--- Page 1 --- --- Page 2 ---
S
-
ATDE
Jobu Carter Brolon
Libran
romn Aninersitg --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
HISTOIRE
DE
LA RÉPUBLIQUE D'HAITI. --- Page 6 ---
De PImprimerie de madame,
rue Hautefeuille, Jruwesoxx-Cabuitie, n*20. --- Page 7 ---
HISTOIRE
DE
LA RÉPUBLIQUE D'HAITI
OU
SAINT-DOMINGUE,
L'ESCLAVAGE ET LES COLONS;
PAR CIVIQUE DE GASTINE,
AUTEUR de la Liberté des Peuples, ctc,
Oilice
OC
-
Ctieure Coulon,
Citoyen français et négociant.
PARIS,
CHzz PLANCHER, ÉDITEUR DU MANUEL DES BRAVES, ET
DES OEUVRES DE VOLTAIRE, Libraire, rue Poupée, no, 7.
1819. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
-
A Ciienne Coulon..
CITOYEN,
JE vous prie de vouloir bien agréer la dédicace
de l'ouvrage queje publie aujourd'hui sur Haiti.
Puisse l'amour de la patrie et de l'humanité, qui
a guidé ma plume, rendre cet hommage digne de
vous.
Votre coeur généreux vous fait désirer. 7 ainsi
qu'à tout ce qu'il y a d'âmes élevées en Europe,
l'abolition de l'esclavage dont l'existence
rait
frappetoujours de nullité toutes les mesures que la
plusprévoyante philanthropie pourrait prendre,
afin de détruire Vabominable traite des nègres...
Ce déplorable trafic est un des effets del la barba- --- Page 10 ---
VI
rie. Aussisemble-t-il
la civilisation
répousser les efforts que fait
depuis les cabinets de
tels quel le roi de Bavière et le
souverains, >
grand duc de Toscane, jusqu'aux assemblées des nations les
libres, pour réintégrer legenre humain
plus
ses droits, et donner,
dans tous
pour base, à la civilisation, la
prospérité des peuples, sans laquelle rien
les préserver, ni les rois, des
ne peut
convulsions
tiques.
poliDans ce concours pour l'amélioration
pèce humaine, la morale etl la
de l'esde front, elles
politique marchent
se prétent un mutuel et sincère
appui contre l'ennemi
n'a
de
commun,ledepotisme
plus soutiens
dans
qui
que
sa débile
toutes les bassesses, les noblesses,
postérité:
les
avices, les majorats, les
préjugés, les
intolérances, les
ries, , les dimes, les
catégopersécutions, les
un mot, tous les crimes
abus, et," en
qui causent le
et la destruction des
malheur
peuples, avilissent et dégradent T'homme au point dele
de la brute...
eravalerau-dessous
Un patriote (r) que j'aime à vous
compa-
(t) Le citoyen Toulotte, homme de lettres et ancien
sous-préfet, dont Fattachement à un illustre
le
néral de Pommereul, > est ingénieux à faire proscrit, gévices rendus au nord par cet habile
connaitre les seradministrateur.
et la destruction des
malheur
peuples, avilissent et dégradent T'homme au point dele
de la brute...
eravalerau-dessous
Un patriote (r) que j'aime à vous
compa-
(t) Le citoyen Toulotte, homme de lettres et ancien
sous-préfet, dont Fattachement à un illustre
le
néral de Pommereul, > est ingénieux à faire proscrit, gévices rendus au nord par cet habile
connaitre les seradministrateur. --- Page 11 ---
VII
rer, a dit ( qu'étendre les
lisation à toutes les
bienfaits de la civimeilleur
parties de la terre, était la
berté des garantie que lon pit donner à la lipeuples. )) Ces paroles sages et
font bien connaître leur
profondes
faires, il sait,
auteur Loin des af2 par: sa correspondance avec les députés etles publicistes les plus dévoués à la
défendre les intérêts du
nation,
titutions libérales.Si,
commerce ct nos insFrançais
comme un grand nombrede
proscrits et persévérans, il ne jouit
d'unejustice qu'on sera forcé de leur
pas
tard, le calme de sa
rendre plus
conscience lui
moins un repos, que rien n'est
procure du
au fonctiennaire
capable de ravir
Saverne, servit intègre qui, à Lille comme à
le prince avec
et
avec dévouement.
fidélité, la patrie
Il nep peut pas, plus que
voir citer sur le
vous, s'offenser de se
frontispice d'un
mes mains patrioticques
monument que
le grand intérêt
élévent à Thumanité dans
de la France, de toutes les
tropolés et des contrées
méColonies. Mon
intéressantes, appelées
puretédes
ouvrage serait moins faible, si la
intentions qui
tenir lieu du talent
m'animent, pouvait me
plus
qui me manque pour soutenir
dignement la noble cause
sur laquelle j'ai
que je plaide, et
répandu quelques nouvelles lu- --- Page 12 ---
VIII
mières, pour mériter d'étreluaprésles Raynal, les
Moreau Saint-Méry et les de Pradt, écrivains plus
profonds, plus entrainans. > mais ni plus sévères
dansle choix desmatériaux, ni plus pénétrés dela
dignité de l'homme que votre ami,
CIVIQUE DE GASTINE.
BMAKMUM --- Page 13 ---
PRÉFACE.
LE but que je me suis
bliant cet
proposé en puutile à
ouvrage, a été de me rendre
Phumanité.
S'il existe des étres assez
jeter des doutes sur
pervers pour
les plains C'est mes intentions, je
toute la
queje veux en tirer.
vengeance
Jeme suiscru endroit,
de faire part à ma Patrie comme de
citoyen,
vations et de mon
mes obsertentions et les
opinion, sur les préprojets de son
ment; car je crois fermement gouvernenidelhonneurni
qu'il n'ést
de Tintérêtd'un peuple,
d'entreprendre une guerre injuste etdésastreuse une guerre
La
d'extermination.
France guerre, par suite de laquelle la
pourrait rétablir sa
sur St-Domingue,
domination
serait, telle est mon
opinion, une guerre injuste et désastreuse > une guerre d'extermination.
I
les
opinion, sur les préprojets de son
ment; car je crois fermement gouvernenidelhonneurni
qu'il n'ést
de Tintérêtd'un peuple,
d'entreprendre une guerre injuste etdésastreuse une guerre
La
d'extermination.
France guerre, par suite de laquelle la
pourrait rétablir sa
sur St-Domingue,
domination
serait, telle est mon
opinion, une guerre injuste et désastreuse > une guerre d'extermination.
I --- Page 14 ---
Trente ans de révolution et de guerre
ont fait à la France des blessanglante
Elle n'aqu'un
sures graves et profondes.
c'est le
moyen de cicatriser ses plaies-.
et entière
repos et la jouissance pleine
de sa constitution.
de l'état est à
Cette loi fondamentale
le traité
la révolution française, ce que
Vervins fut à la
de la ligue.
de
guerre
du traité
La révocation ou l'inexécution France le feu
de Vervins eût rallumé en
dévorantde la guerre civile; la révocade la charte constion ou linexécution
infailliblement
titutionnelle ramenerait
troubles et de plus grands
de nouveaux
M. Bailleul
malheurs que tous ceux que
et
retrace avec tant de profondeur,
nous
écrivain, avant lui, n'avait
dont aucun diverses causes avec la jusindiqué les
font justement
tesse et la franchise qui
Pezamen critique de l'ouvrage
rechercher de la baronne de Staël ayant
posthume
sur les princititre : Considérations
pour événemens de la Revolation/frangoise
paux
obserHenri IV et ses successeurs --- Page 15 ---
vérent
religieusement les
de la paix de Vervins, Louis conventions
moin de la gloire de
XVIII, téson illustre
et de la vénération du
aieul,
peuple
pour sa mémoire, peut aussi Français,
l'immortalité et avoir des droits acquérir à la
connaissance nationale c'est
revant la route
en suiqueHenrilnia tracée I
c'est en se mettant à la tête du dix-neuvièmesiècle, et en protégeant toutes les
industries, toutes les lumières, toutesles
découvertes, toutes les idées libérales
qu'aurait propagées avec tant d'effusion
d'âme le grand prince dont le moindre
mériteestdavoirété chanté
dans des vers immortels, par Voltaire
venir des vertus de cette commele soudu fanatisme. Le héros auguste victime
qui, en
Paris, faisait passer des vivres à assiégeant
ceux dans
lesquels sa bonté persistait à voir des
fans, quoiqu'ils fussent rebelles
enpar des prêtres
et armés
sonne et de sa proscripteurs de sa percroyance, aurait
avec empressement
souscrit
malheureux
pour secourir de
français, proscrits sans jugeI.
des vertus de cette commele soudu fanatisme. Le héros auguste victime
qui, en
Paris, faisait passer des vivres à assiégeant
ceux dans
lesquels sa bonté persistait à voir des
fans, quoiqu'ils fussent rebelles
enpar des prêtres
et armés
sonne et de sa proscripteurs de sa percroyance, aurait
avec empressement
souscrit
malheureux
pour secourir de
français, proscrits sans jugeI. --- Page 16 ---
des hommes dont la superstition
ment,par
des
et des
meteame
-la cruauté surpasse celle
tigres
animaux féroces, qui peuplentles
autres
du nouveau monde.
déserts sauvages
illustre aieul, fera
Louis, digne de son
encore;ils se déclarera le protecteur
plus
si digues de sa royale préde ces Français bornera point à les rapdilection, ,et ne se
peler au sein de la grande etimmortelle
famille Ces sortes de conquêtes en
immortalisant leurs auteurs, cimentent
seules le repos et le bonheur du genre
humain Le retour de lintrépide Excelmans et de qnelques illustres proserits de
adouci les cruelles douleurs
a déjà
familles que la fin tragique de
plusieurs de Ramelet de Lagarde; que
Brune, 2
des protestans du midi; 9
les malheurs
que les catégoque les lois d'exception;
condamnées
ries duducde Feltre avaient consolées ni
aux larmes,et que n'avaient
ni celle
conduite de Canuel à Lyon,
la
de Donnadieu à Grenoble. faction consiIl existe en France une --- Page 17 ---
dérable, età laquelle on a
d'attention
trop peu fait
jusqu'à cej jour. Cette
est d'autant plus dangerense
faction
gue est son arme, et
que l'intriposée que de
qu'elle n'est comdu malheur gens qui, sous le manteau
et de linfortane,
des secours du
reçoivent
draient associér ouvernementquils à leurs
voude
désirs insensés
s'emparer de St.-Domingue,
rétablir tout sur son ancien
pour y
Cette faction
pied.
le
qui n'a de français
nom, se compose d'un
que
de
grand nombre
planteurs et de principaux colons de
St-Domingue,ils n'ont cessé
auprès de tous les
d'intriguer
sont succédés
gouvernemens qui se
lution,
en France depuis la révoafin de les entrainer dans la dangereuse et. vaine conquête de cette
qui nous serait
ile,
même
échappée tôt ou tard,
après la plus
des années d'une
complète victoire et
nouvelle
De même quelesplus possession.
plus ignares de l'ancienne ambitieux ou les
clergé, veulent le
noblesse et du
droits
rétablissement des
féodaux, de toutes les intolérances
gouvernemens qui se
lution,
en France depuis la révoafin de les entrainer dans la dangereuse et. vaine conquête de cette
qui nous serait
ile,
même
échappée tôt ou tard,
après la plus
des années d'une
complète victoire et
nouvelle
De même quelesplus possession.
plus ignares de l'ancienne ambitieux ou les
clergé, veulent le
noblesse et du
droits
rétablissement des
féodaux, de toutes les intolérances --- Page 18 ---
violent arbitraire, afin desupet du plus
l'effroi, de jouir
pléer au nombre par
des dimes,et
despriviléges,
promptemient
la restitution des
de forcer inopinément
coloniale apbiens nationaux, la faction
de tous ses voeux le rétablissement
pelle
la remise en possession de
de l'esclavage, ,
etc., etc
ses biens, de ses habitations,
de la
sont les ennemis
Les premiers
les autres, ceux
liberté des peuples;
Le despode la liberté des individus.
des nobles, 9
y
tisme faisait le bonheur des colons !
l'esclavage faisait la richesse
voulu
avoir
Les uns et les autres, pour
fait
lesprit de leur siècle,ont
combattre
Qu'ils n'accusent
leur malheur à tous!..
de leur
d'être l'instrument
personne elle est leur ouvrage; etleur
perte, car
exclusif et
esprit turbulent, inquiet, dans les divisions
tracassier, se reconnait sinon accru le
qui les déchirent : ils ont
ils ont
du moins
nombre des libéraux,
Rovigo, et
fourni aux ministres Fouché,
observateurs 2
de Cazes de très-vigilans
et
qu'en Allemagne, 2
tant à Londres, --- Page 19 ---
jusque dans les plus brillantes
les prisons les
rénnions;
plus obscures, et les tavernes les plus infectes.
Leg gouvernement doit se tenir bien
garde contre lesinsinuations
en
de ces prétendus
dangereuses
conciliateurs de l'Amérique avec
lEurope (r). En
une connaissance
prétextant
parfaite des
et de
localités
l'esprit des habitans
actuels, ils
présentent comme facile et comme
tageuse pour la
avanFrance, une
qui lui seraitréellement
conquête
aussi
à obtenir,
impossible
qu'elle serait désastreuse
les résultats de sa seule
par
tentative... Quoi!
(1) Un certain borgne de
pas plus clair qu'un autre, Boigne, qui en politique ne voit
nièrement un écrit dans quoi qu'il en dise, a publié derFrance faisait aux Haitiens lequel il prétend prouver, que si la
raient disposés à rentrer'sous certaines sa
concessions, ils se-.
ment dans l'erreur; et malgré domination. il est compléteministre a donné à son plan l'approbation de
apparente qu'un
était bien persuadé qu'il ne serait conciliation, ce dernier
tans d'Haiti, Ils ont refusé,
pas accepté par les habipondance du sieur
2 comme on le verra par la corresFontanges, des conditions
avantageuses que celles quece borgne si clairvayantat beaucrsp plus
danssapolitigue brillante etsa
trouvécs
da lui apprendre que les révolutions sagesse profonde; elles auraient
marche rétrograde.
ne suivent jamais une
ait bien persuadé qu'il ne serait conciliation, ce dernier
tans d'Haiti, Ils ont refusé,
pas accepté par les habipondance du sieur
2 comme on le verra par la corresFontanges, des conditions
avantageuses que celles quece borgne si clairvayantat beaucrsp plus
danssapolitigue brillante etsa
trouvécs
da lui apprendre que les révolutions sagesse profonde; elles auraient
marche rétrograde.
ne suivent jamais une --- Page 20 ---
terrible et encore récent de
l'exemple
T'expédition malheureuse et déplorable
Leclerc, serait-il déjà perdu
du général
Si la belle et brave
pour la France
armisgeicmmunhiti.ne trouvé qu'un
tombeau dans cette ile qu'elle voulait
espoir peut-on encore
nous rendre, quel
conserver de s'en emparer, par la force,
tous les obstacles qui se sont
lorsque
existent
opposés au succès de nos armes y
un
encore qu'y trouverions-nous?
climat pestilentiel et tout un peuple au
désespoir
C'est la faction coloniale qui, en 1802,
à force d'intrigues, à déétait parvenue,
Français à tencider le gouvernement
C'est
ter la conquête de St-Domingue. du
aussi la faction coloniale qui obtint
Français la révocation de
gouvernement
la traite. C'est
cette belle loi quiabolissait
aussi la faction coloniale, trop écoutée
le sieur Malhouet, qui fit députer
par certain Médina à Haiti (1), aveccomun
(1) A l'iusu du roi de France quia renié ce Médina. --- Page 21 ---
mission d'y rétablir la traite sur son ancien pied, ou de tout préparer pour ce
projet sacrilége !.. et c'est encore linfatigable faction
coloniale, qui ne cesse
dintriguer, afin d'obtenir de la France,
partoutes sortes de moyens,e exceptélafranchise et l'équité, qu'elle fasse encore une
tentative pour s'emparer de St.-Domingue Qu'ils y renoncent à cette ile
Les principes antiphilosophiques qu'ils
manifestent toujours, leur en ont à jamais fermé l'entrée.. qu'ils deviennent
les citoyens de cette métropole
a
tendu une main secourable et quileur
trice; qu'ils consentent à devenir protec- les
membresdecette grande famille!. qu'ils
n'oublient pas surtout que l'amour de la
patrie est l'âme d'unpeuple dontla devise
est Pégalité devant la loi.
Victimes pendant tant d'années dela
barbarie des blancs, les nègres de St.-
Dominguesonte encore
d'hui
poursuivisaujourjusque sous les rameaux bienfaisans
de l'arbre de la liberté, parlinjuste
jugé colonial,
pré-
c- les
membresdecette grande famille!. qu'ils
n'oublient pas surtout que l'amour de la
patrie est l'âme d'unpeuple dontla devise
est Pégalité devant la loi.
Victimes pendant tant d'années dela
barbarie des blancs, les nègres de St.-
Dominguesonte encore
d'hui
poursuivisaujourjusque sous les rameaux bienfaisans
de l'arbre de la liberté, parlinjuste
jugé colonial,
pré- --- Page 22 ---
IO
Suivant les lois générales de la nature
modernes
dont certains gouvernemens
écartés,il est incontestable
se sont trop
doit
à faire de
qu'une nation ne
songer
est
colonie, que lorsque sa popalation enraiplus forte qu'elle ne devraitlêtre, fertilité de ses
son de l'étendue et de la
des nalaFrancesoit une
terres. Quoique
de PEurope > , elle
tions les plus peuplées
le nomest encore bien loin de contenir
d'habitans qu'elle devra aux perfecbre
donnera
tionnemens de sa legislationqui
comune nouvelle vie à Tagriculture,an tout sera
merce, à Vindustrie, dès que
charte. Quelonconsienharmonienveclac et Pon sera aussi LS surpris
dèrela Bretagne,
la province de
qu'alligé, en voyant que
Francela plus belle,laj plusheurensement celle en un mot
située pourle commerce, beaux ports de mer
qui renferme les plus couverte de plaines
delEurope, est encore
d'une granimmenses, incultes > quoique
des bras
que
def fertilité,et quinattendento abondance ! Cepenpour produire avec
quise sont
dant, tous les gouvernemens --- Page 23 ---
II
succédés jusqu'à ce jour, ont préféré formerdes colonies surdes rivages barbares
et lointains,à donerleursoinsàla
prospérité et à lasplendeur intérieure del'Etat, parce quele règne des courtisansimpressionnait le règnelégal, à lafaveur de
l'oppression dela presse, quiempéchaitla
vérité de parvenir jusqu'au trône où les
défenseurs des abus et des priviléges,
arrivaient en rempant.
Cen'est donc pas sur l'ile d'Haiti que
l'Etat doit fixer ses regards, s'il veut acquérir de la puissance réelle, c'est sur la
Bretagne. Qu'il y dohne des
mens à l'industrie, et qu'au lieu encourage- d'y envoyerdes missionnaires qui, bien loin d'éclairerle peuple, entretiennent au contraire en lui lignorance et la superstition.quilyenvoiedes amisde Phumanité,
qui, en y répandant les saines doctrines
et lamour del la science, feront sentir au
peuple les bienfaits de lacivilisation.
Le système européen, relativement à
ses rapports avec les colonnies du nouveau monde est, suivant moi, un chef
d'ceuvre d'injustice et d'iniquitél.. la
- d'y envoyerdes missionnaires qui, bien loin d'éclairerle peuple, entretiennent au contraire en lui lignorance et la superstition.quilyenvoiedes amisde Phumanité,
qui, en y répandant les saines doctrines
et lamour del la science, feront sentir au
peuple les bienfaits de lacivilisation.
Le système européen, relativement à
ses rapports avec les colonnies du nouveau monde est, suivant moi, un chef
d'ceuvre d'injustice et d'iniquitél.. la --- Page 24 ---
plus grande franchise sera
guide, en écrivant. Je
toujours mon
j'écris, et j'écris tout pense tout ce que
crains
ce queje pense,Jene
pas d'aller troploin; car le bien
néraletle repos du monde, sont le
géquelje vise! Combattre les
butauvent encore menerle
abus quipeud'horreur
monde à des scènes
et de carnage, comme
qui ont eu lieu, est le but
celles
proposerai toujours,
que je me
vera d'écrire
lorsqu'il m'arrisur la
rai donc
politique. J'attaquevigoureusement les
n'est que trop vrai,
abus; car il
sidérable
qu'un nombre cond'égoistes ont intérêt à les
maintenir, à les défendre et à les
tuer.
perpéUn orateurcélèbre de
a dit, en parlant de nos notrerévolution
tre-mer: c
possessions d'ou-
( seul de nos
emntmtes
principes L. mot
et qui iapprendra à nos derniers sublime,
combien étaient
neveux,
purs et désintéressés les
sentimens de ces citoyens
de mauvais Français
illustres, que
qualifier du titre
cherchent encore à
odieux de révolution4 --- Page 25 ---
naires.. d'ernemis du genre humain.. Non!
ils n'étaient pas des
n'étaient
les
révolutionnaires, ils
pas
ennemis du genre humain, ceux-là qui préféraient les
cipes aux colonies. C'est sur les
prinet non sur les colonies,
principes
bonheur etla
que reposent le
paix des nations. Un
sans colonie peut exister
peuple
reux!..
puissant et heuune nation sans principes, est un
monstre qui se dévore lui-mème, et
faitle malheur du genre humain.
qui
la Peuples droiture européens 2 que la franchise
et l'équité soient
>
guides de VOS actions!..
toujours les
tout d'imiter la conduite gardez-vous surnement insulaire
de ce gouversi peu de
qui a tant de CO onies et
principes ! Je vous le dis en
rité, la nature, fatiguée de
vénables
ses impardonméfaits, le rendra bientôt
colonies, comme il est sans
sans
le spectre hideux et
principes !.
puissance infernale, ensanglanté de sa
l'ombre dela nuit devant disparaitra comme
C'est alors
l'astre du jour.,
que livré à lui-même, il
cipitera la nation anglaise dans de prélongs
qui a tant de CO onies et
principes ! Je vous le dis en
rité, la nature, fatiguée de
vénables
ses impardonméfaits, le rendra bientôt
colonies, comme il est sans
sans
le spectre hideux et
principes !.
puissance infernale, ensanglanté de sa
l'ombre dela nuit devant disparaitra comme
C'est alors
l'astre du jour.,
que livré à lui-même, il
cipitera la nation anglaise dans de prélongs --- Page 26 ---
T4
déchiremens et d'horribles
et nous vengera par le mal qu'ellese convulsions;
de tout celui qu'elle
fera,
sous le joug de
nous a fait étant
ministres qu'elle n'aura
point su désavoner, malgré le secours
d'une opposition éclairée et
1l est facheux que les auteurs courageuse. de faux
désastreux
et
seuls,et systèmes ne se perdent pas
douloureux de voir les
solidaires des fautes et des crimes peuples de
quiles égarent dans l'absence de
ceux
assez habiles
princes
lois
pour fonder l'empire des
suivant leur temps et leur siècle,
comme saint Louis, Charles V, Louis XII
et notre généreux Henri ont entrepris
de le faire, en dépit d'obstacles de tous
genres.
141 w 39V V à --- Page 27 ---
HAITI
ET
SAINT-DONINGUE
CHAPITRE PREMIER.
Description topographique de l'ile SaintDomingue.
HAiTI est. le nom
avant
rmnamssesabe
gue,
la découverte du
les Européens. On prétend Nouvean-Monde, par
fiait, dans la languedes
quele mot Haiti signipremiers habitans de cette
ile, un pays hérissé de montagnes et couvert de
bois, comme elle l'était alors en effet.
Il est peu de personnes qui ignorent
SaintDomingue, la sccondedesAntills)
que
est la première de toutes ces iles pour Tétendue,
du
par la fertilité
sol, pars sa position avantageuse pour le commerce, par le nombre, la sûreté et la
de ses ports. La surface de cette ile est commodité de
cing mille lieues carrées. La
plus de
nait à lEspagne avantla
partie qui appartemait près des deux tiers decette révolution française, for
Pendant
étendue.
un temps assez considérable, la
française fut bien moins florissante
partie
mais legénieactifdes
que Fautre;.
à surmonter
Français parvint à la longue
tous les obstacies : Tun des princi-
la
de ses ports. La surface de cette ile est commodité de
cing mille lieues carrées. La
plus de
nait à lEspagne avantla
partie qui appartemait près des deux tiers decette révolution française, for
Pendant
étendue.
un temps assez considérable, la
française fut bien moins florissante
partie
mais legénieactifdes
que Fautre;.
à surmonter
Français parvint à la longue
tous les obstacies : Tun des princi- --- Page 28 ---
d'abandon où le gouvernepaux était T'espèce Jaissait cette colonie. Pour
ment de la métropole
elle restait dans un
ainsi dire livrée à elle-même, bien loin d'annoncer la
état de langueur qui était d'une autre administration.
force et la splendeur faisaient une. fois chaque
Deux vaisseaux qui
sufà Saint-Domingue, et les
annéele voyagedEaropel pour les simportations
fisaient seuls, en 16g0,1
française de cette ile.
exporiations de la partie amélioration s'y fit re- y
Mais quelle prodigicuse fallut donc qu'un siècle
marquer en 17901 1 ne s'y élevassent, année
pour que les exportations de trois cents millions pesant
commune, à près
de toutes espèces. C'est
de denrées coloniales octogénaire, quil l'avait vue
alors qu'un Espagnol
s'écria en la retrousi chétive dans sa jeunesse,
aux Fran-
: Rien r'est imposible
vant si prospère d'obstacles insurmontables pour
çais! il n'y a pas
Pactivité et Vindusnation, dont les lumières,
cette
peuple du monde!
trie font le premier
est arrosée
en
trés-montuense,
Cette ile général
dont quelplusieurs rivières considérables, jusqu'à une
par
ont été rendues navigables
ques-unes distance de leur embouchure. sain et perassez grande
très-mal
Le climat y est en général qui vontsy établir;
nicieux pourles Européens de temps, s'ils ne sont
ils y succombent en peu robuste et d'unbon tem-
"doués d'une constitution
dans les
pérament. chaleur excessive que Pon éprouve
sur
La
est tempérée
basses terres et dansles plaines,y --- Page 29 ---
les montagnes,
Ia même qu'en dontlasempérature France. est à pen près
rable Saint-Domingue de
présente un nombre considéports sûrs et commodes, dans
les escadres trouvent un abri contre
lesquels
contrele ressacde lamer. les vents e
Port Dauphin, le
Lesprincipaux sont : le
Môle
Cap Français, le Port-Paix, le
Saint-Nicolas, les Gonaives,
Port-au-Prince,
Saint-Marc, le
Léogane et les
partie française; et, pour la
Cayes, pour la
Port
partie espagnole, le
deSanto-Domingo et la baie de Samana. position de cette baie
La
toute T'ile, est des
qui se trouve au vent de
rables
plusheurenses et des plus favopour recevoir une nombreuse escadre
peuts'y mettre à l'abri de tout vent,
qui
avec facilité, en cas
ets'y fortifier
part de Tennemi. La d'attaqneou baie de de poursuite dela
par un enfoncement d'une Samana est formée
desix à huit de
quinzaine de lieues et
nommée le
largeur.
cette baie
La
toute T'ile, est des
qui se trouve au vent de
rables
plusheurenses et des plus favopour recevoir une nombreuse escadre
peuts'y mettre à l'abri de tout vent,
qui
avec facilité, en cas
ets'y fortifier
part de Tennemi. La d'attaqneou baie de de poursuite dela
par un enfoncement d'une Samana est formée
desix à huit de
quinzaine de lieues et
nommée le
largeur. Une chaîne de rochers,
récif, en ferme l'entrée
bouchure de la rivière
depuis l'emBanistre dans le nord, d'Icogne jusqu'au port
seul
près duquel se trouve le
passage pour les grands nat vires. Dans la
tieseptentrionale de cette baie, il a
par. foncemens ou ports, dans
y plusieurs en 1
vaisseaux
lesquels les plus grands
s'abattre peuvent, au retour d'un
en carène et se radouber. long voyage,
La plus grande rivière et la plus
partie de Tile,
rapide de cctte
fond de cettel baie. FYuma, se jette à la mer dans le
Les rives
vière de Camen, et de pittoresques de la riplusieurs autres qui se
--- Page 30 ---
-
dans FYuma, sont couvertes d'acajoux, de
jettent cèdres, de pins et de sabliniers superbes, propres
construction de flottes entières. On trouve
à la
environs des mines de fer, de cuivre
aussidansl les
et d'étain : elles paraissent très-abondantes. considérable
L'Artibonite est la rivière la plus
de l'ile: : elle a un cours de plus de quatre-vingts
Elle coule est et ouest, prend sa source
lieues. Cibao, dans la partie espagnole où
dans les monts
et se jette à la mer près
ilya plusieurs mines d'or, française qu'elle arrose
Saint-Marc, dans la partie
et fertilise. avoir huit lieues de
L'ile de la Tortue peut
aux
longueur sur trois de large; elle appartenait delal baie des
Français, et estsituée à quatre lieues dans le nord de
Moustiques et du Port de la Paix, sain à l'ile de la
française. L'air est vif et
la partief
très-fertile 3 elle est
Tortue qui est en général
hamontueuse. On y voit plusieurs
aussi un peu
Dans P'ouest de ceiteile, à la
bitations et un fort. bon mouillage; ; mais
pointe des Salines, il ya un
ile,
la
toute la côte du nord de cette petite la depuis Tête du
jusqu'à
pointe de Touestnord-onest,
l'on nomme
chien, dans l'est, le rivage hérissé que d'écueils et
avecr raison, la Côte de Fer, est
la
de récifs extrèmement
dangerens,surlesqudls
mer vient se briser avec fureur.
bitations et un fort. bon mouillage; ; mais
pointe des Salines, il ya un
ile,
la
toute la côte du nord de cette petite la depuis Tête du
jusqu'à
pointe de Touestnord-onest,
l'on nomme
chien, dans l'est, le rivage hérissé que d'écueils et
avecr raison, la Côte de Fer, est
la
de récifs extrèmement
dangerens,surlesqudls
mer vient se briser avec fureur. en géest très-fertile
Lile de Saint-Domingue abondance du mais, des
néral ; elle produit avec
et de PAméfruits de toutes espèces, d'Europe et dela COdu sucre, du coton, de Tindigo
rique; --- Page 31 ---
chenille. Outre les mines d'or et d'argent
possède, on y a découvertaussi des mines de qu'elle
detale, de cristal de roche,
fer,
de charbon de terre; des d'antimoine, de soufre,
de pierre qui sont inliniment carrières de marbre et
L'ile de
plus précieuses.
Antilles, Saint-Domingue, comme les autres
est sujetteà des ouragans terribles et dévastateurs; ils détruisent
d'heires, les
quelquefois, en peu
espérances de la plus belle
Depuis les tremblemens de terre de
récolte.
qui causérent tant dedégâtsdans 1751 et 1770,
dans la partie
cetté ile, surtout
espagnole, ce fléau ne
est
peu reproduit.
s'y
que
Avant la révolution, on comptait à
mingue un grand nombre de villes riches Saint-Dobâties; mais depuis cette
et bien
coup souffert des troubles époque, elles ont beautrée ; plusieurs méme
qui ont agité cette conont été
truites. Les principales
entiérement dé-.
çaise, le Cap Français, sont, pour la partie franpourle.
qui est vaste et bien situé
commerce; le Môle
Marc, situé au fond d'une Saint-Nicolas; baie de
Saintun pays fertile; lel
ce nom dans
d'une immense baie Port-au-Prince, situé au fond
commode, et
ou golfe, a un port sûr et
une rade où l'on
sept et huit brasses d'eau à
compte jusqu'à
est une assez. jolie ville
mer basse. Léogane
plaine abondante
située dans une belle
à la vie.
en tout ce qui est nécessairo
Ily a aussi ià Léogane un assez
qui est défendu
bon
par un fort qui
port
côte, et les Cayes, ville située domine sur la
sur le. bord dels
2,
ou golfe, a un port sûr et
une rade où l'on
sept et huit brasses d'eau à
compte jusqu'à
est une assez. jolie ville
mer basse. Léogane
plaine abondante
située dans une belle
à la vie.
en tout ce qui est nécessairo
Ily a aussi ià Léogane un assez
qui est défendu
bon
par un fort qui
port
côte, et les Cayes, ville située domine sur la
sur le. bord dels
2, --- Page 32 ---
mer,avec un bon port et une rade ou
dix brasses de profondeur à mer basse. l'on compte
Les villes les plus considérables de la
pagnole, sont : Santo
partie eset peuplée, située sur. la Domingo, rivière qui est grande
était le siége du
Ozoma, Cette ville
gnole; il y avait gouverneur, une académie pour la partie espaet un très-bel
pital, un archevéché, une cour des
houneaudiencer royale. El
monnaies et
située sur PYuma à huit Cotuy est une petite ville
bonchure.
ou dix lieues de son emSt.Jago de los Cavarellos
assez considérable et située
est une ville
qui domine la rivière
surle haut d'un morne
d'Yaque. Cette
ville, ainsi que celle Saint-Juan de
dernière
trouvent dans lintérieur du
Magnana, se
Je borne ici la description pays. de l'ile de
mingue, la croyantsufisante
Saint-Dopour en donner une
idécaul lecteur qui 2 n'y est pas allé, ou qui
qu'une connaissance due à des mémoires in'en a
fidéles; je renvoie ceux qui désirent sur cette peu
colonie des renseignemens
eX-,
je dois suivre dans cet étrangers au plan que
oavrage, à Moreau de
Saint-Méry, ancien député de la Martinique à
l'assemblée nationale;
les hommes
admirateurduhéros. auquel
monarchiques ne pardonnent
d'avoir défendu avec succès
pas
mérique du
lindépendance de PAnord, et l'un de ceux que l'on vit des
premiers sur la ligne des
Destutt
Benjamin-Constant, des
deTracy, des Bérenger, des Bailleul, écrivains auxquels. le
ductions dignes des di-nenvismesedledoit beauxj
des projours du dix-huitième.
les hommes
admirateurduhéros. auquel
monarchiques ne pardonnent
d'avoir défendu avec succès
pas
mérique du
lindépendance de PAnord, et l'un de ceux que l'on vit des
premiers sur la ligne des
Destutt
Benjamin-Constant, des
deTracy, des Bérenger, des Bailleul, écrivains auxquels. le
ductions dignes des di-nenvismesedledoit beauxj
des projours du dix-huitième. --- Page 33 ---
Danssa Description topographique et politique de
la partie espagnole de Saint-Domingue, ainsi que
dans l'excellent ouvrage qui renferme les lois et
constitutions des coloniesfrangaises de PAmérique
souS le vent, M. Moreau de Saint-Méry a rempli
l'attente des hommes instruits que n'avait satisfaits
aucun de ses nombreux devanciers.
M M M A envm --- Page 34 ---
CHAPITRE II.
Précis de Phistoire de Saint-Domingue,
tablissement des Français dans
depuis lécette ile.
DANS le dix-septième siècle, des
français et des
aventuriers
Anglais, connus sousle nom de flibustiers, et chassés de
ruinérent le
Saint-Christophe dont ils
Ieurs
commerce par leurs pirateries et
brigandages, vinrent s'établir,
la petite ile de la Tortue,
d'abord dans
plus haut, au nord de la située, comme jelai dit
Saint-Dominguc.
partie occidentale de
Une bonne rade, un port sûr et
leurs navires étaient abrités
commode oit
la grosse mer; ; une situation contre les ouragans et
avec des forces bien médiocres trés-facileà défendre
contre les
considérables, les invitèrent à se fixer
plus
lieu. Il leur était doublement
dans ce
proximité des possessicns
avantageux par sa
quelles ils faisaient de
espagnoles, sur lespar les ressources
fréquentes leur
incursions, et
eaux
que
offrait cette ile. Des
saines, un bon air, un sol
tile et qui produisait
extrêmement ferpresque sans culture, avec
abondance, tout ce qui leur était
étaient sans prix dans leur
nécessaire,
Les nouveaux habitans de position. lile de la
pen
Tortue,
desa avantages proprosàfagriculture, ne surent pas profiter
inestimables quel leur offrait le pays
, sur lespar les ressources
fréquentes leur
incursions, et
eaux
que
offrait cette ile. Des
saines, un bon air, un sol
tile et qui produisait
extrêmement ferpresque sans culture, avec
abondance, tout ce qui leur était
étaient sans prix dans leur
nécessaire,
Les nouveaux habitans de position. lile de la
pen
Tortue,
desa avantages proprosàfagriculture, ne surent pas profiter
inestimables quel leur offrait le pays --- Page 35 ---
oit ils étaient venus s'établir. Ils continnérent,
mais avec plus d'audace qu'auparavant, à désoler
cette contrée. Ils se rendirent tellement redoutabies aux Espagnols qui étaient élablis dans Ces
parages, queles habitans de plusieurs colonies se
virent contraints d'abandonner les côtes et dese
retirer fort avant dans les terres,
traire à leurs violences et à leurs exactions. pour se sousLa cour d'Espagne, incapable de faire
rasa des places maritimes et en transporta les mieux, habitans dans d'autres contrées.
J'ai cru nécessaire de remonter ainsi
l'origine de l'établissement des Français à jusqu'à SaintDomingue; car, me proposant de démontrer
loin que cette colonie était au moment de déclarer plus
snindépendanceclonqsel la révolution y a
il importe que le lecteur connaisse cette éclaté,
Les plus richés planteurs qui étaient à origine. la tête de
la conjuration que de plus grands événemens
rendue si obscure,
ont
établissaient
malgré son importance réelle 3
leurs droits à
que cette colonien'avait été Tindépendance, sur ce
primitivement fondée
paraucune puissance européenne; mais bien
des hommes qui se trouvaient hors du cercledela par
civilisation, et qui, pourla
sens de. leur
plupart, bannis ou abpatrie, étaient les maîtres d'aller
blir où bon leur semblait.
s'élaLes flibustiers vécurent long-temps à Haiti
-cet état
dans
d'indépendance; et quand la nécessité de
se créer un gouvernement se Gt sentir à eux, ils se
donnérent librementun chef dans la personne de
C
mais bien
des hommes qui se trouvaient hors du cercledela par
civilisation, et qui, pourla
sens de. leur
plupart, bannis ou abpatrie, étaient les maîtres d'aller
blir où bon leur semblait.
s'élaLes flibustiers vécurent long-temps à Haiti
-cet état
dans
d'indépendance; et quand la nécessité de
se créer un gouvernement se Gt sentir à eux, ils se
donnérent librementun chef dans la personne de
C --- Page 36 ---
Willis, I'homme en qui ils avaient
plus de courage et d'habileté dans remarqué le
ditions
leurs
belliqueuses, et le plus
expépartages du butin.
d'équité dans les
Quelque fitl l'autorité dont
ses
Willis fut revêtu
camarades, et la formede son
sur
ilneput empécher la dissension de gouvernement,
les Français et les Anglais
se mettre entre
colonie naissante. Les
qui composaient cette
enhardis
Espagnols, leurs
par leur
les
ennemis,
le même
désumion,
dans
temps, et obtinrent sur eux attaquérent des
considérables. Trois fois les flibustiers avantages
pulsés de la Tortue, et trois foisils
furent exparla force deleurs
s'y rétablirent
côtes de
armes, après avoir jeté sur. les
fondemens Saint-Domingue où ils se
de la riche et
retirérent, les
nous yavons vue
puissante colonie que
jourdhui
depuis, et qui est
par la république et le remplacéeauCes flibustiers s'étant rétablis royaume d'Haiti.
sension se manifesta de
à la Tortue, la dis-.
et les Anglais; et
nouveau entre les
ces premiers,
Français
nombreux que les
beaucoup moins
moins
autres, et par
forts, se virent à laveille conséquent les
ou chassés de la colonie. Ils
d'être massacrés,
gouverneurs général des iles du envoyèrent prés le
deur de Poiney,
vent, le commanbesoin. Poincy chassa les
etiacinimee
Anglais de
Français en restérent les maitres. cetteile, etles
Peu à peu le nombre des
restés surl les côtes de
flibustiers qui étaient.
gui avaient repris
Saint-Domingue, et de ceux
possession de l'ile de la Tortue,
colonie. Ils
d'être massacrés,
gouverneurs général des iles du envoyèrent prés le
deur de Poiney,
vent, le commanbesoin. Poincy chassa les
etiacinimee
Anglais de
Français en restérent les maitres. cetteile, etles
Peu à peu le nombre des
restés surl les côtes de
flibustiers qui étaient.
gui avaient repris
Saint-Domingue, et de ceux
possession de l'ile de la Tortue, --- Page 37 ---
s'augmenta d'un grand nombre d'aventuriers
venus à Saint-Domingue dans l'espoir
qui,
delor, etayant été trompés dans leurs d'y trouver
s'allièrent avec les premiers; ils défrichérent espérances,
ques terrains dont la fertilité leur offrit
quelde richesse plus
un genre
fiter.
précieux, et dont ils surent proM. de Poincy , gouverneur des iles du
après avoir secouru les flibustiers
vent,
avoir délivrés de la
français, et les
tendre
présence des Anglais, fit enau gouvernement françaisque cette colonie
naissante, quin'avait pas encore fixé ses regards,
n'étaitpas adédaigner. Il résulta pourles flibustiers
qui avaient appelé de Poincy à leur
qui advint dans la fable au cheval
secours, ce
venger du cerf, appela l'homme à qui, s'étant voulu
son secours;celui-ciluiimpos un mors, et lui fit même
son ennemi; mais rien
détruire
n'apprit mieux à l'homme
quelechevaldompté pouvait lui être utile dans
grand nombre de
un
dit La Fontaine, de circonstances lui
: aussi refusa-t-il,
Les flibustiers
rendrela liberté.
libertéle
français payérent donc de leur
prétendu secours généreuz et gratis
dePoincy leur accorda.
que
En 1665,lenommé
bitant de la colonie, Dangerou, fut
quiavait étéhanement
y
envoyé par le
français en qualité de
gouverTortue et de Saint-Domingue, gouverneur de la
çaise.
pourla partie franLa courdel France, fastueuse
gloutissait: alors des trésors immenses ctintolérante, endans lesbâti-
rent donc de leur
prétendu secours généreuz et gratis
dePoincy leur accorda.
que
En 1665,lenommé
bitant de la colonie, Dangerou, fut
quiavait étéhanement
y
envoyé par le
français en qualité de
gouverTortue et de Saint-Domingue, gouverneur de la
çaise.
pourla partie franLa courdel France, fastueuse
gloutissait: alors des trésors immenses ctintolérante, endans lesbâti- --- Page 38 ---
mensduLionvre, et préparait avec ardeur la
version de Turenne : aussi
concolonies, et ne faisait-elle
négligeait-elle ses
considérable,
aucun sacrifice bien
aussi
pour Saint-Domingue. Les progrès
rapides qu'étonnans que cette'
cette époque, elle en fotp
colonie fit à
vable à
presqu'entièrements redeDangerou. Ce gouverneur y attira de la
métropole de nouveaux habitans des
il fixa
deux sexes;
principalement son attention sur le
merce et l'agriculture, sources éternellés comchesse et dela force des états.
dela riDès les premières années deson
il fut aisé de prévoir le
administration,
degré de splendeur et
(faccroissement, que cette colonie allait bientôt
atteindre.
C'est sous Dangerou que Saint-Domingue,
jusqu'alors s'était gouvernée elle-méme
qui
propres lois, commença à être régie
des par ses
françaises.
par
lois
Ce qui fait le plus d'honneur à
d'être parvenu à faire de bons Dangerou, c'est
terribles et redoutables
cultivateurs de ces
les
flibustiers, qui furent si
long-temps
maitres dans ces parages, et les
destructeurs du commerce.
Dangerou, l'immortel
le fait; à la gloire de
Dangerou a prouvé par
d'hommes, si
Fhumanité, qu'il n'y a point
puisse tirer pervertis qu'ils soient, dont on ne
rection.
un parti avantageux par une sagediS'ilest si facile de ramenerdes oisifs et des
malfaiteurs au travail et à Fordre,
gouvernemens qui
que penser des
multiplient les supplices et qui
parages, et les
destructeurs du commerce.
Dangerou, l'immortel
le fait; à la gloire de
Dangerou a prouvé par
d'hommes, si
Fhumanité, qu'il n'y a point
puisse tirer pervertis qu'ils soient, dont on ne
rection.
un parti avantageux par une sagediS'ilest si facile de ramenerdes oisifs et des
malfaiteurs au travail et à Fordre,
gouvernemens qui
que penser des
multiplient les supplices et qui --- Page 39 ---
inventent des tortures pour ravir aux
de leurs lois, dontla perfection est
infracteurs
rarement le caractère, une existencequelepluse coupable comme
le; plus vertueux tient del la nature, et
a le droit de nous ravir!
qu'elleseule
Princes dela terre, prenez
dèle, et rappelez-vons
Dangerou pour mosil les hommes
toujours cette vérité, que
ne deviennent pervers et criminels
que lorsqu'ils sont mal gouvernés, vous
de leurs mauvaises actions à la Providence répondez
vous ne craignez pas de représenter sur le trône, que
parl l'étendue du pouvoir que vousy exercez.
La cobantedesint-Dosingaea
devenait de plus en plus importante, quichaquejour n'eut
privilége.
aucun
Ce que l'on nomme privilége sous un
gouvernementdespotique et: absolu,
le libre exercice d'une
n'estautrechose que
très-petite
partie, et souvent d'une
partie des choses
on
les droits de
auxquelles
a tous
prétendre. Aussi
après Dangerou, fut
Saint-Domingue,
alternativement, de
tous les établissemens
mêmeque
français dans l'Inde et dans
PAmérique, la proie des avides eti insatiables
verneurs, et des intendans que la cour de France gouy envoyait pour s'engraisser aux dépens des
vres colons.
pauSaint-Domingue fut encore victime del'avarice
et de la rapacité des compagnies à qui elle fut
engagée; leur monopole: earbitraire et odieux
les coups les plus funestes à la
porta
dustrie de seshabitans.
prospérité età l'in-
Amérique, la proie des avides eti insatiables
verneurs, et des intendans que la cour de France gouy envoyait pour s'engraisser aux dépens des
vres colons.
pauSaint-Domingue fut encore victime del'avarice
et de la rapacité des compagnies à qui elle fut
engagée; leur monopole: earbitraire et odieux
les coups les plus funestes à la
porta
dustrie de seshabitans.
prospérité età l'in- --- Page 40 ---
près d'un demi-siècle dans
Après avoir langui
sem.
état de médiocrité et de dépérissementqui
un
à sa ruine totale, legénieet Tindusblait la mener
d'eux-mêmes,
trie française, qui se réveillérent
comme en
surent triompher à Saint-Domingue,
des obetaclesmultipliés
Europect comme partout,
qu'un gouvernement
et presque insurmontables,
mettait à leur
aussioppreseur et aussi tyrannique
développementle plus despotiquement
Les colons, gouvernés
moment
pas même Fombre
ne connurent
NCaprREsetet
de la révolution,
de France
de la liberté dont plusieurs provinces soit à la faveur des
jouirent jusqu'à cette époque,
parlemens, ou deleurs états généraux. formait, suiLa population de Saint-Domingue d' un million d'habivant plusieurs historiens, plus cruels
en
lorsque les avares et
Espagnols
tans,
frent la découverte.
traitemens dontlah barLa fatigue et les mauvais
accablèrent tous
barie et Tavidité des Espagnols firent trouverla
malheureux insulaires, leur
ces
les mines d'or et d'argent du continent
mort dans
de TAmérique, où on les déporta.
chrétiens les plas fanatiques;
C'est aux princes
avares
c'est à une horde de monstres hypocrites, civilisées de FEuque les nations
et sanguinaires,
de l'infâme et détestable trafic
rope sontredevables
elles une tache
del'espèce humaine, qui sera pour
éternelle, un opprobre inellaçable. nommé lai traite des nèCe honteux commerce,
dans
de TAmérique, où on les déporta.
chrétiens les plas fanatiques;
C'est aux princes
avares
c'est à une horde de monstres hypocrites, civilisées de FEuque les nations
et sanguinaires,
de l'infâme et détestable trafic
rope sontredevables
elles une tache
del'espèce humaine, qui sera pour
éternelle, un opprobre inellaçable. nommé lai traite des nèCe honteux commerce, --- Page 41 ---
gres, a étéimaginé par l'Espagne,
les travailleurs qui, dans les mines pour remplacer
exploiter, périssaient
qu'elle faisait
de tout, et accablés des misérablement, manquant
pénibles
plus rudes et des plus
travaux: victimes déplorablesdey perfides
qui s'étaient annoncés chez eux comme
qui n'y venaient que dans l'intention amis, et
d'en faire leur proie!
criminelle
Touslesnaturelaquil habitaient,
lorsque les
Saint-Domingue,
Espagnols en firent la
étaient déjà détruits lorsque Willis et découverte,
gnons, chassés de Saint-Christophe, ses compater l'ile de la Tortue.
vinrent habiIl est une circonstance: surtout infiniment
rable pour notre patrie, et sur laquelle honoécriront l'histoire de France devront
ceux qui
ment s'arrêter; c'estquel le peuple particulièrela dernière des nations de
français, quifut
de la traite des nègres, fut la T'Europe à faire usage
lissant ce commerce illicite première qui, en abola face du monde
et odieux, proclama, à
lontairement à entier, qu'elle y renonçait vOThumanité, à la perpétuité, comme attentatoire à
droits
nature qu'il outrageait, et aux
imprescriptibles de la
tous les hommes ont des droits liberté, à laquelle
éclatante et durable la
égaux. Quelle est
elle
gloire d'une nation, ,
repose sur de semblabies bases elle quand
immortelle!
est
0 vous, nations de la terre,
ritable
qui aspirez à la végrandeur, à la gloire, à
nez VOS regards vers ma belle l'immortalité, tourpatrie! Contemplez
, comme attentatoire à
droits
nature qu'il outrageait, et aux
imprescriptibles de la
tous les hommes ont des droits liberté, à laquelle
éclatante et durable la
égaux. Quelle est
elle
gloire d'une nation, ,
repose sur de semblabies bases elle quand
immortelle!
est
0 vous, nations de la terre,
ritable
qui aspirez à la végrandeur, à la gloire, à
nez VOS regards vers ma belle l'immortalité, tourpatrie! Contemplez --- Page 42 ---
- er
cette auguste nation, naguère la
monde elle fut
maitresse du
toujours brave et loyale autant
que généreuse, au comble de toutes les
tés. Voyez le courage inoui qu'elle
prospéril'adversité! Qui d'entre les
déploie dans
point avec autant
peuples ne s'écriera
voilà le modèle
desurprise que d'admiration ?
que jedois suivre!
C'est encore des Espagnols
d'employer des hommes
quelusage est venu
terres dans les
esclaves, à la culture des
mines du continent colonies; ; cen'est que lorsque les
à s'épuiser d'or, delAmérique commencérent
qu'ils tournérent leurs
vers l'agriculture dans les Antilles,
regards
Domingue
et à Saintétablissemens. particulicrement, oùt ils formérent des
Les flibustiers et autres
qui se fixérent sur les côtes dela
aventuriers
tale de l'ile, voulant accroître partie occidenleur industrie, et sentant le
les produits de
leurs travaux
besoin d'associer à
agricoles les secours de bras étrangers, enlevérent d'abord des esclaves aux
nateurs delAmérique
domiaussiaux
méridionale; ils en prirent
Anglaisdurant les guerres de Louis
comme ils leur prirent un grand nombre de XIV,
seaux marchands.
vaisL'emploi ides esclavesà Ja culturedes terres
la partie française, n'eut lieu,
dans
de temps assez considérable, pendant un espace
nombre de colons.
que chez un petit
L'esclavage est une plante
étrangère qui ne prit que
les Français.
trés-dillicilement parmi
Depuis le commencement de la formation dela
ridionale; ils en prirent
Anglaisdurant les guerres de Louis
comme ils leur prirent un grand nombre de XIV,
seaux marchands.
vaisL'emploi ides esclavesà Ja culturedes terres
la partie française, n'eut lieu,
dans
de temps assez considérable, pendant un espace
nombre de colons.
que chez un petit
L'esclavage est une plante
étrangère qui ne prit que
les Français.
trés-dillicilement parmi
Depuis le commencement de la formation dela --- Page 43 ---
S1
colonie de Saint-Domingue jusqu'au moment de
la révolution française, sa
été
population a toujours
croissant, mais dans une proportion
suivant les circonstances
inégale,
dans
plus ou moinsfavorables
lesquelles elle s'est trouvéed depuis.
Trois causes contribuaient à
sa population : Io les naissances, Faugmentation qui, à Saint-Do- de
mingue comme dans toutes les autres colonies
françaises, étaient de beaucoup
décès; 20 Timportation des noirs supérieures des côtes aux
frique, qui devenait de jour
d'Arable; 30 le grand nombre enjour plus considéles
d'aventuriers de tous
pays qui venaient y chercher fortune.
En 1792, Saint-Domingue, la partie
contenait six cent mille habitans; savoir française,
blancs, des mulâtres et des noirs
: des
en deux classes, esclaves et affranchis. qui se divisaient
tablissement de la colonie
Depuis l'éscission, le nombre des jusqu'au moment de sa
en croissant;
esclaves y a toujours été
mais il ne faut pas attribuer cette
augmentation àla propagation
elle était
decesmalheureus;
lement. insullisante, même pour leur renouvelSourds à la voix de
les
lons entendaient malleurintéret Phumanité,
COparticulier. Comscnnedopercurent-ide velles
pas en défrichant de nouterres, que, dansla colonie qu'ils habitaient,
lagriculture allant toujours
il
leur intérêt d'améliorer
croissant, était de
le sort de leurs
qui, à
esclaves,
Saint-Domingue, se seraient
comme en Afrique, s'ils n'avaient
multipliés
ment
eu continuelledevantlesy yeux la perspective horrible d'un
intéret Phumanité,
COparticulier. Comscnnedopercurent-ide velles
pas en défrichant de nouterres, que, dansla colonie qu'ils habitaient,
lagriculture allant toujours
il
leur intérêt d'améliorer
croissant, était de
le sort de leurs
qui, à
esclaves,
Saint-Domingue, se seraient
comme en Afrique, s'ils n'avaient
multipliés
ment
eu continuelledevantlesy yeux la perspective horrible d'un --- Page 44 ---
esclavage éternel pour eux et pour leurs descendans. Ce cruel a venir, joint aux traitemens barbares d'une grande partie des maitres sousl
ils gémissaient, leur
lesquels
inspirait ce dégoût de la vic,
qui l'abrégeait si souvent.
Les suicides étaient aussi très-nombreux
ces infortunés.
parmi
Que les ennemis de la liberté, queles
due despotisme etdelarbitraire,
apôtres
et conservateurs
ridiculesjongleurs
opiniâtres de tous les abus, daignent jeter leurs superbes regards sur le sort des
esclaves noirs dans presque toutes les colonies
européennes, et, si un seuld'entre eux est
des vérités du
pénétré
christianisme, celui-là
avec les meilleurs publicistes,
reconnaîtra,
nemi du
queleplus cruel engenre humain, que le fléau destructeur
qui peut seul occasioner sa ruine totale, est le
despotisme absolu, père del'esclavage.
Le détail ci-dessous des achats
le renouvellement de
denégres, pour
ceux qui décédaient dans
deuxhabitations très-bien administrées dela
du sud de Saint-Domingue,
partie
peut servir de
au lecteur dans la fixation de son
guide
mortalité annuelle des esclaves
opinion sur. la
En
la
dans cette colonie.
1779,
population de ces deux
était de trois cent
habitations
soixante - onze
en 1789, de quatrecent
esclaves, et
un, et l'on en
cent. Le déficit est donc de soixante-dix avaitacheté
Cette mortalité variait, mais d'ordinaire nègres.
cartait
ne s'épas beaucoup de cette proportion.
On nommait négriers les navires qui allaient
ité annuelle des esclaves
opinion sur. la
En
la
dans cette colonie.
1779,
population de ces deux
était de trois cent
habitations
soixante - onze
en 1789, de quatrecent
esclaves, et
un, et l'on en
cent. Le déficit est donc de soixante-dix avaitacheté
Cette mortalité variait, mais d'ordinaire nègres.
cartait
ne s'épas beaucoup de cette proportion.
On nommait négriers les navires qui allaient --- Page 45 ---
à la côte
faire
Suivant d'Afrique
ce commerce
Raynal le nombre des esclavés sacrilége.
Saint-Domingue ne s'élevait
noirs à
en 1764; et, suivant les états qu'adéux cent mille
dant Marbois en 1789, il allait dressés à
par l'intenmille six cent quarante.
cinq cent neuf
-deux, dont deux cent
quatire-vingt-quatre et deux cent
mille trois cent sept mâles,
cing femelles; vingt-cing. mille trois cent trentedes hommes libres ainsi, comme on voit, le nombre
dix mille trois cent ne s'élevait qu'à quatre vingttant blancs
cinquante : huit
le
que, noirs; et siles
individus,
marquis de La Feuillade donna renseignemens que
raux, danssa lettre citée
aux états génénombre des hommes de par Brissot, sont exacts,le
Domingue, s'élevaitànne couleur libres, à Saintqui réduirait à
gnaransinedemills ce
quante-buit individus cinquante le
mille trois cent cincolonie.
nombre des blancs de la
Le nombre des esclaves
presque décuple.
était, comme on voit,
Il est presque certain
circonstances
que, sans le concours des
favorables à
négres de Saint
foflianchisement des
française; il est Domingue, sans la révolution
raient encore presque certain, dis-je, qu'ils aunées dans
gémi un tres-grand nombre- d'anLeur position Taffreuseservitude était
ouils étaient
lisation,
telle, sous le
de plongés.
que tous les
rapport la civiétaient strictement moyens de s'instruire leur
destinés à ne
interdits, Ils semblaient même
pouvoir jamais arriver à ce degré
--- Page 46 ---
sat
barbares et les
les peuples les plus
avec
de lumière que
tjamais d'atteindre
plus sauyages ne manquentj sont livrés à eux - mêmes;
le temps, lorsqu'ils tant par la. fatigue que
parce que périssant,
csclaves pour toujours
le chagrin de sevoir
dans une
par
ils mouraient, d'andans une terre étrangére, dans Tespace de peu
telle, que
entièrement reproportion nombre se trouvait
nées leur
nouvelé.
circonstances dontils paLeur situation, et les éternellement) les victimes,
raissaient devoir être à faità ce qu'ils atteignisdonc tout
morale, indispensopposaient
de force
sent jamais ce degré
le noble désir
sable pour mettre à exécution que la nature a
dl'indépendance et de liberté, hommes, quelles que
mis dansle coeur de tousles
plus ou
couleur et les circonstances
soient leur
dans lesquellesl le sort puisse
moins malheureuses
les placer.
surla terre, où tout est fraRien n'est éternel
le despotisme et
et périssable: : la tyrannie, choses s!!1... il faut en
gile Tesclavage par-dessus toutes el la sécheressedes
excepter uniquement Forgueil nobles, des sots qui se
patriciens, de certains
et de cordons dans
plaisent à se parer de hochets
vaassez sonventfarrogaate de
lesquels on remarque inutilité d'une bonne partie
nité et la complète
Cetermobitisi des prépriviléges.
social ce
les
ces hommesàp vices est au monde
que tout
jugés et des
dans le règne animal, ot
excrémens sont
mêmes formes. Certaines
conserverles
nous parait
sots qui se
patriciens, de certains
et de cordons dans
plaisent à se parer de hochets
vaassez sonventfarrogaate de
lesquels on remarque inutilité d'une bonne partie
nité et la complète
Cetermobitisi des prépriviléges.
social ce
les
ces hommesàp vices est au monde
que tout
jugés et des
dans le règne animal, ot
excrémens sont
mêmes formes. Certaines
conserverles
nous parait --- Page 47 ---
gens se complaisent dans cet état
comme les vers dans les matières d'imperferbilitis
et ne valent guère mieux.
en putréfaction,
se congratuler,
Laissons-less s'admirer,
s'agiter, faire grand bruit, et
nommer, contre toute vérité,
surpetites coteries perturbatrices. conservatrice leurs
danger; car. la
Tout cela est sans
nature, cette bonne,
voyante mère est fertile
sage et prédétruireles
etingénieuse en moyensde
sement de son obstaclesquel'ion voeu lej
oppose. à Taccomplislibres unj
plus direct, qui est derendre
ou d'autre, elle ett procuré à
campnne
claves une suite de
ces infortunés esmettre à même de secouer circonstances le
propres à les
de leurs cruels tyrans.
joug insupportable
Malgré Tavantage considérable de
raled que les
la force mocdeatsmowuiemeriese
Taatdfoppresioni inouie sous laquelie esclaves,
missaient, loin de détruire
ceux-ci géen eux l'amour de
T'indépendance, ne faisait
coeurs le feu sacré de la liberté. qu'entretenir dans Ieurs
dans lequel ils étaient
Labrutissement
çait, par toutes sortes plongés, de
et d'où lon s'efforcher de sortir,
moyens, de les
auteurs. Les
pensa être funeste à ses infàmes empefructucuses esclaves firent plusieurs tentativesinzième et pour briser leurs fers, dans les seidix-septième siècles. La
rigée par Macanda, nègre doué conjuration, did'une force de
neur à bien des blancs,
apprit
SELTRES
sonnaient jaste,
la
aux colons qui raique
différence des facultés
3.
'efforcher de sortir,
moyens, de les
auteurs. Les
pensa être funeste à ses infàmes empefructucuses esclaves firent plusieurs tentativesinzième et pour briser leurs fers, dans les seidix-septième siècles. La
rigée par Macanda, nègre doué conjuration, did'une force de
neur à bien des blancs,
apprit
SELTRES
sonnaient jaste,
la
aux colons qui raique
différence des facultés
3. --- Page 48 ---
morales d'un nègre d'avec celles d'un
était purement
blanc,
la couleur
chimérique, et qu'ils élaient,
près, hommes comme les autres.
La conjuration de Macanda avait
but
massacrer tous les blancs dela
pour
de
venger des
colonie, afin de se
outrages et des mauvais traitemens
dont ces derniers avaient accablé les noirs.
Il ne tint qu'atrès-peu de chose qu'il ln'exécutât
son terrible projet.
Avis aux despotes et aux tyrans!
Tous les hommes sensibles et: vertueux
eu occasion d'étudier) les
qui ont
moeurs, les habitudes, et
d'apprécierTétendue. des
ces esclaves
faerheimellectullede
dignes d'un autre sort, reconnaissent
qu'ils ne différent en rien des blancs, et
ont été, jusqu'à nos jours, victimes d'affreux qu'ils
jugés. Qu'ils sont coupables ceux
préégara au point de les faire périr ainsi queleurintérêt de
de douleur, dans les fers du
misère et
du plus odieux
plus insupportable et
esclavage.
Assujettis, poui leur vie entiérè, aux
rudes
et aux plus pénibles tra vaux;
plus
traitemens barbares de leurs exposés en outre aux
maitres, ou de
rieurs; pewi-smmpininhumsion
supéd'une raison qui leur
encore; doués
toute T'horreur de leur rappelait sans cesse à l'idée
devait être affreuse!
sort, que leur situation
qu'ils étaient à plaindre! Dévorés par le chagrin et accablés par la douleur, la
plupart ne survivaient que dillicilement à cette
condition si contraire en tout au voeu de la nature, à la dignité et au caractère de I'homme.
res, ou de
rieurs; pewi-smmpininhumsion
supéd'une raison qui leur
encore; doués
toute T'horreur de leur rappelait sans cesse à l'idée
devait être affreuse!
sort, que leur situation
qu'ils étaient à plaindre! Dévorés par le chagrin et accablés par la douleur, la
plupart ne survivaient que dillicilement à cette
condition si contraire en tout au voeu de la nature, à la dignité et au caractère de I'homme. --- Page 49 ---
On a vu des mères dont le
mort à l'enfant qu'elles
désespoirdonnait la
traire. à Phorrible
aliaitaient, pour le soussaient
esclavage dont elles s'affranchiselles-mêmes, en se détruisant.
Comme je l'ai dit plus haut, la
nègresdans la coloniede
propagation des
pu suppléer au déficit énorme Saint-Domingue, n'aurait
les suicides que par les effets occasioné, des
tant par
mens dont ils étaient victimes. mauvais traitetait pas dans la colonie
Au reste, ce n'éil en périssait
qu'il en mourait le plus;
quelquefois la moitié; mais
jamais moins du tiers dans la traversée, presque
côtes d'Afrique jusqu'à leur destination. depuisles
Si l'on calculait le nombre d'esclaves
tant depuis leur départ des côtes
victimes,
dans les colonies,
d'Afrique, que
delavarice et dela cruautédes
Européens, et si on lc comparaità la
sucre, decafé, d'indigo,
quantité de
frémissant
etc., on reconnaitrait en
que chaque quintal de denrées colowiales,importées en
des
Europedepnis l'établissement
colonies, a coûté à la nature une
quantité de chair humainel...
pareille
flexions
quel sujet de TéJonerappelle ici la cruauté des
vers leurs esclaves,
Européens enqui penvent Tignorer que pour apprendre a ceux
niers étaient
encore, combien ces derêtre
malheureux, et combien ils doivent
peu disposés à rentrer sous la
ceux qu'ils ont tant desujets
domination de
Hiliard
sdehair et de détester.
sur la Colonie dAuberteuil, dans ses Considérations
de
Saint-Domingue, dit que (( l'é-
sujet de TéJonerappelle ici la cruauté des
vers leurs esclaves,
Européens enqui penvent Tignorer que pour apprendre a ceux
niers étaient
encore, combien ces derêtre
malheureux, et combien ils doivent
peu disposés à rentrer sous la
ceux qu'ils ont tant desujets
domination de
Hiliard
sdehair et de détester.
sur la Colonie dAuberteuil, dans ses Considérations
de
Saint-Domingue, dit que (( l'é- --- Page 50 ---
( dit de 1685 n'empécha
K périseentijonurnellment pas que des nègres ne
dans les
(( le fouct; qu'ils ne fassent
chaînes ou sous
EC brilés sans aucune
assommés, étouffés,
(( reste toujours
formalité; tant de cruauté
impuni.. A
( quiconque est blanc, maltraite Saint-Domingue,
EC noirs. Leursituation
impunément les
( de leur maître et du esttelle, qu'ils sont esclaves
(( l'on fait à un
public. Dans le tort que
esclave, les
(( dencconsidérer
juges sont dans l'usage
Des
que la adiminution desonprix. >
esprits prévoyans s'appliquérent à faire
être les
SeiamesReeir
suites de ces atrocités; quellespourraient
frein à la cruauté et à la barbarie et, pour mettre un
leurs esclaves, il publia
des maîtres sur
nation de Code
une loi, sous la dénominoir; elle défendait
aux propriétaires de mutiler leurs expressément
leur donner la mort; elle leur
esclaves et de
ment d'infliger à ces malbeureux permettait seuleplus douces, comme de les enchainer des punitions
battre de verges,, quand ils étaient
ou de les
Cette loi sage,
en faute.
lieux où on la danuleseinconstances et pour les
chaqie
publia, fut violée et enfreinte à
instant; aussi n'apporta-t-elle qu'un léger
adoucisement.aus sort des esclaves.
Avant la publication du Code noir,
nègre désertait pour la seconde
lorsqu'un
fois, et,
repris, on lui coupait le jarret..
qu'il était
par cet odieux et oriminel
par cet infàme,
hors d'étatde s'enfuir
moyen, on le mettait
Tant de cruauté une troisiémefois.
n'auraitjamais été le partage
; aussi n'apporta-t-elle qu'un léger
adoucisement.aus sort des esclaves.
Avant la publication du Code noir,
nègre désertait pour la seconde
lorsqu'un
fois, et,
repris, on lui coupait le jarret..
qu'il était
par cet odieux et oriminel
par cet infàme,
hors d'étatde s'enfuir
moyen, on le mettait
Tant de cruauté une troisiémefois.
n'auraitjamais été le partage --- Page 51 ---
del'espèce humaine, sil Torgueil et la
altéraient point le beau
cupidité n'en
. Un fait quele lecteur'se caractére.
qui n'est malhetrensement refusera de croirey et
qu'ilfat un temps ou les que trop vrai, c'est
dans Fusage,
barbares colons étaient
récréer leurs lorsqu'ils donnaient un festin, de
d'une punition; convives par le spectacle affreux
et s'il nese trouvait
qui en eussent
pas d'esclaves
au hasard dans encourue, on prenait une victime
gissaient
de T'atelier, et les assistans ne roupas
faire l'office de
On voyait journellement
bourreau. (r)
dans nos colonics, et
lés avec les animaux
5ENESERES
qu'eux, dans les
que l'on employait ainsi
pour arracher du champs, aux plus rudes
sein d'une terre
travaux,
eux seuls, et qu'ils arrosaient de ingrate pour
de leur sang, ces denrées de
leurs sueurs et
renoncerait bien
luxe, auxquelles on
ce qu'elles coûtent certainement, à
sil'on considérait
Phumanité.
Non-seulement les nègres
colonie, étaient
2 esclaves dans la
privés de la liberté
qui, dans Thomme ainsi
individuelle,
animaux, est un droit que dans tous les autres
d'eux un bel
naturel, et pour chacun
précieux des apanage, le plus réel et le
ment
biens, 3 quoi qu'il soit fort
plus
échangé par la postérité
légéregaranties.sociales,
d'Adam, contre des
, qui ne sont d'ordinaire que de
(1) Voyage d'un Suisse dans différentes
mérique.
colonies de FA-
liberté
qui, dans Thomme ainsi
individuelle,
animaux, est un droit que dans tous les autres
d'eux un bel
naturel, et pour chacun
précieux des apanage, le plus réel et le
ment
biens, 3 quoi qu'il soit fort
plus
échangé par la postérité
légéregaranties.sociales,
d'Adam, contre des
, qui ne sont d'ordinaire que de
(1) Voyage d'un Suisse dans différentes
mérique.
colonies de FA- --- Page 52 ---
4o
illusions auxquelles on ne daignait
décevantes
tromper Tes négres; car
pas même recourir pour de leurs maitres allait jusqu'à
la brutale cruauté
de ces douces affections
leur ravir la jouissance
dans la situation
de pére, de fils et d'époux, qui,
leur"
déplorable où ils étaient réduits, 2 pouvaient aboune consolation que. des monstres
apporter
leur ardente dévotion, s'appliminables, malgré
au moment où ils comquaient à leur interdire, douceurs et les charmes.
mençaient à en sentirles
Si les désirs lubriQuel raffinement de cruauté! toujours tyran, le
ques et criminels d'un maitre,
de Phymen,
portaient à profaner le sanctuaire qu'an parti
il ne restait plus à T'esclave outragé
dans
à prendre, c'était de dévorer son chagrin se donla mort qu'il
le silence, ou d'invoquer lui-même dans son juste dénait quelguefois
sespoir.
simtneminguewiasient pas
Touslescolonsdes
de leurs esclaves;
les tyrans et les opprèsseurs disavec p'aisir eù salige
il en était besncoup.jele d'améliorer le sort de
faction, qui, non contens Phumanité leur en faileurs nègres, autant que était, dis-je, un grand
sait un devoir; il en
eux que des amis
nombre qui ne voyaient maux en
mais malheuaccablés sous le poids des
sensibles et comreusement ces colons humains, esclaves, qu'ils
malheureux
patissans att sortdes leurs semblables, n'étaient
considéraient comme nombre, et, en général,dans
pas le plus grand
étaient traités de la
les colonies, ces infortunés --- Page 53 ---
manière la plus infàme et la plus
que l'on puisse imaginer.
outrageante
Un maître voulait-il se défaire d'un
plusieurs esclaves
ou de
marché,
3 aussitôt on les menait au
livrait ou, confondus avec le bétail, on les
au premier acquéreur.
J'ai présentement sous les yeux, un contrôle
devented'une habitation. de
trait que je vais en donner, Saint-Domingue, l'exd'une manière incontestable
peut apprendre
la nature était
jusqu'à quel point
nable des
oitragée par le commerce abomiesclaves.
Extrait d'un contrôle de vente d'une
tion (la Mare à
habitaDaniel), située au
dépendant de la juridiction du
cul-de-sac,
Port-au-Prince,.
Suivent les nègres.
SAVOIR :
Casas de nation
Congo, , agé de
cing ans 7 estimé à la somme de vingtneuf cents livres, ci
dixGiles, de nation Créole, agé de .
1,900.
ans, estimé quinze cents
quinze
Nouel, Créol,
livres, ci
1,500.
à cause
âgé dequinze ans, estimé,
qu'il est sujet au
à la
somme de huit cents marronnage,
Antoine et
livres, ci .
e 800.
Matthieux, de
nation
Matthieux,de
Congo, âgé de dix-huità vingt
toujours marrons, 2 attachés d'une même ans, .
chatne, estimés
semenbichutenuinne, ci Soo.
Nouel, Créol,
livres, ci
1,500.
à cause
âgé dequinze ans, estimé,
qu'il est sujet au
à la
somme de huit cents marronnage,
Antoine et
livres, ci .
e 800.
Matthieux, de
nation
Matthieux,de
Congo, âgé de dix-huità vingt
toujours marrons, 2 attachés d'une même ans, .
chatne, estimés
semenbichutenuinne, ci Soo. --- Page 54 ---
Thomas, de nation Arado, âgé de
ans, à cause de ses
vingt
infirmités et de son
marronmage,cotiméi deux cent
livres, ci
cinquante
250.
Suivent les négresses.
Premièrement > Julienne , de nation
Créole, âgée de
quinze cents livres, vingt-quatre ci
ans. 2 estimée
Louise, Créole,
.
-
1,500.
âgée de dix-huit
estropiée
ans,
dunejambe, estimée à six cents
livres, ci e
Isabelle
.
600.
, de nation Créole ; âgée de
trenteans, aveugle, estimée cinç
Petit
liv., ci
5.
Pierre, son fils, âgé de
estimé. cinc cents livres, ci
cinq ans,
Julie, aussi sa fille, âgée de huit -
500.
estimée six cents livres, ci
ans,
Plus un négrillon non encore
600.
estimé cent cinquante
baptisé(r),
livres, ci
15o.
Suivent les bestiaux.
Premièrement
beaux,
> sept mulets bons et
estimés à raison de six cents livres
(1) On les baptisait donc, et on lés traitait
la religion si préconisée en
ainsi, quoique
I garder comme des frères en Europe, fit un devoir de les reles heureux effets du christianisme Jeésus-Christ.. Voyons-nous là
briant nous a fait de
dont M. de ChateauLeg genie du paganisme romanesques était bien peintures, si édifiantes !
au temps des Fabius et des Cincinnatus, plus favorable aux esclaves, --- Page 55 ---
piéce, à la somme de quatre mille deux
cents livres, ci .
Un vieux cheval de selle,
. 4,200.
estimé deux
cents livres, ci
200.
Suivent les autres articles, etc., etc.
Nota, les articles qui précèdent, copiés littéralement dans le contrôle de vente de Phabitation
de la Mare a Daniel,
n'ont
qui a eu lieu en
pas été choisis, je les ai pris au hasard 1781, à
la suite les uns des
cés;s
autres, comme ils y sont plaseulement, j'ai cru pouvoir me dispenser de
les citer tous, car le nombre en est trop considérable pour trouver place ici;
cela
eût été inntile, le peu d'articles d'ailleurs,
suffit pour faire connaître
qui précédent,
dont les
au lecteur la manière
edlumedesant-Domiagne traitaientleurs
esclaves. Vainement, ils voudraient nier leurconduite envers ces malheureux, et soutenir
ne les confondaient
qu'ils
trôle de
pas avec leur bétail, le convente de cette habitation est revêtu du
sceau et de la signature du sieur de
était, à cette époque, sénéchal
Berey 2 qui
par intérim au
Port-au-Prince, et quia certifié que la
des sieurs Guieu et Dulaurend,
signature
rédigé ce
notaires qui ont
contrôle, est véritable.
Qu'il devait * être terrible et déchirant
une âme sensible et
pour
d'une vente
compatissante, le spectacle
semblable! quel moment affreux
pour une mère infortunée, que celui où il fallait
ur de
était, à cette époque, sénéchal
Berey 2 qui
par intérim au
Port-au-Prince, et quia certifié que la
des sieurs Guieu et Dulaurend,
signature
rédigé ce
notaires qui ont
contrôle, est véritable.
Qu'il devait * être terrible et déchirant
une âme sensible et
pour
d'une vente
compatissante, le spectacle
semblable! quel moment affreux
pour une mère infortunée, que celui où il fallait --- Page 56 ---
arrachât de son sein desséché par la douqu'elle Tenfant à qui elle avait donné le jour, le
leur,
de sa tendresse!. elle levoyait
seul et unique objet
etbarbares, elle
passer dansdes mains étrangères
nos
lui faisait un éternel adieu!.. Ah! éloignons de
d'un'aussi triste souvenir', et tâchons
esprits les erreurs et les crimes du genre hutirer sur
hélas! que trop
main, un voile qu'il ne déchira,
souvent.
létat affreux et
En considérant sans partialité
si contraire au caractère etau naturel de Thomme,
dans lequel les esclaves gémissaient par la tyrarinie des colons, 2 on cessera d'être surpris des
réprésailles que leur reprochent les Européens,
et les Français en partieulier, pendant et après
la révolution à Saint-Domingue.
Malgré la manière afligeante pour Thumanité,
dont les nègres esclaves étaient traités dans nos
colonies, il est incontestable et réel, et les autres
nations en demeurent d'accord, que les esclaves
étaient traités beaucoup moins durement dans
les colonies françaises, que dans celles des autres
Quelques écrivains ont prétendu en
peuples. découvrir ia cause dans notre législation à cet
égard; ils se sont perdus dans des raisonnemens
fastidieux et qui, dans le fait, étaient bien insiS'ils avaient bien étudiéle caractère des
gnifians.
un
de celui des
colons qui se rapprochait
peu
chercher
Français, ils n'auraient pas été ailleur's
était cependant bien facile de
cette causc, qu'il
trouver.
elques écrivains ont prétendu en
peuples. découvrir ia cause dans notre législation à cet
égard; ils se sont perdus dans des raisonnemens
fastidieux et qui, dans le fait, étaient bien insiS'ils avaient bien étudiéle caractère des
gnifians.
un
de celui des
colons qui se rapprochait
peu
chercher
Français, ils n'auraient pas été ailleur's
était cependant bien facile de
cette causc, qu'il
trouver. --- Page 57 ---
C'est sans succès que des êtres
calomnient cette classe
injustes et avides
d'hommes, aussi
sante par ses malleurs
intéresfont encore de vains et que par ses vertus. Iis
persuader que les nègres méprisables efforts, pour
blancs par le moral
diffèrent autant des
que par la couleur. Il n'est
personne qui ne soit à même de se
du contraire, et de leur rendre
convaincre
entière justice;
une pleine et
quelques instans de
avec le dernier des
conversation
suffiront pour faire négres élablis en Europe, >
changer d'opinion les
prévenus contre eux.
plus
Il est une vérité, trop méconnue des
et des tyrans, c'est quela réaction des despotes
contre les oppresseurs, est en raison des opprimés
et de tous les crimes
horreurs
Si, dans les temps nelelengtompalapente de révolution,
le cèdent pas en cruauté
les nègres ne
aux
ont porté une religion,
les hypocrites quileur
et les
pour façonner. au
préparer aux tourmens et à la
joug
desmartyrs; ces mêmes nègres livrés à résignation
et en possession d'une honnête
eux-mémes,
travail et deviennent
aisance, aimentle
industrieux.
C'est une erreur de croire
le
l'ennemi du travail, qu'il
que
nègre est
l'y force, et qu'il
Ines'ylivre que lorsqu'on
de vaincre
périrait de misère plutôt
cette répugnance, qu'on lui que
pour le travail : c'est une des mille
préte,
forgées par de coupables
calomnies
imaginée
maîtres, qui ne l'ont
que pour justifier leur conduite
maine enyers eux. Il est
inhucertain, et ila élé re-
'ennemi du travail, qu'il
que
nègre est
l'y force, et qu'il
Ines'ylivre que lorsqu'on
de vaincre
périrait de misère plutôt
cette répugnance, qu'on lui que
pour le travail : c'est une des mille
préte,
forgées par de coupables
calomnies
imaginée
maîtres, qui ne l'ont
que pour justifier leur conduite
maine enyers eux. Il est
inhucertain, et ila élé re- --- Page 58 ---
connu que les colons, non contens de
les négres sous leur
faire gémir
les rendaient
despotisme
encore
insupportable,
victimes de leurs
et de leurs préjugés. C'était
calomnies
esayerdejustifier leur
sans doute pour
exéerabletyrannic,
s'efforçaient de persuader
qu'ils
même que les brutes,
que les nègres, de
étaient incapables d'aucun
discernement; qu'ils étaient privés de ces
tions morales, qui
sensasi fort au dessus des distinguent et élévent Thomme
cruels
autres animaux!.. Oh! !
colons, il ne vous était
non,
rer que VOS esclaves étaient
pas permis d'ignovOs
vous vous exerciez à étouffer la voix semblables; mais
lorsque victimes de votre
du remords,
avarice et de votre
barbarie, ces infortunés succombaient
gues d'un travail
aux fatiblés de leurs
forcé, ou sous les coups redoudont ilsi
bourreaux, en levant vers le ciel,
feste imploraient fort
un secours qui ne se manique
rarement en ce monde, leurs
baignés de larmes, et leurs membres
yeux
et décharnéss
tremblans
lorsqu'ils vous
voix faible et défaillante
reprochaient d'une
VOS, interminables rigueurs, et imploraient de vous la mort,
un bienfait. Vous vous sentiez
comme
. cux; , puisque vous pensiez à coupables envers
les calomniant ainsi
vous justifier en
accusés.
, avant même d'avoir été
Cependant ces infortunés, pour
étiez sans compassion et
lesquels vous
fort, étaient
que vous outragiez si
à la
et peut-être plus accessibles que vous
pitié. aux sentimens généreux. Vous
avez
, interminables rigueurs, et imploraient de vous la mort,
un bienfait. Vous vous sentiez
comme
. cux; , puisque vous pensiez à coupables envers
les calomniant ainsi
vous justifier en
accusés.
, avant même d'avoir été
Cependant ces infortunés, pour
étiez sans compassion et
lesquels vous
fort, étaient
que vous outragiez si
à la
et peut-être plus accessibles que vous
pitié. aux sentimens généreux. Vous
avez --- Page 59 ---
été les témoins muets d'une foule de traits d'héroisme et de dévouement, qui feraient honneur
aux peuples les plus civilisés et les plus humains,
et qui prouvaient qu'on n'est ni plus sensible ni
plus reconnaissant.
swwwww --- Page 60 ---
CHAPITRE III.
> des Negres esclaves 5
Des Nègres affianchis
et de leurs wertus.
HILIARD d'Auberteuil que j'ai déjà cité, dit,
Considérations sur la coloniede Saint-Dodans ses
des
esclaves : ( Aucune
mingue, en parlant nègres d'intelligence; elle se
d'hommes n'a plus
( espèce
même chez eux avant qu'ils ne
< développe civilisés,
qu'ils ont beaucoup de
( soient
volonté parce qui donne en même temps
(( cette bonne
et les dispositions néces-
(( la force de travailler
adroits et
saires.
let travail. Ils sont
spiri-
(
pour
la bonne conduite
(C tuels; on peut juger par
seraient
tiennent en liberté, de ce qu'ils
( qu'ils
étant bien dirigés. Les plus grands
(( capables
n'effraient pas les
et la mort même
( dangers
qu'il n'apparK nègres, ils sont plus courageux
ils
tient à des hommes soumis à T'esclavage;
(
insensibles au milieu des tourmens.
( paraistent
nuit et jour sans armes dans
( On peut voyager rencontre pas de voleurs,
( la colonie, on n'y
de mal à permarrons ne font
(( les nègres
(( sonne. )) le même écrivain dit, toujours en
Plus loin, esclaves nègres de Saint-Domingue 1 :
parlant des n'ont pas le caractère atroce que
(C Les nègres la crainte leur ont attribué; ils
( Tignorance et
insensibles au milieu des tourmens.
( paraistent
nuit et jour sans armes dans
( On peut voyager rencontre pas de voleurs,
( la colonie, on n'y
de mal à permarrons ne font
(( les nègres
(( sonne. )) le même écrivain dit, toujours en
Plus loin, esclaves nègres de Saint-Domingue 1 :
parlant des n'ont pas le caractère atroce que
(C Les nègres la crainte leur ont attribué; ils
( Tignorance et --- Page 61 ---
n'ont presque. jamais porté sur
main
leur maitre
homicide; et c'est de nous
une
lusage du poison. Cependant
guiils ont appris
ricorde
on bràle sans
>: sans prenves, quelquefois
miséindice, toutnègre accusé de
même sans
Cet écrivain
poison. >
de
digne de foi, et
remarquier souvent
dontjai eu licu
Fappui ide son opinion en Timpartialité , dite, à
faits qui prouvent
favenrdes négres, des
nombre deceux jusqu'à quel point un
qui en avaient
grand
étaient injustes à leur égard; c'est parlé avant lui,
va parler: ( Dans une maison encore lui qui
parle tremblement de
qui fut renversée
au-Prince, une
terre, en 1770, au Portson
négresse eût pu se sauver
nourrisson, elle aima mieux lui
sans
jours; en faisant de son
sacrifier ses
voûte, elle reçut sur elle corps une espèce de
les décombres de la
avec un courage inoui
vé, mais elle mourut maison; l'enfant fut consertime deson coeur quelques jours après, vicL'anecdote
générenx. )
suivante m'a été
témoin oculaire, digne de foi. Je racontée par un
lecteur ne me saura pas mauvais
pense que le
conter dans tous ses
gré de la lui radu trop petit nombre détails; de
car elle est, hélas!
à
celles qui font
Thumanité : dans le cours de
honneur
n'aurai que trop d'occasions de cet ouvrage, je
yeux du lecteur des traits de meltre sous les
barie, cqui font saigner le
cruauté etde barT'âme des vrais amis de coeur, et qui déchirent
En 1763, un
Thumanité.
naviremarchand dvenantdel
France,
--- Page 62 ---
de son grand mât de hune
ayant. été désemparé de fougue, dans les attérages
et de son perroquet
terrible, vintfairenaudesAntilles parun ouragan
Il se brisa
frage sur les côtes de Saint-Domingue. lieues de la ville
des rochers à cinq ou six
sur
A T'exéeption de deux passade Port-au-Prince: le vaisseau, la cargaison et
gers et d'un matelot, étaient embarqués 2 furent entous ceux qui y
gloutis dans les flots.
échappérent à la
Les trois malheureux qui
ayant eu le
mort dans cette circonstance 7 à quelques débonheur de pouvoir s'accrocher beaucoup de
parvinrent, avec
bris du vaisseau,
à fleur d'eau,
peine, à gagner un rocher presque un vent terrimais ou les vagues, poussées par
venaient se briser en écumant.
ble,
nombre de personnes qui étaient
Un grand
témoins de' cet affreux
accourues sur le rivage,
inutiles
secoufirent des efforts
pour
événement, Une chaloupe dans laquelle plurir ce navire.
pour tâcher d'arrasieurs spectateurs se jetèrent
qui se noyaient
cher à la mort les malheureux désem]
et presque
leurs yeux, ayant été
parée
vint
sous
de mer terrible qui
submergéc, par un coup de céder et de rentrer
fondre sur elle, fut obligée d'enfoncement que fordans un cric ou espèce
maitla côte dans cet endroit.
était
continuait, et la marée, qui
La tempête
engloutir les troisinfortumontante, allait bientôt
à la mort, et qui,
nés qui venaient d'échapper les cris plaintifs qu'ils pousleurs
et
par
gestes
int
sous
de mer terrible qui
submergéc, par un coup de céder et de rentrer
fondre sur elle, fut obligée d'enfoncement que fordans un cric ou espèce
maitla côte dans cet endroit.
était
continuait, et la marée, qui
La tempête
engloutir les troisinfortumontante, allait bientôt
à la mort, et qui,
nés qui venaient d'échapper les cris plaintifs qu'ils pousleurs
et
par
gestes --- Page 63 ---
saient , en se faisant entendre
déchiraient le cocurde.tous
par intervalle,
gagnait toujours, elle
les assistans. La mer
dre de ses flots écumeux commençait déjà àatteinle plus élevé du rocher
et menacans, le lieu
fragés, témoins des
sur lequel les trois nauefforts infractueux
chaloupe, et de
de la
leur porter du limpossibilité où l'on était de
mort.
secours, n'attendaient plus que la
Un grand nombre
se retiraient en
d'assistans, 7 le coeur navré,
moins des derniers gémissant, pour ne pas être télorsqu'un
instans de ces
nègre esclave, nommé malhenrenx,
nageur, ne consultant
André, intrépide
que son
coeur, se dévoua
courage et Son
Il se jette à la mer, généreusement) et
pour les sauver.
toutes les
aussitôt tous les
espérances se fixent sur lui.
regards,
courage. et persévérance
Illutte avec
repoussé par
contre les flots, tantôt
adresse,
eux, et leur résistant souvent
André s'approchait
avec
qu'il allait secourir,
visiblement de ceux
ne
qu'il,
put éviter, étant lorqu'un-énorme brisant,
en le faisant
venu fondre sur lui,
détruisit leurs disparaitre aux regards des assistans,
espérances et augmenta
grets... Mais quel fut leur
leurs rejoie, lorsque quelques
étonnement et leur
çurent André
minutes après, ils
près d'atteindre le rocher apermalheureux à quiil servait de
et les
Aussi bon plongeurq
refuge.
avait
qu'intrépide
plongé au fond de la
nageur, André
traire au danger dont ce brisant mer, pour se sousle menaçait.
4.
leurs disparaitre aux regards des assistans,
espérances et augmenta
grets... Mais quel fut leur
leurs rejoie, lorsque quelques
étonnement et leur
çurent André
minutes après, ils
près d'atteindre le rocher apermalheureux à quiil servait de
et les
Aussi bon plongeurq
refuge.
avait
qu'intrépide
plongé au fond de la
nageur, André
traire au danger dont ce brisant mer, pour se sousle menaçait.
4. --- Page 64 ---
étaient saisis de joie, de
Tous les spectateurs
crainte et d'espérance.
Il arrive enfin.
attention, c'est
Le premier objet qui fixe son
dans ses
femme désespérée, tenant
une jeune
mort à qui elle avait donné le
bras un enfant
contre son coeur, le baijour.. Elle le pressait
de
et
le couvrait
baisers,
gnait de ses larmes,
rappeler à la vie.
faisait des efforts inutiles pourlex
parles
Un vieillard vénérable, affaibli par T'àgeet d'elle,
était étendu près
suites de ce naufrage,
T'exhorlait à
et, d'une voix faible et tremblante,
son sort avec courage et résignation.
supporter
éminence, il vit un
Plus loin 2 sur une petite" comme dans un état
marin demi-vêtu, assis,. et
fixemént les
d'insensibilité; il regardait
complet épouvantables qui, par instant, soulevées
vagues
cieux 2 par les vents qui
presque jusqu'anx violence, venaient, en mugissant,
souflaientavec contre le rocher, qui en tremblait
sC briser
jusqu'au fond de Océan. mis le
sur le rocher,
A peine André a-t-il
pied
et se
qu'il s'approche de cette méreinfortunée,
de la prendre dans ses bras, pour
met en devoir
oppose 2 lui montre
la conduire au rivage. Elles'y
la vie à son
le vieillard et le conjure de sauver elle le
puis regardant son enfant,
pressa
père;
vieillard,
denouveau surson sein, en sanglotant.Le vie à sa
André de sanverla
à son tour, conjure
assez' vécu, et qu'il
chèrefille, en disant qu'ilavait
T'assuterminerait sa carrière sans regrets, avec
pour
met en devoir
oppose 2 lui montre
la conduire au rivage. Elles'y
la vie à son
le vieillard et le conjure de sauver elle le
puis regardant son enfant,
pressa
père;
vieillard,
denouveau surson sein, en sanglotant.Le vie à sa
André de sanverla
à son tour, conjure
assez' vécu, et qu'il
chèrefille, en disant qu'ilavait
T'assuterminerait sa carrière sans regrets, avec --- Page 65 ---
rance quesa chère enfant était hors de
André se rendit aux prières du
danger,
cha denouveau de la jeune
viellard, s'approI'enfant qu'elle
femme, prit de force
cette scène touchante tenait, et le remit au marin, que
thargic ot il était; il avait tiré de l'espèce de léet, après avoir bravé plaça de ala mère sur ses épaules,
l'océan, il eut le bonheur nouveau la fureur de
dent, et à travers
de franchir sans accidérable qui
milleécueils, 2 la distance consiséparait ce rocher du
déposa enfin cette mère
rivage, où il
connaissance.
infortunée qui était sans
On la transporte dans une
ou on lui
habitation voisine
prodigue toutes sortes de soins
rappelerà la vie; elle ouvre enfin les pour la
ses premières paroles sont: ( Mon
yeux, et
( ou étes-vous O Dieu!
fils, mon père,
( rendez la vie à mon enfant sauvez mon père
On daigue à peine faire ))
celui qui s'était dévoué
attention à André, a
degénérosité,
avec tant de courage et
certaine. Mais pour André Tarracherà une mort presque
étant esclave,
victime, comme ses compagnons c'est-à-dire,
plus intolérable
d'infortune, du
et inouie, n'est préjugé, son action
aux yeux prévenus de courageuse
colons, qué celle d'un chien barbet
barbares
machinalement et pari instinct, se jette qui,agissant à
rapporteàson, maitrela
l'eau, et
Cependant André, Tcomegwcdursyainte le
quement occupé de la courageux André, uniqui étaient restés
position affreuse de ceux
sur le rocher, et du peu de
intolérable
d'infortune, du
et inouie, n'est préjugé, son action
aux yeux prévenus de courageuse
colons, qué celle d'un chien barbet
barbares
machinalement et pari instinct, se jette qui,agissant à
rapporteàson, maitrela
l'eau, et
Cependant André, Tcomegwcdursyainte le
quement occupé de la courageux André, uniqui étaient restés
position affreuse de ceux
sur le rocher, et du peu de --- Page 66 ---
toujours, lui laistemps que la mer, qui montait
pas ou déles secourir, 'ne s'aperçoit
sait pour
la conduite des colons tédaigne de remarquer attendrissante.
moins de cette scène seconde fois à la nage, et après
Il se jette une
arrive encore au rocher
de nouveaux efforts, de temps après, sur le rivage,
d'ouilramène,) peu
dont les prele vicillard vénérable et moribond, furent : ( Ma
mières paroles en touchant la terre, encore >
fillel... ma chère fille, existe-t-elle
et
(
on le transporte auprès d'elle,
On le rassure, mêmes soins.
on lui donnèles rocherun infortuné à secourir.
Il restait sur le
; les flots pousSa position était des plus critiques toujours avec la
sés parles vents, qui souflaient à une hauteur prodimême violence, s'élevaient bientôt atteindre et entrainer
gieuse 5 ils allaient
que les spectateurs
dans les abimes de TOcéan, malheureux, pour
contemplaient cavec effroi, ce d'espoir André,
qui T'on ne conservait plus dont les forces étaient
accablé de fatigue, et efforts nombreux qu'il
presque épuisées par les
était étendu surle
venait de faire, André, dis-je,
sable, presque sans monvement. se dirigeaient vers
Ses regards expressifs qui
en se fixant -
le ciel, qu'il semblait T'infortuné invoquer, qu'il voyait près de
pari intervalle sur
n'en pouvoir douter, qu'il
périr, antonaisit,an dese voir hors d'état de
sO uffrait bien davantage
ses
des douleurs qu'enduraient
le seccurir, que
membres meurtris.
faire, André, dis-je,
sable, presque sans monvement. se dirigeaient vers
Ses regards expressifs qui
en se fixant -
le ciel, qu'il semblait T'infortuné invoquer, qu'il voyait près de
pari intervalle sur
n'en pouvoir douter, qu'il
périr, antonaisit,an dese voir hors d'état de
sO uffrait bien davantage
ses
des douleurs qu'enduraient
le seccurir, que
membres meurtris. --- Page 67 ---
0 André Etre sensible et généreux
cruel abandon, une indifférence
3 un
la
coupable étaient
récompense de ton dévouement!..
affreuse de tes oppresseurs et de tes L'injustice
seulement n'excitait
tyrans, , nonpas en toi le plus léger murmure, la plus faible plainte; mais ne refroidissait
pas même, dans ton coeur, cenoble
te portait à secourir tes semblables penchant qui
de tes jours
aux dépens
Cependant, tout sentimentde pitié n'était
encore banni des coeurs des assistans. Plusieurs pas
témoins de ce terrible naufrage, quelques
de la basse Bretagne, arrivés à
marins
depuis peu, s'approchent d'André Saint-Domingue dont ilsa avaient
admiré le courage et l'adresse : ils l'entourent et
s'empressent de lui donner les secours qui
daient d'eux.
dépenLes forces d'André., qui semblaient l'avoir
quitté pour toujours, se raniment parl l'effet d'une
liqueur bienfaisante qu'il vient de prendre, et
André, toujours animé des mêmes sentimens de
courage et d'humanité, se précipite une troisième fois dansles flots, dontilbrave de
la fureur avec la même
nouveau
persévérance et la même
intrépidité. Au moment où il arrive, celui
allait secourir, venait d'être
qu'il
vague, et se débattait contre la mort. emporté André, par une
voitle
qui
danger, 2 s'enapproche à la hâte, puis, rassemblant le peu de forces quilui restent, ille saisit
par les cheveux, non sans des efforts inouis et
incroyables; ; il touche enfin le rivage, où, après
ouveau
persévérance et la même
intrépidité. Au moment où il arrive, celui
allait secourir, venait d'être
qu'il
vague, et se débattait contre la mort. emporté André, par une
voitle
qui
danger, 2 s'enapproche à la hâte, puis, rassemblant le peu de forces quilui restent, ille saisit
par les cheveux, non sans des efforts inouis et
incroyables; ; il touche enfin le rivage, où, après --- Page 68 ---
honorable fardeau, il tombe
avoir déposé son
sans connaissance. commence à le remarquer; on
Cette fois, on
dans un lieu où il était
Fentoure; on l'emporte
plus facile de lui administrer les prompts secours
son état; en vain une partie des assisqu'exigeait
tans attendris et revenus de leur erreur, déplore
autour de luil..
son triste sort, s'empresse
la
il entr'ouvrit seulement un instant paupière,
articula quelques mots inintelligibles, et expira
presque au même moment. victime d'un des plus
Ainsi mourut esclave, et
beaux traits de dévouement qui honorent T'espèce
humaine, cet homme si intrépide et sidigne d'un
autre sort.
étaient, réLes Romains, tout paiens qu'ils
compensaient leurs esclaves, quand ceux-ci monaffranchissaient
traient des vertus héroiques:ilsles:
actions bien moins éclatantes, et les élepourdes
haut
leur
la loi qui
vaient aussi
que
permettait
régissait l'état; mais les modernes ne se piquent
point de surpasser en tout les adorateurs deJupiter , et nos conservateurs de PInquisition 2 que
I'Europe, ne craignent point de rester
repousse insensibles au spectacle des vertus mises en pra- 2
des noirs 2 comme André. On leur
tique par
les sermoner, et on a
envoie des prêtres pour
officiels
les noircir de calomdes libellistes
pour
nies. Cela parait coûter moins que de se montrer
équitable et chrétien envers eux : on n'en fait
des frères, que pour exercer sur eux touslesdroits --- Page 69 ---
les admettre au bande la paternité, et non pour
quet de famille.
se composait
La population de Saint-Domingne:
de mudenègres esclaves, de nègres affranchis,
de lunion des blancs-avec
làtres qui provenaient de colons et de blancs qui avaient
les négresses ;
leurs manvaises actions
été chassés d'Europe pour
fuyant la misère à
ou Ieur inconduite, ou qui, dans leur patrie,
laquelle ils étaient en proie
de
étaient venus dans la colonie avec T'espoir derniers
faire une fortune facile et rapide. Ces
étaient
cialaonoarpar Tépithète de petits blancs...
n'avaient
la plupart,
Ces blancs, qui, pour
avaient
pas eu les moyens de payer, leur a les passage,
des
été obligés de contracter avec
capitaines des arrannavires sur lesquels ils étaient arrivés, dans la classe
gemens qui les mettaient presque
ils avaient
leur passage,
des esclaves; pour prixdel avait amenés dans la
promis à celui qui les
Mais
années de leur temps.
colonie, plusieurs
habiles capitaines de ces navires ne résidant pas utituellement à Saint-Domingue, ou ne pouvant
ces petits blancs, vendaient, soit
liser eux-mêmes
autres habitans de la coloaux planteurs ou aux avaient acquis sur eux.
nie, les droits qu'ils
amène ici
Ce véritable commerce des blancs,
une observation toute simple et très-naturelle; avait
delal France
c'est que, si le gouvernement
faitalorstousl les prétenduss ssecidficeopourcaiacDe
mingue qu'il prétend que cette colonie en a reçus,
-Domingue, ou ne pouvant
ces petits blancs, vendaient, soit
liser eux-mêmes
autres habitans de la coloaux planteurs ou aux avaient acquis sur eux.
nie, les droits qu'ils
amène ici
Ce véritable commerce des blancs,
une observation toute simple et très-naturelle; avait
delal France
c'est que, si le gouvernement
faitalorstousl les prétenduss ssecidficeopourcaiacDe
mingue qu'il prétend que cette colonie en a reçus, --- Page 70 ---
des blancs ne se seraient pas avilis pour payer
leur passage, au point de vendre ou d'engager
leur liberté pendant plusieurs années.
Le gonvernement ne protégeait même pas les
malheureux qui étaient obligés de s'expatrier
pour vivre, 2 et cela est tout simple 2 puisque
Topinion publique étaitaussi farblequeleministére
étaitpuissant; et Avignon, Nimes,Lyon etGrenoble
ont
de reste quels sont les droits du
nous
appris
les
malheur et ceuxde Thumanité, quand
dépositaires du pouvoir n'ont point à redouter Y'opinion, ou osent la former Et,i ici, cC n'était ni
des noirs, ni des esclaves qu'on livrait aux lois
d'exception, à des commissions non moins terribles, et que l'on frappait d'une manière encore
plus expéditive.
s'étonner
dans l'anOn ne doit donc point
que
voulaient nous ramener, avec
cien régime auquel
de 1815, on
leur légitime sele, les restaurateurs
de mettre un frein à la cupidité et à
ait négligé
coupatoutes les passions basses de ces capitaines
de
de vendre plus
bles qui ne rougissaient pas
quatre fois sa valeur, un service que le gouvernement aurait dû procurer sans rétribution.
L'état des nègres affranchis, ainsi que celui des
bien préférable à tous égards
mulâtres, quoique était néanmoins des plus inà celui des esclaves,
le fait d'aucun
supportables; ils ne jouissaient par
des blancs. Les nègres affranchis se
des priviléges
dela COseraient vainement adressés aux magistrats
en obtenir la réparation des injures et
lonie, pour --- Page 71 ---
auxquels ils étaient continuellement
des ontrages
Iesantonitésavaient
en butte dela part des blancs; eût été d'un dangepour principe à ce sujet, qu'il
à Facde voir les blancs succomber
reux exemple
des noirs. Enfin,
cusation ou céderaux prétentions
considérés
affranchis étaient toujours
les nègres
des êtres d'une: autre espèce
par les colons comme
être
, après savoir
qu'eux.1 Pouvons-nous en
surpris, armée une battue
vu faire de notre immortelle
catégories,
morale, réglée par de monstrneuses dansles bureaux
dont lauteur avait prisle modèle
des
de salut public d'où la législation
du comité
éloignée, et où sa flexibilité
suspects nel'avait pas
élévation...
dorsale fut lorigine de son étonnante
de
D'après ce qu'on a lu, on peut se dispenser toutes foncétaient exclus de
dire queles nègres
civils et militaires.
tions ou emplois publics,
dits planteurs ou
Cette conduite des colons,
les nègres
non seulement envers
propriétaires, setles 2 mulâtres; mais encore envers ceux
affranchis
mépris, les petits blancs,
qu'ils nommaient, par
de leur part, qu'ils
était d'autant moins politique
cas d'inétaient les moins nombreux, et esclaves, qu'en Fon ne
surrection de la part des nègres
les voir
s'attendre à autre chose qu'à
pouvait confondre leurs intérêts et leur vengeance.
amwmww
ons,
les nègres
non seulement envers
propriétaires, setles 2 mulâtres; mais encore envers ceux
affranchis
mépris, les petits blancs,
qu'ils nommaient, par
de leur part, qu'ils
était d'autant moins politique
cas d'inétaient les moins nombreux, et esclaves, qu'en Fon ne
surrection de la part des nègres
les voir
s'attendre à autre chose qu'à
pouvait confondre leurs intérêts et leur vengeance.
amwmww --- Page 72 ---
w
CHAPITRE IV. -
de la colonie avant la révolution,
Du gouvernement
sous lequel les colons de
et du despotisme affieux
toutes les classes génissatent.
que les colons
MALORÉ l'affreuse tyrannie affranchis que sur
exerçaient, tant sur les nègres fallait de beaumalheureux esclaves, ils'en
leurs
fussent libres eux - mèmes ; ils
coup qu'ils ne
écrasés sous le joug du desétaient au contraire
la France
potisme et de Yarbitraire des agens régirla que colonie,
envoyait à Saint-Domingue, leurs pour ordxes ou leur apoù rien ne se faisait sans
probation.
colons de Saint-Domingue, un
Il était pourles
eux; c'était celui
autre joug bien plus pesant faisaient pour des voeux pour
de la métropole; et s'ils
faisaient pas moins
innouitreawaneed
de la.
Taffranchissement et Tindépendance
pour colonie. Ils sentaient déjà, depuis long-temps, et
était en élat de se suffireà elle-mème, à leur
qu'elle
étaient toutes
les lois de la métropole
quel
En effet, clles portaient un préjudice à
désavantage:
seulement
considérable aux colons : intéressés considérée seule
la prospérité de la colonie,
aucune nécescommeleur patrie,, ils ne voyaient
de la
sité de sacrifier son bien être à T'avantage --- Page 73 ---
6r
France, pour laquelle ils élaient bien
les sentimens qu'inspire à
loin d'avoir
vu naître.IIsne voyaient dans Thomme la
le pays quil'a
dont ils étaient
et
Frmncequtumpaye
et
souvent
trilbntaires; l'autorité usurpée
aussiexigeantede soumission,
mages et de respects, quesi
d'homet aussi bienfaisante qu'avide, clleavaitété légitime,
dance assez humiliante
rendait leurd dépensentittoutlepoids
pour que leur fierté en
à Jusqu'au moment désiré où la
Saint - Domingue, le
révolution éclata
avait vu, dansla grandedistance gouvernement français
colonie de la métropole, la
qui séparait cette
deux principaux
nécessité d'investir les
dontils surent cacher administrateurs les
d'un pouvoir
quoiqu'ils fussent
bornes à la colonie;et
nistre de la marine, placés sous la direction du miétaient communes.
beaucoup de choses leur
Néanmoins
plus spécialement chargé de tout legouvermeurétait ce
port au militaire ; l'intendant l'était quiavait de
raptration civile, et des tribunaux
l'adminisexérçait unei influence
sur lesquels il
queson nom.
qui ne laissait à la justice
blait à certains Sain-Domingugàcer états de
égard, ressemavaitrendala monarchie FEurope, dans lesquels on
tout se
absolue, afin quel'on
Il permettre au nom du Toi.
pàt
existait presque
et l'intendant de la toujours, entre legouverneur
que
colonie, une certaine rivalité
rendaitinquiete une égale dose de méliance
et
légués. Cette désunionsecrète
était
F
d'autantmoins
blait à certains Sain-Domingugàcer états de
égard, ressemavaitrendala monarchie FEurope, dans lesquels on
tout se
absolue, afin quel'on
Il permettre au nom du Toi.
pàt
existait presque
et l'intendant de la toujours, entre legouverneur
que
colonie, une certaine rivalité
rendaitinquiete une égale dose de méliance
et
légués. Cette désunionsecrète
était
F
d'autantmoins --- Page 74 ---
qu'ils se faisaient réciproquement, Aussi par
apparente,
tous les honneurs possibles.
pure politique,
cette colonie ne lui serait pas
ERCtEEe
forte garantie que T'autre de ces, fonctionnaires.
enlevée par Tun ou
si Tun d'eux avait voulu
1l est bien certain que suprême de Saint - Dos'emparer du pouvoir
de tous ses
mingue, l'autre s'y serait opposé
moyens.
nommaient à tous les emplois,
Ces deux despotes
nombre des plus imporsi Pon en excepte le petit de la marine s'était réscrvé
tans que le ministre
afin d'y avoir des créad'accorder lui-même,
au besoin les actions
à surveiller
tures disposées
de Fintendant, qui, quoidu gouverneur et celles
s'entendre et
que cela fit peu probable, la colonie pouvaient de la métropole
détacherl
se liguer pour d'abordle pouvoiryszuf à se le diset se partager
puter plus tard. voulait aussi, en disposant luiLe ministère dont il s'était réservé la nomimême des emplois
seraient toujours remplis
nation, s'assurer qu'ils
des colons. Il conpar des étrangers, et non par
et peut- être
naissait leur esprit d'indépendance, qu'ils n'employasil avait raison de craindre
unes scission
sentleur autoritéà préparer et opérer
deéclairés de T'Europe prévoyaient
que les gens
puis long-temps.
auprès du ministre de
Sans protection spéciale envain contre les abus
la marine, on réclamait de toutes espèces des
de pouvoir et les vexations --- Page 75 ---
principaux fonctionnaires publics de la
parce que ceux-ci avaient tous dans les colonic;
deson excellence des affidés
bureaux
plaintes portées contre eux, quiinterceptaient et qui la
les
temps les leur
plupart du
méraire qui avait renvoyaient : malheur alors au téeu l'audace de se
avaient à leur disposition mille
plaindre! Ils
venger.
moyens de s'en
Le despotisme des principaux
nement de la colonie était
agens du gouversuivant leur
tel, qu'ils disposaient,
caprice ou leur
tune et dela vie des
fantaisie, de la forleur
particuliers qui étaient sous
dépendance. Il a été
dans lacensation
clairement prouvé,
de
portée contre
Saint-Domingue, le sieur Tex-gouverneur
fait déporter des habitans de Luzerne, la
qu'il, avait
étrangers dans les mines de la
colonie et des
Un despotisme semblable, bien Nonvelle-Espagac. loin de
la puissance de l'autorité
consolider
peuples, n'élait
et la soumission des
tifier en euxla résolution propre, au contraire, qu'à forde rompre de
liens, et de hâter le moment deleur semblables
ment. Si quelque chose
affranchisseles principaux colons, doitsurprendre, c'est que
nir victimes d'une
qui étaient exposés à deveaussi affreuse et
rannie, aient eu la patience de la exécrable tylong-temps.
supporter aussi
Le despotisme des
lois de prohibition fonctionnaires publics, et les
tion des
qui, interdisaient
denrées de
Texportaavant d'avoir été
Saint-Domingue. à létranger
entreposées en France, où alors
Si quelque chose
affranchisseles principaux colons, doitsurprendre, c'est que
nir victimes d'une
qui étaient exposés à deveaussi affreuse et
rannie, aient eu la patience de la exécrable tylong-temps.
supporter aussi
Le despotisme des
lois de prohibition fonctionnaires publics, et les
tion des
qui, interdisaient
denrées de
Texportaavant d'avoir été
Saint-Domingue. à létranger
entreposées en France, où alors --- Page 76 ---
à des droits injustes et exori
elles étaient assnjetties
dans toute la colobitans; de plus, la prohibition
nie de la culture du grain et autres productions de
où les colons étaient obligés
de la métropole,
d'autres
de ces objets et de beaucoup
se pourvoir fertilité de leur sol leur eût produits avec
que la
justifient tout ce qu'ils ont fait pour
abondance, des droits naturels dont le monopole
rentrer dans
avec
lois d'exception les a vaient dépouillés
et des
stupide quine permet pas au légiscette assurance les effets inévitables de son inilateur de prévoir
quité.
système de prohibition était devenu
Cet affreux
des habitans de
à la majeure partie
insupportable elle était déjà parvenue à ce degré
cette, colonie;
dans
et morale qui correspond
de force plysique
c'est-à-dire; à cette
les individus à leur virilité, commel les nations, se reépoque oûl les individus, suffire à eux-mêmes, et
connaissent en état de se
besoins. Arrivés à ce
de pourvoir à leurs différens sociétés, voyant, dans
point de connaissance, les
tous
la liberté
veut
aarthinats
les biens, traitent alors en ennemi quiconque
leur ravir ce trésor
Il esti incontestable qu'en 178g,Saiat-Domingne la haine dela
méditait fortement une scission que
métropole rendait imminente. conserver sur cettte
La France ne pouvait plus avait pris dans son
colonie Yascendant qu'elle y était devenue riche,
enfance. Saint-Dominguc
en un mol, était
forte, puissante; Saint-Domingue,
inats
les biens, traitent alors en ennemi quiconque
leur ravir ce trésor
Il esti incontestable qu'en 178g,Saiat-Domingne la haine dela
méditait fortement une scission que
métropole rendait imminente. conserver sur cettte
La France ne pouvait plus avait pris dans son
colonie Yascendant qu'elle y était devenue riche,
enfance. Saint-Dominguc
en un mol, était
forte, puissante; Saint-Domingue, --- Page 77 ---
virile, et la France la traitait
Dans cet état de choses,
comme un enfant.
élaient nécessaires,
d'immenses concessions
part
Edelamétropoledsae indispensables même, de la
colonie; elles élaient
Saint-Domingue un besoin réel et
pour
senti:l la France ne voulait
profondément
s'exposait
rienaccorder;lat France
conduisit inconsidérément à tout perdre. Elle
comme des hcmmesa animés du
se
prit annonçaient la volonté de le faire même esmars, de toutes les époques celle
avant le 20
fut aussi évident
ot leur discrédit
que leur
rien reesirdeleconsdunee opiniâtreté à ne vouloir
et parfois trop dure pour de expérience bonnes prolongée,
faconde rend sourds aux conseils de gens queleur
La France avait eu les torts les la sagesse.
vers sa colonie. Le plus grand plus graves entique était cet état de
et le plus impoliquel le gouvernement gêne et d'oppression sous leen plus les habitans de français courbait de plus
mesure que sa force et sa Saint-Domingnes ct, à
de se prêter à des
puissance T'empéchaient
sut pas voir combien mouvemens de fléxion, il n'e
téme tout opposé, ilimportait des suivre un sysce qu'il devait prévoir betetentso n'être
refuser plus tard. Un autie pas capable de lui
vers cette
tort de lal France enà
colonie, et quia été bien
Saint-Domingue, c'était les
préjudiciable
tion qui, faite à deux mille vices desa législapar des
lieues de la
les
gens qui ne connaissaient ni les colonie,
usages, ni les défauts des
moeurs, ni
des réglemens qui étaient colons, leur faisaient
quelquefois aussi nuir
S
D d -
refuser plus tard. Un autie pas capable de lui
vers cette
tort de lal France enà
colonie, et quia été bien
Saint-Domingue, c'était les
préjudiciable
tion qui, faite à deux mille vices desa législapar des
lieues de la
les
gens qui ne connaissaient ni les colonie,
usages, ni les défauts des
moeurs, ni
des réglemens qui étaient colons, leur faisaient
quelquefois aussi nuir
S
D d - --- Page 78 ---
sibles à l'intérêt qu'au repos des habitans de cette
ile.
français eût prévenu bien des
Le gouvernement consulté les colons sur les lois
maux, s'il avait
qu'il destinait à les régir.
Quand il y a rivalité entre une métropole et sa
n'accorde de grandes
colonie, si cette première
concessions à Yautre, il s'ensuit nécessairement
précaution d'ailleurs que
une scission, quelque
prévenir cet
puisse prendre la métropole pour
etla
événement. Ilne faut tpedahmsentoreresiens les
tyrannie, au lieu dè préserver de rupture
chaînes de la dépendanee, sont au contraire les
moniteurs qui ont indiquéaux peuples les dangers
résultant de leur opposition, et le moment de les
briser.
les rivalités qui existent entre les
D'ordinaire,
sont de
métropoles et les colonies 7
plusieurs de
les principales sont : les rivalités
espèces ;
d'agriculture, de commerce,
droit politique,
d'importation et d'exportation.
de navigation, rivalités de cette nature existent
Lorsque des
l'un d'eux
entre deux peuples, et que
prétend ils
exclusivement des avantages auxquels
jouir
droit, une rupture est alors inéviont également
en viennent à détable entre eux; et, lorsqu'ils
il arrive
cider la question par le sort des armes,
finit
très-souvent que celui qui voulait tout avoir,
Pareille chose arrive égaleparne rien conserver.
n'accorde point aux
ment lorsqu'une. métropole
ent
Lorsque des
l'un d'eux
entre deux peuples, et que
prétend ils
exclusivement des avantages auxquels
jouir
droit, une rupture est alors inéviont également
en viennent à détable entre eux; et, lorsqu'ils
il arrive
cider la question par le sort des armes,
finit
très-souvent que celui qui voulait tout avoir,
Pareille chose arrive égaleparne rien conserver.
n'accorde point aux
ment lorsqu'une. métropole --- Page 79 ---
colons ce qu'on ne peut leur refuser
leurs droits et blesser leurs intérêts. sans violeg
Si les métropoles ne se hâtent
de
leur système de domination
pas changer
ne crains pas de leur
sur leurs colonies, je
perdront lès
prédire qulavant peu elles
principales et les plus
Gouvernans de
importantes.
plus longl'Europe, ne vous abusez
temps. On ne peut
pas
des enfans ni le peuple ni lindividu gouverner comme
teint leur virilité. Vous traitez
qui ont atjourd'hui de la même manière VOS colonies anélaient naissantes, et
que lorsqu'elles
d'entre elles
cependant un grand nombre
sont, sije puis me servir'de cette
pression, en état d'engendrer.
exLes colonies, à moins decirconstances
dinaires, ne secouent ordinairement extraormétropoles, de même que les
le joug des
ne brisent leurs chaines,
sujets d'un despote
vers la puissance sous qu'aprèsavoir la
épuisé, enelles
tyrannie de
gémissent, tous les
laquelle
réclamations
moyens et toutes les
pacifiques et
en obtenir, non pas la totalité respectueuses, de
pour
car il est bon de
leurs droits,
remarquer que, dans
circonstances, les opprimés n'en
pareilles
quelquefois la moitié... Et
réclament pas
sont poussés à bout
ce n'est que lorsqu'ils
de leurs justes ei saintes par l'inutilité bien reconnue
méprisées, que leur
rélamations, hautement
les plus violens, désespoir prend les moyens
injustement
pour obtenir ce qu'pn
refusé. Ils ne se bornent leuravait,
rentrer dans la partie
plus alors à
déjà réclamée de leurs
5.
illes
quelquefois la moitié... Et
réclament pas
sont poussés à bout
ce n'est que lorsqu'ils
de leurs justes ei saintes par l'inutilité bien reconnue
méprisées, que leur
rélamations, hautement
les plus violens, désespoir prend les moyens
injustement
pour obtenir ce qu'pn
refusé. Ils ne se bornent leuravait,
rentrer dans la partie
plus alors à
déjà réclamée de leurs
5. --- Page 80 ---
semi-victoire ne contente point la
droits : une
aussi semparent-ils de tout ce
force outragée;
leur indépenquileur manque, et proclament-ils
dance surdes ruines.
d'Amérique
où les États-Unis
Si, au moment deleur métropole, la perfide,
secouérent le joug
eût été aussi habile à
la jalouse Angleterre
était
les hommes avec sagesse, qu'elle
gouvernerl dans l'art infernal de les détruire, elle
savante
méconnu la nécessité de retarder,
n'aurait pas l'oeuvre de leur émaneipation. Sa
par la justice,
d'un orgueil révolconduite inhumaine et pleine
des Amétant, combla la mesure de Tindignation à témoins de
ricains. Ils prirent le ciel et la terre
droits, etcoururent aux armes; ;
la sainteté deleurs
de
-
avoir prouvé au monde spectateur
et après
T'homme qui combat pour sa
cette lutte, que
invincible, ils déployérent
liberté est toujours de la vertu et du patriotisme, pour
toute l'énergie
n'avaient pas su occuper leurs
chasser ceux qui
aux sueurs dont
richesses sans mêler leur sang la terre. Tous'les
leurs bras laborieux trempaient Faffranchir furent
combats qu'ils livrèrent pour être comparée à
glorieux, et leur valeur peut
les
chassant de la Champagne
celle des Français
les remettre aux fers...
Prussiens accourus pour
ni une dictature de
Mais les Américains n'eurent
sans génie, sans
dix-huit mois, ni une pentarchie modération ne
fixité, sans union : leur héroique et un plan hasouiller leurs succès,
laissa point
des mouvemens basbilement conçu les préserva
urent
combats qu'ils livrèrent pour être comparée à
glorieux, et leur valeur peut
les
chassant de la Champagne
celle des Français
les remettre aux fers...
Prussiens accourus pour
ni une dictature de
Mais les Américains n'eurent
sans génie, sans
dix-huit mois, ni une pentarchie modération ne
fixité, sans union : leur héroique et un plan hasouiller leurs succès,
laissa point
des mouvemens basbilement conçu les préserva --- Page 81 ---
Gg
culaires qui nuisent toujours au
et compromettent même
corps politique
son existence.
en nation, ils servirent
Constitués
sont arrivés à-ce haut d'exemple aux autres, et
degré de prospérité
peuvent seules procurer une constitution que
consacre la liberté, l'égalité, et des lois
qui
àl lagriculture, à Tindustrie,au
favorables
pitoyables réveurs de
commerce, queles
non moins
priviléges, et les courtisans
Le but avides, ruinent toujours par la maltôte.
et les efforts continuels du
la métropole, doivent tendre
législateur de
ver's touf ce qui
empécher une scission entre ses colonies et peut
Le seul et unique moyen d'y
elle.
sure que la colonie fait des parvenir est, à mephysiques et morales
progrès, que. ses forces
tance, de la mettre acquiérent plus de consisa
de la liberté et del graduellement en possession
manquer d'être lindépendance qui ne sauraient
son partage, quand elle est
nue à l'âge d'en jouir. -
parveLa rapacité, l'avidité, l'injustice,
et la tyrannie des
> le despotisme
métropoles ont
ce jour, à leurs colonies de
permis, jusqu'à
à ceux de ces despotes
comparer leurs actes
naires qui font Ie malheur avares, cruels et sanguiginent, dans leur ridicule des peuples, et s'imadés commedes
orgueil, en être regarimages de la divinité.
Ce système n'est plus tenable le
venu où il doit être
;
temps est
conforme aux besoins remplacé par un autre plus
auxquels la
des colonies et aux droit
leur dit
nature, dont rien n'égale l'éloquence,
qu'elles ont droit de prétendre.
despotes
comparer leurs actes
naires qui font Ie malheur avares, cruels et sanguiginent, dans leur ridicule des peuples, et s'imadés commedes
orgueil, en être regarimages de la divinité.
Ce système n'est plus tenable le
venu où il doit être
;
temps est
conforme aux besoins remplacé par un autre plus
auxquels la
des colonies et aux droit
leur dit
nature, dont rien n'égale l'éloquence,
qu'elles ont droit de prétendre. --- Page 82 ---
l'anfour de T'indépenIl est incontestable que doit se réveiller un jour
dance et de la liberté,
sont hommes, et que,
parmiles colons, puisqu'ils ainsi que tout ce qui respar conséquenti ils sont,
lois immuables, aux
pire et végête, sujets aux Tunivers. La nature
lois éternelles qui régissent êtrc vivant, de quelque
n'a jamais créé un seul
qu'il puisse être, pour une dépendanceinespèce
déterminée.
réel qui unit les peuples,
L'intérêt estleprincipe
métropole
les divise. Ainsi, lorsqu'une
de
ou qui
le seul moyen
veut conserver ses colonies, de faire en sorte que ses
parvenir à ce but, est
de désir de conserver
colonies n'aient pas moins à les modifier, ouà
leurs relations que d'avantage
renoncer entièrement:
le
A
y
force des baionnettes est, sans contredit,
La
nation puisse employer
plus faible moyen qu'une
tenir un peuple sous sa dépendance. comme
pour
alliance entredeux nations,
Pourqu'ine
soit stable et
et sa colonie,
entre une métropole
une fusion des inréelle, il faut qu'elle représente elle est fondée sur
térêts des deux penples. Quand de leur nature plus
d'autres bases, elle participe
ou moins fragile.
à la formation
Lorsqueles colons ont concouru jouissent des
des lois qui les régissent, lorsqu'ils dela métropole, et
mêmes droits que les citoyens cette dernière ct sa
toute rivalité cesse entre
à briser-des
que
celle-ci cherche rarement
colonie,
delui être à charge, sont égaleliens qui,au lieu
représente elle est fondée sur
térêts des deux penples. Quand de leur nature plus
d'autres bases, elle participe
ou moins fragile.
à la formation
Lorsqueles colons ont concouru jouissent des
des lois qui les régissent, lorsqu'ils dela métropole, et
mêmes droits que les citoyens cette dernière ct sa
toute rivalité cesse entre
à briser-des
que
celle-ci cherche rarement
colonie,
delui être à charge, sont égaleliens qui,au lieu --- Page 83 ---
ment avantagenx pour les deux états,
ment sous le rapport du
non-seulepaix, mais sous le
commerce, en temps de
rapport de services mutuels
qu'ils peuventse rendre durant la
C'est en vain que beancoup de guerre.
que les colonies ne tendent
gens prétendent
détacher de leur
pas directement à se
états libres et
mére-patrie, pour devenir des
la
indépendans; il suflit d'avoir observé
naiure et d'avoir étudié ses lois,
vaincre du contraire.
pour se conIl faut être juste, autant
faire
surtout être
que
se peut, et
conséquent dans ses prétentions. Ces
principes auxquels un trop pétit tnombre de
sonnes se conforment, reconnus de toute
sité chez les
ReRC
individus, sont
sables aux nations.
également indispenment tous les
Jusqu'à ce jour, non-seuletous les
gouvernemens de T'Europe, mais
peuples en général ont adopté à Punanimité, parce qu'ils ont cru y voir leur intérêt, le
faux, l'absurde et ridicule
principe, que les coloniesdevaient être éternellement assujetties à la domination des métropoles.
Pour démontrer à
quel point une semblable
opinion est peu fondée, je suppose, par exempie,
quela Sardaigné, quiest un des plus
ritimes del
petitsétats mal'Europe, vienne à former une colonie
sur les côtes d'Afrique ou dans
porte. Il est infiniment
TInde, peu imlois de la nature
probable que, suivant les
qui tendent au développement du
physique et du moral des peuples comme à celui
des individus naissans; il est probable,
dis-je,
quel point une semblable
opinion est peu fondée, je suppose, par exempie,
quela Sardaigné, quiest un des plus
ritimes del
petitsétats mal'Europe, vienne à former une colonie
sur les côtes d'Afrique ou dans
porte. Il est infiniment
TInde, peu imlois de la nature
probable que, suivant les
qui tendent au développement du
physique et du moral des peuples comme à celui
des individus naissans; il est probable,
dis-je, --- Page 84 ---
boutd'un certain nombre d'années, cette
qu'au
les frontières dun vaste concolonie, située sur
considérable que la mèretinent désert,sera plus
sera
renfermée dans une petite ile,
patrie qui,
dans Timposilbilité
par sa situation géographique étendue. Sa colonie,
d'atteindre à une plus grande
et
deviendra riche, puissante peuau contraire,
d'individus bien supérieurà ceplée d'un nombre
suivant le
lui que renferme sa métropole qui,
de a
système ridicule et absurde des gouvernemens ne
voudra, en vertu de droits qu'elle
TEurope,
contraindre
manquera pas de qualifier légitimes, des lois et pard des
sa colonie à être gouvernée par
lui prohiêtres dévorans contraires à son intérêt;
son
ber la culture du grain; la forcer de porter être
à une distance considérable pour y
sucre
à tous les étrangers; ne
rafliné; fermer ses ports colonie de commerce ou de
permettre à cette
ou
son intermédiaire
relation ayec eux, que lui par défendre de recevoir de
avec sa permission, et
n'est pas capable de
Tétranger des objets qu'elle
lui fournir.
disent qu'il faut sacrifierlinLes gouvernemens
cette maxime
térêt particulier à Tintérêt général;
maisles gouvernans
me semble vraie en politique; Je dirai franchement
de FEurope T'observent-ils? cette circonstance,
crois rien, et qu'en
quejen'en
ils disent d'une façon
comme dans bien d'autres, ainsi
le fourbe et
de lautre. C'est
que
et agissent s'écrient en chaire: Ne regardes pas ce
Thypocrite
ce que je vous dis.
sejefaibymatifatese
maxime
térêt particulier à Tintérêt général;
maisles gouvernans
me semble vraie en politique; Je dirai franchement
de FEurope T'observent-ils? cette circonstance,
crois rien, et qu'en
quejen'en
ils disent d'une façon
comme dans bien d'autres, ainsi
le fourbe et
de lautre. C'est
que
et agissent s'écrient en chaire: Ne regardes pas ce
Thypocrite
ce que je vous dis.
sejefaibymatifatese --- Page 85 ---
Enfin, il résulterait du système
gouvernemens de T'Europe
reçu parmi les
lonies, que l'on défend à relativement aux corable de citoyens de récolter une quantité considédu grain dans
terres, 3 parce qu'ily a dans la
leurs
ticuliers qui en
métropole des parpointaux premiers cultivent; de
et qu'on ne permet
sucre, parce qu'il s'en construire de raffineries de
dans la
trouve en grand nombre
leurs métropole, ou on les force de
sucres bruts, en les
transporter
d'une traversée aussi
exposant aux périls
de leur fairesubir longue que hasardeuse, afin
était de leur intérêt une opération pour laquelle il
Quoi! parce qu'ilyas dene pas sortir de chez eux.
un rocher habité surleglobe terrestre un point,
faudrait
qui se nomme la Sardaigne, il
qu'une colonie, devenue un
considérable, fat
peuple
lois absurdes et
éternellement vexée par des
pos, àson honneur contraires à sa liberté, à son requ'un
et à sa dignitél.
pareil
Jesoutiens
sceau du plus système est absurde et marqué du
ou tard toute colonie profond ridicule. Il détermine tôt
son indépendance, quiy est soumise à déclarer
la plus légitime comme l'action la plus juste et
En
possible.
jetant un coup d'oeil
et sur le
impartial sur FEurope
moment Nouvean-Monde, où les
l'on voit que, dans le
proclament le gouvernemens denotre continent
térêt du
principe que l'on doit sacrifier l'infont
petit nombre à celui du
tous leurs efforts
plus grand, ils
pendance les trois pour maintenir sous leur déautres parties du monde qui, --- Page 86 ---
certainement à clles trois, contiennent bien le
nombre des habitans dela terre.
plus grand
C'est ce système de voracité et d'ignorance quia
la mémorable et intéressante révoluprovoqué
perdra toutes
tion, par suite del laquelle TEspagne
qui, dedans le Nouveau-Monde,
ses possessions libre enfin, d'esclave qu'il était, parviendra
venu
à rivaliser de prospérité les parties de
un jour
TEurope où le commerce et Tindustriesesercent, rédébarrassés des entraves qui, dans Yancien
donnaient à PAngleterre oùl elies ne sont
gime,
sur la France qui
point connues, tant d'avantages
en était garottée.
661 1114 Mw 1448
quelle TEspagne
qui, dedans le Nouveau-Monde,
ses possessions libre enfin, d'esclave qu'il était, parviendra
venu
à rivaliser de prospérité les parties de
un jour
TEurope où le commerce et Tindustriesesercent, rédébarrassés des entraves qui, dans Yancien
donnaient à PAngleterre oùl elies ne sont
gime,
sur la France qui
point connues, tant d'avantages
en était garottée.
661 1114 Mw 1448 --- Page 87 ---
CHAPITRE V.
De L'esprit d'indépendance des Colons, dits les
Planteurs, et de ce qui luiavait donné lieu.
Au moment où la révolntion a éclatéà SaintDomingue; cette colonie était gouvernée
des lois éminemment contraires à
par
moeurs, à l'industrie et aux intérêts l'esprit, de
aux
bitans.
ses haLa prohibition de la culture du
et des
autres productions européennes
le grain
tile de cettecolonie eût
que climatferle monopole, l'ennemi le produits avecabondance;
et du
plus cruel de l'industrie
commerce, et la fermeture des ports aux
étrangers, étaient les causes réelles et
qui empéchaient
principales
France cet attachement Saint-Domingue d'avoir pour la
tisme
les
ou ce prétendu patrioque
métropoles exigent toujours vainementdeleurs colonies,
pour elles quedes smarâtres lorsqu'elles-mèmes; ne sont
insatiables
ou des rivales avides et
voir
qui, ne voyant et ne voulant jamais
que leur intérêt particulier, dans leurs
ports avec leurs colonies, ne
rappréjudice, ni du tort
s'inquiétent ni du
qu'elles
qu'elles leur font, pourvu
y trouvent leur compte.
Le gouvernement français voyait d'un oeil inguiet et jaloux les progrès de cette colonie, dont --- Page 88 ---
les habitans
entretenaient, témoignaient sans détourled désirqu'ils
dese soustraire etqui croissait avec leur
au joug de la France. civilisation,
pole leur était devenue
Leur métroles vexations que par led insupportable, tant par
maîtres
despotisme révoltant des
la France, pleinsd'aroganee qui connaissait qu'on y envoyait. Aussi
les
lonsàs son égard, faisait-elle les dispositions des COpables et les plus criminels efforts les plus couretarder son
pour non seulement
ce que les accroisement, mais afin de la rendre
nomment gonvernemens modernes de PEurope
politiguenentfaible.
LAngleterre, la jalouse
d'après les progrès
Angleterre, jugeant,
d'Amérique,
rapides que faisait sa colonie
ci secouerait aujourd'hui les Etats-Unis, que cellesait les efforts bientoclejoug les
desa dépendance, faipour la rendre plus vils et les plus
aussi
abominables,
fin la nature, outragée poltiquementfaible, Mais end'infamies,.
par tant d'horreurs et
cet honorable après avoir dit avec véhémence à
dance, l'aida à peuple briser de proclamer son
ses fers et à
indépenqui voulurent
exterminer ceux
S'il est vrai prolonger son esclavage.
doit être sacrifié que à la l'intérêt du plus petit nombre
majorité,
F'Europe, l'énormitédey :
votre gouvernemens de
votre
crime est
politique est un
effrayante!
rant, lennemi capital monstreinsatiable du
ét dévovous prétendez retenir
genre humain. Quoi!
dance, les trois
sous votre infâme
parties les plus considérables dépenplus intéressantes du globe
et les
terrestrel... C'en est
son esclavage.
doit être sacrifié que à la l'intérêt du plus petit nombre
majorité,
F'Europe, l'énormitédey :
votre gouvernemens de
votre
crime est
politique est un
effrayante!
rant, lennemi capital monstreinsatiable du
ét dévovous prétendez retenir
genre humain. Quoi!
dance, les trois
sous votre infâme
parties les plus considérables dépenplus intéressantes du globe
et les
terrestrel... C'en est --- Page 89 ---
fait, Theurede
dans le
lT'indépendance des nations a sonné
de
Nouvenn-Mondes un concert harmonieux
dela chantedlallégresse, libertédes
et des hymnes en Thonneur
peuples,
mité à l'autre de ces vastes retentissent d'unee extrépilissantd'efroi, ont
contrées; les
tout perdu... d0
tyrans,
T'opprobre et lignominie dont ils horsla honte,
nellement couverts aux yeux de la resteront éterplus reculée.
postérité la
De même que Ia colonie des États-Unis
mérique s'apercevait, à mesure
d'Aphysiques et morales se
que ses forces
était victime de la plus odieuse développaient, qu'elle
tans de Saint-Domingue
politique, les habique. Ils n'attendaient faisaient la même remardessein qu'ils avaient que loccasion favorable au
dit,de briserles chaînes formé, de
comme je l'ai déjà
leur
mére-patrie qui, bien loin de lui dépendance être
d'une
devenue, tant par sa tyrannie
utile, était
politique, un obstacle élernel à que par son affreuse
sent et à venir.
son bonheur préLes planteurs de
colonie, du moins Saint-Domingue, quant à la
l'élite de la
lumières, manifestèrent
civilisation et aux
leurs députés, tant àl
souvent, par T'organe de
la convention
Tassemblée constituante
décisions
nationale, dontils
qu'à
que tant qu'elles étaient n'adoptaient les
désirs, aux besoins et aux
conformes aux
de la colonie; ilsy
droits incontestables
vertementleur y manifestérent, dis-je, très-ouIls y disaient système d'indépendance.
souvent, dans leurs actes et dans
isation et aux
leurs députés, tant àl
souvent, par T'organe de
la convention
Tassemblée constituante
décisions
nationale, dontils
qu'à
que tant qu'elles étaient n'adoptaient les
désirs, aux besoins et aux
conformes aux
de la colonie; ilsy
droits incontestables
vertementleur y manifestérent, dis-je, très-ouIls y disaient système d'indépendance.
souvent, dans leurs actes et dans --- Page 90 ---
leurs discours, que la partie française de SaintDomingue n'était pas unecolonie; qu'elle n'avat
ni fondée par la France, qui se
été ni conquise,
illusion sur ses prétendus
faisait, disaient-ils,
droits sur eux.
adressé
les planteurs aux
Dans un mémoire
par
avant la convocation des états généraux,"
notables,
le
qui ne laisse auon remarque passagesuivant,
encun doute sur les prétentions et l'espoir qu'ils
tretenaient, depuis un grand nombre d'années,de
leuri
( Saint-Dodéclarer un jour
indépendance.
ni
n'a été ni conquise,
(( mingue, y disaient-ils, elle appartenait aux Espa-
< acheté, ni soumise;
valeureux,
1630, des Français
ec gnols, lorsqu'en
à la France
( indépendans; qui n'appartenaient queles mers,
( que par le coeur, qui inhabitaient
de
queleur courage,
( qui n'avaient patrimoine les
de celte
les Espagnols et
Anglais
€ chassèrent établirent. Cette conquéte, faite en
(( ile, et s'y
était
nom, avec leurs propres) forces,
< leur propre
dix années sous
(( leur propre bien. Ilsla gardèrent de cette possesSouverains
( le nom deftibustiers.
était alors, pouvait
( sion qui, tout inculte qu'elle
ils étaient les
( devenir si importante un jour, celui des rois de
absolus de la donnerà
( maîtres
auraient cru lep plus digne. )
( T'Europe qu'ils
rien
rappeler au gouIls ne négligenient
pour
français T'origine de ses prétendus
vernement
nullité. Dans
droits, afin de lui en démontrerla
favorables qui s'en présentoutes les occasions
delaifaire
taient, ils ne manquaient pas non plus
qu'elle
ils étaient les
( devenir si importante un jour, celui des rois de
absolus de la donnerà
( maîtres
auraient cru lep plus digne. )
( T'Europe qu'ils
rien
rappeler au gouIls ne négligenient
pour
français T'origine de ses prétendus
vernement
nullité. Dans
droits, afin de lui en démontrerla
favorables qui s'en présentoutes les occasions
delaifaire
taient, ils ne manquaient pas non plus --- Page 91 ---
sentir Tinconvenance du régime
toire auquel ils ne se soumettaient onéreux et vexagrande répugnance.
qu'avecla plus
Peu de temps aprés que la révolution eut
en France, elle se manifesta dans la
éclaté
Sajnt-Domingue: : les autorités
colonie de
ment à la formation desassembléesdu s'opposérent vainel'élection de ses députés aux états peuple, pour
grands planteurs, sans avoir égard à généraux. Les
s'assemblerent
cette défense,
des assemblées d'eux-memes, et nommérent, dans
la suite, furent privées, réduits dix-huit députés qui, par
A la véritéces
à six, et six suppléans.
et
élections, pour ainsi idires
auxquels un grand nombre de
secrètes,
ticipérent point, étaient
citoyens ne pardroit,
illégales et nulles de
pitisque toutes les formalités
plein
loi, pourleur validité, 0e n'avaient
exigées par la.
mais elles prouvaient, dela
pas été observées;
manièrela plus évidente
M
vernement de la colonie dont
gouETEE
saient exactement
eux seuls connaisBientôt se forma l'état, à
les moyens et les besoins.
semblée
Saint-Marc cette fameuse asoù elle tenait coloniale, si connue sous lei nom du
Ses séances, et par les principes d'in- lieu
dépendancequ'elles manifesta, tant
On peutjuger du bon
qu'ellesubsista.
mée, par le décret
esprit dont elle était ani28 mai
qu'elle rendit à Fananimité, le
1790,sur les bases constitutionnelles
colonie, après une délibération
de la
quatre jours.
solennelle de
D'après CC décret, on pouvait con-
ù elle tenait coloniale, si connue sous lei nom du
Ses séances, et par les principes d'in- lieu
dépendancequ'elles manifesta, tant
On peutjuger du bon
qu'ellesubsista.
mée, par le décret
esprit dont elle était ani28 mai
qu'elle rendit à Fananimité, le
1790,sur les bases constitutionnelles
colonie, après une délibération
de la
quatre jours.
solennelle de
D'après CC décret, on pouvait con- --- Page 92 ---
la
française de Saint - Domingue
sidérer
partie
de la France; carles
comme un étal indépendant
étaient pour
liens qui pouvaientlyj joindre encore,
ainsi dire nuls.
le lecteur peut en
Voici un extrait de ce décret,
est dit ( que le droit de statuer sur son
juger'lly
essentiellement et
( régime intérieur appartient
de Saintà la partie française
K nécessairement
connue dela France, dont
( Domingue, trop peu immense intervalle;
( elle est éloignée par un
ne
les
de Saint-Domingue
( Que
représentans
sans
renoncer à cedroit improscriptible,
< peuvent à leur devoir le plus sacré, qui est de
( manquer à leurs constituans des lois sages et
( procurer
( bienfaisantes;
être faites qu'au
( Que de telles lois ne peuvent
raison de
même de cette ile; d'abord en
( sein
climat, du genre de population,
( la différencedu
et ensuite, parce
( des moeurs et des habitudes,
intérêt à la
ceux-là seulement qui ont
( que
la délibérer et la consentir;
( loi, peuvent
constituante ne pourrait dé-
< Quelassemblée
le régime eintérieur de
( créter les lois concernantl
les principes
sans renverser
( Saint-Domingue,
décrets, ct
( qu'elle a consacrés par ses premiers des droits de
sa déclaration
(( notamment par
( Phomme;
concerne les rapports commer-
( Qu'en ce qui
communs entre
K ciaux et les autres rapports le nouveau cônet la France,
( Saint-Domingue
le woeu, les besoins ct
( trat doit être formé d'après
le régime eintérieur de
( créter les lois concernantl
les principes
sans renverser
( Saint-Domingue,
décrets, ct
( qu'elle a consacrés par ses premiers des droits de
sa déclaration
(( notamment par
( Phomme;
concerne les rapports commer-
( Qu'en ce qui
communs entre
K ciaux et les autres rapports le nouveau cônet la France,
( Saint-Domingue
le woeu, les besoins ct
( trat doit être formé d'après --- Page 93 ---
8r
(C le consentement des deux parties
On ne peut disconvenir
contractantes. >>
Tassemblée de
que ces prétentions de
Saint-Marc étaient bien
elles furent néanmoins mal
fondées:
reçuesdu
ment français : il ne voulait
gouvernede
pas entendre parler
Tindépendance de cette colonie, et croyait
aveuglément que cela suffisait, pour
pas lieu. Le ministèrea fait, comme à plaisir, qu'ellen'eàt
les fautes quilont
toutes
sordres dont
perdu, et il a imputé des désa mauvaise administration était la
cause, à l'esprit du siècle qui eût tout
risé, si le cabinet de Versailles
régulaobstinément attaché à
ne s'était point
Si les
en contrarier la marche.
planteurs de Saint-Domingue s'élaient
toujours comportés avec la même
et
la même
sagesse avec
conformer précaution d'étudier la nature, et de se
à ses lois, ils eussent
réussi à faire de
certainement
Saint-Domingue un étatlibre et
indépendant, ot fleuriraient
merce et les arts. Mais les grands aujourd'huile comles intentions qui les
planteurs, avec
animaient, ne pouvaient
manquerde rencontrer à Saint-Domingue les instrumens de leur perte, alors même
n'auraient pas éprouvé de résistànce, de la qu'ils de
métropole.
part la
Leur plan élait, en secotantlejougdela)
d'établira
France,
Saint-Domingue un gouvernement despotique et féodal, et qui aurait eu à
les
mêmes bases et des
peu près
principes semblables à ceux du
gouvernement, que la plus mémorabledes révolutions détruisait ici.
--- Page 94 ---
époque, la féodalité était en France ce
Acelte
dans une grande partie de
qu'elle est maintenant
monstrueux et
FEurope, c'est-à-dire, un édifice
antisocial, miné par le temps, et que les lumières du siècle devaient détruire pour jamais;
du sein des lumières jaillissent les vérités qui
car
hommes
sont égaux, dans
apprennent aux
qu'ils destin les ait fait
queique classe dela société queic
naître.
Ce n'était pas le moment de projeter d'établir,
affranchie, un gouvérnedans Saint-Domingue celui de la ruche française, ou les
ment comme étaient tout, et les abeilles rien. Les espéfrelons
de l'ile étaient donc absurdes et
rances des grands
la résistance des nobles de
extravagantes, comme
les
en
la métropole, et du clergé qui
surpassait
sans se souvenir que le contraste de ses
préjugés, et de ses moeurs, de ses richesses et de
prédications
au
la misère publique, en avait plus appris dévoiler peuple les
les écrivains les plus habiles à
que
ridicules de deux ordres
méfaits, et à signalerles
nécessitait Textrème maigreur
dont Tembonpoint
du troisième.
Siavecles nobles watinamfielipredeoor de
tous les planteurs et les gens raisonnables
conservaient au fond du coeur, ils avaient
Vile,
de s'associer les autres classes d'indivieu Tesprit
Timmense majorité deshabidus qui composaient)
bien' certainement
tans de la colonie, ils auraient
d'affranchir
réussi dans Texécution de leur. projet
Saint-Dominguednj jong de la France.
Tembonpoint
du troisième.
Siavecles nobles watinamfielipredeoor de
tous les planteurs et les gens raisonnables
conservaient au fond du coeur, ils avaient
Vile,
de s'associer les autres classes d'indivieu Tesprit
Timmense majorité deshabidus qui composaient)
bien' certainement
tans de la colonie, ils auraient
d'affranchir
réussi dans Texécution de leur. projet
Saint-Dominguednj jong de la France. --- Page 95 ---
Lamasse
était fatiguée de Farbitraire et
Coesinteenteet
du pouvoir
niquedesagens du gouvernement
tyranpuissance desquels ils
français, sous. la
gémissaient; elle
ses efforts à ceux des planteurs
anraitjoint
Il n'y a pas de doute
pourdevenir libres.
et des avantages
que, pour jouir dela liberté
nombreux
gnée, les habitans de toutesles quil'eussent accompane se fussent
classes dela colonie
empressés de saisir les
favorables à l'exécution du
circonstances
qui était de secouer le joug projet de la des planteurs,
constituer
France, et de
indépendante Saint-Domingue en une. nation libre, et
des états de l'ancien et du
Monde.
nouveau
Les principes de fraternité et d'égalité
consacrait en France, n étaient
que l'on
les grands plarteurs, qui faisaient pas la approuvés par
membres de l'assemblée de Saint-Marc. majorité des
tés de la colonie près Fassemblée
Les dépuque tous les membres du club nationale, ainsi
sèrent de tous leurs pouvoirs à Massiac, l'abolition s'oppotraite des nègres,s sans le secours de
de la
raient-ils, le cC mmerce et la
laquelle, assunies'anéantiraient.
prospérité de la coloAussi firent-ils tousleurs efforts
pour s'opposer à Fimportation de ces beaux
cipes, qu'ils qualifiaient de séditieux,
prinlescroyaient contraires à leurs intérêts parce qu'ils
Telle est l'opposition actuelle des
personnels.
abus et des majorats, aux
conservateursdes
qui n'est autre chose
principes de la Charte,
qu'une recounsisanceindisG.
, assunies'anéantiraient.
prospérité de la coloAussi firent-ils tousleurs efforts
pour s'opposer à Fimportation de ces beaux
cipes, qu'ils qualifiaient de séditieux,
prinlescroyaient contraires à leurs intérêts parce qu'ils
Telle est l'opposition actuelle des
personnels.
abus et des majorats, aux
conservateursdes
qui n'est autre chose
principes de la Charte,
qu'une recounsisanceindisG. --- Page 96 ---
l'assemblée conspensable de ceux que proclama
de défendre..
tituante, et que Louis XVIavaiti juré
Ces hommes, si éminemment monarchiques, ont
bien osé publier à Toulouse, le 20 mai 1814, une
espèce de protestation contre les principes énoncés du
dans la déclaration donnée par leur roi, le2
méme mois. Fallait-ildone cette nouvelleoeuvrede
ténébres, pour nous rappeler toutes celles qui,
le roi-martyr', lont empéché de faire tout
égarant
le bien qu'ilavait dans le coeur?
que les planteurs se
Quant au gouvernement
après
proposaient d'établir à Saint-Domingue
d'avec la France, on ne
avoir établi sa scission
il devait être; mais si
sait trop de quelle nature
et
les
planteurs,
Ton en juge d'après prineipesdes imbus, il
les préjugés dont ils étaient si fortement
que l'aristocratie devait y
est infiniment probable
être pour beaucoup.
faiAvant la révolution, les grands planteurs
saient tous les efforts imaginables pour se faire
ce fût déjà aussi ridicule quele
annoblir, quoique
se font deux familles qui se disputent
procès que
dépenses faites
aujourd'huides armoiries, etqueles
bonnes willes, comme celle de Lille,
par quelques
Qu'avait à revendiquer
pour s'en procurer. le chef-lieu du nord, après un
pour Phonneur,
de
siége qui Timmortalise, et le généreux départ du
nationale, pour I'Escaut, à la voix
sa gardé
administrateur aussi hagénéral de Pommereul,
attendre d'ordre
bile que bon Français, qui,. sans
faites
aujourd'huides armoiries, etqueles
bonnes willes, comme celle de Lille,
par quelques
Qu'avait à revendiquer
pour s'en procurer. le chef-lieu du nord, après un
pour Phonneur,
de
siége qui Timmortalise, et le généreux départ du
nationale, pour I'Escaut, à la voix
sa gardé
administrateur aussi hagénéral de Pommereul,
attendre d'ordre
bile que bon Français, qui,. sans --- Page 97 ---
supérieur, opposa quinzemille
gardes nationaux àlinvasion quatre cents braves
soldats citoyens forcérentdese des Anglais, que des
Dans une lettre que les
rembarquer.
en France, adressérent planteus qui résidaient
pourlui dire
au roi, le 3r août 1788,
(C créole, sire, niaisement les
: (( Toute votre cour est
liens du
(( uni votre noblesseavec sang ont pour jamais
C'était pour parvenir Saint-Domingue. ))
à obtenir la faveur
sans doute plus facilement
blesse, qu'angrand d'être incorporé dans la nofait alliance avec Reesteabensserm des familles
qui, comme l'on sait, fiers
nobles de France,
s'abaissaient à
delenrs vains titres, ne
qu'ilss'y
sallieravec des roturiers, quelorsbrement voyaient deleur contraints pour couvrir le délaraissaient
fortune : alors les vilainsleur
bons à quelque chose. Ils nous faut pafumier, disaient insolemment les
du
graisser nos terres; et c'est sans doute nobles, pour enplusieurs de ces alliances
le motif de
nobles de France
des pauvres familles
Si, comme tout avec d'opulens colons.
le
Tannonce, les
dessein, en secouant le
de planteurs ayaient
s'emparer du
joug
la France, de
avaient pensé gouvernement de la colonie, ils
rables de Tendroit qu'étant nobles et les plus considéquela colonie
par la fortune et par le
venantà être
rang;
la puissance souveraine leur détachéedela France,
parce que le peuple,
échoirait de droit,
périorité, serait
déjà accoutumé à'leursuplus disposé à les
pour maîtres que,
reconnaitre
lorsque sans titres, il leur eût
la France, de
avaient pensé gouvernement de la colonie, ils
rables de Tendroit qu'étant nobles et les plus considéquela colonie
par la fortune et par le
venantà être
rang;
la puissance souveraine leur détachéedela France,
parce que le peuple,
échoirait de droit,
périorité, serait
déjà accoutumé à'leursuplus disposé à les
pour maîtres que,
reconnaitre
lorsque sans titres, il leur eût --- Page 98 ---
suprême.
contesté, ou
eût pénétré
dinmatiperderelepenee
Mais, soit que la cour de France antre raison inleurs desseins, ou pour quelque n'avaient encorer rien
connue, il est certain sollicitaient quils
du roi de France
obtenu de ce qu'ils
la révolution arriva.
avec tant d'ardeur, lorsque haut, Tassemblée de
Comme je Tai déjà dit plus
détacher la
Saint-Marc faisait tous ses efforts pour
et emde la métropole,
colonie de la dépendance
delégalité et
temps les ptineipes
pécher en même traite des nègres, de pénétrer
de Pabolition de la
leur introduction ne
dans T'ile, oû, suivant eux, funestes résultats.
ponvait avoir que les plus
ne doivent
dest-a-dire, les planteurs)
Les colons,
del la colonie, et les désastres
qu'à aeux seuls la perte
qui en ont été la suite.
la révolution française,
Ils accusent aujourd'htil dont celle d'Amérique
et les principes nouveaux d'être les auteurs de
avait démontrél Texcellence, la France de sa plus
qui, en privant
la catastrophe cansé leuri ruine et leurs malheurs. mobelle colonie,a
dlaitinévitable au
la révolution
des
Ils sabusent,
elle se préparait depuis et
ment où elle a éclaté;
des gonvernans
siècles; mais elle était Touvrage
féodal et la
Le régime
non celui des gouvernés. étaient devenus incompatimenarchiedeapoigue de la nation dont les besoins
bles avec les lunnères
et dont Tinréclamiaient labolition des priviléges,
avec
pouvait sontenir la concurrence monodustric'ne
sans être délivréedu
celledetAnglderrea s'élevait non moins énergiquepole contre lequel
où elle a éclaté;
des gonvernans
siècles; mais elle était Touvrage
féodal et la
Le régime
non celui des gouvernés. étaient devenus incompatimenarchiedeapoigue de la nation dont les besoins
bles avec les lunnères
et dont Tinréclamiaient labolition des priviléges,
avec
pouvait sontenir la concurrence monodustric'ne
sans être délivréedu
celledetAnglderrea s'élevait non moins énergiquepole contre lequel --- Page 99 ---
ment la voix du commerce. Le générenx
de l'égalité des citoyens n'est
de
principe
celui quil'a publié le
pas l'invention de
premier à cette époque: : la
nature, dont rien sebift-gmemastetisan
Français de toutes les classes, que l'homme vertueux quilabourait son champ en donnant des dé-.
fenseurs à l'état qu'ii nourrissait, était l'égal d'un
Malesherbes, d'un Necker, de tout
de
tout ministre probe et vertueux magistrat,
veilles àl la gloire de sa
qui sacrifiait ses
patrie et au bonheur deses
concitoyens; mais queles courtisans.queles vils et
détestables
leus.perfides flatteurs, que ceux en un mot qui, par
dans de
conseils, précipitaient les princes
maient ruineuses entreprises, ou les accoutuà mépriser les droits sacrés des
à dissiper, parle luxe de leurs cours, les peuples,
des citoyens, que ceux-là
fortunes
faisaient une classe
part qui méritait seule d'être vouée au
de
tous.: car eux seuls. étaient des vilains. mépris
Que la nature est éloquentel...
est vraiet...
comme elle
Sil les colons avaient su proliter del la révolution
française, ils ne la blâmeraient certainement
aujourd'hui; car ils
dans
pas
mencemens. Ils
Tapprouvérent
ses comleur
espéraient alors la faire tourner à
profit; mais le propre des grands
est de tromper tous les calculs des
événemens
Avec plus de
petites passions.
ils auraient
sagesse et un peu de philosophie,
reconnu qu'il était
au
ment où un peuple est
impossiblé, morendre
parvenu às sa virilité, de le
indépendant, et de restreindre en même
ils
dans
pas
mencemens. Ils
Tapprouvérent
ses comleur
espéraient alors la faire tourner à
profit; mais le propre des grands
est de tromper tous les calculs des
événemens
Avec plus de
petites passions.
ils auraient
sagesse et un peu de philosophie,
reconnu qu'il était
au
ment où un peuple est
impossiblé, morendre
parvenu às sa virilité, de le
indépendant, et de restreindre en même --- Page 100 ---
temps l'exercice de toutes ses facultés.
manque de liberté était ce qui
Pnisque le
ses séparer de la France
portait les colons à
quila leur
évident et incontestable
refusait, il est
berté, ils nedevaient que, sans l'espoir de la liLes
pas agir.
planteurs, pour la réussite. del leur
n'avaient pas cru nécessaire de
projet,
jelai déjà dit, les hommes libres s'associer, de
comme
leurs. L'espéce
toutes les coublaient
d'apathie dans laquelle ils semplongés par les chaleurs brâlantes
règnent dans ces contrées, fit
qui
peu redoutables, et qu'ils
penser qu'ils étaient
seraient
sésà se courber sous
toujours dispolejong; mais les événemens
quisuivirent,les. désabusérent bientôt.
ceux qui gouvernaient alors la
Ainsi que
rent à leurs
France, ils appril'action du propres dépens, que plus est forte
despotisme sous lequel les
missent, et plus grandeest la
peuples gécent dansleur délivrance.
réaction qu'ils exerLe moment où les colons revinrent
apathie, fut le réveil
de leur
A
dulion : il fut terrible.
Saint-Domingue, commeà Paris
tres villes de France, le
etdans d'ause mêla plus d'une fois sang de grands coupables
au sang des victimes
l'erreur, ou de lar
de
terre,
malveilancerledoigt de
par ses désignations
l'Anglesouvent tomber la massue artificieuses, fit trop
que la vengeance
ou le glaive, sur ceux
populaire, ou la fureur du
triomphant ne cherchait point.
parti
Parmileshommes de couleur, libres, unnombre
considérable avait déjà atteint un degré de civili-
mêla plus d'une fois sang de grands coupables
au sang des victimes
l'erreur, ou de lar
de
terre,
malveilancerledoigt de
par ses désignations
l'Anglesouvent tomber la massue artificieuses, fit trop
que la vengeance
ou le glaive, sur ceux
populaire, ou la fureur du
triomphant ne cherchait point.
parti
Parmileshommes de couleur, libres, unnombre
considérable avait déjà atteint un degré de civili- --- Page 101 ---
sation assez élevé pour sentir leur
nelle comme êtres raisonnables,
dignité origichacun d'euxavait
et les droits que
comme citoyen à coopéreràla
formation, des lois que l'on destinait à les
verner.
gouIls s'assemblérent
des députés
d'eux-mémes, et nommérent
qui se présentèrent à l'assemblée
constituante. Ony déclara, sousdes
voles et spécieux,
prétextes fridans
qu'ils ne pouvaient être admis
son sein. Qui croirait que, dans ce moment
mêmc, où elle méconnaissait ainsi
principes, l'assemblée
ses propres
droits de thomme,
constituante décrétait les
d'oeuvre de
dont la déclaration est un chefmorale et de
Les hommes de couleur philosophie?
gés parle refus
ne furent pas décourales admettre que fit l'assemblée constituante de
dans son sein; ils se
tout d'une douceur et d'une
montraient parplaire. La moindre chose modération exemleurs justes
qu'ils obtenaient de
droits
réclamations, de l'exercice de leurs
politiques; les pénétraient de
sance envers les blancs.
reconnaisUne députation dei nègres, à la tête
était le citoyen
de laquelle
qui s'est fait connaître Raymond, homme de couleur,
tion
dans le cours de la révolupar son mérite personnel,
tion, et surtout
par son instructant présentée parsa sagesse et sa modération, , s'éau club Massiac (1), fit tous ses ef-
(1) Le club Massiac prend son nom
ses séances à Paris,
de l'hôtel où il tenait
pendant la révolution.
les blancs.
reconnaisUne députation dei nègres, à la tête
était le citoyen
de laquelle
qui s'est fait connaître Raymond, homme de couleur,
tion
dans le cours de la révolupar son mérite personnel,
tion, et surtout
par son instructant présentée parsa sagesse et sa modération, , s'éau club Massiac (1), fit tous ses ef-
(1) Le club Massiac prend son nom
ses séances à Paris,
de l'hôtel où il tenait
pendant la révolution. --- Page 102 ---
forts
allèrent pour obtenir un appui mérité. Ces
jusqu'h offrir, par
dépatés
et la tranquillité,de faire le amour pour la paix
de leurs droits: : leur offre fut sacrifice d'une partie
tendit qu'ils n'avaient
rejetée;le club préLes noirs furent
aucun caractère légal.
Domingue de la encore plus maltraités à Saintvoulurent
part des colons blancs,
leur accorderle droit
qui ne
des
ni de faire
municipalités, ni des comités
partie
dans les communes.
quise formérent
Un négre nommé Lacombe fut
parce qu'il avait
pendu au Cap,
dansl laquelle il adressé au comité une pétition
homme de la vieille réclamaitles droits de Phomme. Un
roche, lenommé
joué un rôle dans la
Brulé, quia
cet assassinat
révolution, prétendit
combe
sur ce que, disait-il, l'écrit excuser de
était
Ladonné, c'est incendiaire; et la preuve qu'il en a
qu'il ne
mots : Au nom dn Père, commençait du Fils
pas par ces
prit.
et du Saint-EsUn vénérable vieillard, Ferrand
homme
de Bandière,
decouleur, fut mis à
et sa tête portée en
mort par les blancs,
poura avoir
triompheaul bout
demandaient rédigé une pétition où les diunepique, noirs libres
en termes
ration à leur sort, et la respectueux, faculté
une amélioputé à l'assemblée
d'envoyer un déprovinciale.
L'assemblée de l'ouest dela colonie,
admettre les hommes de couleur
ne voulut
du serment
à la prestation
du
civique, qu'en y ajoutant la
respect envers les blancs. Un
promesse
grand nombre
* --- Page 103 ---
ayant. eu le courage des'y refuser, furent arrétés
pardes troupes du Port-an-Princeque l'on envoya
contre eux, et renfermés à bord des vaisseaux de
l'état.
Dans le quartier d'Aquin, une troupe de furieux s'étant introduits au milieu de la nuit dans
lesd
le -Trei-hrn dessein de les
4 avec
arrêter; ceux-ci ayant eu le
bonheur des'évader, l'on brisa leurs meubles, et
l'on fit toutes sortes d'outrages à la pudeur de leurs
épouses.
Cette conduite abominable des blancs enversles
noirs libres de la colonie, ne pouvait queles indisposer extrémement, et faire naitre en eux le
désir dela plus terriblevengeance. Aussilelecteur
va voir quelle part ils ont pris à la révolution de
Saint-Domingue, et à quels excès déplorables ils
se sont portés contreles colons blancs.
awmmm
ubles, et
l'on fit toutes sortes d'outrages à la pudeur de leurs
épouses.
Cette conduite abominable des blancs enversles
noirs libres de la colonie, ne pouvait queles indisposer extrémement, et faire naitre en eux le
désir dela plus terriblevengeance. Aussilelecteur
va voir quelle part ils ont pris à la révolution de
Saint-Domingue, et à quels excès déplorables ils
se sont portés contreles colons blancs.
awmmm --- Page 104 ---
CHAPITRE V.
Esquisse de la révolution des
des esclaves dans toute
hommes de couleur et
auzquels tous les
la colonie, et des exrcès
partis se sont livrés.
LEs mulâtres de la colonie
licité de T'assemblée
ayant vainement soldroits de citoyen, coloniale la jouissance des
décrétés par Tassemblée qui avaient été reconnus et
avoir employé tout
constituante, et
ce
après
voies dela
que purent leur offrir les
persuasion et dela douceur,
contraints, à regret, de faire
ilssevirent
moyen : ils résolurent de
usage d'un autie
force ce qu'on leur refusait se faire rendre par la
si
politiquement. Ils pensérent injustement, a si imse présenter de manière à
qu'il leur suffirait de
ner, pour T'obtenir à
pouvoir se le faire donprenant les armes, était l'instant. Ainsi leur but, en
blancs,
plutôt d'en
que des'en servir contre
imposer aux
Les hommes de couleur
eux.
dirigerdans leur
appelérent, pour les
considéré
entreprise, un des leurs
par eux comme un chef. Il
qui était
Ogé, et il résidait à Paris. Ce
se nommait
de mettreà exécutiou
mulâtre était capable
il élait excellent
T'entreprise la plus dillicile;
une facilité et
orateur, et il
un talent vraiment improvisait avec
Les qualités du coeur
extraordinaires.
coup toutes les autres surpassaient dont la
encorede beaunature l'avait doué;
/
érent, pour les
considéré
entreprise, un des leurs
par eux comme un chef. Il
qui était
Ogé, et il résidait à Paris. Ce
se nommait
de mettreà exécutiou
mulâtre était capable
il élait excellent
T'entreprise la plus dillicile;
une facilité et
orateur, et il
un talent vraiment improvisait avec
Les qualités du coeur
extraordinaires.
coup toutes les autres surpassaient dont la
encorede beaunature l'avait doué;
/ --- Page 105 ---
ami sincèreet zélé de la liberté
de Lhomme et du citoyen;
légale, et des droits
paix, ilavait
ami de l'ordre et de la
était grand dans besaucoup-d@lération ses
dans l'âme, et
et avait en horreur projets : il abhorrait le sang
à le verser.
ceux qui prenaient plaisir
Les colons ayant été prévenus de son
France pour
départ de
alarmés. Ils Saint-Domingue, en furent vivement
connaissaient ses grandes
sovaientqulilsavaient en lui un
qualités, et
Ils savaient quel le parti des
puissant adversaire.
dans la colonie, le
mulâtres, déjà très-fort
deviendrait bien
quand il serait dirigé par un sujet du davantage,
Pour parer à ce coup, les colons mérite d'Ogé.
pas de meilleur
ne trouvérent
dividus
expédient que de nommerd des inpour surveiller exactement
tous les étrangers dans la
l'arrivée de
ment tous les mulâtres colonie, et particulièretropole;illeur
qui viendraient de la méétaitordonné édelesarrêter d'abord
provisoirement. Ces émissaires
rent connus sous lei nom de
surveillans fuRien n'égale les vexations commissaires de rade.
ils se livrèrent envers les et Farbitraire auxquels
fonctionnaires
étrangers ctlesnouveaux
publics que la France
à
Saint-Domingue. Il n'y avait rien de' envoyait
eux; ilidécachetaient les lettres
sacré pour
tits blancs et aux
adressées aux pepule que l'on en mulâtres, mettait avec aussi peu descruà décacheter les lettres encore en France en 1815
des
qui avaient le malheur de particuliers paisibles
supérieures,
déplaire aux autorités
oud'exciterleurss soupçons. S
Quand le
aux
publics que la France
à
Saint-Domingue. Il n'y avait rien de' envoyait
eux; ilidécachetaient les lettres
sacré pour
tits blancs et aux
adressées aux pepule que l'on en mulâtres, mettait avec aussi peu descruà décacheter les lettres encore en France en 1815
des
qui avaient le malheur de particuliers paisibles
supérieures,
déplaire aux autorités
oud'exciterleurss soupçons. S
Quand le --- Page 106 ---
de ces leltres leur semblait équivoque, ou
sens
rien y comprendre, ils les
qu'ils ne pouvaient les jeter au feu. Ils brisérent
confisquaient pour dont la structure leur sembla
plusieurs meubles
s'assurer s'ils ne contenaient
extraordinaire, pour cachés, capables de renferpas de compartimens
nommaient des limer des libelles. Or, ce qu'ils
étaient les récits des traits de patriotisme,
belles,
de dévonement de tous les Français
de courage et
de la liberté. L'un de ces comnoble cause
pourla
de ses instructions,
missaires de rade, pénétré
Vintérêt qu'il mettait à remplir son emploi, sepoussa
étre
confisquer un bijou qu'il prétendit
jusqu'à
été
dans la colonie, pour
ditieux et avoir
apporté révolte: c'était tout simpleexciterles nègres à la
était peint un amour
ment un médaillon sur lequel
qui aiguisait un trait.
Tindispensable
Le règne tant regretté, auquel heureusement mis
ordonnance du 5 septembre a
aussi de faire la guerre aux bijoux;
fin, permettait
était ce chevades
de cesbeaux jours,
et un
preux deSainte-Halene, qui figurait dans
lier ou marquis
d'être reçus;
les salons oules purs-purss se flattaient régénérée par
quiavaitun grade élevé danslarmée
arrêté
le duc de Feltre, et qu'on a néanmoins de voleurs du
lun des chefs d'une bande
comme
pour faire disparaitre
bon ton, sans doute délégué
les bijoux séditieux.
ainsi que ceux qui
des rades,
Les commissaires mint-toen
exploitsienten talent pour saisir les allégories
un merveilleux
a
les purs-purss se flattaient régénérée par
quiavaitun grade élevé danslarmée
arrêté
le duc de Feltre, et qu'on a néanmoins de voleurs du
lun des chefs d'une bande
comme
pour faire disparaitre
bon ton, sans doute délégué
les bijoux séditieux.
ainsi que ceux qui
des rades,
Les commissaires mint-toen
exploitsienten talent pour saisir les allégories
un merveilleux
a --- Page 107 ---
dont le sens était le plus mystérieux. Il fallait des
yeux et un esprit de commissaire de rade, pour
trouver des rapports entre un amour qui aiguise
un trait, et des nègres révoltés. Il est à présumer
qu'un cercle en or, et plusieurs brillans de prix
entouraient ce médaillon, avaient tellement
qui éblouiMM.les commissaires der rade, qu'ilsavaient
été la cause de leur méprise.
Ogé était chargé de lettres de recommandation
de la société des amis des noirs, qui existait depuis
long-temps à Paris, pour celles de Londres et des
elle entreÉtats-Unis d'Amérique, aveclesquelles
Ce
tenait une correspondance suivie et très-active.
futdes États-Unis, et sur un navire de cette nation
parvint à
qui faisait voile pour les Antilles, qu'Ogé
tromper la vigilance des commissaires, ou plutôt
des inquisiteurs derade. Il arrivale I2 octobre 1790
caché
à Saint-Domingue, et resta quelques jours dans le
dans sa famille, qui avait fixé sa résidence
quartier de la grande rivière. En peu de jours,
tous les mulâtres de la colonie, même des parties
les plus éloignées du lieu qu'habitait Ogé, surent
ils
près de lui secrètement
son arrivée, députèrent
ceux de leur caste qu'ilsjugérent les plus capables
ou des avis surle
de lui domerdarctdigaeasy
avec actiplan d'insurrection auquel il travaillait
dans la colonie.
vité, depuis son débarquement
Tout étant enfin arrété, et toutes les dispositions déétant faites pour prendre les armes, Ogé fut
claré à Punanimité le chef de Finsurrection : on
lui donna de plus le rang de colonel-général.
arrivée, députèrent
ceux de leur caste qu'ilsjugérent les plus capables
ou des avis surle
de lui domerdarctdigaeasy
avec actiplan d'insurrection auquel il travaillait
dans la colonie.
vité, depuis son débarquement
Tout étant enfin arrété, et toutes les dispositions déétant faites pour prendre les armes, Ogé fut
claré à Punanimité le chef de Finsurrection : on
lui donna de plus le rang de colonel-général. --- Page 108 ---
Dans la nuit du 28 au 29 octobre, il rassembla
cents mulâtres sur les mornes életrois ou dominaient quatre
son habitation : il fit un disvés qui
camarades, oi, en leur rappelant le
cours à ses
ils
les armes, il les enmotif pour lequel prenaient
la dernière
fortement à n'en faire usage qu'àl
gagea
lui
Ilsdescendirent
extrémité: ce qu'ils promirent.
dans la plaine, pour désarmer les blancs qui s'y
afin de les mettre hors d'état de s'optrouvaient,
avait formé, de contraindre,
poser au projet qu'il colonialeà reconnaitre les
parl la force, l'assemblée
suivant
avait
droits des hommes de couleur,
qu'il de la méété décidé par l'assemblée constituante
tropole.
etle désarmeIl était une heure après minuit,
de
ment des blancs s'était exécuté avec autant
en attendre d'une semblable
calme qu'on pouvait s'étant éloigné momentanéopération, lorsqu'Ogé
ment de sa troupe, avec un détachement, située pour à
faire une recherche dans une habitation
distance, un nommé Chavannes, qui ne
quelque
les sentimens honorables de modépartageait pas
du
commit sur
ration et de sagesse
général Oge,
d'un colon nommé Sicarre, et pour
la personne
d'une haine particulière, un
obéir à l'impulsion
celui-ci
en
lache assassinat, tandis que
reposait
Al'exemple de Chavannes, un grandnombre
paix.
se
à faire
de mulâtres de sa troupe
préparent lemalmain basse sur tous lesblancs qui auraient
héur d'être rencontrés par eux. Le sieur Mazère,
chefd'une habitation voisine, revenait de Sainte-
'un colon nommé Sicarre, et pour
la personne
d'une haine particulière, un
obéir à l'impulsion
celui-ci
en
lache assassinat, tandis que
reposait
Al'exemple de Chavannes, un grandnombre
paix.
se
à faire
de mulâtres de sa troupe
préparent lemalmain basse sur tous lesblancs qui auraient
héur d'être rencontrés par eux. Le sieur Mazère,
chefd'une habitation voisine, revenait de Sainte- --- Page 109 ---
Rose, il accourt aux cris de Sicarre, son ami, et
pour être témoin de ce meurtre afn'arrive que
qui se trouvait près
freux; ildemparedunchachee
de lui, et se met en devoirde venger la mort de
ami: il est enveloppé par un gros de mulàson
et P'entrainent dans un bois
tres; ils le désarment
stinéentrethabitation etla rivière, surle penchant
colline.
avoir fait subirl les plus durs
dela
Aprèsloi entre les mains desquels il était
traitemens, ceux
à l'immoler à leur fuprisonnier, sC préparaient allait le frapper était levé,
reur: : déjàle bras qui
instruit des désordres auxquels ses
lorsqu'Ogé,
et arrive assez à temps
soldats se livrent, accourt,
fortedétourner le coup. Illes réprimande
pour
la
qu'ils venaient de
ment, leur rappelle promesse
lui faire d'épargner le sang humain; et tous, en
reconnaissant leur faute, le lui promettent de
nouveau. Le général Ogé renvoyales sieur Mazère
au Cap, et celui-ci ne put se défendre d'admirer
les vertus de celui qui venait de l'arracher à une
mort certaine.
s'empara du
Au point du jour, 2 le général Ogé
considérable surla route du Cap,
Dondon , bourg lieues de la frontière de la partie
et situéà trois
localités et
espagnole. Ils'y fortifia autant que les
les dispositions du terrain le lui permirent. Il dépêcha de ce village, vers l'assemblée provinciale
du nord et les diverses autorités, plusieurs de ses
aides de camp, qui étaient porteurs de lettres,
parlesquellesi ilinformaitles autorités, quen'ayant
d'autre but, en prenant les armes, que d'obtenir
--- Page 110 ---
ett tous cenx de sa caste la jouissance des
pourlui
commeles autres citoyens, et que,
droits civiques
ardemment que la paix, la
ne désirant rien plus bonheur de la colonie,si on lui
tranquillité et le
réclamaaccordait le sajet de sa juste et légitime de son
tion, il joindrait, ainsi que tous maintien ceux de la
parti, ses efforts aux leurs pour le
concorde et de l'union.
modérées,
Fourtouteréponsel à ces propositions
de ligne et la garde nationale du Cap,
la troupe
sieur Vincent, marchèrent
commandées par un
le lendemain masurle Dondon qu'ilsattaquérent
toute
tin entre dix et onze heures. Ils se battirent Ogé
lajournée avec un égal avantage: le général
dans cette occasion de quoi ilélait capable,
montra
d'hommes de
en tenant tête, avec une poignée le maniement des
couleur quine connaissaient: pas considérables. Les
armes, à dcs forces bien plus
nombre
colons, fatigués et affaiblis parla; perted'un:
considérable des leurs,se prepardien,aTappeche
la
Anse pour y pasdela nuit, à se retirerà petite
dont ils
serla nuit, et se concerter sur la manière
matin, lorsqu'ilsfurent
stngpermiemnekcodetut où ils allaient opérer ce moujoints, au moment
du Cap dans Taprèsvement, par un renfort parti de nouveau Tattaque.
midi. Ils recommencérent fut terrible, le général
Dans ce premier choc, qui firent des prodiges 5
les siens,
Ogé, - ainsi que tous
qu'il n'avait pas eu le
mais bientôt le Dondon, assailli de toutes parts,
temps de bien fortifier, blancs. Legénéral Ogé
tombo,enfinan pouvoirdes)
codetut où ils allaient opérer ce moujoints, au moment
du Cap dans Taprèsvement, par un renfort parti de nouveau Tattaque.
midi. Ils recommencérent fut terrible, le général
Dans ce premier choc, qui firent des prodiges 5
les siens,
Ogé, - ainsi que tous
qu'il n'avait pas eu le
mais bientôt le Dondon, assailli de toutes parts,
temps de bien fortifier, blancs. Legénéral Ogé
tombo,enfinan pouvoirdes) --- Page 111 ---
une retraite en
fit des efforts inutiles pour désordre opérer se mit parmi les
quittant ce bourg. Le
les blancs, ils
siens;. et bientôt, poursuivis par salut que dans
ainsi que lui,leur
ne trouvérent,
une nuit hien sombre. Ogé,
unefuite protégée par
de ses soldats, qui
accompagné d'une einquantaine
passa la nuit
fut tout ce qu'il en put rassembler,
et, le lendemais matin, voyantqu'il
dans un bois;
autres, pourde rassembieries
lui étaitimpossibie les blancs, il se vit contraint
suivi de nouveau par
le
retirer sur le terriloire espagnol,dont
de se
trois lieues, comme] je viensde
Dondon n'était qu'à
le dire plus hant.
voyaient avec beaucoup
Les Espagnols, qui
d'insurrection qui se
d'inquiétnde les symptômes les esclaves de notre colonie,
manifestaient parmi
aux
qu'ils ne se communiqnassent
et craignant
assiduc sur leur fronleurs, faisaient une garde communication entre
tière, pourintereeptertonute, et Ogéayant eu le malleur colonie et la nôtre;
d'être rencontré par une patrouille espaheur
de ses camarades, fut
gnole, avec trois ou quatre conduit dans les prisons
arrêté, ainsi qu'eux, et
de la partie espala capitale
de Santo-Domingo,
gnole.
commandant du Cap fut instruit de
A peine le
réclama Ogédu gouverneur
ces événemens, qu'il il était tombé, et peu de
entre les mains ducquel
autorités françaises du
temps aprèsil fut rendu aux
de lè
Aussitôt qu'il fut arrivé, l'on s'empressa
Cap.
du crimede
mettre en jugement, comme prévenn
prisons
arrêté, ainsi qu'eux, et
de la partie espala capitale
de Santo-Domingo,
gnole.
commandant du Cap fut instruit de
A peine le
réclama Ogédu gouverneur
ces événemens, qu'il il était tombé, et peu de
entre les mains ducquel
autorités françaises du
temps aprèsil fut rendu aux
de lè
Aussitôt qu'il fut arrivé, l'on s'empressa
Cap.
du crimede
mettre en jugement, comme prévenn --- Page 112 ---
IOO
révolte et d'assassinat.. De révolte, oui, silon peut
considérercommet telle une massed'hommes: armés
faire exécuter une loi que des colons, repour belles à Fhumanité et à la métropole dont ils n'avaient pas encore secoué le joug, sei refusaientde
reconnaitre et de mettre à exécution. Quel est
réellement le révolté, de celui qui veutlexécution de laloi, ou de celui quis'y refuse Mais
pouvait-il être considéré comme un assassin,
lc sauveurdu sieur Mazère; cele bienfaiteur,
allait lui percer le
lui qui détourna le coup qui
ildoit
coeur? Ahlsilesieur Mazère existe encore,
dire combien était sincère le désespoir du général
la fin malheureuse des Sicarre;
Ogé,1 lorsqu'ilapprit les larmes que lui arrachérent la
il ne put retenir
Oui, le sieurMazère, s'il
douleur qu'il en éprouva.
à Thumanité, à la.
existe, doit cette déclaration sauvé la vie. Le malmémoire de. celui qui lui a
n'existe plus, le sieur Mazère ne
heureux Ogé lui donner d'autre marque de sa
peut donc plus
justice, de sa reconnaissance.
des chefsd'acLe général Ogé, quoiqu'innocent
à la peine
cusation portés contre lui, fut condamné
Cela était impossible autrement, les
capitale étaient ses ennemis. Sa condamnation
jugesd'Ogé par les sagesdetousles pays comme
fut considérée
Depuis l'instant de sa conun assassinat judiciaire. moment de Pexécution de
damnation, jusqu'au
fut extrêmement tourcette injuste sentence, Ogé
l'aveu
menté dans sa prison, pour faire ou signer
crimes : on le menaça de la quesdeses prétendus
fut condamné
Cela était impossible autrement, les
capitale étaient ses ennemis. Sa condamnation
jugesd'Ogé par les sagesdetousles pays comme
fut considérée
Depuis l'instant de sa conun assassinat judiciaire. moment de Pexécution de
damnation, jusqu'au
fut extrêmement tourcette injuste sentence, Ogé
l'aveu
menté dans sa prison, pour faire ou signer
crimes : on le menaça de la quesdeses prétendus --- Page 113 ---
IOI
tourmens les plus horribles, s'il persistion et des
infiniment
tait à garder un silence qui inquiétait conscience était
sans doute leur
ses bourreaux; remords. Quoiqu'il en soit, les colons
bourreléede
cruauté de condamner le généqui avaient eu la
des assassinats
ral Ogéà la peine de mort, pour
fait
qu'il n'avait pas commis, publièrent quilavait
et
aprés le malheureux
l'aveu de ses crimes, peu des tourmens horOgé expia sur la roue, et dans
d'avoir préribles, le crime, aux yeux des colons,
était un
tendu qu'un mulâtre, à la couleur près,
homme comme eux, et devait, par conséquent,
jouir des mêmes droits, des mêmes prérogatives. les
Les colons, parl la mort d'Ogé, crurent que et
mulâtres sans chef, sans appui, ,seraient effrayés,
hâteraient de rentrer dans la soumission.
qu'ils_se bien dans F'erreur; la révolution qui
Ils étaient
de même que celle
avait lieu à Saint-Domingue, dans le même temps, n'équiavait lieu en France l'on calme tout à coup
taient point de celles que
quelques têtes en bas. Cemoyen
enjetantà propos
lorsqu'un despote est
réussit assez ordinairement, renouvelle pointl'esprit
détrônéparun rivalquine révolution française, comme
de la législation. La
apourbaseledrotitoaedchesmebemingepnap
Elle devaitavoirpour
turel, pour principelégalité. etlanéntissemente de toutes
résultatl la destruction
lendaient à prolonger
les vieilles institutions qui
n'était plus
T'existence d'un ordre de choses, qui
avecla civilisation,lesl lumières,avecle
compatible
de philosophie et moins
siècle enfin. Un peu plus
trônéparun rivalquine révolution française, comme
de la législation. La
apourbaseledrotitoaedchesmebemingepnap
Elle devaitavoirpour
turel, pour principelégalité. etlanéntissemente de toutes
résultatl la destruction
lendaient à prolonger
les vieilles institutions qui
n'était plus
T'existence d'un ordre de choses, qui
avecla civilisation,lesl lumières,avecle
compatible
de philosophie et moins
siècle enfin. Un peu plus --- Page 114 ---
d'ambition chez les monarques,
monde bien du sang, bien des larmes, épargnerait au
regrêts, lorsque tout un
bien des
mandeà grands cris
peuple se soulève et del'abolition des
galité des droits et des
priviléges, légage du peuple est alors institutionslibérales. celui
Le lanJoir lui résister
de la nature; vouou lui refuser ce qu'il
seraitlaction d'un insensé
demande,
le malheur. du
qui voudraitsa perte et
quela révolution genre humain. Vouloir rétablir ce
française eavait
tir, serait chercher à renouveler pourbutd'anéanscènes de deuil et
parmi nous ces
est si effrayant. Ce d'épouvante, n'est
dont le souvenir
français qai
pas seulement le peuple
vées, des droits voulasitlabolition féodaux
des dimes, des coret de la noblesse, iln'était
quel'organe dela nature, qui ile voulait avant
Lorsque les citoyens, tous d'une
lui.
labolition
voix, réclament
la liberté, Heteautemmatemee et veulent
l'égalité, et une constitution
gouvernansdoivent se hâter
libérale, les
voeu, est
d'y souscrire; car ce
parfaitement T'expression d'un besoin réel. On le vit
le
lorsque T'assemblée constituante eut
courage et la générosité de
meaux de l'arbre féodal
couper tous les raFrançais
: vingt-cing millions de
loin de y applandirent alors, et ils étaient bien
penser que, sous un régime constitutionnel,Pombre en reparattrait
ans, et
parminous après trente
protégée par un ministre qui S'irrite de ce
que Tirréprochable d'Argenson
rappelle de quel
Nemku.sehogritonier les puinés des familles
enorgueillies par l'institution des majorats,
l'arbre féodal
couper tous les raFrançais
: vingt-cing millions de
loin de y applandirent alors, et ils étaient bien
penser que, sous un régime constitutionnel,Pombre en reparattrait
ans, et
parminous après trente
protégée par un ministre qui S'irrite de ce
que Tirréprochable d'Argenson
rappelle de quel
Nemku.sehogritonier les puinés des familles
enorgueillies par l'institution des majorats, --- Page 115 ---
où se trouvait la colonie
Dans la circonstance la mort du général Ogé dede Saint-Domingue, ceux desa castel'offet convait donc prodnires sur
ctc'est ce qui ne mantraire que lon en attendait,
fermentation, des
d'arriver. Une grande
lieu
qua pas
partielles eurent
émeutes et des insurrections
de la colonie.
successivement, sur plusieurs poits lieu de retarder le
La mortdu général Ogé, au noirs de Saint-Domoment oùt Pinsurrection des
fut au
devait avoir lieu indubitablement,
mingue
hâta beaucoup.
contraire ce quile
de Saint-Marc
Malgré les efforts de T'assemblée
de pénéempécher
et des colons en général, pour motions qne les sages de
trer dans la colonie, les
amis de Thumanité,
les vrais
la nation française,
pour labolition de
faisaient à Tascmabléenationale) dans les colonies Tégalité
T'esclavage, et établir
les nègres
droits entre tous les citoyens,
des
instruits de ce qui se passait en France,
étaient
Taurored'on bonheur
et qu'ils regardaient comme leur interdire encorelongqu'on ne pourrait pas
temps.
tous les colons n'étaient pas égaleGependant
la révolution qu'ils voyaient se
ment aveuglés sur
les causes
préparer; il y en eut qui en aperçurent d'employer le seul
réelles, et qui proposérent
avait de Péviter : non-sculement
moyen qu'il y
mais ils furent accusés
leur avis ne prévalut pas,
et les hommes de
des'entendre avec les nègres la révolte contre les
couleur, et de les exciter à
deux feux.
blancs : leur sagesse les plaçait entre
ient se
ment aveuglés sur
les causes
préparer; il y en eut qui en aperçurent d'employer le seul
réelles, et qui proposérent
avait de Péviter : non-sculement
moyen qu'il y
mais ils furent accusés
leur avis ne prévalut pas,
et les hommes de
des'entendre avec les nègres la révolte contre les
couleur, et de les exciter à
deux feux.
blancs : leur sagesse les plaçait entre --- Page 116 ---
Les colons continuèrent de
qu'ils avaient
suivre le système
ruine totale adopté, et qui devait
et
produire la e
Lesnègres T'anéntisement de la colonie.
et se retiraient romesedreatasdionel dans les
lesa ateliers,
Ceux qui restaient dans mornes et dans les bois.
pour la
les ateliers se
plupart, à se livrer à leur
refusaient,
tumé,
travail accouTout annonçait qu'une
aurait lieu parmi les esclaves insurrection générale
nord de la colonie.
de la province du
A Dieu ne plaise que je
belle et noble cause de
pense, en plaidant la
haitien, justifier les excès lindépendance du peuple
accompagné la crise de et les cruautés qui ont
imputés à
sa délivrance, et ont été
quelques-uns des
berté. Ces crimes,
fondateurs desa livais traitemens des quoique provoqués parlesmaun'en sont pas moins colons envers leurs esclaves,
pris le soin d'améliorer le
etesRetom
en les
sort de leurs esclaves
faisantjouir des bienfaits de la
qui adoucit les moeurs des
civilisation,
pas été, pour la plupart, hommes, ils n'auraient
sauvage, dont il est
victimes d'une anarchie
lorsqu'on n'en a impossible été
de se faire une idée
La révolution pas
témoin.
de
qu'il n'y a rien eu de Saint-Domingue a été telle,
la France
condamnable dans celle de
qu'on n'y ait surpassé.
Il y avait déjà plusienrsj jours
tion chez les esclaves, ainsi
que la fermentacolons, allaient
que les craintes des
croissant, lorsqu'un soir, entre
ient
sauvage, dont il est
victimes d'une anarchie
lorsqu'on n'en a impossible été
de se faire une idée
La révolution pas
témoin.
de
qu'il n'y a rien eu de Saint-Domingue a été telle,
la France
condamnable dans celle de
qu'on n'y ait surpassé.
Il y avait déjà plusienrsj jours
tion chez les esclaves, ainsi
que la fermentacolons, allaient
que les craintes des
croissant, lorsqu'un soir, entre --- Page 117 ---
an temps tres-orageux,
onze heures et mimit, par d'insurrection se réunirent
les chefs du complot
surleur projet.
surle morne Rouge,) pourddlibérer réunion nocturne
Rien de plus sinistre que cette d'un bois, que la
des négres, dans lépaisseur dans les nues éclairait par
foudre qui serpentait
succédaient des
intervalles. Au bruit du tonnerre
les
accords lugubres et plaintifs occasionés par
souflaient dans des bambous rompus, 9
vents qui
à leur action. Les nègres, après
qui étaient exposés
crainte de surprise, foravoir posté des sentinelles
tous à terre.
et s'assirent
mèrent un grand cercle,
dans cette attitude,
Ils restèrent quelque temps
lequel ils
gardant une morne silence, pendant infernales...
les divinités
semblaient invoquer
la parole, et reL'un d'eux cependant prit
etinhula conduite injuste
traça, avec véhémence,
eux; il leur vanta
maine de leurs maîtres envers
et dela libeancoup les délices de T'indépendance : il fit une comberté dont ils allaient enfin jouir dans laquelle
touchante de la servitude
paraison
le bonheur dont ils jouisils gémissaient, avec
revenaient vainsaient dans leurs pays, lorsqu'ils
et du
del la guerre, chargés des trophées des
queurs de leurs ennemis. Ce discours arracha
butin
et enflamma dans
larmes à tous les auditeurs,
L'orateur
leurs coeurs le désir de la vengeance. Ogé;ils
finit par la relation du supplice du général et de
firent tous serment de venger sa inort
pe- Ils
de retourner dans l'esclavage.
rir plutôt que
de leurs maitres; et
abjurèrent ensuite la religion
'ils
et du
del la guerre, chargés des trophées des
queurs de leurs ennemis. Ce discours arracha
butin
et enflamma dans
larmes à tous les auditeurs,
L'orateur
leurs coeurs le désir de la vengeance. Ogé;ils
finit par la relation du supplice du général et de
firent tous serment de venger sa inort
pe- Ils
de retourner dans l'esclavage.
rir plutôt que
de leurs maitres; et
abjurèrent ensuite la religion --- Page 118 ---
pour se rendre propices les
ils leur
dieux de leur
sacrifièrent, et à la mémoire
patrie,
jeune bélier tout noir. Celui
d'Ogé, n
tions de
qui faisait les foncla
snericateurayant
victime, déclara à Tassemblée examinélesintestins de
seraient constamment
queles dieuxleur
prise réussirait au grédel propices, leurs et queleur entreaprès cela, le bélier dans
souhaits. Ilft jeter,
feu du ciel éclaira seul un brasier ardent, et le
allaient se retirer,
cette cérémoniesacrée. Ils
lorsqu'un oiseau de la
d'unpigeon tomba
grosseur
au milieu de
roidemortdelacime des arbres
Tasemblée(t). Cet
quel ne s'attendait aucun
événement, au-.
par leur sacrificateur
d'eux, fut considéré
rable, et leur
comme un augure favoprêtre
une plume à
F'ayant purifié, en remit
raient
chacun, en leur assurant
invulnérables tant qu'ils la
qu'ils seeux.
porteraient sur
Dès que cette cérémonie
vée, ils descendirent dans superstitieuse futachepersèrent au point du
la plaine, où ils se disjour.
Lelendemain
1791 (du 20 au 25), oulesurlendemain les noirs
du mois d'août
grande quantité près d'une se rassemblérent en
habitation nommée
Gossette, , où ils
la
Les nègres de cette entrérentpeus après pour la piller.
babitation s'étant
insurgés, ils se livrèrent aux
Joints aux
plus grands excès.
(:) Cet oiseau, qui était
dessus du brasier que les nègres vraisemblablement avaient
perché au
sacrifice, se sera trouvé
allumé pour leur
suffoqué par la fumée, --- Page 119 ---
des
tocsin sonna dans toutes les paroisses
Le
devint générale, ainsi que la
alentours; l'alarme
Malheur aux blancs qui
terreur et la dévastation.
Ils furent tous
des négres!
tombérent au pouvoir
de la venimpitoyablement, et le glaive
égorgés
Desincendies
ni le sexe ni Tàge.
geancentéparpaa
Bientôtd xdemuagescnomnes
éclntentdetoutes) parts.
couvrent le ciel d'un
d'une fumée noire et épaisse
du soleil
voile; les rayons
triste et sombre
blancs qui
terreur et la dévastation.
Ils furent tous
des négres!
tombérent au pouvoir
de la venimpitoyablement, et le glaive
égorgés
Desincendies
ni le sexe ni Tàge.
geancentéparpaa
Bientôtd xdemuagescnomnes
éclntentdetoutes) parts.
couvrent le ciel d'un
d'une fumée noire et épaisse
du soleil
voile; les rayons
triste et sombre et les infortunés colons fuyant
s'obscurcissent,
leurs habitations oulefer
flammes qui dévoraient des cris lamentables qui
des assassins, en poussant les airs, offraient le taretentissnient au loin dans
d'imadéchirant qu'il soit possible
bleau le plus
giner.
événemens désastreux se pasTandis que ces
les habitans de la ville du
saient dans la plaine,
leurs véritables intéCap, toujours aveuglés sur
etl les autres
contre les mulâtres
rêts, se portèrent
à des excès en tout genre;
hommes de couleur,
qui exernombre de ces malheureux
un grand
industrie, et qui étaient
çaient une honorable
leur probité et leur
connus par leur modération,
masdouceurde moeurs, furent impitoyablement viola
domiciles qu'on
sacrés dans leurs propres
ne furent resindignement : ni le sexe ni T'age
vieillard
pectés par les blancs ; un malheureux dans un état comparalytique, qui était presque
massacré sur
plet de démence, fut horriblement les bras de son épouse
son lit de douleur, dans
enfans Une
iploréc, et sous les yeux de ses --- Page 120 ---
jeune femme de
d'un
dix-huitans, eut le crâne
coup de hache que lui
fendu
un colon vindicatif et
porta sur la tête
soulèvement
furieux, qui profita de ce
populaire pour se venger de cette
malheureuse, qui avait
tre qu'elle aimait, à préféré épouser un mulànels et
se rendre aux désirs crimiTimmoler, impudiques du monstre qui venait de
parce qu'elle n'avait
sa concubine!
pas vouludevenir
Tous les hommes de couleur
à cette horrible
qui échappérent
fermés dans
boucherie, furent arrêtés et renune église, ot la
mettre le feu pour les brûler populace voulait
dant les magistrats
vivans !I.. Cepenn'avaient pris
qui, 7 jusqu'à ce moment,
calmer cet que peu ou point de mesures
horrible soulèvement,
pour
apprenant la situation
frémirent en
les mulâtres ; ils
critique où se trouvaient
des
accoururent sur. les lieux,
troupes de la
suivis
bonheur d'arriver garnison 7 et ils eurent le
assez à
aux habitans de la ville du temps pour épargner
çable du plus
Cap la tache ineffagrand des forfaits
A la nouvelle des excès
du Cap se livra contre les auxquels la populace
l'insurrection
hommes de couleur,
des nègres et des
les campagnes, devint
mulâtres, dans
générale; ils étaient
pérés et ne respiraient
exasLes insurgés
que vengeance.
si étroitement menaçaient la ville, et la tenaient
serréc, quelarareté des
commença à faire faire aux autorités subsistances
tans, les plussérieuses
et aux habiréflexions sur leursituation.
du Cap se livra contre les auxquels la populace
l'insurrection
hommes de couleur,
des nègres et des
les campagnes, devint
mulâtres, dans
générale; ils étaient
pérés et ne respiraient
exasLes insurgés
que vengeance.
si étroitement menaçaient la ville, et la tenaient
serréc, quelarareté des
commença à faire faire aux autorités subsistances
tans, les plussérieuses
et aux habiréflexions sur leursituation. --- Page 121 ---
La position des blancs étaitdes plus critiques,
ils craignaient de voir à chaque instant leur ville
des nègres, ou dévorée parle feu.
au pouvoir
étaient d'autant
Leurs craintes , à cet égard,
les insurgés avaient des intelliplus fondées, que
les mulâtres et les
gences dans la ville, avec
la certiesclaves qui Thabitaient; on en acquit
plusieurs nègres qui avaient fait des
tude par
afin delincendier.
tentatives poursyintroduire,
L'assemblée coloniale était constituée depuis
et les mesures qu'elle avait
quelque temps 2
lieu de calmer le mal,
arrêtées et prescrites 2 au
ne firent au contraire quelaggraver. reconnaître
Non seulement elle ne voulut pas
de T'émancipation des esclaves; mais
la légitimité
elle mit autant d'entraves et de difficultés qu'il
éluder Fexécution de
fut en son pouvoir, pour
noirs
la loi qui accordait aux mulâtres et aux cilibres de la colonie, la jouissance des droits
viques.
coloniale prenait à tâche aussi
L'assemblée
de mettre toutes les entraves possibles aux opéralions de monsieur de Blanchelande, gouverneur
de la colonie.
fuLe quartier Morin et celui de Limonade
rent réduits en cendres par les insurgés.
Un maréchal de camp, nommé Rouvray, par
des mesures sages et prudentes qu'il sut prendre
eut le bonheur de mettre à l'abri des
à propos,
et habitations consiinsurgés plusieurs paroisses
dérables. --- Page 122 ---
IIO
coloniale envoya des commissaires
L'assemblée détachemens de troupes de ligne
avec les divers
nationales, tant pour correspondre
et de gardes
surveiller les mouvemens
avec elle, que pour fidélité et le zèle des officiers,
des troupes, la nombre de ceux-ci lui étaient
parce qu'un grand attachement à la France et par
suspects parleur
leur philanthropie. commissaire de l'assemblée
Le sieur d'Osmond, fut tué par les insurgés.
près un corps d'armée,
Ton nommait
Il ne fut point regretté de ceux que et que là,
blancs, parce qu'il était noble,
petits
ils n'avaient pas
comme ici, à cette époque,
Topinion publique pour eux.
de grands
Le parti insurgé faisait tous les jours nommérent
progrès : ils formèrent des régimens, les qualides officiers; les anciens chefs prirent
de colonel et de commanfications de généraux, maniement des armes, 2
dant. Ils s'exercèrent au
journellement
soutenaient
et les combats qu'ils
rien de décisifni pour
contre les blancs, n'ayant
les aguerrissaient
eux ni pour leurs adversaires,
redoutables
qu'à les rendre plus
et ne servaient
encore.
de Tinsurrection, les
Dans les commencémens
à la
souvent avec avantage,
noirs opposérent
des blancs, les ruses de
valeur et au courage
de PAfrique
dans les contrées
guerre en usage
nombre de
d'ou ils étaient originaires ; un grand dans lesblanes furent victimes des embûches
quelles ils tombérent.
les aguerrissaient
eux ni pour leurs adversaires,
redoutables
qu'à les rendre plus
et ne servaient
encore.
de Tinsurrection, les
Dans les commencémens
à la
souvent avec avantage,
noirs opposérent
des blancs, les ruses de
valeur et au courage
de PAfrique
dans les contrées
guerre en usage
nombre de
d'ou ils étaient originaires ; un grand dans lesblanes furent victimes des embûches
quelles ils tombérent. --- Page 123 ---
III
beaucoup plus nomLes insurgés, quoique
de
breux
les colons et les troupes
ligne
que n'auraient pas sans doute triomphé de la
réunis,
s'ils n'avaient été secondés par
valeur française,
on veut
deux puissans auxiliaires 2 auxquels
résister en vain : le climat et les locatoujours
lités...
étaient
Il est certain qu'avec ces avantages qui
suffisans, pour assurer aux nègres la
plus que
les crimes étaient inuliberté et Tindépendance,
tiles au succès de leur entreprise.
Le nègre Jannot, général en chef d'un corps
dinsurgés, commit les plus grandes cruautés sur
blancs
eurent le malheur de tomber
tous les
qui
5 il
avec une férocité
en son pouvoir
égorgea
inouie un nombre considérable de prisonniers
blancs qu'il avait fait renfermer dans une habitation.
Un infortuné pèrede famille, le sieur Paradole,
a le malheur de se trouver son prisonnier; quatre
enfans
s'étaient sauvés des mains des
de ses
qui
Thumanité de
comptant sur
Jannot,
nègres 2
en obtenir la
vinrent se jeter à ses pieds pour
liberté de leur père, il fit venir Paradole à linstant et ses enfans croyant que Jannot s'était
le bénissaient déjà et se prérendu àleurs prières, dans leurs bras l'auteur de leurs
paraient à serrer
lorsque, par ordre de Jannot, ils sont
jous,
force et écorchés vifs devant le malsaisis avec
n'avait fait venir que
heureux Paradole, qu'il
ègres 2
en obtenir la
vinrent se jeter à ses pieds pour
liberté de leur père, il fit venir Paradole à linstant et ses enfans croyant que Jannot s'était
le bénissaient déjà et se prérendu àleurs prières, dans leurs bras l'auteur de leurs
paraient à serrer
lorsque, par ordre de Jannot, ils sont
jous,
force et écorchés vifs devant le malsaisis avec
n'avait fait venir que
heureux Paradole, qu'il --- Page 124 ---
II2
être présent à cette épouvantable exécution
pour scié ensuite lni-même 2 vivant 2 entre deux
et
devant Jannot, qui parut y prendre
planches, barbare dont l'idée seule fait frissonner.
un plaisir
de continuer le
Je crois ponvoir me dlispenser
diverrécit de cette série de crimes et d'atrocités
tous les partis 2 à la fureur
ses, commises par
colonie fut si long-temps
desquels cetteinfortunée neles crois pas nécessaien proie. Outre que je
traite, ils ne
à
du sujet que je
res Fintelligence d'émousser cette sensibilité
seraient capables que les délices du coeur, les charprécieuse qui fait
mes de la vie.
la
règle que je
L'impartialité étant
première
cet ouvrage 2
me suis prescrite en entreprenant aux Haitiens , que
quelquidée désavantageuse dont je viens de tracer un
le récit des crimes laisser dans Tesprit du lectableau fidèle, puisse cru en droit de les passer
teur, je ne me suis pas bornerai à rappeler que ce
sous silence. Je me
individus
les actions de quelques
n'est pas par
d'une révolution quelon doit
égarés dans le fort
entier, ct qu'il
juger du caractère d'un penple tous les nègres
serait aussi absurde de croire que
qu'il serait
sont des Jannot pour la férocité, des Français
absurde de penser que tous ceux
de traihajssent la révolution, sont capables
et
qui
de domaines nationaux
ter les acquéreurs d'une certaine époque, comme
les fonctionnaires
fanatiques, armés de
Yassociation de monstres
égarés dans le fort
entier, ct qu'il
juger du caractère d'un penple tous les nègres
serait aussi absurde de croire que
qu'il serait
sont des Jannot pour la férocité, des Français
absurde de penser que tous ceux
de traihajssent la révolution, sont capables
et
qui
de domaines nationaux
ter les acquéreurs d'une certaine époque, comme
les fonctionnaires
fanatiques, armés de
Yassociation de monstres --- Page 125 ---
poignards par les continuateurs des compagnons
de Jésus et du soleil, pour égorger les protestans du midi.
Il faut enfin dire, à la louange des hommes
qui, depuis Jannot jusqu'à ce jour, ont commandé les Haitiens, qu'ils se sont presque tous
fait remarquer par leur grande modération et
leur amour pour la justice et la liberté.
Les colons voyant que les troupes de ligne
formant la garnison de la colonie, jointes aux
gardes nationales, étaient insuffisantes, non seulement pour réduire, mais pour s'opposer aux
toujours croissant des insurgés, réclaprogrès mèrent vainement des Espagnols, les secours qui
auraientété resainnaadf- 7
tion des noirs, et dont ils pouvaient disposer en.
faveur des colons. Le motif de leur refus était
voulait établirla démocratie dans la coloqu'on
nie française, et qu'ils étaient tous aristocrates..
ils voulaient sans doute dire qu'ils étaient des fanatiques, des superstitieux et desgens qui,incapables de secourir leurs compatriotes (les colons
français et espagnols élaient habitans de la même
ile), voyaient au contraireleur sang couler avec
plaisirl Ils n'avaient cependant pas le droit de
se refuser à assister les colons de la partie, française de Tile; c'était de leur part une viofation
manifeste du traité conclu entre la France et
FEspagne, en 1777- Il portait que, dans l'intérêt
général des deux colonies, si les esclaves de
Yune se révoltaient, T'autre emploierait pourles
--- Page 126 ---
I14
les moyens et toutes les forces dont
réduire, tous
elle pourrait disposer. abandonnés de leur voisin, deleur
Les colons,
distance considérable de la
allié naturel, à une
réduits à leurs propres
métropole, se trouvérent bien insuffisantes pour souforces : elles étaient avaient adopté, d'empécher
tenir lesystême qu'ils libérales dans la colonie,
Fintroduction des idées
et Y'avilissemaintenir l'esclavage des nègres
avaient
d'y
les hommes de couleur y
ment dans lequel
nombre d'années.
gémi pendant un si grand hommes de couleur et des
L'insurrection des dans les provinces du sud
nègres devint générale
et de Y'ouest.
de nouveau la jouissance des
Ils réclamérent
de la Croix des
droits civiques. La commune
la menaeffrayée par les dangers qui
Bonquets,
se refuser de les reconçaient, ne crut pouvoir
naitre.
coloniale fut moins sage; elle reL'assemblée
les idées libérales étaient
fusa tout Cependant
la colonie; aussi, ce
seules capables de sauver
de despotisme,
n'est qu'à cet affreux système
qu'elle doit sa destruction. fatale à tous, eut lieu
Une mésintelligence
gouverneur, et Y'asentre M. de Blanchelande, écriront Phistoire
semblée coloniale. Ceux qui être bien circonsdevront
de Saint-Donaingue,
Il était
pects, quand ils jugeront ce gouvemeur. haine des colons,
tellement en butte à la
devenu
disposés à lui attribuer jusqu'ils étaient toujours
de despotisme,
n'est qu'à cet affreux système
qu'elle doit sa destruction. fatale à tous, eut lieu
Une mésintelligence
gouverneur, et Y'asentre M. de Blanchelande, écriront Phistoire
semblée coloniale. Ceux qui être bien circonsdevront
de Saint-Donaingue,
Il était
pects, quand ils jugeront ce gouvemeur. haine des colons,
tellement en butte à la
devenu
disposés à lui attribuer jusqu'ils étaient toujours --- Page 127 ---
mal qu'ils s'attiraient journellement sur
qu'au
despotisme et leur éloigneeux-mêmes 7 parleur
ment pour la liberté des esclaves.
M. de Blanchelande ft attaquer les insurgés; ils
se disposer à faire des mouvemens
paraissaient hostiles sur la ville du Cap. Il envoya six cent
hommes sur une habitation ou,après
cinquante été harcelés sans cesse tout le jour, ils furent
avoir de,se retirer à Fapproche de la nuit. Ceobligés
lesinsurgés furent attapendant le surlendemain,
qués de nouveau et mis en déroute.
L'assemblée coloniale cassa le concordat passé
faveur des mulâtres à la Croix des Bouquets; 5
en elleneleur reconnut que le droit de pétition.
Cette affreuse décision fut une de celles qui
contribuèrentle plus à la perte de la colonie.
En agissant ainsi, l'assemblée coloniale creu.
ou elle devaits'ensait un gouffre éponvantable,
gloutir avant peu.
les
de la
A la nouvelle de ce décret,
insurgés
colonie tout entière, qui correspondaient régulièrement entre eux, se portérent, sur tous les
points,aux plus grands excès.
Les plus belles et les plus riches habitations
devenaient journellement la proie des flammes.
Le vaisseau de ligne PEole, et la frégate la
Didon, vinrent de la Martinique à Saint - Domingue, pour secourir la colonie.
Les commandans de ces vaisseaux furent accusés d'aristocratie, par le peuple qui se souleva
dans la ville du Cap, à cette occasion.
8.
ièrement entre eux, se portérent, sur tous les
points,aux plus grands excès.
Les plus belles et les plus riches habitations
devenaient journellement la proie des flammes.
Le vaisseau de ligne PEole, et la frégate la
Didon, vinrent de la Martinique à Saint - Domingue, pour secourir la colonie.
Les commandans de ces vaisseaux furent accusés d'aristocratie, par le peuple qui se souleva
dans la ville du Cap, à cette occasion.
8. --- Page 128 ---
un blanc prétend qu'un
Au Port-au-Prince, de lui, Ya heurté avec le
negre, en passant près aussitôt en révolution.,
ccude; la populace est
et le pend
elics'empare de ce malheureux nogre, exécuun arbre. Cette infâme
impitoyablenenti
Prince, la plus
tion occasiona; , au Port-aufermentation; des malveillans profitaient
grande
agitaient la population tout
des troubles qui
mettre lefeu aux
entière dul Port-au-Prince, pour
est en
et
. coins de la ville. Bientôt elle
feu,
quatre tableau
de la guerre civile, sous
offre le
affligeant
confule plus hideux. La plus grande
son aspectl
et lincendie après avoir
sion règne partout,
d'un jourentier,
exercé ses rav vages pendantplus tiers des maisons et des
consuma près des deux
édifices publics.
T'assemblée coloniale destitua
Le27 mars 1792,
fonctions de
M. de Blanchelande de ses
elle lui gouver- rendit
neur de la colonie; le lendemain, le destitua, et une
Une faction
tous ses pouyoirs.
faction le remit en placé.
de venir attaLenègre Biallon eut le courage
Palarme
ville du Cap, au milieu dclanuit;
et
querla
chacun prend les armes,
devient générale;
est contraint de reBiallon, repoussé avec perte, formé de Tincendier.
noncer au projet qu'ilavait qui élait venu au Cap pour
M. de Blanchelande, de la province du sud, 2
Vinsurrection
apaiser
négociations entamées et rompues
après quelques rassembla un corps de troupes
avec, lesi sinsurgés,
et attaqua Fende mille àdouze cents hommnes,
chacun prend les armes,
devient générale;
est contraint de reBiallon, repoussé avec perte, formé de Tincendier.
noncer au projet qu'ilavait qui élait venu au Cap pour
M. de Blanchelande, de la province du sud, 2
Vinsurrection
apaiser
négociations entamées et rompues
après quelques rassembla un corps de troupes
avec, lesi sinsurgés,
et attaqua Fende mille àdouze cents hommnes, --- Page 129 ---
était retranché sur ler sonimet des
nemi qui nomméesles Platons. Il partagea son
montagues
détachemens, qui devaient
armée en plusieurs
divers
le camp
attaquer eusemble, et sur
points,
être
des insurgés; ; mais ce mouvementn'ayant pu fut la
exécuté avec la précision convenable, bataille. La vicles blancs perdirent la
cause que
fut complète et décisive;
toire des insurgés
fut taillée en pièces, et
Farmée de Blanchelande
lui-même fut obligé de se retirer préeipitamment à
sés canons et en abandonnant
en enclouant
de munitions de
J'ennemi une grande quantité
guerre.
On établit un club au Cap.
et
La ville du Cap est en proie aux dissensions, tour à
déchirée par les factions qui y dominent
tour.
commissaires
Les citoyens Polverel et Santonax,
française à Saint - Domingue
de la république
faire leur résidence. La
choisissent le Cap poury accordaient aux muprotection ostensible qu'ils
de leurs droits
lâtres relativement à la jouissance
leur font
d'ennemis que
politiques; , renfermait presqu'autant de blancs qui, depuis ies
la villéduCap la colonie était le théàtre, avaient
événemensdont
aux hommes de
voué une haine implacable
couleur.
étaient
Les marins des vaisseaux de Pétat qui
commnuniquant jonrnellement avec les
en rade,
bon accueil
habitans de la ville, ceux-ci parleur
etles présens qu'ils leur faisaient, pourlesattacher
ennemis que
politiques; , renfermait presqu'autant de blancs qui, depuis ies
la villéduCap la colonie était le théàtre, avaient
événemensdont
aux hommes de
voué une haine implacable
couleur.
étaient
Les marins des vaisseaux de Pétat qui
commnuniquant jonrnellement avec les
en rade,
bon accueil
habitans de la ville, ceux-ci parleur
etles présens qu'ils leur faisaient, pourlesattacher --- Page 130 ---
réussirent si bien, que le mauvais
à leur parti, y
les marins, obliesprit que Ton remarqua parmi
à bord
MM. les commissaires à les consigner
gea
et à leur défendre de descendre
de leurs navires,
à terre; sous des peines très-graves. commissaires, au
Cette mesure des citoyens
sédition
se
lieu de détruire les germes de
qui
manifestaient à bord des vaisseaux, fut au contraire la cause qui la fit éclater plustôt. Les maavoir inutilement envoyé des députés
rins, après
faireleverla consigne
à Polverel, Santonax, pour dans leurs vaisseaux,
quiles reténait prisonniers
en) nombre imn'ayant rien obtenu, débarquèrent
posant. Ils se rendirent en armes au gouvernement leur
ou ils obtinrent par leurs menaces 2 ce qui
avait été refusé plusieurs fois, en employant
des moyens plus doux.
régnait dans la
La plus grande fermentation étaient toujours en
ville, parmi les mulâtres : ilsy
s'occuarmes et en grand nombre. Les colons ne
qu'à exciter la mésintelligence funeste qui
paient lieu entre les hommes de couleur, les marins
avait]
Ceux-ci,à la tournure qu'ils
et les commissaires. affaires, et à la nullité des
voyaient prendre aux
en
qu'ils avaient mis successivement
moyens
empécher le mal, virent que les plus
usage pour
étaient à la veille de fondre sur
grands malheurs
la colonie.
jours on eut lieu de
En effet, depuis quelques
entre la ville
remarquer que les communications,
tandis
et la rade, étaient devenucs très-rares,
ait]
Ceux-ci,à la tournure qu'ils
et les commissaires. affaires, et à la nullité des
voyaient prendre aux
en
qu'ils avaient mis successivement
moyens
empécher le mal, virent que les plus
usage pour
étaient à la veille de fondre sur
grands malheurs
la colonie.
jours on eut lieu de
En effet, depuis quelques
entre la ville
remarquer que les communications,
tandis
et la rade, étaient devenucs très-rares, --- Page 131 ---
étaient tres-actives quelques jours aupaqu'elles
canots et des chaloupes allaient sucravant; des
à Tautre; et le vaisseau
cessivement d'un vaisseau
faisait contile Jupiter qui commandsitfhieeadee, auxquels les autres bâtinuellement des signaux
mens de la rade répondaient.
et les colons
Ilfétait formé, entre les équipages
qui
blancs de la ville du Cap, une conjuration, force des cibut, de S s'emparer de vive
avait pour
de livrerbatailleaux
toyens Polverel et Santonax, à rentrer dans la situamulâtres, , pour les forcer
;c'estoàils étaient avantlestroubles;
tion politique
de tous les droits politiques.
à-dire, les priver
infamequ'imPourjustifier ectedemarcheaus1 queles mulàles colons prétendaient
politique,
abus. de la jonissance
tres faisaient le plus grand
contens de
des droits civiques, et que, non
ils paravec les blancs l'égalité des droits, préten- le
tager
ceux-ci leur devaient à leur tour
daient que
sans peine,dérespect etl la soumision.Jepourraise etla fausseté d'une immontrer T'invraisemblance
les mulâtres ;
putation aussi calomnieuse tellement pour absurde, quej je me
mais elle me semble
mébornerai à prévenir lelecteur, , que quelques
moires écrits dans le temps avec beaucoupde
grand
Raciere
tialité, en font mention 33 maisqu'un
n'étaient
d'écrits, sortis de la plume de gens qui
n'en
intéressés à déguiser la vérité des faits,
pas
ont pas parlé.
deux vaisseaux de ligne,
Le 20 juin au matin,
de la ville,
leJupiter et TEue,scumtapprocha
elle me semble
mébornerai à prévenir lelecteur, , que quelques
moires écrits dans le temps avec beaucoupde
grand
Raciere
tialité, en font mention 33 maisqu'un
n'étaient
d'écrits, sortis de la plume de gens qui
n'en
intéressés à déguiser la vérité des faits,
pas
ont pas parlé.
deux vaisseaux de ligne,
Le 20 juin au matin,
de la ville,
leJupiter et TEue,scumtapprocha --- Page 132 ---
se mirent en travers, ets
tant le côté. La gabare s'embossérent de
en présénl'état;
étaitpostée un peuau vent des
lwNVormandes
A: midi, quatre-vingts
vaisseaux, d0
de trehte-six, de
bouches à fen,dui calibre
obusiers chargés vingt-quiatre, à mitraille de dix-huit, et.des
et à
qués: sur la ville, ou ils
boulets, sont bra-.
mort et Tépouvante,
menacent de vomir, la
Les marins quel'on
sontmunis de fusils, de aperçoit sur les vaisseaux,
tes; tout annonce un
gibernes et de baionnetUn
dedharguemenchosile
silencemome et
et dans la ville. Les effrayant règnesurl la rade
tes; tous les
quais et les rues étaient désercoeurs étaient
ment sinistre des malliens serrés, lei pressenti-
-cette ville infortunée,
qui allaient fondre sur.
lâmede tous lés habitans. semblait s'être emparé de
Un coup de canon parti du A vaisseau
lesignal conyenu poarle
amiraly est
rins se" précipitent dans les déharquement; les mavive la nation, vivela
chaloupes, aux cris de
instrumens
réprubligie !I Lesmalheureuxt
passifs del'ambition de
mécontens' , ils ignoraient
quelques chefs
armes pour combattre les plus qa'ils beaux prenajent les.
cette république qu'ils
principes de
régalitélt
mvoquaient : la liberté ,
Le debharquementse fait sans
ordres d'un sieur Gallaud,
obstacle, sousles
expédition.
qui commandait cette
Les commissaires instruits a
decetoficier der
temps des projets
smimenraenbatfoied les mu-
'ambition de
mécontens' , ils ignoraient
quelques chefs
armes pour combattre les plus qa'ils beaux prenajent les.
cette république qu'ils
principes de
régalitélt
mvoquaient : la liberté ,
Le debharquementse fait sans
ordres d'un sieur Gallaud,
obstacle, sousles
expédition.
qui commandait cette
Les commissaires instruits a
decetoficier der
temps des projets
smimenraenbatfoied les mu- --- Page 133 ---
121 &e
làtres arinés, dans divers lieuxt qui avoisinaient
Les troupes de ligne de la garle gouvernement. élaient aussi sous les armes, et gardaient
nison,
ainsi que Fintérieur du
Farsenal, leur caserne,
Polverel et Santonaxs'y
palais du gouvernement;
étaient enfermés.
marins montèrent
: A trois heures après midi,les
rues,
Ja villes surplusicurs colonnes et pardiversess
aucun obstacle. A deur arrivée au
sans rencontrer
unepartie des muChamp dehions.tbeironverent en bataille, et qui les y attendaient
lâtres rangés
depied fermésaussitôt Taffaire s engagea.
quelquesheures d'un combat opiniatre
Après
et meurtrier, les marins qpectaustenuanesde; militaires, et qui
péu aucontumiésaux évolutions
éprouvéne sattendaient pasal la résistance qu'ils
ils
rent, furent mis dans une déroute complète;
le bord dela mer en courant, et en
regagnérent leurs armes et tout ce qui les embarrasjetant
sait.
cette
Les habitans du Cap qui avaient provoqé
révolte, et qui avaient promis de sc joindre aux
marins pourl les soutenir pendant lecombat, reste. s7
rentrenfermés dans leurs habitations.
Lelendemain matin, les marins débarquérent
delarullerie, et Grent tne nouvelle tentative; on
sebatut dans les rues, dans les maisons, et avec
im acharnement extrème; onnevenconifai
mourans et.des
FREEL
tout que des moris, des
Les troupes de la garnison qui, la veille,avaient
faitpeu de chose et semblaient vouloir garder une
pendant lecombat, reste. s7
rentrenfermés dans leurs habitations.
Lelendemain matin, les marins débarquérent
delarullerie, et Grent tne nouvelle tentative; on
sebatut dans les rues, dans les maisons, et avec
im acharnement extrème; onnevenconifai
mourans et.des
FREEL
tout que des moris, des
Les troupes de la garnison qui, la veille,avaient
faitpeu de chose et semblaient vouloir garder une --- Page 134 ---
122 -
espèce de neutralité,se déclarérent
missaires et les mulâtres, elles
pour les comtrés-active à ceite seconde
prirent une part
enfoncèrent les
affaire. Les matelots
plusieurs
portes de quelques maisons et de
qui les fit boutiques; ils se livrèrent au
ce
mettre une seconde fois en pillage,
nuit,
déroute. La
combat quiapprochait, allait encore faire cesser ce
sanglant, lorsqu'au milieu du
cris douloureux des
tumulte, les
feu qui se manifesta mourans et des blessés, et le
ville, rendirent
dans plusieurs quarticrs de la
l'effroi général : loin de
secours au malheur, on ne songeait
porter ses
s'en préserver. L'infortunée ville du qu'afuir pour
si belle et si florissante,
Cap, naguère
moment, le
offrit, dans cet affreux
spectacle le plus douloureux et le
afiligeant; tous ses :
plus
étaient en feu. L'ensemble monumens, tous ses édifices
l'image du cratère
de la ville présentait
d'un immense volcan dans
moment d'une irruption. Des huiles et des
le
drons enflammés qui se dirigeaient
gouressemblaient aux torrens de laves vers la mer,
se précipitent du sommet des monts brélantes qui
l'Etna, tandis'
Vésuve et de
qu'une immense gerbe quis'élevait
jusqu'aux cieux, poussée dans Iles airs
vent violent; retombait en pluie de feu dans par un la
câmpagne, où les malheureux colons
un abri.
cherehaient
Les marins regagnérent leurs
vaisseaux; et le
lendemain, ceux des colons qui ayaient
àl'incendie et aux désastres de la
échappé
veille;s s'embarquérent sur l'escadre,
qu'une immense gerbe quis'élevait
jusqu'aux cieux, poussée dans Iles airs
vent violent; retombait en pluie de feu dans par un la
câmpagne, où les malheureux colons
un abri.
cherehaient
Les marins regagnérent leurs
vaisseaux; et le
lendemain, ceux des colons qui ayaient
àl'incendie et aux désastres de la
échappé
veille;s s'embarquérent sur l'escadre, --- Page 135 ---
terribles, les citoyens PolAprès ces événemenst
au haut du Cap, oit
verel et Santonax se retirèrent résidence, et dont
leur
ilsfixèrent provisoirement)
de la coils firent le chef-lieu du gouvernement
lonie.
le vent étant favorable, ainsi
Enfin, le juin,1
la barre, Tescadre
que la marée, pour passer sur en séloignant du
mit à la voile: alors les colons, fois leurs regards
tournèrent une dernière
rivage,
oû quelques jours aupaattristés sur cette place,
des édifices maravant des monumens superbes,
des rues bordées de maisons magnifiques attesjestueux,
vastés et spacieuses
et des places publiques
ville, la capitale des
taient la splendeur de cette ruines et des monceaux
Antilles. Des masures, des
leurs regards. Leur
de décombres frappèrent seuls
La villedu
Cap,leur patriejn'esbstait
coeur saigna!
adieu, versérent
plas... Ils lui firent un éternel
et les
abondance des larmes bien amères;
avec
un bon vent, leur firent
vaisseaux, poussés par
témoin de
bientôt perdre de vue un rivage, jadis leurimaleur bonheur et de leur félicité, et que
encore.
gination troublée croyaitaperoevoir villedu Cap,
On a prétendu que Tincendiedela de Polverel et de Sanavait eu lieu par les ordres bien loin de partager
tonax; quant à moi, je suis
forfait est si
L'énormité d'un pareil
cette opinion.
lon doit bien -
grande, que, sur un simple soupçon, véritables des imputase garder de croire comme de
de parti,
tions odieuses, souvent le fruit T'esprit
emdans le cours des grandés révolutions;
qui,
eroevoir villedu Cap,
On a prétendu que Tincendiedela de Polverel et de Sanavait eu lieu par les ordres bien loin de partager
tonax; quant à moi, je suis
forfait est si
L'énormité d'un pareil
cette opinion.
lon doit bien -
grande, que, sur un simple soupçon, véritables des imputase garder de croire comme de
de parti,
tions odieuses, souvent le fruit T'esprit
emdans le cours des grandés révolutions;
qui, --- Page 136 ---
poisonne tont de son souflle
venimés sont toujours
impur; ; ses traits ennages
dirigés contre les
marquans : plus est grand le
personaccuse quelqu'an, et plus les
crime dont on
être à l'abri du doute.
preuves doivent en
Il est à remarquer
n'a été faite aux
que cette imputation odieuse
commissaires
ou des gens de leur parti,
que par des. colons
ennemis.
c'est-à-dire, par leurs
Si plusieurs
Santonax avaient personnes ont dit que Polverel et
nela prouvé. Toutes faitincendierle les
Cap, personne
vraisemblances sont
probabilités et toutes les
En effet, qui
au contraire en leur faveur.
pourrait, sans
portés à commettre un crime nécessité, les avoir
motifs, fait-on incendier
aussi énorme? Sans
plaisir criminel et barbare une ville pour le seul
lation tout entière
de réduire une
est bien
aux horreurs de la misère? popuconstant que plus d'une heure
Il
moindre indice de
avant le
de toutes
Fincendie, les marins,
parts, avaient abandonnéla
fuyant
commissaires, et. qu'ils allaient aussi victoire aux
donner la ville. Or, est-il
leur abanquirestent les maitres d'une présumable que ceux
tout lorsqu'ils n'ont
ville, la brûle, sura certainement été mis pas d'autre refuge? Le feuy
semble quec'est
par quelqu'tin; mais il me
chassés
plutôt à ceux qui s'en
pour la seconde fois,
l'on voyaient
buer cette
que
doit attricatastrophe :
sont livrés au
d'ailleure, les marins se
pillage et à tous les désordres
Taccompagnent toujours.
qui
res d'une présumable que ceux
tout lorsqu'ils n'ont
ville, la brûle, sura certainement été mis pas d'autre refuge? Le feuy
semble quec'est
par quelqu'tin; mais il me
chassés
plutôt à ceux qui s'en
pour la seconde fois,
l'on voyaient
buer cette
que
doit attricatastrophe :
sont livrés au
d'ailleure, les marins se
pillage et à tous les désordres
Taccompagnent toujours.
qui --- Page 137 ---
Les droits de Phomme furent proclamés le 29
ainsi que Fabolition de Pesaoût par Santonax,
clavage dans toute la colonie.
la plus
Dès Pannée précédente, la conjuration
but de livrer la colonie
horrible, et quiavait pour
avait été formée par les principaux
aux Anglais, voulaient à tout prix se débarrasser
colons, qui
clandesdujong de la France. Ils se rassemblèrent
détinement à la grande Anse, ou,après plusieurs le
libérations, ils dressèrent une note secrète pour
de Saint-James. Ils députérent
cabinet corrupteur
se rendeux membres de cette assemblée, qui
oùt des
plandirent en
Angleterre,
propriétaires
qui résidaient à Lonteurs, de Saint-Domingue, ministres du gouverdres, les présentérent aux
nement,lessf@eriers 1793. Les Anglais acceptérent
les propositions des colons, et promirent d'envoyerdes forces à Saint-Domingue, pours'en emmais, à cette époque, le Cap n'était pas
parer;
qui formaient la garbralé, les régimens deligne,
nison, n'avaient pas été encore réduits au point
où ils étaient par les nègres insurgés; ils virent
beauqu'ils ne pourraient s'en emparer l'exécution qu'avec de leur
coup de peine, et remirent
promesse, à un autre moment.
maintenir
Les colons, qui désiraient fortement
la
l'esclavage à Saint-1 Domingue, voyant que
France venait d'en détruire le principe, faisaient"
des efforts et tout ce qui dépendait d'eux, pour à
T'Angleterre à équiper une flotte, et.
engager de la colonie: Vainement ils promirent
s'emparer
emparer l'exécution qu'avec de leur
coup de peine, et remirent
promesse, à un autre moment.
maintenir
Les colons, qui désiraient fortement
la
l'esclavage à Saint-1 Domingue, voyant que
France venait d'en détruire le principe, faisaient"
des efforts et tout ce qui dépendait d'eux, pour à
T'Angleterre à équiper une flotte, et.
engager de la colonie: Vainement ils promirent
s'emparer --- Page 138 ---
les seconderaient et qu'ils prenaux Anglais qu'ils
les aider à s'emparer de
draient les armes pour leur faisait résistance :
Saint-Domingue, si on
TAnglais n'y eut aucun égard. Quelle confiance et
assistance pouvait-il attendre du prétendu
quelle
avaient été
courage de ces hommes pervertis, qui
lâches
lui vendrel leur malheureuse paassez
pour à la nouvelle des revers éprouvés
trie? Cependant, blancs à l'affaire des Platons, au Port-auparles
deux
avec des troupes
Prince et au Cap,
frégates,
ded@harquement, furent expédiées d'Angleterre,
à Saint-Domingue, le 22 septembre
et arrivérent
successivement au
1793. Elles se présentérent à
où tout était
Môle, à lagrande Anse et Jérémie,
et
préparé pour les recevoir; ils débarquérent d'Anpossession au nom de Georges, roi
prirent
du peuple et au bruit
gleterre, aux acclamations
anglais
del'artillerie, de ces villes, où le pavillon
national.
rem placal'étendard
monument éternel
Tandis que ces événemens,
honte et du déshonneur de ceux qui y pride la
dans la province du nord,
rent part, se passaient
dans la province
les comntissaires étaient occupés, les excès auxdu sud oû ils résidaient, à calmer
de
continuaient toujours
quels les nègres insurgés
des émissaires anselivrer. Ils étaient excités par
deguerre,
glais Mbioreneemeed totale de la
conquérir Jeur indépendance
pour
Moleles Anglais signaient un
France, tandis qu'au
ils s'engageaient
traité avec les colons, par lequel
dans la colonie!
à maintenirfeclavage
les excès auxdu sud oû ils résidaient, à calmer
de
continuaient toujours
quels les nègres insurgés
des émissaires anselivrer. Ils étaient excités par
deguerre,
glais Mbioreneemeed totale de la
conquérir Jeur indépendance
pour
Moleles Anglais signaient un
France, tandis qu'au
ils s'engageaient
traité avec les colons, par lequel
dans la colonie!
à maintenirfeclavage --- Page 139 ---
Qu'il est pénible de savoir que ceux qui signeils venrent cette infâme note secrète, parlaquelle
à Tétranger, et la lui livrèrent
dirent leur patrie
toutle bésans hésiterun seul instant, quoique
néfice de cet odieux marché fit pour T'Angleneleur en laissait que la honte, sont
terre, qui
la plupart, et qu'ils y jouissent de
en France pour
la protection d'un parti assez puissant naguère,
éloigner du ministère deux hommes pour
pour T'opinion s'est hautement prononcée dans
lesquels
heures; assez déle court espace de vingt-quatre
honté
s'évertuer, dit Bénaben, à prouver que
pour
avait pour objet de retenir en
la note secrète qui
etdun
Franceses eeieneteafoprabes
politique habile; assez encroûté de préjugés pour
pretérerthéreiliteiders majorats auxe distinctions peront peuplé la légion
sonnelles et viagères, qui
la France,
d'honneur de héros qui meurent pour
plutôt que de composer avec des vainqueurs couaudacieux pourtracer
ronnés parlatrahison;asses:
blanc, d'un côté
de la même main,sur le drapeau
des atta--
vive le roi, quand méme de T'autre,
contrela puissance du roi; et assez astucieux
ques
dans la Charte,
porter. , dit
pour. se réfugier
ety destruc
le modérateur, des sentimens et des voeux
teurs del la Charte.
révélé toutes les
Si ce parti, dont 1815 nous a
violences et la profonde horreur pour ce quitient
de
à composer un
au principe l'égalité, parvenait
ministère de ses élus, la coterie aristocratique,
d'intriguer depuis plus d'un quart
qui ne,cesse
ques
dans la Charte,
porter. , dit
pour. se réfugier
ety destruc
le modérateur, des sentimens et des voeux
teurs del la Charte.
révélé toutes les
Si ce parti, dont 1815 nous a
violences et la profonde horreur pour ce quitient
de
à composer un
au principe l'égalité, parvenait
ministère de ses élus, la coterie aristocratique,
d'intriguer depuis plus d'un quart
qui ne,cesse --- Page 140 ---
de siècle, pour engager le gouvernement: à tenter
de nouveau la conquête de Saint-Domingue, ne
manquerait pas d'appuis, et voudrait essayer de
ressaisir sa proie. Ses patrons savent cependant,
elle-même, combien il périrait de monde
comme
dans une entreprise semblable. Nais,queleurim- le
porte! Ceux qui balancent leurs intérêts avec
dans des potes secrètes; ceux qui
sort dela patrie
catéont partagé l'armée française en quatorze
pourraient, égarés par leur étrange poligorics, voir dans cette Jutte un nouveau moyen
tique,
des braves, etla nécessité desed'épurerles rangs
un projet dont la
conderalors avec empressement
réussiteleur paraitrait impraticable.
L'armée est le fantôme qui les poursuit sans.
et la force de la France est pour eux un
cesse,
continuelle! Nont-ils pas dit
sujet d'inquiétude avait décimé nos frères! Nont-ils
que Waterloo des conditions sidures pour la papas souscrità
n'eurent de
trie, que Talleyrand et Fouché, qui fatale, rescrupules que dans cette circonstance
fusérent opinistrément deles signer!, haut, ne
L'Anglois qui, comme je Tai dit plus
que la perlfidie, la corruption ou
savait employer
ne,
trahison
exécuter ses sinistres projets,
la
pour
d'attaquer le citoyen
se sentant pas le courage
Santonax, qui s'était retiré au Port-au-Prince, les
non à corrompre, mais à tromper
parvint, mulâtres
habitaient les environs
noirs et les
qui
rendus à la liberté,
de cette ville. Nouvellement nécessairement craindre de la
les nègres devaient
idie, la corruption ou
savait employer
ne,
trahison
exécuter ses sinistres projets,
la
pour
d'attaquer le citoyen
se sentant pas le courage
Santonax, qui s'était retiré au Port-au-Prince, les
non à corrompre, mais à tromper
parvint, mulâtres
habitaient les environs
noirs et les
qui
rendus à la liberté,
de cette ville. Nouvellement nécessairement craindre de la
les nègres devaient --- Page 141 ---
aussi la moindre chose leur portait-clle
perdre: L'Anglais n'eut donc pas besucoup de
ombrage. àleur persuader que la France, se repenpeine de leur avoir accordé la liberté, se préparait
tant
dans Phorrible esclavage dont ils
à les replonger
affranchis. L'Anglais vouétaient heureusement
de la colonie.
lait semparer de ce pointimportant
armant
mais comment? Cen'est qu'en
Ily parvint, noire de cette cité, et en Fexcitant
la population de tous les blancs qu'elle renfermait,
au massacre T'entrée. Le citoyen Santonax, le
qu'il s'en fraya
soldats
Desfourneaux et quelques
échapgénéral
miracle, à cet horrible égorpérent, comme par
migement... Le moyen odieux queles Anglais
dela ville du Portrent en usage, pours'emparer avoir rien d'étonnant
au-Prince, ne doit plus
longue et cruelle a
pour nous : une expérience malhenreuse
F'esprit
fait connaitre à notre
patrie
de rivalité et de haine, que la plus
de prévention, immorale des aristocraties, celle
làche et la plus
vertus
et résiste aux
delopuoppriacii-dande à la nation anglaise contre la
position, inspire
des deux
France, afin que les communications la destrucconcowiràl
peuples ne puissentj jamais
notre
tion des préjugés et des abus, parlesquels l'innoblesse et les grands del Londres affaiblissent de
fluence des lumières, et retardent les progrès
la civilisation.
fac- 1
En mai 1794, Polverel et Santonax, quela
coloniale avait
les couleursles plus
tion
peintssous France
renhorribles, furent rappelés en
pour y
--- Page 142 ---
dre compte de leur
crimes
conduite,et se justifier des
abominables, et des massacres dont on les
accusaient d'être les provocateurs.
Le général Rigaud, qui commandait les forces
républicaines dans le sud de
prit, sur les Anglais, les villes Saint-Domingue, de
reTiburon; les lâches,
Léogane et de
qui ne savent prendre les
places que parla trahison, ont rarement
courage et de valeur pour les défendre assez de
force.
par la
Après le départ de Polverel et de
général Laveaux: fut revêtu du
Santonax, le
ja partie de Saint-Domingue commandement de
qui
core àla France.
appartenait enL'Anglais fit des efforts infructueux
rompre, et obtenirdeluila
pour lecorremise du Port-la-Paix
aux forces de sa majesté
conditions quele Môle. Le britannique, brave
aux mêmes
d'une proposition aussi abominable, Laveanx,indigné
son auteur en duel; mais ce vil agent de provoqua
tion refusa desebattre : sans doute,
corruplui-même, ce commandant
querentranten
digne de l'honneur
anglais ne se jugea pas
que voulait lui faire le brave
Laveauxde se mesurer avec lui.
Le célèbre Tousaint-Louverture
républicains aveci un corps considérabie sejoignit aux
noirs qu'il commandait. Il haissait les d'insurgés
il les avait déjà battus dans
Anglais, et
Un chef'courageux
plusieurs rencontres.
d'insurgés, homme decouleur,
égaré parles promesses, ou plutôt par les
insinuations de PAnglais, occasiona des perfides
troubles
ait lui faire le brave
Laveauxde se mesurer avec lui.
Le célèbre Tousaint-Louverture
républicains aveci un corps considérabie sejoignit aux
noirs qu'il commandait. Il haissait les d'insurgés
il les avait déjà battus dans
Anglais, et
Un chef'courageux
plusieurs rencontres.
d'insurgés, homme decouleur,
égaré parles promesses, ou plutôt par les
insinuations de PAnglais, occasiona des perfides
troubles --- Page 143 ---
danslenordilela colonie; mais legénéralLaveaus
fermeté, sa franchise' et le secours de Toussinclanvedueparviet pars
à rétablir la tranquillité,
sur ce point. la colonie était dans un état d'agitaCependant,
à rassurer les vrais amis de la
tion peu propre
bandes formidables
paix et de l'ordre : plusieurs
d'insurgés tenaient toujours la campagne, et,
l'Anglais sur les intentions de la métrompées par
de
tropole à leur égard, refusaient opiniatrément
déposer lesarmes. LaFrance,s sachant que les citoyens Santonax, Raymond, Girard et Leblanc
jouissaient, parmi les noirs ctles mulâtres d'une
grande réputation et d'une entière confiance, les
y envoya pour tâcher d'obtenir, par des moyens
de conciliation, ce que la politique et Thumanité
de se
défendaient au goavernement républeain
procurer par la force.
arrivèrent à SaintLes nouveaux commissaires
entrée
Domingue, le 12 mai 1796: ils y firent une
vraiment triomphale! Les noirs et les mulâtres
-Thamaio
par des danses et des jeux publics qui se prolongérent fort avant dans la soirée: Tordre ne fut pas
seul
Punion la plus franche rétroublé un
instant;l
gnait parmi les citoyens.
du snd de la colonie,
Les mulâtres et les noirs
coloexcités par T'Anglais etles restes dela faction
niale, refusérent de reconnaitre Tautoritéde.ar- Vilfrançaise. Dans le nord, un nommé
publique
de nègres et
latte, qui commandait un fort parti
9.
fort avant dans la soirée: Tordre ne fut pas
seul
Punion la plus franche rétroublé un
instant;l
gnait parmi les citoyens.
du snd de la colonie,
Les mulâtres et les noirs
coloexcités par T'Anglais etles restes dela faction
niale, refusérent de reconnaitre Tautoritéde.ar- Vilfrançaise. Dans le nord, un nommé
publique
de nègres et
latte, qui commandait un fort parti
9. --- Page 144 ---
d'hommes de couleur, refusa aussi de reconnaitre
dela
mais un grand nombre
les droits
république; abandonné et s'étant rangés sous
des siens T'ayant
il se retira dans un fort ouil
la bannière tricolore,
de
tenir long-temps; il futbiensatcontrainte
ne putt
au
Desfourcapituler et de se rendre
général
neaux.
Un très-petit nombrede tropesanitacompe ilse
gné le citoyen Santonax à Saint-Domingue;
conséquent hors d'état, jusqwalartrouvait par
forces dans la colonie, de rien
rivée de nouvelles
étaient maientreprendre contre les Anglais, qui
imdes
les plus avantageux etl les plus
tres
points
les troupes anglaises,
portans de Tile. Cependant
des opérations
sous le rapport
assez tranquilles à combattre un fléau bien plus
militaires, eurent
la fièvre jaune. Elle
terribie encore quela guerre:l
soldatsde cette
exergad'horriblesr ravages parmiles
F
par cehieteriblemaladie,
iex@presquesabitement etdel'ambition deleur
furent vietimesdelapertidie calcul homicide et
gouvernement qui, par un loin de leur patrie,
barbare, faisait ainsi périr,
but de nujre
l'élite de ses citoyens, dans Funique d'inhumaà la France. C'est dans le même esprit
du
noble propriétaire
nité et d'orgueil, qu'un
et rédIchester fit abattre cent maisons,
bourg
de nombreuses familles à se
duisit tout à coup la charité
parce
mettre sous Fabri de
publique, avait à se
des vieux principes
que ce conservateur
des habitans qui avaient
venger de la résistance
,
but de nujre
l'élite de ses citoyens, dans Funique d'inhumaà la France. C'est dans le même esprit
du
noble propriétaire
nité et d'orgueil, qu'un
et rédIchester fit abattre cent maisons,
bourg
de nombreuses familles à se
duisit tout à coup la charité
parce
mettre sous Fabri de
publique, avait à se
des vieux principes
que ce conservateur
des habitans qui avaient
venger de la résistance --- Page 145 ---
-
Les grands d'Anvoté dans le sens defopposition. le
des
punissent par la misère patriotisme
gleterre
Tenvoi dans les colonies celui des
citoyens, et par!
suivre la directiondesamis
réginens qui préferent
des oracles les
de la liberté, à prendre pour
maximesde leurs chefs.
lcs AnL'épidémie dontje viens de parler, força
abandonner plusieurs positions importantes
glaisà
à
le Mole, Jéréde l'ile, et de se borner garder autres points
et quelques
mie, lePort-an-Prince,
perdait trente et
dans le sud. Chaque régiment les rues et les maisons
quarante hommes parjour;) de malades, de moude ces villes élaient remplies
La contarans etde morts : c'était unedésolation. habitans; et les
gion passa bientôt des troupes aux enfin
étaient
colons les plus acclimatés, ceux
qui
même, étaient journellenés à Saint-Domingue
Une
ment moissonnés par cette terriblemaladie...
disette qui eut lieu dans le même temps,
grande
calamités dont ces malvint encore ajouter aux
Un ouragan terheureuses villes étaient la proie.
rible, qui ravagea les campagnes environnantes, élait
les
et la récolte qui
détruisit
plantations,
devint tellepresqueàs sa maturité. La mortalité
où
considérable, que l'on ne savait plus
ment
cimetières étaient remplis :
mettreles morts;_les
durent être afil fallut les jeterà la mer. Qu'ils
de notes sefreux les remords de ces fabricateurs patrie licrètes, quand ils virentleur malheureuse et de la disette,
vréeauxhorreurs de la fiévrejaune
leur faute La Providence, qui SC chargo
par
int tellepresqueàs sa maturité. La mortalité
où
considérable, que l'on ne savait plus
ment
cimetières étaient remplis :
mettreles morts;_les
durent être afil fallut les jeterà la mer. Qu'ils
de notes sefreux les remords de ces fabricateurs patrie licrètes, quand ils virentleur malheureuse et de la disette,
vréeauxhorreurs de la fiévrejaune
leur faute La Providence, qui SC chargo
par --- Page 146 ---
tonjours del la punition des grands
accablant ainsi de ces deux
crimes, en les
prendre aux nations
la fléaux, voulait apsont les seuls
que
peste et la famine
patrie ceux avantages que procurent à leur
eux!
qui en appellent les ennemis chez
Nos commissaires
chefs des nègres et s'aperçurent des
bientôt que les
rétaient ceux qui
mulâtres, dans le sud,
tion de cette
s'opposaient le plus à la pacificaprovince. Is y
pour les inviter à la
envoyérent desagens
pour balancer leur autorité. soumission, et, par suite,
rent aux Cayes, où ils furent Cesagens bien
débarquemais bientôt la discorde
reçus d'abord;
Un ordre
se manifesta denouveau.
imprudent de Santonax,
mulâtre de la viile, et les
d'arrêter un
le général Desfourneaux dispositions prises par
tion, révoltèrent
pourl le mettre à exécuque des
ceux desa caste, tant de la ville
campagnes. Ils coururent aux
massacrèrent un nombre
armes, et,
La
considérable de blancs.
tranquillité ne se rétablit
dans cette ville et ses environs. que très-lentement
Il est certain et incontestable
velle administration de
que, sous la nounies'améliora
Santonax, Eétat del la colosaint-Louverture, considérablement. Le célébre Tousàla
dont tous les efforts
paix et àl'amélioration de
tendaient
seconda
ceux de sa caste,
puissamment les commissaires. Il
sans effusion de sang, un grand nombre amena,
tiers à reconnaitreles droits de la
de quarLa culturedel la canne
république.
àsucre et du café pardes
:
administration de
que, sous la nounies'améliora
Santonax, Eétat del la colosaint-Louverture, considérablement. Le célébre Tousàla
dont tous les efforts
paix et àl'amélioration de
tendaient
seconda
ceux de sa caste,
puissamment les commissaires. Il
sans effusion de sang, un grand nombre amena,
tiers à reconnaitreles droits de la
de quarLa culturedel la canne
république.
àsucre et du café pardes
: --- Page 147 ---
-
libres, faisait chaquej jour les progrèsles
hommes
plus satisfaisans.
s'était liguée avec TAnLa faction coloniale quis
haissait de toutes ses forces ce commissaire,
glais,
rien plus ardemment que l'éloiet ne souhaitait
des
Santonax et
de la colonie
citoyens
gnement
du premier, à
mais particulièrement
Raymond;
sur
deses
et de sa grandeinfluences
cause
principes de couleur. Les colons intriguérent
les hommes
français,
donc de nouveau prèsie gouvernement ils peile faire rappeler dans la métropole;
pour Santonax comme un monstre, et comme
gnirent
la liberté des noirs que pour en
ne protégeant
de son ambition personnelle;
faire les instrumens Santonax avait le projet de
ils prétendatentique Saint-Domingne de la médétacher délinitivement faire déclarer le chef suprême.
tropole, et de s'en
de faire remarquercomJe ne peux me dispenser calomnieuses les imputabien étaient injustes et
contre
tionsabominables que les colonsdirigeaient
Le projet de détacherla COcet estimable citoyen.
en faire un état libre
lonie de la métropole, pour
de crime,
être qualifié
et indépendant, pouvait-il
sans les condamner
même de délit, par les colons,
toutes
puisqque tous leurs efforts et
eux-mêmes,
tendaient directement qu'à ce
leurs actions ne
Certes,je suis
même but qu'ils avaient manqué. leurs nobles
bien loin de blâmer les colons de
mais je ne puis m'emsentimens d'indépendance;
Thumanité,
pécher de dire qu'il est afligeant pour
intérêt personnel ait étouffé en eux ces,
que leur
condamner
même de délit, par les colons,
toutes
puisqque tous leurs efforts et
eux-mêmes,
tendaient directement qu'à ce
leurs actions ne
Certes,je suis
même but qu'ils avaient manqué. leurs nobles
bien loin de blâmer les colons de
mais je ne puis m'emsentimens d'indépendance;
Thumanité,
pécher de dire qu'il est afligeant pour
intérêt personnel ait étouffé en eux ces,
que leur --- Page 148 ---
sentimens philanthropiques qui
de T'espèce
feraient la gloire
la dirigent n'en humaine, et son bonheur, si ceux qui
manifestaient
de toute participation
pointdedestructeirs
ture et aux droitsdes égale aux bienfaits de la naPuisse
hommes réunis en société.
F'exemple des malbeurs de
gue, et. leurs véritables
Saint-Dominpour. le monde!
causes, n'être point perdu
époque dans les Lesrévolutions fastes des
populaires, faisant
pour les hommes de
nations, doivent être
L'imputation d'avoir grandes leçons de sagesse.
la
voulu détacher la colonie de
métropole, ne s'est pas plus réalisée
celles qui furent
que toutes
dirigées contre le
1' -
nax, par des ennemis acharnés à citoyen SantoIl connaissait très-bien
sa perte,
vengeance, qui animait les l'esprit de haine et de
paux colons contre
planteurs et les princisa personne; mais, plein de
Imariodseme,ffhumaaitc et d'amour
il ne daigna pas
pourl la liberté,
traits
prendre la peine dei repousser les
empoisonnés de la
dont
mis cherchaient à l'accabler. caloinie,
ses enneet plus digne de cet honorable Un soin plus noble
pait tout entier; Tamélioration républicain, l'occufortunés qu'il
du sort de ces invenaitdfarrachera l'escla
à
honte et
vage, la
àl'infamie, et qu'il voulait mettreà
dej jouir avec plénitudeet modération
même
à laquelle ils venaient
de la liberté
toujours
d'être rendus. La postérité,
juste dans ses arrêts, fera
ses lâches accusateurs les traits
retomber sur
voulu le noircir
odieux dont ils ont
C'est anssi la
aux yenx de ses contemporains.
posiéritcquiluirendra la gloire qu'il
la
àl'infamie, et qu'il voulait mettreà
dej jouir avec plénitudeet modération
même
à laquelle ils venaient
de la liberté
toujours
d'être rendus. La postérité,
juste dans ses arrêts, fera
ses lâches accusateurs les traits
retomber sur
voulu le noircir
odieux dont ils ont
C'est anssi la
aux yenx de ses contemporains.
posiéritcquiluirendra la gloire qu'il --- Page 149 --- en servant la belle et ima sijustement: acquise, Thumanité, avec tant de zèle.
mortelle cause de!
conseil des cinc-cents
Enfin, nommémembredn
Santonax revint
colonie de Saint-Domingue,
parla
dans le gonvernement
en France. Il fut remplacé, le général Desfourmilitaire de la colonie, par
fois les
Ce brave général battit plusieurs
neaux.
avec lepen de troupes qu'il
Anglais, et parvint,
de très-près dans les
commandait, à les serrer
places fortes qu'ils occupaient.
par les répuLa bataille de la Valliere, gagnée soumission des
cut
résultatf'entière
blicains,
pour
noirs insurgés contre la république. la colonic, avec
Au moment où Santonax quitta administrateurs
les soins et les efforts réunis des de deux cents
ily avait près
qui le secondèrent, étaient en pleine activité,
sucreries, qui toutes état de choses à celui où
Ainsi, en comparant cet
le12 mai 1796,
il trouva la colonie à son arrivée,
aux accuil y a plus qu'il ne faut pourrépondre Tintérêt froissé
sations abominables, suscitées par
plandéçues des propriétaires
et les espérances
teurs de cette ile.
considérables apportées par
Les améliorations dans l'état dela colonie, sont
le citoyen Santonax incontestables; que la culture
autantde preuves dans les Antilles comme dans
de la canne à sucre,
avec
dela terre, peut prospérer
les autres parties
des hommes libres.
insurgés qui eut lieu
La soumission des nègres
ne fut pas de
suite du combat de la Vallière,
par
ues des propriétaires
et les espérances
teurs de cette ile.
considérables apportées par
Les améliorations dans l'état dela colonie, sont
le citoyen Santonax incontestables; que la culture
autantde preuves dans les Antilles comme dans
de la canne à sucre,
avec
dela terre, peut prospérer
les autres parties
des hommes libres.
insurgés qui eut lieu
La soumission des nègres
ne fut pas de
suite du combat de la Vallière,
par --- Page 150 ---
longue durée; les intrigues
aux prétentions abominables des Anglais, jointes
nombre considérable de
et sacriléges d'un
contre la foi des traités colons propriétaires,
et au
qui,
Thonneur et de Thumanité, mépris des lois de
manière non
manifestérent, d'une
de rétablir équivoque, la coupable prétention
T'osclaivage à
rendreauxh
Saint-Domingue, et de
faisanteeti habitations, les négres qu'uneloi bienimmortelle venait de rendre àla liberté!
lesarmes, les chefs des
on
nègres, à la tête
EA
remarquait le célébre
desquels
firent les
réclamations les plus mumain-Iamertees
plus fondées, contre des
respectueuses etles
nisatrices.
prétentions aussi désorgaLa lenteur ou le
à leurs réclamations, peu d'intention de faire droit
donti ils avaient droit qu'ils remarquérent en ceux
d'attendre
tion, les força de nouveau
justice et protecIls invoquérent le ciel
à défendreleur liberté.
sainteté de leurs
qu'ils prirent à témoin de la
cause au sort des droits, et ils abandonnérent leur.
Si le sang coula armes. de
il est bien constant nouveau à
que les
Saint-Domingue,
en furent la seule et
prétentions des colons
L'insurrection unique cause
devint
Louverture fut
générale, et Toussainttoutes les arméesdes proclamé le général en chef de
Ce brave
noirs insurgés de la colonie.
général,
-
apprit de bonne
ennemi déclaré des
heureà à les bien connaître Anglais,
apprécier. Leur noire
et àles
perfidie et leurs
projets am-
:
* --- Page 151 ---
furent bientôt connus
bitieux sur Saint-Domingue
de leur réde lui. Il eut le talent, non seulement même avec
sister'; mais de les battre et d'obtenir,
en vades forces inférieures en nombre, mais non
considérables
leur et en courage, des avantages
surles Anglais.
étaità la tête d'une arTousain-Louverture mille hommes, disciplimée de près de cinquante
Cela
et surtout S acclimatée au pays.
néc, aguerrie,
lui donnait sur ses ennemis un avantage inappré- inet an-dela,à l'avantage
ciable qui suppléait,
françaises avaient sur
contestable que les troupes
les troupes nègres.
de paix furent faites
De nouvelles propositions
le nouveau
par
au
général Tousmint-Louverturc,
commandant de la colonie.
assemblée
A cet effet, Toussaint convoqua, les en chefs de son
générale et extraordinaire, tous
armée, pour
Mogmneneaaht
il fut déune discussion approfondiesurcet objet, de celte .
ascidé et reconnu par tous les membres
tant
les anciens propriétairés
semblée, que
que
il ne pourcolons existeraient à Saint-Domingue, les noirs
raity avoir de paix ni de sécurilé pour
dans la colonie; et, dès ce moment, ils proclamè- face du
et jurèrent, à la
rent leur indépendance,
la mort.
ciel et de la terre, de la défendrejusqu'àl
nMi mmw
, de celte .
ascidé et reconnu par tous les membres
tant
les anciens propriétairés
semblée, que
que
il ne pourcolons existeraient à Saint-Domingue, les noirs
raity avoir de paix ni de sécurilé pour
dans la colonie; et, dès ce moment, ils proclamè- face du
et jurèrent, à la
rent leur indépendance,
la mort.
ciel et de la terre, de la défendrejusqu'àl
nMi mmw --- Page 152 ---
CHAPITRE VI.
Précis historique de lexpédition du
à
général Leclerc
Saint-Domingue.
LES choses étaientà
qu'on vient de voir, Saint-Domingue dans l'état
1802, entre la
lorsque la paix fut signée en
France et
alliés.
FAngleterre, et tous leurs
Cestalors
en erreur par quelegoavernement la faction
français, induit
jet de Texpédition
coloniale, forma le
clerc. Son but était commandée par le général fx
de rétablir à
une colonie qui avait cessé
Saint-Domingue
habitans étaient
d'exister, et dont les
la nation
remplacés par les fondateurs de
d'hui.
indépendante que Fon y voit aujourTrente : millehommes de
avec dés munitions et
troupes detoutes armes
un matériel proportionné,
Soatunpeneubonititerm,
un nombre considérable
ports de France, sur
seaux de ligne,
de transports et de vaisqui devaient non
téger le
seulement prodébarquement, mais seconder,
nombreuse artillerie, les
par leur
terre dans les
opérations de l'armée de
siéges des places
serait dans la
maritimes, qu'elle
Toutes les
neadédentreprendre
divisions quiformaient cette
arrivérentà la hauteur du
escadre,
pour lerendez-vous
cap Samana, lieu fixé
général. --- Page 153 ---
a
I41
qui avait été instruit à
Tonssin.Lonverture
en France
qui se préparait
temps, del'expélition
crut, dans l'interêt de
contre Saint-Domingue,
un manifeste qu'il
Thumanité, devoir publier
mais
adressa, non pas à la France en particulier, tous
entière qu'il consentait, ainsi que
à TEurope
leur cause.
les nègres, 2 à prendre pourjugedel
tant par
Dans cet écrit, qui était remarquable, qu'ily
que parl les justes prétentions
sa modération
seulmotifde consermanifestait, ilétablissaitqueles
autant que barERTEEEnE
la vie, et que des colons, injustes
prendre
bares,menaçaient, avait engagélesnégresap
mais
si la Franceleur donnait une
les armes;
que leur liberté serait respecgarantie suffisante que
volontiers à faire le
tée, ils consentiraient encore leurs droits, afin de ne
sacrifice d'une partie de
pas troubler la paix du monde.
furent
Ces propositions pacifiques ne
point
français.
écoutées parle gouvernement faction coloniale,
Tandis qu'une portie de la
ténébreuses et ses menées
par ses intrigues le cabinet de Paris à accélérer
sourdes, excitait
d'autres
cette expédition contre Saint-Domingue,
des
colons qui étaient sur les lieux, profitérent
de modération que renfermait la proprincipes
clamation du général Tousmint-Leuventure,
méchamment, parmi les nègres,
pour trahissait répandre Jeur cause. Ceux - ci manquérent
qu'il
perfides!
se
T-h-T-Ea
Si les colons ne parvinrent pas au but qu'ils
le cabinet de Paris à accélérer
sourdes, excitait
d'autres
cette expédition contre Saint-Domingue,
des
colons qui étaient sur les lieux, profitérent
de modération que renfermait la proprincipes
clamation du général Tousmint-Leuventure,
méchamment, parmi les nègres,
pour trahissait répandre Jeur cause. Ceux - ci manquérent
qu'il
perfides!
se
T-h-T-Ea
Si les colons ne parvinrent pas au but qu'ils --- Page 154 ---
proposaient, de se défaire, par un
fime, de cet homme qui était si moyen aussi ineux, ils parvinrent du moins à redoutable pour
armée quelques troubles,
exciter dans son
et trop de
contre lui.Mais ce grand hommes
méfiance
et sa présence d'esprit,
sut, parsont taient
plots des méchans.
déjouer les lâches comL'armée des noirs, qui parut un moment
nie, se rallia promptement à son illustre désului accorda la confiance
chef, et
titres.
qu'il méritait à tant de
Les forces du général Leclerc
viens de le dire plus haut,
qui, comme je
s'étaient
au cap Samana, se
rassemblées
l'ouést de
dirigérent sur la partie de
il
Saint-Domingue (la partie
se proposait
frangaise);
de
defattaquers sur divers points, afin
ne pas donner aux nègres le lemps de se
connaitre.
reDansle même temps que le contre amiral Latouche, protégeait la descente des
les ordres du général Boudet,
troupes sous
près la ville du
Port-an-Prince, le général Leclerc se
devant la celledu Cap
présenta
il
qu'il somma dese rendre;
reçut pour toute réponse, une grèle de
et de boulets
Il
bombes
rouges.
se vit contraint de
prendre le large, pour réparer les avaries considérables que lui occasiona le feu del'ennemi.
Voyant que la ville du Cap était mieux défendue qu'il ne l'avait présumé
Leclerc
d'abord, 2 le général
renonça au projet, un peu irréfléchi, de
s'en rendre maitre du côté de la mer. Il débarqua --- Page 155 ---
dans les environs du Himbé et du port
son armée
Margot.
La garnison de la ville du Cap, quin'était pas
garder et défendre son enassez nombreuse pour
résolut
ceinte immense de l'attaque des Français,
delévacuer. Elle brila, en se retirant, quelques
méchantes cases ou baraques en bois, que les
avaient rebâties depuis Tincendiedontjai
noirsy
"déjà parlé. des noirs avait étô d'abord de disputer
Le plan
la conquête
par la force aux troupes françaises,
Mais bientôt ils reconnurent
de Saint-Domingue.
ce projet ne ponvait être exécuté par eux,
que
aussi bravesetaussi valeureuses
contre des troupes
donc de
et
les nôtres. Ils changérent
plan
que
les grands combats.
évitérent, autant que possible,
Ils faisaient beaucoup de marches et de contremarches. Etaient t-ils attaqués, même par des
forces bien inférieures, ils abandonnaient la position et se laissaient poursuivre le plus qu'ils pouvaient. Ils ne furent pas long-temps à s'apercevoir
qu'il est plus facile, sous un climat aussi ardent
celui de Saint-Domingue, de réduire les solque dats français parla fatigue, que de les vaincre par
la valeur
Le général Humbert, avec douze ou guinze
cents hommes, prit possession du Portau-Prince
où il n'éprouva qu'une très-faible résistance.
Les principaux chefs des armées des noirs;
ayant, pour éviter de s'engager avec l'ennemi,
quitié les positions des côtes de la mer ou, non-
facile, sous un climat aussi ardent
celui de Saint-Domingue, de réduire les solque dats français parla fatigue, que de les vaincre par
la valeur
Le général Humbert, avec douze ou guinze
cents hommes, prit possession du Portau-Prince
où il n'éprouva qu'une très-faible résistance.
Les principaux chefs des armées des noirs;
ayant, pour éviter de s'engager avec l'ennemi,
quitié les positions des côtes de la mer ou, non- --- Page 156 ---
ils n'attendaient aucun renfort; mais
seulement ouils auraient eu de plus les vaisseauxdefescadre
jugérent plas convenable de se rasà combattre, dans les mornes et les hautes montagnes
sembler
de Tintérieur . de Pile.
noirs, Toussaint - Louverture,
Les généraux
et Maurepas, , chacun à la
Dessalines, Christophe
et
têted'in Cercnabirrd
noire avait à peine terminé les traFEETTEESEE
L'armée
retranché, que le général Levaux de son camp
trois fortes divisions de
clerc se présenta commandées avec
par les généraux
troupes françaises,
les
Rochambeau, Hardy et Desfourneaux, pour
front. Le
Boudet devait attaattaquer, de
général Debelle devait attaquer la droite, et le général
quer la gauche en même temps.
fut
savante et bien combinée,
Cette manveuvre
de T'armée des noirs. Le
déjouée par les généraux
et le général Dessagénéral Maurepas , mulâtre, firent
d'un
de gloire, et
preuve
lines se couvrirent
Leclerc, malgré
talent. L'armée du général
grand
obtint sur les noirs quelques avantages.
ce revers,
dans Yatse distingua
Le général Desfourneaux bordent la mer, et dans
taque des montagnes qui retranché. Le général
lesquelles Tennemi s'était
domine MarmeHardy s'empara du morne qui fortifié éavec beaulade, et que les nègres avaient
coup de soin.
sur les
Les armées noires se concentrèrent colonie à peu
bords de TArtibonite qui partagela
général
grand
obtint sur les noirs quelques avantages.
ce revers,
dans Yatse distingua
Le général Desfourneaux bordent la mer, et dans
taque des montagnes qui retranché. Le général
lesquelles Tennemi s'était
domine MarmeHardy s'empara du morne qui fortifié éavec beaulade, et que les nègres avaient
coup de soin.
sur les
Les armées noires se concentrèrent colonie à peu
bords de TArtibonite qui partagela --- Page 157 ---
près en deux
ouest, Ils pensaient, parties égales, par son cours est et
posiuon ils seraient avec' à raison, que de cette
vant les
plus mémede se porter, suile sud del cicontaneea, la colonie.
tant dans le nord
que dans
Legéneral Leclerc qui
Saint-Marc jusqu'au
occupait la côle
ses forces, ayant
Port-on-Prine avec depuis toutes
Tarmée ennemie, appris la position
fit une
qu'occupait
pourlecener; ; mais
manceuvre
ce mouvement
malgré la valeur générale
la
qui pouvait décider du française,
campagne, ne produisit aucun
sort de
tageux; car après
résultat avanmince intérét
quelques succès d'un
sions
pour larméc
assez
Debelle et
française, les divitées et forcées de Rochambean farent
de grandes
se retirer en désordre tres-maltraiBoudet
pertes. Les
et avec
furent grievement généraux Debelle et
faire, o un grand nombre blessés dans cette afune mort
de braves
patrie. glorieuse, mais peu profitable tronvérent
Leg général
pourleur
Dessalines, avec un fort
la
dans
deneeresereifernteg
une
déachement
Créte à
forteresse
grande Piarrot, où se trouvait
nommée
partie des munitions
renfermée une
réservedel l'armée des
et des
de
une
situation
noirs. Ce fort, bagages placé
redoutes
tneenaningetser était
dans
bois de formidables. Des abattis
entouré de
placés dans Campéche, hérissés de considérables de
et
toutes les. .
longues épines,
jusque sur les avenues, sur les remparts
redoutes, en rendaient
TapIO
ée
partie des munitions
renfermée une
réservedel l'armée des
et des
de
une
situation
noirs. Ce fort, bagages placé
redoutes
tneenaningetser était
dans
bois de formidables. Des abattis
entouré de
placés dans Campéche, hérissés de considérables de
et
toutes les. .
longues épines,
jusque sur les avenues, sur les remparts
redoutes, en rendaient
TapIO --- Page 158 ---
extrèmement difficile. Les Français esproche
fois d'enlever cette forteresse
sayérent plusieurs mais ils furent contraints. de se Tepar escalades
plier avec perte.
fidèle à Phonnétr et à
La garnison de ce fort,
défendait, refusa
la belle cause de la liberté qu'elle
Rochambeau
plusieurs fois deserendre au général étroitement bloqui, avec sa division, la tenait
régulièrequée: alors on se décida à l'assiéger
artillerie formidable fut employée
ment : une
bombardement de plusieurs
contre elle. Après un
delartillerie du forts'éjours; une grande partic le feu des assiégeans, la
tant trouvée démontée par excédée de fatigue et
garnison, peu nombreuise, nombre de combattans; sortit et
réduiteà un petit
travers delarmée franrésolut dese faire jour au le
de Tarmée du
caise, pour aller rejoindre gros était retrangénéral Tousaint-louverture, là qui de distance
ché sur un morne très-cscarpé peu rnl
delà.
ne put,
Cette brave et valeureuse traverserles garnison troupes
commeelle lavait imaginé,
une baret qui lui opposérent le sentiquillasnégenient, lecteur, c'est avec:
rière de fer lei,
me vois forcé
ment dela plus vive douleur que) je3 à
de dire que cette poignéede rendules braves, honnenrs qwilonau- de
rait, dans un lautre méritaient temps, à tant de titres, furent
la guerre qu'ils passés au fl de Tépée; par ordre
impitoyablement commandaient ie sicge, après
des généraux qui
et s'être abandonnés à la
avoir mis bas lcsi armes --- Page 159 ---
-
vous, commandans
loyauté du vainqueur..
vous demandes troupes de ces siége, la postérité
Elle
dera compte de cette horrible exécutionl..
sur vOS fronts que des lauriers flétris par
ne verra
averfautrépandreatee
le sangdes braves,quevous
tant de' cruauté.
Quelques joursavant ce déplorable événement,
Dessalines était sorti du fort la Crète,
le général
aller chercher du renfort:
pour
blancs, excités par la faction COTandis queles
loniale à maltraiter les noirs, répondaient trop
bien à leurs intentions, le général Christephe
rencontra près le Tapum une amimlance de malades sCrsr
duisait à Saint-Marc: non sculcment il ne permit
qu'iileurf fàt fait le moindremal; mais, au conpas
ill leur fit distribuer tousles secours et tous
traire,
de leur faire
les soins qu'il élait en son ponvoir
administrer. Un ancien militaire, témoin de ce
avec l'accent de la recontrait d'humanité,sécria
cest là ces
naissance et de l'admiration : Quoil,
hommes que lon nous dit étre si barbares et si inhumains !
des cantonneLes troupes françaises prirent
mens d'hiver: elles ne firent plus que de petites
incursions dans les environs de leurs garnisons,
pour. repousser les partis de négres,quisenapprochaient trop.
entre le général
Des' négociations s'entamèrent
relativement à
Leclerc et Toumin-Lonverture,
la pacification des negres. Ceux-ciavaient éprouvé
IO.
oil,
hommes que lon nous dit étre si barbares et si inhumains !
des cantonneLes troupes françaises prirent
mens d'hiver: elles ne firent plus que de petites
incursions dans les environs de leurs garnisons,
pour. repousser les partis de négres,quisenapprochaient trop.
entre le général
Des' négociations s'entamèrent
relativement à
Leclerc et Toumin-Lonverture,
la pacification des negres. Ceux-ciavaient éprouvé
IO. --- Page 160 ---
de grandes pertes dans les différentes
qu'ils avaient étéobligés
attaques
blérent donc en conseil desoutenir; ils se rassemfaire la paix. Ils firent des général, et résolurent de
général Leclerc,
propositions à ces sujetau
dition de
qui les adopta. La première
ce traité était quiln'y aurait
conclaves à Saint-Domingue.
jamais d'esLe général Leclerc, qui se laissa
la faction coloniale, n'eut
influencer par
cheries colons de
pas la sagesse d'empémanifester des
mineiles surles
prétentions crinégres : cequi fit concevoira l'Angieterre, satisfaite de cette faute, le
faire le levier avec
dessein d'en
pourrait
lequel son astucieux cabinet
sonlever, avec plus de succésque jamais,
Saint-Domingue contre la France, dont le
vernement
gous'affaiblissait, en
fidèles amis de Paris et des inquiétant ses plus
retour contre les
départemens, par un
négres, au système
gu'avait fait abolir les plus beaux
désastreux
immortelle assemblée
génies de cette
vieille noblesse célébre constituante, que notre
passionnées.
même par ses diatribes
A Texception dequelques émeutes localcs et de
plusieurs rassemblemens médiocres de
casionés par la conduite
négres, OCsans mesure de
ques planteurs cinservateurs'de la traite et de quel- lesclavage envers des noirs qui avaient été leurs
claves, et dont ils voulurent
esde la colonie
s'emparer, l'ensemble
présentait un aspect assez
vu la circonstarice dans
tranquille,
placée.
laquelle elle se trouvait
%
exception dequelques émeutes localcs et de
plusieurs rassemblemens médiocres de
casionés par la conduite
négres, OCsans mesure de
ques planteurs cinservateurs'de la traite et de quel- lesclavage envers des noirs qui avaient été leurs
claves, et dont ils voulurent
esde la colonie
s'emparer, l'ensemble
présentait un aspect assez
vu la circonstarice dans
tranquille,
placée.
laquelle elle se trouvait
% --- Page 161 ---
a
Cet état de calme ne fut pas de longue durée:
des noirs ayant réclamé, sans en obtenir justice,
legénéral Leclorc, contre des planteurs qui
près avaient attenté à leur liberté, les espérances criminelles que tous les colons en général manifestaient tout
hautement et publiquement, et, plus que
cela, T'esclavage que le gouvernement français
rétablissait dans les iles du vent, décida, lcs' noirs
à défendre une liberté qu'ils
de Saint-Domingue
voulait leurravir.
voyaient très-bien qu'on
armes : c'était le seul
Les nègres coururent aux
qu'il leur restaità prendrel.
et unique parti
depuis le commenceIl est à remarquer que,
les
ment de la révolution de Saint-Domingue, ont
nègres ne se sont jamais insurgés quelorsquils
étéprovoqués parles colons, ou pourdfendreleur
libertél lorsqu'elle était attaquée, ou sérieusement
ne vient jamais des masses.
menacée. L/agression de
on a blessé leurs senOn leur a manqué parole;
à
timens; on a fermé leurs coeurs Tespérance,
décident encore avec.] peine à la résisqu'elles se
leurs
c'est
tance : si elles frappent
oppresseurs,
ceux-ci ont fait tomber en leurs mainslarme
que
Il en résulte que toute révolution
du désespoir.
de la corruption et de
populaire est une preuve
la
des colola dureté des grands, comme
perte.
de
nies est le résultat des prétentions exagérées
leursmétropoles et de Favidité sans frein des agen:
envoie pour la tonte de ces malque TEurope y
heureux troupeaux.
cGn
L'armée française, qui étajtaffuiblie parles
ber en leurs mainslarme
que
Il en résulte que toute révolution
du désespoir.
de la corruption et de
populaire est une preuve
la
des colola dureté des grands, comme
perte.
de
nies est le résultat des prétentions exagérées
leursmétropoles et de Favidité sans frein des agen:
envoie pour la tonte de ces malque TEurope y
heureux troupeaux.
cGn
L'armée française, qui étajtaffuiblie parles --- Page 162 ---
hats dans lesquels les nègres avaient
valeur égaléà la sainteté de leur déployé une
vait
cause,'se troufièvre encoreattnquce par une affrcuse maladie: la
jaune moissonnait les braves et
militaires qui
infortunés
Fmace n'avait composaient nos régimens,et que la
la victoire.. point intérêt à voir couronnés
par
Le; général
des traités, habitait Tosainelonverture qui, sur la foi
Gonaives, fut arrêté paisiblement.aux dès
environs des
le commencement de
Finsurrection, par les ordresdu
prétendit avoir intercepté des généralLeclére. Il
saint, parlesquelles
dépéches de TousCesp prétendues ilinvitaitlesnégresal lar révolte,
dépéches n'existérent
jamais, et il est fortement
peut-être
n'était qu'un prétexte dont a'présumier que ce
Leclerc
se servait le général
pour arrêter le brave Toussaint. Il
constant que si ces dépêches ont été
est
interceptées, leur
réellement
contenu a été caché bien soigneusement aux contemporains;
cariln'ena rien
on
Cmeoonr-Pantrdis
accu-
(1) L'on a prétendu avoir
deux
a publié le contenu dans le intercepté
lettres dont on
tres ne prouvent aucunement temps ; mais, outre que ces letprendrelés armes de
que Toussaint se préparait à
cette correspondance nouveau, , tout se réunit à prouver que
traire,l'onse serait était supposée : car, dans le cas conmission
empressé de traduire devant une
spéciale, cet homme illustre
COInLa manière dont on a
que l'on voulait perdre,
cence. Il a été déporté à procédé deux mille contre lui, prouve son innotrairement, au mépris du droit des lieux de sa patrie arbigens et de P'himnanité,
ssaint se préparait à
cette correspondance nouveau, , tout se réunit à prouver que
traire,l'onse serait était supposée : car, dans le cas conmission
empressé de traduire devant une
spéciale, cet homme illustre
COInLa manière dont on a
que l'on voulait perdre,
cence. Il a été déporté à procédé deux mille contre lui, prouve son innotrairement, au mépris du droit des lieux de sa patrie arbigens et de P'himnanité, --- Page 163 ---
Phonneur du
sait Toussaint. Ii était cependant de qui, à cette
général Loclerede prouver au monde
avait de
les yeux fixés surl lui, qu'il illustre
époque,avait
se porter envers cet
pnissans motifs pour
déloyale, et cqui sera
général à une conduiteanssid siles siens ne peuvent
pourluit une tache éternelle,
la
Ceneserait pas, au reste, premiere les
lejustifier.
français, dédaignant
fois que le gouvernement le tort de laisser ealomniar
explications, aurait eu
avantages par
ses agens, ou de perdre ses propres trop discrête.
boiteuse, ou par
une diplomatie
dans tous nos démélés avec
Cest ce qu iestarrivé n'aurait encore contre elle
la cour de Rome, qui
si- l'ancien archedu brave Duphot,
lumiére les
quel'ombre de Malines n'avait pas mis en
vèque
dans ces derniers temps:
secretsdu sacré collége, la nation française n'est
La conduite du chefde
aussi facile à justifier eny vers Toussaint-Lou- fut
une
pas
en France n'y
point
verture. Son arrivée ministre de la police généfête, et Fouché, alors
ceitefleur
encore celteu urbanité,
rale, n'avaitpoint
lesactes
depolitesse quise sont fait remarquerdans dressait point des
du duc d'Oirantes quand il ne
listes de proscription. docileàla voix des colons,
Pour avoir été trop odieux de restaurateur de
et s'être chargé du rôle
Leclerc,
Lesclavage Saint-Domingue, le général était de
et tout ennemi qu'il
sans prévoyance,
losliens qui atTAngleterte, la servait en brisant
de
tachaient encore cette colonie à sa métropoie, paria
moimaperluntormincden principes professés)
des
du duc d'Oirantes quand il ne
listes de proscription. docileàla voix des colons,
Pour avoir été trop odieux de restaurateur de
et s'être chargé du rôle
Leclerc,
Lesclavage Saint-Domingue, le général était de
et tout ennemi qu'il
sans prévoyance,
losliens qui atTAngleterte, la servait en brisant
de
tachaient encore cette colonie à sa métropoie, paria
moimaperluntormincden principes professés) --- Page 164 ---
majorité qui devait faire la loi
sort voulutque cette'nouvelle dans celle-là. Le
sous de mauvais
campagne, ouverte
treuse pour notre auspices, fat tout à fait désasd'avoir combattn armée. Nous fûmes punis là
nous devions l'être contre la liberté , comme
rée qu'à demi
plus tard denelavoir
généreux Polonais aux Italiens, et de n'avoir admis procu- les
dans les rangs de qu'à la gloire dese confondre
La
nos plus héroiques
peste, sous le
phalanges.
gue, exerçait
climatandent des Saint-Dominbelle
deplus en plus ses
sur
armée: : plus des
ravages
notre
et des soldats en étaient sept huitièmes des officiers
mêle dans les'
attaqués et jetés pêlepeu de jours. hôpitaux : ils- y succombaient en
Lc général Leclerc,
rut; il en fat de même qui en fut attaqué, moudu général
Tétatmajor, et d'un grand nombre Dugua, chefde
rieurs qui en furent aussi les d'ollicierssupéLe général Rochambean victimes.
ment en chefdel Tarmée.
prit le commandeLes généraux Clervaux,
lines se rendirent maitres Christophe et Dessaavantagenses de l'intérieur de toutes les positions
côles, ils s'étaient
de la colonie. Sur les
fort Dauphin.
déjà emparés de Bayalia et du
Le général Rochambeai
position extrémement
se trouvait dans une
dont il aurait
critique; le peu de
pu disposer
troupes
grès delarméedess noirs, pour retarderles provice des places qu'il
étaient employéesau seroccupait encore; il ne pou-
- A
-
et Dessaavantagenses de l'intérieur de toutes les positions
côles, ils s'étaient
de la colonie. Sur les
fort Dauphin.
déjà emparés de Bayalia et du
Le général Rochambeai
position extrémement
se trouvait dans une
dont il aurait
critique; le peu de
pu disposer
troupes
grès delarméedess noirs, pour retarderles provice des places qu'il
étaient employéesau seroccupait encore; il ne pou-
- A
- --- Page 165 ---
ni exposer à la merci de
vait laisser sans défense,
de malades que.
l'ennemi des hôpitaux remplis
l'on ne pouvait évacuer.
faire aucun mouveIl prit le sage parti de ne
les nouveanx
ment, avant d'avoir reçu de France
renforts qu'il en attendait.
arriva
de France,
La 86e demi-brigade, partie
à Saint-Domingue.
marchèrent
Les généraux Clauzel et Lavalette
renen avant. Ils s'avancérent, avec ce nouveau Bayalia,
fort Dauphin et le port
fort, jusqu'au
mais ce ne. fut qu'aprés
dont ils s'emparérent;
le défenavoir éprouvé, de la part de ceux qui
résisdaient, la plus vive et la plus courageuse d'un
tance. Le feu bien soutenu et bien dirigé
et
nouvellement arrivé dans la colonie,
vaisseau
contribuèrent beancoupà
de plusieurs frégates,
la reddition de ces places.
des insurgés était
Un corps d'armée considérable vis-à-vis de l'ile de la
cantonné au port de Paix bords de la mer, deTortue; il s'étendait sur les
Saint-Louis jusqu'à la baye des Moustiques.
puis
considérable de troupes de ligne,
Un convoi
débarqua dans la colonie.
venant del la métropole,
étaient
Depuis long-temps les communications
et
interceptées entrele nord de Saint-Domingue
l'ile de la Tortue, où l'on avait transporté un
nombre considérable de malades, dans T'espoir
rétabliraient plus facilement qu'à Saint-!
qu'ils s'y
Domingue.
convois de troupes arrivérent enDeux autres
oustiques.
puis
considérable de troupes de ligne,
Un convoi
débarqua dans la colonie.
venant del la métropole,
étaient
Depuis long-temps les communications
et
interceptées entrele nord de Saint-Domingue
l'ile de la Tortue, où l'on avait transporté un
nombre considérable de malades, dans T'espoir
rétabliraient plus facilement qu'à Saint-!
qu'ils s'y
Domingue.
convois de troupes arrivérent enDeux autres --- Page 166 ---
core de France, et avec ces nouveaux
général Rochambeau
renforts, le
prendre
se croyant en état de reles noirs l'offensive, se porta en avant. Il obtint sur
quelques a vantages.
Le général Lacroix
des postes de l'Axavon s'empara successivement
beaucoup de
et Donanamithe; il eut
hardies du peine à s'y maintenir par les attaques
général
na que
Christophe, qui ne labandonl'armée pour s'opposer aux, progrès d'un corps de
blait vouloir française qui, par ses mouvemense semtourner la position
Les noirs attaquérent
qu'il occupait.
la Tortued dans
infructuensement l'ile de
contraints de l'espoirde s'en emparer; ils furent
se retirer avec perte:
Iln'y avait pas plus de dix mois
la
avaiténésignceavee
quc
paix
Theghem.eionnde
était inévitable, se vit
SCE
tances, à
contraint, vu les circonsrenoncer à envoyer de
cours à Saint-Domingue,
nouveaux seal'exception ade
frégates et de plusieurs bâtimens
quelques
vaisseaux de haut bord
légers : tous les
parages,
quise trouvaient dans ces
Enfin, reçurent l'ordre de revenir en France.
-
trés-pen de tempsaprès, et sans la déclarer,
TAngleterre, suivant sa coutume,
guerre par l'ordre qu'elle donna à commença la
et autres vaisseaux de
ses croiseurs
navires marchands
guerre, de courir sur les
de la France etdesesalliés.
Larmée du
-
général
-
isolée de la métropole Rochambenu, tout à fait
dont les
sans être tont à fait interceptées, communieations,
étaient néan-
en France.
-
trés-pen de tempsaprès, et sans la déclarer,
TAngleterre, suivant sa coutume,
guerre par l'ordre qu'elle donna à commença la
et autres vaisseaux de
ses croiseurs
navires marchands
guerre, de courir sur les
de la France etdesesalliés.
Larmée du
-
général
-
isolée de la métropole Rochambenu, tout à fait
dont les
sans être tont à fait interceptées, communieations,
étaient néan- --- Page 167 ---
-
devenues fort rares, se trouvait dans une
moins
Elle était à deux mille lieues
situation désespérée.
de la métropele.
fruit de leur
La plapart des colons qui, pour la peste, la
n'avaient recueilli que
note secrète,
intime gne le général anfamnine et la conviction
commenglais était sans foi, comme sans honneur, colonie, et
à
du salut de la
peu
cèrent désespérer
nègres
de temps: après, les Anghalostetsmijoinuaney l'ile de
chasser entièrement les Francaisde
pour
les colons ne songérent plus
Saint - Domingue,
Tabandonnertout à fait.
qu'à
la
espagnole,
A cette époque, en 1803, goëlette du Port-aula Santa Catherina, mit à la voile
de passngers,
Prince, avec une grande quantité
Etant
transportait à Saint-Yago de Cuba.
qu'elle
d'eau douce, ct retenue en mer
partie avec peu
réduite à la plus
par des calmes, elle fut bientôt
étaient
affreuse disette. L'equipage et les passagers
la
dans un élat déplorable, lorsqu'ils aperçurent distance
terre de Cuba; mais encore à une grande situation
du lieu de leur destination. Dans cette
vers
critique, 'ilfut résolu de cingler directement afin de
la terre, et d'entrer dans le premier port,
sy procurer les subsistances, et partienlièrement plul'eau qui leur manquait totalement, depuis
sieursjours. la paix conclue par le traité d'Amiens.
Quoique!
fût rompue, TEsentre la France et TAngleterre,
français.
pagne étant restée neutre, Ics passagers
grande situation
du lieu de leur destination. Dans cette
vers
critique, 'ilfut résolu de cingler directement afin de
la terre, et d'entrer dans le premier port,
sy procurer les subsistances, et partienlièrement plul'eau qui leur manquait totalement, depuis
sieursjours. la paix conclue par le traité d'Amiens.
Quoique!
fût rompue, TEsentre la France et TAngleterre,
français.
pagne étant restée neutre, Ics passagers --- Page 168 ---
qui étaient à bord dela
suivant le droit des
goélette, se flattaient que
civilisés comme les gens, 2 que les peuples les
plus
plus
bares de la terre,
sauvages et les plus barpassagérs,
respectent en tout
ces
dis-je,s se flattaient
temps;
neutre, ils seraientà T'abri que, dans un navire
la part del'ennemi.
de toute poursuite de
Aprés avoir souffert les
cruelles occasionées
angoisses longues et
dans uneanse
par la disettè, ils entrèrent
Porto
qu'ils reconnurent ensuite pour être
de Ascondido, à une trentaine de lieues au vent
Saint-Yago, endroit
dans le voisinage
absolument désert; mais
quelques huttes duquel, ils espéraient découvrir
Ils
ou habitations.
étaient occupés à cette
tendaient un vent favorable recherche, et y atle-fseptembre, à
pour sortir, lorsque
ils furent
quatre heures de
assaillis
Taprés-midi,
commandées
par quatre péniches
par le
anglaises,
frégate le Tartare capitaine en second de la
et soldats
3 et pleines de matelots
lette, s'en armés, qui se dirigérent sur la goëemparérent et se
Tancre, et à la
disposérent à lever
port.
remorquerpour la faire sortir du
Surpris autant qu'indignés d'une violation
abominable du droit sacré des
aussi
toire neutre où ils devaient
gens, et du terrisagers françai
être en sûreté, les pass'empressérent de
pour suivre la
s'embarquer
entreprise odieuse. goëlette, et réclamer contre cette
, qui se dirigérent sur la goëemparérent et se
Tancre, et à la
disposérent à lever
port.
remorquerpour la faire sortir du
Surpris autant qu'indignés d'une violation
abominable du droit sacré des
aussi
toire neutre où ils devaient
gens, et du terrisagers françai
être en sûreté, les pass'empressérent de
pour suivre la
s'embarquer
entreprise odieuse. goëlette, et réclamer contre cette --- Page 169 ---
a
le 15 septembre au matin, à la
Ils arrivèrent
à dix-huit licues de Saintbaie de Guantamo,
mouillée, la frégate anYago, oi ils trouvérent
un individu
giaise,le Tartare, commandée par
les
Perkins. Ce capitaine vint lui-même
nommé ordonna de transporter à son bord tous
visiter, et
femmes, enfans et
les passagers français, hommes, exception 3 et la, sans
domestiques, sans aucune
relativement à la
égard à leurs représentations, 2
neutre, comviolation.du pavillon et du territoire:
il ajouta à cette insulte,
mise en leurs personnes, et des excès inconnus
des outrages sans exemple,
Il les fit
jusqu'alors parmi les nations policées. la
dela manière plus
tous fouiller en sa présence,
de tout
indigne, la plus indécente, et dépouiller Les femmes,
ce qu'ils avaient surleurs personnes. furent soumises
ce sexe qui mérite tant d'égards,
offensent la pudeur. - Ce
à des recherches qui
prélude du pillage
traitement inoui n'était quele
Perkins
général qui allait suivre. Le capitaine à bord de la
donna ordre de faire transporter
étaient sur
frégate tous les effets des passagers qui
fait défoncer toutes les malles,
la goëlette; et ayant
de tout ce qui était
il s'empara, sans exception,
bijoux et marchandises,
or,a argent,argenterie, de
de cent mille
une valeur présumée
plus
d'abominagourdes.. Il sesaisit même, 6 comble
tion! de plusieurs noirs fidèles qui suivaient leurs
attachement. Vainement
anciens maitres par pur
l'on observa au déloyal Perkins, que ces nègres
des passagers qui
fait défoncer toutes les malles,
la goëlette; et ayant
de tout ce qui était
il s'empara, sans exception,
bijoux et marchandises,
or,a argent,argenterie, de
de cent mille
une valeur présumée
plus
d'abominagourdes.. Il sesaisit même, 6 comble
tion! de plusieurs noirs fidèles qui suivaient leurs
attachement. Vainement
anciens maitres par pur
l'on observa au déloyal Perkins, que ces nègres --- Page 170 ---
étaient libres , il n'eut égard à aucune des réclamations qui lui furent faites.
Ainsi dépouillés de tout, et réduits à la plus
affreuse misère, par ceux même qu'ilsavaient jadis
appelés chez eux par de coupables correspon- à
dances, les malleureux colons furent remis
bord dela goëlette, et envoyés à Saint-Yago de
Cuba, où ilsa arrivérent le22 septembre.
forJe le demande à ceux qui connaissent lcs
bans, les pirates, les écumeurs de mer, auraient-ils
fait plus7u. la situation fàcheuse où il se trouvait ,le
Dans
général Rochambeau, sans vivres, sans argent,
n'ayant plus qu'un petit nombre de troupes sous
se retira dans la ville du Cap, oi il se
ses ordres,
tint sur. la défensive.
renfermé dans lc
Le général Noailles s'était Ferrand à Saintmole Saint-Nicolas, le général
Yago, sur le territoire espagnol, et le général
de Koerlan : dans la place de Santo-DomingoIl ne restait pas quatremillel hommesdetroupes,
sous les ordres de ces quatre généraux.
Christophe, Dessalines et Cervaux, s'empadu
zèrent sans peine de Saint - Marc, Jérémie,
du Port-au-Prince I et des Cayes 5
fort Daupbin,
ou
de rétoutes ces villes ne firent que peu
point
L
sistance.
Rochambeau, renfermé dans le Cap,
Le général hommes deses meillenrestroupes,
avec deuxmille!
T'escadre anglaise du côté
fut bientôt bloqué par
quatre généraux.
Christophe, Dessalines et Cervaux, s'empadu
zèrent sans peine de Saint - Marc, Jérémie,
du Port-au-Prince I et des Cayes 5
fort Daupbin,
ou
de rétoutes ces villes ne firent que peu
point
L
sistance.
Rochambeau, renfermé dans le Cap,
Le général hommes deses meillenrestroupes,
avec deuxmille!
T'escadre anglaise du côté
fut bientôt bloqué par --- Page 171 ---
159.
du général Christophe
de la mer, et parles troupes Malgré tout ce quis'opet celles dé Dessalines.
dans celte contrée
posait au succèsde nos armes, 2
soutinrent
pernicieuse et lointaine,. les Français
cependant,avec un courage et une persévérance
au-dessus de tout éloge, pendant sept mois endemunitions,
tier's, presque sans vivres , avec peu
des noirs. Enfin, après des prodiges
les attarJues
avoir tout souffert
dignes d'un autre théâtre, mille après fois mieux que ses
d'une peuplade qui vaut
déprécinteurs, ils firent une double capitulation
etle commandant de Tescadre
avec ses généraux,
anglaise: observèrent le traité avec un efidélité
Les noirs
conduisirent à la
remarquable; mais les Anglais
infects
Jamaique, où ils mirent à bord de pontons
un
nombre de ceux qu'ils
et pestilentiels 2
grand
de reconduire en France, paria
s'étaient engagés
fut indicapitulation du Cap. Cette capitulation chez les
gnement violée par eux, comme d'usage
modernes Carthaginois. trois semaines après la reddiQuinze jours ou
Noailles s'embarqua sur la
tion du Cap, legénéral dans le
du Môle qu'il
petite flouille qui était
port
été
abandonna.) Il se renidit à la Havane,a aprèsavoir
attaqué par un navire anglais, à Tabordage duquel
il monta, et dont ilse rendit maitre.
lui
Il n'eut qu'à se louer de la réception que des
firentles Espagnols dans cette circonstance, et
administrérent à ses blessés.
secours qu'ils
Le général Koerlan partit de Santo-Domingo; --- Page 172 ---
se rendre en France. Il fut remplacé dans
pour
cette place, par le général
le commandementde
tard les attaques des
Ferrand qui repoussa plus
habileté.
noirs, avec un vrai couragee- une grande Tarmée
commandail
Le généralDesalines qui
des Frandes nègres, s'étant trouvé, parle départ
çais,1 le maitre de la partie française de Saint-Doles
de Tile, le
mingue, usurpa sur tous
nègres
Son
suprême dont il abusa beaucoup.
pouvoir fut
de
durée... L'abus qu'il
règne ne
pas longue lui coûta la vie. Puisse
fit de son pouvoir,
l'exemple de la mort de Dessalines, apprendre
méconnaissent encore les droits
aux rois qui
le
des peuples, que Parbitraire et
despotisme
sont les régicides les plus à craindre : car, nonla mort des rois;
a
seulement ils causent souvent
fumais ils portent à la royauté des coups
nestes, puisqu'ils en tuent le principe!!!
a
règne ne
pas longue lui coûta la vie. Puisse
fit de son pouvoir,
l'exemple de la mort de Dessalines, apprendre
méconnaissent encore les droits
aux rois qui
le
des peuples, que Parbitraire et
despotisme
sont les régicides les plus à craindre : car, nonla mort des rois;
a
seulement ils causent souvent
fumais ils portent à la royauté des coups
nestes, puisqu'ils en tuent le principe!!!
a --- Page 173 ---
U
16r
CHAPITRE VII.
E.xposé de la république laitienne, de sa constitui
Imistogndtedy-ies deseshabitans.
APRÈS avoir chassé les Français de Saint-Domingue, los Haitiens formérent deux gouverneJe vais donner un aperçu de la répumens.
blique. C'est celni de ces deux états qui offre le plus
d'intérêt, tant sous le rapport de la liberté dont
jonissent les citoyens qui lc composent, que sous
le
de la civilisation et des lumières qui
ont rapport fait chez eux, depuis qu'ilss sont indépendans 9
des progrès extraordinaires, et tels que, s'ils
continuent Loujours dans la même progression,
dans peu de temps, cet état tiendra un rang distingué parmi les nations civilisées du nouveau
et de Fancien monde. Les beaux arts et les lettres
sont cultivés avecle plus grand succès. Pour en
y donner une idée au lecteur, je vais lui citer
quelques passages de divers écrits que j'ai sous
lesyeux. Exctrait d'un prospectus du lycée haitien.
( Condamnés, sous un régime colonial,à exercer
( des arts purement mécaniques ; systématiquement. retenus dens Tabrutissement et dans Fi-
(
ils (lcs négres) nelaissaient pasd'éton-
( gnorance,
intelligence active, ceux qui, par
( ner, parleuri
I1 --- Page 174 ---
Y162
heurousement mal entendue,
( une cupilité, sans s'en douler, T'explosion qui
(( préparerent,
briser leur joug de fer. Au
tôt ou tard
(( devait
de liberté, la nature reprit ses
( cri magique secoua ses chaînes, etla nuit du
( droits, le génie colonial a fait place à la lumièrede
( despotisme
Des législatets sages
( la raison philanthropique.
du coeur hudans la connaissance
( et profonds
les bases de notre édifice so-
( main, ont posé
et Lversésdans la pra-
((
cialides magistratsintegrese et la liberté individes lois, protégent
( tique
((
le code haitien qui doit
ErrE
aient coordonné
( qu'ils
chacun dans le cercle de ses de-
( circonscrire militnires valeureux et expérimentés
e voirs : des
défendent et font res-
(( dans Tart de la guerre,
a
leurs bras ont su conqué-
< pecter la patrie que agricoles font fleurir par un
( rir; des citoyens mais volontaire, ce sol fécondé
K travail assidu, d'un soleil vivifiant- : le com-
( par les rayons
de la richesse et de la
autre source
(I merce,
étale dans nos marchés,
des nations,
( prospérité
le luxe, Pindustrie
échange de nos denrées,
(( en
des déux mondes; enfin,sur les
(C ct les produits
sélève, comme l'astre dis-
( ruines de T'esciavage,
du sein des ténèbres,
de la himière,
(( pensateur
offrant aux regards
d'Haiti, 2
((. la république
les spectacle consolant de
de Tunivers,
( étonnés
le flambeau du génieysurles
secouantl
( la liberté, des - fils du désert, du Sahara, du
( descendans
cruellement arrachés,
et de la Guiée,
( Congo
élève, comme l'astre dis-
( ruines de T'esciavage,
du sein des ténèbres,
de la himière,
(( pensateur
offrant aux regards
d'Haiti, 2
((. la république
les spectacle consolant de
de Tunivers,
( étonnés
le flambeau du génieysurles
secouantl
( la liberté, des - fils du désert, du Sahara, du
( descendans
cruellement arrachés,
et de la Guiée,
( Congo --- Page 175 ---
(( par Tavariciense 163
(( éplorées ; de la cupidité, à leur's
(
liberté
familles
génératene sur les
poursnivant son
((
vol Té
friqne et
nombreuses tribus de
( lesarts et rderanchrigue, les
T'A-
(( ment de leur sciences, la
teRerat
(
être,
chviliation, le sentiheur. )) Ce passage, Findépendance et le bontoyen de la
extrait de lécrit d'un
suffisant
republique
cipour donner
haitienne, est
quin'est
une idée
plus que
tle, de leur pas prévenu contre les exacte au lecteur
habitans de
ct de Tamour civilisation 2 de la cultare
cette
ceau quisuit, qu'ils ont pour la liberté, des lettres
niérement à extrait d'un autre écrit Le morHaiti, par un
publié derblique, ne laisse aucun citoyen de cette
deddendrelen
doute sur leur répu-
(C Nous n'avons Hbertéjusqea la mort. intention
(C' nous en avons pas usurpé de
(( face du ciel et des formé un, et nous onaveraemcar
( et de périrj
hommes, juré de avons, le
à la
(( y porter atteinte. jusqu'au dernier, plutôt défendre
(( Malheur
que de voir
(C Taffreux donc au téméraire
(
projet de
qui
notre
concevrait
((
veuleirrenventer
ce independancel Nous
Toeuvre de
que nous
voulons
(( peuvent être avons résolu : des fortement
(( peut devenir la dirigées contre notre expeidlitions
(( mais quand
proie du fer et de la patrie; elle
(( plus grandes nous devrions méme flamme;
(( tions,
fatigneset les
endurer les
nous aurons
plus dures
( tion de laisser
du moins la douce privaaprès nous des
satisfacdefenscurs, des
IT.
uleirrenventer
ce independancel Nous
Toeuvre de
que nous
voulons
(( peuvent être avons résolu : des fortement
(( peut devenir la dirigées contre notre expeidlitions
(( mais quand
proie du fer et de la patrie; elle
(( plus grandes nous devrions méme flamme;
(( tions,
fatigneset les
endurer les
nous aurons
plus dures
( tion de laisser
du moins la douce privaaprès nous des
satisfacdefenscurs, des
IT. --- Page 176 ---
dessus des souffrances de Thuma-
( hommes au
et T'âme endurcis par les
( nité, dont le coeur terribles infortunes, sou-
( calamités et par de
Ce peuple
du
(
tiendrontla gloire peapledHati.
mourir libre,
avec gloire
(
préferera
pourrevivres plutôt que de
dans la postérité,
< ct honneur
dans Thamiliation, dans
( couler d'inutiles jours
et sous le
dans) les travaux forcés,
(( T'esclavage,
delajustice des furies. )
(( fouet des exécuteurs
de cette estiLe premier soin des législateurs recouvré son inmable nation, après qu'elle eut les citoyens qui
dépéndance, a été d'établirparmi
la douce égalité qui ne règne jala composent,
avoir, le patriotisme, le
mais sur un peuple, sans
compagnes.
bonbeur et la félicité. publique pour
de TEurope se pénétrent
Que les gouvernemens qu'un état, lorsqu'il est
bien de cette vérité,
ennemies les unes
penplé de classes de citoyens
l'on puisse emdesautres, quelques moyens la paix que etl la tranquillité,
ployer pour y maintenir sémeutes,des factions,
déchirépardesé
sera tonjoursd
des guerres civiles.
on vient dele voir, ont
Siles Haitiens, comme dans la civilisation,1 I'on
fait de si grands progrès
dans la liberté
doit en chercher la cause que
ne
tel qu'il
dont ils jouissent. Leur gouvernement, monumens
passer pour un des premiers
constiest, peut
humaine; il y a dans leur
de la sagesse
divins , et il serait à désirer
tution, des articles dans la nôtre.
qu'ils existassent
surla terre qui , mieux
Iln'y a pas un peuple
Haitiens, comme dans la civilisation,1 I'on
fait de si grands progrès
dans la liberté
doit en chercher la cause que
ne
tel qu'il
dont ils jouissent. Leur gouvernement, monumens
passer pour un des premiers
constiest, peut
humaine; il y a dans leur
de la sagesse
divins , et il serait à désirer
tution, des articles dans la nôtre.
qu'ils existassent
surla terre qui , mieux
Iln'y a pas un peuple --- Page 177 ---
a
les Haitiens, connaisse le prix de Tindéque
une nation dans le monde,
pendance. Iln'y a pas
chèrement;i ils
capable de vendre sa liberté aussi
la face du ciel et de la terre, devant
ont tous juré,àl
de mourir.
Dieu etles hommes, de vivre libres ou
Ce serment est répété une fois par an, avec la plus
dela patrie; et;si la voix
grande pompe,surlautel
c'est
tous
du peuple est lasvoix de Dieu,
lorsque
les enfans d'une même patrie,les mains tendues
vers les cieux, qui bénissent et sanctifient toucérémonie,
le
jours une pareille
prononcent
serment de vivre libres ou de mourir, et le
prétent avec cette unanimité sainte qui retrace
l'uniformité de sentimens du coeur des anges. Dans
solennité, les hommes s'élèvant à la
une pareille
qu'à leur espèce,
hauteur morale quir n'appartient
leur
prennent, sur T'échelle des êtres, le rang que
assigna de toute éternité cette nature que méconnait l'esclave et qu'outragelat tyrannie.
Les Haitiens devenus libres par leur valeur et
de leur organisation
leur courage, s'occupérent
intérieure. La nécessité sans doute, plus quel'expérience, leur apprit qu'il était urgent de consolider Pédifice social qu'ils venaient d'établir, par
une constitution libérale, par des lois sages et
bienfaisantes. Les noirs, seuls habitans delapartie
française de Saint-Domingue, restée en leur pouvoir, chargérent les plus dignes de les représenter, de se réunir et de former uneassemblée constituante, et le 27 décembre 1806, son comité ft --- Page 178 ---
dont
vais faire connaitre ce qu'il
un rapport
je
renferme de plus intéressant.
Extrait du rapport fait à Passemblée constituante
haitienne, dans sa séance du
de. la république
27 décembre 1806.
rendre une révolution utile, il faut,
(( Pour
ens'être faitjustice d'un tyran, frapper
( après la
et lui ôter tous les moyens
K coresur tyrannie, Tel a été le voeu et l'objet da
K de sei reproduire.
lui donner une
(( peuple, en vous nommant pour
(r constitution. D
ele meilleur
K C'est une vérnéhicontesableque) celui
étant
de
est
qui,
( système gouvernement caractère et aux moeurs du
( lemieux adapté au
doit lui procurer
il est fait,
( peuple, pour qui
))
somme de bonheur.
(( la plus grandes
doivent résulter de
( Voyez quels avantages
Nos lois ne seront pluslexpres-
( cetteinstitution.. et de la volonté d'un individue
( sion du caprice
G séparer SOn
ses passions,
( toujours porté, par
elles sede Vintérét général,
(( intérét particulier
et éclairés;
d'hommes intègres
( ront Pouvrage
à une
seront soumises à un examen sévère,
( elles
( discusionpublique >
Vous n'avez
oublié ce que produisit souS
((
pas
de nommer aux
: Dessalines cctte prérogative
futune des ses usurpations. ).
L places, qui
les
il est vrai, ne ressemblent pas
ff Tous cheis,
elles sede Vintérét général,
(( intérét particulier
et éclairés;
d'hommes intègres
( ront Pouvrage
à une
seront soumises à un examen sévère,
( elles
( discusionpublique >
Vous n'avez
oublié ce que produisit souS
((
pas
de nommer aux
: Dessalines cctte prérogative
futune des ses usurpations. ).
L places, qui
les
il est vrai, ne ressemblent pas
ff Tous cheis, --- Page 179 ---
a
on compte Stbi"
mais en ligislation,
( àl Dessalines,
sur les hommes. )
(( les principes et jamais
au
si nous déléguions
(( D'ailleurs, citoyens,
du
léune partie
pouvoir
(( chef du gouvernement de travailler pour la liberté,
( gislatif, az lieu
établirions le despotisme. >
( nous
situation out nous nous trouvons
( Dans la
il est important
( avec les autres gonvememens, le droit d'cntretenir les
au sénat
( de reconnaitre
et de conduire les négo-
( relations extérieures, rechercher la bienveilNous devons
( ciations.
lamitiéde tous les gouverne-
( lance et cultiver
les égards et le respect
( mens; en leur payant.
droit
de
leur sont dus, nous avons
d'espérer
< quil
de
nobles et gé-
( leur part un retour
procédés
( néreux. )>
tous les
. En reconnaissantàt
(
droit d'émettre et de publier leurs
( citoyens le
du
nous
surles matières gouvernement,
K pensées de la liberté de la presse le palladium de
( faisons
(( la liberté publique. ))
obéissant à
Gouvernés
de tels principes,
(
par
sera la boussole qui nous
( une constitution qui
dans la route que
de nous égarer
( empêchera
nous manquera-t-il
( nous avons à suivre, que
nous saRien, eitoyens,si
( pouredrcheuensnn soneprontienceihrine
K vons useardestienfaitsdec
protégés dans toutes nos entreprises,
S quinousa
au centre de cetarchi-
( etqui, en nous plaçant
une terre de
( pel, sous un ciel heureux, sur avoird destifertilité, semble nous
V merveilleuse
garer
( empêchera
nous manquera-t-il
( nous avons à suivre, que
nous saRien, eitoyens,si
( pouredrcheuensnn soneprontienceihrine
K vons useardestienfaitsdec
protégés dans toutes nos entreprises,
S quinousa
au centre de cetarchi-
( etqui, en nous plaçant
une terre de
( pel, sous un ciel heureux, sur avoird destifertilité, semble nous
V merveilleuse --- Page 180 ---
( nés à être le peuple le
(( vers. ))
plus fortuné de l'uni-
(( SignéPÉTION, CESAR
(( TRICHET, MAGLOIRE, THÉLÉMANQUE, TIÉODOT,
(r DAVID Er.oi, MANIGOT, AMBROISE, BLANCHET, 3
BONNET, Evs. ))
Suivantle rapport de cette mémorable et
réssante séance, les députésdes
intéau nombre de vingt-deux, communes étaient
Jorité.
et formaient la maLeprésident de la
du président de la république se plaça àlac droite
cet effet, et après, il chambre, se leva
sur l'autel destiné à
suivant:
et prononça le discours
( Citoyens législateurs,
( Lhistoire du monde nous offre
ples de plusieurs nations
peu d'exemdes révolutions; la nôtre quiont dà leur origine à
parlapostérité,
sera sans doute recueillie
étonnans de
comme" un des monumens les
vérance
ce que peuventle corirage et la persé- plus
pourle triomphedela
Nous nousglorifions
causela plus sacrée,
dèle aux grands
peut-étre d'avoirs servidemofaveur
changemens qui se préparent en
duj defhumanité, et après nous être délivrés
jougdefoppresion, et avoir cimentéde notre
sang l'ouvrage de notre
bonheur se
régénération, de voir le
répandre sur la classe infortunée
gémit encore, mais que le génie de la
qui
pie et le cri de la raison
philanthrocivilisation. >
appellent sans cesse à la
$ C'est dans le bruit tumultueux
des armes, a
changemens qui se préparent en
duj defhumanité, et après nous être délivrés
jougdefoppresion, et avoir cimentéde notre
sang l'ouvrage de notre
bonheur se
régénération, de voir le
répandre sur la classe infortunée
gémit encore, mais que le génie de la
qui
pie et le cri de la raison
philanthrocivilisation. >
appellent sans cesse à la
$ C'est dans le bruit tumultueux
des armes, a --- Page 181 ---
-U
alamrierdela victoire, quela république
l'ombredul formée. Si nous portons nos regards
d'Haiti s'est
fallu entreprendre pour
sur le passé, sur ce qu'ila
nous nous
à notre situation présente,
nous porter
du titre d'Haitiens; nous trouveenorgueillirons
de nouvelles forces pour le
rons en nous-mêmes
avancer sans crainte
soutenir, et nous pourrons
nous avons fait,
que; pour avoir opéré ce hommes que ordinaires. )).
nous ne pouvions être des socialsont immuable-
( Les bases de notre pacte
une, masse
ment fixées. La république présente
dont les ressorts sont parfaitementliés;
imposante, à l'envi, se reposent sous la protecles citoyens;
sont divisés, définis; les
tion des lois; les pouvoirs incontestablement assurés,
droits du peuple sont estTétenduedeses droits
et chacun connait quelle
et de ses devoirs. >
nationale que le
( C'est de la représentation et nos enfans la
peuple doit altendre sa félicité, etdenoss ssacripaisible jouissance de nos travaux
fices; ; c'est sur votre sagesse et Evotredévouementa tous les yeux
la patrie, citoyens législateurs, que
sont ouverts. >
eut cessé
Dès quele président de la république etl le préattitude;
de parler, a il reprit sa première
levé, réponsident del tinzeiegiatheseunal
dit en ces termes:
( Président,
les temps malheurenx ou
( En nous rappelant
et de préaviiissant d'oppression
K un système
; c'est sur votre sagesse et Evotredévouementa tous les yeux
la patrie, citoyens législateurs, que
sont ouverts. >
eut cessé
Dès quele président de la république etl le préattitude;
de parler, a il reprit sa première
levé, réponsident del tinzeiegiatheseunal
dit en ces termes:
( Président,
les temps malheurenx ou
( En nous rappelant
et de préaviiissant d'oppression
K un système --- Page 182 ---
( jugé, fit périr dans les tourmens les infortunés
nonssommes ccmmef frappés
(( Ogéset Chavannes, de' létat où nous nous trouvons
< d'étonnement
( aujourd'hui. >
alors que ce
( En effet, qui pouvait penser"
et
(( pays, où régnaient Tinhumanité, l'esclayage
eût
le nom qu'on
(( une cupilité. cruelle,
repris
les habi-
( lui avait ravi, lorsqu'en en extermina
que ce pays
K tans primitifs? Qui pouvait penser descendans de
les
( eût été un jour gouverné par
inhumai-
( ces hommes, que nos tyrans avaient avaient assileurs
et
( nement arrachésdel
foyers, calcul homicide et
( milés aux brutes, par un
sous le
enfin,
que
( barbare! Qui pouvait;
penser énervés,
K gouvernement de ces, hommes jadis
e avilis sous un joug affreux, dont les organes ne
faits
l'air purdela
( sémblaient plus
pourrespiter
et
on
vrai droit, et la liberté,
( liberté, entvuetle
commande encore
( légalité reconnus! ce qui
com-
((
plus T'admiration; quieût prévuqued'une des
et
naitraient
(( binaison heureuse profonde,
et que
à tous les citoyens 2
( lois agrairesfavorables
traite
K ces lois leur rendraient chère une patrie qui sésans
; et qu'entre un
(( ses enfans
prédilection; exécutive et une chambre des
( nat, une autorité
s'établirait unchalancedepoveins
K communes, nécessaire à la sûreté de l'état. ))
( utile et
dans la constitution, les
( En nous renfermant
à la chambre,
( projetsdel loi quer vous proposerez
et la
examinés et débattus aveclattention
(( seront
les matières de cetie
M sagesse que demandent
ésans
; et qu'entre un
(( ses enfans
prédilection; exécutive et une chambre des
( nat, une autorité
s'établirait unchalancedepoveins
K communes, nécessaire à la sûreté de l'état. ))
( utile et
dans la constitution, les
( En nous renfermant
à la chambre,
( projetsdel loi quer vous proposerez
et la
examinés et débattus aveclattention
(( seront
les matières de cetie
M sagesse que demandent --- Page 183 ---
a
il naissait
; et si, dans ces examens,
( importance;
elles seront faites avec la res-
( des observations,
doit à votre auguste
liberté qu'on
( pectneuse
la
convient an caet avec dignitéqui
< personne, dont la chambre est revêtue. ) t
( ractère
discours fut
présice
prononcé.ler
Aussitôt que
s'étant levé de nouveau, dédent del la république étaitinstallée, etilse reclaraàl la chambre qu'elle de la commission lut,
tira. Alors un des membres
qui fut
à haute voix, un projet de constitntion,
adopteafenanimte le donner en entier sans rendre cet
Ne pouvant
nous en ferons conouvrage trop volumineux, dispositions.
naitre du moins les principales
de la république d'Haiti.
Extrait de la constitution
de
haitien proclame, en présence
( Le peuple
constitation de la
l'Étre
la présente
(
suprème,
consacrer à jamais sa
d'Haiti, pour
& république
( liberté et sonindépendance. exister d'esclaves sur le
( ART. Ier. Il ne peut
l'esclavage y est à
de la république;
K territoire
( jamais aboli.
d'asile est sacré et inviolable
K ART. 5. Ledroit
sauf les cas prévus par
(( dans la république,
( la loi.
d'Haiti n'est point
( ART. 4. Le gouvernement
il est électif.
(( héréditaire;
d'Haiti ne formera ja-
( ART. 5. La république dans les vues, ni de faire
( mais ancune entreprise de troubler la paix et le
ni
( des conquètes,
itoire
( jamais aboli.
d'asile est sacré et inviolable
K ART. 5. Ledroit
sauf les cas prévus par
(( dans la république,
( la loi.
d'Haiti n'est point
( ART. 4. Le gouvernement
il est électif.
(( héréditaire;
d'Haiti ne formera ja-
( ART. 5. La république dans les vues, ni de faire
( mais ancune entreprise de troubler la paix et le
ni
( des conquètes, --- Page 184 ---
K régime intérieur des états
(( géres.
ou des iles étranC ART, 6.. Les droits de
e sont : la liberté,
Thomie en société
légalité, la
( priété.
streté, et la pro-
( ART. 12. La loi est la volonté
( primée parla majorité des
générale, ex-
€ représentans.
citoyens, ou de leurs
( ART. 13. Ce qui n'est
&C ne peut être
pas défendu par la loi,
( traint à faire empéché; nul ne, peut être conce qu'ellen'ordonne
((. ART. 14.1 La ville de
pas.
( rée capitale de la
Port-an-Prince est déclarépublique et
K vernement,
lesiége du gou-
( ART. 15. Aucune loi civile
(( peut avoir d'effet rétroactif. ou criminelle ne
( ART. 16. La souveraineté
(( ment dans Funiversalité
réside essentielledes
(( vidu,nulle réunion
citoyens; nul indi-
(( se. T'attribuer.
partiellede citoyens ne peut
(( ART. 17. Nul ne peut, sans une
( gale, exercer aucune
délégation lé-
( cune fonction
autorité, ni remplir aupublique.
( ART. I9. La garantie sociale ne
( si la division des
peut exister,
C leurs limites
pouvoirs n'est pas établi, si
( sabilité des ne sont pas fixées, et si la responfonctionnaires: n'est pas
(( ART. 20. Tous les devoirs de assurée.
( citoyen dérivent de
Thomme et du
ces deux
(( parla naturedans tous les principes, gravés
K
coeurs :
Nefaites pas a autrui ce que vous ne voudries
garantie sociale ne
( si la division des
peut exister,
C leurs limites
pouvoirs n'est pas établi, si
( sabilité des ne sont pas fixées, et si la responfonctionnaires: n'est pas
(( ART. 20. Tous les devoirs de assurée.
( citoyen dérivent de
Thomme et du
ces deux
(( parla naturedans tous les principes, gravés
K
coeurs :
Nefaites pas a autrui ce que vous ne voudries --- Page 185 ---
m
Faites constamment aux autres
( pas qu'on wous) flel. voudries en recevoir!
(( tout le bicn que wous
de chacun envers la
( ART. 21. Les obligations à la défendre, à la servir, à
( société, consistent auxlois,à respecter tous ceux qui P
( vivre soumis
(( en sont les organes. bon citoyen, s'iln'estbon
K. ART. 22. Nuln'est
bon ami, bon époux.
bon
bon frère,
( fils,
père, Nul n'est homme de bien,siln'est
( ART. 23.
observateur des
et religieusement
(C franclement
(( lois.
viole ouvertement! les lois,
( ART. 24. Celui qui
avec la société.
< se déclare en état de guerre: doit ses services à la pa-
( Art. 27- Tout citoyen de la liberté, de légalité et
(( trie et au maintien
les fois que la loil'appelle
(( dela propriété, , toutes
(( àl les défendre.
de
citoyen est un
( ART. 28. La maison chaque nuln'al ledroit
Pendant la nuit,
(( asileinviolable: dans les cas d'incendie, d'inon-
( d'y entrer que
de Vintérieur de la
K dation, ou de réclamation
(( maison.
entrer pourun ob-
(C Péndant! tlejour, on peut y
loi ou
un
déterminé par une
par
( jet spécial,
€ ordre émané de Fantoritésupéricure
arrêté
( ART. 30. Nul ne peut être poursuivi,
la
dans les cas déterminés par
( ou détenu, que
( Joi.
être
de dire,
(( ART. 31. Nul ne peut
empéché
sa pensée. Les écrits ne pourront
(( écrire, publier
censure avant leur publi-
( être soumis à aucune
, on peut y
loi ou
un
déterminé par une
par
( jet spécial,
€ ordre émané de Fantoritésupéricure
arrêté
( ART. 30. Nul ne peut être poursuivi,
la
dans les cas déterminés par
( ou détenu, que
( Joi.
être
de dire,
(( ART. 31. Nul ne peut
empéché
sa pensée. Les écrits ne pourront
(( écrire, publier
censure avant leur publi-
( être soumis à aucune --- Page 186 ---
4 cation. Nul n'est
6 blié,que dans les responsible cas
de ce qu'il a puK ART. 32. La
préyus parla loi.
i
responisabilité individuelle est
fanullementatuchdear toutes les
K bliques.
fonctions pu-
(C ART. 36. Il sera aussi créé
€ institution publique
et organisé une
( gratuite à l'égard des Tmetenesminreleres
( dispensable
parties d'enseignement inpour tous les
( blissemens seront
hommes, dont les étadistribués
*(( un rapport combinéavecla gradncllement dans
( blique.
division de la répu-
€C AnT.57. Il sera fait un code de lois
(. criminelles et pénales, de
civiles, ,
( merce, communes à toute procédure la
et de com-
( ART. 58. Aucun blanc, république.
( tion, ne pourra mettre le quelle que soit sa na-
€ à titre de maître
pied sur ce territoire,
ou de propriétaire. >
Titre II. - Du territoire.
( ART. 40. L'ile d'Haiti
((
(ci-devant appelée
Saint-Domingue), avec les iles qui en
( dent, forment le territoire de la
dépen-
<( d'Haiti. >)
république
Titre III. - État politique des
( Art. 45.Aueun Haitien
citayens.
( sa carrière militaire
ne pourra commencer
qu'en qualité de
( soldat.
simple
( ART. 46. L'exercice des droits de
( perd par la condamnation à des
citoyen se
c"et
peinesinflictives
infamantes. )) --- Page 187 ---
-
a
Titre P.- Powvoir législatif
réside dans
C AnT. 54. Le pouvoir législatif
des communes, et
( une chanbrederepefdenbns
( dans un sénat. ))
Quoi de plus beau, de plus libéral et de plus
cette constitution' ? Nations de PEurope,
sage que
siècles, les tévous êles civilisées depuis plusieurs
dans lesnebres.del Tignorance et de la barbarie,
quels vous aviez pris naissance, se sont dissipés,ils
ont fait place aux sentimens dela philanthropie, et
descendans des déserts de FAfrique
cependantles
leur ouvrage, infinipossédent une constitution,
ment supérieure aux vôtres.
Quel est le peuple de l'Europe qui, dans sa
constitution, a eu las sagesse de mettre un article,
aussi favorable à Thumanié, que celui parlequel
les Haitiéns ont déclaré au monde entier, que ( la
république d'Haiti ne formeraj jamais aucune entredans la wue ni de faire des conquétes, ni de
prise troubler la paix et le régime intérieur des états, ou
des iles étrangères? ) Nations de l'Europe, s'il
existait dans vos constitutions un articlesemblable,
vousn' 'en seriez queplus coupables encore,puisque
vous l'auriez violé!
Quel beau jour ce serait pour T'humanité,
le bonheur, pour la paix du monde, que
pour celui ou les monarques de I'Europe, renonçant
tous simultanément et d'eux-mèmes au malheureux droit qu'ils possédent encore, au préjudice
de Phumanité, de pouvoir ravager de malheu-
de l'Europe, s'il
existait dans vos constitutions un articlesemblable,
vousn' 'en seriez queplus coupables encore,puisque
vous l'auriez violé!
Quel beau jour ce serait pour T'humanité,
le bonheur, pour la paix du monde, que
pour celui ou les monarques de I'Europe, renonçant
tous simultanément et d'eux-mèmes au malheureux droit qu'ils possédent encore, au préjudice
de Phumanité, de pouvoir ravager de malheu- --- Page 188 ---
contrées, et de porter le fer et la flamme
reuses
voisins! Qn'à Texemple des Haitiens, ils
chez leurs
abandon
et qu'ils
loiremplacent par un
généreux; horsle cas
ne jamais faire la guerre,
Sengagentan
défense... S'ils sontvraid'unej juste et légitime comme ilsle disent, ils se hàment philanthropes, ce voeu des peuples. Il peut
teront de souscrireà les
de division indéranger singulièrement projets du cabinet de Saint- 00
téressée et d'alliance hostile dansle coeurdu princequi,
Jàmes; mais jele crois
La Harpe, a emà la voix patriotique du vertueux neretombât sous le joug
péché qu'an canton suisse C'est la crainte de Vindes aristocrates de Berne.
libérale de Tempereur de Russie; quijette de
fluence
de notes secrètes et nos traitres
nos faiseurs
dans Ies intérêts de Poligarchie
première ligne,
anglaises.
constitutionde
Pluson Tconidlencatiemivemcaniad
de Padd'Haiti, et plus on est-forcé
la république
loi fondamentale de la
mirer. Cette belle et sage suivant les vrais prinrépublique, ditaussi dela que, raison, ( aucune loi civile
cipes delajustice et
rétroactif.) Jaou criminelle ne peut avoir d'effet
ils l'ont
mais les Haîtiens n'ont violé cet article;
observé religieusement;
toujours, au contraire, existe aussi dans notre législasemblable principe avons-nous été toujours aussi
tion, il est vrai; mais,
pas vu en 1815..
sages que les Hatiens?n'aet-on. d'une époque douAhl détournons nos regards souvenir des malloureuse! le coeur se brise au
invasion terfurent la suite de cette
heurs qui
peut avoir d'effet
ils l'ont
mais les Haîtiens n'ont violé cet article;
observé religieusement;
toujours, au contraire, existe aussi dans notre législasemblable principe avons-nous été toujours aussi
tion, il est vrai; mais,
pas vu en 1815..
sages que les Hatiens?n'aet-on. d'une époque douAhl détournons nos regards souvenir des malloureuse! le coeur se brise au
invasion terfurent la suite de cette
heurs qui --- Page 189 ---
a
encore être repoussée, 2 lorsque
rible qui pourait
provisoire prenant
le président du gonvernement
de mettre dans
une odieuse initiative, sempressait
fidèle à la
des dépéches, que Carnol, tonjours la France
refusa de signer,
pairie et à Fhonneur,
et d'un Blucher qài
dux genoux d'un Wellington
n'étaient pas invincibles.
Haitiens
Depuis phis de dix ans,les
jonissnientia de
T'ombre de l'arbre de la liberté, des douceurs
lorsque des individus, se diJeur indépendance, France, der négocier la rentrée
sant chargés parla
arrivèrent à
de celte contrée en sa possession 7
Saint-Domingue, oi, comme simples particuliers,
faire connaitre, ils se proposaient, en
'et sans se
de
eux-mêmes sur
parcourant le pays,
prendre des habitans à l'éles localités et les dispositions
qu'ils ne
gard de la France, des renseignemens
d'une
crurent, sans doute, ponvoir se procurer
manière plus honorable pour eux, et plus digne
dontils étaientiacitement révêtus.
du caractère Lavaisse de Médina, lun de ces en
Le sieur arrêté dans les états desa majestéle roi
voyés fut
l'instant otily entra. Ilétait
Christophe, moment presqu'à de son arrestation, de pouporteur, au
instruction que lui avait
voirs et d'une longue alors ministre de la màremis le sieur Malouet,
chargé de cette
rine, qui l'avait,à CC qu'il parait,
nom de sa
roi de France qui
mission au
majestéle
Sa maa protesté depuis contre celte expédition. n'en avait
jesté Ta désavonée en déclarant qu'il Le siettr
appris T'existence que par ses résultats.
--- Page 190 ---
Lavaisse de Médina fut arrêté comme espion 3 et
traduit comme tel devant une commission miliau lieu dele condamner à la peine de
taire qui,
les lois dé ce pays contre
mort, que prononcent
Tinstruction ctles
Fespionnage, Facquitta, vu que
dont l'accusé était porteur au moment
pouvoirs
étaient revêtus de la signature
de son arrestation,
avait alors le portefeuille
du sieur Malouet qui
de Ia marine.
je ne crois pas nécessaire
Cetteinstruction que
à cause de sa londe rapporter ici entièrement
les sieurs
en substance, que
gueur 2 portait Lavaisse de Medina et Dravenant, tous
Dauxions, chargés de. cette entreprise, tâchecommissaires
et Pétion sur
raient des'entendre avec Christophe
de disà la France,
la remise de Saint-Domingue
politique,
cuter avec eux un projet d'organisation et mériter
qui pàt à la fois leur être agréable, de recevoir
Yassentiment du roi; defaire en accèdent sorte
à cet arde ces chefs Tassurance qu'ils
décider, sous
faire en sortedeles
rangement,etder de T'autorité royale, à ramener tous
la protection
d'assurer ces chefs
leurs partisans à Tobéissance; à accorder tout ce qui
que le: roi est disposé
ferait connaitre
pourrait être convenu, et qu'ille de tâcher de
déclaration de son plaisir;
parune. Christophe et Pétion que,sils sont sages
persuader
on le. dit, ils doivent sentir
et éclairés, comme eux et pour leurs succesqu'il nesullit-pas, pour
des avantages; mais
d'obtenir simplement
seurs,
soient solides;
qu'il faut que ces avantages
à Tobéissance; à accorder tout ce qui
que le: roi est disposé
ferait connaitre
pourrait être convenu, et qu'ille de tâcher de
déclaration de son plaisir;
parune. Christophe et Pétion que,sils sont sages
persuader
on le. dit, ils doivent sentir
et éclairés, comme eux et pour leurs succesqu'il nesullit-pas, pour
des avantages; mais
d'obtenir simplement
seurs,
soient solides;
qu'il faut que ces avantages --- Page 191 ---
a
aussi que pour la sûreté et la
leur persuader de la colonie, il serait nécessaire que
tranquillité
rentrât, sinon dans T'esla généralité des nègres
semclavage, au moins dans un état desoumission
blable à celui ou elle était antérieurement aux
était probable que Pétion et
troubles; qu'il
satisfaits d'obtenir faChristophe SC trouveraient eux-mêmes, ainsi que pour un
veur entière pour
presque
petit nombre desleurs quiacquerraient serait donné de
tous les droits politiques; qu'il des lettres de blanc
temps en temps et sobrement
fortune, leur
à quelques individus qui, parleur
éducation ou leurs services, seraient reconnus
dignes de cette faveur. Il était trés-expressément
ordonné à MM. les commissaires de faire tous
leurs efforts, pour ramener, autant que possible, s'éà l'ancien état de choses, et de ne
la colonie
là oùi il serait de toute
carter de cette marche que
Il leur était reimpossibilité de faire autrement.
commandé de rappeler souventà Christophe et à
Pétion la puissance du roi, et que les habitans aclas des troubles qui les
tuels de Saint-Domingue,
agitaient depuis vingt- - cinq'a ans, s'empresseraient de
aussitôt quil riendrait à leur connaissance,
des avantages certains que leur offre le
profiter
paternel de sa majesté; que la
gonvemnemént
celle des noirs, employée
classe la plusnombreuse,
serait
à la fabrication du sucre, dé l'indigo, etc.,
remise dans la situation oi elle était avant lannée
se ferait surla discipline à observer
1789; et qu'il
tels réglemens qui seraient
parmi cette classe,
12,
'empresseraient de
aussitôt quil riendrait à leur connaissance,
des avantages certains que leur offre le
profiter
paternel de sa majesté; que la
gonvemnemént
celle des noirs, employée
classe la plusnombreuse,
serait
à la fabrication du sucre, dé l'indigo, etc.,
remise dans la situation oi elle était avant lannée
se ferait surla discipline à observer
1789; et qu'il
tels réglemens qui seraient
parmi cette classe,
12, --- Page 192 ---
maintenir le bon ordre,et à lui
juesipropresa y
raisonnable de travail, sans
assurer une mesure Il était aussi recommandé aux
êtret trop exigeant.
avec Christophe et
commisaires, en pariant la bonté du rois et de
Pétion, de rappeler souvent
cesdeux dhehdesain-Dominguee
concerter,avec
cfficàces pour rendre aux hales moyens les plus lasubordination le plus grand
bitations ctramenera
de diminuer le
nombre possible de noirs, afin mais quant aux
nombre de ceux qui sont libres ;
communiquer un dangereux
noirs qui pourraient
seraient
dineubordination: aux autres, qu'ils
esprit
Ratan (1),et que cette medéporiés dans Pilede
d'accord avec' 1 les, vues de Pétion,sil
sare serait
fortune et les intéconsentait à assurer sa propre Cette instruction
rêts de tous ceux de sa caste:
les commisdu moment que
portait en outre, que Farrangement projeté, ils
saires auraiert conclu
court délai, rendre
reviendraiest. dans le plus
comple de ieur mission.
Malouet.
Cetteinstrnetion était signée de Médina et les insAussitôt que F'arrestation
vinrent à la contructions dont il était.porteur, d'alarme et d'indignanaissance du public,un cri extrémité à l'autre de
tion se fit entendre d'une
commission militaire devant laquelle Mé-
(1). Lorsque la
lui demanda ce que signifiait ce mot
dina fattraduit à Haiti, avait été imaginé par le ministre;
Ralan, il répondit qu'il
d'autres térnes,
E
voulait dire, en
et que ce qw'il colonie exprimait, des sujets turbulens qui pouvaientsy
débarrasser la
trouver...
issance du public,un cri extrémité à l'autre de
tion se fit entendre d'une
commission militaire devant laquelle Mé-
(1). Lorsque la
lui demanda ce que signifiait ce mot
dina fattraduit à Haiti, avait été imaginé par le ministre;
Ralan, il répondit qu'il
d'autres térnes,
E
voulait dire, en
et que ce qw'il colonie exprimait, des sujets turbulens qui pouvaientsy
débarrasser la
trouver... --- Page 193 ---
a
sse présenteréal,
anas.egernmere vives, à Timagination de
sous les couleurs les plus
renouqui, dans cette circonstance,
ses habitans facedu cicl et de la terre, le serment
velérent à la
dernier, plutôt que de se
de périr tousjusqu'au
laisser ravir leur liberté.
loin de se découraLegouvernement français
, en fit une autre en 1816.
Dauxions. et Dravenant,
REE
lientenantLes sieurs' vicomte de Fontanges, membre
général des armées du roi, Esmangart,
cadu Petit-Thouars,
du conseil de sa majesté,
de vaisseau, et le sieur Lauron,secrdaire
pitaine générald dela commission: :
d'infanterie, ct la
Les sieurs Jouette, colonel tribunal de preroyal au
Bouterie, procureur
les premiers comme
mière instance de Gien;
commissaires
commissaires, et: ceux-ci comme
tous de France en 1816,sur
suppléans, , partirent
la Flore, qui arriva, à
la frégate de sa majesté, Ja rade du Por-au-Prince,
Saint-Domingue dans
jours du mois
où elle mouilla dans les premiers
d'octobre de la même année.
faireconComme rienne m'a paruplust propreà
de la France sur Saint-Donaitreles prétentions
oùt sont les habitans de
mingue, et Péloignement
je
cette ile de rentrer sous notre dépendance, eutlien
vais transerire ici la correspondance commissaires qui
du
à cet effet, entre ces nouveaux
de la répuroi ct le citoyen Pétion, président
blique d'Haiti.
mouilla dans les premiers
d'octobre de la même année.
faireconComme rienne m'a paruplust propreà
de la France sur Saint-Donaitreles prétentions
oùt sont les habitans de
mingue, et Péloignement
je
cette ile de rentrer sous notre dépendance, eutlien
vais transerire ici la correspondance commissaires qui
du
à cet effet, entre ces nouveaux
de la répuroi ct le citoyen Pétion, président
blique d'Haiti. --- Page 194 ---
Correspondance entre les
France et le
commissaires du roi de
citoyen
publique d'Haiti, Dation,président de la réLETTRE PREMIÈRE.
En mer, à bord de la
de
la Flore, ce 2 octobre frégate 1816.. sa majesté,
A M. le genéral Pétion.
GÉNÉRAL,
LE drapeau que vous avez défendu
rage, a été arboré avec
long - temps avec cou,
aus; sur toutes les terres enthousiasme, de
depuis plus de deux
Saint-Domingue seule
T'ancienne obéissance du
est en retard
roi;
sa majesté s'en trouve
aujourd'hui, et le coeur de
réparer les malheurs douloureusement affecté. Occupé à
envers
qui ont été la suite' de
lui, ce bon prince veut
l'oubli du devoir
sa famille, etses
réunirtous ceux qui
enfans de
composent
moins chers que ceux gu'ila Suint-Domingue ne lui sonl pas
Les tentatives
retrouvés en Europe.
criminelles de
qu'elles ont
l'usurpateur et les maux
du roi; occasionés, ont retardé l'exécution des
paix à aujourd'hui que son retour a rendu la sécurité projets et
l'Europe; ; que l'ordre est retabli dans le
la
majesté nous a ordonné de nous rendre à
roy aume, 2 sa
pour nous concerter avec ceux sont Saint-Domingue,
sur Jes moyens à employer qui
revétus de l'autorité,
dont il ne peat jouir dans pour rendre à ce pays la sécurité
un état
nom ce qui a besoin de l'être, précaire; légilimer en son
besoins de ceux
reconnaître les services et les
qui ont rétabli et maintenu
colonie ; consolider,
l'ordre dans la
par sa
es
volontéroyale , les institutions et
changemens survenus dans l'état des
personnes et des
Saint-Domingue,
sur Jes moyens à employer qui
revétus de l'autorité,
dont il ne peat jouir dans pour rendre à ce pays la sécurité
un état
nom ce qui a besoin de l'être, précaire; légilimer en son
besoins de ceux
reconnaître les services et les
qui ont rétabli et maintenu
colonie ; consolider,
l'ordre dans la
par sa
es
volontéroyale , les institutions et
changemens survenus dans l'état des
personnes et des --- Page 195 ---
A
AM
avoir renidus nécessnires
choses, que les événemens penvent
ni avec la di
dans cette ilc, et qui ne sont incompatibles bien entendu de la
gnité de sa couronne 1 ni avec l'intérêt
colonie et de la métropole.
les malheurs
Les désastres qui out désolé Saint-Domingue, du roi. Rien de ce
et particuliers, , tout a été connu lni est échappé,
publics tient à la gloire du nom français, ne
Place
qai
le ternir est sorti de sa mémoire.
tont ce qui peut
de France, Saint-I Doheureusement que les provinces tant abusé du pou-
-plus ravagé aussi par P'homme qui a
mingue
de son roi. Sa majesté n'ignore pas que,
voir, s'est séparé
de cette ile ont constamment: résisté
si d'une partles habitans montré moins C e courage, quand'
à F'usurpation, ils n'ont, pas domination étrangère, voilà les
ils se sont crus menacés d'une
toujours.
seules choses dont elle veut se sonvenir
doutes, ou
malveillance cherchait à élever quetques
Sila
surle but de notre mission , ayez
à susciter quelques craintes
que nous en avons, et
autant de confiance en nons 1 général, les autorités avec
en vous et dans
que nous en mettrons ordonné de nous entendre. C'est à
lesquelles le roi nous a
tout ce qui peut être, pour
elles, c'est à vous, à nous) indiquer
ce. .qui peut
de désir et d'inquiétude,
le peuple, un objet
et bientôt, comme tous
assurer sa prospérité et son repos 7 d'avair retrouvé dans
vous jouirez du bonheur
les Français,
le roi le meilleur des pères.
volonté et dans votre caracPleins de coufiance dans votre
doute sur la réception
nous n'élevons 1 général, aucun
tère
du roi. Nous suivrons imméqui sera faite aux commissaires
le bâtiment léger
diatement sur une frégate de sa majesté, Bégou, sur lequel
commandé par. M. le capitaine de frégate chevalier de Jouette,
M. le colonel,
nous vous expédions
chufd'escadron, qui sont porteurs
M.le chevalier Domingue, l'un. de vOs compatriotes qui
de cette lettre 2 et M, Dué,
désir del les accompagucr.
pous a témoignéle
fe vicomte de FonVotre vieux, votre ancien général,
les ordres duquel Yous et vos compatriote:
tanges, celui sous
commandé par. M. le capitaine de frégate chevalier de Jouette,
M. le colonel,
nous vous expédions
chufd'escadron, qui sont porteurs
M.le chevalier Domingue, l'un. de vOs compatriotes qui
de cette lettre 2 et M, Dué,
désir del les accompagucr.
pous a témoignéle
fe vicomte de FonVotre vieux, votre ancien général,
les ordres duquel Yous et vos compatriote:
tanges, celui sous --- Page 196 ---
avez défendu avec honneur la cause du roi > quand des sujets
paijures osaient l'attaquer, 2 est le chef de cette mission
toute pacifiqué. Il n'a consulté ni son àge, pi ses
in'a point hésité à
infirmités;
passer- encore une fois les mers;
venir porter à des hommes qu'il a long-temps aimés et pour défendus, les instructious et les bienfaits du' roi.
Nous vous prions, général, de recevoir l'assurance de
notre considération distinguée.
Le lieutenant général des armées du roi, commandant de
l'ordte de Saint- Louis oflicier de l'ordre royal de la légion
d'honneur..
Le vicomte de FONTANGES,
Le conseiller d'état, chevalier de l'ordrer royal de la légion
d'honneur.
Signé ESMANGART.
LETTREIL
LIBERTÉ,
ÉGALITÉ.
Au Port-au-Prince, le 6 octobre 1816, an 13 de
F'indépendance d'Haiti.
Alerandre Petion , président d'Haiti, à MM. les commissairés de sa majesté très chrétienne
2 près de la république d'Haiti.
MESSIEURS,
Nous avons, à la vérité, défendu avec beaucoup de courage et un dévoucment sans bornes 2 le drapeau
nous étions bien éloignés, en le faisant, de prévoir français ;
serait la conduite de ceux qui nous ont portés à l'arracher; quelle
ellc ne trouve pas d'exempie dans Phistoire..
;
Depuis cette
époque, les institutions, les moeurs, le caractère, l'accroissenient des lumières, les fruits de
les
lexpérience 2
circonstances, ont fait des citoyens de cette république un peuple
voucment sans bornes 2 le drapeau
nous étions bien éloignés, en le faisant, de prévoir français ;
serait la conduite de ceux qui nous ont portés à l'arracher; quelle
ellc ne trouve pas d'exempie dans Phistoire..
;
Depuis cette
époque, les institutions, les moeurs, le caractère, l'accroissenient des lumières, les fruits de
les
lexpérience 2
circonstances, ont fait des citoyens de cette république un peuple --- Page 197 ---
a
à parcourin sa carrière et à
nouveau. Déjà il commençait
sa bonine foi daus ses
consilérations par
mériter quelques
et par l'état de ses armes,
rapports avece les étrangers,
le concours unafutrendue à l'Europe, par
quand la paix
fut décidé que.sa majestétrisnime des souverains, etqu'il le trône de ses pères.
chrétienne remonterait sur,
époque dans
devions nous attendre que cette grunde
à
Nous
celle où nous allions paraitre
le moude ,serait également
et elle ne nous effraya
tour au tribunal de l'opinion,
des
à notre sondant nos coeurs 2 et en jugeant favorablement
pas, en
heureux de la morale, de la
hommès, sous les rapports
éclairée. Nous
et d'une religion
justicc, 2 de la philosophie
envers sa majesté Lrèsn'avions rien à, nous reprocher
la révolution, ses
chrétienne, son caractère connu, avant ceux de toute sa
principes modérés , ses malheurs inouis, été. cruelle et sanlutte aussi longue qu'elle a
famille,une
de son sort qui n'a été décidé que
guinaire, lincertitude
notre associades événemens tardifs et extraordinaires,
à
par
l'a soutenue, , tout nous portait
tion tacite à la ligue qui
particulière dans les
penser que nous ferions' une exception
aussi en notre
idées d'une politique sage. Nous expliquons
succès immortels d'un gouvernement
faveurles efforts et les
le trafic des hommes avait
distingué, qui avait défini ce que
du chrisde hideux et de contraire à l'esprit
à
en lui-même avait obtenu la preuve que les colonies
tianisme, et qui
sans avoir recours à CE
sucre et à café pouvaient prospérer, fàt la faiblesse de nos
honteux et barbare. Quelle que
la
moyen
le voile, et la logique
conceptions, , alors nous perçâmes
de traite, point d'esplus simple nous expliqua que point réalisé, parce que tout
clavage. Ce plan ne s'est pas encore
; mais
- à la hâte et sans réflexion
ce bien ne peut s'opérer
avec la sagesse.
les événemens se préparent et sont dirigés s'en occupent :
des hommes bienfaiteurs de Thumanité, qui
il s'cxécutera.
craindre 2 la méchanceté de nos enQue nous restait-il à
homies obstinés, vé
nemis ct de nos persécuteurs; ; de ces
point réalisé, parce que tout
clavage. Ce plan ne s'est pas encore
; mais
- à la hâte et sans réflexion
ce bien ne peut s'opérer
avec la sagesse.
les événemens se préparent et sont dirigés s'en occupent :
des hommes bienfaiteurs de Thumanité, qui
il s'cxécutera.
craindre 2 la méchanceté de nos enQue nous restait-il à
homies obstinés, vé
nemis ct de nos persécuteurs; ; de ces --- Page 198 ---
ritables auteurs de leurs propres maux, et que rien ne sauLa différence de notre épiderme qui, aux
rait corriger.
nous assimile à du béjail; la réyeux du système colonial,
chrétienne de continuer le
serve faite par sa majesté très
années les cris des cicommerce de.la traite 2 pendant cinq
; libelles indevant propriétaires dans ce pays ; les écrits, les
cendiaires sortant des presses du royaume, répandus sous les
bienrôt combien nos
yeux même du roi, nous indiquèrent
heureux étaient évanouis, et nous ne songeâmes
présages
à la guerre, tout en désirant la paix,
plus qu'à nous préparer
de
comme si
et à garnir nos magasins d'armes et munitions,
d'être envahis. Il nous serait même
nous étions au moment
étaient fondés et qu'un
permis de penser que nos pronostics
au moment où Napoléon a reparu
armement se préparait
momentanément en France.
Lavaisse arriva à la
Dans cet intervalle, le général
du roi, Un
Jamaique, et prit la qualité de commissaire
de
semblait un brandoni
écrit publié sous son influence,
lès chefs de la
discorde, 2 lancé pour nous désunir, séparer modéré était
famille, , ou la famille de ses chefs. L'esclavage
doucesous des' couleurs spécieuses, le peuple y était
peint
: le sort des chefs était celui des sauvages malment rappelé l'exil dans l'ilede Rotan, les attendait, après
faisans: la mort ou
leurs frères, leurs amis, les
avoir aidéà séduire et à enchaîner
cela,
de leurs armes et de leur gloire. Malgré
compagnons
au Portau-Prince, 7 et y
le général Lavaisse osa se présenter mission ont été rendus
fut réçu avec bonté. Les actes de sa
lui; sous
dévoilées et avouées par
publics, ses instructions
comme
quel rapport sa mission pouvait-elle être considérée? courus 2
Dans ce cas, quels risques n'eàt-il pas
un espionnage.
un ministre
Cependant, elle était signée el sanctionnée par
de
influent près du roi ; elle portait en cela l'émpreinte Toutes
l'authenticité. Quel sujet de réflexions pour nous
la certitude, sont restées longces pièces, nous en avous
et elle
sous les yeux de sa majesté très - chrétienne,
temps doule mûrement cxaminées ; les papiers publics
les a sans
quels risques n'eàt-il pas
un espionnage.
un ministre
Cependant, elle était signée el sanctionnée par
de
influent près du roi ; elle portait en cela l'émpreinte Toutes
l'authenticité. Quel sujet de réflexions pour nous
la certitude, sont restées longces pièces, nous en avous
et elle
sous les yeux de sa majesté très - chrétienne,
temps doule mûrement cxaminées ; les papiers publics
les a sans --- Page 199 ---
1S7
et clles, ont été publiées à
de tonte T'Europe en ont retenti, observations qui nous font
plusieurs reprises, 2 avec des
modération ont été
honneur, et ou notre sagesse et notre
en France 3
Le général Lavaisse est retourné
sainte
approuvées.
les témoignages de la plus
après avoir reçu tous
hospitalité.
d'envoyer auLes commissaires qu'il a plu à sa majesté
pied à terre 2 s'aperprès de notre république, en mettantle est sacré dans ce
bientôt combien le droit des gens
do
çurent
et
tout le monde, sans éxception
gouvernement, que
la protection des lois *
couleur ni de nation 1 y respire , sous
dans la plus parfaite égalité.
P'arbitre de ses desEtabli par la nation 2 le garant et non
qui regartinées
recevrai en son nom les propositions
2 je
à l'exerderont son bonheur et ses droits, en me conformant
cice des pouvoirs qu'elle m'a tracés.
de ma
Messieurs, de recevoir P'assurance
Je vous prie,
considération distinguée.
PÉTION.
ww A a
LETTRE II.
A bord de la frégate de sa majesté, la Flore,
ce 6 octobre 1816.
GÉNÉRAL,
la copie de Y'ordonNous croyons devoir vous transmettre
exnous nomme ses commissaires
nance de sa majesté, qui
traordinaires: a Saint-Domingue:
écrire, seTout ce que nous pourrions vous 'dire et vous mêmes du
rait assurément moins expressif que les paroles
et
roi. Cette ordonnance doit calmer toutes les inquiétudes
Elle vous fera connaître
remplir tous les coeurs d'espérance.
et comest l'étendue de nos pouvoirs,
aussi, général, quelle
; enfin , elle vous
bien les intentions du roi sont paternelles; dépend uniquedémontrera que le bonheur dc. la colonie
écrire, seTout ce que nous pourrions vous 'dire et vous mêmes du
rait assurément moins expressif que les paroles
et
roi. Cette ordonnance doit calmer toutes les inquiétudes
Elle vous fera connaître
remplir tous les coeurs d'espérance.
et comest l'étendue de nos pouvoirs,
aussi, général, quelle
; enfin , elle vous
bien les intentions du roi sont paternelles; dépend uniquedémontrera que le bonheur dc. la colonie --- Page 200 ---
de cenx qui sont revétus du poavoir et de
ment aujourd'hui
doutons pas que, sous ce nouveau
l'autorité; et nous ne
bientôt
qu'a tout autre.
rapport; elle ne vous doive
pins considéralion- disde notre
Recevez, général,T'assuraace
tinguée.
Les cammissaires. du roi,
Le vicomte de FONTANGIS,
ESHANGART.
Ordonnance du roi du 24 juillet 1814.
gràce de Dieu, roi de France et de Navarre 7
Louis , parla
à tous présens et à venir, salut :
tous nos soins, après avoir
Depuis notre retour en France,
les maux qui ont
conclu la paix, ont été employés à réparer
été la suite de Pusurpation.
nous ont toujours
Nos colonies, a même les plus éloignées,
del'état
Nons nous sommes fait rendie compte
été présentes.
malheurs qu'elles ont éprouvés,et
oi elles se trouvent, , des
des besoins qu'elles peuvent: avoir.
fixé
La colonie de Saint - Dominguc à particulièrement était utile d'y
notre att: ntion. Nous avens recounu qu'il
calmer les inquiétudes que
envoyer ces commissaires, pour avoir sur leur situation ;
les habitans de cette ile peuvent déterminer leur avenir ; légifaire cesser leur incertitude;
avoir
que les événemens peuvent
timer les changemens
ceux qui tendent à
rendus nécessaires, et spécialement
améliorer le sort de nos-sujets.
les administrateurs
s'entendront avec
Nos commissaires
de la colonie, au
actuels sur tout ce qui tient à la légisiation,
civils
régimeintéricur et d'ordre public, aux fonctionnaires des.
l'état.des personnes et au rétablissement
ctmilitsires,àl
Ils nous désignerelations commerciales avec la métropole.
de. notre
ceux de nos sujets qui se sont rendus dignes
ront
, et spécialement
améliorer le sort de nos-sujets.
les administrateurs
s'entendront avec
Nos commissaires
de la colonie, au
actuels sur tout ce qui tient à la légisiation,
civils
régimeintéricur et d'ordre public, aux fonctionnaires des.
l'état.des personnes et au rétablissement
ctmilitsires,àl
Ils nous désignerelations commerciales avec la métropole.
de. notre
ceux de nos sujets qui se sont rendus dignes
ront --- Page 201 ---
auroutmérité des récompenses par leur
bienveillance , et qui
attachement cl leur fidénité à notre personne. ministre secrétaire
Aces cause's, et sur le mapport de notre colonies;
de la, marine et dcs
d'etat au departement
sieurs
el
nommé nommons commisires,irs
Nous avons
licutenant ginéral de nos armées ;
vicomte de Fontanges,
couseil. d'état;. du PetitEsmangart, mémbre de notre le sicur Lauron,, secréde vaissean, et
Thouars, capitaine
taire géuéral de la commission. d'infanterie, et Castclle la BouLe sieur Jourtte, colonel
de première instance de
terie, notre procureur au tribunal
Gien , sont nommés commissaires suppléans. mission, seront remises
nécessairesà cette
Les instructions
ministre secrétaire d'état de la
a nos commissaires, par notre
aient à s'y conformer.
marine et des colonies, afin qu'ils
le 24 juillet de
Donné à Paris, au chateau des Tuileries,
1816, et de' notre règnel le vingtudeuxieme.
l'an de gràce
Signé Louis; elc.,
LETTRE IV.
Port-au-Prince, le 80 octobre 1816.
GÉNÉRAL,
m'avez fait Phonneur de me dire
D'après ce que vous
bien
de vouloir
m'indiquerfheure
avant hier, je vous prie
M. Esmangart et
à laquelle vous pourrez nous recevoir, avoir un entrelien partimoi. Nous désirons bien, général, le membre du gouverculier, soit seul avec vous , soit avec
Nous
dl'appeler à cet entretien.
nement qu'il vous plaira
d'élatet moi, tout
au surplus, M. le conseiller
accepterous, semblera convenable: à cet égard.
CC qui vous
l'assurance de ma coude recevoir
Je vous prié, général,
sidération distinguée..
Le viçomte de. FONTANCES.
laquelle vous pourrez nous recevoir, avoir un entrelien partimoi. Nous désirons bien, général, le membre du gouverculier, soit seul avec vous , soit avec
Nous
dl'appeler à cet entretien.
nement qu'il vous plaira
d'élatet moi, tout
au surplus, M. le conseiller
accepterous, semblera convenable: à cet égard.
CC qui vous
l'assurance de ma coude recevoir
Je vous prié, général,
sidération distinguée..
Le viçomte de. FONTANCES. --- Page 202 ---
LETTRE V.
ÉGALITÉ
LIBERTÉ,
RÉPUBIQUE D'HAITI
Pétion, président d' Haiti, 2 à M. de Fontanges,
Alexandre
très-chrdtienne.
cômmissaire de sa majesté
MONSIEUR,
à votre lettre que je viens de récevoir, j'ai
En réponse
serai disposé à vous receT'honneur de vous informer que je
et que les
sept heures, avec M. Esmangart,
voir, cesoirà
seront présentes à la
principales autorités de la république
conférence que nous aurons ensemblede ma
de recevoir P'assurance
Je vous prie 2 monsieur,,
considération distinguée.
PÉTION.
V
LETTRE VI
A bord dela frégate la Flore,
ce 23 octobre 1816.
GÉNÉRAL,
près de dix jours par des calmes entre
Retenus pendant Môle notre absence pour nous porter au
Saint-Marc et le
7 prolongée que nous ne. comptions.
nord, a étébeaucoup plus
est de vous envoyer copie
Notre premier soin , général,
Christophe,
nous avons écrite au général
de la lettre que
des Gonaives, et
le couvert de M. le commandant
sa
sous
adressé le duplicata par le brick. de
dontnous lui avons
M. le Chevalier de Bégou, lepilote
majesté, commandé par
de la frégate.
du Cap n'ayant pas répondu au signal
a pour but
comme vous le verrez, général,
Çette lettre 2
Christophe notré arrivée
de faire connaitre à M. le général les intentions du roi.
dans la colonie, et. aussi quelles sont
le couvert de M. le commandant
sa
sous
adressé le duplicata par le brick. de
dontnous lui avons
M. le Chevalier de Bégou, lepilote
majesté, commandé par
de la frégate.
du Cap n'ayant pas répondu au signal
a pour but
comme vous le verrez, général,
Çette lettre 2
Christophe notré arrivée
de faire connaitre à M. le général les intentions du roi.
dans la colonie, et. aussi quelles sont --- Page 203 ---
E
I9E
dans la rade du Port-au-Prince, nous nous emDeretour
vous les communications qui
pressons de reprendre avec
sont l'objet de notre mission.
général, à votre
Nous nel répondrons que. très-brièvement, à la nôtre du 3,
leltredu G de ce mois 1 qui élait la réponse arrivée. Nous ne
dans laquelle nous vous annonçions notre les
récrimination sur reproches que
nous permettons aucune Il est à désirer que le mal que l'on
vous faites à la France.
c'est bien assurément le
s'est fait matuellement s'oublie,
premier désir di roi.
la terre oi la révolution
Saint-Domingue est sans contredit
fait sentir avecle plus de furie ; c'est incontestablement
s'est où il a été commis le plus de barbaries, d'injustices,
le pays
de crimes. Lé roi a gémi de ces malheurs, 9
de cruautés et
inondé la France pendant son abcomme de ceux qui ont
l'a déterminé à envoyér des
sence, et c'est ce souvenir qui
de concert avec les
commissaires dans cette ile, pour voir,
cette
actuelles, quels scraient les moyens de sauver
autorités
colonie. Quand le roi a pardonné les injures
malheureuse
chacun doit mettre dans l'oubli
qui lui étaient personpelles,
la
publique et
les torts réciproques ; il doit le faire pour paix récriminapour'empécher que les reproches n'amènent des
rendre les rapprochemens
tions qui fiuissent toujours par
7 ne parlons plus de ces désastres,
impossibles ; ainsi, général,
de les réparer, et
que pour iious concerter sur les moyens
la
surtout pour chercher tout ce qui pourrait en préserver
colonie à l'avenir. Dites-nous ce que votre position votre
7 votre amour pour le bien, la connaissance que
expérience, de
véritable du peuple, peuvent vous
vous avez l'esprit
inspirer, et bientôt nous serons d'accord sur ces moyens.
de la mission de
Quaut à ce que vous nous marquez
M. Lavaisse, nous ne pouvons que vous répéter ce
nous avons dit le jour où nous avons eu Phouneur de
que
fonctionnaires. M. Lavous voir avec les principaux
vaisse n'a jamais eu aucun pouvoir du roi. Sa majestén'a
résultat et par la
eu connaissance de sa mnission que parson
vous
vous avez l'esprit
inspirer, et bientôt nous serons d'accord sur ces moyens.
de la mission de
Quaut à ce que vous nous marquez
M. Lavaisse, nous ne pouvons que vous répéter ce
nous avons dit le jour où nous avons eu Phouneur de
que
fonctionnaires. M. Lavous voir avec les principaux
vaisse n'a jamais eu aucun pouvoir du roi. Sa majestén'a
résultat et par la
eu connaissance de sa mnission que parson --- Page 204 ---
e'lea fuit désavoner officicliement , elle a
voie publique: bien
encore la conduite qui avait été
blâmé la mission et
plus
de parler après le roi : son
tenne ; il ne nous est plus permis
désaven suffit, connaissant ni vos . désirs, ni vos besoins , ni
Sa majesté ne
suite de la révolution 9
tous les changemens survenus par
à vos
nous a donné des pouvoiis très-étendus pour répondre cette
demandes, et faire tout: ce qui peut empêcher que
encore le théâtre de nouvelles guerres.
colonie ne devienne
ct
Cen'est pas le désir de se rattacher un pays ravagé
intestines, qui a dicté la démarche
divisé par les guerres
qu'eile fail aujourdhui; c'est un perequi,après
paternelle abandonné de ses enians,, leur tend une main seavoir été
dans lequel 'la plus tercourable pour les tirer du précipice
à
dcs révolutions les a jetés. Ll donne dans ce moment
rible
de modération etde
Y'Europe, au monde entier, uun exemple
bonté quisera recueilli par Phistoire.
avoir fait le
La France, fatiguée de ses victoires, après
a
maiheureux ctimpradent essai de tous les gouvernemens,
bonheur etl'espérance sous des princes qui, penretrouvéle huit siècles , lui avaient fait tenir le premicr
dant plus de
une gloire sans rerang en Europe, et lui avaient acquis
de soutenir le
ambition que
proche, Nous n'avons,d'antre
et manufaclégitime, que de rester agricoles
gouvernement!
surl Pavenir, chacun se livre aujourturiers. Sans inquiétude
le même bonheur vous est
d'hui en paix à son industrie,
Placés sur un volcan,
offert, et c'est le but de notre mission.
vos maisons
n'osez rien
rien réparer;
vous
entreprendre, sont incultes, vos campagnes
sont en ruines 2 vos champs
malheurs qui peuvent
sontdésertes. Toujours jnquiets des
qu'à vous défondre SuI vous le lendemain, vous ne songez détruire vousfendre, el vOs torches sont prétes à vous
mêmes.
viennent l'olivier à la main vous
Ceux que vous redoutez, roi qui nous envoie, ne veut
offrirlasécurité et le repos.Le
les conserver; ; il
mêmo choisir les moyens de vous
pas --- Page 205 ---
a
craindrait encore de se tromper; c'est lui qui vous consulte
sur ce qui pourrait vous les rendre. Parlez, et bientôt vous
verrezjuspt'on peut aller la boulé du roi, sa modération,
sa justics et son amour pour ses peuples. Passurance de notre considératiou dis:
Recevez, général,
tiuguée. Lcs commissaires du roi,
Le vicomte de FONTANGES. ESMANGART. P. S. Vous aurez sûrement reçu, général, la copie de
l'ordonnance du roi qui nous nomme ses commissaires à
Saint-Domingue.
ce qui pourrait vous les rendre. Parlez, et bientôt vous
verrezjuspt'on peut aller la boulé du roi, sa modération,
sa justics et son amour pour ses peuples. Passurance de notre considératiou dis:
Recevez, général,
tiuguée. Lcs commissaires du roi,
Le vicomte de FONTANGES. ESMANGART. P. S. Vous aurez sûrement reçu, général, la copie de
l'ordonnance du roi qui nous nomme ses commissaires à
Saint-Domingue. Nous vousPavons adressée par notre lettre
du 7.de ce mois 2 nous croyons devoir vous rappeler qu'é. le lendemain pour nous rendre au nord, vous ne
tant partis
nous en avez pas accusé la réception. LETTRE VII. Copie de la lettre écrile par MM. les commissaires du roi,
au genéral Christophe. En mer, à bord de la frégate du roi, la Flore, en vue
des Gonaives, ce 12 octobre 1816. GÉNÉRAL,
vingt-cing ans de troubles et dec discordes civiles, de
Après de combats, la France, rendue à elle-mênie, a reguerres, trouvé le repos en se jetant dans les bras de son roi. Depuis
elle
les maux que ces temps de désordre
ce moment, répare
la bonté du roi fait
lui ont attirés, et que chaque jour
oublier. l'exercice de' ses droits, a bien
Sa majesté, en reprenant
dans l'intérêt
senti dans sa profonde sagesse, qu'iln'était pas
de son peuple de rétablir tout ce qui avait élé détruit par la
--- Page 206 ---
194. révolution; ; elle a voulu au contraire que toutes les passions
fussent contenues; elle a exigé de ses plus fidèles serviteurs
de nouveaux sacrifices, dont la première elle a donné
l'exemple ; elle a consolidé par sa volonté royale, les chanqu'elle a crus être la suite du désir national: chacun
gemens aujourd'hui surlavenir de ses enfans; a vu changer
tranquille
être
et s'emen certitude ce qui ne pouvait
que précaire,
dans les grades et les places que le roi lui a conservés,
presse
de bien servir un si bon prince. faire
Le bien que le roi a fait à la France , le roi veut le
C'est dans cette intention qu'il nous a
à Saint-Domingue. nous concerter avec les auordonné de nous y rendre, pour
fixer le sort
torités civiles et militaires, sur tout ce qui peut
dela colonie. Sa majesté a voulu que nous nous portassions au Port-aucentral et intermédiaire, afin de comPrince comme point
le
faire connaitre à tous,
muniquer avec le nord et sud, pour
ses intentions royales et paternelles. Revêtu du commandemient dans le nord, vous êtes plus
particulièrement: à même, général 7 d'éclairer le peuple sur
la vérité et les intentions du roi ; de faire disparaitre tous les
doutes
la malveillance, l'ambition particulière ou la cuque
chercher à répandre sur le but de notre
pidité pourraient
de toutes les
mission; de.dire 9 au nom du roi 2 aux citoyens
classes
la volonté de sa majesté, est que personne ne
7 que
tous les changemens qu'on se plait
perde à son retour ; que
volonté
à leur faire craindre, ne sont pas plus dans sa
que
ne veut faire passer ancune
dans l'intérêt général ; qu'elle
des
force dans un pays oà il se trouve déjà une armée,
génépublics et des sujets qui lui seront
raux, des fonctionnaires
en
fidèles ; et que la seule intention de sa majesté, envoyant
commissaires munis de ses pouvoirs, est de consolider et
des
l'être, sans manquér à ce qu'eile
légitimer tout ce qui peut
à la justice et à l'intérêt de
doit à la dignité de sa couronne, 2
ses peuples.
; qu'elle
des
force dans un pays oà il se trouve déjà une armée,
génépublics et des sujets qui lui seront
raux, des fonctionnaires
en
fidèles ; et que la seule intention de sa majesté, envoyant
commissaires munis de ses pouvoirs, est de consolider et
des
l'être, sans manquér à ce qu'eile
légitimer tout ce qui peut
à la justice et à l'intérêt de
doit à la dignité de sa couronne, 2
ses peuples. toutes les communications que
Nous attendrons, 2 général, , --- Page 207 ---
a
a
nous
et nous ne doutons pas un instant
vous pouvez
faire,
P'occasion de
que vous ne saisissiez avec empressement
si Soprouver à vos compatriotes, dans une circonstance
lenuclle, que vous voulez leur bonheur.
Nous croyons devoir joindre à notre lettre, 2 l'ordonnance
du roi qui nous envoie à Saint-Domingue; elle vous fera
connaitre mieux que nous pourrions vous écrire, combien
les intentions du roi sont bienfaisantes et paternelles.
Les commissaires du roi, le lieutenant, etc., etc.,etc.
Signe vicomte de FONTANGES.
ESMANGART.
wwv
LETTRE VIII.
ÉGALITÉ.
LIBERTÉ,
RÉPUBLIQUE D'HAITI.
Au Port-au-Prince, 25 octobre 1816,
an 13 de V'indépendance.
Pétion
d'Haiti, à MM. les commisAlexandre
, président
saires de.sa majesté très-chrétierne.
MESSIEURS,
J'ai P'honneur de vous accuser la réception de votre lettre
datée à bord de la frégate la Flore, le 23 de ce mois, del la
Christophe, en
copie de celleque vousavezadressée: augénéral
mer, le 12, ainsi que l'ordonnance de sa majesté très - chrétienne qui vous nomme ses commissaires, accompagnant
votre lettie du 7 à laquelle je n'ai pu répondre en raison de
votre absence.
Après des crimes épouvantables, commis pardes Français, crimes qui rougissent les pages de l'histoire, l'indépendance d'Haiti a été solennellement jurée sur les restes
les
encore fumans de nos infortunés compatriotes, par
13.
12, ainsi que l'ordonnance de sa majesté très - chrétienne qui vous nomme ses commissaires, accompagnant
votre lettie du 7 à laquelle je n'ai pu répondre en raison de
votre absence.
Après des crimes épouvantables, commis pardes Français, crimes qui rougissent les pages de l'histoire, l'indépendance d'Haiti a été solennellement jurée sur les restes
les
encore fumans de nos infortunés compatriotes, par
13. --- Page 208 ---
intrépides qui venaient de la conquérir. Ce serguerriers
ment sacré, prononcé, pour la première fois , par un peuple
indigné, n'a jamais cessé de retentir dans tous les coeurs;
chaque année il est. renouvelé avec un nonvol'eanthouiame;
il est le palladium del la libei té publique : le rétracter ou en
concevoir ia coupable pensée, serait un déshonneur et une
infamie dont aucun Haitien n'est capable; l'altérer serait
malheurs mérités ; nos lois nous le déattirer sur nous des
de
fendent impérieusement, et comme premier magistrat
la
sacrée de mes obligations est de le
le république, plus
Je
à la face du ciel et des hommes,
faire respecter. l'aijuré vain. Nous faire revenir sur cette
etje n'ai jamais juré en
sainte résolution est au-dessus de toutes forces humaines ;
la
nous nous croyons dignes de la conserver;
nous possédons,
tous. Eh
nous Penlever, il faudrait nous exterminer
pour bien ! sila chose était même possible 2 nous nous y déterminerions plutôt que de reculer.
Il nous eût éte permis dé penser que notre caractère peu
surtout en France où lon s'est habitué à nous juger
connu,
fait croire que nous ne
par l'esprit colonial , aurait peut-être
dc confance
nous tenions sur nos gardes, que par le manque
dans les garanties que Pon aurait pu nous offrir pour nous
et
employent avec nous des
tranquilliser sur l'avenir, qu'en
fanous être agréables - il serailplus
formes qui pourraient
le but
se serait
;
cile de nous ramener vers
qu'on
proposé Dauxion
aurait vu combien la mission du général
qu'on y'
effarouché les esprits, et qu'il ne nous est pas
Lavaisse avait
revêtue de l'authencité qu'ont
échappé qu'elle paraissait
SCS insordinairement les actes des gouvernemens , puisque
lui, étaient
tructions restées dans nos mnains 2 avouées par
de la signature du ministre de la marine. Vous me
revêtues
cette mission a été défaites T'honneur de me répéter que
J'en demeurc d'accord, et par consavouée par sa majesté.
de la nullité de tous les actes qu'elle a produits;je
séquent
n'en parlerai donc plus.
restauration sur letrône de France, sa majestéa
Depuis sa
puisque
lui, étaient
tructions restées dans nos mnains 2 avouées par
de la signature du ministre de la marine. Vous me
revêtues
cette mission a été défaites T'honneur de me répéter que
J'en demeurc d'accord, et par consavouée par sa majesté.
de la nullité de tous les actes qu'elle a produits;je
séquent
n'en parlerai donc plus.
restauration sur letrône de France, sa majestéa
Depuis sa --- Page 209 ---
A
d'officiel dans notre
eu sous lesyenx tout CC qui s'est passé de cette révolution ne
; aucune des époques
que
gouvernement;
ct elle aura dà se convaincre
saurait lui être étrangere,
autant qu'à notre propre
nous tenons à notre indépendauce
des malheurs qui
et
nous la séparions
existence; ; quoique
nous avons pu croire qu'elle
nous ont si long-temps affliges l'indépendance 7
de cette répneût tout fait en reconnaissant
d'autres actes peut-être
blique, comme elle a sanctionné n'en eàt été empèchée par
plus pénibles pour elle, si elle dans les esprits : car pressée
l'opposition qu'elle a rencontrée
honteux des Africains,
les puissances de renoncer au trafic
cinq ans,
par
réclanié la continuation, pour
elle en a cependant
elle-même que cette
1815, elle exprima
en 1814; lorsqu'en dans son coeur en rentrant en France;
rénonciation était déjà
les circonstauces: : à plus
mais qu'elle fut alors maitrisée par
aujourd'lui ce
ne démentirait-elle pas
forte raison, pourquoi
isolés voudraient exiger, et ce
que des intérêts entièrement
2 C'est ainsi quenous nous
qui coûterait tant de flots de sang
très-chrétienne ; il
Ics sentimens de sa majesté
représentons
d'être obligés de revenirs sur celte
nous en coûterait beaucoup
opinion.
de face dans le monde, ct s'est pour ainsi
Tout a changé
une période de
dire renouvelé par la révolution, pendant habitudes ct des occuvingt-cinq ans ; chacun s'est créé des
semble
satifaire à ses besoins ; la proscription
pations pour
qui n'existent encore
avoir frappé d'anciennes prétentions dont la plupart des prinque par des souvenirs passés 2 et
cipaux intéressés ne sont plus.
les hommes
La renaissance del'ordre et de la paix appelle
des
travail et à l'industrie ; les besoius toujours pressans
au
blessures à guérir. Les régonvernemens, ont de profondes
les campagnes
sultats de la guerre sont les mêmes partout;
retour de
désertes, les pays dévastés, tout languit, jusqu'su Ce prinla confiance qui ne peut s'établir simultanément. détruit
les
générale, et ne
pas
cipe est d'une application reccie daus son sciu, cn les
moyens que chaque contrée
besoius toujours pressans
au
blessures à guérir. Les régonvernemens, ont de profondes
les campagnes
sultats de la guerre sont les mêmes partout;
retour de
désertes, les pays dévastés, tout languit, jusqu'su Ce prinla confiance qui ne peut s'établir simultanément. détruit
les
générale, et ne
pas
cipe est d'une application reccie daus son sciu, cn les
moyens que chaque contrée --- Page 210 ---
198 -
utilisant. Il est de fait que. les nôtres ne peuvent l'être que
nous-mémes;il il faut donc, avec la paix, chercher des
par
travail, encourager les manufactures:
ressources, 2 activerle
et le commerce.
oi les trouver si ce n'est dans l'industrie
rétablisseCelui de France ne peut avoir aucu n intérêt au
ment de l'ancien ordrede choses ; il a besoin d'être alimenté,
recevoir de l'émulation et de faire des profits utiles pour
de
il ne demande pour agir qu'à être
lui et son gouvernement;il
afin de se livrer à toute
délivré des entraves qui le génent,
l'étendue de ses spéculations:
les mêmes avantages et
Les manufactures réclament aussi
s'aménécessaires, afin de s'entretenir et de
les débouchés
s'il
moins 7
liorer. Personne n'ignore que ce pays,
produit dans
consommations, , parce qu'il est
fait les plus grandes
des avantages de leur
l'esprit des Haitiens, qui tous jouissent
est en leur
le
d'aisance qu'il
travail, de se procurer plus
pouvoir.
avec franchise sur
C'est dans l'intention de vous répondre
vous me faites l'honneur de me dire, que vCS pouce que
T'excrcice de votre mission 2
voirs sont très-étendus pour
m'annoncez être toute. pacifique et désintéressée,
que vous
ce
ravagé et
et que ce n'est pas le désir de se rattacher pays
de
intestines qui a dicté la démarche
dévasté pardes guerres
entrer dans
cru devoir
sa majesté très - chrétienne, quej'ai
de récriminaquelques détails oà il ne règne aucuin esprit
raisonde ce qui peut être juste et
tion ni d'éloignement
avant toute chose, d'explinable, et cependant important,
quer.
se conciSilesintentions de sa majesté très-chrétienne êtes revêtus
et
les
dont vous
lient sur ce point, que pouvoirs et de modération, 2
se rapportent avec cet esprit de justice
le pur
alors oubliant tout motif particulier, et guidés par
sentiment de la vérité et le désir d'opérerlel bien, vous nous
libre et indépendant 2
regarderez comme un gouvernement
sur la volonté et
dont les institutions consolidées reposent l'admettre comme
lamour national. Vous n'hésiterez pas à
êtus
et
les
dont vous
lient sur ce point, que pouvoirs et de modération, 2
se rapportent avec cet esprit de justice
le pur
alors oubliant tout motif particulier, et guidés par
sentiment de la vérité et le désir d'opérerlel bien, vous nous
libre et indépendant 2
regarderez comme un gouvernement
sur la volonté et
dont les institutions consolidées reposent l'admettre comme
lamour national. Vous n'hésiterez pas à --- Page 211 ---
A
l, dans l'esprit de
entre nous; et entrant, par
base essentielle
dans le cercle de mes
nos lois, vous me mettrez à méme ,
vous sur tous les
devoirs, de pouvoir correspondre avec avantageux aux
poiuts qui pourraient être réciproquement
deux gouvernemens.
partant de France vous
Tout me porte à croire qu'en
admettre d'auétiez bien persuadés que nous ne pouvions retirerez le fruit le
; en le reconnaissant, vous
tres principes
et
à juste titre,
plus glorieux de votre mission, > estime acquerrez, et à notre considéles droits les plus mérités à notre
ration.
saluer avec les sentimessieurs, de vous
J'ai Phonneur, >
mens les plus distingués.
PÉTION.
A AM vsn
LETTRE IX.
Port-au-Prince, le 25 octobre 1816.
GÉNÉRAL,
entière confiance dans la
Nous sommes venus avec une
certains que tout
pays où vous commandez, 2 bien
n'avons à
ville etle
serait respecté. Nous
ce qui tient au droit des gens, de notre confiance, et c'est ce
cet égard qu'à nous applaudir
de ce qui se
à vous donner connaissance
et
qui nous engage
et les Mexicains qui sont ici,
passe, entre les Carthaginois
Les premiers embauchent
des matelots de notre équipage.
Lesplaintes
les autres à P'insurrection.
les matelots et portent
c'est porter remède, nous
nous arrivent à cet égard 7 et
y
Nous résûrs
de vous en donner connaissance.
sommes
1 que
nos hommes soient recherclamons votre autorité pour que soient rendus. Ce serait
chés par la police, et qu'ils nous
d'insister sur une
faire injure à votre gouvernemient autant que à la bonne police,
demande de cette nature, qui Lient
droits des gens que nous réclamons.
qu'aux --- Page 212 ---
Recevez, général, l'assurance de notre considération distinguée,
Les commissaires du roi ,
Le vicomte de FONTANGES,
ESMANGART.
LETTRE X.
LIBERTÉ,
ÉGALITÉ.
Au Port-au-Prince, le 26 octobre 1816,
an 13 de l'indépendance,
Alexandre Pétion 2 président d'Haiti, à MM. les commissaires de sa majesté très-cludtienne.
MESSIEURS,
J'ai reçu votre lettre du 25 du mois courant, par laquelle
vous vous plaignez de la conduite tenue par les Carthaginois
et les Mexicains qui sont ici, et les matelots de votre équipage. Ce n'est point en vain que vous réclanez l'autorité
du gouvernement, pour faire cesser ce désordre. Je viens de
donner les ordres Jcs plus précis au général commandant
l'arronlissement, non seulement pour empécher que vos
matelots soient embauchés sous aucun pavillon ; mais encore pour faire appuyer par la force les recherches que la
désertion pourrait occasioner.
Vous devez être persuadés, messieurs, que dans toutes les
circonstances VOUS trouverez la protection que vous pourrez
désirer, en ce qui concerne la police de votre équipage.
Recevez, messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.
Signé PETION.
MAM Man
ant
l'arronlissement, non seulement pour empécher que vos
matelots soient embauchés sous aucun pavillon ; mais encore pour faire appuyer par la force les recherches que la
désertion pourrait occasioner.
Vous devez être persuadés, messieurs, que dans toutes les
circonstances VOUS trouverez la protection que vous pourrez
désirer, en ce qui concerne la police de votre équipage.
Recevez, messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.
Signé PETION.
MAM Man --- Page 213 ---
A
LETTRE XI.
Port-au-Prince, le 30 octobre 1816.
GÉNÉRAL,
le
la lettre que vous nous avez fait
Nous avous reçu 27,
mois.
Phonneur de nous écrire, le 26 de ce
des réaca éprouvé
La France, comme Saint-Domingue, tour à tour vaintions. Les partis qui se sont succédés, cela arrive dans toutes
queurs et vaincus, ont exercé, comme
égalcciviles, des vengeances el des réprésaitles
les guerres
Mais aucun parti,
ment blâmables de part et d'autre.
le retour de sa majesté a fait cesser tous ces désordres,
quand
roi les fautes et les injustices du
n'a imaginé d'opposer an
de s'en faire un titre pour
parti, qui l'avait combattu; ; et
droits. Chacun au conméconnaitre l'autorité royale et ses
convaincu que
est demeuré
traire, instruit parl T'expérience,
mettre fin aux disla vérité seule etlal légitimité pouvaient
depuis
violentes, et à Loutes les ambitions qui,
sensions
avaient rendu la France si malheureuse.
vingt-cing ans 21
dans lintérêt d'un parti contre
Tout ce qui avait été fait
est demeuré comme
l'autre, les lois, les réglemens 2 tout
cela n'était que des mesures préserva- :
non avc nu 2 parce que
nécessaires contre le parti
trices, que les partis croyaient l'autorité souveraine et léqu'ils avaient à combattre. Mais
les inesures de
reprenant l'exercice de ses droits,
gitime,
ainsi dire de défensedes différens partis,
précautions et pour
tronvées abrogées par
devensicatinutiles;l leurs lois se sont
a
le fait: : iln'en est resté que ce que le roi, dans sa sagesse,
tout le reste a' cessé d'être obligatoire
cru devoir conservèr;
parce quel l'effet
ceux mêmcs qui les avaient jurées,
pour
avecla cause. Maintenir ces lois 7 ces réglemens
devait cesser
les dissensions civiles; c'eût
en vigueur, eût élé perpétucr
été commettre une hostilitéaprès la paix.
ans de
pourtant a bien senti que, vingt-cing
Sa majesté
sa sagesse,
tout le reste a' cessé d'être obligatoire
cru devoir conservèr;
parce quel l'effet
ceux mêmcs qui les avaient jurées,
pour
avecla cause. Maintenir ces lois 7 ces réglemens
devait cesser
les dissensions civiles; c'eût
en vigueur, eût élé perpétucr
été commettre une hostilitéaprès la paix.
ans de
pourtant a bien senti que, vingt-cing
Sa majesté --- Page 214 ---
les moeurs, les habitudes., même
révolution avaient changé
du peuple. Elle a légitimé tout cc qui pouvait
les pensées
donné des lois calculées sur notre caracTétre; elle nous a
rendu le
à toutes les
tère nouveau, et elle a ainsi
repos
familles. sollicitude du roi a été la même pour Saint-Domingue.
La
général, vous l'ont assez fait conNos lettres précédentes, faire
ce qui lui semblejuste
naitre ; mais le roi ne peut
que consulter leurs paset utile pour ses peuples. Il ne doit pas
le réseulement leurs besoins; et c'est ce qui
sions; mais
comme cela lui a
glera pour ce qu'il à à faire pour ce pays,
servid de règle pour la France.
du roi et le prix de la
Pour méconnaitre les bienfaits
vous
tout ce que
sanction royale, sans laquelle pourtant,
en
en honneurs,
avez acquis par la révolution 3 en droits, éternellement préfortunc, en biens, en dignités, 7 restera démontrerait au
un acte qui seul
caire , vous nous opposez abandonner à vous - mêmes ; parce
roi qu'il ne peut vous
laisserait dans le précipice
qu'en vous abandonnant, il vous
vous a jetés.
horrible dans lequel une grande imprudence les premières
Quand on lit de sang-froid et sans passion,
ont rede l'acte qui fait la base de vos institutions, de votre
pages
cet acte porte avec lui le germe
connait bientôt que
vous démontrer
destruction. Il nous suffira pour
suivans;
propre
citer sculement les irois articles
cette vérité, de vous
ils portent: :
38.
ARTICLE
que soit sa nation, ne pourra mettre
K Aucun blanc, quelle
à titre de maitre ou de pro-
( les pieds sur ce territoire,
( priétaire. >
39.
ARTIGLE
les blancs qui font partie de
Haitiens 7
( Sont reconnus
des fonctions civiles et ceux
< V'armée, ceux qui exercent à la publication de la consdans la république,
< qui étaient
décembre 1806, et nul autre, à l'avenir,
4 titution du 27
nation, ne pourra mettre
K Aucun blanc, quelle
à titre de maitre ou de pro-
( les pieds sur ce territoire,
( priétaire. >
39.
ARTIGLE
les blancs qui font partie de
Haitiens 7
( Sont reconnus
des fonctions civiles et ceux
< V'armée, ceux qui exercent à la publication de la consdans la république,
< qui étaient
décembre 1806, et nul autre, à l'avenir,
4 titution du 27 --- Page 215 ---
s
de la présente. révision. 2 ne pourra
( après la publication
de citoyen, ni acquérir de pro4 prétendre au même droit
K priété dans la république.
ARTICLE 44.
Indien et ceux issus de leur sang, nés des
< Tout Africain,
viendront résider dans la
( colonies ou pays étrangers, qui
mais ne
reconnus Haitiens
jouiront
( république, seront
une année de résidence.
< des droits decitoyens qu'après
manière bien plus
Vous rétablissez par ces articles, d'une
la différence
absolue que ne l'avait fait aucune ordonnance, s'efforçait de
depuis un demi-siècle',
que la philantrophie, couleurs. Vous commettez un acte
faire disparaitre entre les
faites scission avec elle,
d'hostilité envers lEurope; vous
réprésailles les
lui donnez le droit de confisquer par
vous
chez vous le nom d'Haitien, de
biens de tous ceux quiportent
droits
dont
du droit de succéder, et des
politiques
les priver
leur
et sans distinction.
ils jouissent dans toute
plénitude
d'exemple dans
Par une bizarrerie dont on ne trouve pas
après avoir combattu pendant
Thistoire des révolutions,
contraire," votre
vingt-cinq ans pour soutenir le principe
établit la distinction,
premier acte, votre loi fondamentale voulu détruire. Si l'Europe
prix de votre sang que vous avez serait loin de croire à votre
vous jugeait par vos lois, elle
avons fait l'épreuve,
cette urbanité dont nous
gouvernement, nous faisons un devoir de rendre compte.
et dont nous
à toutes les nations civilisés pour
En effet, vous renoncez
seules habiles à former soadopter exclusivement, comme
barbaresques (1)
ciétés avec vous, d'une part les puissances
ensuite
dont l'Europe réclame en ce moment la répression ;
les barbaresqués sont Africains, et
(I) C'est seulement parce que
du monde, ont un libre
que les individus originaires de cette partie MM. les commissaires du roi
accès à Haiti, suivant la constitution, que
decetterépufaire cette citation au préjudice
ont cru qu'ils) pouvaient
iles à former soadopter exclusivement, comme
barbaresques (1)
ciétés avec vous, d'une part les puissances
ensuite
dont l'Europe réclame en ce moment la répression ;
les barbaresqués sont Africains, et
(I) C'est seulement parce que
du monde, ont un libre
que les individus originaires de cette partie MM. les commissaires du roi
accès à Haiti, suivant la constitution, que
decetterépufaire cette citation au préjudice
ont cru qu'ils) pouvaient --- Page 216 ---
les nations chez lesquelles le mot de civilisation n'a pas
Les
qui ne sont pas
même encore péinétré.
philanthropes
de la proscription que vous prononcez
non plus exempts
récrieraient néanmoins contre les
contre la couleur, se
d'exercer,
réprésailles que l'Europe pourrait se permettre
votre constitution : Le principe
on pourra leur répondre par
de vous
aura été établi par vous. Quel droit aurez-vous
plaindre?
chose que vous demandez
Tel est cependant, général, 7 la
de vouloir bien reconnaitre. Le peut-il sans manquer
au roi
doit à lui-méme, à ce qu'il doità ses peuples, à,ce
à ce qu'ilse
le peut-il même dans votre
qu'il doit aux autres puissances;
propre intérêt?
le
Il est dans le coeur du roi 2 nous vous répétons, général, la
de faire pour ce pays tout ce qui est compatible avec
de
et l'intérêt de ses peuples. Il ne veut
dignité sa couronne
solide le bonheur des
que ce qui peut fixer d'une manière
avons dehabitans actuels de Saint-Domingue. Nous vous
l'assurer,
mandé de nous indiquer les moyens quipourraient
nous vous le demandons encore.
les observations que
Jugez vous-mnème, général, 7 d'après
nous venons de vous faire, si ce que vous nous indiquerez
peut atteindre le but que le roi se propose.
des
comme il est pour les peuples
Vous n'iguorez pas que
aussi
les rois des
devoirs à remplir envers les. rois, il est
pour
à remplir envers les peuples. Les rois ne peuvent
obligations
même dans leurs erreurs, ni dans leurs
les abandonner 2
est
infortunes. Plus le danger rdans lequel ils se sont précipités
ils doivent s'empresser de venir à leur secours.
grand, plus
roi ne l'a jamais fait, vient de
Sa majesté, plus qu'aucun
Les Haitiens auraient bien pu leur répondre que lorsque les
blique.
en
avec les nations de
puissances barbaresques ne sont pas guerre de
comme lcs
PEuropc, illeur est permis d'entrer dansi nos ports mer,
autres étrangers, etaux mémesconditions.
a
Plus le danger rdans lequel ils se sont précipités
ils doivent s'empresser de venir à leur secours.
grand, plus
roi ne l'a jamais fait, vient de
Sa majesté, plus qu'aucun
Les Haitiens auraient bien pu leur répondre que lorsque les
blique.
en
avec les nations de
puissances barbaresques ne sont pas guerre de
comme lcs
PEuropc, illeur est permis d'entrer dansi nos ports mer,
autres étrangers, etaux mémesconditions.
a --- Page 217 ---
A
de cette sollicitude padonner au monde enticr une preuve
en France 7 lui
ternelle qui aurait di dans ce pays, comme
ramener tous les cocurs.
investis de sa confiance, nous
Quant à nous qui sommes
davantage
convaincus que ce scrait vous plonger
sommes
ct abuser de nos pouvoirs, que de prendre
dans le précipice
à ce que vous nous desur nous dé consentir sans restriction
chez vous parlent
mandez dans ce moment, oi les passions
encore si haut.
des récriminations aux reNous ne répondrons pas par
Sans doute la France a
vous faites à la France.
proches que
elle a surtout été bien coupable
commis de grandes erreurs, les nations en effervescence,
envers son roi. Comme toutes excès. Ses erreurs, 2 ses fautes 2
elle a étél le théàtre de grands
l'histoire, dans une
ses crimes mêmes seront cachés, pour
forêt de lauriers.
nous puEnfin Dieu a brisé la verge qu'il a envoyée pour
sonnotre
nos princes légitimes, ne
nir ; il nous a rendu
roi,
geons plus qu'à réparer!
heureux pour vous conSi nous ne sommes pas assez
entourent,
vaincre, général, ainsi que les autorités quivous mis dans
de n'avoir pas
nous n'aurons pas à nous reprocher trouve dans le coeur du
cette exécution la modération qui se
enfans
il s'agit de ramener dans ses bras des
que
roi, quand
théories en ont arrachés.
de fausses et bien trompeuses
disl'assurance de notre considération
Recevez, général, 2
tinguée.
Les commissaires du roi,
Le vicomte de FONTANGES,
ESMANGART.
ainsi que les autorités quivous mis dans
de n'avoir pas
nous n'aurons pas à nous reprocher trouve dans le coeur du
cette exécution la modération qui se
enfans
il s'agit de ramener dans ses bras des
que
roi, quand
théories en ont arrachés.
de fausses et bien trompeuses
disl'assurance de notre considération
Recevez, général, 2
tinguée.
Les commissaires du roi,
Le vicomte de FONTANGES,
ESMANGART. --- Page 218 ---
LETTRE XII.
ÉGALITÉ.
LIBERTÉ,
L
RÉPUBLIQUE D'HAITI.
Au Port-au-Peinee, le 2 norembre 1816,
an 13del l'independance.
'Haiti, à MM. les commisAlerandre Pétion, président
saires de sa majesté très-chrétienne.
MESSIEURS,
vous m'avez fait T'honneur de m'éJ'ai reçu la lettre que
crire, le. 30 expiré.
neuvième siècle de produire des
Il appartenait au dix
il lui élait aussi réservé d'arraévénemens extraordinaires, la portion la plus malheucher le bandeau qui empécbait
de découvrir dans la
des homnes,
reuse et la plus opprimée
droits
et
grande charte de In nature, ses
imprescriptibles, C'est lesdans la création.
lobjet que Dieu s'était proposé la France a fuit se succéder
prit dominateur des partis que
i'arche. sainte de
tour à tour dans cetle belle contrée, que
et
d'Haiti s'est élevie du sein de Poppression
T'indépendance
de la maintenir, nous ét:ons tous
de linjustice ; en jurant affecterait l'autorité du roi de
aussi loin de penser qu'elle
s'il triomphait un jour des
France, que de l'idée de prévoir.
des titres que nos
Français, qu'il ferait valo'r contre nous
invoque,
ont détruits : titres inutiles que Ja politique
armes
bin moins néurssaires à la dignité
que la raison répiouve.
d'autres priviléges que les
de sa couronne que beuucoup abandonner, sans douts par des
circonstancrs lui ont fait
nous
Nous pouvons ajouter encore qu'en
motifs pulssans.
méconnus, nous ne nous sonimes
ressais.ssant de nos droits
heureux d'avoir
occupés que de notre propre sécurité;
nous
invoque,
ont détruits : titres inutiles que Ja politique
armes
bin moins néurssaires à la dignité
que la raison répiouve.
d'autres priviléges que les
de sa couronne que beuucoup abandonner, sans douts par des
circonstancrs lui ont fait
nous
Nous pouvons ajouter encore qu'en
motifs pulssans.
méconnus, nous ne nous sonimes
ressais.ssant de nos droits
heureux d'avoir
occupés que de notre propre sécurité; --- Page 219 ---
affreux, nous n'avons désiré que de
secoué le joug le plus
du monde ; et puisque les
pouvoir jouirau milieu de la paix
si nous ne les
ressources de notre pays seraient illusoires, 2
nos bras, et que nous pouvons les employer
faisionsvaloir par
celle del l'esprit de famille qui nous
sans aucune influence que coupables aux yeux d'une pounit ; nous pourrions paraitre nous ne le serions pas au tribunal
litique intéressée , lorsque
el de l'équité qui légitiment nos droits.
dela justice
craint d'étre observés, et loin de
Nous n'avons jamais
surtout si ces observaperdre, nous ne pouvons que gagner,
C'est peut-étre
tions sont faites de sang-froid et sans passion.
aussi
dans une cause
la raison qui nous a rendus impassibles faits de nous-mémes; et
délicate, parce que nous nous sommes
avons établi
c'est dansun sentiment] bienréfléchi quenous
que
de la volonté
notre pacte social , qui est l'exacte expression
nationale.
les articles 38, 39 et 44 de
En me mettant sous les yeux
le
et vous
institutions, vous semblez nous jeter gant
nos
présente, pour faire d'une cause paréloigner de la question
toutes les puissances de
ticutière une cause générale avec
sont si clairl'Europe. Cet appel à des gouvernemens qui de la même
serait bien tardif; ; carils n'ont pas jugé
voyans,
d'hostilité envers
manière, ce que vous appelez une marque dans l'acte de notre
eux. Ces articles se trouvent exprimés dans la constitution
indépendance, dans ceux qui l'ont suivi,
décembre 1806 ; ils ont reçu une explication plus
du 27
39 dela révision, qui n'est que le même
étendue parlarticle article de la constitution; ; ils n'ont jamais cessé
sens du 27€
n'ont
but
notre garantie, qui
d'être en vigueur, et
pour
que
franne peut nous être disputée que par le gouvernement les autres
çais, comme vous le faites aujourdhui, lorsque
n'y ont aucun intérêt, et qu'elles ont eu des rappuissances
Vous devez vous en convaincre
ports constans avec nous.
des Etats-Unis d'Amépar la présence d'un agent accrédité
étrangers qui
rique près la république, par les bâtimens
n'ont
but
notre garantie, qui
d'être en vigueur, et
pour
que
franne peut nous être disputée que par le gouvernement les autres
çais, comme vous le faites aujourdhui, lorsque
n'y ont aucun intérêt, et qu'elles ont eu des rappuissances
Vous devez vous en convaincre
ports constans avec nous.
des Etats-Unis d'Amépar la présence d'un agent accrédité
étrangers qui
rique près la république, par les bâtimens --- Page 220 ---
oi ils sont admis comme les nôtreslc
sont dans nos ports,
aurez di voir dans cette ville
sont dans les leurs; vous
et la proscripd'Européens faisant le commerce,
beaucoup. de couleur ne frappe sur aucun d'eux.
tion
d'avantages dans les relations comY a-t-il réciprocité
d'Baiti? La question , je
merciales entrel les étrangers et l'ile
Ie
sous rapport
est résolue. Y a-t-il incompatibilité
serait
pense 7
des droits des citoyens? la réponse ne
des propriétés,
pas difficile.
la
de notre cause, sur la
Nous nous reposons sur justice
que PEurope
pureté de nos intentions; ; nous ne pensons voulons pas être libres et
s'arme contresnous, parce que nous
nous assurer de
sous la seule forme qui puisse
indépendans, 2
sont l'objet de notre adl'être, et que les philanthropes conduite qui
qu'ils nous auraient
miration, désapprouvent une Si de tout cela on pouvait
sans doute çonseillée cux-mêmes. il faudrait encore s'y rétirer des motifs d'extermination, dans les mains du maître
soudre, et, en mettant sa confiance lui de nouvelles forces
des maitres du monde, recevoir de
n'en 'avons pas
c'est notre parti, nous
pour se défendre;
d'autre.
vous nous faites au sujet des puissances
I'application que
dans la conduite que nous
trouve sa réponse
le
barbaresques,
et PAmérique , pendant
avons tenue entre l'Angleterre viennent de soutenir, où jamais
cours de la guerre qu'elles
de neutralité plus
n'a donné de preuves
aussi il n'a
gouvernenent
le droit des nations,
exacte et de respect pour
de leur part.
jamais élé question de répression
à aucun
avéré que l'on ne peut disputer
Il est de principe
lois. Louis XIV,
de se régir par ses' propres
du sein
gouvernement Pédit de Nantes, a exclu des Français
en révoquant
Aucune puissance ne s'est immiscée
même de la France.
ou moins, des
affaire, et toutcs ont profité, ? plus
dans cette
cette émigration.
avantages que leur a procurés
d'autres nations policées,
: la Chine, et chez
Au Japon,
ont interdit aux étrangers jusqu'à
des mesures de.précaution --- Page 221 ---
14 A
NV
l'entrée dans l'intérieur de leur pays; et nous voyons ceétabli, fleurir avec des peuples dont
pendant le commerce
la paix des autres nal'existence politique ne trouble pas
difficiles à
de cette nature ne seraient pas
tions ; les exemples
citer, si nous voulions tous les rapporter. dans le
De quelque manière que nos efforts soient jugés
de notre révolution, l'histoire ne pourra cacher que
cours
été sacrifiés et trompés , et que nos armes ontété
nous avons
aussi couronnées de quelques lauriers.
établi, fleurir avec des peuples dont
pendant le commerce
la paix des autres nal'existence politique ne trouble pas
difficiles à
de cette nature ne seraient pas
tions ; les exemples
citer, si nous voulions tous les rapporter. dans le
De quelque manière que nos efforts soient jugés
de notre révolution, l'histoire ne pourra cacher que
cours
été sacrifiés et trompés , et que nos armes ontété
nous avons
aussi couronnées de quelques lauriers. vous
n'ont pas la latitude nécessaire pour
Si vos pouvoirs
base
eu T'honneur de
permettre de traiter sur la
que j'ai
d'en
vous proposer, ou que vous ne jugiez pas convenable
dans cette circonstance, je dois vous prévenir que
faire usage
Jong-temps avec
je ne crois pas devoir correspondre plus
vous sur l'objet de votre mission. n'aurai
à me reQuelque événement qui résulte, je
pas
procher d'avoir négligé la plus petite occasion pour procurer
la paix et le bonheur à mes concitoyens, comme je me monde leur confiance, en faisant respecter
trerai toujours digne
dernier
leurs droits et leurs priviléges jusqu'à mon
soupir,
des principes que j'ai toujours professés. sans m'écarter
disde ma considération
Recevez, messieuts 7 l'assurance
tinguée. PÉTION. W www swe
LETTRE XIII. Port-au-Prince, le IO novembre 1816,
GÉNÉRAL,
Votre santé étant rétablie, nous allons vous transmettre la
réponse que votre maladie nous a fait retarder. Dans votre lettre du 2 de ce mois, 2 comme dans toutes yos
lettres précédentes, vous nous parlez encore des violences 2
des injustices que vous avez éprouvées. Nous nous sommes
le caractère pacifique dont nous sommes
abstenus, > d'après
revétus de faire aucun reproche que nous aurions pu opposer
--- Page 222 ---
vous faites à quelqués Français furieux. Nous
à ceux que
lafin dans cette modération. persisterons jusqu'à
l'usurpation 9
Vous convenez cependant, que pendant d'exercer ses
quand le roi se. trouvait dans limpossibilité de choisir un
vous êtes trouvés dans la nécessité
droits, 3 vous
l'indépendance étant de tous 7
mnode de gouvernement; que
de
avait été
celui qui semblait vous offrir le plus garantie, fait contre
choisi par la nation, mais que rien n'avait été
le roi. parfaitement dans ce que nous
Tout cela, général,rentre dire dans notre dernière lettre. avons eu Phonneur de vous
hostilité contre le roi ;
Jusqu'ici, vous n'avez commis aucune
les ennemis
vous avez prises l'ont été contre
les mesures que
vous avez forgée pour les
de sa couronne, c'est une arme que
servir légalement
combattre, dont vous ne pouviez vous l'exercice de ses
contre eux. Mais quand le roi reprend
que
les
déposent leurs armes; quand
droits, quand tous
partis de
sous ses lois, vous
se ranger
tous ses sujets s'empressent
servir de ce qui a été fait
seriez les seuls qui voudriez vous
le lui
des ennemis qui étaient les siens , pour
opposer! contre
serait vouloir élever une lutte nouvelle
Une telle entreprise
affecté et blessé
contre un pouvoir légal qui se trouversit mettre en rél'agresseur ; ce serait se
sans avoir provoqué droits du
comme souverain, sont
volte ouverte. Les
existe roi, entrc Jui et ses peuples
incontestables. Le contrat qui
ses droits enfin qui sont imprescriptibles
est indissoluble; détruits ni altérés en rien, parce qu'il en a
ne peuvent être
l'exercice.
ir élever une lutte nouvelle
Une telle entreprise
affecté et blessé
contre un pouvoir légal qui se trouversit mettre en rél'agresseur ; ce serait se
sans avoir provoqué droits du
comme souverain, sont
volte ouverte. Les
existe roi, entrc Jui et ses peuples
incontestables. Le contrat qui
ses droits enfin qui sont imprescriptibles
est indissoluble; détruits ni altérés en rien, parce qu'il en a
ne peuvent être
l'exercice. Ainsi tant que le roi
perdu momentanément Pétat de guerre deviendra permanent
n'aura pas prononcé,
la paix dont on ne pourra
et tout restera incertain jusqu'à
d'une vérité tellement
prévoir l'époque. Tout ceci est
plus
nous ne voulons pas nous étendre davantage
reconnue, que
dernière lettre nous vous avons
sur ce point. Si dans notre
notre seule
de certains articles de votr e constitution,
parlé
élé de vous faire remarquer ce que vous propointention a
indépendance,
siez au roi de reconnaitre, en consacrantvotre --- Page 223 ---
-
-AD -
A
2II
la loi fondamentale de vOs insétde vous démontrer que
desavec elle le germe de votre propre
titutions portait
truction.
de faire ce que
Il a étél loin de notre pensée assurément, étrangers; la
vous nommez un appel aux gouvernemens
de
se
de son roi, a éprouvé grands
France, en séparant
sont loin
malheurs ; mais son honneur, comme sa puissance,
déetle roi est par lui-méme assez fort pour
d'être perdus,
selon son bon plaisir et sa volonté, sans
fendre des droits,
appelerlappui d'aucune puissance. il faut avoir la certitude de pouPour être indépendant,
et
faire respecter son indépenvoir en tout temps par-tout assez de force pour pouvoir
dance ; il faut avoir en soi-même
de cenx qui
résister aux efforts, comme à l'ambition,
devenir jaloux de la prospérité que vous pourriez
peuvent
soi-même défendre ses sujets au
acquerir. Il faut pouvoir par
de vendehors comme au dedans, et étre dans la po-sibilité
Si l'état qui veut se déclarer indépendant,
ger une injure.
s'il est obligé de recoun'a pas ces moyens par lui-méme ,
il cesse
pour avoir son appui,
rir à une puissance étrangère
est à chaque
d'être indépendant, et son existence politique
instant compromise. quelle est la position de cette coloVoyons maintenant
la moindre prov.nce de
nie, plus faible en population que
vous
France. Vous fiant à votre courage et sur votre climat,
à affronter toutes les puissances de l'Europe, >
êtes exposés
soutenir une prétention qu'aucune
s'il est nécessaire, pour
Vous n'avez par vousraison aujourd'hui ne peut appuyer.
doit vous venir de
même aucune ressource de guerre ; tout
avec la
l'étranger, et si par la suite d'une guerre quelconque
indu dehors sont
puissance, vos communications
première le climat qui fait périr les hommes et tout ce
terrompues 2 entraîne de meurtrier après elle, détruirait vos
que la guerre
vous trouver au
armées. Le dénuement où vous pourrez
débout d'un certain temps, 1 sur ce point, vous rendra déjà
des étrangers. Vous ne l'êles pas moins par les
pendans
'étranger, et si par la suite d'une guerre quelconque
indu dehors sont
puissance, vos communications
première le climat qui fait périr les hommes et tout ce
terrompues 2 entraîne de meurtrier après elle, détruirait vos
que la guerre
vous trouver au
armées. Le dénuement où vous pourrez
débout d'un certain temps, 1 sur ce point, vous rendra déjà
des étrangers. Vous ne l'êles pas moins par les
pendans --- Page 224 ---
habitudes nouvelles vous ont donnés 7 dont
besoins que des
deviendrait même une soufla privation serait pénible et
Il est encore bien
france pour beaucoup d'entre vous.
le
où le roi prononcerait votre indépencertain que jour
dans la dépendance de tout le
dance, il vous laisserait
monde.
chacun avoue
Quant aux moyens de défense au dedans,
une
si vous étes menacés par
que vous n'en avez d'autres,
villes, vos récoltes; de
forceimposante, que d'incendier vos
et
dans les plaines la flamme et la destruction,
porter par-tout
femmes et vos enfans dans les
de vous retirer avec vos
la mort.
mornes oii vous vous défendrezj jusqu'à résolution; mais cela
Cela peut êtrela suite d'une grande Un peuple qui n'a
prouve aussi une grande impuissance.
que sa
d'autres ressources à opposer à celui qui Fattaque,
exister sans
d'un puisne
destruction., peut
Fappui
propre
Dans votre position actuelle, un simulacre
sant protecteur.
peat vous réduire àl la
d'attaque d'une puissance quelconque,)
démonsa
affreuse extrémité, , puisque dans la première
plus
armés des torches qui garnissent vos arsetration hostile,
puissans auxiliaires de vOs ennaux, vous devenez les plus
nemis. considère tous vos moyens, on s'aperçoit bientôt
Si Pon
encore moins se défendre au
peut
que votreindependance
n'avez, à deux coups de
dehors que sur votre sol : car vous
et de venger
de la faire respecter
canon, aucune possibilité faite à des sujets de cette république, 9
ane insulte qui serait
actuelle est dans une
ou votre pavillon, votre indépendance
se soutenir;
véritable chimère, une prétention qui ne peut
funeste
funeste à vous-même, et bien plus
quideviendraitt
les intérêts, et sile roi,
encore au peuple dont vous stipulez
cédait à ce vau infatigué de la résistance qu'il rencontre,
sensé, il ne serait bientôt que trop vengé.
la
général,
Vous exposaut avec une grande franchise,
situation de votre pays, notre seul but est de vous
veritable
doit être vos plus chers infaire ouvrir les yeux sur ce qui
qui ne peut
funeste
funeste à vous-même, et bien plus
quideviendraitt
les intérêts, et sile roi,
encore au peuple dont vous stipulez
cédait à ce vau infatigué de la résistance qu'il rencontre,
sensé, il ne serait bientôt que trop vengé.
la
général,
Vous exposaut avec une grande franchise,
situation de votre pays, notre seul but est de vous
veritable
doit être vos plus chers infaire ouvrir les yeux sur ce qui --- Page 225 ---
a
-
de
à soutenir sans nécessité, une
térêts. Iln n'ya pas gloire
on a
lutte dans laquelle un pen plus tôt O1 un peu plus tard, C'est
de succomber et de faire périr le peuplc.
la certitude
aussi contraire à Phumanité qu'elle
une témérité blâmable et
l'cst à la raison.
autaut qu'il
Au surplus, général, , voulant nous rapprocher ditcs-vous, 2
seule,
est en nous , de cette indépendance qui, allons vous faire
fixer le bonheur du peuple, nous
peut
des concessions que nous pourrions
connaitre quelques-unes
faire au nom du roi; ; les voici:
Art. ier. Il serait déclaré, au nom du roi, quel'esclavage
et
n'y serait jamais
est aboli à Saint - Domingue,
qu'il
rétabli.
les droits civils et politiques scraient acArt. 2. Que
en France et aux mêmes concordés à ses citoyens, comme
ditions.
l'armée serait maintenne sur le même pied
Art. 3. Que
Les oiticiers génériux, les
ou elle se trouve aujourd'hui. seraient confirmés par le
officiers supérieurs et particuliers,
des mêmes
roi dans leurs grades respectifs, et tousjouiraient les armées
honneur et distinction dont jouissent
traitemens, 1
du roi en Frauce.
de troupes euroArt. 4. Que le roi n'enverrait jamais de la colonie serait
péennes à Saint-Domingue, 1 la défense
des armées inditoujours confiée au courage et la fidélité
employées hors de la colonie.
gènes, qui ne seraient jamais
les sénateurs,
Art. 5. Le président de la république 2
leursprérogatives, et le sénat ses attributions.
conserveraient
administratives etjudiciaires,
Ilresterait, ainsiquelesatorités: sauf les modifications qu'il
provisoirement lels qu'ils sont, d'accord avec les comproposerait et arréterait lui-même,
de
à
missaires de sa majesté; et dans le cas changement serait
ils ne s'effectueraient que d'après le mode qui
l'avenir,
arrêté dans la révision de l'acte constitutionnel. arriver et
Arl. 6. Que les anciens colons ne pourraient lois 'et ré.
résider dans la colonic, qu'en se soumettant aux
'il
provisoirement lels qu'ils sont, d'accord avec les comproposerait et arréterait lui-même,
de
à
missaires de sa majesté; et dans le cas changement serait
ils ne s'effectueraient que d'après le mode qui
l'avenir,
arrêté dans la révision de l'acte constitutionnel. arriver et
Arl. 6. Que les anciens colons ne pourraient lois 'et ré.
résider dans la colonic, qu'en se soumettant aux --- Page 226 ---
seraient établis; notamment à ceux qni conglemens qui
et des droits civils.
cemnentléat des personnes
autorités actuelles, de
Art. 7 Qu'il serait fait; par les
sur. les
avec les commissaires du roi, un réglement
concert
afin def faire cesser les incertitudes , el empêcher
propriétés,
encore retarder le
que de nouveaux troubles ne viennent
rétablissement de la colonic.
le
actuel serait nommé gouverneur
Art. 8. Que président
général actuel de
général de la colonie; le commandant
serait nommé lieutenant général au gouyernement;
l'armée,
l'un et l'autre les pouvoirs qui se trouvent
ils conserveraient
sauf les modifications
aujourd'hui dans leurs attributions,
mais cela ne se
que l'état des choses pourraient commander; nommés à l'avenir parl le
ferait quesurl leur avis ; ils seraient
choisis par le
roi, sur la représentation de trois candidats
sénat.
continueraient à être ouverts a
Arl. 9. Que les ports
sont établies autoutes les puissances, aux conditions qui
les circonsjourd'hui pour les étrangers. Le sénat, suivant
du
tances et sur la demande du gouverneur représentant
roi, pourrait encore modifier les conditions.
ses bons oflices, auprès de sa e
Art. 10. Le roi emploirait
cette colonie et tous
sainteté, afin d'obtenir un évéché pour
spirituels qui doivent donner au peuple une plus
Jes secours
grande masse de consolation.
du roi s'étendraient au
Art. 11. Toules les concessions
nord, comme au sud et à l'ouest de la colonie.
l'année
serait revisé dans
Art. 12. L'acte constitutionnel
MM. les commispar le sénat, pour en faire, de concertavec
avec l'ordre
saires du roi 1 co-ordonner toutes les dispositions
bien
voudrait établir. Le roi serait supplié de vouloir
qu'on
cette révision faite, et le garantir pour lui
T'accepter après
et ses successeurs.
il serait démontré au monde
D'après de telles concessions ,
le roi a voulu vous
entier qne d'une indépendance fictive,
certaine et
réelle, et d'autant plus
donner unei indépendance
ordre
saires du roi 1 co-ordonner toutes les dispositions
bien
voudrait établir. Le roi serait supplié de vouloir
qu'on
cette révision faite, et le garantir pour lui
T'accepter après
et ses successeurs.
il serait démontré au monde
D'après de telles concessions ,
le roi a voulu vous
entier qne d'une indépendance fictive,
certaine et
réelle, et d'autant plus
donner unei indépendance --- Page 227 ---
M
a 3
n'offusquera personne ; qu'elle nc
plus durable, qu'elle
recevra au dehors une problessera aucun intérêt; qu'elle
indépenEn effet, est-il un peuple plus
tection puissante.
de ses génédant que celui qui a le choix dc ses magistrats, qu'elle ne sera
la certitude
raux, de ses fonctionnairessquial
et qui, pour
jamais employée pour un service extérieur, prince qui
a l'appui d'un grand
soutenir ses prérogatives,
de vingt-quatre millions
commande à une nation valeureuse de telles concessions, 2
d'hommes. Méconnaitre les avantages renoncerà la réalité.
cest.vouloir censerver la fiction, pour reconnaitre l'indéComment d'ailleurs le roi pourrait-il ennemis et deux
pendance d'un pays où deux pouvoirs
dont lun
entièrement opposés, ,
genres de gouvernement
succomber sous les
(les armes étant journalières) peut
aujourd'hui votre
effortside l'autre ? Le roi, en reconnaissant
etsi
reconnaitra parle fait votre république; suite
indépendance,
et votre résolution, , et par une
malgré votre courage
veniez à succomber, cette
très-ordinaire de la guerre vous
simulacre de morépublique serait aussi remplacée par un
et le roi, s'il
narchie horriblement despotique et absolue, la perte et
condescendre à vos voeux, aurait signé
avait pu
le malheur de ses sujets.
l'esprit qui
Nous espérons , général > que l'on appréciera suite du désir sincère
a dicté nos observations ; elles sont la
et heureuse, et
nous avons de voir cette colonie paisible
roi. Nous
qgue
ainsi l'un des veux les plus chers du
de combler
du trône, notre ministère pacontinuerons, , jusqu'au pied
juste que doive
le roi, quelque
cifique ; nous supplierons de laisser au peuple de cette coêtre son mécontcntement, qu'il puisse mûrir ces noulonie, le temps nécessaire pour
peut lui offrir
velles réflexions, et penser froidement ce qui
lui,
ou de ce que vous demandez pour
le plus d'avantages,
lui aecorder. Sa majesté qui
ou de ce que le roi voulait
comme elle les a reespérait retrouver dans ces contrées,
et
trouvés dans toutes les autres, des enfans reconnaissans si elle se
des sujets fidèles, sera bien péniblement affectée,
se mûrir ces noulonie, le temps nécessaire pour
peut lui offrir
velles réflexions, et penser froidement ce qui
lui,
ou de ce que vous demandez pour
le plus d'avantages,
lui aecorder. Sa majesté qui
ou de ce que le roi voulait
comme elle les a reespérait retrouver dans ces contrées,
et
trouvés dans toutes les autres, des enfans reconnaissans si elle se
des sujets fidèles, sera bien péniblement affectée, --- Page 228 ---
voit dans la nécessité de parler en roi , quand elle aurait
voulu parler en père.
Quant à nous, général, notre séjour dans ce
devenant
inutile et mémei
pays
inconvenant, nous allonsnous retirer,
vous nous aurez accusé réceplion de cette lettre. Nous dès que
remercions du bon accueil que vous nousavez
el vous
rendrons
fait, nousen
compte. Nous partons avec le sincère regret de
n'avoir pu réussir à faire ce qui pourrait rendre le bonheur
à cette colonie, et la paix aux familles. Si leur avenir n'est
pas si heureux qu'il pouvait l'étre, si quelqués malheurs
nouveaux viennent encore les désoler, on pourra en accuser
votre refus, votre résistance; mais jamais le ceur ni la justice du roi.
Recevez, général, l'assurance de notre considération distinguéc.
Les commissaires du roi.
Le vicomte de FONTANGES;
ESMANGART.
ww à W
LETTRE XIV.
LIBERTÉ.
ÉCALITÉ.
REPUBLIQUE D'HAITI.
Au Port-su-Prince,le: Io novembre 1816,
an 13del l'indépendance.
Alexandre Pétion 2 président d'Haiti, ia MM. les commissaires de sa mejeséirirchredizne.
MESSIEURS,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire sous cette date. J'ai observé le développement des
mêmes principes et des mémes idées que ceux énoncés dans
vOS communications, el qui ramenèrent au point de recon-
Au Port-su-Prince,le: Io novembre 1816,
an 13del l'indépendance.
Alexandre Pétion 2 président d'Haiti, ia MM. les commissaires de sa mejeséirirchredizne.
MESSIEURS,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire sous cette date. J'ai observé le développement des
mêmes principes et des mémes idées que ceux énoncés dans
vOS communications, el qui ramenèrent au point de recon- --- Page 229 ---
A
du roi de France sur cette ile. Je pense y
naitre la puissance
lettres ; et si les expresavoir répondu dans mes précédentes à la nation ( conformément
sions du serment que j'ai prété
gravées dans
pas aussi profondément
à nos lois ) n'étaient
me convaincre que
n'aurais qu'à les relire pour
mon âme, je
c'est la volonté nationale bien
j'ai fait mon devoir, et que
disant
vous ai énoncée en vous
qu'aucun
déterminée quej je
changement d'état n'était admissible.
vousVous paraissez., tout en le discutant, en convenir avons
etjustifier le choix du gouvernement que nous
mémes,
A la première époque oi, nous
adopté, pour notre garantie.
changées en France,
lavons consacré,les circonstances ayant
doivent aussiavoir changé pournous.
vous en inférez qu'elles
si le motif a été légitimé
Il serait plus juste de croire que
naturel de le reconil serait aussi plus
dans son principe,
.Parcet acte solennel de
naître aujourd'hui, que de le rejeter.
des
la volonté du roi de France, toutes les conséquences les préseraient détruites;
malheurs que vous entrevoyez
mixte de gouvercautions que vous prenez dans le système deviendraient inutiles ;
nement que vous nous proposez, de la république dans ses raprien n'altéreraitl la prospérité
franhouorablement calculés avec le gouvernement
ports
çais : toute méfiance cesserait.
le
d'Haiti l'a
En déclarant son indépendance 2 peuple
fait à l'univers entier, et non à la France en particulier;
decetteincbranlable
riennepourraj jamais le faire rétrograder
soitpar Vexpérience de ses malheurs passés,
résolution;ilsait,
encore 2 que sa garantie ne
soit par ses plaies qui saignent
il a mesuré toute
qu'en lui-même et sans partage ;
peutétre
a
se
la force et l'étendue de sa démarche, 9 puisqu'il préféré avoir
vouer à la mort, plutôt que de revenir sur ses pas, sans
l'intention de se mettre en état d'hostilité contre qui que
ce soit.
nation dont suis le chef et l'interC'est au nom de la
je
jamais sa
prète, que je vous ai parlé. Je ne compromettrai
aux
est de me conformer
souveraineté; et ma responsabilité
peutétre
a
se
la force et l'étendue de sa démarche, 9 puisqu'il préféré avoir
vouer à la mort, plutôt que de revenir sur ses pas, sans
l'intention de se mettre en état d'hostilité contre qui que
ce soit.
nation dont suis le chef et l'interC'est au nom de la
je
jamais sa
prète, que je vous ai parlé. Je ne compromettrai
aux
est de me conformer
souveraineté; et ma responsabilité --- Page 230 ---
bases du pacte social
veutétre libre et
qu'elle a établi. Le peuple d'Haiti
cause de mes refus, indépendant, de ma
je le veux avec lui, Voila la
tion; ; c'est la nation qui doit résistance pour changer d'instituEn m'annongant votre prononcer et non le chef.
satisfaction l'assurance de départ, je reçois, messieurs, avec
tré, pendant votre séjour votre dans la part, que vous avez rencenet les égards quivous sont dus. république; tout l'accueil
tinguée. Recevez, messieurs, l'assurance de ma considération disPÉTION.
M
Au reçu de cette lettre du citoyen
sident de la république
Pétion, présaires du roi
d'Haiti, MM. les commisdemeurérent
efforts nouveaux
persuadés que tous les
qu'ils venaient de qu'ils pourraient ajouter à ceux
faire, seraient inutiles
prouver au peuple et au
pour
publique, qu'ils étaient gouvernement dela répaysle sécurité dont il venus pour rendre à ce
état précaire
ne pouvait jouir dans un
T'être;.
; légitimer ce qui avait besoin de
reconnaitre les services et les
ceux qui avaient rétabli et
besoins de
la colonie. Ils
maintenu l'ordre dans
possible de
reconnurent aussi qu'il était impersuader aux
citoyens de cette
autorités,ainsi qu'aux
vaisse et Médina république, que Dauxion Lavoir du
n'avaient jamais eu aucun
roi, et que sa majesté n'avait eu
pousance de leur mission
connaisla voie
que par son résultat et par
désirdesen publique, et que ce n'était pas dans le
les
ratlacher un pays ravagé et divisé
guerres intestines, que le roi de France par
connurent aussi qu'il était impersuader aux
citoyens de cette
autorités,ainsi qu'aux
vaisse et Médina république, que Dauxion Lavoir du
n'avaient jamais eu aucun
roi, et que sa majesté n'avait eu
pousance de leur mission
connaisla voie
que par son résultat et par
désirdesen publique, et que ce n'était pas dans le
les
ratlacher un pays ravagé et divisé
guerres intestines, que le roi de France par --- Page 231 ---
e -
a
A
à -
que c'était un père qui,
faisait cette démarche; leur tendait une main
abandonné de ses enfans,1
où la plus
tirerdu précipice
sccouralble.pourles révolutions les avaient jetés, et
terrible des
à T'Europe et au
qu'il donnait, en agissant ainsi 2
et de
monde entier, un exemple de modération MM. les
bonté, qui sera recueilli par Phistoire. den'avoir pu
commissaires eurent aussi le chagrin
convaincre les Haitiens, que la France, fatiguéede et
après avoir fait le malheureux
ses, victoires,
avait
imprudent essai de tous les gouvernemens, la
enfin retrouvé lebonheur et Yespérance, et que
haitienne placée, sur un. volcan,
république
rien
réparer 5 quetoutes
n osait
entreprendre,rien
inses maisons étaient en raine, tous ses champs
désertes; que les art. 38,
cultes et ses campagnes
étaient. inconve39 et 44 de leur constitulion
avec
nans et contradictoires; et qu'ils portaient
le
de leur destruction; que la répueux germe renonçait à toutes les nations civiblique d'Haili
exclusivement, et
lisées de la terre pouradopter société, les
comme seules habiles à former
puisdont lEurope réclamait en
sances barbaresques
seuls, MM:les
ce moment la répression, et qu'eux
une
commissaires du roi, leur exposaient avec
la véritable situation de leur
grande franchise
s'étaient
pays, et que le seul but qu'ils
proposé,
étaient de leur faire ouvrir les yeux sur ce qui
devait être leurs plus chers intérêts, et qu'il n'y
avait pas de gloire à soutenir, sans nécessité, une
lutte dans laquelle Un peu plus tôt ou zn peu plus
resques
seuls, MM:les
ce moment la répression, et qu'eux
une
commissaires du roi, leur exposaient avec
la véritable situation de leur
grande franchise
s'étaient
pays, et que le seul but qu'ils
proposé,
étaient de leur faire ouvrir les yeux sur ce qui
devait être leurs plus chers intérêts, et qu'il n'y
avait pas de gloire à soutenir, sans nécessité, une
lutte dans laquelle Un peu plus tôt ou zn peu plus --- Page 232 ---
tard, on a la certitude de succomber et de faire
périr le peuple. Ce que voyant, MM. les commissaires du roi, après environ un mois et demi
de séjour à Haiti, mirent à la voile et quittérent cette république, sans y avoir laissé une
haute idée de leur logique, ni une grande estime
pour le ministère qui avait, chez la nation la plus
instruite, chez un peuple qui a le bonheur de
compter plus d'un Bignon parmi ses
fait choix de commissaires d'une diplomates 2
médiocrité
propre à exciter la compassion, et d'une réserve
méticuleuse qui aurait pu exciterle
de
de fourberie, s'ilsn'avaient
soupçon
pas eu l'insigne honneur de parlerau nom d'un Bourbon.
La frégate la Flore sur laquelle ces bonnes
étaient arrivés à Haiti, avait à peine mis à la voile, gens
que le citoyen Pétion fit afficher au Port-auPrince et dans les autres villes de la
la proclamation suivante, qu'il adressa république, au peuple
et à l'armée.
VM A
REPUBLIQUE D'HAITI.
LIBERTÉ,
ÉGALITÉ.
PROCLAMATION.
Alexandre Pction , président d'Haiti, , au peuple et it
l'armée.
C Le pavillon français a paru sur nos plages, et le roi de
France a envoyé des commissaires à Haiti.
( Dans quelle circonstance se sont-ils présentés? Au moment où nous allions consacrer l'édifice de nos lois! au mo-
république, au peuple
et à l'armée.
VM A
REPUBLIQUE D'HAITI.
LIBERTÉ,
ÉGALITÉ.
PROCLAMATION.
Alexandre Pction , président d'Haiti, , au peuple et it
l'armée.
C Le pavillon français a paru sur nos plages, et le roi de
France a envoyé des commissaires à Haiti.
( Dans quelle circonstance se sont-ils présentés? Au moment où nous allions consacrer l'édifice de nos lois! au mo- --- Page 233 ---
A
A
a
votre choix à les délendre!e c'est
ment oà j'étais appclé par de la nation la plus jalouse de
au milieu del Y'enthousiasme
de les compromettre: !
ses droits , qu'on a pu lui proposer
dont l'âme
il n'existe pas un Haitien
Pour quels avantages? consentir à revenir sur les pas que notre
soit assez tiède pour devoirs sont tracés, nous les puisons
gloire a franchis; nos
créés
aux autres hommes;
dans la nature ; elle nous a
égaux
concecontre lous ceux qui pourraient
nous les soutiendrons
Ils ne trouvevoir la coupable pensée de nous subjuguer. mélées de saug, de fer
raient sur cette terre que des cendres
et un climat vengeur.
dans celle Pa précédée,
* Dans cette occasion, comme
qui même respect
vous avez montré la même circonspection 2 le
des
Vous avez calculé votre force ; et en
pour le droit
gens.
vos
chers
le soin d'expliquer
plus
laissant à vos magistrats
qu'ils vous
intérêts, vous avez aitendu avec tranquillité
avaient fait pour vous : votre conéclairassent sur ce qu'ils
L'autorité repose sur votre
fance ne sera jamais trompée.
volonté, et votre volonté est d'être libres et indépendans; ;
donnerons cet exemple terrible à Puvous le serez, oul nous
sous les ruines de notre patrie 2
nivers 2 de nous ensevelir
même la plus moplutôt que de retourner à la servitude,
difiée.
entière se réunit à la voie de la phi-
( Quand VEurope
la trace du trafic le plus
lanthiopie, pour anéantir jusqu'à
deshonorant; quand les. nations les plus policées préparent
le
de l'émancipation géuérale de ceux qui
et méditent plan
avec dou-'
gémissent encore sous l'oppression ; nous voyons
leurles gouvernemens qui se piquent d'être les plus relicaresser des principes que la justice et Phumanité
gieux,
condamnent. votre
est dans vos armes; réservez les
< Haitiens,
garantie
contre tous ceux quitenteraient. de vous troubler, et profitez
votre travail des avantages que la terre la plus féconde
par
ne cesse de vous offrir.
avec
& J'ai ordonné l'impression de ma correspondance
émissent encore sous l'oppression ; nous voyons
leurles gouvernemens qui se piquent d'être les plus relicaresser des principes que la justice et Phumanité
gieux,
condamnent. votre
est dans vos armes; réservez les
< Haitiens,
garantie
contre tous ceux quitenteraient. de vous troubler, et profitez
votre travail des avantages que la terre la plus féconde
par
ne cesse de vous offrir.
avec
& J'ai ordonné l'impression de ma correspondance --- Page 234 ---
les commissaires du roi de France : elle sera mise sous vos
yeux. a J'ai fait mon devoir, et mon devoir est le vôtre.
au
national du Port-au-Prince, le 12 no-
< Donné palais
vembre 1816, an 13 de l'indépendance.
Pirio N.
D'après cette proclamation et la correspondance
précède, le lecteur peut se faire une idée du
qui
Aotieopnthe-kepestusere et delilberté,quiregne
dans la république d'Haiti, et du prix auquel. ses
intéressans et courageux ciloyens se proposent
dela vendre, si on T'attaquait.
les
de sa
le roi Christophel cIer,
: Dans états
majesté,
parmi tous les
régna, comme dans la république,
citoyens,lex même esprit national, le même amour
l'indépendance et la liberté, la même averpour
l'esclavage, et la même méfiance et la
sion pour
rattache.
même haine pour tout ce qui s'y
Sa majesté le roi Christophe s'étant trouvéjusoffensé de Tinconvenance du mode arrêté
tement MM. les commissaires du roi, pour correspar
avec lui relativement aux négociations
pondre
d'entamer (aoyes le no VIIIdela
qu'ils essayèrent
réponse à la lettre
correspondance), nefitaucune
lui
le vicomte deFontanges et M. Esmangart
adressèrentle que
12 octobre 1816, et dans laquelle ils
à
lequalifiaient
Cremiapmeniodchee:
de
il est
(1) Ils y traitent sa majesté géneral! cependant revétu d'un
bien roi: : il a un royaume, des sujets, et il est.
pouvoir dont il n'abuse pas !!!
réponse à la lettre
correspondance), nefitaucune
lui
le vicomte deFontanges et M. Esmangart
adressèrentle que
12 octobre 1816, et dans laquelle ils
à
lequalifiaient
Cremiapmeniodchee:
de
il est
(1) Ils y traitent sa majesté géneral! cependant revétu d'un
bien roi: : il a un royaume, des sujets, et il est.
pouvoir dont il n'abuse pas !!! --- Page 235 ---
a
déclaration pleine de force et d'énerpublier une
inutilede rapporter ici, et dams
gie, queje crois
enpropesempresions)
iagteleid-aeclareceretr
des souve-
( et]
en
precscsdatres-ilatd
proteste,
que quelles que soient
(( rains et deleurs peuples,
français pour indu
( les menaces gouvernementt quelles que soient ses ten-
( timider les Haitiens,
soitlegenre
les subjuguer, quel que
(( tatives pour
compte pouvoir
et les moyens qu'il
(( d'attaque
arriver à ce but, rien
5 mettre en usage pour seul instant leur résoluébranler un
< ne pourra sienne : dût le monde entier conspirer
K tion et la
le dernier des Haitiens
( à leur extermination, dernier soupir, avant de cesser
( poussera son
>
( d'être libre et indépendant. wicomte de Fontanges,
La mission dont les sieurs
était toute paEsmangart, etc., furent chargés,
cilique, jele crois, et cela d'autant plusfacilement, d'enalors, n'était guère en état
que la France, forces nécessaires pour faire la
voyer à Haiti les ile. Si cette mission était paciconquête de cette
dont MM. les commissaires
fique, les instructions
leur recommandant
étaient porteurs devaient, en
toute la modération etla douceuriadispeuahles défendre,
dans ces sortes de négociations; leur
dans leurs entretiéns comme dans leur corresponde mettre rien qui eûtle ton de la menace,
dance,
semblable, est touqui, dans une circonstance effet. Si les instructions de
jours du plus mauvais
commej je
MM. les commissaires leur ordonnaient, des
n'en doute pas, de porter aux Haitiens
paroles
ant
étaient porteurs devaient, en
toute la modération etla douceuriadispeuahles défendre,
dans ces sortes de négociations; leur
dans leurs entretiéns comme dans leur corresponde mettre rien qui eûtle ton de la menace,
dance,
semblable, est touqui, dans une circonstance effet. Si les instructions de
jours du plus mauvais
commej je
MM. les commissaires leur ordonnaient, des
n'en doute pas, de porter aux Haitiens
paroles --- Page 236 ---
depaix etde concorde,q ampireadanchawearie
minésàl leurdire(voyes leno XIIIde la correspondance) que (( tant que le roi n'aura pas] prononcé,
de
deviendra
et tout
(
Tétat
guerre
permanent,
la paix, dont on ne
( restera incertain jusqu'à
mo-
> Dans quel
( pourra plus prévoir Tépoque!
adresser aux
ment les commissaires sont-ils venus
ont jeté
paisibles Haîtiens ces paroles fatales, qui
dansl le coeur de tous les habitans de cette ile Faméfiance? C'est
dans le
larme et la
précisément sécurité à
temps où chacun d'eux se livrait avec
et aux arts. Ce ton
Tagriculture, au commerce dans la bouche de ceux qui
étaitau moins déplacé
s'étaient chargés de faire contraster la politique
d'un roi tout débonnaire avec celle du conquérant
dontle général Leclerc ne sut imiter que l'intrépidité.
Tépoque qui sera témoin
Vous ne prévoyez pas
MM: les commisaires/Les
de la paix, dites-vous,
verrait
Haitiens vous ont répondu que le jour qui
de
ledernierd'entre eux, serait témoin
exterminerl la fin de cette lutte terrible et sanglante que vous
cette mission que vous
leur annoncez, par doute
la mansuétude
nommez pacifique; sans
que
s'était réfugiéeaufond
quimanquait à vOS paroles,
à
de vos âmes, et vous vous en êtes autorisés qualifier bénignement votre ambassade.
à Haiti
Les pouvoirs dont MM. les commissaires
tres-itendus,neleury perétaient munis, quoique de faire entre un roi et
mettaient pas, jimagine,
d'un bienfaiteur et
un pére, Yaffreuse différence
:
z, par doute
la mansuétude
nommez pacifique; sans
que
s'était réfugiéeaufond
quimanquait à vOS paroles,
à
de vos âmes, et vous vous en êtes autorisés qualifier bénignement votre ambassade.
à Haiti
Les pouvoirs dont MM. les commissaires
tres-itendus,neleury perétaient munis, quoique de faire entre un roi et
mettaient pas, jimagine,
d'un bienfaiteur et
un pére, Yaffreuse différence
: --- Page 237 ---
L4R
JM
did'un instrument de vengeance. (( Sa majesté,
le no XIV de la correspondance),
( sent-ils(voyez
affectée; si elle se voit
( sera bien péniblement
clle
dans la nécessité de parler en roi, quand
K
voulu parler en père. > Hâtons-nous de
u'a aurait
ôter tout Yodieux que
dire, et c'est la vérité, pour
donnèrent à
de MM. les commissaires
ces paroles
des Haitiens, que c'est toula royauté aux yeux
monarques
jours en s'exprimant en père, queles cette vérité est
conatitutionaelspardent en rois. Oui,
consolante et trop favorable à Fhumanité,
trop
lon puisse la révoquer en doute, quoi
pour que
dire MM. les commissaires près la
qu'en puisse
répablique d'Haiti.
Quant aux concessions que le gouvemnement
disposéàa accorderaux Haitiens;
français paraîtrait
du roi étaient poret dont MM. les commissaires attentivement et compateurs, en les considérant
rativement à l'état de liberté et d'indépendance
les habitans d'Haiti, l'on ne peut
dont jouissent
échangeraient
se dissimuler qu'en les acceptant,ils Ils les ont refula chose même pour son ombre.
les fleuves
sées,cela élait tout simplexleméme que
Orles
les révoluitions ont un cours
et
rivières,
et un but auquel elles tendonné par la nature,
leur
dent également, et qu'on ne peut
sansdoute empécher
d'aticindre: uneforce accidentelle peut
de
détourner
cours
ou
momentanémnenile
arrêter
bien loin de
l'un ct delautre; mais cet obstacle,
des
ne fera au contraire,
les faire rétrograder,
des torrens
fleuves comme des révolutions, que 15
o
uitions ont un cours
et
rivières,
et un but auquel elles tendonné par la nature,
leur
dent également, et qu'on ne peut
sansdoute empécher
d'aticindre: uneforce accidentelle peut
de
détourner
cours
ou
momentanémnenile
arrêter
bien loin de
l'un ct delautre; mais cet obstacle,
des
ne fera au contraire,
les faire rétrograder,
des torrens
fleuves comme des révolutions, que 15
o --- Page 238 ---
par-tout Tépouvante et
dévastateurs quiporteront contrarier la nature
la désolation. L'on ne peut
les fleuves, dès
dans ses oeuvres : de même que dans la mer, les
leur source, tendent à se jeter tendent à la liberté.
peuples; dès leur naissance,
les
Nul.obstacle au monde ne peut empécher n'est
d'arriver à la mer. Rien sur la terre
fleuves
les
n'arricapable des'opposer à ce que
peuples sont éterà
3 ces vérités
vent Tindépendance
nelles et immuables. MM. les commissaires du roi
Je dois dire ici que
lorsqu'ils ont cru anmépris,
se sont étrangement chose agréable et favorable
noncer, comme une
le roi de France
aux Haitiens, ( que sa majesté afin d'obtenir un évêavec le pape,
( s'entendait
et tous les secours
< ché pour Saint-Domingue, doivent donner au peuple une
( spirituels qai
de consolation. ) Il est bien
masse
( plus grande Haîtiens étaient forcés de renoncer
vrai que si les
et qu'ils ont achetée
à la liberté dont ils jouissent, auraient besoin d'une
del leur sang, qu'ils
au prix
de consolation, et que la relibien grande masse
pourrait leur être d'un grand secours,jen'en les Haigion nullement; mais je doute fort que
doute
d'un bon oeil et avec satisfaction
tiens verraient
spirituels qui pourarriver d'Europe des secours
suspects, que
d'autant plus
raient leur paraitre dans le monde que les prêtres
personne n'ignore
et chérissent pour
du cultc de Christ, quiaiment
sontles eneux seuls la liberté et Tindépendance, la liberté des peuples,
de
nemis les plus prononeés
'en les Haigion nullement; mais je doute fort que
doute
d'un bon oeil et avec satisfaction
tiens verraient
spirituels qui pourarriver d'Europe des secours
suspects, que
d'autant plus
raient leur paraitre dans le monde que les prêtres
personne n'ignore
et chérissent pour
du cultc de Christ, quiaiment
sontles eneux seuls la liberté et Tindépendance, la liberté des peuples,
de
nemis les plus prononeés --- Page 239 ---
a
à
-
surlesquels ils cherchent vainement en Europe à
conserver une prépondérance qu'ils ont perdue
pour jamais, et que leur défendentleurs dogmes,
et leur morale, vraiment divine, qu'ils n'observent
long-temps. Cette morale condamne
plus l'ambition, depuis et ils en sont pétris; elle ordonne la
simplicité, Phumilité et l'abandon des richesses, et
par-tout on les voit vains, orgueilleux et
presque altérés d'or... Leurs avocats à la chambre des députés demandaient en 1816, pour notre clergé,
déjà gratifié de dix-sept millions, une augmentation de plus du double, et les prêtres lesplus opulens n'ont pas désavoué ce zèle inopportun, quoiqu'ils aientapprispar M. Beugnot qued'autres misères reclamaient de plus indispensables secours; :
des Français de l'est expiraient de douleur et
que
là des villes abandonnées et
de faim; qu'ilyavait
réfugiait dans des
des willagesen cendres;qu'on Sy
cavernes, ctc., etc., etc. Cet état déplorable frapnon-seulement du Haut et Baspait des habitans,
Rhin, mais encore dela Meuse, et une partie dela
de la Haute-Marne. On signalait la mipopulation sère à la gendarmerie, et les malheureux étaient
astreints à porter ostensiblement une plaque qui
les désignaient aux méfiances de l'égoisme. Ii ne
parait pas que tous les prêtres aient partagé avec
eux une partie de leur aisance, quoiqu'ils fussent
bien, ces infortunés, de wrais membres de JésusChrist; car. l'excuse de la plus profonde détresse
fit acquitter en juillet 1817, parla cour d'assisesdu
Bas-Rhin, une infanticide : la nommée Salomé
15.
ensiblement une plaque qui
les désignaient aux méfiances de l'égoisme. Ii ne
parait pas que tous les prêtres aient partagé avec
eux une partie de leur aisance, quoiqu'ils fussent
bien, ces infortunés, de wrais membres de JésusChrist; car. l'excuse de la plus profonde détresse
fit acquitter en juillet 1817, parla cour d'assisesdu
Bas-Rhin, une infanticide : la nommée Salomé
15. --- Page 240 ---
son fils chrétien, âgé de 15mois,
Guth avait égorgé
cuisse dans une marmite
et mis une partie de sa
parla main
pleine d'eau, tandis que le pére, tenant
hors de son
épuisé
son: sint,éait.all-mendiel demandait
clergé
et
I:
Toceupation; on
pour
par
et les auteurs de notes secrètes
dis-neufmillions, défaillir àl la seule amnonce du départ
se sont senti
Si les hommes monardes troupes étrangérest1..
plupart, ilfantdire
chiques ont pensé ainsi, pourla
et nos vicaires ne partageaient
que tous nos curés trouve encore dans la partie
point ce délire; on
conlaborieuse des ministres des cultes, plusieurs infatides malheureux et des apôtres
solateurs
de la concorde et de Funion.
gables de la paix,
T'on ne se déles Haitiens n'ignorent pas que
a
Mais
bons
et que ceux qui
fait jamais de ces
pasteurs, les gardent touont le bonheur de les posséder soutane du prêtre
jours Ils savent aussi que la
et sert
la cuirasse de Pennemi,-
cache quelquefois
souvent de laisser-passer-al l'espion. d'Eufope ce que
Haitiens, ne recevez jamais
et déficzvous procurer chez vous,
vous pouvez
car ils divisent souvent
vous de nos missionnaires, les lumières et conservent
les families, abhorrent des siècles de ténebres!
toutes les doctrines
W wawmw V1600 --- Page 241 ---
ap
-
A M wew
CHAPITRE VIII.
DEPUIS quatorze ans passés que les habitans
noirs de Saint-Domingue ont conquisla liberté et
Tindépendance au prix de leur sang, et qu'ils Tont
déclaré au monde entier par un acte authentique,
monument éternel de sagesse et des intentions pa
conserveront toujours; les gouvercifiques qu'ils
ont refusé de
nemens de FEurope jusqu'à cejour
reconnaitre leur indépendance, ce droit sacré, ce
droit imprescriptible, ce droit incontestable, en
un mot, ce droit divin Peuples de TEurope,
explicuez-vons franchement Quel est
parlez!
fondéavezlemotif de votrerefus? Quel reproche
vous à faire à cette nation? Depuis quatorze ans
les Haitiens ont brisé leurs fers et secouéà jaque
insupportable de leurs cruels tyrans,
maislejoug
de cette liberté,de
ont-ils fait un mauvais usage
ccueinlépenlanceg qu'ils chérissent, qu'ilsadorent
et qu'ils ont juré de défendre jusqu'à la mort
la nation haîtienne a-t-elle poi té ses prétentions
surles possessions d'autrui? ?a-t-elle, au mépris sdes
droits sacrés de Phonneur et de Thumanité, violé
les traités les plus saints et les plus authentiques?
A-t-elle porté le fer, la flamme et la désolation
voisins, chez ses alliés Ses
chez ses paisibles
intentions, à votre égard, au lieu d'être pacifiques,
sommeilbfontamoneés au monde eentier, seraient-
a-t-elle poi té ses prétentions
surles possessions d'autrui? ?a-t-elle, au mépris sdes
droits sacrés de Phonneur et de Thumanité, violé
les traités les plus saints et les plus authentiques?
A-t-elle porté le fer, la flamme et la désolation
voisins, chez ses alliés Ses
chez ses paisibles
intentions, à votre égard, au lieu d'être pacifiques,
sommeilbfontamoneés au monde eentier, seraient- --- Page 242 ---
hostiles et alarmantes?.. Parlez,
elles au contraire
mais parlez avec frangouvernemens del TEurope,
et
détour; laissez-là votre politique
chise et sans maximes! Que vOS scvans publicistes,
ses affreuses
vous, à ces rêves profonds et
xenoncent ainsi que
ont coûté tant de
ambitieux qui, jusqu'à ce jour, C'est avec le lansang et de larmes au monde franchise et de la vérité,
gage de laj justice, de la
devez vous adresser à cette intéressante
que vous
sortie des mains dela nature; tout
nation,à peine
carilfaut dire
autrel langage lui est inintelligible;
asonhonneure età sa gloire, mefartdetromperei
inconnu Puisse-t-il Pêtre toujours..
est encore
que depuis qu'ils
Les Haitiens vous prouveront n'ont
formé
ils
jamais
sont libres et indépendans,
celuide Têtre
d'autres désirs, d'autres voeux que
depuis
Gouvernemens de PEurope,
toujours
les Haîtiens sont libres et n'ont
quatorze ans que
vous le demande avec
éié nusibles à personne, je
quel
la même franchise, depuis la même époque, comme
devotreindépendince,s
aageaves-wousfaitd
d'oilsurlEurope, etausnations?Jejetteun coup
Du nord
sitôt je recule d'éponvante et d'effroil.. de cette vaste
au midi, et de T'orient au couchant smal éteintes
quedes cendres
contrée, jen'aperçois
J'entends par-tout les
etdu sang qui fume encore... des familles désolées et
accens sinistres etlugubres leurs malheurs: ils acdes peuples qui déplorent
les funestes aucusent, dans leur juste désespoir,
sont sourds
teurs de tant de maux; mais ceux-ci
dene
et déchirans, et feignent
aux cris plaintifs
-
orient au couchant smal éteintes
quedes cendres
contrée, jen'aperçois
J'entends par-tout les
etdu sang qui fume encore... des familles désolées et
accens sinistres etlugubres leurs malheurs: ils acdes peuples qui déplorent
les funestes aucusent, dans leur juste désespoir,
sont sourds
teurs de tant de maux; mais ceux-ci
dene
et déchirans, et feignent
aux cris plaintifs
- --- Page 243 ---
as
T
sombre deuil des campagnes et
pointapercevoicles
leur victime... Lespartides cités de cette Europe, transforment tout pays où ils
sans de l'esclavage
cimetière, où des
dominent en un triste et vaste
ne
ou plutôt de malheureux,
millions d'hommes,
Gn
peuvent trouver la paix etl le repos, quedansia etl lel but de la
d'une existence qui, contrele voeu fardeau insupnature, n'est plus pour eux qu'un
portable.
del'Europe, quel usagen'avezGouvernemens
Quel est cevous pas fait de votre indépendance?
d'avoir
lui d'entre vous qui n'a pas à se reprocher plus ou
et d'avoir participé,
ravagé ses voisins, d'extermination qui ont démoins, à ces guerres
Dites donc quels
solé le monde si long-temps
à refuser
être les motifs qui vous engagent nation qui,
peuvent
Tindépendance d'une
de reconnaitre en a fait un meilleur usage que
jusqu'à ce jour,
vous?
de TEurope, de
Vous refusez, 6 gouvernemens
Yindépendance de Saint-Domingue,
reconnaitre
elle comme avec les peuples
et de traiter avec
traitez d'égal à égal, et
libres, et cependant vous
poignée ede
de
et d'écumeurs de
EatTtd
brigands, de voleurs,
pirates puisqu'il faut
mer, les puissances barbaresques, Qui peut, sans indiles nommer par leur nom... leurs forfaits et les
gnation, jeter un regard sur font journellement
outrages sans nombre qu'elles
des nadroits sacrés des gens et à Yhonneur
aux
traiter avec
traitez d'égal à égal, et
libres, et cependant vous
poignée ede
de
et d'écumeurs de
EatTtd
brigands, de voleurs,
pirates puisqu'il faut
mer, les puissances barbaresques, Qui peut, sans indiles nommer par leur nom... leurs forfaits et les
gnation, jeter un regard sur font journellement
outrages sans nombre qu'elles
des nadroits sacrés des gens et à Yhonneur
aux --- Page 244 ---
tions, ou plutôt des gouvernémens de l'Europe
qui, au lieu de réprimer leurs
s
brigandages, se
sontavilisjusqu'a se rendreleurs tributaires, et à
payer avec delor des trèves
brigands
honteuses, que ces
n'observent que tant qu'ils n'ont pas
intérêt à les rompre Vous reconnaitriez
sans doute Tindépendance des Haitiens
vous semblez approuver celle des
2 comme
si vous pouviez la diriger contre vOS Barbaresques, voisins,
tous excitent votre
qui
jalousie 2 votre envie,
tous sont VOS
qui
ennemis - -
L'Espagne ne veut
pas la destruction des
nuisent
barbarosquess parce qu'ils
au commerce de "Angleterre et de la
France; la Russie ene veut pas la destruction des
Algériens, des Tunisiens et des Maroquins,
qu'ilsnuisent: aux Iraliens, aux Hollandais et parce. aux
Danois; etl'Angleterre, Tonseniedameedeveus
la conservation de ces infâmes brigands,
partager de force, avec eux, le produit aclens
brigandages, et parce qu'ils sont les ennemis du
genre humain, et que les Anglais lesont aussil.
Les Français seuls, parce qu'ils sont justes, braves
et amis deThumanité et dela vraie gloire, désirent
sincèrement la répression de cesbrigands, qui ont
F'Angleterre, la Prusse, l'Autriche et la Russie
pour auxiliaires Lecteur, voilà ce
ces
sances nomment de la politique... Elle que n'est puisque l'art détestabledesavoir faire
plus
de toute autre nation, linstrument del'Algérien ou
de la destruction
de la ruine ou
de son voisin; et telleest, dans
amis deThumanité et dela vraie gloire, désirent
sincèrement la répression de cesbrigands, qui ont
F'Angleterre, la Prusse, l'Autriche et la Russie
pour auxiliaires Lecteur, voilà ce
ces
sances nomment de la politique... Elle que n'est puisque l'art détestabledesavoir faire
plus
de toute autre nation, linstrument del'Algérien ou
de la destruction
de la ruine ou
de son voisin; et telleest, dans --- Page 245 ---
- -
a
-
malgréses) lumières, sa cile dis-nenvièmesecde,
toute la science de
vilisation ct sa philanthropie ,
la plapartdes cabinets.
Si les discussions entre les gouvernemens pouterminer, de mêmeque ceilesqui naissent
vaientse
c'est-à-dire, suivantles lois
entre les particaliers,
, au
de Téquité, les Haitiens ne craiendraient pas leur
tribunal de la justice humaine, de perdre
cause, car elle est juste et légitime.
cliacun lesait, les gouverneJusqu'à ce jour,
juges de leurs
mens n'ont eu qu'eux-mêmes pourj
leurs
différends; leurs avocats sont leurs canons;
droits, Ja force Ce système n'est plus tenable
anjourd'hui, que les monarchies de FEurope sont
constitutionnelles et représendevenues en partie
nier
des plus grands
tatives; lon ne peut
qu'un
heureuse
les
CnnEersine
mémorable révolution;
peuples
et à jamais
à leurs gouverneprendront enfn une partactive?
la
seule en sera bientôt et presque
mens ; justice fondamentale. L'intrigue, T'ambipar-tout la base
jamais,
tion, etla fatale discorlefenfuiront pour
au seul aspect de la miajestuense représentation seront denationale. Lorsque toutes les prissances
les
venues constitationnelles et représentatives,
peuples ne seront plus! sles déplorables instrumens
des fanestes desseins des cabinets; car! les peuples
participerontà à leurs gouvememens, ne voudront
est
et
Il s'élèvera, au
que ce qai juste équitable.
qui
sein même des nations, un tribunal supréme, différends
seul aura le droit de prononcer sur les
jestuense représentation seront denationale. Lorsque toutes les prissances
les
venues constitationnelles et représentatives,
peuples ne seront plus! sles déplorables instrumens
des fanestes desseins des cabinets; car! les peuples
participerontà à leurs gouvememens, ne voudront
est
et
Il s'élèvera, au
que ce qai juste équitable.
qui
sein même des nations, un tribunal supréme, différends
seul aura le droit de prononcer sur les --- Page 246 ---
des peuples, sur leurs prétentions, sur leurs droits
respectifs!.. Ce tribunal impartial, en un mot, ce
tribunal infaillible, sera Topinion publique, la
reine du monde C'est à ce tribunal intègre et
lumineux, établi par la civilisation et présidé par
la philanthropie, que les Haitiens se présentent
confiance. Ce triaujourd'hui avec la plus grande
bunal seul saura apprécier leur courage, leur valeur et leurs vertus! Ce tribunal équitable ne
les honorables
pourra voir sans atténdrissement
combattant
cicatrices que ce peuple a reçues en
avec tant d'intrépidité et de persévérance, pour
conquérir cette inappréciable indépendance et
cette douce liberté qu'il chérit chaque jour davantage...
la réLes citoyens qui composent aujourd'hui
d'Haiti sont-ils Français? ? Peuvent-ils
publique être considérés comme tels? Je pense que non s
quoiqu'ils soient dignes de cetitre par leur valeur,
leurs vertus, leur courage et leur amour pour la
liberté. Ils sont réellement Africains pour la pluque ceux qui ne
part, ou Haitiens, c'est-à-dire,
suite de la
sont pas venus dela côted'Afrique, pars intérestraite, sont nés à Haiti, depuis que cette
sante nation a conquis et déclaré son indépendance; dans ce cas, la traite étant définitivement
dans lilede Saintabolie, ainsi que Tesclavage,
tous ses
Dominguc, il s'ensuit naturellement que
dedroit
habitans, redevenus Hbres,appartienentd à la
àleur nouvelle patrie. Ils n'appartiendraient
France qu'en vertu d'un commerce abominable,
'Afrique, pars intérestraite, sont nés à Haiti, depuis que cette
sante nation a conquis et déclaré son indépendance; dans ce cas, la traite étant définitivement
dans lilede Saintabolie, ainsi que Tesclavage,
tous ses
Dominguc, il s'ensuit naturellement que
dedroit
habitans, redevenus Hbres,appartienentd à la
àleur nouvelle patrie. Ils n'appartiendraient
France qu'en vertu d'un commerce abominable, --- Page 247 ---
A7
a -
a -
a injuste et arbitraire d'une
ou par linterprétation
Or, suivant la juspolitique vorace et intéressée. provenir de ces
tice et Téquité, tout ce qui peut
est
deux monstres, ainsi quede leurs prétentions,
nul de plein droit.
formant aujourLa partie de Saint-Domingue d'Haiti, et que
d'hui la république etle royaume à titre de colonie, lui apla France possédaitjadis
Une autre nation , les
mAcsinoNeiene de la même manière, parla
Haitiens, la possédant
même voie, en sont-ils aussi légitimes poseseurs? Tattention et
En examinant la chose avec toute
qu'ellemérite, I'on voit quelaFrance
Timpartialité
waleureus, n'ayant d'autre
dit, que des Français
etc., etc., avec leurs
patrimoine que ieur courage,
en faire
propres forces, et en leur propre nom, pour de la
bien, chassérent les Espagnols
leur propre
qui parut leur convepartie de Saint-Domingue la légilimité des possesnir. Je n'examinerai pas
quoique toujours
sions de cette nature, lesquelles, finies
ce
contestées, n'en ont pas moins
lorsque jusqu'à la
jour, par être reconnues valables,
à
partie prenante a été assez forte pour prouver, droit. Siles
avait bon
coups de canon, qu'elle
de justes et del légiHaitiens n'avaient de bonnes,
la sainteté
times raisons à donner pour prouver est incondire
a
de leurs droits, ils pourraient
qu'il
les
testable que ce qui est juste et légitime pour quand
unsdoitlétreanss pour les antres,sur-tont ainsi les Haijils le prouvent de la même façon;
,
à
partie prenante a été assez forte pour prouver, droit. Siles
avait bon
coups de canon, qu'elle
de justes et del légiHaitiens n'avaient de bonnes,
la sainteté
times raisons à donner pour prouver est incondire
a
de leurs droits, ils pourraient
qu'il
les
testable que ce qui est juste et légitime pour quand
unsdoitlétreanss pour les antres,sur-tont ainsi les Haijils le prouvent de la même façon; --- Page 248 ---
tiens, en se servant des mêmes expressions, seraient à même de prouverla légitimité de learindépendance et deleur possession de Saint-Domingue, en disant quedes noirs valeureux, réduits au
plus affreux désesp ir pardes maiires barbares et
inhumains n'ayant d'autre patrimoine que leurs
maiheurs, d'esj oir que dans leur courage et leur
persévérance, avec leurs propres forces, en leur
propre nom 2 pour en faire leur propre bien, chasserent les colons de l'ile de
en
Saiut-Domingneypour
former un élat libre et indépendant qui peut
seul les rendre heureux. Outre cela, 7 les Haitiens
pourraient dire, et peut-éureavec quelque raison
qu'ayant. . arraché par un travail forcé, du sein de 2
cette terre qu'ils ont arrosée de leurs sueurs et
deleur
sang 2 pendant plus d'un siécle, de cette
terre qu'ils ont rendue fertile et qui in'était alors
ingrate que pour eux; qu'en ayant arraché,
dis-je, des richesses immenses, tandis
rissant de miscre, de faugue et des mauvais que,pé- traitemens de ceux dont ils étaient les esclaves, et
qu'ils emrichisaient,ils pourraient direavec quelque raison,qu'ils ont des droits réels à la
sance
jouisd'une terre dont la fertilité est leur ouvrage, etqui ne fut siiong temps considérée par
eux que comme un épouvantable et vaste sépulcre où ils étaient ensevelis vivans, à la voix
impie d'imposteurs qui proclament, en opprimant
leurs frères, une religion dont les principes , tout
démocratiques, firent rougir de leurs chaines les
esclaves de l'ancienne Rome.
,qu'ils ont des droits réels à la
sance
jouisd'une terre dont la fertilité est leur ouvrage, etqui ne fut siiong temps considérée par
eux que comme un épouvantable et vaste sépulcre où ils étaient ensevelis vivans, à la voix
impie d'imposteurs qui proclament, en opprimant
leurs frères, une religion dont les principes , tout
démocratiques, firent rougir de leurs chaines les
esclaves de l'ancienne Rome. --- Page 249 ---
a
-
-
toutes les phases
Sachons bien nous rappeler
de T'existence de ce beau pays.
la force ne lui aurait pas réussi,
Voyant que
à son moyen favori, pour
T'Anglais eut recours
Il employa avec
s'introduire à Saint-Domingue.
et la
succès la trahison, la corruption
un plein
à lous les crimes. Tandis qu'il porprovocation cocarde blanche dans la Vendée et que,
tait la
leur faiblesse,
reprochant même aux jacobins
il wi. lait les droits de Phomme à Paris, et Y prenait le bonnet rouge, il débarquait, dans une
du drapeau
partie de Saint-Domingue, précédé Tétendard des
tricolore; arborait, dans l'autre,
loin son pavillon; c'est ainsi
lis, et plantait plus
favoriser son
qu'on l'a vUL, en 1815, avoir, pour
des
entrée dans Paris, les acclamations des amis
Polignacs, et toute la meute du révolationnaire
Fouché...
à la tête de toutes les factions, de
Les Anglais
celui d'Hébert et de Roni
tousles partis (depuis lalons
de la mère
sin.jusqu'a celui des
rouges,
la
coterie dont
Théos 2 et même jusqu'à
petite
T'aveugle malignité applaudit à la prétenticuse
boursoufflée
obscurité de Bonatiatsfinioléencel
de l'abbé de la Mennais,) qui divisaient alors la
excitaient leur fureur et
malheureuse France,
voyaient avec une joie féroce, digne des cannis'entre-dé.
bales, des antropophages. 2 les Français
c'était ce qu'ils voulaient 1 Il fallait la
chirer;
du célébre Condorcet, du profond
proscription
Camille Jordan, du verBailleul, de l'énergique
ité de Bonatiatsfinioléencel
de l'abbé de la Mennais,) qui divisaient alors la
excitaient leur fureur et
malheureuse France,
voyaient avec une joie féroce, digne des cannis'entre-dé.
bales, des antropophages. 2 les Français
c'était ce qu'ils voulaient 1 Il fallait la
chirer;
du célébre Condorcet, du profond
proscription
Camille Jordan, du verBailleul, de l'énergique --- Page 250 ---
tueux Ribereau et de Timployable Lanjuinais,
le parti de la cour, avoue M. de Montpuisque
intéressantonvrage sur la situation
veran, dans son
1816 (1), avait pour
de PAngleterre, au Ier janvier
edbumpitpaioroes
systémedominant, ses ennemis lun par Vautre,
en état de combattre
M. Pitt qu'on
et que c'est à lui, tout autant qu'à
et toutes ses effroyables
doit cet axiome désastreux
conséquences :
fallait
tous les excès, parce que
( Qu'il
appeler
le redes maux peut seul en amener
( Texcès
4 mède. ))
T'histoire
révéleront
Les pages fidèles de
qui
d'horribles vérités(2), en racontant la fin tragique
du bon et trop crédule Louis XVI,
et déplorable
a pris à cet événement
diront quelle partlAnglais fit saigner le coeur des
terrible et inattendu, qui Les Français ne sont
Français de tous les partis..
régicides et sont encore à se demander compas
a
siéger dans le conseil
ment un duc d'Otrante pu
été surpris de
d'un Bourbon; ; mais ils n'ont point
le duc
de ce proscripteur avec
la correspondance
(1) Tome IlI, livre IV, chap. Ier, page 402.
M. de Montveran, à qui un long séjour en Angleterre
(2)
recherches, et de prendre
a permis de faire d'importantes parmi le petit nombre d'émigrés
une place très-distinguéc
nous révèle, dans les trois
qui ont su utiliser leur infortune, Histoire critique et raisonnée de
premiers volumes de son
donnent un vif désir de lui
de PAngleterre, des choses qui
voir publier la suite de ce bel ouyrage.
page 402.
M. de Montveran, à qui un long séjour en Angleterre
(2)
recherches, et de prendre
a permis de faire d'importantes parmi le petit nombre d'émigrés
une place très-distinguéc
nous révèle, dans les trois
qui ont su utiliser leur infortune, Histoire critique et raisonnée de
premiers volumes de son
donnent un vif désir de lui
de PAngleterre, des choses qui
voir publier la suite de ce bel ouyrage. --- Page 251 ---
a
de Wellington : un transfuge du camp romain 2
e Tous ceux des Français
peut servir Carthage..
des excès, ni déshoqui nese sont ni souillés par
leur patrie et ses
norés parla trahison, chérissent avides de gloire, de
institutions libérales; ils sont
fille de la valeur et du couragelUn
la vraie gloire,
aux lois, est pour
monarque vertueux et soumis
un
confiante et généreuse nation un père,
cette
trône tous les coeurs de ses suami qui a pour
seul aime à se baigner dans le
jets L'Anglais
il en a donné souvent la
sang de ses sonverains;
preuve.
de sonfller le feu
Les Anglais, non contents
en France
de la guerre civile quilaavaientallaméed encore des armes
et dans nos colonies, fournirent insurgés de Saintet des munitions aux nègres les aider à devenir libres,
Domingue, moins pour ils les donnaient ne deque parce que ceux à qui
des Français..
vaient s'en servir que pourdétraire à la France,
déclara Angleterre
La guerre que
FAngleterre Gt à la France
ou plutôt la guerre que
mis detrop grands
en 1802, sans la déclarer,ayant:
entrele généempêchemens aux communications qui avait à
ral Leclercq et la France, son armée, mal sain, fulutter contre un climat extrêmement
à des solneste aux étrangers, et parculiérement affaiblie par
dats qui manquaient du nécessaire, les affaires
occasionées par
les pertes fréquentes
engagée avec
partielles où elle étaitjournellement ferrejaune qui
tont,la
lesinsurgés; et,par-dessust
avaient
exerçait ses ravages sur les soldats qui
à
ral Leclercq et la France, son armée, mal sain, fulutter contre un climat extrêmement
à des solneste aux étrangers, et parculiérement affaiblie par
dats qui manquaient du nécessaire, les affaires
occasionées par
les pertes fréquentes
engagée avec
partielles où elle étaitjournellement ferrejaune qui
tont,la
lesinsurgés; et,par-dessust
avaient
exerçait ses ravages sur les soldats qui --- Page 252 ---
échappés au
en rappclantles frdalemeaijeligerat tristes
la France,
restes de cettelielle
armée, à renoncer à la conquête d'un etbrave
puissance élait à jamais
pays ou sa
au pouvoir des
anéantie : l'ile entièreresta
insurgés.
Devenus libres par la force de leurs
vorisés parle climat et un
armes, facirconstances
concoursprodigicux de
imprévues, ces
eivilisés en général, avaient négres, quoiguepen
de la même couleur doués saleuridiedesliomimes
quiavaient eu une très-bonne d'un rare mérite, et
Les Français avaient à
éducation.
mingue,
peine quitté Saint-Doque P'Anglais secoua, sur cettei
tunée, les brandons de l'infernale
ileinfornègres de
discorde. Les
Saint-Domingue, livrés à
seseraiento ccréésung
eux-mémes,
sant, à l'abri duquel mmma-eeikeelattont
nation aurait
cettenouvélle et intéressante
pu devenirheureuse et
et
acquérir, par la suite, un degré de florissante,
quoique dans une perspective
puissance qui,
gnée, était déjà
extrémeme ent éloiet dej lousiet... pour FAnglais un sujet d'alarme
ble et
Il conçut et exécuta le détestade là crimineljrojet d'y allumerle feu dévorant
guerre civile!.. Il a toujours eu le talent,
depuis cette époque, de l'entretenir de manière
qu'iln'y consume que Cet accroissement de force
physique, auquel doit tendre naturellement
peuple de cet àge.
un
L'art affreuxnommé
totalement inconnu de politique en Europe, était
dire, venait
ce peuple qui, pour ainst
dénaitre:i il: ne considérait a comme son
rojet d'y allumerle feu dévorant
guerre civile!.. Il a toujours eu le talent,
depuis cette époque, de l'entretenir de manière
qu'iln'y consume que Cet accroissement de force
physique, auquel doit tendre naturellement
peuple de cet àge.
un
L'art affreuxnommé
totalement inconnu de politique en Europe, était
dire, venait
ce peuple qui, pour ainst
dénaitre:i il: ne considérait a comme son --- Page 253 ---
MA a directement el visiennemi, que celui qui lui faisait
PAuglais, dont
accorda-tilal
Henentodumal.Aoet lui aiderent à briser ses chailes secours en armes funeste et inconsidérée qui,
nes, une confiance dont cette ile a été arrosée
par les torrens de sang
etlui a sans doute
depuis, aurait dû luia apprendre,
T'ennemi
combien est infâme et dangereux
appris,
l'ami de celui dont il médite
qui s'annonce comme
la perte.
actuels de Saint-Domingue s'6
Si les habitans
des vrais motifs qui
dans le temps,
taient aperçus,
à les proléger dans la guerre
engagèrent TAnglais
contre la France 3 loin de
quils eurent à sontenir
confiance, ils aului accorder une si généreuse
avec
contraire rompu tout commerce
raient au
lui.
nuire à la prospérité de cette
L'Auglais, pour
même temps à la France,
nation naissante, et en
est uu chef-d'eeuvre
conçut etexéeuta un projet qui
le seul And'iniquité britannique:. LAnglais, de la destrueglais savant dans l'art épouvantable de T'enfanter. Il
tion des peuples, était capable Hailiens ; rien n'était
fallait pour cela diviser les
tout ce
facile pourlui, il avait à sa disposition
plus
cela. Sous son influence, et égaqu'il fallait pour
deux prétendans à
lement protégés par l'Anglais, montrèrent dans ie même
la souveraineté d'Haiti se
exclusivement, s'emtemps; ils vonlurentrehaena
de l'ile. C'est
parer de la totalité du gouvernement 16
des peuples, était capable Hailiens ; rien n'était
fallait pour cela diviser les
tout ce
facile pourlui, il avait à sa disposition
plus
cela. Sous son influence, et égaqu'il fallait pour
deux prétendans à
lement protégés par l'Anglais, montrèrent dans ie même
la souveraineté d'Haiti se
exclusivement, s'emtemps; ils vonlurentrehaena
de l'ile. C'est
parer de la totalité du gouvernement 16 --- Page 254 ---
dans Yabsenee. d'un ennemi puissant, mais
alors que
mais généreux, de l'armée
brave, mais sincère, l'on vit couler le sang avec autant
française enfin,
: cela n'est pas, élond'abondance qu'auparavant
Mais cet
nant ; il leur restait un allié, un-ami Sous les auspices
allié, cet ami... c'était TAnglaist.
gouvernémens se formèrent
de ce digne allié,deux
Mais, à raflinement
dans l'ile de Saint-Domingue.
ni deux
de perfidie! ce n'est ni deux républiques, ile inforl'on voits'élever daris cette
royaumes que
entièrement à la politique antunée, abandonnée
len sont les elfrayans réglaise. el aux désastres qui de forme semblable,
sultats : deux gouvernemens élémens , comme le seet composés des mêmes
deux
exemple, deux républiques
raient, par
conclure une paix: durable
royaumes, pouvaient les contractans, et qui,en
et avantagense pour des habitans de cette contrée,
faisant le bonheur
de TAnglais, son voeu le
aurait détruit Tespérance
de faire coulerle sang
plus ardent, qui fut toujours
celui
humain à grands flots et particulièrement forma donc
Une république se
des Français
sud de. cette colonie où les noirs
dans la partie du
s'étaient reles plus civilisés et les mieux éduqués
se forma
féodal et despotique
tirés,et un royaume
du Nord). Deux
dans l'autre partie (le quartier
chadune nature si differente, et commandés
Etats
ala souveraineté de l'ile encun par un prétendant
excités parfAnglais,
tère, ne pouvaient manquer,
des Français
sud de. cette colonie où les noirs
dans la partie du
s'étaient reles plus civilisés et les mieux éduqués
se forma
féodal et despotique
tirés,et un royaume
du Nord). Deux
dans l'autre partie (le quartier
chadune nature si differente, et commandés
Etats
ala souveraineté de l'ile encun par un prétendant
excités parfAnglais,
tère, ne pouvaient manquer, --- Page 255 ---
-
- a
a
et désastreuse.
de se faire une guerre perpétuelle la France ne, put, par la
Mais dans la crainte, que
qui existait entre les
suite, profiter de.la désunion dans lile la pnissance qui
Haitiens, et pourr rétablir traité d'alliance entre ces
y est le génienlu mal, un conclu sous - Tinfluence de
deux Etats ennemis, fut
de part et d'autre, les
TAngleternes elle fit cesser,
guerre fût enhostilités, pour quelque motif quela
de réunir les forces des deux cnnemis,
gagée, afin
contre les Français' s
et de pouvoir les tourner combattre les Français, déNuire aux Francais,
déchirer, assassiner
truire les Francais; massacrer, le but de T'Angleterre.
les Français, fut toujours
des événeVoila comme l'Anglais a su profiter
désastreux pour la France, qui ont précédé
mens
scission de cette colonie.
des
etsuivila
secrètement des armes et
Si,en fournissant
lors de
munitions aux nègres de Saint-Domingue,
eût
l'expédition du général Leclerc, PAngleterre inde bonne foi, ct dans la noble et généreuse
agi
rendre la liberté à ce peuple, il est évitention de
à la
elle n'edtpasparticipé
dent que nop-seulement de deux
formation, dans cette ile,
gouvernemens ;mais
semblables à ceux que l'on y voit anjourd'hui; au
contraire, alors même que les prétendans
au
de cette ile n'eussent pas été disgouvernement
n'était-il pas du deposés à Varangeralamiable. d'interposer son autorité et sa
voir de l'Angleterre
puissance, pour faire cesser une guerre sanglante
16.
à la
elle n'edtpasparticipé
dent que nop-seulement de deux
formation, dans cette ile,
gouvernemens ;mais
semblables à ceux que l'on y voit anjourd'hui; au
contraire, alors même que les prétendans
au
de cette ile n'eussent pas été disgouvernement
n'était-il pas du deposés à Varangeralamiable. d'interposer son autorité et sa
voir de l'Angleterre
puissance, pour faire cesser une guerre sanglante
16. --- Page 256 ---
déchirait les-entrailles de cetle nation
et cruelle qui
de laintéressante, à la liberté et à Tindépendance
elle venait de prendre une grande part ?
quelle
douc à prouver que les efforts de
Tout s'accorde
les nègres de Saint-DoTAngleterte; en aidant
n'avaient d'autre but
mingue à briser leurs chaines,
de nuire à la France.
que
satisfaction et avec quelle joie féroce
Avec quellé
laFrance
,le cruelAnglais ne verraitil pas
l'Anglais,
la conquête de cette ile infortutenter de nouveau
tout est si bien disposé pour
née, oà, gràces à lui,
croire un moment
recevoir ! En 1814, il put
nous
allait encore couler.avec abonque lesang français contrée : il sait mieux que perdance dans cette
nous. Enest à jamais perdue pour
sonne qu'elle
des
ruineuses, l'étrainer la France dans
guerres
comd'hommes et d'argent, anéantir son
puiser
en un mot, faire son malmerce et son industrie;
s'est toujours proheur et sa honte, est ce qu'il
et ce qu'il se proposera
posé, ce quilse propose,
toujours.
belle
! méfie-toi bien surO1 France : o ma
patrie
etimplacable
ton orgueilleuse
tout delAngleterre, cruelle ennemie !..
rivale : c'cst ta plus
d'ennemis, a besoin d'alliés
La France, entourée
La gloire de
sincères, , et non pas de conquetest.. et sans tache,
la nation française est immortelle
est
bravoure, sa valeur et sa générosité
comme sa
dans le monde!1La valeur
reconnue sans pareille
O1 France : o ma
patrie
etimplacable
ton orgueilleuse
tout delAngleterre, cruelle ennemie !..
rivale : c'cst ta plus
d'ennemis, a besoin d'alliés
La France, entourée
La gloire de
sincères, , et non pas de conquetest.. et sans tache,
la nation française est immortelle
est
bravoure, sa valeur et sa générosité
comme sa
dans le monde!1La valeur
reconnue sans pareille --- Page 257 ---
force humainel.
française n'a jamais cédé éiaucune trahison en ont triomclimat, les élémens et la
les revers de
Le
!. Le Francais, dans
ses ennephé quelquefois mille fois plus grand que
la fortune, est
mis dans la prospériué français renonce généreuseSil le ganernenear droits sur rile aHaili, il se
ment à ses prétendus et de proclamer lindépen- leurs
hâtera de reconnaftre
médiateur de
se rendra
dance de ces peuples;
contre la perfidie
diftérends, et les mettra en garde trompé dans sa
embiches de TAnglais, qui,
ses efforts
et les
attente, fera tous
cruelle et coupable
nomme politique
rendre cette nation ce qu'il
pour faible!
tente de faire
ment
désire quelal France
le réSil'Angleterre
c'est que
de Saint-Doningue, Or, comme
la conquète être favorable pour elle.
notre
sultat doit en
sur notre ruine et
FAngleterte ne spécuie que doit nous être désadestruction, il s'ensuit qu'il c'est que, dans la povanlageux. Il est une vérité, tout ce qui convientà
sition des deux puisances. à la France: Les Français
est nuisible
qui est
FAngleterre
séloigner de ce principe,
ne doivent jamais
tout plein de vérité. le beau et généreux principe
Sila France adopte
il en résultera les plus
d'Haiti,
états. 1l en est
de lindépendance pour les deux
la vagrands avantages dont on ne saurait trop apprécier
un surtout
d'années, non-sculement
leur, c'est que, dans peu
ances. à la France: Les Français
est nuisible
qui est
FAngleterre
séloigner de ce principe,
ne doivent jamais
tout plein de vérité. le beau et généreux principe
Sila France adopte
il en résultera les plus
d'Haiti,
états. 1l en est
de lindépendance pour les deux
la vagrands avantages dont on ne saurait trop apprécier
un surtout
d'années, non-sculement
leur, c'est que, dans peu --- Page 258 ---
Haiti serait pour nos manufactires
tation considérable, mais
un lieu d'expordans son sein desboisde que cette ile possédant
la marine, l'on verrait dans coustruction les
propres pour
commodes d'Haiti, se former des ports nombreux et
mens de commerce et des vaisseaux flottes de bàtine tarderaient pas à être en état de de guerre, qui
forces navales que les Anglais
balancer les
nairement dans ces
entretiennent ordiLe but
parages.
de
que je me propose, dans cet
détourner la France du projet
ouvrage, est
tretenir de faire la
qu'elle semble en:
Le motif, c'est
conquète de
que celle
Saint-Doningne.
et que ses résultais, si je guerre me semble injuste,
désastreux. S'il est de l'intérêt ne me trompe, en seront
des colonies, il
de la France d'avoir
procurer à
ne l'est pas; sans doute, de s'en
Le
toutprix et par toutes sortesde
moment est venu oul la France
moyens.
faire un allié ou un ennemi du
doit opter : se
Si; par malheur, la France peuple haitien.
nouveau tenter la
persiste à vouloir de
dérant
conquête de cette ile, en considans l'état attentivement où elles et avec impartialité les choses
en être ellrayé, considérer se trouvent, l'on ne peut, sans
qui
les obstacles multipliés
s'opposeraient sans cesse à la réussite de
entreprise. La grande différence
cette
forces dont la France et Haiti qui existe entre les
se trouve de fait illusoire et peuvent disposer,
grande distance qu'il faut
chimérique, par la
de France à Haiti. Cette ile parcourir pour. se rendre
profond et large de deux est entourée d'un fossé
milles
verse rarement sans
lieues on le traéprouver des ouragans, des
peut, sans
qui
les obstacles multipliés
s'opposeraient sans cesse à la réussite de
entreprise. La grande différence
cette
forces dont la France et Haiti qui existe entre les
se trouve de fait illusoire et peuvent disposer,
grande distance qu'il faut
chimérique, par la
de France à Haiti. Cette ile parcourir pour. se rendre
profond et large de deux est entourée d'un fossé
milles
verse rarement sans
lieues on le traéprouver des ouragans, des --- Page 259 ---
terciblesle 247
ct de plus elle
tempêtes et des orages hommes qui ont fait serment leur
est délendue par, des de tout sacrifier pour
Tautel de la patrie,
en sonts sans contresur
La distance etle climat sûrs
: cestla
liberté. meilleurs et les plus
remparts et le plus
dit les
lindique; : depois le plus petit grands et
nature qui
les êtres, jusqu'aux plus dans un
faible de tous
il n'en est pas un qui, à son enaux plus puissans, ne se hâte de lopposer aujourdanger pressant, Pétat où est Saint Domingue France venait
nemi. Dans
que si la
tirerait
d'hui, il est incontestable
elle. n'en
emparer, hon-seulement
ce serait
à s'en bénéfice, mais bien au contraire, Il ne faut
aucun
charge énorme à supporter.
qui
pour elle une illusion et se créer des fantômes
pas se faire
Si les Français péné- ou ia
deux-menes
dans le cas
Sévanouisent il est assuré que,
viendrait à
traient à Haiti, de grandes pertés, encore pour
la France, après
elle n'aurait pas
faudrait
avoirenfin Tavantage,
; il lui
cela de colonie à Sainte-Domingue tontes les sucreries,
reconstruire tous les ateliers,
dont la destrucrélablir loutes les plantations de cette guerre.
et aurait été le moindre résultat
cela des
tion
les rétablit2.. où trouver pour est abolie,
Avec quoi
La traite des nègres
bras, de Fargent?.. de Thumanité ; qui emploierait-on culture de la
au triomphe surson ancien pied,la
jadis la
pour rétablir, et de l'indigo qui faisaient
accanne à sucre colonie? Quant aux habitans
richesse de cette
il n'y fandra jamais compter; le
tuels de l'ile d'Haiti, où ils viendraient à avoir
car, dans Thypothese n'auraient pas succombé
dessous, tous ceux qui
nègres
bras, de Fargent?.. de Thumanité ; qui emploierait-on culture de la
au triomphe surson ancien pied,la
jadis la
pour rétablir, et de l'indigo qui faisaient
accanne à sucre colonie? Quant aux habitans
richesse de cette
il n'y fandra jamais compter; le
tuels de l'ile d'Haiti, où ils viendraient à avoir
car, dans Thypothese n'auraient pas succombé
dessous, tous ceux qui --- Page 260 ---
sous le fer du
paisseur den forêts vainqueur se retireraient dans l'éou'dans les mornes nombrenses, sur les montagnes
qui, dans ce climat brôlant, inaccessibles aux Européens,
ladies épidémiques, et
résistent peu aux majaune qui exerce des particulièrement à la fièvre
gers; cn particnlier sur ravages le soldat allreuxsurles étrande moyens qu'on peut lui
qui, outre le peu
rantir, est obligé de
procurer pour s'en gaguerre. dans des contrées supporter les fatigues de la
cicl brolant, il succombe sèches et arides: sous un
et dévoré par la soif la accablé par la lassitude
peut-trouver, pour se rafraichir, plus ardenté; Car il ne
pays, qui sont toujours mortels que les fruits du
queis, malgré les défenses les pour lui, et auxdiscipline la plus
plus expresses et la
toucher, Tout ceci sévère, on ne peut T'empécher de
tous ceux qui faisaient est la pare et l'exacte vérité:
treuse du général
partie de lexpédition désasheur de s'en
Leclerc, et qui ont eu le bonété. à même de roeliappery.en léprouver. conviendront; ils ont
Celle guerre serait vraiment
fant pas croire, en effet,
interminable. Il ne
retirés dans les bois et dans que les Haitiens, ainsi
raient
les
restepaisiblement; ils
rochersry
retraites, de
feraient, de leurs sombres
fréquentes et de
pour ravager les propriétés vigoureuses sorties
leurs injustes
et les plantations de
vainqueurs !..
Ainsi, en admnetlant que les
valeur et leur courage
Français, ; par leur
faire la conquête de cette accoutumés, viendraient à
ea résulterait
ile, tout
pour la
Tavantage qui
France se réduirait donc à
lement; ils
rochersry
retraites, de
feraient, de leurs sombres
fréquentes et de
pour ravager les propriétés vigoureuses sorties
leurs injustes
et les plantations de
vainqueurs !..
Ainsi, en admnetlant que les
valeur et leur courage
Français, ; par leur
faire la conquête de cette accoutumés, viendraient à
ea résulterait
ile, tout
pour la
Tavantage qui
France se réduirait donc à --- Page 261 ---
a
qui la détesteun peuplé
avoir sous sa dépendance prét à secouer le joug,
rait, qui serait toujours serious forcés d'entretenir une
et chez'l lequel nous serait à notre charge; France caril
armée formidable qui
de long-temps) la
ne faut pas s'imaginer que hénéfice de cette colonie.
retirerail le plus faible
il est vrai; mais il ne
Son terrain est tres-fertile, et, comme je viens de
produit pas sans travail, colonic manquerait totalement
le dire plus haut, la du sucre et de T'indigo. qui de
de bras pourla culture branches des produits
sontles deux principales
Saint-Domingue.
ne saurait le dire trop
Je le répele encore; on
d'ennemis et de risouvent, la France,' entourée sa ruine, n'a pas
méditent et projettent des alliés à Textévaux qui de conquêles ; il luifant
:
besoin
doitles sprendre..
liberlé des peuples
en conbatiantlal
se moneeatsiaiouee
Ce n'est pas
que la France
pour la délruire à jamais, elle jouit et dont elle coutrera digne de celle dont long-temps, et à limitanaît tout le prix. Trop de ruineuse mémoire, ceux c'étion de Louis XIV, rênes se sont imaginés que
qui en ont tenu les
que Yon faisait des
tait par la force des baionnettes Yon ne se donne que des enalliés! Par ce moyen, et lon se forge des-fers pour
nemis à Vextérieur,
Tintérieur...
vraiment libres, ne feront
Les Français, s'ils sont
pour assurer Tinde leur émancipation que
du monde.
usagc
le repos et le bonheur toutes celles
dépendance,
seule couronner
Celle conquête pent illustres capitaines des temps
qu'ils doivent aux plus
Yon faisait des
tait par la force des baionnettes Yon ne se donne que des enalliés! Par ce moyen, et lon se forge des-fers pour
nemis à Vextérieur,
Tintérieur...
vraiment libres, ne feront
Les Français, s'ils sont
pour assurer Tinde leur émancipation que
du monde.
usagc
le repos et le bonheur toutes celles
dépendance,
seule couronner
Celle conquête pent illustres capitaines des temps
qu'ils doivent aux plus --- Page 262 ---
modernes: La France, régie par de
après trente ans des plus terribles
sages lois,
chercher d'alliés'q
épreuves,ne doit
valeureuses
que parmi les nations
et libres comme elle!
éclairées,
( belle et généreuse France!.ce n'est
Saint-Domingue qu'il faut fixer tes
pas sur
sur de plus chers intérêts, ton
regards. C'est
dustrie, ton commerce
agriculture, ton innemis,
; c'est sur de plus réels enceux qui préconisaient un duc de
proscripteur de tes
Eeltre,
cherchentàabinouvers armées, ceux qui aujourd'hui
la consolation des de dégoûts un ministrequi est
ne convient
braves ; mais dont la naissance
pas plas que les opinions aux
cans de la féodalité..
prédiComme les autres nations, le
été déchiré par des guerres civiles; peuple français a
tant à la source de la plupart de mais en remonpolitiques, on reconnait,à la
nos de dissensions,
de ses habitans;
gloire la France et
glais...
qu'elles furent T'ouvrage de l'AnOhloui, les Français donneront, dans cette
circonstance, ils
des preuves que,si dans des
ont été divisés, il en est où ils sont instans
unis, toujours d'accord; c'est. lorsqu'il toujours
respecter l'existence des
s'agit de
avec eux.
peuples; et de commercer
La France, me fera-t-on
traire à la
observer, pour se sousdépendance des éirangers,
une grande quantité de denrées
consommant
quelles sont aujourd'hui,
coloniales, lesprèmière nécessilé,
pour lEurope, de.la
où elle
a besoin d'avoir des colonies
balles de puisse s'en procurer; mais pour quelques
sucre, de cafe, de cochenille et d'indigo,
des
s'agit de
avec eux.
peuples; et de commercer
La France, me fera-t-on
traire à la
observer, pour se sousdépendance des éirangers,
une grande quantité de denrées
consommant
quelles sont aujourd'hui,
coloniales, lesprèmière nécessilé,
pour lEurope, de.la
où elle
a besoin d'avoir des colonies
balles de puisse s'en procurer; mais pour quelques
sucre, de cafe, de cochenille et d'indigo, --- Page 263 ---
- a
1 son
France doit-elle comprometice dans sa le dignité cas ou elle
Ja houneur? Non, sans doute; et
elle ne devrait
s'en proeurer antrement,
elle le fene pourrait seul instant à s'en priver;
est
pas hésiter un
car sile sucre
rail avec courage et résignatiou; doux pour les étrangers,
doux, si rien n'est plus iln'en est pas de même pour ctla
pour les Anglais!
Thonneur, la gloire C'est
le Francaisin. La justice, de
doux pourlui!
liberté sont ce quily embroisie a plus
c'est son
les colonies,
son nectar;
et c'est la vérité,
de
Jusquà ce jour,
sous un faux point
envisagécs par les nations
allieuxetle
ont été victinies dusyatimeleplus Cestavec
vue, anti-social que lon puisse imaginer. faire ici l'aveu 5 mais
plus
je suis forcé d'en
J'ouvre notre
douleur que
changéli.
leur état n'a presque pas charte, notre consilution
-loi fondamentale. notre
des colonies...
enfin à peine y est-il question ilest dit: aQue les coloA P'article P.sntilenent des lois et des réglemens
nies seront régies par
cet
>
il est insulfisant,.
> Combien
> patticuliers.
d'une si haute importancel.. ces
article, pour un objet ni ou, ni par qui ces lois et
La charte ne dit faits! Elle ne dit pas non plus que
réglemens seront
de la métropole,
les colons, comme les ciloyens les lois destinées à les
autont le droit de discuter doivent-ils être considérés
gouverner. Les colons est la question que l'on
ou non comme Français? avoir lu ce seul article
se fait naturellement, après les concerne. Mais comde notre constitution , qui lorsqu'ayant cherché
bien ma surprise a été grande, Farticle qui annulen vain dans notre constitution
La charte ne dit faits! Elle ne dit pas non plus que
réglemens seront
de la métropole,
les colons, comme les ciloyens les lois destinées à les
autont le droit de discuter doivent-ils être considérés
gouverner. Les colons est la question que l'on
ou non comme Français? avoir lu ce seul article
se fait naturellement, après les concerne. Mais comde notre constitution , qui lorsqu'ayant cherché
bien ma surprise a été grande, Farticle qui annulen vain dans notre constitution --- Page 264 ---
lait la traite des
n'y existait
noirs,je me suis convaincu
pas Je m'abstiendrai
qu'it
sur cette omission si
de faire part,
réflexions affligeantés considérable, de toutes les
tropic, qui sont
pour Phumanité et la
venues en foule à mon philantion;je me bornerai à quelques-unes, imaginaessenticllement.nécosaires. au sujet queje traite.Je dirai donc
quela mission de-MM. de
aurait eu
Fontanges et Esmangart
les concessions peut-être un tout autre résultat, si, avec
cordéraux
que la France était disposée à acHaitiens, , l'on avait pu leur citer,
garant que la traite des noirs et
pour
raientjamais rétablis à
l'esclavage ne. sede notre constitution où Saint-Domingue, le
un article
traficanraitété aboli
principe de ce honteux
Le Haitiens,
entièrement et pour toujours.
peu versés dans l'art que lon
politique en Europe, le sont davantage nomme dans
sagesse, , la raison, a etdans la science utile et
la:
rable des saines doctrines. Ils
hono=
pas manqué, en rapprochant les n'auront sûrement
sieurs de Fontanges et Esmangart propositions de
des
tution, de s'apercevoir
les
notre constivernement
que
promesses du goufrançais élaient
qu'il pourrait un joir les inconatitutionntolles," annuller
et
Quand on traite avec une puissance comme telles.
fiut, pour garantie de l'exécution des quelconque, il
ou des ôtages, Ou des institutions. MM. traités, lcs offrir
missaires n'avaient ni Pun ni l'autre à.
com-
.
Haitiens... Plus iy réfléchis, et
offrir aux
à croire que, si,les
plus je suis porté
colonies
rapports entre la France et ses
avaient été spécifiés dans notre constilution, d'unemanière claire et plus précise, ainsi
que
.
fiut, pour garantie de l'exécution des quelconque, il
ou des ôtages, Ou des institutions. MM. traités, lcs offrir
missaires n'avaient ni Pun ni l'autre à.
com-
.
Haitiens... Plus iy réfléchis, et
offrir aux
à croire que, si,les
plus je suis porté
colonies
rapports entre la France et ses
avaient été spécifiés dans notre constilution, d'unemanière claire et plus précise, ainsi
que --- Page 265 --- les Haitiens auraient peut
Tabolition de la traite, à entrer en acommodeêtre élé plus disposés Christophe I"., roi du
ment. Aussi, sa majesté dans sa déclaration publinord d'Haiti, pouver
commissaires, qu'il
après l'arrivée de MM-les lui offeait aucune gaque, s'est bien aperçu que Yon ne dit-il; aucun traité
rantie. ( il ne sera conclu,
sans que nous
avec le gouvenement,
offices et
>> définilif
obtenu les bons
>
ayons prcalablement
pbissance maritime,
d'ane grande
ne sera
> la médiation
la foi des traités
> laquelle garantira que cabinet français. > Ce sontles
violée parl le
>
point
de S.M. Ces paroles, voir pleines aux
ptopres expressions du roi d'Haiti, ont dà faire avaient
de prévoyance
et Esmangart qu'ils
une
sieurs de Fontanges faute, ou au moins commis à Haiti
fait une grande
7 en se présentant
congrande impréroyance traité, dont une des parties
pour faire un
rendait garant de Texécution,
tractantes seule se
ont poussé la maladresse
MM. les commissaires loin; car, dans le même temps la
encore bien plus
à couclure avec
invitaient les Haitiens
les Françcais
France qu'ils un traité, ils leur disaient et que qu'on ne poules Haitiens étaient en guerre ,
témoin de la
et
le moment qui serait est en guerre
vait pas prévoir Déclarerà une nation que Yon et l'inviter a
paislu.
obtenir sa confiance, ,
,
avec elle, pour dont on sera garant soi-méme
conclure un traité
n'aurais jamais cru caest d'une simplicité dont je du roi, quelqw'opis
pables MM, les commissaires mérite et de leurs talens.
nion que j'eusse de leur
aux, Haien proposant
MM. les commissaites;
le moment qui serait est en guerre
vait pas prévoir Déclarerà une nation que Yon et l'inviter a
paislu.
obtenir sa confiance, ,
,
avec elle, pour dont on sera garant soi-méme
conclure un traité
n'aurais jamais cru caest d'une simplicité dont je du roi, quelqw'opis
pables MM, les commissaires mérite et de leurs talens.
nion que j'eusse de leur
aux, Haien proposant
MM. les commissaites; --- Page 266 ---
tiens de rentrer sous la domination de
titre de colonie, étaient-ilsbien
la France à
l'étendue de cette
pénétrés de toute
proposition?
car je pense qu'ils auraient"
Non, sans doute;
chise pour ne pas oser'leer encore assez de franchangement de situation annoncer un semblable
grande amélioration à leur politique, sorl! comme une si
même que les
Les colonies, de
individns, dès Jeur
tendent également à
naissance,
voeu de la nature, lindependance: : c'est lebatet
que tous les êtres
quoique nés dans la dépendance,
qu'elle crée,
un jour. Lesage Turgot était bien deviennent libres
vérité, lorsqu'il
pénétré de cetle
disait, en' pariant des
qu'on ne pouvait contrarier la nature dans colonies,
qui élaient, suivant lui, d'en faire
ses vues
Etats libres et indépenidans.
par la suite dès
Cette
n'accommodait pas plus les vues des opinion, , qui
alors
métropoles
qu'anjourd'hnt, ne fut point
que pleine de sà gesse et deverité... adoptée, Le
quoiTurgoty prédit alors ce que nous avons vu philosophe
de nos jours dans PAmérique
s'exécuter
peut considérer la cause des méridionale, où l'on
definitivement
indépendans, comme
gagnée
Les amaleurs de la dépendance
colonies ne. manqueront pas de s'élever éternelle des
contre ce
d'infame
MTSE:
L'ingratitude la plus caractérisée,
s'écrieront-ils avec force, en est la base
colonie élevée parl les soins, les
Une
fices de la métropolei,
peines, 2 les sacriqui, après avoir brayé des
dangers sans nombre, surmonté tous les
au moment de jouir du bénéfice
obstacles,
legitime de ses
la dépendance
colonies ne. manqueront pas de s'élever éternelle des
contre ce
d'infame
MTSE:
L'ingratitude la plus caractérisée,
s'écrieront-ils avec force, en est la base
colonie élevée parl les soins, les
Une
fices de la métropolei,
peines, 2 les sacriqui, après avoir brayé des
dangers sans nombre, surmonté tous les
au moment de jouir du bénéfice
obstacles,
legitime de ses --- Page 267 ---
a
-
bienfaits, se verrait obligée d'y resoins, de ses
' diront-ils, une chose
noneerl.. Ne serait-ce horriblel. pas,'
Oui, cn effet, je
inouic, une injustice
serait une chose abosuis tres-fort d'avis que ce colonie qui secoueminable, que l'action d'une cette dernière avait
rait le joug de sa métropole,si Y'autre ce qu'une
toujours été constamment pour et si la métropole
bonne mère est à son enfant,
d'accorder. à sa
avait eu la sagesse ctl la prévoyance
aucolonie le degré de liberté et d'indépendance et
elle avait droitde prétendre, suivant sonàge
quel
conviens tres-bien que si, avant d'avoir
sa force; je
nécessaires
acquis ce degré de forceetde faire puissance respecter son inà un Elat quelconque, pour il prenait fantaisie à une
dépendance nationale, de la métropole, que son a
colonie de se détacher
de blâine, puisque
action serait injuste et digne
étranpouvant tomber rau pouvoir d'une puissance d'un instrugère, celle-ci peut s'en servir comme
Mais
pour nuire à la mère-patrie.
mentdangereux, craindre une scission entre une
jamais Yon ne peut
lorsque cette première ne
colonic et: sa métropole,
se suffire à elle-même,
se sentp pas capableilepouroirs seraient l'ile de Bourbon, la
comme, par exemple, colonies, circonserites dans
Martinique, etc. Cès. seraient incapables dese
des iles de peu d'étendue,
d'indépenmainlenir dans un état réel et parfait maritime de
dance , vu que la plus faible puissance de temps,
FEurope en ferait sans peine, et en peu
à leurs
la conquête, si elles étaient abandounées
défendre leur indépendance.
propres forces - pour
de conclure que
Cependant, il faut bien se garder
, par exemple, colonies, circonserites dans
Martinique, etc. Cès. seraient incapables dese
des iles de peu d'étendue,
d'indépenmainlenir dans un état réel et parfait maritime de
dance , vu que la plus faible puissance de temps,
FEurope en ferait sans peine, et en peu
à leurs
la conquête, si elles étaient abandounées
défendre leur indépendance.
propres forces - pour
de conclure que
Cependant, il faut bien se garder --- Page 268 ---
ces colonies dépendront éternellement
ou de tout autre Eiat. La modération delalrance,
tolérance politique qui fait la base de ell'excessive tous les
vernemens quis se créent dans le
gousont un gage certain queles
Nonvean-Mionde,
dies, les manques de foi, les brigandages-les perfimot, ce qui,
violences, et,en. un
josqu'a.ce jour, a étéla religion des
puissances européennes, sera totalement
dans le Nouveau-Monde, et que le droit des inconnu
régnant dans ces fertiles et heureuses
gens
permettra de voir auprès d'un grand
contrées,
Etat, un
ple peu nombreux vivre libre, heureax ct dans peuetat d'indépendance quin'excitera pi sa
un
son envie:
crainte, ni
Au fait, il me semble peu convenable de vouloir
réunir sous un seul gouvernement des
nature a pris un soin particulier de
pays que la
distances
séparer par des
considérables, ou des obstacles d'une difficulté extrême.
De deux choses T'une; une colonie est à sa métropole ce que lenfant est à sa mère, ou ce
l'esclave est à son maitre : il n'est pas dans la que nature que les enfans, avantleur virilité
aux besoins des auteurs de leurs
ssubviennent
jours, et l'esclavage y est encore moins. La politique
a consistéjusqu'à ce jour, dans le droit du européenne plus fort.
Qu'on lise Thistoire, et l'ou verra que, depuis des
siecles, les souverains de cette belle et, riche
de la terre n'ont j'amais su faire autre chose partie
se tromper et se battre. Mais grèces à la civilisation que
et aux principes constitationnels,
avant
seront adoptés partous les,
qui,
peu,
gouvernemens, on verra
clavage y est encore moins. La politique
a consistéjusqu'à ce jour, dans le droit du européenne plus fort.
Qu'on lise Thistoire, et l'ou verra que, depuis des
siecles, les souverains de cette belle et, riche
de la terre n'ont j'amais su faire autre chose partie
se tromper et se battre. Mais grèces à la civilisation que
et aux principes constitationnels,
avant
seront adoptés partous les,
qui,
peu,
gouvernemens, on verra --- Page 269 ---
U
enfin régner la loi et le droit des gens dans chaqué sur
enipire, et le repos, l'abondance et le bonheur leurs
aux souverains, de tous
tous!. Il ne restera
heureux!
droits, que celui de rendre les peuples
mo*
Ce droit est si beau, si noble, que lorsqu'un lui, il
constitutionnel ne possède pius que
narque
les autres.
ne doit pas regtetter
heureuIl est en Europe une classe d'individos,
nombreuse; mais intéressée, égoiste,
sement peu
ennemie de la liberté et de
et, par-dessus tout,
Je le demande, à ces
lindépendance des nations.
de l'esclavage et de la tyrannie, quine
vils veulent suppôts de liberté pour eux seuls, qu'afin d'écraser
sous le poids de leur despotisme, de
les peuples
je leur demande si une colonie qui;
leur ambition; indignée de la rapacité et du joug insupjustement
au lieu d'ètre son
portable de sa métropole, qui; elle, qu'unc maalliée, n'est, au contraire, pour
râtre, une rivale injuste, méfante et soupçonneuse, 6
vampire cruel et insatiable qui
en un mot, , qu'on
la dernière
ne s'y attache que pour sucer jusqu'a d'accuser les cologoutte de son sang. Avant que de quoi elles se
nies d'ingratitude, rappelez-vous
vos
composent dans leur enfance; rappelez-vous
sacrifices pour les établir, et dites-nous tout ce
de bénéfice au moment
qu'elles vous ont rapporté leur virilité; à cette époque,
où elles ont atteint
de mille efois les faibles
elles vous ont rapporté plus
fait
leur étaavances que vous avez. pu avoir
pour
blissementl.. Etc'est après en avoir retiré un profit
aussi considérable, aussi énorme, que vous osez
dire que vous alliez jouir du bénéfice de vos bien17
sacrifices pour les établir, et dites-nous tout ce
de bénéfice au moment
qu'elles vous ont rapporté leur virilité; à cette époque,
où elles ont atteint
de mille efois les faibles
elles vous ont rapporté plus
fait
leur étaavances que vous avez. pu avoir
pour
blissementl.. Etc'est après en avoir retiré un profit
aussi considérable, aussi énorme, que vous osez
dire que vous alliez jouir du bénéfice de vos bien17 --- Page 270 ---
faits, aumnoment où la colonie, en
ingratitude horrible,s'est détachée commetlant une
Les peuples de FEurope sont
dela métropole.
d'hui
trop éclairés
pour se laisser séduire par de semblables aujoursons.
raiPour taxer ainsi d'ingratitude P'action des
nies qui déclarent leur
coloref
indépendance, il faut
qu'elles ne Se composent presque toutes, igno- à leur
origine i que de la partie la plus malheureuse
plus corrompue des peuples civilisés,
ou la
à la misere, ou abandonnée à la débauche qui, réduité
bertinage, soit pari l'indifférence ou
et au ligouvernemens, , et par Pusurpation des lincapacité des
priélaires; car, soit dità la honte des grands prodes Etats civilisés, iis protègent tous gouvernemens ces abus criminels; source de tant de troubles et de guerres
testines, qui sont les causes principales de la des- intruction des empires. Or, si une colonie, dans son
origine, ne se compose que de citoyens malheureux, sans asile, réduits aux horreurs de la
affreuse misère, et qui, forcés d'abandonner plus
patrie ingrate, ou plutôt de fuir F'oppression d'un une
gouvernement corrompu et injuste, pour aller sous
un ciel étranger, et sur des rivages lointains et barbares, chercher un bonbeur et un repos dont ils
sont privés dans les lieux quiles ont vus naitre, il
est évident que les gouvernemens doivent
rer comme un véritable bénéfice, Ja facilité considé- d'éloigner desindividus qui a auraient pu troubler le
des autres citoyens.
repos
Siles gouvernemens sont institués dans l'intérêt
général de la sociélté, pour faire le bonheur et la
et sur des rivages lointains et barbares, chercher un bonbeur et un repos dont ils
sont privés dans les lieux quiles ont vus naitre, il
est évident que les gouvernemens doivent
rer comme un véritable bénéfice, Ja facilité considé- d'éloigner desindividus qui a auraient pu troubler le
des autres citoyens.
repos
Siles gouvernemens sont institués dans l'intérêt
général de la sociélté, pour faire le bonheur et la --- Page 271 ---
mwd 4a a
25g
félicité de tous les êtres quila composent, , gouvers affide lEurope, Péclat du luxe que vous
nemens
l'éclat de votre gloire Votre
chez ternit à jamais
de votre puissance, si
opulence, les instromens affreux de la destruction, et que
habiles dans l'art
de
et d'orgueil aux
vous étalez avec tant
loin pompe de séduire les vrais
yeux du vulgaire, sont
toujours proscrits ou
sages; ceux-là qhi, presque dans mille circonstances, vous
persécutés par vous, avis, que vous avez ou reont donné de salntaires
jetés on méprisés.
les hommes serait-il
L'art de bien gonverner qui habitent au fond
donc Je partage des sauvages les déserts de la brûdès bois de TAmérique, Phabitant ou
des rives de PAmalanteAtriguezvonkont Plata, du Mississipi, de l'Orénoque, 1
zone, de la
des contrées ou le Nil prend sa
du Zair, et celui
l'ont vu naitre, pour
source, déserter les lieux qui
bonheur qu'il
aller chercher, loin de sa patrie un lui L'on ne
se procurer chez
ne pourrait plos
etil est afiligeant d'être forcé
peut se le dissimuler,
avaient eu véde convenir que si les gouvernemens des
conritablement pour but le bonheur
peuples de leurs infiés à leurs soins; etsi, moins occupés des richesses
térêts personnels, moins prodigues s'étaient sérieusement
et du sang des gouvernés, 9 ils nations, FEurope,
occupés des vrais intérêts des
la
puiscelle belle et riche pariie de la terre, plus
sante et la plus civilisée, ne serait pas aujourd'hui aucouverte de malheureux qui, sans ressource réduits à décune, sans asile et au désespoir, sont daus les trois
serter leur patric, pour chercher,
i, moins occupés des richesses
térêts personnels, moins prodigues s'étaient sérieusement
et du sang des gouvernés, 9 ils nations, FEurope,
occupés des vrais intérêts des
la
puiscelle belle et riche pariie de la terre, plus
sante et la plus civilisée, ne serait pas aujourd'hui aucouverte de malheureux qui, sans ressource réduits à décune, sans asile et au désespoir, sont daus les trois
serter leur patric, pour chercher, --- Page 272 ---
autres parties du monde, le repos
trouver dans une contrée
qu'ils n'ont pu
sans cesse bien
qui produit et reproduit
habitans
plus qu'il ne faut pour rendre ses
heureux.
Les deux motifs principaux
tions civilisées de
qui engagent les nadans le Nouvean l'Europe à former des colonies
Monde, sont, 1°. de se
rasser de leurs mauvais
débarpar la suite, le plus
sujets, et d'en retirer,.
grand bénéfice possible.
sommes ou ces profits considérables
Ces
colonies, sans soulager les peuples des provenant des
des impôts énormes et de toutes
métropoles
quels les particuliers
espèces sous lesmains des
gémissent, ne sont, dans les
gouvernans, que des instrumens
se servent pour mettre à exécution les dontils
nestes desseins.
plus fuSilesmétropoles, en fondant des
en vue que leur intérêt
colonies, n'ont
pent révoquer en doute particulier, ce qu'on ne
, je demande à
juste et impartial si une colonie,
i'homme.
accroissement de force et de
parvenue à cet
nion d'hommes
puissance où une réupeut se suffire à elle-méme; ; je demande, dis-je, si une eolonie commet une
tude, en secouant le joug de la
ingratisans
mère-patrie?.. Non,
doute;e et, quelque soit le nombre deceux qui
condamneront ces principes, je n'en persisterai
moins à croire qu'ane colonie, dans cette circons- pas
tance, se permetl'action du monde la plus juste, la
plus légitime et la plus intéressante
cède au voeu de la nature, qui, dans 2 puisqu'elle
général de sagesse et
son système
d'économie, en soumcttant
touslesetres qu'elle crée à une sorte de dépendance
;e et, quelque soit le nombre deceux qui
condamneront ces principes, je n'en persisterai
moins à croire qu'ane colonie, dans cette circons- pas
tance, se permetl'action du monde la plus juste, la
plus légitime et la plus intéressante
cède au voeu de la nature, qui, dans 2 puisqu'elle
général de sagesse et
son système
d'économie, en soumcttant
touslesetres qu'elle crée à une sorte de dépendance --- Page 273 ---
1n C 2
enfance, n'a, ni ne peut avoir eu, d'autre
dans leur
libres un jour.
but que de les rendre
ne peuvent ni
Dans lous les cas, les métropoles qu'à la réciprone doivent légitimement de- leurs prétendire colonies envers elles.
cité dans les rapports démontré que les mères- patries
Ainsi, puisquil est
leurs colonies qu'en rain'ont d'attachement pour
ou au moins
son du bénéfice qu'elles en exorbitant, retirent: je crois ferl'espoir sordide d'un intérêt
à une
qu'une colonie qui peut se soustraire
mement
une injusdomination semblable, ne commet pas
affreuse!
tice, une ingratitude
de
au gouverSi les colonies, au Jieu rapporter
que des
nement, n'étaient pour eux, au contraire. continuesujets de dépense ou de soins pénibles, sacrifices ?
raient-ils, pour elles, leurs prétendus
certainement ; car il n'est pas permis
Non, bien
européens ne sont
d'ignorer que les gouverneurs et non des êtres justes 9
que des ogres affamés,
équitables et généreux. n'auraient-elles pas le droit
Pourquoi les colonies
quand ellesy troude déclarer leur indépendance, les
leur
gouvernemens,
vent
avantage, poisque les vendent et les
lorsqu'ils y voient leur intérêt, comme un fermier
Jivrent au premier acquéreur,
en faire
vend et livre à celui qui se présente pour Quoi!
un vil troupeau de bétail ?..
lacquisition.,
leur
de l'Europe pousseraient
les gouvernemens
jusqu'à soutenir, à
affreuse et déplorable injustice le droit de vendre et
la face du monde, qu'ils ont d'une autre nation,
de livrer un peuplea la tyrannie brise ses chaines et seet quc ce peuple, lorsqu'il
érêt, comme un fermier
Jivrent au premier acquéreur,
en faire
vend et livre à celui qui se présente pour Quoi!
un vil troupeau de bétail ?..
lacquisition.,
leur
de l'Europe pousseraient
les gouvernemens
jusqu'à soutenir, à
affreuse et déplorable injustice le droit de vendre et
la face du monde, qu'ils ont d'une autre nation,
de livrer un peuplea la tyrannie brise ses chaines et seet quc ce peuple, lorsqu'il --- Page 274 ---
coue le joug d'an aussi horrible
met wncingratinudet.Ohis
despotisme, conenfanté par la politique
non, ce système affreux,
de sang; le flambeau brillant européenne,a finison règne
la vérité
de la civilisation et dat 6
véritables éelaive-aujourefhnut intérêts.
les hommes sur leurs
refusant de se conformer Anathème contre tous ceux qui,
cle, exposeraicut
aux Iumières de leur sieces révolutions encore le monde à être victime de
affreuses où les hommes,
foreur, en combatiant les
dans leur
peu d'années ce que la nature hommes, avait détruisent en
temps à former.
mis tant de
Ils seraientbien embarrassés
réponse, les
sans doute dans leur
demandait ce gouvernemens européens, si On leur
qu'ils-entendent
ou latiachement qu'ils veulent par le patriotisme
une métropole qui, suivant voir aux colons pour
térêt, les vend et les livre à son caprice ou son inles traitera ni avec plus de une autre nation qui ne
ménagemens. Le
justice, ni avec plus de
est en droit d'exiger peuple des qui achète une colonie
ser sous sa domination, colons qui viennent de pasd'attachement
autant de patriolisme ou
vient de la que pourrait en exiger le peuple qai
vendre; car celui
ses droits à celui
qui vend cède tous
franchise
qui achète !.. Je le dis avec
: mais ies colons seraient
bien malheureux, mais bien
non-sealement
pourune
dupes, s'ils. avaient
timens de métropole avide et injuste, ces beaux sendinaire
patriotisme Ou d'atlachement extraorque tout citoyen ressent dans son
son pays, 5 pour sa chère patrie, enfin, coeur pour
neur etla défense de
il
pour T'houlaquelle est toujours prêt à
tous
franchise
qui achète !.. Je le dis avec
: mais ies colons seraient
bien malheureux, mais bien
non-sealement
pourune
dupes, s'ils. avaient
timens de métropole avide et injuste, ces beaux sendinaire
patriotisme Ou d'atlachement extraorque tout citoyen ressent dans son
son pays, 5 pour sa chère patrie, enfin, coeur pour
neur etla défense de
il
pour T'houlaquelle est toujours prêt à --- Page 275 ---
-
-
a
la dernière goutte de son sang!
verser jusqu'à
Thabitant de la métropole, est
Le colon, comme
dont la sagesse êt la prépatriote: mais la nature,
en vue laffranchissevoyance sont infinies, -dès ayant l'instant même de sa naisment de la colonie le colon, comme Phabitant
sance, a voulu que
toute chose
de la mère-patrie ; atontach@par-desans
la vu naître et à ses habitans, parce
au pays qui
nation indépendante un jour, et 4
qu'il sera une
son indépendance que
qu'une nation ne. conserve
peuplent.
le patriotisme des citoyens quilla
par
soient les reproches d'ingratitude afQuels que
adresser une métropole avide et
freuse que puisse
moment de sa scission,
tyrannique à sa colonie,au observe la chose avec imcelui qui sans passion
de reconnaitre et de
partialité, ne peut s'empécher
àsa virilité ne
convenir qu'une colonie parvenne ; car ce n'est réellemérite plus le nom de colonie tributaire d'on autre
ment, de fail, qu'un peuple
il est de son honpeuple, et que; dès. ce moment, de' sa dignité de seneur et, de son intérêt comme
ethonteux..
coueràjamais un jougi insupportable ayant retiré
Je le répète encore , une métropole s'affranchit,
au moment où celle-ci
de sa colonie 7
de ses bienfaits, la coloun très-honnéte bénéfice de tout envers la mère-patrie,
nie étant bien quilte
donc
Yingratilude de la colonie ne consisterait devrait
vouloir
ce qu'elle ne
qu'à ne pas
payer
plus... Quelle ingratitude..
La forme libérale, constitutionnelle et représentative des gouvernemens nouveaux qui s'établissent
dans le Nouveauen Europe, el particulierement
anchit,
au moment où celle-ci
de sa colonie 7
de ses bienfaits, la coloun très-honnéte bénéfice de tout envers la mère-patrie,
nie étant bien quilte
donc
Yingratilude de la colonie ne consisterait devrait
vouloir
ce qu'elle ne
qu'à ne pas
payer
plus... Quelle ingratitude..
La forme libérale, constitutionnelle et représentative des gouvernemens nouveaux qui s'établissent
dans le Nouveauen Europe, el particulierement --- Page 276 ---
78-33
Hrlllilan
NgUN
264 1
de la
Monde, nécessite abwolumeoiferéaninement
abominable qui était la base sur laquelle
politique
subordonnaitles colonies à
reposait le système qui
l'étaient à
des métropoles, comme les esclaves
lEuet
dans toute
Rome aux patriciens, depuis,
L'hurope, les serfs ou paysans à leurs seigneurs... et le
manité demande avec instance, pour le repos
bonheur du genre humain, que les gouvernemens et
de P'aucien monde adoplent le système juste
de la liberté des peuples. S'ils s'y opéquitable le
humaio coulera encore par torposent,
sang de nouveau TEurope et les vastes
rens, et arrosera
continens situés au-delà des mers.
Une vérité incontestable, et qui n'a été que trop
méconnue jusqu'a ce jour, c'est que la sécurité des
ses
dans le bongouvernans ne trouve garanties que
heur et la félicité des gouvernés. Plus de despotisme,
plusde tyrannie, et nous n'aurons plus de révolution.
Puisse ce voeu s'accomplir en faveur des peuples
Puissions-nous voir toutes
des deux hémisphères!
dans une comles iles et leurs anciennes métropoles mutuels sous
munauté d'échanges et de services
la loi
les auspices du commerce, et vivre tous sous
il
d'union et d'oubli qui régnera en France, quand ni
ni
ni soldats étrangers,
n'y aura plus proscrits,
trace de féodalité!.
mesures arbitraires, ni aucune
FIN. --- Page 277 --- --- Page 278 --- --- Page 279 ---
E819
Gussh
ZB
p, VHi-964 --- Page 280 ---