--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Jabi Sarter iroln
Lilmng
Bremt limoerathr --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
HISTOIRE
DE LA RÉVOLUTION
DE
SAINT-DONINGUE.
TOME II. --- Page 8 ---
S3VE --- Page 9 ---
HISTOIRE
DE LA RÉVOLUTION
DE
SAINT-DONINGUE,
DEPUISI LE COMMENCEMENT: DES
DEJÉRÉNIE ET DU MOLE S. NICOLAS TAOUSEES,USQU'AIAT PAR LES
PRISE
ANGLAIS;
SUIVIE
D'UN MÉMOIRE
SUR LE RÉTABLISSENENT
DE CETTE COLONIE.
PAR M. DALMAS.
TOME DEUXIÈME.
A PARIS,
CHEZ WAME FRERES,
RUE DU POT- INPRIMEURS. - LIBRAIRES,
DE-FER, N14.
1814. --- Page 10 ---
2 a0
V --- Page 11 ---
HISTOIRE
LA
:
RÉVOLUTION
DE DE
-
-
PLOIST 090
SAINT-DONINGUE
our
-
13N
Lte
CHAPITRE XIII:
a a :
Retour de M. de. Blanchelande au Cap.
Lettre de Pinchinat. Jugement sur ce
mulâtre. Seconde commission. civile :
son arricée au Cap: M. d'Esparbès,
de St.-Domingue,
R gouverneuri général
conduite eticelle des trois commissa
saires; serment pronontepuriundeu
(Polverel) à Léglise: Formation dune
Etablisse-
- commission intermédiaire.
ment d'un club. Arrivée de M: de Rochambeau au Cap:
M.De BLANCHELANDE quitta les Cayes le I1
aotit; il vit, en partant, cette ville plongée dans
TOM. 2, --- Page 12 ---
RÉVOLUTION
le deuil, et la plaine du Fond
dres. Il promit
réduite en cenmais les
d'envoyer de prompts
il
troupes de ligne étant
secours;
ne put disposer du
partout occupées,
pour tenir sa parole plus foible détachement
aux habitans du midi.
desastre, au reste 2 quelque affreux
Leur
n'étoit rien moins
qu'il fut,
se seroit rétablie qu'irréparable. La tranquilité
rebelles du nord d'elle-méme dans le sud, si les
avoient été
étoit le foyer de l'incendie
soumis. Le nord
dans toutes les autres qui étendoit ses ravages
c'étoit là,
parties de
comme ne cessoit de SL-Domingue le dire M. ;
Blanchelande, qu'ili importoit de
de
on ne pouvoit se flatter d'y réussir, Tétouffer; mais
les mulâtres
qu'autant
e
cesseroient de garder une
que
dérisoire, plus funeste qu'une
neutralité
déclarée: M. de Blanchelande guerre ouverte et
la loi du 4 avril cet heureux avoit cru obtenir de
masse des gens de couleur, résultat. En effet, la
et de son
témoin de sa franchise
impartialité, se montroit
concourir au rétablissement de
disposée à
de paix et d'union de
l'ordre. Le conseil
T'abolition de plusieurs Saint-Marc, satisfait de
exprimé
corps populaires, enavoit
publiquement sa
verneur, et lui avoit promis reconnoissance au goude dix-huit cents hommes d'envoyer un renfort
Cette
au cordon de l'ouest.
promesse tardant à se réaliser, M. de
chelande, revenu au Cap, la
Blanrappela au conseil
disposée à
de paix et d'union de
l'ordre. Le conseil
T'abolition de plusieurs Saint-Marc, satisfait de
exprimé
corps populaires, enavoit
publiquement sa
verneur, et lui avoit promis reconnoissance au goude dix-huit cents hommes d'envoyer un renfort
Cette
au cordon de l'ouest.
promesse tardant à se réaliser, M. de
chelande, revenu au Cap, la
Blanrappela au conseil --- Page 13 ---
DE SAINT-DOMINGUE
par les lettres les plus pressantes. Inutiles
soins superflus! il ne tarda
efforts!
avoit travaillé
pas à comprendre qu'il
pour une caste
Les secours n'arrivèrent
ingrate et parjure.
que couroit le quartier de point, la
malgré le danger
Marmelade,
presque toutes les nuits par les nègres. attaqué
Bientôtle conseil de Saint-Marcse
animéde l'esprit révolutionnaire
montraaussi
étranger jusqu'alors. Le mulâtre quilya avoitp paru
président,
Pinchinat, son
ville du
accusa, 2 dans une lettre
Cap de ne renfermer
imprimée, la
que des
dangereux, et désigna le
aristocrates
leur chef et leur appui. gouvernement comme
nonçât les nouveaux
Quoique cette lettre anà modifier la conduite principes qui commencoient
à ce premier
des mulatres, on ne fit
tion
ouvrage de Pinchinat toute Tatten- pas
qu'il méritoit, Lassemblée
jugée selon ses ceuvres ; mais les coloniale y étoit
lui adressoit étoient moins
reproches qu'on
que ceux dont on accabloit longs, moins amers
thousiasme manifesté dans cet Taristocratie. L'englorieuse des révolutions
écrit, pour. la plus
croyoient bien connoître 2 étonna tous ceux qui
l'auteur. S'il
que demander la dissolution de
n'avoit fait
loniale pour la recomposer
lassemblée conouveau décret, l'on eut
d'après les bases du
effet, les gens de couleur applaudi à ses vues. En
tage de la
étant appelés au parsouveraineté, il leur importoit d'être
Taristocratie. L'englorieuse des révolutions
écrit, pour. la plus
croyoient bien connoître 2 étonna tous ceux qui
l'auteur. S'il
que demander la dissolution de
n'avoit fait
loniale pour la recomposer
lassemblée conouveau décret, l'on eut
d'après les bases du
effet, les gens de couleur applaudi à ses vues. En
tage de la
étant appelés au parsouveraineté, il leur importoit d'être --- Page 14 ---
1 RÉVOLUTION
dans le corps délibérant qui
admis sans délai
Le raisonnement de
devoit constituer la colonie. rien que de juste;
Pinchinat à cet égard n'avoit quil manifestoit
déplacés
mais les soupcons
les crimes absurdes
contre le gaivernement, impuloit aux habiet même ridicules qu'il violation des promeses
du Cap, et la
et de
tans
faites à MM. de Blanchelande et de
quil avoit
le comble de la perfidie
Fontange, étoient
Tingratitude.
rôle à Saint-DoCe mulâtre a joué un grand le
et comme
c'est lui qui a été guide de linsmingue;
caste: Il avoit de T'esprit,
Toracle de sa
talent de s'énoncer et d'écrire
truction, même le
et pour le
Pour le bien connoitre
avec méthode.
de diviser en deux parties
bien juger, il convient
Dans la première, on
Thistoire de sa vie publique.
d'une grande
attentifa la marche
peut
voit un homme
adresse tout ce qui
révolution, saisir avec
sur les nouvelles
être ulile à ses intéréts. Appuyé raison de les voir
théories, mais craignant avec
des gens élrantrop loin, ilsindigne que veuillent le
pousser
dans son pays
gers et sans proprictés siens, dans une dépendance
retenir, lui et les
affranchis les premiers.
dont eux-mémes se sont soins à gagner la confiance
I met d'abord tous ses d'unir sa cause à la leur.
des colons, en feignant autant et plus qu'eux 7
à cet effet,
D 1l se montre --- Page 15 ---
DE SAINT-DOMINGUE
épouvanté des conséquences des principes révolutionnaires, et opposé à la naturalisation de ces
dans la colonie. Il ne cesse d'anathémaprincipes
pernicieux, selon lui,
tiser les corps populaires,
à Saint-Domingue; ; ilse rallie au gouvernement,
Tancienne administration de cette ile,
et regarde
mais comme
non-sculement comme la meilleure,
laseule qui puisse lui convenir,,
de la
Voilà ce qui forme la première époque lui valut la
carrière politique de Pinchinat, ce qui
disconfiance de plusieurs hommes d'un mérite
tingué, et l'estime de beaucoup de gens qui, ne,
le connoissant pas, le jugeoient d'après sa conduite. Mais si l'on passe à la seconde époque,.
las scène change entièrement. A peine Pinchinat,
aidé des vrais colons, est-il parvenu au but de ses,
désirs, qu'il les trahit et les abandonne : les mulàtres, devenus les égaux des blancs, conservent
néanmoins des intérêts distincts de ceux de ces
derniers. Loin de seconder leurs efforts pour
éteindre le feu de la révolte des nègres, ils travaillent sourdement et réussissent à le propager dans
toutel'cienduede la colonie. Les corps populaires,
quileur ont paru si dangereux, sontl la seukforme
dadministration qui, au dire de leurs chefs, soit
à Saint-Domingue. Les prétendus arispropre
Pinchinat lui-méme doit sa cétocrates auxquels
sont accusés
lébrité, et peut-étre son existence,
efforts pour
éteindre le feu de la révolte des nègres, ils travaillent sourdement et réussissent à le propager dans
toutel'cienduede la colonie. Les corps populaires,
quileur ont paru si dangereux, sontl la seukforme
dadministration qui, au dire de leurs chefs, soit
à Saint-Domingue. Les prétendus arispropre
Pinchinat lui-méme doit sa cétocrates auxquels
sont accusés
lébrité, et peut-étre son existence, --- Page 16 ---
RÉVOLUTION
constitution sublime;
par Jui, de s'opposer à une dont il ne parloit préet la révolution française, lui paroit T'objet le plus
cédemment qu'avecefiroi, efforts de tous les sages,
digne des voeux et des
et la plus brillante des
Tépoquel la plus mémorable
annales du monde.
ou ce mulâtre étoit un
De deux choses l'une : aussi hypocrite que
fourbe profond, un scélérat
et secrets
ou il a eu des motifs puissans et de conpervers, changer tout à coup d'opinion la dernière est
pour duite. De ces deux suppositions, des lumières
: indépendamment
en adla plus plausible
Ton ne sauroit,
acquises sur ce point,
concevoir que. Pinmettant l'autre hypothese 2 si long-teimps à une
chinat eût pu en imposer
intéressés à le
d'esprit et de sens,
foule de gens
au reste, ne fait pas
pénétrer. Son changement, qu'à son caractère;
d'honneurà à son jugement étendue de taplus
lui refuser une certaine
fonder sur
et, sans
2 on peut se
lens et de connoissances nier qu'ile lehtdugénie,
eeteinstabilite même pour
C'étoit sans
comme ses prôneurs le prétendoient. mais il étoit muinstruit,
contredit un homme,
tout à quiconque
latre. Ce mot dit tout, explique les mceurs et le
avec les habitudes, 2
est familier
a mal jugée en France,
naturel d'une caste quelon
iaute de ces données indispensables un homme proDans la position de Pinchinat,
ens et de connoissances nier qu'ile lehtdugénie,
eeteinstabilite même pour
C'étoit sans
comme ses prôneurs le prétendoient. mais il étoit muinstruit,
contredit un homme,
tout à quiconque
latre. Ce mot dit tout, explique les mceurs et le
avec les habitudes, 2
est familier
a mal jugée en France,
naturel d'une caste quelon
iaute de ces données indispensables un homme proDans la position de Pinchinat, --- Page 17 ---
DE SAINT-DONINGUE
à l'aide des principes du
fond eût sans doute,
sorti et celui de ses
jour, tàché d'améliorer son
il n'eût
mais, pour atteindre ce but,
pareils;
jusqu'à la rigueur.
point poussé ces principes
humiliant, il
En désirant Tabolition d'un préjugé
perdu de vue que l'intérêt et lexis-:
n'auroit pas
qu'il-y eût
tence même de sa caste exigeoient
comme dans Ta nature, une
dans l'ordre social,
de T'esclave,
nuance qui distinguat, aux yeux
Il eût
les blancs de ceux qui.ne l'étoieri pas.
dus5mair79t,ets se seroit esambitionnéledécrets
lenivellement
timé très-heureux delobtenirgmais' eût été pour lui la
absolu de toutes les couleurs
des calamités. Telle étoit la position
plus grande
devoient
délicate et précaire des mulâtres, qu'ils
à sy
Placés dans
être les premiers
opposer.
comme lest dans un jardin
le corps politique,
tolère tant
la plante inutile et parasite qu'on y
arrache dès qu'elle
qu'elle ne nuit pas,mais qu'on
ils
étend trop loin ses branches et ses, racines,
auroientda réfléchir que, quelle eque fut l'issue de
la lutte entre les blancs et les nègres, le sort de
intermédiaire étoit d'avoir les uns ou les
la classe
maîtres. Ilsauroient
autres pour ennemis ou pour
de
calculer les suites si différentes
du surtout
et de celle des blancs hors de
leur expulsion Première victime du triomphe
Saint-Domingue.
d'abandonner
possible des esclaves, et contraint
ines,
auroientda réfléchir que, quelle eque fut l'issue de
la lutte entre les blancs et les nègres, le sort de
intermédiaire étoit d'avoir les uns ou les
la classe
maîtres. Ilsauroient
autres pour ennemis ou pour
de
calculer les suites si différentes
du surtout
et de celle des blancs hors de
leur expulsion Première victime du triomphe
Saint-Domingue.
d'abandonner
possible des esclaves, et contraint --- Page 18 ---
RÉYOLUTION
sa propriété coloniale, le blanc
-pour cela, tout-a-fait sans
ne seroit pas
dans la
ressource; il
des
métropole sa terre natale ou trouveroit
parens, des amis qui
originelle,
offiroient un asile et laccueillroient, des
qui lui
chassé à son tour par le sécours. Proscrit et
Auccessivement
nègre, après avoir été
révolte, le mulâtre Tinstigateur et Tauxiliaire de sa
que des coeurs ulcérés ne rencontreroit en France
se
qui le
réjouiroient de son désastre, repousseroient et
chatiment que le ciel
comme du juste
ingrat et dénaturé. inflige tôt ou tard au fils
Dans un discours
depuis cardinal
prononcé par M. T'abbé,
tituante préparoit Maury, le
quand l'assemblée consavoient étél
décret du 15 mai, ces idées
Sans être molivée présentées avec' beaticoup de force.
les mulâtres n'ont par Tambition exclusice
nécessité de contenir manifestée que plus tard, que la
dépendance,a avoit été ces hommes dans un étatde
et sentié des plus dès-lor's aperçue del T'orateur
nables de ses
éclairés ou des plus raisonn'edt
collegues. Si
pas désiré la perte des Tassemblée législative
vention n'edt pas suivi le. colonies, si la conquoi auroient-ellcs
méme système, pourhommes de
donné leur
conleur pluiôt
confianeesaus
étoit,
qu'aux blancs? Oi
queles ponclamétropole,l lagarantie .
premiers pouvoientlui depromesses
faire? Quels gages
éclairés ou des plus raisonn'edt
collegues. Si
pas désiré la perte des Tassemblée législative
vention n'edt pas suivi le. colonies, si la conquoi auroient-ellcs
méme système, pourhommes de
donné leur
conleur pluiôt
confianeesaus
étoit,
qu'aux blancs? Oi
queles ponclamétropole,l lagarantie .
premiers pouvoientlui depromesses
faire? Quels gages --- Page 19 ---
DE SAINT-DONINGLE
à offrirde leurfidelité? Inconstans et
avoient-ils
caractère, ne tenant par aucun
capricieux par
affection du cocuràla
lien dintérêt, par aucune
point, et vers
mère patrie qu'ils ne connoissoient ramenés le
laquelleils n'étoient pas sans cesse
par
des souvenirs ou par Tattrait de T'espécharme sembloient devoir être bien plus accesrance; ils
dingratitude,
sibles à la corruption, 2 pius capables
quel qu'il
plus: portés à désirer un changement, attachés à
fut, que les blancs, invinciblement besoins et leurs
la France par leur origine, leurs
habitudes.
Mais,je ne crains pas de le répeter,lasembléc
vouloit la ruine des dépendances COlegislative de' la France. Son projet, facileà deviner,
loniales
colons et de tous les hommes
le fut de plusieurs Pinchinat auroitdu le préinstruits en Europe.
s'en effrayer, et consacrer tous ses moyens,
voir,
Texécution.
toute son infhuence, à en empêcher
tant exalté n'alla pas jusqu'a
Mais, ou son génie
si désastreux, ou
lui faire découvrir un projet
chez tous les
T'orgueil, excessif chez lui comme
mulâtres, 2 lui en dérobales fiumelescontuequence
résister à-l'espoir d'être quelque jour
1l ne put
désir de
un rôle
au
jouer
un grand personnage,
avide,
brillant; cette célébrité dontil se montroit
dont la soif atténuoit dans son âme les craintes
la raison, il crut la voir dans le
inspirées par
ui faire découvrir un projet
chez tous les
T'orgueil, excessif chez lui comme
mulâtres, 2 lui en dérobales fiumelescontuequence
résister à-l'espoir d'être quelque jour
1l ne put
désir de
un rôle
au
jouer
un grand personnage,
avide,
brillant; cette célébrité dontil se montroit
dont la soif atténuoit dans son âme les craintes
la raison, il crut la voir dans le
inspirées par --- Page 20 ---
fO
REVOLUTION
tourbillon
révolutionnsire, et T'attendit du
ténuegirondiste, le
dont il futl
8y8martyr.
lapôtre, et faillit être
Les intermédiaires
émploya
que la secte
pour faire passer et
négrophile
tructions à
répandre ses insRaymond, Saat-Domingue, furent le mulâtre
correspondant de
Roume,Tadminatcae de
Pinchinat, et M.
la colonie. On vit cet Brissot et. son agent dans
dant son séjour dans ex-commissaire Ia
civil, penuniquement occupé du soin province de T'ouest,
ses discours et
de propager, par
qu'il avoit
par son exemple, une doctrine
paru condamner
Le décret du 4a avril avoit jusqu'à cette époque.
un autre, quiordonnoit
été suivi de près par
d'une seconde
l'envoi à Saint-Domingue
de six mille hommes. commission civile et d'un corps
tinées, non à réduire les Ces troupes étoient dessemblée coloniale
esclaves ou à tenir l'astriomphe du
en respect, mais à assurer le
très-bien, système de l'égalité. Brissot savoit
cembre puisqu'il Tavoit dit dès le mois de dé1791, dans le discours dontj
que Tassemblée coloniale
j'ai déjà parlé,
de factieux,
composée d'intrigans et
elle
méprisée de ses
trompoit le
commettans, dont
cune crainte à la veu, ne Pouvoit inspirer ajtprojets
France, quels que fussent ses
bitans dindépendance ou de défection. Les hasupposèrent avec apparence dei raison
que --- Page 21 ---
II
DE SAINT-DOMINGUE
force décrétée et altendue seroit employée
la
lls n'avoient même pas le
contre leurs nègres.
faute d'avoir réfléchi
plusléger doute à cet égard,
seulement
le texte du décret. S'ils l'avoient
sur
ils n'y auroient vu de précis,
lu avec attention,
de la
T'ordre donné aux délégués
de formel, que
même par laforce,
nation, de faire ezécuter,
la loi du 4 avril. Cet ordre et une recommande rétablir la tranquillité à Saintdation vague
déterminer sur quelles bases,
Domingue, sans
ostensibles des
formoient toutes les instructions
nouveaux commissaires.
de cette
La création et T'arrivée prochaine
autorité furent connues au Cap peu de temps
M. de Blanchelande fut revenu des
après que
même temps, que M. d'EsCayes. On apprit, en
et que
parbès étoit nommé gouverneur général,
del La Salle et de MontesquiouMM. d'Hinnisdal, commander, le premier la
Fézenzac devoient le second celle de T'ouest, et
province du nord,
le troisième celle du sud.
A cette nouvelle, quelques députés engagerent
T'assemblée coloniale à se dissoudre, ne fut-ce
des dépenses inutiles. Mais
que pour épargner si
et continua son travail
elie rejeta un avis sage,
ellearrêtoit
sur la constitution, dont chaque jour
articles. Cétoit une folie de croire que
quelques
même en lui
la commission civile T'adopteroit,
ient le second celle de T'ouest, et
province du nord,
le troisième celle du sud.
A cette nouvelle, quelques députés engagerent
T'assemblée coloniale à se dissoudre, ne fut-ce
des dépenses inutiles. Mais
que pour épargner si
et continua son travail
elie rejeta un avis sage,
ellearrêtoit
sur la constitution, dont chaque jour
articles. Cétoit une folie de croire que
quelques
même en lui
la commission civile T'adopteroit, --- Page 22 ---
REVOLUTION
supposant des intentions
son, quand On avoit
pures,. à plus forte raiprincipes et de ses quelque connoissance de ses
semblée coloniale projets. L'ouvrage de-lasque; parle silence devenoit d'autant plus inutile,
peliquedeshommese qwelestoitimper de
sur l'état
dont cet article auroit couleur, tout son édifice,
base, s'éerouloit
dà, pour ainsi dire, être la
méme fournir de nécossairement et ne pouvoit
droit élever à la matériaux pour celui qu'il fau- pas
Bientôt l'on vit place.
timent de. Nantes, faisant arrivorau Cap la Musette, bàtoit les troupes et les
partiedelaf flotte quiy porsecrétaire de la
commissaires. M. Delpech,
navire. Il se commissiony étoit à bord de ce
rendit, en
Dlauchelande, et lui remit debarquant, chez M. de
missaires, avec prière de les pouvoirs des comLa foule des curieux
les faire enregistrer,
s'étoit portée à T'hôtel
gouverement; la
on étoit impatient de
du
sion. religion du secrétaire, de celle de juger, par
Les personnes
la commiset les menaces faites qui, d'après les reproches
par la
poptilaires del SaincDomingueyp législature aux corps
métropole pouvoit avoir
pensoient que la
tablir Tancienne
conçu le projet d'y résans
administration, ne virent
vrai ctomnement, ni sans
pas
ou simulé de M.
effroi, Tenthousiame
Si même il avoit fait Delpech pour la révolution.
preuve de
jugement ou de
Les personnes
la commiset les menaces faites qui, d'après les reproches
par la
poptilaires del SaincDomingueyp législature aux corps
métropole pouvoit avoir
pensoient que la
tablir Tancienne
conçu le projet d'y résans
administration, ne virent
vrai ctomnement, ni sans
pas
ou simulé de M.
effroi, Tenthousiame
Si même il avoit fait Delpech pour la révolution.
preuve de
jugement ou de --- Page 23 ---
DE SAINT-DOMINGUE
connoissances, on n'auroit pas perdu
quelques
mais il ressembloit aux partisans les
tout espoir;
à tous les
plus fanatiques du nouveau régime,
du parti triomphant. Un jargon
autres agens
de ces mots que la révolution
ridicule, composé
enthousiasme exa' créés ou mis en vogue, un
travagant pour ses principes et, par-dessus tout,
et dimpudence, forune dose rare d'effronterie
du caractère
moient les traits saillans de Vespritet
du secrétaire de la commission.
On'se flatta que les commissaires ne lui ressembleroient pas, et que d'ailleurs-M. d'Esparbés
seroit revêtu d'un grand pouvoir. Tous les colons
instruits avoient les regards tournés vers lui : on
qu'un homme de son nom, de son rang
espéroit
balanceroit au moins par son
et de son' àge ,
autorité celie de la commission: M. de Blancheattacher un grand prix à T'eslande paroissoit
il lui écrivit par
time du nouveau gouverneurs
la formalité
M.Delpech, qui, après avoir rempli
jai fait connoitre, alla rejoindre le convoi.
que
raisonné de la situation militaire de la
Un plan
la lettre de M. de Blanchecolonie accompagneit
cachoit
lande à M. d'Esparbès. Le premier ne
à son successeur que le séjour d'une armée
pas
d'Europe, dans une ville déchirée par les
venant
factions, pourroit avoir des suites très-dangereuses. Il lui proposoit de diviser ses troupes --- Page 24 ---
RÉVOLUTION
tandis qu'elles étoient sous voile,
trer une partie au.
d'en faire enune autre au Limbé, Fort-Dauphin, et d'en envoyer
dons de l'est et de l'ouest. pour fortifier les deux corenfin que de la
Il lui faisoit observer
simultanéité de rapidité de sa marche, de la
ses efforts sur divers
pendoient uniquement le retour de points, désoumission des révoltés.
l'ordre et la
Il est à propos de
le court séjour de M. remarquer ici que, durant
Delpech au
M.
reçut, en qualité de
Cap, Daugy
coloniale,
président de
une lettre que M.
Tassemblée
des commissaires
Cougnac-Mion, lun
envoyés par elle à
legislative, lui adressoit
Tassemblée
qu'une conjuration,
d'Europe. Il la prévenoit
truire
ourdie en France pour déSaint-Domingue, et par-là
tres colonies, étoit sur le
toutes les aulcontent de donner des détails point d'éclater. Non
surlebut delap
sur les moyens et
violent de prgpsgundeço).lajotaitl le conseil
repousser par la force les nouveaux
commissaires, qu'il traitoit de brigands
direction du complot, et les
ayant la
qu'il regardoit comme plus troupes patriotiques
dans leurs mains. E Tout est dangereuses qu'utiles
( et le plan atroce des
perdu, mandoit-il,
(( doit faire couler le négrophiles ce plan qui
sang à grands flots, sera
(1) Nom donné à la secte des Amis des Noirs,
lajotaitl le conseil
repousser par la force les nouveaux
commissaires, qu'il traitoit de brigands
direction du complot, et les
ayant la
qu'il regardoit comme plus troupes patriotiques
dans leurs mains. E Tout est dangereuses qu'utiles
( et le plan atroce des
perdu, mandoit-il,
(( doit faire couler le négrophiles ce plan qui
sang à grands flots, sera
(1) Nom donné à la secte des Amis des Noirs, --- Page 25 ---
DE SAINT-DOMINGUE
si vous ne mettez toute la célérité
( exécuté,
2 le concert le
( possible dans vOS résolutions
dans vos mesures, et l'intrépidité
( plus. parfait dans votre résistance ))
( du désespoir
point à l'assemblée
M. Daugy ne communiqua
le contenu de cette lettre, parce que l'énergique
qu'elle recommandoit ne cadroit pas
expédient
mais il en conçut de vives alaravec ses vues;
sérieuses lui furent
mes. Les réflexions les plus
chefs
en outre suggérées, ainsi qu'aux autres.
faction,
la conduité du secrétaire de
de la
par
soin avoit
la commission civile, dont l'unique
le droit
été de se rendre au gouvernement; par
de rechercher etide
accordé aux commissaires,
les auteurs des troubles ; enfin par le repunir
de la Musette, de laisser
fus du commandant
bâtiaucun canot, venant de terre, acoster ce
s'abuser; l'assemblée
ment. On ne pouvoit plus
alloit être détruite; l'esprit et la lettre du décret
heureux encore si les membres
étoient précis:
la composoient pouvoient en être quittes
qui T'abdication de leurs places ! Mais il papour
leur demanderoit compte
roissoit probable qu'on
du temps perdu ou, employé à faire le mal,
des finances gaspillées par caprice, de l'ordre
judiciaire mutilé et proscrit sans raison. Ils
(i) Cette lettre de M. Cougnac étoit du 20 juillet 1792, --- Page 26 ---
RÉVOLUTION
avoient lieu de craindre
conduite relativement
qu'on ne scrutât leur
qu'ils avoient laissé au projet dindépendmce
approfondir le motif paroitre ; qu'on ne vouldt
truire la
de leur
à insmétropole des malheurs negligaee de
enfin qu'on ne leur demandat
la colonie;
pressement qu'ils avoient
raison de Temcours de la
mis à réclamer le seJamaique.
Dans cette
lassemblée circonistance, le parti
sentit le besoin de
patriote de
Tautre, et fit les
se rapprocher de
réunion à laquelle premiers il
pas pour opérer une
s'étoit
discuta les
tonjours opposé. On
avantages et les inconvéniens
coalition entre Jassemblée et le
d'une
dontle résultat seroit de contraindre gouvernement,
saires à respecter
les commisTorganisation
quitter
coloniale, ou à
Saint-Domingue, s'ils vouloienty
aucune atteinte. Cette
y porter
devoit maintenir,
résolutionyque T'assemblée
quelles que fussent les
rences, et qui n'auroit pas dà lui être appapar les craintes personnelles de
inspiréc
mais par le danger imminent ses membres,
colonie, fut encore
où se trouvoit la
ditions. Avant de soumise à de certaines consitions à M. de faire, dans ce sens, des propodéfinitivement Blanchelande, Tassemblée voulut
commission savoir à quoi s'en tenir avec la
civile. En couséquence, elle
qu'une députation de trois membres,
arréta
pris dans
et qui n'auroit pas dà lui être appapar les craintes personnelles de
inspiréc
mais par le danger imminent ses membres,
colonie, fut encore
où se trouvoit la
ditions. Avant de soumise à de certaines consitions à M. de faire, dans ce sens, des propodéfinitivement Blanchelande, Tassemblée voulut
commission savoir à quoi s'en tenir avec la
civile. En couséquence, elle
qu'une députation de trois membres,
arréta
pris dans --- Page 27 ---
DE SAINT-DOMINGUE
les assemblées coloniale et
garde nationale, iroient proyinciale, et dans la
au devant du nouveau
gouverneur et des
texte de les féliciter, conimissairess et, sous préleurs intentions et leurs chercheroient % à connoitre
Les trois députés, projets.
tion, furent
partisans de la révoludupes des commissaires,
rusés qu'eux,
qui, plus
s'éçarter
feignirent en leur présence de
du butqu'ils bràloient
lorsqu'à leur
datteindre.Aussi,
T'assemblée retour, ces députés annoncèrent à
que la commission
ment animée de l'esprit de la civile, uniquenoit pour en répandre les bienfaits constitution, vemingue ; lorsqu'ils assurèrent
à Saint-Doprévenue contre les
que, loin d'être
chargée, de les
corps populaires, elle étoit
substituer à toutes les autres
magistratures, les craintes du parti
siperent, et avec elles s'évanouit patriote se dislier au gouvernement.
le projet de se
Bien plus , T'assemblée cO-*
loniale, non contente de renoncer
à la négociation
brusquement
qu'elle avoit voulu entamer
lui, revint au projet de le rendre seul
avec
des malheurs de
victime
du rôle
Saint-Domingue, et se
affreux de son accusatrice.
changea
En conséquence de ce plan, l'on vit
paroitre une
bientôt
contre le
dénonciation, 2 en seize articles,
gouverneur. L'assemblée
TOM. 2.
s'empressa de
--- Page 28 ---
RÉVOLUTION
comme une preuve de
Toffrir à la commission, absurdes que fussent les
son civisme. Quelque étoient énoneds, M. de
cheb-dacuation qui nécessité y
de parer le coup
sentit la
Blanchelande
et de détruire ce monument
qu'on lui portoit, bassesse. Il croyoit sa justid'iniqunté et de
que la cafication d'autant plus indispensable, de Tassemblée
bale A avoit obtenu Vassentiment On est sans
à son ceuvre perfide. qui avoit touprovinciale étonné de voir ce corps 2
I'adoule
les mesures du gouvetnenent,
jours appuyé
occasion aussi importante;
bandonner dans une
les hommes honnêtes,
mais, à cette époque, prochaine des assemla. dissolution
laissé se former
prévoyant
les avoient
ressource
blées populaires,
tous les intrigans
de
agdriensenidbsargn
'de
attachés aux places députés.
les honoraires
M. de Blancheque Dans un mémoire justilficatif,
faite
peine la dénonciation
lande réfuta sans
clairement que les
contre lui, et démontra Taccusoient pouvoient,
crimes dont ses ennemis être imputés. Il seroit
juste titre, leur
en déà plus
fastidieux de faire connoitre
inutile et
la dénonciation se compotail ces deux pièces :
de toutes les platisoit de tous les mensonges, coloniale n'avoit cessé de
tudes que Tassemblée exécutif. Le mémoire,
vomir contre le pouvoir
des faits, tiroit ses
fondé sur la vérité rétablie
Taccusoient pouvoient,
crimes dont ses ennemis être imputés. Il seroit
juste titre, leur
en déà plus
fastidieux de faire connoitre
inutile et
la dénonciation se compotail ces deux pièces :
de toutes les platisoit de tous les mensonges, coloniale n'avoit cessé de
tudes que Tassemblée exécutif. Le mémoire,
vomir contre le pouvoir
des faits, tiroit ses
fondé sur la vérité rétablie --- Page 29 ---
DE SAINT-DOMINGUE moyens dedéfense des réflexions
ig
reiles que dès-lors ils
simples et natusuggéroient.
Combien lon doit regretter
n'ait pas persévéré dans l'heureuse que Tassemblée
avoit eue d'abord ! La réunion
idée qu'elle
partis
sincère des deux
pouvoit seule sauver. Saint
parce que le retour de la commission -Domingue,
Enrope en devenoit une
civile en
L'assemblée auroit
conséquence nécessaire.
eu d'autant plus de raison de
persister dans ce plan,
nérale de la loi du 4 que, par ladoption géavril, la mission des
missaires n'avoit plus d'objet déterminé. comcret et leurs instructions
Le déconnues n'étoient
équivoques. Ils n'auroient
point
ils l'ont fait depuis,
pas alors 3 comme
dire, écrire et
poussé limpudeur jusqu'a
proclamer que l'abolition de l'esclavage, objet des voeux de la
la France, avoit seule décidé législature et de
leur
ne sait quelle détermination
apostolat. On
si, dès les
ils auroient prise,
premiers instans de leur
semblée coloniale et le
arrivée, l'asavoient dit: :
gouvernement réunis leur
( La loi que l'on vous a
de faire
( ter, même par la
chargés
exécu-
( s'y attendre,
force, a élé, comme on devoit
reçue sans nulle
( n'a éprouvé aucune résistance. restriction, et
( sy sont soumis. Il n'existe
Tous les blancs
( d'hommes à
plus que deux classes
Saint-Domingue : la classe libre,
iale et le
arrivée, l'asavoient dit: :
gouvernement réunis leur
( La loi que l'on vous a
de faire
( ter, même par la
chargés
exécu-
( s'y attendre,
force, a élé, comme on devoit
reçue sans nulle
( n'a éprouvé aucune résistance. restriction, et
( sy sont soumis. Il n'existe
Tous les blancs
( d'hommes à
plus que deux classes
Saint-Domingue : la classe libre, --- Page 30 ---
a
RÉVOLUTION
T'est pas. Vos pouvoirs ne. s'éten-
( et celle qui ne
l'autre. Votre présence
(( dent ni sur T'une ni sur
séjour ici étant par conséquentinulles, à la
( etvotre
bien vous-mêmes porter
K vous voudrez
de notre obéissance
le témoignage
( mère-patrie
( à sa volonté. ))
les commisaires?
Qu'auroient pu répliquer
contre
doute; et en supposant,
Rien, sans
eussent osé mettre
vraisemblance, qu'ils
toute
leur querelle particulière,
en mouvement, pour
ne dispola force armée qui les acompagnoil, forts qui commandes
soit-on pas, au besoin, n'avoiton pas les vaisseaux
dent la rade du Cap?
les équipages desquels
TÉole et le Jupiter, sur
falloit donc que de
compter ? Il ne
Malon pouvoit
et de la fermeté.
T'ensemble, des lumières devenoient tous les
heureusement, ces qualités
Les comjours plus rares à Saint-Domingue. furent aussi surpris que
missaires eux-mêmes qui égaroit toutes les
satisfaits de Texagération de
qui régnoient
tèles, de la défiance et la'haine état de choses les serdans tous les cceurs. Cet ils avoient bien d'aumais
affaissé
voit admirablement; M. d'Esparbes,
tres sujets d'espérance. étudié pendant la traTàge, qu'ils avoient
la foiblesse,
par
et dont ils connoissoient obstacle à leurs
verséc, incapable de mettre
attaché
étoit
quilavoit suivi,
desseins. L'état-major,
tèles, de la défiance et la'haine état de choses les serdans tous les cceurs. Cet ils avoient bien d'aumais
affaissé
voit admirablement; M. d'Esparbes,
tres sujets d'espérance. étudié pendant la traTàge, qu'ils avoient
la foiblesse,
par
et dont ils connoissoient obstacle à leurs
verséc, incapable de mettre
attaché
étoit
quilavoit suivi,
desseins. L'état-major, --- Page 31 ---
DE SAINT-DONINGUE
intérêt et par principes, ne
à la révolution par
ombrage. Les régidevoit leur causer aucun nombre des plus insumens, choisis dans le
avoient enbordonnés de T'armée française,
core été
pardes
pempllesisoedisies
pervertis
de ceux
même à quelques-uns
En supposant
assez de sagacité pour
qui les commandoient
de la secte antipénétrer les barbares projets
vouloir s'y
coloniale, et assez d'énergie pour
être bien
leur influence ne pouvoit pas
opposer,
essentiel étoit de n'avoir,
redoutable. Le point
nul,
qu'un persorinage
dans la première place, enfin d'un gouverneur;
insignifiant, que T'ombre
M.d'Esremplir parfaitement cet objet,
et, pour
Thomme le plus propre : il T'emporparbès étoit
toit même sur M. de Blanchelande.
sur lesC'estavec cette abondance de moyens; la flotte
la secte avoit fondé ses succès, que
quels
dans la rade du Cap, le 18 sepvint mouiller
n'avoient pas encore
tembre 1792. Les vaisseaux funeste divisoit déjà
jeté Tancre, qu'un schisme
cause
et les commissaires. Il avoit pour
le général
à cinquante
T'ordre donné par M. dEsparbès, devoient forde le suivre à terre, où ils
dragons, 2
prétendirent
mer sa garde. Les commissaires
tout
n'en avoit pas le droit, et que,
gouqu'il
étoit de Saint-Domingue, le comverneur qu'il
leur appartenoit
mandement de la force publique
é Tancre, qu'un schisme
cause
et les commissaires. Il avoit pour
le général
à cinquante
T'ordre donné par M. dEsparbès, devoient forde le suivre à terre, où ils
dragons, 2
prétendirent
mer sa garde. Les commissaires
tout
n'en avoit pas le droit, et que,
gouqu'il
étoit de Saint-Domingue, le comverneur qu'il
leur appartenoit
mandement de la force publique --- Page 32 ---
RÉVOLUTION
cédèrent néanmoins à son
plutôt qu'à lui. Ils M. de Girardin 2 présent à
voeu et aux prières de lieu de débarquer avec
cette scène. Mais, au
sur tous les bâtimens
M. d'Esparbès, ils allèrent
et en receharanguer les troupes,
de transport
de n'obéir qu'à leurs réquivoir le serment
sitions.
furent installés
Le général et les commissaires arrivée. Selon T'usage 9
de leur
le surlendemain fit à l'église. M. d'Esparbès
cette cérémonie se
indisposition
instant, une légere
n'y parut qu'un relirer. Chacun des commisforcé-de se.
tous trois firent, en
Tayant
et
ne
saires lut un discours,
le serment de
du peuple assemblé, Liassemblée natioprésence
jamais toucher à Tesclavage. reconnu la nécessité,
nale, dirent-ils, en avoit
tout, de rasleur avoit enjoint, par-desnus
ajouta :
et
colons à cet égard. Polverel
surer les
le corps legislatif
contre toute probabilité,
entrainé par
( Si,
un jour; si,
( venoit à se parjurer enthousiasme inconsidéré, il
élans d'un
je dé-
( les
attenter à vOs propriétés,
je
( osoit jamais
ici TEte suprème, que
( clare et jatteste
ordres. Je fais plus : je
point à ses
alors à vous,
( n'obérois o colons! de me réunir
qui me
( vous jure,
fonctions et un pouvoir
des
de tous mes
( d'abdiquer horreur, et de vous aider
hor-
(( feroient
par la force, la plus
(C moyens à repousser,
-
( les
attenter à vOs propriétés,
je
( osoit jamais
ici TEte suprème, que
( clare et jatteste
ordres. Je fais plus : je
point à ses
alors à vous,
( n'obérois o colons! de me réunir
qui me
( vous jure,
fonctions et un pouvoir
des
de tous mes
( d'abdiquer horreur, et de vous aider
hor-
(( feroient
par la force, la plus
(C moyens à repousser, --- Page 33 ---
DE SAINT-DONINGUE
et la plus barbare des
( rible des injustices
K perfidies. ))
entendit ce serment;
Toute la ville du Cap
ceux
quelque conil ne rassura pas
quiavoient
noissance desn mystères ténébreux duj jacobinisme,
mais il en imposa à la multitude, qui, pour juger
regarde plus à ce qu'ils disent quà
les hommes,
ce qu'ils font.
avoient
L'empressement que les commissaires
mis à faire enregistrer leurs pouvoirs, sembloit de
la dissolution
annoncer comme très-prochaine Tous les hommes sages la dél'assemblée coloniale.
étoit vivesiroient, et Ton devoit supposer qu'elle
des mulàtres. Une considération
ment souhaitée
inévitable.La
gaverendoit d'ailleurs cettemésurei
les
cause des malheurs de Saint-Domingue, que
commissaires avoient ordre de rechercher et d'aptenoit principalement à cette même
profondir,
membres, vraiment
assemblée, dont quelques
dangereux, leur avoient été signalés par leurs prédécesseurs et par T'assemblée législative. Le gouavoit d'autant moins lieu de craindre
vernement
pour lui-même, que les persécutions auxquelles
il s'étoit vu en butte, de la part des corps populaires, etles insurrections dirigées par eux contre
de Tappui qu'il avoit
son autorité, provenoient
constamment prété aux mulâtres; Or, puisque
réalisant les voeux quil
l'assemblée nationale, --- Page 34 ---
RÉVOLUTION
venoit de changer en loi
n'avoit cessé de former, long-temps et ardemfondamentale une mesure
avoit attaché
ment sollicitée par lui; puisqu'elle loi
en assurer
à cette
pour
assez dimportance
d'une force de six mille
lexécution par T'appareil
probable que, justicedevant
hommes;ilp paroissoit
selon ses ceuvres, la
être faite et chacun jugé
parti qui avoit
et le blâme seroient pourle
peine
de résistance
pvemetisaienge
fait preuve
cessé de donner des témoipour celui quin'avoit
gnages de sa soumission. et si les commissaires
S'il en fut autrement,
le lecconduite étrange en apparence,
tinrentune
quiladeja acquises, peut
teur, ,àl'aide deslumières Iln'ya plus pour luid'obsaisément se Texpliquer.
du but
dans leur marche; la connoissance
curité
rend raison des moyens qu'ils
auquel ils tendoient, T'atteindre. Toute incertitude
ont employés pour
l'exécution de la loi du
cesse quand on sait que de leur mission dans
4 avril nefut que le prétexte
et la ruine
une colonie dont le bouleversement Loin de casser une
avoient été résolus en France.
évidemment nulle et inconstitutionassemblée
subsister; au lieu d'en punir
nelle, ils la laissèrent
ils les louèrent de
les membres les plus factieux, leur énergie, et acleur civisme, applaudirent à
cueillirent leurs dénonciations. tourné à beaucoup
La tête des patriotes eût
leur mission dans
4 avril nefut que le prétexte
et la ruine
une colonie dont le bouleversement Loin de casser une
avoient été résolus en France.
évidemment nulle et inconstitutionassemblée
subsister; au lieu d'en punir
nelle, ils la laissèrent
ils les louèrent de
les membres les plus factieux, leur énergie, et acleur civisme, applaudirent à
cueillirent leurs dénonciations. tourné à beaucoup
La tête des patriotes eût --- Page 35 ---
DE SAINT-DONINGUE
bientôt sur M. de
moins de frais; ils remportèrent
victoire
porta leur démence
Blanchelande une
qui
coloniale',
Accusé par T'assemblée
au comble. l'a
vu, il eut ordre de partir pour
comme on déjà
homme
la France: Ce général n'étoit plus qu'un
ses fonctions,
privé; sa garde, ses prérogatives,
l'astout avoit passé à M. d'Esparbès ; cependant
semblée le croyoit ou feignoit de le croire encore
redoutable. Il y eut même, à son sujet, des moutumultueux dans la ville du Cap. La
vemens
la petitesse au point de lui
municipalité poussa
lui avoit été accordé jusqu'à
ôter le logement qui
ne pouvoit être éloignée.
son départ.dontfépoques l'arrêté de la comIl convient d'observer que
mission civile qui le renvoyoit en Europe ne
de la dénonciation qu'elle avoit reçue
parloit pas
manière son
contre lui, n'inculpoit en aucune
administration, etm n'étoitmotivé que sur l'inutilité
d'un plus long séjour, dans la colonie, du général
dont le successeur y étoit arrivé.
Aussitôt que les commissaires n'eurent plus
doute sur la désunion etla haine qui exisaucun toient entre les deux partis, ils firent une proclails s'attribuoient les pouvoirs
mation par laquelle
Tout devoit obeir à
d'une véritable dictature.
leurs réquisitions. Avec un goivemneurénergique,
eût été pour le moins discutée;
cette prétention
M. d'Esparbès ne parut même pas la remarquer.
it arrivé.
Aussitôt que les commissaires n'eurent plus
doute sur la désunion etla haine qui exisaucun toient entre les deux partis, ils firent une proclails s'attribuoient les pouvoirs
mation par laquelle
Tout devoit obeir à
d'une véritable dictature.
leurs réquisitions. Avec un goivemneurénergique,
eût été pour le moins discutée;
cette prétention
M. d'Esparbès ne parut même pas la remarquer. --- Page 36 ---
RÉVOLUTION
vouloit le bien, il étoit venu pour
Ce général disoit sans cesse; et d'abord on crut
le faie; ille
effets de soninfluence;
pouvoir espérerdheureux l'on ne se flatta plus.
mais quand il fut connu,
à son
faite ens'expatriant:
La démarche quilavoit ans, et en se chargeant
age, de soixante-treize haute importance sans
d'une opération de la plus
certains de succès,
suffisans, ni moyens
pouvoirs
foible idée de son génie
devoit donner une
de s'aIl étoit impossible
et de sa prévoyance: des hommes auxquels les
buser sur le compte associés Le dégoût et Thorcirconstances l'avoient de leur morale connue, ne
reur qui naissoient
T'homme honnête.
pouvoient être surmontés par
qu'il auroit
condamnéà vivre avec eux, qu'autant leurs comet la certitude de déjouer
de
le projet
falloit, pour cela, les gagner
plots. Mais,il
et notamment de
vitesse, s'emparer de Tautorité, de milieu entre
Il n'y avoit pas
la force publique. d'abandonner sur-le-champ une
ce parti et celui
peines, dangers et replace ne présentant que
mords à celui qui Toccupoit. vieux; tranchons le
M. d'Esparbès étoit trop
des troupes
mot,il étoitincapable. La distribution fut tenu à
nécessita un conseil de guerre qui
jours
quatre ou cinq
T'hôtel du gouvernement, Croira-t-on qu'un tel
après l'arrivée de la flotte.
devoit être traité
sujet qui, par son importance,
et celui
peines, dangers et replace ne présentant que
mords à celui qui Toccupoit. vieux; tranchons le
M. d'Esparbès étoit trop
des troupes
mot,il étoitincapable. La distribution fut tenu à
nécessita un conseil de guerre qui
jours
quatre ou cinq
T'hôtel du gouvernement, Croira-t-on qu'un tel
après l'arrivée de la flotte.
devoit être traité
sujet qui, par son importance, --- Page 37 ---
DE SAINT-DONINGUE
possible, fut débattu sous
le plus secrètement de deux cents personnes?
une galerie, en présence
à s'y
ne put jamais parvenir
M. de Blanchelande
la chose publique,
faire écouter; il montra pour manière frappante,
d'une
un zèle qui contrastoit, l'ennui peints sur la figure de
avec Tindolence et
membres du conseil,
Les autres
son successeur.
qui sembloit absorbé
excepté M. de Fézenzac
choquante, qu'ils parCanalrcEen
exclusive, d'autant plus
pas, et
loient d'un pays qu'ils ne connoissoient faite. Après
d'une guerre qu'ils n'avoient jamais
on se
heures de divagations et de verbiage,
deux
à s'entendre, et par consépara sans être parvenu déterminé,
séquent sans avoir rien commençoit à se faire
Cependant la disette
la flotte n'avoit apporté de provisions que
sentir;
Les soldats ruinoient leur santé
pour deux mois.
fortes et par la débauche,
par Tabus des liqueurs
qui régnoit dans
suite nécessaire de Tindiscipline
avec effroi
tous les bataillons. On se demandoit
faire
les commissaires civils comptoient
quel usage
étoit leur but en paralysant
de ces troupes, quel les mains du général. Il
la force publique dans
le soin le plus important
sembloit, en effet, que
et la manière la
dut être de réduire les esclaves, de la conduire à
plus utile d'employer T'armée, commission se vouoit
Tennemi. Néanmoins. la --- Page 38 ---
RÉVOLUTION
le
à une
elle-méme et condamnoit gouvernementi temps
immobilité désastreuse. Quatorze jours, écoulés,
s'étoient déjà
précieux et irréparable,
elle rendit à
lorsque, par une proclamation,
mais
Texercice de ses fonctions,
M. d'Esparbès
des événemens d'une
en le déclarant responsable
le résultat.
dont elle devoit seule juger
guerre
qui avoit dicté la proL'esprit soupconneux
eût suffi pour inspiclamation des commissaires
craintes au chef le plus intrépide.
rer de justes
excita dans l'âme
Que Tonjoge du trouble qu'elle
sur qui
foible et tremblante de M. d'Esparbès
tout le poids de la responsabitlité
retomboit
de la révolution
C'étoit là un de ces motamagiquer militaires n'avoient pas
que les généraux et les Le vieux gouverneur en
encore appris à mépriser.
le coup
Croyant ne pouvoir parer
fut abasourdi.
suivant les traces des
dont il étoit ménacé qu'en
lettre,
rendit
exigea par une
qu'il
commissaires,ile
l'avoit été,
comme leur proclamation attirail si
publique,
de provisions, un
une telle quantité
nombre si prodigieux
considérable de bagages, un même la possibilité
de chevaux, qu'en supposant il falloit plus de
de les trouver dans la colonie,
les
trois mois à T'administration pour se procurer. durent
aisément la satisfaction que
On se figure
en voyant un concours
éprouver les commissaires à favoriser leurs projets.
de circonstances si propre
l'avoit été,
comme leur proclamation attirail si
publique,
de provisions, un
une telle quantité
nombre si prodigieux
considérable de bagages, un même la possibilité
de chevaux, qu'en supposant il falloit plus de
de les trouver dans la colonie,
les
trois mois à T'administration pour se procurer. durent
aisément la satisfaction que
On se figure
en voyant un concours
éprouver les commissaires à favoriser leurs projets.
de circonstances si propre --- Page 39 ---
DES SAINT-DOMINGUE
Cependant la réussite n'en étoit
faillible, de
pas encore inpuissans obstacles restoient à surmonter. Le bon esprit du régiment du
et du bataillon de Walsh qui
Cap
garnison, le dévouement éclairé composoient la
celui des gardes nationaux à
des volontaires,
ration
cheval, la considéque M. de Cambefort s'étoit
ses services, l'influence qu'il avoit acquise par
de bien, qui tous le regardoient
parmi les gens
télaire dela
comme le dieu tuville,le grand nombredes adresses
lesquelles on le supplioit, au nom de la
par
de
colonie,
conserver, , malgré les périls quil'entouroient
et les dégouts qui l'abreuvoient
placel oi il avoit été
sans cesse, une
appelé par la confiance publique; tout cela en imposoit aux
et balançoit les sujets d'espérance commissaires,
autour d'eux.
qu'ils voyoient
L'assemblée coloniale, placée entre
et la nouvelle autorité,
lapcienne
libre
, pouvant maintenir
ou faire pencher la balance
l'équil'une ou de
en faveur de
sion
Tautre, se prononça pour. la commiscivile, en permettant la lecture d'un mémoire où l'on dénonçoit
agens du
comme aristocrates les
Cambefort. gouvernement, et en particulier M. de
M.
Quoiqu'elle rejetât Ja motion de
Daugy, qui vouloit faire de ce mémoire
base d'une accusation nationale,
la
les
semens prodigués à celui quilavoit lu applaudis- et
rédigé, --- Page 40 ---
RÉVOLUTION
Topinion
connoitre aux commissaires
firent assez
Une fois éclairés
et de la multitude.
CO=
del l'assemblée
assemblées
à cet égard, ils
arenplaeimantfbjtese
et
enerieemaentiuane
loniale provinciale,
de douze membres,
composé
par un tribunal six hommes de couleur, auquel
dont six blancs et
interméidiaire.
nom de commission
la forils donmèrentle
la colonie jusqu'à
Elle devoit administrer assemblée coloniale, qui
mation d'une nouvelle la loi du 4 avril, et
seroit constituée d'après
Les comSaint-Dominguechargée d'organiser
de s'expliquer d'une mamissaires civils évitèrent
de sa convocation.
nière précise sur lépoque consulter les municipalités,
falloit, disoient-ils,
établir dans toutes
que Ton n'avoit pas encore de pu cette mesure n'étoit
La nécessité
les paroisses.
voeu de la colonie pourien moins quéridentesle les assemblées primaires.
voit être exprimé dans
des commissaires
de raisonner et d'agir
La façon
les yeux des patriotes.
sembloit propre à dessiller de ces derniers, ne
Nul motif, d'après le système d'une assemblée
devoit retarder la formation de douze membres
coloniale. Une magistrature choix du peuple mais par
désignés, non par le
étoit investie d'une
celui de trois étrangers, qui dont tous. les actes
autorité déléguée par eux, et
Proclamation du 12 octobre 1792.
(1)
d'agir
La façon
les yeux des patriotes.
sembloit propre à dessiller de ces derniers, ne
Nul motif, d'après le système d'une assemblée
devoit retarder la formation de douze membres
coloniale. Une magistrature choix du peuple mais par
désignés, non par le
étoit investie d'une
celui de trois étrangers, qui dont tous. les actes
autorité déléguée par eux, et
Proclamation du 12 octobre 1792.
(1) --- Page 41 ---
DE SAINT-DOMINGUE
étoient soumis à leur approbation, ne pouvoit
tenir lieu d'une représentation légale. Cette
pas dépendance où se trouvoit la commission
étroite
même abstraction faite des
intermédiaire, devoit,
composoient, la rendrel'esélémens abjects quila
des
et l'instrument,
clave des volontés tyranniques
criminels desseins des commissaires.
De tous les corps populaires, ? nul ne montra
de haine contre le gonvernement que la
autant
du Cap. C'étoit dans ses conciliamunicipalité
le coup mortel qui dévoit
bules que se préparoit
Le procureurbientôt frapper Saint-Domingae. circonvenir la
syndic s'agitoit en tous sens pour
commission civile. La classe des gens de couleur,
lui, devint tout à
si long-temps persécutée par
Cela
coup l'objet de ses soins les plus empressés.
n'étonna point ceux qui connoissoient M. Larchevéque-Thibaut; mais ce qui surprit d'autant plus
l'on avoit lieu d'espérer le contraire, ce fut de
le que voir conserver sa place malgré les plaintes unanimes des mulâtres, et s'impatroniser chez Polverel et Sonthonax, dont il se rendit le courtisan
le plus assidu; ceux-ci, au lieu de le repousser
et de lui fermer
comme un agitateur dangereux,
l'admettoient dans leur intimité 5
leur porte 7
même
écoutoient ses impostures, et paroissoient
se conduire d'après son impulsion.
Quelque grande néanmoins que fotlinfluence --- Page 42 ---
RÉVOLUTION
quelque empiré
qu'il avoit dans la municipalité, tour sur la multitude,
celle-ci exerçât à son
que
à M. LarchevèqueTexpérience avoit trop prouvé séditieux, des émeuThibaut que des réquisitoites insuffisantes contre
éloient des armesi
tous
tes partielles
et chéride
chef
de son régiment
un
respecté de la ville. La néceisitédelectiles honnêtes gens
qui sembloit se refroidir
ser de nouveau le peuple
fitimaginer à celuià T'égard du proaieanregnidie club. La bienfaisance en fourci (1) d'établir un
que cette assemblée
nit le prétexte. On annonça
d'effaroucher
publique, de crainte
de
ne seroit pas
du meurtre
les habitans encore épouvantés atténuer davantage les
M. de Mauduit; et pour
funeste exemple,
impressions produites par ce des membres du
les fonctions
on ajouta que
T'administration
à surveiller
club se réduiroient recueillir les dons que la gédes hôpitaux, et à
à faire en fanérosité des citoyens les porteroit
craint
défenseursqui in'avoient pas
veur des braves
voler au secours de leurs
de passer les mers pour
frères de Saint-Domingue.
la nouvelle SOM. Daugy présida le premier
n'étoit pas
turbulent et brouillon
ciété; son esprit
Tétabliscalmer les alarmes quinspiroit
fait pour
de raison, que cette idée
(1) On croit, avec apparence
lui fut suggérée par les commissaires.
it
craint
défenseursqui in'avoient pas
veur des braves
voler au secours de leurs
de passer les mers pour
frères de Saint-Domingue.
la nouvelle SOM. Daugy présida le premier
n'étoit pas
turbulent et brouillon
ciété; son esprit
Tétabliscalmer les alarmes quinspiroit
fait pour
de raison, que cette idée
(1) On croit, avec apparence
lui fut suggérée par les commissaires. --- Page 43 ---
DE SAINT-DONINGUE
sement d'un club ; mais, afin de
monstre naissant le temps de
donner à ce
on parut se borner en effet prendre dés forces,
silence les
à chercher dans le
moyens de venirau secours de la chose
publique. On rappela l'exemple de la
on sollicita, par des
métropole,
bons
adresses, 2 le patriotisme des
citoyens. La liste imprimée de
déposèrent des dons sur l'autel de la ceux qui
le double avantage de stimuler
patrie, eut
et de vaincre
le civisme des uns
Maisl'exercice l'égoisme ou T'avarice des autres. te
dela première
pas étre'le véritable
desvertusnep pouvoit
rateurs
objet d'une troupe de
; bientôt le but
conspinion
apparent de leur réufut, non pas oublié, parée qu'il
pour eux une source de richesses,
devenoit
avec la nécessité d'éclairer
, mais confondu
discuta, dans le
T'opinion publique. On
club, des' sujets de
ahalmisibitation, on nomma des
politique et
fit des
sectétaires, on
procès-Verbaux et des
ouvrit les
arrétés; enfin l'on
portes au public.
au torrent débordé
Des-lors, semblable
campagnes
qui inonde et ravage les
le club
après avoir forcé toutes les
porta ses vues et ses réformes digues 2
diverses parties de
dans les
toutes les
Tadministiration, fit trembler
l'autorité. magistratures, et s'empara de toute
Une assemblée délibérant
sion, ni mandats, ni
et agissant sans mispouvoirs
TOM. 2.
délégués, préchant
--- Page 44 ---
RÉYOLUTION
de tout
subversifs
impunité des dogmes
saavec
morale, de toute religion,
ordres de toute
Tédifice social afin d'y
pant ainsi dans ses bases fondé sur Timposture, 2
subatiluer un régime
telle assemblée est
Tathéisme et la terreur; une
éloit réservée à
dont Texistence
français en
un phénomene siècle raisonneur ct au peuple et de son
notre
de son ingratitude
délire, pour le punir témoin de Textravagance
orgueil. 1l faut avoir été s'emparerent de tous les
et de la frénésie qui
idée de la secousse que
esprits, pour se faire une
à la ville du
Tetablissement du club imprima de toutes les
11 devint aussitôt le sujet fin de toutes les inconversations, Cap:
la cause et la
de tous les citrigues, lespérance ou T'effroi du parti que
Cetle différence dependoit
idotoyens.
Les patriotes,
Ton vouloit faire triomphers dont le club cherchoit
lâtres d'une révolution devoient naturellement
à étendre les dogmes, chemin facile pour arle regarder comme un la fortune ; les antiriver aux honneurs et-àr. Taliliation de cetle société
résolutionnaines que de Paris menacoit d'une
à celle des Jacolins
voir en elle
ne pouvoient
si efioyante,
maniere 3
troubles et de dissensions
nouveau foyerde
qu'un ils seroient les victimes.
au goudont
soumission des blancs tranSi une partaite fondé jadis et maintenu la
vernement avoit
, chemin facile pour arle regarder comme un la fortune ; les antiriver aux honneurs et-àr. Taliliation de cetle société
résolutionnaines que de Paris menacoit d'une
à celle des Jacolins
voir en elle
ne pouvoient
si efioyante,
maniere 3
troubles et de dissensions
nouveau foyerde
qu'un ils seroient les victimes.
au goudont
soumission des blancs tranSi une partaite fondé jadis et maintenu la
vernement avoit --- Page 45 ---
DE SAINT-DONINGUE
le désordre le plus
quillité de Saint-Domingue, résultat de la résiscomplet devoit être T'infaillible à cette autorité.
tance que partout 'on opposoit ceux
fort bien compris
quiaspiC'esto ce qu'avoient lédifice colonial. Ils auroient pu
roientà renverser) démence des classes libres,
se. reposer sur la seule
mais pour mieux
du succès de leur funeste plan:
Tambition,
Tassurer, ils prirent à tàche d'exciter
des
doigillomerleadeirs
dermnimet-aperace,e
Chaque jour les mots liberté, égalité,
esclaves.
le plus vif enthousiasme, veprononcés avec leurs oreilles. Chaque jour des
noient frapper d'emblèmes révolutionnaires sur
drapeaux ornés
caractères : Vivre libre
lesquels on lisoit en gros dans les airs. Les cris
ou mourir! éloicnt déployés A la lanterne tous les aristode Vive la nation!
chants, Ça ira
crates ! entremélés des nouveaux retentissoient de
et Allons enfans de la patrie,
des
tous côtés et formoient la principale pompe
1 létoitimposible desemer avec
fêtes patriotiques.) de succès les germes d'une inplus d'apparence
régiment
surrection. Les factieux désiroientquele:
du Cap en donnât lui-mêmel le signal Letl'exemple;
comprimés par la dicipline de ce corps,
toujours
rien pour le pervertir, et toutefois
ils n'oublièrent:
de fruitde leurs efforts. L'inils recueillirent peu
mais
subordination parut s'y glisser un moment,
elle n'y fit jamais de grands ravages. Si quelques
fêtes patriotiques.) de succès les germes d'une inplus d'apparence
régiment
surrection. Les factieux désiroientquele:
du Cap en donnât lui-mêmel le signal Letl'exemple;
comprimés par la dicipline de ce corps,
toujours
rien pour le pervertir, et toutefois
ils n'oublièrent:
de fruitde leurs efforts. L'inils recueillirent peu
mais
subordination parut s'y glisser un moment,
elle n'y fit jamais de grands ravages. Si quelques --- Page 46 ---
RÉVOLUTION
se mélèrent parmi
soldats manquèrent aux appels,
au club, la
et osèrent se présenter
à Thonles patriotes, inébranlable dans sa fidélité
masse resta
neur et à ses chefs.
les menées des
L'immobilité de M. d'Esparbès, les fureurs du
civils, le délire et
commissaires
dressé des listes de proscripclub quiavoit déjà
ces
déterminérent ceux quéponvantoient les
tion,
à s'occuper de prévenir
principes de désordre, le Cap et toute la colomalheurs qui menaçoient dans cette vue, une assemnie. Ils convoquèrent,
à
les plus
de blancs et de mulâtres, 2 laquelle
blée
ceux-ci furent pantedlinementin des
éclairés d'entre
à chercher
vités. Après deux heures perdues offenser les oreilles
expressions qui ne pussent pas citoyens (1), on rédidélicates de ces nouveaux les autorités constituées
une pétition à toutes
délai à la réducgea
de travailler sans
pour les prier rebelles.
d'Estion des esclaves
reçue de M.
fut très-bien
d'avoir
Cette pétition
promirent
parbes, et les commissaires exprimoit. Santhonax
égard au voeu qu'elle
les noms de
qu'ily voyoit avec plaisir satisfaction
déclara
mais cette feinte
plnsieurs mulatres ;
tendoit aux signapiége adroit qu'il
n'étoit qu'un
de
il achevoit
depeaverfopition
taires. Cependanti
ci-devant de couleur.
(1) Ils ne vouloient pas être appelés
d'avoir
Cette pétition
promirent
parbes, et les commissaires exprimoit. Santhonax
égard au voeu qu'elle
les noms de
qu'ily voyoit avec plaisir satisfaction
déclara
mais cette feinte
plnsieurs mulatres ;
tendoit aux signapiége adroit qu'il
n'étoit qu'un
de
il achevoit
depeaverfopition
taires. Cependanti
ci-devant de couleur.
(1) Ils ne vouloient pas être appelés --- Page 47 ---
DE SAINT-DOMINGUE
le moyen du club, et continuoit,
publique par
contre
à l'aide de la municipalité 2 ses attaques
Tout secondoil ses vues. et
M. de Cambefort.
brillant. Les
lui promettoit le succès le plus
seuls restoient à insurger et à séduire.
mulâtres
été protégés du gouComme ils avoient toujours
les avoit sousvernement qui, naguère encore,
traits à la rage des patriotes, les commissaires
la reconnoissance ne les attachât
craignoient que
falloit, pour
invinciblement à cette autorité, qu'il
vaincre,
à tout prix de leur soutien.
la
2 priver
si elle échouoit, ne
Cette entreprise dangereuse,
pouvoit être tentée que par. un mulâtre assez
courageux ou assez vain pour mépriserles périls
présentoit, et assez prépondérant dans sa
qu'elle
tel étoit
caste pour l'entrainer pas son exemple;
Pinchinat. La commission civile, bien instruite
de son influence, le fit venir au Cap.
Il étoit depuis deux jours, quand les viy
un petit convoi. A ce sujet,
gies signalèrent
très-bimille conjectures, dont quelques-unes
circulèrent d'abord dans la ville; mais
zarres,
national et la direction que
la vue du pavillon
l'entrée de la rade,
prenoient les bâtimens vers
abrégérent bientôt le chapitre des suppositions.
convoi étoit l'escadre destinée pour les iles du
Ce
1800 hommes de troupes et
Vent; elle portoit
les
trois généraux qui avoient dà remplacer gou- --- Page 48 ---
RÉVOLUTION
de Sainte-Lucie et
verneurs de la Martinique, les colons de ces iles
de la Guadeloupe, mais que et que le vaisseau
n'avoient pas voulu recevoir,
portant pala Ferme et la frégate la Calypso, de s'eloigner.
villon blanc, avoient contraints
sans pacommissaires civils pouvoiént,
Les
malheur de trop loin, craindre
roitre prévoir leur
du Vent n' 'influat .
sur l'esT'exemple des iles
modèle à
que
ou même ne fut pris pour
prit public,
Mais gràces à la municipalité
Saint-Domingue. faction qui formoient le noyau
et au reste de la
au point que la
T'opinion étoit pervertie
du club,
Taccomplissecommission put tirer parti, pour
plus susde Tévénementle
ment de ses projets,
ceptible d'y mettre obstacle.
aindre
roitre prévoir leur
du Vent n' 'influat .
sur l'esT'exemple des iles
modèle à
que
ou même ne fut pris pour
prit public,
Mais gràces à la municipalité
Saint-Domingue. faction qui formoient le noyau
et au reste de la
au point que la
T'opinion étoit pervertie
du club,
Taccomplissecommission put tirer parti, pour
plus susde Tévénementle
ment de ses projets,
ceptible d'y mettre obstacle. --- Page 49 ---
DE SAINT-DOMINGUE
CHAPITRE XIV.
octobre. Suites de cet
Journée du 19
dans l'adégénement. Réoolution totale
ministration. de la colonie:
assez d'un nouveau renfort de
Cr n'étoit pas
d'un club frénéjacobins altérés de vengeance,
done
tique, et. de plus, animé par la cupidité; éternelle énmunicipalité haineuse et jalouse
d'une câste égarée par
nemie du gouvernement; tourner ses armes contre ses
T'ambition et préte à
civile
d'une commission
bienfaiteurs et ses pères, la rume de tous les
tramant dans les ténebres
du'
la position Cap
partis; il falloit, pour sggraverl
M: Borel y
et la rendre' à jamais déplorable, que fureurs.
de nouveau sa rage et ses
vint déployer avoit si bien fait auprès des mulatres,
Cet homme
été Pennemile plus redouté,
dont ilavoit tonjours redoutable, qu'il étoit parvenu
et en effet le plus
Son influence
à sortir des prisons de Saint-Marc. --- Page 50 ---
RÉVOLUTION
et ses menées dans la ville,
dans le club du Cap
de la confusion,
n'étoient pas les moindres causes
qui y régnoient.Du
du désordre et de Tépouvante
devoient récontact de tant d'élémens opposés combat dont l'issue
et un
sulter une fermentation
quelle qu'elle
impossible à calculer, 3 ameneroit, Le club détermina
fut, un nouvel ordre de choses.
et
M. de Cambefort,
T'explosion en dénonçant
un traitre
signalant, dans cet officier supérieur,
de la
marchoit sur les traces du gouverneur soulqui
Cette dénonciation, d'abord
Martinique (1).
fut préqui Tapprouva,
mise à la municipalité
civils comme le voeu
sentée aux commissaires
général de la commune.
les journaux
Quelque temps auparavant, entre M. de
avoient publié une correspondance lieutenant-coloncl,
Cambefort et M. Laveaux,
d'Orléans,
commandant le régiment des dragons Habitué à
de France avec la commission.
venu
M. Laveaux s'en servit pour
.ce genre. d'escrime, regardoit comme son advercalomnier celui qu'il
d'incivisme et d'aristocratie;
saire, en T'accusant idées et au ton du jour, et
son style analogue aux
chez M. de
à ne point paroitre
son opiniatreté
deluil les honnétetés d'usage,
Cambefort, à refuser bizarres et plus ou moins
n'auroient paru que
(1) M. de Béhogue.
'en servit pour
.ce genre. d'escrime, regardoit comme son advercalomnier celui qu'il
d'incivisme et d'aristocratie;
saire, en T'accusant idées et au ton du jour, et
son style analogue aux
chez M. de
à ne point paroitre
son opiniatreté
deluil les honnétetés d'usage,
Cambefort, à refuser bizarres et plus ou moins
n'auroient paru que
(1) M. de Béhogue. --- Page 51 ---
DE SAINT-DOMINGUE
différence d'opinion entre
ridicules > si une
avoit été le seul motif.
ces deux militaires en
dans cette conduite
Mais M. Laveaux mettoit
annonçoit clairement qu'elle
une affectation qui
calculée pour
avoit un but; elle étoit, en effet, enthousiaste
multitude. Celle-ci, toujours
égarerlax
incapable de discerner
à raison de son ignorance,
la vérité de limposture,
la sagesse de Thypocrisie,
en lui parlant
applaudissoit à M. Laveaux, qui,
sans cesse de ses droits, flattoit son amour-propre
ambition. Elle n'aimoit pas M. de Cambeet son
à ses devoirs, lui réfort, qui, en la rappelant
non
le vrai patriotisme se reconnoit,
pétoit que
ni même aux écrits, mais à de
pas aux paroles, et à de nobles sacrifices. Soit que
grandes actions
de
M. Laveaux, subjugué par les raisonnemens
cédat à l'empire de la vérité,
M. de Cambefort,
devoirle
soit que, pour mieux le perdre, il jugeàt
après avoir obtenu deluiune explication
tromper,
déclara tout-à-fait convaincu,
par laquelle il se
de T'estime,et lui
ill lui prodigua les témoignages
donna le baiser de paix en signe d'une réconciliation sincère.
paix! C'étoit le
Quelle réconciliation! Quelle
calme qui précède l'orage. Depuis plusieurs jours,
de
de, déportation ; Ton
on parloit
proscription,
la seule propre à
indiquoit cette mesure comme
compléter le triomphe du système révolution-
déclara tout-à-fait convaincu,
par laquelle il se
de T'estime,et lui
ill lui prodigua les témoignages
donna le baiser de paix en signe d'une réconciliation sincère.
paix! C'étoit le
Quelle réconciliation! Quelle
calme qui précède l'orage. Depuis plusieurs jours,
de
de, déportation ; Ton
on parloit
proscription,
la seule propre à
indiquoit cette mesure comme
compléter le triomphe du système révolution- --- Page 52 ---
RÉVOLUTION
dans la journée du 17 octobre
naire. C'étoit
eclater. Le signal de T'exque la foudre devoit
de tirer par
plosion fut la motion faite au chez club, lui, et de le
force M. de Cambefort de
sobstireverbère, 2 pnisquil
pendre an premier
du peuple. Cet attennoit à résister aux voeux
sans péril
pas facile à exécuter
tat ne paroissoit
Tentreprendre. La maipour ceux qui oseroient attenante aux casernes,
son de M. de Cambefort, d'être défendue par son
conséquent, à portée
officiers
par
étoit le rendez-vous de tous'les habitans
régiment,
et de ceux dentre les
de la garnison,
assez hardis pour se mettre
honnêtes qui étoient
des hommes de couleur
en évidence. La plupart
et n'étant pas
immobiles dans leurs quartiers, Pinchinat tenoit la
initiés aux complots dont de Cambefort qu'avec
M.
trame, ne nommoient
Frappé
respect et de la areconnoissanct.
Taccentdu
le club, ou pour
de toutes ces constderations, invisible qui Tanimoit, ne
mieux dire, Tesprit
ne vonlut pas
jugea pas le moment opportun., incertaine le succès de ses
risquer dans une lutte
existence. Il crut d'auprojets et la durée de son
nécessaire d'agir avec circonspection. il sut,
tant plus
à la place d'armes,
qu'ayant des espions
appuyé par la
que le parti du gouvernement, de la ville,
grande majorité de la hourgeoisie vider la querelle par
disposé à
se montroit
ne
mieux dire, Tesprit
ne vonlut pas
jugea pas le moment opportun., incertaine le succès de ses
risquer dans une lutte
existence. Il crut d'auprojets et la durée de son
nécessaire d'agir avec circonspection. il sut,
tant plus
à la place d'armes,
qu'ayant des espions
appuyé par la
que le parti du gouvernement, de la ville,
grande majorité de la hourgeoisie vider la querelle par
disposé à
se montroit --- Page 53 ---
DE SAINT-DOMINGUE
agité tour. à: tour par la
les armes. Sonthonax,
de réussir,
crainte de tout perdre, et par l'espoir l'arrivée de
ne savoit à quoi se résoudre, quand civile fixa son inM. d'Esparbès à la commission
décision.
à croire, et rien pourtant n'est
On aura peine heurès du soir, dans le moment
si vrai, qu'à neuf effervescence du club et du
de la plus grande
d'armes; il fallut
plus' grand tumulte à la place
réveillerle gouverneurd qui dormoit profondement
sans se douter de ce qui se passoit
dans son lit,
fut
ville. Rendu chez M. de Cambefort, ily
en informé des justes motifs qui faisoient craindre
On le pressa d'employer, pour
une catastrophe.
lui donnoit sa place:
la prévenir, les moyens que la foiblesse et la nulCe fut alors qu'on reconnut
même si évilité de M. d'Esparbès; elles parurent
M.de
dentes, qu'on ne putsemptcher de regretter
Cependant, aforce de,prières et de
Blanchelande.
à convaincre le gouversollicitations, on parvint
ne
se dispenser de prendre
neur qu'il
pouvoit le choc que tout semun parti afin d'empécher
Celui
il
bloit annoncer pour cette nuit.
auquel
s'arrêta, fut de se rendre à la commission civile,
accompagné de trois ou quatre habitans blancs et
d'autant d'hommes de couleur. Là, il déclara aux
l'existence d'un clubo dont il
commissaires que --- Page 54 ---
REVOLUTION
la formation, lui paroissoit
n'avoit pas approuvé
de la ville, et que
compromettre la tranquillité semblable société
le pouvoir exercé par une En
((
conséquence,
étoit illégal et tyrannique. tous les officiers, de
au nom de
(( ajouta-t-il,
rassemblés, et même
tous les colons
( presque
club épouvante, je viens en
(( des mulâtres que ce
))
en exiger la suppression.
K demander,
instruits du mouvementqui
Les commissaires,
prises aux casernes,
avoit lieu, des précantions
redouet des forces réunies au Champ-de-Mars, combat qui pouvoit
tant avec raison l'issue d'un
rendre au désir
leur être fatal, eurent lair de se
cet instant,
Telle étoit, dans
de M. d'Esparbes.
pouvoit craindre
la fermentation du club, qu'on écoutée. Mais
leur voix même n'y fat pas
moque Sonthonax jouoit à coup sûr : premier il ne
qui ébranloit la ville,
teur de la secousse
de Tarrèter; aussi, dès
lui étoit pas difficile salle du club, le silence
dans la
son apparition
et T'obéissance la plus
le plus profond y régna, la manifestation de ses
suivit de près
prompte
volontés.
lui-même la supM. d'Esparbès vint annoncer
où tout
du club, chez M. de Camhefort,
pression Tattendoitavec la plus vive impatience. avoit
le monde
de la fermeté qu'il
Il s'applaudit beaucoup
; aussi, dès
lui étoit pas difficile salle du club, le silence
dans la
son apparition
et T'obéissance la plus
le plus profond y régna, la manifestation de ses
suivit de près
prompte
volontés.
lui-même la supM. d'Esparbès vint annoncer
où tout
du club, chez M. de Camhefort,
pression Tattendoitavec la plus vive impatience. avoit
le monde
de la fermeté qu'il
Il s'applaudit beaucoup --- Page 55 ---
DE SAINT-DONINGUE
et assura les habitans qu'ils le trouvemontrée,
de leur prouvers son zèle
roient toujours empressé
Des avis ultéà souteniret à defendre leurs droits.
le club
rieurs firent connoitre effectivement que d'armes
étoit fermé, le rassemblement de la place
retablie dans la ville;
dispersé, et la tranquillité
confirmer,
tout sembloit
d'après ces rapports que
et chacun
on crut en avoir imposé aux factieux,
se retira. connoissoit mal. Le jour suivant, le
On les
désordre ne fit que s'accroitre. La municipalité,
ses arrêtés, età plus forte raison,
qui sentoit que
être regardés
ceux du club, ne pouvoient pas
dans
comme le voeu de la commune, convoqua
tous les hommes
l'église une assemblée généralede
des craintes
libres. Les commissaires, prévenus
froidecette mesure inspiroit, répondirent
que
chargées de leur en exposer
ment aux personnes
le droit de sy ople danger, qu'ils n'avoient pas
Elle eut effectivement lieu le même jour.
poser.
Surla motion etaprèslel lengatcouratuasome la
T'on récompensa bientôt par
Piquenard, que
civile, T'emplace de secrétaire de la commission
de M. de Cambefort fut résolu.
barquement
19, au point du jour 2 on battit
Le lendemain
Les officiers des troupes de ligne, qui
la générale.
coururent chez M. de
en ignoroient la cause: 91
ordonna
Cambefort. On éveilla M. d'Esparbès, on --- Page 56 ---
REVOLUTION
du Cap et de Walsh de se
aux deux régimens
Des avis sûrs
tenir préls à prendre les armes.
résoannonçoient que les patriotes paroissoient En vain la
lus à tenter le sort des combats. à la dérision, 3
municipalité, joignant Thypoerisic recommander la
se montra dans les rues pour fut
de ses
à tous les partis, on ne
pas dupe
paix
perfides;on ne crut pas davantage càla
exhortations bonnes intentions du capitaine-gésincérité des
demandé aux lambours en vertu
néral qui, ayant battoient la générale, n'obtint
de quel ordre ils
cette courte réponse,
du chef de la bande que
tout puisdu peuple. A ces mots
par la wolonté
se retira sans rien
M. d'Assas
sans et magiques,
répliquer.
enchainoit M.de
La présence de M. d'Esparbès
combien
celuicin'ignoratpase
Cambefortoqpoique
il savoit aussi
avoit été travaillé,
son régiment
lui restoit fidèle. Cette
que la majeure partie de Walsh, suffisoit pour
force, jointe au bataillon
il importoitde ne
disperser tous les factieux.Mais
à une
de temps, il falloit se résoudre les
pas perdre
la tenter avant que toutes
attaque vigoureuse, fussent rassemblées. C'étoit
compagnies de district officiers (1), et ce qu'ils
deux
ce que proposoient
capitaine au régiment de Royal-
(1) M. Desgouttes 7 de Walsh.
Auvergue, et un officier
suffisoit pour
force, jointe au bataillon
il importoitde ne
disperser tous les factieux.Mais
à une
de temps, il falloit se résoudre les
pas perdre
la tenter avant que toutes
attaque vigoureuse, fussent rassemblées. C'étoit
compagnies de district officiers (1), et ce qu'ils
deux
ce que proposoient
capitaine au régiment de Royal-
(1) M. Desgouttes 7 de Walsh.
Auvergue, et un officier --- Page 57 ---
DE SAINT-DOMINGUE
offroient d'exécuter, si on vouloit leur donner
compagnies du régiment, M. de Cambefort
deux
sentir Totilité de
étoit trop éclairé pour ne pas
un
cette mesure 5 mais le général n'avoit pas
ferme
Tordonuer. Pendant
caractère, assez
pour
les avantages et les inconvéniens,
quil en pesoit
les paet qu'il perdoit à délibérer un temps que
triotes employoient à agir, on apprit que ceux-ci
en foule à V'arsenal pour en enlever
se porloient et des munitions de guerre. Cinquante
des canons distribuces la veille, rendirent M.
portugoises
par
Borel maitre du pamdetuhatvedautatver ranila garde. Cette nouvelle parut un moment
Les régimens du Cap et de
mer M. d'Esparbès.
Walsh, ainsi qu'un détachement de Béarn, reçurent ordre de se mettre en bataille dans le Champde-Mars, et en prirent le chemin. Le balaillon
de TAisue aussi commandé suivit leur exemple.
l'on vit arriver un officier de
Bicutôt après
Royal-Comtois qui confirma le premier rapport,
et instruisit le général que les patriotes manifestoient le dessein de - marcher avec du canon, aux
casernes pour s'emparer de M. de. Cambefort.
Déjà M. d'Esparhès lui avoit ordonné les arrêts. Ainsi Thomme qui mettoit toute une ville
on
le projet horrible
en armes, anquel supposoit à leur tour et
d'exterminer les patriotes qui,
de xraisemblance, le menaçoient du
avec plus
Comtois qui confirma le premier rapport,
et instruisit le général que les patriotes manifestoient le dessein de - marcher avec du canon, aux
casernes pour s'emparer de M. de. Cambefort.
Déjà M. d'Esparhès lui avoit ordonné les arrêts. Ainsi Thomme qui mettoit toute une ville
on
le projet horrible
en armes, anquel supposoit à leur tour et
d'exterminer les patriotes qui,
de xraisemblance, le menaçoient du
avec plus --- Page 58 ---
RÉYOLUTION
sort le plus
nullité absolue affreux, se trouvoit condamné à
de
par les lois
une
Thonneur. Sa cause
militaires et par celles
donnée. M. de Tousard toutefois n'étoit pas abande-Mars, ses talens
déployoit, au Champles factieux, et
pour la guerre, sa haine
Il avoit à peine son dévouement pour son pour
mille hommes, mais
chef.
troupes de ligne bien sàres de
c'étoientdes
qu'elles méprisoient. Les
vaincre un ennemi
val, connus sous le nom de gardes nationaux à chemandés par M. Cagnon, vestes jaunes, , comgiment du Cap. Le
vinrent se rallier au récomposé de cette brave corps des volontaires à pied,
les annales de
jeunesse si célèbre dans
aux casernes ; Saint-Doningue, se rendoit aussi
la commission mais, en passant devant Thôtel de
eux-mêmes civile, il reçut des
la prière de les
commissaires
que toute commumication
défendre. Après
avec le
eut été interrompte
ordre d'aller Champ-de-Mars, ces volontaires
se réunir aux autres
eurent
district.
compagnies de
Telle étoit la
du matin
position de la ville à huit
l'avis
2 lorsqu'on reçut chez M. de
heures
certain que les
Cambefort
cédés de trois
patriotes s'avançoient
pièces de canon. A cette
préT'indignation fut unanime.
nouvelle,
de colère, firent
Les soldats,
retentir les airs
frémissant
armes et des cris de vive M.
du bruit de leurs
le généralt M. d'Es-
la
du matin
position de la ville à huit
l'avis
2 lorsqu'on reçut chez M. de
heures
certain que les
Cambefort
cédés de trois
patriotes s'avançoient
pièces de canon. A cette
préT'indignation fut unanime.
nouvelle,
de colère, firent
Les soldats,
retentir les airs
frémissant
armes et des cris de vive M.
du bruit de leurs
le généralt M. d'Es- --- Page 59 ---
DE SAINT-DOMINGUE
parbeslui-meme,
digne un seul instanto de
honorable qu'il
laplace
du carré
occupoit, se présenta au milieu
que formoient les troupes, et
l'épée à la main, (( Militaires de
mettant
( s'écria-t-il d'une voix ferme,
tous grades, >
( lagarnison del la
vous qui composez
( ont osé forcer le ville,appreneze que des factieux
( garde, et se sont parc d'artillerie confié à votre
( vont bientôt
emparés des canons dont ils
diriger le feu contre
( offense faite à votre honneur
vous. Cette
( impunie. Sensible
ne doit pas rester
( jure, votre
comme vous à une telle ingénéral va vous
K manière on doit la
montrer de quelle
( suivre ; je vais marcher venger. à Soyez prêts à me
Si, sans plus
votre tête. )
l'instant
différer, M. d'Esparbès avoit saisi
propice, et qu'il se fot précipité
patriotes avec les troupes de
sur les
lace, indocile et
ligne, cette popusée sans
désordonnéc, eut été
peine. Mais au lieu
dispersoldats par son exemple, de
d'entrainer les
siasme et de
profiter de l'enthoufestés, il
lindignation qu'ils avoient maninégligea de si grands
de plus, fit la faute de
avantages, et,
ment. Walsh, Béarn, consulter chaque régirégiment du Cap,
Royal-Comtois, et le
dres. Le
promirent d'exécuter ses orde le suivre corps commandé par M.
et de périr jusqu'au Cagnon jura
pour sa cause, Mais le
dernier thomme
TOM. 2.
commandant du bataillon
--- Page 60 ---
RÉVOLUTION
de T'Aisne, interrogé à son tour sur
alloit prendre, exigea
le parti qu'il
néral lui montrât la qu'avant de marcher, le géDans
réquisition des commissaires.
Timpossibilité de T'exhiber, M.
répondit qu'il n'en avoit pas besoin. d'Esparbès
le commandant ramena son
A ces mots, 2
et bientôt après alla
bataillon aux casernes,
place d'armes.
joindre la garde nationale à la
La défection du bataillon de
des volontaires, et l'immobilité T'Aisne, T'absence
sistoient les mulâtres, d'autant dans laquelle perqu'on avoit compté sur leur
plus étonnante,
décourager M. d'Esparbes. appui, achevèrent de
connoissoit toute
M. de Tousard, qui
dus, essaya, mais en limportance des momens persolution. Ilne
vain, de surmonter son irréde
put obtenir de lui l'ordre
commander à sa place. Le
par écrit
rétablir la tranquillité
général se flatta de
par des
violens, et se rendit à la
moyens moins
lors tout fut perdu. Les commission civile. Dèstrès-bien qu'étant maitres commissaires du
jugerent
n'avoient plus à craindre
chef de Tarmée, ils
partdes
aucune entreprise de la
subalternes; en
ils
gnifier à MM. de Cambefort conséquence, firentsisur-le-champ à bord du l'ordre de se rendre
On n'imaginera
vaisseau l'Eole.
de despotisme
qu'à peine l'effet que cet acte
G Plutôt mourir produisit sur le régiment du
cent fois, s'écrièrent
Cap.
unanime-
erent
n'avoient plus à craindre
chef de Tarmée, ils
partdes
aucune entreprise de la
subalternes; en
ils
gnifier à MM. de Cambefort conséquence, firentsisur-le-champ à bord du l'ordre de se rendre
On n'imaginera
vaisseau l'Eole.
de despotisme
qu'à peine l'effet que cet acte
G Plutôt mourir produisit sur le régiment du
cent fois, s'écrièrent
Cap.
unanime- --- Page 61 ---
DE SAINT-DOMINGUE
non jamais on ne nous
ment les officiers! jamais,
de notre colonel >. Les soldats euxséparera
sur le mérite de M. de
mêmes ne tarissoient pas
d'âme des M. de
Cambefort. Mais l'élévation
Tousard fut surtout remarquable en ce moment.
Cet officier, dont les talens étoient paralysés par
d'obstacles imprévus, ne put conteun concours
à la nouvelle du coup d'autonir son indignation
Il fait
les commissaires.
rité que se permettoient
au milieu
aussitôt former au régiment un cercle
entouré des officiers qu'élecduquel il se place,
trisent le feu de ses regards et sa contenance guerrière. Son exaltation ne connoit plus sdebornes:il
s'écrie au milieu dusilence profond qui a succédà
tout à coup au bruit et au tumulte des armes :
une réquisition des commissaires
( Camarades,
constitue
enlève votre colonel, et le
prl-
(( vous
des vaisseaux de la' rade. Cest
(( sonnier sur un
Le même sort sans
K làle fruit de ses services.
( doute nous attend tous. Mais puisque, pour
de toutes nos peines, pour prix
( récompense
( de notre sang versé, Texil et la proscription
( doivent être notre partage, sachons les pré-
( venir. Il n'est qu'un seul moyen de conserver
honneur et de quitter la colonie avec
( notre
c'est de nous réunir à notre comman-
( gloire,
soit sa destinée, elle doit
(( dant. Quelle que
hommes timides à qui
(C être la nôtre. Que les
nous attend tous. Mais puisque, pour
de toutes nos peines, pour prix
( récompense
( de notre sang versé, Texil et la proscription
( doivent être notre partage, sachons les pré-
( venir. Il n'est qu'un seul moyen de conserver
honneur et de quitter la colonie avec
( notre
c'est de nous réunir à notre comman-
( gloire,
soit sa destinée, elle doit
(( dant. Quelle que
hommes timides à qui
(C être la nôtre. Que les --- Page 62 ---
RÉVOLUTION
( une pareille démarche
( ici, chacun est libre et répugneroit, le disent ;
( son coeur.
ne doit consulter
Quant à moi,
que
( du régiment du
comme premier soldat
((
Cap, je fais le
présence de tous mes
serment, en
G Thonneur
camarades, au nom de
( çais, devant tout-puissant sur des militaires frances
(C trés par la victoire; drapeaux lant de fois illus-
( toujours
je fais le serment, disije, de
reconnoitre M. de
(C mon chef, d'unir ma
Cambefort pour
( suivre
fortune à la sienne, et de
partout Ses pas. ))
L'effet de ce discours fut
blable au fluide
prodigieux. SemM. de Tousard électrique, T'enthousiasme de
se
à tous les soldats du communiqua en un instant
taillon de Walsh
régiment du Cap. Le bacri
Téprouva au méme
général et long-temps
degré. Un
Cambefort, retentit de prolongé de vive M. de
militaire onl
toutes parts. Chacun
non, de le suivre et de
jura,
disgràce. On alla lui porter le
partager sa
ment; il en versa des larmes voeu de son régiconnoissance. Cette
de joie et de rele même effet sur
résolution ne procuisit pas
à la commission T'esprit des meneurs rassemblés
et non aux soldats. civile,qui en vouloientaux chefs,
attentifs
Lescommisaires
à ne pas se laisser deviner, eux-mèmes,
risquer une attaque dont le
préparés à
été responsable si elle
corps municipal eût
n'avoit pas réussi, ne
sa
ment; il en versa des larmes voeu de son régiconnoissance. Cette
de joie et de rele même effet sur
résolution ne procuisit pas
à la commission T'esprit des meneurs rassemblés
et non aux soldats. civile,qui en vouloientaux chefs,
attentifs
Lescommisaires
à ne pas se laisser deviner, eux-mèmes,
risquer une attaque dont le
préparés à
été responsable si elle
corps municipal eût
n'avoit pas réussi, ne --- Page 63 ---
DE SAINT-DOMINGUE
descontre une mesure qui pouvoit
l'étoient point
frappé du renvoi de
siller. les yeux du peuple, on ne pouvoit pas
tant de braves gens auxquels d'aristocrate. Ainsi les
appliquer le mot magique motifs différens, furent
uns et les autres, par des à cet excès d'enthoud'avis qu'il falloit s'opposer
et ses
siasme. Sonthonax crut que sa présence militaires
ramèneroient sans peine des
discours
fanatique. Il arrive
entrainés par un mouvement décoré du ruban tricolore;
au Champ-de-Mars, leur parle de leur devoir,
il harangue les soldats, à la loi, leur intime la
les engage à se soumettre dont il estl Torgane,
volonté de la nation française s'ils n'obéissent pas
les menace de sa vengeance
du
décrets- Tout est vain, les crisimpuiseans
à ses
dans les airs : le régicommisaire civil se perdent
et
du Cap refuse d'écouter ses sophismes,
ment
pour la France,à ne point
persiste à vouloir partir
abandonner son çolonel.
fit de Tinutilité
Le rapport que Sonthonax
Tinsurefforts, aux chefs qui dirigeoient
de ses
dans Tincertitude. Le
rection, les replongea
que, sans tarder,
féroce pmonrenr-anadiexodlois M. de Rochambeau, à
on marchât à Tennemi.
de la
venoit d'être déféré le commandement
qui
applaudissoita cette mesure, parce
force armée,
recueillir le fruit. La municiqu'il lui tardoit d'en
sàredu triomplie;
palité la provoquoit, se croyant
igeoient
de ses
dans Tincertitude. Le
rection, les replongea
que, sans tarder,
féroce pmonrenr-anadiexodlois M. de Rochambeau, à
on marchât à Tennemi.
de la
venoit d'être déféré le commandement
qui
applaudissoita cette mesure, parce
force armée,
recueillir le fruit. La municiqu'il lui tardoit d'en
sàredu triomplie;
palité la provoquoit, se croyant --- Page 64 ---
RÉVOLUTION
M. d'Assas gardoit le silence; M.
d'Hinnisdal seul
frémisoitdhorreural la
syndic, et s'efforçoit d'en proposition du procureur.
Enfin Ton
démontrer le
adopta le parti qui convenoit danger.
troupe de conjurés
à une
et
étrangers à toute idée grande
magnanime, et habitués à
ressorts les plus honteux. Il fut n'employer que les
membres de la municipalité
décidé que deux
Cambefortà résister
iroient engager M. de
ment. En même lui-méme au veeu de son régitemps, on
un grand nombre
envoya aux casernes
d'embaucheurs
pervertir T'esprit. Les
chargés d'en
séduction,
ressources qu'olifrent la
lintrigue, la cupidité,
mises en usage. Ces
furent toutes
soldats, mais ils
moyens réussirent sur les
Cambefort, Son échouèrent auprès de M. de
âme
vivement blessé
s'indigna, son coeur fut
position
qu'on eût osé lui faire une
aussi infame. Un
prode bien, le
municipal, homme
chir
pressoit au nom de son intérêt de flésous la volonté du
(( répliqua M. de
peuple. (( Il peut tout,
Cambefort,
(( norer. Je n'ai
hors me déshopoint sollicité le
(( régiment, mais certes il
veeu de mon
( que je le rejette. Je connois me flatte trop' pour
(( la position où je suis réduit. toute T'horreur de
(( pas sur ce que je dois
Je ne m'aveugle
( M. de Mauduit est
craindre. La mort de
(( sais
présente à ma mémoire. Je
qu'on me prépare un sort pareil, mais
je
ort,
(( norer. Je n'ai
hors me déshopoint sollicité le
(( régiment, mais certes il
veeu de mon
( que je le rejette. Je connois me flatte trop' pour
(( la position où je suis réduit. toute T'horreur de
(( pas sur ce que je dois
Je ne m'aveugle
( M. de Mauduit est
craindre. La mort de
(( sais
présente à ma mémoire. Je
qu'on me prépare un sort pareil, mais
je --- Page 65 ---
55DE SAINT-DOMINGUE
au tombeau
à tout. J'emporterai
( suis résigné
camarades et celle de mes en-
( l'estime de mes
Messieurs, je verrois là le
( nemis même. Oui, doit trancher ma téte, que
( billot sur lequel on
ni de langage.
( je ne changerois pas d'opinion
entre
homme d'honneur ne balance jamais
( Un
vie dont il sait faire le
( son devoir et une
(C sacrifice. >
s'étoit montré
Au moment où le régiment
Tavoit fait
la France, on
résolu à partir pour
rétablir ainsi le
rentrer aux casernes, croyant
servit les
calme dans la ville. Cette disposition la facilité
embaucheurs dans leurs projets, par
à
qu'elle leur procura de parler en particulier du
les soldats. D'un autre côté, la fermeté
tous
connue, qu'il devint
colonel ne fut pas plutôt
ennemis.
de contenir la rage de ses
impossible
coururent vers les patrioQuelques agitateurs
de marcher au Champtes et firent la motion
casernes, les
de-Mars. Les officiers retirés aux
réunis chez M. de Cambefort, ne sahabitans
attribuer le roulement de
voient à quelle cause
entendoit à
tambours et les hurlemens qu'on
d'armes. Ils avoient lieu de croire que
la place
de leur résolution contenteroit
la connoissance
ceux-ci se
leurs adversaires , d'autant plus que
par-là maitres du champ debataille sans
voyoient la
de combattre , et obtenoient
avoir eu peine
retirés aux
réunis chez M. de Cambefort, ne sahabitans
attribuer le roulement de
voient à quelle cause
entendoit à
tambours et les hurlemens qu'on
d'armes. Ils avoient lieu de croire que
la place
de leur résolution contenteroit
la connoissance
ceux-ci se
leurs adversaires , d'autant plus que
par-là maitres du champ debataille sans
voyoient la
de combattre , et obtenoient
avoir eu peine --- Page 66 ---
les
REVOLUTION
honneurs de la victoire
chances de la guerre.
sans avoir couru les
marchoit à eux sur trois Cependant, informés qu'on
régimens de
colonnes, les chefs des
T'ordre de prendre lignelaurdonmérente les
une seconde fois
Champ-de-Mars. Une armes, et de se former au
Walsh fut chargée de compagnie de celui de
s'avançoit parla rue des s'opposer à la colonne qui
que ses auteurs avoient Casernes. Ainsi cettelutte,
fut une seconde
résolu de rendre
Il étoit
fois remise au sort des tragique,
Le
encore temps de punir les combats.
peu de largeur des rues
factieux.
cette multitude de
ne permettant
la
se déployer, il
pas à
réduire, de fondre sur elle suffisoit, pour
Maisle parti
avec impétuosité,
ser la force fantisovolutionaite, décidé à
par la force, ne vouloit
repousluireprocher d'avoir porté les
pas qu'on pot
neste délicatesse, qui servit premiers coups; futriotes, dont ellea assura la trop utilementles pade-Mars. A peine y furentils marchejuaquan Champson de M. de Cambefort
rendus, que la maide deux pièces de
devint le point de mire
plusieurs fois la mèche canon chargées à mitraille ;
sur Tamorce, et
allumée avoit été dirigée
avoit été
toujours la main.du
détournée à temps
fanatique
sion. Quelques
pour prévenizlesplola catastrophe qui personneshonntes, frémissant de
porti à l'autre menaçoitla ville, couroientd'imn
pour les porter à la modération
et
us, que la maide deux pièces de
devint le point de mire
plusieurs fois la mèche canon chargées à mitraille ;
sur Tamorce, et
allumée avoit été dirigée
avoit été
toujours la main.du
détournée à temps
fanatique
sion. Quelques
pour prévenizlesplola catastrophe qui personneshonntes, frémissant de
porti à l'autre menaçoitla ville, couroientd'imn
pour les porter à la modération
et --- Page 67 ---
DE SAINT-DOMINGUE
Celui.du
y étoit disposé;
à la paix.
gouvernement lal liberté de quitter
ses chefs ne demandoient que méconnoitre les serune ville assez ingrate pour
pour ne
avoit reçus, et assez aveugle
vices qu'elle
se préparoit. Le
voir les malheurs qu'elle
pas
districts, enhardi par ses. succès, avide
parti des
de pouvoir, vouloit du
de vengeance autant que être satisfait qu'à ce
sang, et sembloit ne devoir
contenir ses fuprix. Cependant l'on parvint à
des commisFarrivée d'un ordre
reurs jusqu'à
voudroient
à tous ceux qui
saires, permettant
de s'embarquer avec lui
suivre M. de Cambefort
à trois heures.
été accordée, si T'on
Cette faveur n'eût point
devoit être inutile. Les emn'avoit pas su qu'elle. des succès aux casernes.
haucheurs avoient eu
la faction avoit
Trois officiers de fortune, que
la défecgagnés, entrainèrent, par leur exemple,
Néanmoins l'ordre des comtion du régiment.
Les patriotes
missaires parut apaiser le tumulte.
retournèrent à la place d'armes, et le régiment
Les volontaires à cheval, dont
rentra au quartier.
l'uniforme irritoit les compagnies des districts(1),
invités à changer de costume, et à se
furent
Quelque
réunir aux autres troupes patriotiques.
fut cette démarche, M. Cagnon y
pénible que
couleur qui rappeloit la livrée de la maison
(1) Par sa
de Condé.
aires parut apaiser le tumulte.
retournèrent à la place d'armes, et le régiment
Les volontaires à cheval, dont
rentra au quartier.
l'uniforme irritoit les compagnies des districts(1),
invités à changer de costume, et à se
furent
Quelque
réunir aux autres troupes patriotiques.
fut cette démarche, M. Cagnon y
pénible que
couleur qui rappeloit la livrée de la maison
(1) Par sa
de Condé. --- Page 68 ---
RÉYOLUTION
consentit, et quitta le
du danger que couroit Ciamp-de-Mars. Averti
sentoit à la place
sa troupe,si elle se prédétourné, fila devant darmes, il prit un chemin
rue Espagnole. Il n'étoit les casernes et gagna la
couvent des religieuses, pas encore arrivé au
même vint à sa rencontre que M. Laveaux luigner de la place
pour Iengageraséloipatriotes. In'en eut Montarcher, pas le
occupée par les
rurent en grand nombre, temps. Ceux-ci accoublèrent
T'entourèrent et l'accabride de d'imprécations; son cheval.
lun d'eux saisit même la
essaya de se faire Cefuten vain que M. Cagnon
grossissoit
entendre, les cris dela
sans cesse
foule qui
des injures et des
étoufferent sa voix. Bientôt
fait : enfin un coup menaces, de
on passa aux voies de
au milieu de ces forcenés. pistolet Tabattit sans vie
à leur rage; ils exercèrent Sa mort ne suffit point
cadavre,
mille horreurs
2 firent des trophées de
sur son
en lambeaux, et de
ses vêtemens mis
sanglans. Deux
ses membres déchirés et
leur
volontaires périrent à côté de
salut commandant; les autres
dans la fuite. La
cherchèrent leur
cesbraves colons
destruction totale de
plusieurs jours on
semnblsitanaindejune Pendant
fauves; ; tout ce
les chassa comme des bêtes
au
qui leur avoit appartenu fut
pillage. Cette malheureuse
livré
presque entièrement de
troupe, composée
jeunes gens bien nés, fut
ses membres déchirés et
leur
volontaires périrent à côté de
salut commandant; les autres
dans la fuite. La
cherchèrent leur
cesbraves colons
destruction totale de
plusieurs jours on
semnblsitanaindejune Pendant
fauves; ; tout ce
les chassa comme des bêtes
au
qui leur avoit appartenu fut
pillage. Cette malheureuse
livré
presque entièrement de
troupe, composée
jeunes gens bien nés, fut --- Page 69 ---
DE SAINT-DOMINGUE
à la fureur
forcée des'expatrier pour se soustraire
de ses ennemis.
T'embarquement,
Bien avant Theure fixée pour
dont
divisés en plusieurs colonnes,
les patriotes, 2
d'uine pièce de canon, s'achacun étoit précédée
et les casernes.
vancèrent vers le Champ-de-Mats
Cette force
La ville entière étoit sous les armes.
si on
eût soumis les nègres dans quinze. jours,
contre eux. Le bruit du tambour,
leût dirigée de vive la nation, vive la constitution,
et les cris
Aussitôt M. de CambeT'annoncent au quartier
les officiers accoufort fait battre Tappel. Tous
leur exemple,
rent, les sous-officiers imitent
et M. de
mais aucun des soldats ne se présente,
Cambefort se voit abandonné par eux.
défection dut lui être d'autant plus senCette
sur leur dévouement. Ce
sible, quilavoit compté
douloureux pour son
fut en effet le coup le plus
Quelques
coeur. Il parut vivement le ressentir.
coulèrent même de ses yeux ; mais, reprelarmes
il fit tle'sacrifice d'un sennant bientôt sa fermeté,
de toutes ses
timent qui lavoit consolé jusque-là factieuxse: mades
peines. Cependantfimpatiened
ils
les symptômes les plus effrayans;
nifestoit par
la maison de M.. de Camparloient de foudroyer d'un seul coup tous les
befort, et d'exterminer
fois, au
Lui-mème voulut plusieurs
aristocrates.
mettre entre leurs mains : mais
risque de sa vie, se
d'un sennant bientôt sa fermeté,
de toutes ses
timent qui lavoit consolé jusque-là factieuxse: mades
peines. Cependantfimpatiened
ils
les symptômes les plus effrayans;
nifestoit par
la maison de M.. de Camparloient de foudroyer d'un seul coup tous les
befort, et d'exterminer
fois, au
Lui-mème voulut plusieurs
aristocrates.
mettre entre leurs mains : mais
risque de sa vie, se --- Page 70 ---
les
RÉVOLUTION
prières représentations de
de ses amis, les
du
son épouse, le
pleurs et les
commissaire civil
de la
Polverel et
cetmathepraraees
municipalité.
de deux membres
vint Leur le présence sanva M. de
plus affreux des
Cambefort, et préheures du soir, cet
massacres. Enfin, à quatre
major, accompagné officier, suivi de Tancien étatbitans qui n'avoient d'un grand nombre d'hasortit des casernes. jamais voulu
On
Tabandonner,
befort à demander le bras engagea madame de Camde
produisit en elle un
Polverel. Ce conseil
elle ne fut pas d'abord mouvement dhorreur dont
bientôt étouffer
maitresse, mais qu'elle sut
Cap ressembloit pour Tintérêt de son
à une ville
époux. Le
rues par où les proscrits
prise d'assant; les
bordées de soldats, Un fort devoient passer étoient
cortoit, Les dragons
détachement les esaux carrefours,
patriotes, placés en vedette
cation. Ce fut au empéchoient milieu
toute communi.
colonel et les officiers de cet appareil que le
versèrent la ville et du régiment du Cap tramer. Rien n'étoit se rendirent au bord de la
Il fallut attendre prét pour leur
chercher.
des chaloupes embarquement.
Témoin de la
qu'on envoya
la
chute des
populace se livroit à une joie aristocrates,
espérances absurdes, et
insensée, à des
qu'à outrager
poussoit la lâcheté
par d'indignes
juspropos, par de sales
versèrent la ville et du régiment du Cap tramer. Rien n'étoit se rendirent au bord de la
Il fallut attendre prét pour leur
chercher.
des chaloupes embarquement.
Témoin de la
qu'on envoya
la
chute des
populace se livroit à une joie aristocrates,
espérances absurdes, et
insensée, à des
qu'à outrager
poussoit la lâcheté
par d'indignes
juspropos, par de sales --- Page 71 ---
DE SAINT-DONINGUE.
madame de Cambefort, dont T'abatteinjures *
auroient dà désarmer
ment, la paleur et leslarmes
moment
le courroux le plus legitime. Enfin, au
leur
les déportés virent changer
de s'embarquer, vaisseau LAmerica, dont Téquidestination. Le
rassuroit les
page, connu pour son jacobinisme,
à bord
commissaires, devint, au lieu de PEole,
un bon esprit: régnoit encore, la bastille
duquel
où l'on entassa tous les proscrits.
Le lendemain la ville avoit entièrement changé
de face. Semblables à des malheureux qu'une
tempête vient de jeter sur un écueil autourduquel
les vents, la foudre et lés flots grondent encore,
étonnés et abattus, ne savoient ce
les habitans, devenir, ni oùr s'arréteroit an mouqu'ils alloient
de bouleverser la colonie
vement qui menaçoit
lieu de craindre,
entière. Ils avoient d'autant plus
les personnes qui, par attachement et par
que
les officiers à bord,
estime, avoient accompagné
prisonnières pour être dés furent consignées
connoissoit au Cap
portées. Ce n'est pas tout: on
nombre de colons attachés au gouveran grand dont il
à la faction de se dénement, et
importoit
et
faire. Aussi le club reprit bientôt ses séances,
arrété fut une longue liste de prosson premier les
riches, honnêtes et inscription. Tous
gens
furent compris, et n'en devinrent que
truits, chers y à la colonie- Tel a été, tel sera toujours
plus
urent consignées
connoissoit au Cap
portées. Ce n'est pas tout: on
nombre de colons attachés au gouveran grand dont il
à la faction de se dénement, et
importoit
et
faire. Aussi le club reprit bientôt ses séances,
arrété fut une longue liste de prosson premier les
riches, honnêtes et inscription. Tous
gens
furent compris, et n'en devinrent que
truits, chers y à la colonie- Tel a été, tel sera toujours
plus --- Page 72 ---
RÉVOLUTION
qu'elle atténue Thorreur
T'effet de la persécution,
et augmente linqu'inspire un grand coupable, se défendre pour
térét et la pitié dont on ne peut
un innocent.
même la destruction de
Lexpropriation, et chéri de la faction antiT'espèce blanche, projet s'effectuer à Saint-Docoloniale, commençoit à
servant
La haine aveugle des patriotes
mingue.
ceux-ci n'oublièrent
à souhait les commissaires, de la faveur et des
pas de Texciter par T'espoir disoit que, pour être ntile
récompenses. Polverel
devoit être totale. H
et salutaire, la révolution dans toutes les maajoutoitil, avoir
l'exne falloit,
pénétrées de
que des personnes devoit ôter les
gistratures
on
cellence de ses principes; avoient obtenues de
places à tous ceux qui les
et bien plus,
se défier,
lancien gouverenent,
en manifestant
bannir de la colonie quiconque,
soupçonné
pourroit être justement
des craintes,
bienfaits de la régénération.
de ne pas croire aux
ces idées semées
que
Il n'est pas surprenant
dans une ville qui
des hommes tout-puissans,
d'autant
par
si
nombre d'intrigans
contenoit un grand
seule conduisoit
plus dangereux que l'exagération avec enthoualors à la fortune, aient été adoptées des bataillons de
les officiers
siasme. On dénonça
et on les
Walsh, de Béarn, de Royal-Comtois, démission. Ceux qui se
obligea de donner leur
que
Il n'est pas surprenant
dans une ville qui
des hommes tout-puissans,
d'autant
par
si
nombre d'intrigans
contenoit un grand
seule conduisoit
plus dangereux que l'exagération avec enthoualors à la fortune, aient été adoptées des bataillons de
les officiers
siasme. On dénonça
et on les
Walsh, de Béarn, de Royal-Comtois, démission. Ceux qui se
obligea de donner leur --- Page 73 ---
DE SAINT-DOMINGUE.
tromeiratibeauliadi@isemns) postes, éprouvèrent la
mémeinjustice. On les remplaça pardes protégés
la plupart dansla classe
des commissairespris) pour la marine, suivit le
des mulâtres. Tout, jusqu'à
torrent. MM. de Girardin et de La Villéon, que .
leur loyauté avoient déjà rendus suspects, furent
destitués, et le commandement de la rade et de
la station passa dans d'autres mains.
enfin sa nullité, donna
1 M. d'Esparbès sentit
sa démission et s'embarqua sur une frégate qui
devoit bientôt faire voile paurlatrane.Mi.atins.
nisdal tarda peu à le suivre, ne voulant pas servir
sous M. de Rochambeau, élevé au généralat pour
prix du zele qu'il avoit montré le 19 octobre.
M. d'Assas, fait colonel du régiment du Cap;
de la dépouille d'un chef qu'il avoit
osa se. parer M. Laveaux hérita du commanfait proscrire.
dement de la place qu'avoit eu M. de Cambefort.
Le contrôle général de la marine fut donné à M.
Larchevèque-Thibent; T'emploi de capitaine de
futlong-empsune pomme de discorde parmi
port
L'inspection des frontières
ceux qui y aspiroient.
devint la récompense de Dufay. On nomma
Vergniaud sénéchal, et Garnier, digne par son
ignorance et son immoralité d'être l'acolyte du
nouveau juge, lui fut associé en qualité de procureur du Roi (1)-
(1) Ces trois homines aujourdhui oubliés étoient : le
emploi de capitaine de
futlong-empsune pomme de discorde parmi
port
L'inspection des frontières
ceux qui y aspiroient.
devint la récompense de Dufay. On nomma
Vergniaud sénéchal, et Garnier, digne par son
ignorance et son immoralité d'être l'acolyte du
nouveau juge, lui fut associé en qualité de procureur du Roi (1)-
(1) Ces trois homines aujourdhui oubliés étoient : le --- Page 74 ---
RÉVOLUTION
étoient bien linsulte la plus
Ces dispositions
faite au bon sens, à la
grande qu'on eût jamais Il faut avoir connu tous
raison et aux moeurs. viens de nommer pour
les personnages que je la ville du Cap étoit
comprendre à quel point
magistrats.
déshonorée et avilie par ses nouveaux leurs excès en
Il faut avoir été le témoin de
aller
concevoir jusqu'ou peuvent des
tout genre pour
le mépris et l'oubli
la crapule, Tinsolence, chez des hommes plongés
devoirsles plus sacrés,
Il faut avoir vu de
dans le vice et dans la boue. le peuple pousse
yeux à quel point
ses propres
le ridicule enthousiasme, pour
la sotte crédulité, de la facilité avec laquelle on
se faire une idée
le despotisme ne
l'égare et on Topprime : jamais formes aussi hideuses ;
s'étoit montré sous des
courbé la tête sous
jamais aucune nation n'avoit c'étoit au nom de la liaussi honteux; et
un joug
intolérant s'établissoita
berté que le régime le plus le
d'une réc'étoit sous prétexte
et
Saint-Dominguese nécessaire dans les moeurs
génération devenue
la trahison et le
dans les lois, que la calomnie, colonie de ses habimeurtre dépemploient cette
tans les plus recommandables. en délire peutima
Tout ce que Tesprithumain le fanatisme peut
de plus fou, tout ce que
giner
du Cap, et les deux
premier un ancien officier du même régiment ville.
des procureurs de la
antres,
'étoit sous prétexte
et
Saint-Dominguese nécessaire dans les moeurs
génération devenue
la trahison et le
dans les lois, que la calomnie, colonie de ses habimeurtre dépemploient cette
tans les plus recommandables. en délire peutima
Tout ce que Tesprithumain le fanatisme peut
de plus fou, tout ce que
giner
du Cap, et les deux
premier un ancien officier du même régiment ville.
des procureurs de la
antres, --- Page 75 ---
DE SAINT-DOMINGUE
offrit
atroce, la ville du Cap en
inspirer de plus Ce fut alors qu'on vit paroitre
Taffreux spectacle.
du mulâtre Cairou et les
les visions prophétiques
Laveaux. Ce fut
homélies patriotiques du général de pendre un
fit au club la motion
alors qu'on
à chaque nouvel in
des prisonniers de LAmerioa, dans la plaine. Ce fut
cendie qui se manifesteroit Jacobin devint un titre
alors. que le nom de
obdontse paroient ceux quilavoient
d'honneur
contre ceux qui
tenu, et un arrêt de proscription Ce fut alors que lon
répugnoient àle prendre.
aller solliciter à
nomma une députation club pour du Cap avec la société
Paris l'affiliation- du
de se soumettre
mère. Ge fut alors enfin qu'onj jura
naà toutes les lois de la convention
sans réserve
du verbiage, les prétentionale. Jamais la fureur
ne
tions de la vanité et l'excès de Timpudence
plus loin ;jamais T'on n'a tant parlé
furent poussés
tant fait d'ésprit aux dépens
pour ne rien dire,
avoit
plus
commun. Il n'y
pas jusqu'au
du sens
plus stupide des muignare des blancs, jusqu'au
du génie d'unLycurgue
latres,qui ne se orutdoué risible comme de les
ou d'un Solon. Rien n'étoit bases de la société. Il
entendre discourir sur les
de la
suffisance ils parloient
falloit voir avec quelle
ridicule abus ils faisouveraineté du peuple, quel
législative et exécutive,
soient des mots puissance
de régénération,
à quel point ils ressassoient ceux
TOM. 2.
au
du génie d'unLycurgue
latres,qui ne se orutdoué risible comme de les
ou d'un Solon. Rien n'étoit bases de la société. Il
entendre discourir sur les
de la
suffisance ils parloient
falloit voir avec quelle
ridicule abus ils faisouveraineté du peuple, quel
législative et exécutive,
soient des mots puissance
de régénération,
à quel point ils ressassoient ceux
TOM. 2. --- Page 76 ---
RÉYOLUTION
de morale, de liberté, Cette
plus
manie étoit d'autant
voit inconcevableyque été moins
dansa aucun tempsl'on n'alibre, moins
tueux ; on ne pouvoit
éclairé, moins verégard. Sans retracer ici pas la même s'aveugler à cet
gans dont les actions
conduite de tant d'intripant avec leurs
formoient un contraste frapTarrété que la discours; je me borne à rappeler
commission
demande de Sonthionax, intermédiaire prit, à la
tionnaires publics
relativement aux fonction. Aucun de
portés sur la liste de proscripà ses yeux; cesinfortunés ne put trouver grâce
tous, selon elle,
lément la déportation,
méritoient non-seucrimes, mais la
peine trop légère pourleurs
condamnés s'il lui mort, à laquelle ils auroient été
avoit été
sur leur sort: Il est
permis de prononcer
toute la révolution impossible de trouver dans
complétément
un tribunal qui se soit plus
seule'
diginde.Sial'sutres, niétrisparleut
l'innocent dénomination, n'ont pas craint de
et d'être les instrumens de la sacrifier
la plus shorrible, c'éloit durant les
tyrannie
de l'anarchie, ou sous le
crises violentes
reur. Mais, dans le
règne infernal de la terecalneduneticikidration libre,
à regretter,après une victoire dont on
rougir, de n'avoir pas un plus grand commençoit
victimes à immoler, c'étoit
nombre de
de vengeance bien
manifester une soif
cruauté bien
implacable, et un instinct de
dégodtant. --- Page 77 ---
DE SAINT-DOMINOUE
, XS0 I5
.
CHAPITRE XV: Aoistert
, : Jogrpaee 1 a Ajes
Anecdote sur M. Ailhaud, Tan des commissaires civils. Il repasse en France.
du Molere 1
1 M: de Fésenzac est arrelé TOY
constilué 2 prisonnier sur antt lofrégate l'In- 1 U4
-9 71
:r Destitution de tous les Jone:
constante.
sul tionnaires it
publics Taxe subventionDivision-entre les deua commisnelle. Poloerel et Sonthonax à ce sujet.
G saires Rochambeau - attaque les briiess M: de
Journée du
gands au Fort-Dauplin:
de
L2 5 décembre. Chute dé la faction
Déportation. de M. LarSaint-Marc.
:
f
checéquc-Thibaut.
- Or
.
Mit 3008
Le dessein :
formé par les commissaires civils
dans lés autres parties sde la colonie; une
d'opérery semblable à celle du Cap', fit' qu'ils se
révolution Sonthonax resta dans' te nord,Polverel
séparérent. del la
de l'ouest, et celle du sud
se chargea de province M. Ailhaud. Cé commissaire resfutle partage
LarSaint-Marc.
:
f
checéquc-Thibaut.
- Or
.
Mit 3008
Le dessein :
formé par les commissaires civils
dans lés autres parties sde la colonie; une
d'opérery semblable à celle du Cap', fit' qu'ils se
révolution Sonthonax resta dans' te nord,Polverel
séparérent. del la
de l'ouest, et celle du sud
se chargea de province M. Ailhaud. Cé commissaire resfutle partage --- Page 78 ---
RÉVOLUTION
deux autres, son opinion étoit
sembloit si peu aux
sibien établie, que
tellement connue, sa réputation a Tépithète d'aristole désignoient par
les patriotes suspect à la faction qui n'avoit pu.
crate. En effet,
Ryerenodteatmames
Texclure, etdontilavoiti Tinfluence de ses deux collègues
au silence par
abandonné du
dont il connoissoit la perversité,
effrayé
qui avoit donné sa démission, enfin Tavegouiverneur di délire de toutes les tètes, prévoyant il voulut
nir qu'on réservoit à SatDomingse, concouru à sa : ruine.
Nepargnerles reprochie d'avoir
trois membres
L'arangement qui, en séparantles chacun d'eux indépende la commission rendoit de M. Ailhaud : aussi
convenoit; aux vues
afin d'y
dant,
de partir pour sa province, et * sa
sempress-bil son devoir, son. honneur
réfléchir à ce que
conscience lui prescrivoient
il estimDans une histoire aussi compliquée, fastidieux de rapporter
possible,il seroit d'ailleurs surtout qui ne sont relatifs
tous les faits, ceux Anissi je ne rappellerois pas
qu'à un seul individu. si, en même temps qu'elle
Tanecdote qu'on va lire,
elle ne serveit
justifie la conduite del M. Ailhaud, les vraies causes
à jeter le plus grand jour auteurs sur des désastres de
et sur les principaux
Saint-Domingue.
de la révoluition se trouParmi les victimes
du Port-au:
voit le greffier de la sénéchaussée --- Page 79 ---
DE SAINT-DOWINGUE
Dabord, volé par son commis- qui le
Prince.
et
il fut obligé d'abandénonça au club, auquel depuis six mois un
donner sa place, demandant
proscrit du
sans pouvoir Tobtenir,
jugement
oùr il avoit été plusieurs fois sur
Port-au-Prince,
crut trouver dans la comle point d'ètre pendu,i1
écouteroit ses rémission civile une autorité qui
un libre cours à la jusclamations, et rendroit
tice. Il avoit d'autant plus lieu des'en flatter, que il
celui des commissaires auxquels
M. Ailhaud,
et connu
alloit recourir, étoit son compatriote, des liaisons
il conservoit
de sa famnillesaveclaquelle
le
d'amitié. Après les premiers complimens, de la
voulut le' mettre au fait
greffier persécuté crois devoir rapporter la conversation
question. Je
mérite d'une
qui s'établit entre eux; parce qu'au d'abréger et
pièce originale elle joint T'avantage
d'éclairer. la matière.
LE GREFFIER.
de votre arrivée dans cette
La circonstance
tout autre, M. le
eolonie m'intéresse plus que
commissaire. Je ne crois pas que sans elle j'eusse
parvenir à être jugé. Il seroit troplong de vous
pu
maintenant les refus, les délais, les inraconter
l'on m'a fait éprouver. Voici un méjustices que
ne fut jamais un
moire qui vous apprendra qu'il
'avantage
d'éclairer. la matière.
LE GREFFIER.
de votre arrivée dans cette
La circonstance
tout autre, M. le
eolonie m'intéresse plus que
commissaire. Je ne crois pas que sans elle j'eusse
parvenir à être jugé. Il seroit troplong de vous
pu
maintenant les refus, les délais, les inraconter
l'on m'a fait éprouver. Voici un méjustices que
ne fut jamais un
moire qui vous apprendra qu'il --- Page 80 ---
REYOLUTION
yo
trahi que moi, ni plus
homme plus indignement
injustement persécuté.
E.
LE COXMISSAIRI
besoin de lire
Je lè crois sans peine et n'ai outre pas vous déclarer
Je dois en
rien.
votre juatification. et que je ne puis
cela est inutile,
que
G1
LE GREPFIER.
rien! età quoi sert
Comment, vous ne pouvez êtes investi, si ce
absolu dont vous lois et le règne de
le pouvoir
Tempire des
n'est à rétablir
ni gràce ni faveur ;mon
ne demande
de mes
la justice23e
la friponnerie
innocence est si évidente,
que je ne récuse
adversires si bien reconnue, dont jai justemème ceux des magistrats crois d'autant plus
pas
Je les
et
ment à me plaindre. qu'ils sont juges
pardangereux pour moi, Nimporte;) j'ai trop de conties dans ma cause.
les craindre et pour
fance dans sa bonté pour
demander leur éloignement.
LE COXXISAIRE
servir, mais que feJe voudrois pouvoir vous ? Si votre affaire restoit ma recommandation
et encore..
des
sortissoit
Cayes, peut-8tre... mes démarches
vous le répète à regret,
Mais ici,je --- Page 81 ---
DE SAINT-DOMINGUE
c'est la vérité, n'en doutez
seroient infructueuses;
pas.
LE CREFFIER,
: tout fléchit sous votre
Cela est impossilble de tous les pouvoirs de
volonté, vous êtes revêtu
révolution totale
la dictature, vous avez opéré une
obliger un tribunal
au Cap, et vous ne pouvez pas de ses devoirs?
de justice à remplir le premier
n'êtes donc
Je T'avoue, je n'en reviens pas : vous
puissant que pour faire le mal?
LE COWMISSAIRE.
l'avez deviné. A la tournure que
Ma foi, vous
Mais la vôtre, est-elle d'une
PMER
instruits et honnétes!
d'une somme
? S'agit-il
bien grande importance?
ures-considerable?
LE GREFFIER.
aurois volontiers fait le sacrifice,
Non. Et j'en
souffert. La fortune
si ma réputation n'avoit pas
n'est rien, mais Thonneur.. :
LE COMNISSAIRE.
Ah! il
Mot vide de sens 2 Thonneur
avez deviné. A la tournure que
Ma foi, vous
Mais la vôtre, est-elle d'une
PMER
instruits et honnétes!
d'une somme
? S'agit-il
bien grande importance?
ures-considerable?
LE GREFFIER.
aurois volontiers fait le sacrifice,
Non. Et j'en
souffert. La fortune
si ma réputation n'avoit pas
n'est rien, mais Thonneur.. :
LE COMNISSAIRE.
Ah! il
Mot vide de sens 2 Thonneur --- Page 82 ---
RÉVOLUTION
c'est tout ce que je puis
n'est plus de ce monde,
vous dire.
LE CREFFIER.
faites frémir, si je vous
Monsieur, vous me
que c'est à moi
moins... Songez
connoissois
que vous parlez,
LE COXMISSAIRE.
franchement. Je
Voila pourquoi je m'explique avec tout le monde;
ne serois pas aussi sincère parler sans crainte; vous
mais avec vous je puis sans en abuser.
profiterez de ma confiance tant d'autres, que nous
Vous avez cru, comme
y rétablir Tordre
venions dans la colonie pour
n'en est rien:
Desbeasrross,ile
et la tranquillité. ardent des voeux du pouvoir
le premier et le plus
la
entière des coloest perte
qui règne en France, encore pu le manifester,
n'ait pas
cette
nies. Quoiquil
sont chargés d'opérer les
mes deux collègues
à cet effet tous
révolution. Ils emploieront n'est point encore déposibles;1 le mode
J'avois
moyens
des circonstances.
terminé, il dépendra leurs succès, j'avois même
douté un instant de obstacle à leurs desseins :
être un
Il n'est pas
cru pouvoir favorise et les seconde.
mais tout les
qui, par leur extravagance
jusques aux çolons --- Page 83 ---
DE SAINT-DOMINGUE T'ceuvre de
ne concourent à
et leur exagération,
leur ruine,
LE CREFFIER.
la France seroit assez barbare pour nous
Quoill
sous le nom de défenseurs?
envoyer des assassins
LE COXMISSAIRE.
n'est
rien dans tout cela; c'est
La France
pourr
trompe, la déshoP'ouvrage d'une faction quila
nore et l'opprime.
LE CREFFIER.
feront vos collègues des troupes
Mais que
Il n'est pas probable
envoyées par la métropole?
si lon s'écarte
qu'elles se prétent à leurs projets,
de la loi.
LE COMXISSAIRE.
raisonnement! on les laissera périr
Le beau
victimes du climat et de la débauche.
LE CREFFIER.
Ce crime est trop affreux, je ne puis croire à
tant d'horreur?
LE COMMISS SAIRE.
croire2lexpérience peut-être
Yousne pouvezy
des troupes
Mais que
Il n'est pas probable
envoyées par la métropole?
si lon s'écarte
qu'elles se prétent à leurs projets,
de la loi.
LE COMXISSAIRE.
raisonnement! on les laissera périr
Le beau
victimes du climat et de la débauche.
LE CREFFIER.
Ce crime est trop affreux, je ne puis croire à
tant d'horreur?
LE COMMISS SAIRE.
croire2lexpérience peut-être
Yousne pouvezy --- Page 84 ---
RÉVOLUTION
vous convaincra. Mais retenez bien ceci
rien de sacré pour des
: il n'est
vous regarde.
jacobins. Venons à ce qui
Laissez, croyez-moi, votre
ceux qui s'en sont
place à
quelques
emparés. Avez-vous fait
épargnes? Étes-vous assez heureux
pouvoir disposer d'une somme
pour
Tabri du besoin ?
qui vous mette à
LE GREFFIER.
Oui, sans doute, mais à queile fin?
LE COMMISSATE R E.
Pour fuir une contrée destinée à
vous éloigner d'un
périr, pour
de tous les forfaits. pays Si qui va devenir le théâtre
si
vOS jours vous sont
vous aimez l'ordre et la paix,
chers,
cantinent; allez en
partez pour le
Italie, en Suisse, aux EtatsUnis, quelque part où vous n'entendrez
ler de révolution, où l'on ne connoitra pas parjacobinisme.
pas le
LE GREFFIER.
Mais quelssont donc vos deux collègues ?
LE COMMISSAIRE,
Deux scélérats.
Voilà exactement la conversation
entre M. Ailhaud et le
qui eut lieu
greffier du Port-au-Prince, --- Page 85 ---
DE SAINT-DONINGUE
transcrivit en sortant de T'apparteet que celui-ci
Ce dernier ne poussa point :
ment du commissaire.
s'être arrêté deux ou
jusqu'aux Cayes : après exécuta la résolution
trois jours à Léogane, il
afin
avoit formée de retourner en France,
qu'il
sur la véritable situad'éclairer cette métropole
d'un
Ce projet, digne
tion de Saint-Domingue.
honnête "homme, est un titre à la réconnoissance
Le succès ne l'a pas couronné, parce
des colons.
il sembloit raisonqu'au lieu de trouver, comme de la Gironde culbunable de le croire,1 la faction
de la
M. Ailhaud la vit s'élever au faite
gloire
tée,
Dès-lors tout le fruit de son
et de la puissance.
effet
La
devoit être et il fut en
perdu.
voyage
instruite de son retour, le
convention nationale,
fit mettre en état d'arrestation.
se
Polverel, en route pour le Port-au-Prince, les
de séjourner à Saint-Marc; mais
proposoit instruits des événemens qui venoient
habitans,
au Cap, ne voulurent pas permettre
de se passer
leur ville. M. de Coagne (1),
qu'il s'arrètàt dans
hommes, lui signifia
à la tête de trois cents
classes et de toutes
que les citoyens de toutes les
contens de leur sort, ne souffriroient
les couleurs,
les
exerçat parmi eux
proscriptions
pas qu'on
(1) Il étoit propriétaire et au service.
instruits des événemens qui venoient
habitans,
au Cap, ne voulurent pas permettre
de se passer
leur ville. M. de Coagne (1),
qu'il s'arrètàt dans
hommes, lui signifia
à la tête de trois cents
classes et de toutes
que les citoyens de toutes les
contens de leur sort, ne souffriroient
les couleurs,
les
exerçat parmi eux
proscriptions
pas qu'on
(1) Il étoit propriétaire et au service. --- Page 86 ---
RÉYOLUTION
qui avoient
verel, qui déjà dépeuplé la capitale du Nord. Polclub destiné à s'occupoit de la formation d'un
traint de
révolutionner
renoncer
Saint-Marc, conjet, obtint pour momentanément à ce
de 40,000
dedommagement une procommune francs, au moyen de
somme
s'estima tres-heureuise laquelle cette
danger qui la menaçoit.
déchapper au
Le Port-an-Prince
thousiasme, et en
reçut Polverel avec enM. Ailhaud, les
conséquence du départ de
firent qu'un
provinces del'ouest et du sud
tôt en
départementsnr lequel il
ne
despote. M. de
régna bienla dernière, nyéprouva Fézenzac, commandant de
corps populaires
quedes désagrémens. Les
il fut payé
Tabreuvèrent de
dingratitude par les dégoûits, et
pour prix de l'ordre rétabli
habitans, qui,
du-Fond, dont trente
par lui dans la Plaineplein
sucreries se
rapport, ne cessèrent de
trouvoient en
cratie, Déterminé
l'accuser d'aristod'ailleurs
le par ces motifs, bien
que temps et
convaincu
seulesdiguesào opposerau Texpérience sont les
soit
fanatisme,s
politique, ce général prit aussi soitreligieux,
tourner en France. Le bàtiment le parti de reembarqué ayant été obligé de sur lequel il étoit
cause d'une voie d'eau,
relâcher au Mole à
noissance, envoya à la Polverel, qui en eut conl'ordre de T'arréter, Une municipalité de cette ville
proclamationle constitua
temps et
convaincu
seulesdiguesào opposerau Texpérience sont les
soit
fanatisme,s
politique, ce général prit aussi soitreligieux,
tourner en France. Le bàtiment le parti de reembarqué ayant été obligé de sur lequel il étoit
cause d'une voie d'eau,
relâcher au Mole à
noissance, envoya à la Polverel, qui en eut conl'ordre de T'arréter, Une municipalité de cette ville
proclamationle constitua --- Page 87 ---
DE SAINT-DOMINGUE
où
surla frégate tInconstante,
ensuite prisonnier Tincendie du Cap.
il resta jusqu'a
les emplois militaires ne
Depuis long-temps avain titre; tout le pouvoir
donnoient plus qu'un
Polavoit passé dans les mains des commissaires. la ville
travailla sans relache à régénérer
verel
celles du Cap et du Port-audes' Cayes comme
que les anciens
Prince l'avoient été: c'est-a-dire,
par leurs dénonciateurs,
officiers Aurentremplaces et instruits se virent proscrits
que les gens riches
Tadministration de cette
ou emprisonnés , et qué celle des deux autres 9
province passa, comme à des blancs qui ne possédoient
aux mulâtres et
aucune propricté.
la marche
Ainsi on suivoit à Saint-Domingue
la France: Polverel au Port-au-Prince,
tracée par
-
tous leurs
et Sonthonax au Cap 3 émployèrent blancs des hommes
soins à rapprocher les petits
facile. 11
de couleur. La chose ne paroissoit pas d'autant
falloitvainere une antipathie mutuelle,et exereantseules
plus enracinée queces deux classes,
naturelle
les arts mécaniques, 9 la jalousie 2 suite par la
de la concurrence, et le préjugé produit leur anidifférence des couleurs, entretenoient
mosité. On invoqua l'esprit du républicanisme, Les comles avantages de Tégalité.
on proclama louèrent les premiers blancs qui donmissaires,
et afin de le rendre plus
nèrent Yexemple, --- Page 88 ---
RÈVOLUTION
efficace, élevèrent aux
sacrifioient aux idoles du magistratures ceux qui
images.
jour etencensoient leurs
: La Grande-Anse seule
avoit promis de se soumettre resta inébranlable, Elle
et elle tint parole. Mais
à la loi du 4 avril,
autre motif ne
ni la crainte ni aucun
put résoudre les habitans à céder
Tadministration de la chose
franchis. Lors
publique à leurs afetd'uneg garde del'organisation d'une municipalité
leurfirent, nationalenonvella, les gens de couconformémenta à la
et de l'autre. Néanmoins
loi, partic de lune
l'emporta dans les
la population. blanche
minence. Les mulâtres élections, et conservaisa préése
eurent la sotter
plaindre : on leur répliqua
vanité de
ambitionnée par
que larloi si fort
effet par leur admission eux.ayant euson plein el entier
mnaires, ils ne devoient aux, assemblees primêmes s'ils n'avoient s'en: prendre qu'à euxconfiance publique.
pas été honorés de la
La ville du Capa avoit
tG E :7 dioilo
Aussi
adopté d'autres maximes.
rampant que haineux, le
achetoit par les plus viles
parti patriote
hommes de couleur le droit complaisances de
pour les
qu'il appeloit encore aristocrates. persécuter, ceux
lcs mulâtres, par leur
Il est vrai que
mission intermédiaire, prépondérance à la comsoient
parle créditdont ils
auprès du général
jouisRochambeau, livré ex-
E :7 dioilo
Aussi
adopté d'autres maximes.
rampant que haineux, le
achetoit par les plus viles
parti patriote
hommes de couleur le droit complaisances de
pour les
qu'il appeloit encore aristocrates. persécuter, ceux
lcs mulâtres, par leur
Il est vrai que
mission intermédiaire, prépondérance à la comsoient
parle créditdont ils
auprès du général
jouisRochambeau, livré ex- --- Page 89 ---
DE SAINT-DONINGUE
et par la protection
clusivement à leur société,
civil occupé
dont les couvroit le commissaire disposoient des
tous leurs souhaits,
à prévenir
Aussi furent-ils accueillis
gràces et de l'autorité.
admis à la table
par M. Lardienopertiutanl, de leurs plus cruels
de M. d'Assas, et recurentils qeilsenaveient
SssenAet dhumiliations. Ce rapprochenaguère éprouvé sincère ? Non; et quand la suite
ment étoit-il
pas les doutes
des événemens ne justifieroit
cela de
avoit à cet égard, il suffiroit, pour dont
qu'on
etaux flagorneries
réfléchirà Tempressement devenue tout à coup T'objet. La
cette caste étoit
zèle aussi, ardent : quand le
vérité n'a pas un
Tart est
T'esprit est convaincu,
coeur sent, quand
avec
inutile. La réunion des antirevolutionnatres
avoit été moins bruyante,
les gens de couleur Au lieu de Ja, célébrer par; des
mais plus vraie.
s'étoient soumis
orgies patriotiques, les premiers etil n'avoitpas
debonne foiàla volonté nationale,
leur exles mulâtres éclairés par
tenu à eux que
d'une conpérience n'empéchassent, au: moyen
de
la subversion
duite prudente et circonspecte,
la colonie. devoit être inutile, et la primitive
Mais tout
ultérieure des vrais
générosilé, et la prévoyance de couleur résiscolons ; il falloit que les gens
conseils de
tassent aux avis de la raison, aux
debonne foiàla volonté nationale,
leur exles mulâtres éclairés par
tenu à eux que
d'une conpérience n'empéchassent, au: moyen
de
la subversion
duite prudente et circonspecte,
la colonie. devoit être inutile, et la primitive
Mais tout
ultérieure des vrais
générosilé, et la prévoyance de couleur résiscolons ; il falloit que les gens
conseils de
tassent aux avis de la raison, aux --- Page 90 ---
RÉVOLUTION
la sagesse, comme ils avoient
nature et de la
étouffé le cri de la
russentd'abord, reconnoissance; qu'ils concoutrument, à la ruine commecause, de
et puis commeinspas été enivrés de la leur pays. S'ils n'avoient
roient
plus ridicule vanité, ils aucompris que la commission
tribunal
ne
provisoire,
intermédiaire,
fussent ses
pouvoit pas, quelles que
blée
attributions, tenir lieu d'une assemcoloniale, à qui seule
de constituer
appartenoit le droit
en outre
Saint-Domitgue. Ils auroient senti
que l'existence de ce
populaire étoit un monstre dans T'ordre prétendu corps
qu'ils invoquoient sans
de choses
sultoit
cesse; et que rien n'indavantage au dogme de la
peuple qu'une assemblée
souveraineté du
exerçoit tous les
qui, formée sans lui,
assentiment.
pouvoirs sans son aveu ni son
Rien n'est moins connu de ce méme
que ces principes si vantés,
peuple
2 que ces droits
dangereux au nom
si
tyrannise. A
desquels on l'égare et on le
l'appui de cette
complètement justifiée par la remarque, trop
Saint-Domingue, il faut citer
révolution de
pillage de toutes les
un fait: : malgré le
l'enlèvement fait
caisses publiques, malgré
successions
aux notaires, aux curateurs des
vacantes, et aux exécuteurs
taires, des dépôts qui leur avoient été testamenpiraterie ordonnée et légalisée
confiés 2
par un arrété de la
et on le
l'appui de cette
complètement justifiée par la remarque, trop
Saint-Domingue, il faut citer
révolution de
pillage de toutes les
un fait: : malgré le
l'enlèvement fait
caisses publiques, malgré
successions
aux notaires, aux curateurs des
vacantes, et aux exécuteurs
taires, des dépôts qui leur avoient été testamenpiraterie ordonnée et légalisée
confiés 2
par un arrété de la --- Page 91 ---
8i
DE SAINT-BOMINGUE
intermédiaire (1), Tadministration
commission
de la colonie qu'en
pu
aubreticausbessins
n'avoit
trésor de France. La recette qui,
tirant sur le
de M. de Marbois, avoit expendant T'exercice
diminuée de plus
cédé la dépense, se trouvoit celle-ci s'étoit accrue
de moitié , tandis que
effrayante. Les Tettres-de-diange
d'une manière
perdoient cinquante
érnises en remplacement
impossible de les
pour cent. I devenoit presque tant la chute des assinégocier, même à ce prix, 7 de la France inspignats et le bouleversement Cette métropole, en outre,
roient dejustesersintes. de venir au secours de Saintpouvoit se lasser
donc que la colonie avisât
Domingue. Il falloit
C'est ce
de se suffire à elle-mème.
aux moyens
à la commission interque Sonthionax signifia à s'occuper sans relâche
médiaire, en Tengageant
la recette à la dédu soin important d'égaler
pense.
pouvoit étreatteint que par
Ce butimportantnet
n'en ont
la voie de Timpôt. Lés gouvernenens lesquelles ils obpas d'autres. Les opérations par toujours à impotiennent de Targent se réduisent
leur
soient la forme et le nom qu'ils
set, quels que
encore le peuple lorsque ses
donnent: Heureux
intermédiaire des
Proces-verbaux de la commission
(1)
9 et 27 novembre 1792
TOM. 2. --- Page 92 ---
L REYOLUTION
administrateurs
de lélat ! Cc n'étoit annoncent clairement les besoins
pas en prélevant, à titre de
quela
tmeseeire
internedhaires
commission
dignorer que, xexemdsitengatigmate dans
en feignant
tique,ledroit
une. constitution démocraau peuple.
Lexemple de la
Resne
-Précis ctlittéral de la loi, tout métropole, lui
Je texte
faculitenepomnele être exercée disoit que cette
blée coloniale. Les deux
que par une assemfrentfobwernation, (( La autres provinces lui en
( elles,na pu transmettre scommisioncisile, dirent-
( elle-mème, Le
un droitquelle n'a pas
: tort de sanctionner commissaire Sonthonax a.eu
af peut devenir. obligatoire Tarrété: La subvention ne
.C été consentie par une que lorsqu'elle aura
aK Polyerel approuva cette asemblée coloniale.m
clamation.
résistance parune proCe schisme, dans la in
12 mer
jusgusemneentrerus commission civile, dura
commissaires eurentàs dontje parleraiyqued elesdeux
conclure que louest et Saint-Marc. le sud
Inef faut pas en
charges; on J soumit: chaque fussent exempts de
contribution. Mais
paroisse à payer une
pas assujettie à des formes comme la perception n' 'étoit
ces sommes passèrent dans connues et invariables,
lien d'arriver au fisc; de
des mains avides au
particulieres
sorte que les ressources
sepuiserent, les individus
se a trouwon
parleraiyqued elesdeux
conclure que louest et Saint-Marc. le sud
Inef faut pas en
charges; on J soumit: chaque fussent exempts de
contribution. Mais
paroisse à payer une
pas assujettie à des formes comme la perception n' 'étoit
ces sommes passèrent dans connues et invariables,
lien d'arriver au fisc; de
des mains avides au
particulieres
sorte que les ressources
sepuiserent, les individus
se a trouwon --- Page 93 ---
DE SAINT-DOSNRGUE 90 publique recût
vèrent rumnés; sans qué la chosc 1111 doute convenoit
aucun secours. Cette mesure sans a8 esli
mieux à Polverel et a ses agens.
dans tout
que
- Ee lecteur a déja dnsapereevor
des
a
it n'a pas été question of
ce bouleversemtit
de, les soumettre
negres révoltés. La hécessite
Le peuple, 10
été le prétexte.
en avoit pourtant Ton cherchoit à distraire Tesprit,
dont en vain
dès que le ferment
revenoità cet objet important, on e n'avoit même
cessoit de Tagiter :
anarchique
contre le gouvernepur le porter a Tinsurfection comme certaine la fin
ment qu'en lui présentant loin de mettre bas les
de la révolte. Cependant,
devenoient
armes ATépoque fixée, les brigands
à
furieux. On commençoit
tous les jours plus Sonthonax, qui craignoit la
murmurer en ville.
Tordre à M. de Romobilité :
de Topinion, donna
Aussitot ce ge
chiambeau d'entrer én campagne.
àvec le plus grand apnéral fit ses disposilions
les rebelles dans
pareil. Le projet d'attaquer
ayant
T'est et de les chasser dOuanamynthe, et des muniété résolu, il embarqua des troupes
rendit lui-mème au Fort-Dauphin,
tions, se
Jeanmarcha en personne au camp quoceupoit férir, et y établit
François, s'en empara sans coup espagnole une
avec la partie
un poste, qui rouvrit
13 interrompue.
depuis long-temps -
communication 1c dont tous les journaux parCette expédition,
ayant
T'est et de les chasser dOuanamynthe, et des muniété résolu, il embarqua des troupes
rendit lui-mème au Fort-Dauphin,
tions, se
Jeanmarcha en personne au camp quoceupoit férir, et y établit
François, s'en empara sans coup espagnole une
avec la partie
un poste, qui rouvrit
13 interrompue.
depuis long-temps -
communication 1c dont tous les journaux parCette expédition, --- Page 94 ---
lèrent à
RÉYOLUTION
plusieurs reprises
Fimportance, semblable à pour en .exagérer
pas des suites plus
tant d'autres, n'eut
capables de faire face beureuses. Les nègres, indans les montagnes
aux blanes, senfuirent
M. de
et, loin de
Ca
Rochambeau revint
les
que l'on mit à
au Cap. poursuivre, La
esprit
annoncer cette victoire jactance
fut fait trop étroit Pour que le
est d'un
doive être
rapport qui en
néral. Il est plus cxelusivement attribué au géses prétendus vraisemblable que sa
les
succès, et la relation campagne,
gazettes, avoient été calculés insérée dans
apaiser les plaintes des
d'ayance pour
davantage le voile qui colons, et pour épaissir
çais les scènes dborreur cachoit à tous les Franétoit le théâtre.
dont Suint-Domingue
Cet objet en partie rempli
Fort-Dauphin, il ne fut
par Texpédition du
gands. De nouveaux
plus question des brivinrent
troubles, excités à
diriger vers un autre
dessein,
générale. Depuis
objet Tattention.
fruites avoient longstemps les personnes insvernement, prévu que les fonctions du
roient la ambitionnéds des deux
goupomme de
partis, seLa commission civile discorde qui les diviseroit.
son but, si Tautorité auroit manqué totalement
mains que les siennes. avoit passé dans d'autres
de rage en voyant trois La municipalité frémissoit
étrangers lui arracher le --- Page 95 ---
DE SAINT-DOMINGUE
de sa victoire, ét g'opposer, avec plus de
prix
à T'exécution
succès que Tancien gouvernement, ne sauroit dire où ils tende ses" desseins. Oh
les couvre
doienit; mais, à travers le nuage qui tous les
et dans le chaos oir Viennent se perdre
et ceux de la faction poefforts de la municipalité
deux motifs bien
pulaite, on aperçoit néanmoins leur haine contre les mudistincts :le premier est
domilatres,le second; le désir de parvenir à une
niation excluisive. On ignorera peut-être toujours
élevér la colonie à T'indépendance ou
si cétoit pour
il y avoit parmi les
pour la livret aux Anglais; de l'autre mesure;
chefs dés partisans de l'une et
volonté fixe,
mais Ta plupart n'avoient ni une
le cours
but bien déterminé. Entrainés par
ni un
ne sé faisant qu'uine idée condes événemens,
auroient a vaincre, ils
fuse des obstacles qu'ils et à fambition; or, par
cédoient à la Vengeance conduite étoit Teffét des.
cela même que letir dévoit en former Je caracpssiems.Toapanaide distiactif, la folié én' étré le séul guide,
tere
les
affreux èn devenir la
et Tes désastrés
plus
constijhence.
tethips les six membrés de la
Depbis quelque
pris dans la classé
comhmissiont intermediaire,
erappartenant à la faction dès Léoparblanicle,
que toute T'autorité résidins, sétoient aperçus
choisis parmi les
doit dans leurs STR collegues
ssiems.Toapanaide distiactif, la folié én' étré le séul guide,
tere
les
affreux èn devenir la
et Tes désastrés
plus
constijhence.
tethips les six membrés de la
Depbis quelque
pris dans la classé
comhmissiont intermediaire,
erappartenant à la faction dès Léoparblanicle,
que toute T'autorité résidins, sétoient aperçus
choisis parmi les
doit dans leurs STR collegues --- Page 96 ---
a RÉVOLUTION
gens de couleur, qui seuls
a
de Sonthonax. Les
avoient, la confiance
dant que prenoit Pinchinat, premiers, > humiliés de Tascens
porloit toujours, sentirent dontlopinion l'empuissante dirigeoit contre
quiune main, itoute,
qui leur avoient d'abord eux-mémes lesi imoyens.
desquels ils se flattoient de sibien réussi, et àlaide,
Sortir dnne pesition parvenir à leurs fins.
premiér
aussi fausse devint
c'est. No besoin, des meneurs de la
le
R
dans, leurs efforts pour
faction; mais
qu'on peut
tjatteindre ce, but
idées et de turonedanreirertu Tincohérence
désordre de.leurs.
machinations des commiseaires. der leurs mesures. Les
deM., Ailbaud,les retards
civils, lex lépart
la convocation de Inssemblée quimeneitignenett
lérance des mulatorsa le
coloniale, dinton
lequel on laissoit les révoltéss repos désastreux dans
gnacq-Mion, dont M,
Jaletire de M: Cous
alors
Dauéy douna sculement
cotnoissanace, tout.
au déscspoire et, par; sembloit porter le peuple
ne pouvoil, il est. MTai, suite, réussir à linsurrection. Elle
cntreprenant 3X
et audacieux, qu'à Taided'mn chef
qui, par ses talens, sa
I.falloit un homme
ractère,
put G impposer consieration, aux
et, son. ca-,
autour de lnila masse des mulatres, et rallier
homme, uanquoit à la faction: colons, honnétes. Cet
trigans sans mérite, servie
composée d'inexpérience, elle fut lai par des olliciers sans
premiere à éprouver la
3X
et audacieux, qu'à Taided'mn chef
qui, par ses talens, sa
I.falloit un homme
ractère,
put G impposer consieration, aux
et, son. ca-,
autour de lnila masse des mulatres, et rallier
homme, uanquoit à la faction: colons, honnétes. Cet
trigans sans mérite, servie
composée d'inexpérience, elle fut lai par des olliciers sans
premiere à éprouver la --- Page 97 ---
DE SAINT-DONINBUF
réactions deila journée du 19 octobres et sehtir"
la perte immense que Ial colonie avoit faite alors.m
Un choc entre les deux partis' paroissoit mévi
table, da vanité desmulatres en hâta 4. le moment. -
Nom contens deldominer à la comtimisaslartntese
médiaire et de faire partic de la mtinicipalité bien
ils prétendirent aux distinctions militaires de : Teu"
plusg-lles devinrent Pobjet essentiel
"és
ambition, et sur ce point comme sur tous em
autress-la commission civile les satisfit 'avec
pressetments Ilsfurent promus ait ranig d'officiers!
dans-totis n les régimens de ligne. Cetté faveur
afiligeand'aitant plus les soldats, que les mus
latres parvenoient: aux grades supérieurs Saié
avoir passé par les! gralesenhalienikar Ees YEARE
menkimanifentren une vextrême répugnance 2,
celuidu Cap surtout, destine Tester' dans la CoT
lonieyme wit pas sans indignation qu'on voulot'le
soumettre à ides affranchisdont plusieurs avoient ne
étéidlomestiques; il déplara pasntivemichtic iqu'il
vonloitque desofliciers deson ehoregetrbiejaniats ni
ilin'admeftroit à Thopnenride le commander inniol
nègreyni imulatre. abldmapest : orinaniur
régiment da Cap devoit
aitt Cellerniasistaneeslu
quil avoit
mouveaur
MCSEe système
denneestleshg octobreyrau
Kautelois ellenétoit justifiée par messingularite
; il déplara pasntivemichtic iqu'il
vonloitque desofliciers deson ehoregetrbiejaniats ni
ilin'admeftroit à Thopnenride le commander inniol
nègreyni imulatre. abldmapest : orinaniur
régiment da Cap devoit
aitt Cellerniasistaneeslu
quil avoit
mouveaur
MCSEe système
denneestleshg octobreyrau
Kautelois ellenétoit justifiée par messingularite --- Page 98 ---
REVOLUTION
de la conduite des mulatres: au
tresremarquable
ambitionnoient avec. tant
moment our ceux-ci militaires dans les troupes
d'ardeur les honneurs
disoientiils, la sou-:
de ligne 7 pour éprouver, à la loi du 4 avril, ils mémission des blancs
de cette loi en refusant
connoissoient T'esprit étoit faite de concourit à la
Tinvitation qui leur
nationale. Cepennouvelle organisation delagarde
la fonte. des couleurs ne pouvoit s'opérer
dant
seule détruisoit toule espèce de
que là, et elle
refus des mulatres: paroissoit
prééminences Le
réclamoientles avand'autant plus abaurde,quilss
oi elle sembloit
de Tégalité dans des' corps
tages naturelleet bien amcinlemenbleperess
moins
d'effet sans cause, et que:
mais comme il n'y a pas
des motifs: particue
toujours des vues hommes secrètes, de. couleur et leurs paliers, ont guidé les
au nouivel
la résistance qu'ils opposoient
trons,
sentoient aiquel
de ce qu'ils
FERE
désiré, provenoit
mieux dire, de nulétat de foiblesse, ou > pour
aux blanes.lls
lité, les réduiroit leur agrégation
séparé,
en un corps
étoient puissans, , rassemblés
depuis
le seul dont on eut soigné Torganisation influence,
octobre; ils auroient été sans
le 19
de district qu'on
disséminés dans les compagnies
bien
à desseins.cest ce qu'avoit
avoit négligécs
oit
mieux dire, de nulétat de foiblesse, ou > pour
aux blanes.lls
lité, les réduiroit leur agrégation
séparé,
en un corps
étoient puissans, , rassemblés
depuis
le seul dont on eut soigné Torganisation influence,
octobre; ils auroient été sans
le 19
de district qu'on
disséminés dans les compagnies
bien
à desseins.cest ce qu'avoit
avoit négligécs --- Page 99 ---
DE SAINT-DONINGUE ne réposoit
dont le despôtisme de la caste
senti Sonthonak, base que le devouement
pas sord'autirel :
2 rly -
intermedisire. les divers Sepunirmtneient de
Copendant,
des homaimes
et on y voyoit
Cap
dece coimmhissaire,
Le vegimentdu
couleur dans toirs les grades. ordinaires de séductiony
seuly malgré les moyens
qu'on emploieroit
restoit egitcineamee En arrivant au Champ-dela forde contre lui. être passé en revue, ce régiMars (1), ou il devoit nombreux dhemmesdeeokeer
ment vit un corps armés de fusils et de pistolets
rangés ent bataille,
Leurattituder meeefisodungareate én sa presetok. et surtout la préteurs gestes insolens,
doimer de
nacahte, qu'on avoit prise de ne point
lieu de
daation aux soldats; indigua ceux-cran ve
cattotuches
Cefte espece de guet-apens des
leur en imposer, et dans sla journée ity eut
volta toufe la ville;
Le Hendemmain; ont
mhonverneiis tnetimettiontels. ramboenlatirends
-eecis instruits que les patriotes
genérates Les omnlitres,
se retirerent dans
swancoients travee du canoi, avoient fait au réleuriquarties Laffront quils
celui-ci ne
étoit trop' récent pour que
giment
de se serpmetmsiliene li ent
conservit poruawifdesrd des deux casernes
reuseibent la pioxinite
C
1 a cnl
(iy LE décembre 1793L
tels. ramboenlatirends
-eecis instruits que les patriotes
genérates Les omnlitres,
se retirerent dans
swancoients travee du canoi, avoient fait au réleuriquarties Laffront quils
celui-ci ne
étoit trop' récent pour que
giment
de se serpmetmsiliene li ent
conservit poruawifdesrd des deux casernes
reuseibent la pioxinite
C
1 a cnl
(iy LE décembre 1793L --- Page 100 ---
E RENOLUTION a
ge
Toccasion: Ala vuel des mulatres armés, ila
offroit
les soldats; une Aufut impossible, de contenir
incapables
sillade s'établit entre eux;1 les premiers,
de résister aux forces qui venoient les attaquer, rallier aub
sortirent de la ville, et coururent se
dont ils s'emparèrent,
poste du Hant-du-Cap, quis'y trouvoiente Ues
faisant peisonniersiesblanese
quil
d'une insutrection)
Sonthonax , elfrayé
celle du 19 octobre e,l
croyoit aussi générale quei
qu'une maabandonné de M. de Rochambeau M. Laveanxi
ladie retenoit dans son lit, trahi par
quine parut cej ejour-là nulle part, et prévenucontre
vendu à la.cabales
M. d'Assas quils supposoit éviter Je sort funeste dont il
crut; ne pouvoit.
offrant à la municipalité
sembloit menacé qu'en la refusa, et ce: fut nneigrande,
sa démission. Elle
rausmulitresketompe
faute.llfalloitner pasdonners
desereconnolin,lest parempmteissueromns
s'emparer ded leurs patrons, ionaureitrenvoyés de cette caste auDès-lors l'insolence
en, France:
et. la secte anticoloniales eut
roit eu un 1 termes
Sonthonaxisats
reçu, un: échec, difficile à réparere chose de piss-mais
tendoit peut-étre a.quelque Join de pousser leurs
quand: il s'aperçul que, restoient immobilesy et
avantages, les patriotes
forces
lieu de décider cette: querelle parla
la
qu'au
cherchoit. à Temporter par
la municipalité
n'étoit
rusesquand il comprit que ce mouvement:
ut
roit eu un 1 termes
Sonthonaxisats
reçu, un: échec, difficile à réparere chose de piss-mais
tendoit peut-étre a.quelque Join de pousser leurs
quand: il s'aperçul que, restoient immobilesy et
avantages, les patriotes
forces
lieu de décider cette: querelle parla
la
qu'au
cherchoit. à Temporter par
la municipalité
n'étoit
rusesquand il comprit que ce mouvement: --- Page 101 ---
DE SAINT-DONINGUE Tespérance rentra
dirigé par aucun chef capable, la nuit, il gagna queldans son, cceur. Dès il craignoit Tesprit entreagitateurs dont
de couleur de
ques
11, fit dire aux hommes de Belair et de
prenant. du poste important
du HautSemparer se4 otages, tous Jes, blancs son abdigarder ren, Toffre, quil avoit faite de
diu-CaPta A
par laquelle
calion succéda une proclhaination. autorités responsables des
il rendoit toutes les
à Jai imumicipalus et à
cxencmenoaet cnjoighoit
d'ouvrir, avec les
lay comunission Aatemnediaine le aetabligoemeist
mulatres des conférences pour a sigo ai 1 opifune
de la paixe, renalb a afunr
len retour
-
lerminerent par même, le
a Chcosicencee hommes de couleurs Ce, jour-la
au
des
cisila dansn discours promoncé conduites
pommmismaine
en tout leur mis en
Gempiexien.ammens quils ayoient
leur sut gré des moyens
fois que la résist
leur repeagiedone droit naturel et justes
wANgEARL
étoit un
dela
tanee Afoppresons Sonthonax étoit) le résullat
Cette audace de de Tautre parti- Lexpnérience
foiblesse connue. le masse. desgens homnétes et
lui avoit appeis comfianse que
dans les palriobsap chute de
p'avoits aucune
jamais la,
les
qu'elle, ne leur, perdonneroil Habile à saisir tous les
Tancien, oavesgnement de ja haine qui divisoit
nvamtages, il Prafita Rassuré par. Timpobilité des
habitans, dui Capr
audace de de Tautre parti- Lexpnérience
foiblesse connue. le masse. desgens homnétes et
lui avoit appeis comfianse que
dans les palriobsap chute de
p'avoits aucune
jamais la,
les
qu'elle, ne leur, perdonneroil Habile à saisir tous les
Tancien, oavesgnement de ja haine qui divisoit
nvamtages, il Prafita Rassuré par. Timpobilité des
habitans, dui Capr --- Page 102 ---
REVOLUTION
de faire
antirésolutionasites, il ne craiguit pas
qui attribuoitaux coryphées de
une proclamation
tous lés malheurs de la
la faction de Saint-Marc
s'attendre
colonie. Cette faction devoit dès-lors
à être détruite. Plus d'espoir pour elle que celui
de vitesse le commissairé civil, et de
de gagner
de main cet ennemi aussi
prévénir par un coup
puissant quintéresse à la perdre.
la
Eclairé par Ta journée du 2 décembre sur
faute qu'il avoit faite, Sonthonax s'empressa de
la réparer. De ce moment, les aristocrates ne
et la vigilance la plus
farent plus persecutés,
de leurs
soupçonneuse épia toutes les démarches
adversaires. La foiblesse dont ceux-ciwenoientde
fit naltre au
domner de si grands témoignages
Jal
conimissairel lidée de leur en imposer par
force. Fout a coup il prend un ton menacant;
de la cabale cessent d'être sès conseilles chiefs
intermediaire mullers intimes! La commission
MI. de Rotiplie' pour enx Tes désagrémens.
du
après avoir puni Ie régiment
chambeaur,
en' Penvoyant au FortCap de sa résistance, Ta ville à la tête de huit
Dauphin 2 parcourt le sabre nu à la main. Le
dragons d'Orléans,
et change de Tant
dab prend un autre esprit, ne' sont plus l'objet
gage;les personnes honinetes et les amis de Tancien
de ses dénoticiations,
accueillis par" les aurégime, s'ils ne se voient pas
ens.
du
après avoir puni Ie régiment
chambeaur,
en' Penvoyant au FortCap de sa résistance, Ta ville à la tête de huit
Dauphin 2 parcourt le sabre nu à la main. Le
dragons d'Orléans,
et change de Tant
dab prend un autre esprit, ne' sont plus l'objet
gage;les personnes honinetes et les amis de Tancien
de ses dénoticiations,
accueillis par" les aurégime, s'ils ne se voient pas --- Page 103 ---
DE SAINT-DONINGUE
jouissent au moins de la trantorités constituées,
quillité dont ils ont été privés si long-temps. le
Cette politique ne fut pas perdue pour de
commissaire civil. On se trouvoit si fatigué
on avoit un si grand
la tnmmeereodlatiumtiaios étoit prêt à faire tous les
besoin de repos, qu'on
donc
à
sacrifices pour T'obtenir 5 on sut
gré
quil faisoit
Sonthonax des mesures rigoureuses
La défaveur des L.copardins atténua
prendre.
avoit faite
Timpression que sa conduite primilive
sur les colons. Des propos échappés comme par
adroitement présentées
hasard, des promesses
On affecta de dire
ranimèrent leur espérance.
civile
les premiers actes de la commission
que devoient être attribués à une erreur involonvouloit réparer. Sonthonax luitaire qu'elle
lui
même accrédita l'espèce de rétractation qu'on
T'apparente justice qu'on lui faisoit rendre
prètoit,
; et cet excès de dissià T'ancien gouvernement
lui réussit. La
mulation, , ou plutôt dimpudence,
faction populaire, réduite à ses propres forces,
trouva seule en butte anx traits de la commisse
frapperent les
sion civile, dont les premiers coups
vendu depuis long-temps
dragons rouges > corps
compris leur
à la municipalité. Six d'entre eux, y. de la
commandant Michel, ancien bedeau
pafurent arrétés dans la nuit du 4 au 5
roisse,
--- Page 104 ---
REVOLUTION.
et conduits à bord de VAmedécembre 1792, fauteurs de Tanarchie 2 battus
rica. Ainsi les
avoient servis,
avec leurs armes par ceux qu'ils dans laquelle
occupèrent à leur tour la prison
entassé leurs victimnes. M. Liégard,
ils avoient
de partir avec
maladie avoit empèché
qu'une
les officiers du régiment du Cap,
ses camarades
semaines après, de céder sa
eut le plaisir, six
place à ses plus cruels ennemis.
reCes six individus étoient si évidenment
sut un gré
pour des agitateurs, 7 qu'on
connus
civil d'en avoir délivré
infini au commissaire
dangercux quils
le Cap. Cependant, quelque factieux dont linfussent, il restoit d'autres
funeste. Le
être bien plus
fluence pouvoit
des subalternes, mais
coup n'avoit frappé que la foudre qui alloit atc'étoit léclair annonçant tombant sur la tête de ses
térer la faction en
chefs. : pors
entre la premnere déLintervalle quily eut
et celle ou M.
Lnedesurotmat
portation
fut marqué per Tenièvese trouva compris, ? clubistes. La minicipalitcs
ment de plusieurs
de M. Lavergue, ami
d'après un réquisitoire
crut dede ce procureur-syudics
et successeur
civil des représentavoir faire au commissaire nouvelle et aussi artions sur une justice aussi
térer la faction en
chefs. : pors
entre la premnere déLintervalle quily eut
et celle ou M.
Lnedesurotmat
portation
fut marqué per Tenièvese trouva compris, ? clubistes. La minicipalitcs
ment de plusieurs
de M. Lavergue, ami
d'après un réquisitoire
crut dede ce procureur-syudics
et successeur
civil des représentavoir faire au commissaire nouvelle et aussi artions sur une justice aussi --- Page 105 ---
DE SAINT-DOMINGUE
Elles ner furènt point recues,. quoique
ibitraires
de' tont le corps municipal,
le mairé; à la tête
chèz M. de Rochamvint pour les présenter là Sonthonax. Celui-ci
bheauyipi dinoit ce jour
Peu de
lai peine ide se déranger,
mame prit pas
se rendit de grand
temps apresy le général
civile' avec un
tin à Thôtel rde a la commission
d'Ordétachiement composé nde dragons
dortr
patronilles mnombreuses
déans et de mulatres ies rues du Cap; le commansen montrerent dans les
hommes" tous de
dant dun piquet de vingt arrêter M. Larchecouleur; eut ordre d'aller instant MM. Daugy,
weque-llibaut Au même
fgrent
Delaire, Raboteau et autres patriotes, à bord,
enlevés de leurs maisons et conduits homme
Bientôton vit l'ancien proctreut-egndie,t maintenant
naguère si puissant, si sedoutable; de chez lui, teproscrit et persécuté, , sortir
fondoit en
nant d'une main sa femme qui stimnommé par
Jarmes, et de Tautre son fils ainé,
sur
la patrie. S'il avoit compté
le club Lespoiride
il avoit fait un faux
du peuple,
un sonlèvement
des habitans de la ville,
calcul;) la majeure partie
plutot se téjouir
accourus pour le voir,' parut ant oR t
que s'attrister de sa disgrace:
;da clôture
mLa déportation. de ces personnages, 7
la
eut dieu iminédiatements 1 après',
duiclub qui
ala commune de s'asdéfense que fit Sonthonax
5P
le club Lespoiride
il avoit fait un faux
du peuple,
un sonlèvement
des habitans de la ville,
calcul;) la majeure partie
plutot se téjouir
accourus pour le voir,' parut ant oR t
que s'attrister de sa disgrace:
;da clôture
mLa déportation. de ces personnages, 7
la
eut dieu iminédiatements 1 après',
duiclub qui
ala commune de s'asdéfense que fit Sonthonax
5P --- Page 106 ---
RÉVOLUTION
réclanta
sembler, et
la
ciRemtrigpedieiameigass
commission
rendirent de nouveau
fois
en vain,
plia une seconde
vile tadterniseanteco)Toutt
plus que d'obrien n'importoit
sous son autorité; alloit en faire. Les partisans
server T'usage qu'elle
montrèrent plusde resde l'ancien gouvermements
en applandisata
sentiment que de prévoyance
ètre sûrs que
la chute de la faction populsine,sans le retour de T'ordre
la réduction des esclaves et
ils n'ale résultat. Pour le moment,
en seroient
tyrans: ainsi enjugerent
voient fait que changerde n'être d'aucu parti,
ceux qui, assez sages pour
les causes et leurs
assez pénétrans pour apercevoir colonie sauvée par la
effets, ne crurent pas la Quelle confiance en
proscription des Léopardins. dans une autorité qui,
effet pouvoieut-ils avoir
des choses illénom de la loi, ne faisoit que
au
rétablir la tranquillité
gales; qui, envoyée pour
le désordre et
y perpétuoit
à Saint-Domingue,
occupée des prétendus
Tanarchie; qui, sans cesse
humilioit et dédroits des hommes de couleur, fut leur opinion,
portoit les blancs, quelle que les nègres en révolte ;
de réduire
et négligeoit
une force considérable
qui, pouvant employer
la laissoit se moropération,
à cette importante
s'anéantir par Pintèmfondre dans les camps, les effets de l'indiscipline
périe du climat, par
1799.
de Sonthonax du 30 novembre
() Proclamation
archie; qui, sans cesse
humilioit et dédroits des hommes de couleur, fut leur opinion,
portoit les blancs, quelle que les nègres en révolte ;
de réduire
et négligeoit
une force considérable
qui, pouvant employer
la laissoit se moropération,
à cette importante
s'anéantir par Pintèmfondre dans les camps, les effets de l'indiscipline
périe du climat, par
1799.
de Sonthonax du 30 novembre
() Proclamation --- Page 107 ---
DE SAINT-DONINGUE
"et de la débauche ; qui,
d'établir le gouvernement spécialement chargée
soit à la formation d'une représentatif, se refuqui, créée pour opérer le assemblée coloniale; ;
réunion de tous les hommes rapprochement et la
la fonte des couleurs
libres, empéchoit
tion constitutionnelle en s'opposant à Torganisade la garde
enfin, appelée à détruire toutes les nationale; qui
et tous les préjugés, entretenoit prérogatives
autres par sa prédilection
les uns et les
par sa haine contre les
pour les mulâtres et
blancs?
Trois jours après T'arrestation de M.
véque-Thibaut, M. de
Larchela
Rochambeau partit
Martinique; M. de la Salle lui
pour
lité de gouverneur
succéda en quagénéral.
TOM. 2,
--- Page 108 ---
RÉVOLUTION
CHAPITRE XVI.
la conduite et la politique
Réjlezions sur
civils. Preuse de la
des commissaires hommes de couleur acec
commivence des
Eapédition de la
les nègres récoltés. Prise du fort de laGrande-Rivibre. succès des Blancs.
Tannerie. Autres
quils ne soient
Sonthonax empéche de MM. de Coudécisifs- Arrestation par M. Borel.
tard et de Jumécourt,
à St.-
des deux commissaires
Réunion.
contre le Port-auMarc. Iis arment
Prince.
dit, est la cause de tous
LIONORANCE, a-t-on Tespèce humaine. Cette
les maux qui afifligent dans le sens absolu, n'est
maxime qui, même
ne se soutient qu'à
à
Nedtetncontentable. veut Tappliquer
pasd'une
dès qu'on
est
force dabstractions Linstruction de tout un peuple
Tordre social.
La nation la plus
à réaliser.
un rève imposible
Réunion.
contre le Port-auMarc. Iis arment
Prince.
dit, est la cause de tous
LIONORANCE, a-t-on Tespèce humaine. Cette
les maux qui afifligent dans le sens absolu, n'est
maxime qui, même
ne se soutient qu'à
à
Nedtetncontentable. veut Tappliquer
pasd'une
dès qu'on
est
force dabstractions Linstruction de tout un peuple
Tordre social.
La nation la plus
à réaliser.
un rève imposible --- Page 109 ---
DE SAINT-DOMINGUE
ne croit pas à une perfectibilité
éclairée estcellequi
pas surtout que la
imaginatire, et qui né pense bien dont on doive
science sans les moeurs-soit un
réel que l'on
Voilà Tavantage
tant s'enorgueillitle point essentiel qu'il
peut retirer des lumières, d'atteindre; au-delà de ce
importe à la législation
ou T'esprit
la région des chimères,
but commence
spéculaen vains efforts et en dangereuses
se perd
de le répéter, que
tions. Il faut, ne cesse-t-on instruits : - il vausoient
ceux qui gouvernent
- Il seroit à dédroit mieux qu'ils fussent sages.-
le trône; :
la
fût assise sur
sirer que philosophie faut
se tromper, ni
sans doute; mais il ne
pas
et de
elle cet esprit d'exagération
prendre pour
avoir usurpé sa place, prétend
révolte qui, après
et la pratique, à l'aide
en régler les préceptes
d'un peuple dont,
convulsifs
des mouvemens raisonnemens et de mauvais
à force- de faux
et
lei
exemples, on a perverti le cceur corrompu
langage.
de force et d'évidence n'acquièrent
Quel degré
les
à Saintces réflexions quand on
applique
pas
peuple assez foible
Domingue! Il faut avouerqu'ump
a
ramper sous ce qu'il y
et assez stupide pour
accuser
de plus vil et de plus abject ne doit
que
lui-même de sa ruine. Mais ceux qui ont déétouffé dans son âme tout
pravé son jugement, sansreproche? Décorera
sentiment moral, sont-ils
d'évidence n'acquièrent
Quel degré
les
à Saintces réflexions quand on
applique
pas
peuple assez foible
Domingue! Il faut avouerqu'ump
a
ramper sous ce qu'il y
et assez stupide pour
accuser
de plus vil et de plus abject ne doit
que
lui-même de sa ruine. Mais ceux qui ont déétouffé dans son âme tout
pravé son jugement, sansreproche? Décorera
sentiment moral, sont-ils --- Page 110 ---
RÉVOLUTION
la perte de nos dépent-on du nom de politique d'une conspiration
dances coloniales , victimes
les auteurs, ni
voulu ni punir
dont on n'a jamais
Tatrocité? Profanera-ton
même connoitre toute
parelle
a été le
dont St.-Domingue
EEENE
toutes les horreurs
le plus austère, le droit
thédtre? Ahlle stoicisme
conseiller
ne pouvoient
naturel le plus rigoureux,
ou, si l'on veut,
T'abandon des çolonies,
à la
que
de la servitude. Mais cet hommage
T'abolition
être rendu d'une manière subrepraison devoit-il Non; la vraie emagnanimiténa
tice et telandestine?N
elle dedaignelappui du
besoin de Thypocrisie;
et surpas
hautement ses projets,
mensonge, avoue exéculer par la flamme et par
tout ne les fait pas souveraine n'avoit qu'à se prole fer. La volonté résisté à sa puissance, et le
noncer; rien n'eût colons n'auroit pas coulé par
sang des malleureux
régénération des noirs
torrens. Mais la prétendue
que le pouétoit-elle si urgente, si précieuse, France ne dût compla
voir qui alors gouvernoit! la vie ct Thonneur de
rien la fortune,
ter pour
de blancs ? N'y avoit-il pas
plusieurs milliers d'affranchir les esclaves, que de cad'autre moyen
maitres?Une
lomnier, ememeathrmedetiane de Phumanité et de la
opération faite au nom
accomdevoit-elle être précédée,
philosophie
des actes d'une perfidie
pagnée et suivie par
précieuse, France ne dût compla
voir qui alors gouvernoit! la vie ct Thonneur de
rien la fortune,
ter pour
de blancs ? N'y avoit-il pas
plusieurs milliers d'affranchir les esclaves, que de cad'autre moyen
maitres?Une
lomnier, ememeathrmedetiane de Phumanité et de la
opération faite au nom
accomdevoit-elle être précédée,
philosophie
des actes d'une perfidie
pagnée et suivie par --- Page 111 ---
10I
DE SAINT-DONINGUE
? Supposons que
et d'une cruauté sans exemple début, eût proT'assemblée législative, dès son
des nègres; admettons que pour
clamé la liberté
force imposante eût
vaincre tout obstacle, une
quelque vioappuyé le décret; cette mesure, n'auroit pas
qu'elle eût élé,
lente et injuste
des maux qui ont déproduit la dixième partie auroient été dépouilvasté la colonie. Les colons
massacrés. Ils
lés, mais ils n'auroient pas été
avoit vus
eussent été forcés de fuir la terre quiles tout à
mais elle ne seroit pas devenue
naitre;
St.-Domingue
coup pour eux un vaste tombeau. utilité
mésans
pourla
existeroit encore,quoiques enseveli sous des cendres
tropole, au lieu d'être
eux-mèmes, sans
et des décombres. Les nègres
d'un titre généralement
craintes sur la légitimité
livrés à tous les
reconnu, ne se seroient pas leur en rendent
excès et à tous les attentats qui
la jouissance à jamais impossilble. réfléchisssez à ce que
Hommes de bonne foi,
aussi gratuiprésente d'odieux un machiavélisme les colons chétement atroce. France, que tous
enfans
plains le sort de tes malheureux
rissoient,
qui se disoient les
torturés par deux monstres Hommes de couleur
délégués de ta puissance (1).
suivans
asscz. la date de cet
(1) Ce passage et les
indiquent
ouvrage, composé à la fn de 1795.
que
Hommes de bonne foi,
aussi gratuiprésente d'odieux un machiavélisme les colons chétement atroce. France, que tous
enfans
plains le sort de tes malheureux
rissoient,
qui se disoient les
torturés par deux monstres Hommes de couleur
délégués de ta puissance (1).
suivans
asscz. la date de cet
(1) Ce passage et les
indiquent
ouvrage, composé à la fn de 1795. --- Page 112 ---
RÉVOLUTION
d'instrument à la haine la plus imqui avez servi
d'une erreur trop funeste; explacable, revenez sincère T'ambition qui vous
piez par un repentir n'oubliez jamais que votre exisrendit ingrats, et
colons
Et
tence est liée à celle des
propristaires jugez de la mocsclaves qu'on a trompés,
libres , par
vous,
vous rendre
Si
rale de ceux qivouloient conduite à votre égard.
la versatilité de leur
quil falloit
Tesclavage étoit un droit monstrueux fait avant de réabolir, pourquoi ne T'ont-ils pas alors moins délivotre sang ? Etoient-ils
ou sontpandre
humains, moins philosophes?
cats, moins
et plus pervers?
plus hypoerites
s'oils devenus
de Tesclavage ne pouvoit
Mais Tabolition
des colons; toute autre
pérer que par la volonté
pour prononcer sur
autorité étoit incompétente nationale elle-mème
cette matière. La convention Ton est fondé à croire
n'en avoit pas le droit, et arrogé, si deux agens
qu'elle ne se le seroitjamais anticoloniale ne lui
de la faction
fanatiques
une ntoeitedelener
avoient fait, enfusurpant, réparera-t-elle lcs
Comment la métropole
en son nom?
cer.
ont provoqués
maux mpuesedidiéguése les colons indignement
Comment consoleratelle
organes
deux magistrats,
trahis et assassinés par Comment Iraiterntelle
voionté suprème?
puis
de sa
couleur, pervertis d'abord,
les hommes de
par coux-mémes
torateursceusilise et opprimés
ener
avoient fait, enfusurpant, réparera-t-elle lcs
Comment la métropole
en son nom?
cer.
ont provoqués
maux mpuesedidiéguése les colons indignement
Comment consoleratelle
organes
deux magistrats,
trahis et assassinés par Comment Iraiterntelle
voionté suprème?
puis
de sa
couleur, pervertis d'abord,
les hommes de
par coux-mémes
torateursceusilise et opprimés --- Page 113 ---
DE SAINT-DOMINGUE
pourles défendre? Comment
qu'elle avoitenvoyés
lui direcevra-t-elle les plaintes des nègres qui
ront ? ( On nous a rendus barbares et féroces,
mis dans nos mains la torche et le poi-
( on a
violez, mason nous a dit: : Incendiez,
( gnard;
de l'assemblée nationale ;
( sacrez, tel est le voeu
le fer
sans
sans remords; plongez
K soyez
pitié,
vOS mains
sein de VOS maitres ; trempez
( dansle
ainsi le veut T'au-
( dans le sang de VOS frères ;
villes
brise VOS chaines. Réduisez les
( torité qui
vaste
faites de la colonie un
désert;
( en cendres,
conserver la liberté
( à ce prix seul vous pouvez
s'obs-
( qui vous est rendue, et que vOS tyrans
et foibles,
( tinoient à vous refuser. Ignorans
croire aux
de ceux qui
(( comment ne pas
paroles
? Poucomme nos bienfaiteurs?
( se présentoient
leurs intentions ? Et
(( vions-nous soupçonner
La liberté
C cependant ils nous ont trompés.
ici
des malheurs et des crimes;
(( n'a enfanté que
moisl'infortune nous accable ; la mort a
( sonné la moitié de notre caste. A la place
(
maitres intéressés à notre conservation,
( de
des despotesimpitoyables
( nousn'avons plus que
T'honneur de répandre notre
( qui se disputent
devoit faire
( sang. Ainsi ce bien si vanté, qui
notre bonheur et notre gloire, est la source
((
de tous les maux sous lesquels
(( empoisonnée
et la cause du fléau le plus
( nous gémissons,
( sonné la moitié de notre caste. A la place
(
maitres intéressés à notre conservation,
( de
des despotesimpitoyables
( nousn'avons plus que
T'honneur de répandre notre
( qui se disputent
devoit faire
( sang. Ainsi ce bien si vanté, qui
notre bonheur et notre gloire, est la source
((
de tous les maux sous lesquels
(( empoisonnée
et la cause du fléau le plus
( nous gémissons, --- Page 114 ---
RÉVOLUTION
ait jamais désolé l'espèce
qui
( épouvantable
(( humaine. ))
quels dédommiagemens, 2
On ne peut prévoir France croira devoir aux
quelles réparations la
mais au tribunal de
colons de Saint-Domingue; de Tinflexible équité,
Jéternelle justice, aux yeux ruine, les deux monstres
la secte qui a conjuré sa méritent ni gràce, ni
qui T'ont consommée, ne
etqui plus
mnericonie.biaudacee d'avoir prévenu,
n'éloit
violenté la volonté nationale,
est, d'avoir
grand pour les commissaires
pas un forfait assez ils devoient en comblerl la
Polverel et Sonthonax; d'attentats inutiles et gramesure par cette foule tous leurs pas, et qui proutuits qui ont marqué
efforts étoit bien moins
vent que le but de leurs
le pillage et la
des nègres que colonies.
Yaffanehisement florissante des
dévastation de la plus été leur politique 3 pourSi telle n'avoit pas
au même instant
occupés
quoi se seroient-ils de rétablir Flesclavage2P Pourdu projet d'abolir et
à employer la
quoi d'un côté se préparoimntils révoltés, tandis que de
force contre les nègres
ne l'étoient pas
ceux qui
T'autre ils poussoient
Le reproche
et à Tassasinat?
une
à Tinsurrection
abominable n'est pas
d'une manceuvre aussi
de leurs
il résulte du rapprochement de
calomnie;
C'est ici le cas rappeler
actions simultanées,
faisoit des dispositions
qual Tépoque ou Sonthonax
employer la
quoi d'un côté se préparoimntils révoltés, tandis que de
force contre les nègres
ne l'étoient pas
ceux qui
T'autre ils poussoient
Le reproche
et à Tassasinat?
une
à Tinsurrection
abominable n'est pas
d'une manceuvre aussi
de leurs
il résulte du rapprochement de
calomnie;
C'est ici le cas rappeler
actions simultanées,
faisoit des dispositions
qual Tépoque ou Sonthonax --- Page 115 ---
DE SAINT-DOMINGUE
disoit-il, les brigands
militaires pour soumeltre,
Saint-Marc,
du nord, Pinchinat, envoyé parluià
souffloit Tesprit de révolte aux nègres tranquilles
De plus, au moment où
de cette dépendance.
de poste en poste
le sang des rebelles, poussés couloit à la Marpar MM. de Nully et Laveaux,
du
la Grande-Rivière, ceux
melade, au Limbé,àl
et de la province de
Port-de-Paix, du Borgne,
maire de
T'ouest, soutenus parle mulâtre Savary,
continuoient leurs brigandages et en
Saint-Marc, les profits avec les gens de couleur.
partageoient fut dans ce même temps que, 2 favorisée
Enfin ce
blanche acquit la
par le hasard, la population
les mulàtres,
certaine d'une coalition entre
preuve
les commissaires et les brigands.
Les révoltés de Jean Rabel, cernés de toutes
n'avoient pas, comme ceux du Dondon et
parts,
la facilité de commercer: avec
dela Grande-Rivière,
étoientles habitans de la partie espagnole; 2 aussi
ils moins bien armés et manquoient-ils de muen priver totanitions. Il ne falloitdonc, pourles
les
lement, que les bloquer par mer comme on
serroit
terre. Ce fut la mesure qu'adopta le
commandant par de la station, et que le commissaire
n'osa pas empécher. Une chaloupe canonnière,
dans ces parages, eut ordre d'arrêter
envoyée
qui s'en approcheroient
toutes les embarcations
voudroient en sortir. Au bout de quelques
ou qui --- Page 116 ---
RÉVOLUTION
jours,
fut'pris. Ce bateau, qui
la côte,
EeE
été rencontré sur
avoit des expéditions
appartenoit à un mulâtre,
fit des aveux, et
signées de Savary. Le patron
jusqui prouvèrent
découvrit des particularités hommes de couleur fourqu'à l'évidence que les
aux nègres, 2 qui les
nissoient des munitions
On dressa
avec le fruit de leurs rapines.
du
payoient
La municipalité
du tout ui proces-verhal. du Cap et à la commission
Mole T'envoya à celle
la fn de cette affaire
intermédiaire. On attendoit
Tautorité
aecimpatience, lorsqu'on apprit que moindres
dictatoriale avoit anéanti jusqu'aux tous les docuen brolant
traces de la procédure,
la constatoient. Ce
mens et tous les papiers ordonné qui
par Sonthonax,
pumypanaheaieareate étoit enregistré au
d'Ogé, qui
du testament
est suffisant pour convainere
greffe du conseil,
les plus incredules.
réflexions dut faire naitre
Quelles douloureuses
Mais tout se
cel acte du plus viclent despolisme! les menaces; ;
là. On intimidoit les uns par
borna
Tespoir de la faveur,
les autres étoient gagnés par
La ville de
sur tous par Tépouvante.
on régnoit
son premier magistrat,
Saint-Marc, trahie par
Pinchinatlavoit emn'osa pas même se plaindre.
mis hors
M. de Congne, et ce dernier,
porté sur
des commissaires,
la loi par une proclamation
tout se
cel acte du plus viclent despolisme! les menaces; ;
là. On intimidoit les uns par
borna
Tespoir de la faveur,
les autres étoient gagnés par
La ville de
sur tous par Tépouvante.
on régnoit
son premier magistrat,
Saint-Marc, trahie par
Pinchinatlavoit emn'osa pas même se plaindre.
mis hors
M. de Congne, et ce dernier,
porté sur
des commissaires,
la loi par une proclamation --- Page 117 ---
I07
DE SAINT-DONINGUE
ceux-là même aux intérêts despuis assassiné par
quels il s'étoit dévoué, ne pouvoit plus opposer du
aux progrès toujours croissans
son courage
et de la tyrannie.
philosophisme vaincu par les murmures et les
Sonthonax,
de la ville di Cap, se préparoit
représentations
révoltés de la partie
à faire la guerre aux nègres
et ses
du nord (1). Connoissant ses principes Saintbien quela prospérité des
projets,on pense
être le but de ses disDomingue ne pouvoit pas
tout se bornat
positions. Il eut soin en effet que
inutilement versé. Je crois devoir entrer
à du sang
audans quelques détails sur cette campagne qui
rétablir l'ordre dans la colonie, si on avoit
roit pu
des succès des blancs ; mais qui,
voulu profiter
cherchoient
conformément aux voeux de ceux qui
seulement à la détruire, ne fit qu'aggraver sa situation déplorable.
étoit d'acculer les
Le but de cette expédition
révoltés dans le bassin de la Grandeesclaves
simulRivière, en resserrant, par un mouvement
les cordons de l'est et de louest. Cet objet
tané,
colonne sortie du Cap, après avojr
rempli, une
devoit pénétrer dans
forcé le poste dela Tannerie,
les nègres sans relàche jusla vallée, poursuivre
(1) Décembre 1792. --- Page 118 ---
RÉVOLUTION
qu'aux issues occupées par les autres
blanches, et les forcer ainsi de
troupes
se rendre à discrétion.
combattre ou de
La réussite de ce plan
la garde nationale;
exigeoit le concours de
à son organisation, mais plutôt que de consentir
blir les volontaires Sonthonax aima mieux rétaproscrits,
à pied et à cheval qu'il avoit
pillés, assassinés le
telle marque de confiance
19 octobre. Une
par leur plus cruel
domnécacesd deux corps
honorable
ennemi étoit d'autant plus
leur haute pour eux, qu'ils ne la devoient qu'à
réputation. Celle-ci devoit
sur des titres bien
être fondée
respectables,
pour rassurer Sonthonax,
puisqu'elle suffit
sont tous les tyrans. A ombrageux comme le
elle
peine sa résolution futconnue, que tous les habitans honnêtes
réunirent à la Fossette
se
mandans. Le choix pour nommer leurs comtomba sur M.
pour les volontaires à
Dessources,
les
pied, et sur M. de
pour
volontaires à cheval. Ces deux Russy,
jouissoient de l'estime
colons
talens et aux
générale; ils joignoient aux
qualités qui distinguent le militaire
intrépide les vertus qui décorent
et font Tutile
l'honnéte homme
citoyen.
Aujour convenu, M. de Nully (1) sei mitle
pre-
(1) Il étoit lientemant-colonel du
Soubise, ct comnandoit lc cordon de l'ouest. régiment de Rohan-
y,
jouissoient de l'estime
colons
talens et aux
générale; ils joignoient aux
qualités qui distinguent le militaire
intrépide les vertus qui décorent
et font Tutile
l'honnéte homme
citoyen.
Aujour convenu, M. de Nully (1) sei mitle
pre-
(1) Il étoit lientemant-colonel du
Soubise, ct comnandoit lc cordon de l'ouest. régiment de Rohan- --- Page 119 ---
109.
DE SAINT-DOMINGUE
et fit attaquer à la fois huit
mier en marche,
formant une chaine qui
postes des rebelles,
jusqu'à l'extrémité
s'étendoit de la Marmelade
furent victodu Limbé. Tous ses. détachemens avoit chargé
de 'celui qu'il
rieux, à T'exception
L/homme
d'enleverla position du Petit-Thouars.
étoit un officier patriote,
qui le commandoit
ses bassesses et sa
abhorré à la Marmelade par
menacer les
qui avoit osé un jour
tyrannie ,
de cette paroisse
habitans les plus respectables
traitoit de
les vexeretl les piller,ilt
(que, pourmieuxl les faire atteler à une charrette, si
royalistes) de
les mulets
dans une heure ils ne lui foumissoient dont cet
avoit demandés. M. de Nully,
quilleur
vint lui-méme rallier
échec retardoit la marche,
se mit à leur
les troupes qui T'avoient éprouvé,
tête et emporta le poste.
du cercle
la circonférence
Par cette opération,
trouva tout à coup réformoientles) blancs se
que dela moitié. Au lieu d'embrasser Plaisance,
trécie
PAcul et la Soufrière, le cordon parle Limbé, Marmelade et venoit en droite ligne au
toit de la
situé à deux petites lieues du
morne aux Anglais,
Il avoit été convenu que
camp du Haut-du-Cap. feroit de son côté la même male cordon de l'est
les mornes du
nceuvre, et qu'apris.avoir balayé
il vienMoka, des Berevisses, et de Sans-Souci, de la
droit s'établir sur les hauteurs orientales
rière, le cordon parle Limbé, Marmelade et venoit en droite ligne au
toit de la
situé à deux petites lieues du
morne aux Anglais,
Il avoit été convenu que
camp du Haut-du-Cap. feroit de son côté la même male cordon de l'est
les mornes du
nceuvre, et qu'apris.avoir balayé
il vienMoka, des Berevisses, et de Sans-Souci, de la
droit s'établir sur les hauteurs orientales --- Page 120 ---
RÉVOLUTION
celuidetouest,nailte
tandis que
Grande-Rivière,
du Dondon;
delachaine edhentle,demparcoaite sortie du Cap, seroit,
ce but atteint, la colonne, informée de l'instant
par le moyen des signaux, son attaque sur le
favorable pour commencer
poste de la Tanneric.
il n'y eut
Mais, soit ignorance ou perfidie, des difd'ensemble dans les mouvemens T'échec du
point
Outre le retard causé par
de
férens corps.
du cordon
le commandant
Petit - Thouars, lenteur ou de mauvaise volonté
T'est mit tant de
jamais parvenir à
dans sa marche, quil ne put avoient été indiquées.
hauteurs quil lui
occuperles
sans motif au Fort-Dauphin
D'abord il rentra
en être sorti; puis,
vingtquatre heures après
de
d'un
nigresatAeul
s'étant rendu maitre
poste la nuit suivante; enfin,
de-Samedi, il y fut forcé
Candy, qui refusa
privé de Tappui du mulâtre sans dire pourquoi,
constamment de le joindre
Le Sec, dévit
trois fois aul camp
ce
il se repoussé
de couleur,lequel, dans
fendu par un homme
main un frère qui lui
combat, tua de sa propre
avoit sauvé la vie.
cordon de l'est, en mondu
Le commandant
contrastoit avec la jactrant une impéritie qui
fut pas le scul qui
tance de ses dépêches, ne
M. Lasuccès complet. del Tespédition,
nuisit tau
sous ses ordres immédiats
veaux, général, ayant --- Page 121 ---
III
DE SAINT-DOMINGUE
sorties du Cap, fit aussi beaucoup
les troupes
et par son impétuosité.
de mal par son impatience cette. colonne ne se
Puisquil avoit été décidé que
deux COTqueles
en
mettroit mouvement quialors
de ses avandons seroient en mesure de profiter lun fat maitre
tages, il étoit indispensable que les sommets
du Dondon, et que l'autre occupât des Ecrevisses ; en
ét les gorges du Bois-Blanc et
au centre et
avant de rien entreprendre
un mot,
falloit avoir complété le cercle en
sur le front, il
de la camarrière et sur les ailes. Le avantages Les britenoient à cette seule disposition.
pagne
de toutes parts, se seroient, avec
gands, resserrés
repliés et accud'autant plus de vraisemblance,
que le
mulés vers le bas de la Grande-Rivière, même terrain
construit sur le
fort de la Tannerie,
avoit placé jadis quatre
où M. de Belsunce ()
eux comme une
canons, étoit regardé par
gros
d'ou les blancs ne parviendroient jamais
citadelle
à les chasser.
signal, M. Laveaux se mit
Au lieu d'attendreles
son corps en trois
après avoir partagé
en marche, dontil confia le premier à M. Dudétachemens, 2
sa bravoure et ses sucbuisson, créole connu par
lientenant-colonel
cès; le second à M. Després,
et le troisième à M. Desgouttes,
du 410 régiment;e
(1) Ancien gouverneur de Saint-Domingue.
adelle
à les chasser.
signal, M. Laveaux se mit
Au lieu d'attendreles
son corps en trois
après avoir partagé
en marche, dontil confia le premier à M. Dudétachemens, 2
sa bravoure et ses sucbuisson, créole connu par
lientenant-colonel
cès; le second à M. Després,
et le troisième à M. Desgouttes,
du 410 régiment;e
(1) Ancien gouverneur de Saint-Domingue. --- Page 122 ---
RÉVOLUTION
di112
Ainsi
officier distingué de Royal-Auvergne. Bérard
Tarmée s'avança sur les habitations M. Duvisée,
et dès le lendemain
et Laugardière; ;
en forçant le poste
buisson commenca T'attaque
Millot.
nègres
à les tourner, les
ealentresnaasie
queles
des blancs préts
A la vue
fuite. M. Dubuisson se rapbrigands prirent la
livra aux flammes tous
ensuite du centre,
ceux-ci
procha
des révoltés, et contraignit
les petits postes dans le fort.
de se réfugier
commandoit M. Després
Le détachement que Phabitation Bullet, et
reçut ordre de passer par
par le côté
dans la Grande-Rivière
de pénétrer
C'étoit sur ce dernier point,
opposé àla Tannerie.
Tattention générale
important de tous, que
de la Tanle plus
fixée. Lattaque
étoit partiadlisrement
la colonne du centre.
nerie devoit être faite par
tenoit à la prise
Tout le succès de Texpédition T'aide de quelques prisonde cette redoute. A
avoient fortifié une poniers blancs, les nègres
de la
comme la plus avantageuse toute
sition regardée
et profond coupoit
colonie. Un fossé large
cet obstacle vaincu,
communications avec la plaine; d'arbres destiné
à travers un abattis
il falloit passeri
des troupes; on ne pouvoit
à entraver la marche du fort qu'en faisant un
approcher autrement
un morne exposé
grand détour, ou en gravissant formidable; des deux côtés
all feu d'une artillerie
, les nègres
de la
comme la plus avantageuse toute
sition regardée
et profond coupoit
colonie. Un fossé large
cet obstacle vaincu,
communications avec la plaine; d'arbres destiné
à travers un abattis
il falloit passeri
des troupes; on ne pouvoit
à entraver la marche du fort qu'en faisant un
approcher autrement
un morne exposé
grand détour, ou en gravissant formidable; des deux côtés
all feu d'une artillerie --- Page 123 ---
DE SAINT-DOMINGUE
égal et imminent. Battre en
le péril paroissoit
de temps et n'eut aboutià
brèche auroit exigé trop
qu'on n'avoit que trois pièces de six à
rien, parcec
de
calibre. M. Laopposer à quatorze canons gros oùr il se trouque, dans la position
veaux comprit
voit, et avec l'ennemi qu'ilavoit à combattre,Taudonner la victoire. En consédace seule pouvoitlui
de ligne de marquence, il ordonne aux troupes hésiter. Alors, les
cher en avant, elles paroissent Dessources à leur
volontaires à pieds'offrent, M.
remplir les intentions du général. Cette
tête, pour
prend le chemin du morne,
jeunesse intrépide
au feu dont les
s'avance vers le fort sans riposter
brigands la foudroient et sans éprouver de perte.
dieu tutélaire veillàt sur elle.
Il sembloit qu'un
dévouement suL'armée entière, touchée de ce
de le témoigner par des
blime, ne peluts'empêcher
une heure de
cris d'admiration. Parvenus, après
un
aussi élevé que le fort, les
marche, sur platean
haleine un instant; bientôt
volontaires reprennént acclamations dont ils sont l'obencouragés par les
du
et
lesmouvemens de la colonne centre,
jet, par
del M.Desprès, ilss s'élancent
parfapprochedecallec
dans les
sur les retranchemens, se précipitent
fossés et les embrasures. Biassou ne sait plus se
défendre. A la vue de l'infanterie qui escalade
le mur, au bruit de la cavalerie qui s'ébranle dans
l'effroi s'empare de lui; il craint de
la plaine,
TOM. 2.
colonne centre,
jet, par
del M.Desprès, ilss s'élancent
parfapprochedecallec
dans les
sur les retranchemens, se précipitent
fossés et les embrasures. Biassou ne sait plus se
défendre. A la vue de l'infanterie qui escalade
le mur, au bruit de la cavalerie qui s'ébranle dans
l'effroi s'empare de lui; il craint de
la plaine,
TOM. 2. --- Page 124 ---
REVOLUTION
monte à cheeffectuer sa retraite,
ne pouvoir
le champ de bataille; ses solval, et abandonne
Tout fuit, tout se
dats suivent son exemple. vainqueurs entrent dans
disperse;l les volontaires flottant dans les airs
le fort, et leur drapeau boulevard des rebelles a
annonce alarmée que le
cédé à leurs efforts (1)-
déroute.
De cet instant, ce ne fut plus qu'une
M.de Russy,pénétra
commandéepart
Lacavalerie,
et poursuivit
dans la plaine dela Grande-Rivière, des nègres étoit bien
Mais la cause
les fuyards.
leur lacheté, qu'elle n'eàt pu
mieux servie par
indomptable. La diffiTêtre par le courage le plus
la faute qu'on
culté de les atteindre fit connoitre tôt. Il auroit
avoit commise en les attaquant trop devoit étrele
fallu les entourer 9 ,les circotserire;teld et de toutes les
résultat des diverses manceuvres MI. Laveaux, par sa
dispositions de la campagne. du cordon de T'est,
précipitation, le commandant
mesures habises lenteurs, firent manquerdes àl'orient de la
par concertées. Les montagnes
lement
celle du Dondon n'étant point
Grande-Rivière et
les révoltés engagnèrent
occupées par les blancs 2
suivi
les plus élevés. Jean-François, sur eux
les, points
soldats, et reprenant
de ses meilleurs
lui avoit long-temps disl'empire que Biassou
(1) 18 janvier 1795.
ant
mesures habises lenteurs, firent manquerdes àl'orient de la
par concertées. Les montagnes
lement
celle du Dondon n'étant point
Grande-Rivière et
les révoltés engagnèrent
occupées par les blancs 2
suivi
les plus élevés. Jean-François, sur eux
les, points
soldats, et reprenant
de ses meilleurs
lui avoit long-temps disl'empire que Biassou
(1) 18 janvier 1795. --- Page 125 ---
DE SAINT-DOMINGUE
Thabitation Pivetéau, résolu
puté, s'arrêta sur
le terrain, et à fatiguer
à défendre pied à pied
les blancs par une guerre de détail et de postes.
de ralentir sa marche parce
M. Laveaux, oblige
avoit
qu'il ignoroit cequi se passoit aux' ailes, y
deux courriers : leur retour lui apprit
expédié M. de Nully, relardé par les pluies et les
que
chemins, s'étoit pourtant rendu maitre
mauvais
le
de l'estse
du Dondon ; mais que commandant
lui
trouvoit encore bien loin des positions qu'il
avoit été ordonné de prendre. Il fut arrété qu'on
agiroit sans lui. D'après le nouveau. plan convenu
entre M. Laveaux et M. de Nully, le premier,
détachement de cavalerie, força le
avec un simple
de cette
fut
Piveteau. L'honneur
journée
camp entièrement du à cette arme ; malgré la présence et les efforts de Jean-François, les nègres,
épouvantés de la mort de plusieurs de leurs chefs,
cherchèrent leur salut dans la fuite. Quatre cents
d'entre eux, rencontrés par M. de Nully, incapables de résister à une seconde attaque, offrirent
de se rendre, et mirent bas les armes (1).
Ce succès, en prouvant la bonté du plan
de campagne, faisoit regretter justement qu'il
n'eût pas été mieux exécuté. On avoit d'autant
plus lieu de le déplorer, que les nègres, re-
(1) Moniteur de Saint-Domingue des 20, 22,24,a8janvier
d'entre eux, rencontrés par M. de Nully, incapables de résister à une seconde attaque, offrirent
de se rendre, et mirent bas les armes (1).
Ce succès, en prouvant la bonté du plan
de campagne, faisoit regretter justement qu'il
n'eût pas été mieux exécuté. On avoit d'autant
plus lieu de le déplorer, que les nègres, re-
(1) Moniteur de Saint-Domingue des 20, 22,24,a8janvier --- Page 126 ---
NÉVOLUTION
à travers les
du Dondon, se portèrent
vers le
poussés orientales de la Grande-Rivière, s'arrêta
hauteurs
Jean-Francois
Moka et les Eerevisses.
trèselevé, où M. de
Gerbier, piton
par des prisuribabitation
On sayoit
Nully parvint à T'entourer. étonnés de la persévésonniers que les rebelles,
plusieurs fois délirance des blancs, avoient déjà
des troupes
Le commandant
béré de se soumettre.1 à la frontière avoit donné
espagnoles stationnées
de toutes ses
dhonneur quilsopposeroit
de Sa
sa parole
des brigands sur le territoire
forces à T'entrée
Encouragé par tant de motifs
Majesté Catholique.
instruisit M. Laveaux
d'espérance, M. de Nully faites, et le pria de
qu'il avoit
T'atdes dispositions
en commencant
concourir à leur exécution
toute réponse, il
taque avec sa colonne. Pour à rentrer au Capapprit que T'armée se inattendue, disposoit les troupes du
A cette nouvelle frémirent de colère et dindignacordon de l'ouest
affecté que personne, pria
tion. M. de Nully, plus
par une retraite
M. Laveaux de considérer que, le fruit de la camil perdroit tout
si précipitée,
efirentinutiles.Ehlgue
pagne. Cosrepmbsentationaf
absolue du comcontre la volonté
de l'ouest
paivoientele cevilToutefoisl le commandant
de
missaire
Il demanda la permission
ne se rebuta pas.
seules
les révoltés,
meurmntrqiavecle
poursuivre
il espéroit les réduire
forces à sa disposition,
aux de considérer que, le fruit de la camil perdroit tout
si précipitée,
efirentinutiles.Ehlgue
pagne. Cosrepmbsentationaf
absolue du comcontre la volonté
de l'ouest
paivoientele cevilToutefoisl le commandant
de
missaire
Il demanda la permission
ne se rebuta pas.
seules
les révoltés,
meurmntrqiavecle
poursuivre
il espéroit les réduire
forces à sa disposition, --- Page 127 ---
DE SAINT-DOMINGUE
Sonthonax lui répondit par
avant quinze jours.
dans des
l'ordre de faire cantonner ses troupes
positions qui lui furent indiquées. les
de
Il n'est pas inutile de rappeler que avoient gens fait
couleur, réunis en un seul corps,
On réforme difficilement
partie de Texpédition.
vraiau moral qu'au
la nature; cetaxiome est aussi
et traités à
physique. Les mulâtres qui, employés
l'instar des autres troupes, ne s'étoient distingués
leur exigeance et leur mutinerie,
à l'armée que par
d'orgueil et d'imredoublèrent de prétentions,
après leur retour en ville. Les gràces
pertinence
comme si Thonneur de
leur: furent-p prodiguées
dans
leur eût été du. Ils entrèrent
la campagne
dans la marine,
les bureaux, dans les régimens,
de
dans les tribunaux. de justice. Non contens
ils affectèrent une audace et une
tout envahir, devinrent aussi intolérables que
insolence qui
Persuadés que
leur crédit paroissoit puissant. droit de
décrétée leur donnoit le
proT'égalité les blancs dans un combat particulier,
voquer
effrontément raison d'un geste, 2
il demandoient
du silence. Ce fut
d'un regard, et même..
M. Laveaux ne put s'empécher,
au point que
de témoigner le médans différentes occasions,
celte caste lui inspiroit
pris et Tindignation que
par ses fanfaronnades.
Sonthonax à SaintPinchinat, envoyé par --- Page 128 ---
RÉVOLUTION.
réussi dans sa misMarc, avoit parfaitement du vivant de M. de
sion. Cette ville qui,
à T'énergie de son caraetére,avoit
Coagne, et grâce
civils, s'en accusoit acrésisté aux commissnires
broloit de Textuellement comme d'un crime, enceinte les déde posséder dans son
que,
pier.et la nation. On doit se rappeler
légués de
soit jeu convenu entre
soit diversité d'opinion; n'étoient point d'aceux, Polverel et Sonthonax fiscales de la commiscord sur les opérations
avoit défendu par
Le premier
avoit
sion intermediaire.
ce que son collègue
plusieurs proclamations Une entrevue ponvoit
approuvé par les siennes. Letablissement de
seule faire cesser ce scandale.
le seul motif
n'étoit pas
de
T'impôt subventionnel à la désirer. Il venoit
qui engageoit Sonthonax navires (1) arrivés de France,
recevoir, par deux
et immorales que
celte foule de lois tyranniques au commenceavoit promulgees
qui
la convention
faveur des commissaires
ment de sa session, ,en armées et dans les départela representoient aux
provisoire y avoit joint
mens. Le conseil exécutif
de préfé-,
oi il recommanidoit,
des instructions, énergiques et révolntionnaires.
rence, les mesures
le 18 novembre 1793,
(1) Le Lutin, parti de Rochefort 1793, apportérent
partic de Brest le 14 janvier décembre I 792.
et la Loire, sduszaoht, du 8 Bnovenbrectdajod
lesdécrets
les départela representoient aux
provisoire y avoit joint
mens. Le conseil exécutif
de préfé-,
oi il recommanidoit,
des instructions, énergiques et révolntionnaires.
rence, les mesures
le 18 novembre 1793,
(1) Le Lutin, parti de Rochefort 1793, apportérent
partic de Brest le 14 janvier décembre I 792.
et la Loire, sduszaoht, du 8 Bnovenbrectdajod
lesdécrets --- Page 129 ---
DE SAINT-DONINGUE
Sonthonax, au comble de ses veux,maitre
Ainsi,
tenoit dans ses mains
absolu de Saint-Domingue, embarrassé que du
la torche fatale, et n'étoit plus
les rale plus prompt d'en propager
moyen
vages. Précisément à la même époque, une insurrecla
du Cul-de-Sac,
- tion nouvelle éclata dans plaine
léxéet offrit aux commissaires un prétexte pour
desseins. M. Borel, capitaine
cution de leursvastes
avoit de trop grandes
général du Port-au-Prince,
à vivre
vengeances à exercer pour se résoudre
le repos sembloit être un tourment
tranquille; àme altière et haineuse; et la conduite
pour cette
audacieux, plus indes mulàtres de T'ouest, plus
ceux du nord, n'étoit rien moins que
soléns que
aussi un
propre à adoucirl Tapreté de ce caractère; la ville du
état de guerre subsistoit toujours entre
La
Port-au-Prince et la plaine du Cul-de-Sac.
maréchaussée de la Cvoix-des-Beuquets, 2 qui
d'esclaves pris dans
étoit composée. en partie
eut ordre
les ateliers de différentes habitations,
de marcher contre les nègres révoltés, fut rebattue. M. de Jumécourt, maire de
poussée et
réclama T'assistance du
la Croix-des-Benquets,
montroient
Port-au-Prince. La répugnance que
les mulâtres à sortir de la ville, s'ils n'étoient
formés en un corps distinct comme au
pas
l'envoi du secours demandé. Sur
Cap, retarda --- Page 130 ---
RÉVOLUTION
convoi de vivres et de munices entrefaites, un
taillée en
été intercepté et T'escorte
tions ayant
postés sur Thabitation
pièces par les brigands de
cents homSanto, M. Borel, à la tête quinze
vint à
marcha contre eux. M. de Jumécourt
mes,
prix de son zèle et des renseisa rencontre; pour
fitarréter
qu'il venoit donner,M.Borellef
gnemens conduire dans la prison du Port-au-Prinee.
et
ait suffi à M.Borel
Que le crime d'aristocratie
de
motiver un acte aussi arbitraire; que.M.
pour
et ancien gouverneur
Comnd,mmedald-anp le lendemain le même
intérim, ait éprouvé
par
le même prétexte; que la populace
sort et sous
indifférence et même avec
blanche ait vu avec
habitans respecTarrestation de ces deux
plaisir
mais non pas la conduite
tables, cela se conçoit, témoins et, pour ainsi
des hommes de couleur
Leur silence
dire, complices de cette perfidie.
de leur
immobilité donnèrent la mesure
et leur
T'armée rentra
ingratitude. Après cet exploit, resortir plus nomau Port t-au-1 Prince pour
tard. Elle renbreuse encore deux jours plus
un
près de la rivière; après
contra les brigands
la fuite,
d'une heure, ceux - ci prirent
combat
au Fondsuivant leur coutume, et se retirèrent
Parisien.
dans la province de
Le désordre qui régnoit
d'oit le nouveau goul'ouest et au Port-au-Prince
rent la mesure
et leur
T'armée rentra
ingratitude. Après cet exploit, resortir plus nomau Port t-au-1 Prince pour
tard. Elle renbreuse encore deux jours plus
un
près de la rivière; après
contra les brigands
la fuite,
d'une heure, ceux - ci prirent
combat
au Fondsuivant leur coutume, et se retirèrent
Parisien.
dans la province de
Le désordre qui régnoit
d'oit le nouveau goul'ouest et au Port-au-Prince --- Page 131 ---
12I
DE SAINT-DOMINGUE
avoit été obligé de se
verneur, M. de La Salle,
trouvoit dans
retirer; la résistance que Polverel du sud, et le
de la province
les corps populaires la ville de Jacmel "faisoit de ses
peu de cas que
motifs
pour provoordres, étoient des
puissans des deux commisquer et hâter une entrevue avoient été chargés
saires. Delpèche et Dufay
la nécessité à son
Sonthonax, d'en démontrer
par
avant de quitter les Cayes,
collègue. Celui-ci, de Jérémie qui venoit le
reçut une dépatation
afin de juger
prier de se rendre à la Grande-Anse, étoient fondées les
par lni-méme, combien peu de couleur. Les déplaintes de quelques hommes
de tout ce
putés lui remirent un exposésticcinet depuis la
qui s'étoit passé dans leur dépendance Polverel les
de la loi du 4 avril.
le
promulgation
et se tournant vers
reçut d'un air dédaigneux,
présent : K Soyez tranquille,
mulâtre Rigaud, ferai rien sans vous avoir conlui dit-il, je ne
de vue les intérêts de
sulté. Je ne perdrai pas
manifestée sans
votre couleur. ) Cette partialité, irrévocablement
pudeur, et résultat d'un système
habitans
inspira de tristes réflexions aux
adopté,
Comment lutter avec les foibles
de Jérémie.
contre la puissance
moyens de quatre paroisses ,
les intrigues et
dictatoriale, encore fortifiée par
Comment
des hommes de couleur?
les complots
bouleversé toutes
éviter la secousse qui avoit déjà
é. Je ne perdrai pas
manifestée sans
votre couleur. ) Cette partialité, irrévocablement
pudeur, et résultat d'un système
habitans
inspira de tristes réflexions aux
adopté,
Comment lutter avec les foibles
de Jérémie.
contre la puissance
moyens de quatre paroisses ,
les intrigues et
dictatoriale, encore fortifiée par
Comment
des hommes de couleur?
les complots
bouleversé toutes
éviter la secousse qui avoit déjà --- Page 132 ---
RÉVOLUTION
colonie? D'un autre côté, la foiles parties de la
d'autant plus
blesse pouvoit avoir des suites
les colons de la Grande-Anse,
dangereuses puur
d'énergie et de couqu'ils avoient déployé à plus la loi seroit une égide
rage. La. sonmission
prouvé qu'on n'en vouimpuissante ;il étoit trop vérité, sentie de tous
loit pas Texécution. Cette le seul parti qui conles habitans, leur suggéra d'obéir, sans comprovint au umoment, celui lois émanées de la mémettre leur existenceyaux' la force aux proclamatropole ; mais d'opposer quand au lieu d'éclaircir
tions des commissaires, T'altèereroient au détrile texte de ces. lois, elles
ment de la colonie.
T'énergie des habitans
Polyercl, qui commoissoit
à la prière
ne céda point
de celte dépendance, arrêter en passant. Il se
qu'ils lui firent de sy
oùt son collèrendit en droite ligne à Saint-Marc jours (1). La frégue T'avoit précédé dequelques mouillée, que
gate qui le portoit étoit à T'attendre peine sur la plage: -
Sonthonax lui-méme vint
immense, allèrent
Tous deux,suivis d'un cortège
afin de
ensuite à T'église,
à la maison commune, ? des actions de gràces
rendre à TEtre-Suprème promettoit un si beau
pour T'avenir heureux que
Thymne
speu,lons avoit tregudeFrancel
jour.Depuisy
(1) Le 4 mars 1793.
portoit étoit à T'attendre peine sur la plage: -
Sonthonax lui-méme vint
immense, allèrent
Tous deux,suivis d'un cortège
afin de
ensuite à T'église,
à la maison commune, ? des actions de gràces
rendre à TEtre-Suprème promettoit un si beau
pour T'avenir heureux que
Thymne
speu,lons avoit tregudeFrancel
jour.Depuisy
(1) Le 4 mars 1793. --- Page 133 ---
DE SAINT-DOMINGUE remplaSonthonax ordoina qu'elle
marseillaise.
le Te Deun dans les occasions
ceroit désormais T'usage alopté par Ja métrosolennelles, suivant dAmour saré de la patrie, oil
pole. Au couplet
le font courbé vers la
le vit tomber à genoux
mieux se pénéet se erecueillir comme pur
terre 2
sublime ecprimé dans cette
trer du sentiment de la repésentation une fois
strophe. Les devoirs
s'ocupèrent de T'objet
remplis, les commissaires
interL'arrêté de lacommission
de leur voyage.
étendu par eux à totela colonie. Illeur
PAPEES
futd'abord
se rouillerlarme
de ne paslaisers
importoitensuite de la conèntion. La guerre
quils avoient reçue
les
du Mirebalais et de la Croixdes-Bouquels, de quelques
troubles de Jacmel, ,et T'arresation autant de prémulatres à Jérémie, leur offrient
faire usage de ctte arme empoitextes pour
civile atribua tous ces désonnée:La commission àectt faction soutenue
sordres aux léopardins,
avoit ew dans
et protégée par tout ce damiurdens qu'ily
du clergé,
Passemblée constituante
qui, toujours
de la noblesse et de la monarcie; ennemie de
aux lois, rivale € non
réfractaire
n'avoipas perdu le fol
Pancien gouvernement, la colonie a Lindipendance.
espoir d'élever
lasainte institution
Cétoit elle qui avoit profané eurôumens d'esclaves,
des clubs 2 et qui, par des
dans
et protégée par tout ce damiurdens qu'ily
du clergé,
Passemblée constituante
qui, toujours
de la noblesse et de la monarcie; ennemie de
aux lois, rivale € non
réfractaire
n'avoipas perdu le fol
Pancien gouvernement, la colonie a Lindipendance.
espoir d'élever
lasainte institution
Cétoit elle qui avoit profané eurôumens d'esclaves,
des clubs 2 et qui, par des --- Page 134 ---
n'avoit cessé de RAVOLUTION
colonial. En
provogier la ruine du
clamation mémetemps qu'ils
systeme
(1) dontces phrases publioient la procommissaires mirmt
sont
en
extraites, les
paroisses de la proince de réquisition les
à toutes les garde
Touest, et
quatorze
de se
ordonnèrent
réunir à nationales et troupes de
la capitale de Toust. Sant-Mare, pour marcher ligne
contre
Après la lectur-de
sembloit
cette
plutôt êune
proclamation,
le style des
déclaration de
quires
sauwges, le
guerre dans
envoya aux comnissaires Porl-au-Pince étonné
retinrent à Saint-farc. une députation
écrivit
Alors la
qu'ils
mise pour les asurer que la municipalité leur
aux antorits
ville, toujours souconnu un seul intant conatilinées, leur
n'avoit pas mése soustraire à la olonté caractère; ni
à la loi,
nationale. Sil prétendu
colons, disoit-lle, est tout ce
lobdisemee
ceux di Port-au.
qu'on exige des
craindre. La preve de notre -Prince n'ont rien à
témoignage de tas les hommes innocence est dans le
qu'avec le
de couleur
semblée proci-verbal des
libres,
général de la
délibérations de Tassous vos yeux enous comnmune, nous plaçons
En effet, soityar soumettons à votre justice,
mage à la véritt, les crainte, ou pour rendre hommulatres du Port-au-Prince
(2) Du 21 mara7g3. --- Page 135 ---
DE SAINT-DONINGUE
reconnurent dans leur adresse aux commissaires
avoient été accueillis par les blancs comme
qu'ils
dirent
les uns et les autres
des frères; ils
que
dont les disétoient soumis à la loi du 4 avril,
bienfaisantes avoient été remplies 2
positions
régnoit entre tous
puisque Tégalité la plus parfaite
de rien réles hommes libres. Il étoit impossible
dela commune entièrepliquer à cette déclaration droit de la recuser. La
Nulle autorité n'étoit en
civile avoit tort de se montrer plus
commission
la classe intermédiaire , et ne
exigeante que
mieux que celle-ci ce qui lui
pouvoit pas savoir la force de ces réflexions 2
convenoit. Malgré
tout le monde,
qu'elle-mème dut faire comme
dans ses projets de vengeance, et
elle persista
avec la plus
les préparatifs hostiles continuèrent
dans le
activité; mais toujours constans
grande
leur avoit si bien réussi, les comsystème qui
de
le sort del MM.de
missaires affectèrent plaindre
le
Jumécourt et de Coutard, et frent répandre
projetée contre le Port-aubruit que Texpédition but la délivrance de ces
Prince avoit aussi pour
deux colons.
comme
dans ses projets de vengeance, et
elle persista
avec la plus
les préparatifs hostiles continuèrent
dans le
activité; mais toujours constans
grande
leur avoit si bien réussi, les comsystème qui
de
le sort del MM.de
missaires affectèrent plaindre
le
Jumécourt et de Coutard, et frent répandre
projetée contre le Port-aubruit que Texpédition but la délivrance de ces
Prince avoit aussi pour
deux colons. --- Page 136 ---
RÉVOLUTION
CHAPITRE XVII.
DeAdresses
a Jérémie.
CNmsEtmd
faite des mulatres
de Saint-Marc.
sanguinaires de ceux
Fuite de
Siége du Port-au-Priace.
M. Borel à la Jamaique.
civils, il est
AvANT de suivre les commissaires à la commission
essenticl de revenir un moment alors parmi ses membres
intermédiaire, comptant Boissière) qui, par sa
un homme (M. Tanguy-la lui Tattention pubiftue,
attiroit sur
sont liés
singulanité, existence, ses écrits, ses projets dont ils
Son
événemens subsequens
intimement aux
Député par le club
facilitent même Tintelligence.
intermédiaire
auprès de la commission
son endes Cayes solliciter des secours en vivres,
afin de
la tévolution française, Texagé- T'obeisthousiasme pour
démocratiques,
ration de ses principes
ne cessoit de recomsance à la loi du 4avnl,quil --- Page 137 ---
DE SAINT-DOMINGUE
décidèrent en sa faveur le suffrage de
mander,
interméSonthonax et celui de la commission
enthousiaste
diaire qui se Taggrégea. Quelque
qu'il fot du régime populaire; quelque respect
témoignàt aux délégués de la république,
qu'il
ne tarda pas à s'aperceM. Tangay-la-Doisitre
combloit,
voir que la commission intermédiaire
des
et
sa lâcheté, la mesure
par son ineptie par
il pénétra les desseins
maux de Saint-Domingue;
malgré le voile dont ceux-ciles
des commissaires
de déchirer. Soit précouvroient, et qu'il Irésolut
résultante de l'originalité de son caracsomption
fondé sur des motifs qu'on n'a
tère, soit espoir
et fit
connus, il donna bientôt sa démission
pas
le discours qu'il avoit prononeé à ce
imprimer
voulu
sujet. Le rédacteur du Moniteurn'ayaut pas
l'insérer dans sa feuille,non plus que d'autres écrits
relatifs aux circonstances, M. Tanguy se procura
une presse et devint journaliste.
La hardiesse de sa conduite 2 les raisons qu'il en
donna, et surtout le premier numéro de son jourHrsasmamrnoamaat surles esprits.
Il devoitavoir en effet beaucoup.de courage pour
s'e exposer à la vengeance des deux conspirateurs
dont il dévoiloit le machiavelisme. Persuadé qu'il
n'obtiendroit rien par les moyens ordinaires, il
dédaigna les allusions insignifiantes, les apoloobscurs, trop foibles armes dont quelques
gues
se de sa conduite 2 les raisons qu'il en
donna, et surtout le premier numéro de son jourHrsasmamrnoamaat surles esprits.
Il devoitavoir en effet beaucoup.de courage pour
s'e exposer à la vengeance des deux conspirateurs
dont il dévoiloit le machiavelisme. Persuadé qu'il
n'obtiendroit rien par les moyens ordinaires, il
dédaigna les allusions insignifiantes, les apoloobscurs, trop foibles armes dont quelques
gues --- Page 138 ---
RÉVOLUTION
voulu tenter Tusage. Les prépersonnes avoient
civils pour
férences injustes des commissaires de la loi qui avoit déles mulâtres, 7 la violation
les
persécutions
terminé la mission des premiers,
du Cap,
eux contre la municipalité
exercées par
assemblées générales de la comTinterdiction des
commis au nom de la
mune, les actes arbitraires
contre la
la sentence de mort prononcée
déliberté,
les proscriptions qui
ville du Port-au-Prince, enfin la tyrannie qui s'appeuploient la colonie,
et dont on supportoit
pesantissoit de plus en plus,
mais contre laavec anxiété,
le joug avec peine,
empéchoit qu'on ne
quelle une terreur générale commissaires avec
réclamat, tout fut reproché aux
Il n'y eut
de fermeté par M. Tanguy.
de
beaucoup
coupé, ironique, rempli
pas jusqu'à son style
obscur à force
réticences et de fiel, quelquefois etvéhément,
souvent énergique
dec econeision,maiss
à sa célébrité.
qui ne contribuat
où Ton se trouvoit, oser
Dans les circonstances
à la plus tyrannic'étoit se dévouer
dire la vérité,
T'observoit très-bien
persécution; ; et, comme
et de
que
le sort futur de son ouvrage
M. Tanguy, 2
du moins à prouver si SaintT'auteur serviroit
devoit rester libre. Ce proDomingue pouvoit et
les patriotes
blème n'en étoit plus un que pour instruits en Euaveuglés. Tous les hommes la perte de la cosavoient très-bien que
rope
it se dévouer
dire la vérité,
T'observoit très-bien
persécution; ; et, comme
et de
que
le sort futur de son ouvrage
M. Tanguy, 2
du moins à prouver si SaintT'auteur serviroit
devoit rester libre. Ce proDomingue pouvoit et
les patriotes
blème n'en étoit plus un que pour instruits en Euaveuglés. Tous les hommes la perte de la cosavoient très-bien que
rope --- Page 139 ---
DE SAINT-DOMINGUE.
lonie avoit été arrêtée. Les colons, au contraire,
prenoient plaisir à s'abuser. Plus passionnés à
devenoient plus misérables, idomesure qu'ils
T'exlàtrant davantage la révolution depuis que
périence leur en avoit démontré les funestes
effets, ils continuoient à faire distinction des
choses et des personnes, séparer les nouveaux
d'avec les factieux qui les préconiprincipes
seroit l'insoient. Tout le bien qu'ils attendoient
faillible résultat des premiers., et le mal trop
réel dont on se plaignoit, devoit être exclusivement attribué à 1 la perversité et à la COTces
ruptionde ceux piewreadegadwpiger
mêmes principesà Saint-Domingue.
Rien n'étoit moins juste ni plus dangereux
Un système, quelque
que ce raisonnement.
spécieux qu'il soit en théorie, s'il.
beau, quelque
des malheurs dans la pratique,
ne produit que
surtout, où il faut
doit être, rejeté. En politique
calculer le choc des passions, T'expérience est le
maitre
convienne d'invoquer, le seul
seul
qu'il
l'on doive suivre. Il est très-facile,
guide que
en, idée un gouvernement
sans doute, d'organiser
crée sans peine une nouparfait; ; Timagination
dans le silence du
velle utopie. On n'éprouve,
cabinet, ni réaction ni résistance; et c'est en
cela
consiste l'attrait des spéculations polique
chez un
tiques sujettes à peu d'inconvéniens
TOM. 2.
--- Page 140 ---
RÉVOLUTION
et réfléchi; mais pouvant
peuple sage, tranquille les Aléaux sur une nation.
attirer le pire de tous enthousiaste, et dont la
naturellement légère, obtient T'aveu de ses fautes
vanité est telle, qu'on
au joug le
aisément que sa soumission
moins
et le plus honteux.
dout
plus tyrannique
volontaire et opiniatre
Cet avenglement d'être guéris, et qui a été
les Français sont loin
de la révolution, 9
l'une des causes prinoipales les colons de Saint-Dos'étendit à presque tous moins les yeux fascimingue. Ils eurent plus ou
des 'nounés ; ils ne virent pas que la contagion dès son' origine,
ayant triomphé,
comme
veaux principes
et de Thabitude
de T'empire des coutumes'
sages, il - n'y
des efforts de quelques personnes violent, une forte seavoit qu'un mouvement
qui pàt emen sens contraire, sortant tout à
enee,tmprimnée ruine totale, en les
péchier leur
leurs ennemis.
coup du cercle tracé par
ne fut pourvérité évidente et palpable
touCette
M. Tanguy;il se glorifia
tant pas saisie par continua de dire et d'imprijours d'être patriote, et la France vouloient le
la convention
désir
mer que
Quant à la France,le
honheur de la colonie.
être mis en doute;
quitlui supposoit ne pouvoit
un voeu coneht-elle manifesté à une époque M. Tanguy
et
rien. Mais
traire, cela ne prouvoit d'honneur à son gouverfaisoit beaucoup trop
M. Tanguy;il se glorifia
tant pas saisie par continua de dire et d'imprijours d'être patriote, et la France vouloient le
la convention
désir
mer que
Quant à la France,le
honheur de la colonie.
être mis en doute;
quitlui supposoit ne pouvoit
un voeu coneht-elle manifesté à une époque M. Tanguy
et
rien. Mais
traire, cela ne prouvoit d'honneur à son gouverfaisoit beaucoup trop --- Page 141 ---
a5i
DE SAINT-DONINGUE
de la
s'abusant sur le système
nement ; et en
il
rapport à Saint-Domingue,
convention par
produire le couempêcha l'effet qu'auroit pu Hempecinte. A
dont ses écrits portoient
on
rage
tonner contre la tyrannic quand
quoi bon
aux tyrans ? Que
fait un devoir de Tobéissance
quand on resert de dévoiler leurs complots, absolue à leurs
commande la soumission la plus
sembloit
ordres et à leurs volontés? Ce système irritoit
devoir être d'autant plus dangereus,qu'i sans
des commissaires
la haine et la vengeance fureurs. 1l falloit se taire
mettre un frein à leurs linsurrection. Si jamais
et obéir, ou résister par terrible
être pardoncette mesure violente et
d'un peut peuple entier
nable, c'est lorsquelexistence dans les circonstances que je
est menacée ; or, destruction totale des colons
décris, cétoit à la
civile. On auroit peulque visoit la commission
aules réunir tous contre: cetteinexorable
être pu
ohstination aveugle , M.
torité ; si, par une à tâche de calomnier sans
Tanguy n'avoit pris
les Liéopardits
cesse les royalistes, de présenter
civisme,
autant de martyrs du plus pur
comme
nationale comie une assemblée de
la convention
Péthion, comme le magistrat
sages, etlhypoerite
vertueux.
le plus respectable et le plus et à T'intolérancé
Aussi, gràce à la prévention but fut manqué,
politique de ce journaliste, son --- Page 142 ---
RÉVOLUTION
qu'à la détous ses efforts ne le conduisirent
et
le relégua
Un ordre des commissaires il
eut ni
portalion. vaisseaux de la rade : n'y
sur un des
ni mouvement
réclamation de la municipalité, attérés gardèrent
le peuple. Les patriotes
qui ne
parmi
silence; les royalistes, rirent
le plus profond
qu'un illuminé,
voyoient dans M. Tanguy
à grande
on avançoit
de sa chute. Cependant du drame. La première
pas vers le dénoument de l'ouest ayant été,
dépntation de la capitale
les commisje lai dit, relenue par une autre,
comme le commerce leur en envoya forces des
saires,
plus de succès- Les
qui n'eut pas
de celte province reçurent
quatorze paroisses Fordre de se tenir prêtes à marune seconde fois
municipal du Port-aucher. En vain le corps
aussi formidable,
Prince, effrayé d'un appareil
et d'en déd'en demander la cause,
et
nei cessoil
contre une ville soumise
montrer Tinutilité
on avoit bésoin d'un
obéissante; ; le sort étoitjeté:
et T'auprouvàt à la fois Tignorance foiblesse
exemple qui couleur, la discorde etla
dace desgens de
des blancs.
de Jérémie, dont
Une défaite des mulâtres
dans ces conà Saint-Marc
événela nouvelle parvint
commissaires un
parut aux
hâtèrent de profiter.
jonctures, favorable dont ils se
sur le Portment
destinée à fondre
Aussitôt T'armée
le sort étoitjeté:
et T'auprouvàt à la fois Tignorance foiblesse
exemple qui couleur, la discorde etla
dace desgens de
des blancs.
de Jérémie, dont
Une défaite des mulâtres
dans ces conà Saint-Marc
événela nouvelle parvint
commissaires un
parut aux
hâtèrent de profiter.
jonctures, favorable dont ils se
sur le Portment
destinée à fondre
Aussitôt T'armée --- Page 143 ---
DE SAINT-DOMINGUE,
au-Prince, fut grossie par les vagabonds de toutes
Bien
des esclaves enlevés de
les couleurs.
plus, ils revinrent dès qu'on cessa
chez leurs maitres, où
rendirent compte des moyens
de les surveiller, 2
les contraindre.
employés pour les séduire ou
Sonthonax, instruit de l'impression révoltante
cette mesure avoit produite, même sur
que
mulâtres, écrivit (1) à la
quelques propriétaires
défendre tout
municipalité de Saint-Marc pour
enrôlement d'esclaves, jqui étoit, disoit-il, une
violation de la loi fondamentale du régime des COlonies. En se soumettant au voeu exprimé par ce
commisaire,lecorpe municipal, presque entièred'hommes de couleur que la comment composé
inséra dans
mission civile dirigeoit et trompoit,
de Sonthonaxlui-meme: Que
sa réponse, ouvrage
rendre les esclavès
s'il étoit de son devoir de faire
à leurs maitres, , il ne létoit pas moins de prendre
une classe d'hommes qu'on
sous sa protection
les armant contre les
avoit cherché à égarer en
du même sang, avoient
muldtres; qui,formés
de solliciter laméle droit incontestable et sacré
lioration de leur sort.
deux
Cela n'a pas besoin dé commentaire, et
alors, des hommes de couadresses qui parurent
à
leur de Saint-Marc et de la Croix-des-Bouquets
(1) 15 mars 1795. --- Page 144 ---
RÉVOLUTION
de la colonie, peuvent encore plus
leurs frères
disoient les premiers, les
s'en passer. Entourons, faisons leur un,? remdélégués de la république, sont menacés. Que
part de nos corps, leurs jours sous les coups de nos
nos tétes tombent millefois laisser avilir un instant les
ennemis plutôt que de
enneinis tremblent
lois de la république: ! Que nos ardeur que nous
d'effroi en voyant la courageuse à anéantir cette, faction
allons mettre a attéreret trouve au Port-auinsolente, dont le foyer se revenirque le derPrincelJurons tous de népoint citoyens, régésoit exterminél Et wous,
nier. ne
ces scélérats criblés
nérés comme nous , wous que
autrefois petits
de dettes et de crimes appeloient bassement, ne wous
blancs ; vous, qu'ils caressent
perfides!
aller a leurs suggestions
cette
laisses point
de gnieséerasonse
Amissplus de repossplus la désolation jusque
wermine infecte qui porte reculés; songeons que
dans nos mornes les plus
impéricusement
les ennemis extérieurs défendent qui sont dans
de composer avec les agitateurs la mort cette terre
notre sein, et purifions par
encore/fumante de crimes. s'écrioient les mulâtres
Volons, chers amis, wers le siege du Portde la Creisede-Bouquets, TLOS bras ensanglantés,
au-Prince; plongeons ct de la perfidie, dans le
wengeurs du parjure d'Europe; ; asses et trop longsein de ces monstres
impéricusement
les ennemis extérieurs défendent qui sont dans
de composer avec les agitateurs la mort cette terre
notre sein, et purifions par
encore/fumante de crimes. s'écrioient les mulâtres
Volons, chers amis, wers le siege du Portde la Creisede-Bouquets, TLOS bras ensanglantés,
au-Prince; plongeons ct de la perfidie, dans le
wengeurs du parjure d'Europe; ; asses et trop longsein de ces monstres --- Page 145 ---
DE SAINT-DOMINGUE
nous avons servi de jouets à leurs passions
temps
insidieuses ; assez et trop
et à leurs manceuvres
nous a vons gémi sous unj joug defer.
long-temps
avec eux
Détruisons nos tyrans: : ensevelissons
moindre westige de notre ignominie;
jusqu'au
racines les plus profondes
arrachons jusqu'aux
les uns, intimides
cet arbre du préjugé; engages
dans
les autres ; promettes, menaces ; entraines
marche les citoyens blancs et wertueux ;
votre
chers amis, union, célérité, coumais surtout,
munitions de
rage! Amenes armes, bagages,
rallier
et de bouche, et venes de suite wous
guerre
commun. C'est là que nous devons
sous Pétendart
la nature, la loi,et
tous périr ou venger Dieu,
dansces climats.
Phumanitésike long-temps outrag gée
d'horreur.
de Saint-Marc et
L'arrété de la municipalité
même
adresses
sous les yeux
ces
imprimées
dans toute
des commissaires, répandirentfelfroi
particulièrela colonie. Le Port-au-Prince, plus
de
convaincu, par la détention
ment menacé,
de paroles de paix
tous ses députés, porteurs
conciliatoires lui
aux dictateurs, que les voies
la
étoient fermées, résolut enfin de repousser
force
la force. Cette détermination devint.
par aux blancs et aux mulâtres quise troucommune
son
voient dans la ville. M. Borel, voulantrendre
fort et augmenter ses moyens de dé-.
parti plus
plus
de
convaincu, par la détention
ment menacé,
de paroles de paix
tous ses députés, porteurs
conciliatoires lui
aux dictateurs, que les voies
la
étoient fermées, résolut enfin de repousser
force
la force. Cette détermination devint.
par aux blancs et aux mulâtres quise troucommune
son
voient dans la ville. M. Borel, voulantrendre
fort et augmenter ses moyens de dé-.
parti plus --- Page 146 ---
REVOLUTION
nègres auxquels il donna
fense, choisit plusicurs
à sa fortune par
des armes, et qu'il sut attacher
T'espoir de la liberté.
Timmoralité del M.Borel, quoiquilmé
Malgré
d'une raison d'être livré à la rigueur
ritàt pour plus
renfermàt
le Port-au-Prince
des lois, quoique ennemis constans des muune foule d'agitateurs
tous les mal--
lâtres, et qui avoient causé presque T'expédition proheurs de la colonie, cependant d'une manière
contre cette ville s'annoncoit
jetée
circonstances quillacompagnoient
siaffreuse, les
suites qu'elle
avoient un caractère si slarmant,les
l'on se
pouvoient être si terribles, que
présageoit
moment de T'entreprendre
flattoit encore qu'au
de sérieuses réflexions.
feroient
les commissaires
plus mal encore
Cétoillesjuger mal, et connoitre
si
de la secte à laquelle ils appartenoieni:s
T'esprit
des notions plus exactes,
I'on avoit eu à leur égard
résultans de leur
loin de croire que les désastres auroit vu qu'un
pussent les retenir, on n'y
projet
d'en
Texécution.
motif de plus pour eux
presser MM.de
se mit en marche,
difEifetivement,Tarmées commandoient les
La Salle et Desfournaux s'avançoient par terre,
férens délachemens qui
réunis à bord de
et les deux commissaires, la direction des forces
PAmérica, se réservèrent
maritimes.
moyens de destruction
A la vue des puissans
it vu qu'un
pussent les retenir, on n'y
projet
d'en
Texécution.
motif de plus pour eux
presser MM.de
se mit en marche,
difEifetivement,Tarmées commandoient les
La Salle et Desfournaux s'avançoient par terre,
férens délachemens qui
réunis à bord de
et les deux commissaires, la direction des forces
PAmérica, se réservèrent
maritimes.
moyens de destruction
A la vue des puissans --- Page 147 ---
DE SAINT-DONINGUE
contre le Porban-Prince, la municirassemblés arrêté par lequel elle rendit les compalité prit un
de tous les malheurs
missaires civils responsables
donneroit infailliblement lieu l'attaque
auxquels
silence
s'obstinoient
de cette capitale, et le
qu'ils
ses
sur les forfaits dont ils accusoient
à garder
Elle les prévint (1) de nouveau
paisbleshabitans. les forces de terre et de mer sous leurs ordres
que
la ville avec d'autant moins de raimenacoient n'avoit jamais rien fait pour provoson,- qu'elle
mais qu'elle
quer un traitement aussi rigoureux;
tous les
contrainte de les repousser par
se verroit
sans
qui lui restoient, si une tyrannie
moyens
les citoyens au
prétexle et sans excuse poussoit inébranlables dans
désespoir. Les commissaires,
à tout
de
se refusèrent
leur projet
vengeance,
la ville se rendit
arrangement; ils exigèrent que
condià discrétion; et, pour empécher que cette
toute dure qu'elle étoit, ne fut acceptée,
tion,
devant les députés de
ils affectèrent de délibérer,
tous les
la commune, si l'on ne déporteroit pas
nécessaire, disoient-ils, pour
blancs : exemple
en imposer aux factieux.
habitans du
Cette inflexibilité ne laissoit aux
d'autre parti que celui de la résisPortau-Prince
l'abus
devoit être opprimé par
tance : puisqu'on
(1) Par sa lettre du 6 avril 1793. --- Page 148 ---
* RÉVOLUTION
valoit mieux encore la braver que
de la force, il
le joug que de courir
de se soumettre, repousser
cette résoluau-devant de lui. Malheureusement, ni la confiance ni
tion désespérée ne donnoit
rendre la ville
les talens qui seuls auroient pu
son
M. Borel étoit craint et méprisé;
victorieuse.
avoient éloigné de
despotisme, ses bizarreries,
Les
éclairées et honnêtes.
lui toutes les personnes
dociles à sa voix,
hommes de couleur, quoique bien moins encore
pas T'aimer,
ne pouvoient
sa défense. Ainsi
combattre sincèrement pour
triomphe de la commission,
tout concouroit au
avoit renversé l'ancien
et à la chute du parti qui
gouvernement.
il fut
Par une lettre (1) des commissaires, la ville dans
de rendre
enjoint à la municipalité d'un côté, parler en
vingt-quatre heures; c'étoit,
le droit par la
maitre avant d'en avoir acquis
aux
c'eàt été se soumettre
victoire ; de T'autre,
avant d'avoir été
conditions les plus humiliantes
de la souAinsi, n'ayant rien à espérer
vaincu.
à une vive défense. Le
mission, l'on se prépara
que le vaisaccordé étoit à peine expiré,
terme
la
la Fine commenseau VAmérica et frégate Prince. On vit
cèrent à tirer sur le Port-au-1
étoient
des vaisseaux dont les équipages
alors
(1) Du 10 avril 1793.
re,
avant d'avoir été
conditions les plus humiliantes
de la souAinsi, n'ayant rien à espérer
vaincu.
à une vive défense. Le
mission, l'on se prépara
que le vaisaccordé étoit à peine expiré,
terme
la
la Fine commenseau VAmérica et frégate Prince. On vit
cèrent à tirer sur le Port-au-1
étoient
des vaisseaux dont les équipages
alors
(1) Du 10 avril 1793. --- Page 149 ---
x3g
DE SAINT-DONINGUE
colofrançais, venus de France pour protéger une
employés à détruire sa capitale.
nie française, boulets furent tirés sur cette ville
Deux mille
les habitans eurent acquis
malheureuse. Lorsque Thorreur de verser le sang français
la preuve que
pour les commissaires,
étoit un frein impuissant auroit dà exalter! leur coucette connoissance, qui
dans Tabattejusqu'au désespoir, les plongea
rage
que
ment.
Ilsavoientmoins scomptéaurleusforces forces,
la
de leurs ennemis; aussi ces
sur pudeur
les défendre,leur
qui auroient été suffisantes pour foiblement secondé
devinrent inutiles. M. Borel,
mal, et suspect
par des troupes qu'il commandoit lui-méme n'osoit pas
aux mulâtres, auxquels de céder au voeu de presque
se fier, fut contraint
faire cesser une lutte
tous les habitans, qui, pour maisons eussent été
par suite de laquelle leurs donnèrent cent mille
réduites en cendres', lui
place aux
francs, et tle décidèrent à abandonner-la suivi des
commissaires. Il prit la route de Jacmel,
dont il avoit fait des soldats, et de quelAfricains
aventuriers attachés à sa fortune:
ques --- Page 150 ---
RÉVOLUTION
CHAPITRE XVIII.
nombre d'habiDéportation d'un grand Les commistans du Port-au-Prince.
envoient
saires cioils vont à Jacmel:ils
Pinchinat et Rigaud à Jérémie, pour
Ces musoumeltre la Grande-Anse. battus. Règlelâtres sont complètement
ment des
du
meharenigeiea
imprimé et affiché. Arrivée
nègre,
:
Galbaud
nouveau seunernaur-géninal Masse.
et du Toen@amtoareardhaaters Sonthonas et
Mesures qu'ils prennent.
au Cap.
Poloerel se hatent de retourner cette wille.
aux
Desearettamniaatiens petits
Discours qu'ils adressent Galbaud
Blancs et aux mulatres.MN. à bord
sont destitués et confinés
frères
d'une frègate.
de connoitre quel
Tourle monde étoitimpatient feroient de leur victoireusage les commissaires
dans Tincertitude.
On ne resta pas long - temps
haaters Sonthonas et
Mesures qu'ils prennent.
au Cap.
Poloerel se hatent de retourner cette wille.
aux
Desearettamniaatiens petits
Discours qu'ils adressent Galbaud
Blancs et aux mulatres.MN. à bord
sont destitués et confinés
frères
d'une frègate.
de connoitre quel
Tourle monde étoitimpatient feroient de leur victoireusage les commissaires
dans Tincertitude.
On ne resta pas long - temps --- Page 151 ---
DE SAINT-DONINGUE mandèrentils à la muLe
de la loi,
L'arK triomphe
est enfin assuré.
de Saint-Marc,
nuit
( nicipalité
est entrée cette
a mée de la république
(1). ) Bientôt
(I dans la ville du Port-au-Prince
apprit par une proclamation
cette commune
cents mille livres:
qu'elle étoit taxée à quatre intentions del la loi
de remplir les
Sous prétexte
on vexa, on pilla, on
du 4 avril, on déplaça, Cinq cents d'entreproscrivit tous les habitans.
furent,
arrêtés de la façon la plus arbitrairey sur les
eux,
ni même ouis, entassés
sans être jugés
de Tétat. Dans le nombre, il
différens bâtimens
agitateurs quil
est vrai, se trouvoient quelques la
mais les
d'éloigner de colonic;
but
étoit prudent
servoit
atteindre ce
moyens dont on se
pour D'ailleurs. on sacriétoient horribles: et barbares.
et cela ne
de personnes innocentes ,
fia beaucoup
Le caprice d'un-mulatre
pouvoit être autrement.
seule
rendoit coupable ; sa dénonciation.
vous,
faire arrêter. Loin de modérer
suffisoit pour vous
caste, les commissaires
les prétentions de cette
ambition en alaiguillonnoient sa vanité et son
leur
de ses désirs. A les entendre,
lant au-devant
n'avoit. d'autre but
mission à Saint-Domingue de Tégalités et ila, classe
d'y rétablir le règne
que
celle qui avoit incendié, pillé,
la plus criminelle,
(1) 14 avril 1793.
. Loin de modérer
suffisoit pour vous
caste, les commissaires
les prétentions de cette
ambition en alaiguillonnoient sa vanité et son
leur
de ses désirs. A les entendre,
lant au-devant
n'avoit. d'autre but
mission à Saint-Domingue de Tégalités et ila, classe
d'y rétablir le règne
que
celle qui avoit incendié, pillé,
la plus criminelle,
(1) 14 avril 1793. --- Page 152 ---
RÉVOLUTION
non-seulement jouissoit sans trouble
massacré,
mais encore étoit senle
du fruit de ses forfaits etàla 2 puissance. Les armes
appelée: eaux honneurs
avoient-ils dit, êtrela
devoient,
des commissaires,
et ils n'en employoient
modération et la sagesse, L'autorité de la mépas d'autres que la violence: leurs mains pour rendre
tropole, déposée dans servoit qu'à exciter les fureurs
justice à tous, ne
auxquels ils assuroient
d'une horde de cannibales
Timpunité
incontestables, présentées avec
Ces vérités
restèrent sans effet. Les
force par M. Tanguy, capables de les entendre,
hommes instruits, confiance dans le parti qu'il
n'avoient aucune
aucun bien d'une
avoit embrassé, etwatiendicieni coloniale. D'un autre côté,
nouvelle assemblée étoient les plus intéressés à sa
les mulatres, qui
ils seroient
formation, puisqu'en yconcouraat, se conde la souversinelé,
appelés à lexercice commission; intermédinire,
tentoient td'enjouirala à quel titre. Parmi les
sans vouloir approfondir seuls cette assemblée eût pu
blancs enfin, à qui la redoutoit non sans raiconvenir, une partie ne désirer une représenson, en voyant Tautre s'abimer davantage dans
tation coloniale que pour
Tyrannie pour
de la démocratie.
celle
les convulsions hommes tranquilles preféroient
tyrannie, les
qu'au moins elles'exerçoit
des commissaires, parce
td'enjouirala à quel titre. Parmi les
sans vouloir approfondir seuls cette assemblée eût pu
blancs enfin, à qui la redoutoit non sans raiconvenir, une partie ne désirer une représenson, en voyant Tautre s'abimer davantage dans
tation coloniale que pour
Tyrannie pour
de la démocratie.
celle
les convulsions hommes tranquilles preféroient
tyrannie, les
qu'au moins elles'exerçoit
des commissaires, parce --- Page 153 ---
DE SAINT-DONINGUE etl les mettoit à
et sans tumulte (1),
sans secousse
T'abri des orages populairés.
eût
Cependant, avec un peu de préroyance,on soins de la
le calme perfide, dà aux
senti que
amenteroit vraisemblablement
commission civile,
funestes que:les maux
des résultats bien plus
démocratique.
produits une assemblée
qu'elle
qu'auroit
portoient les craintes
En effet, sur quoi dindépendance étoit iminspiroit ? Le projet la colonie à T'Angleterre
posible; celui de livrer
la téntative
extrèmement délicat et dangereux; semblable à celui de
d'établir un gouvernement et désastreuse. Mais
la métropole, impolitique
fatales qu'on iles
toutes ces erreurs, quelque moins de dangers et d'insuppose, offroientbien
dictatoriale de deux
convéniens que la puissance
avoit juré de
dévoués à la secte qui
ambitieux
Les Léopardins étoient
détruire Soint-Domingue.
mais
et des enthousiastes;
des fous, des ignorans"
frénétiques, des Brisilsn'étoient pas des sectaires anticoloniaux. Leur résotins, des Girondistes détestable; ; mais il n'augime auroit été vicieux,
Le mal n'edt
roit pas anéanti Saint-Domingue. eut du moins pu être répail
été que passagers; de Tesclavage est une plaie
rable, et Tabolition fermera peut-étre jamais.
profoude qui ne se
des ennemis outrés des assemblées po-
(1) Cette erreur
du Port-an-Priace.
pulaires n'edt pas da subsister apresfaflaire
, des Girondistes détestable; ; mais il n'augime auroit été vicieux,
Le mal n'edt
roit pas anéanti Saint-Domingue. eut du moins pu être répail
été que passagers; de Tesclavage est une plaie
rable, et Tabolition fermera peut-étre jamais.
profoude qui ne se
des ennemis outrés des assemblées po-
(1) Cette erreur
du Port-an-Priace.
pulaires n'edt pas da subsister apresfaflaire --- Page 154 ---
RÉVOLUTION
des royalistes
Ainsi, quoique le ressentiment ils devoient en
contre les patriotes fût légitime,
opérer une réconciliation
faire le sacrifice pour existence commune. En
d'où dépendoit leur
assemblée coloniale
mème la nouvelle
supposant
patsilbizarrement
aussi Lenamgntceoatiepes autres T'avoient été, elle
composée que les deux autant de ravage que la
jamais faire
ne pouvoit
sansdoute il falloit sattendrea
commission civile;
même à des pérsécudes fautes; à des erreurs, vraisemblable que des factions
tions. II paroissoit Tassemblée hors de toute mesure,
entraineroient
folies; mais dans
seroient la cause de nouvelles obligedopterentse
Tallenmatincohtonsen trouvoit, moindre; fermer
il falloit choisir.le
deux maux,
présentoit une assemles
surles dangers que
seroit
yeux
eti ne pas perdre devuequelles
blée coloniale,
de T'esclavage,
autorité intéressée au maintien
de ses
une
Pétendue et la multitude
et capable; par
d'arrêter la marche oblique
d'éclairer et
rapports,
de la commission civile. I
pour tous les corps
Liéloignement desroyalistes
de la secte
concourut au triomphe
pas
popolaitves
dessillerleurs yeux,
négrophile. Rien ne put
et de Polverel
de Sonthonax
même la conduite
et deJumécourt, quils
MM. de Coutard
envers
Tant que-les commissaires
laissèrent en prison:
deux partis,
craint un
ertrecletiegtdas
avoient
commission civile. I
pour tous les corps
Liéloignement desroyalistes
de la secte
concourut au triomphe
pas
popolaitves
dessillerleurs yeux,
négrophile. Rien ne put
et de Polverel
de Sonthonax
même la conduite
et deJumécourt, quils
MM. de Coutard
envers
Tant que-les commissaires
laissèrent en prison:
deux partis,
craint un
ertrecletiegtdas
avoient --- Page 155 ---
DE SAINT-DOMINGUE colons
on auroit vu ces deux
à la tète duquel
avoient feint de s'apitoyer
recommandables, ils
la fuite de M. Borel
sur leur sort; dès que, par foule de gens honnètes,
etparla proseription nd'une
loin d'obtenir
inutile de dissimuler,
ils crurent éclatante ou au moins leur liberté,
une justice
de Jumécourt furent déMM. de Coutard et
resserrés plus étroiet
clarés en étatd'arrestation, accablé par T'àge et privé
tement. Le premier,
termina sa carrière
de toute espèce de secours,
libre que dixLe second ne redevint
au
en prison.
lors de T'émeute excitée
huit mois après,
la rivalité des généraux
Port-an-Prince par
Montbrun et Desfourneaux.
de paPolverel et Sonthonax s'empressèrent cru devoir
roitre à Jacmel. M. Borel n'avoit pas
il s'étoit enfui à la Jamaique.
les y attendre ;
civile revint
la commission
Partout triomphante,
toutes les autoet bouleversa
au Port-au-Prince décrets des 5 et 6 mars, elle
rités. Abusant des
fois le conseil supérieur.
recomposa une seconde
et Pinchinat,
de MM. Domergue
A Texception
second,procunommés, le premier, président,le membres étoient ou
reur-général, tous les autres
ou des
des blancs dégradés et sans instruction, ni lire,
mulâtres et des nègres qui ne savoient
français. La déportani écrire, ni même parler
rendant inutile
tion de presque tous les blancs
.. IO
TOM. 2. --- Page 156 ---
RÉVOLUTION
hommes de couleur en corps séla formation des
fut refonduc, et ils en
parés, la garde nationale
Maistopération
occupèrent les premières places. commissaires civils se
la plus importante que les d'un corps de nègres
permirent, fut la création maitres, auxquels on
esclaves, enlevés à leurs
une légion
donna la liberté, et dont on composa
dite de Tégalité (1).
seuleà souméttre. Tout
La GrandeAnseresoits
le dessein
le monde supposoit aux commissaires que deux
on apprit
à Jérémie, quand
de se rendre
avoient été chargés de cette
de leurs ministres
invéstis de toute
mission ; Pinchinat et Rigaud, ordre d'aller rédictatoriale, eurent
la puissance
rebelles : ils commanduire les quatre paroisses hommes. La réputation
doient huit ou neuf cents
du Port-au-Prince,
et Texemple
de
de ces. mulatres, Jacmel et du Cap, inspirèrent
des Cayes, de
habitans de la Grande-Anse.
justes craintes aux
de lutter seuls contre une
Il leur parut imposible nom de la république, et
autorité qui parloit au
Le conseil ge
de tout dans la colonie.
disposoit
envoya une députation
néral de cette dépendance
des mulàtres,
au camp
avec des pleins pouvoits,
des propositions
pour faire, à leur commandant, insolent comme les comraisonnables. Celui-ci,
Arrêtés des 1,5 et 7 juin 1795.
(4)
.
justes craintes aux
de lutter seuls contre une
Il leur parut imposible nom de la république, et
autorité qui parloit au
Le conseil ge
de tout dans la colonie.
disposoit
envoya une députation
néral de cette dépendance
des mulàtres,
au camp
avec des pleins pouvoits,
des propositions
pour faire, à leur commandant, insolent comme les comraisonnables. Celui-ci,
Arrêtés des 1,5 et 7 juin 1795.
(4) --- Page 157 ---
DE SAINT-DOMINGUE
et modelant sa conduite sur celle qu'il
missaires,
rejeta les
leur avoit. vu tenir au Port-au-Prince,
offres qu'on lui faisoit, et manifesta, en présence
des députés, le désir d'une prompte vengeance.
veut
de conditions, dirent à leur
( On ne
pas
il faut
les députés au conseil assemblé;
< retour
à la discrétion de VOS barbares
( vous soumettre férocité des hommes de couleur
( ennemis. >La
sauva la. Grande-Anse. Les blancs, indigaés que
des affranchis osassent leur dicter des lois tyranetavilissantes, conçurentleg généreux projet
niques
sous les débris de leurs habitations.
des'ensevelir
du même sentiment, sorLes femmes, pénétrées
dans un
tirent de la ville, et allèrent se réfugier
Tout
camp établi sur une hauteur.inaccesible.
homme devint soldat. On arma les esclaves
chacun fit le serment de vaincre ou de
fidèles; Bientôt les deux armées se trouvèrent
mourir.
avoient- lavantage du
en présence. Les mulâtres
du counombre, les blancs celui de la position,
et de la discipline. Du camp Destivaux,.
rage, derniers fondirent avec impétuosité. sur leurs
les
ennemis et lés taillerent en pièces. Le - même
Pinchinat, qui, une heure auparavant, vouloit
à Jérémie, se vit obligé de fnir
entrer triomphant avoir laissé quatre cents de ses
en désordre, après
soldats surle champ de bataille.
à
On' apprit sa défaite,au Port-an-Prince, --- Page 158 ---
RÈVOLUTION
le même temps que T'on y reçut la
peu près dans
de M. Galbaud
nouvelle de T'arrivée au Cap Cet événement
général
du
comme gouverneur
à se rapprocher
détermina les commissaires rèmettre à un autre temps
nord, et les força de mprbaavcientjured de tirer
la vengeance exemplaire
des habitans de la Grande-Anse.
ils pude
du Port-au-Prince,
Avant
partir
(2) relatif
blièrent et firent afficher un règlement les articles fussent
àla police des ateliers. Quoiquel noir etdes anciennes
presque tous extraits du code de faire traduire ce
ordonnances, la précaution étoit d'autant plus
créole,
règlement en langage
retiendroient surement
insidieuse, que les nègres n'appartenoient plus
de tout ce fatras T'idée qu'ils autrefois, puisqu'une auà leurs maitres comme le droit de soumettre ceuxtorité nouvelle avoit
envers eux. Tel
ci à de certaines conditions
vouloient
étoit aussi l'effet que les commissaires de guerre
facilitoit la déclaration
produire, et que
TAngleterre et l'Esentre la France d'un côté, céder, disoient-ils,
de T'autre. Tout devoit
à la France.
pagne
Saint-Domingue
au soin de conserver
sur ses enneL'espoir de faire des conquêtes qui pouvoient
tous les moyens
mis légitinioit
(1) 7 mai 1795. du 5 mai.
(2) Proclamation
effet que les commissaires de guerre
facilitoit la déclaration
produire, et que
TAngleterre et l'Esentre la France d'un côté, céder, disoient-ils,
de T'autre. Tout devoit
à la France.
pagne
Saint-Domingue
au soin de conserver
sur ses enneL'espoir de faire des conquêtes qui pouvoient
tous les moyens
mis légitinioit
(1) 7 mai 1795. du 5 mai.
(2) Proclamation --- Page 159 ---
DE SAINT-DONINGUE
Dans T'imposibilité
concourirà ce but glorieux. altaquée par toute
oû se trouvoit la république, c'étoit à la coloTEurope,d'envoyer des troupes, Mais comme la poelle-mème.
nie de se défendre
été déportée pour cause
blanche avoit
pulation
les mulatres ne pouvoient
dincivisme, et que résister aux ennemis inpas être assez forts pour il devenoit indispensable
térieurs et extérieurs,
des soldats d'abord,
d'armerles nègres, d'en faire
à .
tel étoit le plan conçu,
ensuite des citoyens;
donner à de
des fanatiques, qui, pour
Paris, par
la liberté que ceux-ci ne leur
stupides Africains condamnoient à T'exil, à l'indemandoient pas,
parens, leurs
digence et à la mort, leurs propres les travaux enridont
amis, leurs concitoyens,
chissoient la France..
où l'on se trouvoit;
Dans les circonstances
étoit trèsT'arrivée d'un nouveau gouverneur fut bientôt occupé
Tout le monde ne
importante.
eux-mêmes le furent
que de lui. Les commissaires devoient retourner au Cap.
assez pour sentir qu'ils souffloient le feu de la
Cependant leurs agens et dans les ateliers. La
révolte dans les paroisses
formoit le texte
de la liberté des nègres
question
On ordonna aux jourde toutes les conversations. publique, et de la prénalistes de sonderl l'opinion Polverel letSonthonax
parerà ce grand événement. --- Page 160 ---
RÉVOLUTION
des grandeurs; ils
n'affectoient plus le mépris besoin de feindre. Un.
plus avoir
luxe
ne croyoient
pas, le'
cortège immense stivoitpartoutkcure suffireà leurs
pouvoit à peine
séle plus somptueux
oùi ils firent quelque
besoins. De Saint-Mare,
de
et
Tordre au Cap préparer
jour, ils envoyérent T'hôtel du Gouvernement.
de meubler pour eux de mettre à contribution
Enfin, non contens
ils sarrêtoient
les habitans chez lesquels
tous
ils poussbrent l'audace jusdans leurs voyages,
un proprictaire
faire conduire en prison
leur avoir
qu'à le seul crime étoit de ne pas leur suite
dont
très-bon vin; un général de
donné de
de le faire attacher à la queue
le menaça même
de son cheval.
et de toute conCet oubli de toute pudeur
la plus extravenance, cet acte de la tyrannie étoit bien du aux
vagante et la plus ridicule, Ceût été une juspatriotes de Saint-Domingue. n'avoit pesé que sur eux;
tice si le despotisme tous les habitans, et ceuxmais il Is'étendoit sur
étoient encore loin
bien à plaindre,
Galci, quoique
infortunes. Le général
du terme de leurs
les commissaires Thonbaud venoit partager avec Toutefois il fut reçu
mettre le comble.
les
neur d'y
s'il eût dû en réparer
dans la colonie comme si mal, qu'un changedésastres. On se trouvoit
. n'avoit pesé que sur eux;
tice si le despotisme tous les habitans, et ceuxmais il Is'étendoit sur
étoient encore loin
bien à plaindre,
Galci, quoique
infortunes. Le général
du terme de leurs
les commissaires Thonbaud venoit partager avec Toutefois il fut reçu
mettre le comble.
les
neur d'y
s'il eût dû en réparer
dans la colonie comme si mal, qu'un changedésastres. On se trouvoit --- Page 161 ---
DE SAINT-DOMINGUE
sembloit ne pouvoir être
ment quelconque il étoit en effet difficile de supqu'avantageux; ;
poser un état pire. l'exemple de deux ou trois'
Puisque, malgré successivemient par les comgénéraux déportés
le
missaires, M. Galbaud avoit accepté gouverneon étoit fondé à croire,
ment de Saint-Domingue,
il
qu'éclairé par le sort de ses prédécesseurs, étendus
s'étoit fait donner des pouvoits assez
d'une pareille insulte. Ses prepour le garantin
furent ceux d'un
miers discours à la municipalité la colonie. Il étoit
homme de bien, d'un ami de
Tous
propriétaire, et avoit avec lui sa famille.
favorablement aux
ces titres le recommandoient
Deux jours
colons. L'illusion ne fut paslongue.
sa première proclamaaprès son arrivée, parut
le plus
tion ; elle respiroit le républicanisme
exalté. On la crut T'effet d'une politique suggérée
les circonstances; ; tant on y trouva d'exagérapar
idée
d'autant plus juste,
tion. Cette
paroissoit les aventures du gdqu'on savoit déjà vaguement M.Galbaud, de son aveu,
nérall Dumourier,auquel
militaire. Iln'y
devoit sa réputation et sa fortune
doute, lorsqu'on le vit lui-même
eut plus aucun
les Moniteurs de France et
donneraux gazetiers
dans leurs feuilles les
permettre qu'ils insérassent le détail de ses confélettresdeces général ainsi que
les commissaires de la convention.
rences avec
paroissoit les aventures du gdqu'on savoit déjà vaguement M.Galbaud, de son aveu,
nérall Dumourier,auquel
militaire. Iln'y
devoit sa réputation et sa fortune
doute, lorsqu'on le vit lui-même
eut plus aucun
les Moniteurs de France et
donneraux gazetiers
dans leurs feuilles les
permettre qu'ils insérassent le détail de ses confélettresdeces général ainsi que
les commissaires de la convention.
rences avec --- Page 162 ---
RÉVOLUTION
quelle sensation la lecture
Onimagine aisément
moins la perte
dut produire : cétoit
de ces pièces la mort de trente mille hommes,
de la Belgique, chefchéri des troupes, quisemetla trahison, d'un
quele
bloient devoir être funestes à la république, arrêter les
dont il T'avoit frappée en faisant
à la
coup
du peuple, et en reprochant
représentans
et ses atconvention son ineptie, ses turpitudes contre-révolution
crurentla
tentata.lesroyatistes changementprochains saisit
certaine. L'espoird'un
des colons. Lhomme
et combla de joie la plupart nouvelles, qui s'honoroit
qui faisoit répandre ces
de Dumourier, ded'avoir été Tami, le confident
politique, et
même opinion
voit, selon eux,avoirlas d'opérerà St-Domingue ce
étoit sans doute chargé tenter dans le Brabant. Les
général lavoit osé
quece
ainsi, consultoient plus
personnes qui pensoient lumières; on est toujours
leurs passions que leurs
cause. D'ailleurs les
mauvais juge dans sa propre d'honneur à M. Galbaud en
colons faisoient trop
projet. Cet officier
capable d'un grand
le croyant
seuls avoient fait la régénéral, dont les journaux d'avoir ruiné celle du
putation, et qui se vantoit
étoit une eschef de la maison de Brunswick, brouillon, turbulent,
pèce d'illuminé, un homme
de sa place.
et d'une capacité fort an-dessous
de cette
ne tarda pas à être convaincu
Le public
des finances étoit si vivérité. Ladministration
ient trop
projet. Cet officier
capable d'un grand
le croyant
seuls avoient fait la régénéral, dont les journaux d'avoir ruiné celle du
putation, et qui se vantoit
étoit une eschef de la maison de Brunswick, brouillon, turbulent,
pèce d'illuminé, un homme
de sa place.
et d'une capacité fort an-dessous
de cette
ne tarda pas à être convaincu
Le public
des finances étoit si vivérité. Ladministration --- Page 163 ---
DE SAINT-DOMINGUE
encombrée, les dépenses avoient été si
cieuse,si
la taxesubventionnalle,
exorbitantes, que,malgré les
de l'état
la colonie manquoit de tout; ; magasins
les
vides; l'argent avoit disparu;
se trouvoient
soixante pour cent.
lettres de change perdoient
mille
M. Galbaud avoit bien apporté dix-huitcent
livres mais cette ressource devoit, disoit-il, être
;
c'étoit
d'autant plus eigresemestcomnece.tes
le dernier effort de la métropole. En faisant conles besoins et la difnoitre par une proclamation
assembléc exficulté d'y pourvoir,ilconwoquar une
furent appelés) la municitraordinaire (s)alaquelle
des
palité,le commandant de la station, une partie
offiers de la marine, plusieurs capitaines marchands,etles: membresdel la chambrede commerce
du Cap. Il fit part à cette assemblée du dénàment
où il se trouvoit, et dit que, quelque grands que
doutoit pas quils ne
dussent êtreles sacrifices,ilne
Le
parussent légers à de véritables républicains.
ordonnateur, qui étoit venu de
commissaire avecle
et que celui-ci avoit chargé
France
général,
visite
de développer ses vues, proposa qu'une
faite par une commission ad hoc, ( eût
générale,
( lieu à l'effet de connoitre les quantités d'objets
(, de subsistance et autres, nécessaires au service
existantes dans la ville du
( de Tadministration,
@) 18 mai 1795.
gers à de véritables républicains.
ordonnateur, qui étoit venu de
commissaire avecle
et que celui-ci avoit chargé
France
général,
visite
de développer ses vues, proposa qu'une
faite par une commission ad hoc, ( eût
générale,
( lieu à l'effet de connoitre les quantités d'objets
(, de subsistance et autres, nécessaires au service
existantes dans la ville du
( de Tadministration,
@) 18 mai 1795. --- Page 164 ---
RÉVOLUTION
s54
elle, visé par la
d'après l'état signé par
( Cap,
présenté à la commission inter-
( municipalité,
par le général; ; qu'en
( médiaire et approuvé une assemblée com-
( outre, ii fut convoqué des chefs des maisons
des capitaines et
( posée
laquelld, réunie à T'assemblée
(( de commerce,
fixeroit le prix d'estima-
(( délibérante ce jour,
auroient été
commerciale des objets qui
e tion
général, et dont le paiement
(( livrés au magasin traites sur la trésorerie na-
(( devoit se faire en
d'observer que Yor-
( tionale. > Il est à propos
sur la doctrine
donnateur Masse, renchérissant
et légitime
trouvoit tout permis
du général,
de la gloire de la république:
lorsquil s'agissoit
révolution, disoit-il, on
( Dans un temps de
et on auroit tort
le choix des moyens,
le
( n'a plus
scrupuleux. Le soin
(( de se montrer trop d'avoir de T'argent. Cette né-
(( plus essentiel est
Les
présentes
justifie tout )).
personnes
de
(C cessité
et confondues
épouvantées
à Tassemblée,
dans le général qu'un face langage, ne virent
quetalmitiata
natique, et dans Tordonnateur,
teur le plus cupide et le plosimmoral. étoit générale. On
Il faut T'avouer, la pénurie
la difficulté
mouroit de faim dans les camps par
de la
des vivres. Les vaisseaux
d'y transporter
nombre à ceux des Ansepubisgierampesienise en dénués d'agrès ety de
glais dans ces mers, mais
le général qu'un face langage, ne virent
quetalmitiata
natique, et dans Tordonnateur,
teur le plus cupide et le plosimmoral. étoit générale. On
Il faut T'avouer, la pénurie
la difficulté
mouroit de faim dans les camps par
de la
des vivres. Les vaisseaux
d'y transporter
nombre à ceux des Ansepubisgierampesienise en dénués d'agrès ety de
glais dans ces mers, mais --- Page 165 ---
DE SAINT-DOMINGUE
condamnés à rester en rade,
matelots, étoient
les corsaires et la marine
malgré les torts que
au commerce et
faisoient tous les jours
anglaise
Les commissaires 2 sur lesquels reau cabotage.
plaignirent
tomboient Raterkeatapeatenudenp sans doute de A
à M. de Cambis ; celui-ci, piqué leur lettre, donna
ce qu'ils avoient faitimprimer Ils'établit de cette
à sa réponse la même publicité. dont le peuple fut
manière une correspondance disoitle contrejuge. La volonté sanslesmoyens, Mettez-moi en
amiral, est tout-à-fait inutile.
autorisez-moi à compléter
état de tenir la mer;
serai
dans
et bientôt je ne
plus
mon équipage,
devoit mécontenter les comle port. Ce langage
que le commissaires, auxquels il importoit peu
mais qui mettoient un grand
merce fut détruit,
leur être
intérêt à ce que sa ruine ne pût pas
l'inattribuée. Cette opposition de vues rompit
/
existante entre eux et le comtimité jusqu'alors
et devint une des princit
mandant de la station,
eurent lieu peu
pales causes des événerens qui
de temps après.
du gouverneur on pasQuand del la viepublique
grands
soit à sa vie privée, on ne trouvoitnideplus
, ni des traits plus propres
motifs d'espérance,
générale. Le zèle dont
à le relever dans lopinion
du sansculotisme;
il se paroit pourda propagation ses écrits et dans
son affectation à n'employerdans --- Page 166 ---
RÈVOLUTION
révolutionnaire, T'abus
ses discours que le langage
la colère
ridicule qu'il faisoit du mot citoyen,
lorsque celui de roi retentissoit
qui Temportoit
tout cela avoit
malheureusement à ses oreilles,
la bonté
chassé de sa maison ceux qui avoient eu
lui
des vues louables, et qui
de lui supposer
lumières. De la connoiscroyoient du sens et des
résulta un mésance d'un caractère aussi petit
et la
pris universel pour le nouveau gouverneur, de son
horreur pour les principes
plus grande
habitans
avoient compté
administration. Les
qui
qu'il
mécontens de la préférence
sur son appui,
Tabandoumérent à son
accordoit aux anarchistes, entouré d'une foule
sort. Dès-lors uniquement
nuls ou frid'hommes médiocres, 2
d'intrigans,
il ne tenta pas
pons, il ne fit pas une démarche,
ou une abréforme qui ne fut une injustice
une
trompés dans leurs calsurdité, Les négocians,
entière apportée
culs, voyant que la somme loin de servir aux
par la frégate la Concorde, devoit rester en dépôt,
besoins de la colonie,
des comque le despotisme
se persuadèrent
préférable au gouvernemissaires étoit encore
opérations d'un orment de M. Galbaud, et aux' consistoit à prendre
donnateur dont le talent
Ils en vinrent
dans les poches.
tout simplement
civile au
désirer le retour de la commission
à
Cap.
la somme loin de servir aux
par la frégate la Concorde, devoit rester en dépôt,
besoins de la colonie,
des comque le despotisme
se persuadèrent
préférable au gouvernemissaires étoit encore
opérations d'un orment de M. Galbaud, et aux' consistoit à prendre
donnateur dont le talent
Ils en vinrent
dans les poches.
tout simplement
civile au
désirer le retour de la commission
à
Cap. --- Page 167 ---
DE SAINT-DONINGUE
est celui du commerce,
L'intérêt du moment
Queldu moins de la plupart des négocians.
ou
paràt la politique du général,
quextravagante que fussent les mesures adopquelque arbitraires que
le plan présenté
Tordonnateur, quoique
tées par
considéré comme un volfaitaux! haparluic dot être
bitans, ces deux
étoient,
cessaminess
et leur rapacité,
rance, leur despotisme bien moins à craindre que les
en dernière analyse,
réflexions demandoient
commissaires. Mais ces
suivie à la marche
des lumières et une attention mobilité faisoitle caracd'une révolulion dont la
comme Saturne,
tère essentiel et distinctif; qui,
même la
dévoroit ses enfans, et quinépargna pas
dela Gironde. Les négocians,
factionanticoloeiale
perdirent tout parcepourquifawenir n n'étoitrien,
Dans la circonsquils ne voulurent rien perdre.
pour
il falloit se montrer généreux
tance présente,
au généêtre vraiment
faire
rksmme.atnohvanteers
ral, le mettre à même de gagner les troupes, toute son
son nom, son autorité,
servir sa place, la chute des commissaires. Elle
influence enfin,à
obtenue qu'à l'aide de
été
n'eût probablement
s'estimer
sacrifices; mais ne devoit-on pas
la
grands
du tempse setde conserver
très-heureux de gagner
méritoit d'aucolonie à tout prix? Cette politique supposant au getant plus la preférence, qu'en lesmêmes vues qu'aux
néral les mêmes principes, --- Page 168 ---
REVOLUTION
reconnue ne poucommissaires, son incapacité ni inspirer aucune
foit donner aucun ombrage,
crainte.
des talens et de la moUn nouvel échantillon
à jamais MM. Galrale de T'ordonnateur perdit
Deet servit à souhait les commissaires. les
baud, déclaration de guerre, on savoit que le
puis la
sur la frontière;
Espagnols se rassembloient attendoient de nouvelles
bruit couroit quils
commencer leurs
troupes et une escadre pour courrier expédié
Un jour arrive un
du
opérations. Hettenmnt-colonal du régiment
par M. Pajot,
le poste dOuanamynthe;
Cap, et commandant
des disofficier faisoit part au gouverneur
cet
et annonçoit comme propositions de T'ennemi,
par des forces
chaine Tattaque du Fort-Dauphin en se répandant,
considérables. Cette nouvelle,
On dit
en certitude.
changea les suppositions avoit été enlevé. Chacun
partout qDuanamyntic sur un conseil de guerre
avoit les yeux ouverts trois jours, et rien de
il dura
tenu à ce sujet;
vouloient concentrer
arrêté :les uns
positifnly.fuxs
les autres , parmi
toutes les forces au Mole;
Galbaud,
se
trouvoit Taljudant-general disputat
lesquels
étoient d'avis qu'on
frère du gouverneur, Cela supposoit la possibilité
le terrain pied à pied. Lordonnateur présent et
de tenir la campagne. dont il pouvoit disposer,
consulté sur les moyens
rien de
il dura
tenu à ce sujet;
vouloient concentrer
arrêté :les uns
positifnly.fuxs
les autres , parmi
toutes les forces au Mole;
Galbaud,
se
trouvoit Taljudant-general disputat
lesquels
étoient d'avis qu'on
frère du gouverneur, Cela supposoit la possibilité
le terrain pied à pied. Lordonnateur présent et
de tenir la campagne. dont il pouvoit disposer,
consulté sur les moyens --- Page 169 ---
DE SAINT-DOMINGUE.
répondit qu'il n'en avoit d'aucune sorte. Mais,
homme intrépide que nul obstacle ne peut
en
il fut d'avis de prendre ce dont on aunoit
arrêter, besoin là oùt on le trouveroit, ajoutant ( que, dans
circonstance: si impérieuse, lal bonne foi étoit
( une
un motinsignifiant.) .))
( une chimère, etlal propriété
Pour le prouver et joindre Texemple au préil proposa de faire banqueroute: à la maison
cepte,
et Zacharie, qui, par une
américaine Coopman
étoit créansuite d'affaires avec Tadministration,
cière de douze cents mille livres, somme que
probablement elle eût perdue, sans les rapports
existoient entre Coopman et le comintimes qui
devenu avec
missaire Sonthonax. Le premier,
réservé, ne voulut plus faire
raison extrèmement
des denrées ou du
aucune livraison que pour
à
numéraire. Ladministration, décidée. garder
avoit, résolut d'exécuter les dispocelui qu'elle
extraordinaire convoquée
sitions que l'assemblée
elles avoient
M. Galbaud avoit arrêtées;
par
avoit cru devoir se conparu si odieuses, qu'on
mais,
tenter d'une déclaration des négocians;
les besoins devenant plus pressans, on eut reà des visites domiciliaires. Deux municicours
la ville, et firent l'inventaire
paux parcoururent
contenoient. Enfin
de tout ce que les magasins
le résultat des mesures aussi absurdes qu'arbide M. Galbaud, fut de joindre la haine
traires --- Page 170 ---
RÉVOLUTION
tout-à-fait dans Topiau mépris, et de le perdre
nion publique.
des esprits à l'époque
Telle étoit la disposition
la France vinrent,
oû les bâtimens destinés pour
se réunir dans
des différens ports de la colonie, qu'on apprit
celui du Cap. Ce fut alors seulementq parle récit
les détails du siége du Port-au-Prince victimes sans nombre
témoins etles
qu'en@rentles vaisseanx de létat. La persécuentassées sur les
Cette ville ne
tion avoit atteint toutes les classes. de blancs. Les
contenoit plus qu'un petit nombre
du contrejaloux de la réputation
commisaires, dontla probité contrastoit trop avec
amiral Sercey,
de le destituer, ainsi
leur brigandage, essayèrent Mais le refus constant
M.Mistral son second.
que
de se préter à leurs mancuvres,
que fit Téquipage témoigna toujours pour ces
T'attachement quil
de respecter
deux officiers, força les commissaires
réunis.
la bravoure et Thonneur
en eux les talens,
s'ils oseroient jamais revenir
On doutoit encore
prochaine y fut anleurarrivée
au Cap, lorsque
Ce n'étoit pas sans raison
noncée officiellement. les croyoient trop pruque quelques personnes dans une ville qu'ils avoient
dens pour rentrer
les manières, et dont les
pillée et vexée de toutes dans le nouveau gouhabitans pouvoient trouver de leurs droits et un venverneur un défenseur Mais M. Galbaud s'étoit
geur de leurs injures.
s'ils oseroient jamais revenir
On doutoit encore
prochaine y fut anleurarrivée
au Cap, lorsque
Ce n'étoit pas sans raison
noncée officiellement. les croyoient trop pruque quelques personnes dans une ville qu'ils avoient
dens pour rentrer
les manières, et dont les
pillée et vexée de toutes dans le nouveau gouhabitans pouvoient trouver de leurs droits et un venverneur un défenseur Mais M. Galbaud s'étoit
geur de leurs injures. --- Page 171 ---
16t
DE SAINT-DONINGUE
montré sous un jour si défavorable; ses inconséses lubies, avoient donné une si pauvre
quences,
Dufay, dépéché par les
idée de son caractère;
T'avoit si bien jugé
commissaires pour l'étudier,
de traleur
comme un esprit
en le
dépeignant
sans crainte repavers, qu'ils crureni pouvoir
leurs
Fideles à leur système,
agèns
roitre au Cap.
la nécessité de mettre
annoncèrent hautement que
un terme aux extorsions de Tadministration nouvelle, et le soin de rassurer chacun sur ses pron'étoient pas les motifs les moinspuissans
priétés, retour dans la province du nord.
de leur
de
Le jour qui Téclaira fut un jour
triomphe
et
les mulàtres; ; dès le matin,
pour eux
pour forts et de la rade l'avoit annoncé
le canon des
l'arrivée des commisà la ville. On apprit à midi
et
Les troupes de ligne
saires au Haut-du-Cap. étoient allées à leur rencontre,
la garde nationale le chemin
où ils devoient
et elles bordoient
par
Un piquet de cavalerie ouvroit la marche.
passer.
la
d'honneur et de conDans ce cortége place
ils forfiance avoit été réservée aux mulâtres;
et exclusive des
moient la garde particulière
entourée
commissaires, dont la voiture étoit
d'hommes de cette coupar un fort détachement les
de la muleur. A leur suite venoient députés
et
nicipalité, de la commission intermédiaire,
le commandant de la province du nord.
TOM. 2.
it la marche.
passer.
la
d'honneur et de conDans ce cortége place
ils forfiance avoit été réservée aux mulâtres;
et exclusive des
moient la garde particulière
entourée
commissaires, dont la voiture étoit
d'hommes de cette coupar un fort détachement les
de la muleur. A leur suite venoient députés
et
nicipalité, de la commission intermédiaire,
le commandant de la province du nord.
TOM. 2. --- Page 172 ---
RÉVOLUTION
:62
T'ivresse des mulàtres;
On ne peut se figurer
de chêne
dans la ville couronnés la
la
ils couroient
livrant aux éclats de joie
et de laurier, se
tout : les insultes les
bruyante. Ce n'est pas
offensantes,
plus
les menaces les plus
désorplus gratuites, blancs ce qu'ils devoient
annonçoient aux
affranchis. On entendoit
mais attendre de leurs voix que le jour de la
derniers dire à haute
Ils ne dissices étoit enfin arrivé pourle Cap.
plus de
justice
cette ville, renfermant
muloient pas que
ne contenoit
royalistes que le Port-au-Pince que lui pour
atadépendans, et aussi coupable Lostracisme
auroit un sort semblable.
tous
le moins,
d'abord frapper, disoientils,
dictatorial alloit
osé montrer du courage.
les factieux qui avoient être dissoute, les contredevoit
colons
La municipalité destitués, et plusieurs
amiraux seroient
et leurs vertus
recommandablea aperleumnlumnitres autant de victimes
étoient déjà désignés comme nécessaire à la supériodont le sacrifice devenoit
vouloit adjuger aux
ouverte et décidée qu'on
rité
firent
snulâtres. heures du soir, les commisaires étatAquatre
M. Galbaud et son
leur entrée au Cap:
municipal, vinrent
major, le maire et le corps" lieu de descendre au
au-devant d'eux; mais au
du jardin où
par la grande porte
maet les premiers
le
gauvemement
général
les attendoient
à la supériodont le sacrifice devenoit
vouloit adjuger aux
ouverte et décidée qu'on
rité
firent
snulâtres. heures du soir, les commisaires étatAquatre
M. Galbaud et son
leur entrée au Cap:
municipal, vinrent
major, le maire et le corps" lieu de descendre au
au-devant d'eux; mais au
du jardin où
par la grande porte
maet les premiers
le
gauvemement
général
les attendoient --- Page 173 ---
DE SAINT-DONINGUE
Sonthonax et Polverel sy rengistrats du peuple,
; cet affront
dirent par la rue des Religieuses
d'autant plus sensible au général, qu'il
dut être
sentimentdel la haineiljoiétoit réfléchi, et qu'au
cruelle,qu'elle
gnoitler msprinuiapaiediutenurise de retour. M. Galbaud
ne laisse aucun espoir
qu'il devoit
au terme des humiliations
n'étoit pas
à joindre les coméprouver; son empressement
à peine
missaires, à pénétrer jusqu'à eux, put Illes trouva
lui attirer la faveur d'un coup-d'ail. la doctrine
préchant à la foule qui les entouroit
vous, citoyens régénérés,
du jour. ( C'est pour
nous a enque la république
( disoient-ils,
C'est pour que vous
( voyés à Saint-Domingue.
vous tenez de
enfin des droits que
( jouissiez
dont la convention a la première
e la nature, et
du monde, qu'elle
( déroulé la charte aux yeux
Nous
a investis de sa toute-puissance.
(( nous
nous remplirons,
de sa confiance;
K serons dignes
et malgré les
de tous les malveillans,
( en dépit
d'intérêts divers nous oppo-
( obstacles que tant honorable dont elle nous a char-
( sent, la missionh
sur notre fermeté et
5 gés; vous pouvez compter
par toutes
dévouement: Ils seront appuyés
K notre
elle veut la liberté
4 les forces de la républiques
Sans ces deux
entre tous les hommes.
( etl'égalité
de bonheur sur la terre.
( biens il n'est point
de la
doctrine est devenue lévangile
( Cette
( en dépit
d'intérêts divers nous oppo-
( obstacles que tant honorable dont elle nous a char-
( sent, la missionh
sur notre fermeté et
5 gés; vous pouvez compter
par toutes
dévouement: Ils seront appuyés
K notre
elle veut la liberté
4 les forces de la républiques
Sans ces deux
entre tous les hommes.
( etl'égalité
de bonheur sur la terre.
( biens il n'est point
de la
doctrine est devenue lévangile
( Cette --- Page 174 ---
RÉVOLUTION
celui du monde entier. Ilfaut
( France, elle sera
aillent Sengloutir
toutes les monarclies
( que
de la démocratie universelle!
( dans le torrent
au sort des
nouvelle va présider
( Une politique
quil'a créée ne sera plus
( nations. La philosophie
impuisscience stérile, une spéculation
(( une
Solon, Numa, n'ont été que
(( sante. Lycurgue, des fourbes ou des visionnaires;
( des ignorans, Charles V, Louis IX, Henri IV,
(( Charlemagne, des despotes dont la mémoire
i Louis XIV, que
horreur. lls vouloient
les lois doivent être en
(( et
les préjugés : ils prétendoient que
( régner par
devoit reposer sur la pro-
( le corps politique
! La liberté la plus
périsse ce système
le
(( priété; Tégalité la plus rigoureuse, voilà de
( illimitée,
les seules richesses
patrimoine,
dé-
( véritable
quoiqu'en disent tous ses
( Thomme! Non,
né pour vivre dans une
K tracteurs, il n'est pas
le distingue des
profonde: Ce qui
leur
( stupidité
Réveillons
ce sont ses passions.
( brutes,
le frein de nos lois barbares
brisons
( activité,
et que, rendu à lui-mème,
(C qui les comprime; vieilles idées, guéri de toutes
(( dégagé de ses
maitre unique de ses vo-
(( les superatitions, 2 de la nature qui le créa
digne enfin
c lontés,
libre, il jouisse de la pléet
( indépendant
peut comporter son
des droits que
(( nitude
(( être. ))
passions.
( brutes,
le frein de nos lois barbares
brisons
( activité,
et que, rendu à lui-mème,
(C qui les comprime; vieilles idées, guéri de toutes
(( dégagé de ses
maitre unique de ses vo-
(( les superatitions, 2 de la nature qui le créa
digne enfin
c lontés,
libre, il jouisse de la pléet
( indépendant
peut comporter son
des droits que
(( nitude
(( être. )) --- Page 175 ---
DE SAINT-DONINGUE
classe jadis humiliée sous lenom de
K Et vous,
opposés aux
K petits blancs; vous qui, toujours des droits
K citoyens du 4avril, avez comme eux
à réclamer ; vous qui, non
( imprescriptibles
par les suK moins avilis et méprisés qu'eux
devez trouver dants votre
( perbes planteurs, force de
des injures com-
( réunion la
venger
intérêts.
( munes, connoissez VOS véritables
n'avez
le vouloir, et vous sortiK Vous
qu'à
de Tétat
dans lequel vous re-
( rez
d'opprobre
cette caste orgueil-
( tient impitoyablement
leuse. Oui, mes amis, désirez d'être riches,
AC
osez vouloir être puis-
(( et vous le deviendrez;
K sans, et bientôt vous commanderez à ceux-là
même
leur despotime, 2 ont mérité la
(
qui, par
du peuple dont ils ont
( haine et la vengeance
la reconnoissance et méconnu la sou-
( dédaigné
(C veraineté. ))
consterna toutes
L'annonce d'un pareil évangile
les personnes accoutumées à réfléchir; le danger
devenoit pressant, et l'on ne savoit comment
l'éviter. M. Galbaud ayant fait la sottise de laisser
rentrer les commissaires au Cap, dès-lors il ne
fut pas difficile de prévoir que ceux-ci l'écraseroient. En vain s'humilia-t-il en leur présence;
le coup avoit été porté, les mulâtres ne l'avoient
du
Afn de lui ôter tout
pas cru digne généralat.
doute à cet égard, les commissaires ne vou- --- Page 176 ---
REVOLUTION
le diner de cérémonie prélurent point accepter et qu'il avoit fait retarparé en leur honneur, Cette sévérité outrée
der jusquà six heures:
jointe à l'accueil
contre le chefdu gouvernement, perfides que reçurent
gracieux, aux promesses et dontlon fut encore
les députés du commerce, T'autorité de M. Galdupe, acheva d'anéantir les
seuls disDans une ville où négocians
laud.
leur opinion devoitlemposoient du numéraire, en effet. Le général
porter, et elle l'emporta
ou elle le
alors sa faute et Timpuissance
pas
comprit
commissaires ne manquerent
réduisoit. Les
avantageux. Quelque
d'en tirer le parti le d'atteindre plus
le but, ils n'hépressés quils fussent des chemins détournés,
sitoient pas à prendre
trop d'obsdirecte leur présentoit
lorsque la ligne
le général, mais plus
tacles. Plus pervers que leurs desseins, et plus
soigneux que lui de cacher saisir l'instant favorable,
habiles quil ne Tétoit à besoin ces fripons adroits
ils savoient imiter affectueusement au
les mains avant
qui vous serrent
de fouiller dans vos poches. morale de M. Galbaud et
On connoit trop la
croire que l'amour du
pour
Les
des commissaires
part à leur conduite.
bien public eût quelque
cherchoient à se
deux autorités se détestoient, ni l'autre ne se proposupplanters mais ni P'une
Les comrétablir Tordre à St.Domingue.
soit de
fripons adroits
ils savoient imiter affectueusement au
les mains avant
qui vous serrent
de fouiller dans vos poches. morale de M. Galbaud et
On connoit trop la
croire que l'amour du
pour
Les
des commissaires
part à leur conduite.
bien public eût quelque
cherchoient à se
deux autorités se détestoient, ni l'autre ne se proposupplanters mais ni P'une
Les comrétablir Tordre à St.Domingue.
soit de --- Page 177 ---
DE SAINT-DONINGUE
les défenseurs des promissaires, en se montrant cherché às s'emparer,
priétés dont le général avoit
avoit voulu
des traités qu'il
et les observateurs
les circonstances
rompre, ne consultoient que
le salut
du moment. La preuve que
et Topinion leur étoit indifférent, ou, pour
de la colonie
avoient à cceur son bouparler plus justeyquils
dans la persévérance
leversement total, se trouve
cette fin. Ils
des efforts qu'ils dirigeoient vers des papiers
connoissoient trop bien T'influence
négliger un moyen si pnissant.
publics pour
ils avoient
Avant leur départ du Port-au-Prince,
à
destiné apétabli un journal spécialement de Thomme. Dès
prendre aux nègres les droits
entièrement
leur arrivée au Cap, le Moniteur fut
à la
des mêmes dogmes.
consacré
propagation
des mille scribes attachés à la commission
L'un
comme de raison des princivile, enthousiasnié
osa publier
cipes auxquels il devoit sa fortune,
révoludans cette feuille que le jour d'une grande
les
tion alloit enfin paroitre. ( En vain, disoit-il,
flattent d'un changement et sou-
(C royalistes se
d'un pavillon étranTapparition
a pirent après
le
coup de
sachent que. premier
( ger; quils
de Saint-Domiague
( canon tiré sur le territoire
et
dans tout le golphe du Mexique,
( retentira
de la perte des Antilles (pour
( sera le signal
( TEurope. > --- Page 178 ---
RÉVOLUTION
bas de cet article imprimé en gros
On lisoit au
secrétaire de
caractère italique : PIQUENARD,
la comnisioncieile. avis aussi téméraire entenUn an plus tôt, un
immédiate de sa
Tauteur la perte
trainé pour
à la crainte qui avoit glacé
liberté; mais, grâce
à
une légère sentous les cceurs, il excita nombre peine n'en eut pas consation. Le plus grand
compte. Les homnoissance, ou n'en tint aucun virent qu'une efferhonnêtes et modérés n'y
mes
homme, , qu'un réve imposvescence de jeune
instruites et portées
sible à réaliser. Les personnesi Tacomplisement
à la méditation, regardoient
nécomme une conséquence
de cette prophétie
française, et sa publicessaire de la révolution
moyens de le décation comme un des meilleurs étoient, il est vrai, fort
terminer. Ces personnes T'autorité les faisoit en outre
peu nombreuses;
et les délateurs dont la
observer par les espions cette époque, et qui,à
ville du Cap fourmilloità réduisoient tous les citoyens
force de calomnics,
à l'isolement et au silence.
général
bruit courut que M. Tadjudant
Le
tournée aux différens postes,
Galbaud, dans une
quelques propos vifs
avoit osé se permettre Ceux-ci, loin de s'en
contre les commisaires. les
non qu'ils y
plaindre, feignirent de moment ignorer; de s'en venger
eatemblevmbke
qui,à
ville du Cap fourmilloità réduisoient tous les citoyens
force de calomnics,
à l'isolement et au silence.
général
bruit courut que M. Tadjudant
Le
tournée aux différens postes,
Galbaud, dans une
quelques propos vifs
avoit osé se permettre Ceux-ci, loin de s'en
contre les commisaires. les
non qu'ils y
plaindre, feignirent de moment ignorer; de s'en venger
eatemblevmbke --- Page 179 ---
DE SAINT-DONINGUE
venu. Il falloit, avant tout, arracher
n'étoit pas
des camps, où il auroit été
le frère du gouverneur
au Cap, ou il
vraiment à craindre, et l'attirer Voilà le motif
seroit à la merci de ses ennemis.
des dicde la conduite circonspecte et modérée
elle changea aussitôt que M. Tadjudant
tateurs;
commis l'imprudence de paroitre en
Galbaud eut
avoit inspiré de trop cruelles
ville. Cet officierleur
à s'en
ne cherchassent pas
alarmes pour qu'ils T'avenir. Il avoit acquis dans son
préserver pour
les militaires, montré des
voyage l'estime de tous
du
I1
talens, de la fermeté ; du zèle et
courage.
pourlescompouvoit être d'autant plus dangereux
sentoit la nécessité de se soustraire
missaires, qu'il
n'étoient pas
à leuntyrannie. Toutes ses mesures maladroit
Son frère avoit été assez
encore prises.
voloient au-devant
repousser des coeurs qui
pour
adversaires avoient profité de cette
de lui, et leurs
cherchoit à la répafaute. M.T'adjudant Galbaud,
du soin de faire revenir l'opirer, et s'occupoit
donna
le temps:
nion publique. On ne lui en
pas atteindre
moyens qu'il tenta pour
tout, jusqu'aux
le coup sous lequel lui
ce but, servit à précipiter
et son frère devoient succomber.
on apprit au Cap que,
Sur ces entrefaites,
commission civile,
un ordre exprès de la
par
ancien officier de'la marine, proMI. Duquesne, Gonaives où il commandoit un
priétaire aux
, et s'occupoit
donna
le temps:
nion publique. On ne lui en
pas atteindre
moyens qu'il tenta pour
tout, jusqu'aux
le coup sous lequel lui
ce but, servit à précipiter
et son frère devoient succomber.
on apprit au Cap que,
Sur ces entrefaites,
commission civile,
un ordre exprès de la
par
ancien officier de'la marine, proMI. Duquesne, Gonaives où il commandoit un
priétaire aux --- Page 180 ---
RÉVOLUTION
avoit été arrêté et conduit
corps de volontaires,
Son crime étoit d'avoir
en prison à Saint-Marc. brigands prisles armes
fait fusiller trois ou quatre
devant un trià la main, au lieu de les envoyer Sonthonax, et
bunal spécial, créé depuis peu par
Cet
sur les délits de ce genre.
chargé de prononcer
officier universellement
excès de rigueur envers un
M. de Nully, déjà
estimé indigna tout le monde. M. de Fontange,
suspect par ses liaisons avec
Télargissement
acheva de se perdre en sollicitant lui-mème, qui,en
M. Galbaud
de M. Duquesne. arrivée au Cap les pouvoirs
augmentant dès son contribué à son malheur, 2
avoit
de ce dernier,
la paroisse des
ne put rien pour lui. Cependant été le défenseur, résoGonaives, dont il avoit obtenir sa liberté. Les
Jut de tout tenter pour à peine contenir leur
gardes nationaux pouvoient
enfondre sur Saint-Marc,
rage; ils vouloient
où gémissoit leur
foncer les portes de la prison tribunal qui devoit le
capitaine, le soustraire au tête
être encore
et le replacer à leur
pour
juger,
de toutes les couleurs.
T'effroi des brigands
violente auroit été plus
Une démarche aussi
vouloient la tenqui'utile, si ceux qui
dangereuse
d'aller pluslain.Le
ter,n'avoient senti la nécessité
aux
favorable; on connoissoit
moment paroissoit
divisoient déjà
Gonaives la haine et la jalousie qui civile. On crut
et la commission
le gouvernement
et le replacer à leur
pour
juger,
de toutes les couleurs.
T'effroi des brigands
violente auroit été plus
Une démarche aussi
vouloient la tenqui'utile, si ceux qui
dangereuse
d'aller pluslain.Le
ter,n'avoient senti la nécessité
aux
favorable; on connoissoit
moment paroissoit
divisoient déjà
Gonaives la haine et la jalousie qui civile. On crut
et la commission
le gouvernement --- Page 181 ---
DE SAINT-DONINGUE Un dédevoir mettre à profit cette circonstance. du général
chargé de sonder les dispositions
puté,
communiquer celles de la paroisse,
etautoriseàlui
et s'adressa à M.Tadjudant-ermecal,
arriva ati Cap,
retour du cordon de T'ouest,
Galbaud. Depuis son
et observé de près. Le
cet officier étoit soupconné été
par le club
député lui-même avoit
proscrit l'autre crurent ne
du Cap le 19 octobre; Tun et
savoient être
dérouter les espions qu'ils
rendezpouvoir
se donnant un
attachés à leurs pas, qu'en sur) la place d'armes.
vous, à neufheures du soir,
l'un des
continuel de ce quarlier,
Le mouvement
sembloit le rendre peu
fréquentés de la ville,
plus
et fut précisépropre à former une conjuration, M. Galbaud
ment ce qui lui valut la préférence. rendre en habit
la précaution de s'y
eut seulement
bourgeois.
la conférence par un abrégé
Le député ouvrit
et 1
de la tyrannie des commissaires,
historique
envers MM. de Blancherappela leurs procédés
de Tousard,de
lande, d'Esparbès, de Cambefort, M. Galbaud :
puis il dità
Fézenzac et Duquesne;
le système de
Voilà le fruit de la foiblesse,
((
tous les généraux. Vous
(( la modération a perdu
frère, si vous suivez
K êtes perdus vous et votre
à
leurs traces. En vain vous soumettriez-vous
(
des barbares desseins de
( devenir Tinstrument
vous ne leur inspireennemis;
(t nos communs
lande, d'Esparbès, de Cambefort, M. Galbaud :
puis il dità
Fézenzac et Duquesne;
le système de
Voilà le fruit de la foiblesse,
((
tous les généraux. Vous
(( la modération a perdu
frère, si vous suivez
K êtes perdus vous et votre
à
leurs traces. En vain vous soumettriez-vous
(
des barbares desseins de
( devenir Tinstrument
vous ne leur inspireennemis;
(t nos communs --- Page 182 ---
RÉVOLUTION
confiance. Le seul moyen d'éviter
€ rez aucune
c'est de
ruine, qu'ils ont déjà jurée,
(( votre
redoutables. Vous trou-
( vous rendre forts et Gonaives : les troupes,
( veriez cet avantage aux
tout est à vOS or-
)) les habitans, leur fortune, Venez par votre
( dres; on n'attend que vous. et la valeur opsauver T'innocence
(( présence
la
de M. Duquesne;
K primées dans personne de voir deux misérables
(( faites cesser le scandale
venà tous les généraux;
( ergoteurs en imposer
la justice, audacieu-
( gez la morale, la probité,
deux scélérats
foulées aux pieds par
(( sement
Délivrez enfin la
du dernier supplice.
( dignes
sous le plus honteux escla-
( colonie gémissante
M. le
êtes la
et dont vous et
général
K vage,
espérance. ))
(C dernière
hardi et périlM Galbaud avoua que, quelque
il seroit
fut le parti de quitter le Cap,
leux que
recourir; et, sans s'exnécessaire d'y
pent-étre
sur le mode ni sur Tépoque
pliquer positivement connoitre T'opinion polide Texécution, il voulut
>. Elle n'est pas
des habitans de la paroisse
tique
le député; nous sommes
( douteuse, lui répondit
gens d'honet par conséquent,
( tous royalistes, du succès, il nous reste une res-
( neur;au défaut
nous donneront asile,
( source; les Espagnols
confidence
avons Tassurance. )) Cette
(C nous en
à déterminer M.
que le député croyoit propre --- Page 183 ---
1;3
DE SAINT-DONINGUE dans Tirrécelui-ci
Galbaud, jeta au contraire nouvel ordre de choses,
solution. Attaché au
il n'entendit
et révolutionnaire par principes, de foi des habitans
sans dépit la profession
pas
Le député ne put savoir jusqu'à les
des Gonaives.
conmoissance influa sur
quel point cette
mais, à coup sûr, elle
projets de M. Galbaud,
cet officier dela communication;
en suspendit
et silencieux ; enfin il prit
vint réveur, pensif
été retenu quelques insla parole, et dit : ( J'ai
mais,
la différence de nos opinions;
tans par
cet obstacle n'est pas intout bien consideré, 2
d'accord quand on veut
vincible; on est tonjours dois vous déclarer ici
le bien. Néanmoins, je
est une chose
Tintervention des Espagnols
que
pourquoi
à laquelle il ne faut plus penser.DL utile? - Nous avons
d'un appui aussi
se priver
avec
sur cette
elle doit être la première
cenaseciamoned
ceux que vous proposea;e formée contre la France.
punie de la coalition
de son territoire.
Comment?. 1 En s'emparant
forces 5 car
Vous attendez donc de grandes
lorsque
nouvelle avec les Espagnols,
une guerre
en état de résister aux
nous ne sommes pas folie aussi absurde que
esclaves, me paroit une absurde que vous le
Pas aussi
dangereuse.
de réunir tousles nègres
pensez. Estil impossible libres, d'en faire une
révoltés en les rendant
.
punie de la coalition
de son territoire.
Comment?. 1 En s'emparant
forces 5 car
Vous attendez donc de grandes
lorsque
nouvelle avec les Espagnols,
une guerre
en état de résister aux
nous ne sommes pas folie aussi absurde que
esclaves, me paroit une absurde que vous le
Pas aussi
dangereuse.
de réunir tousles nègres
pensez. Estil impossible libres, d'en faire une
révoltés en les rendant --- Page 184 ---
AÈYOLUTION
à la conquête de Tile
formidable appelée
destinées?
armée
à de plus hautes
veentière, et peut-être le prix de Taveu qui
Ici le député, sentant
lui dit: J'ai bien
d'échaper à M. Galbaud,
à
noit
d'une entreprise
entendu parler vaguement je n'ai pu croire qu'on
près pareille, mais mettre à exécution. je
peu sérieusement la
que
désirat
douté, ajouta-t-i1,
ne me serois jamais
concourir à un plan
vous, colon, voulussiez
et qui, sans rien
formé par les commissairés; d'Europe, vous
changer au cours des événemens dont vous auriez
feroit exécrer de la colonie abusez, les comcausé la perte. 1 Vous vous anteurs du projet; je
missaires ne sont pas les leurs vues que jignore,
conforme point à
- D'où
ne me
à des ordres supericurs. cxécutif
mais j'obéis
du conseil
- De France,
peartent-1ls7.
a été irevocablement
la résolution
que sa volui-méme; et il faut à tout prix
prise par lui,
auquel
lonté Facompliueto)
suffitau député Kporjegettiennige tous
Cela
sans un miracle,
il avoit affaire ; il vit que, des véritables colons
tous les sacrifices
La
les efforts,
seroient infructueux. M.
pour sauver leur pays remise au lendemain,
conférence ayant été
ct les lettres de
le décret du 5 mars 1795,
(1) Voyez des 15 et 16 février.
M. Monge --- Page 185 ---
DE SAINT-DONINGUE
au rendez-vous.
Galbaud ne put pas se trouver
l'avoit
un ordre des commissaires
Dès le matin,
sur la flûte la Normande.
constitué prisonnier réclama son élargissement ou
En vain le général
le juger : il ne fut point
une cour martiale pour
lui répondre. Desécouté; à peine daigna-t-on
de gouvertitué bientôt lui-même de sa frère place à bord. Le
neur (1), il alla joindre son
se
qui de ce moment
député des Gonaives, arrêté chez lui, et conduit
tint caché, fut aussi
en prison.
quinspirat M. Galbaud, sa
Quelque mépris
sensation. Le Cap
chute produisit une grande
Tout
T'effervescence la plus grande.
étoit dans
Cependant perune crise prochaine.
contentoit
présageoit cherchoit a ladétourner: : onse
sonnene
Telle étoit linertie de tous
de gémir en silence. semblables à des victimes qu'on
les habitans, que,s
le couteau qui alloitles
traine à Tautel, ils voyoient
faisoientrieny pour rsysoutraire-tine
frapper, etne
province dunord,
foule der mulatres, étrangersala de tous les points
avoit suivi les commisaires, chefs de cette caste, parvenus
de la colonie. Les
affichoient une
tout à coup au faite du pouvoir, formoient un conhauteur et unei importance bassesse qui
réelle. Il n'est
traste frappant avec leur
des commissaires civils du 13 juin.
(s) Proclamation
ient
faisoientrieny pour rsysoutraire-tine
frapper, etne
province dunord,
foule der mulatres, étrangersala de tous les points
avoit suivi les commisaires, chefs de cette caste, parvenus
de la colonie. Les
affichoient une
tout à coup au faite du pouvoir, formoient un conhauteur et unei importance bassesse qui
réelle. Il n'est
traste frappant avec leur
des commissaires civils du 13 juin.
(s) Proclamation --- Page 186 ---
RÉVOLUTION
les
dire
si les plus instruits,
pas besoin de
que, furent enivrés de leur
plus sages d'entre d'oublier eux,
toute convenance,
fortune au point
voies de fait de ceux qui
et les
les prétentions
éducation, se renouvelant
n'avoient reçu aucune Lsiintolérables, quil fallut
tous) lesjours, devinrent force, Elles ne cessèrent que
les réprimer par la obligés de se mesurer avec
lorsque les blancs,
de leur vanité. Il y eut
eux, les eurent.punis
rixes entre les mamême au Carénage plusieurs à tour vainqueurs et
rins et les mulâtres tour
le génie des mavaincus. Quiconque a observé l'effet que dut protelots, concevra sans peine
la comnoissance
duire sur tous les équipages terre. La fermentation
de ce qui se passoit à
à unseul vaisseau,
qu'elle excita ne se borna pas batimens de la rade.
mais s'étendit à tous les étoient à bord de
MM. Galbaud
On sait que Attentifs à tout ce qui pouvoit
la Normande.
ils accueillirent les plainservir leur vengeance,
des insintations, fotes des marins, et, par
il n'étoit pas famentèrent leur ressentiment; mouvemens abouticile de prévoir où tous ces
calmés d'euxPeut-être se seroient-ils
désiré
roient.
et d'autre on n'avoit
mèmes, si de part
de MM. GalIndépendamment
les
une commotion. officiers de la marine détestoient et
baud, les
ils avoient à se plaindre,
commissaires dont
des insintations, fotes des marins, et, par
il n'étoit pas famentèrent leur ressentiment; mouvemens abouticile de prévoir où tous ces
calmés d'euxPeut-être se seroient-ils
désiré
roient.
et d'autre on n'avoit
mèmes, si de part
de MM. GalIndépendamment
les
une commotion. officiers de la marine détestoient et
baud, les
ils avoient à se plaindre,
commissaires dont --- Page 187 ---
DE SAINT-DOMINGUE
eux-mêmes suspects. M. de
auxquels ils étoient
le bon
savoit très-bien que, sans
esprit
Sercey
de VEole, il n'eût point conservé
de Téquipage
de ce vaisseau. M. de Cambis
le commandement oublié
Polverel s'étoit per-"
ne pouvoit pas avoir
que chez M. Laveaux,
mis, quelques jours auparavant,
de la manière la plus arrogante.
de Papostropher
La rade étoit remplie de mécontens et de proscrits,
lesquelles MIM. Tanguy et Thomas Millet
parmi
leur esprit inquiet et turbuse distinguoient paf
len.DeafamiveedeM. Galbaudau Cap,ilsavoient
entretenu avec lui une correspondance qui duce général fut destitué et conroit encore quand
Pendant leur séjour
duit à bord de la Normande.
rade ils eurent tous trois occasion de se voir,
en
une haine éternelle aux
de se parler, et jurèrent
exhalée en
dictateurs; elle se fut probablement
sans les rixes des matelots
vaines imprécations,
et des mulâtres. Cet événement lia davantage
MM. Tanguy, Millet et Galbaud, par T'espoir
leur donnoit d'amener une scission ouverte
qu'il
entre la terre et la mer.
de l'inDès qu'on eut reconnu la possibilité
surrection, T'on s'occupa des prétextes propres
à la faire naitre et des agens qui pourroient la
diriger; les uns et les autres se trouvoient en
rade. Quelle que fût la puissance des dictateurs, 2
le rassemblement de tous les
ils auroient, par
TOM. 2. --- Page 188 ---
REVOLUTION
dans un même lieu, commis une faute
déportés
la résolution
bien grave, si, à tout événement,
été
de détruire la ville et la colonie n'avoit pas
le déprise par eux. Ils ne pouvoient ignorer que
s'exalte par la facilité de se
sir de la vengeance
subir
satisfaire. M. Galbaud 1, qui avoit paru
son sort sans murmurer n'eut pas plutôt entrevu
la possibilité de le changer, qu'il ne s'occupa
Il fut puisplus que des moyens d'y parvenir.
d'Arsamment aidé par un sergent du bataillon
de la colonie, comme ennemi des
tois renvoyé
contre lesquels il avoit été
hommes de couleur,
Port-au 1- Prince. A la
ameuté par le club du
haine
tous les soldats portoient aux mulâtres
que
le talent d'improviser, 2 avance sergent joignoit
ascendant sur
tage qui lui avoit donné un grand
camarades. M. Galbaud l'attacha sans
tous ses
et fitde lui le levier au moyen
peine à ses intérêts,
la rade contre les comduquel il souleva toute
missaires.
mes de couleur,
Port-au 1- Prince. A la
ameuté par le club du
haine
tous les soldats portoient aux mulâtres
que
le talent d'improviser, 2 avance sergent joignoit
ascendant sur
tage qui lui avoit donné un grand
camarades. M. Galbaud l'attacha sans
tous ses
et fitde lui le levier au moyen
peine à ses intérêts,
la rade contre les comduquel il souleva toute
missaires. --- Page 189 ---
DE SAINT-DOMINGUE.
CHAPITRE XIX.
du despotisme des
Nouceaux progrès
commissaires. Prétentions des muldtres. M. Galbaud se met à la tête d'une
insurrection. Combat dans les rues du
Incendie de cette ville. Départ de
Cap:
Elats-Unis d'Amëla flotte pour- les
rique.
Sr linsurrection n'avoit pas encore éclaté au
Cap, c'étoit gràce.au caractère paisible des habitans de cette ville, au mépris qu'ils avoient conçu
le gouverneur, et au rayon d'espérance
pour
civile avoit fait briller à leurs
que la commission
yeux en blâmant avec. beaucoup d'amertume
la nouvelle admigistration. Ils ne tardèrent pas
à être désabusés. A peine le gouverneur eut laissé
le champ libre aux commissaires, que ceux-ci
montrèrent ouvertement leurs principes et leur
politique. Les mesures illégales dont ilsiavoient
fait un crime à M. Galbaud, furent précisément --- Page 190 ---
RÉVOLUTION
de préférence. Après
celles qu'ils adoptèrent ils osérent la prendre
avoir blàmé sa conduite,
de renchérir
modèle, et ne craignirent pas
Une
pour
et leur rapacité.
sur lui par leur impudence les besoins pressans
motivée sur
proclamation
et dont un article précis
du gouvernement, de remontrance, 2 annonça
interdisoit toute espèce
assisté à la séance
qui avoient
aux négocians
par M. Galbaud, 2
cstraordinaire, 2 convoquée mille livres, pour laqu'une somme de six cent les uns des autres 2
quelle ils étoient solidaires comptée par eux à
devoit être incessamment
Tadministration. et la douleur que cette mesure
L'étonnement
faciles à imaginer qu'à déproduisit sont plus
quel
demandoit avec inquiétude
crire. On se
de
et jusqu'à
seroit le terme de tant vexations, seroient victimes
colons
quand les malheureux T'avidité des vautours qui,
de la perfidie et de dévoroient les restes de
sous différens noms,
ce pays sembloit
En effet,
Saint-Domingue.
administrateurs que
condamné à n'avoir pour
des hommes.
les plus ineptes ou les plus pervers promesses,P prooubliantleurs
le
Les commisaires,
une insurrection par
voquoient eux-mémes
par la viodes usages les plus respectés,
mépris
essentielles. Pour pousser
lation des lois les plus
leur despotisme
à bout des esprits sur lesquels
restes de
sous différens noms,
ce pays sembloit
En effet,
Saint-Domingue.
administrateurs que
condamné à n'avoir pour
des hommes.
les plus ineptes ou les plus pervers promesses,P prooubliantleurs
le
Les commisaires,
une insurrection par
voquoient eux-mémes
par la viodes usages les plus respectés,
mépris
essentielles. Pour pousser
lation des lois les plus
leur despotisme
à bout des esprits sur lesquels --- Page 191 ---
DE SAINT-DOMINGUE immobile
n'avoit encore produit qu'une terreur le bruit que tous
ils firent répandre
et muetle,
seroient déportés 2
les blancs indistinetement de couleur suffisoit pour
parce que la différence mulatres. On sent bien
les rendre ennemis des
avoit surtout
donnée à ce projet
que la publicité
séditieux,
pour but de provoquer un mouvement faisant une nécesla haine, et en
en exaspérant
Les commissaires ne desité de la résistance.
pouss'attendre que des propriétaires
voient pas
jusqu'à se laisser dépouiller
sassent la longanimité affranchis. Ils avoient calet proscrire par leurs
la classe
culé que l'excès de la tyrannie jetteroit forceroit à courir
blanche dans le désespoir, et la
aussi ce
chances d'une insurrection- C'étoit
les
et tout étoit préparé pour la
qu'ils désiroient,
Loin de contenir les muréussite de ce plan.
ils excilâtres dans les bornes de la modération,
leurs désirs ambitieux, par
terent de plus en plus
exclusive tres-prochaine.
Tespoir d'une possession
marchands, qui
D'un autre côté, les capitaines motif et
la
retenus en rade sans
par
se voyoient
avec raison
seule volonté des commisenites,irrités: le convoi à devenir
contre un retard qui exposoit outre de se voir
la proie des Anglais, flattés en cédèrent à ses insi--
consultés par le gouverneur, Tappui de leurs équinuations et lui garantirent
M. Galbaud
Maitre des forces maritimes,
pages. --- Page 192 ---
RÉVOLUTION
à M. de Fézenzac, toucommuniqua son projet
jours prisonnier sur MInconstante, en le priant
de concourir au succès par sa présence et par
mais cet officier
qui conses
conseils; ;
général,
noissoit l'incapacité du gouverneur 2 ne voulut
ses torts ni aider à combler la mnepas partager de la colonie. Il refusa.
sure des maux
bien
D'après l'état des esprits, on pense
que
le désordre alla toujours en augmentant. Un
se montrer à terre sans
matelot ne pouvoit pas
combats sur
êlre insulté. Il s'ensuivit plusieurs
par les mulâtres,
le rivage, toujours provoqués
contre lesquels des plaintes graves furent portées
Le public s'attendoit qu'ils
aux commissaires.
feroient un exemple sévère des plus coupables,
il se trompa : la seule disposition qu'ils crurent
fut de défendre à tous les madevoir adopter,
officiers ou matelots, de venir à terre après
rins,
sept heures du soir.
révolta moins que
La sévérité de cet ordre
une caste
la partialité des commissaires pour
lui
non contente de jouir des droits qu'on
qui,
en faisoit un abus révoltant et
avoit accordés,
avoir acquis
scandaleux, parce qu'elle croyoit
celui de tout dire et de tout oser impunément.
Comme la consigne s'étendoit jusqu'aux étatsles
humajors, les officiers qui
composoient,
miliés de se voir confondus avec des matelots,
rité de cet ordre
une caste
la partialité des commissaires pour
lui
non contente de jouir des droits qu'on
qui,
en faisoit un abus révoltant et
avoit accordés,
avoir acquis
scandaleux, parce qu'elle croyoit
celui de tout dire et de tout oser impunément.
Comme la consigne s'étendoit jusqu'aux étatsles
humajors, les officiers qui
composoient,
miliés de se voir confondus avec des matelots, --- Page 193 ---
DE SAINT-DONINGUE.
indignés d'avoir été sacrifiés à des mulatres, voulurent savoir la cause de cette mesure. Une députation d'officiers des différens vaisseaux se rendità
la commission civile pour s'en informer. Elle ne
fut
reçue. Polverel et Sonthonax, retirés dans
pas
dans ce moment d'une
leur cabinet, s'occupoient
absoraffaire de la plus haute importance, et qui
boit toutes les facultés de leur esprit. Il s'agissoit
de consacrer par une fête patriotique le triomphe
du
de la liberté et de Tégalité. Indépendamment
splendide où chacun feroit le serment de
banquet
outre
milivivre libre ou de mourir,
T'appareil
taire qui devoit rendre cette cérémonie plus imles commissaires ordonnèrent que le
posante, interrompn depuis le premier jour de
spectacle,
la révolte des nègrès, s'ouvriroit par une représentation gratis de la Servanta-Miaturese.) pièce
choisie à dessein, et qui offroit, à raison de son
titre et des circonstances actuelles, une allusion
les mulâtres croyoient bien fine et bien pique quante, mais qui n'étoit que plate et grossière.
Leur vanité ne sembloit pas même encore satisfaite. Comme, d'après leur façon de voir, l'égalité
décrétée devoit avoir non-seulement nivelé les
mais étouffé tout sentiment de dignité et
rangs, de convenance, il fut décidé que les loges seroient ouvertes à toutes les couleurs; et, afin de
ne laisser aucun moyen à la délicatesse offensée,
pique quante, mais qui n'étoit que plate et grossière.
Leur vanité ne sembloit pas même encore satisfaite. Comme, d'après leur façon de voir, l'égalité
décrétée devoit avoir non-seulement nivelé les
mais étouffé tout sentiment de dignité et
rangs, de convenance, il fut décidé que les loges seroient ouvertes à toutes les couleurs; et, afin de
ne laisser aucun moyen à la délicatesse offensée, --- Page 194 ---
RÉVOLUTION
humiliation douloureuse, on ajouta
d'éviter une
blanches des deux sexes qui,
que les personnes montreroient de T'aversion pour
par leur absence,
et de la résistance à la loi
les citoyens régénérés,
à l'autorité.
du 4avril, seroient signalées
fut rempli
Le temps nécessaire aux préparatifs les mules plus propres à enivrer
par les plaisirs
les blancs, et à précipiter
lAtres, à désespérer
les débris de la forqui, sur
une catastrophe
de Texistence des uns et
tune, et même au prix les nègres à la liberté,
des autres 2 devoit élever idée de ces orgies appeOn ne peut se faire une
de couleur,
où les femmes
lées fêtes patriotiques, les idoles du jour, tenoient
fières d'être devenues
rôle. Il faut
le premier rang eljouoient le premier la contenance
avoir vu T'air faussement modeste,
mulàassurée de toutes les jeunes
gauchement rentendu leur jargon,t tantôt précieux
tresses;avoir
et libertin,
etsentimental,plus souvent équiroque
faiobservé les efforts maladroits qu'elles
avoir
le vice du masque de la
soient pour couvrir
sous le maintien de
vertu, et pour déguiser de la débauche. Qu'on
l'innocence les habitudes le sérieux composé
ajoute à ce tableau grotesque mulâtresses ct négresses, 9
d'un groupe de vieilles elles étoient Tobjet pourla
ebahiesdes égards sdont fracas, le ton bruyant de quelpremière fois; et le
singerles
hommes de cothear,sappliguantas
quas
vice du masque de la
soient pour couvrir
sous le maintien de
vertu, et pour déguiser de la débauche. Qu'on
l'innocence les habitudes le sérieux composé
ajoute à ce tableau grotesque mulâtresses ct négresses, 9
d'un groupe de vieilles elles étoient Tobjet pourla
ebahiesdes égards sdont fracas, le ton bruyant de quelpremière fois; et le
singerles
hommes de cothear,sappliguantas
quas --- Page 195 ---
DE SAINT-DOMINGUE
blancs, mais condamnés à n'offrir, pour résultat
caricature encore
de toutes leurs peines, qu'une
plus dégoûtante que ridicule.
les
A quelque extravagance que se portassent
leur conduite n'étoit pas la plus vile
mulâtres,
des
nila plus criminelle. Dans cette circonstance,
oubliant et Thonneur et l'estime qu'ils se
blancs,
poussèrent la bassesse
devoient à eux-mêmes,
honte,
courir au-devant de leur propre
jusqu'à
de leur humiliation. Puisse
jusqu'à s'enorgueillir
dans ses espérances, puisse
leur ambition trompée
leur dégradation,
hmspugeadeissmryel et du créditdont ils se
et qui, au lieu des emplois
flattoient, fut le seul prix qu'ils en retirèrent,
devenir pour eux la preuve qu'il ne faut jamais
jamais transiger avec
fronder Topinion publique,
et qu'on doit toujours prendre
sa conscience,
des foiblesses honpour base de sa fortune, non
mais
teuses, non des. complaisances avilissantes,
la force de T'âme etle noble usage de ses talens!
de la rade, ne désespérant
Les états-majors
saincrelopinitreté des scommissaires,les
pointdev
révofirent prier, par une seconde députation,des
dont ils s'offensoient. Elle ne fut
quer la consigne
dans la
salle du
pas peu étonnée en entrant
grande
de voir, au milieu d'un groupe
gouvernement,
avoit de
impur dans la
composé de ce qu'ily
plus
de saltimbanque: blanc, montésur
ville, une espèce
ats-majors
saincrelopinitreté des scommissaires,les
pointdev
révofirent prier, par une seconde députation,des
dont ils s'offensoient. Elle ne fut
quer la consigne
dans la
salle du
pas peu étonnée en entrant
grande
de voir, au milieu d'un groupe
gouvernement,
avoit de
impur dans la
composé de ce qu'ily
plus
de saltimbanque: blanc, montésur
ville, une espèce --- Page 196 ---
RÉVOLUTION
bouteille d'une main, un
une table, tenant criant une à tue tête: Allons enfans
verre de T'autre, et
comprit
de la patrie!) Le chef de la députation civique
le lieu où T'on célébroit celte agape
que
convenable pourparler daffaires;il
n'étoit guère
le commisattendit dans un autre appartement peine Sonthovintly trouver.A
sire,quilientol
du motif de cette visite,
nax eut-il connoisance
lui,
quil prit un ton del hauteurt Fireseproprejadon des factieux. La
à intimider ceux qu'il appeloit rien obtenu, et lon
députation revint sans avoir
avoient reçu
apprit le lendemain quelesequipagess
d'arrêter et de livrer les contre-amiratix.
Tordre
éloit une faute
Ce nouvel acte de despotisme
qu'il montroit en pure perte
d'autant plus grave,
Les équipages avoient
la haine des commissaires. et par suite, détestrop en horreur les mulatres,
pour se
toient trop ceux qui les protégeoient,
à
à cette mesure. Elle porta Tindignation troisième
préter
T'envoi d'une
son comble, et détermina
d'annoncer aux
députation expressément chargée oùt toute la rade étoit,
commissaires la résolution
qu'ils
se soumettre à une consigne
de ne plus
le droit d'établir..
n'avoient pas eu
sa mission ; son
L'orateur remplit parfaitement
cent vingt
et mieux encore,
discours énergique,
force plus que sufpersonnes qui le suivoient, Tinstant même les comfisante pour enlever dans --- Page 197 ---
DE SAINT-DOMINGUE
ils
firent impression sur leur esprit;
missaires,
avoient pris une fausse mesure,
sentirent qu'ils
à des
chierchèrent à T'excuser en T'attribuant
et
leur avoient été inspirés contre les
soupçons qui
dont ils reconnoisétats-majors des vaisseaux, vouloient faire oublier
soient linjustice, et qu ils
d'estime et de confiance.
par tous les témoignages
d'autant plus à notre
( On doit, dirent-ils, croire
récemmentacsincérité, que, d'aprèsles lumières l'arrivée de la
quises, nous n'avons pas attendu dont le cidéputation pour lever une consigne
avoit eu
des officiers de la marine
visme éprouvé
noisétats-majors des vaisseaux, vouloient faire oublier
soient linjustice, et qu ils
d'estime et de confiance.
par tous les témoignages
d'autant plus à notre
( On doit, dirent-ils, croire
récemmentacsincérité, que, d'aprèsles lumières l'arrivée de la
quises, nous n'avons pas attendu dont le cidéputation pour lever une consigne
avoit eu
des officiers de la marine
visme éprouvé raison de s'indiguer. ))
ràla crainte,
Ces flagorneries, qu'on dutattribuerà
les chefs de la conjuration
ne firent qu'enhardir
avoient trop
tramée en rade. Les contre-amiraux
se fier
appris à connoitre les commissaires, pour
côté, les mulâtres
à leurs protestationeDuwatred
avoient pris un vol si haut, que la commission
civile n'auroit peut-être pas osé le ralentir, quand
même elle en auroit eu le désir et la volonté.
la destruction de
Mais elle n'avoit pas préparé
de
Saint- Domingue pour s'arrêter au moment
devoit l'opérer. La levée de la conla crise qui
Teffervescence,
sigue, qui eût peut-étre calmé
inutile
si on eût contenu les mulâtres, devit
commirent sur un
par l'attentat nouveau qu'ils
de son
matelot attendant à la cale la chaloupe --- Page 198 ---
RÉVOLUTION
188 Seul contre trois d'entre eux, qui, après
bord,
à Tassommer, il
T'avoir jujurié, se disposoient
nommé
dans la bontique d'un tailleur
se réfugia
alla jusqu'à
Pelletier. La rage de ses adversaires témoin d'un
vouloir Ten arracher. M. Pelletier, défense du marin;
si grand acharnement, prit la les mulâtres, touvoyant ses prières inutiles, et forcer l'entrée de sa
jours plus forcénés, prèts à
et crut par ce
maison, il eut recours à son fusil,
ils abanMais aussitôt
moyen leur en imposer.
tomber sur son dédonnèrent le matelot pour d'autant plus aiséfenseur, désarmèrent celui-ci
Taccale fusil n'étoit pas chargé,
ment, que
et lui firent à coups de sabres
blèrent d'injures,
lesquelles il fut
plusieurs blessures graves pour
obligé d'aller à Phôpital.
resté
Cet acte d'une violence sans exemple, Il devint imimpuni, détermina T'insurrection.
et les
de contenir la fureur des matelots
possible
murmures du peuple. Le ehemtCabhand.insmut témoin de la
de la situation morale du Cap,
combiné
fermentation qui agitoit la rade, ayant
avoit
mesures dans un entretien qu'il
toutes ses
des forces demer,
eu la veille avec le commandant les hostilités. 1l fit
leva le masque, et commença exemplaires d'un prod'abord distribuer quelques
il rendoit compte
jet de proclamation par laquelle
etréclamoit
des motifs de sa résistance,
2u peuple
. Le ehemtCabhand.insmut témoin de la
de la situation morale du Cap,
combiné
fermentation qui agitoit la rade, ayant
avoit
mesures dans un entretien qu'il
toutes ses
des forces demer,
eu la veille avec le commandant les hostilités. 1l fit
leva le masque, et commença exemplaires d'un prod'abord distribuer quelques
il rendoit compte
jet de proclamation par laquelle
etréclamoit
des motifs de sa résistance,
2u peuple --- Page 199 ---
18g
DE SAINT-DONINGUE
afin de rele secours. de tous les bons citoyens,
n'aautorité dont les commissaires
prendre une
Il ne s'en
le dépouiller sans injustice.
voient pu
tête ardente et son esprit exaltélui
tint pas là: sa
sous un point de vue si
montroient les choses
de faire parade
faux, qu'il crut utile à sa cause
succès de
et nécessaire au
de son jacobinisme,
aux rois. Ce n'étoit
de dire force injures
son plan
réussir. Toutes les personhesinspas le moyen de
tous les colons, éclairés
truites et sensées, presque
le sentiment, déTexpérience ou mus par
par
d'un roi qui n'auroit pas péri
ploroient la mort
sa piété et son
si sa bonté,
sur un échafaud,
n'avoient pas
inaltérable amour pour son peuple de ceux qui Ty
égalé la perversité et la rage unanimement T'adcon.damnèrent. On regrettoit avoit
d'un
on
joui
ministration sous laquelle n'étoient plus. Sur
et d'une opulence qui
repos
d'un habitant respectable,
les représentations
fut communiquée, le
à qui la proclamation tout ce qui n'avoit pas
gouverneur en supprima
où il se
direct avec les circonstances
un rapport
trouvoit.
les deux frères Galbaud
Jusqu'à ce moment
la Normande.
n'avoient pas osé quitter la gabare avec le comleur conférence
Mais le jour d'après
les vit arriver à bord
mandant de l'escadre, on
accompagnés de
vaisseau amiral,
du Jupiter,
ut communiquée, le
à qui la proclamation tout ce qui n'avoit pas
gouverneur en supprima
où il se
direct avec les circonstances
un rapport
trouvoit.
les deux frères Galbaud
Jusqu'à ce moment
la Normande.
n'avoient pas osé quitter la gabare avec le comleur conférence
Mais le jour d'après
les vit arriver à bord
mandant de l'escadre, on
accompagnés de
vaisseau amiral,
du Jupiter, --- Page 200 ---
RÉVOLUTION
19o
soldats parmi lesquels étoit le sergent
quelques
d'Artois. Le premier soin du gédu bataillon
néral fut de monter à la tribune (1). Léquipage
autour de lui. Il est écouté
prévenu se rassemble
résolution qu'il
en silence ; on applaudit à la
Son
manifeste de se venger. des commissaires.
frère lui succède, et, dans un discours travaillé
d'art, récapitule leurs crinnes. 1l rapavec plus
formé et exécuté par eux de livrer
pelle le projet
Ili invite les équipages à
la colonie aux mulâtres.
tous
seconder de leurs efforts la résolution que
blancs ont prise, de se soustraire
les citoyens
les menace. (( Vous le devez
au joug honteux qui
la France vous
s'écria-t-il, que
( d'autant plus,
la
confié le soin de défendre sa colonie plus
(C a
Non, vous ne tromperez pas son
(( importante. Thonneur du nom français ne sera pas
(( espoir;
de VOS injures
(C flétri par vous. Je ne parle pas
despotisme de nos communs
K personnella.Siled s'étoit borné à des outrages qui vous
4( ennemis
à faire
je vous engagerois
(( fussent particuliers,
le sacrifice de votre
( à la tranquillité publique
seuls
Mais cen'est pas vous
quils
( ressentiment.
également sur
leur tyrannie pèse
( oppriment;
subversion
les colons. Ils tendentàlentière:
( tous
On avoit donné ce nom à une espèce dc palicr
(1)
Pescalier qui moute du pout à la dunette.
formé par
outrages qui vous
4( ennemis
à faire
je vous engagerois
(( fussent particuliers,
le sacrifice de votre
( à la tranquillité publique
seuls
Mais cen'est pas vous
quils
( ressentiment.
également sur
leur tyrannie pèse
( oppriment;
subversion
les colons. Ils tendentàlentière:
( tous
On avoit donné ce nom à une espèce dc palicr
(1)
Pescalier qui moute du pout à la dunette.
formé par --- Page 201 ---
DE SAINT-DOMINGUE
Montrez-vous. donc
K, de cette ile malheureuse.
deux monstres
( les défenseurs d'un pays que sûrs que vous
à détruire, et soyez
C cherchent
autant de personnes quiapplaudiront
(( trouverez
succès de vos efforts, qu'ily
( ou concourront France au
et dans la colonie. >
> a. de blancs en
les bâtimens.de guerre et
Des matelots de tous
rassemblés
étoient en ce moment
de çommerce Retournés à leurs navires ressur le Jupiter.
compte de ce qui venoit de
pectifs, ils rendirent
amiral. Le sergent
à bord du vaisseau
se passer
transporté sur TEole,répéta et
d'Artois, qui s'étoit
ce
paraplirasa, au milieu des applaudissemens, Tous
avoit entendu dire à MM. Galbaud. Juquil
sur celui du
les équipages se modelèrent été mis par le sien
piter. M. de Cambis ayant M. de Sercey, et
aux arrêts dans sa chambre, commandans des
successivement. tous les autres le même sort.
bàtimens de guerre éprouvérent commanda seul en
De cet instant, M. Galbaud ft de 'son autorité,
rade. Le premier usage qu'il
des capitaines
fut de convoquer une assemblée
ses desmarchands auxquels il communiqua leurs avis
seins, en les priant d'y concourir par mesure
leur assistance. Ce n'étoit là qu'une
et par
Tinsurrection ayant été résolue par
de forme,
d'influence, et la résisceux qui avoient le plus
reconnue indispenayant été
tance aloppression --- Page 202 ---
RÉVOLUTION
leurs
sable. Les capitaines offrirent au général
T'aider dans une lutte au succès
équipages pour
comme aussi intéde laquelle ils se regardoient
ressés que lui. favoriser IMI. Galbaud ; les comTout sembloit
missaires mal instruits, n'avoient que des notionsincertaines dela conjuration; ;ou, pour mieux
à l'ombre de ladire, ils feignoient une ignorance
Tinstant
quelle ils voyoient approcher avec plaisir
qui devoit combler leurs yoeux.
deux jours, il n'existoit plus de comDepuis entre la terre et la mer 2 et l'on iguomunication
en rade. On:
roit absolument ce qui se passoit
enfin d'une manière non équivoque 2
T'apprit terrible. Le 20 juin à dix heures du matin,
mais
marchands reçurent ordre de
tous les bâtimens de la baie, et les vaisseaux
se retirer au fond
devant le
le Jupiter et PEole s'embossèrent
A Taspect de ces deux forteresses flottantes,
Cap.
sembloient prêts à foudont les canons détapés
d'embarcadroyer la ville, et d'une multitude
de matelots et de soldats armés,
tions remplies
à Tinsdevint générale. On se voyoit
l'épouvante
alloit décider du sort de la
tant d'ane crise qui
même de T'existence
colonie, de la fortune, et
A trois
de tous ceux qui se trouvoient au Cap. fit tirer
heures après midi, le général Galbaud
de canon et hisser un payillon bleu,
un coup
détapés
d'embarcadroyer la ville, et d'une multitude
de matelots et de soldats armés,
tions remplies
à Tinsdevint générale. On se voyoit
l'épouvante
alloit décider du sort de la
tant d'ane crise qui
même de T'existence
colonie, de la fortune, et
A trois
de tous ceux qui se trouvoient au Cap. fit tirer
heures après midi, le général Galbaud
de canon et hisser un payillon bleu,
un coup --- Page 203 ---
DE SAINT-DONINOUE.
convenu du départ des troupes.1 Lui-même obusignal
armée d'un
s'embarqua dans une chaloupe national. Son frère le
sier et portant pavillon canot. Une foule d'autres
suivoit dans un grand
de tous
embarcations, parties en même temps
allèrent aux différentes cales qu'on
les navires,
Celle qui aboutit à la rue
leur avoit indiquées.
le général se dirigeoit,
du Conseil, vers laquelle
résistance à
étoit la seule oùi il y eût quelque
la
le poste de T'arsenal qui
craindre, parce que
aupatouche avoit été renforcé une demi-heure
composé de dragons
ravant par un détachement de couleur. Soit que le
d'Orléans et d'hommes
l'ordre formel
commandant de ce poste n'eût pas
motifs
de s'opposer à la descente, soit pardautres mouété connus, il ne fit aucun
qui n'ont pas
descendit sans obstacle aux
vement. M. Galbaud
marcha aussitôt vers le
cris de vive la nation, et
du Conseil,
Gouvernement, montant par la rue
les inepties sans nombre qui deet commençant
laisser derrière
voient marquer sa conduite, par
fidéd'une troupe sur la
lui T'arsenal au pouvoir
fier. Maislehasard
lité de laquelle il ne pouvoit se
défaut de la prudence. Une patrouille
le servit au
escortant le fils de Polverel
de dragons à cheval,
été renportoit des ordres à ce poste, ayant
qui
M. Galbaud, il la fit envelopper et
contrée par
conduire à bord prisonnière.
TOM. 2.
voient marquer sa conduite, par
fidéd'une troupe sur la
lui T'arsenal au pouvoir
fier. Maislehasard
lité de laquelle il ne pouvoit se
défaut de la prudence. Une patrouille
le servit au
escortant le fils de Polverel
de dragons à cheval,
été renportoit des ordres à ce poste, ayant
qui
M. Galbaud, il la fit envelopper et
contrée par
conduire à bord prisonnière.
TOM. 2. --- Page 204 ---
RÉVOLUTION
faveur qu'il obtint de la forCe fut la dernière
les rues du
tune. Pendant qu'il s'avançoit par M. de BeauConseil et de Sainte-Marie, et que
officier rde marine, montoit avec sa colonne
mont,
T'extrémité de laquelle
parc celle de Notre-Dame,àl
la grille du jardin du Gouvernement,
on voyoit
Galbaud, parvenu au ChampTadjudantgtnéral
en bataille,
de-Mars,y trouva les mulâtres rangés
lui
les battit et les mit en déroute. L'intérêt fenêtres que
plusieurs soldats qui, des
témoignèrent
lui fit croire
avoient vu le combat,
des casernes,
d'eux sans danger, pour
qu'il pouvoitdapprocher seconder les efforts de leur
les engager à venir
disposés. Un officier
général. Tous y parurent
d'une
d'infanterie, nommé Corus, accompagné
s'avança vers l'adjudanttrentaine d'homies 7
de se réunir à
général avec lintention apparente de cette idée, en doului. Celui-ci, préoccupé non-seulementi il ne rallia pas son
toit si peu, que,
toute
détachement, mais il négligea
précaution, tombé
le
dans lequel il étoit
et ne connut piége désarmé et trainé par force
que lorsqu'on l'eut d'oùt les commissaires le
au Gouvernement, de chaines au Haut-dufirent conduire chargé
Cap.
ces événemens se passoient au
Pendant que
dirigeoit le gé :
Champ-de-Mars, le corps que
Montarnéral Galbaud, parvenu à la place
détachement, mais il négligea
précaution, tombé
le
dans lequel il étoit
et ne connut piége désarmé et trainé par force
que lorsqu'on l'eut d'oùt les commissaires le
au Gouvernement, de chaines au Haut-dufirent conduire chargé
Cap.
ces événemens se passoient au
Pendant que
dirigeoit le gé :
Champ-de-Mars, le corps que
Montarnéral Galbaud, parvenu à la place --- Page 205 ---
DE SAINT-DONINGUE
des
les volontaires qu'il prit pour
cher, aperçut
fusillés d'un côté par les muennemis. Ceux-ci
au coin du couvent
lâtres qui étoient postés
du Gouverneet dans le jardin
des religicuses
le détachement du général,
ment, de l'autre par le terrain à la colonne de
furent obligés de céder
de la position
M. de Beaumont. Ni T'avantage
avoit
ni T'absence du général qui
des mulâtres,
la marche de cette codisparu, n'arrêtèrent
du bataillon
lonne. A la tête d'une compagnie déportés du
d'Artois et de quelques habitans força la grille
Port-au-Prince, MM. de Beaumont du fusil. Rien
du jardin, la bayonette au bout les mulâtres se
ne put résister à son impétuosité, leur donner le temps
disperserent.1 Ne voulant pas
ils'avança vers la seconde grille, par:
de se rallier,
la grande porte du
vint sur la terrasse et atteignit franchir le seuil, lorsGouvernement. Il alloit en
lui fracassa le
balle, partie de Tintérieur,
qu'une
contraignit de s'arréter aumoment
genou(t),etle
une victoire décisive, en
oùt il alloit remporter
semparant des commissaires. heureuse duChampCeux-ci,malgre la chance
sans
de-Mars, se crurent un moment perdus de se
Polverel parloit déjà de fuir ou
retour.
plus calme et plus résolu,
rendre; Sonthonax,
Il nourut de 'cette blessare à Norfolk en Virginic.
(1)
--- Page 206 ---
RÉVOLUTION
cette multitude
en jugea autrement. Il prévit que
si on
indisciplinée se disperseroit d'elle-méme,, de
choc. La blessure
résistoit à son premier
; la
M. de Béaumont justifia ses conjectures
privée d'un chef que personne n'osoit
colonne,
à la fusillade meurtrière qui
remplacer, exposée
émue
partoit des fenêtres du Gouvernemient,
de M. de Beaumont qui sollicitoit
par les prières
l'abandonner aux muchaque soldat de ne pas
moment tout
lâtres, se mit en retraite. De ce
courant
fut perdu, les matelots regagnèrent en
le bord de la mer. Les volontaires, qui, après
de peine, étoient parvenus au Champbeaucoup
de-Mars, à dessein de wcndertaipidatigetnéal
dont ils ignoroient la catastrophe, se
Galbaud, seuls sous le feu des hommes de coutrouvèrent
cirçonvoisines.
leur embusqués dans les maisons
Ébranlés
la mort de leur commandant's
par
celle de deux ou trois de
MI. Milhet, et par abandonnés du général qui ne
leurs camarades,
instruction, et dont la
leur avoit donné aucune
ils prirent
conduite étoit pour eux une énigme,
au bas de la ville pour y
le parti de retourner recevoir les ordres dont
acquérir les lumières, et
à
avoient besoin. Ils trouvèrent M. Galbaud
ils
enfn emparé, et se rall'arsenal, dont il s'étoit
lièrent à ses troupes.
limpéritie du général,
Le défaut d'ensemble,
ades,
instruction, et dont la
leur avoit donné aucune
ils prirent
conduite étoit pour eux une énigme,
au bas de la ville pour y
le parti de retourner recevoir les ordres dont
acquérir les lumières, et
à
avoient besoin. Ils trouvèrent M. Galbaud
ils
enfn emparé, et se rall'arsenal, dont il s'étoit
lièrent à ses troupes.
limpéritie du général,
Le défaut d'ensemble, --- Page 207 ---
DE SAINT-DOMINGUE.
la blessure de M. de
la prise de son frère,
des haBeaumont, et il faut le dire, J'apathie
contre toute vraibitans du Cap, donnèrent,
Néansemblance, la victoire aux commissaires.
fàcheux que fat le résultat de
moins, quelque
être facilement récette journée, 2 il pouvoit
les efforts du lendemain. M. Galbaud,
paré par
l'artillerie 2- les mumaître de l'arsenal, ayant
nitions, les vivres et une communication libre
avec la rade, conservoit presque tous ses avantages; ; ainsi en jugèrent les commissaires, qui
crurent avoir un prétexte plausible pour frapper
enfin le coup décisif. Dans un conseil tenu par
eux à neuf heures du soir, il fut arrêté qu'on
opposeroit la couleur noire à Ia blanche, en
enrôlant tous les esclaves de bonne volonté 7 ceux
même des prisons qu'on arma dans la nuit, et
auxquels on fit jurer de défendre les délégués
de la république contre les aristocrates, pour
de la liberté qui leur fut accordée à l'insprix
tant.
Alexception du quartier del la place de Clugny,
pillèrent les nègres et les mulâtres, la tranque quillité de la ville ne fut pas troublée pendant
la nuit; mais dès le point du jour, M. Galbaud
d'un côté, et les commissaires de T'autre, se préparèrent à une seconde attaque. Tant bien que
mal, le général avoit réorganisé ses *troupes: --- Page 208 ---
RÉVOLUTION
devoit s'avancer par la
Un canon de vingt-quatre
voudroit
rue Notre-I Dame et balayer tout ce qui
s'opposer, à la marche de sa colonne destinée
de front le Gouvernement. M. de
à attaquer
eut ordre
Russy, à la tête des volontaires.,
avec une pièce de campagne sur
de se poster
des religieuses,
le premier plateau du morne
et de battre le Champ-de-Mars, pendant qu'une
autre pièce d'un calibre un peu plus fort, monqui est au-dessus de
tée sur le Morne-a-Poirier
T'arsenal, dirigeroit son feu d'après les mouvemens de Tennemi. Protégé par cettc artillerie,
le général se mit en marche. Si ses forces
imposantes, il avoit aussi à vaincre
étoient plus
opiniâtre. A. chaque carreune résistance plus
toules les maifour le combat recommençoit; dont il falloit
sons étoient autant de redoutes
faire taire le feu. Arrivé à la place d'armes,
Galbaud fut attaqué par les mulâtres et
M.
indécises, la veille,
par, les troupes de ligne, qui,
des
avoient été attirées dans la nuit au parti
commissaires. Au premier choc, les matelots peret loin d'obéir à la voix de leurs:,
dirent courage;
enfoncer les
chefs, ils les abandonnèrent, pour
sortir
des magasins, dont onles vit bientôt
portes
le
des ballots qu'ils enlevoient.
courbés sous poids
Le
de marine suivirent cet exemple.
Les soldats
foible pour résister,
reste de la colonne, trop
,
des
avoient été attirées dans la nuit au parti
commissaires. Au premier choc, les matelots peret loin d'obéir à la voix de leurs:,
dirent courage;
enfoncer les
chefs, ils les abandonnèrent, pour
sortir
des magasins, dont onles vit bientôt
portes
le
des ballots qu'ils enlevoient.
courbés sous poids
Le
de marine suivirent cet exemple.
Les soldats
foible pour résister,
reste de la colonne, trop --- Page 209 ---
DE SAINT-DOMINGUE
des pertes qu'il avoit faites,
ou plutôt effrayé
Le général lui-même,
se replia sur T'arsenal.
la cale, criaut
frappé de terreur, , courut vers
tout étoit perdu. En vain quelqueslabitins
que cherchèrent à relever son courage, et lui propode rallier les troupes; il ne sut que réserent
devenir. Ses paroles, ses
pondre, que faire, que
le désordre de
gestes, ses mouvemens peignoient comme un
son àme. Enfin, à midi, il partit
éclair, sans mot dire, sans prévenir qui que ce
fuite, abandonna l'armée, et gagna préfat desa
de n'être pas
cipitamment le rivage. Craignant
tôt rendu à bord, il se mit dans l'eau jusqu'a
assez
de cette manière à un
la 1 ceinture, et parvint
et aux
canot' qu'on voyoit un peu au large,
matclots duquel il cria : H Mes amis,stuvez-moil
( sauvez-moi! ))
fut la conduite de M. Galbaud.
Voilà quelle
dà s'en conSes adversairess comme on' a déjà
de courage que
vaincre, ne montrèrent pas plus
à la
lui. Des qu'ils surent les blancs parvenus
d'armes, ils prirent la fuite et se retirèrent
place
Dans la situation déplorable où
au Haut-du-Cap.
homme du'
se trouvoit la ville, un
plus grand
doué d'un caractère indomptable, auroit
génie, de la
à arrêter le mal. Plusieurs colons
eu
peine
vonlurent,
combien il étoit grave,
qui jugeoient du général, tenter un nouvel effort
en Tabsence
qu'ils surent les blancs parvenus
d'armes, ils prirent la fuite et se retirèrent
place
Dans la situation déplorable où
au Haut-du-Cap.
homme du'
se trouvoit la ville, un
plus grand
doué d'un caractère indomptable, auroit
génie, de la
à arrêter le mal. Plusieurs colons
eu
peine
vonlurent,
combien il étoit grave,
qui jugeoient du général, tenter un nouvel effort
en Tabsence --- Page 210 ---
RÉVOLUTION
mieux combiné, qui put les rendre
Cap. Mais il étoit impossible
maitres du
quinze minutes trente
de rallier pendant
cher à T'ennemi;
hommes résolus de marT'esprit de confusion
partout, il n'y avoit d'ardeur
régnoit
lage. Les atelots et les
que pour le pilde bijoux
soldats, chargés d'or,
marchandises
Joient qu. 3 retourner à bord. précieuses, ne pardisoit-on que le Cap seroit
En vain leur
périroit s'ils ne
perdu, que la colonie
parvenoient à
ville; ces aperçus d'une
s'emparer de la
étoient trop au-dessus de leur politique prévoyante
à la voix de la raison,
conception; sourds
pays qui leur étoit
indifférens au sort d'un
froid les malheurs étranger, ils voyoient de
bloient la
des colons, dont ils sang- combrigandage. mesure par leur indiscipline et leur
La fuite de M. Galbaud
vable ; il sernbloit
est à peine conce-
'teux
qu'après avoir pris un si honparti, ce général ne
loin l'oubli de ses devoirs. pourroit porter plus
bilité à bord de la
Cependant son immoses discours,
Normande, son indifférence,
On
ajoutèrent encore à son
s'attendoit à le voir revenir à
ignominie,
que pour ordonner une
terre, ne fut-ce
se résoudre,
retraite à laquelle il falloit
malgré les sacrifices
devoit coûter. Point du tout.
pénibles qu'elle
depuis vingt-quatre
Son absence duroit
heures;il savoit que les blancs
plus
bilité à bord de la
Cependant son immoses discours,
Normande, son indifférence,
On
ajoutèrent encore à son
s'attendoit à le voir revenir à
ignominie,
que pour ordonner une
terre, ne fut-ce
se résoudre,
retraite à laquelle il falloit
malgré les sacrifices
devoit coûter. Point du tout.
pénibles qu'elle
depuis vingt-quatre
Son absence duroit
heures;il savoit que les blancs --- Page 211 ---
DE SAINT-DOMINGUE
repoussés ; cependant rien ne
étoient partout
il se croit à sa place.
T'émeut, rien ne l'étonne;
être
que son temps ne peut
Il est persuadé
des procès-verbaux,
mieux employé qu'à rédiger
il est le
prendre des notes. A Tentendre,
qu'à
Ah! s'il avoit l'ordre
seul qui ait fait son devoir.
la
de tenter une insurrection pour provoquer
des commissaires, et de consommer
vengeance
sous le prétexte spéla ruine de Saint-Domingue,
cieux de travailler à son salut, il s'est parfaitede son rôle; et il méritoit, comme
ment acquité
de le dire, tous les éloges,
il avoit Timpudeur
toutes les gràces de la république.
de
Ce fut ainsi qu'il répondit aux sollicitations T'enhabitans, envoyés près de lui pour
plusieurs
troisième tentative. Ils le trougager à faire une
en bonnet de
vèrent assis devant un secrétaire,
et une plume à la main,
nuit, en pantoufles, entouré d'un tas de papeoccupé à écrire, et
ni le costume
rasses. Ce n'étoit ni la place,
dont I'armée se trouvoit engagée
d'un général
dans un combat sanglant et terrible. Cependant
montra le général Galbaud, mélange de
tel se
d'incurie et de présomppetitesse et de vanité,
Sollition, de turbulence et de susceptibilité.
les larmes aux yeux par MM.
cité à genoux, prié
de se montrer
Walsh, Gauvain et de Russy,
à demeurer
encore une fois aux troupes,ilpersiste:
I'armée se trouvoit engagée
d'un général
dans un combat sanglant et terrible. Cependant
montra le général Galbaud, mélange de
tel se
d'incurie et de présomppetitesse et de vanité,
Sollition, de turbulence et de susceptibilité.
les larmes aux yeux par MM.
cité à genoux, prié
de se montrer
Walsh, Gauvain et de Russy,
à demeurer
encore une fois aux troupes,ilpersiste: --- Page 212 ---
RÉVOLUTION
à bord, manifeste de Thumeur
quand ont veutlui
représenter ses devoirs, continue à
ordres absurdes sans
donner des
en surveiller
croit encore à la victoire
Texécution, et
ment perdu.
quand tout est évidemS'il fut impossible de décider M. Galbaud
redescendre à terre, on parvint à le
à
le Jupiter, et ce fut
le
ramener sur
tribune,
pour voir monter à la
pour l'entendre débiter une
à
Téquipage. Ces
harangue
lace, cette
complaisances envers la popule soin de espèce d'aveu de sa puissance, et
consulter sa volonté, de flatter son
amour-propre en feignant les plus grands
pour son opinion, feront toujours d'elle égards
trument docile entre les mains de
un inscraindra pas des'avilir
de
celui qui ne
MMalgré les malheurs par
pareilles bassesses.
M.
causés par Timpéritie de
Galbaud, les matelots du Jupiter
à le reconnoitre pour leur
s'obstinérent
chef, et ne voulurent
pas permettre que M. de Cambis reprit le
mandement de son vaisseau.
comAu lieu d'une grande mesure à
s'attendoit de sa part, le
laquelle on
donner des
général se contenta d'orai
renforts pour le poste de Tarsenal;
vainement on' chercha à lui faire
;
que ce moyen ne termineroit
comprendre
tiroit pas la ville de
rien, et ne. garanTincendie; il ne voulut
en prendre d'autres.
jamais
Désespérés d'une aussil lâche
mandement de son vaisseau.
comAu lieu d'une grande mesure à
s'attendoit de sa part, le
laquelle on
donner des
général se contenta d'orai
renforts pour le poste de Tarsenal;
vainement on' chercha à lui faire
;
que ce moyen ne termineroit
comprendre
tiroit pas la ville de
rien, et ne. garanTincendie; il ne voulut
en prendre d'autres.
jamais
Désespérés d'une aussil lâche --- Page 213 ---
DE SAINT-DOMINGUE
de
deux créoles () lui proposerent
obstination,
T'artillerie des vaisseaux,
foudroyer le Cap avec
dont on prenet d'en chasser ainsi les révoltés,
Ce moyen
droit la place à un signal convenu. réussir la veille,
extrême et terrible, qui eût pu utilité. Pendant
plus. être d'aucune
ne pouvoit
Dufay,
délibéroit en rade sur son exécution,
qu'on
donnoit aux noirs,
venu exprès du Hautdu.Cap, fordredincendierla
de la partdes commissaires,1
tous les
ville, et d'en massacrer impitoyablement de la France et
blancs. Tel étoit, disoit-il, le voeu
Aussitôt des nègres et des mude ses délégués.
mettent le feu
lâtres pénètrent dans les maisons,
matières les plus combustibles, et 1
aux lits et aux
encore fui.
égorgent tous ceux qui n'avoient pas de fumée
L'incendie s'annonce par une colonne
dansles airs. Bientôt
épaisse et noiràtre quis'élève s'étend avec rapila flamme brille, tourbillonne, heures dévore les rues
dité, et en moins de deux
On avoit lieu d'espérer
d'Anjou et de Vaudreuil.
cesseroit faute
le feu parvenu à la Fossette
de
que
six heures du soir la brise
d'alimens, lorsqu'à
avoit éclaté dans
terre, accélérée par un orage: qui
à celle du
succédant tout à coup
les montagnes,
flammes une direction
large, vint donner aux
(a): MM, Walsh et Condemine.
dité, et en moins de deux
On avoit lieu d'espérer
d'Anjou et de Vaudreuil.
cesseroit faute
le feu parvenu à la Fossette
de
que
six heures du soir la brise
d'alimens, lorsqu'à
avoit éclaté dans
terre, accélérée par un orage: qui
à celle du
succédant tout à coup
les montagnes,
flammes une direction
large, vint donner aux
(a): MM, Walsh et Condemine. --- Page 214 ---
RÉVOLUTION
nouvelle et une activité si
du Cap toute entière
prodigieuse,q que la ville
en devint la proie.
Quel spectacle affreux.! Bientôt les
de la nuit disparurent
ténèbres
nèbré. Des
devant cette clarté fuvaisseaux de la rade où ils s'étoient
réfugiés, des mornes qu'ils cherchoient
les infortunés colons,
à gravir,
canon, les hurlemens entendoient le bruit du
chute de leurs
des esclaves révoltés, la
maisons consumées par les
flammes, et les cris lamentables de
rens, de leurs amis
leurs pasembloit
égorgés par les brigands. Il
violente qu'une mer de feu, agitée par la plus
tempête, dirigeoit ses flots
ses ravages sur la malheureuse
et exerçoit
Au milieu des ruines
ville du Cap.
et des
ques personnes, réduites
cadavres, quelpas le
au désespoir, n'eurent
courage d'attendre la mort et
au-devant de ses coups.-Un riche
volèrent
brula la cervelle; un autre
négociant se
par le
termina ses jours
poison; et, ce qui ne peut être
sans frémir, ce qu'on aura de la
raconté
une femme dont le mari
peine à croire,
cré à ses côtés,
venoit d'être massaceinture T'enfant furieuse, de
éperdue, atlacha à sa.
dans
trois ans' qu'elle
ses bras, et se précfpita
portoit
la mer.
avec lui dans
Telle étoit la situation de la ville du
24 juin au soir,
Cap le
lorsque parvint en rade une
, ce qui ne peut être
sans frémir, ce qu'on aura de la
raconté
une femme dont le mari
peine à croire,
cré à ses côtés,
venoit d'être massaceinture T'enfant furieuse, de
éperdue, atlacha à sa.
dans
trois ans' qu'elle
ses bras, et se précfpita
portoit
la mer.
avec lui dans
Telle étoit la situation de la ville du
24 juin au soir,
Cap le
lorsque parvint en rade une --- Page 215 ---
DE SAINT-DONINGUE
portant l'ordre
proclamation des commissaires
M. Galbaud et de le conduire prid'arrêter
On conçoit aisésonnier à bord de PAmerica.
cet ordre produisit sur le gément T'effet que
il monta
néral. Dès qu'il en eut connoissance,
troisième fois à la tribune, et fit part à T'équiune
malheur dont il étoit menacé. Il acpage du
dé vouloir, par la plus
cusa le contre-amiral
à ses plus
noire trahison, livrer sa personne
réduit
cruels ennemis; ( à ces hommes qui ont
la ville du Cap, qui veulent ruiner
(C en cendres
de sa colonie la plus
6 la France par lai perte
Ferez-vous un crime, s'écria-t-il, 4
( importante. cherché à
tous ces maux?
e à celui qui a
prévenir à qui vous aviez
( Trahirez-vous le gouverneur à des monstres
d'obéir? Livrerez-vous
( promis
de nos frères le général que vous
(( teints du sang
marcher à votre tête, qui
( aviez choisi pour
si les citoyens
trompé votre espoir,
( n'auroit pas
nous avons voulu nons
( du Cap, pour lesquels autant de zèle à nous
avoient montré
( sacrifier,
d'ardeur pour
vous avez déployé
( seconder que
(( les servir et les défendre? )) avoit attiré sur
Une conduite aussi indigne
et
Galbaud le mépris de tous les officiers;
M.
par
c'étoit peut-être à ce sentiment, exprimé
avoit du l'eneux avec trop de franchise, qu'il soldats de la mades matelots et des
gouement
, pour lesquels autant de zèle à nous
avoient montré
( sacrifier,
d'ardeur pour
vous avez déployé
( seconder que
(( les servir et les défendre? )) avoit attiré sur
Une conduite aussi indigne
et
Galbaud le mépris de tous les officiers;
M.
par
c'étoit peut-être à ce sentiment, exprimé
avoit du l'eneux avec trop de franchise, qu'il soldats de la mades matelots et des
gouement --- Page 216 ---
RÉVOLUTION
rine, et l'ascendant qu'ils lui avoient laissé prendre. Cependant son discours fut loin de produire
ne laisse plus aucun doute
cet enthousiasme qui délibération. Un tel honet qui termine toute
neur étoit réservé au sergent d'Artois, et surtout
du Jupiter, hommebrusque,
au maitre d'équipage
et T'oeil
ayant l'air sournois, la figure ignoble
hagard. Cette espèce de maniaque, auquel manla capacité nécessaire à sa place, mais qui
quoit
ses menées une grande influence
avoit acquis par
de parler, et ne pousur Téquipage, impatient
sifflet de maitre;
vant se faire entendre, prit son
forces
T'avoir fait retentir de toutes ses
après
à faire exécuter,
comme s'il eût eu une manceuvre
illeva la main, ets'écria : Je demande la parole.>
son discours, la chose
On ne rapportera pas
dernier
Il suffira de dire qu'en
est impossible.
T'assemblée
résultat, d'après la motion du maitre,
les arrêts de M. de Cambis, et mainprolongea
Galbaud dansle commandement
tintderechefM.G
du vaisseau qu'elle lui avoit déféré.
Ces mesures disparates , ces outrages continuels faits au bon sens, à la raison, à Tordre
dans un conseil de
du service, se reproduisirent
tenu le lendemain à bord du Jupiter,
guerre,
les capitaines de la
et auquel furent appelés
marchande. Les projets les moins pratimarine
y furent
cables et les idées les plus extravagantes --- Page 217 ---
DE SAINT-DONINGUE
et rejetés tour à tour. Une opinion
proposés
étoit détruite par une opiabsurde et ridicule
absurde encore. Enfin
nion plus ridicule et plus
conclusion
JM. de Cambis, pressé d'arriver à une
prit la parole pour rappeler au
quelconque, véritables motifs de sa convocation.
conseil les
être le danger de perdre
Il fit sentir quel pouvoit
et dont
inutiles un temps précieux,
en discours
devenoit de plus en plus imporle bon emploi
ramenée à la question sur
tant. Lassemblée,
arrêta que les
laquelle elle devoit prononcer,
seroient vidés, qu'on
migasins et la poudrière
asile
encloueroit les canons des forts, et qu'un
seroit offert à tous les habitans du Cap qui vousuivre la flotte dont le départ fut fixé au
droient
jour suivant.
Ainsi encore une fois, et l'on ne sauroit trop
le faire observer, des étrangers sans aucune prodécidoient du sort de Saint-Domingue.
priété
colons n'avoient pas été consultés sur
Les vrais
entreprise avec trop d'imprudence,
une attaque
de précipitation. Le
et abandonnée avec trop il falloit vaincre ou
combat une fois engagé,
mourir, : tel étoit l'avis de quelques généreux
les braves
habitans, tel fut T'exemple qu'offrirent
Conseils et efforts impuissans 1 Les
volontaires.
commandés par
brigands du Morne-Rouge >
étoient accourus à la voix des comPierrot,
consultés sur
Les vrais
entreprise avec trop d'imprudence,
une attaque
de précipitation. Le
et abandonnée avec trop il falloit vaincre ou
combat une fois engagé,
mourir, : tel étoit l'avis de quelques généreux
les braves
habitans, tel fut T'exemple qu'offrirent
Conseils et efforts impuissans 1 Les
volontaires.
commandés par
brigands du Morne-Rouge >
étoient accourus à la voix des comPierrot, --- Page 218 ---
NÉVOLUTION
missaires. Un jour plus tôt, un
falloit succomber. Plus
jour plus tard, il
violence des
de possibilité d'arréter la
la colonie. flammes; plus d'espoir de conserver
Dans cette extrémité,
douleur et de rage, les volontaires pleurant de
l'ordre qui les rappeloit
obéirent à
nèrent T'arsenal et le
en rade, et abandongands.
carénage à la fureur des briQuelque triste que fat le sort de
tion blanche
la popularéfugiée à bord des
n'étoit pas comparable
vaisseaux, il
genre éprouvés
aux outrages de tout
par celle qui étoit entassée e
casernes, ou errante dans les savanes du
aux
Cap. Toutefois les
Haut-duinjures, les
et les coups étoientles
menaces, les fers
moindres
faim dévorante, et
desesmaux. Une
mens réservés
quirritoit encore la vue des alià des tourmens aux seuls nègres, livroit les blancs
faut avoir subis qui ne peuvent se décrire, et qu'il
pour en connoitre Tépouvantable
horreur(1), Quelques femmes,
trainées par la tendresse
invinciblement enplus offrirà leurs enfans maternelle, ne pouvant
et desséché,
exténués qu'un sein flétri
osèrentlesp présenter,
terrible des
mouransduplus
généraux supplices, aux commissaires et aux
qui se trouvoient près d'eux. Lesi mons-
(1) Un pain de munition se vendoit
environ 88 liyres tournois.
jusqu'à un quadruple,
1), Quelques femmes,
trainées par la tendresse
invinciblement enplus offrirà leurs enfans maternelle, ne pouvant
et desséché,
exténués qu'un sein flétri
osèrentlesp présenter,
terrible des
mouransduplus
généraux supplices, aux commissaires et aux
qui se trouvoient près d'eux. Lesi mons-
(1) Un pain de munition se vendoit
environ 88 liyres tournois.
jusqu'à un quadruple, --- Page 219 ---
DE SAINT-DOMINGUE
tres' "furent sans pitié, sans entrailles; ils virent
et les larmes, ils entend'un ceil sec la pâleur
dirent sans émotion les gémissemens et les prières
de tant de jeunes et innocentes victimes. Bientôt,
la calomnie à T'outrage, le blasphème à
joiguant la férocité, ils ne crurent pas assez grande l'infortune de ceux qui les imploroient, et se firent
barbare
de Taugmenter, en disant que
un
plaisir divine étoit enfin arrivé oil,
le jour de la justice
blanche
par sa destruction totale, la population
alloit expier le crime dont depuis long-temps elle
se rendoit coupable.
heureux
Les habitans qui avoient été assez
trouver un asile et des secours en rade,
pour
des inquiétudes d'un autre genre :
éprouvèrent l'idée d'incendier la flotte pouvoit venir à l'esprit
et des nègres. En tirant sur elle
des commissaires
de
du fort Belair, à boulets rouges au moyen
deux ou trois brulots, ou même de quelques matières combustibles dirigées contre les bâtimens,
lexécution de cet infernal projet devenoit facile.
Le grand nombre des vaisseaux n'auroit fait qu'en
mieux assurerlesuccès et rendre le désordre plus
effroyable. Trop sage pour n'être pas frappé de
la grandeur du péril, M. de Sercey, chargé d'escorter le convoi, profita du changement de la
brise (1) qui, comme la veille, avoit eu lieu dès
(1) La brise de terre, qui remplace celle du large à la chute
TOM. 2.
--- Page 220 ---
RÉVOLUTION
quatre heures après midi pour faire le signal d'appareiller. Le soir même la moitié des bàtimens se
trouvoit hors de la passe, et le lendemain à huit
heures du matin, on vit le convoi tout entier faisant voile vers le nord. Malgré les maux qui,
accablant chaque individu, sembloient feren
résultantes du
mer son âme aux impressions
rémalheur général,il n'y eut personne qui ne
fléchitavec un serrement de cceur que cette flotte,
triste débris de Sain-Domingne,decit peut-étre
la dernière qui sortiroit de ses ports.
Le Jupiterneput pas escorterle convoi.L'étatde M. de Cambis vouloit servir sous lui
major
d'obéir aux ordres déM. Galbaud.
scul,etrefusoit
craignant
Celui-ci, inquiet et soupçonneux, 7
tout le monde, et surtout les commissaires auxqu'on vouloit le livrer,
quels il croyoit toujours
de tout disflagornoit les matelots et les prioit
mettre à la voile 5 mais le vaisseau
poser pour
part T'insubordination
se trouvoit si dégréé, qu'à
tout son temps à manger,
de Téquipage qui passoit
on devoit
jouer et dormir ( état de choses auquel
d'abord mettre un terme), il étoit impossible
avant deux jours. La haine exasd'appareiller animoit les matelots et les mulâtres,
pérée qui
n'est ordinairement assez forte, au Cap, pour fàdu jour,
le Jendemain aul lever
voriser la sortie des vaisseaux, que
du soleil,
it si dégréé, qu'à
tout son temps à manger,
de Téquipage qui passoit
on devoit
jouer et dormir ( état de choses auquel
d'abord mettre un terme), il étoit impossible
avant deux jours. La haine exasd'appareiller animoit les matelots et les mulâtres,
pérée qui
n'est ordinairement assez forte, au Cap, pour fàdu jour,
le Jendemain aul lever
voriser la sortie des vaisseaux, que
du soleil, --- Page 221 ---
DE SAINT-DOMINGUE
rendoit cette mesure indispensable; ; mais pour
l'effectuer sans danger, il falloit que quelque officier instruit la dirigeat, que limpéritie ne fàt
à la place du savoir, que M. Galbaud renonplus
enfin
çàt au funeste talent d'égarer Téquipages le droit de
l'ordre fut rétabli à bord, et que
commander que
la manceuvre revint à. ceux qui en
avoient fait leur étude, et aux soinsi desquels le
vaisseau avoit été confié.
le
L'obstination de M. Galbaud à conserver
commandement et à manifester le désir absurde,
et même dangereux, quon appareillàt sans être
état de le faire, décida M. de Cambis à conen
le
voquer un conseil de guerre, ou, pour parler
langage du jour, une assemblée à laquelle tout
le monde fut appelé. Elle eut lieu le 27. à deux
heures du matin. On tàcha de faire comprendre
à l'équipage que, pour mettrela responsabilitédes
chefs à couvert, il falloit que Timpossibilité de
suivre les instructions données parle conseil exécutif de France au commandant de la station fut
constatée etmotivée dans un procès-verbal qui ne
pouvoit être que le résultat d'un conseil de guerre.
Cette idée si simple, si naturelle, ne put être
trois heures de verbiage et de
saisie qu'après
fois
si
redites qui prouvèrent encore une
que,
la raison et la sagesse peuvent se trouver. quelque --- Page 222 ---
RÉVOLUTION
certainement pas dans les réunions
part, ce n'est
trop nombreuses. matelots consentirent à ce que M. de
Enfin les
du vaisseau, et
Cambis reprit le commandement
M. Galbaud, rassuré sur son sort par la parole
de cet amiral, se retira dans sa chambre. Dès-lors
occupé d'un travail utile, et surveillé
Téquipage, instruits, eut bientôt mis le vaisseau
par des gens
Ce fut le mardi 28 qu'il
en état d'appareiller. laissant dans la rade PAmerica et
sortit du Cap,
M. de Cambis
la Fine, aux capitaines desquels
du
remit ses instructions. Le séjotir prolongé
rade offrit aux colons refugiés à la
Jupiter en
de salut dont quelquésPetite-Anse un moyen
les
se soustraire à la mortqui
uns profitèrent pour
le sort
menacoit tous. Ce fut par eux' qu'on apprit
déplorable de la population blanche, sur laquelle
le droit de vie
les mulatres venoient d'acquérir
des
vet de mort en vertu d'ordres précis et publics
conmissaires.
tot ott
.
:
n
a aby an . T
TXS y PR Josrung
Jupiter en
de salut dont quelquésPetite-Anse un moyen
les
se soustraire à la mortqui
uns profitèrent pour
le sort
menacoit tous. Ce fut par eux' qu'on apprit
déplorable de la population blanche, sur laquelle
le droit de vie
les mulatres venoient d'acquérir
des
vet de mort en vertu d'ordres précis et publics
conmissaires.
tot ott
.
:
n
a aby an . T
TXS y PR Josrung --- Page 223 ---
DE SAINT-DOMINGUE
CHAPITRE XX ET DERNIER.
Arrigée du conooi àNorfolcke en Virginie.
Tous les blancs sont obligés de fuir
de Saint- Domingue. Les chefs des"
nègres réooltés refusent les offres des
commissaires Conduité de Jean-François, de Biassou et de Macaya. Prise'
de Jérémie et du Mole par les Anglais.
Le convoi fit voile pour, le continent de T'Amérique. Les deux vaisseaux de ligne, les frégates
et tous les bâtimens marchands contenoient une
quantité de malades et de blessés, suite
grande
avoient amené la destruction du
des. combats.q qui
refugiés.
sans arCap, outre les nombreux
qui, d'augent, sans linge, sans habits, sans moyens
cette terre de désolation.
cune espèce 2 fuyoient
Dans ces circonstances, tous les capitaines tin-!
rent une conduite noble et délicate, et remplirent
religieusementlese devoirs sacrés delhospitalité.1ls --- Page 224 ---
REVOLUTION
bel
dans M. de
avoient à la vérité un
exemple
Sercey. La plupart des dames qui avoient pu se
s'étoient rendues sur le vaisseau
sauver en rade
PEole qu'il commandoit, sûres d'ètre accueillies
madame de Sercey, dont la présence à bord
par
honorable préférence à son mari. En
valut cette
infortunées une seconde
effet, elle fut pour ces
Providence : tout ce: qu'elle possédoit, hardes, 2
leurdevint commun. Attentive
linge, provistons;1 les désirs, heureuse du bien qu'elle
à prévenir.
aimable et
pouvoit faire,. cette femme jeune,
belle, s'en occupoit, avec ce tendre intérêt qui
le
et avec ce désintéressement
en augmente prix,
si rare qui, en gravant en traits plus profonds
la reconnoissance dont il semble dispenser, fait
la
douce des jouissances et
de ce sentiment plus
le premier besoin du coeur.
rendre à la
La flotté mit quatorze jours pour se
da
baie de Chesapeatk. M de Cambis, ayant
forcer de voiles" à cause du grand nombre de
encombroit les ponts du Jupiter, Ty
blessés qui
heures. Dès son
avoit précédlée de vingt-quatre
officier
il avoit dépéchié un
arrivée au Cap-Henri,
magistrat
de cette ville à Norfolck pour prévenirle
le consul de France du désastre total de la popuetl
du nord de Saint-Domingue, obligée
lation blanche
d'émigrer: aux Etats-Unis, et au secours delaquelle
se hâter de venir. C'est ce que les habitans
il falloit
és qui
heures. Dès son
avoit précédlée de vingt-quatre
officier
il avoit dépéchié un
arrivée au Cap-Henri,
magistrat
de cette ville à Norfolck pour prévenirle
le consul de France du désastre total de la popuetl
du nord de Saint-Domingue, obligée
lation blanche
d'émigrer: aux Etats-Unis, et au secours delaquelle
se hâter de venir. C'est ce que les habitans
il falloit --- Page 225 ---
DE SAINT-DOMINGLE
de
de Norfolck ct de Portsmouth s'empressèrent
qui servitd'abhordi à soufaire par une contribution Un si bel exemple fut
lager les plus nécessiteux.
la légation française. A cette époque,
perdu pour
l'art si utile
la république et ses agens ignoroient
pour les gouvernemehs,
aux peauples,silonorabley bienfaisancej ejuste et éclairée. Alors,
d'exercer unel
le citoyen Genet étoit ministre plénipotentiaire
Etats-Unis. En applaudissant au triomphe
aux
la
aux succès
de Brissot, dont il se disoit créature,
avonoit hautement pour
des commissaires quil embarrassé des débris de
ses amis, il se trouva
mais il eut bientôt pris son parti.
St.Domingue; accorda se bornèrent à TétaLes secpurs quil
les malades
blissement de deux hopitaux pour
de la flotte; le reste fut abandonné. Heureuse- les
ment, la Providence. veilloit sur les colons;
de
des Carolines,
états de Virginie,
Maryland,
de Newyorck, de Massachusset,
de Pensylvanie,
et
le gouvernetoutes les villes pétites grandes,
et
ment fédéral, par des contributions décrétées,
foule d'individus, par des actes répétés de
une
bienfaisance, sel hâtèrent tiesaslhgerieriibnue
Gràces soient à jamais rendues à cette nation
qui mitautant de délicagénéreuse et hospitalière,
de la France
tesse dans ses dons que les agens refus! On ne
montrèrent de barbaric dans leurs
ici les rodomontades du citoyen
rappellera pas
ment fédéral, par des contributions décrétées,
foule d'individus, par des actes répétés de
une
bienfaisance, sel hâtèrent tiesaslhgerieriibnue
Gràces soient à jamais rendues à cette nation
qui mitautant de délicagénéreuse et hospitalière,
de la France
tesse dans ses dons que les agens refus! On ne
montrèrent de barbaric dans leurs
ici les rodomontades du citoyen
rappellera pas --- Page 226 ---
RÉVOLUTION
scandaleuses avec le geGenet, sa correspondance
envers les officiers
néral Galbaud, son despotisme levoit aux Etats-Unis,
de la marine, la légion qu'il
étoit destinée
il donna son nom, et qui
à laquelle
Canada etla Louisiane (4), les
à révolntionner le
adressoit au président de
insultes gratuites qu'il
américain des déTUnion,Tappel quilfit au peuple diatribes jacomagistrat, les
cisions de ce premier
ses soins et à
bines, contre le sénat, insérées par Tous ces faits,
frais dans les journaux.
malgrands
et de ces temps
dignes d'un tel ambassadeur
aux désastres de
heureux, sont en partie étrangers l'est pas, c'est
Saint-Domingue. Mais ce qui ne
français,
accordée, par les consuls
la préférence
ce sont! les faveurs proaux hommes de couleur;
de crimes, tandis
diguées à une caste couverte
et proscrite.
celle qui avoit été dépouillée
c'est le
que
de faim, de froid et de misère;
périssoit
famille mulâtre à Norfolck,
luxe qu'affichoit une
aux frais de la répuoù clle avoit été transportée femmeblanche, une mère
blique, pendantqw'une
repoussée par. le
dtoltimpitogahlenents
éperdue,
elle demandoit. quelques
consul Oster,, auquel avoit besoin pour faire enschellings dont clle
ierrer son enfant.
d'insVoyez le mémoire du 4 janvier 1793, servant de cet am-
(1)
Genct, ct la correspondance
truction ait citoyen
du
fédéral..
hassadeur avec les membres gouvernement
été transportée femmeblanche, une mère
blique, pendantqw'une
repoussée par. le
dtoltimpitogahlenents
éperdue,
elle demandoit. quelques
consul Oster,, auquel avoit besoin pour faire enschellings dont clle
ierrer son enfant.
d'insVoyez le mémoire du 4 janvier 1793, servant de cet am-
(1)
Genct, ct la correspondance
truction ait citoyen
du
fédéral..
hassadeur avec les membres gouvernement --- Page 227 ---
DE SAINT-DOMINGUE
étoient aux États-Unis les agens
Voila quels
fut de
française. Si son intention
de la république
devoit
de ceux qu'elle
se déshonorer) parlabandon s'il entroit dans sa politique
protéger et secourir,
des violences et des
de s aliéner le Congrès par
T'oubli de
perfidies, et de se faire mépriser par
elle
tous les devoirs et de toutes les bienséances,
doit des actions de grâces à ceux qu'elle employa;
rempli ses vues.
ils ont parfaitement
Le Cap
Il faut revenir à Saint-Domingue. détruit
n'existoit plus. Le feu avoit entièrement
la capitale des Antilles;
cette ville opulente,
décombres obstruoit
un amas de cendres et de
et
tous les passages; une atmosphère épaisse
embrumée tenoit la place de Tair pur qu'on y
silence
une vaste solirespiroit; un
effrayant,
tude avoient succédé au mouvement, au tumulte
deux mille cadavres épars dans les
des affaires;
consumés. par les flamrues, les uns en partie
les chiens,
mes 2 les autres à moitié rongés formoient par
le taexhalant une odeur infecte,
les
bleau le plus hideux qui ait jamais frappé
de Thomme. Ce fut au milieu de ces
regards et aux cris de vive la république, que
trophées, de la nation française rentrèrent
les délégués
On s'occupa d'abord
dans la ville du Cap (i):
(1) 9 août 1795. --- Page 228 ---
RÉVOLUTION
dansles débris
d'abord d'éteindre le feu concentré
Un
maisons qui fumoient encore.
de plusieurs
celui de déblayer des rues et
soin plus pénible,
devint le partage exclusif
d'enlever les cadavres,
hommes deleur
des blancs quela férocité de deuxl
êtreles esclaves des nègres,
couleur condamnoità
ils furent contraints de
sous Tinspection desquels
faire seuls le plus dégohtant des travaux.
(:) datée du Haut-du-Cap
Une proclamation esclaves
en prenant les
déclaroit libres les
qui,
de la
avoient défendu les mandataires
armes,
s'élever à trois
république; ce nombre pouvoit
Il ne faut
mille, dont on fit plusieurs compagnics. étoient
inférer de là que tous les autres nègres être
pas
esclaves : la liberté générale, sans
encore
moins. C'est ici le
proclamée, n'en existoit pas calomnies répanlieu de faire observer que, si les
les colons avoient eu le plus léger
dues contre
avoient mérité les reproches que
fondement, s'ils
de diriger
et la jalousie ne cessoientd
la malveillance naturel ct inévitable de Témancontre eux, Teffet
des blancs restés dans
cipation eût été le massacre de la secte, Tespoir
la colonie : c'étoit le voeu
malgré
de Polverel et de Sonthonax. Cependant,
et leurs provotations
leurs adresses sanguinaires
1795. Adresse du 22.
(1) 21 juin
les reproches que
fondement, s'ils
de diriger
et la jalousie ne cessoientd
la malveillance naturel ct inévitable de Témancontre eux, Teffet
des blancs restés dans
cipation eût été le massacre de la secte, Tespoir
la colonie : c'étoit le voeu
malgré
de Polverel et de Sonthonax. Cependant,
et leurs provotations
leurs adresses sanguinaires
1795. Adresse du 22.
(1) 21 juin --- Page 229 ---
DE SAINT-DONINGUE
cinquante mille nègres, appelés
au méurtre (1),
la
mais à la licence,
tout à coup, non pas à liberté, compte aucun
n'ont commis pour leur propre
Tout le sang répandu à cette époque
assassinat.
lorgueil de quelques faia coulé pour satisfaire
des évéseurs desystèmes. Lesi nigres,confondus les témoins,
nemens dont ils venoient d'être
croire. Aussi la commotion qui
avoient peine à y
de haine
en eux ce sentiment
devoit développer
cette soif; de vengeance
qu'on leur supposoit,
à connoitre, ne
qu'on leur a depuis trop appris
d'une
produisit de leur part que les symptômes nombre
extrême, et fournit à un grand
surprise
d'entre eux loccasion de se montrerrecomoisans volonPlusieurs avoient suivi
envers les blancs.
à bord des vaisseaux, où
tairement leurs maitres
défaut de
empécha qu'ils ne fussent reçus.
le
place
s'attendrir sur le sort de
En général, on les vit
défendre
tanteevictimes, prévenir leurs besoins,
adoucir leur existence torleurs jourg menacés,
Il est une
turée par deux monstres européens. injurieuse
vérité que l'on doit révéler, quelque
les
soit pour la couleur blanche : c'est que
qu'elle
les moins criminels de tous les
nègres ont été (2)
Lettres des commissaires civils au nègre Barthélemy.
(1)4
Autre lettre à Picrrot du 17 juillet. 1802, sous les ordres
(2) Jusqu'a T'expédition envoyée en
du général Leclerc- --- Page 230 ---
RÉVOLUTION
concouru aux désastres de Sainthommes qui ont le chemin du crime les blancs
Domingue. Dans etlesmulâtres les ont laissés bien
révolationnaires
loin derrière eux.
chefs des
Le silence observé par les principaux
révoltés, au sujet des propositions commissaires avantageuses (1),
que leur avoientfait parvenirles
pire
étonna ces derniers ; ce dédain apparent,
déroutoit trop leurs idées et leurs
qu'un refus,
ne voulussent pas en approprojets pour qu'ils défaut de
et de
fondir la cause. Au
Jean-François toutes leurs:
Biassou, qui rejetèrent constamment commandant du
offres, ils mandèrent Macaya, rendit à leur incamp Robillard. Celui-ci se. les formes les
vitation. Polverel, qui affectoit
convervoulut se charger de sa
plus populaires,
facile. Apprenant son arrision 2 qu'il supposoit de lui, etl le conduisit dans
vée, il alla au-devant beau le traiter de citoyen
son appartement. Il eut
et même
Macaya, le décorer du titre de général,
son
civisme jusqu'à perdre la raison avec
pousserle frère; toutes les fois que le blanc proponouveau
lenoir refusoit ou disoit de boire à la république, Polverel
le
soit tout bas à la santé du Roi.
éprouva et ses
désagrément de voir ses avances dédaiguées
Réduit au silence, mais non converti,
pas perdus.
de
à Biassou, du 22 juin 1795.
(1) Lettre sauvegarde
de général,
son
civisme jusqu'à perdre la raison avec
pousserle frère; toutes les fois que le blanc proponouveau
lenoir refusoit ou disoit de boire à la république, Polverel
le
soit tout bas à la santé du Roi.
éprouva et ses
désagrément de voir ses avances dédaiguées
Réduit au silence, mais non converti,
pas perdus.
de
à Biassou, du 22 juin 1795.
(1) Lettre sauvegarde --- Page 231 ---
DE SAINT-DONINGUE
insensible aux espérances
Macaya paroissoit faisoit briller à ses yeux, 2 et
flatteuses qu'on
les plus pressans, 7 aux
opposoit aux argumens
Tobligation où il se
offres les plus séduisantes roi de France qui étoit
trouvoit d'être fidèle au
qui représentoit
son père, et au:1 roi d'Espagne
de ce
sa mère. Il ajoutoit quindopendamment de trois rois descendans
devoir sacré, les sujets
une étoile, avoit été
de ceux qui, conduits par
pas se faire
adorer. PHomme Dieu, ne pouvoient
la guerre entre eux (s).
purent obVoila tout ce que les commissaires
au
Macaya. C'est probablement
tenir du citoyen
l'on doit attribuer
dépit qu'ils en conçurent que mirentà proclamer
Tintervalle de deux mois qu'ils
Tabolition de T'esclavage. le caractère des nègres,
Rien ne peint mieux
del'opinion etde
jusqu'ol s'étend sur eux l'empire ordrede choses
à un
Khiatve-aesresset combler leurs voeux. Quelle
qui paroissoit devoir
de T'agent invisible qui
qu'ent été Tarriere-pensée à la révolte, il est ceravoit poussé les esclaves
disposer de trois
tain que lespérance de pouvoir
agissant sur
semaine fut le motif qui,
jours par
détermina Tinsurrection.
la plupart d'entre eux,
dans nos colonies, ne sembloient connoitre
- ()Les nègres,
d'Espagne et de Congo.
que les rois de France, --- Page 232 ---
RÉVOLUTION.
Il 222 sembloit naturel de croire que ce prix de leurs
efforts, que le bienfait encore plus grand d'une
émancipation totale, seroient accueillis par eux
et reconnoissance. Il n'en fut rien.
avec transport
enfn que,
Jean-François et Biassou répondirent
loin d'accepter la liberté qui leur étoit offerte par
les commissaires, 2 ils seroient les vengeurs desvictimes que ceux-ci avoienti impitoyablement proscrites et massacrées (1)-
de tous les
Ils tinrent parole. L'émigration (2)
les cordons de l'est et de
blancs qui composoient
l'ouest livra aux Espagnols les paroisses qu'ils
avoient défendues jusqu'alors. Jean François et
Biassou en firent la conquête pour cette puisLe
fondit un jour sur le camp de
sance.
premier l'enleva. Dans le même temps, le
la Tannerie, etl
son
mulâtre Lesec s'empara de celui qui portoit
nom dans la paroisse des Écrevisses.
Cette conduite affecta d'autant plus les comleur avoit été impossible de la
missaires, qu'il
En effet, être obligé de combattre
soupçonner.
leur faire accepter la liberté,
des esclaves pour
extrordinaire, et
devoit paroltre un phénomène
d'autant plus important à faire cesser, qu'ildétrui-
(1) Proclamation de Biassou et de Tousain-Louverture,
du 25 juin.
officier d'un des régimens
(2) Lettre de Bandricourt,
campés à la Marmelade, du 6 juillet 1795.
aires, qu'il
En effet, être obligé de combattre
soupçonner.
leur faire accepter la liberté,
des esclaves pour
extrordinaire, et
devoit paroltre un phénomène
d'autant plus important à faire cesser, qu'ildétrui-
(1) Proclamation de Biassou et de Tousain-Louverture,
du 25 juin.
officier d'un des régimens
(2) Lettre de Bandricourt,
campés à la Marmelade, du 6 juillet 1795. --- Page 233 ---
DE SAINT-DOMINGUE
soitlesillusions dont tons'étoitbercé, etsapoit dans
l'édifice nouveau que l'on vouloit conssa base
uneg grande
tanse-aetarnearms
révolution dans les Antilles s'évanouissoit, mais
même sembloit prêt à échapper
Saint-Domingue Depuis deux jours, Plaisance
aux commissaires.
; on savoit que
avoit arboré le pavillon espagnol
suivroit cet exemple. Polverel, qui
le Borgne
se
à retourner au Port-au-Prince,
se disposoit
ces deux paroisses.
chargea de punir, en passant,
commandé
Il s'avança avec un fort détachement
le mulâtre Chanlate, qui, malgré ses fanpar
fut battu et mis en fuite aux Gofaronnades,
Desfourneaux venoit
naives, comme le*général
lui-même courut
de T'être à Saint-Miguel. Polverel
accile risque d'être pris, et ne parvint pas sans
dent à Saint-Marc. Il n'y resta que le temps néafin de
les esprits à la grande
cessaire
préparer
alloit changer la face de la colonie,
mesure qui
il
dans la province de
et pour laquelle se rendoit
T'ouest. Partout où il pasa,ilpromit: aux nègres endésormais aussi
coretranquilles queleursortseroitd Cet espoir eût
heureux qu'il avoit été misérable.
des
suffi pour les porter à la révolte. Qu'on juge
progrès de la désorganisation des ateliers, lorsque,
la voix des commissaires, la résistance à T'oppar
futindiquée aux esclaves comme un droit
pression
n'avoient jamais pu perdre, et
inaliénable qu'ils
où il pasa,ilpromit: aux nègres endésormais aussi
coretranquilles queleursortseroitd Cet espoir eût
heureux qu'il avoit été misérable.
des
suffi pour les porter à la révolte. Qu'on juge
progrès de la désorganisation des ateliers, lorsque,
la voix des commissaires, la résistance à T'oppar
futindiquée aux esclaves comme un droit
pression
n'avoient jamais pu perdre, et
inaliénable qu'ils --- Page 234 ---
RÉVOLUTION
dont l'exercice avoit été trop
outre, Sonthonax et
négligé par eux. En
dissimuler leur
Polverel, quine pouvoient se
incompétence à cet
noient un ouvrage criminel
égard, souteplus criminels
par des accessoires
encore. Dans la crainte
instruite des véritables intérêts de la que,mieux
convention nationale
France, la
ne détruisit par un décret
léchafaudage de leur fanatisme et de leur
brigandage,ilslétayisenty parl la déportation,
nement, ou la mort de tous les blancs. T'emiprisonAinsi s'accomplissoit le projet
humain du débonnaire Brissot. philosophique et
L'histoire n'offre rien de
affreux qui s'appesantissoit comparable au sort
étoit la fatalité
sur les colons. Telle
quiles poursuivoit, qu'en
pant par tous les sacrifices
éehapdont leur patrie étoit la
possibles aux fléaux
éloigné
proie, ils n'avoient pas
pour toujours de leurs lèvres la
amère du malheur. Des corsaires
coupe
en grand nombre sur la
avides répandus
fidèles,
côte, des neutres inconfiance plus dangereux encore par un abus de
qu'on ne pouvoit ni prévoir ni prévenir,
complétèrent leur ruine. La mer enfin
dans ses abimes ce que le pillage, la engloutit
le fer avoient
flamme et
du continent épargné. H n'est pas une seule ville
de TAmérique où les colons
fait des pertes, pas un seul
n'aient
qui n'aitété couvert
point de ses rives
des débris de leurs naufrages.
inconfiance plus dangereux encore par un abus de
qu'on ne pouvoit ni prévoir ni prévenir,
complétèrent leur ruine. La mer enfin
dans ses abimes ce que le pillage, la engloutit
le fer avoient
flamme et
du continent épargné. H n'est pas une seule ville
de TAmérique où les colons
fait des pertes, pas un seul
n'aient
qui n'aitété couvert
point de ses rives
des débris de leurs naufrages. --- Page 235 ---
DE SAINT-DOMINGUE,
Voila quel fut pour eux le résultat du système
dont ils avoient donné un si dande résistance
et le terme d'une révolution
gereux. exemple, devoir être si heureuse. Paqui leur avoit paru
de l'Angleterre
triotes, aristocrates 2 partisans
ils avoient tout perdu,
et de Tindépendance,
quelle sévère,
fortune, patrie, repos, bonheur; durent être d'autant
quelle effrayante leçon! Ils
affectés d'un sort si affreux,
plus profondément
dissensions, ils avoient
que, par de funestes
de leurs déeux-mémes causé une parlie
de leur
inséparables
sastres, ct qu'aux peines
les
le cri de leur conscience qui
état se joignoit
du châtiment.
forçoit à reconnoitre la justice
Accablante situation, pour laquelle non-seuletous les coeurs sont fermés à la pitié, mais
ment
nécessaire afin
dont la durée est quelquefois
seroient tentés d'imiter un
d'épouvanter ceux qui
pareil exemple!
oir ilexerçoit
Cependant, Delpech aux Cayes,
d'un
de commissaire civil en vertu
Jes fonctions
Polverel au
décret - récent de la convention,
n'avoient
Port-au-Prince, et Sonthonax au Cap,
à faire pour parvenir au terme de
plus qu'un pas
On s'attendoit qu'afin de
leur carrière politique.
solennité
à
donner tout Téclat, toute la
possilble
T'abolition del Tesclavage, ils détermineroient entre
et le mode de ce grand événement;
eux Tépoque
TOM. 2. --- Page 236 ---
REVOLUTION
Sonthonax, aspirant peut-être a
on se trompoit.
le
Phonneur de montrer Texemple, sollicité par
Vergniaud, qui, dans une de ses lettres, lui
juge montroit la courone civique Vattendant au temde Pimmortalité, gagna ses deux collegues de
ple
oùt
vitesse, et fit le premier une proclamation
la liberté générale n'étoit pas absolument resfut à un certain point conditreinte, quoiqu'elle Polverel dans la province de l'ouest se
tionnelle.
Il ne cacha pas même à
montra moins empressé.
Sonthonax les dontes qu'il avoit sur la légalité
de cetle mesure (( Avez - vous été libre, lui
Quelle liberté
(< écrivoit-il, de ne pas la prendre?
celle
celle des
Quelle égalité que.
( que
brigands!
fort!
la seule loi du plus
Quelle pros-
( oùi règne
travail
espérer sans travail,etquel
( péritépeut-on attendre des Africains devenus libres,
( peut-on
commencé à leur en faire
( si vous n'avez pas
leur créant des
la nécessité en
jouis-
(( sentir
leur étoient inprésent
(( sances qui jusqu'à
te connues?.. . > ().
dans
Si Polverel mit moins de précipitation
furent plus conformes
sa conduite, ses dispositions
nouveaux principes, et plus désastreuses pour
aux
aux esclaves les droits de
Ja colonie. Il reconnut
dans toute la latitude du mot, et promit,
citoyen
(1)1 Lettres et proclamations des 20 et 21 août.
jouis-
(( sentir
leur étoient inprésent
(( sances qui jusqu'à
te connues?.. . > ().
dans
Si Polverel mit moins de précipitation
furent plus conformes
sa conduite, ses dispositions
nouveaux principes, et plus désastreuses pour
aux
aux esclaves les droits de
Ja colonie. Il reconnut
dans toute la latitude du mot, et promit,
citoyen
(1)1 Lettres et proclamations des 20 et 21 août. --- Page 237 ---
DE SAINT-DOMINGUE
de leur assurer des propriétés par le
en outre,
leur régénération
partage des terres; mesure que
le bienfait
rendoitindispensable, et sans laquelle
liberté n'auroit été pour eux qu'un être de
de la
raison:
dont le caractère avoit été méconnu
Delpech,
les blancs et
et la vie menacée aux Cayes, par
à la fédération du 14 juillet,
les mulâtres 2
lui avoit envoyé ses proécrivit à Polverel qui
ni
clamations : (( Je n'adopte ni VOS mesures,
celles de Sonthonax ; je suis convaincu que
(
civile n'a pas le droit de chan-
(C la commission colonial et de donner la liberté
(( ger le régime
tous les esclaves; que ce droit n'appartient
( à
de la nation entière, qui
(( qu'aux représentans délégué (i)- La proclama-
(C ne nous T'ont pas
la vôtre, adoptées pu-
( tion de Sonthonax ou
devoir
et
me. paroissent
(( rement simplement, désordres, surtout la pre-
( entrainer de grands
d'électrimière.
elle est un coup
(
Cependant
d'arrêtér la com-
( cité dont il est impossible
revenir; il
il n'y a plus moyen d'y
(C motion;
les vues de Son-
( faut la modifier en combinant
vous
avec les vôtres et avec celles que je
( thonax
; de manière que sa proclama-
( communiquerai, le défaut d'ètre prématurée.
( tion n'ait plus que
Lettres de Delpech des 8 acàt et 12 septembre 1795.
(1) --- Page 238 ---
RÉVOLUTION
(( Mais il est indispensable
( de concert, c'est le seul que nous prononcions
( qu'auroient
moyen de couvrir ce
d'illégal les
K et par notre
mesures prises par vous
collègue. >
Au moment de s'embarquer
Polverel au PortauPrince, pour venitjoindre
Cayesavantdavoiry
Delpech mourut aux
promulgué dans le sud
cipation des esclaves.
T'émanLe 29 aont, deux mois et
après l'incendie du Cap,
quelques jours
sation expresse, ni même Sonthonax, sans l'autori.
au mépris de ses
l'aveu de la France, et
droits de
propres sermens, proclama les
Thomme, et déclara
pour toujours à Saint -
T'esclavage aboli
rouge, symbole de la Domingue. Le bonnet
la ville aux cris de vive liberté, la
fut promené dans
tâche d'anéantir tout
républiquelOn prit à
ce qui pouvoit
la
dépendance et la servitude des
rappeler
mêmes consacrés
noirs; les mots
pour désigner les
ces furent bannis du
diverses nuande toutes les
langage. Enfin, surles débris
conventions
des décombres de l'édifice antérieures, au milieu
roitre lemonstre africain. La colonial, on vit pales membres
mumicipalité, parmi
delaquelle on comptoit encore quelquesblanes,adhéra, parun.
des choses; d'autres
sermentannouvelondre
mais en petit
individus de cette couleur,
nelle
nombre, jurèrent une haine
aux rois, et accueillirent les
étermulâtres
langage. Enfin, surles débris
conventions
des décombres de l'édifice antérieures, au milieu
roitre lemonstre africain. La colonial, on vit pales membres
mumicipalité, parmi
delaquelle on comptoit encore quelquesblanes,adhéra, parun.
des choses; d'autres
sermentannouvelondre
mais en petit
individus de cette couleur,
nelle
nombre, jurèrent une haine
aux rois, et accueillirent les
étermulâtres --- Page 239 ---
DE SAINT-DOMINGUE
comme des frères. Il n'y eut plus de classe intermédiaire ni inférieure, plus de priviléges s plus
de distinctions ; ou, pour mieux dire, les propriétés, la prééminence et le pouvoir passèrent
exclusivement aux mulàtres et aux nègres.
Le premier fruit porté par l'arbre de la liberté,
fut un nouvel incendie des quartiers Morin, de Limonade, de la Petite-Anse, de Plaisance, du Portde-Paix et du Port-Margot. Ces paroisses qu'aSmsarrt
leur voisinage, étoient couvertes de cannes à
mal cultivées, offroient une
sucre qui, quoique
ressource d'autant plus précieuse, que l'argent
avoit disparu 7 que les vivres et les provisions
étoient épuisés, et que les bàtimens américains,
mouillés en petit nombre dans les rades, ne vouloient plus rien livrer que pour des denrées ou
pour du numéraire.
Sonthonax avoit eu l'intention de faire exploitér ces cannes pour: le compte de la république.
Mais les nègres,à quil T'on n'avoit cessé de dire que
la liberté. consistoit: àne faire que leur volonté,
trouvèrent plus convenable de les bruler que d'en
tirer du sucre. La position du commissaire devenoit tous lesjours plus critique, ladisette s'avançoit
à grands pas, le produit des fouilles faites parmi
les cendres du Cap étoit consommé. Sonthonax
ressembloit à ce. roi que la tradition fabuleuse --- Page 240 ---
RÉVOLUTION
prét à mourir de faim au milieu
nous représente Le bruit courut dans le temps qu'il
de son or.
étoient
avoit voulu fuir, mais que les nègres s'y
et qu'ils le gardoient à vue. Il est posopposés,
leur fut inspirée par le
sible que cette précaution
maiprolongé du commissaire dans une
séjour
située hors de la ville, et avoison de campagne,
sinantlentrée de la rade (1), ou parles manceuvres
VAmérica, sorti, disoit-on, pour
du vaisseau
revenoit tous les soirs devant
croiser, mais qui
la nuit.
le Cap, et faisoit des signaux pendant chiméQuoi quil en soit de cette idée, peut-étre dans
et quel que fut le vrai motif qui
rique,
circonstance influa sur Téquipage, après
cette
d'environ trois semaines, il prit la
une croisière
France. Le départ de
résolution de retourner en
eût
la seule force respectable qu'il y
ce vaisseau,
favorisa l'occupation du
encore dans la colonie,
Mole et de Jérémie par les Anglais.
les
doit
avoir perdu de vue que
On ne
pas
avoient, par
paroisses de la Grande-Anse
quatre
dictatorial, 2 encouru
Jeur résistance au despotisme
et
la haine et irrité la vengeance des mulâtres
Les avantages sans doute imdes commissaires.
retirés de leurs efforts,
portans qu'elles avoient
(1) Au Grigri, chez madame Bailli,
dans la colonie,
Mole et de Jérémie par les Anglais.
les
doit
avoir perdu de vue que
On ne
pas
avoient, par
paroisses de la Grande-Anse
quatre
dictatorial, 2 encouru
Jeur résistance au despotisme
et
la haine et irrité la vengeance des mulâtres
Les avantages sans doute imdes commissaires.
retirés de leurs efforts,
portans qu'elles avoient
(1) Au Grigri, chez madame Bailli, --- Page 241 ---
DE SAINT-DOMINGUE.
-amrit
si quelques habitans de cette dépendance, qui
attentifs à la marche de la
résidoient à Londres,
dans l'état
resolution,navoiente teruindispensable,
d'exaltation et d'immoralité où étoit la
de délire,
ou se trouvoit
France, de foiblesse et d'anarchie
d'appeler dans cette colonie une
Saint-Domingue, étrangère capable par sa force d'y rétapuissance blir T'empire des lois, et surtout assez sage, assez
éclairée, pour ne pas se faire un honneur de
Textermination de la classe blanche. En conséces colons firent, sans y être autorisés,
quence,
de Saint-James (1)
des propositions" au cabinet
les accueillit. Le résultat de la négociation
qui
au conseil extraordinaire
ayant été communiqué
de sureté de la Grande-Anse, et approuvé par
lui, le gouverneur de la Jamaique fit prendre posde
session au nom de Sa Majesté Britannique,
Deux frégates et
Jérémie et de ses dépendances.
d'efforts à
500 hommes furent tout ce qu'il coûta
TAngleterre pour s'emparer des quatre seules paroisses encore intactes de Saint-Domingue (2).
dut à un concours de cirLa même puissance
du Mole.
constances extraordinaires la possession
Les blancs réfugiés dans cette ville, se voyant
(1) Le 25 février.
(2) Le 19 septembre. --- Page 242 ---
RÉVOLUTION
la métropole à deux barbares qui leur
livrés par
sentirent
avoient juré à tous une haine éternelle,
aussi le besoin d'une protection quelconque; ils
envoyèrent
crurent Anarotneralforares
trois députés au commandant de Laxavon (1),
quelestabitansdut Mole étoient
pourluiannoncer soumettre aux lois de Sa Majesté
résolus à se
eurent-ils
Catholique. Mais à peine ces députés
furent rencontrés
perdu de vue la rade, qu'ils
ià la
un corsaire anglais, pris et conduits
par
Cet accident contrarioit d'auProvidence (2).
avoir des rétant plus Jeurs vues, et pouvoit
de
sultats d'autant plus fimestes, qu'en raison
du Mole, on devoit craindre d'y
Timportance arriver, d'un instantà Tautre, Sonthonax ou
voir
nulles
le général Laveaux. Ces considérations,
le capitaine du corsaire, furent senties par
pour
alors
de la Provile lord Dunmore,
gouverneur
dence. Il parut fàché de lévénement, et se montra
disposé à le réparer de tout son pouvoir, en
les députés à Montéchrist (5); mais
renvoyant aussi il tàcha de leur faire comprendre que les haaisément ct
bitans du Mole atteindroient plus
plus réel le but qu'ils s'étoient
avec un avantage
(1) Place de la partic espagnole de Saint-Domingue.
(2) L'une des iles Bahanca.
(5) Place de la partie espagnole de Saint-Domingue,
vénement, et se montra
disposé à le réparer de tout son pouvoir, en
les députés à Montéchrist (5); mais
renvoyant aussi il tàcha de leur faire comprendre que les haaisément ct
bitans du Mole atteindroient plus
plus réel le but qu'ils s'étoient
avec un avantage
(1) Place de la partic espagnole de Saint-Domingue.
(2) L'une des iles Bahanca.
(5) Place de la partie espagnole de Saint-Domingue, --- Page 243 ---
DE SAINT-DOMINGUE
avoient recours au roi d'Angleproposé, s'ils
de leurs compatriotes
terre, d'après Fexemple
aux trois déde Jérémie. Alors il communiqua et dont T'exéle traité conclu à Londres,
putés
confiée à M. le général Williamson,
cution étoit
auprès duquel il
gouverneur de la Jamaique,
s'offrit de les faire. conduire.
lieu de se rendre à Montéchrist,
En effet, au
On faicingla vers la Jamaique.
la députation
ile les
nécessoit alors. dans cette
dispositions du Sud
rendre maitre de la partie
saires pour se
Introduits auprès du goude Saint-Domingue: Mole lui
le
du
présentérent
verneur, les députés
de cette place,
voeu des habitans et de la garnison
rendit aussitôt, en la comprenant
auquel il se
Cet acte en
dans le traité avec ses dépendances. aux colons,
lui-mème offroit tant d'avantages
les dépuloin de faire aucune objection,
que,
heureux d'acheter à ce prix
tés se crurent trop
avoient marqué tous les
la fin des malheurs qui
à Saint-Dominde la révolution française
pas
leurs instructions renfermoient
gue. Cependant
difficultés: clle
une clause qui fit naitre quelques
auroit lieu
portoit que la prise de possession de France. Cet
de Louis XVII, roi
au nom
avec les ordres que le
article, incompatible
formoit un obsgénéral Williamson avoit reçus,
Tenvoi de
tacle qui ne pouvoit être levé que par --- Page 244 ---
234 RÉVOLUTION DE
SAINT-DOMINGUE
nouveaux pouvoirs à la députation. Le
pressoit, le moindre retard
temps
voir une place aussi
exposoit au danger de
mains des brigands. essentielle tomber entre les
Dans cette
convint de faire
circonstance, on
quelques
accompagner les députés par
troupes, qui n'occuperoient le Mole
qu'autant que les habitans voudroient
les mêmes conditions
accepter
que Jérémie.
Quel que fit Tattachement des colons
France monarchique, leur état
pour la
permettoit pas de
désespéré ne leur
repousser la main
qui venoit les sauver d'un
secourable
besoin d'une
naufrage total. Le
protection
la
puissante, l'exemple de
Grande-Anse, etl
les firent souscrire tl'impérieuseloidel la nécessité,
à la capitulation offerte
commodore Ford, commandant
par le
le vaisseau
ropa. Cinquantehommes de
TEu
cendirent à terre ; la garde du troupes anglaises deset
port leur fut
bientôt, au bruit de T'artillerie et
remise,
Vive le roi! on vit arborer
aux cris de
le pavillon de la
Grande-Dretagne sur les remparts du
des Antilles ().
Gibraltar
(1) Le 22 septembre 1793.
FIN DE LA RÉVOLUTION DE
SAINT-DOMINGUE,
par le
le vaisseau
ropa. Cinquantehommes de
TEu
cendirent à terre ; la garde du troupes anglaises deset
port leur fut
bientôt, au bruit de T'artillerie et
remise,
Vive le roi! on vit arborer
aux cris de
le pavillon de la
Grande-Dretagne sur les remparts du
des Antilles ().
Gibraltar
(1) Le 22 septembre 1793.
FIN DE LA RÉVOLUTION DE
SAINT-DOMINGUE, --- Page 245 ---
MÉMOIRE
SUR
LE RÉTABLISSEMENT
DE SAINT-DOMINGUE --- Page 246 --- --- Page 247 ---
MÉMOIRE
SUR
LE RETABLISSEMENT
DE SAINT-DONINGUE
S. l'on doit regarder comme suffisamment approfondi, un sujet qui a fait éclore un grand nombre
d'ouvrages, il semble qu'il ne reste plus rien à
Mais si, dans la foule
dire sur Saint-Dominguedes écrits pour et contre le rétablissement de
celte colonie, Tesprit et le but de l'institution.
coloniale ne se font même pas apercevoir, il y a
encore des vérités importantes à révéler; et telle
est la tâche que nous nous sommes imposée.
Les détails connus du régime intérieur, le récit
des événemens auxquels Texpédition du général --- Page 248 ---
25S MÉMOIRE SUR LE RÉTAMLISSEMENT
lieu, n'entrent pour rien dans
Leclerc a donné
notre plan : nous ne sommes point assez éloignés
en parler avec le sang-froid
de cette époque pour
T'histoire ; et notre but
et Pimpartialité qu'exige
mais de réunir
n'est pas de réveiller les haines, ,
prinles opinions. Aussi, en rappelant quelques foulés
cipes qui, pour avoir été trop long-temps lexisaux pieds, n'en sont pas moins essentielsà de
tence et à la prospérité d'un' pays dont trop
parlent sans le connoitre, nous protestons
gens
que la malveillance
d'avance contre Tapplication
l'idée de
voudroit en faire. Loin de nous
piquer
curiosité
la satire, et d'exciter Tattention
la
par
: si le travail auquel nous
par des personnalités mérite, ille devra uniquenous livrons a quelque
constituent le
ment à T'analyse des élémens qui
système colonial.
toutes celles qni
Cette expression, 7 comme d'une muititude
présentent à lesprit le résultat
demande que le sens qu'elle
de combinaisons,
déterminé; parce
renferme soit rigoureusement
existent
sert à désigner les rapports qui
qu'elle
coloniales;
entre une métropole et ses possessions
la
dont on ne peut bien comprendre les
rapports
qu'après avoir connu
nature et Tétendue,
Par système CObases sur lesquelles ils reposent. ordre de choses
lonial on doit donc entendre un
résultant:
présentent à lesprit le résultat
demande que le sens qu'elle
de combinaisons,
déterminé; parce
renferme soit rigoureusement
existent
sert à désigner les rapports qui
qu'elle
coloniales;
entre une métropole et ses possessions
la
dont on ne peut bien comprendre les
rapports
qu'après avoir connu
nature et Tétendue,
Par système CObases sur lesquelles ils reposent. ordre de choses
lonial on doit donc entendre un
résultant: --- Page 249 ---
DE SAINT-DONINGUE
établies aux An1° Des cultures particulières
tilles;
sans lequel ces mêmes cul20 De T'esclavage,
tures n'existeroient pas; exclusif auquel elles sont
30 Du commerce
accordée
assujetties, pour prix de la protection
métropole; d'où résulte une réciprocité de
parla
d'obligations et de prérogadroits et de devoirs,
le
tives, dont- l'observation constitue
système
colonial. Prétendre conserver les avantages quil
sans égard pour les causes premières
procure,
les
c'est vouloir la fin sans les
auxquelles on doit,
chose absurde et immoyens, c'est-à-dire, une
désir réel de
possible. Ainsi donc, si l'on a le
si l'on veut qu'il rederétablir Saint-Domingue; colonie à sucre et à
vienne pour la France une
café, il faut lui rendre sa constitution première,
cela est de rigueur. Les épreuves qui ont déjà
eulieu,lesessaise qui pourroient encore être tentés,
n'aboutitont jamais qu'à de facheux résultats :
douze ans de fautes et de calamités Tont assez
s'abuser à cet
prouvé. Personne ne peut plus
égard; et si le public n'est pas éclairé, c'est qu'il
ne veut pas l'être.
de T'organiQuiconque réfléchit aux principes
sation coloniale, comprend bientôt pourquoi
l'esclavage en fait une partic essentielle, et même
indispensable. Le sol des Antilles ne pouvant --- Page 250 ---
MÉMOIRE SUR LE RÉTADLISSENENT
avantage pour les puisêtre cultivé avèc quelque
par une
ont fondé des colonies, que
sances quiy
aux chaleurs de la
race d'hommes accoutumés
de
il a fallu recourir aux peuples
zone lorride, dont le climat est plus malsain que
TAfrique,
les
et dont la
celui dans lequel on
transporte,
transplantation
constitution physiguegagneicetiet
n'y perd.
autant et plus que celle des Européens
reste
caractère moral de T'Africain
Mais commele
dans un autre hémile même; comme il conserve,
qui le rend insensible,
sphère, une organisation
stupideouféroce, on conçoit sans peine que, pour
na
T'empécherde selivrer aux passions quiluisont
il faut Tassujettir audoublej joug de l'opiturelles, de la force. Sile noir n'est pas esclave sounion et
infailliblement un maitre
mis et fidèle, il devient
l'a démonsauvage et sanguinaire : Texpérience tout à coup en une
chiangé
tré. Saint-Domingue, devenu le théâtre des mêmes
nouvelle Guinée, est
horreurs
excès, a offert le spectacle des mêmes
deux mille ans, désolent cette partie
qui, depuis Monde: : et cet état de choses durera
de l'Ancien
dompté,
tant que le génie africain ne sera pas
enchainé par cclui de T'Europe: sortir de ses
Saint-Domingue ne peut donc
riche et
ruines, et redevenir un pays habitable,
des
l'aide des blancs et des noirs,
civilisé, qu'àa
remis à leurs places resmaitres et des esclaves,
êmes
deux mille ans, désolent cette partie
qui, depuis Monde: : et cet état de choses durera
de l'Ancien
dompté,
tant que le génie africain ne sera pas
enchainé par cclui de T'Europe: sortir de ses
Saint-Domingue ne peut donc
riche et
ruines, et redevenir un pays habitable,
des
l'aide des blancs et des noirs,
civilisé, qu'àa
remis à leurs places resmaitres et des esclaves, --- Page 251 ---
DE SAINT-DOMINGUE
peclives. La politique ne parviendra jamais à
effacer cette distinction, d'autant moins susceptient aux élémens
tible d'être modifiée, qu'elle
delorganisation coloniale :il ne peut exister entre
les deux classes (1) une égalité que la nature déLa différence des couleurs,
savoue et repousse.
plus puissante que les conventions sociales, parce
son cffet est général, et tient à une qualité
que naturelle agissant à la fois sur les sens et sur
Tesprit; la différence des couleurs, disonstoujours à cette égalité un obnous, insurmontable. opposera
Le nègre, par cela seul
stacle
soit la partie du globe
qu'il est nègre, quelle que le blanc
enqu'il habite, ne voit dans
qu'un
et assassine sans remords,
nemi qu'il jalouse
il
s'il est plus fort que lui, et auprès duquel
s'il est plus foible.
rampe sans répugnance,
condition; il faut
Tyran ou esclave, telle est sa
la teiate noire s'affoiblisse pour que son
que
s'ouvre à de nouvelles idées, et comintelligence
En dépit de tous les
bine de nouveaux rapports.
sophismes, le nègre, par sa constitution physique, est un être dégénéré, qui, pour vivre en
société, a besoin d'être contenu dans la servitude:
des hommes libres et des es-
(1) Nous ne parlons que
claves.
TOM. 2. --- Page 252 ---
312 MEMOIRE SUR LE
il
RÉTABLISSEMENT
est esclave de son semblable avant de l'être
Européens; le témoignage de tous les
des
et vingt siècles
voyageurs
tout-à-fait
d'expérience, ont mis cette vérité
hors de doute (1). Il est difficile de
déterminer si une telle
au
dégradation, qui a résisté
temps, aux révolutions des
progrès des
empires, et aux
lumières, a sa source dans le
ou dans lespèce des hommes
climat
mais il paroit prouvé
qui Thabitent ;
que la servitude est
rente à la race noire. Il faut donc
inhénature, si l'on veut éclairer
rectifier sa
n'est pas par des livres
son esprit; et ce
jamais
que les nègres ne liront
; ce n'est pas même par
meilleur ordre de choses,
l'exemple d'un
auquel ils n'attachent
presque aucun prix, et dont ils ne
der long-temps la mémoire,
peuvent garcette révolution. Si la chose que l'on opérera
parviendra qu'en
est possible, on ny
modifiant, parle croisement des
races , une organisation qui, sans cela, triomphera constamment de' tous les efforts.
Voiciune autre objection, sinon aussi
du moins assez importante
décisive,
pour mériter quelque
(1) On peut consnlter, pour
de ce paragraphe, les relations de Tintelligence MM.
approfondie
Park, et celles de tous lcs
Bruce et Mungo
trer dans l'intéricur' de voyageurs qui oût voulu pénéPAfrique.
possible, on ny
modifiant, parle croisement des
races , une organisation qui, sans cela, triomphera constamment de' tous les efforts.
Voiciune autre objection, sinon aussi
du moins assez importante
décisive,
pour mériter quelque
(1) On peut consnlter, pour
de ce paragraphe, les relations de Tintelligence MM.
approfondie
Park, et celles de tous lcs
Bruce et Mungo
trer dans l'intéricur' de voyageurs qui oût voulu pénéPAfrique. --- Page 253 ---
DE
examen. Il
PSAINT-DONINGUE
du
ne suffit pas de vouloir du
cafe;il faut encore
sucre et
au même prix que lesautres pouvoir obtenir ces denrées
des colonies. Sans cette
peuples qui possèdent
avec eux dans les marchés condition, loin de rivaliser
n'aura même pas de quoi fournir étrangers, 2 la Frunce
sommation. En vain
à sa propre contions d'un côté, et les muliplieradt-elle les prohibiTautre, le vice radical primes de
de
son
dencourngemente
rendra toujours inutiles de
système agricole
Le bas prix de la
semblables palliatifs.
la préférence,
marchandise
et finit par
détermine seul
cles: la contrehande
vaincre tous les
n'est
en est la
obstapas tout encore. La liberté pretive. MMais ce
borneroit pointà faire renchérir des nègres ne se
elle entraineroit la
la
etl'ahandon des dissolution de tous min-deuvre, les ateliers
cultures
ne ressemble ni à
existantes. Une
une
sucrerie
ture de France. En ferme, ni à une manufacréunissant
que ces derniers
même les travaux
n'aura encore
établissemens
qu'une idée
nécessitent, on
Onne se doute
imparfaite du
de soins et de pas, en Europe, de la multitude premier.
la gestion d'une connoissances dont se
sucrérie.
compose
cette machine, les autres Changez un rouage de
port, et de ce moment ne sont plus en rapni de résultat. Ce
ilny a plus d'ensemble
de tous les
qui fait que les Antilles
pays, celui où la division
sont,
des pro- --- Page 254 ---
244 MEMOIRE SUR LE NÉTARLISSEMENT
priétés a le plus besoin d'être restreinte
lois particulières, c'est
le
par des
sont, de toutes les
que
sucre et le café
plus de
cultures, celles qui exigent le
combinaisons, de prévoyance et de
moyens réunis. On parle pour les nègres de
salaire, d'amour-propre, d'émulation.
peu connoitre ou mal
Que c'est
du
juger un être qui, véturclimat, et rassuré sur son existence
T'abondance des fruits de la
par
prix aux commodités
terre, ne met aucun
chant
de la vie, et dont le
à l'oisiveté ne peut être vaincu
penl'aiguillon de la
que par
châtimens!
débauche, ou par la crainte des
Nous pouvons l'affirmer sans
un démenti de
craindre
Texpérience : si les nègres
libres, ils ne travailleront
sont
qu'on fasse pour les
point, quelque chose
les
y engager; ; et si l'on veut
y contraindre, ce ne pourra être
plaçantle régime uniforme et
qu'en rempar des
connu des ateliers,
réglemens sujets à d'interminables discussions, et le prestige résultant de
par la présence d'une force
Tesclavage,
plus dure et plus arbitraire coércitive, cent fois
maître intéressé à la
que T'autorité d'un
Un écrivain
conservation de ses esclaves.
politique anglais, M. Brougham(s),
(1) An inquiry into the colonial policy of the
powers.
European
ra être
plaçantle régime uniforme et
qu'en rempar des
connu des ateliers,
réglemens sujets à d'interminables discussions, et le prestige résultant de
par la présence d'une force
Tesclavage,
plus dure et plus arbitraire coércitive, cent fois
maître intéressé à la
que T'autorité d'un
Un écrivain
conservation de ses esclaves.
politique anglais, M. Brougham(s),
(1) An inquiry into the colonial policy of the
powers.
European --- Page 255 ---
DE SAINT-DOMINGUE
fait sur le même sujet quelques observations que
a
ici. ( I a été mille
devoir placér
nous croyons
Tévidenee, dit
il est prouvé jusqu'a
( fois répété,
de Thomme à moitié
( cet auteur, que les besoins
et peuvent être
sont
nombreux,
t( civilisé
peu
surtout s'il habite une
satisfaits,
( facilement et vit sous un climat qui par sa
( terre fertile, le
à la paresse et au repos.
( température porte devient alors le premier, ou
( La nourriture le seul de ses soins; et comme
(( pour mieux dire,
suffit pour
( une heure de travail sur vingtquatre tôt aplui
sa faim n'est pas plus
( la procurer,
nonchalamment sans
s'endort
(( paisée , qu'il
Dans une telle position,
(( penser au lendemain. force morale et physique, et
de sa
( Thomme perd
des maux
comme le plus insupportable
( regarde
qui exerce: l'esprit ou fatigue
( toute occupation
qui ont parcouru
(( le corps. Les voyageurs sont d'accord sur ce
et-les Antilles
K T'Afrique
qu'on a réunis 9
t( point. Les renseignemens
les inductions
ont été entendus,
( les témoins qui
Thistoire comparée à létat
tirer de
( qu'on peut
dans 'ces deux con-
(( actuel de la civilisation
ne travaille
tout prouve que- le nègre
( trées,
Il est donc clair que
s'il
est obligé.
(( point, n'y
ait quelque prise sur
le seul qui
(( ce ressort,
dès
du maitre
d'agir quel'autorité
(( lui, cesseroit
anéantie. Présentez à ce
K dont il dérive seroit
ire comparée à létat
tirer de
( qu'on peut
dans 'ces deux con-
(( actuel de la civilisation
ne travaille
tout prouve que- le nègre
( trées,
Il est donc clair que
s'il
est obligé.
(( point, n'y
ait quelque prise sur
le seul qui
(( ce ressort,
dès
du maitre
d'agir quel'autorité
(( lui, cesseroit
anéantie. Présentez à ce
K dont il dérive seroit --- Page 256 ---
246 MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSENENT
même nègre les charmes d'une vie active, et
(
influence sur le bonheur, vous lui parlez
(C son
L'idée d'un
(( un langage qu'il ne comprend pas.
acheté par des prines, n'offre à son es-
(( plaisir
contradiction.
€C prit qu'une
( Le travail volontaire salarié, cetteimpulsion
nous nommons industrie, quelque simple
( que
à nous qui sommes accou-
(( qu'elle nous paroisse
1 un des
(( tumés à ses effets, est cependant
de la raison perfectionnée, totalement
(( résultats
tribus de T'Afrique: Le
( inconnus aux sauvages
naissent ou de-
( nombre des individus qui
monde
esclaves dans celte partie du
K viennent
sont libres. Jamais
(( surpasse du triple ceux qui
suite d'une con-
(( on n'y a vu un homme, par
n'ont
vendre son travail. Ceux qui
e vention,
fournir
(( point d'esclaves ne travaillent que pour
besoins les plus indispensables, ou
e à leurs
esclaves des autres s ils peuvent
K afferment les
des esLes honimes qui possèdent
e les payer.
travailler eux-mémes.
K claves ne songentjamaisàt
les nègres
un moment que
( Supposons pour
celte
et examinons, d'après
hypoK sont libres,
et celle des
sera leur position
(( thèse, quelle
si l'on décide que les pre-
( blancs, D'abord,
seront néanmoins
t( miers, quoiqu'émancipés, il faudra donner aux se-
(( forcés de travailler,
la
: conds le droit de les y contraindre par
claves ne songentjamaisàt
les nègres
un moment que
( Supposons pour
celte
et examinons, d'après
hypoK sont libres,
et celle des
sera leur position
(( thèse, quelle
si l'on décide que les pre-
( blancs, D'abord,
seront néanmoins
t( miers, quoiqu'émancipés, il faudra donner aux se-
(( forcés de travailler,
la
: conds le droit de les y contraindre par --- Page 257 ---
DE SAINT-DOMINGUE
Texpérience a démontré Tin-
( force, puisque
Maisil est
(( suffisance de tous les autres moyens.
les deux moteurs à l'aide desquels
(( évident que
l'industrie (le châtiment
( on cherche à exciler
dérivent de
( etle salaire ), sont incompatibles, donnent naissance
différens , et
(( deux principes
D'ailmceurs età des résultats opposés.
(( à des
aisé de comprendre par quel
(( leurs, il-n'est pas
quels réglemens de
(( système de législation, par
dans un
on
empêcher, que
(( police
pourra les blancs n'abusent de
(( pareil état de choses,
de la force qui nait
ou les nègres
( leur autorité,
la
du nombre.
(( de supériorité
seroit rien
de déter-
( En outre, ce ne
que deux classes.
miner les droits et les devoirs des
(
les
sle sceau du temps et
(( 1l faut à tous systèmes) les plans les plus
( de Texpérience. Jusque-la,
ne
les dispositions les plus prévoyantes,
( sages, ,
des êtres de raison. En adf sont encore que
consentiroient à vivre
les blancs
(( mettant que
la moitié de Y'ouwage
(C sous un pareil régime,
aussi
Afrià faire. nl faudroit
queles
(( resteroit
total dans leur
( cains subissent un changement
humains,
; qu'on les rendit doux,
< organisation
leur inspiràt le sentiment de
( laborieux ; qu'on
à connoitre le prix
leur apprit
( la justice; qu'on
Avant de parler aux
( de Tordre et du travail.
il faut faire
de lois et de règlemens,
4 hommes
é de Y'ouwage
(C sous un pareil régime,
aussi
Afrià faire. nl faudroit
queles
(( resteroit
total dans leur
( cains subissent un changement
humains,
; qu'on les rendit doux,
< organisation
leur inspiràt le sentiment de
( laborieux ; qu'on
à connoitre le prix
leur apprit
( la justice; qu'on
Avant de parler aux
( de Tordre et du travail.
il faut faire
de lois et de règlemens,
4 hommes --- Page 258 ---
248 MÉMOIRE SUR LE
((
RÉTABLISSENENT
qu'ils soient assez éclairés
(( portance et la nécessité. pour en sentir l'imLe
(( tution
climat, la constiphysique, les
les
((i les évènemens
habitudes,
maeurs,
imprévus, le
(C des bornes
hasard, mettent
aux décrets du
(( arrétent le génie du
despotisme, et
(r nitude de sa
législateur, malgré la plépuissance. En vain
(( on tous les moyens
emploieroitpossibles de
(( droits du propriétaire
concilier les
blanc, et les
( cultivateur
priviléges du
nègre ; tant que celui-ci
(( sur son front la
conservera
marque
(( ture, tant que sa caste imprimée par la na-
(( par le nombre et
la T'emportera sur l'autre
par force du
(( tité de couleur et d'intérêt
corps, Iiden-
(( les noirs contre les blancs. réunira toujours
(( deux classes ni
ln'y aura entre les
confiance, ni
((
dant le magistrat,
stabilité, Cepenquel qu'il soit,
f( turellement
penchera napour sa caste; et
(( vraiment
quand il seroit
impartial, comment le
(( T'autre ? On peut donc être
persuader à
(( veau système entrainera
assuré que le nouune foule
(( cune autorité ne
d'abus qu'au-
(( social infecté de pourra prévenir, el un état
vices et de maux
(( gislation ne saura jamais
auxquelsla léremédier.
( Les modifications dans le
(( résultantes de T'abolition
régime colonial,
de la
(( roient plus dangereuses
servitude, se-
( fourniroient
qu'utiles, en ce qu'elles
aux nègres des occasions plus fré-
a
assuré que le nouune foule
(( cune autorité ne
d'abus qu'au-
(( social infecté de pourra prévenir, el un état
vices et de maux
(( gislation ne saura jamais
auxquelsla léremédier.
( Les modifications dans le
(( résultantes de T'abolition
régime colonial,
de la
(( roient plus dangereuses
servitude, se-
( fourniroient
qu'utiles, en ce qu'elles
aux nègres des occasions plus fré- --- Page 259 ---
DE SAINT-DONINGUE
la paix de la colonie sans
( quentes de troubler meilleure. S'il faut que
(C rendre leur condition
soit le mode qu'on
travaillent, quel que
C ceux-ci
à la métropole, à la CO-
(( adoptera, il importe
T'esclavage soit
aux nègres même, que
(( lonie,
K rétabli.
le tiers dans le revenu de l'haC Le quart,
les avantages
( bitation, ne leur procurera pas
paternelle
retirent d'une administration
-(C qu'ils
D'ailleurs, comment cette por-
(( et prévoyante.
De quelle manière
( tion sera-t-elle prélevée? L'atelier seul, sans Tinla
(( se fera répartition
sera-t-il chargé de
( tervention du proptiétaire,
aux
soin? Aura-t-on égard à Tage, au sexe,
( ce
Distribuera-t-on les lots par famille
( infirmités?
selon son travail? Le rèindividu
(( ou à chaque
les habitations?
s'étendra-t-il à toutes
( glement
des
différence des cultures, Téloignement
( La
- ils aucun
( villes principales n'y apporteront foule d'auCes questions et une
( changement? inutile de rappeler ici, prouvent
(( tres qu'il est
les suites
le projet praticable,
( qu'en supposant
fatales, qu'on ne
((- en seroient si inévitablement
difficultés
être fàché des nombreuses
K peut pas
exécution. ))
((- quis s'opposent à son
delimPlusieurs auteurs ont offert un aperçu
nous joignons ici
portance de Saint-Domingue; --- Page 260 ---
250 MÉMOIRE SUR LE
différens
RÉTABLISSEVENT
tableaux relatifs à
duits(1).IIss
alimmensiedesapre
mais
ssulfiront-ansdouty
il faut
sauxespritsjustes;
sont égarés quelque chose de plus à ceux
par des systèmes absurdes
qui
fausses opinions. Est-ce de
et par de
les avantages
bonne foi qu'on nie
être
qui ont été et qui
retirés des colonies ? Parce peuvent encore
dues, et perdues
qu'on les a perrétablisemment
par sa faute; parce que leur
exige une
celle
politique
qui a été suivie
différente de
une raison de ne
les jusqu'à présent, est-ce
qu'il faille les
pas
regrelter, et s'ensuit-il
tracter
abandonner? La honte de se réréts de Temportera-t-elle tout
sur les véritables intéun peuple? Hélas!
ce qui a été écrit sur les
quand on lit
a malhenrensement
colonies; quand on
s'y est
été le témoin de ce qui
passé; quand on réfléchit à
des
Taberration
esprits, aux idées exagérées de
hommes puissans, à Tindifférence
quelques
et au ridicule
amour-propre d'une foule
et à la cupidité devenus les d'autres, à T'égoisme
on'doit craindre,
seules idoles du jour,
non-seulement que Saint-Domingue ne soit à jamais perdu
la
mais que le vaste archipel des pour France,
Antilles
aux Européens.
n'échappe
() On les trouvera à la fin de ce mémoire.
its, aux idées exagérées de
hommes puissans, à Tindifférence
quelques
et au ridicule
amour-propre d'une foule
et à la cupidité devenus les d'autres, à T'égoisme
on'doit craindre,
seules idoles du jour,
non-seulement que Saint-Domingue ne soit à jamais perdu
la
mais que le vaste archipel des pour France,
Antilles
aux Européens.
n'échappe
() On les trouvera à la fin de ce mémoire. --- Page 261 ---
DE SAINT-DONINGUE
de résister à l'évidence des
Dans Timpossibilité
des
qui constatent les richesses exportées
preuves
détracteurs de celles-ci croient attécolonies, les
en leur opposantles
nuer la force de ces preuves,
loinqu'occasionnent ces établissemens
dépenses
maritimes dont ils sont cause, 2
tains, les guerres marine militaire rendue par eux
Tentretien d'une
etauimematcobiene, les pertes €
indispensable
de la métropole éprouve par
que la pophilation
les
les comles
garnisons,
Temigration, 2 voyages, suites inévitables du système
bats etles maladies,
disent-ils, à la France,
colonial, et plus funestes,
les profits
que ne peuvent lui être avantageux
qu'elle en retire.
la Frauce,
Pour un royaume aussi peuplé que
la plus
cette dernière objection ( en apparence donne la
forte) tombe. d'elle-mème dès qu'on se
delapprofondir. Cene sont pasleshiommes
peine
à la France, mais le travail qui
qui manquent hommes. L'expérience prouve que
manque aux
font plus de tort à la
T'oisiveté et le vagabondage
la navipopulation, que les pertes qu'entrainent
gation et les colonics; et que dix mille hommes,
tous les ans par le scorbut de mer, ou
emportés
des Antilles, sont plus profipar la fièvre maligne
à la société,
tables à Tétat, ou moins dangereux
finissent
pareil nombre d'infortunés qui
quun
dans les hospices de la métropole,
leurs jours --- Page 262 ---
252 MÉMOIRE SUR LE
après
TDETABLISSEMENT
avoir trainé dans la douleur et
une existence sans douceur
Tindigence
utilité pourleurs semblables. pour eux, et sans
Si T'on se bornoit à voir dans
obtenus du sol de
les produits
leur
Saint-Domingue leur seule vaintrinsèque, on n'auroit
faite des richesses dont
qu'une idée imparet la source.
ce pays étoit le moteur
Quelque étonnante
somme produite
que fut la
résultatqui
par ses cultures, c'est moins ce
méritenotre attention,
ment général
quele mouveimprimé à la métropole,
capitaux mis en cireulation,
que les
créés par cette colonie,
que les immeubles
tures dont les
que toutes Jes manufacunes Jui devoient leurs matières
premières, etles autres leur plus sur et
sidérable débouché,
le
plus conoffroitàt
que travail enfin qu'elle
pas tant par ses richesses
TICn
esprit d'industrie
territoriales que par cet
Domingue étoit répandu partout, que Saintcolonie étant
précieux pour la France. Cette
devenue le centre et le mobile
commerce de sept cents
d'un
peine
millions, on conçoit sans
que Tanéntissement des cultures
niales, ,'causes premières de
coloporter un coup mortel à ce mouvement, a du
étoient toutàl la
lindustrie dont elles
afeistalimentelesalaine
Si cette vérité, malheurensement
avoit besoin d'étre
tropévidente,
étayée par des preuves, on
précieux pour la France. Cette
devenue le centre et le mobile
commerce de sept cents
d'un
peine
millions, on conçoit sans
que Tanéntissement des cultures
niales, ,'causes premières de
coloporter un coup mortel à ce mouvement, a du
étoient toutàl la
lindustrie dont elles
afeistalimentelesalaine
Si cette vérité, malheurensement
avoit besoin d'étre
tropévidente,
étayée par des preuves, on --- Page 263 ---
DE SAINT-DONINGUE
et dela France,
citeroit Texemple de TAngleterre T'antre. Ces trois
d'une part, et de l'Espagne colonies de
: la dernière
puissances ont fondé des
américain; le
possède la moitié du continent annuellement à la
produit de ses mines s'élève
malgré
de cent millions; et cependant,
somme
la métropole languit dans
de si grands avantages, dans Tinertie. Quelle
Tindigence, et les colonies
? A
de cette espèce de phénomène
est la cause
résultat si
à celui
faut-il attribuer un
opposé
quoi
ont obtenu,
la France et la Grande-Bretagne
que
différent adopté parles gousi ce n'est au système
trop
espagmol? Ce gouvernement,
vernement
pour réflélong-temps enivré de ses conquêtes
fier
véritables intérêts, toujours plus
chir à ses
qu'ende l'immense étendue de ses possessions, sacrifié
de leur prospérité, a tout
clin à s'occuper domination exclusive et jalouse. :
aux soins d'une
il a cru devoir ralentir
Aussi, loin de Texciter, l'industrie l'attrait du
Timpulsion que donnent à
nouvelles, à la
luxe et le goût des jouissances
seroient venues une inquiétude
suite desquelles
et
une émana
qu'il n'auroit pu calmer, peut-être honorer
Deslorsillutafallal
cipation quilredoute. travail et étouffer l'activité nala paresse, avilirle
et sous la ritionale sous le poids des préjugés,
trèsdes lois prohibitives. Cette politique
gueur
atteindre le but que PEspagne
bien calculée pour
, à la
luxe et le goût des jouissances
seroient venues une inquiétude
suite desquelles
et
une émana
qu'il n'auroit pu calmer, peut-être honorer
Deslorsillutafallal
cipation quilredoute. travail et étouffer l'activité nala paresse, avilirle
et sous la ritionale sous le poids des préjugés,
trèsdes lois prohibitives. Cette politique
gueur
atteindre le but que PEspagne
bien calculée pour --- Page 264 ---
254 MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSEMENT
s'est proposé (celui de conserver à tout
trop vastes possessions
prix sès
des bénéfices
coloniales ), la 'prive
incalculables qu'elle auroit
en
retirer, si un système, fondé
pu
ment de
sur le développeTindustrie, avoit été
est connu qu'à
adopté par elle. Il
T'exception de quelques fortunes
particulières, la métropole n'a rien
raison en est toute
gagné. La
simple : ne travaillant
ne fournissant rien, ou très-peu de chose, point,
l'argent qu'elle retire de
l'or et
dernière
ses mines doivent, en
analyse, parvenir à ceux qui
turent et travaillent pour les
manufacbesoins et les
sances des Mexicains et des Péruviens. jonisNil précipite son
Ainsi le
coursà travers les déserts de la
Nubie, pour aller répandre avec ses eaux la
etl la fécondité dans les plaines du Delta.
vie
LEspagne n'est donc que
des
sors du
T'entrepôt
tréles Nouvean-Monde; ses négocians ne sont
que
facteurs de ceux qui par leur
en sont, sinon les
industrie
propriétaires, au moins les
usufruitiers; et c'est peut-être ici le cas de
que les profits qu'elle retire d'un
dire,
choses, n'équivalent
pareil ordre de
pas aux charges
impose, et aux embarras qu'il occasionne. qu'il
gleterre, ayant adopté d'autres
L'Anobtenu des résultats
maximes, a
le monde sait
tout-à-fait différens. Tout
favorable
que le système colonial a été aussi
à son industrie agricole, manufactu-
propriétaires, au moins les
usufruitiers; et c'est peut-être ici le cas de
que les profits qu'elle retire d'un
dire,
choses, n'équivalent
pareil ordre de
pas aux charges
impose, et aux embarras qu'il occasionne. qu'il
gleterre, ayant adopté d'autres
L'Anobtenu des résultats
maximes, a
le monde sait
tout-à-fait différens. Tout
favorable
que le système colonial a été aussi
à son industrie agricole, manufactu- --- Page 265 ---
DE SAINT-DONINGUE
qu'il a été jusqu'ici inutile
rière et commerciale,
La France en a pendant longtemps
à TEspagne. bénéfices avec la Grande-Bretagne;
partagé les
la révolution. Tous les
elle les a perdus depuis écrivains qui, avant
administrateurs, tous les
ont traité de T'économie politique,
cette époque, colonies T'état florissant de nos
attribuent aux
des unes la lanmamufactures, et à la subversion tombées: En
dans laquelle les autres sont
les ragueur
on suit avec attention tous
effet, quand
est tout étonnédela mulmeauxdel T'industrie,on
semblent les contitude des points de contact qui
peutjuger de
fondre. C'est alors seulement qu'on
mutuelle et des rapportsnomleurcorrespondances Voilà pourquoi le commerbreux quiles unissent,
tient à
considéré sous le point de vue général,
ce,
etdevient une science immenla fortune publique,
les véritables hommes
seulement par
se, aperçue
est la
loi de Tunivers:
d'état. La réaction
première
le commerce et les manufactures
Tagriculture,
tour à tour. On auroit
s'aident et se soutiennent
relative et
leur dépendance
bien peu approfondi
sil'on n'avoit pasacquis
leurinfluence: réciproque, d'une sucrerie ne sont
la preuve que les bénéfices
Thomme aucirconscrits aux Antilles; que
à
pas
n'est pas le seul intéressé
quel elle appartient
telle terre ou tel canton
sa prospérité. Sans elle,
encore en friche ou
en France, seroit peut-être --- Page 266 ---
256 MÉMOIRE SUR LE NÉTAPLISSENIENT
retomber; telle ville ou bourgade n'auroit
près dy
infailliblement Timjamais atteint, ou perdroit Enfin,sil est vrai
portance qu'elle avoit acquise.
colonie de la
Saint- Domingue soit une
que France, il est tout aussi vrai que Bordeaux,
le Havre et Marseille sont, en partie,
Nantes,
Cette assertion
des colonies de Saint-Dominguemalleureusement que trop prouvée par
n'est
et la mauvaise foi ne
Texpérience ; Tignorance
évidens
échapper aux témoignages
- peuvent plus
Oui, la Normandie, par ses
qui la confirment.
et la Flandre
manufactures de coton, la Bretagne
leurs toiles, la Gascogne et le Languedoc,
par
vins et leurs farines, les autres provinces
parleurs
de leur sol et de leur induspar les productions
enfin, par cette
trie, la capitale de T'empire, mode donne un si
foule d'ouvrages auxquels la
étoient tous intéressés à l'existence
grand prix,
coloniales. Les évènemens
de nos possessions
manquer
particuliers à celles -ci ne pouvoient
leurs
d'influer sur les autres; et c'est parce que
étoient si intimes, que le choc qui a
rapports
colonial a été aussi fubouleversé le système
neste à la France qu'aux Colonies.
ont une
Si les canaux de la fortune publique
le travail; si lon n'acquiert
source commune, si sans travail il faut perdre
rien que parle travail; ;
plus vaste
tout espoir de réparer HOS pertes, quel
iers à celles -ci ne pouvoient
leurs
d'influer sur les autres; et c'est parce que
étoient si intimes, que le choc qui a
rapports
colonial a été aussi fubouleversé le système
neste à la France qu'aux Colonies.
ont une
Si les canaux de la fortune publique
le travail; si lon n'acquiert
source commune, si sans travail il faut perdre
rien que parle travail; ;
plus vaste
tout espoir de réparer HOS pertes, quel --- Page 267 ---
DE SAINT-DOMINGUE
ouvrir à Tactivité nationale, que
champ peut-on
Les productions
celui qu'offre Ssint-Domingne? à toutes celles
de son sol sont une mine préférable d'autant
du Pérou et du Mexique ; mine
plus
il n'est plus
précieuse, que sans Saint-Domingue colonial,
de système colonial; ; et que sans système
existence commerciale et maritime manque
notre
conséquence
sthabhaatoritres
Saint-Domingue doit nécessairement
est juste, la France : celle-ci ne peut pas s'en pasrevenir à
des efforts que la restauration
ser. La grandeur
est un motif sans doute
de cette colonie exige
mais elle ne peut
bien régler leur emploi;
pour servir de prétexte pour y renoncer.
jamais
réOui, nous osons le dire: Saint-Domingue
les
soins du Gouverclame, à la paix, premiers doivent être les
nement Quelque grands que
ni
faudra faire, on ne peut ajoursacrifices qu'il
sans y avoir
ner cette tâche, ni Tentreprendre extrèmement
bien réfléchi; les erreurs seroient
Il est vrai aussi que 7 les premières
dangereuses.
tout sera bénéfice pour la
dépenses exceptées, T'administration de cetté
métropole. Loin que
dernière en souffre, elle ne pourra qu'y gagner;
dont elle est susceptible seront
les améliorations la raison que la fortune publique
plus faciles, par
aura acquis par
de tout ce qu'on
sera augmentée
et de tout ce
la conquête de Saint-Domingue,
TOM. 2. --- Page 268 ---
258 MÉMOIRE SUR LE RETAPLISSEMENT
les denrées coloniales coûtoient à la France
que
depuis qu'elle l'avoit perdu.
C'est ici le moment de répondre à ceux qui,
sans nier les avantages du système colonial, désireroient qu'il fut établi ailleurs qu'aux Antilles,
d'abolir l'esclavage, sans les
où il est impossible
couvrir de sang et de ruines. Mais si c'est pour
avoir du sucre, du café, et les autres productions
de la Zone-Torride, devenues pour nous des
besoins indispensables, que les partisans de ce
désirent des colonies, on ne voit pas quel
projet
pays peut entrer en parallèle avec St-Domingue,
offrir autant d'espoir de succès et d'aussi justes
motifs d'encouragement. Ne compte-t-on pour
rien les immenses moyens que cette ile possède
ans de traencore? Ils sont tels, que cinquante
vaux, secondés par le concours des circonstances
les plus heureuses, ne séroient pas suffisans pour -
obtenir ailleurs de pareils. Quelle terre sera
en
jamais plus propre, quel climat se trouvera plus
favorable aux cultures: que nous regrettons? Sur
partie du globe qu'on jette les yeux,
quelque
Là, on n'a
toutes le cèdent à Saint-Domingue.
besoin de faire des essais, toujours conteux
pas
inutiles; : là on est' éclairé par Texpéet souvent l'influence de la température et sur
rience, sur
Negligera-t-on de
les variations de Yatmosphère.
sigrands avantages pour aller abattre le premier
at se trouvera plus
favorable aux cultures: que nous regrettons? Sur
partie du globe qu'on jette les yeux,
quelque
Là, on n'a
toutes le cèdent à Saint-Domingue.
besoin de faire des essais, toujours conteux
pas
inutiles; : là on est' éclairé par Texpéet souvent l'influence de la température et sur
rience, sur
Negligera-t-on de
les variations de Yatmosphère.
sigrands avantages pour aller abattre le premier --- Page 269 ---
DE SAINT-DONINGUE
construire la première hutte, et tracerle
arbre,
sentier sur une terre encore vierge?Mais
premier trouver? Se décidera-t-on pour quelque
où la
américain ou africain?Ce separtie du continent
arriver au but
roit bien le cas de dire, que pour
des
à une route aisee, sûre et directe,
on préfère
difficiles et périllenx. Il faudra
détours longs,
d'un climat plus
lutter d'abord contre la malignité
vaincre le
celui des Antilles, et
mcurtrier que
font naitre les obstacles imdécouragement que
de
On ne se doute pas en Europe, quel
prévus. d'énergie il faut être doué pour oser tenter
degré
de ce genre. Sans les flibustiers,
les établissemens
et dont Texisespèce d'hommes extraordinaires,
tençe doit être regardée comme un phénomène
les Antilles seroient peut-être encore insocial,
A-t-on déjà oublié nos malcultes et désertes.
Louisiane à la Guyane
heureux essais à la
considéEnsuite ( et cette
et à Madagascar?
ce ne
ration est de la plus haute imporlance ),
une
étrangère qu'il faudra
sera plus
population mais des nations nommaintenir dans T'esclavage,
combattre
breuses et féroces qu'on sera obligé de
sans cesse, et peut-étre d'exterminer, parce qu'on
n'aura
contre elles TOcéan pour barrière; car
pas la
essentielle d'un établissement
la condition plus
insulaire. Ainsi les Ancolonial, est sa position
méritent encore
tilles, malgré leurs désastres,
ance ),
une
étrangère qu'il faudra
sera plus
population mais des nations nommaintenir dans T'esclavage,
combattre
breuses et féroces qu'on sera obligé de
sans cesse, et peut-étre d'exterminer, parce qu'on
n'aura
contre elles TOcéan pour barrière; car
pas la
essentielle d'un établissement
la condition plus
insulaire. Ainsi les Ancolonial, est sa position
méritent encore
tilles, malgré leurs désastres, --- Page 270 ---
260 MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSEMENT
la préférence et doivent, sous les rapports d'agridevenir
les Franculture et de commerce, 2
pour
çais ce que l'Inde est pour les Anglais. Que les
premiers sachent en tirer tous les avantages
présentent, et ils n'auront rien à envier
qu'elles
à leurs industrieux rivaux.
seroit
La perte éternelle de Saint-Domingue
la France un mal irréparable. Rien ne
pour
l'en dédommager, pas même T'Egypte,
pourroit
mais bien
possession sans doute très-importante,
inférieure à Saint-Domingue, qu'elle ne remplaqu'il est impossible d'y établir
cera jamais, parce
naturaliser les princile système colonial, et d'y
cultures des Antilles. La canne à sucre,
pales
du cafier, on sait qu'il a besoin
(je ne parle pas
des
arrosé et rafraichi par
d'être constamment
fréquentes)) la canne à sucre ne pourroit
pluies
indigènes de
être substituée aux productions
TEgypte, sans porter un coup mortel à la popu
lation qui Thabite, parce qu'il faudroit changer
et ses habitudes. Et comment cette
son régime
être remplacée ? Qui
population pourroit-elle du climat de TEgypte?
ne connoit Tintolérance
D'ailleurs, la canne à sucre étant une plante
annuelle, et la crue du Nil commençant en
finir
septembre, on voit
juin pour ne
récolter qu'en à huit mois un véd'abord qu'il faudroit
gétal qui en demande douze au moins pour par-
roit changer
et ses habitudes. Et comment cette
son régime
être remplacée ? Qui
population pourroit-elle du climat de TEgypte?
ne connoit Tintolérance
D'ailleurs, la canne à sucre étant une plante
annuelle, et la crue du Nil commençant en
finir
septembre, on voit
juin pour ne
récolter qu'en à huit mois un véd'abord qu'il faudroit
gétal qui en demande douze au moins pour par- --- Page 271 ---
261DE SAINT-DOMINGUE
En
avec
sa
venirà maturité. outre,laj promptitude
laquelle le suc de la canne fermente lorsqu'elle
qu'avant deux fois vingt-quatre
est coupée, exige
et soumis à l'action du feu;
heures ilsoit exprimé
d'un
seroit impossible au colon, pressé
ce qui
totalité de la récolte, et de l'autre par
côté par la
du fleuve. Sans doute on peut
les débordemens
n'en
faire du sucre en Egypte. Dans quel pays
De
plante ou de quel fruit ne
fait-on pas?
quelle
Aussi la quesvient-on pas à bout d'en extraire?
vient
tion n'est pas de savoir si la canne à sucre
les bords du Nil ( personne n'en doute.),
sur,
établir des ateliers et des
mais si l'on peut y
sinon semblables, au moins équimanufactures, celles des Antilles, et susceptibles de
valentes à
celles-ci avoient atteint.
parvenir au point que
qu'indéVoilà ce qu'onn'obtiendra jamais, parce
la nature
pendamment des obstacles qu'oppose
particulière du pays, la race égyptienne est trop
molle
de pareils travaux : elle
foible et trop
pour
la cas'anéantiroit plus promptement encore que
vouloit contraindre. Cette sévérité
raibe,si on
Ty
seroit d'autant plus déplacée, que les Egyptiens
les Arabes pour alliés et le désert pour
ayant
l'exercer contre eux qu'à
réfuge, on ne pourroit
ccllel'aide d'une force plus imposante que
le rétablissement de Saint-Dominguequ'exige
États. subsistent, dit-on, et. même
Quelques --- Page 272 ---
262 MÉMOIRE SUR LE RÉTAHLISSEMENT
avec éclat, quoiqu'ils n'aient qu'un commerce
de
colonial. Cette reborné, et point
système
vraie jusqu'à un certain point, a besoin
marque,
avant d'en faire l'applicaqu'on Tapprofondisse
de la
tion à la France. Est-ce de la magnificence
Ton entend parler? A-t-on en vue le
cour qne
monarque 2 Cela
règne glorieux de quelque grand
fait sans doute partie des traits qui caractérisent
et signale une de ses brilun empire puisant,
seul un
lantes époques, mais ne constitue pas
ordre de choses fondé sur la sécurité du présent et sur la confiance dans l'avenir ; où tout
et le travail à la portée dé tous,
étant à sa place,
s'accroit proportionnément
la fortune publique
C'est alors seulement
aux fortunes particulières.
les
que l'on possède un revenu disponible que
confiscations et les banqueroutes ne remplaceront
jamais.
pas le
des coloSi la France ne connoissoit
prix
oùt
nies ; si, semblable au tronc d'un arbre,
toutes les branches vont aboutir pour aspirer
la sève qui doit les rendre productives, le système colonial n'avoit pas été le premier mobile
industrie
commerciale et manude son
agricole, seroit-on fondé à nier les
facturière, peut-étre
la méavantages qu'il procure, et à craindre pour
tropole un ordre de choses nouveau, qui, contrariantlesidées reçues, et détournant le cours natu-
; si, semblable au tronc d'un arbre,
toutes les branches vont aboutir pour aspirer
la sève qui doit les rendre productives, le système colonial n'avoit pas été le premier mobile
industrie
commerciale et manude son
agricole, seroit-on fondé à nier les
facturière, peut-étre
la méavantages qu'il procure, et à craindre pour
tropole un ordre de choses nouveau, qui, contrariantlesidées reçues, et détournant le cours natu- --- Page 273 ---
*
DE SAINT-DOMINGUE
la forceroit à des entreprises inrel des affaires,
onéreuses. Mais ici c'est
certaines, et peut-être des colonies est une de ces
l'inverse. L'abandon
ne peut s'acpropositions à laquelle personne
celles qui
coutumer. La nécessité de conserver
restent et de rétablir celles que nous, avons
nous
moins chez les Français une opiperdues, est
ainsi dire
nion acquise, qu'un sentiment pour identifié avec
inné ; tant l'esprit public s'est de commerce;
cete maxime: Sans colonies, point
indusd'industrie, et sans
sans commerce, point
trie, point de richesses. Etat fait avec ses dé-
(C: Le. commerce qu'un l'auteur
cité,
dit
déjà
(( pendances coloniales,
intéK doit être considéré comme un commerce
emploie et Tindustrie
( rieur; les capitaux qu'il
de faire circuler
ont pour objet
( qu'il encourage,
d'un pays dont les
G l'excédant des productions
sont soumises au même gou-
( différentes parties
le même peuple.
( vernement, et habitées par
est
commerciale de ce genre
( Chaque opération
dont les avantages
domestique
(( une; transaction réservés aux différens mem-
(C sontexclusivement la même famille. Le commerce que
(( bres de
font dans la Baltique, et
( Bordeaux et Nantes
de la Mé-
( celui de Marseillé avec les peuples
bénédonnent, je suppose, un
/
K diterranée, qui
exister sans
(( fice de vingt pour cent, ne peuvent --- Page 274 ---
264 MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSEMENT
( les Turcs et les Russes, avec lesquels il faut
ce bénéfice. Mais le commerce que
( partager mêmes villes font avec les Antilles fran-
(( ces
des capitaux français,
(( çaises n'admettant que
sont réservés au même
( les profits qu'il rapporte
lui. En outre,
K peuple et n'enrichissent que
colonial établit une cireue le commerce
à la mère
( lation doublement avantageuse
fixe dans
d'abord
attire et
€ patrie; ;
parce qu'elle
sein des
riches et quianiment
e son
propriétaires
es-
( son industrie ; ensuite parce qu'elleoffreaux
vifs, turbulens, une carrière où leurs qua-
( prits
la tranquillité publique
(( lités inquiétantes pour
dans
( del la métropole, vonts'exercer sans danger
climats lointains. L'un des plus grands obs-
( des
surtout
la classe dont
(( tacles au mariage,
pour
est la crainte de ne pouvoirlaisser
(( nous parlons,
de soutenir le rang que
(( aux enfans lés moyens la société. Mais les
(( leurs pères ont eu dans
en offrant une perspective à T'ambi-
( colonies,
nombreuses de fort tion et des chances plus
le nombre des
( tune, concourent à diminuer
La
de la métropole
(( célibataires.
prospérité
d'une manière incalculable en raison
(( s'accroit
en rendant les de-
( d'un état de choses qui,
la
faciles, favorise plus
( voirs du mariage plus
effet
des
humaines sans aucun
6 forte
passions
H funeste pour les mceurs.
dans
en offrant une perspective à T'ambi-
( colonies,
nombreuses de fort tion et des chances plus
le nombre des
( tune, concourent à diminuer
La
de la métropole
(( célibataires.
prospérité
d'une manière incalculable en raison
(( s'accroit
en rendant les de-
( d'un état de choses qui,
la
faciles, favorise plus
( voirs du mariage plus
effet
des
humaines sans aucun
6 forte
passions
H funeste pour les mceurs. --- Page 275 ---
DE SAINT-DONINGUE.
procurent les pays sou-
( Le débouché colonial que a cela de bon, quil aug-
€ mis au régime
ainsi un attrait
sans cesse, et présente
K mente
à T'activité et aux efforts de
( toujours croissant
car c'est moins à la
Tindustrie nationale ;
G
qu'à leur progression
des demandes
K quantité
faut faire altention. Cet avan-
( constante qu'il
précieux, qu'il est tout
K tage est d'autant plus
étranger. La
du commerce
( à fait indépendant
ne peut ni T'atdes autres peuples
V legislation
le ralentir. Il inspire plus de
( teindre, ni même
aux négocians et
aux capitalistes 9
( confiance
parce que les consomma-
( aux manufacturiers, fournissent parlent la même
K teurs auxquels ils du même gouvernement
( langue, sont sujets mêmes lois qu'eux ; enfin, les
( et soumis aux
colonial ne coufonds consacrés au commerce
K
sont nécessaire-
( rent pas les risques auxquels l'on emploie dans des
(I ment exposés ceux que
)
avec les nations étrangères.
( spéculations
que Tétat florisQuelques écrivains prétendent exclusivement
sant du commerce ne dépend pas
retire
colonial, et que tout peuple qui
du système
a nécessairede son sol plus qu'il ne consomme,
quel.
commerce.I De ce principoyvraisouse
mentun
absurde sous une foule d'auques rapports, mais
croit infaillible, et la
tres,l'esprit de secte, qui se
fautes, ont
reconnoitre ses
vanité, qui ne veut pas
que Tétat florisQuelques écrivains prétendent exclusivement
sant du commerce ne dépend pas
retire
colonial, et que tout peuple qui
du système
a nécessairede son sol plus qu'il ne consomme,
quel.
commerce.I De ce principoyvraisouse
mentun
absurde sous une foule d'auques rapports, mais
croit infaillible, et la
tres,l'esprit de secte, qui se
fautes, ont
reconnoitre ses
vanité, qui ne veut pas --- Page 276 ---
266 MÉMOIRE SUR LE
tiré la fausse
RÉTABLISSEMENT
droit rien de conséquence, que la France ne
son importance
perT'abandon de ses colonies. Tant commerciale par
et son industrie, a-t-on
que son territoire
dit, offriront des
d'échange, elle aura un commerce
moyens
geant pas, comme le
qui, n'exirine militaire,
système colonial, une maépargnera à la
ce que celle-ci lui coite,
métropole tout
Quoique les économistes aient
cul par les plus spécieux
étayé ce calque soit le mérite de la
raisonnemens 2 quel
se sont trompés
plupart d'entre eux, ils
lorsque entièrement
par cet esprit de système
subjugués
ni
qui ne veut admettre
exceptions, ni modifications, ils ont considéré
Tagriculture comme la seule source de
et son produit net
tout bien,
de la fortune
comme le seul thermomètre
méme produit publique. Ils n'ont pas vu que ce
inutile, si
seroit incertain, précaire et même
lindustrie ne
d'en
et tripler la valeur.
s'empressoit
doubler
le premier des
L'agriculture est sans doute
arts; le genre humain lui doit,
non-seulement une partie de sa
encore ses plus douces
nourriture, mais
jouissances.
plusieurs peuples
Cependant
ignorent oL
bienfaits, et n'en existent
dédaignent ses
seul
pas moins. Par cela
que Thomme se fait à tous les
vit sous toutes les latitudes, il
climats, et
les
modifie, suivant
lieux, ses habitudes et ses mceurs. Placé
au --- Page 277 ---
DE SAINT-DOMINGUE
des êtres, il a été créé pour
sommet de T'échelle
aussi la' lerre et
tout soumettre à sa puisance; abimes ;
sont devenus
la mer et ses
sa
ses entrailles,
seroit-ce
méconnoitre
Ne
pas
ses tributaires.
de la vocation pourlaquelle
nature, et Téloigner
son domaine?
de circonscrire
il est né, que
de ses fale condamner au sacrifice
Doit-on
Tabus tient de près à T'usage
cultés, parce que faire? Une administration
qu'il se permet d'en
seules
réduiroit la France aux
produetions les resqui
ôteroil à la classe indigente
de son sol,
dans la navigation et les
sources qu'elle trouve
les colonies, dimiespérances que lui offrent
les jouisles pauvres,
nueroit, sans profit pour
bientôt ellesances des riches, et se priveroit Nous nous
même de tout revenu disponible. fois,. de T'autoici, pour la dernière
appuierons
-
rité de M. Brougham. s'accumulent, et que les
(C Quand les capitaux s'étendent, une partie
(
relations commerciales
à la culture
de
et de Tindustrie passe
( T'argent autre à la circulation intérieure
(( du: sol, une
troisième favorise l'échange
( des produits, une
le superflu d'un pays
( de leur excédant contre
contribue surCettedernière portion
( étranger.
une activité qui, en augmen-
( tout à entretenir militaire de la nation et son
( tant la puissance relations extérieures, alidans les
ti influencel
o
(
relations commerciales
à la culture
de
et de Tindustrie passe
( T'argent autre à la circulation intérieure
(( du: sol, une
troisième favorise l'échange
( des produits, une
le superflu d'un pays
( de leur excédant contre
contribue surCettedernière portion
( étranger.
une activité qui, en augmen-
( tout à entretenir militaire de la nation et son
( tant la puissance relations extérieures, alidans les
ti influencel
o --- Page 278 ---
268 MÉMOIRE SUR LE
( mente la source dont NÉTARLISSEMIENT
a peuple de son
elle découle. Privez un
K des jouissances superflu, interdisez-lui l'espoir
( plus le nécessaire. nouvelles, et bientôt iln'aura
(( En admettant même
( ployés au commerce que les capitaux em-
(E Tagriculture de la colonial soient enlevés à
(t pas à la totalité de mère-patrie, ils ne le sont
(C font fleurir une
Tempire, puisqu'ils en
( éloignée du
partie intégrante quoique
système
( et
général, sur laquelle vit
prospère une portion de la
C nale qui sy est
population natioe planteurs riches, transportée. De plus > les
e rope, et ceux
par leur résidence en Euquiy
( plusoun moinslong reviennent après un séjour'
( quis de la fortune, dansles colonies où ilsont ac-
( les bénéfices dont généralisent les produits et
( pant directement elles sont la source, 2 en occules
(r la métropole.
fermiers et les ouvriers de
( pour les matelots Ceux-ci, à leur tour, travaillent
( pour les marchands quifont circuler ces produits,
(C manufacturiers
qui en trafiquent, pour les
qui les mettent
(( souvent méme
les
en ceuvre, et
( du sol. Ainsi pour
colons qui les retirent
donc, les
(( culture des colonies, capitaux consacrés à la
loin de
(( lai métropole, lui
nuire à celle de
offrent un
(( plus facile que tous les
débouché plus sur,
(( rope,
autres marchés de l'Eu- --- Page 279 ---
DE SAINT-DONNGUE
#c Rien n'est aussi absurde et ne cause autant
de ne pas examiner jusqu'à quel
( d'erreurs que
est possible,
Texécution d'un système
( point
avec la nature de
et se concilie
(( praticable,
les moyens dont il peut dis-
(( Thomme, et avec
avoir
Les économistes pèchent pour
( poser.
dans leurs théories ces considérations;
( négligé
aux
une influence trop grande
6( ils accordent
assez à la force et
( institutions politiques et pas
humaines. La terre est
(( an jeu des passions
doute la source directe des richesses na-
(( sans
ne peut être trop en-
(C tionales, et T'agriculture
tous les
mais il ne s'ensuit pas que
( couragée; doivent être attachés à la charrue, et
( hommes
travail doive être interdit à cette
( que tout autre
dont les bras seroient
(( portion de la société,
retirer du sol la plus grande
( nécessaires pour
subsistances. Il faut à
de
(( quantité possible
de
la nourrichose
plus que
(( T'homme quelque
doit
le soumettre
(( ture ; d'ailleurs on ne
pas
de
lui à un travail peut-étre au-dessus
( malgré
( ses forces, et qui répugne à ses gouts.
Le fermier
veut retirer le plus de fruit
(
qui
a
à la nature du ter-
( de son champ, égard
et tire
( rain, se regle d'après son exposition,
( parti des forêts et des rivières quiTavoisinent.
élève des bestiaux, et qui se propose
( Celui qui
mettre à
leurs dispositions généra-
(C de
profit
lui à un travail peut-étre au-dessus
( malgré
( ses forces, et qui répugne à ses gouts.
Le fermier
veut retirer le plus de fruit
(
qui
a
à la nature du ter-
( de son champ, égard
et tire
( rain, se regle d'après son exposition,
( parti des forêts et des rivières quiTavoisinent.
élève des bestiaux, et qui se propose
( Celui qui
mettre à
leurs dispositions généra-
(C de
profit --- Page 280 ---
MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSEMENT
est
d'étudier les rapports et Tes
( tives,
obligé
diverses
suivant l'espèce, tous
( lois
auxquelles,
les animaux sont assujettis. De même les plans
(
d'état doivent être calculés d'après
( d'un homme
natumceurs, les dispositions
4 les localités,les
relles du
compte les appliquer.
(
peuple auquelil
de choisir
Thomme doit être libre
(( En général
convient. Le
( le genre de travail qui lui
gouvernement a
sa tâche, lorsqu'il lui en a
(
rempli
des
les fruits. Le négociant qui exporte
( assuré
mettant
le manufacturier qui,en
( marchandises,
excite le
( des matières brutes en ceuvre,
paysan
quel qu'il
( à labourer son champ;fhommecnfin,e celui-ci
achète au cultivateur ce que
( soit, qui
n'auroit
cheret ce
pas
EC ne consomme pas
qu'il s'il n'avoit eu la
(( ché à obtenir par son labeur,
de Téchanger pour ce qu'il désire,
( certitude
de la terre
(( ont autant de droits aux productions
le fer
si leurs mains, au lieu de frapper
(( que faire circuler la navette, avoient tenu
(( ou de
manche de la charrue. Aussi nous voyons
( le dans tous les temps et dans tous les pays,
(C que
de commerce et de manufac-
(( on s'est occupé défrichement et la mise en rap-
(C tures avant le
à
de toutes les terres. Il y a plus : c'est
( port
inhérentes au coeur de Thomune
(( ces dispositions
et
vers Tindépendance,
(( naturellement porté
et à tous les
( non aux réveries économiques,
(( ou de
manche de la charrue. Aussi nous voyons
( le dans tous les temps et dans tous les pays,
(C que
de commerce et de manufac-
(( on s'est occupé défrichement et la mise en rap-
(C tures avant le
à
de toutes les terres. Il y a plus : c'est
( port
inhérentes au coeur de Thomune
(( ces dispositions
et
vers Tindépendance,
(( naturellement porté
et à tous les
( non aux réveries économiques, --- Page 281 ---
DE SAINT-DONINGUE
( qu'ilfaut attrlbuerlesprogres 2
G Riglemensruraux,
des produits
< de Tagriculture etl la surabondance
( bruts. ))
avec rigueur,
Le système des économistes,suivi- industrie, et nous
mène à T'extinction de toute
dans le danger des abstractions philoreplonge Une semblable politique ne peut plus
sophiques.
français. Il sait trèsêtre celle du gouvernement
débien
Tindustrie et même Tagriculture,
que
les stimule, suivroient à
nuées du ressort qui
Règle générale :
leur tour le sort du commerce. abandonner son
il faut bruler ses vaisseaux et
à même de
commerce aux autres, ou se mettre
Parmi
le faire respecter au besoin par la force.
nous ne citerons à T'appui
une foule d'exemples, celui de la Prusse, qui a vu
de cette vérité que
intercepté et sur'
récemment (1) son commerce
fréle point d'être anéanti par quatre ou cinq
suédoises. Ainsi, tant
gates et quelques galères
marchands, on
qu'on voudra avoir des bâtimens
cela
d'armer des vaisseaux de guerre ;
sera obligé
d'exception. Il seroit peut-ètre à
ne souffre point science si vantée, la marine midésirer que cette
elle est
litaire, fut encore à naitre; mais comme
Cet écrit remonte à l'année 1806 : il fut rédigél lorsque
lord (1) Lauderdale étoit à Paris pour) y traiter de la paix. --- Page 282 ---
MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSEMENT
ce qu'une armée est au corps social,
au commerce
de l'une que de
on ne peut pas plus se passer
sont attal'autre, malgré les inconvéniens qui y
inévitables dans toutes! lesinschés :i inconvéniens où le mal est toujours à côté
titutions humaines,
du bien.
dans T'état actuel de TEurope, une
Puisque, militaire est nécessaire à un grand emmarine
ou non des colonies ;
pire, soit qu'il possède
existence comne peut conserver une
puisqu'il
elle, on doit trouver tout simple
merciale que par ordre dec choses dontles immenses
derevenir à un
il
les dépenses auxquelles
bénéfices surpassent donc,si la France veut montrer
Ainsi
s'assujettit.
les deux mers qui baignent ses
son pavillon sur
villes maritimes recôtes; si elle veut voir ses
industrie
leur ancienne prospérité, son
prendre nouvelles conquêtes, ses productions
faire de
toute leur valeur, il faut
territoriales acquérir marine militaire. Or, comme
sa
qu'elleentretiennes est une chose relative qui ne
ce genre de puissance
comparaison, T'on
peut être bien jugée que par
essentiel d'un
comprend sans peine que T'objet
établissement ne pourra être rempli qu'autant
tel
à limportance des possesqu'il sera proportionné
doit prosions coloniales et du commerce qu'il
téger et défendreparvenir à ce but,
De tous les moyens pour
faut
territoriales acquérir marine militaire. Or, comme
sa
qu'elleentretiennes est une chose relative qui ne
ce genre de puissance
comparaison, T'on
peut être bien jugée que par
essentiel d'un
comprend sans peine que T'objet
établissement ne pourra être rempli qu'autant
tel
à limportance des possesqu'il sera proportionné
doit prosions coloniales et du commerce qu'il
téger et défendreparvenir à ce but,
De tous les moyens pour --- Page 283 ---
DE SAINT-DONINGUE
de S.-Domingue doit être placée
la restauration
rang Du sort de Saint-Domingue
au premier des autres Antilles : toutes péridépend celui
s'il n'est pas soumis et tranront comme lui,
la domination
quille comme elles. lly a plus :
dans le nouveau monde tient au
européenne de cette colonie; elle seule prérétablissement
colonial
sente une base assez solide au système
de
dont les liens, déjà trop relàchés, menacent
Si ce déchirement s'opère, T'Europe
se dissoudrede sa prospérité.
perd la source principale
fut
elle, a
des colonies
pour
( L'établissement
une
écrivain
et profond (4),
( dit un
judicieux
l'abande bonheur et de richesses; ;
( époque
elle une époque
( don des colonies sera pour
etde ruine. >
( d'appauvrissement révolutionnaire, en détruiPlus le tourbillon
menacé les bases fonsant Saint-Domingue, a
la France,
damentales du système colonial, plus
il importe si fort de le maintenir, doit
à laquelle
sa fortune
mettre de persévérance ponrrattacherà
ile
Le premier et le plus puissant
cette précieuse.
L/auteur de VAntidote al Congrès de Rastadt, et des
Considérations (1)
sur la France.
TOM. 2. --- Page 284 ---
274 MÉMOIRE SUR LE
RÉTAHLISSENENT
moyen d'y réussir, celui sans
efforts seront
lequel tous les
cienne
inutiles, est le retour vers T'anadministration. Si l'on
avouer les erreurs
persiste à ne pas
conserve la
qu'on a commises ; si l'on
ordre de choses prétention de fonder aux Antilles un
meilleur que celui
pace d'un siècle, avoit fait de
qui, dans l'espays le plis riche de la Saint-Domingue le
enfin n'a
terre ; si
pas corrigé de la manie Texpérience des
vations, il faut renoncer à tout
inno.
projet sur cette colonie : elle
espoir, à tout
pour la France, si elle
ne sera jamais rien
étoit avant la
ne redevient ce qu'elle
que les
révolution. Et qu'on ne dise
temps sont changés,
les
pas
stances ne sont plus les
que
circonquant aux
mêmes : cela est vrai
choses. Au hommes, mais non pas quant aux
reste, ce qui jadis fut suggéré
sagesse, aujourd'hui la nécessité le
par la
Il ne doit plus être
commande.
remettre
question de créer, mais
en vigueur des institutions
de
avantages sont immenses
dont les
et
a le bon esprit de les
certains , si l'on
préférer à des théories
dangereuses ou impraticables.
Nous ne saurionstrop le
lonial forme un tout dont répéter: le système coétroitement les
les parties tiennent
unes aux autres, et
un centre commun. Toucher à l'une gravitent vers
d'elles, c'est
doit plus être
commande.
remettre
question de créer, mais
en vigueur des institutions
de
avantages sont immenses
dont les
et
a le bon esprit de les
certains , si l'on
préférer à des théories
dangereuses ou impraticables.
Nous ne saurionstrop le
lonial forme un tout dont répéter: le système coétroitement les
les parties tiennent
unes aux autres, et
un centre commun. Toucher à l'une gravitent vers
d'elles, c'est --- Page 285 ---
DE SAINT-DOMINGUE
altérer la marche et s'exposer au bouleversement rédu
En vain Tesclavage sera-t-il
total
système.
on n'aura rien fait, si
tabli et la traite permise,
l'esprit et les
à rappeler
l'on ne parvient pas
administration
de Tancienne
formes particulières
noms,
coloniale. Il faut que tout, jusqu'aux
doit
conservé. En disant qu'une colonie
soit
de la métropole, l'abbé Raynal
obéiràl Timpulsion incontestable ; mais quand
énonce une vérité
obéit à toutes
il ajoute : comme une chaloupe
il
les directions du waisseau qui la remorque,
la justesse de sa
gâte, par cette comparaison, doit dépendre, sans
proposition. Une colonie
; mais cette dépendoute, de sa métropole Tidentité absolue des
dance ne nécessite pas plus
qu'il n'est indispensable
deux administrations, d'un convoi soient remorque tous les bâtimens
ou fassent les mêmes manceuvres pour
qués, ensemble au même port. On peut reconarriver
être soumis à ses lois,
noitre une métropole,
comme
sans être régi par les mêmes formes, 2
d'une escadre obéissent aux
tous les vaisseaux
la
ordres d'un amiral, sans porter précisément de la
même voilure que lui. Les constitutions
anglaise des Indes ne sont point
compagnie
britannique ; le faste dont s'encelles de I'empire
différoit autouroit le gouvernement de Batavia, --- Page 286 ---
276 MÉMOIRE SUR LE
tant
RÉTABLISSEMENT
de la simplicité qui
généraux des
distinguoit les EtatsProvinces - Unies,
seau à trois ponts diffère,
qu'un vaissa capacité, sa
par ses dimensions,
structure, et la fin
ila été construit, d'une foule
pour laquelle
Ainsi, rien n'est moins vrai d'autres bâtimens.
Raynal, qu'on a
que la maxime de
malleureusement
sée, et qu'il faut se hàter de
trop généralifait son auteur, si l'on
modifier, comme l'a
que son application
veut réparer les maux
Domingue n'est
rigoureuse a produits. Sainttement de
pas, ne peut pas être un
France ; il en diffère
déparment. Ainsi ceux
trop essentiellede cet
qui, en s'étayant de T'autorité
écrivain, ont formé et
de Padministrer
exécuté le projet
comme une
ont fait le plus faux de tous les province française,
commis la plus désastreuse des raisonnemens, et
que le délire
erreurs. Il n'y a
tueuse
révolutionnaire, ou une présompignorance, qui ait pu imaginer que deux
contrées, entièrement différentes par le
les productions et la population,
climat,
soumises aux mêmes
devoient être
les mêmes
formes, et gouvernées par
magistratures.
e
Dans fle nombre des lois qui constituent
régime colonial, deux surtoutn'ont
le
appréciées qu'elles méritent
pas été aussi
le droit dont
de l'être : l'une est
jouissent les colonies, de n'être
ou une présompignorance, qui ait pu imaginer que deux
contrées, entièrement différentes par le
les productions et la population,
climat,
soumises aux mêmes
devoient être
les mêmes
formes, et gouvernées par
magistratures.
e
Dans fle nombre des lois qui constituent
régime colonial, deux surtoutn'ont
le
appréciées qu'elles méritent
pas été aussi
le droit dont
de l'être : l'une est
jouissent les colonies, de n'être --- Page 287 ---
DE SAINT-DOMINGUE.
les besoins de leur adminisimposées que pour l'autre, la nécessité que cette
tration intérieure ;
base fixe
même administration repose sur une
etimmuable. La première loi sert à dédommager
les colonies du commerce exclusif auquel elles
doivent être soumises ; la seconde, par la coninspire, tend à favofiance et la sécurité qu'elle
riser les cultures 2 source de leur prospérité.
avoit très-bien senti que les défriLe législateur
sechemens du sol, tàche déjà très - pénible,
encore
difficiles, et même
roient rendus
plus
des
impossibles, si au lieu d'être garanti par
l'édifice colonial pouvoit être
formes invariables, du fisc et par la versatilité des
ébranlé parl'avidité
redevance sur les
principes. Aussi, une légère
denrées exportées, connu sous le nom d'octroi,
formoit le seul impôt à Saint-Domingue. On n'y
voyoit ni douanes, ni gabelles 2 ni domaines, 9
ni timbre, ni enregistrement, ni
ni contrôle,
il
cette foule de taxes indirectes auxquelles
les départemens de France
convient que
mais dont la colonie devoit
soient assujettis 2
être exempte, parce que, soumise au commerce
exclusif, elle payoit le plus onéreux des impôts; et que l'emploi de tous ses moyens en
améliorations augmentoit T'exportation colométropolitaine ( princiniale et limportation --- Page 288 ---
278 MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSEMENT
pal objet qu'un gouvernement doive
vue ), ce qui enrichissoit bien
avoir en
la France.
plus sûrément
le
que n'auroit jamais pu faire le génie
plus fiscal.
On ne pourroit donc pas commettre
plus fatale, que de vouloir
une erreur
organiser à SaintDomingue un système d'impôts
loin d'aider à couvrir les frais de indirects, qui,
ne serviroit qu'à enrichir
sa conquéte,
privilégiées. Une colonie quelques personnes
ou, si l'on
est un vaste marché,
veut, une foire,
ne
sa vogue qu'autant
qui
conserve
prérogatives
que l'on respecte les
qui en sont la source. Si dans
Timpulsion générale qu'elle imprime à l'industrie, si dans les immenses
fournit au
produits qu'elle
sion de commerce, on ne voyoit que l'occaprélever des taxes; si l'appàt de
millions
quelques
pouvoit assez aveugler le
pour Téloigner du vrai but de
législateur
coloniale, tout seroit perdu. La cupidité Torganisation
et la manie réglementaire
fiscale
fléaux des colonies.
seront à jamais les
Jutter
C'cst bien assez d'avoir à
contre les révolutions physiques
elles sont
auxquelles
mille fois exposées, sans y ajouter lcs maux
plus dangereux d'une administration
versatile et tracassière. Si l'esprit novateur
dangereux partout, il est essentiellement funeste est
législateur
coloniale, tout seroit perdu. La cupidité Torganisation
et la manie réglementaire
fiscale
fléaux des colonies.
seront à jamais les
Jutter
C'cst bien assez d'avoir à
contre les révolutions physiques
elles sont
auxquelles
mille fois exposées, sans y ajouter lcs maux
plus dangereux d'une administration
versatile et tracassière. Si l'esprit novateur
dangereux partout, il est essentiellement funeste est --- Page 289 ---
DE SAINT-DONINGUE
L'attrait d'une brillante foraux Antilles (1)
à contracter des
tune, qui porte un planteur faire honneur
obligations auxquelles il ne peut
résulte
son travail, et l'avantage qui
que par
de cette émulation générale
pour la métropole aussi
le cultivateur qui,
des colons, exigent
que bois our il vit isolé,
dans les
en s'enfonçant
de la vie, conservé
n'a, de toutes les jouissances
dans ses
T'espérance 2 ne soit pas trompé
que
Cen est fait d'une colonie, si ceux qui
calculs.
craintes sur Tavel'habitent ont les plus légères montré si longnir. Pourquoi les colons ont-ils
et aussi
temps un caractère aussi entreprenant étoit alors sans
actif? Parce que leur confiance
bornes ; parce que la foi publique, respectée
Tépoque de la révolution, garantissoit
jusqu'à
qu'un attentat contre
leurs propriétés ; parce
univerl'ordre social, tel qu'une expropriation
sembloit aussi invraisemblable qu'imposselle,
les administrateurs ne pouvoient
sible; parce que
anciens connoissoient si bien le danger des
(:) Les peuples chez l'un d'eux ( les Locriens ), celui qui
innovations, que
modification d'une loi devoit se
proposoit rabolition ou la du peuple la corde au cou 7 avec
présenter à T'assemblée
étoit
coulant, que l'on serroit > si sa proposition
un noeud
rejetée. --- Page 290 ---
280 MÉMOIRE SUR LE
ni
RETABLISSEMENT
changer, ni augmenter, ni
ni intervertir l'ordre
modifier Timpôt,
de la recette et de
pense. Six millions suffisoient
la désoins de Saint-]
pour tous les beDomingue, et M. de
put encore sur cette somme faire des Marbois
qu'il eut le bon esprit
économies
d'utilité
d'appliquer à des objets
publique. Deux fois M. de
Martinique, fit aux
Peynier, à la
contributions.
habitans la remise de leure
Voilà le véritable
telles sont les causes
esprit colonial;
qui avoientiélevé les iles
françaises au point de prospérité où elles étoient
parvenues.
Que gagneroit la métropole à thésauriser
dépens des colonies, à y multiplier
aux
le nombre de ses
sans raison
richissent
agens, et à permettre qu'ils s'endes dépouilles des colons?
ses finances
Que sont à
quatre ou cinq millions de
à la félicité publique
plus, et
quelques fortunes scandaleuble
C
politique
bientôt le comprimeroit.dabord, et étoufferoit
développement de l'industrie. De cette
considération puissante dérive la nécessité
une administration simple,
d'avoir
muable. D'elle aussi
économique et imdevra
dépend la manière dont on
régler les rapports commerciaux
circonstances forceront d'établir
que les
Sans doute les droits de la
avec les neutres.
métropole doiventêtre
scandaleuble
C
politique
bientôt le comprimeroit.dabord, et étoufferoit
développement de l'industrie. De cette
considération puissante dérive la nécessité
une administration simple,
d'avoir
muable. D'elle aussi
économique et imdevra
dépend la manière dont on
régler les rapports commerciaux
circonstances forceront d'établir
que les
Sans doute les droits de la
avec les neutres.
métropole doiventêtre --- Page 291 ---
28:
DE SAINT-DONIKGUE
perdre de vue que le
conservés; (il) ne fautjamais des bases du système
commerce exclusif est une
rigueur
colonial); mais à quoi serviroitTextrème
tant qu'il sera imposible
des lois prohibitives, faute de produits? Et oùr
d'en faire Yapplication,
? Les misérables
sont ceux de Saint-Domningue? être comptés
débris de ses cultures peuvent-ils commerciaux
quelque chose ? Ses rapports
de sa
pour
être réglés comme à Tépoque
pourrontils
raisonnable n'aura une
splendeur? Nul homme d'autant plus fausse,
pareille idée. Elle seroit de toutes les révoluque, par la plus désastreuse une grande partie
tions, la métropole a perdu
industrielles et commerciales.
de ses richesses
du commerce français,
Si dans les beaux jours
forcé d'atténuer la
ont souvent
les circonstances
malgrélétat brilsévérité des lois prohibitivessi,m n'a pas toujours pu
lant de la métropole, celle-ci
le poursuffire aux besoins de Saint-Domingue, tient au
ra-t-elle maintenant, que tout ce qui
ne
colonial reste à créer? Quel temps
système
si Ton veut que cette impor- ?
fandra-t-il pas,
relève que par la France
tante colonie ne se
cette marche
t-on pas, par
Ne compromettroitqu'on auroit déjà
lente et timide, les avances
de voir la
faites ? Ne eourroiton pas le risque d'avoir assuré la
éclater de nouveau avant
guerre --- Page 292 ---
282 MÉMOIRE SUR LE
tranquilité de
INÉTABLISSEMENT
cette ile? La
se proposer qu'un seul
France ne doit
prompt rétablissement but, celui d'obtenir son
possibles, et le commerce par tous les moyens
ver mauvais que, soumis à national ne peut trouvenables, le commerce
des arrangemens conplir cette tâche. Dans l'état étranger concoure à remfaut considérer
actuel des choses, il
Saint -
corps exténué qui a besoin Domingue comme un
régime le plus restaurant qu'on le mette au
les soins et la nourriture. , qu'on lui prodigue
refuser, il
Ah! loin de la lui
faudroit, s'il est
primer ainsi, la lui infuser
permis de s'exQu'on se persuade bien par tous les pores.
que la restauration de
Saint-Domingue la France.
ne peut s'opérer
Elle n'aura
qu'aux frais de
quementimposible jamais lieu, elle est physipose encore à cette colonie. par les moyens quel l'on supil seroit
Ces moyens sontnuls:
égard. Nous dangereux de se faire illusion à cet
soumis, il reste ajouterons de plus que, les
les
à mettre hors de toute nègres
propriélés coloniales, et à
atleinte
contre une nouvelle
rassurer les colons
explosion de
volutionnaire, ou, ce qui
Tépidémie récontre la soif de l'or
revient au méme, >
les cceurs. Parmi les qu'elle a excitée dans tous
tantes, Tengagement précautions les plus imporque prendroit la métropole
ereux de se faire illusion à cet
soumis, il reste ajouterons de plus que, les
les
à mettre hors de toute nègres
propriélés coloniales, et à
atleinte
contre une nouvelle
rassurer les colons
explosion de
volutionnaire, ou, ce qui
Tépidémie récontre la soif de l'or
revient au méme, >
les cceurs. Parmi les qu'elle a excitée dans tous
tantes, Tengagement précautions les plus imporque prendroit la métropole --- Page 293 ---
DE SAINT-DONINGUE
et de
la stabilité du régime colonial, T'esdegarantir en rien de ce qui est relatifà
ne s'immiscer
une mesure juste et
clavage, est non-seulement nécessaire. Il faut que cet
politique, mais encore
revêtu des formes les
engagement soit déclaré et
dont Saintsolennelles. C'est une charte
plus
besoin (1); elle seule peut inspirer
Domingue a
il n'y a point, il n'y
la confiance, sans laquelle
de colonies.
aura jamais
ici quelques réflexions sur
Nous aurions placé
ancien admisi un
la dette de Saint-Domingue,
cette
M. Malouet, n'avoit approfondi
nistrateur,
publié en 1800. L'opématière dans un ouvrage réduction de la dette,
ration qu'il propose (la
actuelle des biens),
à la valeur
proportionnéments
sage et équila seule mesure grande,
nous paroit
les motifs avec
table. L'auteur en a développé caractérisent
cette clarté et cette précision qui
tout ce qui est sorti de sa plume. ridicule
de proCe seroit nous donner un
que regarde
de campagne ; ce soin
poser un plan militaires. Mais il est d'autres
exclusivement les
les colonies doivent être régies
(1) En annonçant que la prévoyance et la sagesse du
par des lois particulires,
cet égard.
Roi n'ont rien laissé à désirerà --- Page 294 ---
284 MÉMOIRE SUR LE
armes que celles de la RÉTARLISSENENT force.
buera plus au succès de
Rien ne contriqui, dans tous les
Tentreprise que l'accord
entre la cause et projets bien formés, se trouvé
T'effet, entre les
ployés et la fin que l'on
moyens empays où Topinion fait
se propose. Dans un
de la classe blanche tout, o la prééminence
vilége politique, mais est non-seulement un pride la couleur, il faut un droit naturel résultant
vienne en outre le
que cette prééminence ded'autant plus
prix du mérite; ; les blancs ont
d'intérêt à s'en rendre
Tusage des talens et
dignes par
qu'attendu leur foiblesse par Texemple des vertus,
tige seul peut leur
numérique, ce pressureté. Sans doute il garantir prépondérance et
une grande force : avant conviendra de déployer
être pénétrés de leur tout, les nègres doivent
litédeleurs efforts. Mais impuissance et de l'inutiqu'un système
nous sommes convaincus
conduite fondé sage et bien lié, qu'un plan de
sur les vrais
ganisation
principes de lorfera
coloniale, et suivi avec
mieux que l'appareil coercitif persévérance,
midable. Sous ce
le plus forpeut étre comparé à rapport, T'ancien aucun régime ne
La condition
ordre de choses.
absolument
les établissemens
indispensable à tous
être obtenue
coloniaux, la stabilité, ne peut
que par lui. Lui seul
présente un
lié, qu'un plan de
sur les vrais
ganisation
principes de lorfera
coloniale, et suivi avec
mieux que l'appareil coercitif persévérance,
midable. Sous ce
le plus forpeut étre comparé à rapport, T'ancien aucun régime ne
La condition
ordre de choses.
absolument
les établissemens
indispensable à tous
être obtenue
coloniaux, la stabilité, ne peut
que par lui. Lui seul
présente un --- Page 295 ---
DE SAINT-DOMINGUE
frein capable de contenir T'esclave, un garant
assez sûr de sa fidélité. L'effroi imprimé par nos
contribuera sans doute, ( on auroit
armes, y de croire
fat possible de s'en
bien tort
qu'il
se
passer); mais sans les qualités sur lesquelles
la supériorité de la couleur blanfondoit jadis
le
sera aussi éphémère que
che, son triomphe
bruit du canon quile lui aura procuré.
les
Nous insistons sur cette vérité, non pour
colons, ils en sentent l'importance 2 mais pour
en la méconnoissant, ont mis
les Européens, qui,
le comble aux malheurs de Saint - Domingue.
moins
est T'opinion enUne erreur non
grande, fait des habiaccréditée qui
core généralement
d'hommes tellement imtans des iles une classe
de
bus de préjugés, si fort endurcis aux peines
la raison et l'intérêt ne
leurs esclaves, que
satisfaire leur
peuvent rien sur eux.. C'est pour maltraiter les
vanité, c'est pour avoir le plaisir de
les créoles, répète-t-on partout,s'opnègres, que
deviennent libres. Leur orgueil
posent à ce qu'ils
seroit choqué si ces pauvres Africains ne pouvoient plus être châtiés par eux. Pour mettre
aussi misérable assertion, il faut
en, avant une ordre de choses où T'homme puisse
concevoir un
à se ruiner et à tourmenter
trouver du plaisir
dans
tout ce qui T'entoure : cela se rencontrera --- Page 296 ---
286 MÉMOIRE SUR LE
un
NÉTABLISSENENT
individu, mais non, clez une nation
Et pourquoi le créole seroit-il
entière.
péen enclin à la cruanté?
plus que lEuroavoir à se montrer barbare? Quel intérêt peut-il
tens, heureux, les
Si au - coeurs conle
vertus sont faciles,
que
colon mérite
qui plus
sur des oui-dire?
qu'on ne le calomnie
Il est riche et vit dans
pas
où l'on a peu de besoins, où l'on
un pays
concurrens, ni
ne rencontre ni
rivaux, et qui seroit
plus fortuné de la terre,
encore le
avoient
7 si les
eu le bon esprit de le
propriétaires
rope.
préférer à T'EuA ces molifs pour être
qui sont communs à
justes et humains, 2
dans la
tous les hommes placés
position où se trouvent les
faut encore joindre l'intérêt
colons, il
niers ; la mort d'un
qui y oblige ces derperte considérable. esclave est pour eux une
la
Mille écus ne suffisent
pour réparer. Il importe donc à
pas
ses nègres vivent et travaillent. Thabitant que
faut les soigner quand ils
Pour cela, il
les maltraiter
sont malades, et ne pas
lorsqu'ils sont bien
de sa part, la cruauté seroit portans. Ainsi,
atroce
non - seulement
2 mais extravagante ; et Thomme
sy livreroit seroit encore
qui
chant.
plus fou que méLes colons s'élèvent contre
Taffranchissement
isent
pour réparer. Il importe donc à
pas
ses nègres vivent et travaillent. Thabitant que
faut les soigner quand ils
Pour cela, il
les maltraiter
sont malades, et ne pas
lorsqu'ils sont bien
de sa part, la cruauté seroit portans. Ainsi,
atroce
non - seulement
2 mais extravagante ; et Thomme
sy livreroit seroit encore
qui
chant.
plus fou que méLes colons s'élèvent contre
Taffranchissement --- Page 297 ---
-
DE SAINT-DOMINGUE
plus à même de juger de
des noirs, parce que,
ils savent que
limpropriété de cette mesure,
la tentative seule de son application seroit une
de nouveaux désastres. Mais quels sont
source
compatibles avec le régime COles changemens
ils se
lonial et favorables à l'esclave, auxquels
soient refusés? Quelles sont les améliorations
les circonstances qui
proposées ou exigées par eux? Quelles sont les
aient été repoussées par
d'adoucir
lois de la métropole, ayant pour objet
le sort des nègres, contre lesquelles ils aient seumurmuré? Avoient-ils attendu d'y être
lement
forcés,
élever sur leurs habitations ces hosoù 3 pour la vieillesse et les infirmités trouvoient
pices tous les secours, tous les soins d'une bonté compatissante ? L'opinion généralement répandue,
qui faisoit regarder comme mal administrée toute
habitation où lon étoit obligé d'infliger des chàsévères,
les raffineurs
timens un peu
qui signaloit
et les gérans dont le caractère étoit trop dur,
d'avoir des places; qui même
comme indignes
jetoit une espèce de défaveur sur le propriétaire,
ou son fondé de pouvoir 5 quand un atelier étoit
enclin au marronage, et que les animaux servant
à T'exploitation se trouvoient en mauvais état,
tiroit - elle sa source d'un principe d'inhumanité? --- Page 298 ---
288 MÉMOIRE SUR LE RÉTABLISSENENT
Il seroit temps enfin qu'on cessàt de parler de
et qu'on ne crûàt pas tout conce qu'on ignore,
Les colons, en exinoitre sans avoir rien appris.
de leurs adversaires, ou plus de lumières,
geant
de
ne réclament pas une
ou moins prévention, il est vraiment incongràce, mais une justice ;
Cen'est
cevable qu'on s'obstine à la leur refuser.
qu'ils ont des esclaves ; il n'est
point par gout
n'ait plusieurs fois gémi
pas un d'entre eux qui
d'opter entre
sur cette nécessité. Mais, obligés le moindre. Si à
deux maux, ils ont choisi
la vérité ne reprend pas son empire
cet égard
les terribles leçons de
en France; si, malgré
T'esprit de parti etle philosophisme
Texpérience,
Tautorité
parviennent à remettre en question
et
du maitre, c'en est fait de Saint-Domingue, malheur
ajouter, des Antilles :
nous pourrions
à la race blanche qui habite ces contrées!
trop combattre aussi une
Nous ne saurions
de partisans, et
opinion qui a eu beaucoup funestes : on a redont les suites ont été bien
Thomme le plus intéressé à la restauration
gardé
comme le moins capable
de Saint-Domingue
concourir. Et à quelle fin repousseroit-on
d'y
le droit et la raison, pour
encore les lumières,
l'impéritie et la
leur substituer Timprévoyance, malheureux,
cupidité? A-t-on oublié ces temps
Nous ne saurions
de partisans, et
opinion qui a eu beaucoup funestes : on a redont les suites ont été bien
Thomme le plus intéressé à la restauration
gardé
comme le moins capable
de Saint-Domingue
concourir. Et à quelle fin repousseroit-on
d'y
le droit et la raison, pour
encore les lumières,
l'impéritie et la
leur substituer Timprévoyance, malheureux,
cupidité? A-t-on oublié ces temps --- Page 299 ---
DE SAINT-DOMINGUE
foule d'hommes ineptes, pervers et raou une
les lambeaux de Saint-Do=:
paces, se disputoient
étoit traitée de chimingue, où la propriété
soit un titre de proscription,
mère, et devenoit,
celui qui osoit linsoit un arrêt de mort, pour
scule base
voquer Droit sacré de la propricté!
de l'ordre social! Ah! si jamais il devint
légitime de faire de ce droit une espèce de
urgent religieux; sij jamais il importa aux peudogme
c'est à
ples de se pénétrer de son inviolabilité, tant
Saint-Domingue, où il a été attaqué avec
d'acharnement et de furie. Oui, nous croyons
le répéter : ce n'est qu'en rétablisne pouvoir trop
oublié, de la
sant le culte, trop long-t temps sortira de ses
morale et des lois, que. la colonie
le retour
ruines. Avec ce secours tout puissant;
au bonheur et à T'opulence, y sera
à Tordre,
de cet appui, tous
prompt et facile : privés
infailliblement
les efforts de la France seront
perdus.
de Saint-Domingue
L'existence et la prospérité
donc, et du droit respecté de la prodépendent
rétablie de la couleur
priété, et, de la supériorité
sur les
blanche. Les nègres ne: rentreront jamais
habitations, , tant que les propriétaires seront
spoliés et proscrits; : tant qu'àla place
persécutés,
ethumains,ilsne verrontaude maitres prévoyans
TOM. 2. --- Page 300 ---
290 MEMOIRE SUR LE RÉTABLISSENENT
tourd'euxq qued'avidesétrangersp
est tout, et l'avenir moins
pourquileprésent
le mauvais
que rien. Le bon et
exemple ont seuls
sur des étres qui, n'étant quelque empire
d'autre
pas susceptibles
regle instruction, ne peuvent pas avoir d'autre
pour se conduire. Et quel plus funeste
exemple pourroit-on offrir au noir,
tour du régime révolutionnaire
que le reet confiscateur?
L'expérience lui apprend, le sentiment de
ignorance et de son incapacité lui dit
son >
core, que le blanc quil'achète
mieux enment son défenseur
devient, de ce mobientôt
naturel et unique. Il sauroit
que, si ce maitre étoit sans
s'il étoit mal vu, mal accueilli considération,
de
sa propriété couroit le moindre Tautorité, si
roit, lui nègre,
risque, il n'auqu'un sort malheureux,
existence précaire,
qu'une
teriot ses
parce que personne n'écouplaintes, ne se chargeroit méme de
pourvoir à ses besoins. Le
droit dès-lors et
brigandage deviensource. L'esclave nécessairement sa seule restenir à tel ou tel s'enorgueillissoit maitre,
jadis d'apparfaisant partie de la
se regardoit comme
considération
famille, et étoit flatté de la
dont elle jouissoit. La
du chefayant brisé les liens
proscription
les membres entre
qui unissoient tous
eux, la famille a été dissoute; et avec elle ont. disparu,
pour tous, le
droit dès-lors et
brigandage deviensource. L'esclave nécessairement sa seule restenir à tel ou tel s'enorgueillissoit maitre,
jadis d'apparfaisant partie de la
se regardoit comme
considération
famille, et étoit flatté de la
dont elle jouissoit. La
du chefayant brisé les liens
proscription
les membres entre
qui unissoient tous
eux, la famille a été dissoute; et avec elle ont. disparu,
pour tous, le --- Page 301 ---
DE SAINT-DOMINGUE de nouveau
repos et le bonheur. Resserrez-en forts, s'il est
rendez-les même plus
lordre
les nouds, le seul moyen de rétablir
possible, c'est
la sûreté dans les campagnes.
dans les ateliers et
remplacer la présence
Rien au monde ne peut
Quelle sécurité,
et les soins du propriétaire. un gouvernement
pourroit inspirer
du
en effet,
de front les premiers élémens
qui, heurtant
donneroit T'exemple de l'imsystème colonial,
et de Tinjustice 7 et
moralité, de la perfidie
que pour y
à Saint-Domingue
ne paroltroit le vol, la révolte et Tassasfaire triompher
sinat?
tout de vaincre, il
Ainsi donc, ce ne sera pas victoire. L'homme
de la
faudra savoir profiter insulteroit à la morale; qui,
qui, par ses vices,
point les lois;
dans ses violences, ne respecteroit se croiroit auqui, par sa place ou par son crédit, aucune confance.
dessus d'elles, ne peut obtenir Tautorité dirigée par la
On cède sans effort à
raison contre des
sagesse ; on se roidit avec et déhontés. Neutdespotes capricieux, cupides
la force d'inerà leur rapacité que
on à opposer
faire échouer une entretie, elle suffiroit pour
le prestige de T'opiprise au succès de laquelle l'avons dit, plus nécesnion est, comme nous dela force.Lesmulltre
saire encorequelappaneild --- Page 302 ---
292 MEMOIRE SUR LE
et
RÉTABLISSEMENT
les nègres libres ont
duite, la
prouvé, par leur conjustesse de cette
Il
aussi
remarque.
seroit
juste, impolitique, de
et nous pouvons dire aussi inregardercesliommese scommedes
qu'il deviendroit
ennemis,
à eux.
dangereux de se ieraveuglement
Cependant il faut
égard. Le
prendre un parti à leur
gouvernement qui, en
sur le passé, se montreroit
jetant un voile
et
équitable, vigilant
ferme; qui, sans mépriser ni
classe
humilier la
dence intermédiaire, ne pousseroit pas Timpruettabsurelitéejusquila,
qui,
préférer aux blancs;
dédaignant les ruses de la foiblesse et les
escobarderies de la mauvaise foi, tiendroit
ce qu'il auroit promis, mais n'auroit
tout
rien
que ce qui est raisonnable et
promis
gouvernement auroit
possible; un tel
obstacles. On n'a
vaincu les plus grands
fausses notions jamais eu en France que de
duite des
sur les. gens de couleur. La conagens de cette
a, été alternativement
métropole envers : eux
trop pusillanime et
rigoureuse. Que l'autorité avoue hautement trop
projets ; que la franchise, qui sied si. bien ses
puissance, et la
à la
justice, sans laquelle rien n'est
durable, dirigent toutes ses
actions, toutes ses
démarches, et elle peut laisser
au temps. Un
beaucoup à faire
il: remet tout à peu plus tôt, un peu plus tard,
sa place. L'honime le plus fana-
métropole envers : eux
trop pusillanime et
rigoureuse. Que l'autorité avoue hautement trop
projets ; que la franchise, qui sied si. bien ses
puissance, et la
à la
justice, sans laquelle rien n'est
durable, dirigent toutes ses
actions, toutes ses
démarches, et elle peut laisser
au temps. Un
beaucoup à faire
il: remet tout à peu plus tôt, un peu plus tard,
sa place. L'honime le plus fana- --- Page 303 ---
DE SAINT-DORINGUE contre son
Jasse bientôt de combattre
tique se
il ne sacrifie pas sa fortune,
véritable intérêt;
une ambition sans
son repos et sa vie pour
espérance.
les réflexions que nous croyons
Telles sont
d'aputile, mais indispensable
non-seulement
de Saint - Dominguepliquer à la restauration
montreront de
Plus les agens de la métropole
à
par leur conduite
dignité, et contribueront la
que
rendre à la couleur blanche prééminence plus enles folies et les crimes des Européens,
lui
la révolte et la force des nègres, et
core que
leur tâche sera facile
ont fait perdre, plus
droit à la reconglorieuse, et plus ils auront douze ans, le noir
noissance publique. Depuis
depuis cettevit dans le brigandage; parce que, des brigands.
il n'a presque vu que
époque, 7
cet exemple contagieux;
Eloignes de ses regards
dont, par expérétablissez ce régime paternel, tous les nègres conrience ou par tradition, souvenir, et que beauservent encore quelque
qu'il n'y ait ni
coup d'entre eux regrettent; de Tautorité, ni condivergence dans la marche
et les
entre la fn qu'elle se propose
tradiction
elle fait usage 3 qu'elle soit puismoyens dont
les bons et pour punir les
sante pour protéger
scandaleuse, on ne 20
coupables; ; que la phrase --- Page 304 ---
294 MÉMOIRE SUR LE
pointj aux colonies RÉTABLISEMENT, etc.
suffise plus
pour J changer d'air, ne
pour justifier les abus de
autoriser le pillage, et légitimer
confiance,
que les cris des victimes
Texpropriation;
par les calomnies
ne soient plus étouffés
de leurs
règne de la justice succède bourreaux; que le
de lintrigue et du
pour tous' à celui
nègre,
crime; et bientôt on verra le
vaincu au physique et au
de lui - même dans la
moral, rentrer
condition
quelle il est né; les hommes de
pour lacouleur libres,
tranquilles sur leurs possessions, bénir la main
qui les leur aura rendues, et servir
la puissance qui les leur
avec zèle
fugitifs et dispersés
conservera; ; les blancs,
comme les
bitans de T'antique
malhcureux had'un autre
Messène, accourir, à la voix
si,1
Epaminondas, sur le rivage qui fut
long-temps T'objet de leurs regrets, de
voeux et de leur espérance enfin
leurs
classes, toutes les
;
toutes les
efforts
couleurs; concourir, par leurs
réunis,au rétablissement de la
et à la prospérité de la
colonie
métropole.
FIN DU DEVXTEMT ET DERNIER
VOLUME.
hcureux had'un autre
Messène, accourir, à la voix
si,1
Epaminondas, sur le rivage qui fut
long-temps T'objet de leurs regrets, de
voeux et de leur espérance enfin
leurs
classes, toutes les
;
toutes les
efforts
couleurs; concourir, par leurs
réunis,au rétablissement de la
et à la prospérité de la
colonie
métropole.
FIN DU DEVXTEMT ET DERNIER
VOLUME. --- Page 305 ---
TABLE
DES CHAPITRES
CONTENUS
LHISTOIRE DE LA RÉVOLUTION
DANS
DE SAINTDOMINGUE
CHAPITRE PREMIER, INTRODUCHION,
Pag. I
tome I.
trouble du Cap. CaCHAP. II. Premiers Départ de M. de
hier des doléances.
la
Marbois du Port - au - Prince pour
France. Formation d'une assemblée provinciale, I.
S 63 22
CHAP. III. Assemblée générale de la parLes
tie française de Saint-Domingue.
prétentionsqu'elle afichecausent sa perte.
Quatre-vingt-cing de ses membres partent --- Page 306 ---
TABLE.
pour France sur le vaisseau le
Divisions intestines. M. Mauduit Léopard.
le comité du
dissout
Pork-au-brisee, I.
CHAP, IV. Insurrection
plice
dermulitrenSup
d'Ogé et de ses complices.
du 12 oclobre de l'assemblée Décret
tuante, I.
consti69
CHAP. V. Arrivée d'une station
au-Prince.
au PortAssassinat de M. le chevalier
de Mauduit. Suites de cette
M. de Blanchelande.
catastrophe.
Décret du 15 Mai
1791 de lassemblée
constituante, I.
CHAP. VI. Convocation d'une
assemblie coloniale.. Révolte des nouvelle
détails sur cet événement.
esclnves,
Conduite de
Lassemblee.MM. de Rouvray et de Tousard. Le nègre Jeannot : cruautés de
monstre. Décret du 24
ce
Retourdes
septembre 1791.
Léopardins. Aituque du poste
Galliffet, I.
CHAP, VII. Arrivée az Capde trois
gates anglaises venant de la
fré
Le président de
Jamaiguc.
tout secosrs.
Sarto-Domingo refuse
Reflexions sur les auteurs
de la rcvolte, Concordat passéala
Croixdes-bouquets ct au Port-au-Prince, Dé.
cret du 24 septembre 1791 de Lassemblée
cret du 24
ce
Retourdes
septembre 1791.
Léopardins. Aituque du poste
Galliffet, I.
CHAP, VII. Arrivée az Capde trois
gates anglaises venant de la
fré
Le président de
Jamaiguc.
tout secosrs.
Sarto-Domingo refuse
Reflexions sur les auteurs
de la rcvolte, Concordat passéala
Croixdes-bouquets ct au Port-au-Prince, Dé.
cret du 24 septembre 1791 de Lassemblée --- Page 307 ---
TABLE.
Divisions entre le gouverneconstituante.
coloriale. Auague
ment et Passemblée
I.
et prise du camp Galliffet,
de
CHAP. VIII. Séance extraordinaire de MM.
Passemblée coloniale. Discours
de
et de Tousard. Foiblesse
de Rouvray
Arrivée au Cap
M. de Blanchelande.
la Didu waisseau PEole et de lafrégate Villevreille
don. MM. de Girardin et de coloniale.
sont dénoncés à Passemblée Incendie de
Troubles au Port-au-Prince. combat quiforce
cette wille à la suite d'un Excursion des
les mulatres d'en sortir.
Croix-despatriotes à la paroisse de la
les homBouquets- Auentats commis par
Leur conduite au Cayes
mes de couleur.
et dans la province du nord,1.
du Limbé et de
CHAP. IX. Campagne
Boukman.
PAcul. Mort du chef nègre
de MM. de Mirbek,
Arrivée au Gap
commissaires
Roume et de Saint-Liger,
civils nonmés par le Roi. Leur entrevue
avec le chef nègre Jean-François. Leur
conduite prudente et circonspecte. DésasVoyage de M. de
tre d'Quanamynthe.
Adresse
Saint-Leger all Port-qu-Prince:
I. 215
de la paroisse du Fond-des-Nigres,
CHAP. X.. Etablissement des municipalités --- Page 308 ---
TABLE.
dans toutes les paroisses.
véque-Thibaut
M. Larchedu Cap. Journée procureur-syndie de celle
Blanchelande,
du 27 mars. M. de
destitué par P'assemblée
coloniale, est rétabli dans
Départ de M. de Mirbck sesfonctions.
Léger pour la France.
et de Sainttous les officiers de la Diportation de
au-Priace, I.
garnison du PortCHAP. XI. M. d'Assas
taine
est nommé capigénéral de la garde
conduite.
nationale.Sa
Auague du Fort-Belair
Biassou. Séance extraordinaire
par
semblée coloniale.
de l'asElle arréle
séances ne seront plus
que ses
dans la wille du
publiques. Troubles
Cap, I.
CHAP. XII. Lassemblée
des intentions de
colonialesalarme
L'assemblée
Elle arrête un plan
législative.
niale. Discours de MM. d'organisation colode
de Cadusch. Décret du
Léaumont et
l'assemblée
24 mars 1792 de
ligislative. Fayage de M. de
Blanchelande a
joint
Saint-Marc, oùt il est
par MM.de Grimoard et de Fontange. Arrestation de M. Borel et de
Rottille. Arrivée de M. de
sa
au Port-au
Blanchelande
Prince; il se rend à Jéré-
législative.
niale. Discours de MM. d'organisation colode
de Cadusch. Décret du
Léaumont et
l'assemblée
24 mars 1792 de
ligislative. Fayage de M. de
Blanchelande a
joint
Saint-Marc, oùt il est
par MM.de Grimoard et de Fontange. Arrestation de M. Borel et de
Rottille. Arrivée de M. de
sa
au Port-au
Blanchelande
Prince; il se rend à Jéré- --- Page 309 ---
TABLE.
Désastres de la promie et aux Cayes.
vince du sud, I.
XIII. Retour de M. de BlancheCHAP.
Lettre de Pinchinat.. Jugelande au Cap.
Seconde commission
ment sur ce mulâtre.
M. d'Escivile; son arrivée au Cap. de Saintparbès gowerneur général et celle des trois
Domingue ; sa conduite
Pun
commissaires; ; serment prononcé par
à léglise. Formation
d'eux (Polverel) intermédiaire. Etablisd'une commission Arrivée de M. de Rosement d'un club.
T
chambeau au Cap, Lom. II.
CHAP.XIV.Jourmée, du 19 octobre- Suites
événement. Révolution totale dans
de cet
de la colonie, II.
Fadministration.
CHAP. XV. Ancedote sur M. Ailhaud,
civils. Il repasse
Dun des commissaires Fézenzac est arrêté au
en France. M. de
constitué
sur la freMole, et
prisonnier Destitution de tous les
gate PInconstante.
publics. Taxe subventionFonctionnaires Division entre les deux commissaires
nelle.
à ce sujet. M. de
Polverel et Sonthonax
au FortRochambeaue attaque les brigands
Dauphin. Journée du 2 décembre. Chute --- Page 310 ---
TABLE,
de lafaction de Saint-Marc.
de M.
Déportation
Tarcherégu-Thibaut, II.
CHAP, XVI,
la
Reflezions sur la conduite et
de la
eteeniomainibnumntd Prewve
connivence des hommes de
avec les nègres révoltés.
couleur
Grande-livière.
Espédition de la
nerie. Autres Prisé dufore de la Tansuccès des blancs.
nax empêche
SonthoArrestation queils né soient décisifs.
de MM. de Coutard et deJumécourt, par M. Borel. Réunion
deux commissaires à
des
arment contre le
Saint-Marc. Ils
Port-at-Prince, II.
CHAP. XVII. Conduite de M.
Boissière, Défaite desmulatres Tanguy-La
Adresses
eJérémie.
Marc. sanguinaires de ceux de. SuintSiige du
de M. Borel à la Port-au-Prince. Fuite
CHAP, XVIII.
Jamaique, II.
nombre
Déportation d'un grand
d'habitans du
Les commissaires civils port-au-Prince.
Ils envoient
vont àJacmel:
mic,
Pinchinat et Rigand à Jéré.
pour soumettre la
mulâtres sont
Grande-Anse. Ces
complètement battus.
ment des commissaires,
Reglenegre,
rédigé en patois
imprimé et affiché. Arrivée du
nouveau gouverneur général Galbaud et
, XVIII.
Jamaique, II.
nombre
Déportation d'un grand
d'habitans du
Les commissaires civils port-au-Prince.
Ils envoient
vont àJacmel:
mic,
Pinchinat et Rigand à Jéré.
pour soumettre la
mulâtres sont
Grande-Anse. Ces
complètement battus.
ment des commissaires,
Reglenegre,
rédigé en patois
imprimé et affiché. Arrivée du
nouveau gouverneur général Galbaud et --- Page 311 ---
TABLE.
Masse. Medu conntbanire-endonsaterd Sonthonaz et Polsures qu'ils prennent.
Leur
verel se hâtent de retourner au Cap.
dans cette ville. Disentrée triomphante
Blangs
adressent aux petits
cours qu'ils
MM. Galbaud frères
et aux mulatres.
à bord d'une
sont destitués et confinés
frégate, II.
du despoCHAP. XIX. Nousenuzprogràs Prétentions des
tisme des commissaires. met à la tête
mulâtres. M. Galbaud se
insurrection. Combat dans les rues
d'une
Incendie de cette ville. Départ
du Cap.
d'Amôde la flotte pour les États-Unis
rique, II.
Arrivée du convoi
CHAP. XX et dernier.
les blancs
à Norfolek ent Virginie. Tous
sont obligés de fuir de Saint-Domingue.
des
révoltés refusent les
Les chefs
nègres
Conduite de
offres des commissaires. Biassou et de MaJean - François, de
Prise de Jérémie et du Mole par
caya.
les Anglais, II.
MÉMOIRE sur le rétablissement de Saint237
Domingue, II.
FIN DE LA TADLE. --- Page 312 --- --- Page 313 ---
PREMIER TABLEAT. Lr
TinEe suivant a eifuir par 1/.
l'ame I. page *9
IASTE, ct pallis en 1305
de nos Colonies urridentales,
dans on intiressant mnerage sur
et
Fimp-rtonce
partiruli rem nl d.: celle de swint-Domingure
Exmurda Tablea des Esportations fites par li Colonte de SaintDoningue, de puis le I" Janvier juspiau 31 Diremb
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DEL MEME TABLEAU
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