--- Page 1 --- --- Page 2 ---
SVAr 4
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2 3
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- SO
GATI 1) - FO
Carter Brotom.
Bobn --- Page 3 --- --- Page 4 ---
HTC.
DY- --- Page 5 ---
Yalislatoire cle Cdvonneetaie fe Para.1818.
2.aportu del'ivar de La trairc
cles negres -
Leves. 1818
-3.9mpooc cles Tuib
(Pari 1818)
*. Rappot-turbakinc yaime M" Oeaus 1818
* 5. Colombel: Retleaious Jur
quelg ulr Feuirs. - UM.
lenrautrice. 1818
* 6. Precis hi, lonque 86 ur le Rwolulau
Dcs hnumces u De lammengie.
du Bud -
Pars.. 1819
*Y. Colombel: Sramen 0 un
Paruh pleles fe - e PorronPruate.1Sy
*.B.dNr- --- Page 6 ---
E --- Page 7 ---
VAOEON
CARTER
3BORT)
HISTOIRE
DE
LINSURRECTION DES ESCLAVES
DANS
LE NORD DE SAINT-DOMINGUE. --- Page 8 ---
20 1
230 (
a DA 1483
Imprimeur de S. A. S. Madame
Imprimerie de P. N. ROUGERON :
N. 22.
la Duch. Douair. d'Orléans, rue de THirondelle, --- Page 9 ---
PRÉF ACE. 1
Ls ouvrages les plus assurés de l'immortalité appartiennent à l'histoire et à la
poésie. Presque tous les autres:
varient ou périssent dans la
changent,
de l'avenir. Comme la
longue route :
plie que de fictions
poésie n'est remplus propres à divertir
l'esprit humain, qu'à
m'a
Tinstruire; Thistoire
paru plus digne de
qu'elle est l'étude de la vérité T'homme, 2 parce
de T'expérience.
et une école
Après avoir
avec quelques succès, dans le barrean employé,
jours de ma jeunesse
les
dans
(1), j'ai cru
un âge plus mûr
devoir,
Thistoire, et de tous les 7 m'appliquer à
offerts à mon esprit,
sujets qui se sont
de
je n'en ai guère trouvé
plus
intéressant, 2 ni de plus mémorable
() Méjan, Recucil des Causes
Célbbres, an 180g.
--- Page 10 ---
R
PRÉFACE.
3]
des esclayes dans Ie nord
queliauamenion
de Saint-Domingue.
écrivainjusqu'à présent n'a donAucun
né le ton 2 les couleurs, P'enchainement
la
de Phistoireà cet événement
et dignité
recherché pénibleremarquable, dontj'ai
les détails, soit dans des écrits nomment
néanmoins de
breux et divers, > remplis
précieux matériaux 2 soit en interrogeant
des vieillards qui ont vu cette époque
cause de leur ruine, d'un
désastreuse 2
eux, soit
exil amer et sans retour pour
d'anciens et d'illustres caen consultant
manqué d'y sipitaines qui n'ont pas
leur valeur avec des talens polignaler
tiques.
J'ai mis principalement mon attention
à suivre. la vérité à travers les haines,
les factions diverses et les
les vengeances, qui, jusqu'a ce jour, ont
intérêls opposés
devant servir de guide
étouffé lo flambeau
dans la recherche des faits ayant rapport
à cette histoire. Toutefois, sans un prélat
d'anciens et d'illustres caen consultant
manqué d'y sipitaines qui n'ont pas
leur valeur avec des talens polignaler
tiques.
J'ai mis principalement mon attention
à suivre. la vérité à travers les haines,
les factions diverses et les
les vengeances, qui, jusqu'a ce jour, ont
intérêls opposés
devant servir de guide
étouffé lo flambeau
dans la recherche des faits ayant rapport
à cette histoire. Toutefois, sans un prélat --- Page 11 ---
PRÉFACE.
ij
recommandable par des vertus fortes, un
caractère aimable 7 et' dont la piété rare
et courageuse a bravé la hache des bourreaux 2 j'aurois abandonné cette entre-.
prise dans laquelle il m'a puissamment
secondé, d'autant mieux qu'entraîné par
la fécondité du sujet, j'ai écrit la guerre
civile de Saint-1 Domingue depuis 1789
jusqu'en 1804. Je l'ai divisé en sept livres
dont celui-ci 1 fait partie, quoiqu'ilsoit complet et indépendant de sa nature. Les
autres seront publiés successivement > et
le dernier aura pour objet la malheureuse
expédition des Français, sous le consul
Bonaparte 2 à Saint-Domingue 2 qui devint alorsl le théâtre d'horribles et infàmes
cruautés 2 et ensuite le tombeau d'une
armée composée des plus vaillans soldats
du monde. --- Page 12 --- --- Page 13 ---
a
SOMMAIRE.
Diverses causes de l'insurrection des esclaves
dans le nord de Saint-Domingue. Les colons
dans une sécurité apparente sont tout. d coup
menacés de ce malheur inattendu. Partis qui
divisent la France et Saint-Domingue. Conspiration que les esclaves trament contre leurs maitres : discours dun conjuré. Ils baignent de
et embrasent la campagne autour du Cap. sang Ces
scènes épouvantables durent et se propagent. De
grands crimes et de grandes vertus se mélent
d cette calamité. Stupéfaction des colons. Des
esclaves de la ville avoient tramé un conjuration
liée d celle du dehors. Infortune de la cité du
Cap pleine d'objets de compassion. Les maitres
versent dans la ville le sang des affranchis qu'ils
regardent comme coupables de ces fureurs. De
quelle manière on met le Cap d Fabri de Pinsurrection: ; sortie contre les esclaves dont or massacre les prisonniers. Les esclaves plus irrités mettent tout à feu et à sang dans les montagnes.
L'assemblée coloniale demande du secours aux
peuples voisins , et fit un tableau touchant des
maux de l'insurrection. Différence qu'elle met
dans la négociation vis-a-vis P'Espagne : réponse
qu'elle reçoit. Deux frégates anglaises mouil-
ureurs. De
quelle manière on met le Cap d Fabri de Pinsurrection: ; sortie contre les esclaves dont or massacre les prisonniers. Les esclaves plus irrités mettent tout à feu et à sang dans les montagnes.
L'assemblée coloniale demande du secours aux
peuples voisins , et fit un tableau touchant des
maux de l'insurrection. Différence qu'elle met
dans la négociation vis-a-vis P'Espagne : réponse
qu'elle reçoit. Deux frégates anglaises mouil- --- Page 14 ---
ae -
-
(si.).
Pélicitations faites par Passemblée
lent au Cap.
écril au minisd Famiral anglais, Lettre qul'elle
;
et despotisme de Passemblée
tre Pitt. Stupidité
des calamités de la COelle informe la France
dispersent aullonie. Elle lève des troupes qui
de la ville les esclaves et les massacrent.
tour
la cruauté. Force
On remplace la guerre par
des esclaves dans les supplices. Origine 7
d'ame
et morales des esplysiques
mceurs 2 qualités
leur caractère primitif dans
claves. Ils perdoient
d'Afrique ;
Tesclavage. Culte qu'ils ont apporté
de
manière de faire la guerre. Portraits
leur
des insurgés de Biassou
Jean-Frangois > chef
Jean-Frangois
et de Toussaint 7 ses lieutenans:
de la ville. Ilimporte
rassemble des forces près
été ravade garantir les paroisses qui n'ont Tousard pas
et le
gées. On oppose aus esclaves de cCs deux camarquis de Rouvrai. Portraits
Touzard défait les esclaves sans qu'on
pitaines.
de la victoire. Rouvrai
lui permelle de profiter
La discorde
garantit les paroisses non ravagées.
des colons. Les esclaves profiaffoiblit la troupe
la battent en détail,
tent de ces dissentions. et
PEspagne. On
L'insurrection est protégée par
dans
nouveau de raffinement
voit un caractère
de Jeannot. Rare
Caractère atroce
la vengeance.
et paternelle. Jeanexemple de tendresse filiale
inhumain.
de mort cet esclave
François punit
*
La discorde
garantit les paroisses non ravagées.
des colons. Les esclaves profiaffoiblit la troupe
la battent en détail,
tent de ces dissentions. et
PEspagne. On
L'insurrection est protégée par
dans
nouveau de raffinement
voit un caractère
de Jeannot. Rare
Caractère atroce
la vengeance.
et paternelle. Jeanexemple de tendresse filiale
inhumain.
de mort cet esclave
François punit
* --- Page 15 ---
(ivij)
de nouvelles forces aux insurgés. Ils
On oppose
endroits
et repoussés en trois
diffssond altaqués
camp. Quade leur principal
rens. Ons'empare
d'étre
trewingtcaplives sont déliorées au moment
Deux d'entre elles enlevées par un
égorgées.
d'amour. La garde
chef des esclaves passionné
d'esclaves. Joie
nationale taille en pièces w7e corps
avoit
de la ville augmentée par la nouvelle qu'on
les esclaves d Plaisance 5 exemple mémodéfait
La
se prolonge et derable de chasteté.
guerre
nombre
vint fatale aux maitres > dont un grand
dans leur camp. Les esclaves
fut empoisonné
extrémité
inondent de nouseau la campagne 3
trouve la ville. La France retracte Végalité
oit se
Discusqu'elle avoit accordée aux affranchis.
Tousions à ce sujet à L'assemblée. Opinions de
sard et de Rouvrai. La. haine de Tassemblée
contre les affranchis. Troudemeure inflexible
lors de Parrivée d'une petite flotte.
bles au Cap
avec des irouLa France envoie trois délégués
affreux
Caractère de ces délégués ; objets
pes.
leurs regards. Ils proclament une
qui frappent les hommes libres ; les esclaves
amnistie pour
la
s'en réjouissent et envoyent des députés pour
Entrevue des délégués et du chef des esclapaix. L'assemblée rend la paix sans espoir. On
ves.
inconsidérément les affranchis. Ils arrodésarme
sent de sang et embrasent les paroisses qu'ils --- Page 16 ---
a
( 1 viij )
Les maitres en cet endroit traiont défendues. L'assemblée réfuse de ratifier ce
tent avec eux.
trahison aux
traité. Ils livrent Ouanaminthe par
esclaves. Des colons sont égorgés au pied des autFunérailles lamentables à la suite de ce cartels.
dans la ville, les
nage. Biassou porte Tépouvante
malades de Thépital sont massacrés. Cette guerre
civile est apaisée par un gouvernement militaire.
-
K --- Page 17 ---
HISTOIRE
DE L'INSURRECTION
DES
ESCL AVES
DANS
LE NORD DE SAINT-DOMINGUE.
Panur les causes qui ont amené l'insurrection des esclaves dans le nord de Saint-Domingue, la principale est l'amour de la liberté qui
se trouve chez tous les hommes, et pour lequel
les bêtes mêmes montrent une si véhémente
tendresse, parl les efforts qu'elles font avec leurs
dents et leurs griffes pour briser leur prison, au
point que, dans cet état de captivité,lap plupart,
d'une nature délicate et fière, refusent de se
nourrir ou d'engendrer. Plus la servitude est
horrible, plus cet amour de la liberté a de force; ainsi :
dcs institutions offrant sur les côtes
d'un hémisphère de vastes marchés d'hommes, 2
qu'on mettoit dans un autre sous un esclavage
elles font avec leurs
dents et leurs griffes pour briser leur prison, au
point que, dans cet état de captivité,lap plupart,
d'une nature délicate et fière, refusent de se
nourrir ou d'engendrer. Plus la servitude est
horrible, plus cet amour de la liberté a de force; ainsi :
dcs institutions offrant sur les côtes
d'un hémisphère de vastes marchés d'hommes, 2
qu'on mettoit dans un autre sous un esclavage --- Page 18 ---
- n 15
(10)
devoient s'écrouler queljne part
impitoyable, dans un choc violent entre la seravec fracas
inévivitude et la liberté; mais cet événement
être retardé pendant des siècles,
table pouvoit
à ces deux
quoiqu'une autre cause se joignant
en avancerlépoque.
premireseitpudsameind de transporter chaque anCe fut Timprudence
nombre d'esnée à Saint-Domingue un si grand
de
claves, qu'ils étoient dix contre un à Tégard
des maîtres (a). Ces différentes caulapopulation
sourdement et
ses pourtant n'agissoient que
lenteur et cette servitude auroit eu d'auavec
,
dépendoit de Pordre
tant plus de durée, qu'olle.d
de TEurope, de la stabilité de FEtat so- o
politique
dont elle faisoit même une parcial en France,
frantie de la splendeur, lorsque la révolution
çaise vint y mettre un terme d'une manière trop.
déplorable.
qu'é
Ce fut au mois d'août de T'année 1791
offrit un de ces
clata cette insurrection, qui
étranges spectacles rare dans Thistoire du gonre
humain. Jamais on ne vit d'un seul comp-d'ail
tant de fon, desang et de ruines, avec des vertus tendres ct des crimes féroces. Les fureurs
(1)Cenombre s'élevoità vingt-six mille par an avant
la révolution. Lettre de Wilberforce a Talleyrand,
- --- Page 19 ---
(ax)
de la libertés'y mélérent à celles de la servitude,
Cette calamité fat accompagnée d'un grand
eflroi, parce qu'elle avoit été imprévue , et qu'il
n'étoit pas au ponvoir des hommes de l'arrêter
quand elle parut. Quoiqu'il y eût eu parmi les
esclaves des monvemens d'insabordination, c'6toit en des temps et en des lieux différens 7 et
comme hannient-atécomprims par des supplices (1), les colons entièrement occupés de leurs
propres dissentions, et ensuite de celles qu'ils
avoient avec les affranchis, ne se croyoient pas
moins dans uné sécurité profonde (s): semblables à des hommes qui vivent près d'un volçan ignoré.
Cependant le mot de liberté ayant traversé
POcéan, retentit à loreille des esclaves. Des
aventuriers, des matelots'; des gens sans fortune et de divers partis, 2 la plupart perdus
d'honneur , sonillés de débauches 7 et cherchant à réparer leur ruine, causée par les désordres de leur vie 51 venus en ce temps des
côtes de France, parcouroient la campagne et
les atoliers, plaignoient: la misérable condition
( des esclaves., et disoient que comme leurs mai-
() Garran, pag. 195 st 2;
- (2) Garran 2 pag. 210, t. 2.
2 la plupart perdus
d'honneur , sonillés de débauches 7 et cherchant à réparer leur ruine, causée par les désordres de leur vie 51 venus en ce temps des
côtes de France, parcouroient la campagne et
les atoliers, plaignoient: la misérable condition
( des esclaves., et disoient que comme leurs mai-
() Garran, pag. 195 st 2;
- (2) Garran 2 pag. 210, t. 2. --- Page 20 ---
(1s)
tres, ils étoient sortis nus des mains de la
ture ; qu'éloignés pour jamais de leur
nails arrosoient
patrie,
stupidement de larmes et de
une terre qu'ils ne pouvoient rendre sueur
conde pour satisfaire l'avarice
assez féEnsuite ils les
de leurs maîtres.
charmes de la entretenoient des douceurs et des
liberté, leur faisant entendre de
quelle manière ils pourroient
la servitude. Les esclaves
s'affranchir de
ces récits, et pendant leurs écoutoientavecavidité loisirs
secrêtement entre
s'en occupant
eux, ils, se passionnoient
plus en plus pour la liberté.
de
Deux partis déchiroient alors la
de la démocratie et cclui
France, celui
les deux
de la royauté. Tous
agitoient Saint-Doningue,
lemmentagité
plus viochis
par deux autres, celui des
et celui des maitres
affranrent
: ces quatre partis euplus ou moins d'influence
ner les esclaves à la
pour détermirévolte. Les
entre les maîtres et les affranchis dissentions
rendus témoins et
les avoient
par fois
ce que faisoient les
complices de tout
les autres
uns pour obtenir Tégalité,
se
pour la repousser: ; et ce spectacle où
déployoient des passions raffinées
les faisoit méditer sur
et atroces 2
sommcil de lcur
eux-mémes, et fatiguoit le
démocratie,
servitude. Dans le parti de la
ceux-ci par un amour généreux de
-
a
--- Page 21 ---
(15) )
Phumanité, ceux-là par Tinquiétude de l'ambition,
eupemodasedispnedimems la libertéde
Fesclavage. Le parti de la royauté, dans
se trouvoient la
lequel
etde
plupart des officiers de terre
mer, 3 eut plus d'union, de ruse et d'étendue dans ses vues : il considéra la, révolte des.
esclayes comme un moyen de rendre le com-.
merce ennemi de la révolution de
le rattacherà
France, de
son intérêt, d'augmenter sa
sance (1). Ainsi, pour renverser la
puisil ne craignit point de voir
démocratie,
sang la plus
mettre à feu et à
opulente région des Antilles
esclaves étoient prêts à tout
(a).Les.
sortir de la servitude.
entreprendre pour.
entendre .
Comme ce parti leur fit
que le roi rempli pour eux d'une rare
sollicitude vouloit leur
de la vérité du
liberté, sans s'inquiéter
fait, ce, fut au nom du roi et
sous son étendard qu'ils conspirérent
la
liberté (5).
pour
ses
Sorhisniss-asns
conjecturess ssur la manière dont cette
conspi-
(1) Albert : des véritables causes
ont
ruine de la C. de
qui
amené la
S.-D., pag. 18.
(2) Motifs du décret du 28 mars 2 sanctionné
Roi le 4 avril 1792.
par le
(5) Garran, P. 195, 344, 505, t. 2: Malenfant,
P-7.
liberté (5).
pour
ses
Sorhisniss-asns
conjecturess ssur la manière dont cette
conspi-
(1) Albert : des véritables causes
ont
ruine de la C. de
qui
amené la
S.-D., pag. 18.
(2) Motifs du décret du 28 mars 2 sanctionné
Roi le 4 avril 1792.
par le
(5) Garran, P. 195, 344, 505, t. 2: Malenfant,
P-7. --- Page 22 ---
(x)
ration fut tramée par les
parée ni méditée avec les esclaves, dleaufhitinpse
ses d'une
de préautions et les fines:
Tamertume entreprise deleur
ce genre. La violence et
de combinaisons lainene permit poinfautant
piration fut à peine profondes ctvariées: Leurconséclata. Tant de roiséres formée, que leur vengeance
de cruautés exercées passées et présentes, tant
voient rien de commun par des maitres qui n'acivilisation, , ni
L avéc eux, - ni pays, nI
et formes du mceurs, ni langage, ni couleurs
timens arbitraires, corps ; tant de travaux et" de chaavenir, engendrérent, sans' espérance d'un meilleur
que ses feux' aux
sous un ciel qui communi- :
dans ses desseins, passions, une conjuration vaste -
dont Fexécation himaitie dans ses vues, mais
renvérser la domination" devoit être elfoyable Pour DM
résolaront de
de leurs
les
les égorgér, de mettrc :
nsitvia, 1:;3 ils
campagnes, les
en cendres
il étoit difficile bourgs et le Cap (1)." Comme
de lar multitude que rien no' transpreat
des
acarise
rent d'abord
conjurés) les mattresient etghérent. La quelque avertisement qu'ils dédainoncerparle conspiration feu
ne (s) tarda pas A à sanquie lcs conjurés mirent alhabi-
(1) Garran , P. 211 , t. 2.
(2) Gara,p p. 210,.4 2..
- --- Page 23 ---
(15)
tation Chabaud, eti qu'on parvinit néanmoins
à éteindre. On arrêta des esclavés de cettehabila dénoncèrent; 3 mais elle étoit si extation qui
traordinaire, qu'elle parut incroyable, a et on la
rejettoit comme dénuée de vraisemblance.
La conjuration devintdeplus en plus certaine:
Suivant la déposition d'un vieux esclave arrêté
dans la nuit du 20 août, il y avoit eu le 14 sur
Phabitation Lenormand, au Morne Rouge, une
assemblée composée de deux députés, par chaque-atelier, des paroissés du Port-Margot, du
delAcul, dela Petite-Anse," de LimoLimbé,
nade, de la Plaine du Nord, - du Quarticr-Morin,
et de plasieurs antres lieux (1).. Les conjurés
devoienty fixer le jour de Finsurrection méditée
depnis quelque temps. On rapporte qu'avant
d'en exécuter le plan, , ils firent un sacrifice sur
terrein
et couvert de bois, appeléLeun
vierge
caimam; que la victime fut un cochon noir'qu'ils
entonrèrent de fétiches, et. chargérent d'offrandes de,diverses espéces; qu'une jeune prétresse,
vêtue d'une robe blanche, lai plongea le couteau sacré dans les entrailles suivant les cérémo*
burent avec avidité de
nies accoutumées; qu'ils
et
de son poil, espèce
son sang, qu'ils prirent
(). Garran, P: 211, t.2.
que la victime fut un cochon noir'qu'ils
entonrèrent de fétiches, et. chargérent d'offrandes de,diverses espéces; qu'une jeune prétresse,
vêtue d'une robe blanche, lai plongea le couteau sacré dans les entrailles suivant les cérémo*
burent avec avidité de
nies accoutumées; qu'ils
et
de son poil, espèce
son sang, qu'ils prirent
(). Garran, P: 211, t.2. --- Page 24 ---
(16)
de talisman qui devoit les rendre
dans le combat (1).
invulnérables
Après ce sacrifice, ils se rendirent à
tion Lenormand,
Thabitale
etsy étant retirés dans le
plus secret et le plus sûr,
lien
faire garder
ayant eu soin d'en
conjurés, soigneusement les avenues; lun des
dit-on, s'exprima de
( C'est pour la première
cette manière:
)) rades, que la liberté fois, mes chers câma-
)) des barbaresnous nous réunit, depuis que
ontarrachés
) éloignés de nos
denotre patrie,
)) nos
temples, et des sépulcres de
pères, pour nous
) lOcéan, sous
mettre en deçà de
)
Fesclavage le plus
Chaque année la mer et la
inhumain,
)) de nos larmes et de
terre sont arrosées
) les jours etles nuits notre sang; nous passons
>) sans goûter les
dans des travaux excessifs
) richir des maîtres douceurs du repos, pour en-
> et Toisiveté,
qui vivent danslabondanee
tandis
) toutes les choscs
que nous manquons de
) aucun de
nécessaires à la vie. Iln'est
nous dont les
> souillés des
membres ne soient
> vieillissons empreintes de leurt
avant le
tyramie; nous
) dans la jeunesse.
temps et nous mourons
Les
)) bois sont inutiles rochers, les antres, les
à notre liberté. On
nous
(1) Dalmas.
envie
-
a
-
anee
tandis
) toutes les choscs
que nous manquons de
) aucun de
nécessaires à la vie. Iln'est
nous dont les
> souillés des
membres ne soient
> vieillissons empreintes de leurt
avant le
tyramie; nous
) dans la jeunesse.
temps et nous mourons
Les
)) bois sont inutiles rochers, les antres, les
à notre liberté. On
nous
(1) Dalmas.
envie
-
a
- --- Page 25 ---
(27 )
des retraites, que nous serionsheurenx
> envie
féroces. Lesavor-
> de partager avec les bêtes
leurs
sont
chez nos femmes;"
) temens
fréquens
n'ont de lait que
) mamelles sont arides ou
les enfans de nos maitres. Ils souillent
> pour
sortiesdel'enlance, profanent
) nos fillesà peine
de dénnions
des adultères pleins
> nos
par)
point de
et ne craignent
> gontantes voluptés; les enfans de lenr sang
): flétrir et déshériter
Telle est la misé
> quand il se méle au, nôtre.
les fers,
) rable destinée qui nous opprime;
les tourmens; ; les supplices font que pour
)
la vie est un mal. De quel côté tourner
> nous
? Le passé ne nous présente que
) nos regards
envers nous et.notre
> dos crimes sans exemple
les
nos générations
-
perpétuera,
> raco;lavenir
servir. Enfans du Soleil,
> ne naîtront que] pour entre nous et ces mai-
) qu'y a-t-il de commun
tres?
par des mers 5 distingués parla
>F
Séparés
mais égaux par la nature,
>j couleur de la peau,
visage regarde le ciel, sommes-nous
) carnotre
des contrées où ils ont été
> allés lesarracher
servitude aules mettre en
) engendrés, pour
si
dun autre Océan: Il est pourtant peu
> delà
s'ils
entre eux et nous 2 qué
) de - différence
haillons,
moitié nus; couverts de nos
> étoientà
et nous, si nous por-
> logés dans nos huttes;
--- Page 26 ---
(18)
> tions leurs riches
> lavoient
habits, si de jeunes
nos pieds, nous
esclaves
> dides festins, si dans de servoient à de splen-
> reposions
superbes palais nous
mollement à labri
> sur des lits délicats
des feux du jour
) ils seroient
entourés der
nos esclaves,
emoustiquaires,
> L'oppression n'a
nous leurs maitres.
>) sur nos
pesé que trop
têtes; ce seroit à eux
long-temps
) de régner; mais
de servir, à nous
) d'indignes maîtres n'appesantisons le
point sur
> et pour cesser de joug de la servitude,
> des esclaves.
servir , ne faisons
Allumons
pas
> geance!
une plus noble ven-
)
Fadresse, Qu'svons-nous besoin de la ruse
7 de sombres et
et de
> mes familières de la
noirs complots, ar-
> ouverte; notre
licheté! Agissons à force
) à côté de celle population est
de nos
innombrahle,
> femmés
funestes
> nos enfans,
ennemis. Nos
> guerriers. Sous
nos vieillards seront des
> mort, la
ce climat qui leur donne la
contagion
> lons et laissera le moissonnera leurs batail-
>
fer oisif dans nos mains.
tardons-nous de
Que
> diaires dans
porter des torches
ces
incèn-
> trées, si souvent opulentes et superbes con-
> nos larmes ? Queces baignées de nos sueurs et de
> nel de notre
ateliers, instrument éter-
> dre et ruine esclavage, ne soient
! Que nos
plus que cenmaitres , leurs femimes
la
contagion
> lons et laissera le moissonnera leurs batail-
>
fer oisif dans nos mains.
tardons-nous de
Que
> diaires dans
porter des torches
ces
incèn-
> trées, si souvent opulentes et superbes con-
> nos larmes ? Queces baignées de nos sueurs et de
> nel de notre
ateliers, instrument éter-
> dre et ruine esclavage, ne soient
! Que nos
plus que cenmaitres , leurs femimes --- Page 27 ---
(1g)
> avec leurs enfans qui nous rélameroient
D jour comme esclaves s'ils venoient à
un
> tombent ensemble sous les
survivre,
) comme des victimes
coups de la mort
immolées à leur
> cruauté. Le feu, le terrible feu. ne saaroit propre
) trop tôt, ni assez purifier ces contrées
ni
5 tes, afin qu'il ne reste de la servitude, infec-
) nument, ni homme ni
;ni mo-
,
génération.
) seulement, chers camarades,
Alors
) la liberté. Mais si
nousjouirons de
D sont remplis de terreur quelques-uns d'entre nous
par ce
de feu et de sang, la chute de mélangé inou;
ces habitations
> embrasées, 2 la ruine de tant de richesses
>. la mort de tant de
et
gens; qu'ils se retracent
> Timage de nos calamités
> jetent les
passées , et qu'ils
regards sur lavenire La
> etle carnage sont des;
destruction
D lacs servituce à la liberté. passages inévitables de
Pour
> ilfaut tuér;et tout détruire cesserdeservir,
D Souvent les crimes
pour toût refaire.
sont des: vertus
> embrasse Favenir. Il sera bcau de pour qui
>
voir en dédommagement sur cette terre quie nous
D couvrir de flammes de ruines'
allons
) d'autres monumens de
nouvelles
edsendanmey
) un peuple nouvean qui fera Hottér villes et
) lon,s sur les
son pavilmers,. contractera des
) recevra. des-ambasadeurs;
allinces,
fera.la paix ou la
2*
.
sont des: vertus
> embrasse Favenir. Il sera bcau de pour qui
>
voir en dédommagement sur cette terre quie nous
D couvrir de flammes de ruines'
allons
) d'autres monumens de
nouvelles
edsendanmey
) un peuple nouvean qui fera Hottér villes et
) lon,s sur les
son pavilmers,. contractera des
) recevra. des-ambasadeurs;
allinces,
fera.la paix ou la
2* --- Page 28 ---
20)
9) gherre ). Ce discours fit
profonde sur l'ame des
Timpresion la plus
les traits de leur
conjurés; on voyoit sur
vengeance rouloit visage croître la fureur; ; la
dans leurs
et enflammés. Tous,
regards sombres
après avoir
sermens terribles, vouloient
prononcé des
exécuter leur dessein
dans la nuit même
7 s'ils n'avoient
gu'une exécution aussi
réfléchi
difficultés et pourroit prompte entraincroit des
imprévu qui feroit trouver quelque accident
dont rien n'égala jamais manquer une entreprise 3
Les flammes qui devoient nil'audace,n nilepéril (1).
chesses, et ces édifices
dévorer tant de rioùt lei maître
semblables à des palais,
régsoitsersnernalinade
s'élevérent vers le milieu de
d'esclaves,
de Phabitation Noé dans la,nuit du 22 août,
la
Elles gagnérent bientôt
paroisse delAcul.
plusieurs
Limbé, et comme les meurtrès quartiers du
feu, les colons sonnèrent
se méloient au
se réunirent et
en cet endroitletosin,
aussitôt
cherchèrent à se défendre; mais
dispersés que réunis;
rent à peine le temps de fuir quelques-tris euse jetter dans des
vers la mer, et de
barques, d'autres: de se sauver
du (1) 4 Garran, P. 212, t. 2. Lettre de Jean
Cri de septembre 1761, citée par
François, 2
la nature , par Chanlatte", Malenfant, p! 4i5.
Rapportdu 29 noyembre 1791
2 imprimé au Cap.
al'Assemblée nationale.
H
is;
rent à peine le temps de fuir quelques-tris euse jetter dans des
vers la mer, et de
barques, d'autres: de se sauver
du (1) 4 Garran, P. 212, t. 2. Lettre de Jean
Cri de septembre 1761, citée par
François, 2
la nature , par Chanlatte", Malenfant, p! 4i5.
Rapportdu 29 noyembre 1791
2 imprimé au Cap.
al'Assemblée nationale.
H --- Page 29 ---
(31)
vers la ville, tandis que le plus grand nombre
resta sans défense exposé à la fureur des esclaves (1), semblables à des animaux féroces
ont brisé leurs chaînes.
qui
A la clarté d'un
et d'ane
vasteincendie, ivres de colère
implacable vengeance, ils font couler
des ruisseauix de sang. Maîtres, femmes,
vieillards 5 tous périssent
enfans,
ment le ciel ou maudissant 2 invoquant inutileun atroce destin. Ils
expirent à la vue de leurs maisons
en
la
plupart se tenant étroitement embrassés feu,
pour se faire un étérnel adieu, seule
comme
dans un malheur aussi grand
consolation
paroît licite à ces
qu'inattendu. Tout
esclaves, au nom de la liberté
qu'ils souillent sans honte des crimes de' la
vitude. Dans le sein de ces fureurs, ils imitent sergrossièrement la lubricité de leurs maîtres ils
mélent Pincendie au viol, 2
;
2 le viol au
riant des cris. d'une pudeur
meurtre,se
filles, violées
qui-les irrite. Des
sous les yeux de leur pére; sont
ensuite massacrées avec lui; et leur
lipté se ranime et
étrange vos'assoupit sur des cadavres,
objet deleur triste. vengeance (2):
Ces scènes
épouvantables ne cessoient avec le
jour que pour recommencer avec la nuit.
2 sans
(1) Garran,t. 2, P. 215.
(2) Rapport du 29 novembre.
Garran, P. 258,, 2. --- Page 30 ---
(9a)
de repos à la fureur:. Quand le Limbé
laisser
des ruines fumantes avec des
n'ollrit plus que
cadayres épars çà et là, les csclaves portérent
le fer et les torches incendiaires dans toutes les
d'alentour 5 un nommé Boukmans 2
paroisses dont Paudace égaloit la férocité, concsclave
et les' excitoit au carnage et
duisoit leurs pas Errans alors dans ces riches
à la destruction. embrasèrent les. édifices qu'ils
campagnes., ils
avoient fait
avoient élevés, les récoltes qu'ils
les maîtres qui
croître, et égorgèrent par-tout
sur leur
n'avoient pu fuir, ou s'étoient reposés
la
LAcul, le Limbé, le Port-Margot >
pitié.
le quartier Morin 2 Limonade,
Petite-Anse, la Plaine du Nord furent ainsi cou:
Plaisance,
inondés de sang,
verts d'un océan de flammes,
une des
et la plus ricbe campagne des Antilles offrit 2 dans un
merveilles de Fart et de la nature,
de
de 50 lieues antour du Cap (1) limage
rayon destruction et de la mort 2 vaste tombean
la
creusé par Pesclavage:
de femmes p6
Combien de pères, d'enfans, crimes à côté de
rirent alors ! On' vit dc grands
des
vertus. Des ésclaves commirent
grandes
ils assassinérent ceux qui leuravoient
parricides;
() Garran, p.215,214, t. 2.
merveilles de Fart et de la nature,
de
de 50 lieues antour du Cap (1) limage
rayon destruction et de la mort 2 vaste tombean
la
creusé par Pesclavage:
de femmes p6
Combien de pères, d'enfans, crimes à côté de
rirent alors ! On' vit dc grands
des
vertus. Des ésclaves commirent
grandes
ils assassinérent ceux qui leuravoient
parricides;
() Garran, p.215,214, t. 2. --- Page 31 ---
(35)
donnéla vie dans la débauche ou dans des adulles avoir oubliés dans la servitude ou
tères, pour
tendresse envers
pourn'avoirpas: asseztémoiguéde
gloirequilsse
eux(1); c'étoit sans repentiretavect
réjouissoient de ces parricides ; mais c'étoitpour
la liberté. 11 y en avoit qui tiroient leurs mains
fumantes du sein de leurs tendres maîtresses qui
rappeloient en vain des caresses 2 des doux soins,
contractée
des services rendus, unelongucamitiéo
leur
dans la servitude. Ces souvenirs aigrissoient des
et ils payoient avec des meurtres
vengeance,
le malheur deservir. .On
vertus quiadoucissoient
nombre
compta néanmoins pour lors un petit
d'esclaves d'un rare attachement 2 seul bien
rencontre dans la servitude. Quelquesqu'on
sauver. celle de leurs
uns perdirent la vie pour
dans le fond
maîtres; d'autres les emportérent
des rochers, les nourrissant sedes bois ou sur
erêtement loin du carnage et de Tincendie, 9
les conduire vers la
jusqu'à ce qu'ils pussent
ville ou la mer (2).
Pattachement et la fidélité
Rien ne surpassa
tronva asside quelques femmes esclaves, qu'on
des cadavres de leurs maîtresses avec
ses près
() Rapport du 29 novembre 1791. Dalmas.
(2) Moniteur du 25 septembre 1792. --- Page 32 ---
(24)
du comble de Tinfortune."
ce rire stupide, - signe
ni de vaillance, ni
Des amantes ne manquérent
la vengeance.
vaincre ou trompor
de ruse pour
avoit été soignée par de
Ceux dont Penfance
point ; ils
nourrices ne périrent
tencourageuses au fer des conjurés par une
échappérent
dresse contractée au berceau. des fenêlres de la
Quand les colons virent, leurs campagnes
ville batie en amphithûtre, desfrères, des soeurs,
embrasées, la plupartayant
dispersés ou
et des pères en fuite,
des épouses
comme stupéfaits à la
égorgés; les uns étoient calamité; d'autres propovue d'une si étrange
et impossibles dans
soient des moyens extrêmes
de FinconsTexécution, ou bien n'avoient que
Le plus
dans la variété de leurs pensées.
tance
dans le désmapoirsabangrand Inombrevoulbient, esclaves conjurés (1).
donner la colonie aux découvert une lacheté,
Tous laissoient voir à
qui n'étoit
cachée par Forgueil d'une prospérité dans Padversité :
plus, et ils furent sans vertu communique ses poieffet de la servitude, qui à celle de Pesclave. Il
sons à Pame du maître et coloniale nommée a
régnoit dans Passemblée
des préjugés,
Léogane, et qui siégeoit au Cap,
() Garrau, P. 215,t.,
A
e
vert une lacheté,
Tous laissoient voir à
qui n'étoit
cachée par Forgueil d'une prospérité dans Padversité :
plus, et ils furent sans vertu communique ses poieffet de la servitude, qui à celle de Pesclave. Il
sons à Pame du maître et coloniale nommée a
régnoit dans Passemblée
des préjugés,
Léogane, et qui siégeoit au Cap,
() Garrau, P. 215,t.,
A
e --- Page 33 ---
(a5)
des opinions, des partis divers, qui faisoient de
cette assemblée un malheur de plus. Elle étoit
dont la
composée en partie de gens ruinés,
perversité et laudace entretenoient des troubles
ct des calamités, spéculation secrête et honteuse de leurs ambitions diverses.
au nombre de
à -
7 Les esclavesinsurgés,
quinze
vingt mille, étoient à moitié nus, armés les uns
de fusils pris dans les habitations, les autres de
feches, débatons, de couteaux, de fourches'
et de divers instrumens d'art. On portoit ce"
nombreigrossi par la frayeurà cinquante mille,
de manière qu'on disoit que la ville alloit pé-.
rir, et que. la flotte n'échapperoit au feu
qu'en meltant promptement à la- voile. Dix
:
mille esclaves mâles qui s'agitoient dans la
ville donnoient. de la réalité à ces' craintes, on
les accusoit d'avoir tramé une conspiration, découverte seulement la veille du jour où Fon
fut informé de celle du dchors. Ce" qui fit
concevoir le desscin de mettre dans des navires
ces esclaves, sur lesquels on devoit tirer le canon pour les ensevelir sous la mer, au moindre
signal de révolte; mais le danger d'en arrêter
un si grand nombre fit abandonner prudem-:
ment ce dessein. Il paroit que ces deux conspirations éoient de même naturc, et avoient été --- Page 34 ---
-
(a6).
aie trouvé de
conçues ensemble sans que jen
preuves suffisantcs. (1).
les rues
Pendant ce temps on n'entendoitdans étoit
Le désespoir
que plaintos et. génissemens. unsavoient un air
différent sur dlnquevisage.Les
tantaciturne avec un regard tantôt immobile, réserve à
Les anitres se livroient sans
tôt égaré.
et de désordres voluptoute sorte de débauches
née du
tueux : c'étoit une joie folle et bruyante, avoient. le plus
comble de Finfortune. Ceux qui faisoient des
entouroient les autels,
de piété
de
voeux
et des
qu'ils accomipagnoient
prières
bien digne
gestes presans. Ce fut un spectacle les routes ende voir ensuite
de compassion,
de femmes, de vieillards,
combrées d'enfans,
en désordre avec
ct de tous ceux qui fuyoient
fer et la flamme de Pinsurrection.
leurl hagagele étoient des femmes opulentes,
De ce nombre
délicatesses
habituées à toutes les voluptueuses
amerde léur sexe : celles-là montroient avec
blessures de la main de leurs esclaves;
tume des
retour un enfant ou
celles-ci avoient perdu sans de feu. Leur doudans des tourbillons
un époux
étoient variés et profonds; les
leur et leur denil
ces calamités,
imaginations troublées exagéroient
(1) Garran; P. 215,1. 2.
délicatesses
habituées à toutes les voluptueuses
amerde léur sexe : celles-là montroient avec
blessures de la main de leurs esclaves;
tume des
retour un enfant ou
celles-ci avoient perdu sans de feu. Leur doudans des tourbillons
un époux
étoient variés et profonds; les
leur et leur denil
ces calamités,
imaginations troublées exagéroient
(1) Garran; P. 215,1. 2. --- Page 35 ---
(27) )
quelque grandes qu'elles fussent. Toute sorte de
T'alarme dans le cocur, et la crainte sur le
gens,
visage, allant à leur rencontre, se pressoient sur
les routes, se jetoient parmi les bagages qu'ils.
arrètoient, interrogeoient avec inquiétude des
maitres, des serviteurs, des allranchis, et d'après
les différentes expressions de leur physionomie,
on savoit s'ils avoient appris une heureuse ou
triste nouvelle. La fortune, pour méler un grand
rendit des amis à des
deuil à une grande joie,
amis, des époux à des épouses, des fils à des
mères, et la plus insigne des calamités ne fut
pas sans quelque bonheur inespéré.
Alors il se formoit aux. carrefours et sur les
places de la ville des attroupemens, oû chacun.
racontoit à sa manière les malheurs publics.
Tous,la désolation dans T'ame, et les larmes aux
yeux,y prétoient une oreilleattentive et étonnée. On se soulageoit en les entendant répéter.
Les plus indifférens ne laissoient pas d'être
émus, soit. par. imitation, soit parce qu'il n'est
donné à l'homme de contempler d'un ceil
pas
sec. de pareilles infortunes. Des vicillards ayant.
et
survécu. à - leur: ruine et à leurs familles,
n'ayant vu dans le passé qu'un respect aveugle
de la part des esclaves, tournoient leurs mains
tremblantes vers le ciel, pour se plaindre d'une --- Page 36 ---
( (28) )
d'nn présent funeste. Tout
longue vie comme degré d'infortune, on perannonçoit le dernier
trouve
Pespérance qui se
par-tout.
doit jusqu'à
étoient fréquens : on voyoit
Les avortemens multitude d'oiscanx de proie
dans les airs une
des cadavres restés
attirés par Podeur fétide
pour touDes maîtres perdirent
sans sépulture. à la vue de tant de maux, ne cesjours la raison
dans leur sombre etincusant de s'en entretenir
étrangers épouvantés
rable folie; et les navires
funestes.
de ces rivages
se détournoient
qu'il falloit venger tant
Les colons crurent daafmanedtisotgoeas
decalamités parle sang
conjud'avoir trempé dans cette épouvantable et la haine
Ce
venoit de la haine,
ration. soupçon récentes qu'ils avoient eues pour
des dissensions
aigri T'orgucil
Pégalité politique, et qui avoient Comme il se troudes uns etla raison desautres. parmi les révoltés,
voit d'ailleurs des affranchis
et de Paccuon passa du soupçon à Paccusation, sans consisation à une vengeance sanglante, les colons 2 des
dérer qu'ils avoient, comme à conserver, et que
esclaves et des habitations
soit, ne Pemviolente qu'elle
la haine, quelque Pamour de la propriété. Onaima
porte guère sur
Les colons se ressouvemieux tuer que penser.
d'entre
nantsans cesseavec
cnigrargoclaplapat
des affranchis
et de Paccuon passa du soupçon à Paccusation, sans consisation à une vengeance sanglante, les colons 2 des
dérer qu'ils avoient, comme à conserver, et que
esclaves et des habitations
soit, ne Pemviolente qu'elle
la haine, quelque Pamour de la propriété. Onaima
porte guère sur
Les colons se ressouvemieux tuer que penser.
d'entre
nantsans cesseavec
cnigrargoclaplapat --- Page 37 ---
( 29 )
été leurs esclaves ou ceux de leurs.
eux avoient
d'un alfranchissement
ancêtres 7 se plaignoient
demandée
souillé d'ingratitude et d'une égalité
la
avec insolence ; et ayant animé sourdement
multitude contre eux, pendant que la campagne
le fer et le feu, on alla les
étoit ravagée par
arracher de leurs maisons ; et trouvant plus
dans leurs amis que parmi des ind'ennemis
les
les temples furent
connus 2 les rues 2 places,
habitans,
inondés de leur sang (1): malheureux
entre la haine du maître ct celle de Pesplacés
ni les avantages de la liberté, ni
clave, n'ayant
qui dans les
ceux de la servitude. La multitude,
la
séditions embrasse sans choix le crime ou
trophée de leurs têtes
vertu, se fit un dégontant dans les rues sur des
sanglantes , qu'elle porta
variées de rage
piques avec des exclamations
et dej joic.
la
cacher en partie profonToutelois, pour
le
deur de la scélératesse du coeur humain 2
dérobé à la
le nombre et le
hasard a
postérité
les
détail de ces cruautés, exagérées par
uns,
les autres. Ceux
en
et dissimulées partie par
qui
échappérent à ce carnage se traînèrent la
et
a
part, les membres meurtris sanglans
léglise des religieuses de Sainte-Ursule 2 pour
(4) Garran, p- 216,.2. --- Page 38 ---
(50)
y chercher tin asile prés des
vant plus près des hommes antels, n'en tronavec leurs eufans et leurs ; ils s'y réfngitrent
geanee; pleine du
femmes dont la vennc respecta ni
souvenirdun passé sanglant,
soit lassitnde Finmoeence, ni la foiblesse.
da
Mais
on leur laissa la carnage, vie.
soit sainteté du lieu,
n'étoit point
Liassemblée coloniale qui
étrangère à : ces
qu'on ne les lui impntat
mouitres, pour
la multitnde
pas 3 retint la colère de
porte de
par une garde qu'elle fit placer à la
Teglise, et ne permit aux affranchis
demsestirgiantant qu'ils
contre les conjurés
prendroient les armes
pour le
5 ce qu'ils firent, étouffant
présent tout
calamités communes resentiment, à cause des
(x)."
Dès le commencenient
Blanchelande,
de
de' la
Troamistion,
lard foible et gouverneur
colonie, vieilaflaires dans peu propre à tenir le timon
un si
dès
envoyé des
àvoit
J
Bandhoulevenetent,
troupes pour la
comme les esclaves
comprimer ; mais
pleine de deail et savançoient vers la ville
mémcs
d'épouvante, il rappels 'ces
pour la troupes 2 autant pour la défendre
rassurer. Après avoir entouré
que
de palis-
(i) Garran; p. 217,t. 2. Histoire des
Saiat-Doningue, > P. 184. -
désastres de
J
Bandhoulevenetent,
troupes pour la
comme les esclaves
comprimer ; mais
pleine de deail et savançoient vers la ville
mémcs
d'épouvante, il rappels 'ces
pour la troupes 2 autant pour la défendre
rassurer. Après avoir entouré
que
de palis-
(i) Garran; p. 217,t. 2. Histoire des
Saiat-Doningue, > P. 184. -
désastres de --- Page 39 ---
(51 )
sades la ville qui manquoit de murailles,
delartillrieaux
et placé
Pan
portes (1),il forma trois camps,
aubourg du Hant-du-Cap, l'autre à
deux endroits par oùt les conjurés
Bel-Air,.
nétreravec moins d'obstacles;
pouvoient pédu
plus loin, sur un
platean
morne Bekly , fat placé le troisième
$ camp qu'on fortifia davantagequelest
et qui devint le rempart le plus sûr sdeuxantres,
surrection. La ville ainsi mise à
contre Pintenter au dehors les hasards de couvert, la
on alla
La troupe ne tarda pas à rencontrer guerre. des
des d'esclaves errantes,
banmal armées
marchant confusément,
7 sans àncune discipline, qu'elle
dispersa presque anssitôt qu'elle les
mais leur fuite étant lente,
attcignit;
désordre et de
dificile, pléine de
nombre
frayeur, , au point qu'un
se jetoit au devant dé
grand
beanconp de prisonniers. Les Tennemi, on fit
courroux
maîtres, dans leur
impitoyable, en massacrèrent
vingt après le
quatrefance, ni le combat, satis épargner ni Pensexe , ni la vieillesse : atrocité
nefut pas comparable à celle d'égorgerles
qui
paisiblés dans leurs ateliers, ou ceux
esclaves
rare fidélité dans le malheur
ghi parune
flammes ; arrachant ainsi la en éteignoient lés
Ces meurtres
vertu de leur eceur.
mélés à la guerre me firent
() Girran,t. 2, p. 217. --- Page 40 ---
(52)
quegrossir au loin la troupe des.
irriter une
insurgés et
vengeance allumée par la
et nourrie
liberté
par le carnage. Après avoir
tout en cendre dans la plaine, ils
mis
feu sur les montagnes
portèrent le
(1), triple
dont rien n'égaloit
amphithéâtre
de la
Fopulence, si ce n'est celle
plaine, Touty fut semblable pourle crime
et la vertu; mémeandace,
/
elfroyable, fureur
carnage non moins
égale, attachement
même fidélité, 2 tendresse non moins
pareil,
maisanssi rare; telle est lespectacle admirable,
alors les montagnes dunord de
qu'offroient
Les maîtres, pour qui la fuite Saint-Domingue. étoit
y avoit de moins effroyable dans
ce qu'il
leur destin,
voyoient, des routes ou de la mer, le feu dévorer
leurs riches habitations vers lesquelles ils tournoient leurs regards pour la dernière fois. Peu
de jours après Tinsurrection, on
manufactures de
comptoit 220
sucre, et 600 de café entièrement détruites avec tous les objets
d'industrie
d'arts et
: deux siècles de travaux
un instant. Seulement
perdus en
du
quelques paroisses autour
Fort-Dauphin échappées à ces funestes ravages se trouvoient placées entre la ruine et la
prospérité (2).
(1). Garran, P. 217, , 218,t. 2.
(2) Rapport du 29 novembre. Garran,
P: 218, t. 2.
Ainsi
es avec tous les objets
d'industrie
d'arts et
: deux siècles de travaux
un instant. Seulement
perdus en
du
quelques paroisses autour
Fort-Dauphin échappées à ces funestes ravages se trouvoient placées entre la ruine et la
prospérité (2).
(1). Garran, P. 217, , 218,t. 2.
(2) Rapport du 29 novembre. Garran,
P: 218, t. 2.
Ainsi --- Page 41 ---
(53 )
Ainsi la liberté s'asseyoit sur des cadayres et
des ruines fumantes, lorsque l'assemblée coloniale > ayant pour lei présent quelque espoir
d'assoupir linsurrection; pensa profiter de cette'
conjoncture pour secouer le.joug de la mèrepatrie. Au lieu, de lui demander du secours et
de mettre de son côté les gens de sang mélé,
contre qui sans cesse elle nourrissoit des haines
mortelles, elle crut de sa politique de s'adresser
au gouverneur de la Jamaique, à celui des terres
espagnoles sret aux Etats-Unis ; et par un aveuglement déplorable, elle. rechercha la force, de
PAngleterre qui dissimuloit son inimitié, de
S TEspagne qui méditoit la guerre, 2 et des Etats-.
Unis qu'une prospérité croissante rendoit indif
férens. Elle donna tant d'importance à cette démarche, dont elle ne; prévoyoit point les suites,
que, chacun, à son gres etselon son parti, porta
dans les, camps, et les assemblées, les différentes
livrées des nations dont on; avoit invoqué le
secours ; ce qui jeta de nouvelles semences de
division parmi les colons qui cherchoient leur
salut, soit dans des forces étrangères, soit dans,
lindépendance de la colonie. C'étoit avec des a
exclamations pleines d'amertume qu'ils reprochoient leurs maux à la France : la plupart vouloient s'en séparer à quelque prix que ce fit,
--- Page 42 ---
(54) )
et se liyrer au premier peuple
teroit du secours, dans la folle qui leur apporviroit leur parti : et la
pensée quils sermorte dans leur cocur mére-patric étoit ainsi
(1).
Pour obtenir
promptement les secours
démanda, sans néanmoins les
qu'elle
blée
désigner, Tassempeignit avec énergie la
mités de Saint-Domingne grandeur des calatouchans et les
par les détails les plus
plus propres à émouvoir: elle
représentoit la magnifique plaine du
ainsi que les
des
Cap en feu
montagnes; richesses
amassées pardes travaux etdes périls inmenses,
perdues en quelques
sans snombre,
esclaves
jours par la révolte de leurs
5 qu'il n'y avoit aucun d'eux
en deuil et ne versât des larmes
qui ne fût
ami, d'une
sur la mort d'un
épouse, d'un frère, d'une
gés ou ensevelis sous des
sceur, égorque des familles entières décombres fumans ;
avoient
leur écrivoient à la lueur des disparu; qu'ils
etjonrbraloient leurs
flammes qui nuit
de la consternation campagnes, et au milieu
et desalarmes
une calamité d'une espèce aussigrande querépandoit
velle; qu'abandonnés de la
que noumême bouleversée
mére-patrie, ellepar des déchiremens
tiques, sans les secours qu'ils attendoient polide
() Eryan - Edwards.
Leipeig, 1798.
leur écrivoient à la lueur des disparu; qu'ils
etjonrbraloient leurs
flammes qui nuit
de la consternation campagnes, et au milieu
et desalarmes
une calamité d'une espèce aussigrande querépandoit
velle; qu'abandonnés de la
que noumême bouleversée
mére-patrie, ellepar des déchiremens
tiques, sans les secours qu'ils attendoient polide
() Eryan - Edwards.
Leipeig, 1798. --- Page 43 ---
)
a
(55
leur générosité, au moins de leur pitié, la ville
du Cap,leur dernierasyle, seroit bientôt en feu,
et qurils ne trouveroient de salut qu'en fuyant
sur les mers et délaissant la colonie à leurs esclaves conjurés; que si l'on n'arrétoit pas cette
calamité 2: une pareille destinée menaçoit les
iles du Nouveau-Monde remplies d'esclaves.
( Au nom de Phumanité 2 de vOS intérêts les
> plus chers et des nôtres, ajoutoient-ils, en-
> voyez-nous quelque secours pour empêcher
) les progrés d'un mal qui ne feroit des colonies
) qu'un vaste cimetière : les mains parricides
> de nos esclaves sont teintes de notre sang;
>, noshabitations, nos campagnes sont dévorées
> par la flamme; et dans,ce dernier degré de
> malheur, , serons-nous abandonnés du ciel et
)) des hommes(1)) ?
crut devoir mettre dans la
- L'assemblée
négociation une différence entre IEspagne. et les
autres Etats : il fut convenu que le gouverneur
de la colonie s'entendroit seul à cet égard avec
le commandant des possessions espagnoles, par
le motif quil auroit été dangereux de dévoiler
à PEspagne,alliée avec la France, des vues d'indépendance 3 et comme ce même danger n'exis-
(1) Garran, p. 251, 252, 235, t. 2..
5* --- Page 44 ---
(3 56 )
toit pas vis-à-vis des autres
crut plus que jamais
Etats, Tassemblée
faire reconnôitre
F'occasion favorable
pour
envoyant des lindépendance de lile en leur
pondirent ambassadeurs. Les Etats-Unis
qu'ils n'entretenoient
réréglées 2 à cause de
pas de troupes
ils jouissoient. Comme Pheureuse situation dont
ment au
on s'adressa particulièregouverneur de, la
bravement que,
Caroline, il manda
il pu former
depuis six mois, à peine
un corps de quatre
avoitpour contenir les
cents hommes
derrières de la
sauvages qui dévastoient les
Géorgie. Le
maique, Lord Efingham, gouverneur de la Janégocintion de la ruse et de employa dans cette
comporta de manière à
Phabileté, et se
avec cloge, et
pouvoir être approuvé
fit lissue de désappronvé sans blâme,
scs
quelque
de ne pouvoir
démarches. Il feignit d'abord
disposer
sous Ic prétexte da d'aucune espèce de force
faires d'an
danger de se méler des afpays où la licence des
point de frein.
esclaves n'avoit
Cependant, soit qu'il eût
des'emparer de la colonie à la
dessein
tions qui la
faveur des dissencontagion de désoloient, la
soit par crainte de la
glaises, il fit
révolte dans les possessions anexpédier sur-le-chiamp
Dormingue cinq cents fusils
pour Saintlivres de balles, et domna
avec quinze cents
Tordre à deux frégates
où la licence des
point de frein.
esclaves n'avoit
Cependant, soit qu'il eût
des'emparer de la colonie à la
dessein
tions qui la
faveur des dissencontagion de désoloient, la
soit par crainte de la
glaises, il fit
révolte dans les possessions anexpédier sur-le-chiamp
Dormingue cinq cents fusils
pour Saintlivres de balles, et domna
avec quinze cents
Tordre à deux frégates --- Page 45 ---
(57) )
de mouiller. au Cap; ct comme elles devoient
faire voile pour TAngleterre, il promit qu'un
troisième bâtiment y séjourneroil aussi longfaudroit pour la sàreté. 1ln'y eut
temps qu'ille
dc la part du gouverneur espagnol, qui fit marcher des troupes vers la frontière, que ces vaines
protestations qu'on a coutume d'employer envers. toute nation infortunée qui va mendier dessecours.
Ce futle 21 septembre que les deux frégates
commandées par Pamiral Afleck mouillèrent
au Cap. Il remit à Passemblée des lettres du gouverneur qui renfermoient des regrets éloquemment exprimés, de ce que cctte forcen'étoit pas
proportionnée à la nature ct à la grandeur du
péril.Larrivé de ces deux frégates ct ces lettres
comblèrent de joie les colons, qui crurent voir
un termé à leur malheur, sans songer que dans
une - . guerro civile il n'y avoit pas de plus grand
fléau
d'employer une force étrangère. Le
que
de Passemblée,
marquis de Cadusch, président
pénétroit l'avenir de la révolution de France,
qui avoit allumé lai révolte des esclaves au-delà
de POcéan, et déployant dans ladversité P'énergic d'unc ame trop passionnée, il ne vit plus de
salut que dans PAngleterre. ( La France, dit-il
> à Vamiral anglais,n'a rien fait pour détourner
I --- Page 46 ---
C
1 58
> nos calamités
)
) illustre nation, ; sans la générosité de
>
,
votre
plus >.
Saint-Doningue ne
côtéavec Quoique ces secours,
seroit
de
Tesagoration du
demandés dun
Tautre avec le
malhenr, et accordés
fussent de
rafinement de la
d'aucun peu
politique 3
2 on
d'importance
les
genre d'adulation.
ne manqua
25 septembre
L'assemiblée
glais, qui,
une lettre à Pitt,
écrivit
pour balancer les
ministre anrope, tenoit d'une main
destinées de TEula vertu : elle le
le crime et de Tautre
maitre: ( que
chargeoit de dire au Roi, son
> nelle
Saint-Doningue vouoit une éter-
)
reconnoisance à
magnanime pour
FAngleterre 3 assez
)) restes d'un
disputer aux flammes les
)) baignée les pays qui assuroit à la
)
par deux
France,
commerces du monde mérs, un des plus beaux
On ne fit rien de
(1) )).
deur des maux et ce qu'il falloit faire la
de la
du péril ôtoit
; granpensées dailleurs tout
jusqu'a
les
cédoita à la
Pusage
ddibéntions, 2 les
vengeance,
force de Topinion de moyens, la gucrre et la
voyoit le feu du lieu parti, Lnssemiblée,
de ses séances,
qui
supidement, de
comme dans le sein s'occupoit
formalités, de préséanice
de la paix,
(1)
etdorganietioo
(2) Garran,p p. 245, 244, t. 2.
(2);
Garran, P. 185, t. 2. Dalmas,
ntions, 2 les
vengeance,
force de Topinion de moyens, la gucrre et la
voyoit le feu du lieu parti, Lnssemiblée,
de ses séances,
qui
supidement, de
comme dans le sein s'occupoit
formalités, de préséanice
de la paix,
(1)
etdorganietioo
(2) Garran,p p. 245, 244, t. 2.
(2);
Garran, P. 185, t. 2. Dalmas, --- Page 47 ---
(59 )
ousi elle se méloit des malbeurs publics, ellen'y
des remèdes contraires. A cause
apportoit aversion que
contre la mère - patrie 7 elle
de son
Poreille aux noune vouloit pas qu'on prétàt liberté dans les
velles de France, et ôta toute
dans lés paroles, dans les actions, dans
écrits,
la
la presse; elle enélaina de cettemanière pensée au fond des ames épouvantées, pour qu'on
irritoit Jes esn'osàt blâmer un despotisme qui
Ceux qui, sous
prits et qu'elle jugoitnéesenint.
d'union
la foi du droit des gens et des liens
entreles deux pays, vénoient dès côtes de France,
s'ils n'avoient pas des proprictés ou des parens
étoient
dans le fond d'un navire
dans Pile,
jétds
ciel danou renfermés dans un fort; et sous un
lés fers, la misère, la congereux ét nouvean,
tagion ct la mort. remplaçoient une hospitalité
nc calma cette
douce et axcontoumeeliswembiliex
condition qu'ils s'armemisérable tyrannie qu'à
roient contre les esclaves. Les malheureux qui
furent renvoyés cn
refusérent ce dernicr parti
France : on les vit débarquer à Brest, chargés
défaits
comme s'ils avoient
de fers, pâles 7
(1), au-delà des mers.
commis quelque grand crime
Cependant les négociations entamécs avec les
() Garran, p. 249,. 2. --- Page 48 ---
à peuples
1e 40 )
voisins ayant été
yant laissé dans Fame des infpuctnones, et n'aexpérience de Tabandon colons que la cruclle
Einsurrection ne
dans le mallicur
maniére plus.
faisant que s'aceroitre ; et
alarmante,
d'une
gouverneur de lever des Tassemblée chargea le
gimens; 5 en. méme
hommes pour trois réchamp un navire temps elle expédia
informer la
ayec, des
sur-le
Cette
France des calamités commisaires de
pour
nouvelle
la colonie.
une valeur sage, troupe mais marcha, non pas avec
insolente, contrelese avec une espèce de fureur
dillrentes
esclavesq
se passât rien actions, antour, de wquollerepansed la
dans
genre de
de digne de la postérité. ville, san's: qu'il
etd
prostitution.. singulier chez Onivit un.
dans le
elles
des filles Lenacretenns
camp des. colons
alloient sanshonte
çontre des ballcs et,
Gclanger leurs
sans remords,
delai poudre (1), faveurs
la liberté, la par des ptostitations achetant
vroient
mnort deleurs maitrés fhites. pour
de.
damour., Lexpretacl
qu'elles eniprisonniers,
dune multitude
verses
iobunaitemear égorgés
Iage, les habitations, se renouvela
sur diséxe ,' l'imposemnce
sans égard.
phe parricide qui refonloit etla foiblesse; :
la
TUEee
haine dans les
()
Makafaut,p p. 255.
veany
des ptostitations achetant
vroient
mnort deleurs maitrés fhites. pour
de.
damour., Lexpretacl
qu'elles eniprisonniers,
dune multitude
verses
iobunaitemear égorgés
Iage, les habitations, se renouvela
sur diséxe ,' l'imposemnce
sans égard.
phe parricide qui refonloit etla foiblesse; :
la
TUEee
haine dans les
()
Makafaut,p p. 255.
veany --- Page 49 ---
(4i) )
coeurs. Les maîtres, ne prenant les armes
que
pour. exterminer les esclaves, chérissoient une
vengeance facile et atroce. Comme ils dédaignoient celle qui coûtoit des travaux et des périls, on les entendoit dans des plaintes dédaigneuses demander leursbains, leurs tables splendidement servies par de jeunes esclaves, regretter la mollesse de leurs lits, leurs voluptueuses
maîtresses; ct rentrant aussitôt dans la ville, ils
abandonnoient pour de douces habitudes une
insurrection qu'ils n'avoient fait qu'envenimer.
On négligea de plus en plus la guerre
étaler avec
9 pour
appareil sur des échafauds de lâches
et dégoûlantes cruautés. Les crimes des esclaves
paroissoient si énormes, qu'on crut que les supplices ne seroient jamais trop effroyables. Les
membres de l'assemblée coloniale. se couvrirent
d'un crépe noir, - 2. et. ceux de l'assemblée de la
province d'un crépe ronge ; siégeant avec ces
marques de deuil et de vengeance. Des tribunaux de sang furent institués ; cinq potences
et deux roues faisoient de la ville une boucherie
de la nature humaine : on y envoyoit souvent
ces malhenrenx au nombre de vingt ou trente
à laf fois. (a)Chaquebourg,
chaque camp, chaque
(1) Débats dans l'affaire des colonics, t.
61,62, t.
3 5 s pag.
6,P.7 72. --- Page 50 ---
(42)
lieu avoit son tribunal et ses
souilloit la valeur
bourreaux, 2 on y
Ces
5 on y déshonoroit la vertu.
supplices ne suffirent point à la
des maîtres, ils alluméront des
vengeance
plus dignes de la fureur du bichèrs, comme
jeter les esclaves
temps, et avant d'y 1
vivans, ils les faiseient
la torture;
passer par
Tinsurrection, ceux-ei.interogés sur les crimes de
répondoient parle, mot de
Ici, on entendoit les cris sourds
liberté,
rachoit la torture, là
et pressés qu'artions
retentissoient Ies lamentaqu'étoulloit lentement le feu des bichers.
Souvent la multitude, impatiente
d'attendre leur
condamnation, les massacroit, etleurs membrés
déchirés devenoient la pâture des
tantes funérailles de la
chiens; dégotfurent inhumains
servitude. Les maîtres
esclaves
jusque dans le pardon: Des
déposérent les armes et abandonnérent
Finsurrection. Ces malheureux
la cause de la liberté
ne désertérent
sement
que pour être ignominieuflétris : on leur
avec un fer
imprimoit sur la joue,
bralant, la première lettre da mot
révolté(1). Dans la défaita,
pour eux un
chaque ennemi étoit
reau. Liesclave maitre, un: vaingqueur et un bourfidèle étoit confondu avec le
coupable, celui qui éteignoit la flamme
celui qui Tallumoit, celui
avec
qui défendoit la vie
() Garran, p. 255,254, ,t.2.
tris : on leur
avec un fer
imprimoit sur la joue,
bralant, la première lettre da mot
révolté(1). Dans la défaita,
pour eux un
chaque ennemi étoit
reau. Liesclave maitre, un: vaingqueur et un bourfidèle étoit confondu avec le
coupable, celui qui éteignoit la flamme
celui qui Tallumoit, celui
avec
qui défendoit la vie
() Garran, p. 255,254, ,t.2. --- Page 51 ---
(45 )
de son maître avec celui qui versoit son
:
ainsi la grace étoit un supplice la
sang
; fidélité, le
courage et la vertu trouvoient la mort.
On ne vit jamais plus de force d'ame dans
les tourmens, 2 que les esclaves n'en montrèrent
sous les yeux des maîtres qui leur reprochoient
avec un orgueil plein de dédain, leur vaste et
horrible conjuration, contre eux sur-tout dont
l'esprit et le corps étoient d'une nature excellente ; repoussant ces singuliers reproches
un silence digne de la
par
liberté, ou par un regard étincelant de vengeance, ils marchoient
au supplice d'un pas calme, , avec cette indifférence que donne la servitude pour la vie ou
la mort. Le sexe le plus foible se montra le
plus fort : de jeunes
sans
femmes, 2
laisser échap
per aucune plainte dans les rues et sur les places,. alloient avec fierté au devant du
et
supplice,
par un si touchant exemple encourageoient
ceux qui hésitoient de mourir pour la liberté.
On en vit quelques -unes d'un caractère
plus
surprenant sourire en expirant, en présence dè
leurs maîtres dont clles désespéroient ainsi la
vengeance.
Avant d'entrer dans les détails de cette insurrection, je parlerai en peu de mots de l'origine, des moeurs, de la
religion, 2 des qualités --- Page 52 ---
(4k)
physiques et intellectuelles des
leur maniére de faire la
esclaves, et de
gions diverses de la
guerre. Nés en des réressembloient
vaste Afrique, ils ne se
point entre eux ;
avec, des institutions
chaque climat,
variées, leur ayant
primé un caractère différent.
imreçu le
Ceux qui avoient
jour au Sénégal étoient
oflices de la
propres aux
culière
maison, et d'une habileté partipour les arts mécaniques. Ils ont de
grace dans lest traits mobiles de leur
la
le nez est droit, les lèvres
visage, dont
lougs et
minces, les cheveux
Barbares qu'anime un ceil plein de feu. Les
et les Quiambas sont les hommes
PAfrique de la plushante
de
taille;on
cune ame n'anime ces
diroitquaudans leur démarche mal corps Bigantesques, et
triste indolence. Les
assurée se pcint une
plus intrépides àla
re, égaloment'utiles dans la
guerpaix , se nomment
Agonas, 2 Aoussas, Arradas,
nésà la Côte d'Or, ils
Socos; tous sont
respirent dans une
poitrine, et la vue de leurs
large
image de la force et de la beauté. corps donne une
des Nagos sont
Ceux du pays
six
marqués sur la joue de trois ou
coupures qui leur servent
climat stérilerleur
d'ornemens; ; un
donne du
Lcs Ibos de la
penchant au vol.
région du Gabon, sous
ont une mélancolic qui leur
Péqnateur,
ronge l'ame ; sans
; tous sont
respirent dans une
poitrine, et la vue de leurs
large
image de la force et de la beauté. corps donne une
des Nagos sont
Ceux du pays
six
marqués sur la joue de trois ou
coupures qui leur servent
climat stérilerleur
d'ornemens; ; un
donne du
Lcs Ibos de la
penchant au vol.
région du Gabon, sous
ont une mélancolic qui leur
Péqnateur,
ronge l'ame ; sans --- Page 53 ---
(45 )
cesse ils tournent leurs pensées intimcs, leurs
regrets amers vers la patrie qu'ils ont perdue,
et dans la croyance qu'ils la reverront, ils se
donnent la mort à l'imitation Ics uns des autres. Iln'en est pas de même des Congos, quise
livrent à une joie folle et bruyante 2 et qui calment les maux de la vie ct leur servitude par
des danses varices et des chants monotones 7
mais harmonieux-Le repos est leur bonheur,
la bonté leur caractère. Ons voit dans leurs yeux
gros et d'une teinte jaunâtre cctte constante
gaité qui lcs laisse dans une rare et précieuse
indifférence pour l'avenir et le passé. Comme
ils ont coutume d'envoyer leurs femmes aux
champs, il n'y en,a avoit point de plus recherchées, ni de plus diligentes. La nature, dans des
distances tres-rapprochées, se plaitquelquefois à
marquer de grandes différences pour les inclinations,1 lesgoûts, les vices, lc crime etla vertu.
Quoique voisins des Congos, les Mousombes
et les Mondongucs ont un caractère de férocité qui les porte à se nourrir de chair humaine ; et. cet horrible penchant est marqué par
leurs dents incisives qu'ils scient, ct transfor-.
ment en autant de canines aiguis et déchirantes (1).Ilyad d'autres espèces de negres qui ont
() Moreau de Sti-Méry.
a --- Page 54 ---
(46)
des différences moins
récits fabuleux des frmppantes, et font des
reçu le jour.
pays inconnus où ils ont
L'esclavage altéroit ce caractère
dont il ne restoit
primitif,
que des
Penfant né esclave
impressions durables :
et à mesure
différoit du père né libre
que ces négres
;
ture sauvage à la nature
passoient de la natus se
corrompue, leurs vercrimes changeoient en vices et leurs vices
2 sans que l'on vit
en
de la civilisation.
parmi eux les
La
graces
table du
traite, ce marché lamengenre humain, réparoit
pertes de Yesclavage
sans cesse les
mes, enfans,
qui détruisoit tout, femvicillards,
être un exemple de Finstabilité générations ; et pour
de la
humaine, On voyoit parmi les
grandeur
et des filles de roi mis
esclaves des fils
de la
en captivité par le sort
les guerre, 2 ainsi que des hommes versés
sciences que les Arabes avoient
dans
seignées aux Maures
autrefois en-
(1).
Lecultele plus
té d'Afrique,
remarquable qu'ils ont apporhomet, est indépendamment de celui de
connu sous le nom de
Masignific un être surnaturel
Vandoux, qui
et intelligent. Ils le
() Malenfant
Lettre de
9 pag. 215. Moreau de
Villcherforce à Talleyrand.
St.-Méry.
és
sciences que les Arabes avoient
dans
seignées aux Maures
autrefois en-
(1).
Lecultele plus
té d'Afrique,
remarquable qu'ils ont apporhomet, est indépendamment de celui de
connu sous le nom de
Masignific un être surnaturel
Vandoux, qui
et intelligent. Ils le
() Malenfant
Lettre de
9 pag. 215. Moreau de
Villcherforce à Talleyrand.
St.-Méry. --- Page 55 ---
(47)
réprésentent sous la forme d'un serpent qu'ils
renferment dans une caisse de bois 7 et qu'ils
placent sur un autel. Un roi et une reine 7 employés au service de ce culte 7 reçoivent de
chaque initié le serment exécrable de ne pas
en révéler les mystères 2 et font, ensuite des
exhortations pour enivrer leur ame d'un divin
enthousiasme. On imploroit séparément le
dieu; les uns lui demandoient de diriger Pesde leurs maitres, les autres des richesprit d'autres lei don de plaire ; ceux-ci une
ses, vie, cêux-là le retour d'une amante
longue infidèle. Bràlante d'amour pour un adolescent, une vieille femme Vinvoquoit pour faire
cesser ses dédains; une rivale venoit le conjurer de servir sa haine. Chaque passion en un
mot formoit des voeux, etle crime même 2 pour
être écouté 7 se déguisoit. Le dieu répondoit
la bouche de la reine, qui avoit pour trépar la boëte renfermant le serpent - dieu.
pied elle
la félicité, tantôt elle
Tantôt
promettoit
tenant dans seS mains la
éclatoit en reproches,
foudre de cette divinité à qui Pon offroit ensuite des présens de diverse nature. Cette cédes danses convulrémonie se terminoit par
d'extase, de ravissement et de VOsives, pleines
sccllupté, précédées du même serment qu'on --- Page 56 ---
('48 )
loit en portant aux lèvres une
sang d'une chèvre (1). Ces coupe pleine du
de la vénération
nègres ont encore
pour de petites figures
sières de bois ou de pierre, qu'ils
groscomme auteurs de choses surnaturelles. regardent
plupart croyent que le premier homme fut La
noir, et que le blanc est une couleur
nérée. Ils font usage de plusieurs
dégémagies qu'ils mélent
sortes de.
aux pratiques de- la religion chrétienne.
Sans aucunenotion, ni expérience de
re, les esclaves la firent d'abord à lai laiguerdes
manière
sauvages : vieillards,
alloient
fommes, enfans, tous
péle-méle au combat, et avant d'en
veniraux mains, souvent ils invoquoient leurs:
fétiches et pratiqnoient des magies
et diverscs, avec lesquelles ils
singulières
mement arrêter l'ennemi.
croyoient. for-.
Tantôt ils
un profond silence, signe de
gardoient
surprise ; tantôt ils redoubloient quelque grande
leur
par des gestes animés et des hurlemens. courage Leurs
armes étoient mauvaises
Gétoit
2 diverses, inégales.
les
plutôt sans art que sans adresse qu'ils
manioient ; ils connoissoient si
du canon, qu'ils mettoient la
peu, Pusage
poudre sur le
() Morcau deSt.-Méry,
boulet.
un profond silence, signe de
gardoient
surprise ; tantôt ils redoubloient quelque grande
leur
par des gestes animés et des hurlemens. courage Leurs
armes étoient mauvaises
Gétoit
2 diverses, inégales.
les
plutôt sans art que sans adresse qu'ils
manioient ; ils connoissoient si
du canon, qu'ils mettoient la
peu, Pusage
poudre sur le
() Morcau deSt.-Méry,
boulet. --- Page 57 ---
(49) )
boulet. Fatale ignorance, rachetée pourtant par
des avantages nés de la vie sauvage et des misères de la servitude. Braver le climat, la faim,
la soif, les périls et la mort ; se passer de tentes, de chanssure, 2 de vetêment et de toutes
les superllnités que le luxe traîne à sa suite;
vivre en des lieux où d'autres mourroient 7
n'avoir besoin de rien 5 tout détruire, se trouver bien par-tout, faisant de chaque endroit un
camp, de chaque rocher un fort, de chaque
telles étoient avec
bois un retranchement (1) ;
invincible les ressources de Pesune patience
clave dans la gucrre.
L'instrrection, dont la force croissoit chaque
jour, avoit pour chef un esclave nommé JeanFrançois. Ilsemoitlattaque et la défensedetouts
sorte de pièges avec une singulière hardiesse, et
dans l'épouvante que
sa tactique consistoitplus
dans le combat, et il combattoit moins quil
ne fuyoit ; mais revenant sans cesse pour combattre encore, sa fuite et son retour inspiroient
également de leffroi. Comme il avoit l'art de
simuler la défaite, jamais il n'étoit plus fort /
lorsqu'on Ic croyoit perdu. Ce qu'il y eut /
que d'admirable en lui; ce fut de maintenir Pobéis-
(1) Malenfant, pag. 254:
--- Page 58 ---
50 )
sance parmi tant de gens
différentes, malgré tout d'origine et de moeurs
cette espèce exigeoit de ce qu'une guerre de
3 et de péril. Il eut de privations, de constance
nes des temps anciens commun avec les capitainaire pour les belles une passion extraordivaux. Il portoit des armes et de superbes cheet avoit des
habbits richement brodés,
éguipages dune
cherchée, soit
magnificence rerel,soit qu'il le que ce luxe fat un goût natujuigeàt
ment. Son caractère fivorableau commandeétoit d'une
surprénante pour être celui
magnanimité
avoit de la bonne foi
d'un esclave. Il
savoit oublier
dans ses négociations,
té. Ce fut à Finjure, Pécole etse venger avec dignicombien
de Fadversité
une troupe marchant
qu'il apprit
sans ordre, n'ayant nulle
confusément et
ble dans
discipline, étoit foificile à rallier Tattaque, lente dans la
dans la
victoire, dif
tique de ses
défite; et imitant la tacdoutable
ennemis, il fut d'autant
qu'il y joignit celle des
plus reCe chef avoit
esclaves.
pour lieutenans
Touweiat-lomertint
Biassou et
pourle conseil
Biassou, moins
force de
que pour T'exécution, étoit propre d'une
qui couloit corps prodigicuse. Un sang
dans ses veines
bouillant
impétucuse eti implacable.
rendoit sa colère
Lorsqu'il étoit infor-
able
ennemis, il fut d'autant
qu'il y joignit celle des
plus reCe chef avoit
esclaves.
pour lieutenans
Touweiat-lomertint
Biassou et
pourle conseil
Biassou, moins
force de
que pour T'exécution, étoit propre d'une
qui couloit corps prodigicuse. Un sang
dans ses veines
bouillant
impétucuse eti implacable.
rendoit sa colère
Lorsqu'il étoit infor- --- Page 59 ---
(5i)
mé de quclque acte d'inhumanité commis envers les siens, il égorgeoit ses prisonniers de sa
propre main, etne s'apaisoit. qu'en voyant leurs
tétesinanimées rouler dans la poussière. Sa vaillance étoit si farouche,rqu'il comptoit pour perdu lc temps qui n'étoit employé ni à la destruction, ni au carnage. De sang froid il avoit
des vertus : rien n'égaloit sa bienfaisance et sa
générosité; - il adoucissoit le sort des malhenreux qui tomboient entre ses mains ; SCS crimes étoicnt plutôt ceux de linsurrection que
ceux de son coeur 2 une espèce de génie sauvage animoit SCS actions ennoblies par une cl6mence ouverte et ternies par une malheurcuse
fureur.
De tous les chefs des insurgés aucun n'avoit
plus de picté, de justice, d'humanité, de grandeur d'ame, que Toussaint surnommé Louverturc, à cause de la facilité qu'il mettoit à toute
espèce de conciliation. Esclave dans son enfance,
il avoit gardé les troupeaux de Thabitation Breda, il apprit à lire età écrire en les faisant paitre. Humain dans la guerre la plus inhumaine,
il avoit arrêté autant qu'il avoit pu tout acte
de barbarie. Comme il aimoit la liberté sans
crime, il détestoit la vengeance, si la nécessité
n'en faisoit une loi. Il étoit d'autant plus im4* --- Page 60 ---
(53)
pénétrable dans ses
loit sous une franchise desecins, qu'il les dissimures pleines de noblesse apparente, et des maniéun trait il peignoit,
et de véhémence; en
voiloit ou
surprenoit la
périté, il ne fit rien
dindigue de la
FER
pabledes sacrificesles plus
vertu ; Caretirer de Tesclavage les sextraordimires, pour
tendresse
siens, quilaimoit d'ane
extrême, il pénétroit
perspicacité les pièges les
avec une rare
inventés pour les
plus ingénieusement
dés institutions perdre. Il jeta le fondement
d'un nouyeau
prévoyance dun esprit
peuple, avec la
doivent
qui juge des choses
périr ou rester. Son
qui
utile dans la paix et dans la génie, également
fort du danger cette rare alliance guerre 2 avoit au
et de la chaleur qui
du sang-froid
la vicloire.
répare la défaite et promet
Quelque
un événement
impression que pàt faire
déconcerté
inattendu, il n'en étoit
et savoit habilement
point
le plus sage. Ce fut
prendre le parti
avec une
modestie, et sans une
gloire pleine de
soutint par la suite le choc savante tactique
soldats du monde. Il
des plus
Pat3
d'un esclave bravant n'avoit que les besoins
mcil, couchant
la faim, la soif, le sompremier fruit
sur terre 2 se nourrissant du
qui lui tomboit sous la main. Il
n'en étoit
et savoit habilement
point
le plus sage. Ce fut
prendre le parti
avec une
modestie, et sans une
gloire pleine de
soutint par la suite le choc savante tactique
soldats du monde. Il
des plus
Pat3
d'un esclave bravant n'avoit que les besoins
mcil, couchant
la faim, la soif, le sompremier fruit
sur terre 2 se nourrissant du
qui lui tomboit sous la main. Il --- Page 61 ---
(55 )
connoissoit à fond les. marées 3 les torrens, les
rivières * les lacs, la hauteur et la coupe des
,
les
les
les défilés, 7
passages
montagnes, 2 gorges,
des forêts,
les moins praticables, la profondeur
le retour des vents, la saison des pluies, Papprode terre, la violence des
che des tremblemens
étude qu'il avoit faite dès ses jeunes
ouragans :
soit en pourans , soit en gardant lestroupcaux,
suivant dans les forêts les animaux sauvages,
dans les rivières et les lacs
soit en se baignant
étoit
qu'il traversoit à la nage (1); son corps
agile et d'une taille médiocre, son visage expresct.rapide, son aspect
sif, son regard pénétrant
imposant.
Jean-François ayant rassemblé ses principales
forcesà deux lieues de la ville sur les habitations
suivant le dire des
Dagoust et Galiffet, avoit,
fortifié ces positions d'une nomprisonniers 5
brense artillerie. Tont-à-coup le bruit se répandeux
d'une illustre naissandit que
porsonnages
le chef,
ce,invisihles pour tous, excepté pour
étoient dans le camp des esclayes. Sans remonter à la souree de ce singulier bruit, on n'en eut
d'impatiepce d'aller les combattre pour
que plus
merveilleuse curiosité. CepenSatisfaire une
Stephem, imprimée a
(1) Vie de Toussaint, par
Londres. --- Page 62 ---
(54)
dant il étoit d'une autre
marcher au plus vite de la importance de faire
la province de POuest où les troupe pour garantir
soient à porterleferetle:
conjurés se dispoparoisses autour du
feu; d'unautre côté,les.
avecalarme des secours: Fort-Dauphin sollicitoient
périr.
sans lesquels elles alloient
Ilyavoit alors dans la colonie
nes recommandables
deux capitairience
par la bravoure et
qu'ils avoient acquises dans la Tespé
qu'on nommoit Touzard et le
guerre,.
vrai. Le premier avoit
marquis de Ronchefs de la
copu les' plus vaillans
guerre. des
dit un bras. Il ne
Etats-Unis, oàil perde ne s'être
manquoit à sa gloire que
Il avoit pastrotivé dans le rangquila donne.
coutume de méditer
entreprises, et d'en peser lés longuement ses
profondeur de la
dangers avec la
les obstacles
pensée; mais quels que fussent
aplanissoit, Inttant quil rencontra par la snite, il les
qu'à la nécessité. avec la fortune et ne cédant
périls,
Il craignoit d'autant moins les
qu'il n'exposoit plus aux hasards
corps mutilé,qui pouvoit néanmoins
qu'un
gloire qu'il aimoit avec
servir à la
trompoitguére dans passion: Comme il ne se
sans cesse les choses ses conjectures, comparant
marquant en quoi elles passées aux présentes, rediffèrent ct en quoi elles
rencontra par la snite, il les
qu'à la nécessité. avec la fortune et ne cédant
périls,
Il craignoit d'autant moins les
qu'il n'exposoit plus aux hasards
corps mutilé,qui pouvoit néanmoins
qu'un
gloire qu'il aimoit avec
servir à la
trompoitguére dans passion: Comme il ne se
sans cesse les choses ses conjectures, comparant
marquant en quoi elles passées aux présentes, rediffèrent ct en quoi elles --- Page 63 ---
(55) )
ses avis passoient dans les assont semblables,
semblées pour être d'un grand poids; mais un
coup-d'oil si juste et si pénétrant ne le faisoit
écarter de P'obéissance, afin de ne pas
point de la désunion dans Ie conseil, et du
mettre
désordre dans Pemploi de la force.
de
sous les traits de la
Le marquis
Rouvrai,
vieillesse, avoit les graces et Timpétuosité de cet
âge oàl'on fait des choses immortelles.Son ame,
trempée dans P'adversité, redoubloit d'énergie
enprésence du malheur. La moindre crainte
dans le danger lui paroissoit une honteuse foiblesse. Mais ce male courage luidonnoit de trop.
dures vertus; il infligeoit des peines pour la
faute la plus légère, sans égard pour la valeur
du soldat, quil humilioit par cettc sévérité;
souvent ils'oublioit dans les bras de la mollesse
au milieu des délices de la table qu'il transportoit dans les camps. L'amour de ce genre de
volupté n'étoit qu'une distraction propre à reet égayer sa bravoure. u étoit d'une rare
poser habilcté dans la défense, et capable avec une poide soldats d'arrêter en divers endroits la
gnéc effroyable insurrection qu'on ait jamais svue.
plus
Il agissoit avec tant d'invention et de promptitude, qu'il fut le capitaine le plus redoutable
Une éloquence forte, mordante et
aux insurgés. --- Page 64 ---
56 )
séche, un caractère
seins trop inflexibles, âpre et sauvage; des desTamour et la haine , lui attiroient tour-à-tour
Le
des divers partis.
quer les gouverneur esclaves ayant chargé Touzard d'attaretranchés sur les
Dagonst et Galilfet, ils
habitations
prirent
qu'ils ne se défendirent
plutôt la fuite
aucune
; soit qu'ils ne missent
importance à des
milieu d'une plaine
positions placées au
rassent combattre ravagée, Soit qu'ils espétres lieux. Touzard avec plus davantage en d'aulegouvermenr,
vouloit les poursnivre, mais
timide dans vieillard irrésolu dans le" conseil,
Taction, et qui
une aflaire sans en sortir in'entroit guère dans
le-champ retirer la
avec honte, fit surdonner la suite de troupe la
quifrémissoit td'abantement sur ses
victoire ; elle revint lenternation d'un pas, chiaque soldat avoit la consFobéissance vaineu, et murmuroit contre
due à un vieillard.
on incendia les deux
Avant la retraite
de,
liabitations qui
camp aux esclaves. On
servoiént
des deux
ne sut rien de plus
rieusement personnages qu'on disoit étre
chez
mystécrédulité qui avoit Fennemi, hàté ct chacun rit d'une
Après avoir
la vicloire.
ordonné les
morne Bekli pour la défense fortifications du
Lon employoit
de la ville, ct où
chaque jour quinze cents Ou-
illard.
on incendia les deux
Avant la retraite
de,
liabitations qui
camp aux esclaves. On
servoiént
des deux
ne sut rien de plus
rieusement personnages qu'on disoit étre
chez
mystécrédulité qui avoit Fennemi, hàté ct chacun rit d'une
Après avoir
la vicloire.
ordonné les
morne Bekli pour la défense fortifications du
Lon employoit
de la ville, ct où
chaque jour quinze cents Ou- --- Page 65 ---
(57 )
Rouvrai marcha contre les insurgés qu'il
vriers, bas de la Limonade en différentes renbattit au
dcs feux
contres. Sa marche étoit signalée' par
allumoit avec Jeurs ajoupas, espèce de caqu'il de
Dans la crainte quils ne porbanes
feuillage.
tassent ensuite le fer et le flambeau dans TOuest,
il forma le long des Gonaives, montagnes qui
servent de rempart aux deux provinces 2 un
cordon de troupes qui fut une digue sûre contre
Finsurrection ; il résistoit à une multitude avec
sur chaque défilé; sa
quatre ou cinq hommes
milliers
tactique consistoit en ce que, si des
de soldats se dévouent au péril dans Vincertitude de la mort, aucun ne veut s'exposer à une
mort certaine. Or, cette mort devenoit toujours
certaine pour le premier del la troupe qui iapprochoit d'un défilé, ,sur lequel on ne pouvoit pasPun
l'autre. Ainsi cet intrépide
ser que
après
les escapitaine défendoit la yille; dispersoit
claves et sauvoit POuest.
devenir
activeà Pextrémité
: La guerre. va
plus
Des
du Nord, qui n'avoit pas encore été ravagée.
bandes d'insurgés mises en fuite à la Limonade,
et repoussées des montagnes des Gonaives, y
r'efouloient. de tous côtés, attirées d'ailleurs par
l'appas du bulin. Rouvrai y vole ayec tout ce
qu'il peut rassembler de troupes de ligne, 2 de --- Page 66 ---
(58 )
garde nationale, et de
tout il établit des
gens de sang mélé. Parau Dondon, à la camps au Trou, à
Grande
Valliere,
lade; le plus
Rivière, à la Marmeohil signala plus remarquable étoit le camp Rocou
Les
partieulierement sa
instrgés se hatérent d'en
valeur(i).
des siens 5 la guerre
placer en présence
de ces
changea d'abord la
et
camps, sans perte ni faits
position
Tavantage seroit resté
remargnables,
maîtres, sans la discorde pour lors du côté des
seins des plus habiles. qui déconcerte les desLesmémes dissentions
désoloient les
qui déchiroient la ville
tant d'étendards camps ; Fanarchie y
riches
que de castes et de montroitanétoient humiliés de
partis. Les
vs,etilya avoit
camper aveç les
ses. Les
parmi eux des
pauuns se
factions divermocratic, lcs prononçoient en favenr de la déd'autres
autres en faveur de la
royanté; ;
se placer sous
d'autres
akeastiedijenieee
la
enfin
tous
protection de'
dédaignoient de faire la
FAngleterre :
franchis. On ne vouloit
guerre aveclesaf
tente, ni le même
partager ni la même
toute sorte de railleries camp, l'on s'insultoit par
sions détruisoient
et d'outrages. Ces divila discipline; le
(1) Ces camps n'étoient
courage; ct
plus ou moins de suldats. guère que des postes ayant
enieee
la
enfin
tous
protection de'
dédaignoient de faire la
FAngleterre :
franchis. On ne vouloit
guerre aveclesaf
tente, ni le même
partager ni la même
toute sorte de railleries camp, l'on s'insultoit par
sions détruisoient
et d'outrages. Ces divila discipline; le
(1) Ces camps n'étoient
courage; ct
plus ou moins de suldats. guère que des postes ayant --- Page 67 ---
( 5g )
l'inimitié qui devoit vaincre les esclaves perdoit
les maitres.
Jean-François ayant été informé de ces choses par des frères, 2 des sceurs 2 des maîtresses 2
espions sûrs et fidèles, que les esclaves avoient
toujours dans le camp ennemi, tandis que ce
quise passoit dans le leur étoit impénétrable à
Tespionnage,ner manqua pas cette occasion
livrer divers combats à la troupe des
CKeNr
Chaque jour faisant des progrès dans lart de la
guerre, il l'attaque surplusicurs points 2 remplit
et d'alarmes. En'habile
ses attaques dembûches
capitaine, il profite desnuits sombres, des. .vents
qui frappent au visagede Pennemi, des tremblemens de terre d'une violence extraordinaire en
ce pays, s'aidant ainsi dans la guerre des bouleversemens de la nature. Il fuit et revient, sa
marche est si rapide et si variée, qu'on le croit
par-tout oà iln'est pas : dit-on quil est éloigné,
c'est alors qu'il est en embuscade dans un bois
voisin; il a sur-tout soin d'occuper les hauteurs
et les derrières de Fennemi; s'il se montre dans
la plaine, en un clin-d'oeil il' paroit sur un rocher escarpé d'oùt il voit en sûrcté les mouvemens de la troupe ennemie. Avant le combat il
invoque les dieux de I'Afrique par des magies
sacrécs, et y prépare ensuite ses soldats avec
'est alors qu'il est en embuscade dans un bois
voisin; il a sur-tout soin d'occuper les hauteurs
et les derrières de Fennemi; s'il se montre dans
la plaine, en un clin-d'oeil il' paroit sur un rocher escarpé d'oùt il voit en sûrcté les mouvemens de la troupe ennemie. Avant le combat il
invoque les dieux de I'Afrique par des magies
sacrécs, et y prépare ensuite ses soldats avec --- Page 68 ---
des
( - 6o ).
gestes, des cris,
dans un nystérieux desinniemens. Quelquefois
olscure, il voleà silence, protégé
taine, qu'on
une victoire
parunemnit
ne decouvre
dautant plus cercouleur même de la nuit. point sa troupe de la
de quelque sentinelle, Craint-il la
lière adresse il la fait aussitôt par une vigilance singuenlever
corde, au bout de laquelle
avec une longue
coulant. C'est ainsi
se trouve un noeud
Fépouvanto et la mort que portant
colons, il
dans les divers tout-i-coup
Rivière, les occupa Valliere, le Trou, la camps des
de; chaque Mornets, le Dondon, la Grande
lons
combat étoit
Marmelacédoit perdiront la vie à celui meurtrier; du
cent COlui
à SCS armes et à sa
Dondon. Tout :
résista. Parmi des
fortune, Rouvrai seul :
sur- tout sécondé
revers mélés de succès et
un terme à
par les allranchis, il mit
camp de Timpétuosité de ses
Rocou, il
conquêtes au
leferct le feu dans les Fempécha de
du
quartiers de péndtrerave
et dul Tanier-houge, 2 de Jaquezi, Mirsharons,
Fort-Domphin qui
d'Ounnaminthe
Tout bâtoit les destins n'avoient pas été
gne protégeoit
de la colonie: ravagés.
Tipenrection
PEspareligion ct le trône. Elle
pour venger la
Tappas de la
trompa les esclaves par
décorer les chefs liberté, dela ct nC craignit point de
révolte des croix, Tu'elle --- Page 69 ---
(6i)
donnoit à la valeur et à la fidélité. Comme sa
politique se flattoit du fol espoir d'éteindre la
révolution de France par unei insurrection lointaine, elle ne négligea rien pour Palimenter,
malgré l'indignité de l'action. Bestiaux, armes,
canons, chariots, argent, conseil, plande campagne, élle fournit tout (1). D'un autre côté,
des Français 7 exilés'de leur pays par la crainte
ou par la vanité, s'associérent dans l'inquiétude
de l'exil à une révolte qu'ils crurent de plus
en pluis ntile à leur parti, parce qu'elle privoit
la France en révolution de ses richesses au-delà
des mers ; ils disoient aux esclaves que le roi
d'une hontéaccomplie, cssuyoit de graves outrages dans sa personne et dans sa puissance. 2 pour
leuravoir accordé, avec une pitié digne de la
pourpre, trois jours de repos dans la semaine,
et' comme les esclaves étoient encore secrètement appuyés par la plupart de ceux quiles
avoient portés à la révolte, ilss'affermirent dans
leur conquète.
Les maitres, après toutes ces défaites, n'en
devinrent que plus cruels. Si P'histoire ne devoit pas instruire la postérité des malheurs du
genre humain, il faudroit détourner les yeux
() Lettre de Rouvrai du 8 juin 1792. Malenfaut,
pag-7.
aves étoient encore secrètement appuyés par la plupart de ceux quiles
avoient portés à la révolte, ilss'affermirent dans
leur conquète.
Les maitres, après toutes ces défaites, n'en
devinrent que plus cruels. Si P'histoire ne devoit pas instruire la postérité des malheurs du
genre humain, il faudroit détourner les yeux
() Lettre de Rouvrai du 8 juin 1792. Malenfaut,
pag-7. --- Page 70 ---
(6a) 2 -
duspectacle de tant de cruautés.
ruines,
Tout n'est que
camp,supplices et
et les vaincus
morts. Les vainqueurs
res et de bourreaux s'honorent du titre d'incendiaini pitié chez les
2 on ne voit ni clémence
hasard
maitres ; sans avoir
que dans le
autant de
la vengeance
principe de
devient
Tinsaurrection,
et étudiée. Une mort une combinaison froide
tragen'est plus
trop prompte ou sans ouce, ils
pour eux qu'une
en
s'envoyent
demivengeanet sanglantes
présent des têtes
avec des lettres sur le
livides
mort, et adressent celles
caractère du
blées qui sans honte
des chefs aux assemrécompensent ce
dasosinat, 2 pour lequel on
genre
des
vit mêmé
conronnes, le crime se
décerner
dême de la vertu. Cétoit parant ainsi du diajoie qu'on versoit le
avec une espèce de
paix, dont le
sang des envoyés
nom seul irritoit
pour la
lantes de
des ames bràtour de vengeance. Le long des routes et
chaque camp
audes têtes sanglantes étoient au bout des piques
ment fumébre,
rangées avec ordre: ornelamentable,
servitude (1).
2 seul propre à la
A mesure que les conjurés
breux et puissans, leur
devinrent nomsanglante fureur se cal1 (1) Garran, pag.
554,1. 2. --- Page 71 ---
(65)
ils avoient connu le malheur, ils
ma. Comme
ne furent pas, comme les colons, constamment
étrangers à la pitié ; dans plusicurs de leurs
les
et dans
camps on respectoit
prisonniers,
d'autres ils n'étoient égorgés par quelque chefs
venger la multitude de
inhumains, que pour
les colons faisoient périr chaque jour
ceux que
Souvent Pesclave bornoit
dans divers supplices.
à se faire traîner dans des équipasa vengeance
dérision amère le
ges, imitant avec une
langadu maître dont il faige, le ton et les manières
alors
soit à son tour son esclave, 7 lui demandant
si son-i intelligence n'étoit pas égale à la sienne.
Quand on sonde la perversité du coeur humain,
de trouver, avec les graces et la
on est étonné
de raffinedouceur des femmes, tant d'espèces
ment dans la haine, ce sont elles qui abusoient
étrangement de la servitude. Soins humilians,
dédains cruels, turbulens caprices, menaces duimpudique, basse rivalité, tout
res, punition
leur domination ince qui rendoit en un mot
tolérable étoit grossièrement copié par des femet
envers leurs mai-.
mes d'esclaves, employé
tresses à satisfaire des vengeances de ce genre
faisoient leurs délices.
Cependant amis ou ennemis, maîtres ou esclaves, tous frémissoient alors au récit des cruau-
,
dédains cruels, turbulens caprices, menaces duimpudique, basse rivalité, tout
res, punition
leur domination ince qui rendoit en un mot
tolérable étoit grossièrement copié par des femet
envers leurs mai-.
mes d'esclaves, employé
tresses à satisfaire des vengeances de ce genre
faisoient leurs délices.
Cependant amis ou ennemis, maîtres ou esclaves, tous frémissoient alors au récit des cruau- --- Page 72 ---
(.64)
tés d'un chef nommé Jeannot
les conjurés de FEst. On
qui commandoit
hideux de son
voyoit sur les traits
ble
visage une cruauté basse
; son regard étinceloit de.
etignodémarche chancelante
férocité, et sa
tiroit, dit-on,
marquoit de l'effroi. Il
dongues
son'origine du pays des Monil
qui se nourrissent de chair humaine,
recherchoitave une curiosité
ce, qu'il y avoit de plus raffiné singulière tout
plices qu'il régloit à
dans les supréunissoient
Theure, il,en inventa
tous les genres de
qui
vent il réalisoit à son réveil
tourment. Soudoimant et veillant
des songes sanglans,
le supplice,
pour le crime : il ménageoit
comme l'on ménage le
sang étoit sa plus douce
plaisir. Le
il vouloit jouir
volupté; chaque jour
victimes: On , cbaqtie jour il llui falloit des
rassembloit rapporte qu'en des festins où il
ses
s'étanchoit de complices 5 son horrible soif
dinaire
sang humain. Dans son extraorférocité 5 il dédaignoit. le viol de
captives et aimoitmieux,
ses
nière, les déchirerdans pour. en jouir à sa ma:
Faisant
d'impudiques tourmens.
passer ses victimes dun
selon son humeur, c'étoit
supplicealautre,
sa,
pendre ensuite à des
coutumedelessnscrochets, et de les contempler avec un sourire affreux. Cet
étoit làche,
esclave
parçe qu'il étoit cruel. Son visagese
décomposoit --- Page 73 ---
(65)
décomposoit dans le danger qu'il recherchoit
fausse valeur et évitoit par une fuite
par une
honteuse (1)-
vertu rare et touchante de
On vit alors une
bravant une cruelle
piété Glialc. Quatre enfans,
farouche de
mort, vinrent s'adresser au coeur
Paraesclave
sauver leur père nommé
cet
pour vieillard au milieu de la guerre,
dole, paisible arraché de son habitation. ( Je t'offre
qu'ilavoit dit ce vieillard se traînant vers lui,
) ma vic, la vie de mes enfans ; apaise ta vengean-
> pour :
aiment leurpère, contente-
) ce pour ceux qui
mcurs satisfait >. Ce
D 1 toi d'une victime ; je
ne
langage dicté par une tendresse passionnée
Pirriter; et tournant çà et là son regard
fit que
lente et sûre, il réponplein d'une vengeance
vertu, il chérissoit
dit que sans écouter aucune
et
une
des crimes qui faisoient sa liberté, par.
cruelle finesse qui découvre Pimmense perverhumain, il rendit le père témoin
sité du coeur
dans le sein desquels il
de la mort de ses enfans,
et ensuite versa
enfonça froidement un couteau,
lesang du vieillard (2). inimitié du maître. et de.
Malgré Fimplacable
l'esclave, Jean-François ne veut point qu'un
(1) Garran, s P: 268, t. 2.
(2) Dalmas.
.
cruelle finesse qui découvre Pimmense perverhumain, il rendit le père témoin
sité du coeur
dans le sein desquels il
de la mort de ses enfans,
et ensuite versa
enfonça froidement un couteau,
lesang du vieillard (2). inimitié du maître. et de.
Malgré Fimplacable
l'esclave, Jean-François ne veut point qu'un
(1) Garran, s P: 268, t. 2.
(2) Dalmas. --- Page 74 ---
66 )
il pareil monstre déshionore la cause de la
déploye un caractère
liberté,
la résolution de le
magnanime en prenant
il le vainquit: Fayant punir. Jeannot se révolta,
de
aussitôt livréà un tribunal
soldats, on y jugea ses crimes avec autant de
rigiteur que s'il les eût commis envers
et non pas envers des ennemis
lcs siens,
leurville et leurs
qui remplissoient
damné à mort, caimps de supplices. Ilf fut conmalgré ses bassesses
juges, et après sa condamnation il auprès des
grace avec une vile lâcheté
demanda sa
d'un supplice qui Fauroit ; voyant Tappareil
un autre, il frissonna réjoni s'il eût été pour
tement
; ensuiteil serra si étroiteson confesseur, qu'il fallut de la
pour le' fusiller (x).
violence
point que la punition Jean-François ne voulut
Il ordonna
dépassat lal limité de sa vie.
qu'on P'ensevelit
avec les' honneurs dûs à
religiensement et
ont vu le tombeau
son rang. Des colons
qu'on lui
et
au bourg du Dondon
éleva, un arbre
il accrochoit
garni d'anneaux de fer où
ses victimes (2).
Les esclaves ayant Tappui de
missoient de plus en plus dans leurs FEspagnes'afferIl falloit leur
conquétes.
opposer de
ou leur abandonner la
plus grandes forces,
colonic: Comme la ville
(1) Garran,. 2, P. 260.
(2) Histoire des désastres de
S-Domingue, p. a5g. --- Page 75 ---
(67) )
étoit pleine des réfugios de la campagne, et que
plus intéressés à détruila plapart desaflranchis,
leur inimitié
re l'insurrection qu'à contenter
le
les
consentirent à s'enrôler;
envers maitres, nouvelle levée de deux mille
gouvemneur fit une
fois le deshommes 7 et forma pour la première
les insurgés dans le même temps
sein d'attaquer
Touzard devoit se rendre
en divers endroits.
le chef
avec six centshommes au Port-Margot; deux
Cambefort, marcher
dela gardenationale,
force
et
jours après sur PAcul avec une
égale;
commandant du Port-de-Paix, se
Casa -Major,
fut ainsi exécuté
porter vers Plaisance : ce qui
retard: Après avoir suivi la côte par mer, 2
sans
de
Touzard débaret traversé la baie PAcul,
où il encloua vingt canons
qua au Port-Margot, sûreté de la rade, dans la crainte
placés pour la
et partagea
les esclaves n'en fissent usage,
que
deux
dontlun passa du côté
sa troupe en
corps, de Libertat, et P'antre par
de Phabitation Bayon
se réunir au
la coupe du Port-Margot, pour
Limbé. esclaves avoient des camps sur les habitaLes
La Chevalerie, Bullet,Duplat,
tions Chabanon,
et ocLa Charité, Denard, Dagoust, Galiffet,
ainsi une vaste étendue de pays juscupoient
dela ville. Touzard les mit detous
qu'anx portes
5*
sa troupe en
corps, de Libertat, et P'antre par
de Phabitation Bayon
se réunir au
la coupe du Port-Margot, pour
Limbé. esclaves avoient des camps sur les habitaLes
La Chevalerie, Bullet,Duplat,
tions Chabanon,
et ocLa Charité, Denard, Dagoust, Galiffet,
ainsi une vaste étendue de pays juscupoient
dela ville. Touzard les mit detous
qu'anx portes
5* --- Page 76 ---
( 68 )
côtés en fuite. Jamais
pide : un camp défait expédition ne fut plus ravante à un autre
communiquoit lépoucamp intact et
rance. 3 la crainte leur
plein d'espédes
présentoit en
périls, et leur salut étoit leur chaque lieu
Ne sachant comment diminuer unique pensée.
de rapides défaites, 1 ils
la honte de tant
bûcher le négre
firent expirer sur un
fait
Paul, qu'ils accusèrent
usage de cartouches
d'avoir
par ce genre de
sans balle, et crurent .
leurs
punilion faire renaître
ames cet intrépide
dans
liberté, et que la liberté courage donné par la
devoit ranimer..
Après avoir occupé le
se dispose à chasser les
Bas-Limbé, Touzard
Ce
esclavesdu camp.Alquier.
camp, placé au milieu de
la plaine du Limbé
quatre chemins de
gnes, étoit entouré de couronnée par des montad'arbres d'une
larges et profonds fossés,
entassés. Au dessus prodigieuse de
grosseur couchés et
tifications étoient
cette double ligue de fornue des
pointés des canons sur l'avequatre chemins, le long
voyoit des cadavres de colons
desquels on
bres. Pour
suspendus aux arzard mit dans surprendre le camp de nuit, Touvitesse
sa marche autant de secret et de
qu'il en falloit; ; mais les esclaves d'une
vigilance sans égale dans la
avorter ce dessein, Tattendoient guerre 7 ayant fait
dans leur for- --- Page 77 ---
(69-)
retranchement. Ilnhésita point à livrer
midable
victorieuse, et dont
Pattaque avec une troupe
marche nocturle sang étoit enflammé par une
de deux côtés un acharnement pane : ilyent
eux la victoire
reil; car les uns avoient pour
défaite;
qu'ils ne vouloient pas ternir par une éclat des
les autres braloient de venger avec
dléfaiteshumiliantes Lattaque fut longue, douteuse, pleine de péril; sans cesse P'artillerie vomissoit la mort sur le bord des fossés. Quiconla trouétoit assezheurenx pourlesfranchir,
que
les branches des arbres, qui étoient
voit parmi
de filets où le soldat s'embarconme autant
avancer ni
rassoit avec ses armes, ne pouvant
reculer. On s'aperçnt que les esclaves n'avoient
de placer des canons vers
pas eu la précaution chemins. Cette faute les perdit ;
les angles des
le bonheur des
et leur valeur succomba sous
dans les
attaquans. Ce fut par-là qu'on pénétra
fortifications; alors même que rien ne trompoit
leur fuite fut pleine d'effroi,
leurs espérances, 2
cent soixante fude désordre et de carnage :
rent taillés en pièces, au milieu des retranche-.
leur
la victoire.
mens qui
promettoient
Touzard ayant été informé par ses espions
qu'il yavoit dans Péglise du Limbé quatre-vingt
femmes de colons avec des enfans; exposées à
Ce fut par-là qu'on pénétra
fortifications; alors même que rien ne trompoit
leur fuite fut pleine d'effroi,
leurs espérances, 2
cent soixante fude désordre et de carnage :
rent taillés en pièces, au milieu des retranche-.
leur
la victoire.
mens qui
promettoient
Touzard ayant été informé par ses espions
qu'il yavoit dans Péglise du Limbé quatre-vingt
femmes de colons avec des enfans; exposées à --- Page 78 ---
la farouche
(70)
brutalité des
qu'on ne les
esclaves; dans la
que des ordres massnerit, il donna pendant crainte
doublérent aussitôt pour les déliyrers des Tattalcs
cavaliers
Etnap-poPet la main,
retanchamen, oà des
et péremplis accouroient pourl les immoler. caclaves,le ferà
sur leurs tout-d-coup
Ceut-ci,
pas, désolés dépounante, de
retotrmérent
quiauroit trendu leur
perdre une
tablean touchant
défaite moins amère. vengennce
parmi ces
n'offrit pas alors
Quel
entre le femmes, les unes restoient Thumanite?
ciel des désespoir et la joie,lesa
immobiles
et les yeux où des larmess santreslerieatan
laissoient tomber fixes sseméloient au
tenrs; d'antres, accablées
sur leurs libéra- sang,
fortune qui paralysoit sous le poids
avoient une
leur coeur et leur d'uneintroient sur leurs contenance-s stupide; d'antres raison,
hortible quand visages les traits dc la
monpouvoit
elle vient de Tame. mort, plus
moitié parler ni pleurer :
Aucune ne
vétemens nues, on voyoitsurleurs pales, , Rétries 2 à
des
en désordre, les
attraits et leurs
voluptés des esclaves. traces
Un moine
dégoltantes
héjsans crainte nommé de se Philémon, curé du Limployoit à Jeur
souiller dosscrilge, s'emedlébroit le culte prostitution divin. dans léglise où il
Il n'est aucun
genre --- Page 79 ---
(71 )
n'essuyat la chasteté de ces captid'outrage que femmes de moeurs et de piété.
ves, la plupart
vain
En vain les unes embrassoientles autels,en
un
de leurs foiles autres se faisoient
rempart
de
bles enfans 2 tournant sur eux desyeux pleins
tondresse, ensuite de courroux sur leurs esclaelles furent victimes de cruelles et infames
ves;
des danses,
jouissancos, variées pardes paroles,
des chants et d'une profanntion d'autant plus
ricn de sacré ni d'humain n'étoit
grande, que
virent
respecté dansleur captivité. Les négresses
avec haine des rivales qu'elles jugcoient dangeleurs
et leur firent éprouver des
reuses à
foux,
indignités dc toutc espèce sans adoucir leur infortune.
Je sais d'un vicillard,que deux de ces captives
d'unebeauté accomplie avoient été transportées
un chef dcs csclaves
sur un mont escarpé par
solqui en étoit éperdiment épris ; que des
les délivrer les trouvèrent
dats envoyés pour
dans cet âpre et sauvage asyle plus propre à sa
passion, vêtues avec assez d'élégance sous une
cabane couverte en cannes à sucre. L'une, femcolon
Lafleur, avoit les attraits
me d'un
appellé
de la
dans un age où ces
et les graces
jeunesse
avantages commencent à passer. Son corps: avec
infinie etoit formé par des exercices
une grace
les délivrer les trouvèrent
dats envoyés pour
dans cet âpre et sauvage asyle plus propre à sa
passion, vêtues avec assez d'élégance sous une
cabane couverte en cannes à sucre. L'une, femcolon
Lafleur, avoit les attraits
me d'un
appellé
de la
dans un age où ces
et les graces
jeunesse
avantages commencent à passer. Son corps: avec
infinie etoit formé par des exercices
une grace --- Page 80 ---
agréables, et
(7a) )
permis à une son esprit orné de choses
N possédoit femmebonréied de savoir. qu'il est
ge heureux de ces charmes qui font Lautre,
reçu dans un Fenfance et de la raison, un-mélandes,
couvent de
et avoit
principes de
religieuses en
feux dangeretix morale qui
France
Tout
quallamoit sa tempéroient. beauté,
des
paroissoit
rés.
devenir contraire
bravoure Cambefort, officier d'un
aux conju-.
ornée
esprit fin et d'une
FAcul; il eut dans damabilité, le
les poursuivoit dans.
glante avec
Fond-Beuc une affaire
les premiers Bonxmians, qui avoit semé de sanmandoit à pas de la liberté,
crimes. -
alloit
une multitude
Comme il cométre réduit à
dioselaves,
piéce dartillerie une fuite cruelle, Cambefort
le courage
qui vint le
sans une
plus de abattude sa troupe, secourir, et releva
été balancée cruauté dans la victoire qui mit dautant
quartier
par une défaite. Sans qu'elle avoit
brola dans aux vaincus, elle les faire aucun
ble de
des cannes à.s sucre. investit et les
voir ces
Cétoit
sortir des
mlhenrenx à moitié pitoyalls ne firent flammes, pour expirer
brûlés
cette
rien dindigne de la sous le fer.
qui sollicita extrémité. Ce fut le
valeur. dans
la pitié du
plus petit nombre
combattirent jusqu'au vainqueur. Les autres
dernier
soupir; et leurs --- Page 81 ---
(75)
regardsirrités restèrent, après leur mort, tournés contre leurs maitres. On rapporte que Bouxmans, ce chef dont l'amour pourla liberté étoit
fureur, avant de jouir de cette
une déplorable
combat meurtrier.
liberté perdit la vie dans ce
D'autres racontent avec moins de probabilité
qu'il expira dans les supplices (1).
Lorsque. ces nouvelles se répandirent dans la
ville, chacun s'en réjouit plus ou moins, selon
le genre de son infortune. Cette joie s'accrnt
le commandant du Portquand on apprit que
de-Paix avoit défaitles insurgés au camp Lecoq,
au - pied des mornes de Plaisance, et redoubla
quand on vit rentrer un grand nombre de captives qui embrassoient leurs mères, leurs frères,
leurs époux allés à leur rencontre. Ces captives
turent les outrages qu'elles avoient essuyés avec
les femmes ont coutoute la dissimulation que
dans les allaires du coeur.
tume d'employer
deVaine précaution, car tout devint public
vant le conseil de justice, tribunal qui condamna Philémon à mort. Chacune fut un objet de
(1) Sa tête fut exposce sur la place d'armes du
Cap, avec un écriteau portant: : Tête de Bouxmans 2
chefdes révoltés : elle avoit une expression horrible
sur-tout
des yeux ouverts
de férocité, 2 marquée
par
et étincelans.
aires du coeur.
tume d'employer
deVaine précaution, car tout devint public
vant le conseil de justice, tribunal qui condamna Philémon à mort. Chacune fut un objet de
(1) Sa tête fut exposce sur la place d'armes du
Cap, avec un écriteau portant: : Tête de Bouxmans 2
chefdes révoltés : elle avoit une expression horrible
sur-tout
des yeux ouverts
de férocité, 2 marquée
par
et étincelans. --- Page 82 ---
(74)
fable et de curiosité, sans
les
malignité fussent
que
traits de la
moincfut exécuté émoussés par le malheur. Ce
sonsles yeux" de la ville et des
de
ayec
tenatepderdrraaie
"Trop scrupule dans la
sacrilége.
fierté dans Tame ulcéra
pudeur, , ou trop de
plus délicates,
tellementla pudicité des
et se croyant qu'ellesne surent y survivre (1);
indignes de la
ne tenant
vie, elles
aucun compte de la
expirérent
hasard qui n'avoient
violence et du
Les maîtres
pu souiller leur coeur.
crurent linsurrection réduite à
Himpnissance, et ils relevèrent
leurs habitations
antourde la ville
abandonnant cmbrasées, où des
dans les revers la liberté, esclaves,
revenus pour rentrerdans la servitude. éloient
jouissoient de voir un terme à leur Ils se réalors mémeque les conjurés,
infortune,
soit une prochaine
dontla fuite déguinouvelles calamités conquête 2 méditoient de
bles, mortelles
sur des. montagnes inaccessidesquelles ils établirent pour dautrestroupes, et en avant
Rivière : ils s'y
un camp à la. Grandedéfendirent avec un
retrempédans Fadversité,
courage
venir de leurs furienses enflammé par le souets
et fortifié
sanglantes
par Faspérité des lieux. conquétes,
Alors la. fortune
repassa du côté des esclaves:
() Dalmas. --- Page 83 ---
(75:)
les colons ne supportérent plus qu'avec douleur
sous un climat
une guerre qui se prolongeoit,
qui ne cessoit de bràler que pour communiquer
humidité mortelle. Pendant le ventd'ouest
une
des mois entiers, le colon, dévoréd'un
qui règne
dans son camp,avec
feu concentré, languissoit
l'ame aflaisée, Pesprit éteint et le courage perdu.
La garde nationale de la ville, campée sur Phafaisant usage de
bitation Galifoatysempoiteonma,
leau d'un puits où les esclaves avoient jeté des
ustensiles de cuivre; ce qui causa une mortalité
d'autant plus alarmante qu'on ne savoit point
d'oi venoit le mal. On n'apporta plus la même
sévérité dans la discipline. Chaque soldat quitet s'écartoit à droite et à ganche
toit son poste
piller. Les richés eurent la làcheté d'abanpour
dans la
donner leur camp pour se renférmer
ville; ce futalors que pour continuer la guerre
demandérent les deux tiers du pillales pauvres.
d'abord rejetée avec indigoage, proposition
On brûla mêmele reste
tion, et ensuiteaccordée.
laisser
des habitations sous' le prétexte dé ne pas
d'asyle à Pennemi.
Sans doute il ne fut pas difficile aux esclaves,
l'énergie et Pactivité
dont rien ne ralentissoit
douce que leur servitude,
dans une guerre plus
d'un
de vaincre une troupe languissante, effrayée
avide de
et enpoison mortel et ignoré, 2
pillage
avec indigoage, proposition
On brûla mêmele reste
tion, et ensuiteaccordée.
laisser
des habitations sous' le prétexte dé ne pas
d'asyle à Pennemi.
Sans doute il ne fut pas difficile aux esclaves,
l'énergie et Pactivité
dont rien ne ralentissoit
douce que leur servitude,
dans une guerre plus
d'un
de vaincre une troupe languissante, effrayée
avide de
et enpoison mortel et ignoré, 2
pillage --- Page 84 ---
(76.)
tièrenent
désorganisce; ils
veau la campagne.
inondérent de noume un vainqueur. Par-tout Jean-Francois reparut com-.
pe se grossissoit des csclaves oàil passoit, sa troud'avoir abandonné la
qui se repentoient
adressoit des
cause de la liberté; il leur
Jeunamesmneurdeur reproches, mais il réveilloit dans
sa
nouvelle.
conquite, il trouve
Précipitant alors
sans défense le morne
Bekli,sapproche delay ville
vante. La consternation qu'il remplit d'époucun habitant
y fut si grande,
ne reprit les armes
qu'audéposées; et la
après les avoir
fut sans
sagesse des plus braves
empire sur un
capitaines
noit à son destin. Tout peuple qui s'abandontesstérilesau dedans
se réduisit à des
Dans
et au dehors
plaincette extrémité, la ville fut del'asemblée.
ployer à sa défense les
obligée d'emmatelots de la marine
mardlande, pour ne pas devenir la
esclave, en attendant Farrivée
proie d'un
pe de la métropole
de quelque trouCe fut en ce
qu'on annonçoit.
ce, par une loi temps du qu'on apprit que la Franretracté
24 septembre
légalité politique
1791 3 avoit
hâtée d'accorder
qu'elle s'étoit
aux
trop
couleur (1), nés de allranchis, ou gens de
(1)
père et mère libres :
J'emploic indistinctement
égalité
pour désiguer la classe des
ces deux expressions
hommes affranchis,soity
par --- Page 85 ---
(97)
qu'elle soumit à la décision de lassemblée coloniale qui les persécutoit avec perfidie. Leur
douleur en fut si amère, que les uns vouloient
se jeter dans la révolte des esclaves 2 malgré
qu'ils eussent tout perdu dans Pinsurrection ;
les autres disoient qu'ils seroient insensés de se
battre pour des colons qui, après leur avoir
donné la vie, et s'être unis à eux par des mariages, les repoussoient avec dédain de la liberté. ( Oh trouver ailleurs une patrie, s'écrioient
> la plupart d'entre eux les larmes aux yeux,
> l'esclave en retrouve. une dans la vaste Afri-
> que, le maître dans les trois autres partics
)) du monde, et nous enfans de cette terre,
> espèce nouvelle d'hommes 2 nulle part )).
Tout rendoit néanmoins leur amitié nécessaire:
la ville à la veille de périr 2 le passage des Go-'
naives menacé et par suite POuest couvert de
fammes, baigné de sang, et les mers chargécs
d'exilés. Combien de fois n'avoient-ils pas fait
tomber des mains de l'esclave le fer et la torche incendiaire, quand il avoit tenté de les
porter dans les paroisses autour du Fort-Dauphin.
leur naissance, $ soit par la volonté du maitre, n'importe les nuances qui les caractérisoient entre le noir
et le blanc.
'
naives menacé et par suite POuest couvert de
fammes, baigné de sang, et les mers chargécs
d'exilés. Combien de fois n'avoient-ils pas fait
tomber des mains de l'esclave le fer et la torche incendiaire, quand il avoit tenté de les
porter dans les paroisses autour du Fort-Dauphin.
leur naissance, $ soit par la volonté du maitre, n'importe les nuances qui les caractérisoient entre le noir
et le blanc. --- Page 86 ---
(78 )
En cette conjoncture délicate,
consulta les chefs de T'armée et Tassemblée
y avoit d'esprits
tout ce qu'il
dit de
sages et éclairés. Ce qu'on
raisonnable parmi des railleries affligeantes 9 fut que, si Pon accordoit
politique aux gens de couleur, lesclave légalité la
droit à son tour 3 qu'un
vouliberté en entraîneroit
premier pas vers la
tôt
un second, et que bieniln'ya auroit plus
à
amour invincible d'esclavage , cause de cet
concentré dans
pourla liberté; et
chaque coeur
que sans
ne se couvriroit
de Fesclavage, TOcéan
plus
ces richesses, sources
inépuisables de prosperité. Le marquis de
vrai exprima des vérités avec cette
Roucontracte dans les camps, il soutint rudesse qu'on
gens de couleur.
que sans les
2 on ne pourroit vaincre les esclayes, parce que le climat donneroit la
aux troupes qu'on attendoit de la
mort
A ces mots, ayant
métropole,
lentes
étéinterrompu par de turbuexclamations, il continua de cette
( Combien sont
sorte:
imposantes les
de
) périence ? mais combien les leçons l'ex-
> tent peu.Ah!
hommes les écouje crains fortque vOs ris
) ne se changent en larmes de
de pitié
> qu'en 1750
sang. Sachez
FAngleterre
)) mille hommes
envoya dix-1 huit
au siège de la
) mois à peine s'écoulérent,
Havane ; six
un. climat mortel --- Page 87 ---
(n9)
et dix-huit cents seulement
> les avoit dévorés,
de
*
en
leur survécurent. Si donc
semblables
>
Pavenir,
événemens le passé nous apprend
)
deviendra le tombeau des soldats
> cette terre
Pesclave fondant sa liberté
) de la mère-patrie,
Sans les gens
) sur leur cercueil s'en réjouira.
cerde couleur, , votre perte n'est que trop
)
eux seuls ont la force 2
> taine 2 parce que et les autres 'vertus pro-
> Pagilité, le courage Ainsi la nécessité vous
) pres à cette guerre.
qne
fait une loi d'en faire des égaux plutôt
).
de les faire asseoir à vOS festins,
) des ennemis,
combattént
) siéger dans vos : assemblées. S'ils
commune; rien n'égalora
) pour une patrie
ils tourneront cette
> leur valeur: Antrement
avoir teint.
>) même valeur contre vous; etaprès ils les tein-
) leurs armes du sang de Pesclave,
dront du vôtre, et vOs combats seront pleins
>
) de parricides >.
lumineux dans
Touzard, qui portoitun esprit
le conseil, dit : ( que cette guerre n'étoit com- la
à nulleautré, ni pour les périls et
) parable
les succès et les revers ; que
) gloire, ni pour
combattent en
vaincre les esclaves qui
> pour
falloit leur laisser d'asyle en
) fuyant, il ne
couleur étoient
> aucun lieu ; quer les gens de
à leur poursui-
)) la seule troupe capabled'aller
zard, qui portoitun esprit
le conseil, dit : ( que cette guerre n'étoit com- la
à nulleautré, ni pour les périls et
) parable
les succès et les revers ; que
) gloire, ni pour
combattent en
vaincre les esclaves qui
> pour
falloit leur laisser d'asyle en
) fuyant, il ne
couleur étoient
> aucun lieu ; quer les gens de
à leur poursui-
)) la seule troupe capabled'aller --- Page 88 ---
)
80)
te dans lesgorges
> triples
profondés et tortueuses' des
) nus et mornes, et sur des rochers
bràlans; 5 qu'ils
escarpés
> soins délicats, ni de n'avoient besoin ni de
> bravant
tentes, ni de
comme Tesclave les
magasins,
) comme lui vivant de
feux du ciel et
) choisir
peu ; qu'il Ine falloit
pour ennemis des
pas
) cieux, dans un pays où Fon hommes aussi pré-
) dre contre six cent mille ayoit à.se défen-
) étoit maître de les avoir esclaves, quand on
) accordant légalité
pour amis en leur
Liassemblée
politique >.
charmée
rejeta ces sages
en quelque sorte d'avoir opinions > et
pour contenter une haine mal un prétexte
mit que plus d'animosité à
étouffée, n'en
armés pour elle.
humilier des gens
sans se soucier Comme ils lui
d'autre
demandoient,
quileur étoit devenue récompense, une égalité
tes
plus chère par des
persécutions, elle décréta
sanglancuperoit qu'aprés avoir mis fin qu'ellé ne s'en Ocesclaves, et publia dans
à la révolte des
des nations étrangeros une proclamation que,
moient avec la France alliées ou amies réclarévolte un mal
qu'on punit dans leur
degré de
contagienx ; et montrant de quel
prospérité étoit tombé
comme s'ils eussent été seuls S-Domingue, 3
mités présentes, ellé leur
auteurs des calafit espérer sa clémènce
avec
ellé ne s'en Ocesclaves, et publia dans
à la révolte des
des nations étrangeros une proclamation que,
moient avec la France alliées ou amies réclarévolte un mal
qu'on punit dans leur
degré de
contagienx ; et montrant de quel
prospérité étoit tombé
comme s'ils eussent été seuls S-Domingue, 3
mités présentes, ellé leur
auteurs des calafit espérer sa clémènce
avec --- Page 89 ---
(8r)
si pleine de ressentiment et
avec une amertume
leur indigade fierté, que cela ne fit qu'aigrir le fen dans les
tion, et mettre de plus en plus
promettre unavenir moins sanglant.
esprits ,sans événement vint occuper les pasUn autre
avoit fait demander à la
sions. Le gonverneur de guerre de 74, un
Martinique un vaisseau monillèrent le 16 nobrick et une frégate qui
de ces navires dévembre au Cap : des officiers arrivée dans une
jeunant le lendemain de leur
le
-
par esprit dé parti
hôtellerie 2 plaignirent
dont ils virent par
destin du roi de France,
-
Finsurrechasard un portrait, etapprotvérent étendard.
tion qui avoit le drapean blanc pour entre ces
s'étant élevée à ce sujet
Une querelle
officiers de la ville; et
officiers de mer et'des
l'assemayant occasionné un grand tumulte,
blée ordonna que ces bâtimens mettroient surle-champ à la voile. Le gonverneur, qui n'avoit
besoin de force contre les insurjamais eu plus
de l'estimé pour le capigés; et qui marquoit homme dont la prutaine, nommé Girardin 7
ouvertement
dence égaloit Pénergic, résistoit multitude vit dans
à Tassemblée: Lorsque la
les rues treize dé ces ofliciers, folle dune liberne vouloit ni pour les esclaves, ni
té qu'illé
elle les accusa par toute
pour les affranchis;
--- Page 90 ---
à 82)
sorte d'outrages d'être ennemis
les
de la patrie; et
poursuivitjusque dans lesein
sur la porte de
de lassemblée,
agitant un
lnquelle un homme du peuple,
sion horrible poignard, demanda par une
qu'on tranchàt
expresciers alloient être
leurs têtes. Ces offles fit entourér de vietines, sans Tassemblée qui
de streté.
gardes et mettre dans un lieu
Soit irrésolution de
la mulitude,
vieillard, soit crainte
2 le gouverneur
de
navires quitteroient le
ordonna que ces
n'ayant point étés suivi port ; mais cet ordre
dans la
esprits, le capitaine informa fermentation des
avoit fait son devoir,
T'assemblée qu'il
puni T'officier,
trouble, et que sa conduite à la
auteur du
la preuve d'un amour
Martinique étoit
On vit alors des
véritable pour la patrie.
inatelots
leurs vaisseaux
s'échapper en foule de
leurs officiers pour dénoncer la plupart de
de la
qu'ils accusérent d'être du.
royanté. On n'avoit écouté
parti
le capitaine, et les
qu'avec peine
dus avec le calme du dénonciateurs furent entende la malignité.
ressentiment et Tattention
et la louange suivant Lassemblée distribua le blâme
et chercha
Phumeur de la multitude;
tions les néanmoins à gagner par des
gens de cette petite
adulaqu'elle eût d'abord décidé
flotte; et quoiqu'ils sdoigneroient,
.
royanté. On n'avoit écouté
parti
le capitaine, et les
qu'avec peine
dus avec le calme du dénonciateurs furent entende la malignité.
ressentiment et Tattention
et la louange suivant Lassemblée distribua le blâme
et chercha
Phumeur de la multitude;
tions les néanmoins à gagner par des
gens de cette petite
adulaqu'elle eût d'abord décidé
flotte; et quoiqu'ils sdoigneroient, --- Page 91 ---
( 85 )
elle révoqua, sans crainte de manquer de fermeté , une décision qu'elle ne. jugea plus nécessaireà la sûreté de la ville, dont clle confia
particnlierement'le: soin au capitaine et au gouverneur (1).
Tout parut rentrer dans le calme, lorsqu'une
insubordination plus opiniatre éclata sur ces
navires. Mécontens de ce que leurs plaintes de
la veille étoient restées sans eflet, les matelots
emprisonnérent dans la chambre du vaisscaules
officiers : qu'ils avoient dénoncés , et violèrent
toutes les régles de la discipline, en disant qu'on
les avoit réduits à la nécessité de se faire justice.
Rien ne put les apaiser 2 ni le capitaine qu'ils
aimoient, ni les députés que leur envoya lassemblée. Il ne resta d'autre parti que de retirer
successivement les plus mutins des vaisseaux, au
nombre de 50 à la fois, de deux heures en deux
heures 5 et à mesure quils arrivoient à terre,
onleur proposoit des s'embarquer pour la France ou de prendre les armes contre les insurgés,
à moins qu'ils ne préférassent rentrer dans le
devoir. La plupart furent charmés d'avoir l'occasion de retourner en France, peu rentrérent
dans le devoir et aucun ne s'enrôla. Les officiers
(i) Histoire des désastres de Saint - Domingue 2
p- 207 et 208.
6* --- Page 92 ---
(84)
quiavoient fomenté cette sédition farent
nis : ils débarquèrent à la
banJamaiqtie; où
marquer dans Pexil leur liaine, ils
pour
un emprunt que Passemblée faisoit empéchièrent
Ces vaisseaux,
y
négocier.
lauroient
appelés pour secourir la ville,
inévitablement
eût
perdue, si la sédition
volte communiqné des
par quelque endroit à la réesclaves maîtres de la
dainger que l'on ne sentit qu'après campagne, la joie
d'yavolr
échappé par un hasard hetrenx.
La France se remplissoit alors de récits effroyables sur la révolte des esclaves,
par un amour nouvean pour la liberté entrainée
soit dans de tumultueuses
qui naismilles.les plus illustres
fietions? car les fafit qu'y
sétoientexilées: : elle ne
jeter un regard triste et
Les uns louoient
impuissant:
esclaves dans
pourtant la vengeance "des
la ruine
sonatrocité, 2 les autres
d'an opulent commerce. On déploroient
de larmes sur l'infortune cruelle
versa peri
chaque
des maîtres
jour abandonnant un
qui
lenr sang, et couvert des ruines pays baigné de
tations,
de leurs habi3 chargeoient la terre de Phospitalité
d'imprécations contre une révolté
par la mére-patrie ; traînant de
alluméc
en des régions différentes
mer en mer et
souvenir de leur
leur misère avec le
opulence. Liassemblée natio-
oroient
de larmes sur l'infortune cruelle
versa peri
chaque
des maîtres
jour abandonnant un
qui
lenr sang, et couvert des ruines pays baigné de
tations,
de leurs habi3 chargeoient la terre de Phospitalité
d'imprécations contre une révolté
par la mére-patrie ; traînant de
alluméc
en des régions différentes
mer en mer et
souvenir de leur
leur misère avec le
opulence. Liassemblée natio- --- Page 93 ---
(85 )
nale, dans le sein de laquelle s'agitoient les trois
partis du maitre, de Pesclave et de Paffranchi,
tonjours incertaine sur ce: qu'elle devoit faire,
avoit nommé délégués à Saint - Domingue,
Roume, Mirbeck et Saint-Leger 2, et envoyé
trois mille hommes qui furent d'un foible secours; étant arrivés séparément, après avoir
été dispersés par la tempête.
Roume possédoit une amefroide qui lui donnoit un coup-d'oil juste en toute chose, et une
patience constante dans l'adversité : il tempéroit lemportement du caractère de Mirbeck, ?
qui ne savoit dissimuler sa franchise par aucun
artifieepolitique. St.-Leger avoit un génie doux,
élevé et bienfaisant 2 capable de tout braver
pour calmer une guerre inhumaine. Après avoir
été reçus le 22 novembre, sur le rivage de la
mer, par les membres de l'assemblée coloniale,
couverts d'un crépenoir, et ceux de l'assemblée
de la province, , couverts dun crépe-ouge,signes de deuil.et de sang; ils ne furent pas peu
surpris, comme ils ignoroient Finsurrection des
esclaves, de voir sur les places publiques cinq
potencés, avec deux échafauds pour les supplice
de la roue, la ville pleine de maîtres épouvantés et cruels, la campagne occupée et désolée
par. les esclayes, par-tout des ruines 2 avec des --- Page 94 ---
( 86 )
çadavres infects et sans
cités, mais
sépulture, ignobles férodes affranchis marques dune inimitié
de
entre la haine du maitre profonde ;
T'esclave, aucun droit ni
et celle
dans la guerre.
dans la paix ni
Pour calmer tant de
nes invétérées, les
maux eta apaiser des haicun tournoit ses ddégnés, vers lesquels chales hommes libres espérances, proclamérent
qui
une amnistie; elle satisfit pour
craignoient des
ceux
ceux qui se
punitions 2 et mécontenta
Jon-Frangois, plaignoient d'avoir été offensés.
charmé de
gués et de cette
Farrivés des dél6par une fête qu'il amnistie, en témoigna sa joie
armée,
s'empressa de
2 dans son camp à la
donner à son
Tousoint, qui dans le
Grande Rivière.
prudence d'un
conseil avoit à la fois la
vieillard, et cette
voyance de
dit:
difficile pré-
) de
Tavenir,
( qu'ily avoit
sang répandu, assez
assez
) de
de combats, assez
rnines, assez de
> qu'ils touchoient calamités de tout genre
)) de leurs
enfin à cette liberté,
;
voeux les
objet
)) de périls et de plus chers, achetée partant
)' protégeoit
travaux, que le
une si belle.
Tout-Puissant
) puisqulalors même
et si sainte cause ;
)) elle, la
qu'ils combattoient
) de Phomme, mère-patrie, en proclamant la liberté pour
avoit proclamé la leur, ,. et
que
choient calamités de tout genre
)) de leurs
enfin à cette liberté,
;
voeux les
objet
)) de périls et de plus chers, achetée partant
)' protégeoit
travaux, que le
une si belle.
Tout-Puissant
) puisqulalors même
et si sainte cause ;
)) elle, la
qu'ils combattoient
) de Phomme, mère-patrie, en proclamant la liberté pour
avoit proclamé la leur, ,. et
que --- Page 95 ---
(87 )
) pour ne pas continuer une guerre inutile,
)) il falloit députer pour la paix 5 que si leurs
) maîtres étoient assez injustes pour ne pas la
alors le ciclà témoin
) vouloir, ils prendroient
) de leur coupable injusticc , mais qu'ils auD 1 roient encore une longue suite de revers > #
) de longues fatigues et des périls de toutgenre
) à supporter, avant de jouir paisiblement du
) bienfait de la liberté ). Toute Tarméeayant
applaudi à ce discours, on le nomma pour
député avec deux autres, appelés Raynal et
Duplessis. Les délégués de France accueillirent avec bonté ces' envoyés; maisl'assemblée;
gravement offensée f que des esclaves osassent
parler de paix, leur témoigna son extrême indignation par cette réponse : ( Emissaires des
> nègres en révolte, l'assemblée qui n'existe
> que par la loi ne peut correspondre avec des
armés contre la loi, elle eût pu faire
2 gens
) grace au repentir : retirez-vous. ) (1)
Les envoyés ayant reporté cette réponse à
leur camp 7 les esclaves éclatèrent en toute sorte
de reproches, dans la conscience de leur force
éprouvée par des revers et des succès. Ceux-là
disoient qu'il falloit finir par exterminer des
() Garran,p. 515, t. 2. --- Page 96 ---
( 88 )
maftresquel la dureté rendoit
aveugles sur leur sûreté,
sourds à la raison,
térêts. Coux-ci, qu'ils et.opposés à leursindes ruines, plntôt
devoient s'ensevelir sous
clavage dont
que de rentrer dans un
souvenir de on redoubleroit les
es-
* lère
leur révolte. Biassou, chaines en
impétnense, vouloit
dans sa Code ses prisonniors sur' la faire rejaillir le sang.
Déjà il avoit donné des tyrannic delasemble
amenât dans son
ordres pour qu'on les
trancher la téte,l camp, et il se disposoit à leur.
manité rendoit plus lorsque Tousaint, dont Thuloua d'abord sa
recommandable le génie,
Les délégnés, vengeance et ensuitel l'apaisa (1).
soit, n'en gagnérent désolés de tout ce qui se pasesclavos, de manière pas moins la confiance des
vue sur Phabitation qu'ils eurent une entreFrançois.
Ssint-Michel avec Jean-.
sans
Lsbmbléey
Iatoter, afin de brouiller envoya une dépulation
qu'elle regardoit
la négociation
Iassurance et a dignité comme illégale. C'est avec
chef que Jean-Francois qui conviennent à un
plus un esclave, il
s'y présente ; ce n'est
mes armés
commandea cent mille hompour leur
dela paix. Un colon, liberté, 2 et il va traiter
nommé Bullet, oublie sa
(1) Garan, P. 515, t. 2.
oter, afin de brouiller envoya une dépulation
qu'elle regardoit
la négociation
Iassurance et a dignité comme illégale. C'est avec
chef que Jean-Francois qui conviennent à un
plus un esclave, il
s'y présente ; ce n'est
mes armés
commandea cent mille hompour leur
dela paix. Un colon, liberté, 2 et il va traiter
nommé Bullet, oublie sa
(1) Garan, P. 515, t. 2. --- Page 97 ---
( 8g) )
condition présente, et ne voit en lui qu'un esclave, qu'il frappe par mépris d'un coup de
fouet en portant la main à la bride de son cheval (1), Indigné d'une, oflense propre à des
barbares, ce chef se retire précipitamment au
milieu des siens; mais pour ne pas perdre le
fruit de cette négociation, Saint-Leger, seul et
sans armes, se présente devant le camp ennemi,
et regagne la confiance de Jean-François qui
s'apaisc, méprise T'outrage, et revient sur ses
pas, Dans l'excès de son attendrissement; il ne
crut point. au dessous de sa dignité de se jeter
aux pieds des délégués du peuple français (9).
Après avoir excusé Vinsurrection par les rigueurs d'uneservitude déplorable, Jean-François
raconta commentilavoitpuni la crnantédeJeannot, et, offrit de déposer les armes si Pon assuroit
aux siens un avenir plus doux. Les délégués,
avant de s'entendre sur aucun point, demandèrent la restitution des prisonniers. Il n'y mit
d'autre condition que la réciprocité, et sur-tout
la délivrance desa chère femme qu'ou avoit
condamnée à mort. La bonne foi quil eut dans
cette négociation fut si admirable, qu'il rendit
le lendemain 17 prisonniers, 4 doux jours plus
(1) Garran , p. 514,t t. 2.
(2) Rapport des délégués. --- Page 98 ---
(go )
tard, et ordopna de
les autres
renvoyer
dispersés en divers socoessivement
pas si sa femme lui fut
camps. On ne sait
restitua point de
rendue, mais on ne lui
ciation de la paix Hionniers; ainsi, la de negoBiassou devoit avoir commencça par une perfidie.
avec les
une semblable
ddlégaés; mais dans la
entrevne
que piége, il y mit d'abord crainte de quelsuite exigea pour sa strcté du retard, et enles principaux officiers des ôtages pris
lui refusa. Des colons de Tarmées ce parmi qu'on
bruit dans les
firent alors répandre le
gués cherchoient camps à des esclaves, que les déléles exterminér
faire une paix simulée
tilités.
; on ne cessa point les feer
traitoit Lnssemblée, qui croyoit tout
avec T'esclave, tantôt
perdu si l'on
litique lente, tantôt
différa par une popaix que commandoit repoussa le
ouvertement une
délégués voulurent éteindre danger. Lorsque les
clémencc, elle s'indigna d'un Tnsurrection par la
trop sa haine; elle proclama pardon qui blessa
Tesclave étoit une
pour maxime que
pardon n'sppartenoit propriété inviolable, que le
leurs on ne pouvoit qu'an maître; et que d'ailConstante dans
traiter avec la
dans ses
sa haine, elle fut
révolte,
actions; aprés s'être
inconstante
opposée au pardon
teindre danger. Lorsque les
clémencc, elle s'indigna d'un Tnsurrection par la
trop sa haine; elle proclama pardon qui blessa
Tesclave étoit une
pour maxime que
pardon n'sppartenoit propriété inviolable, que le
leurs on ne pouvoit qu'an maître; et que d'ailConstante dans
traiter avec la
dans ses
sa haine, elle fut
révolte,
actions; aprés s'être
inconstante
opposée au pardon --- Page 99 ---
(91)
des esclaves, elle déclara que cétoit elle qui
qu'elle soumit à la sancpardonnoit : pardon
nationale. Elle
tion du prince et de l'assemblée
des
a
se servit de ces lentes formalités au-delà
faire en
ce qu'elle ne voumers, pour
apparence esclaves, qui la pénétreloit pas en réalité(1).Les
de sa haine
rent, crurent plutôt à la constance
qu'à un retour de bienveillance.
Par suite de son inflexible politique, Tassemblée avoit une double inimitié, qu'elle emtourà-tour contre lesaffranchis et contre
ployoit les esclaves, sans que. les délégués pussent adoucir Pane plutôt que Tautre. Elle mettoit plus
de raffinement et de versatilité dans sa politique
enversl les affranchis, qu'elle avoit d'abord laissé massacrer dans la ville 2 caressés ensuite, et
qu'elle flétrissoit depuis la loi du 24 septembre.
Cette inimitié étoit partagée par l'assemblée de
donna trop inconsidérément
la province 2 qui
désoloient
Fordre de les désarmer, parcequilss se
qu'on les replongeat dans une condition indigne
de leur raison et de leur valeur. Ceux dela ville,
dont Tindignation éclata par plus de violence
contre cet ordre injuste, ne souffrirent point
qu'on leur enlevàt des armes teintes dii sang
() Garran ;P. 322, t. 2. --- Page 100 ---
des insurgés; mais (92)
qu'un grand nombre Ce qui fut déplorable, c'est
des
trop irrité
esclaves, et grossit la
passa, du côté
Candy, alliranchi dune troupe d'an nommé
vice de
étrange férocité au sersous
tiongneatinabredes
humnain,apris avoir battu
ce chefin-.
de Rocon, sans crainte les colons au. camp
sorte d'atrocités la
de souiller de toute
sang et
victoire, ils inonderent de
autour du
timmtirmetieneea
FortAlors se renouvelérent
STEMCER
scènes tragiques des
cn cet endroit ces
rection. Des aflranchis premiers jours de Finsurceux avec qui, la veille, ils impitoyables égorgent
tente, le même
partageoient la même
même cause (1). camap, De Re combattoient pour la
plus atruces
cette union naissent de
férence le fer vengeanees dans le : Fami enfonce de
tendresse,
sein de son ami:
roopnoissance,
Suc
profané par des cruautés hospitalité, tont fut
ne respecta pas une yertu. sanglantes La
: le crime
quand on songe que ces
nature frémit
enfans du sang des maitres vainguotrs étoient des
claves; mais une
mélé à celui des esremplinsoit leurs trop malheureuse vengeance
coeurs, et ne laissa aux colons
(1) Histoire des désastres de
S-Domingue,p p. 187.
:
roopnoissance,
Suc
profané par des cruautés hospitalité, tont fut
ne respecta pas une yertu. sanglantes La
: le crime
quand on songe que ces
nature frémit
enfans du sang des maitres vainguotrs étoient des
claves; mais une
mélé à celui des esremplinsoit leurs trop malheureuse vengeance
coeurs, et ne laissa aux colons
(1) Histoire des désastres de
S-Domingue,p p. 187. --- Page 101 ---
195)
la fnite ou la mort: On ne vit ancun de cès
que dévonemens de la fidélité. Si Pesclave
beaux
les armes à la main, on lui demann'avoit pas-]
d'on il venoit : quiconque ne
doit où il alloit,
pas des Nlanimes;
versoit pasles sang ou n'allumoitt nulle
dans ce
étoit soupçonné de trahison :
pitié
Point d'amante ou de nourrice ne
vaste déroboit carnage. à la mort Pobjet de sa tendresse; ce
qu'une fureur aveugle, isolée de
n'étoit partout
ernel sembloit n'atoute vertu. Un destin trop
jusquralors ces contrées que pour
voir épargné
rares malheurs. Ceux qui
les réserver à de plus
n'étoient
les
périssoient par le fer ou le feu
pas
car'les autres ne snrvivoient
moitis msthenrenx, tomber sous la cruauté de Candy,
que leur pour arrachoit lés yenx avec un tirebouchon
qui rougi dans 'le feu : dernier degré d'infortune,
sans être un demnier malheur.
-
affranchi eût ravagé et
ce harlsire
Qnand
la"t 00 D
il s'empara de la
baigné de sang 00 campagne, I
dont il désarma les
petite ville d'Onanamnthe,
habitans ce 3. fat alors que les 'mattres de cet
sentirent :
la nécessité de traiter à quelendroit condition que ce fat. Touzard qui s'étoit
que retiré deTarmée ainsi que OCL Rouvrai, dépuis
se
H
les alfranchis n'en faisoient plus partie,
n'aêtles délégués, qui
de cette négociation';
baigné de sang 00 campagne, I
dont il désarma les
petite ville d'Onanamnthe,
habitans ce 3. fat alors que les 'mattres de cet
sentirent :
la nécessité de traiter à quelendroit condition que ce fat. Touzard qui s'étoit
que retiré deTarmée ainsi que OCL Rouvrai, dépuis
se
H
les alfranchis n'en faisoient plus partie,
n'aêtles délégués, qui
de cette négociation'; --- Page 102 ---
(94)-
la paix entre le maitre et Pesvoient pu mettre à la mettre entre Paffranchi
clave, cherchèrent falloit unir par Tintérêt des cceurs
etlemaitre. 11
de haines mortelles : rapprochement affranchis
surchargés vainement tenté, si les
qu'on auroit
à Farmée des ésclaves, soit
n'eussent été suspects jetés dans leur parti que
parce qu'ils ne s'étoient nécessités soit parce quils
par vengeance ou par de dureté dans la serviles traitoient avec plus
jamais aux conseils
tude : aussi n'asistoient-ils
étoient-ils
des esclaves, et rarement
fut
de guerre leurs secrets. L'égalité politique
initiés dans
de ce traité, qu'onappela
la condition principale L
Ce fut à la suite de ce
le traité dOuamaninthe. leurs armes contre. les es-,
traité que, tournant
de Timmortaclaves, ils firent une action digne d'une terrible
lité. Alors lOuest étoit menacé
à
csclaves se disposoient
invasion;s septmille
feu les
caee
au-dela des monts le fer etle 5
ter
avec une bravoure plus
chis les repoussèrent
contre sept, ils les
quhumaine : n'étant qu'un
Faction fût
vainquirent à Jaquezy 2 sans que et le soin de
(1). La joic
opiniitre et sanglante
point de secette victoire ne les empéchèrent fureurs comcourir les quartiers échappés aux
munes.
() Garran 1 p. 328, t. 2. --- Page 103 ---
(95)
Cependant le traité d'Onanaminthe n'ayant
point été ratifié par Tassemblée, les gens de couleur lui envoyérent des députés, qui ne parlerent quc de la nécessité delunion. Lassemblée,
leur valeur qu'elle avoit louée
foulant aux pieds
de moindres faits, ne voulut pas plus
pour
les esclaves. Les délétraiter avec eux qu'avec
deleur inimir
gués de France, voyant le danger
de la
ce noble caractère
tié, employérentjavee
les
vertu qui les distinguoit, les caresses, prières,
les finesses même de la politique :
la menace 2
ils ne purent rien sur des coeurs inflexibles 2
rongés de haine et fermés à toute réconciliation.
Loin de ratifier le traité dOuanaminthe,, elle
sourdement la multitude contre les déléaigrit affoiblit leur ponvoir par des outrages,
gués, 2
la ratification de
et fit arrêter les envoyés pour
affranchis
la paix; ;et par ces indignités, rejeta les
dans Tinsurrection, et replaça dans leur ame
fut signalée par des scènies
une vengeance qui
lamentables.
trente
Onanaminthe étoit alors gardée par,
affranchis et quatre-vingt dix colons, que comnommé Urvoi. Les affranmandoit un capitaine,
traité
chis, indignés du refus de ratifier un
plus
utile aux maîtres qu'à eux-mêmes 2 vengérent
le mépris de leur valeur et Vingraavec perfidie
, et replaça dans leur ame
fut signalée par des scènies
une vengeance qui
lamentables.
trente
Onanaminthe étoit alors gardée par,
affranchis et quatre-vingt dix colons, que comnommé Urvoi. Les affranmandoit un capitaine,
traité
chis, indignés du refus de ratifier un
plus
utile aux maîtres qu'à eux-mêmes 2 vengérent
le mépris de leur valeur et Vingraavec perfidie --- Page 104 ---
(96)
leurs bienfaits: ils livrèrent la ville aux
titude de
de nuit. Les colons,
esclaves qui Fattaquérent
dansl les rues; ne reconnoiserrans et dispersés
ni leurs ennemis : la
soient plus ni leurs amis,
lesavoit mélés: en vain ils se réunissent
trahison de combattre : éponvantés ou trop
ct cssayent
dans Téglise pour y
foibles, ils se retranchent la mettre sous la protéodéfendre leur vie, ou
les saisit dans
tion du ciel : une terreur panique leurs armes 2 que
la sainteté de ce lieu méme:
tomrendre invincible le désespolr, 9 leur
devoit
et ils embrassent en tremblant
bent des mains, n'arrêta la fureur desaffranchis,
les autels. Rien
la
du lien : ils
ni la compassion 7 ni relision si ellem'est sancroyent leur trahison perdue
dans leur
soixante colons sont baignés
glanto :
sang aul pied des antels.
affreux offrit
Le calme que snivit ce jour
bravant
d'autres objets a la pitié: des femmnes, amvoient
extrêmie,
tout dans une inquiétude les autres, d'un pas
à cette église les unes après abattement. Celles-ci,
timide et dans un morne véhémence de la tristesse,
succombant sous la
frères égorgés,
àla vue dé leurs époux oudélenrs montrant plus
tomboient niourantes. Celles-lat, s'ils avoient
de force dans la douleur, comme de baisers de
été pleins de vie, les couyroient
feu
amvoient
extrêmie,
tout dans une inquiétude les autres, d'un pas
à cette église les unes après abattement. Celles-ci,
timide et dans un morne véhémence de la tristesse,
succombant sous la
frères égorgés,
àla vue dé leurs époux oudélenrs montrant plus
tomboient niourantes. Celles-lat, s'ils avoient
de force dans la douleur, comme de baisers de
été pleins de vie, les couyroient
feu --- Page 105 ---
(97 )
feu au milieu des sanglots et des
larmiesy sans
crainte de se souillerd'un sang livide :
unes
quelquesrépandoient des liqueurs et des parfums : ,
charmant leur désespoir par l'inutile espérance
de ranimer une vie éteinte avec horreur.et sacrilège. Les funérailles ne furent pas moins déplorables : des gémissemens; des imprécations
contre le ciel, des voeux de vengeance ou de
mort éclatoient parmi les prières et le deuil. On
voyoit alors les flammes qui consumoient les
habitations de la plaine de Mirabaroux ; et les
incendies servoient à ces funérailles de torches
funèbres.
En ce temps le territoire du Port de Paix
étoit tour-à-tour ravagé par les affranchis etl les
esclaves; ceux-ci faisoient des incursions jasque
sous les murs du Cap:
Biasou, pour délivrer
sa mère detenue à Phôpital de Bel-Air, traversa
de nuit, avec quatre cents hommes, une campagne découverte; passa, pendant la basse marée,
la rivière qui coule auprès de l'habitation Galiffet, et s'avança vers le fort Bel-Air qui domine
la ville. La garde de Phôpital ayant jeté le cri
d'alarme, les malades furent saisis d'une telle
frayeur, que la plupart retrouvèrent dès forces
ponr prendre la fuite. Des rochers escarpés, de
profondes ravines dérobérent la vie des uns
--- Page 106 ---
(58)
Fesclave; les autres - en plus grand
au fer de
vers la ville-, quals remnombre s'enfuirent
lavec désordre des
plirent d'effiroi. Enveloppés ils ressembloient à des
dépouilles de, leur lit 21
eti déchiils jetoient des cris Ingubres
tiré
spectres 2
du soleil, Biassou ayant
rans. Avant le lever
qu'il trouva dans un
sur la ville deux canons disoit
Haut du'
de Bel-Air, on
quele et
les
des postes
des esclaves que
Cap étoit au pouvoir colonie Sscomplisoieint:
tristes destins de la
toute sorte de
par
alarme qui se commaniquoit d'unc maison à Pautre
gestes et doxclamations chaque famille étoit,
et de quartier en quartier: plongée dans la doucomme en temps de paix, et les places se remdu sommeil. Les rues
ceur
tumulte qui sapaisoit, grosisplissoient d'un
rendoit incertains les pas 2
soit tour-à-tour, et
de chacun. On penles paroles , les résolutions dans ces momens tersoit cette fois 2 comme,
c'étoit le dernier
ribles de Tinsurreetion 2 citédes. que Antilles, qu'elle
jour de la plus opulente ruines le reste de tant
alloit engloutir sous ses Revenu de ce preier
de familles infortunées. armes ; mais la ville étoit
effroi,. on courut aux courage de cinq soldats
alorssauvée par le rare
le torrain josquiau
défendirent pied à pied
de Fartilleric,
qui Bel-Air, du baut daquel,aver
fort
de Tinsurreetion 2 citédes. que Antilles, qu'elle
jour de la plus opulente ruines le reste de tant
alloit engloutir sous ses Revenu de ce preier
de familles infortunées. armes ; mais la ville étoit
effroi,. on courut aux courage de cinq soldats
alorssauvée par le rare
le torrain josquiau
défendirent pied à pied
de Fartilleric,
qui Bel-Air, du baut daquel,aver
fort --- Page 107 ---
(99)
ils foudroyèrent les esclaves. Biassou déplore
son audace quand il entend le bruit des armes,
et le hennissement des chevaux de la troupe sortie de la ville pour lui couper la retraite; dans
colère 7 il
les malades
son impétueuse
4gorge
à qui la douleur n'a pas permis de sei sauver: il
met ensuite tant d'adresse dans sa fuite, qu'ilee
chappe: des mains de ses ennemis avec quelquesuns de ses plus braves soldats. Le plus grand
nombrefut fait prisonnier ou taillé en pièces parmi des pateluviers : on ne sait s'il délivra sa mère
d'héroisme, de tendresse
dans une action pleine
et d'inhumanité (1):
Cette guerre civile, au mois dejanvier 1792,
s'apaisa par une union singulière de deux partis, celui de la royauté dans lequel se trouvoient les principaux officiers de l'armée. qui
conservoient de tendres souvenirs des faveurs
de la cour; et celui des affranchis qui vouloient
une patrie et P'égalité politique - 2 sans vouloir
ni les uns ni les autres la liberté des esclaves.
Ainsi ce fut avec eux que s'entendirent Rouvrai qui commandoit alorsaux Gonaives, Casa
Major au port de Paix, Touzard au FortDauphin, Cambefort au Cap (2); et de cette
() Dalmas. Moniteur du 22 mars 1792.
(2) Garran 9 pag. 52, t. 5:pag. 540, t. 2. --- Page 108 ---
O115
union
100 )
naquit un
punit
gouvernement militaire
d'une promptenient, politique
en imposa aux.
qui
prima le
trop pleine de
assemblées
haine
parti de la .
trouble, 7 comdes maîtres, démoeratie 2
soit lassitude
2 contint les enchaîna la
la liberté, de tout ce qu'ils
esclaves" qui,
soit dessein
avoient fait
d'ane vengenance
de différer la pour
velles forces dans qui le devoit prendre de suite
farouches : I'mimitié repos 7 ne furent noude la révolte fat
s'épuisa ; celle des plus si
espérances. On adoucie par des
chefs
les
caresses et des
parti de la royanté conjuroit tant au nom du.
dans leur
dont Tétendard
laquelle ils camp, qu'annom de la liberté flottoit
de ruinesle Nord avoient baigné de sang et pour
un terme à cette de Sin-Dontisgn de couvert
devoit périr la guerre , à la suite de mettre
servitude et régner la laquelle
liberté,
FIN. --- Page 109 ---
APPERÇU
DE LÉTAT
rik
DE LA TRAITE DES NÈGRES. --- Page 110 --- --- Page 111 ---
E763
LG515
V17 --- Page 112 --- --- Page 113 --- --- Page 114 ---