--- Page 1 --- --- Page 2 ---
lRe
abir U artr Bron
Cihrany
Armi Humeraty --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
ISLE S'-DOMINGUE,
PROVINCE DU NORD.
Non falfa, fed vera, imminente periculo dicam.
P R E C 1 S
H I S:T
R I Q U E;
Qur ezpofe dans le plus grand jour les manauvres contre-révolutionnaires employées contre St. Domingue ; qui defigne & fait
connottre les principauz Agents de tous les maffacres, incendies
vols & dévaftations quis'yfont commis; le burgaia.f.propefoient
en autorifant & faifant exécuter un tiffie d'horreurs, dont la feule
defeription fait frémir la nature : Faits qui, Jont a la connoifance
de la Colonic entière ; qui ont acquis toute Pauthenticité pe/fible,
par la dépofition publique du Citoyen GROS, Procureur-Syndic de
Valière, prifonnier des Brigands, & confirmée fur les licux par
celle de pluficurs autres Temoins,juridiquement faite.
ant & faifant exécuter un tiffie d'horreurs, dont la feule
defeription fait frémir la nature : Faits qui, Jont a la connoifance
de la Colonic entière ; qui ont acquis toute Pauthenticité pe/fible,
par la dépofition publique du Citoyen GROS, Procureur-Syndic de
Valière, prifonnier des Brigands, & confirmée fur les licux par
celle de pluficurs autres Temoins,juridiquement faite. --- Page 6 ---
T2I
a5
in U C --- Page 7 ---
R É C I.T
H I S-T O
R IQ U E,
événemens
fuccedés dans les camps de la
Sur les
qui fe Jone
Grande- Rivière, du Dondon, de Sainte - Suzanne & autres,
décembre de la méme
depuis le 26 odobre 1792 7 jufqu'au 24
annce.
fait prifonnier
Procureur - Syndic de Valière, , &
Par M:GROS,
par Jeannot.
Non falfa, fed vera 3 imminente periculo dicam.
dans les faftes de SaintL. 26 odobre fera à jamais nne époque dc les mémorable éclairer fur cette malheureufe journée
Domingue. Je dois à mes concitoyens la
des montagnes & pleines de la partie de
dont les fuites ont entrainé perte Pour
& fe convaincre de la
PER 3 & le maffacre de fcs de habitans. la colonie, il T'apprécier faut connoitre la pofition du camp
conduite perfide des ennemis M. de. Rouvray, & la diflance de ce camp à
du Rocou 1 alors conmandé par connoitre le nombre des défilés a garder, & la
l'Elpagnol; il faut parfaitement néceffaires pour former un cordon 1 qui étoit aulli indifpende troupes
& auroit été bien plus effentiel que lcs courfes réitéDEIE que cclai delOueft; qui dans les
circonvoifins du cap.
a
rées infruéueufes & meurtrières, caufes de quartiers nos malheurs, il faut jetter un coupPour mieux juger des véritables
formation du camp
d'ceil rapide fur les divers évènemcns qui ont eu lieu depuis la & combinée des inVillate, , h Sans-Souci; il faut fuivre la marche progrellive décide s'il étoit au
cendies & des affaflinats ; il faut que le leéteur la impartial de l'EA de la dépendance :
pouvoir de M. de Blanchelande de garantir lui fourniront partie les plus fires notions, aux
les détails dans lefquels je vais entrer 1
moyens defquels il pourra affeoir fon jugement. nous nous ctions raffemblés all nomDès le premier inftant de la révolution Phabitation 1
Delpuech 2 fituée fur la crète
bre d'environ deux cents hommes, Lacul-de-Samedi fur
Là, témoins du progrès des
de la montagne qui couronne l'inftant ou le mal,
jufqu'au Trou 1 nous auroit
flammes, nous attendions
Dauphin ou gagnant arentrer dans T'E(pagnol. 1, fi toute
forcé de nous replier fur le FortDéjà les campagnes de Limonade
retraite dans la pleine, nous étoit doubles coupéc.
la clarté répandue au sp,
roiffoient en feu; déjà dans les
montagnes,
A
moins du progrès des
de la montagne qui couronne l'inftant ou le mal,
jufqu'au Trou 1 nous auroit
flammes, nous attendions
Dauphin ou gagnant arentrer dans T'E(pagnol. 1, fi toute
forcé de nous replier fur le FortDéjà les campagnes de Limonade
retraite dans la pleine, nous étoit doubles coupéc.
la clarté répandue au sp,
roiffoient en feu; déjà dans les
montagnes,
A --- Page 8 ---
nous avertiffoient de l'approche des brigands quand nous apprimes la formation
d'un camp au Rocou. 7 commandé par
d Rouvray. Jc rempliffois a cette
époque, la charge de procureur-Syndic # Valliere, &: en ma
crus
devoir, lui faire part au nom de ma paroifle, de la polition de qualité, notre je
lui demander les ordres qu'il hi plairoit nous donner. J'entrai dans camp, &
détails d'utilité publique :la réponie fut des plus encouragcante. < quelques
> oui, la peur, 1 nous difoit-il, a tout perdu ; fi dans les autres La peur, 2
>> avoit montré autant d'énergic que dans le votre, à coup fur la révolte quaitiers feroic on
D éteinte. )
Tels étoient les cloges nous recevions de M. de Rouvray : à fon arrivée
à Caracole, ilavoit, plus Rme fois, repoufléles brigands, & il leur coupoit toute
communication avec le refle de la dépendance. Des-lo:s, nous crumes TER de
la province à l'abri de tout accident, s'il nous étoit po/lible d'obtenir un fecours
de M. de Blanchelande. A cet effit, j'écrivis à l'aflemblée coloniale , & lui fis
part d'an plan 2 qui, s'il avoit cté adopté, auroit produit le
grand cffet:
il s'agifloit de former un cordon à TER, femblable à celui de plus
circonfcrire les brigands en attendant qu'une circonftance plus POueljede heureufe nous
permit dc les envelopper dans tous les points. Je reçus de M. de
alors préfident la réponfe la plus flartenfe, mais la plns ftérile en Cadouche, moyens. Il
fallur fe réfoudre à ne compter que fr nos propres forces; &à défendre l'intérieur de notre quartier. Nous reçumcs à-peu-près dans Je méme temps une lettre de Mefficurs les
habitans des Ecrevifles, qui nous invitoient de correfpondre avec eux, & de
nous réunir pour repouffer les révoltés, quisdéjà avoient pénétré bien avant dans
le Moka, Ils nous faifoient le tableau des dangers qu'ils alloient courir 1 & nous
demandoient des fecours. M. Cafeaux fut de fuite expédié avcc douze hommes,
pour les renforcer. Le mal faifoit des progrès rapides: M. Flameu, commandant-géncral des
troupes patriotiques de- Sainte- -Suzanne,. & campé fur l'habitation Bence, nous
fit part de fa trifte pofition > & nous engagea à le joindre 2 pour oppofer une
barrière aux fcélérats qui s'avançoient 2 le poignard d'une main & la torche de
l'autre.
fuite expédié avcc douze hommes,
pour les renforcer. Le mal faifoit des progrès rapides: M. Flameu, commandant-géncral des
troupes patriotiques de- Sainte- -Suzanne,. & campé fur l'habitation Bence, nous
fit part de fa trifte pofition > & nous engagea à le joindre 2 pour oppofer une
barrière aux fcélérats qui s'avançoient 2 le poignard d'une main & la torche de
l'autre. II fentoit, ainfi que moi, la néceflité de former un cordon qui joindroit
le camp du Rocou ; mais ce projet, 2 lc plus utile de tous , étoit impoffible dans
l'exécution ; il nous falloit un renfort : & M. de Blanchelande 2 je ne fais
quoi, étoit fourd à nos réclamations: en vain je lui fis fentir la néceffité de garnir pources gorges; en vain je lui repréfentai qnc 1 de ce plan, dépendoient cing cens
millions au moins ; tout fuc inutile; nous n'eumes pas un homme. Ne voulant cependant pas laifer affafliner nos malhcureux freres du Moka, 2
nous expédiâmes, dans h journée même 2 un détachement de cent hommes de
cavalerie 1 qui joignit M. Flamau ; mais fes ordres n'étact que de reconnoitre le
pays, & d'en rendre compte 1 le détachement ientra le lendemain matin, & nous
apprit
M. Flameu couroir le plus grand danger, &c que tout devoit nous
porter 1% le fecourir. Sur ce rapport, M. Bonvard. 1 commandant des volontaires de Valliere, fe
mit aufli-tôt à leur tête, & vola a leur fecours, avec' les gens de couleur de
notre quartier 2 qui,dans ce moment 2 paroiffoient fidèles aux blancs. Ce renfort
renverfa tout. Le camp de Condemine fut emporté 2 & les troupes combinces. --- Page 9 ---
3 Saint-Malo, au bas de la Grandeponferent leur matche jufque fur Thabitation
Rivière, d'oi ils retonrnèrent camper fur celle de Bongard. crâmes
de
& l'impollibilité d'etre fecourns 1 nous
Malgré notre peu monde, fur l'habication Villate , à Sans- Souci, &c fitué a l'entrée
urgent d'établir un potte
avoit
dans l'Elpagnols & cerdel la Grande-Rivière; c'etoit par-la qu'Ogé rendre muitre paflé du quartier. M. Defvignes
tainement on poavoit , par ce côté,fe
fut déraché avec quinze hommes , pour garder cC pofte. fontenu notre
Peu de jours après, nous apprimes le détail du combat éte qu'avoit affailli par mille ou
décachement 1 (ur Thabication Bongard , oir il avoit il fut forcé de fe replier
douze cents brigands. Après cinq heures de réfiflance, le
Nous cumes
fur le polte Viliatte, oû ces làches affaflins n'osérent pourfuivre. de ces fcélérats
douze hommes debleffés ; &le lendemain nous trouvâmes vinge-huit mulâtres :
étoient
nousapentaflés les uns fur les autres, parmi lefquels
quatie bleflés.
, oir il avoit il fut forcé de fe replier
douze cents brigands. Après cinq heures de réfiflance, le
Nous cumes
fur le polte Viliatte, oû ces làches affaflins n'osérent pourfuivre. de ces fcélérats
douze hommes debleffés ; &le lendemain nous trouvâmes vinge-huit mulâtres :
étoient
nousapentaflés les uns fur les autres, parmi lefquels
quatie bleflés. préciàmes leur perte à cent hommes au moins , tucs ou
&
Sur cette relation, nous expédiàmes courrier fur courrier au Villate Fort-Dauphin feroit incefà M. de Rouvray 7 jugeant 1. par ce premier combat, que les vicillards & un
famment affaili; & après avoir laiffé atl camp Delpuech 7
memore du corps populaire. nous nous tranfportâmes à Sans-Souci. Nous engageàmes le comité du Fort-Dauphin , qui nous avoit. déjà envoyé
un renfort de quarante mulàtres, de fe joindre à nous pour obtenir un les renfort jours :
& un commandant de troupes de ligne. Le danger augmentoit tous d'une réfiftance
nous devinmes preffans dans nos follicitations, & aNses deux mois
mulâtres,
honorable, M. Touzard nous envoya un détachement de quatre-vingt-fix étions bien
trente hommes du régiment du Cap,& fix artilleurs. Mais, hélas ! nous
loin de prévoir les maux qui devoientt fondre fur nous. remontant
Les évènemens tiennent à des caufes , & ce ne fera jamais qu'en y, les hommes
le leéteur pourra fixer fon jugement. Les hommes paflionnés , à l'éviEninel par l'intérêt ou T'amour-propre 1 ne fe rendront certainement pas aufli l'ami
dence : tout ce qui heurtera les opinions calculées , fera réputé faux : cette forte
de la vérité 1 lc citoyen patriote &c vertueux, ne doit jamais éctire pour
de gens. Pichon
en fecond du
du Cap, fat choifi pour nous
Le fieur
1 capitaine d'avancer régiment lui feul eft la caufe de notre defcommander; & je ne crains pas
que Sileft
de remords 1 il
trudion 3 &de la perte, totale de nos propriétés. fufceptible dans l'art militaire,
fe reprochera, fans doute , d'avoir facrifié, ou par ignorance du
II nous trouva
ou par fcélératefle , ce précieux refte de la province Nord. de l'armée :
campés fur T'habitation Villate : c'eit là qu'il pric le commandement
c'eft-la qu'il confomma notre ruine. Ce polte ctoit tres-dcaventageux; ; mais comme nous étions deux cens cinquante
hommes au moins ; d'ailleurs, inftruits de ce que nous pouvions avec ccs forces, 1
il eft a préfumer que nous aurions tenu contre les brigards, d'être malgré fecourus. leur nombrc, C'étoit
fi nous avions eu du canon, & f nous euflions été à portée mais
fut la
au fieur Pichon à faire les difpofitions les plus avantageules :
1 quelle
conduite de ce commandant ? Il cft néceffaire de la faire connoitre; car nous aurons
occafion d'en parker fouvent par la fuite. du
Après avoir vilité lc quartier , aprèsavoir pris quelques renfeignemens corps
populaire, il divifa notre petite armce en trois corps; Tun refta fur T'habitation
A 2 --- Page 10 ---
Villate 9 le fecond fut camper chez Anfelin, 4 aux Ecréviffes; le
polé de tout le renfort, fat au morne de Mancfca.
ffaire de la faire connoitre; car nous aurons
occafion d'en parker fouvent par la fuite. du
Après avoir vilité lc quartier , aprèsavoir pris quelques renfeignemens corps
populaire, il divifa notre petite armce en trois corps; Tun refta fur T'habitation
A 2 --- Page 10 ---
Villate 9 le fecond fut camper chez Anfelin, 4 aux Ecréviffes; le
polé de tout le renfort, fat au morne de Mancfca. troifième, comLe corps populaire, juftement alarmé de la divifion des
méme oii le camp Villate étoit plus menacé que jamais, fit de forces au moment
fentations pour l'empécher ; mais le fieur Pichon, qui
judicieufes repre1éfolu la perte de Valliere, ne fe rendit pas; il manifefta wraifemblablement même, des avoit
pos extravagans 2 les plas coupables intentions ; & les faits vinrent par bientôt pro- à
lappui. Un jour cet officier, dinant chez M. Burgala 1 en nombreufe
avoir vomi maints & maints farcafimes contre la révolution ; compagnie, finit après
que fi le hafard l'avoit fait trouver en France comme à
il'fe par feroit dire
réuni depuis long-temps aux princes à Coblentz. Ces propos Saint-Domingue, commencèrent à ncus
infpirer de la défiance. La détention de fa femme à la
onr
étoit prifonnière de Jeannot; fa correfpondance avecles Grande-Riviere, de couleurde clle
quartier; tout legitimoit notre foupçon : alors nous fuivimes gens en filence fcs notre
rations. Déjà nous lui avions reprefenté qu'un militaire
opcmétier, ne pouvoit laiffer deux
7 connoiffant un peu fon
c'étoit expofer lun &
à camps feparés par une rivièrei impraticable; que
confidérations furent inutiles l'autre une perte certaine, en cas d'atraque, Toutes ccs
fon but. : fa conduite étoit calculée 2 il marcha droit a
Le 23, odtobre , au matin. , le camp Villace , qui n'étoit plus compofé d'une
compagnie de dragons & une compagnie de mulatres, étoit dans lcs plus que grandes
tranles; ont l'avoit dépouilfa de fon canon, & tout lui annonçoit une
chaine : c'eft dans un moment aufli périlleux que les mulâtres fe préfentèrent attaque pro- au
corps populaire, & lui fignifierent qu'ils étoient appellés par le ficur Pichon, &
qu'ils alloient le joindre : en vain on leur repréfenta 1 cette
ils alloient ouvrir le quartier aux
par
défertion,
bleffe,
brigands 2 qui,
inftruits de notre foiS"t
de les' ne manqueroiert pas de fondre fur nous : en vain leurs officiers refusérent
fiivre ; abufés , fans-doute, par de fauffes promeffés, ils joignirent le
Norefca, oit étoit le fcéiérat Pichon 2 qui les reçut à bras ouvert, malgré camp la
dénonciation du bureau & de leurs officiers. Le lendemain, réduits à 45 homacs, nous nous livrions à d'étranges foupcons
qui augmentèrent, 2 à la vue d'une multitnde de brigands : le canon d'allarme du
camp Ancelin répcté par celui de la Vigie de M. Lamothe, annonçoit la détreffe. Ce corps de révoltés, qui fit femblant d'inveftir M. Bouvard , étoit
en
partie de nègres & de mulatres de Sainte-Sufanne; mais fur la boune compole contenance
de M.
acs, nous nous livrions à d'étranges foupcons
qui augmentèrent, 2 à la vue d'une multitnde de brigands : le canon d'allarme du
camp Ancelin répcté par celui de la Vigie de M. Lamothe, annonçoit la détreffe. Ce corps de révoltés, qui fit femblant d'inveftir M. Bouvard , étoit
en
partie de nègres & de mulatres de Sainte-Sufanne; mais fur la boune compole contenance
de M. Bouver., &"après avoir reconnu les foflés qui entouroicnt ion
ils
fe retirèrent fans tirer un coup de fusit, vomiffant mille injures, & menaçant camp, de
tout renverfer & de gagner Maribaroux. & Sur cette menace, nous redocblàmes de furveillance, nous en avertimes M. Pichon,
en donnàmes avis à M. de Blanchelande , e1l follici;ant de nouvezux fecours,
dont nous avions fi grand befoin, les mulatres du Cap ayant déferté le quartier. Nous fimes
de notre pofition malheureufe à M. qui venoit de
remplacer M. Lh Ronvrai ( nous devons a ce premier commandant dails, du
du
Rocou 2 des remercimens fur l'intérêt qu'il prenoit a notrc quartier ; il avoit camp
tement fenti la néceflité d'empécher les brigands de pénétrer, par nos
parfaidans la plaine , & ilft tout pour nous fecourir. Malheureufement le brave montagnes, M. de
Coburne éprouva des obltacles; & la bleffire qu'il reçut en forçant les défilés de --- Page 11 ---
Sainte-Sufanne, , acheva notre ruine ). M. d'Afas, pénétré de notre malheurcufe
pofition 1 nous répondit que ni fa fituation ni les ordres ie lui permettoient cC
nous La fecourir. lettic que nous écrivions à M: de Blanchelande étoit preffante; voici à-peuprès ce que nous loi marquions :
K. Depuis long-temps nous nc ccffons de réclamer des fecours en tout genre 7
)) & nous n'en fommes pas moins abandonnés à notre malhcureux fort : à juger
dans votre
>
de votre filence & de votre apathie, on diroit qu'il n'entre roint
lc
>> plan de fauver la partie de PEL; car, nous vous le demandons. 2 que. fervira
viennent fondre
>
de Rocou, f, maitres de nos montagnes, les brigands
( P la plaine & renfermer M. d'Affas dans fcs lignes;alors tout feraperdu :
fes
>
mais fongez, M. le général, qu'il fiuffira qu'un citoyen courageux, furviveàf
) camarades, pour vous dénoncer atl tribunal de la nation. Nous n'ignorons pas
>> que Jeannot a jure de tirer vengeance de l'affaire de Bongard ; nous fommes
1) infteuits de tour. Nous vous réitérons l'affurance de défendre notre camp jufqu'a
> la mort; mais, des fecours, M. le général, des fecours; la valeur ne peut tenir
> contre le numbre; nous fuccomberons, & tout fera perdu ),
Cette lettre ne produilit aucun effet : M. de Blanchelande, a au contraire, en
montra une autre a M. Gerbier 2 notre député à l'affembléc coloniale, écrite de
Vallicre, par laquelle on lui marquoit que nous avions plus de force qu'il n'en
falioit pour nous tenir fur la défenfive : que l'apparition des brigands au pofte
Ancelin, étoit fauffe ; qu'on avoit pénétré bien avant dans le Moka, fans rencontrcr d'ennemis, & que tout nous rafliroit dans ces parages.
en
montra une autre a M. Gerbier 2 notre député à l'affembléc coloniale, écrite de
Vallicre, par laquelle on lui marquoit que nous avions plus de force qu'il n'en
falioit pour nous tenir fur la défenfive : que l'apparition des brigands au pofte
Ancelin, étoit fauffe ; qu'on avoit pénétré bien avant dans le Moka, fans rencontrcr d'ennemis, & que tout nous rafliroit dans ces parages. L'auteur de cette
lettre ajoutoit de fe méfier dcs corps populaires & de ne s'en rapporter qu'a
lui feul.,
Nous reçumes CCS dérails la veille de notre défaite ; car le lendemain 2 à fix
heures du matin, un corrier du camp Manefca nous apprit le départ du fieur
Pichon > qui n'avoit pas été remplacc. Cette conduite extraordinaire, réunie aux
preuves, ne nous permit plus de douter de fa complicité de cet officier. D'abord,
nous avons à lui reprocher d'avoir gardé à fon camp les mulâtres qui avoient
abandonné le notre 5 indifcipline qui fut le réfnitat de ia correfpondance avec eux :
les propos qu'il avoit renus contre les citoyens les plus refpedtables; le deffein
qu'il diloit avoir, de fe venger de quelques mécontentemens qu'il avoit éprouvés
dans le camp Villate, & l'affurance avec laquelle il publioit que dans moins de
lunit jours ce camp feroit emporté. Tant de preuves accumulées nous donnoient
certitude d'une trahifon for laquelle on pourra prononcer quand on verra ci-après
la dépofition de Jeannot. Sur les neuf heures, des nègres envoyés pour ramaffer les animaux, vinrent
nous avertir que les brigands étoient raflemblés fur l'habitation Perara ; que leur
nombre étoit incalcuiable, & qu'il ne nous reftoit pas un quart-d'heure pour nous
préparer an combat. Aufli-tôt on bat la généralc, on prend les armes, 2 & l'ardeur
eft égale'; déja on voudroit en être aux mains avec un ennemi aufli làche que
féroce : pour cette fois,trop de confiance nons perdit fans retour. Si nous avions
été fufeeptibles d'un inftant de réflexion, nous aurions calculé la conduite du fieur
Pichon ; mais furtout nous n'aurions pas perdu de vue que nous étions fans canon
& le plus défavantageufement campés 5 nous aurions dirigé notre retraite fur le
camp des Ecréviffes, & par cette manceuvre réfléchie, nous chcappions,ponr cette
fois, à la férocité de ccs barbares. Aalheureufement, le ficur Berchais, ancier --- Page 12 ---
6 commandant de notre camp, étoit auffi
orfevre du Cap, que nous avions nommé ne voulur avoir égard à mes repréfentations ;
inexpérinionté. que brave; jamaisil du nombre , nous avançàmes fur Yennemi. & malgré la dilproportion
& quelques-uns de Sainte-Sufaune, formoient
Les mulàtres de la Grande-Rivière de la hauteur, , où ils alloient placer" leurs canons de
uu corps à part, qui Y'empara leur
2 nous envoyâmes un détachement
pour nous foudroycr.
que nous avions nommé ne voulur avoir égard à mes repréfentations ;
inexpérinionté. que brave; jamaisil du nombre , nous avançàmes fur Yennemi. & malgré la dilproportion
& quelques-uns de Sainte-Sufaune, formoient
Les mulàtres de la Grande-Rivière de la hauteur, , où ils alloient placer" leurs canons de
uu corps à part, qui Y'empara leur
2 nous envoyâmes un détachement
pour nous foudroycr. Sur fut decifive: apparition le ficur Berchais, en nous divifant. a nous
vingt hommes ; cettc faute lui-même
avoir fait des prodiges de valeur 1
rendit la retraite impoflible :
2 fut après couverte que de nos malheureux frères;
tut pris & défarmé. Bientôt, la terre ne de bataille, &c quatorze prifonniers , qui
on en comptoit vingt-un fur le champ Jeannot, qui ordonna de nous conduire à la
furent garortés & anenés devant des brigands fut à- peu- près de 25 à 30, parmi
Grande-Rivière. La perte
de la Grande - Rivière, nommé Lafond,
letquels nous diftinguâmes un quarteron mulâtres 9 dont Tun étoit un des Meynard. qui étoit colonel ; & deux malheureu(e autreschefs, journée du 26 oétobre, quilaiffa les brigands
Telle fut.lifluc de la
conduifent au Fort-Dauphin. On
maitres de' tous les défilés des montagnes qui d'avoir
a notre ferment; mais,
certainement pas nous reprocher
manqué de Valliere, criera fans
ne me pourra plais à croire que le fang des infortunés cicoyens fenfible à nos malheurs , punira
Latee vengeance au tribunal de la nation, qui ,
un jour les fauteurs de notre défaftre. à la nation ; an jour viendra, fans
M. de Blanchelande, , vous étes refponfable : alors 2 on vous dira, avec vérité, devant
doute, que l'on calculera votre devoir conduire d'un chef, dans les circonftances difficiles où fe
ce tribunal redourable : le
le
poffible, au moyen
trouvoit la colonic, étoit de former un la plan révolte, plus on avantageux pûr au moins conferver a-la
duquel , fi on ne pouvoit fes éteindre & à la France un refte de profpérité. L'avezprovince une partie de reffources,
9 il m'eft permis de jetter un coup
vous fait ? Comme fimple citoyen vidime françois, de manceuvres criminelles, je me dois
d'oeil fur vos opérations ; comme Oui, M. de Blanchelande, je vous lai écrit au nom
d'en rechercher les auteurs. cet ouvrage 1 j'ai
dont j'étois Torgane; mais, 1 en commençant une difcufhion , que
de ma paroiffe,
& je m'en écarterois en entamant
entière. 1
promis un récit hiftorique,
Seulement, je dirai à la colonie
que
je réferve pour un autre moment. d'une
accordé de fecours, que
vous ne nous avez jamais honorés un reponfe..jamais traitre; & que le lendemain de notre
celui que vous nous fites conduire trois cents par hommes pour protéger un quartier qui
défaftre vous sûtes trouver petir nombre l'auroit garanti quatre jours auparavant. milicu de
n'exiftoit plus, lorfqu'on plus fàmes enchainés deux-a-deux, & placés au
Après notre défaite, nous mulàrres, pour être conduits au camp général des
la plus forte efcotte de nègres & dans cet état afligeant 3 nous vimes nos plus
brigands.
vous nous fites conduire trois cents par hommes pour protéger un quartier qui
défaftre vous sûtes trouver petir nombre l'auroit garanti quatre jours auparavant. milicu de
n'exiftoit plus, lorfqu'on plus fàmes enchainés deux-a-deux, & placés au
Après notre défaite, nous mulàrres, pour être conduits au camp général des
la plus forte efcotte de nègres & dans cet état afligeant 3 nous vimes nos plus
brigands. En quitrant nos foyers, Aàmes: en un inftant, ces barbareseurent incendié
riches poffellions dévorées par.les qu'à la lueur des fiames. Ces fcclérats fe plai- un
le quartier, & nous ne marchâmes cadavres matilés de nos frères, & à nous faire
foient à repaitre nos yeux des devoicnt exercer fur rous, à notre arrivée à la Grande- téte &
tableau des arrocités qu'ils la même journée, après dix lieues de toute,
Rivière, oû nous arrivâmes
toutes les
pieds nus & en chemife. les vieux nègres & négrefles, raffemblés devant
Pendant la route,
& ventoient les exploits de leurs guerriers,
barrieres, nous humilioient en propos, à coup de bâtons. qui ne ceffoient de nous maltraiter --- Page 13 ---
Arrivés fur Phabitation Cardinaux, oit les nègres avoient un camp confidérable,
nous fumes, conduits, pour un inftant 1 fous la galerie de la grande cafe, oir on
infultans,
de tafia. Nous nous
nous diftribua, avec mille propos
quelques de décence, goutes &
cxigeoit
appergimes qu'il regnoit dans ce camp une efpèce
Sans-Souci qu'ony (très-mauvais
un filence ablolu. Le commandant,
elclave, nommé bon père aprés dromi. fujet), difoit en failanr le tour RE de cale,pai auires, & le lendemain matin
Un nous conduifit enfuite à la barre, oil nous couchimes; &
fit entendre
nous apperçimes un prétrc fous la galcrie : il vint à nous, nous
ces mots foudroyans : mes enfans, faut favoir mourir notre feigneur exhortation, Jefits- a
Chrip efl mort pour nous Jier lz croix. Confternés d'une pareille demandames fi fun
laqueile nous ne nous attendions certainement pas 7 nous lui
arrêt ctoit fans appel, & s'il.ne pouvoit rien faire pour le changer ; il nous répéta
en fc retirant, ifaut mourir. dans tous
de la
Depuis, nous avons vu.fréquemment ce même prétre
les camps
Grande-Rivière. C'étoit le curé de cette paroifie. Si nous étions obligés de prononcer
far fon compte, notre jugement ne Ini feroit aflurément pas favorable ; & nous
pouvons certifier qu'il a amafle une immenfe fortune, & qu'au retour de l'ordre
il fera le mieux partagé des brigands. rendu chez madame Dufailly, oi étoit le
Sous prétexte d'être plutôt
gonverne- but
nement des révoltés, on nous fit monter fur des cabrouets; mais le véritable
de ces barbares étoit de nous faire éprouver un no:veau fupplice, ,car nous regrétàmes de n'avoir pas fait ce chemin a pied, tant nous fumes fracafles. efclave de
Le commandant du camp. général fe. nommoit Michaud 1 nègre
Thabitation Armand; il vint à nous, & fur fa phyfionomie.
texte d'être plutôt
gonverne- but
nement des révoltés, on nous fit monter fur des cabrouets; mais le véritable
de ces barbares étoit de nous faire éprouver un no:veau fupplice, ,car nous regrétàmes de n'avoir pas fait ce chemin a pied, tant nous fumes fracafles. efclave de
Le commandant du camp. général fe. nommoit Michaud 1 nègre
Thabitation Armand; il vint à nous, & fur fa phyfionomie. 2 je crus découvrir un
grand fond de fenfibilité. Je ne me trompai pas : il a adouci nos malheurs quand
i !'a pu, & nous lui devons, en partie , la liberté que nous n'obrinmes que deux l'immois après: cependant 7 il fut oblige de nous mettre aux férs sLen attendant
placable Jeannot 2 qui n'étoit pas encore de retour de fon expédition; mais il nous
donna quelques jueurs d'efpérance, & nous, promit fes bons oflices. Pour. donner a mes leéteurs une jufte idée des maux que, nous. avons foufferts,
il cft néceffaire que j'entre dans les moindres détails- La defcription du cachot oi
nous fimes jetes, foffra feuie pour lui infpirer le plus grandintérêt. Qu'on ie figure deux iits dc camnps, placesàun pied de.ditançe, dans une efpèce
de corridor : I'un occupé par les infortunés prifonniers qai étoient aux fers;Tautre dans
ies negres bleffes &: les efclaves encore fidèles aux blancs, & furpris
E courfes des brigands : " tiennent,ces derniers aux ferspendant quelques temps,
& ne lcs relachent qu'après les avoir fuffifarment endostrinds pour, les mettrc dans
leur Qu'on parti. fe figure un endroit oi Tair étoit comprimé & chargé de vapeurs - empoilonnées; un endroit oûr lcs excrémens fejournoient tdesjours entiers, fous.la tête
des prifonniers. Joignez a ccla, les injures & les menaces dont onne cefloitde
nous accabler. tous les traits de la malice la
Etendus fur ce lic de douleur, en butte à
plus
noire, nous formions divers projets de deftruétion; car, tous ces maux fe joignoit
encore le plus redoutable de tous, celui de la fin la plus cruelle. Ces tigres, pour
prolonger nos douleurs, nous réduifirent à trois chétives bananes jour & un
verre
on nous régaloit d'un morceau d'oreille boeuf, mais
Et
d'eau 5 quelquefois
c'étoit fort rare. --- Page 14 ---
Tel fut lc prélude des fouffrances auxquelles on nous deftinoit : Jeannot
lendemain de cette fatale expédition 1 ctoit rentré, au camp
qui,le avoir
donné des ordres pour tout incendier, , vint nous vifiter; &, général, après après nous avoir
reproché la mort a'Ogé; après s'être longuement déchaîné contre
il nous dit que lorfqu'ils'ctoit mis en marche pour nous attaquèr, il la-révolution, étoit inftruit
par le fieur Pichon, de notre nombre, de la pofition de notre
, & de 2
défertion du détachement des mulâtres.
,le avoir
donné des ordres pour tout incendier, , vint nous vifiter; &, général, après après nous avoir
reproché la mort a'Ogé; après s'être longuement déchaîné contre
il nous dit que lorfqu'ils'ctoit mis en marche pour nous attaquèr, il la-révolution, étoit inftruit
par le fieur Pichon, de notre nombre, de la pofition de notre
, & de 2
défertion du détachement des mulâtres. Il nous dit aufli quc, huit camp
la
ces mulàtres s'étoient affemblés avec ceux de la Grande Rivière jours & auparavant, à la
paffe de M. de Maigne, & que tout avoit été. calculé entr'eux.. autres, noûs avoir
fait tontes ces confidences, Jeannot choifit , parmi les prifonniers, Après les
vidtimes de fa rage, & ordonna qu'on en conduifit deux au
premières
nous avoit déjà annoncé que nous ferions facrifiés deux-à-deux, gouvernement; il
heures, pour prolonger fes jouiflances. Un commandeur & un bourreau, écpar vingt-quatre
en exercice, , s'emparérent de mon infortuné compagnon 7 nommé Antoine tonjours :
l'ctendit fur une échelle où il reçut trois ou quatre cents coups de fouet au moins, on
en ma préfence. Après quoi, la rage de Jeannot n'étant pas affouvie, il fit femer
de fix la pondre à canon fur toutes' les parties de fon corps, & y fit appliqter enfuite
pèles rougies, préparces exprès ; mais la nature, triomphant de ce nouveau
fapplice, le barbare Jcannor le fit reconduire au cachot, & avec une infultanre
dérifion, 3 demanda aux autres prifonniers s'ils reconnoiffoient leur camarade. Témoin de tant d'atrocités 7 & attendant le même fort, que le ledcur de
ma pofition : cependant ma grace avoit été follicitée & obtenue à mon juge
le commandeur-de Phabitation Monthelon. Jeannot me renvoya aux infçu, fers après par
m'avoir fait plufieurs queflions , m'affurant , fur fa parole d'hornzur, que mes
jours étoient en sûreté,
A mon arrivée dans le cachot, jetrouvai M. Dugos que l'on amenoit de Vallière :
il avoit combattu avec nous à Sans-Souci, & avoit EU le bonheur de fe fauver
dans le bois ou il fe croyoit en sûreté : mais, peu de temps après, il fut &
conduit fur les glacis de fhabitation Villate. Là, les mulâtres s'emparèrent de pris
& après l'avoir fait étendre fur une échelle, Ini comptèrent deux cents coups lui, de
fouet. Lc fils dumaire de Sainte-Sulanne ctoit un de ceux quile tailloient, tandis
qu'un autre preffoit fa tête fous fes pieds. On le conduifit enfuite au camp général
ou il nous joignit. Le lendemain 1 on conduifit le chevalier Delpuech au camp
Mazères, oit on lui trancha la téte, par ordre d'un nègre libre, nommé Yvon,
commandant de ce camp. Notre cachot ne délempliffoit pas : on venoit de tous les côtés nous examiner. Les uns, mais en petit nombre, fembloient pénés de notre fort;, les autres, au
contraire, s'en réjouiffoient; mais c'étoit principalement dans la nuit que la terreur
augmentoit par les" difcours que nous entendions; & les chanfons lugubres, accompagnées d'initrumens, 3 fembloient être le prélude d'un nonveau fupplice. Parmi cenx qui vinrent nous vifiter , étoit un nègte libre , nommé Chacha
Godard, dont je vais faire connoitre la perfidie.
és de notre fort;, les autres, au
contraire, s'en réjouiffoient; mais c'étoit principalement dans la nuit que la terreur
augmentoit par les" difcours que nous entendions; & les chanfons lugubres, accompagnées d'initrumens, 3 fembloient être le prélude d'un nonveau fupplice. Parmi cenx qui vinrent nous vifiter , étoit un nègte libre , nommé Chacha
Godard, dont je vais faire connoitre la perfidie. Un foir, accompagné d'un de
fes camarades, aufli fcélérat que lui, il vint nous vifiter. Sous le dehors de la
fenfibilité 2 il méditoit la trahifon la plus révoltante. Après nous avoir demandé
fi en protégeant nos jours, nous chercherions à cous fauver & à les combattre de
nouveau; après la réponfe naturelle en parcil cas, il nous promit fa protedion
& notre grace, nous aflurant qu'il alloit l'obtenir de fuite de Jeannot. Comme il
étoit décoré du titre de colonel, nous crimes aifément à fa promefle; mais quelle
fut --- Page 15 ---
fit notre furprife, 2 lorfqu'un inflant après nous l'apperçimes, ainfi
entouré des nègres & mulatres, fatellites de ce général. Ce
que étoit Jeannot,
d'un bourrcau c'étoit le domeftique du fupplicie), & d'un cortége tambour. Alors précédé
nc dourâmes plus de notre fort. En effet , quatre de nos malheureux
nous
furent tirés des fers 7 & conduits au pied de l'échafaud , où Jeannot compagnons fit attacher
ces quatre viéimes. Pour mieux favourer fa vengeance, ce monftre, écumant de
rage, calculoit les diftances, & le bourreau n'oloit lever l'inftrument
en avoir reçu l'ordre ; cet ordre ne fe répétoit que tous les
facal, fans
montre à la main. Quand ces quatre infortunés eurent rendu le quart dernier d'heure, la
au milieu des plus afreux tourmens, nous vimes Jeannot, le mulitre Délile foupir & le 9
nègre Godar, couper deux des fuppliciés par morceaux, &
les
autres comme un poulet que l'on met a la crapaudine 2 & boire arranger de leur deux
A la fin de cette fcène d'horreurs, à
ils
fang. voya aux fers, en nous affonmant à coups laquelle de lianne nous & firent de aflifler. de - fabre on nous rentragédie fe répéta le lendemain, ainfi de fuite. plat
: la même
d'abord Berchais, notre commandant 2 fur deftiné à un autre fupplice. Jeannot lui fic
couper une main, & enfirite le fit étendre fur une
deux cents coups de fouet; enfuite on le porta au bourg de échelle, la Grande-. où il reçue
far un cabrouet : la,il fut fulpendu à un poteau, par un crochet lui Rivière
fous le menton. Cec infortuné vécut, en cet état, heures & qui prenoit
le fit ôter 9 il palpitoit encore. ; quant Jeannot
Ce monftre qui ne pouvoit affouvir fa rage, venoit d'inventer un nouveau
fupplice: il fe propofoit de faire rôtir à la broche le refte des
étoit notre pofition, au camp général, quand , le dimanche Ier prifonniers.
un poteau, par un crochet lui Rivière
fous le menton. Cec infortuné vécut, en cet état, heures & qui prenoit
le fit ôter 9 il palpitoit encore. ; quant Jeannot
Ce monftre qui ne pouvoit affouvir fa rage, venoit d'inventer un nouveau
fupplice: il fe propofoit de faire rôtir à la broche le refte des
étoit notre pofition, au camp général, quand , le dimanche Ier prifonniers. Telle
apperçâmes dans la favanne, 9 beaucoup de mouvement ; une cavalerie novembre, nombreufe nous
caracoloit autour de la grande cafe un coup de piftolet &
fufil, que nous entendimes dans le lointain, nous firent craindre quelques l'attaque coups de de la
Tannerie, fe
ce quinous auroit fait maflacrer fur-le-champ. Un tout autre événement
des paffoic cruautés : Jean-François, de
connu par plus d'humanité, & général en chef, irrité
la même
Jeannot , le St arrêter & conduire au Dondon oùt il fut fufillé
journée. promit Jean-François notre vint nous vifiter, & nous apprit le châtiment de Jeannot ; il nous
grace & tous les fecours dont nous auriens befoin. tions Efedivement, & fes ordres nous fuffent fumes de élargis après fon départ 3 mais, 9 quoique fes inteny aurions reftés
nous laiffer libres, on nous remit aux fers, & nous
long-temps 2 fans un mulâtre nommé
trouver en cet état, fut en porter des plaintes à
Aubert, qui, forpris de nous
avec permiflion de nous promener dans la Michaud, qui nous rendit la liberté,
nègres armés. favanne , mais fous l'efcorte de deux
Dans T'après midi, Fayet, nègre libre & commandant du
nous demanda fi nous ferions bien aife d'aller avec
quartier du Dondon 9
forte de bons traitemens : nous lui répondimes nous'le lui, nous promettant toute
fembleroit : d'après notre réponfe, il nous ordonna que de
fuivrions oir bon lui
à l'entrée de la nuit. nous préparer pour partir
évidemment Dans l'intervalle de notre départ, attentif à tout ce qui fe paffoit, reconnus
que les efclaves avoient été excités à la révolte les je
que ceux-ci l'avoient cté par le gouvernement 5 ces par nulâtres, &
foulever tant d'atteliers, avoient été obligés dc recourira que premiers 1 Pour réuffir à
des moyens tels que les
B --- Page 16 ---
IO
ordres du roi, pour le rétablir fur le trône : le prétendu maffacre qu'on devoit
faire des nègres candiaux , dans la nuit, du 24 au 25 d'août 3 & les promeffes du
roi, qui leur accordoit trois jouts par fcmaine, pour récompenfe de leur zèle;
le motif de religion paroiffoit les animer : lorlqu'ils nous reprochoient. la deftruction du clergé; tant RL raifons accumulées me portérent à croire que notre ruine
ne pouvoit qu'étre un coup desariftocrates contre-révolutionsies &je me décidai
à périr, ou à tirer ces hommes de Terreur ou ils étoient plongés.
promeffes du
roi, qui leur accordoit trois jouts par fcmaine, pour récompenfe de leur zèle;
le motif de religion paroiffoit les animer : lorlqu'ils nous reprochoient. la deftruction du clergé; tant RL raifons accumulées me portérent à croire que notre ruine
ne pouvoit qu'étre un coup desariftocrates contre-révolutionsies &je me décidai
à périr, ou à tirer ces hommes de Terreur ou ils étoient plongés. occafion de
Nous premenant fous l'allée d'arbres de Mme Dufahi, nous eûmes
joindre le mulâtre Aubert, notre libérateur. Apiès quelques inttans d'une converfation vague, je formai le projet de tier de ce mulâtre tous les renfeignemens
poflibles, & je me livrai d'autant micux à cette démarche, toute dangereule qu'elie
fut: que je regardai l'efpoir de fortir des mains de ces brigands , comme une
chimere : en confequence 7 je lui fis cette queftion: K Quel peut être votre deffein
en nous faifant une guerre aufli cruelle pour nous. 2 que deltruétive pour la mérepatrie, que vous allez ruiner. , fans avantage réel pour vous 2 Pouvez-vous bien croire, même
un feul inflant. s qu'elle puiffe laiffer impunies tant d'atrocités; & quand
cela pourroit être ; quand bien même, 2 vous confiant fur vos propres forces, vons
vous abuferiez fur les conféquences de cette révolre, n'auriez - vous pas a vous
éternellement d'avoir méconnu votre bienfaitenr, & d'avoir été les plus
ingrats reprocher de tous les hommes? Rappelez - vous, je vous en conjure. 2 ce que N'eft-cc vous
étiez fous l'ancien régime? De qui tenez-vous ce que vous voulez être? réclamez
de T'affemblée nationale ? N'elt-ce pas en vertu de ce décret que vous
cette pas exiflance politique qui vous tient tant à coeur 2 Or, fi vous ne pouvez
méconnoitre votre bienfaiteur, pourquoi tournez -vous vos armes contre lui,, en
devenant les agens d'une contre-révolution, qui vous fera encore plus funefte qu'aux
blancs ? Un jour viendra, fans doute, cll la France, inftruite de tous nos malheurs & des caufes quiles ont produits, fera éclater fon indignation, & foumettra
à une refponfabilité redoutable, les auteurs de nos défaftres. Que fignifient , je
vous le demande, cesreproches que vous nous faites, de nous être ériges en corps le
populaires, d'avoir détruit le clergé & la nobleffe, & furtout d'avoir détrôné &
roi? Que fignifient les relations intimes que vous avez avec les Efpagnols obtiennent ;
furtout , que fignifient tant la forme que la réception que vos paffeports
de cette nation jalonfe & fuperficieule? De qui tenez - vous vos brevets ? Vous des
d'êtrel les défenfeurs de la royauté, &c c'eft au nom du meilleur
vous rois vantez vots dévaftcz cette riche contrée, 2 que vous maffacrez indiftinéement fes
que
commerce
n'en doutez pas, fera le
fidèlcs fujets, que vous ruinez le
national, dont vous qui, abufez, & qui, tôt ou
premier à demander jufticea ce même fuffent-ils roi lc réfultat des erreurs oit l'on tard, vous
vous châtira de vos crimes, ne
que ton amical convenoit aux circonfa induits.
vaftcz cette riche contrée, 2 que vous maffacrez indiftinéement fes
que
commerce
n'en doutez pas, fera le
fidèlcs fujets, que vous ruinez le
national, dont vous qui, abufez, & qui, tôt ou
premier à demander jufticea ce même fuffent-ils roi lc réfultat des erreurs oit l'on tard, vous
vous châtira de vos crimes, ne
que ton amical convenoit aux circonfa induits. Croyez-m'en, mon cher Aubert calculez (ce le bien & le mal qui vous attendent
tances ), revenez de votre délire; fauroit être éternelle, & prenez de fuite un parti
à la fin d'une guerre qui ne Inftruifez vos camarades; dites-leur ce que vous
fage, le feul qui vous convienne. vos
réflexions, comme un trait
avez entendu 2 fans me. compromettre: 5 que propres
de lumière, portent la conviaion dans leur coeur & leur infpire des-difpofitions
pacifiques. Aubert, j'ai connu depuis pour un excellent mulâtre, & qui n'a jamais abufé
que
mais dangereufes, que je dépolois dans fon fein,
des confidences importantes, bannir la méfiance. Notre cafte, me dit-il, s'cft
s'ouvrit à moi d'une manière à --- Page 17 ---
II
livréc à des excès, mais elle n'eft pas généralement coupable; & parmi les coupables,il en eft de plufieurs elpèces. Je dittingue d'abord les contumaces d'Ogé:
pour ceux-là, ils le font étrangement : cC font eux qui ont fonlevéles atteliers; &
parmi eux (e trouvoit-il peut-étre encore des feélerats, qui, fans étre contumaces,
n'en étoient pas moins portés au mal. La feconde clafle eft celle des mulâtres moins ofés, qui, ile voulant pas fe compromettre 2 attendoient en filence, & avec plaifir, les effets d'une révolution
qu'ils croyoient devoir leur être favorable : aulli, l'approche des brigands, loin
de fe retirer avec les: blancs, ils s'unirent à eux, & firent caufe commune. La
troifième claffe enfin, bien intentionnée, mais trop confiante, ignorant d'ailleurs
abfolument la trame. 1 fiat furprife par la marche trop rapide du mal, &
après s'étre cachde pendant quelques temps dans les bois, à s'unir avec contrainte, ces malheureux. Ces derniers onc toujours confervé le défir bien fincère de fe retirer 5 ils
marchent le moins qu'il leur eft poffible; & lorfqu'ils le peuvent fans dangers, ils
fe concertent enfemble ; mais, Mellieurs, vous verrez par vous-même combien
nous fommes obfervés & répartis dans les camps. Vous verrez l'humiliation dans
laquelle nous vivons, 3 & les difficultés fans nombre que nous éprouverions, fi nous
vonlions nous féparer de leurs intérêts. Quant aux ca fsprimitives de cette révolution, vous ne devez pas douter d'un inttant, qu'elies ne partént de France, &
des gens de la plus haute diftinétion. Allez, Mellieurs, les premiers ont porté
la torche, & commaedé l'incendie, font loin d'ici! Non jamais ils n'euffent qui
entrepris unc pareille révolution d'eux-mémes: ; il leur a fallu des ordres exprès et authentiques.
nous féparer de leurs intérêts. Quant aux ca fsprimitives de cette révolution, vous ne devez pas douter d'un inttant, qu'elies ne partént de France, &
des gens de la plus haute diftinétion. Allez, Mellieurs, les premiers ont porté
la torche, & commaedé l'incendie, font loin d'ici! Non jamais ils n'euffent qui
entrepris unc pareille révolution d'eux-mémes: ; il leur a fallu des ordres exprès et authentiques. A linftant 1 comme il alloit continuer, un groupe de nègres venant à
nous,il fuc obligé d'interrompre fon récit & feretira, en nous obferyant de
mais accofter des mulàties, fur-tout de caufer avec enx, quand il y auroit neja- des
négresanx environs. Profondémentémi de tout ce que je venois d'entendre, &,plus encore, touché de
lafranchife du mulâtre Aubert, je me livrai quelques inftans à de féricufes réflexions, qui ne fervirent qu'a me confirmer dans l'idée j'avois
far la nature de nos maux : plus que jamais je teconnus que S philantropie déjà conçue n'étoit
que le manteau. 2 à l'aide duquel lles ariftocrates Européens, fecondés deleurs
dans le nouveau monde, avoient conçu et exccuté le plus monftrueux de tous agens les
projets. Je vis clairement que le gouvernement de
n'en étoit
le moteur direé ni le principe primitif; mais qu'attentif Saint-Domingue à tout ce fe
au-dedans & au-dehors de la colonie, :
qui
TURt
ne perdant jamais l'efpoir d'une contrerévolution, voulant même la feconder, ilavoit cru,en se tenant derrière le rideau,
jouer le principal rôle dans une pièce devenue fi tragique, foit en ftymulant la caufe
fecondaire, , foit en lui promettant une protedion décidée, foit enfin en fe tenant
dans une coupable inadtion, ou en ne formant des plans effentiellement vicieux;"8 par ces manccuvres diverfes, A elpéroit Gns doute favorifer les
des émigres & les fiennes, en forçant la France, accablée par tant de pertes prétentions &
chirée par des fadtions qui devoient en étre les fuites, a défirer elle-mème fon an- décien régime. Qu'on ouvre les yeux : qu'on confidèr re le fil des événemens dans cette
révolte, , qu'on examine le plan conftamment suivi dès les premiers inftans dela révolution, qu'on fe tranfporte, des relations fidèles, dans tous les quartiers
qu'on y analyfe la conduite Ser commandans dest troupesde ligne,
prenne infurgés, des
tenfeignemens de M. d'Affas, fur fon expédition du Rocou, & Ton qu'ony veira que fi le
gouvernement, d'après les dépofitions tecucillis au Dondon dans Paffaire d'Ogé,
B 2 --- Page 18 ---
n'eft pas le moteur de cette infurredtion > qu'il en eft au moins le
ment du camp de Sans-Soucy en eft la preuve la plus complète. Je fauteur ;Tenlèvela fuite de celui à Beckly, non moins important, & ferai
dirai un mot dans
l'idée qu'avoient de ce camp les généraux. Jean-François & connoître Biaffou. à mes leéteurs 2
Fayet falloir vint nous avertir, pendant que nous étions livrés à des réflexions
fe difpofer à partir, fous l'efcorte de dix à douze
diverfes,
S fe préfentérent à l'intiant; & nous
nègres ou mulâtres, 2
acheminimes vers notre deftination.
mot dans
l'idée qu'avoient de ce camp les généraux. Jean-François & connoître Biaffou. à mes leéteurs 2
Fayet falloir vint nous avertir, pendant que nous étions livrés à des réflexions
fe difpofer à partir, fous l'efcorte de dix à douze
diverfes,
S fe préfentérent à l'intiant; & nous
nègres ou mulâtres, 2
acheminimes vers notre deftination. Notre ayant état, placés au milieu d'eux, nous nous
moins fenfibles, attendrit celle de Fayet. Qu'on fe capable d'émouvoir des
les ames les
haillons, pâles &' défigurés, rongés par une vermine figure hommes fur
convert de
du corps, couverts de fang & de poilières;
fe répandue toutes lesi parties
& on aura une véritable idée de ce que nous qu'on étions. Plufieurs figure des d'entre (peêtres ambulans 2
jamais achevé ce trajet, fans Phumanité de deux
nous n'eufient
ture. L'extrême foibletie oit ils ctoient réduits & nègres les diflicultés qui cédèrent leur moneuffent fait fuccomber. du chemin, les
Arrivés au gouvernement, an moment même oà l'on fervoit à
fimes très-bien accueillis pàr Jean-Louis, furnommé
fouper, nous
Combe. commandant de la Grande-Rivière, & tué Parifien, nègre à M. del la
nègre étoit lieutenant de roi dans le quartier de Dondon. au combat Il fe de Cadouche. Ce
de civilité : parloit fans ceffe de la France 7 ou il avoit paffé piquoit de beaucoup
portoit les autres chefs à la paix, les menaçant de tout le poid quelques de
années, &
fion ne mettoit fin à tant d'atrocités. cettc puiflance, 2
Jean-Louis nous admit à fa table, ce qui étoit une infigne faveur :
fouper, nous apperçimes un prétre, étendn far un fopha, qui
le pendant le
filence; on avoit pour lui quelques attentions, mais bien gardoit plus grand
lui portoit refpedt. Depuis, nous nous sommes apperçus qu'il légères. étoit Jean-Louis feal
tefté des nègres : ce prêtre étoit le père Bien-Venu,, curé de la généralement déprofita d'un inflant favorable pour nous accofter & s'onvrir à nous. Marmelade, Il
qui
qu'il étoit prifonnier, & depuis nous avons vu qu'il étoit exaétement traité nous apptit
tious, & que fa perte, fans la mort de Jeannot, étoit aufli affurée la nôtre. comme Il
nous apprit également, que. c'étoit lui qui avoit exhorté ce monfre que à la
préti être fulille, illavoit follicité, par tout ce
avoit de
mort 2 que
tenir de Jean-François fa
quily
plus facré, d'obla férocité n'efi le grace vrai 2 offrant, (chofe d'étre incomprehenfible: 2 & qui prouve
courage)
en haine & d'accepterles
& plus bas; mais aST n'avoit eu garde de s'employer pour ce scélérat.
horté ce monfre que à la
préti être fulille, illavoit follicité, par tout ce
avoit de
mort 2 que
tenir de Jean-François fa
quily
plus facré, d'obla férocité n'efi le grace vrai 2 offrant, (chofe d'étre incomprehenfible: 2 & qui prouve
courage)
en haine & d'accepterles
& plus bas; mais aST n'avoit eu garde de s'employer pour ce scélérat. emplois
au contraire, fon arrêt fans appel, illui avoit reproché fa
& Que fur-tout voyant,
lui montrant les cadavres épars des malheureux citoyens du barbarie, Dondon, maffacrés en
Sos ordres. II luiavoit affireque fa mort étoit un effet de la
par
ne laiffoit rien d'impuni; & il ajouta, qu'il ctoit enfuite mort vengeance avec la plus célefte, qui
lâcheté. grande
On interrompit cette converfation, en nous annonçant qu'il étoit
de fe
repofer : un excellent matelat nous fut à l'inftant apporté, & nous pouvons temmps affurer
La que, malgrél'état d'agitation oir nous devions étre 2 nous n'en repclames moins. nature, accablée par les fecouffes réitérées que nous avions éprouvées pas à la
Gond-Rivieifumparta Nous devons rendrejuftice aux chefs du
nous n'avons jamais cu à nous plaindre d'eux; il nous ont! laifféla campdul Dondon;
mais il n'en étoit pas de méme des autres nègres, qui nous moleftoient plns grande dans liberté, toutes --- Page 19 ---
les occafions. Les négreffes étoient infiniment plus infolentes , plus dures &
portées à rentrer dans le devoir que les nègres. moins
Dans les deux premiers jours de notre arrivée au
ne m'étois nullement trompé fur les véritables caufes Dondon,j de je m'apperçus que je
nos malheurs. La,
ailleurs,jai entendu un langage uniforme cheztous les nègres; ;
on comme
à T'emprifonnement du roi & aux ordres qu'il leur avoit fait par-tout croyoit
& lui redonner la liberté: la deftruction du clergé & de Ja noblefle parvenir pour s'armer
inconnue; & far ce qu'ily a de plus facré, nous pouvons
ne leur étoit pas
nous pouvons en ajouter mille autres, qui toutes attefteront affirer, qu'à la révolte ces épreuves,
claves eft une contre-révolntion. A la barre de laflemblée que
dcs cfpreuves à la main, je foutiendrai cette affertion, quand lcs nationale, les mêmes
ront de moi cette démarche. Lerapport fnivant mhettra le circonftances ledeur à même exigeprononcer. de
Le dimanche 7 du mois de novembre, fur les 8 heures du
ménant avec le père Bien-Venr dans la falle du gouvernement matin, nous prol'expreflion des révoltés) nous vimes entrer UIl fergent-major , d'un (pour me fervirde
gnol, qu'on nous dit êcre fur les frontières, accompagné de trois régiment clpaportoient deux grands barrils de pondre anx brigands
fufilliers. Ils apcet envoi avoit été précédé de bien d'autres, & il ne (à-peu-près fut
trois cents livres);
nature, la qualité des perfonnes qui l'efcortoient, pas non plus le dernier. La
gouvernement de cette manoenvre criminelle, & tout porte à n'accufer que le
tres-certainement le leéteur
prononcer 2 quand il aura parcouru ce mémoire entier. pourra
Sur la nouvelle de l'arrivée des Efpagnols, les différens chefs fe
gouvernement.
précédé de bien d'autres, & il ne (à-peu-près fut
trois cents livres);
nature, la qualité des perfonnes qui l'efcortoient, pas non plus le dernier. La
gouvernement de cette manoenvre criminelle, & tout porte à n'accufer que le
tres-certainement le leéteur
prononcer 2 quand il aura parcouru ce mémoire entier. pourra
Sur la nouvelle de l'arrivée des Efpagnols, les différens chefs fe
gouvernement. 2 ou l'on fervit à déjcâner. Ils curent avec eux
rendirent au
des plus intéreflantes; & quoiqu'elle fut en Elpagnol
une converfation
dirent. Ils commencèrent d'abord s'informer de
je compris tout ce qu'ils
débité force
des
Patat
nouvelles fuppofecs ET France; après les avoir choles; & après avoir
grande perfévérance 2 dans-la révolte, ces
firent encouragés à la plus
tion far la révolution françoife: à les entendre, malheureux c'étoit
tomber la converfaoutragée &c à ramener Pancien état des chofes. Ils à cux à venger la royauté
nation quia perdu la qualité d'hommes, ne'reconnoififant nous pcignoient comme une
perdu toute notion de la divinité , couverts de tous les plus de roi, &
plus grands châtimens. Ils ajoutoient qu'ils
crimes 1 & méritant E
décembre, nous foufcririons,
prévoyoient bien 2 qu'avant la fn dc
exiger de nous. Iis fe retirérent par enfuite, notre extrême foiblefle, à tout ce qu'on voudroit
& en deandant f nous étions des bons. en nous Ils confidérant du coin de l'oeil 2
malheureux, de nouveaux fecours. promirent. 2 en partant, 3 à ces
Le lendemain, 8 du mois, 2 les chefs des
la munition 2 réfolurent d'attaquer la Marmelade brigands, qui venoient de recevoir de
un raffemblement de forces confidérables. Le
: pour cette expédition ils firent
emmenant avec cux deux des malheurcux 9, après-midi, ils fe mirent en marche,
aux canons : le commandant en chef de prifonniers cettc armce de Sans-Soucy, pour fervir
nous avoit conduit. Il arriva fur lcs dix heures du foir 2 étoit le même Fayer qui
Baccaille, & fur les deux heures
au camp 2 commandé
raifon que nous n'avons jamais après minuit 2 foit par crainte , ou toute autre par
tiré un
de fufil,
connue 2 l'armée entière fe retira, fans avoir même
Le 12, COE curédela Marmelade quoiqu'elle fut en préfence du camp Paparel. Riquet, fc difant brigadier des &moi, cimesunc converfation avec Ic mulâtre
armfesdu roi & chevalier de Saint-Louis, Nous --- Page 20 ---
parvinmes à l'éclairer; & a lui infpirer le défir d'un arrangement. Je dire
cet inftant fut le premier, ou je m'apperçus qu'il feroit poflible de parvenir puis a faire que
fe bien. Le pere Bien-Venu, 1 d'après nos accords, travailla à un projct d'adreffe,
qui demeura fans exécution. Le13 au matin, un bruit fe répandit que les blancs de la Marmelade defcendoient
au Dondon, &c que les troupes du Limbé venoient par les Vefeux : on battit la
générale, & les nègres, au nombre de quatreà cinq mille d'abord, furent réduits à
moins d'une demie heure, à trois ou quatie cents; les autres fe fauvoient dans les
bois a toute courfe.
qui demeura fans exécution. Le13 au matin, un bruit fe répandit que les blancs de la Marmelade defcendoient
au Dondon, &c que les troupes du Limbé venoient par les Vefeux : on battit la
générale, & les nègres, au nombre de quatreà cinq mille d'abord, furent réduits à
moins d'une demie heure, à trois ou quatie cents; les autres fe fauvoient dans les
bois a toute courfe. L'alerte fe trouva faufle, & tout tentra dans l'ordre. On nous
avoit placé au canon, & on nous ramena pour nous occuper à faire des facs a
gargouffe. Le 14, nous apprimes la mort de Bouqueman; il feroit
de dire
fut l'impreffion que cette mort fit fur les-nègres. Les chefs impoflitle prirent le deuil & qu'elle ordonnérent un fervice folemnel : pour nous, fpeétateurs, fouffrans de tout ce
paffoit, nous étions défolés de cet accident; le contre-coup devoit nous quie
fans reffources. Déjà nous entendions les difcours des nègres; leurs complots perdre criminels avoient de quoi nous effrayer, car il ne s'agiffoit de rien moins de
nous aflaffiner pour venger, difoient ces Cannibales, leur chef, mort pour que la
jufte des caufes, pour la défenfe de fon roi, Heurcufement ces propos, in peu plus dur
à entendre, n'eurent aucun effet; ils fe vengérent d'une manière moins barbare &
méme gaie; ; ils fuppofèrent la mort de M. Touzard, & firent en mémoire d'un
avantage fi marqué, un calinda qui dura trois jours, pendant lequel ils nous faifoient
un étalage deleurs exploits, & nous reprochoient notre lâcheté; a les entendre, ils
chargeoient des cabroucts de nos tétes, & ils ne perdoient que très-peu de monde. II falloit tout entendre & ne jamais répondre que par le filence ou des applaudiffemens. Ce moyen étoit le feul qui pit prolonger notre pénible exiftance. Le 14 fur le minuit, le gouverneur du bourg du Dondon, nommé Raimond,
mulâtre libre, vint nous éveiller, & nous ordonna de partir pour le
général,
oh étoit Jean-François : nos tranfes, à cet ordre fe renouvellerent; ; camp. nous
le fort qui nous attendoit à notre arrivée : ce qui nous raffuroit un peu, ignorions c'étoit la
promeffe de Jean-François, & fon humanité connue. Cependant, mille réflexions,
plus finiftres les unes que les autres, fc préfentoient comme malgré nons à notre
imagination effrayée, quand huit à dix dragons nègres fe préfentèrent, & nous
conduifirene à la Grande-Rivière, dans le même état qu'ils nous avoient mené au
Dondon; feulement ils nous raflurèrent en chemin, en nous difant, dès
nous avoient confervé fi long-temps, nous ne devions plus craindre, mais que que Jean- qu'il
François étant inftruit que T'armée du Cap devoit attaquer la Tannerie, il nous envoyoit chercher pour fervir avec eux aux canons, & qu'il defiroit nous avoir
quelques Jours avant l'attaque, pour faire des gargouffes, & mettre les canons en état.
Dondon; feulement ils nous raflurèrent en chemin, en nous difant, dès
nous avoient confervé fi long-temps, nous ne devions plus craindre, mais que que Jean- qu'il
François étant inftruit que T'armée du Cap devoit attaquer la Tannerie, il nous envoyoit chercher pour fervir avec eux aux canons, & qu'il defiroit nous avoir
quelques Jours avant l'attaque, pour faire des gargouffes, & mettre les canons en état. Cès détails nous raffuroient à la vérité, mais quelle perfpeccive pour des ames
fenfibles, pour dcs bonscitoyens & des pères de famille, de tourner les armes contre
fes femblables , fes parens & fes amis; il eft démontré qu'il étoit prefque impoffible de tromper fes fcélérats; ils vous obfervent de fi près, qu'au moindre
ils vous facrifient. Toutes ces confidérations nous euflent fait defirer la foupçon, mort, fi
une lueur d'efpérance ne nous avoit foutenu ; nous croyons à quelque événement
extraordinaire, & il s'eft réalifé. Après une marche pénible pour des hommes non accoutumés à marcher de
nous arrivâmcs fur les deux heures du matin au camp général. Nous trouvâmcs Jean- pied, --- Page 21 ---
I5
François levé; il nous reçut avec honté; nous expliqua les raifons qui l'avoient dé:
termind à nous faire defcendre, & nous fitdélivrer de fuite des fouliers & des hardes:
jamais préfent n'cit un prix pareil à celui-là : nous ne nous fentions pas d'aifc;
mais ce qui empoifonnoit ces mouvemens de joie, c'étoit la douloureufe Dans la perfpedive
du fervice qu'on vouloit exiger de nous & l'impoffibilité du refus. journéc, émifon envoya a la Tannerie prendre la mefure des canons, & au retour des il faut
faires, on diftribua la poudre &le papier néceflaire pour.les cartonches; de fon exobierver quc cette poudre étoit celle que Jean-François avoit rapporté livres. pédition d'Onanaminthe ; il y en avoit quarante barrils de dix
faifais
Incapable de faire une cartouche, de manceuvrer aune pièce de canon,je dans l'idée de
mille projets pour me fouftraire à cc fervice; entr'autres il me vint
briguerle fecrétariat de Jcan-François; celame convenoit d'autant plus,. que mon,
éducation n'avoit certainement pas été celle d'on militaire? mais comments'y prendre
pour réuflir : ma couleur feule devoit me rendre fulpedt, à bien plus forte raifon
ayant été pris les arnies à la main. Ces confidérations ne me rebutèrent point: de
j'accoltais d'Elpres, mulâtre libre, & armurier dn Fort-Dauphin aide-de-camp imJean-François, & invefti de toute fa confiance : Je ne le connoiffois que fort
parfaitement : néanmoins, je lui dis,fans héfiter : vous me connoiffez, fans doute, &
vous favez également queje. ne puis être que d'une feule utilité à Jean-François. l'aider Ilne
me laiffa pas achever, & m'affura qu'il avoit déjà jetté fes vues fur moi, pour
dans les écricures; & qu'en outre, il s'ouvriroit davantage dans un autre moment. L'après-midi, fur les cinq heures, arrive le curé dela Grande-Rivière; nouvelles
tranfes, c'eft peut-être pour nous confeffer, difions-nous, & nous ferons expédié
Ce foir.
ule utilité à Jean-François. l'aider Ilne
me laiffa pas achever, & m'affura qu'il avoit déjà jetté fes vues fur moi, pour
dans les écricures; & qu'en outre, il s'ouvriroit davantage dans un autre moment. L'après-midi, fur les cinq heures, arrive le curé dela Grande-Rivière; nouvelles
tranfes, c'eft peut-être pour nous confeffer, difions-nous, & nous ferons expédié
Ce foir. Quelle alternative ! quelle exiftance? Que.le ledeur fenfible l'apprécic : ce
n'étoit cependant ricn de tout cela, il venoit purement & fimplement faire fa cour
aux Pendant géneraux. que ces.chofes fe paffoient , nous entendimes des coups de canons dans
la pleine, qui inquiétèrent d'abord les généraux, quis dans ce moment, fe trouvoient chez Mignard 2 & dépourvus de forces. Pour favoir ce qui en étoit 1 ils
envoyèrent de fuite à Ja découverte, & peu d'heures après,, les dragons rapportèrent que M. d'Affas levoit le camp du Rocou, & abandonnoit le morne à Beckly,
Cette nouvelle non-feulement calma les elprits, mais répandit encore une joie
univerfeile dans tous les camps de la Grande-Rivière. lui avoit
M. d'Affas n'avoit rien fait d'important dans le commaudement qui
été confié: mais M. d'Afias eft un militaire connu. M. d'Affas a les plus grands
talens, & ce qui eft bien plus effentiel, des intentions droites. Alors 2 comme bien
aujourd'hui, on enchainoit ion adtivité; & comme il n'avoit en vue que le
public, il ne taida pas à s'appercevoir qu'on ne mettoit des entraves à fes opérations que pour confommer la ruine de Ja partic de TER. Plus d'une fois les
citoyens fe plaignicent de fon inaétion , mais fa réponfe étoit dans les ordres précis
recevoit de fon fupérieur, , qu'il communiquoit aux patriotes qui fervoient
2 lui, & qui reconnurent bicntôt les mauvaifes intentions du chef du pouvoir M. exécutif. d'Affas avoit fortifié, dans toutes les règles de l'art , le morne à Beckly. Un détachement peu nombreux fuffifoit pour le garder : & à cette époque, par
la jonétion des forces qu'on avoit effectuces dans les environs du Trou, on pouvoitetid-certsit.ment empécher les brigands de pénétrer dans la partie du FortDauphin ; car fitôt après la défaite du camp de Sans-Souci,les nègres de Vallière --- Page 22 ---
'& des environs, . n'osèrent encrer ouvertement en infurredion. Un
la hauteur de madame Berthole 1 & un fecond plus avant' 'dans placé à
auroient
Moka,
ASrt
Candi efficacement protégé nos quartiers 5 & par la fite le
de
nous auroit procuré une fécurité parfaite dans cette
La camp crainte
que les révoltés avoient du morne à Beckly 7 étoit telle partic, étoient décidés
à l'emporter 2 n'importe à quel prix ; &c très - certainement qu'ils 2 d'après les fortifications qu'on y avoit faires, c'eût été un écueil contre lequel feroient venus
brifer 2 àrla longue 1 toutes leurs forces.
fite le
de
nous auroit procuré une fécurité parfaite dans cette
La camp crainte
que les révoltés avoient du morne à Beckly 7 étoit telle partic, étoient décidés
à l'emporter 2 n'importe à quel prix ; &c très - certainement qu'ils 2 d'après les fortifications qu'on y avoit faires, c'eût été un écueil contre lequel feroient venus
brifer 2 àrla longue 1 toutes leurs forces. Je ne fuis point militaire, c'eft à ceux fe
qui connoiffent ce métier à juger de fon importance. Mais à même de juger de
T'imprellion fentiel. qu'il faifoit fur les brigands > je puis affitrer qu'il devoit être efJcan-François, 3 qui avoit une petitecour, fe plaifoit à donner des fêtes. Le
ily eut au: camp général un grand concours de monde. , parmi lefquels 17
dillinguai le Blanc : père & fils, Cator, Viard, , Poiffon , de Launai, le je
libre Yvon, le Maire, mulâtre de Sainte-Suzanne : à travers lesjaloufies & nègre fans
être apperçu, j'entendis une partie de la converfation. Nous
à la fin de novembre. Les forces qui doivent arriver de France voilà, difoient-ils,
tarder, a & il feroit extrêmement avantageux de nous arranger avec ne les fauroient blancs"
pour prévenir de grands malheurs; car il eft à craindre qu'elies ne nous réduifent 9
en pouflière : ce fut l'expreffion de le Blanc , père > tous les autres furent du
même avis ; & ce qui me fit le plus grand plaifir, ce fut d'entendre
à
peu près ce que J'avois- dit à Aubert, fous l'allée de madame du Fahy. répéter,
Sur le foir > Deprés &c le Blanc 1. père 2 vinrent à moi pour me
le
communiquer
projet d'arrangement: ; j'en reffentis une extréme fatisfadion, & leur
de les aider dans tout ce qui dépendoit de moi. Pour mettre plutôt la main promis a
l'ceuvre. 2 le Blanc père 1 follicita de Deprés la permiflion de m'emmener chez
lui pour quelques jours, ce qu'il n'obrint qu'en réponidant de moi,
corps , & par écrit; enfuite on m'admit dans le confeil, au moment corps oû pour l'on
alloit prendre un parti décifif 3 mais ce qui me fit le plus de
1 ce fut de
trouver tout le monde difpofé à la paix 2 aux prétentions près plaifir , mais infiniment
moins exhorbitantes qu'elles ne l'étoient dans le principe. On réfolut de ne rien
négliger pour arriver à ce but. Le fecret étoit indifpenfable dans cette négociation ;il falloit que le nègre, naturellement foupçonneux & fanguinaire,
toutes difpofitions , tendantes a un arrangement : auffi prit-on pour cela ignorat toutes'
les précautions néceffaires. il fut encore délibéré de rédiger, provifoirement, un
projet d'adrefie, pour étre enfuite communiqué à Jean-François.
folut de ne rien
négliger pour arriver à ce but. Le fecret étoit indifpenfable dans cette négociation ;il falloit que le nègre, naturellement foupçonneux & fanguinaire,
toutes difpofitions , tendantes a un arrangement : auffi prit-on pour cela ignorat toutes'
les précautions néceffaires. il fut encore délibéré de rédiger, provifoirement, un
projet d'adrefie, pour étre enfuite communiqué à Jean-François. Cator &
ftimes chargés de ce travail. moi,
Me voila donc inftallé dans l'exercice de mes fondions; me voilà donc fecrétaire breveté de Jean-François 2 & invefti de fa confiance : dès ce moment; je ne
fius plus fi ftri@ement oblervé, & je me ferois cru dans la plus grande fécurité,
fi j'avois été dans d'autresmains que celles de ces fcélérats ; car, comme je le
dirai dans la fuite, les gens de couleur n'avoient pas aflez de pouvoir pour
nous fouftraire à la fureur des noirs 2 ils en avoient au contraire 2 tout, à
craindre. Nous partimes avec Cator, Viard, le Blanc père & Poiffon 7 fur les fix heurès
du foir, & arrivâmes chez madame veuve Caflaing, qui me reçut avec la plus :
grande humanité; à melfure qu'elle m'apperçut, elle vint fejeter dans mes bras,
en pleurant 2 regardant 2 difoit-elle 2 mon exiftence comme un miracle, De-la,
nons --- Page 23 ---
nous fimes coucher chez M. le Blanc - qui eut mille foins de
nonil me douna du linge 1 mais il détruifit cncore la vermine moi, me dévoroit. feulement
quoi il me rendir tin petit fervice. Le lendemain matin, qui nous revinmes diner , en
chez madame Caftaing 1 pour y travailler an projet d'adreffe. Je dois rendre ici
dames juflice à cette dame : elle me combia d'amicié, me donna mille fecours ; & les
& je d'Ailly & la Mothe, s'emprefloient à l'envi à adoucir mes malleurs 5
puis certifier, qu'clles étoient fineèrement affectées du délaftre général. Cator L'après-midi, nous mimes la main à l'auvre 2 & dès la
ne voulut plus continuer 1 & me laifla feul rédaâteurde première l'adreffe. page, Le
lendemain, étant achevée 2 elle fut lue au comité
chez
oi ayant cté univerfellement approuvée il fut réfolu fecret, de
Meynard,
à Jean - François & dc folliciter fon agrement
li communiquer
amprès de de l'aflembléc coloniale : en
pour m'en rendre porteur
pour nous rendre au camp Prienr, oùr il confequence, faifoit
nous fa montâmes à cheval
l'engager à foulcrireà une démarche, qui devoit être depuis fiintéreffante peu réfidence 9 & pour
Cegenéral avoit choifi l'habitation Prieur pour fa demeure
auxfdeux partis. étoit plus à portée de la paffe elpagnole, oùr il fe rendoit ordinaire, fouvent parce qu'clle
tous lesautres chefs brigands : nous yarrivâmes fur les huit heures du , ainfi que
nous accueillit on ne peut mieux , & fans
du
matin: il
en comité fecret, On fit fentir à
perdre temps 2 nous nous formâmes
fité
avoit de finir les Jcan-François 2 dans cette occafion , la nécefqu'il y
hoftilités, 9 & de profiter d'un arrangement
geux avec les blancs.
parce qu'clle
tous lesautres chefs brigands : nous yarrivâmes fur les huit heures du , ainfi que
nous accueillit on ne peut mieux , & fans
du
matin: il
en comité fecret, On fit fentir à
perdre temps 2 nous nous formâmes
fité
avoit de finir les Jcan-François 2 dans cette occafion , la nécefqu'il y
hoftilités, 9 & de profiter d'un arrangement
geux avec les blancs. Les raifons les plus preffantes furent tour-à-tour avanta-
& Ce général nègre 9 fut d'autant plus dilpofe à foufcrire au voeu des développées,
libres, qu'il y avoit été difpofé le pêre Bien-Venu. , curé de la autres chefs
ce vertueux palteur bravoit tous E dangers pour lui faire fentir Marmclade ;
& nous pouvons tous attefter 2 que fa conduite fut un
d'utiles de vérités ;
de patience & de fermeté. La nature de la miflion dont exemple il
modération,
de ces brigands, fuffit pour effacer tous les foupçons les s'étoit chargé auprès
ceux qui font mal inftruits, pourroient faire naitre fur que fon mal-intentionnés olt
Jean -François approuva tout ce qui Jui fut propofé : il nous compte. langage peu ordinaire aux nègres : fcs réflexions portoient
parla du même un
d'un fond d'humanité d'un génie au-deffus de fon
l'empreinte bon fens,
jafqu'au point de lui demander quel ctoit le vrai buc elpèce de : car m'étant émancipé,
il me répondit avec honnéteté , refifant néanmoins de guerre qu'il nous failoit,
; ce qu'il me dit fuffit cependant, pour fixer à s'expliquer cathégoriVaertes fes propres expreffions : < Ce n'eft moi me fuis jamais mon jagenent,
> négres. Ceux qui en avoient le pouvoir pas m'ont revêtu qui
inflitué général des
>> les armes , je n'ai jamais prétendu combattre
la de ce titre : en prenant
s) fais étre une chimère - tant par le befoin la ponr France liberté générale, que je
>) le danger qu'il y. auroit a procurer à que
a de fes Colonics, que
))
E deviendroit infiniment
des hordes incivilifées 9 un- droit qui
n tiflement de la colonie; que dangerenx,6 files
qui entraineroit indubitablement l'anéan-
)) bitations 1 la révolution n'auroit propriétaites avoient été tous fur leurs habeaucoup contre les procureurs & économes petit-étre eu lleu.
générale, que je
>) le danger qu'il y. auroit a procurer à que
a de fes Colonics, que
))
E deviendroit infiniment
des hordes incivilifées 9 un- droit qui
n tiflement de la colonie; que dangerenx,6 files
qui entraineroit indubitablement l'anéan-
)) bitations 1 la révolution n'auroit propriétaites avoient été tous fur leurs habeaucoup contre les procureurs & économes petit-étre eu lleu. > Enfuite il fe déchaina
ticle
; vouloit
M
fondamental , dans lcs
qu'on inféràt, comme argue : dans les camps ilfalloit conventions défavouer 1 qu'il n'en exifteroit plus à Saint-Dominà la fureur des nègres. CCS ctars, fi l'on ne vouloit pas être expofé
Avant de fe décider entièrement, on réfoluc de prendre l'avis de M. l'abbé de
C --- Page 24 ---
la Haye, curd du Dondon, & du père Bien-Venu ; ils fuirent, en
invités à fe rendre au camp Prieur 1 oir étant arrivés, , ils prirent conféquence,
de T'ouvrage 1 qu'ils approuvérent 2 en engageant Jcan -
de connoiffance mettre
faite à exécution des projets qui devoient procurer lc bonheur François général de de
Colonie,
la
Jean - François étoit extrémement fatisfait de mes démarches; il voulut m'en
témoigner fa gratitude,en mc chargeant de la m flion importante , dè
,
auprès de l'ailemblée coloniale , les intérêts refpectifs ;, cependant on étoit négocier indécis
fi on n'enverroit pas d'abord au Fort-Dauphin cala Marmelade
fut adopté, & Cator, Chavanne 1 Tabois & moi, fimes
de :cedernier cette parti
On voulat envoyer à la Marmelade 2 mais aucun nègre chargés ne voulut étre miffion. du paquet. Alors voulant favorifer ie père Bien-Venu , je perfuadai à porteur
François de T'en charger,, moyennant une promeffe de retour
Jeann'exécuta
2 qu'il fit, mais
qu'il
pas. Il partit à linflant 3 & le lendemain , il répondit fes
roifliens l'avoient retenu 1 mais que l'adreffe avoit été approuvée, & que qu'il par- s'en
promettoit le plus heureux fuccès. C'eft ainfi que fe paflà cctte première entrevue ; dès ce moment , je conçus
l'efpoir d'une délivrance prochaine, & la fin des malheurs de la province du
Nord; s'il en eft autrement arrivé, j'aurai foin d'en faire connoitre les caufes
dans la fuite, &c d'une manière fi précife * qu'il ne reftera aucun doute à cet
égard. Le 2 décembre, nous defcendimes à la Grande-Rivière pour nous difPoler à partir pour le fort-Dauphin, Que le leéteur juge de la fatisfaction
devois avoir, en voyant approcherdef fiprès l'inftant de ma délivrance! Eh bien, que un je
inftant détruifit tout ; préc à monter à cheval, Deprés reçut une lettre de JeanFrançois 2 par laquelie il lui enjoignoit de faire partir de fuite la
mais d'en exclure le prifonnier, a ayant 2 ponr cela 2 des raifons connues. députation On aura 2
de la peine à figurer le chagrin que ce contr'ordre vint me caufer. Je ne pus
jamais le dillimulera Defprés, qui 2 ponr le diminuer , me donna un cheval, avec
permiffion d'ailer, demeurer quelques jours chez M.
François 2 par laquelie il lui enjoignoit de faire partir de fuite la
mais d'en exclure le prifonnier, a ayant 2 ponr cela 2 des raifons connues. députation On aura 2
de la peine à figurer le chagrin que ce contr'ordre vint me caufer. Je ne pus
jamais le dillimulera Defprés, qui 2 ponr le diminuer , me donna un cheval, avec
permiffion d'ailer, demeurer quelques jours chez M. le Blanc : ce fut pendant le
içjour que je fis chez lui, qu'il m'apprit linhumanité des Elpagnols
fans
égard pour le droit des gens, avoient repouffé un nombre confidérable d qui, citoyens
de la Grande-Rivière & du Dondon 1 dans la partie Françaife, & que ces infortunés avoient été facrifiés par Jeannot , entre lcs mains de qui ils étoient
une foule d'autres traits, non moins barbares, caradtérifent la nation tombés,
qui, dans pareiles circonflances, auroit do fe montrer plus humaine Efpagnole; & holpitaliere. Nous àurons occafion de parler de leur conduite à notre égard 2 la
fuite; & très-certainement la France connoitra un jour toute l'indignité de par leurs
procédés. Jc demeurai trois à quatre jours chez M. le Blanc. , après lefquels je revins an
camp général 2 pour prendre connoiffance d'une lettre de M. Cator, & d'une autre
dc M. de Touzard a ce premier. On aura de la peine à fe figurer la joie
leur contenu dàt me caufer 1 quand je vis que tout alloit être terniné fous que
quinzaine, Voici lcs propres expreflions de M. de Touzard: ( J'ai
>> l'adreffe dont vous étiez porteur avec M M. Tabois & Chavanne; lu, elle monfieur, ne con-
>> tient que des chofes tres-acceptables. Je fuis certain
l'affemblée
>> accordéra tont : d'ailleurs., cn lui faifant paffer nn que de cette coloniale
> jelui ai fait fentir la néceflité de terminer les malhenrs exemplaire communs. J'attends adreffe 2
> matin fa réponfe, & je vous la ferai paffer de fuite, > Quand au Fort-Dauphin, ce --- Page 25 ---
tout y a été très-bien accueilli, ce qui me fait efpérer un meilleur ordre de
chofes. Cette lettre, remplie d'efpoir, fut tenue fecrète, car c'étoit du fecret que dépendoit la réuflite de la négociation. Sans perdre de temps, 1 nous montâmes avec
cette lettre a Jean-François, qui en
Defprés au camp Pricur, pour communiquer Dès ce il
ordre fur ordre dans tous
reflentit une extréme fatisfaction. jour, expédia les
& les incendies, &
les camps, dans tous les pofles. empécher attaques
car il eft bon
il fe détermina à faire part à Biulitos de tout ce fc paffoit;
d'obferver que ce général n'avoit encore été t de rien. Pour cela., nous
defcendimes avec Jean-François au camp général , & un extraordinaire rendre fut expédié chez
auGrand - Boucan : on commandoit Biaflou 2 avec invitation de fe
madame du Faby; ; ce quil fit dans la journce,
intimement
D'après le caractère connu de ce général nigre,T'étois
perfuadé le confeil qu'il
feroit éloigné de toute difpolition pacifique.
que ce général n'avoit encore été t de rien. Pour cela., nous
defcendimes avec Jean-François au camp général , & un extraordinaire rendre fut expédié chez
auGrand - Boucan : on commandoit Biaflou 2 avec invitation de fe
madame du Faby; ; ce quil fit dans la journce,
intimement
D'après le caractère connu de ce général nigre,T'étois
perfuadé le confeil qu'il
feroit éloigné de toute difpolition pacifique. Je me trompois : rappelé dans
fecret, je fus agréablement furpris de le voir s'avancer vers moi & m'embraffer, il
en me témoignant la fatisfadion qu'il reffentoit de mes démarches, & combien
les approuvoit. Il fut furtout extrémement fenfible aux éloges que je lui donnois de :
il repartit de fnite pour le Grand-Boucan 1 en nous engageant de dans l'inftruire fa
tout ce qui fe pafferoit, , & promit de donner des ordres pour que
dépendance on ne commit aucune aggrellion. & d'un inflant à P'autre, le retour dcs
Nous attendions avcc emprellement,
députés du Fort-Dauphin. Dans cette intervalle, je fus paffer avec Defprés queljours au camp Prieur 5 je puis affurer que cet aide-de-camp de Jean-François accélérer
E"z donnoit bien des mouvemens. , & qu'il-a fait tout fon pollible pour
les inftans de la paix. De concert 1 nous faifions tout notre poflible
aux conditions l'affemblée coloniale
SRE
difpofer, Jean-François à foufcrire
que
dicter; & je voyois avec plaifir que nous faifions journellement des progrès :
car il eft bon d'oblerver qu'on avoit à lutter contre ceux qui,, par des vtles fccrètes,
faifoient tous Jeurs efforts pour détruire notre ouvrage, & lc nombre n'en étoit
pas abfolument petit. Tous les chefs efclaves traverfoient nos opérations; avoir &c quoi- de
ne fuffent pas inftruits du fecret, ils ne laiffoient pas quc d'en
foupcons. stu
Pendant le féjour que je fis dans ce camp 2 je m'apperçus les Efpagnols s
vus au
lors de ma
détention
ce bourg, ne
Rec
que j'avois
Dondon,
première
venir qu'en petite quantité, tenoient en ce nioment marché ouvert avec les brigands,
emportant non-feulement le numéraire, la vaiffelle &c les bijoux, mais encore les
mulets des infortunés habitans, & leurs meubles les plus précieux. Cependant ? Jcan-François avoit décidé de haufTer le prix du fucre & des mulets: il vonloit
que la forme fc payât une piaftre, & le mulet une portugaile, cet argent devant,
difoit-il, fervir aux frais de la guerre. II feroit impollible de dire la quantité de
fucre & d'animaux qui ont paflé à VEfpagnol. Le iucre ne valoit ci-devant qu'un
gourdin la forme, dles mulets fe vendoient publiquement à une gourde ou deux 2
ou on les troquoit pour une manchette. Les chefs brigands failoient de fréquens voyages a la limite cfpagnole. , &c ne
s'en cachoient pas devant les blancs;ils étoient intimement liés avec les E(pagnols,
& furtous avec les chefs des environs 2 car lcurs recommandations aupres d'cux
étoient puiflantes. De temps a autre, Jeau - François, lorfqu'il s'agifloit d'une
nigociction ou d'une opération importante, difoit, cn notie préfence, qu'il ne
C
ient de fréquens voyages a la limite cfpagnole. , &c ne
s'en cachoient pas devant les blancs;ils étoient intimement liés avec les E(pagnols,
& furtous avec les chefs des environs 2 car lcurs recommandations aupres d'cux
étoient puiflantes. De temps a autre, Jeau - François, lorfqu'il s'agifloit d'une
nigociction ou d'une opération importante, difoit, cn notie préfence, qu'il ne
C --- Page 26 ---
il pouvoit devoit des prendre telle ou telle détermination. 3 fans en conférer avec ceux
comptes, & nous avons toujours
à qui
étoient dans la partie cfpagnole. foupçonné que ceux à qui il les devoit"
Depuis quelques jours 2 fur les difpofitions
des
des autres chefs avoit entièrement changé; ils pacifiques étoient généraux, le caradtère
généralement parlant, nous n'avons eu qu'à nous louer remplis d'attention, &,
dc couleur 1 qui ont toujours cherché à nous
de la conduite des gens
facheux ; tout enfin prenoit une nouvelle face. mettre à l'abri de tout événement
députés gardoienr un filence alarmant; ; depuis huit Cependant, Cator & les autres
de" leurs nouvelles, quoique M. de Touzard
jours, on ne recevoit aucune
de fa
cit alfurequil recevroit, le lendémain
Pour première étre mifive 2 la réponfe de T'aflembléc coloniale à leur adreffe,
dimes
plus à portée de correfpondre avec les différens
avec Deprés à la Grande-Rivière. chefs, nous defcenSu'pice, curé du Trou > qui nous apprenoit nous l'arrivée y trouvâmes une lettre du père
nationaux civils; il nous fit
de MM. les commiffaires
du roi, du 30 feptembre, & également un autre de paifer la loi on exemplaire de la proclamation
le tout étoit accompagné de réflexions fort conftitutionnelle du 2.4 feptembre;
engager les généraux à ne rien négliger
judicienfes & remplies de forces, pour
Lesgens de couleur étoient affectesde la pour loi terminer du
définitivement avecles blancs. obcir, & leurs démarches ne nous ont laiffs aucun 24 feptembre, doute à mais tous vouloient
De mon côté je tirai parti de la proclamation du roi, cet égard. raux à foufcrire a tout ce que P'affemblée coloniale leur , pour forcer les généà leur expliquer ce fens, de manière à leur faire naitre de didieroit , & m'attachai
exciter Jeurs remords. II n'eft qu'un feul moyen, leur
juftes craintes, & à
& faire oublier votre conduite paffée, c'eft de vous Jeter difais-je, dans les pour bras. tout réparer
blée & dcs commiffaires, promettant de faire rentrer de fuite
de l'affemle devoir, & de concourir de tout votre pouvoir à accélérer les efclaves dans
ce moyen eft le feul qui puiffe vous mériter votre
Ils furent le retour de l'ordre;
difpofés à n'écouter, que Biaflou arrivoit du
grace. d'autant mieux
nade qu'il avoir entendue la veille au Cap. Ces Grand-Boucan, falves
lui troublé de la canonl'arrivée des forces, & le nom feul de commiffaires du répétées roi, faifoit faifoient la craindre
imprellion fur fon efprit.
moyen eft le feul qui puiffe vous mériter votre
Ils furent le retour de l'ordre;
difpofés à n'écouter, que Biaflou arrivoit du
grace. d'autant mieux
nade qu'il avoir entendue la veille au Cap. Ces Grand-Boucan, falves
lui troublé de la canonl'arrivée des forces, & le nom feul de commiffaires du répétées roi, faifoit faifoient la craindre
imprellion fur fon efprit. D'ailieurs, le bruit fe repandoit dans tous plus lcs grande
déterminérent brigands , qu'ils étoient accompagncs de quinze mille hommes : tcutes ccs raifons camps
faifois
Biaffou & la majorité des chefs à la paix. Le tablean
, avec beaucoup de
que je leur
dont les effcts fe faifoient ménagement reflentir 2 des maux qu'ils avoient caufcsà ia colonie,
déjà
en Fance, les alirmoient; ; &
pardon Otl d'amniftie ne leur permettoit plus de douter
le terme de
en France comme des
qu'on ne les regardàt mêmc
coupables, ce qu'ils n'avoient certainement
car ces malheureux étoient dans la facale perfuafion que le roi & Dieu pas encore même cru,
tiendroient compte de tant d'incendies & d'afaffinats; ce déplorable
leur
prouve jufqu'a quel point on les avoit abufés. aveuglement
Le lendemain de P'arrivée de la proclamation, je perfnadai à
à Biaffou , d'envoyer une dépucation à l'affemblée colonizie & à Jean-Irançois &c
millaires nationaux civils ; mais lorfqu'il fut queftion
les MM. les comun ne vouloit fe charger de cette miffion ; ils fe rappeloient d'expédier les affaffinats émiffaires, pas
envoyés vers eux quelques mois
des blancs
le feul Raynal s'offrit. Alors auparavant. , & ils craignoient une jufte répréfaille:
François, ordonna de Biaflou, qui fe trowvoit feul 7 par le départ de Jeanm'adjoindre à la députation ; mon nom étoit déja infcrit --- Page 27 ---
ftir l'adreffe, lorfque Defprés, inftruit de cette démarche , trouva encore le
d'annuller fes intentions, en faifant révoquer une feconde fois fes' ordres; & moyen
obvier à cous les retards, on ordonna atl vicux nègre Dupleflis, de partir pour
la-champ avec Raynal , s'il ne vouloit avoir la téte tranchée. A cet ordre furracif, Dupleflis obéit fans réplique. impéNous attendions le retour de Cator & de fes collegues avec
:
dix à douze jours 1 ils ne donnoient aucun ligne de vie, &c inquiétude tour depuis
M. Touzards, malgré les ordrés qu'il avoit reçus, malgré les accords exiftans récemment
Jui & les députés envoyés au Fort-Dauphin 1 venoit d'attaquer le
Arieu entre
celui de Gilles-Henri. Ces hoftilités, exercées contre la foi donnée camp
&
avoir d'autre bur que de rompre une négociation qu'il favorifoit en 3 ne pouvoieng
mais qu'il ett cté bien aife d'annuller dans le fait. Sa conduite dans les apparence. 2
de Maribaroux & Ouanaminthe, fixeront un jour le jugement des colons 2 quartiers à
de cet offieier; naguères l'idole de la province. Si les généranx avoient exccuté Pégard
les projets qu'ils avoient conçus, M.
bur que de rompre une négociation qu'il favorifoit en 3 ne pouvoieng
mais qu'il ett cté bien aife d'annuller dans le fait. Sa conduite dans les apparence. 2
de Maribaroux & Ouanaminthe, fixeront un jour le jugement des colons 2 quartiers à
de cet offieier; naguères l'idole de la province. Si les généranx avoient exccuté Pégard
les projets qu'ils avoient conçus, M. de Touzard auroit
cher cette contravention ; mais Céfar, à Arraud, rompit les mefures les mieux payé
Nous devons attefter au public - qu'a cette époque tes généraux concertées. ardemment Ja fin des troubles, & perfonne n'croit mieux
nègres Biaffou. défroient
étoient inflexibles dans les châtimens qu'ils
fur difpofé que
Ils
ordres précis, incendioient dans la
exerçoient Ceux qui, contre leurs
tomber plufieurs tétes à fes pieds, & plaine il ou dans les mornes. Candi avoit fait
enlorte que totlt prefageoit ia fin de nos en malheurs. étoir de même dans les autres camps,
Cependant le négre, attentif à tout ce qui fe paffoit, 2 ne
les égards que les généraux avoient pour moi : ils étoient voyoit qu'avec regret
voir frequemment écrire : ils foupconnoient une
furtout intrigués de me
lcs biancs, & m'en croyoient
intelligence entre leurs chefs &
çans. Les effets n'en auroient médiateur, été ce qui m'attiroit bier des propos menagénéraux. Leur mécontentement pas bien loin 9 fans la protedtion décidée des
ouvertement des camps. augmentoit tous Jes jours 1 & ils fe retiroient
Dans cette intervalle, je! fus paffer un jour chez Lucas ,
de la
Rivière, ou je trouvai le inédecin Thibal 2 madame Pichon quartéron &
Grandele premier étoit venu da camp Roger, pour
madame madame Gayot :
toit de fa téméraire démarche' ; mais ii n'étcit foigner plus
de Viard, &il fe repenqu'il n'avoit perduc que par fon excellive
temps recouvrer une liberté
tout accufoit de complicité. Madame imprudence avoit 2 en fuivant un homme
R fon habitation & d'cn fortir
Gayot
obtenu la permiflion d'aller
à mémc d'appercevoir les mouvemens librement, des 2 fous une efcorte sûre , ce quil lc méttoit
mençoient a sattrouper : elle m'avertit qu'ils nègres, étoient qui, dans cette partic, commenavoient eu lieu, & paroifloient difpofes à
inftruits des démarches qui
quitendroit à les faire rentrer dans le devoir. rompre, Cette par'la force, toute négociation
ce que j'en avois entendu
affertion venoit à Tappui de
bonhomie de croire à la par détcntion moi-méme 9 caril eft bon d'obferver à ceux qui ont la
forcée de leurs
& à leurs
pacifiques - que fur cent, généralement parlant, c'elt nègres
difpofitions
quatre bien intentionnés 5 tous, au
beauccup d'en rencontrer
des blancs.
pre, Cette par'la force, toute négociation
ce que j'en avois entendu
affertion venoit à Tappui de
bonhomie de croire à la par détcntion moi-méme 9 caril eft bon d'obferver à ceux qui ont la
forcée de leurs
& à leurs
pacifiques - que fur cent, généralement parlant, c'elt nègres
difpofitions
quatre bien intentionnés 5 tous, au
beauccup d'en rencontrer
des blancs. il
contraire, ne refpirent que la deftrudion entière
moutagnes, Cependant, dans y. a beaucoup nioins de férucite dans los nègres de nos
& les
qute
ceux de Ja plaine : ces dernicrs étoient
premiers, au contraire, fembloient pénés du iort de leurs comme des enragés & 5
coup s'intérefloient encore à leur cxiftance. maitres, beau- --- Page 28 ---
Fort de l'avis de madame Gayot; je fis part à Jean-François & à Biaffou de
mes craintes > qui parurent fi fondées à ces généraux, le foir même ils
dièrent ordre à Candi de defcendre à la Grande-Rivière, 2m mandèrent les expéchefs libres, qui fe rendirent de fnite, & il fut arrêté de faire des patrouilles principaux
reufcs pour difliper les attroupemens; ; car, jufqu'a ce moment. , les nigres ss'étoient rigoucontenté de murmurer tout bas contre les mulâtres, qu'ils accufoient d'être les
auteurs de la relation exiftante entre leurs-géncraux & les blancs du ;
dès ce moment, ils manifeftèrent ouvertement les difpofitions les plus finiftres Cap contre mais,
eux, au point qu'ils difoient en leur préfence & la nôtre, qu'ils feroient fuivre notre
deftruéion de la lcur, ce qui ne. laiffoit pas de les alarmer, quoiqu'ils affectaffent
la plus grande tranquillité. A mefure que le terme de la paix approchoit 2 les difficultés fe muleiplioient à
l'infini 2 & maigré le filence des généraux, je. jugeai de leur embarras. J'avois,
de temps à autre des converfations à ce fujet avec les gens de couleur , qui
m'avouèrent franchement leur peine, Les uns vouloient employer la force , les
autres la rufe, & les troifièmes penfoient qu'il feroit impoflible de tenir les engagemens 2 fi on ne portoit l'afiemblée coloniale , & lc pouvoir exécutif à les
aider pari une attaque fimulde, quileur auroit procuré les moyens de fer réunir ; car, ainfi
que ie lai oblervé 2 ils étoient répartis dans tous les camps, ce qui rendoit leur
jondion périlleufe. Outre ces trois opinions 2 il en exiftoit une quatrième qui, en
me dévoilant le myftère de notre révolution. me paroiflbit être la plus infaillible : il s'agiffoit d'engager l'aflemblée, à décorer un citoyen du Cap des ornemens de la royauté, & de faire publier par-tout l'arrivée du comte d'Artois ;
enfuite, un corps d'armée fc feroit avancé vers la Tannerie 2 oà tous les nègres fe
feroient trouvés avec leurs chefs : alors , au nom du comte d'Artois & du
auroit ordonné
roi,
on leur
dé mettre bas les armes & de rentrer dans le devoir 2 ce
qu'ils auroient exécuté fans la moindre difficulté & à l'inftant.
lier par-tout l'arrivée du comte d'Artois ;
enfuite, un corps d'armée fc feroit avancé vers la Tannerie 2 oà tous les nègres fe
feroient trouvés avec leurs chefs : alors , au nom du comte d'Artois & du
auroit ordonné
roi,
on leur
dé mettre bas les armes & de rentrer dans le devoir 2 ce
qu'ils auroient exécuté fans la moindre difficulté & à l'inftant. Tels étoicnt les
embarras dcs généraux & les diverfes mefures propofées, ce qui prouve qu'il n'eft
plus an pouvoir des chefs de faire rentrerles efclaves : ce dernier avis fut ouvert &
appuyé par Lucas, & quelques autres, chez mademoifelle Sannit 2 àFontenelle. Ne voulant négliger aucnn des moyens qni pouvoient fauver les précienx
zeltes de la province du Nord. j'écrivis du, confentement des généraux, àM. de Thouzard, commandant de ia partie de FER : ma lettre n'avoit d'autre but
que de porter ce général à être favorable à nos démarches, & à en accélérer la
réuflice ,en ne commettant aucune hoftilité, pendant la négociation. Si déformais M. de Touzard avoit intérét de la traverfer & d'empécher un arrangement, duquel dépandoit plus de cinq cent millions & l'exiflence d'une multitude de citoyens, du
moins il ne devoit pas ignorer que celui qui lui écrivoit 2 étoit citoyen français,
& prifonnier; qu'il n'étoit pas le feul 2 & que tout lui faifoit une loi impérieufe
de'ne répondre qu'avec la plus grande circonfpeation : point du tout , fa réponfe
fut des moins melurées, & elle eit faffi pour nous faire détruire, fans la prévoyance de Cator, qui_ la remit en fecret à mes camarades, qui la brulèrent de
fuite, pour obvier à tous les inconvéniens. Jétois, à cette époque, à SainteSuzanne 2 avec Candi; je dois rendre juftice à ce chef, je luiailes plus grandes
obligations, ainfi qu'au mulâtre- Doré,
Cator étoit de retour de fa miflion, ainfi que Chavanne & Tabois, fans avoir
apporté la moindre folution. M. de Touzard les avoit amufés pendant un mois,
fous diftérens prétextes : on a déjà vu', qu'il lcur avoic promis une réponfe défi- --- Page 29 ---
nitive & prochaine del'affemblée à leur adreffe, cependant clle n'arriva P45s & à
leur retour , on étoit aufli incertain qu'auparavanr 1 quand Reynal & le vicux nègre
Dupleflis, qu'on avoit envoyé auprès de laflemblée & des commiffaires, apportèrent les nouvelles les plus fatistailantes, & confirmèrent les faupçons que Javois
depuis long-temps fur la conduite dc M.
nitive & prochaine del'affemblée à leur adreffe, cependant clle n'arriva P45s & à
leur retour , on étoit aufli incertain qu'auparavanr 1 quand Reynal & le vicux nègre
Dupleflis, qu'on avoit envoyé auprès de laflemblée & des commiffaires, apportèrent les nouvelles les plus fatistailantes, & confirmèrent les faupçons que Javois
depuis long-temps fur la conduite dc M. de Touzard. Ces députés nous apprirent
que Tadrefle n'étoit jamais parvenne a l'affemblée , & qu'inutilement nous en
cuffions attendu la réponle ; mais qu'ils avoient été tres-bien accueillis, , & qu'on
avoit demandé huit jours pour fe décider, & qu'ils devoient retourner au Cap,
après ce délai, pour recevoir les conditions de l'affemblée coloniale &c des commiffaires. Certain que M. de Tonzard avoit gardé l'adreffe dont il s'étoit chargé, jene émifperdis pas un moment pour décider les généraux à envoyer des nouveaux
faires à l'aflemblée 7 avec un exemplaire de cette adrefle, nais je voulus nombre 1 pour
rendre cctte miflion décilive 2 favoir définitivement de Jean-François > dans le la dede libertés qu'il demandoit : car il pouvoit éprouver le des difficultés, de s'expliquer, mais
mande illimitée de l'état-major : en conféquence, je preffai
en ayant porté le nombre à trois cents, & jugean: cette condition s'il inadmiffible ,
je lui. fis fentir qu'il avoit loin d'une dette à une grace;, que le réfiéchiffoit roi les retant foit peu fur la Vatee du mot amniftie, il comprendroit que
connoiffoit coupables, puifqu'il leur accordoit pardon ; qu'il devoit 2 en outre,
ce même décret du 24
7 il laiffoit l'af7
femblée faire attention coloniale que maitreffè par de leur fort; qu'il falloit feptembre 7 en conféquence 7 s'en
à fa loyauté & à fa clémence, & promcttre dc mettre autant de
àréparer le mal déje fait 2 qu'on avoit-mis d'aétivité a le faire. Telles étoient
cela
HEPTS
les oblervations qte je faifois faire à Jean-François, aidé en par Defprés. Ce général m'écoutoit attentivement,, & répétoit de temps en temps, , qu'il voyoit voaloit
bien que j'avois dela franchife; quejétois un bon propriétaire, 9 pour quiil
avoir des égards, mais qu'il ne pouvoit fc décider, fans avoir l'avis de Biaffou;
& peu d'initans après, il m'y renvoya 2 comme à celui qui ieroient prononceroit les en
dernier reflort, m'affurant que lcs conditions de ce général
toujours
fiennes. Biaflou demeuroit au Grand-Boucan : je defcendis avec Defprès à Ja GrandeRivière 1 pour le joindre dans la journée: nous le trouvâmes chez, Meynard, ce
qui acccléra nos démarches. Il eft inncile d'obferver que CC renvoi me fat trèspénible ;je préférois avoir à faire à Jean-François. Le caradère connu de infiniment Biaffou,
m'infpiroit des craintes. Jc fus agréablement trompé, quand je le vis d'être excelliplus difpolé à la paix.
Ja GrandeRivière 1 pour le joindre dans la journée: nous le trouvâmes chez, Meynard, ce
qui acccléra nos démarches. Il eft inncile d'obferver que CC renvoi me fat trèspénible ;je préférois avoir à faire à Jean-François. Le caradère connu de infiniment Biaffou,
m'infpiroit des craintes. Jc fus agréablement trompé, quand je le vis d'être excelliplus difpolé à la paix. Il accufoit ce premier de trop de lenteur: des aflaires de la dervement adonné a fes plaifirs, ce qui lui faifoit négliger
devoient le
nière importance : enfuite, il entra dans le détail des motifs qui
il
porter à défirer! la paix; celui de fa famille étoit le prédominant: obftacles mais quand intalloit s'expliquer fur le nombre des libertés 2 je trouvai des
prelque
furmontables; & fans le nègre Touffaint , à Breda, dont nous avons fait Tappologic dans nos dépofitions 7. la conférence fe feroit terminée fans fuccès. Il demandoit d'abord trois cents libertéts, fans compter celles dont il vonloit gratifier
fa familie ; & ce ne fut qu'après de longs & périlleux débats, que je le décidai
à les réduire à cinquante : fa confiance en moi fut même fi grande, que, pour de
la fcconde fois, il voulnt me charger de fes intérêts, & m'envoyer auprès --- Page 30 ---
l'affemblée coloniale, mais
24 la
quer l'ordre. Delprés, pour feconde fois encore, fut faire révoQuant toutes les difficultés furent
feconde députation , compolce du mulâtre applanies, nous fimes parcir le mardi, la
autre 1 dont je ne me rappelle le Labhit, de Sainte- -Suzaune, & d'un
diant, de leur recommander, en fecret, pas de nom : j'eus grand foin, en les expémiffaires, pour
parler de nous à meflieurs lcs
firent exa@ement. qu'ils Fier puiffent du nous réclamer auprès des généraux; c'eft ce comau camp Prieur
fuccès de cette démarche , nous montâmes
qu'ils
2, pour en rendre compte à
avec Delprés
cependant, à travers une fécurité
Jean-François xqui en fut tres-fatisfait,
qui avoit fa fource dans les remords. apparente. Ce chef 1 je découvrai en lui une agitation
que ne peuvent des petfidesinlligatriret il avoit n'étoit affez né pour le crime. Eh! le
& il
bon fens
&
ritables piége,
prévoyoit déjà qu'on cxigeroit de lui des
pour découvrir
de nos malheurs 5 fon deflein ctoit de ne
aveux fir les caufes véme dit, la dernière fois que je l'ai vu chez M. rien cacher, & voici ce qu'il
fur les côtés de la porte Periftille. e Je
Prieur, appuyés 2 lun & l'autre,
> ftriétement. J'ai beaucoup de chofes à dire; n'ignore & point que je ferai interrogé
P il me fera impoflible de me
comme vous le favez fort bien,
>> dont la préfence,
rappeller toutes ccs chofes devant les commiffaires,
peut-étre 2 m'en impofera. Je voudrois
cela,, niettre mes idées en ordre, &
2 pour remédier à
D de m'aider dans ce travail : en
perfonne, mieux que vous, , n'eft à même
> cabinet, & vous me ferez un mémoire confiquence 1.
é
P il me fera impoflible de me
comme vous le favez fort bien,
>> dont la préfence,
rappeller toutes ccs chofes devant les commiffaires,
peut-étre 2 m'en impofera. Je voudrois
cela,, niettre mes idées en ordre, &
2 pour remédier à
D de m'aider dans ce travail : en
perfonne, mieux que vous, , n'eft à même
> cabinet, & vous me ferez un mémoire confiquence 1. nous nous enfermerons dans un
Voila le langage de Jean-François fi 1 que je préfenterai en temps & lieu. s
précis de ce qu'il me dit ; & à : Dieu ce ne font pas fcs expreffions 2 c'eft le fens
le feul peut-être qui eût pu plit
7 que ce projer 2 le plus utile de tous,
été exécuté, mais une maladie répandre allez un jour lumincux fur nos défattres, edc
obftacle : & à l'inftant ou il fut décidé grave, & que j'ai apportée au Cap ymit
bien de garde de rappeler à
que nous ferions rendus, je me donnai
grand foin de l'en diftraire Jean-François 1 fon projer : j'eus 1 au
captivité. 2 pour que ce ne fàt pas un fujet de prolonger contraire, ma
Defcendus à la Grande-Rivière 3 nous trouvàmes la nouvelle
retour. Les généranx furent très-fatisfaits du faccès de leur
députation de
foit de fe décider fur une entrevue que- les
miffion : mais il s'agifchez Saint-Michel, & fur le renvoi des commiffaires il nationaux demandoient. ,
comité général , où il fut flatué, 2 après bien prifonniers : fut tenu , a Cet égard, un
rendroit au lieu indiqué , & qu'il emmèneroit des débats, , que l'un des deux genéraux fe
terme de huit jours, 1 demandé, feroit
avec lui les prifonniers, dès que le
culer tous les moyens qui pourroient affurer expiré : en attendant, on s'occupoit à calaccepter , & dont la Fplus difficile a remplir l'exécution ctoit la dcs conditions qu'on alloit
Arrive enfin le jeudi 7 une troifième & dernière rentrée des négres. pour le Cap,. chargée de paquets
députation fe met en marche
pour l'affemblee coloniale 4 les
nati-naux-civils, 2 & on omit M. de
commiffaires
les généraux brigands ne vouloient Blanchelande, car on doit obferver, que
leur haine étoit fi
correlpondre en aucune manière avec lui, &
colère , fon nom au adive, bas d'une qu'ils ne pouvoient pas même voir, fans fe mettre en
venoit. Cette averfion de
proclamation ou de tout autre écrit qui leur parBlanchelande, étoit la fuite Jean-François, de fa
de tous les autres chefs contre M. de
auffi impolitique qu'abfiurde, & qui proclamation feroit bien du 20 feptembre ; proclamation
propre à faire naitre une foule de
réflexions, --- Page 31 ---
réflexions, qui ne fauroient lni étre favorables. Les citoyens de couleur 1 de la
Grande-Rivière & autres, ne T'aimoient pas d'avantage : ile te rappeloient
l'envoi de fon fis auprès du prétident Ffpagnol, , pour réclamer l'infortudé Ogé, Cc
loriqu'ilavoit mille moycns de le fouftraire dans cette partie, au glaive de la loi.
foule de
réflexions, --- Page 31 ---
réflexions, qui ne fauroient lni étre favorables. Les citoyens de couleur 1 de la
Grande-Rivière & autres, ne T'aimoient pas d'avantage : ile te rappeloient
l'envoi de fon fis auprès du prétident Ffpagnol, , pour réclamer l'infortudé Ogé, Cc
loriqu'ilavoit mille moycns de le fouftraire dans cette partie, au glaive de la loi. citoyen de couleur n'étoit pas ne pour le crime : tous ceux qui l'ont vu , l'ont
jugé, & moi, en mon particulier, j'cuffe fait les plus grands facrifices pour le
fauver. Ila été, comme bien d'autres, viéime dcs manceuvres criminelles auxquelles il s'eft innocemment prèté: un jour viendra,& peur - étre qu'il n'eft pas
loin, oit tout le myftère d'iniquité fera dévoilé, & les citoyens de couleur eux- de
mêmcs connoitront le. piége qui leur a été tendu. Pour le moment 1 fatisfait
notre dévouement à la loi,ils doivent . ainfi que nous 7 enfevclir dans un éternel
oubli, des différens qui font n0S nalheurs communs 2 pour ne s'abandonner qu'a
une réunion franche & loyale. Monfieur de Cambefort ctojt l'idole de ces malheurcux; je ne prétends nil'accufor, ni l'abfondre ;les nègres font toujours negres, c'eft au public à le juger
furi des preuves plus ccrtaines: quant à moi, 1 qui ai juré de dire ce que jai vu
& entendu 1 fans déguifement, je dois affirmer, fous la garantie des autres prifonniers que le
le reconnoiffoit pour fon protedcur ; qu'il étoit perfuadé
que fcs forties aPS que le réfultat de la contrainte , & quil les ménageoient
lorfqu'il étoit obligé d'en venir aux mainsiavec cux. Ils en donnoient pour raifon,
le de monde tué par notre artillerie, toujours. pointée trop haut ou trop bas. ER à ceux qui ont fait des forties avec ce commandant, à décider nne quef- 2
tion qui m'eit tout-à-fair inconnue ; ils auront vu fa manceuvre 2 & feront
mème d'apprécier des dépofitions que nous n'avons données que comme des dires 2
mais dires univerfellement répandus. Ils publioient encore qu'il avoit fait précéder
l'attaque du carap Galifet, par un coup de canon , fignal dont ils difoient être
convenus. La députation envoyée au Cap, arriva le même jour 2 à cinq heures du foir :
je ne fais quel finefte preflentiment abforboit toutes mes facultés : l'évènement
juflifia mes craintes. A peine vis-je Reynal, que je reconnus qu'il étoit portcur
de mauvaifes nouvelles. Il auroit bien voulu les cacher à Biaflou 1 dont il connoiffoit le caraétère emporté: mais l'arrêté de l'affembléc coloniale l'auroit trahi,
aufli ne fit-il aucune difficulcé de s'expliquer ouvertement.
preflentiment abforboit toutes mes facultés : l'évènement
juflifia mes craintes. A peine vis-je Reynal, que je reconnus qu'il étoit portcur
de mauvaifes nouvelles. Il auroit bien voulu les cacher à Biaflou 1 dont il connoiffoit le caraétère emporté: mais l'arrêté de l'affembléc coloniale l'auroit trahi,
aufli ne fit-il aucune difficulcé de s'expliquer ouvertement. Il fc plaignit entre
autre chofes, de la manjère dont il avoit étô reçu & renvoyé, mais en mêmeteinps , il fit T'éloge de M M. les commiffaires nationaux-civis, & c'eft à leur
lettre, que nous devons notre exiftence : car Reynal ayant eu l'imprudence de
lire P'arrêté de l'affemblée coloniale, & ayant oublié la lettre de ces mellieurs,
Biaflou 7 dans les élans de la plus violente colère, ordonina de nous raffembler 1
& ayan: pris fes armes, il nous fit mettre fur une ligne 1 pour nous fufillers
pendane tout ce train,'étois chez Georges Dumas intendant de l'armée; c'eftia oi les nègres vinrent me chercher, pour me faire
le fort de mes
confrères : mais
de confiance en Biaffou 7 je cherchai lui rappeller ma
AT
conduite paffce, plein & les fervices que je lui avoir rendus tout fut inutile, ilm'accufa, en me menaçant 1 de m'être entendu avec T'aflembléc, à qui, difoit-il,
J'avois en fecret, diété la conduite qu'clle devoit teuir à leur égard. Je fus,
comme les autres, placé fur la ligne, > où nous n'attendions que linftant fatal,
qui devoit à jamais terminer tant de maux. Ce fut dans une concurrence aufli
périlleule , que Touflaint 2 a Breda, aide-de-camp à Biaflou, bravant tous les
D --- Page 32 ---
monftre. dangers s Il effaya Ini de nous fauver, dàt-il étre lui-même vidtime de la rage de Ce
devoit repréfenta que nous ne pouvions ni ne devions être ainfi
nous mettre à la barre 3 & nous faire paffer au confeil de lacrifiés,
parti fut
adopté, & fur les ordres du général 1 les
fe
guerre. nous avec une fureur que rien ne fauroit égaler, Deux cent nègres fabres jettérent étoicnt fir
fur nos tétrs, & les nègres nous dépouillèrent mème de nos
levés
difant que le lendemain, nous donnerions lieu à un fuperbe vètemens, en nous
une circonftance auffi malheureufe, notre clpoir ne
enterrement fur
: dans
couleur, , qui nous avoient pris en affedion : & précifément, gifloit que Candi les citoyens étoir à de la
Grande-rivière, c'étoit l'envic avec une partie: de fes gens : ce qui me raffuroit ,
impoffible qu'ils avoient d'un arrangement 9 que notre deftruaion auroit far-tout, rendu
voit
: mais, d'un autre côté l'animofité des efclaves contre, les
nous faire craindre & nous infpirer la plus
libres, deTel étoit notre.
& précifément, gifloit que Candi les citoyens étoir à de la
Grande-rivière, c'étoit l'envic avec une partie: de fes gens : ce qui me raffuroit ,
impoffible qu'ils avoient d'un arrangement 9 que notre deftruaion auroit far-tout, rendu
voit
: mais, d'un autre côté l'animofité des efclaves contre, les
nous faire craindre & nous infpirer la plus
libres, deTel étoit notre. état, quand on vint nous annoncer. grandefrayeur. Biaffou nous
notre grace, & que nons dtions libres. En cffet, nous que fimes de fuite accordoit
à conduits moi & atl gouvernement. Biaffou repofoit : ce ne fut que le lendemain élargis &
me fit des excufes en me difant que fon
qu'il vint
n'avoit été occalionné que par l'imprudence de
emportement de ia veille
fait part de la lettre de MM. lcs commiffaires Raymal, : enfuite,il qui ne luiavoit d'abord
Laffemblée étoit bien infolente,
m'obligea
que
ifenaae
ment. En revanche, ilfut encbanté pour de avoir la ofe lui de écrire MM. avec A-peu de ménagenaux civils, & décida que nous ferions rendus, réponfe & le les commiffaires naciofur l'habitation Saint Michel ; mais il s'éleva une eipèce que de rendez-vons rivalité auroit licu
François & lui, pour favoir qui des deux fe préfenteroi: devant MM. entre Jeanfaires nationaux, & feroit chargé de la négociation. Pour un
les commitce diflérent auroir des faites facheufes,le caradère de Biaffou moment, le fhifoit nous cràmes
SErp principaux chefs décidèrent la quaftion, &
craindre:
eut le
Ce chef fuprème de Parmée afriquaine., Jean-François. étoit 2 toujours comme bien généralifime,
fon AmeAca confifloit en un habit de fuperbe
coftumé;
enrichi d'un crachat; ii portoit la croix de
drap
parement jaune,
également douze
Saint-Lonis Eha cordon
: ilavoit
lis. Il étoir aimé gandes-du-corps., de tous les libres > & ceints des d'une meilleurs bandoulière remplie Beer fleurs de
commandement éroit refpedté, &ily y'avoir beaucoup de fajets fubordination parini les efe'aves fon
Quant a Biaffon - il portoit feulement la croix de Saint-Louis & le cordon dansfonaimce,
plufieurs atitres chefs fhbalternes étoient décorés de la cioix & des
rouge: ;
paffeport &c Jeu: brevet portoient toujours CCS mots: nous,
épatiiettes &
leur
des armées du roi, en vertu des pouvoirs qui nous ont été généranx brigadiers
ou prions, 2 &c., formule qui fuflit pour expliquer le finimot delégnés, de
1.ommons
Les brigands ont un nombre confidérable de caraps qui nef font autre lénigme. raffemblement de malheureux, qui excitent platôr
chofe qu'un
tous ces
parmi
camps il-cn eft deux" qui métitent ficgielaerainte. d'être connus, & avec Cependant, d'autant
plus de raifon, que f on veut un joir lcs actaquer, il faudra y porter la
grande précaution. Ces deux camps. font CCuX de la Tanneric & du
plus
Ils ont travaillé long - temps à les forcifier ; & outre les canons Grand-Boucan.
qui excitent platôr
chofe qu'un
tous ces
parmi
camps il-cn eft deux" qui métitent ficgielaerainte. d'être connus, & avec Cependant, d'autant
plus de raifon, que f on veut un joir lcs actaquer, il faudra y porter la
grande précaution. Ces deux camps. font CCuX de la Tanneric & du
plus
Ils ont travaillé long - temps à les forcifier ; & outre les canons Grand-Boucan. dont on les a
garnis, du monde. on aura encoreà craindré les follés ou trapes qui peavent nous bleffer bien
Le moment de notre départ étoit arrivé : les cabfoucts fe rendoient de tons
côtés, & on nous avoit meme donné ordre d'emporter nos paquets, quant tout- --- Page 33 ---
à-coup Jean-François, qui avoit réfolu de nous emmener avec lui, cédant auix
follicitations de quelques chefs, révoqua l'ordre, & nous renvoya au lendemain. Contterné par ce-changement, je courus à M. Roger 5 jele fuppliai, ne voulant
pas paroitre trop emprefic d'engager Jean-I'rançois à fuivre fa
mais tour fut inutile, on lai inpola filence. première idée 2
Sur les dix heures du marin 2 le général nègre & fes
officiers
mettent en marche 5 mais à peine font ils arrivés à la Tannerie principaux
fe
apporte la nouvelle que les blancs fe montrent de tous
3 qa'un courrier
de vouloir avancer. Biaffou, fur ce
côtés 9 & qu'ils font mine
de fept à huir cents dragons, & efcorte premier avis, monte à cheval, accompagné
mais n'ayant rien
il
Jean-François bien avant dans la plaine;
Sur les dix heures apperçu, du foir retourna fur fes pas, & le laiffa continuer fa routc. formoit le
de
2 l'inquiétude fe manifeftoit dans tout le camp; on
rendu le lendemain complot nous égorger, fi Jcan-François &c fon état - major n'étoit
à
matin, & de marcher de fuite contrele
de
feu & à fang par-tout oul ils pénétreroient. C'eft au milieu Cap, de cette jurant mettre
des coups de fntils, tirés au loin, nous annoncérent lc retour du agitation que
nous parut, en général, très-fatisfait, & qui nous aflura nous cortège, qui
le lendemain, avant midi, au Cap. que ferions rendus
cfeortés
Efedivement. , nous partimes fur les dix
heures,
par cent cinquante dragons 1 prefque tous hommes de
011 nègres libres, & commandans des camps. Quelle dôt étre notra couleur
lorfqu'arrivés à la Tanneric, nous vimes les
s'affembler & farprif 1
nous le fabre à la main, nous menaçant d'envoyer nègres nos feules tétes fondre far
contre la paix.& leur généranx. Cc ne fut qu'a la fermeté de notre au Cap, jurant
nous dimes, dans cette occafion 7 notre exittence. Nous
efcorte,
convaincus d'une grande vérité, le
fimes.pour cette
cE
quepar Ja contrainte & fa deftruction que nègre ne rentrera jamais dans le devoir
particlle,
Graces foient rendues à celui qui veille aux deftindes de tous les mortels;
fonimcs enfin arrivés fur Thabitacion
nous
lation de voir de d'embrailer des frères Saint-Michel, &
cà nous avons eula douce confode leur annoncer la fin dcs caiernitds des amis.
convaincus d'une grande vérité, le
fimes.pour cette
cE
quepar Ja contrainte & fa deftruction que nègre ne rentrera jamais dans le devoir
particlle,
Graces foient rendues à celui qui veille aux deftindes de tous les mortels;
fonimcs enfin arrivés fur Thabitacion
nous
lation de voir de d'embrailer des frères Saint-Michel, &
cà nous avons eula douce confode leur annoncer la fin dcs caiernitds des amis. Nous avons enl furtout celle
l'expofe qu'on vient de
commines : car, très-certainemient 2 d'après
les chefs brigands la parcourir, & on devoit s'attendre a une paix générale. Tous
fi néceflaire aux deux vouloient: partis? Un nonftre qui auroit donc pu éloigner un bien devenu
Eh bien! CC monitre, oules
feul étoit capable d'enfanter un tel projet. l'ont exécuté; & les flammes montires, ne l'ont pas feulement enfanté, mais ils
avoient perdu de leur adtivité, qui, éclairèrent depuis de lc commencement de la négociation, ,
les incurfions, les affaffinats redoublèrent, & le nouveau lni-méme, cette infortunée colonie ;
des citoyens échappés au fer des affaffins , fut Cap
, devenu le refuge
Pour noi, artifan de tout ce qui avoit eu lieu attaqué entre les à fon deux tour,
mement perliade que les difpofitions de Jean-François n'avoient partis, j'étois intiles plus fortes raifons. Je formai à cet égard, divers
pi changer fans les
de M. Laroque vint lcs convertir en certitude, Voicila foupçons, quant la dépofition
de la
dépolition de cet habitant
Grande-Rivi.re, quia a paffa huit mois au nailieu
>> Biaflbu lui ayant promis une chaife
des brigands : D Il dit que
>> fenime odogénate, & fon enfan:, poar & prendre madame Granl-Jean, (a mère,
> termindàh lui cerire;
nela voyant pas arriver, il s'étoit dé-
> quandilvit arriver msb.n'inayant reçu ancune réponfe,ilte livroit à la crainte,
> lui dit, les Jaimcsaux Tougkint, à Breda, dont nous avons parlé plos haut, qui
yeux, que tout étoit manqué; que les vingt & quelques
fenime odogénate, & fon enfan:, poar & prendre madame Granl-Jean, (a mère,
> termindàh lui cerire;
nela voyant pas arriver, il s'étoit dé-
> quandilvit arriver msb.n'inayant reçu ancune réponfe,ilte livroit à la crainte,
> lui dit, les Jaimcsaux Tougkint, à Breda, dont nous avons parlé plos haut, qui
yeux, que tout étoit manqué; que les vingt & quelques --- Page 34 ---
> prifonniers qui s'étoient rendus des divers camps, par l'ordre des généraux;
> n'iroient plus au Cap,, & quc la guerre étoit de nouveau décidée; il ajouta,
> que ce changemen: n'étoit dà qu'a l'arrivée nocurne d'un oflicier, portant
>> épaulette d'argent, de haute taille, noircau , fec & joucs enfoncées; que cet
> officier, après avoir caufé avec les généraux pendant une demie heure, étoit
> reparti; & que le lendemain, jour marqué pour le dernier tendez-vous & la
le même homme, &
> conclufion du traité, Jean-François n'avoit plus paru
fon
il avoit été univerfellement décidé de con-
>) qu'ayant affemblée confeil, y.
dans
>> tinuer la guerre, & d'achever la deftrudtion de ce qui refloit encore > foit
> la plaine, foit dans les mornes >: Depuis cet inftant, il ne fe paffe aucun jour,
qui ne foit éclairé par les flammes ; & c'eit à l'arrivée des troupes principalement,
qu'elles femblent redoubler d'aétivité.
librement à
Voici la formule des paffeports dont il faut être nanti
vaquer
fes affaires dans l'Efpagnol. J'en ai délivré moi-même METE de cent.
Nous généraux & brigadiers des armées du roi, en vertu des pouvoirs qui nous
ont été délégués, prions M.
Commandant a St,-Raphael, ou
toute autre partie, de laiffer librement paffer le fieur
blanc, de
couleur, ou nègre, dans la partie E(pagnole,
y vaquer à fes affaires. Donné
au camp général, fous le Iceau de nos armes R :
Signé JEAN -1 FRANÇOIS & BIASSOU 2 & contre - figné par notre fécretairegénéral, PAUL.
Nota. Ce mémoire a été imprimé à deux différentes époques au Cap. François, lorfparur pour la première fois, chadun s'empretfa de s'en Les procurer vérités un exemplaire,
8T nombre fut insuttifant, pour fatisfaire les demandeurs.
ce qu'il fit contient, croitre la
défillèrent les yeux de ceux, qui jufqu'alors avoint à été trompés, membre qui de l'afrage des conts-pivolitooesige féance Le citoyen Gros, l'authenticité; cette époque, cêtte démarche ferme
fembléc provinciale, manqua en de attelta, lui être funefte. tenante, Il fut inftruit qu'il devoit être affalfiné, &
& cédant courageufe, non fans peine,, aux prières de fes amis,l fe détermina enfin, de fes à paffer confrères, a la
Nouvelle- Angleterre. Le citoyen imprima l'ouvrage, fur des le refus il eût été la
courut les plus grands dangers, g fans la furveillance patriotes,
victime de ceux édition qui fe fut trouvoient enlevée auflitôr démafqués. qu'elle
Sa rareté & le jour qu'elle
La feconde fur les véritables caufes des maux de PalN.e, m'a déterminé à le faire
réimprimer, jettera
& à.le rendre public.
VERNEUIL.
Paris, le 23 avril 1793, l'an II de la République.
De TImprimerie dc L. POTIER DE LILLE, rue Favart, No, S'
patriotes,
victime de ceux édition qui fe fut trouvoient enlevée auflitôr démafqués. qu'elle
Sa rareté & le jour qu'elle
La feconde fur les véritables caufes des maux de PalN.e, m'a déterminé à le faire
réimprimer, jettera
& à.le rendre public.
VERNEUIL.
Paris, le 23 avril 1793, l'an II de la République.
De TImprimerie dc L. POTIER DE LILLE, rue Favart, No, S' --- Page 35 ---
1R8eR --- Page 36 --- --- Page 37 --- --- Page 38 ---
- --- Page 39 ---
G211/ --- Page 40 ---