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FRAGMENT D'UNE LETTRE
DE LovIs-MARTHE DE GOUY,
DÉpurÉ A 1'Assrmpitr NATIOXAZE,
ADRESSÉZ A SES CONNITTANII
EECONDE FUSTIGATION
DE JTAR-PIXRAX BRISSOT --- Page 4 ---
00 JIC --- Page 5 ---
FRAGMENT D'UNE LETTRE
DE Louis-MARTHE DE GOUY,
C
Député à 1'Assemblée Nationale,
Adressée à ses Commettans ;
3 U
SECONDE FUSTIGATION
-
p
LATIC E
DE JEAN-PIERAE BRISSOT.
a
Paris, ce 23 Janvier 179I.
J'AVAIS ajouté à més dernieres
dépèches quelques exemplaires de la réponse grossièrement insipide, qu'nn certain BRISSOT, sectateur enthousiaste et borné de la philantropie,
s'était permis de faire à une circulaire honnête
que j'avais adressée aux principaux Journalistes,
en leur envoyant la Dénonciation publiée par VOS
ordres, contre M. de la Luzerne et ses agens
oppresseurs.
A 2 --- Page 6 ---
IHTTII
(4)
JR vous ai expédié, le lendemain, par le Havre
et Bordeanxs DEUX MILLE exemplaires de la réplique dont, par pure compassion pour la faiblesse humaine, j'ai cru devoir gratifier UNE SEULE
FOIS cet énergumène écrivassier.
ALJOURD'HUI, mes chers Compatriotes 3 vous
aurez encore occasion d'admirer le style impudent
de cet écraseur de plumes.
JE vous envoie un' article TRÈS-OURTEUX sur S.-
Domingue, qui termine le No 531 de sa chétive
Feuille.
Vous croyez bien que je ne m'abaisserai pas
jusqu'à répondre à cette DIATRIBE DÉGOUTANTE. Je
respecte trop le caractère honorable dont Vos
suffrages m'ont revétu , pour me permettre de le
profaner, en descendant UNE SECONDE FOIS dans
l'arêne, contre un VIL GLADIATEUR qu'on ne peut
toucher sans souillure, 2 et qu'on terrasse sans
gloire. Savez-vous quelle vengeance j'ai cru devoir
tirer de ses blasphémes contre vous, et de ses
nonveaux mensonges contre moi?.. Pas d'autre
que d'entrer dans sa misérable BOUTIQUE, et d'acheter 300 exemplaires de la feuille empoisonnée
que ce charlatan de patriotisme venait de. fabriquer, moins. pour nuire à autrui, peut-être, que
pour évacuer la BILE NOIRE qui le suffoque. J'ai
& A
gloire. Savez-vous quelle vengeance j'ai cru devoir
tirer de ses blasphémes contre vous, et de ses
nonveaux mensonges contre moi?.. Pas d'autre
que d'entrer dans sa misérable BOUTIQUE, et d'acheter 300 exemplaires de la feuille empoisonnée
que ce charlatan de patriotisme venait de. fabriquer, moins. pour nuire à autrui, peut-être, que
pour évacuer la BILE NOIRE qui le suffoque. J'ai
& A --- Page 7 ---
(5)
distribué NOT-MÉNEI, à mes. - connaissances, à mes
amis, la moitié de cettel emplette
méphitique, ex
je vous ai réservé l'autre. Ce cadeau n'est
sans prix, depuis lai découverte importante
pas
viens de fairer: LES BRISSOTS D'EUROPE que je
ONT, y
COMME LES SCORPIONSEA4dates2 LA PROPRIÉTÉ
MERVEILLEUSE DE PORTER AVEC EUX L'ANTIDOTE LE
PLUS PUISSANT CONTRE LEUR VENIMEUSE PIQUURE.
0 Providence ! sans ce bienfait, de tels INSECFES
auraient empoisonné les plus beaux jours de notre
vie.
Vous remarquerez sans donte, dans l'ANALYSE
de cette composition atroce, la joie barbare avec
laquelle son coupable auteur EXAGERE LES AVANTAGES DES MULATRES RÉVOLTÉS, afin
ceux du
d'encourager
Continent à aller les joindre, 3. ou à les
seconder ici par qelqu'insurrection éclatante,
nE
LE profond respect avec lequel il parle des séditienx arrêtés les,armes àla main, et de MOXSTEUR
LE GENÉRAL Ock, ne vous échappera pas. Ce
digne Chef étaiticile tendre ami, le 1 confident
le bras droit, du paperasseur BRISSOT, Ils s'étaient 7
distribué les rôles. L'un devait tenir LA PLUME,
et l'autre tirer L'ÉPÉE. Le premier devait broyer
DU ROIR,le second faire couler DU SANG. Celui-le
s'était chargé de renverser toutes LES TÉTES en
Europe, celui-ci de bouloverser toutes les PRO:
A 3
chappera pas. Ce
digne Chef étaiticile tendre ami, le 1 confident
le bras droit, du paperasseur BRISSOT, Ils s'étaient 7
distribué les rôles. L'un devait tenir LA PLUME,
et l'autre tirer L'ÉPÉE. Le premier devait broyer
DU ROIR,le second faire couler DU SANG. Celui-le
s'était chargé de renverser toutes LES TÉTES en
Europe, celui-ci de bouloverser toutes les PRO:
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(6 a )
PRIÉTÉS, en Amériqne. Ock devait égorger cent
mille CITOYEKS BLANCS dans nos Isles, et certes
il ne-sy prenait pas trop mal. BrISSoT devait
épier le moment où toutes les villes, tous les
départemens maritimes S qui ne vivent que du
commerce colonial, seraient PRIVÉS DE TOUS MOYENS
DE SUDSISTANCE: Alors la philantropie aurait déployéda bannière de cette égalité romanesene qui
doibbriserl tous les liens sociaux. Six millions
p'srais.xconduits par le désespoir, et maitrisés
par le besoin, auraient bientôt, sous les ordres de
JEAN-PIERRE, commandé LE PARTAGE DES TERRES.
La Franceg"ee Royaume si beau, que la constitution nouvelle placer de Ja tête des Empires, eut
été rougie de sang, revagée, partagée, et fut devenue Thabitation inculte d'un peuple sauvage, en
état de PURE NATURE, qui n'aurait conservé de
son ancienne splendeur, de son ancienne richesse,
de son ancienne religion, qu'un AUTEL dédié à
JEAN-PIERRET BRISSOT, LA MOUCHE DU COCHE, L'AMI
DES NoIKs, et L'ENNEMI DES BLANCS.
sibggal
LE projet était vaste, bean sans doute : mais le
ciel qar Hous" protège en a autrement ordonné.
OG# a été pris les armes à la main ; et les premiers Navires apporteront sans doute à son Avocat
BRisSOT, lar triste nonvelle, que son VERTUEUX
Client a expiré SUR EA ROUE, pour avoir commis,
en peu de jours.VINGT OU THENTE ASSASSINATS. --- Page 9 ---
(7).
LA politique de Jean-Pierre est. comme sa mo:
rale. Il donne MODESTEMENT à l'Assemblée Nationale des leçons de droit public, qui, en peu de
tems , auraient DELIVRÉ la France de toutes ses
Colonies.
ExFIN,il n'a pas seulement l'adresse de dissimuler le motif de L'eécration dont il. m'honore.
Il convient avec naiveté que sa haine n'a d'autre
base que mon attachement pour mes Commettans : il avoue qu'elle vient de recevoir un accroissement notable, du zèle que jai eu,le bonheur de témoigner à mon pays, EN EXCLUANT
DU COMMISSARJAT DE LA NATION,LON DES INDIVIDUS CHOISIS PAR LE MINISTRE ACTUEL DE LA
MARINE, pour aller remplir aux Antilles la plus
importante de toutes les missions.
Jr vous dois compte, mes chers compatriotes 3
de cette anecdote: :
LASSEMBLEE NATIONALE a décrété que des
Commissaires iraient pacifier les Colonies. Le
Pouvoir Exécutif lcs a désignés. Je me serais bien
gardé d'influencer son choix, mais je devais le
SURVEILLER,. J'apprends que l'un des Conciliateurs
EST MEMBRE DE LA SOcrETÉ DES AMIS DES NoiRs,
et j'en conclus que, ) quel que, soit son mérite personnel, SON NOM SEUL élevern. dans nos
de cette anecdote: :
LASSEMBLEE NATIONALE a décrété que des
Commissaires iraient pacifier les Colonies. Le
Pouvoir Exécutif lcs a désignés. Je me serais bien
gardé d'influencer son choix, mais je devais le
SURVEILLER,. J'apprends que l'un des Conciliateurs
EST MEMBRE DE LA SOcrETÉ DES AMIS DES NoiRs,
et j'en conclus que, ) quel que, soit son mérite personnel, SON NOM SEUL élevern. dans nos --- Page 10 ---
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possessions d'outre -mer, des troubles intermi
nables.
Js soumets mes réflexions au COMITÉ CozoNIAL, à MES COLLÉGUES et aux MEMBRES DE L'As
SEMBLIZ-OÉNÉRALE DE S.-DoNINGUE. Les développemens que je leur présente ne leur laissent
aucun : donte , ni sur la* pureté de mes motifs,
ni sur l'importance de mes observations. M. P'Escalier entreprend par écrit une justification dont
la nécessité, bien loin de détruire mes
objections >
én confirme lal justésse.
COMMENT imaginer, en effet, de choisir, pour
porter la paix aux Antilles, un de ces liommes
dont le nom, inscrit, de son propre averr, sur
la liste des prétendus NÉGROPHELES, aurait servi
de prétexte aux mal-intentionnés, pour intimider
les esprits faibles, en répandant avec quelque
vraisemblance, , que le Corps Législatif n'a pas
perdu de vue l'abolition de l'esclavage et de la
traite, puisqu'il remet LA DICTATURE NATIONALE
ENTRE DES MAINS QUE DES CRÉOLES NE CONSIDÉRERONT JAMAIS QUE COMME CELLES DE LEURS BOURREAUX.
Iz ne fallait qu'une démarche' aussi LEGEREMENT
HASARDEE, pour provoquer des scènes bien affligeantes, BIEN CRUELLES, peut-être, et renouveler
I
les --- Page 11 ---
((9)
les bruits sourds de cette indépendance, dont la
desir n'entra jamais dans le coeur d'un Colon
(9 quoiqu'en dise le cher Brissot), mais dont le
nom seul blesse à juste titre les oreilles. d'un
Patriote.
CES idées déveleppées s'insinuèrent sans peine
dans des ames américaines. M. PEscalier fut
averti de L'UNANINITÉ de nos opinions, et son civisme le porta à se démettre d'une place que
le mien lni représentait comme hérissée d'épines
et de dangers.
En BIEN ! le croiriez-vous? Jean-Pierre Brissot
le formaliste a trouvé, dans la conduite mesurée
que j'ai tenue en cette conjoncture. s cing ou sia
icrimes capitauz : donc, ily a matière à GINQ OU
SIX ÉLOGES;
Is'est.déclaré lAvocat de M. PEscaliar:noxe,
sa cause était insoutenable;
Inia affirmé que les Négocians et les Colons
éprouyaient la joie la plus vive, de la nomination
de Ce Commissaire : DONC, les Négocians et les
-Colons furent en proie, dès ce moment, aux inquiétades les plus vives;
IL s'efforce de démontrer
que j'ai grand tort:
a matière à GINQ OU
SIX ÉLOGES;
Is'est.déclaré lAvocat de M. PEscaliar:noxe,
sa cause était insoutenable;
Inia affirmé que les Négocians et les Colons
éprouyaient la joie la plus vive, de la nomination
de Ce Commissaire : DONC, les Négocians et les
-Colons furent en proie, dès ce moment, aux inquiétades les plus vives;
IL s'efforce de démontrer
que j'ai grand tort: --- Page 12 ---
t105
DONC, il est prouvé que j'ai complétement
raison.
Er-l là-dessus, avec cette urbanité concluante
dont le ciel l'a doué , il me dévoue encore une
fois à l'opprobré, d P'infamie, et à toutes ces
CENTILLESSES qui, de sa part, seraient des éloges,
si de telles expressions, dans une telle bouche, >
n'étaient absolument vuides de sens.
MAIS, ce qui excitera toute votre pitié, 2 c'est
le passage où il m'inculpe d'avoir souffert patiemment l'infamie dont il m'a couvert. Et de
quel front Brissot dispense-t-il l'infamie ? Parce
qu'il en regorge,. a-t-il le droit dé verser sur
nous LE TROP-PLEIN DE SON COEUR?
. S'énorgueillira-t-il encore de ma patience, quand il
aura su que le jour même où sa plume traçait
cet impudent reproche, VINGT-CINQ MILLE exemplaires de ma réponsé lui donnaient VINGT-CINQ
MILLE démentis cruels?
ENHARDI par mon prétendu silence 3 il ose
avancer qu'il reconnoit bien, dans ce trait de perfidie, Phomme qui, avant les Etats-Gindrauz, osa
solliciter du Roi, une LETTRE DE CACHET,powr
faire défendre les séances de la Société des Amis
des Noirs. Le scélérat, comme vous voyez, ne
met point de bornes à ses impostures. Je me suis
promis --- Page 13 ---
(1x) )
promis, mes chers compatriotes, de ne plus lui
répondre ( et j'espère qu'il ne me forcera pas à
tracer l'histoire PEU ÉDIFIANTE de sa vie); mais ce
serait participer à ses mensonges , que de les
laisser impunis. En consécquence, j'ai bien vite
dressé unè petite plainte CRIMINELAE que je vais
remettre à nos nouveaux Juges, et sur laquelle
je compte obtenir bientôt, contre L'AMI DES
NOIRS (), UN AnRET DE CONDANNATION BIEN LIBELLÉ, QUI LE DÉCLARE CALOMNIATEUR EN FORME,
ET SOIT AFFICHÉ A SES FRAIS, A PARIS,EN FRANCE
ET A S.-DOMINGUE,
Sr c'est là ce qu'il appelle s'agenouiller à ses
pieds,il conviendra tôt ou tard que JE ME RELÈVE
avec force. Au surplus , ce n'a été que pour
égayer un peu ma correspondance, 7 que je me
suis permis de vous entretenir un moment de cet
HORS-OEUVRE de la révolution; mais ce serait abuser de VOs bontés, et PERDRE MON TEMS 3 que
(*) CE NOM doit, à plus d'un titre, devenir le SUANONE
GLORIEUX de Erissot. De tout tems il a eu un FAIBLE
pour les NOIRS; et, quand il se déclare si vivement leur
Apôtre, c'est qu'il se rappelle sans doute avec gratitude
les COMMISSIONS DE CONFIANCE que lui donnait, sous
Pancien régime, le Lieutenant de Police de ce nom.
C'est sous ce PROFESSEUR qu'il a pris SES DEGRÉS en
patriotisme. Doit-on s'étonner qu'il brille dans LA LICENCE?
le SUANONE
GLORIEUX de Erissot. De tout tems il a eu un FAIBLE
pour les NOIRS; et, quand il se déclare si vivement leur
Apôtre, c'est qu'il se rappelle sans doute avec gratitude
les COMMISSIONS DE CONFIANCE que lui donnait, sous
Pancien régime, le Lieutenant de Police de ce nom.
C'est sous ce PROFESSEUR qu'il a pris SES DEGRÉS en
patriotisme. Doit-on s'étonner qu'il brille dans LA LICENCE? --- Page 14 ---
OH-48
t125
d'insister d'avantage sur un sujet si pitoyable et
3i futile. . e - Je reprends donc l'article intéressant
des INSTRUCTIONS que l'Assemblée Nationale prépare dans son équité, qu'elle élabore dans sa
paternité avec vOS Représentans, et qu'elle mûrit
dans sa sagesse, avec des intentions bienfaisantes
qui, certes, n'échapperontpoint àl la reconnoissance
des Créoles. -
EXTRAIT DE ZA MINUTE DE MA LETTRE
MES CONMETTANS.
Signé, Lours-MARTHE DE GOUY,
Députéà PAssemblée Nationale.
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