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C-98
GufiAT --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
HISTOIRE MÉDICALE
DE L'ARMÉE FRANÇAISE,
A SAINT-DOMINGUE,
EN L'AN DIX. --- Page 6 ---
--- Page 7 ---
HISTOIRE MÉDICALE
DELARNÉEFRANGAISE
A SAINT - DOMINGUE,
EN L'AN DIX;
OU
MÉMOIRE SUR LA FIÈVRE JAUNE,
AvEC un apperçu de la Topographie médicale de
cette Colonie.
Pan LE C. N. P. GILBERT,
MEDECIN en chef de cette Armée, Médecin titulaire
de l'Hôpital militaire de Paris, Membre de plusieurs
Sociétés savantes de la même ville.
Qnzeque ipser miserrima vidi,
Etc quornm pars magna fai.
VIR GIL. Eneid.1ib.2.
A PARIS,
Chez G ABON et Compie 3 Libraires, Place de l'Ecole
de Médecine.
DE L'INPRIMERIE DE GUILLEMINET.
ANXI- 1803. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
AU X CITOYENS
COSTE, Médccin,
HEURTELOUP, Chirurgien,
PARMENTIER, Pharmacien,
VERGEZaIS, Médecin-Secrétaire;
COMPO S A N T
LE CONSEIL DE SANTE DES ARMLES.
TÉMOIGNAGE D'ESTIME
ET DATIACHENENT DE L'AUTEUR.
A - -
--- Page 10 --- --- Page 11 ---
HISTOIRE MEDICALE
DE L'ARMÉE FRANÇAISE,
A SAINT-DOMING G U E,
EN L'AN DIX.
Considérations générales.
Le sujet que je traite intéresse tous les Francais, soit comme citoyens, soit comme individus
attachés par les liens du sang, ou par des affections particulières à ceux qui vont servir la patric,
ou former des établissemens dans les Colonies.
Lorsque l'expédition de Saint-Domingue fut
ordonnée au mois de vendémiaire an 10, le desir
d'en faire partie devint général : les malheurs inséparables des réformes de tous les établissemeus
de guerre, la rareté des emplois civils, en raison
du nombre d'hommes qui, depuis dix ans, servaient dans les armées, ct qui allaient se trouver
sans état à la paix, les présomptions bien fondées d'un avancement ou d'une fortune, ordinairement rapide aux Isles, tels étaient les sujets de
toutesles conyersations ; les esprits s'échanfièrent,
7 ( - e
les malheurs inséparables des réformes de tous les établissemeus
de guerre, la rareté des emplois civils, en raison
du nombre d'hommes qui, depuis dix ans, servaient dans les armées, ct qui allaient se trouver
sans état à la paix, les présomptions bien fondées d'un avancement ou d'une fortune, ordinairement rapide aux Isles, tels étaient les sujets de
toutesles conyersations ; les esprits s'échanfièrent,
7 ( - e --- Page 12 ---
(4)
les espérances les plus flatteuses furent
les bureaux du ministre del la
les conçues ;
des hommes
guerre, cabinets
en place furent assiégés par les citoyens qui voulaient passer à Saint-Domingue.
Il semblait que cette émigration ne fit qu'un
voyage de plaisir, que cette transplantation sous
la zone torride convint à tous les ages, à tous les
tempéramens; on ne voyait pas, on ne voulait
pas voir à quel prix s'est acheté dans tous les
temps l'acclimatement dans ces coutrées.
Qu'est-il arrivé 2 les effets d'une sécheresse
extraordinaire et d'une chaleur dévorante ont
imprimé un caractère de malignité à la maladie
qui attaque les Européens qui vont s'établir à
l'Amérique. Les suites inséparables d'une
à outrance ont donné à cette maladie
guerre
tension
assez d'expour en former une espèce
à Saint-Domingue et à la Guadeloupe. d'épidémie Des
ses locales, dépendantes de l'incendie
caudévastation du
et de la
Cap-Français ont rendu ce fléau
plus désastreux encore en cette ville. Du moment où ces nouvelles ont été reçues.en
les idécs àc ce
2L
France,
sujet ontapris une autre direction
à une sécurité aveugle ont succédé des
;
alarmes
trop vives; les bruits les plus
effrayans se sont
répandus, et lon a craint le passage dans les
Colonies autant qu'on l'avait desiré.
Il importe de rectificr Topinion à cet
égart, et --- Page 13 ---
(5)
de rassurer les esprits. On a dit que la fièvre
jaune est une épidémie pestilenticlle, qui, depuis
la révolution, frappant annucllement les Européens qui arrivent aux Antilles, et même les
Colons, ne présente plus quunedépopulation iné
vitable; que cette épidémie, inconnue dans sa
source, sa marche et ses effits, ne laisse aux
médecins qui en sont les témoins que la douleur d'accroitre le nombre des victimes 7 sans
Tespoir consolant d'en modérer la fureur ou d'en
arrêter le cours; cette assertion est de toute fausseté, Je ferai connaitre que la fièvre jaune a frappé
de tout temps, dans les colonies, les Européens
qui y ont abordé; ; qu'elle a été plus ou moins
redoutable en raison de la température des saisons, ou de l'état idyosyncrasique des sujets qui
en ont été atteints ; que son intensité actuelle
tient à des modifications locales et temmporaires,
qui, loin de devenir permanentes, s'affaibliront
insensiblement d'elles-mèmes, ou plus promptement, si les moyens convenables d'hygiène
blique y sont employésaJe démontrerai, par pu- les
faits, que la fièvre jaune de l'Amérique ne doit
pas inspirer plus d'alarmes pour l'avenir que toute
autre fièvre de mauvaise nature, qui nait, eroit,
se développe et s'éteint, en Europe . 2 dans les
armées, 2 les villes assicgées les
les
hopitaux s
prisons. On sera forcé d'en conclure que nos Co4 a -
o
ène
blique y sont employésaJe démontrerai, par pu- les
faits, que la fièvre jaune de l'Amérique ne doit
pas inspirer plus d'alarmes pour l'avenir que toute
autre fièvre de mauvaise nature, qui nait, eroit,
se développe et s'éteint, en Europe . 2 dans les
armées, 2 les villes assicgées les
les
hopitaux s
prisons. On sera forcé d'en conclure que nos Co4 a -
o --- Page 14 ---
(6)
lonies ne seront pas plus désertées par nous, à
raison de cette maladie, que ne sont abandonnées toutes les villes maritimes des États-Unisque
que ne sont
ce fléaur ravage depuis long-temps,
T'Andaabandonnées la Havane, la Jamaique,
également frappées, ainsi que toutes
lousie, qu'ila
de temps
les contrées de TEurope ou se montrent
à autres des maladies épidémiques plus ou moins
funestes.
Toutes ces vérités seront rendues sensibles par
les détails qui suivent.
Arrivée de P'armée française au Cap.
L'armée de Saint-Domingue, sous les ordres
du général en chef Leclerc, beau-frère du prepartie de Brest le 23 frimaire an
mier Consul, devant Samana le 9 pluvidse. Le 10,
10, arriva
le général Kerverseau se détache avec quelques
sur Santo-Domingo. Le 14,
frégates' et se dirige
le général
T'armée arrive devant le Cap-Français;
Rochambeau se porte sur le fort Dauphin avec
géneral Boudet et lecontrele ecapitnineMagon;le
amiral Latouches se rendent au Port-au-Prince.
ly avait peu de malades sur les vaisseaux.
Le 15, le général en chef opère la descente au
port Lacul, à 12 lieues du Cap.
incenLe même jour, cette superbe ville est
totalité, et l'armée française
diée dans sa presque
à --- Page 15 ---
(7)
s'etablit sur scs décombres, au milicu des ruines,
de la dévastation ct de la désolation publique.
Etablissement de deur hôpitauz ail Cap.
soin, en descendant à terrc, fut
Mon premier l'état actuel des deux hôpitaux
d'aller reconnaitre
cité. Tous deux avaient été dévastés. 2
de cette
Cil
pillés, incendiés en partie, 2 et n'étaient pas les
I
Tinstant, les militaires et
état dc recevoir, pour
avaient pu
marins malades, ainsi que ceux qui
de
le devenir dans une marche vive et forcée,
plus de douze lieues, sous u ciel brulant, sans
ct à travers le feu des rebelles. Le
provisions,
à son arrivée au Cap r. attacha
général en chef,
de Thumascs premières pensées au soulagement fut si précis,
nité souffrante; le plan qu'il adopta
T'exécution de ses ordres fut tellement activée par
Tordonnateur en chef Daure,, 2 le zèle des chefs
du service de sante, de Tadministration hospitalière, et dc tous leurs collaboratcurs, fut si ardent, qu'en peu dej jours, les deux hôpitaux furent
mis en état de recevoir entre eux 1,000 à 1,200
hommes. Cet établissement cotita les plus grandes
peines. On ne trouva aucunes ressources ni en
hommes ni en cffets dans la ville, Les effets d'ho-"
embarqués pour le service dc Tarmée,
pitaux,
sur les vaisscaux de l'esse trouvaient dispersés
s'étaient portés
cadre; plusieurs de ces vaisseaux
dit des
sur différens points de l'ile. Lhôpital 7
a V
0 -
,000 à 1,200
hommes. Cet établissement cotita les plus grandes
peines. On ne trouva aucunes ressources ni en
hommes ni en cffets dans la ville, Les effets d'ho-"
embarqués pour le service dc Tarmée,
pitaux,
sur les vaisscaux de l'esse trouvaient dispersés
s'étaient portés
cadre; plusieurs de ces vaisseaux
dit des
sur différens points de l'ile. Lhôpital 7
a V
0 - --- Page 16 ---
(8)
Pères, situé à un quart de lieue du Cap, n'offrait
pas toutes les suretés convenables;
; celui de la
Providence, placé en ville, dâns un local
lubre sous tous les
insainconvéniens
rapports, présentait de grands
; mais la nécessité fit
malaces entrèrent dans
loi, et nos
Mon
ce double asile.
Colonie, premier desir , en arrivant dans cette
de recueillir que je voyais pour la première fois, fut
avec soin tous les
propres à m'éclairer sur la
renseignemens
du pays, sa
topographie médicale
titutions
météorologie, la série de ses consmédicales, la nature, la marche
retour périodique de ses
2 le
de ce fléau cruel
maladies, et sur -tout
jaune.
connu sous le nom de fièvre
Javais, sur tous les objets, les
sances que m'avaient
connaispu fournir les
qui avaient publié des
praticiens
ouvrages en
en
Angleterre 1 en Espagne et dans France, les diverses
Colonies. Il me restait à rapprocher de
vaux les observations des
ces traçaient leur
gens de l'art qui exertions
profession dans ce pays. Les
me
informaprocurèrenit une suite de tableaux météorologiques et nosologiques, qui trouveront leur
place dans ce mémoire. Ces tableaux
jours été présens dans le
m'ont touj'aieu à
ils
service de santé que
tion
diriger; ont servi de base à l'instrucque j'ai cru devoir rédiger au mois de
minal, sur les maladies des
geriingue, et sur leur
troupes à Saint-Dotraitement. Cette instruction --- Page 17 ---
(9)
par les ordres du général en chef,
a étéimprimée officiers de santé et à tous les
envoyée aux
corps déde Tarmée. Elle avait pour objet principal
n'avaient
clairer n1OS jeunes collaborateurs, qui
eu occasion de traiter ou de voir traiter les
pas maladies des armées dans les pays chauds ; ilsdevaient se trouver tous les jours isolés dans des
ambulances, des cantonnemens, des postes éloigués des hopitaux permanents ou temporaires,
sans livres, et abandonnés à leur propre inexles difficultés et les lenteurs des
périence par
de
communications ; il leur devenait avantageux
pouvoir consulter, avec quelque utilité, l'analyse
succincte de CC qui a été écrit sur cet important
objet.
extraits de ce
Je présenterai ici avec quelques
travail, dont je n'ai pu conserver qu'un exemdanipedpmudtmgeiyst faites depuis.
APPERÇU DE LA TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE SAINTDOMINGUE.
Réflerions générales.
Letraitement des maladies des armées dans les
climats situés sous la zone torride offre Tapplication journalière de la première sentence du législateur de J'art de guérir. L'occasion est toujours
fugitive et l'expérience souvent trompeuse. dcs
Un apperçu de la topograpie médicale
a a
conserver qu'un exemdanipedpmudtmgeiyst faites depuis.
APPERÇU DE LA TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE SAINTDOMINGUE.
Réflerions générales.
Letraitement des maladies des armées dans les
climats situés sous la zone torride offre Tapplication journalière de la première sentence du législateur de J'art de guérir. L'occasion est toujours
fugitive et l'expérience souvent trompeuse. dcs
Un apperçu de la topograpie médicale
a a --- Page 18 ---
(iz0)
lieux doit toujours précéder
ladies qui y règnent; c'est le Thistoire des male praticien dans le traitement phare qui conduit
ou qui lui
des épidémies,
doit éviter. indique au moins les écucils
C'est ainsi qu'en.arrivant
qu'il
elimats situés sous la
dans les
d'avance l'état habituel zone torride, il connait
il sait que les solides de T'économie animale; ;
que le système
y tendent à la flaccidité;
érat de débilitation musculaire sy trouve dans un
de la digestion
habituelle; que les organes
y sont frappés d'une énervation
singulière; que les humeurs moins
ont un caractère plus sensible de animaliséesy
qu'en méme temps l'action d'une carbonisation; chaleur
y rend la- constitution
forte
rament très-bilieux, l'ame très-nerveuse, le tempé.
nation très-exaltée. Ces tres-ardente, Timagivent être toujours
principes généraux doisa profession dans présens les
au médecin qui exerce
les à la colonie
pays chauds; ; appliquonsqui nous occupe.
Situation géographique.
L'ile de Saint-Domingue,
et le 20€ degré de latitude placée entre le 170
77 degré de
boréale, le 71° et le
longitude à l'ouest du méridien de
Paris, a 160 lieues de longueur de I'est à
sur une largueur moyenne de trente lieues Touest,
nord au midi. Son
du
de 600 lieues
circuit est de 350 lieues, et
en faisant le tour des anses. Elle --- Page 19 ---
a
(u )
une chaine de
est coupéc dans sa longueur tres-dlevées par
d'oir se
montagnes très-escarpées ,
d'autres
détachent latéralement, en divers sens,
bas
SC trouvent ces ddlicieuses
mornes au desquels
de la végétation
plaines couvertes des produits ile la
belle
la plus riche, qui forme de cette
plus
colonie du Nouveau-Monde.
descenet de ces mornes
De ces montagnes
; ils forment
dent plusieurs rivières et ruisseaux;
enles
abondantes des torrens qui
dans pluics
les esters des terres et
trainent vers la mer ct sur
Les esters sont
des substances dediverse nature.
de niveauavec la merbasse, et qui'elle
des rivages
ainsi dire,
couvre daus le flux. Une moitié, pour
de l'ile de Saint- Domingue consiste en esters. de
couvertes
Ce sont des plages marécageuses
quantité
mangles, demeure d'une prodigieuse
et de
de
de moustiques
d'insectes, 2 maringouints,
exhalent avec
crustacdes, dont les décompositions
d'émales détritus des végétaux, des myriades
des manations délétères, sources inépuisables
dans
ladies de mauvaise nature, si communes
les Colonies.
Température, brises, pluies, saisons.
mérite de
La température de Saint-Domingue
fixerl'attention del Tobservateur. A ne juger cette
dans la zone torride, on
ile que par Sa situation
doitétreinsupporta
pairatersirepelidalesye
a
a
les détritus des végétaux, des myriades
des manations délétères, sources inépuisables
dans
ladies de mauvaise nature, si communes
les Colonies.
Température, brises, pluies, saisons.
mérite de
La température de Saint-Domingue
fixerl'attention del Tobservateur. A ne juger cette
dans la zone torride, on
ile que par Sa situation
doitétreinsupporta
pairatersirepelidalesye
a
a --- Page 20 ---
(12)
ble pendant les six mois
Téquateur et le
que passe le soleil entre
tropique du
vents que lon appelle brises cancer; mais des
ment chaque jour rafraichir viennent régulièest la brise du
Tatmosphère. L'un
large ; il
sentir vers les 9à IO heures commence à se faire
force à mesure que le soleil du matin, croit en
décroit à mesure qu'il
s'élève sur Thorizon,
tombe à son coucher. La s'dloigne du méridien, et
cède et dure jusqu'au
brise de terre lui suclendemain. Ces deux
réguliers sont
vents
de nord, interrompus en hiver par les vents
des sud, qui sont pluvieux; en été, par les vents
tres-orageux.
J
Les pluies contribuent aussi à
chaleur;e elles
tempérer la
à mesure augmentent le
en fréquence et en force
Tequinoxe que
soleil avance vers le zénith. A
sur tout dans dautomne, les orages sont terribles,
Au mois d'octobre, lesdijurtemense du sud et del'oucst.
d'une autre espèce lcs orages cessent, des pluies
ces déluges qui forment commencent; ce ne sont plus
si redoutables;
par - tout des torrens
ce sont des pluies fines,
semblables à celles de
fraiches,
nent le
France, dont elles
nom; ; mais Ces pluies ne
prencerlains
favorisent
quartiers, et ne reviennent
que
année aux mêmes lieux.
pas chaque
La variété du climat de cette ile
les habitans des diverses
est telle, que
pas encore entre
parties ne conviennent
cux de ce qu'ils doivent
appeler
si redoutables;
par - tout des torrens
ce sont des pluies fines,
semblables à celles de
fraiches,
nent le
France, dont elles
nom; ; mais Ces pluies ne
prencerlains
favorisent
quartiers, et ne reviennent
que
année aux mêmes lieux.
pas chaque
La variété du climat de cette ile
les habitans des diverses
est telle, que
pas encore entre
parties ne conviennent
cux de ce qu'ils doivent
appeler --- Page 21 ---
(15)
hivere ou été. Ainsi, dmlodjstersebroes
on appellel hiver le temps
du Sud et defInganno,
novembre, de
des orages, depuis avril jusquen
à brumaire; on ny connait ni pringerminal
Dansles départemens du Nord
temps ni automne.J
cormence en frimaire et
ct de Samana, T'hiver alors
se font sentir
finit en germinal. Cest
que
les nords; ils sont acles vents denord,appclés
ducompagnés d'un temps nébuleux, pluvieux;
etreviementd-ux
renttroisi à aquatrejoursdesuitese alors lcs nuits et les matinées
à trois fois le mois;
les plantes
sout fraiches et même un peu froides;
quoique ce soit le temps des pluies:
végétent peu,
la fin de
le printemps nait, se continue jusqu'à richesses
prairial; c'est le moment où toutes les
régétaux sont parés
dela nature se déploien';les
de
d'arbres sont chargés
de fleurs, beaucoup embaumé de toute part.
fleurs et defruits, T'airest
lui les chaleurs
Messidor arrive et amène avec
dévorantes les sécheresses accablantes, les vents
étouffans. 2
C'est Tété de la zone torride,
de sud
vendémiaire, temps des orages,
il dure jusqu'en
saison de Tautomne qui se termine en frimaire.
de Réaumur, indique de 20
Le thermomètre brumaire à ventose; de 25 à 50,
à 25 degrés de
de
à
de ventose à floréal; de 50 à 35, prairial
vendémiaire ; je Tai vu à 57 et 58,le 22 prairial, au Cap-Français.
ordinairement entre
Le baromètre se tient
temps des orages,
il dure jusqu'en
saison de Tautomne qui se termine en frimaire.
de Réaumur, indique de 20
Le thermomètre brumaire à ventose; de 25 à 50,
à 25 degrés de
de
à
de ventose à floréal; de 50 à 35, prairial
vendémiaire ; je Tai vu à 57 et 58,le 22 prairial, au Cap-Français.
ordinairement entre
Le baromètre se tient --- Page 22 ---
(14)
28 pouces 2 lignes 3, et 28 pouces 3
La chaleur est toujours
lignes :
plaine; elle diminue à
plus forte dans la
dans les
mesure que l'on s'élève
mornes; ; et cette différence de
ture est tellement sensible,
tempérafois oblige de
que l'on est quelquevrir
changer" de vétemens et de se couavec soin, lorsque l'on arrive dans
bitation très-élevée au-dessus
une hamer. La fraicheur
du niveau de la
lei matin
que l'on y éprouve le soir et
est semblable à celle des matinées
belles soirées du
ou des
de
printemps, ou même
l'automne en France. Cette variation quelquefois
trésfréquente de température
subite et
lonie, les affections
rend,e en cette Cocatharrales très-ordinaires.
Terroirs, carrières, rivières,
d'eaux
eauz, sources
minérales.
Le terroir de cette ile est d'une diversité
marquable, propre à presque toutes les cultures. reOny reconnait des terrains calcaires,
marneux, schisteux, sablonneux. La argileux,
l'ile est en montagnes, dont la
moitié de
se cultiver jusqu'à leurs
plupart peuvent
stériles
sommets. lly en a de
très-oscarpées, d'une hauteur extraordinaire; leurs gorges, dort le terrain est
mide par la chûte habituelle des
plus huvrent de bananiers, de
torrens, se coupalmiers, de
toute espèce; d'autres
mimosa de
montagnes, également arides,bordentlesebtes, et semblent n'être placées là
, dont la
moitié de
se cultiver jusqu'à leurs
plupart peuvent
stériles
sommets. lly en a de
très-oscarpées, d'une hauteur extraordinaire; leurs gorges, dort le terrain est
mide par la chûte habituelle des
plus huvrent de bananiers, de
torrens, se coupalmiers, de
toute espèce; d'autres
mimosa de
montagnes, également arides,bordentlesebtes, et semblent n'être placées là --- Page 23 ---
(15) )
servir dediguesanx fureurs
parla nature quel pour
de la mer. Au pied de ces montagnes se voient
des rochers effrayans par leurs masses, s'élevant
l'on
les côtes de
à pic, ct formant ce que
appelle
le fort
fer; telle est la côte qui s'étend depuis
port de T'Acul; telle est
Picolet au Cap jusqu'au de T'ile de la Tortue. I
encore la bande du nord
lieu que l'on creuse dans la plaine,
Quelque
décimètres
de six ou huit
une profondeur
ou le sable ; la terre
présente le tuf, ou Targile
d'épaisseur, et c'est un
régétale y a très-peu
du plysicien et
objet digne des méditations
si
du naturaliste, que de voir cette terre, peu
et soutenir les arbres les plus
profonde, porter
dont les
élevés, les plus gros, les plus forts,
s'embellir: : leurs racines ne plonforêts puissent
jamais à plus de six décimètres, (apieds)
gent
1 La plupart des côtes des départemens du Nord et
de l'Ouest sont des collines calcaires, formées par des
énormes de madrépores, souvent cellulaires.
masses habitans les nomment Roches à Ravet, du nom
Les l'insecte blatta americana, Linn., aussi commun
de qu'incommode, qui se réfugie dans ces madrépores. Ces
roches calcaires sont coupées de manière à faire quelquefois sept àhuit gradins horizontaux, detrois à quatre
mètres de
depuis le bord de la mer juscents
largeur,
très-sinqu'au sommet le plus élevé. Cette disposition Saintgulière est frappante aux environs du morne
Nicolas et auprès du fort Dauphin.
V
secte blatta americana, Linn., aussi commun
de qu'incommode, qui se réfugie dans ces madrépores. Ces
roches calcaires sont coupées de manière à faire quelquefois sept àhuit gradins horizontaux, detrois à quatre
mètres de
depuis le bord de la mer juscents
largeur,
très-sinqu'au sommet le plus élevé. Cette disposition Saintgulière est frappante aux environs du morne
Nicolas et auprès du fort Dauphin.
V --- Page 24 ---
(16)
mais elles s'étendent en surface;
quitte la
leur direction
perpendiculaire et
en proportion du poids
devient horizontale
C'est ainsi
le
qu'elles ont à soutenir.
que figuier
cines à plus de 24 mètres sauvage de
pousse ses ratandis que les palmiers,
distance du tronc,
très-courtes, les
dont les racines sont
disposition
ont en nombre immense, Cette
singulière de la terre végétale
provenir de ce que les
parait
pourainsi dire,
pluies ne peuvent jamais,
qu'effleurer la surface du sol..
Ony trouve des
de
minesd'or,dargent, de
fer,déain et daimant;du cristal de cuivre,
soufre, du charbon de
roche, du
de marbre, de
terre, etc., des carrières
on
schiste, de marne, dans
rencontre beaucoup de silex
lesquelles
volcaniques, dess stalactites
; des produits
dans des
morne, dit Bonnet à
cavernes. Le
roisse de la Plaine du TEveque, situé dans la paGrand
Nord, près le canton du
Boucan, ne présente dans son intérieur
quexcavations, précipices et cavernes, où
menses stalactites et stalagmites
d'imlong et continucl ouvrage de la
annonçent le
L'ile de
nature,
de
Saint-Domingues a un grand nombre
rivières; mais il faut convenir
la
d'entre elles ne sont que des
que plupart
seaux, et qu'on n'en
torrens et des ruisvigable à trois
trouve pas une seule nachure,
ou quatre lieues de son
Les plus belles de ces rivières embouzama, dont T'embouchure forme le
sont,TO.
port de Santoa --- Page 25 ---
(17) )
Domingo, la Neyva, lUsaque ou rivière de
Monte-Christo, T'Artibonite.
Les eaux des rivières y sont en général bonnes ct saines, mais vives ct fraiches; celles qui
avoisinent les bords de la mer sout saumatres et
limoneuses; elles deviennent meilleures à mnesure
leurs sources approchent des mornes; le plus
que nombre d'entre elles contient plus ou
grand
sulfatée.
moins de sulfate calcaire ou cliaux
1l) y a dans Tile un grand nombre de sources
d'eaux minérales; deux seulement ont été soumises à des épreuves nécessaires pour les faire
comnaitre: toutes deux sont thermales: sulfureuses.
Les premières de ces sources sont cellesdel Boyà deux lieues du Port à Piment, à 30 lieues
ncs du Cap-Français et à 14 lieues des Gonaives.
Ces eaux minérales peuvent être utilement ordonnées dans tous les cas où celles de Baréges
le sont en France. Elles seront particulirement
utiles dans les affections rhumatismales chronilcs maladies cutanées, les anciens ulcères
ques, à la suite des plaies d'armes à feu, les paralysies
ctc. beaucoup de micomplètes ou incomplètes,
l'on serait
litaires blessés ou rhumatisans, que
obligé de faire repasser en Europe, pourront
être guéris et conservés dans la Colonie.
L'analyse de ces caux a été faite plusieurs fois;
le médecin Dazille, qui a donné un travail in2
males chronilcs maladies cutanées, les anciens ulcères
ques, à la suite des plaies d'armes à feu, les paralysies
ctc. beaucoup de micomplètes ou incomplètes,
l'on serait
litaires blessés ou rhumatisans, que
obligé de faire repasser en Europe, pourront
être guéris et conservés dans la Colonie.
L'analyse de ces caux a été faite plusieurs fois;
le médecin Dazille, qui a donné un travail in2 --- Page 26 ---
(18)
téressant sur les inaladies
de
desnègres, et sur celles
Saint-Domingue, s'en est occupé d'une
nière particulière, et avec tous les détails masituation oiz il se trouvait a pu lui
que la
Les secondes sources d'eaux permettre.
tiennent
minérales apparégalement aux eaux
sont situées dans le
sulfureuses. Elles
tier de
département de Touest, quarl'Artibonite. Mirebalais, sur les confins de celui de
histoire si fidelle M.Desportes, à qui l'on doit une
des maladies de
gue, 2 et dont Touvrage m'a fourni Saint-Domindétails que jai consignés dans plusieurs des"
fait Tépreuve de ces eaux.
mon travail, a
L'ilede
SaincDomingue est
en cinq
Laujourfhuipartagée
départemens; ceux du
de
et du Sud, formant les anciennes Nord, l'Ouest
çaises; ceux de
possessions franSamana ou du Nord-Est, et de
lInganno ou du Sud-Est, formant les
possessions espagnoles.
anciennes
Quelques observations sur la
botanique de
cette Colonie.
Iln'est pas de mon sujet de
ces détails de topographie
pousser plus loin
ai dit suflit
médicale; ce que j'en
pour conduire aux résuliats
je me permettrai seulement
suivans:
sur les brillans
dajouter un mot
produits de la
cette Colonies je
végétation dans
neparle pas de ceux que la cul- --- Page 27 ---
-
(19) )
Tavantage du commerce,
ture met à prolit pour
ces oble sucre, le cafe, lc coton ct Tindigo,
sont asse7. connus; je ne veux que fixerun
jets
souvenirs sur les richesses spoutainstant mes
avec tant de profinées que la nature dispense
sion dans ces climats.
laissait mon service
Les courts loisirs que me
consacrés à
att Cap Français étaient entièrement
botaniques. Le citoyen Tussac,
des excursions
amateur très- distingué , avait eu la complaisance de me fournir tous les renscignemens
m'être nécessaires. Il avait fait
qui pouvaient
qui m'avaient
avec moi plusieurs promenades, il m'avait offert un
été d'une utilité extrême :
situde
oppartement dans une de ses habitations,
derrière la ville, sur un morne assez élevé. Une
route à demi sauvagey y conduisait; elleétait coud'arbres,
de plantes, objets
verte
darbustes, moi. Là, tous les
entiércinent nouveaux pour
de T'Amé
ligumes de TEurope, tous les légumes
étaient cultivés par ses mains, dans ses
rique Tous les végetaux de la Colonie étaient
jardins.
dans ses bois, et sur ses COréunis, par ses soins,
de
une
tcaux. Au bas de sa maison campagne,
déserte, s'élevant entre deux montagnes
route
connue sous le nom de Gorgede
daus une gorge,
sentiers tortueux
laProvidence, conduisait, pardes
aussi
à
nassifs de forêts,
et difficiles, quelques
étaient cultivés par ses mains, dans ses
rique Tous les végetaux de la Colonie étaient
jardins.
dans ses bois, et sur ses COréunis, par ses soins,
de
une
tcaux. Au bas de sa maison campagne,
déserte, s'élevant entre deux montagnes
route
connue sous le nom de Gorgede
daus une gorge,
sentiers tortueux
laProvidence, conduisait, pardes
aussi
à
nassifs de forêts,
et difficiles, quelques --- Page 28 ---
20 )
ancieunes que le monde, descendait ie
ravine tapissée des belles
long dune
smigpeainadAnstrige, fougères et des longues
sur des ponts dei rochers traversait les ruisseaux
lichens, croisait le chemin couverts de mousses et de
Port Français, et Se terminait frayé qui conduit au
ou des prairies émaillées de
par des savanes,
tion incendiée, située
Aleurs, à une habitaT'anse à Piment,
sur le bord de la mer, dans
maison, , à une demi-1 derrière le morne Picolet. Cette
lieue du
terme ordinaire de mes
Cap, était le
pas compte des sensations courses. Je ne rendrai
ces promenades solitaires, que j'éprouvais dans
mon fils, un
que je faisais seul avec
la main; je fouluis Systema naturae Linnaei à
vanes, le cleome sous mes pas, dans ces sapentaphylla, le
wirginicum, le bunias
lepidium
pumicea, cystoides
cakile, le turnera
num. Je
> Vocymum americales grands rencontrais, raisiniers sur les bords de la mer,
coccoloba
croissant entre les rochers, laissant uvifera, Linn.
aisselles de leurs feuilles
échapper des
larges,
ses, coriaces, de. belles
arrondies, épaisgrand nombre de Aleurs, psieuaspransdbtodin
d'une odeur très-douce, petites, blanchatres et
s'élevait sur les
A mesure que la route
acacias de toute coteaux,effe me présentait des
deste
espèce et de toute taille; la mosensitive, mimosa sensitiva,
pudica,
rochers, laissant uvifera, Linn.
aisselles de leurs feuilles
échapper des
larges,
ses, coriaces, de. belles
arrondies, épaisgrand nombre de Aleurs, psieuaspransdbtodin
d'une odeur très-douce, petites, blanchatres et
s'élevait sur les
A mesure que la route
acacias de toute coteaux,effe me présentait des
deste
espèce et de toute taille; la mosensitive, mimosa sensitiva,
pudica, --- Page 29 ---
(ar )
Linn., cachée sous le gazon, entre les sida,
les dianthera, les ruellia ; Tacacia Farnèse,
mimosa farnesiana 3 Linn., formant des
buissons charmans par la finesse deses feuilles ct
le parfim de Ses petites fleurs jaunes, disposées
cn boules. Aux mémeslieux: s'élevaient maje estuvusement les acacias à fruits sticrés, mimosa
inga, Linn., dont les fruits donnent une pulpe
spongicuse si blanche et si douce ; les acacias,
plusbeaux encorc,àfleursn monallphesfucieules,
mimosalebbeck, Linn., dont leslonguesgnuses
desséchées ct froissdes par les vents rappelaic ent à
l'esprit et à l'oreille le sylvamque sonantem
de Virgile. En approchant des habitations, les
orangers se multipliaient, ainsique les goyaviers,
les citronniers, le bois de Campèche, haematorylum campechianum, Linn.; le bresillet,
caesalpinia crista 2 Linn. ; lélégant trvêne
d'Amérique, volkameria aculeata, Linn ;1 le
joli melia azedarach, Linn. ; les belles poin-*
cillades, poinciana
pulcherrima, J Linn., aux
superbes épis de fleurs à pétales, jaunes sur les
bords, pourpres daus leur milieu, environnant
dix étamines d'un rouge brillant. Tels étaient
les charmans arbustes qui formaient, autour des
habitations et des carreaux de cannes à sucre,
des haies vives du plus bel effet.
Si je m'enfonçais dans des lieux plus déserts,
. C Ve --- Page 30 ---
(22)
au milieu des bois, les lianes de toutes les faw
milles; convolvulus, dolichos
raianiospaulinin,
3 granadilla,
formaient parleurs lignoniasseriania, Linn.,
entrelacemens etleurs contours
multipliés, lel long et autour des troncs ct des branches dés arbres les plus élevés, par. leurs
tioles, leurs vrilles pendantes,
longs pémées d'épines, leurs fleurs
leurs feuilles arde toutes
de toutes formes et
couleurs, des berceaux et des vottes
admirables. Sous les lianes, je considérais
le plus grand étonnement ces figuiers
avec
ses, ,, ficus indica, Lin., leurs racines immenfibreuses, traçantes à la surface de la grosses,
saillant ensuite, et se relevant à une hauteur terre, telle
que ces arbres
boutans
paraissaient portés sur des arcsénormes; leurs branches poussaient de
distance en distance des rameaux droits,
feuilles, descendant verticalement de
sans
vingts pieds de hauteur, gagnant la
quatrenétrant son sein, y formant des racines terre, pépropres à la production de nouveaux nouvelles,
cottes dont la nature a donné le arbres, mardes jardins.
secret à l'art
Plus loin, j'dlevais les yeux vers le gui de
PAmérique, titlandsia usneoides, Linn., touffes longues, > épaisses el chevelues,
en groupes aux rameaux des arbres, suspendues flottant
au gré des vents, présentant de jolies petites li-
quatrenétrant son sein, y formant des racines terre, pépropres à la production de nouveaux nouvelles,
cottes dont la nature a donné le arbres, mardes jardins.
secret à l'art
Plus loin, j'dlevais les yeux vers le gui de
PAmérique, titlandsia usneoides, Linn., touffes longues, > épaisses el chevelues,
en groupes aux rameaux des arbres, suspendues flottant
au gré des vents, présentant de jolies petites li- --- Page 31 ---
SWE - - M
-
(25)
environnées de filamens entortillés ct
liacdes
subdivisésàl Tinfini.
trouvais leurs
les mornes, je
Si je gravissais de cactus, de cierges, d'openchans couverts
Je recomnaissais
d'aloès de toute espèce.
puntia,
formes
cecrodet très-loin, à leurs
sineulires,ls les lacies-
,Linn., bois strompettes,
piapeluata,
nombre, telles que! les cupliorcentes en si grand
montana, lesranbes,lesa apocins, les tabernae arbres hauts et droits, à
volfia, Linn., etc. ces
de distanceen distroncsnus, blanchitres, noueux
çà et la vers
tance, creux entre les nocuds,jetant blanchatres
leurs sommets de longues branches extrémités deset nues comme leurs troncs, aux de feuilles larges,
quelles croissaient des bouquets
blancles
vertes en dessus,
palmées ou lasciniées, Au bas de ces mornes,
à leur surface inféricure. la structure et les dije m'arrêtais à reconnaitre bombar ceiba, Linn.,
mensions du fromnger,
arbre des Anle plus grand ct le plus gros s'élevant en grand
tilles; scs racines énormes, de terre, forment
nombre à six ou huit pieds
de la
; le
des appuis en voute tout autour le milieu tige de
tronc nu et vertical préseute vers
et tout à
sa hauteur un renflement considérable, et sèche est
fait extrordinaire; son écorce grise
droits,
armée de gros aiguillons, forts, ligneux, forme un tissu
faciles à détacher; son bois blanc
-
'élevant en grand
tilles; scs racines énormes, de terre, forment
nombre à six ou huit pieds
de la
; le
des appuis en voute tout autour le milieu tige de
tronc nu et vertical préseute vers
et tout à
sa hauteur un renflement considérable, et sèche est
fait extrordinaire; son écorce grise
droits,
armée de gros aiguillons, forts, ligneux, forme un tissu
faciles à détacher; son bois blanc
- --- Page 32 ---
(24)
de contexture tendre, facile à
comme le liége; ses fruits
couper; porcuse
mencesenvironnées d'un contiennent des seperle, d'une finesse
duvet ou coton gris de
mais d'une
extrême,s soyeux au tor: cher,
fragilité si grande, qu'il
possible à l'art de le filer
parait imgrandes bananeries,
ou de le carder. De
mornes, étaient prolongées danslesgorges des
tous les
parse mées çà et là
de
genres, , les
depalmiers
les choux
cycas, 7 les cocos, les dattiers,
palmistes, les élatés, les zamias.
Lorsque mes courses au dehors
terdites par mon service, les
m'étaient indes Pères, de la
jardins de Thôpital
bitations voisines Providence, de la
et de quelques hade nouveaux
ville, me fournissaient
bres érangers sujets d'admiration. Une foule d'arautres s'offraient plus à intéressans les uns que les
lesuperbe
mes observations. J'y trouvais
bres connus adonentadigpale parleurs
premicr des ardanus odoratisaimus, énormes dimensions,lep panciété, Tartocarpus.
Linn., des iles dela Sod'Otaiti; le pommier rima, Linn., ou fruit à pain
Tacajou qui fournit des dacajou,c ycasswvium, Linn,
tenia mahogani,
meubles si beaux, swieLinn., l'agave americana,
iarmemLitinn s'élève à
la
plus de trente pieds de tigepyramidale
tant de rapidité que T'ail
hauteur, et avee
croissement; le badamier en peut suivre T'acdes Moluques, termi-
Otaiti; le pommier rima, Linn., ou fruit à pain
Tacajou qui fournit des dacajou,c ycasswvium, Linn,
tenia mahogani,
meubles si beaux, swieLinn., l'agave americana,
iarmemLitinn s'élève à
la
plus de trente pieds de tigepyramidale
tant de rapidité que T'ail
hauteur, et avee
croissement; le badamier en peut suivre T'acdes Moluques, termi- --- Page 33 ---
(25)
nalia catappa, Linn. ; la pomme rose, ellgenia malacensis, Linn., dont le fruit a tout le
parfum de cette Aeur,lerocou, bizaorellana,
Linn., dont les graines sont enduites d'une
substance visqueuse, qui fournit une matière
eolorante rouge si vive; le brillant frangipanicr à fleurs si belles et si suaves, plumeria,
Linn. 3 l'epidendrum vanilla, Linn. 9 la
vanille dont T'amande ajoute tant de qualités ct
de prix à celle du cacaoyer; le papayer, carica,
Linn., 2 qui laisse écouler un suc lactescent glutineux, semblable à celui du figuier d'Europe,
lequel a la réputation d'être un bon vermiluge.
On vient d'en recevoir en France de l'ile de
Bourbon,ctles expériences ont diécommandées
pour Tépreuve et Tapplication de ce médicament.
Le citoyen Tussac m'avait fait comnaitre, en
parcourant les environs de son habitation, une
des plus singulières productions de la
T'arbre connu sous le nom de guilandina nature, mo- 2
ringa, Linn.,le ben oléifère, de la décandrie
monogynie, et de la famille des légumineuses; ;
sa hauteur est de douzeà quinze pieds; ses fleurs
exhalent vers le soir une odeur extrèmement
agréable; son fruit, quiest une noix, contient une
amande qui fournit, par expression, Thuile deben,
huile inodore, qui ne se rancit point, et qui sert
D
C va --- Page 34 ---
(26)
à retenir et à conserver T'arôme des fleurs dont
huile
toujours falsifiée
on l'imprègne,
presque
semble appartenir
en Europe; sa racine, enfin,
substance est
à la plante plutôt qu'à Tarbre; sa
plus charnue que ligneuse; elle est tout à fait semblable à celle du raifort par la consistance, la
forme,l le goit âcre et piquant, les propriétés anti-scorbutiques.
Telles sont les productions végétales, spontapu me rappeler; ; plunées ou cultivées que jai
n'ai
sieurs autres ont échappéa ma mémoire :je
de n'avoir pu consacrer plus de
à regretter que
étude; je n'ai indiqué ici
temps à cette aimable
que ce qui m'a le plus frappé.
Etat de Patmosphère ; son influence dans
les Colonies:
médicale de T'ile de Saint-DoLa topographie
météorologiques
mingue, la série des observations
ont été faites, les annales des constitutions
qui y
succèdent, tout prouve que sa
médicales qui sy
habituelle est à la fois très-chaude
température
facilement ;
et très-humide 2 ce qui s'explique
du
très- chaude 2 parce que l'action des rayons dans
soleil sy exerce, pendant toute Tannée,
verticale; très- humide, 2
une direction presque
sy rencontrant
parce que, les fonds marécageux
sousles plahealitonles,fatmor
presquepar-tout
èdent, tout prouve que sa
médicales qui sy
habituelle est à la fois très-chaude
température
facilement ;
et très-humide 2 ce qui s'explique
du
très- chaude 2 parce que l'action des rayons dans
soleil sy exerce, pendant toute Tannée,
verticale; très- humide, 2
une direction presque
sy rencontrant
parce que, les fonds marécageux
sousles plahealitonles,fatmor
presquepar-tout --- Page 35 ---
-
-
(27)
sursaturée de moléphère y est continuellement lesquelles tendent
cules aqueuses Cll évaporation, à l'instant oil le Caà Se réunir et à sc précipiter licu
le coulorique les abandonne; ce qui a
après
cherdu. soleil. Or, lc propre de cette température
vulgairement pourriscst d'être ce qu'on appelle
santc. Eu effet, les insectes se multiplient prodigieusement à Saint - Domingue ; les substances
métalliqussy oxident en un instant; les viandes
d'un quart-dheure à l'autre ; les corps
sy gitent
sont frappés
organisss, souffrans et malades, y
mème de la sensibilité et de Tirdans lcs sources
abandonne à une
ritabilité ; le solide vivant sy
singulière, et, par un effet nécessaire
prostration défaut de réaction vitale, les humeurs anide ce
d'altération qui les
males y contractent un genre
fait marcher à grands pas vers da décomposition.
Cette constitution a été regardée, depuis Hipponos jours, comme la plus propre à
crate jusqu'a
des fièvres
la production et au développement
et
malignes, des maladies contagieuses
putrides,
découlent des
pestilentielles: De CCS principes
des
effets désastreux. Les maladies aiguès
à Saint - Domingue ont le plus soutroupes
irrégulier, plein d'avent un cours précipité, de la nature y sont sans
nomalies. Les pouvoirs
,
force, les crises difficiles, lentes, imparfaites,
incertaines; le retardement dans ladministration --- Page 36 ---
(28),
des remèdes est une occasion
retrouve plus; les crreurs du perdue qui ne se
ou de la nature,
malade, du médecin
autre côté, les y coutent souvent la vie. D'un
maladies
gues, rebelles; elles
chroniques y sont lony ont une
neste; elles appellent les
terminaison fuactive, et la médecine secours d'une médecine
tre-indiquée
active y est toujours conrable des maladies par Tirritation, 2 compagne insépatorride.
de toute espèce sous la zone
Il faut cependant
reconnaitre, et
journalière le prouve,
Texpérience
tuation des lieux,
que, relativement à la sinéral
toutes les maladies
un caractère plus
ont en gédans les
grave dans les villes
plaines, à moins que celles-ci
que
marécageuses, et dans les
ne soient
mornes , lieux ou la
plaines que dans les
droits mieux
nature parait exercer des
prononcés.
Maladies annuelles az Cap.
) Les maladies suivent à
des saisons; dans les mois Saint-Domingue l'ordre
maire, les
chauds de floréal à bruintermittentes troupes auront à craindre les fiévres
simples, les intermittentes
cicuses, sur-tout les doubles
pernitentes bilieuses,
tierces, les rémitmorbus, les putrides, malignes, le cholera
le
coliques bilieuses, les
ténesme, la fièvre jaune.
dyssenteries,
az Cap.
) Les maladies suivent à
des saisons; dans les mois Saint-Domingue l'ordre
maire, les
chauds de floréal à bruintermittentes troupes auront à craindre les fiévres
simples, les intermittentes
cicuses, sur-tout les doubles
pernitentes bilieuses,
tierces, les rémitmorbus, les putrides, malignes, le cholera
le
coliques bilieuses, les
ténesme, la fièvre jaune.
dyssenteries, --- Page 37 ---
(29)
Dans les mois d'hiver, de brumaire à florcal,
les troupes seront sujettes anx rhumes, 2 aux
fluxions catharrales sur les ycux 2 le nez , la
gorge, la poitrine; aux douleurs des articulations
et du système musculaire, connucs SOUS le nom
de rhumatismes aigus ou chroniques.
Les maladies aiguès de Tété sont d'autant plus
redoutables à Saint-Domingue qu'elles paraissent
quelquefois moins dangereuses au premier aspect;
011 scrait alors tenté de les prendre, daus leur invasion,pour de: simples embarras gastriques, pour
une irritation de nulle conséquence. Un liomme
a ungfort accès de fièvre, elle tombe, 2 les douleurs cessent,le calme succède, le malade se lève,
il s'entretient familièrement avec SCS amis. Le
médecin le fixe, reconnait dans le teint, lesyeux,
les traits, une altération particulière, qui annonce
une inflammation viscérale profonde, et menace
d'un état grangréneux prochain; si à ce caractère
facial vient se joindre la prostration du systéme
des forces, la gangrène a déjà succédé à l'inflammation, 7 la mort va frapper sa victime au sein
d'une sécurité apparente.
Conseils thdrapeutiques généraur.
Une grande chaleur, unei irritation continuelle,
la dureté du pouis accompagnent toutes les maladies aigués de Saint-Domingue; leur caractère
- --- Page 38 ---
(50)
cst le plus souvent bilieux; il est donc prudent
de s'abstenir de l'émétique, ou au moins de ne
doses très-réfractées et dile faire prendre qu'a
dansTeau
visées dans une certaine quantité d'eau,
de casse, la limonade légère, une boisson émulsionnée, simple ou anodine.
Evitez de purger fortement, sur-tout les gens
préférez toujours les minoratifs, les purreplets;
gatifs en grand lavage ; vous en apprécierez
mieux Taction, vous n'en craindrez pas les suites.
Les années sèches sont dangereuscs aux étranils doivent se prémunir contre çette temgers; redoutable : il semble que les renmedes
pérature
alors que de
les mieux indiqués ne produisent
Tirritation et de Tardeur. Dans les saisons pluplus facilement et
vieuses, 2 les purgatifs agissent
à petite dose.
Dans les fièvres dites putrides, toute parotide
n'est pas critique ne doit pas être ouverte ;
qui il vaut mieux en tenter la résolution, qui s'opère
diarrhoique; si la parotide est critipar un flux
I'ouverque, il convient d'en faire promptement
ture, et d'en activer la suppuration.
les
Les bains, les demi-bains, les lavemens,
émollientes et buileuses sur le basfomentations les laxatifs, sont pour ainsi dire spéciventre,
aigués de Saint-Domingue.
fiques dans lesmaladiesa
aux
Le ténesme, maladie toujours inquiétante
en tenter la résolution, qui s'opère
diarrhoique; si la parotide est critipar un flux
I'ouverque, il convient d'en faire promptement
ture, et d'en activer la suppuration.
les
Les bains, les demi-bains, les lavemens,
émollientes et buileuses sur le basfomentations les laxatifs, sont pour ainsi dire spéciventre,
aigués de Saint-Domingue.
fiques dans lesmaladiesa
aux
Le ténesme, maladie toujours inquiétante --- Page 39 ---
(51) )
boissons
cerararttt
fement;i il SC traite avec succès par les
rafraichissantes lègéres, les minoratifs, les muil faut obscrver que, dans ces cas, les
queux; ;
fitiguent l'intestin rectum;
lavemens trop répétés
émolpréférez les demi-lavemens, les vapeurs
le fondement. Si le ténesme
lientes, reçues par
devient chronique, il change de nature et appelle
les toniques alternés avec les opiatiques.
Quelque avantageuse que puisse être l'administration du quinquina dans les fièvres intermitdansles rémittentes,
tentes simples ouinsidieuses, dans tous les cas où la
nerveuses ou malignes,
des forces semblel'exiger, ne le presprostration tant qu'il existe sécheresse, chaleur
crivez jamais
soif, douleur vive, langue
brulante à la peau, 7
difficulté d'uriner, urines rouges,
aride, dyspnée,
tension du basacres, brulantes, 9 constipation,
ventre, élévation ou dureté des hypocondres,
tant que la fièvre n'est pas décidément rémittente, c'est-à dire que les retours des redoublemens ne sont pas très-marqués et très-évidemDans toutes ces circonstances,
ment périodiques. être
comme fébrile quinquina ne peut
employé
fuge; et, pour en faire usage en qualité d'excitant,
il faut toute la prudence et toute la sagacité dun
consommé dans le traitement des mapraticien
ladies des Antilles. J'insiste, à cet égard, parce --- Page 40 ---
(52)
que plusieurs auteurs très-r recommiandables
émis, sur ce point de doctrine, des
ont
vorables à T'administration du
opitions fades doses; opitions
quinquina en granqui pourraient induire
crreur les médecins qui commencent
en
dans ces régions.
à pratiquer
Les évacuations du bas-ventre
sables dans le traitement des
sont indispenmaladies aigués de
Saint-Domingue : il semble que
que et le systéme sécréteur de la Torgane bile
gastrifoyers habituels des
soient les
principes
Les fonctions de la digestion morbifiques.
premières
sont toujours les
qui se dérangent chez les nouveaux
débarqués, même sans qu'ils soient malades. La
différence dcs alimens,
reux 7 moins substantiels beaucoup moins savoudance de la
en Amérique, 2 l'abonsueur,qui tend
ment à resserrer le
ioujourssympathique
ventre, comme l'a observé
Hippocrate, cutis lazitas, alvi densitas;
les causes prédisposantes à toutes les
voilà
ces climats.
maladies de
L'excitement continuel de la peau
des rayons solaires, la grande facilité par l'action
tion par cet organe abreuvé et relâché d'absorpsueurs excessives,
par les
ladies cutanées,
expliquent pourquoi les masur-tout les aflections
sont si fréquentes, si
dartreuses,
guérir à
contagieuses, si difficiles à
Saint-Domingue. Il faut se défier de tous
antes à toutes les
voilà
ces climats.
maladies de
L'excitement continuel de la peau
des rayons solaires, la grande facilité par l'action
tion par cet organe abreuvé et relâché d'absorpsueurs excessives,
par les
ladies cutanées,
expliquent pourquoi les masur-tout les aflections
sont si fréquentes, si
dartreuses,
guérir à
contagieuses, si difficiles à
Saint-Domingue. Il faut se défier de tous --- Page 41 ---
-
( 55 )
ks remèdes vantés dans le pays; ce sont, pour
des répercussils. Les bains, les tisala plopart,
les bouillons anti-scorbutiques,
nes dépuratives, répétés, le lait long-temps continne,
les purgatifs
seul convenable.
tel est le traitement méthodique,
II doit être prolongé en raison de l'ancienneté,
de la résistance, de la complication de la malaalors
le vice de la peau par
die: on peut
attaquer
résolutifs, disdes remèdes externes, émolliens,
cussifs, anti-psoriques, les lotions ou autres préparations mercurielles, etc.
Substitution des meldicamensindigones aux
exotiques.
Le médecin doit toujours s'occuper, à SaintDomingue, de la substitution des médicamensindigènes aux exotiques 7 ceux - ci parvenant fort
rarement ou fort difficilement à la Colonie, dans
les temps de guerre sur. tout. Il est donc imporconnaisse: assez la botanique usuelle pour
tant quil état de faire des substitutions bien entenêtre en
dues.
C'est ainsi qu'il pourra composer:
les
La tisane commune 2 avec les tiges et
feuilles de la réglisse du pays, abrus precatorius, Linn. et la racine de mais, zea mahis,
Linn.
--- Page 42 ---
(34)
Les boissons rafraichissantes ou
avec la chicorée blanchedu
tempérantes,
densis, Linn.; les
pays, lactuca canaamarantlus
épinards sauvages du pays,
oleraceus, Linn.; le
est un solanum, Linn.
laman, qui
Les boissons rafraîchissantes
dules avec toutes les parties de Talleluia, légérement aciacetosella, Linn; l'oseillede
ozalis
Guinée, hibiscus
sabdarifera, Linn.
La limonade, en faisant bouillir
trons coupés par tranches, ou une quelques cidansl'eau
orange amère
commune, etyajoutant. suffisante
tité de sucre ; c'est la boisson la plus convenable quandans les fièvres bilieuses,
la puisse
pourvu que l'estomac
supporter. Il convient que l'acide citrique ys soit peu sensible et porté'à l'état savouneux
par le mélange du sucre. On la rend vineuse
T'addition d'un sixième de vin; elle est alors par
mieux reçue par l'estomac.
Les tisanes pectorales et
toutesles malvacées si
adoucissantes, avec
communes à Saint-Domingue;les gombos, hibiscus esculentus,
les guimauves, althaea, Linn.; les Linn.;
sida, Linn.
abutilons,
Les beuillons et apozèmes
chicorée
apéritifs, avec la
sauvage, 2 la racine de patience, le cresson
de Savane, lepidium-iberis, Linn.
tisanes pectorales et
toutesles malvacées si
adoucissantes, avec
communes à Saint-Domingue;les gombos, hibiscus esculentus,
les guimauves, althaea, Linn.; les Linn.;
sida, Linn.
abutilons,
Les beuillons et apozèmes
chicorée
apéritifs, avec la
sauvage, 2 la racine de patience, le cresson
de Savane, lepidium-iberis, Linn. --- Page 43 ---
AU
& A
a
(55 )
On rendra toutes ces boissons laxatives par
T'addition de la casse Ou des tamaris.
On les rendra purgatives avec la liaue à Bauconvolvulus scammonia, Linn., ou le
duit,
carcas, Linn.; mais en
mticinier,Tiatrophe
général il faut craiudre tous cCS purgatifs du pays,
qui ne sont quedes résineux drastiques, sil'on en
excepte T'huile de palma christi, purgatiftresrecommandé, mais sur Tusage duquel jappelle
Thuile, dans
encore la plusgrande circonspection:1
les pays chauds, tend àu tuner rancidaéuresprompte.
Son usage, prolongémème dans sa pureté, énerve
les forces digestives; c'est un poison dans l'état
tébrile.
La verveine à fleurs bleues, verbena jamaicensis, Linn., le manioc fraichement râpé,
Viatropha manihot, Linn., les deux absinthes
hysterophorus et amdu pays, parthenium Linn., employés en cabrosia artemisifolia,
fourniront d'excellens résolutifs.
taplasmes, Les deux dernières plantes sont des amers
dont Tusageintérieur ne peut qu'être avantageux
en infusion, lorsquel les circonstances l'ordonnent.
Les cataplasmes, maturatifs se composent avec
la mantegue et les oiguons de lis du pays, panLinn., ou la feuille de
cratium caribaeum,
celle
raquette, caclus opuntia, Linn., ou
de la raquette à chenilles, cactus cochellini- --- Page 44 ---
: 56)
fera, Linn., > plus facile à manier
est sans épines.
parce qu'elle
Les plaies récentes se pansent
avec le suc de karatas, bromelia heureusement
Linn.
karatas,
Des bains de guildive ont souvent
miracles dans les
opéré des
paralysies et les affections rhumatismales chroniques. Le savon noir et le
réunis forment un liniment
tafia
mêmes circonstances.
avantageux dans les
Les fumigations de graines de coton,
pium herbaceum arboreum,
gossitent un fondant d'une efficacité Linn., présenles tumeurs blanches indolentes. éprouvée dans
La feuille tendre du bananier,
siaca, Linn., et celle de la liane musa paradi.
sicioides,
molle, cyssus
Linn., sont des moyens
pour le pansement des vésicatoires.
précieux
Les bols toniques se composent
avec la limaille de fer, Técorce de sur-le-champ
poudre, citrus,
citronnier en
Linn., et un sirop
Les bols et opiats febrifuges
simple.
avec les écorces fines de citron peuvent se faire
fleurs desséchées de la
et d'orange, les
pulcherrima,
poincillade, poinciana
Linn., et le quinquina du
cinchona caribaea. Linn.
pays,
L'infusion théiformedec calt,coffea arabica,
Linn., est un tonique tres-recommandable.
oudre, citrus,
citronnier en
Linn., et un sirop
Les bols et opiats febrifuges
simple.
avec les écorces fines de citron peuvent se faire
fleurs desséchées de la
et d'orange, les
pulcherrima,
poincillade, poinciana
Linn., et le quinquina du
cinchona caribaea. Linn.
pays,
L'infusion théiformedec calt,coffea arabica,
Linn., est un tonique tres-recommandable. --- Page 45 ---
(57 )
Lagraine de sapotille, achras
celle du gigeri ou ooli,
sapata, Lin. 2
sesamum orientale,
Linn., et la racine d'uerbe à collet,
>
peltatum, Linn, > sont des
piper
sans.
diurétiques puisLe duvet du pois à gratter, dolichos
riens, Linn. 3 est un très-bon
prtt.
mais il faut adoucir Taction anthelmentique;
de ce duvet en Técrasant, le mécanique irritante
sirop
mélant ensuite à un
simple, ou le prescrivant dans la
de farine de mais.
bouillie
Les feuilles du ricin, ricinus
Linn., trempées dans le
palma christi,
vinaigre froid, et appliquéessurlefront et la
tageux dans les
derentolendtrgiranuten
douleurs de tête occasionnées
l'action solaire ou par toute autre détermination par
trop vive du sang vers Torgane
marque qu'elles excitent
cérébral; on reabondante de la
une transpiration trèspartie sur laquelle elles sont
pliquées.
apIl cst important de connaitre les
végétal peut -être le plus
propriétés du
commun du
l'herbe à blé, saccharum
pays;
Tussac.
svulaerarium,
1 La phrase de cette plante est du
dont jai d-jà parlé, qui m'a fourni citoyen la
Tussac,
reuseiguemens et des indications ci- dessus plupart des
référées. --- Page 46 ---
(58),
C'est un vulnéraire et un détersif
on accorde les mémes vertus
excellent;
au thé de SaintDomingue, capraria
lherbe à plomb.
biforia, Linn., et à
lantana camara. Linn.
Eofin lorsque les circonstances sont telles
les malades, dansles
que
telas
hôpitaux,sontp privés de mad'Europe, on leur en prépare
avec une espèce de gui du
sur-le-champ
nom de barbe
pays, connu sous le
espagnole, caragate, tittlandsia,
Linn.; cette plante battue forme une sorte de
crin végétal élastique, sur laquelle les malades
sont doucement et fraichement couchés. Les États.
Unis en font depuis long-temps
T'ous ces détails prouvent combien usage. la botanique usuelle de Saint - Domingue peut devenir
utile au praticien, et combien il lui importe de
cultiver cette branche si intéressante de l'histoire
naturelle.
Je reviens à mon sujet : les deux hopitaux du
Cap, une fois établis, les officiers de santé
en
C'esta avec cet homme, recommandable
naissances en histoire naturelle
par ses conbienveillance et son aménité autant que par sa
couru jes environs de cette sociale, que j'ai parconnu les productions
ville, et que j'en ai recelles au moins
végétales,si belles, si brillantes,
tose,
que nous ont présentées les mois vengerminal, floréal et prairial. Je me
à
consigner ici T'hommage dé ma reconnaissance. plais
, les officiers de santé
en
C'esta avec cet homme, recommandable
naissances en histoire naturelle
par ses conbienveillance et son aménité autant que par sa
couru jes environs de cette sociale, que j'ai parconnu les productions
ville, et que j'en ai recelles au moins
végétales,si belles, si brillantes,
tose,
que nous ont présentées les mois vengerminal, floréal et prairial. Je me
à
consigner ici T'hommage dé ma reconnaissance. plais --- Page 47 ---
(59 )
chef de Tarmie s'occupèrent du soin
tant d'organiser le service
imporici, avec vérité,
genéral; ; ct je puis dire
quel lozile et les talens de la
partdenos collaborateurs nous secondèrent dune plumanière puissante. Cétaient en effet des
de santé des armées, accoutumés
officiers
à ce service
depuis dix ans
pénible, difficile, dangereux, mal
récompensé, trop méconnu.
Maladics de Parmée à son arrivéc au
Cap.
Les inalailics qui afiligérent Tarmée dans
premier séjour au
furent
son
fièvres doubles
Cap
en général des
tierces, des diarrlées
des dyssenteries. Ces dernibresaficetions bilieuses,
moins graves avaient
plus ou
d'une chalcur
pour cause : 1o l'action
vive. sur desindividusq quin'y étaient
pas accoutumés; 2° les imprudences
s'abandonnaient les
auxquelles
troupes. Fatiguées à Texcès
par Tusage d'alimens âcres et salés
traversée de deux mois, elles étaient pendant une
en arrivant dans la colonic,
sans doute,
ture à Tusage des
appelées par la naconnaissaient
végétaux frais; mais elles ne
à cct égard aucune modération. On
voyait les soldats se jeter avec aviditéet indistinctement sur tous les fruits qu'ils
sans en attendre la
rencontraient,
connaitre
maturité, et souvent sans en
l'espèce. Le corossolier
muricata, Linn.,
épineux, anona
répandu comme tous les vée --- Page 48 ---
(40)
gétaux delile avec une profusion qui fait le plus
magnifique des spectacles, offrait dans ses
une crème épaisse, blanche,a
fruits
agréable, qui pouvait méme, aigrelette, d'un gout
déré, guérir les diarrhées 7 par son usage moet les coliques bilieuses
commencantes, sait lesi
tandis que son excès convertislebananier indispositions légères en maladies graves;
commun,
et le figuier bananier, musaparadisiaca, Linn.,
la couleur de sa tige qui n'en diffère que par
et par la forme et la parsemée de taches noires,
sentaient à
qualité de ses fruits, prénos soldats un aliment
goit,
agréable au
nombredet très-nourrissant, et propreà subir un grand
transformations flatteuses dans ses
parations culinaires:on les voyait revenir del leurs pré
excursions dans les mornes, oiz ils avoient
suivi les noirs fugitifs, riches de la
pourcampagnes voisines,
dépouille des
perbes
portant sur un bâton des Sugrappes ou régimes de
et serrées l'une contre l'autre bananes, attachées
à
au nombre de douze
quinze, et pesant quatre,six àhuit
ches pleines de citrons et
livres, lesposage immodéréde
d'oranges amères. Luces fruits, des
en composaient, des yins de mauvaise limonades qu'ils
liqueurs spiritueuses,
qualité, des
fatiguait bientôt les facultés
digestives, d'un
et leur faisait payer bien cher le
moment.
plaisir
et serrées l'une contre l'autre bananes, attachées
à
au nombre de douze
quinze, et pesant quatre,six àhuit
ches pleines de citrons et
livres, lesposage immodéréde
d'oranges amères. Luces fruits, des
en composaient, des yins de mauvaise limonades qu'ils
liqueurs spiritueuses,
qualité, des
fatiguait bientôt les facultés
digestives, d'un
et leur faisait payer bien cher le
moment.
plaisir --- Page 49 ---
(41)
Campagne du mois ventose.
Ce'fut à cette époque, le 28 pluviose,
gros de T'armée se mit en marche
que le
combattre,les noirs insurgés.
pour aller
peindront
D'autres que moi
dignement cette mémorable
du mois de ventose, la plus
campagne
glante
difficile, la plus satipeut-étre que les défenseurs de la
aient faite dans toute la guerre de la
patric
Ils admircront et la sagesse du plan de révolution.
pagne, conçu par le
celte camdité extraordinaire général en chef, et la rapirends
de son exécution; moi, je
hommage au bienfaiteur de
au sauveur de ses compagnons
Thumanité,
lut que cette guerre fàt terminée darmes, qui vousaison des chaleurs vint
avant que la
D'autres
exercer ses ravages.
la guerre fut expliqueront établi
comment le foyer de
desvilles
dans l'intérieur de Tile, loin
et des postes fortifiés, tantôt surle
chant ou sur le sommet des
pen.
périté n'a pas même dans les mornes, dont l'aspuisse leur être
Alpes de site qui
etles
comparé, tantôt dans les bois
ils éntuimpionbicngite couvrent les vallées;
donneront, s'ils le peuvent, une
tous les obstacles
juste idée de
tant sous les
des qui renaissaient à chaque inspas
Français, ils les
ront placés au milieu des nègres
représentenaissaient toutes les
révoltés, qui conlocalités, qui combattaient
- --- Page 50 ---
(42)
la violence et la fureur d'hommes décidés à
avec
de leurs ennemis.
la mort ou à Textermination
s'emparant
Ils suivront nos troupes valeureuses,
et
de toutes les positions qu'elles attaquaient,
couronnant cette glorieuse campagne par la prise
du fort del la Crète à Pierrot, journée achetée au
prix du sang d'un grand nombre de nos braves,
de nos généraux intrépides, qui y
et sur-tout blessés. Mon devoir est de rappeler
furent tous
nationale le souveégalement à la reconnaissance:
nir des officiers de santé de T'arméc, qui partatous les dangers de leurs frères d'armes,
gérent
leurs blessures sur le champ de
qui pansèrent
bataille et sous le feu de T'ennemi, qui portaient
d'une main le fer destiné à la conservation de la
des
et de l'autre, le fer destiné à
vie
guerriers,
défendre leur propre vie.
Circonstances particulières qui ont donné
maladies simples Unl caractère de
aux
malignité.
Pendant le cours de ces événemens, mes fonctions me retenaient au quartier-général, au Cap.
Le nombre des malades s'accroissait chaque jour,
dont je dois
et des circonstances particulières,
à
faire ici mention, ne eontribuaient pas peu
donner aux maladies un caractère de malignité
redeutable.
vie
guerriers,
défendre leur propre vie.
Circonstances particulières qui ont donné
maladies simples Unl caractère de
aux
malignité.
Pendant le cours de ces événemens, mes fonctions me retenaient au quartier-général, au Cap.
Le nombre des malades s'accroissait chaque jour,
dont je dois
et des circonstances particulières,
à
faire ici mention, ne eontribuaient pas peu
donner aux maladies un caractère de malignité
redeutable. --- Page 51 ---
- -
- -
(45)
Tandis que le général en chef occupait les
villes et les plaines, depuis Léogane jusqu'aux
Dessalines dans les monGonaives, et poursuivait
Tousde l'Artibonite et du Mirebalais,
tagnes
réunissant sur les derrières
saint et Christophe,
tombaient sur
quelques milliers de brigands,
habitales environs du Cap, incendiaient les
tions de la plaine, enlevaient les animaux ct
venaient nous braver par des fusillades jusque
de Thopital des Pères et de la
sous les murailles
Petite Anse. Les officiers de santé, les employés
de Thopital, ceux mène des malades qui pouvaient soutenir le poids de leurs armes, passaient
faisaient des patrouilles
les nuits sur la dérensive,
et
continuelles, doublaient par-tout les gardes,
surveillaient Tintérieur de la maison ; mesure
importante, que les servans de Thôd'autant plus des noirs révoltés et rentrés Tun
pital n'étant que il était fort à craindre que, pour
après T'autre,
de leurs frères, ils n'incenseconder T'attaque
avait été,
diassent les salles. Cet état d'angoisse
une nuit, porté au point que les malheureux
soldats, accablés par la fièvre, se relevaient,
et douleur hors de T'hose trainaient avec peine
affreuse, dont ils
pital, pour éviter une mort
besoin
àl l'instant menacés. Jen'aip pas
se croyaient
cette situation des esprits
d'expliquer comment
le
souempirait les maladies, et les rendait plus --- Page 52 ---
(44)
vent mortelles. Les doubles tierces
en rémittentes bilieuses ; les diarrhées dégénéraient
passaient à l'état de dyssenteries
simples
tration des forces et le
malignes;la prosétaient les
découragement de I'ame
maladies. symptômes communs à toutes les
Naissance de la fevre
jaune au Cap.
Ce fut à cette époque, fin de
T'armée victorieusc rentra dans germinal, le
que
commença à se montrer la fièvre Cap. Alors
intensité s'accroissait
jaune; son
la saison chaude
chaque jour à mesure que
s'avançait. De ce
me promis de ne voir, dans les
moment, je
de mon séjour dans la Colonie, premiers temps
del la fièvrej jaune,
d'officiers malades
qu'assisté autant
rais d'un médecin du
que jel le pourou trois
pays. Il sy en trouvait deux
qui jouissaient de la confiance
un d'entr'eux, le cit. la méritait publique; ;
lièrement par ses connaissances,
particuaméuité, Il était depuis
son esprit et son
ville; il avait
long:temps établi en cette
occasions
eu, pendant plusieurs années, des
fréquentes de suivre la marche et les
développemens de la fièvre jaune. Notre malheur
voulut qu'il nous fiut enlevé à l'instant où
lens allaient nous devenir
ses taché à I'armée
utiles; je l'avais attapar ordre du général en chef, en
qualité de médecin à Thôpital des Pères. Vieillard
ville; il avait
long:temps établi en cette
occasions
eu, pendant plusieurs années, des
fréquentes de suivre la marche et les
développemens de la fièvre jaune. Notre malheur
voulut qu'il nous fiut enlevé à l'instant où
lens allaient nous devenir
ses taché à I'armée
utiles; je l'avais attapar ordre du général en chef, en
qualité de médecin à Thôpital des Pères. Vieillard --- Page 53 ---
(45)
respectable ! il avait, depuis quelques années,
exercé les fonctions d'inspecteur général du service de santé. La faction deTassiutt-amerture
l'avait destitué; les incendies répétés du Cap
l'avaient ruiné. Crsévénemens l'avaient jeté dans
un état de morosité sombre et d'irritabilité, qui
annonçaient laltération de sa santé, Il eut dans
son service quelques légères indispositions, à la
suite desquelles se déclara une fièvre catharrale
nerveuse, qui l'enleva au grand regret de tous
les honnêtes gens.
Je pense qu'il est convenable, avant de faire
Thistoire de la fièvre jaune, de consigner ici quelques observations qui lui sont relatives; elles se
trouvent rangées par ordre de dates.
Première Observation.
Unvalet de chambre du général en
homme fortement
chef,jeune
constitué, 2 tempérament bilieux.
Premier jour. Frisson de deux heures, accablement violent, mal de téte, puis chaleur intense, visage allumé, pouls vif et dur.
Deuxième et troisième jours. Accroissement
des mèmes symptômes, nausées, bouche amère,
prostration ndes forces. Diète, lavemens émolliens,
puis laxatifs, limonade amère, bouillon de
let nitré. J'ordonnai un grain d'émétique, et deux poue a --- Page 54 ---
(46)
gros de sulfate de soude, dans une pinte de
lait Peudetonisemens.g
petit
quelques selles. bilieuses.
Quatrième, cinquième et sixième jour. Méme
état, beaucoup d'agitation; ; il se livre aux soins
des femmes du pays qui administrent des lavemensémolliens et mucilagincux, donnent un purgatif, des demi-bains avec les frictions de citron
sur la surface du corps.
Septième et huitième jours. La peau se colore
d'une teinte jaune très- foncée, les yeux
nent la même couleur; des selles bilieuses ont. pren- lieu
chaque jour, au nombre de deux à trois: faiblesse extrême. Le vin le restaure; quelques
hhng-irmsimsarah maladie;
un caractère plus doux ; les fonctions se rétablis- prend
sent; il entre en convalescence au quinzième
elle est longue et difficile. Eufin son rétablisse- jour;
ment est parfait.
Deurième observation.
Le citoyen Tourné, aide de camp du général
en chef, jeune homme d'un
tempérament sanguin, cheveux' rouges, teint animé, fatigué par la
campagne.
Premier jour. Long frisson, céphalalgie violente, douleurs de reins, nausées.
Deuxième jour. Chalcur âcre et très-vive, visage d'un rouge pourpre, les yeux ardens, agita-
. Eufin son rétablisse- jour;
ment est parfait.
Deurième observation.
Le citoyen Tourné, aide de camp du général
en chef, jeune homme d'un
tempérament sanguin, cheveux' rouges, teint animé, fatigué par la
campagne.
Premier jour. Long frisson, céphalalgie violente, douleurs de reins, nausées.
Deuxième jour. Chalcur âcre et très-vive, visage d'un rouge pourpre, les yeux ardens, agita- --- Page 55 ---
(47 )
tion extraordinaire. Il est vu par un médecin du
pays s qui prescrit ie saignée, le bonillon de
poulet, les lavemens laxatifs : quelques selles de
couleur d'un brun foncé.
Troisième et quatrième jours. Prostration des
forces, douleurs abdominales, suppression des
urines. Continuation des mêmes moyens, auxquels on ajoute le camphre et le nitre dans la
boisson et les lavemens. Dans la nuit du 4 au 5,
défaillances successives, hoquet, Mort le cinquième jour.
Troisième observation.
Le citoyen aide de camp du général Hardi, jeune homme d'une constitution athlétique, d'un caractère très-gai, échauffié par les
veilles, le travail,les fatigues.
Premier jour. Frisson, mal de tête, accablement, perte des forces. J'ordonne les lavemens
répétés, tourà tour émolliens et laxatifs; le bain
de pieds, la boisson d'eau de poulet nitrée et le
petit lait.
Deuxième jour. Grande fatigue, nausées, douleur à la région de l'estomac,
quelques vomnissemensdematièrel bilieuse porracéc, un peu brune.
Les femmes qui le servent regardent son état
comme tres-dangereux; cependant il s'entretient
familièrement avec ceux qui Tapprechent; ; les --- Page 56 ---
(48)
lavemens n'entrainent que des déjections séreubrunes, très-fétides. Potion légerement excises, avec l'eau de menthe et l'acétite ammotante,
niacal.
Même état; minoratif comTroisiëme jour.
dans une décocposé de deux onces de manne
tion légere de quinquina, à prendre par verres
heure;
selles bilieuses, noid'heure en
plusieurs
accompagnées de défaillances ; quelques
râtres, Potion excitante, avec la thériaque et
hoquets. I'eau de fleur d'orange ; quelques cuillerées d'eau
vineuse, de crème légerede riz à l'eau.
Quatrième jour. Faiblesse extrême, hoquets,
des urines ; vomissement de matières
suppression de couleur de café; défaillance, pouls
noires ou
excitans. Mort dans la nuit
insensible. Mêmes
intellectuelles
du 4 au 5. Usage libre des facultés
jusquau dernier soupir.
Quatrième observation.
de la place du Cap,
Le C 2 commandant constitution sèche, temtrente à trente-cinq ans, vif, rarement malade.
pérament bilieux, Frisson caractère de trois heures peu vif,
Premier jour.
maux de reins. Eau
léger mal de tête, fatigue, lavemens émolliens,
de poulet, limonade légère, frictions de citrons
demi-bain d'une demi-heure,
dans le bain. Quelques selles bilieuses.
pir.
Quatrième observation.
de la place du Cap,
Le C 2 commandant constitution sèche, temtrente à trente-cinq ans, vif, rarement malade.
pérament bilieux, Frisson caractère de trois heures peu vif,
Premier jour.
maux de reins. Eau
léger mal de tête, fatigue, lavemens émolliens,
de poulet, limonade légère, frictions de citrons
demi-bain d'une demi-heure,
dans le bain. Quelques selles bilieuses. --- Page 57 ---
C
(49)
Deuxième jour. Accroissement des
mes, faiblesse considérable,
symptoquelques douleurs à la région 2 de quelques nausées,
fréquent et dur , redoublement lestoniac, pouls
sensible
jour vers le soir.
chaque
Treistemnejour.Memed
dans la décoction de edec-alinoratirdomanne
quinquina à
verres, Evacuations bilicuses
prendre par
blessc dans le bain. Un médecin abondantes, du
2 faipelé. Potion excitante d'eau de
pays est apfleurs d'orange et de liqueur menthe, d'eau de
dHollimann.
Quatrième et sixième jour. Les
nuent d'intensité, le
accidens dimivisage derient
pouls se rélève un peu. Le
jaune. Tisane nitrée et
apéritive, les bols de nitre et de
légèrement
Sixième et septième jours. Diarrhée camphre.
faiblesse, pouls mieux prononcé,
bilieuse,
assez égal, desir de prendre plus régulier et
Bouillons, crème de riz.
quelques alimens.
jour. La convalescence Minoratif le huitième
nisse se prolonge, le malade arrive à pas lents, la jautation dans les
se rend à une habimornes.
Cinquième observation.
Le citoyen Sardin, aide de
du
en chef, officier du génie,
camp général
Premier jour. Frisson léger, mal de tête
lent, douleurs à la région de l'estomac,
vionausées:
--- Page 58 ---
(50)
Le soir, fièvre très-vive, pouls
très-dur, visage rouge, ceil ardent. tres-frequent Il
et
les femmes créoles qui administrent est vu par
ordinaires, lavemens,
les secours
let nitrées.
demi-bains, eaux de pouDeuxiëmejour. Accroissement des
vomissemens de bile porracée,
symptômes,
urines rouges, très-difficiles agitation extrème,
Le soir, chute de la fièvre, dans leur excrétion.
inégal, très- déprimé,
pouls tremblotant,
espoir du mieux,
disparition des douleurs,
gangrène et. mort dans la nuit.
Sizième observation.
Le citoyen Bétourné, officier du
titution forte, plétiorique,
genie. Conscaractère gai, n'ayant jamais tempérament été
sanguin,
ans.
malade, Trente
Il avait rendu des soins continuels
Sardin, sujet de Tobservation
à son ami
vait pas quitté le chévet de précdente; iln'atrouver le jour même de la son lit. Il vint me
rade :
mort de son camaDocteur, me dit-il, d'un air un
et très-éloigné de son habitude
peu effaré
pris à mon tour; je voulus le ordinaire, je suis
à monter à cheval
rassurer et lengager
pour se distraire.
til,je ne le puis, jai froid,
Non, ajoutajai.un mal de tête
tâtez-moi le pouls,
mon ami m'a
aflreux : le dernier regard de
appelé, je vais. me coucher. A ces
Coss
cteur, me dit-il, d'un air un
et très-éloigné de son habitude
peu effaré
pris à mon tour; je voulus le ordinaire, je suis
à monter à cheval
rassurer et lengager
pour se distraire.
til,je ne le puis, jai froid,
Non, ajoutajai.un mal de tête
tâtez-moi le pouls,
mon ami m'a
aflreux : le dernier regard de
appelé, je vais. me coucher. A ces
Coss --- Page 59 ---
(51)
mots, il me quitte et je le suis. Le
le visage est ardent, les accidens deuxième jour
haut degré dintensité; il
s'élèvent au plus
femmes créoles
sC livre aux soins des
, il meurt le troisième. Je
pu me procurer de détails plus circonstanciés. n'ai
Septième observation.
Legénéral Hardi, âgé de 50 ans. Constitution
plathorique, tempérament sanguin,
les fatigues de la guerre.
échauffé par
Il venait
d'essuyer une atteinte légère de fièvre
gastrique catharrale, dans le cours de
officier de santé de Tarmée,.
laquelle un
vait purgé
qui l'avait traité, lale bord de plusieurs fois avec avantage. Il habitait
mer, > lieu toujours
les maladies sont les
insalubre, et où
graves. Il avait
plus fréquentes et les
vu mourir la plupart de ses plus domestiques, et deux de ses aides de
Le premier jour. Long
camp.
de téte, accablement,
frisson, violent mal
par un médecin du quelques nausées. II est vu
pied, les lavernens pays, qui prescrit le bain de
trées.
émolliens, les boissons niDeuxièmejour. Accroissement
visage rouge, yeux ardens et chargés, dessymptômes,
irrégulier, fréquent;
pouls dur,
saignée du
SO i
bras, répêtée le
Troisième jour. Prostration des forces,
nau- --- Page 60 ---
(52)
sées, légères douleurs au bas-ventre. Il est transporté à une habitation sur un morne voisin.
suis appelé. Minoratif léger,
Je
lieuses, faiblesses. On
quelques selles biessaie la décoction légère
dequinquina par cuillerées; elle est constamment
rejetée par le vomissement. Lavemens
cataplasmes émoliens sur touté la région émolliens, abdominale. Je nomme un officier de santé de
mière classe, , chargé de suivre la maladie preses plus minutieux détails et de nous
dans
compte. Les urines deviennent
en rendre
difficiles.
Quatrième jour. Faiblesse extréme, nausées
continuelles, pleine liberté des fonctions intellectuelles, application des vésicatoires aux
potion excitante avec l'infusion de
jambes,
camplre et la liqueur d'Hoffmann. quinquina, le
rejette. Les vomissemens
L'estomac la
brune, légère tension de fournissent une bile
l'abdomen.
Le cinquième. Prostration complète,
miculaire, état gangréneux
pouls ver.
soir.
évident. Il meurt le
Huitième observation.
Le général Le Doyen, inspecteur en
revues de l'armée, 2 cinquante ans. Constitution chefaux
pléthorique 7 tempérament sanguin
échaufté par les veilles et un travail forcé. 2 fatigué >
Premier jour. Frisson, mal de tête violent, les
l'abdomen.
Le cinquième. Prostration complète,
miculaire, état gangréneux
pouls ver.
soir.
évident. Il meurt le
Huitième observation.
Le général Le Doyen, inspecteur en
revues de l'armée, 2 cinquante ans. Constitution chefaux
pléthorique 7 tempérament sanguin
échaufté par les veilles et un travail forcé. 2 fatigué >
Premier jour. Frisson, mal de tête violent, les --- Page 61 ---
- 2 53)
yeux clargés, léger assoupissement. Un
du pays est appelé. II prescrit les
médecin
nitrées, les lavemens
eaux de poulet
que dans une pinte de laxatifs, un grain d'émétis'allume,
petit lait. Le soir la fièvre
Deuxième jour. Accidens plus
lent mal de tête, pouls
intenses, viovisage
frequent et tres-inégal,
rouge, yeux ardens ct chargés de
alternatives
larmes,
singulières entre
une jactation des
Tassounisement et
Troisième membres, une angoisse extrème.
jour. Je suis appelé.
aUx jambes et à la nuque, décoction Vésicatoires
quina camplirée et laxative,
de quinou qu'il ne prend
que le malade refuse
excitante
que trésimparfitement Potion
par cuillerées.
Quatrième jour. Méme état.
stertoreux, angoisses extrèmes, efforts Assoupissement du
pour aiderla
malade
Nul effet des respiration en se levant sur son séant.
vésicatoires.
ses ténues. Mort dans la nuit Quelques du selles bilieu4 au 5.
Neuvième observation.
Le C général de brigade,
Soixante ans > constitution sèche, commandant.
bilieux, caractère froid.
tempérament
Premier jour. Frisson,
douleurs de reins,
céphalalgic, nausées,
trée, Javemens lavemens, limonade légere nis
émolliens. --- Page 62 ---
(54)
Deuxième jour. Accroissement des
fièvre cependant modéree ainsi
accidens,
Minoratifqui entraine
que la fatigue.
Troisième
quelques selles bilieuses.
Le soir, urines jour. Méme état, mêmes accidens.
leuir excrétion faciles et claires, assez libres dans
et laxatifs,
7 lavemens tour à tour émolliens
geade légère, Quelques bouillons au riz, une orandestranches
cau vineuse. Une ou deux d'orange selles douce sucrée,
de couleur foncée et moins liées bilieuses, mais
Quatrième jour.
que la veille.
lière;
Prostration des forces singuTémission nausées, quelques hoquets, difficultés dans
des urines.
le bas-ventre, boissons Cataplasmes émolliens sur
légerement
coction de quinquina laxative camphrées, demalade la prend et la garde;q par cuillerées; le
et ténues.
quelques selles noires
Cinquième jour. Même état. Potion
angoisses du malade, suppression des urines excitante,
puis la nuit, météorisme du
dejaunes, surface de la peau teinte bas-ventre, de la
, yeux
leur. Pouls inégal
méme cou2 vermiculaire, intermittent.
Usage assez, libre des fonctions intellectuelles.
Sixième jour. Même état. Prostration
nier degré. Mort dans la nuit du 6
au derLes femmes créoles lui
au 7.
présence, pendant
ont prodigué en mà
plus empressés. toute sa maladie, les soins les
puis la nuit, météorisme du
dejaunes, surface de la peau teinte bas-ventre, de la
, yeux
leur. Pouls inégal
méme cou2 vermiculaire, intermittent.
Usage assez, libre des fonctions intellectuelles.
Sixième jour. Même état. Prostration
nier degré. Mort dans la nuit du 6
au derLes femmes créoles lui
au 7.
présence, pendant
ont prodigué en mà
plus empressés. toute sa maladie, les soins les --- Page 63 ---
- 1 55)
Dicidme observation.
La fièvre jaune exerçait dans les
Capdes 1 ravagesdautant
hopitaux du
de localités
plus fimestes, que, faute
cruelle
suflisantes, on s'était vu dans la
necessité de doubler les malades dans chaque lit. La contagion ne tarda pasà se
bien qu'on se prémunit contre elle de répandre,
secours que la chimie
tous les
moderne a fait
sur lesquels le conseil de santé des armées connaitre,
blié, en l'an 9, uneinstruction si utile; a puque le C.
secours
Guyton-Morveau a si bien
et développés. Elle s'attacha
appréciés
approchaient les malades; aux individus qui
des Pères, le C
l'économe de Thopital
confia à
succomba : un autre qui se
mes soins, le C fit
malade. Le
dangereusement
médecin en chef Boujardière
devenir la victime de son dévouement
pensa
tous les
: presque
moitic pharmaciens eurent la maladie, et la
d'entre eux fut enlevée, en y
le pharmacien en chef, le C. Blanchard. comprenant
les chirurgiens payérent
Tous
fut mortel
la
également le trihut ; il
pour plupart. La maladie se
lait à peu près par les mèmes
signasymptômes; ils
périssaient aux troisicme, cinquième ou
jours. Mes soins et mes visites répétis septième
jour étaient inutilés; j'étais désespéré. On chaque avait
-eru observer à Thopital que les vésicatoires
ap- --- Page 64 ---
(56)
pliqués de bonne heure avaient
militaires: cette méthode fut mise sauvé quelques
plusieurs ofliciers de santé; ils en usage chez
pliquer aux premières
se les faisaient apce moyen parut efficace atteintes de la maladie:
sans succès chez d'autres. chez quelques-uns, et fut
Onzièmeo observation.
Le C. Brosseau,
à Thôpital des Pères, chirurgien de troisième classe
constitution,
jeune homme d'une forte
Premier jour. tempérament Frisson sanguin, teint animé,
violent, quelques heures léger, mal de téte trèsvisnge rouge, agitation, après chaleur intense, 2
fort et
langue blanche,
fréquent; une saignée du
pouls
sons émollientes
pied, des boiset laxatifs.
nitrées, des lavemnens émolliens
Deuxième jour. Mèmes
moins vif, faiblesse
accidens; mal det tête
dur et plus régulier;l musculaire, pouls moins
liens sur le bas-ventre, lavemens, cataplasmes émolsel neutre,
petit lait aiguisé par un
quelques selles bilieuses.
Troisième jour. Chute de la
primé, prostration des
fièvre, pouls détions intellectuelles, forces, liberté des foncras dans Témission des visage pale, nausées, embarmême traitement
urines; même boisson et
verres d'infusion de que la veille, plus quelques
camomille
porte,
que l'estomac sup-
bas-ventre, lavemens, cataplasmes émolsel neutre,
petit lait aiguisé par un
quelques selles bilieuses.
Troisième jour. Chute de la
primé, prostration des
fièvre, pouls détions intellectuelles, forces, liberté des foncras dans Témission des visage pale, nausées, embarmême traitement
urines; même boisson et
verres d'infusion de que la veille, plus quelques
camomille
porte,
que l'estomac sup- --- Page 65 ---
5 57 )
Quatriène jour. Pouls relevé, eigal, selles bilicuses, urines toujours gendes ct troubles; doux
minoratifà prendre par verres, cataplasmes, lavemens à l'ordinaire.
Cinquième, sixième ets septième jours. Les forces reviennent peuà peu ; de doux excitans,l'eau
vineuse, 2 les bouillons et les crèmes de riz à l'eau.
Point de crise sensible, diminution successive
des symptômes, convalescence lente. Il fut envoyé
à l'ile de la Tortue, pour y recouvrer ses forces.
Douzième observation.
Le C. Hugonin, chirurgien en chef de T'hopital des Pères, jeune homme d'une constitution
faible, séche, irritable; tempérament
caractère
bilicux, 2
vif, un peu mélancolique : fatigué par
l'étude, les veilles, et par un travail forcé à Thopital.
Premier jour. Frisson de trois heures, mal
de tête à la région sus-orbitaire, maux de reins,
accablement; il s'affecte dès le premier instant,
ct désespère de sa guérison. Lavemens émolliens
ct doucement laxatifs, demi-bains,petitlait nitré;
quelques selles liquides qu'il veut voir absolument, et qui ne lui plaisent pas; le soir, fièvre
forte, pouls fréquent et vif, impatience extrème
du malade.
Deuxième jour. Accroissement des symptô- --- Page 66 ---
58 )
mes, langue muqueuse, nausées, douleur à la
région de l'estomac;il se dit frappéd'un
malin, et refuse de boire. Lavemens gastritis
demi-bain qui ne peut se
au-delà émolliens,
prolonger
d'un
quart dheure, cause de la faiblesse dn malade.
Troisiemejour. Chite du redoublement,
tration des forces, quelques
prosque l'issue fatale de sa maladie hoquets; il pronostiquième
Il
et la fixe au cinjour. se refuse à ladministration des
remèdes, enfin se rend à nos sollicitations. Infusion de camomille, rejetée par le vomissement,
qui entraine quelques matiéres brunes,
excitante, cataplasmes émolliens
potion
abdominale.
sur la région
Quatrième jour. Suites de la prostration,
pression des urines; ; le malade refuse tout supet ne veut que le repos. Dans la nuit du secours
il desire me voir
4 au 5,
: je me rends du
et le
trouve au dernier
Cap,
il me serre la main, me
Carsnaletrette
recommande ses camarades, et se renfonce dans son lit sans
une parole de plus. Le
proférer
et nous laisse
cinquième jour, il meurt
médecin
tous plus malheureux que lui. Le
Boujardière parait si frappé de cette
mort funeste, que je crois sa vie compromise s'il
continue le service en cet état, etjele fais
àl Tile de la Tortue
passer
pour y reprendre le
a perdu.
repos quil
me
Carsnaletrette
recommande ses camarades, et se renfonce dans son lit sans
une parole de plus. Le
proférer
et nous laisse
cinquième jour, il meurt
médecin
tous plus malheureux que lui. Le
Boujardière parait si frappé de cette
mort funeste, que je crois sa vie compromise s'il
continue le service en cet état, etjele fais
àl Tile de la Tortue
passer
pour y reprendre le
a perdu.
repos quil --- Page 67 ---
*
(5y)
T'reizième observation.
Le C 5 secrétaire du commissaire
res dIntrans, jeune homme d'une desguerdélicate, tempérament bilieux, caractère complexion
colique, esprit frappé des malheurs
mélanPremierj rjour. Enemligo.maldete publics.
accablement, dégott,
violent,
tres-vive,face
nauisées; le soir, chaleur
valtueuse,yeux
pouls firéquent sans être fort. ardensetlarmoyans, Bains de
nens
pied, laveémolliens, cau de poulet nitrée.
Deuxièmg jour. Accroissement des
mes, nausées, douleur à la région de symptosueur abondante lc soirà la fin du
Testomac,
Méme traitement, limonade
redoublement.
fortement sucrée.
d'oranges amères
Troisième jour. Prostration des forces
chite dela fievre, doulcurs
à la
agitation
abdominales, nausées,
membres. singulière, , jactation continuelle des
Lavemens émolliens, 2 minoratif
manne et de casse par
de
lieuses, un peu de sang verres;quelques dans les
selles bitourmentée par des
dernières; nuit
le matin.
songes sinistres qu'ilraconte
Quatrième jour. Même état, mêmes
à la région abdominale, les urines
douleurs
Potion d'infusion de camomille ne passent plus.
d'Hloffmamm,
avec la liquent
rejetée par le vomiésement; légère --- Page 68 ---
60)
infusion de quinquina à froid
duit aucun effet sensible.
passe, et ne proLe soir,
considérable parl le fondement,
hémorragie
des forces, liberté des
entière prostration
affubisementg
fonctions intellectuelles,
nie de
graduel de toutes les facultés. Agoquième vingt-quatre heures, mort à la fin du cinjour; les vésicatoires
le
sième n'ont pu être pansés.
appliqués
troiAinsi, dans le cours de
la
multipliant ses victimes, prairial, mort allait
frappant indistinctement
touteslestètes, et ne nous laissant que
de ne pouvoir modérer ses fureurs ledésespoir
marche. Tous les
et ralentir sa
moyens avaient été pris
atteindrece but desiré. Les
pour
multipliés; les habitations, hôpitaux avaient été
dans les mornes
heureusement situées
la dissémination voisins, avaient été destinées à
des malades. Un hôpital de
cents hommés avait été établi
douze
Nicolas,
au môle Saintdance position très-salubre; et la corresponannonçait que les maladies y étaient moins
funestes que dans les hopitaux du
environs.
Cap et de ses
Etat de la santé du Général
de madame
en chefet
Leclerc.
Cependant la santé du
quiétait vivement
général en chef m'in-
; le sort de la Colonie tenait
peut-étre à la conservation de sa vie, si chère à
€
établi
douze
Nicolas,
au môle Saintdance position très-salubre; et la corresponannonçait que les maladies y étaient moins
funestes que dans les hopitaux du
environs.
Cap et de ses
Etat de la santé du Général
de madame
en chefet
Leclerc.
Cependant la santé du
quiétait vivement
général en chef m'in-
; le sort de la Colonie tenait
peut-étre à la conservation de sa vie, si chère à
€ --- Page 69 ---
(6r)
son armée, si précicuse à tous les habitans d'une
colonie qu'il venait de sauver et de reudre à la
mère-patrie. Il souffrait depuis long- temps de
maux d'estomac, sa faiblesse était
il
avait éprouvé, dans la campagne qu'il extrême; venait de
terminer, un flux dyssentérique quil'avait
mais il était soutenu par son courage et épuisé; la
force naturelle de sa constitution. Je tremblais par
de le voir (ce qui lui arrivait souvent)
tous nos hopitaux, se précipiter. . au Sein parcourir de la
contagion, ranimant les infortunés
de sa gloire et de Ses travaux,
compagnons
par sa
ses discours consolants et ses géndreux présence, 2
La situation de madame Leclerc
secours.
ne
pas moins d'alarmes. C'était le plus attendrissant m'inspirait
des spectacles que celui d'une femme jeune, sensible, d'une constitution délicate et
transplantée tout à coup du sein
nerveuse, 2
des plaisirs de la
delopulence et
capitale, sur le thédtre de la
guerrela plus horrible, assise seuleau milieudune
colonie immense sur des cendres et des ruines,
ayant à tous les instans à craindre pour les
de son époux, d'un fils de
jours
cinq ans, et pour sa
propre vie, Le général en chef m'avait ordonné
d'engager, autantquejelep pourrais, madame Leclerc à repasser en France : je n'avais pu rien
obtenir ; mes instances avaient même un
eccasionné quelques
jour
spasmes, qui cessèrent du --- Page 70 ---
(62)
moment où le général en chefl'assura
partirait pas. Tous deux m'honoroient qu'elle ne
de leur
confiance, et tous mes efforts tendaient à la
tifier. Je les avais engagés à
jusjours à l'ile de la Tortue
passer quelques
ils sly étaient rendus. A leur pour sy reposer; ;
sai le général en chef de faire retour, je prestique avec succès dans les villes des ce qui se pralorsque la fièvre jaune y règne, de s'établir Etats-Unis, dans
une habitation voisine où il serait à Tabri de la
contagion. Il choisit dans le morne du Cap T'habitation Destaing, parfaitement située sous tous les
rapports;le général Dugua, chefdel Tétat-major,
campa auprès du général en chef; les
furent au moins tranquilles sur la vie du citoyens
général et de sa famille.
capitaine
Accroissement du nombre des malades et
de P'intensité de la maladie.
Tel était l'état affligeant des choses au mois de
prairial. Las gravitéde la maladie régnante devenait
chaque jour plus redoutable; toutes les méthodes
detraitement éeieantinfudtuenement
Le général en chef appelait les officiers employées. de santé
en chef de I'armée à de fréquentes conférences
sur la nature et les progrès de cette maladie,
ainsi que sur les moyens les plus convenables à
employer. Un médecin, arrivé récemment des
at affligeant des choses au mois de
prairial. Las gravitéde la maladie régnante devenait
chaque jour plus redoutable; toutes les méthodes
detraitement éeieantinfudtuenement
Le général en chef appelait les officiers employées. de santé
en chef de I'armée à de fréquentes conférences
sur la nature et les progrès de cette maladie,
ainsi que sur les moyens les plus convenables à
employer. Un médecin, arrivé récemment des --- Page 71 ---
(65)
Etats-Unis, de Philadelphie, ou il avait pu observer tous les développemens de la fièvre jaune,
connaitre et apprécier les opinions des médecins
dup pays, et comparer, s parlexpirience, les divers
traitemens adoptés, ne nous avait fourni aucun
renseignement propre à nous faire sortir de l'embarras cruel dans lequel nous nous trouvions.
Assemblée générale des officiers de santé.
Le genéral en chef desira que tous les officiers
de santé de première classe de T'armée, résidens
au Cap et dans les environs, réunis à tous les
praticiens de la ville ct des licux circonvoisins,
s'assemblassent, consultassent ensemble, se communiquassent les résultats réciproques de leur
expérience, et adoptassent un plan curatif qui
ne pût qu'être modifié par les circonstances ct
par ydiosyncrasie des individus attaqués.
Cette assemblée eut lieu, le II prairial, chez
les ofliciers de santé Cll chef de l'armée. La conférence s'ouvrit par la proposition que je fis d'établir l'ordre suivant dans la discussion:
1° Histoire et marche de la maladie régnante
au Cap;
2° Causes générales, particulières, locales;
5° Nature et classification nosologique de la
maladie; --- Page 72 ---
(64)
4° Diagnostic précis de la maladie;
50 Ses crises et son pronostic;
6° Traitement préservatif, traitement méthodique à ses diverses époques;
7° Ce qu'il faut penser du traitement dit du
pays, vulgairement employé;
80 Usage de la saignée, de Témétique, des
purgatifs, du quinquina, du camphre, des vesicatoires dans celte maladie;
9°Ce qu'il faut penser sur la contagion et
le caractère prétendu pestilentiel de cette maladie;
to-Tlapprodiementde, cettemaladie avec celles
de même nature, qui, dans tous les
régné au Cap et dans la
temps, 3 ont
d'autres contrées.
Colonie, ou qui ont ravagé
IIO Moyens propres à arrêter le cours, ou à
prévenir le retour de la maladie.
Cette marche méthodique de discussion a été
adoptée. Les diverses opinions balancées n'ont
offert que de légères difiérences entre
plutôt relatives à l'individu
elles; et
tère de la
malade, qu'au caracmaladie; les traitemens ont été
dans les hôpitaux de I'armée sur ces dirigés
principes
généraux : jai rédigé en
le
qui suit. e
conséquence mémoire
la maladie.
Cette marche méthodique de discussion a été
adoptée. Les diverses opinions balancées n'ont
offert que de légères difiérences entre
plutôt relatives à l'individu
elles; et
tère de la
malade, qu'au caracmaladie; les traitemens ont été
dans les hôpitaux de I'armée sur ces dirigés
principes
généraux : jai rédigé en
le
qui suit. e
conséquence mémoire --- Page 73 ---
a
(65) )
Rapport sur la maladiequia arégnéau
Cap Français et dans la Colonie,
depuis le mois germinal CIL 10.
Histoire et marche de la maladic.
La maladie n'a point de symptômes précurscurs, ou du moins ils sont assez rares, et ne se
sont montrés que dans lcs sujets qui, avant
elle, étaient frappés de terreur. Elle commence
par un violent mal de tète,au-dessus de la région
des orbites, oul sur un point circonscrit de la calotte hémisphérique. Un frisson plus ou moins
long le précède, laccompague ou le suit; bientôt des lassitudes, le vertige,
laccablement, et
souvent des nausées se déclarent. A ce premier
état succèdeune chaleur, une ardeur extrème; la
fièvre s'allume, le mal de tête et de reins devient
insupportable; le pouls est vif, dur et fréquent; la
peau tantôt sèche, tantôt humide d'unc rosée fine
de sueur: ; langue blanclie, couverte d'un enduit
muqueux, visage d'un rouge foncé, ceil ardent,
tantôt sec, tantôt humide; oppression singulière,
ou anxiétés de la région cardiaque; urines tantôt blanches et jumenteuses,
7 tantôt déjà difficiles
dans leur excrétion. Le premier état ou ce paroxisme dure douze, vingt-quatre, trente, quarante-huit heures : plus il est court plus, il est sinistre. La fièvre tombe, le pouls se régularise;
ol --- Page 74 ---
(66)
quelquefois assez semblable au pouls
d'autres fois il se déprime, devient
naturel;
serré: des vomissemens,
inégal, petit,
surviennent ; ils entrainent plus ou moinsopinidtres,
licuses, porracées,
des déjections bide café. Ils se renouvellent ou noiratres, ou de couleur
quelque boisson,
lorsque lemalade prend
La prostration des sur-tout si elle est excitante.
instans de la
forces, qui, dans les premiers
d'une irritation maladie, s'était couverte du voile
che à grands très-vive, Le
se démasque et marger de sa
pas.
malade ne sent pas le dande
situation, il jouit de la
ses fonctions intellectuelles,
pleine liberté
linterroge, , prend ce qu'on lui répond quand on
dans laccablement del la
offre, et retombe
les défillances, la
prostration. Les hoquets,
morragies
les suppression des urines, les héture des saignées par narines,Tanus, ou par Y'ouverdens
que I'on a faites, sont les acciqui se présentent ou séparés ou réunis, Les
déjectionss ssont souvent noires; le
été d'un
visage, quiavait
rouge foncé, se colore
ou moins saturé: cette suffusion d'un jaune plus
pand sur la surface du
ictérique se réloin une odeur
corps: le malade exhale au
le troisième, cadavéreuse; il meurt le premier,
ladiese
cinquième, septième jour.. Si la maprolonge, elle laisse
dans ces cas, la fièvre s'est quelques espérances;
des rémittentes,
rapprochée de l'ordre
c'est-a-dire, qu'elle a éld sujette,
se colore
ou moins saturé: cette suffusion d'un jaune plus
pand sur la surface du
ictérique se réloin une odeur
corps: le malade exhale au
le troisième, cadavéreuse; il meurt le premier,
ladiese
cinquième, septième jour.. Si la maprolonge, elle laisse
dans ces cas, la fièvre s'est quelques espérances;
des rémittentes,
rapprochée de l'ordre
c'est-a-dire, qu'elle a éld sujette, --- Page 75 ---
a - :
(67 I
)
à des redoublemens ct à des ré
dans son cour's,
a lieu, elle est
missions. Quand la convalescence
incertaine;l les rechiltes sont fréquentes,
diflicile,
ct presque toujours mortelles.
PARTICULIÈNES, LOCALES.
CAUSES OÉNÉRALES,
Causes générales.
de cette maladie sont
Les causes générales tribut nécessaire à presque
celles qui rendent ce viennent habiter les Colotous les Européensqui
meurnies; mais ce tribut n'est pas également sont :
trier tous les ans. Ces causes générales
1° l'action continuelle et vraiment insupportable,
quatre à cinq mois, des rayons perpenpendant d'un soleil bralant sur les Européens
diculaires
ha2° Timpression
qui ne sont pas aclimatés; humidité chaude et
bituelle et profonde d'une
pourrissante sur les mèmes individus. extrème,
de ces causes, la chaleur
La première humoral dans un véritable état
jette le systâne
bouillir dans les
d'effervescence. Le sang parait
une espèce d'élan versl'orveines; il se porte par
cruclcérébral, détermine ces céphalalgics
gane
cessent
la fin du jour, pour reles, qui ne
qu'à lever du soleil. Cette
paraitre le lendemain au
appeler irritamême irritation, que je pourrais de la peau,y
tion solaire, portée sur la surface
de turgescence. 2 ou de pléoccasionne une espèce
-
2 A a --- Page 76 ---
( 6 63 )
thore locale, qui gêne, ralentit ou -engourdit les
mouvemens des membres, et les tient dans
une lassitude permanente. Portée sur les organes
exhalans, elle les agace, fait naitre des sueurs
abondantes, excite à la peau des
des picotemens
fourmillemens,
taches
doulourcux, des rougeurs, des
érysipélateuses, 2 des éruptions miliaires
rouges, (sudamina) dont la présence tourmente
et dont la disparition trop prompteinquitte.
La seconde de ces causes générales, l'humidité chaude, est énervante et sédative de sa nature, et porte son action première sur Torgane
gastrique et ses dépandances; les fonctions de
la digestion se ralentissent, ses
produits se dépravent, Thumeur biliaire ne tarde pas à subir
une altération plus ou moins septique. Cet état
s'annonce par les affections bilieuses de toute espèce, maladies les plus communes pour les nouveaux débarqués 9 les coliques, les gastrodynies,
lescholera morbus, les diarrhées, les
ries, lesténesmes
dyssente-,
déchirans et si souvent
Les causes générales de la fièvre funestes,
toujours été les mémes. Pour s'en jaune, ont.
il suffit de consulter les
convainere,
praticiens de Saint-Domingue, de la Jamaique, de la
de
toutes les: Antilles, des
Caroline,
Etats-Unis, des Indes
Orientales; de tous les lieux où ces causes
vent exercer leur action redoutable.
peu-
, lesténesmes
dyssente-,
déchirans et si souvent
Les causes générales de la fièvre funestes,
toujours été les mémes. Pour s'en jaune, ont.
il suffit de consulter les
convainere,
praticiens de Saint-Domingue, de la Jamaique, de la
de
toutes les: Antilles, des
Caroline,
Etats-Unis, des Indes
Orientales; de tous les lieux où ces causes
vent exercer leur action redoutable.
peu- --- Page 77 ---
(G)
Inyapas un Européen, arrivant
la
mière fois à Saint-Doningue,
pour preou moins les effets de ces causcs quinieprouve plns
mème
réunics, lors
qu'elles ne se sont pas assez
O11 qu'elles n'ont pas trouvé une développées,
asscz prononcée dans Tindividn, prédisposition
principe vital dans
pour frapper le
tion de la maladie SCS sources, par la producHeureux
terrible dont je fais Thistoire.
les hommes qui ont été
Ce fléau au prix de quelques maladies préservés de
ves, qu'ils ont eucs à
moins graà les acclimater!
supporter, ct qui ont servi
Causes particulières.
Jappelle causes particulières celles
aux causes générales, en sont
qui, tenant
et servent à les modifier cependant distinctes
ainsi qu'une
plus ou moins. C'est
plus
cause particulièrea donnécette année
d'intensitéal la maladie de
et Ta rendue, pour ainsi dire, Saint-Dosningue,
qu'elle frappe un assez, grand nombre épidémique, de puisCest la température
colons.
qui regne depuis six mois extraordinairement dans
sèche
les parties du monde
presque toutes
médecin
connu. M. Desportes, le
qui a le plus fidellement écrit
de cette maladie,
Thistoire
qu'il a suivie
ans au Cap, prouve,
pendant quatorze
a éétoujoursd'autant par Ses observations, qu'elle
plus cruelle, > que les années
0 o --- Page 78 ---
(7 70)
ont été plus sèches. Enlan
6, sous l'action d'une
température semblable, les Anglais
le mole
occupaient
sains Saint-Nicolas et ses environs, lieux fort
par leur position : ils étaient au nombre de
vingt-cinq mille hommes; ils en perdirent les
sept huitièmes par la fièvre jaune dans le
de cet été. Il en a péri de mille à douze cours
jour pendant près de trois semaines. cents par
des mêmes causes
Le retour
effets.
produira toujours les mémes
Causes locales.
Les causes locales enfin, qui rendent
moment la fièvre jaune si funeste
en ce
qui lui impriment
au Cap, et
un caractère contagieux et
presque pestilentiel, sont en grand
sont dues aux malheurs de la nombre; elles
et à l'incendie de cette
guerre actuelle
sont: :
superbe ville, Ces causes
L'air infect que l'on respire auprès des maisonsincendiées, dans lesquelles des denrées
données ont étélivrées à une
abanpide. Ruch attribue la fièvre décomposition rajaune qui
Philadelphie en 1793, à quelques ballots ravagea de
gaté qu'on laissa dans des
café
de la
magasins situés au bord
mer, et qui se putréfierent. Les mêrnes
maisons abandonnécs ont servi
latrines aux
long-temps de
matelots, aux soldats,
"s'en trouve point en cette ville. parce qu'il ne
Les miasmes
ont étélivrées à une
abanpide. Ruch attribue la fièvre décomposition rajaune qui
Philadelphie en 1793, à quelques ballots ravagea de
gaté qu'on laissa dans des
café
de la
magasins situés au bord
mer, et qui se putréfierent. Les mêrnes
maisons abandonnécs ont servi
latrines aux
long-temps de
matelots, aux soldats,
"s'en trouve point en cette ville. parce qu'il ne
Les miasmes --- Page 79 ---
-
-
(71) )
s'en élèvent le matin au lever
méjphitiques exhalent qui dans tout le voisinage une
du soteil
fétidité suffocante. cimetière public de la FosLe voisinage du
à
beaucoup trop resserré dans sa surfacc,
sette, du nombre de cadavres quel Tony entasse ;
raison
des fosses fort au-dessous
le peu de profondeur
les lois de police;
des dimensions prescrites par
criminelle avec laquelle on procède
la négligence
telles sont les causes qui meaux inhumations,
dévelopnacent des dangers sans nombre, parle
déjà
pement des gaz délétères dans uneatmosplière livicide; les voiries abandonnées, 9 les animaux
les lieux où ils périssent, à une décomvrés,sur dont les produits se mèlent par-tout à
position
l'air que respirent les citoyens.
locales la
Il faut ajouter enfin à ces causes de I'ame
terreur qui s'empare trop facilement disposition
dans les calamités de cette nature,
à la maladie, et qui laggrave toujours.
prochaine
Nosologique de
Nature et Classification
la maladie.
Cette maladic est la fièvre connue, dans tous
les médecins qui ont pratiqué
les temps, par sous le nom de fièvre putride,
dans les Colonies,
fièvre jaune, lorsfièvre maligne, mal de Siam,
des phél'affection ictérique est au nombre
que
- 0 --- Page 80 ---
(72) )
nomènes quila caractérisent. C'est la Tritéophie
d'Amérique de Sauvages, la fèvre rémittente bilieuse des pays chauds de Lind, le
typlus ictérodes et pétéchial de Cullen, la
fievre maligne jaune des Indes Occidenta.
les de Makittrick, la fièvre bilieuse maligne jaune dAmérique de Moultrie, la fièvre rémittente, bilieuse gastritique,
tritico- hépatique de Mosely ; elle appartient gas- à
une famille spéciale des ordres composés de la
fèvre adynamique, atazique et quelquefois
adeno nerveuse du docteur Pinel.
Trois degrés de la maladie.
Onlui reconnait évidemment trois degrés d'intensité; au premier degré, c'est une fièvre adynamique simple; les accidens sont ceux d'une
irritation gastrique,plus ou moins vive, àlaquelle
succède une prostration des forces, quelquefois
funeste. Elle est toujours inquiétante, et son
pronostic ne peut étre prononcé favorablement
qu'aprés le dixième ou le douzième jour; T'affection ictérique, plus ou moins grave, en est
souvent la crise heureuse; le plus ordinairement
elle se termine par des déjections bilieuses; les
organes gastriques demeurent assez long-temps
débilités dans la convalescence.
Au second degré, c'est la fièvre adynamique
dans toute son intensité, et plus ou moins com-
ante, et son
pronostic ne peut étre prononcé favorablement
qu'aprés le dixième ou le douzième jour; T'affection ictérique, plus ou moins grave, en est
souvent la crise heureuse; le plus ordinairement
elle se termine par des déjections bilieuses; les
organes gastriques demeurent assez long-temps
débilités dans la convalescence.
Au second degré, c'est la fièvre adynamique
dans toute son intensité, et plus ou moins com- --- Page 81 ---
(75)
pliquée de l'ataxique. Les accidens sont redourables S et multipliés;le paroxysme ou T'exacerbation fébrile cst considérable; unc prostration effrayante lui succède; les malades périssent leplus
souvent du sept au douzième jour; s'ils survivent,c'estàlaide, d'une diarrhée bilicuse critique,
qui les réduit à un état d'épuisement extrème,
ou d'une jaunisse qui laisse long-temps de l'incertitude sur son issue. La convalescence est toujours d'une lenteur tatigante; les rechites sont
presque toujours mortelles. C'est à ce degré de la
maladie que l'on peut espérer quelque chosc de
Tadministration des remedes, s'ils ont été convenablement ordonnés et appliqués dès les premiers instans de la maladie.
Autroisibmedegre, c'est la fièvrea adynamiqueataxique dans toute sa gravité; quclquefois compliquée de l'adeno-nerveuse; ; c'est une fièvre pestilentielle 1 la fièvre maligne essentielle de quelques auteurs. Un seul accès la caractérise; sonl issue, rapidement funeste, a présenté plus d'une
fois des charbons ou des affections
glanduleuses
analogues. Ona vu des militaires et des matelots
tomber morts tout à coup, comme par syddration, au milieu de la meilleure santé. Le
roxysme; composé du frisson, 3 du chaud et de E
gangrène, dure 15, 20, 50, 56,48 heures.
D'autres fuis, c'est une espèce de fièvre cd- --- Page 82 ---
(74)
les accidens soporeux
rébrale, qui se signale par
du coma-wigil, ainsi est mortlepréou par ceux Bénézech. Cest le sort qui menace
fet colonial
de quales hommes replets qui ont passé Tâge
du
qui sexposent à la chaleur
rante-cinq ans,
travail trop assidu du
jour, qui se livrent à un
forte concabinet, aux affaires qui exigent une violens, à
tention de Tesprit, à des exercices
soit excitantes, soit dépriT'empire des passions,
mesuré ou
mantes, à un régime de vie trop peu
trop échauffant.
madie est mortelle dans
Le plus souvent cette
la fièvre jaune
l'espace de trois jours : à cedegré,
au-dessus de tous les secours de Tart, quels
est
manière et dans quelquils soient 7 de quelque
soient administrés.
que temps qu'ils
Diagnostic précis de la maladie.
précis d'une maladie se fonde
Le diagnostic
tracent la ligne de démarsur les caractères qui
ont le plus de rapcation entre elle et celles qui
ports avec elle. la fièvre jaune a, dans son inC'est ainsi que
exacerbation, des ravasion et dans sa première
avec le cauprochemens plus ou moins marqués deux maladies,
suS ou la fièvre-ardente. Dans ces
les
le pouls est dur , la face animée et rouge,
la tête tres-douloureuse;
yeux ardens et chargés,
adie se fonde
Le diagnostic
tracent la ligne de démarsur les caractères qui
ont le plus de rapcation entre elle et celles qui
ports avec elle. la fièvre jaune a, dans son inC'est ainsi que
exacerbation, des ravasion et dans sa première
avec le cauprochemens plus ou moins marqués deux maladies,
suS ou la fièvre-ardente. Dans ces
les
le pouls est dur , la face animée et rouge,
la tête tres-douloureuse;
yeux ardens et chargés, --- Page 83 ---
(75)
mais la fièvre ardente se prolonge
visagen'est pas coloré du
davantage; ; le
quiyest répandu dans la fièvre rouge pourpre et foncé
comme dans les premiers
jaune,à peu près
la face; la fièvre ardente jours de Térysipele à
moragiescnitiques;àl se termine par des hépas les accidents d'une Texacerbation ne succèdent
frayante. Elle ne
prostration de forces cftérique, de
présente jamais de suffusion icde disolution, vomissemens noirs, d'hémorragies
maladies,
déruptions pétéchiales; ces deux
rapprochées dans leurinvasion
ques symptômes
par quelbien
communs, 9 sont donc de nature
différente, et il serait
confondre,
très-dangercux de les
Il a plu à un médecin
de ne pas séparer de la anglais, le D. Warens,
la Barbade. A. Dieu
peste, la fièvre jaune de
erronnée
ne plaise qu'une
se propage!l Il existe sans doute opinion aussi
symptômes communs, à raison du
quelques
nique qui les signale toutes deux. Les caractèreasthè.
communs sont une irritation vive dans symptômes
ct, par la suite, Tentière
linvasion,
Tanxiété
prostration des forces,
précordiale, les hémorragies de
tion, la fétidité cadavéreuse
dissoludévclopper ; mais la
très - prompte à se
taines régions la peste est endémique à cerlesindividus ; fièvre jaune ne l'est que pour
chauds; la quin'ont point encore habité les
peste ne se communique
pays
que par con-
dans symptômes
ct, par la suite, Tentière
linvasion,
Tanxiété
prostration des forces,
précordiale, les hémorragies de
tion, la fétidité cadavéreuse
dissoludévclopper ; mais la
très - prompte à se
taines régions la peste est endémique à cerlesindividus ; fièvre jaune ne l'est que pour
chauds; la quin'ont point encore habité les
peste ne se communique
pays
que par con- --- Page 84 ---
(76)
tagion, et se communique à tous ceux
exposent; ; la fièvre jaune n'atteint
qui sy .
vidus une fois acclimatés.
plus les indidans la
Iny a ordinairement
peste, ni vomissemens noirs, ni suftusion
ictérique; ces symptômes sont
del la fièvre jaune. La
pathognomoniques
tômes
peste se reconnait aux sympqui affectent le systéme glanduleux. Ces
symptômes sont très-rares dansla fièvre jaune.
Diverses contrées de
TAmérique ont pu être
frappées et peuvent l'être encore de maladies
démiques de nature
épiputride ou asthénique; quelques auteurs ne les ont pas distinguées de la fièvre
jaune; mais c'est à tort, Les
à une constitution
épidémies sont dues
circonstances
particulière de l'air, ou à des
locales, telles que l'entassement des
hommes, les mauvaises qualités OuI le défaut des
alimens nécessaires à la vie. La fièvre
produit d'une chaleur extrême
jaune est le
sur les corps vivans
qui ne sont point accoutumés à cette
les épidémies ont un temps déterminé impression;
cours; la fièvre jaune
pour leur
ment les
attaque en masse ou isolénouveaux débarqués; les épidémies n'épargnent personne, les habitans sont rarement
atteints de la fièvre jaune. On ne peut cependant
disconvenir que la fièvre jaune devient épidémique, lorsque les causes qui la produisent
même sur les individus accoutumés à l'action agissent
la chaleur. Telles ont été les
de
épidémies des diver-
cours; la fièvre jaune
pour leur
ment les
attaque en masse ou isolénouveaux débarqués; les épidémies n'épargnent personne, les habitans sont rarement
atteints de la fièvre jaune. On ne peut cependant
disconvenir que la fièvre jaune devient épidémique, lorsque les causes qui la produisent
même sur les individus accoutumés à l'action agissent
la chaleur. Telles ont été les
de
épidémies des diver- --- Page 85 ---
(77)
ses contrées de T'Amérique oul même de
Il faut également tracer une ligne de TEurope.
entre la fièvre jaune et les fièvres
séparation
des prisons, bien
dhopitaux et
qu'elles aient
tômes communs. Ceux-ci tiennent lcaucoupdlesympau caractère
asthénique, qui appartient également à toutes CCS
maladies; mais il est des symptônes spéciaux
font de la
qui
fièvrejaune un genre particulier : tels
sont les vomissemens noirs 2 la suffusion ictorique, la suppression des urines, Tirritation
jours très-vive dans linvasion, le visage
toul'oil ardent.
rouge et
La lievrejaune est-elle bien distincte des fièvres
bilieuses? C'est un problème médical dont la
lution intéresse Thumaniré,
SOcroire
Ily a tout lieu de
qu'elle n'est autre chose que le
des fièvres rémittentes bilieuscs. On maximum
le croire en CC que, tandis
les est fondé à
qJue
fièvres
attaquent les étrangers, les doubles tierces jaunes
ses sont les maladies régnantes
bilicuparmi les colons
en ce que les rémittentes bilieuses,
;
les nouveaux débarqués,
qui attaquent
dégénèrent facilement
en fièvre jaune ; en ce que la fièvre
premier degré, se confond très-facilement jaune, au
les fièvres bilicuses rémittentes
avec
; en ce que les
éurangers, qui se sont acclimates sans la fièvre
jaune, ont eu tous des affections bilieuses de telle
ou telle espèce; en cC quel les circonstauces les plus --- Page 86 ---
(,8)
propres à la production de la fièvre jaune, tels que
le voisinage des lieux marécageux, les émanations
putrides dè toute espèce, sont aussi celles qui font
naitre et entretiennent les fièvres et les maladies
bilieuses; enfin, en ce que les méthodes curatives
qui leur conviennent sont identiques.
Crises et pronostic de la maladie.
a Plus le premier paroxisme fébrile est court s'il
est violent, plus ily a de danger. Les jours redoutables sont le 5, le 5 et le 7. Si le malade
passe le terme , pourvu qu'en même temps les
accidens s'appaisent, et que le ventre s'ouvred doucement, il y a espérer ; mais, dans ce cas favorable mème, il ne faut pas perdre de vue le malade. La faiblesse qui succède à la fièvre est si
grande, que la plus légère imprudence lui devient
fatale.
Les crises sont rares dans?la fièvre jaune, ainsi
dans toutes les fièvres malignes; quand elles
que
elles sont imparfaites et siégent
se préséntent,
diarrhée
difficilement. La mcilleure crise est une
bilieuse, pourvu toutefois que sa violence ne fale malade : viennent ensuite les
tigue pas trop
urines épaisses et bilieuscs, l'affection ictérique
après le septième jour, puis les affections cutanées, tels que les cloux, les dépôts, les boutons,
les éruptions de toute nature, qui demeurent long-
que
elles sont imparfaites et siégent
se préséntent,
diarrhée
difficilement. La mcilleure crise est une
bilieuse, pourvu toutefois que sa violence ne fale malade : viennent ensuite les
tigue pas trop
urines épaisses et bilieuscs, l'affection ictérique
après le septième jour, puis les affections cutanées, tels que les cloux, les dépôts, les boutons,
les éruptions de toute nature, qui demeurent long- --- Page 87 ---
: o.2
-
(79)
temps en suppuration. Si la maladie cst au
mier degré, une hémorragie nazale et
prehémorroidal modéré
un flux
peuvent être des crises salutaires, sinon, ce sont des accidens mortels.
Les signes funestes sont l'invasion de la maladie par un frisson long et violent, le vomissement
noir, la suppression des urines, les
les hoquets, les hémorragies
défaillances,
passives.
La marche de'cette maladie terrible a fixéd'autant plus justement l'attention des
de l'armée
ofliciersdesanté
, qu'on ne la rencontre dans
des fièvres de mauvaise nature
aucune
n'est dans les
en Europe, si CC
maladicespeatilentilles des contrées
méridionales.
Il faut toujours bien distinguer dans la fièvre
jaune, la présence de la fièvre ou l'état d'irritation, l'absence de la fièvre ou l'état
L'état fébrile ou d'irritation
gangréneux.
mation sourde dans les
annonce l'inflamde l'estomac
organes gastriques, le
et des intestins
long
tême secréteur de la
gréles, et dans le sysbile; mais cette
tion asthénique n'a que des
inflammale vrai gastritis
rapports éloignés avec
> enteritis,
titis ou autres affections
hepatilis, 2 cysques. Dans la fièvre jaune, inflammatoires il existe
sthéniL
ments, des lioquets
des vomisse-
-
sensibilité de
continuels, et cependant la
l'estomac et des intestins
au dehors; ces
est nulle
organes,.palpés méme assez vive00 --- Page 88 ---
80 )
ment, ne font éprouver aucune douleur, le
des viscères enflammés ne s'élève
corps
l'état naturel; le bas-ventre
pas au-delà de
n'est ni tendu ni météorist;lasmppression desurinese existe, et lai région
hypogastrique vésicale ne présenteàlTextérieura aucun changement. Ce genre d'inflammation marche
rapidement mtror-butasanman
est clairement
Ile est
sedoiataseenthent
tresimportant del le reconnaitre dansl sla pratique, quoiqu'il ne soit malheureusement
constantgulilsetermine) lej plus souvent par! que la mort. trop
Traitement préservatif.
Les Européens qui veulent éviter les atteintes
de la fièvre jaune doivent aller habiter les
mornes
poury respirer l'air pur et frais de ces lieux élevés. Si leurs devoirs les retiennent à la ville; ils
et sur-tout des
fmotimris
environs de l'embouchure de la
rivièredu haut du Cap, lieux où la brise de terre
porte chaque jour les émanations
de cette surface immense de lagons qui marécageuses s'étendent
de T'embarcadère de la petite anse au bourg du
haut du Cap. Ceux qui sont d'une constitution
pléthorique se feront faire une ou deux saignées
en arrivant à SaintDomingue, et prendreu, dans
le cours du premier mois de leur séjour, un doux
minoratif de manne et de tartrite acidulé de
po-
haut du Cap, lieux où la brise de terre
porte chaque jour les émanations
de cette surface immense de lagons qui marécageuses s'étendent
de T'embarcadère de la petite anse au bourg du
haut du Cap. Ceux qui sont d'une constitution
pléthorique se feront faire une ou deux saignées
en arrivant à SaintDomingue, et prendreu, dans
le cours du premier mois de leur séjour, un doux
minoratif de manne et de tartrite acidulé de
po- --- Page 89 ---
(81 )
tasse qu'ils répéteront deux ou trois fois. Un
d'eau tiède dun quart dheure,
bain
unl
ou, à son
pédiluve sera nécessaire de deux défiut,
Du reste, la modération et la
jours l'un.
tous les rapports, sont les
températice, sous
préservatifs, Tout
premiers et les plus stirs
tation dans le
ce qui porte du feu et de lirrisystême n'est pas moins
que ce qui tend à l'énerver.
dangereux
doit être mélé à celui des L'usage des viandes
manger les fruits
dans végétaux. Il ne faut
ct SC souvenir que
leur état de maturité,
qu'ils sont tous acides ou mucilagineux, et, par cela, contraires à l'estomac. Il
important de s'abstenir de sortir
est
heures du matin
depuis sept
jusqu'à II heures ou
ment oir la brise du large vient
midi; modu soleil. On évitera avec le
tempérer l'ardeur
menade du bord de
plus grand soin la procheurp
mer le soir, temps où la fraiprécipite les émanations
soleil a tenues en évaporation mtancogeuscsquele dans la
militaires se souviendront
journéc. Les
plus dangereux
de toujours que rien n'est
que se coucher et
sur la terre humide, le long des
s'endormir
menade du matin
lagons. La proc'est aussi le
est très-favorable à la santé;
le
temps où le travail du cabinet est
plus facile et le plus convenable.
Si l'on éprouve quelque incommodité
il convient de faire à linstant
légère,
nade d'orauges
usage dune limoamères, ou d'une limonade vi6 --- Page 90 ---
(82)
neuse, de quelques bains tièdes, de
vemens rafraichissans le
quelques lanoratif:
soir, et d'un doux mi-
: après cela, un exercice modéré à
ou à cheval dans les temps
pied
sipation
convenables, la dis-
, rétabliront lintégrité des
faut sur-tout user de toute la force de fonctions. la
II
pour que les affections de T'ame ne
raison
lei caractère de morosité et de
prennent pas
que des maladics
mélancolie, lorsleurs
plus ou moins graves exercent
ravages. Il est. sans doute difficile de se livrer
à la gaieté quand on compte
chaque.jour ses connaissances, ses amis, ses camarades au
des victimes; mais la
nombre
philosoplie doit alors
cer lout son empire : le citoyen
exerdansces circonstances
qui se ménage
pour lui
difficiles se conserve moins
qué pourla patrie, et cetter réflexion
faire taire. la sensibilité.
doit
Traitement méthodique aux diverses
époques de la maladie.
Lorsque la maladie est déclarée, tant
la
fièvre est forte; et que les accidens de l'irritation que
du système gastrique existent, on ne
s'occuper d'autre chose que du soin de peut la calmer guère
par les boissons adoucissantes nitrées, les
de poulet, les bains entiers ou les demi-bains eaux de
quelques minutes, ou,si les forces du malade nele
permettent pas, lespédiluves tièdes répétés toutes
adie est déclarée, tant
la
fièvre est forte; et que les accidens de l'irritation que
du système gastrique existent, on ne
s'occuper d'autre chose que du soin de peut la calmer guère
par les boissons adoucissantes nitrées, les
de poulet, les bains entiers ou les demi-bains eaux de
quelques minutes, ou,si les forces du malade nele
permettent pas, lespédiluves tièdes répétés toutes --- Page 91 ---
(85)
lessix lieures,l les lavemens
émolliens et doucement multipliés, tour à tour
émolliens
laxatifs, les cataplasmes
appliqués et continuellement
clands sur la région
entretenus
secours
abdominale; tels sont les
qu'exigent les premiers momeus
maladie : si ces
de la
moyens ont produit
avantage, on peut les scconder
quelque
ratif doux et dont l'effet soit par un minoforces du malade : si, à travers proportionné les
aux
Tirritation, on découvre
accidens de
des
ceux de la
forces, il faut, à l'instant même prostration
tombe,
oùz la fièvre
les décoctions passer, aux excitans, appeler à son secours
de quinquina, ou simples, ou émulsionnées, ou rendues laxatives, les boissons
phrées, les lavemens de même
camexcitans, les
espèce, les juleps
oblige d'alterner vésicatoires; on se trouve souvent
ou de mitiger ces
manière à ce queles excitans
remèdes, de
les adoucissans n'affaiblissent n'icritent pas,et que
marcher entre ces deux
pas; il faut savoir
point
écueils. Mais c'est là le
diflicile, et l'on ne peut disconvenir
conduite à tenir ne soit environnée de
que la
des plus grandes dillicultés;
toute part
ladie marclie à
cependant la malorsqu'on délibère pas rapides, et la mort arrive
nonce pas à la fin de encore. la Sila gangrène ne Se promêmes
fièvre, la continuation des
lescence secours devient plus utile, 2 et la convaarrive insensiblement par la diminution
Mais c'est là le
diflicile, et l'on ne peut disconvenir
conduite à tenir ne soit environnée de
que la
des plus grandes dillicultés;
toute part
ladie marclie à
cependant la malorsqu'on délibère pas rapides, et la mort arrive
nonce pas à la fin de encore. la Sila gangrène ne Se promêmes
fièvre, la continuation des
lescence secours devient plus utile, 2 et la convaarrive insensiblement par la diminution --- Page 92 ---
(84)
graluelledesympsarncse vitales.
et lei retour lent des forces
Ce traitement méhodique
fièvre jaune, et remplit les
convient à la
divers accidens
indications; mais, si
la
se prononcent dans le cours de
maladie, il faut s'empresser de les calmer.
L'anti-émétique de
de limon, mélé au carbonate livire,eestdaedire, le suc
d'absynthe). arrête
de potasse, (sel
ou diminue souvent le
sement.
vomisSi l'irritation de l'estornac
nistration du
s'oppose à l'admifaire
quinquina," "or peut essayer de le
passer en
lavemensy quoiqu'il ny ait
grand'chose à espérer de cette méthode.
pas
Les hoquets, les spasmes, les
convulsifs cèdent
mouvemens
quelquefois à Tusage du
phre en grandes doses, en oleo
camCette dose peut être de dix grains, sacharum.
les six lieures. Au reste, cette
répétée toutes
nitrate de
substance, unie au
potasse, est d'un usage, habituel
cette maladie, comme doux excitant
dans
rétique.
et diaphoDans les douleurs d'entrailles,
mens, les météorismes
les vomisseou les
commençans, les bains
demi-bains, sont heureusement
mais, pendant Tusage de ces moyens, le employés;
doit consulter continuellement
médecin
remettre le malade
le pouls, afin de
suivant l'état de dans le bain, et de l'en retirer
ses forces. --- Page 93 ---
85 )
Le délire tranquille ou frénétique, l'affection
comateuse, accompagnée de la prostration des
forces, appellent Tapplication des
à
la nuque et aux jambes, bien qu'on épispastiques soit
de convenir avec Baglivi que si ce
obligé
employé
moyen est
trop tard, et lorsque l'état gangréneux
sC prononce, il ne fait que hâter la décomposition
des liqueurs animales, et précipiter la fin du malade.
Si le malade SC plaint d'une douleur vive à
une extrémité, il faut se hâter d'y appliquer des
fomentations émollientes, des cataplasmes adoucissans; il faut en tenir le membre continuellement enveloppé, pour y attirer autant qu'il est
possible, et y déterminer la formation d'un depôt qu'on ouvre de bonne heure, et dont on a
soin d'entretenir long-temps la suppuration. Cette
méthode n'est qu'un procédé imitateur de la nature, qui termine quelquefois cette maladic
une crise heureuse, en couvrant la
par
nombre considérable de
peau d'un
boutons ou de furoncles.
La diète doit être proportionnée à la violence
de la maladie, les boissons vineuses, les doux
cordiaux 2 les doux analeptiques, sont tour à tour
utiles. On ordonne les bouillons au riz et aux
herbes, les crèmes de riz à l'cau ou de sagou,
les bouillons de substances animales, arrosés du
suc de citron. On passe peu à peu aux alimens
a
nombre considérable de
peau d'un
boutons ou de furoncles.
La diète doit être proportionnée à la violence
de la maladie, les boissons vineuses, les doux
cordiaux 2 les doux analeptiques, sont tour à tour
utiles. On ordonne les bouillons au riz et aux
herbes, les crèmes de riz à l'cau ou de sagou,
les bouillons de substances animales, arrosés du
suc de citron. On passe peu à peu aux alimens
a --- Page 94 ---
& 86 )
plus substantiels, mais d'une digestion facile. Le
convalescent doit
lui recommande manger peu et souvent; ; on
un exercice journalier, mais
point fatigant, et fait à des heures et dans
lieux oir le soleil ne darde
des
Si la
pas ses rayons.
jaunisse subsiste dans la
ce qui est assez ordinaire, on fait convalescence, de
lons apéritifs et de sucs d'herbes. usage bouilTel est le traitement
doive être
méthodique, le seul qui
employé, la saine médecine n'en connaissant point d'autres, si ce n'est le
par les
traitement
Les spécifiques, qui ne peut avoir lieu ici,
médecins militaires anglais
emploient à la
Martinique, pour la fièvre jaune, un
ainsi couçu : ils donnent d'abord
traitement
tartrite de
une solution de
potasse antimonié avec la
en aident l'action
des
manne ; ils
et des lavemens par
boissons appropriées
émolliens. Quand ils ont, par ce
moyen, déterminé la rémission de la
passent à Tusage du
fièvre, ils
maladie,
quinquina, qui termine la
L'irritation des organes gastriques
le commencement
qui signale
fièvre
ou le premier période de la
jaune à
pas de faire usage Saint-Domingue, des
ne permettrait
antimoniaux.
Le docteur Rush, dans sa dissertation
fièvre jaune qui a ravagé
sur la
dit qu'après avoir tenté Philadelpbie en 1795,
toutes les méthodes cuA
passent à Tusage du
fièvre, ils
maladie,
quinquina, qui termine la
L'irritation des organes gastriques
le commencement
qui signale
fièvre
ou le premier période de la
jaune à
pas de faire usage Saint-Domingue, des
ne permettrait
antimoniaux.
Le docteur Rush, dans sa dissertation
fièvre jaune qui a ravagé
sur la
dit qu'après avoir tenté Philadelpbie en 1795,
toutes les méthodes cuA --- Page 95 ---
(87)
ratives rationnelles ou empyriques, il n'en
pas trouvé de meilleure que la
a
de cent malades, dit il,
suivante: : de plus
quée, je n'en ai
auxquels je Tai appliellet
pas perdu un seul. II publia à cet
un procédé usucl conçu en Ces termes:
( Aussitôt que vous vous sentez
( jour, soit la nuit) de mal à la téle pris (soit le
( reins, de douleurs
ou aux
d'estomac, de frissons
( de fièvre, spécialement si ces
ou
C accompagnés de
symptômes sont
rougeur du visage, si les
( sont déjà teints d'un jaune
yeux
( des poudres
pâle, prenez une
purgatives (chiaque
( composée de quinze grains de
poudre cst
C grains de niercure
jalap unis à dix
doux) dans un
( sucrée, toutes les six heures,
peu d'eau
( aient produit quatre à
jusqu'à ce qu'clles
cinq grandes
C alvines. Buvez en mêrne
évacuations
(
de
temps beaucoup d'eau
dorge, gruau ou de poulet, ou toute autre
cliqueur adoucissante et agréable,
c T'effet du remède.
pour aider
Lorsque les
( auront été ainsi
premières voies
complètement
( pouls est plein et tendu,
nettoyées, si le
c huit à dix onces de
vous vous ferez tirer
sang du bras, et
( si la plénitude et la tension du
davantage
C Dans le cours de la
pouls continuent.
( d'eau panée, de
maladie, vous ferez usage
(
limonade, d'eau d'orge ou de
tamarins, de théléger de camomille.
( drez les premières voies
Vous tientoujours libres par
( pouls est plein et tendu,
nettoyées, si le
c huit à dix onces de
vous vous ferez tirer
sang du bras, et
( si la plénitude et la tension du
davantage
C Dans le cours de la
pouls continuent.
( d'eau panée, de
maladie, vous ferez usage
(
limonade, d'eau d'orge ou de
tamarins, de théléger de camomille.
( drez les premières voies
Vous tientoujours libres par --- Page 96 ---
88 )
C une dose de poudre purgative, de
( tartre ou d'un sel neutre
crème de
( des lavememens émolliens quelconque, et par
( après l'action du
et laxatifs; mais si
premier
c trouve faible ou
purgatif, le pouls se
( boisson Tinfusion déprimé, de
vous emploierez en
C taire de Virginie; camomille, ou de serpen-
( vitriol
vousy ferez entrer l'élixir de
oulelaudamumad doses
C donnerez les boissons
convenables; vous
( le vin pur, le punch, excitantes, le
l'eau vineuse,
( en décoction ou en substance porter, le quinquina
( de la fièvre. On
dans la rémission
appliquera des
C la poitrine, à la tête ou à la
vésicatoires à
( faiblesse
nuque. Lorsque la
exigera cet excitant, on
( même temps les reins
tiendra en
( trempée dansl le
enveloppés d'une flanelle
( Le régime
vinaigre chaud ou l'eau chaude.
consistera en gruau,
( thé, cafte, chocolat, vins
sagou, panades,
( males, viandes
généreux, gelées aniblanches,
( l'état des
convenablement à
forces, en fruits de la
( crus. On fera circuler dans saison,cuits ou
( malade un air frais et même Tappartement froid
du
( est plein et tendu. Les
si le pouls
C de
parquets seront arrosés
vinaigre, et les déjections seront
C le plus tôt qu'il sera
éloignées
Tel est le
possible. >
il
procédé curatif du docteur
annonce qu'il fut adopté par le
Rush;
nombre dcs médecins de
plus grand
Philadelphic, et que la
. On fera circuler dans saison,cuits ou
( malade un air frais et même Tappartement froid
du
( est plein et tendu. Les
si le pouls
C de
parquets seront arrosés
vinaigre, et les déjections seront
C le plus tôt qu'il sera
éloignées
Tel est le
possible. >
il
procédé curatif du docteur
annonce qu'il fut adopté par le
Rush;
nombre dcs médecins de
plus grand
Philadelphic, et que la --- Page 97 ---
(89)
célérité du moyen fixt telle, que SCS clèves et lui
ne suffisant pas au traitement des malades, ct
méme à la préparation de Ja poudre purgative,
il cnl fit communiquer la recette à plusieurs pliarmaciens, quilemployèrent avec un égal succès.
Onvoitquel leprocédéde ce médecin ne diffèrc
de celui que jai détaillé, qu'en CC qu'il emploie
pour purgatifs les mercuriaux unis au
tandis que nous ne conseillons: à
drastiques,
que de doux minoratifs. Il y a lieu Saint-Domingue de s'étonner
que lirritation des organes ait permis l'usage de
ces moyens, il faut qu'à Philadelplie elle soit
beancoup moins vive que dans notre Colonie. Je
ne m'y arréterai donc pas davantage,
m'étonncrai seulement qu'un
etje
dans la fièvre
traitement, si vanté
jaune de 1795 à Phrladelpbic,n'ait
pas été pratiqué dans la même maladie qui a ravagé cette malheureuse ville, et d'une manière
plus eflrayante encore, dans l'an 6 et l'an 7.
Ce qu'il Faut penser du traitement dit du
pays, Ou vulgairement employé.
Lc traitement du pays, qui consiste dans le
seul usage des adoucissans, des caux de poulet
nitrées, des doux laxatifs, ne considère que le
premier temps de la maladie, l'état fébrile on
d'irritation. Les saignées répétées dans le premier jour, les lavemens émollicns, les bains, --- Page 98 ---
(90)
les minoratifs, réussissent quelles demi-bains,
quefois dans les mains des Créoles, pourvu que
la maladie ne soit qu'au premier degré ou au
commencement du second, parce que ces remèdes sont administrés par des femmes, souvent
l'invasion soit avancée, et toujours
avant que
une constance dans
avec un soin, une attention,
difficile de
les plus minutieux détails, qu'il est
ailleurs que dans leurs mains. Si la matrouver
et
à son second état, les
ladie est grave
passe
mais
femmes donnent le camphre en lavemens,
le
que dans la conelles n'emploient quinquina
valescence, et comme tonique.
Usage de la saignée, de Pémétique, des
purgatifs, du quinquina, du camphre,
des vésicatoires, dans cette maladie.
La saignée est, regardée dans le pays, et mme
praticiens, comme un préservatif de
par quelques
ou du moins comme un moyen
la fièvre jaune, douce à supporter. A cet effet,
de la rendre plus
bras tous les mois, ou à
elle se pratique au mal de têle, et à la quanI'invasion du plus léger
tité de six à huit onces chaque fois. Si la tête devientuis-doulourese parlinsolation, on pratique
utilement une saignée du pied.
Quoi quil en soit de ce moyen, qui peut être
dans un grand
utile aux nouveaux débarqués
par quelques
ou du moins comme un moyen
la fièvre jaune, douce à supporter. A cet effet,
de la rendre plus
bras tous les mois, ou à
elle se pratique au mal de têle, et à la quanI'invasion du plus léger
tité de six à huit onces chaque fois. Si la tête devientuis-doulourese parlinsolation, on pratique
utilement une saignée du pied.
Quoi quil en soit de ce moyen, qui peut être
dans un grand
utile aux nouveaux débarqués --- Page 99 ---
-
(91)
nombre de circonstances, et relativement à leur
ige, à leur constitution et à leurs forces,i iln'en
cst pas moins vrai, en principe, que la saignée
par elle-même est contraire à toute maladic acdynamique de sa nature, Si elle a souvent calmd
Tirritation, combien de fois n'a-t-elle pas jeté le
malade daris un affaissement mortel! Consultez
lcs observations cousignées dans T'ouvrage de
M. Desportes, dans un temps où la saignée était
beaucoup trop souvent pratiquée, vous vous
convaincrez de la réalité de T'opinion
ici, Si cependant la fièvre
que j'émets
haut
jaune n'est pas à un
degré dintensité, s'il y a lieu de présumer
que la nature est en état de faire une réaction
suffisante, si le sujet estjeune, vigoureux, d'un
tempérament sanguin, si le pouls est plein et
dur, la saignée peut être nécessaire dans l'invasion même de la maladie, c'est-à-dire, aussitôt
que la chaleur vient de succéder au frisson.
Les gens replets et avancés en âge ne la supportent pas; il en est de même des tempéramens
où la bile prédomine.
L'émétique veut être, dans tous les cas, trèsménagé dans son emploi et dans ses doses. II sCrait plus prudeut dy renoncer entièrement dans
le traitement de la fièvre
jaune. C'est au moins
l'opinion gonérale des auteurs qui ont écrit sur
cette matière, et des médecins qui pratiquent aujourd'hui dans les Colonics. --- Page 100 ---
(92)
La même observation
tifs; ils doivent
s'applique aux purgades minoratifs toujours étre pris dans la classe
lavage. Sans donnés à doses réfractées et en
des fontes cette précaution, ils peuvent exciter
lade dans colliquatives mortelles, ou jeter le.maVoilà
un affaissement qui précipite sa fin.
pourquoi les lavemens laxatifs sont
rés, en général, dans le cours de
préfél'eau de casse ou celle de
cette maladie;
aiguisce par un sel neutre, tarnarins, légèrement
l'effet qu'on a droit d'en opère plus doucement
Le
attendre.
quinquina est parfaitement
cette maladie, du
indiqué dans
moment oùr la rémission
permet de T'employer; mais il
fébrile
tre-indications tellement
rencontre des contation gastrique,
puissantes dans l'irridans Thorreur qu'il fait naitre ou qu'il
ct la crainte
accroit,
inspire au malade,
que sa prescription
dire obligé d'y
que l'on se voit pour ainsi
décoctions
renoncer, 2 ou de se borner à des
légères ou émulsionnées, données
l'instant oir le premier temps de la maladie à
place au second; mais alors même,
fait
soient la prostration des forces et l'état quels que
pouls, T'estomac est si fatigué de Tirritation déprimé du
a soufferte; les hoquets, les
qu'il
semens qu'il éprouve
spasmes, les vomisle malade,
encore, accablent tellement
qu'on ne peut plus donner le
quina qu'en lavemens. Il arrive de là
quinque ce re-
l'instant oir le premier temps de la maladie à
place au second; mais alors même,
fait
soient la prostration des forces et l'état quels que
pouls, T'estomac est si fatigué de Tirritation déprimé du
a soufferte; les hoquets, les
qu'il
semens qu'il éprouve
spasmes, les vomisle malade,
encore, accablent tellement
qu'on ne peut plus donner le
quina qu'en lavemens. Il arrive de là
quinque ce re- --- Page 101 ---
(95)
mède
héroique perd son cffct, et en mime
soII crédit, et qu'il nl'est guère connu
temps
tonique à la fin de cette maladic.
que comme
On peut appliquer le même
tous les autres excitans dont
raisonnement à
rait indiquée par la nature de Tadministration la fièvre
pa.
jaune.
Quant aux vésicatoires, ils ne sont ntiles
lorsqu'ils sont appliqués entre Tirritation
que
repousse et l'état
qui les
Ils
gangréneux qui les rend inutiles.
peuvent donc être bornés aux cas où les affections soporcuses semblent en solliciter
Tusage.
Ce qu'il faut penser sur la
le caractère
contagion et
maladie.
prétendu pestilentiel de la
Quelle est la source de la fièvre jaune de SaintDomingue? ? est-elle d'uned
dans quel temps, de quelle originedrangire7dol, manière
y être importée? est-elle
a-t-elle pu
gion peut-elle s'étendre contagieuse? la contasont les
jusqu'à l'Europe ? Telles
questions dont la solution touche de
Thygiène publique, et peut déterminer
près
gistrats à prendre des
et les maautorités
mesures de surcté, et les
premières à rendre des lois
aux circonstances.
convenables
La fièvre
de
-
jaune
été importée? Non Saint-Domingue y a-t-elle
air
; elle a son origine dans un
très-chaud, saturédfémanations
marécageuses. --- Page 102 ---
(94)
Par-tout ou ces principes se développeront et se
on verra naitre la maladie
mettront en activité,
mêmes
dans les individus qui porteront en eux-1
Cest ainsi qu'on T'a vu
les causes prédisposantes.
dans un étéextrèCadix en 1764,
se manifesterà
à Pensacole en 1765, et
mement chaud et sec,
La double tierce
en 1800.
dans toutel'Andalousice des caractères de fièvre
de Minorque présenta méridionales de TEurope
jaune, et les contrées les mêmes circonstanauront à la craindre dans Occidentales aucune
ces. Il n'existe dans les Indes
cette
exclusivement
cause propre à y produire
d'autant plus remaladie; elle exerce des ravages
sont
les lieux où elle se répand
plus
doutables que
des miasmes. Voila pourquoi,
voisins des foyers
les villes maritimes
à Philadelphie, dans toutes
à la
Saint - Domingue,
des Indes Orientales,a est moins commune,
Guadeloupe, la fièvre jaune
des
dangereuse à mesure que Ton s'éloigne
moins
Voila pourquoi la partie esplaines et des lagons.
à l'abri de ses atteintes.
pagnole est le plus souvent
en allant resVoila pourquoi on peut s'en garantir
air
dans les mornes.
pirer un plus pur
contagieuse, cette
La fièvre jaune n'est pas
est celle de la généralité des praticiens,
opinion
pas nédest-à-dire qu'elle ne se communique
du corps vivant qui en est frappé
cessairement
il peut se trouver en
aux individus avec lesquels
esplaines et des lagons.
à l'abri de ses atteintes.
pagnole est le plus souvent
en allant resVoila pourquoi on peut s'en garantir
air
dans les mornes.
pirer un plus pur
contagieuse, cette
La fièvre jaune n'est pas
est celle de la généralité des praticiens,
opinion
pas nédest-à-dire qu'elle ne se communique
du corps vivant qui en est frappé
cessairement
il peut se trouver en
aux individus avec lesquels --- Page 103 ---
(95) )
contact; mais clle est épidémique
tous les nouveaux
pour presque
débarquésdans la Colonie
un tribut qu'il faut payer dans le
:c'est
mier été que l'on y
cours du prese dissimuler
passe. Cependant on ne peut
caractère
qu'une maladie aussi grave et d'un
putride et
ne
porter par communication gangréneux, puisse se
le contact des effets
delair respiré, ou par
sur les hommes
imprégncs de ces miasmes
qui,par état ou par dévouement,
s'exposent à tous les instans du jour à
des causes quil la font
l'action
Tel
naitre, et
est le Sort des officiersde quil'entretiennent.
dans les
santi,desemployés
hôpitaux, et de tous ceux qui visitent
fréquemment ces asiles de la souffrance. Aussi le
nombre de ces victimes a-t-il été
dans le cours de floréal et
considérable
pas
prairial. Ce fléau n'a
mômeépargné les hommes les plus acclimatés,
c'està-dire, ceux chez lesquels les effets des
mes et dela contagion sont
miasThabitude.
en partie détruits par
Que faut-il donc penser des mesures
torité publique
que l'auTintroduction prend en Europe pour
de la fièvre
prévenir
taines
jaune et des quaranauxquelles se trouvent assujettis les
seaux, les hommes, les effets
vaislieux infectés ?
qui arrivent des
La prudence et la crainte
sures, et la raison les
prescrivent ces meconsacre. Nos connaissances --- Page 104 ---
(96)
limites de la dissémination de la contasur les
les lieux, les distances, les
gion, sur les temps,
ou à T'éteincirconstances propres à la propager
sont
assez sûres pour que les madre, ne
pas
toutes les précautions
gistrats ne prennent pas
possibles.
sont de toute nécessité dans
Les quarantaines méridionaux, parce que les
les départemens de la fièvre jaune y existent
causes productives
être mises en actien tout temps, et peuvent y chaleur extraorvité par une sécheresse et une
du midi
dinaire. Les départemens autres que ceux le froid
moins à craindre, puisque
ont beaucoup
cesser cette maladie: Les
fait dans tous les temps
ont existé
communications commerciales qui. dans-les
les régions du nord de T'Europe
entre
dans le temps même où celles-ci étaient
Colonies,
ne Tontjamais transfrappées de la fièvre jaune, est la limite namise. Le tropique du cancer
turelle de la contagion de cette maladie.
de la maladie de SaintRapprochement de celles de même nature
Domingue
diverses contrées en difqui ont affigé
férens temps.
de celle maladie de faire
Ilimporte al T'histoire
où elle s'est maniconnaitre les diverscs époques
annuelles.
festécàs. Domingue ctles constitutions
ies,
ne Tontjamais transfrappées de la fièvre jaune, est la limite namise. Le tropique du cancer
turelle de la contagion de cette maladie.
de la maladie de SaintRapprochement de celles de même nature
Domingue
diverses contrées en difqui ont affigé
férens temps.
de celle maladie de faire
Ilimporte al T'histoire
où elle s'est maniconnaitre les diverscs époques
annuelles.
festécàs. Domingue ctles constitutions --- Page 105 ---
(92)
Et 1755 et 1754, la saison pluvieuse fut
suivie aul Cap d'une scchcresse extrème pendant
l'été. Le veut du sud commença à y souffler dès
lemois d'avril. La fièvre jaune, que l'on connaissait alors SOUIS le nom de mal de Siam, fit périr
plus de la moitié des matclots et des nouveaux
débarqués. Ily avait au Cap beaucoup de malades,
trespru dans la plaine, sur-tout vers les mornes.
Cette maladie régna seule pendant quatre mois;
toutes les autres maladies annuelles disparurent
devapt elle.
En1755, 1756, 1757,1758, températuremodéréc, La maladie de Siam fut sporadique; beaucoup détrangers en furent frappés, et le plus
grand nombre cn guérit.
En 1759, 1740, 1741, temps serein, très-sec,
très-chaud, dans les mois avril, mai, juin, juillet;
grande mortalité sur les animaux, quantité de
chenilles exraondnaires.M.ladic de Siam très-répandue, très-maligne; les saignées Se rouvraient,
la gangrène survenait
promptement, aucune méthode curative ne réussissait.
1742. Température modérée, maladie de Siam
assez douce, peu de morts.
1745.Sécheresse longue, chaleur très-vive dans
les mois d'été, brises très-faibles, mal de Siam à
un haut degré de malignité. Le petit nombre de
ceux qui ont échappéà la mort n'a été sauvé que
--- Page 106 ---
(98)
des dépôts aux extrémités qu'ila fallu entrepar
cette maladie a
tenir longtemps en suppuration;
quelques charbons, et des ulcères ganprésenté
gréneux en grand nombre.
celle ou les oraLa meilleure constitution est
fréquens; ;les torrens formés par les pluies
gessont alors, avec les terres, les émanations
entrainent s'élèvent de la surface des lagons.
délétères qui
I'on doit cette suite d'obM. Desportes, à qui
les consservationsintéresante, a remarqué que
lest fièvres
titutions très-sèches, et conséquemment!
très-malignes qui lcs accompagnent toujaunes reparaissent à peu près, après un période
jours, douze à
ans. On doit regretter que le
de
quinze
n'ait pas été suivi par
travail de ce sage praticien
qui SC sont sucles médecins de Saint-Domingue, vivait. Nous serions
cédés depuis le temps ou il
sur la nature de cette maéclairés aujourdhui
meilleure méthode curative qui puisse
ladie, surla
lui convenir, et sur les moyens d'hygiène propres
àen prévenir le retour.
T'histoire de la fièvre
1l n'importe pas moins à
contrées où elle
jaune de l'observer en d'autres
a pris naissance à diverses époques.
ont écrit
Si I'on consulte tous les médecins qui
la fièvrej jaune d' Amérique, et ils sont en grand
sur
se convaincre que cette maladie,
nombre, on peut
plusieurs régions
qui, à diverses reprises, araragé
moyens d'hygiène propres
àen prévenir le retour.
T'histoire de la fièvre
1l n'importe pas moins à
contrées où elle
jaune de l'observer en d'autres
a pris naissance à diverses époques.
ont écrit
Si I'on consulte tous les médecins qui
la fièvrej jaune d' Amérique, et ils sont en grand
sur
se convaincre que cette maladie,
nombre, on peut
plusieurs régions
qui, à diverses reprises, araragé --- Page 107 ---
(90)
des Btats-Unis, s'cst toujours montrée dans les
saisons marquées par unc sécheresse et une chaleur extrèmes, qu'elles se sont toujours ralentiesà
mesure que la saison froidesapprochait, etqu'elles
se sont éteintes avec elle.
Lépidémie de la Catalogne, en 1764, eut les
mémes canses, la même marche, la même terminaison. Le docteur Masdewall en a tracé T'histoire. L'épidémie ou la fièvre jaune de Cadix, en
1800, dont le docteur Blin de Nantes a donné
Thistoire traduite de l'espagnol, avec des remarques trèsintéressantes sur la nature et la contagion
prétendue de cette maladie, préscnte le même tableau.
Les travaux de Makittrik ainsi que ceux de
Moultrie, sur cette matière, Thistoire très-circonstanciée et très-bien faite de la fièvre rémittente jaune de Philadelphie en 1795, par le docteur Rush; toutes les observations enfin que l'ou
a faites sur cette maladic, dans tous les pays oùs
elle règne, concourent à fixer sa durée annuelle
dans les mois les plus chauds.
Cette même fièvre jaune qui ravagea Philadelphie en 1795, Baltimore en 1794, New.Yorck
et Norfolk en 1796 et 1797, et qui, après s'être
un instant assoupie, s'est éveillée avec tant de fureur dans l'an 6 et l'an 7, offre quelques détails
intéressans à connaitre. Ellc a pris toujours nais-
- --- Page 108 ---
100 )
continent d'Amérique, elle a comsance sur le
les
sales et
meneé toujours par les quartiers plus
les moins aérés des villes 2 elle n'a jamais paru
dans la saisonla plus chaude de Tannéc, aux
que mois de juillet, août et septembre ; temps ou sur
absolument étouffant si la temles côtes Tair est
pérature est très-sèche.
maniA New-Yorck, la fièvre jaune a paru
dont se
festement provenir de matières putréfices bord -
trouvaient remplis plusieurs bassins sur le
étaient le réceptacle des immonde la mer, qui
l'air lorsdices du voisinage, et qui empestaient
les
firent comque la marée se retirait: magistrats
bler ces bassins et sanifièrent ce lieu. déclare touA Philadelphie, la fièvre jaune se
dansle voisinage des quais ou sejettent toutes
jours
C'est toujours par la rue Walter
les immondices.
la maladie. Cette rue est
Street que commence
le long
située derrière les quais; elle se prolonge
air
dans les étés un
de la rivière, on y respire
ont pas
méphytique suffocant pour ceux quin'en
Thabitude.
dit des causes loSil'on se rappelle ce que jai
on
cales de la fièvre jaune à Saint - Domingue, des
faites dans les villes
voit que les observations
cadrent enÉtatsUnis que ce fléau a dévastées, dans la ville
tièrement avec celles quiont été faites
obdu Cap; c'est du rapprochement de ces
és un
de la rivière, on y respire
ont pas
méphytique suffocant pour ceux quin'en
Thabitude.
dit des causes loSil'on se rappelle ce que jai
on
cales de la fièvre jaune à Saint - Domingue, des
faites dans les villes
voit que les observations
cadrent enÉtatsUnis que ce fléau a dévastées, dans la ville
tièrement avec celles quiont été faites
obdu Cap; c'est du rapprochement de ces --- Page 109 ---
(1or )
servations, faites en plusicurs lieux et depuis plusieurs années, sur cette maladic, que jai Cril devoir induire les divers corollaires que peut offrir
cc travail.
Moyens propres à arrêter le cours ou a
prévenir le retour de cette maladie.
Les moyens d'arrêter lc cours de cette maladie
appartiennent au temps seul;unet température nouvelle opère toujours cet efiet si ardemmient desiré.
Il faut que les pluies d'orage rafraichissent T'atmrosplière, délaient et divisent les émanations délé.
tères, et que des brises fortes lcs enlèvent ; alors
la fièvre jaune, qui établit son cours de floréal à
brumaire, s'adoucit, perd peu à peu le caractèremalin qui la signale dans l'été, tandis
autre côtéles Européens, échappésàce cruel qued'un
s'acclimatent
fléau,
chaque jour davantage.
Les moyens propres à adoucir la violence de
cette maladie, à en amcliorer le caractère, à en
prévenir la propagation, consistent dans l'exécution des mesures suivantes:
1° Entretenir la plus grande propreté dans les
hôpitaux, les casernes, les maisons particulières
oiz il peut se trouver des malades ; ne pas
mettre que ceux-ci soient couchés deux à deux; permultiplier les salles et les hommes de service; faire
circuler sans cesse Tairlibred du dehiors, désinfecter --- Page 110 ---
(102)
plusieurs fois le jour les atmosphères intérieurcs,
T'expansion du gaz muriatique oxigéné et par
par
dans l'instruction
tous les autres moyens spécifiés
surveiller
sage du conseil de santé des armées;
de très-près la qualité du pain, du vin, dcs viandes, des matelas, des pailles, et de toutes les fournitures qui entrent et se consomment dans lcs
les casernes des villes et des cantonhôpitaux 1
soin
nemens militaires; sanifier avec le plus grand
les effets dont les malades ont pu se servir, ou
braler ceux dont la conservation ne serait pas
éloigner les casernes, les hôpitaux, du bord
sure;
de la mer et des lagons de la petite anse.
2° Délivrer la ville du Cap de toutes les causes
d'infection qui y sont accumulées, y réunir tous
les moyens connus par Thygiène publique 2 que
les officiers de santé en chef de l'armée ont déja
fait connaitre et quel le générala fait mettreàlordre
du jour.
5° Ne laisser au Cap que les troupes indispensablement nécessaires au service; faire stationner
les divisions de I'armée dans les mornes, pourvu
soient à Tabri des chaleurs excessives
qu'elles y
et des pluies trop fortes.
4o Habituer les troupes à un exercice journalier le malin avant le lever du soleil, défendre de
s'endormir, de se reposer sur la terre humide, le
long des lagons et des estères.
àlordre
du jour.
5° Ne laisser au Cap que les troupes indispensablement nécessaires au service; faire stationner
les divisions de I'armée dans les mornes, pourvu
soient à Tabri des chaleurs excessives
qu'elles y
et des pluies trop fortes.
4o Habituer les troupes à un exercice journalier le malin avant le lever du soleil, défendre de
s'endormir, de se reposer sur la terre humide, le
long des lagons et des estères. --- Page 111 ---
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Nota." Telé était l'élatdes choses au premier
les rebelles étaient soumis.
messidor;
s'était
3 Toussaint- Louverture
rendu, la guerre était terminée; ; mon service
de médecin en chef de l'armée n'avait
Les officiers de santé en chef de la Colonie plus d'objet.
par le ministre de la marine, entraient dans > nommés
de leurs fonctious. Ma santé,
l'exercice
était
depuis près de deux mois,
chancelante; un service à cheval tous les matins,
pour l'inspection des hôpitaux; au cabinet, pour la
correspoudance, et auprès des malades lereste du
m'accablait de fatigues.
jour,
de
Cependant mon activité, loin
se ralentir, s'accroissait: à raison de l'urgence des
circonstances. A cette
donna l'ordre
époque, 2 le général ei chef me
de départ. Je ne l'aurais jamais demandé dans cet état dcs choses, mon devoir étant de
mourir à mon poste. Il voulut bien y ajouter des t6moignages de l'estime que mon zèle avait pu lui
inspirer. Je partis du Cap le 5 messidor.
Les papiers publics ont annoncé depuis que la fièvre
jaune avait continué ses
ravages, 3 ce qui devait
cette maladie ne se terminant jamais avant la étre,
des pluies.
saison
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N
FA 7.
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