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-
i
A --- Page 2 --- --- Page 3 ---
var)
732 IDÉES SOMMAIRES
S U R
LA RESTAURATION
DE SAINT-DOMINGUE,
P R E S E N T É E S
AU ROI
A LA NATION,
L A COLONIE
> A RIS,
de BOULARD, rue Neuve
De YImprimeric
Saint - Roch, No, 25,
I 7 9 2. --- Page 4 --- --- Page 5 ---
AUX FRANÇOIS INCENDIÉS:
DE L' A MERIQUI E,
E T
AUX CITOYENS RUINÉS
DE L A M É TI R OPO L E:
Paris, cegojauvierizys:
Cio COXPATRIOTES,
Leplus riche piortion de Suint-Domingue n'étoit
plus qu'ua moncear de cendres. Toute la France, d
quelques factieuz près, pleuroit sur les ruines des
Colonies, du Commerce & dela proiperisénntionales
mais ces larmes étoient STERILE, & nulprojet RESTAURATRUE n'avoit enecre et6 publis.
a --- Page 6 ---
ij
TOURNENTE du desir de voir ma Patrie renaitre
au bonheur, j'ai pris la plume, non plus comme
Représentant de cette contrée désolée, mais comme
Citoyen de P'Empire.
Lr sujet étoit vaste 3 l'intérét
pressant ,
J'avois conçu Pidéc d'un grand Ouvrage.
Dejaj'avois fait toutle PLAN, il ne me restoit plus
gu'd écrire et d peindre. . . La guerre allume son
fambeau sur nos frontières 1 la trompette sonne et
ma main quitte
,
laplume pour prendre les armes.
CEPENDANT j'avois soumis mon Plan aux COMMISSAIRES dit-Ancmbilegeninte de St-Domingue;
je P'avois communiqué d plusieurs COLONS éclairés...
ils paroissent en regretter les développemens ; ils
daignent m'assurer que mon esquisse, TELLE QU'ELLE
EST, peut répandre dans LAssemblée
Nationale, >
dans le Public, beaucoup de lumières sur une matière trop peu connue 5 que sa publication sera utilc
a notre commune Patrie. :
Jr ne sais pointrésister à ces motifs,je leursacrife jxsqu'd mon amour-propre 1 et j'abandonne àr
l'impression sans DÉYELOPPENENS, des principes, --- Page 7 ---
iij
des idées, quej'aurois, avec plus de temps > PROUves,jusqu'il l'évidence.
MAIS ce brouillon informe que P'on me condamne
ainsi d mettre anjour, sans ornemens 2 sans COILleurs j quel effet produira-til, mes chers Compatriotes, si votre indulgence me l'accueille, si vos
lumières ne le rectiffent, si vos suffrages ne l'entourent, etsi votre influcnce nesert de bordure a quel
ques idées justes, d l'adoption desquelles cst peutêtre attaché le SALUT de Saint-Domingue ct celui
de PEmpire ?
BRODEZ donc en grand sur ce canevas, la RESTAURATION, générale de cette Colonie dévastée; dites d mes
Lecteurs, que tous ce quej'avance est VRAI; et sous
votre garantie 7 ces vérités frapperont ; dites leur
gue mes vues sont les'VOTRES, et sou8 vos auspiccs
elles seront bien reçues ;
puissent-clles éloigner
dj jamais des Antilles la guerre, lafamine et la peste
gui les ravagent en ce moment!
Puissent-elles
ramener au milieu de vous, 3 la pair, l'agriculture et
le commerce * sans lesquelles la richesse du royaume
n'est plus qu'un souvenir, son ancienne prospérité
qu'un regret ! .
Puissent-elles valoir a la France
a PA
ues sont les'VOTRES, et sou8 vos auspiccs
elles seront bien reçues ;
puissent-clles éloigner
dj jamais des Antilles la guerre, lafamine et la peste
gui les ravagent en ce moment!
Puissent-elles
ramener au milieu de vous, 3 la pair, l'agriculture et
le commerce * sans lesquelles la richesse du royaume
n'est plus qu'un souvenir, son ancienne prospérité
qu'un regret ! .
Puissent-elles valoir a la France
a PA --- Page 8 ---
iv
la conservation de ces PROVINCES précicuses, dontla
privation la contraindroit de descendre au rang des
Puissances du TROISIENE ORDRE'Enfin, quand le besoin de la pair aura nivelé toutes les opinions
puisse-t-on, en parlant de CeLÉCRIT et de. SOMAUTEUR,
dire UTL jour, quele Chant du Cigne étoit le crid'un
bon Citoyen !
Jesuisavectouslessentimens quim'attachent tà vOuS:
MESCHERS CONFATRIOTES,
Votre frère le plus tendre, et
votre ami le plus fidèle.
LOUIS MARTHE DE GOUY,
Ex-Député d l'assemblée nationale
constituante, Colonel du sizième
régiment de dragons. --- Page 9 ---
P
L A
N
D'U N. PROJE T
D E.
RESTAURATIO N E N GRAND
POUR SAINTDOMINGUE,
DESTINÉ PAR M. DE Gour,
Ex-Diputé de certe Colonie, à PAssemblée constitante,
DEVENIR IA BASE D'UN OUVRAGE COMPLET
SUR CETTE MATIERE IMPORTANTE.
NECESSITÉ DE CET OUVRAGE,
S.xe-Doxisere victime d'un. désastre
elrayant,est en proie à tous les fléaux destructeurs.
Sr Saint-Domingue est anéanti, la même cause
produira le même effet sur les autres Colonies,
A
--- Page 10 ---
(2)
Françaises 5 et la France descend au rang des
Puissances du troisième Ordre.
Ir est donc, pour.cet empire, du plus puissant intérêt de RESTAURER cette Colonie ; mais
jusqu'ici, Pignorance, ,la prévention ou la malveillance 3 ont influencé l'opinion du peuple, et
repoussé nos moyens.
Ir s'agit aujourdhui de les développer avec
assez de force, pour instruire lesignorans, éclairer les prévenus, convertir les malyeillans. C'est
le BUT de cetOuyrage.
MARCHE A OBSERVER.
LES CONSISSATRES de l'Assemblée générale de
la partie française de Saint-Domingue ont, quelques jours après leur arrivée à Paris 3 rendu
compte à PAssemblée Nationale. des faits qui
avoient motivé leur mission, et lui ont exposé le
tableau des plaies qui affligaientla Colonie.
ILs solliciteront une novelleaudience du Corps
législatif, ; moins pour lui présenter les moyens
de réparer les pertes des Colons 3 que pour lui
offrir ceux qui peuvent préserverle Royaume de
l'état déplorable où le réduiroit la perte de ses
POSSESSIONS D'OUTRE-NER, infailliblement attachée à celle de la plus florissante Colonie de l'umivers.
lui ont exposé le
tableau des plaies qui affligaientla Colonie.
ILs solliciteront une novelleaudience du Corps
législatif, ; moins pour lui présenter les moyens
de réparer les pertes des Colons 3 que pour lui
offrir ceux qui peuvent préserverle Royaume de
l'état déplorable où le réduiroit la perte de ses
POSSESSIONS D'OUTRE-NER, infailliblement attachée à celle de la plus florissante Colonie de l'umivers. --- Page 11 ---
(3)
IDÉES SOMMAIRES DE L'OUVRAGE,
C H A P I T R E P R E M I E R.
CONNOISSANCES générales sur SAINT - DOMINGUE ,
sa situation
son sol
ses productions
son
commerce - sa population
son régime
A DEUX MILLE lieuesdu continent de laFrance,
existoit une contrée fertile que des Sauvages Chabitoient jadis, que des Marins valeureux 3 appe*
lés Flibustiers 2 conquirent 5 que leur courage
conserva pendant plusieurs années en toute souveraineté 7 et que leur patriotisme donna à la
France 2 en 1640. iI L'acte de donation, n'impos
soit au Monarque que PROTECTION envers la nouvelle Colonie, EXEMPTION de tous impôts, GARENftir
TIE des propriétés.
D'ABORD ce traité s'exécuta de bonne-foi, et
Saint-Domingue prospéra. iM En 1713, pour la
première fois, dans la détresse où se trouvèrent
les finances du Royaume, 2 Louis XIV demanda
à ses FIDÈLES COLONS 3 un Octroi qui pût suppléer à quelque portion de la dépense publique.
=Il reconnut' aux habitans le droit de répartireet
impôt entre eux 7 ou d'en accorderdrautres à l'ae
A2 --- Page 12 ---
(4)
venir. iI Il les autorisa à nommer eux-mêmes
leurs Magistrats, -à s'assembler pour traiter
leurs intérêts
de
intérieurs,m-et) l'octroi fut accordé
pour cin ans 2 surlepied de 300 MILLE LIVRES
par année. iI Depuis, il s'cst renouvellé tous
lescing M ans, sous la même forme, ets'est étendu en
raison des dépenses de la
Colonie, 2 des besoins de
PEtat, et de la munificence des Colons, quilont
élevé
progressivemeaty-de, 300 mille livres à SIX
MILLIONS.
: OUTRE.CE tribut considérable perçu dans la
colonie, la: France imposa encore. dans le continent les denrées coloniales ; et .au moyen de
létablissement du- droit - d'Occident
menta le revenu de létat, de 5 à 2 6 elle . augmillions
par année. a Or' la protection ordinaire et l'administration- de toutes nos colonies dans toutes
les.parties. du monde, 2 coutent - environ douze
millions. DoNcs
seule, les
Saint-Domingue payant à elle
dépenses de toutes nos possessions
d'outre-mer: 5 c'est à CÉTTECÔLONTE que la France
doit: le bénéfice immense. que lui
toutes nos relations * conunerciales raportent
contrées lointaines.
avec ces
CEs relations commerciales ne sont autres
que Pexportation des denrées ou de l'industrie
de la métropole vers: la colouie, à un prix
. DoNcs
seule, les
Saint-Domingue payant à elle
dépenses de toutes nos possessions
d'outre-mer: 5 c'est à CÉTTECÔLONTE que la France
doit: le bénéfice immense. que lui
toutes nos relations * conunerciales raportent
contrées lointaines.
avec ces
CEs relations commerciales ne sont autres
que Pexportation des denrées ou de l'industrie
de la métropole vers: la colouie, à un prix --- Page 13 ---
(3)
très-élevé, iN Et Pimportation exclusive et à bas
prix, dans la métropole, des productions territoriales de la colonie.
PoUR avoir une idée du bénéfice immense
que de tels échanges aportent à la métropole,
i faut savoir que la France, année commune 2
epsnevensiat-besisoes 187 mille Bariques
dc farines, 12I mille Bariques de vin 2 pour
deux millions de viandes et poissons salés,
et une grande quantité detoiles, mousselines 2
draps, soyeries 2 meubles, modes 9 bijoux. i1
Toutes ces exportations sont le débouché le plus
avantageux de l'agriculture 2 du commerce 2
des manufactures et de l'industrie continentale;
on en évalue le prix annuel > à 99 MILLIONS
TOURNOIS.
SAINT-DOMINGUE en retour de ces exportations, qu'elle paye au prix qu'il plait à la
Métropole d'y mettre 2 puisqu'elle est sûre de'
'y point trouver de concurrence ; Saint-Domingue, disje, fait hommage à la France de
toutes les productions de son territoire. il Oril
est bon de savoir que cette Isle a environ
8000 lieues carrées.
Divisée en deux
parties, la partie EsPAGNOLE inculte 2 non défrichée, occupe la grande moitié de lile, et
la partie FRANÇAISE, presque toute en culture,
A 3 --- Page 14 ---
(6)
renferme environ 3600 lieues de
couvertes des productions les
superficie 2
Ces productions sont
plus précieuses.
de SUCRE
2 200 millions pesant
3 901 millions pesant de CAFÉ
lions
; 2 milD'INDIGO; 3 un million de
5 millions de COTON et beaucoup de bois CACAO; de
d'acajou, cuirs-verts , taffias
campèche >.
denrées importées
7 etc. Toutes ces
plettent le
vers la Métropole 2 comchargement de 1400 NAVIRES de toutes
grandeurs, et sont évaluées à 250 MILLIONS de
livres tournois.
AINSI le commerce réciproque de Saint-Domingue et de la
Métropole; est un objet de
millions, qui en met nécessairement
circulation plus de NEUF CENTS.
en
CETTE immense qTuantité de
croiroit-on, est mise en ceuvre productions, le
petit-nombre de
par un trèsest
manufactures, 2 dont chacune
parconséquent extrêmement
ne compte à
importante. On
RIES EN BLANC Saint-Domingue, que 450 SUCRE5 350 SUCRE ERIES EN BRUT; 4000
CAFFEYERES; 2000 INDIGOTERIES 3 80 CACAOTERIES ; 600 COTONERIES. Ce
rable, c'est que la fabrication qu'ily a d'admiénorme de denrées
de cette masse
la
n'a jamais été à charge à
population de la Métropole,
bleroit devoir
qu'elle semépuiser iM 30 à 40 MILLE BLANCS
-Domingue, que 450 SUCRE5 350 SUCRE ERIES EN BRUT; 4000
CAFFEYERES; 2000 INDIGOTERIES 3 80 CACAOTERIES ; 600 COTONERIES. Ce
rable, c'est que la fabrication qu'ily a d'admiénorme de denrées
de cette masse
la
n'a jamais été à charge à
population de la Métropole,
bleroit devoir
qu'elle semépuiser iM 30 à 40 MILLE BLANCS --- Page 15 ---
(7)
seulement, de, tout âge et de tout sexe suffisent aisément 2 à diriger ces exploitatious
mmerveilleuses.
Irest vrai qu'ils fontagir les bras de CINQCENTS
sans
auxqueleilsdomnent
MILLE NOIRS,
propriétés les besoins de la vie, avec
abondamment tous
la perspective d'une fortune assurée 3 pour
tous ceux qui veulent coopérer 2 avec
quelque distinction, à la prospérité générale. =
Ces NOIRS viennent de divers continents ; ils
étoient TOUS, ou criminels, ou prisonniers, ou,
bien certainement au moins, les esclaves d'un
DESPOTE AFFRICAIN qui, au lieu de' les mettre
à mort, les a livrés en échange de quelques
celui-ci les a
marchandises à un Capitaine 3
transportés sitr une terre docile 2 dans un climat
placés dans la condition
tempéré pour cux, oh,
de chacun
d'un journalier ordinaire , on exige
d'eux, contre tous les besoins de la vie, un
travail que Phumanité modèrc, et que l'égoisme
même a tant d'intérêt à ne pas rendre excessif.
AINSI, ces 500 mille NOIRS ont été achetés
à prix d'argent, aux commerçans français 2 en
vertu des loix de Pétat= l'état à souvent donné
des primes
encourager un tel commerce.
2 pour de bonne foi par les COLONS,
l Ils ont été payés
pour leur appartenir cn toute propriété 2 comme
A4 --- Page 16 ---
(8)
lés ILOTES aux Athéniens,
aux Romains
2 comme les ESCLAVES
2 mais pourtant sous un régime
LÉGAL, institué par la
et qui
et le maître et l'esclave France, à des
soumet
sagementonbatituéos
régles fixes 2
au droit de vie et de
que les peuples LIBRES de la Grèce et de mort,
avoient cru pouvoir conserver sur des PItalie,
de leur propre couleur.
hommes
CETTE différence est remarquable I
autres méritent d'être observées;
Plusicurs
importante à résoudre
mais lac question
cst celle - ci : les
en général sont - ils malheureux ? il
Négres
doute ; car ils ont
non sans
échangé un esclavage INTOLÉRABLE, ctl'appareil toujours présent des
affreux
plus
supplices 2 contre une servitude, à
près semblable à celle que le besoin
peudans tous les pays du
à tout impose, 3
n'a point de
monde,
être qui
propriétés, et qu'à
P'intérêt personnel des maîtres, Saint-Domingue tend
à adoucir. = La preuve irrésistible sans cesse
dcs
du bonheur
Nige, se trouve dans la confiance
des Blancs, iI Un seul d'entre
absolue
une habitation, et couche
eux 2 gouverne
fenêtres au
SEUL, sans porte ni
milieu de 200 Noirs pourvûs
d'instrumens meurtriers. iN Ce Blanc avoit
compté jusqu'ici sur la reconnoissance
au coeur des hommes les
qui parle
eflet les esclaves
plus grossiers. il En
ne tardoient guères à apprécier
, se trouve dans la confiance
des Blancs, iI Un seul d'entre
absolue
une habitation, et couche
eux 2 gouverne
fenêtres au
SEUL, sans porte ni
milieu de 200 Noirs pourvûs
d'instrumens meurtriers. iN Ce Blanc avoit
compté jusqu'ici sur la reconnoissance
au coeur des hommes les
qui parle
eflet les esclaves
plus grossiers. il En
ne tardoient guères à apprécier --- Page 17 ---
(9,)
la différence qui se trouve entre leurs DESPOTES
Africains 7 et un MAITRE français qui 2 pour
9 heures de travail 2 leur laisse 2 outre les
fêteset dimanches, 2 15 heures de repos parjour ,
des vivres en abondance, une maison pour leur
ménage, un petit jardin pour leur agrément ,
qui soigne avec la même attention Penfance
interessante 2 et la vieillesse respectable : qui
prodigue aux malades tous les remèdes de l'art,
ct qui, dans son enclôs, ne laisse jamais s'introduire LE BESOIN. i= Le mot D'AUMONE n'est
pas comu dans nos Isles, parce que celui de
PAUVRETÉ n'y présente ancun sens. En un mot,
les NÈGRES 2 à la liberté près, qu'ils ne sauroient
regrelier 3 puisqu'ils n'en out jamais joui, sont
cent fois moins à plaindre, que 5oo mille MENDIANS FRANÇAIS, qui font la honte de notre bienfaisance; et les SERFS de Saint-Domingue sont
bien plus heureux que 2 millions 2 peut-être >
de nos paysans LIBRES 7 qui préparent le pain
que nous mangeons, et dont ils manquent.
CEPENDANT il avoit fallu soumeittre cette
multitude de gens sans propriétés, à une poignéc d'Européans. =A 2000 lieuesdu centre de
la force publique, la solution d'un iel problême n'étoit pas facile.
Eh bien, UN
PRÉJUGÉ salutaire a consomme ce chef-d'auvre
de subordination, a opéré,à lui seul, ce MIfar --- Page 18 ---
(1o)
RACLE de politique ; et ce préjugé
maintend réligieusement,
bienfaisant,
les
respecté SOLLS tous
rapporis, est devenu pendant un siècle et
demi, le Palladium des maîtres, le lien le
plus fort et le plus doux pour. les esclaves. Là
oi le.préjogé est tout puissant, la force des
chaînes est inutile.
BIENTOT, dans un climat bralant, où tout
porte à l'amour, a résulté de la fréquentation
continuclle des Européans avec les
une race d'individus d'une autre couleur, Africaines,
l'on a nommé muldtres 9 carterons metis
que
etc., suivant leur nuance il Ces 3 fils de > grifs
mes esclaves, naissoient tous
fern-.
bientôt aussi, Pamour
esclaves, mais
paternel les a
de la LIDERTÉ.: il Bientôt, à celte faveur gratifiés
nérosité créole a
2 la gé2 ajouté des DONATIONS de terres
et d'esclaves, et n'a nis à ces deux bienfaits
qu'une clause, celle d'une soumission RESPECTUEUSE de la part des Mulitres envers leurs
TIENFAITEURS, 9 envers la classe de ceux dont
ils tenoient la vie et la fortune. En un
le modérateur de
mot,
PEmpire, en accordant aux
gens de couleur l'égalité devant la loi, sentit
que pour le maintien du
SI
SAIRE de
préjugé 7
NÉCESP'esclavage, il convenoit de les éloigner
seulement des emplois civils et militaires. Ces
conditions dictées par la prudence, n'avoient
leurs
TIENFAITEURS, 9 envers la classe de ceux dont
ils tenoient la vie et la fortune. En un
le modérateur de
mot,
PEmpire, en accordant aux
gens de couleur l'égalité devant la loi, sentit
que pour le maintien du
SI
SAIRE de
préjugé 7
NÉCESP'esclavage, il convenoit de les éloigner
seulement des emplois civils et militaires. Ces
conditions dictées par la prudence, n'avoient --- Page 19 --- jamais été enfreintes. = C'est même à leur rigide observance, 2 que cette caste intermédiaire
a du des aceroissemens prodigieux, par le résultat des LIBERTÉS, données sans mesure 2
comne sans effroi. On n'apprendra pas, sans
quelque surprise, qu'en 1703, on ne comptoit
que 152 MULATRES LIBRES à Saint-Domingue, et
qu'en 1791, on en compte plus de 25 mille.
=Ils n'avoient alors que quelques carreaux de
terre ; aujourdhui ils possèdent la DIXIÈME
partie du sol de la colonie, et environ 50 MILLE
esclaves. Tels sont les actes multipliés d'humanité et de bienfaisance de ces blancs que la
prévention appelle des cruels et des avares ;
ceux qui les traitent ainsi 2 ignorent que chaque
liberté donnée coûte, outre la privation de
l'esclave 2 une somme plus ou - moins forte
payée an Gouvernement 2 et qui s'est élevée
fréquemment jusqu'à3000 liv.
EH BIEN, 2 c'est sous ce régime politique 2
indiqué par le plus humain des hommes 3 par
le vertueux LAS-CAZAS, accueilli par la prudence , avoué par l'expérience, 2 couronné par
les succès 2 que Saint-Domingue , malgré les
changemens continuels de ses administrateurs,
malgré les fautes multipliées qu'ils ont commises, malgré tous les vices de son Gouvernement, est devenue, dans un siècle et demi,
--- Page 20 ---
(1x)
LA PREMIERE colonie du monde.= C'ést avec
un petit nombre D'EUROPÉANS libres
n'ont
rien coûté à la population du
qui
grand nombre D'AFFRICAINS royaume, 2 un
colons ont
esclaves que les
acheté, et une caste intermédiaire
d'indigenes libres et soumis, que cette contrée
jadis si mal-saine 3 hérissée de forêts, entravée
de lianes, s'est peu-à-peu couverte
de cannes 2 de café ct d'autres
d'indigo,
chcrchées qui alimentent le productions retiennent nos manulactures commerce 2 soumarine nationale,
2 entretiennent la
et présentent à la France le
spectacle consolateur d'une propriélé territoriale de plus de 5 MILLIARDS
2 dont TOUS les
revenus se versent dans Ja Métropole, sans lui
imposer AUCUNS frais, puisque ses OCTROIS les
payent TOUS.
, s'est peu-à-peu couverte
de cannes 2 de café ct d'autres
d'indigo,
chcrchées qui alimentent le productions retiennent nos manulactures commerce 2 soumarine nationale,
2 entretiennent la
et présentent à la France le
spectacle consolateur d'une propriélé territoriale de plus de 5 MILLIARDS
2 dont TOUS les
revenus se versent dans Ja Métropole, sans lui
imposer AUCUNS frais, puisque ses OCTROIS les
payent TOUS. --- Page 21 ---
(13)
CHAPITR E SECON D.
TABLEAU de la prospérité de: Saint-Domingue son
de l'Europe
sur la
infuence sur le systéme commercial
richesse de la France - sur la balance du commerce
importance de la traitte des Noirs
comparaison de
Saint-Domingue avec les COLONIES ESPAGNOLES 2
dans les deux Indes.
ANGLAISES, 2 HOILANDAISES,
i
SAxT-DOMINGUx peuplée de 30 mille blancs 2
de 25 mille hommes de couleur, et de 500
mille esclaves 2 s'élevoit rapidement à un dégré
de prospérité que Ses fondateurs, n'avoient pa
prévoir, et pour le bonheur. de la France,, n'éde sa splentoit pas encore parvenue à-Lapogée
facilités
deur.-Un bon Gouveruement 2 des
commerciales, un petit nombre de loix sages; >
une force publique imposante spouvoient encore
TIERCER ses richesses, et augmenter d'autant
celles de la Métropole.
R
CEPENDANT, 800 mille carreaux, ou pour
mieux me faire entendre, DEUX MILLIONS D'ARPENS
de terre én cultures précieuses, donnoient déjà
a ses industrieux habitans, un produit annuel
NT U M --- Page 22 ---
(14)
de 250 MILLIONS, et ce produit s'accroissoit
chaque année. Ce revenu ne
liser que par
pouvoit se réadenrées
Tembarquement de toutes les
coloniales, sur des vaisseaux
qui les transportoient
François,
Métropole. Six
intégralement vers la
le cabotage le
cens petits navires, faisoient
de
long des côtes, et 800 navires
long-cours 7 importoient en France
ces richesses. IM Avant de
toutes
elles
quitter la
payoient un octroi pour
Colonie,
Jes dépenses de
satisfaire à toutes.
tection ordinaire. Tadnuiaistration, il Et
et de la proen touchant les
d'Europes elles payoient à la
ports
nouvel impôt qui soldoit à lui Métropole seul les
un
de toutes nos autres colonies.
frais
CE double tribut envers le trésor
fois acquitté 2 elles"e en payoient
public une
grande
un autre d'une
importance 11 Un dixième
leur valeur
environ de
des
intrinsèque 2 restoit entre les mains
armateurs 2 voituriers de ces trésors
cette somme considérable
5 et
ports 5 vivifioit le
répanduc dans nos
ment du travail dans commerce 2 et portoit l'alitoutes les manufacturesi
ALons, un nouveau genre d'utilité
ajoutoit à Pimportance des
publique,
productions coloniales. = Les habitans du royaume
visionnoient de ces denrées
2 s'approquand ils s'en étoient
nécessaires, il et
saturés, la moitié 2 les
iers de ces trésors
cette somme considérable
5 et
ports 5 vivifioit le
répanduc dans nos
ment du travail dans commerce 2 et portoit l'alitoutes les manufacturesi
ALons, un nouveau genre d'utilité
ajoutoit à Pimportance des
publique,
productions coloniales. = Les habitans du royaume
visionnoient de ces denrées
2 s'approquand ils s'en étoient
nécessaires, il et
saturés, la moitié 2 les --- Page 23 ---
15 )
denx tiers peut-être, quiexcédoient leur besoins,
soumis à une fabrication plus parfaite , ellaborés
avec plus de soin par Pindustrie continentale,
après avoir alimenté nos rafineries, après avoir
domé de la valeur à nos bois , à nos charbons
de lintérieur, vendus aux étrangers qui s'en
disputoient la préférence , alloient fournir à la
consommation de tous les Etats de PEurope 2
de PAsie même. iM Cel superflu de nos jouisnous étoit remboursé d'abord en MAsances,
indisTIERES PREMIERES de ces différens pays,
pensables à nos manufactures, > et en dernière
analyse 2 en FLORINS 2 en PIASTRES 2 en DUCATS,
en un mot, en LINGOTS de ce métal
en SÉQUINS >
résultat de l'inprécieux qui, lorsqu'il est le
dustrie et du commerce 2 et non le froid produit de P'extraction d'une mine, doit être considéré comme " le symbole de la puissance d'un
incontestable de
est un signe
Empire 2 puisqu'il
sa richesse.
On-saiti que le Mexique et le Pérou 2 ces
contrées malheureuses 2 qui ne produisent que
des metaux, ne donnent chaque année qu'une
déterminée d'argent et d'or. Ll Une
quantité
extraite
masse d'environ CENT-VINGT MILLIONS,
tous les ans des entrailles de la terre, est préle
et 'Espagne à la cupisentée par
Portugal
d'entre
dité de toutes. les puissances. il Celle
E
AR --- Page 24 ---
(16)
elles 7 qui parvient à distraire de cette masse
la portion la plus forte 2 cst sans contredit,
Ja plus industrieuse et la plus
puissante il Eh
bien, avant le fatal traité de commerce
nous . avons cu la foiblesse de souscrire
que
de
en faveur
l'Angleterre., en 1783, (1). La france sur ces
120 millions, éloit parvenue à en obtenir
/
iI Depuis ce traité jusqu'à l'époque de la ré- 70.
volution, elle s'en étoit réservéencore
SOIXANTE
AILLIONS au moins par année s.ainsi la Françe
seule,s'sproprioit, pour sa part, la moitié du
signe représentatif de toutes les richesses. i=
Par quel heureux moyen d'échange, avoit-elle
pu se procurer une telle masse de métal ? Le
voici : il Le- superflu des derrées produites
par le sol du continent, lui valoit IO mnillions;
les denrées asiatiques et des : Isles du vent
présentoient en sa faveur un excédent de IO autres
millions ; enfin,, le superflu des productions de
Saint-Domingue SEULE, lui rapportoit, 40 MILLIONS tournois. = C'et ainsi que la France augmentoit tous les ans son numéraire de 60 millions.= LES DEUX TIERS de cet accroissement
prodigieux. , elle les devoit à la seule colonie
de Saint-Domingue, et c'est une véritéphysique,
(1)Cc traité a erefabriqué par M. Dupont l'iconomiste, depuis
Député de Némours , à l'Aflemblée constituante..
impossible
Saint-Domingue SEULE, lui rapportoit, 40 MILLIONS tournois. = C'et ainsi que la France augmentoit tous les ans son numéraire de 60 millions.= LES DEUX TIERS de cet accroissement
prodigieux. , elle les devoit à la seule colonie
de Saint-Domingue, et c'est une véritéphysique,
(1)Cc traité a erefabriqué par M. Dupont l'iconomiste, depuis
Député de Némours , à l'Aflemblée constituante..
impossible --- Page 25 ---
(17)
impossible à méconnoître, que sur le MONÇEAU
D'on à partager chaque année dans l'univers 5
UN TIERS est nécessairement destiné à P'Empire
dont Saint-Domingue fait partie. Quelle maga
nifique possession !
e PouR se convaincrec de toutel'influence commerciale de cette précieuse Colonic 3 que l'on jette
un instant les yeux sur la circulation incalculable que produit la traite des Négres ; = Quo
n'a-t-on pas dit contre ce commerce ? Quc-de
belles phrases n'ont pas faites les PHILANTROFES
sur son abolition ? i1 Ils ont raison en philosophie ; mais que répondront-ils en politiqie $
quand on leur dira : l chaque année, 80 vaisseaux François vont traiter à la côte de Guinée 3
ou aMorambique.m1ls se chargent de CLINCAILLERIES; VERRERIES 2 et autres objets MANUFACTURÉS en France 2 auxquels Pindustrie nationalea pu seule donner. un prix, et qui valent des
somes immenses.= Ils se chargent deTOILES et
ALOUSSELINES que d'autres navires François ont
été chercher dans PInde, contre des productions
de notre sol. l Ils portent tous ces articles à
la côte ; il ils reçoivent en échange des Negres
criminels 2 prisonniers, esclaves 2 en un mot
MALHEUREUX, et les transportent à Saint-Domut
gue, pour y ouvrir le sein d'une terre fertiles
d'ons'écoulent bien-tôt de nouveaux trésors Fers
B --- Page 26 ---
(18-)
Ia Métropole. = C'est à Saint-Domingue
la France est redevable de tous les
que
de la traite ; iI ce sont les COLONS avantages SEULS
la payent. M Elle procure une circulation qui de
plus de 130 millions ; et elle rapporte aux
villes maritimes et à l'industrie de l'intérieur,
un BÉNÉFICE de plus de 30 MILLIONS chaque
année. Doutera-t-on maintenant de Putilité
de Saint-Domingue ?
DE combien ne l'emporte-t-elle pas sur toutcs
les autres Colonies du monde? Les Espagnols
possèdent pourtant la plus grande et la plusprécieuse moitié de cette même Isle; eh bien, ils
n'ont pas su la mettre en valeur. La partie
FRANÇOISE renferme 30 mille blancs 3 500 mille
esclaves 2 800 sucreries: ; la partie ESPAGNOLE
contient IOI mille Blaucs, 14 mille Nègres et
22 sucreries. l Ainsila première PROSPERE avec
une population Françoise égale à la millième
partie des citoyens de la Métropole; : la seconde
LANGUIT avec la centième portion de la population de la mère-patrie. M D'ou vient cette différence ? De l'activité 2 de P'énergie 2 de l'industrie des Colons François.
ON en diroit autant de lIsle de CUBA, de
PORTO-RICO 2 des CANARIES, des MARIANES, des
PHILIPPINES, et de toutes les Colonies EspASwauchogimndrawptend dépourvues d'Es-
ens de la Métropole; : la seconde
LANGUIT avec la centième portion de la population de la mère-patrie. M D'ou vient cette différence ? De l'activité 2 de P'énergie 2 de l'industrie des Colons François.
ON en diroit autant de lIsle de CUBA, de
PORTO-RICO 2 des CANARIES, des MARIANES, des
PHILIPPINES, et de toutes les Colonies EspASwauchogimndrawptend dépourvues d'Es- --- Page 27 ---
(19)
clavesgelles ne cessent d'énerver laMétropole.= i1
Ce sont des diamans bruts, dont la garde épuise
la mère-patrie 2 sans réfléchir sur elle aucun
éclat.
LES possessions DANOISES enAmérique, SAINTTHOMAS 3 SAINT-JEAN et SAINTE-Choix, sont
trop peu comilerablespaaronier en comparaison
avec les contrées précieuses qui enrichissent les
grandes Nations de PEurope. Ces trois Isles 2
réunies, ne valent pas la plus petite Paroisse 3
le plus petit quartier de Saint-Domingue.
LES Anglois possèdent aux Antilles, la JAMAIQUE, ANTIGUES, la GRENADE, St-CHRISTOPHE, a
DOMINIQUE et la BARBADE, Toutes ces Isles se
ressentent plus ou moins du génie d'une Nation
industrieuse, etdel la Comstinationsagseuiles sgouverne.= Les Maîtres y sont soutenus,lesclavage
y est maintenu, les Mulâtres y sont soumis.
Les Anglois ont, dans le Parlement d'Angleterre,
discuté LEGALEMENT pendant IO ans Pabolition de
la traite, sans la moindre commotion dans leurs
Colonies. iI Les François sans jamais avoir osé
aborder la questiongjont trouvé le secret delaisser
DÉVA ASTER la plus florissante des leurs. l Mais les
Anglois bien plus précoces que nous, ont senti,
depuis si long-tems 2 Pimporiance des Antilles,
ils les ont cultivées avec tant de soin, que
B2 --- Page 28 ---
1 20) )
déjà depuis quelques années, elles sont
au dernier terme de leur
arrivées
Colonies
accroissement, et des
qui ne s'élèvent plus, commencent à
s'acheminer vers leur déclin. l Leur étendue
limitée, ne présente pas, si on les réunissoit toutes, une surface égale à la moitié de la
de
superficie
Saint-Domingue. il Enfin quand toutes les
Isles Angloises ont fourni à
sommation en
PAngleterre sa consucre et en café, il en reste bien
peu à vendre, s et par conséquent elles
être pour les Anglois une ressource peuvent
D'ÉCONOMIE,) mais elles ne sont pas un moyen D'ÉCHANGE;
=s'ilsavoient
St-Domingue,ils seroient bien-tôt
lasEULE puissance maritime de PEurope,les SouVERAINS absolus des mers dans les deux Indes.
LEs Hollandais possèdent une partie considérable des Isles Asiatiques, mais le commerce
des MOLUQUES de COROMANDEL et de JAYA,
n'a, aucune affinité avec celui des Antilles. La
canne à sucre, l'indigo , le café, ne sont cultivés' en grand, ni dansl leurs possessions Affricaines > ni dans les Indes. N En Amérique,
CURAÇAO et SAINT - EUSTACHE, 2 ne sont que
des comptoirs, et SURINAM qui produit du sucre
et du coton, en exporte très-peu vers sa Métropole. il Outre le peu d'étendue de cette
Colonie continentale de la Guyane, elle porte
dans son sein un germe destructeur
7 qui
canne à sucre, l'indigo , le café, ne sont cultivés' en grand, ni dansl leurs possessions Affricaines > ni dans les Indes. N En Amérique,
CURAÇAO et SAINT - EUSTACHE, 2 ne sont que
des comptoirs, et SURINAM qui produit du sucre
et du coton, en exporte très-peu vers sa Métropole. il Outre le peu d'étendue de cette
Colonie continentale de la Guyane, elle porte
dans son sein un germe destructeur
7 qui --- Page 29 ---
(ar')
toujours à la prospérité de sa culs
s'opposera
réunis en RÉpUture : des Nègres fugitifs
danBLIQUE, sont un exemple continuellement
les Negres ESCLAVES : la révolte de
géreux pour
dans l'ame des plances derniers en 1763.adaissé
teurs, les traces d'une inquiétude qui a porté
mortel à l'extension de leur comun coup
merce.
mais
Ir résulte de cet examen épisodique,
rapide, des principales Colonies du monde 2
SAINT-DONINGUE est la plus grande, la
plus que belle, la plus précieuse, la plus florissante de toutes.Qua ELLE SEULE, elle surde beaucoup en yaleur, toutes les Colopasse nies réunies de la puissance Européane 2 la
plus riche en Colonies 3 iI qu'employant 25 mille
matelots, elle est l'école la plus utile de la
marine royale l que soit qu'elfe restât divisée
en TROIS Provinces 2 de 1200 lieues carrées chasoit
désir des décrets, elle ne formât
cune ,
qu'au
plus à Pavenir qu'un seul département 2 égal
a lui seul à DOUZE départemens du Royaume,
DIX-HUIT DÉPUTÉS à la légiset représenté riche pars de ses 250 lieues de côtes 2 de
lature,
elle s'acheses 60 villes, de ses
villages 2
minoit rapidement vers un dégré de prospérité,
qui auroit fini par cicatriser un jour, TOUTES
Jesplayes Rmthrebehrsnrpve
B3 --- Page 30 ---
(22)
compensoit à ELLE SEULE en favéur de la france
toutes les possessions des Espagnols dans le
Pérou, des Hollandois en Asie, des Anglois dans
PInde,= enfin que c'étoit un grand spectacle,
un bel assemblage 2 que de voir le Royaume
le mieux situé, le plus peuplé, le plus florissant
de PEurope 2 compter au nombre de ses partics
intégrantes un second Royaume, une Colonie
immense 2 la mieux située, la mieux cultivée,
la plus prospère de l'Amérique,
CHAPITRE TROISIE: M E.
TABLEAU desastreuz de l'état actucl de SaintDomingue
Origine des troubles - Conjuration
Ezécution du complot- Ses suites - Le Nord
dévasté
T'Ouest entainé - Le Sud menacé
Probabilité de la destruction totale.
Lr tableau que lion vient de tracer, n'est
point exagéré; c'est un portrait ressemblant et
non flatté..
Eh bien, cC magnifique pays,
ce seccnd Royaume si productif, Si utile, si
fidele,est au moment de DISPAROITREde dessus le
gicbe,de ne plus exister que dansle souvenir.
LE 22 août 1791 2 l'erreur d'un scélérat
'Ouest entainé - Le Sud menacé
Probabilité de la destruction totale.
Lr tableau que lion vient de tracer, n'est
point exagéré; c'est un portrait ressemblant et
non flatté..
Eh bien, cC magnifique pays,
ce seccnd Royaume si productif, Si utile, si
fidele,est au moment de DISPAROITREde dessus le
gicbe,de ne plus exister que dansle souvenir.
LE 22 août 1791 2 l'erreur d'un scélérat --- Page 31 ---
(23)
de commeitre son crime 1 manifesta
trop pressé
le complot, odieuseet fit avorter en partie, lejour de LA SAINTment tramé, d'incendier, habitations à la fois,
HARTIÉLENY, toutes les
dans le même instous les blancs
et d'égorger
avoit des causes
tant. iM Cette conjuration sur lesquel es il iméloignées et prochaines, 2 d'wil rapide.
porte de jetter un coup
de
PAR la nature même du Gouvernement de la
Saint-Domingne, par son éloignement
les administrateurs qui gouverMétropole 2
devoient être DESPOTES 5
noient cette colonie 9 avoient abusé de leurs
d'entr'eux
II plusieurs
de la LUZERNE et de MARBOIS
pouvoirs. l MM.
des Colons.
mirent le comble au mécontentement et de cet inil La conduite de ce gouverneur
universel
excita un cri d'indignation
tendant,
de la Colonie à Pautre. - La
d'une extrémité M. de la LUZERNE, pour le réCour rappella le fit Ministre de Ja Marine et
compenser; ; on Alors la bombe éclata. il Un
des Colonies. iI
révétudeQUATRE
mémoire remplide doléances,et
fut adressé au Monarque, 2
MILLE signatures, de le lui faire parvenir, fut confié
et le soin
France, 1l Envain deà quelques Colons en
bientôt que
mandèrent-ils justices ils sentirent
admis
de l'obtenir étoit d'ètre
le seul moyen
aux
et conformément
AUX STATS-OENÉRAUS;
B 4 --- Page 32 ---
(24)
pouvoirs qu'ils reçurent à ce sujet, ils
citèrent vivement une lettre de
sollipour la Colonie. il Repoussés de convocation
ils rendigent compte à leurs
toutes parts,
Ces derniers, révoltés dc cette nouvelle commettans.
se CONV OQUERENT eux-mémes,
iniquité,
nommPrent des
s'assemblerent,
des
électeurs, et ceux-ci élurent
députés aux Etats du
ordre de s'y
Royaume 2 avec
et d'y défendre présenter, leurs d'y peindre leurs maux
droits. il Ces
après deux mois de
dépatés,
en dépit du
sollicitations, 9 furent admis,
COMMERCE qui cherchoit à les
éloigner, et malgré les insinuations d'une
guid commençoit à manifester sa haine
SECTE
Colonies. il Les
contre les
dispositions
de
çes deux corporations,
impulitiques
de tous les malheurs sont les VRAIES CAUSES
actuels.
LES
commerçans' 2 membres de P'Assemblée
nationale, crurent servir le
commerce, en dénigrant en toutes occasions les représentans des
Coloris (r). il La secte soi- disant philantropique des AMIS DES NOIRS 3 qui
avec celle d'Angleterre, quin'éloit correspondoit
tre les mains de nos rusés voisins, peut-être enqu'un INSf:) LEs plus constament acharnés contre eux
furent MM. NERAC de Bordcaux, LA VILLLE peadant LE ROUX 30 mois,
Nanics, ROUSSILOU de Toulouse 2 LE GENDRE de Brest, de
les représentans des
Coloris (r). il La secte soi- disant philantropique des AMIS DES NOIRS 3 qui
avec celle d'Angleterre, quin'éloit correspondoit
tre les mains de nos rusés voisins, peut-être enqu'un INSf:) LEs plus constament acharnés contre eux
furent MM. NERAC de Bordcaux, LA VILLLE peadant LE ROUX 30 mois,
Nanics, ROUSSILOU de Toulouse 2 LE GENDRE de Brest, de --- Page 33 ---
(1g)
TRUMENT dangereux, et qui détestoit les négocians des ports, 2 parce qu'ils faisoient la traite 5
eût la polilique astucieuse de se joindre à eux. >
CONTRE les députés coloniaux. i= Demandoientils des subsistances? Refusés. l Demandoientils un Comité colonial ? Refusés. i1 Demandoient-ilsjustice des atrocités dun Ministre et
d'un Intendant oppresseurs? REFUSÉS.
CEs refus, ces dénis de justice répétés,
parvenus dans la Colonie, y aigrirent les es
prits. 11 Les têtes créoles fermentèrent i1 des
Comités provinciaux: devinrent des assemblées
provinciales. il Une assemblée COLONIALE se
forma. iM Le parti NINISTÉRIEL s'attacha à la
miner': delà des divisions parmi, les Blancs.
l Les Mulâtres en profitèrent 5 il les AMIS
DES NOIRS, en soldèrent quelques-uns à Paris; 9
et leur mirent dans la tête 2 des prétentions
folles, des idées d'égalité exagérées. 11 Les
députés de la Colonie firent résistance ; il leurs
adversaires n'y mirent que plus d'opiuiatreté et
chargèrent un Mulâtre entreprenant 2 d'aller
porter L'INSURRECTION à Saint-Domingue. i1
OcÉ s'y rendit, précédé de libelles incendiaires 2 qui lui valurent une petite armée,
quelques succès > beaucoup de crimes et la ROUE.
iM Cependant en France 2 la nécessité avoit enfin
11 Les
députés de la Colonie firent résistance ; il leurs
adversaires n'y mirent que plus d'opiuiatreté et
chargèrent un Mulâtre entreprenant 2 d'aller
porter L'INSURRECTION à Saint-Domingue. i1
OcÉ s'y rendit, précédé de libelles incendiaires 2 qui lui valurent une petite armée,
quelques succès > beaucoup de crimes et la ROUE.
iM Cependant en France 2 la nécessité avoit enfin --- Page 34 ---
(26)
obligé l'assemblée, de consentir, mais trop
tard, à la formation de ce comité colonial
si fortement réclamé
les
>
par
députés, et Si
nécessaire. iI Il écouta d'abord les
tans des Colonies, et fit
le Représen- 8
rendre,
mars
1790 2 un décret très sagc. Enflé de ce
il voulut voler de Ses
succès,
propres ailes, et le 28
du même mois, malgré tous les efforts
tiels et réunis des
parReprésentans de toutes nos
fles 2 l'ignorance et l'entêtement d'un RAPPORTEUR (1) provoqua l'envoi à Saint-Domingue,
d'une funeste instruction, à l'article IV de
laquelle il faut attribuer la dévastation actuelle
de cette infortunée Colonie. Toute
personne
libre, y est - il dit, sera citoyen actif. Il n'en
falloit pas tant pour offrir un prétexte et des
moyens aux amis des Noirs et aux Mulâtres.
il Cette loi imprudente porta la méffance et
la terreur dans l'ame des Colons. i= Elle motiva les résolutions énergiques de L'ASSEMBLÉE
(1). M. Barnave, Tous mes collégues s'élevèrent contre , cet
article 4. -- j'en demandai la fuppresion 2 en leur aom , avec la plus
grande force. Mais les amis du rapporteur, follieirèrent la question
préalable contre mon avis, 3 et en regardèrent l'obtention, comme
une victoire. Je leur adressai publiquement cn descendant de la
tiibune, ces paroles remarquables : vous triomphet
mais aujourd'hui vous perder les Colonies sans retour aujourd'hui, , ct dans
un an 9 vous pleurereg votre triomphe. Je ne me suis tromps que
de CINQ MOIS
2 en leur aom , avec la plus
grande force. Mais les amis du rapporteur, follieirèrent la question
préalable contre mon avis, 3 et en regardèrent l'obtention, comme
une victoire. Je leur adressai publiquement cn descendant de la
tiibune, ces paroles remarquables : vous triomphet
mais aujourd'hui vous perder les Colonies sans retour aujourd'hui, , ct dans
un an 9 vous pleurereg votre triomphe. Je ne me suis tromps que
de CINQ MOIS --- Page 35 ---
(27)
GÉNÉRALE de Saint-Marc et elle prétexta la
violence atroce qui lui fut faite par le Gouverneur PEYNIER. - - Lfamour-propre du rapet la foiblesse du Comité, achevèrent
porteur,
le déde combler nos maux 2 en provoquant
cret du 12 octobre, qui CASSOIT cette assemblée représentative, et COURONNOIT ses persécuteurs.
ELLE fnt RÉÉLUE quatre fois par la majorité
dcs Paroisses 5 cette persistance honorable, et
la révolte d:Ogé, ouvrirent enfin les yeux au
Comité Colonial, 2 età M. Barnave 9 sonorgane.-
Il reconnut cette fois qu?il falloit en revenir à
l'avis des DÉPUTÉS de Saint-Domingue., et laisà la Colonie, le soin de faire ses loix. =
ser
tenta de faire consacrer par un
C'est ce qu'on
devoit annuller toutes les BEVUES
Décret qui
mais le parti des amis des Noirs,
précédentes ;=
et loin d'accéder
avoit eu le tems dintriguer 7
le
qui pacifioit tout, il se coalisa avec
à un projet
cherchoit
fone
qu?à
parti républicain 2 qui
alliance,
menter des troubles, et de cette funeste
résulta, le 15 mai 1791, une loi qui ne pouvoit manquer de BOULEVERSER la Colonie.
CE Décret fatal fit immédiatement suivi de la
RETRAITE de tous les Députés des Antilles: ils
lAssemble Nationale. iN Les Amis des
quittérent --- Page 36 ---
(28)
Noirs envoyèrent cette loi funeste à SaintDomingue 2 avec une lettre INCENDIAIRE de
1Abbé Grégoire 2 et des instructions absurdes
de M. Dupont de Némours
2 qui embrâsèrent
tous les esprits. iI La révolte préparée par ces
Messieurs', fût fixée au jour de la SAINTBARTHELENY.
L'ERREUR d'un des Conjurés, comme on l'a
dit plus haut, empêcha l'exécution INTÉGRALE
du complot ; mais la conjuration n'en eût pas
pas moins son effet. iI Du Nord à 1Ouest,
de 1'Ouest àu Sud, IOO mille Noirs exaltés
par quelques BLANCS, et beaucoup de Mulâtres,
s'insurgent. , se révoltent, portent le fer et la
flamme, sur toutes les propriétés. il Un concordat humiliant dicté le poignard à la main,
par ces Affranchis. suspend les désastres au
Port-au-Prinee, = Rien ne peut les arrêter
au Cap. l La plaine 2 la province du Nord
toute entière est dévastée 3 iM 200 sucreries
magnifiques sont incendiées 2 1500 caffeyères
sont brâlées; il les BLANCS sont égorgés par la
perfidie, 2. torturés par la cruauté. iI LES NoIRs
sont massacrés par une juste
vengeance. > suppliciés par les Tribunaux. = Tous les crimes
sont commis, toutes les horreurs sont exécutées ; enfin 800 MILLIONS de propriétés sont
bouleversées dans un instant; l'ouvrage d'un
incendiées 2 1500 caffeyères
sont brâlées; il les BLANCS sont égorgés par la
perfidie, 2. torturés par la cruauté. iI LES NoIRs
sont massacrés par une juste
vengeance. > suppliciés par les Tribunaux. = Tous les crimes
sont commis, toutes les horreurs sont exécutées ; enfin 800 MILLIONS de propriétés sont
bouleversées dans un instant; l'ouvrage d'un --- Page 37 ---
(29)
siècle et demi, est anéanti dans peu de jours, 2
et la France dont le sort tient par tant de fils
le contre-coup de cet
à ses Colonies, éprouve
échec, et PENCHE VERS SA RUINE.
CEPENDANT l'OUEST n'étoit encore qu'entamé,
n'étoit
menacé. . . - . Ce n'étoit
LE SUD
que
les Amis des Noirs. . - e L'un
pas assez pour Législateur, a le front de prod'eux devenu
Décret
APPROUposer à TAssemblée un
qui, les défenVANT tous les assassins 7 BLAMANT
des
seurs de la Colonie, consacrant la violation
les actes de la défense la plus
loix, réprouvant
consommer la
légitime 1 doit, infailliblement,
perte de cette Isle malheureuse.
PoUR assurer ce affreux succès, M. BRISSOT.
veut
envoye de secours 2 ou il
ne
pas qu'on y
SECOURS
veutles choisirlui-même 2 et QUELS
il espère que les Blancs 2 que des François 2
accablés de tant de désastres >
que ses FRERES,
de fatigues, victimes
tués en détail , épuisés
tous ou
de maladies pestilentielles, périront
d'abandonner leurs propriétés aux
seront obligés
les Mulâtres
Mulâtres. .
il Il espère que
avoir instruits les Nègres à la révolte,
après bien-tôt victimes de leur impolitique 3
seront'
les instrumens de leurs. crimes. l
et punis par
devenus maitres de la
Il espère que les Nègres
euxColonie 2 ne tarderont pas à s'entre-égorger --- Page 38 ---
(30)
mêmes 9 que Saint - Domingue. cesséra d'éfre
compté parmi les propriétés de la France, et
que la division du Royaume , en diverses Re épubliques, ne.sera plus arrêtée par cette difliculté: A laguelle de ces Républiques appartiendront les Colonies ? iM Voilà ce qu'espèrentles amis des Noirs, et les Républicains 2 el. leurs
voeux sont presque remplis, carSaint-Domingue
sera bien-tôt sans ressources,si l'on ne se hâte
pas de s'opposer à sa destruction tolalc.
CHAPITRE QUATRIEM h
Trozs CRANDES QUESTIONS A EXAMINER.
La France peut elle se passer des Colonics ? -
Lcs Colonies penvent-elles être cultivées par des
Blancs ? - - peuvent-elles du moins l'étre par des
Negres libres 2
C'EST au moment où Saint - Domingue court
rapidement vers sa ruine 5 c'est à Pinstant ot
il est encore possible d'arrêter ce désastre, que
la politique commande de résoudre cette grande
question : La France peut-elle se passerde Colonies ?
Pour la décider méthodiquement 3 il faut
résoudre ençore ces deux problèmes sécondaires:
Que gagneroit Ia France à t'avoir plus de
s ? - - peuvent-elles du moins l'étre par des
Negres libres 2
C'EST au moment où Saint - Domingue court
rapidement vers sa ruine 5 c'est à Pinstant ot
il est encore possible d'arrêter ce désastre, que
la politique commande de résoudre cette grande
question : La France peut-elle se passerde Colonies ?
Pour la décider méthodiquement 3 il faut
résoudre ençore ces deux problèmes sécondaires:
Que gagneroit Ia France à t'avoir plus de --- Page 39 ---
(3t) )
la France à renonColonics? l Que perdroit
cer à ses possessions d'outre-mer ?
I". Sr la France n'avoit plus de Colonies,
elle n'entendroit plus, il est vrai, un RoBESs'écrier : Périssent les
PIERRE, un Législateur,
Colonies 2 plutdt que d'altérer un principe;
et de ce côté ce seroittout gain. il On n'auroit
plus, il faut en convenir aussi, le soin d'allier
la conservation des PROPRIÉTÉS des Colons 2 avec
les dogmes de la LIBERTÉ ; on n'entendroit plus
parler de MAÔTRES et 1'ESCLAVES 5 mais à la
certitude que l'Afrique n'en auroit pas un de
moins, succéderoit l'affligeante réflexion 3 que
les Despotes de ce pays ÉGORGEROIENT leurs prisoniers 2 au lieu de nous les VENDRE.
2°. Sr la France n'avoit plus de Colonies 3
elle n'auroit plus besoin de marine nationale,
et elle gagneroit, disent les défenseurs de ce systême , 40 millons par année 2 que coute ce Département.
disconvenir
s'il n'y avoit
ON ne peut
que
plus de Colonies, il n'y auroit plus de commerce 3 que s'il n'y avoit plus de commerce,
il n'y auroit plus de matelots 3 que s'il n'y
avoit plus de matelots 2 il ne seroit plus possible d'équiper un vaisseau de guerre 5 qu'il faudroit, combler nos ports, pour les fermer aux --- Page 40 ---
(32)
étrangers 2 et s'attendre à les voir descendre;
quand bon leur sembleroit 9 sur nos
faute d'un bâtiment capable de leur plages donner 5
chasse, à moins qu'ue ligne de contrevallation
le long de nos côtes 3 ne nous mit à Pabrides
descentes continuelles de nos ennemis. iM Or,
une fortification de 600 lieues, coiteroit quelques milliards de capital ,e et. sûrement plus
d'entretien que la marine royale. il Donc 5
Phumanité des
PERLANTROPES,HE, gagneroit rien
à n'avoir plus de Colonjes, et le TRÉSOR PUBLIC
ne seroit pas soulagé par la suppression du
Département de la Marinc.
MAINTENANT que perdroit la France à renoncer à ses possessions d'outre-mer ? il TOUT. il
Cette assertion sera prouvée dans son
lité.: iM 1°. Les : Colonies doivent au' commerce intégrade la Métropole,400 MILLIONS de capitaux que le
comerce a placés sur le revenu des Manufactures coloniales. il Ce capital immense. ct
les 25 millions de revenu qu'il
roient UNE PERTE subite et
produit, ses
les Négocians.de nos
irréparable pour
portss l ellc s'éténdroit à
tous les Négocians de
la
Pintérieur, par série
de banquerontes 2 dont elle seroit
Des inilliers de famillès
l'origine. IE
honnéies, laborieuses,
seroieatruinéespar cesculévénemeniy-crd depuis
quand
les 25 millions de revenu qu'il
roient UNE PERTE subite et
produit, ses
les Négocians.de nos
irréparable pour
portss l ellc s'éténdroit à
tous les Négocians de
la
Pintérieur, par série
de banquerontes 2 dont elle seroit
Des inilliers de famillès
l'origine. IE
honnéies, laborieuses,
seroieatruinéespar cesculévénemeniy-crd depuis
quand --- Page 41 ---
(33)
quand donc le bien général, peut -il résulter
I du malheur de tant d'individus ?
du
qui ou2". LES manufactures
Royaume,
les matières premières de notre sol;
vragent
ou à la" côte
pour les envoyer aux Colonies,
de Guinée, seroient forcées de cesser un travail
désormais sans utilité. iI La multitude d'ouà la fabrication et à Penvriers qui coopèrent
vaisseaux de toutes
tretien de DEUX MILLE
construisent en France 5 pour
grandeurs 2 quise
marchande seroient conla Marine militaire et
traints de renoncer à un - travail qui, jusqu'iei
a fait leur existence.
3° LES laboureurs, qui vendoient les produce
tions de notre territoire à ces ouvriers, à, ces
manufacturiers , à ces armateurs 3 soit pour leurs
propres: besoins 2 soit pour mettre en, ceuvre
ces denrées , soit pour les expédier. aux CRÉOLES
qui les.. consommoient, ces laboureurs, disje.,
pourroient briser leurs charrues 2 parce qu'ils
ne trouveroient plus à l'avenir, le débouché
de leurs récoltes.
bnih
C
DANS cette inertie générale, dans cette
4".
universelle de vendre et de subimpossibilité
deviendroit le
sister 2 faute de travail," que
payement des INFOTS? M Le journalier qui
n'est plus employé 2 P'artisan qui n'a plus d'ouvrages, le manufacturier qui n'a plus de coine
C --- Page 42 ---
(34)
mandes,le négociant qui n'a plus de
de crédit, ni de fortune;
relations,
trouve, plus de
l'agriculteur qui ne
consommatenrs,
exactement lesi impositions onéreuses payeront-ils
actuel du Royaume a rendues
que l'état
Si Pimpôt n'est
nécessaires.? il
PUBLIQUE,
pas payé,. où sera la FORCE
duit de
qui n'est entretenue qu'avec le
cet impôt? il S'il n'y a plus de force propublique, que. deviendra la garantie des PROPRIÉTÉS et celle des dettes de l'état,
sisolemnellement. sous la sauveplacées
Loyauté frangaise.
garde de la
à la réclamation EQu'elle force s'opposera
unanime de 6MILLIONS
mes, sans travaux, 2 qui réflueront des dihomfemens maritimes ; vers'le centre du
Déparen demandant DU FAIN? LE Qui résistera Royaume, 3
pulsion de cette multitude
à l'imarmés de bationnettess
dhommes, libres, 3
leurs mains ? iM Sils que l'on a placées dans
attaquent les
pour vivre, que déviendra la
propriétés
veut qu'elles soient
CONSTITUTION qui
Constitution est
respectées ? = Et si la
fondemens, ou attaquée et sappée par ses
à la conquête de retrouverons-nious la LIBERTE,
sacrifices ? il Voilà laquelle, on a fait tant de
immédiates de
pourtant des conséquences
lhypothèse
trop probable de la ruine absolue malhcureusement del
lonies. = Toutes. ces idées
nos Cosuivent, s'enchaînent
se tiennents se
: accordez la première,
respectées ? = Et si la
fondemens, ou attaquée et sappée par ses
à la conquête de retrouverons-nious la LIBERTE,
sacrifices ? il Voilà laquelle, on a fait tant de
immédiates de
pourtant des conséquences
lhypothèse
trop probable de la ruine absolue malhcureusement del
lonies. = Toutes. ces idées
nos Cosuivent, s'enchaînent
se tiennents se
: accordez la première, --- Page 43 ---
(35)
vous êtes forcé de convénir du résultat. 1M Or
la première proposition cst de renoncer à
nos Colonies ; M le résultat est de n'avoir plus
de liberté: tout est prouvé entre' ces' deux ex
trémes; done; la France PERDROIT TOUT à rea
MY 4
noncer à ses possessions Pontre-mer.
-
: n'avoit à
Nous avons prouvé d'aifleurs, qu'elle 20s
WU
rien à gagner à leur privation, et nous en
çoncluerons bientôt, qu'elle ne peut se passer
de Colonies, si comptant pour quelque chose
nos J rapports avec les $5 étrangers, nos Hiaisons
commerciales et l'importance de maintenir le
CHANGE en' notre faveur), et de ne pas laisser
écoulerle numéraire' -vers DE nos voisins. s-nous
ouvrons: de bonne foi ce livre immortels dont
un grarid homme, a fait présent aux: Empiress
je l'ai déjà cité dans un antre ouvragel; mais
la- niëme citation est trop bién à-l'ordre'da
jour; pour ne pas la replacer ici: Cerqu'il
écrivoiten 1778, est une PROPHÉTIE qui: n'est
pas sans intérêt quandielle. est au moment de
se vérifier en 1792.
smantoA
Nous arréterons nons', dit-M. NECKER,( Tome
second de Padministration dess Finances ) sur cès
discourssi légérement hazuridesisur Pinutilité des
Calonics a Ce qu'on leur vend adit-on trauquilles
ments 01 le vendroit atz Natious strangeres 3 la
Royaume.ne perdroit rien d cctfe révalatipngs.
C 2 --- Page 44 ---
(36)
Mais crée-t-on ainsi des acheteurs à son gré?
Ce n'est pas faute d'une grande quantité de toiles,
de draps , ou d'étoffes de soyes qu'on n'en vend pas
davantage aur autres Nations, ce sont les limites.
de leurs besoins qui circonscrivent leurs demandes,
et non Pimpxissance d'ysatisfaire : ainsi c'est une
belle idée politique 2 que de convertir une
partie des denrées OM des ouvrages d'indusSrie du Royaume s dans une sorte de biens étrangers a son sol et à son climat, et dont cependant
aucun pays de l'Europe ne peut aujourd'hui se
passer.
viennent des
- D'AILIEURS les marchandises qui
Colonies, ne sont pas sculement le priz des productions nationales que la France y envoye, soit
directement, soit indirectement, par ses échanges:
d la. eôte: d'Afrique : toutes ces ezportations équivalent d peine a la moitié des retours d'Amérique 5
le surplus est la représentation , et des frais de
et des bénéfices du commerce, et
navigation >
dans le
des revenus que les Colons dépensent
Royaume.
Qur seroit-ce, si en négligeant des possessions
la
si précieuses 2 ou si en les perdant jamais,
trosvoit
de la créance de comFrance se
privée
acquiert annuellement parl'exportamerce qu'elle
seroit-ce,
tion des denrées des Colonies ? Que
si elle avoit encore à acketer des étrangers mémes,
, et des frais de
et des bénéfices du commerce, et
navigation >
dans le
des revenus que les Colons dépensent
Royaume.
Qur seroit-ce, si en négligeant des possessions
la
si précieuses 2 ou si en les perdant jamais,
trosvoit
de la créance de comFrance se
privée
acquiert annuellement parl'exportamerce qu'elle
seroit-ce,
tion des denrées des Colonies ? Que
si elle avoit encore à acketer des étrangers mémes, --- Page 45 ---
(3 37 d )
la partie de ces denrées, qui est nécessaire
coxsommation ! Une paanjourd'hui à sa propre
sortir de France
reille révolution suffiroit pourfaire
qu'il n'y
annuellement, beaucoup plus d'argent
C'est donc une propriété
en entre aujourd'hui. des Colonies d'Amérique ;
magnifigue, que celle
semble
la grandeur de la puissance de la France,
; mais lcs autres
en assurer la longue possession culture mais les
leur
;
Nations peuvent augmenter
Etats-Unis, si voisins du riche sol qui produit.
ie sucre et les cafes, ne viendront pas toujours
ckercher ces denrées en Europe ; et selon l'accès
libre,
sera forcé de leur ouplus Ou moins
qu'on
comment désigner
erir unjour dans les Colonies,
enrila part qu'ils prendront aur échanges qui
de
chissent la France ? Ce n'est pas' le moment
des questions liées d des connezions
traiter afond
mais ce qu'il est au
et à des traités politiques ;
c'est a quel
moins important de considérer,
Pintégrité du commerce est essentiel au
point
du
maintien de la prospérité
Royaume.
Cr n'est qu'en vendant pour 220 à 230 millions
de marchandises, ou manufacturées ou apportées
Colonies,
la France obtient une balance
des
que millions. Ce résultat est imde commmerce de 70
le
de vue ;
mense; et l'on ne doit jamais perdre
afin de ne point s'endormir SILr une prospérité
connoitroit
les fondemens i et
dont 01 ne
pas
C 3 --- Page 46 ---
(38)
que l'onne sauroit entretenir avec (rop de soin,
Tel sera Pavis unanime de tous les véritables ad.
ministrateurs; mais alors il se trouvera des personnes disposées d arrêter leur, attention, jusques
sur les événemens invraisemblables : qu'arriveroitil,a.gue faudroit-il faire, si, pars systême,
paravenglemeut 2 par insouciance 7 ou enfin par
une. révolution quelcongue et extraordinaire, ce
double commerce d'ezportations venoit à défaillir
ou. d diminuer considérablument: ? On peut bien
appercevoir vaguement l'étendue d'un pareil désastres mais on en décriroit difficilement toutes
lis consequences. Lebesoin des matières premières
qu'on tire. de Litranger, diminueroit sans doute
d mesare qu'on vendroit moins d'ouvrages manufactures. aux autres Nations et aux Colonies, 2 et
l'on tickeroit d'alimenter les fabriques nécessaires
dla consommation nationale, en augmentant de
tout sqn parvoir, au sein de la France, la production dessoyes, des chanvres et des laines. On
repousseroit plusqucjamais l'introduction de toutes
les productions de Pindustric ; que de privations à
s'inposert On matluiplursitsafarge et ses usines,
afin de nsCas passer de fer étranger ; 07 viendroit
à bout de perfuctionner ses salaisons , afin de
n'avoir MinsA besoin de celles que fournissent aC
tuellement 1 PIrlande et d'autres pays ; enfin la
Fignce ne pouvant plus vendre beaucoup aur Na-
On
repousseroit plusqucjamais l'introduction de toutes
les productions de Pindustric ; que de privations à
s'inposert On matluiplursitsafarge et ses usines,
afin de nsCas passer de fer étranger ; 07 viendroit
à bout de perfuctionner ses salaisons , afin de
n'avoir MinsA besoin de celles que fournissent aC
tuellement 1 PIrlande et d'autres pays ; enfin la
Fignce ne pouvant plus vendre beaucoup aur Na- --- Page 47 ---
(39.),
ni aux Colonies, se défendroit
tions étrangires,
d'acheter d'elles.
tant qu'elle pourroit,
i0
Mars malgré tant de soins, elle ne pourroit
jamais réparer le préjudice immense que porteroit,
à sa richesse ct à sa population, la perte: qu'elle,
éprouveroit, si son double commerce d'csportation
venoit d défuillir ou d diminuer considérablementi,
Telle seroit pourtant la suite nécessaire de la
perte du nos Colonies.
HEOkrESEMINT que de pareilles révolutions
sont loin d'étre probables ; mais aussi n'en faudroit-il pas tant pour entrainer de grands effets ;
on doit encore observer d cette occasion, comme.
vérité
si le Royaume de
une
importante, que
France jouit dans SOn état actuel, de moyens
incomparables de richesses , son administration
aussi est conforme d cet état d'aisance ; ensorteles revers du commerce et de la fortune, en-t
que
privations des trésors del'Amérique,
sortequeles
seroient d'autant plus sensibles, qu'on y esti
Les libéralités, le faste, P'abandon,
peu préparé.
subsistent en
tous ces attributs de Populence >
France depuis long-temps 5 et ce n'est que par intervalle qu'on a voulu y rétablir Pordre, la règle
et Péconomie. C'est aussi cette richesse naturelle
d la France, , due ânos Colonies, qui est cause"
qu'un si grand nombre de Ministres médiocres,
ent paru suffire d P'administrution du Royaume,
C 4 --- Page 48 ---
4o )
tandis qu'ils étoient simplement
supportés par la
fortune.
Telles sont les expressions littérales extraites
decet ouvrage, justement célèbre , quine cessera
d'être le MANUEL des hommes d'état, et quand
l'auteur de cet écrit dit en termes
tout
exprès : gue
l'avantage de la France dans les
échanges, ,
repose sur le commerce intérieur de ses manufactures et des denrées d'Amtrigues que le commerce
de ces denrées compose les trois quarts des exportations du Royaume, enfin gue la France doit a
l'avantage de ces eaportations 3 une balance de
soizante et dix millions en sa faveur ; nous sommes fondés à conclure avec lui, que les Colonies
sont dignes de la plus grande attention, et
Za Nation
que
françoise ne sauroit veiller avec trop de
soin SuT la grande somme de prospérités qu'elle
possède.
Doxc, encore une fois, un Royaume comme
la France 2 NE PEUT SE PASSER DE COLONIES.
A CETTE grande question
politique, que nous
venons de résoudre., en succède une autre
dont les
développemens sont bien
importans ,
parce que peu de personnes ont réfléchi sur cet
objet, =Il vient d'être irrésistiblement démontrés qu'il faut à la: France des Colonies ; mais
par qui doivent-elles être cultivées?
qu'elle
possède.
Doxc, encore une fois, un Royaume comme
la France 2 NE PEUT SE PASSER DE COLONIES.
A CETTE grande question
politique, que nous
venons de résoudre., en succède une autre
dont les
développemens sont bien
importans ,
parce que peu de personnes ont réfléchi sur cet
objet, =Il vient d'être irrésistiblement démontrés qu'il faut à la: France des Colonies ; mais
par qui doivent-elles être cultivées? --- Page 49 ---
(4:)
La Nature dans sa sagesse avoit placé dans
hommes plopres, sans doute ;
PAmérique ,des
dans
à la culture de ces contrées. L'Espagne,
dans son ambition, du moins, a,
sa cruauté,
entièrement éteint la race -de ces indigénes 1
de sorte que ces régions si productives seroient
incultes si des individus transplantés s ne
il Maintenant, est-ce exles fécondoient pas.
sol
clusivement aux Africains à fertiliser ce
brûlant ? Pourquoi n'en confieroit-on pas le soin d
des Blancs d'Europe.
ON ne doit répondre à cette question 7 que
des faits. 1°. Lexpérience nous apprend
par
sont absolument hors d'éque les Européans le
du jour entre les TROtat de supporter poids
et
P'ardeur du soleil et la réverPIQUES 2 que
la zône ardente des
bération de la terre 2 sous
Antilles, leur donne LA MORT en peu de tems. l
Notre Constitution physique absolument différente de celle des Nègres, ainsi que je le démontrerai dans un ouvrage à part 2 ne nous permet, à Saint-Domingue 7 d'autres travaux manuels que. ceux qui se font aux. frais s dans
l'intérieur 9
des cases, et tout au plus la simple
SURVEILLANCE des travaux du dehors. = Ainsi
les Blancs périroient 2 =ils ne supporteroient
ni la chaleur du climat,ni le feu de
jamais 2
nos sucreries. --- Page 50 ---
(42)
2°, Sr l'on prétendoit que les Blancs, en se
ménageant, pussent s'accoutumer à un travail
modéré s.et que deux Européans 2 par exemple, Barvinssentàtravailler comme un Africain,
il en résulteroit > qu'il faudroit au moins
16 CENT MILLE BLANCS
s
800 mille Noirs
> pour égaler en force
qui cultivent nos
mortalité
Isles.=Or,
extraordinaire à part ;1 je demande un
peu, si la population de la France
fournir à une ÉNIGRATION de cette
2 pourroit'
et au recrutement annuel qui seroit conséquence, indispensable. il On sait que la TRAITE importe dans
nos Colonies 9 tant pour remplacement que
pour accroissement, , 40 mille Noirs chaque année ; il faudroit donc que la mére-patrie
réparer les pertes ordinaires, ou
2 pour
ter Ia culture coloniale,
pour augmende 80
se privât tous les ans
MILLE individus de 15 ans et au-dessus;
c'est-à-dire. , déja paryenus à un age, auquel la
moitié de l'espèce humaine n'a pas le bonheur
d'atteindre. iM Pourroit-elle faire un tel effort ?
Non, sans doute; elle s'épuiseroit en vain, se
DÉPEUPLEROIT sensiblement , se priveroit d'une
foule innombrable de générations
ront
futures,quifesa force et ses ressources... Cette idée seule
fait frémir.
3°. ENFIN > ces journaliers d'Europe
iroient braver le soleil et la mort
> qui
2 dans un
humaine n'a pas le bonheur
d'atteindre. iM Pourroit-elle faire un tel effort ?
Non, sans doute; elle s'épuiseroit en vain, se
DÉPEUPLEROIT sensiblement , se priveroit d'une
foule innombrable de générations
ront
futures,quifesa force et ses ressources... Cette idée seule
fait frémir.
3°. ENFIN > ces journaliers d'Europe
iroient braver le soleil et la mort
> qui
2 dans un --- Page 51 ---
(43)
autre hémisphère, ne pourroient se déterminer
au sacrifice PROBABLE de leur existence 3 que
par l'appas d'un gain actuel, et d'une aisance
future, il Quel seroit le prix de leurs journées,
dans un pays ot la prohibition du commerce,
élève prodigicusement celui de toutes les denrées? = Il est aujourd'hui de 5 livres parjournée: ne fit-il que d'un écu, il faudroit que les
planteurs pussent payer 16 CENT MILLE ECUS 2 ou
4 millions 8oo liv. par jour, pour faire marcher leurs Manufactures. il Mais oû trouver
5 millions par jour dans une Colonie, qui n'a
pas en circulation quatre millions de numéraire 3 encore ce numéraire est-il absolument
PRECAIRE, puisque Saint-Domingue lc tire entièrement de Pétranger.
DoNc il seroit impossible de payer les journées, donc il seroit absurde de songer à faire
cultiver les Colonies par des Européans 3 qui
iroient mourir avant Je tems, dans un autre hémisphère, au détriment de la mère-patrie 2 que
ces émigrations périodiques ne tarderoient pas
à épuiser.
Ici se. place naturellement dans l'ordre des
idées, la troisième question que j'ai cru importante : àrésoudre.-llest évident, me dira-t-on
que les Negres nés dans un climat plus chaud,
peuvent SEULS cultiver sans danger le sol --- Page 52 ---
(44)
altéré des Antilles ; mais des Negres libres
auroicnt cette propriété comme les Nègres eselaves, et du moins la France n'auroit pas
la douleur de voir sa Constitution LIBRE, ternie 5
par l'association de quelques provinces abandonnées à LA SERVITUDE.
JE conviens qu'il n'est pas impossible de concilier le respect sacré dû aux propriétés, avec
la propagation de la liberté, il, ne s'agiroit que
d'acheter celle de 800 mille esclaves, et DEUX
BILLIARDS 400 MILLIONS suffiroient pour les affranchir. il Mais outre que la France trouveroit difficilement cette somme énorme, sans Iaquelle la CONSTITUTION lui défend de porter
atteinte à la PROPRIETÉ des Colons; je vais encore
démontrer 2 qu'une telle mesure seroit l'épeque de l'ancantissement très-prochain de toutes
nos Colonies.
al
EN premier lieu, si les Nègres étoient libres 2 il faudroit payer leurs JOURNEES, et cette
ebjection faite contre le travail des Blancs, reparoit ici dans toute sa force: ne leur donnat-on qu'un écu, 800 mille écus ou 2 MILLIONS
ET DEMI par jour, ne se trouveroient pas dans
toutes nos iles.
Ex second lieu, siles denrées coloniales, fabriquées par desesclaves, dont la journée ne se paye
pas, > s'élèyent potrtant à un prix qu'on ne
ient libres 2 il faudroit payer leurs JOURNEES, et cette
ebjection faite contre le travail des Blancs, reparoit ici dans toute sa force: ne leur donnat-on qu'un écu, 800 mille écus ou 2 MILLIONS
ET DEMI par jour, ne se trouveroient pas dans
toutes nos iles.
Ex second lieu, siles denrées coloniales, fabriquées par desesclaves, dont la journée ne se paye
pas, > s'élèyent potrtant à un prix qu'on ne --- Page 53 ---
45)
augmenter 2 sans priver le pauvre
pourroit
couteroient-elles donc ?
d'y atteindre 7; que seroit forcé de payer
quand le planteur
employés dans lcs
chérement les JOURNALIERS
ordinaimanufacturestm-ix SUCRE qui se vend
France vingt sols la livre, revienrement en
d'un écu. 11 Dans cet état, nos
droit à plus
plus soutenir la
denrées coloniales 2 ne pouvant
resteroient
çoncurrence: avee celles des étrangers,
dans les ports de PEurope, ou finiinvendues être livrées à un prix qui ne dédomgoient par
dc ses frais.
mageroit pas le fabricateur
Exprx,parlan nature même de nos manufactures,
deviendroit
la fabrication: 2 sans Pesclavage,
le plus
absolument INPOSSIBLE au propriétaire
industrieux.== En effetiln'y a NULLE ANALOGIE
d'Europe et celles des Anentre les cultures
les récoltes ne se font
tilles. I En Europe 2
Dans nos iles,
qu'à des époques certaines. = de Pannée. i1 En
élles se font tous les jours
journaliers de moins, apporFrance quelques
sans aucun
teroient à la récolte, un rétard, il est tel inspréjudice. = A Saint-Domingte. 2
tant dans les sucreries 2 dans les indigoteries, bras à la
dans les caffeyeres, où si trois cents
les
fois ne travailloient pas SISULTANEMENTS
seroient perproductions les plus précieuses
le
et pour la Métropole.
dues pour propriétaire --- Page 54 ---
(46)
En Europe 9 la masse des journaliers est
telle, qu'avec une légère augmentation de prix;
le planteur pressé, est toujours sûr d'en avoir:
= En Amérique, il est des instans où lesjournaliers pourroient exiger un louis pour une
heure de travail, et le Colon qui verroit dans
un refus la rume absolue de ses espérances, seroit forcé de le donner. = Alors nos récoltes
seroient précaires, nos frais seroicnt immenses. 3
nos bénéfices incertains, et les Colonies jadis
prospères, retombant bientôt dans un anéantissement total, entraîneroient dans leur dégradation, la langueur du commerce et la décadence
de PEmpire.
AINSI dans un, climat chaud. Ju
2 qui porte
naturellement ses habitans à la
dans un pays où l'expérience paresse à 5
tous les yeux, que les affranchis prouve
croyent
S'ABAISSER en maniant un instrument aratoire
il ne faut pas s'attendre que des Nègres
5,
qui n'ont ni luxe, ni
libres,
besoins, 2 se portassent
tous à un travail VOLONTAIRE qui ne seroit
point stimulé par l'esclavage. il Doxc. nos Colonies, si nécessaires à la France, et que des
Blancs ne peuvent cultiver 2 ne sauroient
sous
Pêtre,
aucuu rapport 2. par des NEGRES LIBRES.
S'ABAISSER en maniant un instrument aratoire
il ne faut pas s'attendre que des Nègres
5,
qui n'ont ni luxe, ni
libres,
besoins, 2 se portassent
tous à un travail VOLONTAIRE qui ne seroit
point stimulé par l'esclavage. il Doxc. nos Colonies, si nécessaires à la France, et que des
Blancs ne peuvent cultiver 2 ne sauroient
sous
Pêtre,
aucuu rapport 2. par des NEGRES LIBRES. --- Page 55 ---
(47)
C H A P I T R E
CIN Q U I E M E.
NXCESSITE de la subordination des esclaves -
Seul moyen de P'obtenir
Utilité de la traite
Garantie de la propriété des Colons.
DES trois grandes questions que nous avons
examinées 2 il résulte: : que des Africains
libres ne voudroient pas cultiver les iles à
sucre 5 il Que des Européans périroient
en les cultivant ; iI que pourtant la France
ne peut, sous peine de voir la Constitution
renversée, se passer de Colonies ; nous som- 2
mes fondés à conclure que, 5 dans l'ordre Social et dans le tourbillon politique qui nous
enveloppe, l'esclavage des Africains est un
mal nécessaire, que la servitude Américaine
est la SAUVE-GARDE de la liberté Françoise, et
qu'il importe à la Métropole de protéger l'ancien sistême colonial, dans lequel seul, les
Colons peuvent trouver leur sûreté 2 et les esO.
claves leur bonheur.
C'EST de leur subordination absolue, 2 que
dépendra leur félicité : le maître qui craint,
donne des chaînes ; le maître confiant, les
brise. iI Comment un seul homme oseroit-il
se reposer au- milieu de 200 esclaves, si le --- Page 56 ---
(48)
préjugé qui le fait regarder comme un demiDieu, ne leur déroboit pas la connoissance de
leurs forces. iI S'ils les essayent seulement,
Ja puissance publique ne pourra les réprimer
que' par la mort; s'ils. les ignorent, leur obéissance sera le gage de leur tranquillité, et l'intérêt personnel du maître 2 les garantira toujours de l'abus d'une autorité despotique.
Au SURPLUS, cette, autorité n'a jamais été
sans bornes. = Elle : trouve des limites dans
des loix sages, que les lumières actuelles peur
vent modifier au désir d'une humanité bien
étendue. il Mais sur-tout que jamais le Corps
législatif de France,. qui a considéré les droits
de Phomme, ne se mêle de décréter les loix
de servage de nos Colonies. iI Que toutes les
législatures rendent graces à Passemblée consde
tituante qui les a délivrées pour toujours
cet embarras, en. déléguant constitutionnellement aux assemblées coloniales a SEULES 2 le
droit de législation sur l'état des personnes 2
sous la sanction immédiate du Monarque.
décret ne fut
celui du
£ JAMAIS
plus sage que
24 septembre 1791. = Il n'empêche pas les Colonies de donner aux Mulâtres tous les avantages qu'elles jugeront compatibles avec les localités.: mais en leur conférant un tel droit, il
les
cet embarras, en. déléguant constitutionnellement aux assemblées coloniales a SEULES 2 le
droit de législation sur l'état des personnes 2
sous la sanction immédiate du Monarque.
décret ne fut
celui du
£ JAMAIS
plus sage que
24 septembre 1791. = Il n'empêche pas les Colonies de donner aux Mulâtres tous les avantages qu'elles jugeront compatibles avec les localités.: mais en leur conférant un tel droit, il
les --- Page 57 ---
(49)
les mtc à même d'en acquérir d'éternels sur la
RECONNOISANCE des gens de couleur : ce
lien là en yaudra bien un autre. I Que cette
loi'sagement politique, soit donc à jamais RESPECTÉE par les Représentans du peuple François. I Elle est la FROPRIÉTÉ la plus précieuse
des Colons 2 le gage sacré de leur bonheur, et l'époque certaine des nouveaux bienfaits que les Blancs ne tarderont pas à répandre
sur la caste intermédiaire qui les séparoit des
esclaves.
QuE reste-t-il donc à faire à la Métropole ?
RIEN 2 que de développer tout son pouvoir
pour inspirer la plus grande, la plus entière
CONFIANCE aux Colons : I°, En leur fournissant des forces suffisantes, bien choisies 2 disciplinées 2 qui maintiennent l'ordre 2 sans
lequel. 2 une peuplade d'agriculteurs ne peut
jamais prospérer. I 20, En donnant l'exemple
d'un respect inviolable pour leurs propriétés.
- Sous ceite dénomination, doit être expressément mentionnée 2 la conservation de la traite
des Noirs 7 contre laquelle, tant de philosophes se sont élevés, et sans laquelle il faudroit
ABANDONNER les Colonies 2 puisque le CLIMAT
destructeur ne permet jamais à la réproduction
d'égaler les mortalités, =puisque des EPIDEMIES
partielles donneroient sans cesse linquiétude --- Page 58 ---
( $o) )
d'une ruine totale à chaque cultivateur, s'il
n'étoit pas sûr de pouvoir remplacer ses pertes,
il puisque toute ÉNULATION seroit bieniôt
détruite, si tousles moyens de culture, limités
au nombre des Noirs existans dans chaque
Colonie, ne permeltoient plus à chaque planteur, d'étendre son industrie, et d'enrichir le
conmerce, en augmentant ses manufactures 1
= puisque enfin L'HONANITÉ des maitrès 3
ne peut être satisfaite que par la facilité d'alléger Je sort de leurs esclazes, en - partageant
leur travail entre un plus grand nombre d'individus.3, La mère patrie doit bannir aves
soin tout sujet de méfiance s en ne souffrant pas
que qui que ce soit porte, sous quelque prétexte que ce puisse être, une atteinte quelconque, ni aux PROPRIÉTÉS 2 ni à la SÉCURITÉ
des Colons. il Je rangerai dans cette classe,
L'ABOLITION expresse de la société des prétendus amis des Noirs 2 dont le systême cxagéré, dont Phumanité meurtrière, vient de
faire tuer TRENTE MILLE NEGRES 2 et de faire
massacrer DEUX MILLE BLANCS : perte irréparable
pour Ja Colonie, puisque tant de talens, précieux pour les manufactures coloniales, ne
peuvent être remplacés par aucun effort de la
Métropole.
Lrsprincipes des amis des noirs 7 consacrés dans
tous leurs écrits', ayoient trois buts principaux:
2 dont le systême cxagéré, dont Phumanité meurtrière, vient de
faire tuer TRENTE MILLE NEGRES 2 et de faire
massacrer DEUX MILLE BLANCS : perte irréparable
pour Ja Colonie, puisque tant de talens, précieux pour les manufactures coloniales, ne
peuvent être remplacés par aucun effort de la
Métropole.
Lrsprincipes des amis des noirs 7 consacrés dans
tous leurs écrits', ayoient trois buts principaux: --- Page 59 ---
(S:)
faffranchissement absolu des Esclaves,
au
fnoins l'abolition de la traite ; iM et en dernier
fieu, la concession des droits politiques aux
gens de, couleur:= Ce dernier article étoit projeté par les Assemblées Coloniales, et eft été
réglé par elles, sans commôtion, si on né les
eût pas traversées dans leur marche. l Pour
s'être trop pressés 2 pour avoir voulu mettre
Patroniritattenleals place dela BIENFAISANCE
Créole; les ROBESPIERRE, les REUBELL, les GRÉGOIRE 2 les TÉTHION 2 les CONDORCET 2 les
BRISSOT ont fait couler des fleuves de sang, et
viennent de couter à la France 800 MILLIONS sde
dommages 2 qu'elle ne réparera pas de 50 années. = Ce sont eux, qui, par leurs écrits incendiaires ou léurs émissaires forcenés, ont mis
le fer à la main du muldtre OGÉ, la flamme
dans cèlle du Nègreiue 7 et Pivressé du crime
dans la têté de leurs complicés;=ce sont eux
qui ont machiné les complots détestables,; qui
ruinent aujourd'hui six mille familles ; toutés
les plâces maritimes du Royaume, et la FRANCE
ÉNTIERE 2 à moins que son énergie ne la retire'
éncore du précipice , oi ces coupables énnemis'
de son bonheur 2 Pontplongée; c c'ést sur leurs'
têtes criminelles que doit rejaillir le sang qu'ils
ont fait verser, et tant de forfaits atroces 5 quel
Ieurs barbares amis; ont commis pour essayée
Ia liberté.
Ds
illes ; toutés
les plâces maritimes du Royaume, et la FRANCE
ÉNTIERE 2 à moins que son énergie ne la retire'
éncore du précipice , oi ces coupables énnemis'
de son bonheur 2 Pontplongée; c c'ést sur leurs'
têtes criminelles que doit rejaillir le sang qu'ils
ont fait verser, et tant de forfaits atroces 5 quel
Ieurs barbares amis; ont commis pour essayée
Ia liberté.
Ds --- Page 60 ---
(S2),
MAIS que leurs remords nous vengent d'eux =
que la honte de leurs crimes les dévoue à Pexécration des contemiporains, à Phorreur de la postérité, et que leur sang, expiatoire insuffisant,
le continent de PEurope : il n'en
ne souille point
seulement
a que trop coulé en Amérique : il que
une aussi terrible et cofteuse leçon 2 ne
soit point perdue pour la France, pour SaintDomingue 2 et pour les siècles à venir: iM que
Phistoire la consacre, que les coupables soient
connus i il mais qu'ils vivent : il pourvu toutefois, qu'ils ne versent plus sur nous 21 le POISON
que leur plume distille,=) pourvu qu'ils ne plongent plus dans notre sein 3 des POIGNARDS émoussés à force de meurtres : - pourvu qu'ils ne
commandent plus au nom de Phumanité, le pillage, lincendie , le vol , les assassinats, et tous
les FORFAITS de la cruauté : il pourvu qu'ils ne
donnent plus pour ENSEIGNE à leurs amis le corps
sanglant dun enfant de notre couleur: iN pouryu
EGORGER les filles violées 2
qu'ils ne fassent plus
mères
sur le corps palpitant de leurs pères et
massacrés : = pourvu qu'ils ne fassent plus
SCIER lentement entre deux planches, leurs concitoyens, qui n'ont à se reprocher, que d'avoirfécondé à 2000 lieuesdu continent, une terre pourla
patrie: il pourvu qu'ils ne fassent plus GRILLER à
petit feu les Commandans pour la Nation, -
Trmnugekehafamwediere dignesamisyustn- --- Page 61 ---
(53)
PATEUR dunom sacré del Roi, renonce à Pabominable RECREATION, de trancher de sa propre main 80
TÈTES de pèresde familles, de citoyens François :
le rôle du vieur
I1 pourvu cntin,quvebandonant) à
,de
dela montagne, ils nous fassent grace Pavenir,
leursstilets et de leurs poisons:: =àc ces conditions,
qu'on leur pardoune, qu'ils vivent ; mais puisque
la France NE PEUT SE PASSER de Colonies, qu'on
RESTAURE celle qu'ils ont dévastée ! leur châtis'ils voyent de leurs propres
ment sera terrible,
France SA UVÉE.
yeux, les Colons HEUREUX, 2 etla
CHAPIT R E SIX I E M E.
JUSTICE de la restauration de Saint-Doningue ;
Pursasrintendspost la France de la réclamer.
Sr la restauration de Saint-Domingue, est un
supplice pour les ennemis de la Patrie, qui vouloientnous priver de cetle possession magnifique,
elle n'est qu'une justice rigoureuse 5 envers les
Colons qui doivent s'attendre à des secours
eflicaces de la Métropole.
LE contrat social est un acte sillanagmatique,
dans lequel chaque individu a dit à la société:
> Je m'unis à vous; j'accepte vos loix; vous main23 tiendrez mes propriétés 2 et je défendrai celles
D 3
lice pour les ennemis de la Patrie, qui vouloientnous priver de cetle possession magnifique,
elle n'est qu'une justice rigoureuse 5 envers les
Colons qui doivent s'attendre à des secours
eflicaces de la Métropole.
LE contrat social est un acte sillanagmatique,
dans lequel chaque individu a dit à la société:
> Je m'unis à vous; j'accepte vos loix; vous main23 tiendrez mes propriétés 2 et je défendrai celles
D 3 --- Page 62 ---
(54)
s des sociétaires 5 vous me protégerez par les
39 moyens de tous, et mes moyens individuels
s vous seront consacrés. 35
CE contrat est tellement solemnel, que lint
dividu qui n'en observe pas les clauses, est
regardé comme un TRAITRE, comme un LACHE,
comme un ennemi public ,et poursuivi comme
tel au nom de tous. il La lei ne seroit-elle
obligatoire que pour lui, et la Nation 2 parce
gu'elle est la plus forte, auroit-clle le droit de
s'y soustraire ? l Quand les Membres du Corps
Social ont, dans toutes les occasions 7 payé de
LEURS PERSONNES 2 le Corps Social leur doit
une légitime DÉFFENSE : quand les Membres du
Corps social, ont acquitté LA CONTRIBUTION: impo
sée pour Pentretien de la force publique,destinée
à la défense des propriétés de tous > le Gouvernement doit GARANTIR leurs propriétés 7 ou les
dédommager, s'il y a été porté alteinte. Or
depuis le commencement du siècle, St-Domingue
a payé un OCTROI que la munificence Creole a
vingtuplé, il St-Domingue a donc DROIT à une
protection suffisante 3 ou en cas de lésion, à
une indemnité équilable. i1 L'impôt n'est autre
chose que la prime d'assuraxce de la propriété.
Celui qui, pendant IOO ans, a payé fidèlement
3a prime, ale droit, dans un cas malhéureux, 2
d'exiger l'exécution d'une police qu'il n'a exé --- Page 63 ---
(55)
cutée en ce qui lc concerne 3 que dans la vue
de readre sa propriété inamissible. il Eh! que
d'un
exact à recediroil-on 9
ASSUREUR, qui,
voir à chaque voyage, le tribut d'un navire
assuré, prétendroit se soustraire à en payer la
valeur, lorsqu'un jour enfin ce vaisseau viendroit à sombrer. iI Saint-Domingue, depuislonaunées paye Pimpôt à PElat. l Saintgues Domingue ne cotte rien à la Métropole. II SaintDomingue paye ses propres dépenses et celles de
toutes les Colonies Françoises. iM St-Domingue
à elle seule, a doublé le numéraire en France.=-
Saint-Domingue a porlé plus .de richesses dans
PEmpire, que tout PEmpire réuni, n'en a puattirermSaint-Deniagaerer RUINÉparuné névénement
quelconque. il Saint-Domingue DOIT ÂTRE RÉTABLI: il mais si cet événement a son principe dans
les erreurs de la Métropole elle-même; ssic'estde
clanct,pourtuercelle
sonsein quelestapextaest
quila nourrissoit, qui pourra donc alors, disputerà la Colonie, le droit d'obtenir une RESTAURATION complette ?
Au SURPLUS, ce n'est pas même à elle à la
demander: elle doit l'attendre en silence, et
de la justice, et surtout de Pintérêt personnel
de la mère patrie.
Ev EFFET, si Saint-Domingue a ENRICHI le
la
de cette Colonie l'APRoyaume 2
perte
D3
ercelle
sonsein quelestapextaest
quila nourrissoit, qui pourra donc alors, disputerà la Colonie, le droit d'obtenir une RESTAURATION complette ?
Au SURPLUS, ce n'est pas même à elle à la
demander: elle doit l'attendre en silence, et
de la justice, et surtout de Pintérêt personnel
de la mère patrie.
Ev EFFET, si Saint-Domingue a ENRICHI le
la
de cette Colonie l'APRoyaume 2
perte
D3 --- Page 64 ---
(56)
PAUVRIROIT: il si la France doit sa prospérito
aux Antilles, l'anéantissement de ces possessions, seroit Pépoque de sa DÉCADENCE, i=
une Jongue série de banqueroutes, 2 iI la ruine
du commerce, 3 il l'affaissement de la marine
nationale, il l'inertie de toutes les manufactures ii1 P'oisiveté terrible de 6 milliohs d'hommcs, l'aliération de la tranquillité publique,
I et l'écoulement continuel vers l'étranger, de
notre numéraire 5 sans espoir d'un reflux favorable: telles seroient les suites nécessaires
de la dégradation de Saint-Domingue, si la
France éveillée sur ses vrais intérêts, ne, fait
pas un très GRAND EFFORT pour reporter
promptement cette précieuse Colonie au point
de prospérité, 3 d'où les factieux l'ont fait descendre.
- HAPITRE SEPTIEME.
CONPENSATION avantageuse de tous les sacrifices qu'ezige la restauration de Saint-Domingue
- Morzx économigue d'alléger pour PEtat, le
fardeau des secours nécessaires.
QUAND la justice prescrit une mesure 9 que
la politique la conseille,, que l'intérêt personnel
la commande, toutes les considérations doivent
se taire, tous les obstacles s'applanir, et la
France ne peut marchander s ni son DEVOIR --- Page 65 ---
(57) )
ni SA SPLENDEUR, ni sa LIBERTÉ. Or son devoir
est dêtre juste envers les Colons,et la justice
ordonne, ou la garantie des propriétés, ou
Pindemnité des pertes. 2 ou les moyens de rétablissement 2 iI sa splendeur 2 on l'a vu plus
haut, dépend entierement de la prospérité de son
commerce 2 et celie prospérité est toute entière
dans le bénéfice que nous procurent les denrécs
coloniales : i= sa liberté 2 comme on l'a démontré avec évidence, tient absolument à la
tranquillité iniérieure 2 à la perception des
impôts: or, il n'y aura qu'anarchie, confusion, et refus de contribution, dès que les
moyens de subsistance disparoîtront avec les
Colonies. il Donc il n'y a point de SACRIFICES
qu'il ne faille consentir, pour conserver ces
possessions précieuses : il ets si l'on se rappelle
.ce qui précède on conviendra que tous les
frais de restauration scront bientôt compensés
par les avantages incalculables qui cn seront la
suite.
MAIS si le calcul diminue le regret du sacrifice
Péconomie doit chercher tous les
moyens d'en alléger le poids : 11 le meilleur,
sans doute 2 est de le partagerjentre tous ceux
que la restauration intéresse.
Oa,sije ne me trompe, elle toucheimmédia-
uses : il ets si l'on se rappelle
.ce qui précède on conviendra que tous les
frais de restauration scront bientôt compensés
par les avantages incalculables qui cn seront la
suite.
MAIS si le calcul diminue le regret du sacrifice
Péconomie doit chercher tous les
moyens d'en alléger le poids : 11 le meilleur,
sans doute 2 est de le partagerjentre tous ceux
que la restauration intéresse.
Oa,sije ne me trompe, elle toucheimmédia- --- Page 66 ---
(58)
tement le trésor public 2 il le commerce N
les Colons incendiés, les Colons épargnés 2 IM
et les consoinmateurs. iN eh bien je les appelle
TOUS à la restauration nécessaire à TOUS; iI
je veux que le fardeau en soit réparti entre
eux TOUS, et voici comment je procède :
Io Le Trésor public, par la dévastation de
Saint-Domingue > perd médiatement les Gp
MILLIONS de bénéfice s que la France faisoit
chaque année dans le commerce de PUnivers,
et immédiatement les. octrois de la Colonie 3
le droit d'Occident, une partie de ceux qui se
perçoivent sur les marchandises de PInde, et
la majeure partie de l'imposition de tous les
Départemens maritimes. il Ces pertes sont immenses,
Er BIEN 2 le trésor public payera le rétablissément des BATIMENS incendiés 2 le renouvellement des ANIMAUX dispersés 2 et renoncera
pendant un terme déterminé à Ia perception de
tout octroi dans la Colonie, et du droit d'Occident en France.
20. Le commerce 2 par Ia subversion de SaintDomingue 2 perd un capilal de 350 MILLIONS
dontla Colonie est débitrice envers lui; il perd
en revenus, plus de 25 millions de bénéfice sur --- Page 67 ---
(65)
Ja traite des Noirs;il perd enfin une circulation
immense 2 dont les avantages ne peuvent
s'évaluer..
Er BIEN, 2 le commerce laissera dormir la
DETTE coloniale; =il subrogera à L'HIPOTHEQUE
ancien, qu'il a sur nos habitations, lesarmateurs de quelque pays que ce soit, qui nous
apporteront des Negres. I Eti il ne s'opposera
point à L'OUVERTURE de trois ports. aux étrangers 2 pour des objets déterminés, et pendant
un terme convenu. il C'est ainsi qu'il assurera
sa créance 2 et qu'il se préparera de nouveaux
bénéfices.
3°. Les Colons épargnés par le fléau qui ravage Saint-Domingue 2 perdent cette SECURITÉ,
sans laquelle la surveillance de leur atteliers,
devient une chimère 3 il et ils échangent l'espoir d'augmenter leur fortune 2 contre le péril
imminent de la voir a chaque instantsévanouir..
En BIEN 2 la plus value de toutes les denrées
coloniales qui n'est due qu'au désastre de SaintDomingue, sera pendant quatre années 2 divisée
en deux parties : P'une restera en bénélice
au vendeuf; et l'autre entrera 7 à titre d'octroi, dans une caisse DE SECOURS 2 destinée
à la subsistance honnête des Colons incendiés.
augmenter leur fortune 2 contre le péril
imminent de la voir a chaque instantsévanouir..
En BIEN 2 la plus value de toutes les denrées
coloniales qui n'est due qu'au désastre de SaintDomingue, sera pendant quatre années 2 divisée
en deux parties : P'une restera en bénélice
au vendeuf; et l'autre entrera 7 à titre d'octroi, dans une caisse DE SECOURS 2 destinée
à la subsistance honnête des Colons incendiés. --- Page 68 ---
(60)
4°. Les infortunés dont les manufactures out
été la proie des flammes, qui en attaquant les
rebelles, ont bravé leur vengeance , et qui en
les circonscrivant dans les limites d'uneseule
Province, ont,aux dépens de leurs propriétés,
sauvé le reste de la Colonie: ceux-ci, disje,
perdent TOUT; il il semble qu'il ne leur reste
plus de sacrifices à faire.
En BIEN, ils feront courageusement celui. de
lcurs anciennes jouissances;- ils offriront encore
à la Patrie, le tribut de leur TRAVAIL, et de leurs
sueurs. 2 pourr'ouvrir, à la culture, le sein d'une
terre couverte de cendres 2 et imbibée de sang; et
jusqu'à ce que cette pénible tâche soit remplie,
résignés à toutes sorles de privations 2 ils ne subsisteront que des secours 5 que leur procurera
Pimpôt perçu sur toutes les denrées du territoire,
lors de leur embarquement.
5°, Les Consommateurs, 2 c'est-à-dire, les François, les Eirangers, PEurope entière perdroieni,
par l'annihilation des Colonies, des jouissancés
d'autant plus sensibles, quePhabitude et l'abondance ont fait, de leurs productions, 2 des denrées
depremière nécessité. e
En BIEN 2 ils coopéreront à la restauration générale 2 en supportant, sur le sucre , le café, le COton, l'indigo 7 une augmentation légitimée par la
Je --- Page 69 ---
(6r) )
rarcté, et dont le produit facilitera le rétablissement des Manufactures: ; augmentation, au surplus 2 qui ne sera que NONENTANÉE 2 au lieu
d'être terminée par une privation ABSOLUE.
PAR cettedisposition équitable, la restauration
supportée proportionsellemenat par tous 1 n'excédera les moyens d'aucuns 3 iI les Consommateurs
fixeront eux-mêmes, la part qu'ils voudront y
prendre ; lesincendids restreints au strict nécessaire, s'achemineront verslabondance. il Les
Colons épurgnés jouiront doublement d'une augmentation de fortune 2 qu'ils partageront avec
leurs frères malheurenx ; il le commerce attendra ses recouvremens, et suspendra seulement
ses bénéfices jmet le Gonvernement en comparant les suites funestes de la perte irréparable de
nos Colonies; 2 avec un sacrifice que la justice réclame 2 ne calculera pas la mise déhors, mais
seulement les avantages immenses 2 dont elle est
le garant.
labondance. il Les
Colons épurgnés jouiront doublement d'une augmentation de fortune 2 qu'ils partageront avec
leurs frères malheurenx ; il le commerce attendra ses recouvremens, et suspendra seulement
ses bénéfices jmet le Gonvernement en comparant les suites funestes de la perte irréparable de
nos Colonies; 2 avec un sacrifice que la justice réclame 2 ne calculera pas la mise déhors, mais
seulement les avantages immenses 2 dont elle est
le garant. --- Page 70 ---
(6)
C H A PI T R E HU I 1e TI E M E.
AUPERCU des secours d fourrir par le Gouvernement - MorENS de se les proeurer
ComPaRAISON entre l'importance des secours ct celle des
bénéfices.
Sr P'on se rappelle le tableau de la prospérité
de Saini-Doningue, celui de sa dévastation actuelle, Pétendue des pertes faites par les planteurs 7 et évaluées à plus de 800 MILLIONS, on
ne sera pas étonné del la réclamation qu'ils adressent au Corps législatif, pour en obtenir, non pas,
à beaucoup près, un dédominagement complet;
mais seulement les moyens de RECONNENCER leur
fortune pour la patrie.
IL s'agit, comme nous l'avons dit, de rétablir
leurs BATIMENS, et de leur procurer des ANIBIAUX, ettoutessortes d'instrumens ARATOIRES.
Les Colons n'en. demandent pas davantage à la
Nation. i1 Or, quoique les établissemens des
sucreries en blanc, eussent colté, 2 l'un dans
Pautre,pluse de 400 millelivres, on estinneg qu'en
sC bornant à rouler en BRUT > on peut relever
chaque Manufacture, avec 150 millel livres tournoisa
LES Nègres et instrumens aratoires de chaque --- Page 71 ---
(63 )
sucrcrie, formoient un MOBILIER de plus 600000 1,
mais on pense que 200 mille livres rendroient la
restauration possible.
CHAQUE habitation entretenoit aussil'une dans
Tautre, au moins IOO MULETS et 80 ANIMAUX
utiles à divers usages. il Chaque particulier 1
dans un moment de concurrence 2 ne remplaceroit pas un tel troupeau pour IOO mille francs.
obvier à la
i= Mais si le Gouvernement, ponr
cheriéqueproduiroit cette concurrence ruineuse,
sait conclure à-propos des conventions conmerciales avec les puissances voisines, la Nation
obtiendra des TERMES et des adoucissemens qui
limiteront ce remplacement à 15 ou 16 millions
au plus.
QuaNTaux ealtsydre,ialigoteriey cotoneries,
emaetienugailivonieee somme degooooliv.
les instrumens aratoires et les animaux, 3
compris
les plus URGENTES
peut suffire aux réparations
de chacune d'elles, l'une dans l'autre.
qui exiOr,ily y a eu 200 SUCRERIESI incendiées,
secours
de 86 MILLIONS i l
geront un
pressant diverses qui en réde 1200 A UTRES NANUFACTURES
clament un de 36 MILLIONS.
AINSIT221 MILLIONS TOURNOIS, au moins, sont
indispenzablement nécessaires à la RESTAURATION
comme le revenu anéanti,
de Saint-Doningueget
suffire aux réparations
de chacune d'elles, l'une dans l'autre.
qui exiOr,ily y a eu 200 SUCRERIESI incendiées,
secours
de 86 MILLIONS i l
geront un
pressant diverses qui en réde 1200 A UTRES NANUFACTURES
clament un de 36 MILLIONS.
AINSIT221 MILLIONS TOURNOIS, au moins, sont
indispenzablement nécessaires à la RESTAURATION
comme le revenu anéanti,
de Saint-Doningueget --- Page 72 ---
(64)
est de près dc IOO MILLIONS par an, chaque mois
de délai coûte aux malleureux planteurs et à
la Nation, une somme de 8 MILLIONS en pure
perte.
IL importe donc de ne pas perdre un instant,
et d'indiquer le MODE, suivant lequel la Nation
peut, sans se géuer, salisfaire à nos justes demandes:
Ev vertu du Décret à rendre, et dès qu'il sera
sanctionné, 2 la caisse de Ertraordinuire versera
mois par mois, la somme de 5 millions dans la
caisse de restauration coloniale de sorte que la
somme de 122 millions jugée nécessaire. 2 sera
fournie dans le cours de deux ans.
CHAQUE planteurincondié sera autorisé,par un
arrêté de l'Assemblée générale de Saint-Domingue, visé par Ic Gouverneur, à tirer sur cette
caisse 2 par chaque sucreric incendiée 2 d'abord un
acompte dc 150 mille liv. et par chaque cafleyère
ou indigoterie dévastéc, un à-compte de 15 mille
liv., pour commencer sans délailes réparations ;
ensuite PAssemblée coloniale arbitrera en définitif, les pertes réelles supportées par chaque habitation, et la solde de cette évaluation 2 sera
acquittée en deux termes de huit cn huitmois.
Il est inatile d'observer que le paiement de
tous les objets de restauration qui se tireront des
Manufactures --- Page 73 ---
(6;)
Manufactures de France, sera fait en ASSIGNATS;
et que les articles qui seront achetés chez létranger 2 et sur-tout les frais de main-d'uvre
dans la Colonie, seront acquittés en ARGENT, i=
sans cela, vu le prix du change 5 la somme indjquée ci-dessus, seroit absolument insuflisante.
Sr quelqu'esprit rétréci pensoit qu'un sela
cours de cette: importance 2 peut épuiser
caisse de PExtraordinaire 2 et nécessiter une
nouvelle émission d'assignats, je lui répondrois
qu'heurcusement PAssembléc constituante 2 en
décrétant la yente des biens nationaux, et en
jugcant que Jeur produir étoil plus que suflisant pour éteindre une masse d'assignats égale
à la quotité de Ja dette exigible, a soigneusement EXCEPTÉ toutes les FORETS NATIONALES.=
Ces propriétés immenses; 2 dont la valeur s'élève
à PLUS D'UX NILLIARD, semblent avoir été réservées 2 ou pour mieux assurer la conquête de la
liberté, en soutenant une, guerre défensive, contre
tous les Rois del P'Europe, ou pour parer à quelques-uns de ces accidens imprévus, qui portent
à un Empire le coup de la mort.
Ert BIEV ! le moment est arrivé d'en faire
usage 2 iN Paliénation de la huitième partie de
ces forêts produira. 2 et au - delà, de quei reslaurer Saint - Dominguc.- Il n'est point d'acquéreurs desbiens du Clergésqui n'ait renoncé,
E
, contre
tous les Rois del P'Europe, ou pour parer à quelques-uns de ces accidens imprévus, qui portent
à un Empire le coup de la mort.
Ert BIEV ! le moment est arrivé d'en faire
usage 2 iN Paliénation de la huitième partie de
ces forêts produira. 2 et au - delà, de quei reslaurer Saint - Dominguc.- Il n'est point d'acquéreurs desbiens du Clergésqui n'ait renoncé,
E --- Page 74 ---
(66)
avec peine à P'acquisition des BOIS qui faisoient partie de ces domaines. iI Il n'est pas
un d'eux quin'achetat aujourd'hui, au poids de
l'or, tous ceux qui se trouvent à sa convenance,
quelques soient les conditions que le Corps législatif juge à-propos d'imposer aux acquéreurs
pourlaméagement des forêts, et l'intérêt général
du Royaume. = La vente sera donc extrêmement
avantageuse pour la Nation iI l'aliénation, de
ce nouvcau gage, deviendra la GARANTIElaplus
solide d'une émission d'assignais égale aux
SECOURS que nous demandons.
En! pourroit-on faire d'une légère portion
de ces biens réservés, un emploi plus utile ?
il Cette utilité est incontestable, si le sacrifice
est LÉGER, et les avantages IMMENSES. il Or,
que produit à la Nation 1 un fond de 122
millions en forêts ? il 3 à quatre millions peutêtre de reyenus l et l'on ne me démentira pas 5
si l'on considère que l'administration de ces
biens, par des HUNICIPALITÉS ou des DISTRICTS
dont la surveillance n'est jamais bien active, ne
sauroit être très profitable au Trésor public. i=
Ainsi c'est par un sacrifice de TROIS MILLIONS
de rentes seulement, que la Nation va se RESAISIR
de tous lcs avantages pécuniers et commerciaux
qui lui échappoient par la perte de nos
Colonies. iI Je ne les retracerai pas ici; mais --- Page 75 ---
(67)
6 MILLIONS de droit d'Occident par année DE nod
MIILLIONS de commerce ; iI 6o MILLIONS de
bénéfice pour l'état ; - une circulation de
9oo MILLIONS tous les ans ; I la subsistance
de six millions de François tout cela nc
doit jamais sortir de dessous les yeux des Législateurs appellés à prononcer sur cette aliaire,
la plus grande sans doute, la plus importante
pour le présent et lavenir, de loules celles qui
ont été traitées dans les deux assemblées natio+
nales.
CoNCLUONS donc, que comparéaux avantages lo
sacrifice est léger, et que la France ne doit pas
hésiterde restaurer à ce prix, LA PLUS BELLE CoLoNIE du monde, à Péxistence de laquelle, est irrévocablement atlachée la prospérité, la richesse
et la grandeur de la Métropole.
C H A P I T R E N E U V I E M E.
INTORTANCE de la conservation de Saint-Domingue restauré il RESPECT da à sa Constitution
ErAMISSEN*NT d'une force publique suffisante
et appropride aur localités.
Sr les esprits inpartiaux, et éclairés, ont toujours été d'accord que la Nation devoit à ne S
Colonies son aisance, sa splendeur et le rang
qu'elle occupoit dans le système politique de
E a
et la grandeur de la Métropole.
C H A P I T R E N E U V I E M E.
INTORTANCE de la conservation de Saint-Domingue restauré il RESPECT da à sa Constitution
ErAMISSEN*NT d'une force publique suffisante
et appropride aur localités.
Sr les esprits inpartiaux, et éclairés, ont toujours été d'accord que la Nation devoit à ne S
Colonies son aisance, sa splendeur et le rang
qu'elle occupoit dans le système politique de
E a --- Page 76 ---
(68)
l'Europe, il n'est personne qui ne convienne,
qu'après s'être déterminée aux sacrifices qu'on
lui demande 2 Saint-Domingue lui deviendra
précieuse sous de nouveaax rapports.
C'EST sur la prospérité de cette Colonie 7
quela France doit s'attendre à recouyrer. 2 et
les AVANTAGES dont elle étoit en possession
avantle désastre, et les FRAIS de la restauration
actuelle.
IL importe donc à la France, comme aux CoIons, que les nouveaux travaux qu'ils vont entreprendre, queles nouveaux fonds qui vont s'écouler vers PAmérique, soient à jamais à Pabri
de toute influence maligne ; 11 il faut tâcher
sans doute 2 DE GUERIR les playes actuelles $
mais il est essentiel de ne pas CONPRONETTRS
les moyens de guérison.
AINSI lc plan de restauration seroit imcomplet, si Pon ne présentoit le seul mode de CONSERVATION qui - puisse assurer la possession
paisible d'un pays précieux , restauré par tant
de sacrifices publics et privés. il Le succès de
cette grande entreprise porte tout entier sur
QUATRE POINTS fondamentaux.
LE PREMIER est : l'immuabilité de la Constitution
des Culonies. PLUSIEURS décrets réglémentaires,
ou de circonstances, avoient été rendus, tous --- Page 77 ---
(69)
ont élé anmullés ou modifiés par Pacte constitutionnel du 24 septenibre 1791. il Celui-la SECL
existe aujourthur, l il est la PROPRIÉTÉ des
Colons; il est la BASE de leur existence; il il
est le'l liea irréfragable et le SEUL LIEN qui les
aitache à la Métropole. il La niain hardie qui
tenteroit de le rompre 2 ébranleroit jusques
dans ses foudemens lei systême colonial, et celui
de PEmpire. iI Cette loi a été prononcée par
l'assemblée constituante qui seule pouvoit CONSTITUER ;=elle a été rendue contradictoirementy
en présence et de l'aveu des NEPRÉSENTANS des
Colonies. il Elle a été ACCEPTÉE par le Roi; iM
elleest deyenue une LOI COXSTITUTIOXNELLE du
Royaume.
QuI pourroit l'anéantir? Qui pourroit la modifier ? l Servit-ce l'assemblée législative? iM
Elle a juré de maintenir la Constitution toute
ENTIERE. = - Seroit-ce le Roi ? il Il a juré
D'ENPÈCHER qu'il n'y soit porté atteinte.
Seroit-ce pour DÉPOUILLER les Colonies de lenr
Coustitution ? l Mais alors comment se gouverneroient-elles? iM Seroit-ce pour leur en
donner une NOUVELLE?: iM Mais le Corps législatif N'A PAS LE DROIT de constituer. I Seroitce pour substituer au bienfait d'une Constitntion
IMMUABLE, le malheur et la MODILITÉ des loix
reglémentaires? 1E Mais alors il y auroit dono
E 3
inte.
Seroit-ce pour DÉPOUILLER les Colonies de lenr
Coustitution ? l Mais alors comment se gouverneroient-elles? iM Seroit-ce pour leur en
donner une NOUVELLE?: iM Mais le Corps législatif N'A PAS LE DROIT de constituer. I Seroitce pour substituer au bienfait d'une Constitntion
IMMUABLE, le malheur et la MODILITÉ des loix
reglémentaires? 1E Mais alors il y auroit dono
E 3 --- Page 78 ---
(70) )
en France une portion INTEGRANTE de lEmpire qui SEULE n'auroit pas de Constitution?
= D'ailleurs, les loix reglémentaires ou constitutionnelles, qui obligent-elles ? iM ceut-li
seuls 2 disent les droits de Phomme, 2 qui les onf
gonsenties ? par cuz-mémes ou par leurs représentans. = Or, OU SONT les Représentans des
Colonies, pour consentir ces loix nouvelles? l
Ils ont consenti la loi du 24 septembre, comme
faisant eux-mêmes partie du Corps constituant ;
il n'estplus en leur puissance d'y renoncer; la
cessation de leurs pouvairs 3 l'absence de leurs
successeurs, seront-ils des titres pour abolir un
décret CONSTITUTIONNEL ? II Il y a plus : dans
la rigueur du principe, TOUTES LES LOIX que
porte l'assemblée actuelle sur les Colonies
>
N'OBLIGENT PAS les Colonies, car leurs Représentans ne sont ni presens 3 ni appellés, = ils
sont même REPOUSSÉS, ou du moins ceux qui
se présentent, Pont été jusqn'à ce jour.
AINSI le décret du 24septembre 1791, qu'il soit
sage ou dangereux, ne peut être discuté, ne peut
être touché, ne peut être aboli, ne peut être modifié,ni par l'assemblée législative, ni par le Roi,
ni par les deux pouvoirs réunis, soit en absence
soit en présence des Représentans des. Colonies,
Donc il faut le respecter comme LA BASE du
régime colonial 9 comme LA PROPRIÉTÉ des --- Page 79 ---
(71)
Colons, comme le seul contrat qui les unit à la
France, comme la CONSTITUTION IMAIUALLE de
toutes les Colonies.
LE SECOND POINT fondamental d'ue restauration 1 est l'attribwtion aux assemblécs coloniales,
du droit de législasion absolue SKT Pétat des
personnes.
L'ASSENBLÉE constituante a senti par expérience, combien il étoit embarassant pour une
Législature Francoise, d'avoir à discuter le
régime de l'esclavage, et combien il étoit
DANGEREUX pour les Colonies d'avoir à obéir,
sur ce point délicat, à des loix préparées dans
le Sanctuaire de la Liberté. iI Elle a reconnu
que la France ne pouvoit se passer de Colonies 5
I que les Colonies ne pouvoient exister sans
servitude; il que la servitude tenoit au préjugé = et que le préjugé étant contraire aux
principes , le seul moyen de ne pas les altérer,
étoit de ne pas prononcerde loix surl'état des personnes, mais de DÉLÉGUER COMITLTIONELLESENT
cettc législation aux assemblées coloniales, sous
la sanction immédiate du Roi. I Cette mesure
sage 2 politique, ingénieusement imaginée par
P'assemblée de Saint- Murc 2 consacrée dans SON
FAMEUX DÉCRET du 28 mai 1790, improuvée
SI INJUSTEMENT par Passemblée constituante 2
Je 18 octobre de la même année, parce que
E+
url'état des personnes, mais de DÉLÉGUER COMITLTIONELLESENT
cettc législation aux assemblées coloniales, sous
la sanction immédiate du Roi. I Cette mesure
sage 2 politique, ingénieusement imaginée par
P'assemblée de Saint- Murc 2 consacrée dans SON
FAMEUX DÉCRET du 28 mai 1790, improuvée
SI INJUSTEMENT par Passemblée constituante 2
Je 18 octobre de la même année, parce que
E+ --- Page 80 ---
(7:)
tel etoût le bon plaisir DE M. BARNAVE a
pourtant été solemnellement RECONNUE la seule
admissible 7 par cette même assemblée. 9 le 24
septembre 1791, lorsqu'éclairée parl'expérience,
elle a commencé à se rendre à l'opinion, INVABIA BLEMENT soutenue par les Députés de SaintDomingue.
UN décret constitutionnel a enfin conféré aux
assemblées coloniales, actucllement existantes,
c'est-à-dire, composées de Blancs, la prérogative de décider des droits politiques des
Mulatres. il Il n'est pas à craindre qu'elles
abusent de ce pouvoir pour les opprimer. il
Il est sûr qu'elles feront pour eux tout ce que
les localités peuyent permettre 5 mais il est bon
qu'elles exercent un DROIT qui leur en donnera d'éternels, à la reconnoissance des gens
de couleur. il C'est là le seul moyen d'opérer
une RÉUNION, un moment altérée par de folles
préientions, mais réclamée avec tant de force par
P'intérêt cemmun.
LE TROISIEME POINT sur lequel doit reposer
la restauration de Saint-Domingue 1 est la concession biennale du droit de législation sur les
objets du régime intérieur.
L'ASSENDLFE constituante harcelée par le
parti républicain et par les amis des Noirs, --- Page 81 ---
(73)
vouloient perdre les Colonies, n'a pas eu
qui
accordant
la force D'ACHEVER son ouvrage, en
assemblées coloniales le droit de faire
aux toutes les loic du régime intérieur de chaque
Colonie, sous la sanction du Roi. = Cette
mesure eût à jamais assuré la tranquillité des
Colons, et Ja prospérité des Colonies. il On
ne leur a accordé sur cet article que l'initiative
l Cette concession est insuffisante ; car la ligne
de démarcation entre le régime intérieur, ct
l'état des personnes, est purement mathématique; les loix ne peuvent frapper sur les personnes 2 sans toucher au régime intérieur 7 et
le régime intérieur devant nécessairement déterminer les rapports entre les personnes 2 il résultera sans cesse de cette confusion, DES APPELS
dans lesquels la discussion
au Corps législatif,
les mots
sera extrêmement dangereuse, puisque
d'esclaves et de maitres s'y trouvéront continuellement répétés.
LE seul remède à ce mal, séroit un DÉCRET
de PAssemblée Nationale actuelle, et de celles
qui lui succéderont, par lequel elles accorderoient pourle TEMS de leur SESSION aux assemblées coloniales 2 le pouvoir de faire leurs loix
intérieures, et de les envoyer directement à la
sanction du Monarque.
CE Décret renouvellé tous les deux ans, de-
, puisque
d'esclaves et de maitres s'y trouvéront continuellement répétés.
LE seul remède à ce mal, séroit un DÉCRET
de PAssemblée Nationale actuelle, et de celles
qui lui succéderont, par lequel elles accorderoient pourle TEMS de leur SESSION aux assemblées coloniales 2 le pouvoir de faire leurs loix
intérieures, et de les envoyer directement à la
sanction du Monarque.
CE Décret renouvellé tous les deux ans, de- --- Page 82 ---
(74)
viendroit, chaque fois, pour les Colonies, 2 une
nouvelle GARANTIE de la protection nationale,
et, pour la Métropole 2 lc gage assuré de la
FIDÉLITÉ des Colons.
Ir importe doncà la tranquillité des Créoles,
que ce bienfait, THERMONETRE de leur confiance
soit ajouté par les Assemblées législatives à 2
celui de la CONSTITUTION que leur a donné PAs- 2
semblée constituante 3 par. le Décret du 24 Septembre.
ENFIN LE QUATRIEME POINT fondamental d'une
restauration complette 3 c'est l'entretien d'une
force publique > capable d'assurer la durée de la
Constitution des Colonies, qui, sans cetteforcesufAsante, xe seroit gu'Ephémère.
LINPORTANCE de cette matière exigeroit à elle
seule, un volume 3 je ne lui ai destiné qu'une
simple section dans ce Chapitre > parce que je
n'ai point perdu de vue, que je n'écrivois pas.
un OUVRAGE, mais que j'esquissois un PLAN;
parce que je suis convaincu s qu'en n'exposant
que des PRINCIPES, et en sacrifiant les DEVELOPEMENS 2 il est possible de dire beaucoup en
peu de mots. = C'est sous ce rapport, quej je recommande les Paragraphes suivans, à la plus
sérieuse ATTENTION de mes Lecteurs.
LES événemens affreux qui ont dévasté Saint-"
Domingue > sont l'EFFET etla MONTE de la réva- --- Page 83 ---
(75)
lution.
Puisque les incendiair:s qui ont en
traverséla liberté, n'ont pas respecté la
Europe 2
ont
barrière imposante des mers 3 puisqu'ils
une fois franchi POcéan, 2 seront - ils arrêtés
aujourd'hui dans les Colonies 2 par une forêt, , par une montagne 2 par un cordon de
troupes harrassées 2 ou par un étroit canal
NoN, de telles diguesne résiteront pas à Pimpétuosité de ce TORRENT destructeur, I et ce seroit
trahir Ia Nation 2 que de chercher à dissimuler
cette vérilé terrible: TOUTE la Colonie de SaintDomingue sera ravagée TOUTES les Colonies
Françoises seront dévastées 2 TOUTES les Colonies Anglaises, Espagnoles, Hollandaises 2 résisteront plus ou moins 2 mais TOUTES, sous peu d'ande
deviendront les
niées, sous peu niois, peut-être,
victime d'une insurgence,dont la libertéest lepRÉTEXTE,dont la licence est le BUT,à moins que toutes
les nations européannes, par une COALITION tacite,
une PORTION des rine sacrifient politiquement
chesses de ces contrées précieuses, pour s'en assurer la longue et paisible possession.
Nos cruels ennemis, en arrachant aux Esclaves
le bandeau du PREJUGÉ, ne nous ont laissé, pour
le frein de la TERREUR. II Des
les contenir: 2 que
nombreuses
stations respectables 5 des garnisons
fortifications bien entretenues..
* e Il
des
CELA
ou renoncer à nos
faut TOUT
aujourd'hui,
ine sacrifient politiquement
chesses de ces contrées précieuses, pour s'en assurer la longue et paisible possession.
Nos cruels ennemis, en arrachant aux Esclaves
le bandeau du PREJUGÉ, ne nous ont laissé, pour
le frein de la TERREUR. II Des
les contenir: 2 que
nombreuses
stations respectables 5 des garnisons
fortifications bien entretenues..
* e Il
des
CELA
ou renoncer à nos
faut TOUT
aujourd'hui, --- Page 84 ---
(176)
Colonies; = et tout cela méinc ne suffiroit pas
encores si les précautions les plus délicates, ne'
concouroient à la perfection dcs moyens que j'indique,
Jusqu'a ce que l'armée soit rentrée sous la discipline, dont presque tous les Corps se sont écarfés; ily auroit de la folie à confier à des Régimens François, travaillés par les clubs , ou par
les amis ds Noirs le destin de nos Isles àsucre.
Des, Régimens ETRANGERS paroissent lcs seuls
susceptibles de contenir nos Esclaves 1 et je
pense que la tranquillité de Saint-Doutingue,
devroit 'êtrc exclusivement confiée à ce peuple
CITOYEN et soldat 2. valeureux et DISCIPLINÉ, 2
que sa constitution éloigne des conquêtes , que soul
phlègme garantit de Pépidémie del'exagération,
et quesa FIDÉLITÉ reconnucappelle àla garde du
plus précieuxde nos trésors. LE Un TRAITEnational, entrela Francect la Stisse, nous procureroit
aisément 12 milles hommes, auxquels le. magnifique TRAITEMENT que faisoit Saint-Domingue à
ses Régimens Coloniaux, ne laisseroit point regretter le service continental de PEurope.
LE nombre que j'indique, n'éxcède point nos.
besoins, sur-tout dans les premières années d'une
RESTAURATION, 2 oit de fréquentes inquiétudes seront la suité nécessaire de la profonde impression que les manx de la Colonie ont laissé dans --- Page 85 ---
(77 )
l'ame de tcus cenx qui en ont été les témoins
ou les victimes. iI 6000 hommes occuperoient
le Cap, le Port au Prince. , les Cayes set les autres
grandes villes. il 6cco hommes seroient cantonnés dans tous les quartiers de la Colonie,de
manière à pouvoir, en se soutenant de poste en
poste, empécher les progrès d'une incendie partielle, et résister avec'le secours des Planteurs $
à une insurrection universelle, si jamais cette
cruelle SAINT-BARTHELENY se renouvelloit.
UNE considération importante doit détermmer
la France, à ne pas restreindre le nombre de CES
braves auxiliaires:- il Dans un climat bralant,
la fatigue ne peut être supportable, que lorsqu'elle est PARTAGÉE, et les Créoles ne consentiront jamais à avoir dans les Suisses des
STIFIENDAIRES qu'on expose,maisdes DÉFENSEURS
qu'on ménage.
Qurnqu'exeellente que soit une infanterie de.
cette espèce, les gens du métier ne me disputeront pas la nécessité de la CAVALERIE 2 dans
une. Isleimmeuse quiprésente zio-lieuesde côtes
à défendre.= Un Régiment de Dragons deligne,
embarqué pour Saint-T Domingue, 2 y trouveroit
facilement à se MONTER, et pendant les deuxou'
trois premières années de ia restauration, rendroit à la Colonie des services inappréciables. =
que soit une infanterie de.
cette espèce, les gens du métier ne me disputeront pas la nécessité de la CAVALERIE 2 dans
une. Isleimmeuse quiprésente zio-lieuesde côtes
à défendre.= Un Régiment de Dragons deligne,
embarqué pour Saint-T Domingue, 2 y trouveroit
facilement à se MONTER, et pendant les deuxou'
trois premières années de ia restauration, rendroit à la Colonie des services inappréciables. = --- Page 86 ---
(781)
Après la cessation de tous les troubles, quand la
paix seroit bien affermie, il seroit remplacé par
un Corps de GENDARNERIS coloniale soldée 1,
composée de blancs non propriétaires et de Mulâtres libres, que l'on pourroit alors réduire à
deux escadrons de cent vingt chevaux chacun,
iI Les Dragons de Belsunce n'étoient pas en
plus grand nombre 2 lorsqu'en 1776 ils passèrent à Saint-Domingue 1 et s'y rendirent extrêmement utiles.
UN demi-Balaillon d'ARTILLERIE y seroit indispensable, 2 pour veiller à Papprovisionement
de nos Arsenaux et à l'élévation des BATTERIES
jugées nécessaires pour défendre les villes, les
gorges des montagnes et les embareadaires.
UNE ou deux Brigades du GÉNIE, feroient
construire dans les postes intéressans, des fortifications SIMPLES 2 mais capables de résister
à toutes les attaques des Brigands 2 palissaderoient les villes, 2 et faciliteroient aux Colons
les moyens dé profitèr des ayantages du terrein,
pour élever 2 à peu de frais, sur chaque habitation importante 2 un fortin 2 une REDOUTE E a l'abri
de laquelle, quelques hommes instruits et courésister quelques momnens, 3 à
rageux 2 pussent
une INSURRECTION subite, et donnerau DÉTACHEMENT d'Infanterie cantonné dansle Bourg, ou aux' --- Page 87 ---
(2 79)
FIQUETS de Dragons éclairant la plaine, 2 le temps
d'arriver, et par une force majeure et bien dirigée, le moyen de rétablir P'ordre. l Lincendie
le plus terrible, a toujours pu, dans son origine
être éteint par un verre d'eau.
CEPENDANT la réunion de tous ces moyens 2
n'assureroit pas encore la tranquillité publique,
si les habitans pouvoient former un doute, et
sur Ja VIGUEUR physique des troupes 2 et sur
leurs DISPOSITIONS morales.
QUANT au premier point, Pinquiétude sera
fondée toutes les fois que les Soldats 2 quelques
brayes qu'ils puissent être. , ne seront point accoutumés AU CLIMAT des Colonies. l Aucun
Européan ne peut vivre entre les Tropiques,
sans payer un tribut à la nature. I Aucun
Européan ne peut affronter le soleil de SaintDomingue, sans s'y être habitué par un long
usage.=-Il résulte de ces deuxvérités physiques,
ques sil'on veut, par une sage économie, réduire
les troupes coloniales au nombre striciement
nécessaire à la défense de nos iles, on ne devra
jamais compter sur elles, qu'elles ne soient
ACCLINATÉES, et quand elles le seront, elles
deviendront d'un prix inestimable pour ces contrées précieuses. iI Voyez tout ce que doit
St.-Domingue à ce BRAVE RÉGIMENT DU CAP,!Lui
seul a soutenu et soutient aujourd?hui TOUT LE
sage économie, réduire
les troupes coloniales au nombre striciement
nécessaire à la défense de nos iles, on ne devra
jamais compter sur elles, qu'elles ne soient
ACCLINATÉES, et quand elles le seront, elles
deviendront d'un prix inestimable pour ces contrées précieuses. iI Voyez tout ce que doit
St.-Domingue à ce BRAVE RÉGIMENT DU CAP,!Lui
seul a soutenu et soutient aujourd?hui TOUT LE --- Page 88 ---
> 80)
poYTS d'une campagne cruelle, 5 d'une guerre
aifreuse: MILLE hommes ont résisté, pendant
six mois dejà, à 150 MILLE ennemis.-La France
leur sera redcvable un jour de la conservation
de toute la Colonie il Je doute que les Spartiates des Thermophyles ayent mieux mérité de
leur Patrie. il Tâchons donc de rendre le sort
de nos défenseurs assez avantageux, pour qu'ils
ne se plaignent point d'une longue EXPATRIATION
devenue nécessaire'; des congés individuels pourront l'abréger, et de bonnes retraites la compenseront un jour.
QUANT aux dispositions MORALES du Soldat;
ce seront elles seules qui seront les véritables
bases de Ja sécurité des plantenrs. iN Après la
commotion violente qu'ils viennent d'éprouver,
il n'y a plus de sommeil pour eux, au milieu
de 500 mille esclaves, a moins qu'ils ne soient
moralement sûrs que 12 MILLE braves gens,
veillent pour eux > et sont prêts à sacrifier leur
vie pour leur défense.
QUEL est le secret d'acquérir cette certitude?
C'est de fermer a jamais le coeur du Soldat à
toutes ces erreurs philantropiques qui viennent
de couvrir de cendres le plus riche pays du
monde et de l'imbiber de sang. il Or il n'y a
qu'un moyen de maîtriser ainsi l'esprit des HOMMES --- Page 89 ---
(8t).
de les INTÉRESSER tous à la défense
MES c'est
du trésor confié àl leur gardc.
la servitude est le Palladium
Du moment que
Colon, la SAUVE-GARDE
de la prospérité du
faut le dire, LE
de son existence, et s'il
du bonheur de lesclave même 5 il importe
GAGE de conserver la servitude, 2 pour ne pas
trop
qui en résultent pour
associer aux avantages
de la
T'état, les hommes que l'état a chargés
les plus chères. l
protection de ses provinces les Soldats à la conJ'INTÉRESSERAI donc tous
servation de Pesclavage. . M 3'IMPOSERAI sur
tête d'esclave une Contribulion qui sera
chaque
des Fourriers des diverses
levée en présence
et le montant de cette capilation 2
Compagnies 2
sera
versée dans une caisse a part 9
réparti,
indiquées, entre les Offisuivant des proportions
et
ciers, Sous-Officiers, 9 Soldats et Dragons,
haute
leur sera distribuée
formera une
paye qui
le second jour de chaque mois.
quand il arrivera 2000 Negres à SaintAINSI,
dans la haute
Domingue, une augmentation
nos défenseurs à la prospérité
paye,.associera
une étiniI Ainsi, quand
de nos manufactures.
toute la force
celle de rébellion sera apperçue,
INTÉRESSÉE à Pétoulfer, préviendra
publique
qui, en altérant les fortunes des
un incendie,
F
distribuée
formera une
paye qui
le second jour de chaque mois.
quand il arrivera 2000 Negres à SaintAINSI,
dans la haute
Domingue, une augmentation
nos défenseurs à la prospérité
paye,.associera
une étiniI Ainsi, quand
de nos manufactures.
toute la force
celle de rébellion sera apperçue,
INTÉRESSÉE à Pétoulfer, préviendra
publique
qui, en altérant les fortunes des
un incendie,
F --- Page 90 ---
(82)
planteurs, , diminueroit la quolité de la répartition allouée aux troupes.
Cr n'est point ici le moment de développer
cette idée. = Je la livre a la méditation de
MM. les CONNISSAIRES de PAssemblée générale de Saint-Domingue, de mes COMPATRIOTES: 9
de mes anciens CONMETTANS.
11 A eux
SEULS appartient le droit d'examiner 3 d'approfondir 2 de disculer cette question, de faire
usage de leur initiative, et de provoquer, en
faveur des troupes suisses 2 s'ils le jugent à
propos, une loi dont il me semble que les:résultats doivent assurer l'aisance du Soldat, la
tranquillité de la Colonie et les richesses de lav
Métropole.
TouJOURS a est-il, que rien n'intéresse plus la
France que la CONSERVATION de Saint-Domingue
restauré s et que quelque mode que lPon adopte,
cette conservation ne sauroit avoir d'autres bases
la CONSTITUTION décrétée pour les Coloque la législation sur le RÉGIME INTÉRIEUR et
nies,,
rassurante dans
Pentretien d'une FORCE PUBLIQUE
ses dispositions et efficace dans ses effets.
--- Page 91 ---
(83) )
CHAPITRE DIXIEME ET DERNIER.
RECAPITULATION
Observations
Considérations générales.
LE chapitre précédent doit fixer SUR TOUT et
AVANT TOUT l'attention des Législateurs. il A
quoibon Part de guérir 2 sans celui, mille fois
plus précieux, de prévenir les rechutes ? iM
Pourquoi restaureroit-on à grands frais ce que
P'on ne voudroit pas conserver ?
A QUOI serviroient les connoissances' sur SaintDomingue, il Le tableau de sa prospérité, =
Celui des ses désastres, l La certitude que la
France ne peut se passer de Colonies, = Qu'elles
ne peuventêtre cultivées que par des Esclaves,
Que la raison d'état conseille une restauration
preeriteparlequité-Qugael fautpas calculer
les sacrifices 2 là oi le bénéfice est incommensurable - . à quoi tout cela meneroit t-il, si
l'on refusoit de convenir, que dans un écrit,
dont le motif étoit la restauration de SaintDomingue 2 la conservation de cette Colonie resa
taurée, devoit en être le BuTetla FIN?
JE ne me permettrai plus qu'un mot suI les
suites HEUREUSES 2 que doitavoir Pexécution du
projet que j'ai conçu 3 iN Saint-Domingue aujourd'hui presque effacé de la liste des EmpiF.2
quoi tout cela meneroit t-il, si
l'on refusoit de convenir, que dans un écrit,
dont le motif étoit la restauration de SaintDomingue 2 la conservation de cette Colonie resa
taurée, devoit en être le BuTetla FIN?
JE ne me permettrai plus qu'un mot suI les
suites HEUREUSES 2 que doitavoir Pexécution du
projet que j'ai conçu 3 iN Saint-Domingue aujourd'hui presque effacé de la liste des EmpiF.2 --- Page 92 ---
(84)
RENAITRA pour PUnivers. i1 Cette riche
res,
qui, malgré les Philantropes, etles
possession
autres ennemis dela Monarchic, étoit, n'aguères,
le FLUS BEAU FLEURON de la Couronne 2 reparoi.ra dans tout son éclat. iI Attachée depuis
un siècle et demi à la Métropole par les liens
de la FIDÉLITESclle) le sera doublement, à l'avenir, par ceux de la RECONNOISSANC". l Les
Colons pleins de CONFIANCE dans la m're-patrie
les aura restauré, et dans la force qui les
qui
qu?à réparer leurs
protégera, ne songeront plus
pertes, =à étendre lcurs culture,--atourair
des alimens à Pindustrie, des spéculations au
commerce. 2 du travail à nos Manufactures continentales ; 11 peu à peu les armemens s'augmen- le
teront, nos vaisseaux couvriront les mers,
numéraire exporté rentrera 3 l'or enfoui reparoitra i Péquilibre se rétablira, la prospérité
nationale prendra le dessus ; LI et quand enfin
la BALANCE du commerce penchera visiblement en
potre faveur, nos voisins 2 nos rivaux, nos ennemis seront forcés de convenir que St-Domingue
SEULE, est pour les François une CONPENSATION Pormagnifique de toutes les possessions des
TUGAIS dans le Mexique 2 des EsPAGNOLS dans
le Pérou, des HOLLANDOIS en Asie, des ANGLAIS dans les deux Indes.
Ex BIEN 2 tant d'avantages dépendent unique- --- Page 93 ---
(85)
ment de la CONCESSION des secours réclamés à si
juste titre par les Colons. Il Le Corps législatif
tient véritablement dans ses mains la FORTUNE
de la France : I seroit-il pussible qu'il hésitât?=Ah! si ce PRINCE 2 dont la mémoire attaquée de nos jours, 2 par la médiocrité, est bien
la reconnoissance de
vengée en ce moment 2 par
la Nation qui lui doit toutes les FORTERESSES
qu'elle oppose de toutes parts aux ennemis extérieurs de la Constitution ; si Louis XIV 2 qui
vitle berceau de nos Colonies, 2 avoit reçu l'offre
brillante d'acquérir un SECOND ROYAUME couvert
de richesses 3 de voir doubler SUR LE CHAMP
toutes celles de la France, d'obtenir A L'INSTANT l'avantage du commerce sur toute l'Europe, en donnant UNE SEULE FOIS 120 millions...
Croit-or 2 qu'il eût balancé à les accorder. iI
Cependant 7 dans une NOUVELLE spéculation politique et commerciale, Pévénement eût pu tromper son espoirs. : i= mais aujourd'hui que
'EXFÉRIENCE a parlé, aujourdhui qu'un siècle
entier SE LÈVE pour attester aux Législateurs,
que Saint-Domingue a été la PREMIERE Colonie
du monde, qui d'entr'eux résistera à cet éclatant
témoignage 2 et les représentans du peuple,
feront-ils moins pour les INTÉRETS du Peuple,
qu'un roi despote n'eût fait pour sa propre
GLOIRE?
Fz
irs. : i= mais aujourd'hui que
'EXFÉRIENCE a parlé, aujourdhui qu'un siècle
entier SE LÈVE pour attester aux Législateurs,
que Saint-Domingue a été la PREMIERE Colonie
du monde, qui d'entr'eux résistera à cet éclatant
témoignage 2 et les représentans du peuple,
feront-ils moins pour les INTÉRETS du Peuple,
qu'un roi despote n'eût fait pour sa propre
GLOIRE?
Fz --- Page 94 ---
(86)
Qu'ox se garde sur-tout de MARCHANDER notre
restauration , de nous donner de DEMI-SECOURS;
ils seroient insuffisans, et la France n'a pas le
moyen de faire des sacrifices inutiles : = qu'un
exemple récent nous serve de leçon à cet
égard ! l de petits esprits effrayés de la première demande de IO millions, faite par le Ministre, à l'Assemblée Nationale, 2 pour porter
les premiers secours à une Colonie désolée, ont
voulu DISCUTER cette depense, disputer sur la
FORME et sur le FOND.
pendant cette discussion,les troupes ne faisoient point route;et quand
elles sont arrivées 2 elles ont vu FUMER les décombres d'une superbe Capitale recemmentincendiee
parles brigands... Ainsil l'ECONOMIE pointilleuse
de quelques individus, 2 en consommant un temps
précieux, 2 vient de COUTER à la Colonie 2 au Commerce,et en dernière analyse, à la France, plus
de IOO NILLIONS, que le PeuplerAYERA tôt ou tard.
Est-ce ainsi que ses représentans devroient les
servir ?
Qu'ILS ne perdent point de vue l'importance
d'une CÉLÉRITÉ bienfaisante, et les conséquences
ficheuses du moindre délai, i= Chaque année
de retard, coûte à la France IOO MILLIONS; au
commerce une circulation de 300 MILLIONS >
et occasionne pour la baisse du change des pertes
incalculables. --- Page 95 ---
( 87 )
Qu'ox décrete donc, au nom de la Patrie 9
pour Saint-Domingue attaqué de toutes parts >
les SECOURS énoncés dansice Mémoire ; qu'on
s'empresse d'y joindre des rafratchissemens,
des munitions 2 des vêtemens pour les infortunés citoyensdu PORT-AU-PRINCE, il Qu'un CRÉDIT
national et limité, sur les Américains du continent, procure anx Colons LES BOIS de construction, si nécessaires pour les abriter, il et
que 2 pour consommer promptement et sans
regret tous ces sacrifices, on se penètre bien
de P'observation ESSENTIELLE 2 par laquelle je
dois terminer cet écrit :
TOUTES les playes de la révolution , quelques
profondes qu'elles soient dans le continent 2 se
cicatriseront un jour. iI Les perles dans l'intérieur du Royaume 2 ont presque toutes été
NULLES pour la Patrie. = Ce qui a PREJUDICIÉ
à un individu 3 est devenu BENÉFICE pour
un autre citoyen. = Enfin en Europe 2 il
y a eu de grands DÉPLACENENS, mais la MASSE
n'a point été altérée. il En Amérique, au contraire 2 chaque perte PARTICULIERE est un dommage pour la NATION. il Le malheur de chaque
individu 9 ne profite à qui que ce soit,et le
désastre de Saint-Domingue est une CALAMITÉ
PUBLIQUE,
Qu'oN se hâte donc d'y porter remède ; car
pour
un autre citoyen. = Enfin en Europe 2 il
y a eu de grands DÉPLACENENS, mais la MASSE
n'a point été altérée. il En Amérique, au contraire 2 chaque perte PARTICULIERE est un dommage pour la NATION. il Le malheur de chaque
individu 9 ne profite à qui que ce soit,et le
désastre de Saint-Domingue est une CALAMITÉ
PUBLIQUE,
Qu'oN se hâte donc d'y porter remède ; car --- Page 96 ---
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cette playe-là 2 la plus DANGEREUSE, sans contredit, de tou'es celles qui ont affligé la France
depuis trois ans 2 ne pourroit plus se fermer, 5
seroit la seule inguérissable, = C'est un ULCERE
affreux qui couteroit bien-tôt au CORPS Politique,ses QUATRE membres ; IN IL NE I.UI ESTEROIT PLUS QUE LE TIRONC --- Page 97 --- --- Page 98 ---
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