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àe
LOECTEIC- LAUREICWEY
JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
Purchased from the
Trust Fund of
Lathrop Colgate Harper
LITT. D. --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
des Délibérations du
EXTRAIT du Regiftre
COMITÉ COLONIAL DE Sr-DOxINGUE,
féant à Paris : du 21 Mars 1789.
Lscrons faite des pièces IMPORTANTES dépofées
arrêté de faire
fur le Bureau, il a été unanimement
CONNOÎTRE A LA NATION :
L'ORDONNANCE de MM. les Adminiftrateurs
1°.
du 26
Chef de la Colonie de Saint - Domingue,
en
Décembre 1788.
LETTRE defdits Admininifrateurs à MM.
20. LA
Officiers des Milices
leurs Repréfentans, & à MM.les
en date du Port-au- Prince, du 31
de la Colonie,
Décembre même année.
L'EXTRAIT de la Lettre de M. Daugy du 24
3°.
était jointe l'adreffe fuivante :
Janvier 1789, à laquelle
L'ADRESSE de la Chambre d'Agriculture, du 9
4".
Janvier 1789, à MM.1 les Adminifirateurs.
LA LETTRE de M.Daugy, du II Décembre 1788,
s".
au fieur Mozard, Imprimeur au Port-au-Prince.
6°. LA RÉPONSE dudit fieur Mozard, à M. Daugy,
du 25 Décembre méme année.
L'EXTRAIT des Affiches Américaines, du 6 Dé7".
contenant l'article dont il eft queftion
ccmbre 1788,
dans les deux fufdites LettresA --- Page 6 ---
(2)
g". L'EXTRAIT des Archives de la Chambre d'Agriculture, contenant la réponfe faite, le 18 Janvier 1789,
par MM. les Adminiftrateurs, à la Lettre de ladite
Chambre, du 7 dudit mois.
9°. LA LETTRE de la Chambre, du 9 Janvier 1789,
à M. le Marquis du Chilleau, fur fon heureufe arrivée
dans la Colonie,
Io°. LA RÉPONSE de M. le Marquis Du Chilleau,
du 18 dudit mois.
ARRÉTÉ de plus, que T'EXTRAIT imprimé de
la Séance du 27 Janvier 1789, tenue à Paris, par
MM.les Commiffaires de la Colonie,
LA Lettre des Colons du Roi, du 31 Mai 1788,
& la Brochure intitulée : Lettre bien importante de la
Chambre d'Agriculture de
St-Domingue 2 feront jointes
à ce Recueil.
Fait & arrêté en Comité, Ze 21 Mars 1789.
Le Comte DE REYNAUD, Préfident.
A Le Marquis DE PAROY,
Le Comte DE MAGALLON,
Le Duc DE PRASLIN,
Le Marquis DE PERRIGNY, Commiffaires.
Signé:
Le Préfident DUPLAA,
1 Le Chevalier DouGE,
Le Comte DE VAUDREUIL,
Le Marquis DE Goux D'ARSY, Commiffuire
Rapporteur.
N
a e
à ce Recueil.
Fait & arrêté en Comité, Ze 21 Mars 1789.
Le Comte DE REYNAUD, Préfident.
A Le Marquis DE PAROY,
Le Comte DE MAGALLON,
Le Duc DE PRASLIN,
Le Marquis DE PERRIGNY, Commiffaires.
Signé:
Le Préfident DUPLAA,
1 Le Chevalier DouGE,
Le Comte DE VAUDREUIL,
Le Marquis DE Goux D'ARSY, Commiffuire
Rapporteur.
N
a e --- Page 7 ---
(3)
ORDON NANCE
Rendue le 26 Décembre1788, par Mefieurs les
ADMINISIRATEURS de St-Domingue,
EXTRAIT DES REGISTRES DU CONSEIL SUPÉRIEUR
DE LA COLONIE.
Marie - Charles Marquis DU CHILLEAU, 8xc.
Et François Barbé DE MARBOIS, &c.
DivERs Imprimés ont été répandus avec profufion,
& publiés comme l'ouvrage d'une commifion chargée
par la Colonie, de folliciter l'admiffion de fes Députés
aux Etats-Généraux 5 L'ASSURANCE avec laquelle ces
écrits ont exprimé, comme le VEU PUBLIC, des
opinions INDIVIDUELLES fur des queftions du plus
vafte, intérêt, a d'abord donné lieu aux Habitans
eux-mêmes DE DOUTER fi de pareils pouvoirs n'étoient pas émanés de quelques-uns d'entre-eux, & fi
l'on n'en avait pas, fait ufage pour induire EN ERREUR
des perfonnes recommandables par leur rang & leurs
lumières ; mais bientôt on a fait circuler CLANDESTINEMENT un. Mémoire pour lequel on follicite de
toutes parts des fignatures, comie pour couvrir par
A 2 --- Page 8 ---
(4)
cette opération tardive,
T'IRRÉGULARITÉ des actes
émanés de la PRÉTENDUE Commifion.
Nous avons fi
que plufieurs Habitans avaient donné leurs
librement & volontsiremens,
fignatures
que d'autres l'avaient
accordée à des prières & follicitations,
& enfin qu'un
très-grand nombre avait refufé de figner. Plufifeurs
ces derniers fe font eux-mêmes
de
adreffés à
nous exprimer la
Nous, pour
furprife que leur caufaient ces mouvemens, & nous inviter à leur faire connaitre la
de Sa Majefté,
volonté
UNE Requête, revêtue d'un grand nombre de
tures, Nous eft
fignaparvenue ; les Habitans y forment des
voeux > pour que le calme dont la Colonie
foit point troublé : Ils
jouit ne
témoignent leurs alarmes fur
les maux auxquels elle ferait
expofée, 35 S'il
> dépendre d'un nombre
pouvait
d'individus
s d'adreffer, à deux mille lieues
quelconque 3
des
> à Sa Majefté, au nom des
Repréfentations,
Colons, de leur
3 des vues, des defirs qu'ils n'ont
fuppofer
pas manifeftés, de
>> folliciter pour eux de prétendus
avantages
>> leur éloignement &c la différence
auxquels
de régime leur
3 interdit
d'afpirer 3 & qui pourraient même
2> devenir funeltes 5 de s'adreffer enfuite
leur
à des
Avocats,
pour en obtenir une confultation fur une
2) purement
queftion
Politique, ce qui n'eft pas de leur reffort;
fuppofer
pas manifeftés, de
>> folliciter pour eux de prétendus
avantages
>> leur éloignement &c la différence
auxquels
de régime leur
3 interdit
d'afpirer 3 & qui pourraient même
2> devenir funeltes 5 de s'adreffer enfuite
leur
à des
Avocats,
pour en obtenir une confultation fur une
2) purement
queftion
Politique, ce qui n'eft pas de leur reffort; --- Page 9 ---
(5)
> d'infuer par une voie auffi
IRRÉGULTÈRE fur
>9 l'opinion publique, & de mettre,
pour ainfi
>> le' fort d'une immenfe Colonie
dire,
à la difcrétion de
a quatre Jurifconfultes, qui ne la connaiffent
>> qui n'ont pas même
pas, &
pris foin de s'informer fi cEuX
> qui leur demandoient une décifion, avaient
5? CARACTÈRE &
MISSION,
POUVOIR, pour agir au nom
5> vingt- cinq mille Citoyens
des
3>
libres, qui compofent
cette Colonie CCa
D'UN autre côté, la Chambre
d'Agriculture du
a arrêté des
Cap
repréfentations au Miniftre, pour demander
que la Colonie foit autorifée à
envoyer des
aux Etats-Généraux 5 elle Nous a
Députés
d'un
depuis, & enfuite
autre Arrêté, en date du 5 de ce mois, fait
adrefle, afin qu'il Nous piit de donner
tine
ordres nécefaires dans
Jur-le-champ les
toutes les Paroifés dela Colonie,
pour gx'il fitt incefamment & aul. même
jour, tenu des
Alfemblies, à legee,-s'il était trouvé
nommer. des
convenable, de
Commifaires Eleéeurs, lefquels
rorifés 6 tenus de fe trouver d
faraienc alfaraient
d'autres Afemblées, qui
pareillement indiquées à bref
Ze yeeu de leur Paroife.
dllui,pour y porter
LES EXPRESSIONS de ces Arrêtés &
nombre de Lettres
Requêtes, & de
qui Nous ont été adreffées, Nous
A 3
Alfemblies, à legee,-s'il était trouvé
nommer. des
convenable, de
Commifaires Eleéeurs, lefquels
rorifés 6 tenus de fe trouver d
faraienc alfaraient
d'autres Afemblées, qui
pareillement indiquées à bref
Ze yeeu de leur Paroife.
dllui,pour y porter
LES EXPRESSIONS de ces Arrêtés &
nombre de Lettres
Requêtes, & de
qui Nous ont été adreffées, Nous
A 3 --- Page 10 ---
(6)
combien les. Habitans de la
ont fufffamment prouvé
étoient PARTAGÉS dans leurs fentimens, fur
Colonie
aux Etatsla queltion importante de la Repréfentation
Généraux du Royaume 5 Nous avons dû prévoir les
diverfité d'avis 5 mais Nous avons
fuites de cette
devait
penfé,n même temps, que cette queftion ne
être déterminée par notre opinion particulière,
point
&
fi d'un côté Nous avions les plus puiffans
que
comme Admimotifs, de defirer que notre conduite,
Sa Majefté, environnée
niftratçurs, fit EXAMINEE par
le lui
ii Nous devions
de fes Etats - Généraux,
la
demander, ainfi que Nous le faifons, comme
RÉCOMPENSE la plus honorable de nos travaux. 2
& en même temps comme une
comme une juftice
diftinguée 5 d'un autre côté, une partie nomgrâce
breufe de la Colonie penfoit que la Repréfentation
devait faire la matière
des Colons aux Etats-Généraux,
des
le plus réfléchi, & pour nous fervir
de Fexamen
nous ont été:
expreffions d'une des Requêtes qui
devait étre jugée par
adreffées, que, cette quefion
TENANT LES GRANDES
Sa Majefé elle-même,
Elle
DE SON ROYAUME, 8 que f
ASSISES
la durée de LAffembléc,
étoit dicidie pour lafrmative,
préfenter un moyen de faire
o: Js sjsuramnt.pournsieat)
Colonic des avantages de ladmiffion.
joxir'la --- Page 11 ---
(7)
DANS ces circonftances, Nous avons dû chercher
ne
nous offrir les
un point d'appui, que
pouvaient
opinions contradictoires &c incertaines, qui nous font
parvenues 5 Nous l'avons trouvé dans les initructions qui
nous ont été données par SA MAJESTÉ Elle-méme 5
C'EST DANS CE MOMENT PRÉCIEUX DE SA
BONTE, qu'à la fuite des ordres les plus propres à manifelterla follicitude, tendre & parternelle, dont Elle eft
animée pour fes Sujets de St-Domingue, Elle: a diété &
figné de fa main les paroles fuivantes, qui deviendraient
bientôt notre condamnation fi elles n'étaient pas la
règle conftante de notre conduite 5 f la difance. des
lieux, f la nature des chofes exigent que les pouvoirs
des feurs Marquis Du CHILLEAU & DE MARBOIS,
foient étendus, c'ef un dépôt facré confé à leur prudences
& dont le plus leger abus ferait un délit. Un principe,
qu'ils ne doivent jamais oublier, c'ef que le Gouvernement doit être modéré , fage & bienfaifant ; mais Jage
avec fermeté ; que l'autorité efs établie pour le bonheur
de tous, & non POUR LA SATISFACTION de ceux qui
en font DÉTOSITAIRES, & que c'effur-tout aux Colonies
qu'il ef vrai de dire,qu'elle n'eft jamais plus puiffante,
que quand ELLE EST CHÈRIE 8 refpedtée.
Signé LOUIS, & plus. bas LA LUZERNE..
A 4
être modéré , fage & bienfaifant ; mais Jage
avec fermeté ; que l'autorité efs établie pour le bonheur
de tous, & non POUR LA SATISFACTION de ceux qui
en font DÉTOSITAIRES, & que c'effur-tout aux Colonies
qu'il ef vrai de dire,qu'elle n'eft jamais plus puiffante,
que quand ELLE EST CHÈRIE 8 refpedtée.
Signé LOUIS, & plus. bas LA LUZERNE..
A 4 --- Page 12 ---
(8)
QUE ces expreffions touchantes de la volonté da
Souverain ne ceffent Jamais d'être notre loi. A CES
CAUSES, en conféquence des pouvoirs à Nous confiés, Nous, avons ordonné & ordonnons ce qui fuit:
ARTI I C L E P R E M I E R.
ATTENDU que les intentions de Sa Majefté, relativement, foit à l'admiflion des Députés des Colonies
aux Etats - Généraux du
Royaume, 3 foit à la forme
dans laquelle il conviendrait de recueillir les voeux &.
fentimens des Colons fur cet objet
important > ne
NOUS SONT POINT ENCORE CONNUES, &
qu'il peut néanmoins être utile qu'elle foit inftruite des
defirs &x des efpérances de la majorité defdits Colons,
Nous les autorifons & les invitons même à nous expofer
leurs demandes, par Lettres ou par Requétes, qui nous
feront adreffécs, des différens lieux de la Colonie, fans
qu'elles PUISSENT cependant être fignées PAR PLUS DE
CINQ PERSONNES,. faute de quoi elles feront rejettées
coime NULLES.
ART T. II.
LESDITES Lettres ou Requètes contiendront en firt
de chacune d'icelles, lcs demandes ou les fentimens
de ceux qui les auron: fignées, foit pour l'admifion,
--- Page 13 ---
(9)
admifion, foit enfin pour s'en
foit pour la non
de faire connaître
à Sa Majefté, & la fupplier
rapporter
fera fuivie de la mention
fa volonté ; chaque fignature
de Phabitation, du genre
de la Paroiffe, du domicile,
de la profeffion de celui qui aura
de culture, ou
à faute de quoi fa fignature NE SERA comptée:
figné,
des Etats fommaires de toutes
Il fera enfuite formé
au
fuivant les trois claffes indiquées
les fignatures,
Article, & il fera loifible
commencement du préfent
Habitans de confulter lefdits Etats, ainfi
à tous les
de
le touta
les pièces à l'appui, à leffet
quoi,
que
de Janvier, fera par Nous envoyé aux
dans le mois
des Chambres d'Agriculture, pour y
Secrétariats
dans ledit mois, ftatué
demeurer en dépôt, & il fera,
par Nous ce qu'au cas appartiendra.
ART. IIL
qui auront été adreffées
LES Lettres & Requétes
touchant Fadmiffion ou la non admiflion
jufqu'à cejour,
ne
de la Colonie aux Etats - Généraux,
des Députés
fommaires; à
danslefditsEtats:
SERONT POINT COMPRISES
nous en faire
mais ceux qui les ont fignées pourront
Déclarons NULLES, de nul effet,
parvenir de nouvelles.
Mémoires ou Ecrits quelconques >
toutes Requêtes,
clandeflinement
qui auraient pu être , ou feraient
Habitans,
être par eux fignées,
préfentés aux
pour
de la Colonie aux Etats - Généraux,
des Députés
fommaires; à
danslefditsEtats:
SERONT POINT COMPRISES
nous en faire
mais ceux qui les ont fignées pourront
Déclarons NULLES, de nul effet,
parvenir de nouvelles.
Mémoires ou Ecrits quelconques >
toutes Requêtes,
clandeflinement
qui auraient pu être , ou feraient
Habitans,
être par eux fignées,
préfentés aux
pour --- Page 14 ---
(10) )
ne feront comptées les fignatures obtenues fur lefdits
Ecrits, mais feront confidérées comme furprifes, &c en
conféquence tenues pour non avenues.
A R T. I V.
DÉFENDONS 3 conformément aux Loix & Règlemens de Sa Majefté, toute affemblée ILLICITE, fous
peine d'être, ceux qui y affifteront, pourfuivis fuivant
Ia rigueur des Ordonnances.
PRIONS MM. les Officiers du Confeil Supérieur de
Saint-Domingue, d'enregiftrer la préfente Ordonnance,
& mandons à ceux des Jurifdictions de tenir la main
à fon exécution.
SERA la Préfente enregiftrée eau Greffe del l'Intendance.
DONNÉE aul Port-au-Prince, fous le fceau de nos
Armes &le contre-feing de nos Secrétaires,. le vingt-fix
Décembre mil fipt cent quatre - vingt- -huit. Signé Du
CHILLEAU & DE MARBOIS, -& plus bas, par M. le
Général, figné BONHOMME, par M. I'Intendant,
figné MARCHANT.
ENREGISTRÉ au Greffe de l'Intendance, 3 le 27
Décembre 1788, & au Greffe du Confeil Supérieur de
Saint - Domingue, le 29 du même mois : Collationné,
figné DUBEUF, Grefier-Commis. --- Page 15 ---
(1I) )
COPIE d'une Lettre de MM. les. ADMINISTRATEURS > à MM. leurs REPRÉSENTANS,
& à MM. les OFFICIERS des Milices de
la Colonie.
Port-au-Prince, le 31 Décembre 1788.
Nous préfumons > Monfieur s que vous avez eu
connaiffancé de divers Ecrits relatifs à P'admiffion ou
à la non admifion des Repréfentans de la Colonie
aux Etats-Généraux; 5 ils ont donné lieu à plufieurs
Requêtes &c Mémoires où les Colons fe font exprifuivant leurs difpofitions & leurs
més diverfement ,
opinions particulières. Les uns nous ont demandé
d'affembler la Colonie, 8z de donner à cette Affemblée une conftitution dont ils nous ont eux-mêmes
propofé le plan & les détails; les autres ont obfervé
que notre autorité ne s'étendait point jufqu'à l'exercice de cet aête le plus impottant de la Puiffance
fouveraine
d'ailleurs on ne pouvait, en vertu
> que
du voeu d'une partie des Colons, dont la proportion
au tout eft inconnue , convoquer une Affemblée où
rendraient,
ferait la fuite dè
les uns fe
> parce qu'elle
leurs demandes, & dont les autres s'abftiendraient,
ont obfervé
que notre autorité ne s'étendait point jufqu'à l'exercice de cet aête le plus impottant de la Puiffance
fouveraine
d'ailleurs on ne pouvait, en vertu
> que
du voeu d'une partie des Colons, dont la proportion
au tout eft inconnue , convoquer une Affemblée où
rendraient,
ferait la fuite dè
les uns fe
> parce qu'elle
leurs demandes, & dont les autres s'abftiendraient, --- Page 16 ---
(12)
parce qu'ils la regarderaient comme illégale
> &
qu'ainfi elle ne pourrait offrir dans fes réfultats
les voeux de ceux qui l'auraient demandée.
que
Dans ces
circonftances nous avons jugé à propos de rendre
l'Ordonnance dont joignons ici un exemplaire. Nous
n'avons point voulu y exprimer notre fentiment
particulier fur cette importante queftion. Nous
avons
penfé qu'en attendant les ordres de Sa Majefté
que
nous avons déjà follicités, nous devions nous borner
à recevoir les demandes des
habitans 3 & que notre
autorité ne devait être mife en action que
pour parvenir à connaitre leurs voeux libres & patriotiques. C'eft
dans cette vue que nous vous prions de vouloir bien
vous abftenir 3 comme Officier de Sa Majefté, de
tout ce qui paraitrait tendre à influer fiur les opinions. Nous défirons cependant que comme habitant
propriétaire > fi vous l'êtes, vous vouliez bien nous
faire connaître votre fentiment dans les formes indiquées par notre Ordonnance.
LES Adreffes, 3 Requêtes & Lettres qui nous font
parvenues concourent généralement à demander célérité: : nous penfons nous-mêmes, qu'il convient d'ufer
de toute celle que les conjonétures
permertent, &
nous vous prions de faire connaitre aux habitans
quie
nous défirons qu'ils nous faflfent parvenir leurs Lettres --- Page 17 ---
(13)
ou Requêtes aufi-tôt qu'il leur fera poffible. Nous
avons aufli ordonné, que tous ceux qui figneront 5
feront mention des noms de leurs paroiffes, de leur
domicile, habitation 1 3 profeflion, 8xc. Cette précaution eft indifpenfable pour prévenir l'abus des fignatures qui pourraient être données par des perfonnes
qui n'ont pas droit de voter dans cette circonftance.
Nous avons l'honneur d'être avec un parfait attachement,
M E S S I E U R S 9
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs.
Signé,DU CHILLEAU & DE MARBOIS. --- Page 18 ---
(14)
EXTRAIT de la Lettre de M. DAUGY,
Sceretaire-Adjoint de la Chambre dAgriculture,
à MM. les CONMISSAIRES de la Colonie
de St-Domingue.
Au Cap, le 24 Janvier 1789.
J
Messizoxs,
J'AI l'honneur de vous adreffer, par ordre de la
Chambre d'Agriculture 3 l'Ordonnance de MM. les
Adminiftrateurs de cette Colonie, > en date du 26
Décembre dernier, & leur Lettre à MM. leurs Repréfentans & les Officiers de Milices, du 31 dudit mois,
copie de la délibération qu'a prife la Chambre à ce
fujet le 9 courant 3 ainfi que la Lettre qu'elle a Cru
devoir écrire le même jour à M. le Marquis DU
CHILLEAU, fur fon arrivée dans la Colonie, & la
Réponfe de ce Général à la Chambre, dans la perfonne de fon Secrétaire-Adjoint t. en date du 18 du
mêine mois.
JE fuis, 8:c.
Signé, DAUGY,
Sconitaire-Adjeint.
la délibération qu'a prife la Chambre à ce
fujet le 9 courant 3 ainfi que la Lettre qu'elle a Cru
devoir écrire le même jour à M. le Marquis DU
CHILLEAU, fur fon arrivée dans la Colonie, & la
Réponfe de ce Général à la Chambre, dans la perfonne de fon Secrétaire-Adjoint t. en date du 18 du
mêine mois.
JE fuis, 8:c.
Signé, DAUGY,
Sconitaire-Adjeint. --- Page 19 ---
(15)
EXTRAIT des Regiftres de la Chambre
d'Agriculture du Cap.
LE Vendredi 9 Janvier i789, la Chambre affemblée
en la forme & au lieu ordinaire oi étaient MM. DE
COCKBURN, , DE LA COMBE, DU PETIT-THOUARS,
le Secrétaire a donné leéture
ODELUCQ 8x MILLOT, 2
de la Réponfe de MM. les Adminiftrateurs, en date
du 18 Décembre dernier, à l'adreffe de la Chambre,
du du même mois, d'une Ordonnance de nofdits
Sieurs du 26, & d'une Lettre circulaire par eux
>
adreffée à leurs Repréfentans & aux Officiers de Milice, en date du 31; ces deux Pièces imprimées dans
le No.premier, des Affiches Coloniales 1789.
LA matière prife en confidération par fuite du
Mémoire de la Chambre au Miniftre, du mois de
Novembre, de P'Arrêté du 5 Décembre; & des Réponfes de MM. les Adminiftrateurs fur ces deux
Pièces, de tout quoi, nouvelle lecture a été prife 5
après mûre délibération > il a été arrêté que l'adreffe
fuivante fera faite à MM. les Général & Intendant à
leffet de leur repréfenter, --- Page 20 ---
(16)
QUE Sa Majefté 3 2 par les Arrêts de fon
& la Déclaration ci- devant
Confeil
cités par la
après avoir fixé la tenue des
Chambre,
époque plus
Etats-Généraux à une
éloignée, les a indiqués au
courant
7 Janvier
, de forte que déjà depuis trois
Affemblée tient fes féances
jours cette
:
Qu'AINSI & avec grande raifon
Adminiftrateurs
J MM. les
conviennent que la matière
lérité :
exige céQUE néanmoins le circuit
que leur Ordonnance
préfente, pour qu'ils connaiffent le voeu de la Colonie, pour qu'ils le faffe
paffer au Roi ou
fon Miniftre. 1e
plutôt à
e pour attendre fes ordres...
exécuter...
pour les
pour que les Députés (s'il
partent &c arrivent
y a lieu)
eft évidemment
avec cette célérité avouée
incompatible
néceffaire:
QUE fi l'on peut s'attendre à voit durer
tain tems la tenue des
un cerEtats-Généranx 2e 3
en confidérant que la marche
néanmoins 9
liblement à fix
adoptée mène infailou huit mois pour avoir des
rendus à
Députés
Paris, avec des pouvoirs & des cahiers de
doléances 3 on met évidemment la Colonie
de perdre les fruits
en danger
précieux de fon admiflion,
> parce
que
s'attendre à voit durer
tain tems la tenue des
un cerEtats-Généranx 2e 3
en confidérant que la marche
néanmoins 9
liblement à fix
adoptée mène infailou huit mois pour avoir des
rendus à
Députés
Paris, avec des pouvoirs & des cahiers de
doléances 3 on met évidemment la Colonie
de perdre les fruits
en danger
précieux de fon admiflion,
> parce
que --- Page 21 ---
(17)
que d'ici à cette époque les Etats-Généraux feroits
finis, > oll aul moins les grandes réfolutions feront
prifes & confommées, peut-être, au détriment des
Colonies, qui n'auront été ni défendues, ni même
entendues &
fuppofe fort riches & fans
qu'on
impôts :
Qu'IL était bien plus fur & plus expéditif d'aft
fembler la Colonie fur-le-champ, fi on n'avait pas le
projet de l'exclure par les retards:
Qu'ALORS la pluralité eût décidé s'il était intéreffant pour elle de demander fon admiffion, & qu'en
cas d'affirmative, elle eût nommé fes Députés 5
QUE cette prétendue contrariété d'opinions, dont
parlent MM. les Adminiftrateurs 3 eût difparu devant
la réunion du plus grand nombre :
QUE la lumière ferait fortie de la difcuffion libre
des opinions oppofées :
QUE tel qui a cédé à la frayeur chimérique & ime
patriotique, de fupporter des impôts en fe préfentant
par des Députés, ett fenti qu'il y a de plus grands
rifques à ne fe point préfenter, à n'être point défendu:
B --- Page 22 ---
(18)
que tel enfin qui n'a pas réfléchi fur les avantages
que
la Colonie peut retirer de fon admiflion, en eut entendu le développement, &: fût devenu un des plus
ardens à la demander: :
Qu'4U contraire la forme infolite & inconftitutionelle que prefcrit l'Ordonnance de MM. les Adminiftrateurs > ne tend qu'à ifoler les opinions & à priver les délibérans des lumières que fait toujours naitre
la difcuffion.
QUE le défaut d'ordres de Sa Majefté ne pouvait
pas empécher lAffemblée aétuelle de la Colonie,
d'autant que ce n'a pas été un obftacle aux Ifles du
Vent, oi la députation eft faite, 8c les Députés
expédiés:
QU'EFFECIVEMENT Sa Majefté ne parait pas avoir
envoyé dans les différentes Provinces > Diftriéts &
Refforts des Ordres particuliers > qu'Elle a voulu
appeller & réunir autour d'Elle tous fes Sujets par
des Arrêts de fon Confeil & des Déclarations, comme
par un feul fignal général > fignal d'amour & de
confiance:
QUE ces Loix n'exceptent aucun canton , aucun
individu, qu'elles s'étendent même expreffément aux
IVEMENT Sa Majefté ne parait pas avoir
envoyé dans les différentes Provinces > Diftriéts &
Refforts des Ordres particuliers > qu'Elle a voulu
appeller & réunir autour d'Elle tous fes Sujets par
des Arrêts de fon Confeil & des Déclarations, comme
par un feul fignal général > fignal d'amour & de
confiance:
QUE ces Loix n'exceptent aucun canton , aucun
individu, qu'elles s'étendent même expreffément aux --- Page 23 ---
(19)
Pays réunis à la France depuis les derniers Etats, &
que les Colonies font de ce nombre comme les Provinces conquifes des frontières:
QUE l'urgence du cas & la difance des lieux, autorifaient, follicitaient > obligeaient MM. les Adminiftrateurs à employer dans cette occafion importante
& peut-être unique 3 cette extention illimitée & tacite de pouvoirs dont Sa Majefté a confié le dépôt à
leur prudence pour le bonheur de tous & NON POUR LA
SATISEACTION DE CEUX QUI EN SONT LES DÉPOSITAIRES, 8 qui,. f l'abus le plus léger de ce dépôt leur
eft préfenté par le Roi comme un-délit, il eft à craindre
que le Roi qui veut s'entourer de fes enfans, ne regarde comme un abus & 272 délit de n'avoir pas ufé de
ce dépôt pour rapprocher de lui le plutôt poffible une
portion confidérable de la famille, portion malheureufe par fon éloignement:
QUE fil lon pofe en principe que la quefion de P'admifion doit. être jugée par le Roi tenant les grandes afiles
du Royaume, il en réfulte que le Roi aurait admissou
rejetté les Députés de la Colonie dont la nomination
préalable eût été fans inconvénient; qu'alors feulement
la queftion auroit été jugée légalement - parce que
la Colonie aurait eu dans fes Députés fes Repréfentans
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(20 )
& fes Défenfeurs 3 qu'au contraire , en fuivant h
forme indiquée par MM. les Adminiftrateurs 3 outre
le rifque de n'avoir, fous le nom du Roi, qu'une décifion miniférielle, il elt au moins vrai que le jugement ne fera pas rendu par le Roi tenant les grandes
afffas; que ces deux formes de jugement font bien
effentiellement différentes; fur-tout fi on réféchit que,
peut-être , une des doléances de la Colonie aura
pour
objet de faire enfin ceffer la fubftitution perpétuelle
des volontés miniftérielles à la Loi ou à la volonté
du Souverain; que dans aucun Cas on ne devait prendre
un parti qui pit, par des lenteurs, expofer la Colonie aux rifques de faire arriver fes Députés
trop
tard, & la priver, au mépris de fes
drcits, S & infailliblement contre la volonté da Roi, des avantages
de fon admifion; que fi la Colonie éprouve cette
privation , c'eft un tort immenfe & irréparable
que
lui auront fait MM. les Adminiftrateurs. Et commena
fe le pardonneront-ils? Comment fe défendront-ils?
QUE dans le parti qu'ils prennent, 5 ils ont Lvités
difent-ils, d'exprimer leur fentiment particulier 3 ils défendent à leurs Repréfentans d'influer fur les opinions 5 qu'ainfi ils reconnaiffont une graride vérité;
favoir, que dans tout ce qui tient aux Etats-Généraux, la Nation doit étre affranchie de toutes les
. les Adminiftrateurs. Et commena
fe le pardonneront-ils? Comment fe défendront-ils?
QUE dans le parti qu'ils prennent, 5 ils ont Lvités
difent-ils, d'exprimer leur fentiment particulier 3 ils défendent à leurs Repréfentans d'influer fur les opinions 5 qu'ainfi ils reconnaiffont une graride vérité;
favoir, que dans tout ce qui tient aux Etats-Généraux, la Nation doit étre affranchie de toutes les --- Page 25 ---
(2r)
entraves de l'autorité. Mais c'eit la Nation afemblée
& difcutant colleclivement fes intérêts. Ainfi lorfqu'il
s'agit de favoir fi une portion de la Nation > placée
à deux milles lieues de l'Affemblée, doit y demander
fon admiffion, c'eft à cette portion afemblée & difcutant fes intérêts à étre provifoirement fon juge unique,
fauf la décifion fuprême du Roi tenant les grandes
alffes :
Quefil la Colonie était compofée de corporations
municipales, les Affemblées s'en feraient faites légalement fans l'aveu de MM. les Adminiftrateurs:
QUE fi la Chambre qui ne repréfente pas la
Colonie, mais qui eft le feul Corps approchant d'un
Corps repréfentatif dans la partie du Nord, s'cft
adreffée à MM.les Adminiftrateurs, ça été pour qu'ils
réglaffent le lieu & la forme de la Convocation, 8x
non pour les conftituer Juges du droit qu'a la Colonie
de fe rendre à l'invitation du Souverain; encore moins
pour expofer les Colons à un refus ou à une fufpenfion
de l'exercice de ce droit:
QUE LE Rom AYANT DIT : JE VEUX ENTENDRE
MES SUJETS par des DÉPUTÉS, fe trouvant dans la
Colonie des prétendues contradichions pour accepter
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22)
cette invitation > & une Convocation
Vant
feule concilier
générale potévident
légalement les opinions 3 il eft
que MM. les Adminiftrateurs ne
oppofer un refus ni des délais
peuyent pas
le même
qui pourraient produire
effet & auraient l'air de le couvrir:
QUE NÉANMOINS il faut rapprocher les
la conduite de MM. les
réponfes &
ils
Adminiftrateurs: : que d'abord
ont refufé d'appuyer auprès du Miniftre le Mémoire
de la Chambre du mois de Novembre
ignoraient le vaeu de la
3 parce qu'ils
Colonie: que la Chambre
alors follicité la Convocation
ayant
adtuelle, pour connaitre
ce vau, & parce que l'époque de la tenue des Etats
venait d'être
rapprochée ; MM. les Adminiftrateurs fe
font renfermés dans le défuut d'ordres du Roi: :
pendant ils avaient d'abord
que ceapprouvé l'admiffion
lcs raoports d'adminipration 5 & que dans leur Ordon- Jous
nance ils manifeftent le defir que leur conduite
cxaminée aux Etats-Ginéraus
fiit
(quoique fans doute les
doléances de la Colonie ne, doivent
vices
pas porter fur les
particuliers de cette adminiftration individuelle,
mais fur les vices généraux de légiflation
fent à la profpérité
qui s'oppopublique), qu'en confidérant cette
cipèce de contrariété dans les motifs
MM. les
expofés par
Adminiftrateurs, on peut craindre que Jeurs
Jentcurs ne foient l'effet d'une influcnce
qui doit
les
doléances de la Colonie ne, doivent
vices
pas porter fur les
particuliers de cette adminiftration individuelle,
mais fur les vices généraux de légiflation
fent à la profpérité
qui s'oppopublique), qu'en confidérant cette
cipèce de contrariété dans les motifs
MM. les
expofés par
Adminiftrateurs, on peut craindre que Jeurs
Jentcurs ne foient l'effet d'une influcnce
qui doit --- Page 27 ---
(23)
faire redouter la forme de vérification &: de décifion
qu'ils follicitent :
QUE la Chambre fans difimuler qu'il y avait des
voeux formés en France par les Propriétaires qui femblaient efpérer qu'elle remplirait fon devoir dans cette
conjonéture intéreffante , n'a cependant point à répondre fur tout ce qui fe paffe à cet égard dans la
a arrêté que fes Membres fe
Colonie, 3 parce qu'elle
renfermeraient dans fon fein fans prêter la main ni
l'oreille à aucune démarche étrangère:
QUE néanmoins elle ne peut fe difpenfer d'obferver que fi les Ordonnances ont prononcé contre
les Affemblées illicites, elles ont entendu les Affemblées qu'elles-mèmes ont défendues 3 qu'il eft difficile
de regarder comme des Affemblées illicites celles que
des Citoyens pourraient faire pour participer à l'invitation générale du Poi même, pour fe rapprocher de
lui, pour lui expofer. les befoins de la Colonie, peutlui offrir des fubventions aux befoins de
étre, pour
l'Etat: qu'une telle qualification faite pour efimayer
& non pour éclairer ou diriger le zèle patriotique, 3
femblerait indiquer des intérêts différens de ceux de
la Nation, de ceux du Roi même.
PAR CES MOTIFS, 5 8: fans fe départir du refpect
du aux Ordonnances de MM. les Adminiftrateurs: 2 la
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(24)
Chambre a perfifté de plus fort dans l'adreffe qu'elle
leur a faite le 5 Décembre dernier, afin de convoquer la Colonie
fur-le-champ, 2 pour nommer des Députés aux Etats - Généraux > fi elle avife que bien
foit, à la pluralité des voix, après fuffifante difcuflion
& fauf à Sa Majeflé tenant les Etats- Géaéraux, à
les admettre fi bon lui femble.
ET attendu qu'il importe àlhonneur de la Chambre
de ne pas paffer pour refter oifive: dans ce grand in-.
térèt, elle a arrêté que MM. les Général & Intendant feront fuppliés de l'autorifer à faire imprimer à
fes frais la
préfente Adreffe, 3 celle du 5 Décembre 3
& le Mémoire all Miniftre du mois de Novembre
>
avec les Pièces relatives.
ET fera la préfente Adreffée par le Secrétaire en
la forme requife, à MM. les Général & Intendant.
Er par fuite a été arrêté que copies de l'Ordonnance des Adminiftrateurs, de leur Lettre circulaire
& de la préfente, feront envoyées par le Secrétaire
à M. le Marquis DE Gour D'ARCY 2 pour MM. les
Commiflaires Colons.
Certifé : Signé, D'AUGYa
Scerdsaire-dujoine de Za Chambre.
préfente Adreffée par le Secrétaire en
la forme requife, à MM. les Général & Intendant.
Er par fuite a été arrêté que copies de l'Ordonnance des Adminiftrateurs, de leur Lettre circulaire
& de la préfente, feront envoyées par le Secrétaire
à M. le Marquis DE Gour D'ARCY 2 pour MM. les
Commiflaires Colons.
Certifé : Signé, D'AUGYa
Scerdsaire-dujoine de Za Chambre. --- Page 29 ---
(25)
COPIE
DE la Lettre de M.DAUGY d M. MOZARD;
Imprimeur all Port-au-Prince.
Au Cap, le II Décembre 1788.
FARnIvE de Paris, MONSIEUR, & je puis vous
certifier que vous êtes mal informé: il eft de toute
fauffeté qu'il exifte une Confultation contraire à celle
que vous rapportez dans votre No.98, & que quatre
Avocats fe foient trouvés, unanimement, ou non,
d'un avis contraire à celui de MM. DE LA CROIX,
SANSON, DE BLOIS & GODARD. Connaiffeur par
état en cette matière, vous auriez dû vous défier des
Almanachs de ceux qui, en vous parlant de cette
prétendue Confultation, ne pouvaient yous nommer
les Avocats qui l'ont fignée. Je vous prierais, Monfieur,
de faire inférer ma Lettre dans vos Feuilles, fi je ne
favais que cela vous fera défendu.
J'AI lhonneur d'étre, 8c.
Signé D A VCY, --- Page 30 ---
(26)
COPIE
DE la Réponfe de M. MOZARD à
M.DAUGY.
Au Port-au-Prince, le 25 Décembre 1788.
MONSIEUR,
J'IGNORE pourquoi la Lettre dont vous m'avez
honoré, le II de ce mois, a différé à
me
je ne l'ai rèçue
parvenir S
que Dimanche dernier.
JE vous fais, Monfieur, mon
fincère fur votre heureux
compliment bien
retour. La Colonie doit s'en
applaudir, fur-tout fi vous continuez d'exercer
état. Ce fera une bien brillante
votre
Bareau. Vous
lumière pour ie
n'avez pas befoin de ce
vous êtes accoutumé à en
compliment,
recévoir de plus
& de mieux dits , mais non de plus fincères. fatteurs,
JE fuis aufli bon Colon qu'un
autre, ,
je fuis aflez ancien dans le
Monfieur,
Pays pour lui être fort
attaché, je lui dois une exiftence
honnête, & aucune
confidération ne pourrait mc faire trahir fes intérêts.
Je. puis mal voir, je crois que je vois fouvent
mais je fais une Gazette, &
mal,
vous favez que ces
Feuilles ne font fouvent qu'un recueil de oui dire,
mais non de plus fincères. fatteurs,
JE fuis aufli bon Colon qu'un
autre, ,
je fuis aflez ancien dans le
Monfieur,
Pays pour lui être fort
attaché, je lui dois une exiftence
honnête, & aucune
confidération ne pourrait mc faire trahir fes intérêts.
Je. puis mal voir, je crois que je vois fouvent
mais je fais une Gazette, &
mal,
vous favez que ces
Feuilles ne font fouvent qu'un recueil de oui dire, --- Page 31 ---
(27)
ou moins fondés, ainfi je ne puis par état
plus
même être toujours de la plus grande exaétitude,
mais je puis dire de plus pour me difculper de VoS
P'ARTICLE EN QUESTION N'EST PAS
reproches, que
DE MOI, & vous avez pu voir par la Lettre que
j'ai prife du Journal de Guyenne, & que j'ai fait
inférer dans la Feuille de Samedi dernier, que je fuis
loin de penfer à favorifer l'idée que des Repréfentans
aux Etats - Généraux ne feraient pas inutiles à la
Colonie. A l'égard de l'article en queftion, IL EST
TEL Qu'oN M'A PRESCRIT DE LE FAIRE PARAÔTRE:
voilà, Monfieur, tout ce que je puis avoir Phonneur
de vous répondre à ce fujet.
JE vous prie de me croire, 8zc.
SipuMOZARD.
EXTRAIT des Afiches Américaines.
Du 6 Décembre 1788.
In parait un Mémoire imprimé fur T'IMPORTANCE,
POUR LA COLONIE DE SAINT-DOMINGUE, D'AVOIR
DES REPRESENTANS A L'ASSEMBLÉE DES ETATSGENÉRAUX. On y expofe combien il importe à la
Colonie de faifir l'occafion préfente, & on lui annonce --- Page 32 ---
(28)
QUE SI ELLE SE MONTRE ÉTRANGERE A LA NATION,
LAI NATION SE MONTRERA
ÉTRANGÈRE A LA
COLONIE, ET LA LAISSERA GÉMIR SOUS LE POIDS
D'UNE AUTORITÉ ARBITRAIRE, 8zc. Ce Mémoire
eft fuivi des noms de pluffeurs grands
Propriétaires,
& d'une Confultation de quatre anciens Avocats
au
Parlement de Paris. Ces quatre Avocats, après avoir
pris lecture de ce Mémoire, ont été unanimement
d'avis >) que les Habitans de Saint-Domingue n'ont
>5 pas, dans ce moment-ci, de plus grand intéréc
55 que celui de porter leurs doléances aux pieds du
3 Trône, & que la France a également un grand
a intérêt à ce que fa caufe ne foit point féparée de
95 celle des Colons. Délibéré à Paris, ce 28 Septembre
b> 1788, 5 par. Nous anciens Avocats au Parlement.
D5 Signé, DE LA CROIX. SANSON. DEBLOIS.
s GODARD cc.
ON dit que pluffeurs autres grands Propriétaires
ont fait un autre Mémoire, pour prouver l'inutilité
de cette aggrégation ; qu'ils l'ont aufli préfenté à
quatre Avocats également anciens, qui, après en
avoir pris lecture, & après mire Délibération, ont
été unanimement d'avis, que de pareilles affaires ne.
pouvaient faire la matière d'une Délibération.,
é, DE LA CROIX. SANSON. DEBLOIS.
s GODARD cc.
ON dit que pluffeurs autres grands Propriétaires
ont fait un autre Mémoire, pour prouver l'inutilité
de cette aggrégation ; qu'ils l'ont aufli préfenté à
quatre Avocats également anciens, qui, après en
avoir pris lecture, & après mire Délibération, ont
été unanimement d'avis, que de pareilles affaires ne.
pouvaient faire la matière d'une Délibération., --- Page 33 ---
(39)
EXTRAIT des Archives de la Chambre
d'Agriculture du CAP.
COPIE DE LA LETTRE
ONNaNADADNeTATORE
Au Port-au-Prince, le 18 Décembre 1788.
Nous avons reçu, le 13 de ce mois,
la Lettre que vous Nous avez fait l'honneur Mellieurs,
écrire le 7 de ce mois, & les deux
de Nous
Extraits de VoS
Regiftres, dont elle était accompagnée. L'un de
Extraits nous a fait connaitre
ces
Fadjonétion de M.DAUGY
à la place de Secrétaire de la Chambre,
Yavons
, & Nous
apprife avec plaifir.
Nous favons que des Propriétaires d'Habitations
adreffé au Roi, des demandes
ont
relatives à
de la Colonie aux
I'Admifion
Etats - Généraux, Nous fommes
auffi informés que d'autres
Propriétaires ont formé un
voeu contraire. Mais Nous ignorons
intentions de Sa
quelles font les
Majefté, & jufqu'à ce
foient
qu'elles nous
connues 5 Nous n'avons aucunes mefures
prendre > Nous allons faire
à
paffer au Miniftre du
Département > l'Arrété de la Chambre fur
matière, Nous avons l'honneur
cette
d'être, 8zc.
Signe, VINCENT. DE MARBOIS,
PoUR Copie conforme à l'Original.
Signé DAUGY, Serkain-Aéjaine
de la Chambre d' Agricalaure. --- Page 34 ---
(30)
EXTRAIT des Archives de la Chambre
d'Agriculture du CAP.
COPIE de la Lettre de la Chambre d'Agriculture,
à M. le Marquis Du CHILLEAU.
Au Cap, le 9 Janvier 1789.
MONSIEUR,
Nous venons d'être informés de votre arrivée dans
la Colonie, & Nous nous empreflons de vous en
féliciter.
Nous fommes affurés, Monfieur, que vous encoutragerez les travaux de la Chambre, & fon zèle pour
le bien public, par l'attention que vous voudrez bien
donner, à ce qu'elle aura l'honneur de vous adreffer
collectivement avec M. l'Intendant.
Nous fommes, &c.
Les MEMBRES de la Chambre
d'Agriculture du Cap.
Signé D A U G Y,
Sccrctuire-Adjoint.
empreflons de vous en
féliciter.
Nous fommes affurés, Monfieur, que vous encoutragerez les travaux de la Chambre, & fon zèle pour
le bien public, par l'attention que vous voudrez bien
donner, à ce qu'elle aura l'honneur de vous adreffer
collectivement avec M. l'Intendant.
Nous fommes, &c.
Les MEMBRES de la Chambre
d'Agriculture du Cap.
Signé D A U G Y,
Sccrctuire-Adjoint. --- Page 35 ---
(3:)
EXTRAIT des Archives de la Chambre
d'Agriculture du Cap.
COPIE de la Réponfe de M.le Marquis Du CHILLEAU
à la Lettre de la Chambre d' Agriculture, du 9Janvier
1789.
Au Port-au-Prince, le 18 Janvier1789.
Jr ferais très-flatté, Monfieur, du compliment que
vous m'avez fait l'honneur de m'adreffer au nom de
la Chambre d'Agriculture du Cap, s'il n'était pas
accompagné d'un Arrété répréhenfible : la Chambre
n'a aucun titre, aucun droit à s'ériger en Corps
politique ni repréfentatif. Elle n'ignore pas que le
Roi eft inftruit du voeu d'une partie des Habitans
de Saint-Domingue, d'avoir des Députés aux EtatsGénéraux 5 la Chambre devait donner à la Colonie
l'exemple d'un filence refpedueux, jufqu'à ce que la
détermination de Sa Majefté lui foit connue. Je fuis
afligé, Monfieur, d'être obligé de défapprouver la
conduite de la Chambre, fur-tout dans un moment
oi je défirerais lui offrir des remerciemens J mon
epinion fur Putilité de fon Inftitution, ma prévention --- Page 36 ---
04-H0
(32)
en faveur de chacun des Membres qui la compofent,
& à vous perfonnellement, Monfieur, l'affurance dii
fincère & inviolable attachement, avec lequel j'ai
l'honneur d'honneur d'être, 8cc.
Signé Du CHILLEAU:
Pour Copie conforme à l'Original.
Signé DAUGY, Secritaire-Aujoint
de la Chambre d'Agriculture.
Nous certifions les Copies de toutes les Pièces
ci- deffus, conformes aux Originaux dépofés
aux Archives.
Signés : LE COMTE DE REYNAUD, Préfident.
LE COMTE DE MAGALLON.
LE MARQUIS DE PERRIGNY.
LE PRÉSIDENT DU PLAA.
LE CHEVALIER Douci. --- Page 37 --- --- Page 38 --- --- Page 39 ---
E6
F81527
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