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LA
Toy
R T
DE
-
a
LINDIGOTIER
Pmnbigo
LIVRE PRE
EMIEROI
/ /4
CHAPIT R E
PREMI E R.
Notions préliminaires. Plan de
"Ouvrage.
L'TwDiGo ou FAnil, eft le
dans une fiffanrequanciteé produit d'une plante qui a macéré &
& violente
d'eau, & dont l'extrait,
fermenté
ler
agitation 2 dépofe aflez
après avoir reçu une
nom d'ndigos lequel étant defléché promptement une fubflance qui
longue
& fous peu de volume,
dès-lors porte
une couleur convenuablement, fournit
lentes qualités font caufe
bleue très-belld & très-folide, abondamment 2
ufage, comme
que les Peintres & les
Ces excelLim
cadémie des on Peut s'en inftruire dans l'Art Teinturiers du
en font un fréquent baige
Sciences, dans le
Teinturicr, donné L'Aautres. ouyrages
Dictionnaire
&
Par
Caxe.maticre concernant le Commerce, les Encyelopétique, Arts &
dans plufieurs cu
difoute en petite
Métiers.
coup d'eau, a aufi la
quantité, & mêlée au
de la foie, , du
propriété de faciliter & de
favonnage dans beaulinge & du coton;
le
tant
; ce
perfedionner
en Europe que dans nos
qui en augmente encore la blanchiflge
exercice; mais comme
Colontesy onl Pon voie rarement confommation
&
cette fubflance ne
des Teinturiers en
qu'elle vient de fort loin, elle eft auffi sacquiert d'un
qu'après de grands
Cette denrée fait
grand prix.
travaux,
du commerce de depuis un temps immémorial, une des
l'Alie, & elle eft
principales
cheffes pour les Colonies
devenue une fource
branches
que les
ont
dacroifements & de riLIndigo étoit autrefois
Européens dans le nouveau Monde,
naturelle de FInde, &
regardé en Europe, comme une
d'Indie; il a pris enfuite portoit en effet le nom de Pierre indigue, doa efpece de pierre
porte. aujourd'hui, Cén'eft confilfément celui d'Inde & d'Anil avec le fimplermene
des Indes,
que' depuis les grandes
nom qu'il
qu'on en a bien connu la
découverres de
&
INDIGOTIER.
nature, ainfi que. la fabrique. TAmérique On
ne
J Uan
A
peut
33 t5yy0 --- Page 4 ---
Puce
I NDICOTIE R. LIVRE 1. bie cependant guere douter que dès ayant ce temps, on ne fic de
(1), en Egypte (2), & même dans l'Ifle de Malthe IIndigo en Araen cachoit avec foin T'origine & le procédé,
(3); mais comme on
tout celui qui fe confommoit ci-devant
notamment dans ce dernier lieu,
On croit encore avec beaucoup
en Europe, étoit réputé venir des Indes.
--- Page 4 ---
Puce
I NDICOTIE R. LIVRE 1. bie cependant guere douter que dès ayant ce temps, on ne fic de
(1), en Egypte (2), & même dans l'Ifle de Malthe IIndigo en Araen cachoit avec foin T'origine & le procédé,
(3); mais comme on
tout celui qui fe confommoit ci-devant
notamment dans ce dernier lieu,
On croit encore avec beaucoup
en Europe, étoit réputé venir des Indes. que, en
dapparence, que les anciens naturels du
fabriquoient une efpece qui,j jufqu'à ce
a
Mexiqu'on lui a confervé pour les raifons
jour, porté le nom d'Inde,
foit que les
que nous rapporterons dans la fuite; mais
Mexiquains en connuffent la préparation, foit qu'elle leur ait
communiquée par les Cafillans revenus des
il eft
été
que les premieres matieres
Moluques,
toujours certain
la nouvelle
il fabriquées en ce genre al'Amérique 2 font forties de
Epagne: eft encore fort vraifemblable de
l'Amérique, celle de
que toutes les Ifles de
de
Saint-Domingue eft la premiere où l'on aitcultivé la
IIndigo: ce qui paroit fondé fur le rapport de
de
plante
que de fon temps il fe faifoit de très-belles Lopes Gomès, qui dit (4),
& far
couleurs d'azur dans
quelques paffages du Perc Labbat, dont nous allons
I'Hifpagnola;
Auteur raconte (s), qu'étant à
faire le réfumé, Cet
du fond de l'Ile à
Saine-Domingue en 1726, il fut au
Vache, que les François
guartier
cher, & il ajoute : Les anciennes
commençoient à peine à défriduj pays, prouvent
Indigoteries qu'on rencontre dans
que toute cette côtea été autrefois habitée par les l'intérieur
quil'ont abandonnée pouraller s'établir au Mexique,
E(pagnols,
Cortès (6). Or, en fixant
de
aprèslaconquête de Fernand
précéderent &
l'époque cette entiere défertion s aux ravages qui
du
accompagnerent notre invafion dans f'Ille, ou feulement
gouvernement de M. le Chevalier de
au temps
en doit au moins conclure que les dernieres Fontenay 3 c'elt-à-dire, en 1652, on
partie de l'Ile de
fabriques des Efpagnols dans cette
ments de Cette efpece Saine-Domingue, dans
concourent avec les plus anciens établiffenos Ifles, dont la date ne remonte
temps auquel M. de Poinci, Commandeur de l'Ordre
qu'àl l'année 1644,
tivateur, commença à en
le
de Malthe, & zélé Culle gouvernement, Il refte encourager travail dans toutes nos Ifles, dont il eur
quelque plante
maintenant à favoir fi les Elpagnols ont
d'Indigo de Guatimala, dans l'Ifle de
tranfporté
fervoient dans leur travail la méthodo des
Saint-Domingue, s'ils obnôtre ; mais c'eft fur quoi les
mexiquains, & de qui nous tirons la
fatisfaifantes. Le Pere
Auteurs ne nous offrent que des conjectures
duquel ila
Charleyoix, ou plutôe le Pere le Pers , fur les
peu
travaillé, dit dans fon Hiftoire de
Mémoires
fortes d'herbes appellées
Il
Saint-Domingue (7):Ily a deux
Indigo. en croît une efpece qu'on nomme Indigo
II. (1)1 verfer Henri 3 page Midelton, 259; citédans) & Douton, Purchas, dans Chap.
urs ne nous offrent que des conjectures
duquel ila
Charleyoix, ou plutôe le Pere le Pers , fur les
peu
travaillé, dit dans fon Hiftoire de
Mémoires
fortes d'herbes appellées
Il
Saint-Domingue (7):Ily a deux
Indigo. en croît une efpece qu'on nomme Indigo
II. (1)1 verfer Henri 3 page Midelton, 259; citédans) & Douton, Purchas, dans Chap. Pur- (4)Chapitre 26. chas, Chap. 12, verfet2, 271. (5) Hiftoire générale des
cadémie (2)M. Marchand, dans e Mémoires de PA- Tome ,pages 2 141 Voyages, Livre 7,
des Sciences, Année
(6) E ville de
lation du
1718,pages 94. ReMexique prife le 13 Aodr
s
page7, inyo, Voyage de Cefar Lambert en Egypte, Abrégé 1521, après 93 jours de fiege Jean Barrow,
(3) Burchard, dans la
vertes faites Chronologique, par les ou Hilfoire des découde Malthe, Chap, 6.page 23, Defeription Edit, de de 1660. PIle (7) Volume 2, page Européens. 489. Vol, 2, pag.423. --- Page 5 ---
CHAPITRE I. Notions préliminaires. bâcard, & qu'on a cru long-temps n'être bonne à rien. Un habitant de
nommé Michel Périgord,savifi il lya 20 ans, (ceg qui revient,
l T'Acul,
à l'année 1704), d'en faire un effai qui lui réuffit; ilsy eft Juivanc Auteur
monde I'a imité,
enrichi, & tout le
Aujourd'hui cet Indigo eft au même prix que celui des Indes. (L'Aueurentendy parler ici de Indigo quife tire à
de la
nommée Indigo franc, guip palce pour avoir été apportée Saint-Domingue, des Indes
plante
Il faut pourtant avouer que celui-ci, (cef-a-dire,
proprement dites). "Indigo gu'ons tire de
dufranc), a un tout autre coup d'oeil; L'Aueur epl ici tombé dans uie lelpece
prévention: mais en récompenfe, celui-là (le batard) vient dans
erreur de
rains qui refufent le premier. Ona tenté d'en travailler
plufieurs tervenus de Guinée, mais fans fuccès. Au refte,
plufieurs autres qui font
quand je dis que. l'ancien
("'Auteur auroit plutôe dil, en ce cas , l'appeller le
eft
Indigo,
orientales, je
nouveau) 2 venu des Indes
parle avec le plus grand nombre des Auteurs en ont
mais ce fentiment n'eft pas fans contradiation :
qui
traité ;
originaire du Continent de l'Amérique, & fir-tout plufieurs de la prétendent qu'il eft
mala.
Au refte,
plufieurs autres qui font
quand je dis que. l'ancien
("'Auteur auroit plutôe dil, en ce cas , l'appeller le
eft
Indigo,
orientales, je
nouveau) 2 venu des Indes
parle avec le plus grand nombre des Auteurs en ont
mais ce fentiment n'eft pas fans contradiation :
qui
traité ;
originaire du Continent de l'Amérique, & fir-tout plufieurs de la prétendent qu'il eft
mala. province de GuatiToutes ces opinions rapportées parle Pere Charlevoix,
peu foutenables, quand on confidere qu'aucun Auteur des paroiffent cependant 9 Desut
Naturelles de la nouvelle
différentes Hiftoires
Efpagne, ne fait mention de ce tranfport, &
parmi les efpeces qu'ils nous repréfentent avec leurs noms
que
originaires de la nouvelle Efpagne, celle de
franc Mexiquains, comme
du tout. Il eft vrai
lIndigo
ne fe trouve point
que George Rumphe, auteur de I'Herbier
parlant de l'Indigo des Malayes, nommé Tarron, dont
d'Amboine (1),
>
la
faite
l'Auteur fera fous peu rapportée, dit que les Efpagnols l'ont defcription tiré des
par
pour l'introduire dans les Ifles de l'Amérique, oit il en croit une Moluques/
tité;mais on verra que cette plante differe en plufieurs
& grande fur-tout quanla forme de fes filiques
PI. de celle de points,
par
sAg.2, 3, s
IIndigo franc de nos Colonies; ce qui affoiblit de beaucoup le poids de cette autorité, On ne
point non plus que George Wol#Wedelius (2), penfe les
cachera
les Efpagnols, après avoir cultivé
que Portugais &
la graine dans leurs
cette plante dans les Indes, en ont porté lec
poffeflions de PAmériques 5 mais il ne donne ce
que pour une fimple conjecture de fà part. Après Ces différentes fentimene (3)
*
ne nous refte autre chofe à penfer, fi ce n'eft
remarques,il
pece dont il eft queftion, des côtes de la Méditerranée queles François ont apportélef
quel F'ayant trouvée dans les Iles de
ou de la Mer rouge, s ou
I'Amérique 2 ils font les premiers qui
cultivée; ce qui femble en effet être indiqué par fon firnom de
& layent
firmé par l'adoption qu'en ont fait les Anglois (3). franc 2 conNous n'avons pas été plus heureux dans les recherches
Paagrins I
que nous avons faites
(2)Exercices (1)s.Partie, Chap. 39,page: 220,
Européennes dans
4,page
médicophilologiquer, Décade 282, appelle cette T'Amérique, efpece, Indigo Tome de France, 2, page ou
(3) Vmuun Burck, Hiftoire des Colonies dHifpagniola. --- Page 6 ---
1 N D I COTI E R. LIVRE 1. maniere les
travailloient leur herbe à Saintde quelle
Efpagnols
pour apprendre
tirons la méthode s'eft répandue dans toutes nos
Domingue, ni d'oà nous
qui
fur la
de lInColonies. Mais nous obferverons que fi les inftruétions
fabrique
euffent
du côté des Efpagnols ou des Portugais du Bréfil,
digo, nous
manqué connoiflànce de celles de Malthe & d'Egypte,
M.
. maniere les
travailloient leur herbe à Saintde quelle
Efpagnols
pour apprendre
tirons la méthode s'eft répandue dans toutes nos
Domingue, ni d'oà nous
qui
fur la
de lInColonies. Mais nous obferverons que fi les inftruétions
fabrique
euffent
du côté des Efpagnols ou des Portugais du Bréfil,
digo, nous
manqué connoiflànce de celles de Malthe & d'Egypte,
M. de Poinci qui pouvoit avoir
revenoient fouvent de ces
ou même des Indes , par la voie des flibuftiers qui
dernieres contrées à nos Iles, n'auroit point manqué de l'enfeigner à nos Colons
dont lémulation devint bientôt fi conqu'il excitoit de tous côtés à ce travail,
Acofta
&
rapport de Jofeph
(I),a
fidérable entre les Efpagnols nous, qu'au
arrobes
flotte enleva des ports de la nouvelle Efpagne en 1547 , 5663
(2)dAautres arrobes de même marchandife (3). nil ou dIndigo ; & en 1586, 25260
cette
D'un autre côté nous lifons dans I'Hiftoire de Saint-Domingue (4), que de
fabrique avoit fait de tels progrès dans cette Ifle, que le produit de la vente
fon Indigo montoit en 1724, à trois millions de livres de notre monnoie. de
recueillir de
far l'hiftoire cette
Voilà Ce que nous avons pu
connoître plusintéreffant les différentes plantes & les
fubftance. Il convient maintenant de faire
& de
le
emploie pour fabriquer cette matiere,
prévenir
divers moyens qu'on
obferver dans l'expofition de ces difféLeéteur fir l'ordre que nous comptons
d'abord la plante d'oà on tire
rents objets. Pour cet effet, nous obferverons
que
eft extrêmement variée dans fes efpeces, & qu'il en croit quelqueslIndigo, des
très-éloignés les uns des autres. Nous remarquerons en fecond
unes en pays
&
la même efpece,
lieu , que la maniere de travailler ces plantes, quelquefois dans le même
n'eft point toujours femblable chez tous les Peuples ni
canton;
d'oi réfulte néceffairement une grande diverfité dans les produits. Pour expofer
dans l'ordre le
naturel, & les rapprocher autant qu'il eft poflible
ces objets
plus
féparément les
felon leur rapportlocal 2 nous nous fommes propofés de préfenter
de
leur
celle de leurs MaIndigotsde chaque Continent, 2 & joindreà defcription
deffein eft
nufaétures, avant depafferà celle d'uneautre contrée. Et comme notre
vers la
de 'Indigo dans nos Ifles, que nous avons prinde nous replier
fabrique
rapporter fuccefcipalement en vue dans cet Ouvrage ; nous commencerons Continent par de
nous
P'Afrique, PAlasel le
l'Amérique
fivement ce que l'Europe, & de plus effentiel fur ces différents fujets que nous
offrent de plus important
la defeription
flattons
d'avoir épuifés, fiur-tout en ce qui regarde
ne nous
point
nous conviendroit peu de traiter ici
des plantes.
avons prinde nous replier
fabrique
rapporter fuccefcipalement en vue dans cet Ouvrage ; nous commencerons Continent par de
nous
P'Afrique, PAlasel le
l'Amérique
fivement ce que l'Europe, & de plus effentiel fur ces différents fujets que nous
offrent de plus important
la defeription
flattons
d'avoir épuifés, fiur-tout en ce qui regarde
ne nous
point
nous conviendroit peu de traiter ici
des plantes. Au refte, nous avouerons qu'il
trouvé dans les
c6des plantes étrangeres à nos Iles, fi nous n'euflions
plus
Auteurs les fecours néceflàires pour remplir cette partie, & fi nous n'euflèbres
le Leéteur inftruit du caraétere de ces plantes, verroit avec plus de
fions cru que
ayons à lui dire fur leurs manipulations. D'ailleurs on
fatisfaction ce que nous
(1) Cité par Hans Sloane, Voyageàl la Ja- (3); (4) Jofeph Charlevoix, Acofta, Tome Liv.4'pageags.
'euflions
plus
Auteurs les fecours néceflàires pour remplir cette partie, & fi nous n'euflèbres
le Leéteur inftruit du caraétere de ces plantes, verroit avec plus de
fions cru que
ayons à lui dire fur leurs manipulations. D'ailleurs on
fatisfaction ce que nous
(1) Cité par Hans Sloane, Voyageàl la Ja- (3); (4) Jofeph Charlevoix, Acofta, Tome Liv.4'pageags. 2. page 489. maique, (2)L'arrobe Vol.2, 2 pele page 25 34, livres 8 fuiv, poids de marc. nous --- Page 7 ---
CHAP.II. Des Indigos G Fabrique de LEarope.
nous a repréfenté que la connoiflance de ces plantes,
pourroit en occafionner
quelque tranfport avantageux dans nos Colonies, & ce motif a achevé de nous
faire firmonter la répugnance que nous fentions pour une pareille entreprife.
CHA P IT R E SECOND.
Des Indigos &G Fabrique de l'Europe.
LIxpioocrot naturellement dans tous les pays qui font fitués entre les tropiques, & on peut le cultiver avec fuccès dans ceux qui ne font éloignés de
40 dégrés de la ligne; mais il ne réuflit que très-rarement un
au-delà que de
ces bornes.
peu
Cette rareté à laquelle on eft fujet dans un climat tel que celui des environs
de Paris, a fait inférer dans les Mémoires de l'Académie une defcription des
complettes de l'Indigo. L'Auteur ne dit point d'oà il a tiré la femence de plus
plante dont il eft queftion, nil le nom particulier de fon
la
jugeons par fa defcription, il paroit qu'il avoit fous les efpece ; mais fi nous en
obfervera cependant qu'il fe
yeux l'Indigo franc. On
rencontre quelques différences entre cette
tion & celle que nous en ferons dans la fuite, lorfque nous ferons
defcripdans le détail de fa
prêts à entrer
manipularion dans nos Ifles; mais il fera facile de les
en confidérant dans quelles vues & dans quels pays l'une & l'autre concilier,
ont été faites.
Defeription delIndigo, , par. M, MARCHAND, delAcadémie des Sciences(r),
COMME IIndigo eft une plante qui rarement porte des fleurs & des
dans ce pays-ci (la France,) & que l'année derniere nous l'avons graines
dans fa perfection,Jen rapporterai ici la defcription, & les
vu croître
avons faites fur les caraéteres génériques de cette
remarques que nous
Son
plante, Fig. I, PL. I.
port repréfente une manicre de fous-arbriffeau de figure
garni de branches depuis le haut jufques vers fon extrémité revêtue Pyramidale de
côtes feuillées, plus ou moins chargées de feuilles, fuivant
plufieurs
fituées fr la plante. Sa racine eft groffe de trois à
que ces côtes font
quatre lignes de diametre,
longuc de plus d'un pied, dure, coriace & cordée, ondoyante,
de
fieurs grofles fibres étendues çà & là & un peu chevelues, couverte garnie d'une plublanchâtre, charnue, qu'on peut facilement dépouiller de deffus la partie écorce
dans toute fa longueur. Cette fubftance charnue étant
interne
& amere; le corps folide a moins de
& goûtée, a une faveur âcre
faveur, toute la racine a une
odeur tirant fir celle du perfil.
légere
De cette racine s'éleve immédiatement une feule tige, haute d'environ deux
(1) Mémoires de PAcadémie Royale des Sciences, Année 1718 , page 92.
INDIGOTIER,
B
ce
dans toute fa longueur. Cette fubftance charnue étant
interne
& amere; le corps folide a moins de
& goûtée, a une faveur âcre
faveur, toute la racine a une
odeur tirant fir celle du perfil.
légere
De cette racine s'éleve immédiatement une feule tige, haute d'environ deux
(1) Mémoires de PAcadémie Royale des Sciences, Année 1718 , page 92.
INDIGOTIER,
B --- Page 8 ---
I N DIGOTI E R. LIFRE I. pieds ou davantage, 2 de la groffeur de la racine, droite,
noeuds en noeuds, dure & prefque ligneufe,
un peu ondoyante de
ment gercée & rayée de fibres, de couleur
couverte d'une écorce légéremilieu, 2 rougeâtre à T'extrémité, & fans gris-cendré vers le bas, verte dansle
Cette tige eft fouvent branchue apparence de moëlle en dedans. fà hauteur
depuis fa naiflance
deux
ou plus, & les plus longues branches font jufqu'aux
tiers de
le bas de la tige. Les branches & les épis des
ordinairement fituées vers
fortent pour l'ordinaire de l'aiffelle d'une côte fleurs que porte cette plante,
une petite éminence
feuillée, qui à fa naiffance forme
eft
en maniere de noeud; & chaque côte, felon fà
garie depuis cingjufqu'a onze feuilles
longueur,
qui termine la côte,
rangéespar paires, 2 à la réferve decelle
toutes celles
laquelle feuille eft unique, & fouvent la plus petite de
qui ornent la côte. Les plus grandes de ces feuilles font fituées
vers le milieu de la côte : elles
depuis le commencement; jufques
de
&
ont près d'un pouce de
fir
large, entre les petites il s'en trouve
long cinqà fix lignes
deur des précédentes. Elles font
qui n'ont que le tiers de la grantoutes de
cher & charnues. Leur couleur eft verd foncé figure ovale,liffes, douces au touchâtre en deffous, fillorinées ou
en deffus, plus pâle ou blantachées
quelquefois pliées en goutiere
par une queue fort
en delfius, & aty diftribue
courte, qui, en fe plongeant le long de la
plufieurs fibres latérales peu apparentes. feuille,
Depuis environ le tiers de la hauteur de la
fort de T'aiffelle des côtes, des épis de
tige jufques vers T'extrémité,il
de douze à quinze fleurs,
fleurs, longs de trois pouces, chargés
commence à
alternativement rangées autour de l'épi. paroitre fous la forme d'un petit bouton ovale, de Chaque fleur
dâtre, d'oi fort par la fuite une fleur (4), qui étant
couleur verquatre ou cingl lignes de diametre, , toujours
ouverte & étendue a
compofée de
difpofées en maniere de fleur en rofe,
cinq pétales ou feuilles
teintes de couleur de
quelquefois plus ou moins foiblement
pourpre, 2 fur un fond verd
ces cinq pétales (B), fituée au-deffus des
blanchâtre.
ur
dâtre, d'oi fort par la fuite une fleur (4), qui étant
couleur verquatre ou cingl lignes de diametre, , toujours
ouverte & étendue a
compofée de
difpofées en maniere de fleur en rofe,
cinq pétales ou feuilles
teintes de couleur de
quelquefois plus ou moins foiblement
pourpre, 2 fur un fond verd
ces cinq pétales (B), fituée au-deffus des
blanchâtre. La plus grande de
ment fillonnée dans le
autres, eft à peu-près ronde,
terminée
milieu, un peu recoquillée en dedans
légéreen pointe à fa Partie
par les bords,
d'un onglet à fa partie inférieure. fapéricure Les deux parune efpece daiguillon, & garnie
feuilles inférieures
figure oblongue, échancrées, faifant chacune deux
(C), font de
fance, & creufées en cuilleron à leur extrémité, oreillettes vers leur naif
Les
au nombre des précédentes, font les plus étroites, les feuilles latérales (D),
colorées d'entre les feuilles
plus pointues & les
ou pétales de cette fleur. Le milieu de
plus
garni d'un piftil verd (E), relevé la
la Aeur eft
membraneufe
par pointe & environné d'une
(F), de couleur verd blanchâtre, découpée à
gaine
lanieresen forme d'étamines S(G), chacune terminée
l'extrémité en huic
verd jaunâtre. Cette fleur fort d'un calice
par un fommet de couleur
par le bord en cinq pointes, & foutenu en cornet verd pâle (H), découpé
par un pédicule fort court, La feur n'a --- Page 9 ---
CHAP. II. Des Indigos 8 Fabrique de PEurope. mais les feuilles de la plante étant froiffées ou mâchées, , ont une
point d'odeur;
ainfi que la Aleur. Lorfqueles pétales font tomodeur & une: faveur légumineufe,
& devient une filique cartilagineufe (I),
bées, le piftil salonge peu-à-peu, d'une ligne ou davantage, courbée en faulongue de plus d'un pouce, grolfe
toutefois un peu applatic des deux
cille, prefque ronde dans fa circonférence,
&
articulée dans toute fa longueur,
côtés, ordinairement terminée en pointe, lifle & luifante,
d'un bout à
laquelle étant mûre, eft de couleur brune ,
rayée
fibre
fur fa
convexe que dans fa partie concave, d'une grolfe
l'autre, tant
partie Cette filique eft blanchâtre en dedans, & contient
de couleur brun-rougeltre. renfermées dans des cellules (L),feparées par de petices pellifix à huit graines
blanchâtres, tranfparentes & rayécs de
cules ou cloifons membraneufes (M),
près longues
fibres. Les graines (N),font en forme de petits cylindres, à-peu les deux
rondes dans leur circonférence, applaties par
d'une ligne, inégalement
blanc-rouffeatre, fort dures & d'un
bouts, & de couleur grisâtre, 9 ou quelquefois d'abord deux feuilles fimples (0),de
goôt légumineux.
âtres, tranfparentes & rayécs de
cules ou cloifons membraneufes (M),
près longues
fibres. Les graines (N),font en forme de petits cylindres, à-peu les deux
rondes dans leur circonférence, applaties par
d'une ligne, inégalement
blanc-rouffeatre, fort dures & d'un
bouts, & de couleur grisâtre, 9 ou quelquefois d'abord deux feuilles fimples (0),de
goôt légumineux. Ces graines fuccedent produifene deux autres feuilles un peu plus grandes;
figure ovale, auxquelles
puis après paroilfent les côtes feuillées. dure deux années & davantage
Cette plante eft annuelle ici: on dit qu'elle
en
occidentales, dans le BréGl & au Mexique, où on la cultive
dans les Indes
long-temps dans l'Egypte. Oa feme ici cette
fait depuis
abondance 9 ainfi qu'on
fleurit en Juillet & Aodf, lorf- nopingmisilge
plante far une couche au mois de Mars; ; elle Y
très- rarel'été eft fort chaud: mais elle n'y porte de bonne graine que
que
plufieurs autres endroits; aufli ne fais-je aucun Botanifte
ment, non plus qu'en
des fleurs & des fruits de cette plante,
qui nous ait donné une exaéte defcription
le
nfage qu'on en fait,
quoiqu'elle foit fort connue depuis long-temps par grand
particulierement dans les teintures. n'eft facile d'examiner toutes
Par ce qui vient d'être dit, on voit qu'il
pas bien dans certains cliles parties qui caraétérifent cette plante, qui ne vient que
eft caufe que les Botaniftes qui en ont parlé, n'ayant
mats, 2 ce qui apparemment attentivement fes parties, ne conviennent pas
pas eu occafion de confidérer
car les uns Font mife fous le genre
du genre auquel cette plante celui appartient: de :
d'autres enfin, fous le genre de
autres fous
Glafum;8c
de laColutea,les:
lieu elle eft employée dans les Inftitutions Botaniques:
YEmerus, oh en dernier
elle femble avoir plus de rapport qu'aux deux prégenre auquel, en apparence. lui convient pas, ainfi que nous allons le faire
cédents, mais qui cependant ne
voir. nous venons de lire, on peut donc reconnoitre que les
Par la defcription que
font différentes de celles del'Emerus, en ce que
parties qui carastérifent l'Indigo;
fublifte
des feuilles
premiérement, , l'Indigo eft une plantequi ne
pas long-temps,
des
des fécules àl l'ufage des teintures, ce qu'on ne faic point
de laquelle on tire
fort
& de très-longue
efpeces de YEmerus, qui font des arbriffeaux
ligneux
durée.
Par la defcription que
font différentes de celles del'Emerus, en ce que
parties qui carastérifent l'Indigo;
fublifte
des feuilles
premiérement, , l'Indigo eft une plantequi ne
pas long-temps,
des
des fécules àl l'ufage des teintures, ce qu'on ne faic point
de laquelle on tire
fort
& de très-longue
efpeces de YEmerus, qui font des arbriffeaux
ligneux
durée. --- Page 10 ---
1 INDIGOTIE R. LIYRE I.
Secondement, , que l'Indigo porte une fleur dont les pétales s'étendent en
maniere de fleur de rofe, & dont le contour garde la proportion des fleurs,
appelle.fleurs régulieres; ftruéture différente de la fleur de YEmerus,
qu'on dont les pétales font ramallées en fleur légumineufe, & couvrent toujours le
piflil. Troifiémement, que les filiques de l'Indigo font vraiment articulées, &c
qu'elles renferment chaque graine en particulier dans une cavité ou cellule exactement ferméc par une pellicule membraneufe s rebordée , blanchâtre, luifante
& rayée de fibres, laquelle fe détache d'elle-même quand on ouvre la filique
lorfqu'elle eft mûre.
Cette pellicule ou cloifon étant examinée de près, on voit qu'elle a la figure
d'un difque environné dans fa circonférence d'un anneau membraneux, dont
les bords s'élevent au-deffus des deux furfaces du même difque ; au lieu que la
filique de PEmerus n'eft point articulée, &c que les graines y font contenues fans
aucune cavité ni membrane ou cloifon qui les féparent entr'elles le long de la
filique;ce qui doit faire conclure que l'Indigo ne peut être rangé dans lesefpeces
d'Emerus, 3 ni fous aucun autre genre de plante connue : ceft pourquoi nous en
conffituerons un genre de plante nouveau, que nous appellerons Anil ou Indigo,
lui donnent prefque toutes les Nations étrangeres qui le cultiyent.
nom que
Fabrique de TIndigo dans lIfe de Malthe.
LA fabrique de l'Indigo dans l'Ille de Malthe, décrite par Burchard (r) en
1660, eft la feule qui, à notre connoiffance, ait exifté en Europe, & nous
ignorons fi elle yfublifte encore, ce que nous ne croyons pas. La defcription qu'en
fort étendue ; mais elle fuffit pour conflater ce fait,
fait cet Auteur 2 n'eft pas
Segene fà date, & eni indiquer l'origine, qui paroit toute Afatique,fic on en juge par les
de
l'Auteur, &c ceux que nous aurons occafion de
termes l'Art, employés par
en parlant des fabriques de l'Afie. Voici ce quil en dit :
rapporter, Il croît aufli dans ce pays ( Malthe), une efpece de Glafum, qui porte chez
les Efpagnols le nom d'Anil, & chez les Amabes &c les Malthois, 2 cclui d'Ennir,
d'oû on tire une teinture dont T'ifage eft connu de toute l'Europe. (L'Auteurdécrit ici la plante d'une maniere affez faperficielle; mais au peu qu'il en dit, on
méconnoitre l'Indigo franc ou bâtard de Saint-Domingue, dont il fera
2e ne peut traité la fuite; puis il ajoute): Cette herbe eft affez tendre la
amplement
par
tine donne
pâte imparfaite
I
atcte, premiere année ; la fécule qui en provient
qu'une
de
riva
rant fur le rouge. s & trop maffive pour fe foutenir fur l'eau. L'Indigo cette
Nouti ou Mouti; mais celui de la feconde année eft violet, &
qualinédappelle flotte fur l'eau. Il porte fpécialement le nom de Cyerce ou de
eft fi léger qu'il
(1)Chap. 6, page 23 & fuiv. Edit. de 1660. Defcription de PIle de Malthe.
cete dar cosotare
Ziarie
cate hhere
ocra
follant loud bum
ceeM
e
ive pour fe foutenir fur l'eau. L'Indigo cette
Nouti ou Mouti; mais celui de la feconde année eft violet, &
qualinédappelle flotte fur l'eau. Il porte fpécialement le nom de Cyerce ou de
eft fi léger qu'il
(1)Chap. 6, page 23 & fuiv. Edit. de 1660. Defcription de PIle de Malthe.
cete dar cosotare
Ziarie
cate hhere
ocra
follant loud bum
ceeM
e --- Page 11 ---
CHAr. III. Des Indigos & manipulations de PAfrique.
d'une 9
troifieme année il décheoit de f perfection ; fa pâte eftlourde,
Ziarie. La
les
On appelle celle-ci
couleur terne & la moins eltimée. de toutes efpeces.
Cateld.
&c on la met dans les citernes ; puis on la charge de
On coupe la plante,
laiffe quelquesj jours jufqu'à ce qu'elle ait 2
pierres, & on la couvre d'eau. On Ty
fait alors
cette eau dans
tiré toute la couleur & la fubftance de Pherbe; ; on
paffer
; on
fond de laquelle il s'en trouve une autre plus petite;
une autre citerne, au
ce
des
puis on la foutire peu-a-peu, jufqua
l'agite fortement. avec bâtons;
la fubftance la plus épaiffe, qu'on
tacion qu'enfin ili ne refte plus au fond que la lie ou
Dès
étend fur des draps pour l'expofer enfuite au foleil. qu'elle ch
7L oullf se
retire & qu'on
certaine confiftance, on en forme des boulettes ou ex
commence à prendre une
toute autre matiere en abdes tablettes qu'on met à deffécher fur le fable; car hafard à tomber deffus,
forberoit ou en gâteroit la couleur: fi la pluie vient par
ils
leur éclat.
l'Indigo eft dans cet état, l'appellent
elles perdent tout
Quand
flottant fur l'eau, d'un preare 2e rinig
Aaliad. Celui de la meilleure qualité eft fec, léger 2 ardents, il donne une
violet brillant au foleil : fi on l'expofe fur des charbons
fumée violette, & laifle peu de cendres.
font cet Indigo 2 confifte dans le fecret qu'ils gardent
L'avantage de ceux qui
de
2 quoiqu'il foit peu de
fur ce procédé, dont ils font part à peu perfonnes, de perdre tout leur
craignant, s'ils le rendoient public,
chofe en lui-même, fouvent dans la plupart des chofes qui ne font eflimées
profic, comme il arrive
qu'a proportion de leur rareté.
la fatisfaétion du Leéteur, que
En terminant cet article, je dois ajouter, pour
terre dans un
be Ll
jai planté de la graine d'Indigo franc de nos Iles, en pleine de latitude, & leai
lieu de la Provence, fitué fous le quarante-quatieme dégré m'o Yont manqué pour
très-bien levé. Mais le temps & la commodité
qu'elle y a
étoit déja affez avancée.
obfèrver le reftc de fa crue qui
H A P I T R E T ROISI E M E.
Des Indigos &G manipulations de rAfrique,
préfent donné de defcription détaillée
AvcuN Auteur ne nous ayant jufqu'à
de chofe à en dire,
des Indigos de ce continent, 2 nous n'aurions rien ou très-peu la
de nous
Adanfon, de l'Académie des Sciences, $ n'avoit eu complaifance
fi M.
a faites à ce fujet dans le S6quelques-unes des obfervations qu'ila
communiquer
la
& I'Hiftoire Naturelle, l'a attiré & retenu
négal, oà fon zèlè pour Botanique
pendant cinq ans.
dit avoir
dans cette partie de l'ACet illuftre Académicien nous a
remarqué famille des
il a
paroiffent être de la
Indigoferes;
frique, plufieurs plantes qui
C
INDIGOTIER.
faites à ce fujet dans le S6quelques-unes des obfervations qu'ila
communiquer
la
& I'Hiftoire Naturelle, l'a attiré & retenu
négal, oà fon zèlè pour Botanique
pendant cinq ans.
dit avoir
dans cette partie de l'ACet illuftre Académicien nous a
remarqué famille des
il a
paroiffent être de la
Indigoferes;
frique, plufieurs plantes qui
C
INDIGOTIER. --- Page 12 ---
IO
I NDIGOTIE R. LIPRE I. reconnu par nombre d'expériences aufli curieufes qu'intéreffantes, , dont nous
devons efpérer qu'il fera part au Public, que
qu'une teinture rouffe
plufieurs efpeces ne donnoient
plus ou moins forte 2 mais qu'ils'en trouvoit
autres, & fur-tout une qui, travaillée fuivant la méthode de
quelques
produit lIndigo le plus
nos Colonies 2
magnifique, approchant de l'azur & toujours
quelques efforts qu'il ait faits pour réuflir à en tirer de l'Indigo cuivré, Cette flottant, ef
pece vient fort bien dans les terreins ingrats & fablonneux
bâtard dont il avoit faic venir la
de
de ce pays.. L'Indigo
graine nos Colonies, femé à fon côté, n'atteignoit qu'à la moitié de fa hauteur 2 qui eft celle d'un homme. Cette
eft
d'ailleurs fort touffie; ; la feuille de couleur d'un verd bleu foncé
plante
toute la propriété, eft d'environ un
qui en annonce
de
quart plus large que celle de lIndigo franc
Saint-Domingue, fur-tout vers le bout extérieur qui va en
dont les bords
s'élargiflant, &c
rentrent un peu fir eux-mêmes en fe joignant au milieu de cette
extrémité, direétement à la pointe de la côte
fur toute
de la feuille: : T'arrangement des feuilles eft d'ailleurs qui regne
la longueur
digos. La gouffe une fois
égal à celui des autres Inplus longue & beaucoup moins courbée
de l'Indigo franc, eft jaunâtre &
que celle
paichemineufe comme celle des
à-dire, , qu'elle eft un peu fouple & ne fe caffe point nettement pois,efde la précédente efpece. Les graines à peu-près de la
de comme celle
& moitié moins groffes, font rondes au
longueur deux lignes
milieu, ovales ou terminées en
d'aeufpar les deux bouts, & jaunes. L'intérieur de
pointe
eft fouple & ne fe rompt point aufli facilement cettej plante eft blanc;f tige
lonies. On
voir la
que celle de IIndigo de nos Copeut
forme à peu-près de fa feuille & de fa
furla
I,. ng. 2 &3, M. Adanfon fe réfervant la fatisfaétion
gouffe
PL,
Public une
légitime de donner au
ample defcription de toutes ces plantes, Les Negres du
appellent cette plante Guangue; ; leur maniere de la travailler eft fort Sénégal
ils arrachent avec la main la fommité des branches de
fimple:
IIndigo; ils
ce
ce
feuillage jufqu'à qu'il foit réduit en une pâte fine, dont ils compofent pilent de
petits pains qu'ils font fécher à l'ombre.
faétion
gouffe
PL,
Public une
légitime de donner au
ample defcription de toutes ces plantes, Les Negres du
appellent cette plante Guangue; ; leur maniere de la travailler eft fort Sénégal
ils arrachent avec la main la fommité des branches de
fimple:
IIndigo; ils
ce
ce
feuillage jufqu'à qu'il foit réduit en une pâte fine, dont ils compofent pilent de
petits pains qu'ils font fécher à l'ombre. Voilà en
confifte
qui eft à peu-près égal chez tous les Negres de quoi
tout fon apprêt,
F'Afrique. François Cauche (I), rapporte que le bleu eft la couleur qui
aux Infulaires de Madagafcar: elle vient de l'arbriffeau
plait le plus
ment les Portugais, qui Tappellent auffi Hevra d'Anir. Indigo, Il croît ainfi le nomnêt, ayant femblables racines longuettes & étroites, la feuille comme le GeSéné, mais plus large, Cette feuille a une côte au milieu,
approchant du
membranes qui s'étendent ondes
2 d'oà il fort de petites
par
égales jufqu'aux bords. Sat tige, , de la groffeur du pouce, n'a pas plus d'une aune de
l'arbriffeau a trois ans; 2 fa fleur tire à la Jacée, & fà
long. Lorfque
fe recueille en Novembre , & fe feme en Juin. Cette graine au Fenouil : elle
trois ans, ou bien on la
plante meurt au bout de
coupe après ce temps comme inutile. (1) Relation de fon Voyage à Madagafcar, en 1636,page 199,in-g: --- Page 13 ---
CHAP. III. Des Indigos G manipulations de
Ce que l'Autcur dit ici de cette
LAfrique. IE
plante, 9 doit s'entendre de
de
IInde, ou des côtes de la Mer rouge, où il avoit été,
quelqu'Indigo
La defcription qu'il fait de fa fabrique, & les termes dont il fe
vant tous femblablesà ceux
fert, fe trouque nous avons rapportés au fujet de l'Ifle de
nous nous difpenferons d'en faire le récit. Il ajoute enfuite : Le
Malthe,
de Madagafear, a beaucoup de rapport à celui
Paftel ou Anir
tronc & les branches de couleur
que nous venons de décrire, Lc
verte, tirent fur le bleu de même
les
feuilles qui font femblables à celles des Pois
que
nâtre,
chiches; ; les fleurs d'un blanc
produifent des gouffes
jau22 Cahuchion d'une femence
pendantes par floccons, lefquelles font
noire femblable à
pleines
Madaga Scard
nos lentilles. Les
pas tant de façons à tirer le Paftel
les
Madagafcarois n'apportent
nle leurs branches
que Orientaux; ; ils pilent les feuilles avec
encore tendres, & en font des pains, chacun de la
trois livres, qu'ils font fécher au foleil. pefanteur de le
veulent
PAL
Lorfqu'ils
faire
varlyyen ture, ils en
quelque teinRInen a
Ve4 la
broyent une, deux ou trois livres, felon le befoin, & en mettent
poudre avec de l'eau dans des pots de terre,
font
temps ; ils laiffent enfuite refroidir la
qu'ils
bouillir un certain 7n L7 21
auito
teinture, & ils y trempent leur coton ou
Veur foie, qui en étant retirés, deviennent d'un bcau bleu
Il y a encore à Madagafcar, fuiyant cet
foncé,
Auteur, une efpece
ou
dAnir, qui ne.
, & en mettent
poudre avec de l'eau dans des pots de terre,
font
temps ; ils laiffent enfuite refroidir la
qu'ils
bouillir un certain 7n L7 21
auito
teinture, & ils y trempent leur coton ou
Veur foie, qui en étant retirés, deviennent d'un bcau bleu
Il y a encore à Madagafcar, fuiyant cet
foncé,
Auteur, une efpece
ou
dAnir, qui ne. s'éleve pas comme l'autre, mais qui
à d'Indigo
che par de petits filaments qui font autant de racines rampe terre, &sy attapofées deux à deux; les branches
(I). Les feuilles font ops'élevent jufqu'à trois
meaux longs d'un doigt, couverts de
fleurs
pieds, portant des rade la figure d'un
petites
d'un pourpre mélé de blanc,
cafque ouvert, & de bonne odeur. La
de
pelle en cette Ille Banghers, & fa pâte
plante lIndigo s'apM. de Reine, ancien habitant de l'Ifle Banghets de
(2). ai rendus à cette Colonie,
France, s connu par les fervices qu'il
pour Y avoir procuré le Creffon de
avoir introduit la culture du Manioc & de
fontaine, & poury
France & de Bourbon
lIndigo, m'a affuré que les Illes de
en produifent une autre efpece dontla
que celle de la Luzerne, & dont les coffes
feuilleeft plus large
peu-près un pouce de
plates, approchantes du Séné, ont à
longueur & 4 às lignes de groffeur ; on n'en fait
ufage en ces pays. aucun
Nous aurions bien fouhaité terminer cet article par la defeription de
qu'on cultive en Egypte, & par fa fabrique en ce
l'Indigo
de précis à
à
pays; ; mais nous n'avons rien
rapporter ce fujet. Caefar Lambert (3), dans la Relation de fon
en 1627, nous dit
voyage en Egypte, impriméc
que I5 ans auparavant, on alloit prendre
au Caire, d'oà on le
beaucoup d'Indigo
Le Do@teur
(4) tranfportoit en Europe, & qu'actuellement on y en porte. Pocoque, Evèque Anglois d'Offory 2 rapporte (4) qu'il vit fir fa
(2)Hlioire (1) Voyez fig. 4, PL. I. fuite de celle de
générale des Voyages, Tome
François Lauche, in-4-.feconde
pages 396, & Mandeflo, page 206. 32, Partie, page7. (3)La Relation de ce Voyage fe trouve à la I de (4) Abrégé des Voyageurs modernes, traduit
FAbregé Anglois, Tome 1,page 10.
Offory 2 rapporte (4) qu'il vit fir fa
(2)Hlioire (1) Voyez fig. 4, PL. I. fuite de celle de
générale des Voyages, Tome
François Lauche, in-4-.feconde
pages 396, & Mandeflo, page 206. 32, Partie, page7. (3)La Relation de ce Voyage fe trouve à la I de (4) Abrégé des Voyageurs modernes, traduit
FAbregé Anglois, Tome 1,page 10. 1 or
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pmbwl --- Page 14 ---
OTIE R. LIYRE 1.
INDIG
route par eau de Rofette au Caire, la maniere de faire le bleu d'Indigo, avec
une herbe appellée Nil. Le procédé eft peut-être décrit dans l'original , mais
nous n'avons pu le voir. M. Marchand 2 de l'Académie des Sciences, nous donne
pour certain (I), qu'on cultive depuis long-temps en Egypte, la plante nomh
mée Indigo. (A )
aife Nous ajouterons à ceci, d'après Henri Midelton (2),quon fait de l'Indigo
enfin
L
à Tayes & à Mouffa, villes de la Mer rouge, entre Moha & Zennan;
Douton (3) nous apprend qu'on en fait à Aden.
CHAPITRE QUATRIE M E.
Des Indigos de TAfe, &G de leur fabrique.
Exrarles Auteurs qui ont traité des Indigos de l'Afie, iln'y en a aucun
qu'on puiffe comparer à ceux du Jardin Malabare & de l'Herbier d'Amboine ;
ferions bornés à ces deux Ouvrages, : fi Baldaus (4), Man-
& nous nous
delllo (5), Schouten (6), & l'Auteur de l'Hiftoire générale- des
Voyages (7), ne nous paroiffoient ayoir décrit une efpece d'Indigo différente de celles qu'on trouve dans les deux premiers. Il faut cependant convenir
les quatre derniers s'expriment d'une maniere fi fuperficielle & fi abrégéc, que qu'on ne peut décider fi leurs defcriptions ont pour objet la même plante
c'eft
nous
en deux mots ce que chacun en a
ou non;
pourquoi
rapporterons
écrit.
Baldaeus, faifant la defcription des côtes de Malabar 9 dit: :Il y a diverfes efd'Indigo fuivant les différents endroits. C'eft un arbriffeau de la hauteur
peces
au Mirier des haies, ou à la Ronce
d'un homme,avec une petite tige femblable
d'Europe. La fleur eft pareille à celle de l'Eglantier ou Rofer fauvage, & la
graine reffemble à celle du Fenu-grec. L'efpece la plus large croit près du village
Chircées, dont on lui donne le nom, & à deux lieues d'Amadabat, capitale
du Guzaratte.
Voici comme Mandelflo s'exprime:
Le meilleur Indigo du monde vient auprès d'Amadabat, dans un village
lui donne fon nom. L'herbe dont onle fait reffembleà celle
nommé Girchées, qui
(1) Mémoires de T'Académic, annéc 1718; (5) Voyage aux Indes Tome Orientales, à la , fuite
du voyagedolarius,
2 ,page 228 in-4°,
page94, (2) Cité dans Purchas, Chap. II, verfet 3, feconde (6) Edit. Voyages des Indes Orientales > qui ont
page259. (3)Dans le méme Auteur ( Purchas), Chap. fervià Tétablilfementde la Compagnie des Pays12,verfet 2,page 281. des côtes de Malabar com- Bas, (7) Tome7.pe5:240 AuChap. delHiftoire Naturelle des Indes;
prife (4 dans Defeription le fixieme Tome des Découvertes des Tome 4t.page 328.
Européens, page 322,
des
des Indes Orientales > qui ont
page259. (3)Dans le méme Auteur ( Purchas), Chap. fervià Tétablilfementde la Compagnie des Pays12,verfet 2,page 281. des côtes de Malabar com- Bas, (7) Tome7.pe5:240 AuChap. delHiftoire Naturelle des Indes;
prife (4 dans Defeription le fixieme Tome des Découvertes des Tome 4t.page 328.
Européens, page 322,
des --- Page 15 ---
CHAP. IV. Des Indigos de PAfie, G de leuurfabrique.
des Panais jaunes ; mais elle eft plus courte & amere, pouffant des branches 13
comme la Ronce, & croiffànt dans les bonnes années jufqu'à la hauteur de fix &
fept pieds. Sa fleur reffemble à celle du Chardon, & fa graine au
Gaultier Schouten, dit que fà feuille reffemble à celle des Panais Fenu-grec,
fa fleur au Chardon, & fa graine au Fenu-grec.
blancs,
L'Auteur de l'Hiftoire générale des Voyages, dit au Chapitre de I'Hiftoire
Naturelle des Indes: Il croit de l'Indigo dans plulieurs endroits de ces contrées.
Celui du territoire de Bayana, d'Indoua & de Corfà dans l'Indouftan
le meilleur. Il en vient auffi beaucoup dans le pays de Surate, fir-tout s palfe pour
quellc, à deux licues d'Amadabat. On feme
vers Sarl'Indigo aux Indes après la faifon
des pluies. Sa feuille approche des Panais jaunes; ; mais elle eft plus fine. Ila
de petites branches qui font de vrai bois. Il croit jufqu'à la hauteur d'un
homme. Les feuilles font vertes pendant qu'elles font petites; mais elles
nent enfuite une belle couleur violette tirant fir le bleu ; la fleur
prencelle du Chardon, & la graine à celle du Fenu-g grec.y 5 ) reffemble à P
Cette plante, s ainfi caraétérifée, forme, comme on va le voir, une
différente de celles qu'on trouye décrites dans le Jardin Malabare & dans efpece l'Herbier d'Amboine. Nous ne pouvons cependant nous empécher de témoigner ici
notre furprife de cette omiflion, qui nous paroit fort étrange de la part d'Auteurs fi exaéts dans leurs recherches, dont voici le détail.
Defcription de PAmeri ou Neli (1). Par M, Ru EDE,
L'AMERT(3), qui en langue Brame, , s'appelle Neli, eft un arbufcule des
la hauteur de l'homme, dont les branches font fort écartées, & qui croît dans
les endroits pierreux & fabloneux. Sa racine eft blanchâtre & couverte de fibres
épaiffes.
Sa fouche eft groffe comme le bras & d'un bois dur. Ses feuilles attachées
Oidesiphion fir de petites côtes qui fortent parallélement des
arthe
Defa
deffus & cannelées
branches, font renflées paramerin
par-deffous:elles viennent fur deux rangs, les unes vis-à-vis
des autres. Elles s'appuient fur des pédicules au nombre de
2st ldio
cinqà fept paires de
fuite,: ayec une feule au bout; elles font petites & de forme ronde
les bords des deux extrémités arrondis. Leur tiffu eft fin & ferré, oblongue, & leur fiurface avec
unie & très-douce. Elles ont au milieu du revers une petite côte, d'où il en
fort quelques autres affez remarquables, Leur couleur eft d'un verd bleuâtre
foncé par-deffus, clair par deffous & fombre des deux côtés: elles ont un goût
amer & piquant quand on les a mâchées quelque temps. Du pied des côtes qui
portent les feuilles 2 fortent d'autres petites côtes qui pouffent un paquet ou un
(I)Jardin Indien Malabare, Tome I, page 101.fig.5 54
(2)Voyez fig. Pl.: 2.
INDIGOTIER,
D
f15JL fotif de atien
f1 4
OU1IL cflenit H
ffous & fombre des deux côtés: elles ont un goût
amer & piquant quand on les a mâchées quelque temps. Du pied des côtes qui
portent les feuilles 2 fortent d'autres petites côtes qui pouffent un paquet ou un
(I)Jardin Indien Malabare, Tome I, page 101.fig.5 54
(2)Voyez fig. Pl.: 2.
INDIGOTIER,
D
f15JL fotif de atien
f1 4
OU1IL cflenit H --- Page 16 ---
1 N D 1 G O TI E R. LIVRE I.
épi 14 de plufieurs petites fleurs femblables à celles des féves, compofées de quatre
feuilles, dont l'une de couleur verte, & del la figure d'un onglet crochu, eft terminée par une pointe en forme de griffe. Les deux feuilles qui embraffent l'onglet font étroites, minces & droites vers leurs bords intérieurs, qui font d'une
couleur de rofe foncée. La quatrieme qui eft fituée en face de la courbure del l'onglet, eft oblongue aflez large, mince, lavée de verd &c retournée en dehors,
du côté du pédicule commun à toutes les fleurs, qui n'ont aucune odeur. Il s'6leve de leur milieu un piftil verd, creufé en forme d'étui, dans lequel eft renfermé un petit filament qui fort du germe de la filique. Ce piftil attaché vers la
partie creufe par un filet, fe divife vers le haut en petites & fines étamines garnies de petites pointes blanches.
Le calice qui renferme les feuilles des fleurs, eft compofé de cinq feuilles
vertes & pointues. Le bouton des fleurs eft de figure ronde oblongue, & un peu
applatic du côté le plus large, 2 par lequel il commence às'ouvrir.
A la châte de ces fleurs, fuccedent de petites filiques longues à peu-près
d'un
droites, allez rondes & ferrées de près fur la côte où elles font at,
tachées pouce, de
pédicules. Ces filiques font d'abord vertes, & enfin d'un
par petits
foncé en brun ; chacune d'elles eft renfermée du côté de fon pédicule,
rouge
dans le calice à cinq feuilles.
Lesfemences d'un rond oblong, font couchées dans leur longueur, 2 conformément à celle de la filique: elles font dans le temps de leur maturité d'un brun
brillant.
Cet arbufcule fleurit deux fois par an 2 favoir: une fois dans la faifon des
pluies, & une autre dans celle de l'été.
Il eft inutile de rapporter ici que l'Anil fert à faire IIndigo, parce que
perfonne n'en doute; mais les Auteurs font peu d'accord fur la clafle de
cette plante. C. Bauhinus la range avec I'Ifaris pinacée, ou avec le Glaftum, à
la famille duquel il dit qu'elle appartient. Dans un autre endroit, Liv. 9 2 Seét,
Chap. des Haricots de l'Inde, il décrit ainfi fà filique : La filique & la fe3,
mence qui eft enveloppée dans ce parchemin , fort de Therbe Anil, qui n'eft
point une efpece de Glaftum, mais un légume.
M. Hermans nous a envoyé de Ceilan, une plante dont les fleurs font petites,
d'un pourpre mêlé de blanc & d'une odeur agréable laquelle eft vraifemblablement celle que Pifon appelle Banghets, dans fon Hiftoire de Madagafcar, avec
les feuilles de laquelle on fait l'Anil ou l'Indigo ; mais l'Indigo de Ceilan eft
moins bon & moins eftimé que celui qu'on apporte de Malabare & du Coromandel à Négapatan. Les Cingalais Tappellent Awari.
VEL
WNS
,
d'un pourpre mêlé de blanc & d'une odeur agréable laquelle eft vraifemblablement celle que Pifon appelle Banghets, dans fon Hiftoire de Madagafcar, avec
les feuilles de laquelle on fait l'Anil ou l'Indigo ; mais l'Indigo de Ceilan eft
moins bon & moins eftimé que celui qu'on apporte de Malabare & du Coromandel à Négapatan. Les Cingalais Tappellent Awari.
VEL
WNS --- Page 17 ---
CHAP.IV. Des Indigos de LARe, 6 de leur fabrique. IS
Deftription du Colinil (I). Par M. R. H E DE. Ls Colinil (2), qui en langue Brame, s'appelle
arbufcule haut de deux ou trois pieds. Schéra-Panci, eft un petic
Sa racine, couverte d'une écorce fibreufe, d'un blanc
goût amer & tant foit peu âcre. L'intérieur
roufleitre, eft d'un
odeur; elle
en eft ligneux, blanchâtre &c
pouffe une fouche de la groffeur de
fans
fort écartées. Cette fouche eft d'un bois
quatre doigts, & des branches
entremêlée de
dur; & fon écorce de couleur cendrée
verd, a un goût amer & piquant. Ses
ronde oblongue, viennent fur de
petites feuilles de figure
font attachées de
menues côtes angulaires & vertes, où elles
par petits pédicules. Les bords des feuilles font ronds
bout; puis ils sélargiflent confidérablement
par le
chent en ligne droite de leur
en cette partie, & ils fe rapproverd foncé ordinaire, & le deffous petit pédicule. Le deflis de ces feuilles eft d'un
Elles
d'un verd bleuâtre 2 l'un & l'autre fans éclat. Deleriptren
oncungodtun, peuâcre, amer & piquant quandon les a mâchées
temps. Elles ont une petite côte qui regne
trop longape longueur, du travers de laquelle il fort de particuliérement deffous toute leur
petites veines droites &
Laue
qui, par une ligne parallele, vont fe réunir aux bords, & dont le obliques,
OLin
fe voit en deffus comme en deffous, 2 leur divifion fe failint,
prolongement
faiyant le trait angulaire des veines qui fe
quand on le rompt, s
réuniflent à la côte du
de ces côtes eft, comme celui des feuilles,
milieu, Le goûr
Ses
amer & piquant. petites fleurs, femblablesà celles des féves,
dont l'une ayant la figure d'un petit onglet fermé confiftent en quatre feuilles,
&
par une pointe qui fait le crochet. Cette feuille eft d'un très-courbé, eft terminée
deux autres qui ont leur bord intérieur
verd blanchâtre; ; les
droit, font, du côté qu'elles
l'onglet, d'une couleur de rofe foncée. La
de
embrafent
faifant face à l'ongletdu côté qu'il eft courbé quarrieme &
ces feuilles s'élargit en
feuilles des deux côtés avec
ouvert: elle embraffe d'abord les
l'ongler; ; mais lorfque la feur eft
renverfe en dehors, & fe.
bord intérieur
verd blanchâtre; ; les
droit, font, du côté qu'elles
l'onglet, d'une couleur de rofe foncée. La
de
embrafent
faifant face à l'ongletdu côté qu'il eft courbé quarrieme &
ces feuilles s'élargit en
feuilles des deux côtés avec
ouvert: elle embraffe d'abord les
l'ongler; ; mais lorfque la feur eft
renverfe en dehors, & fe. courbe vers la tête du pédicule
ouverte, elle fe
Le piftil eft verd & creufé en forme d'étui; il
qui foutient la fleur. qui fort du germe de fa filique. Ce piftil eft divifé embraffe un filament verd
fines étamines qui font garnies de petites
en haut, en petites &
fond de la partie
pointes jaunes, & il eft bouché au
concave, par un petit filet dégagé, 9 terminé une
pointe jaune, A la châte des fleurs, fuccedent des filiques
par petite
fines, plates, polies, un peu relevées par le bout & oblongues, étroites,
trois pouces.
filique. Ce piftil eft divifé embraffe un filament verd
fines étamines qui font garnies de petites
en haut, en petites &
fond de la partie
pointes jaunes, & il eft bouché au
concave, par un petit filet dégagé, 9 terminé une
pointe jaune, A la châte des fleurs, fuccedent des filiques
par petite
fines, plates, polies, un peu relevées par le bout & oblongues, étroites,
trois pouces. Ces filiques font d'abord
2 longues de deux à
leur maturité,
vertes; mais elles deviennent rouges à
Les femences ou féves qu'elles renferment, font
féparées les unes desautres
(2) (1)Jardin Voyezfg-a, Indien Malabare, Pl. 2, Tome 1, page 103,fg-55. --- Page 18 ---
I N D I COTIE R. LIVRE I.
r6
de laf filique. Elles font d'un rond oblong, plares & étenpar la fubftance propre felon celle de la goulfe. Elles ont un umbilic par
dues dans leur longueur
de la
: elles font vertes au commenlequel elles font attachées au ventre
flique
ment, & enfuite noirâtres.
les
du
Excepté le temps où les filiques font vertes , on obferve que graines
font velues, affez dures, percées d'un trou par en haut , creufes
Nouthi (x)
&
font fouvent appuyées fur un pédicule.
en dedans, qu'elles fleurs & fruits deux fois par an, favoir : dans la faifon
Cette plante porte
pluvieufe & dans celle de l'été.
de fes
Elle paroit avoir un grand rapport avec la précédente par plufieurs
fans inconvénient, lui donner
parties;e'eft pourquoi nous penfons qu'on peut, recourbées. Mais je n'ofe,
le nom de Polygala moyenne des Indes, à filiques
moins
la vraifemblance, affiurer qu'on en falle de l'Indigo, & encore
malgré
on attribue une odeur trèsque ce foit le Banghets de Madagafcar, auquel Hernandes & Recchius, dans leur
agréable, tandis que l'autre n'en a aucune.
de deux
qui ferfont aufli la defcription
plantes
Hiftoire du Mexique , Liv.4, l'autre
ils donnent le nom de Xivent à teindre en bleu, à lune &
defquelles
la
bleue
pirahac 2 ou d' Anir à petites, feuilles 2 & ils appellent pâte
huiquilitl
Mohuitli, & Tlevoluitli. Aucune de ces deux
ou l'Indigo qu'on en retire,
donné ici la
mais celle
plantes ne cadre avec la derniere dont on a
defcription; de Pifon.
fe
au Caachirafecond
dont on a parlé auparayant, paroit rapporter
Defeription du Tarron (2).
le
favoir, n'a encore décrit exactement
PERSONNE, autant que je puis à
& ont vu croître cette
l'Indigo Tarron (3). Ceux qui ont été Guzaratte, qui
d'autres
dans les champs, l'ont comparée tantôt au Romarin, tantôtà
plante Je doute
ce ne foit la même plante que les Malayes applantes. ne
point n'ait que la forme de celle qu'on voit à Amboine, dont la
pellent Tarron, qu'elle
ici, & fur laquelleje me fuis réglé pour en faire
femence étrangere: a étéapportée
la defcription.
ici Amboine ) deux efpeces: La premiere, ou la plus
On en rencontre (à
n'ai
encore vue, eft fauvage.
commune eft domeftique; ; l'autre que je point
forme
très-élégante, & dont la
a la
La premiere eft une plante très-belle, Elle croît
la hauteur de trois pieds
même grace que celle du Romarin.
jufqu'à feule fouche groffe comme
& plus dans un bon terrein. Elle ne pouffe qu'une
couleur rouffe entreferme & ligneufe. Son écorce eft d'une
le doigt, droite, Elle s'étend fort vite en jettant de tous côtés des branches de la
mélée de verd,
communàt toutes Georges Evthard Rumphe, cinquieme Partie, s
les (1) plantes Nom de du cette Pays efpece, qui paroit &à la pâte qu'on en Chap, 39,page Voyez/fg.1,PL.3. 220.
retire.
(3)
(2) Extrait de PHerbier d'Amboine 3 par
groffeur
'une
le doigt, droite, Elle s'étend fort vite en jettant de tous côtés des branches de la
mélée de verd,
communàt toutes Georges Evthard Rumphe, cinquieme Partie, s
les (1) plantes Nom de du cette Pays efpece, qui paroit &à la pâte qu'on en Chap, 39,page Voyez/fg.1,PL.3. 220.
retire.
(3)
(2) Extrait de PHerbier d'Amboine 3 par
groffeur --- Page 19 ---
CHAP. IV. Des Indigos de L'Afe, G de leur Fabrique.
groileur d'un tuyau de froment, qui font fermes & folides ; Ces branches pouf.
fent fur leurs côtés de petits rameaux ou côtes un peu plus longues que le
doigt, auxquelles font attachées fix, fept, huit, & rarement neuf ou dix
de feuilles direétement oppofées les unes aux autres avec une impaire à paires l'extrémité, Ces feuilles reffemblent parfaitement à celles de la Caméchrifta, ou du
Tamarin;mais elles font plus petites & arrondies 3 à-peu-près comme celles de la
Faucille. Elles font tendres & unies, mais fans éclat; d'une couleur de bleu de
mer, approchant du fer bronzé, & agréable à la vue. Ces feuilles ont chacune un
court pédicule avec lequel elless'appuient furlacôte ou rameau. Sil'on vientà le
rompre, clles fe refferrent & fe ferment affez facilement; mais elles s'ouvrent
& fe déplient aufli-tôt qu'on les met dans l'eau.
A chaque aiffelle de ces côtes feuillées attachées aux branches, il fort une
grappe en forme d'épi, compofée de plafieurs petites têtes pointues, , qui en
s'ouvrant préfentent des fleurs femblables à celles de la Veffe, mais plus petites, TL
compofées de quatre petits pétales , dont le plus élevé &auffi le plus
eft
courbé en arriere : ces pétales font d'un jaune pâlc ou verdâtre ; ceux large, des deux
olcon
côtés tirent un peu fur le rofe, & recouvrent l'inférieur ou le quatrieme
Gy
leur pointe en forme de crochet. Peu de ces fleurs s'éclofent à la fois, & elles par
n Oums
tombent bien-tôt fans donner aucune odeur.
Caon.
A ces fleurs, fuccedent de petites filiques rondes & noueufes, à
de la longueur d'un tiers de doigt, de la groffeur tout au plus d'un tuyau peu-près de froment s dures & tournées en haut. Elles viennent plufieurs enfemble, & forment
comme une grappe qui feroit remplie de queues de fcorpion. D'abord elles
font vertes, elles bruniffent enfuite, & deviennent enfin noirâtres. Ces filiques
renferment des graines femblables à celles de la Moutarde; ; mais au lieu d'être
exactement rondes, elles ont la forme d'un tambour, comme le
font
&
d'un verd noirâtre.
Fenu-grec,
Quoique les feuilles dont nous avons donné la defcription, foient douces au
toucher, elles ne s'humedtent point dans l'eau. Celles qui font détachées &
pliées, s'ouvrent de rechef après avoir trempé un demi-jour dans l'eau, &c
confervent toute leur fraîcheur julqu'au troifieme jour.
Sa racine s'étend beaucoup & eft très-ferme en terre, parce qu'elle pouffe
beaucoup de petites fibres garnies de tubercules blanchâtres. Toute la plante -
étant fr pied dans les champs 2 répand fur le foir, une forte odeur. Les feuilles
ont un goût fade & dégodtant; mais il n'eft point amer comme
l'ont
quelques-uns
dit; & quand elles ont macéré dans l'eau pendant trois ou quatre jours,
elles répandent une odeur défagréable & de pourriture : cette odeur augmente
par la chaux qui entre dans la préparation de fa pâte, dont le travail eftaufli diffi.
cile que défagréable.
Son nom latin eft Ifatis Indica; mais cette plante defféchée & la pâte qu'on 1
en tire pour en former des gateaux, s'appellent vulgairement Indigo. Les PortuINDIGOTIER,
E
& quand elles ont macéré dans l'eau pendant trois ou quatre jours,
elles répandent une odeur défagréable & de pourriture : cette odeur augmente
par la chaux qui entre dans la préparation de fa pâte, dont le travail eftaufli diffi.
cile que défagréable.
Son nom latin eft Ifatis Indica; mais cette plante defféchée & la pâte qu'on 1
en tire pour en former des gateaux, s'appellent vulgairement Indigo. Les PortuINDIGOTIER,
E --- Page 20 ---
INDIGOTIE R. LIYRE 1.
gais lui donnent auffi ce nom. Les Arabes appellentcette plante Nil & Anil;
fes feuilles Chirz & Wasmat; ; la pâte & les gâteaux Nilag. Chez les Perfes
elle porte le nom de Nila ; chez les Malayes, Tarron; à Banda, Tenaron; à
Java, Tom; à Baleya, Tahum; Ternate, Tom; à Mandao &à Siauwa, Entu;
à la Chine, , Tschen , qui fignifie puits ; dans le Guzaratte, Gali. L'Auteur du
Jardin Malabare, Tome I 56-54, dit que les Malabares l'appellent Améri; &
les Brames, Neli.
Cette plante tire fon origine de Cambaye ou du Guzaratte, particuliérement
d'un village nommé Chirches, qui eft éloigné de deux milles d'Amadabat : fon
vrai nom eft Tsjirtsjes, & l'Indigo de la plus belle efpece porte ce furnom. On
cultive auffi cette plante en d'autres Provinces de l'Indoflan, de même qu'à
la Chine, à Java, à Baleya, & dans prefque toutes les Illes des bafles Indes
habitées par les Chinois, qui ont tranfporté la graine de cette plante aux Moluques & à Amboine, d'oà les Efpagnols l'ont tirée pour l'introduire dans les
Ifles de l'Amérique , où il en croît une grande quantité,
On rencontre dans le Guzaratte, une efpece d'Indigo fauvage, , nommé Guinguai, dont il paroit qu'on mêle les feuilles avec celles du précédent; le refte
de ce travail m'eft inconnu.
Georges Rumphe ajoute: Les deux cfpeces d'Indigo décrites par Guillaume
Pifon, dans fon Hifloire Naturelle du Bréfil, Liv. 4, Chap. 39, fous le nom
de Caachira, ont peu de rapport à celui des Indes Orientales, fi Ce n'eft
celui de la feconde efpece, ou l'Indigo rampant, qui vient auffi en quelques
endroits des Indes Orientales, fiur-tout à Mandano; mais je ne l'ai point encore
vu. Cette plante qui croît fur les côtes du Bréfil, eft fans doute celle que les
Portugais appellent Anir ou Anil. L'Auteur de I'Herbier d'Amboine en fait ici
une courte defcription ; mais nous ne la rapporterons point, parce que nous en
traiterons amplement à l'article des Indigos du Continent de l'Amérique. Nous
obferverons feulement que François Cauche en fait aufli mention dans fà Defcription des Plantes de Madagafcar.
Guillaume Pifon rapporte 2 que felon Jules Scaliger, Nil, ou plutôc Nir,
fignifie en langue Arabe le bleu auquel les Elpagnols ont donné le nom d' Anir
& d'Anil. Scaliger ajoute que les Arabes appellent auffi la plante de
Nil.
l'Ifatis 3
Garciasab Horto, Liv. 2, Chap. 26, dit que la planteà laquelle les Arabes,
les Turcs &c plufieurs autres Nations ont donné le nom d'Aril, &
celui de Nil, s'appelle Gali, dans les Fabriques du Guzaratte. quelquefois
Herbelot, dans fà Bibliothéque Orientale s au mot Nil,page 672,6, dit
que les Perfiens & les Turcs appellent Nil, la plante que les Grecs & les
Latins nomment Iatis & Glaftum, dont le fuc fait la couleur bleue ou violette, que nous appellons vulgairement Indic ou Indigo, & par corruption
Annil au lieu de Al-Nil, qui eft le mot Turc avec l'article Arabe Al.
Fabriques du Guzaratte. quelquefois
Herbelot, dans fà Bibliothéque Orientale s au mot Nil,page 672,6, dit
que les Perfiens & les Turcs appellent Nil, la plante que les Grecs & les
Latins nomment Iatis & Glaftum, dont le fuc fait la couleur bleue ou violette, que nous appellons vulgairement Indic ou Indigo, & par corruption
Annil au lieu de Al-Nil, qui eft le mot Turc avec l'article Arabe Al. --- Page 21 ---
CHar.Iv. Des Indigos de Lafie, G de leur
LA maniere de travailler cette
Fabrique. ig
n'eft
herbe , n'eft point uniforme dans
il
pas rare de voir les Fabriques d'un même
l'Afie; &
entr'elles:ce que les Auteurs
canton, différer confidérablemene
en difent ne nous laiffe aucun
Parmi ces diverfès pratiques, , à la multiplicité
doute à ce fujet. eu autant de part que la nature de la
de(quelles la fantaifie a peut-être
cipales, dont les produits fe
plante, on en remarque deux prindifinguent par les noms d'Inde &
manipulation de l'Inde diffère effentiellement de celle de
d'Indigo. La
ne met que les feuilles de la plante à infufer dans l'eau lIndigo, 2 en cc qu'on
pour obtenir
lieu qu'on met toute Therbe
l'Inde; ; au
2 excepté fa racine, à macérer à
Ciesin
même maniere pour avoir TIndigo. Outre ces deux
peu-près de la stre
leurs circonftances,
procédés, fort variés dans
, il y en a encore un autre ulité dans les
filte dans la feule trituration & humeétation des feuilles
Indes, qui conon forme une pâte ou efpece de paftel,
de cette plante, dont
qui porte auffi le nom d'int"
d'Auteurs nous ont donné des defcriptions de la
de
Quancité
l'Inde dans l'Afie. Dans ce nombre, il s'en
Fabrique lIndigo & de
exactes; mais il y en a d'autres où l'on trouve rencontre des quelques-unes de très. tout à l'égard de la manipulation de IInde,
omiffions fi ellentielles, furimpraticable, fi I'on
que l'exécution en paroitroit comme
ignoroit ce que les premieres renferment
fijet. Ainfi il n'eft point furprenant
d'importantà ce
de
que quelques Auteurs, traitant de la Fabrique IIndigo de nos Colonies, , nous ayent donné à penfer
l'Inde
IIndigo fe fabriquoient tous deux de la même
que
&
rents noms ne devoient s'admettre
maniere, &c que leurs diffédenrée
que pour diftinguer les
de
ou le lieu de fa Fabrique. Mais comme
qualités cette
gences, auxquelles il eft aifé de
indépendamment de ces néglifuppléer, on trouve
ces defcriptions quelque détail
prefque toujours dans
étranger aux autres, & fouvent
nous nous fervirons indifféremment de toutes celles
tres-inftructif;
qui nous
pres à nous inftruire fur ces différents travaux. paroitront proLa defeription que M. Tavernier a faite de la Fabrique de
9efe
fujet aux foupçons dont on a
l'Inde, ayant donné
parlé ci-deffus 2 nous avons jugé devoir commencer
Cnallette eg par rapporter ce que cet Auteur en a écrit.
dans
étranger aux autres, & fouvent
nous nous fervirons indifféremment de toutes celles
tres-inftructif;
qui nous
pres à nous inftruire fur ces différents travaux. paroitront proLa defeription que M. Tavernier a faite de la Fabrique de
9efe
fujet aux foupçons dont on a
l'Inde, ayant donné
parlé ci-deffus 2 nous avons jugé devoir commencer
Cnallette eg par rapporter ce que cet Auteur en a écrit. Voici comme il
Les habitants de
s'exprime :
le Lahadon
Sarqueffe 5 village à 80 lieues de Surate > & proche d'Amaarux taud
dabat 2 après avoir coupé cette herbe, 2 dans le temps que les feuilles s'en
chent aifément, la dépouillent de tout fon
détaUnded
feuillage, & le mettent à infufer
une certaine quantité d'e feauqu'onverfe dans un vaifleau nommé la
dans dnfaia fiesis 9.30 vu
fg.4,1 P4.4, où ils le laiffent
Trempoire (A),
ils font
pendant 30 ou 35 heures; au bout de ce
paffer cette eau, , qui eft chargée d'une teinture verte tirant fir le temps,
dans un autre vaiffeau nommé la Batterie (B),
bleu,
battre cet extrait
fig. 4, PI. 4, oi ils font
pendant une heure & demie, , par quatre forts Indiens,
agitant des cuilleres de bois, dont les manches de 18 à 20 pieds de
font pofées fir des chandeliers à fourche. long,
Pour éviter d'employer à ce travail plulieurs hommes, ils fe fervent, enquel6. -
:), artil
fie
nafi * --- Page 22 ---
OTIE R. LIVRE I. INDIGO
PL.5, de bois, taillé à fix faces
ques endroits, d'un gros rouleau (R)fg.6,
fur des collets
des deux bouts duquel fortent des aiflieux de fer qui tournent
enchaflés dans les deux côtés de la batterie (B),fg. 6,
de même matiere,
Pl. 5. les deffous de ce rouleau , font attachés fix
Aux deux facesinféerieures, près de
renverlée & ouverte par en
fceaux (G),f6-6,PL: 5, en forme pyramide
rouleau à l'aide
bas. Un Indien (1),fig. 6,PL. 5, remue continuellement ce
s'élevent
d'une manivelle fixée à un de fes aiffieux; enforte que trois fceaux
la
tandis
trois s'abaiffent de l'autre : continuant toujours de
d'un côté,
que
foit chargée de beaucoup de mouffe. Ils
même façon jufqu'à ce que cette eau
foit d'huile d'olive. Ils
jettent alors avec une plume fur cette écume tant peu
utile ::
environ une livre d'huile fur une cuve qui peut
Daagulls emploient pour ces afperfions
rendre 70 livres d'Inde. fur Pécume, elle fe fépare en deux parties,
Aufli-tôt que cette huile eft jettée
comme ceux qui
à travers lefquelles on apperçoit quantité de petits grumeaux,
& quand
fe voient dans le lait tourné.
d'olive. Ils
jettent alors avec une plume fur cette écume tant peu
utile ::
environ une livre d'huile fur une cuve qui peut
Daagulls emploient pour ces afperfions
rendre 70 livres d'Inde. fur Pécume, elle fe fépare en deux parties,
Aufli-tôt que cette huile eft jettée
comme ceux qui
à travers lefquelles on apperçoit quantité de petits grumeaux,
& quand
fe voient dans le lait tourné. On ccffe pour lors le battage de l'extrait;
débouche le tuyau (T) de la batterie (B), Fig.6 6,PL. il a affez repofé , on
eft claire, & en retirer la fécule qui refte au fond
5, afin d'en écouler l'eau qui
retirée, ils la metde ce vaiffeau en forme de boue ou de lie de vin : l'ayant
chauffes de
PL. 5, pour en faire fortir
tent dans des
drap (Z),fg.182, ils renverfent la matiere dans
le peu d'eau qui pourroit Sy trouver; ; après quoi
fécher. evideus fa
d'un demi-pouce de haut pour la faire
Re des caiffes (4),fg-3 3, PL.5,
Marchands Droguiftes de Paris
Cette matiere une fois féche, eft ce que les
appellent Inde. où l'on obferve cette méthode, l'Inde de la premiere cueillette
Dans les pays
la meilleure. Celui de la feconde eft moins
pafle, 2 fuivant cette Relation, pour du
étant d'un violet plus vif &
beau, & ainli des autres ; la couleur premier
à cet Ecrit. plust brillant que celui des coupes fuivantes. Voici ce qu'on objeôte
des hommes dont Yindolence eft extrême, s'aQuelle apparence y a-t-il, que de
3 Quel temps ne faudroit-il pas
mufent à éplucher les feuilles chaque plante
celles de notre Bouis
remplir une cuve de feuilles moins grandes que
pour
mêie que la chofe puiffe s'exécuter, eft-on certain du
d'Europe? Suppofant diffolution 13 Toutes les feuilles entaffées les unes far les autres, ne
ficcès de la
l'eau d'y pénétrer 3 Mille Inferoient-elles pas un maftic capable d'empécher
couper & éplucher allez d'herbe pour remplir une cuve
diens pourroient-ils livres d'Inde?On ne dira pas qu'au lieu d'un jour on en
capable de rendre 70
herbe feroit tellement rôtie au foleil,
mettroit trois; puifque la premiere
qu'elle fe pulvériferoit au moindre attouchement. néceffaire
Ces réflexions feroient fans replique, s'il étoit indifpenfablement
toutes fraiches pour en tirer parti; mais il s'en faut de
d'employer ces feuilles chofes foient ainfi:
sen conyaincre , il fuffit de jetter les
beaucoup que les
pour
Maniere
yeux far la defcription fuiyante. --- Page 23 ---
Guc chopihe Cotes C Ce4CA la meaninulalion
CHAP. IV. Des Indigos de LARe, G de leur Fabrique. Maniere de
femer 3 de cultiver G d'extraire la couleur de Therbe
Indigo, dans les pays de l'Orient, voifins du
nommée
Coromandel G de
Tsinfai, entre les côces de
Malabare, s par. HERBERT DE JAGER. LES terrains trop gras & trophumides, ne conviennent (r). appelle Indigo; ;car, ou il pouffe trop vite & n'eft
pas à T'herbe qu'on Bualios 9.ia lert ir
ou il eft étouffé par les mauvaifès herbes.
couleur de Therbe
Indigo, dans les pays de l'Orient, voifins du
nommée
Coromandel G de
Tsinfai, entre les côces de
Malabare, s par. HERBERT DE JAGER. LES terrains trop gras & trophumides, ne conviennent (r). appelle Indigo; ;car, ou il pouffe trop vite & n'eft
pas à T'herbe qu'on Bualios 9.ia lert ir
ou il eft étouffé par les mauvaifès herbes. Ceft rempli que d'un fuc aqueux,
- ultrte 1
ir
tiver, 3 les pieces de terre les plus élevées, & pourquoi on choilit Pour le culpluie, ou à de trop fortes rofées. On recherche qui ne font pas fuijettes à trop de
de
une partie de bonne terre foit mêlée avec deux de préférence les fonds, dont
le fible pur, aux environs de
fable: il vient même dans
Cucthad que les pluies du mois de Dovemsparessmaiei il ne profite pas fibien. Lorf
ou deux fois la terre avec la Septembre commencent à tomber, , on laboure une
jufqu'au mois de
charrue, & après cette façon on la laiffe
Décembre; ; on repaffe alors la charrue, &c
repofer
temps on jette la femence dans les
au premier beau
qu'après les farclaifons
fillons, 2 & on les applanit avec la herfc. Lorf
convenables, l'herbe vient à porter fleurs &
qui arrive vers. le mois de Février, & que fès feuilles
graines, ce
la coupe de maniere quil refte encore aux branches commencent à jaunir, on
une palme de hauteur, au moyen de quoi elle qu'on laifle Iur la fouche,
favorables, & fournit au bout de trois mois la matiere repouffe aux premieres pluies
qui, étant faite comme la premiere, eft fuivie d'une d'une féconde coupe,
on la laiffe pouffer pour en recueillir la
troifieme, , après laquelle
Cateplonct foit propre à être mife en terre dans le graine, qu'on fait fécher, afin qu'elle
comme
temps convenable. Enfin
LypHiate Jau
incapable dunenouvelle
on bràle la
a Lfres fur les champs en guife de
reproduction, & on en répand les cenxts On ne coupe Therbe que dun fumier. beau temps, afin de
depuis le quart du jour jufqu'à quatre heures
pouvoir T'expofer au foleil
parfaitement : on la bat enfuite
après-midi, & la faire deffécher
leur
julqua ce que les feuilles fc
pédicule. & on les ramaffe dans un lieu a Tabri du détachent toutes de
jufqu'à ce qu'il faffe un temps affez calme
vent, oà elles reftent
9e
faire fécher au foleil & les réduire
pour qu'on puille de nouveau les
en cet étar, on les porte dans
en picces avec des bâtons ; quand elles font
& de
une aire, , renfermée de tous côtés ; on les couvre
Chautse,
clayes
Lstncinnes
nattes, & on les conferve ainfi
Rarpulahor les met enfiite dans des chaudieres, oi Ton verle pendant de T'eau vinge ou trente jours.
ent
9e
faire fécher au foleil & les réduire
pour qu'on puille de nouveau les
en cet étar, on les porte dans
en picces avec des bâtons ; quand elles font
& de
une aire, , renfermée de tous côtés ; on les couvre
Chautse,
clayes
Lstncinnes
nattes, & on les conferve ainfi
Rarpulahor les met enfiite dans des chaudieres, oi Ton verle pendant de T'eau vinge ou trente jours. On Fonddune
(cela eft indifférent. On expote ces chaudieres alardeur douce ou Alée;car
e. heures du matin jufqu'à deux heures
du foleil; depuis dix
après-midi, Les feuilles
Ciyer
tou
AVenfter,8trdleve une écume dunel Tagere couleur de commencent alors
odle
teinture a travers un drap bien net. On verle enfuite de pourpre. On filcre la
qu'on a eu foin de ferrer fortement avec les mains
Teau fur les feuilles
qu'a ce que l'eau ne paroiffe plus teinte
; & on réitere Ce travail,juf
(I)
en verd. on
ER Année Melanges feconde, curieux,ou Ephémérides delAcadémie des Après quoi bat ces tein1683, àl Nuremberg. Obfervation 4Curieux delanature. Décuric
souris INDIGOTIER. feconde,
e
domprausfilienuest Fenclintudiy awnl
F --- Page 24 ---
I N DI GOTI E R. LIVRE I. turesà 22 différentes reprifes à peu-près de la même maniere qu'on bat le beurre
en notre pays, jufquàce que Técume 3 qui eft en commençant d'un violet
clair, devienne toute bleue, & que l'eau foit prefque noire. On la laiffe enfuite
repofer pendant deux heures , Iequel temps pallé, on T'agite deux ou trois fois
avec une palette; on couvre le vafc d'un drap, & on n' y fait plus rien juiqua
ce que lamatiere épaillie, qui eft de véritable Indigo, 2 foit toute dépofée au
fond. Lelendemain vers les huit heures du matin, on Tépare le Tédiment d'avec
lors une couleur rouffàtre. On remue deux ou trois fois ce 16tenu, qui a pour
diment avec les mains, & on le tran(porte fur un lit de fable, un peu en pente
vers le milieu, couvert dun drap mouillé qui a déja été expofé Pendant deux
heures aux plus forts rayons du foleil, on le répand fur ce drap; par ce
moyen Teau séchappe & abandonne ce qui eft le plus épais, dont la fuperficie
fc couvre d'une pellicule tirant fur le pourpre; ; & afin que Ja matiere prenne
dela confiftance , on la lailfe ainii environ deux heures , c'eft-a-dire jufqua ce
qu'elle commence afe Tendre. On prend alors les coins du drap, & on le plic
en deux, ahn de doubler Tépailleur de la matiere; ; on la rompt avecles mains, ,
ILor
on la met dans une chaudiere, & on la pétrit bien avec les mains qu'on trempe
auparavant dans Teau ; puis on en fait des gâteaux, , qui, étant parfaitement fecs,
fe vendent enfin de tous côtés comme un Indigo de toute beauté, propre aux dif
férents ufages de la peinture & de la teinture des draps en bleu.
en deux, ahn de doubler Tépailleur de la matiere; ; on la rompt avecles mains, ,
ILor
on la met dans une chaudiere, & on la pétrit bien avec les mains qu'on trempe
auparavant dans Teau ; puis on en fait des gâteaux, , qui, étant parfaitement fecs,
fe vendent enfin de tous côtés comme un Indigo de toute beauté, propre aux dif
férents ufages de la peinture & de la teinture des draps en bleu. Maniere de cultiver G de préparer lIndigo dans le Guzaraute. Par Baldoeus (1). ON feme I'Indigo en Juin & Juillet, & on en fait la récolte aux mois de
maEshn 01 Novembre & de Décembre. A HaDtuie Done bmais d Vigstalreny
omnwode
L'efpece la plus large croît près de Chircées, village dont on lui donne le
ifoe Dieuo
nom à deux lieues d'Amadabat, capitale du Guzaratte. On le recueille trois
has
de valeur 2 & même la
A mie
fois en trois ans ; après quoi il n'eft plus que de très-peu
feconde & la troifieme récolte ne font pas autant eftimées que la premiere. La
premiere année on coupe les feuilles environ à un pied au-deffus de la terre,
on les met enfuite
-
cau
on les fait fécher vingt-quatre heures au foleil, &
dans de
vailleaux remplis d'eau faléc, On charge de grolles pierres cette mixtion
eratior
petits pendant quatre ou cinq jours , artin entretenant toujours l'eau dans un mouveon la tranfporte dans des vaiffeaux plus grands, où
ment continuel ; après quoi
on la tient aufli dans Tagitation 2 en foulant l'eau fans intermiffion, , jufqu'a ce
qu'elle commence à devenir épaille 2 & que l'Indigo tombe au fond. Alors on le
tire de Peau: on le fait paffer au travers dune toile claire, & on le couvre de
cher
cendres chaudes pour le faire fécher., Les gens de la campagne l'alterent par de
Thuile,ouavecdel lar terre de la même Ofcmnpourgulpueifte 8
meilleur furl'eau. Les marques de la bonté de l'Indigo, , font quand il eft brillant & fec, qu'il
(1)Defcription des côtes de Malabare, comprife dans le fixieme Tome des Découvertes des Européens page 322. A Crmvaeet celiplau
I botaid 2 Ou
DrL nE
coucae tenenbe
anai
arte
ceu
way --- Page 25 ---
CHAP.IV. Des Indigos de LAfie, G de leur
nage fr l'eau, qu'il donne une fumée de couleur violette Fabrique. & qu'il ne refte que très-peu de cendres. Il faut
en le mettant au feu, necar
année le terrein qui a produit
laiffer repofer la quatrieme
Amiel de Biant. Il vient
l'Indigo, que le peuple de Guzaratte nomme
particuliérement dans les faifons
de
Juillet, Août & Septembre, quoique l'excès de la pluie lui pluvieufès foit
Juin,
faut avoir grand foin que le terrein des environs foit
pernicieux. Il
de Ronces ; & les Acheteurs doivent bien
nettoyé de Chardons &
prendre garde
foit
trement ils perdent trois livres fur dix en huit ou neuf qu'il très-fec, auL'Indigo Laura, ou Indigo de Bayane, eft de trois jours.
de
Juillet, Août & Septembre, quoique l'excès de la pluie lui pluvieufès foit
Juin,
faut avoir grand foin que le terrein des environs foit
pernicieux. Il
de Ronces ; & les Acheteurs doivent bien
nettoyé de Chardons &
prendre garde
foit
trement ils perdent trois livres fur dix en huit ou neuf qu'il très-fec, auL'Indigo Laura, ou Indigo de Bayane, eft de trois jours. efpeces
premiere qui s'appelle Vouthy, eft d'un bleu
différentes, La nlice < duivacet <
quand on
brillant, &c tire fur le
T'exprime au foleil far l'ongle du pouce. La feconde
violer, DT1 fccotts
eft d'autant plus eftimée, qu'elle
, nommée Gerry,
:
la troifieme
approche plus de la couleur violette. Enfin Jerukelnis,
, appellée Cateol, eft la moindre de toutes: la couleur en eft d'un
rouge obfcur; ; & elle eft fi dure, qu'à peine peut-on la broyer. Defeription de la culture de TIndigo, 2 6 defa Fabrique à Girchées,
près d'Amadabat. Par Mandeflo (1). LE meilleur Indigo du monde vient auprès
wriongte Girchées, qui lui donne fon nom, Il d'Amadabat, dans un village
d Ehdinegal la hauteur de fix à fept
croît dans les bonnes années juf
pieds. ceficpta cid
La graine de cette plante fe met en terre au mois de
&
en Novembre &
Juin, on la coupe
Décembre; on ne la feme que de trois ans en trois ans. La
premiere annéc on la coupe à un pied de terre ; on en ôte le
& l'on
les feuilles fécher au foleil;a après quoi on les fait
dans bois,
met CRafir ELOLE LeLee 2a
pierre, on l'on met fix ou fept pieds d'eau,
tremper
une auge de
que l'on remue de
en
julqua ce qu'elle ait attiré la couleur & la vertu de T'herbe. temps On fait temps,
couler l'eau dans une autre auge, on on la laiffe raffeoir une nuit. Le enfuite
on en tire toute. Feau; on
Iendemain
Paffe par un gros linge ce l'on trouve
on le met fécher au foleil, &cetle meilleur
que
au fond,
fifient
Indigo. Mais les payfans le falbon
en y mêlant une certaine terre de la même couleur; & d'autant
onai
juge de la bonté de cette drogue par fa
ils
que l'on
légéreté, ont l'adreffe
un peu d'huile pour la faire nager fir l'eau. A
dy mêler
L'herbe vient bien la feconde année aux troncs
l'on
A L
campagne; mais elle n'eft pas f bonne
celle de la que
a laiflés à la
moins on la préfere au, Gingey,
que
premiere année. Néanceftadire, à TIndigo
dans la feconde année
en laiffe
fauvage. Ceft auffi
qu'on
monter une partie pour en recueillir la fp
graine. Celle de la troilieme année n'e 'eft pas bonne; & ainfi n'étant
chée par les Marchands
point recherétrangers, ceux du pays l'emplbyent à la teinture de
dello, (r) aux Extrait Indes du orientalcs, Voyage de incorporé Jean Albert dans Man- la Relation du Voyage d'Adam Oléarius en Mofcovie, Tome 2, feconde Edition, : page 228.
ft auffi
qu'on
monter une partie pour en recueillir la fp
graine. Celle de la troilieme année n'e 'eft pas bonne; & ainfi n'étant
chée par les Marchands
point recherétrangers, ceux du pays l'emplbyent à la teinture de
dello, (r) aux Extrait Indes du orientalcs, Voyage de incorporé Jean Albert dans Man- la Relation du Voyage d'Adam Oléarius en Mofcovie, Tome 2, feconde Edition, : page 228. --- Page 26 ---
IN D. IG OTIER LIVRE I. 24 leurs toiles. La couleur du meilleur Indigo tire fur le violet, & il fent auffi
hfdmgnnlu la violette quand on le bràle. Les Indoftans l'appellent Anil, & laiffent repofer la terre un an, avant d'y en femer de nouveau. Defcription de la culzure de FIndigo, G de fa manipulation
dans le Guzaratte. Par Wan-Twif (1). Ex- ApRi ès avoir recueilli les feuilles de la premiere récolte de l'Indigo, on les
Premier
trait d:l'Her- expole pendant le jour au foleil pour les faire fécher; & lorfqu'elles font féches,
bier d'Amon
boine. on les met dans des cuves de pierre conftruites à cette fin: les remplit d'eau
pure à la hauteur d'un homme ou environ ; on brouille de temps en temps cette
eau 3 afin de lui faire prendre la vertu & la couleur de la plante; & lorlqu'elle
en eft bien imprégnée, on la fait pafler dans un autre vaiffeau joignant le premier. On la laiffe repofer teute la nuit, afin qu'elle s'éclaircifle & qu'elle fe fépare d'une matiere épaille qui va au fond. On retire enfuite ce réfidu, quieft la
fubltance grofliere delIndigo, & on la filtre a travers un drap peu ferréipuis
on met la fine matiere qui en fort, dans des endroits bien propres, po1l la
la UEL Laa
faire fécher au foleil. Cette matiere ainfi purifiéc, eft ce qu'on appelle Indigo:
Elle eft quelquefois altérée par les payfans, qui, pour en augmenterle poids,"
Me la mêlent ayec un peu de terre qui approche beaucoup de l'Indigo; & ils Y. joignent encore de T'huile, afin qu'elle flotte mieux fur l'eau. Les fouches de la plante qu'on a laiflées dans les champs 3 pouffent l'année
fuivante des rejettons qui donnent un Indigo dont la qualité eft auffi bonne &
même meilleure que celui qu'on retire du Gingay, c'eft-à-dire, de l'Indigo
fauvage. A
ocede won
L'Auteur de I'Herbier d'Amboine (2), ajoute : J'ai appris des Chinois une
autre maniere de faire l'Indigo, dont voici le procédé. On prend les tiges & les feuilles de l'herbe verte, quelques-uns mêmes y
trait Second de PHer- Ex- joignent les fouches avec la racine, & on les met dans une cuve ou un fort tonbier boine. d'Am- neau, , dans lequel on verfe une quantité d'eau aflez grande pour que l'herbe en
foit entiérement couverte. On laiffe macérer cette herbe vinge-quatre heures,
pendant leiquelles Teau en extrait toute la couleur, & sépaiflit comme celle
chaet Bue iobo dun marais.
uns mêmes y
trait Second de PHer- Ex- joignent les fouches avec la racine, & on les met dans une cuve ou un fort tonbier boine. d'Am- neau, , dans lequel on verfe une quantité d'eau aflez grande pour que l'herbe en
foit entiérement couverte. On laiffe macérer cette herbe vinge-quatre heures,
pendant leiquelles Teau en extrait toute la couleur, & sépaiflit comme celle
chaet Bue iobo dun marais. On jette enfuite toutes les tiges avec leurs feuilles, & on verfe
dans chaque cuve trois ou quatre mefures, qu'on nomme Gantang, de chaux
fine palifée au tamis, qu'on remue vigoureufement avec de gros bitons, julquà
ce qu'il s'éleve une écume pourprée. On laiffe alors repoler la cuye pendant
vingt-quatre heures; on en tire T'eau & on en fait fécher au foleil la fubltance
quifet trouve au fond; on en facilite le defféchement en la divifant en gâteaux
*
() Chef du Commerce de la Compagnie page 220 & fuivantes; par George Everhard
Hollandoife des Indes, dans fon Itinéraire ou Rumphe. Defcription duGuzaratte, Chap. 10.VoyeglHer (4)Partic 5.. Chap. 39: page 220 & fuiv. bier d'Amboine, cinquieme Partie, > Chap. 39,
ou
atle muthoe en au eemcast cill lore Jopler o / -
J
6)
saceuation,
lelprveelen
a Couv
Hage
Hour beaucongr
nf 14ti V
2 beer
* --- Page 27 ---
IV. Des Indigos de rAfe, G de leur Fabrique. CHAP. à être vendu
étant bien fecs, forment un Indigo propre
ou carreaux, , lefquels
& tranfporté dans les pays érrangers. ufitée aux environs d'Agra. Troifieme
On m'a aufli donné la préparation fuivante,
les pluies du mois Extrait PHerbier de
Lorfque l'Indigo planté dans un terrein frais, a reçu le
& on le met d'Amboine. Ruhis mole de Juin, & lorfqu'il a atteint la hauteur d'une aune, on On charge coupe cette eau d'aunommée tanck , qu'on remplic d'eau. Mecration. doshrachiin dans une tonne
On la laiffe dans cet état pendant quelorfit cage
tant de
qu'elle en peut porter. forte
guitt
poids
que l'eau ait acquis une
couleur affa
jufqua ce qu'on sapperçoive
on fait
b
Elyu quesi jour,
une autre tonne dans laquelle
bleue. On met deflous ou tout auprès,
mains. On examine
lal liqueur au moyen d'un canal, & onl'agite avec les
EN
palfer
il convient de celfer Tagitation. Ony verfe alorsun
l'écume pour juger quand
la cuve
ce que toute la partie bleuequi,
quarteron dhuile, & on couvre
jufqu'à
fond. Lorfque T'eau eft
cet état reflemble à de la boue, fe dépofe au
. etheu
en
l'étend fur des draps, & on la fait fécher marier
écoulée, on ramaffe la fécule, on
eft encore humide, , on en forme
fur un terrein fablonneux: ; mais tandis qu'elle l'on renferme enfuite dans un lieu
avec.
la partie bleuequi,
quarteron dhuile, & on couvre
jufqu'à
fond. Lorfque T'eau eft
cet état reflemble à de la boue, fe dépofe au
. etheu
en
l'étend fur des draps, & on la fait fécher marier
écoulée, on ramaffe la fécule, on
eft encore humide, , on en forme
fur un terrein fablonneux: ; mais tandis qu'elle l'on renferme enfuite dans un lieu
avec. la main des boules ou des mottes, quel état d'ètre vendue. On l'appelle dans
chaud. Cette matiere bleue eft alors en
ou
les
Bariga;cet Indigo ne tient que le fecond) Ginpilos
l'Indoftan Noti, & chez! Portugais les
de la feconde année ont humeété
rang pour la qualité; , car lorfque pluies
l'année précédente ont rela terre, & que les fouches de l'Indigo coupées
donnent un Indigo
les rejettons coupés & traités comme ci-devant,
poulfe,
dans lIndoftan Tsjerri, & chez les Portugais
de premiere qualité, 2 qui s'appelle
Cabeça. derniere
des rejettons, , que les pluies
On fait la troifieme année une
coupe maniere ci-delfus; ; mais
encore fait naltre, & on les traite de la même
que
ont
eft de la
baffe qualité: on lui donne le nom de
IIndigo qu'on en retire
plus
il faut remarquer que le
Safala ou de Pée. Pour diflinguer ces trois efpeces, couleur : la fubftance
eft très-bleu, & qu'il a une très-fine
Je
Tsjerri ou Cabeça
lorf- ynure
elle flotte fur l'eau: elle produit une fumée très-violette
en eft tendre; fur les charbons ardents, & laiffe peu de cendres. qu'on la met
couleur tirant fur le rouge, lorfqu'on l'exaLe Noti ou Barriga, , eft d'une
mine au foleil. fubftance très-dure, & il a une couleur terne. Le Saffala ou Pée, eft une
de la culture de TIndigo & de fa préparation, tirée du
Defcription
de CHifoire Naturelle des Indes (I). Chapitre
endroits des Indes. Son apprêt dans le terIL croit de lIndigo dans plufieurs dans lIndouftan, à une ou deux jourritoire de Bayana, 2 d'Indoua & de Corfà vient auffi dans le pays de Surate,
le meilleur. Il en
nées d'Agra, palfe pour
(5)1 Hiftoire générale des Voyages, Tome4 44 ,page 328. G
INDIGOTIER. --- Page 28 ---
IND I G O TIE R. LIFRE I. fur-tout vers Sarqueffe, à deux lieues d'Amadabat; ; c'eft de-là
culierement lIndigo plat. On en fabrique de la même
& qu'on tire partimême prix fur les terres de Golconde. Le Mein
façon à peu-près de
ou 34 & demie de nos livres, fe vend
de Surate, qui eft de 42 ferres
auffiàl Baroch, &c de la même
depuis I5 julqu'à 20 roupies. Ils'en. fait
fe paitrit
qualité que le précédent. Celui du
par morceaux en forme de demi-fphere. Il s'en voifinaged'Agra,
Canton de Raout. , à 36 lieues de
fabrique auffi dans le
du Bengale, d'oà la
Brampour, & dans pluficurs autres endroits
Mais
Compagnie Hollandoife le fait tranfporter à
toutes ces efpeces d'Indigo y font à meilleur marché de Mazulipatan. que celui d'Agra.
fait
fe paitrit
qualité que le précédent. Celui du
par morceaux en forme de demi-fphere. Il s'en voifinaged'Agra,
Canton de Raout. , à 36 lieues de
fabrique auffi dans le
du Bengale, d'oà la
Brampour, & dans pluficurs autres endroits
Mais
Compagnie Hollandoife le fait tranfporter à
toutes ces efpeces d'Indigo y font à meilleur marché de Mazulipatan. que celui d'Agra. On fème
vingt pour cent, s
pluies. IIndigo aux Indes Orientales après la faifon des
L'ufage général des Indiens, eft de le couper trois fois l'année. miere coupe fe fait lorfqu'il a 2 ou 3 pieds de
La predemi-pied de terre. Cette
hauteur, & on le coupe alors à
les deux
premiere récolte eft fans comparaifon meilleure
autres. Le prix de la feconde diminue de IO
que
de la troifieme d'environ
à 12 pour cent, & celui
20 pour cent. On en fait la diftinétion
leur, en rompant un morceau de fà pâte. La couleur de celle
par la coumiere, eft d'un violet bleuâtre plus brillant &
qui fe fait la precelle de la feconde eft
plus vif que les deux autres; &
plus vive auffi que celui de la troifieme. cette différence, qui en fait une confidérable dans le
Mais outre
alterent le poids & la qualité par des
prix, les Indiens en
mélanges. Après avoir coupé ces plantes, ils féparent les feuilles de leur
en les faifant fécher au foleil. Ils les jettent dans des baflins faits petite queue
chaux, qui s'endurcit jufqu'à paroitre d'une feule piece de
d'une forte de
Macealion)
ont ordinairement 80 à IOO pas de tour. marbre. Ces baflins
cew
Aprèslesavoir à moitié
faumache, on acheve de les remplir de feuilles
remplis d'eau
jufqu'à ce qu'elles fe réduifent
féches, qu'on y remue fouvent
comme en vafe ou en terre
on les laiffe repofer pendant quelques jours &
graffe. Enftite
pour rendre l'eau claire
, lorfque le dépôt eft affez fait
par-deffus, on ouvre des trous qui font
près autour du baflin, pour laiffer écouler l'eau. On
pratiqués exbeilles de cette vafe ; chaque Ouvrier fe
remplit alors des coruni, &
de
place avec fa corbeille dans un
prend cette pâte avec les doigts pour en former des
champ
groffeur d'un ceuf de poule coupé en deux,
morceaux de la
par en haut. c'eft-à-dire, plat par en bas & pointu
L'Indigo d'Amadabat s'applatit & reçoit la forme d'un
chands qui veulent éviter de payer les droits d'un
petit gâteau. Les Marporter
d'Afie
poids inutile, ayant de tranfc
IIndigo
en Europe, ont foin de le faire cribler
ôter
fiere qui sy attache. C'eft un autre
pour la pouf
bitans du
profit pour eux ; car ils la vendent aux hapays, qui lemploient dans leurs teintures. Ceux qui font
à cribler IIndigo,y doivent apporter des
employés
ils ont un linge devant leur
précautions. Pendant cet exercice,
de la
vifage , avec le foin continuel de tenir les conduits
refpiration bien bouchés, & de ne laiffer au linge que deux
petits trous --- Page 29 ---
CHAP. IV. Des Indigos de L'Afie, & de leur Fabrique. Ils doivent boire du lait à chaque demi-heure, & tous ces meute
vis-à-vis des yeux.
font
à cribler IIndigo,y doivent apporter des
employés
ils ont un linge devant leur
précautions. Pendant cet exercice,
de la
vifage , avec le foin continuel de tenir les conduits
refpiration bien bouchés, & de ne laiffer au linge que deux
petits trous --- Page 29 ---
CHAP. IV. Des Indigos de L'Afie, & de leur Fabrique. Ils doivent boire du lait à chaque demi-heure, & tous ces meute
vis-à-vis des yeux. avoir exercé leur office pendant 8 ou IO
préfervatifs n'empêchent point qu'après
bleuâtre. On a même objours, leur falive ne foit pendant quelque temps criblures, le dedans fe trouve
fervé que f lon met un ceuf le matin près des
des corbeilles
bleu le foir lorfqu'on le caffe. A mefure qu'on tire la pâte
tout
dans de Thuile, & qu'on en fait des morceaux, on les
avec les doigts trempés
Les Marchands qui achetent l'Indigo, en
expofe au foleil pour les fécher. s'affurer qu'on n'y a pas mis
font toujours bràler quelques morceaux, pour fable demeure entier, Ceux qui
de fable. LIndigo fc réduit en cendres, & le
pieds
befoin de
en femer , laiffent la feconde année quelques
ont
graine pour
les gouffès font mûres, 2 les font fécher fur
debout ; ils les coupent lorfque
une terre a nourri IIndigo
la terre , & en recueillent enfuite la femence. Quand fe repofer avant qu'on Y
pendant trois ans, elle a befoin d'une année pour
en feme d'autre. de la culture 8 fabrique de TIndigo. Par Frang. Pelfart ( r). Deferiprion
mois de Juin , eft le temps oà il commence à
fement leur
au
qui
ILs
Indigo livres de graine pour chaque Biga, qui eft une. pleuvoir, , & ils emploient I5
LIndigo croît à la hauteur d'une aune
mefure de terre de 60 aunes de Hollande. ou au commencement
la faifon eft favorable. On le coupe en Septembre
quand
d'Oétobre. à en faire la récolte 2 les froids furviennent;
Lorfqu'on tarde trop long-temps
de couleur & la pâte qu'on en
msle cette plante qui ne peut les fouffrir, change Therbe à
doigts de terre, & on
cahe
retire eft brune & fans luftre. On coupel
quatre
en
lexfuchion
toute celle d'un Biga. Ce vaiffeau a 38 pouces quarré,
met dans une cuve
I'herbe T'efpace de r7heures;
& la hauteur d'un homme. Ils y laiffent pourrir
de circuit, & 6
on fait couler P'eau dans un puits qui a 32 pieds
après ce temps
hommes font dedans, la remuent avec Norerone ballay
pieds de profondeur; ; deux ou trois
qui font tellement changer de coules pieds & les bras, & par ce mouvement lui après cela repofer 16heures. leur, qu'elle devient d'un bleu obfcur. Ils lalaiffent defcend dans un creux en forme
Pendant ce temps la matiere la plus épaille Ils font écouler l'eau , & ils rede cloche qui fe trouve au fond du puits.
pieds
après ce temps
hommes font dedans, la remuent avec Norerone ballay
pieds de profondeur; ; deux ou trois
qui font tellement changer de coules pieds & les bras, & par ce mouvement lui après cela repofer 16heures. leur, qu'elle devient d'un bleu obfcur. Ils lalaiffent defcend dans un creux en forme
Pendant ce temps la matiere la plus épaille Ils font écouler l'eau , & ils rede cloche qui fe trouve au fond du puits. foit fec. Ils metétendent fur des lingesj jufquà ce qu'il
-
tirent lIndigo qu'ils
dans chaque puits, & le bouchent
tent dans un pot de terre ce qu'ils ont ramaflé
à donner dellus, ne le
foigneufement, de peur que Fair ou le vent venant 800
, & Ioood
On en recueille tous les ans à Bayana paquets
defléche.. mais l'Indigo en eft huileux, & n'eft
Meeuwat, quartier dépendant d'Agra;
FaReur de la Compagnie de Hollande Province pour les
C1) Relation du Voyage aux Indes Orientales, In des Orientales, année 1621, fur Ja
traduite Hacluyt, Remarques in- St Fr.) Tome Pelfart, 2, principal page 48 I d'Agra & de Bayhana.
& Ioood
On en recueille tous les ans à Bayana paquets
defléche.. mais l'Indigo en eft huileux, & n'eft
Meeuwat, quartier dépendant d'Agra;
FaReur de la Compagnie de Hollande Province pour les
C1) Relation du Voyage aux Indes Orientales, In des Orientales, année 1621, fur Ja
traduite Hacluyt, Remarques in- St Fr.) Tome Pelfart, 2, principal page 48 I d'Agra & de Bayhana. juiv.. AEET --- Page 30 ---
R. LITRE I.
I N DIGOTIE ordinairement du fable. Ils ne le font pointàla
pas degrande valeur. Ony trouve fuivant celle de ceux de Circhées, qui en pilent
manierede ceux de Bayana, mais fubftance en les mettant & en les remuant
les feuilles pour en tirer enfuite la
forme , des vaiffeaux ou Ton bat le
contimuellement dans un puits qui a la
(LAuteur ne dit rien du
beurre en Hollande. Ils en ôtent ce qui furnage.
le Manon > quand
refte de la façon). Cet Indigo ne fe vend que 20 roupies de Bayana, les
celui de Bayana en vaut 30.. Dans les villages qui dépendent fait paroitre leur
puits où ils le mettent fe rempliffent d'eau falée, ce qui
de deux
Indigo plus dur lorfqu'on le rompt. Il fe rencontre d'eau quelquefois falée & que l'autre d'eau
feront proches l'un de l'autre, lun fera
puits qui
aura été préparé dans un puits falé 2
douce ; &l'Indigo d'une même terre 2 qui
été
dans un
Manon plus que celui qui aura préparé
fe vendra une roupie par
puits d'eau douce.
les deux Obfervations
J'ai lu dans un Auteur, dont le nom m'a échappé,
fuivantes:
& de Gambaye, après avoir coupé leur Indigo, le
Les Indiens de Guzaratte retirer toutes les feuilles, qu'ils broyent dans un
font fécher pour le battre & en
fe fert
écrafer les pommes ou les
moulin femblable à ceux dont on
de pour feuilles à infufer pendant 24
olives (1). Ils mettent enfuite la poudre ces
la diffolution puiffe fe
dans une quantité d'eau affez grande, pour que
heures 2
étoffe. Ils laiffent repofer cette liqueur ainfi filtrée, juf
fltrer à travers une
Ils foutirent l'eau qui le furnage; & ils requa ce qu'elle ait formé fon dépôt. à fécher fur des toiles tendues à l'ombre fur
tirent le fédiment pour le mettre
une certaine confiftance,
du fable fin & bien fec. Lorique cette matiere a acquis achevent de faire fécher fur des
ils en forment des tablettes peu épaiffes, qu'ils
marchandife d'une qualité
à l'abri du foleil. 1l réfulte de cet apprèt une
planches
refte fur le flure,il ne fe vend point aux Étrangers;
fupérieure. Quant à ce qui
teindre les étoffes les plus groflicres.
mais les gens du pays s'en. fervent pour le Paftel d'Inde de la maniere fuivante :
Ily a des quartiers où l'on prépare les feuilles de l'Indigo ainfi que nous avons
On fait fécher & réduire en poudre
de
à en former une pâte
dit ci-deffus 3 puis on détrempe cette poudre il s'en façon faut de beaucoup qu'elle ait
fait fécher tout de fuite : mais comme
& on l'arrofe
erus qu'on
doit acquérir, on la broye de nouyeau
toute la beauté qu'elle
former de nouveaux pains s & on réitere tout
comme la premiere fois s pour marchandife en
ait atteint l'éclat & la fineffe qu'on
cet apprèt jufqu'à ce que la
veut lui procurer (2). de tourner nos regards fur les Indigos que nous préIl convient maintenant
& fur les différents travaux qu'ils occafente la Terre ferme de l'Amérique,
fionnent.
leur expli- Voyages de Frangois Pirard, troifieme Partie;
(1) Voyez Pl. II.fig. I, 2 & 3,&1
page 13.
cation qui On eft voit à côté. T'Abrégé de ce proeédé dans les
(2)
CHAPITRE
la
veut lui procurer (2). de tourner nos regards fur les Indigos que nous préIl convient maintenant
& fur les différents travaux qu'ils occafente la Terre ferme de l'Amérique,
fionnent.
leur expli- Voyages de Frangois Pirard, troifieme Partie;
(1) Voyez Pl. II.fig. I, 2 & 3,&1
page 13.
cation qui On eft voit à côté. T'Abrégé de ce proeédé dans les
(2)
CHAPITRE --- Page 31 ---
V. Des Indigos G Fabriques du Continent de LAmérique.
CHAP.
M E.
CI H. AI P IT R E CINQUIE
& Fabriques du Continent de l'Amérique.
Des Indigos
point de compter toutes les efpeces d'Indigos qui
Nous n'entreprendrons
ni de diftinguer celles qui lui font
croiffent dans cette partie du Monde,
foit tranfport. Nous
communes avec l'Afie & l'Afrique, foit naturellement viennent par dans les Illes
non plus fi toutes les efpeces qui
ne déciderons point
dans le Continent ; mais nous pouvons affurer qu'il
de TAmérique,fe trouvent
totalement
croît dans le Bréfil & dans la nouvelle Efpagne 3 deux efpeces
en
dans nos Ifles, & une troifieme quia un trèsdifférentes de celles qu'on trouve
ou à une autre efpece
grand rapport avec I'Indigo bâtard de Saine-Domingue, donne le nom de Guatimala.
qui croît dans la même Ile, à laquelle on
Ximenès
Guilqui font les feules dont François
(1),
Ces trois efpeces,
Hernandès & Antoine Recchus (3), Jean de
laume Pifon (2), François
traité à fond, font ainfi décrites
Laet (4), & George Margraye (5), ayent
par ces Auteurs.
Defcription de PAnnir à petites feuilles.
FAnnir à petites feuilles, eft un atLE Xihuiquilid-Przahunc, 2 c'eft-à-dire,
fouches hautes de fix palmes,
briffeau qui, d'une fimple racine , pouffe plufieurs de couleur cendrée. Ses feuilles
groffes comme le petit doigt, rondes , polies &
font très-petites & de la
reffemblent à celles des Pois chiches (6). Ses fleurs
Aloccons aux
Ses filiques qui font attachées par
aflez
couleur d'un blanc-rougeitre.
appelle Afcorides. Elles font
fouches, reffemblent à des vermiffeaux qu'on
reffemble à celle du Fenugroflieres & pleines de femence noire. Cette graine à chaque bout: : cette
plate des deux côtés comme fi elle étoit coupée avec fes feuilles,
grec,
amere. Les Naturels de P'Amérique, 2 font
plante eft un peu
Tlauhoylimihuiul, dont ils fe fervent pour noircir
une teinture qu'ils appellent
d'elle-même dans les plaines ainfi que dans
leurs cheveux. Cette plante vient
Commentaire des Plantes de la nouvelle ment dite Hiftoire deGuatimala, Naturelle Liv.7 du Chap.a9.pagea4o: Guil-
(I) Cet Ouvrage imprimé au Mexique, eft (5), Pifon & George Margrave; au jour
RSLELE
tres-rare, Epagne. & nous ne le connoiffons les RSEES par dont les &a laume augmentée par Jean de Laet, en 1648,Liv.2;
Extraits qui en mention ont été REC faits
Chap. I ,page trouve S7. ici une contradidion entre! la
nous (2)" failons Tréfor des Matieres Médicales, Liv. 4, Gravure (6)1ie &c la Defeription: caronvoit.dansi cette Herpage 109 , & Hift, Nat. du Bréil, Liv.4. page nandès , 108, Edition des feuilles de Rome, longues &
198.
des
de lar nouvelle] Efpagne, Plante
avec c'eft
LARLE
(3) Tréfor Plantes en 1651, pages 108 &c109. tres-pointues des deux fait bouts: la figure, pourquoinoss crainte de
imprimé au Mexique du Nouveau Monde, impriméà n'enavons point copier
Leyde Estintone en 1640, Article de la Province propre- méprife.
H
INDIGOTIER.
108, Edition des feuilles de Rome, longues &
198.
des
de lar nouvelle] Efpagne, Plante
avec c'eft
LARLE
(3) Tréfor Plantes en 1651, pages 108 &c109. tres-pointues des deux fait bouts: la figure, pourquoinoss crainte de
imprimé au Mexique du Nouveau Monde, impriméà n'enavons point copier
Leyde Estintone en 1640, Article de la Province propre- méprife.
H
INDIGOTIER. --- Page 32 ---
INDICOTI E R. LIVRE I.
Quoique quelques-uns la regardent comme une herbe ; il me
les montagnes.
cependant qu'on doit la ranger dans la claffe des arbriffeaux, puifqu'elle
paroit
maniere de faire
fe foutient pendant deux ans avec beaucoup de vigueur. Or,la:
2 getadhon
cette couleur bleue, que les Mexiquains nomment Mohuirli & Tlecohuisi,
eft telle. Ils mettent les feuilles
& les Caftillans Azul, vulgairement Annil,
de
mDe
tirées de cette plante dans un vaiffeau d'airain, & par-dellus ces feuilles
Lt
Teau tiéde, quoique, fuivant quelques-uns , T'eau froide foit préférable. Ils l'aviolemment julqua ce
foit chargée dune forte teinture, après
gitent
quelle
a un trou aflez élevé
quoi ils la verfent doucement dans un autre vaifleau qui
la
au-deffus du fond, par lequel le plus clair de Teau S échappe. Celle qui eft
feshacl plus trouble & qui eft imprégnée de la fublance la plus épaiffe des feuilles,
la
travers un fac de toile de chanvre. On expofe
demeure au fond , & on filtre à
& on
au foleil la matiere qui refte dans le fac; puis on en forme des gâteaux,
acheve de les deffécher en les mettant dans des baflins far des charbons ardents
.. Jechw ow le leli.
bien durs.
jufqu'à ce qu'ils deviennent
Defcription du Caachira,faite par les Auteurs précédents, G principalement
par Guillaume Pifon (1).
LA célebre Plante que les Portugais appellent Evra d' Anir, & les Naturels
néglige de la culdu pays Caachira, vient ici (au Bréfil) par-tout, quoiqu'on
de
tiver
les ufages de la Médecine & de la Teinture. Il s'éleve de la racine
pour
diftribuée en quantité de rameaux ligneux, 2 longs & couchés,
cette plante (2),
plufieurs tiges rondes 2 longues de deux à trois pieds & quelquefois davantage,
rampantes fur la terre oû elles jettent ça & là des filaments qui y prennent
racine, & s'élevent enfuite vers leur extrémité.
la
font couchées far terre, il fort différents
De ces tiges, , qui pour plupart
huit ou neuf,
jets qui pouffent en haut, far chacun defquels il en vient encore
& plus fouvent dix autres également ronds 3 ligneux & un peu roux d'un côté.
Tous ces jets font garnis de rameaux longs d'un doigt, placés alternativement,
ou huit
de feuilles oppofées deux à deux avec
dont chacun porte fept
paires
au bout. Ces feuilles ont au milieu de leur longueur une nervure:
une impaire
celles du Trifolium de Dodone, auxquelles
elles font un peu plus larges que
elles reffemblent. Il croît à l'aiffelle des rameaux 2 de petits pédicules qui porà fix
fleurs & plus, de couleur de pourpre, lavé de blanc,
tent cinq
petites
celles du Lierre terreftre ou de l'Ortie
de la figure d'un cafque ouvert, comme
morte, & d'une agréable odeur. Cette plante vient ça & là dans le Bréfil.
(1) Tréfor des Matieres Médicales, Liv.4. page 109.Hift. Nat. du Bréfil, Liv.. 4, pagerg8,
en quelques Editions, 2 pages78s8.
(2) Fig. 4. Pl. I.
, lavé de blanc,
tent cinq
petites
celles du Lierre terreftre ou de l'Ortie
de la figure d'un cafque ouvert, comme
morte, & d'une agréable odeur. Cette plante vient ça & là dans le Bréfil.
(1) Tréfor des Matieres Médicales, Liv.4. page 109.Hift. Nat. du Bréfil, Liv.. 4, pagerg8,
en quelques Editions, 2 pages78s8.
(2) Fig. 4. Pl. I. --- Page 33 ---
CHAP. V. Des Indigos G Fabriques du Continent de PAmérique. 31
Defcription de lIndigo riche de la terre ferme.
XIMENES, Pifon & les autres que nous avons déja cités, ayant donné à la
plante dont nous allons parler, le même nom qu'aux deux précédentes, nous
nous fommes déterminé à diftinguer celle-ci par un furnom relatifà fa qualité,
en attendant que les Botaniftes lui en ayent alligné un propre à fon caraetere.
Cette plante (r) croit jufqu'alahauteur de deux ou trois pieds. Sa tige eft ronde
& noueufe, effilée, pleine de fuc, fpongicufe comme les rofeaux, verte & côuverte ça &l là de poils roux. Elle pouffe fur fa tige & fir fes branches, des feuilles
fans pédicule & fe touchant de fort près, oppofées deux à deux, longues
de quatre doigts, étroites & vertes comme celles de la Lyfimaque : elles font
couvertes de petits poils blancs des deux côtés & un peu rudes au toucher. Il
fort des mêmes noeuds où les feuilles font placées. 3 deux pédicules à côté l'un
de l'autre, droits & longs de deux ou trois doigts, portant à leur extrémité
une fleur ronde de la grandeur de la Paquerette, entourée de diftance à autre
de petites feuilles blanches, au milieu defquelles fe trouyent de petites étamines blanches. Sa racine qui peut avoir environ un demi-pied, eft un peu
courbe; elle jette d'autres petites racines couchées 2 ligneufes & couvertes d'une
écorce brune qui peut facilement fe détacher. Toute cette plante, de même
fà racine , eft tellement pleine de fuc, que fi on vient à rompre une partie
que:
de l'une ou de l'autre, il en fort auffi-tôt une couleur bleue.
On fait de l'Anir en pilant feulement cette herbe, & en la laiffant infufer Masiere
dans l'eau. On la laiffe tranquille pour lui donner le temps de former fon dépôt, qu'on fait deffécher au foleil & qui fe vend au poids de l'or.
On trouve encore une autre plante qui porte le même nom que la précédente, (de maniere que celle-ci fait la quatrieme dont il foit parlé au fujet
de la nouvelle Efpagne & du Bréfil). Elle donne un bleu foncé, dont les
femmes fe fervent pour teindre leurs cheveux en noir. Celle-ci differe beaude la précédente par la grandeur & la forme ; car c'eft un arbriffeau mécoup
racines comme le Sarment, accompagnées de beaudiocre qui jette plufieurs
de fibres, defquelles fortent plufieurs fouches de couleur cendrée. Ses
coup
feuilles reffemblent à celles du Poivre long; mais elles font un peu plus
grandes, & elles ont quelques neryures qui s'étendent fur toute leur lonSes fleurs font blanches. On en tire la couleur de la même façon que de
gueur.
chere.
la précédente efpece; mais elle eft moins belle &'moins
(1)Fg-5,PLI,
Are
plufieurs
de fibres, defquelles fortent plufieurs fouches de couleur cendrée. Ses
coup
feuilles reffemblent à celles du Poivre long; mais elles font un peu plus
grandes, & elles ont quelques neryures qui s'étendent fur toute leur lonSes fleurs font blanches. On en tire la couleur de la même façon que de
gueur.
chere.
la précédente efpece; mais elle eft moins belle &'moins
(1)Fg-5,PLI,
Are --- Page 34 ---
INDIGOTIER LIVREl
Defcription de la Culture G Fabrique de FIndigo à la Caroline.
Par William Burck (r).
L'INDIGO eft une matiere que l'on tire d'une plante du même nom, que
l'on a vraifemblablement appelléc ainfi de IInde,oh on l'a cultivée pour la premiere fois, & d'oi, pendant un temps confidérable, on a tiré tout celui qu'on
confommoit en Europe.
demandent chaOn cultive trois fortes d'Indigos dans la Caroline (2), qui
cun un terrein différent. Le premier, favoir celui de France ou d'Hifpagniola 3
pouffe un pivot fort long & demande un terrein gras, d'oà vient, que bien
qu'il foit excellent dans fon efpece, on le cultive peu dans les cantons maritimes de la Caroline, qui font en général fablonneux. Mais il n'y a aucun
dans le monde où l'on trouve de meilleures terres que celles qui font ici
à pays cent milles de la mer. Une autre raifon qui empêche de le cultiver, eft qu'il
réfifter au froid de la Caroline. (Nous ne rapportons point la defcripne peut
tion que l'Auteur fait de cette efpece , parce que nous en parlerons amplement
en traitant des Indigos de nos Illes).
mzocure
La feconde efpece, favoir 2 le faux Guatimala ou le vrai Bahama, fupporte
mieux le froid 2 parce que la plante eft plus forte & plus vigoureufe 9 & d'ail
leurs il eft plus abondant. Il vient dans les plus mauvais terreins, & c'eft ce qui
fait qu'il eft plus cultivé que le premier 2 quoiqu'il foit moins bon pour la
teinture. ( L'Auteur n'entre dans aucun détail fur cette plante ni fur la
fuivante).
auffi
Le troifieme eft l'Indigo fauvage, qui étant naturel au pays, répond
durée
facilité de la
mieux aux vues du Cultivateur, tant pour la
de la plante, &cla
ontacie leproouwd culture, que la quantité du produit. On n'eft point d'accord fir la variété de fès
qualités, & lon ignore encore fi elle provient de la nature de la plante, de la
température des faifons, 9 qui ont beaucoup d'influence fur la perfection de cette
denrée, ou de la maniere dont on le prépare.
On plante ordinairement l'Indigo après les premieres pluies qui fuccedent à
l'équinoxe du printems. On feme fà graine dans de petites rigoles efpacées l'une
de l'autre de 18 à 20 pouces. Lorfque le temps eft favorable, il eft en état d'être
coupé au commencement de Juillet. On fait une feconde récolte vers la fin
l'Automne eft tempérée, une troifieme à la Saint-Michel. Il
d'Aoàt, 2 & lorfque
fisciilo EEELA
faut farcler tous les jours la terre où on le plante, en ôter la vermine & donner
fuffifent
à 2.dem
tous fes foins à la plantation. Une vingtaine de Négres
pour foigner
une plantation de 5o acres, & pour entretenir la Manufacture ; encore ont-ils
(1)Hift. des Colonies Européennes, Tome 2, Septentrionale, entre les 31 & 41: dégrés de lapage 282.
titude feptentrionale.
(2) GetteProvince eft fituée dans l'Amérique
affez
�ter la vermine & donner
fuffifent
à 2.dem
tous fes foins à la plantation. Une vingtaine de Négres
pour foigner
une plantation de 5o acres, & pour entretenir la Manufacture ; encore ont-ils
(1)Hift. des Colonies Européennes, Tome 2, Septentrionale, entre les 31 & 41: dégrés de lapage 282.
titude feptentrionale.
(2) GetteProvince eft fituée dans l'Amérique
affez --- Page 35 ---
CHAP. V. Des Indigos 6 Fabriques du Continent de LAmérique. 33
à leur fubfiftance & à celle de leur Maitre. aflez de temps pour pouryoir
60 à livres d'Indigo, qui
Lorfque la terre eft bonne, chaque acre donne
70 dès
comvalent à prix moyen 5o livres fterlings. On coupe la plante qu'elle
eft
faut prendre garde de ne point
mence à fleurir ; mais aprèsqu'elle dans coupée,1l l'endroit ou on la met à rouir , parce
la preffer ni la fecouer en la portant
de la farine qui eft atqu'une grande partie de la beauté de lIndigo dépend
1e/ / 210
tachée à fes feuilles. Il concud
L'appareil pour faire l'Indigo eft confidérable, mais peu difpendieux. eft
& quelques cuves & tonneaux de bois de cyprès, lequel
fifte en une pompe
avoir
l'Indigo, on le
il dian culiog
très-commun & à bon marché dans le pays. Après
coupé
Ooniphin
d'environ 12 à
de long, far quatre de profondeur, Cures
met dans une cuye
14.pieds
- visslr
le faire macérer ; on remplit enfuite Ja cerne
àla hauteur d'environ 14 pouces, pour heures, felon le temps, TIndigo fa tucenelioy
cuve avec de Teau; au bout de I2 ou 16
infenfiblement. On Tarséleve & s'échauffe
hu
commence à fermenter , s'enfle,
ne monte Dege
rête alors avec des pieces de bois mifes en travers pour empécher qu'il Lorfavec une épingle le point de fa plus grande crue. trop, Ton marque
on
la fermentation eft à fon
quil bailfe au-deffous de cette marque, juge que
robinet
& qu'elle commence à diminuer. On ouvre alors un
plus haut dégré,
le battoir. L'herbe
faire écouler T'eau dans une autre cuve qu'on appelle
pour
de la premiere cuve , fert à fumer la terre &c fait un engrais excelqu'on retire
la récolte foit
lent. On continue à y mettre de nouvelle herbe 2 jufqu'àce que
achevée. avoir fait couler toute l'eau, ainfi imprégnéedes particules de IIndigo
Sukeye Après
de baquets fans fonds, armés d'un long
Piath z
dans le battoir, on fe fert d'efpeces
l'on continue de faire jufqu'à ce Benyn2
manche pour la remuer &c l'agiter, ce que s'éleve au-deffus des bords qui
qu'elle s'échauffe , qu'elle écume 9 fermente &
verfe de Thuile
violente 2 on
Cphislol
la contiennent. Pour appaifer cette fermentation
aufli-tôt. Dri Hahiag
ce la fait baiffer
Après qu'on Chnxid
deffus à mefure que lécume monte, qui felon le
5 car il faut lel battre
a ainfi agité I'eau pendant 30 ou 35 minutes,
à fe temps former de petits grains,
plus long-temps lorlquil Tait froid, il commence
de la plante que l'eau fecau lanye
ce qui vient de ce que les fels & les autres particules font alors réunies.
appaifer cette fermentation
aufli-tôt. Dri Hahiag
ce la fait baiffer
Après qu'on Chnxid
deffus à mefure que lécume monte, qui felon le
5 car il faut lel battre
a ainfi agité I'eau pendant 30 ou 35 minutes,
à fe temps former de petits grains,
plus long-temps lorlquil Tait froid, il commence
de la plante que l'eau fecau lanye
ce qui vient de ce que les fels & les autres particules font alors réunies. avoit divifées & qui s'étoient incorporées avec elle,
bat-
&c favoir fil'eau a été fuffifamment
Pour mieux découvrir ces particules,
dans un
;
de
en
quelque peu fur un plat ou
verre;
tue, on en met temps temps
fait couler dedans de l'eau de chaux
lorfqu'elle paroit telle qu'elle doit être, on
facilite
eft dans un autre vaiffeau , & on agite le tout légérement, ce qui
qu
la
acquiert une coul'opération. L'Indigo forme des grains plus partaits; liqueur
On faic Mlanicu
: elle devient trouble & boueufe, & on la laiffe repofer. leur rougeâtre
claire dans différents autres vaiffeaux, d'oi on ep
enfuite couler la partie la plus
ne refte
la tire dès qu'elle commence à s'éclaircir au-deffus, jufqu'à ce qu'il
limon
met dans des facs de groffe toile ; on le fulpend durant quelqu'an
qu'on
I
INDIGOTIER.
igo forme des grains plus partaits; liqueur
On faic Mlanicu
: elle devient trouble & boueufe, & on la laiffe repofer. leur rougeâtre
claire dans différents autres vaiffeaux, d'oi on ep
enfuite couler la partie la plus
ne refte
la tire dès qu'elle commence à s'éclaircir au-deffus, jufqu'à ce qu'il
limon
met dans des facs de groffe toile ; on le fulpend durant quelqu'an
qu'on
I
INDIGOTIER. --- Page 36 ---
1 NDIGO d TI E R. LIFRE I.
que temps, jufqu'à ce que l'humidité en foit entiérement diflipée. Pour achever
de fécher ce limon, on le tire des facs, & on le paitrit far des ais faits d'un
bois porreux avec une fpatule de même matiere, l'expofant foir & matin au
L
foleil à différentes reprifes, mais peu de temps. On le met enfuite dans des
boîtes ou caiffes que l'on expofe au foleil avec la même
précaution , julqu'à ce
que l'opération foit finie & que I'Indigo foit fait. Il faut beaucoup d'attention
& d'adreffe dans chaque partie de ce procédé, autrement on court
de
tout perdre. On ne doit point laiffer l'eau ni trop long-temps ni rifque de
temps dans le rouifloir ni dans le battoir : il ne faut la battre qu'autant trop de peu
qu'ileft néceffaire ; & prendre garde en faifant fécher la fécule, de ne tomber temps ni
dans le défautni dans. l'excès. Il n'y a que l'expérience qui puiffe mettre au fait
de ces fortes de chofes.
hie
Iln n'y. a peut-être point d'article fur lequel on fafle de fi
ce Pays (la Caroline )
fir
grands profits en
2 que l'Indigo, ni qui exige moins de
&
il n'y a point de pays où on Puilfe le faire avec autant d'avantage que dépenfe; dans
cette
Province, vu la_ bonté du climat. On peut dire à la louange de fès
que s'ils continuent comme ils ont commencé, & qu'ils s'attachent habitans, à le faire
auffi bien qu'il doit l'être, ils en fourniront dans la fiite à tout lUnivers.
Si notre exactitude a répondu à notre intention, le Lecteur doit
à préfent une grande partie des Indigos qui croiflent dans les quatre connoitre
nous
Continents;
avons même portéle fcrupule jufqu'à faire calquer la figure de ces
quand nous les avons trouvées dans les Auteurs qui réfervent
plantes,
les Planches, l'expolition des différences les plus effentielles, quelquefois fans
pour
le Leéteur : il trouvera ce qui concerne lesIndigos de nos Ifles, dans en prévenir
pitre deftiné pour elles feules.
un ChaNous avons auffi tâché de lui faire connoitre tout ce que les Auteurs nous
apprennent d'intéreffant far les Fabriques étrangeres ; mais on n'auroit
idée bien fuperficielle de celle de FIndigo dans nos Colonies, fi l'on qu'une fe bor.
noit à Cette fimple connoiffance. Car, fi d'un côté notre pratique eft en
tous fes points beaucoup plus expéditive, d'un autre côté notre méthode prefque demande auffi beaucoup plus de fcience que toutes les autres ne
exiger. C'eft ce qui va faire le fujet du Chapitre fiuivant.
paroiffent en
W
far les Fabriques étrangeres ; mais on n'auroit
idée bien fuperficielle de celle de FIndigo dans nos Colonies, fi l'on qu'une fe bor.
noit à Cette fimple connoiffance. Car, fi d'un côté notre pratique eft en
tous fes points beaucoup plus expéditive, d'un autre côté notre méthode prefque demande auffi beaucoup plus de fcience que toutes les autres ne
exiger. C'eft ce qui va faire le fujet du Chapitre fiuivant.
paroiffent en
W --- Page 37 ---
CitAP. VI. Eléments de la Fabrique de l'Indigo.
GHAPI ITRE S IXIE M E.
Eléments de la Fabrique de lIndigo.
eft fondée fur la fermentation des végétaux
La théorie de cette Fabrique,
àl l'état aigre ou acide, &c
font fujets à paller de l'état ardent ou fpiritueux,
qui
font long-temps à infufer dans une certaine quantité
de là au putride, s lorfquils
d'eau.
éprouver fuccelfivement ces trois révoSuivant ces principes 3 FIndigo peut
fpiritueux eft le feul conve- Bimaigu sneatiala
lutions; mais la pratique enfeigne le genre étant fenfible, Therbe
que See crife acide
peu
nable à fa manipulation, parce de Fétat le plus fpiritueux & le mieux marqué,
femble paller tout d'un coup
& uniquement préjudiciable; ce qui eft
la putréfaction qui lui eft entiérement mention du
acide dans leur procaule que les Indigotiers ne font aucune
genre deux
ou
feulement la fermentation ardente en
temps dégrés.
cedé;ils divifent
pourrizure imparfaite, & le fecond, bonne ou parIls nomment le premier dégré
alkalefcent, ils Tappellentpouriture
faite pourriture. Quantau genre putrideou
excidées & ils n'omettent rien pour F'éviter.
de l'extrait, il faut le fou--
La pratique enfeigne encore, que pour tirer parti & enfuite le battre ou l'atirer de la cuve où il eft confondu avec la plante, formation de
les
à la
l'Indigo
giter pour réduire tous
principes d'un propres facile égout, auquel on ne parvientà l'état d'un petit grain diftinét &
abandonnoit une cuve de Iex--
sûrement, que parl la voie du battage. Car,fic on fans le fecours du battage, elleà deffein d'obtenir la fécule
trait à elle-même,
du grain, deftitués -
& les principes impercepeibles
tomberoit en putréfaction,
le temps convenable, ne fe dépoferoient que.
de leur apprèc nécelfaire pendant
de
c'eft pourquoi on ne
fous la forme d'une vafe fluide & incapable s'égoutter; foit dans le cas d'attendre.
differe guere le battage d'une cuve, à moins qu'on dans ne le même vaiffeau s lorfqu'il
l'extrait d'une autre pour les battre tous deux
différence entre leurs bouillons; ou bien quand on s'apperçoit
n'y a pas grande
n'a aflez fermenté, alors on en fuf
que l'extrait pallé dans la batterie,
pas
Cette derl'opération, afin de lui donner le temps de fe perfeétionner.
pend
la décantation n'arrête point le cours général
niere manceuvre démontre que & la néceffité de le battre fuivant lufage ordi-:-
de la fermentation de l'extrait,
fur la durée de la fermentanaire. Mais l'Art n'indique point de regle précife
de la -
tion & far la mefure du battage, parce que ces deux points des dépendent veines de terre -
qualité ou du corps de T'herbe, & cette qualité de la nature
tandis
-
& de l'altération des faifons qu'elle a éprouvée
qu'elle
oà Therbe a crà,
ité de le battre fuivant lufage ordi-:-
de la fermentation de l'extrait,
fur la durée de la fermentanaire. Mais l'Art n'indique point de regle précife
de la -
tion & far la mefure du battage, parce que ces deux points des dépendent veines de terre -
qualité ou du corps de T'herbe, & cette qualité de la nature
tandis
-
& de l'altération des faifons qu'elle a éprouvée
qu'elle
oà Therbe a crà, --- Page 38 ---
INDIG OTI E R. LIVRE I. de la fermentation & du battage, dépend Jencoredus temps
étoit fur pied. Le terme
lequel l'herbe ou fon extrair reçoi-
-froid ou chaud, pluvieux ou fec, pendant
de fraîcheur de l'eau
différents traitemens, & du degré de chaleur ou
vent ces
rend la
de cet Art variable, obfcure & fujette
dont on fe fert; ce qui
pratique
à beaucoup d'erreurs. exact la fuite, & des préCes difficultés dont nous rendrons un compte plus
par plufieurs fois le moyen
cautions convenablesà ce fujet, font caufe qu'on a cherché del'extrait. Mais il paroit
de fupprimer une partie de ce travail, appellé. le batrage
réufli, ce quir n'eft
aucune de ces tentatives n'a parfaitement
que jufqu'à ce jour
trouver un précipitant
faudroit vraifemblablement
point furprenant ; parce qu'il
de IIndigo, foit dans le temps qu'ils
qui pât agir également fur les principes foit dans celui oh ils fubiffent l'impreflion
éprouvent la fermentation vineufe, l'extrait fe trouye fouvent dans ce dernier
de la fermentation acidey-puifque
cas, fans quonsen apperçoive.-
Burck (2) & Han-Sloane (3);
Il faut cependant convenir que Rumphe
entre dans la prépara-. difent que la poudre de chaux vive paffée au tamis,
nous
Indes
l'on fe fert à la Caroline d'eau de chaux, pour
tion de l'Indigo des
; que
on répand
ou la clarification de l'extrait ; & qu'ala Jamaique,
le dépouillement
connoîtrel la difpofition des prinde Furine fur une petite partie del'extrait, pour conftitue le grain. On doit encore
cipes ou des molécules à une aggrégation qui
dans nos Ifles;
l'effet de ces mélanges n'elt point entiérement ignoré
1l ajouter que
a faites avecl la chaux, n'ayant peut-être point
mais les premieres tentatives qu'on & la fcience requifes , il en a réfulté un Indigo
'été faites avec toute l'exaétitude
Y
de les renouveller. Quant à lurine , on reconnoit
1 blanchâtre qui a dégoûté
de
le grain plus ou moins
a la propriété précipiter
11 affez communément qu'elle
de la fermentation & du battage ; mais il
fuivant la perfection
' parfaitement,
à tirer parti de cette connoilfance. On fent d'ailait cherché
f ne paroit pas qu'on difficile & défagréable d'en vérifier toute l'efficacité par
leurs combien il feroit
moins celle de
& mieux approfondies, 9 & encore
Ls des expériences plus grandes
M. Duhamel, de l'Acadéda falive, à laquelle on attribue la même propriété. fortes d'objets utiles, & qui
dont les vues s'étendent à toutes
mie des Sciences 2
diffolution d'alkali phloavoit autrefois été confulté fur celui-ci, penfe qu'une
du bleu de
comme celui dont on fe fert dans la préparation
gilliqué, à peu-près
conviendroit le plus d'ellayer d'après les
Pruffe (4), feroit un des moyens qu'il
indications ci-deffus mentionnées.
attribue la même propriété. fortes d'objets utiles, & qui
dont les vues s'étendent à toutes
mie des Sciences 2
diffolution d'alkali phloavoit autrefois été confulté fur celui-ci, penfe qu'une
du bleu de
comme celui dont on fe fert dans la préparation
gilliqué, à peu-près
conviendroit le plus d'ellayer d'après les
Pruffe (4), feroit un des moyens qu'il
indications ci-deffus mentionnées. toutes les matieres tirées du regne animal,
Il nous parolt cependant qu'entre
ou mucilagineufe, 2 font au
ou végétal, celles qui ont une qualité vifqueufe
(#On peut voir dans le Didionnaire des de Chi- Moss
(1) Voyez le fecond Extrait tdelHlerbierd'Am. mic,par M.Macquer, delAcadémie Sciences,
boine, Fabrique des Chinois. Caroline. au mot Bleu de Prufe, la maniere de phlogiltiquer
(2) Voyez Fabrique de la
Vol.2, Palkali,& les dntonsenmepesaopt
(sHliboirel Naturelle delaJamaique,
gilique.
une qualité vifqueufe
(#On peut voir dans le Didionnaire des de Chi- Moss
(1) Voyez le fecond Extrait tdelHlerbierd'Am. mic,par M.Macquer, delAcadémie Sciences,
boine, Fabrique des Chinois. Caroline. au mot Bleu de Prufe, la maniere de phlogiltiquer
(2) Voyez Fabrique de la
Vol.2, Palkali,& les dntonsenmepesaopt
(sHliboirel Naturelle delaJamaique,
gilique. page34 8 fuive
moins --- Page 39 ---
CHAP. VI. Eléments de la Fabrique de Indigo.
de 37 ce
à aider l'Art dans cet objet. Car, indépendamment
moins tres-propres
touchant la colle de poilfon dont on fe fert pour
qu'on pourroit dire à ce fujet
colle avec les autres mucilages, don
clarifier le vin, & deTanalogie de cette de la
de ceux-ci, pour la clarificainférer une égaliné d'effers
part
des
on pourroit
viennent de fubir la fermentation ardente;
tion des liqueurs végetales qui
encore alfiuré que de jeunes branches de
perfonnes dignes de for(1), m'ont battues dans une terrine remplie d'eau avec
Bois canon (2), concallées puis
concaffées 2 forment un muciquelques racines de Sénapou (3), , pareillement
de temps toutes les
la
de faire caler ou dépofer en très-peu
lage qui a propriété
réunies fous la forme de grain ; mais, comme
parties de Fextrait que le battage a
convenable précede l'addition
on vient de le dire, il faut toujours qu'un battage
& qu'on la mêle enfuite
combinée du Bois-canon & du Sénapou,
le
de la liqueur
celle de Fextrait de l'Indigo pour en obtenir fur
pendant quelque temps avec
la
qui le furnage, quoique COchamp le réfidu ; après cette opération ceft 2 liqueur le temps oà il convient de l'écouler
lorée en jaune devient très-claire, & vaifleau.
retirer la fécule qui refte au fond du
fuiviles
pour
de quij jet tiens ce procédé, dont ils n'ont point
détails,
Les perfonnes
de Bois-canon & de racine de Sénapou qu'on doit
n'ont pu me dire la quantité
mais il entre toujours dans cette compofition
employer pour clarifier une cuve; du dernier; au refte deux ou trois expériences
beaucoup plus du premier que
mettre un Indigotier au fait de
faites fur de petites quantités, fuffifent pour Nous indiquerons par la fuite
la dofe, qui n'exige pas une extrême précifion. d'en faire ufage; parce qu'a la rigueur
les occafions oà il feroit le plus à propos
de l'Indigo fans cet ingrédient.
s'en palfer, 2 & qu'on fait tous les jours
on peut
du véritable précipitant, refte donc indécife :
La quellion fur la découverte habile Chimifte parviendroit à la réfoudre,
mais il y a tout lieu de croire qu'un fi intéreffante pour tous les Indigos'il étoit fecondé dans une opération
tiers.
fourniffent la théorie & la pratique, fur les objets
que
eroit le plus à propos
de l'Indigo fans cet ingrédient.
s'en palfer, 2 & qu'on fait tous les jours
on peut
du véritable précipitant, refte donc indécife :
La quellion fur la découverte habile Chimifte parviendroit à la réfoudre,
mais il y a tout lieu de croire qu'un fi intéreffante pour tous les Indigos'il étoit fecondé dans une opération
tiers.
fourniffent la théorie & la pratique, fur les objets
que Cmay
Les éclairciffements
la fermentation eft abfolument néMus
dont nous avons parlé ci-devant, 2 font, que
de I'Indigo:
lo
de tous les principes
ceffaire au développement
le cadet, Officier des menti filante & approchante àfon du mucilage lui êtres du fublti- Bois-
(1) M. Nationales Des Rofes, à Cayenne, & un Miffion- canon tuées. , pourroient, défaut,
TSE naire cette Colonie, qui ne m'a pas permis (3), Efpece de petit atbriffeau porteà Saintdele citer.
Domingue le nom del Boisd
à
Resicemitue
(a)Larbre qui ported ce Bw.-rompedOund nomà Cayenne, s'ap. &la fubftance de fa racine s'en reffemblentà frotte les dents, celles fle
for*
pelle à Saint-Domingue qui devient fort haut, a acquis une de la Guimauve; quand la falive on une elpece d'e lécume;
certaine cet arbre,
il elt tout creux, & on fur en fa elle fong goûta produitavec approche du Creffon de fontaine, 3 mais
fait aflez TEA charbon des dales de ce en bois le fendant eft très-léger il eft bien plusflimulant, &j'ai falivation. fouvent On fert
Le
une
res
longueur. aux feux d'artifice. Quelques réflexions* qu'il excitoit à T'Amérique longue de cette racine pour
&c nous EES
les goulfes fubftance de Gombeau, extrême- généralement enivrer le poilfon.
dont la FaEEL Toralet une
K
INDIGOTIER.
Sscilia
Z1H
fiowe iph
8)
67) Geaprpihe
imulant, &j'ai falivation. fouvent On fert
Le
une
res
longueur. aux feux d'artifice. Quelques réflexions* qu'il excitoit à T'Amérique longue de cette racine pour
&c nous EES
les goulfes fubftance de Gombeau, extrême- généralement enivrer le poilfon.
dont la FaEEL Toralet une
K
INDIGOTIER.
Sscilia
Z1H
fiowe iph
8)
67) Geaprpihe --- Page 40 ---
INDICOTIE R.
i
Que plus elle eft violente, plus
LIYRE I.
à la prompte réduction de fes
l'abondance de fes efprits forme d'obftacles
fies
ete
Que l'objet effentiel du principes en grain:
de
battage, 3 eft de favorifer & d'accélérer
cese efprits, afin de faciliter laggrégation des molécules
l'évaporation
Et qu'enfin le
de
du grain:
pallage
tul avant la
l'extrait de l'état fpiritueux à l'état acide &
formation ou la liaifon complette du
la
putride, 2
toutes les variétés du battage.
grain 2 eft caufe principale de
Nous allons maintenant rendre compte du plan & de l'ordre du refte de
Ouvrage, qui n'a plus pour objet que la Fabrique de
cet
tel qu'il fe fait dans nos Ifles de
I'Indigo proprement dit,
mingue. C'eft ce qui va faire la matiere I'Amérique, du & particuliérement à Saint-DoDans le
fecond & du troifieme Livre.
fecond,jexpoferai la fabrique de
qui le produit. Dans le troifieme,
l'Indigo 2 & je parlerai de la Plante
Dans le
jexaminerai la théoric de cette
premier Chapitre du fecond Livre, jai renfermé
fabrique.
port à la conftruétion & fabrique des
tout ce qui a rapceffaires à une
bâtiments, des vaiffeaux & uftenfiles néIndigoterie s parce que ce travail précede tous les
qu'on ne foit plus dans le cas de perdre de vue les
autres, &c afin
une liaifon intime entr'elles.
opérations fuivantes, qui ont
Le fecond Chapitre s'étend: fur les différentes efpeces &
connus dans nos Ifles, &c fur les accidents
qualités d'Indigoferes,
liérement fijette, depuis la plantation de fa auxquels chaque elpece eft particuLa nature & l'expofition du terrein le graine jufqu'à fà récolte.
la maniere de T'arrofér, font le
du plus favorable à FIndigo, fà culture &
fujet troifieme.
Le quatrieme expofe la qualité des eaux les plus
à fa
les préparatifs & la defcription générale de la fermentation propres fabrique, avec
Chapitre eft terminé par une inftruétion générale fur
& du battage. Ce
d'une habitation à Indigo.
l'économie & T'exploitation
Le troifieme Livre renferme deux Chapitres. Le
la fermentation de Therbe, & le fecond
premier a pour objet effentiel
nipulation de l'extrait. Nous avons
traite direétement du battage ou maplacé à la fin de cet
qualités & des prix de IIndigo. On trouvera enfuite les Ouvrage, un Tableau des
leur explication à côté 9 & en dernier lieu
Planches des figures ayec
Matieres.
une Table alphabérique des
On me reprochera peut-être les longs détails & les
je fuis tombé dans lè cours de cet
mais fréquentes digreffions où
confèrver des
Ouvrage; ;
je les ai cru néceffaires
particularités intéreffantes, & les
pour
tous les jours dans nos Colonies de
progrès d'un Art qui décline
fiite
le
T'Amérique, & qui ne fc relévera
quej par prix exceffif de lIndigo, occafionné la
dans la
de quantité de fes Fabriques.
par chôte & la diminution
Au furplus, jai puifé le fond de la
de
pratique cet Art, dans les meilleurs
rage; ;
je les ai cru néceffaires
particularités intéreffantes, & les
pour
tous les jours dans nos Colonies de
progrès d'un Art qui décline
fiite
le
T'Amérique, & qui ne fc relévera
quej par prix exceffif de lIndigo, occafionné la
dans la
de quantité de fes Fabriques.
par chôte & la diminution
Au furplus, jai puifé le fond de la
de
pratique cet Art, dans les meilleurs --- Page 41 ---
CHAP. VI. Eléments de la Fabrique de PIndigo.
Auteurs quej jai pu connoitre ; le refte eft tiré de mes obfervations 3 pendant
une adminiftration de plufieurs années d'une Indigoterie, & des avis qui m'ont
été communiqués par d'habiles Indigotiers que jai confultés depuis que jai entrepris cet Ouvrage, fur lequel jai réuni toute mon attention pour le rendre
utile à nos Colons digne du Public, & des fuffrages de l'illuftre Académie à
qui jai T'honneur de le préfenter.
Fin du Livre premier.
tiré de mes obfervations 3 pendant
une adminiftration de plufieurs années d'une Indigoterie, & des avis qui m'ont
été communiqués par d'habiles Indigotiers que jai confultés depuis que jai entrepris cet Ouvrage, fur lequel jai réuni toute mon attention pour le rendre
utile à nos Colons digne du Public, & des fuffrages de l'illuftre Académie à
qui jai T'honneur de le préfenter.
Fin du Livre premier. --- Page 42 ---
P
Vhr ata Be2
Soureegnis
Teringn
sde SAde Dlove * ole plore
2 leue
nm Smainh Son Jmastm Sson n 3 à 32008 Sann SON
L
LI/RE SECOND.
CHAPITRE PREMI E R.
Des Batiments 2 Vailfeaux &G Uftenfiles.
Lr terme dIndigoterie fert à défigner en général un terrein oi l'on cultive
l'Indigo avec les Bâtiments , Vaiffeaux, Negres, & Uftenfiles propres à fa Fabri-
(1); & il s'applique fpécialement aux cuves de maçonnerie deftinées à ce
que Dans dernier
eft un compofé de trois vaiftravail.
ce
fens, chaque Indigoterie
feaux attenants lun à l'autre, &c fe joignant ordinairement par des murs miOn fuppofe ici que les cuves font de maçonnerie 2 quoiqu'on n'itoyens (2).
qu'en certains pays on les fait en bois, ce qui doit néceffirement
gnore occafionner, pas dans les difpofitions dont nous parlerons ci-après 2 quelques difféle Leéteur & l'Ouvrier fuppléeront d'eux-mèmes. Ces trois
rences auxquelles
vaiffeaux font difpofés par dégrés, de maniere que l'eau verfée dans le premier tombe des robinets dans le fecond, du fecond dans le troifieme, &
,
par
du troifieme dehors (3).
Le premier de ces vaiffeaux A,PL 4,fig. 5,s'appelle Trempoire ou Pourrizure : c'eft dans cette cuve qu'on met l'herbe, afin de ly laiffer macérer &
fermenter.
Le fecond vailfeau B,PL. 4slig. 5, fe nomme Batterie, parce que c'eft
dans celui-ci qu'on fait paffer l'extrait qui a fubi la fermentation, afin de le
battre & del le traiter de la maniere qu'il convient.
Le troifieme vaiffeau C, PL. 4,1g. 5, qui, à proprement parler, ne forme
qu'une efpece d'enclos , s'appelle Repofoir;le fond de ce vaiffeau préfente dans
fa plus grande partie un plan, & vers un des côtés de ce plan , un petic baffin K,
PI. 4,hig. 4 G 5, appellé Balfinor ou Diablotin.
Le Diablotin ou Baflinot, creufé dans le plan du Repofoir , eft un petit vaif
deftiné à recevoir la fécule fortant de la Batterie. Il doit être prafeau particulier
au-deffous du niveau du fond de ce plan, & de maniere à toucher le
tiqué
de la Batterie. On le place ordinairement droit au milieu de ce côté,
mur
mais
du côté de la Batterie.
& quelquefois dans une des encoignures,
toujours
Il eft muni d'un petit rebord , afin d'empêcher leau, qui pourroit fe trouyer fur
le fond du Repofoir, d'y refluer.
(1) Voyez Pl. 6.
(2) Voyez PL.4.fg.1, 48s.
(3) Voyez PI. 4,. Ag.5.4,8,C
Ce
. On le place ordinairement droit au milieu de ce côté,
mur
mais
du côté de la Batterie.
& quelquefois dans une des encoignures,
toujours
Il eft muni d'un petit rebord , afin d'empêcher leau, qui pourroit fe trouyer fur
le fond du Repofoir, d'y refluer.
(1) Voyez Pl. 6.
(2) Voyez PL.4.fg.1, 48s.
(3) Voyez PI. 4,. Ag.5.4,8,C
Ce --- Page 43 ---
CHAP. I. Des Bâtiments, 9 Vaiffeaux G URenfiles.
Ce que nous venons de dire ici touchant l'affemblage de ces trois vaillaux, 41
n'a rapport qu'aux Indigoteries fimples ou détachées les unes des autres; car
lorfquil convient d'établir pluffeurs Pourritures enfemble, on diminue de moitié
le nombre des Batteries, & conféquemment celui des Diablotins. On
dans le plan des Indigoteries compofées, toutes les difpofitions relatives trouvera à
économie (r).
cette
Le fond de ces trois grands vailfeaux eft plat, avec une pente d'environ 2
à 3 pouces, pour faciliter l'écoulement des uns vers les autres.
Obkematon utd
Le fond du Diablotin K,
dont le
PLAshp4es, préfente une figure concave,
contour eft rond ou ovale, On avertit quil doit encore fè trouver dans
le fond même du Diablotin, s une autre petite foffetteP, ou forme ronde reffemblante à celle da chapeau; c'eft dans cette efpece de forme ou foffette,
l'on acheve de puifer, avec un côté de calbaffe, 3 le refte de la fécule
def que
cend naturellement.
quiy
Le premier vaiffeau A, PL4sfg-s, doit avoir au moins une bonde X, avec
fon robinet ou daleau E, de trois pouces de diametre, , le tout fuivant la
deur de la cuve.
granLe fecond vaiffeau B, PL.4, fig-s, préfente une bonde F,
laire au Baflinot, avec trois robinets ou daleaux d'environ 3
de perpendicu:
Ces robinets font élevés de 4 pouces les uns au-deffus des autres: pouces les diametre. deux
miers fervent à écouler en deux reprifes l'eau qui farnage la fécule après pre- le
battage.
Le troifieme daleau, qui eft néceffairement
deftiné à l'écoulement de la fécule
perpendiculaire au Diablotin, eft
dépofée au fond de la Batterie, au niveau
duquel il doit être & même tant foit peu plus bas.
Le plan du fend du troifieme grand vaiffeau C,PL
4-Ag-5, au lieu de
bonde, a une ouverture Q, au bas du mur, d'environ 6 pouces en quarré, toujours libre, qui répond au canal de décharge, nommé la vuide.
Le Diablotin K,& la
forme
M
petite
P, ,qui fe trouvent enclavés dans le troifieme vaiffeau C, PL.4sfig. 5, n'ont befoin d'aucune iffue, puifqu'on en retire
toute la fécule jufqu'au fèc par leur ouyerture.
Les bondes X font de boisi incorruptible, équarries & placées dans le
de la maçonnerie, à la demande de l'écoulement de chaque vaifleau. Ces.bondes courant
font percées felon leur longueur pour former les daleaux; la hauteur &c la largeur de chaque piece, font proportionnées à la quantité & à la largeur des trous
qu'on y fait, & leur longueur fe mefure fir T'épaiffeur du mur oi elle eft placée,
obfervant que les deux bouts fe trouvent de niveau aux deux côtés du mur. Les
chevilles avec lefquelles on bouche les daleaux font rondes, & de même bois
que les bondes.
Les habitations où l'on fabrique IIndigo ont, fuivant leur étendue,plulieurs
(1) Voyezfig. 1,PL.7
INDIGOTIFR.
L
ur des trous
qu'on y fait, & leur longueur fe mefure fir T'épaiffeur du mur oi elle eft placée,
obfervant que les deux bouts fe trouvent de niveau aux deux côtés du mur. Les
chevilles avec lefquelles on bouche les daleaux font rondes, & de même bois
que les bondes.
Les habitations où l'on fabrique IIndigo ont, fuivant leur étendue,plulieurs
(1) Voyezfig. 1,PL.7
INDIGOTIFR.
L --- Page 44 ---
I N D IG OTI E R. LIVRE II. de maçonnerie femblables, proches ou éloignés les uns des autres 2 pour
corps la commodité de l'exploitation, 2 & alors on les déligne quelquefois par le terme
de pourriture ou d'équipage, au lieu d'Indigoterie. La Planche 7, figure I, repréfente plufieurs de ces équipages réunis ; & l'on
voit que par leur affemblage on peut diminuer de moitié le nombre des Batteries
& des Diablotins. Lorfqu'on a deffein de confruire une Indigoterie en quelqu'endroit, on
doit examiner avant toutes chofes, s'il eft poffible d'y amener l'eau de quelriviere ou de quelque ravine pour remplir les cuves ; car, fi on eft privé
que
il faut
creufer aux environs du lieu oit l'on
de cet avantage,
indifpenfablement
l'eau
cet
fe propofe de former établiffement, un puits) fFig. 2,PL 42 fans
duquel
les plus beaux ouvrages deviendroient inutiles. Quand on cftor d'en avoir, de
quelque façon que ce foit, on peut alors commencer le travail des Indigoteries,
en obfervant les regles fuivantes :
On établit les Indigoteries fur quelque butte ou élévation naturelle ou artificielle fuffifante à un écoulement qui ne foit fujet à aucun reflux. Mais on eft
quelquefois obligé de les placer fort bas, quand on eft à portée de profiter des
la
Il fuffit
la
eaux d'une riviere ou d'un ruiffeau pour remplir Trempoire. que
au-deffius du niveau des eaux voifines, obfervé dans la
Batterie ait un débouché
faifon des pluics, afin que l'écoulement en foit toujours affutré. On donne au premier vaiffeau 2 ou la forme d'i un quarré parfait, ou celle d'un
mais
foit cette figure, les bords & la profonquarré un peu oblong;
quelle que
Voici les
obferve à
deur en font toujours de la maniere fuivante. regles qu'on
l'égard des Trempoires dont l'ouverture préfente un quarré élongé. Si la longueur du premier vaiffeau A, eft de dix pieds, fa largeur eft de
& fà profondeur de 3 pieds, y compris un petit talus R, haut d'environ 6
9,
dont la pente toute intérieure forme comme une efpece de rebord à la
pouces >
cuve. fà
eft de I2
f largeur eft de IO fur la même profon7 Lorfque longueur
pieds,
le refte de la même
fa longueur eft de r8 à 20 pieds,
11 deur, &
façcon.
pieds, fa largeur eft de
& fà profondeur de 3 pieds, y compris un petit talus R, haut d'environ 6
9,
dont la pente toute intérieure forme comme une efpece de rebord à la
pouces >
cuve. fà
eft de I2
f largeur eft de IO fur la même profon7 Lorfque longueur
pieds,
le refte de la même
fa longueur eft de r8 à 20 pieds,
11 deur, &
façcon. Quand
von lui donne 16à 18 pieds de largeur, fr 3 & demi & même 4 pieds de profondeur. Cette derniere proportion paroit fiur-tout convenable à ceux qui portent
quarrés en tous fens, obfervant toujours la même façon que
11 jufqu'a pieds dite à
des bords; ; mais il eft dangereux de faire ces vaiffeaux
n nous avons
l'égard
être fi
ni fi
Mexe. la fermentation ne peut y
prompte égale que
fminpustaute
) trop grands, parce que
&
le
d'une
font d'une médiocre étendue,
produit
grande
n dans ceux qui
que
enfemble
cuve eftdebeaucoup inférieurà celui de deux autres qui contiendroient
wla même quantité d'herbe : auffil'ufage eft-il en général de fe borner à celles qui
ou
ce revient à la
I
contiennent quarante charges paquets d'herbe, qui
capacité
avons donné les
proportions; ou à celles qui
11 de la cuve dont nous
premicres
ocre étendue,
produit
grande
n dans ceux qui
que
enfemble
cuve eftdebeaucoup inférieurà celui de deux autres qui contiendroient
wla même quantité d'herbe : auffil'ufage eft-il en général de fe borner à celles qui
ou
ce revient à la
I
contiennent quarante charges paquets d'herbe, qui
capacité
avons donné les
proportions; ou à celles qui
11 de la cuve dont nous
premicres --- Page 45 ---
CHAP. I. Des Batiments , Vaiffeaux G Uftenfiles.
&
contenir 5o charont IO pieds tant en longueur qu'en largeur, qui peuvent
1 ges de Negres.
de place dans la cuve, pour
Comme lIndigo bâtard occupe beaucoup plus
moins de fécule que
les raifons qu'on verra dans la fuite, & rend beaucoup & on fe fert des
l'Indigo franc, on met celui-ci dans les plus petites cuyes,
plus grandes pour le bâtard.
vaiffeau PL4,fig.4 8 5, n'influe pas fur
l'étendue du fecond
B,
Quoique
néceflaire, pourl la mala quantité & fr la qualité de 'Indigo , ileft cependant
du
d'en refferrer les bornes & d'e en relever confidérablement
nipulation battage 2
il faut avoir égard à deux
les bords ; mais pour le conftruire convenablement,
points très-effentiels à fa parfaite exécution.
de la
Le premier, eft d'obferver le niveau du fond S,PL 4fg:465, faciA, qu'on eft quelquefois obligé de tenir fort bas, pour en
Trempoire
liter le rempliffage.
fi, à trois pieds ou à trois pieds & demi plus
Le fecond, eft d'examiner
le fond T, PL.
bas le niveau du fond de la Trempoirc, on peut placer
que de la Batteric, de maniere qu'elle ait un écoulement de fix pouces
4,fg 5, du plan V du Repofoir : & que le Repofoir ait une décharge conveau-deffus
foffe ou marre voifiné : car, s'il n'étoit pas poflible de
nable dans quelque
il faudroit élever le fond de la Trempoire juf
remplir ces conditions préalables, Lorfqu'on eft sûr de pouvoir les obferver, on
quà ce qu'on pôt les accomplir. l'étendue de la Batterie qui doit toujours être plus longue
peut alors déterminer dans un fens que dans l'autre; mais cette étendue ne
d'un, deux ou trois pieds le calcul de la quantité de pieds cubes d'eau que doit
peut fc régler que d'après
eft remplie d'herbe, & que l'eau eft à fix
contenir la Trempoire lorfqu'elle il faut d'abord muliplier la quantité des
de fes bords. Ceft pourquoi
umsthde * pouces
celle de fa largeur, & multiplier enfuite le produic
lohomovize * pieds de fa longueur 2 par le nombre des pieds de f hauteur, fans y com-
;de ces deux grandeurs, par
a fait cette feconde multiles rebords qui font de fix pouces. Lorfqu'on
ia
13 prendre
on en fouftrait la troifieme partie pour place
& tiré fon produit,
7 plication
refte
la fouftraction, égale la
l'herbe occupe dans ce vaiffeau ; ce qui après
1 que
cubes d'eau que doit recevoir le baffin de la Batterie, auquel
1, quantité de pieds
fà longueur mulripliée par fa largeur
il faut donner une telle proportion que
& demi de
étant multiplié par trois pieds ou trois pieds
M donne un produit, qui
de
égale à la quantité du volume
forme une
capacité
*
profondeur,
quantité
1 deau, trouvée au calcul de la Trempoire.
PL.
du baflin
qu'on éleve enfuite fur les murs Y, 4.fig-5,
Il faut fiappofer
de haut,
fervir de rebord à
de la Batterie, une maçonnerie de deux pieds
pour
fur-tout
ce vaiffeau 3 ce qui lui donne en tout 5 à 5 pieds & demi de hauteur, diminue
fe fert de
& de buquets pour battre la Cuve; car on
quand on
Negres fait mouvoir les buquets par un moulin.
les bords de fix pouces lorfqu'on
ve enfuite fur les murs Y, 4.fig-5,
Il faut fiappofer
de haut,
fervir de rebord à
de la Batterie, une maçonnerie de deux pieds
pour
fur-tout
ce vaiffeau 3 ce qui lui donne en tout 5 à 5 pieds & demi de hauteur, diminue
fe fert de
& de buquets pour battre la Cuve; car on
quand on
Negres fait mouvoir les buquets par un moulin.
les bords de fix pouces lorfqu'on --- Page 46 ---
I N DIGOTIE R. LIVRE Il. côté le plus étroit de la Batterie fe trouve toujours en
On obferveraici quele
battre
face de la Trempoire, , à moins qu'on ne foit dans le cas de faire
plufieurs
vaiffeaux à la fois par des moulins à l'eau ou à mulets, ce qui néceflite alors
une direction toute oppofée 2 comme BB,fig. I , PL.7. intéLes bords de la Trempoire forment , comme nous avons dit, une pente
d'environ fix pouces. Les bords du fecond vaiffeau ont
rieure, au quart d'équerre,
le
ceux du Repofoir
auffi une petite pente 2 mais elle eft moins forte vers dedans;
le
font plats. Ce troifieme vaiffeau n'a pas une étendue déterminée, néanmoins
fert ordinairement de mefure à fa lonmur quilui eft mitoyen avec la Batterie,
fuffifent
ce côté là & celui qui le regarde en face; 6 ou7 pieds
gueur, pour
pour chacun des deux autres côtés de fa largeur. Le Diablotin ou le Baflinot K, >fige 4,PL 4> un peu échancré du côté quil
eft
de deux
compris la forme ou
touche au mur de la Batterie, profond
pieds-y
des
foffette P, & large de deux pieds & demi 8c même plus, fuivant la grandeur
vaiffeaux. La foffette peut porter 5à6 pouces de diametre & autant de
premiers
creux. du troilieme vaiffeau
PL. 4,
La hauteur des murs contournants
C,fig. 4,
de la Batterie B, eft d'environ trois pieds &
qui vont fc réunir au mur mitoyen
PL,
demi à quatre pieds, en comptant le fond /du Repofoir C,fig. 5, 4,46
au-deffous du dernier robinet de la Batterie. On pratique vers un des
pouces du
& du côté du mur mitoyen de la Batterie, qui lui fert d'apcoins Repofoir
PI. defcendre &c en fortir à vopui, un pctic efcalier L,fg. I, 4: , pour y
lonté. & fur-tout du
doit être faitc avec
La maçonnerie de ces vaiffeaux
premier,
beaucoup de précaution & toute la folidité poffible, pour être parfaitement
étanche & réfifter aux violents efforts de la fermentation ; c'eft pourquoi on en
les fondements parun maffif de roches féches, bien garnies & pilonées,
prépare d'en
le fond & les murs qui lui fervent de revêtement. On
avant
maçonner
donne au mur de ce premier vailfeau I5, 20, &c même 24 pouces d'épaiffeur,
pouces faffifent à l'épaiffeur des
fur-tout lorfqu'il a vingt pieds quarrés; 12à I5
vailfeaux ; mais on doit toujours en travailler le fond & tout ce qui eft caautres
attention, de crainte que les fources voifines, ou les
ché fousterre avec grande
infinuent.
. On
avant
maçonner
donne au mur de ce premier vailfeau I5, 20, &c même 24 pouces d'épaiffeur,
pouces faffifent à l'épaiffeur des
fur-tout lorfqu'il a vingt pieds quarrés; 12à I5
vailfeaux ; mais on doit toujours en travailler le fond & tout ce qui eft caautres
attention, de crainte que les fources voifines, ou les
ché fousterre avec grande
infinuent. On n'emploie d'orde l'égout des terres, ne s'y
eaux qui proviennent
mortier de fable & dc chaux,
dinaire àl la liaifon de ces fortes d'ouvrages, qu'un
dans les quartiers où elle eft extrémement rare ou chere, on fe ferve
quoique
les
qui font expofés en plein air ; mais
avec fuccès de terre graffe pour ouvrages
&
l'extérieur avec de bon mortier à chaux &à fable,
on en recrépit toujours
l'intérieur avec du ciment fait comme nous allons dire,
la
eft bien féche, on fait un ciment compofé de
Lorfque toute maçonnerie
chaux & de briques pilées & paffées au tamis, dont on enduit exaétement tout
l'intérieur & les bords des vaifféaux ; on a foin de polir l'ouvrage à mefure qu'il
féche, --- Page 47 ---
CHAP. I. Des Bariments , Vaifeaux & URenfples. truelles fines, & enfuite avec des cacones dont lécorce eft trèsféche, avec des
des
de riviere; ce qui demande Tapplication
dure 8c très-polie, ou avec galets
le ciment à mefure qu'il feche, &
de plufieurs Negres enfemble pour preffer
T'empécher de laiffer des gergures. très-médiocre pour faire écouler une cuve
Comme il ne faut qu'une fente
des
de
doit
fitôt qu'on s'en apperçoit, 3 coquilles
toute chargée, on
prendre, foient, & les piler fans les faire cuire ; on les
mer de quelque efpeces qu'elles le tamis. On prend enfuite de la chaux vive
réduit en poudre, & on les palle par
enfemble, & on les délaye avec
son
auffi paffée au tamis ; on mêle ces deux parties
dont on remplit
d'eau
en faut pour en compofer un mortier ferme,
autant
qu'il la fente de la cuve; il en arrête fur le champ lécoulement. D'autres
en diligence
de la maniere fuivante: Onouvre & on élargit
réparentl les fentes des Indigoteries
& de la profondeur de fept à
intérieurement la fente en forme de rigole évaféc, les bords des petites fentes
huit pouces depuis le haut jufqu'en bas. On gratte refte & on en
le vuide
à
d'ouvrir > comme le
,
remplit
qu'on ne juge pas propos
de chaux vive 2 de brique pilée & taavec un ciment compofé de parties égales le tout délayé ayec le moins d'eau
mifée, & de mâche-fer réduit en poudre,
quil eft poflible,
un maflic dont voici la compolition. On fait dif
afrere
On prépare à fIle de France
réfidu
Cimetde mer dans du jus de citron; on tire le
provefoudre des coquilles
& on le mêle avec des blancs d'oeufs pour en faire
nant de cette diffolution, ,
les fentes des Indigoteries.
délayé ayec le moins d'eau
mifée, & de mâche-fer réduit en poudre,
quil eft poflible,
un maflic dont voici la compolition. On fait dif
afrere
On prépare à fIle de France
réfidu
Cimetde mer dans du jus de citron; on tire le
provefoudre des coquilles
& on le mêle avec des blancs d'oeufs pour en faire
nant de cette diffolution, ,
les fentes des Indigoteries. le maftic avec lequel on bouche parfitement
du ciment de la Chine, appellé Sarangoufi," nous engagedjoindre
Le renom
n'ait pu nous en donner les profa recette à toutes les précédentes , quoiqu'on de Phuile de Cocos, qui peut fe Quliet Cimeris. portions. Ce ciment fe fait avec du Brai fec, la chaux vive tamifée. On comde Phuile de Noix ative7sedel
remplacer par
l'on bat fur un billot à coups de maffe,
pofe de ces trois partics une pâte que
&
à en faire ce qu'on juge? à
jufquà ce qu'elle devienne filante , maniable propre & blanchit comme la
devient extrémement dure dans l'eau,
propos. Cette pâte
s'en fert auffi pour recoller les vafès de cette
porcelaine, ce qui fait qu'on
efpece. le temps ou la commodité de compofer ces maftics,
Ceux qui n'ont pas
qui étant bien fin, un peu clair & applipeuvent fc fervir du ciment ordinaire,
convenablement, , produit le même effet. certaine
qué
cela avoir attention d'entretenir toujours une
quantité
On doit outre
doivent refter quelque temps en repos, afin que la
d'eau dans les vaiffeaux qui
dommages. chaleur excellive n'y occafionne pas de femblables
fourches plantées en
Lorfque ces travaux font finis, on dreffe 2 avec quelques
foufur le Repofoir, > pour mettre l'Indigo
terre 2 un ajoupa ou efpece d'appenti habitants font cet ajoupa allez grand pour
tiré, & les Negres àl l'abri. Quelques
couvrir aufli la Batterie & même la Trempoire. M
INDIGOTIER. shnite J 1ci: nlinaite
L9) --- Page 48 ---
1 NI DIGOTIE R. LIVRE II. Il eft conftant qu'il feroit
très-avantageux d'avoir ce dernier vaiffeau à Labri
d'une pluie continuelle ou d'un violent orage ; car la fraicheur &
de ces eaux retardent la fermentation & troublent les indices
l'abondance
faire connoître le
qui fervent à en
jufte dégré ; d'ailleurs il n'eft bien
L grand air & l'extrême chaleur
pas
décidé que le trop
occafionnée
par les rayons du foleil, foient les
moyens les plus prompts pour exciterla fermentation ; ainfi on s'abftient de
mer aucun de ces ufages, qui ne paroiffent occafionner
blâfenfible fur la qualité de
pas
une différence bien
lIndigo; ce qui eft caufe que la plupart regardent cette
couverture comme inutile fur la Pourriture. Il faut feulement avoir attention,
quand on travaille à découvert dans un temps de pluie, de ne pas mettre
fait la même quantité d'eau dans la cuve. tout-àComme il eft abfolument néceflaire d'empêcher la
l'herbe dans la
trop grande dilatation de
Trempoire ou Pourriture A,fig. I G 4, PL.4, dont elle farmonteroit bientôt les bords, on plante à la profondeur de trois pieds en
quatre poteaux D,fig.
attention,
quand on travaille à découvert dans un temps de pluie, de ne pas mettre
fait la même quantité d'eau dans la cuve. tout-àComme il eft abfolument néceflaire d'empêcher la
l'herbe dans la
trop grande dilatation de
Trempoire ou Pourriture A,fig. I G 4, PL.4, dont elle farmonteroit bientôt les bords, on plante à la profondeur de trois pieds en
quatre poteaux D,fig. I G 4, PI. 4, de bois incorruptible, vers les terre,
coins extérieurs du travers de la longueur de cette cuye;
quatre
I Care & deux de l'autre, vis-à-vis le
de la
favoir, deux d'un côté
quart
longueur du vaifleau. Ces
qu'on appelle les Clefs, s'élevant hors de terre à la hauteur d'un pied fix poteaux
au-deffus des bords de la Pourriture, préfentent chacun
pouces
vers leur
une mortaife de fix pouces de large & longue de dix. Ces mortaifes font extrémité, deftinées
à recevoir des barres G,hg. I e 3,P4 4, ou foliveaux qui paffent
d'une clefàl l'autre par-deffus toute la largeur de la
& direétement
les coins ou couflinets
trempoire, en même temps
parl lefquels on affujétic les barres dans les mortaifes. Les
barres de ces clefs font équarries de fix pouces fur les quatre faces, &
fois de fix fur huit. quelqueLorfqu'on a chargé la cuve 3 ou que l'herbe y eft embarquée on couche
deffus & felon la longueur de la cuve, des paliflades ou planches
par4, de Palmifte tout près les unes des
&
1.Fg.4, PI. autres, 2 fur leur travers deux ou trois
chevrons H. Les traverfes ou chevrons qui appuient fur ces paliffades, font des
pieces de bois équarries de fix pouces fir les quatre faces ; on les
en
état par le moyen des coins ou étançons pofés entr'e elles & les barres allujétit des clefs. cet
La partie des poteaux ou clefs cachée en terre, doit avoir environ un
&
demi de diametre; celle qui eft dehors & qui furpaffe la cuve d'un pied & pied
doit avoir dix à douze pouces d'équarriffage, afin de fapporter le travail & demi, l'ouverture des mortaifes qui doivent être proportionnées aux barres dont nous
parlé ci-deffits. avons
Trois fourches N,Fig. I,PL.4, ou courbes de bois plantées en
des
deux côtés de la Batterie ; favoir, deux d'un côté & un au milieu de l'autre triangle
fervent de chandeliers ou d'appui au jeu des Buquets O
bord,
ployés à battre & agiter l'eau de cette
M,hig. I, PL. 4, emcuve. Il ya des quartiers où l'on bat avec
quatre buquets, & où par conféquent on met deux fourches d'un côté & deux --- Page 49 ---
CHAP. I. Des Batiments, Vaifeaux & URenples. dont 47
comme les trois
de l'autre, mais toujours dans une pofitionalemarive,
nous venons de parler. d'un caifon M, fig-I, PL4, fans
Le buquet eft un inftrument compofé eft formé de l'affemblage de quatre morfond, uni à un manche O.
avec
quatre buquets, & où par conféquent on met deux fourches d'un côté & deux --- Page 49 ---
CHAP. I. Des Batiments, Vaifeaux & URenples. dont 47
comme les trois
de l'autre, mais toujours dans une pofitionalemarive,
nous venons de parler. d'un caifon M, fig-I, PL4, fans
Le buquet eft un inftrument compofé eft formé de l'affemblage de quatre morfond, uni à un manche O. Ce caiffon
crèche, ou à un pétrin de
ceaux de fortes planches. Il reffemble à une petite
l'ouverture
hoguis
auroit levé la couverture & le fond;ainfil
fupé- Restiphimine
Bonlanger, dont on
l'inférieure; mais les deux bouts de cei
rieure en eft beaucoup plus large que ceftàdire, qu'ils ne s'évafent point
caiffon font perpendiculaires ou verticaux, douze à
pouces; : fa largeur fupédu tout. La longueur du buquet eft de inférieure quinze eft de trois à quatre pouces,
rieure de neuf à dix pouces ; l'ouverture
mefures font fort arbitraires. & fa profondeur de neufà dix pouces. Au refte, ces
d'une des
Pour T'emmancher,i ilf faut faire une mortaife droite au milieu
la planches
& une autre au milieu de la longueur de planche
qui forme lal longueur,
le milieu, ceft-à-dire, qu'il faut approcher
oppofée, mais un peu plus bas que lel
fe ferme. Après quoi on l'ajufte par
cette feconde mortaife du côté on buquet de la
du bras , qui de cette
la premiere de ces ouvertures, à une gaule
On groffeur arrête enfuite le buquer pat
maniere le traverfe obliquement de part en part. traverfe le bout de la gaule; après quoi on pofe cette gaule
une clavette qui
N,fig. I, PL. 4, placéà hauteur d'appui, &
entre les branches du chandelier
de fer qui traverfe le tout, & laiffe au
on ly affujétit au moyen d'u une cheville de
& de relever le buquet. Negre qui en tient le manche 2 la liberté plonger far la fourche qui touche
La longueur de la gaule depuis fon point d'appui, far la mefure du travers entier
le mur de la Batterie, jufqu'au caiffon, fe regle le buquet foit franc dans fon
de la Batterie, , dont on retranche un pied, afin que de vaiffeau. Il faut que ceux
& quiln'endommage pas la muraille ce
leur Raummlne Jangml
mouvement,
inftruments, s'accordent exaétement à donner
qui battent la cuve avec ces
de
de quatre pieds au-deffus du
coup enfemble > fans quoi l'eau rejaillit plus
baflin. de moulins pour battre l'Indigo; les' uns fe
On fe fert aufli de deux efpeces
La Planche 7, fig. 2, 7 &c
meuvent parl'eau, 2 & les autres par des chevaux. d'un moulin à chevaux ; & la
9, repréfente le plan, 2 la coupe & la perfpedtive d'un moulin à l'eau. On a mis l'explicamême Planche, 2 fig. 12, la perfpective
le détail de leur méchanifine
tion de toutes ces figures à côté des Planches; car
en donner
plus l'Art du Charpentier que celui-ci, eft trop long pour
les
qui regarde
Il fuffit de favoir que dans les uns comme dans
ici une defeription complette.
vaux ; & la
9, repréfente le plan, 2 la coupe & la perfpedtive d'un moulin à l'eau. On a mis l'explicamême Planche, 2 fig. 12, la perfpective
le détail de leur méchanifine
tion de toutes ces figures à côté des Planches; car
en donner
plus l'Art du Charpentier que celui-ci, eft trop long pour
les
qui regarde
Il fuffit de favoir que dans les uns comme dans
ici une defeription complette. à un arbre couché fur le travers de la Batautres 2 tout le mouvement fe rapporte
aiffieu de fer, roule fur des
étant terminé à chaque bout par un
terie , lequel
fur les deux côtés de la Batterie, 2 & que cet arbre
colets de même matiere 2 pofés
leur caiffon fe remplifle d'eau
eft garni de quatre cuillers affez longues pour que le
& ils doivent fe féparer
tournant. Ces caiffons font alors fermés par bas,
en
fil le moulin eft fait pour
de leur manche quand on le juge à propos ; parce que
ieu de fer, roule fur des
étant terminé à chaque bout par un
terie , lequel
fur les deux côtés de la Batterie, 2 & que cet arbre
colets de même matiere 2 pofés
leur caiffon fe remplifle d'eau
eft garni de quatre cuillers affez longues pour que le
& ils doivent fe féparer
tournant. Ces caiffons font alors fermés par bas,
en
fil le moulin eft fait pour
de leur manche quand on le juge à propos ; parce que --- Page 50 ---
IN D 1GOT 1 E R. LITRE II.
cuves 2 il eft inutile de laiffer ces piecez attachées aux arbres qui
battre plufieurs
font rien. On trouvera fur chaque Planche une échelle qui indique les prone
éviter les frais d'un moulin, plaportions de ces moulins. Quelques-uns pour
le
de leur Batterie, un arbre garni de palettes,
cent tout fimplement fur travers
de
le
de
fg. II, PI. 7, auquel on imprime un mouvement rotation par moyen de
deux manivelles fixées à fes deux aiffieux. On peut encore confulter, au fuijet
fortes
le méchanifme du rouleau des Indiens, shig. 7,PL.s 5, déces
d'ouvrages, des
de l'Afie, & qui paroit très-bien imaginé.
crit au Chapitre Fabriques
Diablotin
eft enComme la fécule, en tombant dans le
K,fig. 4, Pl.4,
de
d'eau 2 on la retire de ce vaiffeau pour la mettre àsécore remplie beaucoup
ferrée.
goutter dans des facs d'une bonne toile commune, 3 point trop
Ces facs Z,fig. I, PL. 5, font ordinairement longs d'un pied à un pied &
&
de huit ou neuf pouces en baut.
demi, quarrés ou en pointe parlel bas, larges
leur
des oeillets ou boutonnieres, & on y pafTe
On fait tout près de
ouverture
lès
des deux côtés aux
des cordons ou lacets courants, pàr lefquels on fufpend
d'un ratelier
I, PL.
en
1,4 & 5s Pl.
ou
chevilles crochets
U,fig.
5,fixé Ufig.
les facs ne rendent plus d'eau, on renverfe la
4, aux murs du Repofoir. Quand de la vafe épaiffe, dans des caiffes de bois
fécule, qui eft encore molle comme
A,fg-3,PL 5, pour ly faire fécher. Ces caiffes font d'un bois léger, longues
de trois pieds, larges d'un pied &c demi, & profondes de deux pouces.
On expofe ces caiffes A, fr des établis B, fig. 8, > PL. 5, dont une partic eft
bâtiment
8,PL.5 5, appellé: la Sécherie, & l'autre en
à couvert fous un
S,Fg.
plein air.
de
de bois, plantés
Ces établis font compofés de deux files ou rangées poteaux
hauteur
far le fommet defquels on cloue tout du long
en terre jufqu'à
d'appui,
des paliffades ou lifteaux de Palmifte, dont on ne marque pasles proportions ;il
fuffit qu'ils foient aflez forts pour fspporter les caiffes; mais il eft néceffaire qu'ils
foient écartés de deux pieds pour qu'on puiffe aifément paffer entr'eux, & que les
extrémités des caiffes ayent un appui d'environ fix pouces de chaque côté.
donner ici les
de la Sécherie, parce qu'il n'y a auOn ne peut
de la proportions de ce bâtiment, , qui reffemble à un hancune regle fixe au fujet
le grandeur devant d'un bout n'auroit de clôture. On fait
gard ou à une grange, dont
pas
renfermer
à l'autre bout de la Sécherie, un petit magalin M,fig. .9,PL. 5, pour
eft entiérement fec; le refte de ce bâtiment fert d'abri à celui
fIndigo lorfquil faire fécher
pleut, , ou retirer pendant la nuit comme on: le
qu'on veut
lorfqu'il
fait toujours.
AYIR
AAAR
CHAPITRE
'un bout n'auroit de clôture. On fait
gard ou à une grange, dont
pas
renfermer
à l'autre bout de la Sécherie, un petit magalin M,fig. .9,PL. 5, pour
eft entiérement fec; le refte de ce bâtiment fert d'abri à celui
fIndigo lorfquil faire fécher
pleut, , ou retirer pendant la nuit comme on: le
qu'on veut
lorfqu'il
fait toujours.
AYIR
AAAR
CHAPITRE --- Page 51 ---
6 diftrentes qualités de PIndigo, éc.
CHAP. II. Dès efpeces
CHAI P ITRI E SECOND.
qualités de T'Indigo , &G des accidents
Des efpeces &G diftrentes
la plantation de fa graine
auxquels. il eft fujet depuis
jelqu'afa récolte.
croit naturellement & fans culture dans tous
LINDIGOFERE, l'Anil ou l'Indigo, de la Zone-Torride. On en connoit cing
les pays qui fe trouvent deffous ou près
ou celui de Savane , le Mary, le
efpeces dans nos Colonies : favoir, le Maron,
Guatimala,le Bâtard & le Franc.
traits de reffemblance, & il fauc
Toutes ces efpeces ont entr'elles plufieurs
la différence au
de pouvoir en diftinguer
quelque étude à un nouveau venu,avant de la dernicre, on peut fe former
premier coup d'ocil; ; ainfi fur la defcription
idée
de toutes les autres.
une générale
de
I, PL. 8, eft une plante
Somimataha
L'Indigo franc de nos Colonies l'Amérique,. fg. s'étendant, forment d'ordi7041 e
de menues branches, qui en
droite 2 déliée , garnie Elle s'éleve jufqu'à trois pieds de hauteur & même beaunaire une petite touffe.
en liberté dans un bon terrein oà fa principale
coup plus, , quand elle fetrouve
pivoter. Cette racine & les autres
racine, ,fig. I, PL. 1, commence toujours par à
de profondeur ;
peuvent sétendre julquà 12 IS pouces
qui en proviennent
rondes, dures 8c tortueufes. Cette
d'ailleurs elles font blanches, ligneufes, & callante, fe divife quelquefois
plante qui, avec le temps, 9 deyient ligneufe d'une écorce grisâtre, entremélée de verd.
dès le pied, en petites tiges couvertes leur fouche; qui peut avoir 4 à 5 lignes de
Ces tiges font rondes, ainfi que
L'intérieur en eft blanc; les brandiametre, plus ou moins fuivant le terrein. chacune porte jufqu'à huit couples
ches fe garniflene de petites côtes, dont fait l'extrémité. Ses feuilles font
feuilles, terminées par une feule qui en
& aflez femblables
de
, unies , douces au toucher,
ovales, tant foit peu pointues,
la couleur, la figure, la grandeur & la +
à celles de la Luzerne; ; mais pour
n'approche plus exades feuilles fur leur côte , aucune plante
Rue de Chevre,e)
difpofition
le Galega, appellé en François
étement de lIndigo 2 que
de IIndigo répand une odeur douce
le Trifolium. Le feuillage
ou que
flatteufe ;, &c qui a quelque léger rapport à celaffez pénétrante, mais peu
Sa feuille préfente auffi au gotc
le de la fécule defléchée, & bien fabriquée.
entremélée d'une petite
de celle de fa fécule,
une faveur aflez approchante
le refte de la plante. Les branches fe
amertume piquante, répandue dans tout très-clair & d'une odeur légere,
chargent de petites fleurs d'un rouge violet
compofées chacune de
Ces fleurs font allées ou papillonacées,
mais agnéable.
N
INDIGOTIER.
Kur
lohitrsfiuh
écule defléchée, & bien fabriquée.
entremélée d'une petite
de celle de fa fécule,
une faveur aflez approchante
le refte de la plante. Les branches fe
amertume piquante, répandue dans tout très-clair & d'une odeur légere,
chargent de petites fleurs d'un rouge violet
compofées chacune de
Ces fleurs font allées ou papillonacées,
mais agnéable.
N
INDIGOTIER.
Kur
lohitrsfiuh --- Page 52 ---
I N D IGOTI E R. LIVRE 1I. les autres, &
5o
eft plus large & plus rond que
cinq pétales. Le pétale fipérieur
d'en-bas font plus courts & terminés
profondément dentelé tout autour ; ceux
en pointe avec un piftil au milieu. à celles de notre Genêt, mais bien plus
A ces fleurs reffemblantes à peu-près
rondes,
2 un peu
des
roides & caffantes,
grainelées. petites, 2 fuccedent filiques
& d'une
& demie de diametre. courbes, d'environ un pouce de longueur,
ligne femblables à de petits cyCes coffes renferment cinq ou fix femences ou graines d'un
rembruni. Le
lindres d'une ligne de long, luifants, très-durs, &
jaune gardée, que celui
feuillage de cette efpece foifonne plus en fécule 2 proportion Je n'ajouterai point que la
rdes autres, & le grain qui la compole eft plus gros. plus belle que celle
Marchandife provenant de l'Indigo franc 5 eft néceffairement la plus brillante quande l'Indigo bâtard; car de vieux Praticiens fotitiennent que
de l'efpece
telle celle du bleu flottant ou du violet; 9 ne dépend point
le
lité,
que
donnent tantôt le bleu ou
de T'herbe, puifque les deux dont il eft queftion 2 mais feulement de certaines
wviolet, tantôt le gorge de pigeon ou le cuivré : &c. au nombre defquelles
circonflances plus aifées à foupçonner qu'à définir au jufte 2
fa
la qualité du terrein, la coupe de l'herbe avant maturité,
non fait concourir fermentation & du battage : quelques-uns y ajoutent la chel'imperfedtion de la
l'herbe dans la cuve. Il paroit cenille qui ronge l'Indigo, & qu'on met avec dans le feuillage, & la maniere
le
ou moins d'onétuolité
11 pendant que plus
contribueràl la légéreté & à la beauté de
doivent beaucoup
1 de fécher fà fécule,
la quantité & la qualité de
ces matieres; on pourroit même foupçonner que
chofe. dans la Batterie, y entrent pour quelque
1 Thuile qu'on répand
facilité ; mais le fuccès de fa plantation eft
Au refte, lIndigo franc fe fait avec
naiffant à beaucoup d'a Pacfort douteux. Sa tige tendre & délicate, eft expofée en
; la terre même
la
, le foleil, tout confpire à fa deftruétion
cidents : le vent, pluie, fes fecours ; fi elle eft un peu ufée, il languit fur
oû il crolt femble lui refufer
dès leur naiffance.
facilité ; mais le fuccès de fa plantation eft
Au refte, lIndigo franc fe fait avec
naiffant à beaucoup d'a Pacfort douteux. Sa tige tendre & délicate, eft expofée en
; la terre même
la
, le foleil, tout confpire à fa deftruétion
cidents : le vent, pluie, fes fecours ; fi elle eft un peu ufée, il languit fur
oû il crolt femble lui refufer
dès leur naiffance. Une des
pied, & ne produit que de foibles tiges, qui périffent eft le bralage c'eftà-dire,
principales caufes de fa perte dans le premier mois, de
le foleil vient. à
Taccident auquel il eft fujet, lorfqu'après un grain pluie , l'eau n'a point
darder fubitement fes rayons fur la terre;il échauffe tellement fenfible qui à fes raaffez pénétré, que cette jeune & foible plante , extrêmement
cines , fe couche & fe fanne comme de l'herbe échaudée. appelle Ver
pendant ce temps, par un infeéte qu'on
Il eft encore attaqué
eft
de celle d'une
Colleux. Cet animal, dont la figure approchante
brilant ou
à fa fommité & l'enveloppe d'une toile à peu-près
petite Chenille, , s'attache
la
d'une rofée rafraîfemblable à celle de l'Araignée, 2 qui l'étouffe en privant des végétaux s
chiffante, & de la liberté de l'air fi néceffaire à la tranfpiration
le foleil
laquelle fe change, dans cette toile, en vapeurs bràlantes, lorfque
vient à donner deffus. des Chenilles. On. voit quel:
A ces accidents, , il faut ajouter le fléau général --- Page 53 ---
CHAP. II. Des e/peces G diferentes qualités de
LIndigo 2 Gc. quefois des effains de Papillons, les uns blancs & les autres jaunes, voler SI de
quartier en quartier, pour dépofer leurs ceufs dans les jardins à Indigo;la chaleur y fait éclorre une quantité innombrable de Chenilles, &les fait croître, dans
cette abondante nourriture, fi promptement, qu'elles dévorent quelquefois en
moins de quarante-huic heures des chafles entieres d'Indigo. La crainte continuelle oit lon eft d'un tel accident, eft prefque toujours accompagnée d'un
danger réel caufé par le Rouleur, autre efpece de Chenille plus groffe que les
dernieres. Ces animaux s'attachentà ronger l'écorce des fouches & les
à mefure qu'ils repouffent : ces infeôtes 2 par un inftinét tout particulier, bourgeons fe cachent fous terre pour éviter les plus fortes chaleurs du jour, & ils en fortent àla
fraîcheur pour cravailler de nouveau le refte du jour & la nuit fuivante.
el caufé par le Rouleur, autre efpece de Chenille plus groffe que les
dernieres. Ces animaux s'attachentà ronger l'écorce des fouches & les
à mefure qu'ils repouffent : ces infeôtes 2 par un inftinét tout particulier, bourgeons fe cachent fous terre pour éviter les plus fortes chaleurs du jour, & ils en fortent àla
fraîcheur pour cravailler de nouveau le refte du jour & la nuit fuivante. Ce manege , qui dure quelquefois deux mois de fuite, fait tellement languir &c fouffrir les tiges, que plufieurs périffent fàns reffource ; après quoi ces infedtes fe convertiffent en chryfalides pour devenir papillons & habitans de l'air. Ce mhalheur eft
d'autant plus grand, qu'il arrive toujours dans la plus belle faifon, & lorfque
l'Indigo rend le plus. Les habitants qui ont des troupeaux de cochons ou de
coqs d'Inde, & qui connoiffent leur goût &c leur avidité pour les Chenilles,
les lâchent alors dans leurs
jardins 2 pour diminuer au moins le nombre de ces
ennemis; ; mais la chair des coqs d'Inde en contracte un goût fi défagréable, qu'il
n'eft pas poffible d'en fervir fiur la table, tandis qu'ils en font leur principale
nourriture, & même quelque temps après. Cet expédient tout utile qu'il puiffe être, n'approche cependant pas de celui
qu'on emploie auffi avec le plus grand fuccès pour détruire la toile dont le Ver
bralant ou le Colleux enveloppe la fommité de l'Indigo. Il confifte à faire
prendreà chacun des Negres un balaide trois pieds de long, compofé de branches
feuillues, & de leur faire paffer ce balai fur la tige des jeunes Indigos, dans. le
temps oà le foleil eft dans toute fà force, c'eft-à-dire, entre onze heures & midi,
& oà la terre eft brôlante, parce que dès que la Chenille eft bleffée par la vio- 2
lente fecouffe de cette opération, elle tombe fir le fol dont la chaleur la fait
mourir en moins de deux heures. Il en eft de même à l'égard des Chenilles
s Vin
remontent fur les fouches de lIndigo dès qu'on vient de le couper, & qui qui en
rongert toute l'écorce; mais il faur alors employer des" balais plus forts"& fans
feuillage, qu'oni fait paffer fur les fouches à tour de bras. Pour que cêtte manceuvre ait tout fon'éfet, il faut que de longue main lè
terrein foit net & dégarni des mauvaifes herbes. Quant à la toile du Ver brolant,
on la détruit parfaitement en paffant le balai feuillu fur la tige de IIndigo. "Lc Mahoqua eft encore un de fès plus dangereux ennemis ; cet animal qui ne
fort jamais de deffous terre 3 eft un gros ver blanc' qui devient quelquefois aulli
long & auffi. gros que le pouce; fes mâchoires font fi fortes, qu'il coupe & qu'il
ronge les racines del IIndigo, Çe qui fait qu'il ne tient prefque plus à la terre,
& qu'en tirant deffus on l'arrache aifément.
IIndigo. "Lc Mahoqua eft encore un de fès plus dangereux ennemis ; cet animal qui ne
fort jamais de deffous terre 3 eft un gros ver blanc' qui devient quelquefois aulli
long & auffi. gros que le pouce; fes mâchoires font fi fortes, qu'il coupe & qu'il
ronge les racines del IIndigo, Çe qui fait qu'il ne tient prefque plus à la terre,
& qu'en tirant deffus on l'arrache aifément. Lorfqu'on reconnoît la caufe de fa --- Page 54 ---
I N D IGOTIE R. LIFRE II. &c de fon dépériffement, on fait fouiller la terre dans les endroits où
langueur
confidérable,
découvrir & ramaffer ces infectes, dont les
le mal eft le plus
pour
vuider enfuite
Negres ne manquent guere de remplir leurs paniers, , quils vont
dans quelque marre ou foffé plein d'eau. L'Indigo bâtard attire moins tous ces infectes; mais il eft fujet à fon tour dans
la faifon avancée,oh les pluies & les chaleurs font fortes, à décharger ceft-àdire, à fe dépouiller aifément de fès feuilles; d'ou il réfulte T'obligation de
beaucoup d'herbe pour remplir une cuve, & une perte confidérable
couper
plus
pour le propriétaire. d'accidents qu'il eftimpofible de prévenir, on ne fera
Sifonfatrdfesionàtant
de Saint-Domingue, où le nombre de ces
pas furpris que la plupartdes quartiers
abandonné la aculture,
infeétes s'eft multiplié plus que par-tout ailleurs, en ayent
cffet
quilesa mislaj plupart en état d'établir desSucreries, dont les revenus font en
plus folides. Les Negres mêmes en préferent le travail à tout autre,malgré l'af
fiduité & les veilles continuelles qu'ils font à tour de rôle auprès des moulins
& des chaudieres à Sucre, par rapport aux petits profits qu'ils font fir les firops
leur diftribue tous les Dimanches, & que les autres Negres achetent pour
qu'on
avec del'eau, dont ils font une
fe régaler" en en mélant une certaine quantité
boiffon à laquelle ils donnent le nom de Rape. Les quartiers de Saint-Domingue
oi l'on a vu les Manufactures les plus floriflantes en ce genre, font Aquin,
les Arcahaix, le Boucaflin, les Vafes, Mirbalais, les Gonaives &lArNippes,1 tibonite oi il s'en trouvoit d'affez confidérables pour occuper cinq à fix cens
Plaifance &Saint-Louis du Port-de-Paix, font
Negres. Le Limbé, Port-Margot, du
où il s'en eft fait le plus 2 bien que ce
les quartiers de la dépendance Cap,
Mais la Louifianne complus fàt peu de chofe en comparaifon des précédentes. habifournir
de très-beau : on ne fait ce qui empêche les
mence à en
quantité
vient
de
de adonner avec la même ardeur, le peu d'Indigo qui
tants Cayenne sy
de ce pays étant très-eftimé. la fupériorité de
LIndigo bâtard differe de la précédente efpece, 9 fur-tout par
fàs grandeur; il croit par-tout , mais toujours moins haut dans une terre ingrate:
OrA
eft
&
étroite celle du franc, moins épaiffe, d'un
ARG A feuille plus longue plus
que
stivasue avee
verd beaucoup plus clair, un peu plus blanc par le deflous;e revers de cette
feuille eft garni d'un poil fubtil, piquotant, facile à détacher & très-inquiétant
les Negres qui s'en chargent.
9 fur-tout par
fàs grandeur; il croit par-tout , mais toujours moins haut dans une terre ingrate:
OrA
eft
&
étroite celle du franc, moins épaiffe, d'un
ARG A feuille plus longue plus
que
stivasue avee
verd beaucoup plus clair, un peu plus blanc par le deflous;e revers de cette
feuille eft garni d'un poil fubtil, piquotant, facile à détacher & très-inquiétant
les Negres qui s'en chargent. Ses filiques plus courbées que celles du franc,
pour
comme de la
à feu, &
font jaunes, & fes graines noires s luifantes
poudre
ayant,
celle de toutes les autres efpeces, la forme de petits cylindres. Il croît
comme
de hauteur, & même beaucoup plus. S'il eft vrai, comme on
jufqu'à fix pieds
douter, que quelques-uns ayent réuffi à en tirer parti après
n'en peut guere extrême
&
a porté fleur & graine >. il n'en eft
qu'il a atteint une
grandeur qu'il
la difficulté
moins vrai que c'étoit faute de mieux, & que la rareté comme
pas
avec les expériences inutilement réitérées. par les meilleurs
du fuccès, comparées
Indigotiers, --- Page 55 ---
II. Des
6 diferentes qualités de PIndigo, Gc. CHAP. efpeces
Tufage ordinaire oà
A 001b
Indigotiers, doivent engager àfuivre, autant quile eftpoflible,
dont
de trois pieds & qu'il entre en fleur,
AEis
l'on eft del le couper lorfquilapproche
une poignée de
l'odeur fuave eft très-remarquable, & que preflant légérement
bruit
il eft affez roide pour fe rompre un peu, & faire un petic
11 - e
fon feuillage,
Ces deux dernieres remarques de la fleur & du cri,
comme s'il crioit dans la main. hauteur qu'ils 11
également àl'Indigo franc comme au bâtard, quelque
conviennent
de
la coupe de I'un & de l'autre. I1 y a 1I
ayent, & fervent en général regle pour de l'avancer, & d'autres où il fauc 1
pourtant des circonftances oà il eft néceffaire
la Chenille eft en fi 11
la différer. LIndigo fc trouve dans le premier cas, lorfque
avant le temps 11
appréhende qu'elle n'ait tout mangé
exceflive quantité, qu'on
& la marchandife qui en provient eft 11
convenable ; mais il rend beaucoup moins,
réuffiffe dans le refte 11
fujette à manquer de liaifon, s dont le défaut 2 fuppofe qu'on dans l'autre cas, lorfque 1
de fon apprèt, diminue toujours le prix.
LIndigo fc trouve dans le premier cas, lorfque
avant le temps 11
appréhende qu'elle n'ait tout mangé
exceflive quantité, qu'on
& la marchandife qui en provient eft 11
convenable ; mais il rend beaucoup moins,
réuffiffe dans le refte 11
fujette à manquer de liaifon, s dont le défaut 2 fuppofe qu'on dans l'autre cas, lorfque 1
de fon apprèt, diminue toujours le prix. On fe trouve
d'un
& qu'il V
abondance de pluie lIndigo a crà tout
coup,
par une trop grande
huit jours de temps favorable lui dony a apparence de beau temps ; parce que
fc préfenter à la fermen-"
du
& diflipent les difficultés qui pourroient
nent corps
il embarrafferoit le plus habile Maitre : on fe voit y
tation ; fans cette précaution l'excès des pluies, fur-tout dans la premiere
même quelquefois contraint par
fon
n'ayant point affez
faifon, de jetter toute une coupe, foit parce que grain yenant à battre l'Inde corps, fe diffout au buquet, foit parce que ces pluies font tomber toutes fes
dans fon état de maturité, le font décharger ou
digo
maniere ne refte plus que des balais; alors pour ne pas occuper
feuilles, de
qu'ilt fait
I'herbe fans différer, afin de ne pas retarinutilement les Negres, O.- couper
der la coupe fuivante. difficile que celle du franc, &
La fabrique de l'Indigo bâtard eft un peu plus
les
n'eft fi ; mais on en eft bien dédommagé par
le grain de fa fécule
pas gros
IIndigo bâtard vient par-tout,
avantages que celui-ci n'a pas. Premiérement, herbe eft moins fujette aux Infectes, &
& en tout temps ; fecondement, fon
les pluies mêmes ne fauroient l'en. elle réfifte plus long-tempsà à leur attaque ;
les pays fe découque par un excès d'autant moins commun $ que
dommager
Volumepour volume d'herbe, cet Indigorend
yrent & s'habitent de plus en plus. fon feuillage porte fur de grandes
moins à chaque cuve que le franc , parce que dans la cuve. Mais ce défaut eft
louches qui tiennent beaucoup de placc inutile
dont on coupe &
Tétendue du terrein & la richelle de ces tiges,
compenté par
une cuve. Le tout bien calculé,
on découvre un bon tiers de moins pour remplir
dans
Fun revient bien à l'autre ; & comme il eft rare qu'il périffe
on trouvera que
fans aucun égardàl la difficulté de la
fes commencements; 2 on en plante toujours réfervant les meilleures terres pourl le.
louches qui tiennent beaucoup de placc inutile
dont on coupe &
Tétendue du terrein & la richelle de ces tiges,
compenté par
une cuve. Le tout bien calculé,
on découvre un bon tiers de moins pour remplir
dans
Fun revient bien à l'autre ; & comme il eft rare qu'il périffe
on trouvera que
fans aucun égardàl la difficulté de la
fes commencements; 2 on en plante toujours réfervant les meilleures terres pourl le. fabrique, fur-tout dans les vieux terreins
faut examiner avec
franc: mais il eft très délicat fur fon point de maturité. 2 qu'il
d'en laiffer nouer la graine; ; car pour lors il eft très-dificile
foin, & fel bien garder
fi
moins
&
eft tallez habile pour Y parvenir, 2 il rend peu,à
à faire ; flIndigotier
O
INDIGOTIER, --- Page 56 ---
INI D - I G O 2 TIE R. LIVRE II.
dans les plus fortes chaleurs,
la peine
le profit. Mais
ne
qu'on foit
que
paffe
fi on elt exaét à le couper à propos, on en fait de IIndigo magnifique, lorfqu'on
porte tous fes foins tant à la fermentation qu'au battage.
Cette efpece d'Indigo eft très-longue à croitre; c'eft pourquoi plufieurs préferent le franc, quand le terrein le permet; celui-ci en deux mois, quelquefois
fix femaines, peut fe couper. Quant au bâtard, il lui faut plus de trois mois ;
nonobftant cela on fait quelquefois un mélange de lun 8c de T'autre, lorfque
l'arrangement des plantations ou des coupes le permet : le rejetton du bâtard
ayant cela de commun avecle franc,qu'il pouffe fes rejettons auffi vite que celuici, & que fix femaines après on les coupe & on les joint comme fi les deux
efpeces n'en faifoicnt qu'une. Cc mélange produit un grain ferme & de bonne
grofleur, qui facilite l'Indigotier, 8c lui procure le moyen de conduire la fermentation & le battage du tout à fon plus jufte dégré.
Les habitants de Saint-Domingue ne travaillent que fur l'herbe de I'Indigo
franc ou fur celle du bâtard, & la plupart regardent toutes les autres auxquelles
on donne différents noms, comme des plantes dégénérées de l'une ou de l'autre
de ces deux premieres efpeces. Le peu d'attention qu'on donne ordinairement
aux choles qu'on regarde comme inutiles, a pu contribuer à cette opinion. Mais
M. Monnereau, 3 Auteur du parfait Indigotier, qui s'eft fait une étude du nom
J2L L626, cet swpaays.
& des principales différences de ces plantes incultes,y: a remarqué des caraéteres
particuliers qui l'ont engagé à les ranger comme il convient, dans des claffes
féparées dont nous allons fuivre l'ordre &c la diftinétion.
LIndigo
à Saint-Domingue Guatimalo, eft une efpece quia
dinalo
s qu'on appelle
de
tant de reffemblance & de rapport au bâtard, qu'il feroit prefqu'impollible
les diflinguer lun de l'autre, fans fes filiques & fa graine colorée de rouge
bruni.
Le Guatimalo eft très-difficile à faire, & rend beaucoup moins que le bâtard 2
cequi fait quiln'eft guere en ufage; mais comme il croît avec les efpeces dont
on veut recueillir la graine, & qu'on ne peut la trier, parce que cela demanderoit un temps infini, il s'en trouve toujours de mêlé avec l'autre.
ou Maron 2 croît dans les favanes & les terreins incultes
vage GK Auron
L'Indigo fauvage
dont le brin court & touffi eft
ou abandonnés ; il reffemble à un petit arbriffeau
fort gros, en comparaifon des autres, , quin'ont guere que trois à quatre lignes
de diametre au bas des tiges les mieux nourries, le commun étant beaucoup
plus petit ; les branches du Maron font fouvent adhérentes à fa racine; fes
feuilles font plus rondes & plus petites que celles du franc, mais très-minces:
on le regarde pour cette raifon comme intraitable ou peu propre à récompenfer
l'ouvrier de fon travail. Quelques perfonnes m'ont cependant affuré en avoir tiré
de bon Indigo. Mais il y a apparence que I'herbe étoit jeune, & qu'ils n'en
avoient pas d'autre pour occuper leurs Negres en ce moment.
LIndigo Mary: a de la reffemblance au franc par fes feuilles, excepté qu'elles
les du franc, mais très-minces:
on le regarde pour cette raifon comme intraitable ou peu propre à récompenfer
l'ouvrier de fon travail. Quelques perfonnes m'ont cependant affuré en avoir tiré
de bon Indigo. Mais il y a apparence que I'herbe étoit jeune, & qu'ils n'en
avoient pas d'autre pour occuper leurs Negres en ce moment.
LIndigo Mary: a de la reffemblance au franc par fes feuilles, excepté qu'elles --- Page 57 ---
CHAP. II. Des e/peces & digtrentes qualités de PIndigo, 6c.
foient moins charnues; il s'en trouye rarement.
S5
rend
mais
Quelques-uns affiurent qu'il
beaucoup ;
on ne peut conftater cette
ne
noît
prétention, puifqu'on conperfonne qui en fabrique.
Ilya encore une efpece d'Indigo très-différente de toutes les
les branches s'étendent à plus de fix pieds à la ronde, & dont les autres, dont
un pied de long & la figure d'une aiguille à emballer;
collès ont
; perfonne fuivant toute
apparence, n'en a fait lépreuve, puifqu'on ne parle point de fà qualité,
Premier Indigo fauvage de la Jamaique (r).
LA tige de cette plante, fig. 2, Pl. 8,eft ligneufe & couverte d'une écorce
liffe, d'un brun noir, s'élevant à quatre picds de hauteur, & pouffant les
côtés différentes branches garnies d'une quantité prodigieufe de feuilles ailées, par
placées fiur des côtes de quatre pouces de longueur, dont un bout eft
le refte de ladite côte porte des feuilles accouplées vis-à-vis l'une de l'autreà dégarni;
tiers de pouce de diflance, & une feule à l'extrémité.
de
un
Chaque paire feuilles a
une Petite queue d'un huitieme de pouce de longueur; la feuille a un pouce de
long & un demi-pouce de largeur:elle eft unie & de couleur
le bleu, femblable à celle des feuilles du Sain-foin. De
verte, 2 tirant fur
l'aiffelle des feuilles fort
une petite tige d'oà naît un long épi , autour duquel font placées de très
fleurs papillonacées partie rouges, partic vertes, d'oi naiffent ou pouffent petites
fieurs gouffes d'environ trois quarts de pouce de long, rondes & de la forme plud'une faucille, courbées en dedans de leur tige & contenant quatre pois & quel.
quefois plus, d'une forme
quadrangulaire 2 de couleur brune 2 luifante & de la
groffeur de la tête d'une petite épingle; il croit fouvent dans les champs & à
l'entour de la ville. Il croît auffi dans les Ifles Caribes.
Second Indigo fauvage de la Jamaique (2).
CETTE plante a une très-petite racine ; fà tige eft dure, ronde & verte,s'6levant à trois pieds de hauteur, , ayant quelques branches de chaque côté de la
cime, dont les feuilles font ailées, au nombre de fix pour l'ordinaire ou de trois
paires placées vis-à-vis l'une de l'autre, & s'élargiflant à leur extrémité à peuprès comme le Colurea Scorpioides, C. B. Pin. Leur couleur eft d'un verd
bleuâtre, & l'odeur très-défagréable. Les fleurs d'un jaune foncé, font compofées de cinq pétales, formées la plupart en aîle de papillon ; la feuille pendante fur un petit pied. A ces fleurs fuiccede une coffe angulaire & brune de
deux pouces de longueur, 3 contenant un rang de petites graines rhomboidales d'un brun luifant.
&Hifloiré (I) Voyages Naturelle de Han-Sloane àh Jamaique - (2) Voyages de Han-Sloane: à la
9,page37.
de cette Ifle, Vol. 2, Seat. Hifoire Naturelle de cette Ille, fol. Jamaique 48,Vol.2, &c
Sedt. 21.
iccede une coffe angulaire & brune de
deux pouces de longueur, 3 contenant un rang de petites graines rhomboidales d'un brun luifant.
&Hifloiré (I) Voyages Naturelle de Han-Sloane àh Jamaique - (2) Voyages de Han-Sloane: à la
9,page37.
de cette Ifle, Vol. 2, Seat. Hifoire Naturelle de cette Ille, fol. Jamaique 48,Vol.2, &c
Sedt. 21. --- Page 58 ---
IN DIGOTIE R. LI/RE II. 56 Cette plante fort avec abondance après la faifon des pluies, & les terreins de
la Savanne de Saint-lago de la Vega, qui font argileux, en font remplis. Elle
poulfe d'abord deux feuilles féminales telles que le font différents légumes. Rochefort (r) raconte qu'il en croît dans nos Ifles de l'Amérique 3 une efpece
quir n'a pas plus de trois pieds de haut, dont la fleur eft blanchâtre & fans odeur,
& auffi une autre dont l'efpece eft femblable à celle qu'on trouve dans l'Ile de
Madagafcar, dont les fleurs font petites, d'un pourpre mêlé de blanc & d'une
odeur agréable, laquelle eft vraifemblablement la même que Pifon appelle Banghets, dans fon Hiftoire de Madagafcar. Parmiles habitants qui fabriquent de I'Indigo ily y en a peu quis'occupent à
faire de la graine 3 c'eft-à-dire, à planter de l'Indigo pour en recueillir la femence. Ces deux efpeces de trayaux forment, pour ceux qui sy appliquent, 2
comme deux états féparés. Mais comme malgré la différence de leurs pratiques,
ils ont un rapport effentiel lun àl'autre, nous nous croyons obligés de rapporter
ici tout ce qui eft capable d'inftruire ceux qui voudroient entreprendre le travail de la graine. Les habitants qui s'adonnent à cette culture, fe placent ordinairement dans les Mornes; les uns récoltent la graine du franc, les autres
celle du bâtard; quelques-uns font de la graine des deux cfpeces, & jamais
d'autres. Voici comme on parvient à la récolte du franc: Lorfque le terrein eft
préparé, les Negres A,fig. 2, PL.9, fouillent avec le coin de leur houe ,fig. PL.9, des trous D,fg. 2, PL.9 2 profonds de deux pouces, & diftants lun
4,
rede l'autre de 8 pouces, dans lefquels on met 4 ou 5 graines d'Indigo qu'on
couvre avec. le pied ; on le farcle lorfqu'il a quatre travers de doigt de hauteur 2
& on réitere enfuite les farclaifons autant qu'il eft befoin. Au bout de quatre
mois fa fleur tombe & fait place à fa gouffe ; c'eft ainfi qu'on appelle la flique
de l'Indigo qu'on laiffe fur pied jufqu'au temps de fa maturité, c'eft-à-dire 2 jufqua ce qu'elle commence à noircir; on coupe alors la plante à deux pouces de
terre, & on la porte telle qu'elle eft fur une efpece d'aire ou terrein battu &c
bien balayé, fir lequel on la laiffe fécher ; mais on la retire de deffus l'aire, &c
on la met à l'abri quand il pleut; ; lorfqu'elle eft féche, on l'abat avec un gros &
long bâton pour en rompre les gouffes & les détacher de la plante.
ircir; on coupe alors la plante à deux pouces de
terre, & on la porte telle qu'elle eft fur une efpece d'aire ou terrein battu &c
bien balayé, fir lequel on la laiffe fécher ; mais on la retire de deffus l'aire, &c
on la met à l'abri quand il pleut; ; lorfqu'elle eft féche, on l'abat avec un gros &
long bâton pour en rompre les gouffes & les détacher de la plante. Quand cet
ouvrage eft achevé, on enleve la plante, & on la jette comme inutile,après quoi
ramaffe les
& la graine qui en eft déja féparée, & on conferve lun &c
on
gouffes
l'autre en tas F,fig. IO, PL. 5, dans des magalins. Lorfqu'ils ont fini leur récolte
ils la font piler dans un mortier C,fig. II,PI,
& qu'ils en veulent vendre,
de bois. Ce mortier eft fait d'un gros rouleau de bois creufé par un bout de
5, la profondeur de deux pieds; fon entrée a un pied de diametre, & elle va toujours en diminuant jufqu'à fon fond, ce qui repréfente en creux la figure d'un
pain de fucre renverfé. Le manche ou pilon D.fig.12, PI. 5, eft un morceau
de bois dur de quatre pieds & demi de longueur, & de la groffeur d'environ
(1)Jardin Indien Malabare, par M. Rhede, Tomel I,page IOI Erfuivantes. deux --- Page 59 ---
CHAP.II. Des elpeces 6 diferentes qualités de LIndigo, Gc. deux pouces & demi de dimetre, arrondis par en bas; lorfqu'on a rempli de
gouffès lc pilon, on met àl'entour deux ou trois Negres E,fig. chacun un manche
13,P4j,avec
tel qu'on vient de le décrire, & ils la pilent
la graine foit féparée de ( gouffe : après quoi ils la vannent, la jufqu'ace nétoient & que la
mettent enfitite dans des bariques défoncées par un bout ; cette graine fe vend"
par barils aux habitants Indigotiers. Ces barils font les mêmes que ceux dans
lefquels on met la farine qu'on envoie de France à l'Amérique. Les fouches de l'Indigo pouffent après la coupe, de nouveaux jets
duifent comme lcs précédents, & dont on ramafle la graine comme ci-deffus. qui proLIndigo franc coupé de cette façon, peut réfifter environ deux ans ; mais
comme il périt toujotirs quantité de fouches à chaque coupe, on remet l'année
fuivante de la graine dans les endroits dégarnis,
La plantation & les farclaifons de IIndigo bâtard fe font de la même maniere
cclles
Cathoa
du
9ula
que
précédent ; mais fa graine fe ramafle tout diféremment,
qu'elle ne mârit jamais tout à la fois, les baffes branches fleuriffant & parce
leurs gouffès bien plutôr que celles d'en haut. Lorlque ces
donnant
elles font d'un rouge noir 2 ou dun verd noir, ainfi que celles goulfes du franc. mûrifent Si 2
laiffoit trop long-temps fiur la branche, elle noirciroit
on la
de maturité endurciffant trop la graine, la rendroit tout-à-fait, & cet excès
plus difficile à lever. Lorfqu'on s'apperçoit aux remarques ci-deffis, 2 qu'elle eft bonne à prendre, on
fait porter des paniers aux Negres fur le lieu oà ils doivent la ramaffer.
dun verd noir, ainfi que celles goulfes du franc. mûrifent Si 2
laiffoit trop long-temps fiur la branche, elle noirciroit
on la
de maturité endurciffant trop la graine, la rendroit tout-à-fait, & cet excès
plus difficile à lever. Lorfqu'on s'apperçoit aux remarques ci-deffis, 2 qu'elle eft bonne à prendre, on
fait porter des paniers aux Negres fur le lieu oà ils doivent la ramaffer. y font rendus 3 ils fuiventles pieds d'Indigo Iun après
& ils Lorfqu'ils
les gouffes qui font
à
T'autre,
en détachent
mâres, pleines mains ; car elles viennent
floccons de diftance en diftance le long des branches; ils
par paquets ou
foir leurs
apportent à midi 8c le
paniers qui en font remplis. On expofe cette graine au foleil fur des
draps de toile, jufqu'à cequ'elle foit bien
ainfi que celles du
la
fche;apresquoion. en pile les gouffes
franc;on vanne enfuite, & on la ferre dans des
défoncées par un bout. Auffi-tôt que la cueillette générale des baffes bariques
eft finic, on travaille à celle des branches fupérieures & de la
branches
comme la précédente. Cette feconde cueillette eft à
cime, qui fe fait
recommence une nouvelle fur les
peine terminée, , qu'on en
premieres branches, où il fe
bien
vite d'autre graine qui a mûri dans cet intervalle, & ainfi de fuite. reproduit
Mais comme IIndigo bâtard végete beaucoup, & qu'il croît
de haut dans les bons terreins, ce qui rend la cueillette de jufquarapieds. ment difficile, & que la vieilleffe de fà tige pourroit nuire à figraine fon
extrêmefoin de la couper tous les ans à 4 ou 5 pouces de terre, afin rapport, on a
donne des rejettons qui produifent la même quantité de
que fa fouche
colte beaucoup plus aifément. Cette herbe fe
graine, donton fait la réLa
foutient ainfi plufieurs années.
de haut dans les bons terreins, ce qui rend la cueillette de jufquarapieds. ment difficile, & que la vieilleffe de fà tige pourroit nuire à figraine fon
extrêmefoin de la couper tous les ans à 4 ou 5 pouces de terre, afin rapport, on a
donne des rejettons qui produifent la même quantité de
que fa fouche
colte beaucoup plus aifément. Cette herbe fe
graine, donton fait la réLa
foutient ainfi plufieurs années. grainede l'Indigo franc & celle du bâtard, ont exaétement la même
cylindrique, c'eft-à-dire, ronde fur fà longueur & plate par les deux figure bouts. INDIGOTTER,
P --- Page 60 ---
IN DICOTIE R. LIVRE II.
La couleur du franc eft d'un jaune rembruni tirant un peu fur le verd ,
fois fur lel blanc quand elle n'eft pas bien mûre.
quelqueLa couleur de la graine du bâtard eft noire lorfqu'elle eft bien
&
noir tire un peu furle verd. lorfqu'elle l'eft moins. La graine du franc mûre, eft
ce
HHI peu plus groffe que celle du bâtard.
toujours
LIndigo qui vient dans les montagnes, de même que celui qui croît dans les
plaines, eft fijet à être endommagé par une multitude d'infectes, ainfi nous
l'avons fait voir dans le commencement de ce
Mais
que
Chapitre.
comme nous
vons rien dit du tort que la Punaife fait à fà graine, nous allons en parler ici. n'a- Le
corps de cet infeéte qui a plufieurs pieds, eft gros comme le bout du
Ileft de figure ovale depuis la tête jufqu'au derricre, &un
petit doigt.
par deflous. Ilyades efpeces qui fontbrunes &
peuapplatipard deffus &c
breufe eft verte, & toutes font extrêmement d'autresnoiresymais la plus nomvieilles, elles
puantes; quand elles font groffes &
volentparbonds de 20 ou30 pieds & plus. Cet infeête n'exerce fa
malignité que fur la graine de l'Indigo dans le temps qu'elle
formée &
encore en
n'ef'que
lait; elle fait un petit trou à la gouffe Par lequel elle en fuce toute la
fublance; cela n'empêche pas cette gouffe de refter attachée par fà
à la
branche , fans pour ainfi dire changer de couleur,
queue
férente de celles
2 & fans paroître beaucoup dif
quin'ont point été fucées. Mais lorfqu'on vient à la
ne trouye plus rien dedans. Il fe rencontre des années oà ces animaux cueillir, fc mul- on
tiplient fi prodigieufement, qu'on ne ramaffe que peu ou point de graine. Lorf
qu'on craint un pareil événement, on envoie les Negres à la place,
far le lieu de la plantation, où ils les écrafent fans cérémonie c'eftà-dire,
Ileft
entre les
cependant un autre moyen pour les détruire : ceft de mettre un doigts:
de Pintades dans la place, & de les faire
troupeau
dans le
garder par des Négrillons &
temps que la graine eft en lait, , & même jufqu'à ce qu'elle foit Négrittes,
car, quoiqu'elle foit mûre, elles ne laiffent pas que d'y faire
cucillie;
de dommage. Les Pintades en font très-avides & fort adroites encore à les beaucoup
même dans leurs bonds, en partant après elles de plein vol & d'un attraper,
tant qu'elles les apperçoivent.
trait àl'inf
ans le
garder par des Négrillons &
temps que la graine eft en lait, , & même jufqu'à ce qu'elle foit Négrittes,
car, quoiqu'elle foit mûre, elles ne laiffent pas que d'y faire
cucillie;
de dommage. Les Pintades en font très-avides & fort adroites encore à les beaucoup
même dans leurs bonds, en partant après elles de plein vol & d'un attraper,
tant qu'elles les apperçoivent.
trait àl'inf --- Page 61 ---
CHAP, III. Du Terrein, de la Culture G de la Coupe de FIndigo.
CHAP ITRE TROISIE M E,
Du Terrein, de la Culture &G de la Coupe de PIndigo.
Lal lieu le plus favorable à la plantation de l'Indigo eft une terre
qu'elle eft ordinairement remplie de fels propres à la
neuve, >parce
infeétes qui lui font
de
végétation 2 que les
les
plus tort, ne s'y font point encore
8c
mauvaifes herbes , pendant près de deux ans, y font de érablis, que
cependant quelquefois que le feu qui a paffé fur certains peu terreins progrès. nouvellement Ilarrive
défrichés, qu'on appelle degras, (parce qu'on a l'habitude de bràler en ces
pays tout lel bois de haute-futaye & autres fur le lieu même où on l'a
& les cendres qui en proviennent en trop grande
abattu, ,)
tacle confidérable à la
abondance 2 forment un obfvégétation, ce qui fait que l'Indigo n'y vient
épais ni auffi beau qu'on devroit s'y attendre; mais il ne faut point s'en pas auffi
parce qu'on eft amplement dédommagé de ce retard par la fuite.
étonner,
Quoiqu'il fe trouye d'excellents fonds de terre rouge & blanchâtre, il faut
cependant convenir qu'on préfere en général à toutes les autres celles font
noires 2 légeres, en coftieres ou en
qui
préferve du féjour des
pente douce 2 parce que cette polition les
pluies très-nuifibles à cette plante , qui fe
& meurt loriquelle fe trouye fur un fond de terre plare oh l'eau Aétrit, jaunit
pourqubi l'on doit avoir attention, quand on eft dans ce cas, d'élever croupit; le c'eft
des carreaux qui font fujets à cet inconvénient, & de pratiquer de
milieu
tout autour qui s'écoulent dans une plus grande, & celle-ci dans petites un rigoles
folfé; en
prenantces précautions, on peut tirer bon parti dest terreins bas &
mais ils
ont toujours cela d'incommode, qu'il faut attendre que la faifon des plats; fortes
qui caufe fouvent des débordements, foit paflée avant de
car pluies,
dation capable de couvrir l'Indigo
planter ; une inonpendant cinq ou fix heures, fuffit pour le faire
périr, 2 par le limon qu'elle dépofée fir fes feuilles. D'ailleurs, la
humidité 8c la chaleur font pourrir la
trop grande
graine ou végéter avec elle une quantité
prodigieufe de mauvaifes herbes qui étouffent la jeune plante, fans qu'on
y porter les fecours des farclaifons, qui font impraticables dans un terrein puiffe
mol,
trop
La délicateffe de cette plante exige en outre toujours beaucoup de
& de ménagement; c'eft pourquoi on débarraffe, autant qu'il eft propreté
terrein gu'on lui deftine, de toutes les pierres qui pourroient la poffible, & de le
toutes les mauvaifes herbes 3 comme les deux efpeces de
géner,
&
Mal-nommées, , grande
petite, 2 le Pourpier fauvage dont les feuilles ont en ce
la vertu
ductive ou végétative le
pays
répro-
; Chiendent, 2 IHerbe à balai G celle à Bled,"Herbe à
Calalou, le Pied de poule, &c autres qui affectent finguliérement fa compagnie;
qui pourroient la poffible, & de le
toutes les mauvaifes herbes 3 comme les deux efpeces de
géner,
&
Mal-nommées, , grande
petite, 2 le Pourpier fauvage dont les feuilles ont en ce
la vertu
ductive ou végétative le
pays
répro-
; Chiendent, 2 IHerbe à balai G celle à Bled,"Herbe à
Calalou, le Pied de poule, &c autres qui affectent finguliérement fa compagnie; --- Page 62 ---
11 NDIGOTII E R. LIVRE 11. truffles blanon rencontre auffi fouvent dans les terreins à Indigo,d'excellentes
remarquables quantité de petits filaments blancs étendus en rond &
ches, adhérents à la fuperficie par de la terre dont elles font couvertes. Cette plante profite cependant très-bien dans des terreins remplis de petite rocaillé blanche, 9
qu'on appelle Roche à chaux, parce que cette terre eft ordinairement très-lé-
& pleine des fels fertiles de cette roche qui y entretient la fraicheur. Mais
gere
tâche de nétoyer & d'unir même les terreins défeétueux autant
en général on
contribue toujours à l'avancement de la plante &c
qu'il eft poflible ; cette grace
toute fà
au foulagement de ceux qui la cultivent. Comme l'Indigo n'aquiert
grandeur & fa qualité qu'à l'aide des pluies douces &c des grandes chaleurs 3
l'air tempéré, les quartiers pluvieux; les terreins trop frais &c ombragés lui
conviennent
Ainfi la méthode de le planter entre les jeunes Cafés lui eft
peu. On
le cultiver
fur les hauteurs, à moins
très-préjudiciable. ne peut
long-temps
meuble
qu'il ne s'y trouve des platons, parce que les pluies dégradent la terre
de la fiuperficie, qui eft toujours la meilleure, laquelle étant emportée, ne préfente plus qu'un folaride & rempli de pierres. Les habitants dont les terreins font fujets à fe reffentir des pluies que la fraicheur de l'Automne amene 2 8 qui ne veulent pas rifquer leur graine en cette
faifon, commencent à planter leur Indigo àla fin de Décembre, & peuvent con. mois de Mai. Cette dernierc plantation eft même la plus fayoratinuer jufqu'au
mais comme la faifon eft trop avancée dans
ble, n'étant pas fi fujette au bralage;
l'arrierer
ellc ne
deux ou trois coupes, après quoi
ce dernier temps, 9
produit que
faifon arrivant, la plupart des fouches meurent d'épuifement ; mais on coupe
jufqu'à cinq fois celui qui eft planté dès le commencement de Novembre. L'uTage veut qu'e fon dife planter, & non pas femers en effet, au lieu de jetter la
graine àl l'aventure, on la répand avec mefure dans chaque trou D,fg.2,PL9,
fait exprès avec la houe : mais auparavant il faut arracher avec cet inftrument les
vicilles fouches; après quoi on les rafemble ayec le rabot ou un rateau fans
dents, fig. 8, PL.9, & on y met le feu. On retravaille enfuite à fond tout ce
terrein avec! la houe, qui doit y entrer d'un demi-pied. La houe, ,fig. 4, PL.9, eft un inftrument à peu-près femblable à celui dont
les Maçons fe fervent pour gâcher leur mortier, à l'exception que le fer en eft
large. Quelques-uns prétendent que la pelle ou bèche eft d'un ufage bien
fiupérieur plus à la houe ; d'autres s'eftiment heureux d'avoir pu accoutumer leurs Neà travailler la terre avec la charrue.
d'un demi-pied. La houe, ,fig. 4, PL.9, eft un inftrument à peu-près femblable à celui dont
les Maçons fe fervent pour gâcher leur mortier, à l'exception que le fer en eft
large. Quelques-uns prétendent que la pelle ou bèche eft d'un ufage bien
fiupérieur plus à la houe ; d'autres s'eftiment heureux d'avoir pu accoutumer leurs Neà travailler la terre avec la charrue. Il eft de fait que la beauté de l'herbe
gres
de la
de la fouille des terres ; on doit cedépend en grande partie
profondeur
le labour
pendant avertir qu'une plantation faite dans une terre tropa ameublie par
le
des terres dépofées les pluies dans les bas-fonds, eft fujette
ou par rapport
par
bien
à plufieursi inconvénients; car il eft certain que fi les Negres n'aiguifent pas
les couteaux sfig. 7,PL. 9, dont ils fe fervent pour couper l'Indigo, ils en arracheront une grande partie, ou lui cauferont un ébranlement mortel ; d'ailleurs
cette --- Page 63 ---
Du Terrein, de la Culture 8 de la Coupe de PIndigo. 61
CHAF. III. leur grandeur & leur groffeur, en
cette vigueur des tiges, remarquable par
la perte totale, après une premiere coupe tis-avantageufe,foit
caufe quelquelois
une
folidité ligneufe,
les fibres de leur fouche ont acquis trop grande
parce que
les racines accoutumées à un ombrage
foir que l'ardeur du foleil en furprenne
un G grand effort, fe recontinuel, foit enfin que la végétation épuifée par
fufe à une nouvelle réproduétion. particulier au fujet de l'emploi de
aucun fyftême
Au furplus, nousn'époufons évident
ne peut, fans la plus grofliere ignoces divers inftruments, étant
qu'on de
différentes; il eft cependant
affijettir à une même façon tant terres
rance,
la houe eft celui dont l'ufage eft le plus univerfel. conftant que
façon dont nous venons de parler, il eft encore inOutre cette premiere enfuite à ce terrein trois ou quatre farclaifons prépadifpenfible de donner
état de recevoir la graine aux premieres pluies 3047
ratoires, fi on veut le mettre en
ufé
de fa nature 2 on répand -
convenables. Si le terrein eft déja un peu ou maigre
autres
les
labour, de l'ancien famier d'Indigo ou
engrais;
deffus dès le premier
amplement de cette pratique, qui n'eft
avantages qu'on en retire dédommagent
auffi ufitée qu'elle devroit l'être. pas
dire
faut arracher les vieilles fouches, quoiqu'on n'ignore
On vient de qu'il
la fin del l'année fiuivante. On parle
pas qu'il pourroit en réfifter une partie jufqu'à aflez communément au bout de
barard; FIndigo franc périt
ici de T'Indigo
car
recours à cette reffource, 9 qui exige alors
l'année.
avantages qu'on en retire dédommagent
auffi ufitée qu'elle devroit l'être. pas
dire
faut arracher les vieilles fouches, quoiqu'on n'ignore
On vient de qu'il
la fin del l'année fiuivante. On parle
pas qu'il pourroit en réfifter une partie jufqu'à aflez communément au bout de
barard; FIndigo franc périt
ici de T'Indigo
car
recours à cette reffource, 9 qui exige alors
l'année. Mais il y en a peu qui ayent les fouches qui font mortes; auffi préun recourage de graine pour remplacer de replanter tout à neuf. Pour cet effet, on
la méthode
fere-t-on généralement
divifions P,fig. I, PL. 6; on partage enfuite d'un
fépare d'avance le terrein par
ces divifions,
former fur toute
Fautre, les
renfermés entre
pour
bout à
2 quartiers des
Q,fig. I, PL. 6, de 13à 141 pieds
leur longueur des carreaux ou planches de
Lorfqu'on eft fur lepoint
on donne aufli le nom Chalfes. de large, auxquelles
A,fig.2 2,PL9, fe rangent fr une même
d'en faire la fouille, les Negres
marchant à reculons,
à la tête du terrein tiré de tous côtés au cordeau, 5 &
inftrument,
ligne
avecle coin du fer de leur
ils font de petites foffes D,fig. 2, PL.9, del la profondeur d'environ deux pouces,
diftantes de 5 à 6 pouces en tous fens,
d'oh ils font
; mais les Negres
droite, s'il eft poflible, au point
partis;
& en ligne
d'obferver cette régularité fi propre à facid'un attelier font rarement capables
font des trous, les Negrelles B >fig. liter le farclage. A mefure que les Negres de caleballe
PL. 9, plein de
PL. 9, qui tiennent un Coui ou côté
C.fig.9,1
tout de
2,
laiffent tomber 5 à 6,& crainte d'erreur, les recouvrent
graines, y en
ce qui laiffe moins d'incertitude que lorfqu'on
faite en pafant le picd par-dellis,
dont l'expédition eft,à la vérité,
les fait recouvrir par d'autres avec le rabot, le pratique, il faut toujours avoit
plus prompte. Mais de quelque façon qu'on
la
Cinq ou
attention de faire paffer environ un pouce de terre par-delfus le graine. bâtard. Quand
fuffifent pour TIndigo franc, & trois à quatre pour
fix graines
Q
INDIGOTIER --- Page 64 ---
I N DI G OT I E R. LIYRE Il. la terre eft bonne 9 la diftance des trous, leur profondeur &laquanticé des graines
qu'on y met, varie d'un quartier & fouvent d'une habitation à l'autre. Certains habitants, , pour économifer leur graine & prévenir la négligence des
Negres fur ce point 2 la font mêler avec de la cendre ou du fable fin ; ce dernier
eftle plus commode pour les Négrefles, qui les diffinguent & en féparent mieux
le nombre qu'elles jugent à propos de répandre. On emploie ordinairement la
moitié des Negres à fouiller les trous, & l'autre moitié à planter la graine. On ne peut fe difpenfer en ce lieu de parler d'un inftrument ufité en certains
quartiers pour aligner & pour accélérer la plantation.
font mêler avec de la cendre ou du fable fin ; ce dernier
eftle plus commode pour les Négrefles, qui les diffinguent & en féparent mieux
le nombre qu'elles jugent à propos de répandre. On emploie ordinairement la
moitié des Negres à fouiller les trous, & l'autre moitié à planter la graine. On ne peut fe difpenfer en ce lieu de parler d'un inftrument ufité en certains
quartiers pour aligner & pour accélérer la plantation. Cet inftrument eft un rateau A,fig. IO, II G 12, P4.9,armé degà II dents R,fg. II,PL9, de
fer droites, écartées l'une de l'autre de quatre pouces :l'avant-train de ce rateau
eft compofs de deux branches E,fig. 12,PL 9. écartées d'un pied & demi 3
dont les extrêmités traverfent une barre F,fir laquelle on applique trois Negres, G,fg.z, P.p.Fariere-tnin de ce rateau préfente deux manches H,
féparés, entre lefquels fe place un quatrieme Negre 1,fig. I, Pl.9, qui
dirige la marche de cet inftrument. Lorfqu'on a préparé & unil le terrein , en rompant les mottes & en battant la
très-bien avec un bâton, on aligne les divifions & on
terre, ce qui s'exécute
PI. fait tirer le rateau far un côté du travers de toutes les planches Q,fg. I,
6, qui font renfermées entre ces divifions Pafigux, PL. 6. Ce premier tirage
profonds de deux travers de doige. forme neuf petits fillons,K,fg. I, PL.9. Quand le rateau eft au bout de ce côté de la piece de terre 3 on le retourne &c
la
dent dans le petit fillon dont il eft le plus près : on
on en pofe premiere
eft bientôt fouilcontinue de labourer ainfi toute la piece qui, par ce moyen,
avec
de
S'il étoit pofible d'établir fur ce rateau
lée & expédiée
peu Negres. inventés différents Auteurs céle méchanifme de quelqu'un des Semoirs
par
dire
ne manqueroit rien à la perfection de cet inflébres , on pourroit
qu'il
trument, & à l'expédition de ce travail. La plantation de ces fillons fe fait auffi fort promptement & exactement. Chaque Négreffe L,fig. .I, PL. 9,1 fc met en face des rayons qu'elle doit enfemencer, qui font au nombre de 5 ou 6,8 & en baiffant un peu la main dele fond de chacun des fillons , elle y répand deux ou trois graines en pelovant
continue ainfi en avançant le corps &c la main de quatre en quatre
ton : elle
Les Négreffes qui font à fcs côtés en font autant, & la piece eft plantée
pouces. maniere très-vite & très-exadtement. Pour couvrir enfuite la graine,
de cette
delfus le terrein un balai extrêmement rude 2 dont les branches
on fait paffer
leur extrêmité. Le manche de ce balai doit être
font écartées & égales par
afin
les Negres lui falfent parcourir un grande efpace, & ne
très-long,
que
Au refte, dans les quartiers oà I'on obferve à-peufe bailfent pas beaucoup. nous venons de dire, on ne fait paffer ce balai qu'affez légéreprès ce que
font perfuadés qu'une ligne de
ment fur la fuperficie du terrein,.parce quils
affer
leur extrêmité. Le manche de ce balai doit être
font écartées & égales par
afin
les Negres lui falfent parcourir un grande efpace, & ne
très-long,
que
Au refte, dans les quartiers oà I'on obferve à-peufe bailfent pas beaucoup. nous venons de dire, on ne fait paffer ce balai qu'affez légéreprès ce que
font perfuadés qu'une ligne de
ment fur la fuperficie du terrein,.parce quils --- Page 65 ---
III. Du Terrein, dela Culture 6 de la Coupe del'Indigo. 63
CHAP. de lIndigo eft fuffifante; ; plufieurs même fc difpenfent de cet
terre fur la graine
fait par la marche & le mouvement des Néouvrage, , qu'ils regardent comme la
en la plantant : ceux qui ont l'avantage de
greffes qui ont pallé deffus graine
encore plus volontiers, parce que
pouvoir arrofer leurs terres, , s'en difpenfent fuffifent pour enfevelir la graine
les inondations artificielles qu'on leur d'arrofer procure les terres fera le fujet d'un autre
autant quilsle defirent. La maniere
article. & fiur-tout celui où la
Le temps eft très - précieux dans nos Colonies,
8c on diligente ce
pluie invite à planter l'Indigo : c'eft pourquoi on préparc ceffer de planter. travail afin d'en profiter; car la terre étant une fois feche,ilfaut
dans une
obligé de planter à fec, c'elt-a-dire,
On eft cependant quelquefois
un
de pluie ou deux de
fécherelle, afin d'avancer la plantation, grain
cette
grande
fuffifants
un vafte terrein ; mais on ne rifque
fuite n'étant pas
pour planter
où vraifemblablement on aura de
façondep planter, qu'aux: approches d'un temps féche
recevoir la graine
la pluic. On fait donc des trous dans cette terre
pour
avance
& qu'on recouvre fur le champ: ceft une grande
pour
qu'on y plante, le fuccès répond à fon attente. Il voit lever cette graine
Thabitant, lorfque
le
d'en
d'autre par l'occalion du
tout à la fois, pendant qu'il a temps
planter
ou
de pluie:mais fi au contraire le temps perlifte au fec, plus
même grain
de perdre toute fa graine, , qui s'échauffe ou fe durcit
moins, il court rifque
même fouvent de faux grains de pluie dans
par Pextrême chaleur ; il palfe
la terre, font fortir & pourir le germe
cette faifon qui, ne faifant qu'effleurer foulever la
ce qui caufe
de la groine, , qui n'a pas la force d'en
fuperficie; le temps perdu
d'autant plus grande à l'habitant, qu'elle comprend
une perte
confidérable à fes revenus, & enfin le prix de la
des efclaves, un retard
fuivant la quantité qu'il en a planté, &
graine, qui eft un objet intéreffant,
font
l'enchériffement de cette denrée, lorfque ces contre-temps
généraux.
ce qui caufe
de la groine, , qui n'a pas la force d'en
fuperficie; le temps perdu
d'autant plus grande à l'habitant, qu'elle comprend
une perte
confidérable à fes revenus, & enfin le prix de la
des efclaves, un retard
fuivant la quantité qu'il en a planté, &
graine, qui eft un objet intéreffant,
font
l'enchériffement de cette denrée, lorfque ces contre-temps
généraux. franc eft planté à propos,le troifieme jour après la pluie on
Quand lIndigo
bâtarde eft quelquefois plus de huit jours avant de. le voit lever; ; mais la graine
fuivant fon dégré de maturité, & par
pouffer, tantôt plutôc, tantôt plus tard,
de pluie il en. fort de terre;
raifon, jamais tout à la fois : à chaque grain
eft
cette
d'en voir lever d'une année à l'autre, quand clle
il n'eft pas même rare
de
cet excès de maturité, en cueillant la
trop mûre; aufli a-t-on foin prévenir fécher. Cette herbe ufe beaucoup la terre,&
goulle, lorfqu'elle commence à
s'endormir fur les fàrdemande à être feule.; ainfi il ne faut pas
par conféquent
façon
jours ou trois femaines après
claifons. On lui donne cette premiere
quinze de
jours en quinze jours. eft fortie de terre, & enfuite les autres quinze
fouilquelle
n' obferventpas toujours une grande fymmécric en
Comme les Negres
ils marchent fouvent deffus, , lorfquil eft
lant les trous pour planter lIndigo, le terrein eft dégarni de pierres, cela
queftion de le nétoyer ; mais quand
fe releve tout de fuite. ne lui fait aucun tort, &. la jeune plante --- Page 66 ---
N DIGOT I E R. LIVR E I1. Ces farclaifons fe font, quand le cas l'exige, àla main, & plus communément avec la Grate,fig. 148 15, PI. 9. C'eft un petit inftrument de fer,
dont chaque extrémités s'élargit de deux ou trois doigts en forme de patte d'oie,
& dont un bout eft courbé en tour d'équerre. On fe fert quelquefois d'un morceau de cercle de fer courbé tout fimplement, ou du bout de la ferpe,/g. 16,
Pl. 9. On a foin de ramaffer dans des paniers & de faire jetter à chaque fois
hors des entourages & fous le vent, toutes les mauvaifés herbes qu'on arrache, étant bien perfuadés que les racines & les feuilles mêmes qui ont refté,
vents
fecondées les abondantes
ou les graines que les grands
répandent,
par
rofées & la chaleur, fourniront, 9 fous peu, matiere à une femblable récolte :
ce qui eft caufe que certains habitans pouffent la propreté & l'exaétitude jufqu'à faire balayer leur terrein à chaque farclaifon, afin d'enlever jufqu'aux
moindres brins d'herbe, dont la plapart ont, comme nous l'ayons expofé cideffus, la vertu réproduétive. Cet ouvrage fi fréquent eft très-pénible pour les Negres, qui font obligés
d'ayoir toujours la tête baiffée, pour vacquer à ce travail, , qui fe continue juf
qu'a ce que l'Indigo foit en état de couvrir la terre de fon ombre. Lorfqu'il
eft parvenu à fon point de maturité, on le coupe à un bon pouce de terre
avec de grands couteaux courbes, en façon de faucille, à l'exception qu'ils
n'ont point de dents.
age fi fréquent eft très-pénible pour les Negres, qui font obligés
d'ayoir toujours la tête baiffée, pour vacquer à ce travail, , qui fe continue juf
qu'a ce que l'Indigo foit en état de couvrir la terre de fon ombre. Lorfqu'il
eft parvenu à fon point de maturité, on le coupe à un bon pouce de terre
avec de grands couteaux courbes, en façon de faucille, à l'exception qu'ils
n'ont point de dents. Voy. fig.7,PL 9. Mais dans les fonds de terre excellents, où l'Indigo bâtard croit quelquefois jufqu'à fix pieds auparavant la maturité de fon herbe, la fouche en eft fi groffe & fi forte, qu'on eft obligé de
la couper avec la ferpe,fig. 16,PL9. on fe fert enfuite du couteau pour en
abattre fur le lieu les menues branches, qu'on réferve pour en charger la cuye,
& on jette le refte, qui ne peut qu'embarraffer. Tous ces détails n'alongent
cependant pas beaucoup l'opération, parce que tous ces travaux fe font avec
une grande activité. LIndigo étant coupé,lufage eft de fe fervir en quelques habitations de baJandras pour emporter la petite comme la grande herbe; ; ces balandras font
des morceaux de ferpilliere ou groffe toile, de la longueur d'une aune & de la
même largeur, afin qu'ils foient quarrés, aux coins defquels on met des liens:
chaque balandra ainfi rempli fait la charge d'un Negre. On fe contente fur
d'autres habitations d'en faire fimplement des paquets qu'on attache avec l'InDornn I 11
digo même ou ayec des cordes; puis on délie cette herbe dans la cuye, où on
la répand également fans y laiffer 'de vuide. On obfervera ici que l'Indigo a une
fi grande difpofition à fermenter, que pour peu qu'on le laifle lié en paquets,
il séchauffe & devient tout bràlant. Auffi en prévient-on les fuites , qui
feroient très-préjudiciables à la fabrique, en faifant porter fans différer ces
siti aMee iret
les Negres ; mais dans les grandes habitations où les Indigoteries
paquets par
font fouvent fort éloignées du lieu où l'on a coupé l'herbe, & où l'on fait
quelquefois 4 ou 5oo paquets à la fois, dont le tranfport feroit aufli long que
pénible,
Auffi en prévient-on les fuites , qui
feroient très-préjudiciables à la fabrique, en faifant porter fans différer ces
siti aMee iret
les Negres ; mais dans les grandes habitations où les Indigoteries
paquets par
font fouvent fort éloignées du lieu où l'on a coupé l'herbe, & où l'on fait
quelquefois 4 ou 5oo paquets à la fois, dont le tranfport feroit aufli long que
pénible, --- Page 67 ---
III. Du Terrein, de la Culture & de la Coupe de LIndigo.
6;
CHAP.
fur des cabrouets à mulets. Chaque cabrouet
pénible, on charge ces paquets
le
d'une cuve.
font la charge ou rempliflage
doit voiturer 50 paquets, qui
leur herbe vers le foir & aui
L'ufage de ces grandes habitations eft d'embarquer à la clarté du jour qui fuit,
commencement de la nuit, afin de mieux juger convient de couler les cuves.
du dégré de la fermentation, & du temps oû il
de remettre
Au refte, on doit aifément concevoir qu'il ne conviendroit pas
à la nuit, fl'on n'avoit en même temps la coml'embarquement de tant d'herbe
d'un
les cuves avec l'eau de quelmodité de pouvoir remplir enfuite tout
coup
aurons
riviere voifine de la maniere qui va être expliquée, 2 après que nous
que
eft nécelffaire de faire pour en retenir les eaux, les diftribuer
expofé ce qu'il
& les employer à l'arrofage de I'Indigo.
n'eft fort anL'époque de la retenue des rivieres pour arrofer l'Indigo
pas fécheLe
& la défolation qu'une extrême
cienne à Saint-Domingue. préjudice
ily a enfouvent à une plantation, ayant engagé,,
reflfe ne caufe que trop
voilin d'une riviere , à en détourner
viron 40 ans 2 un habitant des Arcahaix,
le fuccès de fa tenfilet fur une
de fon terrein, planté en Indigo;
un
partie Riverains à l'imiter & la riviere fut bien-tôt à fec;
tative engagea plufieurs
s'étant plaints de cette appropriation,
les plus éloignés, 2 qui en furent privés,
on l'on dreffà des Régledes habitants,
on conyoqua une affemblée générale
conftant au fujet
réformer cet abus, & pour établir un ordre
ments pour
dont
devint bien-tôt général.
de la prife de ces eaux,
l'ufage fuccinét
nous fera pofible de
Nous allons donner le précis le plus
qu'il
doit
ont
& de la conduite qu'on
ces réglements, des travaux qui y
rapport,
obferver dans l'arrofage de Y'Indigo.
Supérieur du Port-au-Prince, pout
Précis des Réglements enregiftrés au Confeil de l'eau des Rivieres.
fervir de Loix touchant la diftribution
même
feront partagées entre tous les habitants,
LES rivieres d'un
quartier
arrofables;
cet effet on
à la quantité de leurs terres
pour formera
proporionellemene
avec un
autour duquel on
conftruira fir chaque riviere une digue
rendront baffin, à des baflins particuliers,
les éclufes d'où partiront les canaux qui fe
ci-deffus.
la
des eaux conformément aux régles
oà fon fera répartition
régler les ouvertures de ces
pour
On établira un Arpenteur hydrauliqueJuré de leurs bornes, lorfqu'elles
différens baflfins, & veiller aux rétabliffements
féront endommagées.
pofera les pierres des ouvertures de ces
L'Arpenteur fera préfent lorfqu'on
dans les baffins de diftribution, 3
baffins , & les grifons qui doivent fe trouver
que l'eau fe partage de tous côtés avec égalité.
àleau
pour
fera obligée de donner un pallage convenable
L'habitation fiipérieure
luipayerque la valeur de laterre qu'elle
defesinféricures, qui ne feront tenuesdel
R
INDIGOTIER.
a les pierres des ouvertures de ces
L'Arpenteur fera préfent lorfqu'on
dans les baffins de diftribution, 3
baffins , & les grifons qui doivent fe trouver
que l'eau fe partage de tous côtés avec égalité.
àleau
pour
fera obligée de donner un pallage convenable
L'habitation fiipérieure
luipayerque la valeur de laterre qu'elle
defesinféricures, qui ne feront tenuesdel
R
INDIGOTIER. --- Page 68 ---
R. LIVR E II. INDIGOTIE ce canal peut lui caufer. traverfe, fans avoir égard au dommage que
difpofer en aucune made T'habitation fnpéricure ne pourra
Le Propriétaire
la giter, fous
de l'eau de foninféricur,niy y conduire aucun égout capablede
niere
peine de punition corporelle. d'une même riviere feront obligés
Tous les habitants qui tireront leur eau
à leur prife d'eau,
d'envoyer une certaine quantité de Négres proportionnée Mais les baflfins & caen nettoyer le lit, les baflins & les canaux généraux. feuls
pour
faivant les mêmes proportions par les
naux particuliers feront entretenus
leur eau. Négres de ceux qui font aflignés pour y prendre
font pour le ferhabitant entretiendra à fes dépens les canaux qui
Chaque
fera
tenu du foin des autres,
vice unique de fon habitation ; mais il ne point dc fes inférieurs. auxquels il fera obligé de livrer paffage pour Putilité
de Saint-Domingue qui participent aux ouvrages
LES habitants des quartiers
tout
du baflin
vient de
ont foin d'établir un gardien
auprès
dont on
parler,
donne
ou 3000 livres(1) d'apD,fig. I, PL. 6,à éclufe, auquel on
2500 & une ou deux cafes
pointement par an 2 avec une maifon 0, un magalin, fix carreaux de terre de IOO
à Négres, trois ou quatre efclaves & cinq ou acheté à frais communs des af
de 3 pieds & demi le pas; le tout
pas quarrés
fuivant les proportions ci-deffus. Le devoir de ce garfociés à la même riviere,
dans
2 &c de les fermer lorf
dien eft de tenir les éclufes ouvertes lesbeauxtemps, du
8c les environs
tombe des pluies d'avalaffe dans les hauteurs quartier
où
qu'il
alors d'enfiler les canaux & les habitations,
de la riviere, afin de T'empêcher
infinis dont il eft refponfable. elle ne manqueroit pas de caufer des dommages habitans 3 du dégât de ces inondaIl eft pareillement obligé de prévenir les
en défaits au Batardeau &c aux autres ouvrages qui
tions & autres préjudices
fuivant le befoin. Nous
les faffent réparer ou nettoyer
pendent, . afin quils de la difpofition &c de la façon de tous ces ouvrages. allons maintenant parler
6. eft le courfier Cqui conduit l'eau de la riviere
A la tête de la digue B,PL. fur la
d'eau qu'on veut
'A au baflin D, dont la hauteur des bords fe régle
quantité
le fervice des habitations : ce baflin a ordinairement trois éclufes E,
retenir pour
des couliffes pour recevoir les pelles F qu'on
à l'entrée defquelles on pratique
d'avalaffade. Deux
leve dans les beaux temps, & qu'on abaiffe lorfqu'il pleut rendre à des baffins
éclufes font deftinées au palfage des eaux qui vont fe
de ces
diftribution convenable à chaque habitation.
uteur des bords fe régle
quantité
le fervice des habitations : ce baflin a ordinairement trois éclufes E,
retenir pour
des couliffes pour recevoir les pelles F qu'on
à l'entrée defquelles on pratique
d'avalaffade. Deux
leve dans les beaux temps, & qu'on abaiffe lorfqu'il pleut rendre à des baffins
éclufes font deftinées au palfage des eaux qui vont fe
de ces
diftribution convenable à chaque habitation. Ces deux
H, où l'on en fait la
troifieme eft droite au milieu
éclufes font placées aux deux côtés du baffin D;la
niveau du
&la
en deux parties, depuis le haut jufqu'au
de la digue,
fépare
eft ordinairement d'environ 2
fonds du baffin. Cette éclufe dont la largeur
les deux autres
s'ouvre
lorfqu'on veut nettoyer le baffin ou
pieds, ne
quc
éclufes. ne font que 2000 livres 2 argent de Franec. (1)3000 liv. dans nos Illes de PAmérique --- Page 69 ---
CHAP. III. Du Terrein, de la Culture G de la Coupe de l'Indigo. Les maflifs de la digue des éclufes & du courfier doivent être faits de 67
pierres dures convenablement à l'ouvrage. Le fonds du baffin eft pavé de groffes femblables pierres taillées, & bien de niveau jufqu'à la moitié du courfier. Les
bords dul baflin, ducourfier, de la digue & des éclufes, doivent être revêtus d'une
forte maçonnerie , couverte par de larges pierres 2 arrêtées par des liens de fer
pour réfifter à l'effort du courant le plus violent,
Chaque éclufe des côtés,plus étroite en dedans
qu'en dehors, 9 doit fe décharger dans un canal féparé G, qui va fe rendre par un courfier
au ballin H, qu'on appelle de
particulier 9
diftribution 2 parce que c'eft à ce baffin
fe fait la répartition des eaux. Le contour de ce baffin eft rond, & le fond que
plar, & parfairement de niveau: toutes ces parties font maçonnées, comme
celles du premier dont nous avons parlé ci-deffus; mais les différentes ouvertures
I qu'on y fait pour la diftribution des eaux n'ont point de
dans le temps des
pelles, 2 parce que
grandes pluies on doit fermer celles du baflin D à
tandis qu'on leve celle qui eft au milieu de la digue B. éclufe,
On plante vers l'entrée de chaque baflin de diftribution, trois grifons K debout end forme de trépied, contre lefquels vient frapper l'eau quiarrive direêtement fureux. Ces grifons font des pierres de taille quarrées qui fervent à ralentir
le cours de l'eau & à la faire s'étendre avec égalitévers les
ouvertures de dif
tribution , auxquelles on donne moins de largeur du côté du baffin H,
du côté des canaux L particuliers qui vont la porter à chaque habitation. que
Comme une petite quantité ou un filet d'eau peut être aifément abforbé en
parcourant un terrein d'une étendue confidérable pour fe rendre àfa deftination
les habitants les plus éloignés du baflin de diftribution
>
H, en tirent
une
même éclufe toute leur eau en commun, & ils l'amenent par un canal commun par
M, jufqu'à un autre baflin N de conyenance 2 où la fubdivifion s'en fait
les mêmes moyens que dans le précédent, & fuivant ies mêmes par
veut arrofer
régles.
étendue confidérable pour fe rendre àfa deftination
les habitants les plus éloignés du baflin de diftribution
>
H, en tirent
une
même éclufe toute leur eau en commun, & ils l'amenent par un canal commun par
M, jufqu'à un autre baflin N de conyenance 2 où la fubdivifion s'en fait
les mêmes moyens que dans le précédent, & fuivant ies mêmes par
veut arrofer
régles. Lorfqu'on
un terrein Qsfig.2,PL. Io,on amene l'eau dans la rigole R qui eft à côté du carreaP,qu'on a deffein d'humeéter; on enleve enfuite d'un coup dehoue la terre du reborddu carreau Pàl'endroit oi l'on
commence
fmppofeque
Tarrofage, & l'on met cette terre dans la rigole R, vis-à-vis & au-deffous de l'ouverture T qu'on vient de faire, ce qui forme un petit batardeau V
oblige l'eau de s'élever & de fe répandre fur le carreau doit avoir
qui
infenfible. C'eft
qui
une pente
pourquoi on a foin de barrer l'eau qui coule fur le carreau, de
diftance en diftance, avec de longues torques Y faites de feuilles de Banannier
entortillées, afin que l'eau s'étende également fir tout le travers de la planche,
& qu'elleait le temps de féjourner fucceffivement firtoutes les parties d'une étendue d'environ IOO pieds de longplus ou moins; après quoi on débouche la rigole
pour amener l'eau à IOO pieds plus bas, oi l'on recommence la même manceuvre
que ci-deffus, obfervant toujours de conduire & d'arrêter l'eau avec la même
douceur, par rapport à la pente des carreaux : car fi l'eau couroit trop vite,
de la planche,
& qu'elleait le temps de féjourner fucceffivement firtoutes les parties d'une étendue d'environ IOO pieds de longplus ou moins; après quoi on débouche la rigole
pour amener l'eau à IOO pieds plus bas, oi l'on recommence la même manceuvre
que ci-deffus, obfervant toujours de conduire & d'arrêter l'eau avec la même
douceur, par rapport à la pente des carreaux : car fi l'eau couroit trop vite, --- Page 70 ---
R. LIVRE II.
INDIGOTIE
elle brouilleroit la terre , emporteroit la graine çà &là & formeroit un linion
l'empêcheroit de pénétrer àl la profondeur néceffaire. Cette profondeur doir
quil moins d'un
fi la terre ne fe trouvoit imbibée que de deux
être au
pied , parce que
ou trois travers de doigt, la, graine qu'elle renfermeroit feroit précifément
de
ne
d'en faire périr le
dans le cas d'un faux grain pluie qui manqueroit pas
car on ne lui donne point de nouvelle eau jufqu'à ce qu'elle foit
germe:
levée & farclée.
Le premier arrofage doit fc faire vers le milieu de Taprès-midi, afin que
l'eau ait le temps de pénétrer la terre avant que le foleil donne deffus; mais
quand l'Indigo eft levé, on ne fe gêne pas far cet article (1).
Dans les quartiers dont nous venons de parler où l'on a de l'eau à fon comencore deux chofes fort effentielles, l'une à l'égard de
mandement 2 on pratique
la plantation des vieux terreins abandonnés & empoifonnés de mauvaifes herbes,
& l'autre à l'égard du ménagement des tiges d'un Indigo ravagé par la chenille,
Pour parvenir à nettoyer parfaitement un terrein empoifonné, on fouille, on
farcle, & on dreffe la terre pour la difpofer à un arrofage complet qu'on lui
donne incontinent après ce travail. On voit bientôt après cette terre toute coud'herbes. Mais on les laiffe croître affez pour pouvoir les arracher aiféverte
ce eft facile quand la terre a été ainfi préparée. On
ment avecla main; qui
renouvelle une feconde fois tous ces ouvrages, 2 depuis le premier jufqu'au dernier pour achever de nettoyer le terrein.
Enfin , on réitere ces travaux pour la troifieme fois, avec la différence qu'on
plante l'Indigo à celle-ciavant T'arrofage. On le farcle quelque temps après,
ceft-à-dire, lorfqu'ila environ un pouce & demi de hauteur ; Car s'il étoit
on courroit le rifque de le confondre & de l'arracher ayec les herbes
trop petit,
qu'on veut extirper.
de l'attention des
Après les farclaifons convenables, un des principaux objets
Indigotiers eft la chenille. Ils tâchent d'en prévenir le ravage en coupant autant
l'Indigo avant qu'elle y ait fait trop de dégât. Mais lorfqu'ils peuvent, leur
& leur aétivité, la chenille a fait
de
que malgré toute
vigilance
trop
ils lui abandonnent le refte de la plante, qui n'a bientôt plus que la
progrès, forme d'un balai; après quoi ces infectes meurent faute de nourriture & d'abri.
Quand les chofes font en cet état, on ne coupe point les tiges, comme on
le fait ailleurs en pareil cas, pour avoir un rejetton propre à la cuye au bout
de fix femaines; mais on les conferve en faifant venir l'eau fur le terrein, & on
ne vienne point de
La
lui donne un ou deux arrofages, fuppofé quil
pluie.
plante reprend vigueur, & repouffe un nouyeau feuillage qui la rend bonne à
couper au bout de quinze jours; ce qui fait une grande différence. Mais après
lacoupe de l'herbe, on doit bien fe garder d'arrofer les fouches avant qu'elles
aient boutonné; car G on le faifoit plurôt elles périroient infailliblement. On
(1) Voyez à T'explication de la Planche IO, une petite Addition relative à cet article. ne
pluie.
plante reprend vigueur, & repouffe un nouyeau feuillage qui la rend bonne à
couper au bout de quinze jours; ce qui fait une grande différence. Mais après
lacoupe de l'herbe, on doit bien fe garder d'arrofer les fouches avant qu'elles
aient boutonné; car G on le faifoit plurôt elles périroient infailliblement. On
(1) Voyez à T'explication de la Planche IO, une petite Addition relative à cet article. ne --- Page 71 ---
de la Culture 6 de la Coupe de l'Indigo. 69
CHtAP. III. Du Terrein., de les arrofer au bout de dix jours. Lorfqu'on
ne court cependant aucun rifque
fe trouvent trop minées par le
deffouche un terrein dont les grandes rigoles refouille de nouvelles à côté,
des eaux, on comble celles-ci, & on en
& des
cours
La
& la largeur des grandes
avant de replanter la piéce. profondeur de l'eau qu'on a.
perites rigoles fc réglent far la quantité
flet d'eau vers les Indigoteries,
Comme il eft tres-avantageux d'amener un
on a attention de Ies
afin de couvrir T'herbe dont on remplit la trempoire, les cuves, 8c d'en foulieu
recevoir cette eau par-deffus
placer en un proprei
aquéduc T, qui va fe rendre juf
tenir le cours & le niveau par un petit
côte à côte, on fait une
qu'à la trempoire ; s'il y a plufieurs de ces vaiffeaux même des Indigoteries.
maffone tout du long d'un côté fur le rebord
dalle /en
le milieu de chaque vaiffeau , une ouverture g
Cette dalle doit avoir vis-à-vis
veut donner l'eau àl lune ou
dalleau s'ouvre & fe bouche fuivant quelon
ou
qui
à Yautre de ces cuves.
R I E M E.
-
QUAT
H APITRE
générale de la Manipulazion de lIndigo.
Préparatifs & Defeription
de T'Indigo; celles des rivieres & des
Les eauxi influent beaucoup fur la fabrique ceiztRonbgleniafosiesr ne
ravines clairest font lespluspropres apénétrer on doit préférer celles-ci à celles CIl
font point trop froides, ni crues; ceft pourquoi dernieres aux ceauxtroubles de
fonti fouvent déjachargéesde fels, & ces
con-
'dep puitsquif
& quel leur dépôt altere
leur limon en fiufpendlactivité,
rivieres 2 parce que
les habitants des bords du Mifliffipi
fidérablement la qualité de IIndigo, 2 comme de faire raffoirles eaux limoneufes de
lont éprouvé avant qu'ils euffent pris leparti de leur Indigo. Il eft néceffaire à
leutie
à la fabrique
r 4
cette riviere, 9 pour l'employer
trop longremps dans des réoccalion de remarquer que des eaux gardées
& dont
cette
de remplir une cuve tout d'un coup,
fervoirs, pour avoir lavantage réchauffer celles qu'on doit bientôt employer,
quelques-uns fc fervent pour chaleur du folcil, & par Tes infectes quisy
peuvent en fe corrompant par la
en attend; quoique cette mé
retarder ou gater la difolucion quon
mettent, elle-même trés-utile & trésavantageufe.
thode foit en
fabriqué avec des eaux faliOnfe croit encore obligedaveriri ici que I'Indigo ait un très-beau coup d'oeil
acquilfition ; car, quoiquil
nes eft d'une dangereufe
air, les principes falins dont il eft comquand il a étél Iongemps expofé au grand
toujours dès qu'il eft
uinefiumidité qui fé développe
pofé confervent ou attirent
rend
plus pefant qu'un autre,
renfermé quelque temps; ce qui le
beaucoup on vient à le débarquer
Yachete, & d'une mauvaife défaite quand
lorfqu'on
des vaiffeaux.
S
INDIGOTIER.
ft d'une dangereufe
air, les principes falins dont il eft comquand il a étél Iongemps expofé au grand
toujours dès qu'il eft
uinefiumidité qui fé développe
pofé confervent ou attirent
rend
plus pefant qu'un autre,
renfermé quelque temps; ce qui le
beaucoup on vient à le débarquer
Yachete, & d'une mauvaife défaite quand
lorfqu'on
des vaiffeaux.
S
INDIGOTIER. --- Page 72 ---
IN DICOTIE R. LIVRE II. 1T
ere le fraay
Qtiand l'herbe eft coupée, on T'embarque dans la
A,fig. 4, PL.4, & on ly répand de
à
Trempoire ou Pourriture
vuide. On couche enfuite
façon ne faire aucune maffe, ni aucun
liffades I de Palmifte, fur par-deffus & felon la longueur de la cuve, des paarrête ces barres
lefquelles on pofe en croix de fortes barres H
par des coins ou de petits
; on
barres G des clefs
I. PI. étançons paflés entr'elles &c les
dans leurs
D,fig. 4-Si les barres de clefs D font
mortaifes, on les gêne par
trop libres
ne point trop comprimer Therbe, quelques coins; mais on a attention de
de la dilatation & du
afin de ne pas s'oppofer aux bons effets
développement que la fermentation doit
Lorfque ces préparatifs font achevés, on remplit la
occafionner. bord, avec l'eau de quelques puits
cuve, jufqu'àlix pouces du
moyen d'une
P.fig.2, PL. 4, ou ravine voiline, au
gouttiere 8, ou d'un canal qui communique de l'un
peu après qu'on a verfé l'eau qui furmonte
Alautres;'
il s'éleve du fond de la
IIndigo de trois à quatre pouces,'
bulles
&
cuve, avec un certain
ixfisy
d'air, une liqueur qui, en retombant, bouillonnement, forme des
de grofles
pand à la fuperficie une petite teinture
bouclettes & réun verd extrémement vif:
verte, qui par dégrés change l'eau en
furface de la
lorique le verd eft à fon plus haut
cuve fe couvre d'un cuivrage fuperbe,
dégré, la
effacé par une crême d'un violet très-foncé,
lequel à fon tour eft
refte toujours
la
quoique la maffe entiere de
verte; cuve ayant alors le dégré de chaleur lui
l'eau
jette par-tout de gros floccons d'écume en forme de
qui eft prepre,
eft tellement
Pyramides. Cette
lehali ct
fpiritueufe, que fi on y met le feu 5 il fe
écume
pidement à toute celle qui fè fuit, & lIndigo fait
communique raviolents, , qu'il rompt ou' fouleve les
& quelquefois des efforts f
né font pas bien enfoncées
barres, arrache les clefs
ou affermies dans la
lorfqu'elles
duit de pareils effets, on dit alors qu'elle
terre. Quand la cuve proCette fermentation quidure
foudroye. plus ou moins fuivant la
Therbe, & fuivant la faifon froide ou chaude, féche
qualité ou le corps de
1 tous les fucs & les parties propres à former
ou pluvieufe, en développe
11 difpofition de tous ces
lindigo. Lorfqu'on veut juger de la
la matiere eft pour lors fi principesà épaille une union prochaine, on fonde la cuve, dont. qu'elle eft en état de
1 expérience fe fait au moyen d'une taffe
fipporter un ceuf, Cette'
dune anfe 2 femblable à celles des Marchands dargent,g.
ité ou le corps de
1 tous les fucs & les parties propres à former
ou pluvieufe, en développe
11 difpofition de tous ces
lindigo. Lorfqu'on veut juger de la
la matiere eft pour lors fi principesà épaille une union prochaine, on fonde la cuve, dont. qu'elle eft en état de
1 expérience fe fait au moyen d'une taffe
fipporter un ceuf, Cette'
dune anfe 2 femblable à celles des Marchands dargent,g. de 6,PL4, ronde, garnic
afse 91. vcette eau au tiers ou environ : le dedans de
Vin , qu'on remplit de
cette talle
ei
car c'eft fur ce fond qu'on doit
de l'état
doit être bien clair;'
wil faic paroître l'eau embrouillée juger
de la cuve : s'il eft
& différente de ce
eft
cralleux,
de forte qu'on s'imagine
qu'elle effedtivement,
que IIndigo eft
1 alffez; & bien qu'on puiffe s'en
trop diffous, tandis quil ne l'eft pas'
U toujours une
appercevoir enfuite au battage, il en réfulte
perte, quand même on
' cependant d'un rien ; c'eft
reconnoitroit cette erreur qui provient
I confeille
pourquoil'Auteure de la Maifon ruflique de
d'employer une tafle de cryftal, comme plus
Cayenne
propre à cet examen. --- Page 73 ---
CHAP, IV. Priparatifs G Defcription de la Manipulation de
On obtienc l'éclairciffement défiré, le
FIndigo. 71
gitation produit à
par mouvement de la talle, dont l'apeu près ce que le battage opéreroit en
la feconde cuye, c'eft-à-dire, que fi la matiere avoit allez pareil cas, dans
premiere cuye 3 pour que fes parties ayant les difpofitions les fermenté dans la
àl l'union , s'y déterminaffent par le battage, il fe forme
plus prochaines
de petites mafles, ou grains,
également dans la taffe
plus ou moins diftinets, fuivant la
Cherbe , & le dégré de fon développement dans la
qualité de
fermentation
Quand ce grain qui n'eft Pas plus gros que le moindre
de préfente. eft
grain
moutarde
Jas
bienformé, il cale ou fe précipite par fon
MDiweanna
& ne laiffe d'ordinaire à l'eau
propre poids, 9 au fond de la talle,
qui le furnage, qu'une couleur claire &k
à
peu près femblable à de vieille eau-de-vie de
dorée,
lorqu'après avoir agité la taffe, la
Coignac; c'eft ce qu'on remarque,
côté du fond à
on panche tant foit peu.,_pour laiffer un
découvert : on voit non-feulement les effets
mais
encore un grain fubtil rouler ou s'éloigner du bord le plus élevé, ci-deffus,
laiffer net, & l'eau formant vers ce bord un filet bien clair & bien qu'il doit
ché du grain.
de
dorée,
lorqu'après avoir agité la taffe, la
Coignac; c'eft ce qu'on remarque,
côté du fond à
on panche tant foit peu.,_pour laiffer un
découvert : on voit non-feulement les effets
mais
encore un grain fubtil rouler ou s'éloigner du bord le plus élevé, ci-deffus,
laiffer net, & l'eau formant vers ce bord un filet bien clair & bien qu'il doit
ché du grain. On continue de temps en temps cette
déta. que ces indices fe montrent auffi clairement le
manceuvre, jufqu'à ce
dont on renyoye le détail en fon lieu, Mais que permettent les circonflances,
oblige d'avertir qu'il ne fuffic pas de fonder l'importance la
de ces indices nous 71 Cere
cuve
en
veut en avoir une connoiffance exaéte
par haut, lorfqu'on ypplig
bien fouvent qu'un faux
; car I'Indigo des mornes ne préfentev
grainà la fuperficie ; d'ailleurs l'herbe
entre bien plutôt en fermentation que celle du deffus
qui eft en basw
heures ayant d'être couverte : & dans les
qui refte près de deuxque de dix_on.douze heures de
temps pluvieux oà IIndigo n'a beloin 11 Derns ufnvi
fermentarion, le haut de la cuve
peu, qu'envain y chercheroit-on un grain qu'elle n'a la force change f,
: : piscicliog
pas
ou
lopper d'y foutenir. Il eft donc du devoir d'un
d'y déve-w
lement fa cuve par en bas, au moyen du cornichelt,. Indigotier fig. de fonder égaprendre de l'eau au fond, ou encore mieux,
7, PL. 4, qui va
en lâchant le
confronter la différence, & continuer
robinet, afin d'en
les qualités
la alternativement, jufqu'à ce qu'il lui trouve
requifès. Lorfque taffe offre à peu près le grain, & l'eau
peut attendre de la qualité de
qu'on
lIndigo 2 il eft de la prudence de ne
les principes de ce grain à une
pas expofer
plus longue fermentation, 9 qui les feroit
dans une diffolution, dont le bartage ne pourroit les
tomber
neroit la perte de cette cuve ; c'eft pourquoi il convient relever, de faifir ce qui entraipour couler la cuve & en retirer toute l'eau qui tombe,
d'un ce moment,
dans la batterie. Quoiqu'il
chargée
verd foncé,
importe peu en apparence aux
voir que la couleur verte eft le réfultat de la combinaifon Indigotiers de fa-n Shavs To
il n'eft cependant
moins vrai
du jaune & du bleu s
effentiel à la
pas
que tout leur travail a un rapport direét & >
connoiffance de cette loi, & qu'elle n'a rien de frivole
eux $1 puifque tout leur art ne confifte qu'à développer les
de pour 71
couleurs, afin d'avoir la facilité de les défunir, & d'éconduire principes enfuire
ces 1;
la partien --- Page 74 ---
I N D I G OTIE R. LIVRE II. la bleue, dont l'exaéte divifion fait toute la perfeétion du
, jaune en réfervant
de nos Cométier. Il feroit à fouhaiter que cette remarque engageàt quelqu'un
amateur des Arts établi en)
faire diverfes épreuves
ou
Languedoc,d
lons, quelque
Tricoccum (1), dont on fait le Tournefol,
tezen AITO). furlal Maurelle appellée Heliotropium
elle a beaucoup de
& à tàcher de la traiter comme I'Indigo 2 avec qui
la
fon produit.
, jaune en réfervant
de nos Cométier. Il feroit à fouhaiter que cette remarque engageàt quelqu'un
amateur des Arts établi en)
faire diverfes épreuves
ou
Languedoc,d
lons, quelque
Tricoccum (1), dont on fait le Tournefol,
tezen AITO). furlal Maurelle appellée Heliotropium
elle a beaucoup de
& à tàcher de la traiter comme I'Indigo 2 avec qui
la
fon produit. En effet, lorfque la Maurelle eft en fleur, on
ak: fomald
rapport par
extrémement verd. On trempe dans cej jus
broye pour en exprimer le jus qui eft
foleil
les fécher
des morceaux de toile ou drapeaux, on les étend au
pour
;
réitere deux ou trois fois cette manceuvre ; après quoi on expofe ces chiffons
on
des alkalis volatils de l'urine putrifiée ou d'un
ou drapeaux à la vapeur
bleus. Ces drapeaux fortement charfumier chaud, qui de verds les rend tout
d'en faire
couleur fe vendent aux Hollandois , qui ont le fecret
gés de.cette
de
malfes qu'ils nous revendent
Fextradtion, & d'en compofer
petites
faire
Hollande. Cette préparation pourroit
fous le nom de Bleu de
d'efprits alkalins dans l'In. préfimer que la fermentation développe beaucoup
fa fécule exhale
du foie de foufre que
11 digo. L'odeur nauféabonde approchante & fe ranime encore lorfqu'on fait refpendant le cours de fà préparation, qui
fleur blanche dont il fe couvre
fuer l'Indigo après qu'il eft fec; la poufliere ou
l'abondance des
femblent indiquer encore plus
de plus en plus en féchant,
alkalis que renferme cette matiere. les alkalis fervent de bafe à la partie jaune de
orOn peut auffi préfumer que
différents développements de
lextrait, & qu'ils concourent avec les acides aux
crainte de
loin des conlafermentation; mais nous nous arrêtonsici,
pouffertrop effais
de dire au fujet. des
que
jeétures hafardées. Au refte 9 ce que nous venons
même à
de
à l'égard du Tournefol, nous le difons de
l'égard
nous propofons du
dont on fe fert fouvent en Fra nce pour teindre en bleu
la plante Paftel,
&
aux environs
Cette plante fe cultive en Languedoc, principalement
fous
d'Alby; elle fe travaille ainfi. On cueille fes feuilles, on les met en tas
fe flétriffent fans être expofées à la pluie ni au foleil ;
un hangard pour qu'elles
l'on
avec
2n
on
ces feuilles au moulin, où on les réduit en pâte que
pêtric
tieadis Saalapin porte
dont on unit bien la furface ,
les pieds & avec les mains ; on en fait des piles
la battant afin qu'elle ne s'évente pas. La fuperficie de ces tas fe féche, ilsy
forme une croûte, &c au bout de quinze jours on ouvre ces petits monceaux,
les
de nouyeau ayec les mains, & lon mêle dedans la croûte qui
s'étoit on formée broye à la fuperficie ; on met enfuite cette pâte ainfi broyée en petites
c'eftlà le Paftel de Languedoc. L'intérêt qu'on peut prendre au travail
pelottes;
une
à la Planche II, fig.
de ces tas fe féche, ilsy
forme une croûte, &c au bout de quinze jours on ouvre ces petits monceaux,
les
de nouyeau ayec les mains, & lon mêle dedans la croûte qui
s'étoit on formée broye à la fuperficie ; on met enfuite cette pâte ainfi broyée en petites
c'eftlà le Paftel de Languedoc. L'intérêt qu'on peut prendre au travail
pelottes;
une
à la Planche II, fig. 4, Tourde ces deux plantes nous en fait placer efquiffe
nefol, & fig. 5, Paftel. (2). les Mémoires de PAcadémie,
(1) Cette plante eft aufli nommée Tournefol Gallorum dans
année 1712 page 17. (n)
des Sciences, vient de me
qu'un Membre de la même
(2) M. de Jomeu, delAcadémie de tirer une fécule du
qu'un autre fçavant n'avoit
wAcadémie 1 avoit tenté inutilement
RaM
aet spas mieux réufli àl'égard de la Maurelle. Pour
(n)Ca L. Cvolon- fncfarines 1111Knlenkaegs
12)
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ae 92 Le --- Page 75 ---
& Defeription de la Manipulation de lIndigo. 73
CHAP. IV. Préparatifs
l'extrait dans le vaifleau
Pour revenir à notre fujet, 9 l'apprèt que reçoit
confifte dans la violente agitation & le bouleverfement qu'occade la Batteric,
toutes les parties propres à
fionne la chôte des Buquets : par ce mouvement, s'accrochent & fe concentrent en
la compolition de la fécule fe rencontrent,
fuivant les différents états de
forme de petites maffes, plus ou moins grolles,
maffes font ce qu'on
Therbe, de la fermentation & du battage. Ces petites
appelle le Grain. d'abord verte, devient infenfiblePar ce bouleverfement, , l'eau qui paroiffoit Pendant le cours de ce travail, on jette
ment d'un bley extrêmement foncé. ou une
de graine
à différentes reprifes un peu d'huile de poifion,
poignée
écrafée, qui eft fort huileufe, > dans la Batterie, pour dilliper
de Palma Chrifi
des
dont elle empêche l'effet. l'écume épaiffe qui s'éleve fous le coup Buquets,
de cette écume
La groffeur, la couleur & le départ plus ou moins de prompt la
de Therbe,
les indices tirés de la talle, à faire juger qualité
fervent, avec défaut de fermentation, &à régler le battage. de l'excès ou du
fous une forme convenable, on l'excite
Lorfque le grain tarde à fe préfenter
à l'aide des indices
la continuation de ce travail , qu'on gouverne tou jours
on exapar
foit fatisfait. Quand il eft fur fon gros, 3
ci-deffus, jufqu'à ce qu'on en
doit néceffirement lui occafionner, c'eft
mine la diminution que le battage
il s'arrondit & fe concentre de
ce qu'on appelle le Refinage; par ce moyen fond de la talle.
excite
Lorfque le grain tarde à fe préfenter
à l'aide des indices
la continuation de ce travail , qu'on gouverne tou jours
on exapar
foit fatisfait. Quand il eft fur fon gros, 3
ci-deffus, jufqu'à ce qu'on en
doit néceffirement lui occafionner, c'eft
mine la diminution que le battage
il s'arrondit & fe concentre de
ce qu'on appelle le Refinage; par ce moyen fond de la talle. Lorfqu'il eft à ce
maniere à caler & à rouler parfaitement au diffotation la
jaune &
ceffe le
qui tient en
partie
point, 2 on
batrage;l'eau
temps après de la fécule &
les autres principes fuperfus 2 fe fépare tout-d-fait. quelque Deux ou trois heures fuffifent
séclaircit peu-à-peu en la fubmergeant lui
S mais fi on n'eft pas preffé,
au repos de la cuve, quand rien ne manque heures, afin que le grain le
il vaut mieux la laiffer tranquille pendant quatre trouve moins d'eau mêlée avec
plus léger ait le temps de fe dépofer, & quil-fe robinet F ,fig. 5,1 PL. 4, feulcle fédiment ; après quoi on ouvre le premier trouble dans la cuve; lorfque
l'écoulement n'occalionne aucun
ment pour que
s'eft écoulée, on lâche le fecond, qui met
toute l'eau qui étoit à cette portée
découvert. la fécule étendue fur le fond de la cuve à
déja cité, m'a
Reine ancien Habitant de I'Ille de France, que jai
M. de
s
la Batterie pendant 24 heures, & que fon Indigo étoit
dit qu'il laiffoit repofer
Indes. iChety realr AR
comparble au plus beau des grandes
tombent naturellement dans le
Les eaux fortant de ces deux robinets
étant bien-tôt rempli, déBaflinot ou Diablotin K,fg-5, PL4, lequel
fon ouverture
Obsewchion bhus aleul
du Repofoir, d'oà elles s'écoulent par
Q,
Ea Co1 SI6
gorge fur le plan V,
déboucher dans quelque foffe ou marre efle Swrait
qui, fuivant les loix du pays, doit
Jes animaux qui boi- se Misatin
parce que cette eau eft capable d'empoifonner
perdue,
ruiffeau avec lefquels on auroit eu l'imprudence
roient d'une ravine oll d'un
la pouffiere de l'Indigo étoit
de la mêler. J'ai même obfervé en Europe, que
T
INDIGOTIER. --- Page 76 ---
I N DIGOTIE R. LI/RE 11. occafionnant des crachements de fang aux gens
pernicieufe à la poitrine,
de
denrée. l'eau de ces
qu'on employoit long-temps au triage cette
Quand
l'Indeux premiers robinets , qui eft d'une couleur ambrée & claire lorfque
eft bien fabriqué, eft écoulée, on lâche un peu le troifieme, afin de
digo laiffer paffer d'abord celle qui eft mêlée avec la fécule; on le repouffe dès
qu'elle fe préfente : on continue ce petit manége jufqu'à ce qu'il n'en
vienne prefque plus; après quoi on vuide toute l'eau du baflinot pour y recevoir la fécule.
robinets , qui eft d'une couleur ambrée & claire lorfque
eft bien fabriqué, eft écoulée, on lâche un peu le troifieme, afin de
digo laiffer paffer d'abord celle qui eft mêlée avec la fécule; on le repouffe dès
qu'elle fe préfente : on continue ce petit manége jufqu'à ce qu'il n'en
vienne prefque plus; après quoi on vuide toute l'eau du baflinot pour y recevoir la fécule. Quelques autres fe fervent alors d'une cheville quarrécà la place
de celle qui ferme la troifieme bonde ; la fécule s'arrête jufqu'a ce que l'eau
fe foit échappée par les iffues que forme le quarré : on la retire enfin pour que
toutela fécule,qui reffemble en cet état à une vafe Aluide d'un bleu prefque noir,
tombe dans le Baflinot qu'on a eu foin de vuider auparavant, 2 & on fait defdans la
achever d'amener avec un balai le refte
cendre un Negre
Batterie, pour
de la fécule vers la bonde ; on place au devant de cette troifieme bonde un
intercepter tout Ce qui lui eft étranger ; s'il en paffe encore
panier dans lel Diablotin, pour
on enleve ce qui furnage ayec une plume de mer, on retire
enfuite la fécule au moyen d'un Coui, ou moitié de calebaffe, d'oà on la tranfvafe dans des facs de toile Z,fig.1 I & 2,Pl5, garnis de cordons par lefquels
des deux côtés aux crochets du ratelier U, fig. I, PL. 4: on
on les fifpend
lendemain. Lorfque les facs qui doivent être
laiffe IIndigo sy purger jufqu'au
on
vitisi
ayphuliclitun
lavés & féchés à chaque fois qu'on en fait ufage, ne rendent plus d'eau,
le nombre en deux, & on fufpend chaque moitié en réuniffànt les
en partage
commun aflemblage les preffe & acheve d'en expricordons de chaque lot; ce renverfe & on étend la fécule, qui eft encore
mer le refte de l'eau;puis on
fort plattes, qu'on
très-molle , dans des caiffes A,fig-3, 46 5,PL 5,
expofe pendant le jour au foleil fur des établis B,fg.8, PL.4, dont une partie
& l'autre en
air. C'eft là
l'Indigo fe
eft à l'abri de la fécherie S,
plein
que
le foleil l'a
, il fe fend comme de la
7 defTéche infenfiblement. Sitôt que
pénétré
auroit
confiftance. On doit préférer le foir au matin pour le
97 vafe qui
quelque
chaleur
continuelle
1 commencement de cette opération, 9 parce qu'une
trop
cette matiere, en fait lever la
en écailles, & la rend ra4/
firprend
fuperficie
n'arrive
cinq ou fix heures de chaleur,
nboteufe, ce qui
point, lorfqu'après donne le
à toute la maffe de
DeHicatiom.
tré
auroit
confiftance. On doit préférer le foir au matin pour le
97 vafe qui
quelque
chaleur
continuelle
1 commencement de cette opération, 9 parce qu'une
trop
cette matiere, en fait lever la
en écailles, & la rend ra4/
firprend
fuperficie
n'arrive
cinq ou fix heures de chaleur,
nboteufe, ce qui
point, lorfqu'après donne le
à toute la maffe de
DeHicatiom. 11 elle a un intervalle de fraîcheur qui
temps
prendre urie égale confiftance. On palle alors la truelle,fg. 14,PL 5, par-deffus,
& rejoindre toutes les parties fans les bouleverfer, cette
1 pour en comprimer à la qualité de l'Indigo, comme nous l'expliquerons
/manceuvre enfin, préjudiciant lorfquil a acquis une confiftance convenable 2 on en polit envci-après;
carreaux A,fg. d'un
vcore la fuperficie, & on le divife par petits
5,PL5,
& demi en tous fens : on continue de l'expoferau foleil, non-feulement
1/ pouce
les carreaux fe détachent fans peine de la caifle, mais encore
11 jufqu'à ce que
entiérement fec. Il n'eft cependant, fuivant les Loix,
1 jufqu'à ce qu'il paroiffe --- Page 77 ---
CHAP. IV. Préparatifs 6 Defcription de la Manipulation de l'Indigo. 75
ni livrable,ni marchand qu'il n'ait reffué; car fi on Fenfatailloit exaétement che
dans cet état, on ne trouveroit au bout de quelque temps , que des fragments dans
détériorée & de mauvais débit; ceft pourquoi on le met en tas
de pâre
de fon fond défaffemblé, ou de torques de feuilles
quelque barique recouverte
laiffe environ trois femaines ; pendant ce
de Bannanier defféchées, & on ly
9 il s'échauffe au point de ne poutemps il éprouve une véritable fermentation;
il jette une vapeur
voir Y fouffrir la main, il rend de groffes gouttes d'eau,
de fine farine:
défagréable, & fe couvre d'une fleur qui reffemble à une efpece
& fans être expofé davantage à lair, il fe refféche en
enfin, on le découvre,
vrnifemblablement de
moins de cinq ou fix jours. Tous ces effets proviennent
étant
l'état de féchereffe & de contraétion qu'a éprouvé cêtte matiere, laquelle
naturellement à fe dilater, & donne occafion à l'air ex"
une fois à l'abri, tend
Thumidité dont il eft
Le
térieur qui sy infinue , dy introduire en même-temps débander, & del'air frais exchargé. Cette action de l'airi intérieur,qui tend àfe
les
térieur qui sy infinue avec fon humidité, fe communiquant à toutes parties
doit néceffairement occalionner entr'elles un dérangement
de chaque maffe,
d'une chaleur affez grande pour produire tous les phé. & un mouvement fuivis
de donner la defcription. nomenes de la fermentation dont nous venons
l'Indigo éprouve plus d'une fois cette efpece
On peut même préfiumer que la
à moins qu'il ne foit embarqué extrêde crife, fur-tout quand il paffe mer,
mement fec & bien clos. obfervént, c'eft que
Ce qu'il y a de conftant, & ce que peu de perfonnes
avoir
beaucoup moins avant d'avoir reffué 2 que fi-tôt après
reçu
lIndigo pefe
cette derniere façon.
dont nous venons
l'Indigo éprouve plus d'une fois cette efpece
On peut même préfiumer que la
à moins qu'il ne foit embarqué extrêde crife, fur-tout quand il paffe mer,
mement fec & bien clos. obfervént, c'eft que
Ce qu'il y a de conftant, & ce que peu de perfonnes
avoir
beaucoup moins avant d'avoir reffué 2 que fi-tôt après
reçu
lIndigo pefe
cette derniere façon. il eft entiérement conditionné, , & il eft imLorfquil a palfé par cet état,
la dimide ne pas'en différer la vente, fi l'on ne veut pas fupporter
portant
eft
fix
mois après cette crife, qu'on
nution à laquelle il fujet, 9 les premiers
au-delà. bien évaluer à un dixieme de déchet, & fouvent beaucoup
peut
habitants le font fécher à l'ombre dès que les carreaux quittent
Quelques
de longue haleine, & qui demande
la caiffe;il eft vrai que ceft un ouyrage de reffuer : mais cette façon de le
plus de fix femaines avant qu'il foit en état
liaifon,
faire fécher lui eft très-favorable ; il femble en acquérir une nouvelle
la diflipation lente des diverfes fueurs, 2 qui le
& fon luftre fe perfeétionne par Aeur auffi blanche que la poufliere de la
couvrent dans cet intervalle d'une
déchet
chaux. I eft conftant que cette méthode n'eft pas fujette au même
que
fupérieure. C'eft pourquoi on ne peut
T'autre, & qu'elle procure une qualité
Ceux dont les établis font
trop inviter les Indigotiers à fuivre cette pratique. guère
quantité confidérable de cailles, ne pourroient cependant
couverts d'une
& des
fous
l'adopter, à moins qu'ils ne vouluffent faire un plancher
étageres cela fait, on
le faitage & tout autour de leur fécherie pour l'étendre deffus;
2s
le met à reffuer, comme nous l'avons dit ci-deffus. --- Page 78 ---
IN DIG OTIER LIVRE Il. 76 Il convient de retoucher un mot fur le pétriflage de l'Indigo. Lorfqu'il
à fécher dans les cailfes, on s'imagine que cette efpece d'apprêt
commence lui donne de la liaifon : mais c'eft une erreur; car cette liaifon ne dépend
uniquement que du dégré de la fermentation & du battage qu'ila éprouvé,
& notamment de ce dernier, ce qui eft facile à vérifier par l'Indigo d'une
dans lun & l'autre cas; il s'écrafe au moindre choc, parce
cuve qui péche
à fa liaifon lui manque, & il eft abfurde de
que la façon qui étoit néceffaire
croire qu'on lui reftitue ou qu'on perfedtionne cette qualité en en pétriffant
défeétueufes; au contraire il en réfulte fouvent une perte; car
des parties
fi
la
de la caiffe avec le deffous, cette fuperficie, ( en
on mèle fiperficic
fuppofint qu'on ait laiffé faire des croutes ) altérée par le foleil, fc trouyant
confondue avec le refte de la pâte, forme des veines ternes & ardoifées qui
diminuent beaucoup le
Ceux qui regardent de près à leur intérêt
en
prix.
contraire il en réfulte fouvent une perte; car
des parties
fi
la
de la caiffe avec le deffous, cette fuperficie, ( en
on mèle fiperficic
fuppofint qu'on ait laiffé faire des croutes ) altérée par le foleil, fc trouyant
confondue avec le refte de la pâte, forme des veines ternes & ardoifées qui
diminuent beaucoup le
Ceux qui regardent de près à leur intérêt
en
prix. le
ce faic
féparent leur Indigo dans la caiffe le lendemain ou fiur-lendemain, qui
de fix
fur le terme qu'il faut aux autres pour le fécher; ils
une différence
jours
trouvent encore leur compte, 2 en ce que, plus l'Indigo tarde à fécher, , plus
y la force de fon odeur augmente & attire les mouches qui y dépofent leurs
ceufs fe
fous moins de deux fois vingt-quatre heures en
oeufs : ces
changent
s'infinuent dans les crevaffes de l'Indigo, dont ils mangent une partie,
vers qui
de fé-
& alterent l'autre, en y répandant une humeur vifqueufe quil l'empèche
cher, d'oà il réfulte une perte réelle, tant à l'égard du poids que de la qualité,
far-tout dans la faifon pluvieufe, où il convient que les
& un grand retard,
continuel dans la fécherie, afin que
uns & les autres entretiennent un feu
la fumée en écarte tous les infeêtes. I
On éviteroit prefque tous ces inconvénients fi, comme dans certains enoù l'on eft dans l'ufage de le pétrir & de le fécher
droits des grandes Indes,
entiérement à l'ombre, on mettoit l'Indigo dans des caiffes d'un demi pouce
la
de haut;& fi, après l'avoir féparé par carreaux, on les mettoit dans d'autres
caiffes féchées au foleil: : cettc méthode, à la vérité , exigeroit un plus grand
nombre de caiffes; mais comme I'Indigo fécheroit beaucoup plus vite, les
caiffes feroient plutôt délibérées; ainfi cette augmentation ne féroit pas auffi
confidérable qu'on peut d'abord fe l'imaginer ; & comme, felon toute appal'Inde de l'Afie doit une grande partic de fa belle qualité à l'obferrence, vation exacte de ces différentes pratiques, on doit en efpérer rà-pcu-près un
femblable faccès à légard de l'Indigo , en donnant même aux caiffes un pouce
de hauteur. Il eft vrai que les Marchands, accoutumés à acheter l'Indigo de
carreaux, feront d'abord furpris de la différence du
nos Colonies en gros
denrée eft réellement
belle, ils nc s'arrêvolume de ceux-ci; mais fi la
plus
teront pas long-temps à la forme. Quand on retire l'herbe de la pourriture 2 la tige & les branches n'en
autrement altérées : mais le feuillage qui y tient à peine, eft fi
paroiffent pas
flafque
és à acheter l'Indigo de
carreaux, feront d'abord furpris de la différence du
nos Colonies en gros
denrée eft réellement
belle, ils nc s'arrêvolume de ceux-ci; mais fi la
plus
teront pas long-temps à la forme. Quand on retire l'herbe de la pourriture 2 la tige & les branches n'en
autrement altérées : mais le feuillage qui y tient à peine, eft fi
paroiffent pas
flafque --- Page 79 ---
G Defcription de la Manipulation de lIndigo. 77
CIAP. IV. Préparatifs
de difcerner que le fuc des feuilles contribue
flafque & filivide, qu'il eft aifé
de penfer que le
feul à la formation de la fécule; il eft dependant permis fics
à la fermen-
& l'écorce de la plante fourniffent quelques
propres
foient
corps
la coloration du jaunc. Mais on ne doit pas croire qu'ils
tation & à
lorfque la Chenille a rongé toute
feuls capables de compofer le grain, puifque rien ; ou s'il rend quelque peu efte
la verdure, le refte de la plante ne rend plus
de la
verte de
doit
le regarder comme le produit
partie
de fécule, on
plutôt
de la qualité des feuilles,que comme
l'extrèmité des branches, qui participent
celui de l'écorçe.
d'eau dans les féchereffes extrêmes, tâchent
Les habitations oùt l'on manque
dans la vuide, & on en remet le
yde conferver celle qui doit fc perdre
du tranf
far la nouvelle herbe, afin d'éviter une partie
uplus qu'on peut
la cuve. Ces fortes de cas font bien rares ;
port qu'il faut faire pour remplir
point à la fabrique de I'Indigo. On
mais on prétend que cet ufage nej préjudicie nouvelle cuve fera beaucoup plus
doit cependant préfiumer que l'eau de cette
diffolution.
& moins propre à une nouvelle
foncée que toute autre,
d'une Indigoterie fimple & telle que nous l'aLe corps de la maçonnerie
revenir à 3000 liv.y compris le
vons décrite dans le premier Chapitre peut bien évaluer à près de la moitié
travail des Negres de T'habitation 2 qu'on peut de la fécherie & des autres
environ. On ne peut fixer le prix du moulin,
ou
font relatifs. Il faffit de favoir que chaque Negre de place
ouvrages qui y
1800 à 2000 liv. le tout argent de l'Amérique, qui
peut couter environ de fa valeur numéraire en France.
fe réduit à deux tiers
d'un Noir, lorfqu'on
Chaque cuve chargéc de quarante paquets ou charges
fe vend à préfenc
dans la belle faifon, peut rendre trente livres d'Indigo, qui
eft
fix jufqu'a onze livres dc notre monnoie.
en France, 2 fuivant fà qualité, depuis fituées dans les plaines; car celles des
Je parle de Therbe des habitations étant plus tempéré, & par conféquent
Mornes donne beaucoup moins 2 l'air y
moins proprc à Jurdonner du corps. confidérable fi chaque coupe étoit égale :
Ce revenu ne laifferoit pas d'être leurs
La premiere rend peu, &
différence entre
produits.
mais il yal une grande feconde
eft la meilleure; la troifieme diminue
Therbe ne fournit pas. La
coupe & la cinquieme fe réduit prefque à
la
des trois quarts,
d'un tiers 2 quatrieme
de grandes exceptions, tant par rapport à l'exrien, Ceci fouffre cependant
cellence des terreins qu'à l'influence des temps. bâtard rend fouvent près d'un tiers
On doit encore remarquer que fIndigo
ci-devant. Ainfi il faut beaumoins , pour les raifons que nous avons expliquées venons de
fans entrer
rabattre de la premiere eflime dont nous
parler,
coup
accidents de la
dont on eft déja inftruit.
des
plantation
en compte
détail de cette Manufaéture, on doit ajouter que deux
Pour achever le
d'un terrein
Indigoteries & trenteNegres travaillant, 2 faif@encilexploission V
INDIGOTIER.
. Ainfi il faut beaumoins , pour les raifons que nous avons expliquées venons de
fans entrer
rabattre de la premiere eflime dont nous
parler,
coup
accidents de la
dont on eft déja inftruit.
des
plantation
en compte
détail de cette Manufaéture, on doit ajouter que deux
Pour achever le
d'un terrein
Indigoteries & trenteNegres travaillant, 2 faif@encilexploission V
INDIGOTIER. --- Page 80 ---
R. LIVRE II. Il NDICOTIE
oà la mefure du pas
de 15 carreaux de IOO pas quarrés de Saint-Domingue, ici
le terrein où lon
lurer
eft de trois pieds & demi de Franée ; on fuppofe que dans la
lcafs
en
eft déja bien net & pris
plaine
pfe
peut cultiver ces I5 carreaux Indigo facile
dans les mornes. prapade Conigafe oà l'exploitation eft beaucoup plus
que
les favanes oul'on en1l faut au refte fayoir que dans nos Colonies les bâtiments,
à vivre
le Maître & les Efclaves occupent près
tretient le bétail, , les places
pour
refte fouvent autant en friches
d'un quart du terrein d'une habitation, & qu'il en
où l'on
lInde
fervir de reffource quand la terre
plante
ou en bois bout, pour
digo vient à s'épuifer. de bois de bout pour remplacer les terreins
Dans les habitationsonl'on: n'a plus les vieux défrichés, on a recours à difféufés, & oà lon eft obligé de faire fervir. redonerunenouvelle
rentsartificespourl rles releverde cet épuifement & pourleur
retravaille, un
Un des principaux eft de répandre fr les carreaux qu'on
vigueur. appelle àlAmérique. Patras-Indigos dont on
peu d'ancien fumier d'Indigo, qu'on fortant même de la' Trempoire, eft excellent &c
a déchargéles cuves. Cet engrais,
rétablir le fond d'une
produitt toujours un bon effetymais fil'on veut
des fumiers, piecedeterres il faut y
& la rendre propre à fc foutenir long-temps fans le fecours dont la tige &c le
planter du gros-petit Mil, ou Mil à panache,fig. 2, PL. 6,
eft
reffemblent beaucoup au Mais, mais dont la graine ronde quatre
feuillage
celle du Millet de France. On coupe ce Mil au bout
ou cinq fois plus grolfe que
tout fon feuillage à pourrir fur la terre. La
de fix mois, & on laiffe la tige avec
le
dans le
dont on recucille grain
fouche repouffe alors de nouvelles tiges,
& on Tabandonne
de fà maturité. On coupe enfuite le pied de la plante,
temps
deffécher; & lorfque la grande faifon des plantations s'apfur le terrein pour sy
deffouche enfuite le reftede la plante , qu'on brôle
proche, on y met le feu. On
encore ce terrein
aprèsavoir fouillé toute la piece avec la houe; on retravaille de recevoir de noude fois qu'il eft néceffàire.
iges,
& on Tabandonne
de fà maturité. On coupe enfuite le pied de la plante,
temps
deffécher; & lorfque la grande faifon des plantations s'apfur le terrein pour sy
deffouche enfuite le reftede la plante , qu'on brôle
proche, on y met le feu. On
encore ce terrein
aprèsavoir fouillé toute la piece avec la houe; on retravaille de recevoir de noude fois qu'il eft néceffàire. 5 jufqu'à ce qu'il foit en état
autant
fait à
un intervalle de IS mois. Lorfvelle graine d'Indigo, ce qui
peu-près
herbe, Scireft en état
qu'un terrein a été ainfi relevé, il produit une très-belle
bois neuf; car: 9
de réfifterà la culture de F'Indigo prefqu'auffi long-temps qu'un
Quelles terreins dont on a abattu les bois depuis peu. deft ainfi qu'on appelle
friche & couvert de gazon 2 en font
ques habitants, , pour relever un terrein en
dont on forme des tas ou des
lever toute la fuperficie par pieces ou par mottes 2
font un peu écartées les
piles de diftance en diftance ; lorfque ces mottes, qui
la cendre far la
féches, 2 on y met le feu, & on en répand
unes des autres, 2 font
(13)
terre de ce défriché, qu'elle fertilife pour long-temps. la moitié d'un terrein
La bonne économie demande, qu'après avoir planté
d'un mois ou fix femaines avant d'enfemenen Indigo , on obferve un intervalle
à l'inconvénient des pluies,
cer le refte. Cette précaution eft néceffaire pour parer
fes différents ages
font fouvent différer la coupe de T'herbe, & pour que
qui
alternativement au point convenable de fa masdion donnent le moyen de la couper
hauopte
z2 --- Page 81 ---
& Defcription de la Manipulation de LIndigo. 79
CHAP. IV. Préparatifs du relâche que donne cet intervalle, pour vacquer aux preturité; ; on profite
C'eft pourquoi on fe
mieres farclaifons & aux autres ouvrages indifpenfables. l'abbatis des arbres couvrent une
fert de ce délai pour faire un bois neuf ou des vivres (r) & qui des hayes, ou les
conftruire des bâtiments, planter
terre vierge, les entourages &c les foffés, ou pour finir les travaux qu'on ne
farcler, réparer
de la
donne à peine lc moment de farcler, &
peut remettre au temps
coupe qui
dans l'Indigo. d'empêcher les mauvaifes herbes de fe multiplier
foit
6, PL. Io, fe plantent en Citronier ou en Campêche,
Les hayes Z,fig. ; & lorfqu'on a de l'eau
de graine, foit de bouture, à deux, trois ou quatre rangs
bien on fait
à fà difpofition, , on y en fait paffer un filet fuivant la néceflité, ou On a foin
del'eau exprèsdans de grandes calebaffes pour arrofer ce plan. apporter
à mefure
croiffent, afin qu'ils foient en
d'entrelacer les jets de ces arbres
qu'ils de la
eft à la hauteur
état de réfifter à l'effort des animaux. Quand le corps
haye
Inla taille
& par les côtés ayec un bon couteau à
de 4 pieds, 9 on
par-deffuis
de coutelas,
appelle
d'un manche, ou bien avec une efpece
qu'on
digo garni
la
eft trop forte, avec une ferpe ajuftée à un long
manchette ; & quand haye
manche.
arbres
qu'ils de la
eft à la hauteur
état de réfifter à l'effort des animaux. Quand le corps
haye
Inla taille
& par les côtés ayec un bon couteau à
de 4 pieds, 9 on
par-deffuis
de coutelas,
appelle
d'un manche, ou bien avec une efpece
qu'on
digo garni
la
eft trop forte, avec une ferpe ajuftée à un long
manchette ; & quand haye
manche. font la sûreté & Y'ornement des habitations, on doit les
Comme les hayes
& veiller tous les jours à leur entretien 5 en faifant
tailler tous les trois mois,
fait
bréche. la ronde pour examiner f les animaux n'y ont point quelque
des places à vivresr,fig. I, PL. 6, on les arrofe comme I'Indigo,
Alégard le
On obfervera ici que fi lon eft dans l'ufage de dif
quand le terrein permet. afin faire des vivres pour eux & pour leurs
tribuer de la terre aux Negres, d' ni fecs ni trop humides, ou bien
familles, on doit leur affigner des quartiers trop
la faifon
leur donner un terrein dans les hauteurs pour leur nourriture pendant
dans les bas-fonds
les temps de féchereffe. des pluies, & un autre
I, PL. pour 6, on y creufe un ou plufieur bafQuant aux Jardins potagers S, ,fig. fe fert
arrofer avec des arrofoirs, &
fins où Fon fait venir l'eau dont on befoin pour d'abri, des tonnelles, fur lefon éleve par-deffus les planches qui branches ont
de bois noir, ou de feuilles de
quelles on met comme un lit de
Palmifte. le
de la coupe
, il convient que lIndigotier faffe
Lorfque temps
approche
s'affurer de
des Indigoteries & de ce qui en dépend, pour
une vifite générale
d'écoulement à craindre, foit par les robinets, foit
leur état, s'il n'y a point
des Clefs & ceux des Buquets font folides;
par quelque fente ; fi les poteaux
PL. du
& de fon
auffi une révifion de l'échaffaud e , fig. 2, 4, puits
on fait
fuffifant
faire périr un Negre. On vilite
chaflis; un de fes travers gâté,
pour & fon fouet ou cordage f; enfin
auffi la Bringueballe ou bafcule b du fceau,
d'arrêter
les barres des Clefs de chaque Indigoterie, afin de n'être pas obligé àla
milieu de la coupe, , & donner par là occafion à de grands dérangements
au
toutes les Plantes d'où les Negres tirent leurs aliments. (I) Terme ufité qui comprend --- Page 82 ---
I N D IGOTIE R. LIPRE II.
fabrique de l'Indigo 3 par le refroidiffément des cuves & les pluies qui peuvent
furvenir ; ces inconvénients étant caufe qu'on eft après cela trois ou quatre jours
fans retrouver le point de leur jufte fermentation. Un pareil ordre établi, l'Indigotier ne s'occupe plus qu'à couper, embarquer & fircler, jufqu'à ce qu'on ait
fini la premiere coupe ; après quoi il vacque aux travaux les plus preflfants, dans
faffurance qu'il ne tardera guere à faire une feconde coupe qui demande bien
plus de vigilance, tant à caufe du ravage de la Chenille & des autres infectes,
dont le nombre fe multiplie de plus en plus, qu'à caufe du corps de l'herbe
qui cxige plus de pourriture, mais qui rend auffi beaucoup plus que. la pre:
miere.
Fin du Livre Second.
A
4A
'on ait
fini la premiere coupe ; après quoi il vacque aux travaux les plus preflfants, dans
faffurance qu'il ne tardera guere à faire une feconde coupe qui demande bien
plus de vigilance, tant à caufe du ravage de la Chenille & des autres infectes,
dont le nombre fe multiplie de plus en plus, qu'à caufe du corps de l'herbe
qui cxige plus de pourriture, mais qui rend auffi beaucoup plus que. la pre:
miere.
Fin du Livre Second.
A
4A LIVRE --- Page 83 ---
8r
LIVRE TROISIEME.
-Théorie pratique de la Fabrique de TIndigo.
AVA N T-P R OPO S.
Coxxzlet terme de pourriture , appliqué à la fabrique de l'Indigo, renferme
Colons l'idée de tous les dégrés de fermentation par lefquels une cuve
chez nos
&
la plupart de ceux qui ne font point inftruits
de cette herbe peut paffer, que
à
par des noms
de cette convention en Europe, font accoutumés diffinguer dont leffet du dertrois différents
de la fermentation,
particuliers, 2 les
genres
me fera
nier
le nom de pourrizure, je me fervirai, autant qu'il
poffible,
porte
du terme de purréfation, lorfqu'il s'agira du derpour éviter toute équivoque,
défade la fermentation, qui eft connu de tout le monde pour être
nier vorable dégré à l'Indigo ; & Y'emploierai celui de défaur ou dejuftefe de fermentation,
létat des deux autres, en dérogeant ici à lufage des Indipour exprimer
gotiers. voir la raifon de cet avertiffement, & les éléments de cet art, au
On peut
Chapitre VI. du premicr Livre, page 35 fuivantes.
fàvoirs la
Ta fabrique de l'Indigo fe divife naturellement en deux parties;
fermentation & le battage. La fermentation fe manifefte par deux effets prin-.
portéjufqu'à un certain dégré, développe tous les principes
cipaux. Lc premier, doivent contribuer à la formation du grain, , & les difpofe
actifs & paflifs qui
dans la Batterie, ob ils acquierent une
rune'liaifon qui doit fe perfectionner
confiftance & unc" forme propre à s'égoutter.
effet de la fermentation, ou fon excès détruit le reffort des principes
Le fecond
la défunion de tous les autres , dont le battage ne peut plus
actifs, & occafionne
& leur mélange avec l'eau, qu'il eft enfuire impof
qu'augmenter la diffolution,
fible den féparer.
tard, felon les difféCes deux différents effets fe produifent plutôt ou plus
rentes circonflances dont nous parlerons ci-après.
fix heures; mais
On a vu des cuves arriver à une fermentation parfaite cn
cela eft très-rare, & deft une preuye certaine que l'Indigo rendra fort peu. Le
terme ordinaire eft de dix, douze, quinze. à vinge heures, quelquefois trente
jamais au-dela; encore ne fe trouve-t-on gueres Cm
même cinquante, prefque
l'herbe dans une cuve
dans ces derniers cas, fi ce, n'eft lorfqu'on embarque
la circonf
neuve, ou dont ona ceffé de faireufage depuis long-temps, & lorfque
X
INDIGOTIER.
l'Indigo rendra fort peu. Le
terme ordinaire eft de dix, douze, quinze. à vinge heures, quelquefois trente
jamais au-dela; encore ne fe trouve-t-on gueres Cm
même cinquante, prefque
l'herbe dans une cuve
dans ces derniers cas, fi ce, n'eft lorfqu'on embarque
la circonf
neuve, ou dont ona ceffé de faireufage depuis long-temps, & lorfque
X
INDIGOTIER. --- Page 84 ---
I N D 1 GOTIE R. LIYRE III.
froid railentit la fermentation, ou celle des grandes
tance d'un hiver fec &
qui
d'une longue effervefcence,
chaleurs de l'été 2 qui rendent T'herbe fufceptible
concourent à cet effet.
auffi deux
de la matiere dans la Batterie, produit
Lé Battage ou l'agitation
détermine & perfectionne la liaifon
effets principaux. Le premier bien ménagé,
bien conduite,n'a fait
des parties & la formation du grain, que la fermentation
qu'ébaucher ou préparer.
à la formation du grain;
Par cette opération, toutes les parcelles propres
& difperfées dans cet amas d'eau 2 fuivant leur pefanteur fpécifique, moins
noyées
fe
& fe pelotonnent en petites maffes plus ou
fe rencontrent 2 joignent
felon l'abondance & la qualité des facs &
groffes & différemment configurées,
fuivant la force ou la duré ede l'agitation qu'elles éprouvent.
avec un brin d'herbe à deux 2 trois ou quatre
L'huile de poiffon qu'on répand
à abattre le volume de
reprifes dans la cuve. pendant le cours de l'opération 2 fert
contribue
fécame quid'oppofe au coup du buquet. On peut aufli fuppoler qu'elle former
des
qui n'attendent peut-être que cette addition pour
à Iunion principes
P'unité de chaque
qu'elle fert du moins à perfeétionner
de nouveaux corps, ou
de l'imprefion de l'eau, ce qui,joint à leur forme
maffe, & qu'elle les préferve
dans leur dépôt, & en faparticuliere, les diflingue les unes des autres jufque
dans certains
écoulement. Je ne tairai cependant pas que
cilite le plus parfait
Fufage de Thuile, fans qu'il en ait réfulté
quartiers on a totalement fuapprimé ou de la qualité de l'Indigo.
aucun inconvénient à l'égard du battage le même effet que l'excès de fer:
L'excès du battage produit a-peu-près reffort & Funion du grain, & ille rémentation. Il rompt méchaniquement le dans la cuve & dans les facs 2 l'eau ne
duit en fipetites parties, que lors du repos
peut trouver aucune ifue pour s'en échapper.
tout Indigo qui ne
Ainfi l'on peut établir commer une regle générale que
excès de fermentation ou de battage.
xfron nhseneitistyu s'égourte pas bien, 2 péche par
n'ont aucun temps ou terme fixe, on
Comme la fermentation & le battage
& de l'autre, l'obfervaparvient à faifir fucceffivement le jufte point de l'une fiar la durée par & fur la metion de la qualité de l'herbe qui influe généralement indices connus qui fe préfure de desdeux" objets, & par: l'examen de certains mais comme ces deux objets
fentent dans le cours de chacune de ces opérations;
allons les divifer en
fouffrir un plus long détail en commun, nous
ne peuvent
Iun
la fermentation & l'autre le battage.
deux Chapitres, dont regardera
inokes
ivement le jufte point de l'une fiar la durée par & fur la metion de la qualité de l'herbe qui influe généralement indices connus qui fe préfure de desdeux" objets, & par: l'examen de certains mais comme ces deux objets
fentent dans le cours de chacune de ces opérations;
allons les divifer en
fouffrir un plus long détail en commun, nous
ne peuvent
Iun
la fermentation & l'autre le battage.
deux Chapitres, dont regardera
inokes --- Page 85 ---
Théorie pratique de la Fabrique de TIndigo.
AVERTISS E M E N T.
obfcurité fixr le contenu du Chapitre fuivant, nous obfervePoux lever toute
chauds la fermentation fe déclare bien plus prompterons que dans les temps
d'oà il réfulte que l'herbe embarquée dans une
ment que dans les temps froids,
parvenir à fon premier dégré de
faifon chaude, exige moins de temps pour faifon
& celle-ci
qu'une herbe embarquée dans une
froide, que
pouricure,
dans-la cuve que la premicre,
par conféquient doit féjourner plus long-temps entre le
de" l'une & de
quil'in'y ait pas une extrêmé difféfence
corps du
de
:
pourvu
il eft conftant que fi le froid contribue à la longueur féjour
l'autre. Car,
l'affoiblilfement dans le corps de l'herbe occafionné
Aor
l'herbe dans la Trempoire, côté le temps de fon bouillon ; ainfi en s'accorpar le froid, abrége d'un autre
demande plus de pourriture
dant fur cette diftinaion, on peut dire que l'herbe été
une égale
dans la cuve fi I'hiver eft fec, qu'en 3 fuppofant
ou de féjour
même dans le cas oà l'herbe de Yhiver auroit un peu moins
qualité entr'elles, &
diminution de qualité dans la
de corps ; mais il faut aufli convenir que fur cette le
de la fermentation réelle,
néceffite toujours une diminution
temps
plante, d'autant fon féjour dans la cuye.
& abrége
lè froid à la diminution de fa quaMais la pluie contribue encore plus que
dans les mêmes faifons. Ainfi pe
oboustalp lité, & elle ne tombe pas également par-tout il
intervalle toute
les
de la dépendance du Cap François, pleut par
dans quartiers
conflamment dans le temps des Nords, ou des vents
Tannée 2 mais beaucoup plus
2 depuis environ le
fouflent du côté du Nord de l'Ile de Saint-Domingue
dans
qui
le commencement d'Avril; au contraire,
milieu d'Oétobre jufques vers
ne
que pendant le printemps,
du Port-au-Prince de la même Ifle,i1 pleut
11-1209 Verl
ceux
enforte qu'après le huit ou le quinze de No- &
l'été & une partie de l'automne, mois de Mars, ce qui fait trois ou quatre mois 9
vembre on a du fec jufqu'an
ou pluies d'orage,
lefquels on n'a fouvent que trois ou quatre grains
même faifon
pendant
ainfi dire fans ceffe jour & nuit dans cette
tandis qu'il pleut pour
de contrafte une différence confidérable fur
vers la partie du Cap. Il réfulte ce
cette différence de qualité &
la qualité de' leuf herbe"dans des mêmes temps; alors fur la maniere de,traiaufli de température, 2 fait qu'on ne s'accorde point
celle des autres, quoiles
& que la méthode des uns femble oppofécà
ter cuves,
des mêmes principes 2 auxquels je tâcherai de rapque au fond tous conviennent
efpérant qu'au moyen de cet Averporter tout ce quejai à dire fur cette matiere,
conentendra le fens de mon difcours, & en fera Yapplication
tiffement, chacun
diverlité eft fi commune dans la fabrique de l'Indigo.
venable à ces cas, dont la
celle des autres, quoiles
& que la méthode des uns femble oppofécà
ter cuves,
des mêmes principes 2 auxquels je tâcherai de rapque au fond tous conviennent
efpérant qu'au moyen de cet Averporter tout ce quejai à dire fur cette matiere,
conentendra le fens de mon difcours, & en fera Yapplication
tiffement, chacun
diverlité eft fi commune dans la fabrique de l'Indigo.
venable à ces cas, dont la --- Page 86 ---
I. NDIGOTIE R. LIVRE III.
CHAPITRE PRE M I E R.
De la Fermentation de LIndigo.
Laarnindique point, comme nous l'avons dit au Chapitre VI. du premier
Livre , page 35, de regle précife fur la durée de la fermentation, parce que
ce point dépend de la qualité ou du corps de l'herbe, & cette qualité de la nature du terrein oii I'herbe a crà, 8c de l'altération des faifons qu'elle a éprouvée
tandis qu'elle étoit fur pied. Nous avons ajouté que le progrès de fon développement dépend encore du temps froid ou chaud 2 pluvieux ou fec, pendant lequel
Iherbe eft à cuver , & du degré de chaleur ou de fraicheur de l'eau dans laquelle
on la fait macérer ; mais comme entre toutes ces circonftances la qualité de
l'herbe eft celle qui influe le plus généralement fur la durée de la fermentation
& fur la force des indices qui fervent de regle à F'Indigotier pour couler la
cuve, , & que les caufes dont nous avons parlé peuvent faire varier à l'infini les
qualités de l'herbe, nous en choifirons trois principales pour en fairele fujet
de trois Articles féparés, dans lefquels on trouvera fucceflivement tout ce qui
a rapport à ce travail & aux circonftances capables d'en ralentir ou d'en accélérer l'effet.
Le premier nous indiquera les raifons pourquoi une herbe qui a éprouvé
d'un
humide
une
-
les inconvénients de la faifon pluvieufe ou
terrein trop
exige
courte fermentation, les effets qui l'accompagnent jufques dans fa putréfaction, & les moyens d'en éviter les inconvénients. Nous joindrons à cet Article le détail des caufes qui peuyent déterminer, non pas une plus longue
effervefcence, mais un plus long féjour de l'herbe dans la cuve.
Dans le fecond, nous fournirons les mêmes éclairciffements fir la néceffité
d'une plus longue fermentation àl'égard d' 'une herbe venue dans les circonftances
les plus favorables de l'été , & dans une bonne terre.
dans
motifs déterminent une
/
Nous expoferons le troifiéme les
qui
fermentation moyenne 3 lorfqu'il s'agit d'une herbe quia * long-temps fouffert du fcc, ou
dont on a laiffé palfer le temps de la coupe ; nous y joindrons les inftructions
de convènance comme aux précédents Articles.
A R TICL E PREM I E R.
7f Tourbon Praticien, avant d'ordonner la coupe de fon Indigo, doit jetter
appl hiyu Piinatie un coup d'ceil attentif far fon herbe, fur le terrein où elle a crà, & bien
I réfléchir fur les accidents qu'elle a éprouvés jufqu'alors, afin de juger du
I point oû il doit en pouffer la fermentation, & enfuite le battage,
La
de convènance comme aux précédents Articles.
A R TICL E PREM I E R.
7f Tourbon Praticien, avant d'ordonner la coupe de fon Indigo, doit jetter
appl hiyu Piinatie un coup d'ceil attentif far fon herbe, fur le terrein où elle a crà, & bien
I réfléchir fur les accidents qu'elle a éprouvés jufqu'alors, afin de juger du
I point oû il doit en pouffer la fermentation, & enfuite le battage,
La --- Page 87 ---
CHAP. I. Dela Fermentation de LIndigo.
La méthode de ces préfomptions eft d'un grand fecours quand on a aflez d'ex- 8s
périence pour rectifier & corriger à propos les petites méprifes qui peuvent
sy gliffer. Cette révifion traitée fuivant l'ordre des circonflances &c des
nous conduit naturellement à l'examen de la premiere coupe & de-làà trayaux, la
miere cuye. C'eft toujours la plus embarraffinte,
pre- Mtir Jlape 445 1274
foleil,lés pluics fréquentes de la
parce que l'éloignement du
la
premiere faifon, & la trop grande fraicheur de
terre ayant attendr'la plante, & l'ayant remplie de fics mal digérés, ,le développement en eft fi prompt & Tehfervejcence T foible, qu'il eft difficile deconnoître & de faifir le véritable point oh il faut en arrêter la fermentation.
Les fignes qui accompagnent cette fermentation & fon produit,
à
la foibleffe de leurs principes ; elle rend peu d'écume, & quelquefois répondent il n'en
ef
paroit prefque point du tout. La chaleur & le développement des parties font
prefque tous concentrés au fond de la cuye. Le grain en eft petit ; il
8c
fe diflout d'une moniereimpercepoible prefqu'auffitôt qu'il eft formé, & change il donne
une apparence de trouble à l'eau dans laquelle il eft trop divifé,
Les doutes qu'occalionnent la foibleffe & l'obfcurité de ces
même
indices, 2 lors
qu'on en a faifi le jufte point, les légeres apparences de conformité
qu'ils ont avec ceux d'une cuye de bonne herbe qui n'eft pas affez fermentée feuis
ou qui Teft trop, & les inconvénients qui réfultent de la confulion qu'on en
peut faire, nous obligent d'entrer dans le détail de tous les éclairciffements
pres a les faire évitér.
proOn connoîtra que. la cuve dont il eft queftion, eft à fon jufte point de fermentation & dans le meilleur état poflible, f le grain, tout mal formé qu'il eft, 11
fe fépare aifément après avoir battu la taffe, & fi l'eau devient d'un verd paillé 1)
brillanr.
On difinguera celle-ci d'une cuve de bonne herbe quin'a pas affez fermenté,
dont la couleur de l'eau eft quelquefois rouffe approchant de la bierre, &
toujours d'un verd vif & qui ne laille a la fuperlicie de la taffe aucune prefque cralle,
L'indice de l'eau roufle ne doit cependant point être regardé comme une marque infaillible de défaut de fermentation; car il fe rencontre des coupes entieres dont les eaux font toujours rouffes
ufi
2 quoiqu'elles ayent le degré de fermentation convenable. Ceft pourquoi j'ajoute ici trois autres remarques sûres,
dont l'Indigotier peut faire ufage toutesles fois qu'ilaura quelque doute fur l'état
de fà cuye. La premiere eft tirée de l'eau qui rejaillit de la taffe ou de la cuve fur >1
la main, laquelle, dans le cas de purréfaction. ne fait aucune impreffion, ou 1
du moins elle eft fi foible, qu'elle s'efface d'elle-même à mefure qu'elle féche; 7 Cey ausf /4
mais lorfqu'elle manque de quelques heures de fermentation convenable, elle 11
eft fiâpre que le favon ne fauroit en effacer la tache fans réitérer plufieurs fois fon 11
ufage.
La feconde confifte dansl'odeur dela cuve, qui eft défagréable, quand elle eft
excédée.
INDIGOTIER,
Y
du moins elle eft fi foible, qu'elle s'efface d'elle-même à mefure qu'elle féche; 7 Cey ausf /4
mais lorfqu'elle manque de quelques heures de fermentation convenable, elle 11
eft fiâpre que le favon ne fauroit en effacer la tache fans réitérer plufieurs fois fon 11
ufage.
La feconde confifte dansl'odeur dela cuve, qui eft défagréable, quand elle eft
excédée.
INDIGOTIER,
Y --- Page 88 ---
I - N D IG OTIE R. LIVRE III. fur les bords de la
de l'eau qui anticipe
whi yuplim La troilieme dépend de l'infpection
& dont la retraite laiffe une trace
la fermentation augmente,
cuve 3 tandis que
eft
qui annonce que la crife de la fermentation pallée. avoir obfervé le point
Pour tirer avantage de cette trace, il faut auparavant
le moment
oà l'eau montoit lorfqu'on a achevé de remplir la cuve, & prendre les deux tiers
oà le ralentiflement de la fermentation permet de voir la moitié ou
de cet intervalle à découvert, pour lâcher la cuve. A 2
aope nleidti
les
de la conforSi, faute d'attention à ces avis 2 & fur premieres apparences celui d'une
mité du grain d'une herbe de foible qualité bien fermentée, avec
left aflez, on fe détermine à pouffer la fermentation
bonne herbe qui ne
pas
la cuve tombera en putréfaction. 2 & on
dans l'idée de perfs@ionner. ce grain,
la perdra fans reffource. l'abfence d'un homme exMais fi une cuve eft tombée dans cet état pendant
& la reffempérimenté,i ile en reconnoîtra aifément l'excès, malgré la conformité
embrouillé, à celui dont la fermentation n'eft qu'ébauchée;
blance de ce grain
& il refte à flot entre deux
car le premier ne fe fépare point comme l'autre 9 d'un verd fle & le plus
eaux, dont la couleur eft quelquefois d'un jaune pâle,
fleur
bleuâtre. Il verra de plus fe former à la fuperficic de la taffe, une
fouvent
en maniere d'arc-en-ciel, & auffi
qui, en fe réuniflant, 2 préfente un demi-cercle
eft une
d'excès. Il
ou craffe blanchâtre fur la cuve, ce qui
preuve
une pellicule
fe
dans la raffe & fur la cuve,
eft vrai que cette fleur peut également préfenter les
continuelles quil'ont
quandles-fuos-del la.plantefe trouvent altérés par pluies
laiffe
l'herbe a trop. de maturité, ce qui arrive lorfqu'on en
noyée.-ou quand
comme celle. d'une.cuve
nouer. la graine ; mais cette fleur ne s'entretouche pas
dont la putréfaction eft ébauchée. doit s'attacher particuliérement
On doit inférer de tout ceci, que. l'Indigotier
la fermentation de la
à la netteté & à la belle qualité de l'eau pour gouverner
l'avons
quand elle fe trouve chargée d'une herbe telle que nous
premiere, cuve,
de cet article, fans avoir trop d'égard au petit grain,
décrite au commencement
conformer le
doit lui
qu'il cale bien, & qu'il ait foin d'y
battage qu'il
pourvu
toute la circonfpection poflible.
de tout ceci, que. l'Indigotier
la fermentation de la
à la netteté & à la belle qualité de l'eau pour gouverner
l'avons
quand elle fe trouve chargée d'une herbe telle que nous
premiere, cuve,
de cet article, fans avoir trop d'égard au petit grain,
décrite au commencement
conformer le
doit lui
qu'il cale bien, & qu'il ait foin d'y
battage qu'il
pourvu
toute la circonfpection poflible. C'eft dans la Batterie qu'il
donner enfuite avec
far
il
du temps de la fermentation
en verra & corrigera le défaut, lequel jugera
led'herbe faivante & de la qualité du grain qu'il doit en attendre,
de la cuve
queli lira vraifemblablement en fe perfectionnant. bien des
rif
aers
du
Ciore
Ces-échirciflments font d'autant plus intéreffants, que
gens. affurer le fuccès de la feconde , qui eft
quent de perdre la premiere cuve pour
le refte ne fera qu'une roucomme la bafe de toute la coupe. Si celle-ci réuffit,
le
fe tiendra au beau; Car s'il devient pluvieux, ce fera
tine tandis que temps
accélérer la fermentation. Je ne dois pas omettre
une circonftance de plus pour
& occalionnent une plus courte feràla fuite des circonftances qui précédent
herbe
le
de la Chenille :il eft tout naturel qu'une
dépouillée
mentation, ravage --- Page 89 ---
CHAP. I. De la Fermentation de l'Indigo. travaille moins long-temps qu'une autre bien garde la moitié de fon feuillage,
tende bientôt à la pucréfaction. On
nie; ; & qu'une cuve remplic de cesinfeêtes,
autant
eft poflible,
laiffe
pas d'en tirer parti en les mettant 2
quil
ne
cependant
de bon Indigo. Mais on doit
deffous T'herbe avec laquelle ils rendent quelquefois de
herbe, , qu'elle
peu qu'on tarde à lâcher une cuve pareille
S'attendre, pour
eft l'indice d' un prochain
jettera bientôt à fa fuperficie une craffe ou pellicule qui arrêter de bonne heure la
relâchement dans la liaifon du grain; ainfi il faut en
de la tafle
fermentation, & prendre garde de ne pas confondre cette pellicule celle d'un
celle d'une bonne herbe trop fermentée, ou avec
& de la cuve avec
d'une autre enfin qui n'a point de corps. Indigo coupé en graine 2 ou
& infenfible ferAprès avoir expofé les caufes qui déterminent une prompte
il eft
ainfi les moyens d'en éviter l'illufion & les inconvénients,
mentation 2
que
détail d'une circonftance étrangere à TIndigo, qui
nécellaire d'entrer dans lel
le point : deft des vaiffeaux que
peut en déranger & reculer confidérablement
j'entends parler.
igo coupé en graine 2 ou
& infenfible ferAprès avoir expofé les caufes qui déterminent une prompte
il eft
ainfi les moyens d'en éviter l'illufion & les inconvénients,
mentation 2
que
détail d'une circonftance étrangere à TIndigo, qui
nécellaire d'entrer dans lel
le point : deft des vaiffeaux que
peut en déranger & reculer confidérablement
j'entends parler. &
auffi l'action de la chaux, ralenfars
La fraicheur des cuves neuves, peut-être
y met. Son Caus
la fermentation du premier Indigo qu'on
tiffent confidérablement
bout de quarante heures, tandis que /
effervefcence ne paroit quelquefois qu'au Les vaiffeaux dont on n'a point fait ufage
la feconde n'en demandera pas vingt. même
années, produifent à-peu près le même effet ;on apperçoit
depuis plufieurs: différence à cet égard dans les cuves qu'on emploie d'ordinaire s
toujours quelque
celui des plantations ; ce
lorfqu'on leur donne quelque repos 2 particuliérement
caufé les vaiffeaux 2 mérite d'autant plus d'attention,
retard de fermentation,
par la
de la premiere herbe, dont la prompte
in felke
quil fc rencontre fouvent avec coupe
cette ciconflance. Dlaeenotien
& infenfible diffolution, 2 femble entrer en contradiétion avec d'e en donner une de
il vaut mieux retrancher quelques heures, 2 que
Dans ce cas,
chofe fur la quantité, on eft au moins
trop ; parce que fi lon perd quelque fouffrira point, s'il ne manque rien au refte
dédommagé par la qualité qui n'en
capable de fouffrir le
de fon apprèt, & s'en tenir au premier grain qui paroîtra
faut toujours dans ces rencontres ménager avec prudence. buquet, , qu'il
nombre des circonftances qui retardent le plus
On doit encore mettre au la fraîcheur de l'eau dont on remplic les cuves,
ordinairement la fermentation 3
trayaillent. Mais comme nous nous
& celle de l'air pendant le temps qu'elles
caufe dans l'Avertiffement
fommes fort étendus fur les effets de cette derniere
,
l'entretienle Leéteur
avoir recours. Nous ne
qui précede ce Chapitre 2
peut y
de celle de
ici de la fraicheur de T'eau, qui dépend en grande partie
drons que
l'eau eft froide, plus la cuye doit tarder à bouillir;
Yair.
trayaillent. Mais comme nous nous
& celle de l'air pendant le temps qu'elles
caufe dans l'Avertiffement
fommes fort étendus fur les effets de cette derniere
,
l'entretienle Leéteur
avoir recours. Nous ne
qui précede ce Chapitre 2
peut y
de celle de
ici de la fraicheur de T'eau, qui dépend en grande partie
drons que
l'eau eft froide, plus la cuye doit tarder à bouillir;
Yair. Il eft évident que plus
de faire la
d'un baf
ceft pourquoi la plupart de ceux qui font en état
dépenfe
heures, ne négligent
fn pour expofer leur eau au foleil pendant vinge-quatre de la fermentarion. Mluc cerat
accélérer le progrès
guere d'employer un moyen fi propre à
eft de gagner près de
Cette méthode leur procure deux avantages. Le premier --- Page 90 ---
IND DIGOTIE R. LIVRE III
deux ou trois heures fur ceux qui ne rempliffent leur cuve qu'à fur & à mefure
ayec des feaux.
de
n Le fecond eft de retirer plus d'Indigo par la fermentation complette
ration exfsenie ssefi 1 hasite 1 fherbe qui fe fait tout à la fois. Mais lorfqu'une cuye a été réchauffée par un ou
hz
deux bouillons, & avinée par la force de la matiere qui la pénetre, elle rentre
dans l'ordre naturel ; la feconde fe fait plus promptement & ainfi de fuite, jufqu'à un certain point. Ceft pourquoi l'Indigotier doit viliter cette feconde cuye
de bonne heure, afin de sy trouver avant qu'elle foit paffée; car s'il ne vient
qu'après avoir donné au grain le temps de fc diffoudre, il trouvera en arrivant
celui-ci reffemble beaucoup au grain de la cuve précédente, qui n'étoit réelque lement formé à pareille heure, & il tombera dans l'inconvénient dont nous
pas
dans
d'un changement favorable.
avons parlé ci-deffus, en différant,
l'efpérance
A la féconde vifite, il fera furpris de trouver le même grain, s'il n'y a du pire;
dans cette perplexité, il s'aventure à lui donner encore quelques heures, &il
gâte tout. Cequi lui fait le plus de tort dans cette occalion, c'eft que s'appercevant enfin de fon erreur, il ne peut pas également connoitre depuis quel temps
elle efttombée dans cet excès, ou combien elle a déja d'heures de trop; ce qui
eft d'une grande conféquence pour la troifieme cuve. Un homme qui fait deux
fautes de fuite, nedoitpointfeneétere davantage 9 ni rougir de demander l'avis sd'un
lil féroit moins habile, il
le remettre fir la voie, parce qu'ily,
autre ; quandi
pourra
va de fens froid, & qu'il n'a pas l'efprit troublé par deux bévues confécutives.
Les vilites doivent fe faire de bonne heure ; mais il ne faut pas les réitérer coup
voir la même chofc. Si doncaprès la premiere
firo coup: car on s'imagine toujours
on
a encore dix heures à courir, , & qu'on y
vifite de la cuve s préfume qu'elle
doitaille les deux
fois enfuite de quatre heures en quatre heures, ne
Vu
favoir à premieres s'en tenirà la troifieme, & en diflinguer mieux la différence
on pas
quoi
derniere fois
fi on n'avoit: mis aucune diftance raifonnable entr'elles? Siàla
que la cuve fe trouvoit par hafard paffée, il n'eft pas difficile de sen appercevoir aux
remarques que nous ayons données ci-devant pour ce cas.
ARTICLE SECON D.
DHLyiLe Permentalag
SUPPOSONS maintenant que lIndigotier travaille far une herbe qui a profité des circonftances les plus favorables, beau temps, chaud, petites pluies
douces, bonne terrc, belle expofition, peu de chenilles, & très-peu d'autres
9 accidents, conféquemment fr une herbe plcine de fubftance. Dans cette circonftance la fermentation devient néceffairement fort longue, parce qu'il faut
beaucoup de temps à l'eau pour en pénétrer & en développer toutes les parties,
& des plus violentes par l'abondance des fucs qu'elle met en aétion.
La chaleur de la cuve & l'écume confidérable dont elle eft couverte, la
groffeur
, peu de chenilles, & très-peu d'autres
9 accidents, conféquemment fr une herbe plcine de fubftance. Dans cette circonftance la fermentation devient néceffairement fort longue, parce qu'il faut
beaucoup de temps à l'eau pour en pénétrer & en développer toutes les parties,
& des plus violentes par l'abondance des fucs qu'elle met en aétion.
La chaleur de la cuve & l'écume confidérable dont elle eft couverte, la
groffeur --- Page 91 ---
CHAF.I. De la Fermentation de l'Indigo.
rondeur du
font les indices 8c la preuve de l'abondance Oirezr eymp
groffeur & la
grain, & de leur difpolition à une parfaite liaifon.
& de la force de ces principes
l'eau en eft nette & d'un
Lorfque la fermentation a amenéle grain à ce point, d'autres fois elle eft
femblable à de belle eau-de-vie de Coignac ;
clair doré ,
s'obftiner abfolument à une
rouffe, ou d'un verd doré clair; mais il ne faut pas la
& ala derfur-tout à la dorée, qu'on ne trouve guere à premiere
couleur, ,
foit claire &c nette, & que le grain s'en détache
niere coupe. Il fuffit que l'eau fond de la taffe. Vous noterez que quandl'eau
bien, lorfqu'il cale ou defcend au
& conferve cette couleur après comme
eftec / fl
eft de nature à être rouffe, elle prend
elle eft d'un bon préavant le terme de la jufte fermentation ; mais en général
à
bien
la qualité de cette eau eft propre
fage: la fécule s'en égoutte
2 parce que marchandife.
former un bon grain, &c le bon grain une belle
&il faut fe bien peu
La fabrique d'un pareil Indigo n'offre rien de difficile,
refteront
métier
manquer une cuve, tandis que les chofès
connoitre au
pour
elles changerontauffe de face. Il ne faut
au même état; mais file temps change, caufent une différence de deux ou trois
pas s'étonner que trois jours de pluie
le beau
continue , la
heures de moinsfur la fermentation ; fi au contraire
temps
à ce
longue. On doit être prévenu
fermentation fera feulement un peu plus
font
d'effet dans les
deux ou trois heures de fermentation ne
pas plus
fujet, que
de corps, qu'une heure dans une faifon dé- C
beaux temps, où l'herbe a beaucoup
rangée oà elle en a f peu.
fur les indices & les erreurs
Ce que nous avons dit dans l'article précédent
à une herbe de bonne
d'une fermentation trop foible ou trop forte , relativement
rencaufer
répétition ennuyeufe, 2 nous y
ou foible qualité, ne pouvant de qu'une fuite à l'examen d'une herbe qui par ellevoyons le Lecteur, & palfons tout
entre celles des deux premiers
même n'exige qu'une fermentation moyenne
articles.
AXTICL E TROISIES M E.
cfementatian moyenne e).
le fec, far-tout dans des terreins élevés
LHERBEC qui a fouffert long-temps
à la fermentation qu'un feuilmanquant de fubftance, ne préfente
ou fbloneux,
font caufe que l'eau la diffout affez facilement,
lage épuifé & flétri. Ces qualités
la
, à moins qu'on
& que la fermentation en eft moins longue que eft précédente, toujours, comme nous lane foit dans un temps froid & fec, auquel cas elle
lente.
vons dit, beaucoup plus
font auffi beaucoup moins
Les lignes qui accompagnent cette fermentation
le
en eft mal
fortes de cuves font fujettes à jetter une crafle ; grain
violents ; ces
& en forme de pointe, > quoique cette
formé, &il fe montre comme élongé
à tout ceci,lep profigure ne foit pas une circonftance abfolue. Conféquemment
le
duit d'une telle herbe eft très-mince, & il arrive fouvent qu'en prolongeant
Z
INDIGOTIER,
beaucoup moins
Les lignes qui accompagnent cette fermentation
le
en eft mal
fortes de cuves font fujettes à jetter une crafle ; grain
violents ; ces
& en forme de pointe, > quoique cette
formé, &il fe montre comme élongé
à tout ceci,lep profigure ne foit pas une circonftance abfolue. Conféquemment
le
duit d'une telle herbe eft très-mince, & il arrive fouvent qu'en prolongeant
Z
INDIGOTIER, --- Page 92 ---
I N DICOTIE R. LIVRE III
temps de fa fermentation, 2 afin d'en tirer parti, on approche trop près de la putride; d'oà réfulte la diffolution du grain, une fécule qui ne s'égoutte point, &c
des fucs craffeux, fignes ordinaires de putréfadtion.
L'herbe qui eft paffée ou qu'on n'a pas coupéc en fon temps, eft encore plus
difficile, fur-tout celle de l'Indigo bâtard, dont on a laiffé nouer la graine. Pour
l'amener à fon vrai degré de fermentation & tirer
Ksfe
en bon parti, il faut de grandes
chaleurs & beaucoup de fcience, 2 fans ces conditions on s'expofe à un travail
inutile.
Nous ne pouvons nous difpenfer de joindre à ce Chapitre 2 la manierc dont on
doit fe comporter lorfqu'une cuve embarquée de jour doit être battue pendant
la nuit.
Comme il n'y a rien de plus fatiguant que d'être debout pendant une partie
de la nuit aux rifques de contradter des maladies dangereufès, & que d'ailleurs
on ne peut faire aucun fond fur l'examen de l'eau que la lumiere fait paroitre
bleue 2 tandis qu'elle elt verte, &c le grain trop peu diftinét pour ceux qui ont
la vuc courte, on doit fonder fa cuve avant que le foleil fe couche ; & fur
la comparaifon de fon eau avec celle de la cuye précédente examinée à pareil terme, on fe décidera fur le temps qu'on lui donnera.
Mais s'il eft queftion d'une premiere cuve, on en eftimera la durée par le
changement que la fermentation a produit jufqu'à ce moment ; après quoi il ne
s'agit plus que de confulter la montre, & d'ordonner de lâcher la cuve un peu
avant l'heure où lon fuppofe qu'elle fera parfaite, & ainfi des faivantesqui feront
dans le même cas; l'expérience ayant montré que cette méthode eft préférable
à celle de veiller la cuve au rifque égal de la manquer. Mais pour éviter tout inconvénient on doit en réferver le battage au lendemain, parce qu'elle fe perfectionne dans cet intervalle, & qu'on eft en état à la pointe du jour de la traiter
convenablement.
Ne peut-on pas ajouter en finiffant ce Chapitre, que fouvent plus les moyens
de parvenir à un objet font fimples, plus on néglige de les employer 3
En effet, on fe fert d'indices la plupart du temps très-fifpedts, pour juger du
point important de la fermentation, tandis qu'à l'aide d'un thermometre fufpendu dans la cuve, on pourroit acquérir la connoiffnce la plus exaéte du prôgrès & du déclin de la fermentation, , qui ferviroit de
A
regle pour chaque qualité d'herbe & chaque température de la faifon, fi on joignoit à cette foible dé20. penfe, celle d'un barometre & thermometre particuliers, pour obferver le point
de la chaleur extérieure, , & les variations de latmofphere qui influent fi fort fir
l'opération 2 fans toutefois négliger lcs autres remarques 2 puifqu'on ne peut apporter trop de précaution pour conferver un bien qui tend à s'échapper de tous
côtés.
TAE O
'herbe & chaque température de la faifon, fi on joignoit à cette foible dé20. penfe, celle d'un barometre & thermometre particuliers, pour obferver le point
de la chaleur extérieure, , & les variations de latmofphere qui influent fi fort fir
l'opération 2 fans toutefois négliger lcs autres remarques 2 puifqu'on ne peut apporter trop de précaution pour conferver un bien qui tend à s'échapper de tous
côtés.
TAE O --- Page 93 ---
CHAP. II. Du Battage de lIndigo.
CHAPITR E SECOND.
Du Battage de L'Indigo.
L:r Battage eft l'opération la plus délicate de toute. la manipulation de
Pour répandre fàr un objet fi intéreffant toute la lumicre dont il eft IIndigo,
& en rendre T'intelligence plus facile, nous allons expofer dans l'ordre fulceptible, le
exact qu'il nous fèra poflible, les inftruétions les plus effentielles de la
plus
qui forment comme un corps de regles pour cet Art.
pratique,
Quand la fermentation & le battage ont été pouffés à leur jufte
partie jaune ne fe confond point aveci la bleue; ; ainfi il eft aifé de reconnoitre degré,la
ces opérations font bien faites, à la couleur de l'eau
fi
dorée ou paillée, tirant
ambrée, plus ou moins
quelquefois tant foit peu fur le verd, & toujours
mais une mauvaife cuye ne produit jamais de belle eau , & plus elle claire;
brouillée & chargée en brun ou en bleu, plus elle eft
d'excès paroit em-
-
crto
mentation ou de battage.
fufpeste
de fer4
L'écume d'une cuve qui n'a point affez fermenté, eft verdâtre,
légere 2 mais quelquefois fort groffe, vive à l'afperfion de l'huile, & elle pétillante, eft fujette à fe reproduire & à revenir promptement. Celle dont la fermentation eft
parfaite & qui n'a point encore allez de battage, eft violette dans les
icer
légere, fonore fous le coup des Buquets, & fe diflipe tout d'un
à l'attou- coins,
TEL
thement de l'huile; ; mais lorfqu'après avoir parti nettement d'abord, coup elle
enfuite à lui réfifter, c'eft une marque qu'il faut en arrêter le battage. vient
Les cuves qui mouffent beaucoup, dont l'écume épaiffe ne céde
entiérement à lafperlion de T'huile, &c dont la partie qui refte dans les point
i
bleu célefte, dénotent la putréfaction,
coins, eft d'un
L'excès de putréfaction fe diflingue toujours par un grain plat &
L
refte fufpendu entre deux eaux, ou qui ne cale pas bien. Le grain affeête évafé , aflez qui
communément différentes formes fuivant la diverfité des faifons : le
vieux occafionne un petit grain plat & évafé; le temps
temps plufavorable, un
rond
comme le fable ; les temps de féchereffe, un grain élongé en forme de grain
at ixy
L'Indigotier doit avoir attention de ne pas confondre le petit grain plat & pointe,
cats
provenant de la qualité propre de l'herbe, avec celui le défaur évafé,
de fermentation d'une bonne herbe rendent à
que
ou l'excès
bue
la foibleffe
peu-près femblables; ; cars'il attrimal-à-propos
ou petiteffe naturelle de ce grain à l'une ou l'autre
de. çes circonftances accidentelles, il court rifque, en
le
comme pour une herbe trop fermentée de n'en ménageant trop battage
pourroit, & en le
pas tirer tout le parti qu'il
forçant comme s'il manquoit de fermentation, de
totalement la cuve, ou d'en altérer confidérablement leproduit.
perdre
peu-près femblables; ; cars'il attrimal-à-propos
ou petiteffe naturelle de ce grain à l'une ou l'autre
de. çes circonftances accidentelles, il court rifque, en
le
comme pour une herbe trop fermentée de n'en ménageant trop battage
pourroit, & en le
pas tirer tout le parti qu'il
forçant comme s'il manquoit de fermentation, de
totalement la cuve, ou d'en altérer confidérablement leproduit.
perdre --- Page 94 ---
I N DIGOTIE R. LIVRE III. obfervera encore que toute diffolution du grain, principalement
celle LIndigotier eft caufée par excès de battage, occafionne toujours une craffe noiqui ardoifée fur les facs dans lefquels on met la matiere à s'égoutter, & que
râtre diffolution ou
fe manifefte fur la cuye après le battage 2 par une pellila
putride d'un luiant
fait &c enveloppe la fécule jufques
cule blanchâtre,
plombé qui
enduit. dansles facs, dont elle bouche les palffages en les couvrant d'un femblable
Ainfiil regardera en général la crafle d'un brun ardoifé 2 comme l'effet d'un grain
diffous par trop de battage & la pellicule blanchâtre ou plombée, comme prod'un
de fermentation. Or, comme la putréfaction s'opere non-feu. venant
excès
encore
lement par un trop long féjour de l'herbe dans la Trempoire 2 mais
pendu moins en
tout T'effet; il
dant le cours d'un tropl long battage > qui
produit
d'une
n'eft point furprenant de voir les facs d'une cuye trop battue, couverts
craffe ardoifée entremêlée de veines plombées. La pellicule qui fe produit fur la Batterie 2 n'annonce au refte la putréfaction
que dans les cas oùi elle fe divife quelque temps après le battage, en petites
pieces qu'on appelle Crapeaux ou Caillebottes. On donne auffi quelquefois pour marque d'une cuve qui manque de ferd'un
fuffifant, l'enduit cuivré dont les facs font couverts;
mentation ou
battage
la caufe,
mais il n'y a guere que celui qui fait l'Indigo qui puiffe en diftinguer
fi ce n'eft dans les cas oà le cuivrage eft entremélé de veines ardoifées ou plombées ; tous ces fignes, fur-tout le dernier 2 étant fort douteux & incertains, ,
l'indice de la craffe plombée eft fujette à plufieurs exceptions dont
parce que à mefure
l'occafion s'en préfentera. L'Indigo molaffe, c'eftnous parlerons
confiftance que
l'a verfé dans la caiffe 2 prouve aufli
à-dire, fans aucune
après qu'on
un vice, foit dans la fermentation 2 foit dans le battage. Le défaut de IIndigo, qui étant fec devient friable, ou s'écrafe aifément,
P
provient, quand d'ailleurs la qualité n'en eft pas mauvaife, de la coupe d'une
herbe qui n'étoit pas affezmôre 2 ou de la foibleffe du battage d'une cuve dont
T'herbe n'avoit pas affez fermenté; mais la pâte d'un Indigo tout noir & celle
d'un Indigo ardoifé, picotté de blanc, d'un grain fuivi ou fans liaifon, dénote
toujours un excès de fermentation ou de battage.
ément,
P
provient, quand d'ailleurs la qualité n'en eft pas mauvaife, de la coupe d'une
herbe qui n'étoit pas affezmôre 2 ou de la foibleffe du battage d'une cuve dont
T'herbe n'avoit pas affez fermenté; mais la pâte d'un Indigo tout noir & celle
d'un Indigo ardoifé, picotté de blanc, d'un grain fuivi ou fans liaifon, dénote
toujours un excès de fermentation ou de battage. conrluasiond
LIndigotier tiendra pour maxime invariable, que fil'herbe eft déja un peu trop
fermentée, il doit en ménager le battage; ; que fi elle ne left pas affez, ,il doit le
poulfer; & que fi la cuve 'eftà fon jufte point, il ne doit point le forcer. Il obfervera de plus quel le battage fe regle non-feulement fur la fermentation, 2
mais encore fur la qualité de l'herbe. Ainfi, quoiqu'il convienne en général de
pouffer le battage d'une herbe qui n'a point affez fermenté, il faudra cependant
I'herbe eft affoiblie les
ou Thumidité de fon
le ménager un peu lorfque
par pluies
terrein.
jufte point, il ne doit point le forcer. Il obfervera de plus quel le battage fe regle non-feulement fur la fermentation, 2
mais encore fur la qualité de l'herbe. Ainfi, quoiqu'il convienne en général de
pouffer le battage d'une herbe qui n'a point affez fermenté, il faudra cependant
I'herbe eft affoiblie les
ou Thumidité de fon
le ménager un peu lorfque
par pluies
terrein. Il fuivra la même regle à l'égard d'une herbe qui a éprouvé trop de fec ,
en tenant un milieu entre celui de la bonne herbe & d'une herbe qui a effuyé
trop de pluie; il en conclura enfin que, hormis les régles qui font propres à
ces --- Page 95 ---
CHAP. II. Du Batage de PIndigo.
àl la fer- 93 7
fortes de cas
on doit en général conformer le battage
ces
particuliers, fiune herbe eft de qualitéà exiger une longue fermentation, c'elt-à-dire, que
d'ailleurs
mentation, on doit pareillement lui donner un long battage, quand
la jufte fermentation dont elle a befoin. On en agira ainfi proelle a éprouvé
On
portionnellemencàl l'égard de celle qui demande une moins longue digeftion.
occafion
les chaleurs font fortes, plus l'herbe auffi
doit répéter à cette
s queplus
de fon féjour dans la cuve par
a de corps & de fubltance, , & que la longueur celle eft caufée le reà fa qualité, ne doit pas fe confondre avec
qui
par
rapport
dont la continuation affoiblit infenfiblement le corps de
froidiffement de l'air,
refte dans la
la plante, , qui demande en ce cas moins de battage, quoiqu'elle de
l'une
aufli long-temps que l'autre; mais fi elles ont autant corps
Trempoire lautre, il eft vifible que la derniere doit cuver plus long.temps, quoiquil
que
ne faille leur donner qu'un battage égal.
&à la
de I'herbe, OCCe rapport évident du battage à la fermentation
qualité traitements dont le
cafionne différentes combinaifons & par conféquent divers
détail nous engage à partager ce Chapitre en trois articles.
à leur jufte
Dans le premier, a nous fippoferons trois cuves prifes également
dont la premiere contiendra une herbe de bonne venue,
point de fermentation, herbe altérée les pluies, & la troifieme par le fec. Nous Y
la feconde, une
par
à faire connoître ces difjoindrons les indices particuliers à la Batterie, propres
férentes circonftances & le battage qui leur convient.
a
dans le fecond article, trois cuves d'herbe femblables
Nous repréfenterons
mais qui toutes trois n'ont point affez fermenté.
celles de l'article précédent,
article les mêmes objets relativement à une
Nous expoferons dans le troifiéme
fermentation peu excédée, ou dont la putréfaction n'eft qu'ébauchée.
A R T I CLE E P R EMI E R.
bumse
Du Batage d'une, herbe qui a bien cuvé.
de bonne herbe prife à fon jufte degré de
L'INDIGOTIER qui traite une cuve
en
doit bien fe garder d'en forcer le battage; ; car pour peu qu'il
fermentation 2
beau luftre àl l'Indigo. Le moyen de ne pas l'excéder,
donne trop, il ôte fon plus
eft fur fon
ou que les parties
eft d'oblerver exaétement le grain lorfqu'il
gros, deft alors
à s'accrocher & à former de petites maffes;
quil
éparfes commencent3
diminution lagitation du Buquet
doit examiner l'effet du raffinage, ou la
que leur étendue change
occafionne fur elles: car peu après leur plus grand amas,
de
ellesfe refferrent, s'arrondiffent & Sappéfantiffent
de forme & de volume ;
des
de fable fin, au fond de
maniere à rouler les unes fur les autres comme grains
doit
diftinétement de la liqueur, qui pala taffe où elles calent en fe dégageant
les fubtiles qui couvrent
roître alors claire & nette: : les particules du grain plus A a
INDIGOTIER.
ionne fur elles: car peu après leur plus grand amas,
de
ellesfe refferrent, s'arrondiffent & Sappéfantiffent
de forme & de volume ;
des
de fable fin, au fond de
maniere à rouler les unes fur les autres comme grains
doit
diftinétement de la liqueur, qui pala taffe où elles calent en fe dégageant
les fubtiles qui couvrent
roître alors claire & nette: : les particules du grain plus A a
INDIGOTIER. --- Page 96 ---
INDICOTI E R. le fond de la tafle
LIFRE III. e
&
cherchent, , quand on la penche , à
en laiffent le côté le plus élevé bien
rejoindre le gros grain,
appelle faire la preuve. On fait
net & fans aucune craffe; c'eft ce qu'on
met le Pouce dans la taffe, encore cette preuve d'une autre maniere; on
fur I'endroit où l'eau eft le lorfqu'elle eft penchée 8c prefqu'a moitié pleine,
qui eft nud &
plus bas; fi elle remonte tout d'un coup vers le bord
manifefte découvert, ceft un pronoftic du ficcès de la cuve. Cet effet fe
le fond de encore la tafle, plus clairement quand on appuie le pouce un peu ferme fur
L'écume entre auffi dans la claffe des
bien fermentée & bien
indices; en cffer, quand l'herbe eft
battue, l'écume
en eft légere, vive, pleine de
qui participe aux qualités de l'extrait,
de Thuile deffiis, dans le
groffes empoules pétillantes, & lorfqu'on
certain
cours du batrage, elle fc diflipe fur le
avec jette
frémiffement fec & très-facile à diftinguer de loin; enfin champ
un
naturellement d'elle-mme, lorfque le
elle difparoie
on lailfe la cuve
Si
battage ayant été amené à fà
tranquille. au contraire une demi-heure
perfection,
qu'il eft cefléc, , il refte comme une petite bordure
ou une heure après
de ce vaifleau 3 ceft une marque
l'herbe d'écume tout autour du quarré
on force le battage lorfqu'il eft que
n'a point allez fermenté, Mais fi
du grain, & on rompt celles parfait, on détache les parties les plus
qui ont le moins de liaifon. De la
légeres
mieres, il réfulte un grain
refte
divifion des preperte, & de la divifion des volage qui
entre deux eaux & s'écoule en
fecondes un dépôt qui remplit les
pure
grain, & s'oppofe à fon épurement dans la
intervalles du gros
les iffires en enduifant les dehors
cuve & dans les facs dont il bouche
d'une craffe ardoifée
ceux d'une cuve fermentée & battue à
qu'on ne voit point far
& bien nets. De-là
propos, dont les facs font
fecs
vient une caiffe de fécule
toujours
fà confiftance, s éprouve tous les inconvénients liquide qui, avant d'avoir acquis
la defeription de la manipulation, diminue de dont nous avons parlé à la fin de
de peu de valeur. moitié & ne produit qu'un Indigo
Ainfi il Vaut mieux pécher par défaut de
défaut caufe une diminution fur le
battage que par excès; ; car, fi ce
du moins eftimer &
produit, la qualité de ce qui refte le fera
paffer parmi le bon ; d'ailleurs on
comme nous le ferons voir à la fîn de ce
peut remédier à ce défaur,
Sil IIndigotier traite une cuve d'herbe Chapitre.
moitié & ne produit qu'un Indigo
Ainfi il Vaut mieux pécher par défaut de
défaut caufe une diminution fur le
battage que par excès; ; car, fi ce
du moins eftimer &
produit, la qualité de ce qui refte le fera
paffer parmi le bon ; d'ailleurs on
comme nous le ferons voir à la fîn de ce
peut remédier à ce défaur,
Sil IIndigotier traite une cuve d'herbe Chapitre. heureufement rencontré le jufte
venue dans un terrcin nhumide, dont il ait
point de
nuer du battage de la
fermentation, il doit beaucoup dimifon de fon grain ; du précédente, refte il fe crainte d'altérer & de détruire la foible liaiduétion de ce
rappellera ce que nous avons dit dans
Chapitre, au fujet de
de
l'Introle petit grain de cette herbe avec celui l'efpece d'une reffemblance qu'a naturellement
mentée, & il en arrêtera lc battage dès bonne herbe trop ou trop peu fernette.
nuer du battage de la
fermentation, il doit beaucoup dimifon de fon grain ; du précédente, refte il fe crainte d'altérer & de détruire la foible liaiduétion de ce
rappellera ce que nous avons dit dans
Chapitre, au fujet de
de
l'Introle petit grain de cette herbe avec celui l'efpece d'une reffemblance qu'a naturellement
mentée, & il en arrêtera lc battage dès bonne herbe trop ou trop peu fernette. S'il travaille fur une herbe
quil verra le grain formé & l'eau bien
de la coupe foit
qui ait éprouvé trop de fec, ou dont le
pallé, & qu'il parvienne à l'amener à fon
temps
julte point de --- Page 97 ---
EV CHAR. II, Du Battage de PIndigo. 1
il en modérera le battage, aini que nous avons dit, afin de méfermentation,
qu'il trouvera d'ordinaire élongé
nager la foible liaifon d'un grain apauvri, des indices ci-deffus pour en arrêter lc
en forme de pointe; ; au refte il fe fervira
battage.
A RI TIC L.I E. SECOND.
Du Battage d'une herbe qui rapasa afferfermentt
d'excéder la fermentation, fait qu'on en atteint rareLA crainte où l'on eft
l'écume de la Batterie
le
il eft aifé de reconnoître ce cas par
ment jufte point;
cependant fort
qui eft verdâtre, le plus ordinairement légere > quelquefois de P'huile. Cette écume
groffe, mais qui difparoit dans le moment qu'on yjette fouvent dans les coins qui paeft fujette à fe reproduire bientôt, & il en refte
& fe porter fur la foiroît d'un violet foncé; mais il ne faut pas s'en inquiéter,
à en ménager
en
d'un excès de fermenration,
bleffe du grain, fufpect apparence T'herbe eft de bonne qualité, le pouffer
le battage ; on doit au contraire, 2 fi
s'en
un
jufqu'à n'en plus voir du tout, & jufqu'à ce qu'il préfente
quelquefois
bien
cette eau fera alors le plus fouvent
autre bien formé avec une eau
nette; de la bierre, d'autant plus foncée
d'un verd clair ou d'une couleur rouffe comme
feront bien nets.
la fermentation aura été plus foible: au refte les facs en
des
que
égard à fa foibleffe, on ménage ce petit grain errant, qui ne
Mais fi par
fe délivrer des obftacles qui s'oppofent à une
mande qu'une façon de plus pour
occalionnera la perte de quantité
jondtion plus confidérable ; ce défaut d'apprèt
lâchera la cuve, une imper:
lorfqu'on
de principes non formés quisécouleront! rendra le dépôt très-difficile à égoutter,
feétion de liaifon dans le grain, , qui en
choc; défaut
elt fujette
friable au moindre
auquel
& lIndigo qui en proviendra,
aflez cuvé, & dont l'extrait n'a point été
la fécule d'une herbe qui n'a point
des fucs
On
après le battage une eau verte qui provient
aflez battu. appercevra
a laiffés dans leur état naturel, & les facs feque la foibleffe de cette opération
Gleau verte de la cuvei procuivrés. Ce dernier indice fert à faire connoitre
ront
de battage ou d'u un excès de fermentation, ce qui eft de
vient d'un ménagement
conféquence pour régler le battage fuivant. bas & humide, ou par celle de la faifon
Si par la circonftance d'un terrein
d'une
vient à travailler fur une herbe dont la qualité fufpeéte
pluvicufe, 2 on
de prévenir le jufte point de fà fermentation, les
diffolution infenfible, oblige à la liaifon des parties font bientôt diflipés, &
foibles obftacles qui s' oppofent
ne tarde pas à
le grain qui par la qualité de cette herbe eft naturellement petit,
point
Ces deux circonftances, qui peuvent faire préfumer quiln'elt
fe former.
caufe
en excede le battage, quoiencore à fa perfection, font fouvent
qu'on
de cette méprife,
qo'il foit déja parfait. Mais on préviendra les inconvénients battre dès
en
vifitant la cuve de bonne heure & en ceflant de la
quele grain
en
oppofent
ne tarde pas à
le grain qui par la qualité de cette herbe eft naturellement petit,
point
Ces deux circonftances, qui peuvent faire préfumer quiln'elt
fe former.
caufe
en excede le battage, quoiencore à fa perfection, font fouvent
qu'on
de cette méprife,
qo'il foit déja parfait. Mais on préviendra les inconvénients battre dès
en
vifitant la cuve de bonne heure & en ceflant de la
quele grain
en --- Page 98 ---
I NDIGOTIE, R. LIYRE III.
formé
l'eau s'en féparera nette, & fur-tout, fi l'on
fera fuffifamment
3 que
s'apperçoir que l'écume réfifte à Phuile.
Lorfqu'on doit battre une cuve d'herbe ravagée par la Chenille, dont on auroit
retranché jufqu'à une ou deux heures de fermentation, par la crainte d'en altérer
la qualité, il faut aufli en ménager le battage, & fe donner de garde d'en trop
rafiner le grain ; car la craffe qu'elle aura pu jetter far la Trempoire, annonce
à la diffolution putride, ayec tous les inconvénients qui
une difpolition prochaine
feront cuivrés comme ceux de toutes les
en réfultent. Les facs de cet Indigo
de fermentation, & dont on a épargné le battage.
cuves qui manquent
Enfin s'il eft queftion de battre une cuve d'herbe qui ait effiuyé une trop longue
laiffé
le
de la
& dont on ait arrêté
féchereffe, ou dont on a
paffer temps
coupe,
forcera raifonnablement le battage, & on fe fervira
trop-tôt la diffolution , on en
des indices ordinaires pour en régler la mefure.
ARTICLE TROISIE M E.
Du Bauage d'une herbe dont la diffolution eft excédée d'i 'une ou deux heures
dans les beaux temps.
le
& embrouillé d'une cuve
IL eft important de ne pas confondre grain plat
de bonne herbe qui a trop de pourriture, avec celui de la même herbe qui n'a
affez fermenté, ou d'une herbe de mauvaife qualité, quoique bien ferpoint
encore d'une cuve
battue. On connoîtra l'état & le vice de
mentée, ou
trop
celle dont nous parlons, par fon écume graffe & épaiffe que l'huile ne fait prefpoint diminuer, & par celle qui s'amaffe dans les coins de la Batterie 2 dont
que la couleur eft d'un bleu célefte, par fon grain évafé & qui fe forme beaucoup
plus vite qu'à l'ordinaire, de même que par fon eau plus ou moins chargée de
ne
dans la taffe ni dans le vaiffeau, même après le battage,
bleu, , laquelle peut
celle d'une bonne cuve, & brunit de plus
fe clarifier & fe féparer comme
qui
en plus à mefure qu'on pourfuit ce travail. Sur ces remarques, preuves infaillibles
de fon excès, & fur la conformité que la cuve peut avoir avec ces indices, l'Indoit prendre toutes fes précautions, & mefurer le battage en confédigotier Voici
obfervera dès le
fera fur fon
ne faut
quence.
ce qu'il
que grain
gros:il
qu'il quitte la taffe, parce que chaque coup de Buquet y fait impreffion.
pas Lorfquila trouvé le moment où le grain eft paffablement rond, il doit ceffer
le battage fans chercher à rafiner ou refferrer la liaifon de fes parties. Quand il
trouvera
l'eau brunit dans la taffe à vue d'oeilà
eft paryenu à ce terme 2 il
que
mefure qu'elle fe repofe ; cela n'empèchera pas qu'elle ne foit verte & brune
dans la cuve, à l'exception de la fuperficie fur laquelle il fe forme une efpece de
crême ou glacis qui la couvre quelques heures après le repos 9 & fe divife enfuite
en pieces qu'on appelle Caillebottes. Ceft là d'oà provient cet enduit plombé
qui
affe à vue d'oeilà
eft paryenu à ce terme 2 il
que
mefure qu'elle fe repofe ; cela n'empèchera pas qu'elle ne foit verte & brune
dans la cuve, à l'exception de la fuperficie fur laquelle il fe forme une efpece de
crême ou glacis qui la couvre quelques heures après le repos 9 & fe divife enfuite
en pieces qu'on appelle Caillebottes. Ceft là d'oà provient cet enduit plombé
qui --- Page 99 ---
CHAP, II. Du Bauage de P'Indigo.
qui paroit fur les facs,qu'on doit attribuer icià la diflolution des
parties 2 caufée
par excès de fermentation, 2 dont l'effet eft de remplir tous lcs intervalles du
grain le mieux formé, & de l'empêcher de s'égoutter; c'eft pourquoi dans
toutes ces rencontres on tâche d'enlever, autant qu'il eft poflible, cette craffe
avec une plume ou fougere de mer. Malgré ces précautions & la bonne qualité
de Therbe, on ne peut fouvent en tirer qu'un Indigo terne ou ardoifé & de mauvaife confiftance. Cette craffe fir les facs dénote une heure d'excès de fermentation & même deux ou trois, fil'on eft dans la belle faifon où T'herbe produifant
une plus grande quantité d'efprits 2 l'action des autres principes qui tendent à la
putréfaétion complette, eft plus long-temps fufpendue.
L'eau qui après le battage paroit brune, eft une preuve infaillible de
faction. Ilya encore une efpece de putréfaétion dont les indices font différents putréde ceux-ci:on trouve après le battage une eau clairette; on a même quelquefois
bien de la peine à s'appercevoir de fon vice : l'eau refte nette & fans craffe.
Ces fortes de cuyes écument beaucoup & font faciles à battre, parce que le
grain fe forme promptement; ; mais elles fonc difficiles à égoutter.
S'il eft queftion d'une herbe de foible qualité déja paffée en putréfaction,
rarement fera-t-elle en état de fuapporter le battage; ; ainfi il fera nul ou le plus
foible de tous, & l'Indigo, fi on en retire de cette cuye, fera de plus mauvaife
qualité.
Si l'herbe eft de l'efpecc de celles qui ont fouffert le fec, ou dont le temps de
la coupe foit paffé, & qu'on en ait laiffé effeurer la putréfaétion, on en ménagera finguliérement le battage.
Nonobflant tous ces foins, on ne doit s'attendre à rien de bon de ces fortes de
cuves. Si cependant la pourriture n'eft excédée que d'une ou deux heures dans
les beaux temps, ce défaut n'occafionnera que la perte de quelques liyres d'Indigo, & f qualité en fouffrira très-peu,
On peut comprendre, d'après tout ce que nous ayons dit dans le cours
de cet Ouvrage 3 combien il eft important de ne pas confondre les indices, afin de ne pas diminuer ou augmenter le battage au lieu de la fermentation, & la fermentation au lieu du bartage ; & afin de juger fainement des cas où l'on doit recommencer cette derniere opération, Un Indigotier peut fe rencontrer dans le cas de recommencer le battage d'une cuve qu'il
aura craint de trop pouffer, foit qu'il ait foupçonné mal à propos fon herbe d'étre trop fermentée 2 tandis qu'elle ne l'eft pas aflez, & que faute d'un
convenable le grain tarde trop long-temps à fe préfenter; foit qu'il paroilfe battage d'une
foiblefle ou d'un embrouillement propreà faire croire qu'ila déja trop fouffert du
Buquet: on peut alors fufpendre le battage, & laiffer repofer la matiere une ou
Oep
deux heures, afin de s'en éclaircir plus amplement par la qualité de l'eau. Si au
nie
bout de ce temps, pendant lequel la fermentation fe perfectionne, on
une eau chargée fiur le verd & un filet d'écume tout autour de la cuve, remarque comme
INDIGOTIER.
Bb
ou d'un embrouillement propreà faire croire qu'ila déja trop fouffert du
Buquet: on peut alors fufpendre le battage, & laiffer repofer la matiere une ou
Oep
deux heures, afin de s'en éclaircir plus amplement par la qualité de l'eau. Si au
nie
bout de ce temps, pendant lequel la fermentation fe perfectionne, on
une eau chargée fiur le verd & un filet d'écume tout autour de la cuve, remarque comme
INDIGOTIER.
Bb --- Page 100 ---
INDICOTIE R. LIVRE III. celle d'un pot qui commence à bouillir, il convient de recommencer le battage: fous peu il renaît un fecond grain bien plus gros que le premier; mais
comme il eft d'abord plat & informe, on le rafine & on l'arrondit à force de
battage, L'eau 3 de quelque couleur qu'elle foit, s'en fépare alors nette &
8c s'égoutte enfuite parfaitement. On n'ufera
de
claire,
dans le cas où l'on
cependant
ce moyen que
obfervera une eau d'un verd tirant fur le
ou d'un
roux qui fera d'autant plus fort que le degré de
jaune,
fermentation aura été
plus foible. Mais comme cette couleur qui eft d'un bon
fc
contre quelquefois ayec la plus jufte fermentation, & même préfage , renen certaines
circonflances avec la putréfadtion, IIndigotier fe rappellera s'il n'a
qu'une légere écume fir la cuye lors du battage, & fi elle eft partie nette apperçu lorf
qu'on l'a ceffé. Ces remarques 2. jointes à celles du grain informe &
quent un fecond
mais il ne doit faire
errant 2 indibattage;
pas
partir un
en faire venir un fecond, , fi, après le terme de fon
premier grain pour
bleuâtre fur un fond
repos 2 l'eau paroit d'un brun
verd: ces couleurs annoncent un excès de
la néceflité d'un foible
fermentation &
battage qu'il a reçu & auquel on doit fe
couleur bleue répandue dans la
borner; car la
par la fermentation & diffous cuve, provient d'yne partie du grain trop affoibli
par le battage, ce qui en détermine le
ment. La couleur verte prouve que la putréfaction & le
ménageachevés, puifqu'il exifte encore des fics qui n'auroient battage ne font point
pourriture étoit
point cette couleur fi la
exceflive, ou fi par un battage convenable à leur
ils
avoient acquis la forme de grain. qualité,
Iln'eft point étonnant que la multiplicité de tant d'obftacles fafle
échouer le plus habile
quelquefois
Indigotier 9 & à plus forte raifon ceux
de fcience; c'eft pourquoi
qui n'ont pas autant
perdre entiérement le fruit quelques-uns de leurs
ont imaginé deux moyens pour ne pas
travaux, foit qu'ils ayent erré dans la
mentation ou dans le battage.
ils
avoient acquis la forme de grain. qualité,
Iln'eft point étonnant que la multiplicité de tant d'obftacles fafle
échouer le plus habile
quelquefois
Indigotier 9 & à plus forte raifon ceux
de fcience; c'eft pourquoi
qui n'ont pas autant
perdre entiérement le fruit quelques-uns de leurs
ont imaginé deux moyens pour ne pas
travaux, foit qu'ils ayent erré dans la
mentation ou dans le battage. ferL'un eft de remettre l'eau ou l'extrait entier d'une cuve trop battue
d'herbe
fur la cuve
fuivante 2 dans l'efpérance de rendre le produit de celle-ci
rable. J'ignore le fuccès de cette expérience; mais
plus confidéà rien de
je préfime qu'elle n'a conduit
bon 2 & je penfe qu'on ne doit jamais rifquer de gâter une feconde
pour réparer la perte de la premicre. cuve
L'autre moyen ufité par quelques-uns, eft de faire écouler le
de la Batterie, toute l'eau embrouillée fe
par premierdaleau
fervent le refte qui eft
qui préfentc, à cette hauteur; ils rétoujours beaucoup plus épais,le tranfvafent
diere mife fur le feu, & en font évaporer la plus
dans une chautierc, qui répand une odeur fort défagréable, eft grande partie. Quand cette madans les fàcs qui rendent d'abord
un peu épaiflie, ils la mettent
quatre heures ils
une eau extrémement rouffe ; au bout de vinge
l'étendent fur les caiffes, fans qu'elle ait beaucoup
de fa
Auidité; lorfqu'elle a été expofée
perdu
de la
mais ils
quelques jours au foleil, elle fe fend comme
boue,
ont foin de la réunir avec la truelle; enfin ils la
coupent --- Page 101 ---
CHAP. IL Du Battage de l'Indigo. par carreaux, qui deviennent enfuite fi durs, qu'il eft
de
avec la main, & leur fraélure ne
impofible los rompre
Ccj produit
préfente qu'un noir foncé. après tant de peine & de travail, paroit fii
& fi
que prefque tous ceux qui manquent une cuve,
ingrat
dégoûtant,
ment fur le champ; l'infeétion
préferent de l'écouler entiéreengager à n'y avoir aucun
que répand une cuve trop pourrie, doit les
regret. Olfervation fur Lufage des Mucilages dans la Fabrique de
l'Indigo. LoRSQUE nous ayonsi rapporté dans le fixieme
les différents moyens qu'on a imaginés
Chapitre du Liv.I,pag. 36& 37,
avons particuliérement cité le
pour précipiter la fécule de IIndigo, nous
ou de Bois à
&
Bois-canon ou trompette, la racine de
enivrer, nous avons rapporté la
Sénapou
cet objet. Nous avons ajouté dans la Note eft propriété de leur mucilage pour
gouffes du Gombeau fournifloient
qui au bas de la page 37, que les
auffi en décoétion, 2 l'on
même
décodlion, une matiere mucilagineufe
peut
dire fans
Bois-canon ; nous aurions
qui nous paroit tres-propre à remplacer le
pu y joindre I'Herbe à balar,p
mucilage qui produit le même effet,
puifqu'elle contient un Sanlesduly
laiffe tomber la falive mélée
lorfqu'on en mâche un brin &
avec fon fuc dans la
qu'on
grès de la fermentation, , &c.
étion, 2 l'on
même
décodlion, une matiere mucilagineufe
peut
dire fans
Bois-canon ; nous aurions
qui nous paroit tres-propre à remplacer le
pu y joindre I'Herbe à balar,p
mucilage qui produit le même effet,
puifqu'elle contient un Sanlesduly
laiffe tomber la falive mélée
lorfqu'on en mâche un brin &
avec fon fuc dans la
qu'on
grès de la fermentation, , &c. Au
taffe, pour connoitre les proDominguc, oà il fe fabrique furplus je n'ai point vu ni entendu dire à Saintde
encore une grande
ufage cet ingrédient ni des autres,
quantité d'Indigo, qu'on ait fait
tiere. Nous ne doutons
pour précipiter la fécule d'une cuve enpas l'emploi aufli
cependant pas de fon eficacité; mais nous n'en croyons
qui n'en ont vu avantageux que quelques perfonnes venues de Cayenne, &
le
que fiperficiellement la manipulation dans
prétendent: : car pour tirer tout le
des demi-barriques,
faut la battre, & quand elle eft battue grain qui peut fe former dans une cuve, il
contient de principes propres à donner de convenablement, tout ce que l'extrait
en grain; dans ce cas il n'eft plus néceffàire IIndigo, de
fe transforme entiérement
piter, puifqu'il cale de
recourir à l'artifice pour le
&
lui-même au bout de deux heures ou
précique pendant ce temps il eft indifférent la
quatre tout au plus,
puifqu'en fuppofant qu'on
que Batterie foit vuide ou
tôt
embarque de nouvelle herbe dans la
pleine,
qu'on en a tiré la précédente, on a au moins dix à douze Trempoire aufliavantqu'elle foit bonne à larguer ou à couler. Mais filon
heures à courir
l'extrait ayant qu'il ait reçu un battage
verfe lc mucilage dans
tout l'effet que nous avons dit ci-deffus; le convenable 2 & capable de produire
traînera quel les parties de
; réfeau que forme le mucilage, n'enn'ya pas dapperence IIndigo formé fur lefquelles il peut avoir prife, &il
battage
qu'il transforme en grain les principes de
auroic réduits fous cette forme; ; ainfi dans ce fecond IIndigo que le
cilage ne préfente point encore un
cas l'addition du mugluante qui fe précipice avec.
ci-deffus; le convenable 2 & capable de produire
traînera quel les parties de
; réfeau que forme le mucilage, n'enn'ya pas dapperence IIndigo formé fur lefquelles il peut avoir prife, &il
battage
qu'il transforme en grain les principes de
auroic réduits fous cette forme; ; ainfi dans ce fecond IIndigo que le
cilage ne préfente point encore un
cas l'addition du mugluante qui fe précipice avec. la fécule avantage réel; au contraire, cette matiere
qu'elle entraine, doit la rendre très-diffi-
(11 Malya
aifo
mfrt --- Page 102 ---
IOO
I NDICOTIE R. LIVRE IIL
cileàé égoutter, s & iln'eft pas même bien sûr qu'en prenant la précaution de la
faire fécher en tablettes très-minces, fa qualité n'en fàt pas altérée. Mais nous
penfons qu'on pourroit fe fervir utilement des mucilages lorfqu'on a
laiffé
fermenter une herbe, 2 & qu'on eft obligé d'cn ménager le grain qui ne trop fouf.
frir un long battage; : ou quand,par un excès de battage 3 on a diffous le peut
feroit impoflible de retenir fans cet
grain qu'il
nable & bien
expédient, qui nous paroit alors très-convefupérieur à tous ceux que nous ayons rapportés avant d'entamer ce
dernier article.
TABLE
Des Noms , Qualités 8 Prix de TIndigo. ( 5
Les habitants de Saint-Domingue diflinguent les qualités de
de la
maniere fuivante, & l'eflime qu'ils en font eft relative à l'ordre dans l'Indigo
allons les expofer.
lequel nous
Le Bleu flottant ou nageant fur l'eau, dontle grain tendre & peu ferré
une fibftance légere & trés-inflammable.
forme
Le Violet, qui a un peu plus de confiftance.
Le Gorge de pigeon, dont l'éclat approche d'un violet
eft
plus folide.
purpurin, encore
Le Cuivré, ou celui qui a l'apparence d'un cuivre rouge quand on
l'ongle fur un morceau qu'on vient de rompre, eft le plus ferme de tous. paffe
LArdoife & le Terne picotté de blanc, compofés d'un grain fuivi ou fans liaifon, font les dernieres qualités.
Nous ne faifons point entrer dans ce rang l'Indigo dont la pâte eft entremêlée
de veines ardoifées, parce qu'à proprement parler cette efpece intermédiaire
forme point une qualité décidée.
ne
Prix en France des diftrentes qualités d'Indigo, extrait de la Gageue
culture, Commerce, Arts e Finances, du 23 Janvier
d'Agri1770.
INDIGO bleu & violet de S. Domingue 2 8 liv. IO fà9 liv.
dito mêlé. .
..à8. 5 f
dito cuivré fin .
6.. IS
>à Bordeaux,
dito ordinaire .
6 . 8..à6...10
Indigo cuivré fin .
dito cuivré
6ln.s06a6lNe.rgf
ordinaire.
...8.26..10
dito mélangé
à
àl Nantes,
dito bleu
IO
at Ditail
II
tou 9. Sitail
D
9.
Ltatimin
W.
fà9 liv.
dito mêlé. .
..à8. 5 f
dito cuivré fin .
6.. IS
>à Bordeaux,
dito ordinaire .
6 . 8..à6...10
Indigo cuivré fin .
dito cuivré
6ln.s06a6lNe.rgf
ordinaire.
...8.26..10
dito mélangé
à
àl Nantes,
dito bleu
IO
at Ditail
II
tou 9. Sitail
D
9.
Ltatimin
W. --- Page 103 ---
Noms 6 Prix de PIndigo.
IOI
IL nous vient quelquefois de l'Etranger des Indigos dont j'ignore le prix;
les uns ont des noms relatifs à leurs qualités, & les autres aux lieux de leur fabrique. De ce premier nombre font le Laure 2 le Flor, le Corricolor 3 le Sobrefaliente, &c;& du fecond, font l'Indigo dit Guatimalo 3 du crû del'Amérique;
le Java, le Bayana, & tous ceux que nous avons cités dans le fixieme Chapitre du premier Livre, en parlant de la culture & de la fabrique de l'Indigo
dans les différentes parties de la baute Afie & des Illes adjacentes.
F I N.
TS
5Y
de
VLS
INDIGOTIER.
Cc --- Page 104 ---
IO2
EXPLICATION DES FIGURES
CONCERNANT L'ART DE LINDIGOTIERPLANCHE PREMI E R E.
Figure premiere.
far la
d'après nature, inférée dans les
IxpiGo élevé en France, calqué
figure
Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1718 page 92.
Figure 2.
Feuille d'une efpece d'Indigo du Sénégal, dont M. Adanfon, de l'Académie
des Sciences, nous a dit avoir toujours tiré un Indigo bleu flottant, d'une couleur approchant de l'azur.
Figure 3.
l'Indigo dont nous venons de parler dans l'explication
Gouffe ou filique de
de la figure 2.
Figure 4d'Indigo rampant qui croit au Bréfil & dans la nouvelle Efpagne 9 dont
Efpece la
dans I'Hiftoire Naturelle du Bréfil, , par Pifon, Liv. 4, page
on a copié figure
Médicales, Liv. 4, page 109, & en quelques Editions,
198. Tréfor des Matieres
pages 57 & 58.
Figure 5.
d'Indigo riche & précieux de la terre ferme de T'Amérique, dont il
Efpece
la plante copiée dans Pifon comme cidécoule un fuc bleu lorfqu'on rompt
deffus.
PLANC H E II.
Figure I.
INDIGOI nommé Ameri: Jardin Indien Malabare , par M. Rhede, Tome I,
figure 54.
Figure 2.
nommé Colinil, , dont les filiques font recourbées: Jardin Indien MaIndigo
labare, par M. Rhede 2 Tome I , figure 55.
T'Amérique, dont il
Efpece
la plante copiée dans Pifon comme cidécoule un fuc bleu lorfqu'on rompt
deffus.
PLANC H E II.
Figure I.
INDIGOI nommé Ameri: Jardin Indien Malabare , par M. Rhede, Tome I,
figure 54.
Figure 2.
nommé Colinil, , dont les filiques font recourbées: Jardin Indien MaIndigo
labare, par M. Rhede 2 Tome I , figure 55. --- Page 105 ---
Explication des Figures.
IO3
PLANCHE de III
Figure I.
INDIGO nommé Tarron. Herbier d'Amboine 2 par Rumphe, cinquiéme
Partic, Chap. 39 2 page 220.
Figure 2.
Rameau & fliques de grandeur naturelle , détachées de la plante ci-deffis.
P L A N C H E I IV.
Figure I.
PERSPEGTIVE d'une Indigoterie fimple, dont la Pourriture éft chargée &
barrée, & la Batterie montée & prête à battre au Buquet.
A, Trempoire ou Pourriture, vaiffeau où l'on met l'herbe à fermenter.
B, Batterie, vaiffeau où l'on bat l'extrait.
C, Repofoir, troifiéme grand vaiffeau 3 ou efpece d'enclos qui fert à renfermer
le Baflinot ou Diablotin K,fig. 4 G 5, & le Ratelier U, fg. I,
on
auquel fufpend les facs remplis de la fécule de l'Indigo.
455,
D, Poteaux ou Clefs de la Trempoire.
E, Daleau de la Trempoire, qui fe débouche quand l'herbe a fermenté fuf
fifamment.
F, Daleaux de la Batterie, qui s'ouvrent les uns après les autres après le battage & le repos de l'extrait.
G, Barres des Clefs de la Trempoire,
H, Travers ou Barres de la Pourriture qui appuyent fur les Paliffades 1, Vay.
fig. 4.
1, Paliflades ou planches de Palmifte couchées fur l'herbe quand la cuye eft
chargée ou pleine, Voyerhg.4
L, Efcalier du Repofoir.
M, Caiffon du Buquet MO, avec lequel on bat l'extrait.
N, Fourches ou Chandeliers des Buquets.
0, Manche du Buquet MO.
Q, Daleau quarré du Repofoir. Ce Daleau qui eft toujours ouyert, répond au
canal de décharge nommé la Vuide.
U, Ratelier où l'on fulpend les facs pleins de la fécule de IIndigo.
Figure 2.
Perfpective de l'échaffaudage dreffé fir un puits d'Indigoterie pour en tirer
l'eau & remplir la Pourriture après qu'elle a été chargée & barrée.
a, Fourche de la Bafcule,
Buquet MO.
Q, Daleau quarré du Repofoir. Ce Daleau qui eft toujours ouyert, répond au
canal de décharge nommé la Vuide.
U, Ratelier où l'on fulpend les facs pleins de la fécule de IIndigo.
Figure 2.
Perfpective de l'échaffaudage dreffé fir un puits d'Indigoterie pour en tirer
l'eau & remplir la Pourriture après qu'elle a été chargée & barrée.
a, Fourche de la Bafcule, --- Page 106 ---
I04
INDICOTIER
b, Chevron qui forme la Bafcule.
e, Echaffaud.
f Fouet ou cordage du Seau.
8, Dale ou Gouttiere qui conduit l'eau à la Cuve.
I., Negre qui prend un Seau pour en verfer l'eau dans Ia Gouttiere:
1, Negre qui fait monter un Seau qui eft attaché à un des bras de la Bafcule.
P, Puits de l'Indigoterie.
Figure. 3.
Perfpective de la Sécherie & des Établis fur lefquels on met les caiffes rem-:
plies de l'Indigo qu'on veut faire fécher.
T, Bâtiment de la Sécherie.
E, Établis qui fe prolongent fort avant dans l'intérieur du Bâtiment.
On trouvera à la Planche 5 & dans fon explication, tout ce qui concerne le
détail de Ces deux objets.
Figure 4Plan géométral d'une Indigoterie fimple, dont la Pourriture eft chargée &
barrée, & la Batterie montée & prête à battre au Buquet.
L'Échelle qui eft fur la Planche en indique les proportions.
4, Trempoire ou Pourriture, vaiffeau oû l'on met T'herbe à fermenter.
B, Batterie, vaiffeau oà l'on bat l'extrait fortant de la Pourriture.
C, Repofoir, troilieme grand vaiffeau ou efpece d'enclos qui fert à renfermer le
Baffinot ou Diablotin K, & le Ratelier U, auquel on fufpend les facs remplis de la fécule de l'Indigo.
D,Poteaux ou Clefs de la Trempoire.
E,Daleau de la Trempoire, qui fe débouche quand T'herbe a fermenté
fuffifamment.
F, Daleaux de la Batterie, qui s'ouvrent les uns après les autres après le battage & le repos de l'extrait.
G, Barres des Clefs de la Trempoire ou Pourriture.
H, Travers ou Barres de la Pourriture > qui appuyent fir les Paliffades I.
1, Paliffades ou planches de Palmifte couchées fr I'herbe quand la Cuve eft
chargée.
K, Diablotin ou Baflinot qui reçoit la fécule fortant de la Batterie.
L, Efcalier du Repofoir.
M, Caiffon du Buquet M O, avec lequel on bat l'extrait.
N,Fourches ou Chandeliers des Buquets.
O,Manche du Buquet MO.
P,Petite forme ou foffette qui fe trouve au fond du Diablotin K.
Q, Daleau quarré du Repofoir. Ce daleau qui eft toujours ouyert, répond au
Canal de décharge nommé la Vuide.
U;
qui reçoit la fécule fortant de la Batterie.
L, Efcalier du Repofoir.
M, Caiffon du Buquet M O, avec lequel on bat l'extrait.
N,Fourches ou Chandeliers des Buquets.
O,Manche du Buquet MO.
P,Petite forme ou foffette qui fe trouve au fond du Diablotin K.
Q, Daleau quarré du Repofoir. Ce daleau qui eft toujours ouyert, répond au
Canal de décharge nommé la Vuide.
U; --- Page 107 ---
Explication des Figures.
IOS
U, Ratelier auquel on fiufpend les facs remplis de la fécule de lIndigo.
V, Fond du Repofoir,
Figure 5L'Echelle qui eft far la Planche en indique les proportions.
Coupe verticale d'une Indigoterie.
A,' Trempoire ou Pourriture, vaiffeau où l'on met l'herbe à fermenter.
B, Batterie, vaifleau où l'on bat l'extrait fortant de la Pourriture.
C, Repofoir, troifiéme grand vaifeau ou efpece d'enclos qui fert à renfermer
le Diablotin K & le Ratelier U, auquel on fufpend les facs remplis de la
fécule de IIndigo.
D,Poteaux ou Clefs de la Trempoire,
E, Daleau de la Trempoire, qui fe débouche quand l'herbe a fermenté fuffifamment.
F, Daleaux de la Batterie 2 qui s'ouvrent les uns après les autres après le battage & le repos de l'extrait.
G, Barres des Clefs de la Trempoire.
K, Diablotin ou Baflinot qui reçoit la fécule fortant de la Batterie,
L, Efcalier du Repofoir.
N, Fourches des Buquets.
P, Petite forme ou foflette qui fe trouve au fond du Diablotin K.
Q, Daleau quarré & toujours libre, qui répond au canal de décharge nommé la
Vuide.
U, Ratelier auquel on fufpend les facs remplis de la fécule de I'Indigo.
V, Fond du Repofoir.
X, Les Bondes de bois dans lefquelles on perce les trous des Daleaux.
Figure 6.
Cette figure repréfente la taffe d'argent dont on fe fert pour faire la
preuve;
c'eft-à-dire, pour examiner l'état du grain qui fe forme dans l'extrait pendant la
fermentation, & qui fe perfoétionne par le battage.
Figure7.
Cette figure repréfente le cornichon qui eft compofé d'un bout de corne de
boeufajufté à un manche de bois. Cet inftrument fèrt à puifer au fond de la Pourriture & de la Batterie, un peu de l'extrait qu'on verfe dans la taffe Rg. 6, ou
dans la cuye même, lorfqu'on veut fimplement connoître par l'épaiffiffement de
la liqueur, 2 les progrès de la fermentation.
sycies
INDIGOTIER.
Dd
le cornichon qui eft compofé d'un bout de corne de
boeufajufté à un manche de bois. Cet inftrument fèrt à puifer au fond de la Pourriture & de la Batterie, un peu de l'extrait qu'on verfe dans la taffe Rg. 6, ou
dans la cuye même, lorfqu'on veut fimplement connoître par l'épaiffiffement de
la liqueur, 2 les progrès de la fermentation.
sycies
INDIGOTIER.
Dd --- Page 108 ---
INDICOTIE R.
PLANCHE V.
Figure I.
U, RATELIER, aux crochets duquel on fufpend les Sacs Z pleins del la fécule
de I'Indigo , mife à égoutter.
Figure 2.
Truelle fine pour accommoder l'Indigo dans les caiffes:
Figure 3A, Caiffe à Indigo vuide, vue dans fès proportions.
Figure 4A, Caiffe nouvellement remplie d'Indigo.
Figure 5.
A, Caiffe pleine d'Indigo qui commence à fécher.
Figure 6.
Cette figure repréfente un Vaiffeau détaché, on l'on bat l'Indigo à la maniere des Indes, décrite par MM. Tavernier & Pomet.
B, Batterie ou vaiffeau dans lequel on bat IIndigo.
G, Godets ou Seaux ouverts par en bas, & attachés à l'arbre de la Batterie.
Voyer G,fg. 7.
1, Indiens qui donnent le mouvement à l'Arbre & aux Godets; par le moyen
d'une Manivelle.
R,Arbre de la Batterie.
T,Daleaux de la Batterie.
Figure 7.
B, Coupe de la Batterie >Fig.6.
G, Godets ou Seaux ouverts par en bas.
R, Arbre de la Batterie.
Figure 8.
Cette figure repréfente la Sécherie. Ce Bâtiment couvre une partie des Établis fr lefquels on fait fécher l'Indigo dans les cailfes.
A, Caifles à Indigo.
B,Etablis. --- Page 109 ---
Explication des Figures.
I07
M, Magalin où l'on renferme l'Indigo lorfqu'il eft fec.
S, Bâtiment de la Sécherie.
Figure 9.
Front du bout de la Sécherie.
A, Caiffes pofécs fur les Etablis.
E, Établis.
Figure IO.
F, Tas de Gouffès d'Indigo 2 étendues fur un drap.
Figure II.
Coupe du Mortier de bois oà l'on pile les gouffès d'Indigo.
C, Creux & largeur du Mortier, qu'on appelle improprement Pilon,
Figure I2.
D, Manches ou Pilons du Mortier C,
Figure 13.
Cette figure repréfente la maniere de tirer la graine des goulfes de f'Indigo,
C,Mortier.
D, Manches ou Pilons du Mortier.
E, Negres qui pilent des gouffes dIndigo.
P L A N C H E VL
Figure I.
PLAN d'un terrein oà il fe trouve une riviere barrée par une
diftribuer l'eau à différents quartiers. Cc
digue 2 afin d'en
fe fert de cette cau
arrofer
plan repréfente une habitation où l'on
pour
IIndigo, & une Indigoterie compofée de huic
Pourritures & de quatre Batteries oà l'on bat I'Indigo des deux côtés avec un
moulin à mulets ou à chevaux, tel qu'on le voit dans la Planche
A, Riviere.
7/g.2,789.
B,La Digue.
C,Le Courfier.
D,Lc Baflin à éclufes.
E,Éclufes.
G, Canaux du Baffin à éclufes.
H,Baffin de diftribution, où fe fait la répartition des eaux,
L, Canaux particuliers des Baflins de diftribution.
M, Canal commun de conyenance ou de fociété,
donner
auquel on eft obligé de
pallage quand le cas le requiert.
che
A, Riviere.
7/g.2,789.
B,La Digue.
C,Le Courfier.
D,Lc Baflin à éclufes.
E,Éclufes.
G, Canaux du Baffin à éclufes.
H,Baffin de diftribution, où fe fait la répartition des eaux,
L, Canaux particuliers des Baflins de diftribution.
M, Canal commun de conyenance ou de fociété,
donner
auquel on eft obligé de
pallage quand le cas le requiert. --- Page 110 ---
INDICOTIE 2 R.
N, Baflin de fubdivifion.
0, Cafe du Gardien de la Digue, avec un Magafin & deux Cafesà Negres.
Explication des diférentes Parties de THabitation.
a, Barriere ou entrée de I'Habitation.
b, Cafes à Negres.
d, Parc à Boeufs, & qui fert auffi pour les Vaches.
e, Hôpital.
5 Parc à Cochons.
8, Parc à Moutons : il y a au milieu une petite Cafe pour le Gardien.
h, Parc des Veaux : il fe trouve à côté d'une petite Cafe pour le Gardien:
js Grande Cafe ou logis du Maître.
1, Quatre Magalins pour fervir à différents ufages.
m, Sécheric, Bâtiment où l'on fait fécher IIndigo.
1, Indigoterie à double équipage 2 avec un Moulin au milieu qui bat des deux
côtés.
P, Divifion du Terrein planté en Indigo.
9, Planches ou Carreaux plantés en Indigo.
T, Place à Vivres des Negres, ou Terrein que les Negres cultiyent pour leur
nourriture.
s,Jardin potager.
2, Places à Vivres de la grande Cafe, ou Terrein cultivé pour les befoins du
Maître & de l'Hôpital.
u, Bannanerie ou Terrein planté en Bannaniers fig.3.
oc, Bois de bout 9 ou Terrein en friche.
J, Piece de Magnioc, plante dont la racine grugée ou rapée & defféchée, fe
mange en farine ou en galettes, qu'on appelle Caffaves.
2, Hayes ou entourages de l'Habitation ; en dedans font les foflés par lefquels
s'écoulent les eaux fuperflues de la Riviere & autres,
Z, Foffés de I'Habitation.
Figuré 2:
Pied de gros petit Mil, 2 ou Mil à panache;
Figure 3:
u, Pied de Bannanier,
Figure 4:
3, Pied de Magnioc.
TER EY
PLANCHE
mange en farine ou en galettes, qu'on appelle Caffaves.
2, Hayes ou entourages de l'Habitation ; en dedans font les foflés par lefquels
s'écoulent les eaux fuperflues de la Riviere & autres,
Z, Foffés de I'Habitation.
Figuré 2:
Pied de gros petit Mil, 2 ou Mil à panache;
Figure 3:
u, Pied de Bannanier,
Figure 4:
3, Pied de Magnioc.
TER EY
PLANCHE --- Page 111 ---
Explication des Figures:
I09
PLANCHE VII
Figure I.
PLAN géométral d'une Indigoterie compofée de quatre Pourritures, dont la
lerniere eft chargée & barrée; de deux Batteries, dont les cuillers fe meuvent
var des Arbres qui reçoiventleur mouvement d'un Moulina.chevaux, fig. 2,8
'un feul Repofoir qui renferme deux Diablotins.
L'Echelle qui eft fur la Planche indique les proportions de toutes les parties
e cette figure & des fuivantes.
5 Trempoire ou Pourriture déchargée, dont on a levé les Barres des Clefs,
pour mieux faire voir la pofition des poteaux, qu'on appelle les Clefs.
1A, Pourriture chargée d'herbe & barrée.
B, Batterie, vaiffeau où l'on bat ici l'extrait de deux Pourritures.
fert à renfermer les Diablotins K & le
C, Repofoir, ou cfpece d'enclos qui
Ratelier U, auquel on fulpend les facs remplis de la fécule de l'Indigo.
D, Poteaux ou Clefs de chaque Pourriture.
E, Daleaux de la Pourriture.
F, Daleaux de la Batterie.
G, Barres des Clefs de la Trempoire AA.
H, Travers ou Barres de la Pourriture.
1, Paliflades ou planches de Palmifte couchées fr l'herbe, quand la cuve eft
chargée.
K, Diablotin ou Baffinot qui reçoit la fécule fortant de la Batterie.
L, Efcalier du Repofoir.
M, Caiffon des Cuillers avec lefquelles on bat l'extrait. Ce Caiffon n'eft point
deffous comme celui des Buquets;1 le fond en eft plein & affemouyert par les côtés. Lorfque ce cailffon eft joint à fon manche, il forme
blé comme
un inftrument à qui on donne fpécialement le nom de Cuiller.
bois
les aiffieux des
N, Colets de bronze ou de
incorruptible, qui fupportent
Arbres qui traverfent chaque Batterie.
O,Manche de la Cuiller M O.
P, Petite forme ou foffette qui fe trouve au fond du Diablotin K.
Q, Daleau quarré du Repofoir: ce Daleau qui eft toujours libre, répond au
canal de décharge nommé la Vuide.
les manches des Cuillers.
R,Arbre de la Batterie 2 à travers lequel paffent
S,Rigole qui fournit l'eau à chaque Pourriture. Cette Rigole & fes bords font
élevés en maçonnerie le long des Pourritures, & couverts d'une couche de
ciment. Pour mettre l'eau dans une cuye, ilne s'agic que d'enlever la terre
qui bouche la petite éclufe 8, & de fermer en même temps celle
3 gralfe
des autres cuves ayec de pareille terre,
Ee
INDIGOTIER.
ie 2 à travers lequel paffent
S,Rigole qui fournit l'eau à chaque Pourriture. Cette Rigole & fes bords font
élevés en maçonnerie le long des Pourritures, & couverts d'une couche de
ciment. Pour mettre l'eau dans une cuye, ilne s'agic que d'enlever la terre
qui bouche la petite éclufe 8, & de fermer en même temps celle
3 gralfe
des autres cuves ayec de pareille terre,
Ee
INDIGOTIER. --- Page 112 ---
IIO
INDICOTIES R.
T, Rigole par laquelle on fait paffer dans la Batterie la plus
ou la plus éloignée, l'extrait des
proche
cuyes qui ont affez fermenté, Cette
Rigole eft en maçonnerie comme la précédente ; fes bords font tournés en fer à cheval devant les Daleaux. Les fers à cheval qui
aux Daleaux des Pourritures qui ne font point placées devant correfpondent les Batteries,
n'ont point auffi d'éclufe ou d'ouverture fir le devant de leur rondeur; mais
les autres fers à cheval qui font far le bord des
Batteries, ont une éclufe
droit au milieu de leur demi-cercle,
U, Ratelier où l'on fufpend les facs remplis de la fécule de l'Indigo,
V, Fond du Repofoir.
g, Éclufes de la Pourriture.
h, Eclufes de la Batterie,
m, Aquéduc qui conduit l'eau aux Indigoteries.
Figure 2.
Plan géométral d'un Moulin à chevaux pour battre IIndigo:
A, Diametre de l'emplacement du Moulin un peu creufé en terre.
B, Chaflis du Moulin.
C, Balancier ou grande roue horifontale qui engraine fur les Lanternes E.
D, Bras du Balancier. Ces Bras font au nombre de quatre : ils forment
croix ; mais il n'en paroît que deux, les deux autres étant cachées fous une
queues G.
les
E, Lanternes des Arbres F.
F,Arbres des Lanternes, couchés horifontalement.
G, Queues ou Bras de l'Arbre vertical X.
H, Palonniers où s'attachent les traits des Mulets.
X,L'Arbre de la grande Roue ou du Balancier.
Figure 3:
Hors des proportions de l'Echelle,
Cette figure repréfente Taffemblage & la liaifon de l'Arbre d'une
ayec l'Arbre d'une Batterie, par le moyen de l'aiffieu qui eft
Lanterne
une entaille faite aux extrémités de ces deux Arbres.
enchaffé dans
fieu eft placé dans fon entaille,
Lorque le bout de l'aif
on le couvre d'un taffeau qui
le
vuide, & on lie Çet
remplic refte du
affemblage avec un cercle de fer.
A, Bout de l'Arbre de la Lanterne.
B, Bout de l'Arbre de la Batterie.
C,Aiflieu emboité & lié dans les extrémités des Arbres A & B:
L, Cercles de fer qui fervent à affujétir l'aiflieu & le taffeau qui le
couyre.
bout de l'aif
on le couvre d'un taffeau qui
le
vuide, & on lie Çet
remplic refte du
affemblage avec un cercle de fer.
A, Bout de l'Arbre de la Lanterne.
B, Bout de l'Arbre de la Batterie.
C,Aiflieu emboité & lié dans les extrémités des Arbres A & B:
L, Cercles de fer qui fervent à affujétir l'aiflieu & le taffeau qui le
couyre. --- Page 113 ---
Explication des Figures.
XII
Figure4Hors des proportions de lEchelle.
C, Aiffieu de communication entre les différents Arbres des Lanternes & des
Batteries,
Figure 5.
Hors des proportions de P'Echelle,
D,Repréfente l'entaille que l'on fait dans l'extrémité des Arbres A & B,fig:
3, pour recevoir l'Aiffieu C,fig. 3 G 4, & le Taffeau E,fig. 6.
L, Cercles de fer néceffaires àla liaifon de l'Aiffieu & du Talfeau, quand Iun
& l'autre font couchés dans l'entaille.
Figure 6.
E, Taffeau ou piece de bois qui remplit exaétement le refte del'ouverture D,
Ag.s,ob l'on a couché auparavant l'extrémité de l'Aiflieu C,Fg.3 64
Figure 7.
Coupe géométrale d'un Moulin à chevaux pour battre FIndigo.
A, Diametre de l'emplacement du Moulin.
B, Chaflis du Moulin.
C, Balancier ou grande Roue horifontale qui engraine fr les Lanternes E.
E, Lanternes des Arbres F.
F, Arbres des Lanternes.
G, Queues ou Bras de l'Arbre vertical X.
H,1 Palonniers où s'attachent les traits des chevaux.
I, Piliers de maçonnerie 2 fur lefquels font enchaffés les colets qui reçoivent les Aiflieux des Arbres horifontaux F.
K,Pilier de maçonnerie, fur lequel on enchaffe la Platine qui fmpporte le
cul-d'ceuf de l'Arbre vertical X.
L, Chapeau ou couverture du Moulin. Ce Chapeau & toutes les pieces qui en
dépendent, tournent ayec l'Arbre vertical X, quileur fert de fupport.
X,Arbre vertical du Moulin.
Figure 8.
Coupe géométrale des deux Batteries dont les Cuillers reçoivent leur mouvement du Moulin fg. 7, qui eft à côté. On voit derriere ces deux Batteries 2
& en fuivant du côté droit, l'élévation du mur de quatre Pourricures; & devant
les deux dernieres Pourritures, on voit l'éléyation d'un petit mur fur lequel eft
ournent ayec l'Arbre vertical X, quileur fert de fupport.
X,Arbre vertical du Moulin.
Figure 8.
Coupe géométrale des deux Batteries dont les Cuillers reçoivent leur mouvement du Moulin fg. 7, qui eft à côté. On voit derriere ces deux Batteries 2
& en fuivant du côté droit, l'élévation du mur de quatre Pourricures; & devant
les deux dernieres Pourritures, on voit l'éléyation d'un petit mur fur lequel eft --- Page 114 ---
II2
INDIGOTIE R.
la Rigole T,fig. I, PL.7, par laquelle on fait paffer dans la Batterie la plus
éloignée ou la plus proche l'extrait des cuves qui ont aflez fermenté. Voyez
pour plus grand éclairciffement l'explication de la figure I , PL.7A, Mur des quatre Pourritures.
AA, Pourriture barrée.
B, Batteries.
D, Poteaux ou Clefs de Pourriture.
G, Barres de la Pourriture.
MO, Cuillers dont le manche traverfe l'Arbre qui eft couché fur chaque Batterie.
R,Arbres des Batteries.
T, Mur de la Rigole.
Figure 9.
Hors des proportions de TEchelle.
Perfpective d'un Moulin à chevaux qui eft en action pour battre IIndigo.
On ne peut voir la partie baile de cet ouvrage, parce qu'elle fe trouve environnée & couverte d'une butte de terres rapportées pour la marche de Mulets ;
mais auparayant on a foin de mettre par-deffus les Arbres des Lanternes, de longues & larges planches, afin de les mettre à l'abri de l'éboulement des terres
& de tous les autresinconvénients qui pourroient les gâter ou en empécher le
mouvement.
B,Cage du Chaflis.
C, Balancier ou grande Roue horifontale.
E, Lanternes.
G, Queues ou Bras du Moulin, auxquels on attele les Mulets.
H,Mulets ou Chevaux, qui en marchant fur la Butte R, donnent le mouvement à toutes les pieces du Moulin & de la Batterie qui y correfpondent.
Z, Chapeau ou couverture du Moulin.
M, Butte de terre élevée tout autour du Moulin, après qu'on a couvert les
Arbres des Lanternes qui paffent deffous, par de fortes planches ou
madriers.
X, Arbre vertical du Balancier.
Figure IO.
Hors des proportions de P'Echelle.
Perfpedtive d'uneIndigoterie compofée de plulieurs Pourritures. Onvoit dans
cette figure deux Batteries dont les Cuillers reçoivent leur mouvement du Moulin fig.9 qui eft à côté.
A, Pourritures,
B;
levée tout autour du Moulin, après qu'on a couvert les
Arbres des Lanternes qui paffent deffous, par de fortes planches ou
madriers.
X, Arbre vertical du Balancier.
Figure IO.
Hors des proportions de P'Echelle.
Perfpedtive d'uneIndigoterie compofée de plulieurs Pourritures. Onvoit dans
cette figure deux Batteries dont les Cuillers reçoivent leur mouvement du Moulin fig.9 qui eft à côté.
A, Pourritures,
B; --- Page 115 ---
Explication des Figures.
II3
B, Batteries.
C, Repofoir.
D, Clefs ou Poteaux de Pourritures.
M, Caiffon de la Cuiller M O.
0, Manche de la Cuiller MO.
Q, Daleau de la Vuide.
Voyez pour plus grand éclairciffement, l'explication de la figure I de la
même Planche.
Figure II.
Cette figure repréfente une Cuve détachée où l'on bat IIndigo par le
moyen d'un Arbre à palettes, terminé par deux manivelles qu'on fait tourner à
force de bras.
La vue de cette figure fuffit pour en comprendre le méchanifine.
Figure I2.
Moulin à leau pour battre I'Indigo. On a fupprimé tout ce qui pouvoit Cacher fon méchanifme & fa correfpondance avec les pieces qu'il fait mouvoir dans
les Batteries qui font à côté, Voyez pour plus grand écluroifermem,feplication
des figures I , 8 & IO de la même Planche.
PLA N CH E VIIL
Figure I.
Branche d'Indigo franc calquée fur la figure qu'en a donné M. Hans-Sloane,
dans fon Hiftoire Naturelle de la Jamaique, Planche 176,Ag-3.
Fsgure 2.
Branche d'Indigo fauvage de la Jamaique, dont on a fupprimé une partie du
feuillage pour en laiffer voir les filiques, 3 copiée fur la figure qui fe trouve dans
I'Hiftoire Naturelle de la Jamaique , par Hans-Sloane, Planche 179,Aig.2.
P L AN CHI E IX.
Figure I.
Perfpedtive d'un terrein travaillé au Rateau, 2 pour lc planter en Indigo.
A, Rateau. Voyez auffi les figures IO, II & I2 de la même Planche.
E, Branches du Rateau.
F, Barre du Rateau.
G, Negres qui tirent le Rateau.
H,Manches du Rateau.
INDIGOTIER,
Ff
toire Naturelle de la Jamaique , par Hans-Sloane, Planche 179,Aig.2.
P L AN CHI E IX.
Figure I.
Perfpedtive d'un terrein travaillé au Rateau, 2 pour lc planter en Indigo.
A, Rateau. Voyez auffi les figures IO, II & I2 de la même Planche.
E, Branches du Rateau.
F, Barre du Rateau.
G, Negres qui tirent le Rateau.
H,Manches du Rateau.
INDIGOTIER,
Ff --- Page 116 ---
II4
INDI IGOTIE R.
1,Negre qui dirige la marche du Rateau.
K, Sillons tracés par les dents du Rateau.
L, Négreffes qui plantent la graine de IIndigo dans les fillons tracés par le Rateau.
Figure 2.
Perfpeclive d'un terrein plein de trous faits"avec la houe,. fig. 4, poury,
planter de l'Indigo.
A,Negres qui font des trous ayec la Houe.
B,Négreffes qui plantent la graine de l'Indigo dans les trous D.
C, Coui ou côté de Calebaffe, , fig. 9, dans lequel les Négreffés portent la
graine d'Indigo qu'on doit planter.
D, Trous fouillés dans la terre avec la Houe.
Figure 3.
Perfpective d'un Terrein où l'on coupe l'Indigo, dont on fait des paquets
qu'on porte à la Cuve.
M, Planche d'Indigo bon à couper.
N,Negres qui coupent l'herbe avec leurs couteaux à Indigo,/g-7.
O,Négreffe qui fait un paquet d'herbe.
P,Negre qui porte un paquet d'herbe vers la Cuve.
Figure4.
Yoyer TEchelle pour les proportions.
Cette figure repréfente une Houe > inftrument dont on fe fert généralement dans nos Ifles de l'Amérique pour travailler la terre. Cet inftrument eft
compofé d'un manche de bois paffé dans la Douille du fer de la Houe proprement dite.
Figure 5.
Fer d'une Houe vue de côté.
Rigure 6.
Fer de la Houe vue par fa face intérieure.
Figure 7.
Couteau à Indigo, 2 ou Ferrement avec lequel on coupe l'Indigo.
Figure 8.
Rabot, 2 inftrument de bois avec lequel on rabat la terre dans les trous oà l'on
a planté lIndigo. --- Page 117 ---
Explication des Figures.
IIS
Figure 9.
C, Coui ou côté de calebaffe, dans lequel les Négreffes portent la graine d'Indigo qu'on doie planter.
Figure IO.
Cette figure préfente le côté du Rateau avec lequel on trace des fillons fur
un Terrein où l'on veut planter la graine d'Indigo. Voyerfig. I, de la même
Planche.
A, Bafe du Rateau.
E, Branches de l'Avant-train.
H, Manches de l'Arriere-train.
R, Dents du Rateau.
Figure II.
Cette figure repréfente l'Arriere-train du Rateau vu en face.
A, Bafe du Rateau.
H, Manches du Rateau.
R, Dents du Rateau.
Figure 12,
Rateau vu dans fà longueur,
A, Bafe du Rateau.
E, Branches de l'Avant-train.
F, Barre de l'Avant-train.
H, Manches de I'Arricre-train,
R, Dents du Rateau.
Figure I3.
Cette figure repréfente une dent du Rateau.
Figure 14Gratte vue de côté, La Gratte eft un infrument de fer avec. lequel on farcle
l'Indigo.
Figure IS.
Gratte vue de plat.
Figure I6.
Serpe, 2 inftrument de fer d'un fréquent ufage dans toutes les habitations.
Figure I7.
Cifeaux imaginés par M. de Saint-Venant, 9 Ingénieur au Cap François , pour
couper $
l'Indigo : l'effet ne m'en eft point connu.
figure repréfente une dent du Rateau.
Figure 14Gratte vue de côté, La Gratte eft un infrument de fer avec. lequel on farcle
l'Indigo.
Figure IS.
Gratte vue de plat.
Figure I6.
Serpe, 2 inftrument de fer d'un fréquent ufage dans toutes les habitations.
Figure I7.
Cifeaux imaginés par M. de Saint-Venant, 9 Ingénieur au Cap François , pour
couper $
l'Indigo : l'effet ne m'en eft point connu. --- Page 118 ---
II6
I NDIGOTIER
PLANCHE X.
Voyez l'Echelle pour les proportions des ouvrages qui font repréfentés fir
cette Planche. On a été obligé de racourcir la longueur desicanaux, afin derepréfenter toutes les autres parties dans leurs proportions.
Plan d'un Terrein où fe trouve une Riviere barrée par une Digue pour en
diftribuer les eaux à différents quartiers. On voit au bas de ce plan trois bouts
de planches ou carreaux, travaillés avec le Rateau,, fig. I, PL.9, dans lefquels
on a tout nouvellement planté de la graine d'Indigo, & le commencement de
leur arrofage fur le Carreau P. Les lettres T & R indiquent les endroits où l'on
a déja mis l'eau fir ce carreau. Les lettres S, T, V,Y, repréfentent la maniere
de détourner l'eau de la Rigole R, & le moyen dont on fe fert pour la faire
s'étendre fur toute la largeur du carreau P.
Figure I.
A,Riviere.
B,Digue.
C, Courfier.
D, Baffin à éclufes.
E, Eclufes.
F,Pelles des Éclufes.
G, Canaux du Baflin à éclufes.
H, Baflin de diftribution, où fe fait la répartition des eaux.
I, Ouvertures ou embouchures des canaux de diftribution.
K, Grifons ou pierres de taille plantées en trépied dans le Baffin de diftribution pour ralentir le cours de l'eau, & la faire s'étendre avec égalité yers
les embouchures I.
L, Canaux particuliers des Ballins de diftribution.
M, Canal commun de convenance ou de fociété, auquel les Habitations fupérieures font obligées de donner pallage quand le cas le requiert.
N,Baflin de fubdivifion.
0, Cafe du Gardien de la Digue, 2 avec un Magalin & deux Cafes à Negres.
Figure 2.
P, Coin d'une divifion qui renferme le bout de trois planches ou carreaux de
terre travaillée avec le Rateau,. fig. I, PL9, & nouvellement plantée en
Indigo.
Q, Bout d'une planche de terre qu'on arrofe.
R,Rigole dont on détourne l'eau fur la Planche 9.
qui détourne l'eau fur la planche 9, par le moyen de la
s8 étend en trayers du terrein,
Torguey,
T,
Negres.
Figure 2.
P, Coin d'une divifion qui renferme le bout de trois planches ou carreaux de
terre travaillée avec le Rateau,. fig. I, PL9, & nouvellement plantée en
Indigo.
Q, Bout d'une planche de terre qu'on arrofe.
R,Rigole dont on détourne l'eau fur la Planche 9.
qui détourne l'eau fur la planche 9, par le moyen de la
s8 étend en trayers du terrein,
Torguey,
T, --- Page 119 ---
Explication des Figures.
II7
T, Ouverture faite au bord de la planche pour y amener l'eau.
V, Petit batardeau de terre fait pour barrer l'eau & la détourner vers la planche.
Y, Torque de feuilles de Bananier, étendue fur le travers de la planche pour
y retenir l'eau, & lui faire parcourir toute la largeur de la planche.
Z, Haies de I'Habitation.
Z, Foflés de l'Habitation.
Addition relative à la Note de la page 68.
Les planches ont 13 à 14 pieds de large, fur I20 à 200 pas de longueur ;
elles font féparées par des rigoles dont les bords s'élevent un peu au-deffus
du niveau du terrein. A l'extrémité fupérieure de toutes ces planches, eft une
petite rigole dans laquelle on met l'eau quand on veut commencer à les arrofer; puis on continue par un de leurs côtés. A l'autre extrémité inférieure des
celle d'en haut, parce qu'elle replanches, eft une autre rigole plus grande que
inférieure,
çoitl le fuperflu de l'arrofage & des pluies. Au-deffous de cette rigole
chemin
la commodité du paflage, & afin
on doit toujours laiffer un petit
pour
fur les
de n'être pas obligé de marcher fur l'Indigo. On fait ce chemin plus large
grandes Habitations oà l'on charge les paquets d'herbe, 9 pour les Indigoteries,
fur des Cabrouets, que nous appellons en France Charrertes.
P L AN CH E X1.
Figure i,
Perfpedtive d'un Moulin pour broyer les feuilles defféchées de lIndigo, fuivant l'ufage de quelques endroits des Indes.
Figure 2.
du même Moulin, dont on a fupprimé l'auge ou le Baflin, afin de
Coupé l'action d'un Rateau remue. les feuilles qui fonta au fond de l'Auge, 5
faire voir
celles qui
font fr les côtés. Ce Rateau eft attaché
& fait retomber au milieu
qui
par deux branches aux aiffieux de la Roue.
Figure 3.
Plan du même Moulin.
Figure 4Tournefol des François, 2 ou Heliotropium Tricoccum 2 plante qui croit dans
de
On broye cette plante dans
le Bas-Languedoc, aux environs Montpellier.
maniere,
un Moulin comme celui dont on a parlé ci-deffus, ou de toute autre
fuc devient bleu.
le procédé & le réfultat de cette
& on en tire un qui
Voyez
INDIGOTIER:
Gg
la Roue.
Figure 3.
Plan du même Moulin.
Figure 4Tournefol des François, 2 ou Heliotropium Tricoccum 2 plante qui croit dans
de
On broye cette plante dans
le Bas-Languedoc, aux environs Montpellier.
maniere,
un Moulin comme celui dont on a parlé ci-deffus, ou de toute autre
fuc devient bleu.
le procédé & le réfultat de cette
& on en tire un qui
Voyez
INDIGOTIER:
Gg --- Page 120 ---
I18
I NDIGO: TIE R, &c.
opération dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, année
17. La figure de cette plante eft tirée de l'Hiftoire générale des Drogues, 1712, page de
Pomet le pere.
Figure 5.
Paltel, plante qui croît en Languedoc, aux environs d'Albi. C'eft avec cette
plante que fe fait le Paftel dont on fe fert fréquemment pour les Teintures
bleu. Voyez à ce fujet l'Art du Teinturier, donné par l'Académie des Sciences. en
Cette figure eft également tirée de l'Hiftoire générale des Drogues, Pomet
par
pere.
Fin de TExplication des Figures.
Extrait des Regifres de l'Académie Royale des Sciences.
Du 30 Août 1769.
Nous avons éré
de
chargés parl'Académie 3 M. Cadet &
de lire un
TIndigorier, 3 par. M. de Beauvais Rafean, ancien
moi,
Traité de l'Art
& de lui rendre compte de cet Ouvrage. Il nous a Capitaine de Milice a Saint-Demingue,
font bien décrites
quia été lui-même
d'une toutes les pratiques de cet Art
fieurs années. M. Beauvais
Indigoterie
EaSr
FSHASS entre dans tous les détails qu'il eft effentiel de pendant pluréuffir dans la Fermentation, le Battage & la Defliccation de rIndigo; il connoitre les pour
par lefquels on fe guider bien conduire ces opérations;
indique aufli de la lignes
cription des mbite TTAT dont on tire lIndigo, & de 1s'occupe la
de
defEnfin nous croyons aNProh de Beauvais a rempli avec fuccès
culture ces Plantes.
que fon Ouvrage 2IEN d'être imprimé avec lApprobation de l'objet l'Académie, gu'il s'étoit propofé, &
Je certifie le préfen: Estrait conforne afon original é au jugement de
ee 31 Aolt 1769.
PAcadémic. A Paris,
GRANDJEAN DE FOUCHY,
Secrétaire perpétuel de l'Académie Royale des Sciences,
Jarw la Defeription de PAn de PIndigotier, par M. DE BEAUVAIS
zaine de Milice a. Saim-Domingues e je tromve cet Ouurage digne à tous égards RASEAU, de ancien CapiParis,ce 24 Décembre 1769.
limprefion.A
MACQUER,
DE LIMPR I M,E R I E DE L. F. DELATOUR
1770.
DE FOUCHY,
Secrétaire perpétuel de l'Académie Royale des Sciences,
Jarw la Defeription de PAn de PIndigotier, par M. DE BEAUVAIS
zaine de Milice a. Saim-Domingues e je tromve cet Ouurage digne à tous égards RASEAU, de ancien CapiParis,ce 24 Décembre 1769.
limprefion.A
MACQUER,
DE LIMPR I M,E R I E DE L. F. DELATOUR
1770. --- Page 121 ---
Fautes à corriger dans l'Art de l'Indigotier.
Paotu.liges 10, Le femences; lifez: Les femences:
20, ligne 20 fig.1 o 2; lifez: :figure I.
25, dans la note s(5); lifes (1).
28 dans la premiere note PI.II,fg. Z e 3, & leur explication qui cft à odré;_Jifiz: PLXLfg15 03;&
leur explication,
46, ligne
66, gnes I5 U
if e2 PI, 6& IO:
69,
un petic aquéduc ajoutez fig I, Pl.7s
72, ligne .II; lifez PI XI.
74 ligne
zje: 2 :fig. I.
Ibid. 18 ne PI lifez:Pl.
Ibid. ligne Jig- lifez:fig. 20
79, ligne 8 fig. 6. Pl. IO; lifez: Pl.6fig
8102 ligne 132 mAguéduc; lifezir Aquéduc.
INDIGOTIER. --- Page 122 --- --- Page 123 ---
Indugolicr.
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