas encore, pour
malheureux Colons,
ses paroles contre ces
qu'ilconsidère
à le rendre
de
comme des
juge
nos intéréts et de nos
vampires,
appellerais à lui-même de sa sentence.
droits, etj'e en
Les Colons ne doivent cependant
cet échec. La justice n'est
pas se désespérer de
trouveront des
pas bannie de notre
ils
juges impassibles
patrie;
seront mus ni par des
comme la loi, qui ne
cousidérations
culières, ni par le désir de
politiques ou particomplaire à
gouvernement finira lui-même
l'antorité; et le
soumission des peuples tient par comprendre que la
vernemens ont cux-mêmes
au respect que les goulois.
pour la justice et pour les
M. Laflitte, qui avait parlé dans le
de cette discussion, , mais
commencement
valoir les droits
qui ne s'était attaché
des contractans de
qu'à faire
teurs de ses
lemprunt et des porobligations, a pris la
et il a fait, dans cette
parole après M.I
seconde
Dupin;
précieux à recueillir par les Colons improvisation, un aveu
vernement.
et même par le gouIl a reconnu que l'emprunt était
gère à l'Etat, que jamais il
une opération étrande sa
n'avait existé de
part auprès du
réclamation
était
gouvernement,
garant de l'emprunt.
prétendant gu'il
Je ne discuterai pas ici cette assertion.
partie de ce qui s'est
à
J'ai dit une
tion de
passé cet égard lors de la
1828,quand M. Laffitte était
négociapour Haiti : mais je ne puis laisser
chargé de négocier
tomber cette déclara-
, que jamais il
une opération étrande sa
n'avait existé de
part auprès du
réclamation
était
gouvernement,
garant de l'emprunt.
prétendant gu'il
Je ne discuterai pas ici cette assertion.
partie de ce qui s'est
à
J'ai dit une
tion de
passé cet égard lors de la
1828,quand M. Laffitte était
négociapour Haiti : mais je ne puis laisser
chargé de négocier
tomber cette déclara- --- Page 94 ---
établit suffisamment que le gonvernement n'est
tion, qui
pas garant de l'emprunt.
sous son ministère,
Je demanderai alors comment,
commencée et suivie en 1830, et
dans la négociation
entièrement
terminée le 2 avril 1831, on a pu sacrifier
les Colons à l'emprunt.
Comment on a pu donner à l'emprunt un privilége
les
et le droit de toucher, par préférence,
sur Colons, leur étaient affectées par deux lois.
des sommes qui
à la France, dans
Comment on a pu faire reconnaitre
d'avance à la ratification du Roi 2
un traité qu'on soumet
c'est à elle que Haiti doit T'emprunt!
que
la France à deComment, enfin, a-t-on pu exposer
de
obligée envers les contractans
venir bien réellement
car si c'est
l'emprunt et les porteurs de ses obligations; la France en
France
Haiti doit, et si elle paie
à la
que
doit
rien aux porteurs. de ses
annuités, Haiti ne
plus devoir deux fois la même
obligations, car elle ne peut
somme.
est en opposition avec la
Ce traité, comme on le voit,
l'emprunt
déclaration de M. Laflitte, qui reconnait que France.
particulière étrangère à la
est une spéculation
à M. lc ministre des
Elle devrait suffire pour prouver
avril 1831 est
combien le traité du 2
affaires étrangères
la France, puisqu'il a
impolitique et dangereux pour
affaire qui n'élait
résultat de l'engager dans une
pour
de l'Etat, et de l'exposer à devenir respas une affaire
excédant 38 millions.
ponsable d'une somme
la Chambre impaAprès avoir entendu M. Laflitte,
même laisser
la discussion sans vouloir
tiente a fermé
entendre, à ce qu'il
parler un orateur qui voulait se faite
dans l'intérêt des Colons 5 ct la Chambre a refusé
parait,
résultat de l'engager dans une
pour
de l'Etat, et de l'exposer à devenir respas une affaire
excédant 38 millions.
ponsable d'une somme
la Chambre impaAprès avoir entendu M. Laflitte,
même laisser
la discussion sans vouloir
tiente a fermé
entendre, à ce qu'il
parler un orateur qui voulait se faite
dans l'intérêt des Colons 5 ct la Chambre a refusé
parait, --- Page 95 ---
même le très-innocent renvoi
a passé à l'ordre du
au conseil des ministres, et
jour.
SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1835.
Dans la séance du II février
fourni les renseignemens
dernier, M. Laflitte a
qu'il avait
ment fait en 1830 par le Trésor, annoncés sur le paiebanquiers qui a vaient avancé 2 sous son ministère, aux
le paiement des intérêts de cette somme à Haiti, pour
La Chambre a admis cette l'emprunt.
a été motivée sur la
dépense ; son approbation
d'abord, et ensuite garantie donnée par M. de Villèle
par M. de Chabrol.
un bill d'indemnité a été donné
En conséquence,
régularité commise
à M. Laflitte pour l'irdans le mode de
demeure pas moins bizarre
paiement. Il n'en
appelée à
que ce soit la France
payer les intérêts de
qui soit
Colons n'auraient
à
l'emprunt d'Haiti. Les
ils
pas relever cette
peuvent être étonnés
bizarrerie; mais
pour Haiti
qu'on se montre plus bienveillant
que pour eux, et de voir la
clare que. la France doit
Chambre qui déque, passer à l'ordre du payer une dette de la Républinombre de familles
jour surla demande d'un grand
d'ane indemnité françaises qui réclament le paiement
Le bill
garantie par les lois.
d'indemnité dont je félicite M.
suis loin de vouloir
Laffitte, car je
lattaquer
dant quelque chose d'effrayant personnellement, a cepenpour les Colons et de fort
, et de voir la
clare que. la France doit
Chambre qui déque, passer à l'ordre du payer une dette de la Républinombre de familles
jour surla demande d'un grand
d'ane indemnité françaises qui réclament le paiement
Le bill
garantie par les lois.
d'indemnité dont je félicite M.
suis loin de vouloir
Laffitte, car je
lattaquer
dant quelque chose d'effrayant personnellement, a cepenpour les Colons et de fort --- Page 96 ---
la France 5 car un des titres sur lesquels
inquiétant pour
facile, est non seulement
on s'est fondé pour se montrer
mais le traité du
la garantie donnée par M. de Villèle,
1831. Ce traité a été cité par M. Laffitte et par
2 avril
quelques orateurs.
sur
obtenir ce bill d'indemnité,
On s'est appuyé, pour
Cet intérêt financier
l'intérêt commercial et financier.
aussi
uniquement les préteurs, car la France >
regarde
et sont
avaient un intérêt contraire,
bien quel les Colons 2
bill d'indemnité
fort compromis par le traité et par ce
la Chambre. Le paiement de 5 millions apaccordé par
fournira un titre que les mêmes
prouvé par la Chambre
soutecréanciers pourront invoquer avec avantage pour
nir une autre prétention.
francs, dont on a
La sommc de 4 millions go4,000
dondemandé le remboursement à cause de la garantic
n'est
la somme scule qui soit
née par un ministre,
pas
n'est pas la seule
considérée comme due par la France ; ce
laquelle on a substitué la France au créansomme pour
comme on l'a
cier primitif d'Haîti; il y en a encore,
classée de
vu, une autre de 33 millions 376,000 francs,
dans le traité et dans le même article, et pour
même
subtitue la France comme créancière d'Haiti
laquelle on
Et certes 2 le titre que les
au lieu et place des préteurs.
soutecontractans de l'emprunt pourront invoquer pour
était une affaire de l'Etat est bien plus
nir quel'emprunt
suflisante, car cette
fort que la garantie, qui a paru
privée
résultait
d'une correspondance
garantic ne
que
sans faire pad'un ministre qui agissait en son nom,
Le traité du 2 avril, au
raitre. en rien le Gouvernement.
c'est à la France
contraire, dans lequel on reconnait que
été fait par
doit l'emprunt qui avait
que la République
ait une affaire de l'Etat est bien plus
nir quel'emprunt
suflisante, car cette
fort que la garantie, qui a paru
privée
résultait
d'une correspondance
garantic ne
que
sans faire pad'un ministre qui agissait en son nom,
Le traité du 2 avril, au
raitre. en rien le Gouvernement.
c'est à la France
contraire, dans lequel on reconnait que
été fait par
doit l'emprunt qui avait
que la République --- Page 97 ---
M. Laflitte et compagnie, est un acte auquel tout le
vernement a pris part. Il est signé par un
goutiaire et ratifé et signé par le Roi, et
plénipotenministre
contresigné d'un
: et, quoique ce traité n'ait pas été
le Président d'Haiti, il n'en résultera
accepté par
fit des contractans de
pas moins, au prode France
l'emprunt, que le gouvernement
et le Roi lui-même ont reconnu un fait, c'est
que c'était à la France et non aux contractans de l'emprunt que cet emprunt était dà; et, par
ceux ci, n'étant que les fondés de
conséquent,
pouvoir ou les
noms, la France, à défaut d'Haiti, doit les
prêterembourser
et, comme je l'ai fait remarquer, le titre est bien
;
ment explicite que la garantie de M. de Villèle, autreChambre a regardée
que la
Trésor.
comme suffisantc pour obliger le
N'aurait-il pas été convenable, du moment qu'on
puyait non-seulement sur la garantie, mais
s'apdu 2 avril 1831,
sur le traité
le
pour faire approuver le paiement fait
par Trésor, de produire ce traité à la
elle
aurait vu du moins jusqu'oi la France allait Chambre;
engagée.
se trouver
Sij'insiste sur le danger que peut avoir la décision
la Chambre pour la France, c'est ce
de
fort bien, je
que je me rappelle
pourrais même citer la Lettre ou' le Mémoire
produit sous le ministère de M. La
Ferronnais, dans lequel on soutenait entr'autres que les 24 millions
au Trésor par les banquiers n'étaient
versés
le
qu'un dépôt dont
gouvernement était responsable, et qu'il n'avait
le droit d'en disposer
pas
des
pour payer les colons sans l'aveu
préteurs. Cette prétention avait été écartée. Maisque les contractans de l'emprunt la fassent revivre
jourd'hui, et qu'ils soutiennent
c'était
auque
sous la garan-
dans lequel on soutenait entr'autres que les 24 millions
au Trésor par les banquiers n'étaient
versés
le
qu'un dépôt dont
gouvernement était responsable, et qu'il n'avait
le droit d'en disposer
pas
des
pour payer les colons sans l'aveu
préteurs. Cette prétention avait été écartée. Maisque les contractans de l'emprunt la fassent revivre
jourd'hui, et qu'ils soutiennent
c'était
auque
sous la garan- --- Page 98 ---
prétaient, que c'était encoutie du gouvernement qu'ils
M. de Villèle qu'ils ont fait cet avance, qu'ils
ragés par
le gouvernement, dans un
en donnent pour preuve que
du Roi Louisacte diplomatique revêtu de la ratification
effet c'était à la France que
Philippe, a reconnu qu'en
l'emprunt était dû, je ne vois pas ce que le gouvernequand surtout la Chambre a
nement pourra répondre,
millions com -
admis le remboursement des cinq premiers
pris dans ce traité.
du reste n'est
J'ai déjà cité l'article de ce traité, qui
une chose secrète, il est bon de le citer encore.
plus
L'article Ier est ainsi conçu: :
I° de
( La dette de Haiti enversla France se compose:
millions
mille francs encore dus pour Pin-
)) 120
mille francs, pourles
)) demnité, 2" de 4 millions 848
faites
le Trésor de France pourle service
> avances
par
de
3° des obligations non remboursées
)) de T'emprunt;
millions 60o mille francs, et
) l'emprunt montant à 27
sont ou seront dus sur cette somme 2
) des intérêts qui
31 décembre
>) depuis le 31 décembre 1828, jusqu'au
montant à 5 millions 796 mille francs, ce qui
) 1831,
33 millions
> fait, en capitalisant toutes ces sommes,
)) 796 mille francs. ))
les avanAinsi dans ce traité il est bien reconnu, que
dus
France,
.
ces faites par le Trésor etl'emprunt, sont àla
l'indemnité. Quc c'est par conséquent à elle, ou
comme
Femprunta été fait, et les contractans de
pour elle, que
l'avance à Haiti, comme ils
T'emprunt qui en ont fait
avaient faitlavance des 5 millions 2 auront autant de droit
réclamer les 33 millions 376 mille francs, qu'ils
pour
faire rembourser des 5 millions.
en ont eu pour se
voit, n'est pas si
Toute cette affaire, comme on le
'indemnité. Quc c'est par conséquent à elle, ou
comme
Femprunta été fait, et les contractans de
pour elle, que
l'avance à Haiti, comme ils
T'emprunt qui en ont fait
avaient faitlavance des 5 millions 2 auront autant de droit
réclamer les 33 millions 376 mille francs, qu'ils
pour
faire rembourser des 5 millions.
en ont eu pour se
voit, n'est pas si
Toute cette affaire, comme on le --- Page 99 ---
simple que la légéreté des débats a sembié le faire
croire, et certes elle n'a été ni examinée ni discutée
comme elle aurait pu Têtre, si toutes les pièces relatives
non-seulement à la garantie donnée par M. de Villèle,
mais encore celles relatives aux deux dernières
tions avec Haiti, avaient
négociaétécommuniquées à la Commission età la Chambre.
Cest cependant, non-seulement au détriment de la
France, mais au détriment des Colons,
ces
que se font tous
arrangemens et toutes ces largesses, car on donne
par le même traité au Trésor et à
l'emprunt, un
lége sur eux. Ils ont donc bien le droit de
privil'attention du public et des Chambres
provoquer
que très peu dej
sur cette affaire,
personnes connaissent encore.
En effet, comment et par qui se discute toute cette
affaire d'Haiti, toutes les fois qu'elle se présente à la
Chambre. C'est toujours par le fondé de pouvoirs de la
République, par M. Laffitte; il faut cependant
disions ici la vérité, dans l'intérêt de
que nous
familles
tant de milliers de
qui sont victimes de cette manière de discuter.
M. Laflitte qui instruit ordinairement la
ses
Chambre et
Commissions, a trois qualités qui lui donnent
de se méler de cette affaire.
le droit
La première, c'est celle de défenseur et de
:
fondé de
pouvoirs; 7 la seconde, c'est celle de banquier de la
blique; la troisième, qui lui
de
Répubune et de parler à la France permet
monter à la tride député,
et. mémeà Haiti; c'esto celle
qui le rend aussijuge dans une cause dont
est partie.
il
Ne serait-il pas convenable, à cause de ces deux
mières qualités, qu'il s'abstint
prejuge, il s'abstint
comme juge, ou qu'étant
comine avocat ou solliciteur?
c'est celle de banquier de la
blique; la troisième, qui lui
de
Répubune et de parler à la France permet
monter à la tride député,
et. mémeà Haiti; c'esto celle
qui le rend aussijuge dans une cause dont
est partie.
il
Ne serait-il pas convenable, à cause de ces deux
mières qualités, qu'il s'abstint
prejuge, il s'abstint
comme juge, ou qu'étant
comine avocat ou solliciteur? --- Page 100 ---
sont abandonnés, ils ne conLes Colons au contraire
ils se
naissent
leurs droits et les lois sur lesquelles
que Laffitte
devant la Chambre, des
fondent Si M.
allègue
rendre plus ou moins inexacts,
faits que sa mémoire peut
réles Colons n'ont personne pour le redresser, pourlui
comme les députés. feuilleterles
pondre; ils ne peuvent,
dossiersdes Ministères, ou demander des communications
en
sorte 1 jugés sans
de picces; et ils se trouvent, quelque
avoir été nientendus ni défendus.
décembre
est arrivé dans la séance du 29
C'est ce qui
février de cette année,
dernier, ct dans celle du II
les
les faits, a tout confondu; ;
M. Laffitte qui a exposé
Il a même gardé
faits,les dates, les époques, les traités.
d'avril
sur le traité du mois
un silence bien singulier
ministère, celui
1829, auquel a été substitué, sous son
pour
du 2 avril 1831. Iln'en a pardiqeindirectemet,
traité avait été refusé par le Gouvernement
dire que ce
contraire il avait été accepté, signé
d'Haiti, taudisqu'au
et ratifié par son
tous les membres du Gouvernement
par
Président.
a-t-il dit, n'a pas été une simple opé-
( La garantie,
d'un traité politique,
> ration de Trésorerie, il s'agit
) commercial et financier.
à créer
) M. de Villèle consentait en conséquence
francs de rentes à 3p o/o,et à solder avec
> 3,600,000
)) l'indemnité et l'emprunt.
adopta, par
M.
successeur de M. de Villèle,
)
Roy,
voulaitau contraire
) malheur, un autre système, M. Roy l'indemnité seule
francs d'annuités pour
) 3,600,000
l'emprunt ctl'avance,
avecp privilége, mettant al'écart
etc qui ne pouvait pas étre acceplé.
) arrangementinjaste
est la justice même,
> Haiti répondit, et son opinion
emnité et l'emprunt.
adopta, par
M.
successeur de M. de Villèle,
)
Roy,
voulaitau contraire
) malheur, un autre système, M. Roy l'indemnité seule
francs d'annuités pour
) 3,600,000
l'emprunt ctl'avance,
avecp privilége, mettant al'écart
etc qui ne pouvait pas étre acceplé.
) arrangementinjaste
est la justice même,
> Haiti répondit, et son opinion --- Page 101 ---
> nous entendons et nous avons toujours entendu quece
> qui est relatifà l'emprunt soit payé par préférence et
sur ce
est relatif à l'indemnité, et cela
)) privilége
qui
d'éternelle justice, c'est qu'il faut tou-
) par une raison
à unedetted'honneury et de confiance,
> joursrépondre
> plutôt qu'à un engagement politique.
) Et Farrangementfut retardé. )
JI est bien fàchéux assurément pour les Colons et pour
les créanciers de l'emprunt, que le projet dont parle
M. Laffitte n'ait pas été réalisé : mais M. Roy, en refucet
de M. de Villèle, s'il lui
sant d'accepter
arrangement
a été proposé, et dont on ne justifiait d'ailleurs qu'en rapcomme gardien fidèle
portant une conversation, agissait
des intérêts du Trésor. Il ne voulut jamais,. je me le rappelle fort bien, admettre comme cela s'est fait en 1831;
que cétait la France quiétait créancièred d'Hattipourlemprunt; il ne voulait pas rendre la France responsable envers les porteurs des obligations d'Haiti, en changeant
toutes les conditions de leur contrat. Il n'a jamais voulu
considérer cette affaire de l'emprunt, que comme une
étrangère à l'État.Je suis même
spéculation particulière,
convaincu que s'il avait été Ministre en 1831, il se serait
rappelét étout ce qui s'est passé à ce sujet en 1828 et 1829,
et jamais il n'aurait consenti à ce traité.
Quant au rejet fait par Haiti, de la proposition de se
libérer en annuités de 3,600,000 francs pour l'indemnité seule 2 c'est une erreur grave que M. Laffitte a fait
partager à la Chambre. Cc traité au contraire, comme je
l'ai dit, a été signé et ratifié par Haiti, au mois d'avril
1829, et c'est ce traité sur lequel on garde, en général,
un silence si mystérieux. Ainsi, première erreuir de
M. Laffitte.
jet fait par Haiti, de la proposition de se
libérer en annuités de 3,600,000 francs pour l'indemnité seule 2 c'est une erreur grave que M. Laffitte a fait
partager à la Chambre. Cc traité au contraire, comme je
l'ai dit, a été signé et ratifié par Haiti, au mois d'avril
1829, et c'est ce traité sur lequel on garde, en général,
un silence si mystérieux. Ainsi, première erreuir de
M. Laffitte. --- Page 102 ---
sur les dates et sur les faits,
Ils'est trompé également
dit avoir été fait
quand il cite à T'appui du refus qu'il millions 600 mille
Haiti de payer en annuités de 3
oû il est
par
du Gouvernement haitien,
francs, cette réponse
avons toujours entendu
Nous entendons et nous
dit: (
relatif à Temprunt soit payé par-pré-
> que ce qui est
de principe se trouve dans
etc. > Cet exposé
de
) férence,
écrite en 1828, à Toccasion
une lettre du Président
M. Laffitte d'entamer. Le
la négociation qu'il chargeait rien de semblableà l'occasion
Président ne pouvait écrire
d'un traité qu'il acceptait en 1829.
à la Chambre de la politique
Quand M. Laffitte parle
des
qu'il a
d'Haiti, et
dispositions
du Gouvernement
révolution de juillet, les faits
montrées à l'occasion de la
qu'il cite sont tous aussi erronés.
de juillet, dit-il, le Gouverne-
(( Arriva la révolution
révolution heureuse pour
liaitien quijugea cette
Mi-
) ment
ull Commissaire, et le
> lui, s'empressa d'envoyer ouvrit des négociations avec
> nistère du 3 novembre
)) lui. >
surpris que cette autre
J'avoue que rien ne m'a plus
bien simple
de M. Laflitte sur un fait cependant
erreur
et assez étranger à la question.
de négocier
d'Haiti, loin d'avoir la mission
L'envoyé
de demander quelques
traité, était chargé
un nouveau
du traité de 1829, et d'obexplications sur un des articles
des derirées qui
faveurs à l'introduction
le
tenir quelques
J'ai cité ce que
devaient être envoyées en paiement.
du 12 juin
Président dit à ce sujet dans sa proclamation
1831.
de la révolution dc juillet,
Loin d'être ven à cause
négocier
d'Haiti, loin d'avoir la mission
L'envoyé
de demander quelques
traité, était chargé
un nouveau
du traité de 1829, et d'obexplications sur un des articles
des derirées qui
faveurs à l'introduction
le
tenir quelques
J'ai cité ce que
devaient être envoyées en paiement.
du 12 juin
Président dit à ce sujet dans sa proclamation
1831.
de la révolution dc juillet,
Loin d'être ven à cause --- Page 103 ---
93 -
cet envoyé élait parti d'Haiti au mois de mars ou d'avril
1830, et était à Paris dès le mois de juin.
Loin d'avoir été chargé de négocier le nouveau
quia été conclu avec lui le 2 avril 1831, le
traité
dans cette même proclamation dui
Président
mé
12 juin 1831, l'a blàpubliquement, l'a exilé et
qu'il était sans pouvoir
désavoué, en déclarant
pour traiteravec le nouveau Gouvernement. Voici même ce qu'il dit de son
> avait ordrede ne séjourner
agent : ( Il
qu'un mois à
> vait même
Paris, il n'apas étéadmis à discuter la
) était chargé de faire lors de la révolution proposition qu'il
) le trône des Bourbons. Si
qui changea
par cet événement, il
) nécessairement d'autres
fallait
pouvoirs à ce
)) pour être en droit de continuer sa
Commissaire,
) ici néanmoins les
mission, on conçut
plus grandes espérances sur les
) tages du système libéral
avanque devait
> adopter à notre égard la France
nécessairement
))
régénéréc. En effet,
pouvait-on avoir une autre pensée en
) la tête du gouvernement de
voyant appeler à
ce
les
) remarquables
royaume,
hommes
qui, tant de fois à la
> par leurs écrits, proclamaient des tribune, comme
)) d'Haiti, et considérant
principes en faveur
sous un point de vue
) les relations entre Haiti et la France,
plus élevé
>> hautement les exigences
condamnaient
exorbitantes du
)) ment déchu.
gouverne-
) Contre cette attente, l'agent haîtien
))
prit sur lui
d'outrepasser sa mission, , rapportant
un an
)> sence, deux traités qu'il n'était après
d'ab-
)) scrire. ))
pas autorisé à souConçoit-on, quand on lit cette déclaration du
dent d'Haiti, que M. Laflitte ait pu dire à la Chambre Prési-:
que ce Gouvernement, en apprenant la révolution de
exorbitantes du
)) ment déchu.
gouverne-
) Contre cette attente, l'agent haîtien
))
prit sur lui
d'outrepasser sa mission, , rapportant
un an
)> sence, deux traités qu'il n'était après
d'ab-
)) scrire. ))
pas autorisé à souConçoit-on, quand on lit cette déclaration du
dent d'Haiti, que M. Laflitte ait pu dire à la Chambre Prési-:
que ce Gouvernement, en apprenant la révolution de --- Page 104 ---
d'envoyer un Commissaire pour ouvrir
juillet, s'empressa
Il est
avec le nouveau gouvernement.
une négociation
de commettre plus d'erreurs
difficile, comme on le voit,
des faits qui a été fait à la Chambre sur nos
dans l'exposé
d'Haiti. Je m'en tiendrai à
relations avec la République
relever des erreurs encore plus
ces citations, , je pourrais
graves, > je m'en abstiendrai.
c'est princiII est bon à présent de faireobserver, que
à lindepuis que l'emprunt est venu s'accoller
palement
l'affaire d'Haiti est devenue plus embardemnité , que
France. Et c'est aussi depuis que
rassante pour la
de
Laflitte est devenu le défenseur et le fondé
pouM.
auprès de la France, que la
voirs de cette République
a reFrance a fait concessions sur concessions , qu'elle
conclu de nouveaux traités
nouvellé les négociations,
éludés au moment de l'exécution.
que Haîti a toujours
les Colons ont étéde
C'est aussi depuis cette époque, que
maltraités, et que l'opinion des Chambres,
plus en plus
le moindre examen de Jeur affaire, leur
sans entrer dans
M. Laflitte a
devenue
défavorabie. Cependant
est
plus
lui, ne portait d'intétoujours,dit que personne plusquel rencontré nulle
et les Colons n'ont
part
dêt aux Colons,
Les faits vont démontrer
redoutable adversaire.
un plus
encorc ce que j'avance.
M. Laflitte est. - leur
Le système d'Haiti, depuis que
est fort simple; il est bon cependant
fondé de pouvois,
de le faire connaitre.
Avant lui, Haiti écrivait sans cesse au Gouvernement,
le vérifier aux affaires étrangères 2 qu'elle remon peut
ne voulait pas même
plirait tous ses engagemens ; qu'clle
mais
demandait que
de réduction sur sa dette,
qu'ellene
Je rede remboursement.
des délais et d'autres époques
Le système d'Haiti, depuis que
est fort simple; il est bon cependant
fondé de pouvois,
de le faire connaitre.
Avant lui, Haiti écrivait sans cesse au Gouvernement,
le vérifier aux affaires étrangères 2 qu'elle remon peut
ne voulait pas même
plirait tous ses engagemens ; qu'clle
mais
demandait que
de réduction sur sa dette,
qu'ellene
Je rede remboursement.
des délais et d'autres époques --- Page 105 ---
connais bien positivement que Haiti était de mauvaise
foi, et qu'elle n'avait nulle envic de tenir ses
Mais depuis, le système d'Haîti est
promesses.
plus franc et
changé, il a été
plus habile, et la négociation a été
vers deux buts.
dirigée
Le premier a été de décharger le plus possible la République des obligations contractées par elle
l'indemnité.
pour
Le second a été de faciliter, par ce premier
paiement de l'emprunt.
moyen, le
Fidèle à ce système, M. Laffitte dit aux Colons,
Chambres, au gouvernement et par la tribune à aux la
France : ( Haiti ne peut payer cependant
> qu'elle a, et elle n'a rien.
qu'avec ce
> Nous nous sommes tous trompés, la France
) trompée en demandant à Haîti plus
s'est
) tenir.
qu'elle ne pouvait
) Et ma compagnie s'est trompée aussi en
) 8 p- o/oà un gouvernement qui n'a
prétant à
)
rien, et qui depuis quatre ans ne paie pas même les intérêts de
) emprunt.
son
)) Ainsi que faire?
) Il faut acceptér encore ce que Haiti vous
) vous donnera 45 millions
offre, elle
payables en 45 ans, sansin-
) térêts, à raison d'un million
par an au lieu de
) millions 600 mille francs qu'on lui
trois
)
demandait en
1828, ou des 4 millions promis par le traité
>> mes auspices en 1831. Quant à
fait sous
>
l'emprunt, elle le
paiera intégralement, parce que, ainsi
) serve avec beaucoup de
qu'elle l'obdiscernement et de
) c'est une dette d'honneur et l'autre est
justice,
) litique.
une dette po-
térêts, à raison d'un million
par an au lieu de
) millions 600 mille francs qu'on lui
trois
)
demandait en
1828, ou des 4 millions promis par le traité
>> mes auspices en 1831. Quant à
fait sous
>
l'emprunt, elle le
paiera intégralement, parce que, ainsi
) serve avec beaucoup de
qu'elle l'obdiscernement et de
) c'est une dette d'honneur et l'autre est
justice,
) litique.
une dette po- --- Page 106 ---
fait un si piteux récit de la misère
Enfin M. Laflitte
s'attendrisd'Haiti, que les députés ct lc gouvernement
sont disposés à ne rien demander du tout.
sent, et qu'ils
sera bien propagée et
Cependant, quand cette opinion
démonstrase sera laissé aller aux
que le gouvernement
de se faire ententions de M. Laflitte, qui a l'avantage
bien
alors Haiti sera libérée, M. Laffitte aura
dre seul,
à laquelle les intérêts d'un
mérité de cette République,
et comme ce
nombre de familles seront sacrifiés;
grand
d'autre charge que celle de
gouvernement n'aura plus
toutaura étéarl'emprunt, il le paiern peut-être, et alors
rangé pour le mieux.
quand
Cependant, si les créanciers d'Haiti s'effrayent
M. Laffitte parler de la misère d'Haiti, qui
ils entendent
de payer même un milne lui permettra pcut-être pas
ils doivent se rasquarante-cinq ans;
lion paran, pendant
de la sécurité où doivent
surer,quand M. Laffitte parle
des
être le Trésor et la France, pour le remboursement
avances qu'il a faitesà Haiti.
Cette
S'agit-il de la garantic pour les sommes prêtées?
sorte, qu'une simple formalité,
garantie n'est en quelque
suflisans
solder ces
Haîti aura fait des envois
pour
car
oû la garnntie pourra
avances, avant même que T'époque
s'exercer soit arrivé.
anticipation
S'agit-il de faire payer par le Trésor, para
décem1830, une dette qu'il ne devrait payer qu'en
en
le Trésor? Il va intervenir au
bre 1834? Que risque
immédiat de
traité qui obligera Haiti au remboursement d'Haiti en
millions, et les fonds pourront arriver
cing
le paiement des bons du Trésor.
même temps que
Péchéance des bons, les
Cependant deux ans après
devait assurer le
fonds ne sont pas arrivés, lc traité qui --- Page 107 ---
remboursement inmédiat des 5 millions au
rejeté par Haiti avec un insolent
Trésor, est
rien à la
dédain, et on n'en dit
Chambre; et si encore on examine ce traité, on
voit que le remboursement qu'on annonce,
vant être immédiat,
3 comme ded'après ce traité, ne devait se faire
cependant que dans l'espace de deux ans et
un intérêt de 3 pour 0/o. demi, avec
Quant au blâme que pourrait attirer le paiement fait
par anticipation, il n'ya pas même de prétexte dans
le danger qu'a pu courir le Trésor, il n'en a
courru
aucun; toujours le débiteur a ofert et
remboursement de
offre encore le
Tavance, ce la signature du traité, et
aujourd'hiui encore il veut et peut payer.
cependant que dans l'espace de deux ans et
un intérêt de 3 pour 0/o. demi, avec
Quant au blâme que pourrait attirer le paiement fait
par anticipation, il n'ya pas même de prétexte dans
le danger qu'a pu courir le Trésor, il n'en a
courru
aucun; toujours le débiteur a ofert et
remboursement de
offre encore le
Tavance, ce la signature du traité, et
aujourd'hiui encore il veut et peut payer. Ainsi, quand M. Laflitte discute sur le paiement de
l'indemnité, et lorsque la France exige les sommes
en donnant à Haiti toute facilité
les
dues,
de la barbarie, de la cruauté, pour
payer, il y a
à exiger de cette
blique ce qu'elle a promis dans divers traités
Répupeut-on eziger ces sommes de 8 È
mille ; comment
habitans salis
capitauz, sans industrie, occupant un pays ruiné
la
dévastation et par la guerre? par
S'agit-il de faire payer la France
cette
que; le Trésor ne court aucun
pour
Républidanger, la
peut et veut payer, les galions sont en route, République ils
ront même avant les époques du
arriveremboursement. Voila trois ans que cCs galions voyagent et qu'on
mène la France avec eux, et cependant ils
propas. Ces contradictions ont
n'arrivent
pourtant, il faut
quelque chose de
elles
étrejuste,
cicrs d'Haiti
rassurant;
prouveront aux créanque leur affaire n'est pas
nous rassurer
désespérée. Pour
tout-à-fait, examinons à présent
sont les ressources d'Haiti,
quelles
--- Page 108 ---
g8
DES RESSOURCES D'HAITI
SOIT ENVERS LA FRANCE,
POUR REMPLIR SES ENGAGEMENS, DE SES OBLIGATIONS DE
SOIT ENVERS LES PORTEURS
DE CE GOUVERNEMENT. Poantst.-oumoer
de M. de la Ferronnais, en 1828,
Sous le ministère
Haiti, depuis surtout que
il avait été bien convenu que
était dans limlui était fermée,
la voie des emprunts
millions encore dus pour
posibilité de payer les 120 millions par an. l'indemnité, à raison de 30
conséquence à
d'alors consentit'en
et il ne
Le gouvernement
les délais convenables,
donner à la République de régler les paiemens ct les
pouvait mieux faire que
M. Laffitte, au nom de
sur les offres faites par
sommes,
et du budce gouvernement. fit avec l'envoyé d'Haiti,
L'examen qu'on
qu'il annonçait, comme
et des mesures
get de son pays,
dit aussi, devoir être prises
l'avaient
libération de
ses prédécesscurs
accélérer la
par leur gouvernement, pour
donner au gouverneaurait suffi pour
de
en
la République,
la proposition payer
ment du Roi la conviction que mille francs l'indemnité et
annuités de 6 millions 500
des forces de ce pays.
oyé d'Haiti,
L'examen qu'on
qu'il annonçait, comme
et des mesures
get de son pays,
dit aussi, devoir être prises
l'avaient
libération de
ses prédécesscurs
accélérer la
par leur gouvernement, pour
donner au gouverneaurait suffi pour
de
en
la République,
la proposition payer
ment du Roi la conviction que mille francs l'indemnité et
annuités de 6 millions 500
des forces de ce pays. Temprunt, n'était pas au-dessus c'est que la proposition
Mais ce qui dut l'en convainere, devait inspirer toute conétait faite par un homme qui
sa loyauté, qu'il
l'on devait croire d'après
dans
fiance; car consenti à engager son gouvernement de la
n'aurait pas
les intérêts
affaire qui aurait pu compromettre
une --- Page 109 ---
France, si Haiti avait été hors d'état de
gement qu'on allait contracter
remplir l'engales propositions.
avec elle. On reçut donc
Maisl le gouvernement du
véniens qu'il y aurait à intervenir, Roiayant reconnu les inconconque, dans l'opération de
d'une manière quelter que pour ce qui concernait l'emprunt, ne voulut traiconvint avec Haiti
l'indemnité, et l'on
500 mille francs qu'on ne prendrait sur les 6 millions
le
offerts, que 4 millions 800
pour paiement des intérêts à3
mille francs
120 millions et
pour o/o du capital de
Tamontisement; et M. Mollien
Port-au-Prince, au mois d'avril
fit au
base.
1829, 2 le traité sur cette
Pour garantir l'exécution du
la
nouvel
République venait de contracter, engagement que
avec notre consul
ilavait été
que ce
convenu
tous les ans un nombre gouvernement lui remettrait
douanes, dont la plus élevée suflisant de rescriptions sur ses
de les mettre en
serait de 200 gourdes, afin
ciales des autres rapport avec les opérations
nations avec la
commertions devaient être
République. Ces
reçues comme
rescripd'Haiti, en paiement des' droits argent par le Trésor
cians français, soit
dus, soit par les
les aurait
par les autres
le négoremises aux uns et
étrangers; Consul
donné des traites à
auxautres, qui lui auraient
vingt jours de vue sur
dEarope. Le commerce de
leurs maisons
ainsi, par cet
toutes les nations recevait
traité de
arrangement, un grand
1829 était au moment de
avantage; et le
port, un commencement
recevoir, sous ce rapL'on voit déjà
d'exécution.
Haiti
qu'avec ses ressources
ne s'était pas laissée arriérer
ordinaires, si
elle avait le moyen de
dans ses paiemens,
remplir ses engagemens. Je-le dé-
t jours de vue sur
dEarope. Le commerce de
leurs maisons
ainsi, par cet
toutes les nations recevait
traité de
arrangement, un grand
1829 était au moment de
avantage; et le
port, un commencement
recevoir, sous ce rapL'on voit déjà
d'exécution.
Haiti
qu'avec ses ressources
ne s'était pas laissée arriérer
ordinaires, si
elle avait le moyen de
dans ses paiemens,
remplir ses engagemens. Je-le dé- --- Page 110 ---
évidente encore, quandje
d'une manière plus
montrerai
extraondinaires.
devoir
parlerai de ses ressources livrer à cet examen , je crois
Mais avant de me
au Trésor.
un mot de son épargue
la France, et
dire
Haiti ina plus rien payéà rien payé à
Depuis 1826,
1828, elle n'a plus
depuis le mois dc juin
car en 1828,
l'emprunt.
doit donc être considérable,
la France
Son épargne
de la République pressait mille francs ;
quand le banquier
de 6 millions 500
se *
des annuités certitude que ces annuités
d'accepter
la
Haiti
il avait néceunirement comme depuis cette époque, ses
Or,
et que
raient payées. la France ni à T'emprunt,
doit
à
elle
n'a rien payé
ne sont pas augmentées,
intérieures
dépenses
considérables.
et
avoir amassé des sommes
la mort de Christophe,
est notoire aussi, qu'à
amasséàla Ferrière,
Il
lavait
du Trésorquil
en avait retiré
malgeilepilage du Port-an-Prince
le gouvernenent
Haiti eût pris 7
i5 millions.
que sur cette somme, 300 mille fr.
En admettant avoir eu lieu, les 5 millions
du
comme cela doit
les 30 millions
France pour compléter
de l'économe et
envoyés en
et qu'à la mort
épargne
premicr cinquième, Pétion, iln'y eût aucune moins
président
avoir, en. 1828,u
de
préroyant Trésor, il devait y
du Trésor
dans le
mille francs provenant
les 9 millions 700
Christophe.
notoire, que le gouver- de
il est également
une réserve
Aa surplus d'Haiti et ses agens, 7 avouent dans la politique de
nement
et comme il entre
et sans res1O millions 3
de se dire toujours pauvre dans cette circe pouvemenent certain
pas
est
quiln'esagire
sources, il
8,u
de
préroyant Trésor, il devait y
du Trésor
dans le
mille francs provenant
les 9 millions 700
Christophe.
notoire, que le gouver- de
il est également
une réserve
Aa surplus d'Haiti et ses agens, 7 avouent dans la politique de
nement
et comme il entre
et sans res1O millions 3
de se dire toujours pauvre dans cette circe pouvemenent certain
pas
est
quiln'esagire
sources, il --- Page 111 ---
IOI
constance, et que s'il avoue qu'il a une réserve de
lions, il a bien certainement
IO milil pourrait, s'ilavait,
cette réserve au moins , et
comme le dit M.
grand désir de sé libérer,
Laflitte, un si
cette somme au paiement commencer de
par employer
prunt.
l'arriéré de son emDES AUTRES RESSOURGES DE LA RÉPUBLIQUE.
A ces ressources ordinaires
tirer de ses douanes
actuelles, > qui peuvent se
dre le produit des principalement, on pourrait yjoindans son administration économics qu'il pourrait introduire
tion de son arméc;
intérienre, surtout par la réduc.
besoins réels;
pour la mettre en rapport avec
; et ses économies
ses
de quoi payer à la France
fourniraient à elles seules,
le traité de
les annuités convenues dans
1829.
Je pourrais m'en tenir à ces
cependant, que dans les diverses indications, j'ajouterai
eu lieu, les Haîtiens n'ont
négociations qui ont
ner, comme moyen
jamais manqué de nous donéconomies
d'ajouter aux ressources actuelles les
que pourrait faire leur
comptait introduire dans diverses gouvernement et qu'il
public; et c'était surtout
branches. du service
comptait
sur la réduction de l'armée equ'il
du Trésor. principalement pour augmenter les ressources
Ainsi, quand
ne fais, en quelque
j'indique ces économics, je
sorte, que répéter ce qu'à toutes
négociations qui ont
ner, comme moyen
jamais manqué de nous donéconomies
d'ajouter aux ressources actuelles les
que pourrait faire leur
comptait introduire dans diverses gouvernement et qu'il
public; et c'était surtout
branches. du service
comptait
sur la réduction de l'armée equ'il
du Trésor. principalement pour augmenter les ressources
Ainsi, quand
ne fais, en quelque
j'indique ces économics, je
sorte, que répéter ce qu'à toutes --- Page 112 ---
102 -
les envoyés haîtiens indiquaient euxles époques,
mêmcs.
bien d'autres ressources, qui
Mais ce petit Etat a
sont en
n'entrent pas en ligne de compte, et qui
adet
si elles étaient bien
dehors de son budget, qui,
dettes dc
ministrées, suffiraient aussi pour payer ses
et mettre ce pays dans la situation la plus
toute nature
prospère.
était citée jadis avec raison, commc
Saint-Domingue des Antilles. Les terres laissées en fril'ile la plus fertile
vierges en quelche depuis trente ans, sont aujourd'hui
à l'industrie agricole les récoltes
que sorte, et offriraient
les plus abondantes en tout genre.
le GouverneAu lieu de tirer parti de cette richesse,
l'industrie, il repousse tout ce qui pourment paralyse
il maintient tout en friche,
rait faire fleurir T'agriculture,
des villes, comme
il laisse tomber en ruines les maisons
de
5 et s'il se fait par un Européen,
les édifices publics
industrielle
concert avec un Haitien, quelqu'entreprise fraude des lois.
ce ne peut être qu'en
ou agricole,
devient un trésor inutile au pays
Ce riche territoire
d'un Gouveinement
comme au commerce. 7 dans les mains
à
misère du
pour se soustraire
qui calcule sur la
peuple
ses engagemens.
à la tête des affaires voulaient
Si les hommes placés
au lieu de
attirer dans ce riche pays les capitaux. 1
ils
maintenir le système sauvage qu'ils ont adopté ,
modifier, comme je l'ai dit, et
commenceraient par
avait la
cette lécomme le président Pétion en
pensée,
exclusive qui fait du peuple d'Haiti, une caste
gislation de tous Ies peuples civilisés du globe.
séparée
voulait aliéncr chaque année >
Si ce gouvernenent
laient
Si les hommes placés
au lieu de
attirer dans ce riche pays les capitaux. 1
ils
maintenir le système sauvage qu'ils ont adopté ,
modifier, comme je l'ai dit, et
commenceraient par
avait la
cette lécomme le président Pétion en
pensée,
exclusive qui fait du peuple d'Haiti, une caste
gislation de tous Ies peuples civilisés du globe.
séparée
voulait aliéncr chaque année >
Si ce gouvernenent --- Page 113 ---
une partie de propriétés nationales qu'il a affectées
d'ailleurs comme garantie à son emprunt, s'il élait
permis aux Anglais, aux Français, aux Allemands ét
aux hommes de toutes les nations, , comme cela a lieu
dans tous les pays civilisés, d'aller porter à Haiti leur
industrie et des capitaux ; ce sol jadis si fertile, cesserait
bientôt d'être en friche, et produirait des récoltes abondantes, qui fourniraient des moyens
d'échange au commerce de toutes les nations.
Le prix des ventes annuelles faites avec une
sure pour ne rien perdre des
sage meavantages qu'offre cette
ressource, suflirait pour faire face aux charges de l'emprunt, comme à celles de l'indemnité,
de culture et de commerce
L'augmentation
qui en serait la suite, fonderait chaque année des revenus solides et
au profit du Trésor. La population qui vit dans progressifs la fainéantise et la misère, prendrait le goût du travaii,
quand un salaire assuré, ou le produit de
acquises, viendraient l'indemniser de
propriétés.
ses travaux.
ses peines et de
Peut-on contester que Haiti ait la possibilité de vendre
auxindigènes et aux spéculateurs étrangers surtout,
dant plusieurs années 4 à 5 millions de ses domaines pentionaux, tant dans la partie espagnole
dans
nafrançaise?
que
la partic
Quels avantages cette République retirerait
cependant d'une si sage mesure ! Les terres
drait sont pour la
qu'elle venplupart en friche, et ne
pas même d'impôts. Et dans un moment où produisent
les capitaux restent souvent
en Europe,
sans emploi, 2 quand des villages se dépeuplent dans nos
du Rhin
en
départemens
et
Allemagne, pour aller acheter des terres en Amérique et fonder avec leurs familles des
établissemens
Quels avantages cette République retirerait
cependant d'une si sage mesure ! Les terres
drait sont pour la
qu'elle venplupart en friche, et ne
pas même d'impôts. Et dans un moment où produisent
les capitaux restent souvent
en Europe,
sans emploi, 2 quand des villages se dépeuplent dans nos
du Rhin
en
départemens
et
Allemagne, pour aller acheter des terres en Amérique et fonder avec leurs familles des
établissemens --- Page 114 ---
104 -
dans l'intérieur des terres, 2 le débouché que pourrait
leur offrir Haiti, dans la partie espagnole surtout, où
pourrait manquer d'attirer
le climat est plus tempéré,ne
dès qu'ils
les hommes industriels et avides d'entreprises,
assurés de la protection du Gouvernement et des
seraient
lois.
d'Allemands surtout,
Ces petites colonies d'étrangers, 9
de prospérer. Nous en avons eu
ne pourraient manquer
familles allemandes étaient
un exemple jadis. Quelques
du môle
venues s'établir dans la partie du nord, près
Saint-Nicolas. Chaque année leur établissement prenait
d'extension ; mais ils ont été engloutis, conime tant
plus
la révolution. Si ce débouché était ouvert
d'autres, 2 par
faire, non des établisà ces émigrans, ils iraient pour y
comme ceux qui existaient jadis à Saint-Dominsemens
de
cultures comme ils'en
gue, mais pour monter
petites
se fetrouve dans les colonies espagnoles. Ces entreprises
succès dans la partie de Santo-Dominraientavec un grand
La culture du tabac,
surtout, et dans la partie de l'est.
go
léducation des bestiaux et des
de l'indigo, du coton 9
considérable pour
chevaux, qui sont un objet de commerce
offriraientà tous ces spéculateurs de grands
la côte ferme,
toutes
Les belles plaines de la partie française,
produits.
dans les Mornes, seraient promples anciennes Cafeyries
des rétement aussi remises en valeur, et produiraient
coltes qui ne se feraient point attendre.
Colons pourraient employer dix, vingt
Les nouveaux
feraient des
établissement. Ces ouvriers
ouvriers par
à présent. Ils seengagemens comme cela se pratique
soit à la journée à prix convenu ? ou
raient payés
serait de faire
d'après des règlemens, ou mieux encore
le
d'un an à quinzc mois, suivant
des engagemens
eyries
des rétement aussi remises en valeur, et produiraient
coltes qui ne se feraient point attendre.
Colons pourraient employer dix, vingt
Les nouveaux
feraient des
établissement. Ces ouvriers
ouvriers par
à présent. Ils seengagemens comme cela se pratique
soit à la journée à prix convenu ? ou
raient payés
serait de faire
d'après des règlemens, ou mieux encore
le
d'un an à quinzc mois, suivant
des engagemens --- Page 115 ---
1o5
temps nécessaire pour produire les
salaire journalier, ils
récoltes; et outre le
pourraient intéresser
au succès de
ces ouvriers
sorte
l'entreprise 2 et les associer en
en leur donnant une petite
quelque
La réduction de l'armée
part dans les produits.
inconvénient
n'aurait plus alors aucun
pour l'ordre public; mais le
ne devrait pas licencier les hommes
gouvernement
sans assurer leur avenir
qui ont servi lÉtat,
et leur
leur
existence. Il
concéder, à titre gratuit, des terres
pourrait
tiers qu'ils choisiraient,
dans les quarmais avec
mettre en culture dans
l'obligation de les
accorder
un temps donné. Il
aussi la franchise
pourrait leur
nombred'années;
d'impôts pendant un grand
et. lc
; tout ce qui peut faire naître
goût du travail,
Thabitude
faible tribut qu'il
profiterait plus à l'Etat que le
Le
pourrait prélever sur les terres.
-
Gouvernement pourrait favoriser d'unc
particulière les associations
manière
faire
que les Haîtiens
avec des Européens qui
pourraient
taux, et qui suppléeraient
apporteraient leurs capipérience à
par leur activité et leur
ce qui pourrait
exnouveaux cultivateurs.
manquer sous ce rapport aux
La réduction de l'armée
ne deyrait se faire
tiellement, et les congés se donner de
que parqui contracteraient des
préférence à ceux
associations
la
engagemens ou formeraient des
pour
culture. Un
seraient ainsi rendus à
grand nombre de bras
l'industrie
force des
agricole qui fait la
Etats; car elle rend les
bustes au lieu de les
générations plus roénerver, et elle conduit
jusqu'à la fin de sa carrière
l'homme
sa
qu'il termine au milieu
famille, au lieu d'aller la finir dans
de
comme font la plupart des ouvriers
les hôpitaux
En
de nos fabriques.
adoptant ces mesures, legoût du travailsintrodui-
'industrie
force des
agricole qui fait la
Etats; car elle rend les
bustes au lieu de les
générations plus roénerver, et elle conduit
jusqu'à la fin de sa carrière
l'homme
sa
qu'il termine au milieu
famille, au lieu d'aller la finir dans
de
comme font la plupart des ouvriers
les hôpitaux
En
de nos fabriques.
adoptant ces mesures, legoût du travailsintrodui- --- Page 116 ---
parmi cette population qui en apprérait promptement
la
de ceux
cierait les avantages en comparant position leur vie
s'y! livrent à celle des hommes qui passent
qui
Le vagabondage sévèrement puni par
dans la paresse.
de
et la civilisation gagneles lois n'aurait plus prétexte,
feles associations et les liens qu'elle
rait beaucoup par
retirerait lui-même de
rait contracter. Le Trésor enfin
donnés à lindusgrands avantages de ces encouragemens
trie, les terres voisines des exploitations acquéreraient
valeur, les droits de mutation et tout ce que
une grande
dans tous les pays, fournile fisc sait si bien percevoir
Haiti
raient à l'Etat de nouvelles ressources 5 enfin,
payedoit sans mettre de nouveaux impôts sur le
rait ce qu'elle
de Ia France
commerce et sur le peuple; et l'exigence
de faire le
lui faire remplir ses engagemens, loin
pour
deviendrait la source de
malheur de cette République,
sa prospérité.
sur la misère du pays pour
Les hommes qui spéculent
leur domination à Haiti, opposent aux mesures
conserver
la crainte de voir la liberté compromise
que j'indique, 2
faire les blancs, et
si, parles acquisitions que pourraient devenaient assez nomprincipalement les Français, ils
breux pour se rendre maitres du pays.
Cette crainte n'est pas réelle; elle n'est qu'un prétéxte
la population noire dans l'état de sujétion,
pour maintenir!
défiance qui la force à s'abandonner
et entretenir cette
d'inshommes de couleur, auxquels ils croyent plus
aux
La
que cette crainte
truction et d'expérience.
preuve
lui-même
n'est
réelle, c'est que le Gouvernement a
pas
cette mesure, car sur les coupons
annoncé qu'il prendrait
sur
de son emprunt il est rappelé qu'il est hypothéqué
les domaines nationaux.
jétion,
pour maintenir!
défiance qui la force à s'abandonner
et entretenir cette
d'inshommes de couleur, auxquels ils croyent plus
aux
La
que cette crainte
truction et d'expérience.
preuve
lui-même
n'est
réelle, c'est que le Gouvernement a
pas
cette mesure, car sur les coupons
annoncé qu'il prendrait
sur
de son emprunt il est rappelé qu'il est hypothéqué
les domaines nationaux. --- Page 117 ---
Mais la faculté laissée aux blancs
et de créer des établissemens
d'acquérir des terres
industriels ou agricoles,
pourrait se régler par des mesures d'administration
blique, de manière à prévenir de leur
puaussi insensée.
part une tentative
Les blancs ne seraient d'ailleurs
nombre,
jamais en assez, grand
comparativement aux indigènes,
devenir
un sujet d'inquiétude, la population
pour
terait
Hatiennes'augmenpromptement et toujours dans une progression
forte que les hommes de race blanche
plus
nombre de noirs libres
: car un grand
et d'hommes de ceuleur des
Etats-Unis viendraient s'établirà Haiti, s'ils
les avantages de la civilisation
yi trouvaient
et la protection
rent de bonnes lois,
qu'assuDéjà, beaucoup avaient formé le projet de quitter les
Etats-Unis pour adopter cette nouvelle
poussés
patrie; ; mais, repar l'aspect hideux qu'offre à présent le
des villes, rebutés par le mauvais accueil
séjour
des hommes
et la jalousie
en place, et surtout par les entraves
ont rencontrées de la part du
qu'ils
la protection
Gonvernement, au lieu de
sur laquelle ils comptaient, ils ont
l'état d'humiliation dans
préféré
lequel on les tient aux EtatsUnis, à l'état de désordre que tolère le
et la législation de la
Gouvernement
République d'Haiti.
Les autres étrangers de race blanche arriveraient
bablement dans une proportion
proque le
égale entre eux, de sorte
pays ne serait pas plus anglais que
allemand
français,
qu'américain, et chaque nation aurait autant
les Haitiens eux-mémes,
que
un grand intérét à
que l'une d'elle ne dominât sur l'autre. Cette empécher
hommes des différentes
jalousie des
nations serait une garantie de
plus qui devrait calmer l'humeur
inquiète ou feinte du
de race blanche arriveraient
bablement dans une proportion
proque le
égale entre eux, de sorte
pays ne serait pas plus anglais que
allemand
français,
qu'américain, et chaque nation aurait autant
les Haitiens eux-mémes,
que
un grand intérét à
que l'une d'elle ne dominât sur l'autre. Cette empécher
hommes des différentes
jalousie des
nations serait une garantie de
plus qui devrait calmer l'humeur
inquiète ou feinte du --- Page 118 ---
leur rivalité deviendrait, en
Gouvernement d'Haiti : car
et de la
de lindépendance
quelque sorte, la sauve-garde
liberté.
sont loin de la pensée du
Mais les idées généreuses d'Haiti. Si ce Gouvernement
Gouvernement déjà caduc national et l'amour de la
l'honneur
cût été animé par la volonté de remplir ses engagepatrie, s'il avait eu
ce prétexte pour
mens, il aurait saisi avec empressement
toutes les
de l'aveu même de la population,
tout
introduire,
vers lesquelles
réformes et toutes les améliorations
Louverture
doit tendre. Et Toussaint
la
bon Gouvernement
utiles. Mais
lui avait laissé à cet égard des traditions couleur contre les
des hommes de
jalousie mal déguisée obstacles le plus grand aux améblancs, est de tous les
autrement composé pouliorations qu'un Gouvernement chercher d'autres raisons,
vait introduire; et sans aller détruire tout l'avenir de
qui peut
c'est cette circonstance
ce pays.
les blancs par un
Si les hommes de couleur repoussent invincible chez eux, ils ne
sentiment de jalousie qui est
l'intérêt politique
des noirs qu'autant que
se rapprochent
de fraternité,
Mais du reste, point
coule leur commande.
d'alliance entre les deux
et jamais, ou bien rarement dans le Gouvernement ou
leurs. Si les noirs sont admis
ce n'est qu'en petite
dans les hauts emplois de l'armée,
la trenhommes de couleur ne forment pas
minorité. Les
et ils sont en majorité partième partie de la population,
tout dans les places.
telles
plusieurs
qu'avec de
dispositions;
L'on comprend
actuel d'Haiti doivent
des membres du Gouvernement
dans la classe du
craindre que l'aisance ne s'introduise élevée, car chacun acct dansla classe un peu plus
peuple
sont admis
ce n'est qu'en petite
dans les hauts emplois de l'armée,
la trenhommes de couleur ne forment pas
minorité. Les
et ils sont en majorité partième partie de la population,
tout dans les places.
telles
plusieurs
qu'avec de
dispositions;
L'on comprend
actuel d'Haiti doivent
des membres du Gouvernement
dans la classe du
craindre que l'aisance ne s'introduise élevée, car chacun acct dansla classe un peu plus
peuple --- Page 119 ---
quérerait alors de
l'indépendance : les hommes
minent et qui regardent les
qui dopatrimoine d'une
principaux emplois comme le
couleur, perdraient de leur
et cette aristocratie nouvelle
influence,
disparaitrait.
Malgré cettehaine de la race noire et de la
entre elles, les hommes de couleur ont réussi racejaune
population dans une continuelle
à tenir la
nir. De temps à autre,
incertitude sur son avemême où le
depuis quinze ans, aux époques
Gouvernement français
marches combien il était loin de
prouvait par ses détaque contre Haîti,
songerà la moindre at2 le Gouvernement de cette
faisait publier que des armemens se
République
ports de France
venir
préparaient dans les
dance
pour
ravir à Haiti son
et aux noirs leur liberté, Et afin de indépennouvelle de ces armemens
rendre la
quait
leurs
plus vraisemblable, on indipar
noms, les vaisseaux et les ofliciers
faisaient partie de cette escadre. C'est de
qui
qu'ont été entretenues chez les noirs la cette manière
haine contre les
défiance et la
Français. Les hommes de couleur
faisant oublier leur origine, conservaient
en
prématie et se faisaient considérer
ainsi leur sucessaires dans
comme les hommes ncces momens de dangers.
Avec un Gouvernement moins
égoiste et moins
vélique, on aurait vu croître depuis
machiamilieu de cet archipel des
vingt-cinq ans, au
sur des bases
Antilles, un étatr nouveau fondé
d'autant plus solides qu'il
eu de dépenses à faire
n'aurait jamais
tions auraient
pour sa défense : car toutes les naété intéressées à le mettre en
toutes les questions
dchors de
dans
politiques, 2 à en faire un
toutes les
point neutre
guerres, sous la protection de toutes les
puissances. C'est alors que Haiti aurait vu son
dance et sa liberté à l'abri de toute
indépenatteinte ; car en temps
étatr nouveau fondé
d'autant plus solides qu'il
eu de dépenses à faire
n'aurait jamais
tions auraient
pour sa défense : car toutes les naété intéressées à le mettre en
toutes les questions
dchors de
dans
politiques, 2 à en faire un
toutes les
point neutre
guerres, sous la protection de toutes les
puissances. C'est alors que Haiti aurait vu son
dance et sa liberté à l'abri de toute
indépenatteinte ; car en temps --- Page 120 ---
11O
de
comme en temps de paix, cette République
guerre
défenseurs et pour alliés tous les Gouveraurait eu pour
nemens et tous les peuples.
Voilà les idées qui dominaient les hommes qui, penauprès du Gouverdant dix ans, en France, 2 pressaient
du Roi, la déclaration et la reconnaissance de
nement
d'Haiti. J'ai partagé.jel'avoue, cette opilindépendance
dans diverses circonstances, de la
nion. J'ai été à même,
mais
et de la faire valoir dans les conseils;
développer
conviens, que cette indépenj'étais loin de penser, j'en
aurait
résultat d'attirer dans ce pays une plus
dance
pour
des
misère, et de plonger ce peuple, quia
qualités
grande
méconnaitre, et dont un Gouvernement
qu'on ne peut tiré
de le plonger, dis-je, dans
plus franc aurait
parti,
un nouvel asservissement.
pas davantage sur les moyens que
Je ne m'étendrai
si
employer pour remplir ses obligations,
Haiti pourrait
avait la
ai dit assez pour démontrer
elle en
volonté;j'en
nonles ressources ne lui manquent pas pour payer
que
doit à Ia Frauce, mais ce qu'elle
sealement ce qu'elle
doit à son emprunt. la France se laisse faire la loi; et
Faut-il donc que
nécessitéelle fasse encore des concessions
que sans aucune
nouvelles.
Haitia-t-elle faitpour
Quel sacrifice en dernière analyse
et
de laFrance à la souveraineté,
obtenir la renonciation
été concédés? Non-seuletous les avantages qui lui ont
de se
elle n'en a fait aucun, 2 mais ellea eu l'astuce
ment
sorte pour recevoir nos bienfaits.
faire payer en quelque
une convenElle a réussi d'abord à faire consacrer par
faire
la spoliation des Colons, et à
tion diplomatique,
oublier sa possession violente.
Quel sacrifice en dernière analyse
et
de laFrance à la souveraineté,
obtenir la renonciation
été concédés? Non-seuletous les avantages qui lui ont
de se
elle n'en a fait aucun, 2 mais ellea eu l'astuce
ment
sorte pour recevoir nos bienfaits.
faire payer en quelque
une convenElle a réussi d'abord à faire consacrer par
faire
la spoliation des Colons, et à
tion diplomatique,
oublier sa possession violente. --- Page 121 ---
- I1I
Elle a emprunté en France 24 millions, dont elle
paie pas même les intérêts aux
ne
prunt elle s'est libérée
préteurs; et par cet emd'autant envers la France.
Elle a fait payerà son acquit, par ses banquiers à Paris, 5 millions environ, pour le service de
elle ne rembourse
six
l'emprunt, et
depuis
ans ni ce capital ni les intérêts;e et, chose bien plus étrange, c'estleTrésor de
qui a remboursé cette somme aux
France
et la Chambre des députés
banquiers, en 1830;
vientd'approuver ce
De sorte qu'en définitive, au lieu de faire paiement.
Haiti est devenuepropridiaire:
un sacrifice,
Colons,
lui
incommutable des biens des
qui
ont étéa abandonnés parla
a reçu ou fait
France; et elle
payer pour elle, 28 millions 848
francs dont elle ne paie pas même les
mille
convenir
intérêts. Il faut
que tous ces engagemens et tous ces traités sont
pour la France de véritables mystifications.
C'est cependant pour un tel Gouvernement
avons entendu dernièrement d'habiles
que nous
leurs talens, et accuser
orateurs déployer
avec une acrimonie
les malheureux Colons
inconcevable
qui se trouvent victimes de tant
d'injustices et de tant de perfidie.
Haiti, toutle monde en convient, était dans
bilitéde payer, sans le secours des
l'impossiemprunts, 30 millions
par an. 3 pendant cing ans. La faute faite en
non pas d'exiger 150 millions
1825a été,
pour les biens des Colons
qu'on abandonnait à la République, mais de les
dans les termes qui ont été fixés.
exiger
J'avais été chargé, en 1824, de suivre cette
tion, je me suis toujours opposé à cette demande négociament en cing ans,
de paieparce qu'il me paraissait
que la]
impossible,
République, avec ses seules ressources,
face à cet
puisse faire
engagement : mais si comme je le croyais, et
5a été,
pour les biens des Colons
qu'on abandonnait à la République, mais de les
dans les termes qui ont été fixés.
exiger
J'avais été chargé, en 1824, de suivre cette
tion, je me suis toujours opposé à cette demande négociament en cing ans,
de paieparce qu'il me paraissait
que la]
impossible,
République, avec ses seules ressources,
face à cet
puisse faire
engagement : mais si comme je le croyais, et --- Page 122 ---
-
avait été à peu près convenu à une autre
comme cela
réduit cette indemnité en une rente
époque, on avait
cette mesure aurait
remboursable par un amortissement; d'Haiti, qui aurait été
été en rapport avec les ressources
5 et la France
probablement alors fidèleà ses engagemens
dans le
aux Colons la somme stipulée
en garantisant
de leurs biens, aurait payé sans
traité, pour l'abandon
par avance sur ce
bourse délier, car elle se remboursait
que payait Haiti.
il avait, en Europe, la manic
Mais à cette époque, y
déterminé peut-être par
des emprunts, et M. de Villèle,
vint offriraux
des motifs étrangers à la question actuelle, Haiti.
spéculateurs la chance d'un emprunt pour s'est fait de la made 30 millions
Le premier emprunt
la République, et la plus
nière la plus onéreuse pour
de cet emprunt qui
désastreuse, non pour les contractans
les malheureux
vendu tous leurs coupons, mais pour
ont
dans les maisons qui
rentiers qui sont venus apporter économies de toute leur
faisaient l'emprunt, le fruit des
sont victimes de leurconfiance.
vie, et qui
Haîti se trouva dans l'imBientôt après, dès 1826,
des 30 millions.
de payerle second cinquième
possibilité
a demandé un atermoiement,
Alors ce gouvernement
1828, qu'il ne detout en déclarant toujours, , jusqu'en dette, qu'il ne demanmandait aucune réduction sur sa
dait que du temps pour s'acquitter.
fut accueillie par
Cette demande, juste en elle-même,
fondé de
du roi; et c'est M. Lallitte,
le Gouvernement
qui ft en 1828
de la République,
pouvoir et banquier
et qui inau nom de ce Gouvernement,
les propositions le mode du nouvel arrangementi
diqua les baseset
était alors en retard de payer
Haiti, comme on l'a vu,
'il ne demanmandait aucune réduction sur sa
dait que du temps pour s'acquitter.
fut accueillie par
Cette demande, juste en elle-même,
fondé de
du roi; et c'est M. Lallitte,
le Gouvernement
qui ft en 1828
de la République,
pouvoir et banquier
et qui inau nom de ce Gouvernement,
les propositions le mode du nouvel arrangementi
diqua les baseset
était alors en retard de payer
Haiti, comme on l'a vu, --- Page 123 ---
son emprunt, comme l'indemnité. Les
l'emprunt avaient méme été dansla
contractans de
avances pourle paiement des
nécessitéde faire des
intérêts. Le
République était donc bien informé
banquier de la
teur, il a dà nécessairement
de la gêne du débiqu'il pourrait avoir
s'informer aussi des moyens
pour remplir Ic nouvel
car une somme de 35 millions dont la
engagement,
découvert par
Compagnie était à
l'emprunt, tant pour ellc
commettans, devait
que pour ses
l'on doit
provoquer sa sollicitude.
croire, 2 que quand M. Laflitte est
Ainsi
propositions à la
il
venu faire des
sans avoir
France, 2 ne les fit pas
reconnu la solvabilité du
légèrement, et
engagemens qu'il allait contracter
débiteur pour les
du Gouvernement
pour lui. La confiance
tière, aussi fut-il français dans sa parole devait être enadmistoutdesuitede
Il proposa au mois de janvier, entrerennégociation.
mettre Haitià se libérer de
comme on l'a vu, d'adde
l'indemnité, des
l'emprunt, au moyen
avances et
mille francs chacune, d'annuités, de 6 millions 500
France, et au
qui seraient remises au Trésor de
moyen de cet
rait remboursé
arrangement la France aul'emprunt comme l'indemnité.
Ainsi, M. Laffitte, à moins
a été dans cette affaire,
qu'il ne reconnaisse qu'il
assuré
l'homme le plus
que Haiti pouvait facilement
léger, s'étai
année, de 6 millions 500 mille
disposer, chaque
de ses dettes. Et M. Laflitte francs pour le paiemen
la République
devait bien être sir
pouvait payer la
que
a insisté depuis le mois de
somme offerte, puisqu'i
de septembre,
janvier 1828; jusqu'au mois
pour faire accepter
France, et il remit même un
T'arrangement par la
faciliter
plan de finances
l'exécution.
pour en
Mais le Gouvernement
d'alors, reconnaisantquil
pou8
poser, chaque
de ses dettes. Et M. Laflitte francs pour le paiemen
la République
devait bien être sir
pouvait payer la
que
a insisté depuis le mois de
somme offerte, puisqu'i
de septembre,
janvier 1828; jusqu'au mois
pour faire accepter
France, et il remit même un
T'arrangement par la
faciliter
plan de finances
l'exécution.
pour en
Mais le Gouvernement
d'alors, reconnaisantquil
pou8 --- Page 124 ---
114 -
la charles intérêts de la France, en
en
vait compromettre
lui était étrangère, ne prit
d'une affaire qui
mille francs sur les 6 milgeant
que 4 millions 800
traité fut accepté sur
conséquence francs offerts, et le
lions 500 mille
depuis la révolution de juillet,
base par Haiti ; mais
de ses forces,
cette
est au-dessus
trouve quecela
le Gouvernela République
avait engagé
en
et M. Lallitte, qui pourtant
de T'emprunt,
à traiter et à se charger
Haiti,
ment français millions 500 mille francs qu'offrait derecevant les 6
avait beaucoup trop
trouve aussi à présent, qu'on 800 mille francs 5 et il nous
4 millions
mandé en prenant
un million.
Haiti peut à peine payer
devient Prédit que
de juillet, M. Laflitte
sous sa
Après la révolution
des finances; et
sident du Conseil et Ministre
un Haitien qui s'y
à Paris, avec
2 s'entame
et qui était venu pour
présidence, depuis le mois de juin,
nouvelle négotrouvait chose, s'entame, dis-je, une avril 1831.
toute autre
terminée par le traité du 2
ciation qui s'est
on l'a vu 2 que se fondaient
C'est sur ce traité, comme le très prompt remboursement il
toutesles espérances pour le Trésor. Dans ce traité
millions payés par
an, sans
des cing
Haiti paierait 4 millions par
était stipulé que
l'avance, l'emprunt et l'indemnité.
intérêts, pour solder donnéau Trésor et à Pemprunt. revêtu
Uu privillage était
à Haiti, lui fut envoyé
Ce traité, si favorable revêtu même de la ratification
de toutes les formalités, et
avec reconnaissance,
de l'accepter
celui
l'avait
du roi. Le Présidentloind
désavoue
qui
ce traité avec insulte,
des forces
rejette dit que 4 millions sont aussiau-dessns en 45 ans, saus
négocié,
45 millions payables
d'Haiti, et propose
intéréts.
duquel ce traité a lété enLaflitte, sous les auspices
M.
, si favorable revêtu même de la ratification
de toutes les formalités, et
avec reconnaissance,
de l'accepter
celui
l'avait
du roi. Le Présidentloind
désavoue
qui
ce traité avec insulte,
des forces
rejette dit que 4 millions sont aussiau-dessns en 45 ans, saus
négocié,
45 millions payables
d'Haiti, et propose
intéréts.
duquel ce traité a lété enLaflitte, sous les auspices
M. --- Page 125 ---
tamé et conclu, ct tellement conclu
a dit dans la séance du
sous ses auspices qu'il
boursement
12 février, en justifiant le remfait par le Trésor : (( Nous avions
> tude qu'au moment oi viendrait
la certiTéchéance
) gemens du Trésor, le traité
des enga-
> Haiti recevraitson
que nous avions signé avec
ezécution, et la
) était le remboursement
première condition
immédiat de
) mille francs. > Et
4 millions 800
Haiti
cependant M. Laflittequi a favorisé
pour conclure ce nouvel engagement
somme annuelle, pour les trois
qui réduit la
intérêts, et
dettes, à 4 millions, sans
quiavait la
drait Téchéance des certitudequ'au moment où wienengagemens du
conclu avec Haiti recevrait
Trésor, le traité
d'huiet soutient
son exécution, trouve aujourcomme Haiti, que la somme
est encore trop forte pour les
de 4 millions
moyens de ce
Ainsi, l'on voit
Gouvernement.
que depuis 1828, le
par Haiti s'est parfaitement
système adopté
M. Laflitte qui
soutenu. C'est toujours
propose au gouvernement la base des arrangemens. C'est lui qui indique les
pourrait payer, et quand les
sommes que Haiti
elles nes sont que des points de concessions sont obtenues,
plus fortes, et les traités
départ pour en obtenir de
M. Laflitte, dans
conclus restent sans exécution.
dévoué à
toute cette affaire, agit en homme
Haîti, dont il est le créancier et le
Il fait très bien les affaires de
banquier.
le reconnaître, mais très
cette République, il faut
mal les affaires de la
des Colons; et l'état dans
France et
et
lequel on lui a
qu'il nous transmet, est
représentéHaiti,
une nouvelle
pour lui, comme pour nous,
mystification.
Il faut cependant voir les choses telles
la position d'Haiti est loin de
qu'elles sont,
un
ce qu'elle dévait être avec
gouvernement plus franc; mais c'est s'abuser étran-
le reconnaître, mais très
cette République, il faut
mal les affaires de la
des Colons; et l'état dans
France et
et
lequel on lui a
qu'il nous transmet, est
représentéHaiti,
une nouvelle
pour lui, comme pour nous,
mystification.
Il faut cependant voir les choses telles
la position d'Haiti est loin de
qu'elles sont,
un
ce qu'elle dévait être avec
gouvernement plus franc; mais c'est s'abuser étran- --- Page 126 ---
-
de la croire aussi désespérée qu'on la reprégement, que
besoin
la misère
fois, quand on a
d'invoquer
sente par
arracher de nouvelles réducde ce gouvernement, pour
réflexions
tions sur sa dette, et je vais ajouter quelques
j'ai déjà faites sur la tactique et la politique
à celles que
de ce Gouvernement.
toute la question, pour la
J'observerai d'abord, que
réduit à savoir si Haiti peut, ou non, payer
France, se
de 3 millions 600 mille francs 3
à la France, une rente
comme
million 200 mille francs d'amortissement,
et I
dans le traité du mois d'avril 1829.
cela avait été stipulé
indisemble
d'après les ressources que j'ai
Or, il me
que
d'Haiti et ses
quées, et d'après ce que le gouvernement
cette
fois eux-mémes,
délégués ont reconnu plusicurs
douteuse; Haiti a des ressources plus
question n'est pas
Et dans
suflisantes pour remplir ses engagemens.
que
février dernier, M. le Ministre des fila séance du 12
dese laisseraller aux illunances, qui n'a pas Phabitude les choses, a fait observer
sions et qui voit froidement
l'honoradit à la Chambre : ( Le reproche que
et a
de la Commission fait au Gouverne-
) ble rapporteur
et consentis
d'avoir exagéré les sacrificesimposés
) ment,
fondé.
) par Haiti, ne nous parait pas
d'une
de la négociation, Haiti percevait
) A l'époque
de droit d'importation. $ et d'une
> part, 5 à 6 millions
recueillir par le déla République devait
)) autre part
une éconod'une partie de sa population,
)) sarmement annuelle de 4 à 5 millions. >
>) mie
dit M. le Ministre des finances,
Si on ajoutait à ce qu'a
les Douanes ont produit plus
qu'à une certaine époque,
ordinaires de
de 10 millions, si on ajoutait aux revenus
de
le produit dcs ventes d'unc partie
cette République
d'une
> part, 5 à 6 millions
recueillir par le déla République devait
)) autre part
une éconod'une partie de sa population,
)) sarmement annuelle de 4 à 5 millions. >
>) mie
dit M. le Ministre des finances,
Si on ajoutait à ce qu'a
les Douanes ont produit plus
qu'à une certaine époque,
ordinaires de
de 10 millions, si on ajoutait aux revenus
de
le produit dcs ventes d'unc partie
cette République --- Page 127 ---
ses Domaines Nationaux qui auraient dû
qui avaient été commencées,
s'effectuer, et
et se moque de la France, on verrait que Haiti se joue
ressources,
quand elle oppose le défaut de
aux demandes qu'on lui fait de
engagemens.
remplir ses
Mais comment M. Laffitte
le champion d'Haitip
peut-il se montrer toujours
Ses commettans et tous
sa compagnie a vendu
ceux à qui
times de la
l'emprunt, ne sont-ils pas les vicperfidie et de la mauvaise foi de
nement : car en
ce GouverFrance fussent supposant que ses discussions avec la
un motif pour retarder le
demnité, ne devait-il
paiement de l'inpas au moins remplir envers
prunt, qu'il appelle une dette
l'emd'honneur, les
qu'il a contractées?
obligations
Haitipeut et weut payer cette
d'honneur, dit M. Laffitte, et
dette
mieux
cependant M. Laffitte
que personne que depuis
sait
rien du tout. Si c'est
cing ans, Haiti ne paic
impuissance de sa
paiera pas plus cette dette
part, elle ne
M. Laflitte,
après le traité que
qu'elle ne la payait
propose
cul de sa part,
auparavant. Sic'est calà réduire la
pour engager le Gouvernment
dette de l'indemnité, c'est
français
insigne, car l'emprunt était
une mauvaise foi
une question
France, et toute en dehors deses
étrangère à la
publique. Et le refus
contestations avec. la Ré
non-sculement
qu'elle a toujours fait de
les intérêts de
payer
avances faites par les
l'emprunt, mais même les
banquiers qu'elle croyait bien
créanciers 2 car elle ignorait la
ses
Gouvernement
garantie donnée par le
français, on lui en avait
un mystère, a dit M. Laflitte à la fait soigneusement
dis-je, ne doit-il
faire
Chambre; ce refus,
traité
pas
supposer que si le
proposé encore par M. Laflitte,
nouveau
clure, Haiti ne paierait
venaità se conpas plus son emiprunt
qu'aupa-
royait bien
créanciers 2 car elle ignorait la
ses
Gouvernement
garantie donnée par le
français, on lui en avait
un mystère, a dit M. Laflitte à la fait soigneusement
dis-je, ne doit-il
faire
Chambre; ce refus,
traité
pas
supposer que si le
proposé encore par M. Laflitte,
nouveau
clure, Haiti ne paierait
venaità se conpas plus son emiprunt
qu'aupa- --- Page 128 ---
d'Haiti n'est
du gouvernement
ravant. L'impuissance motif du retard où elle est depuis six
donc pas le véritable
ans de remplir ses engagemens.
à des homComment d'ailleurs pourrait-on persuader
l'administration et des affaires,
mes qui ont T'habitudede
dont le sol est si
que la belle ile de Saint-Domingue,
de 3 millions
productif, ne peut pas payer une rente
600 mille fr.: et un million 200 mille fr. d'amortissement.
seule, qui fait aujourd'hui partie
La partie espagnole
n'a
été déintégrante de cette République, et qui
pas
comme la partie française, pourvastée à beaucoup près
rait fournir à toutes ces charges.
veuaux hommes qui
Comment pourrait-on persuader
la question, 2 que Mile de St-Domingue,
lent approfondir
Cuba,
considérable des Antilles après
qui, par
la plus
servir d'endans le golfe du Mexique, peut
sa position
des deux mondes, qu'une ile qui
trepôt au commerce
vastes et les plus sûrs au
offre les ports, les rades les plus
a dans la partie espacommerce et aux escadres, qui
surtout des bois de construction les plus magnifignole
la marine, et les emplacemens
ques et les meilleurs pour
même pour la
les plus favorables pour des chantiers,
enfin le sol
construction des vaisseaux de guerre, dont
que quinze jours de travail peu-
*est tellement productif
une année; ;
vent assurer à un homme sa subsistance pour
de
qui offre tant de ressources et de moyens
qu'un pays
soit un pays sans avenir ct ne
fortune aux entreprises,
peut qu'à peine payer un million. l'affirme M. Laflitte,
Je dirai enfin que si, comme
n'ai fait connaiHaiti, malgré tous les avantages dont je
l'engagement contre qu'une partie, ne peut remplir faudrait
s'en OCtracté dans le traité de 1829, il nc
pas
année; ;
vent assurer à un homme sa subsistance pour
de
qui offre tant de ressources et de moyens
qu'un pays
soit un pays sans avenir ct ne
fortune aux entreprises,
peut qu'à peine payer un million. l'affirme M. Laflitte,
Je dirai enfin que si, comme
n'ai fait connaiHaiti, malgré tous les avantages dont je
l'engagement contre qu'une partie, ne peut remplir faudrait
s'en OCtracté dans le traité de 1829, il nc
pas --- Page 129 ---
TTg
cuper davantage, il vaudrait mieux mille fois l'abandonner et attendre sans rien faire. En vain
comme l'a fait aussi M. Laflitte,
viendrait-on,
parler de l'intérêt
tique et commercial, ils disparaissent
polimisère. De qucl intérêt serait
devant une telle
en effet cette ile pour notre
commerce, si ses ressources lui permettent à
de
payer un million ? Si, comme l'a dit
peine
elle ne produit
des
un autre Député,
que
denrées avariées? De
serait pour notre
quel intérêt
politique un pays dont l'incurie du
Gouvernement rendrait nuls tous les
plus belle position et le sol le plus fertile avantages que la
duire?
pourraient proComment, si cet état est dans un dénuement
le dépeint M.
tel que
Laflitte, CC Député a-t-il pu dire à la
Chambre, quand il lui a fait la demande
paiement fait par le Trésor dès
d'approuver le
)) donc, Messicurs,
cing millions : ( Ils'agit
non pas de
>
perdre, mais de rester
momentanément en avance d'une somme
) cinq millions, pour obtenir une alliance
d'environ
> vrir un débouché à notre
utile pour ou-
> le plus possible d'une
commerce, et pour sauver
somme de 120
)) Colons qui ont
millions pour les
déjà reçu 50 millions. >
Telles sont cependant les paroles qu'a fait
dans le sein de l'Assemblée des
entendre
un ancien Ministre de
représentans de la nation,
cette révolution
si haut cette belle France
qui devait placer
mandait à
qui, il y a peu d'années, coml'Europe, et qui naguères encore
une insulte, a fait avec tant de
pour venger
pédition des
gloire la plus belle extemps modernes. C'est à la France de
qu'on vient proposer de
nir l'alliance d'une
payer cinq millions pour obtcpeuplade qu'une frégate
trembler! Quel moment choisit-on
anglaise fait
pour tenir un pareil
cette belle France
qui devait placer
mandait à
qui, il y a peu d'années, coml'Europe, et qui naguères encore
une insulte, a fait avec tant de
pour venger
pédition des
gloire la plus belle extemps modernes. C'est à la France de
qu'on vient proposer de
nir l'alliance d'une
payer cinq millions pour obtcpeuplade qu'une frégate
trembler! Quel moment choisit-on
anglaise fait
pour tenir un pareil --- Page 130 --- langage? celui ou Haiti nous envoye audacieusement un
ultimatum en' échange d'un traité qu'elle refuse, et qui
était signé et ratifié par le Roi des Français. Et pour que
à T'humiliation, celui qui fait une si
rien ne manque
.
ce pays comme le
honteuse proposition nous représente
de Funivers. Le Gouverneplus ruiné et le plus pauvre
la
ment d'Haiti devra s'applaudir de son audace envers
France, quand il saura qu'en réponse aux insultes qu'il
deux ans, on propose à la première
lui prodigue depuis
alliance
du continent européen d'acheter son
puissance
consent même à la payer.
et que cette puissance
l'on
terJe vais indiquer à présent comment
pourrait
affaire, et comment, sans qu'il
miner cette importante
coûte réellement rien à la France, justice pourrait
en
être rendue aux Colons.
fait
ce qui causait tous nos
J'ai déjà
remarquer que
la conclusion de cette affaire,
embarras actuels, pour
de la question de l'emprunt à la quesc'était l'adjonction
tion de Pindemnité. Il faut donc commencer par se reon était avant le traité du mois d'avril
placer comme
1831, qui a opéré cette confusion.
doit
uniquement sur le paiement
La négociation
porter
la
CC'est la seule affaire qui concerne
de l'indemnité.
France. Tous les ministères, sous le dernier gouvernel'avaient reconnu; 5 et M. le ministre des affaires
ment,
et tous les orateurs qui sC sont fait entendre
étrangères,
dans la séance du 29 décembre dernier, ont admis également ce principe.
affaire secondaire
Quant à l'emprunt. 2 CC n'est qu'une
la France. Le Gouvernement doit s'en occuper
pour doute, mais seulement par suite de la protection
sans doit à tous les Français; mais non pas comme d'une
qu'il
ères, sous le dernier gouvernel'avaient reconnu; 5 et M. le ministre des affaires
ment,
et tous les orateurs qui sC sont fait entendre
étrangères,
dans la séance du 29 décembre dernier, ont admis également ce principe.
affaire secondaire
Quant à l'emprunt. 2 CC n'est qu'une
la France. Le Gouvernement doit s'en occuper
pour doute, mais seulement par suite de la protection
sans doit à tous les Français; mais non pas comme d'une
qu'il --- Page 131 ---
affaire qui intéresse directement l'État. C'est
M. Laffitte lui-même,
ainsi que
téressés
qui est le principal organe des indans l'empront, l'a reconnu dans la Séance
II février dernier; ainsi il ne
du
sur cette'
peut plus y avoirde doute
question.
Le traité à conclure avec Haiti
la
plifie
par France, 2 se simbeaucoup en suivant cette marche; la
réduit à savoir ce quel'on
question se
blique
peut demander à cette
pour s'acquitter des I 20 millions
mille Répuencore dus pour l'indemnité,
francs
Je dois faire observer
ouvrir
qu'il n'y a pas de négociation à
pour savoir quelle sera la quotité de la
pitale à payer; la chose est
somme caconvenue
n'y a plus qu'à
depuis 1825, il
dait
s'entendre, comme Haiti le
I
en 1828, sur les délais
demannouveaux à fixér pour le
remboursement; et cette négociation étant toute de
cession de la part de la France, elle
concela avait été
ne peut, ainsi que
reconnu sous le dernier
porter que sur ce point.
gouvernement,
Quant à la question de savoir
sera admise à
comment la République
s'acquitter enversla
l'ona
cettequestion a déjà été solennellement France,
vu que
et par une commission
discutée en 1828,
leurs lumières
composée d'hommes
et
pris dans les deux
distingués par
un ministère composé d'hommes
Chambres, et par
remarquables
prudence et leur habileté, tels
par leur
nais, Roy,
que MM. de la FerronPortalis, Hyde de Neuville,
et de Caux. De tels hommes
de Martighac
et ce n'est qu'après avoir n'agissaient pas légèrement,
de la
entendu le banquier etl'envoyé
République, qu'ils ont reconnu
Haiti à se libérer au
qu'en admettant
600 mille
moyen d'annuités de 3 millions
francs, représentant l'intérêt du capital de
leur
nais, Roy,
que MM. de la FerronPortalis, Hyde de Neuville,
et de Caux. De tels hommes
de Martighac
et ce n'est qu'après avoir n'agissaient pas légèrement,
de la
entendu le banquier etl'envoyé
République, qu'ils ont reconnu
Haiti à se libérer au
qu'en admettant
600 mille
moyen d'annuités de 3 millions
francs, représentant l'intérêt du capital de --- Page 132 ---
à 3 p. o/0, et un million 200 mille francs
120 millions,
payer cette
d'amortissement, cette République pouvait
somme à la France sans nuire à ses autres engagemens.
d'Haiti a reconnu enfin lui-même
Le Gouvernement
rentrait d'ailce traité n'avait rien d'exagéré; qu'il
que
avait faite de payer 6 milleurs dans la proposition qu'il
des deux dettes,
lions 500 mille francs pour s'acquitter
les membres de ce Gouvernement qui ont con .
et tous
mise au bas du traité fait sur
couru par leur signature
comme le Présicette base, ont reconnu par conséquent,
de l'exédent qui avait ratifié ce traité, la possibilité
cuter
est donc déjà toute
La marche à suivre pour terminer,
contractantes elles-mèmes; et en
tracée par les parties
l'affaire
s'en tenant à la base qu'elles avaient acceptée,
terminée. L'exécution
de finances avec Haiti se trouverait
Haiti
de ce nouveau contrat ne serait plus incertaine, et
avenir,
le terme de ses discusune fois fixée sur son
par
sions avec la France, pourrait se livrer aux améliorations
dont ce pays est susceptible.
doit
le traiQuant à l'emprunt 1 la France qui ne
pas
une affaire de l'Etat, doit intervenir pour apter comme
influence les
réde sa protection et de son
justes
puyer
des Français créanciers de la République;
clamations
d'un traité entre la
mais cette affaire ne peut être l'objet
rendre
France et Haiti, car la France ne peut, sans se
les conditions d'un
responsable, changer ou modifier
Cette affaire ne doit se traiter, comme toutes
contrat privé.
dans
les affaires de ce genre, par des notes diplomatiques
lesquelles on indiquerait à Haiti qu'elle peut commencer
les avances
d'abord par employer son épargne àacquitter
dc
et ensuitc employer pour s'acct l'arriéré l'emprunt,
mais cette affaire ne peut être l'objet
rendre
France et Haiti, car la France ne peut, sans se
les conditions d'un
responsable, changer ou modifier
Cette affaire ne doit se traiter, comme toutes
contrat privé.
dans
les affaires de ce genre, par des notes diplomatiques
lesquelles on indiquerait à Haiti qu'elle peut commencer
les avances
d'abord par employer son épargne àacquitter
dc
et ensuitc employer pour s'acct l'arriéré l'emprunt, --- Page 133 ---
quitter de cette dette, ce qu'il lui restera de
sur ses revenus
disponible
ordinaires, et les biens nationaux dont
vente a été décrétée par le
la
Sénat, et qui sont
qués et affectés à l'acquit de cet
hypothéDe cette manière, cette affaire engagement. de
aussi une prompte
l'emprunt aurait
solution, et tous les intérêts seraient
défendus et satisfaits.
Resterait enfin l'affaire des Colons. J'ai démontré
droit qu'ils avaient de réclamer de l'Etat,
le
la garantie du premier
l'exécution et
contrat qu'ils ont
leur promettait le
accepté, et qui
demnité
remboursement, en cinq ans, de l'inconvenue pour les biens dont la France a fait
l'abandon à la Républiqne. Cette
elle est écrite aussi dans la
garantie est de droit;
violer l'unc
Charie et dans les lois, et sans
et l'autre, et sans commettre l'abus du
voir le plus exorbitant et le plus
pouple que fournirait
dangereux pour l'exemun tel antécédent, le
ne peut se refuser à cette juste demande, gouvernement
Cette question de la garantie a été discutée
sieurs fois, comme toutes celles
aussi plud'Haiti, Elle l'a été
qui touchent à l'affaire
par des hommes dont la France
pecte l'opinion et admire le talent, et surtout
respairs dont la voix s'est
par un des
les
toujours fait entendre, à toutes
époques, dans l'intérêt de la
Voici ce
justice et du malheur.
qu'on trouve dans le procès-verbal de la
bre des pairs; du 13 mars
Chamtition des
1828, à l'occasion d'une
Colons de
péM: Lainé):
Saint-Domingue. ( Opinion de
4 Le noble Pair ne saurait se résoudre à
> ya,au nom de
examiner s'il
l'Etat, un
) rait rouvrir des discussions engagement formel; ; ce se-
) questions,
épineuses sur de graves
que, fort heureusement, la loi n'a
pas eu
qu'on trouve dans le procès-verbal de la
bre des pairs; du 13 mars
Chamtition des
1828, à l'occasion d'une
Colons de
péM: Lainé):
Saint-Domingue. ( Opinion de
4 Le noble Pair ne saurait se résoudre à
> ya,au nom de
examiner s'il
l'Etat, un
) rait rouvrir des discussions engagement formel; ; ce se-
) questions,
épineuses sur de graves
que, fort heureusement, la loi n'a
pas eu --- Page 134 ---
résoudre. Mais on ne lui disputera pas quc
> besoin de
dans le rapportdu
l'effet de tous les actes analysés
)) par
de la loi du 30 avril
) comité, et par les conséquences
entre unegrande
il s'est formé un quasi-contrat
)) 1826,
entre toute la France et la
et la couronne;
) infortune
malheureuse des sujets français. Quel
) portion la plus
données, si les
le résultat de tant d'espérances
) scrait
de l'indemnité,
)) Colons ne recevaient queleciaquiÈne de la perte ? Au bruit des
réduite au dixième
y déjà
Colons
sur leglobe, ou leurs
faites, les
épars
re-
)) promesses
la générosité étrangère pour
D enfans, ont remercié
débris. Tous ont exen France recevoir quelques
)) venir
de famille, et la discorde sur leurs
)) ploré leurs titres
une foule de créans'est mêlée à leurs espérances;
) droits
et mille procès font passer en
> ciers ont été évoqués, 2
de l'indemnité.
d'autres mains et au Trésor, une part
on
>)
sur lesquelles
de si tristes conséquences,
) Laspect
ferait donner au quasi-
> doit se garder de s'appesantir,
d'un engagenécessité, toute la puissance
contrat, par
)) ment formel.
qui dans plusieurs déentre les contribuables,
> Placé
et les Colons bien plus
sont en souffrance,
> partemens
ditle noble Pair, unegrande
> mlaheureux, jéprouve, la
dela couronne et
mais la générosité, justice
) anxiété;
ne se refuscra
la France le portent à espérer qu'on
)) de
éventualité de sacrifices. )
> pas à souscrire à une
homne d'Etat, dont le
Quandje lis l'opinion de cet
je me
tant de vénération,
nom et les vertus inspirent
car ils ont évidemment
rassure sur l'avenir des Colons,
pour cux la justice.
abord, chacun soit cffrayé
Je conçois qu'au premier
devoir faire peser unc
qui semblerait
d'un engagement
la France le portent à espérer qu'on
)) de
éventualité de sacrifices. )
> pas à souscrire à une
homne d'Etat, dont le
Quandje lis l'opinion de cet
je me
tant de vénération,
nom et les vertus inspirent
car ils ont évidemment
rassure sur l'avenir des Colons,
pour cux la justice.
abord, chacun soit cffrayé
Je conçois qu'au premier
devoir faire peser unc
qui semblerait
d'un engagement --- Page 135 ---
125 - -
charge nouvelle sur les contribuables. Mais si l'on
que l'abandon des biens des
songe
les dépenses
Colons a évité à la Frauce
d'armemens qui se seraient prolongées indéfiniment, si le Gouvernement
n'avait usé du droit
d'exproprier ces anciens Colons, pour finir à
une affaire dont la conclusion
l'amiable
devait satisfaire
tique et sa dignité, on reconnaitra
sa poliles contribuables devaient
que cette cliarge, si
la
gation
supporter, > serait une obliqu'imposent les lois ; car nul ne
à sacrifier sa fortune
peut être contraint
et à faire l'abandon de
bien, pour éviter à lEtat une
son
de faire.
dépense qu'il est obligé
Mais si l'on vient à calculer
tive cette charge dont
ce que serait en définiaussi
on s'effraye tant, on
qu'elle ne serait en
reconnaitra
quelque sorte
l'obligation de la France
qu'illusoire, car
mettre d'une main
consisterait, dans le fait, à rece qu'elle recevrait
une rente de 3 millions 600
del'autre; ; à créer
elle paie déjà I million à titre mille francs, sur laquelle
vrait, en
de secours ; et elle rececompensation, et pour faire face à
pense, des annuités de 4 millions 800
cette déla mettraient à même de servir
mille francs, qui
la rente due aux
expropriés, et à amortir le capital. Elle
Colons
payer d'avance cette annuité
pourrait se faire
couvrir de la rente
qui lui servirait à se
rait rien à demander qu'elle aurait créée, et elle n'auaux
rentes se balanceraient
contribuables, car les deux
et se
dans le budget des recettes
porteraient annuellement
et des
Voilà pourtant à quoi se réduit dépenses.
effrayele fisc à un tel
toute cette affaire qui
point, qu'il n'hésite
poser de violer la Charte et les lois
pas à prol'inviolabilité des
qui garantissent
propriétés, 9 plutôt que de se soumettre
à demander qu'elle aurait créée, et elle n'auaux
rentes se balanceraient
contribuables, car les deux
et se
dans le budget des recettes
porteraient annuellement
et des
Voilà pourtant à quoi se réduit dépenses.
effrayele fisc à un tel
toute cette affaire qui
point, qu'il n'hésite
poser de violer la Charte et les lois
pas à prol'inviolabilité des
qui garantissent
propriétés, 9 plutôt que de se soumettre --- Page 136 ---
léquité et les lois lui
à remplir une obligation que
imj posent.
à faire à présent, à cet arrangeLa seule objection
le droit que
ment, et qui ne détruirait cependant pas
de demander leur indemnité à la France,
les Colons ont
Haiti, comme le dit M. Lafserait limpuissance où serait
800 mille francs.
fitte, de payer l'annuité de 4 millions
France
résumerai toute l'affaire de la
Dans ce cas, je
avec la République, à ceci :
payer les annuités
Haiti peut-elle, ou ne peut-elle pas
dans le traité de 1829?
conyenues
comme la chose est
Si elle peut payer ces annuités,
toute
certaine, et comme elle se démontre d'elle-méme,
disparait, il faut exiger que cette condition
objection
s' exécute.
cette faible somme à cause
Si elle ne peut pas payer
à quoi bon traiter de
de l'insuflisance de ses ressources,
n'aurait ni resà puissance avec un pays qui
l'inpuissance
ni avenir. La politique et
sources, ni espérances,
commanderaient alors
térêt bien entendu de la France
et de conserver sa posid'abandonner toute négociation, d'éviter dese lier dasurtout
tion. Elles commanderaient:
des traités nouveaux ; elles commanderaient
vantage par
les négociations vont cesser, que
de déclarer à Haîti que
droits et
saura
France entend conserver tous ses
qu'elle
la
si bon lui semble. L'inles faire valoir en temps et lieux,
déclaration plongecertitude dans laquelle une pareille bientôt trouver les
lui ferait
rait Haîti sur son avenir,
faire usage, et la France,
ressources dont elle ne veut pas
nc suinsultes
reçoit depuis deux ans,
après les
qu'elle
de nouvelles concessions
birait pas du moins la honte
d'obtenir.
que Haiti se vaute déjà
saura
France entend conserver tous ses
qu'elle
la
si bon lui semble. L'inles faire valoir en temps et lieux,
déclaration plongecertitude dans laquelle une pareille bientôt trouver les
lui ferait
rait Haîti sur son avenir,
faire usage, et la France,
ressources dont elle ne veut pas
nc suinsultes
reçoit depuis deux ans,
après les
qu'elle
de nouvelles concessions
birait pas du moins la honte
d'obtenir.
que Haiti se vaute déjà --- Page 137 ---
Sila France arrivait à faire à Haiti une telle
tion, ses défenscurs ne manqueraient
déclarabien haut les
pas de faire sonner
dommages qui résulteraientcommerce, de
pour notre
l'interruption de nos
donc faire connaître
relations; je vais
ce que c'est que notre commerce
aujourd'hui avec cette République.
Il n'y a plus qu'une seule maison
la Republique; elle est établie
française dans toute
plutôt une maison de
au Port-au-Prince, et c'est
consignation gu'une
commerce.
maison de
La part du commerce français dans le
néral d'Haiti, ne monte
commerce gépas, pour les marchandises
portées Lebrance, à 1200 mille francs.
exTout le commerce se fait par les
cains, les
Anglais, les AmériHambourgeois, les Brémois, et tous nos
gemens envers Haiti, tournent à
ménagers, ct jamais à
l'avantage de ces étranl'avantage de la France.
Le nombre des navires partant de
pas 70, portant ensemble
nos ports n'excède
II à 12 mille
marins Françaisau
tonneaux, 800
plus sont employésà cette
Depuis plusieurs années, les navires
navigation.
ports sans
partent de nos
chargeniens, ou avec des
fians et de peu de valeur, tels
chargemens insignimatériaux
que des briques, et autres
qui servent de lest, et
font le métier de
quelques comestibles. Ils
transports et se rendent à Haiti
prendre du fret pour le commerce
pour y
Il est dû par le commerce
étranger.
glais, Américain et
d'Haiti, au commerce AnAllemand, plus de 12
francs, et 200 mille francs
millions de
seulement,
mes, au commerce Français.
par petites somLe nombre de Français établis dans
150, parmi lesquels la
l'Ile, n'excède pas
moitié, à peu près, s'est
expa-
et se rendent à Haiti
prendre du fret pour le commerce
pour y
Il est dû par le commerce
étranger.
glais, Américain et
d'Haiti, au commerce AnAllemand, plus de 12
francs, et 200 mille francs
millions de
seulement,
mes, au commerce Français.
par petites somLe nombre de Français établis dans
150, parmi lesquels la
l'Ile, n'excède pas
moitié, à peu près, s'est
expa- --- Page 138 --- diverses causes, et ne pourrait rentrer CI
triée pour
Le reste se compose de commis marFrance sans danger.
instituteurs et
chands, de quelques médecins, quelques
des pacotilleurs.
relations commerciales
Tel est pourtant l'état de nos
l'on voit qu'elles sont loin d'avoir
avec cette République,
mettent
l'importance que les amis de ce Gouvernement y
ils réclament de la France de nouvelles concessions
quand
à subir de nouvelles humiliations
et quand ils l'engagent
chaque année
Voilà la véritésur l'affaire d'Haiti, qui,
:
personne ait song
occupe la Chambre, sans que jusqu'ici
à lui faire connaitre le véritable état des choses,
de 'adresser, m'assure-t-on, en
Des Colons viennent
réclamer de non
core à la Chambre des députés, pour
du
d'intérêt auprès
veau son appui, ou une marque
l'échec qu'ils
Gouvernement. Ils ne sont pas rebutés par
récemment, cela prouve la confiance qu'ils
ont éprouvé
de la Chambre. Je
ont dans la justice et l'impartialité
puissent leur fournir queldésire que ces renseignemens
de leurs droits, je remoyens nouveaux à l'appui
ques
eu le talent d'abréger ce récit, car
grette de n'avoir pas
de se fairel lire,
sais combien il est difficile anjourd'hui
je
de parti ne vient pas sC méleraux discusquand l'esprit
affaire
touche de si près au
sions. Cependant, une
qui
mille familles françaises, et dont les réclamasort de 15
à tous les
sur des lois qu'il importe
tions s'appuyent
devrait être indifférente pour
Français de défendre, ne
personne. --- Page 139 ---
NOTES
SUR LES
COLONIES FRANÇAISES
ET SUR
LES ÉTATS-UNIS
DE L'AMÉRIQUE DU NORD. --- Page 140 --- --- Page 141 ---
- : -
E763
L6513
Va5 --- Page 142 --- --- Page 143 --- --- Page 144 ---
:
UT