--- Page 1 --- --- Page 2 ---
SATDEO
Ohho Emibs Hom --- Page 3 ---
: L
#
- --- Page 4 ---
6.14 --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
HISTOIRE
DES
MALADIES
DE S. DOMIN G UE.
TOME SECOND. --- Page 8 ---
Cet Ouvrage Je trouve
A BORDEAUX,
Chez les Freres LA BOTTIERE.
A BREST,
Chez DERRIEN.
A CAE N,
Chez G. LEROY, Imprimeur.
A ORLEANS,
Chez MASSOT.
A MARSEILLE;
Chez MossY.
A MONTPELLIER,
Chez RIGAUD.
A NANTE S,
Chez la veuve VATAR & Fils.
A ROUE N,
Chez ABRAHAM LUCAS. --- Page 9 ---
HISTOIRE
DES
MALADIES
DE S. DOMINGUE,
Par M. POUPPÉ DESPORTES,
Médecin du Roi, & Correfpondant de
l'Académie Royale des Sciences de Paris,
TOME SECOND.
X nah rumir
A PARIS;
Chez LEJAY, Libraire, rue S. Jacques, au-deffas
de celle des
Mathurins, > au Grand Corneille.
M. DCC. LXX.
Avec Approbation 6 Privilége du Roi, --- Page 10 ---
- --- Page 11 ---
HISTOIRE
DES
MALADIES
DE S. DOMINGUE,
DES MALADIES
CHRONIQU ES.
ES caufes des maladies
me paroiffent être auffi aigués ceiles
des maladies
ble même
les chroniques. Il femque
maladies
ne font qu'une firite inévitable chroniques
gués, qui étant
des aifréquentes, affoibliffent
Tome II,
A --- Page 12 ---
:
Hifoire des Maladies
& changent la qua:
le reffort des fibres, réfultent un délité des liquides, d'oùi fécrétions & des obfrangement dans les
8cc. Je crois
trusions dans les vifceres,
les réfled'abord devoir communiquer de Cloyxions du favant Anglois Evèque demeuré dans
ne 2 qui ayant long-temps a fait un porles Colonies de FAmérique,
maladies de langueur auxqueltrait des
font fujets, f conles fes Compatriotes afligent les Franformes à celles qui
qu'ils s'y reçois, que je fuis perfuadé
connoitront.
foible avantage s'ils
Mais ce feroit un
remede fpécifiretiroient celui d'un
n'en
pour plufieurs maque, non-feulement
les malaladies aigués * , mais auffi pour
celles
panticulierenent
dies chroniques eft le principal fympdont la diffolution
fuite einévitable.
tôme, ou doit en être une
dit PAuteur par rapporta
* Voyez cc qu'en eft le Aéau de fa nation,
la petite vérole, qui
&cc,
avantage s'ils
Mais ce feroit un
remede fpécifiretiroient celui d'un
n'en
pour plufieurs maque, non-feulement
les malaladies aigués * , mais auffi pour
celles
panticulierenent
dies chroniques eft le principal fympdont la diffolution
fuite einévitable.
tôme, ou doit en être une
dit PAuteur par rapporta
* Voyez cc qu'en eft le Aéau de fa nation,
la petite vérole, qui
&cc, --- Page 13 ---
de Saint Domingue.
Il déclare en tenir la connoiffance
des
Sauvages, gens que la fimple nature a
coutume d'inftruire.
Ce remede
s'appelle l'eau
:
& telle eft la recette
degoudron 3
qu'en donne PAuteur. >> Verfez quatre pintes d'eau froide
> fur une de goudron, puis remuez-les &
> les mêlez intimement avec
une cuiller
s de bois ou un bâton plat,
> de cinqà fix minutes
durantl'efpace
: après quoi laiffez
> repofer le vaiffeau bien exactement fer-
>> mé pendant deux fois
vingt-quatre heu-
>> res,afinquele, goudron ait le temps de fe
> précipiter. Enfuite vous verferez tout
>> qu'Hl y a de clair, l'ayant
ce
9 écumé avec foin, fans
auparavant
remuer le
>> feau, & vous en remplirez
vaif-
> ufage des bouteilles
pour votre
que vous bouche-
> rez exaétement 2 le goudron
> n'étant plus d'aucune
qui refte
vertu,
> puiffe encore fervir aux
quoiqu'il
> naires. La regle
ufages ordigénéraleà fnivre, c'eft
> d'en avaler demi-pinte foir & matin
à
A ij --- Page 14 ---
Hipoirs des Maladies l'état &
en variant la dofe fuivant
>> jeun,
pourvu qu'on la pren-
>> l'âge du malade,
8 deux heures
à jeun,
>> ne toujours
le repas. Au refte la
4 avant & après
doit
auff-bien quelaquaminé.
>> qualité
l'eftomac fe trouve
9> varier, felon que foible. Moins d'eau ou
>> plus olt moins
rend la liqueur plus
plus battue
>> l'eau
fi l'on met plus
ceft le contraire
Sa cou-
>> forte;
Pagite moins.
8 qu'on
>> d'eau,
être plus claire que
9> leur ne doit blanc pas de France, ni plus
> celle du vin
du vin d'Efpagne.
foncée que celle
buvant on ne sapperçoit pas
>> Si en la
d'un certain fumet, ilfaut
>> fenfblement foit mauvais 2 ou'qu'il
le goudron
ait été
>> que
bien que l'eau
> - ait déja fervi, ou
avec peu de foin,
>> faite OLI confervée apprendra à chacun en
forte fon
>> L'expérience quantité & de quelle
> quelle
& les temps
la peut fupporter,
>> eftomac!
pour la prendre.
5> les plus convenables dans l'ufage de ce
9 Je ne vois pas que
ilfaut
>> fenfblement foit mauvais 2 ou'qu'il
le goudron
ait été
>> que
bien que l'eau
> - ait déja fervi, ou
avec peu de foin,
>> faite OLI confervée apprendra à chacun en
forte fon
>> L'expérience quantité & de quelle
> quelle
& les temps
la peut fupporter,
>> eftomac!
pour la prendre.
5> les plus convenables dans l'ufage de ce
9 Je ne vois pas que --- Page 15 ---
de Saint Domingue:
lexcès puiffe avoir aucun dan9) remede,
>> ger.
dit-il, 8 les
>> Les gens de condition,
aux
riches dans nosifles, 2 font fort fujets
>
maux
hypocondriaques,
>>
hyftériques,
d'infirmi8 à quantité
> feorbutiques,
ou
>> tés
ont
contra@éeue-memcs,
qu'ils
& qui les
> hérité de leurs ancêtres 2
beaurendent fouvent, à tout prendre,
9>
malheureux que ceux que la
9> coup plus
placentau plusbas
5> pauvreté Scletravail
feroient
de la fociété. Ces maux
9> rang
diffipés ou foulagés sparlefeul
>> furement de P'eau de goudron ; ce qui leur
>> ufage
la douceur d'une vic à
>> rendroit toute
Pin-
>> laquelle le dégoîtt, Tépuifement, laifles douleurs, rinquiétude
>> fomnie,
>> fent à peine ce nom.
de la
les nerfs font Torgane
> Puifque il fuit de-là que leurs mou-
> fenfation,
produire
convulfifs peuvent
9 vemens
& confé-
>> toutes fortes de fymptômes, dans le fyf
défordre
> quemment qu'un
A 11] --- Page 16 ---
des Maladies
Hipoire
tême nerveux peut revêtir Tapparence
9>
de maladies, de
29 de toutes les efpéces dela pleuréfie,
9> lafthme, par exemple, Or ce qui ieft
>> d'une attaque de pierre.
doit repour les nerfs,
>> bon en général
Ainfi
à tous ces fymptômes.
>> médier
renferme éminem9> l'eau degoudron qui
& des réles vertus des gommes
>> ment
eft d'un grand ufagepour
>> fines chaudes,
guérir les tiraille-
>> fortifier les nerfs, nervenfes, la crampe
2> mens des fibres
des mem-
>> auffi & Tengourdiffement
&
diffiper les inquiétudes
>> bres, pour
Je fuis témoin de
le fommeil.
> faciliter
fon efficacité à tous égards.
>>
fi ffr & qui coûte fi peu,
>> Ce remede
les circonftanà toutes
>; s'accommode
opere
>> ces & à toutes les conflitutions, réguérit fans embarras,
>> doucement,
abattre enfuite;
>> veille les efpritsfansless
à caufe de
que je répéte
>> circonftance
qu'elle mérite,
>> Pattention particuliere
oùt les lidans nos climats fur-tout 2
>
acité à tous égards.
>>
fi ffr & qui coûte fi peu,
>> Ce remede
les circonftanà toutes
>; s'accommode
opere
>> ces & à toutes les conflitutions, réguérit fans embarras,
>> doucement,
abattre enfuite;
>> veille les efpritsfansless
à caufe de
que je répéte
>> circonftance
qu'elle mérite,
>> Pattention particuliere
oùt les lidans nos climats fur-tout 2
> --- Page 17 ---
de Saint Domingue.
fortes 2
une fatalité trop
9) queurs
'par
caufent ces mê-
>> fouvent renouvellée, 2
faire
9> mes maux auxquels on les veut
fervir de remedes, & fi je * dois me
>>
m'en a fait, 2
> fier aux rapports qu'on
Dames mêmes, lefquellesfont
>> parmiles
affurément
de
leur genre
>>
dignes
pitié;
> de vie les rend la proie de maux imade
>> ginaires qui ne manquent jamais
>> naître dans un efprit qti manque d'exer-
&
ne s'occupe à rien. Pour
>> cice,
qui
délivrer, on dit qu'ily-en a qui
>> s'en
à boire des liqueurs, & il
> s'adonnent
vraifemblable
ce qui les con-
>> eft
que
duit
alifage de ces poifons de 9
>>
pardegrés
> c'eft une Pharmacie qui a mis en vogue
> de nos jours les Gouttes pour la Parale Cordial de Pavot, l'Eau con-
>> lyfie,
PElixir de Garus, celui de
>> tre la pefte,
>> Stouchton 2 & autres femblables qui
>> ne font att fond que des liqueurs fous
>> un autre nom, mais qui venant de
>> chez les Apothicaires, font regardées
A iv --- Page 18 ---
Hifloire des Maladies
>> feulement comme des remedes.
>> La plupart des fages de lantiquité
ont dit
l'ame humaine eft confinée
>>
que
dans le
comme dans une pri-
>>
corps
en
des fautes précédentes
>> fon, punition
Mais de toutes ces
> qu'elle a commifes.
la
c'eftle corps d'un vo-
>> prifons, pire, dont le fang eft bri-
>> luptueux indolent,
fermentées
>> lé par l'ufage des liqueurs & devient
>> & des fauces de haut goût,
âcre, corrofif, par le mêlan-
>> putride,
la fainéantife
>> ge des fucs animaux que
dont
Tindolence y laiffent croupir,
> &
font irritées par des fels
> les membranes:
de
dont Y'ame eft agitée par
>> piquans,
fecouffes du fyftêmener9> douloureufes
fe trouve
réciproquement
* veux, qui
irrégulieres de
les paffions
5 affedté par
cette fermen9> Y'ame. Il ne fe peut que Téconomie
tation univerfelle de toute
>
n'obfeurciffe & ne confonde
9) animale
de vaines
ne produife
>> Tintelligence,
également
& des efpérances
07 terreurs
>> piquans,
fecouffes du fyftêmener9> douloureufes
fe trouve
réciproquement
* veux, qui
irrégulieres de
les paffions
5 affedté par
cette fermen9> Y'ame. Il ne fe peut que Téconomie
tation univerfelle de toute
>
n'obfeurciffe & ne confonde
9) animale
de vaines
ne produife
>> Tintelligence,
également
& des efpérances
07 terreurs --- Page 19 ---
de Saint Domingue:
5) vaines, n'aiguillonne l'ame
des 9
par
dé-
>> firs furieux que rien dans la nature
>> peut fatisfaire,
ne
parce qu'ils n'ont rien
5> qui lui foit conforme.
Qu'on ne s'é9) tonne pas, après cela, fi tant de
9 nes qui brillent dans l'un & perfon- l'autre
9 fexe, malgré l'éclat dont la fortune les
5> comble, 9 font intérieurement fi miféra9 bles, que la vie leur eft à charge,
>> Lac complexion vigoureufe & robufte
3 des gens du commun les rend infenfi-
>> bles à mille chofes dont la délicateffe
> de ceux defquels je viens de parler fe
9 trouve bleffée. Ceux-ci,
> onleur avoitenlevéla
comme fi
peau, fentent aut
>> vif tout ce qui les
touche; On ne manM que pas de chercher un remede à cette
9 fenfibilité fi vive & fi douloureufe
>> les liqueurs
dans
fermentées, & même dans
>> les diftillées, & l'ufage de ces
> rend miférables
liqueurs
ceux qui, fans
>> n'euffent étéque ridicules. La délicateffe cela,
> des nerfs &cl'abattement de cette
pauyre
A V --- Page 20 ---
Hifoire des Maladies fort foulaIO
dhumains, feroient
2 efpece
de Feau de Goudron;
>> gés par Fufage
la vie en la leur
leur prolongeroit
leur re5> qui adouciflant. Ceft pourquoije
qui
Fufage de ce cordial,
>> commande feulement ffir & innocent,
>> n'eft pas
auffi firement la fanté
>> mais qui donne
les autres cordiaux
9 8 le courage, que
2 les détruifent.
qu'aucun autre re-
>Je fuis perfuadé efficace pour ré9 mede n'eft dep pareille mal faine, pour
2 tablir une confitution mélancolique 2 ni fi :
un efprit
2> réjouir
ce fombre empire
à renverfer
fur
9> propre
exerce fa tyrannie na2> de la rate. qui difinguéc de cette
la plus
bas
>> la portion
des gens du plus
tandis que
2) tion,
fouvent d'une tranquilité :
avan9 étatjouiffent
qu'aucun
>> & d'un contentement de la fortune
:
de la naiffance ou
au moins
>> tage
égaler. Les chofes
riches
9> ne peut
quand les feuls
5y en étoient là,
mais
-
de quoi
barcladebanchese
9 avoient
rate. qui difinguéc de cette
la plus
bas
>> la portion
des gens du plus
tandis que
2) tion,
fouvent d'une tranquilité :
avan9 étatjouiffent
qu'aucun
>> & d'un contentement de la fortune
:
de la naiffance ou
au moins
>> tage
égaler. Les chofes
riches
9> ne peut
quand les feuls
5y en étoient là,
mais
-
de quoi
barcladebanchese
9 avoient --- Page 21 ---
de Saint Domingue.
5 depuis que les mendians
II
eux-mêmes
ns'en font mélés,elles ont changéde face.
>> C'eft une chofe déplorable,
9) infulaires qui agiffent &
quenos
penfent tant
> pour eux-mêmes, foient fujets par la
>> grofficreté de leur air & de leur nour-
>> riture à devenir ftupides, & à radoter
5) plutôt que les autres
9) vertu d'un air plus Peuples,qui, ,en
élaftique, del'eau
9> dont ils font leur boiffon, & d'une
5) nourriture
e
légere, confervent leurs fa-
>> cultés jufqu'à une extrême
> bonheur dont nous
vicillefe;
approcherions
5) être, fi nous ne Tatteignions, peut-
> en ce Pays, par Pufage de P'eau même
5> dronnée, par la tempérance & Phabi- gou9) tude de nous lever matin. Cette der-
> niere prolonge fortement la vie,
>> feulement par le temps qu'elle dérobe non5> aur fommeil, limage de la mort, mais
55 auffi en augmentant Ce qu'on appelle
5 vulgairement la longueur ou la durée
5y de notre vie.
Avj --- Page 22 ---
(12
Hifloire des Maladies
être
Quelque grandes que puiffent
lesvertus de l'eau de Goudron,& queléloge que puiffe lui donner le favant
que
je penfe que fes effets doivent
Evèque, & même infruéueux, fi on
être lents,
d'autres, furne feconde ce remede par
de tout le
tout par ceux qui font reconnus
monde comme les plus fpécifiques pour
& détruire les
chaffer la mélancolie,
obftruétions. climat eft mal fain & conLorfqu'un
il n'y a
traire à certains tempéramens, de l'ad'autre parti à prendre que
point
& d'en chercher un plus fabandonner,
les plaifirs modévorable. Les bains,
rés, les eaux minérales & artificielles,
le mars, le lait, les voyan
le mercure,
F'exercice du cheges, principalement de l'aveu de tous les Pratival, font, remedes les plus firs & les
ciens, les
récréer l'efprit, réplus efficaces pour
rétafoudre les embarras des vifceres,
blir le reffort des. folides, & la confife
tance des liquides.
évorable. Les bains,
rés, les eaux minérales & artificielles,
le mars, le lait, les voyan
le mercure,
F'exercice du cheges, principalement de l'aveu de tous les Pratival, font, remedes les plus firs & les
ciens, les
récréer l'efprit, réplus efficaces pour
rétafoudre les embarras des vifceres,
blir le reffort des. folides, & la confife
tance des liquides. --- Page 23 ---
de Saint Domingue.
Perfonne n'ignore qu'un travail modéré qui éloigne l'efprit de T'oifiveté,
dans le boire & le
que la tempérance
des
& dans tous les plaifirs
fens;
manger
d'efprit, de quelen un mot la tranquillité
font les
façon qu'on fe la procure,
que
de conferver la fanvéritables moyens les jours. Mais on
té,& de prolonger
dans nos Covoit peu de perfonnes jouir
de ce prélonies de cette tranquillité,
tréfor. Le défir de fortir de la micieux
conduit au-delà des
fere,quiquelquefois comme déja l'on a
mers, les projets,
de Saint
dans la defcription
putobferver
fait
Domingue : 7 & les entreprifes qu'on
fa fortune, met*
pour faire ou augmenter bonheur
fouvent obftacle à ce
qu'il
tent
défirer. Pour fareftnaturel à Phommede
les
1e les excès dans
croit de malheur 2
dans les climats
plaifirs, plus dangereux
dans les froids, concourent
chauds que
de
les
& Tintempérie
avec
inquiétudes
les efprits aniT'air à troubler & difiper --- Page 24 ---
Hifloire des Maladies
maux, & à les épuifer. Telles font les
caufes générales en partie des maladies
dont nous allons continuer de donner
Thiftoire. --- Page 25 ---
de Saint Dominguei
EO a
HISTOIRE
DES M HALADIES
CHRONIQUES
DE LA CACHEXIE
N appelle aux Iles cette maladie 5
Mal d'eftomac , parce que ceux qui
reffentent une f grande
en font attaqués
Pétendue de la répefanteur dans toute
milieu de
épigaftrique, fur-tout au
gion
ne fe plaignent que
cette partie €, qu'ils
& qu'ils -n'ont d'appétit
de Peftomac,
Ils deviennent pâpour aucun aliment.
les parties du
les, bouffis 2 & toutes
fur-tout le ventre 2 paroifient
corps, 2
enflés. Ils reffentent
confidérablement extraordinaire, & font teb
une laffitude
voudroient toulement affoupis, 2 qu'ils
fur-tout au
gion
ne fe plaignent que
cette partie €, qu'ils
& qu'ils -n'ont d'appétit
de Peftomac,
Ils deviennent pâpour aucun aliment.
les parties du
les, bouffis 2 & toutes
fur-tout le ventre 2 paroifient
corps, 2
enflés. Ils reffentent
confidérablement extraordinaire, & font teb
une laffitude
voudroient toulement affoupis, 2 qu'ils --- Page 26 ---
Hifoire des Maladies
a
dormir. Cette maladie négligée
jours
en Scorbut, qui
coutume de dégénérer
ou
fe termine, ou par une Hydropifie,
par une Diarthée.
concourent à
Deux caufes générales Pufage des
former le Mal d'eftomac;
commauvais alimens, quin'eft quetrop : Fune
dans les Hles, & la pareffe
mun
fuffit pour le procurer, fur-tout
desdeux
pituiteux.
dans les tempéramens font plus fujets que les
Les Negres y
qu'ils n'uBlancs, non-feulement parce
tels
d'alimens très-groffiers 9
fent que
les Patates, les Ignames,
quela Caffave, & le Mais; mais aufi parce
le Gombo fouvent le malheur d'appartequ'ils ont maitres qui ont Vinhumanité
nir à des
a coutume
de leur ravir le temps cultiver qu'on les vivres
de leur accorder pour Ils n'ont d'autre refdontils ont befoin.
d'emfource dans cette extrémité €, que
de la nuit à chercher'
ployer une partie mauvaifes nourritures,
quelques autres --- Page 27 ---
de Saint Domingut.
plus propres à leur nuire
tifier.
qu'à les forQuelque robuftes que
ces infortunés
puiffent être
elclaves, ils ficcombent
bientôt, & le Mal d'eftomac eft la
dre des maladies
moinauxquelles ils foient fujets; car les obftruétions du
du Foie & de la Rate,
Méfentere,
de fievres
accompagnées
lentes, de flux de ventre ou
d'Hydropific, font périr le plus grand
nombre.
Les convalefcens, dont la
des remedes a affoibli le
quantité
tomac & des
reffort de l'efinteflins, & a défuni les
globules du fang >y font
jets, fur-tout
très-fouvent finceux dont la
la violence des
longueur &z
caufe
fymptômes ont eu pour
principale un engorgement dans les
vaiffeaux lymphatiques du Méfentere.
L'ufage des mauvais
oifive, l'une
alimens, une vie
Ou l'autre de ces deux caufes, & la foibleffe de l'eftomac,
étant le
principe de la Cachexie; & leur effet
fang >y font
jets, fur-tout
très-fouvent finceux dont la
la violence des
longueur &z
caufe
fymptômes ont eu pour
principale un engorgement dans les
vaiffeaux lymphatiques du Méfentere.
L'ufage des mauvais
oifive, l'une
alimens, une vie
Ou l'autre de ces deux caufes, & la foibleffe de l'eftomac,
étant le
principe de la Cachexie; & leur effet --- Page 28 ---
des Maladies
Hiftoire
un
étant une digeftion très-imparfaite,
défuni, un relâchement des parties
fang
dans les vif
folides, & des engorgemens
les vaifceres du ventre, fur-tout dans
de FEftomac, du
feaux lymphatiques
ne doit fuiFoie & du Méfentere; on
d'autre indication que d'évacuer l'avre
furcharge les vaiffeaux,
bondance qui
& en
d'ouvrir ceux qui font obftrués,
rétabliffant le reffort des fibres, donner
la nourriture & la confiftance
au fang
dont il eft dépourvu. Je propofe pour
effet une méthode dont je me fuis
cet
toujours fervi avec faccès.
de vieux Cloux
Prenez une poignée
bien rouillés, un gros de Sel ammoniac,
des racines de bois d'Anifette, , d'herbe
à Colet coupées par petits morceaux 9
& creffon, de chacun une poignée; gin-
& fix Cigembre, une demi-poignée;
trons coupés en quatre ; Miel commun. 2
demi-livre : mettez le tout dans trois
d'eau bouillante, 5 que vous laiffepintes
heures : pafrez fermenter vingt-quatre --- Page 29 ---
de Saint Domingue. .
fez & exprimez toutes les
malade
drogues. Le
prendra un gobelet de cette liqueur de trois en trois heures, dans P'intervalle s du Thé, ou de P'infufion de
tite Sauge.
peSi cettetifane ne fuffit
le ventre
pas pour lâcher
cinqà fix fois, faites
de deux jours lun,
prendre
7 dans le premier
verre 2 deux gros de fel d'Epfom, &
vingt-quatre grains de pondre Cornachine. On donne tous les foirs
un gros de
au malade
Thériaque 2 qu'on délaiedans
moitié eau & moitié vin. Pluficurs font
fi difficiles à émouvoir, qu'on eft
d'animer les
obligé
premiers verres de purgation par TEmétique. Dans ce cas on
ne doit point prefcrire le Thériaque,il
faut attendre que l'engorgement foit diminué,
J'ai foin au furplus de recommander
aux malades T'exercice, fur-tout celui du
cheval, Pufagedesalimens
& duvin blanc, & de
fecs, du café
de
manger beaucoup
pommes d'Acajou,
ouvoir, qu'on eft
d'animer les
obligé
premiers verres de purgation par TEmétique. Dans ce cas on
ne doit point prefcrire le Thériaque,il
faut attendre que l'engorgement foit diminué,
J'ai foin au furplus de recommander
aux malades T'exercice, fur-tout celui du
cheval, Pufagedesalimens
& duvin blanc, & de
fecs, du café
de
manger beaucoup
pommes d'Acajou, --- Page 30 ---
Hifoire des Maladies
qui
aux convalefcens
Je ne prefcris Mal d'eftomac, que
font menacés du
majeure, 8c
Tufage de la tifane apéritive celui de la tifane
de trois en trois jours
la defdont on trouvera
fimple purgative, Pharmacopée.
cription dans notre effets de Fufage conJ'ai vu de bons
faite avec les
finué d'une fimple tifane
d'Afperracines de Chicorée (auvage, Cloux & le
d'Ofeille, de vieux
ges,
Creffon.
avoit beancoup de difUne Dame qui
& qui n'étoit
pofition à la Cachexie,
années, fe
point réglée depuis pluficurs
aut bout
rétablit peu à peu, & fiut réglée de cette
mois d'ufage
de trois à quatre
délivrée des Fleurs
tifane. Une autre fut
en cet état.
blanches qui la mettoient Cachexie dont
Outre les efpeces de
ena deux
de faire mention, ily y
je viens
Scorbutiques & Véautres que fappelle conféquent fymproliques 2 qui font par Pautre maladie.
tômes de Pune ou de
parmi les
Elles font bien communes --- Page 31 ---
de Saint Domingue.
2I
Créoles, 2 parce qu'un grand nombre fort
de peres & de meres qui leur ont laiffé
héritage de telles maladies. Elles
en
pagnent
accominfedtés également tous ceux qui font
de l'une ou de l'autre,
du
&
2 fur-tout
Scorbut;
cette maladie ou
tôme a toujours coutume de
fympDiarrhée,
précéder la
l'Hydropifie ou les Ulceres
qui terminent la carriere des fcorbutiques.
Les Fleurs blanches
bien les
fimples, car il; faut
diflinguer des
de celles qui font
véroliques, ou
une fuite de la Gonorrhée, font un fymptôme de Ia
dans les femmes.
Cachexie
cédent
Quelquefois elles
cette maladie 5 - & la
préElles proviennent
produifent.
norrhée mal
alors, OlI d'une Gocouche
guérie, 2 ou d'une fiite de
dans laquelle une femme aura
mal
été
délivrée, c'eft-à-dire à qui on aura
arraché de force
fardiere-faitomanoavre
qu'employent la plupart des
mes du Pays. Les caufes Sages-femremedes qui
indiquent les
peuvent convenir,,
5 - & la
préElles proviennent
produifent.
norrhée mal
alors, OlI d'une Gocouche
guérie, 2 ou d'une fiite de
dans laquelle une femme aura
mal
été
délivrée, c'eft-à-dire à qui on aura
arraché de force
fardiere-faitomanoavre
qu'employent la plupart des
mes du Pays. Les caufes Sages-femremedes qui
indiquent les
peuvent convenir,, --- Page 32 ---
Hifoire des Maladies
I. H IS T 0 I R E.
fille de vingt ans, 2 d'un tempéra:
Une
2 d'une poitrine
ment Hinstenc-baguin
de la
délicate, fujette à Fengorgement France, eut
s'étoit diflipé en
rate, qui
de chagrin, qui fuppride grands fujets
& la firent tomber
merent fes régles, double-tierce qui dédans une Fievre lente-continuc. Elle
généra en Fievre
urinant peu;
devint lescophlcgnatigse la jugeant à Pex-
& fi opprefice. 2 que Je la trouvai avec
trémité , on m'appella. tres-fréquent,
une toux féche, le pouls
ne poula refpiration fort embarrafiée, dans le lit. Les hyvant relpirer qu'afife douloureux, fur-tout
pocondres étoient fluétuation dans le
le droit; il y. avoit
épan-
& fuivant les apparences, les cuiffes
ventre, dans la poitrine ;
elle
chement
enflées;
étoient earmontinsatrenser fraîcheurs, &
reffentoit de continuelles dans les petits redouétoit très-altérée qui fe fuccedoient les
blemens de fievre --- Page 33 ---
de Saint Domingue.
uns aux autres. Elle fut guérie
remedes fnivans
par les
2 qu'elle prit pendant
l'efpace de trois mois, au
temps. fes régles fe rétablirent. 2
bout duquel
Prenez de vieux Cloux,
Selammoniac,
2 une poignée;
demi-gros; Racinesd d'Af
perges, 2 de Chiendent, Ecorce d'Oranger & de Citronnier, Racines de
veine blanche & de
Vercun une pincée
Pois-puant, de cha-
; Canne de fucre coupée par morceaux, 2 une
nes de Sapotilles
poignée; Graizaine : faites bouillir concaffées, une doudans deux
d'eau jufqu'à la diminution
pintes
faites infufer une
du quart;
poignée de Creffon, &
paffez le tout,
Elle ufa pendant trois femaines
autre tifane, faite avec les Racines d'une
petit Balifier, le Chiendeht, la
de
dul Pays, le Gingembre &le Safran Squine
tal, de chacune une
oriende
pincée; le Creffon
de Savane, une poignée, 2 & un gobelet
grosSyrop, qu'on mettoit dans deux
pintes d'eau, où l'on
éteignoit un Fer
ffon, &
paffez le tout,
Elle ufa pendant trois femaines
autre tifane, faite avec les Racines d'une
petit Balifier, le Chiendeht, la
de
dul Pays, le Gingembre &le Safran Squine
tal, de chacune une
oriende
pincée; le Creffon
de Savane, une poignée, 2 & un gobelet
grosSyrop, qu'on mettoit dans deux
pintes d'eau, où l'on
éteignoit un Fer --- Page 34 ---
Hifoire des Maladies
& on laiffoit le tout fermenter
rouge,
enfuite
vingt-quatre heures : on paffoit
Cette tifane étoit purgative &c
la liquetr.
très-diurétique. On mettoit danslesbouillons du Kaia, de la Pimprenelle 2 du
Cerfeuil, de la Chicorée fauvage, du
Céleri & du Creffon.
II. HISTOIR E.
Un.jeune homme d'un tempérament
tomba à la fuite d'une
phlegmatique,
dans
fievre double-tierce lymphatique. 7
Cachexie ou Mal d'eftomac. Il étoit
une
2 qu'àp peine
tellementl tleucophlegmatique
étoient
pouvoit-il marcher ; les gencives
trèsgonflées 8 corrompues ; une fievre
tous lesj jours accomlente quiredoubloir
ces accidens. Je lui preferivis
pagnoit
les remedes ftivans.
rouilPrenez une douzaine de Cloux
Ecorces de Citronnier, de Su
lés, des
coupé par morcrier, du Gingembre
faites
de chacun une pincéc :
ceaux 2
cela dans deux bouteilles
bouillir tout
d'eau --- Page 35 ---
de Saint Domingue.
d'eau jufqu'à la diminution du
En 25
quart.
tirant la décodion du
feu, jettez une
demi-poignée de Creffon de Sayane,
que vous laifferez infifer une demi-heure: : paffez le tout. Le malade en boira un
gobelet de deux en deux heures.
De cinq en cinq jours on prendra un
gobelet de cette tifane
purgative, 2 avec
un gros d'Agaric, deux gros de Sel d'epfom, & un bâton de caffe.
Cette tifane fit tellement uriner le malade, qu'il fut défenflé aul bout de dix
à douze jours ; la fievre difparut, & au
bout de quinze à vingt jours il fut
faitement rétabli.
parIII. HIS T OI R E.
Une femme, à la fuite d'une fauffe
couche & d'une fievre continue,
9 devint
fi confidérablement leucophlegmatique,
qu'on en défefpéroit. Un habitant confeilla de baigner la malade dans la décoétion de Bois de Couille, dit en latin Breynia. Ce remede procura à la maTome II,
B
ut, & au
bout de quinze à vingt jours il fut
faitement rétabli.
parIII. HIS T OI R E.
Une femme, à la fuite d'une fauffe
couche & d'une fievre continue,
9 devint
fi confidérablement leucophlegmatique,
qu'on en défefpéroit. Un habitant confeilla de baigner la malade dans la décoétion de Bois de Couille, dit en latin Breynia. Ce remede procura à la maTome II,
B --- Page 36 ---
Hifoire des Maladies
d'af26
de ventre qui la tira
lade un flux
faire.
HIST O I R E.
IV.
Cachexie compliquée.
ans fut attaUne femme de vingthuit couche, d'un gros
à la fuite d'une
fAuxion de poiquée, rhume, qui dégénéra en
la fieCette maladie fut négligée, furtrine.
malade devint enflée,
vre perfifa ; la 8 des cuiffes. Quandje
tout des jambes
fort accablée;
je la trouvai
la
fus appellé,i
petit & fréquent ;
elle avoit un pouls
; & furle rapfievre rebansisapertstent y avoitune
port que me ft la malade,il à dix heures; ; tout
de huit
inféintermilion bouffi, 8 les parties
le corps étoit très-groffes. Elle touffoit
rieures étoient crachats me parurent pubeaucoup ; les
furcroit, un dérulens. Elle avoit, pour aller de demivoiement qui la faifoit Je lui confeillai
heure en demit-heure.
les remedes fuivans.
de Cloux rouilPrenez une douzaine --- Page 37 ---
de Saint Domingue.
lés, de Fécorce de Gommier
coupée par
petits morceaux une pincée, du Creffon
de Savane une demi-poignée, - du Francbafin une pincée; faites-les bouillir dans
deux pintes d'eau jufqu'à la diminution
du quart ; paffez la tifane dont la
lade ufera pour boiffon.
maOn luilavera tous les foirs les jambes
avec la décoétion des feuilles
de Citronnier & de Monbin. d'Oranger;
On la purgera de cinq en cinq jours
avec un gros de Rhubarbe, & deux onces de Manne.
Dans fix jours, on la mettra à
de l'opiate fiivant
Pufage
, dont elle prendra
deux prifes, l'une à la fin de la
& l'autre huit jours après. Prenez fievre,
quina, deux gros; Iris de
QuinFlorence, Safran de Marsapéritif, de chacun un
Blanc de baleine,
gros;
2 deux gros: mêlez cela
dans firffifante quantité de Miel deNarbonne. La prife d'un gros.
Bij.
fix jours, on la mettra à
de l'opiate fiivant
Pufage
, dont elle prendra
deux prifes, l'une à la fin de la
& l'autre huit jours après. Prenez fievre,
quina, deux gros; Iris de
QuinFlorence, Safran de Marsapéritif, de chacun un
Blanc de baleine,
gros;
2 deux gros: mêlez cela
dans firffifante quantité de Miel deNarbonne. La prife d'un gros.
Bij. --- Page 38 ---
Hifoire des Maladies
ET DE
LORSTRPCTION
Du SCOREUT LA RATE.
DE
fi
Scorbut eft une corruption maffe du
L générale , que toute haleine la
mauen eft infeétée; une
fang
livides, fanguinovaife, des gencives
noirâtres : les
lentes, & quelquefois
arrache faremuent & qu'on
dents qui
ou douleur gracilement; une pefanteur
une laffivative dans les Hypocondies. inferieures,
tude fur-tout dansles parties fans élévation 1,
& des taches grandes, 8 noires, font
rougeltres, pourprées communs de cette
les fignes les plus en a point qui la
mais il n'y
chauds
maladie; mieux dans les Pays
de
caradérife
ou lobftrudion
le gonflement
ordinaire ;
que Rate qui en eft le (ymptôme étant rares,
des parties fopérieures
dans
ceux
ordinairement que
& ne paroifant féchereffe a été confiles années oùt la
Aérable: --- Page 39 ---
de Saint Domingte.
Le méchanifme de la ftruéture de 29 la
Rate doit en effet la rendre plus fufceptible d'engorgement & de corruption
tout autre vifcere
que
2 fir-tout dans les Pays
chauds & marécageux, , tant par rapport
à la trop grande difipation
d'eiprits animaux dont elle a plus befoin que les alltres vifceres, que par rapport aux effets
du relâchement qui fiit les fréquentes
maladies qu'on effuye à Saint Domingue. De-là vient que nous la regardons
comme le principal fiége des caufes du
plus grand nombre des maladies chroniques, de la Diarrhée, de
fie & du Flux
P'Hydropihémorroidal, qui en font
prefque toujours des futites, & par oùr
à la fin ceux qui font
obftruéion
attaqués de cette
terminent leur carriere.
La conformité qu'il y a du
ment de la Rate, commun dans l'Amé- gonflerique, & de fes
maladie
fymptômes, avec la
que les anciens appellent grande
Rate, nous donne lieu de croire
-
ont décrit le Scorbut fous
qu'ils
ce nom, &
B lij
ihémorroidal, qui en font
prefque toujours des futites, & par oùr
à la fin ceux qui font
obftruéion
attaqués de cette
terminent leur carriere.
La conformité qu'il y a du
ment de la Rate, commun dans l'Amé- gonflerique, & de fes
maladie
fymptômes, avec la
que les anciens appellent grande
Rate, nous donne lieu de croire
-
ont décrit le Scorbut fous
qu'ils
ce nom, &
B lij --- Page 40 ---
Hifoire des Maladies
30- Topinion qu'on a qu'ils ne l'ont pas
que
n'eft fondée que fur la différence
connu,
le
tde
du nom, & fur ce que gonflement le Scorbut
Rate n'ett pas ordinaire dans
arridu nord. Une telle différence de peut la malaver fans changer le caraâtere du climat & la
die, fuivant la qualité donnent à toutes
fituation des lieux, qui fouvent à quelles parties du corps, &
des difpoques-unes plus qu'aux autres, les rendent plus
fitions particulieres, qui
maladies & aux imprefifions
fujettes aux
contient des
de Pair-d'une Contrée qui
Yhumeur
principes plus analogues avec celle d'un attd'un tel vifcere, qu'avec
eum
tre. Ex hoc profeilo Cachexia genere Hipefe morbum judico quem exprefle videtur ;f qui
pocratesfab magnis lienibus
fit cordem bilis atra interdim ità peftiléns. extrà lienem
ruptione, ut cum in corpuis
univerfum
difunditur, plane ejus habisum
ld vitiun his fignis Jefe prodit >
corrumpat.
male olet, gingive vioS ipfufque piritus 6 nonnunquam fatiantur, fublividegue --- Page 41 ---
de Saint Domingue.
batre
redduntur Is morbus Batavis,
alii/que populis qui humiliora atque paluf- 2
eria loca incolunt, freguens ef utique, f
his quoque alimenta cralfa, duraque materia,fumuntur.
Ce fentiment eft d'autant plus jufte,
qu'il eft conforme à ce que nous obfervons tous les jours à Saint
Domingue, 9
oùr tout concourt à y produire cette maJadie; favoir la fituation des lieux, qui
font très-marécageux, les mauvais alimens dont on ufe, les débauches auxquelles on fe livre, & les fréquentes
maladies qu'on y effuie ; & fi les fcorbutiques réfiftent plus long-temps dans PAmérique méridionale que dans le Nord,
il ne faut l'attribuer qu'à la chaleur du
climat qui leur eft favorable. Mais après
tout, ils y languiffent plutôtqu'ils ne vivent. De fix en fix
mois, 9 au plus tard
tous les ans, ils font fujets à des fievres
intermittentes ou continues, accompagnées de Flux de ventre ou d'Hydropifie. On applique les remedes qui
peuvent
B 1V
corbutiques réfiftent plus long-temps dans PAmérique méridionale que dans le Nord,
il ne faut l'attribuer qu'à la chaleur du
climat qui leur eft favorable. Mais après
tout, ils y languiffent plutôtqu'ils ne vivent. De fix en fix
mois, 9 au plus tard
tous les ans, ils font fujets à des fievres
intermittentes ou continues, accompagnées de Flux de ventre ou d'Hydropifie. On applique les remedes qui
peuvent
B 1V --- Page 42 ---
Hifoire des Maladies
le mal; on en vient à bout ;
diminuer
remedes qu'on apporte,
mais quelques
gonflée, & au bout
la Rate eft toujours
mal
&
à huit mois le
revient;
de fept
viciffitudes de fanté & de
après quelques
en flux de ventre.
maladie 2 il dégénere corripiuntur, his, 2
Qui lienofi à Dyfenterid
Hydrops,
longa fuperveniente Dyfenterid,
Hipp.
levitas, 2 érc.pereunt,
aut intefinorum
Aphorif: 43 , 5,6.
cette malaIla arrive très-fouvent que vérole,
die eft entée fur un refte de
Tau- qui
Scorbut, les rend l'une &
joint aut
Alors un Médecin, pour
tre incurables. malade, ne peut ufer que
foulager fon remedes anodins. On a pu
de quelques
T'Hiftoire des Conftiremarquer dans
depuis 1738
tutions épidémiques, que
la féchereffe a dominéju jufqu'à 1744,
que
moins de Rates gonflées, furon a VU
& 1743, que dans
tout pendant 1742
qui ont été plules années précédentes moins de Diarvieufes, par conféquent
; & ceux qui
rhées, moins d'Hydropifies --- Page 43 ---
de Saint Domingue.
en étoient
attaqués ont eu des
mes plus conformes à ceux
fymptôtume d'avoir
qu'on a COLen Europe ; des gencives
pourries, des taches pourprées
fur-tout desj jambes
; mais
ulcérées, 2 & des ulceres fi mauvais, queles OS fe carioient
en très-peu de temps.
mais en petit nombre, Quelgues-uns 2
ques de
eurent des marcorruption aux gencives, & des
taches, fans qu'il parût d'obftruétion
parente.
apCesfymptômes feorbutiques
fur-tout à la fin de l'été &
parurent
cement de Phiver,
au commenou moins
que le temps fit plus
pluvieux pendant le cours
ces années. Ces effets
de
façon la
prouvent de quelle
qualité du temps contribue aut
caraétere &au changement des maladies.
Les années pluvieufes déterminent
occafionnent le reflux des
Oll
vains vers les
mauvais leparties internes; au lieu
que les féches refferrant les fibres, &z
augmentant leur reffort, les mettent cn
état de les chaffer au-dehors.
B V
pluvieux pendant le cours
ces années. Ces effets
de
façon la
prouvent de quelle
qualité du temps contribue aut
caraétere &au changement des maladies.
Les années pluvieufes déterminent
occafionnent le reflux des
Oll
vains vers les
mauvais leparties internes; au lieu
que les féches refferrant les fibres, &z
augmentant leur reffort, les mettent cn
état de les chaffer au-dehors.
B V --- Page 44 ---
Hifoire des Maladies
34 Il réfulte de tout ce que nous avons
gonflement de la Rate ne peut
dit, quele
fcorbutique, qu'il
être qu'un fymptôme les autres à rercontribue plus que tous
& incuradre cette maladie dangereufe d'un relâcheble, parce qu'il eft l'effet générale ; que
ment 8 d'une corruption
caufe les
ayant pour
cette corruption
les exhalaifons du
mauvais principes que
on ne peut
Pays lui communiquent, remede 2 à ceux qui
propofer de meilleur: certain degré, que
en font attaqués à un
leur être
d'aller refpirer un air qui puiffe
favorable. En effet ceux qui prenplus
fe rétablir prompnent ce parti paroiffent quelque féjour
tement 2 & même après
un changeà la mer 2 ils appergoivent Cequis me donne lieu
ment confidérable.
du Scorcaufe principale d'une
de penfer quela
principe
but ne peut être qu'un analogue à celui
nature alkaline volatile, mal de Siam; que
qui domine dans le
par.
combattu 8 remplacé
ce principe
eft peu à peu détruit:dtoh
TAcide marin, --- Page 45 ---
de Saint Domingue.
il s'enfuit qu'on a tort d'attribuer à l'air 35
marin le Scorbut dont on eft affligé dans
les voyages de long cours. On reconnoîtra en effet que ce Scorbut a le même
principe que celui des Pays
lorfqu'on fera attention à la marécageux, 2
vivres dont on ufe, à la
qualité des
à la corruption
mal-propreté &
dans de
qu'on ne peut éviter
pareils voyages, enfin à l'ennui
d'être long-temps
féjour
renfermé, $ & au long
que la plupart des Navires font
dans les rades ou ports
entourés de marécages. marécageux 2 ou
Les tempéramens
les bilieux font
mélancoliques &
plus fujets au fcorbut
que les fanguins & les pituiteux; ; ceux
qui menent une vie oilive, ou qui vivent
de mauvais alimens, plus
agiffent, & ufent de bonnes que ceux qui
Les habitans des
nourritures.
fi
fi
Montagnes n'y font pas
fujets, ce n'eft ceux qui demeurent
dans des Gorges ou Acculs profonds
étroits, oi paffent de grandes rivieres 2
;
B vj
ancoliques &
plus fujets au fcorbut
que les fanguins & les pituiteux; ; ceux
qui menent une vie oilive, ou qui vivent
de mauvais alimens, plus
agiffent, & ufent de bonnes que ceux qui
Les habitans des
nourritures.
fi
fi
Montagnes n'y font pas
fujets, ce n'eft ceux qui demeurent
dans des Gorges ou Acculs profonds
étroits, oi paffent de grandes rivieres 2
;
B vj --- Page 46 ---
Hifoire des Maladies
atta36
qui en foient
encore y en a-t-ilpeu
qués.
tire aux' fcorbutiques
Le fang qu'on
au dernier
ou vérolés qui font parvenus le linge.
de diffolution, teint pen
degré
il reffemble à une geQuandil eft froid ,
ilnes'en 1
lée d'uni rouge pâle ou marbré;
de férofités, Olt très-peu:
fépare point
à la qualité du pouls 9
Faifant attention
& prefque onqui dans tous eft flafque olivâtre ou plombée
dulent, àla couleur de tout Textérietit
du vifage, 8 fouvent
des lévres,
& à la blancheur
du corps,
eft l'effet d'une
je penfe que cette qualité de celle.qu'on a
diffolution différente
cird'obferver dans plufieurs
coutume
dans une Hydropifie, par
conftances, n'a point pour principe
exemple, qui
deux Virus, & oit
Pun ou P'autre de ces
reftant ait
le fang fe réduit en férofité, Il faut donc recentre un, champignon. de diffolutions
connoitre deux efpéces à l'autre. Je me
fune
prelqueoppoiee --- Page 47 ---
de Saint Domingue.
la nature, &
fuis attaché à en examiner
caufe. Voici quelles ont
à en découvrirla
été mes réflexions.
eft
femblable à une gelée,
Le fang, 2
remédié
propre à ceux qui n'ayant pas
effets du Virus fcorbutique
aux premiers lui ont laiffé faire des proou vérolique,
le temps de détruire
grès, lui ont donné
le tiffu des globules du fang & des autres
ou amalliqueurs, & desyincorporifier
à
Or le temps qui s'eft employé
gamer.
à cette amalgame s
cette deftruétion,
donne à ces Virus un titre de propriété,
un changement ou
& au tempérament
n'eft plus du deune nouvelle forme qu'il
A
voir de la Médecine de changer.
eft
ainfi de l'autre efpéce
€ Il n'en
pas
de diffolution, le fang paroit yconferver
Cette
toujours fa qualité globuleufe.
qualité ieft une marque que les liqueurs
confervent toujours Punion, & le reffort
des parties qui les compofent, 2 8 qu'elles
ne font pas confondues.
facileSuivant ce principe, on- peut
n'eft plus du deune nouvelle forme qu'il
A
voir de la Médecine de changer.
eft
ainfi de l'autre efpéce
€ Il n'en
pas
de diffolution, le fang paroit yconferver
Cette
toujours fa qualité globuleufe.
qualité ieft une marque que les liqueurs
confervent toujours Punion, & le reffort
des parties qui les compofent, 2 8 qu'elles
ne font pas confondues.
facileSuivant ce principe, on- peut --- Page 48 ---
Hifoire des Maladies
raifon pourquoi le fang, 2
ment rendre
foit dans le com-.
quelque vermeil qu'il
dès-lors qu'il
d'une maladie,
mencement
de-gelée - 9 eft un -
fe fige en confiflance
lorfque la féfigne plus dangereux que mauvaife que
rofité s'en fépare, quelque
du fang;
être d'ailleurs la qualité
Puiffe
confiftance eft un figne
pourquoi cette
de maladic
les parties
Eaca1te
mauvais levain qui a défuni conferve
fibreufes des globules. Ce fang
& en;
néanmoins fa couleur naturelle fcorbuti- :
cela il differe de la diffolution
que
Il ne la conferve
que ou vérolique.
abondance ou af-,
parce qu'une grande
agiffant fnfluence de mauvais principes les parties
bitement & psomptement, n'ont pas eu le.temps
globuleufes défunies de. leur couleur natus
d'être dépouillées dans les autres iliagit
relle : au lieu. que
: d'oût
lentement & plus long-temps:
plus
plus intimes
réfultent une impregnation
une défunion plus confidérable. parvenu au
Quand le fcorbut n'eft pas --- Page 49 ---
de Saint Domingue.
dernier
degré, on en tente la cure par
les remedes qu'on eftime être ipécifiques pour cette maladie. Jen'en propofe
point d'autres que les tifanes, bouillons,
purgations, opiates, bols & gargarifmes
qu'on trouvera décrits dans notre Pharmacopée fous le nom d'Anti-feorbutiques.
Quoique Ies Creffons & autres
tes
plande cette nature obtiennent le premier
rang parmi les Anti-fcorbutiques, ils ne
conviennent pas cependant à toutes fortes
de tempéramens; car ceux qui font fitjets, faivantl'obfervation d'Ettmuler ,à
des difpofitions éréfipétaleufes, à une
couleur trop vermeille du vifage, à des
palpitations, à des fuperpurgations & à
des migraines & autres fymptômes de
cette nature, non-feulement nes'accommodent point de leur ufage, mais en reffentent de mauvais effets,
2 à moins
ne les mêle avec POfeille
qu'on
2 l'Alleluia &
le Beccabunga, ou dans le Lait, le petit
Lait, ou le Vin, afin que par ce moyen
es, à une
couleur trop vermeille du vifage, à des
palpitations, à des fuperpurgations & à
des migraines & autres fymptômes de
cette nature, non-feulement nes'accommodent point de leur ufage, mais en reffentent de mauvais effets,
2 à moins
ne les mêle avec POfeille
qu'on
2 l'Alleluia &
le Beccabunga, ou dans le Lait, le petit
Lait, ou le Vin, afin que par ce moyen --- Page 50 ---
Hiftoire des Maladies
volatile foit tempérée:
jeur acrimonie le même Auteur ordonne
De-là vient quel
remedes Anti-fcordans le petit Lait, les
de fiebutiques à ceux qui font attaqués qui ont
vres
Rahimmaiseebante
caraêtere des accès très-irrégupour
liers.
dans fon Livre intitulé, ConfJuncker,
claffes
P
Medicina, établit différentes
pelus
fuivantles
de remedes Antifcorbutiques, Il propole pour
différens tempéramens. Phlegmatiques ceux
les tempéramens âcres & les plus pénéqui font les plus Cochlearia, lesCreffons,
trans, commele
les Oignons &
les Raves, la Moutarde,
les amers,
rAil; pour les mélancoliques, la Fumeterre, la
favoir le Beccabunga, Trifolium Fibrinum, la
plante appellée
la Chicorée, le Cerpetite Chelidoine,
les bilieux & bifeuil; & il prefcrit pour acides, ou feuls ou
lieux-fanguins 2 les
tels font rOfeille,
mêlés avec les autres :
de Limon,
de Citron,
PAlleluia 2 lesfucs
Un grand
de Grofeille 8 d'Epine-vinette. --- Page 51 ---
de Saint Domingue.
41.
nombre de célebres Médecins s'accordent fur ce point avec cet Auteur, Sydenham joignoit avec fuccès à la conferve
de Cochlearia, la pulpe de Citron ou
d'Orange. Martin Lifter mêle tousles fues
des fruits acides, le vinaigre & l'efprit
même de Vitriol avec celui de Cochlearia. Et Simon Paulliy y mettoit l'efprit de
Vitriol à la dofe d'un ferupule. Les peuples du Groënland, inftruits par l'expérience, 2 employent enfemble pour laguérifon du fcorbut, le Cochlearia &lOfeille.
On conviendra cependant que dans le
fcorbut naiflant, le fang & la lymphe circulent trop lentement, & font tellement
privés de fluidité, qu'ils ont befoin deremedes âcres &
les
piritueux, pour ranimer
ofcillations languiffantes des fibres
pour diffoudreles humeurs
&
trop épaiffes,
pour rétablir leur mouvement circulaire. Mais il en doit être autrement dans
le Scorbut déclaré Oll invétéré, oùt leshumeurs, par leur repos ou flagnation, ont
but naiflant, le fang & la lymphe circulent trop lentement, & font tellement
privés de fluidité, qu'ils ont befoin deremedes âcres &
les
piritueux, pour ranimer
ofcillations languiffantes des fibres
pour diffoudreles humeurs
&
trop épaiffes,
pour rétablir leur mouvement circulaire. Mais il en doit être autrement dans
le Scorbut déclaré Oll invétéré, oùt leshumeurs, par leur repos ou flagnation, ont --- Page 52 ---
Hifoire des Maladies
la42
de pourriture par
acquis un degré
dansles) liqueurs
quelle les fels renfermés & fe font tellefont devenus urineux, eft facile d'en
ment développés, > qu'il le
dans la
les effets dans fang,
remarquer)
fe cOIférofité, 8 dans les d0 urines, qui alors
S'il arrive
rompent promptement. anime Yaétion de
qu'on agite & qu'on
des médicaces fels urineux par Tnfage adtifs & fpirimens anti-feorbutiques, divifent les partueux, ils développent,
& en difdes humeurs,
ties fulphureufes
, détruifent le
folvent ce qui cft coagulé
humeurs,
des différentes
tiffu globuleux
folides; ; d'oit ré-
& corrodent les parties de fymptômes
nombre
fulte un plusgrand contraire - 2 fi on a refcorbutiques. Au
tirés des vécours aux acides volatils
l'effet de
on vient à bout, par
gétaux ,
de fixer les fels urineux,
ces remedes,
d'en faire un fel mixte -
& par leur union
pas de
falé, dont on n'appréhendera
faou
fuites, & qui fe diffipera
mauvaifes
fécrétion & évacuacilement par une --- Page 53 ---
de Saint Domingue.
tion abondante d'urines
; on rétablira
infenfiblement le reffort des fibres, &
la confiftance que les humeurs avoient 2
perdue.
Confultation pour Z72 Hypocondriaque
menacé du Scorbur.
L E détail que nous a fait Monfieur...
des accidens auxquels il eft fouvent
fujet depuis plus d'un an, déclare une
maladie qu'on appelle Affedion hypocondriaque, quia pour caufe une tenfion
trop forte & trop continuelle des fibres
du cerveau & des nerfs. Cette tenfion
provient & de la qualité du tempérament, & de quelques autres caufes
jointes 2 comme d'une trop grande con- oifi.
veté, qui donne lieu de trop réfléchir
fur des maux qui, d'imaginaires
étoient dans le
qu'ils
commencement, deviennent par trop d'inquiétude une véritable
maladie, Ou de quelque paflion fecrette,
t
ion
trop forte & trop continuelle des fibres
du cerveau & des nerfs. Cette tenfion
provient & de la qualité du tempérament, & de quelques autres caufes
jointes 2 comme d'une trop grande con- oifi.
veté, qui donne lieu de trop réfléchir
fur des maux qui, d'imaginaires
étoient dans le
qu'ils
commencement, deviennent par trop d'inquiétude une véritable
maladie, Ou de quelque paflion fecrette,
t --- Page 54 ---
Hifloire des Maladies
répondent aux moudont les impreffions
de l'objet peut
Timportance
vemens que
tenfion contre-natuexciter. De cette
dans le cours
relle,réfiulte un dérangement fe filtrent 82
des efprits animaux, 2 qui défordre dans
circulent lentement, ou en
dans celles
nerveufes, fur-tout
les parties
dans le Cervelet,
qui ont leur origine
de l'ame,
fiége principal des opérations deflinés aux
les nerfs
8 d'oit partent
vifceres, le
fonêions des principaux T'eftomac,
le foie,
coeur 2 le poumon,
&c. De-là vient
la rate, 9 le diaphragme, dans la circulation du
un ralentiffement
8 qui, felon
fang, qui le fait épaiffir,
OCles différens degrés d'épaiffement, ou moins
cafionne des engorgemens plus
fuivis de fymptômes proconfidérables,
portionnés.
eft naturelleComme la circulation vifceres du venlente dans les
ment plus dans les autres 2 ils font toujours
tre que
attaqués . ; & le fiége ordiles premiers
les premiers
naire de la caufe qui produit --- Page 55 ---
de Saint Domingue.
fymptômes : de-là les envies de vomir, 45
les
indigeflions 2 les gonflemens d'hypocondres, les légeres fuffocations, le
ferrement de la gorge, & enfin les s reffes de connoiffance, & les
éclipmouvemens
fpafmodiques, dont le malade eft fouvent attaqué, & auxquels il eft plus fujet dans les temps pluvieux, fur-tout
guand le frais fuccede à la
que. rien ne contribue
pluie, 9 parce
de
plus au gonflement
toutes les parties du corps que l'humidité,
Les caufes premieres & effentielles de
cette maladie une fois connues,
tent deux objets à
préfencombattre; la tenfion
trop forte du genre nerveux, & fon effet,
quieft lépaififfement du fang. Une feule
indication fiuffira pour remédier à l'un
& àlautre, attendu qu'onne
pofer le relâchement des fibres peut fepronerveufesqu'on ne ramolliffe, - délaye & liquéfie
le fang & les autres liquides, On efpere
yi parvenirparPuf@gedesl bains, des bouillons, des tifanes, & du régime ci-après
étaillé.
fon effet,
quieft lépaififfement du fang. Une feule
indication fiuffira pour remédier à l'un
& àlautre, attendu qu'onne
pofer le relâchement des fibres peut fepronerveufesqu'on ne ramolliffe, - délaye & liquéfie
le fang & les autres liquides, On efpere
yi parvenirparPuf@gedesl bains, des bouillons, des tifanes, & du régime ci-après
étaillé. --- Page 56 ---
Hifoire des Maladies
Le malade fe baignera tous les jours
vers les cinq heures du foir pendant un
d'heure dans un bain très-légerequart
la décoétion d'herbes
ment tiéde, 9 faitde
Médecinier-baémollientes 9 Epinars,
feuilles de Gombo, de Monbin,
tard,
fera bien frotter avant de fordont il fe
fe mettant auffi-tôt au lit,
tir du bain,
oùt il fera couvert comme à l'ordinaire,
plein une écuelle un des
& oir ilprendra
bouillons fuivans. -
farcira
Prenez un fort poulet, qu'on
& à fon défaut de farine de
de gruau,
& de
à huit
petit mil à chandelle,
fept
il
concaffée : quand
grains de Sapotille
fera demi-cuit t, ajoutez Chicons, EpiChicorée blanche, Kaia, qu'on
nars, Monzambai, Morelle du Pays,
appelle
Laman, dechaque les Negres appellent
fera bouilcun une bonne poignée, qu'on la dimilir dans fix pintes d'eau jufqu'à
d'environ un tiers, 8 on exprinution
le malade prendra un de
mera le tout ;
trois heures,
bouillons de trois en
ces --- Page 57 ---
de Saine Domingus,
&z dans l'intervalle un gobelet dela tifane 47
fuivante d'heure en heure.
Prenez une poignée de Cloux bien
rouillés, 2 8c un gros de Sel ammoniac,
fur lefquels on verfera neuf pintes d'eau
bouillante 2 qu'on laiffera infitfer : on
prendra tous les matins trois pintes de
cette eau, dans laquelle on fera bouillir
l'efpace d'un demi-quart d'heure, du
Chiendent, des racines
la Chicorée
d'A(perges, de
fauvage, & de la Verveine
bleue, de chacun une bonne pincée. Retirant latifane du feu, ajoutez une pincée
deRéglifie,&u unedemi-pincée de Safran,
qu'on laiffera infufer un
Le malade fe
quart-d'heure.
purgera tous les quinze
jours avec deux bâtonsde Caffe, & deux
gros de Sel d'Epfom dans deux
On mettra dans chacun douze verres.
Poudre Cornachine, trois
grains de
valle
heures d'interentre chaque prife, de deux
l'un. Il montera à cheval le
jours
fe
matin, & il
promenera pendant deux heures.
diéte confiftera -
en foupe ordinaire,
La
bouil.
ade fe
quart-d'heure.
purgera tous les quinze
jours avec deux bâtonsde Caffe, & deux
gros de Sel d'Epfom dans deux
On mettra dans chacun douze verres.
Poudre Cornachine, trois
grains de
valle
heures d'interentre chaque prife, de deux
l'un. Il montera à cheval le
jours
fe
matin, & il
promenera pendant deux heures.
diéte confiftera -
en foupe ordinaire,
La
bouil. --- Page 58 ---
Hifoire des Maladies Mil, de
de Mais, de petit
lie légere
fans oeufs ni beurre, 2
Gruau, fans lait,
contraires; : ainfi on
alimens lui érant
de
ces
avec un peu de jus
la fera à Peau, >
ou de laMonviande, ou du bouillon, fans fel, & un peu
taigue bien fraiche, là les alimens du déde fucre. Ce feront
à dîner 8 à foujeiner ; il ne mangera de la viande bouilque de la foupe,
d'écarter les
per
rôtie, ayant foin
lie o1
les cartilages,
membranes, les graifles, Il évitera de
comme matieres indigeftes. boira ou de la ti-
& il
trop fe remplir,
idé Chien-.
fane, ou d'une timplodicofliond teindre de vin. Tout
dent > qu'il pourra épiceries de toutes efragont, falades, d'ailleurs interdits.
peces, lui font
général
Mais comme le ralentiffement effet fur
circulation fait fon principale confédela & fur le foie, & épaifit par
la rate
autre humeur,
quent la bile plus quetoute:
acquiert
cette bile en croupifiant
fon
& que
, qui par
une qualité âcre, 9 muriatique. le fang d'un maudeveloppementi infeôte
vais --- Page 59 ---
de Saint Domingue.
*Vais levain, qu'on appelle Scorbut, le- 49
quel par cette raifon eft toujours la ter-
&
foessnatr
ordinairement
climat auffi
très-prompte dans un
Saint
marécageux que celui de
Domingue, oùt l'air, 2 rempli de
mauvais
principes, ne peut
ter la mauvaife difpofition qu'augmentre dans les
qui fe renconrempéramens; il faut donc
tâcher non-feulement d'en
effets
prévenir les
s mais encore de détruire
qu'on a lieu de foupçonner être
ceux
tans. C'eft dans
déja exif.
mois
cette vue. 2 qu'après un
d'ufage des-remedes ci-deffus
crits, le malade prendra
pref
pelle
ceux qu'on apAnti-fcorbutiques.
II ne prendra alors que deux fois
femaine, le bain, oùr l'on
par
Sauge de marais, du
mettra de la
feuilles de Gommier Franc-bafin, des
& de Monbin. La
Chicorée fauvage tiendra dans fes bouillons la place des Chicons & de la Chis
corée blanche. En les tirant du
y fera infufer du Creffon de
feu, on
fontaine &
Tome II,
C
'on apAnti-fcorbutiques.
II ne prendra alors que deux fois
femaine, le bain, oùr l'on
par
Sauge de marais, du
mettra de la
feuilles de Gommier Franc-bafin, des
& de Monbin. La
Chicorée fauvage tiendra dans fes bouillons la place des Chicons & de la Chis
corée blanche. En les tirant du
y fera infufer du Creffon de
feu, on
fontaine &
Tome II,
C --- Page 60 ---
Hifoire des Maladies
On
de chacun une poignée. de
du Cerfeuil,
la tifane, à la racine
fubftituera dans
coude Gingembre
Verveine, une patte 8 on fera infufer
pée par morceaux,
de Creffon
le Safran une poignée
tous
avec
le malade
de Savane. On purgera de Confeltion
les huit jours avec un gros
& douze
de Séné >
Hamech, un gros Cornachine. Si cette
grains de Poudre fuffire pour cinq à fix
dofe ne paroît pas
la feconde fois. I1
felles, on la doublera
de lopiate
foir & matin une prife
avalera
fuivant.
de Màrs apéritif, CloPrenez Safran
8 Iris de FloCentaurée
un
portes 2 petite
2 de chacun
rence bien pulvérifés
mêlezles
un gros:
gros, Sel d'Abfynthe d'extrait de Gedans fuffifante quantité
niévre. La dofe d'un gros. ces remedes
Le malade continuera lui confeille de
d'un mois, & je
ou de
Tefpace
en quatre 2
>
reprendre de quatre l'ufage, tant des precinq en cinq mois,
ne devant point
miers que des feconds, --- Page 61 ---
de Saint Domingue.
compter fur le mieux qu'ils
Sr
pourront lui
procurer 2 parce qu'en fait de maladies
chroniques, on doir fe propofer un traitement auffi long pour réuffir dans la ClIre, que la maladie a été de temps à fe
former & à croître. Dans l'intervalle
qu'on lui accorde, il gardera le régime
qu'on lui a propofé; il continuera l'exercice du cheval, qu'on lui recommande
particulierement, 2 & il s'abftiendra du
commerce des femmcs. C'eft l'avis
de
Quelques-uns dans quile mal n'avoit
pas fait beaucoup de progrès, ont
guérir, par l'nfage des remedes fuivans, paru
que je rapporte ici, parce qu'ils font fort 9
fimples.
Prenez écorce de Gommier & de Sucrier coupée par petits morceaux 2 de
chacune une bonne pincée; ; de vieux
Cloux une poignée; faites bouillir dans
deux pintes d'eau, jufqu'à la diminution
du quart: : en tirant la décoétion du feu,
faites infufer pendant une demi-heure
Ci 1]
'nfage des remedes fuivans, paru
que je rapporte ici, parce qu'ils font fort 9
fimples.
Prenez écorce de Gommier & de Sucrier coupée par petits morceaux 2 de
chacune une bonne pincée; ; de vieux
Cloux une poignée; faites bouillir dans
deux pintes d'eau, jufqu'à la diminution
du quart: : en tirant la décoétion du feu,
faites infufer pendant une demi-heure
Ci 1] --- Page 62 ---
Hifoire des Maladies Savane Ou
de Creffon de
une poignée
la tifane.
de fontaine ; paffez la Rate un cataplafme
fur
bouillie dans
Appliquez
,
fait avec la Verveinebleue, & de Taffia; faupoupartic égale d'eau avec une poudre oul
drez le cataplafime
de Sel, de Poide parties égales
mélange
pulvérifés.
vre 8 de Gingembre
d'Orans
écorce de Citronnier, de chaPrenez
& de Tamarin,
de Mapou vieux Cloux une poiger,
de
la
cun une pincée; tifane comme précé- de
gnéc : faites une infufer une poignée
dente : , y faifant
Creffon.
a ufé de ce remede, m'a 8
Le malade qui
jours,
été guéri en quinze
fut
dit avoir
2 qu'il
urinoit fi copieuementi 'au bout de ce
qu'il
Pufage
obligé d'cn quitter
remedes ou de femtemps. A la fuite de ces à plufieurs , quand
blables, je confeille
ede gonfiement,
d'apparenced
a
plus
tilanes coupées
il n'y
les mêmes lait, & de fe
de continuer ou moitié de
avec un tiers --- Page 63 ---
de Saint Domingue:
purger tous les huit jours, dans la vue
de rétablir la parfaite confiftance du
fang.
Un habitant, qui avoit un commencement de Scorbut, m'a affurés'être guéri
parlufage de la Calebaffe, ainfi qu'il eft
fait mention dans la Pharmacopée, dont
il prenoit de deux en deux jours deux
ou trois verres, fuivant l'effet que le remede paroiffoit avoir: : ce qu'il continua
pendant trois femaines, 9 après lequel
temps il fe mit à l'ufage du lait coupé
avecl'infufion de Creffon. II me ditavoir
reffenti peu de tranchées, & que ce remede le faifoit aller dix à douze fois.
D'autres difent auffi avoir été guéris
du gonflement de Rate par l'ufage des
feuilles d'Aloès, dont on enleve la peau,
& qu'on avale en façon de tranches de
Cardes aprèslesavoir faupoudrées d'un
peu de Sel.
I. HI S T 0 I R E.
Un homme très-libertin fut attaqué
C 11j
avoir
reffenti peu de tranchées, & que ce remede le faifoit aller dix à douze fois.
D'autres difent auffi avoir été guéris
du gonflement de Rate par l'ufage des
feuilles d'Aloès, dont on enleve la peau,
& qu'on avale en façon de tranches de
Cardes aprèslesavoir faupoudrées d'un
peu de Sel.
I. HI S T 0 I R E.
Un homme très-libertin fut attaqué
C 11j --- Page 64 ---
Hifoire des Maladies
de Rate; il ne fentit
d'un gonflement
années d'autres
point pendant plufieurs
accès de fieincommodités que quelques diarrhée, qui n'invre. Il furvint une
qu'il ne
quiéta point le malade, parce Au bout de
reffentoit aucune douleur.
ans, le mal augmenta;
trois OlI quatre
donnoit point de
le flux de ventre ne
minoit peu à
relâche : une fievre lente
la couleur
les forces. La maigreur,
ulceres
peu
plombée 1 2 & les
extrêmement
ces (ympdesjambes quiaccompagpoicare du malade;
tômes, me firent défefpérer
quelque
cherchai qu'à lui procurer
je ne
les Rôties au vin, la
foulagement par
Thériaque 8 TOpium.
II. HI S T O I 10 R E.
homme de trente ans, Créole,
Un
quelques années en
après avoir palfé Iles. 11 reprit bienFrance, revint aux habitudes : quelques
tôt fes anciennes
la fuite: il en fut
Gonorrhées en furent
de fievre
guéri. Les fréquentes attaques --- Page 65 ---
de Saint Domingue.
le firent tomber dans le gonflement 55 de
Rate. Deux ou trois ans après, il fut tattaqué de la Diarrhée, qui lui donnoit de
temps en temps du relâche. Le flux de
ventre devint confidérable & continu,
accompagnéd'une fievret très-forte. L'extrême volume de la Rate me fit conjecturer que le trop grand engorgement de
cette partie, & la preflion qui en réfultoit fur les autres
vifceres, en étoit la
caufe. Suivant ces principes, il en fallut
venir aux faignées, que j'eus attention
de faire faire très-petites, & de les réitérer fuivant les degrés de la fievre. Il
fallut le faigner cinq fois. Je mis enufage
les bouillons & lavemens émolliens, &
je le purgeai de cinq en cinq jours avec
la Manne & le Syrop de Chicorée
pofé de Rhubarbe, afin de
comdiminuer le volume de la Rate. parvenir à
lade fut à l'extrémité.
Le made
Je changeai alors
remedes & de régime; on lui fit de
forts bouillons; il prit quelques potions
cordiales & anodines, &j je le mis à l'uCiv
mis enufage
les bouillons & lavemens émolliens, &
je le purgeai de cinq en cinq jours avec
la Manne & le Syrop de Chicorée
pofé de Rhubarbe, afin de
comdiminuer le volume de la Rate. parvenir à
lade fut à l'extrémité.
Le made
Je changeai alors
remedes & de régime; on lui fit de
forts bouillons; il prit quelques potions
cordiales & anodines, &j je le mis à l'uCiv --- Page 66 ---
Hifoire des Maladies
dans
fage de la tifane anti-fcorbutique, grailaquelle je faifois ajouter quelques
de Mais rôties, & un peu de Canes
mettoit du Plantain, du Cernelle. On
de FOfeille 8 du Creffeuil, du Céleri,
On faifoit cuire
fon dans les bouillons.
& on met8 infufer ces herbes à part,
leur
cuillerées de
jus
toit trois à quatre
Au bout de quatre
dans chaque bouillon.
fe calma,
le flux de ventre
à cinq a jours,
Je lui confeillai -
& la fevre fe diffipa. tifane & aux bouilalors des'en tenir à la
Le malade parut en peu de temps
lons.
rétabli, le vifage coloré.,
parfaitement
de bonne fanté:je dis
& une apparence
la Rate reftoit totapparence, parce que la faifon des nords
jours gonflée. En effet,
retomba dans
étant revenue 2 le malade dont il fortit de la
les mêmes accidens,
différence qu'il
même façon, avec cette fois. Il eut penne fut faigné que deux mêmesaffauts dans la
dant quatreans les
enfin
même faifon, &cils fe terminerent
dont il mourut.
par une hydropifie --- Page 67 ---
de Saint Domingue.
Les faifons froides &
tribuant à
pluvieufes conaugmenter le gonflement de la
Rate, rendent prefque tous
font attaqués,
ceux qui - en
fujets à des fievres
ou moins confidérables, fuivant
plus
mentation, à moins
la
fon augun flux de ventre affez que Diarrhée ou
confidérable
fupplée.
n'y
La mauvaife méthode que les Chirurgiens employent à Saint
Domingue dans
letraitement des Gonorthées, fait tomber:
un grand nombre de gens dans la diffolution & le gonflement de la Rate,
tout quand cette maladie eft
fitrcomme ilarrive
rebelle 2
ordinairement.
III, HI S T 0 I R E.
Un homme, Européen
tempérament
d'origine, d'uz:
robufte, attaqué depuis:
quelques années d'un gonflement de la:
rate, étoit devenu
il avoit les
boufi.jaune,p plombés:
gencives mauvaifes, & étoit:
hydropique. Il me confulta pour favoir fi
dansfoné nétatilpourroit foutenir la mer. Il
Cy
2
ordinairement.
III, HI S T 0 I R E.
Un homme, Européen
tempérament
d'origine, d'uz:
robufte, attaqué depuis:
quelques années d'un gonflement de la:
rate, étoit devenu
il avoit les
boufi.jaune,p plombés:
gencives mauvaifes, & étoit:
hydropique. Il me confulta pour favoir fi
dansfoné nétatilpourroit foutenir la mer. Il
Cy --- Page 68 ---
Hifoire des Maladies
dans une fituation à routappréme parur
de cet élément
hender de la révolution dans un quartier
d'aller
Je lui propofai
du Cap, qu'on apdu Gouvernement
quartier 2 fitué
pelle le Dondon, (ce chaine de Montapar-dela la premiere très-étendu, oùt lair
gnes, eft un Platon
& aperitives)
eft frais,) les eaux légeres d'exercice qu'il pour8 de faire le plus
boiffon d'une
d'ufer pour
roit à cheval,
Cloux & de Creffon,
infufion de vieux
en cinq jours
& de fe purger de cinq d'Ebfom. In his
la Caffe & le Sel
..
avec
adhunc modum fidis
arque alis morbis
edoûtus flum,
certifimo exporinento libero exerciego matationsm, & in aëre
Huic
aèris
demiem ager. ferre poterit.
tium quale
refpondife. Syderham.
indicationi apprime
confeil, & eut
Le malade fuivit mon
fi bien que
le bonheur de fe rérablir, ? je ne le requand il vint me remercier,
connus pas. --- Page 69 ---
de Saint Domingue.
IV. HI S T O I R E.
Un homme de vingt-huir
d'un
ans, Créole,
tempérament fec, 2 fanguin - pituiteux, ayant la rate gonflée, & fort adonné aux plaifirs de Venus, fans
leurs il eûit
que d'ailladie
jamais eu aucun figne de mavénérienne, ce qui me donna lieu
de penfer que Pépuifement étoit la
cipale caufe de fa maladie;
prindis-je, fut
cet homme,
attaçué d'une
Flux hémorroidal
Hémorragie ou
interne. Il rendoit le
fang en abondance, 2 à la quantité d'une
livre ou d'une demi-livre à
qu'il alloit fur le
de
chaque fois
rendoit
pot
chanbre. Il le
très-pur, très-coloré, fans : excrément, fans
douleur, ne fentant qu'une
pefanteur dans le bas-ventre
falloit aller à la felle. Le
quand il
ou fuivoit les excrémens fang précédoit
lange. Il n'avoit
fans aucun mê.
rendoit
du foulagement & ne
peu de fang que lorfque la rate
étoit beaucoup diminuéc. Je lui confeillai différens remedes. Il fut au Dondon
Cvj
, très-coloré, fans : excrément, fans
douleur, ne fentant qu'une
pefanteur dans le bas-ventre
falloit aller à la felle. Le
quand il
ou fuivoit les excrémens fang précédoit
lange. Il n'avoit
fans aucun mê.
rendoit
du foulagement & ne
peu de fang que lorfque la rate
étoit beaucoup diminuéc. Je lui confeillai différens remedes. Il fut au Dondon
Cvj --- Page 70 ---
Hipoire des Maladies
Il eft allé ert
fans aucun foulagement. informé que le voyage
France, &il m'a
qu'au bout de
Pavoit tellement foulagé, avoit ceffé.
trois femaines THémorragie de la veine héCe flux devoit provenir
morroidale fplénique.
d'une perte
Une femme a été guérie Pafage de
de diffolution, par
provenant
d'écorces d'lcaquier,
la feule décoftion
fois quela perte
qu'elle prenoit toutesles
paroiffoit.
d'une perte qui
Une autrea été guérie mois, par le
duroit depuis fx à fept un gros foir
Cachou, dont elle prenoit eu d'atta-
& elle n'en a plus
& matin,
que.
DE LA YÉROLE
Vérole: font les maE Scorbut & la
aux Habitans.
L ladies les plus funeftes l'autre ViDomingue. L'un OLl
de Saint
tous les deux enfemble's
xuss & fouvent --- Page 71 ---
de Saint Domingue:
6r
font la bafe des mauvais fymptômes qui
terminent leur carriere. On ne peut guères prévenir ni empêcher le premier,
parlesraifons quenous avons dites; mais
on pourroit fe garantir du fecond,
eft l'effet du feullibertinage.
2 qui
Quel moyen
employer pour bien en convaincre & en
détourner les Habitans d'un Pays oùr tout
réveille, où tout anime les pafions? Il
n'y en a point, ou, s'il y en a quelqu'un, ce ne pourroit être que la icéture
des malheurs auxquels ils s'expofent. Je
vais les leur tracer. tels que je . les ai fouvent Vus.
La Vérole paroit être une maladie
endémique dans lAmérique & dans l'Afrique : c'eft de ces parties du monde
qu'elle a été communiquée aux autres.
On la nomme Pians chez les Africains,
parce que les puftules quiporrent ce nom
en font le principal fymptôme. Eiles font
groffes, écailleufes 2 &. forment au mi- -
lieu un nombril qui augmente
à
en largçur & en profondeur, peu peu
juiqu'à Ce
role paroit être une maladie
endémique dans lAmérique & dans l'Afrique : c'eft de ces parties du monde
qu'elle a été communiquée aux autres.
On la nomme Pians chez les Africains,
parce que les puftules quiporrent ce nom
en font le principal fymptôme. Eiles font
groffes, écailleufes 2 &. forment au mi- -
lieu un nombril qui augmente
à
en largçur & en profondeur, peu peu
juiqu'à Ce --- Page 72 ---
Hifoire des Maladies
forme un ulcere. Elles attaqu'il s'y
toutes les parties
quent indiféremment
les hondu corps, mais principalement aiffelles, les feffes,
teufes, les aînes ? les
& les orteils des pieds.,
de Galle, qu'on.apQuoiquel'efpece chez tous les Pratipelle Pians, paffe
un fymptôme
ciens de T'Amérique pour
la caracde Vérole, & qui fuffit pour dans bien des
térifer;je penfe qu'il eft,
qu'ilen
occafions, un figne équivoques
qui
comme des Dartres,
eft à fon égard
avec
O1I véroliques,
font ou fcorbutiques les Pians paroiflent
cette différence que
de ladrerie que
plutôt
être un fymptôme
dépendroit d'une
de Scorbut , & qui l'air & du tempéracertaine qualité de
aux
Car d'ou vient, 2 demanderaije
ment.
les volailles, furde la Vérole,
partilans
Dindons, les Poulets, 2 les
tout les jeunes
fi fujets aux puitules
Pintadaux 2 font-ils
une quantité
pianifles, qu'on en perd font-ils atconfidérable? D'oit vient en
lorfplurôr dans uin tempsfec, ,8
taqués --- Page 73 ---
de Saint Domingue.
qu'on les nourrit avec le petit Mil, fur. 63
tout le petit Mil à chandelle? D'oit vient
tant d'enfans, foit à la nourrice, foit fevrés, en font-ils affligés, pendant
grande quantité de nourrices n'ont qu'une donné
ni avant, ni pendant leur groffeffe, des
fignes de Pians, & que même de quatre
à cinq enfans qu'aura ett une Negreffe
il n'y aura que le fecond Oil le troifiéme 2
qui en fera infeéé? D'ott vient enfin
les Negres font les feuls
que
expofés à cette
maladie, & que parmiles Blancs, il
a que ceux qui ont commerce avec n'y les
Negreffes, ouI qui en font allaités? On
remarque que parmi les différentes na.
tions negres, celle des Bambaras, la plus
robufte de toutes, 2 en eft la plus empoifonnée, fans que dans la plupart il
cede aucun fymptôme de Vérole, préme Gonorrhée, Poulains,
2 comChancres,&cc.
Quand on fera attention que tous ces
Peuples vivent d'alimens très-groffiers
& glutineux, queles Bambaras font car.
nalliers, qu'ils préferent le petit Mil &
que que parmi les différentes na.
tions negres, celle des Bambaras, la plus
robufte de toutes, 2 en eft la plus empoifonnée, fans que dans la plupart il
cede aucun fymptôme de Vérole, préme Gonorrhée, Poulains,
2 comChancres,&cc.
Quand on fera attention que tous ces
Peuples vivent d'alimens très-groffiers
& glutineux, queles Bambaras font car.
nalliers, qu'ils préferent le petit Mil & --- Page 74 ---
Hiftoire des Maladies
le Mais aux autres alimens ; on pourra
les Pians peuvent avoir leur
juger que
de la lymcaufe dans un vice particulier
des aliphe, qui proviendra de la qualité
d'umens dont ces Peuples ont coutume
celles de Tair & du
fer, & avec laquelle
Nation doitempérament propre à chaque
vent concourir..
Blancs fous une
La Vérole paroit aux
elle ne donne ordinairement
autre face;
caufe bien
aucun figne extérieur ; ce qui
l'embarras à un Médecin dans les made
la démêler
ladies de diffolution, pour
dans la
d'avecle Scorbut.-Nayant point
en-font infeétés d'au:
plupart de ceux qui
maladie, on
tre effet que celui de cette
la difen attribuer la caufe qu'à
ne peut
des Américains,
férence du tempérament
dont le fang eft beaucoup moins épais
celui des Africains 8 des Européens,
que & à la tranfpiration I 2 qui eft beaucoup
abondante qu'en Europe. L'abonplus
en eft tellement la:
dante tranfpiration
des fymgcaufe, que nous remarquons --- Page 75 ---
de Saint Domingue:
tômes conformes à ceux
6;
qu'on voit en
Europe; & que quand les faifons font
féches & froides, on obferve alors dans
plufieurs, des dépôts, des
-
de vives douleurs dans les ankylofes 9
des nodus, des exoftofes, articulations, des
des ulceres aux jambes & dans caries, la bouche, fur-tout au palais, à la luette, des
puitules & des ophtalmies confidérables, à moins qu'une extrême diffolution
ne détourne ces
violente
fymptômes, ouI par une
Diarrhée, ou par une Hydropifie, qui deviennent bien vite incurables.
La Gonorrhée
2 qui, dansl le plus grand
sombre, eftlfavant-coureure de la Vérole,
eft beaucoup plus opiniâtre & rebelle en
Amérique qu'en Europe, fur-tout lorf.
qu'il eft à propos d'en arrêter l'écoulement. On tente à cet effet tant de différens remedes adminiftrés
6)
n'en connoiffent
par gens qui
point les qualités, que
pour parvenir au but, on jette le malade
dans une langueur dont il ne peut for-
2 qui, dansl le plus grand
sombre, eftlfavant-coureure de la Vérole,
eft beaucoup plus opiniâtre & rebelle en
Amérique qu'en Europe, fur-tout lorf.
qu'il eft à propos d'en arrêter l'écoulement. On tente à cet effet tant de différens remedes adminiftrés
6)
n'en connoiffent
par gens qui
point les qualités, que
pour parvenir au but, on jette le malade
dans une langueur dont il ne peut for- --- Page 76 ---
des Maladies
Hifoire
ou il
tir, ou bien il devient cacheéique, lui OCSkirre qui
eft affligé de quelque
quieflorcafionne une fievre hedique; oud'Hydinairement fuivie de Diarrhée
comdropifie qui le font périr; & pour
de
il n'eft point guéri
ble de malheur,
contribue qu'à auglécoulement, quine
fituation.
menter fa mauvaife
beauLa cure de cette maladie dépend dutemS.Domingueylels qualité
coup,à
dont on eft attapérament, de la façon débute pour le
qué, & de celle dont on
femmes qui
traitement. La qualité des
contribue
communiquent cette maladie, mauvaià la rendre plus
aufi beaucoup affuré que celle qu'on atfe: car on m'a
étoit la plus
trapoit avec les Mulatreffes
plus
mauvaife, & avec les Negreffes Blanches. La
qu'avec les
dangereufe
en apporte, c'eft que
feule raifon qu'on
tempérament plus
les premiere 1es fentd'un Que cela ait lieu
chaud que les autres.
c'eft
a de certain,
ou non, ce qu'il nombre y
n'en peut guéqu'un très-grand --- Page 77 ---
de Saint Domingue,
rir, & que pluficurs font des années 67
tieres à y parvenir; ce quileur laiffedes enimpreflions dont ils fe reffentent
la vie, &equifontfouvent
toute
la fourced'une
prompte & facile di(pofition au
ment de la Rate.
gonfleIleft rare qu'on s'adreffe aux Médecinsp pour traiter cette maladie dès le commencement : on n'y a recours
avoir paffé par plufieurs mains. qu'après
vient la grande difficulté
De-là
trent eux-mêmes
qu'ils renconày remédier.,
Tout le monde fait qu'il faut
cer le traitement de cette maladie commenfaignées, les tifanes
par les
ciffantes,
émollientes, adou9 les bains, les purgatifs doux
& en lavage,
> qu'on réitere &
continue,
qu'on
2 firivant la violence des ardeurs, des douleurs, en un mot de l'inflammation. Cependant peu le
à Saint
pratiquent
Domingue, où cette méthode eft
plus néceffaire que dans tout autre Pays:
prefque tous commencent parles tifanes
apéritives nitrées, auxquelles fiuccedent
par les
ciffantes,
émollientes, adou9 les bains, les purgatifs doux
& en lavage,
> qu'on réitere &
continue,
qu'on
2 firivant la violence des ardeurs, des douleurs, en un mot de l'inflammation. Cependant peu le
à Saint
pratiquent
Domingue, où cette méthode eft
plus néceffaire que dans tout autre Pays:
prefque tous commencent parles tifanes
apéritives nitrées, auxquelles fiuccedent --- Page 78 ---
Hifloire des Maladies
bien viteles fiudorifiques, les purgations
bols mercuriels, & les aflringens. La
en
eft
tifane lénitive de notre Pharmacopée
ordinairement 2 encelle que jemploie
& les
fuite le petit lait laxatif Ou! fimple,
de Caffe ritrées, auxqueiles je fais
eaux
des tifanes
la Gonorfuccéder une
pour
de
rhée, continuant toujours les eaux
Caffe de deux en deux ou de trois en
fuivant la qualité du tempé
trois jours, ,
à
rament. Quand je fuis parvenu procudes matieres blanrer un écoulement à la tifane fudorifichâtres, Jai recours
de cinq en
que 2 que je rends purgative convient de l'arcinq jours; & lorfqu'il
à une
rêter, à quelques bols aftringens, d'Itifane faite avec Técorce de Sucrier,
& d'Amandier, oit je fais mettre
caquier
d'efprit de Vitriol juf
quelques gouttes acidité. Je fais quetqu'à une agréable
avec cette tiquefois faire des injealions
de
fane, oùt Pon met quelques gouttes
Baume du Pérou, ou de Sucrier.
le
Dans certains cas, fur-tout quand. --- Page 79 ---
de Saint Domingue.
malade reffent
quelqu'obftacle en
nant vers la partie
urifupérieure du
je fais faire de légeres friétions
canal,
Sila Gonorrhée
au Raphé,
tombe dans les bourfes,je fais appliquer le cataplafme
turatif, dans lequel je fais
madofe de Ponguent
augmenter la
veilleux
Napolitain. Il eft merdans cet accident.
Lorfque les malades ont beaucoup dépéri dans les mauvais traitemens
ils ont paffé, je les
par où
Lait foufré
mets à Tufage du
ou du Lait apéritif; s'ils ont
encore Técoulement, iy joins les
des ci-deffus, & j'ajoure
remebols.
l'alun dans les
Un Chirurgien, fujet à de
fréquentes
Chaude-piffes, ne fe guériffoit
l'eau de Caffe nitrée, dont il faifoit qu'avec
boiffon,
fa
jufqu'à ce que la
fit
Chaude-piffe
guérie; ; & les bols de Térébenthine
avec la tifane de Gayac,
T'écoulement.
pour en arrêter
Comme cette maladie eft très-commune, chacun a fon remede, fur-tout
les
Un Chirurgien, fujet à de
fréquentes
Chaude-piffes, ne fe guériffoit
l'eau de Caffe nitrée, dont il faifoit qu'avec
boiffon,
fa
jufqu'à ce que la
fit
Chaude-piffe
guérie; ; & les bols de Térébenthine
avec la tifane de Gayac,
T'écoulement.
pour en arrêter
Comme cette maladie eft très-commune, chacun a fon remede, fur-tout --- Page 80 ---
Hifloire des Maladies
meil70
qui paffent pour avoirde
les Negres
Voiciceux qui font parleurs (pécifiques.
je vais.
à ma connoiffance s que
venus
leurs vertus.
diftinguer par
6 déterfives.
Plantes apéritives
d'herbe à
Les racines de. Balifier 2 de Gris de
Blé, de Rofeau fauvage, de toutes les
chat, d'herbes à Chiques,
de PoisVerveines, de Mal nomméc, reffemblant au
d'un arbriffeau
puant, & dont la racine eft très-puan- BiTamnus,
d'Indigo , de
te, de Bois de Couille, d'herbe à Codens ou herbeà Aiguille, remede très-fpélet, qui eft eftimée un d'Oranger & de
cifique 9 les écorces de Sureau, de
Citronnier fauvages, 2
Liane à Savon.
Plantes afringentes.
de Caffier ou Caneficier;
Les racines
à Aleur violette &
de faux Caneficier leurs écorces, écorfeuilles étroites, &
de Boisde Gommier 2
ces de Sucrier, --- Page 81 ---
de Saint Domingue.
Marie, de Bois de
de
chandelle, I
de
Gayac,
d'caquier,
franc, de
Raifinier, de Monbin2
Monbin-bâtard, de racine de
Bonduc ; les écorces d'Amandier
pineux
& d'Ejaune, les fruits de la Liane à
Savonnettes en émulfion, & l'Apiaba.
QuandYapperçois dans quelqu'un des
fignes de Vérole, ou que j'ai lieu
croire quelqu'un infeété,
d'en
point d'autre méthode 2 je n'emploie
tinction,
que celle de l'exqui confifte à ménager les frictions de façon qu'il n'arrive point de falivation, ou du moins qu'elle foit
abondante ; fi elle l'étoit trop, de la peu détourner par les
purgatifs, 2 & de
dre pour cet effet les friétions, fufpenque le gonflement des
jufqu'àce
gencives foit dif.
fipé. Cette méthode eft
mais fire, & convenable plus longue - 2
climat
à la qualitédu
& à celle des
deux hiftoires
tempéramens: Les
fuivantes en font une
preuve.
qu'elle foit
abondante ; fi elle l'étoit trop, de la peu détourner par les
purgatifs, 2 & de
dre pour cet effet les friétions, fufpenque le gonflement des
jufqu'àce
gencives foit dif.
fipé. Cette méthode eft
mais fire, & convenable plus longue - 2
climat
à la qualitédu
& à celle des
deux hiftoires
tempéramens: Les
fuivantes en font une
preuve. --- Page 82 ---
Hifoire des Maladies
I. HI S T 0 I R E.
homme d'un tempérament
Un jeune
avoir eu plufieurs
affez robufte, après il m'affura avoir
Chaude-piffes 2 dont
ne
été bien guéri, en attrapa une tifanes qu'on fuguérir. Le long ufage des
fievre
put
le ft tomber dans une
dorifiques
#
maigreur. Au
lente, & dans e grande douleurs parbout d'un mois, il eut des
les articles devinrent gontout le corps;
marcher.
ne pouvoit
flés à un point qu'il
huit jours, &
Je le fis baigner pendant nourriture & boif
lui fis ufer pour toute
égale de
fon du Lait coupé, 2 avec partic
&
décoftion de Squine, 2 de Salfepareilie
Il fut purgé trois à quatre
d'Antimoine.
friaions fur les arfois. On en vint aux
de maniere
ticulations, qu'on ménagea
les
commienceneatidene
que gencivesne bout de huit jours. On
flammer qu'au alors, & la falivation ayant
les fufpendit
une prife de
paru, on la détourna par
Manne --- Page 83 ---
de Saint Domingue:
Manne, qu'on réitéra deux jours
Le gonflement des gencives étant après.
On recommença, & je tins le malade paffé,
pendant l'efpace de deux mois dans les
remedes, lui ayant feulement fait
dre, pendant fept à huit
prenjours, cinq à fix
grains de Panacée avec autant d'Antimoine diaphorétique. Ce jeune homme
jouit depuis huit ans d'une bonne fanté,
II HIs T 0 IR E.
Une Negreffe reffentoit depuis longtemps des douleurs dans le bas-ventre,
qui étoient l'effet d'une ancienne Gonorrhée qu'on n'avoit point guérie.
L'ayant examinée, je découvris le
& deux ou trois Pians aux parties. mal,
mis dans les remedes;
Je la
; elle faliva huit
jours, & elle en fortit au bout de
rante jours. Après cinqà fix mois, quaNegreffe devint maigre; lesorteils de cette fes
pieds étoient remplisde ces ulceres
appelle aux Iles Crabes; les parties qu'on honteufes étoient couvertes de
/ Tome II,
Pians puruD
.
L'ayant examinée, je découvris le
& deux ou trois Pians aux parties. mal,
mis dans les remedes;
Je la
; elle faliva huit
jours, & elle en fortit au bout de
rante jours. Après cinqà fix mois, quaNegreffe devint maigre; lesorteils de cette fes
pieds étoient remplisde ces ulceres
appelle aux Iles Crabes; les parties qu'on honteufes étoient couvertes de
/ Tome II,
Pians puruD --- Page 84 ---
Hifoire des Maladies détefperois
& fia affreux 3 que je
Je fus
lens,
réufir. Je Tentrepris. dans les
de pouvoir de la tenir quatre mois
obligé
traitée par la méthode boifremedes, 9 Yayant
mife, pour
d'extinélion, 8 Payant
tifane fudorid'une lègere
fon, à Pufage
lelait, & pour nourrifique coupéeavec
graffe, ou du Riz
ture, à celui idela foupe veniràl bout des Crabes
au lait. Je ne pus corrofif. Ilyen eut un
que par le Sublimé à
Tonslesongles
qui fut fx mois gaérir. Depuis ce temps
- des orteils tomberent.
fe porte bien.
elle eft devenue grafe,6 employbient une
Si nos Chirurgiens
pas tant de
méthiode, il ne périroit ils réuffiroient
telle
&
Blancs 8c de Negres;
mieux quils ne font. deux hiftoires celle
Je joins - à > ces
qui eut des fuites
d'une autre Gonorrhée
ingalieres HIsT T O IR E.
III.
tombées comme
Une Gonorrhée étant dans les bourfes s
on dit vulgirementy --- Page 85 ---
de Saint Domingue.
& ayant fait devenir le tefticule
gauche
fquirreux, 7 les remedes qu'on appliqua
en France pour le réfoudre n'eurent
de fuccès, ou le malade en empêcha lef- pas
fet par fa mauvaife conduite. La
vaife fortune fit paffer à Saint Domin- maugue lejeune homme qui avoit cette incommodité. Obligé de prendre un métier
pour vivre, il négligea fon mal, dont le
progrès devint en deux ou trois-ans fi
confidérable, qu'il.fit contraint d'avoir
recours à la Chirurgie., Il s'adreffa à M.
Guimbaut , qui me l'envoya. Le tefticule étoit devenu de la groffeur d'un
ceufd'Autruche, d'une dureté
le cordon des.vaiffeaux
extrême,
la groffeur d'un
permatiques de
pouce, Il me parut qu'il
n'y,avoit point d'autre parti à
pour le mettre en état de
prendre,
que de lui faire l'opération, gagner favic,
dont le fiiccès ne pouvoit être que, tres-douteux,
parce, que le gonflement du cordon
nétroit dans la cavité,
péCependant n'y
ayant point d'autre efpérance de guéDij
ordon des.vaiffeaux
extrême,
la groffeur d'un
permatiques de
pouce, Il me parut qu'il
n'y,avoit point d'autre parti à
pour le mettre en état de
prendre,
que de lui faire l'opération, gagner favic,
dont le fiiccès ne pouvoit être que, tres-douteux,
parce, que le gonflement du cordon
nétroit dans la cavité,
péCependant n'y
ayant point d'autre efpérance de guéDij --- Page 86 ---
Hifoire des Maladies
de
difpofa pendant Pefpace
rifon, on ly
destifanes
près de deux mois, parl'nfage 2e des bains &
& bouillons convenables, L'opération 2
faite,
quelques purgations. tres-favorable,
ily eut une fupuration plastongtemps qu'ilfut
qu'on nentretintler
une réfolution
pofible, afin de procurer cordon. On mêla pour
totale du reftant du Napolitain avec le
cet effet TOnguent homme parut jouir
Digeftif. Le jeune d'une fanté parfaite,
pendant trois mois
il reffentit une
Au bout de ce temps, vers la région des
doulourcufe
pefanteur
fi promptements
reins. Le mal augmenta femaines il apperçut dans'
que dans trois
de la région épigafla partie inférieure
de Y'ombi-
& dans la fupérieure
trique,
milieu que latéralement,
licale, tant au
contigués, chaagauche, deux tumeurs d'un ceuf de poule
cune de la groffeur dures & compacd'Inde, extrémement que jen fis, me
tes, qui par rexamen dans Tépiploon, ou
parurent fituées ou
e;car elles
du bas-ventre;
entre les mufcles --- Page 87 ---
de Saint Domingue.
étoient tellement éminentes
ment fenfibles
& tellecru n'être
au toucher, qu'on les - eût
Le malade couvertes que de tégumens.
n'avoit point de fievre, fes
yeux étoient naturels 2 fon vifage d'une
couleur de convalefcent; ; il avoit bon
appétit, &avoit le ventre refferré;
il dormoit peu, &il fouffroit
mais
fitr-tout la nuit, d'un grand beaucoup,
tant de l'eftomac
tiraillement,
que des
nes. Je luiconfeillai
parties voifides bains, des
un emplâtre fondant,
tifanes apéritives, & des
purgations de huit en huit
fit toujours des
jours.Le mal
progrès, & ils furent fi
prompts, que les tumeurs dans
jours augmenterent de la
quinze
gerent le malade de
moitié,8 oblile voir. Il étoit
garder le lit. Je fus
pus
très-exténué 2 & je ne
appercevoir de Auctuation; ; la
dureté perfiftoit, & il
même
figne de fievre ; le
n'y avoit aucun
petit &
pouls étoit feulement
concentré, fans
perte
altération, 2 ni
d'appétit : il fouffroit cependant
hoaucoup, M, Pérarau, qui le traitoit
D iij
. Il étoit
garder le lit. Je fus
pus
très-exténué 2 & je ne
appercevoir de Auctuation; ; la
dureté perfiftoit, & il
même
figne de fievre ; le
n'y avoit aucun
petit &
pouls étoit feulement
concentré, fans
perte
altération, 2 ni
d'appétit : il fouffroit cependant
hoaucoup, M, Pérarau, qui le traitoit
D iij --- Page 88 ---
Hifoire des Maladics
m'avertit quinze joursaprès pour"
alors,
quefavois prié
du cadavre,
Pouvertuire
Il me 3 dit qu'ilsétoit levé
de permetite.
8t quil s'étoit prole'jour précedent, Hieures, fe troivant
mené plus de'trois
la nuit"
mieux quaTordinaire confidérable : quedins de fieil avoit eu un accès il étoit mort fans
vre, a'la fin' duquel
agonie:
il : fortit beauEn ouvrant le ventre, étoient extrê.
coup de vent; les mufcles pourri; les'
mement minces, Tépiploon le centre de la:
deux tumeurs occupoient fur les vertebres un
capacité, placées fur-tout P'inférieure
peu lanéralemneht, jufqu'au rein: Iy avoit
qui s'étendoit
de maticdans le baffin un épanchemenr couleur d'un: rouge"
de
res porulenres aticune trace de cordon.
brun ; je ne vis
occupoit la partie
inférieure
La tumeur
attache l'inteftin jejue
du' méfentere qui & trois premieres cirritim', & les deux
ileon. La preconvolutions de Vinteflin adhérante, que
miere y étoit tellement --- Page 89 ---
de Saint Dominguei
voulant l'en féparer, il fallut
fubftance de la tumeur
couper la
2 qui étoit d'une
couleur d'anthrax, raboteufe, fongueufe, carcinomateufe, remplie de gros tubercules ou kifts contenant une matiere,
partie blanchâtre 5 partie d'un
comme celle qui fort des anthrax. rouge 2
Cette
tumeur, qui étoit du volume d'un melon
ordinaire, 2 étoit contigue & même continue à une fupérieurg, d'un volume
moins confidérable,
unpeu
blanchâtre, & fituée
tranfverfalement: fur les vertebres : c'étoit
le pancréas abcédé dans toute fon étendue. L'ayant coupé dans fa
en fortit une grande
longueur, il
quantité de matiere
purulente blanche. Ces tumeurs avoient
écarté vers le côté droit la plus
partie du canalinteftinal.
grande
foie, la rate & les reins L'eftomac, le
leur état naturel. Le foie étoit parurent dans
d'un
feulement
rouge noir.
Siaprès la guérifon de l'opération,
eût paffé le malade
on
par les-grands reme
Diy
fortit une grande
longueur, il
quantité de matiere
purulente blanche. Ces tumeurs avoient
écarté vers le côté droit la plus
partie du canalinteftinal.
grande
foie, la rate & les reins L'eftomac, le
leur état naturel. Le foie étoit parurent dans
d'un
feulement
rouge noir.
Siaprès la guérifon de l'opération,
eût paffé le malade
on
par les-grands reme
Diy --- Page 90 ---
Hifoire des Maladies
prévenu ice facheux
des, on eût peut-être
événement. de telles tumeurs peuventComment dans des vifcerestels que
elles fe former
8 fe ter-
& le Pancréas,
le Méfentere
fans
fuppuration - 7 fans fievre,
miner par
C'eft pour moi un fujet
flux de ventre?
dontje
d'étonnement, & un phénomene
de
d'autres lumieres que
ne puis tirer effets d'uin levain particuconnoitre les
c'eft-à-dire vérolique.
lier,
m'ont tudcommuniqués par
REMEDES qui us-expérimentis, comdes Chirurgiens
qu'ils aient éprouvés
me les plus eficaces des Gonorrhées.
dans le traigemnent
une ou deux fois le
N fait faigner
de fon
- malade, fuivant la qualité à fix
Il boit pendant cinq de
tempérament. bouteilles d'eau éguifées
jours deux
& il prend
de nitre purifié,
trois gros
fuivante.
enfuite la tifane --- Page 91 ---
de Saint Domingue,
Prenez une once d'écorce de Bois 81
fer & demi-once de
de
concàffées
Salfepareille bien
: faites-les bouillir dans deux
pintes d'eau jufqu'à la diminution
moitié, & à petit feu:
de la
mi-once de Séné
ajoutez alors de-
&
2 deux gros de Sel de
nitre, un morceau de
rez le tout du
Régliffe : retifeau
feu, & couvrez le vaifpour laiffer infufer la décoéion
qu'à ce qu'elle foit
juf
froide: : filtrez la liqueur.
Le malade en boira
matin en deux
une chopine le
d'intervalle
gobelets, deux heures
jeliner deux entre chaque; ; il pourra dérefte deux heures après : il prendra le
s'abftiendra heures après avoir dîné, II
de vin, ou en boira trèspeu. I'continuera cette tifane
que les matieres foient
jufqu'à ce
tes comme un blanc blanches & filans'arrêtent.
d'oeuf, & qu'elles
Plufieurs m'ont affuré s'être
l'ufage d'une tifane faite
guéris par
de
avec les racines
Balifier, de
e
Griffede chat & de Chien.
D V.
s'abftiendra heures après avoir dîné, II
de vin, ou en boira trèspeu. I'continuera cette tifane
que les matieres foient
jufqu'à ce
tes comme un blanc blanches & filans'arrêtent.
d'oeuf, & qu'elles
Plufieurs m'ont affuré s'être
l'ufage d'une tifane faite
guéris par
de
avec les racines
Balifier, de
e
Griffede chat & de Chien.
D V. --- Page 92 ---
Hifoire des Maladiés de deux
8i
puirgative
dent. Ils la rendoient
avec
ou detrois en trois jours,
en deux ,
& la racine de Méla Liane purgative arrêtoient enfuite la
decinier bâtard. Ils
de Gommer 8
Gonorhée par la tifane
ajouJe voudrois
de Verveacpumne l'autre tifane la limaille
ter dans l'une &E de mitre, ou bien dans
deFef avec le Set
pilé & mis en
le Miche-fer
Ia dernicre
nouef.
de ceux qui emIl arrive à la plupart la Liane à peril,
ployent dans les tifanes ils tendent dans
quaprès leur guérifon, femence ronge Oll rottFéjaculation une
parce qu'ils
gedtre, ce qui les effraye, vaiffeau romSimaginent avoir quelque réfulté d'autre événeCommeil n'èn
cette altépu. mént que la peur, , jepenfe qté de la qualité
fation oit teintire provient principe fe
dont quelque
de cette plante 2 intimement e
à la liqueut
joint 8 s'unit
Il ne paroit
féminale dans la fécrétion. aucune mard'ailleufs dans le traitement les arines, ni
ni dans
que de teinture, --- Page 93 ---
de Saint Domingue,
dans Técoulement de la Gonorrhée. 83
On emploie deux efpeces de Mal.
nommée pour la cure des
la Mal-nommée à feuillesde Gonorrhées;
dont le fruit reffemble à des Pariétaire,
la Mal-nommée à feuilles verrues; &
de
L'une & l'autre font
Serpolet,
rampantes. Plufieurs
préferent la derniere. Sa vertu
pale, différente decelle des
princieft
Tithymales,
aftringente; car un homme
foi m'a affuré n'avoir
digne de
meilleur remede
point trouvé de
la tifane de
pour la Diarrhée que
cette plante, 2 qui lui fut indiquée par un Negre aprèsqu'il
inutilement le lait & plufieurs ehtemployé
medes. D'oû l'on doit conclure autres replantes ne peuyent convenir
que ces
eft queftion d'arrêter les
quelorfqu'il
fi on lesdonnoitdansles Gonorrhés;car
on courroit rilque d'enfermer scommencemens,
dans la bergerie.
le loup
1 Un Negre fut furpris par fon
fe traiter d'une
maître
décocion de
Chaude-piffe par la feule
Mal-nommée. Le maître y
D vj
es. D'oû l'on doit conclure autres replantes ne peuyent convenir
que ces
eft queftion d'arrêter les
quelorfqu'il
fi on lesdonnoitdansles Gonorrhés;car
on courroit rilque d'enfermer scommencemens,
dans la bergerie.
le loup
1 Un Negre fut furpris par fon
fe traiter d'une
maître
décocion de
Chaude-piffe par la feule
Mal-nommée. Le maître y
D vj --- Page 94 ---
Hifoire des Maladics été affuré de la
fit attention; & ayant il voulut éprouver
guérifon du Negre,
remede, qui fut
fur lui-même le même
infruêueux.
Les Racines de Verveine-puante font de
Colet,prifes en tifane,
a'herbeà
qu'on emploic les-plus
toutes les plantes
l'écoulement.
efficaces pourarréter ordinaire que d'entenRien n'eft plus
du mal de
fe plaindre
dre les Negreffes
Ce mal eft prefque
mere Ou de matrice. ulcere vénérien à
toujours l'effet d'un
accident de
2 ou de quelque
G
cette partie
font cependant pas
couche : elles ne blanches que les femfujettes aux fleurs
mes blanches. tumeurs qui s'ulcerent aux
Les perites
fur-tout aux orteils,
pieds des Negres,
& vers les ardes pieds,
fous la plante
appelle Crabes,
ticulations, & qu'on des Pians, qui ne
tiennent de la nature des racines, que
s'étendent & nejettent de la peau de ces
parce que la dureté de fortir & de s6partics les empêche --- Page 95 ---
de Saini Domingue.
lever comme dans les autres
85.
parties du
corps. De-là vient que le Sublimé corrofif ett le meilleur remede,
Méthodes qui m'ont paru les meilleures
pour traiter Zes Pians.
E toutes les méthodes mifes en
ufage par plufieurs Chirurgiens
pour le traitément des Pians,
fuivantes
3 les deux
m'ont paru les plus fires.
L'ufage dans l'Amérique eft d'enfermer les Negres Pianiftes dans une chambre bien clofe > & échauffée
par un
poèle Ou par un coffre à étuve. Les huit
ou dix premiers jours, on les faigne, on
les purge, & on les fait
baigner plus ou
moins, felon que Ia qualité dela maladie
& celle du tempérament femblent le demander : on les met en même
à
lat tifane fudorifique.
temps
Après deux ou trois
purgations, 7 ils prennent des bols o1
tions
pofudorifiques, > pour exciter la fortie
poèle Ou par un coffre à étuve. Les huit
ou dix premiers jours, on les faigne, on
les purge, & on les fait
baigner plus ou
moins, felon que Ia qualité dela maladie
& celle du tempérament femblent le demander : on les met en même
à
lat tifane fudorifique.
temps
Après deux ou trois
purgations, 7 ils prennent des bols o1
tions
pofudorifiques, > pour exciter la fortie --- Page 96 ---
Hifoire des Maladies
de tout le venin par le moyen d'une plus
abondance de puftules. Quelquesgrande
la Fleur de foufre prife inuns préferént
effet elle m'a paru
térieurement : en
les autres remieux convenir que tous
medes. Tandis que les Pians fortent, on
d'autres remedes; ce qui
ne fait point
d'un mois.
dure à quelques - uns plus
donne
Quand on les juge bien fortis, on Chiprefque tous les
des fridions, que jufqu'à ce que la falirurgiens pouffent
vation foit bien établie ; ils sentretiennent
cette falivation plus ott moins long-temps,
de la maladie & la
fuivant les qualités
force du malade. Quelques-uns ont attenles friéions de façon
tion à ménager
la falivaqu'on puiffe calmer ouarrêter
le moyen d'un doux purgatif, 2
tion par
le juge néceffaire.
auffi fouvent qu'on
& conCette façon eft très-prudente,
à
vient :
fur - tout auk fujets délieats, du
ont la poitrine foible, ou
ceux qui
Plufieurs Chirurgiens
penchant à PEtifie.
de fricn'employent point aujourd'hui --- Page 97 ---
de Saint Domingue,
tions; ils font ufer d'une boiffon
rielle préparée comme il fiit. mercuOn fait diffoudre dans deux
d'Eau forte une once-de Mercure onces
mêle la diffolution dans
: on
dix-huit à vingt
oncesd'cau. On met le
une
premjerjour,dans
bouteille de tifane fudorifique, deux
ou trois gouttes de cette diffolution;
augmente tous les jours la dofe d'une ; on
de deux gouttes
OLI
des
jufqu'à ce qu'il paroiffe
marques de falivation. Quelques-uns
font faliver; d'autres l'empêchent
quelque purgatif. Les uns & les autres, par
parl'examen que j'en ai pu faire, réuffiffent également & firement. La derniere façon paroît mieux convenir à
ceux qui ont de mauvais ulceres. Cette
diffolution mêlée dans l'eau furfit feule
pour leur panfement. Ceux qui
n'employent pour cet effet que la purgent Liane
purgative, dont une braffe eft la dofe
qu'ils coupent par petits morceaux, s &
qu'ils font bouillir dans la tifane fidoris
fique,
par
parl'examen que j'en ai pu faire, réuffiffent également & firement. La derniere façon paroît mieux convenir à
ceux qui ont de mauvais ulceres. Cette
diffolution mêlée dans l'eau furfit feule
pour leur panfement. Ceux qui
n'employent pour cet effet que la purgent Liane
purgative, dont une braffe eft la dofe
qu'ils coupent par petits morceaux, s &
qu'ils font bouillir dans la tifane fidoris
fique, --- Page 98 ---
1 Hifoire des Maladies tomber les
Onym'a affuré qu'on faifoit
pianiftes à la Martinique avant que
gales d'adminiftrer les friétions, par le moyen
fait avec le Mâche-fer pilé
d'un onguent
dit, de
& lejus de Citron,afin,m'acon,
rendre la peau unie, 8 par conféquent Merfacilité au
donner une plus grande
travers des
& de pénétrer au
cure d'agir,
pores de toute la circonférence.
Depuis un ou deux ans , M. Conegu 9
qui eft dans une
Maitre Chirurgien,-
réputation, a fait part à pluficurs
grande Confreres d'une autre façon de
de fes
traiter les Pianiftes par une préparation
particuliere du Mercure 2 que jai copiée
Pécrit de PAutenr. Ceux qui is'en ferde
fort avantageuvent m'en ont tous parlé
fcment.
TCS --- Page 99 ---
de Saint Domingue.
REMEDEpOITS guérir les
avec
Pians.qu'umploie
fuccès M. Conegu, Maitre Chirurgien a Limonade,
Renez du Sublimé corrofif &
Mercure cru, 9 de chacun pareille do- duz
fe, par exemple une once de chacun
broyez-les dans un mortier de marbre :
avec un pilon de bois, jufqu'à ce
Mercure foit parfaitement éteint quele
Sublimé
avec le
corrofif, & réduit en une
dre très-grife. Cette trituration
poudoit être
longue &
lente, 9 & il faut que l'Artifte
ait foin d'en éviter la
vapeur.
Après cette
dre dansl le même opération, 2 onlave la poumortier, premierement
avec de l'eau bien chaude,
fant prefque le
> en remplifdre
mortier, &cagitant la
avec le pilon, afinrde
pouporter les fels.
délayer & emOn laifle la poudre fe raffeoir au fond
du mortier; on incline l'eau en
prenant --- Page 100 ---
Hifoire des Maladies
la
la poudre; on
garde de ne pas jetter deux ou trois fois
lave de cette façon
autant de fois
avec a
de l'eau chaude, &.
fécher
de l'eau fioide, & on lafait
avec
au foleil.
eft bien féche, on la reQuand elle
de mardans le mortier
met en poudre
de vin
bre, & on l'arrofe avec TEprit dela pouun peu
jufqu'à ce quilfurnage
2 afin
dre, qu'on agite avec une fpatule, On
de la bien faire pénétrer par l'efprit. de pamet - le feu avec un morceaut
avec
y
On remue de temps en temps de
pier.
jufqu'à ce que PEfprit
la fpatule
confommé , & que
vin foit tout-à-fait
il arrive
foit féche - 2 comme
la poudre
de vin eft bon.
toujours quand lE(prit
de vin cette
On fait dévorer à l'Efprit de la mêmefapoudre deux ou trois fois
les
& d'arrondir
çon, afin d'adoucir les lotions n'ont pu
pointes de fels que
enlever.
eft incaainfi préparée
Cette poudre
mauvaife imprefpable de faire aucune
foit tout-à-fait
il arrive
foit féche - 2 comme
la poudre
de vin eft bon.
toujours quand lE(prit
de vin cette
On fait dévorer à l'Efprit de la mêmefapoudre deux ou trois fois
les
& d'arrondir
çon, afin d'adoucir les lotions n'ont pu
pointes de fels que
enlever.
eft incaainfi préparée
Cette poudre
mauvaife imprefpable de faire aucune --- Page 101 ---
de Saint Domingue.
fion. On peut en donner en toute fareté, 92.
même à des enfans. La dofe aux
perfonnes eft depuis
grandes
quatre jufqu'à huit
grains.
Il faut commencer, avant d'en ufer,
par faigner & purger une Our deux fois,
fiivant l'état de plénitude & la conftitution du fujet, & mettre le malade à l'ufage de la tifane fiudorifique.
Dans le
commencement, on ne donne
que quatre grains en bol; on peut
menter le quatriéme
auglignes de
jour. S'il paroit des
falivation; on peut la
par un doux purgatif,
prévenir
cation qu'on fe
parce que l'indide chaffer
propofe de remplir eft
le venin par la
lleft
tranfpiration.
bon, pour la procurer, de faire
travailler les Negres à l'ardeur du foleil,
évitant de ne les point faire fortir
vent froid, la
au
pluie, ou à la rofée, &
on ne doit les nourrir
mens doux.
qu'avec des aliOnufe de ce remede
pendant
cinq Ot trente jours, s'il excitoit vingt- le
vO- --- Page 102 ---
Hifoire des Maladies
arrive rarement, à
miffement, ce qui
le malade n'y ait de la difpomoins que
des matieres bifition, dont la qualité
lieufes fert de preuve. Sile vomiffement
revient à la feconde ou troifiéme prife,
donne un doux purgatif,&-T'on conon
L'Auteur n'a jamais vu
tinue le remede.
d'autres accidens.
éxécuter la même
Ne pourroit-on pas
? Et dans
opération avec le Selammoniac? feroit
ce cas le remede non-fenlementmais même feroit plus
moins dangereux,
firement fudorifique.
caufes qui empèUne des principales
des Pians &
chent de réuffir dans la cure
eft le défaut de préparadel la Vérole,
commettre
tion, ou l'erreur qu'on peut malades.
dans la maniere de préparer les
fe bornent à une
Plufieurs Chirurgiens
trois
deux faignées & à deux ou
purou
les vérolés, dès les
gations, & mettent
jours, à la tifane fudorifique.
premiers fans faire attention à la quaD'autres, 2
employent la
lité du tempérament 2
dans la cure
eft le défaut de préparadel la Vérole,
commettre
tion, ou l'erreur qu'on peut malades.
dans la maniere de préparer les
fe bornent à une
Plufieurs Chirurgiens
trois
deux faignées & à deux ou
purou
les vérolés, dès les
gations, & mettent
jours, à la tifane fudorifique.
premiers fans faire attention à la quaD'autres, 2
employent la
lité du tempérament 2 --- Page 103 ---
de Saint Domingue:
même méthode, ou, pour mieux dire, 93 la
même rourine, ne faifant pas réflexion
qu'aux uns les remedeséchaufins. & defficatifs, tels quela tifane
contraires;
fiudorifique, font
gu'aux autres il faut
les émolfiens & les laxatifs. La
éviter
regle qu'on puiffe fuivre à meilleure
ceux qui ont le malheur d'être légard de
de ce virus, c'eft de
infeétés
diftinguer les tempéramens gras & replets d'avec les
maigres ou exténués. Aux
fecs;
purgatifs réitérés
premiers, les -
fane
plufieurs fois, &la tifiudorifique conviennent : aux feconds, les faignées, les bains & les
nes ou bouillons
tifadont il convient délayans & émolliens,
de leur faire ufer l'efpace au moins de quatre à cing femaines,. avant que d'en venir aux remedes
mercuriels, afin de relâcher le tiffa des
fibres, dont le trop de féchereffe
pêche l'effet du Mercure
emration,
par la tranfpiLa tifane faite avec la feule
écorce de
Gommier, & les lavemens avec la dé- --- Page 104 ---
Hifoire des Maladies
écorce, & las Raquette
codtion de cette
m'ont paru les
boucannée 8 pilée, 9 calmer les doumeilleurs remedes pour
leurs de la Vérole.
à la Vérole ni
Je ne m'arrête point parce que ces viau Scorbut d'origine,
avec
naturalifés ou incorporifés
rus
fubftance du corps, confiruent
toute la
infirmé 9 lande tempérament
dont
une efpece affailli de différens maux, détruire la
guiffant,
de
il n'y a pas apparence n'a pas le pouvoir de
caufe, parce, qu'on confitation. Tout
refondre une mauvaife eft de pallier & de
peut faire
des
ce qu'on
1 des- alimens,
confeillér un régime,
fans ceffe la
boiffons, qui combattant de Pun. ou de rautre,
mauvaife. qualité.
Taétion & le dévepuilfent en diminuer
de forloppement. enfans qui ont le malheur
Les
eachodiques,
Siritunevelle origoe,fonte quelquetois jaune ou
ont le teint blanc,
; ce. qui.cepenplombé, la rate gonlée
à Pâge. de
dans la plupart
dant fe dimpe
ér un régime,
fans ceffe la
boiffons, qui combattant de Pun. ou de rautre,
mauvaife. qualité.
Taétion & le dévepuilfent en diminuer
de forloppement. enfans qui ont le malheur
Les
eachodiques,
Siritunevelle origoe,fonte quelquetois jaune ou
ont le teint blanc,
; ce. qui.cepenplombé, la rate gonlée
à Pâge. de
dans la plupart
dant fe dimpe --- Page 105 ---
de Saint Domingue,
puberté, fur-tout dans
voie en
ceux qu'on enEurope; mais il refte
un levain, qui tôt ou tard fe toujours
& quife perpétue de
développe
nération. Plufieurs
génération en géfortis de peres &
res fort fains, ont (e malheur
mefiés à des Nourrices
d'être congrande
Negreffes, dont une
quantité donnent par leur libertinage de forts foupçons, & dont les
fans font lestriftes viétimes.
ena de fe fervir à Saint
La néceflité
fujets
Domingue de tels
pour Nourrices, eft la fource &
T'origine de la
enfans, & des corruption de bien des
inclinations qu'on
appercevoir dans eux dès
peut
tendre.
lâge le plus --- Page 106 ---
Hifoire des Maladies
FLUX D E VENTRE,
DES
à Saint Domingue fous le nom
Confondus
de Diarrhée.
l'eftomac eft fatigué par des
L Orfque
qu'il ne peut
alimens trop groffiers
chyle
ilne'fe forme qu'un
bien digérer, matieres dures & compaées,
rempli de
le canal intefinal,
lefquelles parcourant
fibres.
raclent & excorientles
en irritent, tiffu des inteflins grèles foit
Quoique le
celui des gros, ils font
plus délicat que
de Paction de
cependant plus à couvert
2 parce
quecilascingent
ces matieres
ellesy font comdans le fluide chyleux,
offenfer la
& ne peuvent
elles
me noyées, veloutée; mais quand
membrane
defti:
font parvenues aux gros inteltins, im- .
elles agiffent
quées alors de liquides, fibres. De-là les comédiatement fur les fuivent & accom.
liques ou tranchées qui
pagnent --- Page 107 ---
de Saint Domingue.
pagnent les indigeftions, & qui fe fai- 97
fant principalement fentir dans le
ont fait donner à ce
colon,
de
fymptôme le nom
colique : de-là le Ténefme & la
fenterie qui furviennent
Dyc
quand les indigeftions fe fuccedent, & que les irritations font continuelles : de-là la Lienterie & le Flux
hépatique, 2 lorfque
une mauvaife
par
difpofition ou naturelle ou
provenant de quelque virus, les fibres
fe relâchent, & perdent leur reffort.
Ces différens Flux de ventre font donc
des fymptômes ou des fuites du
& par conféquent le
premier,
l'eftomac
dérangement de
en eft la premiere caufe,
Du TÉNE SME,
I E Ténefme eft une irritation dans
l'inteftin reétum & dans fon
ter ou bourelet, qui excite des fphinccontinuelles d'aller à la felle, oùr envies
fait de grands efforts fans
l'on
Tome 1I,
rien renE
différens Flux de ventre font donc
des fymptômes ou des fuites du
& par conféquent le
premier,
l'eftomac
dérangement de
en eft la premiere caufe,
Du TÉNE SME,
I E Ténefme eft une irritation dans
l'inteftin reétum & dans fon
ter ou bourelet, qui excite des fphinccontinuelles d'aller à la felle, oùr envies
fait de grands efforts fans
l'on
Tome 1I,
rien renE --- Page 108 ---
Hifloire des Maladies
- ma98
rendant que quelques
dre, ou ne
& mauvaifcs, des glaitieres mufqueufes particules du velouté
res, & quelques lefquelles on apperçoit
de Tinteftin, dans
de fang.
des gouttes
a
DE LA
DYSSENTERLE
eft une déjeation fréA Dyfenterie
, précédée &
L quente, fianguinolenic tranchées, & qui
accompagnée de vives purulente & trèscontinuant, devient
douloureufe.
ne difLe Ténefme & la Dyffenteric & par les parferent que par le degré, Le Ténefme
ties qui en font le fiége. & fuit prefque
précede 9 accompagne parce que les
toujours la Dyfenterie, féjournent un peu
matieres
& quil
mauvaifes
du reêtum, i
trop dans Textrémité quelque portion - ? qui
en refte toujours échauffe & irrite cette
étant retenue 2
partie. --- Page 109 ---
de Saint Domingue,
Ces maladies
fort dans
fuppofent un grand refles fibres inteftinales. Elles ne
furviennent en effet que parce que les
fibres réfiftent ; & qu'irritées par le frottement des matieres
elles
blent leur
dures,
redouriver fans contragion; de
ce qui ne peut arfortes percuffions de la
des mauvaifes matieres : d'oùt réfultent part
des excoriations de la membrane
tée, des déchiremens des
velouvaiffeaux capillaires-fanguins, & enfin des ulceres,
Auffi ces maladies, fir-tout la
terie, n'attaquent que des tempéramens Dyffenforts, naturellement conftipés, & furtout les Matelots.
Lesi indigeftions ne font leur effet fir
les inteftins, que douze ou quinze heures après qu'on a pris des alimens indigeftes, rarement plutôt, rarement
tard, Celles qui proviennent du
plus
retardent davantage,
fouper
quand il n'ya
eu d'infomnie. Plus elles font
pas
fréquentes, plus elles fe fuccedent, moins les
tranchéesretardent; ; elles ferapprochent
Ei 1J --- Page 110 ---
Hifoire des Maladies
con100
qu'elles deviennent
enfin de façon
tinues.
LA
LIENTERIE
DE
Lienterie un flux de ventre à la
T"Aypele
on va fréquemment
dans lequel
& fans douleur, 9 dans
felle, fans tranchée rendent les alimens
les malades
trouve encore
lequel
dont on
mal digérés 2
entieres & très s-f féquelques portions
tides.
FLUX
NÉPATIQUE
DU
fuite de
* eft une
EE Flux hépatique il
en a de deux
Lt Lienterie :
y du relâchement
efpeces; Pun provient
internes, &
des veines bémomoidales relichement du foie.Lun
Pautre du feul
& Bianchi.
* Voyez Ofman
ent les alimens
les malades
trouve encore
lequel
dont on
mal digérés 2
entieres & très s-f féquelques portions
tides.
FLUX
NÉPATIQUE
DU
fuite de
* eft une
EE Flux hépatique il
en a de deux
Lt Lienterie :
y du relâchement
efpeces; Pun provient
internes, &
des veines bémomoidales relichement du foie.Lun
Pautre du feul
& Bianchi.
* Voyez Ofman --- Page 111 ---
de Saint Domingue:
& l'autre font rares, fur-tout le
Yor
Le relâchement de l'eftomac
dernier.
teftins fe
& des inguins; les communique auxvaiffeaux fanhémorroidaux laiffent
per le fang qui donne aux excrémens échapteinture plus Ou moins
une
fa qualité 8z la quantité rouge, fuivant
Ces
qui en découle.
maladies, c'eft-à-dire la
& le Flux
Lienterie
hépatique, n'ont coutume
d'attaquer que les fcorbutiques, les vé.
rolés & les cacheétiques, dans
les fignes d'une grande diffolution lefquels
noncent un grand relâchement,
anfur-tout
lorfque ces malades étant à un
état d'engorgement,
certain
& que l'eftomac
perdent Fappétit,
tude de ces vaiffeaux opprimé par la plénicelle des vifceres
propres, & par
voifins, fur-tout de la
rate, ne pent faire que de
fes digeftions; d'oà s'enfuivent très-mauvaidesindigeftions, 9 auxquelles fiuccede bientôt une
fonte générale.
Cette révolution arrive ordinairement dans les faifons pluvieufes;
quelEiij --- Page 112 ---
Hifoire des Maladies
10%
le Ténefme la précede, l'accom:
quefois
mais bien plus foiblepagne & la fuit,
Les caudans la Dyffenterie.
ment que maladies étant bien connues,
fes de ces
lesindications qu'il
montrent clairement
faut fuivre.
desbotillonslégers,
Une diéte rigide,
lavetifanes lénitives, & quelques
des
fuivis dequelques purmens adouciffans,
pied aux fuites
gations douces > coupent qui menace de
d'une diarrhée négligée,
Ténefme & de Dyfenterie. fais faire des fuDans le Ténelme,ie recevoir la vamigations, c'eft-a-dire décoétion émolliente,
peur de quelque dans un réchaut rempli de
cu du fucre, chaudes. Si par négligence,
cendres bien régime, ou par une mauparle mauvais
que
vaife difpofition 2 9 le mal excrémens, augmente, que
Ie fang foit mèlé avecles de grandes tranle malade fe plaigne fevre furvienne,
chées, & qu'enfin la
qu'on
avoir recours à la faignée,
il faut
ou
moins, nivantlereir
réitérera plus
rempli de
cu du fucre, chaudes. Si par négligence,
cendres bien régime, ou par une mauparle mauvais
que
vaife difpofition 2 9 le mal excrémens, augmente, que
Ie fang foit mèlé avecles de grandes tranle malade fe plaigne fevre furvienne,
chées, & qu'enfin la
qu'on
avoir recours à la faignée,
il faut
ou
moins, nivantlereir
réitérera plus --- Page 113 ---
de Saint Domingue.
conflances; aux çataplafmes émolliens,
aux fréquens lavemens adouciffans, huileux; aux tifanes lénitives, à la potion
lénitive de notre Pharmacopée
appaife beaucoup les tranchées. 2 qui
la difpofition inflammatoire
Quand
eft diffipée
ou diminuée, on purge avec la Manne
& I'Huile d'Amandes douces. Onréitere
cette médecine deux ou trois fois, fitivant les, fymptômes qui reftent. On emploie, ou le Sirop magiftral, ou un
de Rhubarbe avec la Manne,
peu
tifane
quelque
aftringente ou déterfive, enfin lOpium,. qu'on doit adminiftrer avec
prudence, 2. &, ne rifquer que lorique tout
foupçon d'inflammation eft diflipé,
qu'on ne peut trop dans les Pays chauds parce
être en garde contre les inflammations
de ces parties, qui fe formant lentement
& - fouvent fans beaucoup de douleur,
ne donnent des marques de leur exiftence 2
que lorfqu'il n'eft plus temps d'y remédier. Pour cette raifon,
2 je n'emploie
point d'Ipécacuana, rarement de RhuEiv --- Page 114 ---
des Maladies
Hifoire
La leêture de ces
barbe & d'Opium. tâché de mettre à la
Mémoires, que j'ai
de@ilportée de tout le monde, pourra & les
ler les yeux de nos Chirurgiens, de ces droconvaincre du mauvais effet
gues dans ces maladies. eft une maladie
Comme le Ténefme
très-commune, & que dans la plupart
d'une chaleur trop grande,
elle provient
& rafraichiflantes font
les boiffonsacides remedes. C'eft dans cette
les meilleurs réufit dans fa cure par
intention qu'on
des
de la limonade avec l'Orange
T'ufage
celle de Tamarin, par la débois, par
du dernier, enfin
cocion des bourgeons
Si on
quelque tifane rafraichiffante.
par
une acrimonie véa lieu de foupçonner la décoftion d'érolique ou fcorbutique eft de tous les recorces de Gommier
m'a paru le
celui qui
medes éprouvés
émouffer la maumieux réufir pour en
douleurs.
vaife qualité, & calmer les caufe de la
qui eft la
Le relâchement
Lienterie & du Flux hépatiqueypropolfs
Si on
quelque tifane rafraichiffante.
par
une acrimonie véa lieu de foupçonner la décoftion d'érolique ou fcorbutique eft de tous les recorces de Gommier
m'a paru le
celui qui
medes éprouvés
émouffer la maumieux réufir pour en
douleurs.
vaife qualité, & calmer les caufe de la
qui eft la
Le relâchement
Lienterie & du Flux hépatiqueypropolfs --- Page 115 ---
de Saint Domingue: 1
une indication contraire à celle
10S
fuivre
qu'il faut
pour lacure du Ténefme & de la
Dyflenterie, Il faut fe comporter
leur traitement de façon.
dans
nature fe débarraffer
qu'on laiffe la
elle-même du
qui l'accabloit, avoir attention poids
blir peu à peu le reffort des
à réta.
lâchées, & combattre
parties remême temps les
ou corriger en
font la
mauvais levains quien
premiere origine.
dra par un régime conforme Ony parviention du malade,
àla fituafons
par les tifanes & boif.
propres à tempérer la
des
fréquence
déjetdtions, par de légers cordiaux,
pardelégeresp purgations, fur-tout
s
Syrop magiftral, On
par le
tre Pharmacopée, trouvera, dans notoutes les
ces différens remedes
formulesde
venir. On
qui peuvent y cony affociera les anti-fcorbutiques, les fudorifiques, fuivant la
du virus qu'on
qualité
qu'on aura fujet de pourra découvrir, Ou
foupçonner.
LIpécacuana de Saint
dont les effets m'ont
Domingue s
paru plus doux que
E V. --- Page 116 ---
des Maladies
Hipoire
Thériaque, le
ceux de celui du Bréfil,la
lieu
Diafcordium & T'Opium, ont plus
de Flux que dansles prédans ces efpeces
tant à
céders, parce qu'il n'y a pas
apprél'inflammation. Ilfaut cependant
hender lattention de ne les employer que
avoir
eft enticrement diflorfque la plénitude étant menacé d'éfipée, 8quele malade
puifement, a befoin de relâche.
Le Cachou &8 le Succin m'ont paru
dans ces maladies. Les getrès-eficaces de Citron & d'Orange faulées de jus
de vertu pour forvage ont beaucoup
iifier.
de remede plus faMais il n'y a point
Laità régard du plus grand
lutaire quele
C'eft toujours
nombre des diarrhétiques. & fans lui il
à lui qu'il en faut revenir, tiers. Ce liplus des deux
en périroit
effet
fes qualités
quide remplit en
par doit fe protoutes les intentions qu'on un aliment
donner à leftomac
pofer pour à fa foibleffe, & à toutes
proportionné
la nourriturele légere qui
les autres parties
ifier.
de remede plus faMais il n'y a point
Laità régard du plus grand
lutaire quele
C'eft toujours
nombre des diarrhétiques. & fans lui il
à lui qu'il en faut revenir, tiers. Ce liplus des deux
en périroit
effet
fes qualités
quide remplit en
par doit fe protoutes les intentions qu'on un aliment
donner à leftomac
pofer pour à fa foibleffe, & à toutes
proportionné
la nourriturele légere qui
les autres parties --- Page 117 ---
de Saint Domingat.
convient à leur relachement, &
les fortifiant peu à
qui en
peu, 2 puiffe les
en état d'en recevoir
mettre
redonne
une plus folide. Il
en mémetemps de la
aux liquides; & embarraffant confiftance
du levain qui n'a
été
les reftes
colliquation
pas
entraîné par la
générale, il les methors d'é
tat de fe développerde
réfulte un
long-temps: d'oit
changement fi confidérable
qu'on croiroit voir
ces
rdautreshommesMal
gré
bons effets, ,ily a cependant
ques précautions à prendre dans fon quel- ufage. Il ne faut y avoir recours
que le malade eft
que lorffoibleffe
parvenu à un état de
qui fait conjeéturer qu'il refte
peu des mauvaifes matieresq
les
squiformoient
fe engorgemens; car autrement le Lait
corromproit, & en
quantité. Il faut le donner augmenteroit la
quelque légere
coupé avec
cocion dlecetten tifineattringente ou démoitié:-Le
nature, au tiers ou à la
Lait aftringent de notre Pharmacopée fervira de modele,
ri M Le Flixde ventre fe çalmant,
on coupe
E vj --- Page 118 ---
108 -
Hifoire des Maladies infufion
le Lait avec une décoétion ou fuivant
anti-fcorbutique ou fudorifique,
Le
levain
a lieu de foupconner.
le
qu'on d'autre nourriture que
malade n'y joint
de force;
lorfqu'il paroit prendre un peu
8 il doit avoir foin que ces nourritures à celle du
foient d'une nature conforme fuivant le reffer:
Lait. Ilfe purge alors 2 de huit en huit
rement oit il fe trouve,
de Rhujours avec la Manne & un peu jours : faute
barbe,oude quinze en quinze étant extrêmede cette attention, le Lait fe formeroit
ment tépais à S.Domingueil fur-tout dans les
de petits engorgemens, cauferoient! 2
la fievre:
veines laôtées, qui fera parvenu à un
Dès que le malade
il quittera
état de fanté convenable s celui du
T'ufage du lait, & ne prendra foin de
longstemps après, ayant
vin que
finiffant.
fe purger en
pour fe procurer
J'ai vu des gens continuoient qui
de prende T'embonpoint,
étant parvenus,
dre du lait, & qui y maladies contomboient dans quelques
oient! 2
la fievre:
veines laôtées, qui fera parvenu à un
Dès que le malade
il quittera
état de fanté convenable s celui du
T'ufage du lait, & ne prendra foin de
longstemps après, ayant
vin que
finiffant.
fe purger en
pour fe procurer
J'ai vu des gens continuoient qui
de prende T'embonpoint,
étant parvenus,
dre du lait, & qui y maladies contomboient dans quelques --- Page 119 ---
de Saint Domingut.
fidérables,
IOg
7 fur-tout dans des fievres continues qui duroient
ne pouvoit déraciner long-temps, & qu'on
tions réitérées de
que par les purgafuite.
quatre à cinq jours de
On doit avoir attention de faire
rir la vache d'une
nourmaniere
aux vues qu'on fe propofe. conforme
Coffe, qui eft une
L'herbe de
efpece de Riz fauvage, & que tous les animaux
avidement, eft la plus convenable. mangent
faut éviter de lui donner du
Il
du bois de Patate.
petit Mil &
le lait laxatif,
Ces Plantes rendent
nable.
Le Mais eft plus conveI,
HISTOI R E.
Une Dame de vingt-huit à trente
d'un tempérament replet,
ans,
depuis près de deux ans d'une étoitattaquée
dont j'avois lieu de
diarrhée,
penfer la caufe véro.
lique. Comme aucun figne extérieur ne
pouvoit confirmer
monjugement, &
par cette raifon la malade ne vouloit que
pas --- Page 120 ---
Hifloire des Maladies
IIO
il fallut prendre le
en être perfuadée,
de pallier le
parti de chercher les moyens
& de la foulager. Je réuffis fi bien,
mal,
le mal fe calma; &
qu'en peu de temps
deguérifon,
elle parvint à une apparence réellement
qui lui fit croire qu'elle étoit bains aromaJelui confeillai les
guérie. foir & matin 2 la tifane fudorifique
tiques
la Salfepareille &2
faite avec le Gayac,
un tiers de
PAntimoine cru > coupéeavec foirs avec le
Lait, & un bol tous les
Cachou & Pextrait de Geniévre.
II. HISTOIR E.
dont les cicatrices
Une autre Dame,
levain écrouelà la gorge défignoient le
être infecleux, dont fon fang pouvoit
dans
té, étoit tombée par la Diarrhée
fi confidérable, qu'il paune maigreur
d'efpérance. Diverroiffoit y avoir peu
fes tifanes aftringentes, le changement
d'air & le lait, n'avoient donné aucun
Elle fut guérie par la tifane
foulagement.
atrices
Une autre Dame,
levain écrouelà la gorge défignoient le
être infecleux, dont fon fang pouvoit
dans
té, étoit tombée par la Diarrhée
fi confidérable, qu'il paune maigreur
d'efpérance. Diverroiffoit y avoir peu
fes tifanes aftringentes, le changement
d'air & le lait, n'avoient donné aucun
Elle fut guérie par la tifane
foulagement. --- Page 121 ---
de Saint Domingue.
fudorifique compofée,
IIY
mois la rétablit
qui au bout d'un
parfaitement.
On n'emploie pas le lait feulement
pour la cure des Flux de ventre
également trecours dans
; onya
toutes les convalefcences oùt le malade paroit
la fuite des
épuifé, à
dépôts ou abcès confidérables, des fievres lymphatiques
été violentes, de la
qui ont
de Siam, &c.
Dyffenterie, - du Mal
On évite de le prendre
dans les convalefcences des double-tierces bilieufes, & dans toutes celles où il
paroit quelque fréquent retour de fievre.
Je l'ai cependant VL prendre
fois dans des fievres lentes,
plufieurs
celles
fur-tout dans
qui accompagnentleFlux. de ventre
dont nous venons deparler; mais ce font
de ces casoi il faut aller au
croit le plus
remedequ'on
fpécifique : d'ailleurs le
grès de la fievre décide, &
protenter de le
on peut alors
couper ayeç la décoétion de
Quinquina, --- Page 122 ---
Hifloire des Maladies
CHYLEUX OU CCLIAQUÉ.
Du FLUX
de Flux de ventre
une efpece
avec ceux
n'a rien de commun mention; ceft
de faire
THX
dont nous venons dontles caufes font difle Flux chyleux, 2 provient quelquefois
férentes, mais qui
qui rend le chyle,
d'un vice de digeftion, vifqueux & groffier. Ce
quoique digéré,
qu'il fait tdans
chyle,par lesincruftations
& les
veines laôtées 2 les engorge
les
d'oir s'enfuit un Flux grifatre, *
obftrue; ;
lui les fignes de fa caufe
qui porte avec arrive dans la convalefCette maladie
fievres lymphatiques,
cence de quelques mangent trop d'abord,
fur-toutà ceux qui
leurs alimens.
ne choififfent pas
ou qui auffi à ceux qu'un vif chagrin
I1 arrive
terreur panique a faifi.
ou une forte
dans la curation;
Sion prend le change
des Conftitutions.
* Voyez PHiftoire
Flux grifatre, *
obftrue; ;
lui les fignes de fa caufe
qui porte avec arrive dans la convalefCette maladie
fievres lymphatiques,
cence de quelques mangent trop d'abord,
fur-toutà ceux qui
leurs alimens.
ne choififfent pas
ou qui auffi à ceux qu'un vif chagrin
I1 arrive
terreur panique a faifi.
ou une forte
dans la curation;
Sion prend le change
des Conftitutions.
* Voyez PHiftoire --- Page 123 ---
de Saint Domingue.
il en réfulte de fâcheux
événemens. Les
bains, les remedes réfolutifs &
ment apéritifs, font lesfeuls
légereconvenir; ; tels font entr'autres qui doivent
rée
la Chicofauvage, le Cerfeuil, le
Creffon, les Epinars, &
Céleri, le
rouillés dans la tifane. Il- quelques faut
Cloux
fels, de quelque
éviter les
& les acides : ils nature qu'ils foient 2
ne peuvent
traires à la caufe.
qu'être convif Lorfque cettemaladie a pour caufe un
chagrin Ol une terreur
les
veines laétées ne font bouchées panique,
le refferrement
que par
des nerfs
que produit la crifpation
s'attacher méfentériques : ainfi il rie faut
qu'à reiâcher les fibres
veufes. Les bains conviennent
nerla; mais il faut fubftituer
pour ceà la
au Cerfeuil & au Céleri, la Chicorée,
blanche, la Laitue. Rien
Chicorée
utile
ne feroit plus
que POpium ; mais la fievre &laltération, qui font ordinairement de la
partie, s'y oppofent. Le pouls des malades eft ordinairement
petit, concentré, --- Page 124 ---
Hifoire des Maladies
d'ail114
frémillant. Ils ont
& très-fouvent humide, & ils rendent
leurs la langue & les autres boiffons pref
les bouillons même nature qu'ils les ont
que de la
pris.
DE EHYDROFISIE
THydropifie en deux efa E difingue
épanchepeces ; en Hydropifie par infiltration.
ment, & en Hydropifie épanchement par
eft
L'Hydropitie par de quelques vaif
produite par la rupture comprimés par le
feaux lymphatiques,
qui involume d'une tumeur fquirreufe
fait
la circulation de elalymphe,
tercepte vaiffeaux, & les fait rompre;
gonflerles
diftillation continuelles
d'oi, par une capacité, un amasd'eau
fe forme, dansla
qu'on appelle Hydropifie. infiltration eft celle
L'Hydropitie par
général,
qui eft Teffet d'un engorgement de dilater affez les
qui parvenu au point
comprimés par le
feaux lymphatiques,
qui involume d'une tumeur fquirreufe
fait
la circulation de elalymphe,
tercepte vaiffeaux, & les fait rompre;
gonflerles
diftillation continuelles
d'oi, par une capacité, un amasd'eau
fe forme, dansla
qu'on appelle Hydropifie. infiltration eft celle
L'Hydropitie par
général,
qui eft Teffet d'un engorgement de dilater affez les
qui parvenu au point --- Page 125 ---
de Saint Domingue.
pores pour fe faire jour, fe filtre au IIS travers, & diftillepeu à peu. Elle eft à Saint
Domingue toujours l'effet des diffolutions
feorbatiguenyvérolignere ou cachectiques.
On doit juger par les caufes des Hydropifies qu'elles font toutes
à l'exception de la
incurables,
cachedique, dont on
peut détruire la caufe en rétabliffant le
tempérament. Mais on ne peut que pallier les autres, attendu qu'elles font l'effet ou d'un fquirre trop invétéré
en efpérer la
pour
réfolution, ou d'une diffolution trop grande & trop ancienne
en attendre la
pour
deftrudion, à moins que
par quelque révolution favorable
le
changement de climat peut feul que
aux fcorbutiques, il n'arrive procurer dans les
tempéramens une métamorphofe quiles
mette en état de foutenir les opérations
& les remedes qui leur conviennent:
car tandis qu'ils refteront dans le
ils auront dans l'air un obftacle Pays,
cun remede ne
qu'aupeut furmonter 3 & --- Page 126 ---
M16
Hiftoire des Maladies
reviendra, ou la Diarrhée
THydropifie
y fuppléra.
ci-devant (article
L'hiftoire rapportée Demoifelle cade la Cachexie ) d'une
de
attaquée d'une Hydropifie
chedique, d'une Afcite, prouve la pof
poitrine &
& fait
fibilité de la cure de cette efpece,
connoître les moyens qu'il
fuffifamment
9 fans qu'il
faut employer rpouryparvesir
Je
néceflaire d'en dire davantage.
foit
faire la defcription de
vais feulement
qui ont été palquelques Hydropifies années, & qui
liées pendant quelques caraêtere particum'ont paru avoir un
lier.
I. HISTOIRE
femme de quarante ans m'ayant
Une
une fievre double-tierfait appeller pour
tumeur vers
ce,) jelui trouvai une groffe elle me dit q'elle
Thypocondre droit :
ans, fans
Tavoit depuis trois ou quatre : deux
qu'elle en eût été incommodée Elle me
après il n'en parut plus.
jours
lement
qui ont été palquelques Hydropifies années, & qui
liées pendant quelques caraêtere particum'ont paru avoir un
lier.
I. HISTOIRE
femme de quarante ans m'ayant
Une
une fievre double-tierfait appeller pour
tumeur vers
ce,) jelui trouvai une groffe elle me dit q'elle
Thypocondre droit :
ans, fans
Tavoit depuis trois ou quatre : deux
qu'elle en eût été incommodée Elle me
après il n'en parut plus.
jours --- Page 127 ---
de Saint Domingue:
dit qu'elle n'avoit rien fenti, &
I17
tumeur s'étoit
que fa
difipée dans la nuit, fans
qu'il y eût d'écoulement d'urine
confidérable que de coutume, ni de plus flux
de ventre. La fievre
&
deux
s'appaifa
ne dura
que
ou trois jours. Je lui déclarai
que fa tumeur ne pouvoitêtre qu'une
dropifie enkiftée, un fac plein d'eau, Hy- &
qu'en peu de temps elle pourroit devenir
hydropique. Mécontente de
elle me congédia, & fit venir mafincérité,
Médecin, qui n'ayant rien
un autre
le ventre.
apperçu dans
2 affirma le contraire. Mon
noftic fe vérifia
procependant, & la malade
s'imaginant guérir plutôt en France
s'embarqua. Je n'en ai plus entendu 3
parler.
ILHISTOI R E.
Une Dame de trente-cinq à
ans, accoutumée à paffer les
quarante &
vivre de
nuits, à
ragoûts, fut attaquée d'un
flement de Rate, qui, au bout de gonques années, fut fuivi d'un
queldérangement --- Page 128 ---
Hifoire des Maladies
des regles, & d'une enflure confidérable
Elle reffentoit une douleur
des jambes. extrémités des deux derfixe vers les
cenieres fauffes côtes. Il n'y paroiffoit
aucune tumeur. Je lui pronoftipendant
étoit menacée d'une Hydroquai qu'elle
pifie. Quelques remedes quel'employaf
fe, je ne pus en empêcher le progrès. trèsAprès fa mort on trouva une rate
noire & pourrie, une grande
gonflée, d'eau dans le ventre, la véfiquantité
cule du fiel remplie de petites pierres m'a
mais ce qui
d'une figure cubique;
furpris, c'eft que la maladen'atoujours & n'avoit jamais eu de Jauvoit point
niffe.
dont
Deux
hommes, grandsivrognes,
& l'autre ne
Fun avoit la rate gonflée, Pun
la
furent guéris,
par
l'avoit point, lui fit deux fois, & l'aupondion qu'on
bouillons & tifanes
tre par Pufage des
mais au
anti-fecrbutiques & purgatives;
de deux à trois ans le mal revint,
bout
& ils moururent.
atoujours & n'avoit jamais eu de Jauvoit point
niffe.
dont
Deux
hommes, grandsivrognes,
& l'autre ne
Fun avoit la rate gonflée, Pun
la
furent guéris,
par
l'avoit point, lui fit deux fois, & l'aupondion qu'on
bouillons & tifanes
tre par Pufage des
mais au
anti-fecrbutiques & purgatives;
de deux à trois ans le mal revint,
bout
& ils moururent. --- Page 129 ---
à
de Saint Domingue.
Je differe l'opération de la Paracen- I19
tefe, autant qu'il m'eft poflible, dans les
Hydropifies fcorbutiques & véroliques,
parce que le flux de ventre qu'on
cure par les purgatifs, la difipe ordinai. prorement.
aMeOSE 122 A
REMEDES qu'on dit dvoir été plufeurs
fois éprouvés avec ficcès dans "Hydropifie.
I Renez un morceau de feuille d'Aloës de la longueur de quatre à cinq
doigts, deux livres de Cendres
cinq à fix cuillerées de jus de Citron, paffées,
cine de Médecinier & de Verveine ratc, de chacune une bonne
puanles infufer dans
pincée. Faitesquatre à cinq pots d'eau;
ajoutez une vieille hache
On
fait prendre
rouge.
en
heures.
un gobelet de fix en fix
Prenezracines de Tamarin, de Figuier
rouge, de Sureau, de Squine, de Salfes --- Page 130 ---
des Maladies
Hifloire
de chacun une
pareille & de Médecinier,
de
poignée, & trois gobelets de Syrop
Batterie. Laiffez-les fermenter vingt-quatre heures dans fept à huit pots d'eau,
éteignez une vieille hache rouge: e
& y
remettez de l'eau, &
après fon effet,
Hache.
éteignez derechef la même
L'exercice, fur-tout du cheval, eft
dans cette maladie, & un des
important
remedes les plus efficaces.
Chirurgien de réputaM. Guimbaut,
tion dans le quartier de la petite Anfe 2
fc fert avec fuccès 9 pour PHydropifie >
d'une tifane fort fimple.
de
On cueille une fuffifante quantité
d'Abfynthe bâtarde,
Verveine puante Médecinier; 2
on les fait fécher,
&de petit
de
les brile; on prend une poignée
on
fait bouillir dans deux
leur cendre,qu'on
dont
pintes d'eau ; on filtre la décoétion,
le malade ufe pour boiffon. Onl le purge
de cinq en cinq jours.
avec un
Un autre Chirurgien emploie
Pre.
fuccès la méthode fuivante.
pareil
nez
ynthe bâtarde,
Verveine puante Médecinier; 2
on les fait fécher,
&de petit
de
les brile; on prend une poignée
on
fait bouillir dans deux
leur cendre,qu'on
dont
pintes d'eau ; on filtre la décoétion,
le malade ufe pour boiffon. Onl le purge
de cinq en cinq jours.
avec un
Un autre Chirurgien emploie
Pre.
fuccès la méthode fuivante.
pareil
nez --- Page 131 ---
ride Saint Domingue:
rez cinq à fix poignées de
tes-les infufer dans
Cendre, faiau bout de
quatre pots d'eau;
vingt-quatre heures,
l'infifion; 2 ajoutez une
9 fiitrez
de Verveine
poignée de racine
d'Aloës;
bleue, fix ou fept tranches
hache, & faites rougir au feu une vieille
jettez-la dedans.
lir le tout enfemble,
Faites bouilFiltrez enfuite
&créduire à moitié,
cette déco@ion.
On en donne un gobelet le
rôtie une demi-heure
matin, 2 une
gobelet à onze
après, un fecond
heures, dînant &
pant une heure après avec des
foufecs.
alimens
La décoéion des
- Bois decouille,
feuilles &z tiges du
les parties
2 dont On baigne & frotte
femme
enflées, eft très-eflimée. Une
attaquée d'une
confidérable, fiur-t tout Leucophlegmatic
rieures,
aux parties infédepuis les rein's
défenfla
jufqu'aux pieds,
prefque
dire après trois ou tout-à-comp , c'eft-àquatre
cette décoaion, dont
demi-bains de
eut uine évacuation
on la frottoit. Elle
Tome
d'urine & une liberté
II,
F --- Page 132 ---
Hifoire des Maladies
furent fuivies d'une 4
parde ventre, qui
faite guérifon.
dont on déUn Negre hydropique, n'ofoit tenter
fefpéroit aut point qu'on
par un trou quife
l'opération, 9 fut guéri
dégouttoit
forma au nombril, parlequel
dans la
continuellement l'eau contenue
capacité.
été
par le. feul ufage
Un autre a
guéri
quelde la tifane d'Herbe à dartres, que
appellent Herbe à vache.
ques-uns
vivement altéré, fe
Un'h hydropique chercher à boire ; ne
leva la nuit pour ni tifane à fa portée, il
trouvant ni eau
de Leffive de
but une grande quantité il s'enfuivit
linge fale qu'il rencontra évacuation :
Si cohaut & par bas une
par
quil guérit.
picufe,
Un autre a
guéri
quelde la tifane d'Herbe à dartres, que
appellent Herbe à vache.
ques-uns
vivement altéré, fe
Un'h hydropique chercher à boire ; ne
leva la nuit pour ni tifane à fa portée, il
trouvant ni eau
de Leffive de
but une grande quantité il s'enfuivit
linge fale qu'il rencontra évacuation :
Si cohaut & par bas une
par
quil guérit.
picufe, --- Page 133 ---
de Saint Domingue.
DES DARTRES
1 Ette maladie eft
ficommune à Saint
Habitans Doningue, que les deux tiers
en font infeétés.
des
tellement de
Elle dépend
attachée
Fair, & elle eft
à certains
tellement
plufieurs, infeétés à Saint tempéramens, que
cette
Domingue de
ufer maladie, en ont été délivrés
d'aucun remede, dès
fans
rivés en France, & à
qu'ils font arde retour aux
peine ont-ils été
venu. Les
Ies, que le mal eft retempéramens
blond uin peu ardent,
rouges & d'un
font
fisjets à cette épreuve.
prefque tous
Dartres peut être
Le principe des
on ne peut guères fcorbutique. En effet,
réuffir à les
que par le long ulage
extirper
paffent pour (pécifiques des-remedes qui
Mais comme les
dans le Scorbut.
Dartres
point d'agir & de faire les n'empéchent
fonêtions
dinaires, on a coutume de les
ornégliger;
F ij --- Page 134 ---
Hifoire des Maladies
Elles
124 deviennent alors incurables.
&c
elles
véroliques,
font dans quelques-uns des deux virus.
fouvent elles dépendent
retire de
De-là le peu de fuccès qu'on cependant
la falivation 2 pour laquelle mais qui
font fi portés,
nos Chirurgiens
la guérifon. Dans
procure très-rarement
le mal pour
plufieurs néanmoins on pallie leur fait croire
cinq à fix mois, ce qui
font d'autant
& ils en
qu'ils font guéris,
ne paroit pas ordiplus perfnadés, qu'il fymptômes vérolinairement d'autres
bien mieux d'enIl çonvient donc
ques.
la méthode qu'indique
tenter la cure par
& d'employer
la caufe la plus commune, capables de
cet effet les remedes
Pacrimo-.
pour
fang, & de détruire
purifierle
par le long ufage
nie. On y parviendra
bouillons antides bains , destifanes, 2 des réitérées de
fcorbutiques, des purgations Pabftinence de
cinq en cinq jours, par par une nourvin & de toute liqueur ,
enfin par
riture douce & humeéante, terminera la curei,
Tufage du lait, qui
ables de
cet effet les remedes
Pacrimo-.
pour
fang, & de détruire
purifierle
par le long ufage
nie. On y parviendra
bouillons antides bains , destifanes, 2 des réitérées de
fcorbutiques, des purgations Pabftinence de
cinq en cinq jours, par par une nourvin & de toute liqueur ,
enfin par
riture douce & humeéante, terminera la curei,
Tufage du lait, qui --- Page 135 ---
de Saint Domingue.
On détruira le vice de la
la pommade de
peau par
notre Pharmacopée, 2
que je pourrois qualifier de
& qu'il ne convient
fpécifique 3
deux
d'employer qu'après
ou trois mois d'ufage des remedes
ci-deffus propofés ; car fi orl l'emploie de
trop bonne heure, 2 & fans être fuffifamment préparée, 2 on s'expofe par le reflux
de cette matiere fuir les parties
à des accidens d'autant
internes,
qu'il eft
plus dangereux, 3
ordinarementimpoiie
ce
peller
levain à la circonférence, derap.
&c
que faifant fur les parties internes le
même effet que fur les externes, c'eft
un picotement & des irritations qui font
fouffrir de vives douleurs, &
plufieurs femaines, fuivant la délicateffe languir
des parties oùt le venin s'eft fixé. J'aivu
périrainfi trois ou quatrejeunes
& robuftes, à quiil
gensforts
n'y eut pas moyen
d'apporter du
&
foulagement >
qui fe
plaignoient tous d'un déchirement d'entrailles.
Ces exemples doivent fuffire
pour fe
F 11] --- Page 136 ---
Hifloiré des Maladies
tenir fur fes gardes contre un grand
nombre de fpécifiques que les Negres
vantent & employent pour faire paffer
maladie, & qui font tous de la
cette
tels font le Sel,
claffe des répercufifs ;
la Poudre à tirer, mêlés avec le jus de
Citron, le Suc du bois laiteux,le Soufre
dans le Vinaigre, les Sucs de Mal-nomde Tithymale, la diffolumée, efpece
T'Eau forte, & plution de Mercure par
fieurs autres de cette trempe.
de maladie qui fe comIln'y a point
ainfi il faut
munique plus facilement :
furprendre garde à ceux qui l'ont, &
tout aux lits oùt I'on couche quand on
ait des draps
voyage ; car quoiqu'il y eft reftée aux
blancs, T'impreffion qui en
C'eft ce
matelas peut fe communiquer.
eft arrivé à un jeune homme pour
qui couché dans un lit oùt lejour d'auavoir
de cette maparavant un hommeinfeaté
occafion n,
ladie avoit dormi. Dans cette
d'ôter les matelas, & de çouil convient
cher fur la paillaffe.
oùt I'on couche quand on
ait des draps
voyage ; car quoiqu'il y eft reftée aux
blancs, T'impreffion qui en
C'eft ce
matelas peut fe communiquer.
eft arrivé à un jeune homme pour
qui couché dans un lit oùt lejour d'auavoir
de cette maparavant un hommeinfeaté
occafion n,
ladie avoit dormi. Dans cette
d'ôter les matelas, & de çouil convient
cher fur la paillaffe. --- Page 137 ---
de Saint Domingue.
DES RHUMES, CATARRES ET
FLUXIONS DE POITRINE.
FLaxions, Catarres, Rhumes, termes fynonimes. Les Rhumes de cerveau, de gorge & de poitrine font trèscommuns à S.Domingue. Je les nomme
ainfi pour me conformer à l'ufage & à
l'idée ou opinion publique. Ces Rhumes
fe fuccédent prefque toujours les uns
aux autres. Le Rhume de cerveau
mence 9 celui de gorge fuit, & celui com- de
poitrine termine. On trouvera. cette
greffion bien naturelle
proattention
, quand on fera
à la partie qui eft affeétée dans
cette forte d'incommodité ou de maladie. C'eft une même membrane, le
de laquelle
long
l'infiltration ou
fe continue jufqu'à
engorgement
l'extrémité, femblable en quelque façon à l'infiltration
fe fait dans une feuille de papier
qui
fiufpenFiv --- Page 138 ---
Hifloire des Maladies
due, & dont la partie fupérieure a été
imbibée d'huile.
Le Rhume commence par la partie
fupérieure de la membrane pituitaire qui
le dedans de la cavité & des finus
tapiffe
dans le nez. Cette partie
qui fe dégorgent
reffent la premiere les effets des imprefqui arrive dans
fions quel le changement
étant la premicre exl'air peut faire,
pofée à fon aétion. Ce changement confifte principalement dans une alternative
fubite du chaud & du froid , qui
trop
agiffant fur les vaiffeaux lymphatiques
de la membrane, les crifpe 2 les refferre,
& produit un engorgement qu'on apvulgairement Enchifrenement, &
pelle
certain
ouvre l'oparvenu à un
point,
rifice de ces petits vaiffeaux collés par
l'aéion de Pair; d'oit s'enfuit une diftilcontinuelle. Ce même air paffant
lation
les conduits. nazaux
fucceffivement par
dans la bouche & dansla trachée-artere,
ou moins viy fait desi impreffions plus
chefuivant qu'il a été altéré en
ves,
qu'on apvulgairement Enchifrenement, &
pelle
certain
ouvre l'oparvenu à un
point,
rifice de ces petits vaiffeaux collés par
l'aéion de Pair; d'oit s'enfuit une diftilcontinuelle. Ce même air paffant
lation
les conduits. nazaux
fucceffivement par
dans la bouche & dansla trachée-artere,
ou moins viy fait desi impreffions plus
chefuivant qu'il a été altéré en
ves, --- Page 139 ---
de Saint Domingue.
min par plus ou moins de chaleur 129
ce progrès fucceffifde
: de-là
la caufe dure
fluxions. Mais f
cette membrane long-temps 2 les canaux de
dans la
& les véficules
trachée-artere
bronchiques
un point
viendront à
fiivre d'engorgement, d'oir peut s'enrupture; ce quip procurera
diftillation plus
alorsune
mêlée de
abondante, 5 & fouvent
pelle à jufte parties fanguines ; ce qu'on nap.
titre Fluxion de
ou Catarre du
poitrine,
Le Catarre poumon.
ayant pour premiere caufe
Tengorgement des vaiffeaux
ques, quife
lymphaticommunique aux vaiffeaux
fanguins, doit donc être regardé
une maladie alors
comme
important de bien lymphatique, qu'il eft
efpéces
diftinguer des autres
eft
d'engorgemens, 5 dont le poumon
fiufceptible, & que nous
deux autres
réduifons à
efpéces, favoir
ment bilieux &
l'engorgeCes trois efpéces l'engorgement fanguin.
fes
dépendant de trois cautdifférentes, 2 ont des fignes qui les Caradtérifent, & qui conduifent à des indiF V --- Page 140 ---
Hifoire des Maladies
point à l'attention
cations quin'échappenti
Cesindicad'unMédecin fage & prudent.
tions ont de commun à la vérité qu'elles
mais il fautl'enpropofent la réfolution;
différens.
treprendre par des moyens
Cure de la Fluxion de poitrine lymphatiguc.
la réfolution dans
Il faut entreprendre
les Fluxions de poitrine lymphatiques, convient
par de petites faignées, quilne paroîtra de
de réitérer qu'autant dans qu'il les crachats ; emparties fanguines
adouciffans qui en
ployer les remedes
les béchiques
émouffent Tâcreté; joindre
débarfoibles avec les incraffans, pour
fanguins & lympharaffer les vaiffeaux
les liqueurs ne
tiques, & empêcher que
t, & pour
sy arrêtent, ne sépailfifent à celles qu'une
donner de la confiftance
d'être exgrande fluidité empêche
trop
S'ilarrivoit que cette matiere
pedtorés.
quantité 2 &
s'accumulat en trop grande elle: acquit une
que par un troplong féjour contradtion
confiftance qui empéchatla
ffans, pour
fanguins & lympharaffer les vaiffeaux
les liqueurs ne
tiques, & empêcher que
t, & pour
sy arrêtent, ne sépailfifent à celles qu'une
donner de la confiftance
d'être exgrande fluidité empêche
trop
S'ilarrivoit que cette matiere
pedtorés.
quantité 2 &
s'accumulat en trop grande elle: acquit une
que par un troplong féjour contradtion
confiftance qui empéchatla --- Page 141 ---
de Saint Domingue.
des fibres, il faudroit avoir recours aux 131
fudorifiques, & les affocier avec les huileux, pour en émouffer les parties trop
aétives : on y joint même les purgatifs
doux, afin de parvenir à dégager tous
les émonétoires, &
détourner, 2 en les
ouvrant, une partie de la lymphe qui
diftille en trop grande abondance dans
les véficules bronchiques.
La Fluxion de poitrine bilieufe fe caraétérife par des redoublemens de fievre, qui par leur période tiennent du
caraétere des fievres tierces ou doubletierces, dont la principale caufe réfide
dans le foie. Ce période eft en quelque
forte un figne diftinétif pour faire connoître la part que ce vifcere a dans la
plupart des maladies. La fievre,eft d'ailleurs continue ; les hypocondres font
gonflés; le droit eft quelquefois douloureux, & la douleur fe communique aux
mufcles intercoftaux ; les yeux & le
vifage ont prefque toujours une teinture
de Jaunife; la langue eft fort chargée
Fvj --- Page 142 ---
Hifloire des Maladies
& fafranée; les uride matiere jaunâtre & de couleur de biere;
nes font épaiffes mêlés dès le commenles crachats font
jaunes & fanguins,
cement de filamens rendent d'un rouge
les
quiaugmentant, donne au linge une couleur
fafrané, qui deviennent livides &noirs,
jaune : s'ils
naifc'eft un figne ou d'une gangrene formée. Par
fante, ou d'une gangrene il eft facile de concette explication,
cette efpéce de
noitre & de diftinguer développer les
Fluxion de poitrine, d'en remede. Elle eft
caufes, & d'y apporter
parmi les
fort commune en Amérique
expliNegres. Je me fuis fuffifamment
Mémoires fur la maniere
qué dans mes
renvoie le Lecde la traiter ; ainfi jy
teur.
Fluxion de Poitrine fanguine.
La Fluxion de poitrine fanguine, Oll
effentielle, eft celle qui
Péripneumonic
& arrêt du fang
confifte dans P'embarras
capillaires
dans les vaiffeaux fanguins
porter
parmi les
fort commune en Amérique
expliNegres. Je me fuis fuffifamment
Mémoires fur la maniere
qué dans mes
renvoie le Lecde la traiter ; ainfi jy
teur.
Fluxion de Poitrine fanguine.
La Fluxion de poitrine fanguine, Oll
effentielle, eft celle qui
Péripneumonic
& arrêt du fang
confifte dans P'embarras
capillaires
dans les vaiffeaux fanguins --- Page 143 ---
de Saint Domingue:
de l'artere pulmonaire
ceux qui
2 fur-tout dans
dans le tiffa rampent des & forment un lacis
véficules
Cette efpéce eft la plus bronchiques.
& la plus dangereufe.
douloureufe
plus forte,
L'opprefion eft
2 la fievre plus ardente &
plus continue, fans prefque de remif.
fion; la chaleur, la féchereffe,
tération, la rougeur & les
l'allans en font une fuite. Elle yeux étince.
fouvent la vraie pleuréfie, "ccompagne
elle eft alors plus
ils s'yjoint;
dangereufe. Elle attaque ordinairement ceux qui,
long exercice, tâchent de
après un
chaleur qu'ils reffentent tempérer la
à un trop grand frais
en s'e:
ou en buvant des
> ou enfe bi &
Les caufes
liqueurs trop fraiches.
externes & internes de cette
forte de Péripneumonie
medes qui lui conviennent. indiquent les reAluly --- Page 144 ---
Hifloire des Maladies
DE LA PULMONIE
remarqué que les Habitans du Cap
T'Ai
forts
aux Fluxions Oll
étoient
fujets
caufe à l'al- .
Catarres. J'en ai attribué la
du chaud & du frais,
ternative tropfubite
mieux dire, de la féchereffe
ou, pour
changeant
& de Thumidité de l'air, qui
occafionne
l'ordre de la tranfpiration 2
confidérables
des reflux plus ou moins
plus foible.
fur la partie naturellementla
detous
Ainfi quand le poumon fe trouve
la
les vifceres le plus foible, 2 il devient
vietime des mauvais effets que l'air du
Pays occafionne.
femmes font fujettes
Plufieurs jeunes
furà être attaquées de cette maladie,
tout quand elles font trop fréquemment
des enfans, ou qu'elles ont pour maris
des hommes d'une complexion robufte
Le mal ne feroit pas
& trop paffionnés.
remede dans
incurable, fi ony apportcit
la
les vifceres le plus foible, 2 il devient
vietime des mauvais effets que l'air du
Pays occafionne.
femmes font fujettes
Plufieurs jeunes
furà être attaquées de cette maladie,
tout quand elles font trop fréquemment
des enfans, ou qu'elles ont pour maris
des hommes d'une complexion robufte
Le mal ne feroit pas
& trop paffionnés.
remede dans
incurable, fi ony apportcit --- Page 145 ---
de Saint Domingue.
les commencemens ; mais comme 135 fes
progrès font
lents, 2 on ne s'en apperçoit
quelorfqu'iln n'yaplus d'efpérance. D'ailleurs, comment ralentir le feu
fion que le
d'unepaftempérament a formé, 2 &
que l'habitude femble fortifier?
Il fuffit, 2 pour connoître la Pulmonie
dont on eft attaqué à Saint
de
Domingue, 2
diftinguer cette maladie en accidentelle &coriginelle. La Pulmonie accidentelle eft celle qui arrive,
xion de
9 lorfqu'une Flupoitrine OlI une Pleuréfie fe termine par fuppuration, ou lorfqu'après
quelques efforts il furvient une hémorragie qui dégénere en. ulcere. Cette efpéce
peut auffi avoir fon principe dans
mauvaife conformation.La)
une
Pulmonied'origine dépend quelquefois de la feule
conformation de la poitrine ; mais le plus
fouvent d'une mauvaife qualité dans le
fang, quijointe à une mauvaife conformation, rend cette maladie incurable.
Comme les Negres, fur-tout ceux
viennent du Sénégal & de Congo, qui
font --- Page 146 ---
Hifoire des Maladies
très-fujets aux Fluxions de poitrine, &
les premiers ont la poitrine natuque rellement mal conflituée, on rencontre
fréquemment parmi eux des Pulmonies
Les Habitans font ordide toute efpéce.
nairement attaqués de celle d'origine ,a
celle qui a pour
laquelle on peut joindre
& elle eft
caufe principale Pépuifement,
fur-tout commune dans ceux dont la poitrine eft étroite.
conformaOn entend, par mauvaife
tion, une poitrine étroite 2 un cou long,
des épaules élevées, & qui fe portent
naturellement en avant, un ton de
trop
Ces fignes font
voix Ol foible ou aigue.
communs dans les Créoles.
Il en eft donc de la Pulmonie comme
de la plupart des autres maladies chroavoir des caufes difniques qui peuvent
eft nécefférentes, dont la connoiffance
réuffir dans leur cure. Je diffaire pour
cette maladie
tingue, pour y parvenir, 2
& en
dite,
en Pulmonie proprement
Phtifie. La premiere attaque principa-
Ces fignes font
voix Ol foible ou aigue.
communs dans les Créoles.
Il en eft donc de la Pulmonie comme
de la plupart des autres maladies chroavoir des caufes difniques qui peuvent
eft nécefférentes, dont la connoiffance
réuffir dans leur cure. Je diffaire pour
cette maladie
tingue, pour y parvenir, 2
& en
dite,
en Pulmonie proprement
Phtifie. La premiere attaque principa- --- Page 147 ---
de Saint Domingue.
lentent le poumon, & la feconde la 137
chée-artere. La Pulmonie
tradite eft une
proprement
*
fuite des maladies
cey vifcere qui fe terminent
aiguès de
par fuppuration. La Phtifie par fquirre Ott
ou un defféchement
a pour caufe, 3
des & des vaiffeaux des fibres, des glande la trachée-artere lymphatiques, tant
que du
un relâchement des mêmes poumon; OuI
ne pouvant retenir la férofité parties, qui
phe, la laiffe
& la lyméchapper; ce
une
qui produit
colliquation ou diftillation
pelle Catarre olt Rhume.
qu'on apOn doit traiter la Pulmonie
nant de fquirre & de
provevant la méthode
fiuppuration, fitimaladies des
qu'on emploie dans les.
mêmes
autres vifceres qui ont les
caufes, avec cette
que dans les remedes
diférence,
qu'on choifit
tenter la réfolution des
pour
mon, il faut choifir les fquirres du poupeétoraux; ; &
remedes apéritifs
les déterfifs & pour détergerla feconde,
vulnéraires
ce vifcere,
fpécifiques à --- Page 148 ---
Hiftoire des Maladies
Quand il eft queftion de combattreles
d'une Phtifie provenant de
fymptômes
les remedes
defféchement, on preferit
émolliens, adouciffans 8 laxaonêtueux,
connoit que le mal
tifs; 8 lorfqu'on
vient d'un relâchement, on choifit parmi
abforbans & aftringens ceux
les remedes
contribuer à rétaqui peuvent le mieux
& donner de la
blir le reffort des fibres,
confiftance aux liquides. de Phtifie eft la
Cette derniere efpéce
qu'elle eft propre
plus commune , parce
conformation
à ceux qu'une mauvaife
rend fujets aux rhumes, & à ceux qui,
quoique bien conftitués, peuvent cependant tavoir le poumon plus foible que les
vifceres. De-là vient que la même
autres
dans Pun la Diarrhée,
caufe qui produira
occafionnera dans
ou le Flux hépatique 2
l'autre la Phtifie.
&
Comme la Pulmonie fcorbutique
eft très-commune à Saint Dovérolique
un Médecin doit bien examiner
mingue, ces deux levains infeête le fang,
lequelde
qui,
quoique bien conftitués, peuvent cependant tavoir le poumon plus foible que les
vifceres. De-là vient que la même
autres
dans Pun la Diarrhée,
caufe qui produira
occafionnera dans
ou le Flux hépatique 2
l'autre la Phtifie.
&
Comme la Pulmonie fcorbutique
eft très-commune à Saint Dovérolique
un Médecin doit bien examiner
mingue, ces deux levains infeête le fang,
lequelde --- Page 149 ---
de Saint Domingue.
& même fi tous les
rive
deux, comme il artrès-fouvent 2 ne s'y rencontrent
point enfemble. Dans ce cas, on doit encore envifager la Pulmonie comme la
Diarrhée & THydropifie
fcorbutique &
vérolique, dont nous avons parléci-def.
fus, & fuivre, 9 à l'égard de la
les confeils
premiere,
que nous avons donnés
l'une & ponr l'autre. On ne
pour
plus fe flatter de réuffir
peut au firdans la
mais feulement de la
cure, 2
pallier ; ce qui a
coutume d'arriver lorfque la faifon eft
favorable, Un malade femble
reffufciter dans l'été,
en effet
fur-tout quand le
temps eft fec; mais les temps nébuleux
& pluvieux revenant, il tombe infenfiblement dans fon premier état.
Suivant l'explication que je viens de
faire des différentes efpéces de Pulmonies, ileft facile de connoître les remedes qui conviennent à chacune. Si l'on
fouhaite de plus amples inftruétions,
peut confulter Charles Pifon,
2 on
Morthon,
Sydenham, > & M. de Sault, Médecin de --- Page 150 ---
Hifoire des Maladies
Bordeaux. Ontrouvera dans ces Auteurs
des détails fort exacts, & des remedes
dont ils affurent avoir Vi1 de bons effetsAmériJ'ai inféré dans ma Pharmacopée
caine ceux du Pays qui m'ont paru les
plus falutaires. Pulmonie féche, ou Mal de
Dans la
dans lequel la fievre lente
confomption,
d'une toux féche &
eft accompagnée
d'enrouement, je recommande particulierement la tifane peftorale, réfolutive
le Calalou, le Giro-
& rafraichiffante,
8c les bouillies de Mais & de petit
mon,
Mil.
Pulmonie catarreufe, c'eftDans la
à la fuite des
à-dire celle qui provient
le Cafluxions 8 rhumes,, je prefcris
chou, le Safran, la Liane à ferpent, la
légere, coupée avec
tifane fudorifique
furle Lait 2 quelquefois le Café aul lait,
tout aux tempéramens pituiteux,
le Giro-
& rafraichiffante,
8c les bouillies de Mais & de petit
mon,
Mil.
Pulmonie catarreufe, c'eftDans la
à la fuite des
à-dire celle qui provient
le Cafluxions 8 rhumes,, je prefcris
chou, le Safran, la Liane à ferpent, la
légere, coupée avec
tifane fudorifique
furle Lait 2 quelquefois le Café aul lait,
tout aux tempéramens pituiteux, --- Page 151 ---
de Saint Domingue,
14E
DES ABcès AU FOIE.
L E Foie étant de tous les vifceres
plus fujet aux
le
produifent plufieurs maladiesà engorgemens 2 qui
mingue, il eft auffi le
Saint Doabcès. Ces abcès font plus expofé aux
de la négligence
une fuite 2 OuI
dès le
qu'on a eu à réfoudre
commencement les
des dificultésqu'on
embarras, ou
Les
n'ap pas pu firmonter.
engorgemens ou tumeurs, tant
internes, qu'externes, ont
un ralentiffement
pour principe
ou arrêt de circulation, qui.gonflant les vaiffeaux, les
dans une dilatation forcée, leur
met
primer les collatéraux
fait comqui s'engorgent
également, & augmentent le
la tumeur, d'oà réfiultent
volume de
de
des fentimens
douleur, de pullation, &c. Ces
mens font moins vifs dans le
fentidans tous les autres
Foie que
vifceres, & cela
rapport à fon volume, à la qualité par
de fa --- Page 152 ---
. Hifloire des Maladies
fubftance, 142
& àla circulation particuliere
quis'y fait par le moyen des vaiffeaux
veineux, oùt le fang circule beaucoup
lentement que dans les artériels, &
plus dont la tenfion ne peut être auffiforte que
dans ccux-ci. De-là vient Tinfenfibilité
des malades dans les engorgemens inflammatoires du Foie, où ils ne reffentent de la douleur que quand on preffe
à moins que ces engorgecette partie,
partie convexe ne commens occupantla
Tinflammation au diaphragmuniquent de-là vient qu'ils ne reffentent qu'un
me:
poids ou pefanteur dans Phypocondre; doua fait appeller le fentiment
ce qui
accompagner la maloureux qui pouvoit
ladie, douleur gravative.
réfoluToute tumeur fe termine par
fuppuration: ; Pabcès par gantion, par
grene, ou par fquirre.
ou di- N
La réfolution eft l'atténuation
vifion des fubftances arrêtées, qu'ondé
qu'on liquéfie, au point qu'elles
laie,
& circuler dans les vaifpui(fent paffer
le fentiment
ce qui
accompagner la maloureux qui pouvoit
ladie, douleur gravative.
réfoluToute tumeur fe termine par
fuppuration: ; Pabcès par gantion, par
grene, ou par fquirre.
ou di- N
La réfolution eft l'atténuation
vifion des fubftances arrêtées, qu'ondé
qu'on liquéfie, au point qu'elles
laie,
& circuler dans les vaifpui(fent paffer --- Page 153 ---
de Saint Domingue,
feaux; ; à quoi on parvient
cuations
par les évacapables d'ôter la
qui eft toujours la
plénitude,
engorgemens,
premiere caufe des
des
2 par les boiffons & remepeut délayans, réfolutifs : mais fi on ne
parvenir à ce but,
fe terminera
T'engorgement
par
par
ou
grene,
par fquirre. fappuration,
ganLorfque les liquides arrêtés
nent des principes acides,
contientres, dans une
alkalis & auproportion
pour une fermentation
convenable
réfulte la fmppuration. naturelle, 2 il en
cipe
Mais fi un prindiffolvant, d'une nature alkaline
S
corrofive, domine
&
3 le
qui en eft prompt,
développement,
la
produira bien vîte
gangrene. Enfin, fi, faute de
ou d'une fifffante
férofité
néceffaires
quantité de principes
pour exciter une
tion, les fubftances arrêtées fermentas'altérer, elles fe
ne peuvent
teront, & s'endurciront deffécheront, s'incruf.
laiffer une tumeur
au point de
fenfible.
compacte, dure &in. --- Page 154 ---
Hlifloire des Maladies
I. H I S T 0 IR E.
trenteans,après quinze
Unhommede
reffentit une pefanteurà
jours de fievre,
ne fut fuivie
Thypocondre droit, 2 qui
Cependant
d'aucune tumeur apparente.
bout de quarante à cinquante jours,
au
un dépôt : la
on eut lieu de foupçonner
8 la doucouleur des yeux,
jauniffe,la le milieu du dos à 2 étoient
leur fixe vers
le Foie en étoit tle
des fignes évidens que bien examiné le mafiége. Après avoir
vers la
lade, on trouva un empyême 8 quamoyenne de la troiféme
partie
fauffes côtes. Ony fit T'opétriéme des
quantité de
ration : il fortit une grande bilieufes : elles
matieres purulentes &
Tefpace
furent de même nature pendant Le mad'un mois qu'on fit des injedtions.
lade guérit. ouvrir le cadavre d'un homme
J'ai fait
8 traité de
attaqué de la même façon,
le
même maniere. L'abcès occupoit
la
lobe du Foic, s'étenmilieu du grand
doit
uffes côtes. Ony fit T'opétriéme des
quantité de
ration : il fortit une grande bilieufes : elles
matieres purulentes &
Tefpace
furent de même nature pendant Le mad'un mois qu'on fit des injedtions.
lade guérit. ouvrir le cadavre d'un homme
J'ai fait
8 traité de
attaqué de la même façon,
le
même maniere. L'abcès occupoit
la
lobe du Foic, s'étenmilieu du grand
doit --- Page 155 ---
de Saint Domingue.
doit
principalement vers les
oùt
ce vifcere eft collé au
parties
le pus avoit corrodé, diaphragme &
> que
fait jour dans la
par'otil s'étoit
poitrine.
malade n'avoit
Cependant le
point eu de
ne s'étoit
hoquét, &c
pas plaint de vives
dans cette partie, mais feulemert douleurs
douleur dans le dos quilui
d'une
portable.
paroiffoit fupCette douleur dans le dos eft
prefque certain, non-feulement un'figne
tence d'un abcès
de l'exiffon fiége dans le au Foie, mais'qu'il a
du
milieu de la fubftance
grand lobe. Car quand la tumeur
cupe la partie convexe ou la
OCcave, les malades n'en
partie conreffentent
ou peu, fur-tout
point,
la partie
lorique la tumeur eft à
convexe.
II.
H19go I R E.
Un homme de vingt-cinq
fempérament
ans, 9 d'un
Diarrhée,
robufte, me dit avoir une
que les remedes fembloient
augmenter, bien loin de la diminuer.
Tome 11,
La
G --- Page 156 ---
Hifoire des Maladies
la douleur quele macouleur du vifage,
droit,
lade reffentoit dans Thypocondre firent
au milieu du dos, me
& fur-tout
Diarrhée étoit reffetd'un
juger que cette
fus convaincu par la
abcès au Foie. J'en
rendoit, par
quantité des matieres qu'il dans toute l'éla douleur qu'il reffentoit
étoit trèstendue de la capacité 3 qui continuels
gonflée, par les friffonnemens
fuide fievre qui
& les redoublemens
me fit le
voient; enfin par l'aveu cheval, que
& que
malade, d'être tombé de
refil avoit toujours
depuis ce temps,
côté. On traitoit
fenti une pefanteur au
avec des tifadepuis un mois le malade
fa mort,
nes & bols aftringens. Après volume extraoron trouva un Foie d'un
abcès dont
dinaire , 8 dans le milieu, un
la
de matieres;
il fortit une demi-pinte
véficule du ficl, les canaux hépatiques,
remplis de cette matiere,
le cholidoque dans le canal inteftinal,
quirécotlant pourri & ulcéré dans
l'avoient rongé,
toute fon étendue.
au
avec des tifadepuis un mois le malade
fa mort,
nes & bols aftringens. Après volume extraoron trouva un Foie d'un
abcès dont
dinaire , 8 dans le milieu, un
la
de matieres;
il fortit une demi-pinte
véficule du ficl, les canaux hépatiques,
remplis de cette matiere,
le cholidoque dans le canal inteftinal,
quirécotlant pourri & ulcéré dans
l'avoient rongé,
toute fon étendue. --- Page 157 ---
de Saint Domingue:
Plufieurs font fijets
par de pareils accidens. àl'abcès au Foie
fentir les
Ils en doivent
gliger pour conféquences, les
2 & ne rien né-
& les bouillons prévenir par les
rée fauvage.
ou infufions de faignées ChicoIII
HISTOTA E.
Un homme de
tempérament
trente-cing ans ;
bilieux - 2 fujer à
d'un
quentes maladies, &
de frétre ans attaqué d'un depuis trois à quaquil'avoit jetté dans le gonflement de Rate
ques accès de fievre, Scorbut, eut quelen fievre lente,
, qui
dégénererent
de.
laquelle fut racompagmée
Leucophlegmatie. Il
ou trois mois dans
étoit depuis sdeux
m'envoya chercher. cet état, loriquil
ventre,
En
9 qui étoit
examinant fon
gnoit d'une douleur très-gonflé, à la
3 il fe plaiLa Auduation
région du Foie;
dénotoit
qui étoit dans le
cinq à fix pintes
ventre, 9
clarai au malade
d'eau. Je déTappréhendois qu'outre
un abcès au THydropifie, Foie.
Je le
Gij --- Page 158 ---
Hifloire des Maladies
des remedes que jai coumis à l'ufage
le Scorbut &
tume d'employer contre
le faifoient
Ces remedes
THydropifie. huit fois par jour à la felle s
aller fept à
uriner. Au bout de huit
8 copfeufement
vive douleur à la
il reffentit une
jours,
Cette douleur fut toujours
jambe droite. & à mefure qu'elle augen augmentant,
dimimentoit, celle de Thypocondre incifion : il ne
nuoit. Jelui fis faire une
La fonde'
fang très-féreux.
fortit qu'un
l'interftice des muf
entroit & parcouroit
qui étoient fépacles jumaux 8 folaires, fentit de la dourés, fans que le malade
la Ganleur; ce qui me fit appréhender après, on
Trois ou quatre jours
del la
grene.
de fluêtuation, aurbas
fentit un peu
en fortit beaucoup
jambe. Onl'ouvritsile
On entretint cette fappuration
de pus.
continua les remedes
deux mois, & on
Tous les fymptôinternes convenables.
entra dans
& le malade
mes di(parmrent, qui eûit été heuréufe,
une convalefeence n'y eft pas mis obftaSi fa gourmandlie
, on
Trois ou quatre jours
del la
grene.
de fluêtuation, aurbas
fentit un peu
en fortit beaucoup
jambe. Onl'ouvritsile
On entretint cette fappuration
de pus.
continua les remedes
deux mois, & on
Tous les fymptôinternes convenables.
entra dans
& le malade
mes di(parmrent, qui eûit été heuréufe,
une convalefeence n'y eft pas mis obftaSi fa gourmandlie --- Page 159 ---
de Saint Doningut.
cle. Il retomba trois ou
T45
après dans' la Jaunifle & dans quatre la mois
Leucophlegmatie. Cette rechuté le détermina
à paffer en France, 2 oùt il eft mort
ou quatre mois après fon arrivée. trois
On ne doit pas trop fe preffer de faire
l'opération dans l'abcès au Foie.
que la tumeur paroiffe confidérable, Quoi:
s'en trouve oùt il faut attendre
2 il
fois plus de deux mois la maturité. quelqueabcès de cette partie m'ont
Les
-long-temps à mirir
paru être plus
La
que ceux des autres.
trop grande précipitation a
fait faire des ouvertures
fouvènt
inutiles, qui,
quoiqu'elles ne foient pas
excitent dans les affiftans des dangereufes,
bien
fentimens
le défavantageux pour le Médecin &
Chirurgien. On court d'autant moins
rifque d'attendre, que la plupart de ces
abcèsfont placés dansla partie inférieure
& externe du Foie
2 que leur progrès eft
lent, & qu'il faut bien du
que la matiere
temps pour
fubfance,
pénétre avant dans la
Gij --- Page 160 ---
Hifoire des Maladies
1V. H 2 I S T 0 I R E.
abcès de
Ayant lieti de penfer qu'un
nature étoit mûr, & en ayant procette
je trouvai tant de répofé T'ouverture,
que je
fiftance de la part du malade,
beaucoup, fur-tout par rapn'infiftai pas
la matiere ne fe
port à la crainte que
on ne fent pas
trouvât pas formée : car
de
la fluStuation de ces abcès comme la
ceux des autres parties, par rapportà des":
grande tenfion & à répaiffeur
trop
fur-tout quand ils
mufcles du ventre, mufcles droits. La
font piacés fous les
pendant trois
tumeur ft Apeu de progrès
à
femaines, que le malade, s'ennuyant cafer-
& s'en fut aux
- THopital, fortit,
trois mois. Mais
refta deux ou
nes. Il) y
bouffi, la fievre ayant augétant devenu
fois dans
menté, & étant tombéplufieurs
dans
foibleffes, on le rapporta
de grandes il
avoit plus moyen de
un état oùt
n'y
Il étoit dans
rien efpérer de Topération. confidérables le
une Leucophlegmatic
'ennuyant cafer-
& s'en fut aux
- THopital, fortit,
trois mois. Mais
refta deux ou
nes. Il) y
bouffi, la fievre ayant augétant devenu
fois dans
menté, & étant tombéplufieurs
dans
foibleffes, on le rapporta
de grandes il
avoit plus moyen de
un état oùt
n'y
Il étoit dans
rien efpérer de Topération. confidérables le
une Leucophlegmatic --- Page 161 ---
de Saint Domingue.
ventre extrêmement
15E
gonflé avec fluéuation, n'y ayant plus de tumeur circonfcrite; le flux de ventre étoit de la
tie; il ne rendoit point d'ailleurs de partieres purulentes. Il mourut
de maaprès. On trouva la
peu temps
capacité remplie de
pus, & le kift de l'abcès, lequel étoit
ouvert OLI déchiré dans deux Oll trois
endroits, fitué au rebord du moyenlobe,
qui s'étendoit fur la mcitié de Ia furface
du petit lobe du foie, laquelle étoir
rie & détruite.
pourLe fang qu'on tire dans les
mens du Foie,
engorgequoique ce vifcere foit
douloureux ; n'eft point couenneux
mais jaune & verd, & quelquefois
bré de verd, de jaune de
mar9
noir & de
rouge ; ràrement il. paroit couenneux.
La différence de la circulation des vaif
feaux & des
caufe.
liquides s : doit en être la
V. HISTOIRE,
Un Negre, Cuifiaicer, âgé de
quaGiv --- Page 162 ---
Hifloire des Maladies
depuis deux à trois
rante ans, fe plaignoit
d'une
douleur à Thypocondre
ans
légere
droit, fans avoir de fevre; il paroiffoit
exténné, &ciltouffoit
feulement un peu
J'avois confeillé à
de temps en temps.
&de
fon maître.de Pôter de la cuifine,
occupation. On
lui donner quelqu'autre continua d'agir,
n'en fit rien. Le malade
bien & de
& avoit des alternatives de
tantôt
mal, c'eft-à-dire qu'il fouffroit, être
plus, tantôt moins, 9 fans cependant
de la fievre, 8 fans quilquitiàt
attaqué
Au mois. de Juin 1746,
fon ouvrage.
habitation, ce.Negre
paffant fur cette
plus que
fe plaignant
vint me trouver,
beaucoup maigri.
de coutume. Il avoit
Je. lui OrSon Foie me parut très-dur. partie égale
faitavec
donnai un Emplâtre
Mercurio,
& de Vigo cum
de Diabotanum
& de fe purger.
une tifane apéritive, Trois mois après, il
tous les huit jours.
inférieures, fans
devint bouffi desparties
figne d'éeûit d'ailleurs aucun
qu'il y
dans le ventre. Les bourfes
panchement
ume. Il avoit
Je. lui OrSon Foie me parut très-dur. partie égale
faitavec
donnai un Emplâtre
Mercurio,
& de Vigo cum
de Diabotanum
& de fe purger.
une tifane apéritive, Trois mois après, il
tous les huit jours.
inférieures, fans
devint bouffi desparties
figne d'éeûit d'ailleurs aucun
qu'il y
dans le ventre. Les bourfes
panchement --- Page 163 ---
de Saint Domingue.
fur-tout devinrent fi gonflées,
faire des fcarifications
qu'il fallut .
pour
évacuer l'eau,
très-profondes
vint plus douloureux L'hypocondre defans qu'ily eût de
que de coutume 2
fievre, &z fans
pûr appercevoir d'éminence
qu'on
circonicrite
o1l tumeur
qui déterminât à tenter l'opération. Ce queT'eufenéanmoins
pris la veille de fa
entretrouvé
mort, s'il s'étoit
uin Chirurgien à ma
La difficulté de
commodité,
refpirer fe mit dela
tie; & la fievre étant furvenuc, parlade mourut trois
le mafubitement.
jours après, comme
Je fis ouvrir le
trouva trois à
cadavre; on
chées
quatre pintes d'eau
dans le ventre, & autant dans épan-- la
poitrine. Le grand lobe du Foie étoit tellement adhérent au péritoine & au diaphragme dans les deux tiers de fon étendue, depuis fon bord inférieur
ligament rond, qu'il fallut, jufqu'au
détacher,
pour l'en
fa
couper dans plufieurs endroits
propre fubftance. Son volumeaul moins le triple de ce qui'il devoit étoit
être
G V --- Page 164 ---
Hifloire des Maladies
354 dans fon état naturel, d'une grande dureté, d'une couleur de pourpre noir, 8
de diftance en diftance rempli fur. la
convexité de placards noirs, raboteux K,
de petits boutons ou
comme parfemés
Je la coucloux de différente groffeur.
fans avoir découvert
pai par morceaux, 2
Les poraucune marque de fiuppuration.
n'étoient point adhérentcs,
tions qui
Le
étoientd'une couleur plus rouge.
poudu côté du Foie étoit noir 2 ou
mon
& fans adhérence.
comme gangrené, cadavre me donna
L'ouverture de ce
fujet de faire quelques réflexions qui
contribuer à la connoiffance des
peuvent
maladies du Foie. Je me rappellai
le malade ne s'étoit
M
mierement que de la fievre; ;ce qui me donna
mais plaint
la fievre fembloitn'8lieu de penfer que
embarras qui fe
tre effentielle qu'aux internes & conforment dans les parties
celles du
du Foie, fur-tout dans
caves lobe oû fe fait une plus abondante
grand
fon féjour
fécrétion de la bile, qui par
vent
maladies du Foie. Je me rappellai
le malade ne s'étoit
M
mierement que de la fievre; ;ce qui me donna
mais plaint
la fievre fembloitn'8lieu de penfer que
embarras qui fe
tre effentielle qu'aux internes & conforment dans les parties
celles du
du Foie, fur-tout dans
caves lobe oû fe fait une plus abondante
grand
fon féjour
fécrétion de la bile, qui par --- Page 165 ---
de Saint Domingue,
doit occalionnerun reflux
capable
menter le mouvement du
d'augfang dans les
gros vaiffeaux. Je
lieu, que le caraétere fisattention, en fecond
de cette maladie dépendant du métier de ce Negre, devoit
avoir eu pour terminaifon
duration
plutôt une inconfirmai qu'une fuppuration; & je me
enfin dans les fentimens
j'avois fur les effets des adhérences que
Foie avec le péritoine & le
du
pour le tranfport du pus, foit diaphragme dans la
pacité de la
capoitrine, 2 foit au travers des
mufclesintercollans, & qui déterminent
à l'opération de l'empyême.
Après l'évacuation du pus d'un abcès
au Foic, & des abcès qui peuvent arriver dans toute autre partie, il n'eft
néceflaire de faire desinjedions.
pas
toujours été dansl'opinion
J'aurois
voit venir à bout de
qu'on ne poula plaie
déterger le fond de
pour en procurer la cicatrice
fans cette méthode.
s
fait connoitre
L'expérience m'a
, qu'en commettant en
quelque forte à la nature
la.guérifon de
G vj --- Page 166 ---
Hifloire des Maladies malades
tous les
la maladie 9 prefque
ont guéri fans injedion.
VI. H 20 I S T O I R E.
Unhommet tres-cacochyme; quiavoit
fouffert en mer,. & qui étoit
beaucoup
Une tumeuf
exténué, vint à THôpital:
laté.
confidérable qu'ilavoit à la partic
droite & fupérieure de la région
rale
fit connoître la
moyenne épigaftrique, On' 2 jugea qu'il conprincipale maladie.
fortit plns d'ane
venoit delouvrirsil-en extrêmement fétide 8t
pinte de matiere indication pour les innoire. S'ily avoit certainement dans cette
je8tions, c'étoit
on n'en fit point;
occafion. Cependant
à peu, deles matieres changerent peu & le mavinrent belles d'elles-mèmess
lade guérit. --- Page 167 ---
de Saint Domingue:
DUSPASM E.
Su Saint Domingue ' on a l'avantage
de.ne pas connoître la
lc. malheur d'avoir
Rage, 2 on a
une autre maladie
qui n'eft guères moins terrible : c'eft
leSpafime, , qui y eft fi commun, que Pifon & Bontius le mettent au
maladies
rang des
endémiques quiafligent les Habitans des Indes.
fe Un prompt & fubit roidiffement faifit
les malades dans tout le
une partie confidérable, corps, oul dans
2 & ils deviennent immobiles comme des flatues. La
violente contraétion des mufcles des
ties antérieures ou des
parfouvent, des deux
poftérieures, &
faculté
enfemble, leur ôte la
de manger & d'avaler. Le plus
grand nombre eft d'abord pris
les
mâchoires & le cou ; ce qui leur par fait
tirer les mufcles des levres & du
red'une maniere fort hideufe,
vifage
& quiimite 6
ils deviennent immobiles comme des flatues. La
violente contraétion des mufcles des
ties antérieures ou des
parfouvent, des deux
poftérieures, &
faculté
enfemble, leur ôte la
de manger & d'avaler. Le plus
grand nombre eft d'abord pris
les
mâchoires & le cou ; ce qui leur par fait
tirer les mufcles des levres & du
red'une maniere fort hideufe,
vifage
& quiimite 6 --- Page 168 ---
Hifloire des Maladies
le ris canin. Les yeux. fort étincelans s,
enflammé ; ils grincent des
le vifage
& profonde
dents, & leur voix rauque
reffemble à ces voix qui fortent de quel-
& qu'on appelle voix féque.caverne,
de la
pulcrales. Il eft rare qu'ils ayent elle eft
fievre, & quand elle furvient
falutaire. A convulfione aus tetano (id eft
rigore) detento ,febris Juperveniens , folvit
morbum. Aph. 57 , feat. iv.
anPlus le Spafme attaque les parties
fur-tout le haut de la poitrine,
térieures, mufcles de la gorge, plus il eft
ou les
toujours mortel.
dangereux, 8 prefque à la fuité d'une
Il eft également mortel
plaie , du moins je n'ai encore vu perVulneri convulfofufonne en réchapper.
perveniens, lethalis. de venir qu'à la fuite
Il n'a coutume
tendon
des plaies, oût un nerf, quelque liée,
tendineufe a été coupée,
ou partie
à la main, à
piquée. Une légere piqure
la plante des pieds fuffit. C'eft pourquor font
vont nuds pieds,y
les Negres, > qui
plus' fujets. --- Page 169 ---
de Saint Domingue,
Nous diftinguons deix fortes de Spaf- 159
me, celui qui vient à la fitite d'une
ration Ou d'une
opébleffure, 2 & celui qui
vient du vice de l'air.
Le premier a coutume de n'attaquer
que lorfque la plaie commence à fe cicatrifer. Le fecond arrive ordinairement
à ceux qui étant échauffés & fuants, fe
trouvent expofés à la pluie, ou reftent
au frais.
Onperd par. cette maladie un nombre
confidérable de Negrillons. Elle les attaque les huit ou dix premiers jours de
leur naiffance : ils font toujours pris
la mâchoire inférieure; ce qui a fait den- par
ner à leur égard à cette maladie le nom
de Mal de mâchoire. Les enfans des
Blancs y font rarement fijets. La malpropreté & l'abondante fumée
toujours dans les maifons des qu'ily a
aufli-bien que la fraicheur de Negres, la nuit,
peuvent contribuér beaucoup à cela, 2
fiur-tout dans les habitations
fes, Ces maifons étant faites marécageu- de
palifia-
par
ner à leur égard à cette maladie le nom
de Mal de mâchoire. Les enfans des
Blancs y font rarement fijets. La malpropreté & l'abondante fumée
toujours dans les maifons des qu'ily a
aufli-bien que la fraicheur de Negres, la nuit,
peuvent contribuér beaucoup à cela, 2
fiur-tout dans les habitations
fes, Ces maifons étant faites marécageu- de
palifia- --- Page 170 ---
Hifloire des Maladies
de cliffage, & le feu venant à
ges oll
la nuit, cela Occas'éteindre pendant
dont l'alternative
fionne une fraicheur,
fubite avec la chaleur peut produire
trop
télle révolution. En
fur les enfans une
acci-.
effet, nous remarquons que cet
dent eft beaucoup plus rare dans les habitations oùt les maifons font bâties fur
des terreins élevés & fablonneux.
eft
commun dans les
Le Spafme
plus
pluvieux que dans les temps fecs,
temps
& Oétobre, oit
& auffi dans Septembre
le chatd & le frais fe fuccedent plus fubitement.
Des tenfions, des contraétions violentes déclarent des raccoureiffemens S,
dans les fibres mufculeudes crifpations
du
fes, tendineufes & nerveufes 2 qui
premier abord annoncent lindication
doit fe propofer dans cette malagu'on
de relâcher, &2
die, favoir de ramollir, 2
du
enfuite de ranimer le mouvement
fang & des efprits animaux, afin d'otvrir les pores, de les dilater, & de ré. --- Page 171 ---
de Saint Dominguei
tablir la tranfpiration, fur-tout dans ceux
que l'aéion trop firbite du frais a fait
tomber dans cette maladie. Pour
nir à cette fin, chacun
parvea fa méthode,
chacun propofe fon remede, & tous
fe glorifient d'en avoir Vu de bons effets, quoique parmi ces remedes
fieurs paroiffent
plutrès-oppofés, &
puiffe affurer ne pouvoir donner queje à
cun la qualité de
atlfpécifique,attribuaht la
guérifon des pafmodiquies,
degré du
plutôt aul
mal, OH à la qualité du tempérament, qu'à l'effet du remede.
a cependant guelques-uns
Ilyen
mieux réuflir
qui peuvent
que d'autres, & qui doivent en effet mieux réuffirs
font plus conformes
parce qu'ils
aux indications.
Quelques-uns teptent les bains froids
par furprife, dans lefquels on laiffe le
malade fe débattre autant
fes
que
forces
peurvent le permettre : on le condirt
fuite dans un lit bien chaud, où
encouvre bien, & On allume du feu on le
tour, pourp procurer uneabondante aufneur,
ir
qui peuvent
que d'autres, & qui doivent en effet mieux réuffirs
font plus conformes
parce qu'ils
aux indications.
Quelques-uns teptent les bains froids
par furprife, dans lefquels on laiffe le
malade fe débattre autant
fes
que
forces
peurvent le permettre : on le condirt
fuite dans un lit bien chaud, où
encouvre bien, & On allume du feu on le
tour, pourp procurer uneabondante aufneur, --- Page 172 ---
Hifloire des Maladies
On préfere le bain de la mer à celui
d'eau douce. Cette façon a fouvent
réuffi.
furD'autres {carifient profondément,
tout dans le Spalme qui attaque les pardepuis la nuque du cou
ties poftérieures
tantôt avec un infjufquà Pos ficrum,
rouge, tantôt avec un
trument prefque échauffé. Ils donnent enfuite
quin'eft pas
des lavemens purgatifs 9 : & une forte
laquelle ils font fucdofe d'émétique,à deux à trois jours une
céder pendant
les potions cor*
forte tifane purgative,
C'eft la
diales, & la tifane fudorifique.
méthode d'un Chirurgien fort expérimenté, qui m'a affuré en avoir guéri iun
nombre, & même un à qui il
grand
cuiffeal'aiguéri un Negre
avoit coupéla
vérole,
d'un Spaime furvenu à la petite
un Séton à la nuque du cou , que je
par fis paller avec une aiguille rouge, dont
T'efcarre produifit une fiuppuration qu'on
entretint long-temps:
Plufieurs font faigner copicufement, --- Page 173 ---
de Saint Domingue,
baigner dans les bains tiedes,
avec les
2 frotter
émolliens, les huileux, &
joignent les fudorifiques fans
y
faifant feulement précéder
purger s
lavemens bien
deux ou trois
purgatifs. Ceux qui
gnent à cette méthode les
joiparoiffent mal agir,
purgatifs 9 me
contrarier
parce qu'ils doivent
l'indication qu'on fe
de difliper le mal par la
propofe,
tran/piration.
Méthode E/pagnole.
Les Elpagnols
membres,
faignent aux quatre
lorfquily a une grande
thore;i ils fontvomir trois
pléils donnent enfitite de la Otl quatrefois;
du vin, On fait le
Thériaque dans
fions
lendemain des incidepuis la nuque du cou
gras des jambes, & on frotte de jufqu'au deux
deux heures; nuit &
en
jour, la partie inciféte, avec du Karatas cuit fous les
dres chaudes,
cenqu'on pile., > & dont on
exprime le firc. Sil lesincifiohs fe
fent, il faut renouveller,
cicatri-
fitite de la Otl quatrefois;
du vin, On fait le
Thériaque dans
fions
lendemain des incidepuis la nuque du cou
gras des jambes, & on frotte de jufqu'au deux
deux heures; nuit &
en
jour, la partie inciféte, avec du Karatas cuit fous les
dres chaudes,
cenqu'on pile., > & dont on
exprime le firc. Sil lesincifiohs fe
fent, il faut renouveller,
cicatri- --- Page 174 ---
Hifoire des Maladies
Méthode des Negres.
UnNegre ayant acquis une grande réputation pour traiter cette maladie, je
découvrir fon
mis tout en oeuvre pour
fon
fecret, à quoi je parvins en gagnant
m'apporta toutes les plantes
Eleve, qui
dont il fe fervoit, & me fit le rapport
de la maniere dont les employoit notre
Efculape, & danslaquelle on verra beaucoup de myftere, & Omr trouvera bien
de l'embarras.
On fait boire aut malade, les trois premiers
une tifane faite avec la
jours Mal-nommée 2
8 un peu de Sucre;
grande
il en prend enfuite une autre compofée
avéc les feuilles & bourgeons d'Amoublanche
de Pois doux,
rette
épineufe,
Pois
d'Apiaba, & d'une efpéce de petit
dans les haies, dont la
fort commun
d'un verd
feuille eft petite, en coeur,
&en bougai, lesfleurs petites 2 jaunes
Si le malade fc plaint du ventre,
quet. fait la tifane avecla Verveine bleue.
on --- Page 175 ---
de Saint Domingue.
Mais les principaux remedes
16;
confiftent en fridtions adminiftrées
fuit.
comme il
On fait infufer dans fix à fept
de jus de Citron, des racines de pintes
veine puante &z d'Herbe à
Verpées
chiques, coupar morceaux, > de chacune une
poignée ; on en frotte le malade
la tête jufqu'aux pieds. A cette friétion depuis
enfuccede une autre faite avec uneleflive
de Cendre dans laqucile on fait, fondre
la moitié d'une brique de Savon, &
ajoute unebouteillede" Taffia.
on
feconde
Après cette
friéion, on en fait une troifiéme
avec le mélange de graines de Palma
Chrifi
boucannées, 2 c'eft-à-dire rôties &
pilées, dans une ou deux pintes de Montaigue fondue. Toutes ces fridtions fe
font alternativement, de façon que le
malade ne refte point en repos, &
l'habitude du corps eft toujours humide. que
Pour obliger le malade à fouffrir
ment toutes ces
patiemfriétions, on l'attache à
une échelle; & à mefure qu'un membre
Palma
Chrifi
boucannées, 2 c'eft-à-dire rôties &
pilées, dans une ou deux pintes de Montaigue fondue. Toutes ces fridtions fe
font alternativement, de façon que le
malade ne refte point en repos, &
l'habitude du corps eft toujours humide. que
Pour obliger le malade à fouffrir
ment toutes ces
patiemfriétions, on l'attache à
une échelle; & à mefure qu'un membre --- Page 176 ---
Hifoire des Maladies
on le lie dansl'atentre en contraction, du mal le met, 8z
titude oit la violence
Lorfque
le frotte plus qu'un autre.
on
fatigué, 9 on le déle malade paroit trop de s'affeoir, fans
tache, & onlui permet friétions, & dès
d'ailleurs fufpendre les
le remet fur
qu'il eft un peu repofé ,on
T'échelle.
eft vivement attaLorique la gorge
fait
un cataplafme
quée, on applique feuilles étroites.
avec le Creffon à
de la conSi dans le commencement des
malade reffent
picotevalefeencele
, on palvérife
mens ou démangeailons croit fur les Orande Gui qui
une efpece
dans l'eau,
On mêle cette poudre
du
gers. arrofe & on en frotte le corps
on en
lesjambes font foibles ou
malade. Quand
on les frotte
encore un peu convullives, moutarde appellée
de
avec une efpéce infufée dans le Taffia.
Kaia, mêlée ou
des pieds qui
S'il n'y a que la plante
qu'on
on la frotte avec la plante
fouffre,
Corde à violon.
appelle --- Page 177 ---
de. Saint Domingue:
On doit
la
juger par cet échantillon, de
pratique générale des Negres, dont
toute la fcience confifte à traiter
tifanes, des
par des
cataplafmes, des
tions & des frictions.
embrocaCette méthode au refte m'a paru être
bonne pour les Spafmes, l'être
tant plus, qu'elle s'accorde
d'aucations qui
avec lesindielle eft
çonviennent ; mais comme
remplie de variations inutiles
fort
&
enbarraflantes,je l'ai réduite à des
opérations plus fimples, faufà chacun de
finivre celle qu'il jugera à
propos,
1, HIS T 0 I R E.
Un Négociant du Cap fiat
attaqué d'une violente
tout-à-coup
nuque du
contraétion à la
cou & aux vertebres du
& d'un refferrement de
dos,
prit pendant trois
mâchoire : il
avec demi-once jours une tifane faite
de
deSéné, une demi-livre
Caffe, une poignée de feuilles depetit
Médecinier, & une once de Sel
dans le premier verre
d'Eplom 5
quatre grains d'E:
égociant du Cap fiat
attaqué d'une violente
tout-à-coup
nuque du
contraétion à la
cou & aux vertebres du
& d'un refferrement de
dos,
prit pendant trois
mâchoire : il
avec demi-once jours une tifane faite
de
deSéné, une demi-livre
Caffe, une poignée de feuilles depetit
Médecinier, & une once de Sel
dans le premier verre
d'Eplom 5
quatre grains d'E: --- Page 178 ---
Hifoire des Maladies
x68
dans chacun des autres
métique , - 8c
Poudre cornachine,
quinze grains de
entre chaque
trois heures d'intervalle
boif-
& du Thé avec l'Anis pour
prife,
& embrocafon: On fit les cataplafmes e
tions que voici.
de Pois-puant,
Prenez feuilles.& tiges
d'Apiaba, de Francde grande Sauge,
d'Epimars
bafin, de Verveine puante, 2
Manioc
Calebaffe mufquée : du
& de
& légerement exprifraîchement grugé
corde coupé par
mé, & du Tabac en
bonne poimorceaux , de chacun une du Sel amgnée, du Savon, une livre,
fon
momiac, une once. Faites bouillir,
dre & cuire le tout dans parties égales
d'eau & de vin. blanc : paffez & expridécogtion, dont le marc après
mez cette
fervira pour un cataplaf
avoir été paffé
fur toutes les parme, qu'on appliquera
tendues, &
paroitront les plus
ties qui
de deux en deux heuqu'on renouvellera
de forfaifant précéder auparavant
res,
une demi-heure
tes fridtions pendant
avec --- Page 179 ---
de Saint Domingut:
avec la décoétion,
nera parune légere lelquelles On termidiffolution de douze fridion, faite avec la
pium dans un
à quinze grains d'Overre de la
tion. :
même décocAu bout de
nua, de façon trois jours 3 1 le mal dimi.
embrocations. qu'on s'en tint aux fimples
Quandles
a
il faut les vuider malades sne peuvent avaler,
lavemens faits
par le fecours de forts
Coloquinte avec le Séné, la Caffe, la
&
bouillie dans l'eau de
employer
mer,
quelquefois le Vin
que; car la conftipation
émétidans cette maladie,
eft étonnante
Je fais quelquefois
taplafine le
ajouter dans le caSain-doux, dit dans le
Montaigue, Ou le Suif,
Pays
le mal cft extrême;
fur-tout quand
alOpium,
& j'ai recours alors
car fi
que je fais
on peut parvenir. prendre liquide;
fommeil, c'eft un
à procurer du
ciliter le relichement. grand moyen pour faTome II,
On ne peut trop
H
émétidans cette maladie,
eft étonnante
Je fais quelquefois
taplafine le
ajouter dans le caSain-doux, dit dans le
Montaigue, Ou le Suif,
Pays
le mal cft extrême;
fur-tout quand
alOpium,
& j'ai recours alors
car fi
que je fais
on peut parvenir. prendre liquide;
fommeil, c'eft un
à procurer du
ciliter le relichement. grand moyen pour faTome II,
On ne peut trop
H --- Page 180 ---
Hifoire des Maladies chambre
d'entretenir la
recommander
bien chaude.
font fanguins
Quand les tempéramens leur fais faire deux
ou pléthoriques, je
fur-tout dans
oul trois
copiescifignéen,
qui vient de fraicheur.
le Spafme
font ufer d'une tifane
Les E(pagnols de Poux de bois, qui
faite avec la Ruche fourmis : on la fait
de
font une efpece
égales d'eau & de
bouillir avec parties Técorce de Gayac &
vin. : J'y fais ajouter
T'Antimoine pilé.
quand ils fe font
Quelques Negres,
font une forte
piqués la plante du pied,
ou autre
leflive de Cendre de Tabac,
8 le
mettent le pied,
plante forte, y
long-temps, &capfrottent bien pendant cendres ou des herpliquent enfuite des
fe frotLes Sauvages
bes en cataplafme.
du pied jufqu'à
tent 8 battent la plante
appliquent
foit engourdiesis
avec
çe qu'elle Tabac bien pilé & mêlé
enfuite du
L'effentiel et : de dilater
de la cendre. --- Page 181 ---
de Saint Domingue:
F'ouverture, fur-tout
17I
le clou paroît avoir quand l'épine ou
pénétré,
II HIs TO I R E.
Fradture & carie aux deux Fémurs a
fuite du Spafine.
la
Le fieur Philbert, Maître
dans le quartier de
Chirurgien
Fort
Mariborou, près le
Dauphin, fut
un Negre de douze à appellé pour traiter
du Spafime, Il avoit treize ans > attaqué
dos très-roides,
le cou & l'épine du
bras, trois
après trois faignées du
une forte dofe
&
Lnememinepemeate
* cuer par haut & d'Emétique qui fit évamenta
par bas : le mal
; tous les membres fe
augOn eut recours aux bains
roidirent.
aux friétions avec le
émolliens &c
la faignée du
Savon: : on réitéra
bras,: & T'ufage des
mens; on le purgea de
lavejours avec des tifanes quatre en quatre
pofées, qui
royales très-com.
filta 'dans opérerent très-peu; on perFufage des mêmes
remedes
H ij
fit évamenta
par bas : le mal
; tous les membres fe
augOn eut recours aux bains
roidirent.
aux friétions avec le
émolliens &c
la faignée du
Savon: : on réitéra
bras,: & T'ufage des
mens; on le purgea de
lavejours avec des tifanes quatre en quatre
pofées, qui
royales très-com.
filta 'dans opérerent très-peu; on perFufage des mêmes
remedes
H ij --- Page 182 ---
Hiftoire des Maladies
d'un mois: les contrac:
pendant l'efpace
violentes aux parties
tions furent moins
devinrent fi forfupérieures; mais elles
qu'il étoit impoffites aux inféricures,
& que les pieds
ble de fléchir le genou,
&
de devant en arriere,
fe tournerent
par la fraêture des
elles ne cefferent que leurs colets, dont les
deux Fémurs dans
& formerent une
bouts fe firent jour,
latérale de la
plaie à la partie externe voulut tenter la
cuiffe.Le Chirurgien en
fraêture
réduation, comme dans une
la
il ne put y parvenir; muf-
-
compliquées
trop forte des
contradlion encore il fe borna à un panclesy mit obftacle; confiftant en un plufement fimple 9 de Taffia 9 une commaffeau imbibé
contentif. Il contipreffe & un bandage
pendant vingtnua le, même panfement
ayant
quatre jours; & après ce temps, bout de l'os,
dansle
fenti du mouvement s'exfolier, il tira
comme s'il eûit voulu
d'environ
extrémité de l'os entier,
une
Après cette opé
de longueur,
un pouce --- Page 183 ---
2e Saint Dominguë:
ration, les mufcles lui
parurent plus
flexibles, ce qui lui facilita le
de retourner le pied du même côté moyen
dehors en-dedans, &
de
fa direétion
de le mettre dans
naturelle. II le contint
cette fituation avec des fanons
dang
noient depuis le hant de la cuiffe qui prepied, & il continua le même jufqu'au
à la plaie, qui fit fuffifant
panfement
duire à une
pour la conparfaite guérifon.
jours après, il arriva
Quatre
l'autre cuiffe,
pareille chofe à
avec cette
l'os qui en fortit avoit différence, que
pouces de longueur.
au moins trois
le pied aveci la même On tourna dès-lors
fait
facilité qu'on avoit
l'autre; on lia les deux fanons
femble par haut &
enpar bas, afin d'obliger, autant qu'il feroit poffible
cuiffes à prendre Ia direéion
2 les
turelle. Le
la plus naNegre a parfaitement bien
guéri;ilne boitepoint, ila feulement les
cuiffes un peu arquées dans leurs
parties
fupérieures, ce qui le fait marcher
ouvert. On fent dans la
trop
partie fupé
Hij
l'autre; on lia les deux fanons
femble par haut &
enpar bas, afin d'obliger, autant qu'il feroit poffible
cuiffes à prendre Ia direéion
2 les
turelle. Le
la plus naNegre a parfaitement bien
guéri;ilne boitepoint, ila feulement les
cuiffes un peu arquées dans leurs
parties
fupérieures, ce qui le fait marcher
ouvert. On fent dans la
trop
partie fupé
Hij --- Page 184 ---
Hifoire des Maladies
latérale externe, vers le grand
rieure
trochanter, de chaque côté, un gonflement ou calus raboteux &. inégal.
8z
M. Pairagua, Maitre Chirurgien,
dans le
qui travaille avec réputation
quartier Morin, prèsle Cap, paffe pour
le mieux dans le
un de ceux qui guérit
deux OuL
traitement du Spafme. Après
hémétrois faignées & une purgation
tique, il fait mettre les malades entre
deux feux, & les fait continuellement
frotter avec un onguent ou mélange de
Sain-doux, de Savon, de Suif& de S.ie
de cheminée : il leur fait prendre foir
des
cordiales avec la
& matin
potions
TAnThériaque, la Poudre de vipere,
& pour boiffon
timoine diaphorétique,
une légere rifane fudorifique.
Depuis deux ou trois ans quelques
le Mal de mâchoihabitans préviennent
font fujets, ,en
les Negrillons
re > auquel deux' ou trois fois par jour
leur frottant
avec T'huile
les tempes & les mâchoires
de Palma Chrifti. --- Page 185 ---
de Saint Domingue.
11I, H I S T O I R E.
Un Negrillon de neufà dix ans, mon
Valet, dut la vic, pour une commotion
provenue d'une chute violente, au bain
& aux abondantes faignées. M'étant retiréversles dix heures du foir, & n'ayant
point trouvé de domeftiques, je pris le
parti de fermer la porte de mon efcalier
pour les faire coucher dehors. Je me mis
dans un hamac. Une demi-heure ou environ après, j'entendis un bruit comme
d'un paquet de linge fale qu'on eût jetté
de ma galerie dans la rue. Je fusan brujt,
& j'apperçus mon Negre étendu
terre. Je le trouvai fans fentiment par
fans pouls; je le fis porter
&
voifin dans
par un Negre
mon appartement. Je ne découvris aucune fraéture ni plaie, à l'exception d'une légere égratignure à la
joue. Je lui fis deux OlI trois faignées S
fans qu'il fortit une goutte de fang. Craignant que ce ne fit l'effet de mon
d'adreffe, j'envoyai chercher
peu
un Chie
H iv
trouvai fans fentiment par
fans pouls; je le fis porter
&
voifin dans
par un Negre
mon appartement. Je ne découvris aucune fraéture ni plaie, à l'exception d'une légere égratignure à la
joue. Je lui fis deux OlI trois faignées S
fans qu'il fortit une goutte de fang. Craignant que ce ne fit l'effet de mon
d'adreffe, j'envoyai chercher
peu
un Chie
H iv --- Page 186 ---
i76
Hifoire des Maladies
rurgien, qui différa près d'un quartd'heure à venir. En attendant, t,je fis chauffer de l'eau, & pris le parti de mettre
le Negre dans le bain. On repiqua deux
ou trois fois, & lesf faignées farent blanches. Onjugea qu'il étoit mort. On fut
de demi-heure à préparer le bain,
près
frotter. Au bout de
& je le fis toujours
cinq à fix minutes, le fang commença
à fortir comme un fil par quatre ou cinq
ouvertures, & augmentant infenfiblement, on fut à même d'en tirer autant
qu'on le jugea à propos. Après laquantité d'environ cinq à fix palettes, le Nebailla deux à trois fois, 2 & donna
gre auffi-tôt des fignes de refpiration. Le
fe fit dès-lors fentir, & s'anima à
pouls mefure
le fang fortoit. En ayant fait
que
mis le
tirer douze à quinze palettes, je
malade hors du bain. Je ne pus en tirer
On le coucha, & il parut
aucune parole. fommeil naturel toute la
dormir d'un
nuit. Il fe leva le matin comme de couil ne fe fouvenoit de rien; il fe
tume; --- Page 187 ---
de Saint Domingue:
plaignoit feulement d'une foibleffe, 177
ayant racontéce quil lui
Lui
dit qu'ayant voulu
étoitarrivé, il me
par-deffus le bord de grimper la
pour paffer
pofé les deux
galerie, il avoit
pieds fur le bord d'une
nêtre qui fermoit
fe-
&.
par-dehors; ; qu'il avoit
glifte,
qu'il étoit tombé tout d'un
coup. Ily a lieu de croire
à plomb de la hauteur qu'étant tombé
douze pieds, il s'étoit d'environ dix a
cuffion dans le
fait une réper-.
cerveau, dont
ment firt affez violent
l'ébranletout d'un coup le cours pour des intercepter
maux, d'où la
efprits aniferoit
privation de la vie s'en
fuivie,fi par le moyen du
des friétions on
bain' &
ranimé le 2
n'avoit pas réveillé &
mouvement des fibres & des
efprits.
3x
Hr --- Page 188 ---
Hifloire des Maladics
OBSERYATIONS
PARTICULIERES
ABcES AU PoU-MO N.
homme très-cacochyme 8 goutU N eut un abcès au Poumon. Les
teux
rendoit étoient très-puanmatieres qu'il
fuivies d'une
tes & noires, quelquefois prefque tous
hémorragie, qui arrivoit remedes fuilesjours. Il fut guéri par les
yans.
tifane avec des écorces de
Faites une
de Pois d'AnGommier, des bourgeons Franc-bafin & de
de Gombo, de
gole, fecs, de chacun une pincée 2
Raifins
bouillir 2
dans deux pintes d'eait,
qu'on fera diminution du quart. Dans une
jufqu'à la
tifane, faites infufer une
pinte de cette oriental, 8 unep poignée
pincéedes Safran
pendant une dede Creffon de fontaine,
une
de Pois d'AnGommier, des bourgeons Franc-bafin & de
de Gombo, de
gole, fecs, de chacun une pincée 2
Raifins
bouillir 2
dans deux pintes d'eait,
qu'on fera diminution du quart. Dans une
jufqu'à la
tifane, faites infufer une
pinte de cette oriental, 8 unep poignée
pincéedes Safran
pendant une dede Creffon de fontaine, --- Page 189 ---
de Saint Domingue.
mi-heure; après l'avoir
un tiers de lait.
paffée, ajoutez
Le malade fe purgeoit de
jours avec deux onces de cinq en cinq
trois femaines
Manne. Après
on
d'ufage de ces
ajoutoit dans chaque
remedes,
huit à dix
verre de tifane
& il
gouttes de Baume de Sucrier;
prenoit trois fois par
un gros de l'opiate fuivant. jour eoviron
Prenez Cachou, Succin, bol
nie, Safran oriental & Iris de d'Arméde chacun un gros - ; Blanc de Elorence,
deux gros; mêlez tout
baleine > 2
un opiate
cela, & en faites
avec fuflifante
Miel de Narbonne,
quantité de
ABCèS AU TESTICULE
QUI PÉNETRE
DANS LA CAPACITÉ,
UN homme d'un tempérament
bufle, âgé de
roqui s'étoit fort adonné cinquante-cing ans 3
attaqué d'une
aux plaifirs, fit
fievre continue
2 qu'on
H vi --- Page 190 ---
Hifoire des Maladies
traita fuivant les fymptômes qui paroiffoient. Jugeant par l'effet des remedes
la maladie n'avoit pas une caufe orque
découvrit que le malade avoit
dinaire, on
dont il n'avoit
un tefticule fquirreux, 7
qu'iln'y avoit point
point parlé 2 parce
étoit cependant
fenti de douleur. Il s'y
étoit
confidérable, qui
formé un dépôt
& dont Touverla caufe de la maladie,
que
ture / n'eut aucun avantage, parce
le
avoit pénétré dans la capacité,
pus
& gangrené le cordon fpermatique.
DANS LA
SUR LES CARNOSITÈS
VERGE.
Luficurs de nos Habitans ont eu reP cours en France à des Chirurgiens
de guérir l'accident
qui ont la réputation
Gonorrhées,
qui fuit, ou les fréquentes
leur mauvais traitement, & qu'on apou Carnofités. Ils font revenus triompelle
cependant quelquesuns
phans, , quoique
des effets du reont reffenti en revenant
& gangrené le cordon fpermatique.
DANS LA
SUR LES CARNOSITÈS
VERGE.
Luficurs de nos Habitans ont eu reP cours en France à des Chirurgiens
de guérir l'accident
qui ont la réputation
Gonorrhées,
qui fuit, ou les fréquentes
leur mauvais traitement, & qu'on apou Carnofités. Ils font revenus triompelle
cependant quelquesuns
phans, , quoique
des effets du reont reffenti en revenant --- Page 191 ---
de Saint Domingue.
tour du mal. Mais att bout de
à 181
mois ou un an, ils font retombés fept huit
leurs premieres
dans
de
douleurs, & n'ont eu
fonlagement qu'en revenant au régime qu'on leur avoit prefcrit en Europe. Quelques-tins y ajoutoient
des bougies
l'ufage
fait
préparées, dont ils avoient
provifion. D'autres avoient foin d'en
porter toujours, & ceux-là ne retomboient pas fi
de moindres promptement, ou avoient
attaques. Je me fuis
pellé à ce fajet une obfervation rapdu Verney,célebre
de M.
feffeur
Anatomifte, & Proau Jardin du Roi, qui m'a dit,
qu'ayant eu ordre du Roi
avec M. Maréchal la caufe de d'examiner
ladie qui incommodoit
cette made fes Sujets, ils firent un grand nombre
un grand nombre de
cet examen fur
cadavrès, danslefquels ils ne trouverent
catrices
que plufieurs cid'ulceres, fur-tout vers la
proftrate, & dans la partie de la glande
qu'on appelle vern montanum
verge
cicatrices devoient
: que ces
plus ou moins ref; --- Page 192 ---
Hifoire des Maladies
ferrer le canal, & le rétrécir fuivant
leurs quantités, & le rétrécir principalement vers la partie fupérieure ; ce qui
dansles temps de pluie, furangmentant
des excès de débauche, protout après
plus ou moins
duifoit des fymptômes
Suivant
confidérables dans les malades.
,il n'ya pointà doucêtte démonftration du mal ne foit incuter que le principe
qu'en
rable, & qu'on ne peutladoncir font
diminuant & ôtant les caufes qui
en effet la
gonfler ces cicatrices..C'eft font accroire
voie que tentent ceux qui
ont des fpécifiques qui mangent
qu'ils
Carnofités. Ils mettent
ces prétendues
de rifane,de
leurs malades à un régime
émolliens & laxatifs : ,de bains
bouillons
conformes aux boiffons. Ils
& d'alimens
moins, fuivant les
les faignent plus ou
même avec les
cas; ils les purgent de
& - ils introduifent des bougies
purgatis,
qu'ilsaug
mucilagineufes & réfolutives,
faire prêter inmentent peu à peu, pour dont la rigie
fenfiblement les cicatrices,
,de
leurs malades à un régime
émolliens & laxatifs : ,de bains
bouillons
conformes aux boiffons. Ils
& d'alimens
moins, fuivant les
les faignent plus ou
même avec les
cas; ils les purgent de
& - ils introduifent des bougies
purgatis,
qu'ilsaug
mucilagineufes & réfolutives,
faire prêter inmentent peu à peu, pour dont la rigie
fenfiblement les cicatrices, --- Page 193 ---
de Saint Domingue.
dité des fibres occafionne le
du canal. Ils
refferrement
de trois
parviennent enfin, 2 au bout
ou quatre mois, à procurer un
foulagement qui donne lieu au
de croire qu'il eft guéri. Maisiln'eft malade
un an fans être défabufé, Il
pas
quoien attribuer
ne fait à
la caufe, La
lui fait penfer qu'il ya de fa faute, prévention
que le premier fuccès l'a ébloui. parce Il
peut fe défabufer
ne
que lorfqu'il rencontre
quelqu'un affez au fait pour lui découvrir la fource du mal, & lui
connoître la caufe.
en faire
HISTOIR E,
J'ai été à lieu de vérifier fur le cadavre d'un homme
mond'Apoplexie,Tob
fervation de M. du Verney. Cet homme
avoit de ces prétendues Carnofités,
point, que depuis cinq à fix ans, il uri- aut
noit très-peu parla verge, mais
fieurs petits trous qui s'étoient par pluRaphé, & fur-tout
faits att
un plus confidérable
qui s'ouvroit vers la tubérofité de lIC --- Page 194 ---
Hiftoire des Maladies
chion. Je trouvai le canal de la verge
Cette
fain jufqu'à la glande proftrate.
étoit comme de la corne, & la
glande circonférence du canal environ un demid'étendue dans fa concavité fupédoigt de la même dureté. Cette dureté
rieure
s'élargiffoit confidérablement en approchant de l'inférieure qui étoit féchée fur
Les petits trous s'étoient faits
la glande.
du canal dedans la partie fupérieure
Pendroit
puis Porifice de la vefiejufqu'à
racorni. Ceux qui en approchoient parde la même qualité ; ce qui
ticipoient lieu à la formation des fupédonnoit
aboutiffoit vers la turieurs. Celui qui
de FIfchion, venoit de la partie
bérofité
canal. Le malade avoit eu
latérale du
habiles du Royaume.
recours aux plus
Ceux qui connurent bien Fimportance
de s'en tenir à
du mal, lui confeillerent
conformeà celui que je viens
un régime
lui adouciffoit un peu
de décrire, & qui
le mal, ,fur-tout dans le temps des plujes
ou il fouffroit plus que dans tout autre
temps.
FIfchion, venoit de la partie
bérofité
canal. Le malade avoit eu
latérale du
habiles du Royaume.
recours aux plus
Ceux qui connurent bien Fimportance
de s'en tenir à
du mal, lui confeillerent
conformeà celui que je viens
un régime
lui adouciffoit un peu
de décrire, & qui
le mal, ,fur-tout dans le temps des plujes
ou il fouffroit plus que dans tout autre
temps. --- Page 195 ---
de Saint Domingue.
ABCÈS AU FOIE,
U NS Suiffe
dont
attaquéd'um: abcès au Foie,
on fit Topération, & dont la
fuppuration fut abondante
mois, eut le malheur de pendant deux
les mains d'un
tomber entre
Chirurgien
mer la plaie trop tôt. La qui laiffa ferfurvint all malade,
fievre lente qui
donnoit lieu
préhender de fâcheufes fuites
d'apflux de ventre qui dura
: mais un
le tira d'affaire,
deuxà trois mois,
tablit
& Pufage du lait le réparfaitement.
Ascès AU PANCRÉAS.
UN jeune homme fujet à des coli.
ques fréquentes & violentes, étoit
attaqué depuis dix mois d'un
voiement,
léger dé2 qui fe calmoit
Enfin la fievre fe mit de la facilement.
partie. Les --- Page 196 ---
* 186
Hifoire des Maladics
firent
matieres que rendoit le malade
étoit attaqué
croire aut Médecin qu'il
fans
d'un flux diflentérique, quoique confétranchée & fans douleur. En
il employa la Rhubarbe &. les
quence cordiaux aftringens , jufqu'à ce qu'ayant
la fievre & Vardeur, 2 le
fait augmenter
Ayant été 2 apmalade fut à Pextrémité.
fur
pellé,je me trouvai fort embarraffé décile caraêtere de la maladie; & pour
il convenoit,je remis Yexader comme
fois. M'y étant tranfmen à une autre
le malade
portéle lendemain, jetrouvai
dansle même état que le jour précédent,
une fievre lente avec quatre ou
ayant
accompagnés de lécinq redoublemens
& fuivisd'une
gers, mais longs friffons,
mieux
fueur affez copieufe, ou, pour
un vifage tel qu'ont
dire 2 collicative;
une
coutume d'avoir les empyématiques;u fous la
douleur légere, mais profonde > vis-àdroite 2
région hypocondriaque duodenum. Les matieres qu'il
vislinteftin
& de couleur
rendoit étoient purulentes
accompagnés de lécinq redoublemens
& fuivisd'une
gers, mais longs friffons,
mieux
fueur affez copieufe, ou, pour
un vifage tel qu'ont
dire 2 collicative;
une
coutume d'avoir les empyématiques;u fous la
douleur légere, mais profonde > vis-àdroite 2
région hypocondriaque duodenum. Les matieres qu'il
vislinteftin
& de couleur
rendoit étoient purulentes --- Page 197 ---
de Saint Domingue:
de foie délayé; il les rendoit
fans tranchéeni
d'ailleurs
fans
douleur, pour l'ordinaire
excrément, O1t quelque
en avoir rendu,
temps saprès
fanté, Ces
comme s'il eût été en
cès
fignes me firent juger un ab.
intérieur, dont au furplus je ne
affurer le fiégé, foupçonnant
pus
le foie plutôt qu'un autre vifcere. feulement
lade mourut douze à
Le maOn trouva une
quinze jours après.
le baffinet du rein pierre confidérable dans
droit; lesinteftins dans
Fétatnaturel, àl l'exception du
qui étoit ulcéré &
duodenum,
droit oùt fe
gangrené dans l'endécharge le canal
que & le canal
cholédototalement
pancréatique; ; le Pancréas
abcédé, & les
fines altérées &
parties voilité du pus ; le foie corrompues d'un
par la qualume, engorgé,
très-grand voenflammé, & un
gangrené dans la partie la
peu
du dhodenum,
plus voifine --- Page 198 ---
Hifoire des Maladies
ABCÈS SITUÉ DANS LE LOMBE
DROIT.
N homme de quarante ans 2 d'un
U tempérament robufte, après plude coliques & de flux de
fieurs attaques
Les
avoir la Diarrhée.
ventre, parut
douleurs ou tranchées étoient aigués 9
accompagnées d'une fievre lente, avec
depetits sredoublemens qui fe fuccédoient
les uns aux autres. Les matieres étoient
très-fétides & même purulentes; ; la rédroite & lombigion hypocondriaque douloureufes. Je fis failicale, étoient
fois, &
le malade trois ou quatre.
gner je le mis à l'ufage des lavemens, tifanes,
bouillons, potions émollientes, lénitives
& anodines. Je ne pus venir à bout de
calmer le mal. Je foupçonnai un abcès
quandau foie, & mon foupgonaugmenta
fentis une fluétuation dans le ventre 2
je j'attribuai à Tépanchement du pus.
que --- Page 199 ---
de Saint Doningue,
Après la mort, je trouvai dans le 18g
vre un foie trés-fain, les
cadatre maigres, à
parties du venla membrane T'exception du colon, dont
doigt d'épaiffeur. adipeufe avoit plus d'un
dont le dedans
J'ouvris cet inteftin,
le canal
étoit rempli de pus. Tout
decetinteftin étoit
pli de fungus. En
ulcéré&c remcum.,
remontant vers le COej'apperçus un trou de la
d'un liard, par oùt entroit la
grandeur
trou étoit à deux doigts
matiere : ce
tance du
environ de difcommencement du colon, &
communiquoit dans un kifte qui
adhérent au colon, & qui renfermoit étoit
matiere d'un abcès. Le même
la
toit ouvert dans un
kifte s'6autre endroit,
pandoit le pus dans la capacité,
&créa
COej'apperçus un trou de la
d'un liard, par oùt entroit la
grandeur
trou étoit à deux doigts
matiere : ce
tance du
environ de difcommencement du colon, &
communiquoit dans un kifte qui
adhérent au colon, & qui renfermoit étoit
matiere d'un abcès. Le même
la
toit ouvert dans un
kifte s'6autre endroit,
pandoit le pus dans la capacité,
&créa --- Page 200 ---
Hiftoire des Maladies
IXFIAXXATION ET GANGRENE
particulieres aux gros Inteftins.
homme d'un fort tempérament ,
U% & fort adonné à la bonne chere &
inquiet fur fa
mais toujours
aux plaifirs, fans ceffe recours aux purfanté, avoit
prévenir
gations & aux lavemens pour conduite
chimériques. Cette
les maladies
inflammation dans le
lui procura une
d'une fimple fievre
ventre, accompagnée devint fur la fin condouble-tierce, qui vomiffement, qui
tinue, & d'un grand
la mort. On
fatigua le malade jufqu'à
furtrouva les gros inteftins gangrenés,
le colon dans toute fon étendue ,
tout
Teftomac & le foie dans Pétat
les grèles,
adipeufe de l'innaturel. La membrane
&
teflin du colon étoit très- gonflée
oblervé
épaiffe. C'eft ce quejaitoujours font morts
dans les cadavres de ceux qui
ou d'ulcere dans cetinteftin, 2
de gangrene --- Page 201 ---
de Saint Domingue:
qui de tous les inteftins eft le
19r
àc
plus fujet
cesaccidens; ce
des irritations quiprovient fans doute
des
plus fortes & plus
matieres
longues
groffieres & putréfiantes,
Maladies provenantes du refux de
mauvais levain.
Uelques
dont
tempéramens ont un fang,
l'acrimonie fe manifefte
des boutons ou petits
par
quefois par des cloux cloux, & quelarrive
confidérables.Sit
que par quelque caufe, comme
épuifement , vieilleffe 9 olI une
grande abondance de matiere
trop
nicufe, la nature ne puiffe
acrimodehors le
pouffer auvenin, on doit
ou le reflux, 3 ou le dépôt d'un appréhender, tel
fur quelque vifcere,
levain
tre
2 ou fur quelgu'aupartie. II en eft de même des différentes maladies qui attaquent la
comme Gales, Dartres,
peau,
dans le
qui repompées
fang, ont, de funeftes fiuites. --- Page 202 ---
Hifloire des Maladies
ET
REFLUX SCORRUTIQUE
YÉROLIQUE.
I. HIST TOIR E.
Nhomme de trente ans, d'un temU
délicat, étoit fort fujet
pérament S'étant marié à une demoiaux cloux.
après
felle fort jolie, mais fcorbutique,
de
il fut attaquéd'une
deux ans
mariage, continuantplie
confidérable, qui
colique
donna lieu de le croire attafieurs jours,
enkiftée dansle rein.Les
qué d'une pierre
mais
douleurs fe calmerent cependant;
joursa après ellesreparudouze ou quinze
la fievre
rent avec tant de violence, que trois jours
fe mit de la partie. J'arrivai vives douavant fa mort. Témoin des
on
reffentoit, fur-tout quand
leurs qu'il le ventre dans quelque parlui preffoit
douter d'une
tie que ce fut, je ne pus
tâchai de
inflammation générale s que je çalmer,
d'une pierre
mais
douleurs fe calmerent cependant;
joursa après ellesreparudouze ou quinze
la fievre
rent avec tant de violence, que trois jours
fe mit de la partie. J'arrivai vives douavant fa mort. Témoin des
on
reffentoit, fur-tout quand
leurs qu'il le ventre dans quelque parlui preffoit
douter d'une
tie que ce fut, je ne pus
tâchai de
inflammation générale s que je çalmer, --- Page 203 ---
de Saint Doningue,
calmer, 2 mais en vain. Je trouvai
capacité une grande abondance dangla
mêlé de matiere
de liquide
me paroiffant être purulente. la
Ce liquide
lade prenoit, je
boiffon que le mavoit provenir. Jc cherchai d'oà elle poules inteftins
frouvai deux trous dans
; l'un à l'inteftin
qui étoit collé & adhérent
jejunum, 2
dont je trouvai la
au Pancréas,
truite; l'autre
fibftance prefque dévers le
l'inteftin iléon. L'un commencement &
de
un diametre d'un
l'autre avoient
étoient bordés
travers de doigt, &
pourpréc.
d'une efcarre noire &
tres pareilles J'obfervai quatre à cing auTilion, dont efcarres dans létenduc de
je ne pourfutivis
verture, eu égard à la
point l'oudavre. L'efomac & le puanteur du cafains; mais le foie étoit duodenum étoient
meurs femblables à des rempli de tula matiere dans la
anthrax, dont
du fuif & du miel plupart étoit comme
trois ans
gelé, On avoit fait
tion de la auparayant fiftule
au malade T'opéraTome II,
qui lui étoit furvenue
I --- Page 204 ---
Hifoire des Maladies
Go194
de deux ou trois
après la guérifon
avoit été
norrhées, & cette opération la mort
mal faite; car je trouvai après à quatre
du mal qui pénétroit
le' progrès
de doigt le long du duoOl cinq travers
trois clapiers, l'un
denum, 8c formoit les deux autres vers
vers l'osifehion 2 &
l'os des iles.
inférieure de
la partie
II. HI 1 S T 0 I R E.
N
Demoifelle d'un tempérament
Une
aux cloux 9
a 8z fort fujette
mélancolique,.
ou dix-huit ans 2
étant àgée de dix-fept
fuafTez graffe, eut quelque
d'ailleurs
fit
la quanjet de chagrin, qui augmenter : s'élevant
tité des cloux 2 lefquels ne endroits
formerent dans plifieurs
point,
de croîite. La fievre furvint,
une efpece
que les premiers
On la négligea, parce de conféquence.
accès parurent de peu confidérablement
Mais ayant augmenté jour, elle fut à
je fept ou le neuviéme délire fe mit de la
un tel point , que le
furvint, &; il
Le flux de yentre
partie.
s'élevant
tité des cloux 2 lefquels ne endroits
formerent dans plifieurs
point,
de croîite. La fievre furvint,
une efpece
que les premiers
On la négligea, parce de conféquence.
accès parurent de peu confidérablement
Mais ayant augmenté jour, elle fut à
je fept ou le neuviéme délire fe mit de la
un tel point , que le
furvint, &; il
Le flux de yentre
partie. --- Page 205 ---
de Saint
ne parut plus de cloux. Domingae.
état huit ou dix
Elle fit dans cet
procurerle moindre jours, lans qu'on pût lui
pus obtenir d'en faire foulagement. Je ne
n'eut de partie
T'ouverture. Elle
ladie que le foie, douloureufe dans la madont ellene
que quand on la preffoit. feplaignoit
III,
Histor IR E,
Un jeune homme de
d'un tempérament fec & vingt-fept ans, 2
fort, un
mélancolique, 2
peu
plufieurs Chaude-pitfes très-libertin, avoit eu
de foupçonner
S, qu'on avoit lieu
ries : il étoit n'avoir pas été bien guéavec une femme d'ailleurs en commerce
d'une
dont le mari étoit
Pulmonie
mort -
quelque
vérolique, Il fut pendant
temps fujet à
de
diverfes
coliques, qui à la fin
attaques
un Ténefme,
dégénérerenten
continua
qu'inégligea au point qu'il
à la douleur, il
enfin
Nerdetetesatoen
Médecins
tomba entre les
& de
mains de
Chirurgiens
geant par
qui jutlextérieur, ne le crurent
pas
Iij --- Page 206 ---
Hifoire des Maladics
qu'il : ne paroifoit
en danger 2 parce & qui en conféquence
point-de fievre, remedes fort contraiemployerent des
avec la Caffe
res, Opium 9 purgatifs Quand je vis le malade,
'&cla Rhubarbe.
néantrès-changé > paroiffant
il me parut beaucoup de forces, puifmoins avoir
pour aller à la
qu'il fe levoit toujours
& ne
faifoit fréquemment,
felle; ce qu'il
de matieres. Quand on
rendoit que peu
il P'ayoit douloului preffoit le ventre, tenfion" "dans toute
d'ailleurs fans
l'inteftin
reux,
du circuit que fait
Tétendue
étoit petit, concentré;
colon. Le pouls
naurelle; le
féche & prefque
alla peau
fortoit toutes les fois qu'il
fondement
livide & comme
loit à la felle:ilme parut yavoit des Hémorr
gangréné. Commeil
je penfai
roides qu'on avoit percées, être la caufe. Le
pouvoient en
deux
qu'elles fut en cet état pendant aucun
malade
remedes a'curent
jours,, & mes
il furvint un gonfleeffet: le troifiéme
la refpiration du
ment qui parnt gêner
fortoit toutes les fois qu'il
fondement
livide & comme
loit à la felle:ilme parut yavoit des Hémorr
gangréné. Commeil
je penfai
roides qu'on avoit percées, être la caufe. Le
pouvoient en
deux
qu'elles fut en cet état pendant aucun
malade
remedes a'curent
jours,, & mes
il furvint un gonfleeffet: le troifiéme
la refpiration du
ment qui parnt gêner --- Page 207 ---
de Saint Doningue:
malade. Il fe
-197
diffipa par une évacuation
confidérable de fang pourri & gangréné
d'un rouge très-pourpré&c
s
ce qui continua dix à douze prefque noir; :
heures. Les
évacuations furent enfuite tout-à-fait noires & abondantes. Le malade, bien loirz
d'en recevoir du foulagement, fut atta--
qué dei fymptômes qui me parurent mortels; les extrémités devinrent froides
le pouls frémillant, & le ventre
douloureux vers la partie
plus
Les affiftans n'en
fupérieure,
jugeoient pas ainfi,
parce qu'il fe levoit de lui-même,
avoit une bonne connoifance. II
2 &
mourut
cependant peu de temps après.
Rien de plus commun aujourd'hui dans
les Colonies, que de voir les familles s'infeéter par de mauvaifes alliances,
contribuent non-feulement à former des qui
enfans mal-fains, mais auffi à détruire
des familles entieres. On n'y fait point
d'attention. La fortune a plus d'attraits
que la vie. On fe marie, & le mieux
conftitué des deux, le plus vigoureux,
Lij --- Page 208 ---
Hifoire des Maladies
eft prefque toujours le. premier qui en
reffent les funeftes effets ; pendant que
pompant en quelque forte les
Tautre,
fucs nourriciers de la
bons principes ou
perfonne faine, fe fortifie, & paroit
comme s'engraiffer,
IV. HI S T OIR E.
homme fut attaqué d'une
Unj jeune
de remiffievre continue fans prefque
eft ordinairement dans les
fion ; ce qui
certain d'un dépôt.
Pays chauds un figne
douleur à la
Le neufil fe plaignit d'une
inférieure, de la jambe dans toute
partie
fans qu'il y
Fétendue de Particulation,
rien. J'y fis appliquer des catapariit, anodins. Au boutde quatre jours
plafmes
de dépôt dans toure
il parut des fignes
devint-confidéraTétendue du pied, qui
On en ft l'ouverture 9
blement gonflé.
fanieux. lly eut
& il en fortit un pus
de mordèsle foir quelques apparences Lelendetification; la fievre perfiftoit.
avoit fait de grands
main la mortification
de Particulation,
rien. J'y fis appliquer des catapariit, anodins. Au boutde quatre jours
plafmes
de dépôt dans toure
il parut des fignes
devint-confidéraTétendue du pied, qui
On en ft l'ouverture 9
blement gonflé.
fanieux. lly eut
& il en fortit un pus
de mordèsle foir quelques apparences Lelendetification; la fievre perfiftoit.
avoit fait de grands
main la mortification --- Page 209 ---
de Saint Domingue.
progrès, les tendons & les ligamens 199
étoient à découvert, & la capfule de
P'articulation étoit percée dans plufieurs
endroits. Ayant requis quelques Chirurgiens, ils furent d'avis de couper la
jambe; ce que je jugeai à propos de différêr, & ce qui fut fort heureux
le malade ; car ayant appris de lui pour qu'il
avoit eu une longue Gonorrhée,
il avoit eu peine à
9 dont
guérir, 2 je penfai
tout ce défordre pouvoit être l'effet que de
la Vérole. Dans cette opinion, je le fig
panfer foir & matin avec la lotion de
Vin miellé, animé de teinture de
rhe & d'Aloès, & un digeftif
Myrmoitié d'Onguent
compofé
Napolitain, & moitié
d'Onguent de Ssyrax & de Baume d'Arcéus. La Gangrene continua les deux
miers jours, 3 & tout le pied &
lation fe
ctanieie
dépotilerentiuifgu'ans malléoles ; mais elle ne fit plus de progrès, &
au bout de quatre à cinq jours la plaie
commença à devenir vermeille. La fievre diminua beaucoup, & le malade fut
I iv --- Page 210 ---
2.00
Hifoire des Maladies
la
fut
de mieux en mieux. Quand
plaie
fis faire des fricprefque cicatrifée, 2 je
tions fous la plante des pieds, évitant la
falivation : car dès que les gencives commençoient à s'enflammer, 2 je les faifois
fufpendre, & je purgeai le malade, qui
aduellement jouit d'une bonne fanté,
le malheur d'avoir le pied
n'ayant que
enkylofé.
SURDITÉ GUERIE PAR LE MERCURE.
H I S T O I R E.
homme très-fourd, ayant
UNm paffép parles remedes pour les Pians,
fut guéri & de la Surdité & des Pians.
Effct de la Biere.
immodéré de
Un homme, par T'ufage
attaqué d'une fimple Gola biere,.fut
norrhée, dont on ne put arrêterle cours.
Cet accident dura cinq à fix mois avec --- Page 211 ---
de Saint Domingue:
des coliques
confidérables. II furvint une
fievre lente. Le long ufage du lait aftringent & du baume de Sucrier le
rent. Un tel accident & celui de l'écou- guérilement continuel qui refte à la fuite des
Gonorrhées virulentes, &
du monde dans la
qui jette bien
avoir du
maigreur 3 peuvent
rapport avec la maladie qu'Hippocrate appelle Tabes dorfalis, Phtifie
dorfale.
Reriifement des gros Intefins à Jafiite
de la Diarrhée,
I. Hist O I R E.
U N homme avoit eu à l'âge de
rante ans une Diarrhée
qua
ble quiavoit duré deux
confidéraou trois ans. En
étant.guéri, 9 il fut couvert de Dartres,,
qu'il garda toute fa vie. Vers
de
foixante ans, elles diminuerent. l'âge
alors tourmenté
Il firt
par de violentes coliI y
ement des gros Intefins à Jafiite
de la Diarrhée,
I. Hist O I R E.
U N homme avoit eu à l'âge de
rante ans une Diarrhée
qua
ble quiavoit duré deux
confidéraou trois ans. En
étant.guéri, 9 il fut couvert de Dartres,,
qu'il garda toute fa vie. Vers
de
foixante ans, elles diminuerent. l'âge
alors tourmenté
Il firt
par de violentes coliI y --- Page 212 ---
des Maladies
Hifoire
le flux
ques, qu'on pallioit en rappellant
de ventre. Ces coliques devinrent à lafin
la fievre furvint s
fi continuelles, que
& il périt. On lui trouva le diametre
inteftins, fur-tout celui du recdes gros
tum & de la fin' du colon fi étroits, qu'à
pouvoit-on y introduire le doigt;
peine le canal inteftinal marqué de ta-
& tout
ches livides ou rougeâtres.
II. HISTO I R E.
J'ai obfervéla même chofe dansle'cadavre d'un homme maigre, fec, ayant
mort d'apoplexie 2 en parle cou long,
violente terreur
tie occafionnée par une
de-
: panique, avec cette diférence, que
la fin du redtum,
puis le caecum jufqu'à
rétréci.
toutlecanal paroiffoit également
On me dit qu'il avoit eu pendant plufieurs années une violente diarrhée. Cet
homme étoit d'un tempérament fanguin.
trouvant de la réfiftance vers
Le fang
d devoit fe porter en_ plus
ces parties 2
les fupéricte
grande abondance vers --- Page 213 ---
de Saint Domingue.
res, & contribuer à la maladie dont 203 il
mourut.
Otfrudions particulieres trouvées dans Un
cadavre.
U Ne femme de foixante-huit à foixante-dix ans, 3 d'un tempérament
affez robufte, d'un teint olivâtre,
languiffante
2 étoit
depuis plufieurs années, &
attaquée de coliques confidérables, fuivies de vomiffemens, dans lefquels elle
faifoit de grands efforts, rendant
de
chofe. Elle fe plaignoit de
peu
pefanteur à
l'eftomac, de perte
du goût
d'appétit, 2 n'ayant
que pour le vinaigre, pour les
alimens falés & épicés. Elle urinoit
&z fes urines étoient fort
peu,
épaiffes & briquetées. Elle fentoit depuis
une douleur fixe dans le rein gauche.Son long-temps
poils étoit foible, petit & inéga!, fans
cependant qu'il parût beaucoup de fievre. Elle tomba dans la maigreur, & eut
I vj
ût
d'appétit, 2 n'ayant
que pour le vinaigre, pour les
alimens falés & épicés. Elle urinoit
&z fes urines étoient fort
peu,
épaiffes & briquetées. Elle fentoit depuis
une douleur fixe dans le rein gauche.Son long-temps
poils étoit foible, petit & inéga!, fans
cependant qu'il parût beaucoup de fievre. Elle tomba dans la maigreur, & eut
I vj --- Page 214 ---
Hifoire des Maladies
fievre lente : ellene ceffa d'agir & de
une
fel lever qu'anmois ou deux xavantfamort
On trouva dans fon cadavre Tépiploon
d'une fubfdans fa partie fupérieure, 2
àla furtance dure & comme tendineufe
face externe, & le long de la grande
couburedeleflomac , une tumeur fquirreufe qui fe terminoit au pylore, oû le
lobe du foie étoit intimement collé.
ouvertl'eftomac, la tumeur parut
Ayant
éminente, life, fans
intéricurement peu
dans
velouté,ayant un pouce d'épaiffeur
fon centre le long de la grande courbure
où le bourelet étoit de
& aut pylore,
même nature que la tumeur s qui par
fon élévation laiffoit cet orifice en état
de recevoir un tuyau de petite plume.
Le foie étoit petit, le grand lobe fort
arrondi; le petit lobe ne s'étendoit pas
au-delà dupylore ; 8z pour l'en détacher,
déchira fon enveloppe. La fubftance
on
& d'une couleur
du foie étoit compaête
cendréc. Ce vifcere détaché, on n'y a
trouvé de véficule de fiel; mais
point --- Page 215 ---
de Saint Domingut,
feulement le canal hépatique
que de coutume, & fait
plus large
tonnoir
en façon d'en2 recevant avant fon
dans le
infertion
duodenum, 2 le canal
Sept ou huit vaiffeaux d'un pancréatique.
recevoir un ftilet de
diametre à
fe dégorgeoient
moyenne groffeur s
dans-le
de ce canal, qui formoit commencement
baffinet, dans
une efpéce de
lequel on trouva
gouttes de bile Jaune & fans quelques
Rate étoit petite, auffi
odeur. La
Foie, & de même
compaée que le
tere étoit
couleur. Le Méfenfeur
rempli de glandes de la
d'un pois, plates, blanches grof.
res. Les reins étoient
& dumembranet très-forte,
couverts d'une
che couvert d'hydatides, tendineufe:le gauétant
On" trouva plufieurs hydatides ouvert 5
baflinet : elles
dans le
extérieures communiquoient avecles
par un vaiffeau de la
feur d'un Retit tuyau de
grofles membranes étoient
plume; dont
contenoit, de même
très-minces: il
que les
une humeur de confiftance de hydatides,
gelée, de
très-forte,
couverts d'une
che couvert d'hydatides, tendineufe:le gauétant
On" trouva plufieurs hydatides ouvert 5
baflinet : elles
dans le
extérieures communiquoient avecles
par un vaiffeau de la
feur d'un Retit tuyau de
grofles membranes étoient
plume; dont
contenoit, de même
très-minces: il
que les
une humeur de confiftance de hydatides,
gelée, de --- Page 216 ---
Hifoire des Maladies
couleurbrune. L'ovaire, du même côté;
étoit de la groffeur d'une noix, inégal
l'aorte étoit offifiée à un
& fquirreux : de fa divifion fur l'os
pouce au-deffus dans chacune desiliafacrum, 8 autant
ques.
à M. Boulet, MaiJe dois ce rapport
Aidetre Chirurgien du Cap, & ancien
dans PArmée d'Italie, bon AnaMajor
eft bien avantomifte, dont l'acquifition
tageufe au Pays. Je lui avois fort recommandé Pouverture de cette femme après
fa mort, à laquelle je ne pus me trouver. J'avois quelque tempsavant trouvé
dans le cadavre d'un de fes fils, pareillele foie fans véficule de fiel, mais
ment
toutes les cirdont je ne pus examiner
d'un
conftances 2 parce qu'étant mort
confidérable au foie, je ne pus en
abcès
bien faire Pexamen. Ily a apparence que
manque dans toue la famille,
cette partie
le même tempéraqui ale même tein,
couleur
ment, le même caractere, une
naturellement jaune, une humeur apa- --- Page 217 ---
de Saint Dominguti
thique & affez indolente
de
; ce qui a beaucoup
rapport avec le
des Caraibes, dont on croit tempérament
Ces
qu'elle fort.
Peuples ont peut-être la même conftitution. J'invite les Médecins & les Chi.
rurgiens qui ont la commodité,
faire l'examen,
2 den
DEtAlAUsissE
L A Jauniffe eft un figne certain d'engorgement au foie dans fa partie interne & concave, 9 où fe fait
ment la fécrétion de la bile. Mais principalece vifcere peut avoir des embarras, OLI être
engorgé dans fa partie convexe, & furtout du moyen lobe, fans Jaunife,
que ces embarras-l
parce
point la fécrétion de la bile. n'interrompent De-là vient
qu'il fe forme desabcès & des tumeurs
fquirreufes dans cette partie, fans être
précédés ni accompagnés de Jauniffe,
concave, 9 où fe fait
ment la fécrétion de la bile. Mais principalece vifcere peut avoir des embarras, OLI être
engorgé dans fa partie convexe, & furtout du moyen lobe, fans Jaunife,
que ces embarras-l
parce
point la fécrétion de la bile. n'interrompent De-là vient
qu'il fe forme desabcès & des tumeurs
fquirreufes dans cette partie, fans être
précédés ni accompagnés de Jauniffe, --- Page 218 ---
Hifoire des Maladies
H I S T O I R E.
Un homme très-goutteux fut privé
des attaques ordinaires. Il fe plaignit, peu
de Feftomac; le peu de
de temps après,
douleur qu'il reffentoit vers cette partie,
point. Les Médecins qu'a
ne Tinquiétoit l'entretinrent dans fon opiconfultoit,
connoître la
nion, & ne lui faifoient pas
la
néceffité qu'il y avoit de rappeller
Goutte aux parties externes 3 & pour
de lui adminiftrer les rèmedes
cet effet,
non-feulement
qui pouvoient convenir,
mais auffi
faciliter ce tranfport,
pour ranimer la nature, & lui donner
pour
pouffer du centre à.
de la vigueur pour
je lui
la circonférence. Il me confulta;
fis connoître que l'eftomac ne pouvoit
être le fiége de fon mal, parce qu'iln n'aqui défignât ce vifvoit aucun fymptôme
, comme perte d'appétit s
cere attaqué envie de vomir , ou fux
indigeftions,
avoit apparence que
de ventre; qu'il y
douleur étoit une pefanteur
fa prétendue --- Page 219 ---
de Saint Domingae.
quiprovenoir du foie, , où
20g
-
teufe
Thumeur gouts'étoitfixée, & en fe fixant yavoit
occafionné
quelqu'engorgement, Je lui
indiquai les remedes qui pouvoient
venir, mais il étoit
COITpifie furvint, &
trop tard; FHydrotermina fa carriere.
Abcès à la Glande pinéale,
caufe d'une
Epilepfie.
U TN Negre, expofé à recevoir des
coups de bâton, tomba dans une
nonchalance, qui fut fuivie
1e
d'affeétion
foporeufe, 2 dont on le faifoit fortir
l'agitant & le maltraitant. Le
en
ne pouvoit
malade
marcher, &
point avoir de fentiment: paroiffoit ne
après la mort la Glande On lui trouva
groffeur d'un
pinéale de la
ceuf, d'une fubftance
fongueufe, & dans la partie
une matiere favonneufe
fupérieure
comme du
congelé , qui occupoit un tiers de pus la
Glande, & qui étoit renfermé dans
un
itant & le maltraitant. Le
en
ne pouvoit
malade
marcher, &
point avoir de fentiment: paroiffoit ne
après la mort la Glande On lui trouva
groffeur d'un
pinéale de la
ceuf, d'une fubftance
fongueufe, & dans la partie
une matiere favonneufe
fupérieure
comme du
congelé , qui occupoit un tiers de pus la
Glande, & qui étoit renfermé dans
un --- Page 220 ---
Hiftoire des Maladies
kifte, dont la membrane avoit une demi-ligne d'épailfeur.
Colique néphrétique violente.
difoit
Ppellé pour une femme qu'on
A fort mal, je trouvai la maladeans
fe plaignant de
de grandes agitations,
du
vives douleurs dans toute la capacité
ventre, qu'elle avoit fort douloureux &
fort tendu. Elle vomiffoit continuelleavoit le vifage défait, & le pouls
ment,
meditqu'elle reffentoit defrémillant.On
des douleurs ( dansle venpuis long-temps étoitalléeà la Plaine, oùt elle
tre, qu'elle divers remedes qui n'avoient
avoit pris
le mal, & qu'elle craifait qu'augmenter
fort embarraffé
gnoit d'être groffe. -
Je fus
malajuger de la qualité de cette
pour
je pris cependant le parti de
die, que
J'emtraiter comme une inflammation.
les
dans cette intention les' bains,
ployai
émolliens. Le
lavemens, les cataplafmes --- Page 221 ---
de Saint Domingue:
mal perfifla jufqu'au lendemain
& elle parut fi mal,
au foir, 9
TExtrême-Ondion.
qu'on lui donna
ment extraordinaire Après un redoublerendit
de tranchées, elle
&
une pierre groffe comme un
plufieurs graviers
pois 2
des
, qui la guérirent
fymptômes, qui peu de temps auparavagt avoient effrayé.
Pierre enkipis au Duodenum.
U Né femme maigriffoit depuis
temps, & étoit fujette à de
longvomiffemens, qui devinrent fréquens
& l'empéchoient d'aller à la felle. continuels, On
trouva une pierre enkiftée dans le lui
lieu de l'inteftin
mifeur d'un oeuf. duodenum, de la grofCette pierre
fans doute de la véficule du provenoit
s'en forme fouvent dans
fiel; car il
ai fur-tout rencontré cette partie. J'en
d'une femme
dans le cadavre
s'étoit
morte d'hydropifie, quitoujours plaint d'une grande
pe- --- Page 222 ---
P Hifoire des Maladies
& douleur à la région de cetté
fanteur
véficule.
Obfervation Fur la Pierre enkipéei
pierre eft enkiftée ou adhérente
UN àla veffie; la fonde en dénote Pexif
connoitence, 2 mais ne fait pas toujours
fre 0 la façon dont elle y eft; & L'éconle- plufieurs
Lithotomiftesy font trompés:
des urines fans interruption me
ment
certain pour enjuger. J'ai
paroit un figne
à l'égard d'unhomfait cette obfervation
années des
depuis plufieurs
me qui avoit
urinement de fang ,
fignes de pierre, alloit à cheval, vives
fur-tout quand il dans la région de fa
ardeurs > pefanteur
quantité
veffie, & rendant une grande lui donnoit
de matiere purulente ; qui
fievre lente. Il ne fe plaignoit point
une
des reins, & ilurinoitt toujours
d'ailleurs
Il fut à Paris. On tenta
0 fans interruption.
tirer la pierre.
Topération; on ne put
qui avoit
urinement de fang ,
fignes de pierre, alloit à cheval, vives
fur-tout quand il dans la région de fa
ardeurs > pefanteur
quantité
veffie, & rendant une grande lui donnoit
de matiere purulente ; qui
fievre lente. Il ne fe plaignoit point
une
des reins, & ilurinoitt toujours
d'ailleurs
Il fut à Paris. On tenta
0 fans interruption.
tirer la pierre.
Topération; on ne put --- Page 223 ---
de Saint Domingue.
Après fa mort, On la trouva enkiftée 11f
la veflie, & plufieurs ulceres
dans
partie, & un rein tout ulcéré. dans cette
viendroit mieux dans
Il conture de
une telle conjoncprolonger les jours du
par les remedes adouciflans.
malade
Sur la formation de la Pierre 6
fur la
Gravelle,
Dlufeum,f fur-tout les gens de cabinet, font fujets à être
vives douleurs
attaqués de
d'urine,
Dyfurie ou Strangurie, fuivant qu'on appelle
du mal,
la force
Il n'en faut quoiqu'iln'yait point de fievre,
pas négliger les
mens, 2 parce qu'elles ont
commence-,
difpofition
pour caufe une
inflammatoire dans les reins
quieft ordinairement la fource des
sniers germes
pre:
pierreux ou fableux, --- Page 224 ---
Hifoire des Maladies
I. HISTOIRE
Un jeune homme en fut tourmenté
fept àhuit mois, fansy apporter remede,
parce que fes affaires l'obligeoient d'agir. Il fe détermina à prendre pendant un
mois les remedes convenables, mais ce
fut fans effet. I1 fut attaqué dans l'efpace
de trois mois de deux maladies confidérables, fur-tout decelle de Siam, pour
des
lefquelles il prit pendant long-temps
remedes délayans ? d émolliens : 2 laxatifs
8 apéritifs. Il ne fentit plus pendant la
convalefcence d'ardeur d'urine; ; mais un
mois après il eut une colique néphrétiavec douleur aul rein gauche, qui
que
d'unepetite pierre
fe termina parlafortie
cryftallin. Douze ou
ou gros gravier
treize mois après, fortant d'une autre
maladie, il effuya le même affaut, &
plus violent, qui dura trois jours, avec
douleur aui rein gauche : il rendit une
pierre, dont le noyau étoit de Ia
petite
d'une tête d'épingle, & toute
groffeur --- Page 225 ---
de Saint Domingue.
hériffée de pointes
cryftallines. Il n'en
a point eu d'attaque depuis douze
quoique chaque année il eût
ans, s
maladie. On
quelque
bon à
pourroit dire que le mal eft
quelque chofe. Dans les longues
maladies 2 le long ufage des remedes
qu'on emploie pour la guérifon, ramollit, relâche & détache les incruftations
qui fe font formées dans les baflinets,
ou les petites pierres qui
font
y
adhérentes; & c'eft fans doute la raifon
cipale pourquoi la pierre eft bien prinSaint
rare à.
Domingue, où l'on eft
ment malade.
fréquemII HIS S T OIR E.
L'Ingénieur du Cap ayant entrepris de
conduire les eaux à une fontaine
canal de maçonnerie
par un
Habitans
cimenté, plufieurs
furent attaqués les premieres
années de la Gravelle, qui
à
devenant plus rare, donne lieu peu de peu .
fer que l'eau fe charge moins de penfablonneufes & de chaux,.
parties
Domingue, où l'on eft
ment malade.
fréquemII HIS S T OIR E.
L'Ingénieur du Cap ayant entrepris de
conduire les eaux à une fontaine
canal de maçonnerie
par un
Habitans
cimenté, plufieurs
furent attaqués les premieres
années de la Gravelle, qui
à
devenant plus rare, donne lieu peu de peu .
fer que l'eau fe charge moins de penfablonneufes & de chaux,.
parties --- Page 226 ---
Hifoire des Maladies
Colique néphrétique.
homme étoit depuis dix
U Nj jeune
douleurs d'une
jours dans les vives
Colique néphrétique d 2 fans avoir été
les bains, les faignées du
foulagé par
pied & du bras, les lavemens, la Manne,
les émulfions avec la graine de Sapotilles, & différentes tifanes. Je lui concontinuation des bains & de la
feillaila
fuivant
Manne fouvent réitérés, qui,.
Sydenham, eft un fpécifique dans cette
maladie, des lavemens d'huile, que je
lui recommandai de garder le plus qu'il
t, 8 une tifane faite avec la rapourroit de Verveine puante, & la graine
cine de Lin. Il rendit au bout de deux jours
longue & groffe comme une
une pierre
Fêves de
efpece de pois, qu'on appelle
marais. Il me dit que cette tifane l'avoit
uriner.
fait extraordinairement
Symptômes --- Page 227 ---
de Saint Domingue,
Sympiômes particuliers dans
U72 retarde
ment de Regles.
fille de 13 ans, d'un
Use: &
tempérament
pâles couleurs, mélancolique, &
avoit les
une fievre lente,
augmenta parl'ufage des
2 qui
&
bains, bouillons
tifanes, qui paroiffoient
réitéra la faignée du
convenir. On
pied , qui fut trèsinfudueufes car les
vinrent fi
hypocondres dedouloureux, qu'on eut lieu
d'appréhender tint
uin abcès au foie.
aux cataplafmes
Ons'en
mens & tifanes
9 bouillons, lavele Gombo, les émollientes, faites avec
& la petite Epinars, la graine de Lin
fions faitesavec Centaurée, & aux émulles
nes de Sapotilles. Amandes & les graiAu bout de
on.appergut un changement. huitjours,
devinrent
Les urines
s'étant relâché, tre-abondintes, & le ventre
de mieux
la malade fut
en mieux.
toujonrs
Tome 1I,
K --- Page 228 ---
Hifoire des Maladies
dans la Lithargie des Fievres
Effat du Café
tymphatiques.
homme d'un tempérament roU N
ayant été
bufte, fanguin-pitaiteux, heures à la pluie,
pendant vingt-quatre
qui
eut une fievre avec affoupiffement, Les
dès le cinq en léthargie.
dégénéra
du pied, de la gorge,
faignées du bras,
- 9 furent
l'émétique 8 les véficatoires
le quatorze
employés fans effet.J'arrivail maladie. Le pouls
ou le quinze de la
& le malade
étoit foible & concentré, le mis à Tufage du
Je
fans connoiffance.
Au
continua plufienrsjours.
Café, qu'on
heures, la connoifbout de vinge-quatre & le malade fut de
fance revint un peu,
mieux en mieux:
,
- 9 furent
l'émétique 8 les véficatoires
le quatorze
employés fans effet.J'arrivail maladie. Le pouls
ou le quinze de la
& le malade
étoit foible & concentré, le mis à Tufage du
Je
fans connoiffance.
Au
continua plufienrsjours.
Café, qu'on
heures, la connoifbout de vinge-quatre & le malade fut de
fance revint un peu,
mieux en mieux: --- Page 229 ---
de Saint Domingus.
Remedes Ipiritueux mauvais
dans la
Gangrent.
U N homme ayant
ficheux
eflyé pluffeurs
double-tierce fymptômes d'une fevre
bilieufe
il donnoit efpérance compliquée 20 - dont
le dix-huit
de guérir, fut,
ou vingtiéme
vers
ladie, attaqué d'une
jour de la maoût on l'avoit le
douleur à la jambe,
plus
tour de fievre
faigné, & d'un re.
mens convulfifs. accompagné On
de mouvequ'on trouvaexamina la partie,
de la faphene très-gonfléc, tendu
& le canaldepuis le gras de la comme une corde
lieu de la cuiffe
jambe jufqu'au mifang arrêté & caillé. ; ce qui provenoit du
le long de
On fit une incifion
cette veine
gras de la jambe : il jufqu'au haut du
fans aucun
en fortit du pus,
mandai les mélange de fang. Je recomcataplafmes émolliens &
turatifs, pour provoquer la
mafappuration.
K ij --- Page 230 ---
Hifoire des Maladics
fit accroire
un Chirurgien
Le lendemain
point,
ces rémedes ne convenoient
que
l'eau-de-vie camphréc, qui
& appliqua
convultout. Les mouvemens
fupprima
Le malade
fifs & la fievre augmenterent.
mourut,
dun
d'une mauvaift Plaie provenante
Cure
coup de feu.
de Vaiffeau 2 1E netCapitaine
la corne qui
U% toyant un canon 2 feu, & lui
contenoit la poudre, prit
qu'il eut
dans la main, de façon
'creva
& plufieurs OS des phale pouce coupé, Ilfe lava avec du Taffia,
langes brifés.
la main avec du linge.
8 s'enveloppa à fe rendre au Cap.La
Il fut deux jours
état fi mauvais >
dans un
main parut
tellement gonTavant-bras &le poignet
meurtris, que les Chirurgiens
flés &
de lui faire T'amputation.
étoient d'avis T'oxécution. Je fis enveYen fis fiufpendre
creva
& plufieurs OS des phale pouce coupé, Ilfe lava avec du Taffia,
langes brifés.
la main avec du linge.
8 s'enveloppa à fe rendre au Cap.La
Il fut deux jours
état fi mauvais >
dans un
main parut
tellement gonTavant-bras &le poignet
meurtris, que les Chirurgiens
flés &
de lui faire T'amputation.
étoient d'avis T'oxécution. Je fis enveYen fis fiufpendre --- Page 231 ---
de Saint Dominguei
lopper CCS parties d'un
22r
avecles
cataplafme fait
plantes réfolutives,
& le Sel ammoniac,
aromatiques,
Jel le fis
2 bouillis dans le vin.
renouveller foir & matin, le faifant imbiber d'heure en heure de la décoction bien chaude. Dans
heures le gonflement
vingt-quatre
que je pus découvrir diminua aut point, 5
a
de quoi il étoit
queftion. Le dedans de la main étoit
vert & déchiré dans trois
Olldroits; les OS du
ou quatre enles doigts
carpe qui foutiennent
indicateur & medius, étoient
fracaffés. Jc fis dilater les
fis injeéter
plaies, & les
avec le vin miellé,
de teinture, & je continuai les
animé
tions & le
embrocacataplafme. Au bout de
ou
trois
quatrejours 2 il fallut faire deux
tre-ouvertures fur le deffus de la conentre la phalange du doigt medius main,
collatérales. Par le
&les
tions, il fortit
moyen des injecdes
pendant plufieurs jours
efquilles & parcelles des
fracafifés; &
petits OS
forties,
quand on les jugea toutes
on tenta la réunion. La
cure.
Kij --- Page 232 ---
222 C >
Hifoire des Maladies
V de cette plaie dura près de trois mois.
Jepourroisciter quelquesautres exemdes mains emportées, oi il ne refples toit
des lambeaux, & des jambes caque
riées, dontj'ai empêché les amputations,
& dont par un travail affidu j'ai procuré
la guérifon : exemples qui donnent lieu
de faire bien des réflexions fur la Chirurgie & les amputations trop précipitées; à quoi il convient cependant de
garde, le Spafme étant d'ailprendre
inévitable à la fuite des
leurs prefque
amputations.
Maladies particulieres des Os de la
Jambe.
I. HISTOIRE.
Negre de vingt-cinq ans, , bien
jamais eu de
3 n'ayant
le
URMET
véroliques, élevé dans
fymptômes
fut attaqué d'une
Pays dès fa jeuneffe,
ations trop précipitées; à quoi il convient cependant de
garde, le Spafme étant d'ailprendre
inévitable à la fuite des
leurs prefque
amputations.
Maladies particulieres des Os de la
Jambe.
I. HISTOIRE.
Negre de vingt-cinq ans, , bien
jamais eu de
3 n'ayant
le
URMET
véroliques, élevé dans
fymptômes
fut attaqué d'une
Pays dès fa jeuneffe, --- Page 233 ---
de Saint Domingut:
gangrene au pétit doigt du pied, 223
gu'aucun mal eût précédé. On fit fans
d'en faire
obligé
l'amputation. La
qui s'établit,
fuppuration
relle,
parur abondante & natuquoiqu'il n'y eût point d'hémorragie, ni pendant,
Néanmoins
2 ni après l'opération.
la mortification revint, la
fuppuration fut fanieufe, & le
vint fi corrompir,
pied dedu
qu'on tira tous les OS
métatarfe, 2 enpartie cariés,
tie entiers. Pour
en Parcheux effets,
prévenir de plus fatrême
on coupa la jambe. L'exdureté que le
tra dans l'os,
Chirurgien renconprolongea
ne fortit point de
Popération. Il
fang pendant &
Topération, fi ce n'eft
après
par deux petits
ranteaux, qui rendirent pendant tun
d'heure environ deux
quart
auxquels on ne fit
onces de fang, &
étoit à la
point de ligature. L'un
partie fiupérieure interne
bia, fur l'endroit.oir
du ticles adduéteurs
s'attachent les muf.
de lajambe ; l'autre
entre les jumeaux. Le
étoit
point en
malade ne tomba
foiblefe, & fon pouls fut touKiv --- Page 234 ---
Hifoire des Maladies
224 naturel. Onle faigna après Topéjours
trente- - huit
ration. On leva Yappareil
de fang:
heures après; il ne parut point
s'éon fit le panfement; la fuppuration le malade
&
tablit le neuviéme jour,
guérit : il eut la fievre les cinq premiers
jours.
étoit carié
Le péroné de cette jambe
& vermoulu jufqu'à la partie moyenne.
m'a remis, eft caL'os du tibia, qu'on inférieure, & d'une
rié dans fa partie
forme de fufigure tres-iréguliere en
le milieu s
feau, c'eft-à-dire gros par le haut jufrempli ou couvert depuis
boffes de
qu'en bas de tubercules oùl
d'une
différentes grandeurs & grofteurs, & fans
extrèmement dure,
fubftance
cavité dans le milieu.
avoit toujours
La jambe de ce Negre Pautre.
faine, 8 conforme à
mauparu tibia fe caria à la fuite d'un
Le
qu'il fallut applivais ulcere, de façon
n'empêcha
le feu. Cette opération
quer
de faire des progrès,
point la vermoulure
qu'en bas de tubercules oùl
d'une
différentes grandeurs & grofteurs, & fans
extrèmement dure,
fubftance
cavité dans le milieu.
avoit toujours
La jambe de ce Negre Pautre.
faine, 8 conforme à
mauparu tibia fe caria à la fuite d'un
Le
qu'il fallut applivais ulcere, de façon
n'empêcha
le feu. Cette opération
quer
de faire des progrès,
point la vermoulure --- Page 235 ---
de Saint Domingue:
& elle en fit all point
le
-225
l'os fe détacha de la que
milieu de
de Finférieure.
partie fupérieure &
duire
On vint à bout de concette plaie à la cicatrice; mais le
malade ne Pouvant
s'appuyer fur fa
jambe, eu égard à la foibleffe du
né, fut réduit aux béquilles.
pérocoupé la jambe,
On lui eût
toutes les
s'iln'cit pas employé
pêcher inftances poffibles pour en eml'amputation.
J'ai l'os pubis d'un homme
un dépôt
qui avoit
vérolique fi confidérable
aines, qu'il fe fit plufieurs
aux
cuiffe. Après fa
finus dans la
pus s'étoit
mort, on trouva quie le
épanché dans la
l'os pubis vermoulu
capacité, &
fieurs
,& percé dans
endroits.
pluJ'ai pareillement quelques
tibia cariées &
portions de
d'ulceres
vermoulues à la fuite
Ces deux fcorbutiques ou véroliques.
virus étant fort communs à
Saint Domingue,
attaquent dansce
plutôt les parties inférieures
Pays
péricures,
que les firK V. --- Page 236 ---
226,
Hifoire des Maladies
II. HISTOIRE
Un'jeune homme de dix à douze ans
rien.
tomba fur un canon. Iln'y parut cuifLa douleur cependant augmenta àla
& la fievre fe mit de la partie. On
fc,
émolliens & réfomit des cataplafmes
:
un gonflement
lutifs, qui procurerent maturatifs. Au
alors les
on employa d'un mois on fut indécis, parce
bout
Cependant
qu'on ne fentoit prefquerien. s'être forfaifant réflexion qu'il devoit
être
méun dépôt, que ce dépôt pouvoit des
affez profond pour que Tépaiffeur Aluguafentiment de
mufcles empêchâtle
Pendroit où le
tion, je fis ouvrir dans
:
malade avoit d'abord fenti la douleur
il ne fortit de la matiere que lorfqu'on de
fut parvenu à l'os, qui parut féparé
On dilata autant qu'on le
fon périofte.
fucrut néceffaire : il fe forma plufieurs
féesquiobligerent de faire trois ou quatre
contr'ouvertures 2 tant en haut qu'en bas
de la cuiffe, & d'y paffer des fétons pour
roit où le
tion, je fis ouvrir dans
:
malade avoit d'abord fenti la douleur
il ne fortit de la matiere que lorfqu'on de
fut parvenu à l'os, qui parut féparé
On dilata autant qu'on le
fon périofte.
fucrut néceffaire : il fe forma plufieurs
féesquiobligerent de faire trois ou quatre
contr'ouvertures 2 tant en haut qu'en bas
de la cuiffe, & d'y paffer des fétons pour --- Page 237 ---
de Saint Domingue.
empêcher la réunion des
mal étoit à l'os & à fon chairs; car le
trouvoit raboteux
périofte, qu'on
A force
en plufieurs endroits.
mettre le d'injeaions, on vint à bout de
malade en état
la plaie étant prefque des'embarquer,
tement de cette
cicatriféc. Le traiquatre mois. Ce maladie dura plus de
avoir
jeune homme me
une phyfionomie
parut
aufli eus-je recours à
écrouelleufe;
tain, que je faifois l'Onguent mêler
Napoligeftif.
avec le din
La premiere de ces
été communiquée
obfervations m'a.
par M.
Chirurgien fort attaché à fa Cazevieile,
& fort zélé à me faire
profeilion,
lui paroiffoit
part de ce qui
extraordinaire.
Quandils'agit de remettre
à la partie
une fracture
bien
inférjcure de la jan.be, ilfaur
prendre garde de ne
rer les bandages:
pas trop fur
on a coutume de méprife dans lagmeile
culté qu'on
tomber, par la dirie
penfe devoir fe trouver a
Kyj --- Page 238 ---
Hifoire des Maladies
tenir l'os affujetti;T'ai vu deux ou trois
fois furvenir de cette manoeuvre de facheux accidens. Le gonflement du pied
fembloit les annoncer ; mais on néglide s'en éclaircir, par la crainte de
geoit
la formation
déranger & d'interrompre
du calus. Il falloit enfin s'y déterminer
Tévénement de quelques phlyftenes
par ulcérations qui fe formoient au talon
ou
environs; & quand le bandage
ou aux
l'os
étoit défait, on voyoit avec furprife
dans lepremier état, & plufieurs phlyfte-
& ulcérations qui obligeoient d'anes
dix-huit chefs,
voir recours au bandageà
dont le peu de ferrement favorifoit bientôt la réunion de P'os 2 & la guérifon de
toutes les autres plaies. On ne court pas
mêmes rifques aux fraétures de la
les
& même de la fupépartie moyenne ,
rieure de la jambe 2 parce que Tépaiffeur
mufcles émpêche l'effet de la comdes
inférieure
preffion; au lieu que la partie
dénuée de fubftance charnue, n'en peut
le peu de ferrement favorifoit bientôt la réunion de P'os 2 & la guérifon de
toutes les autres plaies. On ne court pas
mêmes rifques aux fraétures de la
les
& même de la fupépartie moyenne ,
rieure de la jambe 2 parce que Tépaiffeur
mufcles émpêche l'effet de la comdes
inférieure
preffion; au lieu que la partie
dénuée de fubftance charnue, n'en peut --- Page 239 ---
de Saint Domingue,
garantir les vaiffeaux fanguins
trouvent en quelque façon à fleur qui de s'y la
peau.
Ulcere mauvais guéri par la Fievre,
UN clou confidérable fur le pied
dégénéra en un ulcere très-mauvais, & qu'on ne pouvoit
fievre étant
déterger. La
furvenue, & les accès étant
fuivis de fortes crifes par les
cela procura la guérifon du malade.On fucurs,
parvint dès-lors à déterger cette plaie
qui guérit en peu de temps.
--- Page 240 ---
Hifoire des Maladies
Maladies qui arrivent aux tempéramens
dont le vifage ef d'un rouge foncé S
pourpré & marbré.
Es vifages d'un rouge foncé & mar
L
c'eft-à-dire de couleur de vin
bré,
un foie ou un
de Bordeaux, 2 défignent
gâté, ou quia de la difpofition
poumon à le devenir. De tels tempéramens ont
ordinairement l'haleine mauvaife, & périffent par le Scorbut : ils réfiftent raremaladies; &s'ils ont
ment aux premieres
ils font fort fule bonheur de s'en tirer,
jets aux dartres, ou à quelque fymptôdont on ne peut que
me fcorbutique,
P'acritenter d'adoucir & de calmer
monie, parce que tandis qu'ils en font
affligés, ils ont coutume de jouir de l'apd'une bonne fanté. Mais s'il furparence
maladie, il faut y faire
vient quelque
de les trop
attention, & prendre garde
affoiblir par les faignées & les purga- --- Page 241 ---
de Saint
tions 3 de crainte Domingue. le
que reflux dulevain
vers les parties internes n'occafionne des
fymptômes dangereux.
Les perfonnes d'un tel tempérament
doivent appréhender
2 dans les Ifles,
l'âge où la nature commence à décliner,
parce que la diminution de reffort empêchant la purgation qui fe faifoit par la
tran/piration, il reflue une plus grande
abondance du levain, quis'accumule de
plus en plus, & produit des maladies
d'an caraétere prefque incurable. L'haleine plus fétide, & les taches fcorbutis
ques, en font les fignes pronoftics.
J'ai fait ouvrirdeux Ol trois nouveaux
venus, dont le tempérament avoit annoncéla perte, & dont la plupart étoient
morts de fievre double-tierce. J'ai trouvé
dans tous le foie d'un volume confidérable, , d'un rouge noir,& fi mou, qu'on
y enfonçoit les doigts très-facilement,
La rate étoit dans le même état.
ide, & les taches fcorbutis
ques, en font les fignes pronoftics.
J'ai fait ouvrirdeux Ol trois nouveaux
venus, dont le tempérament avoit annoncéla perte, & dont la plupart étoient
morts de fievre double-tierce. J'ai trouvé
dans tous le foie d'un volume confidérable, , d'un rouge noir,& fi mou, qu'on
y enfonçoit les doigts très-facilement,
La rate étoit dans le même état. --- Page 242 ---
Hifoire des Maladies
H I S T 0 I R E.
fans, d'un
Unhomme de quaranteneufs
tel que je viens de décrire,
tempérament
plnfieursannées d'une
avoit joui pendant à caufe des dartres dont
fanté parfaite,
à les guéil étoit attaqué. Mais parvenu de fievres
rir, il fut affligé tous les ans
double-tierces très-confidérables, accom-
& de violens
pagnées de vomiffement
on avoit atmaux de tête, dans lefquels
8 les
tention, de ménager les faignées été obpurgations: : ce qui n'ayant pas
le
fervé dans la derniere attaque, oùr on
deux fois du bras, une fois du
faigna
une enflure confidérapied, il périt par inférieures, & par
ble des extrémités
qui
très-embarraffée,
une refpiration la faignée du pied.
fuivirent de près
alde --- Page 243 ---
de Saint Domingue,
Efct des Terreurs paniques.
U Ne furdité permanente
pagnée de délire,
2 accomregards
d'agitation, de
égarés, 2 d'yeux vifs, de
& dejoues tombées, de
tempes
de ris
nez pointu, &
fardonique, fans apparence de
rotide ou d'hémorragie
paun figne mortel, fitr-tout confidérable, eft
lade ne reffentaucune
quand le madouleur dansquelque partie de la tête, qui puiffe faire ef.
pérer l'une ou l'autre de ces crifes.
I. HIs T O IR E,
C'eft ce que j'ai obfervé dans
fille
une
e qui tomba dans ces
par l'effet d'une violente accidens, plus
Terreur panique, que par les fymptômes de la maladie. D'un tempérament
extrêmement
mélancolique, elle craignoit, même en
fanté 2 confidérablement la mort,
roiffoit n'en entendre
&cpaparler qu'avec --- Page 244 ---
Hifoire des Maladies
Ayant eu foin d'elle dans
friffonnement. elle ne ceffoit de me téune maladie,
& de la
moigner de la reconnoiflance
confiance. Elle fut matheureufement attaquée de fievre pendant que jétois fort
éloigné. Le mal ayant augmenté le fepelle fut effrayée, & le fut
tiéme jour,
différa de m'end'autant plus, qu'on
chercher ; ce qui fit une fi grande
voyer
quand j'arrivai, je la
révolution, que
citrouvai avec tous les fymptômes
Ma préfence ne put
deffus mentionnés.
me
rétablir le calme; la concentration étoient
parut trop forte; les extrémités Il eût pu
froides, le pouls frémillant.
mais
convenir de la mettre dans le bain;
elle avoit un flux de ventre trop confi- efdérable, & qui me donnoit quelque
Je fus en cela trompé; car
pérance.
il y a
étant l'effet de la concentration,
provenoit du refferreapparence qu'il laétées. La malade fut
ment des veines
des
huit à dix jours dans cet état,ayant conagitations & des terreurs prefque
froides, le pouls frémillant.
mais
convenir de la mettre dans le bain;
elle avoit un flux de ventre trop confi- efdérable, & qui me donnoit quelque
Je fus en cela trompé; car
pérance.
il y a
étant l'effet de la concentration,
provenoit du refferreapparence qu'il laétées. La malade fut
ment des veines
des
huit à dix jours dans cet état,ayant conagitations & des terreurs prefque --- Page 245 ---
de Saint Domingue:
tinuelles. Elle mourut fans fommeil 235 léthargique.
II. HIs TOIR E.
Une jeune dame replette & fcorbutique, fut attaquée de la petite vérole,
qu'elle craignoit au point, qu'elle en fut 2
afligée à fon arrivée dans un quartier
fort éloigné du fien
2 qu'elle fuyoit 2
parce que la petite vérole y étoit commune. La maladie commença par des
fymptômes fcorbutiques, un
de gencives quii étoient noirâtres, faignement &
fievre continue
une
qui ne fut pas abfoltment confidérable. La petite vérole fortit bien,& fit très-abondante, fans.être
confluente. Il ne parut aucun accident
jufqu'à l'onziéme jour,ohrelle commençoit à deffécher. (Elle a coutume de def- A
fécher dans les Pays chauds plus
tement qu'en Europe)Je
prompaller voir un auitre malade, fisappellépour & jela
vins à ce. fujet, Ayant différé
préfoir à revenir, elle fe mit dans jufqu'au la tête --- Page 246 ---
Hiftoire des Maladies
la
quejavois imaginé un prétexte pour
quej'en défefpérois. Cette
quitter, parce fit une telle révolution,
terreur panique
Mon arrivée ne
que le tranfport parut. Elle s'endormit le
fit point d'impreffion. midi la réveiller,
matin; je voulus vers
ceelle étoit fans connoiffance. Le pouls
pendant & la refpiration n'étoient point
embarraffés. Elle mourut à trois heures
fans agonie.
Accidens dans les Accouchemens.
I. HIS T 0 I R E.
Ne femme d'un tempérament trèsU délicat, & qui avoit beaucoup de
devenir pulmonique, accoudifpofitionà
& ne fut pas bien
cha heureufement,
délivrée. Les trois ou quatre premiers
,la malade fe plaignit d'une grande
jours
dans le ventre 2 & d'une perte
pefanteur
Le huit, les accidens
peu confidérable.
e
.
Accidens dans les Accouchemens.
I. HIS T 0 I R E.
Ne femme d'un tempérament trèsU délicat, & qui avoit beaucoup de
devenir pulmonique, accoudifpofitionà
& ne fut pas bien
cha heureufement,
délivrée. Les trois ou quatre premiers
,la malade fe plaignit d'une grande
jours
dans le ventre 2 & d'une perte
pefanteur
Le huit, les accidens
peu confidérable.
e --- Page 247 ---
de Saint Domingue:
ayant augmenté, elle tomba fans 237
noillance; les extrémités
condes, 8 elle n'avoit
devinrent froipouls. La perte fe prefque point de
crivis des cataplafmes fupprima. Je prefune potion avec la confeéion hyltériques, &
lElixir de;
alkermes,
propriété, la Teinture
tor &x de Succin, &le
de Caf
Sel volatil
niac, en trois ou quatre
ammores d'intervalle
prifes, trois heurevint fix à huit entre chaque, La perte
lade rendit dans heuresaprès, de
&z la maun morceau
grandes convulfions
d'arriere-faix
longueur &
pourri, de la
largeur de deux ou
doigts. La connoifance & le
trois
vinrent aufi-tôt, & la
pouls reque le lendemain,
perte ne ceffa
autre
après la fortie d'un
morceau prefque de la
feur que le premier.
mêmc grof.
II HISTOIRE.
Je fus appellé
d'un pareil
pour une jeune femme
travail d'une tempérament, fauffe
qui étoit en
couche depuisdouze --- Page 248 ---
Hifoire des Makadies
heures, 8 auprès de qui lje
ou quinze
& un Chirurtrouvai une Sage-femme Il fortoit un fétus
gien fort embarraffés.
prenoient
de trois" ou quatre mois, qu'ils
:
maffeinforme. , parce qu'il étoit
pour une
Les ayant déchiavec fes enveloppes. leur erreur ; mais
fées, ils reconnurent
&la macet enfant retenu par le cou,
de
refferrée 2 étoient
trice beaucoup
Je fis
obftacles à T'accouchement.
grands
dans le bain, & lui
mettre la malade
bout d'un
fis boire du vin. Au
quart fit
d'heure elle eut une tranchée, quilui
dans le
rendre l'enfant 8 P'arriere-faix
bain même.
dans de telIl faut bien prendre garde
de déles fauffes couches à la maniere
fur-tout quand une violivrer la mere,
mauvaife qualité
lente maladie ou une
caufe d'une
detempérament ne font pasla
couche, mais quelque chute ou
fauffe
ne
quelque peur; en un mot, qu'elles de
que d'une foible perte
font précédées
Padhérence
fang. C'eft une marque que
arriere-faix
bain même.
dans de telIl faut bien prendre garde
de déles fauffes couches à la maniere
fur-tout quand une violivrer la mere,
mauvaife qualité
lente maladie ou une
caufe d'une
detempérament ne font pasla
couche, mais quelque chute ou
fauffe
ne
quelque peur; en un mot, qu'elles de
que d'une foible perte
font précédées
Padhérence
fang. C'eft une marque que --- Page 249 ---
de Saint Domingue.
eft encore forte. Il faut
yaller avec précaution, d'autant plus qu'il eft ordinai.
rementi impoflible d'introduire plufieurs
doigts: car -fi on précipite & fi on tire
trop fort le cordon, on le caffe, & on
eft dans de grands embarras,
la matrice fe refferre. Le bain parce que
d'une" - grande reffource
me paroit
dans cette occafion, & les cataplafmes émolliens fir le
ventre.
Déventer, grand Maitre pour les accouchemens, 9 propofe de les faire fans le e
fecoursd'in@rumens. Cela peutavoirlieu
pour.ceux où l'on eft appellé de bonne
heure, & où l'on peut remédier
mauvaifes fituations dans
aux
enfant peut fe rencontrer lefquelles un
: mais
on eft appellé loriqu'une
quand
a mis à bout fon favoir, Sage-f femme
épuifé les forces d'une
s & qu'elle a
fortir
femme pour faire
l'enfant, qui par les violens efforts
qu'elle a faits, s'eft engagéau point
eft impoflible de le repouffer
qu'il
tourner 2 ne faut-ilp pasalorsavoir pour le :
reçours --- Page 250 ---
HiRoire des Maladies
arC'eft ce quejfai vu
aux inftrumens?
les
river trois ou quatre fois, quoique bien raaccouchemens laborieux foient
resà Saint Domingue.
I1I. HISTOIRE
un enfant trop
Ne pouvant repouffer
le Chiengagé par la tête, je fis venir entendu,
rurgien que je jugeai le plus
le bras fort. On avoit faigné
& quiavoit fois la malade. Il n'en put venir
deux
le crochet - 2 qui
à bout. On appliqua
deix fois. Il furvint une perte
manqua
donna lieu de penfer
confidérable, 2 qui
des finus latéraux.
qu'on avoit ouvert un
foufLa Negreffe effrayéene voulut plus fe
frir qu'on la touchât. Néanmoins
menacée d'être liée, je repris
voyant moi-même Touvrage, & ayant trouvé
Tinftrument avoit fait, affez
le trou que
deux doigts,
confidérable & pourintroduire remuai la tête de l'enfant de
je balotai je vins à bout de Parracher.
façon que
le crochet à la partie
On avoit appliqué
inférieure --- Page 251 ---
de Saint Domingue
inférieure &
24K
poftérieure de l'os des tempes auprès de l'os pariétal, & il
ouvert le finus.
avoit
1Y, HISTOIRE.
Une. Negreffe accoucha
mal formé, de la
d'un enfant
de fix mois.
groffeur d'un enfant
mit
Quatre jours
au monde
après elle en
fecond
un autre bien nourri. Le
accouchement fut
me le premier, de la
précédé, comle cordon du
perte des eaux, ; &
couchement du premier refta jufqu'a l'acavoit été bien fecond. Cette Negreffe
malade
feffe, La force d'un des pendant fa grofdoute tellement
enfans avoit fans
fufifante
prédominé, qu'elle fiut
pour faire dépérit l'autre,
Uf
monde
après elle en
fecond
un autre bien nourri. Le
accouchement fut
me le premier, de la
précédé, comle cordon du
perte des eaux, ; &
couchement du premier refta jufqu'a l'acavoit été bien fecond. Cette Negreffe
malade
feffe, La force d'un des pendant fa grofdoute tellement
enfans avoit fans
fufifante
prédominé, qu'elle fiut
pour faire dépérit l'autre,
Uf Tome II, --- Page 252 ---
Hiftoire des Maladies
Maladies des Femmes groffes fcorbutiques
ou vérolées.
Uoique la plupart de nos anciens
habitans terminent leur carriere par
dontla caufe
quelque maladie chronique,
fcorbutiprincipale eft ou vérolique ou
nombre de jeunes perfonque; un grand & de P'autre fexe en font éganes del'un
fur-tout celles qui
lement les viétimes,
& des
malheurd'avoir des peres
ont eule
de Pun de çes vices. C'eft
meres attaqués très-commun à Saint Dopourquoi ileft
à
demingue de voir des gens T'âge qui
vroit êtrele plus floriffant de la vie,pales gencives & les
les, bouffis, ayant
les jambes ulcérées,8
dents pourries,
la rate gonflée.
de quelqu'un de a ces
Une fille afligée
fe marie; dès fa premiere
fymptômes, elle devient languiflante 3 congroffeffe une fievre lente, elle eft attafumée par --- Page 253 ---
de Saint Domingut.
quée d'une enflure
met hors d'état de univerfelle, qui la
vement:
fedonner aucun mouelle
cependant, ce qui eft
parvient
étonnant,
& ne court de ordinairement au terme, 3
chement; & fi elle tilque que dans l'accoua
tenir, les fuites lui Tavantagedele foumede falutaire; mais deviennent un rejours le
le vice reftant touelle
même, parce qu'il eft général,
yfucombe, ou dans une
che, Oll par une
autrecou.
attaque de
d'Hydropific ou de Pulmonie, Diarrhée,
I, HISTOTRE
Unej jeune femme
tômes qu'on vient attaquée des fympeile fiut bien délivrée, d'expofer, accoucha;
cune marque de
& il ne parut aupoir dans la
vuidanges, Point d'ef.
l'enflure énorme faignée du pied, à caufe de
de refpirer
des jambes. La dificulté
prochaine. fembloit annoncer uine
Je prefcrivis
nort
avec la
une potion aite
res,le Thériaque, 2 la poudre de
Kermès minéral, les
vipe.
teintures
Lij
'expofer, accoucha;
cune marque de
& il ne parut aupoir dans la
vuidanges, Point d'ef.
l'enflure énorme faignée du pied, à caufe de
de refpirer
des jambes. La dificulté
prochaine. fembloit annoncer uine
Je prefcrivis
nort
avec la
une potion aite
res,le Thériaque, 2 la poudre de
Kermès minéral, les
vipe.
teintures
Lij --- Page 254 ---
Hifloire des Maladies
244 Karabé & de Caftor, dans Tinfufion
de
avec les Verde Safran; des cataplafmes l'Abfynthe bâveines 2 les Pois-puans, fraichement grugé;
tarde, & le Manioc
des mêdes lavemens avec la décoétion Manioc.
herbes, à Texception du
mes
aucun effet,
Ces remedes ne produifant 8 les cuifles jambes
je fis envelopper
de plantes arofes avec des cataplafmes commencerent
matiques. Les vuidanges
de jour en
à paroitre; augmenterent
qu'au
jour, & devinrent fi abondantes, malade fut totabout de quinze jours la fievre.
Iement défenflée & fans
II. HISTOIRE
Une autre dans les mêmes cirçonftan: à
le même bonheur ; car
ces n'eut pas délivrée, qu'elle étouffa.
pcine fut-elle
le cadavre, je trouvai
En ayant ouvert d'eau.
la poitrine remplie dans les Pays chauds oit
- Il n'y a que
efpérer l'avantage
les femmes puiffent accidens; & fi elles
de réffter à de tels --- Page 255 ---
de Saint Dominguei
Ont le bonheur de les foutenir, 245
doit point être farpris de voir 2 on ne
font d'ailleurs douées
celles qui
d'un bon tempérament, ne point courir de rifques dans
les accidens qu'on juge ordinairement
mortels en Europe.
Dans la groffeffe des femmes d'un
tempérament d'ailleurs délicat ou vicié,
les groffes mammellesqui; iparoiffent
pleines de lait, & qlui ile laiffent
trop
per, font un figne d'un mauvais échapchement , qui provient
accoufoibleffe de l'enfant.
toujours de la
Des Fievres qui arrivent aux
des Vers
Enfans, G
auxquels ils font communément
fiujets.
Na attribue
prefquetoujoursla caufe
des maladies des enfans à la fortie
des dents O1 aux vers
très-fouvent elle
2 pendant que
conftitution
ne dépend que de la
de la faifon. Au fitrplus
L 11)
figne d'un mauvais échapchement , qui provient
accoufoibleffe de l'enfant.
toujours de la
Des Fievres qui arrivent aux
des Vers
Enfans, G
auxquels ils font communément
fiujets.
Na attribue
prefquetoujoursla caufe
des maladies des enfans à la fortie
des dents O1 aux vers
très-fouvent elle
2 pendant que
conftitution
ne dépend que de la
de la faifon. Au fitrplus
L 11) --- Page 256 ---
Hiftoire des Maladies
quand l'un ou l'autre ou tous les deux
fe trouveroient joints, on démêlera facilement la principale caufe par le type
des accès, des redoublemens & des crifes.
Les fievres qui attaquent les enfans
font tordinairement du caraêtere deslymphatiques; ; & comme ils font d'une conftitution délicate, 2 ils font les premiers
attaqués dans les changemens de temps.
Je dis que la principale maladie qui
attaque les enfans, eft la double-tierce
lymphatique. Outre qu'elle eft confor"
à leur
elle fe fait aime
tempérament,
fément connoître par Paccablement, la
foupleffe & Pirrégularité du pouls, la
molleffe de la peau, la couleur du vifage, enfin par les mouvemens convulfifs
& par lcfommilléhargique, par lequel
la maladie a coutume de fe terminer:
auffi l'émétique & les véficatoires fontils de grands remedes pour eux.
Quand les premiers accès paroiffent
faut
balancer de les
violens, il ne
pas --- Page 257 ---
de Saint Domingue:
faigner, & même de réitérer la 247, faignée.
Plufieurs enfans âgés de deux ou trois
ans ont été tirés d'affaire
deux
trois faignées, dont la
par
ou
derniere,
de
àl'égard
quelquesuns, étoit du pied, pendant
que ceux qu'on traitoit d'une autre façon périffoient. Je prefcris pour les enfans de- fréquens
lavemens, 2 des cataplafmes émolliens fur le ventre
n'ai recours à
2 & je
l'Emétique, que quand
quelque figne de plénitude ou de matiere
vermineufe m'y détermine : ce qui arrive fréquemment,
par rapport à la façon d'élever les enfans à Saint Domingue, qui font plus accoutumés aux alimens des Negres qu'à ceux des Blancs.
Un enfant n'ayant point de
mais le ventre extrêmement
fievre,
gros & le
corps maigre, prit du Suc d'Aloès
dant quelques jours. Ilrendit
pen15jours
au bout de
une pelotte de vers qu'on appelle
Lumbrici, longs d'un
de
empan, 2 aut nombre
quarante 1 - huit. Cet enfant pouvoit
Liv --- Page 258 ---
Hifoire des Maladies
ans. Iln'eut ni fieavoir quatre ou cinq
vre, ni convalfions.
ans auffiy
Un enfant de quatre ou cinq
fans
jouant avec fes camarades, tomba
connoiffance & en convulfion, & moutbout de deux ou trois heures. Le
rut au
lui trouva toutes
Chirurgien T'onvrit,
dans
internes faines, & un ver
les parties Il lui vint dans la penfée de
Teftomac. la tête de cet enfant pour en faire
couper
démonftration du cerla diffeêtion 8la
avoit. En COllveau à un apprenti qu'il
dans
trachée-artere & T'oefophage
pantla
: il découvrit un
leur partie fupérieure 2
dans le dernier, & un autre qui
ver.
dans la glotte. Il
étoit à moitié paffé
caufe de la
connut par là la véritable
mort de çet enfant.
tête de cet enfant pour en faire
couper
démonftration du cerla diffeêtion 8la
avoit. En COllveau à un apprenti qu'il
dans
trachée-artere & T'oefophage
pantla
: il découvrit un
leur partie fupérieure 2
dans le dernier, & un autre qui
ver.
dans la glotte. Il
étoit à moitié paffé
caufe de la
connut par là la véritable
mort de çet enfant. --- Page 259 ---
'de Saint Dominguc.
Des principales caufes des Maladies,6
de leurs terminaifons.
- Ar mauvaife qualité du climat
habite, les variétés
qu'on
les faifons & le
quiarrivent dans
temps, le dérangement
qu'on commet dans le genre de vie, la
qualité du tempérament, les effets des
paffions, font les premieres caufes des
maladies qui afligent le corps humain.
Une feule peut fufire à les produire, &
toutes y peuvent concourir. Mais de
quelque façon qu'elles
ne remarquera d'autres proviennent, On
effets, 19.qu'un
engorgement dans un ou plufieurs vifceres, qui eft fiuivi d'un arrêt dansla circulation plus ou moins
moins
prompt 2 plus ou
confidérable, ce qu'on appelle
difpofition inflammatoire & inflammation.; 2°. qu'une altération
qui fe
particuliere
rêt développe en conféquence de l'ar.
ou repos des humeurs, & dont
on
L V --- Page 260 ---
Hifoire des Maladies
connoît le caraétere par les accidens qui
l'accompagnent. On peut juger de la nature & de la qualité de l'engorgement
& de l'altération qui arrivent dans les
parties internes par celles qu'on obferve
dans les externes, ce qu'on appelle inflammation n'étant autre chofe que ce
qu'on nomme Apofthème, Eréfipelle,
(dême.
abondance de
Quand une trop grande
fang épais & vifqueux gonfle outre mefure les arteres capillaires fanguines, il
fe
les dilate à un point, que l'extrémité
bouchée, ne donne plus iffue
trouvant
tanà Thumeur fécrétoire de fe filtrer, 2
dis que l'orifice des vaiffeaux lymphatiplacé aux parties latérales des arques,
plus élargi s plus outeres fanguines,
reçoit la portion de la partie rouge
vert,
la plus fine : c'eft alors une inflammad'Apofthême.
tion ou commencement
Comme les tuniques des vaiffeaux lymfont incomparablement plus
phatiques &
délicates que çelles des
miaces
plus
iffue
trouvant
tanà Thumeur fécrétoire de fe filtrer, 2
dis que l'orifice des vaiffeaux lymphatiplacé aux parties latérales des arques,
plus élargi s plus outeres fanguines,
reçoit la portion de la partie rouge
vert,
la plus fine : c'eft alors une inflammad'Apofthême.
tion ou commencement
Comme les tuniques des vaiffeaux lymfont incomparablement plus
phatiques &
délicates que çelles des
miaces
plus --- Page 261 ---
de Saint Domingue.
arteres fanguines , qu'elles ne
pas du même reffort, le
jouiffent
fang les dilate
extraordinairement, &il y
tôt. De cette dilatation
féjourne plytrémités
violente des exartérielles fanguines, & des
vaiffeaux
lymphatiques, 9 réfulte la rougeur 2 la dureté, la tenfion, la
enfin la fevre, qui eft l'effet du douleur,
d'une trop grande quantité de
reflux
trouvant des obftacles,
fang, qui
gros vaiffeaux
retourne vers les
9 & en refluant
fon mouvement en raifon
augmente
réfiftances
réciproque des
dinaire. Pendant quis'oppofent à fcn cours ofque
fifte, non-feulement les Tengorgement pèrmêmes
mes continuent, mais ils font fymptôgnés d'une pulfation qui
acrompaefforts quele fang
provient des
par le coeur
scontinuellenenipouffe
& les arteres fait
verfer les digues. Ses efforts pour ren- 1
ment redoublés,j
continuellevement inteftin jointsal'aétion dur moudes principes
dans le fang, dont l'état de contenus
fionne le développement, repos Occadéchirent à la
Lvj --- Page 262 ---
Hifoire des Maladies
232 fin les filets du tiffu cellulaire & desvaifd'oit réfulte un
feaux les plus minces;
fubfamas ou conge(tion de différentes des
concourt à former une
tances qui
citerminaifons dont nous parlerons
favoir la fuppuration ou la ganaprès,
grene. Si dans un état de plénitude Thumeur
fe trouve plus abonbilieufe trop épaiffe
les autres hudante dans le fang que
meurs, elle donnera alengorgement une
qualité particuliere qui a fait diftinguer
le phlegmon par lesAnciens en phlegmon fanphlegmoneux, c'eft-à-dire phlegmon
phlegmon éréfipellateux, c'eftguin,en
bilieux, & enphlegmon
à-dire phlegmon)
fuivant l'humeur
de différentes efpéces, dominer. Mais fi cette
qu'ils jugeoient
raréfiée atténue &
humeur bilieufe trop
s'arrêanime le fang, de façon que ne
des
totalement dans l'extrémité
tant pas
vaiffeaux capillaires fanguins, 2 illes gonfle feulement fuffifamment pour dilaterl'orifice des vaifeaislymphatiques, ily
& enphlegmon
à-dire phlegmon)
fuivant l'humeur
de différentes efpéces, dominer. Mais fi cette
qu'ils jugeoient
raréfiée atténue &
humeur bilieufe trop
s'arrêanime le fang, de façon que ne
des
totalement dans l'extrémité
tant pas
vaiffeaux capillaires fanguins, 2 illes gonfle feulement fuffifamment pour dilaterl'orifice des vaifeaislymphatiques, ily --- Page 263 ---
de Saint Domingut.
pénétrera une fuffifante
pour les remplir, &
quantité de fang
ment qu'on définit former un engorgematoire, étendue une tumeur inflamquelle fe
& fuperficielle de 2 lapartie
répand en peu de temps fur la
avec une chaleur âcre &
une rougeur vive, qui dans la brilante,;
fir le jaune. C'eft
fuite tire
réuffit pas à - guérir pourquoi fi On ne
par la
cette inflammation
terminer réfolution, elle a coutume de fe
plutôt par gangrene
autres terminaifons, Ce
que parles
de croire
le
qui donne lieu
inflammations que plus grand nombre des
de cette
internes eft du caraêere
tumeur.
Lorfque dans le même état
tude la lymphe & la
de pléniAnciens appellent
férofité, que les
pituite, font
abondantes, il en réfilte des les.plus
mens d'une nature différente engorgedens. Ils dépendront
des précéd'une humeur
lympide ou trop vifqueufe.
trop
l'autre de ces deux
L'une ou
à engorger,
qualités contribuera
non-feulement les vaiffeaux --- Page 264 ---
Hifoire des Maladies.
fécrétions
mais
deftinés aux
particulieres,
auffi les lymphatiques & les (anguins 2
principalement! lespremiers , parée qu'elplus facilement
les peuvent y pénétrer
les autres humeurs. De l'engorgeque ment d'une férofité ou pituite trop aqueufe, il peut réfulter un tel relâchement
dans les fibres, fur-tout fi elles font naturellement peu élaftiques, qu'en cond'une dilatation forcée, quoiféquence
durée, elles perdront enque de courte reffort; elles ne feront plus
tierementleur
de filtrer fuien état cemme auparavant Phumeur exvant l'ordre des fécrétions
elles la
crémentielle ou récrémentielle: ;
laifferont échapper ou diftiller; ce qui
forte légoit de
les rendra en quelque términaifon eft
tout le corps. Une telle
fur-tout à craindre dans les tempéramens
délicats , qui ont de la difpofifoibles,
aux flux de ventre,
tion à la pulmonie 9
les fré-
&c. pour ceux que
aux pertes,
affoimaladies ont beaucoup
quentes
long-temps miblis, ou qui font depuis
récrémentielle: ;
laifferont échapper ou diftiller; ce qui
forte légoit de
les rendra en quelque términaifon eft
tout le corps. Une telle
fur-tout à craindre dans les tempéramens
délicats , qui ont de la difpofifoibles,
aux flux de ventre,
tion à la pulmonie 9
les fré-
&c. pour ceux que
aux pertes,
affoimaladies ont beaucoup
quentes
long-temps miblis, ou qui font depuis --- Page 265 ---
de Saint Domingue.
nés par quelque maladie
255.
Lapoplexic catarreufe,
chronique.
catarre fiuffocatif,
que l'on appelle
fe. Unc dilatation n'a point d'autre cauforcée par un
. gement de férofité dans le
engorperdre tout-à-coup & fi cerveau, fait
le reffort desparties decc promptement
les ne font plus
vifeere, qu'élni de dilatation. capables de contraéion
Rien de
que de tels événemens plus commun
difpofitions de faifon où la dans certaines
eft expofée à fubir
tranfpiration
grande & G
une révolution fi
un reflux & une prompte, qu'il en réfulte
la même caufe congeftion extrême.De
tarres, ces
dépendent tous ces caqu'on dit,venir rhumes, ces flux de-ventre
naturellement, &
lefquels on eft fouvent obligé
pour
recours aux corroboratifs,
d'avoir
Les vaiffeaux
2 aux cordiatx.
qu'autant qu'ils fanguins n'y Ont de part
d'unepartie du
Hbstenemonemabretves
reflux de la férofité,8c
comprimés par le gonflemént
que
feaux pituiteux &
des vaif.
lymphatiques, la cir- --- Page 266 ---
Hifloire des Makadies
eft
ou moins ralentie ;
culation en
plus
moins forte
ce que la fievre plus ou
donnera lieu de connoitre; car dansl'endes feuls vaiffeaux pituiteux
gorgement
elle n'eft pas ordinai8 lymphatiques, des mouvemens fiere, iln'y paroit que d'engourdifiement,
vreux accompagnés friffonnement & chade pefanteur, de
douleur
leurs vagues, fans tenfion, 2 fans
fixe, Iln'en eft pas ainfi des engorgemens
de la vifcofité de la
qui proviennent
lentement.
lymphe; ils fe forment plus différentes
Cette vifcofité peut venir de
dans
caufes; 1°. d'un trop grand reffort
qui dans un reflux de tranfpiles fibres,
d'iffue à labonration, ne permet point
2°.
dance qui occafionne Tengorgement; de la féévaporation
d'une trop grande
faifon trop chaude
rofité même dans une
donner
& trop féche; ce qui fuffit pour épaifle
aufang 8cà la lymphe une qualité
capable
2 ".enfin d'unlevain
& glutineule,3 De ces trois caufes dépend
de coaguler.
qui dans un reflux de tranfpiles fibres,
d'iffue à labonration, ne permet point
2°.
dance qui occafionne Tengorgement; de la féévaporation
d'une trop grande
faifon trop chaude
rofité même dans une
donner
& trop féche; ce qui fuffit pour épaifle
aufang 8cà la lymphe une qualité
capable
2 ".enfin d'unlevain
& glutineule,3 De ces trois caufes dépend
de coaguler. --- Page 267 ---
de Saint Domingue.
lntrès-grand nombre de maladies 257
& chroniques, qui font ordinairement aigués
compliquées, tant par: rapport à la communication du même effet dans le fang,
qu'à caufe de la compreffion
font
les vaiffeaux
que
lymphatiques fur les fanguins. De toutes les maladies qui
viennent de la.vifcofité de la
profievres
lymphe, les
les
datilediewalympbangien font
plus communes s & méritent une
attention particuliere.
On diftingue dlans les maladies
temps, le cemmencement,
quatre
tiori, l'état & la déclinaifon. l'augmentaSi les maladies internes &
ont les mêmes
externes
fes & les mêmes principes, les mêmes caules mêmes
périodes, elles ont auffi
terminaifons. Les unes & les
autres fe terminent par réfolution,
puration, gangrene, induration ou fquir- fipre; quelques - uns ajoutent la délitefcence.
La réfolution, qui eft la plus favorable, parce qu'elle procure une
prompte --- Page 268 ---
Hifoire des Maladies
- eft l'effet du fuccès
& fire guérifon 2
a - eu à détremper 5 délayer &z
qu'on fuffifamment les liqueurs arrêatténuer
qu'elles circutées & coagulées, pour
lent librement dans leurs vaiffeaux.
La fuppuration eft une fermentation
dont lP'arrêt qui n'a pu être
des liqueurs,
détruit, donne occafion au développeCe dévement de différens principes.
s'appelle mouvement inteftin
loppement
dont le plus ou le moins
des principes,
moins vive
produit une aétion plus ou
fur les parties folides & liquides ; d'oût
ou moins
réfulte un déchirement plus
des fibrilles des vaiffeaux & glogrand
enfin
bules fanguins & lymphatiques;
dans ces fubftances
une métamorphofe
qui leur donne une nouvelle forme qu'on
)
appelle pus.
les mêmes caufes; mais
La gangrene a
à
les effets en font différens par rapport
dominant, dont
la nature-d'un principe
volatile &
Ia qualité alkaline 2 âcre 2
diffout, corrode & déclaire
corrofive,
e un déchirement plus
des fibrilles des vaiffeaux & glogrand
enfin
bules fanguins & lymphatiques;
dans ces fubftances
une métamorphofe
qui leur donne une nouvelle forme qu'on
)
appelle pus.
les mêmes caufes; mais
La gangrene a
à
les effets en font différens par rapport
dominant, dont
la nature-d'un principe
volatile &
Ia qualité alkaline 2 âcre 2
diffout, corrode & déclaire
corrofive, --- Page 269 ---
de Saint Domingue.
promptement, 2 tant les parties folides que
fluides, ce qu'on appelle pourriture,
corruption.
L'induration ouI le fquirre arrive ;
lorfque le fang & la lymphe
féchés &
2 trop deftrop vifqueux, fe réduifent en
grumeaux, dont l'union & la
dans plufieurs vaiffeaux
compaxité
collatéraux forment une tumeur plus ou moins confidérable. L'humeur
mélancolique, fitivant les Anciens 9 avoit beaucoup de
part à cette terminaifon.
La délitefcence eft un reflux ou repompement de matieres
purulentes ou
gangrenées vers quelques parties internes, ou quelques émonétoires
où:
elles fe font un paffage. La
par
très
premiere eft
commune, 2 & ordinairement mortelle; la feconde eft fort rare.
L'Apofthêmic & le Squirre ont de
commun, qu'ils forment une élévation
circonfcrite, dure; de particulier, que la
dureté du fecond eft rebelle, & parvient
difficilement à la fuppuration
3 qu'elle --- Page 270 ---
Hifoire des Maladies
fans chaleur, fans fievré
eft indolente,
& fans pulfation.
il eft facile
Suivant ces définitions,
de rendre raifon pourquoi un engorge- fe
ment, qu'on ne peut réfoudre 2 doit
parSquirre,ou
terminer par Apofthème,P
Il fe terminera par ApofparGangrene. lorfque les liqueurs ou humeurs
thème,
impregnéesd'une quanengorgéesferonti de principes recontité proportionnée
fermentation,
à exciter une
nus propres fels acides & alkalis fixes qui
comme de
de
dans une fuffifante quantité
nageront
puiffe leur ferférofité ou de liquide qui
de
vir de véhicule ; car fi cette quantité
il en réfultera un gruférofité manque,
qui formera
mellement, une compaxité
fainduration. La Gangrene, la plus
une
des terminaifons;
tale & la plus ordinaire
le fang 8 la lymphe
arrivera 2 lorique
deprinou les humeurs feront chargées
dont
alkalins, âcres & volatils,
cipes différentes efpéces, fuivant leur quanles
produiront des effets
tité & leur qualité,
quantité
il en réfultera un gruférofité manque,
qui formera
mellement, une compaxité
fainduration. La Gangrene, la plus
une
des terminaifons;
tale & la plus ordinaire
le fang 8 la lymphe
arrivera 2 lorique
deprinou les humeurs feront chargées
dont
alkalins, âcres & volatils,
cipes différentes efpéces, fuivant leur quanles
produiront des effets
tité & leur qualité, --- Page 271 ---
de Saint Domingue.
26t
plus ou moins prompts & confidérables.
La Médeciner n'a pour objet qued'empêcher ces ficheufes terminaifons. Elle
indique & emploie à cet effet tous les
moyens qui peuvent les prévenir, &
faire réufir celle de la réfolution,
feule peut procurer une fûre
qui
Mais fi ces
guérifon.
moyens, s firces efforts deviennent infruétueux, elle s'attache alors
à favorifer ou à combattre les
terminaifons. Dans cette
autres
Praticien tâchera
vue s un habile
toujours, autant qu'il
pourra, de déterminer & de
la nature - dans celle de
feconder
TApofthême,
parce que l'évacuation purulente qui en
réfulte eft une purgation capable de dé.
charger la nature, &
qui peut refter de
d'emporter tout ce
matiere
S'il ne paroît point de
morbifique,
difpcfition à l'Apofthême, & s'il ne peut parvenir à le
procurer 2 ils'attachera à combattre les
effets de la Gangrene, fuivant les
fignes --- Page 272 ---
Hifoire des Maladies
qui feront connoître fes qualités & fès
progrès. L'induration donne plus de
répi, 8z fa caufe rappelle le Médecin
aux indications de la réfolution; ainfi,
foit pour la prévenir, > foit pour. la détruire, il doit fuivre à peu près les mêmes erremens.
C
-- --- Page 273 ---
de Saint Domingue;
B EPAT a 1 - 2ay RCC R
as
OBSERVATIONS
GENERALES
L.
Tow ceux qui paffent à S. Domingue, doivent
une
maladie
s'aitendreày effuyer
dangereufe. Le
de climat
changement
verfelle procure une révolution uniqui femble être néceflaire
s'y naturalifer.
pour
La faifon qui paroît la plus favorable
pour venir/dans la
mencement
Colonie, s eft le comde T'hiver ou de l'automne.
Ceux qui viennent au
été, étant trés-échauffés printemps & en
tion &
la
par la navigapar
qualité des alimens
on ufe dans les Navires
dont
fés à tomber
> font plus expode fâcheux
malades er arrivant, & à
le bonheur fymptômes, qued ceux quiont
l'Ifle fans être d'être quelque temps dans
malades,
encement
Colonie, s eft le comde T'hiver ou de l'automne.
Ceux qui viennent au
été, étant trés-échauffés printemps & en
tion &
la
par la navigapar
qualité des alimens
on ufe dans les Navires
dont
fés à tomber
> font plus expode fâcheux
malades er arrivant, & à
le bonheur fymptômes, qued ceux quiont
l'Ifle fans être d'être quelque temps dans
malades, --- Page 274 ---
Hifloire des Maladies
LesBordelois, les Rochelois les Nantois & les Dunkerquois, m'ont paru
favorable dans
avoir une difpofition plus
leur tempérament pour foutenir les maladies, que les Bas-Bretons, les Proven-
& les Normands; & quoiqu'il en
çaux beaucoup moins de ces trois Navienne
ordinaitions que des autres, il en périt
rement beaucoup plus que de toutes les
autres enfemble; fur-tout les Bas-Bre-
&
fe frappent au point
tons
Provençaux
de
que la terreur panique a beaucoup
part à leur malheur.
On obferve la même chofe dans tous
le chagrin ou la peur a faifis. Il
ceux que
défordre, un arrêt dans le
en réfulte un
diminue
cours des efprits animaux, qui
& arrête toutes les fécrétions. De-là les
délires, les convulfions 2 le fommeil léTinterruption ou la foibleffe
thargique,
des crifes auxquelles ils font fujets, tous
accidens qui font prefque toujours mortels.
On a une preuve bien convaincante
des --- Page 275 ---
de Saint
des différens effets Domingue:
paffions eft capable que la différence des
maladies, quand on de produire dans les
reufe terminaifon faitattentions à l'heuMatelots & des qui arrive à-celles des
malgré la
Freres de la Cofle,dont
égard,il en négligence périt
que l'on a à leur
des autres, foit beaucoup moins que
Habitans du Pays. nouveaux venus, foit
la
C'ef qu'ils
conféquence de leur
ignorent
qu'ils n'ont point
maladie; c'eft
nes'ocmupent que dtoguibnade, du
& qu'ils
bientôtdans leur
plaifir de retourner
les autres qui viennent patrie; au lieu que tous
la Colonie, infruitsde pour refter dans
foutenir, -tremblent Faffaut qu'il faue
terre ; & ne voyant en mettant pied à
faire la fortune dont point ils d'apparence à
en partant, tombent
s'étoient flattés
lie qui devient la dans une mélanco.
leur mort,
principale caufe de
Pour prévenir les effets des
tions,ilfaur vivre
confitupeu qu'on reffente frugalement; des
& pour
Tome II,
fignes de pléniM
refter dans
foutenir, -tremblent Faffaut qu'il faue
terre ; & ne voyant en mettant pied à
faire la fortune dont point ils d'apparence à
en partant, tombent
s'étoient flattés
lie qui devient la dans une mélanco.
leur mort,
principale caufe de
Pour prévenir les effets des
tions,ilfaur vivre
confitupeu qu'on reffente frugalement; des
& pour
Tome II,
fignes de pléniM --- Page 276 ---
Hifloire des Maladies
tude, comme diminution ou perte d'ap-
> envie de vomir, enpétit s pefanteur.
fur-tout dans
gourdiffement, laffitude,
les jambes, avoir recours à la diéte, 2 aux
bouillons ou tifanes émollientes & laxatives, à quelques faignées & quelques
purgations.
attention d'être
Il faut éviter avec
mouillé; car un grand nombre font faifis
de maladies pour avoir été furpris de la
pluie. C'eft ce qui arrive fur-tout à quantité de Matelots expofés à effuyer des
orages en allant faire du bois, ou.en trades Navires. Il
vaillant au chargement
arrive néanmoins que plufieurs qui pren8z malgré les prénent ces précautions,
fervatifs qu'ils employent, 2 font quelchancelans, & ne fortent de
que temps
une maladie : ce quiarcet état que par
été derive fur-tout à ceux quin'ont pas
long-temps malades. Les incruftapuis les embarras qui fe font formés
tions,
font fi forts
dansles vaiffeaux capillaires,
faut une fecouffe
& fi profonds, qu'il --- Page 277 ---
de Saint Domingue:
générale, des efforts
vement ou de l'adion redoublés dumou.
les détacher les
de la nature
truire, C'eft ,:
déraciner & les pour
fans les crifes, ce qu'elle ne peut
déjours
& ce qu'elle
opérer
feules par le moyen des
opere toucapables de
crifes, qui font
produire cet effer,
IL.
Je penfe qu'on me
part de quelques
faura gré de faire
tions particulieres remarques & obfervamaladies,
fur les Negres & leurs
Les
Negres ou
porte dans les
Noirs, qu'on tranf.
différentes Contrées Colonies, viennent de
les
de
Peuples 2 ainfi
FAfrique, dont
paroiffent différer que dans
le
par le
TEurope,
mes. caradtere, les moeurs tempxérament, & les
coutuTrois quartiers
nifent
derAfiquenousg four.
Côte dus principalement les Negres.
Sénégal, la Côte
La
d'Angole ou de
d'or, & celle
Congo, Il vient du S6Mij
.
différentes Contrées Colonies, viennent de
les
de
Peuples 2 ainfi
FAfrique, dont
paroiffent différer que dans
le
par le
TEurope,
mes. caradtere, les moeurs tempxérament, & les
coutuTrois quartiers
nifent
derAfiquenousg four.
Côte dus principalement les Negres.
Sénégal, la Côte
La
d'Angole ou de
d'or, & celle
Congo, Il vient du S6Mij --- Page 278 ---
Hifoire des Maladies
négal des Noirs qu'on appelle Sinigalois;
Poulards, Bambaras; de la Côte d'or,
des Aradas, Couédas, Fouédas, Nagos,
Timboiës, & Mines ; de celle d'Angole - y
diftingue en Congos
des Congos, > qu'on
des terres
du bord de la mer, & en Congos
Ces derniers paffent pour
ou Mondongles.
être anthropophages. Poulards font les
Les Sinègalois ou
ingénieux, mais pareffeux & foiplus
Le Bambara eft grand,
blesdela poitrine.
Les Ararobufte, mais très-gourmand.
das & les autres de la Côte d'or, à Pexdes Mines, font de moyenne
ception forts, bons travailleurs, fobres 2
taille,
mais moinsi sinduftrieux que
orgueilleux 2
Le Mine eft grand,
ceux du Sénégal.
fier. Ilfe foubien fait, & a le regard
faifant
met avec peine au travail, fe
ou pour fe venmourir pourfexempter châtiment. Cette Nation
ger du moindre
la mort. dans
s'imagine retourner après
qui eft égalefon Pays : imagination
Naautres
/ ment çommune à quelques --- Page 279 ---
de Saint
- tions. Les
Domingut,
ils
Congos font petits &
Ont la poitrine
trapus; ;
CesSauvagesfontr large, mais graffe.
du travail. Parmi insturellementenmenis
eux les femmes
vent la terre. De-là vient
cultibeaucoup les
qu'on elime
Negreffes du Congo.
Iln'ef pas néceflaire d'avertir de
point acheter des Noirs des Mations ne
font reconnues mauvaifes;
qui
vient de faire
mais il conpart de quelques
qui Peuvent faire juger des défauts fignes
fe rencontrent parmi les
qui
tes les Contrées.
Negres de touUne tête extrêmement
tit front ou front bas, des crépue, unpecés, degrandes
yeux enfonnairement
oreilles, dénotent ordiun mauvais caraétere.
Le cou long avec des épaules élevécs, trop portées en avant,
dent la poitrine étroite, & qui rencourt, font des fignes certains un Rernum
vaife poitrine.
d'une mauLes jambes minces,
pieds
longues, & les
plats; > doivent être rebutés.Detels,
Miij
êmement
tit front ou front bas, des crépue, unpecés, degrandes
yeux enfonnairement
oreilles, dénotent ordiun mauvais caraétere.
Le cou long avec des épaules élevécs, trop portées en avant,
dent la poitrine étroite, & qui rencourt, font des fignes certains un Rernum
vaife poitrine.
d'une mauLes jambes minces,
pieds
longues, & les
plats; > doivent être rebutés.Detels,
Miij --- Page 280 ---
Hifoire des Maladies
Negres ne font jamais forts, & font plus
fujets que les autres aux ulceres & au
gonflement des jambes s qu'on appelle
dans le Pays Mapou, par allufion avec
un arbre de ce nom, dont l'aubier & le
coeur font très-mous & très-friables.
Ces Negres font fréquemment attaqués d'enflures aux pieds, aux jambes 8z
aux cuiffes. Ces enflures viennent Out
naturellement, ou à la fuite de quelque
ulcere incurable; & quand on les néglige, la jambe devient extrêmement
gonflée & pefante. Elle refte dans cet
état jufqu'à ce que la carie ou la ganoblige . de la couper. On ne trouve
grene
des chairs molles,
dans ces jambes que
fur-tout le corps graiffeux & cellulaire,
qui eft d'une étendue & d'une épaiffeur
confidérable. Le dernier rempli d'une
& épaiffe
férofité ou lymphe vifqueufe
comme de la gelée.
Le pied rond, le gras de la jambe
fourni, &le bas mince, font une jambe
fure. --- Page 281 ---
de Saint Domingue:
Les Negres étant conftitués
biter fous la Zône
pour hamieux le travail torride,y fupportent
font moins
que les Blancs,. & y
fujets aux maladies. La
part du temps elles ne viennent
pluexcès qu'on
que des
commet - à leur égard
rapport au travail, ou
de foin par
qu'on a de veiller à leur du-pen
Leur nourriture eft fort fubfiftance.
leur fang eft fort
groffiere, &
épais. Ce Peuple aime
beaucoup le fucre & les alimens doux.
Leur fang eft d'une qualité fi
à la produétion des
propre
rent quelquefois
vers, qu'ils en meufur-tout
fubitement. Ils en font
des
attaqués dans les faifons humiqui fuccédent à un temps chaud
fec. J'en ai fait ouvrir
&
avoir été
qu'on foupçonnoit
leur eft empoifonnés, (car le poifoni
familier, 2 & ils Ont
s'en fervir pour fe
coutume de
nemis)
venger de leurs ens &je n'ai trouvé d'autre
de mort que des
caufe
tillés dans
paquets de vers entorl'eftomac & lesinteftins.
Ils font fitjets à une efpéce de
ver
M iv
un temps chaud
fec. J'en ai fait ouvrir
&
avoir été
qu'on foupçonnoit
leur eft empoifonnés, (car le poifoni
familier, 2 & ils Ont
s'en fervir pour fe
coutume de
nemis)
venger de leurs ens &je n'ai trouvé d'autre
de mort que des
caufe
tillés dans
paquets de vers entorl'eftomac & lesinteftins.
Ils font fitjets à une efpéce de
ver
M iv --- Page 282 ---
Hiftoire des Maladies
rond qui fe forme entre cuir & chair,
de la groffeur d'une des groffes cordes
de baffe de viole, 8 de la longueur de
plus d'une aune. Ce ver fe faitjour audehors par un petit dépôt qu'on ouvre ;
& lorfqu'on Pa rencontré, on le tourne
autour d'un petit bois 5, jufqu'à ce qu'on
fente de la réfiftance. Onle laiffe alors,
& on met de Phuile fir la partie. On
fait tremper la jambe ou le bras dans
l'eau, dont la fraicheur contribue à favorifer Pexpulfion de l'infeête. On réitere tous les jours la même manceuvre,
jufqu'à ce qu'on foit au bout. S'il arrive
qu'on le caffe,il faut.appliquer de bons
cataplafmes fur la partie; celui de fiente
de vache eft fort en ufagé pour en provoquer la fortie ou la fuppuration qui
fuppléer. J'ai un Negre à qui il
peut y
de
J'ai vu les
en eft forti plus
cinquante.
Negres fur des habitations en être infectés, tandis que les voifins n'en avoient
point. Les fluxions de poitrine, les ficvres --- Page 283 ---
de Saint Domingue.
double-tierces
bilieufes, les
fes, le flux de ventre, la vermineufont les maladies
dyffenterie, 2
Negres font plus aigués auxquelles les
fujets. Les obfruétions,
iquirres & abcès du foie, du
du poumon
méfenterc,
2 la diarrhée
Thydropifie, la cachexie lientériques,
tomac, & la
ou mal d'efdies
pulmonie, font les malachroniques-les plus
la vérole, qu'on
ordinaires. Mais
femble leur être appelle pians aux Illes,
relle. Le fcorbut en quelque forte natumi ceux qui arrivent. n'eft commun que parprifons, les mauvaifes Les chaînes, les
nourritures & la
mal-propreté des Navires
donner lieu, Ils en font
y peuvent
ment attaqués,
d'ailleurs rarerérablis, Ce
quand ils font une fois
tinuel.
quefattribueau travail conIII
Les fréquentes
utiles à Saint
faignées ne font pasfi
la
Domingue qu'en
trop abondante
France;
tranfpiration, & les
M V
. n'eft commun que parprifons, les mauvaifes Les chaînes, les
nourritures & la
mal-propreté des Navires
donner lieu, Ils en font
y peuvent
ment attaqués,
d'ailleurs rarerérablis, Ce
quand ils font une fois
tinuel.
quefattribueau travail conIII
Les fréquentes
utiles à Saint
faignées ne font pasfi
la
Domingue qu'en
trop abondante
France;
tranfpiration, & les
M V --- Page 284 ---
Hifoire des Maladies
274 excès dans l'ufage des femmes, en fourniffent la raifon. Auffi cinq à fix faignées
fuffifent ordinairement, & il n'y a que
ou al'égard a
dansdes casextraordinaires,
les
des maladies aigués qui attaquent
nouveaux venus, qu'on puiffe en faire
Cette obfervation regarde
davantage.
les anciens Habitans
particulierement
du Pays, dont le fang, dans la plupart,
eft diffous, ou menacé d'une diffolution
prochaine. Les faignées du pied fontplus
celles du bras. M. Hecavantageufes que dans les Pays chauds,
quet convient que
effets
elles peuvent avoir de meilleurs
France. La théorie confirme cette
qu'en
Les veines faifant fonéions
pratique. dans le foie, & les- veines de
d'artere
vifceres de l'abdomen fe
la plupart des
il eft nadégorgeant dans sla veine-porte, ordinaire
turel qu'étant le fiége le plus
aigués, la faignée du pied
des maladies
celle du bras.
les débarraffe plutôt que --- Page 285 ---
de Saint Domingue.
IV.
On doit mettre peu de
tre les maladies des
différence enBlancs. Les
Negres & celles des
grandes
Negres fupportent mieux les
rament évacuations; étant d'un
bilieux &
tempéfaignées &
chaud, les fréquentes
un effet plus l'émétique ont à leur égard
pas
falutaire. Mais on ne doit
manquer de les préparer
par les boiffons &
auparavant
Les grandes dofes lavemens émolliens.
de Scammonée, d'émétique, de
& autres
Jalap,
cette cipéce,
drogues de
que les
coutume
Chirurgiens ont
grand nombre. d'employer, en font périr un
V.
II convient d'imiter les
cins Grecs & Latins
anciens Médequ'ils avoient de
dans la méthode
faire des
picufes. Ils pratiquoient faignées COchauds, &
dans des Pays
connoitre Texpérience leur avoit fait
qu'il n'y avoir pas de
moyen
M vj --- Page 286 ---
Hifoire des Maladies
efficace pour diminuer la fubite 8z
plus
que la chaleur du
violente turgefcence,
vifceres. Cette
climat occafionne dansles
obfervationeft fur-tout intéreflante poar
les nouveaux venus, dont les globules
du fang font fujets à une expanfion ou
raréfadtion d'autant, plus grande, qu'ils
dans les Pays froids ou temont acquis
pérés plus de denfité'ou de confiftance.
Ainfi-il eft important de tirer, dès le
des maladies dont ils
commencement une livre & demie, &
font attaqués,
On obfermême deux livres de fang.
deux faignées de cette nature
vera que
diminuer la
feront plus d'effet pour
plé-.
thore, que cinq à fix ordinaires, & mettront le malade dans une fituation conun bon effet des
venable pour efpérer
terminer
remedes laxatifs qui doivent
la maladie.
VI.
Réféchiffant fur le fuccès des copieufes faignées à Yégard de certains mala:
font attaqués,
On obfermême deux livres de fang.
deux faignées de cette nature
vera que
diminuer la
feront plus d'effet pour
plé-.
thore, que cinq à fix ordinaires, & mettront le malade dans une fituation conun bon effet des
venable pour efpérer
terminer
remedes laxatifs qui doivent
la maladie.
VI.
Réféchiffant fur le fuccès des copieufes faignées à Yégard de certains mala: --- Page 287 ---
de Saint Domingue.
des, & fiur leurs mauvais effets à 277
de quelques-uns,
l'égard
l'autre
j'ai penfé que l'un &
dépend de certaines
ces qui ont donné fijet
circonftanfitivantes.
aux réfiexions
Je fuppofe, par exemple,
trois malades
deux OLt
compagnée de attaqués d'une fievre accent s ou une maladie fymptômes de
qui annondouble-tierce
Siam, ou une
eft appellé violente :je penfe que fion
le premierjour dela
On doit faire la
maladie,
deux
premiere & même les
premieres faignées
parce que la circulation tres-copieufes,
encore arrêtée dans
n'étant point
feaux
lextrémité des vaif
capillaires 2 la déplétion fe commu.
niquera facilement des grands
tits, qui par un mouvement
aux pecolonnes du fang, doivent continu des
fe
en raifon
défemplir
réciproqme du peu de
tance que le vuide des
réfif
occafionnera. Mais fi le malade gros vaiffeaux
écouler un
a laiffé
temps un peu confidérable,
par exemple vingt-quatre heures, dans.la --- Page 288 ---
Hifoire des Maladies
maladie de Siam, il me femble qu'ilfaut
d'une autre façon, parce que lefang
agir
peut
arrêté dans les vaiffeaux capillaires
être figé de façon qu'il n'y aura mêmes point
d'ébranlement du (ang dans ces
vaiffeaux, par rapport à Finterception
continu. Dans ce cas
d'un mouvement
doivent
les gros vaiffeaux tropdéfemplis contribuer
s'affaiffer, & en s'affaiffant, forte coaà T'embarras, 2 & à une plus s'enfuivra
gulation dans les petits; d'ou
rendra
un arrêt total de cireulation, qui les extréle pouls flafque ou frémillant , courte &
mités froidcs, la refpiration
embarraffée, fymptômes qui annoncent
C'eft ce que j'ai
une mort prochaine. obfervé, à Tégard des
principalement
& des malades, qui
temperamenereples très-élevé & plein, un
ayant le pouls
&
vifage fort rouge, des yeux chargés des
très-enflammés, fembloientindiquer
la violence
évacuations proportionnéesal
tomdes fymptômes, & qui cependant dans les fàboient peu de temps après
, fymptômes qui annoncent
C'eft ce que j'ai
une mort prochaine. obfervé, à Tégard des
principalement
& des malades, qui
temperamenereples très-élevé & plein, un
ayant le pouls
&
vifage fort rouge, des yeux chargés des
très-enflammés, fembloientindiquer
la violence
évacuations proportionnéesal
tomdes fymptômes, & qui cependant dans les fàboient peu de temps après --- Page 289 ---
de Saint Domingue.
cheux accidens ci- deffus
Ayant au contraire
mentionnés.
férent dans
apperçu un effet difun dégagement quelques - uns , c'eft-à-dire
que cette différence avantageux, j'ai penfé
de la maladie oùr l'on provenoit du temps
méthode, &
employoit cette
ci-deffus
par conféquent des caufes
tacher dans rapportées. On doit donc s'atles maladies qui
violentes dès les premiers
paroiffent
difier la grandeur des
jours, à motemps de la maladie; dans faignées futivant le
vingt-quatre heures les faire les premieres
& moins fréquentes; 8
copieufes
gligé d'en faire dès le loriqu'on a néles faire petites & commencement,
les difpofitions
fréquentes, fiivant
force du
qu'on découvrira dans la
des
maladesy joindre le fecours
bains, qui, en ramolliffant & délayant, pourront encore plus
que les faignées à réfoudre & contribuer à
le fang grumelé & arrêté,
liquéfier
Quand un homme
replet 2 quelque
robufc, quelque fanguin qu'il paroiffe --- Page 290 ---
Hifloire des Maladies
être, eft oppreffé, c'eft-à-dire dont la
refpiration eft difficile & courte, ilfaut
éviter les copieufes faignées : il tombe
bientôt dans Paffaiffement. Le pouls de
tels malades peut paroitre élevé 8 plein;
mais il n'eft pas dur, il approche de la
flaccidité. Ce figne eft le meilleur qu'on
puiffe avoir pour fe conduire en pareille occafion.
VII.
Les Anciens avoient auffi pour régle
dans la pratique,de faigner la partie la
plus voifine de celle dont le malade fe
plaignoit, vas proximum/eca; c'étoit pour
eux une maxime dont un fuccès conftant 8 permanent étoit le fondement.
D'oû vient les Modernes ont-ils pris le
parti d'en quitter l'ufage? Ils n'en peuvent alléguer d'autre raifon que celle de
trouver cetteméthode contraire aux connoiffances que la découverte de la circulation a données fur la caufe immédiate
devoir rédes engorgemens qu'ils jugent
malade fe
plaignoit, vas proximum/eca; c'étoit pour
eux une maxime dont un fuccès conftant 8 permanent étoit le fondement.
D'oû vient les Modernes ont-ils pris le
parti d'en quitter l'ufage? Ils n'en peuvent alléguer d'autre raifon que celle de
trouver cetteméthode contraire aux connoiffances que la découverte de la circulation a données fur la caufe immédiate
devoir rédes engorgemens qu'ils jugent --- Page 291 ---
de Saint Domingut.
fider dans les extrémités
pillaires,
des arteres Caétroite 2 parce qu'étant la partie la
2 elle doit plutôt
plus
les veines,
s'engorger
3 qui en s'étendant,
que
tent toujours de diametre
augmenferent
: d'oà ils in2 que déterminant la
à être plus forte vers la
circulation
& qu'attirant
partie oppofée,
par la faignée
plus grande quantité de révulfiveune
gent & débarraffent
fang, ils dégatie malade,
plus fmrementla parMais comme
lexpérience ne
pas ce
feconde
raifonnement, il faut qu'on fe
trompe dans le principe, &
aitun différent. Ne feroit-on qu'il y en
dé à l'admettre
pas bien fonplutôt dans
ou pour mieux dire à
lextrémité,
nes capillaires,
l'origine des veiteres ? Trois
qu'à Fextrémité des arraifons paroiffent
cette conjeéture. Io, Tout
favorifer
paffe d'un canal étroit dans liquide qui
ge, perd de fort
un plus lar.
membranes des veines mouvement. 2°. Lcs
reffort que celles
ayant moins de
desarteres, ont moins --- Page 292 ---
Hiftoire des Maladies
de force pour pouffer le fang. 3°.Le
fang parvenu à la veine eft plus épais
que dans les arteres, 2 attendu que les
vaiffeaux lymphatiques, placés aux parties latérales de leur extrémité, en ont
pompé la fnbftance la plus liquide.
Or dans l'état de plénitude le
fang
perdant plus de fon mouvement dans les
veines que dans les arteres s & ayant
naturellement une qualité plus compacte, doit s'y accumuler, s'y engorger
plutôt que dans les extrémités artériel.
les.Les veines font donc le premier foyer
des engorgemens &z des embarras qui
font le premicr germe des maladies.
Dans ce cas, la faignée adminiftrée
à la partie la plus voifine du mal, eft la
plus favorable, parce qu'en diminuant
la quantité du fang qui devoit être conduit dans les groffes veines, on diminue d'autant le volume. On ne peut diminuer CC volume, qu'on ne procure un
plus facile accès au fang qui vient de
toutes les autres ramifications. Cc facile
donc le premier foyer
des engorgemens &z des embarras qui
font le premicr germe des maladies.
Dans ce cas, la faignée adminiftrée
à la partie la plus voifine du mal, eft la
plus favorable, parce qu'en diminuant
la quantité du fang qui devoit être conduit dans les groffes veines, on diminue d'autant le volume. On ne peut diminuer CC volume, qu'on ne procure un
plus facile accès au fang qui vient de
toutes les autres ramifications. Cc facile --- Page 293 ---
de Saint Domingue.
accès accélere fon
peut Faccélérer fans mouvement, & il ne
tude en raifon
diminuer la plénitation de la
réciproque de l'augmenviteffe; d'oi réfultera
déplétion qui fera dans
une
fications
toutes les ramien degrés
quantité
proportionnels à la
tion
qu'on aura tirée. Cette
ne peut fe faire dans les
déplétions principales,
ramificaqu'elle ne fe
nique aux petites, c'efl-à-dire communes capillaires, dans
aux veifeulement arrêré
lefquelles le fang
encore
ou engoué, fans être
entrainé coagulé, fera ébranlé, attiré &
par le cours accéléré de celui
quiprécede, & de celui des
parleur reffort redoubleront arteres, , qui
pour chaffer celui
leurs efforts
& dont lacirculation qu'elles contenoient,
diminuée ou fulpendue commençoit à être
formoit P'arrêt du
par la digue que
Les Anciens
fang dans les veines,
effets des
ayant obfervé les bons
laignées
la méthode de les faire dérivatives, prirent
le commencement
copieufes dans
des maladies; d'oit --- Page 294 ---
Hiftoire des Maladies
il réfultoit un effet d'autant plus avanta
geux, qu'ils procuroient, par les raifons
que nous avons ci-deffus expliquées, un
plus grand ébranlement, une dérivation
plus copieufe & plus forte des veines
capillaires dans les groffes, & par ce
moyen les dégageoient plus promptement, & rétabliffoient plus vite la circulation du fang des arteres aux veines.
Ces réflexions fuppofent que le fang
n'eft point encore arrêté, ou que s'il
Peft,il eft feulement engorgé, fans être
coagulé; ce que nous appellons en Médecine état de plénitude, ou difpolition
inflammatoire : car s'il arrive, foit par
l'effet d'une trop grande turgefcence, ou
de la qualité du fang, foit par la négliqu'ona eue d'apporter remede dès
gence
le commencement; s'il arrive, dis-je 2
qu'on ait lieu de croire que le fang arrêté eft congelé au point qu'il ne foit
plus fufceptible d'ébranlement, til convient mieux alors de tenter les faignées
révullives, c'cft-à-dire de faigner de la
par
l'effet d'une trop grande turgefcence, ou
de la qualité du fang, foit par la négliqu'ona eue d'apporter remede dès
gence
le commencement; s'il arrive, dis-je 2
qu'on ait lieu de croire que le fang arrêté eft congelé au point qu'il ne foit
plus fufceptible d'ébranlement, til convient mieux alors de tenter les faignées
révullives, c'cft-à-dire de faigner de la --- Page 295 ---
2e Saint Domingue:
partie oppoféc
28;
nant une
2 parce qu'en détermiplus grande abondance de
vers cette partie, On
fang
ment tous les vaiffeaux défemplit du
égalemais fitr-tout les
côté malade,
mités doivent arteres, dont les extréraffées
être alors autant embarque celles des veines, & même
plus, attendu que leur élafticité
contribuer à
doit
des
augmenter la condenfation
les globules fanguins. C'eft dans de telcirconflances qu'il faut joindre aux
faignées
de
révulfivesTufage des bains, afin
liquéfier le fang, & de ne faire
de petitesfaignées qu'on réitere
que
afin qu'en défemplifant
fouvent,
rétabliffe
peu à peu, on
infenfiblement le reffort des
fibres, qu'une dilatation
dû trop relâcher &
trop forcée a
ralytiques.
même rendre paEn
rétablifanr,p par cette
le reffort des
manceuvre; ;
vibrationsà fibres, il coopere par fes
agiter, à divifer &
les grumeaux fanguins.
réfoudre
fulte un affaiffement Autrement il rédans les gros vaif --- Page 296 ---
Hiftoire des Maladies
non-feulement augmente la
feaux, qui
biencongeflion, mais même intercepte
dans les principales ratôt la circulation
mifications. Ce que j'ai vérifié plufieurs
fois dans les maladies violentes, telles
la Maladie de Siam, &
quelapoplexie, 2
dans
quelques fievres double-tierces,
lefquelles les premiers momens perdus
être réparés, dans lefquelne pouvoient
heures, il
les, au bout de vingt-quatre
fi
des fignes d'une congeftion
paroiffoit
qu'il
extrême, d'un arretficonfidérable,
de tenter 2 non-feuleétoit imprudent
mais encore
ment les fignéescopieufes,
moins les dérivatives : car en ayant
de plufieurs des unes &
tenté à Tégard
n'en eft furvenue
des autres, la mort
que plus promptement. m'a réuffi, dans
Le feul moyen qui & dont le fucune telle circonftance,
fervir
cès a été affez fréquent pour méthode
dorénavant de regie . 2 eft la
- c'eft-à-dire les petici-deffus propofée 2
réitérées de trois
tes faignées révulfives
en ayant
de plufieurs des unes &
tenté à Tégard
n'en eft furvenue
des autres, la mort
que plus promptement. m'a réuffi, dans
Le feul moyen qui & dont le fucune telle circonftance,
fervir
cès a été affez fréquent pour méthode
dorénavant de regie . 2 eft la
- c'eft-à-dire les petici-deffus propofée 2
réitérées de trois
tes faignées révulfives --- Page 297 ---
de Saint Domingue,
en trois, ou de quatre en
& entremêlées du bain quatre heures,
laiffe le malade
dans lequel on
fes
plus ou moins, fuivant
forces, & au fortir duquel on le
che bien chaudement. On
coufieurs lavemens
donne pluqui font les feuls
cuans qui conviennent dans
éva.
cet
parce que les violens
état,
paru fort nuifibles; les purgatifs m'ont
efforts inutiles
irritations & les
tiffant
quilsproduifent, n'aboutrès-fouvent qu'à rompre quelques vaiffeaux s dont les épanchemens
accélerent la mort.
VIIL
On étoit dans les
féclesprécédens fort
circonfpeé à l'égard de la
pied. Dans la
faignée du
plupart des maladies aiguès, on ne la hafardoit, pour ainfi dire,
qu'al'extrémité; mais les bons effets
en réfultoient, & qui dans bien des qui
cafions paroiffoient comme tenir du OCracle, ont tellement enhardi,
miqu'on ne --- Page 298 ---
Hifoire des Maladies
balance plus à Padminiftrer dès les pre:"
miers jours d'une maladie.
Les anciens Médecins avoient fans
doute obfervé les affaiffemens & les
concentrations que cette opération occa-.
fionne, & que quand elle n'étoit point
du venfuivie d'une évacuation critique
il en réfultoit un gonflement ou entre,
confidérable dans les pargorgement plus
ils
ties de ce vifcere. En conféquence
fe déterminoient à la prefcrire que
ne
faignées du
lorfqu'après de fréquentes
bras, ils penfoient avoir défempli fuffirendre celle
famment les vaiffeaux, pour
révulfive à Tégard des vifceres
du pied
du ventre.
Une erreur encore aflez commune 9
c'eft de ne la prefcrire que pour faire
; & dans cette vue on
une révulfion dansles Pays chauds, des
fait, fur-tout coftent la vieà bien des homfautes qui
fumes; foit par rapport à l'affaiffement le
occafjonne dans
bit que cette faignée
d'oit il n'en réfulte que trop
cerveau,
fouvent
révulfive à Tégard des vifceres
du pied
du ventre.
Une erreur encore aflez commune 9
c'eft de ne la prefcrire que pour faire
; & dans cette vue on
une révulfion dansles Pays chauds, des
fait, fur-tout coftent la vieà bien des homfautes qui
fumes; foit par rapport à l'affaiffement le
occafjonne dans
bit que cette faignée
d'oit il n'en réfulte que trop
cerveau,
fouvent --- Page 299 ---
de Saint Domingue;
fouvent un fommilléthargique
28g
foit en attirant une plus grande mortel; abondance de fang vers les parties ou
du ventre.
vifceres
2 fiége le plus ordinaire de la
maladie; d'oit s'enfuit une inflammation
qui termine bientôt la vie. Un fentiment
douloureux dans le ventre
quand On le
preffe, 2 & qui furccede à une mauvaife
manceuvre 7 annonce également tunemort
prochaine.
Cette faignée demande donc &
des précautions. Elle doit
exige
cas être confidérée
en bien des
vative,
plutôt comme déril'adminiftre pour qu'elle puiffe, quand or
tie même à propos 3 procurer à la
un relâchement favorable parfalutaire. Sice relâchement
&
il faut tâcher de
n'arrive pas;
l'exciter, ou par les
laxatifs, ou en réitérant la même faignée. Les violens purgatifs font
très-muifibles, plus
alors
tion qu'ils
propres, par l'irritaPeuvent
fer l'état inflammatoire produire, 2 à augmen:
Tome 11,
qu'àle dimicuer,
N --- Page 300 ---
Hifoire des Maladies
290 même à occafionner par des efforts
&c
vaiffeau, dont
la rupture de quelque bientôt- fuivi de la
Tépanchement eft
mort. vaiffeaux veineux des vifceres du
Les
fonétion celle des arventre ayant pour
d'accomplir
teres mêmes, c'eft-à-dire
& étant
une fécrétion plus abondante,
communément le fiége de la maladie,
fouvent obfervé par Pouverce quej'ai
c'eft donc leur relàture des cadavres,
doit avoir
chement & évacuation qu'on
& fe
dans la faignée
en vue
propofer
furement,
du pied. On y parvient plus
ou du
fuivant les fignes du plus
quand,
les faimoins de plénitude, on a, par
du bras 9 évacué une fuffifante
gnées
de fang, & qu'on puiffe juger
quantité
fanguins n'étant plus
que les vaiffeaux dilatation forcée, ilya
dans un état de
relâchefavorable au
une difpofition
ment.
conféquent pour admiS Le temps par
être
siftrer la faignée du pied; , ne peut
fuivant les fignes du plus
quand,
les faimoins de plénitude, on a, par
du bras 9 évacué une fuffifante
gnées
de fang, & qu'on puiffe juger
quantité
fanguins n'étant plus
que les vaiffeaux dilatation forcée, ilya
dans un état de
relâchefavorable au
une difpofition
ment.
conféquent pour admiS Le temps par
être
siftrer la faignée du pied; , ne peut --- Page 301 ---
de Saint Domingue le.
dans le commencement d'une
fi ce n'eft dans des cas
maladie,
Elle ne doit communément extraordinaires,
fe preferire
que lorlqu'on apperçoit quelque
fition critique: c'eft alors
difpognée détermine
que cette fai-
& feconde la nature.
Je la prefcris dans les forts
mens, 5 ou avant, OuI dans le milieu- tempéral'accès, & dans les foibles
de
la ceffation
vers la fin OlI
totale de la fievre. Il faut
bien fe donner de garde de la faire dans
d'autres tempsàl'égard
les faignées faites Ideceuxeci,parce
Rec de l'accès
avant ou aul miexcitent un trouble & une
révolution s qui augmentant la fievre
confidérablement, ôte àla nature la force
qui lui eft néceffaire
crife qui doit terminer pour déterminer la
l'accès.
Les forts tempéramens
capables de
fupporter les effets de cette révolution
qui occafionne un accès & plus fort &
plus long, font favorifés d'ane évacuation critique, ou par les
les
felles, Ou par
fueurs, qui les dégage & débarraffe
Nij --- Page 302 ---
Hifoire des Maladies
très-fouvent de toute la ratiere morbifique. Quand le poumon paroit foible a d 9 il
faut éviter cette faignée, ou la' fairepetite; finon on court rifque, par T'affaiffement de cette partie, 2 de faire tomber
le malade dans une difficulté de refpirer - 9
toujours mortelle, & quelquefois fi fiuainfi dire, 8
bite 2 qu'il expire pour
meurt fous la lancette.
IX.
La faignée de la gorge mérite d'aut:
mieux d'être préférée à celle du
tant
des climats chauds,
pied dans la pratique
lymphatiques fe
que les engorgemens toutes les malarencontrant dans prefque
la
0 , qui eft
dies aigués,
glande pituitaire
réfervoir de la pituite, peut
le principal
facilement &z
par cette faignée être plus
promptement dégagée; ce qui préplus
vient les
fymptômes lethargiquesficom-
& f dangereux dans les maladies
muns
pe l'Amérique.
On doitpréférer çette faignée aux ve2
mphatiques fe
que les engorgemens toutes les malarencontrant dans prefque
la
0 , qui eft
dies aigués,
glande pituitaire
réfervoir de la pituite, peut
le principal
facilement &z
par cette faignée être plus
promptement dégagée; ce qui préplus
vient les
fymptômes lethargiquesficom-
& f dangereux dans les maladies
muns
pe l'Amérique.
On doitpréférer çette faignée aux ve2 --- Page 303 ---
de Saint Domingue,
ficatoires, dont T'opération
roit produire
lente ne fauble. Quand qu'un effet peu confidéraon
parvenir à établir iesapplique,fion la
ne peut
marque d'une très-forte fuppuration, c'eft
un figne mortel.
concentration &
Ilconvient de faigner de la
les circonflances oùt l'on
gorge dans
der un
peut appréhenengorgement des vaiffeaux
guins dans le
fanfiége de la
cervean, non tant comme
tôme. Cc maladie, que comme
qu'on a lieu
fympvent dans la maladie d'obferver fougrande
de Siam, oùt la
plénitude&cles
ceres du ventre forment embarrasdes vifdes obftacles fi
à la circulation
un plus grand reflux grands, 5 qu'il en réfulte
de fang
veau,
verslecer.
quis'engorgeant à fon
mente lés fymptômes de la
tour, auglà viennent les
maladie. DeIes
hémorragies par le
parotides, 3 fi communes dans nez,
maladie, &cc.
cette
La vive douleur
fententles
que les malades refpremiers jours à cette
partie 4 :
N 11] --- Page 304 ---
Hifloire des Maladies
eft le figne qui doit déterminer à faire
cette faignée, qu'on doit alors regarder
8 confidérer comme révulfive, 9 tant à
Tégard du bas-ventre 2 que de Fintérieur
de la tête.
Les malades quife plaignent beaucoup
de la tête, fe plaignent beaucoup moins
du mal de jambes. Le premier fymptôme eft ordinaire aux nouveaux venus,
confervent
& à ceux qui-en apparence
années une grande force de
quelques
tempérament. Le fecond n'attaque que
réfidant depuis long-temps à
ceux qui
ou
Saint Domingue, 2 ont le fang diffous,
commencent à l'avoir. Les grandesdouleurs de tête feroient donc une marque
reffort dans les fibres, & de
de grand
Ce qui doit
confiftance dans les liquides.
déterminer la quantité & la qualité des
faignées.
X.
Certains Peuples ont une répugnance
naturelle pour la faignée. Précomme
rament. Le fecond n'attaque que
réfidant depuis long-temps à
ceux qui
ou
Saint Domingue, 2 ont le fang diffous,
commencent à l'avoir. Les grandesdouleurs de tête feroient donc une marque
reffort dans les fibres, & de
de grand
Ce qui doit
confiftance dans les liquides.
déterminer la quantité & la qualité des
faignées.
X.
Certains Peuples ont une répugnance
naturelle pour la faignée. Précomme --- Page 305 ---
de Saint Domingue:
jugé à part,J'ai regardé
pouvoit
que ce fentiment
provenir de la nature même, Les
Dankerquois, par exemple 2 fe prêtent
dificilement à cette opération. J'en
Vu plaificurs, dans la conftitution ai
Novembre 1746,
de
die de
attaqués de la malaSiam; guérir fans faignées,
quelques-uns
2 &
lieu de fe
périr, 2 qu'on pouvoitavoir
reprocher d'avoir trop faignés.
Letempérament de cette Nation m'a
plus pituiteux que fanguin.
paru
Les Normands & les Flamands
guériffent communément
ne
faignées; les Bordelois & que par les
les purgatifs; les
les Bretons par
Provençaux & lesLanguedociens ont peine à
& l'autre évacuation. fiupporter l'une
XI
Rien de plus embarraffant dans
tique que les variations
la pradans le pouls
qu'on remarque
lité des
9 tant par rapport à la quaau caraétere tempéramens, des
que par rapport
maladies. Si ons'y
rapNiv --- Page 306 ---
Hifoire des Maladies
portoit, on feroit fujet à de grandes er:
reurs, C'eft ce quej'ai Vu arriver dans
plufieurs occafions 2 fur-toutdans les maladies de Siam, dans les fievres accompagnées de cholera-morbus, & dans celles qui attaquent les tempéramens mélancoliques. Dans les premieres, après
la ceffation de la fievre 2- le pouls ne differe du naturel que parce qu'il eft un
peu flafque & trop mou; dans les autres, ou petit, concentré, ou convulfif.
Dans les fievres double-tierces lymphatiques, il varie beaucoup; ; il eft tantôt
mou & prefque ondulent, tantôt ferré
& petit. On obferve dans ces dernieres
maladies, qu'il ne fe développe & ne
reprend fon mouvement naturel, qu'à
proportion que la nature fe dégage, par
les évacuations du ventre 2 des matieres
morbifiques qui l'accabloient.
XII
Il ne faut pas toujours juger des jours
critiques par le premier jour de la ma-
fievres double-tierces lymphatiques, il varie beaucoup; ; il eft tantôt
mou & prefque ondulent, tantôt ferré
& petit. On obferve dans ces dernieres
maladies, qu'il ne fe développe & ne
reprend fon mouvement naturel, qu'à
proportion que la nature fe dégage, par
les évacuations du ventre 2 des matieres
morbifiques qui l'accabloient.
XII
Il ne faut pas toujours juger des jours
critiques par le premier jour de la ma- --- Page 307 ---
de Saint Domingue:
ladie. Ce calcul eft fujet à
pour maxime,
erreur. J'ai
attention
2 dansles fievres,de faire
au jour oùt l'accès paroiffant le
plus violent, eft fuivi d'une remifion
intermifion
OIZ
retour
marquée, 8z dont un
ou accès plus violent
pareil
jour impair qui
arrive le
répond aut précédent.
Unhomme eft attaqué,
de la fievre le premier
par exemple,
3 la' fievre
d'Août; le 2 & 2e le
paroît à peu près de la
me force, ou peu réglée, fans crife mê.
parente ; le 4 il a un accès plus
aple 5 il eft
violent;
tranguille ; le 6 l'accès
Oit plus fort, ouaufi
revient,
féquent eft le
fort; le 4 par conpremier jour
Le quatorziéme
indiquant.
jour, fnivant
crate, eft un jour critique dans Hippoladies. Je penfe
la
les mafievres
que
terminaifon des
qui devient doubletierces, par ie petit accèg
le plus fort & beaucoup plus
long par l'union du grand qui fe
fond avec lui, a donné lieu à
confervation. Mais
cette obprend fouvent comme ce petit accès
ce caraétere le IO & le
Nv --- Page 308 ---
Hifoire des Maladies
12, quelquefois le 8,1 le jour pair devient alors le jour critique.
Ces fievres anciennement pouvoient
ne fe pas terminer auffi promptement
qu'aujourd'hui; ce qu'on peut attribuer
à ce que les Anciens étant dépourvus
des remedes laxatifs que nous avons découverts, 8z que nous pouvons employer
de bonne heure, étoient auffi comme
obligés d'attendre, & de préparer plus
long-temps leurs malades : ce qui devoit contribuer à rendre la maladie plus
longue. .
XIIL.
On peut juger dès le commencement
d'une maladie, de fa violence & de fa durée.La qualité &clecaraétere des fymptômesfervent pour décider en quelque forte
del'événement. Un homme 2 une femme,
font attaqués de la fievre. Cette fievre
commence par une grande pefanteur, de
grandes laffitudes, une vive chaleur 9 un
violent mal detête.Dans l'un,cette fievre
rendre la maladie plus
longue. .
XIIL.
On peut juger dès le commencement
d'une maladie, de fa violence & de fa durée.La qualité &clecaraétere des fymptômesfervent pour décider en quelque forte
del'événement. Un homme 2 une femme,
font attaqués de la fievre. Cette fievre
commence par une grande pefanteur, de
grandes laffitudes, une vive chaleur 9 un
violent mal detête.Dans l'un,cette fievre --- Page 309 ---
de Saint Domingue:
paroitra continue les trois ou
miers jours, fans remiflion quatre predans l'autre, il
apparente: :
our intermifion, y aura, 2 ou remifion s
mais de courte
fansordre & fans fueurs,
duréc,
tômes font des indices Tous ces fyrmpd'un grand
barras, 2 d'un grand
emannoncent une violente engorgement , qui
ladie.
& longue maEn général, il faut être à Saint
mingue
Doil eftordinaire trés-circonfpedt furle pronoftic;
d'y voir des malades
croyoit
qu'on
agonifans 2 revenir, &
mourir dansl - le temps
d'autres
lieu d'en
qu'on croyoit avoir
efpérer.
XIV,
Nous fommes tellement
les Illes contre les
en garde dans
gatifs,
effets violens des
que nous ne purgeons
purdinaire qu'avec les Eaux
pour l'orManne, &
de Caffe, la
quelquefois
mais fondu dans
l'Emétique feul,
quatre à cinq verres de
N vj --- Page 310 ---
Hiftoire des Maladies
liqueur, dont le malade prend un verre
de deux en deux heures. a
8 fur-tout les Chi--
Les Théi-formes,
coracées, Oli les amers de cette efpéce,
doivent être regardés comme la Panacée
de nos Iiles.
Les purgations en bol font très-dangereufes, parce qu'étant obligéd'y metfubftance réfineufe & trèstre quelque
doit craindre les fipercompadte, on
purgations, les irritations qu'elles caufent aux inteftins en s'y collant, enfin la
difficulté que Teftomac a fouvent de les
digérer.
les malades
Quand les purgatifs que
c'eft-à-dire ne
rendent font peu altérés,
font point mêlés avec quelque matiere
bilieufe, c'eft mauvais figne. Il en eft de
même des boifions.
XV.
- L'Opium eft un reneede néceffaire ;
mais l'impéritie de plufieurs qui ignorent
la maniere &c le temps de l'employer, --- Page 311 ---
de Saint Domingue:
a beaucoup contribné à faire
cet excellent remede,
méprifer
XVI
Le Quinquina m'a
ment inutile,
paru non -feule:
mais même nuifible
les rechutes
dans
die de
qui arrivent après la mala.
Siam. J'ai foin de le méleravecle
Mars; pour corrigerfa
qualité qui doit naturellement qualitéftyphtique,
traire à l'indication
être conon fe
que communément
propofe en l'employant. Auffi obferve-t-on tous les jours qu'un
ufage de ce fébrifuge
trop long
truéions
occafionne des obf
au Foie, à la Rate, fuivies de
Jauniffe Ol de Cachexie.
Le révérend Pere le Pers, fi
par fes travaux apoftoliques
connu
fion de Saint
dans la Mif
moires
Domingue, & par fes Mépour THiftoire de la Colonie
françoife, a été la viétime dela
tion qu'il avoit pour le
prévenjet, comme tous les
Quinquina. SuColons, à de fré.
quentes attaques de fievre, il avoit
pris
ies de
Jauniffe Ol de Cachexie.
Le révérend Pere le Pers, fi
par fes travaux apoftoliques
connu
fion de Saint
dans la Mif
moires
Domingue, & par fes Mépour THiftoire de la Colonie
françoife, a été la viétime dela
tion qu'il avoit pour le
prévenjet, comme tous les
Quinquina. SuColons, à de fré.
quentes attaques de fievre, il avoit
pris --- Page 312 ---
Hifloire des Maladies
P'habitude de les combattre par ce remede. Il devint peu à peu jaune, &
cette Jauniffe, accompagnée d'une toux
féche, 9 dégénéra en Etifie. Tels font les
effets des préjugés qu'on fe forme pour
des remedes, dont la valeur fouvent dépend plutôt de la difficulré qu'on a de
les avoir, que de leur vertu, tandis qu'on
méprife ceux qui croiffent fous les yeux, 2
& qui méritent d'autant plus d'être préférés, que le Créateur les y fait naître
pour notre commodité,
J'emploie plus volontiers les écorces
d'Oranger fauvage, de Citronnier, de
Bois-Ramon, & le Quinquina d , que j'ai
découvert à Saint Domingue, dont les
effets font plus doux, 8z m'ont paru plus
firs.
XVIL
Dans quelques maladies aigucs que ce
foit, on ne peut compter fur la guérifon
du malade, ni le flatter d'être mieux, 2
qu'il ne foit tombé 2 par l'effet de quel- --- Page 313 ---
de Saint Domingue,
ques évacuations
critiques, dans l'accablement, & un
qui réfulte
dépériffement,
toujours de l'expulfion des matieres engorgées 9 endurcies & incruftées.
J'ai vu, & il eft ordinaire de faire
cette
obfervation;Tai vu, dis-je, dans les fievres lymphatiques, des malades,
ile
huit ou le dix paroiffoient affez
qui
tranquilles, pour penfer qu'ils fuffent bien, le
onze & le treize tomber dans
tômes
desfympqui n'avoit point
Creeatheceiee
changé jufqu'alors, fubiffoit, en conféquence de lai
une grande métamorphofe révolution,
; il furvenoit
une grande maigreur 2 le vifage devenoitdécharné, 3 les yeux clairs & fereins.
J'en ai vu, 3 qui attaqués de fievres double-tierces, paroiffoient le feptiéme
être en
jour
danger 3 avoient des crifes, fuivant les apparences, affez
les fiteurs & par les felles, favorablespar &
moins je ne jugeois
quenéanipas guéris, parce
que je n'appercevois pas ce dépériffement. En effet, ces malades fe fentoient
né, 3 les yeux clairs & fereins.
J'en ai vu, 3 qui attaqués de fievres double-tierces, paroiffoient le feptiéme
être en
jour
danger 3 avoient des crifes, fuivant les apparences, affez
les fiteurs & par les felles, favorablespar &
moins je ne jugeois
quenéanipas guéris, parce
que je n'appercevois pas ce dépériffement. En effet, ces malades fe fentoient --- Page 314 ---
Hifoire des Maladies
toujours pleins, 2 jufqu'à ce que, paree:
nus vers lc quatorze OlI le quinze de la
maladie, la fievre qui s'étoit fimplement calmée, fans avoirtotalement difparu, redoublant avec force, fe terminoit par une crife de matieres très-fétides, qui étoit un figne ffr de guérifon ;
car il faut abfolument à Saint Domingue, 2 dans toutes les maladies aigues 2
de telles évacuations pour conflater un
parfait rétabliffement : ce qui eft une
preuve que la premiere caufe des maladies réfide dansles vifceres du bas-ventre, dans june accumulation & incruftation des matieres quis'y attachent &
sy collent. Tel eft l'empire des fonctions du Foie, de la Rate & du Pancréas, dont Ics dérangemens font P'originc & la caufe des maladies quiregnent
fous la Zône torride.
XVIIL
On remarque dans la convalefcence
qui fuit les grandes maladies, un plus
grand dégagement, une plus grande net- --- Page 315 ---
de Saint Domingne.
teté dans les opérations de l'ame. 365
convalefcens
Les
plus
paroiffent avoir dcs idées
claires, & forment des jugemens
plusjuftes; ilss'expriment, ils s'énoncent
aveeplusdaifance. Onapperçoit
cette révolution dans les
fitr-tout
tempéramens
mélancoliques dité des
s en qui l'extrême rigifibres, &
du fangycontribuent lépaififfementr naturel
des
àlalenteur ordinaire
le travail opérations del Tame, & à leur rendre
la caufe dur. On ne peut en attribuer
&
qu'à une phus grande
une plus grande fluidité; d'oit foupleffe
une circulation plus
s'enfitis
plus
libre, une fécrétion
dégagée,&c un
interrompu des efprits développement animaux.
non
acquérant cet
Mais en
lui de pouvoir avantage, ils perdent cetravailler, Ses'appliquer
long-temps, foit à la leéture, foit à l'écriture, parce qu'il réfulte de ce
ment une fi grande & fi
dégagetion, qu'ils tombent bientôt prompte diffipafement o1 éblouiffement dans un épuide quitter, On obferve qui les oblige
la même méta-
interrompu des efprits développement animaux.
non
acquérant cet
Mais en
lui de pouvoir avantage, ils perdent cetravailler, Ses'appliquer
long-temps, foit à la leéture, foit à l'écriture, parce qu'il réfulte de ce
ment une fi grande & fi
dégagetion, qu'ils tombent bientôt prompte diffipafement o1 éblouiffement dans un épuide quitter, On obferve qui les oblige
la même méta- --- Page 316 ---
Hiftoire des Maladies
morphofe dans les fcorbutiques, ou dans
ceux oùt le fang parvenant à un état de
plus grande fluidité, paffe & circule plus
librement dans les canaux du cerveau.
Il faut purger de tempsen tempsles convalefcens 2 fuur-tout ceux qui ont eu de
longues maladies, & les mettre à l'ufage
des tifanes apéritives & opiates compofés d'apéritifs & de fébrifuges. Ils ne
doivent ufer que d'alimens légers, en
petite quantité; & en cas de trop d'appétit, faire plufieurs repas.
XIX.
La facilité que l'on a aux Iles de faire
du Sucre, donne occaun grand ufage
fion d'augmenter la difpofition naturelle
qu'on y a au fcorbut & aux maladies ai+
guès. Il eft conftant que le Sucre a beaud'alkali, & eft d'ailleurs préparé
coup des
corrofives ; ainfi il ne
avec
drogues
fauroit manquer de communiquer au
fang, & principalement à la bile, 2 beaud'acrimonic. Plus le Sucre eft affiné,
coup --- Page 317 ---
de Saint Domingue:
les différentes leffives
fuyer
qu'on lui fait ef
concourent àle dépouiller de cette
graiffe ou huile mielleufe, qui
pant les pointes falines, contribue envelop- à le
rendre plus nourriffant & plus balfamique.
Le Café ne me paroît utile dans
Pays - chauds, qu'aux
les
tempéramens
cachediques & aux
geftion,
pitniteux. Il facilite la di-
& dégage les vaiffeaux du méfentere; ; mais étant d'ailleurs
til, il enflamme le
trop volabile.
fang 2 fur-tout la
Onfiumel beaucoup: aux. Iles. Cet
vient des Sauvages,
ufage
les Habitans
qui étant, comme
fluxions
d'aujourd'hui 2 fujets aux
du
ou catarres 2 avoient trouvé
foulagement dans ce remede. Mais le
remede, devenant habitude,
la fuite les
altere par
ulceres dans poumons, & engendre des
la gorge & dans la bouche,
qui, négligés, ont des fuites
fur-tout dans les
facheufes,
& fecs. La coutume tempéramens de
maigres
prendre du tabac
ant, comme
fluxions
d'aujourd'hui 2 fujets aux
du
ou catarres 2 avoient trouvé
foulagement dans ce remede. Mais le
remede, devenant habitude,
la fuite les
altere par
ulceres dans poumons, & engendre des
la gorge & dans la bouche,
qui, négligés, ont des fuites
fur-tout dans les
facheufes,
& fecs. La coutume tempéramens de
maigres
prendre du tabac --- Page 318 ---
Hifloire des Maladies
par - le nez, remplit les mêmesvues, & ne
fauroit avoir les mêmes inconvéniens.
Plufieurs préferent le tabac d'Efpagne $
par rapport à la propreté; mais il fait
moins moucher, & eft par conféquent
moins utile.
*
Enfin, pour fe bien porter dans lcs
Ifles, il convient d'y déjeiner & fouper
peu, de ne point boire, ou boire peu de
vin,parce que les vins dont on ufe, font
très-épais, & parconféquent) Tulphurcux;
préférer les viandes douces, blanches &2
tendres, les légumes émolliens, rafraichiffans 8 acidules; car on ne fauroir ,
fous la Zône torride, trop faire d'attention à la quantité & qualité des alimens
dont on ufe journellement. Ce confeil eft
utile à tous les tempéramens en
général, 9
dans quelques Pays qu'ils fe trouvent 3
mais particulierement aux bilieux & aux
mélancoliques, le caraétere des maladies
de Saint Domingue ne démontrant que
trop la qualité de l'air qu'on y refpire, --- Page 319 ---
de Saint Domingut.
30g
CONCLUSIO N.
> Par un long ufage (dit M. de
> ne) nos yeux
Cloys
> ner les objets même parviennent à difcers caverne,
dans une fombra
2 & en la regardant
>> pendant long-temps, iln'eft fixement
>
point de
fijetfobfeurque nousn
> quelque lueur. Tous femblent n'ydécouvrions
>) après la vérité; mais
courir
> & la faififfent.
peu Patteignent
Certainement
> eft devenue notre
quand elle
grande
>> ne laiffe guères de
paffion, elle
> dinaires des
place aux foins or9 - les
hommes, & aux vues qui
occupent. Il ne fuffit pas de
e ner à fa recherche la
done d'unejeuneffeq
premiere ardeur 1
qui, avecaffez
e
d'adivité,
peut-être,p pour
S n'a pas aflez de pourfivre un travail,
maturité
s & pour revoir, Celui
pour pefer
>> des progrès réels dans la qui veut faire
2 confacrer
fcience, doit
lâge mûr, auffi-bien que la
>jeuneffe, les derniers fruits de l'au-
de
e ner à fa recherche la
done d'unejeuneffeq
premiere ardeur 1
qui, avecaffez
e
d'adivité,
peut-être,p pour
S n'a pas aflez de pourfivre un travail,
maturité
s & pour revoir, Celui
pour pefer
>> des progrès réels dans la qui veut faire
2 confacrer
fcience, doit
lâge mûr, auffi-bien que la
>jeuneffe, les derniers fruits de l'au- --- Page 320 ---
Hifoire des Maladies
comme les
fleurs du
>>
tomne
premierés
à l'autel de la vérité.
>> printemps,
Cujufvis errare nifi infipientis in errore
perfeverare. Cic.
Telles font mes intentions, s'il plait
à la Providence de m'accorder une carParvenu au comriere un peu longue.
mencement de mon automne 2 je pourflatter
du confeil & des
rois me
, qu'aidé
lumieres de quelques Savans, 2 je viendrois à bout de corriger un ouvrage que
la maturité de T'âge peut conduire au
point de fervir de guide à ceux qui viendront après moi, & qui trouvant du
moins la matiere ébauchée, pourront ,
en le corrigeant & P'augmentant, 9 le rendre plus utile.
Non nobis fed Reipublica nati fimus. --- Page 321 ---
de Saine Domingut.
31I
QU ESTIO
A.
PHYSIOLOGIC
An vita 6 mors mechanice Fane?
I.
corporis humani fors & conut femper ad
IBACE
Quibus legibus vivere interitum ruat.
confervatur, iifdem fenfim incipit, quibus
caufas ne fcifcitaris P in
labefadatur:
vivunt, motu pereunt promptu; motu
vis in corpore humano corpora. Quamlide, ratione fruéura, omnes partes foVae fint, & fluida
2 integrae ac, falperie, juftâque
quoque benigna temhilominis ubi horum quantitate conftent : nideficit; nec calor, motusprogreffivus
nutritio, neque
2 nec agilitas, 2 neque
cogitatio
fenfus, multo magisnec
obfervantur : fimul aç vero
* --- Page 322 ---
Hifloire des Maladies
fluida incipiunt rursis moveri, & circumvehi; protinis hac omnia, & fingula redeunt, & tunc dicitur adeffe vita.
Vitam itaque reétius definies, motum
progreffivum in circulum abeuntem fanguinis, atque humorum,ab impulfu cordis, & arteriarum, nec-non ab elatere
fibrarum proficifcentem, fecretionibus,
excretionibus totum corpus à coratque
confervanruptione, atque in integritate
tem, ejufque funétiones gubernantem:
Praclarè, Hippoc. lib. de Corde $ parag.
naturam ac caufas vita & mortis def5, cribit, dum de corde, & venis haec pronuntiat. >> Hi fontes funt humana natuhi flumina, quibus totum corpus
>> re,
hietiam vitam homini
>> irrigatur, atque
fuerint,homo
ubireficcati
9> conferunt,&
quâ
> moritur 9). Sed quo mechanifmo,
arte ifta fiant? enucleare > opus &clabor.
animalia, , & reptilia
Ut omnes plante,
funt, fic homo
cum feminibus fuis creata
mafculus., & foemina femine fuo non
- fruftratus cft, In prima igitur parente
nempe
>> re,
hietiam vitam homini
>> irrigatur, atque
fuerint,homo
ubireficcati
9> conferunt,&
quâ
> moritur 9). Sed quo mechanifmo,
arte ifta fiant? enucleare > opus &clabor.
animalia, , & reptilia
Ut omnes plante,
funt, fic homo
cum feminibus fuis creata
mafculus., & foemina femine fuo non
- fruftratus cft, In prima igitur parente
nempe --- Page 323 ---
de Saint Domingte.
nempè fcemina omnes omnium hominum 313
typiconditi fuére:ca germina iifdem
tibus donata funt quibus infiruda
partur adultorum
vidennulla induftria corpora, nulla enim ars,
eft qua novas
partes architeéterur in corpore dum addendo adolefcit: magnitudo quàm crefcendo illae
acquirunt, 2 nihil aliud eft quam filiorum
intaétilium quibus coalefcunt
amplificatio quâ maffae
germina,
facere poffunt. At ifta plus aut molis fibi
ovariis continentur
germina dum in
piritu faecundantead merè paffiva funt:
vitam
indigent qui blanda titillatione hauriendam
tum conciter, &
illa in moampliando vivificet.
II.
Vulgarem concipiendi normam
dera? generationis
confices microcofmi fons primordia mechanidua funt appendices, & origo, Uteri
tubae
cupata. Prodeunt ab uteri fundo fallopii nunles,
laterautrimque una geminum
tem
verfus tefproducuntur, 2 non
Tome II,
eguabilicavitatis
O --- Page 324 ---
Hifoire des Maladies
314 amplitudine, fed anguftiori principio 9
diametro latiori, tum rursis arcmox duétu, ac demum extremo, inftar
infundibulilacisiati. tiore
, patulo. Uterus, nafulco
turae non pienitendsrageneretitund tuvirile femen excipit t e flaccidae priûs
be, titillante fenfu voluptatis, erigunpatentiores, longiores, atque adeb
tur,
viciniores, laciniatà fuâ parte 2
teftibus
modo arreête infundibuli fimfuntfimili
ut hujus
brie teftem fic apprehendunt, orificium
anteriori parti fuperius tubae vehiculi
exquifité applicetur. A crafioris
compedibus expedita genitalis aura, qua
unicum plerumque cOIdatur iter, per profilit : hujus primo
nu, ad ovarium
ovi pellicuinvolucrum s mox oppofiti humor novihoflas penetrat : contentus veficula difténpitis ingreffu agitatur ; redagta, erup.
ditur ,jamque ad anguftias & à lateribus
tionem molitur. A tergo,
tum vicinae veficule, tum ipla
premunt fubftantia. Quo circà foecundatefticuli
ob minorem ex hâc
tum ovum anterilis,
nu, ad ovarium
ovi pellicuinvolucrum s mox oppofiti humor novihoflas penetrat : contentus veficula difténpitis ingreffu agitatur ; redagta, erup.
ditur ,jamque ad anguftias & à lateribus
tionem molitur. A tergo,
tum vicinae veficule, tum ipla
premunt fubftantia. Quo circà foecundatefticuli
ob minorem ex hâc
tum ovum anterilis, --- Page 325 ---
de Saint Domingue!
-parte renixum fertur, & è loculo fio 315 dejedum in obvium-tube foramen delabi.
-fur, & emenfô canalis viâ in uterum
-tandem decidit. Subtilior
calidior expanfiva feminis igitur, atque
-fanguinis pars, in primis foetûs 2 & pofteà
rudimenitis,expanfionem fibrarum
:qua elatere inftruéa
cordisincipit,
expanfionis, fe fe
impatientes iftius
contrahendoin
num flatum reftituunt, & ita
priftifH dem diebus lympham,
primis qui-
-in tubos arteriofos
mox fanguinem
-fanguinis
expellunt, qui tubià
expanfivâ 9
1 tiâ identidem
calidâque potenvim
dilatantur, & pofteà ob
quoqueelafticam, fe fe contrahunt.
IIL
Ovum in - utero delapfim
dem diebus non illi
primis qui.
m fine ulla cum eo cohaefione annexum eft, fed
E lutumque
liberum fomagnà
deprehenditur; at confumprâ
lymphee parte in quâ
eft, grandefcit, fpeciem foetâs conceptus
incipit, & ab extimâ chorii induere
pellicula
Oij --- Page 326 ---
Hifoire des Maladics
ma:
excrefcentias fibrotas utero
pullantes
dultris, ceu terra ingerit, ut tepido, eft foeAlus
cique ejus rore perfruarur. circuitus: foetus, alius matris fanguinis
tus à matre alimentum quidem recipit,
uteri fotu veluti incu-
& molli ac tepido
ullâ vaforum
batu continetur; ; fed fine
vafis foetûs anaftomofi, aut
matris cum
ita ut ex his ab ilià aliquid
conjunatione, fed fecretâ folum lympha
deferri poffit;
uteri per hujus vaginulas 2 in
ex arteriis
a
in foetum deferpapillas chori, atque è foetu ad matrem retur * : nihil vero
continet
Funiculus umbilicalis
portatur.
ab ipfà foetûis extremiduas arterias qua iliacos, vel ab ipfis
tate propè ramos
venam etiam
iliacis ramis derivantur :
includit binis arteriis ampliorem, qua
venâ cayâ canaliculo venofo per
ex
ad umbilicum tendit :
venam porte
more laxius contorta
deinde vafafiniculi
Reg: Parifp-3*
* Thauri, A6lus Academia
4699.
icalis
portatur.
ab ipfà foetûis extremiduas arterias qua iliacos, vel ab ipfis
tate propè ramos
venam etiam
iliacis ramis derivantur :
includit binis arteriis ampliorem, qua
venâ cayâ canaliculo venofo per
ex
ad umbilicum tendit :
venam porte
more laxius contorta
deinde vafafiniculi
Reg: Parifp-3*
* Thauri, A6lus Academia
4699. --- Page 327 ---
de Saint Domingue.
ad chorion, quâ
tituit
parte placentam confmultiplicibus ramis vaforum umbilicalium nomine protenduntur
vaforum excurfione
; qua
tio foetus
contingit, ut pordente
fanguinis ex aortâ defcenper arterias umbilicales ad tunicas, & placentam refocillandas,
triendas
9 & nudeferaturs pars verô refidua
venam umbilicalem ad foetum,
per
venam portae reducitur.
atque ad
nam portae reduélus,
Sanguis ad Vepate, in venam
falutato tantum hecavam
in' ventriculum cordis defértur, ex cavà
in arteriam
dextrum, ex hoc
in
pulmonalem appulfus partim
pulmones, 2 partim in canalem
riofum dividitur : ex pulmone redux arteguis in auriculam finiftram
fanundè partim per foramen ovale prolabitur,
culam dextram,
ad aurilum finiftrum 2 partim per ventricupropulfuis in
tam fyftole cordis
arteriam aorprojicitur * Sic pulmo
*
Mery, 3 AG. Acad. Reg.Parif
Litre, A6t. Acad.
P-25,1699;
Reg.r.3 36, 1701.
O 111 --- Page 328 ---
318Hifoire des Maladies
foetu
vifcus iners & paffivum hucufquèin
habitus fenfim ac fine fenfu circulationi
accommodatur ; fic ad circuitum fanguinis in pulmonem non abfolutèr requiritur
refpiratio; fic in foetu ac in adulto ferè
idem circuitus, eaedem funêtiones : foetus enim deglutire, ftomachum triturare,chylificationim peragi, & per ourachum urinam mittere * > abfque abfurdo
in medium poteft proferri : hinc corpus:
humanum opus eft quod primo ab ortu 1
earumdem pocreatum moveripergit per
aflixe
tentiarum leges queillià creatione
funt ; hine univerfe animalis oeconomiae
ordinatio eft à Creatore faéa fuis
una
legibus, & regulis qua vitam proftipata
confervant ,.ac
ducunt, quae produétam
tuentur.
* Thauvri, AEt. Acad. Reg. P. 32. 1699.
Littre, A&. Acad. Reg.
ortu 1
earumdem pocreatum moveripergit per
aflixe
tentiarum leges queillià creatione
funt ; hine univerfe animalis oeconomiae
ordinatio eft à Creatore faéa fuis
una
legibus, & regulis qua vitam proftipata
confervant ,.ac
ducunt, quae produétam
tuentur.
* Thauvri, AEt. Acad. Reg. P. 32. 1699.
Littre, A&. Acad. Reg. --- Page 329 ---
de Saint Domingue,
319.
IV.
Excuffis aguarum jugo & pondere,
recens natus aeris levitati & inconftantia
traditur, 2 cujus rara, fluida, &
His eft natura; comprimi
(pirabilire
pariter 2 ac refievolvique aptus, preffus undique,
&cconcrerus, ,
pelli facilis
Ponderodesispinisycom
eÔ loci, ubi minor eft refiftentia, per OS, per nares in trachaam,
bronchia, & veficulas pulmonales illabitur, depreffafque & labentes totius
pulmonis fiftulas infpirat, evolvit; animat 2 non fecus ac fpiritus
ma futuri corporis ftamina fecundanspri- fuo
condita quae feriabantur
germine
tat
&
fuoappulfia agiexplicat. Refpirationis beneficio
non folum fanguinis circuitus
tur, fed. & longits producitur; promovein foetu parcè & timide
qui enim
nullaque alia vifcera pulmonem, 3 nonperreptabat, eadem
per infinitos canaliculorum tubulosaccedente relpiratione
penetrat, tunc ampliantur, 2 & humores qui prameatuum
O iv --- Page 330 ---
Hifloire des Maladies
nondum evolutorum anguftis
.in partibus nunc fecernuntur, herebant,
tymus retinebat, capfula
2 lympham
rum refervabant, in
atrabiliariae fe.
debat, fuum
jecore bilis refipancreas fovebat
neque duétus falivales dimittebant fuécum,
hujufmodi humorum
fusum,
neque multum fanguini circuibat parum,
tus erat foetus in evolvendis, reddebatur : toaggerendis, cumulandifque augendis,
cupatus, fuccorum
partibus OCtator avidus, nullius occultator, & recepgus, imo omnium largitor, & prodiparciflimus & avarus
cutos.drinipiratus aër
fus pervaditveficulas, pulmonibus illaptumet, languentes fibrarum evolvitur pulmo,
ofcillationes ac vim fyftallicam vaforumque
intendit ; tunc humores
maxime
& contriti perfedtius
magis fubadti,
nuantur; proindeque dividuntur, atte-
& funationes
omnes fecretiones
microcofmica perfedihs
peraguntur,fcillins corpus humanum: beneficio non modo
tum pervenit, fed ad & conveniens augmencontinuo reparatur
, pulmonibus illaptumet, languentes fibrarum evolvitur pulmo,
ofcillationes ac vim fyftallicam vaforumque
intendit ; tunc humores
maxime
& contriti perfedtius
magis fubadti,
nuantur; proindeque dividuntur, atte-
& funationes
omnes fecretiones
microcofmica perfedihs
peraguntur,fcillins corpus humanum: beneficio non modo
tum pervenit, fed ad & conveniens augmencontinuo reparatur --- Page 331 ---
de Saint Domingue:
ac reftituitur. Càm enim calor
321.
feu fanguinis motus continuo naturalis,
fuccos confiumat,
temperatos
utilefque in inutilesatque excrementitios convertat, opus utique eft, ut in horum locum nova femper temperatorum acceffio fiat,
lus in ore praparatus,
Chybadus,i ininteftinis 2 in ventriculo fitfecretus, in mefenterio elaboratus, in laéteis
lutus & permiftus,
ad glandulas diguini confufus
, in vena jugulari fan-
,in auricula, &ccorde
tro accuratits miftus
dexattenuatus, in
3 folutus 2 fubadus,
lindricis 2
canalibus conicis,
arteria pulmonalis valide &ccyfnsà à poftico, repreffis à
prefratur in formam folidarum lateribus, figuin toto corpore
& fluidarum
nihil aliud eft partium. Tuncife fuccus
mogenea albumini quam lympha prorsàs hoovi ex
tum fimpfit foetus : ex eb quoincremenOmneshumorum
non tantim
dilatantur,e
rivulid-dueuntur, vala
elongantur, fibre crefcunt &
firmantur; fed etiam quidquid
ris imbflantia affluxit,
humidioconfumprumque
C V --- Page 332 ---
Hiftoire des Maladies
fuit ab eo fucco refarcitur; adeè nt om
five aiba, five fannes corporis partes
fubftanguinea ortum fuum, fnamque
tiam à lymphà ducere fe manifeftents
iinde reêtè poteft concludi ex quibus generamur 2 ex ifdem etiam confamus &
nutrimur.
V.
Sed, miferam hominis fortem ! quo
corpus noftrum nutritur ac recuperatur,
deftruitur, quod vitae alimeneo ipfo
exiftit. Nutum, mortis veluti pabulum
tritio eft linitus & incruftatio quâ nutritiorum fuccorum particulae interius vaforum parietibus applicantur 8 , affricanadunantur (exulet emim à noftra
tur,
ille infitus, & architecTheoriâ fpiritus
helmontii, nutritonicus, vel archeus
tionis corporis reêtor , aut ceconomus 2
fermentum aliquod fucci nutritii naaut
nutritias
turam mutans atque particulas
fale fuo nutriendis partibusafigens) fitc- .
materia eft lenta, mollis 3
cus nutritius
forum parietibus applicantur 8 , affricanadunantur (exulet emim à noftra
tur,
ille infitus, & architecTheoriâ fpiritus
helmontii, nutritonicus, vel archeus
tionis corporis reêtor , aut ceconomus 2
fermentum aliquod fucci nutritii naaut
nutritias
turam mutans atque particulas
fale fuo nutriendis partibusafigens) fitc- .
materia eft lenta, mollis 3
cus nutritius --- Page 333 ---
de Saint Domingue.
fluxuola, adhaeffis amans &
nis. Alibiles atomi fortits adaéte, compactiopreffe contaétu medio & immediato fu- &
perficierum cum partibus nutriendis COhaerent 2 & copulantur ; eoque
quod obnoxia femper fint &
magis
praterlabentis fanguinis fluento, fubjedae
tui inprimis globulofe illius
rotaqua illas affiduè deprimit, undè portionis in latera
curvatilia compelluntur,
fic humorem hunc roridum Scineruflantur;
phaticae exhalant
quem lymparticule,
globuli pandunt, & complanant, fanguinis.
gantque, cuminterim pinfunt,
laevicorporantque fyfaltici
denfant,
continuo illo affridu, & partiumi@us; fic
partes pedetentim in fubftantiam appulfir omnes
neam, deindé cartilagineam, &
caroffeam degenerant.
tandem
& rigidis faétis, languent Vafisfoldefcentibus,
rantur pori,
fibrae, oblitetranfpiratio
hinc fluida torpida
imminuiturs.
congeftionibus
2 folidaque inertia.
de caufa anfam flafibufque bumorum levi
prabent, proindeque fe0 vj --- Page 334 ---
Hifoire des Maladies
neêtus morbus melins
In hâc vitae ultima fcaenâ nuncupabitur,
vacuum cerebro
ficcum &
tes humoribus
caput fubjectas parobruit, tentatur & vertigine qua ut preit Apoplexiam, ita hac
fi folvatur, ferè in Paralyfim
fenibus vite portio
definit;en
quanta manet ! !hebef
cunt fenfus, cum voce trementia
in facie
labra,
pallor > madidique infantia
fi libros repetit, duplex fe littera nafi:
eripitur fine noôte dies, nifi ficcurrant findit;
oculi vitrei; pramoritur
ditus, inceffus,
odoratus, aulclioni
exangui & funereo Eudentes fuis excuffi alveolis balbutiem pariunt. Hae funt primitiae
fic illis defluit aetas
mortis,
tum
> queis poena eft toquod vivunt; qui acerbis dolorum
fuppliciis confraéti, & affiduis cruciatibus fapientes fadti,illud ad Midam Sileni
veriffimum
experiuntur, optimum effe
non nafci, aut quàm celerrimè mori. At
certè multis iners vita fine ufi jacet
ità ut fibi fint odio, caeteris
fui,
nihil optabilitts
graves > tum
quàm quae eft in propin-
poena eft toquod vivunt; qui acerbis dolorum
fuppliciis confraéti, & affiduis cruciatibus fapientes fadti,illud ad Midam Sileni
veriffimum
experiuntur, optimum effe
non nafci, aut quàm celerrimè mori. At
certè multis iners vita fine ufi jacet
ità ut fibi fint odio, caeteris
fui,
nihil optabilitts
graves > tum
quàm quae eft in propin- --- Page 335 ---
de Saint Domingue,
quo mors omnium dolorum &
& finis.
folutio,
Quacumque enim & artes mo
liuntur, 2 & parit natura; una mors hac
fibi vindicat : ftant ut ruant 3 vivunt ut
obeant: huicextremo difcrimini fervatur
orbis, & fingula omnia quae mundi finu
coèrcentur. Ita nafcentes morimur, finifque ab origine pendet.
Unde fuperbit homo, > cujus conceptio culpa,
Nafci pana, labor vita, necelfe mori?
Ergo vita 6 mors mechanice fiunt.
Proponebat
TISTA -
RemidheloaxNESDAR
RENATUS PoUpPÉ
DESPORTES, Armoricus Rhedonenfis, & faluberrima Facultatis
rifienfis Alumnus.
Pa- --- Page 336 ---
Hifloire des MaladicsCOPIE du Brevet de Médecin du
Roi à Saint Domingue pour le
fieur Pouppé Defportes.
A Ujourd'hui vingt-cinquième du mois
de Juillet 1732,le Roi étant à Ver-w
failles 2 voulant commettre uneperfonne CXpérimintée au fait de la Médecine pourfaire
les fontions de Médecin en rlfle de Saint
Domingue, 2 G Jachant que le fieur Pouppe
Defportes a l'expérience nécefaire pour s'er
bien acquitter, Sa Majeféla retenn 6 ordonné, retient 6 ordonne Médecin en PIfe
de Saint Domingue spour, en ladite qualité, vifiter dans leurs maladies les Oficiers
e Soldats qu'Elley entretient, leur ordonner les remedes convenables, 6 prendre un
foin particulier de leur guérifon, G pour ledit emploi exercer aux honneurs 6 appointemens qui lui feront ordonnèsparl les Etats
de Sa Majefté. Mande Sa Majeflau Gou- --- Page 337 ---
de Saint Domingue,
verneur 6 fon Linuenan-Géniral des 327:
Jous le venz de LAmérique, & a
Ifes
PIntendant de Juftice, Police 6 Finances des IF
les, de faire reconnoitre leditficur Pouppe
Delportes en ladite qualité de Midecin, de
tous ceux 6 ainf quil appartiendras G
pour témoignage de fa volonté, Sa
m'a commandé de lui expédier le Majefé
Brevet qu'Elle a voulu figner de fa préfent
& être contrefigné par moi
mains.
taire d'Etat, 6 defes Commandemens Confeiller-SeereFinances. Signé
LOUIS; & plus bas,.
PHELYPEAUX,
itficur Pouppe
Delportes en ladite qualité de Midecin, de
tous ceux 6 ainf quil appartiendras G
pour témoignage de fa volonté, Sa
m'a commandé de lui expédier le Majefé
Brevet qu'Elle a voulu figner de fa préfent
& être contrefigné par moi
mains.
taire d'Etat, 6 defes Commandemens Confeiller-SeereFinances. Signé
LOUIS; & plus bas,.
PHELYPEAUX, --- Page 338 ---
Hpoire des Maladies
EXTRAIT des
Regifres de PA
cadémie Royale des Sciences.
Du 20 Novembre
1745.
M Onfeur Bernard de Jufien
dit que depuis la mort de M.du ayant
arrivés er 1739, avoit
Fay,
le commerce de lettres toujours continué
fur des matieres de
Phyfque 6 dHifoire naturelle,
établi entre M. du Fay 6 M,
qui étoit
portes, Médecin du Roi
Pouppé Def.
de Saint
au Cap François
Domingue, nommé
de PAcadémie dès
Correpondant
dit feur
Pannte1738; ; 6 que lefaire
Depons, qui lui a promis de lui
part de fes obfervations G
défireroit que ce fiie
dieovenus,
toujours en qualiré de
Corre/pondant de LAcadémic ; la
gnie, à qui le mérite 6 la
Compafieur Defportes font déja
capacité dudit
firméle tiere de fon
connus, luiaconhorte à continuer Correfpondant, 6 Dexce commerce avec le plus --- Page 339 ---
de Saint Domingue.
de régularité qu'il fera polfible, perfuadée 329
qu'elle en tirera de Putilité, 6 que tout ce
qui viendra de Zui méritera l'auention 6 la
curiofité des Savans. En foi de quoij'ai
figné les préfentes, auxguelles j'ai appofe
le Sceau de l'Académie. A Paris ce 26Novembre 1745. Signé GRANDJEAN DE
FOUCHY, Secretaire perpétuel de PAcadé.
mie Royale des Sciences, 6 Jeellé. --- Page 340 ---
330.
Hifloire des Maladies
LETTRE de M. DESPORTES à M.PAbbe
fon-Frere.
Mox CMER FRERE,
Je rifque dans le Vaiffeau Comman-,
dant de notre Efcadre, 2 à votre adreffe,
une boête de graines pour le Jardin du
Roi, dans laquelle jai mis deux pieds
d'lpécacuanha que j'ai trouvé à S. Domingue, & que j'ai - nommé
Viola parvifora, veronica maris folio 9 1
foribus ex albe-violaceis, radice albii feu
cinered.
Les cffets de cette plante font plus
doux & auffi falutaires que ceux del'Ipécacuanha du Bréfil.
Je dois à l'envoi que MM. de Juffieu
m'ont fait de la figure du Quinquina, 2 la
découverte de trois efpéces. L'une m'a
paru avoirun parfait rapport avcc la def
cription que M. de Ia Condamine a en-
9 1
foribus ex albe-violaceis, radice albii feu
cinered.
Les cffets de cette plante font plus
doux & auffi falutaires que ceux del'Ipécacuanha du Bréfil.
Je dois à l'envoi que MM. de Juffieu
m'ont fait de la figure du Quinquina, 2 la
découverte de trois efpéces. L'une m'a
paru avoirun parfait rapport avcc la def
cription que M. de Ia Condamine a en- --- Page 341 ---
de Saint Domingue,
voyée du Pérou à l'Académie des 331
ces.
ScienL'écorce toutefois du Quinguina de
Saint Domingue eft plus brune &
mince. Ily a long-temps
plus K
à MM. de Juffieu de ces quej'aifirpart.
de plufieurs
découvertes, &
voir être
autres queje fouhaite pouutiles, & nous donner
tage de trouver dans nos Colonies l'avan-.
tes les drogues que nous tirons des tou-. Ef:
pagnols & des Portugais.
J'y joins une efpéce d'infeéte
eft
une mouche luifante
qui
par l'extrémité du
corps. Elle eft d'un beau
dont les aîles font à leurs rouge-pourpre,
bleu célefte. Je l'ai
extrémitésd'un
efpéce d'Indigo
rencontrée fur une
nommé par Plumier
Emerus alaifimas,falis maximis,
ribus luteis magnis, sfeliqiud
foCet infeéte m'a
wcitongifimi.
teinture
paru donner une belle
pourpre.
Vous trouverez auffi, MO N CHER
FRERE, dans la
des Maladies
boëte, mon Hiftoire
n'ai rien à
que vous demandez. Je
vous refufer; mais je n'ofe --- Page 342 ---
Hfoire des Maladies
trop me flatter. Vous favez ce
dit
la
que
Bruyere : 55 Quelle horrible
9 un homme qui eft fans
peine à
9) fans cabale,
prôneurs &
qui n'eft
dans
9 cun corps, qui eft feul engagé
aut9> ajouter qui eft 2
& vit
(je pourrois
5 faire jour à
aux Ifles) de fe
travers l'obfcurité
$> fe trouve >! Confultez
ojr il
facrifiez à leurs
nos amis, &
confeils une prévention
qui nousaveugle pour l'ordinaire. Je
raffure fur votre prudence.
me
conduite
Inquiet fur la
que j'ai tenue
fais mille
juiqu'ici, je me
vivacité reproches aujourd'hui fur la
d'une jeuneffequi, éblouie
quelque apparence de furccès, n'a par
être cru devoir douter de
peutpeu qu'on
rien; & pour
réfléchiffe, on
du vuide dans fes idées. apperçoitbien
curas hominum ! 6 quantum eft in
Quis leget hec ?
rebusinanet
On eft bientôt dégoûté d'un récit
nuyeux de maladies.
enpar-ci par-là
Quelques portraits
réveilleroient, du moins
blouie
quelque apparence de furccès, n'a par
être cru devoir douter de
peutpeu qu'on
rien; & pour
réfléchiffe, on
du vuide dans fes idées. apperçoitbien
curas hominum ! 6 quantum eft in
Quis leget hec ?
rebusinanet
On eft bientôt dégoûté d'un récit
nuyeux de maladies.
enpar-ci par-là
Quelques portraits
réveilleroient, du moins --- Page 343 ---
de Saint Domingue.
pourroient exciter l'attenton
fité. Mais
ou la curioma maxime eft de plaindre &
ne jamais blâmer perfonne, Ce n'eft
qu'aux Mles un Médecin ne puiffe
pas
trer les hommes mieux
péné.
monde,n'en étant
qu'en Pays au
ture fe déguile
peut étrepas oùt la nacher Frere.
moins. Adieu, mon trèsLe Vaiffeau eft fous
prêt à partir. Que ne puis
voiles
& vous aller
je en profiter
bien des chofes. rejoindre? Je vous dirois
Ma fanté depuis
temps chancelante me devroit quelque
ner à fuivre le conteil
détermimême
que je donne moiaux autres, & à repafferen
ce. Mais comment
Franguerre? Mon devoir... quitter pendant la
& les
allées & venues de nos Efcadres fréquentes
tiennent comme à la chaîne me reles trois
quartidel'amnée.Sije
de recommander
meurs,jauraifoin
tous mes
qu'on vous remette
papiers, mes raretés & curiofités. Aimez toujours votre Frere,
Au Cay Frangois ce 25 DESPORTES. Arily247. --- Page 344 ---
Hifoire des Mala dies, Gc.
Extrait des Mémoires de Trévoux. Aoiit
1754, pag.1 1955.
Na dans ce Volume ( (année 1748)
d0 d
l'Hiftoire des Maladies épidémià Paris,en mêquesde 1748,obfervées
me temps que les différentes températude
M.Malonin. Cette Hifres
l'air, par
Maladies de
toire nous rappelle celle des
Saint Domingue, par M. Defportes, Mé
decin du Roi au Cap. Nous avons lu cet
excellent Traité manufcrit. Il eft fuivi
des Plantes médécinales ,
d'un Catalogue
vénéneufes & alexipharmaques de ce
Pays. Nous fommes furpris que depuis
la mort de fon Auteur, on n'ait pas enun Ouvrage, où un zèle pur
core publié
& éclairé fur le bien de cetteimportante
Colonie, a raffemblé le fruit de quinze
années d'obfervations utiles & de recher:
ches curieufes.
excellent Traité manufcrit. Il eft fuivi
des Plantes médécinales ,
d'un Catalogue
vénéneufes & alexipharmaques de ce
Pays. Nous fommes furpris que depuis
la mort de fon Auteur, on n'ait pas enun Ouvrage, où un zèle pur
core publié
& éclairé fur le bien de cetteimportante
Colonie, a raffemblé le fruit de quinze
années d'obfervations utiles & de recher:
ches curieufes. --- Page 345 ---
APPROBATION de M,
Midecin de la Faculé de GUETTARD; ;
cadémie
Paris, de l'A.
Royale des Sciencis, G
Royal.
Cenftur
T'Ailu, par ordre de
Monfeigneur le
Chancelier, un Manufcrit
Hifoire des Maladies de S.
intitulé:
par M, Pouppé Defportes,
Domingue 2
ajoint une
, Gc. auquel On
Remedes Pharmacopée ou Formules des
néceffaires dans ces Maladies,
compofée
principalement des
cette Ifle, fitivie d'un
plantes de
de toutes les
Catalogue général
menteufes, plantes médécinales, ali-
&c. des bois
batimens, &c. d'une
propres aux
ques Arts établis à S. defcription de quel.
d'un Ouvrage fur les Domingue ; enfin
res des plantes. Cette caraéteres des genges du même Auteur colleéion d'Ouvra.
plusintéreffante,
m'a paru d'autant
habile, &
> qu'elle fort d'une main
qu'ilyeft traité des
d'une Iile la plusimportante
Maladies
foit par rapport au nombre pour de l'Etat,
fes habi: --- Page 346 ---
tans, foit parles avantages qu'on en retire; motifs qui doivent engager à imprimer un Ouvrage dont l'utilité peut
s'étendre à toutes les autres Hles, &
qui fera un conduéteur fûr pour les Médecins que la Cour peut y envoyer. A
Paris ce 26 Oaobre 1769.
GUETTARD.
Fin du Tome fecond,
TABLE --- Page 347 ---
ban 22 en
A a Ta 4
Ax XA
TAB L 1 E
DES M ATIERES
Contenues en ce Yolume,
A
Ascis au Foie
au Lombe
2 pages 141 & 18;.
- au
droit, 188.
-
Poumon, 178.
au Tefticule, 179.
Acoanchemene 236 & fuiv.
Amputations Avis &
222 & 223.
confeils pour
vais effets des
prévenir les mauporter aux Ies, coniintions,de 265 &
fe bien
308.
B
BAs de mer pour le
Boulet, (M.)
Spafme, 162;
cien
Chirurgien du
Major de l'armée: Cap,& anAnatomifte, 206.
d'Italie, bon
C 3
Cart (Effer
des fiévres
du) dans la léthargie
Tome II, lymphatiques, 218.
P
223.
confeils pour
vais effets des
prévenir les mauporter aux Ies, coniintions,de 265 &
fe bien
308.
B
BAs de mer pour le
Boulet, (M.)
Spafme, 162;
cien
Chirurgien du
Major de l'armée: Cap,& anAnatomifte, 206.
d'Italie, bon
C 3
Cart (Effer
des fiévres
du) dans la léthargie
Tome II, lymphatiques, 218.
P --- Page 348 ---
338.
TAI BLE
Cazevielle, (M.) Chirurgien fort attaché à fa profcilion, 227.
Coloquinte bouillie en eau de mer, 169.
Cloyne, (M.1 l'Evèque de) fur les maladies, & l'Eau de Goudron, 2 & fuiv.
& 309.
Cancgu, (M.) Chirurgien à Limonade.
Remedequilemploie avec fuccès pour
les Pians, 89.
Convalefcences, Obfervations fur les)
302 & 304.
Coup de feu, (Cure d'une mauvaife plaie
provenante d'un) 220.
D
DARTRES, 123 & fuiv. & 232.
Dondon (le Quartier du) dans le Gouvernement du Cap, 58.
Du Verney (Obfervations de M.) fur
les carnofités dans la verge, 183.
E
Exv de Goudron, 3:
Ecrouelles, IIO & - 227.
Enfans, ( Fievres des) & vers auxquels
ils font fujets, 245 & fitiv.
Epilepfie 2 (Abcès à la glande pinéale s
caufe d') 209. --- Page 349 ---
DES MATIERES.
Ettmuler (obfervationd") fur les antifcorbutiques, 39.
F
Fenses groffes, (maladies des) 242
& fuiv.
Fleurs blanches fimples, fymptôme de
Cachexie, 21.
Flux chyleux on coeliaque, II2.
Foie fans vélicule de fiel, 206.
Fracture & carie aux deux fémurs à la
fuite du Spafme, 171.
Obfervation fur le panfement des
fractures, 227.
Freres de la Cofte. Raifon pour laquelle
il Cn périt moins que d'autres, 9 foit
nouveaux venus, foit habitans du Pays,
265.
G
GANGRENEE
particuliere aux grosintef
tins, 190.
Remedes fpiritueux mauvais dans
la gangrene, 219.
Gonorrhée, (la) 65.
Gourmandife, (fuite facheufe de) 148.
Goutte, Hiftoire d'un Goutteux, , 208.
Gravelle. Plufieurs Habitans en font attaqués par accident, 215.
Pi ij
--- Page 350 ---
TAB L E
Guimbaut, 2 (M.) Chirurgien, 2 120.
H
H ECQUET. (M.) Son opinion fur les
faignécs du pied à Pégard des Pays
chauds,274.
Hémorragie ou flux hémorrhoidal interne, 59.
Hydropique guéri pour avoir bu de la
leffive de linge falc, 122.
Hypocondriaque (Confulration pour un)
menacé de fcorbut, 43.
J
a
AUNISSE, (de la) 207.
Injedions, inutiles en certains cas, 155
& 156.
Juncker (remarques de) fur les antifcorbutiques, 40.
K
K, ARATAS; les Efpagnols l'employent
dans le Spafme 2 163.
Kifls,79.
L
LA, 106 & fuiv. & III &185.
Le Pers, (le R. Pere.) Jéfitite, 301.
Liane à Perfil; ; effet qu'elle produit, 82.
, (de la) 207.
Injedions, inutiles en certains cas, 155
& 156.
Juncker (remarques de) fur les antifcorbutiques, 40.
K
K, ARATAS; les Efpagnols l'employent
dans le Spafme 2 163.
Kifls,79.
L
LA, 106 & fuiv. & III &185.
Le Pers, (le R. Pere.) Jéfitite, 301.
Liane à Perfil; ; effet qu'elle produit, 82. --- Page 351 ---
DES MATIERES:
M
MAL de
féche, confomption, ou pulmonie
-
140.
d'eftomac, 15 & fuiv.
Maladies, de mâchoire, 5 159, 167 & 174.
249 & fiiv. leurs principales caufes 2 &c,
des OS de la jambe, du tibia, da
peroné, &c. 222 & fiiv.
Mereure, (préparation du) 89.
N
NEGREs ou Noirs; obfervations
ticulieresfitrleurs
par
moeurs & leurs maladies, tempéramens. 2 leurs
Négreffe, (hiftoire
267 & fiiv.
teils des
d'une) dont les OFcrabes
pieds étoient remplis de
ou ulceres , 73.
O
BSTRUCTIONS, 2 Squirres, &cc.
Opération; faire
ne pas trop fe preffer de 203. la
dans l'abcès au foie, 149.
P
Pamacua, (M.)
Pâles couleurs dans un Chirurgien, retardement 174.
regles, 217.
de --- Page 352 ---
TAB L E
Paracentefe, (opération de la) 119.
Pertes guéries par la fcule décoétion d'écorce d'Icaquier & parle Cachou, 60.
Philbert, (M.) Chirurgien à Mariborou,
171.
Pians, (les) 61 & 85.
Pierre enkiftée au duodenum - s 21I &
fuiv.
Pouls, (obfervations fur les variations
dans le) 295;
Poux de bois, (efpece de fourmis) remede des Efpagnols pour le fpaime,
170.
Pronoftic, (obfervations fur le) 298..
Pulmonie, 2 (de la) 134 & fuiv.
Purgatifs, (obfervations fur les) 299.
Q
UESTIO Phyfiologica. An vita 6
mors mechanice fiant, 311.
Quinquina, (obfervations far le). 301:
R
RarE, (grande Rate ; ce que penfoientles Anciens par rapport au gonflement de la) 28 & 29.
Reflux de mauvais levain fcorbutique
8 vérolique, 191 & fuiv. --- Page 353 ---
DES MATIERES
Regles, (fuppreffion & retardement de)
22 & 217.
Remedes pour les Gonorrhées, > 80 &
fuiv.
pour THydropifie,
-
pour le Scorbut, 51 1R fuiv.
Rétréciffement des gros inteftins à la
fuite de la Diarrhée, 201 & 202.
Rhumes, catarres & fluxionsd dej poitrine,
26, 127 & fuiv.
S
SAIGNÉEs, (Obfervations fur les) 273
& fuiv.
Sang, (Remarques & obfervations fur
le) 36 & fuiv.
Sault, (M. de) Médecin de Bordeaux,
139.
Scorbut, 28.
Spafme, 157 & fuiv.
Sublimé corrofif, remede pour les tumeurs & ulceres quiarrivent aux pieds
desNegres, 74 & 85.
Surdité guérie par le mercure, 200.
T
Tansc.(h cendre de) remede des
Negres, 170.
& fuiv.
Sang, (Remarques & obfervations fur
le) 36 & fuiv.
Sault, (M. de) Médecin de Bordeaux,
139.
Scorbut, 28.
Spafme, 157 & fuiv.
Sublimé corrofif, remede pour les tumeurs & ulceres quiarrivent aux pieds
desNegres, 74 & 85.
Surdité guérie par le mercure, 200.
T
Tansc.(h cendre de) remede des
Negres, 170. --- Page 354 ---
344 TABLE DES MATIERES.
Sur T'ufage de prendre du tabac &
de fumer, 307.
Tabes dorfalis, ou Phtifie dorfale, 201.
Tafha, (le) 172.
Terreurs paniques, 2 ( fâcheux effets des)
233 & fuiv.
Tefticule gauche fquirreux , 75.
Trévoux, (Extrait du Journal de) 334V.
V ÉROLE, (de la) 60, 64 & fitiv.
Dépôt vérolique, 198 & 199.
Vérole, (Hiftoire d'une petite) 235.
Ulcere mauvais guéri par la fievre, 229.
Vers trouvés dars l'oelophage e& la glotte
d'un enfant, 248.
Vers (efpece dc) ronds auxquels font
particulierement fujets les Negres, &
lai maniere de les expuller,3716cx72.
Fin de la Table, --- Page 355 --- --- Page 356 --- --- Page 357 ---
E770
P877h
V,2 --- Page 358 ---
-
vsr --- Page 359 ---
à
a --- Page 360 ---