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A LA SOCIÉTE
DES AMIS
DE LA CONVENTION NATIONALE
Fnènes ET A MIS,
M EMBR E de la Société des Jacobins de Paris, c'est
en cette qualité que je vous adresse la parole. Les liens de
la fraternité universelle, qui unissent les amis des lois françaises par - tout ou ils se trouvent, ne me permettent pas
de vous taire plus long - temps mon opinion sur les dangers
que court la chose publique:
A l'arrivée des Commissaires civils à Saint -
Domingue, a
le flambeau du patriotisme, étouffé depuis long-temps, , a
brillé d'un nouvel éclat. Une Société populaire s'est formée;
bientôt elle a ranimé T'esprit public, et l'ancien échafaudage
de la tyrannie a croulé sous ses propres ruines. Des hommes
profondément pervers, depuis long-temps flétris par Topinion, plus criminels encore que leur renommée, ont disparu
de la Colonie : l'exécration publique les accompagne en
France, ou ils vont payer la peine due à leurs forfaits.
Une aussi importante opération a été l'affaire d'une seule
journée : l'expédition terminée, on a cru que les dissentions
civiles allaient cesser avec l'expulsion des chefs; on a cru
qu'après tant d'orages la Colonie allait jouir du calme et du
repos. Vaine cspérance! Il semble qu'un génic malfaisant --- Page 4 ---
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préside à tont; le Ievain impur de l'ancien régime fermente
encore ; les habitudes du despotisme ont altéré toutes les
ames, et dans CC6 malheureuses conjonctures, les haines et
les querelles personnelles ont pris la place de l'intérêt général.
Des listes de proscriptions , semblables à celles qui ont
déshonoré les derniers instans de la république romaine,
souillent l'enceinte de la Société. Refléchissez-y bien, Frères
et Amis, devez-vous souffrir un parcil attentat aux libertés
du peuple de la Colonie, à l'autorité nationale qui la gouverne ? Devez - vous souffrir qu'au milieu de vous, dans le
sanctuaire oit brûle le feu sacré de la constitution, on propose, sans respect pour les ordres de la Commission, d'aller
enlever de leurs foyers des citoyens paisibles domiciliés,t
sous le prétexte d'un dissentiment d'opinions, dont ils ne
sont comptables qu'à leur conscience ? Devez - vous souffrir
qu'un petit nombre d'ambitieux sans travail, dévorés du désir
des places, ou aveuglés pas la haine et la vengeance, désignent des victimes A Pégarement du peuple ? Considérez,
Frères et Amis, que ces listes effrayantes menacent autant
l'ami des lois que lennemi de la révolution : celui - ci intrigue et se sauve à l'aide d'un nouveau masque; Phonnête
homme succombe sous les coups d'un andacieux ennemi.
Souvenez - vous qu'il n'est permis de se faire justice à soimême 2 que lorsque les lois sont muettes, et qu'elles n'ont
jamais eu plus d'énergie que depuis l'arrivée des Commissaires civils dans la Colonie. Nous avons proscrit les tyrans
et la tyrannie; que demandez-vous de plus? Si vous agissez
contre la loi, si vous dénoncez sans preuves , si vous dictez
des volontés injustes aux délégués de la nation, quel parti
leur reste-t-il? Que de fuir promptement une terre inhospitalière, qui jusqu'à présent n'a connu de la révolution que
ses fureurs, et qui en refnse les bienfaits. Chassé par le
même peuple que j'ai comblé de biens,je périrai en France,
tyrannie; que demandez-vous de plus? Si vous agissez
contre la loi, si vous dénoncez sans preuves , si vous dictez
des volontés injustes aux délégués de la nation, quel parti
leur reste-t-il? Que de fuir promptement une terre inhospitalière, qui jusqu'à présent n'a connu de la révolution que
ses fureurs, et qui en refnse les bienfaits. Chassé par le
même peuple que j'ai comblé de biens,je périrai en France, --- Page 5 ---
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déchiré par les tyrans dont la Colonie est purgée ; mais la
paix d'une bonne conscience et Phonneur d'avoir fait régner
les lois, me resteront dans le malheur.
C'est à vous, Frères et Amis ; c'est à la très - grande majorité des bons citoyens qui composent votre Société, que
j'adresse mes fraternelles représentations. Dans ces jours de
factions et d'alarmes, je les appelle autour de moi ; je les
adjure de se réunir, et de contribuer de tout leur pouvoir
au maintien de la tranquillité publique.
Je vous déclare en même temps que jamais aucune puissance humaine ne pourra forcer un Commissaire civil à
embarquer sans preuve un citoyen paisible, sur le seul fondement de la différence des opinions. Que le détracteur de la
révolution soit connu; quil soit cloigné des places et de la faveur
populaire, mais que sa sureté et sa propricté soient respectées.
Je vous déclare aussi que je poursuivrai, par tous les
moyens que la loi m'a confiés, les instigateurs perfides ou
insensés des déportations arbitraires contre les citoyens. Je
me flatte que dans cette lutte honorable je serai secondé
par les Amis de la Convention nationale : leur plus beau
ministère est de concourir au triomphe des lois et des bons
principes.
Votre Frère et Ami,
Signé S ONTHONAX.
Au Cap, ce 31 Octobre 1792.
DE lImprimerie de la Commission Nationale - Civile. --- Page 6 ---
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