--- Page 1 --- --- Page 2 ---
a
)
a
- iv 5.2
A 47 ) F 0:
Joln Cartrr
Grotom. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
HTC.
D13.-
Tovn Italen 1 duage --- Page 5 ---
wRl. jeumal du Cyeul Ramel re doudre 1799
*2 Worer d ur quelquer
dey
uemo Ures cle
e
Baris .1799
er
*3.Yuue a t la Prioon de. Pliludelpluz le- 1800
sd. Opluow de Felis Bemujour J ur
la Cowoulzon cee Les Crab tris 4 1802
* 5:Raphon de O.Jeder bur la
Cowcutern
Ler Cratr lris.n 1802
* 6.0pimion ele trgelele B-ur li
Convcutzo W cuee lesr Cras luis ;h 1802
*7 dlomovre pour Dune ullo UYD WT. l 180à
*s.Pricis pour Fran jea Savigugs. te 1802
*g.danib de Tounarir Louvmure
par pubroc Ca *
t - 1802
*1O sloviore Y OWAr Piowe Wowranc21803
dle merue que le wo 1 --- Page 6 ---
(16)
o11
faux rapports; on peut m'avoir calomnié; mais le
triomphe de l'imposture n'a qu'un. tems, la vérité
reprcndra ses droits , et mon innocence sera proclamée.
SAVIGN Y.
MAUGERET, Défenseur oflicieux, conseil.
ua - --- Page 7 ---
LA VIE
DE
CHEF DES NOIRS
Feenseninel
DE
INSURGES
SAINT-DO MINOUE --- Page 8 ---
Je poursuizrai par tous les moyens de rigueur
autorisés par la 108; les contrefacteurs de cet auvrage 3 dontjai déposé à la bibliothèque nationale
les ezemplaires d'usage.
DUBROCA, --- Page 9 --- --- Page 10 ---
A
-
Sranit M.otladp
TOUSSAINT
LOUVERTERE
Gincral c1l Clda SPosmitune --- Page 11 ---
LA
VIE
DE
TOEKUNTLORNSITURE
CHEF DES NOIRS INSURGÉS
DE
SAINT-DOI M I N G U E;
CONTE E N A N T
Sox origine, les particularités les plus
de sa jeunesse, sa réunion aux fameux remarquables
Bouckmant, et Jean François, les
Biassou ,
guerre qu'il fit aux
atrocités de la
français sous les drapeaux de
l'Espagne; sa perlidie en abandonnant les intérêts
de cette puissance, , ses attentats nombreux
les agens de la république
envers
son
française 2 les actes de
indépendance,et les premières horreurs
ont accompagné sa résistance au
qui
français.
gouvernement
U I V I B
Dr notes précieuses. sur
Saint-Domingue, sur
nages qui ont joué un rôle dans la révolution plusieurs de
persondes premières opérations militaires du
cette ile , et
général Leclerc.
PA R D B R O C A.
A PAR I S,
Chez (Dumnock, Libraire,rue
BONNEYILLE,
Thionville,n.sy6s
Graveur,rue St-Jacques, no.195.
A M X, 1802.
.
gouvernement
U I V I B
Dr notes précieuses. sur
Saint-Domingue, sur
nages qui ont joué un rôle dans la révolution plusieurs de
persondes premières opérations militaires du
cette ile , et
général Leclerc.
PA R D B R O C A.
A PAR I S,
Chez (Dumnock, Libraire,rue
BONNEYILLE,
Thionville,n.sy6s
Graveur,rue St-Jacques, no.195.
A M X, 1802. --- Page 12 --- --- Page 13 ---
LA VIE
DE
TOSUSTIOITERTER
CHEF DES NOIRS
C -
INSURGES
DE
SAINT-RONINGUE
Au moment oùr le voile
déchiré sur,
est entièrement
projets
Phypocrisie profonde et sur les
ambitieux de
(
au moment ou la
Toensinuizinetures
noirs est
trahison de ce chef des
consommée, et où, sur :
nes fumantes d'une
les ruipropres
cité embrasée de ses
mains, les
- de la liberté
valeureux couquérans
française, en
cent
Europe, s'avanpour punir en, lui T'ennemi de
patrie et de Phumanité
leur
çais ne lira
entière; quel Francet
pas avec intérêt la vie de
I
homme déjà trop
fameux, et qu'une
I --- Page 14 ---
(2)
longue imphnitéra enhardi à tous les
mes? Retenu jusqu?à
-
criprésent par le respect
qu'inspire un gouvérnement pacilicateur,
donriln'eppartient pasà dumsimple citoyen
de troubler les vues par une impulsion
contraire, je me suis absteait d'éerire la
vie,de cet Africain
J
couvert de sang et de
forfaits, et j'ai imposé silence aux
timens cruels
pressenque-lesapparences même de
sa modération rendaient plus profonds
core dans mon ame; S
mais à présent enquel
intérêt pourrait s'opposer à la publicits
d'une histoire qui, si elle n'arrête pas le
cours des
-
événemens, 19
peut du moins jus
tifier
s
Timportance Q
des mesures qui sont
prises contre celui qui en est Tobjet, et
offrir. un aliment intéressant à la juste impatience du public
si
depuis
long-temps
induit. en erreur sur le compte de ce chef
des noirs?
hne wal
:
Toussaint- - Louverture naquit en 1743,
sur Phabitation du ci- devant comte de --- Page 15 ---
(3)
Noé, appelée vulgairement
Breda, à une liene de
Phabitation de
Français,
la, ville du Capdépartement du Nord de SaintDominguc, Condamné à
qualité de noir esclave, Pesclavage, en sa
aées s'écoulerent
ses premières anàceux de
dans-les travaux réservés
sa classe,et il fut
der les bestianx
destiné-à garsur Phabitation
vu naître. Le
qui Lavait
temps que lui laissait cet
emploi, ,. joint à Pactivité
génie, lui
naissante de son
inspira l'idée de le mettre à
Profit: : il étudia les élémens
- et de Pécriture.
de la lecture
Les connaissances
acquit Sur ces deux
qu'il
objets, lui
une grande considération
donnèrent
étonnés et charmés
parmi les noirs,
d'eux
à la fois de voir Pun
s'affranchir de Pétat de
ignorance
profonde
anquel ils étaient condamnés.
Towsiu-Lamenure, sachant lire
blement et
passasigner son nom, sortit de
'ploi de pâtre et aspira à des
Pemtravaux moins
sgnobles et en même temps
plus lucratifs.
qu'il
objets, lui
une grande considération
donnèrent
étonnés et charmés
parmi les noirs,
d'eux
à la fois de voir Pun
s'affranchir de Pétat de
ignorance
profonde
anquel ils étaient condamnés.
Towsiu-Lamenure, sachant lire
blement et
passasigner son nom, sortit de
'ploi de pâtre et aspira à des
Pemtravaux moins
sgnobles et en même temps
plus lucratifs. --- Page 16 ---
(4)
Le bruit de ses talens et de son intelligence parvint à M. Bayou de Libertas,
procureur de Phabitation de Breda: celui-ci
résolut de se l'attacher; et pour tenter son
ambition naissante, il le fit son. cocher.
La conduite de Toussaint - Louverture
auprès de son nouveau maître, lui mérita
la bienveillance de celui-ci;
quoiqu'il fût
très-cruel envers les noirs soumis à son
empire, il donna à Toussaint sa confiance;
il le constitua surveillant des autres noirs,
et il n'oublia rien de ce qui pouvait l'attacher à son service.
C'est dans cet état que la révolution
surprit Toussaint : Louverture. Loin. de
songer à prendre quelque part aux mouvemens qui précédèrent l'insurrection des
noirs, il,en fut le témoin impassible, et
l'histoire n'a point à lui reprocher d'avoir
trempé ses mains dans le massacre horrible des blancs, exécuté dans le mois
d'août 1791. Les liaisons qu'il-avait eues --- Page 17 ---
(5.)
ayec les chefs des noirs
insprgés, Bouckmant, Biassou et Jean-François,
tous
- noirs esclaves,l'amitié
trois
qui le liait. à
particulière sur-tout
Jean-François, ne tenterent
point son ambition; la reconnaissance
avait vouée à son maître,
qu'il
semblait l'avoir
emporté sur les séductions de la
et de là
rengeance
cupidité, et plusieurs fois il lui
échappa des imprécations
teurs et les
contre les auda
instigateurs des désartres de
colonie.
Cette conduite avait résserré les liens
la confiance et de Pamitié
de
à son maître.
qui Punissaient
Dans l'état oi-se trouvait la
colonic, en proie aux cruantés
et à la
vengeance des noirs, il en était
plus cher à sa famille
devena
: on connaissait ses
moyens," ce qu'il aurait
et l'influencepu entfeprendre,
qu'il aurait pu obtenir
les noirs, s'il eût voulu
sur:
lui tenait
en abuser, et on
compte de sa, modération et de
de
à son maître.
qui Punissaient
Dans l'état oi-se trouvait la
colonic, en proie aux cruantés
et à la
vengeance des noirs, il en était
plus cher à sa famille
devena
: on connaissait ses
moyens," ce qu'il aurait
et l'influencepu entfeprendre,
qu'il aurait pu obtenir
les noirs, s'il eût voulu
sur:
lui tenait
en abuser, et on
compte de sa, modération et de --- Page 18 ---
(.6-)
la résistance qu'il semblait
qui pouvait tenter
opposer à ce
son. ambition.
Mais cette modération de
Louverture n'était
Toussaintfonde
qu'un calcul de saj prohypocrisie, fondé sur
des fentatives des
Pincertitude
succès
noirs; dès qu'il vit leurs
assurés, et qu'il jugea que le
ment favorable à ses
moil
projets était venu,
s'échappa toàt-à-coup de la maison
son maître, disparut de
de
Breda, et se rendit dans le Phabitation. de
sou. Celui-ci,
camp de Biascharmé de P'avoir
pagnon de ses
pour com-
: atrocités, l'accueillit
amitié,et voulant rendre
avec
le fit son
ses talens utiles,
secrétaire, ou plutôt son homme
d'affaires, et Padmit dans son
fiance.
intime.conC'est dans ce nonveau
poste que Toussnint-Lionverture
commença à déployer son
génie militaire, et la férocité naturelle
son caractère, Biassou
de
cès dans
Pemploya avec. sucplusieurs
expéditions, 2 dont on --- Page 19 ---
(7)
connaît les résultats
horribles; et pour le
r6commpenser de son zèle, il Péleva
place. de son capitaine
à la
des
w C'était
gardes.
Péporue où la, division,
mise parmi les chefs
s'étant
des noirs,
une carrière facile à
ouvrait
ternes.
Pambition des subalToussaint t-Louverture,
gnait déjà de se voir
qui s'indiprofita. De
au second rang, en
concert avec Jean -
Pennemi
François,
personnel et - le concurrent de
Biasson, il forma les projet de
son bienfaiteur et dese
renvérser
> Un jour
mettre à sa place.
Biassou reposait dans sa tente;
tout-à-coup on vient lavertir
est cerné
que son camp
par un corps de huit mille
et gute Jean-François
noirs,
sa cavalerie
s'avance à la tête de
pour Parrêter. A cette nouvelle, Biassou, court aux
tre la générale,
armes, fait batet ordonne en même
à son capitaine des
temps
gardes, de
ses troupes
disposer
pour la 4 défense de sa personne. Toussaint - Louverture exécuta
en
;
tout-à-coup on vient lavertir
est cerné
que son camp
par un corps de huit mille
et gute Jean-François
noirs,
sa cavalerie
s'avance à la tête de
pour Parrêter. A cette nouvelle, Biassou, court aux
tre la générale,
armes, fait batet ordonne en même
à son capitaine des
temps
gardes, de
ses troupes
disposer
pour la 4 défense de sa personne. Toussaint - Louverture exécuta
en --- Page 20 ---
(8)
effet les mouvemens militaires
qu'exigeait
cette circonstance; mais au lieu de se disposer. au combat, il s'avança vers JeanFrançois, et lui
a
livra sans résistance Biassou. Le sort de ce dernier fut bientôt
décidé; il fat déclaré déchu de son
rang.de
général des noirs, et envoyé
prisonnier à
Saint-Augustin, dans Pintérieur de l'ile (i).
Tonsint-Lattentue reçut pour récompense le commandement dune
division,
avec laquelle il marcha sur les' traces du
féroce
Biassou,jusqu'aur moment où d'autres événemens changèrent sa destinée et
le portèrent sur un nouveau théâtre.
La guerre qui venait d'éclater- en Europe, entre la répiblique
française. et les
peuples du continent, avait déjà étendu
Ses ravages sur les colonies du nouveau
monde, quidépendaient des puissances belligérantes : à Suint-Domingae sur-tout, les
français; fidèles à la république, avaient
à lutter non seulement contre les noirs
qui /
emens changèrent sa destinée et
le portèrent sur un nouveau théâtre.
La guerre qui venait d'éclater- en Europe, entre la répiblique
française. et les
peuples du continent, avait déjà étendu
Ses ravages sur les colonies du nouveau
monde, quidépendaient des puissances belligérantes : à Suint-Domingae sur-tout, les
français; fidèles à la république, avaient
à lutter non seulement contre les noirs
qui / --- Page 21 ---
(9)
avaient levé Pétendard de la révolte,
qui
les royalistes et les émigrés
et auxquels
avaient associé leurs intérêts, mais encore
contre les anglais qui les inquiétaient sur
les côtes, et contre les colonies espagnoleur avaient hautement déclaré la
les qui
guerre.
de 1793, les espaAu commencement
voulant se renforcer de tout ce qui
gnols
était ennemi de la république française,
sous leurs drapeanx les noirs
appelèrent
Jean-François
insurgés de Saint-Domingue.
s'empressèrent de
ct Tousaint-Louverture
rendre à cette invitation; le premier
se
des armées du
fut créé lientenant-genéral
roi d'Espagne, et Tousainb-Louvertare
fut élevé au grade de maréchal-de-campTous les deux furent revêtus des marques
distinctives de leur rang, et pour la première fois on vit des noirs esclaves, chamarrés de cordons, de croix et des autres
signes de noblesse.
--- Page 22 ---
(1o)
Flattés de "ces. : distinctions; Jean-François et Totesint-Lenvertire
songerent à
s'en rendre dignes par un dévouementsans
bornes aux intérêts du
les
gouvernément qui
employait. La guerre qu'ils firent aux
français républicains, fut une,
cannibales.
guerre de
Plusieurs fois, ils firent frémir
dhorreur ceux dont ils étaient devenus
instrumens. Tous les
les
français, de quelque
couleur qu'ils - fussent, s'ils servaient
la
cause de la république, étaient
sûrs, en
tombant entre leurs mains, de trouver les
tourmens et la mort. Entourés de
prêtres
et-d'émigrés qui irritaient de plus en plus
leur férocité, ces deux chefs des noirs.se
croyaient chargés des vengeances de l'autel et du trône : leur zèle avait'les
tères les plus
caracaffreux, ceux du fanatisme
qui égorge sans pitié, ail nom da. ciel, et
ceux d'une barbarie profonde
lois sacrées
pour qui les
de la nature, du sang et de
Phumanité, ne sont rien. Quand on écrira
émigrés qui irritaient de plus en plus
leur férocité, ces deux chefs des noirs.se
croyaient chargés des vengeances de l'autel et du trône : leur zèle avait'les
tères les plus
caracaffreux, ceux du fanatisme
qui égorge sans pitié, ail nom da. ciel, et
ceux d'une barbarie profonde
lois sacrées
pour qui les
de la nature, du sang et de
Phumanité, ne sont rien. Quand on écrira --- Page 23 ---
(rr-)
Thistoire de cette guerre, il faudra mettre
les
des lecteurs, , Paffreux tableata
sous
yeux
d'hommes mitd'hommes sciés en denx,
tilés dans tous les sens, d'honimes bralés
feu, d'honimes attachés par lés
à petit
écorchés vivans. La
pieds à un arbre et
Veridée 'seule est le pendant de cette guerre
Tousaint-Lonveiture fit
abominable, que
pendant près de deux
aux républicains
ans. En vain, pendant cet espace de temps,
les commissaires du gouvernement français
Polverel et Santonax,
à Saint-Domingue,
de. le ramener, et lui firent
essayérent
offrir, ainsi qu'à Jean - Franeois, paix 7
liberté et protection : ils ne répondirent à
leurs offres et à leurs proinesses quie : par
de nouvelles atrocités. Toussaint- Lonvert
ture; croyant devoir motiver particulièreécrivit lui-méme aux comment ses refus,
Crest
missaires, 'en date du 28 août 1793dans la: lettre qu'il leur adréssa qu'on lit
ces pirases remarqiables: --- Page 24 ---
(12)
a Nous ne pouvons nous
> la volonté de la
conformer à
nation, vu
b que le monde
que depuis
règne, nous n'avons
D cuté que celle d'un. roi. Nous
exéP celui de France, mais
avons perdu
nous sommes
> ris de celui d'Espagne
ché-
> gne des
qui nous témoirécompenses, et ne cesse. de
P. nous secourir, Comme cela,
> pouvons vous reconnaître.
nous ne
> que lorsque vous
commissaires
Cette
aurez trôné un roi, >
lettre avait été rédigée
prêtre espagnol, curé de
par. un
confesseur
Laxabon, et alors
en titre de
ture. Quelque
Toussint-Louver.
des noirs
temps auparavant, ce chef
avait adressé une
à ses frères du Cap,
proclamation
rédigée dans le même
sens. Elle est du 25 juin
1793Cependant les succès de la
française
répablique
commençaient à dégofiter les
espagnols de la coalition.
verture
Toussint-Lous
prévoyant la fin de ses
et craignant
services,
peut-être d'être sacrifié à la
Quelque
Toussint-Louver.
des noirs
temps auparavant, ce chef
avait adressé une
à ses frères du Cap,
proclamation
rédigée dans le même
sens. Elle est du 25 juin
1793Cependant les succès de la
française
répablique
commençaient à dégofiter les
espagnols de la coalition.
verture
Toussint-Lous
prévoyant la fin de ses
et craignant
services,
peut-être d'être sacrifié à la --- Page 25 ---
(13)
à changer de parti. Sa noupaix; songea
de cirvelle trahison fut accompaguée
horribles. Quand il était arrivé
constances
des espagnols, il s'était présenté
au milieu
du sang des
à eux, les mains dégofitantes
effacer, s'il se pouvait,
républicains ; pour
le souvenir de cette atrocité, il vonlut,
ces derniers, se prés
en revenant parmi
leur
senter avec les mêmes trophées, et
offrir le sang des espagnols en- dédommagement de celui des français qu'l'avait
d'abord versé. a
de Paudience royale à
Le président
Dom Joachim Garcia,
Santo - Domingo;
Pavait placé à la Marmelade; sous les ordHermona, un des offidres du marquis
ciers de larmée espagnole, le plus brave
le
instruit. Cest-là que, le 25 juin
et plus
dévoaprès s'avoir entendu la messe
1794,
communié et affiché une dévotement,
TonisintLonvertune
tion extraordinaire,
fit
sprtit de Peglise, monta à cheval, --- Page 26 ---
(14).
entonrer par ses troupes les
étoient sous
espagnols
0e
ses ordres
qui
ment leur
7 et ordonna froidemassacre. Hommes ; femmes,
enfans, vieillards, tout fat
passé au fil de
Dépée, ou derint la' proie de la
noirs de son armée; les
brutalitédes
léesi, les trésors des.
églises furent pilparticuliers et du
vernement furent enlevés.
gouCet'acte d'atrocité,qui glâce d'horreur et d'effroi, fut
répété par les traupes de Toussaint
aux
Gonaires, au
Gros-Morne, au
la
Dondon, à
Petite-Rivière, et dans toutes les autres
paroisses de Pile qui étoient
les espagnols
occupées par
depiis la guerre. Trois beures
avant ice, massacre,
avoit. renouvelé ic Tasisiat-Lomventure
serment de fidélitéan roi
dEspagne, entre les mains de Don Garcig
etdu marquis d'Hermona:
Après cetattentat, Tonwain-Bionverture
passa,avec, ses troupes au port de
oit
il fit. le serment de fidélité à la Paix,
Répablique
franguise,e en présence du général Eticnne
par
depiis la guerre. Trois beures
avant ice, massacre,
avoit. renouvelé ic Tasisiat-Lomventure
serment de fidélitéan roi
dEspagne, entre les mains de Don Garcig
etdu marquis d'Hermona:
Après cetattentat, Tonwain-Bionverture
passa,avec, ses troupes au port de
oit
il fit. le serment de fidélité à la Paix,
Répablique
franguise,e en présence du général Eticnne --- Page 27 ---
(15)
alors Saint-DoLaveaux, qui gouvernait
t
mingue (2):
instruit par les événemens,
Ce général,
à accorder sa condisposé
: fut d'abord peu
réduit à
fiance à Tomaint-Lensenise; toute sa conVinactions et surveillé dans
avoir
des noirs semblait
duite, ce : chef
atteint le terme de sa carrière politique;
événement aussi mallienreux qu'exmais un
tout-à-coup
traordinaire vint le replacer
scène, et ouvrir à son ambition une
sur la
nouvelle carrière.
une : sédiAu mois de ventôse de T'an 4,
fomentée et protégte par
tion populaire
éclata.dans la ville
trois chefs mulâtres,
dont il
Victime de cette intrigue
du Cap.
Laveaux: futrarrêté
était Pobjet, le général
nouvelle,
prisonnier; à cette
et constitué
les espérances et
qui réveilla tont-à-coup
ce
Pambition de Toussaint - Louverture,
algs amis de
chef des noirs, soutenu par
du
la France, s'arma, +1 pour la veageance --- Page 28 ---
(16)
gouverneur, et marcha sur la ville du
à la tête de dix mille
Cap,
hommes: lappareil
menaçant d'un siége força les habitans
en ouvrir les portes.
à
entra
Toussint-Lonvertare
au Cap en vainqueur, où son
soin fat de délivrer le
premier
de le
général Laveaux, et
réintégrer solennellement dans ses
fonctions de gouverneur.
Tel fut l'événement
qui redonna toutà-coup à
TonsisincLourerture la considération qu'il avait perdue, et qui le rendit
en quelque sorte l'arbitre des destinées
la colonie. Dans Pirresse
de
de sa reconnaissance, le général Laveanx le
proclama le
vengeur des antorités
constituées, et le sauveur. des blancs.
C C'était, disait-il
(3), ce noir, ce
> tacus prédit
Sparpar Raynal, dont la destinée
> était de renger les outrages faits à
>). sa race; et il ajoutait
toute
que désormais il
> ne. ferait rien que de concert
avec lui
> et par ses conseils. a
En
resse
de
de sa reconnaissance, le général Laveanx le
proclama le
vengeur des antorités
constituées, et le sauveur. des blancs.
C C'était, disait-il
(3), ce noir, ce
> tacus prédit
Sparpar Raynal, dont la destinée
> était de renger les outrages faits à
>). sa race; et il ajoutait
toute
que désormais il
> ne. ferait rien que de concert
avec lui
> et par ses conseils. a
En --- Page 29 ---
(17)
créé à
: En effet,
Tomesint-Lonvetare,
de division et lieutenant au
3 la fois général
fut
de : Saint-1 Domingue,
goureraetucat
et se vit en état de
associé à Pempire; les bases de son usurpréparer avec succès
déjà : à ce grand ou-
- pation. Il travaillait
tous les moyens
yrage en propageant, par
de Pindépendanee
possibles, les principes
l'arrivée
future des colonies (4), lorsque
direcagens envoyés par le
des nouveaux
proclamer la constoire exécntif pour y
son crédit
titution de Pan 3,vint affermir
sorte de nouvelles
et prêter en quelque
armes à son ambition.
effet de faire
en
Ces agensavaientondee
toute la
éprouver à Toussint-Louverture
et
hienveillance du gouvernement français,
de nouvelles faveurs les
de reconnaitre par rendus à la république
services qu'il avait
Laveaux, en
dans la personne du général
à la liberté,en faisant respecter
le rendant
et en sauvant
en Jui les autorit@acomatitaées,e
--- Page 30 ---
(18)
la colonie des factionsintérieures
menacé de Pembraser
quiavaient
de nouveau.
Fideles à ces
instructions, les commissairés du directaire exécutif
furent à
arrivés à Saint-Domingue,
peine
qu'ils
sèrent de répondre
s'empresaux Vues du
nement qui les avait
gouverenvoyés; ils firent à
Towmsint-Louverture un accueil
et
distingué,
Pencouragerent à de nouveaux
en, lui exposant la nécessité
services,
de cbasser
promptement les anglais de la colonie:
c'était Pépoque en effet où cette
agissant ouvertement
puissance,
contre Saint-Domingue, était parvenue à s'établir dans
sieurs cantons d'où ses armées
plul'ile d'an envahissement
menaçaient
prochain.
Investi de la confiance des
agens du
vernement
goufrançais, et assisté des conseils
des hommes éclairés de la colonie,
Toussuint-Louverture, après plusicurs affaires
oùt il déploya beaucoup de zèle, des talens
militaires, et une grande valeur,
à reconquérir le Mirbalais,
parvint
les Grands-Bois, --- Page 31 ---
(19)
étaient sous la' domi
et autres places qui
: sa conduite pendant
nation de PAngleterre
fut celle d'un bon français;
cette guerre
contredit la plus.
serait sans
cette époque:
quil rendit
belle de sa vie, si le service
lié aux
alors à la lepallige.thomitse Le moment
combinaisons de son ambition.
foiencore venu pour lui d'agir
métait pas
ou de concert
blement contre les anglais,
donner au
avec eux. Il fallait auparavant
français tous les gages posgouvernement:
assurer (sa consibles, de fidélité (5), pour
guerre
contredit la plus.
serait sans
cette époque:
quil rendit
belle de sa vie, si le service
lié aux
alors à la lepallige.thomitse Le moment
combinaisons de son ambition.
foiencore venu pour lui d'agir
métait pas
ou de concert
blement contre les anglais,
donner au
avec eux. Il fallait auparavant
français tous les gages posgouvernement:
assurer (sa consibles, de fidélité (5), pour faveurs
fiance et lui arracher les nouveiles
devaient le conduire à son but.
qui
fut
trompée : satisfaits
Son attente ne,
pas
lui donner uné
et voulant
de sa conduite,
les comde reconnaissance,
nouvelle preuve
g6du directoire le proclamèrent
missaires
deSaint-Domingne.
seralenchefdemarmécse
an 5.
nomination eut lieu en germinal
Cette
Le, bruit de ses vicCe n'est pas tout.
rapidement du nouveau
toires, en passant
avec éclat le
monde en France, y. porta --- Page 32 ---
I - 20 1 )
nom de
Therosint-bndrertune On rélébra
surtout ses exploits à la tribune à da
seil des anciens; on e
conpeighit comme le
sauveur de la colonie; comme le
le plus zélé de la
partisan
république
Le souvenir de ses atrocités
française:
fut
-
effacé : on crut à son zele
entièrement
, aux preuves de
son dévouement, et surtont aux
apparonces
hypocrites de ses sentimens
lors,' comme
vertieux, qu'aaujourd?hni, il affectait avée
emphase dans 'sa conduite, dans ses
clamations et dans ses discours.
pro:
Tandis que toirt paraissait conconrir à
Tharmonie entre des
commissairgs du gouvernement et le général en' chef, et que la
colonie commériçait à respirer des'troubles
quiysilong-temps;
Tavaientagitées tout-àcoup(c'étuit vers lespremmiersjours de fractit
dor an 5) Toisatat.loanverere,
d'accélérer la marche de 'son
impatient
rendit au Cap, à la têté d'un ambition, se
gros-corps'de
cavalerie, et alla descendre chez Santonax,
qui, ne se dontant point des projets
qui --- Page 33 ---
(2x)
le reçut arec- tonte-la disT'amenaient,
et avec toute la
tinction due à son rang,
de la répabliloyanté d'an représentant
dans des
française. Un jour s'écoula
que
d'estime et de confiance mutémoignages
Toussaint-Louver- .
tuelles. Le lendemain,
fait battre la générale, passe en revue
ture
du Cap, et se. retire ensuite
la garnison
oùt il invite à un
dans-son gouvernement,
les chefs des corps, et les autres
repas
militaires de-la ville. La,.
officiers civils et
des offiaprès avoir corrompu une partie
assuré de leurs suffrages,
ciers, et s'être
de
il propose sans détour Tembarquement
Santonax. Cétait Pépoque où ce commisétait vivement dénoncé à la tribune.
saire
Vaublanc
du conseil des cinq-cents, par
exclus du corps légiset autrés députés,
événelatif au 181f ifructidor. Le temps et les
ont suffisamment prononcé , je pense,.
mens
; et Tousentte'Santonax, ses aecusateurs
saint-Lonverture, pour nous dispenser de
faire des réflexions sur cette dénonciation.
antonax. Cétait Pépoque où ce commisétait vivement dénoncé à la tribune.
saire
Vaublanc
du conseil des cinq-cents, par
exclus du corps légiset autrés députés,
événelatif au 181f ifructidor. Le temps et les
ont suffisamment prononcé , je pense,.
mens
; et Tousentte'Santonax, ses aecusateurs
saint-Lonverture, pour nous dispenser de
faire des réflexions sur cette dénonciation. --- Page 34 ---
(22 )
Cependant Tousaint-Louverture n'àvait
pas eu l'approbation de tous les officiers
supérieurs de l'armée. L'un d'eux, Etienne
Mentors. alors -
adjudant-général, et. depuis député de
Saint-Domingue au conseil
des cing-cents, eut le courage de s'élever
avec force. contre la mesure
d'en
proposée 2. et
présenter à ses camarades les terribles
conséquences; il fit plus, rassemblant les
officiers qui lui étaient
subordonnés, et ceux
qui partageaient son opinion, il leur fitj jurer
attachement et fidélité alarépablique française,et mort contre tous ceux qui parleraient de se séparer de la mère patric. Cette
démarche hardie,autanto
vint
qu'houorable,par
à Teahifenstemseiatims
il le fit garder à vue, et un ordre signé de
sa main futdonné pour l'arrêter: : Christophe,
l'agent fidèle des actes tyranniques de ce
chefdés noirs, le même qui, par ses ordres,
a incendié la ville du Cap-lors du débarquement de l'armée française, fut chargé
de l'exécuter. Mentor fut donc. arrêté
pen- --- Page 35 ---
(23)
la nuit et conduit en prison (6):
dant
acte de violence , qui arrachait
Après cet
leur chefet
noirs, amis de la France,
aux
Pame de leurs résolutions, , Tousmint-Lourassembla de nouveau dans son
verture
les officiers qu'il savait
gouverneiment tous
dontle dévoueattachés à la France, et ceux
pas assuré : mais Pimpulment ne luiétait
tous lui refusion leur avait été donnée;
du
leur assentiment pour le projet
sèrent
manifestèrent
renvoi de Santonax. Ceux qui
furent
leur refas,
avec le plus d'indignation commandant de bale général Levcillé,e
colonel de
taillon Clouard, et Gassonville,
dans la chaleur de la discussion,
Partillerie: même Parrêter : tandis qu'ils
ils voulurent
délibéraient sur ce projet, la municipalité
les antorités constituées etlepeuple
du Cap,
on toufirent éclater leur mécontentement;
moment d'une insurrection géndchait au
inrale, lorsque Toussaint - Louverture, du
forme de ce qui se passait et effrayé
a la
danger , se retira précipitamment
taillon Clouard, et Gassonville,
dans la chaleur de la discussion,
Partillerie: même Parrêter : tandis qu'ils
ils voulurent
délibéraient sur ce projet, la municipalité
les antorités constituées etlepeuple
du Cap,
on toufirent éclater leur mécontentement;
moment d'une insurrection géndchait au
inrale, lorsque Toussaint - Louverture, du
forme de ce qui se passait et effrayé
a la
danger , se retira précipitamment --- Page 36 ---
(24)
Petite, Anse. Furicux d'avoir trouvé
parcille opposition à ses
une
projets, déjà ce
général rassemblait son arinée; et lexhortait au carnage, quand Santonax, dont - la
présence.au Cap semblait appeler sur cette
ville tous les malheurs de la guerre civile,de
Pincendie et du massacre, se décida às'embarquer plutôt. que d'exposer, par un plus
long séjour, la capitale de lile et seshabitans aux désastres dont ils étaient ménacés,
Santonax partit de Saint. - Domingue le
7 fructidor an 5: ses.collégues avaient
quitté la colonie avant lui, à
déjà
l'exception
de Raymond, mulâtre, dévoué à Tonssnint-Louverture, et auquel ce chef des
noirs, pour conserver quelguesapparences,
voulut bien confier
administration de la
colonie après le départ de; Santonax,
Cependant Toussaint t Lonvertare, prévoyant que le. coup. d'éclat quil venait
d'exécuter à Pégard.du cammissaire français, ne manquerait pas de ptoduire une
forte
à
déjà
l'exception
de Raymond, mulâtre, dévoué à Tonssnint-Louverture, et auquel ce chef des
noirs, pour conserver quelguesapparences,
voulut bien confier
administration de la
colonie après le départ de; Santonax,
Cependant Toussaint t Lonvertare, prévoyant que le. coup. d'éclat quil venait
d'exécuter à Pégard.du cammissaire français, ne manquerait pas de ptoduire une
forte --- Page 37 ---
(25)
sensation à Paris,et craignant que sa
forte
trop ouvertedémarche, en le dévoilant
n'élevât contre lui des soupçons quil
ment,
alors de faire naître 2
était trop dangereux
trois comse hâta de faire passer en France
a
un mulâtre, et le citoyen
missaires, un noir,
étaient
officier de génie: Ces agens
Vincent,
Santonax,
d'accuser en son nom,
chargés
directoire commeayant
et de le dénoncer au
de Saintl'indépendance
voulu proclamer
le chefs suprème
Domingue, et se constituer
de cette colonie.
se souvient avec quelle
Tout le monde
et
dénonciation fat accueillie
facilité cette
comme- un fait incontestable.
propagte
triompha : sa conTotsnint-Lauverture
publiquement; on le regarda
duite fut'louée
de la colonie,
de nouveau comme le sauveur
lui-mème, pour lui prouet le directoire
2 lui
satisfaction et sa reconnaissance,
ver sa
habit richement brodé,
fit présent d'un
paires
sabre, et de plusieurs
d'un superbe
--- Page 38 ---
(26)
de pistolets de la manufacture de
Versailles.
Tandis que Tonsaint-Louvestire rémportait par ses agens a ce triomphe décisif
en Franee, il forgait, par 2 ses intrigues
et "par ses: violences 5 le commissaire
Raymond à iadhotmehsdeidunis
arbitraire de la colonie.
Cet agent, vendu d'abord, comme nous
l'avons dit, au parti de Tousaint-Tionverture,s s'était avisé, dès qu'il s'était vu en
place, ,d'affecter
de
Findépendanice 2 démander compte des sommes qui devaient exister dans les caisses' du
gouvernement au
départ de Santonax, et de lutter en quelque sorte contre les volontés du
chef. Il n'en avait
général en
pas fallur d'avantage
pour appeller sur lui toute Panimadversion
de Twsssint-Louverturs
Uajour, la garnison du Cap;q qui n'avait: pas réçu de solde
depuis le départ de Santonax, sé souleva;
des émissaires secrets
dirigèrent son mécon-
devaient exister dans les caisses' du
gouvernement au
départ de Santonax, et de lutter en quelque sorte contre les volontés du
chef. Il n'en avait
général en
pas fallur d'avantage
pour appeller sur lui toute Panimadversion
de Twsssint-Louverturs
Uajour, la garnison du Cap;q qui n'avait: pas réçu de solde
depuis le départ de Santonax, sé souleva;
des émissaires secrets
dirigèrent son mécon- --- Page 39 ---
( 27.)
tentement et sa fureur. contre le commiseffrayé des dangers
saire Raymond. qui,
de déposer dans
qu'il courait 3. s'empressa,
les mains du général, les rênes d'une administration devenue trop. orageuse pour lui.
Ce dernier sacrifice ne fut pas. sans une
récompense apparente. Toussint-Louver
ture le fit nommer député au corps législatif pour l'an 6,et le fit passer en J France
avec ce titre, se mettant peu en peine des
résultats de sa nomination, pourvu qu'il
vint à bout de se défaire d'un homme. qui
avait osé penser un instant à lui résister,
Cependant le directoire exécutif, tout
louant la conduite de Toussaint - Louen
de
verture, avait pourvu au remplacement
-
Son choix était tombé sur le
Santonax,
Hédowrille, c'est-à - dire, sur
général
moPhomme qui, par. son. irréprochable
ses talens militaires et par la
ralité, par
plus condonceurde ses principes, pouvaitle
tribuer à réparer les désastres des colonies, --- Page 40 ---
(28)
et honorer en même temps la
portante qui lui était
place imconfiée,
: Mais ces titres si précieux étaient
cisément ceux qui devaient le rendre odieux préà Tounsint-Lonverture
Comment un magistrat fortement pénétré de
et des dévoirs de sa place; LP'importance
administrateur
comment un
probe, sévère, ami de son
pays, et accoutumé à juger les hommes,
anrait-il pu exister long-temps à côté d'un
homme fourbe, ambitieux,
trahissait la France,
dissimulé, qui
et qui visait à Pusur:
pation de Pautorité suprème?
Le commissaire
Hédouville, en
au Cap, n'y trouva
arrivant
pas Toussaint-Louver.
ture; ce général était alors
opération militaire
occupé à une
dont les circonstances
méritent d'être racontées, non seulement
parce qu'elles sont liées avec la
du général Hédouville,
1. disgrace
mais parce qu'elles
mettent en évidence un trait
de la perfidie der. Toussaint- remarquable
Louverture.
Pautorité suprème?
Le commissaire
Hédouville, en
au Cap, n'y trouva
arrivant
pas Toussaint-Louver.
ture; ce général était alors
opération militaire
occupé à une
dont les circonstances
méritent d'être racontées, non seulement
parce qu'elles sont liées avec la
du général Hédouville,
1. disgrace
mais parce qu'elles
mettent en évidence un trait
de la perfidie der. Toussaint- remarquable
Louverture. --- Page 41 ---
(29)
avançait vers le terme
Plus ce chefdesnoirs
devait être consommée, plus
où sa trahison
intérêts les.
il cherchait à mettre dans ses
ennemies de la France; et sous
puissances
PAngleterre
ce rapport, on doit juger que
était celle dont il récherchait avec le plus
C'est dans ces circonstances
de soinl'appui.
à
que le général anglais Mayland proposa
Pévacuation de SaintTousainb-Louverturel
de Jérémie, du
Marc, du Port-au-Prince,
Môle, et autrés places dont PAngletérre
à Saint-Dominétait encore en possession
Cette proposition ayant été commugue.
Hédouville, celui-ci, en
niquée au généràl
d'agent direct de la république,
sa qualité
réservant néans'empressa de T'accepter, se
moins de traiter avec les clauses et la:diconvenaient au gouvernement qu'il
gnitéqui
Cette réserve
avait Phonneur dereprésenter.
les émigrés colons qui se trouvaient
effraya
les anglais; ils
dans les places occupées par
tlesproclamations
déchirèrent publiquementl --- Page 42 ---
(30.)
du commissaire français, firent
rompre les
préliminaires, et déclarèrent
laient reconnaître
qu'ils-ne vou:
que
ture, et
Toussint-Louver
qu'ils n'entendaient traiter
lui. En effet, la
qu'avec:
capitulation, telle,
plut au général
qu'il
Mayland et aux colons
émigrés de la dicter; fut consentie
clue, sans la
et condouville,
participation du général H6
entre
le général
Tauesint-Lonverture et
anglais (7).
:
C Après cet acte d'une trahison aussi
dente,
éviTwsisaint-Lomverture se. rendit au
Mole, où il fit une entrée dont.la
était sans doute une dérision de la pompe
ceux qui avaient tant de
part de
sujets de le mé.
priser (8.). Il : fut reçu à la principale
porte, sous un dais, et conduit au milieu
des acclamations et au bruit du
jusqu'au gouvernément. Là
canon,
fique lui fut
un repas magnidonné; les troupes anglaises
manceuvrèrent ensuite en sa' présence, et
enfin, le général Mayland lui fit
présent,
dérision de la pompe
ceux qui avaient tant de
part de
sujets de le mé.
priser (8.). Il : fut reçu à la principale
porte, sous un dais, et conduit au milieu
des acclamations et au bruit du
jusqu'au gouvernément. Là
canon,
fique lui fut
un repas magnidonné; les troupes anglaises
manceuvrèrent ensuite en sa' présence, et
enfin, le général Mayland lui fit
présent, --- Page 43 ---
(31)
au nom du roi d'Angleterre; d'une' pièce
de canon de bronze:
fait au gouvérne1 Cependant loutrage
dans la
de son
ment français, 3
personne
subsistait et occasionnait les muragent y
sincèrement atmures de ceux qui étaient
tachés à la France ; pour les faire cesser 5
et pour avoir en même'tems un; prétexte de
le général Hédouville en Europe,
renvoyer
imagina de le: faire
MTousnint-Lauverture
comme un ennemi secret des noirs,
passer
Pintention de les replonet comme ayant
il
dans Pesclavage. En conséquence 9
gerle commissaire français un
fit adopter par
sur la culture dont il avait luiréglement
même posé les,bases: dès que ce réglement
de Tousfut publié, les agens stipendiés
Chritophe et
saint - Louverture, Moyse,"
de crier à la
autres, ne manquèrent pas
et à la violation dé tousles droits
tyrannie,
naturels de Phomme : l'acte réglementaire
à la
fut représenté comme attentatoire --- Page 44 ---
(32)
liberté des noirs, et la vie du
Hédouville fat
général
menacée. C'est alors
cet agent eut la' douleur de
que
de ses
perdre deux
aides-de-camp qui furent massacrés
près de la ville de
Saint-Marc, au moment
où ils revenaient d'une
mission oflicielle'
aux Cayes, pour se rendre au Cap.
Tant de sujets d'amertume
et de chagrins, joints aux violences dont le
Hédouville était ménacé
général
dela part de Tous:
saint-Louverture, qui s'avançait à la tête de
son armée, menaçant de
Pexterminer avec
tous les blancs de la colonie, le
décidèrent
enfin à repasser en France,
en nivôse an 7,
après trois mois de résidence
au
ne
Cap. Qui
déplorerait pas ici la force des
tions qui existaient
prévenen faveur de TonssaintLouverture 2 dans le sein du
gouvernement
français! Ni Pintégrité reconnue du
général
Hédouville, ni ses plaintes
motivées, ne
purent ouvrir les yeux du directoire.
Sur
ses traces 7 parut de nouveau le colonel
Vincent,
ivôse an 7,
après trois mois de résidence
au
ne
Cap. Qui
déplorerait pas ici la force des
tions qui existaient
prévenen faveur de TonssaintLouverture 2 dans le sein du
gouvernement
français! Ni Pintégrité reconnue du
général
Hédouville, ni ses plaintes
motivées, ne
purent ouvrir les yeux du directoire.
Sur
ses traces 7 parut de nouveau le colonel
Vincent, --- Page 45 ---
(-33)
Vincent, agent fidèle de Tousaint-Lous
en osant accuser le commisverture, , qui,
voulu - renverser
saire Hédouville d'avoir
la liberté des noirs, d'être un ambitieux,et
d'avoir abusé des fonds publics, eut Padresse
de détourner Pattention du gouvernement
u dessus le véritable coupable, et de faire
de
le
vertueux
peser, les soupçons, sur
citoyen
de sa mission-que le senqui ne remportait
et des souvenirs
timent de son intégrité
douloureux.
Santonax, et
Cependant le commissaire
Hédouville, avaient
sur-tout le général
des partisans nomlaissé à Saint-Domingue
pendant leur administration,
breux qui,
osé défendre leurs intérêts et s'opavaient
violences de Toussaint-Louverposer aux
chasser de Pile.; ces hommes
ture 2 pour les
; le général
généreux avaient été remarqués
le jour de ses
en chef les réservait pour
:1
Maître. de lile après le départ
vengeances.
plus le cours
a'Hédouville, et rien n'arrétant --- Page 46 ---
(34)
de ses fureurs, 2 ilrésolut del les
ses
immolera
ressentimens. La plupart Inrentarretés,
jetés dans lés fers ,et bientôt
comme
après' fusillès,
partisans dela France. Du nombre:
de ces victimes de
:
leur patriotisme, furent
le chef de brigade Barthélemi du
le général det brigade Pierre
Limbé,
Michel, Bijouz
Moline, Edouard Collot - 7. Pierre
juge au tribunal criminel, et
Paut,
Christopha
Mornai, chef de brigade. D'aitres furent
noyés pendant Ia nuit, dans la rade de
Saint-Marc; on compte parmi ces' derniers
Noël Liéveillé, colonel du 3e. régiment,
officier aussi recommandable
militaires
par ses talens
que par son. attachemeat à la'
mère patrie: les regrets que lui donnèrent
ses soldats, dont it était
fu0
Tidole, appelérent
sur eux la vengeance du
le régiment : fut
général -!
en : chef:
tôt après licencié. renvoyé au Mole,et bienQue d'autres victimes' auraient été immolées danis ce moment que le féroce
é, colonel du 3e. régiment,
officier aussi recommandable
militaires
par ses talens
que par son. attachemeat à la'
mère patrie: les regrets que lui donnèrent
ses soldats, dont it était
fu0
Tidole, appelérent
sur eux la vengeance du
le régiment : fut
général -!
en : chef:
tôt après licencié. renvoyé au Mole,et bienQue d'autres victimes' auraient été immolées danis ce moment que le féroce --- Page 47 ---
(35.)
ahicainavait choisi pour savosrer. à loisir
les charmes de la, vengeance, siz pressentant
leur malbeur., elles n'cussent pas, préferé
d'abandonner leurs, familles et, leurs a propriétés, plutôt que. de s'exposert à devenir
les objets de sa, fureur!
Tosaint-Lanventare ne marchait plus
dans la-carriere delson, ambisourdement
livrait à la mnort les amis
: tion : tandis. quil
à se lier avec lés
de la France, il cherchait
qui faisaient la guerre à Jarépupuissinces
On lit
blique, et à s'en faire un: appui:
Chronicle, sous la. date
dans. le Morning
du.18 thermidor an 7, un paragraphe qui
à Londres
prouve que ses négociations,
dern'avaient pas été sans-eftet, & Samedi
nier, dit.ce journal, 27 juillet, le généril
vient d'arriver dans la dernière
Mayland
à
flotte de la Jamaique. Nous apprenons
lecteurs
cet officier distingué a
nos
que
avec
partaitement réussi dans sà négociation
Tusmaine-Lonvesture . Il a mis nos rela- --- Page 48 ---
(36)
tions commerciales avec cette colonie
un pied qui nous assure tous les
sur
commerciaux'
avantages
que . nous sommes en droit
d'en attendre; et cela sans
en rien la sûreté de nos colonies. compromettre
En citant ce
paragraphe, notre intention
n'est point d'accuser, ni de
sous un jour défavorable;
présenter ici
notre ennemie alors, avait PAngfetere.qui, le droit
testable de chercher
inconses avantages
où elle présumait
partout
qu'elle pourrait en obtenir, mais de démontrer la
fidie de
profonde perTieeaiat-Iourenure, qui, tandis
qu'il entretenait, par ses
le
nement
agens , gouverfrançais dans la plus parfaite sécurité,agisaitaupres des ennemisde la France
pour leur livrer la colonie.
Aprèsle général
Hédouville, Roume, qui 1
résidait à
Santo-Domingo en qualité d'agent
de la république française,
ordre
reçut
du
directoiré de se rendre au Cap ; et d'y
prendre les rênes de Padministration
rale.
géné-
qu'il entretenait, par ses
le
nement
agens , gouverfrançais dans la plus parfaite sécurité,agisaitaupres des ennemisde la France
pour leur livrer la colonie.
Aprèsle général
Hédouville, Roume, qui 1
résidait à
Santo-Domingo en qualité d'agent
de la république française,
ordre
reçut
du
directoiré de se rendre au Cap ; et d'y
prendre les rênes de Padministration
rale.
géné- --- Page 49 ---
(137)
tant d'infortunes
Ce nouvel agent, que
aux événemens
attendaient à son poste,dut
éclatèrent quelque temps après son
qui
le repos dont il jouit pen.
arrivée au Cap,
administra:
dant les premiers mois de son
loin de con-.
tion. Toussaint l Louverture,
la favorisa de tout
trarier son installation,
Son intention était d'employer
son pouvoir.
de
de son auet
s'étayer
son intervention,
avait déclarée à
torité dans la guerre quil
général du Sud, mulâtre. Les
Rigaud,
furent la suite de cette guerre
désastres qui
la colonie
intestine, plongeront long-temps
dans le deuil et dans
de Saint-Domingne
Les deux partis s'y' sont baignés
les larmes.
de leurs
séciproquement dans le sang
PrOconcitoyens. C'est pendant cette. guerre
près
a fait
Toussaint - Louverture
atroce que
les deux tiers de la population
amassacrer
et au Cap tous
mulâtre à Saint-Domingue, sous le titre
les noirs propriétaires désignés
la faction française. Rigaud yaincu se
de --- Page 50 ---
(38) )
sauva de la colonie avec sa, famille,
rendit en, France. En.
et se
entrant
dans le Sud,
triomphant
siller les
Tanssint-loauverturer fit fuplus intimes amis de
-sur la foi de ses.
Rigaud,qui,
promesses.
avaient pris le: parti de
solennelles;
se livrer àsacloaence,
1 Twsaiat-Bonvenure
à redouter d'an
n'ayant plus rien'
rival qui avait Osé menacer
sa pnissance, tourna toutes ses
côté.du
intrigues du
commissaire Roume, - dont Pexis:
fence politique devenait désormais
à ses projets. Une insurrection
inutile
fut fomentée
contre lui, à la suite: de laquelle
la
Pagent de
république française fut arrêté et conduit
au camp de Breda. L'exécuteur de
attentat inoui, de cette violation
cet
de toute
espèce de droit de gens; fut le
général de
brigude Moyse, neveu de
P
Tonssaint-Louverture , et alors son confident intime:
Roume , détenu prisonnier au camp : de
Bredayy resta pendant neufjours
exposé
omentée
contre lui, à la suite: de laquelle
la
Pagent de
république française fut arrêté et conduit
au camp de Breda. L'exécuteur de
attentat inoui, de cette violation
cet
de toute
espèce de droit de gens; fut le
général de
brigude Moyse, neveu de
P
Tonssaint-Louverture , et alors son confident intime:
Roume , détenu prisonnier au camp : de
Bredayy resta pendant neufjours
exposé --- Page 51 ---
(39 )
et aux violenices.
auxinsnltes, aux outrages
Louverture :
de Toussaint -
des créatures
passasént sous ses yeux;
quoiqueces scènesse
ài les
lee général en chef ne songea:
jamais
intention était de" lassen
faires cesser : son
français, et -
de.
le courage du commissaire sacrifice
afin d'en arracher lequ'ib
Peffrayor
de lui Enfin après neuf
se proposait d'exiger
Moystse
joura de souffrances et d'alarmes;
de lui donnersoil
présenta à lui, et losomma
consentement par écrit : pour la possession: qui
de la, partie des colonies. espagnoles traité de
avait été cédée à la France par. le
française et
paix conclu. entre la république
catholique. le. roi d'Espagnex
sA majesté
Tagent français vit;
A cette proposition il avait été: entrainé:
Vabyme dans lequel
caractère.
résolu néanmoins, de sonteuir son
la fin,
et de rester, fidèle à ses devoirsjusqua à une
ilr répondit qu'il.ne pouvait souscrire
de le fusiller
pareille demande: : on.menaça
femine et ses enfans ; ces menaces
luiSA --- Page 52 ---
-
(40)
ne Pintimiderent point.
a
Furienx de sa résistance, ses oppresseurs déployèrent vainement à ses yeux P'appareil du
supplice; tant
qu'il ne fut question que de ses
propres
dangers et de ceux de sa famille, Pinfortuné Roume persista
courageusement dans
son refus 3 mais quand il entendit les vociférations et les cris des noirs qui demandaient avec sa mort le massacre de tous les
blancs de la
coionie, 2 si le commissaire
français n'acquiesçait pas aux voeux de leur
général 2 5 sa férmeté
l'abandonna, , êt il
promit tout ce qu'on désirait de lui.
Entouré de Pappareil d'hne
I
force armée
menaçante 1 et furieuse, 2 le malheureux
Roume écrivit, d'une main. tremblante,
et la mort dans le cceur., sous la dictée
de Toueadiat.borrenure,a, Dom-Joachim
Garcia à santo-Domingo, pour Pinviter a
livrer la partie espagnole comprise dans le
traité de paix, au général en chef des
armées
ait de lui.
Entouré de Pappareil d'hne
I
force armée
menaçante 1 et furieuse, 2 le malheureux
Roume écrivit, d'une main. tremblante,
et la mort dans le cceur., sous la dictée
de Toueadiat.borrenure,a, Dom-Joachim
Garcia à santo-Domingo, pour Pinviter a
livrer la partie espagnole comprise dans le
traité de paix, au général en chef des
armées --- Page 53 ---
(4t)
ou à sa première
armées de Saint-Domingue,
réquisition.
d'abord
Dom-Joachim Garcia, 2 protesta
hautement contre cette invitation du commissaire n français ; mais se voyant menacé
> il
d'invasion * par Tousinc-Lauvertuse
Paffaire en'longueur, afin
chercha à traîner
-
d'avoir le temps de prévenir son gouverIl demanda
nement de ce qui'se passait.
la
trois mois pour évacuer
en constquence
Toussaint
espagnole dont il s'agissait.
partie
de consentir à ce délai;
Louverture feignit
Dom-Joachim Garcia, se
mais tandis que
attendait en paix
reposant sur'sa promesse,
tout à
la réponse de son gouvernement;
il fut informé que les généraux Paul,
coup
et d'Hebe-,
frère de Toinsint-Loprenture,
armée
à la tête d'une
cour s'avançaient
de dix mille hommes sur Santo - Domingo
pour s'en emparer.
ne.
4 Surpris et déconcertés 2 les espagnols
résistance; répotissés
firent pas une longue
--- Page 54 ---
(42)
ils évacuèrent Santo-Dode toutes parts,
dans lés iles de
mingo , et se retirèrent
Cuba et de Porto-Rico--Après cette expédition, qui mit Toneatint-Louverture en
qu'il
possession de : la partie espagnole
convoitait, le trop malheureix Roume $
et
fut arraché de - son gouvernement 3t
conduit dans une petite ville de Tintérienr,
Dondon, ou il resta dans les fers près
au,
rendu aàl la: liberté y depuis
de sept mois :
cs
la nouvelle d connue à Saint-Domingne
expédition- contre cette ile,i il-s'est
d'une
états-unis d'Amérique, e, enattenretiré aux
favorable de se. rendre en
dant le moment
France.
Tonssaint - LouDepuis cette époque,
maitre absolu . de la colonie;
verture,
n'a cessé d'y exercer. , une tyrannie: aussi
intolérable dans ses moyens, qw'aflreuse
dans ses excès. A la suite des derniers trou-,
agité la; partie du
bles. qui ont. beaucoup
nord,et oii, près de six cents blancs ont
is d'Amérique, e, enattenretiré aux
favorable de se. rendre en
dant le moment
France.
Tonssaint - LouDepuis cette époque,
maitre absolu . de la colonie;
verture,
n'a cessé d'y exercer. , une tyrannie: aussi
intolérable dans ses moyens, qw'aflreuse
dans ses excès. A la suite des derniers trou-,
agité la; partie du
bles. qui ont. beaucoup
nord,et oii, près de six cents blancs ont --- Page 55 ---
(43)
il a fait fusiller son propre
été saorifics,
Pagent secret de
rieveu, le général Moyse,
tous les
ténébrenses,et
toutes ses intrigues
domestiques
gérans,
noir's commandeurs; blancs avaient été
des habitations ou les
égorgés.
plus qu'un dernier
51 Enfin,il ne manqmait
de- cet afriacte au succès de Pambition solennelleforcené: Cétait de briser
cain
attachaient la colonie
ment les noeuds qui
par des
de proclamer
à la mère patric,
et de se
son indépendanco,
actes publics
de cette- partie
constituer le chef suprême
devait
monde. Ce dernier attentat, qui
du
cette dermettre le comble à sa trahison,
depuis si longnière démarche préparce
scellée
milieu de tant de forfaits,
temps au
a été exécutée
du sang de tant de vietimes,
lon
C'est alors qué
le 13 messidor an 9:
constitution de
cette étrange
a vu paraitre
colonie française de satat-Deningne.qsi.
la
quelques relations
conserver
en paraissant --- Page 56 ---
(44)
entre - la métropole et la colonie,
les a
toutes anéanties, et pour jamais.
O. honte! 6 puissance de
loppression!
Et c'est le nom de
d'un
Towssine-lauventune,
homme vieilli dans les plus exécrables
forfaits, dégoûtant du sang de Pinnocence,
méprisé, abhorré de toutes les nations, c'est
le nom d'un compagnon du féroce
Biassol,
d'un vil assassin de ses
bienfaiteurs, d'un
parjure à tous les partis, d'un
hypocrite
couvert du manteau de. la religion
mieux assurer ses projets
pour
ambitieux, c'est
le nom d'un tigre toujours avide. de
et de
sang
carnage, qui couronne cette constitution sacrilége!
h Non, les habitans de Saint -
Domingue,
ces noirs surtout. qui doivent à la France
le bienfait inappréciable de leur liberté,
qui tant de fois ont versé leur
la défense de leur mère
sang pour
patrie, qui ont
signalé par tant de valeur et par des sentimens si généreux, leur retour à leurs
pour
ambitieux, c'est
le nom d'un tigre toujours avide. de
et de
sang
carnage, qui couronne cette constitution sacrilége!
h Non, les habitans de Saint -
Domingue,
ces noirs surtout. qui doivent à la France
le bienfait inappréciable de leur liberté,
qui tant de fois ont versé leur
la défense de leur mère
sang pour
patrie, qui ont
signalé par tant de valeur et par des sentimens si généreux, leur retour à leurs --- Page 57 ---
(45)
droits naturels; ces noirs qui se : montrent
sensibles énvers léurs amis, quiis sont
aussi
terribles envers ceux qui lés oppriment;
avoir consenti à une
ces, noirs ne peuvent
bienconstitution qui les sépare de leurs
faiteurs, , qui les arrache à une patric dont
met ala merci
ils sont les enfans,et quiles
farouche dont ils ont tant de
d'un tyran
Cette constitation
fois épronvé. les fureurs.
-
leur ouvrage, - ni celui des paisir
n'est pas
bles et honnêtes habitans de Saint-Dominc'est Peeuvre de quelques factieix qui,
gue;
les commande,
réunis autour du chef qui
avoir jeté. Peffroi dans tous les coeurs,
après
leur volonté à la place de
ont osé mettre
le code
la, volonté da peuple, et présenter
affermissait leur ambition personnelle,
qui
le voeu de la majorité des citoyens (9).
pour
qui s'est écoulé depuis la
L'intervalle
de Tacte public qui ia mis en
pablication
évidence la trahison de Tonssnint-Louver
ture, jusqu'à l'époque de Pexpédition tentée --- Page 58 ---
(46)
contre lui, prouve trop hantement en faz
veur du gouvernement français,
nous : cherchions à ajonter
pour que
ici; par des
réflexions personnelles; au sentiment universel qui le proclamé ossentiellement
pacis
ficateur. Qué n'a pas tenté lepremier consul"
pour rattacher à Thonneur, à ses devoirs;
aux intérêts de la mère
patrie, et à ses
propres intérêts même, cet homme qui;
peut-étre, aeule stupide orgueil de
dre pour le langage de
prende la clémence
T'impuissancey celui
et de Phumanité? Ce n'est
que lorsque tous les moyens de conciliation
ont été épuisés, que
P'expédition a été rés
solue; et encore, avec. quelfesprit de
cette dernière tentative
paix
faite! Ces
n'a-t-elle pas été
vaisseaux quiportaient dans leurs
flancs la foudre et la mort,
pour châtier
un rebelle, portaient aussi les gages les
sacrés de la bienveillance du
plus
gouvernement
français : avant d'atteindre parla force celui
qui avait appelé sur sa tête Pindignation
isés, que
P'expédition a été rés
solue; et encore, avec. quelfesprit de
cette dernière tentative
paix
faite! Ces
n'a-t-elle pas été
vaisseaux quiportaient dans leurs
flancs la foudre et la mort,
pour châtier
un rebelle, portaient aussi les gages les
sacrés de la bienveillance du
plus
gouvernement
français : avant d'atteindre parla force celui
qui avait appelé sur sa tête Pindignation --- Page 59 ---
(47).
nationale, les dépositaires de la vengeance
devaient chercher à le-ramener
publique
le
sensible au coeur de
par le. bienfait plus
Thomme qui n'a pas foulé aux pieds les
sentimens de la nature, en remettant dans
ses bras ses deux fils, depuis si long-temps
séparés de leur père, et élevés si généreumilieu dune nation qu'il trasement au
hissait.
Mais ni la, clémence du gouvernement
ni les preuves, touchantes de sa
français,
bienveillance, n'ont pu ramener cet africain
accontumé, sans doute, au.
farouche, trop
d'unet tyrannie
brigandage, et anxjonissances
rentrer sous un ordre de
sanguinaire, pour
aurait mis un frein à son amchoses qui
à tant de
bition dévastatrice. En répondant
de clémence, par la trahison,.
témoignages
Toussaint-Loule massacre et. Pincendie,
verture a mis le. comble à ses forfaits,et
pacifiqnes du
un terme aux dispositions
français.: c'est à la valeur,
gouvernement --- Page 60 ---
(48) y
maintenant, et au courage, à terminer cette
lutte scandaleuse. Puisse la victoire, si longtemps fidèle à. la cause de la république
française, la seconder encore dans cette
entreprise! Puisse surtout le génie de son
chef, planer surics opérationsde cetteguerre
pour en accélérer le terme et faire cesser
l'effusion 1 du sang des republicsinsfrangais,
que tant d'ennemis secrets voudraient peutêtre voir couler toft entier!
PORTRAIT
, et au courage, à terminer cette
lutte scandaleuse. Puisse la victoire, si longtemps fidèle à. la cause de la république
française, la seconder encore dans cette
entreprise! Puisse surtout le génie de son
chef, planer surics opérationsde cetteguerre
pour en accélérer le terme et faire cesser
l'effusion 1 du sang des republicsinsfrangais,
que tant d'ennemis secrets voudraient peutêtre voir couler toft entier!
PORTRAIT --- Page 61 ---
FORTRAIT
D E
TONRAINT-LORMIATUE
est d'uné
Termaer-tasvesese.
médiocre, et d'une complexion foible
taille
il a l'ocil vif; son regard est
en apparence;
Sobre par caractère, rien
rapide et] pénétrant
activité avec
ne met obstacle à Pinfatigable de: ses
il travaille au succès
pror
laquelle
bien à cheval, et marche
jets;. il monte
sans se fatiguer; prestoute une journée
il arrive seul, ou presque seul,
que toujours
terme de ses courses. 2 ses aides-de-camp
au
n'ayant pu le. suivre
ou ses domestiques souvent de cinquante
pendant une marche
avec une rapisoixante lieues, exécutée
ou
touIl se couche presque
dité inconcevable.
de temps au
habillé, et donne très-peu
jours
--- Page 62 ---
(50) (
sommeil et- à ses repas. Son habit ordinaire
est celui de général; sa tête est
toujours enveloppée d'un fichu, et par dessus, il porte
le chapeau militaire. Son humenr est sombre
et taciturne; il parle peu, *
et très-mal, la
langue française. Toutes ses actions sont
couvertes d'un voile dhypocrisie si
proTond, que quoique sa vie entière soit une
suite continuclle de trahisons et de perfidies, il a encore Part de
tous
in
tromper
ceux
qui P'approchent, sur la
de
-
pureté
ses sentimens. Le marquis dHermona, cet oflicier
espagnol distingué, dont nous avons déjà
parlé, disait de lui, R que si Dieu
descendait
sur terre, il ne pourrait habiter un - - coeur
dont les apparences fussent plus imposantes
que celui'de Tuasaint-Louverture (To).
"Son caractère est un mélange affreux de
fanatisme et de penchans atroces; il passe
froidement de l'autel au carnage, et de la
prière aux sombrés combinaisons de la perfidie. Il marche toujours escorté de prêtres, --- Page 63 ---
(5r)
lesquels il affecte une grande vénépour
ordinaire:
ration; ce sont eux qui rédigent
: il avait en dernier
ment ses proclamations
un prêtre italien,
lieu trois confesreurs,
Martini, le curé du Cap, et Pabbé
nommé
résidant dans cetle ville. Au reste,
Moliere,
dehors de dévotion ne sont qu'un
tous ces
dont il a cru nécessaire de couvrir
masque
sentimens dépravés de son coeur, pour
les
commander avec plus de succès à Paveugle
crédulité des noirs. S'il pousse plus. loin
à cet égard, et ii est capable
son hypocrisie
de doute
de ce dernier trait, il n'y a pas
la haute idée que les noirs ont
qu'avec
:
Pende lui, et secondé par les prêtres qui
il ne parvienne à se faire regarder
tourent,
et à commander les plus
comme inspiré,
du ciel. Toushorribles forfaits, au nom
ne veut ni
saint-Louvertures au surplus,
de la liberté des noirs, ni de la dominablancs; il déteste à mort les
tion des
;
ie
de doute
de ce dernier trait, il n'y a pas
la haute idée que les noirs ont
qu'avec
:
Pende lui, et secondé par les prêtres qui
il ne parvienne à se faire regarder
tourent,
et à commander les plus
comme inspiré,
du ciel. Toushorribles forfaits, au nom
ne veut ni
saint-Louvertures au surplus,
de la liberté des noirs, ni de la dominablancs; il déteste à mort les
tion des
; --- Page 64 ---
(52)
mulâtres, dont il a presqne éteint
la
race; il méprise les siens, qu'il fait servir
d'instruméns à ses vues
ambitienses, et
dont il ordonne froidement le
dès
massacre,
que son pouvoir se trouve un instant
menacé. Il a abusé de la confiance de
premiers bienfaiteurs, il a trahi
ses
il a trahi les
son parti,
espagnols, PAngleterre, les
mulâtres, les blancs, la France
sous le
gonvernement des rois, la France républicaine, , le sang, sa' patrie, et la religion
feint de
qu'il
respecter; tel est le portrait de
Tuussint-Lonventare, dont Ia vie, écrite
avec plus de détail, sera un
exemple frappant des crimes oùr peut conduire l'ambition, quand la probité,
2 Péducation et
Phonneur n'en répriment pas les excès. --- Page 65 ---
PRE M I E R E S
OPBRATIONS MILITAIRES
D U
:
GÉNÉRAL LECLERC,
SAINT-D OMIN G U
L'INPORTANCE des événemens qui se
au, débarquement des trousont développés devant la ville. du Cap, et la
pes françaises
ont avec le caracliaison naturelle qu'ils
tère, tracé dans cet ouvrage, de Toussaintà terminer la
Louverture, nous engagent
vie de ce rebelle, que Phistoire mettra
:
des monstres les plus
désormais au rang
exécrables, par les premières opérations
militaires qui ont été tentées contre lui
Leclerc, chargé en chef de
par le général
T'expédition de Saint-Domingue.
la nécessité seule
Cette expédition, que --- Page 66 ---
(54)
semble avoir arrachée aux intentions
pacifiques du gouvernement
français, mais qu'il
devait à sa dignité, à sa
puissance, et à
Phonnenr national, de tenter, avait été
précédée, comme nous l'avons dit,
toutes les démarches
par
possibles de conciliation : tout le monde connaît
maintenant la
lettre que le premier consul
Bonaparte
écrivit dans le mois de brumaire
an IO, à
Tousaint-Lonventure, et la proclamation
dont il
Paccompagna, pour les habitans de
Saint-Domingue, Ces denx monumens de la
bienveillance du gouvernement
français, oà
le pardon éclate à travers les
expressions
de la bonté la plus touchante; où les
retours
d'un remords cruel sont prévus ét d'avance
adoucis; où tout ce qui est grand et généreux est reconnu, exalté avec soin, et ou
tout ce qui est criminel est si fort pallié.
Ces deux monumens de tendresse
paternelle, et en même temps de dignité nationale, sont entre les mains de tout le monde,
gouvernement
français, oà
le pardon éclate à travers les
expressions
de la bonté la plus touchante; où les
retours
d'un remords cruel sont prévus ét d'avance
adoucis; où tout ce qui est grand et généreux est reconnu, exalté avec soin, et ou
tout ce qui est criminel est si fort pallié.
Ces deux monumens de tendresse
paternelle, et en même temps de dignité nationale, sont entre les mains de tout le monde, --- Page 67 ---
(55)
et passeront à la postérité la plus reculée,
d'infanie et d'opprobre ceux
pourycouvrir
qui en ont méconnu le langage et repoussé
les intentions.
C'est le 9 pluviose au matin que Pescadre
française, portant P'armée destinée a l'expél'amiral Villaret,
dition, et cemmandée par
arriva au Cap Samana après 46 jours de
traversée. Le IO, l'amiral reçut, par la
avait expédiée à la
frégate la Syrène qu'il
Guadeloupe, les détails d'une insurrection t.
arrivée dans cette colonie. Cette nouvelle,
jointe à d'autres avis indirects sur les mouavaient agité les Antilles à la
wemens qui
mbmneipope,ingindaent aux généraux une
méfiance sur P'accueil qui leur était
juste
le
Leclerc
zéservé; en conséquence , général
s'empressa d'expédier pour Santo-Domingo,
Kerverseau, avec sa division,
le général
une cons*
afin d'étouffer dans son principe, 2
générale, si elle avait lieu.
piration
Pescadre continua
Ces mesures priscs, --- Page 68 ---
/
(56)
sa route, et arriva le II à la hauteur de
la Grange, où l'armée navale etles
de terre furent
troupes
partagées en trois divisions.
La première, aux ordres du. contre-amiral
Latouche, futdestinée à débarquer au Portau-Prince, un corpsd'armée commandé
le général Boudet; la seconde devait par
aller,
sous les ordres du capitaine Magon, débarquer à la baie de Mancenille, la division
du général Rochambeau, et seconder son
attaque sur le fort Dauphin : la troisième,
composée des forces que le général Leclerc
s'était réservées, fut destinée à s'emparer
de la ville du Cap et des quartiers voising.
Le 13 au soir, tuus les versemens des
troupes étant terminés, et toutes les dilpositions achevées, Paniral donna le signal
au contre-amiral Latouche et au capitaine
Magon, d'exécuter leur mission; et le 14
au matin, il se présenta lai-même devant
la ville du Cap, avec le reste de l'armée.
La rade du Cap, dont Paccès est: difficile
pour
, fut destinée à s'emparer
de la ville du Cap et des quartiers voising.
Le 13 au soir, tuus les versemens des
troupes étant terminés, et toutes les dilpositions achevées, Paniral donna le signal
au contre-amiral Latouche et au capitaine
Magon, d'exécuter leur mission; et le 14
au matin, il se présenta lai-même devant
la ville du Cap, avec le reste de l'armée.
La rade du Cap, dont Paccès est: difficile
pour --- Page 69 ---
57) 1
ordinaires, n'est pas
pour les batimens: vaisseaux de ligne :
sans danger , pour les
qu'avec
Pentrée d'ailleurs n'en est possible,
s'elève regulièrement
la brise du large, qui
: souffle une
heures du matin, et
vers onze
la nuit. L'amiral ordonna
grande partie de
PUranie,
la Clorinde et
donc aux frégates
à
1 cutter PAiguille, de se présenter
et au
d'observer, si la passe
Pentrée de la rade,
l'état
baliste, et de reconnaître
était encore
firent inutiLes frégates
des fortifications.
et le
lement les signaux de réconnaissance,
engagé dans' la passe, 2 le fort
cutter s'étant
Piccolet tira sur lui à boulet rouge.
un mulâtre nomme
Sur ces entrefaites,
fonctions de
Sangos, exerçant au Cap les
arriva à bord du vaiscapitaine de port,
français
seauamiral, et déclara au général
noir Christophe,
de la part du général
retour d'un
si on refusait td'attendre le
que,
courrier expédié à Touasint-lanvertise,
linstant oà l'escadre se dirigerait vers
dès
--- Page 70 ---
(58 )
la passe, tous lcs blancs de la ville
seraient
nuaesacrés, et la ville elle-mème livrée
llammes.
aux
Le général Leclere,
lution si féroce
persuadéqueune résone pouvait être inspirce
que par: des craintes
injurieuises : pour le
gouvernement français, écrivit à
pour lui faire connaître les
Christophe
veillantes
intentions biendu premier consul, - et tenter de
leramener en Péclairant sur ses devoirs de
militaire et de français. La lettre
àlaquelle
dugénéral,
ctaitjointungrandr dnombred'exemplaires de laj
fut
prodamationdappenicre consul,
portée au Cap par Penscigne de vaisseau Lebrun, qui, le lendemain,
la confirmation de ce
rapporta
qu'avait annoncé le
capitaine Sangos, c'est-à-dire, refus absolude: recevoir T'armée, ef résolution
d'incendier'la villeet
opiniâtre
cadre
lescampagnes, si' l'esavançait.
Une députation de la' ville du Cap vint
sur ces entrefaites 2 conjurer le général
ationdappenicre consul,
portée au Cap par Penscigne de vaisseau Lebrun, qui, le lendemain,
la confirmation de ce
rapporta
qu'avait annoncé le
capitaine Sangos, c'est-à-dire, refus absolude: recevoir T'armée, ef résolution
d'incendier'la villeet
opiniâtre
cadre
lescampagnes, si' l'esavançait.
Une députation de la' ville du Cap vint
sur ces entrefaites 2 conjurer le général --- Page 71 ---
(59).
Trançais de préndre en considération la
malheureuse, position des habitans de cette
cité;elle était composée du maire, du comf:
du curé et de
mandant de la garde nationale,
trois notables. Ces députés assurèrent qu'au
d'an.débarquement, la ville
premier signal
du Cap seraient incendiés, et
et la plaine
tous les blancs massacrés. Le général en
chef renyoya la députation, en ordonnant
au maire de lire à ses concitoyens la proclamation du premier consul, et de les
a les intentions. perfides de leurs
éclairer sur
chefs. La députation rentra en effet au Cap,
où le maire, César Télémaque, nègre vraifrançais, exécuta les. ordres di gement
néral en chef avec un zèle et un courage
héroiques.
connue des
Dans Panxiété où la résolution
noirs tenait les esprits, le général Leclerc
quelques proprit un parti qui présentait
favorables à Phumanité, et qui se
babilités
conciliaitavec Puniqueobjet de Pexpédition; --- Page 72 ---
(6)
il pensa qu'en portant toutes ses
tronpes
sur l'embarcadaire du Limbé, il aurait le
temps d'arriver sur les hauteurs du Cap,
avant que les noirs exécutassent leur atroce
dessein, au moins dans les campagnes. En
conséquence, tous. les versemens des troupes
nécessaires furent ordonnés, et le- général
fit route dans la nuit pour.Pembarcadaire
du
Limbé, Lec calme.ne lui permit pasmalhenreusement de.s s'y rendre avant le jour.
Cependantiteapédition ducapitainel J Magon
au fort Dauphin, avait parfaitement réussi:
Les noirs s'étaient
à
opposés son débarque:
ment dans la baie de Mancenille,
en criant:
Point de français! - Point de blancs! et
en
faisant des décharges de
mousqueterie sur
les canots; ; mais le capitaine Magon n'en
exécuta pas moins son
débarquement avec
autant d'activité que d'intelligence; et dès
que les troupes furent en marche sur le
fort Dauphin, il fit
appareiller sa division
avec la même rapidité, pour aller forcer
débarque:
ment dans la baie de Mancenille,
en criant:
Point de français! - Point de blancs! et
en
faisant des décharges de
mousqueterie sur
les canots; ; mais le capitaine Magon n'en
exécuta pas moins son
débarquement avec
autant d'activité que d'intelligence; et dès
que les troupes furent en marche sur le
fort Dauphin, il fit
appareiller sa division
avec la même rapidité, pour aller forcer --- Page 73 ---
(6r)
qui conduit
la passe étroite et dangercuse
Le calme enchaîna pendant quelà ce port.
Penheures son zèle et son courage.
ques
Rochambeau
le général
dant cctintervalle,
de tourner le fort Labouque
eut le temps
où les noirs se
et la batterie de TAnses
défendirent avec une extrême opiniatreté.
capitaine Magon
- Enfin, la brise permitau
de la ville;
devant le fort
un
de se présenter
de canon : deux
qui Paccueillit à coups
rendirent maître de cet Stablissevolées le
nombreuse,
ment, oû il trouva une artilierie
de
très-bon état; un amas considérable
en
et, ce qui ne laissait
minitions de guerre,
voile sur le plan concerté par
plus aucun
ordres écrits par le général
les rebelles, des
du fort, de
Christophe au commandant
la
.
contre les frangais jusqu'a
se défendre
couler àfond leurs
dernière eatrémilé, de
vaisseatiz, ets'il ne poivait se mainténir,
de mettre le fevi partout en se retirant.
Pattaque du fort Danphin
Tandis que --- Page 74 ---
(62)
s'exéeutait, le général en chef
vers T'embarcadaire du
s'avançait
Limbé;
le 16, trois heures
ily arriva
après midi : lenuemi
y avait une batterie; mais le
se fitavec une telle
debarquement
de
rapidité, que les
canon ne firent aucun mal. Lerg
coups
mit aussitôt en marche
général se.
les
vers le Cap. Toutes
habitatipns étaient
désertes, les cultiva-i
teurs s'étaient
sauvés; on leur avait fait
accroire les bruits les plus
avait
absurdes; on leur
dit'que Pescadre était composée d'es:
pagnols et d'anglais qui venaient
Pile et les passer au fil de Pépée. conquérir
Suivant les ordrès du général-en chef,
Pattaque de la ville du Cap
devait être combinée
par l'escadre
avec sa marche; en
conséquence 2 lamiral Villaret, informé
parles signaux que la descente était
-ordonna aux vaisseanx le
opérce;
Patriote et le
Scipion de se présenter à l'entréc.de la
pour, attirer sur eux Pattention
passé
A peine le Scipion fat -il à la delennemi
portée du
les ordrès du général-en chef,
Pattaque de la ville du Cap
devait être combinée
par l'escadre
avec sa marche; en
conséquence 2 lamiral Villaret, informé
parles signaux que la descente était
-ordonna aux vaisseanx le
opérce;
Patriote et le
Scipion de se présenter à l'entréc.de la
pour, attirer sur eux Pattention
passé
A peine le Scipion fat -il à la delennemi
portée du --- Page 75 ---
-
(63)
tous les foits dirigerent sur lui
Piccolet, que
de bombes et de boulets.
une grèle
s'exécutal PépouCestdaris ce moment que
et horrible projet des noirs : une
yantable
à Pescadre Pinlumière rougeâtre annonga
cendie de la ville : là nuit qui survint rendit 1
dont Thorencore. plus affreux ce spéctacle,
à chaque instant par
reur était augmentée
ancun
ou l'on était de porter
Pimphissance
forfait.
secours aux victimes de ce grand
Enfin, lejour parut, et Pamiral se mettant
soniie de la brise du large, à
au premier
ordonna à tous les vaisla tête de Parmée,
Piccolet et
seaux de le suivre. Les forts
étaient abandonnés; la batSaint-Joseph
les forts de Belair et de
tcrie de Parsenal,
Saint-alicheltiraiente encore; Pescadre gagna
sans tirer un seul coup, et
le mouillage,
furent
toutes les garnisons des Faisseaux
sous les ordies du capitaine de
débarquées
vaisscau la Roque.
trouvait avec
Le général Humber!, qui se --- Page 76 ---
(64)
309 hommes à bord de la Révolution,
le comnandement de
prit
tous les
il en forma un corps de
détachemens;
1200 hommes, et
courut s'emparer du fort Belair 2
liter l'arrivéc du
pour facigénéral en chef; il marcha
ensuite au-devant de lui.
Lorsque le général Leclerc. entra dans la
ville du Cap, toutes les
troupes de l'escadre étaient occupées à sauver les ruines 3R57
de cette malheurense cité : sa présence
ramena Pordre et
y.
Pespérance; les victimes
échappées au massacre se rallièrent antour
delni. Parmicelles
qelesbrigaidutavaiet
pua atteindre, étaitle brave noir Tilénaques
au moment ou des assassins le
poursuivaient, des soldats
français,arrivés. at temps;
l'avaient arraché de leurs mains. Le
général
en chef, instruit des efforts
qu'ilavait faits
pour sauver la ville et ses habitans de la
fureur des noirs, le nomma
sur-le-champ
maire de la ville (ir).
NOTES,
Parmicelles
qelesbrigaidutavaiet
pua atteindre, étaitle brave noir Tilénaques
au moment ou des assassins le
poursuivaient, des soldats
français,arrivés. at temps;
l'avaient arraché de leurs mains. Le
général
en chef, instruit des efforts
qu'ilavait faits
pour sauver la ville et ses habitans de la
fureur des noirs, le nomma
sur-le-champ
maire de la ville (ir).
NOTES, --- Page 77 ---
NOTE S.
(:) Cs chef des noirs, dont les atrocités, cuand
elles seront écrites, feront frémir; d'horreur; ioun!
rut de chagrin, ou plutôt de rage 2 quelque temps
après sa détention à Saint-Augustin. Quant à
Bouckmant, après avoir échappé aux armes dej
Biassou, dont il n'avait pas voulu reconnaître l'au*
torité, il fut défait et tué dans; une affaire qui eut /
lieu aux environs du Cap; sa iête fut plantée sur
au milieu de la place d'armes de cette
une pique
ces mots: Téte de.
ville,avec un écriteau portant
chef.des révoltés. Jamais tête de mortBouckmant,
autant d'expression 3 ses yeux
ne conserva peut-être
élinceller.
étaient ouverts, et semblaient encore
On eût dit qu'il donnait à sa troupe le signal d'un
massacre. Il était tombé percé de balles et de coups
dernier
de bayonneltes, en se défendaut jusqu'au
soupir.
Toutsaint-Lawverturs n'eut point pour com-
(2)
d'arplice de sa barbare perfidie 2 son compagnon
mes,Jean François auquel il avait uni jusqu'alors
destinée. Ce dernier chef des noirs resta fidèle
sa
François est aujourd'hui à Cadix
à PEspagne.Jean
avec le titre et les appointemens de lieutenant-général des armées du roi : il y vit splendidement; 5
dix officiers noirs sont attachés à son service, et sa
maison est devenue Pasile de l'aisance et d'une
aimable liberté.
--- Page 78 ---
(66)
(3) Proclamation sur le 30 ventôse.
(4) Cet ami des
cilié avec le ciel et préires, qui se croyait réconreçurd'eux l'absolution avec Phumanité, quand il avait
fanatique exécrable
de ses atroces
ce
était devenu le
forfits;
déclaré du livre- -de
partisan le plus
destinée dans les Raynal, où il croyait lire sa
pendance
chapitres qui traitent de lindéprobable de toutes les' colonies
veau monde. 3 it en. recommandait
du nouleclure: tous les torts de l'autenr vivement la
gion etle sacerdoce
envérs la reliqui flattaient
s'effaçaient devant les
son ambition secrette.
principes
Raynal et le chapelet étaient le
I'histoire de
duquel il agissait sur lès
talisihan' en vertu
perstitieux, pour les
esprits faibles et suambition.
associer aux projets de soi
: (5)Le gage qui séduisitl le plus ceux
vaient encore quelques
qui conserétair peut-être le résultat soupçons contre lui,etg qui
le plus profond de sa
dissimulation,fut l'envoi de ses deux
on ne mit plus en doute la
fils en France;
quand on le vit
sincérité du père,
abandonner. à la
sa famille. Paisse le
France le sorf de
désaisissant si
gouvernement français, en se
généreusemnent de CC
ne se. repentir jamais d'avoir
dépôt précieux,
la nature et de la
cru aux sentimens de
qui, tant de recounaissance, les
dans un homme
pieds !
fois,
a outragés et foulés aux
(6) Cet officier
distingué, qui a joué un rôle si
é du père,
abandonner. à la
sa famille. Paisse le
France le sorf de
désaisissant si
gouvernement français, en se
généreusemnent de CC
ne se. repentir jamais d'avoir
dépôt précieux,
la nature et de la
cru aux sentimens de
qui, tant de recounaissance, les
dans un homme
pieds !
fois,
a outragés et foulés aux
(6) Cet officier
distingué, qui a joué un rôle si --- Page 79 ---
(67)
si honorable dans
dangereux et en même -temps
cette occasion ,. mérite ici une mention particulière.:. elle est. autant un tribut de justice rendu à
qu'un hommage adressé
sa conduite, personnelle, classe nombreuse des noirs
dans sa personne à la
française, ;et
qui sont restés fidèles.à la république
ni les proscriptions, ni la misère, ni Pabandon,
que n'ont arracher à leur généreuse constance.
pu
de la classe des noirs libres, et
Etienne Mentor, Saint-Pierre de la Martinique , oû il
propriétaire à
avait reçu de la nature tous les
était né , en 1771,
à la constance ef au coudons qui peuvent disposer
de la vie,. et de
rage dans les grandes vicissitudes
embelPéducation 2 tous les principes qui peuvent en
Larévolution vint le plonger,
lirlesinstamspaisibles les autres noirs, dans Paliernative de
comme tous
Quand la liberté des
sa défense ou de l'esclavage. devint Pami de la France, 7
noirs fut proclamée 2 il
attachement et fidélité.
et il lui voua pour jamais
des chasseurs de la
Elevé. au grade de capitaine
contre les
Guadeloupe, il combattit vaillamment
il ne céda la batterie dont il
anglais 1 auxquels
vit tous les siens
avait été chargé, que lorsqu'il
et
tués ou renversés à côté de lui. Fait prisonnier
déporté en Anglelerre , il conçut et exécuta le a
projel, à la'vue des côtes d'Ouessant, de s'emparer
du bâtiment qui le conduisait en Angleterre, et
de le mener à Brest. Cette audacieuse entréprise S le
rendit à la liberté et à la France : incorporé à son :
arrivée dans un bataillon, il fit une campagne dans
qu'il
et
tués ou renversés à côté de lui. Fait prisonnier
déporté en Anglelerre , il conçut et exécuta le a
projel, à la'vue des côtes d'Ouessant, de s'emparer
du bâtiment qui le conduisait en Angleterre, et
de le mener à Brest. Cette audacieuse entréprise S le
rendit à la liberté et à la France : incorporé à son :
arrivée dans un bataillon, il fit une campagne dans --- Page 80 ---
(68 )
Ja Vendée sous le général Westermann; il furt
ensuite appelé à Paris pour donner des.
mens
renseignesur la prise de la Guadeloupe ; et nommé,
en Pan 3, adjoint aux adjudans-générmux
pour
Saint-Domingue. Il arriva dans cette ile après
P'événement du. 30 ventôse,: qui avait compromis
la liberté et la vie du général Laveaux; il" devint
le défenseur des agens du gouvernement français,
et Pappui dess européens opprimés. Appelé auprès
de Tousaint-Lasverture, il mérita par ses talens
militaires et par la considération qu'il avait
obtenue
parmi les noirs, d'être admis dans la confiance
intine de ce général, et d'être élevé au grade
d'adjudant-géiéral de l'armée de Saint-Domingue.
C'est dans les relations qu'il eut alors avec Toussaint-Louverture, qu'il pénétra le secret de " son
ambition : son courage,à la dévoiler. lui. valut des
fers, mais le peuple de Saint-Domingue ne tarda
pas à le dédommager. de cet outrage, eu le nommnant député au conseil des cinq-cents. C'est-là
que seul, ou presque seul contré les partisans
nombreux de Tunsint-Lauweriure; il eut encore
la forçe, 2 en Pan 6, de dénancer le projet d'indépendance du général de Saint-Domingue > et de
signaler sa perfidie. Les soupçons de partialité. .et
de vengeance que les amis de Tousaint-Louyehture
firent planer sur sa tête 5 ne le découragèrent pas.
Il en écrivit au direotoire exécutf: plusieurs
journaux devinrent les dépositaires de ses. vives
alarmes 2 et il ne cessa de les publier que lorsqu'il
en Pan 6, de dénancer le projet d'indépendance du général de Saint-Domingue > et de
signaler sa perfidie. Les soupçons de partialité. .et
de vengeance que les amis de Tousaint-Louyehture
firent planer sur sa tête 5 ne le découragèrent pas.
Il en écrivit au direotoire exécutf: plusieurs
journaux devinrent les dépositaires de ses. vives
alarmes 2 et il ne cessa de les publier que lorsqu'il --- Page 81 ---
(69)
F
vit les préventions si fort armées contre Jui 2 qu'il
n'y avait plus que du danger pour sa personne, 7
sans aucune utilité pour la chose pablique,a insisCet officier noir fut exclu
ter sur ses dénonciations.
Parmi les traits
du corps législatif au 18 brumaire.
caractérisent son coeur bon et humain, nous
qui
celui dont les journaux ont rendu
ne citerons que
Il était à Brest, sur la
compte en nivose an 9tomba à la
fregate la Créole 2 lorsqu'in matelot
mer et fut entrainé par les flots. Tandis que des
nombrenx gémissaient sur son sort,
spectateurs
à la
Mentor n'écoutant que son courage, s'élança
mal2
mer, et alla, au péril de sa vie, arracher le
heureux matelot à une perte certaine.
(7) Tous les colons émigrés de marque qui
commandaient des corps sous les drapeaux de,
TAngleterre, furent conservés dansi leurs grades
respectifs, et passèrent avec leurs titres dans l'armée de Tousaint-Lanverture, oùt ils sont encore,
et oû il n'y a pas de doute qu'ils se montrent les
plus acharnés contre les français qui composent
T'expédition. On lit dans le journal de PAmi des
Lois, sous la date du 24 messidor an 6, une-lettre'
du citoyen Etienne Mentor, dont nous avons déjà
parlé, qui donne une idée de la capitulation.
infàine de Toussint-Leiverturs <. Si la capituladisait cet officier noir,
tion que vous transcrivez 3
vraie
alors député au conseil des cinq-ceuts, est
français qui la
dans toutes ses parties, le général
souscrite est digne de mort. Ce n'est plus les anglais
date du 24 messidor an 6, une-lettre'
du citoyen Etienne Mentor, dont nous avons déjà
parlé, qui donne une idée de la capitulation.
infàine de Toussint-Leiverturs <. Si la capituladisait cet officier noir,
tion que vous transcrivez 3
vraie
alors député au conseil des cinq-ceuts, est
français qui la
dans toutes ses parties, le général
souscrite est digne de mort. Ce n'est plus les anglais --- Page 82 ---
(70)
qui ont - capitulé, , c'est Tousaint-Enuverture luimême ; car celui-là capitule; qui reçoit la loi de
Tennemi! N'est-il pas inconcevable. 2 en effet,que
ce général, à la tête de vingt mille hommes devant
une place sans remparts,et ouverte de tous côtés,
ait permis à unegarnison foible, et épuisée par la
fièvre jaune et par la désertion 2 d'emporter, en se
retirant, Pargent, les marchaudises 2. les munitions
de :: guerre et de bouche, les canons de fonte, et de
mettre hors de service les pièces, d'artillerie?
Comment a-t-il pu se laisser imposer comme une
loi, de garantir la vie et les propriétés des habitans
qui devaient rester daus lile ?Si ces individus
sont de bons citoyens, c'est un oulrage sanglant
d'oser soupçonner qu'ils peuvent êire maltraités
par lui: s'ils sont émigrés, our qu'ils aient trempé
dans les complots dè ceux qui ont livré aux angla's
une partie de la colonie ( territoire de la république ), et qu'ils aient porté les armes
de quel droit promettrait-il une I impunité?. cantreelle, Je suis
faché de le dire, citoyen, mais je reconnais dans
cet infâme traité la main des prêtres et des émigrés qui entouraient Toisaint-Lorverture à mon
départ de Saint-Domingue.. de Ce serait peul-être
juger trop sévèrement ce général, que de voir
dans sa faiblesse une connivence coupable avee
PAileterre, mais la suite des. événeiens nous
apprendra jusqu'à quel point mes conjectures. ont
pu être fondées >.
(8) Comment les anglais auraient-ils pu oublier
cet infâme traité la main des prêtres et des émigrés qui entouraient Toisaint-Lorverture à mon
départ de Saint-Domingue.. de Ce serait peul-être
juger trop sévèrement ce général, que de voir
dans sa faiblesse une connivence coupable avee
PAileterre, mais la suite des. événeiens nous
apprendra jusqu'à quel point mes conjectures. ont
pu être fondées >.
(8) Comment les anglais auraient-ils pu oublier --- Page 83 ---
(7)
la trahison infâme dont Toussaint - Louverture
s'était rendu coupable à leur égard en 1795 1
mois
le massacre des espagnols à
six O1l sept
après
les
de la
la Marmelade, etsa rentrée sous drapeaux
république ? Ce trait, peu connus miérite d'être
raconté, Le sieur Thomas Brisbanne, major des
occupait à cette époque la ville
troupes anglaises,
de Saint-Marc et ses dépendances : ToussaintLouverture, qui avait alors le plus grand intérêt
confiance au général Laveaux,
d'inspirer quelque
et de ramener la considération sur lui par un coup
d'éclat, résolut de s'emparer de cette place par un
En conséquence, il fit dire au général
Stratagême, dégoité de servir la république > et
anglais que,:
desirant passer sous les drapeaux de PAngleterre +
il était prêt à lui lizrer les Gonaives , les Verettes
étaient sous ses .ordres 7 s'il
et autres places qui
rendez-vous au pont de
zoulait lui accorder zn
s'était déjà mis en
PEster. Le crédule Brisbanne
marche pour CS se rendre au lieu indiqué, 7 lorsque
lui fit heureusement observer qu'il avait
quelqu'un
sans
vieilli dans la
affaire à un homme
foi,
perfidie, et qui se faisait un jeu de violer les proles
sacrées. Ces observations le firent
messes
plus
pour ne pas
revenir sur ses pas. Cependant, 2
favorable si Toussaintmanquér une occasion
il
Louverture était sincère dans ses propositious,
crut devoir envoyer à sa place un nommé
commandant en second
Gauthier, émigré français 2
à Saint-Marc.A soa arrivée, Tounaint-Lauvenust,
foi,
perfidie, et qui se faisait un jeu de violer les proles
sacrées. Ces observations le firent
messes
plus
pour ne pas
revenir sur ses pas. Cependant, 2
favorable si Toussaintmanquér une occasion
il
Louverture était sincère dans ses propositious,
crut devoir envoyer à sa place un nommé
commandant en second
Gauthier, émigré français 2
à Saint-Marc.A soa arrivée, Tounaint-Lauvenust, --- Page 84 ---
(72)
furieux d'avoir manqué sa proie, le fit arrêter. et
couduire au port de Paix, où il fut fusillé,
mièrement comme émigré, et en: second precomme
lieu,
ayant voulu corrompre le vertueux général
Tosaial-Lonvetturell
(9) Un des intrigans les plus dangereux du
conseill secret de Tesuaiat-Loavertume, le principal rédacteur de sa constitution, 9 le même qui
avait rédigé. les dérionciations contre Santonax,
Hédouvillei et Roume, et qui a eu limpudeur de'
se constituer propriétaire des deux tiers des habitations du nord de Saint-Domingue, estle nommé
Pascal, beau-fils de Raymond. Il fut envoyé au
Cap par le directoire exécutif, en Pan 4, en qualité de secrétairc-général de l'agence. Cet homme
est actuellément secrétairé particulier de' ToussaintLouverture. Il-Pabandonmera, sans doute , afin de
conserverle fruit de ses. rapines, qu'il a eu le soin
de déposer alix Eiats-Unis d'Amériqué.
(Io) Parmi lés traits nombreux qui attestént :.
la
profonde hypocrisie de Toanaha-dertatumniéou
citerons le suivant, qui, quoique lié à une cause.
juste, ne monire pas moins la perfidie de son
ame. A l'époque de l'affaire du 30 ventôse, dont
nous avons parlé dans le cours de cet ouvrage,
et qui faillit dévenir si funeste au général Laveaux,
Tousaimt-Louverture décidé déjà à soutenir ce
général, convoqua chez lui les commandans des
places du Gros-Morne, de Plaisance, des Verettes
et autres forts; tous chefs' mulâtres; et leur apprit
en
.
juste, ne monire pas moins la perfidie de son
ame. A l'époque de l'affaire du 30 ventôse, dont
nous avons parlé dans le cours de cet ouvrage,
et qui faillit dévenir si funeste au général Laveaux,
Tousaimt-Louverture décidé déjà à soutenir ce
général, convoqua chez lui les commandans des
places du Gros-Morne, de Plaisance, des Verettes
et autres forts; tous chefs' mulâtres; et leur apprit
en --- Page 85 ---
(73 )
la conspiration ourdie contre Te
en confidence,
allait marcher
général Laveaux, ajoutant t quil
voulu
contre lui et le faire juger comme ayant
enchainer les noirs et livrer Ia colonie aux anglais
Les chefs mulâtres qui avaient trempé dans la
et qui attendaient en silence Tes résulconjuration,
du 3° ventôse pour se déclarer
tats de la journée
des bonnes disposiouvertement, furent charmés
félicitèrent
ils le
tions de Taitnaitat-Lonvenater disposé à prendre - , et
sur le parti qu'il paraissait
annoncé plutôt
s'excusérent de nie lui avoir pas
contre Laveaux. Alors Toussaintleurs projets
s'écria :
Louverture 2 se Tevant brusquement,
en
arrêtes ces factieua I Des soldats 1
Gardes, étaient cachés dans les appartemens
effet, qui
des
aussitôt ,: et s'emparèrent
voisins parurent
* ::
furent jetés dans les fers au Mornemulaires, qui
Des chefs noirs. de
Blanc et à la Petite-Rivière.
dans les
Parmée de Toussaint les R remplacèrent
places qu'ils occupalent.
-e
à
honorable qu'a joué ce
. (II) Le rôle jamais
nous
catastrophe de sa patrie,
noir dans la.terrible
notice. de. sa, vic, dont
engage. à placer ici une
à des
instant semble avoir été consacré
chaque
César-Téléactes d'humanité et , de bienfaisance. natif de Saintmaque, âgé de près. de 60 ans,. est
Martinique. Il est marié à une: française,
Pierre,1le
il
de 36 ans. Il a
qu'il épousa à Paris : y.a près
5 SOTE
demeuré près de 49 aus dans cette humanité capitale et sa
domicile était rue du Sentier. Son
.
--- Page 86 ---
(74)
douceur le firent nommer 2 en l'an 3, commissairs
de bienfaisance de sa section : le dévouement
il remplit les fonctions de cette place
avec. lequel
fameuse de la révolution,
pendant cette année trop
le rendit cher à tous les citoyens : le malheureux
jamais de sa part aucun de ces rebuts
n'éprouva
si amère 5
qui rendent la bienfaisance quelquelois
il
et quand les secours publics lui manquaient, y.
de ses. moyens. En l'an 4, il partit pour
suppléait
son arrivée il fut
Saint-Domingue avec Santonax:à
nommé trésorier au port de Paix. Mais sa véritable
était celle que son ami Etienne Mentorlui fit
place
en le désignant au peuple comma
obtenir au Cap,
les fonctions
Phomme le plus propre à exercer
il
paternelles de juge-de-paix. Dans cette place,
mérita Pestime et la confiance de tous les gens de
bien : son nom seul inspirait le respect: les noirs
faisaient
de Pavoir pour compatriote, et les
se
gloire
Avec ce caractère, il est
européens pour magistrat.
facile de juger quels ont été ses efforts 2 sa sollicicette nuit horrible qui
tude et ses dangers pendant
exécrable des forfaits se consommera vule plus
ici Phommaga
Digne et vertueux citoyen, reçois
Phude tous les coeurs sensibles: tu dédommages
manité du crime de ceux de ta nation, et Phistoire,
les
se plaira à reposer l'ame du lecen racontant,
consoler du plus grand
feur sur tes vertus, pourle
des forfaits.
T IN
ont été ses efforts 2 sa sollicicette nuit horrible qui
tude et ses dangers pendant
exécrable des forfaits se consommera vule plus
ici Phommaga
Digne et vertueux citoyen, reçois
Phude tous les coeurs sensibles: tu dédommages
manité du crime de ceux de ta nation, et Phistoire,
les
se plaira à reposer l'ame du lecen racontant,
consoler du plus grand
feur sur tes vertus, pourle
des forfaits.
T IN --- Page 87 ---
To
M E M OIRE
P O U R
PIERRE MONTOUX,
Capitaine defrègate dans la Marine franet ci-devant Choydes mouvemens
caises 7
ile de la
du ports à la Pointe-a-Putre, 2
Guadeloupe,
- PARIS,
t MP RI M E. RI E EXPI EDITIVE;
Rue Ticquetonne, No. 122.
XI.-18c3. --- Page 88 --- --- Page 89 ---
E763.
L6515
V.13 --- Page 90 --- --- Page 91 --- --- Page 92 ---