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Azot
H3iteme --- Page 3 --- --- Page 4 ---
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Français républicain ! redoublez de surveillance ! Polverel et Santhonax sont au milieu de
wous ! ils s'isolent en apparence , mais ils s'entendent en effet ; si l'un écrit, l'autre doit agir';
c'est ainsi qu'ils ont bouleversé Saint-Domingue,
ainsi la ville du Port-au-Prince a été canonnée,
ainsi celle du Cap, le principal entrepôt du
commerce national en Amérique, a été livrée
aux flammes P
Signés, CLAUSSON, TH. MrLLeT, Commissaires
des colons de Saint-Domingue, refugiés aux
Etats-Unis d'Amérique.
Maison d'arrêt des ci-devant Carmes 3 lo 10 fructidor,
an 2 de la République française, ume et indivisible. --- Page 5 ---
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.
ALA CONVENTION NATIONALE,
CITOYENS REPRESENTANS,
LA Colonie de Saint Domingue recevoit chaque année, dans ses ports, 800 de vosyaisseaux
quiy portoient le superfu de vOS productions
territoriales et le produit de vos manufactures.
Des spéculateurs systématiques vous disent
que ce commerce vous nuisoit, puis qu'il alimentoit un luxep pernicieux à vOs moeurs et aux
principes de liberté et d'égalité, ils vous trompent ! car la convention nationale, dansl'acte
de navigation, a consacré en principe que la
mesure de la prospérité des Colonies étoit celle
de la prospériténationale Point de commerce,
a-t-elle dit, et point de prospérité nationale:
point de Colonies, point de commerce; or,
point de Colonies, point de prospérité nationale.
01 En effet, citoyens, si l'on examine depuis
le bucheron qui, dansla forét, coupe les bois
pourla construcuon de vosvaisseaux, jusqu'an
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RPJCD
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EHRSIU
marin.qui les conduit, depnis les artistes, les
ouvriers de tous lesgenres, qui préparent dans
Iesmanafactures les objets d'importations dans
les Colonies, jusqu'à ceux qui vivent de l'industrie occasionnée parla consommation et le
trausport des précieuses denrées quien reviennentisif'on examinele mouvement quela circulation de ces denrées donne à votre commerce, on sera convaincn que les Isles à sucre
alimentoient lindustrie de plus de six millions
de, français, laboureurs, bucherons, artistes,
ouvriers, manceuvres, manufacturiers, marchands, voituriers, mariniers, marins et négocians, cest-à-dire, delaportion la plus
cieuse du
-
préPeuple Français.
9au Ne SOYCZ done plus étonnés du grandintérét
que Georges, Pit, Cobonrg, les autres despotes et leurs infAines agens ont mis à la destruction de ces importantes contrées, sur-tout
lorsquils ont Vii que leur état florissant vous
donnoit une grandep prépondérance dansla consistance politique de TEurope, que ces, Isles
étoient la pépinière de ces braves marins qui
font indestrienepedbsanmimsl les mers;
de ceux qui ont siginéreusement péri sur le
vaisseau le Yengeur, il n'en éloit pas un qui
n'eut été formé à cette école des Colonics,
ont mis à la destruction de ces importantes contrées, sur-tout
lorsquils ont Vii que leur état florissant vous
donnoit une grandep prépondérance dansla consistance politique de TEurope, que ces, Isles
étoient la pépinière de ces braves marins qui
font indestrienepedbsanmimsl les mers;
de ceux qui ont siginéreusement péri sur le
vaisseau le Yengeur, il n'en éloit pas un qui
n'eut été formé à cette école des Colonics, --- Page 7 ---
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Ell bien; citoyens, Saint.T Domingue n'existe
plus 1 Quelques monçeaux de cendres et de
ruines, quelques ossemens épars', parmi les
quels ruisselle encore le sang des patrotes, de
ceshommesindustrienx qui avoientporte votre
eommerce alce hiaut'dégre de splendeur, sont
Sontceqjuedhinlimnesousprareururien ontlaiss6
pour les livrer ensuite aux satellites de Pitt';
ceux échappés au carnage, au massacre, a'la
famme, retirés sur une terre étrangére, ysont
nourris et vêtus parla charité d'un peuple ami,
et depuis plus d'un an, tendent envain vers
vous les bras. Des hommes ou trompeurs ou
trompés n'ont pas permis que les Cris de donleut du père qui demande ses enfans, les enfans Ieur mère, lépoux son épouse, l'épouse
son époux, Vami son ami, parvinsent jusqu'a 10
vous. Notre mission est de vous les faire entendre, et à notre arrivée, jettés dans les ptisons avec les victimes de Robespierre, nous
n'avons pu y parvenir.
Le tyran Capet, la Lizerne, Barnave 7
Brissot, Boyer-Fonfride, Guadet, Petion,
Gensonné, Philippe Egalité, Barbarous,
Vergniaux, Danton et Robespierre, ont ordonne, ont dirigé cette calamité publique, ils
ont tous porté la'peine de leuis forfaits; mnais --- Page 8 ---
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lenrsagens, leurs complicese existent, et pourla
plupartsonrlibres dans Paris, einouscleutsceny
saieurs et leurs victimes. Rouslanguissons duns,
les prisons, sans' pouvoir dire la vérité, sansy
pouvoir obtenirjustice, et en debarquant nous
avons PPPris que la justice etla vérité étoient
àlordredia jour !
Au milien de ces agens du crime et de la o3
destruction de votre commerce , remarquez
sur-tout Polverelet Santhonax, Ilsnons furent
enyoyés par le tyran pour nous puuir de Tar
deur avec laquelle nous avions embrassés et
soutenu la révolution française,
Comme Robespierre, ils ont usurpé tousles
pouyoirs jusqa'a la puissance legislative,
Comme
Robespierre, ils ont arraché à une
portion du peuple français, les droits inhérens
àl souveraineté du peuple,
Comme Robespierre, ils onts substitué la volonté du despote, aux loix délibérées par es
représentars du peuple.
Comme Robespierre, ils ont fait assassiner,
chasser, proscrire tous les patriotes,
mettre à leur place dans les fonctions civiles, pour
età la tête de la force armée, desfactieux, des
instrumens de leur despotisme, des Kleurioh,
des Dumasn des Copisinal, des Hanriot,
rens
àl souveraineté du peuple,
Comme Robespierre, ils onts substitué la volonté du despote, aux loix délibérées par es
représentars du peuple.
Comme Robespierre, ils ont fait assassiner,
chasser, proscrire tous les patriotes,
mettre à leur place dans les fonctions civiles, pour
età la tête de la force armée, desfactieux, des
instrumens de leur despotisme, des Kleurioh,
des Dumasn des Copisinal, des Hanriot, --- Page 9 ---
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Comme Robespierre, du sein des plus cras
puleuses orgies, ils ont conduitles français au D
despotisme et à la mort, au nom de la république et de la liberté.
Enfin, citoyens, ils ont fait plus que Robespierre, car ils se sont débarrassés des formes
répablicaines, pour ysubstituer les formes'de
Tadininistration royale. Ils ont ordonné de repousser partout les vaisseaux portant le pa
villon de la république; ; ils ont ordonné de
mettre le feu à cette précieuse flotte dont le
salut vous a coûté tant de sang, et qui, dans
Téquipage du vaisseaut, le Kengeur : 2 vous a
montré le triomphe de la liberté quils vouloient contribuer à abattre.
Cesont eux qui proiégeoientlesjournalistes
immoraux, dans l'intention de détruire l'idée
de l'existence de lEtre Supremes ce sont eux
qui vantoient officiellement, comme le seul
propre à purifieri l'esprit public, le journal oi
on lisoit: qu'on verroit bientôt Dieu le père
guillotiné, et larchange Gabriel, président
de la convention céleste.
Eh bien, citoyens, ils sont libres, et nous, 9
leurs accusateurs, nous qui sommes les dépo- --- Page 10 ---
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sitaires de toutes lespreuves de leurs crimes,
nous sommes dans les fers 1
Les auroit-on mis en liberté, afin de laisser
librement tcirculerle venin dela calomnie qu'ils
distillent sans doute contre leurs accusateurs
et leurs victimes.
Ils vous disent, citoyens, qu'ils ont obtenz
del triomphe de la liberté sur l'esclavage, et que
quatre à cing cent mille républicains de
ont
plus,
juré dans leurs mains de mourir pour la
république.
au Ils mentent, citorens, et nous l'attestons,
nousile jurons sous les verroux où leurs com- *
pliees nous ont fait enfermer pour nous imporer silence et éloigner la verité.
no el
Les
-
malheureux instrumens de leurs crimes
et de leur despotisme, comme ceux de la Vendée, n'ont jamais combattu que pour le tyran.
Comme ceux de la Vendée, lesnoms de Roi,
de Brissct, éioientlesignalde leur ralliement.
Comme ceux de la Vendée, séduits par des
préires, ils cgorgecient, au nom de Dieu, vOS
freres, vOS amis.
Comme ceux dela Vendée, ils combattoient
verité.
no el
Les
-
malheureux instrumens de leurs crimes
et de leur despotisme, comme ceux de la Vendée, n'ont jamais combattu que pour le tyran.
Comme ceux de la Vendée, lesnoms de Roi,
de Brissct, éioientlesignalde leur ralliement.
Comme ceux de la Vendée, séduits par des
préires, ils cgorgecient, au nom de Dieu, vOS
freres, vOS amis.
Comme ceux dela Vendée, ils combattoient --- Page 11 ---
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sous des drapeaux blancs semés de Beurs-de:.
lys teintes du sang des patrioies, êt portoient
pour cocardes, les oreilles des blancs qu'ils
avoient massacrés.
Comme ceux de la Vendée, ils ont porté
partout, au nom du tyran, la dévastation, la
flamme et la mort.
Comme ceux de la Vendde, ils ontappelé les
secours des ennemis les plus implacables de la
république.
Mais, citoyens, ils ont fait encore plu: que
ceux de la Vendée, puisque soutenus par Polverel et Santhonax, et parl'abus que ceux-ci
ont fait de lautorité, des mesures du gouvernemont et des loix dont ils étoientles organes, 2
ils ont réussi à anéantir les patriotes, et ils ont
appelé les espagnols et les anglais sur le territoiredont ils avoient repoussé les forces snavales
de la république.
Voila, français, les crimes de Polverel et
Santhonax ; ils sontlibres, quoique décrétés
d'accusation,etleursaccusateurssont en prison.
Nousaccusentils?ilfautdonc nous entendre,
nos collèguss et. nous qui sommes tous scparés
sans pouyoir communiquer sur l'objet de notre --- Page 12 ---
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mnission. Mais pourquoi ont-ils le droit de pervertir l'opinion publique, tandis qu'on nous
arrache celui de l'éclairer ? Pourquoi ne nous
provoquent-ils pas, s'ils ne se disent pas coupables?
Signés, CLAUSSON, F. A. MILLET,
Commissaires des Colons de St-Domingue
prèsla Convention Nationale.
De la Maison d'Arrêt dcs Carmes, , ce 20 thermidor, 9
l'an deuxième de la république française; une et indivisible. --- Page 13 ---
LIBERTÉ. ÉGALITÉ. FRATERNITÉ.
ALACONYENTION
NATIONALE
CITOYENS REPRESENTANS.
ollo
La Convention nationale de France a brise la
trône de Capet, et oependant trompée par des
factieux, elle a implicitement confirmé les pouvoirs que ses ministres avoient donné aux délégués chargés de détruire St-Domingue, la plus
importante des colonies françaises.
La Conyention nationale de France, informée
des crimes de ses délégués, les a décrétés d'accusation, et cependant à leur arrivée, elle les a
mis en liberté.
La Convention nationale de France a admis
dans son sein les députés des brigands, qui, après
aveir combattu pour le tyran, out englouti dans
los flammes le principal entrepot du commerce
national; elle souffre que ses loix soient délibérées par les représentans d'hommes qui ont fait
le serment d'obéissance aux despotes les plus
opiniatres à renyerser la liberté française, et --- Page 14 --- --- Page 15 ---
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