--- Page 1 --- --- Page 2 --- a
-
a
au 576
LAET 0 )
Jolm Cartr Broton. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
-
à
HTC
D.26. --- Page 5 ---
I Juunet Du Rogune Colerual. Pau1833
2 Acttre sur la quent wn 20 Pruis
3.6mmamg art, Aa verire surler affnure,
Haiti
4.Wores buri Les Colovies francpue 0t
Jur Les Sran lris en
TA 1833
5 Octrtearseliosar deliquarourl 1833)
b.Cquide der Pminr aus: hancois
dau Ler Sran De deutuekeg Ve fe 1835
4 dauio-Cnie: 2 monipation Ber m
Ssclaves. di
it
M 1835
SlimucVoyag eus- Francots
f 1835
93 Haiti: ou Rewneguene ers
Cutterotegie en
I 1835 --- Page 6 ---
07 235 --- Page 7 ---
HAITE --- Page 8 ---
L
N -
AMPRIVERIE DE J. SMITI. --- Page 9 ---
9.
HAITI,
OU
*
RENSEIGNEMENS AUTHENTIQUES
SUR
DE LESCLAVAGE
LABOLITION
ET SES RÉSULTATS
ET A LA GUADELOUPE,
A SAINT-DOMINGUE
AVEC
L'ÉTAT ACTUEL D'HAITI ET DES NOIRS
DES DÉTAILS SUR
ÉNANCIPÉS QUI FORMENT SA POPULATION.
TRADUIT DE L'ANGLAIS.
PARIS,
CHEZ L. HACHETTE,
RUE PIERRE SARRAZIN, No 12.
4835. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
lo ODuc de Orogla
Jb Aonsicur
Pbloliton do
Broident do la Vacidéfour
Cledanege
MONSIEUR, LE DUC,.
votre zèle éclairé et vos traCONNAISSANT depuis long-temps
de Phumanité,
aussi heureux que multipliés pour la cause
vaux
à la tète d'une Société
je me suis réjoui de voir votre nom, placé m'enhardit à vous
TAbolition, de TEsclavage; c'est ce qui
pour
devoir publier, pour contriadresser.le faible ouvrage que Jaicru
institution.
à l'objet de votre bienfaisante
buer tant qu'il pent,
difficultés nombreuses
instruit des
Vous étes parfaitement
eut à surmonter pen-.
la Sociélé d'abolition en Angleterre
que
les frayeurs et détruire les prédant douze ans pour dissiper
d'exciter dans
les avocats de l'esclavage s'efforçaient
jugés que
vaines les mesures. prises pour son
le public, afin de rendre
extinction.
dans celle vue, il, n'y
Parmi les moyens qu'ils employèrent
les faux
aucun qui ait eu plus de.s succès que
en eut peut-être
assutance sur les
exposés qu'ils répandirent avec une extrème
des
désastreuses qu'avait eues Témancipation
conséquences
esclaves à Saint-Domingue et à la Guadeloupe.
chercher
alors nécessaire pour les amis des noirs de
Il devint
conformes à la vérité, et le
à s'assurer si ces assertions étaient
la plus rigourésultat de cettc recherche fut, après linvestigation
leur
de constater
reuse, qu'ils ont été en état non-seulement
és qu'ils répandirent avec une extrème
des
désastreuses qu'avait eues Témancipation
conséquences
esclaves à Saint-Domingue et à la Guadeloupe.
chercher
alors nécessaire pour les amis des noirs de
Il devint
conformes à la vérité, et le
à s'assurer si ces assertions étaient
la plus rigourésultat de cettc recherche fut, après linvestigation
leur
de constater
reuse, qu'ils ont été en état non-seulement --- Page 12 ---
IJ
lausseté, 3 mais encore de tirer des circonstances
avaient été avancées
mêmes qui
pour entretenir les craintes du
argumens les plus forts en faveur de
public, les
esclaves.
l'émancipation de tous les
Ce serait entreprendre une tâche
dans
impossible que de vouloir
exposer,
une courte brochure, toutes les
ont concouru en Angleterre
considérations qui
non-seulement à convaincre le
vernement , les deux chambres du
gouparlement ainsi
la
masse de la nation, que
que grande
l'émancipation des esclaves
de saine politique qui pouvait
était un acte
s'effectuer sans
core à prouver aux gouvernans
danger 1 mais enqu'il était de leur devoir
et de chrétiens de mettre enfin
d'hommes
un terme, dans tous les états de
l'empire britanique, alt crime de
crime entraine
Tesclavage et aux maux que ce
toujours..
Pour se former un tableau complet de
controverse, il faudrait
l'ensemble de cette
consulter les diverses
Société anglaise
publications de la
pour l'émancipation, et surtout les six
de l'ouvrage périodique intitulé: The
volumes
anti-slavery
L'analyse seule de ces volumes serait
Reporter.
un travail
l'on ne saurait faire sans une nécessité fort
considérable que
urgente,
pablement, n'existe pas pour la Françe, où la
laquelle, proaussi avancée qu'en
question morale est
Angleterre. Mais comme on doit,
présumer que les ennemis de l'émancipation
cependant,
à réveiller d'anciennes
chercheront encore
les
terreurs, en présentant sous un
faux
circonstances qui. ont accompagné
jour
des esclaves dans deux colonies
l'émancipation complète
françaises, il est à
blier aussi en France les informations
propos de puplus contribué en
authentiques qui ont fe
Angleterre à prouver l'utilité de
pour les maitres comme pour les
l'émancipation
esclaves, et qu'il
cun danger à l'effectuer
n'y aurait ausans délai.
C'est dans cette vue qu'ont été choisis les
documens dont se
qui. ont accompagné
jour
des esclaves dans deux colonies
l'émancipation complète
françaises, il est à
blier aussi en France les informations
propos de puplus contribué en
authentiques qui ont fe
Angleterre à prouver l'utilité de
pour les maitres comme pour les
l'émancipation
esclaves, et qu'il
cun danger à l'effectuer
n'y aurait ausans délai.
C'est dans cette vue qu'ont été choisis les
documens dont se --- Page 13 ---
11]
et comme ils se rapportent presqu'uniquecompose ce recueil;
que les faits qu'ils
ment à des colonies françaises, on peut espérer
d'intérêt pour des lecteurs français. /
exposent auront encore plus
de diminuer les craintes et les
Si cettepublication avait pour effet
serait
esprits, le travail qu'elle a coûté
préjugés dans quelques
amplément récompensé.
Monsieur le
Avant de terminer cette lettre, permettez-moi,
quelques lignes sur les résultats actuels de l'expéDuc, d'ajouter
récemment commencée le parlement d'Angleterre
rience qu'a
donné la liberté à 830,000 esclaves anglais, en
par l'acte qui a
du ler août 1834 l'esclavage est pour
déclarant < qu'à dater
dans toutes
aboli et déclaré illégal
< toujours complètement
de l'empire britanet possessions
( les colonies, plantations
( nique.
avait élevé des doutes sur les effets bienVous savez qu'on
France
faisants de cette loi, et qu'on s'était attaché à répandre, en
des bruits sinistres sur les conséquences
comme en Angleterre,
ou devait avoir bientôt.
désastreuses que cette mesure avait eues
sont trouvés sans aucune espèce de fondeMais ces bruits se
les
satisfaiment; au contraire. , on a reçu les rapports
plus
de la nouvelle loi, du moins en tout ce qui
sans sur Popération
en
a été nonregarde la conduite des esclaves qui, 9
général,
mais même très-méritoire dans les cirseulement irréprochable,
de
actuelles. Le public français pourra se convaincre
constances
la lecture du dernier numéro de
la vérité de cette assertion par.
Reporter que vient de publier la Sociéteanglaise
VAnti-slavery
et qui, au défaut de documens officiels,
pour T'émaneipation,
les résultats de l'exécution de la loi
suffit pour faire connaitre
commencement de cette année ci (4).
jusqu'au
avoir même recours à cette publication 1 les perMais sans
Reporter,se trouve chez Hachette, liLe No 112 (Février 1835) de T'Anti-Slavery
braire, rue Pierre-Sarrazin, No 12.
éteanglaise
VAnti-slavery
et qui, au défaut de documens officiels,
pour T'émaneipation,
les résultats de l'exécution de la loi
suffit pour faire connaitre
commencement de cette année ci (4).
jusqu'au
avoir même recours à cette publication 1 les perMais sans
Reporter,se trouve chez Hachette, liLe No 112 (Février 1835) de T'Anti-Slavery
braire, rue Pierre-Sarrazin, No 12. --- Page 14 ---
iv
sonnes qui cherchent la vérité sur ce
ter du passage suivant du discours
sujet peuvent se contenadressé
au parlement, le 24 février
par le roi d'Angleterre
dernier: :
< Les renseignemens
( les actes
que j'ai reçus de nos colonies, ainsi
passés pour l'exécution de la loi
que
( l'esclavage, vous seront
sur l'abolition de
communiqués.
( C'est avec une grande satisfaction
( cours unanime des
que j'ai remarqué le conlégislatures
( cace cette importante
coloniales afin de rendre effimesure; et
les
4 entraine nécessairement,
malgré difficultés qu'elle
, je n'ai
vu
< le moindre doute
pas de motif de concevoir
sur une heureuse issue.
( Dans toutes les
( mon vif désir, et circonstances, vous pouvez compter sur
mes efforts continus,
( leur étendue les intentions
pour réaliser dans toutc.
( sujet. )
bienveillantes du parlement à ce
Le langage des ministres n'a pas été
discussion de
moins positif, lors de la
l'adresse; et dans la séance du 28 février, le duc
Wellington , ainsi que le comte Aberdeen,
de
ment leur satisfaction de
exprimèrent formellevolonté de donner
l'exécution de la loi, et leur ferme
un entier'effet à toutes ses
Il ne me reste plus, Monsieur le
dispositions.
bien
Duc, qu'à vous' prier d'èlre.
persuadé, ainsi que les hommes
vous sont associés
distingués qui en France
pour l'abolition de
un profond intérét à VOS
l'esclavage, , que je prends.
de les voir
travaux, , et que j'éprouve un vif désir
couronnés d'un succès complet et
J'ail Thonneur
prochain.
d'être, avec les sentimens de la
et du plus sincère
plus haute estime.
altachement,
Monsieur le due,
Votre très-humble et très-dévoué serviteur,
Z. MACAULAY.
Paris, le 10 murs, 1885.
de
un profond intérét à VOS
l'esclavage, , que je prends.
de les voir
travaux, , et que j'éprouve un vif désir
couronnés d'un succès complet et
J'ail Thonneur
prochain.
d'être, avec les sentimens de la
et du plus sincère
plus haute estime.
altachement,
Monsieur le due,
Votre très-humble et très-dévoué serviteur,
Z. MACAULAY.
Paris, le 10 murs, 1885. --- Page 15 ---
HAITI
CHAPITRE PREMIER.
de Pesclavage à Haiti et ses résultats actuels, rédigé
Mémoire sur labolition authentiques par M. Clarkson et M. Macaulay, et
d'après des documens Buxton au Comité de la Chambre des Pairs' d'Angle-
: présenté par M. dans la session de 1832 d'examiner la question de l'esclaterre 1 colonial chargé et de faire un rapport à ce sujet. Extrait de P'Appendice
vage
par ordre de la Chambre des Pairs, en date du
de ce Rapport; imprimé
9 août 1834, et traduit de l'anglais.
Rapport poite le No 127 de la session de 1832, et le Mémoire
(Le
qui suit se' trouve aux pages 840-853.)
toutes les colonies à esclaves, Haiti est cellé dont Phistoire
DE
fournit les argumens les plus forts en faveur del l'émancipation,et
c'est ordinairement l'exemple d'Haiti que citent
cependant
C'est-là
prétendent troules adversaires de cette mesure.
qu'ils
des
la démonstration des dangers pour la paix publique et
ver
désastreuses pour les esclaves eux-mémes, qui
conséquences
de résulter d'un acte législatif dont l'effet
ne manqueraient pas
à cette classe d'hommes la jouisserait tout à la fois de rendre
fruits de
de leur liberté
de leur assurer les
sance
personnelle;
leur industrie ; de les tirer de la condition de bêtes de somme,
les élever à celle d'hommes, d'agens doués de raison,
pour
leur temps et leurs forces, leurs facultés de
libres d'employer
d'un autre, mais pour leur
corps et d'esprit, non au. profit
et
avantage, sous la protection de lois justes et égales,
propre
restrictions d'une police bien reglée.
avec les indispensables
I 1
é
de leur assurer les
sance
personnelle;
leur industrie ; de les tirer de la condition de bêtes de somme,
les élever à celle d'hommes, d'agens doués de raison,
pour
leur temps et leurs forces, leurs facultés de
libres d'employer
d'un autre, mais pour leur
corps et d'esprit, non au. profit
et
avantage, sous la protection de lois justes et égales,
propre
restrictions d'une police bien reglée.
avec les indispensables
I 1 --- Page 16 ---
NÉMOIRE SUR L'ABOLITION
DE L'ESCEAVAGE A HAITI,
Lhistoire suivante de cetle grande
sera, , à vrai dire, qu'un abrégé
expérience à Haiti ne
les documens les plus
que l'on pourra vérifier sur
authentiques. Ces
posent principalement ou des
documens se compièces officielles
Moniteur, ou des témoignages rendus
extrailes du
tels que le général
par des témoins oculaires,
et lc général
Pamphile de Lacroix, le colonel
Vincent, hiommes dont le
Malenfant
jamais été mis en doute, même
caractère honorable n'a
Au moment de
par les colons*,
les
l'explosion de la révolution
gens de couleur libres de
française, en 1789,
se trouvaient des
Saint-Domingue, parmi lesquels
propriétaires et des hommes
une éducation libérale,
qui avaient reçu
pétition
envoyèrent à l'Assemblée
par laquelle ils demandaient à
nationale une
des mêmes droits
être admis à la jouissance
semblée rendit politiques que les blancs. Le 8
un décret à ce
mais
mars1790, l'Assi ambigué,
sujet,
rédigé d'une manière
blancs
que, lorsqu'on voulut le mettre à
et les gens de couleur
exécution, les
et chaque
l'interprétérent toul
parti en sa faveur. Cette diversité différemment,
naissance à la plus violente animosité
d'opinions donna
s'ensuivirent; le
entre eux; des troubles
sang coula.
Le 15 mai 1791, un autre décret
explicites, que les gens. de couleur de déclara, en termes plus
devaient jouir de tous les droits
toutes les iles françaises
de
arriva au Cap, il y excita
citoycn. Quand ce décret
qui tenait
parmi les blancs une
presque de la frénésic. Les deux
indignalion
contre Pautre; OIl forma des
partis armèrent l'un
camps, et les massacres et les
* L'ouvrage du général Lacroix porte le titre
l'histoire de la Révolution de
de a Mémoires pour servir à
Baron. Pampbile. de Lacroix, en Saiot-Domingue, deux
par le Lieutenant-gentral
primeur-Libraire 3 Rue Christine No volumes 5.
; à Paris chez Pillet ainé, Iro.
est intitulé, : Des colonies ct
1819.. Celui du Colonel Malenfant
semoirehistorique et politique particulierement où l'on
de celle de Saint-Domingue,
et un précis historique des guerres civiles trouvera un exposé impartial des causes
indépendante, par le Colonel
qui ont rendu cette dernière colonie
lier de la légion d'bonneur, Malenfant; Sons-Inspeeteura aux revues, Chovavernement français à Surinam propriétaire à
à Saint-Domingue, et délégué du goubier No 4 en la cité et rue de ; Paris chez Audebert, Jibraire rae du Colom
Le général Vincent a
l'echiquier No 42. Aont 1814.
vu à Paris en 1822, les récits confirmé, du dans un entretien avec M. Clarkson, qui l'a
a commaniqué en même temps les général Lacroix et du colonel Malenfant, et
autorilé.
autres détails qui sont donnés sons son
à Saint-Domingue, et délégué du goubier No 4 en la cité et rue de ; Paris chez Audebert, Jibraire rae du Colom
Le général Vincent a
l'echiquier No 42. Aont 1814.
vu à Paris en 1822, les récits confirmé, du dans un entretien avec M. Clarkson, qui l'a
a commaniqué en même temps les général Lacroix et du colonel Malenfant, et
autorilé.
autres détails qui sont donnés sons son --- Page 17 ---
A HAin.
DE LESCLAYACE
NÉNOIRE SUR 'ABOLIION
déterLa nouvelle de ces événemens de
inceudies commencèreat:
décret en faveur des gens
TAssemblée à abroger son
miua
couleur.
de ce décret excita parmiles homnres
. La momnaledetsabrgpauisen à celle dont le. premier décret avait
de couleur une rage égale
recommencérent Alors, c'estrenipli les blancs, et les hostilités nationale résolut de remettre en
à-direen 1792, la Convention 4791, et Sonthonax, Polverel
vigueur le décret du mois demai commissaircs, et chargés de se
et un autre furent nommés un corps de troupes considérable,
rendre à Saint-Boningwease décret et rétablir la tranquillité.
pour y donner foree à ce s'était écoulé de 1790 à l'époque de
Pendant l'intervalle qui n'avait offert qu'une épouvantable
leur arrivée en 4798, l'ile
civile quis'était allumée
seène de carnage ; résultat de la guerre couleur et les blancs , mais
seulement entre les gens de
qui divinon
d'aristocrates et de démocrates, 1792,
entre les deux partis
savoiren 1791 et
saient les colons. Et c'était à cette époque, question de Témancipamanière
avant qu'il edt été en aucune lieu Ja plus grande parlie des
tion des esclaves, qu'avaient eu T'histoire de,celte ile présente
massacres et des incendies dont événemens avaient eu pour
Thorrible tableau. Ces déplorables esclaves, (on n'y pensait pas),
cause. non la liberté donnée aux
blancs et les gens de coumais des querelles entre les planteurs
qui, pour assoules royalistes et les révolutionnaires
effet
lour; et entre
sur les autres, avaient en
appelé
vir leur vengeance les uns
mais sans avoir aucunement
à leur aide leurs esclaves respectifs, Et mêmc, quant à ce qui
de ces derniers.
en vue rémausipation les bandes de nègres armés qui remplisregarde en particulier désolation et d'effroi, et qui, dans les
saient le nord surtout de
dévastèrent la plaine du Cap
derniers mois de 1791 et en 1792,
affirment que c'étaient,
Malenfant et autres
par le fer et le feu,
espagnoles.qui
dans l'origine, les
les révolutionnaires;
casarnmetne
afin d'écraser
les avaient mis en mouvement, Biassou commencérent leur inet que, lorsque Jean-François et
nombre de blancs royasurrection; ik y avait avec eux un grand la cocarde blanche *.
beaucoup de nègrès portaient
listes, et que
Lacroix nous dit (vol. 1. P. 304.) La
Pour preuve de ce fait, le général 1795, mit fin aux bandes de Tean-François. la Pénpaix entrela France etlEspagné,en officiers, pour aller jonir, dans
Ce chefs'embarqua avec ses principaux qui lui a cohservé le rang de grand
insule, des faveuts de la Cour de Madrid,
1*
grand la cocarde blanche *.
beaucoup de nègrès portaient
listes, et que
Lacroix nous dit (vol. 1. P. 304.) La
Pour preuve de ce fait, le général 1795, mit fin aux bandes de Tean-François. la Pénpaix entrela France etlEspagné,en officiers, pour aller jonir, dans
Ce chefs'embarqua avec ses principaux qui lui a cohservé le rang de grand
insule, des faveuts de la Cour de Madrid,
1* --- Page 18 ---
MÉMOIRE SUR L'ABOLITION DE L'ESCEAVACE
A HAYri.
L'annéc 1793 vit sC
conflits, malgré l'arrivéc rcohentendesdiwsems des
etles mémes
cetteannée,
commissaires; ; et, le 20
de
une épouvantable commotion éclata
juin
çais. Les marins et les habitans blancs
au Cap-Franles hommes de couleur,
s'étaient réunis contre
de noirs révoltés. Le combat quis'étaient ensuite renforcés d'un corps
pris êt pillé;
dura deux jours : l'arsenal fut
plusieurs milliers d'individus furent
dans les rues 2 et plus de la moitié de la villel livrée massacrés
Les commissaires,
aux flammes.
spectateurs de cette horrible
avaient fait d'inutiles efforts
scène, et qui
pourl'empecher; sauvèrent leurs
personnes, mais se trouvèrent sur un moncean de
n'ayant guère que l'autorité nominale
ruines 9
commission, et
que leur donnait leur
pouvant disposer tout au plus d'un
soldats. Ils
millier de.
prirent en conséquence une mesure
le seul moyen de rélablirl'ordre
qui leur parnt
et de
fut d'appeler à leur aide les esclaves du mainsenurletwraetentizer
la liberté à tous ceux quiviendraient voisinage, en promettant
de la
se ranger sous les bannières
république. Tellc fut la première proclamation émanée
d'uneantorité publique,tendante à
conque des esclaves de
émanciper une portion queld'attirer dans lc parti de Saint-Domingue. la
Elle eut pour résultàt
de
république un nombre considérable
nègres du nord, qui furent dès-lors déclarés libres.
Bientôt après cet événement, Polverel, laissant Sonthonax
Cap, se rendit en sa qualité de commissaire au
au
dans la partie occidentalé de l'ile. Il y trouva tout Port-au-Prince,
la culture florissante. Il visita aussi les
tranquille et
Cayes dans le sud. Cependant, peu de temps après son arrivée, les esclaves ayant fini
par apprendre ce qui s'était passé dans le nord, montrèrent
telle irritation qu'il ne put se refuser à la conviction
une
avait plus possibilité d'empécher, ni même de
qu'il n'y
retarder
temps leur émaneipation; et qu'il était nécessaire, longsûreté des planteurs aussi bien
pour la
que pour la tranquillité
que, d'en étendre la mesure à tous les esclaves de la colonie. publiconséquence, le 27 août, et postérieurement, le 31 octobre En
il fit publier à cet cffet des proclamations datées des
1793,
exhortait les planteurs, s'ils voulaient
Cayes. Ily
prévenir les plus sérieuses
calamités, à faciliter par, leur concours l'exécution de cette mcsure. Il fit ouvrir un registre, pour y recevoir les signatures de
d'Espagne, avec le titre, les décorations et les émoluments de
niral.,
Capitaine-gé-
postérieurement, le 31 octobre En
il fit publier à cet cffet des proclamations datées des
1793,
exhortait les planteurs, s'ils voulaient
Cayes. Ily
prévenir les plus sérieuses
calamités, à faciliter par, leur concours l'exécution de cette mcsure. Il fit ouvrir un registre, pour y recevoir les signatures de
d'Espagne, avec le titre, les décorations et les émoluments de
niral.,
Capitaine-gé- --- Page 19 ---
A RAÎTI.
RÉSULTATS DE INMANCIFATIOX
cl ce qui
à Tapprouver;
d'entre cux qui sC décideraient
tous les propriétaires
ceux
de remarque, c'est que presque Il fit ensuite ouvrir
est digne
d'yinserire leursnoms. partie del'ouest;
do sulsemprestrent
registre pourla
majoun semblable
et la grande
au Port-au-Prince dispositious s'y firent remarquer,
Tandis que
les mêmcs
leurs signatures. la Convenrité des plantours y apposbrent à leur complète exécution, décret qui
mesures marchaieut
rendit un
ces
au mois de février 1794, des colonies françaises.
tion nationale,
dans toute l'étenduc confirmait la liberté
abolissait l'esclavage de la mère-patrie
tous les doutes
Ainsi le gouvernenent
écartant
et
déjà octroyée par ses commissaires, la validité de ce premier actc,
aurait pu élever sur
de toute la population
qu'on
etconsolidant l'émancipation
complétant
fat connu, ceux des
esclave de Saint-Domningue. et avant que ce décret
le plus de vioDans l'intervalle, l'ouest quis sopposaient avec
avaient
colons français de
prononcéc parles commisaires,
lence à Pémancipation
anglais, etce gonvernedemandé des secours au gouvernement contre la liberté des noirs
commencé,
insensée que crimiment avait sur-le-champ une oroisade non moins
et qui, tout en
de Saint-Domingue. qu'il continua pendant trois ans, de la guerre civile
nelle; croisade
par la prolongation
définitif de la
retardant puissamment, les progrès et r'établissement
que déet de tous ses maux,
empécher, n'entraina des flots
liberté qu'elle ne put cependant TAngleterre, et lui coûta
faites, honte, et malheur pour
et des sommes énormes.
l'histoire de l'abolitiou
de sang avoir ainsi présenté en abrégé comment les hommes
Après
voyons
de l'esclavage à Saint-Domingue, après un si grand changement a
ainsi affranchis se conduisirent
très cxactément ce qui pu
leur élat social. On ne sait pas Malenfant , qui résidait
dans
dans le nord ; mais le colonel donné sur leur conduite
se passer
dans la colonie, nous a
qu'on pouà cette époque
ailleurs, tous les renseignemens dit le colonel, lcs
en général, partout wAprès avoir été ainsi émancipés, du sud et del l'ouest,
vait désirer.
tranquilles, dans la partie
; mais
nègrés restèrent
lc travail sur toutes les habitations avaient été aret ils continuèrent de gérents et de propriétaires les violences
comme beaucoup
restaient, craignant
Montbrun, ceux qui
dans les quartiers
rêtés par
se sauvèrent
de ces habide cet Tajudant-commantat) livrés aux Anglais. Les nègres
qui venaient d'être
sud et del l'ouest,
vait désirer.
tranquilles, dans la partie
; mais
nègrés restèrent
lc travail sur toutes les habitations avaient été aret ils continuèrent de gérents et de propriétaires les violences
comme beaucoup
restaient, craignant
Montbrun, ceux qui
dans les quartiers
rêtés par
se sauvèrent
de ces habide cet Tajudant-commantat) livrés aux Anglais. Les nègres
qui venaient d'être --- Page 20 ---
RÉSULTATS DE L'ÉNASCIFATION
A HAiTt
talions abandonnées continuèrent les
des commandeurs ; mais,
travaux sous les ordres
pour les guider, ils se mirent peu-à-pen, à
n'ayant point de blancs
fait jusqu'àl l'arrivée des
planter des vivres, c8 qu'ils ont
les blancs étaient restés, les Anglais. Sur toutes les habitations où
Juillement leurs
noirs reprirent et continnérent trantravaux. > (p.
en ridicule l'opinion
62). Un peu plus loin, tournant
seule pourrait faire travailler qu'on avait en France que la contrainte
citer T'exemple des autres
les nègres, il en prend occasion de
tions avaient accordé la nègres auxquels les mémes proclama-
(demande-1-1)?
liberté : ( Comment a fait Toussaint,
la plaine du Cul-de-sac Commnent-ai-je et
fait moi-mème, avant lui, dans
plus de huit mois,
sur Phabitation Gourard,
après la liberté
pendant
ceux qui m'ont connu, les noirs décrétée P. Qu'on interroge
pas un negre de cet atelier, était mêmes: tous vous diront que
travailler :
qui
de plus de 450, n'a cessé
cependant cet atelier passait
de
pliné et le plus méchant de la
pour le plus indisciesprit, trois autres sucreries plaine. J'avais animé du méme
Telle fat, pendant
dont j'avais la gestion., p. 125.
la conduite des
quelque temps après leur
nègres, c'est-à-dire pendant tout émancipation,
lequel s'étendent nos
le temps sur
pendant ces années, renscignemens ; et il est à présumer que si,
s'étaient
179A, 1795 et 1796, les esclaves
portés à quelques excès, le
émancipés
naissance.
public en aurait eu conNous arrivons maintenant à la fin de 1796, et il
partir de cette époque on n'eut
à
ostavéré qu'à
émancipés de manquer d'industrie pas réprocher aux nègres
Toussaint, dit
ou de subordination." Sous
Malenfant, la colonie était
étaient heureux et
florissante ; les blancs
travaillaient (p. 78). tranqailles sur leurs biens, et les nègrest.
général en chef des armées Or, Toussaint arriva au pouvoir, comme
de
maintint jusqu'en 1802,
Saint-Domingue, en 1796, et s'y
par Leclerc. Malenfant c'est-à-dire jusqu'à l'invasion de l'ile
l'affirme à plusieurs
veut donc faire entendre 2 et en fait, il
une période de six reprises, que de 1796 à 1802, 3 ou pendant
années, les colons blancs restèrent
possesscurs de leurs habitations, ety
paisibles
blés ni molestés, et que les
vécurent sansy étre ni trouémancipés, ne discontinuèrent nègrés, quoiqu'ils eussent été totis
moignage pourrait plaider
pas leurs travaux. Quel téet cela après unc
plus fortement en faveurdes nègres,
émancipation si subite et dans dcs circon-
1796 à 1802, 3 ou pendant
années, les colons blancs restèrent
possesscurs de leurs habitations, ety
paisibles
blés ni molestés, et que les
vécurent sansy étre ni trouémancipés, ne discontinuèrent nègrés, quoiqu'ils eussent été totis
moignage pourrait plaider
pas leurs travaux. Quel téet cela après unc
plus fortement en faveurdes nègres,
émancipation si subite et dans dcs circon- --- Page 21 ---
L'ESCIAVAGE.
POUR DÉTABLIR
HISTOIRE DE LA CUERRE
oû cette mesure avait eu
défavorables que celles
stances aussi
aMémoires
lieu !
publia anssi, en 1819, ses
Le génèral Lacroix, qui
nous apprend que lorsquele repourihistoire de saiet-Domingue,a avait été rappelé en France, dans
comimiseairo Sonthionax, qui
kil fut surpris de Pétat
en 1796,
dit Lacroix,
tourna à Saint-Domingue colonie." On en était redevable, absolu de la volequelitreneaealie
eparceque déjà maitre
ceux qu'il
à tonentnt-bommenuren l'ordre et la discipline parmi
lonté des noirs, il portait
était obéi en ordonnant
retenait sous les armes, et parcoquil habitations pour y reprendre les
autres de rentrer sur les
T. 1). Le mème auteur
aux
de la culture ) (p. 811.
1797, l'agricultravaux pénibles dans le cours de Pannée suivante, et il en parle dans
nous dit que les
les plus étonnans,
marcha
ture avait fait progrès
: wLa colonie, dit-il, la culles'termes les plus remarquabless vers son ancienne splendeur;
comme par enchantement jouren rendit les progrès plus sensibles; à vue
ture prospéra ; chaque
du nord se relevèrent
la ville du Cap et les habitations qu'il fallait bien que les nègres,
32A). Or il est clair
tant en trad'oeil (P.
rempli leurtâche de cullivateurs, règles établies
alors libres, eussent
qu'en se conformant aux n'eat jamais
vaillant avec industrie, car sans cela la culture
à leur égard par l'autorité; l'a dit.
comme on
depuis pluprospéré Vincent se trouvait à Saint-Dominguc comme genéral de
Le général comme colonel; et ensuite
de Sonsicurs années;
dans la colonie à l'époque
Il
brigade. I était employé
même des propriétés.
thonax et' de Polverel; il y possédait de culture qu'il conveà dresser le nouveau système
et c'est à lui
contribua
l'abolition de T'esclavage,
nait d'adopter, après
partie de la perfection.A laquelle
qu'on est retlevable en grande Dans l'année 1801, Toussaint lenà l'améner.
la nouvelle
on est parvenu meltré sous les yeux de Bonaparte
et
voya à Paris pour
d'être promulguée à Saint-Domingue, à
conslitution qui venait
de la paix d'Amiens. Là il apprit
il y arriva au moment même sans le plus vif chagrin 7 que Bonasurprise, et non
dont le but était
sa grande
un airmement considérable, Sans perdre un
parte préparait
à Saint-Domingue.
courage
d'aller rétablir l'esclavage chez le premier consul , et eutle l'expeinstant, il se présenta
les plus énergiques contre
de lui faire les remontrances le climat de Saint-Domingue
H lui dit que
dition projetée.
il apprit
il y arriva au moment même sans le plus vif chagrin 7 que Bonasurprise, et non
dont le but était
sa grande
un airmement considérable, Sans perdre un
parte préparait
à Saint-Domingue.
courage
d'aller rétablir l'esclavage chez le premier consul , et eutle l'expeinstant, il se présenta
les plus énergiques contre
de lui faire les remontrances le climat de Saint-Domingue
H lui dit que
dition projetée. --- Page 22 ---
HISTOIRE DE LA GUERRE POUR RÉTABLIR
anéantirait
LESCEAYIGE:
infailliblement ses
ne parviendraient pas à les troupes, lors même que les noirs
n'était pas certain. Il ajouta, détruiro par les armes, ce qui
propre à faire renoncer à cette comme un autre argument bicn
solument inutile; que tout allait bien expédition, qu'elle était ables colons étaient possesseurs
à Saint-Domingue; ; que
la culture faisait des
paisibles de leurs habitations;
dastrieux, amis de progrès rapides; et que les noirs élaient que
l'ordre ct heureux.
inpas boulverser un état de choses
Il le conjura donc de ne
furent sans succès. Les colons si satisfaisant. Mais ses efforts
prit du premier consul
avaient égaré, empoisonné l'esdilion
par leurs rapports
parlit, et des scènes de
mensongers. L'expédèrent pas à justificr les
carnage et de dévastation ne tar:
faute n'en fut
prédictions du général
pas aux nègres
Vincent. La
anciens maitres. C'est aux
émancipés, mais bien à leurs
tant, qui sont communs, à préiugés de ceux-ci, préjugés, pourves, età leurs sollicitations presque tous les propriétaires d'esclafatale invasion
importunes qu'il faut attribuer
: Accoutumés à
celte
ils ne
l'exercice du
pouvaient se résigner à n'avoir plus le pouvoir-arbitraire,
accoutumés à regarder les
fouet à la main; ;
inférieurs, comme de
nègres comme une race d'êtres
les voir. sans
méprisables créatures, ils ne
nable
répugnance et sans
pouvaient
que fàr leur
dégont, quelque raisontact avec
conduite 9 se mettre
eux, comme cultivateurs
familièrement en con -
dait leur changement de
libres, ainsi que le demannoirs comme
situation. Ils considéraient
une propriété perdue et qu'il fallait toujours les
couvrer, Dans un moment funeste, ils
absolument reBonaparte
parvinrent à persuader à
Enfin, donumerediederdnatinrine choses sur. l'ancien
l'expédition toucha les
pied.
s'en suivit unc effusion de
rivages de Saint-Domingue, et il
peut-être difficile d'en sang et des barbaries, tellcs qu'il serait
baries si
trouver un cxemple dans T'histoire; barépouvantables, que les cruautés
aux noirs révoltés ne sont rien
même qu'on attribuc
blancs civilisés qui les
en comparaison; et clétaient des
dant à la fin les
imaginaient et les exécutaient!
Français furent chassés de
ct Cepenqui jusqu'alors avaient conservé
l'ile, les colons
pouillés pour toujours.
leurs propriétés, cn furent déL'entière dévastation qui cut lieu à
1803, pendant cetle lulle de
Saint-Domingue, en
truction presque universelle désespoir ct de massacres; : la des.
des maisons, dcs sucreries, etc.,
des
dant à la fin les
imaginaient et les exécutaient!
Français furent chassés de
ct Cepenqui jusqu'alors avaient conservé
l'ile, les colons
pouillés pour toujours.
leurs propriétés, cn furent déL'entière dévastation qui cut lieu à
1803, pendant cetle lulle de
Saint-Domingue, en
truction presque universelle désespoir ct de massacres; : la des.
des maisons, dcs sucreries, etc., --- Page 23 ---
RURAL POUE K LES NÈGRES ENxscires:
fin
CODE
mirent anccessairenient
ct la. crainte d'une autre. invasion, du moins à cclle des articles d'ex- alors,
la culture,
était
pour un tempsal leur liberté et leur indépendance
portation. Assurer
cédait. toutc autre considération, d'un
pourles noirs un intérelanquel à la première apparition
leur résolution bien fixe était,
villes et aux villages,
etl
de mettre le feu aux
scrvir d'abri à
nouvel envahisseur;
tout ce qui ponvait
de détruire dans. les plaines dans les défilés des montagnes. sur
et de se retirer
influence
un cunemi, eut nécosairement une grande négligéos;i ils s'alCette politique
Les plaines étaient
il leur était
leur sgatmedtagieutune aux défilés et aux gorges,oi
ct
lachaient de préférence
denrées de première nécossité, d'une
de cultiver quelques
au cas
possible
des moyens sdesubsistance, eux ni d'inou ils peneaientetaseumera Cependant il n'a manqué parmi descendans
seconde invasion.
Ce sont cux ou leurs les voit audustric ni de subordination. Saint-Domingue, et on
d'ordre
ont continué à culliver
avec autant
qui
encore selivrer à leurs occupitions
et d'aisanse;
jourd'hui
ils en tirent autant de bien-être
du
et de calme, et
sur quelque partie
autre classe de cullivateurs,
qu'aueunc
globe qu'on les preune.
de Saintde voir comment les nègres émancipés ils en ont
On vient
leur liberté, et de quelle manière généDomingue obtinrent 1798, époque de leur émancipation de quausé depuis l'année c'est-à-dire pendant une période
furale, jusqu'à ce jour,
importante : Quelles
une question
la
rante ans. Ici se présente les mesures prises pour assurer inérent, après lémancipation, sauver d'une ruine presque
et l'ordre, et pour
? Unc des premières
tranquillité
et les cultivateurs
Ces
vitable et les propriétaires
à observer sur les plantations.
code de règles
ordonna de plus qu'à
fut de rédigerun imprimées et publices; on
lecture en serait
règles, furent intervalles et à des époques fixes, toutes les habitations.
de courts
dans leur idiôme, sur
la liberté
faite aux nègres, de ce code, tout en proclamant dont- étaient
Dans le prémbule insistait fortement sur la nécessité tout scrait
pour tous $ on
et l'industrie, sans lesquels
pour tous le travail
modifitcations; :
perdu.
subirent avec le lemps diverses loppression
Ces réglemens
objet en général de prévenir et de stimuler
mais ils avaient pour d'assurer le hon ordre
de la part des maitres,
la liberté
faite aux nègres, de ce code, tout en proclamant dont- étaient
Dans le prémbule insistait fortement sur la nécessité tout scrait
pour tous $ on
et l'industrie, sans lesquels
pour tous le travail
modifitcations; :
perdu.
subirent avec le lemps diverses loppression
Ces réglemens
objet en général de prévenir et de stimuler
mais ils avaient pour d'assurer le hon ordre
de la part des maitres, --- Page 24 ---
CODE RURAL POUR LESUNÈGRES
l'industrie chez les
ÉNANCIPÉS.
l'usage du fouet, des cullivateurs : ils interdisaient aux
fers, et de tout autre
maitres
tion, soit par eux-mémes
instriment de correcils abolissaient enfin tout personncllement, droit
soit par lenr ordre;
peines les plus sévères élaient de punition arbitraire, et.les
permettraient. D'un autre prononcées contre ceux qui se les
côté, à l'effet de
subordination, 2 tout cultiyateur
maintenir une juste
qui manquait à ses
qui violait les règles établies, ou
magistrat
engagemens, devait être traduit
chargé de juger l'affaire et de
devant le
principes fixes,
prononcer d'après des
Sur ce point, fort
mens les plus étendus heurensement, des
on peut tirer les renseigneanglais et en particulier pièces déjà fournies au Parlement
Mackenzie (no 18 de
du rapport de M. le
de 1826). On
1829), et de celui du major consul-général
trouvera dans les
Moody (n"81
deux rapports, (et que ni le
documens que contiennent ces
raient changer par leurs' consul-général ni le Major ne pourplus amples et les plus satisfaisans. 'commentaires) les éclaireissemens lcs
Le code roral; le plus ancien de
de M. Mackenzie (p. 111 à
tous, est inséré dans le rapport
saire Polverel, le 28 février 117). II ful publié par le commisleur plein et entier effet aux 1794, et avait pour objet de donner
blis par trois différentes
réglemens qu'il avait d'abord éta27 août et 31 octobre ordonnances rendues par lui (p. 142) les
ment, M. Mackenzie 1793, et le 7 février 179A.
ne donne
Malheureusene les connaissons
pas ces trois réglemens, et nous
nance définitive du que 28 par ce qui en est rappelé dans l'ordoncerne la fixation de la février, qui y renvoie pour cè qui conles cultivateurs
part des produits que devaient
qui s'étaient
à
recevoir
gages des cultivateurs à l'année engagés cette condition, et les
Comme
on à la journée.
les codes l'ordonmance du 28 février 1794 est
ruraux
la base de tous
mingue, il
subséquens qui ont été en vigueurd
importe d'en bien saisir. la
Saint-Dotrouvera tout entière dans le
nature et l'esprit. On la
comme elle est d'un grand rapport de M. Nackenzie; mais
ne sera pas inutile d'en donner intérêt dans Ja présente enquete, il
sur le rapport méme
un sommaire sauf vérification
Cette ordonnance (n" 18 de 1827, p. 111 à 120).
cernant la culture a pour titre : a Réglemcnt de
et les
police congnature d'Etienne
cultivateurs, , D et est revêtue de la siPolverel, cominissaire civil de la république,
est d'un grand rapport de M. Nackenzie; mais
ne sera pas inutile d'en donner intérêt dans Ja présente enquete, il
sur le rapport méme
un sommaire sauf vérification
Cette ordonnance (n" 18 de 1827, p. 111 à 120).
cernant la culture a pour titre : a Réglemcnt de
et les
police congnature d'Etienne
cultivateurs, , D et est revêtue de la siPolverel, cominissaire civil de la république, --- Page 25 ---
ÉNASCIES:
CODE RURAL POUR LES NÈGRES rétablir l'ordre. et la
et chargé de
oà l'on
aux iles fraiigaises,
est une préface
cil mission En tête de ce réglement
tfanquilité. observations suivantes :
à Saint-Domintrouve les
des Afticains a amené ct dont, même
( tstranehtsenent de culture inconnu en France," la posibilité.
gue un mode
on n'avait pas jusqu'ici supposé
Chadans les colonies, 2
ne donne que des peodaits.bents nombre de bras ;
En France, Pagriculture n'exige qu'un petit ustensiles y est
cun de ses établissemens aratoirds et autres
avec les *
le nombre des instrumens
n'ont ricn de commun brutes.
très-borné ; et ces établissemens la valeur des matières
les
destinées à auigmienterl
jusqu'à ce jour dans
fabriques
la seule culture connue
Un fouet que
G En outre, celle qui se faisait par des esclaves: le ressort qué doncolonies, est maitre met en mouvemient était
sontà
la volonte du
Les etablisseinens
à tout Petabtissement.
ils produisent
nait rimpulsion
Non seulement et sa valeur:
la fois agricoles et manifacturiers. ils lui donnent sa forme
en
la matière brute, mnais famille ne saurait suffire, comme
D'ot il résulte qu'une seule d'un établissements
France, poartrespostanton renferme une
de tel
pedheceeairse
établissement
ville ou
( Chaque
que cclle de telle petite bras libres et d'un
et plus forte quelquefois ce sera dorénavant de
village d'Europe :
étabtissemens auront à faire
petit volontaire que ces importans
travail leur eistence et leur activite.
la France posdépendre Pabolition des fiefs et des dimes, dont elle n a besoin;
( Depuis près toutes les lois rurales des mattres et des
sède à peu
026 il n'y avait que néceasaire: 1
mais aux colonies,
n'avail été
esclaves, aucune loi de ce genre donner une direction uniforme
il s'agit de
et qu'asetin
G Mais quand nombreux qui ont besoin d'être guidés, de les amener
à des corps
contraindre; quand il s'agit
poxvoir n'u le droit-de
dy maintenir Pordre et la pais;tem. droits de
à concourir à un même bret;
les
de protéger eficcement
pécher labus de la liberte;
d'erciter puisemment
les produetions de Tindustries generale le resultat du
la proprididet et defaire de la prosperité
parvenir à tout
cette industrie, possible de chaque individu; pour lieux, à la 'nature
plus grand proft des lois rurales approprièes aux
que ccs
cela il faut
au mode de culture
aux
du climat et de scs produetions,
civile et politique,
cxigent, à la "condition
prodiictions
des callivateurs.
moeurs et au caractère
les produetions de Tindustries generale le resultat du
la proprididet et defaire de la prosperité
parvenir à tout
cette industrie, possible de chaque individu; pour lieux, à la 'nature
plus grand proft des lois rurales approprièes aux
que ccs
cela il faut
au mode de culture
aux
du climat et de scs produetions,
civile et politique,
cxigent, à la "condition
prodiictions
des callivateurs.
moeurs et au caractère --- Page 26 ---
CODE RURAL POUR LES NEGRES ÉNANCIPÉS. I
( Puissent les cultivateurs rendre inutile, par leur
tude et leur bonne volonté à seconder ce nouveau promptisystème, la
plus grande parlic des dispositions contenues dans cette ordonnance, afin qu'il n'y ait plus dans les colonies que deux classes
agricoles; savoir, les propriétaires du sol et les cultivateurs,
partageant avec eux les produits de la culture. C'est-li, ce
semble, l'unique moyen d' assurer de grands revenus uua proprictaires, et la liberté et le bien:être aux
de
conserver
cultivateurs;
l'ordre et la tranquillité publiques, et de maintenir
toujours la liberté et l'égalité.
pour
)) Le cultivateur qui n'est point admis au partage des fruits
de son labeur, n'a continuellement en vue que de se procurer le
plus fort salaire pour le moins de travail possible; tandis
le
seul intérêt de celui qui partage le produit est
que
d'augmenter ce
produit, et par conséquent de grossir ses propres profits en
même temps que le revenu du propriétaire ; et quant à celui qui
cultive à ces conditions, il n'a pas d'inquiétude à avoir
l'avenir: les produits de la terre doivent avant tout fournir pour à
subsistance et d s0n vetement, méme pour le temps oi Vage et les sa
infirmités Pauront mis hors d'ctat de travailler.
( Ainsi le cullivateur gui partage dans le produit, est absolument indépendant du proprictaire ; il est méme 8022 egal, dans
toute la force du terme.
( De toutes les méthodes qu'il cst possible d'adopter pour la
culture des colonies, l'association des cultivateurs et des
priétaires, basée sur le principe du partage des produits, pro- est
celle qui réunit les plus grands avantages, tant pour les uns que
pour les autres'; clle rend à jamais impossible lout retour à
l'ancien esclavage; elle établit l'égalité au plus haut degré qu'on
puisse atteindre chez un peuple civilisé, et elle intércsse
ment toutes les classes à respecter et à
égaleà
protégerla propriété, et
multiplier les produits du sol (p. 111 ). )
Le réglément qui vient ensuite est divisé en six titres :
1° condition des personues; 20 des cultivatenrsen général; 3°, des
cultivateurs portionnaires; 4o des cultivateurs journaliers; 5° des
cultivateurs au mois el à un temps plus long; 6". réglemens
néraux. On va en donner une courte analyse.
géI. Ilr n'ya, ct il n'y aura, désormais 3 à Saint-Domingue,
comme en France, que des personnes libres. Tout individu peut
s'engager par contrat avec un autre pour l'emploi de son temps
personues; 20 des cultivatenrsen général; 3°, des
cultivateurs portionnaires; 4o des cultivateurs journaliers; 5° des
cultivateurs au mois el à un temps plus long; 6". réglemens
néraux. On va en donner une courte analyse.
géI. Ilr n'ya, ct il n'y aura, désormais 3 à Saint-Domingue,
comme en France, que des personnes libres. Tout individu peut
s'engager par contrat avec un autre pour l'emploi de son temps --- Page 27 ---
POUR LES NEGBES ESANCIPÉS.
CODE- RURAL
dans avicun cas, ni sC vendre
travail ; mais il nc peut,
est inaliénable. La
ct de sO11
desa personne
Les droits de
ni elre vendu ; la proprieté
pas l'esclavage:
française nc reconnait la sorcté, et la propriété.
République
la liberté,
considéré que dans
T'homme sont l'égalité,
n'est du sol, ou seuledans la
ou
pestrentomaen
L'homme,
Il est, propriétaire
C'cst ici la
agricoles.
à un autre.
les rapports
du terrain qui appartient deux classes, auxquelles
meut cnhtivateur qpueijetabise entre ces mais ni de cette distinesenledistinetion
ordonnapce;
la présente
ancune sorte d'inégalité
soules a rapport d'ancune autre, ne peut résulter civils et politiques; ; clles
tion, ni
le rapport des droits
le sont devant la naentre clles, sous
de la loi, comme elles
sont égales aux ycux
des lois générales, qui rapprochent et
Mais intépendamment existe éntre les propriétaires
ture.
tous les citoyens, 2 il
ces relations
et
protegent du sol des relations particulières;
les cultivateurs
qui suivent.
est
sont l'objet des réglemens du terrain dont un autre propriétaire qui se louent
II. Les cullivateurs
les portionnaines, ceux
sont divisés en trois classes; les
travail
mois, et journaliers.
de
à l'année ou au
la jouruée ordinaire lever du soleil
1II. Alégard des portionnaires, environ : savoir : depuis le
et demie
est fixée à neuf heures
depuis neuf heures soleil;
huit heures et demie;
concher du
jusqu'a
deux hcures jusqu'au soir. L'économe
jusqu'à midi ; et depuis jusqu'à huit heures du
des jours
mais pendant la récolte,
tiendra un compte cxact tels ou tels
gérant de cliaque habitation les cultivateurs; ou
lesquels
il y spécifiera
et des heures pendant absentés de leurs travaux; et ce temps
d'entre eux, se seront et la durée de leur. absencc, et à deux
les nonis des absens
jour pour les hommes,
à
évalié à trois livres par
des hcures d'absence;
élant
les femmes, 9 au prorata
déduction en
livres pour
du revenu de la plantation, montant sera ajouté
chaque distribution des absens , ct ce
et des autres
sera faite des parts du gérant, des conducteurs dans les proportions
à celles du propriétaire, se seront point absentés,
et par les
cullivateurs qui ne
du 31 octobre 1793,
preserites par la proclamation du 7de cC mois. cHfaliarretaemest de
articles 30 et 31 des réglemens Et si l'économe gérant néglige le monpoint ces articles).
de leur absence,
on n'u
absens ct de la durée
part, ct sera
tenir note des
de sa propre
omissions sera défalqué
les conductant de ees
réparti entre lc propriétaire,
de la même manière
par les
cullivateurs qui ne
du 31 octobre 1793,
preserites par la proclamation du 7de cC mois. cHfaliarretaemest de
articles 30 et 31 des réglemens Et si l'économe gérant néglige le monpoint ces articles).
de leur absence,
on n'u
absens ct de la durée
part, ct sera
tenir note des
de sa propre
omissions sera défalqué
les conductant de ees
réparti entre lc propriétaire,
de la même manière --- Page 28 ---
1/
CODE RURAL POUR LES NÈCRES ÉMANCIPÉS,
teurs et les eullivateurs qui ne se seront point absontés. Dans
les cas d'urgence extraordinaire, résultant de l'état des
on prescrit certaines mesures à prendre
récoltes,
pour étendre la durée
ordinaire du travail pendant la nnit, au-delà
et de manière à
da temps prescrit, -
prévenir pour toutes les parties les
dont
on serait menacé. Les conducteurs seuls ordonneront pertes
ront les travaux de la troupe ; seuls ils seront
et dirigeles instructions de ceux qui administreut les chargés d'exécuter
tation,
affaires de l'habi-
, dirigeant et surveillant en tout temps les
tant hors du temps de la récolte
cultivateurs,
cultivateurs
que pendant la récolte. Les
seront tenus d'obéir aux condiacteurs, et les
dueteurs de s'obéir entre eux, suivant leur
conautorilé se renfermera dans
grade; mais leur
bon ordre de la
ee qui regarde la culture et le
plantation. Les cultivateurs qui refuseront formellement d'obéir aux ordres. des conductours dans ces linites
del leurs attributions, seront punis d'un mois
et des travaux publics pendant le jour; ; ils seront d'empeisomnement, en
pendant tout ce temps de leur part dans les
outre privés
produits. Un condacteandungadein@ererd qui désobéira à sons supérieur subira
la même peine pendant denx mois. Sià
joignent les menaces et une tentative de voies Pinsubordination de
se
fait, la
sera de six mois pour les cultivateurs, et d'un an
les peine
conducteurs, qui seront de plas déclarés
pour sousl'avenir
incapables d'exercer à
aucune autorité. Si un supérieur est
bordonné, eelui-ci sera exclu de
frappé par son StItoute association de
teurs portionnaires, et passible en ontre des peines cultivaeode pénal. Si la majorité d'une association de
portées au
portait à des actes
cultivateurs se
d'insubordination, outre les peines individuelles, ils seraient tous contraints de quitter
P'habitation, le
propriétaire étant libre del les remplacer par d'autres cultivateurs.
Si, d'un autre côté, un conducteur
frappe tn individu sous 8e8
ordres, ou, de son autorité privee, le met aux arrêts ou en
ilperdra son emploi, et sera déclaré incapable de
prison,
à des hommes libres ; s'il y a eu effusion de
commander
grave, le conducteur sera jugé et
sang ou violence
pénal. Cette
puni conformément au code
disposition s'applique aux hommes, aux
et aux enfans. En cas de querelles, de
femmes
lence entre des
menaces et d'actes de viocnltivateurs, les conductears mettront les
aux arrêts, et tâcheront de les concilier; les
partics
tenus de rester dans leurs maisons trois!
agresseurs seront
dimanches de suite. Si
grave, le conducteur sera jugé et
sang ou violence
pénal. Cette
puni conformément au code
disposition s'applique aux hommes, aux
et aux enfans. En cas de querelles, de
femmes
lence entre des
menaces et d'actes de viocnltivateurs, les conductears mettront les
aux arrêts, et tâcheront de les concilier; les
partics
tenus de rester dans leurs maisons trois!
agresseurs seront
dimanches de suite. Si --- Page 29 ---
ÉWANCIPÉS.
CODE RERAL POUR LES NEGRES
des fonmmes, Ou
des menaces ont lieu envers sera puni d'une
des violences.ou agés ou infirmess 2 le coupable les
de la plandes individus la moitié de sa part dans produils
et
amende égale à
il sera chassé de la plantation,
tation, et en cas de récidive
portiounaires (p-1iA)
de cultivateurs
des
exclit de toule association
dispositions qui rétablissent
Vienneut ensuite plusieurs
tentative ayant pourbut
pécuniaires contre le vol, ou toute commune de laplanpeines
à des fins privées la propriété lui-mème, soit de la part
d'apptoprier soit de la part du propriétaire des cultivateurs portionnaires.
tation,
des
ou
ils doivent
du gérant, >
conducteurs, hors d'état de payer Tamende, tant par
Si les délinquans sont employés aux travaux publics, l'amende. à
Les
être mis en prison.ot salaire, jusqu'a concurrence de
contre la
jour pour leur
s'appliquent aux larcins commis le renvoi de
mêmes dispositions La récidive sera punie d'aucune par
associapropriété particulitre.
de faire partie
à la prola plantation et l'incapacité atteinte volontaire portée
tionde enlivateurs. Toute
à la plantation, sera
aux animaux quiappantionnents
pres-,
pticté, ou
manière. Des sseglessovères sont également etc., ainsi
punie dela même audommage causé par des porcs, soit - pour
crites relativement et la distribution des eaux,
Yirrique pour l'entretien
le service des moulins, ou pour tout
Tasage ordinaire, soit pour convenables sont décernées contie
gation; et des peines
cet égard (p. 115-118). due forme les
délit ou toute néligencea de tenir en bonne et
de)
Tont gérant quil inégligera
de corriger ou Frapper
ou qui se pormettra
autre
registres preserits,
ou qui chargeroune
ou un cultivateur,
et déclaré incaun conducteur
sera privé de son omploi,
personne de le Faire,
àl l'avenir. Fout gérant quis'appable d'en occuper un semblable de Fargont déposé dans Ia caisse
quelconque
du paieproprie une portion de la peiue, indépendamoment même dans
communc, sera puni
Cependant,
ment du donble de la sommcisonsdraite. contre toute menace ou violence: droits
le gérant sera protégé
être privé de ses
ee cas,
portionnaire ne peut
excepté dans les
Naleultivateur laquelle il s'est engage,
qui dépendant l'année pour
ci-dessus. Le cultivaleur
mentionnés
doit fournir un remcas expresiément pour un an de la p'antation,
ou s'il a Fintensire s'absonter
tavail;
deux
agréé par ses eomipagnonsdet il doit en prévenir
plaçant
à la fin de son année,
peines. Un
tion de se retirer fante de quoi il eneourt certaines
mois à Favance,
Naleultivateur laquelle il s'est engage,
qui dépendant l'année pour
ci-dessus. Le cultivaleur
mentionnés
doit fournir un remcas expresiément pour un an de la p'antation,
ou s'il a Fintensire s'absonter
tavail;
deux
agréé par ses eomipagnonsdet il doit en prévenir
plaçant
à la fin de son année,
peines. Un
tion de se retirer fante de quoi il eneourt certaines
mois à Favance, --- Page 30 ---
CODE RURAL POTR LES NÈGRES ÉMANCIPÉS.
cultivateur ne peut être renvoyé à la fin de l'année que sur le
voeu de la majorité de l'association, et sans qu'il lui en ait été
donnéavis deux mois d'avance. Un établissement de culture
portionnaire ne peut être dissous que dans le cas oût la majorité
des cultivateurs reluse d'exécuter le contrat, ou lorsqu'il y a nécessité à renvoyer les cultivateurs pour cause
ou
d'insubordination,
enfin lorsqu'ils se trouvent réduits à moins de la moitié de
leur nombre, par décès, infirmités, retraites voloutaires ou
renvois forcés. Dans tous ces cas, 9 le propriétaire peut former
une nouvelle association de cultivateurs
ployer des ouvriers à la
portionnaires, ou emjournée ou à l'année; mais il ne
,
même en pareils cas, renvoyer les vieux, les jeunes ou les peut infirmes. Si néanmoins l'association, quoique réduite,
avant la fin de l'année, se recruter
pouvait,
jusqu'aux trois quarts de
son complet, il ne sera pas loisible au propriétaire de dissoudre
son établissement. Toutes les fois que la réduction numérique
delfétablissement, ou l'urgence dela saison, peut mettre en danger une partie des récoltes. 3 ou entraver les préparatifs qu'exige
Pimminence de la récolte, le propriétaire peut renforcer l'établissement par l'introduction de tel nombre de journaliers
qu'il jugera nécessaire; les frais de ces travaux de louage seront
à la charge du. fonds commun et payés avant tout sur les
duits de ia plantation. Tout sujet de qucrelle entre les
protaires et les cultivateurs, autre que ceux que l'on vient, proprié- de
sera
voir,
réglé par les lois ordinaires; les
prépropriétaires et les
cultivateurs étant, sous tous les rapports, sur le pied de
lité. Ib. (p. 118).
l'égaIV. Les dispositions concernant les journaliers,
à
la durée et aux heures de travail, , à la soumission
quant
aux conducteurs, àl la régularité de leur conduite, et à la garantie contre toute
violence 9 etc., sont les mêmes que dans le précédent
leurs fautes seront également punies
chapitre;
du salaire.
par l'expulsion et la perte
Cependant ils n'ont pas le droit d'avoir des
teurs de leur choia, comme les cultivateurs
conducils sont tenus d'obéir à ceux qui ont été choisis portionnaires, mais
Le travail, à compter du lever du soleil
par ces derniers.
il sera exige, sera payé à raison d'un jusqu'au coucher, quand
vième de dollar)
heure
demi-cscalin ( un neupar
pour les hommes, etd'un tiers d'cscalin pour les femmes. (p- 119.)
V. Lesalaire des ouvriers loués au mois 01l pour un plus long
ia, comme les cultivateurs
conducils sont tenus d'obéir à ceux qui ont été choisis portionnaires, mais
Le travail, à compter du lever du soleil
par ces derniers.
il sera exige, sera payé à raison d'un jusqu'au coucher, quand
vième de dollar)
heure
demi-cscalin ( un neupar
pour les hommes, etd'un tiers d'cscalin pour les femmes. (p- 119.)
V. Lesalaire des ouvriers loués au mois 01l pour un plus long --- Page 31 ---
LES NÈCRES ÉNANCIPES. CODE RURAL POUR
savoir : pour les
pour les travaux des champs, est fixé, dollars, ; pour les
temps, au-dessus de dix-huit ans, à quatre
les indiliommes
dollars et demi, ct à deux dollars pour
à la
femmes, à deux dix-huit ans ; ces gages leur sont payés
vidus de quatorze à
leurs travaux avantlexpiration
fin de chaque mois. S'ils quittent qui leur seraient das; mais
de leur terme, ils perilent les gages
ont droit au
a
ils
paiement
avant ce terme. si on les congédic
le temps qui resterait à courir.Le louage
de leurs gages pour tout
de cctte catégorie sera l'objet d'un
des artisans et cultivateurs
contrat spécial (p. 120). de paix et de leurs assesseurs
VI. La juridiction des juges comprises dans la présente ors'étendra sur toutes les matières où ces magistrats n'auraient
donnance; et, dans les Tocalités
appartiendra aux
cette juridiction
pas encore été nommés, aux uns ou aux autres seront adressés,
commandans" militaires:
d'arrestation ou de procédure, les
dâns tous les cas d'acusation,
nécessaires. pièces et documens
ct publiée pendant
ordonnance sera imprimée
voix; elle
La présente consécutifs, à haute et intclligible
trois dimanches
créole, aux heures, et sur. la place,
sera expliquée, cn langue
paroissc-, et affichée dans
du marché du chef-lieu de chaque et stir les principaux batiles plus fréquentés,
dans
: les endroits
Elle sera aussi dûment enregistréc les
mens des plantations. et adressée à tous
et inférieures,
toutes les cours supéricures
qui scront respensables
officiers civils et militaires,
principaux
de son exécution (p- 120). dont on vient de donner la
Cette Ordonnance de Polverel, vigueur depuis la date de
parait avoir été en pleine
substance,
1794, jusqu'au commencement
28 février
le comsa promulgation,
Toussaint avait pris
d'août 1798. Darant cet intervalle, de cette période de temps que
mandement en chef, et c'est
déjà cité, lorsqu'il
le colonel Malenfant, dans un passage
de Tousparle
sous T'administration,
fut florissante
biens et
dit : G La colonie
et houreuz StLT leurs
saint. Les blancs ctaient tranquilles
comme on T'a déjà fait
travaillaient (p.79). Cet exposé,
Suivant lui
les negres
confirmé par le général Lacroix. voir, fut pleinement
Sonthonax, qui avait été rappelé en
le commissaire
il fut surpris de l'état
aussi,lorsque dans la colonic, en 1796,
France, retourna,
en était reidevableà ReeTonsaint-Loudans lequel il latrouva; on
--- Page 32 ---
CODE RURAL POUR LES NÈGRES
ÉNANCIPÉS.
travaillaient (p.79). Cet exposé,
Suivant lui
les negres
confirmé par le général Lacroix. voir, fut pleinement
Sonthonax, qui avait été rappelé en
le commissaire
il fut surpris de l'état
aussi,lorsque dans la colonic, en 1796,
France, retourna,
en était reidevableà ReeTonsaint-Loudans lequel il latrouva; on
--- Page 32 ---
CODE RURAL POUR LES NÈGRES
ÉNANCIPÉS. verture qui, déjà maitre de la volonté des
etl la discipline parmi ceux qu'il retenait noirs, portait l'ordre
réussi à faire rentrer les autres
sous les armes, et avait
sur leurs
reprendre les travaux de la culture,
habitations, pour y
cours de l'année suivante,
(Tom. I. p. 311) et dans le
1797, la colonie
il, comme par enchantement
marchait, nous ditculture
vers son ancienne
prospérait, et chaque jour en rendait splendeur; : la
sensibles. (Tom. I. les progrès
p. 324) > Le général
plus
oculaire, tient absolument le
Vincent, autre témoin
même
La guerre que T'Angleterre avait language. faite
dans l'espoir de rétablir
à Saint-Domingue,
flots de sang et
l'esclavage, qui lui avait couté des
d'or, et ne pouvait avoir
treuse influence sur les progrès de la
que la plus désasépoque pari une convention entre
culture, se termina à cette
Maitland,
Toussaint et le général
laquelle laissait la totalité de l'ile
anglais
de Toussaint. Pour
sous la puissance
réprimer les désordres
avait nécessairement donné
auxquels la guerre
nouvel essor à la oulture,
naissance, et pour imprimer un
du 3 août 1798 ; elle est parut une autre ordonnance, en date
fait à tous les fonctionnaires accompagnée de l'appel le plus pressant
de tout leur
publics, qui sont invités à concourir
pouvoir à l'exécution des
tient. a A Ia colonie de Saint
réglemens qu'elle concomme en France,les
- Domingue, leur disait-on,
royalistes et les anarchistes
égal effroi l'établissement d'un ordre
voient avec urf
poir de troubler la paix de la
constitutionel, et dans l'esen ceuvre
colonie, ils mettent tous les
pour empêcher les progrès de la culture. moyens
nous, se disent-ils, de
Efforçonsconsiste à s'affranchir de persuader aux, cultivateurs que la liberté
nul doute
tout travail, et si nous y
que nous ne rétablissions
parvenons,
colonie, ne fournissant plus rien à la l'esclavage, puisque la
donnée. Mais non, les vrais amis de mére-patrie, la
en sera abancultivateurs que le travail seul
liberté feront sentir aux
seulement
peut les rendre
en leur procurant
heureux, non
voir aux besoins de leurs abondamment les moyens de pourdegré de splendeur
familles, mais en élevant la colonie au
auquel elle doit
Dans le préambule
aspirer.
,
colonie, ne fournissant plus rien à la l'esclavage, puisque la
donnée. Mais non, les vrais amis de mére-patrie, la
en sera abancultivateurs que le travail seul
liberté feront sentir aux
seulement
peut les rendre
en leur procurant
heureux, non
voir aux besoins de leurs abondamment les moyens de pourdegré de splendeur
familles, mais en élevant la colonie au
auquel elle doit
Dans le préambule
aspirer. même de
à la page 95 du
de l'ordonnance, que l'on trouvera
culture étant le Rapport M. Mackenzic, il est dit que l'agrifondement de la prospérité des
griculture ne pouvant être
états; que l'avateurs,
florissante, si l'on n'assure aux
par tous les moyens possibles, lc fruit de leur cultitravail ; --- Page 33 ---
ÉNANCIPÉS.
CODE RURAL POUR LES NÈGRES
étant autorisés à passer
les cultivateurs et les proptiétaires
bonne
que
pour un temps limité; qu'une
entre eux des engagemens
aux cnltivateurs une
police étant le seul moyen de procurer celle dont jouissent
de bien-être plusgrande même que
actifs et insomme
et enfin que les hommes
les cultivateurs en France; leurs effortsque des résultats faibles
dustrieux ne ponvant tirer del
ont la lifrères du même établissemént
et imparfaits, , si leurs
ces considéraberté de vivre dans l'oisiveté et le vagabondage; suivent.
tions ont motivé les nouveaux réglemens qui des produits entre
ont pour objet le partage
à
Ces réglemens
Les cultivateurs ont droit
les cultivatenrs et le propriétaire. dontil ne sera fait aucune
du revenu de la plantation,
ou
un quart
prétexte que ce soit, pour frais,
déduction SOuIS quelque
et le propriétaire ne peut dispopour contributions publiques, de la plantation avant que ce
ser d'aucune portion des produits
devant être aussi
ait été payé; la part des cultivateurs le
quart
lieu de chargement plus rapproché.
transportée par lui au
des portions de terrain
Jl sera accordé en outre aux cultivateurs
sera tenu de
chaque famille, et le propriétaire
Il
suffisantes pour
soins du médecin et les médicamens.
payer pour eux les
de se conduire enou aux gérans
est enjoint aux propriétaires des pères de famille, de les engager
vers les cultivateurs comme
en leur faisant sentir que ces
à former des mariages légitimes, de s'assurer la jouissance
unions sont les meilleurs moyens d'obtenir dans les chade toutes les douceurs de l'état social; soin et assistance; de
grins ct dans les maladies consolation,
au bonheur et à
pureté des moeurs, si essentielle
d'étendre la
faire régnerla
rapidement la population ;
la santé; d'accroitre
culture et d'en augmenter les produits.
de travail entre
légère différence pour les heures
Ilya une
et ceux du commissaire Polvérel.
ces nouveaux réglemens du jour et finissent à onze heures
Elles commencent au point
le déjeuner; et
matin, avec un intervalle de repos pour
du
du
deux heures jusqu'à la nuit, l'intervalle Il
en outre depuis
de moins de trois heures.
milieu du jour n'étant pas
des jours et des heures de
doit être tenu un registre exact / afin d'établir en conséprésence de chaque cultivateur ,
La durée des
des parts de produits.
quence la distribution
à trois années, et, ces engageengagemens s'étend d'une
les juges de paix et
doivent être enregistrés gratis par
2*
mens
intervalle de repos pour
du
du
deux heures jusqu'à la nuit, l'intervalle Il
en outre depuis
de moins de trois heures.
milieu du jour n'étant pas
des jours et des heures de
doit être tenu un registre exact / afin d'établir en conséprésence de chaque cultivateur ,
La durée des
des parts de produits.
quence la distribution
à trois années, et, ces engageengagemens s'étend d'une
les juges de paix et
doivent être enregistrés gratis par
2*
mens --- Page 34 ---
CONSTITUTION POLITIQUE D'AYTI,
par ies officiers miicipanx; ct,
cultivateur sont dans l'intention lorsque le propriétaire ci le
de résilier le contrat
eux, ils doivent se prévenir
fait entre
nintuellement uu an
peines sont prononcées contre ceux
d'avance. Des
des coutrais, qui ogcasionneraient qui violerzient les clauses
le désordre sur les
des troubles et mettraient
plantations : ces peines sont
prison et les travaux publics. Les
l'amende, la
sont chargés d'exercer
commandans de quartiers
les
la police et de maintenir l'ordre
plantations. Les gérans sont autorisés à açcorder
sur
vateurs des permissions de
aux cultisortir de
s'absenter, mais sans néanmoins
l'arrondissement où sont situées les
doivent en outre obtenir des
plantations. Ils
luées. Une fois
passeports des antorités constichaque mois, lecture doit être faite de
glemens sur les plantations; ils doivent
ces républiés, et affichés dans les endroits
aussi être imprimés,
voyés à toutes les autorités civiles
les plus apparens, et ensables de leur exécution.
et militaires, qui sont responIl parait que ces réglemens sur la police de la
vrage de Toussaint, et différant
culture, ousoit pour les
très-pen, soit pour les principes,
dispositions, de ceux de Polvérel, dont
un extrait, ont continué à être en.
on a donné
1798 jusqu'à l'arrivée de l'armée vigueur depuis le mois d'août
française à
la
fomier18i2.Tonssimba
Saiut-Domingueen
à
vérité,donna une nouvelle constilution
Saint-Domingue le 2juin 1801, constitution dont le but étail
prévenir tout retour à l'esclavage, et qu'il fit
de
par le général Vincent, ainsi
l'a
porter à Bonaparte
I
il ne fit aucun
qu'on rapporté plus haut; mais
d'ou l'on
changement aux réglemens relatifs à la
peut conclure qu'ils lui paraissaient
culture;
ment leur objet.
remplir parfaiteLa constitution de
vention de
Saint-Domingue fut l'ceuvre d'une condéputés des départemens assemblés
Prince Cn mai 1801. Elle est
au Port-aunant un exposé succinct des précédée d'un préambule contemation, et suivie d'une motifs. qui en ont nécessité la foradresse aux habitans
l'une et l'autre sont des
et à l'armée:
ainsi
des
prenves de la sagesse et du
que
talens de Toussaint et de ses
patriotisme,
(Voyez le Rapport de Mackenzie,
collaborateurs.
Dans la
pag. 122 à 133.
préface il est dit en substance
temps, Saint-Domingue était
que, depuis longe
en proic à des désordres
genre et à la veille de sa ruine,
de tout
lorsque le génie de Toussaint-
l'autre sont des
et à l'armée:
ainsi
des
prenves de la sagesse et du
que
talens de Toussaint et de ses
patriotisme,
(Voyez le Rapport de Mackenzie,
collaborateurs.
Dans la
pag. 122 à 133.
préface il est dit en substance
temps, Saint-Domingue était
que, depuis longe
en proic à des désordres
genre et à la veille de sa ruine,
de tout
lorsque le génie de Toussaint- --- Page 35 ---
EN 1801.
FAITE PAR SOUÉBIST-LOTTBRTGRE
ies combinaisons les plus judicieuses, par des
Louverture, par
les plus énergiques, Ta
plans sagement combinés et parlesactesl lois des mains de SCS
arrachée au même moment el toul à la
de
ennemis intérieurs et extérieurs, y a étouffétous les germes
discorde , y a fait succéder l'abendance à la misère, l'amourde
et l'industric à la guerre civileet à l'oisiveté, la sécurité
la paix
mis toutes les
sous l'autorité de la
à la terreur, et en a
partics
l'ancieni réFrance. La révolution avait renversé violemment
tont,entier. Les divers gonvernemens qui s'étaient sucgime
avaient introduit siccessivement des lois noucédé en France y
qu'elles étaient
velles; mais Jeursauteurs mêmes reconnaissaient
mal appropriées aux localités, et viremplics de contradictions, d'autres rapports, et qu'entre les mains
cieuses sous une ipfinité
intérêts
elles
d'hommes: facticux ou occupés de leurs
personnels,
n'avaient servi qu'à aigrir le mal platôt qu'à y porter remède.
devinrent daus, quelques circonstances un objet de terCes lois
reur et dans d'antres un objet de mépris.
En France, on sentait la nécessité d'un systèmc entièrement
les colonies, d'un système adapté à léur situatiou,
nouveau pour
mais combien de
à leurs moeurs et aux circonstances présentes;
des
ne devait-il pas offrira
difficultés ce problème législatif
dictés
hommes qui n'agissaient que d'après des rapports
par
Comment, à une distance si considél'infidélité et la' partialitél
sainement Ie màl
rable, pendant une guerre maritime, juger efficace P Larexistant et y appliquer le remède convenable et
constitution françaisc, par laquelle il était déclaré
ticle 91 de-la
serait
des lois
Yadministration des colonies
réglée par
spéque. aurait seul autorisé lc peuple de' Saint-Domingue à préeiales,
le code de lois ainsi annoncé, lors
senter au gouvernement du passé ne lui en eût pas fait un demême que T'expérience
Jus choisir
convenable pourrions-n
voir. C Quel momént plus celui oùt l'ordre a été rétabli, où
pour nous donner des lois que
où les
les décombres de l'ancien édifice ont été déblayés,
préja-.
et les
calmées, que ce moment -
gés ont été détruits
passions
tant de circonstances concourent à rendre si propice, qu'on
que
comme une de ces époques marquées pour
peut le, regarder
ne se
fixer la destinée d'une nation, époques qui
présentent
fois, et qui, si o11 les laisse échapper, ne reviennent
qu'une Les inférêts de la colonie et ceuk de la' mére-patric, SI
plus! intimement liés' les uns aux autres, réclament égaloment l'ins-
tant de circonstances concourent à rendre si propice, qu'on
que
comme une de ces époques marquées pour
peut le, regarder
ne se
fixer la destinée d'une nation, époques qui
présentent
fois, et qui, si o11 les laisse échapper, ne reviennent
qu'une Les inférêts de la colonie et ceuk de la' mére-patric, SI
plus! intimement liés' les uns aux autres, réclament égaloment l'ins- --- Page 36 ---
CUNSTITUTION POLITIQUE D'HAiTt
titution dc cours de justice; des mesures
la population diminuée, à faire
propres à augmenter
commerce ; et à rétablir l'ancienne renaître lagriculture et Ic
et de la partie française de l'ile.
union de la partie
Ces intérêts
espagnole
aussi l'établissement d'un
réunis commandent
suppression des abus; ils système de finance uniforme et la
les esprits des
nous font un devoir de tranguilliser
propriciaires
de leurs proprictes; ; ils nous fout absens, relativement à la stireté
est de
sentir de quelle
consolider et d'affermir la
importance il
menter la prospérité dont jouit tranquillité publique, d'augorages qui l'ont agitée, de faire maintenant la colonie après les
leurs droits et leurs devoirs,
connaître à tous ses habitans
d'éteindre les
diger un code de lois propre à réunir
méfiances, et de réles sentimens, et à ne faire
toutes les opinions, tous
rêts. Tels sont, dans
qu'un seul faisceau de tous les inté.
gagée dans une
Timpossibilité oùr se trouve la France, enguerre avec les puissances
elle-méme au secours de cette vaste
maritimes, de venir
qui ont déterminé le
colonie. Tels sont les motifs
faits dont
général en chef. à ajouter aux autres bienSaint-Domingue lui est déjà
voquer cette assemblée
redevable, celui de conlégislative, à l'effet de
gouvernement de France une constitution
soumettre au
besoins. La composition de cette
appropriée à tous ses
d'autre désir que d'écarter de toutes assemblée prouve qu'il n'a eu
et la violence, et de profiter
ses discussions la passion
dont il peut
lui-même de toutes les lumières
disposer; et s'il n'a pas
tâche qu'il se proposait, du moius il rempli complètement la
conslances lui
a fait tout ce que les cirde
permettaient de faire. Il ne pouvait se
proposer tous les changemens désirables.
hasarder
degrés que la colonie peut s'élever à la
Ce n'est que par
dont elle est susceptible. Le
plus haute prospérité
progressif. Heureux si
bien, pour être durable, doit êtrc
tribuerà améliorer le cette première tentative pouvait consort de ses concitoyens et lui
faveur, ainsi que l'approbation de la
mériter leur
n'aurait pas atteint la
France, lors même qu'elle
perfection >
Voici la substance de
la loi constitutionnelle: quelques-uns des principaux articles de
Art. 3 à 5. II n'yaura point d'esclaves
L'esclavage y'est
sur lc territoire d'Haiti.
vivent
pour jamais aboli., Tous les hommes
et meurent librcs. Tout homme,
y naissent,
quelle que suit sa cou-
lui
faveur, ainsi que l'approbation de la
mériter leur
n'aurait pas atteint la
France, lors même qu'elle
perfection >
Voici la substance de
la loi constitutionnelle: quelques-uns des principaux articles de
Art. 3 à 5. II n'yaura point d'esclaves
L'esclavage y'est
sur lc territoire d'Haiti.
vivent
pour jamais aboli., Tous les hommes
et meurent librcs. Tout homme,
y naissent,
quelle que suit sa cou- --- Page 37 ---
EN 1801.
FAITE PAR
TOPBAINT-ROEMEATESE
distincIn'y a d'autre
admissible à tous les emplois.
différence de
leur, y est
et des talens, et d'autre
tion que celle dc la vertu attache à T'exercice des fonctions pu- soit 1
rang que celles que la loi
tous, soit qu'elle punisse,
bliques. La loi est la même pour
qu'elle récompense.
est la seule qui soit prati-,
Art. 6à1 11. La religion catholique paroisse pourvoira aux frais
publiquement à Haiti. Chaque
Le mariage tendant à
quée culte et nommera ses ministres.
de cet état scde son
les vertus
les moeurs, ceux qui pratiquent
épurer
honorés et protégés.
et la sûreté
ront particulitrement!
garantit la liberté
forArt. 12 et 13. La constitution arrêté qu'en vertu d'ordres
pérsonnelles. Nul ne peut être compétent; ; et nul ne peut être
mels émanés d'un fonetionnaire publique (4). Les propriétés sont
incarcéré que dans une prison
sacrées et inviolables.
absens leurs droits de proUn article assure aux propriétaires
avoir été inscrits
de ceux qui pourraient
des émigrés,
priété, à l'exception de France sur la liste générale de M. Macpar le gouvernement obtenu leur radiation. (Rapport
et quin'auraient pas
l'ackenzie, p. 122 et 125.) de 1801, et des observations qui
Du langage de ce code
ci-dessus, on est suffisamet qu'on a rapportées
la culture s'était
compagnaient; autorisé à conclure qu'à Saint-Domingue
de résulter
ment
l'état de langueur qui ne pouvait manquer colonie avait
relevée de
révolutionnaires par lesquelles la réglait les rapdes convulsions V'influence d'un système qui
assurer
passé ; et que, sous
des cultivateurs de manière à
des propriétaires et
les
de leur industrie,
ports derniers une large part dans produits
à leurs occuà ces
à ramener les esclaves émancipés
des proon était parvenu
Ils étaient devenus les associés
lui
pations accoutumées.
leurs travaux pourraient
du sol pour tout ce que
en même temps sujets des
priétaires
; et ils étaient devenus
les classes de l'état,
faire produire de lois qui atteignaient toutes comme le derlois générales,
était forcé d'obéir
le propriétaire
3 l'ordre,
et auxquelles
La tranquillité
de sa plantation.
été le résultat
nier des cultivateurs
paraissent avoir
et la prospérité
le contentement
a sa
a
dans les colonies à esclaves chaque habitation la va-
(4) Ceux qui savent que
des magistrats 1 sauront apprécier
prison, non soumise à l'inspection
leur de cette restriction.
le derlois générales,
était forcé d'obéir
le propriétaire
3 l'ordre,
et auxquelles
La tranquillité
de sa plantation.
été le résultat
nier des cultivateurs
paraissent avoir
et la prospérité
le contentement
a sa
a
dans les colonies à esclaves chaque habitation la va-
(4) Ceux qui savent que
des magistrats 1 sauront apprécier
prison, non soumise à l'inspection
leur de cette restriction. --- Page 38 ---
CONNENCENENT ET PROGRÈS DE LA GUERRE A HAITI.
de ce système. Nous avons déjà vu les témoignages
le général Lacroix, le colonel Malenfant, aussi
pari lesquels
bien
néral Vincent, viennent à l'appui de cette
quele geconjecture; celui du
général Vincent est sans contreditle plus décisif. Il avait quitté
Saint-Bpmingumeniso1, et à cette époque il donna à
les plus fortes assurances que l'état de choses
Bonaparte
ment un changemént de
n'exigeait nullesystème, et de plus qu'un changement
quelconque ne pourraitavoir aucun résultat heurenx :
tout
allait aussi bien que possible;
que
que les blancs
suient paisiblement de lcurs
propriétairesjontsdomaines; que la culture faisait des
progrès rapides ; et qu'ily avait chez les noirs
ordre
et bonheur.
industrie,
Telle était en effet la situation dans
laquelle, en février 1802,
lexpédition de Leclerc trouva la colonie. Il arrivait avec des
instructions portant le rétablissement de l'ancien régime. Toutefois il annonça dans le premier moment, des vues bien'différentes. Bonaparte, dans sa première proclamation, disait aux
habilans' : ( Quelle que soit votre origine ou votre couleur,
vous êtes tous Frauçais, vous êtes touslibres, et tous égaux devant Dieu et devantla République.. >Silon vous dit: Ces forces
sont destinées à vous ravir la liberté, répondez : ( La
ne souffrira pas qu'on nous l'arrache. >> Leclerc donna République des
surances non moins fortes, etdans le même seus : ( Si les plan- asteurs, disait-ilaux' noirs, osaient vous parler de rétablirl'esclavage; ma colère les dévorerait comme le feu dévore VOS cannes
desséchées. > Mais quelque imposant que fat le langage de ces
proclamations, la conduite et les mesures de ceux qui les
daient ne dévoilerent que trop la perfidie de leurs intentions. répanLa manière seule dont le général Leclerc aborda au
Français en fut une preuve; et Christophe, qui commandait Cap
Cap, eut si peu de doute à cet égard,
fit
au
tions de Leclerc la
qu'il
aux somma -
réponse suivante : ( On nous prend done
encore pour des esclaves ! Allez dire au général Leclerc
les Français ne marcheront ici
que
que sur un monceau. de cendres, et que la terre les brûlera. > A peine eut-il
paroles qu'il donna lui-méme le signal de la
prononcé ces
conflagration du
Cap, en mettant le feu à sa propre maison, élégamment
blée, et annonça ainsi la ferme et inébranlable
mcuétait de résister.
résolution où il
Non moins décidée fut la conduite de Toussaint; le 9 fé-
ne marcheront ici
que
que sur un monceau. de cendres, et que la terre les brûlera. > A peine eut-il
paroles qu'il donna lui-méme le signal de la
prononcé ces
conflagration du
Cap, en mettant le feu à sa propre maison, élégamment
blée, et annonça ainsi la ferme et inébranlable
mcuétait de résister.
résolution où il
Non moins décidée fut la conduite de Toussaint; le 9 fé- --- Page 39 ---
PROGRES DE LA GUERRE A HAITI.
la lettre suivante, à Domage,
vrier 1802, il écrivit de Saint-Marc à Jérémie:
commandait
un de sCs généraux, qui
cher général, mow-aide-deJ'envoie auprès de vous 2 mon
, et il vous dira de
Chancy, Il est porteur de la présenté
camp
lui ai chargé.
ma part ce que je
et de la colonie, réunis ensemble,
uLes blancs de France
de vaisseaux et
ôter la liberté. Il est arrivé beaucoup
et
yeulent
du Cap,du Port-Républicain,
des troupes qui se sont emparés
mais
du Fort-Liberté.
résistance, a succombé;
cLe Cap, après une vigoureuse ville et une plaine de cendres;
les ennemis n'ont trouvé qu'une
les forts ont sauté et tont a été incendié. (Port-ab-Prince) leur a été liaLa ville du Port-Républicain
Agé, ainsi que le fort Bizotraître général de brigade
et la trahivrée parle
férir, par la lâcheté,
ton, qui s'est rendu sans coup ancien officier du Sud. Le gechef de bataillon Bardet,
cordon à la
son du
maintient dans ce moment un
la dénéral Dessalines
toutes nos autres places sont sur
Crois-des-Bouquets, ct
fensive.
est très-forte par les avantages
( Comme la place de Jérémie
et la défendrez avec le
dela nature, vous vous y maintiendrez des blancs : ils vous
courage que je vous connais. Méfiez-vous bien manifèsté est' le retrahiront, s'ils le peuvent ; leur désir
tour de l'esclavage.
donne carte blanche; tout ce que
je vous
et
c En conséquence,
levez en masse les cultivateurs, pévous ferez sera bien fait;
qu'il faut se mélier des gens'
nétrez-les bien de cette vérité, secrètement des proclamations
adroits qui pourraient avoir reçu feraient circuler sourdement
blancs de France, et qui les
de ces séduire les amis de la liberté:
Laplume de brûler
pour donne lordre au général de brigade
dans le
xJe
villes et toutes les plaines;
la ville des Cayes, les autres
force de l'eninemi, et: alors
résister à la
cas qu'il ne pourrait
garnisons, 2 et tous les cultivàtoutes les troupes des différentes
vous vous enténdrez pariraient vous grossir à Jérémic ;
fairé les choses 5
teurs,
Laplume pour bien
faitementi avec le général
quantité toutes
dés vivrés en grande
vous emploierez àr planter
les femmes cultivatrices.
Lacroix, Tom. II. p. 438 - 140.
force de l'eninemi, et: alors
résister à la
cas qu'il ne pourrait
garnisons, 2 et tous les cultivàtoutes les troupes des différentes
vous vous enténdrez pariraient vous grossir à Jérémic ;
fairé les choses 5
teurs,
Laplume pour bien
faitementi avec le général
quantité toutes
dés vivrés en grande
vous emploierez àr planter
les femmes cultivatrices.
Lacroix, Tom. II. p. 438 - 140. --- Page 40 ---
PROCRÈS ET FIN
( Tachez, antant qu'il sera en votre
votre position.
pouvoir, m'instraire de
uJe compte entièrement sur
le maître de tout faire
vous, et vous laisse absolument
affreux.
pour nous soustraire du joug le
plus
( Bonne santé je vous souhaite.
Salat et amitié.
Signé: TOISSUINTELOEYERTURE
De parcilles dispositions
désespérée que ces hommes, indiquent suffisamment la résistance
gueurs et toutes les amertumes qui avaient connu toutes les rià opposer à ceux qui
de l'esclavage, étaient décidés
veau sous leur joug de fer. entreprenaienit Toute
de les courber de noula prospérité à
suint-Louverture, par sa police
laquelle Tousà élever la colonie ; la vie
sage et vigilante élait
compagnons
même n'était pour lui et parvenu
qu'un grain de
pour ses
au retour du fouet dont poussière dans la balance,
ils
comparée
Aussi la lutte
croyaient déjà entendre le
miné et si
prit-elle du côté des noirs un caractère si bruit,
éloigné de toute
déterne tarda pas à se convaincre apparence de soumission, que Leclerc
dernier suldat, il n'obtiendrait qu'en sacrifiant même jusqu'à son
victoire sans dépouilles.
qu'un triomphe stérile, une
fiance dans la valeur et dans Ils'apergutalors, la
qu'égaré par sa conil avait trop tôt jeté le
discipline de ses vieilles légions,
et eut
masque. Il suspendit donc les
recours aux négociations. Il offrit
hostilités
une des conditions de la soumission, immédiatement, comme
sans restriction, et le
la liberté de tous les noirs
officiers nègres devant complet amalgame des deux armées ; les
qu'ils avaient dans l'armée conserver, au service de France, le rang
y eut un court intervalle de d'insurrection. Cet appât réussit; il
cultivateurs
paix et de bonne intelligence, et les
clerc
reprirent leurs travaux. Ce fut le 2A avril
Leproclama la conclusion de cet
que
nait pour base ( la liberté et
arrangement, auquel il donl'égalité de tous les habitans de
Saint-Domingue, sans distinction de
vant, nous le voyons écrire à
couleur. > Et le 3 mai suimis hors la loi, mais dont
Toussaint, qui d'abord avait été
porté;
l'arrêt de proscription était alors
ill'assure, dans les termes les
raple voile de l'oubli sur lout
plus flatteurs, ( qu'il jettc
vous,
ce qui a cu licu à
général, vos généraux ct vOS
Saint-Domingue; ;
troupcs, serez cmployés et
, nous le voyons écrire à
couleur. > Et le 3 mai suimis hors la loi, mais dont
Toussaint, qui d'abord avait été
porté;
l'arrêt de proscription était alors
ill'assure, dans les termes les
raple voile de l'oubli sur lout
plus flatteurs, ( qu'il jettc
vous,
ce qui a cu licu à
général, vos généraux ct vOS
Saint-Domingue; ;
troupcs, serez cmployés et --- Page 41 ---
DE LA GUERRE A nain.
vous déarmée. Quant à vous 2
traités comme le reste de mon dû. Je compte assez sur l'attasirez du repos; le repos vous est
de Saint-Domingue, , pour
vous portez à la colonie
aurez dans votre
chement que
le loisir que vous
à
croire que vous emploierez vos vucs sur les moyens propres
retraite à me communiquer Tagriculture et le commerce.a
faire, refleurir dans ce pays
au mois de juin 1802,
-
semaines après, c'est-à-dire
après avoir
Quelques avoir pris à loisir toutes ses mesures, ofliciers
Leclerc, après
des naturels et leurs principaux
et
disséminé les troupes
entièrement à sa discrétion,
de manière à ce qu'ils fussent les
auxquelles ils
cultivateurs élant dispersés sur plantations et sa famille,
les
fit tout à coup arrêler Toussaint
étaient atlachés, pour la France.
Jes plus exet les embarqua
on mit en ceuvre les moyens. ou massaAu même moment, les naturels, et pourdéporter influens de
péditifs pour désarmer
les meilleurs et les plus
crer avec une cruauté sauvagel
sur toute la populaofficiers. Ces événemens produisirent
bientôt l'inleurs noire de l'ile l'effet d'une étincelle électrique; noirs et leurs soldats
tion
Ceux des officiers
de Leclerc 2
surrection fut générale.
de T'atroce perfidie
qui n'avaient pas été victimes
les insurgés. L'incendie,
à s'échapper et à rejoindre de tout quartier, telle fut
parvinrent
massaere, le refus
hostilités,horle plus impitoyable
habituelle des nouvelles
dans
des deux côtés la tactique
qui étaient les agresseurs des
les Françajs,
ajoutèrent
reurs auxquelles
et d'extermination,
leurs
célte guerre de vengeance révoltant encore. Ils noyaient
horreurs d'un caractère plus les
au point que leurs cacentaines dans ports,
prisonniers par
infecter l'air de vapeurs pestilen- et
davrés flottans finirent par
vivans, hommes, femmes
tielles; ou bien ils les jetaient
les membres les uns
à des dogues qui leur déchiraient dit Malenfant, ont
enfans, et les dévoraient. (( Les noirs,
envers eux,
des autres
les cruautés qu'on a exercées dévorer par
le coeur ulcéré par à la Carrier, en les faisant
en faisant des noyades
que de chair de noirs, pour
des chiens que l'on ne nourrissait
au-dessus de celles
plus féroces; cruautés peut-être
du Pérou. >>
les rendre
féroces
conquérans
des Pizarre 2 des Almagre
(P. 122.)
commencèrent aussi à faire d'horribles ravages fut au
Les maladies
Dès la fin d'octobre 1802, Leclerc
parmi les Français.
avant la fin de l'année, les troupes
nombre des victimes, et,
des chiens que l'on ne nourrissait
au-dessus de celles
plus féroces; cruautés peut-être
du Pérou. >>
les rendre
féroces
conquérans
des Pizarre 2 des Almagre
(P. 122.)
commencèrent aussi à faire d'horribles ravages fut au
Les maladies
Dès la fin d'octobre 1802, Leclerc
parmi les Français.
avant la fin de l'année, les troupes
nombre des victimes, et, --- Page 42 ---
RESULTATS DE LA GUERRE A naiti.
françaises furent tellement réduites, tellement resserrées et
fermécs dans les places fortes qu'ils
enoecupaicht sur la côte,
qu'ils finirent par renoncerà toute idée de conquête.
on continua des deux côtés à pousser la
Cependant
guerre avec la furie la
plus sauvage, les Français appelant à leur aide de nombreuses
meutes de dogues du Cuba; de sorte que l'ile toute entière,
l'exception des défiés des
, à
montagnes et des places fortes, devint
un théâtre uniforme et permanent de carnage et de désolation.
Les maisons et tles sucreries furent détruitesde
toutes
rien
ne
fut laissé dans les plaines et dans les parties
parts;
accessibles de
l'ile, de ce qui pouvait fournir unl abri ou la subsistance aux envahisseurs. Ils ne purent alors espérer de vivres que' ceux
tiraient du dehors, et la famine commença bientôtà
qu'ils
ravages à ceux de la maladie et de la guerrc. Enfin, ajoutersds
de décembre 1803, l'ile fut définitivement
au mois
poiguée de soldats français, fuyant la destruction abandonnée par unc
qui déjà avait
moissonné à peu près 40,000 de leurs compatriotes.
Ainsi, pendant deux années, sauf un bien court intervalle,
Saiut-Domingue avait été en proie au fléau d'une guerre à laquelle peu de guerres peuvent être comparées pour la férocité
et l'esprit de vengeance 2 qui vers la fin avait bien plutôt
objet l'extermination que la conquête; qui ne faisait grace nian pour
sexe ni à l'age, et qui effaçait de toutes les plaines de cette magnifique colonie jusqu'à la dernière trace de culture. Celle du
sucre en particulier fut si complètement anéantic,
un certain temps il fut
que pendant
impossible de se procurer sculemeut une
once de celte denrée. Ce n'était que dans les mornes que l'ou
cultivait encore les racines et les fruits nécessaires à la vie. Aussi
serait-il diflicile de se représenter une désolation plus complète
que cclle qui règna pendant 1804 et 1805 sur tous les
de
cette
points
colonie naguère couverte de plantations florissantes; ct
tout le monde sait que sous le climat des tropiques tclle cstalai
force et l'éxubérance de la végétation que pour peu qu'une
tation soit négligée, elle se change bientôt en un épais et stérile planbuisson:
Doit-ou s'étoiner que dans unic telle situation, Haiti ait cessé
d'exporter les productions des tropiques? Et n'est-ce pas le
comble de Pabsurdité que tous ces raisonnemens
Cn comparant les exportations de 1789 ct celles par de Jesqaels,
voudrait établir
1805, on 1
qu'ily a dans la population noire inaptitude à
'une
tation soit négligée, elle se change bientôt en un épais et stérile planbuisson:
Doit-ou s'étoiner que dans unic telle situation, Haiti ait cessé
d'exporter les productions des tropiques? Et n'est-ce pas le
comble de Pabsurdité que tous ces raisonnemens
Cn comparant les exportations de 1789 ct celles par de Jesqaels,
voudrait établir
1805, on 1
qu'ily a dans la population noire inaptitude à --- Page 43 ---
D'INDÉPENDANCE D'HAiTt.
DECLARATION
S'assurer des moyens de subsistance
touteindustric prodnetive?
à repousser celteinet SC préparer
au cas d'unc autreinvasiou,
grand et constant objet
vasion: si elleavaillieu,telf fut désormaisle fit de cette résolution une loi
de la sollicitude des Hailiens. On même où un cnnemi commenfondamentale : qu'au moment sur les rivages de l'ile, toutes
cerait à opérer son débarquement édifices de la plaine seraient livrés
les villes de la côte, tous les
disparaitrait, , que les
flanmes; que toute la popnlation et
les hommes
aux
dans leurs mornes, que
femmes se réfugieraient
et de péril, nécesaux armes. Et cet état d'incertitude
industriels,
coutraient
de plan et d'efforts
sairement fatal à toute espèce
ou moins de force, jusqu'en
cessa de se faire sentir, avec plus
à renoncer à
ne
la France se détermina
1826, époque à laquelle
colonie, et à toute entreprise tentout droit sur son ancienne
dante à la faire. rentrer sous son joug. quel motif, quelle perOr, pendant cet intervalle si long, seul habitant à mettre des
spective ponvait donc encourager un
ct à relever, dans
des sucreries:
capitaux dans la recoustruction établissemens de culture dont il
les plaines de l'ile, ces vastes
P Quant à des capides monceaux de décombres
ne restait que
vainement cherché ; les moyens
taux, il est vrai, on en aurait
pourl la
les ustensiles les plus indispensables d'exmême de culture,
la
des articles
la fabrication et conservation
tout
préparation 2
détruits, anéantis ; il fallait de nouveau du
portation avaientété
pour tout autre peuple
créer; et n'était-ce pas là précisément, s'attendre à voir se réamoins,cet état par suite duquel ou pouvait
la barbarie qui,
sur un retourà
liser cesjérémiades prophétiques
infaillible de la liberté
nous dit-on, doit ètre le résultat inévitable, Phistoire ? Elle nous dit
des noirs? Mais que nous dit cependant dont la surface de l'ile' était
qu'en dépit de toutes ces ruines
motifs de découragément
couverte, en dépit des innombrables efforts de l'industrie et Yempour arrêter les
:
qui conspiraient
de culture ou d'amélioration
ploi des capitaux en entreprises
ou de démorade tous les élémens de désorganisation s'est trouvé jeté
en dépit
le peuple d'Haiti
lisation au milieu desquels n'ont pas cessé de lutter contre
depuis cette époque, les noirs
onttravaillé sans relâche
et en onttriomplié; qu'ils
et civile,
les difficnltés,
leur condition sociale
et avec succès à perfectionner
le
de la civilisation,
bien loin de rétrograder sous rapport
ils n'ont
et que
avec tant d'assurance,
comme on nous le prophétisait
en dépit
le peuple d'Haiti
lisation au milieu desquels n'ont pas cessé de lutter contre
depuis cette époque, les noirs
onttravaillé sans relâche
et en onttriomplié; qu'ils
et civile,
les difficnltés,
leur condition sociale
et avec succès à perfectionner
le
de la civilisation,
bien loin de rétrograder sous rapport
ils n'ont
et que
avec tant d'assurance,
comme on nous le prophétisait --- Page 44 ---
POPULATION D'HAITI.
cessé d'avancer en sens inverse, non
date de la déclaration de leur
seulement depuis 1826,
cette époque ; et la preuve décisive indépendance, de
mais même avant
fournit, c'est que dans l'intervalle
ce progrès, un seul fait la
d'Haiti a
de 1804à 1824, la
presque doublé.
population
En effet, à peine Haiti eut-il le temps de
débarrassé de ses cruels envahisseurs,
respirer, après s'être
livreraux efforts les plus persévérans que l'on commença à s'y
génerale, et donner une nouvelle pour réparer la dévastation
vie à
dustrie. Mr. Mackensie, dans son
l'agriculture et à l'ina donné la constitution
rapport (p. 133 à 136) nous
adoptée par l'assemblée
voquée par Dessalines, au commencement législative con- -
préambule de cette constitution, à
de 1805. Voici le
le 20 mai de la même année.
laquelle ilapposa sa signature
( En notre nom et au nom du peuple
galcment élus comme les organes fidèles d'Haiti, qui nous a léet les
volonté, en présence de TEtre-Suprème
interprètes de sa
hommes sont égaux, et qui n'a formé
devant qui tous les
de créatures
tant d'espèces différentes
répandues sur la surface da
manifester sa puissance et sa gloire parla globe, qu'afin de
à la face du monde entier, dont
variété de ses ceuvres;
et si
nous avons été si
long-temps rejetés et proscrits, nous
injustement
sente constitution est l'expression
déclarous que la prélibre,
voeux et de nos opinions, et de la volonté spontanée et fixe de nos
mettans, laquelle nous
générale de nos comsoumettons à la
notre libérateur, et à qui nous en
sanction de Empereur,
Il est inutile de donner en détail remettons les
l'exécution.,
titution, qui sont, à peu près, les dispositions de cette consconstitution de
mêmes que celles de. la
si
Toussaint, en 1801, dont on a
ce n'est qu'à l'ancien nom de
parlé plus haut,
celui d'Haiti, et qu'on y
Saint-Domingue on a substitué
pose comme
sauf certaines
principe fondamental que,
exceptionsdsterminées aucun
pourra meltre le pied dans l'ile à titre de blanc,à l'avenir,ne
priétaire. L'esclavage est aboli à
maître ou de prosont égaux devant la
perpétuité, et tous les Haitiens
loi; l'empereur lui-méme
destitué et traité comme ennemi de l'état
pouvant étrc
violer ce principe fondamental.
s'il entreprenait de
fait
Un des articles,
allusion, est ainsi
auquel on a déjà
d'alarme, les villes
conçu : ( Au premier coup de canon
culture,
disparaissent, et la nation est debout )
désignée commela
L'agripremière, comme la plus noble etla
é, et tous les Haitiens
loi; l'empereur lui-méme
destitué et traité comme ennemi de l'état
pouvant étrc
violer ce principe fondamental.
s'il entreprenait de
fait
Un des articles,
allusion, est ainsi
auquel on a déjà
d'alarme, les villes
conçu : ( Au premier coup de canon
culture,
disparaissent, et la nation est debout )
désignée commela
L'agripremière, comme la plus noble etla --- Page 45 ---
POPTLATION D'RAYTI.
des
est placée sous la protection spéciale
plus utile
professions,
immédiate et particulière
de T'état, et mise sous la surveillance
les lois déjà existantes
du ministre des finances et de l'intérieur,
suffisantes
sur ce point étant à ce qu'il parait regardées comme
branche del'administration. Ces lois furent, quelques
pour cette
consolidées et réduites en un système plus réguannées après,
dont le code, inséré textuellement daus le
lier, par Christophe, Mackenzie, ne différait que fort peu pour les prinrapport de M. détails du code rural de Boyer. 9 publié en 1826.
cipes et pour les
n'exige pas quenous entrions
L'objet de la présente publication
de Dessalines, sur
dans aucun détail sur le. règne intermédiaire
ou sur les traits de férocité par lesquels
ses projets gigantesques,
non plus du parlage de l'ile,
il s'est signalé; on ne parlera pas
et Petion, ni des
qui eut licu, après sa mort, entre Christophe
la
circonstances de sa réunion sous Boyer, en 1819, y compris
ni enfin de la reconnaissance de l'indépenpartie espagnole; la France, en 1826. Ce sont des faits trop
dance d'Haîti par
soit nécessaire d'en présenter
récens et trop connus pour qu'il
ici le récit détaillé. Il està propos cependant d'appelerlatiention la fin de la
les
de la population d' Haiti, depuis
sur
progrès meurtière de 1803, et d'autant plus à propos que
guerre si
affecte de jeter des doutes sur
M. Mackenzie, dans son rapport,
des documens officiels fournis à cet égard.
l'exactitude
et M. Mackenzie lui-mème, paraissent
Toutes les autorités,
180A, c'est-à-dire lors de la
s'accorder sur ce point, qu'en
les
conclusion de la guerre sanglante et exterminatrice que
venaient def faire à Saint-Domingue, la population s'y
Français réduile de 645,000 individus à 400,000 ( Rapport de
trouvait
no 18 de 1827, p. 22). Il remarque toutefois
M. Mackenzie,
celui de 1826, est évaque le montant actuel de la population,
Les états offilué très-différemment par différentes personnes.
du
le portent à 930,000 ames ; quelques-uns
ciels gouvernement d'autres assurent hardiment quel la popuà 700,000; tandis que
à
de 423,042 personnes, de
lation entière ne s'élève pas plus
la partie frantout âge et de toute classe, savoir : 351,819 pour
espagnole de Saint-Domingue. Or,
çaise, et 71,223 pourla partie l'intention del Mackenzie est de persuaon voit clairement qu'ici relevé est le seul correct; car il avance 9
der au public que son
toute la population de
p. 86, comme chose incontestable, que
individus. Mais en
l'ile de Saint-Domingue n'était quede 423,042
élève pas plus
la partie frantout âge et de toute classe, savoir : 351,819 pour
espagnole de Saint-Domingue. Or,
çaise, et 71,223 pourla partie l'intention del Mackenzie est de persuaon voit clairement qu'ici relevé est le seul correct; car il avance 9
der au public que son
toute la population de
p. 86, comme chose incontestable, que
individus. Mais en
l'ile de Saint-Domingue n'était quede 423,042 --- Page 46 ---
POPULATION D'HAÎTI.
point de fait, on verra dans qneautre partie de cette
que ce nombre représente, nôn pas la population entière enquéte
seulement les adultes et les. citoyens actifs
, mais1826, pour le paiement de la contribution qui furent taxés Cn
stipulée envers la
France, comme prix de la reconnaissance de
d'Haiti.
Pindépendance
L'état qui suit est une copie du recencement
population des trente-trois arrondissemens
général de la
visée la république d'Haiti,
dans lesquels est dimis l'année
recensement fait en 1824, et transsuivante, par le général Irginac, secrétaire
la personne même qui publie aujourd'hui
d'état, à
ce document, et
a fréquemment correspondu avec cet officier. La même
qui
le fit insérer dans les journaux anglais de cette
personne
époque.
Etat du recensement de la
population 2 fuit en 1824.
1 Port-au-Prince.
89,164110 Limbe..
2 Gap Haitien.
38,566 20 Grande-Riviere,.
33,475
3 Cayes.
63,536 21 Marmelade.
35 372
4 Sanio-Domingo.
20,076 22
32,852
5 Jérémie.
37,652 23 Saint-Iago,
10,419
6 Aquin..
58,587 24 Samana. Borgne.
29,162
7 Gonaives.
53,542 25
2,209
8 Tiburon -
37,927 26 Neyle. Azua..
2,581
9 Port-de-Paix..
26,058 27
3,500
10 Saint-Marc.
37,628
Saint-Jean..
2,745
11 Port-Plate.
10,622 28 Lamatte..
1,026
12 Jacmel.
99,108 29 Arcaye..
4,805
13 Nipper.
44,478 30 Croix-dea-Bonquets.
15,383
44 Fort-Liberté.
21,530 31 Grand-Bois.
6,199
15 Léogane..
55,662 32 La Véga.
6,178
16 Monte-Christo.
2,112 33 Le Tron,.
3,932
47 Mole..
17,150
TorAL!
18 Mirebalais.
53,649
935,335
Orile est singulier que M. Mackenzie, qui doit avoir cu sous
les ycux ces états officiels donnés comme le résultat d'un
sement antérieur sculement de deux années à
recen- de
l'époque
son
Rapport, entreprenne d'établir comme chose probable, mais
sans donner aucune raison à l'appui de son opinion, que la
pulation toute entière ne SC montait. alors qu'à 423,012
pomoins de la moiliédu total des relevés officiels. L'air de individus,
qu'on donne à ce chiffre semblerait
précision
indiquer un recensement
comme le résultat d'un
sement antérieur sculement de deux années à
recen- de
l'époque
son
Rapport, entreprenne d'établir comme chose probable, mais
sans donner aucune raison à l'appui de son opinion, que la
pulation toute entière ne SC montait. alors qu'à 423,012
pomoins de la moiliédu total des relevés officiels. L'air de individus,
qu'on donne à ce chiffre semblerait
précision
indiquer un recensement --- Page 47 ---
POPULATION D'HAiTI.
a-t-il été fait? et s'il n'est apréel et serupulenx; mais par qui jastifierlimmputation de fraude
puyés sur aucune autorité, peut-il à l'égard du gotvernement auprès
que M. Mackenzie se permet
alléguer seulement l'ombre
duquel il étaitaccrédité, et cela sans
officiels peuvent être
d'une preuve: P Sans doute les relevés une seule raison qui
inexacts; mais M. Mackenzie ne d'inexactitude. donne pas
Il y a même un
puisse l'autoriser à les accuser
la plus forte de la fidécas oû il fournit lui-méme la confirmalion Il dit par exemple (p. 89)
lité de ce recensement en général. était de12,000 personnes.
1827la population de Saint-Iago
10,419,
qu'en
officiel de 182A ne l'avait portée qu'à
Or le recensement
à
qu'on peut suppodifférence égale à peu près l'augmentation dans l'espace de trois ou quatre
ser être résultée des naissances
d'exagération dans le
années. Évidemment il n'y a point Pourquoi donc, sans
chiffre du relevé officiel pour Saint-lago.
a exagération
aurait-on le droit d'avancerqu'ily.
preuve aucune,
dans les autres articles du recensement? (1)
regarder
Après avoir fait justice de ce doute, nous pouvons 1804, n'allait
établi que la population qui, én
comme un point
en 1824, c'cst-à-dire dans le
qu'à 400,000 âmes, était parvenue
fait 135 pour cent dans
cours de vingt années, à 935,535, ce qui
et accordant que
de temps, ou près de 7pour cent paran;
cc laps
l'immigration ait pu ètre de trente à quapendant ces vingtans
est une assez large concession, la
rante mille individus, ce qui encore 5 pour cent paran. On
proportion du progrès dépassera
n'a rien que de trèsverra ci-après que cette augmentation
possible.
noire de la Jamaique s'était acMaintenant, si la population
1804, au lieu
à peu près égale depuis
crue dans une proportion
que de 336,253 individus,
de n'être, comme elle était en 1824, environ, et, en 1882, à près
elle se. serait. élevée à 750,000 âmes de la liberté, et tel celui de l'esd'un million. Mais tel est l'effet
n'est-il
un cas analogue
clavage! Et ce qui concerne Haiti
pas
est
colonies, si ce n'est qu'ici T'analogie
à l'état de nos propres
de ces dernières P Il ne faut pas
toute en faveur de.l l'émancipation
M. Maskenzie a pris pour le nombre de la popn-
(4) 11 est à présumer celui que des habitans qui avaient été jugés en état de contion entière d'Haiti
imposée pour acquitter Vindemnité due à la
tribuer à ta taxe extraordinaire
étaitide 423,032; le surplis
France, En effet le nombre de ces contribuables jeune pour être compris
de la population qui se trouvait trop pauvre ou trop Ames.
s'élerait à près de 450,000
dans cette capitation,
-
nombre de la popn-
(4) 11 est à présumer celui que des habitans qui avaient été jugés en état de contion entière d'Haiti
imposée pour acquitter Vindemnité due à la
tribuer à ta taxe extraordinaire
étaitide 423,032; le surplis
France, En effet le nombre de ces contribuables jeune pour être compris
de la population qui se trouvait trop pauvre ou trop Ames.
s'élerait à près de 450,000
dans cette capitation,
- --- Page 48 ---
EFFETS DE L'ÉMANCIPATION A HAITI.
oublier que le nombre des esclaves affranchis
français, à Saint-Domingue
par les décrets
seulement, n'était guères
de 500,000, et cette émancipation était
au-dessous
chances fâcheuses, relativement
exposée à bien plus de
aux personnesetaux
et était entourée de bien plus de difficultés,
propriétés,
fondé à le craindre pour les colonies
qu'on ne serait
que sanctionna depuis la
anglaises. Par son décret,
l'affranchissement
Convention 9 Polverel prononçait
immediat des esclaves. Aucun avis, nul avertissement préalable n'en avait été donné, et
n'avait pu se préparer d'aucune manière à par conséquent On
séquences de cet événement.
faire face aux conTout-à-coup,
esclaves furent relevés de toutes leurs
brusquement, les
anciennes
libres de toutes restrictions; on les lâcha,
obligations et
gés de tous les vices de
pour ainsi dire, charl'esclavage. A quoi donc aurait-on da
s'attendre, si ce n'est à une dissolution
social, à l'anéantissement de
complète de tout état
la barbarie
toute civilisation, et au
de
et de la terreur P
règne
Aussi, dans ces: circonstances 7 l'ile fut-elle cn
sordres
proie aux dépolitiques, 2 à la guerre civile, à la guerre étrangère et à
l'invasion. Les. propriétaires d'esclaves étaient divisés entre
suivantqu'ils étaient ou blancs, ou de couleur, ou
eux, 9
ou royalistes; ils se querellaient, se
républicains,
sang les uns des autres. En
battaient, et versaient le
mémetemps, les Anglais, maîtres des
points fortifiés de la côte, répandaient la terreur dans le
parleursineursions,
pays
Malhereisementencore les esclavesavaient
appris à s'associer aux animosités politiques et à prendre
pour leurs maitres respectifs ; on les avait familiarisés parti
scènes de violence, et avec l'effusion du
avec les
sang. Or,
que l'on propose pour les colonies
l'émancipation
anglaises, on la propose sous
l'empire de circonstances différentes sous tous les
donc oserait avancer qu'en
rapports. Qui
émancipant nos esclaves nous nous
exposions à rien de semblable aux. dangers et aux diflicultés
quels on devait s'attendre à
auxles
Saint-Domingue en y affranchissant
esclaves P Et pourtant, jusqu'à l'arrivée de Leclerc,
il dei si malheureux, 2 de si déplorable, dans les effets qu'yeut- de celle
brusque et imprudente émancipation?
Dans leur ensemble, et autant qu'ils regardent la masse de la
population Haitienne, c'est-à-dire les classes ouvrières de celte
population, ces effcts peuvent être résumés ainsi qu'il suit :
Les lois d'Haiti ont prononcé l'entièrc abolition dc l'esclavage:
Et pourtant, jusqu'à l'arrivée de Leclerc,
il dei si malheureux, 2 de si déplorable, dans les effets qu'yeut- de celle
brusque et imprudente émancipation?
Dans leur ensemble, et autant qu'ils regardent la masse de la
population Haitienne, c'est-à-dire les classes ouvrières de celte
population, ces effcts peuvent être résumés ainsi qu'il suit :
Les lois d'Haiti ont prononcé l'entièrc abolition dc l'esclavage: --- Page 49 ---
35.
A HAifi.
EFFÉTS DE L'ÉMANCIPATION
tant comme;
l'asage du fouet;
à tout jamais
de
Elles
Elles proscrivent
instrument correction.
du travail que comme
droits et des droits
aiguillon
du peuple les mèmes
donnent à tout le corps admissible à tous les emplois, quelle
égaux. Tout homme est
la même pour tous, soit qu'elle
La loi est
sont invio-,
que soit sa couleur.
Les droits de proptiété
et
punisse, soit qu'elle protège. faculté de disposer sans contrôle,
et tout individu a la
Le système de
lables,
de tout cê qui lui appartient.
les fercomme il lui plait,
propriètés surlesquelles
division des terres en petites
nécessaires àla
la
cultivent les diverses productions des porcs, de
miers Haitiens
élèvent des bestiaux,
subsistance et au commerce,
les vendre; ce système
pour leur usage, ou pour
sont lotiés
la volaille etc.,
général. Les cultivateurs
devient de jour en jour plus
qui sont à la semainc reçoiou à la semaine ; ceux
les pro-:
à la.journée
Pour les grandes propriétés, vala-.
vent leuir paie le samedi. passent entre eux des contrats
et les cultivateurs
un, trois et cinq ans 3
priétaires
certain temps, comme
bles pour un
être renouvellés du consentement
ils peuvent
comme on
â l'espiration,
et plus récemment,
mutuel des parties, un quart,
étant assurée aux culune moitié du produit
et qui ont à
le verra ci-après,
sont nourris surle domaine,
tivateurs, qui en outre
tout entiers, pour cultiver, s'ils
le samedi et le dimanche
; de son côté, le
eux
jardins qu'on leur concède le travail ; les
le veulent, les petits
tousles' frais excepté
soin
propriétaire ou le rentier paie
sont à sa charge, etil,a
de médecin et les médicamens
auxdivers défrais
seules punitions légales appliquées
est abodes enfans. Les
Toute punition corporelle
lits sont l'amende etla prison. les femines travaillent ensemblc,
lie parl la loi(4). Les hommés et les hommes en plus grand nomdistinetion de sexe ; mais
en général aux foncsans
qui sont employées
sont punisbre que les femmes, de la cuisine. Les cultivateurs
tions du ménage et
s'ils manquent aux clauses
de l'amende ou de la prison,
excepti
sables
s'ils s'absentent sans permission,
de leur eugagement ;
blessera volondéfense 2 dit la loi, celui qui à
(4)- Excepté le cas de légitime qui que ce soit, sera condamné sera uncamende doublée, si
tairement ou seulement Frappera
de huit mois ; la peine
de soixante
de 400 dollars età un cimprisonnenent des personnes agées de plus
le délit a été commis sur des femmes, de quatorze ; et ceite même maitre peine sur pourra son
ans, ou sur des enfans au-dessous si la violence a été commise par un
encore etre augmentée,
de louage.
3*
apprenti ou sur un cultivateur
, sera condamné sera uncamende doublée, si
tairement ou seulement Frappera
de huit mois ; la peine
de soixante
de 400 dollars età un cimprisonnenent des personnes agées de plus
le délit a été commis sur des femmes, de quatorze ; et ceite même maitre peine sur pourra son
ans, ou sur des enfans au-dessous si la violence a été commise par un
encore etre augmentée,
de louage.
3*
apprenti ou sur un cultivateur --- Page 50 ---
EFFETS DE L'ÉMANCIPATIOX A HAiTt.
les samedis et les dimanches, de la
sont engagés à travailler
propriété sur laquelle ils se
; ou s'ils changent de
s'être munis d'un passeport. Il leur est aussi résidence sans
une boutique ou d'exercer un métier
défendu d'ouvrir
est nécessaire aussi
sans une licence, ce qui
pour tous les artisans et tous les
chands, et est, à Haiti, une des
marpublic.
principales sources du revenn
Telle est en général la condition
d'Haiti, ainsi que l'atteste M.
légale dès cultivateurs
Rapport officiel. Il ne
Mackenzie lui-mème, dans sOn
travail
prétend pas qu'ils soient
et mal nourris ; c'est l'inverse même
surchargés de
que l'on peut conclure de tout
de cette assertion
On n'y trouve
ce qu'il a publié à ce
pas non plus une syllabe dont on
sujet.
même d'une manière éloignée,
puisse induire
souffrir le besoin
que les noirs cultivateurs
ou la pénurie, ou qu'ils soient
aientà
exactions ou à des cruautés. Mais
exposés à des
classe
si, détournant nos yeux de la
agricole, nous les portons sur l'état de la société
néral, dans cette république d'esclaves
en gérons qu'ils ont poussé l'amélioration émancipés, nous trouvedel leurs
et politiques à un degré qui promet les
institutions sociales
et les plus assurés dans les arts de la progrès les, plus grands
fournis par M. Mackenzie
civilisation. Les documens
d'une constitution et d'un prouvent qu'Haiti est en possesion
gouvernement
lois évidemment fondé sur le bon
réguliers, d'an code dc
tème de jurisprudence
sens et sur la justice ; d'un sysadministrativenon: moius bien
à ses besoins ; d'un établissement fiscal
appropriée
réglé; d'une force militaire bien
qui paraît sagement
qui parait garantir eflicacement disciplinée, et enfin d'une police
la sûreté des
propriétés. Toutes les lois sont rédigées
personnes et dcs
d'une manière
intelligible, et mises au niveau de la capacité des
claire,
imprimées et répandues sur tous les
de plus ignorans;
elles sont accessibles à
points
la république,
s'instruire de
tous, et chaque Haitien est à même de
ses droits, de ses rapports, de ses
civils et politiques, tandis
tout
devoirs sociaux,
exposé à l'examen
que
ce qui s'y lie est
et à la critique des étrangers. également
Ce tableau dc l'état actuel d'Haîti est le
nullement forcé des documens
résultat naturel et
M. Mackenzie; et
contehus dans le Rapport de
celle d'un
cependant la description qu'il en fait est
penple qui se compose de près d'an million
émancipés ou de lcurs descendans,
d'esclaves
lesquals, au premier no-
,
exposé à l'examen
que
ce qui s'y lie est
et à la critique des étrangers. également
Ce tableau dc l'état actuel d'Haîti est le
nullement forcé des documens
résultat naturel et
M. Mackenzie; et
contehus dans le Rapport de
celle d'un
cependant la description qu'il en fait est
penple qui se compose de près d'an million
émancipés ou de lcurs descendans,
d'esclaves
lesquals, au premier no- --- Page 51 ---
CONDITIOS DES ESCLAVES A LA JANAIQUE. barbarie et
étaient dans un degré de
ment de leur émancipation,
encore que tout ce qu'on
d'incivilisation bien plus déplorable esclaves aujourdhui exisdire avec justice des 800,000
est celui d'un
pourrait
colonies anglaises ; et ce témoignage
tans dans les
hostile; et bien que, pourcetteraison doit
témoin mal dispostelparfoisl
précieux, on
prén'en soit que plus
celui qui
mème, ce témoignage qu'il doit être moins favorable que un de ce
sumer néanmoins
Mais nous en avons
bien
émanerait d'un témoin imparlial.
d'nne date
cxempt de partialité et de prétentions, et qui n'est venu qu'à une
genre,
à celui de M. Mackenzie,
de sécurité tiré de
postéricure oût les eflets produits par le sentiment avaient déjà commenecâse
époque
de l'indépendance classes de la république
la reconnaissance
dans toutes les.
de M. Rimanifester, en excitant d'entreprise; c'est le témoignage
l'activité el l'esprit
a été, dans les années
chard Hill qui fera vair quelle esclaves émancipés d'Haiti.
la condition réelle des
la
satisfaisante
et 1881,
démontré de la manière plus
Du reste, il a été
d'esclaves a émané de l'autorité
que lorsqu'ane émancipation les maîtres y ont souscrit paisiblesuprême de l'état, et lorsque n'a pas été troublée; quiln'en est
ment, la tranquillité publique aucun malheur pour les esclaves;
résulté aucun inconvénient,
dans leur barbarie originelle:
et qu'on ne les a pas vus retomber aujourd'hui des résultats difpourquoi donc apprchenderait-on
férens ?
la situation actuelle, quant aux
Qu'on voie, par exemple,
masse des esclaves sur
de subsistance, de la grande
on leur accorde
moyens
Outre les dimanches,
plantations àl la Jamaique. culliver les denrées nécessaires pour
vingt-six jours par an pour
plus leurs enfans, dès
nourriture et cellede leurs familles;de
nécessite
leur
les aident dans le travail que
T'âge de cinq ou six ans,
leur concède.
la culture des petits terrains qu'on
leurs maitres consistent
Les seuls alimens que leur fournissent même considérer plutôt comme
harengs, qu'on doit
donc affirmer
cn quelques
comme alimens. On peut
que
trouvent
uIl assaisonnement actuel, les esclaves sdela Jamaique qui peut
wue.doslenmonent subsistance dans leur propre travail,
des
en général leur
par cumsib-irasmnemean ils
s'évaluer à une demi-journée cette demi-journée de travail,
dimanches. Si, au moycn de
l'assure M. Barclay, pouraujourd'hui, comme nous
leur scrait-il, difficile
peuvent
à leurs besoins, comment
voir amplement
me alimens. On peut
que
trouvent
uIl assaisonnement actuel, les esclaves sdela Jamaique qui peut
wue.doslenmonent subsistance dans leur propre travail,
des
en général leur
par cumsib-irasmnemean ils
s'évaluer à une demi-journée cette demi-journée de travail,
dimanches. Si, au moycn de
l'assure M. Barclay, pouraujourd'hui, comme nous
leur scrait-il, difficile
peuvent
à leurs besoins, comment
voir amplement --- Page 52 ---
CONDITION DES ESCLAVES A LA JANAIQUE.
de se procurer des moyens de subsistance
auront pour travailler douze de ces
abondans, quand ils
outre le dimanche P Dire
demi-journées par semaine,
à souffrirde la disette dans qu'ilsmonrront de faim ou qu'ils auront
de telles
une véritable absurdité.
circonstances, c'est avancer
maitres, quoique épuisés Quoiqu'occupés aujourd'huipour leurs
soleil du
par les travaux des champs, sous le
six, penilant tropique, pendant cinq jours et demi au moins sur
ils
lesquels ils ont encore à subir les coups de
parviennent à se nourrir dans
fouet,
teurs, à se nourrir eux et leurs l'abondance, au dire des plana seule demi-journée
familles, "par le travail diune
suader
par semaine P, et l'on voudrait nous
quelorsqu'ils pourront disposer à volonté
perqu'ils sont maintenant obligés de
detout lei temps
donner à leurs
compter ce peu d'instans qu'on
maitres, 9 sans
à souffrir de la faim ! Et
appelle leur temps, ils auront
d'ailleurs, 2 le travail de I'homme
Indes-Occidentales, en
s aux
aura cessé d'être esclave P perdra-t-il Les
de sa valeur, parce qu'il
difficiles à faire entre les
contrats de culture seront-ils plus
propriétaires de
maique et leurs esclaves'
plantations de la Jaet le cultivateur
émancipés, qu'éntre le propriétaire
teurs de la Trinité haitiens, etles plus difficiles' qu'entre les plancela s'arrangerait
cultivateurs libres de cette ile P Tout
avait
bientôt, si, de la part des
une bonne volonté franche et sincère de propriétaires, ily
d'après des principes raisonnables
régler ces intérêts
peut désirer de plus le
et équitables. En effet, que
cultivée 2 Et quelle
propriétaire du sol que de voir sa terre
tivée à son profit différence y a-t-il pour lui, qu'elle soit culpar des cultivatenrs
par des cultivateurs qui, la
justement rétribués, 2 ou
paient une rente
prenant à leur propre compte 2 lui
valoir?
pour prix de la location du sol qu'ils font
On peut donc calmer les alarmes de ceux
craindre, pour les esclaves
qui affectent de
seul mode d'émaneipation eux-mémes, les suites funestes du
légale ct aux
auquel on ait pensé,
conditions de laqnelle les maîtres et les émancipation esclaves
rontégalement tenus de se conformer. Ce
seaucun motif d'alarme
changement, ne présente
nullement
pour le bien-être de l'esclave, et il ni'est
vraisemblable qu'il entraine
de la paix publique. Il ne
aucune perturbation de
cultés ni détresse; ct loin de peut amencr pour l'esclave ni difirelarder son bien-être physique, et
auquel on ait pensé,
conditions de laqnelle les maîtres et les émancipation esclaves
rontégalement tenus de se conformer. Ce
seaucun motif d'alarme
changement, ne présente
nullement
pour le bien-être de l'esclave, et il ni'est
vraisemblable qu'il entraine
de la paix publique. Il ne
aucune perturbation de
cultés ni détresse; ct loin de peut amencr pour l'esclave ni difirelarder son bien-être physique, et --- Page 53 ---
EN 1830 A 1831.
LETTRES D'UN YOYAGEUR A HAiTI
hâtera au conil en
morale et intellectuelle,
son amélioration
parmi les
traire le développement.
de la population
est la
entre les progrès
anglaises,
Un parallele
classes esclaves, des colonies
classes libres et les
faire à ces craintes dépourvues comme
meilleure réponse qu'on puisse
faire considérer
la
parlesquelles on voudrait
de l'esclave et
de fondement,
chose Tathanchissement
une seule et même
détérioration de sa condition.
vieillards et aux infirmes,
enfans, aux
Quant aux jeunes
en de philanthropiques
desquels on se répand
l'on sache qu'en
sur le compte
avait lieu, que
nodoléances, si une émancipation
partic des plantations,
même, sur la plus grande
encore pour
ce moment
que nous prendrons
tirent
tamment à la Jamaique, leurs maitres que ces individus
ce n'est pas de
sont nourris par leurs pères
exemple,
Les jeunes enfans le sont par leurs parens,
leur subsistance. vieillards et les infirmes voit donc clairement
et mères, etles
leurs enfans. On
à
à la
et principalement par
de continuer pourvoir les
lieu de diminuer les moyens
ne ferait que
qu'an
l'émancipation
subsistance de ces classes,
considérablement.
augmenter
CHAPITRE II.
les années 1830 et 1831,.
deslettres d'un voyageur à Haiti, pendant et traduits de l'anglais (4).
Extcaits a'ressées à son ami en Angleterre,
Port-an-Prince, 26 juin 1830.
le 16 de cC mois.
arrivé au Port-au - Prince,
l'incendie avait
a Je suis
considérables que
Je savais les dommages
bomme de
Richard Hill, natif de la Jamaique, une éducation très-
(4) Ce voyageur est M.
1l a reçu de son père un homme plein d'incouleur, et fils d'une négresse. connu en Angleterre comme
l'avait nommé
mibérale , et il est bien Lord Nnigaequiteninss beaucoup, pour surveiller
telligence et de probité.
de 24,000 ames à la Jamalque
magistrat spécial d'une paroisse
Pexécution de l'acte d'emaneipation.
de la Jamaique, une éducation très-
(4) Ce voyageur est M.
1l a reçu de son père un homme plein d'incouleur, et fils d'une négresse. connu en Angleterre comme
l'avait nommé
mibérale , et il est bien Lord Nnigaequiteninss beaucoup, pour surveiller
telligence et de probité.
de 24,000 ames à la Jamalque
magistrat spécial d'une paroisse
Pexécution de l'acte d'emaneipation. --- Page 54 ---
ASPECT DE PORT-AU-PRINCE.
naguères occasionnés à cette ville, et je m'attendais à
qu'une triste ruine et un vaste amas de
n'y voir
a rebâti un grand nombre d'édifices décombres ; mais On
à la fois
solides, et supérieurs à tout ce
élégans ct
(Jamaique). Ce
qu'on peut voir à Kingston
sont les premiers fruits de
dont la reconnaissanee de
cette, sécurité
iouir la propriété. Ges
P'indépendance d'Haiti y a fait
édifices ont été construits dans
style tout nouveau, au lieu d'être des
de
un
cienne
copies ceux de l'anville, qui ne consistaient qu'en assez vilaines maisons
bois, et rappelant le mauvajs gout des anciens
de
au-dehors par leur
colons; ils servent
apparence, et au-dedans
tion commode, à montrer le
par leur distribusous l'influence de
progrès social que ce peuple a fait
sa nouvelle condition
ne peut plusagréablement
politique. Si j'ai été on
extéricur du
trompé par ce premiertrait del l'aspect
Port-au-Prince; l'état de ses nombreux habitans
noirs, sous le rapport du bien-être domestique, des
la conduite sociale, et des habitudes d'ordre
mnceurs, de
causé une
et de, régularité, m'a
surprise non moins agréable.
*Quantaux habitans delecumpega,jen'ean
ce quis'est offert à mon observation dans
connaisencoreque
marchés. Celui du samedi,
ceux qui viennent aux
qui dure jusqu'au dimanche
présente un concours d'individus qui n'ontaucune
matin,
la population agricole des colonies à
affinité avec
qu'ils doivent à leur
esclaves, si ce n'est celle
commune origine africaine. C'est bien
mên.e peau noire, c'est la même chevelure
la
distingue dans leurs
laineuse, mais O1l
physionomies un caractère d'élévation qui
indique que de plus nobles motifs que la crainte et la
sion servile les font agir.
soumis-
( Quelques écrivains ont affirmé
Haitiens les avait
que l'incurable paresse des
portés à ne consulter en tout
S'il en est ainsi, il ne nous reste
que leurs aises.
motif dans la
qu'à admirer les effets dc CC
conservation de cette santé robuste, dans cette vigueur qu'il parait assurer, aux parens et aux eufans,
la
nution de travail dont ils
par diminombre d'ânes bien
jonissent, et grâce aussi à un grand
nourris,et de vigoureux
01 les voit venir au marché, oà ils
chevaus,surlesquels
quantité de denrées de toute
apportent une immense
espèce à vendre. L'âne,
pellent la bourrique, est aussi
qu'ils apremarquable par la manière
parfaite dont il est dressé, que par sa taille et son poil uni ct
luisant. Commc son extréme utilité lc met à l'abri des mauvais
issent, et grâce aussi à un grand
nourris,et de vigoureux
01 les voit venir au marché, oà ils
chevaus,surlesquels
quantité de denrées de toute
apportent une immense
espèce à vendre. L'âne,
pellent la bourrique, est aussi
qu'ils apremarquable par la manière
parfaite dont il est dressé, que par sa taille et son poil uni ct
luisant. Commc son extréme utilité lc met à l'abri des mauvais --- Page 55 --- ENVIRONS DE PORT-AU-PRINCE.
On A en voit
ni stupide, ni tétu.
traitemens, il n'est ni paresseux, trotter sans le secours du
de trois et même de six
voix du maides attelages
d'excitation, et à la seule
fouet ou d'autres moyens
accompagné de sa
qui est assis sur l'un d'eux, quelquefois
porte son
tre,
; tandis qu'un troisième
femme placée sur un second
Le nombre de ces
brillant de santé et d'embonpoint.
enfant, doit être immense dans l'ile:
voir dans les
animaux
borné ma curiosité à ce quej'aipu
Je n'ai pas
fait hors de la ville une ou deux
du Port-au-Prince. J'ai
situées
rues
habilations de cultivateurs
excursions parmi les petites domine la ville. On m'a assuré
sur le côté de la montagne qui
étaient si fertiles et récomdans l'ancien régime les plaines
du
que
abondance l'industrie propriétaire,
pensaient par une telle
étaient négligées et délaissées
les montagnes de ce canton
c'est-àque
de sorte que le Camp-des-Fourmnis, Laen comparaison ;
et qui s'étend du
dire la chaine de collines ainsi appelée, été cultivé comme il
Cul-de-sac, n'avait jamais
d'une
mentin au
collines sont maintenant couvertes
lest aujourd'hui. Ces
où l'on s'occupe de la culture
multitude de petits établissemens et où l'on a su tirer pour l'irridu café, des fruits, des légumes, des nombreux cours d'eau qui
gation le meilleur parti possible
; on retientl'eau pardes
s'échappent des ravins. des montagnes
pente de
en saillie que présentela la chautranchées surchaqueinésalité
l'on découvre
; et de hauteur en hanteur,
et solide maison de
la montagne rhumblc cultivateur, ou la belle
de
mière (4) de
haitien avec ses bains, ses berceaux
campagne du négociant terrasses. Il est bien connu Particle
verdure et ses jardins en
premier coup de canon
qui ordonne qu'at
et il
de la Constitution,
et que la nation se lève;
d'alarme les villes disparaisent, suffire pour décider les petits
évident que cette loi seule a pu
ville et du siége du
est
résident si près de la
propriétaires, ceux qui
dans les montagnes que dans
gouvernenent. 7 à se fixer plutôt
soient. Mais il me semble
les plaines, quelque fertiles qu'elles
l'ancien nom de
est véritablement
sorte
que si le Camp-des-Fourmis il lui a été donné dans une
cette chaine de montagnes,
cottage par chaumière, ce
traduit assez souvent lc mot anglais
en chauine.
(1) On a
une méchante maison couverte
qui n'indique pas excinsivement du même mot ponr désigner les maisonnettes
L'auteur de la lettre se scrt
On a cu égard à cette
cultivateurs ct Phabitation du propriétaire.
des
dilférence.
est véritablement
sorte
que si le Camp-des-Fourmis il lui a été donné dans une
cette chaine de montagnes,
cottage par chaumière, ce
traduit assez souvent lc mot anglais
en chauine.
(1) On a
une méchante maison couverte
qui n'indique pas excinsivement du même mot ponr désigner les maisonnettes
L'auteur de la lettre se scrt
On a cu égard à cette
cultivateurs ct Phabitation du propriétaire.
des
dilférence. --- Page 56 ---
ENVIRONS DE- FORT-AU-PAINCE,
de prévision prophétiqne. Et,en
ritable fourmilière
effet, c'est à présent uue véjeunes
d'hommes, de femmes 2 de jeunes
garçons et d'enfans fortement
filles, de
pandent de toutes parts autour des
constitués, qui se réchercher de l'eau, les autres
chaumières 5 les uns allant
et jamais
lavant le linge dans les
nom ne fut plus significatif.
fontaines;
que je fis un soir parmi les
Pendant une tournée
M. Lloyd, négociant
petits cultivateurs , accompagné de
licieuse,
européen, qui habite ici une retraite déde
quoique sans faste, il me fit
ce district par une anecdote
connaitre les habitans
moment de la mort de
vraiment caractéristique. Au
Christophe, le canon
grande et solennelle voix à
d'alarme, cette
est constamment
laquelle toute oreille haîtienne
ouverte, dans le sommeil
veille, se fit entendre des batteries
comme dans la
de la ville.
tant, un millier d'hommes
Au même insse précipita de toutes
armés, équipés et prêts à
les hauteurs,
combattre,
toutes les erevasses de la
sortant, pour ainsi dire, de
montagne. Chaque
gorge vomissait des guerriers. Il
sentier 9 chaque
pour être bien convainca
ne lui en fallut pas davantage
franchie du joug d'un
que cette terre était pour jamais afmaître
C Je me permettrai ici curopéen.
planteurs de cette ile
une courte observation; ; c'est que les
concentrent leurs
sur un petit espace. Ils récoltent
divers genres de culture
cannes 9 et plantent leurs
du blé entre les rangs de
le même
pois, leurs patates et leur mais dans
champ. Ils cucillent leurs pois avant la
patates 9 et ils déterrent les
maturité des
mar; pour s'égrainer; de
patates avant que le blé soit assez
toises de terrain.
sorte qu'ils font beaucoup sur
Les vivres de toute
quelques
sont quatre fois moins chers
espèce, viande et légumes,
ici
la
( Son
qu'à Jamaique.
Excellence le Président avait bien voulu
uneaudience pour le dimanche
m'indiquer
heures. Pour
matin, 20 de ce
me rendre à la salle de
mois, à sept
galerie du palais,
réception, je traversai la
C'élait
que bordaient les officiers de son
un mélange de visages de toutes les teintcs état-major.
plus foncéc jusqu'à la
s depuis la
Le salon d'audience plus claire; : mais le noir foncé dominait.
truite dans de belles du palais est une pièce spacicuse, consforme une variété de proportions. Le marbre dont elle' est pavée
blemcnt et la décoration compartimens agréables à l'ocil; l'ameuétrc très-riches.
en sont élégans et de bon gout, sans
Le
Secrétaire-géncral, qui était là pour me
teintcs état-major.
plus foncéc jusqu'à la
s depuis la
Le salon d'audience plus claire; : mais le noir foncé dominait.
truite dans de belles du palais est une pièce spacicuse, consforme une variété de proportions. Le marbre dont elle' est pavée
blemcnt et la décoration compartimens agréables à l'ocil; l'ameuétrc très-riches.
en sont élégans et de bon gout, sans
Le
Secrétaire-géncral, qui était là pour me --- Page 57 ---
DESCRIPTION DE TORT-AR-PRISCE. de service, lorsque
aux officiers
attevenait de me présenter
traversait une pièce
recevoir,
d'une personno qui
d'Haiti. C'est un
le bruit des pas
T'arrivée du Président
parfaites
nante nous annonça taille ; une aisance et une grace Il était simhomme de petite manlères et dans ses mouvemens. autre marque
règnent dans ses uniforme d'officier général, sans enrichi de
plement vêtu, en baudrier en velours cramoisi, sans affecdistinctive qu'un Il vint à moi d'un air amical, félicita de me
quelques broderies. asseoir à côté de lui, il se
et m'ayant fait
particulière sur l'approtation;
et insista d'une manière
Il me répéta les
voir. à Haiti, donnait à Tobjet de mon confiance voyage. et de son estime,
bation qn'il
obligeantes de sa
les recomassurances les plus
refuser d'après
ne pouvoir
je lui
sentait, me dit-il,
dans les lettres que
qu'il
honorables contenues
mandations
le
de la
avais fait présenter.
est bâtie sur penchant le nom
( La ville du Port-au-Peinoe méridionale qui porte d'où
et en occupe la partie
au point
montagne,
Elle s'élève précisément
avec. la
de Oamp-der-Fuunai par degrés va se confondre la
s'abaissant
sur surfaceréla montagne, Cul-de-Sac. Comme elle se déploie elle n'offre à l'ceil
plaine du
médiocrement élevée,
laspeet
gulière d'une colline
du côté de la mer, que
gâte
qui s'en approche
basses, ce qui
du voyageur de toits et de maisons des nouvelles construcpeu agréable la vue assez belle d'ailleurs
en arcados, de
beaucoup bordent le rivage > de leurs galeries Sur les hautions qui
de leurs tourelles ou belvéders.
de batteleurs places et
on a dressé une ligne
qui dominent la ville,
à angles droits.
teurs Les rues sont larges et se coupent de l'eau en abondance par
ries. anciens colons se procuraient la ville les eaux réunies
Les
5 qui portait à
C'est le même
le moyen d'un aqueduc des hauteurs voisiges.
et autres
de toutes les sources encore aux besoins domestiques élevées
aqueduc qui fournit
grandes fontaines,
cet
nécessités des habitans ; plusieurs autres places, distribuent côté
les marchés et sur plusieurs
De chaque
dans
essentiel dans les différens dallées quartiers. avec soin pour receélément
des rigoles ouvertes et
assez rapide,
des rues sont
mais la pente n'en est pas
l'exdvoir le surplus des eaux ;
abondamment pour faciliter
nc descend pas assez
à la
; toutefois
et l'eau
de police relatifs
propreté
cution des réglemens
,
cet
nécessités des habitans ; plusieurs autres places, distribuent côté
les marchés et sur plusieurs
De chaque
dans
essentiel dans les différens dallées quartiers. avec soin pour receélément
des rigoles ouvertes et
assez rapide,
des rues sont
mais la pente n'en est pas
l'exdvoir le surplus des eaux ;
abondamment pour faciliter
nc descend pas assez
à la
; toutefois
et l'eau
de police relatifs
propreté
cution des réglemens --- Page 58 ---
At
DESCRIPTION DE FORF-AU-PRINCE.
on ne trouve ni boue ni ordurcs dans les
général dans un état satisfaisant,
rues, qui sont enl
Quoique le Port-au-Prince ne soit nullement ce
une belle ville, cependant il est
qu'on appelle
et on pourrait même dire
aujourd'hui, pour le style,
pour l'élégance, fort au-dessus de ce
qu'il fut, à aucune époque de son histoire, comme
la colonie. Au milieu des richesses immenses
capitalede
d'un commerce
qu'alimentaient ses relations intimes avec un puissant empire, malgré le luxe de la civilisation la plus
quoiqu'habité par des hommes
raffinée 2 et
milliers d'esclaves
qui ponvaient employer leurs
à ferliliser son territoire et à embellir son en -
ceinte, le Port-au-Prince ne présentait autrefois
rence pauvre et peu séduisante. Dans les
qu'une appaville, les maisons étaient
premiers temps de cette
cn pierres; mais l'horrible désastre OCcasionné par un tremblement de terre donna lieu à un réglement
municipal par suite duquel on n'y voyait, jusqu'à une période
très-récente, que dcs maisons de' *bois, basses, construites
gout, et même d'ane apparence très-vulgaire. Les
sans
calamités que cette ville a essuyées successivement, fréquentes
des incendies etles pertes immenses en batimenseten parl'effet
tions de toute espèce, faites dans les années de 1820 et construc- 1822
ces dévastations, ont déterminé les Hailiens à chercher par Nes
moyens de se mettre en garde contre les chances possibles d'un
double fleau, cclui d'être bouleversés et brulés. Ils ont
mencé à rebâtir quelques-unes des maisons détruites
comet ils y emploient la pierre ou la briqne, dont ils encaissent parle feu,
charpente intéricure, mode de construction
la
fois ct à résister au choc du tremblement
propre tout à la
de terre, et à
l'action du feu. Ils couvrent les toits
repousser
en tuile on cn ardoise,
préférablement aux lattes, et leurs magasins sont en terrasses à
l'épreuve du feu, avec des fenêtres ct des portes en fer. Ces bàtimens ont des galcries et des colonades surmontées de lourdes
corniches, ct des balustrades qui bordent les toils; les
sont pavés de marbre ct de tuiles de diverses
planchers
sculement au premier
couleurs, non- -
étagc, mais même aux élages
Sirien n'arrête ce mouvement, le Port-an-Printce deviendra supéricurs.
seulement une des villes les plus élégantes des Indes occiden- non
tales, mais aussi unc de celles oùr les maisons offriront l'arrangement le mieux adapté aux exigences du climat. Rien de plus
délicienx que les terrasses en marbre des élages supérienrs.
es
planchers
sculement au premier
couleurs, non- -
étagc, mais même aux élages
Sirien n'arrête ce mouvement, le Port-an-Printce deviendra supéricurs.
seulement une des villes les plus élégantes des Indes occiden- non
tales, mais aussi unc de celles oùr les maisons offriront l'arrangement le mieux adapté aux exigences du climat. Rien de plus
délicienx que les terrasses en marbre des élages supérienrs. --- Page 59 ---
DESCRIPTION DE BORT-AT-PRINCE.
clles forment le coup-d'ail
Outre la fraicheur qu'on y respire, dcs maisons répond au bon goût
agréable. La décoration
de nuances et d'accidens
le plus
L'acajou si riche
par des arde leur construction. travaillé sur les lieux mêmes
produit le pays est
meubles élégans. Les glaces
que tistes haîtiens, qui iletransformenten dorés, à la mode de France, les
renfermées dans des cadres moulu, les vases de porcelaine
à ornemens dorés d'or
à Phabitation du simple
pendules
donnent
garnis de fleurs artificielles, de luxe que TEurope ne dédaignerait
d'Haiti un air
premicrs fruits de la sécuparticulier
sontles
Toutes ces constructions
depuis la reconnaissance
pas.
vivent les propriétaires
envjron ont
rité danslnquelle
quinze de ces maisons
on en a
de lindépendance nationale; des deux dernières années ;
et
été bâties dans Tespace d'autres qui les égalent en grandeur les
construit une trentaine
mais qui ne sont pas, comme
intérieures;
en pierre ou brique.
en commodités défendues par un revêtement setermine par un belvépremières,
de ces bâtimens
tout à la fois de
La toiture pyramidale
destinée à servir
cette consde tourelle,
de
der ou espèce
; l'effet architectural
donne à
ventilateur et d'observatoire clle-même une pièce agréable,
truction, qui forme par air à la fois élégunt et pittoresque:
T'ensemble de la ville un
des progrès que font les Haitiens
Pour se faire une idée exacte
Tinfluence de leur nouvelle
dans les arts de In civilisation, sous mettre ces constructions en pacondition politique, il suffit de
de l'ancienne ville qui sont
avec les nombreux bâtimens
des anciens
rallèle debout: quelle qu'ait été r'opulence éducation et leur poliencore
qu'aient pu être leur distribution intérieure
colons, quelles
extérieure et la
extraordinaire
tesse 2 T'apparence annoncent une indifférence
de leurs maisons
ct bon goût. Sitelle étaitl'ancienne
tout ce qui est élégance
prospérité coloniale,
pour
même de sa plus grande
tant qu'ils
ville, au temps
étonner que les Haitiens,
nous ne devons pas nous
leuri indépendance, que la nature de
ont pu craindre, non pas pour toute atteinte, par une barrière
seule avait mise à l'abri de
leurs propriétés toujours exinaccessibles, mais pour
des flottes de. la
montagnes
rivages de l'ile, aux attaques
non-seulepostes, sur les contentés d'habiter la vieille ville,
les
France, se soient
pour en améliorer
donner la moindre peine
les cen -
ment sans se
toujours prèts à n'en laisser que
édifices, mais encore
de leur indépendance,
que la reconnaissance
dres. Maisanssitot
à l'abri de
leurs propriétés toujours exinaccessibles, mais pour
des flottes de. la
montagnes
rivages de l'ile, aux attaques
non-seulepostes, sur les contentés d'habiter la vieille ville,
les
France, se soient
pour en améliorer
donner la moindre peine
les cen -
ment sans se
toujours prèts à n'en laisser que
édifices, mais encore
de leur indépendance,
que la reconnaissance
dres. Maisanssitot --- Page 60 ---
DESCRLPTION DE FORT-AU-PRINCE,
de la part de la puissance dont ils avaient
tôt les esclaves, les eut affranchis de
été les sujets ou pluce moyen de défense
la nécessité de recourir à
désespérée, aussitôt
cer à l'exécution de l'article cing de
qu'ils purent renonde ce système la sauve-garde
leur constitution qui faisant
nait qu'au premier
de essentielle de leur liberté, ordoncoup
canon
les
russent, et que la nation tout entière d'alarme,
villes dispaon a vus'éleverdes maisons d'un
se levât en armcs 9
des matériaux solides et durables. style élégant, et on y a employé
tion tous les soins et toutes les On a apporté à leur construcperspective d'une longue et précautions que peut suggérer la
faits qui ne nous
tranquille possession. Ce sont là des
pays dans les arts permettent de la vie pas de douter des progrès de cc
civilisée.
moins, le peu de richesses de ce
Malheureusement, néanau-dessus des biens les plus
peuple, qui, mettant la liberté
pauvretéet subi tous les sacrifices précieux, avait souffert avec joie la
sion, ce peu de richesses a été
pour s'en assurer la possesplutôt tout-à-fait anéanti dans les considérablement diminué, ou
assez récent. Il n'y a que huit ans ravages le d'un incendie encore
Port-au-Prince. L'industric
que feu a dévoré un tiers du
et l'activité de ses
qu'a un certain point
habitans ont jussont
réparé ce désastre; mais les
pas encore entièrement effacées. On
traces n'en
des débris de murs renversés; la
y voit encore ça et là
nombre de familles qui
pauvreté absolue d'un grand
aisance comparative, et jauiasient.auperarant la diminution
d'une certaine
qui passaient pour riches, ont
des fortunes de celles
de réparation et d'amélioration. retardé les progrès de cet esprit
Quant aux monumens ou édifices publics, il en
méritent d'étre,vus autrement
est peu qui
vernement est
qu'en passant. Le Palais du
spacieux et convenable, mais
gouIl est d'un seul étage, et fait face à la
n'a rien de beau.
au sud-est de la ville. On
place destinée.aux revues,
escalier, et on arrive à la salle monte pour y entrer un assez bel
galerie. Toutes les pièces où le d'audience en traversant une vaste
marbre noiretblanc. Le
public est reçu sont pavées en
gout et l'élégance,
ont présidé à l'ameublement. Dans la plutôt quela richesse,
fice, qui était la résidence de l'ancien construction de cet édicolonie, on s'cst plus occupé de la commodité gouverneur-général dcla
Une fraicheur agréable
que de l'effet.
règne daus tous les
dans une belle plainc, au pied des
appartemens. Situé
montagues, l'emplacement
Le
public est reçu sont pavées en
gout et l'élégance,
ont présidé à l'ameublement. Dans la plutôt quela richesse,
fice, qui était la résidence de l'ancien construction de cet édicolonie, on s'cst plus occupé de la commodité gouverneur-général dcla
Une fraicheur agréable
que de l'effet.
règne daus tous les
dans une belle plainc, au pied des
appartemens. Situé
montagues, l'emplacement --- Page 61 ---
A7
DESCRIPTION DE PORT-AU-PRIRCE.
et n'est
approprié à des revues militaires, bâtimens. Les
en est parfaitement d'aucun côté par le voisinage d'aufres tarriver en tout temps,le
obstrué
y laissent:
de terre etde mer.
vastesjardins muillenvtironsents
desbrises d'une des fonmatin et le soir, Tageableintuesen entrée du palais, près
de
En face de lar principale de ses rameaux une seule tige c'est
taines de la ville, qu'ombrage
du président Pétion;
nobilis, est: la tombe en marbre les restes qu'il renferme
palma
d'une extrême simplicité ;
et le couun édifice
dont le génic, la persévérance
mosont ceux d'un homme
et donnent à un modeste
ont sauvé tout un peuple, du
brillant et du plus somprage l'éclat'et l'importance plus
affection pour
nument
dans leur profonde
disant :
mausolée. Les Haitiens,
de lui qu'en
tueux
nie parlent jamais
ne fit couler
le souvenir de ses vertus; bien : K L'hommic qui
Pétion notre père; n ou
(
sa mort. 1
sont placés
des larmes qu'à
de la tombe, sous un hangard, d'Europe
A quelque distance
sculptés qu'on a faitvenir
qui
des marbres
mausolée
provisoirement ce sont les pièces d'un magnilique il faut espérer que
dernierement ;
le premier 5 mais
doit, dit-on, remplacer
associations patriotiques,
consacré par les premibres sacrée, à la place qu'il
celui-ci,
comme une relique
actuel, érigé dans
sera maintenu,
Il en est du monument comme de la
occupe maintenant. l'enfance de la République,
de celui
la pauvreté et dans
non moins digne
de la veuve; c'est un hommage
pu lui offrir les trésor's
pite
que tout ce qu'auraient
T'a bati , en donqui en cstl'objet,
c'est le peuple qui
des riches;
au
de sa pénurie
et la prodigalité
milieu
librement tout ce qu'il possédail,
nant
oùi était autrefois
et de sa détresse.
en face de l'endroit
Au nord-est de la ville,
de la colonie, sur la ligne
de Tintendant-génénal
d'une construcla résidence
se trouve l'église,
OCdes terrasses et des fontaines,
marches à son entrée
élevée de quelques bois. L'intérieur, protion tros-simple,
d'une galerie cn
des çolonnes
cidentale, et entourée
soutenus par
décoré, est en arceaux
à une régularité archiprement mais sans aucune prétention
carrées,
viennent
tecturale.
des nouveaux édifices qui
La salle du Sénat est un
dans de belles proportions,
achevés ; elle est construite
sans aucun
d'êlre
est d'un effet agréable, quoique un bas-relief
et la façade en
Sous un fronton avancé cst
ordre d'architecture.
et entourée
soutenus par
décoré, est en arceaux
à une régularité archiprement mais sans aucune prétention
carrées,
viennent
tecturale.
des nouveaux édifices qui
La salle du Sénat est un
dans de belles proportions,
achevés ; elle est construite
sans aucun
d'êlre
est d'un effet agréable, quoique un bas-relief
et la façade en
Sous un fronton avancé cst
ordre d'architecture. --- Page 62 ---
DESCRIPTION DE PORT-AU-PRINCE.
représentant un palina-nobilis, qui est l'arbre de la liberté et de
l'indépendance haitienne, entouré de trophées militaires.
léricur forme une suite d'arceaux
L'inc'est là qu'est la salle du
supportés par des colonnes;
Sénat, autour de
rang de galeries pour le public. Un
laquelle règne un
étage
aux bureaux ; mais cette salle,
supérieur est destiné
de l'abbé
que décore un portrait en pied
Grégoire, revêtu de ses ornemens
encore été ouverte aux séances du Sénat. épiscopaux, n'a pas
Au nombre des autres édifices
aussi le lycée, ou collége
nouvellement construits est
public de la ville. C'est un
bâtiment, très-simple, appuyé sur un rang d'arceaux, grand
jardin attenant; il est vaste, frais et bien aéré.
avec un
La nouvelle douane, avec son quai et ses
mencée depuis quelque
magasins, est comtemps ; mais les travaux n'en sont
très-avancés.
pas
La monnaie et les bureaux du Secrétaire d'état
lis bâtimens, quoique
sont d'assez jopeu spacieux.Ils font partie des anciennes
constructions. Une explosion, purement
l'arsenal en 1820, et il n'en reste
les accidentelle, détruisit.
de magasins. La
que ateliers ; il n'y a point
prison est en très-bon état, bien
arrosée par deux
aérée, 3 et
fontaines, avec nn jardin renfermé dans
enceinte, Les hôpitaux militaires n'ont rien
son
tention particulière.
qui mérite une atLes fontaines publiques sont des réservoirs
le surplus de leurs eaux
qui déchargent
bassin
par des tuyaux bien distribués. Le
octogone qui se trouve dans le marché de
d'un bel effet; il est surmonté d'un
la ville, est
élégante. Dans le haut de la ville vase grec d'une forme assez
on a établi
un abreuvoir extrèmement utile
pour les chevaux
et commode.
vernement pourra mettre à exécution
Lorsque le gouraitre les ardoises
son projet de faire
qui couvrent la façade des maisons dispaplaces des marchés, et leur donnent
sur les
pour y substituer un pourtour de
un aspect Idésagéable
construits et
simples hangards solidement
portés sur de bons piliers, l'effet en
agréable. Pour le
sera trèsmoment, ses intentions relatives à
pèce de travaux publics, soit
toute esd'utilité, soit
sont paralysées par la nécessité d'affecter d'embellisement,
au paiement de la somme duc à la
les fonds disponibles
La ville du Port-au-Prince
France.
Elle est certainement
couvre un vaste espace de terrain.
presqu'aussi grande que Kingston de la
portés sur de bons piliers, l'effet en
agréable. Pour le
sera trèsmoment, ses intentions relatives à
pèce de travaux publics, soit
toute esd'utilité, soit
sont paralysées par la nécessité d'affecter d'embellisement,
au paiement de la somme duc à la
les fonds disponibles
La ville du Port-au-Prince
France.
Elle est certainement
couvre un vaste espace de terrain.
presqu'aussi grande que Kingston de la --- Page 63 ---
ESYIRONS DE PORT-AT-FRINCk.
pas en étendue, ayant
si tant est qu'eile ne l'égale Saint-Joseph à la barJamaique, mille de long, de la porte
à
de
au moins an
ne
pas sa population plus
rière de Léogane ; mais on
porle tandis que celle de Kingston
vingt à vingt-cinq mille habitans, mille; cela vient de ce que dans
's'élève à trente ou quarante
libre pouvant avoir
les gens de condition
maison est
un pays à esclaves,
domestique, chaque
autour d'eux un nombreux
beancoup plus remplie.
des bains publics excellens, chauds
les bains
Il y a au Port-au-Prince expérience a fait reconaitre
le
et froids ; une longue
dans ce climat, conviennent
d'eau tiède pour ceux qui,
mieux à la santé.
ornées, disséminées sur les
Un grand nombre de chaumières du revers de la montagne 5
hauteurs et sur les petits plateaux
où notre bâtiment
attiré mon attention au moment
de les voir de
avaient
; j'étais impatient
ces
approchait du Port-au-Prince: matin me promener parmi
près, et d'aller quelque
aspect mon imaplus
retraites. Si au premier
et la
solitaires et paisibles
réunissait la variété
s'en était fait un tableau qui réalisa toutes mes idées,
gination
visite surles lieux mêmes
et
beanté, une
à la fois un sol d'une fertilité extraordinaire,
et i'y trouvai tout
avec les agrémens, les douceurs
genres de culture,
les plus brillantes.
parédetoustess
commodes et même
des habitations les plus
des flancs de la montagne, proDes ruisseaux qui s'échappaient
à travers des
leurs eaux limpides
menaient en serpentant distribuées avec une intelligence remarrigoles en maçounerie, besoins de P'irrigation 2 et qui entretequable, pour tous les
fratcheur la végétation des champs
naient par une perpétuelle dans les endroits où le terrain s'y
et des jardins. Çà et là,
dans des bassins que couvrent
leurs eaux se réunissent
avoir rempli; près
prète, berceaux de' fruits et de fleurs. Après
goûter les
d'épais
où la famille peut
habitation, un réservoir
de roses
de chaque
des treillages de jasmins,
plaisirs du bain, cachée par
le surplus de ces eaux s'écoule
et de toutes les fleurs du pays, bas de la montagne. Toutes ces
de terrasse en terrasse jusqu'an
parler, que de jolies petites
habitations ne sont 7 à proprement
en forme de berceaux :
entourées de galeries ouvertes
maisons
et bien mcublées; quelqueselles sont grandes - commodes
belvéder, , qui,
ont leurs toits terminés par le pittoresque d'air à l'habiunes
sert à procurer un courant
cn même temps qu'il
écoule
et de toutes les fleurs du pays, bas de la montagne. Toutes ces
de terrasse en terrasse jusqu'an
parler, que de jolies petites
habitations ne sont 7 à proprement
en forme de berceaux :
entourées de galeries ouvertes
maisons
et bien mcublées; quelqueselles sont grandes - commodes
belvéder, , qui,
ont leurs toits terminés par le pittoresque d'air à l'habiunes
sert à procurer un courant
cn même temps qu'il --- Page 64 ---
ENVIRONS DE PORT-AU-PRINCE.
fation, offre quelque chose de l'aspect d'une tourelle
tienne, s'clevant du milieu d'une touffe
à la yéniLes planchers sont
d'arbres des tropiques.
carrclés en marbre à
dallés comme dans beaucoup de maisons de compartimens, ou
mens accessoires, , tels que cuisines,
Paris. Les batidomestiques, entre mêlés de quelques écurics, lagemens de
aux environs, et donnent à l'ensemble arbres, sont répandus
bien-être. C'est là
un air d'aisance et de
que sont les résidences des
haitiens, des négocians étrangers et des
fonctionnaires
riches, qui, après avoir fait leurs affaires de indigènes les plus
ville, vont aux champs chercher un air
commerce à la
repos pour eux et pour leurs familles. Ces plus pur, et un agréable
dairement n'occupent
petites fermes ordirarement plus de
pas plus de quinze acres de terre, et
des fruits et des vingt. Les propriétaires se bornent à en tirer
légumes en abondance
la
de leurs maisons, ainsi que de l'avoine pour consommation
chevaux. La difficulté de se
et du foin pour leurs
même qui pourraient
procurer des ouyriers fait que ceux
plus élendue, sont forcés mettre des capitaux dans une cullure
à la subsistance de
de s'en tenir à ce qui est nécessaire
leur famille dans ces résidences,
cherchent qa'une retraite lemporaire.
où ils ne
Ces villas de la classe opulente ont d'ailleurs leur
composé de petits cultivateurs
eptourage
blé disséminés parmi les forêts indépendans. des
Des champs de
sons de bananiers qui bordent les ravins montagnes, d'épais huisdes planlations de cafiers qui
et les escarpemens,
la végétation. .des collines et de la diversifient cà et là le luxe de
agricoles qui entourent et
valléc, telles sont les richesses
teurs haitiens. Au délour cachent les habitations des culliyade quelque rayin, le
pris découyre tout à coup une chaumière
voyageur surdouté jusqu'alors, bâtie dansun
dont il ne s'était pas
plateau, au-dessus de son ruisseau enfoucement, d'eau
sur quelgue petit
quel le propriétaire a creusé un lit aytour pure de et limpide, autant pour lirrigation que pour la fraicheur son domaine s
Les ouragans qui balayent si souyent les qu'il lui procure.
montagne, ont enseigné au cultiyateur de escarpemens la
de la
nécessité de choisir de préférence
zone torride la
cemens qui l'abritent et la
pour sa culture, ces eufondela subsistance d'une
défendent; car le bananier, basc
les
grande partie de l'espèce humaine sous
tropiques, une fois tombé, ne SC relève jamais; ; à peine le
Les ouragans qui balayent si souyent les qu'il lui procure.
montagne, ont enseigné au cultiyateur de escarpemens la
de la
nécessité de choisir de préférence
zone torride la
cemens qui l'abritent et la
pour sa culture, ces eufondela subsistance d'une
défendent; car le bananier, basc
les
grande partie de l'espèce humaine sous
tropiques, une fois tombé, ne SC relève jamais; ; à peine le --- Page 65 ---
ENVIRONS DE FORT-AU-PAINCE.
faible tissu
terre sa tige, qui n'est qu'an
a-t-on
vent a-t-il couché par
pourrit sur la place 5 aussi
de
cellulaire rempli d'eau , qu'il ravins cette branche si nécessaire
soin de placer dans les situation , qui assure la subsistance
l'économie rurale; et cette
des orages, protège en même
contre les coups
C'est donc par nédu cultivateur habitation couverte de chaume.
dans quelque
temps son moins que par gout, qu'illa construito
la santé
cessité, non
vallée, où il trouve mieux qu'ailleurs
fraiche cl solitaire brise, et un rempart contre les ouragans. la
lui apporte la
de collines qui s'étend de
que La culture de cette chaine du Cul-de-Sac, sur le côté médu Lamentin à la vallée
beaucoup plus
Bointe
2 est aujourd'hui de la colonic.
ridional du Port-au-Prince l'avait jamais été du temps
source
étendue qu'elle ne
des propriétaires une
étaient pouelindusirie
du voisinage étaient
Les plaines
que les montagnes
elles
de produits si abondans, sorle d'abandon : aujourdhuf
dans une
établissemens consacomparativenent d'une multitude de petits
et où les
sont couvertes
des fruits et des légumes,
crés à la culture du café, assurés à tous, sous la surveillance
de l'irrigation sont
un soin extrême à la conavantages rurale, qui préside ayec Sur les points mêmes où
d'une police àla distribution des eaux.
de Pétion 2
servation et
de la république
Christophe, lors de la formation et les arbres, ayait dressé
avoir déblayé les broussailles sans succès le blocus de la
après
et d'ou il avait formé
cultivateur ou l'opuses batterics,
la cabane de Phumble
Toutes ces
ville, on aperçoit
du négociant haitien. ses notes
lente maison de plaisance Le docteur Pinkard, dans Portsent nouvelles.
du voisinage du,
plantations
en parlant
1797, observe
sur les Inde-Occilentales, T'apparence qu'il avait en situés à une
au-Prince, d'après
les villas et les enclos
les maisons de plaisance,
moins nombreux qu'à
que distance de la ville, sont beaucoup dit-il, ne quittent
petite
Les négocians,
de la Jamaique.
d'un seul établisseKingston résidences, mais se contentent
de la maison qui
pas leurs faisant leur séjour constant et habituel (( le Camp-desment,
de leurs affaires. Mais maintenant si tranquille et
est le siége
ainsi appelée ) jadis
à difféFourmis ( ou la montagne forêts et ses cavernes servirent
si peu fréquentée que ses d'armes, ct cachèrent les premières
rentes époques de magasins couleur révoltés, est devenu, comme
assemblécs des gens de
semble avoir eu de prophétique,
pour vérifier ce que son nom
A*
ant leur séjour constant et habituel (( le Camp-desment,
de leurs affaires. Mais maintenant si tranquille et
est le siége
ainsi appelée ) jadis
à difféFourmis ( ou la montagne forêts et ses cavernes servirent
si peu fréquentée que ses d'armes, ct cachèrent les premières
rentes époques de magasins couleur révoltés, est devenu, comme
assemblécs des gens de
semble avoir eu de prophétique,
pour vérifier ce que son nom
A* --- Page 66 ---
DES RABITANS DE PORT-AU-PRINCE.
une fourmilière d'hommes, de
deux sexes, et d'enfans
femmes, de jeunes gens des
riantes
robustes, répandus autour
cabanes et le long de tous les cours
de ces
de ses flancs. >
d'eau qui sortent
On remarque dans la taille des habitans noirs
grande uniformité que parmi ceux des
d'Haiti une plus
peut, encore reconnaitre les
autres colonies, où l'on
caines. Nous
caractères des diverses
ne rencontrons pas ici beaucoup
races afritrès-haute stature;
d'individus d'une
bien
beaucoup mêmc sont de pelite taille,
proportionnés. La taille
mais
dix pouces anglais
les moyenne est d'environ cinq pieds
portion
pour
hommes; les femmes sont à
plus grandes. Les Haîtiens sont bien
proles membres charnus et
faits; ils ont
eux, de même
la vigoureux; la corpulence est rare
que maigreur. Ils sont en
parmi
culeux et agiles. Leurs traits sont
général forts, muscependant les
entièrement ceux des Africains;
grosses lèvres, les grandes
tés, sont moins saillans chez
bouches, les nez épatrop
eux 9 et leurs traits n'ont rien
marqué ou de trop exagéré. Ils ont les
de
l'air vif et intelligent, et leurs dents
yeux très-beaux,
particulier à l'Afrique, d'être
conservent cet avantage
toujours bien
régulière et d'une blancheur
rangées,d'une forme
leurs formes
admirable. Leur stature droité, 2
athlétiques, et cette physionomie
timent habituel de la liberté,
que donne le senrappellent le nègre marron
Jamaique ; c'est la même mine, la même
de Ia
air d'indépendance. On rencontre
tournure, et le mêmé
au-dessus de la
chez eux si peu d'hommes
ticusement
cinquantaine, que quiconque observerait
une compagnie de soldats
minamanche, les prendrait tous
passant la revue un diest
tout
pour l'élite de leur
Le
que
ce qui était vieux a
jeunesse.
fait
civiles qui ont ravagé le
réellement.lisparu. Les discordes
une si épouvantable
pays, ily a vingt ou trente ans, ont fait
d'age à
moisson d'hommes, que ceux qui étaient
prendre part à la lutte ont presque tous
P
qu'il n'existe plus qu'une jeune
succombé, ct
et les barbaries d'un
génération pour qui la servitude
travail arbitraire sont des récits du
passé. Quand il arrive que l'on rencontre dans
temps
lards, hommos ou
les rues des vieildans leur
femmes, on peut être sûr de retrouver encorc
physionomic et dans leurs
teuses que
manières, ces traces honl'esclavage y a empreintes en caractères
Quant au costume, les gens de la
ineffaçables.
ceux de la ville, paraissent
campagne, aussi bien que
en général très-soigneux à cet égard.
avail arbitraire sont des récits du
passé. Quand il arrive que l'on rencontre dans
temps
lards, hommos ou
les rues des vieildans leur
femmes, on peut être sûr de retrouver encorc
physionomic et dans leurs
teuses que
manières, ces traces honl'esclavage y a empreintes en caractères
Quant au costume, les gens de la
ineffaçables.
ceux de la ville, paraissent
campagne, aussi bien que
en général très-soigneux à cet égard. --- Page 67 ---
53.
COSTUMES ET ASPECT DES HAÎTIESS.
vêtemeus des femnes est généraleLa couleur dominante des éelatante:tantôt une étoffe à large car-.
ment de quelque nuance fleurs sur un fond jaune,blen ou rouge.
reaux, tantôt de grandes
de Madras arrangé en un.
coiffure consiste en un mouchoir
à toutes les
Leur
Cette espèce de tiare, particulière
et afrigiacieux turban.
de mélange de sang curopéen
classes et à tous les degrés
avec le teint noir plus ou,
contrastant admirablement
Il In'y
cain, en
réunitl'économie et l'éléganee.
moins foncé des tropiques,
l'emporter sur colle-ci, et pour
de coiffure qui puisse
la maison ct dehors,
a point
Dans l'intérieur de
le
Pusé et pour la grâce.
un léger fichu qui leur couvre
les femmes ne sont jamais sans
elles vont au soleil, elles
sein 3 avec cette différence que quand du visage; c'est une espèce
et s'en voilent la moitié
chaleur,
le remontent
défondent contre lexcessive
d'écran àvec lequel elles se
leurs yeux. Elles font usage du,
ne laissc guère yoir que
pas le chact qui
s'abriter la tête, mais ne connaissent à carreaux
parasol pour
des chemises de couleur
peau. Les hommes portent ils n'ont que le caleçon par-dessus
et des calcçons. Quelquefois
serrée autour des reins
ils mnettent une courle jaquette
fabriqués avec le
lequel mouchoir de couleur. Les souliers,
une branavec un
en usage et forment
Les.
cuir du, pays, sont généralement
de lindustrie locale.
et, très-lucrative
voit sur les plache tres-consitlérable de cordonniers que l'on
les
nombreuses boutiques
qui sont mis en vente
et la grande quantité de souliers de cet article de comces,
prouvent l'importance
d'un
jours de marché,
souliers tout faits a été frappée
des
des fabriques de
merce. L'importation
Ceux
par, le gouvernemcnt.
h schildroit prohibitif
prix moyen actuel,de
Haiti sont excellens et se vendent, les hommes; ceux des femmes
6 deniers à 7 sch. 6. d. pour
lings sont d'un prix plus bas.
dans la physionomie de ce peuple
nier qu'il n'y, ait
l'ai déjà
On ne peut
qui annonce, ainsi que je
et
caractère a'élévation
la crainte
un
ce sont des motifs plus nobles que On trouve dans.
remarqué, que servile qui le font agir aujourd'hui. de toute relal'obéissance
et décence. Privés
toutes les classes politesse
autre contact avec la société
avec les colonics voisines, sans
avec
tion
résulte de leurs communicatious
européenne que celui qui
établis parmi cux, ils n'en
nombre de négocians
un
de bon ton.
le petit
civiles et degré
moins acquis des manières
n'ont, la pluont pas
fixés à Haiti
1res-remarquables Lcs étrangers
al'obéissance
et décence. Privés
toutes les classes politesse
autre contact avec la société
avec les colonics voisines, sans
avec
tion
résulte de leurs communicatious
européenne que celui qui
établis parmi cux, ils n'en
nombre de négocians
un
de bon ton.
le petit
civiles et degré
moins acquis des manières
n'ont, la pluont pas
fixés à Haiti
1res-remarquables Lcs étrangers --- Page 68 ---
MOEURS DES HAITIENS,
part du temps, ni épouses, nif familles
tôt pris cux-mémes les
d'Europe, et ont bien platudes de la société
manières, les moeurs, et adopté les liabiau milieu de laqielle ils
contribué à modifier oui à
vivent, gja'ils n'ont
qu'ils ont trouvée établie. améliorer, sous aucun rapport, celles
Pour moi qui, à raison de ma naissance etde
dence dans une colonie à
ma longuë résime former,
esclaves, me suis trouvé a méme de
par comparaison, une idée exacte des
peuple, je ne puis voir sans la plus
progrès de ce
paisible et décente de toutes les
grande surprise la conduite
blic que dans le
classes d'habitans, tant en pttquelque bien particulier. Il n'y a pas de réunion de
réglée qu'elle soit, qui
citoyens,
dre etde calmeque celle de
offreaujourd'hui plus d'ordes rues n'est troublée Port-au-Prince. Jamaisla tranquilité
par des scènes de
querelles, ou par aucun acte contre la débauches, par des
fontaines, où hommes,
décence publique. Aux
blés, jamais de rixes femmes et enfans se trouvent rassemou de propos
tout Se passe avec calme, bonne obscènes; dans les marchés
Une observation
foi et égards réciproques,
qu'on en vient à très juste que font les Haîtiens toutes les fois
d'tine industrie examiner si leur vie est celle d'une activité et
resse, c'est
bien dirigées, ou une vie d'insouciance et de pabitudes de décence qu'ils peuvent renvoyer à cette régularité, à ces haractérisent
et à cette attention sur leur extérieur
leurs compatriotes,
qui càl'observateur le
comme à un fait propre à frapper
convaincre à plus superficiel, et dont il est à méme de se
d'une police chaque instant. Comme cefait n'est pas le résultat
à l'influence des rigourcuse, et qu'on ne peut l'attribuer non plus
qui ne franchissent instituteurs: religieux, ni à celle du culte public
ait
guère l'enceinte des villes, il faut
pour cause unique cette élévation morale
bien qu'il
prime an caractère de
que la liberté imheur et de bien-être
T'homme, et l'augmentation de bontable.
social qui en est la
Cette décence de manières
conséquence incontestrait remarquable
et de conduite fut le premier
qui frappa l'esprit
Owen, lorsqu'il
philanthropique de Robert
déborqua à Jacmel, où l'avait
paquebot aniglais. Après avoirparlé de
conduit un
nances qu'il trouva
ce sentiment des conved'Haiti, il
partout chez le peuple ct dans la société
déclara, et il a publié cette
Théotie de la Félicité
déclaration, que dans sa
il ne cherche
humainc et de la prospérité des
pas une plus grande soinme dc bonleur peuples,
que celle
anthropique de Robert
déborqua à Jacmel, où l'avait
paquebot aniglais. Après avoirparlé de
conduit un
nances qu'il trouva
ce sentiment des conved'Haiti, il
partout chez le peuple ct dans la société
déclara, et il a publié cette
Théotie de la Félicité
déclaration, que dans sa
il ne cherche
humainc et de la prospérité des
pas une plus grande soinme dc bonleur peuples,
que celle --- Page 69 ---
- -
MOEURS DES HAITIESS:
cette opihion qtt
habitans de cette ile: Ge fut
en
les
et cooperatrice
dont jobissent Francis Wright, cette aistiple
an voyage; ,
engaigea miss
Owen, à 3 faire dernieremnent
les
même temps de M.
du Président de la république rachetés
entre les mains
les avoir
et à remettre
avait affranchis, après matin les rues du
trente esclaves qu'elle
observe an
se montre
Que le voyageur
à son levers
eni Anérique. quand chaque famille; savourér le premier sottille
Pori-an-Prinee, fenetres; pour y
on se lèvé
ou aux
d'abord qu'iei
aux portes
; il remarquera
sortie, cotid'un air pur et salutaire même pour cetté premnière a datis le néde bonnie hetre; ct qué affaires dé ménage; ily
allerld
ordinairemneut aux
Ef les voyant
sacrée Habitais unet tresgrande propréte. de fêtes se rendre eil
élige des
avèc soin; ét les jouirs
de leur accorder
matin à Tegliseivetus il ne pourra s'empecher
viennent
foule au culté public, Dans la soirée ssurfout,lonsquiise leurs traniqailles
des sentimens religienx. et former à la porte de
se
s'asseoir dans Iès rues d'homnies et de femmes qui délassent des
démeures des groupes travauix de la journée, tandis que
entrétiens des
; se jovènt autour
par de gais
bien portans, bien nourris d'enx le bonsoir d'néssainis d'enfans
qui passe et reçoit règnent dans letirs
d'eux, que l'étranger l'ordre et la sérénité qui a marqué ce peusage; contemple sentira bientôt que la liberté
étranger
et il
et qwil n'est
a linbitations, noble êt généreuse emmpreinte,
ple dé sa
ni à ses bienfaits.
qu'étant assis fe soir
ni à ses inspirations Il y a deux ou trois jours
au Port-au1850; A juillet.
de M. Wood: , négociaut
nègre
sous la galerie du magasin le plus vif intérêt uni pauvre
je rie ptis voir sans
vêtu, qui arrivait avec
Prince,
àge; treepropremest coudre ces sacs qu'il
aveugle, de moyen sacs à café; c'était A
âne charge de
de ses detix fils; garçons
un
vie. Il était accompagné
de taille et de force
Esagnait sa
vigoureux, et si approchans
avoir envibien constitués, pour dès jumeaus; ils pouvaient par le licou,
qu'on les eût pris
des
fenant Tanimal
tendait
Fori six à sept ans. Uni
garçons; tandis que T'autre
tirait vers tà porte du magasin, du bras droit pour marcher,
le
à son père qui s'y appuyait sur sa tête àn paquet de sacs
l'épaule
levé pour retenir
Les déux mains dui père
ayant le gauche dont son âne était chargé.
soni baton,
comme ceux
l'autre petit garçon portait haitien, arme non
étant ainsi occtipées, de cocotier da paysan d'un homme fort
1e fidelé macaque
sabre éntre les mains
moins rédoutable qu'an
er,
le
à son père qui s'y appuyait sur sa tête àn paquet de sacs
l'épaule
levé pour retenir
Les déux mains dui père
ayant le gauche dont son âne était chargé.
soni baton,
comme ceux
l'autre petit garçon portait haitien, arme non
étant ainsi occtipées, de cocotier da paysan d'un homme fort
1e fidelé macaque
sabre éntre les mains
moins rédoutable qu'an --- Page 70 ---
L'AVEUGLE DE PORT-AU-PRINGE,
qui sait la manier. Il s'en allait brandissant de
à
son bâton, de l'air d'un
temps autre,
tambour-major, et répondant, tout en
marchant, aux paroles que lui adressait son père, mais avec
l'insouciance de son age, et comme écoutant à peine ce
lui disait. L'autre, qui marchait près de l'âne, trouvait aussi qu'on
lui à qui parler ; il le faisait avec toute la familiarité d'un en
pagnon, quand il voulait le faire tourner à droite et
comet l'on s'entendait si bien, de part et d'autre,
les agauche;
fisaient et dispensaient
que paroles suftoujours d'en venir aux coups. Ils
s'arrètèrent bientôt sur la place. Une longue habitude avait
pris à chacun d'eux les fonctions qu'il avait à
ap-.
remplir : le
jeta par terre le paquet de sacs qu'il portait sur
père
des garçons qui le conduisait le
sa tête; celui
délia et le donna à
Celui quimenait l'âne se mit à le décharger, et le
compter.
sacs dans le magasin. L'âne
père porta les
se tint fort tranquille pendant cette
opération, puis étendit les jambes, 9 se gratta les genoux et se
secoua les flanes, quand il se sentit débarrassé de son
un
En
instant la petite caravane s'était remise
fardeau,
même ordre
en route dans le
qu'à son arrivée, si ce n'est que le père prit son
bâton ets'avança d'un pasferme, ayant toujours une de ses
sur l'épaule de celui de ses garçons qui le conduisait. Ce mains bon
aveugle est renommé. pour son activité et son intelligence; ; il
reconnait tout le monde, les choses et les lieux. Comme on lui
disait qu'il était heureux dans son malheur d'avoir ces deux
aimables enfans pour l'aider, il répondit qu'il s'en félicitait luimême, et qu'ils lui étaient en effet d'un grand secours. Mais
son bonheur ne se bornait pas là; il était heureux aussi d'habiter un pays où nul homme ne pouvaitl tle réclamer comme sa
priété 2 et aggraver encore sa misère en le forçant à des travaux prosans salairc. Quelle différence pour lui, si avec son
il
s'était trouvé dans une colonie à esclaves Aucun motif infirmité,
rait poussé à faire le moindre effort
ne l'aupour chercher les
de surmonter le malheur et les désavantages de son état, moyens et de
pourvoir à sCS besoins par une honnête industrie; mais les
maitresà
Sloagnrewemu manqué de raisons
pourle forcer à travailler pour eux, et pour le faire mourir de
fatigue et de faim par-dessus le marché. Il n'aurait tiré dc ses
enfans ni consolation ni assistance ; ils auraient été battus, et
contraints de travailler pour un autre que pour leur pauvre père.
Les liens de l'affection filiale eussent été rompus;il eût étéun
père
sCS besoins par une honnête industrie; mais les
maitresà
Sloagnrewemu manqué de raisons
pourle forcer à travailler pour eux, et pour le faire mourir de
fatigue et de faim par-dessus le marché. Il n'aurait tiré dc ses
enfans ni consolation ni assistance ; ils auraient été battus, et
contraints de travailler pour un autre que pour leur pauvre père.
Les liens de l'affection filiale eussent été rompus;il eût étéun
père --- Page 71 ---
-
MOEURS DES HAITIENS.
la
homme avait perdul
et eux des enfanssans père.Cet son pays comme soldat,
sans enfans,
par son,
vueau service;
Il
so1 pain
ssemerhinnes
utile comme citoyen. gaguait
il élait encore
ses setpmaastimatienais
industric, et il 1élevaithonnttement la
Je ne prétends
oux-mêmes et pour république.
à la
un jour pour
d'industrie comme une exception Dans mon
pas donner cet exemple une chose extraordinaire.
de
règle généralo 2 ni comme rencontré à chaque pas des preuves
voyage à Haiti, j'ai
bienfaits de la liberté. Au rapport
T'heureuse influence et des
lui-même et sans l'aide de
Wood, cet aveugle pouvait 2 par
à coudre des
de M.
huit gourdes par semaine
an.
qui que ce fat, gaguer moins de quatre cents gourdes par
sacs, ce qui ne fait pas
été pour moi une occasion
Juillet 10. Une chose qui a souvent c'est la facilité avec lade plaisir et d'amosement,
s'élever au-dessus
de surprise, habitans de ce pays naissant savent
2 et se conquelle les
manières de la politesse d'une sOdel leur condition, prendreles milieu des incidens variés
duire avec aisance au
différens, comme si, dès
de tant d'élémens
avait
ciété composée
de la meilleure compagnie monde oà
leur jeunesse, la fréquentation
le seul pays au
leurs habitudes. C'est peut-être
la marformé
la petite bourgeoise,
l'artisan, sa femme et ses enfans, dans toute la joyeuse liberté
dans une salle de bal, ou
une affabilité et une
chande,
vous montreront
dont un
d'une fète champètre,
et si apiritaelle,et
franchise si polie en même temps
Owen eut lieu d'observer
serait surpris. C'est ce queM.
et voici en
étranger
à Jacmel, en allant au Mexique, de fète requand il passa
à ce sujet : ( C'était un jour
quels termes il s'exprime
moi, ctd'autant plus nouveau
ligicuse : tout était nouveau pour de couleur que j'eusse jamais
c'élail la première population elle était micux habillée,
que
Pétat de liberté. Eh bien!
plus douvue dans
décente, elle montrait des manières
obplus propre, plus
classe d'ouvriers que j'eusse pu dans
ces et plus polies qu'aucune civilisé. Il yavait plus d'urbanité. en
server dans aucun pays
que je n'en avais remarqué
l'expression de leur physionomie manière d'être dont parle
>. Cette
mais
Europe et en Amérique
seulement dans les villes,
M. Owen, vous la trouverez non
arrivé, dans
de l'ile. Il m'est fréquemment
au misur tous les points tout d'un coup dans une cabane, ont fait
mes voyages, d'entrer
enfans m'y
d'une forêt, etj'y ai reçu un aceneil,les et la gràce me
lieu
dont l'aisance
des salutations et des politesses
d'être dont parle
>. Cette
mais
Europe et en Amérique
seulement dans les villes,
M. Owen, vous la trouverez non
arrivé, dans
de l'ile. Il m'est fréquemment
au misur tous les points tout d'un coup dans une cabane, ont fait
mes voyages, d'entrer
enfans m'y
d'une forêt, etj'y ai reçu un aceneil,les et la gràce me
lieu
dont l'aisance
des salutations et des politesses --- Page 72 ---
DE L'ARMÉE D'HAITI.
prouvaient qué c'était ainsi qu'ils étaient
cette affabilité ne venait pas chez
tous les jours, et que
eux de leurs
villés, ou de l'arrivée inattendue d'un
relations avec lès
On connait les événemens qui ont étranger.
tions, et Ia longue guerre qui
placé Haiti aur rang des natien d'une armée
a exigé la formation et le mainautres
nombreuse, ariée qui a vécu aux
classes, et qui, sans] l'arréter, a
dépens des
dans la carrière des
cependant retardé le pays
pluis être à charge au améliorations: trésor
mais cetté armée ne doit
plus nécéssaires, et lc
public dès que ses services ne sont
d'y opérer quielqtes
traité avec la France a déjà permis
qu'on les a restreintes réductions; elles ont été sans danger, parce
étant sans ambition, prudemment au licenciement de ceux qui,
n'aspiraient qu'au
qui, par une sorte
repos. Des hommes
et des jotissances d'avant-goat de la condition dir citoyen
que peuvent lui
la
une honnete industrie,
procurer vie domestique ét
la maigre solde
préféraient les profits dè la vie
, à la licence et au
agricole à
haient chaque jour Solliciter léur désceuvrement du soldat, vecenciant une armée de cette
congé et l'obtenaient. En liet les inconvéniens
manière, on évitait les malheurs
reuse ; ori
qui rendent par fois cette opération
grossissait ainsi la masse des
danged'une moralité
travailleurs d'hommes
éprouvée, tandis que l'armée
rangs' ceux-là même qu'en raison de leurs
gardait dans sès
dent de placer sous la surveillance
habitudes, il était pruCependant, comme le service
de la discipline militaire.
Code rural, qui avaif voulu
était réglé par le chapitre V du
vaillér pour lcs propriétaires qu'en de permettant aux soldats de trapar mois ou même par an, l'armée plantations, à tant par semaine,
possible à la culture, on excitait les contribuat auissi autant que
travaux relatifs aux conduits
soldats à prendre part atix
ncs, aux clôtures des
d'irrigation, aux puits, aux citermaintien de l'ordre jardins et des savannes, à contribuer at
en général, et cela sans
paie; ils avaient la liberté de faire
auigmentation de
remplaçans,
monter leurs gardes par des
à chaque moyennant un prix convenu, et on leur mettait
instant, sous les yeux des objets
ainsi,
lement leur inspirer le désir d'obtenir
qui devaient naturetOn poursuivait
leur congé.
tranquillement et avec succès ce
cieux;déjà unearméc de
système judivingt-huit, lorsque la quarantemille hommes avait été réduitea
lativeinent à la paitie réclamation orientale intémpestive de PEspagne, re_
del l'ile, força la république à re-
et on leur mettait
instant, sous les yeux des objets
ainsi,
lement leur inspirer le désir d'obtenir
qui devaient naturetOn poursuivait
leur congé.
tranquillement et avec succès ce
cieux;déjà unearméc de
système judivingt-huit, lorsque la quarantemille hommes avait été réduitea
lativeinent à la paitie réclamation orientale intémpestive de PEspagne, re_
del l'ile, força la république à re- --- Page 73 ---
a
DE L'ANNÉE b'aaitt.
réduction ultéattitudé militaire, ct, arrèta toute marches et en contreprendre une
en
les
L'armée est oecipéenatontenet seul ennomi;
plantations
rieure.
rencontrer un
en
avait
marches, sans
dont le systemé pratique d'ou l'on
d'une coopération
les districts
sont privées
de Tagrieulture;
sont
fait une des exigences été obligé de mettre en monvemenit de
tire les forces qu'on â
desquels on les envoie essuient,
ruinés; ceux sur le territoite enfiti les provinces Cappatwerisent contre cette
leur côlé, une perté énorme; travaillait à se garantir
le trésor s'épuise. On
qu'tine longue guerre
et
militaire, ont arrêté les protendance à un gouverseicnt les circonstances
elle ne peut
amène presque toujotrs:1 mais avec ie temps
grès de cette sage politique; but.
à
d'atteindre son
manquer
un
mal én
de francs,
viapienauemuleet
Haiti s'est fait lénorme grand somme de 150 miliions Outre que
payer à la Frince
de Sseniadépendances où elle à conpour prix de la teconmaissance ses moyens,1e moment
le mal
cette somme ettan-deteusdes encore necesairemnent aggraver atteinte
tracté cette dette devait fàcheuse. Cette plaie porte une même
de là manière la plus
pays commercial, à linstant i
comme
prendre
funested sa destinée,
où le peuple comiméticait
et
ouson agriculture renaissait, et du luxe de la civilisation, qu'elles
le goat des choses agreables recevoir le degré de maturité Elle s'elevait
allaient
oûi ses institutions d'une plusdongue expérience. nations libres de
pouvaient attendre
au niveau des autres
d'un nouvel
en paix et par degrés; sont arrêtés, et son espoir sa liberté
PAmérique; ces progrès
qui assure à jamais
n'est plus que dans cet esprit lâ ménacer, dans cetesprit
essor
tentative qui poorrait
contre toute
anéantir.
les
séparces de
que rien ne peut
affaire 2 toutes parties le
dé-
- Avant cette déplorable
et tel avait été rapide
avaient été réunies,
compter sur son
la republique
qu'elle pouvait
réduire
de ses réssources,
Elle avait pu
veloppement faire face à tous ses besoins. d'une force moins
revenu pour
la discipline
aucun enson armée, et, en perfectionaat n'avait à lutter contre
dont
alors qu'elle
toutes les invasions
considerable, elle en avait fait pour
bien plus
nemi intérieur, menacée, un moyen de resistance Le désir qui
elie pouvait être ses mornes et ses montagnes. leur condition
efficace encore que les citoyens d'améliorer salutaire politique
parmi
là
se manifestait
déjà au gouvertement)
matérielle, inspirail
la discipline
aucun enson armée, et, en perfectionaat n'avait à lutter contre
dont
alors qu'elle
toutes les invasions
considerable, elle en avait fait pour
bien plus
nemi intérieur, menacée, un moyen de resistance Le désir qui
elie pouvait être ses mornes et ses montagnes. leur condition
efficace encore que les citoyens d'améliorer salutaire politique
parmi
là
se manifestait
déjà au gouvertement)
matérielle, inspirail --- Page 74 ---
PLAINES DU CUL-DE-SAC.
d'une réduction d'impôts, afin de mettre, autant
la portée du plus grand nombre, les articles de que possible, à
nécessité et de
commodité. La masse de la population annonçait évidemment
que le sentiment de la propriété et un goût plus cultivé créait
chez elle de nouveaux besoins dont le cercle s'étendait de
en jour. On voyait se répandre généralement le désir d'une jour
foule de jouissances dont jamais les classes ouvrières n'avaient
même eu l'idée, à aucune époque de son histoire, et d'an StIperflu qui se fondait si intimement dans le nécessaire,
finissait par en regarder la privation comme une marque qu'on, d'infériorité, 2 et presque comme une honte. Ce fut au milieu de
cet état de progrès, dc tranquillité et d'amclioration,
le
tribut de l'indemnité française vint accabler
que
de tout son poids. Il fallut
cCs
chaque individu,
que
hommes payassent en
ce qu'ils avaient déjà acheté de leur sang ; il fallut lever argent des
contributions pour l'exécution d'une mesure généralement
odieuse; trois des principales, villes refusèrent leur contingent;
plusieurs districts prirent l'attitude de la révolte; la sûreté des,
propriétés fut ébranlée, et elles subirent une dépréciation Ics
travaux ne marchèrent plus avec la même régularité; les ;
mures du public devinrent bientôt des clameurs contre la murlanimité du gouvernement, et ceux qui ne
pusilpurent se soustrairc,
au paiement de la taxe, cherchèrent à en diminuer du moins
le montant s et à échapper àl l'oppression en affectant
rence de ruine, en diminuant leurs dépenses et leur une train appavie, afin d'ôter au moins tout prétexte au fisc
les
de
pour
charger
davantage.
Je vais visiter les plaines du Cul-de-Sac, et ma
lettre contiendra le résultat de mes
prochaine
observations. 0
Avant que la révolution eût transformé en un désert les fertiles plaines du Cul-de-Sac, elles étaient si bien arrosées, la culture y élait si florissante, qu'clles n'offraient à l'veil enchanté
qu'une verdure perpétuclle;les champs étaient sillonnés de
des routes et de sentiers bordés de citronniers,
granbois de campèche;
d'orangers et de
quoique les sucreries fussent disséminées à
une certaine distance les unes des autres, ellcs étaient en si
grand nombre qu'elles paraissaient se toucher. Les vastes habitations des propriétaires faisaient face à la grande route; lcs
avenucs qui y conduisaient étaient ornées d'arbres de toute espece et de haies cn flcurs. On ne voyait. dc toutes parts et con-
sentiers bordés de citronniers,
granbois de campèche;
d'orangers et de
quoique les sucreries fussent disséminées à
une certaine distance les unes des autres, ellcs étaient en si
grand nombre qu'elles paraissaient se toucher. Les vastes habitations des propriétaires faisaient face à la grande route; lcs
avenucs qui y conduisaient étaient ornées d'arbres de toute espece et de haies cn flcurs. On ne voyait. dc toutes parts et con- --- Page 75 ---
PLAINES DU COL-DE-SAC.
tant dans
d'hommes occupés,
linuellement que des multitudes
les routes étaient presque
dehors ; tandis que
des chevaux,
les maisons que le jour et la nuit, traversées Les par maisons de ceux
sans interruption, des voitures et des carosses. et de cette opalence
des bestiaux,
de cette fertilité
disposaient en maitres fastueux. Elles n'avaient pas plus
n'ayaient qui
cependant rien de
au-dessus du sol par un perun peu élevée autour de laquelle les fleurs
d'un etage,Pentree. par une galerie
leurs riches couron, était enfermée confondaient en s'entrelagant
qui annonçait
des tropiques déliciéux parfams, 2 décoration et la richesse.
leurs ct leurs
que l'ostentation
le bien-être et l'aisance
n'étaient cons-
.plutôt
au lieu d'etre en maçonneric, des fréquens trembleCes maisons, bois et en plâtre, à cause
ne tardèrent-ellcs
truites qu'en aussi,. pendant la révolution, vint démolir ce que
mens de terre; ruine, ou plutôt le temps
publics
pas à tomber en
Les magasins et les édifices construction
la flamme avait épargné. étaient cependant d'une
les ruines
qui en étaient voisins, dont on voit encore aujourd'hui sont des vesplus solide. Ceux-ci, touffes d'arbres d'anciens jardins, et la richesse des
parmi quelques sulfisamment la puissance de cette terre autiges qui indiquent du sol, et les beautés
premiers propriétaires désolée.
du voyageur
jourd'hui
soit, la scène qui s'offre aux yeux route par
Quoiqu'il en
pour parcourir la grande
de
qui sort du Port-au-Princc,
qui séparent cette plaine
on arrive aux montagnes travers un vaste désert, cette scène
laquelle de T'Artibonite, à
sur la route de nomla vallée entièrement solitaire. Il rencontre viennent au marché de la
n'cst pas
de cnltivateurs qui
de provisions,
breuses caravanés chevaux et des ânes chargés
et
conduisant des
de denrées, que
ville,
des voitures également remplies S'il quitte le grand
ainsi que
de boeufs vigoureux.
à travers bois
trainent des attelages à droite, o1 des sentiers vers les monchemin pour prendre la partie haute de la rivière, ou de la plaine,
qui divergent vers bords des lacs qui sont à l'entrée
: il est
tagnes, ou vers les
ouverte et toute verdoyante:
:
il arrive dans une campagne visibles d'une culture renaissante disfrappé des marques rebâties, de nouvelles rigoles
partout
récemment
des moulins à eau
il voit des maisons nécessaires à Pirrigation, ,
qui
tribuant les eaux
activité, des chaumières
dont le bruit annonce une grande habitées de nouveau par des cultivadésertes; mais
ne sont plus
à l'entrée
: il est
tagnes, ou vers les
ouverte et toute verdoyante:
:
il arrive dans une campagne visibles d'une culture renaissante disfrappé des marques rebâties, de nouvelles rigoles
partout
récemment
des moulins à eau
il voit des maisons nécessaires à Pirrigation, ,
qui
tribuant les eaux
activité, des chaumières
dont le bruit annonce une grande habitées de nouveau par des cultivadésertes; mais
ne sont plus --- Page 76 ---
PLAINES DU CUL-DE-SAC.
teurs quiy cntassent les récoltes d'un sol fertile. Si parfois le
et l'herbe sauvage se font jour et croissent au-dessus des jonc
velles haies, il s'apercevra, en y regardant de plus
nouvégétal fournit tout à la fois du
près, que ce
fourrage et un abri aux chevaux
et aux ânes des fermiers de ces cantons, et font partie de leur
économie agricole.
22 Juillet. De grand matin, accompagné de cing ou six
amis, je fis ma première visite à ces plaines si renommées.
C'était au pointdu jour, et les premiers traits de lumière arrivant
de derrière les montagnes, sillonnaient faiblement Phorison,
lorsque sortant par la porte de Saint-Joseph, nous vimes devant nous le morne du Grand-Bois dont la cime hardie se dessinait * trayers les lueurs encore incertaines du crépuscule. La
route s'élend surla pente d'une lignestérile de co'lines marneuses,
et conduit à ce Pont-Rouge deyenn si fameux, simple
de
bois peint en rouge, où Dessalines tomba dans une embuscade pont
et fut Lué; à environ deux milles plus loin est la charmante habitation Drouillard, une des propriétés du président Boyer.
La grande plaine qui est en face n'offre qu'un sol bralé,
mais la campagne située au-delà parait verdoyante et fertile.
L'habitation Drouillard est exploitée en sucre; quelques-unes
des sources des hauteurs fournissent l'eau nécessaire à
tion et au trayail des moulins.
l'irrigaEn ayancant dans la forêt, on arrive au moulin à eau et à la
sucrerie de Cazeau, qui est en ruines et presque cachée par la
vigne sauvage ct les mauyaises herbes. Un peu plus loin, avant
de trayerser la Grande-Rivière, est un village composé de maisonnettes de cultivateurs, écartées les unes des autres, ayec
des jardins;ces cabanes, isolées dela forêt et entourécs de haies,
forment une espèce de bourgade, sur le bord de plusieurs petits
ruisseaux. Au-delà est la Grande-Rivière rasant de ses eaux pen
profondes un lit de cailloux; ce cours d'eau, très-pen considé.
rablc, malgré son nom, se parlage en plusieurs petites branches
parallèles, qui forment un grand ombre d'ilots. Les rivages
qu'elle franchit dans ses débordemens d'hiver ne sont qu'un desert aride ct pierreux. A trois lieues enyiron du Port-au-Prince,
nous nous tronvâmes à la Croix-des-Bouguets; ; ce n'est aujourd'hui qu'un grand village composé de maisons isolées, et dont
le territoire n'est que médiocrement fertile.
La Crois-de-Bouguets, jadis la ville la plus considérable de
èles, qui forment un grand ombre d'ilots. Les rivages
qu'elle franchit dans ses débordemens d'hiver ne sont qu'un desert aride ct pierreux. A trois lieues enyiron du Port-au-Prince,
nous nous tronvâmes à la Croix-des-Bouguets; ; ce n'est aujourd'hui qu'un grand village composé de maisons isolées, et dont
le territoire n'est que médiocrement fertile.
La Crois-de-Bouguets, jadis la ville la plus considérable de --- Page 77 ---
-
-
PLAINES DU, CEI-DE-SAC.
par des artisans cqpai,
était habitée principalement
étaient copstamces plaines, des besoins d'un yoisinage agricolc,
de
en raison,
occupés. Sa, nambreuse popplation centre
ment ek-lucrativement
sa siluation au
du Port-au-Prince,
et
couleur, sa proximité
lui donna une grande
de limmense plaine du Cul-de-Sac, choc de la révolution. Ge
terrible imporiance dans le premier lorsque toutes les tentahabilans, de sang mélé,
fut là que ses
échoué partout ailleurs, se tronyèrent
tives de liberté eurenl les armes à la main, leurs droits civils
assez forts pour réclamer, les obtenir par la victoire.
ct politiques, et pour
bourg, nous nous trouvâmes dans
En entrant dans l'ancien autrefois lc marché de la ville. De
onvert où était
un
espace milicu d'une végétation sauvage, apparaissaient la
tous côtés, au
établissemens. On distinguait encore
les vestiges des anciens à angles droits, et à l'emplacement ville
dircction des rues coupèes tous les sens, on juge que la
qu'oceupent ces débris dans destruction doit avoir été considérahle.
qui a subi cette complète
de femmes qui pous parurent
Tout près de l'église, des groupey
yêtues, étaien! sous ies
être toutes négresses 2 tres-propremest de la fraicheur de la matinée enatarbres, causant et jouissant L'église, édifice d'une constructendant le moment de l'office. aujourd'hui qu'une espèce de grange
tion grossière, n'est guère restes de ses anciennes murailles; on
qui s'élève au milieu des
l'ancienne Croix-desvoit une croix de bois qui a remplacé une
distance all
y
était orné. A
petite
Bouquets dont son portail
circulaires ; les Anglais
nord était le vieux fort avec les bastions intervinrent dans la guerre
l'avaient construit à l'époque ou ils
Plusicurs bonnes maientre les colons francais et leurs esclaves. des ancienncs rues. Les
construction sur la ligne
sons étaient en
chaume qu'on voit en grand nombre parmi
cabancs couvertes de ruines mal réparées des anciennes résices maisons, étaient les
défend amjourd'hui de reconsdences. Un réglement municipal soit au moins en charpente. Le
truire aucune maison qui ne
tarder à géleverjusqw'a
village de la Crois.des-Bouquets comme ne peut il se trouve au cenire du
T'importance d'une ville ; mais
ses environs ne
canton picrreux qu'arrose la Grande-Rivière, la culture fait d'assez
serout jamais très-cultivés. Cependant et les maisons sont entremélées
grands progrès dans la plaine,
de cannes donnent lien
jardins. Les plantations
les boude nomabreux des anciens villages des oultivateurs,et
au rétablissement
Crois.des-Bouquets comme ne peut il se trouve au cenire du
T'importance d'une ville ; mais
ses environs ne
canton picrreux qu'arrose la Grande-Rivière, la culture fait d'assez
serout jamais très-cultivés. Cependant et les maisons sont entremélées
grands progrès dans la plaine,
de cannes donnent lien
jardins. Les plantations
les boude nomabreux des anciens villages des oultivateurs,et
au rétablissement --- Page 78 ---
6h
PLAINES DU CUL-DE-SAC,
tiques commencent à se multiplier dans le
sent aux environs les cotonades
bourg; elles fournisles toiles
d'Angleterre, les vins de
d'Allemagne; la vie active el industricuse
France,
mouvement; de petits cabarets sont
y repand le
l'on rencontre assez
ouverts- sur le marché, et
de marchandises généralement dans les villages des
de toute espèce.
magasins
Avant d'arriver à Digneron, s qui est la
tuée à environ trois milles
ferme de M. Roper, siamis et moi,
plus loin, et où nous
, passer une journée, nous
devions, mes
pagne cultivée par places, près de
traversâmes une cammais ces espèces d'oasis servaient quelques anciennes rigoles;
dissimuler la désolation
à faire ressortir plutôt
et la solitude dont
qu'à
nés. En quittant la route, à main
nous étions environsur la ferme de
droite, nous nous trouvâmes
bestiaux
Digneron. A voir ses cours, ses chevaux et
qui paissaient, ses
ses
granges. s ses
reaux, ses herses, nous aurions
charrettes, ses tombeferme régulière de
pu nous croire dans quelque
trente acres, dont l'Europe. Digneron est une terre de cent
néanmoins iln'y a guères
de
exploitation. Le reste, c'est-à-dire la
plus
trente en
rable, qui n'a pas encore été arrachée portion la plus considéquelle elle a été abandonnée
à la stérilité sauvage à lapendant les
tion,' offre à peu près l'aspect d'un
guerres de la révolul'extrémité méridionale des
désert aride. C'est vers
les eaux de la
lignes où les champs reçoivent
Grande-Rivière, par l'ancien bassin de
tion, commun aux propriétés voisines de
distribunière et de Canière, que M.
Baubain, s de MoriRoper a consacré
acres à des essais de culture à la charrue. un enclos de trente
On y reconnait le soin et l'économie d'une
une seule charrue s tirée par deux chevaux ferme anglaise ;
Américains, un homme et un
que mènent deux
immédiate de M. Roper
jeune garçon, sous la direction
lui-mème, suffit
acres dans le meilleur élat de
pour tenir ces trente
les voitures
culture. Il y a un chemin
5 qui passe par le centre de cet enclos. A
pour
gauche sont des
droite et à
pâtures, avec des
de
patates, de manioc et de blé.
compartimens
yames, de
Après cela
cannes, , entremélées de
viennent les pièces de
plus tard que les
rangs alternatifs de mais, qui mûrit
cannes, et de lignes de patates.
tage sensible à ce mélange d'autres
Ily a un avansucre; c'est que comme le mais
produits avec la' canne à
et la palate
à
époqnes une vigilance et des soins
exigent certaines
particuliers, 5 le temps ct l'at-
ames, de
Après cela
cannes, , entremélées de
viennent les pièces de
plus tard que les
rangs alternatifs de mais, qui mûrit
cannes, et de lignes de patates.
tage sensible à ce mélange d'autres
Ily a un avansucre; c'est que comme le mais
produits avec la' canne à
et la palate
à
époqnes une vigilance et des soins
exigent certaines
particuliers, 5 le temps ct l'at- --- Page 79 ---
A nAitt.
DE F'ACRICELERE
forcé de leur donner profite nécesiairement,et besoin
#ention qu'on est
la canne elle-même. Elle a
comme par contre-coup,à circulation d'air, et ne prospèrc que
marir d'une libre
herbes; et comme
pour
encombrée dé manvaises
canne
lorsqu'elle n'est pas
que les noeuds de la
se sèchent, à mesure
de la
les feuilles qui
et arrêteraient la végétation
s'élèvent, nuiraient au mais,
manière la caune se trouve
les
et de cette
patate, on arrache,
demandent les végétaux qui
soignée en raison dé l'attention que d'elle; cette méthode a aussi
croissent alternativement à côté rotation de récoltes succesT'avantage d'établir une espèce C'est de à la cbarrue que l'on présives, et le sol ne s'épuise pas.
le soc, d'un côté 9
le terrain pour toutes ces productions; doivent recevoir les
pare
la terre, ouvre les trous qui
patate.
en retournant
les sillons pourle maisetla
cannes, et de l'autre prépare
patate, contient un suc forteL'espèce de convolvulus appelé d'un eultivateur. des troment sucré, qui, dans léconomie excellente pour les chevaux,"
piques, en fait une nourriture C'est mal à propos que le nom de
les bestiaux, les porcs, etr.
les Indicns de ces iles, a été
patate, qui lui a été donné par
anglais au solanum tuappliqué par les premiers navigateurs n'ont jamais confondu
berosum. Les. Français et les Espagnols dont les feuilles viennent
Lorsque- la patate,
ces deux végétaux.
de terre, a poussé ses fleurs en ceillets,
en touffes serrées tout près
d'une pièce de
donnent à un champ de patate Tapparence les pointes vertes
qui
d'un jour à l'autre,
trèfle rouge, on eu coupe,
bestiaux et les chevaux : alors les
et fraiches pour les pores 2 les
autant d'excroissances
comme
bulbes farinacées, a qui viennent
Sur la ferme de Diles racines, sont bonnes à ramasser.
choses à la
après
la charrue. qui sert à tint.de
de
gneron, on emploie de la terre oùr elles sont enfoncées. Lors
fois, pour les tirer
donna un exemple de. Ja manotre visite chez M. Roper, 9 il nous La charrue, à mesure qu'elle
nière dont on déterre les patates.
deux personnes marfait sortir les patates;
retourne les sillons,
mettent les patates qu'clles rachent derrière avec un panier, y
ue charrette légère qui
massent, et les jettent ensuite dans de
expéditif et de
laboureur dans le champ. Rien
plus
misuit le
de récolle. On exéente en cing
mieux imaginé que ce mode
heure en employant la hone ;
aurait demandé une
nutes ce qui
pulvériser le terrain, dégaon fit ensuite venir une herse pour
dans les sillons, et
les patates qui pouvaient rester encore
ger
rière avec un panier, y
ue charrette légère qui
massent, et les jettent ensuite dans de
expéditif et de
laboureur dans le champ. Rien
plus
misuit le
de récolle. On exéente en cing
mieux imaginé que ce mode
heure en employant la hone ;
aurait demandé une
nutes ce qui
pulvériser le terrain, dégaon fit ensuite venir une herse pour
dans les sillons, et
les patates qui pouvaient rester encore
ger --- Page 80 ---
SUCRERIE ET
DISTILLERIE DE DIGNERON,
arracher lés mauvaises hérbes, qu'on
ce moyen; on les laisse séchér au
rassemble facilement par
champ même. Je voulus
soleil, puis on les brûle sur le
essayer de conduiré
rue, et tout novice
moi-méme la charqué j'étais dans cette
étonné de la facilité avécl laquelle elle
manceuvre, je fus
Dans le procédé de l'irrigation, fonctionna sous ma main
pour sillonner la térre, ét ouvrir les on emploié aussi la charruc
l'eau doit couler; elle sort des écluses pétits canaux par lesquels
ces sillons où elle estr
et se répand,"en suivant
il le
nécessaire; un batardeau en
faut, ou la détourne des' endroits
terre l'arrête où
Le sol, rendu léger et
oùi l'on n'en a pas besoin.
poreux par le
sorbe avidement T'humidité, de labourage qu'il a reçu, abdinairement sèche, la fraicheur sorte que, dans une saison ordes pluies continuelles
des herbes ferait
l'ont entretenue. Les
supposer que
n'étaient pas dans cette partie de la
pièces des bananes
la cour ; un bois d'acacias,
plantation, mais près de
pour les chevanx,1 les ânes qui servait comme dc commune
et les bestiaux,
champs et la ferme.
s'étendait entre les
Outre l'eau qu'il tire de la
core arrosé par un petit conduit Grande-Rivière, Digneron est enles terres étant situées
qui part de la rivière
entre les deux
Blanche,
dérnier conduit qui fournissait
cours d'eau; ; c'était ce
maison et pour la distillerie,
toute l'eau nécessaire pour la
On se sert éncore de l'ancien moulin
dè forme cireulaire, est en
à sucre; son manége,
maçonnerie; ; il a
grossière, n'étant bâti que d'une sorte
T'apparence la plus
chaux ramassées dans le lit de la
de galets ou pierres à
rière de ce quartier; ; il ne
Grande-Rivière, la seule carsuite de l'économie
manque pas de solidité;
ordinaire des anciens
mais, par
tuiture, en sorte que les hommes
colons, il n'a pas de
à ciel ouvert, de
et les animaux
jour et de nuit,
travaillaient
brûlanté du soleil, tantôt à
exposés tantôt à la chaleur
Sous la masse de
T'humidité des rosées de la nuit
murs qui formait la tête du
(1).
tiquée une prison, noir cachot
moulin, était prafractaires, et qui peut Servir privé d'air, pour les esclaves répline dela colonié; à
d'échantillon de l'ancienne discioù l'on
droite et à gauche sont des
plaçait les
enfoncemens
lumièresquand venait
rer le travail de nuit.
l'obscurité, pour éclai-
(Uloyez Pouwage du colonel Malenfunt sur Shint.
Doningue, p. 167.
iquée une prison, noir cachot
moulin, était prafractaires, et qui peut Servir privé d'air, pour les esclaves répline dela colonié; à
d'échantillon de l'ancienne discioù l'on
droite et à gauche sont des
plaçait les
enfoncemens
lumièresquand venait
rer le travail de nuit.
l'obscurité, pour éclai-
(Uloyez Pouwage du colonel Malenfunt sur Shint.
Doningue, p. 167. --- Page 81 ---
DE T'IRRDCATION DES TERRES.
de trois chaudières: Ou n'y faisait
La bouillerie SC composait était clarifié avec soin, se vendait
que du sirop, qui, lorsqu'il
d'Haiti, les cent livrès.Aucours
au marché deux dollars, argent dollars
pas à six
actuel du change, ces. deux
n'équivalent rhum
la
La même
sirop, converti en
par
francs.
quanitéde trois dollars et demi, ce qui fait cinquante
distillation > rapporté
seconde
On se servait
cent de plus pour cette
préparation.
pour
chaudières en fer; mais malgré toute l'économie
des vieilles
T'aucien moulin et les anciens ustenqu'on trouvait à employer
des bras pour ramasser
siles, la peine qu'on avait à se procurer balançait à peine le
la récolte, faisait que lc produit
et broyer les frais. M. Roper et un sieur Lucas, son associé,
formage ct
ferme à bail pour quelques années; ils la te:
avaient pris cette
avait acquis la propriété à l'éponaient du colonel Rigaud > qui
de bétail, de chevaux,
des confiscations. Unes grande quantité
d'ane
que
de volailles, donnait a Digneron l'apparence
de porcs,
à laquelle contribuaient
ferme dans toutes les règles, apparence
détails accesle système de culture et tôus les autres
encore
la forme des charriots, et la bonne tenue des
soires 2 tels que
attelait deux de front. M. Roper
harnois des chevaux, qu'on
d'autres pièces de cannes dans le voisinage.
a encore
fourni l'occasion de connaitre pour la
Cette visite m'ayant
d'irrigation, j'en donnerai ici
première fois les anciens procédés
fussent les travaux
Quelque considérables que
une description.
amener des rivières qui traversent ces
faits par les colons pour
la culture, le procédé en était
plaines l'ean nécessaire pour
dispendieux.
extrêmement simple, et les ouvrages très-pen
avait tiré un cours d'eau suffisant, qu'on prenait
Lorsqu'on
età la source même de la rivière, on creudans la montagne
d'intersection de deux lignes des
sait un large chenal au point des hauteurs et finissant au bord
propriétés;ce chenal partant
descendaient à
de la mer, était destiné à recevoir les caux qui
du
parla distance de chaque plantation
des intervalesddtenninés
maçonnerie un petit réservoir,
principalbassin; on construisaiten
s'amassaient et se diyiappelé bassin de distribution, où les eaux
de
rigoles dans la direction de chaque
saient ensuite par petites
était calculée proporpropriété. La dimension de chaque rigole
tionnellement àla surface de la plantation qu'elle devait arroser.
duréservoiretades distances déterminées, étaient
Al'émbouchure
ajustécs des auges carrées en pomempmseathengee 5*
és
maçonnerie un petit réservoir,
principalbassin; on construisaiten
s'amassaient et se diyiappelé bassin de distribution, où les eaux
de
rigoles dans la direction de chaque
saient ensuite par petites
était calculée proporpropriété. La dimension de chaque rigole
tionnellement àla surface de la plantation qu'elle devait arroser.
duréservoiretades distances déterminées, étaient
Al'émbouchure
ajustécs des auges carrées en pomempmseathengee 5* --- Page 82 ---
DE L'IRRIGATION DES TERRES.
cubiques, suivant la quantité allouée à chaque
surveillance publique ne s'étendait
plantation. La
amenaient l'eau sur la lisière de
que sur les chénanx qui
chaque
priétaire était maître de distribuerses propriété; là, le proet suivant les besoins de
eaux comme ill'entendait,
son.système de culture. Dans
priétés situées sur les hauteurs, et qui
les prod'eau sullisans, il y avait des aquéducs possédaient des cours
pourlest moulins à
qui amenaient une chute
ou la descente
sucre; mais dans celles du
des eaux n'était
centredela plaine
était forcé de
pas toujours régulière, et oit l'on
manceuvrer les moulins avec des
contentait de distribuer l'eau qu'on recevait
animaux, on se
chées ou de rigoles. Il y avait des
au moyen de trand'abord leur eau dans des citernes propriétaires qui recucillaient
8 ou 10 de large; ils les
de 200 pieds de long, sur
bous ou autres arbres à abritaient sous des touffes de bamd'ètre taris
la
feuilloge épais, pour les
par chaleur du soleil, et ils s'assuraient empécher
ressource pour tous les besoins qui pouvaient
ainsiune
avait d'autresencore qui arrivaient
survénir. II y en
rement
au même but en
un nombre de pouces cubiques d'eau
payant chèque celui qu'ils avaient droit de recevoir
plus considérable
Dans les districts oùr la culture
du réservoir général.
a commencé à
aquéducs ont été réparés, les canaux
reprendre, les
de distribution remis
reconstruits, et les bassins
en état. Tout ce qui avait été détruit
dégradé dans les ouvrages de ce genre, a été
ou
tauré pour donner une idée des
suffisainment restràvaux et des
en
pour Tirrigation, sous l'administration
moyens usage
Le soir je revins au
coloniale.
tot que les
du Porl-an-Prince, avec la résolution, aussinuages
mois d'aout seraient
les pluies commenceraient à rafraichir
arrivés, et lorsque
adoucir un pen les ardeurs d'une
l'herbe dessécliée et à
atmosphère
de
prendre mon examen de l'état actuel de
brolante,
requarlier du Cul-de-Sac.
l'agriculinre dans le
Le 5 anit, je me remis donc à
tai l'Etoile, , le ci-devant
parcourir la plaine ; je visioù se trouve une distillerie Damournay, 2 la Boule, s la Guildiverie,
appartenant à M.
gociant du Port-an-Prince. Les terres
Jacquemont; néet contiennent 36 carreanx, dont
sont affermées par bail,
taine d'acres en culture.
il n'ya a cncore qu'une
Cet établissement est non
vingdes plus étendus d'Hlaiti, mais
seulement un
pent être l1I des
qu'ilya ait dans tontes les Indes-Occidentales.
plus parfaits
On s'ys sertdel'es-
.
gociant du Port-an-Prince. Les terres
Jacquemont; néet contiennent 36 carreanx, dont
sont affermées par bail,
taine d'acres en culture.
il n'ya a cncore qu'une
Cet établissement est non
vingdes plus étendus d'Hlaiti, mais
seulement un
pent être l1I des
qu'ilya ait dans tontes les Indes-Occidentales.
plus parfaits
On s'ys sertdel'es- --- Page 83 ---
CANPAGSES DE GLATERU-BLOSD.
le meilrécemment adopté en France, comme icià la dispèce d'alambie
d'eau-de-vie ; on l'applique économic de
leur, dans les fabriques
avec une grande
tillation du tafia, et on peut, servir à la fabrication des liqueurs.
travail et de frais , le faire
en tuiles et bien bâtic, posdistillerie 2 converte
chacun, et qui peuCette grande
à rhum, de 420 gallons
qu'un
sède deux alambics
barils d'esprit; ; ils n'occupent
fournir par jour huit
une cuve de 1500 gallons,
vent
les
remplisent
de ces cuves, et six
petit, espace ; pompes minutes. Ily a dix-huit
La
ou 24 barils, en 41 capacité, ou de 18 barils. été plantation déblayée
autres d'une moindre destiné à être convertienr rhum,n'a cocoliers
quifournitl les sirop dix-luit mois. Les nouveaux atteint une
et établie que depuis arbres fruitiers n'ont pas encore
sur ces
et les clôturos en
répandre beaucoup de variété et trèshauteur suffisante pour
d'un noir fonce, léger de la
terrains. Le so! est un terreau
et y faire venir
la charrue,
mémc
friable; on doit y appliquer nécessaire à l'irrigation ; au moyen
O11
l'eau
de Cazeau,,
Grande-tivière avec un voisin 9 le propriétaire létablissed'an arrangement au-delà de la quantité à laquelle
pourra en recevoir
sentiers étroits et
ment a droit.
d'un bois épais par des les riantes et ferSortis de r'obscurité
débouchâmes sur
inextricables. * nous
dont est propriépresque
, habitation
de Chatean-Hlond,
du Port-au-Prince.
tiles campagnes Lerebours 5 commandant travers la verdure rataire le général route droite et large, à
face les dômes et
Nous primes une
de cannes 2 ayant en
à mesure
fraichissante dcs champs
et laissant à gauche,
tourelles des moulins à sucre 2
de chaumières habitées
les
avancions. 2 un petit groupe la
elles ne
que nous
Tournées du côté de campagne, assezg grandes,
par les cultivateurs. des bananiers : et quoique de
qui
sont abritées que par
et de cet air propreté ou
de cette uniformité
le chemin, 2 une
elles manquent Un homme age, qui réparait
et dont la
plait à la vue.
habillées,
négresses assez jolies 9 proprement la
, et qui nous saluèdeux
la santé et gaité,
d'enphysionomie annonçait
à côté de nous, un couple dont
en passant
les seuls habitans
rent très-poliment dans la poussière 2 furent
de cannes d'une
fans se, jouant
Les champs, couverts
fort loin
nous fimes rencontre.
s'étendaient
en
et d'une hauteur remarquables,
plantés
grosseur
etlà les jardins des cultivateurs,
parmi
sur la droite. Çà
étaient disséminés
en maîs et en manioc,
patates et yames,
à côté de nous, un couple dont
en passant
les seuls habitans
rent très-poliment dans la poussière 2 furent
de cannes d'une
fans se, jouant
Les champs, couverts
fort loin
nous fimes rencontre.
s'étendaient
en
et d'une hauteur remarquables,
plantés
grosseur
etlà les jardins des cultivateurs,
parmi
sur la droite. Çà
étaient disséminés
en maîs et en manioc,
patates et yames, --- Page 84 ---
ÉTXELISSENEST DE CHAYEAT-BEOND:
les champs de canues, et formaient de
tretenues avec
petites plantations eIrbeaucoup d'ordre et de régularité. Devant
s'abaissaient les mon'tagnes de Bellcome, revêtues d'une nous
verdure, et offrant cette agréable varietéd'aspeets
riche
nait gne multitude de petits établissemens
que leurdonde culfure
stir leurs pentes. Les roches stériles dont se
répandus
Ta 'vallée par laquelle descend la
compose la gorge de
des accidens les plus
Grande-Rivière, formaient Ur
collines
rémarquables de ce paysage lointain. Des
escarpées et d'une immense hauteur,
qu'aux nuès leurs cimres noirâtres
, qui portaient juset à demi cachées par les vapeurs, servaient d'arrière-plan aux champs cultivés, où l'abricoticr au feuillagé sombre, et le palma nobilis des jardins de
"Chatean-Blond, sont presque les seuls arbres qui adoucissent la
transition un peu brusque des plaines aux montagnes.
L'habitation du propriétaire, les moulins,
duc en' 'bois,
des
la'bouilleric, l'aquésupporté par
piliers en maçonnerie 2
un quadrilatère qui renferme les ateliers de
forment
'que la forge et autres, relatifs à la construction l'établissement, tels
tioris des moulins. Surla
et aux réparagauche de l'enceinte est le dôme
gone, élevé sur un moulin à sucre de la force de
polyiu'j par'la vapeur et faisant tourner des rouleaux huitchevaux,
tandis qu'à'droite un moulin à eau met en mouvement horizontaux s
rouleaux' verticaux ; entre ces deux moulins est la
d'autres
avec une' tourelle au centre. Tons ces
bouillerie,
bâtimens sont en
nerie , 'ét d'une construction' solide et
maçonélégante en mêine teinps;
l'aquéduc d'un côlé, et de l'autre un mur en
ferment le quadrilatére. C'est au milieu de cette enceinte pierre,
"sucrerie proprement dite. De l'habitation du
qu'estla
édifice bati sur la plate-forme d'une terrasse propriétaire, joli
bustes en" fleurs, avec
entourée d'arl'indispensable accessoire'd'an bain établi
'soits un bérceau de Coups-d'air, espèce de convolvulus
'fleurs' lilas argenté,' on voit tout ce qui'se passe dans la courde aux
létablissement; son étendue est de quatre-vingt-dix carreaux
del térre, environ deux cents acres 2 dont la majeure partie est
'plantée: en cannes, et le reste en légumes, fruits et atitres
ductions. Il occupe en tout ' environ deux cents individus, prohommés s fémmes et enfans.
La Jamaique n'offre pas une habitation'inteux montée
que
"Chateau:Blonil;'s soit que l'on considère lesressources' et'la'fer-
"tilité du' 'sol, soit
a , BousiandeaTensembed des" machines appli-
2 dont la majeure partie est
'plantée: en cannes, et le reste en légumes, fruits et atitres
ductions. Il occupe en tout ' environ deux cents individus, prohommés s fémmes et enfans.
La Jamaique n'offre pas une habitation'inteux montée
que
"Chateau:Blonil;'s soit que l'on considère lesressources' et'la'fer-
"tilité du' 'sol, soit
a , BousiandeaTensembed des" machines appli- --- Page 85 ---
a
ÉTABLISSEMENT DE CHATEAU-BLOND.
élac'est un magnilfique
l'exploitation de ces ressources,
quéesil
les aquéducs,
blissement.
les moulins, la bouillerie,
d'un
Tout y est neuf; fruits d'un petit nombre d'années
Thabitation 2. sont les
sans le secours d'aucun emprunt. Dans la
travail lent, mais constant, d'une seute hypothèque.
le
sans avoir grevé la propricté
pour, se procurer le
difficulté oit l'on se trouve quelquefois la récolte d'une plantation,
nombre de bras suffisant pour
qu'il serait judicieux
dc Château-Blond a pensé
les proproprietaire travail de la bouillerie, en augmentant même temps
d'accélérer le
cette vue, il fait agir en
vite,
duits du moulin. Dans
qw'il est plus facile de bouillir vite
l'eau et la vapeur, attendu
que de broyer assez
à arrêter la formentation,
Comme les deux
de manière laisserchômer les bouilleurs.
on évite
pour ne jamais
travaillent simultanémeut,
moulins à cau et à vapeur
à l'acide par une trop grande
ainsi.que les .cannes ne tournent
accumulation.
élevées à grands frais,
machines de cet établissoment,
particuLes
destinées. à son exploitation
pour
ne, sont pas exclusivement à ceux qui peuvent en manquer d'un quart
lière , mais Qn les, prête
payé au propriétaire est
La loi
le travail du sucre. Le loyer sort de la troisième chaudière. ses
du jus coagulé, 2: lorsqu'il seulement, quand il traite il avec est libre
fixe ce, loyer au cinquiémes mais avec toute autre personne,
Dans
cultivateurs;
possible.
propres conditions le plus avantagensement de la récolte, les
de faire ses
de la semainc, au temps
en ont
les premiers jours cannes, et les broient lorsqu'ils
ouvriers, coupent leurs
Parfois, quand la circonstance bien
ramassé. une, quantité suffisante. femmes, trayaillent la nuit aussi
les hommes, et lcs
Leur méthode est de
l'exige 2
au moulin, et à la bouillerie.
une partie de
que. le jour, familles, et, de cultiver, ensemble
du proise diviser par
pour salaire une portion
et ils reçoivent
dans leur division,
Ja plantation.. cnltivent et manefaetnrent rural. Il arrive assez
duit de ce. qu'ils
du, Code.
ne se trouve
confomiément aux. dispositions. ainsiassociécs
le nombre de, personnes
assez vite letravaildu
souvent que.
ne penvent poussers
ede terrain
pas suffisant, et bouillerie qu'elles pour,! les produits de l'étendue doit se faire
moulin ct dela
: dans ce cas,. Passociation autre troupe qui
qu'ils, ont entreprise
des ouvriers d'une
aider, par des voisins ou, par allocation. C'est de celte manière que
n'ont-point part à leur
trouve
confomiément aux. dispositions. ainsiassociécs
le nombre de, personnes
assez vite letravaildu
souvent que.
ne penvent poussers
ede terrain
pas suffisant, et bouillerie qu'elles pour,! les produits de l'étendue doit se faire
moulin ct dela
: dans ce cas,. Passociation autre troupe qui
qu'ils, ont entreprise
des ouvriers d'une
aider, par des voisins ou, par allocation. C'est de celte manière que
n'ont-point part à leur --- Page 86 ---
ÉTABLISSÉNENT DE CHATEAU-BLOND.
sont conduits les travaux à Chateau-Blond. Dans
cet
ment, qui a pris sa source dans des vues d'intérêt et arrange- de
venance de la part des cultivateurs
contant de calcul individuel et tant
eux-mémes, on aperçoit
d'esprit
aurait la plus grande absurditéà
d'association, qu'il y
supposer que des hommes ainsi
disposés voulussent jamais se charger d'aucune espèce de travail
quelconque, à moins d'y étre déterminés parle seul mobile
puisse agir sur eux, c'est-à-dire l'avantage
qui
retirer. Je consigne ici cette
qu'ils espèrent en.
fondée
observation, 9 parce qJu'elle est
sur l'aveu quim'a été fail par un des chefs cultivateurs,
qui répondait à mes questions et me conduisait sur la
Ils choisissent leurs conducteurs comme
propriété.
une société élirait SOIL
président, ou une association à bénéfice son secrétaire
ou son trésorier, non pas pour les faire travailler ialgré
mais comme leur organe et leur représentant,
eux, 2
à l'intérêt de tous, dans Teurs
chargé de veiller
arrangemens avec le
du sol. Comme j'avais exprimé le désir de prendre propriétaire
naissance des habitudes
quelgue condomestiques ct économiques de la classe
ouvrière, l'ami qui m'avait accompagué à Chatean-Blond vint
parcourir avec moi, sous les rayons brûlans d'un soleil de midi,
quelques-unes des chaumières de l'habitation. La politesse est
tellement naturelle aux Haitiens, elle est si ordinaire parmi eux,
qu'un étranger amené seulement par la curiosité, n'aurait
deg grands frais à faire pour obtenir le pardon de son importunité; pas
mais nous n'cûmes pas même Ia peine de faire la moindre
excuse, et nous fumes gracieusement prévenus par une négresse
qui était assiseà la porte de sa maison, et qui nous invita à nous
soustraire à la chaleur du soleil, et à nous mettre au frais en
entrant chez elle. Nous trouvâmes dans l'intérieur trois femmes
de la famille, fort occupées à des ouvrages d'aiguille. Elles
bornèrent à nous salucr fort poliment, quand elles nous virent se
entrer et nous asscoir sur les chaises qui nous avaient été présentées; mais ni la curiosité que pouvait naturellement éveiller
notre visite, ni l'envie d'écouter ce que nous disions, ne furent
capables de les détourner un instant de leur ouvrage.La maison
se composait d'une salle commune au centre, et de deux
chambres à coucher aux extrémités ; des chaises, une table sur
laquelle étaient des pièces de vaisselle de terre, et des tabletles
qui portaient d'autres ustensilcs de ménagc, tel était le mobilier.
Yers l'entrée d'unc des chambres à coucheron voyait, suspendus
envie d'écouter ce que nous disions, ne furent
capables de les détourner un instant de leur ouvrage.La maison
se composait d'une salle commune au centre, et de deux
chambres à coucher aux extrémités ; des chaises, une table sur
laquelle étaient des pièces de vaisselle de terre, et des tabletles
qui portaient d'autres ustensilcs de ménagc, tel était le mobilier.
Yers l'entrée d'unc des chambres à coucheron voyait, suspendus --- Page 87 ---
ÉTABLISSENENT DE CRATEAT-BLOND.
le
et sur plancher
les harnois des bourriques; de chèvre sur lesquelles
à la muraille, étendues une natte ct une peau de notre hôtesse. Un cométaient T'enfant d'une des deux filles la bonne mine et r'air de
dormait
fimesà la mère, sur
mérité, nous
pliment que nous
et c'était. un compliment si la famille
santé de son enfant, transition naturelle, à demander mais comme
amena, par une Le père était assis près de femmes, nous; pour ne pas
était nombreuse.
de plusieurs
avoir eu ces enfans
inexacts, cefutàla
il pouvait
n'avoir que des renseignemensi Nons
les
nous
apprimesquele
exposerà adressames nos questions.
ans,qu 'ils
mère que nous avaient de quarante à quarante cinq filles,ily
chefs de ce ménage
dont onze vivans; que sur sept les maris
avaient eu treize enfans,
cinq enfans en tout; que
et
avaittrois de mariées, ayant
ainsi que les garçons 2
en
dans les champs,
que nous
étaient à travailler fraiches, robustes ct joufflues, jeune de
que lcs petites filles,
étaient Ia portion la plus
voyions entrer et sortir, étions là , la cloche de la plantation
famille. Comme nous
avertissait les travailla
de deux heures, signal qui Dans le même instant,
sonna l'appel
leurs occupations.
se firententendrt,
Ieurs de reprendre
les cris du maçon
occupé
le marteau du charpenticret!
chacun fut denouveaud
sans murmure,
et sans querelle,
sont vraiment
de sa tâche.
gens de cette plantation
chez
Les enfans et lesjeunes bonne mine. Il y en a beaucoup de
remarquables par leur
trahissent un léger mélange sur
les traits et la chevelure
la moindre expérience
qui
ayant
enropéen; un observateur des individus des Indes-Oecidensang caractérise les figures
Grisse et Marabou,
ce qui
races qu'on appelle Socatra,
des
tales, sait que ces
les plus éloignées du mélange ont
c'est-à-dire les combinaisons les formes et le teint de l'Afrique, 9
avec
épaisse et soyeuse
races européennes délicats, une chevelure
Ce produit plus
les traits les plus mais bouclée et brillante.
à
nullement crêpue,
original africain est très-commun un
ou moins modifié du type
de Chateau-Hlond,
et j'en ai vul, sur la plantation avec ce qu'ily a de plus
Haiti,
rivaliser
sujet dont la beauté autre pourrait colonie.
trouve un des
parfait dans aucune
des cultivateurs, on
état. Les
Au-delà des maisonnetles être encore en très-bon à l'auge
anciens aquéducs qui parait ait souffertes se remarquent de terreau
seules dégradations qu'il elle est obstruée par un amas
qui sert à amener leau; ;
,
et j'en ai vul, sur la plantation avec ce qu'ily a de plus
Haiti,
rivaliser
sujet dont la beauté autre pourrait colonie.
trouve un des
parfait dans aucune
des cultivateurs, on
état. Les
Au-delà des maisonnetles être encore en très-bon à l'auge
anciens aquéducs qui parait ait souffertes se remarquent de terreau
seules dégradations qu'il elle est obstruée par un amas
qui sert à amener leau; ; --- Page 88 ---
7h
PLANTATION NOQUET.
provenant de substances vigétales
d'une herbe
décomposées, ct couverte
épaisse. Son élévation ne donnant
suffisante, le général Lerebours
pas une.chute
a préféré en construire
autre, dans une situation plus favorable, et
une
ligne de cinq cents brasses. Cedistrict
qui s'étend sur une
Rivière, dont le
tire son eau de la Grandepoint de dérivation est éloigné d'environ
lieue.
une
En s'avançant au sud de
lines stériles couvertes
Chateau-Blond, on arrive. aux colde lignum-vitce,
se détachent de la base des
d'acajou et d'aloès, qui
Coupe, et bornent la
montagnes de Bellcome et de la
riches
plaine de ce côté. Nous passions,entre de
champs de cannes, bordés de chaque côté de
bois de campêche; ce chemin conduit à
rangées de
M. C. Lacombe. Les maisons
Moquet, sucrerie de
des cultivateurs
à l'entrée de cette plantation,
qu'on rencontre
sont sur une. échelle
plus grande; çà et là jouaient nombre d'enfans beaucoup
et vigoureux ; les terres sont arrosées
bien portans
seaux, et on y voit de tout côté des bandes par, plusieurs petits. ruisd'oiseaux de bassecour, comme oies et dindons, qui y cherchent leur
Une arche
nourriture.
pratiquée sous l'aquéduc,, nous donna
dans la cour du moulin, et. devant l'habitation
entrée
élevée sur une belle et grande
du propriétaire,
d'oà l'on découvre
terrasse, dallée en marbre, et
toutes les parties de l'habitation.
la. bouillerie et l'aquéduc sont d'anciennes
Le moulin,
a réparées, mais la distillerie est
constructions qu'on
entièrement
n'est pas encore finie. La sucrerie étant
neuve, et même
située sur une
douce, on a établi la bouillerie sous des voutes
pente
s'étendent
en arcades
sous la cour et contiennent les
qui
endroit oul'on dépose les débris des
fourneaux, avec. un
besoin tout. de. suite
cannes dont on peut avoir
force de la
pour alimenter les feux. En raison de la
chute d'eau et de l'élévation brusque du terrain le
moulin.à eau a été construit de manière
tout
trouve caché
que
l'appareil se
par une terrasse élevée au-dessus, du niveau de la
cour. On ne peut voir dans le bâtiment oû l'on broye, les
que les trois rouleaux verticaux; ; de sorte
cannes,
dans son ensemble,
que l'établissement,
parait spacieux et propre.,. et tout.
pour ainsi dire, sous la main.
yest,
C'est un blanc, M. Lacombe, qui est propriétaire de Moquet. Comme il a toujours montré une fidélité, et
ment invariables à la cause de la liberté, dans
un attachetoutcs Ics vicissi-
On ne peut voir dans le bâtiment oû l'on broye, les
que les trois rouleaux verticaux; ; de sorte
cannes,
dans son ensemble,
que l'établissement,
parait spacieux et propre.,. et tout.
pour ainsi dire, sous la main.
yest,
C'est un blanc, M. Lacombe, qui est propriétaire de Moquet. Comme il a toujours montré une fidélité, et
ment invariables à la cause de la liberté, dans
un attachetoutcs Ics vicissi- --- Page 89 ---
a
DES PETTS COLFITATEURS.
les Haîtiens, à
il a été maintenu par dans la jouistudes de la révolution, de Tindépendiance,
répoque de. la proclamation de tous les droits civils.
mais
sance pleine et entière de passer la nuit à Moquet:
Notre intention était
heure de soleil, nous résolûmes, une
comme il y avait encore une
d'en profiter pour faire
débrider nos chevaux,
et d'en observer
avant de
adjacentes. 9 à Test, bordé de haies
course sur les propriétés nous suivions était
les clôla cullure. Le chemin que avec intérêt que c'étaient concession
taillées avec soin, etj'appris sucreries, divisions d'une
avaient
tures dc quelques, petites Y'armée, et que ses héritiers
de
avait son habitation
faite à un personnage de ces établissemens
de ces arbres et
partagée. Chacun abritée par le magnifique feuillage tout à la fois des fruits
séparée,
qui donnent
que néarbustes des tropiques,
Pour les préparations
excellens et un frais ombrage. mise en vente, ils ont recours
la récolte avant d'être
Comptant sur
cessite
lcurs voisins plus riches qu'enx.
de leurs
-aux moulins dc
sur le placement
facilité, - et par conséquent
planlations, et récette
cultivent en paix leurs petites
du manioc, 9
sucres, ils
du mais, des yames, 9 des patates,
semainc
coltent en outre
herbages qu'ils envoient chaque
des légumes et divers
entrer dans
au-marché. détournâmes du grand chemin pour La sucrerie et
Nous nous
de
de
de cannes
les champs
Denerag-heliseus
Jes.champs n'ont rien de remarquable, mais et les jardins des culle anoulin
cousidérable,
grands et bien
cannes sont d'une-étendue rencontre à chaque pas, -sont hommes et les
tivateurs, qu'on vimes dans la campagne les chacun: de son
entretenus. Nous
de leurs terrains,
qu'il
femmes. occupés à la culture en antant de compartimens.
oôté. Ces terrains sont divisés
2 : et le tout est entouré
différentes de productions
recevoir et retenir
y a d'espèces de terre, fait à la houc, pour du jardin. Un sol produn bordage
de cireuler autour:
la
Peau, qui ne cesse
trouve. presque point.de pierres, de
fond, riche , et.od l'on ne végétation 3 un 1 excellent système
fraicheur et le luxe de.la donnent à toutes. ces petites propriétés à voir.
culture. et d'irrigation 2 et de soin des plus agréables
et
un.air d'ordre
une troupe d'hommes
de, paysans
dans les champs
ipour le moulin,
Nous rencontràmcs ils. coupaient des. caunesi
par lignes
d'enfansà Pouvragesi
saus se ranger
la.direction d'un 1 conducteur;
sous
3 un 1 excellent système
fraicheur et le luxe de.la donnent à toutes. ces petites propriétés à voir.
culture. et d'irrigation 2 et de soin des plus agréables
et
un.air d'ordre
une troupe d'hommes
de, paysans
dans les champs
ipour le moulin,
Nous rencontràmcs ils. coupaient des. caunesi
par lignes
d'enfansà Pouvragesi
saus se ranger
la.direction d'un 1 conducteur;
sous --- Page 90 ---
DE DIVERSES PLANTATIONS.
régulières, chacun travaillait où bon lui semblait, et
par leurs joyeuses chansons,
tous, 9
nous rappelaient nos moissouneurs d'Europe.
Nous avions terminé notre inspection,
rayon du soleil sur ces plaines unies et
lorsque le dernier
qu'il était temps de retourner à
verdoyantes, nous avertit
sortir de la
Moquet, Cependant, avant de
propriété, nous visitâmes l'habitation du conducteur que nous avions rencontré dans la
fournit l'occasion d'observer
campagne, s ce qui nous
Trois des
l'intérieur d'une autre famille.
fils, jeunes garçons venaient de rentrer de leur
journée, chargés de provisions qu'ils apportaient du
et de pâquets d'herbe pour les ânes et les
de
iardin,
La mère rentrait alors le
porcs
la maison.
linge de la famille, qu'elle avait élé
occupée à repasser toute la journée devant la porte. Tout
que nous voyions annonçait l'aisance ct le
ce
nous eût fallu une preuve des
bien-être, et s'il
moyens pécuniaires
posent, le maitre de la maison nous l'eût fournie qu'ils supbonne humeur
par l'air de
avec lequel il tira d'un sac quarante
pour une emplette que s'était chargé de faire pourl lui l'ami gourdes
m'accompagnait. Sur la question
qui
qu'il était aussi
que je lui en fis, j'appris
père de treize enfans, tous vivans, et dont
cinq étaient devant nous. On me dit que la propriété
avait été fort mal administrée; et le
Dumornay
aucun
propriétaire n'en tirant
revenu, elle ne rapportait rien non plus aux cultivateurs, qui s'étaient engagés moyennant
-
moitié, 2 et qui s'en retireraient, usant de la faculté que leur donnait le Code
de chercher ailleurs des emplois plus lucratifs.
rural,
66 aoiit. Au point du jour nous quittâmes
rendre à Digneron,
Moquet, pour nous
plantation appartenant au
ral, M. Nau. M. Lacombe et ses amis
Trésorier-généfaire
se disposant à
pour
une visite au Consul de
à
partir
dans les
France, son habitation
montagnes de la Coupe, et notre route étant en
partie la méme, nous nous mimes
grande
en caravane pour
ensemble, et nous surprimes M. le Sénateur
partir
à peu de chose près, d'autre vêtement Lespinasse n'ayant,
cullivateur à
que sa chemisette de
carreaux, et fort occupé aux travaux de sa raffinerie et de sa distillerie. C'est un magnifique
formé sur une concession de dix
établissement,
cienne
carreaux, détachée de l'anhabitation Moquet, concession qui a été la
de services rendus à la patric. A cet établissement récompense est
adja-
énateur
partir
à peu de chose près, d'autre vêtement Lespinasse n'ayant,
cullivateur à
que sa chemisette de
carreaux, et fort occupé aux travaux de sa raffinerie et de sa distillerie. C'est un magnifique
formé sur une concession de dix
établissement,
cienne
carreaux, détachée de l'anhabitation Moquet, concession qui a été la
de services rendus à la patric. A cet établissement récompense est
adja- --- Page 91 ---
-
DE DIVERSES PLANTATIONS.
de
qu'il a acquise
la plantation de Soissons, le fort la Coupe, là
cente, au nord, raffinerie est batie vers de collines basses
ses deniers. La
dans la plaine la chaîne finissent les hautes
même ou s'avance fort est situé. C'est là que
producce
les basses terres
sur laquelle et que commencent
lui- même
terres stériles,
prit la peine de nous promener annontives. M. Lespinasse
Ses manières et ses paroles agricoles et
sur tout Tétablissement.
pour les progrès s'applauçaient le plus vif enthousiasme et il était évident que s'il
commercianx de son pays ;
il avait triomphé d'assez grands luidu bonheur avec lequel
le profit qu'il en tirait
dissait
c'était bien moins pour
devait avoir
obstacles,
de T'influence que son exemple
C'est
mème, qu'à cause l'activité dc la population en général. de
l'esprit et sur
doué de cette énergic
sur
très - remarquable,
entreprises, dans un
un homme
à de grandes
que
icaractère qui rend propre
C'est à cette coustance,
et qui aspire à s'élerer.
ni abattre, qu'il
pays jeune succès ne peuvent ni découragèr florissant et productifoh
les mauvais
à Tétat
d'avoir amené sa fabrique
alimente sa raffineric
doit
Tout le sucre qui L'établissement est
elle est actuellement.
est contigué.
ses
vient de sa propriété. 2 quiy
consacrés à opérations, et
dans les diversateliers nous lavons vu raffiner I
cousidérable; terrer le sucre brut,
nombre de pains,
nous avons vu
la vente. Un assez grand
et la petimettre en pains pour leur siccité, leur transparence auquel
leur blancheur,
le degré de perfection
par de leur grain, 2 prouveient
et celte perféction pourtesse
ses procédés,
oût les, plus
M. Lespinasse a poussé l'avoir atteinte dans un pays
au
tant, il se flatte de
du sucre s'étaient perdus et sans
élémens de la fabricalion d'une révolution 2
simples
et des désastres
des autres pays à
milieu de T'anarchic
sur les procédés
cherché à se guider
des mêmes bâtimens.
avoir
distillerie occupe une partic
mais, à une petite
sucre. Sa
arrêtâmes pas à Soissons ; entendre le bruit de
Nous ne nous
route, nous pômes flamme et de fumée
distanceslela grande
tourbillons de
l'on
et voir les épais Les arbres fruitiors, que
son monlin,
nous
sortaient de sa bouillerie.
dans le voisinage 2 des
qui
assez souvent par bosquets et même de la richesse
rencontre
idée du bien-être
donnaient une
coloniales.
églises, on trouve
anciennes propriélés a'Haiti oà il n'existe pas
à la sépulture
Dans les districts
apécialement consacrés
cependant des terrains
billons de
l'on
et voir les épais Les arbres fruitiors, que
son monlin,
nous
sortaient de sa bouillerie.
dans le voisinage 2 des
qui
assez souvent par bosquets et même de la richesse
rencontre
idée du bien-être
donnaient une
coloniales.
églises, on trouve
anciennes propriélés a'Haiti oà il n'existe pas
à la sépulture
Dans les districts
apécialement consacrés
cependant des terrains --- Page 92 ---
CIMETIERE 4 HAITr.
des morts. Quelques simples quesoieat les monumens de
et d'affection qui les décorent, ces lieux sont Pobjet
regret
d'une religieuse vénération, par ces touchantes associations de la
et de l'amitié, et plus d'un voyageur se détourne de religion
pour aller y offrir au ciel, le matin ou le soir, l'encens sa route
prière et de ses louanges. Dans le sentier qui conduit
de sa
tagne, il n'est pas rare de rencontrer des croix
à la monlandes de fleurs qu'y a
ornées de guirplacées tout récomment la main de
l'amitié,commel l'hommage d'un saint attachement,
du froid oubli du tombeau, Le long de la route quitriomphe
la Coupe età. Bellevue, dansune
qui monte à
espèce de bosquet d'arbres forestiers, est un de ces cimetières publies. On y voit des
des croix ornées de maints tributs de
tombes et
fleurs, les unes
d'autres fraichement cueillies. C'est
déjà fanées,
un lieu
cette beauté triste et
retiré, empreint de
tombes
sauvage quiluiconvient; le contraste de ces
blanches et de ces feuillages pendans qui les couvrent
en partie excite, à la première vue, un sentiment de solennelle
mélancolie; mais le charme s'évanouit
regarder de
quand on vient à y
plus près; une profusion d'ornemens minutieux
bizarres, des cercueils en maçonnerie
et
sous des dais
ment peints, de hideuses têtés de morts
ridiculecôtés, détruisent tout à fait cette
grimaçant de tous
première impression sentimentale, par leur puérilité et leur mauvais goût. Ce fut là
nous primes congé de nos compagnons de
que
daient aux
voyage qui se renmontagnes; et continuant notre chemin dans la
plaine ,. en une demi-heure nous atteignimes
tation du Trésorier-général.
Digneron, planLes terres y ont été récemment dépouillées des forêts
couvraient ; et la culture y fait des progrès continuels. qui les
versâmes la Grande-ltivière, dont le lit est
Nous trales bords stériles et désolés;
large et pierreux, et
; nous avions en vuela
obscure
de la montagne par laquelle elle se fait jour
gorge
dans les plaines. Sur notre route s'étendait pour se répandre
mune, d'un demi-mille de
une espèce de comlongueur, où paissaient des
etoù des oies nagaient dans les petits ruisseaux
ânes, 9
dont elle était
entrecoupée. Des bouquets d'arbres verts, au
qui se montraient sur une
feuillage touffu,
hauteur, nous annoncèrent
nous approchions des fertiles campagnes de
que
sur une petite éminence, nous vîmes devant Digneron. Arrivés
du long aquéduc; des bosquets de
nous les arcades
manguiers, d'orangers, d'avo-
oies nagaient dans les petits ruisseaux
ânes, 9
dont elle était
entrecoupée. Des bouquets d'arbres verts, au
qui se montraient sur une
feuillage touffu,
hauteur, nous annoncèrent
nous approchions des fertiles campagnes de
que
sur une petite éminence, nous vîmes devant Digneron. Arrivés
du long aquéduc; des bosquets de
nous les arcades
manguiers, d'orangers, d'avo- --- Page 93 ---
PLANTATION DICSÉROS.
la verdure contrastait arec l'aspect
cadiers et autres arbres, dont
répandaient une agréable
et sévère des montagnes,
et formaient des
sombre
étendue des plaines,
variété sur la monotone
L'habitation du proptiétaire,
chemins verdoyans et ombragés. et élégant,sur une plateédifice nouvellement bàli, spacieux face au moulin ét à la bouilleric.
forme d'une pente douce , fait
plantées d'arbres de
sont très-grands; les avenues, couverts dé flcurs,
Les jardins
ct d'arbustes
l'âme un
la plus riche végélation et faisaient passer dans
enchantaient tous les sens 2
Le moulin à eau est dans le
sentiment de plaisir et de calme. Tout respirait autour de nous
même style que celui de Moquet. des voifures qui passaient et
C'étaient
le travail et Pactivité.
les cannes qu'on venait d'y
des champs
du mouirépassaient 5 aménant uniforme ct tranquille des roues
couper; c'était le bruit
les mettait en monvement; c'étaient
lin, et le fracas de l'éau qui
des vaches, des moutons
chevaux, des ânes, dés mulets 2
oti on Ieur
dés
avec avidité autour des endroits
qui se pressaient et l'écume de la bouillerie.
avait jeté les marcs
aujourd'hui que les trois quarts
Cette proptiété ne comprend passait pour une des plus considéde l'ancienne habitation , qui
la réputation d'être
du Cul-de-Sac, et qui a maintenant
environ cinrables mieux cultivées de ce district; clle occupe
comme
Tune des
individus, jeunes et vieux,
familles ou deux cènts
de
kil. de sucre 9
quante
Son produit annuel est 150,000 1818 on y fit près de
cullivateurs: 50,000 kil. de sirop. En 1817 et en
desirop
ét de
avec la quantité proportionnelle
230,000 kil. de sucre ,
attendu le cour's peu avantaetdé tàfia : mais le propriétaire, micux les restreindre que de les
géux de ces produits, aime
que cent quatre-vingts acres.
et il n'a mis en cannes
dé
augmenter,
du généreux propriélaire ét
Après avoir joui de lhospitalité vins et les fruits délicieux
Digneron, ét savouré ses excéllens nous nous préparames à
variés dont se composent ses desserts, nous amenàt nos monregagner la ville. En attendant qu'on des maisonnettes situéés
quelques-unes
tures, nous parcourties bâtimens de service de Tétablissement. ét
dans lc voisinage des
ailleurs, quantité d'ânes
Nous ytrouvames, comme partout sur les progrès de la popude porcs à l'engrais; et nos questions réponses. Dansla seule maison
lation donnèrent lieu aux mémes chambre bien mieublée, et une
nousyimes une
caussi étaoù nous entrâmes,
Surlesmurs étaient
table chargée de vaiselle de faiencé.
tures, nous parcourties bâtimens de service de Tétablissement. ét
dans lc voisinage des
ailleurs, quantité d'ânes
Nous ytrouvames, comme partout sur les progrès de la popude porcs à l'engrais; et nos questions réponses. Dansla seule maison
lation donnèrent lieu aux mémes chambre bien mieublée, et une
nousyimes une
caussi étaoù nous entrâmes,
Surlesmurs étaient
table chargée de vaiselle de faiencé. --- Page 94 ---
DE LA VENTE DES DENRÉES.
lées les différeates pièces
animaux
composant le hanarehement des
quine sont pas l'article le moins
ànes,
fortune et del'aisance d'un Haîtien.
important de la petite
cette famille, et la
Ily avait neuf cufans
ménagère se vantait, avec une
dans
maternel, et en nous montrant un
sorte d'orgueil
demi qu'elle tenait dans ses bras gros garçon de trois mois et
n'avait pas perdu un seul enfant. , que depuis son mariage elle
d'environ trente ans, d'une
C'était, à la voir, une femme
robuste.
belle figure et d'une constitution
7 aviit 1830. Nous avions
demain était
passé la nuit à
un dimanche;tout
Moquet, et le lensement jusqu'au lundi matin, travailétaitsnspendu, surl'établis- a
du Code rural relatives
conformément aux
aux jours de repos. Le
dispositions
jour de marché dans toute l'étendue
dimanche étant
les cultivateurs étaient
de la
tous
en
république,
rendre à la ville et aux bourgs mouvement, et se disposaient à se
de la sucrerie de
voisins. Je remarquai à la
des
Moquet sept ou huit ânes
porte
hommes et des femmes
chargés de paniers 9
jour de marché, et dans tout proprement le
vêtus, en toilelte de
animé. Un grand nombre de
tracas d'un commerce assez
rangées parterre,
gourdes, remplies de sirop, étaient
puis on les plaçait dans les
plissait d'autresaux rafraichissoirs;
paniers ; on en emla bouillerie, recevait
;etle gérant, placé à la porte de
J'appris
l'argent qu'on lui remettait
que c'élaient les cultivateurs
pour ce sirop.
le marché de la semaine, les
qui venaient acheter
nir au
produits dont la vente devait pour
paiement de leur portion éventuelle
fourla propriété. C'est ainsi
dans le revenu de
ment. Cette
que les chuses se pratiquent
circonstance est
ordinairece qu'elle fait voir en partie à importante, non sculement en
tion
quoi se monte la
intérieure, mais parce qu'elle dénote,
consommaremarquer, un côté moral
comme on me le fit
rural. Comme chaque
très-précieux dans les effets du Code
de la
individa tire sa part du
propriété, il a intérêt à veiller
produit total
vaise foi et le vol ne diminuent
à ce que la mauen rien ce même
également et évidemment de l'intérêt
produit. Il est
de faire exclusivement
de tous les
leurs achats au moulin porlionnaires
partager le profit. II en résulte
dont ils doivent
des cultivateurs
que peudant la récolte, le trafic
eux-mémes réalise
tion du revenu, tandis qu'un
chaque scmaine une porAl'administration de l'intéret principe sivere-d'hiounêteté préside
général. On m'a assuré quejamais
et évidemment de l'intérêt
produit. Il est
de faire exclusivement
de tous les
leurs achats au moulin porlionnaires
partager le profit. II en résulte
dont ils doivent
des cultivateurs
que peudant la récolte, le trafic
eux-mémes réalise
tion du revenu, tandis qu'un
chaque scmaine une porAl'administration de l'intéret principe sivere-d'hiounêteté préside
général. On m'a assuré quejamais --- Page 95 ---
-
CARADEU. hailien n'avait à se plaindre du plus petit larcin. le propriétaire
rentrer à la ville, longeait des collines de
Notre route, pour
des bois d'aloès, de campêche et de
marne, et passaità travers
A Chateau-Blond,
lignum-vitae qui les couvrent de toutes parts. les avenues de palmiers de Caradeu,
nous avions remarqué Au souvenir de ce nom de Caradeu,
au-delà de ces collines. avaient rendu si famniles annales de l'ancien régime nous
que
de nous écarterdu chemin
lier, nous ne pûmes nous empècher les ruines de cette habitacontempler un moment, dans
pour
du triomphe de la justice
tion jadis si opulente, un monument
dans
On avait relevé le moulin à eau, et on faisait
distributive. de cannes une assez mince récolte; mais sous
quelques champs Caradeu n'est plus qu'un monceau de détout autre rapport,
un
combres et un désert. C'est dans cette demeure qu'autrefois
cruel, se livrait avec ses amis à
maitre, ou plutôt un despote
dans l'ivresse de
tous les délices de la table, et oûr il lançait,
la
ces ordres barbares en vertu
l'orgueil et de
puissance,
leurs malheureux frères
desquels ses esclaves tremblans jetaient
des chaudières
les uns dans des fourneaux, d'autres dans
Sans un reste de murs et de terrasses, on
bouillantes (4). du vice et de la tyrannie. reconnaitrait à peine ce repaire
à côté desquels le vieux colon Caradeu,
Mais ces palmiers, barbarie si commun alors, faisait planter
dans un excès de
les têtes d'une cinqui portaient
les longues perches
avait décapités à Auboy, comme
quantaine d'esclaves qu'il
de
de cent pieds de haut,
rivaliser avec leurs tiges plus
pour
soleil lcurs touffes de palmes verdoyantes
étalent encore au
de cette magnifique avenue
(Lacroix ). Laquéduc, tout près
dont l'effet pittoresque
de palmiers, forme une ligne d'arcades
ruines. Les
est relevé par un béfroi octogone: 2 maintenant avait en visé à l'effet,
sucreries, dans la construction desquelles on debout, et leurs
leur donnant la forme de tours, sont encore
en
du
On découvre çà et là
belles masses est l'ornement paysage. ct d'autres bâti-. des traces dc fondations, des restes de magasins
Les vergers et les jardins paient encore
mens de Phabitation.
une ligne d'arcades
ruines. Les
est relevé par un béfroi octogone: 2 maintenant avait en visé à l'effet,
sucreries, dans la construction desquelles on debout, et leurs
leur donnant la forme de tours, sont encore
en
du
On découvre çà et là
belles masses est l'ornement paysage. ct d'autres bâti-. des traces dc fondations, des restes de magasins
Les vergers et les jardins paient encore
mens de Phabitation. de fruits et de fleurs, mais ces fruits
chaque année leur tribut s'exhalent dans le désert. Peut-ètre
tombent, ct cès parfums
l'arbre même sous
trouverait-on encore verdoyant et vigoureux
(4) Voyez Malenfant, Des Colonies, etc., P. 172. --- Page 96 ---
CARADEU. lequel le féroce vieillard venait s'asseoire
veiller les travaux de ses
chaque jour pour surles
esclaves, et dans le
pauvres nègres s'imaginaient
feuillage duquel
exaltait sa méchanceté et
qu'il y avait un charme
sa fureur; il abrite
qui
son ombre des hommcs à l'âme moins
aujourd'hui sous
On rencontre encore
fière et moins cruelle. parmi les ruines des
la vérité de l'affreuse histoire
vieillards qui atlestent
avait construit dans les
des jours de Caradeu. On
la fabrication
jardins de T'habitation un
de la poterie, et les
fourneau pour
débris, la tête pleine de' ces récits voyageurs qui visitent ces
épouvantables,
généralement ce bâtiment, qui a la forme d'un
prennent
petites lucarnes dans un toit en
donjon, avec ses
des anciens maîtres de la colonie. pierres, pour quelque prison
J'ai souvent entendu raconter à Haiti le trait
Malenfant rapporte, et qui seul caractérise
suivant, que
appris à ses nègres, par une
Caradeu. Il avait
longue et cruelle
ne devaient jamais espérer de
expérience, qu'ils
Tel avait été son secret
pardon de leur barbare maître. avait eu soin néanmoins pour vivre puissant, redouté et obéi. Il
tout en tenant à
de ne jamais se faire un
ne pas dévier de son
grand tort,
dans la circonstance dont
impitoyable système; mais
condamnat
nous allons parler, il fallait
lui-même à une perte
qu'il se
sucrerie un excelient
irréparable. Il avait dans sa
bouilleur, un homme dont l'habileté
l'expérience étaient pour lui une source de
et
de le condamner à être enterré
richesse, et il venait
cet état. Ilaurait bien
jusqu'au cou et à mourir dans
voulu conserver une vie
précieuse; mais il fallait pour cela
qui lui était si
son intérêt. Pardonner
faire céder sa
à
une fois, une seule fois, était vengeance une
séquence qui ne pouvait manquer d'être
inconcette terreur salutaire
funeste à son aulorité;
timent irrémissible, qu'avait répandue la certitude d'un chàl'obéissance de
perdrait tout son effet sur la
ses esclaves.
ir dans
voulu conserver une vie
précieuse; mais il fallait pour cela
qui lui était si
son intérêt. Pardonner
faire céder sa
à
une fois, une seule fois, était vengeance une
séquence qui ne pouvait manquer d'être
inconcette terreur salutaire
funeste à son aulorité;
timent irrémissible, qu'avait répandue la certitude d'un chàl'obéissance de
perdrait tout son effet sur la
ses esclaves. C'est un homme
vigilance et
résoudre à me défaire, dit-il à des
dont. je ne puis me
mais je ne voudrais
lui
dames qui dinaient chez lui,
venir de moi, Quand pas donner à penser que sa gràce ait
je tirerai mon
pu
pieds et demandez-moi
mouchoir, jetez-vous à mes
prières qu'il doit la pardon pour lui. Je dirai que c'est à ves
vic, et non à ma
et
conséquent en
clémence; étant ainsi
la crainte de apparence, je maintiendrai
mes
mon
parmi
esclaves
tance, Caradeu avait impitoyable sévérité, Mais dans cette circonsaffaire à un honme aussi fier
que lui; ce
je tirerai mon
pu
pieds et demandez-moi
mouchoir, jetez-vous à mes
prières qu'il doit la pardon pour lui. Je dirai que c'est à ves
vic, et non à ma
et
conséquent en
clémence; étant ainsi
la crainte de apparence, je maintiendrai
mes
mon
parmi
esclaves
tance, Caradeu avait impitoyable sévérité, Mais dans cette circonsaffaire à un honme aussi fier
que lui; ce --- Page 97 ---
-
PLAINES DU CUL-DE-SAC.
cn
lui-même sa fossc, qui,
courageux, qui avait creusé chanté son chant de mort,
inègre
de terre, avait
dont la mort seule de
jetant les pelletécs avait été fait une injustice
que l'occasentit qu'il lui
et il ne lui manquait
entend
pouvait le venger,
de son maitre, il
son tyran les dames se jeter aux pieds
de sa bouche; il
sion. Il voit
fois un par.lon s'échapper délire de la souffrance,
pour la première croire ses yeux; dans le
tu n'cs donc
peut à peine en
! c'est impossible;
serToi, me paridonner!
celle qui a prété
il s'écrie:
mais si tu l'es, je jure par
de repos pour
plus Caradeu? devant Dieu, qu'il 1e n'y aura pas si tu l'oses.
ment pour moi
arraché la vie. Fais-moi grâce
mit
moi que je ne t'aie
lui furent funestes. Caradeu
Celte. audace et ce' désespoir à la tête unc pierre énorme.
en lui lançant
il rejoignit tranfin à ses menaces sauter la cervelle de sa victime, à se. reprocher
Après avoir fait
satisfait de n'avoir pas s'était acquise,
quillement ses convives, avec la réputation qu'il n'avoir jamais
un acte en opposition
une offense et de
de n'avoir jamais pardonné
Portvemis un chatiment: du matin, quand nous rentrâmes de au de
Il était huit heures
à travers une foule gens
au-Prince, non sans avoir passé de tout âge, tous se hâtant d'arriverà
de tout sexe et
pour le marché du
campagne,
chevaux et des ânes charges,
la ville, sur des
venaient du Mirebalais, o'ost-à-dire les
dimanche. Ily en avait qui vendre leurs denrées, et acheter
de cinquante milles, dont pour ils avaient besoin.
j'en
articles de ménage
partie du Cul-de-Sac;
J'avais alors exploré une grande est ou une terre noire et
examiné la culture, le sol, qui d'une couleur de noiavais
un terreau profond et
efprofonde, ou
d'une fertilité inépuisable; quelques Tirrisette. Ces plaines sont mettre en rapport, et la facilité de
forts suffisent pour les
Toute cette contrée
les rend comstamment productives. ; cependant, sans
gation
d'un printemps perpétuel
dirigées
parait être le séjour
de la rivière Blanche qui,
et le cours
la fraicheur
la Grante-livibre par les travaux de l'art, portent tous les avanet mises à profit
ce sol, malgré
tous les points de sa surface,
dans l'état du plus insur
fortilité naturelle, serait resté
qui
tages de sa
qu'attirent les hautes montagnes lcs
culte désert. Les nuages, nord et au sud, y versent rarement cn
bordcht les plaines au
vapeurs. Il y pleut, il cst vrai, torrens
trésors dc leurs bienfaisantes souvent les pluies y forment des
des temps réglés; mais
6,
sol, malgré
tous les points de sa surface,
dans l'état du plus insur
fortilité naturelle, serait resté
qui
tages de sa
qu'attirent les hautes montagnes lcs
culte désert. Les nuages, nord et au sud, y versent rarement cn
bordcht les plaines au
vapeurs. Il y pleut, il cst vrai, torrens
trésors dc leurs bienfaisantes souvent les pluies y forment des
des temps réglés; mais
6, --- Page 98 ---
DE L'AGRICULTURE ET
qui, au lieu d'humecter seulement la
leurs cours impétueux, et
terre, T'entrainent dans
leur
changent tout ce qui se
passage en un'sol pierreux et stérile.
trouve sur
Quelles que soient les immenses
qu'on y met en vente ne se livrent ressources d'Haiti, les terres
ment médiocres. La nature
qu'à des prix
même de
comparativepeut exploiter cette richesse territoriale lirrigation fait qu'on ne
tificiels très-dispendieux. La difficulté que par des moyens arl'énorme mise de fonds
de se procurer des bras,
sucreries
qu'exigent les réparations des
ou plutôt la construction des
anciennes
pensable dans le premier moment nouvelles, rendent indisétablir des habitations. à
un capital immense, pour
habitans
sucre d'après l'ancien
d'Haiti, en général, ne sont
système. Les
riches pour un tel état de
pas des capitalistes assez
sont point à
choses; et comme les cultivateurs ne.
gages, mais reçoivent une
des produits, il est évident
tout
part proportionnelle
du propriétaire dans le
que
ce qui dérange les calculs
revenu d'une sucrerie, doit
coup occasionner une perte au
par contreque les progrès de la culture du cultivateur. II en résulte donc
ne marcheront jamais dans sucre, d'après l'ancien
ce pays
système,
teur.
qu'avec beaucoup de lenSa fertilité naturelle met le cultivateur
du même terrain une succession
en état de tirer
mêmes
non
récoltes, sans le fatiguer ou
interrompue des
laisse venir d'année en année dans lei l'épuiser. même Les cannes, qu'on
des mêmes racines, sont si serrées
champ, et qui sortent
peine à se développer, et
que parfois elles ont de la
jamais on n'enlève les feuilles
qui tombent, et s'amassent à leur pied. Ces
sèches
stacle permanent à une bonne économie
causes sont un obculture, points si
et à un bon système de
facilité
essentiels, là od l'influence de la
avec laquelle chaque individu
liberté et la
propriété, n'ont
peut faire valoir sa
pas laissé à la disposition de
petite
le sucre sur une grande
ceux qui cultivent
échelle, cet excédant de
dispensable pour Ie succès de ces sortes
population inIl en résulte que les sucreries
d'exploitations.
moyen de moulins
qu'on ne peut faire valoir
manceuvrés par des
qu'au
toutes abandonnées,
ànimaux, sont
parce que les frais de
presque
dcs dépenses qui ne sont pas en
fabrication entraînent
Mais dans lcs localités oû l'on rapport avec le cours des sucres.
ducs ou en construirc de peut tirer partie des anciens aquénouveaux, on a élevé des moulins à
e que les sucreries
d'exploitations.
moyen de moulins
qu'on ne peut faire valoir
manceuvrés par des
qu'au
toutes abandonnées,
ànimaux, sont
parce que les frais de
presque
dcs dépenses qui ne sont pas en
fabrication entraînent
Mais dans lcs localités oû l'on rapport avec le cours des sucres.
ducs ou en construirc de peut tirer partie des anciens aquénouveaux, on a élevé des moulins à --- Page 99 ---
-
DES SUGRERIES A HAYTI.
la
activité; on en tire
et les propriétés sont dans plus grande
eau,
suffisant
encourager le propriétaire à
du moins un revenu
pour
solides et durables, à
à les faire
continuer ses constructions,
sans cesse un nouvel
perfectionner son matériel, et à imprimer
essor aux travaux des cultivateurs.
ses terres
Si la nature du sol forçait l'agriculteur à ménager leur deles
à varier les productions qu'il
pour ne pas épuiser, mettant des bestiaux, il est évident
mande, à les améliorer en y
la nécessité lui imposerait un système d'exploitation qui
que
meilleure direction aux travaux, perfectionnerait
donnerait une
ferait arriver aux moulins des cannes
le mode de culture, et
maintenant. Le
d'une qualité supérieure à celles qu'on y envoie
sont malheareusement empeu de bras qu'on peut se procurer
Les cannes
ployés à fabriquer des sucres de mauvaise qualité.
le
récolte sont d'une infériorité évidente, et pour aggraver
qu'on les détériore encore en les laissant trop long-temps en
mal; on
et avant de lcs broyer ou de les
tas après les avoir coupées,
acidité, que
bouillir. Le sucre se charge alors d'une si grande
et obtenir le grain, on est obligé d'y intropour la neutraliser
à lc brunir considuire une plus forte dose d'alcali, ce qui tend
beau
dérablement et à le déprécier; ou si, pour l'avoir d'un
introduit
pcu d'alcali, le grain se trouve alors
blanc, on n'y
que
de jus non cristalisé, et il en résulte un sucre mou, pochargé
nullement aux climats humides de TEureux et qui ne convient
et de cultiver bien, et
rope. Il scrait plus sage de cultiver pcu,
de mettre ainsi la fin dans un juste rapport avec les moyens.
Pour assurer aussi aux cannes une bonne circulation d'air,
et indispensable de leur vigoureuse végétation,
cause première
d'exiger des cultivateurs qu'ils
le cultivateur ferait très-sagement
le mais et
disposassent leurs jardins de manière que la patate, ,
alternatifs avec la canne, au lieu de
le yame, yvinssent par rangs
carrés séparés, comme cela
distribuer ces différens produits par
Par ce moyep, le soin et la surveillance
se pratique aujourd'hui.
à la branche
nécessite une branche de culture profiterait
que
C'est le système adopté par M. Roger, dont
qui lui est contigue.
donner la
à la charl'exemple devrait également fairc
préférence
Il faudrait l'employer dans toutes les circonstances, quand
rue.
entre autres de diminuer le
ce ne serait que comme un moyen
oir les
travail de l'homme, point tres-important dans un pays
d'un autre côté, le système d'après lequel le culbras sont rares;
branche
nécessite une branche de culture profiterait
que
C'est le système adopté par M. Roger, dont
qui lui est contigue.
donner la
à la charl'exemple devrait également fairc
préférence
Il faudrait l'employer dans toutes les circonstances, quand
rue.
entre autres de diminuer le
ce ne serait que comme un moyen
oir les
travail de l'homme, point tres-important dans un pays
d'un autre côté, le système d'après lequel le culbras sont rares; --- Page 100 ---
DES PROPRIÉTAIRES EF
tivateur est payé en parts de produits, donne
concourent à
à tous ceux
l'exploitation, un intérêt
qui
commune, et c'est le système
proportionnel à la cause
nomie.
que conseille nne judicieuse écoC'est la valeur de la denrée dans les marchés
du travail. Le sucre d'Haiti
qui fixe le prix
ne peut donc atteindre un
récompense le travail des cultivateurs,
prix qui
toirement
lorsque le cours est nodésavantageux, même pour des produits d'une
supérienre, fabriqués dans les colonies à
qualité
il doit entrer en concurrence.
esclaves, avec lesquels
M. le Sénateur
nous l'avons vu, s'cst décidé à rafliner
Lespinasse, comme
et en faisant faire le plus
lui-même. Par ce système,
de la denrée et
possible chez lui, pour élever le prix
partager les profits, il est réellement
produire un sucre qui peut, dans les marchés de
parvenu à
nir la concurrence de tous les
l'Europe, souteautres, sauf les sucres de
anglaise. Et sans le système de drawback
raffinerie
le fabricant anglais à même de
et de primes, qui met
tinent, la lutle de la
trouver des débouchés sur le conle
concurrence serait beaucoup moins
pour cullivateur haitien.
difficile
Quand l'heureuse issue de la révolution de
n'eut fait qu'un seul et même
des
Saint-Domingue
une société d'hommcs
corps
maîtres et des esclaves,
libres, égaux devant la
mêmes droits et des mêmes
loi, jouissant des
esclayes
libertés, 2 le plus grand
se trouva sans aucune propriété
nombre des
séquent condamné à une vie de
territoriale, et par condonné la liberté à
travail. La révolution avait bien
tous, mais elle n'avait donné des tcrres
portion de nouveaux citoyens,àceux
qu'à une
à l'état comme militaires. Il
quiavaientrendn desservices
y en avait un grand nombre
partageaient le bienfait de la liberté ainsi
qui
pris part aux dangers, ni aux fatigues de la conquise sans avoir
quent sans être admis aux honneurs
lutte, et par conséni aux
victoirc; ils ne possédaient donc
récompenses' de la
rain; seulement, d'esclaves
pas en propre un pouce de terqu'ils avaient été, ils
nus les laboureurs libres de l'ile.
étaient devetirait de cette servitudc
L'émancipation, il est vrai, les
vic même la
qui faisait de leurs services ct de leur
propriété d'un maitre; mais elle les
dans cet état de dépendance
avait laissés
lui qui n'a ricn. Lcs
qui est partout la condition de cedispositions du Code rural
au service de
qui les appelait
l'agricultore, cn l'absence de tout aulre
plus ou moins avantagenx, ne portaient même
emploi
que sur cetle né-
c
L'émancipation, il est vrai, les
vic même la
qui faisait de leurs services ct de leur
propriété d'un maitre; mais elle les
dans cet état de dépendance
avait laissés
lui qui n'a ricn. Lcs
qui est partout la condition de cedispositions du Code rural
au service de
qui les appelait
l'agricultore, cn l'absence de tout aulre
plus ou moins avantagenx, ne portaient même
emploi
que sur cetle né- --- Page 101 ---
c
DES CULTIVATEURS.
licultivateurs, à s'attachier
qui les forçait, en tant que
de terres,
cessité
propriétaires
de leursconeitoyens
brement à quelqu'un
travail une subsistance assurée.
afin de trouver dans leur
les
entre les cnltivateurs
de rangs et rapports lé Code rural, sont la
Les distinctions reconnus et réglés par
mais de
et les propriétaires,
de classes créées par la loi, des évéreconnaissance, non pas
des circonstances et
qui résultent naturellement
et de différences
classes
les uns et les autres ont traversés, et de modifer.
nemens que
d'adoucir
la
le temps ne peut manquer
de la propriété, légisque
actes relatifs à T'aequisition
acres, lc
Dans les
carreaux,ou quinze
de fixeràcing
propriélature a crunécessaire
tacquérir un nouveau
minimun du terrain que pourrait suffisante pour fournir abondamtaire; et cette-étenduc, jugée libre et de sa famille, ne peut
d'un Phomme
sera
ment aux besoins
La loi veut ainsi que quiconque d'un
être morcelée ou subdivisée. même temps dans la situation
de terre, soit en
dc la population dont les
propriétaire
(4)- Le reste
fortune, doit se résicultivateur indépendant atteindre à ce taux de
à cette classe
moyens ne peuvent
yivre 2 et la loi a assuré
une cerloner ses bras pour
en lui allouant
gnera
des fruits de son labeur, à lui donner un intérêt
la jouissance
de manière
elle tire
taine portion des produits,
de la culture dont
progressives
et le cullivateur
visible aux améliorations
le propriétaire
état de
Elle reconnait
la
dans cet
sa subsistance. également utiles à république peut étreascomme citoyens
classe des paysans nègres
sauf
dépendance réeiproque.La
ou colons partiaires, est
similée aux métayers des tempsfcodaux celui qui le représente,
différence qu'ici le seigueur,ou récolte avec le métayer, et
cette
chaque grain qu'il
le contrat n'a qu'une
tenu de partager le seigneur; en outre
dissous Ou
non le métayer avec
de laquelle il peut être
durée limitéc, à T'expiration mutuel des parlies, circonstance du
renouvelé du consentemcnt d'homme libre 2 caractère essentiel
résulte de la qualité
ct de la denréo fabriquée
qui
de la nature des produils
des capitaux de Fune
cultivateur,
du concours
le commerce, au moyen
pour
et du travail de l'autre.
des parties
le nombre de ces cultivateurs être con:
le rapport de M. Mackenzie,
haitienne, doit
(4) D'après
pourrait appeler la bourgeoisie une importance touindépendans. 2 qu'on
qui scquiert nécessainement
sidérable ; c'est un corps e
jours croissante.
qualité
ct de la denréo fabriquée
qui
de la nature des produils
des capitaux de Fune
cultivateur,
du concours
le commerce, au moyen
pour
et du travail de l'autre.
des parties
le nombre de ces cultivateurs être con:
le rapport de M. Mackenzie,
haitienne, doit
(4) D'après
pourrait appeler la bourgeoisie une importance touindépendans. 2 qu'on
qui scquiert nécessainement
sidérable ; c'est un corps e
jours croissante. --- Page 102 ---
PETITE VÉROLE.
LA COUPE.
( 8 aorit.
Dès le point du jour, nous devions nous mettre
en route pour les hauteurs de la Coupe; mais nous nous amusâmes si long-temps dans la ville, qu'à notre départle soleil était
déjà très-élevé. Nous rencontrâmes les jardiniers de Grand-Fond
venant au marché, où ils apportaient à dos d'âne des légumes et
des fruits de l'Europe. Je remarquai, pour la première fois,
parmi les jeunes filles ou femmes, un très grand nombre étaient que
marquées de petite vérole, etj'appris que cette maladie,
la rougeole, avait été importée par les nègres émigrés des ainsique ÉtatsUnis. On ne porte pas à moins de 50,000 ceux des habitans
onisuccombéà
qui
l'époque où se déclarèrent ces deux fléaux.Ledocteur Williamson, officier de santé. au Port-au-Prinee, m'a dit qu'il
étaitarrivéplus d'une fois de trouver trois morts en même
dans uneseule chaumière,et que les vivans pouvaient à temps
fir aux inhumations. La police de
peinesufl'Europe, 2 qui renfermait si
strictementcesinwolbaires dansles limites deleursrivages, les avait
si bien garantis de toute communication avec Ics autres peuples
du monde, que depuis la possession de leur liberté de cette
berté dont la santé s'accomode si bien, le venin de 2 la
vé- lipelite
role et autres maladies analogues s'était épuisé de
lui-même; ces
maladies avaient disparu; on en avait mêmeoublié les noms. Et
lorsque la petite vérole se montra de nouveau an milien d'eux
clmoissonna tant de inilliers d'individus, dans la force de l'àge,
le peuple épouvanté n'appelait ce fléau meurtrier que le grand
Monsieur, etl le regardait comme une espèce de peste inconnue
auparavant. Depuis ils ont vacciné leurs enfans, le mal a perdu
son caractère destructeur, ect une cruelle expérience leur a ainsi
ouvert les yeux.
Tout en gravissant sur. la pente douce oùt nous nous trouvious,
nous portions de temps à autre nos regards dans le ravin qui
élait près de nous, et nous y découvrions çà ct là de pelites
maisons bien bâties avec des champs de mais et des touffes de
bananiers.
La Coupe est un petit village situé sur la sommité de quelques
collines marneuses; et on Pa ainsi appclé de ce qu'il coupe et
abrège le chemin du Cul-de-Sac, dans la partic de ce quartier
d'oùl la Grande-Rivière descend dans les plaines : c'est un sol
picrreux, mnais cependant assez fertile; une source SC précipite
avec force du haut des rochers, cl se partageant en une infinité
de canaux, portc ses caux dans les jardins des cultivateurs.
est un petit village situé sur la sommité de quelques
collines marneuses; et on Pa ainsi appclé de ce qu'il coupe et
abrège le chemin du Cul-de-Sac, dans la partic de ce quartier
d'oùl la Grande-Rivière descend dans les plaines : c'est un sol
picrreux, mnais cependant assez fertile; une source SC précipite
avec force du haut des rochers, cl se partageant en une infinité
de canaux, portc ses caux dans les jardins des cultivateurs. --- Page 103 ---
PLAINES DE NATURÉ.
du consul de
qu'est la maisôn de campagne
jarC'esti à la Coupe
d'en parcourirles romantiques
France ; et j'ai eu le plaisir
hospitalier qui
visite que j'ai faite au propriétaire
dans le
dins, dans une
et qui a lui-même,
loue cette habitation au consul,
les dimanches. Du
T'humbler eretraile od il vient passer et les lacs du Culvoisinage,
les plaines
on découvre
haut de ces collines,
les chede-Sac.
lever du soleil, nous montions par
9 aoit. Avant le
à Bellevue; nous nous renmins boisés qui mènent de la Coupe
dont on nous avait
dions dans les plaines de Maturé, paysage Nous suivions un sentier
fait la plus séduisante description. défilés que formait la monà travers les vallons et les
de
étroit,
irrégulière. De petites plantations
tagne, dans son élévation
et dans les enfonbordaient notre chemin,
café et de légumes
d'humbles et paisibles chaumières
cemens du terrain étaient
La culture, sans être répandue
cachées par des arbres fruitiers.
de ces planmontrait bepoumeatOstinte appartepartont,e' étaient tout à fait nouvelles. Un érablissement la riche
tations
se distinguait par
nant à M. Imbert, sccrétaire-d'état, entretenus et taillés avec une
verdure de ses jeunes cafliers, Deux ou trois paysans du
et un soin admirables. côté de nous, montés sur
propreté
rapidement à
canton passèrent
et nous rencontrâmes quelques
lcurs chevaux de montagne, de couleur, vives 2 propres et bien
paysannes, , tant noires que
sont de pétits cultivade ce canton
vêtues. Lcs propriétaires
carrcaux de terre, plantés
possèdent de cinq à quinze
et qui ont
teurs qui
légumes, racines bonues à manger,
du
en café, en blé,
à faire pour se rendre au marché
douze ou quinze milles
arrêtâmes pour causer avec un
Port-au-Prince- Nous nous
France, et qui; ayant amassé
noir qui avait élé domestique en avec sa femme et son fils,
argent s'élait retiré à Haiti
laquelle n'était que
quelque
qu'il avait achetée,
dc
sur une pelite propriété
minimum de Tétendue
de cinq carrcaux ou quinze acres, un contrat. Il venait de
terrain pour laquelle on peut passer la crête d'un monticule, et
terminer sa chaumière, placée sur
des patates et du
il avait semé du mais,
autour de laquelle
cntouré d'une haie vive de
manioc; son petit domaine était des tithymaloides. Tout y
arbuste de la famille
medicinier, 9
qui avaient conquis ces champs
annonçait des effortsd'industrie forêts.
maintenant fertiles sur d'incultes
. Il venait de
terrain pour laquelle on peut passer la crête d'un monticule, et
terminer sa chaumière, placée sur
des patates et du
il avait semé du mais,
autour de laquelle
cntouré d'une haie vive de
manioc; son petit domaine était des tithymaloides. Tout y
arbuste de la famille
medicinier, 9
qui avaient conquis ces champs
annonçait des effortsd'industrie forêts.
maintenant fertiles sur d'incultes --- Page 104 ---
MATURÉ, LA COUPE.
Aprés avoir traversé un petit ruisseau dont
coulent dans un lit peu profond,
les eaux limpides
terres récemment défrichées;
nous mimes le pied sur des
rie dont son Excellence
c'étaient celles de Maturé, cafeile Président d'Haiti a fait tout
mentl'aequisition, Les cafiers n'y sont encore
récemparmi lequel s'élèvent des arbres de
qu'un faible taillis
gers sauvages, d'avocadiers
haute fulaie, mélés d'oran-
(spondias
( persea gralissima), de cirouelles
myrobolanus), d'abricotiers
de caimites. On débarrassait le
(mamea americano ) et
inutile, et les arbres,
flanc de la montagne du bois
égaler l'ancienne nouvellement taillés, ne pouvaient tarder à
tueux lataniers plantation. On avait laissé çà et là les
qui sont les géans de la classe des
majeséventails, et le palmetto
palmiers à
de
royal au feuillage
parure à la riche végétation de la
élégant, pour servir
Maturé est situé sur la
montagne.
levue: des pics
pente rapide de la montagne de Belterminent le grisatres, qui s'élancent de la masse
paysage au midi. Du haut de la
principale,
ciennel habitation,
terrasse de l'anque décorent des arbres
en fleurs, des vignes, des
fruitiers, des arbustes
des roses et des
figuiers, des orangers, des grenadiers,
jasmins, nous
vaste étendue du
promenions nos regards sur la
Cul-de-Sac, dont les fertiles
loppaient devant nous comme
plaines se déveentrecoupé d'une infinité une carte immense. Le pays est
mnoulins à
de routes; des
sucre animaient le
chaumières et des
milieu d'an
paysage, les uns en
au
désert, et d'autres nouvellement
ruines,
voyaitla funée
bâtis et dont on
ondoyer. au milieu des
en carrés par des lignes de haies champs de cannes, divisés
nombreuses rigoles
verdoyantes qu'arrosent les
Nous
qui tirent leurs caux de la Grande-Rivière.
retournâmes à la Coupe vers midi. On
autrefois de célébrer tous les
avait coutume
source de la Graude-Rivière ans une fète dans l'endroit où la
descend en cascaded
s'échappe de dessous les rochers, et
les racines.
l'ombre de grands arbres dont elle humecte
L'homme dont le
cette cspèce de sacrifice
patronage particulier maintenait
caux étant
propitiatoire offert aux
des
mort, on y avait renoncé
nymphes
mais le peuple s'étant alors
depuis plusieurs années ;
jamais coulé aussi
imaginé que depuis les eaux n'avaient
abondamment
sins résoluront de se
qu'amparavant, quelques voilaire et de faire
préter cette année à la superstition
revivre l'ancicn barbaco
popuNous y trouvâmes en effet
2 ou fête à la source.
une foule d'individus de toutes les
des
mort, on y avait renoncé
nymphes
mais le peuple s'étant alors
depuis plusieurs années ;
jamais coulé aussi
imaginé que depuis les eaux n'avaient
abondamment
sins résoluront de se
qu'amparavant, quelques voilaire et de faire
préter cette année à la superstition
revivre l'ancicn barbaco
popuNous y trouvâmes en effet
2 ou fête à la source.
une foule d'individus de toutes les --- Page 105 ---
- -
HAITIENNES.
SUPERSTITIONS
; on entendait le
d'un guazuma de là, et dont le
classes réunis sous l'ombrage
tout près
plus
bruit des eaux qui se précipilaient oreille une harmonie beaucoup sons memurmure formait à mon
tambour rustique, aux
le bomboula, ou
chica, tandis
poétique que
et une femme dansnieutla aux cérémosurés duquel un homme chantaient en choeur. Quant
solennel
des jeunes filles
consisté en un sacrifice
que
clles avaient
le festin,
nies du matin 5 le sang des victimes immolées Il pour ne me fut pas
ou l'on avait offert
sur la source.
ou si
libalions de vin répandues
venait de PAfrique,
et en de savoir si cette superstition mais on ne peut s'empécher
possible
américaine; :
par lesquelles
ellc avait une origine
du paganisme
sourvoir un reste de ces pratiques des bois, des antres et des
d'y
autant de lieux sacrés
divinités champêtres. Enon faisait
des offrandes aux
ainsi
ces, o l'on portait
se retrouvent partout, de con80ces obsorvances
on boit la coupe
core aujourd'hai funéraires dans lesquels
clergé
quel les repas
des morts et près de leurs tombeaux.Le avec ces sulation, en mémoire fait tout ce qu'il a pu pour composer de cérémonies
catholique a
donnant l'esprit et le caractère
rivières ;
leur
aux sources des
peratitions,en on a fait des processions
offrandes pour
chrétiennes; oblations paiennes en pieuses
on a dédié
on a changé les
d'un bienfait si précieux;
orgies
implorer la continuation
oà de grossières tombes
commémorations
sur leurs
aux morts dereligieuses des messes célébrécs
ont été remplacées par
Beaucoup de petits cultivateurs,
le repos des âmes.
sou sur sou, pour pouvoir
pour
qu'ils soient, amassent
de ce devoir saquelque gênés
une fois avant de monrir,
s'aequitter, au moins
cré envers un parent qu'il a perdu. dès trois heures du matin, par
étions partis
-
40 aoit. Nous
et sous un ciel étincelant d'étoiles, Grandbeau clair de lune,
cultivées de
le plus
collines et les vallécs
visiter les fraiches
pour
rendre ensuite aux Montagnes-Noires. la Coupe,ct à
Fond, el nous
les hauteurs qui dominent
Nous gravissions sur
le long de ces côtes, nous avions fond
mesure que nous avançions de la plus belle culture, soit au
le plaisir de voir des champs une crête qui paraissait presquo
vallée écartée , soit sur
que les entrevoir à
d'unc
Nous ne pouvions
nous aperinaccessible à l'industrie. ; mais en revenant nous
de la lune
café mèlées de sillous
la clarteincertaine c'étaient des plantations de
tenus avec un
çames que
étaient des jardins
de mais. Autour des cabanres
ançions de la plus belle culture, soit au
le plaisir de voir des champs une crête qui paraissait presquo
vallée écartée , soit sur
que les entrevoir à
d'unc
Nous ne pouvions
nous aperinaccessible à l'industrie. ; mais en revenant nous
de la lune
café mèlées de sillous
la clarteincertaine c'étaient des plantations de
tenus avec un
çames que
étaient des jardins
de mais. Autour des cabanres --- Page 106 ---
ENVIRONS DU MORNE-NOIR,
soin admirable, en couches régulières
débarrassées de toute herbe
séparées par des sentiers,
parasite, et remplies des
légumes de l'Europe, comme choux,
meilleurs
pois, ognons, laitues,
choux-fleurs, artichauds,
2 chicorées, 3 carottes, betteraves,
pommes de terre, etc. On y voyait aussi les
navets,
les malvacécs et les
plantes des tropiques,
légumineuses et une infinité
que le melon, le manioc ou cassave et la
d'autres, telles
tivateurs de café du
patate. Un des petits culvoisinage vint à passer près de nous, et nous
remarquames que son cheval, tout chargé
la
qu'il était,
montagne avec l'agilité d'un chat. Ce n'était
gravissait
surprise mêlée de crainte
le
pas sans une
que je voyais longer avec tant
surance, et tout près du bord, des ravins de
d'astaines de pieds de profondeur, où le moindre plusieurs cenpu lc précipiter.
faux pas aurait
Le jour commençait à poindre
pied du Morne-Noir.
s lorsque nous arrivâmes au
Dans les taillis qui bordent le chemin nous
avions entendu en passant une espèce de lézard dont le cri
semble tellement à des coups de marteaux
resclumc, que le
lui
sur une petite enpeuple
a donné le nom de machoquet ou forgeron ; mais au milieu des bois, nous fûmes agréablement
pris par le ramage d'une
surgrive qui ne se trouve communément
que dans ces solitudes; son chant ne se compose que de
notes; mais les modulations et les combinaisons
cinq
cates, elles ressemblent
en sont si délid'une
d'une manière si frappante aux sons
petite flûte de Pan, que bien qu'on m'eût
pus m'empécher d'admirer le lalent de
prévenu, je ne
ce petit ménestrel des
montagnes. Une centaine de ces oiscaux, perchés dans les bosquets dont nous étions entourés, faisaient entendre leur
du matin ; quelques-uns
hymne
paraissaient se concerter pour
une sorte d'harmonic; cette
produire
musiqué coritinua presque sans interruption jusqu'à ce que le soleil fot sur T'horizon; alors les
chants cessèrent, sauf un ou deux de ces oiseaux qui se firent
cncore entendre quelques instans du fond des bocages les
reculés et les plus solitaires de la forêt. Mais
plus
pas d'autres chanteurs. Un oiseau de la famille nous ne manquames
des chardonnerets nous régala de son ramage à la fois doux ct fort, assez semblable à celui du rouge-gorge en hiver, mais moins varié. La
tourterclle sanvage poussait, du haut des rochers, scs roucoulemcns mélancoliques, et nous entendions en mêmc temps le cri
perçant du pivert qui grimpait le long des arbres, à la poursuite
êt. Mais
plus
pas d'autres chanteurs. Un oiseau de la famille nous ne manquames
des chardonnerets nous régala de son ramage à la fois doux ct fort, assez semblable à celui du rouge-gorge en hiver, mais moins varié. La
tourterclle sanvage poussait, du haut des rochers, scs roucoulemcns mélancoliques, et nous entendions en mêmc temps le cri
perçant du pivert qui grimpait le long des arbres, à la poursuite --- Page 107 ---
ENVIRONS DES NONTAGRES-NOIRES.
sucer la rosée du matin, se réchaufdés insectes qui venaient leur vol, ou quittaient les trous qui
de prendre
fer au soleil,avant
la nuit.
les avaient reçus penduint
froide : j'avais l'onglée
La matinée était excessivement lorsque je descendis de
et je ne sentais plus mes pieds,
de ces montagues et
cheval. La différence entre la température de Réaumur. Copendant
celle des plaines est de huit degrés les arbres pliant sous le
nous vimes partout dans les jardins étaient en profusion, et
poids des fruits d'Europe. Les pêches y
et aux grenades.
et les nèfles se mélaient aux oranges
d'un
les pommes
belles, plus grosses et
parJe n'ai jamais vu de roses plus
et les myrthes étaient
délicieux. Les géraniums, 9 les lys
fum plus
toutes les plantes potagères
fleur. Nous y reconnêmes
un
en pleine
avait naturalisées avec
plein
des climats tempérés, qu'on y avait fait des essais promettait
succès, et le froment dont on
bien
l'automne des épis abondans et
garnis. au-delà de la cafeipour
pas notre excursion
d'AnNous ne poussâmes
abandonnée et que le consul
rie de Drouette, propriété
delouer du scerétaire-général
gleterre; M. Schenley, sepropose
comme toutes les terres
Inginac. Les communes de ce canton, abondent en trèfle blanc,
avoisinent les Montagnes-Noires,
les moutons et
qui
celui d'Europe; mais les chevaux,
le même que
ayant à manger des herbages
les autres bestiaux le dédaignent,
du pays, soit indigènes,
plus sucrés dans les prairies
beaucoup
soit exotiques.
ses talens et ses connaissances
# Un Français, fort estimé.pour un terrain dont la végétation
agronomiques, a mis ici en culture moutons de sa petite ferme
admirable. Les
dans l'eau
est d'uncrichesse
leurs ébats
étaient parqués; ses canards prenaient de communes le long de
d'un ruisseau qui traverse des espèces nombre de cochons et de
la route, ct il engraisse un grand
volailles.
de Kernschoff, qui est à
Nous descendimes à la plantation Cfest une ancienne hadeux pas de là, et où nous déjeunâmes. des arbres et des brousbitation, qu'on a depuis peu déblayée
sailles sous lesquelles elle avait été ensevelie. de
est en
le bâtiment qui sert logement
Depuis la révolution ,
venait de terminer un moulin
bon état et assez spacieux. On
l'aire destinée à sécher les
à café avec son énorme rouleau, soleil et le mais et les pois. Sur les
fèves servait alors à exposer au
là, et où nous déjeunâmes. des arbres et des brousbitation, qu'on a depuis peu déblayée
sailles sous lesquelles elle avait été ensevelie. de
est en
le bâtiment qui sert logement
Depuis la révolution ,
venait de terminer un moulin
bon état et assez spacieux. On
l'aire destinée à sécher les
à café avec son énorme rouleau, soleil et le mais et les pois. Sur les
fèves servait alors à exposer au --- Page 108 ---
9A
PLANTATION KERNSCHOFF.
hauteurs et dans Ics vallées, on avait éclairci et
féiers, ceux qui étaient mortsou devenus
émondé les caeté remplacés par de jeunes
presque stériles avaient
plants. Les jardins
pèches et des pommes, et l'on essaie de
fournissent des
ment. Les légumes sont tous
semer du riz et du frozône
ceux des tropiques et ceux
tempérée; on les entreméle de plants de café
de Ia
soin. Un cours d'eau descend le long d'une
cultivés avec
vallon où errent en liberté des chevaux
côte boisée dans un
le sapin sur les terres hautes.
et des ànes; on y trouve
La volaille, telle que
poules, y est une ressource abondante
dindons et
habitans.
pour la nourriture des
Kernschoff contient trente carreaux, dont
environ six acres, sont en culture, et
deux, c'est-à-dire
1,000 livres de café; on en a même donnent, année moyenne,
1,700 livres. Les travaux de cette ferme quelquefois récolté jusqu'à
ment dirigés par madame Kernschoff sont presque exclusiveterres
qui en cst propriétaire. Ces
spparienaientautrefois au pèrc de son
et furent confisquées à la révolution;
mari, colon blanc,
tées par.cette dame.
elles ont été depuis racheDeux familles indigènes, de sang
portions de cette
africain, ont affermé des
plantation, qu'elles défrichent et
d'après un arrangement fait entre elles et la
cultivent
termes duquel elles se sont
propriétaire 3 et aux
engagées à observer cerlaines
proportions entre la quantité de café qu'elles doivent
et l'étendue dujardin consacré aux
cultiver,
visions. Ils ont l'usage du
légumes et aux autres promoulin pour
de
café, eti ils sont tenus de remettre la moitié l'épluchage du
leur
colte de chaque
produit de la réannée, en paiement de leur location ou
mage. Ainsi la quantité de terre mise à la
fern'est pas limitée, et n'a pas besoin de disposition du fermier
l'être, puisque,
qu'elle soit, le fermage annuel augmente
quelle
toujours
nellement, et doit toujours égàler la moitié des
proportioncafeirie. C'est la méthode
produits de la
ranimer la culture de cette généralement adoptée à Haiti, pour
denrée, après les
la révolution a introduits dans la condition changemens que
Le terrain
civile des habitans.
occupé par ces locataires était dans le meilleur
on y remarquait la même proprcté, lc même
état;
ordre que dans les jardins
soin, lc mêmc
potagers dcs environs de
y avait au moins trois quarts d'acres
Londres. Il
en choux, et un
en pommes de terre seulement, En
demi-acre
nous en retournant, nous
, après les
la révolution a introduits dans la condition changemens que
Le terrain
civile des habitans.
occupé par ces locataires était dans le meilleur
on y remarquait la même proprcté, lc même
état;
ordre que dans les jardins
soin, lc mêmc
potagers dcs environs de
y avait au moins trois quarts d'acres
Londres. Il
en choux, et un
en pommes de terre seulement, En
demi-acre
nous en retournant, nous --- Page 109 ---
-
VALLÉE DU GRAND-FOND.
et la fille d'un des fermiers occupées à ramasser
vimes la femme
Elles nous souhaitèrent un bon
leurrécolte de pois et de mais.
chaumière. A la temcomme nous passions devant leur
voyage,
croissent, et au milieu
pérature de ce quartier, aux pins qui y
aurait
scène de chaumières et de jardins, en
pu
de toute cette
districts
de l'Andes
montagneux
se croire dans quelques-uns
gleterre.
un chemin escarpé dans la vallée
Nous-avions descendu par
de Bellevue,
du Grand-Fond, bordée d'un côté parlesmontagnes
étroit
de l'autre par les hauteurs du Morne-Noir. Un espace
et
saillie hors do ces deux chaines, mais au-desqui s'avance en
l'autre, forme la grande route.
sous du sommet de Pune et de
couverte d'un bois
A gauche, et à l'ouest, se déploie une vallée
et sur
sombre et épais. Vers l'est, la vallée est moins resserrée,
oà le terrain se rélève, on aperçoit des chautous les points
Ce sont des plantations de café,
mières entourées de cultures.
avec
des champs de mais, de manioc et autres productions,
de bananiers dans les fonds et sur les déclivités.
des bouquets
deux forts
commandent le déBellevue, couronnée de ses
qui
semé de ravins
filé, et dominant sur la plaine au nord, quaique
sillons d'une terre labourée, offre sur ses pentes
semblables aux
et de fertilité. Tout le district de
douces des marques de culture
renommé par la beauté de ses payGrand-Fond est justement
la
de
la douceur et las salabritédel'air, et pour perfection
sages,
Le sol se compose d'un terreau profond, 2 gras 2
son agriculture.
d'une légèreté et d'une friabilité remarquables :
jaunatre,
et d'une inépuisable fécondité. La charrue
presque sans pierres,
pourraity être employée partout. des hauteurs fortifiées de BelLorsque nous fames arrivés près
découvrimes sur la gauche, dans un joli vallon, un
levue, nous
de cultivateurs; à droite, des
petit établissement ou village
et des communes oû
champs de mais bordaient notre chemin,
descendaient
village. Des caféiers
paissaient des ânes
jusqu'au
de leurs cerises
taillés avec soin 2 et chargés
clair-semés 9 mais
mais autour des chaus'élevaient çà et là dans ces communes; ;
diaientbeaucompplus serrés et formaient de florissantes
mièresils
le
des hauteurs, au-dessus de
plantations. De toutes parts, long
de diverses
la vallée, étaient des champs de mais et de légumes
Des bouquets d'arbres les couronnaient. Des hommes,
espèces.
occupés à travailler à la terre,
des femmes et des enfans,
in 2 et chargés
clair-semés 9 mais
mais autour des chaus'élevaient çà et là dans ces communes; ;
diaientbeaucompplus serrés et formaient de florissantes
mièresils
le
des hauteurs, au-dessus de
plantations. De toutes parts, long
de diverses
la vallée, étaient des champs de mais et de légumes
Des bouquets d'arbres les couronnaient. Des hommes,
espèces.
occupés à travailler à la terre,
des femmes et des enfans, --- Page 110 ---
ENVIRONS DE LA COUPE.
chaque famille sur sa plantation ou dans son jardin, donnaient
à toute cette scène un air de vie et de gaité; on voyait la
s'élever silencieusement au-dessus de chaque
fumée
cabane, et tout
portait à penser qu'il n'y en avait pas une qui ne fut le
de la paix et du bonheur domestique. L'habitation
séjour
du propriétaire, maison fort simple, était située un peu plus haut, entouréc
de ses cultures, et dominant sur la vallée. Tels sont les élablissemens de Mascaron et de Langlade.
Nous jouissions en redescendant de la
magnifique vue de la
plaine qui se déployait devant nous, aux rayons du soleil couchant. Le lac, qui servait de limite aux parties
française et
espagnole de la colonie, terminait le paysage à l'est. A l'ouest
découvrait la mer avec ses grèves blanches et
on
les
sablonneuses, et
montagnes qui avoisinent la baie de
et
Saint-Marc,
nous
Aueraprisweitaee
objetintermédiaire, commeles
routes, les maisons et les plantations. Les sinuosités de la rivière
se dessinaient à travers les bois et les champs. La montagne de
la Coupe, ainsi que le chemin par lequel nous avions
deux jours auparavant, et que nous reconnaissions à la couleur gravi
blanche de la marne qui en formc le sol, se montraient au loin
au-dessous de nous 2 et les collines arides qui s'élèvent entre
cette montagne et les plaines, presque effacées par l'éloignement, ne paraissaient plus que comme la lisière boisée d'une
vaste campagne. Un nuage chargé de vapeurs, que la brise de
mer chassait rapidement au-dessus de notre tête, nous avertit
que nous pourrions bien avoir quelque averse avant la nuit, et
nous nous hâtâmes de descendre par le chemin que nous avions
suivi le matin. Après avoir dîné et fait
manger nos chevaux
chez notre ami de la Coupe, nous regagnâmes Ic Port-auPrince, où nous rentrâmes encore une fois à neuf heures du
soir, après avoir fait, depuis notre départ de cette ville, une
tournée de près de soixante milles dans les montagnes
50 aorit. Une occasion s'étant présentée de visiter les frontières espagnoles avec deux amis qui se rendaient dans lc district d'Anjou, sur les bords de T'Artibonite,je me suis décidé à en
profiter avant l'arrivée prochaine de la saison dcs pluies, et
je me mis en route avec cux. Nous quittâmes le Port-auPrince à huit heurcs ct demic du soir, dans l'intention de faire
halte pour la nuit aux pieds des montagnes opposées. Comme
nous devions, avant de revenir, exécuter une tournéc de près
ient dans lc district d'Anjou, sur les bords de T'Artibonite,je me suis décidé à en
profiter avant l'arrivée prochaine de la saison dcs pluies, et
je me mis en route avec cux. Nous quittâmes le Port-auPrince à huit heurcs ct demic du soir, dans l'intention de faire
halte pour la nuit aux pieds des montagnes opposées. Comme
nous devions, avant de revenir, exécuter une tournéc de près --- Page 111 ---
y
a
DIGNERON.
LES MARÉCAGES.
lieues, sur des montagnes et dans un pays
de quatre-vingts
nous commandait de ne pas trop
coupé de rivières, la prudence
afin de les trouver
nos chevaux la première soirée,
pousser
matin. Nous n'arrivâmes à Difrais ct vigoureux le lendemain
la lune
qu'à minuit. Lc temps était très-beau, quoique
gneron
la voûte du ciel étincelait du feu des
s'obscurcit par moment: ;
précèdent ordiétoiles, et on sentait ces bouffées de chalenr qui
nairement les pluies d'antomne.
vers onze heures.
Nous traversâmes la Croix-des-lonquets
dans leurs paisibles demeures un somLes habilans goataient l'obscurité et le silence, et nous nc
meil que favorisaient
le contraste que formait
pâmes nous empècher de remarquer mémorable où la fusillade
cette nuit tranquille avec cette nuit
retentissait de toutes parts, et oû chaque combaltant ne voyait
la lueur de l'incendie qui dévorait les camson ennemi qu'à
pagnes environnantes.
nous fournit
Arrivés à la ferme de Digneron, lehois-chandelle
chedont nous avions besoin pour déharnacher nos
la lumière
et notre équipement ; car nous étions
vaux et serrer notre bagage
de ce
armés à Ia manière accoutumée des voyageurs
pays, qui
marchent jamais sans le macheat et le coutelas, moins pour
ne
pour se faire jour en cas de besoin à
leur défense, toutefois, que
fontes de nos selles, elles nous
travers les fourrés; et quant aux
bouteilles de bon vin, quelque
servaiënt à mettre quelques
meurtrier ou le
liqueur confortalive plutôt que le pistolet
plomb homicide. dujour nous étions en route pour nous rendre
51 aorit. Au point
suivions nous conà la passe de Cabrite. Le chemin que nous Cul-de-Sac. Là,
duisait dans lcs Marécages, un des districts du
autrefois les pâtures ainsi appelées, est un
où s'étendaient
des vaches, des chevaux
bois de palmiers, au milieu desquels
l'ombre et la
et des ânes trouvent tout à la fois la fraicheur,
avait récemment relevé la partie de la route qui
nourriture. On
inondations périotraverse les marécages, pour la préserverdes
dur
On l'avait soutenue par une palissade de bois
jusdiques.
s'élevant
une pente douce, elle
qu'à l'endroit oû, en
par
de la
terres stériles
bordent toute cette partie
arrive aux
qui
plaine.
détour oùr la route serpente autour des
Avant d'atteindre ce
accesflancs des montagnes, et conduit jusqu'au point presque 7
ations périotraverse les marécages, pour la préserverdes
dur
On l'avait soutenue par une palissade de bois
jusdiques.
s'élevant
une pente douce, elle
qu'à l'endroit oû, en
par
de la
terres stériles
bordent toute cette partie
arrive aux
qui
plaine.
détour oùr la route serpente autour des
Avant d'atteindre ce
accesflancs des montagnes, et conduit jusqu'au point presque 7 --- Page 112 ---
LE MORNE DE- CABRITE.
sible del leurs sommets; nous passâmes sur une collinc de gravier
etde sable qui n'offrc d'autre végétation que quelqucs arbres et.
quelques buissons clair-semés; ; c'est le morne de Cabrite. A sa
base'est un parc dc quatorze ou quinze pièces de canon, de longs
fusils et d'obusiers des fabriques de Strasbourg et de Pise
'avec une pyramide de boulets. On les, a déposés ici
voir les monter, en cas de besoin, sur cette hauteur pour et sur pou- les
autres points qui commandent les environs. Le chemin étreit
et montant, ouvert dans le roc en 1772, par des travaux de
mine extrêmement difliciles, est entièrement dominé par le
redoutable Terrier-Rouge, un des forts construits dans ces montagnes. Une armée qui chercherait à filer par les gorges serait
accablée, soit en montant, soit en descendant, et avant qu'elle
eut gagné le milieu même de la montagne, une pluic de balles
ct de boulets lui aurait appris qu'elle marche dans la Pallee de
lOmbre de la Mort.
Entre cette colline et la montagne, le roc est recouivert d'une
terre noire et profonde où croit le bel aloès fibreux, appclé ici
le pite, dont les Haitiens ont tiré tout récemment une excellente
espèce de chanvre. Les Espagnols étaient autrefois exclusivement en possession de ce commerce; ; ils appelaient ce chanvre
cabonya, et les exportations qu'ils en faisaient par la rivière de
Dexaton, s'élevaient annuellement à la somme de 6,000
gourdes (1).
La politique des Haitiens, tant qu'ils pourront se croire exposés aux attaques de quelque ennemi, est de ne jamais trop
adoucir les aspérités de leurs chemins de montagnes; mais de
les laisser dans un état qui en rende lc passage lent et difficile,
afin de pouvoir écraser à leur aise les assaillans. Aussi n'avancions-nous dans ces chemins qu'avec une ennuyeuse lenteur,
ce dont nous étions cependant
la
dédommagés par vue du plus
magnifique paysage, et par la beauté et la variété des fleurs
dont les guirlandes tapissaient les noirs rochers qui s'étendaient
sur nos têtes et à nos pieds.
Un coude du chemin nous tira de ces scènes imposantes et
sauvages, et nous suivimes en tournant des bosquets encore
humides de la rosée du matin ; nous descendimes ensuite dans
(4) Ce chanvre se vend en Amérique 260 gourdes le tonncau. La gelée ne
l'endommage pas, et il est trés-estimé pour les cordages de rivières.
tapissaient les noirs rochers qui s'étendaient
sur nos têtes et à nos pieds.
Un coude du chemin nous tira de ces scènes imposantes et
sauvages, et nous suivimes en tournant des bosquets encore
humides de la rosée du matin ; nous descendimes ensuite dans
(4) Ce chanvre se vend en Amérique 260 gourdes le tonncau. La gelée ne
l'endommage pas, et il est trés-estimé pour les cordages de rivières. --- Page 113 ---
CHANVRE DE PITE.
d'herbes épaisses, au centre de ces
un enfoncement couvert
oû nous trouvâmes
montagnes; ce sont de riches pâturages
et quelques voyageurs qui y
quelques vaches qui paissaient,
goûtaient un moment de repos.
déjeuner est appelé
L'endroit oû nous nous arrêtâmes pour
Arrivés à la maison qui sert de corps-dele Fond-du-Diable:
continuâmes notre
garde, nous exhibâmes nos passeports et nous
la
chemin. Ce fut là que j'eus occasion d'observer pour prede
le chanvre de pite. Une pièce
mière fois ta manière préparer
une autre
bois
fixée en terre, cn supporte
de
perpendiculaire,
clou, fiché à la jonclion des
qui forme un plan incliné; un gros
de feuilles d'aloès étalé
deux pièces de bois, reçoit un paquet forme le plan incliné.
dans toute sa longueur sur la table qui
la macération des fibres, nc consiste qu'à
Le procédé, pour
couteau émoussé, à peu près
écorcher les feuilles avec un
seulement la macommc celui dent se servent les corroyeurs; l'ouvrier le ramène
noeuvre est en sens inverse, c'est-à-dire que
lieu de le
hors de lui comme le corroycur.
vers lui au
pousser
ait entièrenent retiré
On continue à gratter jusqu'à ce qu'on
les fibres aient
toute la pulpe verdâtre et mucilagineuse. et que
chanvre
alors on les suspend pour
l'apparence d'un
grossier;
sécher. C'est dans cet état qu'on l'exporte.
les faire
village fortifié, au débouché
Pour nous rendre à Trianon,
dans les plaines du
d'où l'on entre ensuite.
des moutagues,
un défilé de rochers
Mirebalais, notre route passait par
de verdure et de
décorait une admirable profusion
que
fleurs.
étions arrêlés dans une ferme pour nous reposer
Nous nous
avant d'aller plus loin. C'était
et faire manger nos chevaux,
mais l'abondance y réune habitation de chétive apparence, avaient tout nouvelgnait. Uu parc renfermait des vaches qui
de mais
un clos adossé à la colline était couvert
lement vélé;
La famille
et de toutes les espèces de plantes potagères.
en épis
ouvert, sorte de hutte en feuilles
était à diner sous un ajoupa
de cuisine. Les convives
de palmier et dont on se sert comme
du feu et à
étaient groupés à la manière des Indiens, autour
noirs
de tous les ustensiles de cuisine. Les enfans,
portée l'ébène et d'une force et d'une beauté remarquables,
comme
d'autres ornemens que des
étaient entièrement nus, n'ayant bracelets. Le repas se comgraines de couleur en colliers et cn
7*
de hutte en feuilles
était à diner sous un ajoupa
de cuisine. Les convives
de palmier et dont on se sert comme
du feu et à
étaient groupés à la manière des Indiens, autour
noirs
de tous les ustensiles de cuisine. Les enfans,
portée l'ébène et d'une force et d'une beauté remarquables,
comme
d'autres ornemens que des
étaient entièrement nus, n'ayant bracelets. Le repas se comgraines de couleur en colliers et cn
7* --- Page 114 ---
ENVIRONS DE GRAND-DO1S.
posait de tranches de vache bouillics
de bananes, de riz, de mais et de ou grillées, appelées tasajo,
Nous allions
patates,
parcourie. des
couvertes de prairies, et nons plaincslégérement ne
montucuses et
de terrain qai n'ent son petit traveesionspas un enfoncement
ruissean,
brage des palmiers On d'arbres
murmurant sous l'omfruitiers
quels des orangers, des citronniers
indligènes, parmi lespompe de leurs fruits d'or.
et des guavicrs étalaient la
cher le frais dansles vallées Qnelques bestianx venaient cheron
Des fermes se montraient
broutersurlest flancs des collincs.
bre et éparpillées. les
sur les hauteurs, mais en petit nomsuffire à de grands pâtures n'étant pas assez abondantes pour
troupeanx.
Lorsque nous- fames près du pied de la
tagne appelée le Grand-Bois,
majestuense moncessibles, nous traversâmes couverte de forêts presque inacnite, dont les bords
un ruisseau tributaire de l'ArtiboLes gracicux
paraissnient de la plus grande
palmiers, signe certain d'un sol riche et fertilité.
s'élevaient par touffes, mêlés à uncinfinité
profond,
le plus pittoresque.
d'autres du feuillage
Les bords de ce ruisseau forment à droite
plaine étroite; et où le sol
et à gauche une
chaumières, des
commence à se relever, de
bestiaux, des chovaux, en
jolics
ici que dans les autres parties des
plus grand nombre
samment les progrès quc fait lc savannes, indiquent suffi. -
périté,
pays en richessc et en prosDes collines, des vallées, des bois, des
à répandre sur notre
ruisscaux continuaient
lorsque
voyage tous les charmes de la variété,
de
tout-à-coup nous nous trouvâmcs sur la petite plaine
Gascoigne,qui s'étendle long du
méme de la
Fer-à-Cheval jusqu'an pied
Nentagne-ah-fonterre Toute cette
n'ostanjourd'hni qu'un vaste
plaine 9 qui
des plus belles
paturage, était autrefois couverte
dcs vestiges de plantations de cannes; on y rencontre encore
rigoles, de chenaux, des
la traversent d'une extrémitéà
restes d'aquéducs qui
Lc paysage situé entre la rivière l'autre. du
ie Nio-je-los-Indins et les Cahobas. Fer-à-Cheval, ou platôt
des limitcs espagnoles,est
la ville la plus rapprochée
Lcs collines en sont
plus diversifié que ccluides Savanncs.
plus
tent des accidens plus irégulièros, plus boisées, 9 ct présonnis
pittoresques. Les paturages, moins
d'arbres, ont T'apparence d'un
dégarparterre d'ornement. De
ie Nio-je-los-Indins et les Cahobas. Fer-à-Cheval, ou platôt
des limitcs espagnoles,est
la ville la plus rapprochée
Lcs collines en sont
plus diversifié que ccluides Savanncs.
plus
tent des accidens plus irégulièros, plus boisées, 9 ct présonnis
pittoresques. Les paturages, moins
d'arbres, ont T'apparence d'un
dégarparterre d'ornement. De --- Page 115 ---
-
POSTE DE GROSSE ROCIE.
fertiliscut les plaines. Dcs arbres fruitiers
pombreux ruisseaux
ct du plus bcau feuillage,
ct forestiers du port lc plus imposant
ct forment lcs plus
protègent de lcur ombre ces caux: limpides, sont animées par
bocages. Ccs scènes champêtres
feragréables
de bestiaux et de chevaux, ct lcs petites
des groupes
de bled et de riz, mélés de
entourées de lcurs champs
mcs,
offrent un genre de cultous lcs végétaux des tropiques 2
aient cherché à rivature où il semble. que Part ct la nature
liser.
d'un des cultivateurs du:
Nous finies halte dans la chaumière
à llos cheBenjamin, pour y diuer, donuerd à manger
méritc
général
11 ne nous y arriva rien qui
vaux et les faire reposer.
vimes les enfans dc notre
d'être remarqué, si CC u'cst que nous
manière
à concasser du riz dans unl mortier,
hôte occupés
lcs balles. Dans un
dont lcs habitans de cC pays Cn séparent rizière. Nous fumcs
clos, tout près de là, était unc. très-belle d'élain, ct sur la
dc terrc, en couverts
scrvis- en vaisselle.
Je l'ai remarqué dans
table élait une nappe très-propre. même dc la plus bassc classc
toutes mes courses 2 les gens
ainsi leur respect aux.
n'oublient jamais de témoiguer
étrangers.
il faisait un temps lourd el la pluie
La soirée était triste,
arriver vers huit heures à
menaçait; nous pûmes cependant mène traverse un défilé boisé
Las Cahobas. Le chemin qui y
Nous le
et du- Morne-à-Pierre..
de la Hontagaeductumnere
ferré.
dans le meilleur état, sec et naturellement
trouvâmes
forme Pextrême frontière est encore aujourSur le point qui
le Poste de Grosse-Roche: : nous
d'hui un corps-de-garde appelé
montra sur les deux faexhibâmes nos passeports. On nous
y
: France, Espaia, en conséqueuce
ces du rocher les inscriptions:
ou cette station est indiquée
du traité de limites et du tableau
mais l'obssous le n195, sous le nom de la Roche-de-Neyboue; d'une grosnous
pas de les lire. Uu ceiba,
cuité ne
permit
qui s'élève près de la
seur et d'une hauteur considérables,
de parler, témoitout près de la roche dout nous venons
route,
balles dont son tronc est criblé, la résistance détergne, par les
les Espagnols s'opposèrent à
minée mais inutile par laquelle
1801 les troupes révol'occupation de leur colonie, lorsqu'en
Tousaint-Launerturer se présenlutionnaires, commandées par
du traité de Bâle. C'est Cll
tèrent pour y entrer en exécution
uteur considérables,
de parler, témoitout près de la roche dout nous venons
route,
balles dont son tronc est criblé, la résistance détergne, par les
les Espagnols s'opposèrent à
minée mais inutile par laquelle
1801 les troupes révol'occupation de leur colonie, lorsqu'en
Tousaint-Launerturer se présenlutionnaires, commandées par
du traité de Bâle. C'est Cll
tèrent pour y entrer en exécution --- Page 116 ---
LAS CAHOBAS.
vertu de cette première prise de
en l'occupant de nouveau dans posscssion que le général Boyer,
qu'il tenait cette partie de
ces derniers temps, s a déclaré
rappel d'un droit ancien, l'ile, non par conquête, mais par le
pré-existant, et
lindépendance de l'ancienne
contemporain de
colonie
laquelle ce pays avait été attaché,
française 9 au sort de
1 septembre. Las Cahobas est dans
sur un plateau verdoyant
une assez belle situation,
séparé
parsemé de petites
par un ruisseau des noires Sierras
habitations, et
amphithéatre de collines
de la frontière. Un
dans les
couronnées de bois, à noitié
vapeurs de Phorizon, un ou deux pics
perducs
pittoresques, et quélques hauteurs
pelés, mais très.
vue, excepté sur un seul
peu fertiles, bornent la
point où l'oeil
un vague lointain les sombres forêts
peut reconnaitre dans
contient
de l'Artibonite. Le
quarante-cinq maisons, et
bourg
tans. Il donne son nom à
environ deux cents habiun arrondissement de
munes, et bien que ses boutiques soient
cing cointion, des couteliers, des
sans aucune prétoncoupeurs de bois, lui donnent charpentiers, des serruriers, des
vité qu'angmente
un air de mouvement et d'actiet des bestiaux
par moment encore le passage des chevaux
qui, venant des hatos
pour se rendre dans les districts
espagnols, le traversent
hospitalité de M.
maritimes de l'ouest. L'agréable
Caseneuve, le
tout le jour en bonne humeur juge-de-paix, nous avait tenus
causaient les pluics de la veille et avait dissipé l'ennui que nous
l'après-midi,
et l'horrible boue des rues; mais
voyant qu'il faisait assez beau
nade, nous montâmes à
pour une proicallâmes visiter le
cheval, et traversant la rivière, nous
moulin à sucre et la distillérie du
Lerebour. Les cannes
capitaine
occupent un terrain
tile, au niveau du
marneux, très-fer.
riz : il y a le riz barbu ruisseau, et on y cultive aussi beaucoup de
et le riz ordinaire, On les
assez généralement, dans l'idée
sème inélés
inaccessibles pourles
que les épis barbus qu'on dit
préservent de la
oiseaux, en s'entrelaçant avec les autres,les
du
rapacité de ccs pillards àilés. Lc moulin à sticre
capitaine Lercbour est en bois, sur tine
d'une construction admirable.
petité échelle, mais
dont le
Rien ne manque à Ia distilléric
personnel ne se compose pas de plus de dix bons
teurs, hommes et femmes, ayant chiactin dix
cûltivaacres à faire valoir.
carreaux ou trento
oiseaux, en s'entrelaçant avec les autres,les
du
rapacité de ccs pillards àilés. Lc moulin à sticre
capitaine Lercbour est en bois, sur tine
d'une construction admirable.
petité échelle, mais
dont le
Rien ne manque à Ia distilléric
personnel ne se compose pas de plus de dix bons
teurs, hommes et femmes, ayant chiactin dix
cûltivaacres à faire valoir.
carreaux ou trento --- Page 117 ---
103:
LAS CAHOBAS.
pendant lesles dernières guerres de: frontières., une ville conAvant Cahobas fut détruit, c'étail, dit-on, on en voit
quelles Las
étaient; plantées dec palmiers;
et riche
sidérable. Ses rues
et de son église, vaste
même encore qudiques-nis;
les deux clochers en forme.
le. temps, il ne reste: plus que maisons s'étendent sur
pour tours. Les fondations des anciennes un monticule couvert
de
qui part de l'église et finit à élevé une, redoute. Le
une ligne
oû les Anglais avaient
et la contrebande
de broussailles, chevaux, mulets et bestiaux,
mais le:
commerce de
les anciens habitans;
frontière, en.ichissnient
facilités de transport
sur la
prospérité aux
bourg actuel doit sa récente aux immenses forêts d'acajou du
qu'oflre le cours de l'Artibonite outre le débonché des ports
d'ou cedistrict tire son nom, Pétablissement de la république
de l'onest qui, depuis
colonies, sont devenus.
golfe au lieu et place des anciennes
d'Haili,
de bois.
accessibles pour les marchands
à la répnblique,
de la partie espaguole trouvé de nouvelles
Depuis l'incorporation l'ancien district français ont
yallées de
les habitans de
dans les forêts d'acajou des de Bouressources industrielles et Guabas ; et les petites rivières
Saint-Thomas, Banica
et de Juan-de-Vera, qui
de Guayamuco, de Rio-à-Canàs de leurs eaux, fournisyala,
à l'Artibonite le tribut
de l'ouest ces bois
toutes portent de faire passer sur la côle
C'était pour
sent le moyen
on, ne. tirait aucun parti.
que je
précieux dout auparavant
de cette industrie:
des progrès
des
prendre connaissance et je, marchais de compagnieavec
m'étais dirigé de ce côté,
étaient les coupes et les prémarchands qui allaient voir oû en de palmiers couvrent les
le flottage. Des forêts
se mélent
paratifs pour rivières; à ces arbres si pilttoresques T'acajou au
bords de ces
divers feuillages, entre autres de bois,
d'autres arbres de On y voit arriver le marchand
vient
bois couleur d'olive. bicherons, équarisecurs, flotteurs, de sa
qui, suivide scieurs, espagnol les arbres qui font partie La conacheter au propriétaire prix moyen, se paie une gourde. à tant par
terrc. Chaque arbre,
Les bâcherons sont payés
tous
currence est très-grande.
L'Artibonite emporte
et les flotteurs à la journée.
pas dangereuse, sauf
arbre,
large et rapide, ellen'est Balthazar, oû les
ces: bois; quoique appelé le Péligro et le rocher élroit ct rocailleux,
un seul point
par un canal profond, Cahos. Les Rotteurs
eaux s'échappent
et cclle du
entre la Menlagneada-tronserre
Les bâcherons sont payés
tous
currence est très-grande.
L'Artibonite emporte
et les flotteurs à la journée.
pas dangereuse, sauf
arbre,
large et rapide, ellen'est Balthazar, oû les
ces: bois; quoique appelé le Péligro et le rocher élroit ct rocailleux,
un seul point
par un canal profond, Cahos. Les Rotteurs
eaux s'échappent
et cclle du
entre la Menlagneada-tronserre --- Page 118 ---
10A
ENVIRONS DE LAS CAHOBAS. placés sur un radeau de branches de bambou suivent les trains,
et lorsque tous les bois sont à flot, le contre-maître les acconipagne dans un bateau, et veille à ce qu'aucune des pièces
a marquées ne soit oubliée par les flotteurs. C'est un métier qu'il
sujet à beaucoup de dangers et de privations ; aussi le salaire
en est-il assez élevé; les moeurs de ces liommes se ressentent
d'ailleurs un peu de leur vic aventureuse. Ce district offre un des plus beaux paysages qu'on puisse
voir. D'admirables masses de montagnes, plus ou moins éloignées, en forment l'arrière-plan. Rien de plus champêtre
les pâturages que l'on prendrait pour des parcs d'agrément; que le
pin et le palmicr y croissent ensemble, et l'on dirait un site
d'Europe que les arbres du tropique décorent de leur magnifique feuillage. Quand on descend vers les rivières auxquelles
ces terres doivent leur fertilité, et qu'on voit ces vallées
sées d'uue herbe épaisse, ces monticules boisés, CCS tapiset les sentiers qui les coupent en mille
bosquets
sinuosités, on croirait
traveiser les jolis vergers de l'Angleterre ; tant il semble qu'un
art parfait a présidé à la distribution élégante et judicieuse des
arbres, des fleurs et des fruits ; lous les gazons y paraissent soignés et débarrassés de toute herbe étrangère et nuisible. Les
chataigniers assez nombreux serviraient à entretenir cette illusion chez le voyageur, malgré les palmicrs qui dominent ; ct
cependant la nature seule règne dans ces solitudcs qu'il parcourt, sur ces montagnes oû le hatero espagnol promène ses
troupeaux, son mnique richesse; et jamais ces beaux arbres, ces
arbustes, ces fleurs n'ont senti ni la main ni la serpette du jardinicr. Sur les bords des ruisseaux de ce district, ou les forêts sont
moins fréquentes et oùt le sol est léger et fertile, on trouve un
grand nombre de petites sucrerics où l'on prépare ce qu'on
appelle le raspado, que l'on porte an'marché du pays. Ces sucrerics consistent cn une cabanc couverte en chaume ou Cu
claics, avee un jardin pour les besoins journalicrs de la famille. Cc jardin qui fournit des fruits, de. l'ombrage, dont les arbres
sont un abri contre les ouragans et qui donne un air de propreté ct d'aisanceà al'habitation du paysan, cst entouré de plantations de cannes, melées de riz et de mais; tout auprès sont
des pâtures non closes quis'étendent jusqu'aux savannes Un
moulin à rouleaux de bois et manoeuvré par deux chevaux
--- Page 119 ---
-
FABRICATION DU RASPADO.
qui fournit des fruits, de. l'ombrage, dont les arbres
sont un abri contre les ouragans et qui donne un air de propreté ct d'aisanceà al'habitation du paysan, cst entouré de plantations de cannes, melées de riz et de mais; tout auprès sont
des pâtures non closes quis'étendent jusqu'aux savannes Un
moulin à rouleaux de bois et manoeuvré par deux chevaux
--- Page 119 ---
-
FABRICATION DU RASPADO. les cheparce que moins gros que
du
mais souveut par des ânes,
passer sur tous les points
ils
plus aisément
du cultivateur; ily
vaux peuvent situé à portée de l'habitation
sont
manège, est
ouvert de tous côlés, et sous de canne, lequel en lc
a en core un hangard l'on fait bouillie le jus
CC
deux chaudières où
avec une large écumoire, jusqu'à une
remuaut continuellement
du raspado. Imaginez de
soit arrivé à la consistance qui se compose du pèrc,
qu'il chaumière habitée par une famille il faut ajouter une ou deux
mère et de six enfans, auxquels
couper les cannes :
la
loue dans l'occasiou pour
près de ses
personnes qu'on le pèrc occupé sous le hangard mère ct unc ou deux
représentez-vous
voyez la
dans
fourneaux et de ses chaudières;
grands baquets creusés armées
de scs filles près des raffratchisoirs, bois établis sous le même hangard; de ford'énormes pièces de
elles versentle jus quivient et de
cuillères de bois,
de long
de grandes dans des moules d'environ neufpouces les
de feuilles
mer le grain
de diamètre, faits avec espèces
à la
deux pouces ct demi
le tronc du palma nobilis, les habimembraneuscs qui enveloppent tranches avec la tige, et que
de chacune des
eusaite les plus jeujonction
appèlent T'attache; voyez
qui sont leurs
tans français
et emportant ces moules
tandis
nes enfans apportant Enettant sécher dans des paniers, de
à sucre, les
ou dans lcs champs
barriques forts travaillent au jardin
d'une des familles
que les plus et vous aurez le tableau fidèle
ainsi, à ce
riz ou de mais;
sucre raspado. On l'appelle
raclers
qui fabriquent le
raspar qui signifie gratter, aux
que je crois, du mot espagnol le tire du moule pour l'employer été
parce que c'est ainsi qu'on
celui d'un sucre quin'a pas
domestiques. Son godtest
d'un beau grain, d'une
usages
bouilli. Il est très-propre,
pour le
suflisamment
agréables, ct même supériour
et d'une odeur
de mucilage qu'il
saveur
ordinaire, à cause de la quantité On le charge dans
goût au sucre n'a pas perdu en bouillant. ou de cheval;
contient et qu'il
au marché a dos d'âne districts du
des paniers quel'on porte d'autre en général dans les
n'en consonme pas
sont si régulières
on
de solcil et de pluie
une portion
centre. Lcs alternatives peut, tous les dix jours, broyer
un milque chaque famille m'a dit qu'on en fabriquait environ la bouilde ses cannes. On
misc en train du moulin ct de livres par
lier de livres à chaque
en fournir trente mille
lerie, et qu'une famille peut
au marché a dos d'âne districts du
des paniers quel'on porte d'autre en général dans les
n'en consonme pas
sont si régulières
on
de solcil et de pluie
une portion
centre. Lcs alternatives peut, tous les dix jours, broyer
un milque chaque famille m'a dit qu'on en fabriquait environ la bouilde ses cannes. On
misc en train du moulin ct de livres par
lier de livres à chaque
en fournir trente mille
lerie, et qu'une famille peut --- Page 120 ---
TABAC ET ACAJOU D'HAITI.
anuée. En estimant à 33 pour cent la différence
entre le sucre du commerce et le.
à
en pureté
sence du
raspado, raison de la prémucilage, il reste vingt mille livres de sucre,
vraiment extraordinaire
quantité
quand on pense au peu de capitaux
y sont employés, et à tous les accidens dont on court la chance qui
en ne se servant pas de barriques. Outre l'intérêt
on observe ces
avec lequel"
travaux, on contemple aussi avec plaisir l'air
d'aisance et de bonheur qui règne chez ces
milieu de ces belles
villageois au
campagnes et de cette nature si
si
riche et si pittoresque. La race qui habite ce district variée,
se
par sa bonne mine; les hommes y sont d'une structure distingue athlétique, et les femmes d'une rare beauté. Le sang indien et le
sang africain sc mélent dans leurs veines, comme
le
tissu de leurs cheveux plus que le contour de leurs traits, l'indique
que sous ce dernier rapport aussi le mélange des deux 2 quoi-,
fasse encore sentir.
sangs se
Je voudrais, avant de terminer celte lettre, profiter de l'occasion pour signaler le tort que fait au commerce déjà si restreint
de ce pays, la prohibition par. suite de laquelle il ne peut
ter son tabac en Angleterre que par balles d'une contenance impor-.
qu'il n'est pas permis de dépasser. Or, les Haitiens ne peuvent
transporter cette denrée au lieu del'embarcation que dans des
serons d'un petit volume comparativement. Le tirer des serons
pour le remballer autrement pourrait le détériorer, et occasionnerait d'ailleurs des frais qui diminucraient encore les chances
d'une concurrence avantageuse. Ce tabac n'est pas inférieur à
celui de la Havanne; mais ces restrictions équivalent
à une prohibition. On a fait une exception en faveur de presque la Colombic;pourquoi nej pasl'étendre à Santo DomingoL.ecommerce
d'acajou souffre également des droits missurla dimension et non
sur la valeur dcs pièces de bois. On sait que les parties tortucs
et irrégulières de l'acajou sont celles dont on obtient les plus
bcaux meubles ; mais on ne les coupe que pour s'en débarrasser
ct les laisser pourrir. Les marchands ne veulent
embarquer. que
des pièces bien carrées et bien droites, et la perte qu'il faut
faire surles souches et les branches inégales n'étant compensée
par aucune augmentation de prix surle tronc, le commerce en
souffrc. Il cn serait antrementsi le droit était bâsé sur la valeur
intrinsèque du bo's cl nou sur sa dimension. La prohibition
qui concerne la Jamaique y fait aussi un tort consid'rable au
les laisser pourrir. Les marchands ne veulent
embarquer. que
des pièces bien carrées et bien droites, et la perte qu'il faut
faire surles souches et les branches inégales n'étant compensée
par aucune augmentation de prix surle tronc, le commerce en
souffrc. Il cn serait antrementsi le droit était bâsé sur la valeur
intrinsèque du bo's cl nou sur sa dimension. La prohibition
qui concerne la Jamaique y fait aussi un tort consid'rable au --- Page 121 ---
FORÈT DE L'AORESERA. des bâtimens qui
d'acajou; j'ai vu à St.-Thomas tandis que les bois
commerce de l'acajou pour la Jamaique, et à bien meilleur
chargeaient sont beaucoup plus à portéc à Saint Thomas est
de l'Artibonite il faut ajouter que le voyage faut aller contre
marché ; à quoi dificile et pénible, attendu qu'il achats en articles de
cxtrèmement
paierait ces
ceux des
les vents alisés. La Jamaique donner meilleurs que employés se
charronnages, qu'elle pourrait les bois qui y seraient
n'ont pas
Américains, parce que
qualité que
mieux assortis au climat, viennent de T'Angletrouveraieut les articles de ce genre qui
non plus
scrait un puissant aiterre.
libre avec la Jamaique
de Ia Jamaique
Un commerce
d'Haiti, et T'artisan
proguillon pour le cuitivateur avantageux, pour la plupartdes G. Murray a
trouverait ici un débouclié
de Sir
industrie. Une proclamation
les iles Bahamas
duits de son
commerce entre
dans l'acte
ouvert récemment un grand iles n'étant pas eomprises
discôte nord d'Haiti, ces
les moeurs et les
et la
; et l'on ne voit pas que
en aient souffert;
de prohibition
des esclaves des Bahamas qu'Haili n'est pas
positions politiques librement, car ils savent
ils vont et viennent vive sans travailler.
dans
où lon
nous entrâmes
un pays
avant le coucher du soleil, au point oùt cette
Deux heures
précisémncnt
la forêt d'acajou de l'Agnesera, auxiliaire de cellc cdcJuande-ven, est
rivière forme une branche sont aussi en grand nombre,
forêt, où les palmiers
froidé et humide
Cette
et hous la trouvâmes couraient d'un
profondé et sonibre, jours d'automnc. Les lianes à la cîme des
comme aux derniers attachant leurs rameaux flexibles d'un ruisseau
arbre à l'autre,
les
dans les caux
des boshautsarbres, ou plongeant
et formaient
plus
entre les troncs mousseux, Une cascade se préqui se glissait de leurs festons fantastiques.
puis ses ondes
quets fleuris
dans la Juan-de-Veia,
du
avec
cipitait
impétuosité bruit et àvec une si parfaife inimobilité, ct
sans
varié
pittoresquc
s'écoulaient
que le feuillage
comme
moins en apparence, 2
à bestina) s'y réflétait
en
d'tin jardin de Hato (ferme la ride la plus legère parêt
dans un miroir, et sans que
charriait
déranger li sym@inuétrie.
quantité d'arbres 3 on rivières,
Or avait abattu inc grande vers les bords des pelites
à
ceux qui étaient équaris
les portera Partibouite,
s'écoulaient
que le feuillage
comme
moins en apparence, 2
à bestina) s'y réflétait
en
d'tin jardin de Hato (ferme la ride la plus legère parêt
dans un miroir, et sans que
charriait
déranger li sym@inuétrie.
quantité d'arbres 3 on rivières,
Or avait abattu inc grande vers les bords des pelites
à
ceux qui étaient équaris
les portera Partibouite, attendre les caux quidevatent
pojir y --- Page 122 ---
CRAUNIÈRES DU IATO.
quclquc distance dc là. Ou voyait dans la forèt les traccs du
passage récent des chevaux quil'aaieattranersse)
ces bois.
pour en sortir
3 septemibre. Nous passâmes la nuit dans la maison du
tenant de police rurale, qui cst nègre, et dout nous fumes licucucillis avec toule sorte d'attentions ct de
acCurieux d'observer
politesses.
une des plus pauyres familles dc cC:
district, logéc dans unc des chaumières du Hato, où nous
étiuns arrêtés, j'eutrai en conversation
nous
guole, d'origine
avec une femme cspaindienne, occupécà quelques détails de
sous son cobertizo, espèce de hangard. Un
ménage
la famille des
guanapa, arbre de
acacias, au feuillage serré ct entrelacé, et
de gousses, s'élevait parmi quelques
chargé
orangers, et formait un
agréable abri contre lcs feux du jour. Le soleil, à son lever,
rasant la terre de ses premiers rayons, éclairait lc dessous de
CCs beaux arbres, et tempérait doucement la fraicheur de la
matinée ; les chicns de la maison étaient venus s'étaler dans cet
endroit cty chercher un peu de chaleur; on entendait les'belemens des chevreaux impatiens de sortir du parc, et de se répandre en bondissant sur les hauteurs environnantes. La cabanc était construite en planches de palmier; dans une espèce
d'étage supéricur, auquel on montait par une échelle
étaient rassemblés les ustensiles de
rustique,
ménage, qu'on y. mettait,
lorsqu'on n'en avait plus besoin, On y voyait, accrochées aux
solives et aux poutres, d'énormcs gourdes à robinets, des chaudrons, des cuves ovales de trois ou quatre pieds de
Des bancs dc bois à demeure
longueur.
régnaientautour de l'habitation.
Le perroquet sur son juchoir, jasant avec la maîtresse ; les chats
endormis ; les enfans aux joues d'ébène, se jouant sur un
de peaux de chèvre; ; la mère allumant le feu et préparant tapis le
repas du matin, et le robuste père de famille, sur le seuil de
sa porte, tenant à la main une touffe de coton qu'attend la
machine à carder dont nous entendions le bruit; ; tel est lc tableau exact de l'habitation d'un Hatero, où tout est
et pauvreté, mais sans misèrc et sans indigence. Cette simplicité habita- :
tion se composait d'une chambre au centre, et d'autres
où étaienl les lits, consistant en
pièces
c'était
peaux de vache étendues. Mais
dans la pièce que j'aidécrite plus haut, où ils
les ustensiles de
rangeaient
ménage, qu'ils se tenaicut le plus ordinairement. La veille au soir, nous les avious vus assis al fresco ct.
, mais sans misèrc et sans indigence. Cette simplicité habita- :
tion se composait d'une chambre au centre, et d'autres
où étaienl les lits, consistant en
pièces
c'était
peaux de vache étendues. Mais
dans la pièce que j'aidécrite plus haut, où ils
les ustensiles de
rangeaient
ménage, qu'ils se tenaicut le plus ordinairement. La veille au soir, nous les avious vus assis al fresco ct. --- Page 123 ---
a
-
ENVINONS DU ntO-SÉCO.
ondoyantc d'an feu qu'ils enautour dc la flammc
conversant
des branches dc bois-chanilelle.
tretenaient avec
Nio-Séco. Lo piys que nous traDel là nons nous rendimesà
ct méritait lc même intérèt,
versâmes offrait les mômes beautés, des bouquets d'arbustes,
mais était moins savage. C'étaient clairs ruisseaux, comme
des bois et de
des plines venloyantes; remarqués. Ce n'était pas sans plaicCux que nons avions déjà d'une montagne couverte de bois,
sir que dans lesenfoncomens entourées de pièces de riz ou de
nous découvrions des cabancs
bétail paissantdans de vastes
mais, des chevaux etun nombreux des ruisseaux limpides, dont le
praitics." Tantôt nous traversions entendre à nous entre les plus beaux
doux murmure se faisait arbrisseaux de toute espèce laissaient
arbres, et sur lesquels des
Tantôt des chèvres sveltes et
pendre lcurs guirlandes fleurics. regagnant la bergeric, ou ergracieuses comme des antilopes,
fuyant de nous'élançaient près de nous, puis
leur
rant en liberté,
d'un bond le raisseau quis'opposait à
veau, franchissnient
milieu des bois, les gloussemens dc la
passnge. Les volailles au
cherchant la rctraite des fourmis,
poule, le cri du coq-d'inde
courant lc long de quelque
lc coq. avec son riche plumage, la chasse aux insectes, nous annonruissean solitaire, et faisant
de quelques établisfaute d'autresi indices, le voisinage
animaux domesçaient,
semblait, en rencontrant ces
semens : il nous
solitudes, que nous les voyions sauvages
tiques au milieu de ces oit la nature les eût placés dès l'origine
encore, et dans des lieux
du monde.
d'eau, où les masses de bois
C'est près de ces pelits cours
et d'une inépuisable férares, et oùt le sol est léger
sont plus
nombre ces fabriques de raspado
condité, qu'on trouve en grand
dont j'ai déjà parlé.
bords du Rio-Séco, une autre chauNous visitâmes sur les
nombre de six, dont quatre
mière de Hatero. Les enfans, au la richesse de la famille,
garçons, qui devaient être un jour La fille.ainéc, déjà mèrc,
étaient d'une beauté peu commune. chaumiète de SCS parens. C'était
demeurait avec son mari danslac
les
taillécs en
ordinaire, ct surtout
gourdes
du reste le mobilier
comme il est aisé de le voir,
toules sortes de forme; imitation, fournirent aux premiers habide ces coupes et de ces pots que consacrés depuis long -temps à
tans de ces iles divers végétaux
bien nourris, et
domestiques. Des chiens vigoureux,
des usages
peu commune. chaumiète de SCS parens. C'était
demeurait avec son mari danslac
les
taillécs en
ordinaire, ct surtout
gourdes
du reste le mobilier
comme il est aisé de le voir,
toules sortes de forme; imitation, fournirent aux premiers habide ces coupes et de ces pots que consacrés depuis long -temps à
tans de ces iles divers végétaux
bien nourris, et
domestiques. Des chiens vigoureux,
des usages --- Page 124 ---
NOSTACNE-A-TONSTARE
del la plus bellé race de chiens courants
nombre de huit ou dix. Les terres
espagnols, étaient au
situées sur le bord de la rivière, dépendantes de ce Hato, et
considérable ; la principale branche élaient d'une étendue assez
mais.
de culture était le riz et le
5 septembre. La veille, vers 'S le coucher du
s'étant couvert àl'ouest et au
soleil, le temps
de passer la nuit au Hato d'oà sud-ouest, nous primes le parti
tôt que de nous exposer à
nous étions partis le matin, pluquelque orage
Bientôt, en effet, nous enmes
àl'approche de la nuit.
qui tomba par torrens toute la une gréle épaisse, et une pluie
les éclairs se succédaient:
soirée, et une parlie de la
avec rapidité,
nuit;
de tonnerre faisaient retentir toute la et.d'épouvantables, coups
remimes en route dans la direction vallée. Le matin nous nous
du
vers d'épaisses forêts, par des vallons et Porl-au-Prince, des
, à tra-.
taient comme autant de cataractes les
ravins où se précipide la veille; c'était un tableau
torrens formés par l'orage
même de ces solitudes,
d'une beauté sauvage, Au sein
qui semblaient
nous arrivions tout à coup dans des repousser toute culture,
sol, qu'annonçait le
endroits oùr la fertilité du
palmiers, avait attiré grand nombre de Bois de Lance et de
des habitans. Nous
petit village tout récemment
passames par un
autres
formé, et nous y
habitans, une famille venue
trouvâmes, entre
petite ferme très comfortable.
d'Amérique qui occupait une
Au-dessous de nous, l'Artibonite roulait
sinuosités, à travers les
ses ondes en mille
plaine de Todo-el-Mundo, plaines, les collines et les vallées. La
temps de quelques
que nous découvrions de temps en
miers.
hauteurs, est un. véritable jardin de palComme nous approchions de la
orage terrible fondit de tous les
Nontagne-d-Tannere, un
nuages; des éclairs
points de sa cime couronnée de
éclats de topnerre se
d'affreux
omnustanaanmn
la pluie labourer
faisaient entendre, et nous
en noirs torrens les flancs
pouvions voir
y avait une heure que nous
de la montagne : il
lieu; ; ili n'y cut plus alors marchions quand l'explosion eut
geâmes pour la nuit dans moyen d'avancer, et nous nous lopied même de' la
une chaumière du Petit-Fond, au
montagne, fort contens
ragan qui ne cessa que le lendemain
d'échapper à un ouvables de cet asile, qui s'offrait
matin. Nous fûmcs redesi à propos, à quelqucs
mar-
voir
y avait une heure que nous
de la montagne : il
lieu; ; ili n'y cut plus alors marchions quand l'explosion eut
geâmes pour la nuit dans moyen d'avancer, et nous nous lopied même de' la
une chaumière du Petit-Fond, au
montagne, fort contens
ragan qui ne cessa que le lendemain
d'échapper à un ouvables de cet asile, qui s'offrait
matin. Nous fûmcs redesi à propos, à quelqucs
mar- --- Page 125 ---
-
NIREBALAIS.
des émigrans nègres des
de bois qui avaient fait partie des hommes intelligens
chands
reconnûmes en eux
Etats-Unis, et nous
servirent un diner composé de volailles
Ils nous
ici
et
industrieux.
appelle gros-bouillon;
dans, ce qu'on
fricassées et hachées
de boeuf étendue sur le plancher,
j'eus pour dormir une peau n'était pas un si mauvais lit pour un
et il me sembla que ce
voyageur fatigué.
rural de Petit-Fond, père de
On me montra l'inspecteur de trois femmes; il a un frère
enfans qu'il avait eus
Tous deux sont Africains.
vingt-deux
de six femmes.
il
qui en a eu vingt-trois
rendre au bourg dc Saint-Louis,
Pour nous
autrefois
6 septembre.
de Sarrasin, couvértes
nous fallut traverser les plaines
et noire qui n'est aujourc'est une térre grasse
Nous pasd'indigoteries;
de bois de campêche
d'hui qu'une vaste plantation
dont les eaux sont
sâmes ensuite la rivière du Fer-à-Cheval, entrânes dans le bourg ou foret nous
rapides et hourbeuses,
teresse de Mirebalais.
sous le nom de bourg
Mirebalais connu assez généralement et sur la rive gauche de
Saint-Louis, est situé sur un plateau, du lit de la rivière, que l'on
PArtibonite, un peu élevé au-dessus devait autrefois servir de
au nord. La citadelle 7 qui
choisie,
aperçoit
dont la situation était parfaitement
noyau à une ville,
constructions. L'arsenal et les
détachée des autres
en
est un peu
suite d'assez beaux bâtimens briques,
magasins forment une d'architecture irrègulière qui en supporte
avec une colonnade
tout le bourg que deux maisons bien
la toiture. 11 n'y a dans
méchantes habitations couvertes
bâties; le reste se composc de terres est aride et pauvre, mais
chaume. Le sol des hautes
sont extréen
Sarrasin et les deux rives de T'Artibonite
des
la plaine de
Dans l'origine, il n'y avait guère que
mement productives. mais son terroir s'étant trouvéfavorable
pâtures dans ce district,
anciens colons s'y adonnèrent plus
à la culture de l'indigo, les
le rendait encore
ailleurs. La facilité de lirrigation
que partout
à la culture du riz, et peut-être aujourd'hui
éminemment propre
à l'intérieur, sont-elles en
les rizières, dont la récolte se consume
du reste le coton
nombre qu'au temps dont je parle;
plus grand
branche de commerce. Le président
est à présent sa principale
un prix réglé, les cultivay a un moulin à eau, ou, moyennant leur coton au nettoyage.
apporter
teurs des environs peuvent la plaine de ce district a quelque
Vue des mornes du voisinage,
et peut-être aujourd'hui
éminemment propre
à l'intérieur, sont-elles en
les rizières, dont la récolte se consume
du reste le coton
nombre qu'au temps dont je parle;
plus grand
branche de commerce. Le président
est à présent sa principale
un prix réglé, les cultivay a un moulin à eau, ou, moyennant leur coton au nettoyage.
apporter
teurs des environs peuvent la plaine de ce district a quelque
Vue des mornes du voisinage, --- Page 126 ---
MIREBALAIS.
chose de grandiose et d'imposant,
de montagnes de toutes les
qu'elle doit à
formes ct de
l'amphithéatre
elle est environnéc; mais
toutes les couleurs dont
ville, à l'aspect de
quand on ne fait
ses maisons en ruines,
que traverser la
lie que remplace une mauvaise hutte
de son église démomurailles renversées ; à
de construite: au milieu de ses
mesoil'herbe
l'aspect son ancienne
pousse et qui ressemble à un
place d'arne peut se défendre d'une
terrain en friche, on
la vue de sa citadelle et impression de
triste que ne dissipe
son arsenal ce
point
monumeus de ces luttes
;
sont autant de
frontières dans
révolutionnaires et de ces
de
lesquelles elle a essuyé de tels
guerres
guères encore elle n'était qu'un désert
désastres que naPendant notre court séjour à
abandonné.
T'hospitalité la plus
Mirebalais, nous avons
obligeante chez le
reçu
faisait une chaleur brilante et
commandant Michel; il
Nous eûmes occasion de
qui permettait à peine de respirer.
remarquer ici, en
seports au visa, une circonstance
soumettant nos paspartout dans ce
qui s'est représentée
trict
voyage 2 c'est que le secrétaire
presque
est un africain,
militaire du disimportante
qui par son éducation, est au niveau de
fonction.
cette
Nous arrivâmes à Trianon à trois heures.
la journée un chemin de
Nous avions eu toute
gèrcment ondulé
gravier excellent; le sol n'est
et praticable pour les
que 1édistancc de Mirebalais à
voitures, sur toute la
dance de
Trianon, où nos chevaux eurent abonfourrage, et oit nous couchâmes.
7 septembre. Le matin, au clair de
à pied dans la plaine. Une brume
lune, nous descendimes
sur les lacs. Nous
épaisse planait suri la vallée et
n'arrivâmes au
blement fatigués de nos excursions Port-au-Prince qu'àn midi, passaorages fréquens, à travers les
à l'ardeur du soleil, par des
12 novembrc. Nous
montagnes et les marais.
lac
avions arrangé une partie
d'Assua, et nous traversâmes de
pour visiter le
j'avais passé
nouveau le bois
pour me rendre dans lcs districts
par lequel
vière. Les dernières
de la Grande-Riainsi dire,
plauics avaient rafraichi le désert,
renouvellé la verdure des acacias
et, pour
mélaient leur feuillage délicat à
et des guaiacs qui
propriétaire nous accucillit
celui dcs cactus. A Moquet, le
avec un
comme il accueille tous ses hôtes,
empressement ct uuc bonne humeur,
sairement lui attirer unc scconde
qui devait nécesretour. A Noailles,
visitc de notre part, à notre
nous vimes lcs ruines de
l'aquéduc et du
renouvellé la verdure des acacias
et, pour
mélaient leur feuillage délicat à
et des guaiacs qui
propriétaire nous accucillit
celui dcs cactus. A Moquet, le
avec un
comme il accueille tous ses hôtes,
empressement ct uuc bonne humeur,
sairement lui attirer unc scconde
qui devait nécesretour. A Noailles,
visitc de notre part, à notre
nous vimes lcs ruines de
l'aquéduc et du --- Page 127 ---
- :
LA CROINC-DIS-BOEQHETS. belles sucreries de l'ancienne colonie. moulin d'une des plus
mais l'industrie du nouElle a été détruite de fond en comble; la relever et à en tirer parti. commence à
trèsveau propriétaire
chaumières de Digneron,
Nous arrivâmes de là aux
dont j'ai déjà parlé, et qui
belle propriété du trésorier-genéral,
la nuit et y fames
d'un yillage. Nous y passâmes
a l'importance
traités splendidement. en marche avant le point du jour. 13 novembre. Nous étions
qui se présentait à nos yeux;
Rien de plus triste que le spectacle
du trésorier-général
toute notre route, depuis la proptiété
des débris
sur
la terre étail jonchée
jusqu'à la Crois-dc-Bouquete,
autrefois
habitations. Les murs qui entouraient
des anciennes
étaient à moitié renversés; et ce qui en
de magnifiques jardins
au
à enclore une plantation
était resté debout servait tout plus
petit propriétaire
ou la chaumière de quelque
de banàniers,
maîtres de la colonie. moins fastueux que les anciens ou le Président vient de se faire
Nous passâmes à Vaudrenil,
le village de Coconstruire une maison ; de là nous atteignimes sol tellement
chanmières, sur un
tard, amas de grandes
qu'on pourrait se croire dans
marneux, pierreux ct stérile,
traversâmes quelques jolis
déserts de Zahara. Plus loin nous
ar
les
dans d'anciens bassins
ruisseaux dont les eaux se réunissent
Joineau, propriété
nouvelles plantations. tificiels et fertilisentles'
offrit tout ce qui annonce un renoudu général Lerebour, nous de la canne, sur une grande, échelle. vellement de la culture
d'un vaste et magnifique parc, et la
Les champs ont l'apparence des usines est admirable. Il y a
construction des bâtimens et
récemment mis en culture
dans ce canton beaucoup de terrains sont excellens. les chemins en
et de jardins potagers;
ombragé, nous entrâmes
En suivant un sentier agréablement de campèche, oùt les fleurs
dans un bois d'acacias et d'arbres Au milien de ce bois était
exhalaient les plus délicieux parfums. ; nous
composé de chaumières éparpillées
une espèce de village, vieillards à barbes grises, mais dont
n'y vîmes que quelques
encore la santé et la vigueur. tous les mouvemens annonçaient à Digneron. Le lendemain
Le soir même, nous retournâmes
au momatin 1h, nous passâmes par la Creix-les-Bouquets, avait attiré ce jour
ment même de tout le fracas du marché, qui
où nous
nombreuse, et nous arrivâmes à Mocquet,
là une foule
--- Page 128 ---
LE GÉNÉRAL CAYA-LA-RIVIERE.
n'y vîmes que quelques
encore la santé et la vigueur. tous les mouvemens annonçaient à Digneron. Le lendemain
Le soir même, nous retournâmes
au momatin 1h, nous passâmes par la Creix-les-Bouquets, avait attiré ce jour
ment même de tout le fracas du marché, qui
où nous
nombreuse, et nous arrivâmes à Mocquet,
là une foule
--- Page 128 ---
LE GÉNÉRAL CAYA-LA-RIVIERE. le reste de la journée, et, à la chute du jour, nous renpassàmeal
trâmes au Port-an-Prince. 15 novembre. Un des hommes les plus remarquables d'Haiti,
les
ntiles et les plus estimés, c'est le
et un de ses citoyens
plus
Caya-la-Rivicre. Muni d'une lettre d'introduction,je me
général chezluial'heure du déjeuné; il m'apprit que M.Thompprésentai
m'avait
consul d'Angleterre au Cap,
particulièrement
son s
à son attention, moi et l'objet de mon voyage, et il
recommandé s'estimerait heureux de me donner toutes les faciajouta qu'il
de lui, quand je visilités et tous les secours qui dépendraient
district de la
La partie nord dgp
terais son arrondissement. la
rebelle à la culture, offre auGrande-Rivière, autrefois plus
autant d'industrie et de moralité qu'aucun autre canjourd'hui
et c'est à son énergie et à son patriotisme
ton de la république,
faire aimer et craindre tout à
qu'on en est redevable. Il a su se
il
la fois de ceux qui sont sous ses ordres; comme militaire,
tient à la plus stricte discipline; comme magistrat, il est juste
aussi zélé à protéger les bons, que ferme quand il
et sévère,
les méchans. Son district, quoiqu'un peu enfoncé
s'agit de punir
rivaliser avec les mieux cultivés et les plus
dans l'intérieur, peut
telle est l'honnéteté
productifs d'Haiti; ct il aime à répéter que
un étrangerou un voyageur laissait sa montre
des habitansquesi
en fit
le
chemin, on la lui rapporterait pour qu'il
sur grand
Ila coutume de faire des tournées chez
chercher le propriétaire. s'assurer du rapport de leurs récoltes
Ics petits planteurs, pour terrains et le nombre de leurs enfans, et
avec l'étendue de leurs
les am ène
il a sur eux un ascendant paternel si persuasif, qu'il
difficulté à redoubler d'efforts pour pousser leurs prosans
taux le
élevé qu'il est possible. Il a pour système
duits au
plus
communes sur le territoire desde faire payer des amendes aux
sont
découil se commet des vols dont les auteurs ne
pas
quelles
et la sévérité dc son
verts; ct telle est en même temps l'équité d'un vol sans quc lc
administration qu'il n'entend jamais parler
ctl'aflection
volcur soit en même temps dmantlaliledomnemente s'en
sur sa
qu'il inspire sont sans bornes. Les habitans
reposent
ils
la protection de leurs intérêts, et comme
sévère probité pour
fait il a en vue leur plus grand
savent que dans tout ce qu'il
effectuer toutcs les rébien, ils l'aident dc tout leur pouvoir à
d'un
et obéissent à ses ordres comme à ceux
père
formes utiles,
'entend jamais parler
ctl'aflection
volcur soit en même temps dmantlaliledomnemente s'en
sur sa
qu'il inspire sont sans bornes. Les habitans
reposent
ils
la protection de leurs intérêts, et comme
sévère probité pour
fait il a en vue leur plus grand
savent que dans tout ce qu'il
effectuer toutcs les rébien, ils l'aident dc tout leur pouvoir à
d'un
et obéissent à ses ordres comme à ceux
père
formes utiles, --- Page 129 ---
V
LE CÉNÉRAL CAYE-LAENIVIERE
ami. Il est d'une très-haute stature, a très-bonne mine,
et d'un
un bcl homme. Dans
et doit avoir passé dans sa jeunesse pour
lui laissent les devoirs de sa charge,
les momens de relâche que
quand la circonil est doux et enjoué , mais il sait reprendre,
gravité. Il a servi autrefois en
stance l'exige, la plus imposante
l'armée
et
comme officier de dragons dans
française,
Europe,
d'un vieux guerrier de
il a conscrvé l'air martial et l'assurance foule d'anecdotes fort
la révolution. On raconle de lui unc
caractère militaire : cC sont des actes
honorables pour son
témérité ; aussi
de bravoure ct des traits de la plus incroyable
de récit qui remue plus fortement à Haiti que
n'ya-t-il pas
les aventures héroiques de Caya-la-ftivière.
novembre. Aujourd'hui, vers quatre heures, je suis parti
commencer mon voyage dans le nord ;
du Port-au-Prince pour le ciel était étoilé, et une brise légère
la lune vonaitde paraitre,
étant
commençait à se faire sentir. La porte de Saint-Joseph
il me fallut monter par les hauteurs voisines ct
encore fermée,
circuit avant de
laisser la barprendre un assez long
pouvoir
rière derrière moi. C'était un dimanche matin, jour de marché,
rencontrai un grand concours de gens de campagne qui
je
l'ouverture des portes pour entrer en ville.
n'attendaient que
un
de repos, tandis quc
Les chevaux et les ânes prenaient peu
enfans
centaines d'individus, 9 hommes, femmes et
s
plusieurs
à côté de leurs bêtes
étaient assis par groupes et sommeillaieut
Nous fûmes obligés de percer cette foule, et nous
fatiguées.
moins d'embarras sur la route, où se stccéne trouvâmes pas
de
trente et cin-.
daient sans interruption des caravanes vingt,
toute la largeur de la route avec
quante personnes. 3 occupant
de fardeaux trois fois
leurs chevaux et leurs bourriques chargés
comme eux, et nous coupant à chaque instant le chemin
gros
sentiers les
battus, et éviter ceux qui
pour gagner les
plus d'antomne. J'ai cherché à
avaient été dégradés par les pluies
ainsi
approximativement le nombre des animaux
supputer
de nous, de la porte de la
chargés qui avaient passé près
de traverse de Drouillard, lorsque je quittai
ville aa chemin
route des plaines,
pour me diriger à l'ouest la principale
moins de trois
ct je crois pouvoir assurer qu 'ils n'allaient pas à
cents.
culture se montraient à droite et à gauche
Quelques traces de
Rivière, à P'endroit
de la route qui conduit au gué de la GrandeS*
ativement le nombre des animaux
supputer
de nous, de la porte de la
chargés qui avaient passé près
de traverse de Drouillard, lorsque je quittai
ville aa chemin
route des plaines,
pour me diriger à l'ouest la principale
moins de trois
ct je crois pouvoir assurer qu 'ils n'allaient pas à
cents.
culture se montraient à droite et à gauche
Quelques traces de
Rivière, à P'endroit
de la route qui conduit au gué de la GrandeS* --- Page 130 ---
CIBERT.
BOUCASSIN.
où cle cesse dc couler dans un lit large et profond ct entre denx
rives découvertes. Son courant, au-dessus ct au-dessous du
est étroit; ses eaux ont de la profondeur et coulent souS l'on- gue,
brage épais d'arbres forestiers. qui répandent beaucoup
ment sur le chemin. Sur la rive septentrionale étaient d'agrémaisons spacieuses, toutes nouvellement bâties,
quelques
quelques
tations de vivres en fort bon état, et un petit nombre de plande cannes.
champs
Nous approchions alors des montagues qui courent, est et
ouest, au nord de la plaine, mais nous tournâmes à l'oucst,
parallelement à ces montagnes 9 et dans la direction de
Cibert.
Cibert est un lieu célèbre par la lutte dont il fut le théàtre
après la mort de Dessalines, entre Pétion et
Christophe qui se
disputaicnt la présidence de la république, et dont l'issue fut
malheureuse. pour le premier. Après cet événement, l'ancienne
colonie française se divisa en deux états sous le gouvernement
des chefs rivaux. Ce fat à travers les marais voisins
Pélion
s'échappa dans la barque d'un
que
pécheur, sans qu'un seul dcs
siens l'accompagnat dans sa fuite périlleuse. Parvenu à l'autre
côté de la baie, il y rassembla une petite armuée avec laquelle
bientôt aj près il défit dans le sud son redoutable antagoniste.
Il n'ya. pas loin de Cibert à Boucassin, mais la route est ennuyeuse, ; presque point d'ombre, point d'eau, une terre nue et
aride.
Boucassin était anciennement un petit groupe de maisons et
de fours à chaux. On était parvenu à y créer quelques cultures,
au moyen des cananx d'irrigation qui traversent le chemin,
mais lc sol y est naturellement pierreux et stérile. On y trouve
cncore quelques plantations dè bananiers et un petit nombre
de chaumières; nais n'y voyant point d'herbe pour mes chevaux, je fus obligé de continucr ma route en plein midi par une
chaleur étouffante, et.je ne m'arrétai que lorsque je fus arrivé
sur la plaine de T'Arcahaye.
La partie principale de celte plaine,jadis si fertile, est
d'hui en
aujonrfriche. L'amphithéatre de collines sombres et pelées
qui li bornent scmblent annoncer une stérilité dont aucun travail tie pourrait triompher, et l'on aurait peine à supposer que
ce district fut autrefois ul des plus productifs de la colonie.
Pendant les querelles entre la monarchie du nord et la répu-
que lorsque je fus arrivé
sur la plaine de T'Arcahaye.
La partie principale de celte plaine,jadis si fertile, est
d'hui en
aujonrfriche. L'amphithéatre de collines sombres et pelées
qui li bornent scmblent annoncer une stérilité dont aucun travail tie pourrait triompher, et l'on aurait peine à supposer que
ce district fut autrefois ul des plus productifs de la colonie.
Pendant les querelles entre la monarchie du nord et la répu- --- Page 131 ---
-e
4 M
=
L'ARCAHAYE,
du sud, toutes les tcrres situées sur le bord de la mer.
blique
étaient devenues une espèce de
entre Montroni et Boucassin,
depuis la
territoire neutre livré à la dévastation. Cependant
le président a monté trois sucreries entre Boucassin et
réunion,
Guariche et Torcelle. Manègre et
Arcahaye, appelées Manègre,
du chemin; ; les machines
Guariche sont à droite et à gauche
les deux sont
de la première sont dans le meilleur étal, et toutes
entourées de belles haies de bois de campêche. Les ruisseaux
aux champs nne irrigation abondante 9
sur ce point procurent d'humidité le long des chemins, même
et entretiennent un peu
cultivés, au milieu des'
dans la saison la plus sèche. Ces points
lumière dont
arides déserts qui les entourent, sont comme cette
rendre les ténèbres visibles.
parle Milton, qui ne servait qu'à
ces
Sans cela, tel est l'abandon auquel ont été condamnées
autrefois, dit-on, donnaient jusqu'à vingt mille
campagnes qui
serait difficile arijourd'hui d'y
livres de sucre par carrcau, qu'il
la terre cultivée
retrouver la ligne de démarcation qui séparait
des lieux les plus stériles.
le bord de la mer, dans
L'Arcahaye est une petite ville sur
de
d'oût la vue s'étend sur tout le golfe
une situation riante,
des vaisseaux en rendait le séLéogane; le passage continuel
soixantejour agréable. Au temps de la colonie, elle contenait
fort grandes, entourées de galeries.
dix maisons, quelques-unes
l'Arcahaye. Son
Le chemin pour aller à Saint-Marc passe par
embarcadaire pour les produits de la plaine était sa principale
les marchands et les artisans y trouvaient un déressource;
bouché avantageux, en raison de sa nombreuse population
affluaient aussi à cause de son voiagricole, et les pêcheurs y
anciens édifices, il ne
sinage du Port-au-Prince. De tous ses
trouvel'église située au centre de la ville. On y
reste plus que
cing ou six maisons d'une constructionrait à peine aujourd'hui
de la
passable. Il n'y a point de commune; ; la masse principale
de jardiniers qui cultivent des vivres,
population se composant
de
leurs
du voisinage de la mer, près
laquelle
et profitent
leurs récoltes au Port-au-Prince
champs sont situés, pour porter
La distance
eau est
embarcations à voiles.
par
dans de petites milles environ. Ce fut ici que se tinrent les preévaluée à vingt-six
des colons,lorsqu'ils: se déterminèrentaa appeler
mièresasscmblées
n'amenaque malheur et honte,
les troupes anglaises; mesure qui
de remettre la coloet qui n'avait été adoptéc que dans la vue
profitent
leurs récoltes au Port-au-Prince
champs sont situés, pour porter
La distance
eau est
embarcations à voiles.
par
dans de petites milles environ. Ce fut ici que se tinrent les preévaluée à vingt-six
des colons,lorsqu'ils: se déterminèrentaa appeler
mièresasscmblées
n'amenaque malheur et honte,
les troupes anglaises; mesure qui
de remettre la coloet qui n'avait été adoptéc que dans la vue --- Page 132 ---
#18
LARCAHAYE,
nic sous le joug des
tion de Polvérel et le Proprisaiedlaclaves décret dela
dont la proclamaanéanti la eruelle et injuste antorité, eonvention nationaleavaient
En arrivant à Arcahaye je m'étais
dant, pour faire viser mon
rendu chez le commanfemme, que je trouvai étendue passeport; mais apprenant d'une
à l'ombre d'un arbre
de tout son long sur une natte,
qu'iln'était
planté devant la maison de
pas en ville et
cet officier,
du soleil, je remis au
qu'on ne T'attendait qu'au couchér
et résolus de
lendemain la continnation de mon
profiter de ce qui restait
voyage,
voir et reeueillir des informations
eneore de jour pour tout
intéressant. Je m'étais assis
str tout ce qui me paraitrait
éclairée par le soleil
pour esquisser une vue de Téglise,
les flots de la
couchant, dont les rayons
mer d'un magnifique
teignaient alors
presque terminé mon dessin,
rouge pourpré, et j'avais
m'invita, de la manière la lorsqu'un dragon vint à moi, et
le commandant,
plus respectuense s à le suivre chez
armé d'un livre et lequel ayant aperça dans la ville un
savoir d'oi
dun crayon, s et prenant des
étranger
je venais et ce que je faisais.
notes, désirait
passeport et l'observation
L'exhibition de mon
m'étais
que je lui fis que dès mon
présenté chez lui pour remplir les
arrivée je
suflirent à peinc pour adoncir l'air
formalités requises s
avait cru devoir
et le ton de sévérité qu'il
d'introduction du prendre ; mais dès que je lui eus remis la lettre
néral avait bien
Président et eelle dont ler
voulu me munir
Seerétaire-gétinction, , qu'il se, confondit
pour tous les officiers de dism'avait d'abord laissé voir. en excuses sur les soupçons qu'il
lesquelles je dois dire
Nos explications réciproques, dans
bornes de la plus stricte qu'il ne s'écarta en aucune façon des
viees de sa part, et la politesse, finirent par des offres de serdéclaration
borsqu'il sutl'objet de ma mission, sentimentale qu'il me Sa,
point ses ennemis, elle n'enavait que quoique Haitive craignit
lui tendissent une main
pas moins besoin quc sesamais
secourable. J'ajouterai
coup-d'eil sur T'Areabayc, je fus à méme de qu'en jelant tn
dans toute son étendue.
naesurer ce besois
28 novembre. Aujourd'lut
et les marchands des
dimanche, c'était jour de marché,
leurs
villages voisins élaient venus
échoppes en toile, des cotons de
étaler-sous
mandé, Une foule de
de
Féchantillon le plus dehabits, remplirent
gens. campaguc, dans, lewrs beaux
quelpies jnsting Figlise comc del bousclris
'en jelant tn
dans toute son étendue.
naesurer ce besois
28 novembre. Aujourd'lut
et les marchands des
dimanche, c'était jour de marché,
leurs
villages voisins élaient venus
échoppes en toile, des cotons de
étaler-sous
mandé, Une foule de
de
Féchantillon le plus dehabits, remplirent
gens. campaguc, dans, lewrs beaux
quelpies jnsting Figlise comc del bousclris --- Page 133 ---
- -
ÉTATS-ENIS. MISS WRIGHT.
NÈGRES DES
sutr la place du marché
d'après parurent
tiens, et lc moment
vendenrs et acheteurs. une belle propricté, appelée
comme
de la ville
de ces esLe Président a auprès
il a mis quelques-nns
Poids-le-Génteal. 5 sur laquelle
miss WHenctwnahisti Préaméricains dont la philanthrope confiés aux soins du
claves
et qu'elle a
voisinies dont
présent à la républigné,
sur les propriétés
des
sident, les autres étant répandus matin huit familles d'affranchis loué
parlé J'ai visité cc
ici et qui y ont
j'at déjà
sont aussi vénues s'établir
de ces terres
Mats-Umis, qui
acres environ
ont été
des térres pour sept ans ; vingt-cing culture ; et à peu près autant
maintenant en pleine
les
J'ai vu dinsces
sont
les vacheset bourriques. robuste, d'un
mises en pature pour honmes d'une constitution
terres
esclavés des
Leurs
ci-devant
franc, et remplis d'intelligence. ils ne les
caractère ferine et
faute de bois de campeche,
les
dans! le meilleur état;
9 mais lcs vivres,
sont
d'une clôture temporaire; Thistoire de tout
ont entourées que
Ils m'ont raconté
fait
cannes et le mais yabondent. depuisleur arrivée dans Tile.Toutà leurs
eu à sonffrir
ils avaient consommé
ce qu'ilsont comme ageiculteurs,
s'établir sur
sans expérience dans' des essais malheureux, 9 pour Rebutés par
pelits capitaux tenaient à loyer du gouvertement. établissemens pour
des terres qu'its
laisse là leurs
ils avaient
aucune occasion
ce desappointenent,
mais n'y tronvant
rendré dans la capitale;
ne fit qu'aggraver
se
résolation
Dans
cette imprudente
absolu dénuement.
de s'employer, et Ies réduire att plus
le hasard avait rapleur détresse,
les huit familles, que
efforts
cette triste position, 2
à mettre en commun leurs de la ville,
prochées, se déterminèrent à la portée da marché de cetté
ét à s'établir
fat,
et leur industrie,
quelque mince qu'il
plus
da produit,
et sans porter
en se contentant de courage et d'activité, fonds auquel tous
vie de patience,
avec un
des
En conséquence,
ils achetèrent
haut leur ambition. allait à peine à 4O fr.,
aux
contribiuèrent, , et qui
de la forêt qui confine
défrichèrent une portion
et poursuivant avec
outils',
cannes de Ponds-le-Cenéral,
leur avait
champs de
d' 'idustrie que Texpérience et une
Te système
un bien-être
persévérance
à se procurer
Ils ont des coenseigné; ils parvinrent dont ils Sapplaudissent. à leurs beaisance comparative des volailles qui suflisent
chons, des vaclies et
par eau, au Port-au-Priuce, face
soins; ils en porfent le surplus, les mct cn état dc faire
commerce
et le produit de CC petit
-Cenéral,
leur avait
champs de
d' 'idustrie que Texpérience et une
Te système
un bien-être
persévérance
à se procurer
Ils ont des coenseigné; ils parvinrent dont ils Sapplaudissent. à leurs beaisance comparative des volailles qui suflisent
chons, des vaclies et
par eau, au Port-au-Priuce, face
soins; ils en porfent le surplus, les mct cn état dc faire
commerce
et le produit de CC petit --- Page 134 ---
LE COLONEE FREMONT.
aux exigences extraordinaires de leur ménage. Ils n'avaient
encore récolté leurs cannes ; c'est au moulin du
pas
les porlent pour les faire broyer,
Président qu'ils
et ils
moyennant le quart du sirop,
ajoutent le produit des trois autres
au
mun de la
quarts
fonds com- -
petite société, Ils me donnaient tous ces détails en
gens contents de leur sort; seulement ils déploraient
de toute instruction
l'absence
ilsm'en
religieuse et d'écoles pour leurs enfans ;
parlaient comme d'une privation sérieuse et vivemeit
sentic par des hommes à qui des habitudes de prudence et de
réflexion ont appris à mettre ces choses au premier
celles qui importent le
rang, parmi
plus au bonheur de la vie. Ils' m'assuraient, toutefois, qu'au milieu mêmede toutes les rigueurs qu'ils
avaienteues àendarerdepuis qu'ils avaient quitté les
ils ne s'élaient pas sentis un seul instant
Etats-Unis, à
pentir d'avoir abandonné
disposés se re.
leur
un pays dont le- gouvernement
avait fait de la vie une source continuelle d'amertumes, ni
à regretter une existence dans laquelle le passé ne leur laissait
que de pénibles souvenirs, et dont l'avenir n'élait ni embelli ni
adouci par aucune espérance consolante.
La distance de Poids-le-Général à l'Arcahaye n'est qu'une
promenade. J'en revenais pédestrement, lorsque je fus
sur la route par le colonel Frémont, qui,
rejoint
rivée, m'avait cherché
apprenant mon arpartout pour m'offrir l'hospitalité Sur
son habitation.Je m'y reudis avec l'intention d'y passer la
et d'employer ma soirée à visiter la plaine, d'autant moins nuit,
que je pourrais le faire dans une excursion de
heures.
quelques
Le colonel Frémont descend, sans aucun mélange, d'une ancienne famille nègre libre de Grand-Coire ou
Miragoanne; sOn
mérite, même Sous l'empire des préjugés de l'ancien
lui
avait valu la distinction de la fleur-de-lis. C'est régime,
un homme de
talent, un raisonneur serré et subtil ; il fut envoyé en France,
chargé d'une mission importante et de confiance, celle de conclure le traité qui garantissait définitivement lindépendance de
Ia république. Sa propriété, dans l'arrondissement de l'Arcahaye, n'est qu'un démembrement de l'ancienne sucrerie de
Cotard, qu'on a inutilement tenté de restaurer. Telle qu'elle
cst, clle mérile d'être vuc pour ses vastes jardins, plantés en
arbres fruiliers des plus belles
espèces 2 parliculièrement CIL
vignes quidonnent d'exeellent raisin. Lc. colonel a apporté lcs
été, dans l'arrondissement de l'Arcahaye, n'est qu'un démembrement de l'ancienne sucrerie de
Cotard, qu'on a inutilement tenté de restaurer. Telle qu'elle
cst, clle mérile d'être vuc pour ses vastes jardins, plantés en
arbres fruiliers des plus belles
espèces 2 parliculièrement CIL
vignes quidonnent d'exeellent raisin. Lc. colonel a apporté lcs --- Page 135 ---
-
12%
PLAINE DE R'AnCAnAvE.
clôture, qui se
soius à la plantation des haies de de bois de camplus grands
de deux rangs parallèles les mettre Cn
composent parlout courant d'eau au milieu, pour.
le rapide
pèche, avecun petit
sécheressc et en assurer
état de résister à la plus forte dans les jardins des arbres greflés tout
accroissement. J'ai remarqué
il consiste à planter,
tout à fait singulier;
l'aflinité repar un procédé l'autre deux jeunes arbres ayant et Poranprès l'un de
à fruit aigre ou bigarré serrées 2
quisc, comme l'oranger
les tiges en cordes
à fruit doux ; on entrelace
l'union des deux arbres
ger
deleur écorce produit
et modifie les eset la sculepressiou
de sèvc, qui améliore effet infaillible.
et réchange réciproque
expéditif, et d'un
des
pèces. Ce procédé est simple, un beau clair. de lune, près oi
29 novembre. Je passai, par
les plaines herbues
de Poids-la-Ravine 2 en traversant,
et de longues
murs
avec leurs paisibles cabanes
Vases,
feodald'autrese trouventles comme celles d'un vieux château Mardi Gras. Ces
ruines blanches;
montagnes de
flillufois, enclavées dans les sauvages
et si beaux, sauf
si considérables
être ceux
restes, qui me parurent faite le clair de lune, doivent sont dans
sion que peut m'avoir sucrerie du premier rang ; elles d'un des
des usines de quelque
quoique sur la lisière
la situation la plus pittoresque, tout le département de TOuest.
points les plus horribles de afautrelaplaine de PArcahaye.
J'avais alorstraversé d'unbout
faisait partie de la proindiens, ce district
de
La
Sous les Caciques
de la principauté Xaragua.
vince de Cahaya, et dépendait des colons français, qui entrepri- où les
bonté du sol attira l'attention d'irrigation à une époque
du
rent d'y établir un système
des Bretelles et
de Matheux, de l'Arcahaye,
durait le doquatre rivières,
nombre d'années que
Boucassin, depuis un grand
versé leurs eaux qu'a travers
mination européenne 2 n'avaient
Au moyen d'une judinues et improductives.
et du travail forcé
des campagnes de ces quatre cours d'eau,
se changea en
cieuse distribution
cette aride solitude
d'une nombreuse population,
se développe en amphijardin. La plaine
de l'est à l'ouest 5
un magnifique le bord de la mer, à cinq lieues
les deux eXthéâtre sur des Vases et du Boucassin en forment centre ; son
les cantons
et les Bretelles sont au d'alluvion des
trémités ; T'Arcahaye friable, est un dépôt
susol, léger, marneux,
voyait jadis quarante-huir
voisines. On y
On,on tirait
montagnes
de vingt à quarante carreaux.
craries, occupant
5
un magnifique le bord de la mer, à cinq lieues
les deux eXthéâtre sur des Vases et du Boucassin en forment centre ; son
les cantons
et les Bretelles sont au d'alluvion des
trémités ; T'Arcahaye friable, est un dépôt
susol, léger, marneux,
voyait jadis quarante-huir
voisines. On y
On,on tirait
montagnes
de vingt à quarante carreaux.
craries, occupant --- Page 136 ---
PLAINE DE L'ARCAHAYE.
aussi de l'indigo et du coton dans les endroits oùt le terrain
d'une qualité inférieure et plus rebelle à la
était
plaine, par l'effet d'une culture
culture , ct toute la
ou d'une autre, avait fini
se couvrir de la plus riche végétation. Quand
par
ce district, où, comme je l'ai
je traversai
deux
remarqué, se trouvait la limite des
divisions del'ilc, celle du Nord et celle du Sud, à
où Christophe et Pétion en étaient les deux chefs rivaux, lépoque
culture y était dans cet abandon qui est l'inévitable l'agrid'une longue série de combats pendant
résultat
s'étaient enfuis.
lesquels les habitans
Dans l'inquiétude continuellé ou ils vivaient,
avec si peu d'espoir de récolter les produits de leur culture,
c'eût été de leur part une hardiesse inutile de rester,
folie de bravet Ies dangers et les alarmes,
une
servi
puisque cela n'eût
qu'à attirer contre eux les incursions d'un ennemidévastateur. (1) Bien qu'en contemplant la désolation
jourd'hui
qui règne aupresque partout, on éprouve une impression douloureuse à Ia pensée de Ia part terrible qu'a eue à cette dévastation
la faux de la guerre civile, il y a d'autres causes encore dontil
estjustede tenir compte. Avant que ces plaines récompensassent
par une abondance si extraordinaire les sheurs et l'industric
des cultivateurs, la végétation spontanée et indigène y était fort
peu de chose. Les plantes qui les couvraient étaient plutôt ligneuses qu'arborescentos. Les rians jardins qui les remplacèrent
dans la suite, étaient arrosés par des caux qui ne tarissaient
jamais. Mais aussitôt que Ia population s'en fut retirée, Ics
naux ne tardèrent pas à étre obstrués par les plantes dont ca-. ces
mêmes eaux favorisaient Ia pallulation; l'arbre fruilier etl'hcrbe
même périrent faute des soins et de T'humidité salutaire qui les
avaient, on peut le dire, créés sur un sol si ingrat; la terre, abandonnée de nouyeau à sa stérilité, sous les feux d'un soleil brûlant, près d'une côte oût Tes brises de mer sont faibles, rarcs et
inconstantes, au pied de montagnes dont à peine UIIl nuage visite a de longs intervalles les arides rochers, s'est durcie comme Ia pierre, ou s'est pulvérisée, ct lc tout est
devenu un inculte désert. Les pluies périodiques qui seulcs
T'humectent aujourd'hui s'évaporent rapidement. La culture y
(4) Lcs derniers desastres qui achevérent de ruiner Ia plainc de
ct n'y laisserent qu'un vaste amas de ruines, curent lieu cn 1812, l'Arcaliaye, au
de l'armég, de Christophe, quibattait en retraite.
passage
ou s'est pulvérisée, ct lc tout est
devenu un inculte désert. Les pluies périodiques qui seulcs
T'humectent aujourd'hui s'évaporent rapidement. La culture y
(4) Lcs derniers desastres qui achevérent de ruiner Ia plainc de
ct n'y laisserent qu'un vaste amas de ruines, curent lieu cn 1812, l'Arcaliaye, au
de l'armég, de Christophe, quibattait en retraite.
passage --- Page 137 ---
2 -
PLAINE DE L'ARCARAYE.
d'habitans, et
proportionnée au petit nombre anciens proest maintenant
du pays ait décidé quelques
quoique la tranquilité mème parmi eux quelques aventuriers,
ày revenir, et
ont pu faire n'a abouti
priétaires
que tout ce qu'ils
subtelle est leur panvreté récolter des vivres pour leur marché propre de la
à peu près qu'à
un léger surplus au
sistance, et à en porter
dépend exclttsiveNous avons vu qu'ici toute T'agriculture
qui, dans ce
ville.
et que les longues sécheresses aux pluies
ment de Firrigation, aucun antre de l'ile, succèdent
district plus que dans
artificiels absolameut indispen- les
périodiques, rendent les moyens
Or, pour rétablir
en fertiliser les campagnes.
dispensables, pour
il fandrait des travanx extrômiement économie puissent
ancions ouvrages, la prudence et une sage
à son
dieux ; mais quoique
exige un salaire proportionné la liconseiller la liberté qui n'est capable de la faire agir,
rien
labeur, et sans lequel
aura la pauvreté pour compagnc,
berté, aussi long-temps qu'elle
ces ruines dè constructions la
doit en être réduite à contempler dont on ne payait ni le sang ni
jadis élevées par l'eselavage, vain sur une destruction qu'augmente
et à gémir en
oûr elle est d'y
sueur,
et sur l'impuissance
chaque jour de négligence,
du soremédier.
luneallait se perdre dans les rayons VaLa faible elarté dela
gravies, en m'éloignant des
leil levant. Les collines quej'avais conduit autorrent de Montroni;
forment le grand chemin ei
torrent court par sauts
ses,
de Tanmée1731. Ce
d'acacia,
c'est une construction
bromélia, d'aloès,
bonds à travers des bosquetsdel
de gomiers aux
et par
de cactus et de cercus, entremelés verdurc. Les premiers
d'opuntia,
et de gaiacsà la sombre
qui forment
feuillesjaunatress soleil doraient ka pointe des montagnes,
on ne
rayons du
de précipices, et StT kesquelles Ces montaune suite: effrayante herbe bràlée ef des arbres rabougris. sorte que Icurs
trouve qu'une l'est à l'ouest, un peu au nord, de
dans
gnes vont de
eneore enseyelies
furent long-temps
masses imposantes très-sec et d'une diaphianéite remargunble,
Tombre. L'air étant
d'énormes et noirs reniparts, si rapproeomme
me semblait
elles paraissaicnt
dessinés, qu'il
chés de mon ceib et si distinetement
infailtiblement touché
une: pierre, elle en aurait
même où je
qu'en y lançant serait revenuc tomber à rendroit
et du
le sominel, et
une barrière impénetrable, atenn
possais. Elles me sembloient
je ne découvrais
côté du moins d'oà je lcs regardlais,
iparts, si rapproeomme
me semblait
elles paraissaicnt
dessinés, qu'il
chés de mon ceib et si distinetement
infailtiblement touché
une: pierre, elle en aurait
même où je
qu'en y lançant serait revenuc tomber à rendroit
et du
le sominel, et
une barrière impénetrable, atenn
possais. Elles me sembloient
je ne découvrais
côté du moins d'oà je lcs regardlais, --- Page 138 ---
MONTACNES DE L'ARCAHAYE.
ravin qui pût les rendre accessibles
sont les hautenrs de
au pied d'un homme. Ceplus
Matheux que Lacroix traversa du côté le
accessible, avec la division Boudet,
combat de la Crôte-à-Pierrot,
pour aller, après le
Belair. Son récit contient
déloger les bandes de Charles
tne description détaillée des
qu'offrent ces rochers,
diflicultés
comparées a Vec celles qu'il'
monter, lorsqu'il
eut à sur.
s'engagea avec l'armée
ges des Alpes, par le col de
française dans lcs gorrochers et les vallées
Splugen. G. Dans les Alpes, dit-il, les
d'une hauteur
se ressemblent partout, les arbres y sont
uniforme. ct les fourrés
ces régions tropicales, les
accessibles. Mais dans
bres d'une telle
broussailles sont des épines, et les argrandeur, que l'oeil peut à
la
qu'il faut un temps et un travail
peine mesurer, et
considérables
rasser le passage. > Malgré
pour en débarl'augmentation
de la
inière, ces montagnes conservaient
progressive
lutout ce que leur
d'imposant et de triste. Pendant
aspect a
aridité,le même
plusieurs milles ce fut la même
caractère de désolation, sans
l'oeil
se reposer sur un scul objet moins attristant. que
trouvât à
suivions passait à travers des
Le sentier que nous
excessivement
fragmens de roches, el devint sifatiguant que je me sentis plus à mon aise eir
descendant de cheval, et en allant à pied.
A un angle saillant de cette chaine de
min escarpé et raboteux
montagnes est un chequi conduit à la mer, près de
Là étaitlepremier poste du territoire de
Montroni.
ne pouvait aller ni en deçà ni au-delà du Christophe, et personne
était en permanence sans
corps de garde qui y
officiers du roi.
s'exposer au danger d'être suspect aux
Quelque arides que paraissent les montagnes de
du côté du nord, celles qui regardent
l'Arcahaye
d'une grande efertilité;
l'intérieur sont, dit-on,
l'aspect en est pittoresque quoique un
sauvage.Les caféteries de Matheuxetde)
peu
florissantes, et dans le district des Fond-Baptiste sont encore
Oranges, au-delà du MorneTerrible, plusieurs familles de nègres des Etat-Unis ontétablides
habitations dont on s'accorde. à vanter l'admirable culture.
L'Arcahaye cst remarquable pour la quantité de
ct
de gibier qu'elle fournit. Les oiseaux
poisson
casse et la
aquatiques, tcls que la bébécassine, le canard sauvage et la sarcelle
en automne, et sont une occasion
yabondent
pour les habitans dc la ville. Les d'agréables parties de chasse
colombes sauvages y sont très-.
communcs en toute saison.
orde. à vanter l'admirable culture.
L'Arcahaye cst remarquable pour la quantité de
ct
de gibier qu'elle fournit. Les oiseaux
poisson
casse et la
aquatiques, tcls que la bébécassine, le canard sauvage et la sarcelle
en automne, et sont une occasion
yabondent
pour les habitans dc la ville. Les d'agréables parties de chasse
colombes sauvages y sont très-.
communcs en toute saison. --- Page 139 ---
i
MONTAGNE DE MONTRONI.
des
de la montagnc, nue et stérile, conMontroni, une
pentes d'aquéducs, cl des ruines de Suscrve encore quelques vestiges cet endroit a dà offrir jadis un coupcreries; ce qui prouve que
son élat actuel. Je me
d'oeil bien différent de cclui que présente
du chemin. Un
reposai à midi dans une chaumière située près
avait été autrefois jeté sur la partie la plus esc: arpont de pierre
des bords du torrent, mais il n'en reste que quelques fragpée mens. ; il fut renversé, il y a peu d'années, paran, débordemeut
J'eus occasion de remarquer dans ce torrent,
extraordinaire. avec furie vers la mer, un exemple curieux des
qui se précipite
avec lesquels le menu frai remoute
efforts et de la persévérance
avait des milliers de ces petits
contre le courant des rivières. 11 y
rochers enire
poissons qui, s'attachant par pelotons aux
court éette eau toujours agitée, et s'y collant au moyen
lesquels
dont ils sont enduits, se glissaient de rodc la matière visqueuse
lcur
cheren-rocher;ils: se servaient ensuite de P'extrémitéde)
corps
avec agilité à travers les
comme d'un aviron, manceuvraient
à lc reparties les plus tranquilles du courant et parvenaient
nombreuses. Ces procédés si simples de l'inmonter en troupes
stincl élaient un spectacle aussi amusant qu'intéressant.
de Montroni est un amas. de pierres calcaires
La montagne mais le terrain qui est à sa base et que la rivière
très-compact; couvert de la
belle verdure. Le premier plan de
arrosc , est
plus
offre le riant spectacle de
cette plaine, au-delà de la rivière,
d'un des ruisseaux
chaumières répanduessurles bords
quelques
entourées d'arbres au riche fenillage. La route
artificiels 9 et
frais, traversée de
descend alors à la mer, sous des, ombrages
des ruisseaux qui y arrivent en petites castemps en temps par s'élèvent le bambou etlebois de campèche,
cadeset près desquels
de convolyulus bleus
dont les troncs sont entourés de guirlandes
les
ici
champs cultivés; et
et jaunes. On remarque
quelques
beaux bâtimens de Delogé, autre plantation du Président, m'aidèrent à reconnaitre tous les objets que j'avais remarqués, lorsà mon arrivée, se promenèrent pour la preque mes regards,
d'Haiti. Du bord de la mer 3 la route
mière fois sur les rivages
d'une
de colse dirige vers le cap Saint-Marc en dedans
ligne
lines sablonneuses. Un petit lac, aux eaux noirâtres et bourduquel Inous passâmes au milieu de ces collines, est
beuses, près saison
des nuées de canards sauvages. Auvisité dans cette
par
du général Bonnet, agréablement
delà est Bois-Neuf, propriété
la preque mes regards,
d'Haiti. Du bord de la mer 3 la route
mière fois sur les rivages
d'une
de colse dirige vers le cap Saint-Marc en dedans
ligne
lines sablonneuses. Un petit lac, aux eaux noirâtres et bourduquel Inous passâmes au milieu de ces collines, est
beuses, près saison
des nuées de canards sauvages. Auvisité dans cette
par
du général Bonnet, agréablement
delà est Bois-Neuf, propriété --- Page 140 ---
VICIA DE SAINT-MARC.
située sur les rives verdoyantes de la petite rivière des
Des chaumières de cultivateurs animent la route
Roseaux.
de l'autre les ouvrages d'irrigation de la
d'un côté, et
nombreuses croix
le
propriété. Unc des
que digne curé de Saint-Marc avait fait
planter, pour éveiller dans le peuple des sentimens de
lève encore au fond d'un bosquet et près d'un
piété,s'épetit ruisseau.
Quelques bouquets de bois de campêche se montrent
pentes onduleuses des collines. Un four à chaux et deux sur les
chauières sont les seuls indices
ou trois
qui annoncent que ce canton
est habité, les terres en général y étant peu fertiles.
Je me trouvai sur le bord de la mer, de l'autre côté du
commc le soleil venait de se coucher, et au moment ou la cap, lune
dans son plein s'élevait sur la vigie de Saint-Marc. Des murailles
blanches, seuls restes de son ancienne
magnificence, s'élevaient
solitaires, éclairées par les pales rayons de l'astre des nuits. Les
vents se taisaient, et l'Océan étalait mollement ses
vagues argentées sur la plage. Pas une harque ne se
eaux ; combien cette ville était changée !
balançait sur les
Près de la porte méridionale est le cimetière, terrain
ouvert
qu'on a débarrassé des broussailles. Là un
étendu
sa natte et sans daigner se lever, mc demanda officier,
sur
il enépela pour ainsi dire chaque mot avec la mon passeport ;
plus impatientante
lenteur, et toujours couché sur le dos. Sans changer d'attitude
il fit tourner et retourner nos chevaux, ct en examina les
ques et les signalemens. La république tolère. eette
marrelâchée; mais on se serait bien gardé d'en faire aufant discipline
Saint-Marc était ville frontière, et quand le roi
quand
s'appelait
Christophe.
96 decembre. Tout l'ancien territoire colonial au sud de l'Artibonite ct celui qui est au sud de son embouchure, jusqu'à la
montagne de Montroni, formait le ci-devant royaume de Christophe. Un de ses points les plus intéressans est la place forte de
Dessalines, non loin de la rive droite de l'Ester. Après que lile
eut secoué le joug de la domination européenne, et lorsque les
nègres furent devenus indépendans, Dessalines résolut d'élever
sur la crête des montagnes une citadelle qui dominat toute la
plaine, et si bien fortifiée par l'art et par la nature, qu'elle
pit protégerles travaux agricoles, ct, en dépit de toutes les atlaques, : assurer la libre disposition des côtcs voisines. La vue des
restes de cette ville el de CCS forteresses bâtics sur le bord des
de la domination européenne, et lorsque les
nègres furent devenus indépendans, Dessalines résolut d'élever
sur la crête des montagnes une citadelle qui dominat toute la
plaine, et si bien fortifiée par l'art et par la nature, qu'elle
pit protégerles travaux agricoles, ct, en dépit de toutes les atlaques, : assurer la libre disposition des côtcs voisines. La vue des
restes de cette ville el de CCS forteresses bâtics sur le bord des --- Page 141 ---
à -
LAC DE L'ESTER.
DESSALINES.
et de l'é.
haute idée de sa puissance
donnent une
enthousiasmed del la liberté
précipices,
dudouble
nergie de son peuple,animé
de la victoire.
victime de la révolte de ses
et
Dessalines eut succombé,
l'état : celle de ChrisLorsque deux factions rivales divisèrent
cette division
troupes,
et celle de Pétion au sud;
et en
tophe au nord,
de la nouvelle capitale conarrêta tout à coup les progrès absolu. On ne peut cependant d'un
amena bientôt l'abandon intérêt; ce sont les premiers efforts
templer ces restes sans
des désordres et des désastres
émancipé, qui, sortant des premiers instans d'une
peuple de la plus affreuse guere, profite livrer aux arts de la civilisation.
pour se dominent la ville de Dessapaix encoreincestaine l'endroit où les hauteurs qui
avec la plaine,
A
insensiblement
lines s'abaissent et se confondent lac de l'Ester.
passe le longd u
de coton, de millet
lc chemin bords du lac sont des plantations
cachées dans
Sur les
chaumières qui sont comme
sont
ct de riz, et quelques forêt. Les habitans, quoique pauvres,
les profondeurs de la
de vaches et de veaux, de chevêtus, et la quantité
errent dans les bois, font
proprement d'ânes avec leurs ânons, qui
le désavantage
vaux et
trouvé le moyen de diminuer
voulu que
voir qu'ils ont
du marché. On n'a pas
résultant de leuré éloignement attendissent après les pluies périodes plus pauvres
seraient tombées
les jardins
de la montagne, 2 qui
de rigoles
diques, et les sources stériles, ont été, au moyen
dans le lac par des défilés à l'irrigation.
bonnes
et de conduits, appliquécs rivière de Quinte s'élèvent quelques uniLe long de la
qui rompent un peu la triste
maisons et des chaumières
mène aux Gonaives. Au moformité de la longue route qui étaient occupées à laver le
les femmes
à dos
ment où nous passions,
rivière et le remportaient
linge sur les bords de la petite de la route se trouvent des plantad'âne. A gauche et à droite nombre.
tions de coton, mais en petit ruine de Saint-Mare, les Gonaives 2
12 décembre. Depuis la sûr et d'un accès plus facile a acdont le port est à la fois plus
ce district fait des progrès
quis un certain degré d'importance; sont le coton que l'on cultive
avantages
du
rapides; ; ses principaux des salines et le café des montagnes
dans la plaine, T'acajou
la construction d'une route a ouvoisinage, surtout depuis que
de Plaisance le chemin des
nombreux cultivateurs
vert aux
are, les Gonaives 2
12 décembre. Depuis la sûr et d'un accès plus facile a acdont le port est à la fois plus
ce district fait des progrès
quis un certain degré d'importance; sont le coton que l'on cultive
avantages
du
rapides; ; ses principaux des salines et le café des montagnes
dans la plaine, T'acajou
la construction d'une route a ouvoisinage, surtout depuis que
de Plaisance le chemin des
nombreux cultivateurs
vert aux --- Page 142 ---
TOTSAUNT-SOBVIATERE
marchés de ce côté-ci des montagnes de l'ancien
du nord.
département
Mais le grand intérêt historique qui s'attache
aux Gonaives
et aux montagnes qui l'avoisinent, est bien supérieur à
tance des circonstances locales ouj physiques. L'élévation l'impordeToussaint-Louverture peut être le trait épisodique de
quelques autres
districts, mais sa chute est le grand événement
tragique de la
république. Ce fut entre la Quinte et l'Artibonite, entre les collines d'Ennery etl les monts du Cahos que fit naufrage la fortune
de cet homme extraordinaire; les Gonaives ont vu
de ses derniers pas, ont entendu de sa bouche les derniers l'empreinte
mots
prophétiques d'indépendance et de liberté, lorsqu'il
captif la contrée qu'il avait arrachée à la servitude quitta en
et sauvée de
sa ruine.
L'esclave de Breda dut son élévation à ses talens
1l remporta tous ses triomphes sur les plus indomptables supérieurs.
ennemis, sur ceux qui confondaient l'ordre social avec la
et cependant il était parvenu à réconcilier l'esclave tyrannie;
victorieux et
libre avec le maître vaincu.
Par ses talens et son habile politique, il trouva le
de
moyen
subjuguer toutes les passions et d'en faire les instrumens du
vernement et du bien public. On vit alors l'autorité des gou- lois
remplacer l'anarchie et l'usurpation ; Ia justice fut rendue régulièrement, les impôts rentrèrent et l'agriculture refleurit. Il
humiliait d'un côté l'orgueil des anciens colons
par sa
riorité et en leur donnant une démonstration
supépratique de cette
égalité entre le nègre et l'Européen qu'ils s'étaient obstinés à
nier; de l'autre, il flattait l'avarice des
propriétaires en leur
assurant les produits du travail de leurs ci-devant esclaves.
L'esclavage était aboli, mais on reconnaissait les relations de
maitres et de serviteurs. A l'un Toussaint accordait le droit
d'cxiger le travail d'après certaines lois et certains
mais ildéfendait l'autre del
réglemens,
Topprewion.lilbalangal en les protégeant tous les intérêts, en garantissant à chacun une liberté
à la fois sans danger pour la colonie et profitable à l'état.
Lorsque l'admiration que ses succès excitaient dans le monde
l'eurent rendu un objet d'alarmes pour la République
française,
son refus de se démettre de son pouvoir fit que sa fidélité devint
suspecte, et une expédition fut envoyée pour arrêter son influence, et pour complaire aux colons qui, dans leur obstina..
égeant tous les intérêts, en garantissant à chacun une liberté
à la fois sans danger pour la colonie et profitable à l'état.
Lorsque l'admiration que ses succès excitaient dans le monde
l'eurent rendu un objet d'alarmes pour la République
française,
son refus de se démettre de son pouvoir fit que sa fidélité devint
suspecte, et une expédition fut envoyée pour arrêter son influence, et pour complaire aux colons qui, dans leur obstina.. --- Page 143 ---
-
- -
- l
SALISES DE GONAIVES. fallait absolument, ct à quelque
tion insensée, croyaient qu'il autorité. Toussaint, voyant que
prix que ce fut, anéahtir son
prit le parti de la résisc'était à la liberté qu'on en. voulait, éclata. Dc là une guerre
tance, et une nouvelle insurrection et mémorable victime, se
civile; etla lutte dont ilfut la grande définitif et irrévocable de cette
termina par l'établissement
liberté. amené la caplivité et la déportation de
La perfidic qui avait
soupcons, sans la moindre
Toussaint, condamné sur de simples bouleversement de la colonie. I
preuve, fut bientôt suivie du
tous les actes du gouverétait évident que depuis ce moment rapidement vers un but qu'on ne
nement colonial marchaient
le rétablisement de
même plus la peine de dissimuler, disait très-bien Christophe,
prenait l'esclavage. Le danger, comme étincelles le
de la rébellion; ce n'én'était pas dans les premières dirigées par des individus obscurs,
taient que de faibles tentatives
et uniforme des nègres, qui
mais il était dans l'esprit général terreur, entendre parler du
n'avaient pu, sans une profonde
et au commerce des
décret d'avril 1802, relatif à l'esclavage à la France par le traité
esclaves, dans les colonies rendues de
1803 que Toussaint fut ard'Amiens. Ce fut dans le mois juin Pétion avait organisé l'insurrèté; etvers le millewde.septomhre habilement concertées; ilavaita tattaqué le
reotion par des mesures d'un seul coup, par une mnouvre hardie
Cap et presque anéanti
de la France à Saint-Domingae. :
la souveraineté
Yoici
et décisive,
de sel dans la baie des Gonaives:
On fabrique beaucoup
on creusc dans un lieu convenable
en quoi çonsiste le procédé : recevoir l'eau de la mer au moment
un marais carré, destiné à
sont fermées avec de la glaisc,
des.grandes marées; les écluses
de. profondeur, L'eau,
retenir l'eau qui a huit ou dix pouces des bords du marais, de
pour
dépose au fond et le long
la dessiccation
en s'evaporant, cristaux de sel, de forme cubique. Lorsque
et on
grands
sel, que l'on met en monceaux,
est à son point, on raclele
pour le purger des ordures que
le laye. ensuite dans des paniers
des plaines dontla chales vents de terre ont pu: y apporter,soit des
ou des environs. les terres, soit
montagnes
n'est
leur a pulvérisé
Saint-Maro et les Gonaives
qu'une
Toute la côte, entre
de T'Artibonite ces crissaline continue; mais à T'embouchure sur une étendue de plusicurs
tallisations blanchissent la terre
autant de lacs glacés;
milles. Les marais isolés brillent comme
--- Page 144 ---
PLAINE DE GONAIVES. - ENNERY. une teinte rougeâtre que lui donne la terre de la
le sel prend
lequel leau s'évapore et laisse un réplaine.
et les Gonaives
qu'une
Toute la côte, entre
de T'Artibonite ces crissaline continue; mais à T'embouchure sur une étendue de plusicurs
tallisations blanchissent la terre
autant de lacs glacés;
milles. Les marais isolés brillent comme
--- Page 144 ---
PLAINE DE GONAIVES. - ENNERY. une teinte rougeâtre que lui donne la terre de la
le sel prend
lequel leau s'évapore et laisse un réplaine. Le période pendant
sel
un
sidu sec ct cristallisé, est de trois mois. Le exporté paie
droit qui ne frappe pas sur celui qui se consomme à l'intérieur;
n'est
assez éteudu pour quele fisc en tire
mais ce commerce
pas
-
un grand revenu. le
d'ceil aride des
28 dccembre. A ne considércr que coup
montagnes qui bordent la route de la partic septentrionale de la
plaine des Gonaives s' ct le mauvais état de la plaine en général,
011 serait tenté de regarder presque commei incapable de culture
chemins de traverse de Polean. Cetout ce district jusqu'aux
coton, mélées de millet
pendant, quélques bonnes' plantationsde
bordent celte route sur la droite. A gauche
suivart T'usage, ,
des chesont deux ou'trois fermes surlestquellés apparaissaient
vaux, des vaches, des ânes et des chèvres qui paissaient dans
des enclos près des chaumières; ce qui imprimait à ce tablean
chiampètre un caractère' de bonheur tranquille et d'industrie
productive. Ce district, ainsi que jel'ai déjà remarqué, est déd'eau. Le village militaire de Dolan, à mi-chemin environ pourvi entre la mer et les montagnes, n'est qu'an amas dechaud'assez inisérable
il a été construit près de
mières
apparence;
vastes champs de coton et de millet que cultivent des soldats;
et qui sont daus le meilleur état. Le millet, d'une hanteur considérable, présentait des touffes d'épis bien fournis, et le coton
en fleur pronettait pleine récolte. été la rélraite faLe bourg d'Enncry, remarquable pouravolr
est situé sur les bords d'un joki
vorite de Tonsaint-Lowrenture,
de
ruisseau, qui serpentedans une des vallées les plus agréables
montagne. Toute la roule, praticable pour des voitures, est
"a belle et anic, ct d'une pente si douce qu'à peine ON s'aperçoit
l'on monte; elle est largc, verdoyante, ct ombragée par de
que arbres. L'oranger, la sapodilla ct l'ananas y abondent;
grands buissons qui sy mêlent se composent en général de
quelques
Lesanciennes habitations; avec
vieux pieds de catéabandonnés. touleurs divisions de champs cl de jardins' se recounaissnient
aux haics de jatropha-cnras, ou noyers dc la Jamaique. jours mirchàmes continuellement le long du ruisscau, au
Nous
quelques chaumières
fond d'univallon ombragé: On y apercévait
des bananiers et des champs de millet; les habitans tirent
parmi parti des cafiers sauvages qui pouseent en assez grand
encore
pieds de catéabandonnés. touleurs divisions de champs cl de jardins' se recounaissnient
aux haics de jatropha-cnras, ou noyers dc la Jamaique. jours mirchàmes continuellement le long du ruisscau, au
Nous
quelques chaumières
fond d'univallon ombragé: On y apercévait
des bananiers et des champs de millet; les habitans tirent
parmi parti des cafiers sauvages qui pouseent en assez grand
encore --- Page 145 ---
- -
:
a wsa
D'ENNERY. O
VALLÉE
les graines. Non loin
dans les hois, et dont tils récoltent le
du chemin,
nonibre
habitations répanducs long
d'ane de ces petites
de nègres qui lisaient un papier
nous passames près d'un groupe être un officierde la police rurale,
public. Un d'eux, quiparaissait
m'offrit de me conduiré
mayantrejoint quelquies instans aprè*, quij'avais une lettre du
chez son commandant, pour
de ce pays
au village,
J'ai toujours vu les gens
général del el'arrondissemeit:
qui nc leur était suggérée que
pratiquercotics sorte de politesse, et le désir d'être ntile. Ce'qui
par le sentiment des convenances scrvit ainsi de guide se déranme Gt croire que celni qui nous
c'est qu'il ne nous eut pas
geait pour cet acte de complaisanée, nous sonhaitant le bon soir,
plutôt vus à notre destination que, par le même chemin qu'il
du bourg au grand galop,
il sortit
nous conduire.
de
avait suivi pour
les pentes des deux rangs parallèles
Rien de plus nu que la vallée de la rivière d'Ennery; quel
montagnes qui encadrent la seule verdure sur laquelle l'ceil
ques arbres rabougris sont
nous entrâmes dans le hapuisse se reposer. Cependant, lorsque indices de fertilité dans les
meaui, nous reconnomes quelques lon voit au sud surles hauteurs; la
ohaumières blanches que
mêine où nous - finissions
lune se lévait au moment
:
: MAT
pleine
notre course.
m'arrelai dans une chaumière fort propre,
29 : décemibre. Je
femme. Cette habitation ressem:
résidence d'une bonne et digue de TYorkshire ou du Lincolnblait à celles des fermiers aisés carvelée en pierres à chaux du
shire; elle était bien meublée, et auvent qui en abritait la façade,
pays, taillées en dalles; sous un
Je mets au nombre
dés siéges en maçonnerie.
celui des atétaient pratiqués souvenirs de mon voyage à Huiti,
des plus agreables dont je fus l'objet, et del'excellent souper
tentions et des bontés
et fruits indigènes.
:
quej j'y fis en volaille, légumes dominant sur la profonde valléeott est
30 décemibre. Au sud, et
d'Ennery, sont les moutagnes de
située lal tranquille bourgade
si remarquable dansletableat
Bayonnai, qui forment un accident
qui s'étendent à leur
imposant.et sauvage. qu'offre les d'arbres plaines et de la plus riche verpied. Cès hauteurs, couvertes noinbre de chaumières et de plandure, sont ornées d'un grand même des montaignies; les autres
tations; ; les unes sur la crête habitées par des familles qui ont
au fond des vallées, et toutes sur ces terres , à la défense desobtenu un modeste héritage
9*
ment un accident
qui s'étendent à leur
imposant.et sauvage. qu'offre les d'arbres plaines et de la plus riche verpied. Cès hauteurs, couvertes noinbre de chaumières et de plandure, sont ornées d'un grand même des montaignies; les autres
tations; ; les unes sur la crête habitées par des familles qui ont
au fond des vallées, et toutes sur ces terres , à la défense desobtenu un modeste héritage
9* --- Page 146 ---
MONTAGNE DE BAYONNAI.
quelles elles ont contribué. Ces points cultivés des
que nous apperçevions d'en bas, ne sont
hautes terres,
éloignés les uns des autres. Des
pas tres-rares, mais
nés dans les
groupes de pius étaient
pâturcs sur la pente des
dissémi.
les chaumières dont on voyait, le matin montagnes, et abritaient
mouter en odoyant dans les airs.
et le soir, la fumée
chien
On entendait les
fidèle, et les chants des coqs, qui, sentinelles aboiemens du
répondaient d'an rocherà l'autre. Mais en
nocturnes, se
et en gravissant sur ces hautcurs,
parcourant ces ravins
vaincre
tous
je ne tardai pasà me
que
ces objels n'élaient que des indices
condela nombreuse population des rochers
bien faibles
à profit tout ce qu'elle peut
et d'une culture qui met
hauteurs. Jei
fertiliser, dans les gorges et sur les
m'empressai de saisir l'occasion
de la manière la plus obligeante,
qui me fut offerte,
par le
Mouscardy, de faire avec lui et l'administrateur eaptinide-commaindant
tournée sur les frontières de l'ancienne
du district, une
née de repos, et monté sur un cheval colonic. Après unej jourau. verd sur les collines; je traversai frais,le mien élant resté
de la plantation de
avec ces messieurs les ruines
Sansy, oû
enfans que le gouvernement TousnintLouvertare revit ses
français lui renvoyait;
que père, il eut le courage de les rendre,
plus citoyen
mettait pour prix à cette réunion le sacrifice lorsqu'il sut qu'on
ce peuple dont le dévouement l'avait
de ce qu'il devait à
puissance. Nous
élevé à la gloire et à la
desçendimes près du lit de la
qui dans cet. endroit roulait à
rivière,
normes quartiers de roche
plein canal à travers d'é:
voisines. Les cafiers
qui s'étaient détachés. des hautettrs
abandonnés formaient des
et à gauche de la route, et nous marchions buissons à droite
gers et des sapodillas, La douceur, de l'air à l'ombre des oranun ciel pur, de vertes collines
dans ces moutagnes,
qui semblent toucher
s ct, sur leurs cimes, des forêts
aux nues, tout cela me faisait
tourner mes regards sur les chaumières blanches
souvent
de tous côtés au milieu de cette
qui s'offraient
les accidens d'un sol
culture, que ne pouvait rebuter
tourmenté, et qui faisait naître dans
esprit l'idée du tranquille bonbcur de leurs habitans.
mon
la rivière coulait au pied de bananiers
Plus loin
luisantes, et ses
aux feuilles larges et
de vaches et de borilsprésentaient le tableau animé de chevaux,
jeunes veaux paissant à l'ombre des
vagés. Il y avait dans la beauté et daus
figuiers sau:
tout ce qui pouvait porter à l'âme la l'étrangeté de ce paysage
plus douceimpression, tout
l'idée du tranquille bonbcur de leurs habitans.
mon
la rivière coulait au pied de bananiers
Plus loin
luisantes, et ses
aux feuilles larges et
de vaches et de borilsprésentaient le tableau animé de chevaux,
jeunes veaux paissant à l'ombre des
vagés. Il y avait dans la beauté et daus
figuiers sau:
tout ce qui pouvait porter à l'âme la l'étrangeté de ce paysage
plus douceimpression, tout --- Page 147 ---
-
:
-
RAVINS DE LA NONTACNE-ROIRE
industrié
le plus vif intérei sur l'utile
tépaudre
ee qui pouvait
jadis si
des habitans.
de la plantation de La Rivière,
Nous passames au-dela
monceau de ruines. Les savanes
Aorissante, et aujourd'hut un
un aquédue jeté sur un
autrefois arrosées par
un air de verdure
de la montagne,
encore sur le paysage
de baravin profond, 9 répandent misérables cabanes, entourées d'esclaves
et de fraichear. Quélques T'emplacement sur lequel au village contrasnaniers occupent
cases. Ce tableau de désolation baisoffrait ses nombreuses
du montagnard libre, qui
tait tristement avec la demeure les restes de celte magnilicence
sait les yeux pour ne pas voir à jamais perdu pour quelque anjadis si fière, de ce paradis ne portera plus ses pas dans ee
cien colon', qui, comme Adam,
la Savane Carrée jasqu'at
séjour de félicité. Nous parcourdmes forme lc passage qui mène à
haut de la colline, dont la gorge
d'Hispaniola, et nous'
frontière commune de San-Miguel ravins de la Montagnela
ensuite pour entrer dans les
tournanes
sombres rochers s'élevaient majestueusement à
Noire, dont les
devant nous.
construite sur une grande
A l'endroit oût une joliechaumnitre, s'élevait surle sommet d'une
échelle, mais non encore achevéc, entourte d'une plantation de pins
colline; au-dessus de la rivière, et abritée d'un autre côté par
la défondait contre les vents, entrâmes dans des gorges culqui rochers du Morne-Noir, nouts
Nord et du Sud, a été
les
terrain, depuis la réuvion du
et divisé en
tivées dontle
de F'armée de Christophe;
distribue à une portion
carreaux. Nousavions au-dessous
concessions de cinq à quarante
couverts sur leurs pentes
le tableau riant de ces ravins,
de vergers, oti
de nous
de cafiers, entremélés
de nouvelles plantations la sapodilla, le pommter-cotnelle, leurs
le manguier, Tavocadier, confondaient leurs feuillages et
l'acacia et T'oranger cassade, de mais et de pois pendaient
fruits; sur des champsde
ou bananier: Tous ces arbuistes,
les longues feuilles du musa
leur belle végétation un
toutes ces plantations aunonçaient qui par en est la base est partiriche ; Ia marne
Un ruisseau coutait
sol extrémement favorable à la culture du café. cultivds jusques
culièrement
et nous vimes des points
du
au fond de la vallée,
qui, perdue dans les vapeurs les
sur la crête de la montagne, du midi, versait au fond des ravins sur
matin et dans les nuages infinité de sources, apportant partout
d'une
eaux argentécs
étation un
toutes ces plantations aunonçaient qui par en est la base est partiriche ; Ia marne
Un ruisseau coutait
sol extrémement favorable à la culture du café. cultivds jusques
culièrement
et nous vimes des points
du
au fond de la vallée,
qui, perdue dans les vapeurs les
sur la crête de la montagne, du midi, versait au fond des ravins sur
matin et dans les nuages infinité de sources, apportant partout
d'une
eaux argentécs --- Page 148 ---
RAVINS DE LA NOSTAGRE-NOIRE.
leur passage,la fertilitéet la fraicheun,
trait la demeure de quelque
Chaquedéiour, nous monidée avantageuse de lai
montagnard, et nous donnait une
cu particulier de la population, de ce district., Je fus charmé
d'une
gtandeur et de L'air d'aisauce- de la
négresse, veuve de l'enseigue Jean
maison
faisait partie de l'ancienne habitation Hector. Sa propriété
les; constructions actuelles
Lucasmaix ; mais toutes
preté el'la distribulion
sont d'une date récente: La pro:
véritable plaisir. Sur comode de cet établissement me fit uu
vallées pàrées dela une hauteur qui domine de deux côtés des
s'éléve
plus. riche végétation, ct
cette grande habitation,
très-bien cultivées,
avec une galerie au centre.
construite à la manière du
cafeé, neservait
Le glacis, ou terrasse pour sécher pays, le
avec sOn lourd pas pour le moment, et le moulin,
roulean en. bois, était
d'épluchage,
de feuilles, pour le préserver
enveloppé d'une couverture
des cultivateurs et les batimens del'ardeur du.soleil. Les chaumières
la même hauteur
accessoires étaient
; on y voyait un colombier
distribuéssur
qui ne cessaient d'aller. et de venir; des
peuplé de pigcons
le poulailler, et tout ce qui
écuries, des toits à porcs,
qui, joint à l'emploi
complète le tableau d'une ferme et
partics du
systématique et judicieux des différentes
terrain, annonce qu'on
détails qui contribuent au.
s'occupeavec soin de lous les
civilisée. La propriétaire bien-être et aux jouissances de la vie
que les familles des
claitabsente et nous ne pûmes voir
leurs
cultivateurs, c'est-à -dire leurs
enfans, tous bien vêtus,
femmes et
santé, Ils étaient
propres et. pleins de force et de
cher le
occupés, dans l'intérieur des
linge, à le repasser, à soigner les
chaumières, à sésoleil, pour les faire sécher, les
volailles, ou à étaler au
dustrie et l'activité
cosses de différens légumes. L'inà établir età
persévérantesont le seul capital
monter cette ferme de
qui ait servi
teurs n'avaient d'autre trésor
montagne; car ses fondacependant il n'ya pas de
que leur santé et leur force, et
ties de cette habitation. jardin mieux tenu que toutes les
On y trouverait à
parrasite, et les arbres sont émondés
peine une herbe pacomposent de produits
avec soin. Les plantations se
et au commcrce
appropriés à la consommation intérieure
les trois
d'exportation: ; et le commandant
ou quatre familles associées
m'assura que
l'exploitation dc ce domaine,
avec la propriétaire pour
avec la quantité de terres
étaient loin d'être en
S1
en culture. -
proportion
décemdre. Je lenais à
nemenbenesstisgmun
plaine
és
peine une herbe pacomposent de produits
avec soin. Les plantations se
et au commcrce
appropriés à la consommation intérieure
les trois
d'exportation: ; et le commandant
ou quatre familles associées
m'assura que
l'exploitation dc ce domaine,
avec la propriétaire pour
avec la quantité de terres
étaient loin d'être en
S1
en culture. -
proportion
décemdre. Je lenais à
nemenbenesstisgmun
plaine --- Page 149 ---
N
- -
-
FÈTE DE smÉPEXDAXCE. dans la ville, des
témoin de la fete detindépendauce vont avoir lieu chez.
pour être et.assister. aux réjonissancos dernier qui jour de l'année qui.
Gonaives,
oélébrer. le
lei général Beauvoir, de pour celle qui va s'ouvrir. fête donnée chez.lefinit, et le premier J'assistai hier soir à la avait été ouverte
AeJanbier 1831.3
une souscription ville. C'était un
général, ct pour laquelle familles haitiennes de la. depuis le blanc
parmi les premières toutes les nuances de couleur, jusqu'au noir d'ébène.
bal qui réunisait
de l'Europe
s'y succépur des montagnes
françaises
le plus
Les contredanses la danse nationale.
des déserts de PAfrique. de la caraibinée, quiest
élégante.
entremelées
de simplicité
dèrent,
dames avait ce caractère
gailé, temLa toilelte des
régnail la plus franche charme du com-.
particulier au pays ; partout cordiale,! le plus grand congé du bon,
pérée par cettc politesse du jour , la société prit les usages.
merce del la vie. Au point lui avoir offert, suivant
comgénéral, après
voeux pour T'année qui
et vénérable
et scs
y assister au ser-;
français, sreompliancos à l'église. pour.
et chacun se rendit
des:
mencail,
réunies sur la place
vice.
matin les tioupes sétaient fête de Tindépendanee. Le
De-grand la célébration. de la
et des autorités, civiles
Gonaives pour
de son état-major
de. la
général, accompagné cérémonie, escorté par un detachement de.la garnison *-
cnr costumes de
par un. des régimens ou espèce dc,
garde nationale, et. précédé
une estrade,
il y en,
l'autel de la paireseos
et comme
monta sur
centre de. la place publique,
Là,
rostres, élevée au
bourgs et villages de laj gépublique. une. trèsdans toutes les rilles
mais qui a reçu
a
Beauvoir, nègre,
dans lequel Tisétendit,
le fils du général
un discours
lcs
sujets
bonne éducation, prononça circonstance, sur grands
à
T'usage en pareille
et sur le devoir imposé en,
suivant
et de lindépendance. aucun sacrifice pour
de la . liberté de ne reculer devant.
chaque citoyen maintien ct Tinviolabilité.
de la femme du
assurer.le
soir ont eu lieu les obsèques celles dont tj'aie
Ce
de toutes
- 5. janvier.
les plus pompeuses description qui fera conHettenant-cnlonel) j'en donnerai une
ct les marété témoin à Haiti; usité dans cette circonstance, morts.
naître le cérémonial lesquelles on honore iciles les femmes en.
ques de respect par habitans y assistaient;
le mou:
les
principaux
c'est-à-dire
Tous
de douil de rigueur,
qlanc,avec la coiffure
obsèques celles dont tj'aie
Ce
de toutes
- 5. janvier.
les plus pompeuses description qui fera conHettenant-cnlonel) j'en donnerai une
ct les marété témoin à Haiti; usité dans cette circonstance, morts.
naître le cérémonial lesquelles on honore iciles les femmes en.
ques de respect par habitans y assistaient;
le mou:
les
principaux
c'est-à-dire
Tous
de douil de rigueur,
qlanc,avec la coiffure --- Page 150 ---
CÉRÉNONIE FUNÉBRE.
choir blanc, et les hommes en demi-deuil, noir et blano. Les
fonctionnaires publics, civils et militaires, en grand
marchaient derrière Ja famille. Les autres assistans costume,
ensuite, mais sans ordre, et il. y avait dans le nombre s'avançaient des
fenimes qui tenaient des cierges allamés. Tout ce cortége était
précédé d'un dés serviteurs du prétre, portant le crucifix :
suite venait le clere de
enl'église,ayant une cassolette d'ou s'exhalait la fumée de l'encens : le prètre et les chantres suivaient
en files, à droité et à gauche. Quatre femmes tenaient chacuiné un coin du poële mortuaire; le corps étant déjà à
l'église oû il avait été exposé. Un détachement de soldats
ouvrait la marche.
L'église, oû le corps était en parade, avait été illuminée d'avance ; des cierges y brûlaient en profusion. Pendant le
tant dans l'église qu'au cimetière et sur les bords service, de la
fosse, toutes les femmes restèrent à genoux. Tout se
avec
un ordre et une décence admirables, et la cérémonie passa
troublée par aucun bruit, si ce n'est par un cri
ne fut
fit entendre tout à coup ; il était poussé
perçant qui se
la mère de la défunte,
par une femme agée,
qui, comme Bachel, a
son
K fant et ne voulait pas être consolée,
pleurait
en-
< plus. >
parce qu'elle n'était
Gjanpier.Jai parcouru cet après-midi les bords de la Quinte,
dontle lit est entièrement à sec. J'ai traversé le petit
de
Cahos, agréablement situé parmi des palmiers et le village de
champs de nillet et de' coton, avec de belles clôturés long
de campèche. De là, je me sis rendu à Cochereli en bois
propriétés que faisait exploiter Toussaint
, ine des
dant
lorsqu'il étàit commanen chef, mais qui est maintenant abandonnée. La
priété adjacente, qui appartient à l'offieier de police
proadmirablement
rurale, est
cultivée; la petite habitation, la ferme et les
bâtimens de service, couverts en chaume, offrent un tableau
agréable de la vie champêtre. Le sol de ce distriet est une terre
noire et profonde, et, malgré le manque d'eau, d'une grande
fertilité.
11 junvier. J'aipris conge de nies éxcellensamis dés
et je me suis nis en route pour le Cap. Je devais
Gonaives,
carrefour du Poteau, dont j'ai
passer par le
ebemin
parlé plus haut, comme élant le
qui conduit à la grande ville du Nord.. Nous laissdincs
à droile la route d'Ennery, et nous suivimes le chemin sinueux
onde, et, malgré le manque d'eau, d'une grande
fertilité.
11 junvier. J'aipris conge de nies éxcellensamis dés
et je me suis nis en route pour le Cap. Je devais
Gonaives,
carrefour du Poteau, dont j'ai
passer par le
ebemin
parlé plus haut, comme élant le
qui conduit à la grande ville du Nord.. Nous laissdincs
à droile la route d'Ennery, et nous suivimes le chemin sinueux --- Page 151 ---
-
- sis
PASSE weig'escaLEs. tant vanté sous le rapon me T'avait
d'un'
de La Coupe à Escalier;
je ne pus me défendre
de l'art et de la nature , quie
le traverser. Nous
port
de joie en pensant que j'allais entre les montagnes;
nouvement
d'Ennery, qui serpente
set BU
passamest la rivière
se jeter dans la mer.
tin long circuit,
il y a quatre
et va, par
ait sommet de lEscalier,
- De La Coape-a-Pistate
peiible à travers les montagues;
lieues de marche extremement
dslotmagent ampleef la majesté du paysage
les forèts et les
mais la beanté
Les rochers,
ment le voyageur de ses futigues:
du travail et de lindusoffrent à chaque pas des marques
semé de precipices
eaux
quia su convertirun ravin
ef h
C a Sal
trie de Thomine,
1 Rn . 1
un
en une route tes-praticable l"Escalier est un vallon rocailleux qu'arrosé en forLa passe de
des flancs arides de la montagne tout son
ruisseau qui descend
cascades, de sorte que
et le
mant une infnité de pelites dontinuelle. Au fond de la vallée
eours est une cataracte praticables sont disséminées datent quelrjnés de
long des esearpemens bananiers; quelques-tines
plantations de cafés et de
et d'autres sontabsolu:
la réoccupation des anciennes propriétes, la jeunesse ct la disposition
nouvelles, comme lindiquent
chaunières sont rément des arbres. Un petit nombre de
dans une de
régulière et là sur les déclivités de la montagne;
a blanpandues çà
nots vimes une femme oceupée Tout le
ces petites habitations avait tirée d'iné ruche sauvage. cerchir de la cire qu'elle varié et pittoresque, et rappelle
paysage de ce canton est
Ontre les voyageurs que notts
tains tableaux de Salvator-Rosa. nous annongaient que ces
de temps à autre et qui
à disrencontrious
sans habitans, nous apercevions
des
rochers n'étaient pas
leur linge dans le ruissean;
tance des femmes lavant portant d 39 gourdes et des calehommes et des lenfans qui;
les cafiers éauvages qui sont
basses pleines d'ean, gagnaicnt traversé le ruisseau à la derhaut de la vallée. A près avoir
le district proau
du cheinin; nous atteiguimes
nière intersection
Là montéé en est apowanubienent adouci
prement dit de l'Escalier: travail et d'adresse, on en a
escarpée, mais à force de
un espace qui n'estpas
un sentieren zig-zagsar Alors le cavalier et
les diffieultéspar celui d'un escalier ordinaire:
aux nues
plus large que
comme s'ils montaient
le cheval ne cessent de graviry qu'ils parvicnnent par un détour
le long d'une échelley jusqu'a
enfin O1 arvivc'au somcouvert de caliers;
à un excarpoment
'Escalier: travail et d'adresse, on en a
escarpée, mais à force de
un espace qui n'estpas
un sentieren zig-zagsar Alors le cavalier et
les diffieultéspar celui d'un escalier ordinaire:
aux nues
plus large que
comme s'ils montaient
le cheval ne cessent de graviry qu'ils parvicnnent par un détour
le long d'une échelley jusqu'a
enfin O1 arvivc'au somcouvert de caliers;
à un excarpoment --- Page 152 ---
L'ESCALIER:
met, de cette gorge, où : lon E
cabancs; et du hant de la
découvre un groupe de paisibles,
une des. plus belles vallées montagne de
les yeux se promènent sur.
rement à la beauté
l'univers.. Ce qui-ajoute singulièdiflicile et sauvage qui romantique de cette, scène, c'est le chemin.
au premicr coup d'oeil de y. conduit, et lon ne peut se défendre
cette
que nous cause ordinairement i-eaieegpeleient
L'Escalier est.une
un.spectacle inattendu.
colonel Thomas
construction toute, récente,
2 nègre de
ouvrage du
truction , mais d'une rare Saint-Christophe, homme sans.insplicité et. d'mnednuceur
intelligence et aussi d'une simfait preuve
charmantes.11. a, dans cette
Les énormes d'habileté et surtout de patience et de entreprisey
masses de rochers qui
persévérance.
gorge ont été réduits
obstruaient le fond.dc la
seul a fait, découvrir, en.fragmens par un procédé que le hazard
et.dont on a fait
avantageusc. Il. fallait commencer
l'application-la plus
obstruaient le chemin, mais
par abattre les arbres qui
pouvait s'en débarrasser.q
après les avoir. abatius, on. ne
on s'aperçut
qu'en les brolant. Dans
que d'énormes rochers calcaires. cottc.opération
échauffés, venantà être
que le feu avait
se
trempés cnsuite par la
dissolvaient, et ne
pluie, éclataient,
lable que. de minces laissaient, au lieu d'une masse inébrancidentelle: mit le
fragmens. Cette découverte tout à fait acment. de surmonter directeur de ces: travaux. à- même non seuleriaux
tout obstacle, mais
qui, de; cette
d'appliquer des.matéconstruction des
manière, se trouvaient sous lamain à la
un chemin dont garde-foux et au pavage, et de
on croyait ne pas
pratiquer ainsi
avoir recours à la mine..
pouvoir venir à bout.sans
Les environs de la vallée et de la
d'une beauté que rien
montagne de Plaisancesont
ronnantes, la fertilité des n'égale. La majesté des collines envinent dans un lointain
vallées, les montagnes qui se desside jolies chaumières obscur, une: végétation riante et fraiche,
dominent la
posées sur de petits plateaux en saillie qui
richesse et de principale variété vallée : tout cela présente ce genre de
qu'à une vue des
qui appartient plutôt à paysage chinois.
4 Le
Indes-Ocilentales.
dans la chemin, en tournant autour de la
vallée par des angles souvent
montagne 3 descend.
des chanmières et des haies de
un peu brusques, entre
on étail à faire un abattis de bois jardin. Comme nous passions,
considérable dans la vallée ct
petits plateaux en saillie qui
richesse et de principale variété vallée : tout cela présente ce genre de
qu'à une vue des
qui appartient plutôt à paysage chinois.
4 Le
Indes-Ocilentales.
dans la chemin, en tournant autour de la
vallée par des angles souvent
montagne 3 descend.
des chanmières et des haies de
un peu brusques, entre
on étail à faire un abattis de bois jardin. Comme nous passions,
considérable dans la vallée ct --- Page 153 ---
ses
VALLÉE DE FLAISANCE.
nous
de points
de la montagne; sur beancoup des arbres que T'on
sur tes pentes
colonnes la fumée
au wilvoyions monter en épaisses des gens qui teaniportaient Lcs hommes
brôlait, et nous atteigantince pieds de Hongueur.
tine poutre de cinquante
par une négrese
lage
chargés étaient commaindés coiffée durcliaqui en étaient
sur un cheval; elle était le matchiet-ou
montéeà califoirchon bords, et tenait à sa main
quinze
peau depaysan alarges
Unejeune négtessed'envirose répétait
et qui la suivait à pied;
être sa fille,
la
Emett-tenren
ans, qui paraissait
Je m'amusail beaucoupdel manceuvre de
ses ordres aux portéurs:
on transportait cette pièce
ingénieuse à l'aide de laquelle
de berceau que les hommes
bois. Elle était placée sur une espèce ne les iempéchiait pais demonsur leurs épaules; ce' qui
suivaient le pas de mon
portaient colline avec tant de: vitesse qu'ils
destinée à la conter la
ctait srstsemblablemente car ils quitté:
cheval. Celte poutre nouvelle ferme du voisinage; au bourg; ils
struction de quelique un détour qui conduisait
je
rent la route et prirent
et quelgues instais après Mte
chantaient tout en cheminant,
cessai d'entendre leurs voix. (ace de nous la première fois que
Plaisance, que j'avais vue en
ce
en rAns
est qu'on appélerait
montra à nos regards,
maisons bien bala vallée'se
on y trouvé quelques
élevé, il
gleterre un joli villagés mais sur un point un peir
ties. Situé dans la vallée 2 et à l'onest. Vu de la gorge del'Bs
domine d'autres vallées à l'est
de la montagne, tant la
il nous parnissait sur la pente
les discalier ,
T'éclat du soleil deces climats abrègent
sénuitédel'air et
ne nous parurent que
Les environs de cette montagne
nots en fimes;
tances.
cultivés, et anrlobervation que
se trouvait
médioerement
partie des plantations
l'on
on nous dit que la plus grande beaucoup plus à Touest, our
les bords des Trois Rivières,
en général
sur
comme dans un rapport satisfaisant heures
regarde la récolte J'entrai dans Plaisance vers quatre dans leur
avec la population. Des cultivateurs ou petits fermiers, basse et à
de T'apres-midi.
avec le petit chapeau à forme
costume de paysans 2
et la chemisette, étaient assemblés
bords étroits; les caleçonis de paix, oùt je suppose que les appedevant la' maison du juge
lait quelque affaire judiciaire. nuit à Plaisance. Le lendemain matin,
12 junvier. J'ai passé la toute la valléc, et dérobant à notre
bronillard épais couvrant
pour nous.
un
voisines, , il nous fallut attendre,
vue lcs montagnes
au à forme
costume de paysans 2
et la chemisette, étaient assemblés
bords étroits; les caleçonis de paix, oùt je suppose que les appedevant la' maison du juge
lait quelque affaire judiciaire. nuit à Plaisance. Le lendemain matin,
12 junvier. J'ai passé la toute la valléc, et dérobant à notre
bronillard épais couvrant
pour nous.
un
voisines, , il nous fallut attendre,
vue lcs montagnes --- Page 154 ---
LIMBÉ.
remettre en. chemin, que les soleil se fat un peu élevé au-dessas
de Thorizon.
M lon voyage à travers ces montagnes 3 ne fut qu'une
de tableaux des plus variés et des plus imposans De succession
vallées couvertes de forêts ouvraient d'immenses et profondes
points de vue, entre des pics éloignés et perdus magnifiques dans les
peurs. De jolies fermes garnissaient les déelivités des
vaau milieu de plantations de vivres et de café, coupées montagnes, des
sentiers tortucux qui conduisaient jusqu'àla cime bleuâtre par des
collines. Des hommes et des femmes travaillaient avec
sur leurs terrains
activité
> qui paraissaient tenus aveci beaucoup de
prété et bien plantés. Les
promieux cultivés ici
malangas ou taios éfaient en général
que je ne l'avais vu partout ailleurs.
n be chemin du Limbé est uni, et suit les sinuosités dela rivière
de ce nom quenous pames passer à gué, Elle est
profonde, et se combine avee les
large. , maisp peu
fornier les sites les plus agréables. montagnes On
ensironnantes pour
y rencontre, à droite et à
gauche de la route, de très belles plantations de café, fort bien
entretenues et entourées de bonnes haies de bois de
La brise de mer apportait dans la vallée une fraicheur campèche. délicieuse, et à laquelle j'étais d'autant plus sensible
sortais
des plaînes brûlantes du sud. Les chaumières et les que je
devenaient plus rapprochées à mesure que nous approchions plantations du
Limbé. Leur situation, au milieu de belles clôtures
parmi des forêts d'arbres fruitiers annoncent
vertes 5
être. Nous rencontrâmes
l'aisance etleb bienchemin faisant des groupes d'hommes
et de femmes habillés de blanc, et qui revenaient d'une cérémonie funèbre. Ils ne manquérent pas de nous adresser en
sant ces salutations et ces politesses qu'on est sur de recevoir paspartout à Haiti.
Limbé est un gros bourg 2 très-propre et fort tranquille ; la
résidence du général commandant et la place publique sont remarguables par leurs longues galeries et leurs toits couverts en
tuiles. L'église se. détache agréablement parmi les chaumières
qui l'environnent à l'ouest. Tout le bourg est entouré d'arbres
magnifiques qui étalent au soleil leur superbe
Audessus des bâtimens de la place s'élève
feuillage.
du Mout-Calumet.
pittoresquement le pic
Apprenant que le colonel Cincinnatus Lecomte, commandant,
pour qui j'avais des lettres, n'était pas au Limb:, mais à son
'église se. détache agréablement parmi les chaumières
qui l'environnent à l'ouest. Tout le bourg est entouré d'arbres
magnifiques qui étalent au soleil leur superbe
Audessus des bâtimens de la place s'élève
feuillage.
du Mout-Calumet.
pittoresquement le pic
Apprenant que le colonel Cincinnatus Lecomte, commandant,
pour qui j'avais des lettres, n'était pas au Limb:, mais à son --- Page 155 ---
- -
-
- -s
LA COUPE DU. LINDÉ.
la routes je
milles plus loin sur
dans
habitation , située à quelques
que de passer la nuil
décidai à l'y aller trouver, > plutot
La soirée n'éfant
me
comme je l'avais d'abord projeté. encore le temps
le bourg, trbs-avancée, je pensai ique j'aurais culture de cette compas
et d'eximinerla
des arbres
de battre la campagne des avocadiers et des palimiers,
mune. Des cocotiers,
de canelle, des maniguiers,
des bananiers, des pormes
2 des. oranà pain,
des 1 corossols 1 des sapodillas, les - cafiers, sans
des caimitiers, onabrageaient péle-mele culture est celui
gors, etc., etc., de l'air. Ce syslème de
chauds.
géner la circulation suivi dans les districts les plus d'arbres, qui
qui est génératement sont au milieu de cette profosion ct les plantaLes chaumières
fraicheur,
donnent tout à la fois abondancelet le long de la route, ijussans intérruption
les terres
tions se snccèdent
du Limbé, oû sontsitués
qu'au carrefonrde la Coupe
du colonel Cineinnatus,
nouvellement défrichées ct les enclos
sucrerie, est aujonrs
de Paris, jadis magnifique
culture des
La propricté
, a et consacrée à la
d'hni partagée en concessions tout à côté est la vaste et belle sucrerie rn M
vivres et du café; mais le meilleur état possible.
de Chatestu-Neuf, dans du Limbé, et après avoir contemplé
la gorge
sa rivière, je
En franchissant vallée qui traverse et fertilise
la riche
cultive des vivres pour
avec plaisir
petites fermes où l'en
bien
mais
découvris de jolies
assez
tenues,
du bourg : elles me parnrent
est aetuellement
le marehé clair-semées: Le bois de campêche vente de ce bois d6elles sont dominante de ces forêts , et la
pour en
l'essence dumoins des travaux qu'il faut entreprendre dans les déserts du
dommage
avantage qu'on n'a pas
debarasserlo terrain,
pas aussi systémiatique
L'agriculture ici ne parait
, et iles
Cul-de-Sac.
qu'au Port-au-Prince
ni aussi produetive en général par leur' costume et la quahabitans de ce district , à en jnger sont moins. aisés que ceuxidu
lité des étoffes qu'ils portent, ne parait pas influer surleur
midi; cette différence toutefois
faut entreprendre dans les déserts du
dommage
avantage qu'on n'a pas
debarasserlo terrain,
pas aussi systémiatique
L'agriculture ici ne parait
, et iles
Cul-de-Sac.
qu'au Port-au-Prince
ni aussi produetive en général par leur' costume et la quahabitans de ce district , à en jnger sont moins. aisés que ceuxidu
lité des étoffes qu'ils portent, ne parait pas influer surleur
midi; cette différence toutefois ::
Chrishumeur.
ce chemin, 9 le fort du roi
en suivant
de Ferrier,
- On déconvre,
les sommets de la montagne
on
tophe, qui couronne dans les nues. Littératement parlant,
dontila tèle se cache
de T'homme cxtraorelinaire
donner à ce chef-d'oenvre château en l'air, silne
pourrait
le inom.de
que je viens de' rappeler, --- Page 156 ---
1A2
HAUT-DU-GAP. I
restait pas comme un montiment de quelqne chose de bien
plus déplorable que sa folie:
DT 2
Le village du Haut-du-Cap annonce assez
gueilleuse cité qui se parait jadis du beau
piteusement l'ortilles. Cen'est
nom de reine des An:
qu'un amas de chaumières, entassées
et: entées' pour ainsi dife sur. les murs ruinés d'anciens sans'ordré,
un atelier. de charron et un de serrurier,
jardins;
d'un village
qui rappellent ceux
d'Angleterre, sont les seuls indices de
industrie. Avant d'y arriver, on voit au picd de la quelque
ou quatrepctites maisons de campagne. Ce fut montague trois
Haut-du-Cip
les
près du pont du
que
troupes royales rencontrèrent les rebelles
de Richard, et, par leur refus de combattre, décidèrent
destinées de la maison de Christophe.
des
Haiti a passé de l'esclavage à la liberté, à travers des élémens
destructeurs dont la trace n'est que trop visible encore dans la
ligne de ruines qui fait face au parc de la Fossette,
duquel est une fontaine. La ville du
vis-à-vis
Cap n'est, à
parler 3 que la carcasse de l'ancienne cité, une ombre proprement
grandeur passée; mais là même oùr la restauration
de sa
le moins de progrès, la vue est récrée
a fait encore
breux ouvriers
par le spectacle de nomemployés à relever quelques-uns des anciens
édifices particuliers, avec la même solidité et dans le même
qu'autrefois. En parcourant la rue des
style
Espagnols, on retrouve
encore la plupart des élégans édifices qui la décoraient,
que ce ne soit pas une des rues les mieux
bien
de
conservées; : son
mélange maisons à un et deux élages, revêtues d'un
blanc, et son pavé inégal et, raboteux, lui donnent
stuc
de ressemblance avec la grande rue a de Northampton, beaucoup
le bruit, , le commerce et l'activité,
moins
Les rues sont régulières, mais malpavées, et ontl'inconvénient
que l'on remarque encore dans la plupart des villes de
qui est de n'avoir pas de trottoirs. La plupart des
France,
deux étages, rarement trois. Les
maisons ont
marchands et les artisaris en
boutiques suppléent au défaut d'ombre pendant le milieu du
jour, au moyen de bannes qui vont d'un côté à l'autre de la
et sont attachées à des crochets scellés dans les
rue,
murs. En' général, ce bourg est très-propre, et sous ce rapport contraste
parfaitement avec le Port-au-Prinee.
20 janvier. On ne pent qu'applaudir à l'activité des
entre-
ages, rarement trois. Les
maisons ont
marchands et les artisaris en
boutiques suppléent au défaut d'ombre pendant le milieu du
jour, au moyen de bannes qui vont d'un côté à l'autre de la
et sont attachées à des crochets scellés dans les
rue,
murs. En' général, ce bourg est très-propre, et sous ce rapport contraste
parfaitement avec le Port-au-Prinee.
20 janvier. On ne pent qu'applaudir à l'activité des
entre- --- Page 157 ---
RESINE-DE-NORB
des maisons; onireniet
Baftioulières pour la restauration celles qui: : ont été eni grande
prises état du moins habitable
qui n'ont
dans un
et d'autres, en assez grand nombre; inéuidians en hailpartie détruites,
comme autant de
plus de toits, et paraissent bien vetus; et comme si le souvenirde le - nombre
lons au milieu de gens les faisait supporter; mais 7A TAR
leur antique splendeur 3 9o
11 or M
ct
én diminue chaque jour. visites dans le courant de ce mois, est
Féorier. J'ai fait deux
dans la Maine-du-Nord: Jolie :
plusieurs jours à Jolie,
négociant anglais du
passé
de M: Blain,
les vaches
la maison de campagne 'encloses pour les chevaux,
Cap; ilyla des pâtures qui lui fournit la quantité de légumes, de sa
êt les brebis, ét un jardin nécessaires à la consommiation est
fruits et autres denrées
ville de la: Phine-du-Nord
maison. L'église de la petite
lui donne Tapparecce
mais assez élégante : son clocher
: ont assez
simple, ,
mais les maisons; en général - ssi 39
-d'une église anglaise; :
district
mauvaise apparence.
dans : la culture de ce la culIl n'ya rien de remarquable été restaurées en partie, > mais les
Quelques propriétés ont
bien que le colon,
mélangée w'aibtrefots;
des récoltes.
ture y est plus composent la paitie principale de Saint-Ravivres et le sucre
condtit aux montagnes
haies;
Le long de la route qai les cafeiries sont entourées de
pliaél et de Saint-Michel. ; de très-bien entretenues, ét abritées
il y en a dans le nombre mais en général les grandes proprictés
par des arbres fruitiers ;
de terrain , résultat de ventes
sont rarés ; et lès subdivisions ont multiplié dansle pays ces petits
partielles ou de concessions, dans les bois, dorit les habitans et
d'habitations enfoncés
léurs bestiaux,
groupes
des savanes oir ils mettent café. Le degré d'inont en commun vivres, du riz, du coton et du
est loin de
cultivent des
de' ces terrains
dustrie qui préside à la culture l'on trouve chez quelques
et de la méthode que
sorte le ton au vilTintelligence
qui donnent en quelque
ainables,
familles principales,
une infinité de qualités
lage. On en voit qui possbdent de ce qu'ilfaut surtout à un pays
d'indastrie, contre toutes les difficultés
malsquimanquent où l'on est obligé de lutter
qui ne sont pas
jeune,
années. Il y en a cependant
agronodes premières
dans leurs spéculations
dépourvas de tout système de clôtures, au milieu desquelles
miques. La route cst bordée
qui donnent en quelque
ainables,
familles principales,
une infinité de qualités
lage. On en voit qui possbdent de ce qu'ilfaut surtout à un pays
d'indastrie, contre toutes les difficultés
malsquimanquent où l'on est obligé de lutter
qui ne sont pas
jeune,
années. Il y en a cependant
agronodes premières
dans leurs spéculations
dépourvas de tout système de clôtures, au milieu desquelles
miques. La route cst bordée --- Page 158 ---
1AA
PLAINE-DU-NORD,
le mais, le riz, les vivress le café et la canne se
terrain par compartimens réguliers.
partagent le
28féprier. Avec M. Kolster, de la maison de commerce
et Kolster, j'aifait ce matin une excursion à la rivière
Blain
oû, descendant des montagnes de Dondon etde
Dorée, là
fait sa, jonction aveç celle du Limbé. Ily: avait Marmelade, si
elle
qu'ilr n'avait plu, que toute la plaine du Nord paraissait long-temps bralée,
excepté les champs de cannes de Gaudin. Nous traversames le
ruisseau de Galifet, appelé la rivière du Haat-du-Cap, et nous
entrâmes dans les montagnosentreles Mornets,
le Ferrier. Depuis notre entrée dans. la
laissantagauche
descente dans la vallée
gorge, jusqu'à notre
qu'arrose une branche de la rivière du
Limbé, nous ne cessâmes de voir des terrains d'une admirable
culture. Les cafiers, qui se trouvaient alors en fleur, régaaient
de la cime des montagnes jasqu'au fond des ravins, entremélés
d'arbres fruitiers et de bananiers. Sur les déclivités étaieut répandus des champs de maïs et de riz, mais peu considérables. A
la rareté, à la petitesse et à l'apparence des chaumières sitt uées
sur quelques plateaux que présentel'intérieur de lavallée, il parait
que les propriétaires n'ont d'autre richesse que leur industrie,
Les routes qni descendent dans la vallée ou coule la rivière
sont couvertes d'une abondante végétation, et, d'habitations
mieux bâties que celles des montagncs. Le pin y est extrêmement commun partout ouil y a des arbres, Les sentiers
nans
tourpar lesquels on remonte de la vallée, deviennent de
en plus étroits, et la montagne plus escarpée ; nous y remar- plus
quames encore avec plaisir. une culture soignée. Le café, le mais
et le riz.croissaient sur des escarpemens oàil semblaitqu'ilétait
impossible que le cultivateur posatle pied, Je ne pouvaisd deyiner
ce qui pouvait attirer ainsi l'industrie et le travail dans des
droits où l'on est obligé de laisser des souches, de
endistance en
distance, pour que l'ouvrier puisse s'en aider en montant et en
descendant.
A mars. Ily avait aujourd'hui dans la ville une procession
d'actions de grâce pour les dernières.pluies, dont la longue
vation avait été ressentie commeunecalamité
pribreux
générale. Un nomcortège, principalement composé de femmes, le plus religieux tout à la fois et le plus laborieux des deux sexes, parcourat en cérémonie les rues les plus fréquentées, précédé d'une
distance, pour que l'ouvrier puisse s'en aider en montant et en
descendant.
A mars. Ily avait aujourd'hui dans la ville une procession
d'actions de grâce pour les dernières.pluies, dont la longue
vation avait été ressentie commeunecalamité
pribreux
générale. Un nomcortège, principalement composé de femmes, le plus religieux tout à la fois et le plus laborieux des deux sexes, parcourat en cérémonie les rues les plus fréquentées, précédé d'une --- Page 159 ---
- b
DUPLAA. remerciait Dieu et on le
croix et d'une image de la Vierge. On et dans sa bonté que la
d'ordonner dans sa miséricorde
priait donnât ses fruits en la saison.
ou les Délices
terre
la seconde fois Duplaa,
11 mars. J'ai visité pour
Rien ne rappelle l'Angleépouse de Christophe.
les haies, et
de la Reine,
les belles avennes,
cette
terre comme les vastes prairies, de cannes qui entourent
verdure des champs
des beautés natula magnilique demeurc. Pour jouir complètément embelli à ce point, il
élégante
l'art et le travail ont
relles d'un site que
et du haut de sa plate-forme
faut monter sur une tour voisine, magnifiques paysages du
sur un des plus
l'ceil se promene
de
monde.
de Duplaa, de Casedeau,
enclos, et les jardins
les uns aux
Les champs Duclaireau et de Lefèvre, tous contigus
Gràce
Charitto; de
idée de la culture de ce canton.
autres, donnent unehaute
les cultivateurs de Duplaa
pluies qui venaient de tomber, le meilleur état. Le long
aux
mettre leurs jardins dans le canal
l'eau au
avaient pu
à l'endroit ou
apporte
des champs de cannes, de terrain avait été divisée par petites
moulin à sucre, une ligne
d'excellens légumes de toute escouches, quel'on avait garnies
y étaient en abondance. Au
laitues qui
en examiner
pèce, et en patticulierde
la campagne pour
et à
moment où nous parcourimes femmes occupées à planter
nous vimes plusieurs
en général dans
la culture,
dans soil terrain. Il y. avait bien-etre que
arroser, chacuné
une apparence de
tout ce qui frappait nos yeux ailleurs qu'à Haiti. J'aiparlé précédemFon trouverait trarement bonne tenue des jardins du Cul-dement de la propreté et de la
mais il y a peut-être
Sac, dans les environs du Port-au-Prince, C'est un usage général de
de variété dans les produits.
les champs de
ici plus
de service qui traversent
les bordeborder les chemins
comme en Europe on
cannes, de cassave et de patates, terre. Le sol se compose d'une
rait de haricots et de pommesde
friable. En arrivant
très-fertile, et extrêmement la rivière, nous nous
terre noiratre,
qui avoisinent
à l'extrèmité des champs
hutte, autour de laquelle se rastrouvâmes près d'une grande des hommes et des femmes 2 les
semblaient pour le déjenner
des jardins. Toutes les
et les autres
uns venant des champs fort bonne mine; avcc cettc gaité
femmes étaient jeunes ct de
les gens de campagne, ceuxqui caractériseut
nous pouvions
et cetteloquacité tous les renseigmemens que
ci nous donnèrent
oisinent
à l'extrèmité des champs
hutte, autour de laquelle se rastrouvâmes près d'une grande des hommes et des femmes 2 les
semblaient pour le déjenner
des jardins. Toutes les
et les autres
uns venant des champs fort bonne mine; avcc cettc gaité
femmes étaient jeunes ct de
les gens de campagne, ceuxqui caractériseut
nous pouvions
et cetteloquacité tous les renseigmemens que
ci nous donnèrent --- Page 160 ---
ÉCOLE A LA LANCASTRE.
désirer sur l'état de leurs familles et
Cette propriété occupe de 110à
sur lés travaux de
Duplaa,
et enfans, vigoureux et bien
individus, hommes, femmes
pourla quantité de terrain portans, mais ils ne suffisent
qui a été mise en
pas
règne de Christophe. De son vivant,
culture pendant lc
quantité moyenne, 270,000 livres de on livrait au commerce,
ce produit est tombé maintenant
sucre de muscavade; mais
munie de tous ses ustensiles
à 60,000 livres. La bouillerice est
deux
et est d'une bonne
chaudieresquiysont, montées,
construction; ; des
qui soit employée. Les
iln'ye en a qu'une maintenant
magasins sont
ment de notre visite, vingt-cinq
considérables; ; au mo8000 livres chaque, étaient
barriques, de la contenance de
cristallisation. Tout le
remplies d'un sucre de la plus belle
matériel de cet
lent, rien n'y manque ; ce qui n'étonnera établissement est excelqu'il appartenait à Christophe,
pas, quand on saura
priétaire.
Boyer en Cst aujourd'hui
pro16 mars. Une visite que nous avons faite
nationales nous, a causé un
ce matin aux écoles
L'état et les
plaisir mélé de quelque
progrès des enfans sont, il est
tristesse.
cusable de leur
vrai, une preuve irréleur
application et du zèle des maitres
instruction ; mais ces écoles sont
chargés de
presque absolu de livres et
dans un dénuement
trop clairement la
d'ardoises, ce qui n'annonce
profonde incurie des
que
CCs établissemens si
autorités à l'égard de
importans, et en même
rence pour le mérite et les services de
temps leur indiffeC'està Christophe
ceux qui y sont attachés.
que l'on doit ce bâtiment,
pour une école d'après le
disposé tout exprès
truction en est belle, le local système de Lancaster. La consautant de portes de
spacieux, ily a onze croisées et
pieds. Cette
chaque côté, et sa longueur est de 75 à 80
institution, qui était sous la direction
dont tout le monde
de M.
parle avec affection et
Gulliver,
fruit du gouvernement du
respect, fut le premier
qu'il voulait élever
roi Christophe, qui avait annoncé
des iles à esclaves, une génération qui devicndrait, au milicu
moral de leur société une preuve vivanle de l'égalité de l'état
aussi bien que de leur
sique. C'est dans cette école,
condition phymencé l'instruction
purement élémentaire, qu'a comnqui se répand
succès parmi lcs habitans du
aujourd'hui avec tant de
loppée et élendue dans
Cap ; instruction qui s'est dével'école de grammaire de
maisce ne fut pas sans mne peine véritable
M. Morton:
que nous fimes 16-
oral de leur société une preuve vivanle de l'égalité de l'état
aussi bien que de leur
sique. C'est dans cette école,
condition phymencé l'instruction
purement élémentaire, qu'a comnqui se répand
succès parmi lcs habitans du
aujourd'hui avec tant de
loppée et élendue dans
Cap ; instruction qui s'est dével'école de grammaire de
maisce ne fut pas sans mne peine véritable
M. Morton:
que nous fimes 16- --- Page 161 ---
ENVIRONS DE DUPLAA.
ces pauvres enfans qui, faute
moins de celle qu'éprouvaient
qui
ne
donner aux étrangers
de livres et d'ardoises, pouvaient
On voyait claireles visitaient un échantillon de leurs progrès.
avaient compté sur cette petite satisfaction, et qu'il
ment qu'ils
bien excusable en pareil cas,
en coûtait à leur amour-propre,
surtout en était désolé, et
d'en être ainsi privés. Un petit nègre
retenir ses larmes, et il n'y en avait pas un qui
ne pouvait
Cette scène parlait à nos
n'accusât l'apathie du gouvernement.
nous
coeurs avec bien plus de force que tout ce que pouvait
sur cette pénurie, qui, en
dire le maitre sur ces inconvéniens,
l'effidiminuait dans la même proportion
décuplaut son travail,
efforts. Ces difficultés toutefois nc faisaient que
cacité de ses
et suis sûr qu'avec des
rehausser le mérite de ses services, je
à son zèle, il aurait obtenu les résultats
moyens proportionnés
mérite les plus grands éloges
les plus satisfaisans. M. Papillon
à faire avec des moyens si bornés.
pour ce qu'il parvient belles
de la plaine, pour sa
22 mars. Une des plus
propriétés celle du colonel. Isitenue et son produit, c'est sans contredit
Lefèvre,
dore. J'ai visité cette propriété, 2 connue sous le nom de
des travaux du broyage et du bouillage. Je p'ai jaau moment
ardens à l'ouvrage, plus actifs que les
mais vu d'ouvriers plus
moulin, dansla bouillerie
cultivateurs del Lefèvre, occupés alorsau
de cette camet au dehors. - Les plantations de cannes font partie
entourées
environne Duplaa ; elles sont
pagne si verdoyante qui
de bonnes haies et s'étendent, à partir de la route, presque jusrivière. Les machines servant à la fabrication du sucre
qu'à la
si solides de l'ancienne habisont établies sur les constructions
la
nécessaire à T'exploitation acr
tation, dont on a réparé portion
deux chaudières en activité, ce qui constitue
tuelle. Ily a
ordinaire, quand on veut obtenir une fabrication acl'appareil
à Haiti de grands rafraichissoirs en
célérée. On ne se sert pas
du sirop;
bois comme à la Jamaique, pour la cristallisation
,
suffisamment cuit, on le met dans des
mais quand le jus est
complète, la mépots de terre, où il reste jusqu'à dessiccation
comme dans la fabrication des sucres raffinés,
lasse s'écoulant
Les cultivateurs, jeunes et vieux,
par le petit bout de ces vases.
nombre de 82; Ies cinemployés sur cette propriété, sont au
100,0001 livres
rapportent
quante acres en cannesqureliecontient, année du règne de
de sucre brut. Dans lavant-dernière
une de celles du gouChristophe 2 1819, cette proptiété,alors
10*
jusqu'à dessiccation
comme dans la fabrication des sucres raffinés,
lasse s'écoulant
Les cultivateurs, jeunes et vieux,
par le petit bout de ces vases.
nombre de 82; Ies cinemployés sur cette propriété, sont au
100,0001 livres
rapportent
quante acres en cannesqureliecontient, année du règne de
de sucre brut. Dans lavant-dernière
une de celles du gouChristophe 2 1819, cette proptiété,alors
10* --- Page 162 ---
ÉTABLISSENENT LEFÉVRE.
vernement, produisit 46 boucauts de sucre
semble 71,302 livrés; d'après lès
pàrfait , pesant enest maintenant de
de
registres du roi. Son rapport
près 50 pour cent plus
général, cependant, la fabrication du
considérable, Eh
leurs; ct ce déclin se ferà
sucre décline partout àildu colonel Isidore
peut-etré sentir même sur la
; car, malgré la supériorité
proptiété
excellenté adininistration, il n'en
qu'elle doit à une
est pas moins vrai
delannée, elle ne donnera à
qu'à la fin
dende fort mince, et
chaque cultivateur qu'un diviqui pourra bien nie pas excéder
gourdes par tête. Du reste ces cultivateurs
trente
dins, de leurs porcs et des volailies
tirent de leurs jarde
qu'ils élèvent autour deleurs
chaumières, quoi fournir
Leur mobilier n'est
amplement aux besoins de la vie.
pas coûteux; une table,
un lit ou deux, une armoire
quelques chaises 2
tensiles ét de la vaisselle pour serrer leurs hardes, des usen fer ou en terres 5 tels sont les
qui composentleur ménage et qu'on peut se
objets
de trente gourdes ; mais ce qui coûte le
procureravec moins
et quoiqu'un chef de famille,
plus, ce sont les habits,
aidé d'un ou deux
grands, qui travaillent avec lui, ainsi
garçons déjà
champs ou au moulin;
que leur mère, aux
5 puisse gagner de 100 à 120
àn,il ést vrai dé dire que ses
gourdes par
dépenses doivent
totalité de cetté somme.
absorber la presque
Dansla plaine du Cap, les cultivateurs
envoyer une fois par semaine des
peuvent, 9 termérhoyeh,
qu'ilfaille par fois travailler la
cannes au moulin ; et quoiavec autant dé
nuit,quoique letravail soit poussé
vigueur et d'intensité que dans une colonie
claves, telle ést la différence du motif
à e8qui fait
libre; qué non seulement ce travail est devenn agir l'homme
pour eux, mais qu'ils s'y livrerit
plus supportable
quoique cès cultivateurs,
avec gaité et satisfaction. Et
à l'expiration dès trois années de leur
engagement, n'eussent retiré de leurs travaux
que ce.qui était strictement nécessaire
chaque année
soin; il n'y en cut pas un qui ne
pour les garantir du bela propriété Lefèvre
s'empresat de sC rengager sttr
même
pour tiois autres années ; il s'en
un nombre d'autrés assez considérable
présenta
lè produit de 40 à 100 boucauts
ponr faire monter
suivantes.
dans l'espace des deux années
A trois heures; ces braves gens qui avaient
les deux nuits précédentes,
passé au travail
qaittèrent la besogne
broyé et bouilli toitt cè qu'ils avaient
après avoir
coupé. Lé vétément de
ager sttr
même
pour tiois autres années ; il s'en
un nombre d'autrés assez considérable
présenta
lè produit de 40 à 100 boucauts
ponr faire monter
suivantes.
dans l'espace des deux années
A trois heures; ces braves gens qui avaient
les deux nuits précédentes,
passé au travail
qaittèrent la besogne
broyé et bouilli toitt cè qu'ils avaient
après avoir
coupé. Lé vétément de --- Page 163 ---
S
S -
ÉTABLISSEMENT LEPÉVRE.
soit aux
soit au moulio,
travail des hommes et des femmes, celui des nègres des colonies à
fourneaux, ne diffère en rien de devant leurs chaumières, je
esclaves; ; mais le soir, en passant assis à leurs portes avec leurs
vêtus,
du soleil,
les vis tous proprement
au coucher
comme on verrait en Angleterre.
enfans, famille de bons paysans.
de cavaleriects soldat
une
Isidore est nègre, ancien officier chute du roi, n'ayant pris
Lecolone!
Mais après la
comme conde l'armée de Christophe.
ce ne fut pas
active à linsurrection,
il en fit l'acaucune part
devint propriétaire de Lefèvre; eurent été parcessionnaire qu'il
domaines nationaux
quisition lorsque les autres
conformément au système
de Christophe,
de l'accueil
tagés aux troupes Nous n'avons qu'A nous féliciter Je ne dois pas
de la république:
avons reçu du colonel.
hospitalier que nous
à nous d'observer le mode d'après
oublier l'occasion qui s'offrit
Les carabiniers
lequel sont cultivécs les terres régimentales. dans les jardins du régiment
travaillaient à tour de rôle
finileur temps de travail,
qui
terres de Lefevre, ayant
d'une
contigus aux
colonel. Ce sont des hommes leur cOSvenaient en prévenirle
ils portaient
haute stature et d'une force athlétique; tenant à la main leurs
Ils étaient six qui,
celui-ci
tume de paysans.
pour saluer le colonel; leur
larges chapeaux, se présentérent qu'il était content d'eux
leur avoir fait entendre
à linstant même
après
un mois. Ils se mélèrent
J'eus
donna congé pour
revenaient de leurs travaux.
aux gens de la propriété qui jours après, et les trouvai gais
oecasion de les revoir quelques ont fait une bonne récolte.
comme des moissonneurs entendu qui
dire du caractère remarqua- du
3 avril. Ce que j'avais
régulière des habitans
ble, de l'industrie et de la conduite m'avait décidé à le visiter pendistrict de la Grande-Rivière, qu'à cette époque solennelle
dant la semaine sainte, espérant concours de peuple, et d'obj'aurais occasion de voir un grand soir de mon arrivée au bourg de
d'être. Sur le
se rendre
server sa manière
était en mouvement pour
la
Sainte-Rose, tout le monde s'étaient réunis en petits groupes et, le
à MTénèbres. Les enfans
les rues en chantant ils
cresselle en main, parcouraient là, trou li, li, par lequel
refrain poptlaire : trou là,
injure aux juifs et célébrer
adresser une grosse
les uns à pied; les
s'imaginaient vendredi saint. Hommes et femmes,
tous proainsi le
cessaient d'" ntrer dans le bourg,
autres à cheval, ne
monde s'étaient réunis en petits groupes et, le
à MTénèbres. Les enfans
les rues en chantant ils
cresselle en main, parcouraient là, trou li, li, par lequel
refrain poptlaire : trou là,
injure aux juifs et célébrer
adresser une grosse
les uns à pied; les
s'imaginaient vendredi saint. Hommes et femmes,
tous proainsi le
cessaient d'" ntrer dans le bourg,
autres à cheval, ne --- Page 164 ---
BOURG DE SAINTE-ROSE.
premeut et même élégamment vêtus.
nombreuse sortit de l'église ; les enfans Après l'ollice une foule
et porlaient des rubans
étaient habillés de blanc,
solennité de
noirs, , signe de deuil
ce saint jour. En les
analogue à la
une race d'hommes d'une force observant, je reconnus en eux'
développement musculaire
peu commune et chez qui un
le résultat d'une vié
très-remarquable était évidemment.
sur, c'est
nulle laborieuse, saine et aisée. Ce
que
part je n'avais vu
qu'il y a de
des signes plus frappans de cette une population qui offrit
que Pope définissait
somme de félicité
ainsi : ( Santé, paix et
humaine
A l'époque oi lc district de la
douce médiocrité..
le commandement du
Grande-Rivière fut mis sous
général
core aujourd'hui, on aurait Caya-Larivière, qui y. est, en-:
quer aux habitans
pu avec quelque raison
ce passage de
applilequel il termine son Histoire de Bryan Edwards, par
la
Domingue : C C'étaient des
Révolution de Saintn'ayant ni paix, ni
sauvages au milieu de la société ,.
sécurité, ni
la moindre notion des deveirs de agriculture, ni propriété, sans
liens, à ces relations si chères
la.vie, étrangers à ces doux
du travail,
qui en font le
en périssant de besoin;
charme; ennemis
à l'égard des autres et envers
remplis de défiance les uns
tout le
sans foi, sans remords,
genre humain ; vindicatifs,
de leurs chefs, et
sanguinaires, à la merci des
en proie à toutes les
caprices
sans jouir des bienfaits de la
misères de la servitude 9,
- Si, réduit à ce degré
subordination. ))
avait du, comme semble d'abrutissement, le
l'Africain émancipé
dant plusieurs siècles
prédire Bryan Edwards, rester penrement
inaccessible aux motifs
poussent P'homme de la barbaric
qui ordinaijamais
à la
Caya-la-Rivière, dans un laps de
civilisation,
celui de huit années, ne serait
temps aussi court que
de leurs habitudes
parvenu à tirer ses administrés
sauvages et en faire la
industriense, la plus régulière dans
population la plus
la mieux disposée de la
ses moeurs, et certainement
sonnes ont pensé
république. Un grand nombre de perqu'en raison de la facilité avec
procure sous les tropiques les choses
laquelle on se
rait guèrc possible de réaliscrlc
nécessairesà la'vie, il ne secultiver le pays par des
projet philanthropique de faire
en fut venue à un état de paysans libres, avant quc la population
l'irrésistible aiguillon de la gêne ou de pénurie qui lui fit sentir
facilité à pourvoir à
nécessité. L'effet immédiat de
sa subsistance, c'est
cette
que l'homme qui peut,
choses
laquelle on se
rait guèrc possible de réaliscrlc
nécessairesà la'vie, il ne secultiver le pays par des
projet philanthropique de faire
en fut venue à un état de paysans libres, avant quc la population
l'irrésistible aiguillon de la gêne ou de pénurie qui lui fit sentir
facilité à pourvoir à
nécessité. L'effet immédiat de
sa subsistance, c'est
cette
que l'homme qui peut, --- Page 165 ---
-
BOURG DE SAINTE-ROSE.
semaine, s'habiller cl se nourrir
en ravaillant deux jours par
dans l'oisivelé ou la
le reste du temps
lui et sa famille, perdra
la nécessité
puisse
si réellement il n'y a que
qui
dissipation,
efforts. Mais si un esprit actif et indéexciter sonactivité et ses
habilement son indusl'anime, s'il a appris à diriger
péudant
de
bien, de quelque avantage que
trie vers la conquète quelque
et qui flalte son intérêt
la nature ne lui a pas accordé, matérielle ne feront que
les facilités de la vie
ou son ambition,
social, surtout si l'instruction
favoriser: ses progrès vers le bonheurs
Le spectacle
convenable el un sage gouvernement y président. district
à
de ce
est,
de l'excellente et nombreuse population étonnans
aient
des
intéressans et des plus
qui
coup sûr, un
plus
Dire en termes généraux que son
jamais attiré mon attention.
aussi nombrense. qu'aucune
marché est fréquenté par une foulc
idée exacte;
foire de province, ce n'est pas en donner une
graude
micux compris, si jc dis que le samedi ct
mais peut-élre serai-je
de marché dans tout Haiti, on
le dimanche, qui sont les jours
d'un grand
tue et vend ici de 20 à 30 beeufs, indépendamment
moins
de
et de moutons; que l'église 3 qui a au
nombre porcs
est tel100 pieds de longueur sur une largeur proportionnéc,
ne
le dimanche au moment de la messe, qu'elle
lement pleine
et
y en a autant dehors
coutenir tous les assistans 2 qu'ily
peul
les roules sout autant de fonrmilières. 9
que dedans; et qu'enin
sortent de tous les, ravins et
couverles d'allans et de venans, qui
de
sentiers. des montagues. On évalue la population
de tous les
Dondon et
à 50,000 âmes. Saint-Raphaël,
cet arrondissement
bourgs; mais Sainte-Rose est
Suzanne sont ses trois principaux
Daus aucun paysje
la place de commerce la plus importante.
occasion
mieux vêtue que celle quejaicu
n'ai vu une population
à T'exception de deuxvieux mend'observer ici lejour de Pâques;
des esclaves de l'andians, tout perclus, seuls restes peut-être individu dont la mise
cienne colonie, je n'ai remarqué aucun
Triste spectacle
extérieure annonçat l'indigence.
ou lapparence
qui s'étaient attachéslun
en effet que ces deux pauvres nègres, eût rendus frèrcs non moins
à l'autre, comme si le malheur les
vais dire endu
ne sais si ce que je
que la conformité sang!Je
j'ai voulu donner de cC
core ajoutera à l'idée avantageuse que
dansla quinzaine
de montagues;je dirai néanmoins que
village
du vendredi saint, 1185 femmes se confessèrent
avant Poffice
curopéen et curé de l'endroit.
à l'abbé Buiguon, prètre
us frèrcs non moins
à l'autre, comme si le malheur les
vais dire endu
ne sais si ce que je
que la conformité sang!Je
j'ai voulu donner de cC
core ajoutera à l'idée avantageuse que
dansla quinzaine
de montagues;je dirai néanmoins que
village
du vendredi saint, 1185 femmes se confessèrent
avant Poffice
curopéen et curé de l'endroit.
à l'abbé Buiguon, prètre --- Page 166 ---
ENVIRONS DE SAINTE-ROSE.
Les bords de la rivière, au-delà de la
route des plus agréables, non seulement Bourgade, offrent une
bois et d'eau, et de l'alternative
à cause du mélange de
raison du grand nombre de
de soleil et d'ombre, mais en
dent du sommet de la
jolies petites plantations qui s'élenétaient entourées de montagne jusqu'au lit de la rivière.
chacune
haies nouvelles en bois de
Toutes
avait sa chaumière à moitié cachée
campéche, et
tiers de toute espèce.
par des arbres frui4 auril. Indépendamment des
de montagnes qui est entre
maguifiques vues qu'offre ela ligne
autres celle du Ferrier, Sainte-Rose et Sainte-Suzanne, entre
aime àobserver
qui n'est pas la moins
milles
étonnante, on.
pas
cnesintéraumntesgals
l'industrie et le modeste bonheur iannoncentàe chaque
eanton. Le village de Sainte-Rose
des habitans de ce
d'une hauteur
est environné de
extraordinaire; de
montagnes
dans toutes les directions le
profonds ravins sillonnent
forêts de pins abritent les sol de la principale vallée, et des
sont bâties les
collines moins élevées sur
chaumières des
lesquelles
de café, de maïs et de riz, cultivateurs, entourées de champs
et d'arbres fruitiers
dejardins oùt ils cultivent des vivres,
souvent mélés
route n'est qu'an sentier
parmi les pins. Comme la
étroit, le long des
gnes, on plane en quelque sorte
plus hautes montasont posées sur les sommets
sur toutes ces chaumières, qui
peut s'y appeler de l'une à l'autre. inférieurs, et si rapprochées qu'on
Sainte-Suzanne n'est qu'une petite
dans un vallon, au confluent de deux réunion de chaumières
sur un lit de granit. Le caractère
jolis ruisseaux qui roulent
quelques parties du
général de ce site m'a rappelé
Craven, mais les collines Yorkshire, non pas les scènes sauvages de
On
boisées et les vallons de
trouve aux environs de l'église
Rippon.
bien cultivés, des chaumières
rustique quelques terrains
au milieu de vergers,
manguiers, de caimites, et de cafiers fleuris. demagnifiques
Passion, , appelée ici, je ne sais
La Fleur de la
vais
pourquoi, le mal-omen ou
présage 2 est extrémement commune
mauet on y rencontre) l'ananas
le long des chemins,
fréquemment
avec son fruit en pomme de pin aussi
tion
qu'aillenrs le chardon. Au moment
9 ce canton était principalement
de la révolude couleur, ct il n'a fallu rien
habité par de riches colons
sistible de l'opprobre
moins que le sentiment irréauquel les condamnait une injuste poli-
pourquoi, le mal-omen ou
présage 2 est extrémement commune
mauet on y rencontre) l'ananas
le long des chemins,
fréquemment
avec son fruit en pomme de pin aussi
tion
qu'aillenrs le chardon. Au moment
9 ce canton était principalement
de la révolude couleur, ct il n'a fallu rien
habité par de riches colons
sistible de l'opprobre
moins que le sentiment irréauquel les condamnait une injuste poli- --- Page 167 ---
-
-
YALLÉE DE SAINTE-ROSE.
hazarder dans la folle entroprise
tique pour les déterminer habitations. à
leurs délicieuses
un assez grand
d'Ogé 2
dernières années,
forêts
Dans les trois ou quatre
se sontformés dans les
nombre de nonveaux établisemens cet essor de l'industrie se soutient
vierges; et Pon croit que si
scront donblés d'ici à cinq
ses produits
les anciennes culdans l'orrondissement, il rivalise de prospérité avec
dans
ans : déjà même Les routes en particaliersont excellentes bourgs de
tures de Guaronay.
diverses branches mènent aux
Celle
tout ce district. Leurs
de Valière et de Sainte-Rose.
Lacul, , de Samedi, du Trou, la montagne sur un espace de
qui conduit à Valière 7 longe unie, et aussi belle que celles
trente milles, presque toujours
de
qui avoisinent Suzanne. chantant toute la nuit dans la vallée je
6 avril. Le rossignol
l'entendre, et le matin
me tins éveillé pour
heure ordiSainte-Rose, 9 je
dormi bien au-delà de mon
m'aperçus que j'avais heures j'étais en roule pour Dondon, la
naire. Cependant, à sept
voulut m'accompagneri jusqu'à où
avec le bon vieux général, qui
je crois, Jolie-Terre,
située dans la passe appelée,
en cherchant à
Poudrière, commandées par le général Hardy, devant la Crèteles forces
avec Tarmée assiégeante
opérer leur jonction
eptièrement anéanties.
à-Pierrot, 9 furent presque côtés de cette vallée et la gorge appe- des
Les déclivités des deux
de plantations. On voit
Grand-Giles, sont convertes
ou, sans des
lée le de 'riz et de mais sur des escarpemens de mettre le
champs
ons s'accroche, il serait impossible
et dans
souches auxquelles sont construites sur les hauteurs,
pied. Les chaumières les cafiers et les bananiers.
de
les fonds sont
chemin faisant, de belles plantations commande
Nous remarquâmes, haies. Cette agréable valléc, que
café entourées de
des anciens colons; c'était le jardin
le Ferrier, est le Brochetage
des10,000 hommes composant
qui devait fournir à la subsistance Vers le milieu s'élève une montagne
de la forteresse.
la couvrent, et qui me
la garnison detachéc des autres; les pins qui
quoiqu'un
un peu
ceux des hauteurs dc Greenwich-Park, bambous et les palrappelaient
contrastent avec les
cela
le
plus élevés pent-etre,
au-dessus de tout
apparait débordent la route;
à la
miers qui
terrible et mystérieux, préposé
et
Ferrier comme un géant ruisseau serpente dans la vallée, et
fense du passage. Un joli
les bords en sont tres-fertiles
fréquemment le chemin;
coupe
un peu
ceux des hauteurs dc Greenwich-Park, bambous et les palrappelaient
contrastent avec les
cela
le
plus élevés pent-etre,
au-dessus de tout
apparait débordent la route;
à la
miers qui
terrible et mystérieux, préposé
et
Ferrier comme un géant ruisseau serpente dans la vallée, et
fense du passage. Un joli
les bords en sont tres-fertiles
fréquemment le chemin;
coupe --- Page 168 ---
DONDON. LA BOUYAHA.
offrent quelquesh
Américains. Au sud, près du dernier
s'élargit et
gué du
RErem
montre le bourg de Dondon
ruissean, la vallée
lité ce qu'elle gague en étendue.
; mais elle perd en fertimarquable par ses trois forts, La montagne du Ramier, repour celui qui arrive à la pelite masque entièrement le Ferrier
dessous de cet énorme
ligne de chaumières situées aucolline de Dondon.
amas de noirs rochers qu'on
la
Parmi les maisonnettes de
appelle
ques-unes sont assez spacieuses et
Dondon , quelcn maçonnerie, dont les meilleures proprement bàlies; ; les bancs
sont dun effet
sont garnies sur le
agréable; mais contre la
devant,
pays, elles n'ont ni jardins, ni arbres
coutume générale du
son destinée au Président
qui les abritent. Une maitrict, ct une nouvelle
lorsqu'il fait sa tournée dans le disL'habitation du église , sont maintenant en construction.
cement qu'occupait colonel-commandant sC trouvé sur
autrefois celle
l'emplasur pierre d'une autre maison de d'Ogé; il ne, reste pas pierre
monceau de terre atteste
ce mulâtre fameux ; mais un
ce qui lui
encore la destruction complète de tout
de son pays. appartenait, La
la ruine de sa famille et celle
sur une colline plantation de café dont il était propriétaire est
Une des choses qu'on aperçoit au sud, à la distance d'une lieue.
qui m'avaient le plus
uand jc formai le projet de visiter agréablement préoccupé
que je me promettais de faire à la ce district, c'était la visite
Jndien qui se trouve sur les bords de fameuse caverne ou Temple
se lic par les incidens les
la Bouyaha, dont l'histoire
A trois heures,
plus intéressans à celle des indigènes.
bien
accompagué du colonel
me servir de guide, je
Dagourin, qui voulut
caverne. La Bouyaha,
commençai un pélerinage vers la
vallées de
qni descend de la Marmelade dans les
Dondon, forme uneiafinité de délours
large lit de rochers.
et coule sur ull
Guayamuco, ct-un des Quoiqu'elle ne soit qu'une branche du
ellc est ici, c'est-à-direà cours d'eau tributaires de l'Artibonite,
bouchure, aussi
deux cent cinquante milles de son empales rivières de la volunineuse que le Rio-Cobre, une des princichemin qui ménc à Jamaique, la
prise à dix milles de la mer. Le
la Guille, agréable ct très-bicn cavernetraverser une petite vallée appelée
et riz.
cultivée Cn café, manioc, mais
7 avril. Jene puis dire que j'aic
lcs heautés qui font dire à
découvert à Dondon toutes
Morcan de Saint-Méry
qu'il n'y a
ales rivières de la volunineuse que le Rio-Cobre, une des princichemin qui ménc à Jamaique, la
prise à dix milles de la mer. Le
la Guille, agréable ct très-bicn cavernetraverser une petite vallée appelée
et riz.
cultivée Cn café, manioc, mais
7 avril. Jene puis dire que j'aic
lcs heautés qui font dire à
découvert à Dondon toutes
Morcan de Saint-Méry
qu'il n'y a --- Page 169 ---
-
- ss
CANTON DE SAINT-RAPRAEL.
pittoresque.
toutela colonie un seul pointaussi
aux
pent-êlre pas dans
ressemble beaucoup
Le fait est qu'elle
voit pas ces vastes
que cette paroisse.
; mais on n'y
vallées de la Jamaique
ornement de celles-ci.
grandes de cannes qui font le ptineipal
our sc trouve la
champs
dans cette portion de la paroisse
Cayman, on
Néanmoins,
appelle le bassin
de Saint-Raphadl, et qu'on
qui, pour.
route
les bords de la rivière des plantations de plus
voit encore sur
égalent ce qu'elle offrait
la bonne tenue et la fertilité, même de sa plus grande prosbeau dans ce genre, au temps
à la rivière,
périté.
descend du Morne-Noir
Surla ligue centrale qui
la séparation de l'ancienne
des
qui marquent
planest une pyramides
espagnole. Il y a quelques
et dela partie
la rivière,
colonie française
vallée, mais elles se terminental
tations de café dans.la
ton déblaye plus loin quelques
du côté des Espagnols. Cependant les mettre en culture.
parties de la forêt pour
réanion de petites et pauvres
n'est qu'une
la
a laissé
- Saint-Raphacl les unes des autres, et où guerre
chaumières écartées
Quoique Christophe s'obstinat
de tristes traces de son passage. traité de Paris par lequel la
malgré l'article du
n'est quc depuis trèsà le garder,
ce
cédait ses droits à l'Espagne,
- ducafé y prend
France
La culture
de temps qu'il a été repeuplé.
est un des cantons
peu
Saint-Raphaël
visité
néanmoins de l'accroisement. Rivière. L'après-midi j'ai
de la Grande
Les plans de café
de T'arrondissement
de bois défrichées.
la séles pics sur des parties
apparence, malgré
de trois ans ont la meilleure il est à peine tombé unc
âgés
depuis le mois d'octobre
rarement quinze jours
cheresse:
on était
goutte: de pluie, et auparavant
je
d'abondantes averses.
m'avait préparé,.
sans
Monté sur un cheval frais, qu'on
vers Saint8 avril.
nombrenx cortège d'habitans,
des
d'un
T'ouest. Sortis
me dlitigeai,snivi
cing licues dans
Michel d'Atelaya, à environ entrâmes sur une vaste savane
nous
bestiaux.
forêts de Saint-Raphael, et où paissaient quelques Cahos
oû s'élevaient des acajous de Cibao, d'un côlé,et celledu
Elle s'étend entre la chaîne
chaines que. coule la Bouyaha,
de l'autre : c'est entre ces deux à la partie espagnole. Bien que
la partic française
la moisqui va de
fûti jaunc comme un gueret après elle est encette immense prairie
chose d'imposant ;
avait quelque
son, ce spectacle
Saint-Michel,de
jusqu'à
inhabitée; nous ne cessâmes;
tièrement
ous de Cibao, d'un côlé,et celledu
Elle s'étend entre la chaîne
chaines que. coule la Bouyaha,
de l'autre : c'est entre ces deux à la partie espagnole. Bien que
la partic française
la moisqui va de
fûti jaunc comme un gueret après elle est encette immense prairie
chose d'imposant ;
avait quelque
son, ce spectacle
Saint-Michel,de
jusqu'à
inhabitée; nous ne cessâmes;
tièrement --- Page 170 ---
ENVIRONS DE SAINT-NICHEL.
marcher à travers ce désert, dont le
vant nous.
terme semblait reculer deEn approchant de Saint-Michel
minent Fancien
et des montagnes qui terplus de
département de l'ouest, le
variété, et passe par degrés de la
pays offre un peu
unie à des hauteurs
monotonie d'une
qui se perdent dans les
plaine
appuyé sur des collines
nuages. Le village,
pelle un
parsemées de bois et de
peu l'Europe, et j'aurais
prairies, rapsurtout
pu me croire en
lorsque je vis des chevaux et des
Angleterre,
l'étable, et que le ramage du
vaches rentrer à
celui de l'alouette des
moqueur, si ressemblant à
cages.
bois, se fit entendre du fond des boLe groupe de montagnes, à l'ouest de
chose d'imposant et de varié tout à la Saint-Michel a quelque
vière de Saint-Michel,
fois. Les bords de la vivillage sc compose de petites appeléel'Acanoa, sont un sol marneux. Le
est construite
cabannes dont la
en bois de cyprès, et
plus grande partie
bitans sont des
couverte en latanier.Les haHateros, ou gardiens de
vaux, qui paissent en grand nombre bétail, surtont de chebitations sont en général
sur les montagnes. Les hatrès-bien
vanes sont vertes, et tous
bâties, et lorsque ces salage, l'oeil doit
ces arbres garnis de leur beau
se reposer. avec délices sur
feuilce paysage.
toutes les parties de
9 avril. Combien doivent être
voyageur qui
différentes les sensations du
contemple et compare les
espagnole de cette ile ! Et cette
parties française et
ment du contraste des
différence ne vient pas seuleduire par cux-mêmes, impressions que les lieux doivent proc'est T'imposante
quelque grand qu'il soit; car, d'un côté,
magnificence dcs
l'immensité des
montagnes, et de l'autre
plaines ; mais cette
dans celle de l'histoire et de la
différence a encore sa source
de l'art se mêlent si rarement viedes deux peuples Iciles traces
pensée n'est jamais refoulée aux beautés de la nature, que la
passions humaines,
vers ces déplorables ceuvres des
l'avenir,
par lesquelles toutes les
pour plusieurs siècles
espérances de
emportées pour ainsi dire
peut-étre, ont été anéanties, et
tueux de la
comme la paille par le souffle
tempête. En effet, si nous
impéarrière sur T'histoire des
portons nos regards en
pas nous
Indiens; il nous cst
de
rappeler tout ce qu'eut à souffrir impossible
ne
simples et
cette race
inoffensifs; ces prairies dont la verdure d'hommes
nous parait
espérances de
emportées pour ainsi dire
peut-étre, ont été anéanties, et
tueux de la
comme la paille par le souffle
tempête. En effet, si nous
impéarrière sur T'histoire des
portons nos regards en
pas nous
Indiens; il nous cst
de
rappeler tout ce qu'eut à souffrir impossible
ne
simples et
cette race
inoffensifs; ces prairies dont la verdure d'hommes
nous parait --- Page 171 ---
- A -
ENVIRONS DE SAINT-NICHEL
aussi belle qu'au premier jour
si pure, si fraiche, et
leurs
et
si riante,
entend retentir de
gémissernens
du monde, on les
l'oeil suit le bras déstructeur qui
de leurs cris de douleur, et
nation aussi nombreuse que
fait de vastes solitudes. Une
a disparu de
en a
dans un rayon du soleil,
ces atômes qui se jouent
d'autretrace de son existence que
dessus celteterre, et il ne reste le teint olivâtre des Espagnols
chevelure noire et dure, et
la
d'innombrables troupeaus
leurs descenilans. Mais à sa place, vide ne sC soit fail dans la
couvrent le sol, et il semble qu'aneun n'a disparu: Il n'en est
création, et que rien de ce qui exislait là denombreux vestiges
les monts:
pas ainsi quand on a franchi et le sol est jonché de décombres:
parlent des siècles passés,
les fruits sont deveétalaient leur riante parure, avoir été cueillis
Où les jardins
sur la branche sans
et pourrissent
le sol d'herbes
nus sauvages
funeste semble ayoir couvert
la ronce et
Une malédiction
pâturages, ce sont
au lieu de verdoyans l'on est étonné de rencontret
parasites; bruyère quiy dominent, et
de bonheur que
l'aride
désert. Même dans lespèce
une fleur dans ce
la cabane est bâtie
paysan de ces montagnes,dont
cultivés qui
peut godterle
au milieu de ces champs
sur quelque rocher 2
déclivités des collines; on déconvré
çà et là sur les
annoncent que c'est la
apparaissent je ne sais quelles traces qui
si florissans; on
en général
hérité de ces domaines jadis
pauvreté qui a
autrefois et à ce qu'ils sont aujourd'hui,
pense à ce qu'ils étaient éxiste entre la liberté et l'esclavage,
oublie la différence qui
cès caon
si Thomme qui habite aujourd'hai il est conon ne se dit pas que humble et obscur, du moins
banes est dans un état
moins il ne craint ni le jong, ni le
est pauvre, du
du haut des
tènt; ques'il
Vient ensuite le Ferfier qui, cette lonfouet d'un oppresseut.
raconter Phistoire de
nues où il se peri, semble nous été témoin, et nous dire qu'en
lutte de la tyrannie dont il a
monts qui ne pugue
avait élevé ces formnidables
lorsvain la nature
d'un maitre insatiable,
rent dérober l'esclave au pouvoir d'autre asile. Plus heureuxlocéan
dans sa fuite iln'eut plus Ses flots du moins ne gardent
que
redoulable sublimité!
dans sa
dont ils sont le théâtre.
;
pas la trace des horreurs
sur la frontière espagnole
noire est trachombreuse
effacé des
La race
vestige presque
sauf cêtte partie de la popnlation,
un
à peine
et
on rencontre ici Espagnol,
anciens Indiens; à peine
castillane.
entend un seul mot de la langue
on y
ans sa fuite iln'eut plus Ses flots du moins ne gardent
que
redoulable sublimité!
dans sa
dont ils sont le théâtre.
;
pas la trace des horreurs
sur la frontière espagnole
noire est trachombreuse
effacé des
La race
vestige presque
sauf cêtte partie de la popnlation,
un
à peine
et
on rencontre ici Espagnol,
anciens Indiens; à peine
castillane.
entend un seul mot de la langue
on y --- Page 172 ---
DISTRICT DES PINS.
C'cst dans ce district surtout que l'on emploie les mulets et
les bestiaux comme bètes de somme; on monte même les boeufs,
que l'on conduit au moyen d'un bâton qu'on leur'
le
cartilage du nez ; ce qui cst un des usages les plus passe caractéris- par
tiques de la partie espagnole.
Dansl l'après-midi, tournant le dos aux plaines, nous gravimes
de nouveau sur les montagnes de la frontière. A la sortie de
Saint-Michel, les prairies, ornées de bouquets de bois, forment
une route agréable et régulière jusques aux bords de l'Acanoa.
Quelques belles caféiries commençaient à se montrer dans les
premières vallées. , au sortir des plaines ; et quand on entré dans
celles qui font partie du district des Pins, à travers lesquelles
coule un ruisseau rapide, on ne cesse de rencontrer des chaumières qui s'élèvent au milieu de jardins ornés de tous les arbres
des tropiques, tandis que les hauteurs sont couronnées de forêts,
de pins 3 et de cyprès aussi épaisses que celles de la Norwège.
L'étroit chemin que l'on suit est bordé de haies d'orangers et de
citronniers nains. Cette scène, à la fois belle et sauvage, perd
insensiblement tous les traits qui caractérisent une contrée
plée et cultivéc, quand on a dépassé la pyramide qui sert de peu- limite entre les deux anciennes colonies. Parmi les ruines de ces
caféiries jadis si florissantes , on découvre quelques rangées de
tilleuls bien entretenues, et qui servent à enclore des champs de
café ; mais le plus grand nombre des anciennes plantations ont
été laissées presqu'en totalité dans l'état d'abandon où la révolution les a mises.
Marmelade' est une petite ville d'assez sauvage apparence, mais
bien bâtie; ses habitations éparses sur la crète et sur lesi flancs de
la montagne qui sépare la vallée de Plaisance de celle de Dondon, lui donnent l'air d'un hameau des Alpes. Les rues sont
vées, mais grossièrement et sans soin.
pa10 avril. La température de ces montagnes est extrêmement
fraiche en tout temps, et maintenant que les terres basses sont
dévorées par une atmosphère brûlante. : tout le pays autour de
nous est. riant et paré d'une verdure printannière. Dans la vallée
même qui va 2 par plusieurs sinuosités, joindre le bassin de
Plaisance, de petites forêts de pins s'élèvent au milieu des plantations. Les déclivités. 9 au sud, là où se montrent dans le lointaiu les montagues voisines de Plaisance, sont parsenées de
petites chaumières, et sillonnées de champs cultivés. Mais la cul-
tout le pays autour de
nous est. riant et paré d'une verdure printannière. Dans la vallée
même qui va 2 par plusieurs sinuosités, joindre le bassin de
Plaisance, de petites forêts de pins s'élèvent au milieu des plantations. Les déclivités. 9 au sud, là où se montrent dans le lointaiu les montagues voisines de Plaisance, sont parsenées de
petites chaumières, et sillonnées de champs cultivés. Mais la cul- --- Page 173 ---
a
MARMELADE. DONDON.
devient très-rare à l'est, près du ravin du Haut-du-Tronc,
ture
s'attache au district de Marmelade, c'est
Un intérêt particulier
c'est celui qui a le moins soufque de tous ceux de la république
des chaumières sont
fert des chocs de la révolution : la plupart
de desanjourd'hui dans le [mème état qu'avant celte époque
Tout est à la vérité sur une petite échelle ; mais à jutruction.
y
celui-ci,je suis porté à croire
gerdes autres bourgs intérieurs par
tels qu'ils étaient
que le plus grand nombre se sont conservés
maisons aient des jardins attenans,
autrefois. Il est rare queles
ordinairement à quelque disattendu que les plantations sont maisons du bourg sont en
tance, et que les propriétaires des
mème temps planteurs dans la campagne.
de
j'ai voulu voir une danse village)
Le soir de mon arrivée,
ce.
aussi bien que dans toute autre réunion de
Tout s'y passait
de l'Europe, si ce n'est même, je
genre composée de paysans
une trèsdois le dire à l'avantage des Haitiens, qu'ily y régnait
réciproque : point de dispute, point de scène
grande politesse
ensemble
de cabaret et d'ivrognerie. Je voyais avec plaisirdanser
habillé de coutil à carreaux, et la jeune négresse
le paysan nègre de couleur. On y était gai, mais non de cette
en robe de coton
de la Jamaique.
gaité ignoble et pour ainsi dire déguenillée
nulle
Chacun était décemment et même assez bien vêtu;
y.
nul. sein n'était à détête de femme n'était sans coiffure,
dansait des
à la française ; en un mot,
couvert; on
quadrilles
c'étaient des villageois, mais sai ns grossiércté, et qui paraissaient
unis entre eux par une bienveillance mutuelle.
la soirée me suis rendu à Dondon. La route qui y conDans
je
tarde à suivrele cours de la Bouyaha, qui s'échappe
duit ne
pas milieu de rochers ; le ravin par lequel elle se préavec force du
obscuret nu ; les hautcurs
cipite dans la vallée est très profond,
de
sont absolument inaccessibles à toute espèce
qui la bordent
riant, quand on
culture. Les objets prennent un aspect plus
dans le canton du Haut-du-Tronc, mais ce n'est qu'en
entre
la Guille
l'on reconnait un pays cultivé; des
arrivant à
que
de café bordent le chemin à droite et à gauche.
champs
ce concerne le village et l'école
11 avril. J'ai omis exprès qui
retourj'avais visités le 6, mon projet étant d'y
de Dondon, que
le district; malheureusement
ner aujourdhui, avant de quitter
relale maître était absent. J'ai trouvé les enfans fort instruits
l'orthographe d'une manière
tivement à leur àge, et mettant
nombre étaient noirs, et les plus petits
étonnante; le plus grand
droite et à gauche.
champs
ce concerne le village et l'école
11 avril. J'ai omis exprès qui
retourj'avais visités le 6, mon projet étant d'y
de Dondon, que
le district; malheureusement
ner aujourdhui, avant de quitter
relale maître était absent. J'ai trouvé les enfans fort instruits
l'orthographe d'une manière
tivement à leur àge, et mettant
nombre étaient noirs, et les plus petits
étonnante; le plus grand --- Page 174 ---
VALLÉE DE DONDON. PLAINE DU
lisaient déjà très-bien. Cette
NORD,
école est la
qué un des
première ouj'ai remar.
distribue la Nauscaox-Testamens, Société
Cni français et en anglais, que
Biblique.
A dix heures, du haut des montagnés
château ou la citadelle du
sur lesquelles s'élève le
dans la vallée de Dondon. Ferrier, je promenais mes regards
nous le château et le formidable Arrivés au sommet et laissant derrière
cidé que nous y reviendrions le roc qui le porte, Car' j'avais dédans la plaine du Nord. De
lendemain, nous descendimés
vertes de pins s'étendent profonds ravins et des hauteurs couvallée au fond de
sur la gauche, et aboutissent à une
laquelle on découvre les toits,
terrasses des palais du roi, masse énorme
Ics murs et les
tagnes voisines. Sur les
même à côté des mondions,
pentes le long
, jusqu'aux jardins du
desquelles nous descentations de café,
palais, ce ne sont que
au milieu desquelles s'élèvent petités planchaumières des habitans. Les hauteurs
les humbles
plus boissées; cependant
opposécs sont beaucoup
et le paysan y avait
quelques points avaient été éclairés 3
hauteurs
construit sa cabane parmi les rochers.
cultivées, les petites chaumicres
Ces
plateaux, l'ombrage de nombreux
établies sur des
frayans, cette maison royale
palmicrs, des précipices eftaine grandeur, plus bas l'église qui ne manque pas d'une cersi imposante des objets
qui se détache d'une manière
un caractère si local, les environnans et dont l'architecture a
plaines
rues et les maisons du
qui se déploient dans le
village 5 les
qui semble se confondre
loiutain, un océan sans limite,
nemment propre à
avec le ciel, c'était-là un tableau émidonmeralobservateurs une haute
magnificence de l'homme qui, à l'abri de
opinion de la
resse, et au milieu de ses
son imprenable fortetueux édifices, avait
jardins en terrasses et de ses
les
résolu de jouer son rôle de roi
somprapports, et jusqu'à la derniere'estremite.
sous tous
5 mai. L'aimable
Haiti
hospitalité de nos amis
m'avait mis tellement à mon
européens du cap
croire chez moi, et ce n'a
aisc, que j'avais fini par me
j'ai pris défnitivement
pas été sans un profond regret que
conge d'eux cet après-midi.
son, consul
M. Thompn'ont été
d'Angleterre, dont les procédés à mon
qu'une suite contintclle des
égard
tions, a cu la bonté de
plus obligeantes attend'y rester aveg moi jusqu'an m'actompagner jusqu'à Guilliadier, et
J'ai monté, par le
lendemain matin.
Coup-tles-Perches aux. savanes de l'Acul de
fnitivement
pas été sans un profond regret que
conge d'eux cet après-midi.
son, consul
M. Thompn'ont été
d'Angleterre, dont les procédés à mon
qu'une suite contintclle des
égard
tions, a cu la bonté de
plus obligeantes attend'y rester aveg moi jusqu'an m'actompagner jusqu'à Guilliadier, et
J'ai monté, par le
lendemain matin.
Coup-tles-Perches aux. savanes de l'Acul de --- Page 175 ---
C
-
PLAINES DE MARIBARON. belles
au milieu de quelques
Samedi; en suivant la rivière, de cannes qui se trouvent au
de café et de champs
plantations
pied des montagnes. bonheur pour moi de surprendre
8 mai. Ça été un véritable
était à sa ferme. J'y suis resté
ici le général Cayadla-livière heures qui nous sommes allés ensemble
jusqu'à ce matin; à neuf
de description qui puisse rendre
In'y a pas
autrefois
au Fort-Dauphin. celte ville, regardée
l'état de désolation où se trouve Des trois cents maisons en macomme la seconde cité du nord. à peine un huitième est
qu'on y-comptait autrefois,
çonnerie
debout ou habitable: acheté un autre cheval pour mon voyage
15 mai. Après avoir
me faisait cinq en tout, je suis
dans la partie espagnole, ce-qui Poux pour Ounaminthe et Laxadans la voiture du colonel
Des ruines de
parti
du général Caya-la-Rivière. instant dans les
von, accompagné
a on passe en un
la ville du Fort-Dauphin,
les campagnes verdoyantes
ce'déserts sauvages qui ont remplacé
à Haut-Maribaron,
d'autrefois. On traverse une forêt pouraller
où la culture commence à renaitre. lesquelles la plaine reçoit
des rigoles par
route
interA Haut-Maribaron,
coupent la
par
les eaux nécessaires à l'irrigation, district se trouvant dans les
culture de ce
valles; la principale bords de la Massaure. Nous n'avons pu
basses terres, près des
d'ceil sur les parties cultivées de
que jeter en passant un nombre coup de propriétés récemment resdistrict; mais le petit
d'industrie et d'activité à
taurées donnent déjà une apparence oùr s'élendaient les camportion de l'ancienne colonie
et les
fertiles du
une
9 les plus belles
plus
pagnes de Bas-Maribaron
nord. bourgade, assez bien bàtie, avec une
Laxavon est une jolie construite. La culture des environs
grande église récemment
de ces plaines imnulle, mais les beaux pâturages de Cibao etla chaine
est presque s'étendent entreles montagnes
la
rivière
menses, qui
milien desquels coule jolie
de Monte-Christ, et au
fertilité naturelle Pabsence du
d'Yaqui, compensent par leur est rare, et même au moment oût
travail de l'homme. Le bois y
y voyait-on quelque vertraversions ces plaines, à peine
favonous
des pluics; dans un temps plus
dure, par suite de la rareté
plus de bétail quc je n'y
rable on pourrait y nourrir beaucoup
en vis alors.
, qui
milien desquels coule jolie
de Monte-Christ, et au
fertilité naturelle Pabsence du
d'Yaqui, compensent par leur est rare, et même au moment oût
travail de l'homme. Le bois y
y voyait-on quelque vertraversions ces plaines, à peine
favonous
des pluics; dans un temps plus
dure, par suite de la rareté
plus de bétail quc je n'y
rable on pourrait y nourrir beaucoup
en vis alors. --- Page 176 ---
ENVIRONS DU MARO. Ce matin une pluie abondante est venue fort à
chir l'air pour mon long et solitaire
propos rafraimières de Hateros se montrent dans voyage. Quelques chautées les unes des autres
cette plaine, mais si écarimmense étendue
que ce district parait n'être
de riches
qu'une
campagnes sans habitans. espace ne se compose que de pâtures où
Ce vaste
bestiaux, des chevaux, de nombreux
sont répandus des
la taille élégante et au
troupeaux de chèvres à
poil bigarré. 15 mai. En quatre heures je suis arrivé
bords du Maho. Je suis entré dans
de l'Hopital aux
qui bordent la
une des meilleures fermes
rivière, et i'y ai demandé de
mes chevaux qui étaient exténués;
quoi, faire mariger
fourrage; quant aux
mais iln'y avait point de
cannes, car c'était une
tout avait été coupé et
petite sucrerie 9
pendant la disette à
mangé par les bestiaux de la maison
cheresse. laquelle les avait réduits une, excessive
J'y suis resté
sé. chaumière et chez
jusqu'à une heure. Ily avait dans cette
ses habitans un air de
preté et de régularité qui m'a dônné
bien-être, de progeuse de l'habitation d'un
une opinion très-avanta:
suspendues des
paysan espagnel, Au plafond étaient
provisions de toute espèce, Il
et des chambres à coucher, des
y avait une salle
breux assortiment de
chaises, des tables, et un nomverres, de Vases de
boire, tout cela brillant de
terre, de gourdes à
propreté, et
un buffet où étaient aussi
rangé avec symétrie sur
placées des jarres
J'avais trouvé en entrant la mère et la
remplies d'eau. et à leur teint olivâtre on aurait
fille, qu'à leurs traits
tiennes : l'une et l'autre
pu prendre pour des Egyptrès-proprement vêtues. une quenouille de coton, la fille
La mère filait
jeunes nègres étaient
travaillait à l'aiguille ; deux
élait allé
occupés au service de la
au jardin cueillir'
maison; l'un d'eux
quelques fruits. A
se complèta par l'arrivée du
midi, la famille
de treize
bien
père et de son fils, jeune enfant
ans,
portant et vigoureux; ils venaient des
champs pour prendrel le repas du milieu du
tait en un morceau de
jour, lequel consisla poéle.
travaillait à l'aiguille ; deux
élait allé
occupés au service de la
au jardin cueillir'
maison; l'un d'eux
quelques fruits. A
se complèta par l'arrivée du
midi, la famille
de treize
bien
père et de son fils, jeune enfant
ans,
portant et vigoureux; ils venaient des
champs pour prendrel le repas du milieu du
tait en un morceau de
jour, lequel consisla poéle. Tous les
porc grillé, de la cassave et des coufs à
deux portaient à léur ceinture le
ouj petit coutelas, sanslequel ne marchent
machété,
des tropiques. Au bout de
jamais les cultivatours
aise avec ces bonnes
cinq minutes j'étais aussi à mon
mois. gens que sij'eusse été leur hôte depuis un
Le villaged'Amina où j'arrivai
ensuite, sC compose de mai- --- Page 177 ---
-
AMINA.
églisc; elles sont cousonncites répanducs autour d'iine les pelite bords de la rivière et en
vertes en roseaux que fournissent un seul habitant, si ce n'est
chaume; mais je n'y trouvai pas
Glaient du coton. Je lui
femme entourée de cinq énfans qui
mes cheune
la nuit et de la litière pour
demandai un abri pour
me donner ces pauvres
vanx : c'était là tout ce que pouvaient être doucement réveillé par le
Mais je ne tardai pas à
lni et son fils,
gens. famille qui rentrait, au soleil corichant;
à leur
père de
bâti, venaient de travailler
garçon vigoureux et bien rivière. Ce brave homme m'apportait
jardin sur le bord de la
griilé et du micl, en me
de café, un peu de plantain
sa
lui
un pot
c'était tout ce que pauvrelé
disant pour s'excuser que
quelque frugal qu'il fut,
de m'offrir. Ce repas,
des faligues de la
permetlait
el me refit entièrement
de lair
arrivait fort à-propos,
d'un blond pâle,
Mon hôte était un homme
sa
l'emjournée.
mais ayant sur toute physionomie l'avait réduit
le plus respectable, il me dit que la sécheresse
totapreinte de la tristesse;
sa récolte de tabac avait
détresse extrême, et que
haà une
c'était là dessus qu'il avait compté pour
lement manqué; ;
que la mère m'avait montrés,
biller ses huit enfans, dont trois, ensuite la plus grande partic
étaient nés d'une seule couche;
lui en restait ne donnait
bestiaux avaient péri, et ce qui
dans les
de ses
qui trouvaient leur nourriture
pas de lait. Des chèvres
été leur dernière et tunique
aromatiques des bois avaient
et les pauherbages
n'avaient-ils) pu rien porter au marché, olive-clair,
ressource.Ausis
teint
preque nus. lisavaienttonste sommet de la tête; du
vresenfansétaientt droits et réunis en touffe au
blond comme
les cheveux très-beuax. Loplus jeune, surtout,
ses
reste ils étaient
d'une beauté remarquable ; j'admirai
était
Qaantà
un Européen,
son nez droit, et sa bouche mignone. notamgrands yeux noirs,
rappolait son origine indienne,
la mère, toute sa personne
tresses de cheveux pen-
, ses traits et ses longues
Je
ment son teint
reius et nouées à leur extrémité.
dantes jusqu'au bas de ses
à remplir leurs devoirs de déremarquai leur grande exactitude leur cabane, la fille ainée,
votion. A lheure où ils fermèrent encore, ayant apporté une
femme faite, quoique très-jeune vis, A ce signal, toute la famille
dans la chambre, je
de Christ surlalampe
les yeux élevés vers une image les enfans rétomberà genoux,
récita la prière du soir;
et
croix. Ce fut le père qui
le bonsoir,
; puis on se souhaita réciproquement
11*
pondaient
exactitude leur cabane, la fille ainée,
votion. A lheure où ils fermèrent encore, ayant apporté une
femme faite, quoique très-jeune vis, A ce signal, toute la famille
dans la chambre, je
de Christ surlalampe
les yeux élevés vers une image les enfans rétomberà genoux,
récita la prière du soir;
et
croix. Ce fut le père qui
le bonsoir,
; puis on se souhaita réciproquement
11*
pondaient --- Page 178 ---
NONTE-GHRIST.
chacun gagna son lit en silence. Le lendemain ils firent
du matin avec le même
la prière
et ne
était
bâtie,
meRkeelerphanmibe bien
manquait pas du mobilier ordinaire;
tables, des siéges, des blocs de bois
c'étaient des
de l'ameublement des Indiens
léger, quien servaient, reste
des calebasses
, des cruches à cau, 2 des
luisantes de propreté. Une cour
gourdes
tourait la petite habitation, dont étaient
palissadée end'autres pièces accessoires.
séparées la cuisine et
17 mai. Quand les Boucaniers,
le riche butin qui les
2 en 1659, vinrent se jeter sur
attendait à
ils
pas, à l'aspect de ses murailles Saint-Yago, n'éprouvèrent
couronnent les rochers des
blanches et de ses tours, qui
ressentis moi-même,
Yaqui-d'Or, plus de joie que je n'en
lorsque je les
jours d'un long et ennuyeux
aperçus 2 après plusieurs
chaleur.
voyage, par la plus étouffante
20 mai. En examinant la situation de cette
trouve que des causes
partie de l'ile, On
fluence et des
puissantes et tout à fait distinctes de Pinactes du gouvernement, ont do
faire tomberdans l'état de ruine
contribuer à la
jourd'hui. Le
et de désolation où elle est anlsimple fait de ses relations avec
de la politique des nations
Haiti, et les effets
telles sont les
étrangères. 2 résultat de ces relations,
causes dont je veux parler. C'était de ces
fiques plaines que j'ai naguère traversées. dont
magnide cent milles, et qui vont de la chaine de
l'étendue est
celle de Cibao, ct à partir des bords de Monte-Christ jusqu'à
les planteurs de la
I'Yaqui, c'était del là que
Jamaique tiraient tout leur
immense pour les habitans.
bétail, ressource
vaient à
Chaque semaine des bâtimens arriMonte-Christ, les uns avec des
des marchandises
espèces, les autres avec
; ces achats et ces
répandaient dans le
échanges continuels
digieuse quantité de pays l'industrie et l'activité ; une protabac, de riz, de
et de cacao en était
pois, de fèves, de mais
exportée,
des vaches,
indépendamment des chevaux et
tous les
Monte-Christ, situé sur le bord de la mer,
jours
voyait
tions
augmenter son commerce et ses construcintérieures, et Saint-Yago, placé à la
rivière et au centre de l'ile, se
source même de la
ressentait des
merce dans les progrès de
bienfaits de ce coml'union avec Haiti cut été son agriculture: Mais aussitôt que
consommée, les
çurent d'un résultat auquel ils
Espagnols s'aperyuiesçant à cette
ne s'étaient pas attendus, en acusurpation de leur territoire. Une semaine
augmenter son commerce et ses construcintérieures, et Saint-Yago, placé à la
rivière et au centre de l'ile, se
source même de la
ressentait des
merce dans les progrès de
bienfaits de ce coml'union avec Haiti cut été son agriculture: Mais aussitôt que
consommée, les
çurent d'un résultat auquel ils
Espagnols s'aperyuiesçant à cette
ne s'étaient pas attendus, en acusurpation de leur territoire. Une semaine --- Page 179 ---
- *
D'Haini.
MOEURS DES ESPAGNOLS
trouva frappé de
écouléc que leur conmerce se les iles environs'était à peine
toute relation avec
et
Panathème qui proscrivait
n'a cessé dedécheoir,
Honte-Christ
en
nantes. Depuis ce moment village de péchours: Saint-Yago, cultures
n'est plus aujourd'hui qu'un
et des grandes
de Puerta-Plata
encore
raison de sa proximité trouvent dans ses environs, conserve était aude tabac qui se
bien faible débris de ce qu'il
quelque commerce, mais
trefois.
que les habitudes domestiques
J'eus occasion de remarquer
que celles des Haîtiens. la
sont plus européennes la vie intérieure de
dcs Espagnols
davantage à
les unes sont plus
Les femmes appartiennent hommes à celle des champs; et les autres de
maison, 2 et les
de la famille,
du méoccupées des détails domestiques contribluer au bien-être
est extérienr et peut
de soin tout ce qui
tout ce qui
aussi chercher avec plus
nage. On les voit
de leurs humbles demeures.
rendre plus agréable le séjour
peuplées d'oiseaux
peut
trouve assez souvent des cages
del'adresse et
Ainsi on y
et ces cages, qui annoncent àla maison
de plusieurs espèces,
construisent
des enfans.lisles savent joindre ensemble
du gout, sontl'ouvrage et des roseaux qu'ils
ct léavec des cannes
et ils les font spacicuses au
d'une manière tres-ingénieuse, merle doré mélent leur ramage
gèrcs. Le moqueur ct le
de Barbarie, et le perroquet fait à
roucoulement de la tonrterelle enfans. Ils sont même parvenus
de loquacité avec les
du pays, et les
assaut
quelques-uns des oiseaux. sauvages demeures de nombreux
apprivoiser
leurs cours et leurs.
font servir à purger dans ces climats.
tiennent moins
insectes qui pullulent
les créoles espaguols d'amis. Dans
En fait d'amusemens, qu'aux pelits cercles et chez les
aux réunions pabliques
de la guitare,
familles de la ville on joue
un quatre,
les
d'une espèce de mandoline dont qu'ils appellent les sons ne sont pas
paysans,
laguitare, et
qu'on pince comme
succédé aux pluies,
sans agrément.
frais, clair et sec ayant leur belle verdure,
Ce soir, un voisines temps de la ville ayant repris de tous les rangs
les savanes
étant riante 9 les femmes environs; preset toute la campagne habitations pour se répandre aux de fleurs natuont quittéleurs
orné leur noire chevelure
sur
que toutes avaient de couleurs éclatantes se déployaient ct tout lp
relles, et des manteaux le soir du jour de la Pentecôte,
leurs épaules. C'élait
, clair et sec ayant leur belle verdure,
Ce soir, un voisines temps de la ville ayant repris de tous les rangs
les savanes
étant riante 9 les femmes environs; preset toute la campagne habitations pour se répandre aux de fleurs natuont quittéleurs
orné leur noire chevelure
sur
que toutes avaient de couleurs éclatantes se déployaient ct tout lp
relles, et des manteaux le soir du jour de la Pentecôte,
leurs épaules. C'élait --- Page 180 ---
SAINT-YAGO. POPULATION.
monde était dehors; autour de plusieurs habitations résonnait le
quatre, au son duquel on dansait le joyenx fandango ; la vieillesse, la jeunesse et l'enfance étaient confondues, suivantl'usage
du pays ; car les ravages de la guerre et la misère du peuple
n'ont pu diminuer son attachement aux vieilles coutumes nationales.
On dit que l'air de Saint-Yago est d'une salubrité extrême
que la longévité y est commune, et les femmes singulièrement 9
fécondes. J'ai parlé tout-à-Pheure de trois enfans, e fruit d'une
seule couche, que j'avais vus dans une chaumière, à Amina ;
mais cela in'a rien de tres-extraordinaire dans ce pays. Les jumeaux y sont très-fréquens, et l'on cite même, des couches de
quatre enfans. Je me suis atlaché particulierement, dans les
renseignemens que j'ai tâché de recueillir, à CC qui regarde
l'état et le nombre de la population de Saint-Yago, sachant
qu'on a révoqué en doute l'accroissement remarguable dont
parle M. Mackenzie. Comparé avec les parties occidentales de
de l'ile, Saint-Yago, en présentant Un nombre de décès égal à
celui d'un district donné, offre un accroissement presque double
de celui de la ville, quelle qu'elle soit, à laquelle on le compare.
Ainsi, parexemple, aux Gonaives, lorsqu'en 1829 le relevé des
naissances donnait 187 garçons et 171 filles, en tout 358, celui
des décès étant de 145, savoir, 66 décès masculins et 79 féminins,
d'où il résultait un excédant de 213 du côté des naissances;
Saint-Yago présentait cette même année-là 627 naissances, , savoir, 324 garçons et 303 filles et 148 décès, dont 71 masculins
et 77 féminins ; on voit donc que tandis que d'un côté la mortalité est à très-peu près Ia même qu'aux Gonaives, les naissances
présentent une différence de 160 en plus. Si nous mettons en
parallèle les mêmes localités pour 1880, le résultat est encore
plus remarquable. Le total des naissances pour cette année aux
Gonaives, était de 337, et celui des décès de 166; donc diminution des naissances ct augmentation des décès sur l'année
dente ; à Saint-Yago, d'un autre côté, les naissances précé- la
même année s'élevaient à 629, et lcs décès n'avaient été pour de
140 On remarquera que tant aux Gonaives'qu'à
que
Saint-Yago, il y
aunedisproportion très-forte entrelesnaissances; masculineset les
féminines, de même qu'entre les décès masculins et les féminins., circonstance qui, sous le rapport de la mortalité, doit
êtrc attribuéc à l'excés actuel des femmes sur lcs homines, triste
la
même année s'élevaient à 629, et lcs décès n'avaient été pour de
140 On remarquera que tant aux Gonaives'qu'à
que
Saint-Yago, il y
aunedisproportion très-forte entrelesnaissances; masculineset les
féminines, de même qu'entre les décès masculins et les féminins., circonstance qui, sous le rapport de la mortalité, doit
êtrc attribuéc à l'excés actuel des femmes sur lcs homines, triste --- Page 181 ---
<
- -
ENVIRONS DE Aurorasor-ctrene,
entre lés
Quant à la différence
des ravages de la guerre.
extraordinaire des
résultat des deux sexes . et à l'excédant
à ces causes
naissances
il faut les rapporter
masculines sur les feminines,.
de l'Europe.
dans les recensemens
les districts
générales spéciliées aujourd'hui avec un Espagnol de vivres,
25 mai. Visitant
y voir les plantations homme
cultivés de Saint-Yago, pour
de causer avec un
tabac et de sucre, j'ai eu occasion dans les trois premières
de
femme a. donné scpt enfans
elle én a eu treize,
à qui sa
: En six couches,
de
années de leur mariage d'est-à-dire qu'elle est accouchée fois
dont huit sont vivans ;
trois fois, et une seule mère
enfans en deux fois, de jumeaux lieue à faire pour voir la
six
enfant. Je 'n 'avais qu'ane
y aller, s'il
d'un séul
volontiers dérangé pour
et les enfans, et je me serais
a
été déjà trop tard.
les savanes de Guarabo et
n'eut pas
nous avons passé par
pic de Diego-Campas.
Anjourd'hui mènent au pied du grand de petites collines,
de Jacaqua, qui
soi une chaine
d'y arriver, on a devant
plantations; ; nais
Avant
on rencontre quelques
parseméc
sur les fancs desquelles
d'un soltrès-tiche,
dur imême pic est une plaine
2 arbres d'une rare
au pied
de palma-real et de palma-eana
de l'un est en
de bouquets
; lc feuillage
beauté et d'une hauteur gigantesques
et celui de l'autre en éventail. fermes de ces plaines, nc
panache,
qui visite les petites
qui proLe voyageur
d'admirer ces arbres magniliques les
de
s'empéeher
et champs.
ne peut
ombre les jardins , les prairies
au milieu de
tègent de leur
du paysan, située
ne desainsi que la chaumière
le soleil
cannes. 5
végétation ; ils empéchent que une brise conticette ravissante
la terre par
de
et rafraichissent
entourée
sèche les plantes,
habitation du caltivateur,
foudre
nuelle. Là est la simple contre l'orage et même contrela à la fois
bestiaux, et défendue
Il jouit
ses
sont autant de paratonnerres sans avoir à
par ces arbres qui
de la forêt et de la plaine, humidité de
du soleil et de l'ombre, brôlante de Tune, nila froide
godter
redouter ni la chaleur d'autre félicité que celle qu'on peut humble
Tautre. Etsiln'y avait
dire que dans la paix de son
cetté terre, on pourrait
il a trouvéla
sur
beauté des scènes qui T'enviropment, donner.
vie, et dans la
de bonheur que le monde puisse et couplus grande somme des terres récemment défrichées, familles, nous
Après avoir traversé habitées parde nombreuses
vertes de chaumièrés
en cotoyant des plantations
arrivames à des forêts de palmiers,
. Etsiln'y avait
dire que dans la paix de son
cetté terre, on pourrait
il a trouvéla
sur
beauté des scènes qui T'enviropment, donner.
vie, et dans la
de bonheur que le monde puisse et couplus grande somme des terres récemment défrichées, familles, nous
Après avoir traversé habitées parde nombreuses
vertes de chaumièrés
en cotoyant des plantations
arrivames à des forêts de palmiers, --- Page 182 ---
ENYIRONS DE SAINT-YAGO. CULTURE.
de tabac; ; on allait faire une noce dans
dépendent ces cultures. La table était
une des cabanes dont
de verres, 5 de cuillers, de
mise, et au grand nombre
fourchettes, de
nissaient, on voyait que le maitre dela conteaux qui la garmariage de sa fille fat une
maison avait voulu que le
de
occasion - de joie et de
plusieurs ses voisins. Tous étaient
plaisir pour
la classe de paysans qu'on
noirs, et appartenaient à
du pays. Moreau de
peut regarder comme la plus pauvre
parlie de
Saint-Méry dit que les Espagnols de cette
le scandale Saint-Domingue d'un
ne tolèrent pas et n'ont jamais toléré
ser
concubinage public. Le
marient, et delà vient la
plus grand nombre
habitudes
supériorité de leurs moeurs et
domestiques sur celles des
deleurs
de bonne heure ces liens
Haitiens. Ils contractent
voir un très-jeune
d'affection, et il est assez commun de
dans leur chaunière couple, avec deux ou trois enfans,
ou à leurs cullures
travailler
sérienx de gens de trente ans.
avecla gravité et tout le
Quelques sentiers tracés dans les bois
belle Sucrerie et aux jardins du
nous conduisirent à la
vâmes dans ses
senor Antonello. Nous le trouchamps de cannes, à la tête d'une
vigoureux travailleurs
douzaine dele meilleur
3 qui, avec cette soigneuse attention
planteur de la Jamaique donne
que
saient entre les lignes, débarrassaient
à ses cannes, ,. pasrasite, et retournaient la
le sol de toute herbe pades rosées
terre pour l'ouvrirà
ct des pluies. Tout
àl'influence. féconde
la même tranquillité
se passait avec le même ordre et
de
que dans une ferme
sarcler ou d'éherber un
anglaise, lorsqu'ils'agit
terre.
champ de navets ou de
Lhabitation est située dans
pommes de
milieu des
une pâture enclose
cultures, et au centre d'un cercle de
2 au
desquelles se montrent, dans le
forêts, au-delà
montagnes. Tous les moulins lointain, les cimes bleuâtres des
à
ordinairement surmontés d'un sucre, grands ou petits, sont
est de même de ceux du seiior dôme couvert en chaume. Il en
bâtimens de sa bouillerie et de Antonello, ainsi que de tous les
de tabac, de mais, de
sa distillerie. Il a aussi des
riz et de pois. Ses
champs
bords d'un ruisseau, , appelé le
bananiers sont sur. les
avec la propreté et la
Pontequeto : tout cela était tenurégularité d'un jardin, et un
dechevaux et de vaches, répandus dans
grand nombre
donner à cette propriété
les pâtures, achevaient de
tivée. Prévenant
lapparence de la ferme la mieux
mes
culpriétaire m'apprit
questions au sujet de ses ouvriers, le
qu'il ne Jui était pas dillicile de s'en
proprocurer
aniers sont sur. les
avec la propreté et la
Pontequeto : tout cela était tenurégularité d'un jardin, et un
dechevaux et de vaches, répandus dans
grand nombre
donner à cette propriété
les pâtures, achevaient de
tivée. Prévenant
lapparence de la ferme la mieux
mes
culpriétaire m'apprit
questions au sujet de ses ouvriers, le
qu'il ne Jui était pas dillicile de s'en
proprocurer --- Page 183 ---
-
SS
- -
-CULTERE.
ENVIRONS DE SAINT-YAGO.- Sans doute on ne peut
autaut qu'en exigeait son exploitation. mais il les trouvait toujours prêts,
malgré eux,
des enviles faire travailler besoin. Ce sont de jeunes paysans
ou de
quand il en avait sarcler le tabac ou de T'emmagasincr, à semaine
rons; ; s'il s'agit de
pour travailler la
les cannes ," ils se présentent réaux par jour, et de deux seucouper
à raison de trois
la viande
ou àl la journée,
nourrit. On leur donne à dinerde celui
lement, quand on les
comme préférable à
Il regardait ce systême
sont à demeure, eux
et des légumes. chez qui les cultivateurs
les uns et
des propriétaires
a moins de dépéndance pour
et
et leurs familles. nl'y
consultent leur commodité
les autres. Les cultivateurs
pour
ses convenances.
leur intérêt, et le propriétaire la délicieuse maison de campagne
Je passai trois jours dans
de palmier, et autour
colonel Nunez, construite en planches divisés par des palissades
du
sont les champs en culture la rivière, qui traverse un
de laquelle Tout près de là serpente s'étendent les jardins.
de bromélia.
dans l'intérienr duquel
médiobois de palmiers,
digne d'envie; au-dessus-du
un séjour
bien tenue, le système
Cette propriétéests
elle est si
que
sans ostentation,
n'est frappé
cre, quoique est si bien entendu, que l'esprit
rien rappelle
de culture y
préside à tout cela, sans que des sueurs qui
de l'industrie qui
d'un travail excessif, et
pénible
Tidtequelquefois
si florissantes:
ont pu arroser ces plantations sulfureuses qui sont une des curiosités de
27 n.ai. Outre les eaux désirais aussi explorer le cours de
des bords de T'Ainbaji, je
le charbon
entendu dire que Pytrouverais huitres des
cette rivière : ayant minéral, et un banc de grosses Plumet, de
pierre, ou charbon
létat fossile. Le docteur
deux
Indes-Orientales, dans
Nous fimes. environ
voulut être mon guide.
et nous primes enSaint-Yago,
la belle route de la Véga, nous être arrêtés
milles en suivant travers les bois, non sans
offrait
suite un sentier à
le beau paysage que nous aupour contémpler
dars les vallées
un moment arrivant par maintes sinuosilés
où ellc s'éla rivière,
une ile à l'endroit
une
dessous de nous, , et, formant ce lieu Maria-Lopez. Sur
de la forèt. On appelle
était une
chappe
milieu des bois que nous traversions, induséminence, au
un couple de jeunes époux et oir
petite ferme exploitée par Estancia oit l'on cultive la canne
trieux. C'était une petite
du sucre.
dans des pal'on fabrique
était sur le terrain, chargeant
Le cultivateur
'éla rivière,
une ile à l'endroit
une
dessous de nous, , et, formant ce lieu Maria-Lopez. Sur
de la forèt. On appelle
était une
chappe
milieu des bois que nous traversions, induséminence, au
un couple de jeunes époux et oir
petite ferme exploitée par Estancia oit l'on cultive la canne
trieux. C'était une petite
du sucre.
dans des pal'on fabrique
était sur le terrain, chargeant
Le cultivateur --- Page 184 ---
ENVIRONS DE SAINI-YACO --CULTURE.
niers, portés par des
être répandus
bourriques, les débris de cannes
comme
destinésà
Avec cet
engrais sur une pièce de terre voisine.
empressement et cette
habitans de ce pays, il
obligeance si naturels aux
gner un chemin à travers quitta son travail pour nous enseivoyage.
les bois , qui devait abréger notre
31 mai. Cc matin, avant le lever du
plusieurs Espagnols, je me suis mis soleil, accompagné de
quartier de Licey. J'avais
en route pour visiter le
route ; mais , arrivé aux déjà parcouru une partie de cette
diriger vers les plaines de pieds des montagnes, au lieu de me
du côté des sources de l'ouest, je tournai à l'est sur la
la Yuna, qui fait la
droite,
Yago et la Véga. J'ai
de
limite entre Saintgénérale
peu
chose à ajouter à la
que j'ai déjà donnée de tout ce
description
dominant de l'aspect de
qui forme le caractère
partout ailleurs des
cette contréc. J'y ai trouvé commc
de riches
bouquets de palmiers, de verds
jardins, une culture
la
paturages,
du paysan, et des
soiguée, tranquille chaumière
ombrages;n mais les troupeaux errans au soleil ou sous de frais
habitations plus plaines sont plus fertiles et plus élendues, les
nombreuses, et la population moins
Sij'avais été étonné de la
clair-semée.
et de la merveilleuse prodigicuse fertilité de ces campagnes,
fit qu'augmenter
beauté de ces sites, mon admiration ne
dans chaque
encore, lorsqu'en les parcourant et en entrant
cabane, j'appris tous les
ture, et la faiblesse des
détails relatifs à la culentouraient les habitations moyens par lesquels les terrains qui
celui des jardins des
étaient tenus avec un ordre égal à
cependant
environs de Londres,
sous le rapport de la
qu'ils surpassent
et par la végétation
beauté, de la variété des arbres,
La
vigourense dont ils sont couverts,
première propriété que je visitai,
manière précisc de l'étendue des
pour m'assurer d'une
un cultivateur, fut
moyens dont peut disposer ici
unc sucrerie, la plus voisine
Yago, surla route
de Saintau Pontezuelo,
septentrionale. Je trouvai, avant d'arriver
c'est FEstancia quelques pièces de terre patfaitement
de Josué Urana. Près de
cultivées :
vaste savane, formant
la maison était unc
au milieu
un parc de palmiers et de guazumas
à sucre desquels est Thabitation, avec ses'
et les bâtimens de service
jardins, le moulin
terrain à peu
détachés. Plus loin est un
prèségal en étendue
de plantain, le tout
planté cn cannes, el unc pièce
entremélé de cafiers, de légumes, de
faitement
de Josué Urana. Près de
cultivées :
vaste savane, formant
la maison était unc
au milieu
un parc de palmiers et de guazumas
à sucre desquels est Thabitation, avec ses'
et les bâtimens de service
jardins, le moulin
terrain à peu
détachés. Plus loin est un
prèségal en étendue
de plantain, le tout
planté cn cannes, el unc pièce
entremélé de cafiers, de légumes, de --- Page 185 ---
C
- 1r
ENVIRONS DE sserAco-cnat
arrivé à la
Une mère agée et un grand-pbre
dans
mais, de riz, etc.
une chaumière écartée
extrème vicillesse occnpent
contribuer aux travaux
plus
des savanes, et ne peuvent
par le père et deux
l'enceinte
sont faits prineipalement
à éherber le
de la culture, qui
je trouvai déjà occupés
Le
jeunes nègres à gages que arrivé avant le lever du soleil.
terrain, quoique je fusse
à sucre est de mille livres de
hebdlomadaire du moulin
de sucre qu'on me
produit
L'échantillon
la
sirop bon à porter au marché. à la moilleure espèce de
montra ne lc célait en rien
leur propre consommgmais ils n'en font que pour
On loue
Jamaique ;
coloré et d'un beau grain.
et
tion. Il était léger, un peu
pour couper les cannes
ouvriers extraordinaires
donne trois réaux par
quelques travail du moulin, et on Ieur
des haies et des
pour le
sont séparées par
jour. Toutes les propriétés
2 de sorte que pour
comme les fermes en Angleterre
ou de déplacer
clôtures
l'autre on est obligé de franchir
aller de lune à
des barrières.
vieillard dont les terres sont
rendis ensuite chez un
colline qui
Je me
de Ponteznelo. Une petite
traversés par le ruisseau
et surlaquelle sont répandus
s'élève au milieu de la propriété, de tabacs, donne un caracdes arbres fruitiers et des plants culture. On en a mis un cinquième
à toute cette
vivres et en café, et
tère particulier
un cinquième en
en tabac et en mais,
forment des savanes ou des pâtures.
les trois autres cinquièmes
pour le soin recherché
a une telle réputation n'est jamais obligé de
Le propriétaire il cuitive son tabac, qu'il
sur les
avec lequel
on vient la lui enlever
à
porter sa récolte au marché; d'acheteurs. Le terrain adjacent
lieux, et il y a concurrence sucrerie dont le moulin élait en
cette ferme est occupé par une
trois hommes et deux bocufs
où je la visitais;
la
activité au moment
dans ce canton
tout annonçait
étaient oconpés à ce travail;
paix, l'activité et l'industrie. d'un district appelé Liminal,
Dans lc Licey qui fait partie
des élablissemens espagnols
renommé dès les premiers temps visiter T'habitation d'une
fertilité extraorlinaire, j'allai
de
pour sa
long-temps pour se voir entourée
femme qui a vécu assez
femmes et enfans. Il y a
maris 2
deux cents de ses descendans,
c'est par ces noms que
les Ramos et les Rodriguez;
de cette nomles Toribio,
elles Ics diverses branches
cntre
se sont touse distinguent
d'anciens nègres libres, qui
breuse parenté. Cc sont
T'habitation d'une
fertilité extraorlinaire, j'allai
de
pour sa
long-temps pour se voir entourée
femme qui a vécu assez
femmes et enfans. Il y a
maris 2
deux cents de ses descendans,
c'est par ces noms que
les Ramos et les Rodriguez;
de cette nomles Toribio,
elles Ics diverses branches
cntre
se sont touse distinguent
d'anciens nègres libres, qui
breuse parenté. Cc sont --- Page 186 ---
ENVIRONS DE
SAINT-TACO.-CUEUE RE.
jours fait estimer par leur industric
Presque tout le territoire du
et leurs bonnes mccurs.
famille recommandable.
canton est la propriété de cetle
1" juin. Ne pouvant
tions
parler en détail des nombreuses
que j'aiinspectées pendant les deux
plantal'Estancia de don
jours que j'ai passés à
mentionner deux NicolasJulio, dans le Licey, je me bornerai
ou trois qui donneront
à en
l'industrie de toutes les autres.
une idée suffisante de
Deux frères, Bartolo et
rens, dont les terres
Lewis, avec quelques-uns de leurs pacelle de deux
confinent aux leurs, sans autre aide
jeunes ouvriers de
que
reas de cannes, 80 de café et de louage, cultivent chacun 80 tadernière Bartolo
vivres, et 40 de tabac.
a récolté 56 charges de
L'année
poids de de 200 livres, et
tabac, chacune du
de plus agréable à voir produisant au marché 20 dollars. Rien
de vraiment
que ces terres, car c'est
chose
beau, de beau par soi-méme,
quelque
palmiers, d'arbres
que ce mélange de
tion si riche et si fruitiers, de paturages, et toute cette végétavigoureuse.
La famille des Estèves,
composée de deux
Estève, et de leurs parens,
frères, Carlos et
cclles dontje viens de
possède des terres qui ne le cèdent à
peut citer les
parler, ni en beauté ni en fertilité; etl'on
jardins et les pâtures du sefior
qui jouit de la plus haute
Antonio, homme
cimen parfait d'une de réputation de probité, comme le
dans la
ces fermes ; ses propriétés sont
speplus basse des vallées
situées
dées par la route des hautes que traverse la rivière, et commanvallée se déploie
terres, au-dessons de laquelle cette
comme un vaste tableau
sent des vaches, des moutons
: ses enclos, oà paiset des chévaux, ses
vergers réunissent, 2
jardins et ses
imaginer d'ordre commesur un seul point, tout ce
et d'industrie; tout y est vert, frais et qu'on peut
Tout porte. à croire que les Espagnols
productif.
mènent une vie heureuse et
habitans de ces districts
à toutes les jouissances du luxe paisible, quoiqu'à peu près étrangers
de leur table P Le lait de
et dela richesse. Parlerons-nous
frais ou confits, la chair de leurs vaches, leurs fruits excellens,
leurs porcs, de leurs
leurs brebis, de leurs boeufs, de
volailles, celle des oiseaux
forêts, et leurs champs si
sauvages des
riture saine et
fertiles, 2 leur fournissent une nouragréable, ct même des festins que les riches
dédaigneraient pas. S'agit-il des
nc
des chevaux en abondaice.
moyens de transport P Ils ont
ons-nous
frais ou confits, la chair de leurs vaches, leurs fruits excellens,
leurs porcs, de leurs
leurs brebis, de leurs boeufs, de
volailles, celle des oiseaux
forêts, et leurs champs si
sauvages des
riture saine et
fertiles, 2 leur fournissent une nouragréable, ct même des festins que les riches
dédaigneraient pas. S'agit-il des
nc
des chevaux en abondaice.
moyens de transport P Ils ont --- Page 187 ---
* -
a
ENVIRONS DF sUN-NAG-COIESE
d'une
cultures est pour eux T'objet
bonne tenne de leurs
cheminer avcc un
La
continuelle, et l'on ne peut
roule, sans le
préoccupation
même sur la grande
lame
des fermiers de cette plaine,
couper avec la large
baisser à chaque instant pour
ses yeux,
voir se
mauvaise herbe qui aura frappé
une
un autre motif encore,
de son coutelas,
Phabitude. Mais
il veut
tant est grande la forcede
celte continuelle activité ;
honorable, excite
est nécessaire à la vie
et un"motif
de tout ce qui
sa famille soit pourvue, été lui-mème. Iis ont rarement
que abondamment qu'il l'a
de toutes les
aussi
enfans : c'est là le terme moyen et.
voyant
moins de cinq
dans une chaumière qu'en
familles. Si vous entrez
sortant de T'adolescence, vous defille ou un garçon
ne manquez pas de vous
une grande c'est là toutel la famille, vous
enfans 9
mandez si
encore trois ou quatre autres
entendre dire qu'il y a
habitent quelques chaumières
sont mariés, et qu'ils
étendue,
mais qu'ils
des champs voisins, qui, parleur
le
cultivent
savanes, par
des environs, de culture, par lcurs verdoyantes
et
par leur genre
brebis et de chevaux qui y paissent,
nombre de boeufs, de
et autres prodactions, vous
de mais, de tabac,
vous avez sous
par les pièces
exacte de tout ce que
d'une
offriront une contre-partie
dans tous les sens, allez
Parcourez le canton
en traversant
les yeux.
les barrières,
à l'autre, en franchissant loutes ces terres appartiennent
plantation et Pon vous dira que
Leurs habitudes domesles savanes, à des sceurs, à des cousins.
aux usages les plus
à des frères,
conformes
du
tiques sont en tout strictement femmes et leurs filles font
rationels de la vie civilisée. Leurs soin des vaches et des brebis
la toile à la maison, ont
tandis que les
fil el de
attenante à la maison,
répandues dans la savane
tirent de l'eau, etc.; c'est sur
hommes arrachent les souches, cette malédiction prononcée
que pèse
et qui les coneux particulièrement
de la race humaine,
contre les premiers parens et les ronces qui croissent parmi les
damne à arracherles épines
leur pain qu'à la sueur de
herbes des champs, et à ne manger
si sa femme et
Je demandaià un de ces cnltivateurs du dehors, et il me
leur visage.
jamais dans son travail
filles ne
ses filles ne l'aidaient
: ( Ma femme et mes
fit cette réponse caractéristique comme une. agréable promenade.-
connaissent la campagne que entretiens avec les nègres Amé20 juin. J'ai eu de fréquens s'établirici au pied de la monricains, émigrés qui sont venus hier leurs terres, et j'en exaIsabella de Torres. Je visitai
tagne
ltivateurs du dehors, et il me
leur visage.
jamais dans son travail
filles ne
ses filles ne l'aidaient
: ( Ma femme et mes
fit cette réponse caractéristique comme une. agréable promenade.-
connaissent la campagne que entretiens avec les nègres Amé20 juin. J'ai eu de fréquens s'établirici au pied de la monricains, émigrés qui sont venus hier leurs terres, et j'en exaIsabella de Torres. Je visitai
tagne --- Page 188 ---
ENVINONS DE SAINT-YACO, - CULTURE.
minai la cul'ure avec la plus grande attention.
Chaque familie
n'occupe guère plus de 12 ou 14 acres en jardin. Ceux des émigrés qu'on trouve encore dans les villes, vivant d'un travail.
casuel, ne forment plus qu'une classe très-peu
mais ceux qui, depuis leur arrivée, se sont adonnés nombreuse;
vérance aux occupations agricoles,
avec perséquoique d'abord ils n'eussent
guère plus de connaissance pratique ou de moyens industriels
positifs que les autres, sont devenus des gens
Leurs
très-respectables,
femmes sont remplies de bon sens ct de prudence, et trèslaborieuses; en général elles ont quelque éducation, et s'entendent parfaitement à tous ces détails par lesquels une bonne
ménagère peut contribuer si puissamment aux besoins et au
bien-être d'une famille. A Savana ils se plaignaient d'être fixés
dans une localitéqui ne leur offrait aucun débouché
leurs
produits. Leur désir de se procurer lcs douceurs dont pour ils avaient
l'habitude, et les besoins pressans qui résultaient de
tation deleurs familles, les déterminèrent à s'établir l'augmendéfinitivement ici où ils trouvent à tirer un meilleur parti de leur iudustrie; mais non seulement il leur est pénible de se trouver
absolument privés de tout moyen d'instruction religieuse, ils
déplorent encore avec amertume l'impossibilité où ils sont d'obtenir des écoles pour l'éducation de leurs enfans. Ils attachent
une telle importance à cette privation que s'ils avaient eu la:
perspective de faire ce qu'on appelle une fortune, au lieu d'ètre
obligés de se contenter de moyens d'existence purs et simples,
ils ne s'y seraient jamais résignés; mais ils se sont laissés aller
à la promesse qu'on leur avait faite, que rien de tout cela ne
leur manquerait.
Ils étaient extrèmement pauvres quand ils arrivèrent dans
l'ile, si pauvres que leur émigration était une affaire de
nécessité. Cent d'entre cux peut-être se seraient en vaiu cotisés pure:
pour faire dix dollars. Aujourd'hui, outre des fermes pleines de
denrées de toute espece, ils ont des boeufs pour les aider dans
leurs travaux; car, en raison de leur peu de moycus, ils ont
mieux aimé d'abord se passer de chevaux, et acheter le boeufde
trait, 2 non seulement comme bête somme, mais encore pour los
porter aux marchés; et les Espagnols ont SIT rendre ainsi cet
animal si utile,qu'il cst pour eux un grand moyen d'économie.
Enfin, s'il faut juger des noirs libres des Etats-Unis d'après ces
familles, je suis porté à les regarder comme une excellente ac-
raison de leur peu de moycus, ils ont
mieux aimé d'abord se passer de chevaux, et acheter le boeufde
trait, 2 non seulement comme bête somme, mais encore pour los
porter aux marchés; et les Espagnols ont SIT rendre ainsi cet
animal si utile,qu'il cst pour eux un grand moyen d'économie.
Enfin, s'il faut juger des noirs libres des Etats-Unis d'après ces
familles, je suis porté à les regarder comme une excellente ac- --- Page 189 ---
-
-
> -
CLENENTA-TIVAXNEA- CULTURE.
que ce soit, et particulierement
quisition pour quelque pays Occidentales. Si nous avions prodes Indes
libres 2
pour nos colonies
de cultivateurs
voqué pour la Jamaique une émigration qui sont yenus se naturaliser
égal à ceux
senlement en nombre
que, dans nos propres
Haiti, je crois qu'il y a long-temps
serait décidée par
à
la
du travaillibre
colonies à esclaves, 2 question
les faits et par Vexpérience. de parler de ces nappes de verdure qui
J'ai déjà eu occasion base des montagnes, et qu'au premier
s'élèvent en terrasses à la
de l'art ; pent-être la
pour un ouvrage
coup d'ceil on prendrait
vient-elle de ce qu'anciennement
régularité qu'on y remarque
Aujourd'hui, lorsqu'on
endroits furent Tetitetsperlestadiene entourée de ses touffes
ces
Phumble cabane du oultivateur,
qui enferme sa
yaparçoitl
à fruit, avec la palissade
au
et d'arbres
temps
de palmiers
on se reporte naturellement
petite cour et son jardin 2 revoir toute la vie rurale des pauvres
etl'on croit
T'illusion est frapdes indigènes, Yasica surtout et à Los-Brassos, dans tous les vilIndiens. A
on en verrait autant
pante ; et probablement défrichés.
lages, si les bois étaient d'Yasica, à l'ouest , nous passâmes
En sortant du village
dont le lit est rempli de roches,
rivière
d'un côté
I'Yaroa, assez grande
la montagne, entrant
un chemin à travers
une caverne. Nous
qui se fraye
et sortant de l'autre par avoir passé et repar un souterrain, ensuite PYasiquita; puis, après
vallée où se
traversâmes
trouvâmes dans la jolie
passé la Latrica , nous nous
et toute sa fertilité, le riant
déploie, dans toute sa fraicheur Pon scrait tenté de prendre
2 que
de Clementa-Tavanes:
paysage
et magnifique parc.
pour un grand d'environ quatre-vingts acres, prineipalement ici
C'estune ferme
de haies de bromelias, appelés
mais entourés
au pied de quelon pâturages,
coule au fond de la vallée,
élemahias. L'Yasica
d'arbres, avec des chaumières ont
monticules couverts
Ces défrichemens
ques
qui les terminent.
les
vées sur les plateaux
et en épargnant
conduits d'une manière tres-indicieuse, touffes au milieu
été
indigènes qui sélèvent par
perchée
arbres fruitiers
du cultivateur est comme toute la
des palmiers. L'habitation élevé d'une rampe, et domine sur et les chesur le point le plus
les boeufs, les vachies
traplantation ou sont répandus
Il doit tout cela à son
servent à son exploitation.
de
en proche,
vaux qui
ces terrains proche
vail; c'est lui qui a défriché
touffes au milieu
été
indigènes qui sélèvent par
perchée
arbres fruitiers
du cultivateur est comme toute la
des palmiers. L'habitation élevé d'une rampe, et domine sur et les chesur le point le plus
les boeufs, les vachies
traplantation ou sont répandus
Il doit tout cela à son
servent à son exploitation.
de
en proche,
vaux qui
ces terrains proche
vail; c'est lui qui a défriché --- Page 190 ---
ENVIRONS DE SAINT-YACO:- -CULTURE,
et ils forment aujourd'hui
une espèce de parc
Européen, et qui rappelle un
qu'envierait un
dans le comté de
peu les terrains de
Surrey; et
Claremont,
meure d'un modeste et obscur pourtant ce n'est là que la decharmant
paysan, et un coin du
que présente celte vallée,
tableau
multitude de ces vergers et de
jadis occupée par une
1*r juillet. Nous
ces jardins si variés des Indiens.
de
voilà arrivés sur la lisière de la
Giunamoca. Il est impossible de voir de
savane
que ceux, que nous avons trouvés dans
plus beaux enfans
humbles Hateros qui font
la chaumière d'un des
prairies; ; c'était le teint des paitreleur bétail dans ces délicieuses
robustes montagnards.
Européens et la vigueur des
Nous nous
plus
une petite ferme près d'un
arrêtâmes pour dîner dans
épaisse forêt, où elle est
ruisseau, et au milieu d'une
cage.Ces chaumières
comme un nid dans le fond d'un bofans. On
espagnoles sont de
peut être sûr d'en trouver vraiesfourmilières d'enune douzaine, depuis le
au moins neuf et souvent
les bras,
marmot qu'il faut encore
jusqu'au fils ou à la fille
porter dans
à l'être, comme dans cette
nouvellement mariés ou bons
cabane
un beau pays, dans un climat
d'Almontis. Ils habitent
et à l'exercice une force et délicieux, et ils doivent au travail
bitations sont de
une santé peu communes. Leurs hade
petites fermes soignées et tenues
FEurope. Leur vie est
comme celles
d'une vertu
simple; ; et si la nature les a doués
bonnes
prolifique extraordinaire, d'un autre
moeurs ont empéché qu'ils
côté leurs
santé et de leur vigueur. Un
n'y perdissent rien de leur
vieillard
tinez, presque
d'Atolledos, nommé Marcentenaire, se voyait entouré d'une
petits enfans, et ce n'était pas là une
centaine de
aucune éducation
rareté. Ces hommes
2 mais ils ne manquent ni de
n'ont
loquence naturelle. Ils
finesse, ni d'éjouissance dans
paraissent faire consister leur
une vie exempte de
principale
ne s'étendent guère au-deli
soucis; et leurs amusemens
mances sentimentales.
dela fandanguette et de
roLes jours de
ils
quelques
lure des fleurs de leurs
fète, ornent leur cheveest de décorer la croix jardins; et un de leurs actes de piété
quis'y élève
chaque saison leur
à
ordinairement de celles que
filles vint, au moment apporte son tour. A Almontis, 9 l'ainée des
de notre
des fleurs qu'elle était allée départ, nous offrir des fruits et
clle n'avait pas l'air de
cueillir tout exprès, et en cela
nous faire une
mais on eût dit que c'était
politesse extraordinaire; ;
une chose courante et habituelle,
; et un de leurs actes de piété
quis'y élève
chaque saison leur
à
ordinairement de celles que
filles vint, au moment apporte son tour. A Almontis, 9 l'ainée des
de notre
des fleurs qu'elle était allée départ, nous offrir des fruits et
clle n'avait pas l'air de
cueillir tout exprès, et en cela
nous faire une
mais on eût dit que c'était
politesse extraordinaire; ;
une chose courante et habituelle, --- Page 191 ---
- -
INDIGÈNES. DES INDIENS
avoir droit à cette
nous fussions là pour
et qu'il suffisait que
espagnoles sont extrèmement circonsgracicuseté. Les femmes
propres à conserver
et prennent toutes les précautions M. Henichen me fit remarpectes, vertu à l'abri de tout soupçon. une seule
leur chemin faisant, que je ne rencontrais visite pas à quelque
quer,
n'allât-elle que faire une
de la
femme sur la route,
ne fût escortée par un homme
amie de son voisinage, qui circonspection est commune à toutes
famille. Cette scrupuleuse
et comme ils ne sortent
blancs ou noirs;
les classes d'habitans,
est un efficace et formidable
jamais sans armes 2 le cichesbeo
marche à côté de la
lors même que celui qui fils, frère ou cousin. porte-respect, serait qu'un jeune garçon,
voyageuse ne
desindiensindigenes
Pour
à la supposition qu'ils pérismrntomtee
nécessnire de recourir
besoin non plus
il n'est pas
dans les mines ; il n'est pas
saient par milliers
d'une horrible cruauté, pour s'explid'aller chercher des actes
si peu de traces
commont il se fait qu'il reste aujourd'hui
parlant,
quer
primitifs. Les Espagnols, généralement était
de ces habitans
maitres cruels ; mais leurdomination
ne furent jamais des
sans adoucissement, sans
l'esclavage, l'impitoyable esclavage, fruit nisalaire, qui use les facultés
restriction,et cel long travail sansi de la vie. La mortalité avait pour
et tarit les sources
physiques
bien moins les maladies qu'occasionne
cause toujours agissante,
cette autre maladie, plus terrible
un labeur inaccoutumé, que
trompée, qui finit par briser
toujours
cent fois ( de l'espérance
années de leur établis-
) Si dans les cent premières
d'hommes
a le coeur. ont réduit à une poignée
près
sement, les Espagnols
de cette malheureuse contrée, nous
de trois millions d'habitans à leur tour, pendant le dernier siècle
trouvons que les Français ont fait périr autant de millions
de leur histoire coloniale, y africaines. Dans ce dernier cas 9
d'hommes arrachés aux plages semble qu'il n'y a pas eu déponous abusons, et il nous
que
nous
la vie des hommes, parce
pulation, qu'on n'a point prodigué de nouvelles importations
les vides étaient sans cesse remplis par tandis qu'à l'égard des
l'infâme commerce de la traite;
sur
et par
sous cent formes diverses, opérait
Indiens, la destruction, déterminé, qui ne pouvaient se recruter
d'hommes
risible, si
un nombre
autre race.
'y a pas eu déponous abusons, et il nous
que
nous
la vie des hommes, parce
pulation, qu'on n'a point prodigué de nouvelles importations
les vides étaient sans cesse remplis par tandis qu'à l'égard des
l'infâme commerce de la traite;
sur
et par
sous cent formes diverses, opérait
Indiens, la destruction, déterminé, qui ne pouvaient se recruter
d'hommes
risible, si
un nombre
autre race. Il est vraiment
aux dépens d'aucune rire à ces affreux calculs dc la tyrannie,
toutefois quelqu'un peut complaisance lcs avocats du système
de voir avec quelle parfaite
--- Page 192 ---
DES INDIENS INDICÈNES. colonial, tels que Bryan Edwards et Moreau de Saint-Méry, osent
détail l'économie et les profits des habitations, et déétaler en
sorte, sous le parfum du café et parla douceur
guiser en quelque
du sucre, le crime odieux de l'esclavage des nègres; tandisqu'ils
contre l'avarice et la cruauté qui.extirpaient la race
tonnent et cela seulement parce que le propriétaire colon ,
indienne,
réparer sans cesse la perte des hommes qu'il sacrifiait
pouvant
et à sa barbare cupidité, dérobait à ses propres
à son orgueil
les traces de ce crime continuel, au lien que l'Espagnol,
yeux
chaque jour les victimesde son injustice, et de
forcé de compter
il voyait se détruire sa docontempler ces pertes par lesquelles
pouvait faire un retour sur lui-mème, et sentir qu'il
mination,
et l'horreur des siècles à venir. s'attirait le mépris
terminons ici nos extraits des lettres de M. Hill, qui
Nous
trouvant plus rien qui se ratcontiennent ce journal, n'y
directement au sujet de la brochure que nous putache assez
blions. CHAPITRE III
Examen du Rapport adressé par M. Charles Mackenzie, Consul général
d'Angleterre à Haiti, à M. Canning, Sccrétaire-d'Etat des Affaires
étrangeres (4). PENDANT plusieurs anées, le gouvernement de la GrandeBretagne, sous le charme puissant de l'influence coloniale, refusa de reconnaitre la république naissante d'Haiti, et ce ne fut
qu'en 1826 qu'il se décida enfin à établir avec elle ses premières
relations politiques, par l'envoi d'un consul général ohargé de
veiller aux intérêts du commerce anglais.
. Canning, Sccrétaire-d'Etat des Affaires
étrangeres (4). PENDANT plusieurs anées, le gouvernement de la GrandeBretagne, sous le charme puissant de l'influence coloniale, refusa de reconnaitre la république naissante d'Haiti, et ce ne fut
qu'en 1826 qu'il se décida enfin à établir avec elle ses premières
relations politiques, par l'envoi d'un consul général ohargé de
veiller aux intérêts du commerce anglais. Tout nous porte à
(4) Ce Rapport a été imprimé par ordre de la Chambre des Communes,
du 17 février 1829, et porte le no 18. --- Page 193 ---
à -
A HAITT.
MISSION DE M. NACKENZIE
M. Canning avait principalement
croire qu'un des objets que
fut de se procurer des
ce consul général,
l'état
en vue, en nommant
relativement à
et impartiales,
informations anthentiques de la civilisation chez ce peuple
de la société et aux progrès
émancipés. Toutefois, et eu
et si intéressant de nègres
dans
nouveau
pas qu'il ait été très-judicieux
égard à ce but, il ne parait il confia cette mission.
le choix de la personne à qui
haut qu'il puisse, sous tout
Le nouveau consul,, quelque
est fils d'un planteur
élever ses prétentions.
à
autre rapport,
grandement intéressé par conséquent
des Indes-Occidentales, colonial. Il était donc très-présula perpétuité de l'esclavage de cet agent seraient toutes en faveur
mable que. les préventious
Il parait, en outre, qu'il
contre l'émancipation.
de l'esclavageet
des idées absurdes publiées par
s'était imbu de quelques-unes
la Philosophie du Travail,
Moody sur ce qu'il appelle
dans l'oubli
le major
être tombées aujourd'hui
idées qui semblent
qu'elles méritent.
fonctions au Port-au-Prince au mois
M.Slackenzie entra en
son séjour à Haitine parait
ou de mai 1826, et la duréede
d'avril
mois environ : quinze mois, cependant,
avoir été que de quinze attentif et dépouillé de toute prévention,
pour un observateur recueillir les plus utiles renseignemens:
auraient pu suflire pour
rapporter une abondante
c'était tout le temps qu'il fallait pour lui-mème, pour communid'observations faites par
et
moisson,
d'autorités respectebles,
des faits importans, appuyés authentiques propres à
quer recueillir tous les documens
la situation actuelle
pour
lumière sur T'histoire et sur
dans
jeter quelqué
de ces docunens se trouvent
d'Haiti. Quelques-uns série en soit très-incomplète ; mais
quoique la
sous
ce volume,
moins fort importans
plusieurs
ils n'en sont pas
en ce qu'ils fournissent un lexle
points de yue, et notamment l'exactitnde des observalions génésur lequel on pent apprécier faits qu'il avance sur le témoignage
rales du consul. Quant aux
moyen d'en juger la valeur
d'autrui, il ne nous fournit aucun dans aucun cas, indique-t-il
et la probabilité. A peine même,
et si ses amis du Portla source oùt il a puisé SCS informations; étaient comme lui
au-Prince, et par conséquent ses relation auteurs, d'intérêt avec les coprécédemment en
les faits
des personnes
jusqu'à quel point
lonies à esclaves, on peut présumer
un semblable canal.
changer de couleur en passant par
12*
ont pu
juger la valeur
d'autrui, il ne nous fournit aucun dans aucun cas, indique-t-il
et la probabilité. A peine même,
et si ses amis du Portla source oùt il a puisé SCS informations; étaient comme lui
au-Prince, et par conséquent ses relation auteurs, d'intérêt avec les coprécédemment en
les faits
des personnes
jusqu'à quel point
lonies à esclaves, on peut présumer
un semblable canal.
changer de couleur en passant par
12*
ont pu --- Page 194 ---
ERREURS DE M. MACKENZIE.
Mais que ce soit à tort ou à raison que nous
source les renscignemens de seconde
rapportons à cette
M.
main que nous transmet
Mackenzie, ce dont nous ne pouvons douter du
du peu de candeuret
moins, c'est
dance officielle. On voit d'impartialitéqui éclate dans sa corresponqu'il n'a mis le pied sur le
qu'avec une disposition bien marquée de
rivage d'Haiti
beaucoup à blâmer, dans
trouver peu à louer et
une république presque
composée de nègres émancipés, de
entièrement
nègres se gouvernant
eux-mêmes, et jouissant d'un bien-être
par
vail volontaire et libre,
qu'ils doivent à un trasans la puissance
seul aiguillon, s'il faut en croire la
coërcitive du fouet,
Philosophie du
lequel on puisse compter, sous les
Travail, sur
tivité et l'industrie des
tropiques, pour exciter l'acnègres.
Nul doute que M. Mackenzie ne sentit toute la
conséquences que l'on pouvait tirer en faveur de la portée des
rapide accroissement de la
liberté, du
population noire
parallèle avec le décroissement
d'Haiti, mis en
population dans les iles à
non moins rapide de cette même
esclaves du même
Haiti même, au temps de
archipel, et dans
à ce qu'un
l'esclavage. On devait donc s'attendre
partisan de l'ancien système colonial fit ses
pour ôter aux adversaires de
efforts
l'esclavage tout
pouvaient tirer de ce constraste,
l'avantage qu'ils
qui ne pouvait
regardé comme une épreuve décisive du bien-être manquer d'être
deux conditions sociales,
comparatif des
, celle du noir esclave et celle
libre.
du noir
Nous avons déjà vu comment M. Mackenzie
portant sujet.
a traité cet imDans le mémoire sur l'abolition de
à Haiti, qui forme l'objet du
l'esclavage et ses résultats
publication,
premier chapitre de la
on trouve (page 31 à 33), quelques
présente
prouvent l'inexactitude de ce fonctionnaire
remarques qui
mens qu'il donne sur la population
dans les renseignenécessaire de revenirsur
d'Haiti. Il ne sera donc pas
d'autres
cette partie de son rapport.
est
qui ne sont; pas plusexactes, et qui, revêtues Maisilen
le sont,d'une autorité oflicielle,ne
commeelles
publique touchant l'état social et politique Poebmtanigsesfgpteten
de faire connaitreles
d'Haiti; et ilimporte
erreurs et les
ment. On est ordinairement
contradictionsqu'elles renfertables les
disposé à admettre comme indubiassertions des fonctionnaires publics, sans
yu'ils puissent être sujets à l'influence des
soupçonner
préjugés ou de l'in-
ues Maisilen
le sont,d'une autorité oflicielle,ne
commeelles
publique touchant l'état social et politique Poebmtanigsesfgpteten
de faire connaitreles
d'Haiti; et ilimporte
erreurs et les
ment. On est ordinairement
contradictionsqu'elles renfertables les
disposé à admettre comme indubiassertions des fonctionnaires publics, sans
yu'ils puissent être sujets à l'influence des
soupçonner
préjugés ou de l'in- --- Page 195 ---
-
-
18t
ERREURS DE M. NACKENZIE.
les questions
Mais pour tout ce qui regarde à s'en fier sans
térêt persounel.
un grand danger
liés avee
eoloniales, il y a toujours
sont étroitement
de ceux qui
dans une propriété
réserve aux rapports intérêt quelconque
des colons ou qui ont un
adrescoloniale.
1826, une série de questions fut
et
Au mois deseptembre le bureau des affaires étrangères, d'apsée à M. Mackenzie par
une nouvelle occasion
trouverons dans ses réponses
accorder à ses rapports
nous
de confiance que l'on peut
précierle Voici degré trois de ces questions : volontaire ou forcé ?
officiels. Le
à Haiti, est-il
?
a 1" travail, fait-on usage du fouet
est forcé ,
même
( 2° S'il
du fouet, est-il employé
si l'on fait usage
a 5' Et
pour les femmes ? D
répond à ces questions :
le
Voici ce que M. Mackenzic
forcé, comme le prouve
el Le travail est très-décidément
même du Code rural.
du fouet : mais les
texte
long-temps aboli l'usage bâton ; et cemme
.2-Laloiadepuis
de se servir d'un gros
et
militaires ont le privilége militaires, je présume qu'a présent,
les
sont
et Christophe,
tous propriétaires lieu sous Toussaint, Dessalines
comme cela avait
sont fréquemment infligées.
corporelles de ce genre
rare de voir à Haiti la
les punitions
la loi : il n'est pas
quoique prohibées par
et la théorie en discordance. les femmes soient punies du
pratique Il ne m'est pas prouvé que
en général
( 3°
la conduite des hommes
fouet ; mais, à en juger par porté à croire que cette violation
des femmes 9 je serais
lieu
elles comme pour
à T'égard
viens de signaler, a
pour
de la loi, que je
de moins
les hommes >(p. 81). de plus vague, de plus légeret
Peut-on rien imaginer réponses ?
ordonsatisfaisant que de pareilles le consul nous dit que les
(p- 17)
étaient
Dans son rapport, relatives à Tindustrie agricole, Dessalines
mances de Toussaint,
dit autant de celles de
décidément coercitives. Il en
la loi et les régleOn lit (P. 19) que, sous Christophe, que ceux de ses'
(p. 18).
étaient aussi rigourenx le travail forcé
mens sur l'agriculture sous ce chef, dit-il (p. 20),
devanciers. Et même,
que sous les colons français.
avec autant de rigueur
du Code
était exigé
de mêmc les dispositions peut.
nous représente
tout ce qu'on
M. Mackenzie
aussi despotiques que
rural de Boyer, comme
la loi et les régleOn lit (P. 19) que, sous Christophe, que ceux de ses'
(p. 18).
étaient aussi rigourenx le travail forcé
mens sur l'agriculture sous ce chef, dit-il (p. 20),
devanciers. Et même,
que sous les colons français.
avec autant de rigueur
du Code
était exigé
de mêmc les dispositions peut.
nous représente
tout ce qu'on
M. Mackenzie
aussi despotiques que
rural de Boyer, comme --- Page 196 ---
ERREURS DE M. MACKENZIE,
imaginer dans aucun système de colonies à esclaves. II va
même jusqu'àaflirmer que les lois de Toussaint n'étaient
simple modification des anciennes lois coloniales de qu'une
et que le Code rural de 1826 n'est aussi
France;
anciens
qu'une modification des
réglemens français, sanctionnés par le Code Noir, avec
quelques restrictions addilionnelles (p. 22).
Quant à ces assertions de M. Mackenzie, elles sont démenties
par les Codes ruraux insérés dans le rapport du consul luimême, et dont nous. avons donné une analyse dans cette
publication (p. 9 à 20). Il est donc impossible
un exposé plus éloigné de la vérité que celui
nous d'imaginer
de transcrire; et si ce n'est un
que
venons
mensonge volontaire, nom
qu'il nous répugne de lui donner, , c'est au moins, de la
de M. Mackenzie, une preuve de son ignorance
part
anciennes lois coloniales de
profonde sur les
France. Le Code Noir est une
ordonnance qui impose aux nègres cultivateurs dans les colonies
françaises 2 le joug du plus impitoyable esclavage
les prive expressément de tous droits de
qui
de tous droits civils
propriété, Ou plutôt
quelconques; qui les exclue de tous: les
emplois, qui les assujétit aux fers et à la fustigation, suivant
le bon plaisir du maitre ou du régisseur ; qui les punit de mort
pour la plus légère voie de fait contre l'une ou l'autre de ces
personnes, même dans le cas de défense
enfin ravale toute
personnelle 2 qui
une race du rang d'hommes à la condition
de bètes brutes.
Maintenant ouvrons les lois d'Haiti, telles qu'elles nous' sont
transmises par M. Mackenzie lui-mémc. Elles abolissent l'esclaagetp-ifjyelleproaerientfunaged fouet (p.18); elles donnent
à tout] le corps du peuple des droits égaux; elles assurent au plus
petit cultivateur un intérêt direct dans les produits sdus solqu'il fait
valoir, et l'entière propriété des fruits de soI1 industrie particulière. Que l'on compare aussi avec le Code Noir, ou.avec aucune des ancienncs lois coloniales de France, les extraits suivaus
des Codes Haitiens, 9 tels que nous les donne M.Mackenzie luimême; prenous cclui de Toussaint pour point de comparaison
(p. 128).
00.8
< Il ne peut existerd'esclaves sur le territoire de la république.
L'esclavage y est à jamais aboli. Tous lcs hommes y naissent, y
vivent, y meurent libres.
Tout homme, quelle que soit sil couleur, est admissible à
lous lcs cmplois.
les extraits suivaus
des Codes Haitiens, 9 tels que nous les donne M.Mackenzie luimême; prenous cclui de Toussaint pour point de comparaison
(p. 128).
00.8
< Il ne peut existerd'esclaves sur le territoire de la république.
L'esclavage y est à jamais aboli. Tous lcs hommes y naissent, y
vivent, y meurent libres.
Tout homme, quelle que soit sil couleur, est admissible à
lous lcs cmplois. --- Page 197 ---
z
ERREURS DE M. MACKENZIE.
punissc, soit
tous, soit qu'elle
loi est la même pour
< La
de
p.
qu'elle prolège
forment la basc du Code Christophe, d'Haiti,
Les mêmes principes maintenant la loi universelle
et de celui qui constitne Voici ce qu'on y lit :
Code de 1816 (p. 148).
le territoire de la république.
le
sur
est la même pour
( Ilne peut existerdtesdavess aboli. , 46 La loi
est
y est a jamais
punisse. La proprièté ce
L'esclavage
ou qu'elle
disposition de
tous, soit qu'elle protège,
a la libre
l'homme
et sacrée. Toute personne
devoirs de
inviolable
19 "Tousles
pas à
reconnu lui appartenir."
: 6 Ne faites
qui est
dérivent de ces deux principes vous fit' : ,Faites 9
et du citoyen
ne voudriez pas qu'on
voudriez en
autrui ce que vous
tout le bien que vous
constamment aux autres
hardi pour
recevoir." >99 (P- 148)
un fonctionnaire assez
dont
il se tronve
avec le ministre
Et cependant
officielle
et que ne
dans sa correspondenoe de
principes
avancer
les lois fondées sur parcils ne sont que des moil dépend, que
du Code Rural,
de la
dément aucune disposition des anciennes lois coloniales
du Code Noir et
que oclui-là!
difications
faux exposé plus grossier
du
France. Fàt-il jamais un
que les dispositions
de M. Mackenzic
tout ce qu'on
Quant à l'assertion sont aussi despotiques que
nous
Codle de Boyer de 1826
système de colonies à esclaves, même
imaginer dans aucun
démentie par le texte
peut dire qu'elle est completement Il dit qu'aucune punition
osons
sont ses termes?
vertu de la
de ce code. Quels à un citoyen d'Haili, qu'en doit de trane peut - être infligée
et qu'il ne fournir à
d'une loi dont ila connaissance,
à
loi, et
soit que celui quilwest engagé le tissece
comme
vail : à qui que Iln'est forcède travailler que est sur le méprix convenu.
forcé de finir la toile qui
que
est
l'ouvrier
rand de Spitafields
à terminer, ou comme
tier et qu'il s'est engagé
à faire le temps de son engagea loué pour un an s
ou le désceuvré est forcé
le fermier
le vagabond
honnête. Pour
ment : ou enfin comme recours à quelque travail
réfuter
d'avoir
pour
en Angleterre
nous fussions emharrassés Nackenzie sur
néanmoins que
de M.
peu
les insinuatious
dans le rappleinement et directement lui-même edesargumens
il nous fournirait
ce point,
avons sons les yeux.
du système de la
port que nous
que le résultat
les
II nous dit, par exemple, portions, dans tous quartiers
division des terres en petites
-
ment : ou enfin comme recours à quelque travail
réfuter
d'avoir
pour
en Angleterre
nous fussions emharrassés Nackenzie sur
néanmoins que
de M.
peu
les insinuatious
dans le rappleinement et directement lui-même edesargumens
il nous fournirait
ce point,
avons sons les yeux.
du système de la
port que nous
que le résultat
les
II nous dit, par exemple, portions, dans tous quartiers
division des terres en petites
- --- Page 198 ---
ERREURS DE M. NACKENZIE.
qu'il a visites, c'est qu'il est devenu très-difficile de former des
bandes de cultivateurs, vu que chaque individu trouve ou a la
prétention de trouver une occupation suffisante sur son petit
lot et autour de sa chaumière (page 93), Nous demanderons à
M. Mackensie comment il s'y prendra pour concilier ce fait
dont il a été témoin oculaire avec l'assertion si tranchante
le travail, à Haiti, n'ést pas volontaire, mais forcé
que
le cultivateur
(81), et que
peut être considéré comme adscriptus gleba
(page 22) (1). ( Iln'ya pas de mesure, dit-il encore, par lesquelles le gouvernement puisse décider les jeunes créoles au
travail. Tous les propriétaires déplorent constamment cette impuissance absolue du gouvernement (page 105). Mais luimême n'explique-t-il pas çes circonstances, quand il dit
les
créoles préfèrent s'occuper exclusivement de la culture des que terreins qui leur ont. été alloués P Nous n'admettons
l'exactitude de cet exposé, attendu que M. Mackenzie pas
ne l'appuie
d'aucune preuve; mais enfin, comment le Consul général ferat-il pour l'accorder avec ces dispositions du Code rural
nous
qu'il
présente comme le non plus ultra du despotisme P ces
difficultés qu'éprouve le gouvernemeut à imposer le
M. Mackenzie sait fort bien qu'elles n'existent
travail,
pas sur les
tations de la Jamaique, de la Grenade ou de Démérara. planIl convient cependant (page 105) que l'on cultive des vivres,
qu'on élève de la volaille et des bestiaux pour la consommation
des familles ; et cela apparemment sans qu'il soit nécessaire
d'y contraindre les gens. Mais M. Mackenzie compte tout cela
pour rien; il ne veut voir de travail que celui qui se fait par
bandes, pour la culture du sucre. ( Mon rapport, dit-il, se
bornera à ce qui concerne le sucre, qui est la culture la plus
importante. n Voilà, il faut en convenir; ce qui est passablement bizarre, puisque, suivant M. le consul lui-même, le sucre
est l'article dont on s'occupe le moins à Haiti. Mais il n'est
guère besoin que nous poussions la discussion plus loin sur ce
(4) Le seul passage du Code rural qui puisse donner
couleur
cette
quelque
à
assertion 9 est celui qui veut que quiconque ne pourra justifier de
que autre moyen d'existence, soit tenu de travailler à la terre , et que quel- le
citoyen qui sera dans ce cas ne soit libéré de celte obligation que
aura prouvé au magistrat qu'il tire sa subsistance de quelque autre lorsqu'il industrie. Assurément c'est là une disposition aussi sage que conforme à l'humanité.
ce
(4) Le seul passage du Code rural qui puisse donner
couleur
cette
quelque
à
assertion 9 est celui qui veut que quiconque ne pourra justifier de
que autre moyen d'existence, soit tenu de travailler à la terre , et que quel- le
citoyen qui sera dans ce cas ne soit libéré de celte obligation que
aura prouvé au magistrat qu'il tire sa subsistance de quelque autre lorsqu'il industrie. Assurément c'est là une disposition aussi sage que conforme à l'humanité. --- Page 199 ---
a
N -
ERREURS DE M. NACKENZIE.
appour ceux qui se trouvent et
Un bonheur tout particulier
aussi incorrigibles
sujet.
les absurdités des partisans
Philosophic du
pelés à réfuter
de la nouvelle la
aussi opiniatres
tronver besogne
des propagateurs
c'est de
afque l'est M. Mackenzie,
travail des Haitiens,
Travail,
leurs adversaires. 6 Le
il est exigé avec
toute faite par
volontaire, mais forcé; ;
d'esclafirme-t-il, n'est pas
dans le pire de tous les régimes que
autantde despotisme que
pour nous prouver
il fait tous sesefforts
travailler; ;
vage >, et pourtant
; qu'ils ne veulent point
exles Haitiens sont paresseux; très-petite quantité les produits la
et qu'ils ne récoltent qu'en desquels on a coutume d'employer
portables pour la culture
surtout, à ce qu'il parait,
contrainte; ces sottes gens s occupant de la volaille et des bestiaux
cultiver des vivres, d'élever
avant tout de leur
( de
c'est-à-dire, s'occupant
pour leur usage >;
en conssubsistance!
consul choisisse ; car il ne peut contraMaintenant, que notre logique soutenir deux propositions Haîti est vocience et en bonne admette, ou que le travail à favori, a
dictoires: il faut qu'il
le fouct, son instrument
lontaire et non forcé, ou que
sur les Haitiens, en compa- détellement perdu de son pouveir
qu'il ne peut
qu'il opère à la Jamaique,
à creuser
raison des prodiges
à passer toute leur journée de somcider ces pauvres gens
les cannes, et à se priver donc la
péniblement des trous pour
la nuit. A quoi
fabriquer du sucre pendant s'ils ne peuvent servir
meil pour
sont-ils bons,
contrainte et le despotisme
?
la masse des exportations
montre une
à angmenter
pour lequel M. Mackenzie
que
Mais al'égard du fouet,
il ne veut pas absolument
inclination si décidée, et dont vraiment divertissant d'obait été aboli à Haiti, il est
que les HaiT'usage
qu'il se donne pour nous prouver
Il soupserver les peines entièrement privés de ses bienfaits. y sont
tiens ne sont pas
qu'il espère, que les hommes dit?) qu'on
çonne, il dirait presque il est certain (qui le lui a
ctc.,
encore soumis, comme
Dessalines, Christophe,
le leur infligeait sous Toussaint, sans aucun renseignement, dire
n'en ait pas la preuve,
T'autorise à
et quoiqu'il
même la plus vague, qui
(oh ! nous
sans aucune rumeur,
du fouet, il est disposé,
les femmes soient punies
à croire que les femmes
quel
nullement) il est disposé
et cela quoique la
n'en doutons aussi bien que - les hommes, , IC soit chez lui
sont. fustigées
dcs hommes eux-mèmes
fustigation à l'égard
aucun renseignement, dire
n'en ait pas la preuve,
T'autorise à
et quoiqu'il
même la plus vague, qui
(oh ! nous
sans aucune rumeur,
du fouet, il est disposé,
les femmes soient punies
à croire que les femmes
quel
nullement) il est disposé
et cela quoique la
n'en doutons aussi bien que - les hommes, , IC soit chez lui
sont. fustigées
dcs hommes eux-mèmes
fustigation à l'égard --- Page 200 ---
ERREURS DE M. MACKENZIE.
qu'un simple soupçon, mais un soupçon, il cst vrai, comme il le
remarque si judicieusement, fondé sur la discordance
le plus ordlinairement à Haiti entre Ja
qui existe
N'est-ce
théorie et la pratique.
pas là, sous le titre et sous la forme de
bien pitoyable bavardage adressé à
rapport, un
fonctionnaire
son gouvernement par un
public, et cela, sur un sujet si sérieux et si
grave: ?
Mais indépendamment de la loi qui, comme on le voit dans
la note ci-dessous (1), est décisive sur ce
point, ce fonctionnaire, dans ses bizarres contradictions,
la
nous fournit lui-même
contre-preuve qui suit : Un propriélaire de Jacmel
consul : G Tout travail est
dit au
louent
purement volontaire. Les hommes se
à la semaine, et le dimanche on fait la paie des cultivateurs. Les punitions corporelles sont abolies; elles sont en
horreur aux nègres. Tout coup donne,
à
n'importe qui, Ot est
(4) Le Code rural, publié en 1794, et inséré dans son
kenzie (p. 111), contient les dispostions suivantes
rapport par M. Macun des cultivateurs qui travaillent
: a Si un conducteur frappe
il le met aux fers
sous ses ordres 1 ou si de son autorité
ou en prison , il sera privé de son
et
privée
pable de commander à des hommes libres.
emploi, déclaréincail sera arrêté,
S'ily: a eu contusion ou blessures,
poursuivi et puni conformément aux
du
minel (p- 114).
dispositions Code criDans la loi de 1812 il est dit : 6 Excepté le cas de légitime
individu qui en blessera un autre
défense, tout
volontairement, ou seulement le
sera condamné à une amende de 100 dollars et à un emprisonnement frappera de huit s
mois ; cette peine sera double si la violence a eu lieur contre des femmes
des personnes âgées de plus de soixante ans 9 ou des enfans au-dessous dc ou
quatorze.ans; et elle sera encore augmentée si les voies de fait ont été commises par un maitre sur ses apprentis, ou sur un cutivateur de louage. Loi de
police, titre 1, chap. 2 , art. 12 et 13.
Nous ne sommes pas étonnés qu'après des dispositions si sévères, M. Makkenzie ne puisse faire autre chose que de soupçonner ou conjecturer, comme
chose probable, que les hommes et les femmes sont encore soumis
de fouet, et qu'il n'ait, cependant, à en produire aucun exemple récent. aux coups
Toutefois il est plus hardi quand il parle
vérification devient
d'époques plus anciennes, 9 et où la
plus difficile. Oui, il veut bien en
sous Toussaint
SOuS
ct
Dessalines le fouet était aboli : mais alors ( on convenir, se servait sans
de gros batons, etc.; il n'était pas rare que l'on fit usage du sabre, du scrupule
et même on allait jusqu'à enterrer vif, quand il s'agissait de mettre à lai fusil, 9
des bandes refractaires.-Nous
raison
pourrions retrouver tout cela clez les fabricans
des nouvelles coloniales de 1800 à 1805. Mais 9 après tout, quel serait i la
Jamaique le châtiment d'une batide réfractaire ? Ne serait-ce pas celui de La
révolte? la mort? Rappelons-nous à cette oceasion les'déplorables histoires
de Sainte-Mlaric, de Hanovre et de Saint George, Ctl 1824.
i fusil, 9
des bandes refractaires.-Nous
raison
pourrions retrouver tout cela clez les fabricans
des nouvelles coloniales de 1800 à 1805. Mais 9 après tout, quel serait i la
Jamaique le châtiment d'une batide réfractaire ? Ne serait-ce pas celui de La
révolte? la mort? Rappelons-nous à cette oceasion les'déplorables histoires
de Sainte-Mlaric, de Hanovre et de Saint George, Ctl 1824. --- Page 201 ---
-
-
à
EHREURS DE M. NACKENZIE.
Les femmes
ou est déféré au tribuenat. les battre
rendu puar u7 uutre coup, dc travailler, mais nul ne pent
traaussi sont dans T'usage leurs maris. Hommes et femmcs des sexes ;
impmnément, si ce n'est distinclion ou séparation
vaillent ensemble et sans
grand nombre que les femmes, du
sont en plus
des détails
mais les hommes
sont chargées
les femmes en général
sont généattendu que
un peu considérables
une
ménage. Toutes les proptiétés
recevant pour fermage
affermées, les propriétaires
a toujours la plus
ralement
mais le fermier
à
cerlain portion du produit, celui qui prend une propriété et
car il est rare que
moitié du produit,
forte part;
calculs sur plus de la
sa portion
bail établisse ses
le
touche
cette moitié que propriétaire
un quart
c'est sur
reste de cette moitié, c'cst-a-dire d'autres
(p. 93); ce qui
passant, à ce quindiquent Code rural
à peu près de la totalité,
(-pages 93 et 102, et
documens, aux cullivateurs.
M. Macpassim.)
que nous a donnés lui-mème
Tels sont les renseignemens autorité qu'il parait regarder
kenzie, d'après une
si tout cela cst exact, comment existe
digue de foi. Mais
qui
comme
la contradiction frappante réponses aux
nous expliquera-til
et ses propres
nous dit
entre ces mêmes renseignenens ? Les uns émanent, à ce qu'il
les
questions de M. Canning
; les autres ne sont que
d'un témoin respectable hasardées du consul génélui-même,
et les conjectures
mais contraires à tout
vagues soupçons sans preuve. aucune 2
que
ral, non seulement preuves : ici encore souvenons-nous des
ce qu'on pent appeler de l'examen et du dépotillement privé sur la
les personnes chargées
soumise au conseil
dc
différentes pièces de r'enquéte et de toute la correspondance de
pétition relative à Berbice,
les yeux, ont jugé à propos
M. Mackenzie qu'ils avaient sous
et ces conjectures hasarces vagues soupçons
ont écarté ce qui
mettre en avant autant de preuves 2 tandis qu'ils à rien moins
dées comme
de preuve, et qui n'allait
chargé
seul méritait le nom
tout ce que le consul s'était
à
convainere de faux
et autres semblables, soil
qu'à
Par de tels procédés,
et
sont ainsi
de prouver.
l'erreur limposture
dessein, soit parinadvertance. , àvec la sanclion apparénte
surun sujet stimportant,
les principes les plus
propagtes
officielle, au point que
sont obligés
d'une autorité
de la justice cl du bon sens,
sophissimples dc Pbumanité,
faux et auix comyuentaires
dc céder la placc aux exposés
et autres semblables, soil
qu'à
Par de tels procédés,
et
sont ainsi
de prouver.
l'erreur limposture
dessein, soit parinadvertance. , àvec la sanclion apparénte
surun sujet stimportant,
les principes les plus
propagtes
officielle, au point que
sont obligés
d'une autorité
de la justice cl du bon sens,
sophissimples dc Pbumanité,
faux et auix comyuentaires
dc céder la placc aux exposés --- Page 202 ---
ERREURS DE M. MACKENZIE.
tiques de parties intércssées ou d'économistes mal informés.
On ne finirait pas, si l'on voulait passer en revue tous les
passages de ce rapport, qui aunoncent chez M. Mackenzie une
résolution bien arrêtée de trouver l'esclavage à Haiti. Nous
nous bornerons à en citer encore quelques autres
(C Les cultivateurs,
exemples.
dit-il, sous l'empire dcs mêmes
relatifs à la culture, étaient contraints
réglemens
de travailler comme
auparavant. D Mais auparavant, veut-il dire ici l'ancien régime P
Alors ils travaillaient sous le fouet et sans salaire. e Avec cetle
différence, continue le consul, qu'au lieu de trouver autour
d'eua tout ce qui est nécessaire à leurs besoins, ils
(ma-t-on dit) nominalement
reçoivent
ln quart du produit de leur travail, mais en réalité beaucoup moins (1). Sans revenir à la réfutation par laquelle nous avons déjà réduit à leur juste valeur
teutes ces allégations si insidieuses et si contraires à la
nous demanderons. àl M.Mackenzie
vérité,
qui lui a dit tout cela PQuelle
preuve a-t-il on peut-il avoir pour nous: faire croire que tous Ics
cultivateurs, qui savent fort bien qu'ils ont droità un quart des
produits, et qui doivent aussi savoir à quoi se montent ces
duits, se résignent d'une manière si pacifique et si débonnaire pro- à
s'en voir ainsi frustrés?N N'ya a-t-il donc nitribunanx,ni
à qui ils puissent porter
magistrats
plaintePIl nous parle de la
a à rassembler des cultivateurs
peine quel'on
d'une
en nombre suffisant, comme
circonstance dont il a été témoin lui-même ; il ajoute
les gens aiment mieux se fixer sur de petits lots de terre, où que ils
peuvent travailler avec plus de profit qu'en se louant, et où
conséquent ils peuvent disposer de tout leur
et de par
les fruits de leur travail
Il
temps
tous
(p. 94). nous apprend encore (p.
que ceux qui travaillaient autrefois par bandes surl les terres des 35)
autres, se sont décidés ( à cultiver leurs
propres terres, et que
(1) Et pourtant le Code rural, ce Code, de contrainte', de cruauté et de
despotisme, 2 non sculement dispose que les cultivateurs auront un
du
produit, tous les frais exceptés, Ia main-d'cuvre étant à la
quart du
priétaire ou du fermier; ; mais il dispose, en outre,
le charge promanche leur
que samedi et le diappartiendront du matin au soir, et qu'ils auront des jardins
qu'ils pourrout cultiver ces jours la; s'ils le jugent à propos, leur
étant prise sur les vivres cultivés en commun par toute la
nourriture
ront gratis les soins du médecin et les
bande; ; qu'ils aude
médicaniens, le propriétaire étant tenu
pourvuir aux besoins des petits enfans. Voyez la loi no 2, art. 36, 38 et
39; ctla loi n3, art. 52, 62, 63, 66, 67 , 68.
cultiver ces jours la; s'ils le jugent à propos, leur
étant prise sur les vivres cultivés en commun par toute la
nourriture
ront gratis les soins du médecin et les
bande; ; qu'ils aude
médicaniens, le propriétaire étant tenu
pourvuir aux besoins des petits enfans. Voyez la loi no 2, art. 36, 38 et
39; ctla loi n3, art. 52, 62, 63, 66, 67 , 68. --- Page 203 --- ERREURS DE M MACKENZIE
articles
naturellement d'y faire venir les
soin sera
ne se trouvent
leur premier mnécossité, au nombre desquels dont il fait tant de cas,
de première
ni le café ni le sucre,
Or, tout en réduimaileureusement lui la culture par excellence. nous rend de la
et qui sont pour à l'absurde le compte qu'il Mackenzie ne nous
sant lui-même
haute idée M.
situation d'Haili, quelle
et des progrès des Haitiens
sans s'en douter,
dirige les opédonne-t-il pas, sociales, et du bon sens qui
dans les habitudes
leur faisant préférer la vieindépendante du
rations des individus, en
son
lot de terre, à celle
cnltivateur, sur
petit bras au service d'autroi.
du propriétaire met son temps et ses
à
M. Mac-"
cultivateur qui
concerne les cultivateurs gages,
aux
Et même, en ce qui
présent - conformément
est forcé d'admeltre qu'
à tant par semaine $
kenzie
du Code rural 1), ils s'engagent les produits. Autrefvis
dispositions
certaine part dans
une
la
rigoureusc discipline
ou moyennant sous l'ancien régime?), plus et la prison sont
(veut-il dire
travail. A présent, l'amende
) incontraignait au
aurait pu dire les seules punitions) avec
légales (il
toujours
les punitions
; bien que, ajoute-t-il, et avec sou
fligées aux délinquans;
pour le travail libre;
qui le caractérise
le véritable et grand
l'aversion
le fouet, à ses yeux
à douter que les
gout décidé pour
bien qu'il n'y ait pas
Il
moteur de l'industrie,
soient par fois employées ( p.91).
corrections corporelles ne
dire aussi qu'il n'est pas
avec tout antant de vérité,
n'usent quelqueaurait pu , Angleterre les chefs d'ouvriers travaillent sous eux.
douteux qu'en
des hommes qui
orfois de violence à l'égard
c'est qu'il est expressémient
Mais ce qu'il ne peut contester, le Code rural de 1798, publié tous par
donné, non seulement par
Hédouville, mais par
et signé par le directeur
toutes les contesToussaint
de référer au magistrat
de
les Codes subséquens, 3
sur les plantations. Et le Code mois
tations qui pourront s'élever
soient lus une fois par de
1798 veut que tous ces réglemens les autorités responsables
assemblés, et rend
aux cnltivateurs de cet article.
du Code rural,
l'exécution
dans tout son jour le despotisme
imagiPour mettre
snivantlai, à tout ce qu'on peut
1826, despotisme égal,
d'esclaves, M. Mackenzie
en
comme régime
etpunisner de plus tyrannique est régardé comme vagabond, la ferme
affirme quele cultivateur
son domicile ou
s'il tente de quitter sans congé défendu de tenir une
sable,
et
lui est
il est engagé 1 qu'il
sur laquelle
a -
tout son jour le despotisme
imagiPour mettre
snivantlai, à tout ce qu'on peut
1826, despotisme égal,
d'esclaves, M. Mackenzie
en
comme régime
etpunisner de plus tyrannique est régardé comme vagabond, la ferme
affirme quele cultivateur
son domicile ou
s'il tente de quitter sans congé défendu de tenir une
sable,
et
lui est
il est engagé 1 qu'il
sur laquelle
a - --- Page 204 ---
EABEURS DE M. MACKENZIE.
boutique. Maintenant, voyons ce que c'est réellement que cette
loi représentée comme si tyrannique par le consul général. Dc
même qu'en Angleterre, nul ne peut ouvrirun' débit de
ou se
faire
liqueurs,
colporteur, ou porte-balle, sans une licénce, , poitr
laquelle il est obligé de payer un droit: : de meme, à Haiti, nul
ne peut tenir une boutique, ou exercer un métier
sauf l'agriculture, sans se munir d'une licence dont quelconque, il paie les
frais; et voilà ce que le consul nous présente comme une proliibition. Il est vrai que ces licences ne s'accordént que dans les
villes, bourgades ou paroisses, conformément à la loi des
tentes; maisalors cette restriction, dont l'esprit et le seul but paraissent être d'assurer le revenu public,
pas'applique à toutes les
classes d'Haitiens, aussi bien qu'aux cultivateurs. Rien-absolument n'empêche un cultivateur de lever une boutique dans la
bourgade voisine, s'il peut payer le cout d'une patente, et s'il
remplit les formalités requises pour obtenir le passeport dont il
doit se munir pour changer de domicile. Ces formalités
sistent à déclarer son intention
conaujuge-de-paix, tant de la commune qu'il se propose de quitter, que de celle où ila le désir de
former son nouvel établissement, et à justifier des moyens
d'existence qu'il peut avoir dans sa nouvelle situation.
Mais passons à la partie du rapport de M. Mackenzie relative
au commerce d'Haiti. Il commence par se plaindre amèrement
des restrictions qui frappent les marchands étrangers,
étant le comble de l'oppression (p. 6). Nous
comme
sommes ennemis
de toutes restrictions que n'exige pas la considération du
bien de l'état ; mais nous ne voyons dans celles d'Haiti rien
qui ne trouve son exemple, si cen'est même sa justification, dans
ce qui se pratique chez quelques-unes des nations les plus civilisées de l'Europe, et qui n'ait vraisemblablement
la part du gouvernement
sa source, de .
d'Haiti, dans la juste jalousie dont
les nègres en général ne peuvent se défendre contre les blancs.
On ne peut se figurer la peine que se donne M. Mackenzie
pour réduire lc montant du commerce d'Haiti. Suivant
lui, ce
commerce ne cesse d'aller en diminuant; cl, comme exemple,
il nous apprend que ses exportations, en 1825, étaient inférieures
à celles des années précédentes (p. 26). Mais c'est une assertion
que démentent les relevés de la douane qu'il nous donne plus
loin (p. 41), et d'après lesquels il parait que les exportations de
1825 ont dépassé celles de 1822 et de 1823, ct n'ont été sur-
lui, ce
commerce ne cesse d'aller en diminuant; cl, comme exemple,
il nous apprend que ses exportations, en 1825, étaient inférieures
à celles des années précédentes (p. 26). Mais c'est une assertion
que démentent les relevés de la douane qu'il nous donne plus
loin (p. 41), et d'après lesquels il parait que les exportations de
1825 ont dépassé celles de 1822 et de 1823, ct n'ont été sur- --- Page 205 ---
C
- -
ERREURS DE. M. NACKENZIE.
182A. Il s'efforce ensuite dans le
passées que par celles de rabaisser le montant des imporcours de plusieurs pages pourr actuelles d'Haiti, el il nous prédit,
tations et des exportations
qu'clles continueront à
toute l'assurance d'un prophète, des
coércitifs
avec
sévérité
procédés
diminuer, malgré la despotique l'impression qu'il cherche à
dont il accuse le Code rural. Bref, d'Haitiest très-faible, et si faible
produire, c'est que le commerce
: et néanmoins, voilà que
pas la peine d'en parler
cent
que ce n'est
ct en calculant les droits à12 pour de
par son propre compte, fait entrer environ deux millions
sculement, ce commerce public.
dollars par an dans le trésor
dont il a la simplicité de se
Mais ce n'est pas la scule manière il nous dit ensuite que les restricréfuter lui-méme. En effet,
si sévères, sont éludées au
tions fiscales d'Haiti, ces restrictions
oût la contrebande
iln'y a aucun pays
s'il
point qu'à Sa connaissance d'elfronteric et de succès (p. 37). Or,
se fasse avec autant
d'Haiti doit être bien suévidemment le commerce
en cst ainsi,
des relevés dela douane ; carles contrebanpérieur au montant
sûrement pasleumumanehandies
diers eux-mémes n'apporteront valeurentière, plus unejuste compenà Haiti, sansen recevoirla ils s'exposent ; en outre il faut supsation des risques auxquels attire une exportation d'une vaposer que toute importation
ce seul trait de plume de
moins égale ; de sorte que
de
leur au
de fond en comble cet édifice
pauM. Mackenzie renverse
donné tantde peine à bâtir; tandis
vreté commerciale qu'il s'est
facultés commerciales, et par
d'un autre côté il donne aux d'Haiti, une portée dont on
que
agricoles
conséquent aux produits Si la somme à mettre en ligne de
assigner la limite.
du
M. Macne peut
article n'est qu'une fraction tout,
compte pour cct
fondé à dire qu'à sa connaissance ili n'ya
kenzie ne serait pas
se fasse avec plus d'effronterie
de pays oû la contrebande
pas
l'état
et de succès.
savoir précisement quel peut etrel
Nous ne prétendons pas d'Haiti ni à quelle somme il peut s'élever
véritable du commerce
être, tout le travail de
; mais, quoiqu'il en puisse
lumière sur ce
annuellement; est si loin de jeter la moiudre
embarrasser
M. Mackenzie
età
point, qu'il ne sert au contraire qu'aembrouiller et tous les détails qu'il a
observations
la question. Ses propres satisfaismns, d'une partialité choquante,
donnés sont vagues, peu
une haute idée des connaissûr ils ne laissent pas
et à coup
consul général en fait de commerce.
sances de M. le
2 3
'il en puisse
lumière sur ce
annuellement; est si loin de jeter la moiudre
embarrasser
M. Mackenzie
età
point, qu'il ne sert au contraire qu'aembrouiller et tous les détails qu'il a
observations
la question. Ses propres satisfaismns, d'une partialité choquante,
donnés sont vagues, peu
une haute idée des connaissûr ils ne laissent pas
et à coup
consul général en fait de commerce.
sances de M. le
2 3 --- Page 206 ---
ERREURS DE M. MACKENZIE.
La suite de la
correspondance de M. Mackenzie
dépourvue de jugement, ni moins
n'est ni moins
exemple ou deux pour le
inconséquente; il suffira d'un
4 La forme du
prouver.
de la société à gouvernement, dit-il, ainsi que l'état moral
Haiti, ne tendent pas peu à
commotions civiles ; : autre assertion à exposer le pays aux
ne juge pas à propos de fournir la
l'appui de laquelle il
du gouvernement ne nous
moindre preuve. La forme
vernemens des
paraît pas différer de celle des
Etats-Unis, si ce n'est qu'elle est
goumoins démocratique que
même un peu
al'état de la société, il quelques-uns de ces derniers; et
ticulier, si
n'a, que nous sachions, rien
quart
ce n'cst que les noirs, et
de bien parclasse dominante.
non les blancs, y forment la
Ensuite, en parlant du mauvais état moral
en sommes
d'Haiti,
persuadés e ne vaut guère mieux
qui, nous
peuples d'Europe, il ajoute, avec
que chez les
ractérise et dont il ne peut se défaire l'exagération hostile qui le camariage qui est la plus solide base : ( A peine on y pense au
de la
qui en résultent n'ont
société, et tous les liens
Ce qui veut dire que les pas liens l'ombre d'existence dans ce pays. >
inconnus dans Haiti,
d'époux, de père et de mère sont
une ombre d'existence. qu'ils n'y ont pas même une
Cela est-il donc vrai P apparence,
que, suivant sa coutume, celui qui le dit
Heureusement
même ; car, à la page 82, il
se dément bientôtluijouissent d'un très-grand
nous parle de marchandes qui
crédit, et
gemens avec la plus
remplissent leurs engaà leurs maris,
scrupuleuse intégrité; : puis il fait
comme si les relations
allusion
tout à faitinconnues à Haiti. Il
conjugales n'étaient pas
articles 19 et 28, accorde
y a plus, la loi des
des
patentes,
sonnes qui vivent en mariage avantages particuliers aux perque les lois d'Haiti ne se soient légitime. D'ailleurs, peut-on dire
même les aient restreints
pas occupées des
ou
et gênés,
mariages,
cemmcnt dans nos colonies des
comme cela s'est fait récontient la loi de 1798, rendue Indes-Occidentales? Voici ce que
eu occasion de
sous Toussaint, et dont on a
parler: ( Les
déjà
teurs engageront les
propriétaires, fermicrs ou conduccullivateurs à contracter
times, en leur faisant seutir
des mariages légis'assurer la jouissance de
que c'est le meilleur moyen de
tous les
se préparer des
avantages de l'état social, de
chagrins et dans consolations, leurs
des soins et des secours dans leurs
maladies ; de propager cette
pureté de
sous Toussaint, et dont on a
parler: ( Les
déjà
teurs engageront les
propriétaires, fermicrs ou conduccullivateurs à contracter
times, en leur faisant seutir
des mariages légis'assurer la jouissance de
que c'est le meilleur moyen de
tous les
se préparer des
avantages de l'état social, de
chagrins et dans consolations, leurs
des soins et des secours dans leurs
maladies ; de propager cette
pureté de --- Page 207 ---
A
-
ERREUKS DE M'. NACKENZIE.
la
bonheur et à la santé ; d'augmenter
mceurs si essentielle au
et de rendre chaque propriété
d'étendre la culture
le plus grand nombre
population,
Les parens qui auront seront distingués par lc
plus productfve. issus de mariages légitimes,
et même des cond'enfans
obtiendront des récompenscs,
qui leur ont
gouvernement,
des autres avantages
cessions dc terres, et jouissent du 29 août 1793> ; proclamation
été promis par la proclamation donnée.
M. Mackenzie ne nous a pas
de Toussaint, de 1801,
que
ensuite, le Code amendé
tend à épurér
Nous avons
suit : ( Comme le mariage
des vertus
contenant l'article qui marice, qui vit dans l'exercice
les mocurs, la personne distinguée et spécialement protégée
conjugales, 9 sera toujours
5).
déterminés de mapar le gouvernement enfans illégitimes seront
droits des
et à cimenter
( Les
les vertus sociales,
nière àn répandre et à encourager
les liens domestiques. >
dans le Code de Christophe,
réglemens figurent
dela république,
De semblables de 1816, qui estla loiactuelle
que
ctle Code amendé
de celui de Toussaint,
tektuellement les dispositions
répète
nous venons de citer,
faut en croire M. Mackenzie, ( on
Et pourtant, à Haiti, s'il
est la base la plus solide
s'est à peine occupé du mariage, 2 qui
n'y ont pas même
et les liens qui en résultent
à esclaves ?
de la société,
dirait-il donc des colonies
l'ombre d'existences. : Que
Mackenzie sont du même style,
Toutes les observations de M.
jusqu'à la fin, et jusde son rapport
de lui
depuis le commencement nous nous sommes permis
tilient tous les reproches que
et inconsidérées. 2 de se
de ne dire que des choses vagues
et de tomber dans
faire,
à ses préventions,
ces
laisser allerà sa partialité,
continuelles. Sous tous
et des contradictions
ne
craindre
des négligences certainement se flatter de pas
rapports, il peut
connaitre Haiti, il est parvenu
de rival. Au lieu de faire
n'y en avait sur tout ce qui
à jeter plus d'obscurité encore qu'il et ce à quoi il a conplètement
concerne la situation de ce pays, cette tâche ne lui convenait
réussi, c'est à nous prouver que
il n'a été au pouvoir
pas.
sur laquelle
Une seule chose, cependant,
malgré tout ce que ses send'abuser personne,
a d'entortillé et de
de M.Mackenzie d'hostile ettout ce que son rapport
de
timens ont
qu'a déjà faits cette république
captieux, ce sont les progrès
- - A3
à quoi il a conplètement
concerne la situation de ce pays, cette tâche ne lui convenait
réussi, c'est à nous prouver que
il n'a été au pouvoir
pas.
sur laquelle
Une seule chose, cependant,
malgré tout ce que ses send'abuser personne,
a d'entortillé et de
de M.Mackenzie d'hostile ettout ce que son rapport
de
timens ont
qu'a déjà faits cette république
captieux, ce sont les progrès
- - A3 --- Page 208 ---
ERREURS DE M. MACKENZIE,
negres, cette nation d'esclaves
de ces améliorations civiles émancipés, dans
et
guelques-unes
d'une civilisation qui marche politiques 2 signe non équivoque
M. Mackenzie ne fait
d'un pas rapide; mais c'est à
pas l'allusion la plus
quoicraignait d'être obligé d'en tirer ces
éloignée, comme s'il
toutes les observations malveillantes conséquences. En dépit de
tous ses efforts pour déprécier
de notre consul, et malgré
le font voir ses
Haiti, cette ile possède,
propres
comme
gement
communications, , un
constitué, un Code de lois fondé gonvernement sala justice, un système de
sur le bon sens et sur
raît éminemment
jurisprudence administrative
propre à atteindre son
qui pafiscal et des réglemens qui doivent
but, un établissement
cision en matière
assurer la régularité et la
definances, une force
préet une police qui, selon toutes les militaire bien disciplinée,
qu'ile est peut-être humeinement apparences, garantit autant
personnes etdes
possible de le faire, la sûretédes
de mettre
propriateSHletteénuy
en question l'existence d'un pouvoirdel M.Mackenzie
nous pouvons être bien
seul de ces
Si
porsnadés qu'il n'y aurait avantages,
nous considérons ensuite lcs lois et les
pas manqué.
créé ces différentes institutions, et
réglemens qui ont
mouvemens, nous n'y trouvons qui en organisentle jeu et les
déterminé. Les droits aussi bien presque rien de vague ou d'inles pénalités qui
que les obligations de tots; et
des
garantissent les uns et
autres, sont définis d'une manière maintiennent l'exécution
une brieveté et une précision
claire et intelligible, avec
accessible à la
qui en rendent la connaissance
capacité la plus
Dation les moins bien élevées et les commune, aux classes de la
tution de cette
plus ignorantes. La constirépublique, qui a le malheur
aux apologistes de
de porter ombrage
bunaux de
l'esclavage, ses lois, ses
ses
justice et de
réglemens,
trict de ses
police 2 le montant précis de ses
revenus, et par conséquent le montant de la impôts
laquelle tout citoyen doit contribucr
taxe par
cela est imprimé et dans toutes
aux besoins de l'état, tout
tout Haitien est à même de les mains. Ainsi, 2 non seulement
de tout CC qui est relatif à l'état s'instruire, sans un grand travail,
lui importe de connaitre;
social, civil et politique qu'il
l'examen et à la
mais encore tout cela s'offre aussi à
malveillans
critique des étrangers, ct surtont des'
et hostiles comme M.
étrangers
partagent ses vues et SCS opinions Mackenzie, et de ceux qui
Qu'on ne croie
relativement aux colonies.
pas que notre intention soit de faire l'apolo-
seulement
de tout CC qui est relatif à l'état s'instruire, sans un grand travail,
lui importe de connaitre;
social, civil et politique qu'il
l'examen et à la
mais encore tout cela s'offre aussi à
malveillans
critique des étrangers, ct surtont des'
et hostiles comme M.
étrangers
partagent ses vues et SCS opinions Mackenzie, et de ceux qui
Qu'on ne croie
relativement aux colonies.
pas que notre intention soit de faire l'apolo- --- Page 209 ---
- -
-
ERREUNS DE M. MACKENZIE.
actes
; il en est, qui
renferment ces
publics;
ne
gic de tout ce que
fondées; ; mais nous
donner lieu à des objectious rencontré aucun de ces
peuvent
de dire que nous n'avons
être d'ailleurs, dont
craignons pas
attaquables qu'il puisse
auréglemens, quelque l'exemple et même la justification,
trouver
dansles
on ne puisse
en soi puisse être justifié,
tant que cequi est impolitique des peuples les plus renommés
institutions d'un ou plusieurs
les institutions haiet si l'on envisage
très-dillipour leur civilisation;
nous croyons qu'il serait
tiennes dans leur ensemble,
qui en eit de moins défeccile de nous montrer un seul peuple au but des législateurs, ou
tueuses ou de mieux appropriées celles d'Haiti tine empreinte
plus que
enfin qui portassent
et d'impartialité.
frappante de sagesse, de discernement moins autant que M. Macpas non plus 2 du
cet égard, il
Et il ne parait
même d'avoir une opinion à
kenzie nous a mis à
rédigés avec'tant de
pas que ces lois et ces réglemens, et,
ainsi dire,
ne parait
ne soient que le cadre, pour
de
sens et de jugement,
intérieure de cette république
théorie de la police
n'est oisif,et que
la simple
qu'aucun de ces rouages
;
noirs : tout annonce
d'une manière satisfaisante
la machine fonctionne
nous faire
toute
ne nous dit rien qui puisse
M. Mackenzie du moins Il est vrai qu'il ne nous l'atteste pas
le contraire.
raisonnablesoupçonner
serait plus qu'on ne pouvait
positivemeut, ce
soutenir qu'il
attendre de lui; mais après T'empressement sommes autoriment
décrier tout ce qui est haitien, nous
montre à
et de toutealléation contraires,
toute preuve
n'offrent, dans leur
sés, enl'absencede
de ce pays
que les institutions
à supposer vice réel.
haitienaction 2 aucun.
cette partie des institutions
du
Prenons, par exemple, échapper aux observations
devait le moins
devait même
ncs qui
celle qui
de la Grande-Bretagne, est aussi, par sa nature,
consul-général
ct qui
parfois appeler son intervention c'est-à-dire les réglemens conplus compliquéc que tout autre, la douane. Or, il se trouve à
cernant le fisc et en particulier chacun de ces ports est une
ports de mer; dans
ou l'on perHaiti plusieurs
et expédie les bâtimens,
douanc oit l'on enregistre
sur les exportations;
des droits tant sur les importationsque définies; ct les foncçoit
uniformes et clairement
doivent
d'après des règles
ces stransactionsqui
qui
droits et en opérer le recouvrement,
isseteremstam:
demander les
13*
supputer,
MA
- 1
particulier chacun de ces ports est une
ports de mer; dans
ou l'on perHaiti plusieurs
et expédie les bâtimens,
douanc oit l'on enregistre
sur les exportations;
des droits tant sur les importationsque définies; ct les foncçoit
uniformes et clairement
doivent
d'après des règles
ces stransactionsqui
qui
droits et en opérer le recouvrement,
isseteremstam:
demander les
13*
supputer,
MA
- 1 --- Page 210 ---
ERREURS DE N. NACKENZIE.
doivent empécher la fraude, et fairc, jour
nement, le rapport de leurs
par jour, au gouver- -
pasdesblancs, mais des noirs. opérations, ces fonctionnaires ne sont
descendans
ou des mulâtres nés à Haiti
des esclaves émancipés de
(1),des
ques-uns peut-être des esclaves
Saint-Domingue, et quelEt pourtant il ne parait
émancipés eux-mêmes:
pas que M.
le temps de son séjour à Haiti, ait Mackenzie, pendant tout
se plaindre que les ofliciers de
eu lieu une seule fois de
moindre exaction
la douane eussent exercé la
contre les marchands
fussent écartés, au détriment de
anglais, ou qu'ils se
glemens établis
le
ces marchands, d'aucun des répar gouvernement haîtien.
un mot qui puisse nous donner à
Enfin il ne dit pas
tion, une des plus
penser que cette administracompliquées de l'état, ne
autant de régularité et d'efficacité
marche pas avec
de Liverpool. Nous
que les douanes de Londres ou
à toutes les autres pouvons appliquer la même pierre de touche
institutions d'Haiti, au
ne trouvons, dans le rapport de M.
sujet desquelles nous
indique qu'elles n'atteignent
Machenzie, rien qui nous
pas leur but aussi bien
sible; et quand on considère l'esprit
que posce long rapport,
qui ne cesse de présider à
esprit qui certes n'est ni de la
de la sincérité, cette
bienveillance ni
mauvais
présomption en leur faveur n'est pas un si
argument.
En somme, la publication de ce
ment rassurés et consolés. L'inimitié rapport nous a singulièrepour Haîti et pour tout ce
manifeste de M. le consul
activeavec
qui est haîtien, la curiosité
laquelle il court après tout ce
tend à toujours
des progrès de cet état
qui
faire douter
naissant, la
dire un seul mot qui puisse être:
répugnance qu'il éprouve à
que ce mot ne lui
interprété en sa faveur, à moins
échappe à son insu, toutes ces circonstances
(1) Suivant M. Mackenzie, l'éducation est
nous semble que son propre
presque nulle à Haiti; mais il
comme heaucoup d'autres. L'article rapport 25 dc contredit la loi fortement cette assertion 3
venient aux individus nés à Haitiles
des patentes réserve exclusique le nombre de ceux quisavent écrire emplois de commismarchands; de sorte
dammentdese employés indispensables doit être tres-considérable, indépenelt tenir la correspondance les
pour faire les rapports dresser les états,
celles qui ont rapport au que lois exigent impérativement; non seulement
celles qui concernent les commerce, divers à l'agriculture et à la police, mais encore
kenzie prétend, il est vrai
établissemens civils et militaires. M. Macquoique plus réguliers
1 que tous ces rapports, etc., sont fort mal fails,
conliance méritent ces qu'auparavant asserlions, ; mais nous avons appris quel degré de
ance les
pour faire les rapports dresser les états,
celles qui ont rapport au que lois exigent impérativement; non seulement
celles qui concernent les commerce, divers à l'agriculture et à la police, mais encore
kenzie prétend, il est vrai
établissemens civils et militaires. M. Macquoique plus réguliers
1 que tous ces rapports, etc., sont fort mal fails,
conliance méritent ces qu'auparavant asserlions, ; mais nous avons appris quel degré de --- Page 211 ---
a * * - - E
VA M
ÉNANCIPATION DES ESCLAVES A LA GUADELOUPE.
de cetle république daus
nous ont donné l'espoir que les progrès
dont nous pouvions
surpassent tout ce
lcs artsde la civilisation
en sa faveur. Quoi
malgré toutes nos préventions
a
nous flatter,
avoir prouvé du moins qu'il n'y
qu'il en soit, nous croyons
dc M. Mackenzic
aucun fonds à faire sur les communications
à cet égard.,
CHAPITRE IV.
de Pesclavage à. la Guadeloupe, rédige d'après des.
Mémoire sur l'abolition
M. Macaulay, ct présenté au mêmc Comité
documens authentiques, par Buxton extrait du même Rapport no 127
que le Mémoire sur Haiti par M.
de la session de 1832, pages 923-929..
coloniales de la France 2 la
COMME toutes les possessions
lesquelles la rés'est ressentie des convulsions par
Guadeloupe
mère-patrie, et dans cette
volution de 1792 agita si violemmentla: de la royauté ct ceux
colonie les querelles entre les partisans
de couleur, prirent
del la démocratie. , entre les blancs et les gens
d'occasionner
de fureur qui ne pouvait manquer
un caractère
parmi les esclaves, que les partis
fermentation
une assez grande
il n'y eut
appelèrent parfois à leur secours. Cependant
opposès
de révolte d'esclaves, et ceux à qui
pas, à proprement parler,
continuèrent leurs travaux
O1l ne mit pas les armcs à la main,
Convention nationalc
accoutumés. Au mois de février 1794, la
décret
accordait la liberté aux esclaves
de France rendit un
qui
fut exécuté à la GuaCe décret
de toutes les colonies françaises.
certaines modifications ou réglemens apdeloupe, mais avec
dans les différens disPolice Rurale, dont furent chargés
pelés
nommés par le gouvernement.
tricts de l'ile des commissaires
droit au quart du
donnaient: aux cultivateurs un
Ges réglemens
ils etaient cmdes habitations à la culture desquelles
produit
de lcur nourriture qu'ils devaient.
ployés, indépendamment
é à la GuaCe décret
de toutes les colonies françaises.
certaines modifications ou réglemens apdeloupe, mais avec
dans les différens disPolice Rurale, dont furent chargés
pelés
nommés par le gouvernement.
tricts de l'ile des commissaires
droit au quart du
donnaient: aux cultivateurs un
Ges réglemens
ils etaient cmdes habitations à la culture desquelles
produit
de lcur nourriture qu'ils devaient.
ployés, indépendamment --- Page 212 ---
ÉTAT DE LA GUADELOUPE EN 1801.
trouver en totalité sur l'habitation. Les seules retenues
pût faire sur ce quart, avant de le distribuer en portions qu'on déterminées parmi les cultivateurs, portaient sur les honoraires des
médecins, les médicamens, et l'emballage de leur part des
produits. Tous les autres frais quelconques, y compris lesimpôts,
devaient être supportés par les trois autres quarts. Les parts de
ceux des cultivateurs qui quittaient momentanément leurs travaux étaient assujéties à une réduction proportionnée à la durée
de leur absence, et le montant de ces réductions étaient ajouté
aux parts de ceux qui travaillaient sans se déranger. Il parait
que sous l'empire de ces réglemens,après qu'un gouvernement
vigoureux eût réprimé la frénésie des querelles intestines qui
s'étaient élevées entre les divers partis politiques des blancs, et
entre les blancs et les gens de couleur libres, l'agriculture fut
florissante; et en avril 1801, un recensement des plantations
alors en culture, présente un total de 390 sucreries, 1355 caféiries et 328 cotonneries, outre 25 fermes en pâtures (4).
En 1802,après la paix d'Amiens, des forces françaises considérables furent envoyées à la Guadeloupe, pour prendre possession de l'ile et faire rentrer les nègres dans leur ancien état d'es:
clavage. Cette entreprise rencontra la plus forte résistance de
la part des nègres, et ce ne fut qu'après une lutte terrible et un
affreux carnage qu'on parvint à les remettre sous la puissance
du fouet. Rien de plus satisfaisant que les rapports faits sur
l'état de la colonie avant cet événcment. Ceux des commissaires
des différens cantons au gouvernement local, parlent de la tranquillité qui régnait dans les districts agricoles et sur les plantations; et de son côté, le gouvernement, dans ses circulaires aux
commissaires, ne cesse de leur répéter, avec une sollicitude et
un soin remarquables, qu'une partie essentielle de leurs devoirs,
cn faisant régner l'ordre et la régularité parmi les cultivateurs,
est de veiller au maintien de leurs justes droits, de leur assurer
la totalité de la rétribution qui leur appartient pour prix de leur
travail, Cnl punissant avec une sévérité exemplaire les propriétaires qui, sous ce rapport, manqueraient à leurs obligations,
ou sC laisseraient allerà l'égard des cultivateurs à des actes incompatibles avec P'humanité et la justice. Les réglemens qui garantissaient les droits et les priviléges des cultivateurs, devaient
(1) Voyez le Mémoire des habitans de la Guadeloupe, vol. 1, notes pag. 1X:
qui leur appartient pour prix de leur
travail, Cnl punissant avec une sévérité exemplaire les propriétaires qui, sous ce rapport, manqueraient à leurs obligations,
ou sC laisseraient allerà l'égard des cultivateurs à des actes incompatibles avec P'humanité et la justice. Les réglemens qui garantissaient les droits et les priviléges des cultivateurs, devaient
(1) Voyez le Mémoire des habitans de la Guadeloupe, vol. 1, notes pag. 1X: --- Page 213 ---
C
- rM
-
a
EN 4802.
ETAT DE LA GUADELOUPE
créole, allichés
être traduits en langue
lus et
aux termes de la loi,
le plus en vue, et de plus, avous
les endroits où ils seraient
habitation. Nous
dans
fois par mois sur chaque
de la
expliqués une
adressée par le Conseil saprême de
les yeux une lettre
Valluct, du canton
sous
en février 1802, au commissaire : ( Nous avons reçu,
colonie,
à ces instructions:
avec les états.
Deshayes, qui a rapport votre lettre du 6 de ce mois,
des.
du quart
citoyen commissaire.,
, relatifs au paiement
donné
et T'état général
plaisit que vous avez.
porticuliers
avec
cultivateurs. Nous voyons essentielle de votre administration. les
tous vos soins à cetle partie
envers les hommes dont
cette justice
que vous.
C'est en exerçant richesse publique et particulière,
à
la
pour les forcer
sueurs prodiuisent d'user de la plus grande sévérité
de
aurez le droit
Continuez, citoyen commissaire,
remplir leurs devoirs.
votre canton. Il règne actuellemeut
maintenir le bon ordre dans
et nous aurons la satisfaction
tous les points de la colonie,
tout lc monde
sur
qui prouvera que
justed'avoir donné un exemple. d'accord sous une administration
peut vivre parfitement
envers tout lc monde. >
an 10 (avril 1802) se trouve.
Dans le Monitesr da19-germinal la substance d'une dépêche
lettre de Bordeaux donnant
février
et
une
date du mois de
précddent,
de la Guadeloupe, en
( tout est parfaitemnent tranquille,
dans laquelle on annonce subsister que
encore quelques inquiétudes rétabli
puisse
y serait
et que, quoiqu'il le gouvernement légitime
été
tout promettait que
sy est-il dit encore, en'ajamais
secousses.. La culture,
en sucre n'ait pas
sans
la dernière récolte
et quoique
existe dans les magasins
abandonnée,
cette denrée
récolte promet
été très -productive, abondance, et la prochaine
en assez grande
forces
beaucoup. >
cette communication, des débarPlusieurs mois après commandées par Richepanse,
françaises considérables,
de temps. ce général.
à la Guadeloupe , et en très-peu et sans pitié tout cC qui
quèrent faisant détruire sans distinction
à l'ancien esclavage
en
de ses ordres, réduisit
la
s'opposa à T'exécution
à cette destruction, ceux que intous les nègres qui survécurent
avaient été pendant un
loi de 1794 avait émancipés, et qui légale de Jeur liberté pertervalle de huit années, en possession coûla la vie à près dc
sonnelle. On dit que cette expédition
20,000 nègres.
quèrent faisant détruire sans distinction
à l'ancien esclavage
en
de ses ordres, réduisit
la
s'opposa à T'exécution
à cette destruction, ceux que intous les nègres qui survécurent
avaient été pendant un
loi de 1794 avait émancipés, et qui légale de Jeur liberté pertervalle de huit années, en possession coûla la vie à près dc
sonnelle. On dit que cette expédition
20,000 nègres. --- Page 214 ---
DOCUMENS SUR LA GUADELOUPE.
Quelque déplorable que fut ce résultat, il ne prouve
les esclaves de la Guadeloupe ne soient
pas que
leur
pas propres à la liberté
qui
avait été accordée, et accordée, comme on l'a vu, au
milieu des discordes publiques et dans les circonstances les
moins favorablcs à la jouissance paisible de ses bienfaits.
Lorsque, daus la question de l'émancipation, O1l pèse toutes ces
circonstances, il est impossible de ne pas sentir que ce qui regarde la Guadeloupe en particulier, loin d'autoriser les
visions des adversaires de
fournit
prélémancipation,
au contraire
la plus incontestable confirmation de la proposition générale
soutenuepar les abolitionistes, savoir, qu'un'acte d'émancipation
émané du gonvernement, daus - des temps de calme, entouré
detoutesles précautions que suggérerait natureliement la raison,
auquel les maitres adhèreraient sans résistance,
cevoir l'exécution la plus
pourrait recomplète, sans le moindre péril
la tranquillité publique, et avec les avantages les plus incontes- pour
tables pour les esclaves eux-mémes.
Documens qui constatent les faits précédens à l'égard
de la Guadeloupe, tirés d'un ouvrage portant le titre
de ( Mémoire pour le Chef de brigade Magloire Pelage et les habitans de la Guadeloupe, chargés
par
celte colonie de Ladministration provisoire, après le
départ du Capitaine général Lacrosse, dans le mois
de brumaire an 10. >
Le Conscilformant le Gosemoncalpratioin de la Guadeloupe
et dependances, wuz Commissaires du Gouvernement dans les
divers cantons de la Guadeloupe et dépendances.
Circulaire du 25 brumaire an 40,
Nous vous adressons ensemble, citoyen commissaire, l'arrêté
du Commandant en chef pour l'installation du Conseil de la
Guadeloupe.ct dépendances, et la première proclamation de cc
Conscil. Ces deux actes seront inscrits sur les registres, lus, publiés ct affichés avcc toute l'authenticité possible.
Le citoyen
cst porteur dc nos paquets ; il a reçn des ins-
oupe et dépendances.
Circulaire du 25 brumaire an 40,
Nous vous adressons ensemble, citoyen commissaire, l'arrêté
du Commandant en chef pour l'installation du Conseil de la
Guadeloupe.ct dépendances, et la première proclamation de cc
Conscil. Ces deux actes seront inscrits sur les registres, lus, publiés ct affichés avcc toute l'authenticité possible.
Le citoyen
cst porteur dc nos paquets ; il a reçn des ins- --- Page 215 ---
3 - KC
M
DOCUMENS SUR LA CUADELOUPE.
une
s'entendre avec vous pour
particuliéres, et doit
Vous vous plairez,
tructions
habitations de votre commune.
tournée sur les
êlre dans votre garnison,
deux, avecles officiers qui peuyent l'ordre qui aurait pu
tous
nationales, à rétablir
tout le monde,
ct ceux des gardes
Vous instruirez
ct les
momentanément être troublé. d'instruction ; que les uns
tout le monde a besoin
maintenir la tranquilcar
le Gouvernement veut
contraints
autres sachent que publique. Les cultivateurs seront maintenus, ,
lité et la prospérité
mais leurs droits seront
salaire
à l'assiduité et au travail;
faire payer le juste
seront prispourleur
et tous les moyens
que la loi leur assure. service des
sédentaires, des
le
gardeanationales
paVous ferez revivre essenticl, des dragons. Ordonnez fassent avec
et surtout celui, plus veillant à ce qu'elles se
fréquentes, en
l'exemple de l'ordre
trouilles
savoir donner les premiers
décence. Il faut
désire établir. Vigilance, justice sfer- nous
et de la confiance qu'on
et si vous
nous vous recommandons;
le but de
meté, voilà ce que
nous atteindrons
sccondezaveo tous les bons citoyens, prospérer la colonie.
désirs, conserver etfaire
tous nos
FRASANS, DANOIS, CORNEILLE.
HYPOLITE
Signé : PELAGE,
Signe : P. PIAUD.
le Secrélaire général.
Par le Conseil,
duns les
du Gousernement
Conseil, etc., qua Commissaires cantons.
Le
diférens
Circulaire du 3 frimaire an 40.
du 25 du mois dernier, nous
à notre circulaire
citoyens commisPar supplément
à vos soins,
particaulitrement calomnieux et désorganirecommandons de faire cesser tous les propos devant les cultivateurs, dans
saires, qu'on affecte de répandre
En voulant contenir
sateurs intentions sans doute les plus perfides. et au travail, nous vous
les
et les forcer à l'assiduité tous les moyens nécessaires
les euttivateurs youlons aussi que
salaire que la
répétons que nous faire payer à chacun le juste
soient employés pour assuré.
condéterminé et
les mesures
loi a
de suite, dans votre sagesse, Ne voyez que la conVous prendrez faire faire cette répartition.
venables pour
Mey - a - a G
ir
sateurs intentions sans doute les plus perfides. et au travail, nous vous
les
et les forcer à l'assiduité tous les moyens nécessaires
les euttivateurs youlons aussi que
salaire que la
répétons que nous faire payer à chacun le juste
soient employés pour assuré.
condéterminé et
les mesures
loi a
de suite, dans votre sagesse, Ne voyez que la conVous prendrez faire faire cette répartition.
venables pour
Mey - a - a G --- Page 216 ---
DOCUMENS SUR LA GUADELOUPE,
servation de cette colonie précieuse, à laquelle il faut tout
crifier. Iustruisez avec énergie les habitans; :
sajustes, confians envers le Gouvernenient apprenez leur à être
la raison de leur intérêt
provisoire, et à saisir
particulier dans celle de l'intérêt
néral. Si, malgré vos avis paternels,
gedevoirs,
quelqu'un osait s'écarter de
qui deviennent de plus en plus sacrés; si
permettait des mesures excessives,
quelqu'un se
que l'humanité
employez l'autorité dont vous êtes revétus; et si (ce repousse, 9
pouvons croire) elle était
que nous ne
devant
insuffisante, vous ferez conduire parnous ces individus ennemis de l'ordre, ennemis de
ennemis d'eux-mémes.
tous,
D'ailleurs s nous nous reposons toujours avec confiance
votre surveillance active. et survotre fermetéà maintenic sur
ct à encourager le travail.
l'ordre
La récolte offre la plus brillante perspective; it faut savoir
mettre tout en usage pour la sauver, et en tirer le parti le plus.
avantageux.
Si votre tâche est pénible, citoyens
la gloire d'avoir
commissaires, envisagez
coopéré avec nous au salut et à la conservation
d'une colonie intéressante, 9 que nous devons uniquement ambitionner de remettre à la métropole tranquille. el dans un état
de nouvelle splendeur.
Entretenez avec nous la correspondance la plus suivie, ct
pour éviter tout retard, surveillez exactement le service des.
postes et des courriers.
Signe : PELACE, HYPOLITE FRASANS, DANOSS, CORNEILLE,
Par le Conseil, le Secrétaire gencral. Signe : P. PIAUD.
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
ARRETÉ.
Le Conscil, ete.
D'après son intention fermement prononcée de procurer à la:
colonic la prospérité la plus étendue commc la plus durable;
Cousidérant que cette prospérité esseuticlle ne pcut s'obtenir
qu'eu accordant à Pagriculture une protection franche ct Ouverte;
Considérant quc s'il cst indispensable d'un côté dc maintenir
ral. Signe : P. PIAUD.
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
ARRETÉ.
Le Conscil, ete.
D'après son intention fermement prononcée de procurer à la:
colonic la prospérité la plus étendue commc la plus durable;
Cousidérant que cette prospérité esseuticlle ne pcut s'obtenir
qu'eu accordant à Pagriculture une protection franche ct Ouverte;
Considérant quc s'il cst indispensable d'un côté dc maintenir --- Page 217 ---
:
N -
DOCUNENS SUR LA CUADELOUNE.
l'assiduité ct
de les obliger à
cultivateurs dans leurs devoirs, côté de les faire jonirautlienles
d'un autre
toutes les lois
au travail, il convient droits et du juste salairc que
tiquement de leurs
leur assurent;
a été déterminé
de la république
si le quart des revenus
toujours
Considérant que
des cultivatenrs, pararrété il n'a été
pour le principal paiement
an 7, jusqu'à cC jour; mode
existant, depuis le 22 pluviose aucune époque, 2 aucun
fixé encore pour la rétribution
les
satisfaisant;
projetée, en attaquant
Considérant que Torganisation
de ce quart, que
calculait jusque sur- la réduction avait reconnu à
principes,
d'accord avec la justice,
Texistence
Phumanité, 2 toujours dont les travaux intéressent
cette classe si précicuse,
de tous;
cherchant à accroitre les revenus
Considérant enfin qu'en d'offrir à nos alliés les Américains les
coloniaux, il sera satisfaisant
en restituant à chacun
débouché plus considérable,
un
gloire de la
moyens qurtutappaticnaent: et pour Ia plus grande
consuAprès mûre délibération, Thonneur du gouvernement
mère patrie, comme pour
laire; Arrête ce qui suit :
continuera à être exercée sur
Art. T". La simple police rurale
sous la surles commissaires du gouvernement, de son arrêté
les lieux par ordres du conseil, en conformité
veillance et les
du 25 brumaire.
tel qu'il existe dans ce moment,
II. L'ordre ancien du travail, maintenus tous les réglemens
est maintenu. Sont également
Les peines déterminées
de la divagation.
en répression
de l'agence intérimaire,
précédens arrêté en date du
sont 2 ici renouvelées, pour
par les receleurs de divagans,
contre
et entier effet.
compavoir leur plein
continuera à ètre payée
IIT. La prime d'une gourde
Lorsque le même
qui arrêtera un vagabond.
il
tant à tout citoyen
fois le même vagabond,
arrètera pour la seconde
citoyen jouira d'une prime de trois gourdes. net sur la totalité des revedes cultivateurs est
le prix
IV. Le quart
seulement sur cette totalité
reavoir prélevé
des drogues,
nus, après d'un chirurgien, 3 et Ics avances
autres que
d'abonnement
Fusage de Thôpital,
mèdes et les comestibles pour
de - -A :
tant à tout citoyen
fois le même vagabond,
arrètera pour la seconde
citoyen jouira d'une prime de trois gourdes. net sur la totalité des revedes cultivateurs est
le prix
IV. Le quart
seulement sur cette totalité
reavoir prélevé
des drogues,
nus, après d'un chirurgien, 3 et Ics avances
autres que
d'abonnement
Fusage de Thôpital,
mèdes et les comestibles pour
de - -A : --- Page 218 ---
DOCUMENS SUR LA GUADELOUPE.
les vivres indigènes ou du pays, que fournit Thabitation, ct
ne seront pas comptés. Le remboursement des futailles
qui
sacs ou balles servant au transport du quart,
2. barils,
sera seul exigible. Le reste des frais continuera à être
l'arrêté du 22
supporté, au voeu de
pluviose, an 7, par les propriétaires ou locataires
d'habitation.
V. Les dispositions anciennes quirendent sujette au quart ttoute
plantation de vivres et de quelque espèce de production que ce
soit, cultivée sur Phabitation, au-delà de la consommation, sont,
maintenues.
VI. Le quart des sirops, ainsi que cclui des vivres., et autres
plantations différentes des denrées coloniales, continuera à être
délivré en nature, à fur et mesure, aux cultivateurs.
VII. Le paiement du quart se fera par moitié aux cultivateurs
sur les sucreries, savoir: : les premiers des mois de vendémiaire
et de germinal de chaque année.
VIII. Ce paiement, sur les caféteries et
en deux fois; c'est-à-dire le
cotonneries, aura lieu,
premier vendémiaire il sera fait aux
cultivateurs, à valoir sur les produits de la récolle
un paiement en avance d'un quart approximatif de prochaine, leur
et les trois quarts restans, ou le solde quelconque du, quart;
acquittés le premier pluviose de chaque ânnée. A cet égard, seront
l'article 19 de l'arrêté précité du 22 pluviose est maintenu
au cas extraordinaire qui obligerait à prendre des bras étrangers quant
pour sauver la récolte, bien entendu qu'après ce
fait sur la masse, les cultivateurs auront droit au quart prélèvement, dc toutcs
les denrées
IX. La quotité des parts aura lieu comme il est déterminé
dans l'article A du même arrêté du 22 pluviose, qui est encore
maintenu dans l'indemnité particulière qu'il accorde en sus aux
ouvriers.
X. Le relevé du quart sera fait sur toutes les habitations de
la colonie et dépendances, depuis le premier vendémiaire de
l'an 9, pour cn être tenu comptc dans les quinze jours aux cultivateurs. Tout CC qui peut être en reste ou en excédant
l'arrêté du 22 pluviose an 7, jusqu'à cette époque ci- dessus depuis mentionnéc, esl déckaré terminé dans les deux cas, sans
étrc fait d'aucune
qu'il puisse
part auciucréclamation cn plus ou en moins;
et ccla parce que cc paicment a élé généralement fait, ou parce
qu'il a été balancé CIl avances de vivres ct de comestibles,
aux cultivateurs. Tout CC qui peut être en reste ou en excédant
l'arrêté du 22 pluviose an 7, jusqu'à cette époque ci- dessus depuis mentionnéc, esl déckaré terminé dans les deux cas, sans
étrc fait d'aucune
qu'il puisse
part auciucréclamation cn plus ou en moins;
et ccla parce que cc paicment a élé généralement fait, ou parce
qu'il a été balancé CIl avances de vivres ct de comestibles, --- Page 219 ---
- R - - KC
-
-
DOCUMENS SUR LA GVADELOIPE.
du
prétendre au partage
ne pourront
travail,
XI. Les enltivateurs
ils auraient abandonnéle
à compter du jouron
mais cette portion retournera
quart, celui où ils rentreraient; formée par les présens, ainsi que
jnsqu'à
de la masse
toujours au profit
des
l'a décidé T'arrêté précité.
du gouvernement
XII. Il sera adressé aux commiseaires d'un état particulier de répard'un tableait général et
dans tous les cantons de
modèles
des cultivateurs
le vétition , pour le quart
Pour parvenir à connaitre à faire tenir
la Gnadeloupe et dépendances. ils sont autorisés
seront
ritable produit des habitations,
sur lesquels
coteront et parapheront,
habitation resdes registres qu'ils les monvemens de chaque celles venducs
portés, jour par jour, fabriquées, celles exportées,
de vente
pective, les denrées
et les comptes
à différens particuliers, autorisés enfin à preudre
ou consignées été fournis : ils sont
droit que les circonsqui en auront
et les précantions de
mettre à coutoutes les mesures
et qui devront aussi
tances rendront nécessaires, qui pèse sur eux.
aura l'initiative,
vert la responsabilité propeiétaire ou loeataire, ou tout autre à
XIII. L'habitant,
du gouvernenent,
du
lui le commissaire
coloniales provenant
et après
l'achat des denrées
fixé selon le
Heur refas, pour
dont le prix sera toujours ci-dessus indiquart des cultivateurs, aux termes et époques
cours de la mercuriale, de
des
de livraison et paiement.
chose les intérêts
qués Ceux qui auraient lésé en quelque
seraient, pour
XIV.
vient d'ètre déterminé,
et la sedans ce qui
du double;
cultivateurs
condamnés au paiement la
du comfois,
à requête
la première
devant les tribunaux,
condc, poursuivis
aux frais du propriémissaire du gouverneneat. habitation,
XV. II sera tenu sur chaque les malades recevront les secours 9
dans lequel
taire, un hôpital
qui leur sont dus.
sera tenu de souscrire un abonnement Il sera tenu
Chaque propriétaire officier de santé commisionné. fait avec
annuel envers un
sera resentt-bonsement
2 en tête duquel
où seront porlés régulitrement
un registre de santé, et signé de lui, noms des malades , nature
l'oflicier
de l'hôpital, des entrées et sorties, etc.
tous les mouvemens ordonnances, 7 époques
dans les tournées
des maladies,
s'assurera,
du gouvertement
Le commissaire l'exécution de cC réglement.
d'inspection, 2 de
N a A
a
-bonsement
2 en tête duquel
où seront porlés régulitrement
un registre de santé, et signé de lui, noms des malades , nature
l'oflicier
de l'hôpital, des entrées et sorties, etc.
tous les mouvemens ordonnances, 7 époques
dans les tournées
des maladies,
s'assurera,
du gouvertement
Le commissaire l'exécution de cC réglement.
d'inspection, 2 de
N a A
a --- Page 220 ---
DOCUMENS SUR LA CUADELOUPE.
XVI. Les habitans auront à leur charge les vieillards
et infirmes, reconnus par les officiers de santé être
travailler.
incapables de
Ils sont également tenus de faire entretenir les
cultivateurs malades,
jardins des
pendant tout le temps de leur séjour à
Phopital.
XVII. Les femmes enceintes auront deux mois de
avant leurs couches, et deux mois après, et
repos
privées de leur portion de revenu
ne seront point
pendant ce temps seulement.
XVIII. Le conseil recommande à la justice et à l'humanité
des commissaires du gonvernement la surveillance la
plus rigoureuse pour l'exécution de toutes ces dispositions.
XIX. Sur la présentation des propriétaires et locataires
commissaire du gouvernement nommera
, le
2 en présence des ateliers, les chefs et sous-chefs.
Les premiers chefs porteront une médaille en
chée par un ruban
argent, attatricolor, 9 de forme ovale de deux pouces de
long sur un pouce et neuf ligues de diamètre. Les sous-chefs
en auront une également en argent, attachée de même, mais
de forme octogone, d'un pouce et demi sur toutes les faces.
L'inscription sur un seul côté portera la désignation de
mier ou second chef, avec les noms de l'habitation
preet de la
commune.
XX. Il est abandonné à la sagesse des commissaires du
vernement, lors des paiemens qu'ils effectueront, de décerner gouune récompense ou un prix à celui des chefs qui se sera fait le
plus remarquer par ses talens et sa boune conduite, à celui des
cultivateurs qui aura le plus mérité, à celle des mères de famille
attachées à la culture, qui aura maintenu et élevé dans le devoir
le plus grand nombre d'enfans.
Le présent arrêlé sera imprimé au nombre de mille exemplaires; il sera lu et affiché sur toutes les habitations; et
plus parfaite intelligence, il sera expliqué aux ateliers dans pour
l'idiome créole.
Lc conseil attend du concours et des efforts de tous les bons
citoyens qu'il sera secondé dans ses intentions de faire rendre
une égale justice à tout Ic monde, et de faire prospérer de plus
en plus la colonie.
Il est ordonnéà tous les commissaires du
gouvernement, municipalités, ct autres fosetionnaires publics, de faire lire,
pu-
et affiché sur toutes les habitations; et
plus parfaite intelligence, il sera expliqué aux ateliers dans pour
l'idiome créole.
Lc conseil attend du concours et des efforts de tous les bons
citoyens qu'il sera secondé dans ses intentions de faire rendre
une égale justice à tout Ic monde, et de faire prospérer de plus
en plus la colonie.
Il est ordonnéà tous les commissaires du
gouvernement, municipalités, ct autres fosetionnaires publics, de faire lire,
pu- --- Page 221 ---
1 S AE
- s
DOCUMENS SUR LA CTADELOUPE.
le présent arrêté, et de tenir la main
blier, allicher et enregistrer
à sa stricte et entière exécution.
de la Liberté, le 8 frimaire an 10 de la répuFait au Port
blique.
PELAGE, HYPOLITE FRASANS, DANOIS,
Signé : MAGLOIRE
C. CORNEILLE.
Pour copie conforme,
Signé: P. PIAUD.
Le Secrdaire-g@nèrul,
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Lettre de PEditeur à M. le Duc DE BROCLIE 2
AVANT-PROPOS. Président de la Société pour Pabolition de. l'esclavage. l'abolition de l'esclavage à Haiti..
1- 39
CHAPITRE Ier, Mémoire sur
II. Extraits des lettres d'un voyageur à Haiti, pendant
CHAPITRF
39-178
les années 4830 et 1831.
III. Examen du Rapport de M. Charles Mackenzie,
CHAPITRE
d'Angleterre à Haiti, adressé à
Consul général
179-197
M. Canning.
à la GuadeCHAPITRE IV. Mémoire sur P'abolition de l'esclavage
197-208
loupe. --- Page 222 ---
--- Page 223 ---
-
/
- --- Page 224 --- --- Page 225 ---
pC
E763
L6513
Va5 --- Page 226 --- --- Page 227 --- --- Page 228 ---
6 GT