--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Aaot
43 stama --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(8)
Tant que tu ne nous produiras que des
copies de letires, , nous n'y ajourerons pas foi ;
nous savons de quoi tu eS capable.
Oui! eh bien lje vous montrerai les originaux. -
Va, je n'en crois rien. Ilya long-tems
tu t'en serois servi avec avantage, pour perceux contre
c
lesquels tu crains tant de te
trouver en présence ; car tu viens de me déclarer que tu ne voulois pas avoir affaire à
et
Page
Brulley ; ils ont en effet quelque talent pour
la discussion : tu as raison de les craindre; mais
sois bien: isûr qu'avec les pièces que nous avons
contre toi, il nous suffira de les produire pour
t'entrainer à l'échafaud.
Puis-je, citoyen,en m'adressant alors à
Cambon, espérer une réponse. à la lettre que je
vous ai remise-?
Une réponse ? Oui, et elle sera telle
que je vous P'ai déjà faite de bouche.
Il me l'a en cfet expédiée Ct remise sur-lechamp.
Eh bien! citoyens, a-t-il dit alors, vous
avez bien disputé, et je n'ai encore pu, malgré
ccia, fixer mon opinion,
Vous m'avez paru Si prévenu contre
nous 2 ciroyen, que j'ai Cru votre opinion invariablement Sxée : mais dans la discussion
contradictoire qui aura lieu tôt ou tard, neus
nous chargeons de fixer celle du public. Làdessus jai pris congé.
THEROU. Colon de St-Domingue.
Del'Imprimerie de LAURENS ainé, rue d'Argenteuil, N,211. --- Page 5 ---
0 D
EXTRAIT
DUNE LETT R E,
Sur les malkeurs de SAINT-DOMINGUE
en général, et principalement sur Tincendie de la wille du CAP FRANÇAIS.
Autant il faut de soins, d'égards et de prudence
Pour ne point accuser Phonneur et linnocence 5
JAutant il faut d'aideur, d'inflexibilité,
Pour déférer un traître à la société;
Et Pintérêt commun veut qu'on se réunisse,
Pour flétrir un mechant, pour en faire justice.
( Comédie du Méchant. )
A PARIS
Au jardin égalité pavillon No, 1, 2 et 5.
AN II DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE,
faut de soins, d'égards et de prudence
Pour ne point accuser Phonneur et linnocence 5
JAutant il faut d'aideur, d'inflexibilité,
Pour déférer un traître à la société;
Et Pintérêt commun veut qu'on se réunisse,
Pour flétrir un mechant, pour en faire justice.
( Comédie du Méchant. )
A PARIS
Au jardin égalité pavillon No, 1, 2 et 5.
AN II DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE, --- Page 6 ---
AVIS
Le Jeune homme qui a rédigé cette lettre,
s'est décidé à la faire imprimer, parce qu'il est
persuadé que Couthon, entre les mains duquel
zl l'avait déposée 2 l'aura soustraite à la COTnaissance des autres membres du Comité de
salut public, où zl lui était enjoint,par Prieur
( de la Marne ),de la porter. --- Page 7 ---
EXTRAIT
D'UNE
LETTRE,
Sur les malleurs de SAINT-DOMINGUE
en général, et principalemert sur lincendie de la ville du CAP FRANCAIS.
A 1Orient le 220 jonr du 2e mois
de TRLA 20 de la République.
Exrx Je voen des Robespierre, des Péthion,
des Barnave, des Brissot, des Condorcet, etc.
etc. . est accompii. La superbe coionie de Saint- 2
Domingne n'est plus qu'ni monceau de ruines et
de cendres. Pyritaentieseclonies, disaient-ils ,nlutit quede perdrein sINbbalsmiiag
nent ces prérendufpmniriotes, contemplercelle de
Saint Domingue, ; leurs cocurs altérés de sang y
tronveront de uouvelies jouissances : Polverel
et Sonthonax, ces anges de paix envoyés pour
5 rétablir l'ordre et la tranquillité, jeur ont
paré de nouveaux festins dignes d'eux.
pré:
Je ne vous parlerai point de l'incendie de la
ville du Portau-Prince, ni des antres vilies,
Aa
ag
nent ces prérendufpmniriotes, contemplercelle de
Saint Domingue, ; leurs cocurs altérés de sang y
tronveront de uouvelies jouissances : Polverel
et Sonthonax, ces anges de paix envoyés pour
5 rétablir l'ordre et la tranquillité, jeur ont
paré de nouveaux festins dignes d'eux.
pré:
Je ne vous parlerai point de l'incendie de la
ville du Portau-Prince, ni des antres vilies,
Aa --- Page 8 ---
(4)
bourgs, villages et habitations qui cnt été éga
lemient bralés; je n'étais pas sur les lieux, et
le récit que je pourrais en taize serait peut-être
inexact; Mais je vais vous entretetenir de l'embrisement delaville da Cap; la vilie la plus importante et la plus riche de tout le coinmerce
français : je ne vous dirai rien que jen'aie vu
et entendu.
Cette ville respirait à peine de ses Jongues
tations, lorsque l'arrivée des commissaires
neat
verel et Sonthonax y ranima les troubies,. les
divisions, les quereites et les haines que leur
absence avaient érouffés. Ils y rentrérent dans
les premiers jours du mois de juia 1793 ( v.s.);
accompagnés d'un noubreinfini de mulets. . portant dans des nialles remplics d'or, les archives
de tous les greffes qu'ils avaient enlevés, et escortis par cing à SIX cents nègres et mnlatres
avec lesque's ils venaient de boinbarder le Portau-Prince* ceux de la ville du Cap, hommes et
femmes, libres et non libies, furent au devant
d'eux les recevoir à une demie lieue de la ville
du Cap; avec des couronnes sur leurs tétes,
des branches d'arbres à la main, et en criant :
çie io, papa nous, vive io pupa nous.
Dès le lendemain de leur arrivée, ils cassèrent
eneussemblée quele gouverneur géuéral Galbaud
avait convoquée pour remédier à la famine qui
désolait cette malheureuse colonie ; quelques
jours après, ils proclamérent qu'une partie de
ceux gui avaient assisté à une précédente assem-.
blée, cou voquée pour le même objet, seraient
tenus, sous trois jours, et sous peine de prison
et de contiscation de leurs biens, à payer splidaireu.entlun pourl'autre,la quotité dela somme
9u iis avaient spontanément proposée pour payer
convoquée pour remédier à la famine qui
désolait cette malheureuse colonie ; quelques
jours après, ils proclamérent qu'une partie de
ceux gui avaient assisté à une précédente assem-.
blée, cou voquée pour le même objet, seraient
tenus, sous trois jours, et sous peine de prison
et de contiscation de leurs biens, à payer splidaireu.entlun pourl'autre,la quotité dela somme
9u iis avaient spontanément proposée pour payer --- Page 9 ---
(5)
les farines et autres denrées que les Américains ils n'aepporteraient, ct pour laquelie cependant délinitif.
yaient encore pris ancun engagement
ciQuel.était donc le crime de ces estimables
toyens? Ils s'étaient réunis à la voix d'un gouverneur nommé par la République; ses ponvoirs
avaient été vérifiés et enresistrés à la commis
ston,intermuddiaire et à la municipalité de la ville
du Cap. Cet empressement à venir an secours
de la chose publique méritait-il un parcil traitement ?
Mais ces actes arbitraires ct tyranniques n'é.
taient quele prélude de leur affreux complot et
de leur implacable vengeance. On recominenca
et les embarde nouveau les emprisonnemens la colonie deses
quemens qui avaient déjà privé
plus zélés défenseurs, tels que Laichevèque
Thibault, Lavergne, procureur de la commune
du Cap, et autres. On allait nuitamiment femines dans
les maisons arracher des bras de leurs
et de leurs enfans d 5 d'honnêtes citoyens qei n'avaient d'autre tort que d'être riches et patriotes,
ou de déplaire à tel mulitre ou telie négresse : ct
tous ceux qui ne voulaient point payerla rançon 9
quietait de trois à quatre cent portugaises : ou
mendier la protection d'un citoyen de conleur,
trainés à bord des ba.
étaient impitoyablement
être dé.
timens, comme de vils scélérats, pour
portés en France, avec six cens autres victimes
qui étaient déjà en ràde.
Galbaud qui, à peinc était arrivé, fut envelopdans cet ostracisme général avec son frèrc.
E grand tort, son crime capital etait d'avoir
obtenu du conseil exéentif des pouvoirs trop
étendus, d'être propriétaire à Saint Domingue,
A 3
leur,
trainés à bord des ba.
étaient impitoyablement
être dé.
timens, comme de vils scélérats, pour
portés en France, avec six cens autres victimes
qui étaient déjà en ràde.
Galbaud qui, à peinc était arrivé, fut envelopdans cet ostracisme général avec son frèrc.
E grand tort, son crime capital etait d'avoir
obtenu du conseil exéentif des pouvoirs trop
étendus, d'être propriétaire à Saint Domingue,
A 3 --- Page 10 ---
(6)
et de n'avoir point attendu le retour de
escellences ati Cap, pour se faire recevoir leurs
verneur : celui de son frére, d'avoir dit gouDumourier avait plusieurs,
qite
hison et de sa lacheté, dans complices le
de sa tral'assemblée
sein mene de
avec
législalive, et d'avoir osé
majestés. irrévérence, de'la personne sacrée' de Rtunt
Mais comment n'éire pas sonlevé
tion, lorsqu'on les enteud, le lendemuin d'indigna: de
embarquemens, se vanter avec une
ces
complaisance, d'avoir, en huit mois de bénigne
déjà Tait embarquertrois
tems,
ajouteient ilss à celui gouvernenrs. Malheury
core assez temcraire qui, désormais, sera erttorité; car, nous
pour oser braver notre. 211-.
ment l'un d'eux. sormes la loi, disait ingénuepassibilité! !
Quelle modestie, et quelle infournir
Non,j je crois qie. l'histoire ienous
poiut d'exemple d'abos d'autorité aussi
monstruenx : le despotisme de
atroce qu'il était, n'érait pas plus Richelieu, tout
les proseriptions des
revoltant; et
si odieuses.
Marius et Sylla ne sout pas
Tout tremblait, tout plinit sous Ta hâche
ces, dictateurs impitovables. L'asseniblée
de
n'était plus que Lombre l'elle-môme; elle coloniale avait
fait place à une commission composée
tovens nègres et
ide cià leur parti; les officiers mulâtres, O1 de gens vendus
présentans immédiats du mupicipaux, ces 1eSi remplacés
penple, avaient été ai.
par d'autres ofliciers
nommés par eux. ; Jes clubs étaieut fermés, également les
écrivains patriotes, quoiqa'ils signassent Jeurs
ouvrages 2 étaient embarques, les imprimeurs emhustililés; le peuple écrasé d'impôts; les
des non résidens dans la colonie,
bieus,
confisqués et
us
présentans immédiats du mupicipaux, ces 1eSi remplacés
penple, avaient été ai.
par d'autres ofliciers
nommés par eux. ; Jes clubs étaieut fermés, également les
écrivains patriotes, quoiqa'ils signassent Jeurs
ouvrages 2 étaient embarques, les imprimeurs emhustililés; le peuple écrasé d'impôts; les
des non résidens dans la colonie,
bieus,
confisqués et --- Page 11 ---
(7)
vendns, comme s'ils avaient été émigrés; enfin;
toutes les classes des citoyens blancs étaient opprimées. vexées 7 ranconnées, et il n'est peutêtre pas, dans toute la colonie, une seule famille qui n'ait à pleurer la perte d'un des siens,
ou de 'sa fortune.
Malheureux habitans d'un pays que vous avez
conquis et défriché! Vous qui faisiez la richesse
et la splendenr de Ja France, ne Jui attriburz
point vos malheurs et vOS infortunes; croy:Z
plutôt qu'élle V ect kensible.et que la Mère-Fatrie, qui chérit également tous ses enfans, saura
punir des mandataires intidèles, et vous venger fudes calomnies absurdes que l'aristocratie en
reur vomit contre vous.
Nos troupes,. ces braves militaires qui ne s'é0 taient exposés aux rigueurs d'un climat meurtrier. que pour tâcher de conseiver. cette précieuse colonie à la France, étaient moissonnécs
presqu'ausitot en arrivant. On les faisait périr
leurs aliments et leur boisson,
en empoisonpant faisant
dans les endroits les
en les
camper
sains de Ja
sans
jamais
F:
mal
colonie,
presque
faire relever, en. les menant dans des enbuscades
ou bientôt ils étaient assaillis et égorgés par des
mnilliers de nègres
avait eu soin d'armer
Sur
à
mille hommes.
et de
quinze
drente
prévenir.
douze
qu'on y avait envoyés, 4 à peine en reste-t-il la
cents. ; encore, parmi ces douze ceuts, de
aussi les honneurs
uc
part ont-ils obtenu
l'infame Blanchebarquement : c'est ainsi que
et le
lande qui a porté sa tête sur T'échaffaud, troutraitre Béhagne, à la Martiniqne avaient milivé le moyen de se débarrasser de tous les les
taires dont le patriotisme trop clair-voyant
génait.
A 4
, 4 à peine en reste-t-il la
cents. ; encore, parmi ces douze ceuts, de
aussi les honneurs
uc
part ont-ils obtenu
l'infame Blanchebarquement : c'est ainsi que
et le
lande qui a porté sa tête sur T'échaffaud, troutraitre Béhagne, à la Martiniqne avaient milivé le moyen de se débarrasser de tous les les
taires dont le patriotisme trop clair-voyant
génait.
A 4 --- Page 12 ---
(8)
La Marine marehande, cetté source
de richesses et d'industrie,
préciense
tentes inutiles les fortunes de consommait et atd'individus. Depuis six
plusieurs milliers
déclaration de
mois, et bien avant la
paguols,
guerre avec les Anglais et les Estimens de l'embargo la
avait été mis sar tous les bacolopie : cent cinquante, tichement
chargés, attendaient patienment dans la ràde
qu'on voulnt bien leur donier quelquest
pour les convoyer en Francc; elle aveit frégattes
à cet effet, plusieurs
envoyé,
saires, pour leur
députations aux commismerce souffrait de tous représenter combien le comprier d'y avoir
mais ces retards, et pour les
et toutes
égard,
toutes ces démarches
ces prières furent toujours Vaines.
Le cabotage qui, par son activiré, viv'fait
toutes les parties de cette. eolonic, ne souff rait
pas moins de toutes ces perfides manceuvres. Deux
cents embarquations, soriant de la rade du
nous avaient été prises par nos ennemis. L'An- cap,
glais, l'Espagnol venaient impunément
dans nos ports au pied de nos forts jusqnes
nous
enlever tranquillement les nègres même *.
pécheurs avaient dans leurs barques; et que nOs
nous avions trois Yaisseaux de
cependant
six frégâttes dont une de quarante soisante-quatoize, 3
plusieurs cervettes 5, Auttes 0u gabarres, quatre forces : et
extraordinaires, en comparasion) de celles de
nos ennemis, et plus que suffisantes pour nous
zendre meitres de la Jamaique, si les colous de
St.E Domingue avaient eu des chefs qui enssent
voulu seconder leur ardeur et leur
Mais ces forces formidables de la
courage.
étaiert bien plus utilement employées République à égor-.
ger ncs concitoyens et à incendier nos viiles,
0u gabarres, quatre forces : et
extraordinaires, en comparasion) de celles de
nos ennemis, et plus que suffisantes pour nous
zendre meitres de la Jamaique, si les colous de
St.E Domingue avaient eu des chefs qui enssent
voulu seconder leur ardeur et leur
Mais ces forces formidables de la
courage.
étaiert bien plus utilement employées République à égor-.
ger ncs concitoyens et à incendier nos viiles, --- Page 13 ---
(9)
au contraire, ces
Les mulâtres et les nègres, avril,
au milieu
citoyens régénérés du 4
qui,
jamais
de leur régénération, n'ont, blanche cépendant, et de se battre
cescé d'arborer la cocarde.
étaient comblés
pour Loais XVI et Louis XVII,
blancs
d'hoWneurs et de bienfaits, avec quelques
les
favorisés et' choisis. Toutes les places, 3 toutes
dignités étaient pour erx, et quoique la plàpart on les
ne sussent ni lire ni écrire, cependant inter wediaire,
voyait membres de la commission ofiiciers niumnembres des tribunaux dé justice, forces de terie,
nicipaux, commandant en chefles
choisi id'une
en uamot, c'était le nouveau peuple
-
Pinchinat, Remond,
nouvelle terre promise. Castein, Layeaux, C Candy *
Dufai, Chanlatte, étaient l'âme de leur conseil et e
Cairou etc. etc. de leurs volontés suprémes. Pinles exécuteurs
infernal, saturé du sang
chinat ce monstre
T'expedition du Portdes blancs, commandair
de cette ville,
an-Prince. Lors du bombardement éventrait les femmes
Candy, plus scélérat le encore, des enfansa nianger
enceintes donnait arrachait corps les yeux anx blancs avec
aux pères,
racompease,
des tire-bouchons,. et recevait pour
le commandement en: chef de la partie la.plus
essentielle de St. Domingue. Dufai., cet an.bitieux courtisan, ce fourbe adroit, étudiait tons et
Jeurs goûts, flattait toutes leurs passions, et de
obtenait, pour prix de ses complaisances généraldes limites
bassesses,la place d'inspecteur officier déhonté des
frontières. Laveaux, d'Oriéans cet
obtenait aussi le
commandement infàmes dragons de la province du Nord; c'est
avec
lui, c'est ce monstre qui, conjcintement les Pierrot et auties.
les Gignoux, les Biassoux,
l'assassinat, l'ine
chefs de brigauds, commandait
toutes leurs passions, et de
obtenait, pour prix de ses complaisances généraldes limites
bassesses,la place d'inspecteur officier déhonté des
frontières. Laveaux, d'Oriéans cet
obtenait aussi le
commandement infàmes dragons de la province du Nord; c'est
avec
lui, c'est ce monstre qui, conjcintement les Pierrot et auties.
les Gignoux, les Biassoux,
l'assassinat, l'ine
chefs de brigauds, commandait --- Page 14 ---
(To)
cendie et le pil'age dans la ville du Cap. Enfin,
l'on créait de tous côtés,tantôt des compagnies
f-anches, tantôt des compaguies de guide, ain
d'avoir un prétexte d'armer les noirs et les employer au besoin, coutre les blancs.
Pourquoi donc les commissaires, parmi le
grand noubre de coupablesquils. onttrouvésaSt.-
Dsinsmsnontiagairmi. Le décret du
rencourséquedle,1 blancs?
4 avril leur ordonnait de faire
déporter tous les auteurs, fanteurs et comp'ices
des troubles et malheurs
mais croira-t-on de bonne srine.a4-Doningun: foi, que dans une
cause oi les citoyens de coulerr
téressés, : ils ayent été tont-à-lait étaient si in- à
ces troubles, lorqu'au coutraire, il étrangers est piouvé
levé que ce sont eux qui ont, les premiers, 2 soules autelliers et incendié les habitations.
Pourquoi ces commnissaires qui avaient été
envoyés pour rétablir l'ordre et la tranquillité,
n'ontils jainais employé que des mesures de
rigueur, de violence et de tyrannie 1. et jamais
aucune de prudence, de donceur on de sagesse P
j'avoué dans la sincérité demon ameqnejene connaisdeleur part aucune démarchiquikeude à concilierles partis ou à raprocher les esprits qu'ils aigrissaient, au contraire, sans cesse, parles méfiances et les soupçons injustes qu'ils seniaient
avec l'art le plus perlide.
Pourquoi, eux qui étaient si zélés,si fervens
à précher le respect le plus profend, la soumission la plus aveugle aux loix, (c'est-à dire à
leurs volontés), n'ontils jamais vonlu accéder
an vceu unanime de toutes Ies communes de
St.-Doningue, en couyoquant les assemblées
'ils aigrissaient, au contraire, sans cesse, parles méfiances et les soupçons injustes qu'ils seniaient
avec l'art le plus perlide.
Pourquoi, eux qui étaient si zélés,si fervens
à précher le respect le plus profend, la soumission la plus aveugle aux loix, (c'est-à dire à
leurs volontés), n'ontils jamais vonlu accéder
an vceu unanime de toutes Ies communes de
St.-Doningue, en couyoquant les assemblées --- Page 15 ---
(11:) )
primaires, en organisant I'assemblée coloniale
des
à la convenet en envoyant
représentans
tion nationale?
Pourquoi, dans tous leurs discours, dans tous
Ieurs écrits, dans toutes leurs correspondances colons
représenter toujours ces malheuroux
comme des ennemis jures de la ioi du 4 ayril,
coume des égoistes quine voulaient faire aucun
:actifice à la cliose publiqne, comme des indépendans qvi avaient voulu livrer cette colonie
anx Anglais, tandis que Ia loi du 4 avril était
mise à exécution et en vigueur long-tems avant
leur arrivée. que la plupart des colons blancs se
sont, pour ainsi dire, épuisés par les dons patriotiques qu'ils ont faits en tout genre, victine et que
toute la jeunesse de cette colonie a péri
de son patriotisme, de sa bravoure et de son
attachement à la mère patiie, en combattant
les mu'âtres et les noirs gui se battaient toujours
pour le roi, et en repoussant les Espaguols quis
par leur scélératesse, avaient énvahi P notre
territoire?
Pourquoi, enfin, se sont-ils toujours constamment refusé à fondre dans les autres bataillons
de citoyens 3 les bataillons de citoyens de couleur?
ils auraient, parl, fait diparaltre tontes les
nuances de couleur dont se servait si avantageusement les contre révolutionaires.
Telle était, à-peu-près. la situation de la colonie, et particuliérenient de la ville du Cap, lorsque la fatale journée du vingt juin arriva.
Le mécontentement était général, l'indignation
à son comble, et Ia fermentation -des plus
grande.
bataillons
de citoyens 3 les bataillons de citoyens de couleur?
ils auraient, parl, fait diparaltre tontes les
nuances de couleur dont se servait si avantageusement les contre révolutionaires.
Telle était, à-peu-près. la situation de la colonie, et particuliérenient de la ville du Cap, lorsque la fatale journée du vingt juin arriva.
Le mécontentement était général, l'indignation
à son comble, et Ia fermentation -des plus
grande. --- Page 16 ---
(1a)
La veille (19- juin) est remarquable par l'orgie
eut lieu. Les commissaires donnèrent un
repas où
Easr
nègres furent
beancoup de mnulat:es et de
invités avec ces nèmes blancs
favorisésetchoisis. Lestablesfuront abondanment
abondance et splendidement servies. le viu y coula ea
7 et le soir ily cut bal et concert.
Ainsi, la cour à Versanlles méditait et
anx sons d'une musique aliemande, la préparait, ruiue de
Paris.
Habitans du Cap, oh! nis
ne vous armâtes vous, alors, concitoyens, coime les Pa- que
risiens? voire courage et votre
à leur exemple,
énergie auraient,
horde de
dissipé, comme la poussière, coite
Ne
brigands et de contre-reévolutinnaires,
croyez pas que la mérc-Pairie vous ett reproché ce monvement d'énergie! S'il est vrai que
l'insurection d'un penple
est le
saint des devoirs.,
opprimé
plus
plus légitime
qu'elle insuriection eut été
que la vôte!
Le vingt, les bâtimens de la réoubliqne s'em.
bosserent surla ville. Vers les onze heures du
matin à pen-piès, un blanc, qui était sur la
calle de létat, dit, en regerdant ces batimens,
qu'il avait eutendu dire qne la liade allait des.
cendre. que, vraisemblablement, Jal journée ne
se passerait pas sans qu'il y ait quelque chose,
et que les batimens, ainsi disposés, n'étaient
gue pour protéger la descente de la marine. Cus
piaroies firent méchamment relevées par' quatre
mnulatres qui étaient derrière lui; ils ie saisissent
au cnllet, veulent le tralperà toute force comme
un séditieux, chez les commissaires, le nionde
s'amasse, on les entonre, on s'informe de la
canse de ces violences, et sur ce qn'on en appread, on engage les quatre muldires à lacher
és, n'étaient
gue pour protéger la descente de la marine. Cus
piaroies firent méchamment relevées par' quatre
mnulatres qui étaient derrière lui; ils ie saisissent
au cnllet, veulent le tralperà toute force comme
un séditieux, chez les commissaires, le nionde
s'amasse, on les entonre, on s'informe de la
canse de ces violences, et sur ce qn'on en appread, on engage les quatre muldires à lacher --- Page 17 ---
015)
de son innoncence: ;
ee blanc qui n'avoir protestait répété que ce qu'il avait enet assurait dire
tout le monde; les mulitres ne
tendu
par ils tirent au contaire leurs sabres,
vculent point, d'en
tous ceux qui s'opposemenacent à leur volouté, frapper un blanc en fait autant,
le raient combat s'engage, et c'est ainsi que commenla malheureuse et fatale jouraée du vingt.
ça On crie aussitôt de tout côté 1 aux armes, les
portes des maisons sont précipitamment fermées, bientôt
chacun se sauve et la. ville ne présente silence le
plus que l'aspect le plus terrible et le
plus morne.
Depuis huit jours, le bord de la mer était
le théstre de rixes particulières entre les noirs
et les blancs. Les citoyens de couleur y. venaient
bande, les pistolets à la ceinture, le sabre à
E main, provoquer de la manière la plus ditantôt les officiers
recte et & plus outrageante,
de marine, tantôt les matclets dont ils en ont
blessés plusieurs, ct généralemnent tous ceux qui
svaient le malheurs de porter une figure blanche.
On en avait plusieurs fois porté ses plaintes aux
commissaires, mais les malheureux blancs se
trouvaient avoir toujours tort, etils n'en étaient
pur la suite que plus cutragés et plus maltraités.
Je quitte précipitamment comme les autres,
le bord de la mer, pour ine rendre chez moi,
rue des Espaguois; je traverse la ville, et dans
mon chemin je ne rencontre, que des troupes
de mulâtres et de nègres qui forçuient les nonlibres à narcher avec eux, et qui leur criaient
zutes tous tibres ça commissaires là io qui bas
zites libres, tout blane ça légal à nous, tout
pays-ci ça quine à nous ; ils les conduissaient
és.
Je quitte précipitamment comme les autres,
le bord de la mer, pour ine rendre chez moi,
rue des Espaguois; je traverse la ville, et dans
mon chemin je ne rencontre, que des troupes
de mulâtres et de nègres qui forçuient les nonlibres à narcher avec eux, et qui leur criaient
zutes tous tibres ça commissaires là io qui bas
zites libres, tout blane ça légal à nous, tout
pays-ci ça quine à nous ; ils les conduissaient --- Page 18 ---
à T'arsenal, soit au (14)
de pied en cap, et grossissa:ent gouvernement, les armaient
Cependant j'arrive devant le ainsi leur parti.
logeaient les commissaires Polverel gouvernement ot
j'en trouve toutes les avennes
et Sonthonax;
pirquets nombrénx de mulatres fermées par des
et de nègres.
Les blancs pales et consternés,
seuil de leurs
éraient surle
aux autres, ce portes, gu'il fallait et: se demandlaient, les uns
fallait qu'ils
qu'ils fissent, où il
donné des ordres ailassent, et pourquoi on avait
point à eux. Dans ce aux citoyens de coulenr, et
d'entre enx se réunissent pressant à la danger, plusienrs
dans le dessein de rétablir l'ordre place d'armes,
la
et de ramener
nement tranquilité; comme ils montaient au gouverfusillés pourprendre des ordresils sont
pardes mulâtres et des nègres lachement étaient
embusqués. font
Cette trahison et cette qui
crier de toutes Parts aux
scélératesse
on égorge nos frères.
armes-y aux armes,
Les citoyens de la Rade qui, depuis
partageaient les mauvais
long-tems;
quiérudes des blancs de la ville, iraitemens et les in02 egorge nos fréres, descendeat aux cris réirérés,
Galbaud et son frère à leur à terre, ayant
avec le plus grand zele où le tête, se portent
le plus imminent, et dissipent danger paraissait
hordes d'assassins. Alors ils en un instant ces
gouvernement, pour
marchent droit au
alors ) de la personne s'emparer des
(à ce qu'ou disait
et Son:honax. Ponrquoi connissaires Polverel
point rénssi; la ville du fant-il qu'ils n'ayent
sitiée, et la colonie de Cap n'eut Point été
meot perdue.
St-Domingue, entièreL'action recommence de nouveau et devient
imminent, et dissipent danger paraissait
hordes d'assassins. Alors ils en un instant ces
gouvernement, pour
marchent droit au
alors ) de la personne s'emparer des
(à ce qu'ou disait
et Son:honax. Ponrquoi connissaires Polverel
point rénssi; la ville du fant-il qu'ils n'ayent
sitiée, et la colonie de Cap n'eut Point été
meot perdue.
St-Domingue, entièreL'action recommence de nouveau et devient --- Page 19 ---
(15) )
des plus meurtrières, on est depuis cinq heures enfin
du soir fusques à sept; à se fusiller, mais de
Galband, qui était sans canons, est obligé fait
son frère est
pricéder au grand nombre, sur le bord de la mer où
sonnier,et il se replie
alors avait
il s'empare de l'arsenal qui jusques
Cet
des mulatres et des nègres.
été au pouvoir devint
lui le centre de toutes ses
endroit
pour
opérations militaires.
Tandis que ceci se passait . la ville était
et au pillage des mulivrée au brigandage A huit heures du soir, cinq
lâtre. ei des nègres.
à un
à six nègres et une négresse limonadier, appartenants avaient
nommé Michel, ci-devant chambre de la maison
déjà rempli une grande et de différens objets
où j'étais, de liqneurs
précieux qu'ils avaient pillés.
des
avaient été aussi ens
Les portes
prisons et par ordre des com
foncées par les mulâtres
tous
missaires; ; sept à huit cents brigands étaient qni, sortis, et
avaient mérité léchaffaud, en des torrens dévastas'étaient répandus, comme
de Ja ville. On
teurs, dans tous les quartiers
hideux se dé.
voyait dans les rues ces spectres
d'autres
barrasser péniblement, avec Je secours
nègres, de leurs fers, et bientôt commander
l'assassinat, l'incendie,le viol et le pillage.
La nuit du vingt au vingt-et un fut pres:
orageuse que le jour. Nous la passàmes
qu'anssi les
les plus crnelles. A chaque
dans
angoises entendions des nègres frapper à
instant, nous de crosse de fusils duns nos portes,
grands coups de mettre le feu à la maison, si
nous menacer
et dire avec colère : il
mous ne leur ouvrions,
ientôt commander
l'assassinat, l'incendie,le viol et le pillage.
La nuit du vingt au vingt-et un fut pres:
orageuse que le jour. Nous la passàmes
qu'anssi les
les plus crnelles. A chaque
dans
angoises entendions des nègres frapper à
instant, nous de crosse de fusils duns nos portes,
grands coups de mettre le feu à la maison, si
nous menacer
et dire avec colère : il
mous ne leur ouvrions, --- Page 20 ---
(16)
7 a ici des jnf de blancs, il faut tous les
ser atl fil de lepce. Faut que colonie soët tout pas
i blanc ou tout c noire.
Le vingt-et-un, une des citoyennes avec les
quelles nons éticns cachés, entrouvrit doucernent
la porte de la rue pour voir ce qui s'y passait;
elle apperçut plusieuis nègres qu'elle
elle les appella, les cagagen à enirer, connaissait, leur donna
du caffé et de l'ean-de-vie qu'ils exigèrent et dont
ils n'avaient nullement besoin. Tandis qu'ils dejelnaient ainsi, nous les questiondmes sur ce
qni s'était passé pendaut la nuit, et leur demandamses si fon fusillait toujours les blancs; ils
nous répondirent que oui, qu'on en avait tué
en pille et qu'ils ne nous conseillaient pas de
sortir. Comme ces nègres nous paraissaient instruits, etau courant de' tonsles événemens qui se
passaient, nous tachàmes de les intéresser en
notre faveur, afiu de savoir d'eux quelle serait
l'issue de tant de inalheurs : il nous dirent
conlidentiellemeat qu'on allait mettre le feu à
la viile, que les commissaires étaient dans ce
moment ali haut du Cap à se concerter pour
cela avec Pierrot, Biassoux et autres chefs de
brigands, et que, si nous ne voulions pas être
brolés; nous n'avions qu'à tâcher de nous sauver
bien vite. Quelle cruelle position! nous nous
voyous obligés d'abandonner pour toujours nos
foycrs, les femmes se metteat à pleurer; les
enfans en font autant, cepentant il fallait se
décider, les mulitres qui étaient maitres de la
Guynée avaient déjà coimencé à mettre le feu
dans cette partie de la ville. Nous faisons pré:
cipitamment Dos paquets de ce que nous avons
de plus précieux, nous en chargeons nos domes
tiques, nous preaons nos enfaus dans nos bras;
et nous
obligés d'abandonner pour toujours nos
foycrs, les femmes se metteat à pleurer; les
enfans en font autant, cepentant il fallait se
décider, les mulitres qui étaient maitres de la
Guynée avaient déjà coimencé à mettre le feu
dans cette partie de la ville. Nous faisons pré:
cipitamment Dos paquets de ce que nous avons
de plus précieux, nous en chargeons nos domes
tiques, nous preaons nos enfaus dans nos bras;
et nous --- Page 21 ---
(14)
et hous.nous sauvons: Mais à peine:s sommies noits
hos qre nors somures e tAutés de u u'atres.
0: ous pillent res.t,emes papuenss.Forcer nus
(
- trer avec e: x dans le gouveinene t,
ven C1 an"si
S co traindre. héurensement
non veronsà bos I de-cous en deba asser, nous
peursuiv
notre nt et tout le.lang du che:
uo.
soul
fusillés pardes palotinsde ne
great-feneilane-quis tajeiren.buomprés atons ies
coiusdes ilets, nons etmesp pourtant aba h urle
ganner les portes de.la villes a:s qu'ancop de
nictre compaguie fut tué, il y en eut quelques
uns de biessis, et je fus du noubre; je recus
posr ana part une balle au talon, El un - co P
de manciette sur la :ête.
Nons comptions alors être. hors. de danger
mais Il LS nous trompions bien., nous ne tardames pas à voir se vérifier: la piédiction de
ces uigies qui, le matio, nous avajeur annorcé
que les commissaires s'étaient conce tés avec
les chef des brigands pour les int:odaire doas
la ville ils y affacient de tout côié er b.à--
laieut, i'aient Letigorgraiest ausitouslesl/ancs
i. nous fallut gravire daus les mornes pour nous
sou traire à leur frreur, DOUR y sonfftnes tont
Ce qu'i. est possib'e de soriffaire: eufi, épuss
de Faini, de Far'gres et He désespoirinons nous
1epo-dbnes avec. nos. parvres e Lanits- uais quol
spectacle déc hirant sepiiseute a 1IOS yeus : de
tous cotés nons ne voyons que des boupeanx
nobrenx d'homes de femmes et d'enfants se
pre-ser sotourdrs portes'de la ville, ensortiravec
confusion, fuir devant lenrs bonireaux en leur
denaaidast grace, d'amtres plus henreux tonber
souS leprs' conps: Je n'oublierai de ma. vie ies
larmes d'atteudsisement que j'ai versées ep
B
ute a 1IOS yeus : de
tous cotés nons ne voyons que des boupeanx
nobrenx d'homes de femmes et d'enfants se
pre-ser sotourdrs portes'de la ville, ensortiravec
confusion, fuir devant lenrs bonireaux en leur
denaaidast grace, d'amtres plus henreux tonber
souS leprs' conps: Je n'oublierai de ma. vie ies
larmes d'atteudsisement que j'ai versées ep
B --- Page 22 ---
(18)
voyant de pieux enfants porter,sur leurs épau'es,
à 'exemple d'Enée, leur pères ou leurs mères
coubés sous le poids des années.
Cependant Galbiud, qui était toujours resté
maitre de Tarsenal,.se prépara t à se porter de
nouveau au gouvernemeut, il en partit le vingt
et un, daas la matinée, avec plusieurs pitces
decanonsetun grand nombrede citoyens ; comme
ile était en ronte, les affats d'une pisce de vingt:
quatre vinrent à se casser, plusieurs voix crièrent
en meme tems: Pierrot CL Biassour sont dans
la ville avec lese brigands, saures quz peut. Ce
ficheux incident êt ces tristes nonvelles mettent
aussitot son armée à la débandade, chacun se
sauve et lui même est entratié dans leur fuite.
J.es mulâtres et les nègres, fiers de Ieur victoire
de la veille, profiteut habilement de ce désordre,
le chargent avec impétuosité, le mettent en dé.
route avec son armée ct les forcent à regagner
à la nage leur bâtimens, après en avoir fait un
carnage affreux sur le bord de la mer. La ville
devint, dès ce moment, tout à fait au pouvoir
des mulâtres et des uègres qii se vengéreat sur
tout ce qui était blanc: hommes, fe nmes, en--
fants, rien ne fut épargaé.
Je ne vous peiadrai point cette malleureuse
ville e n proie aux flamines et au feu de vingtcinq à trente milles nègres, le sang de tout côté
ruisselant dans les rues, les citoyens expirant
sous leur toits embrusés et au milieu des tourmens les plas rech-erchés, les uus à qui l'ou
coupait les bras, les jambes et les parties viriles
et çu'on laissait aiusi, pendant des trois jours
entiers, expirer dans une lente agonie, d'autres
qu'on fabsait geiler à petit ieu; des mères de
à trente milles nègres, le sang de tout côté
ruisselant dans les rues, les citoyens expirant
sous leur toits embrusés et au milieu des tourmens les plas rech-erchés, les uus à qui l'ou
coupait les bras, les jambes et les parties viriles
et çu'on laissait aiusi, pendant des trois jours
entiers, expirer dans une lente agonie, d'autres
qu'on fabsait geiler à petit ieu; des mères de --- Page 23 ---
(19)
ella-mèmes leur enfants dans les
famille jetter
ensuite, d'autres se les:
Aammes et s'y précipitér et se jetter avec eux dans la
attacher au corps tomber dans les mains de
mer pour ne point c'est ce qu'on doit attendre
ces antropophages, aussi féroce et aussi sanguinaire que
dun peuple
le nègre Bossal.
main
confiants africains parrlonnez si ma
trop
de mes sentiment, retrace de
fidelle interpiètre séduits et égarés les coupables
vos concitoyens effets, mais la voix de ma Patrie
et funestes
le cri de mes concitoyens
s'est fait entendre,
au fond de mon
assassinés à retenti jusques m'ordonne par l'orcceur; d'ailleurs la nation de,l lui dire la vérité
gàne de son représentant et de ne lui rien céler de ce que
toute entière,
je pourrais savoir.
jours
La ville brila,à peu près, pendant la plaine quinze était aussi
avec une activité incroyable, cet affreux spectacle du
toute en feu. Je voyois
ce que
haut d'un morne. Je ue peux exprimer était si
souffrais alors, mais ma douleur
proje
fus trois jours sans prasque vouloir
fende que je Comment se fait il, me disai-je à
rien prendre.
si craints, si
moi-méme, que ces commissaires
si arredoutés, qui, d'un seul mot, disposent de tous les
burairement et si souverainement les fortunes et de toutes
individas, de toutes
soient cependant venu
les forces de cettecolonie, de
de faire le bien )
àbout ( avec autant moyens et de faireperdre
detout brouiller, de tout belle andantir, colonie de l'univers; ;
à la France la plus
qu'avec des intentions
il me semble(sXpoustant,
souvent ressassé la même idée, et
(') J'ai depuis,
Ba
mot, disposent de tous les
burairement et si souverainement les fortunes et de toutes
individas, de toutes
soient cependant venu
les forces de cettecolonie, de
de faire le bien )
àbout ( avec autant moyens et de faireperdre
detout brouiller, de tout belle andantir, colonie de l'univers; ;
à la France la plus
qu'avec des intentions
il me semble(sXpoustant,
souvent ressassé la même idée, et
(') J'ai depuis,
Ba --- Page 24 ---
(a0)
pares, un patriotisme éclairé. 2 l'amour sincère
du bien et celuidela gloire et dela prospérité de
son pays, onaurait pu, nenseulement rétablir
ia colonie de St-Dothingue dans son ancienue
opulence; niais encore la rendre pius Aorissante
que jamais.
Lorsque le feu na fut plus aussi vif: je quitrai
les mornes pour aller aia ville. (la faim chasse
le loup hors du bois ) 3e n'y trouvai que des
çorps morts, les rues; en étaient jonchées 7
toures las maisons étaient bruiées et les rues
encombrées de leurs débris. Iln'y avait dans
toute cette ville, qai était n petit Paris pour
la grandeur et pour 1g beauté, que Je gouvernemant et les cazernes qui n'avaient point été
brilées,
J'y restai caché ( car nous autres biancs, il
ne. nous était pas permis de nous montrer saus
corrir les plus grands dangers ) jusqu'au mois
d'uoit ( 1793 vieux style ) que ma blessure ne
permit enfin de an'embarquer. Je partis sur un
batment Américain, muni d'un passe-port signé
Polverel, qui me cotta quatre gourdes, ponr
me readre dans ma petrie per la voie de
ilm'atoujours été moralementdémontréque, silacolonie
ride-Gaint-Doningue était peidee,, c'est que les commissaires, Polverel et Sonthonax Pavaient bien vou-
:lu. Ascurément, je n'ai ni leurs talens ni leurs lumières, mais jai la bonhemie, ou la vanité, comme
:on voudru,de croire que, sij'eusse ét6 à lehr placeo
je laurais eonserrée la à la France. Quand on
vent sincérement le bien, la conscience dy bon-sens
ssufit
olonie
ride-Gaint-Doningue était peidee,, c'est que les commissaires, Polverel et Sonthonax Pavaient bien vou-
:lu. Ascurément, je n'ai ni leurs talens ni leurs lumières, mais jai la bonhemie, ou la vanité, comme
:on voudru,de croire que, sij'eusse ét6 à lehr placeo
je laurais eonserrée la à la France. Quand on
vent sincérement le bien, la conscience dy bon-sens
ssufit --- Page 25 ---
(2r)
TAmrique contineptalsefi)oh j'espersis trouver
leconvoi.
Pendant ce dernior séjour dans : la. ville du
Cap: je vis Jes
"es a
commisdaires trevors
lensies d'une :
fenetre y rentrer fle 2i oin
dès le.graud naitions ils s'étaient sauvés du gouvernement au haut' du Cxp.) avec tout Fap:
pareil d'un souverais. Ils etaient escortés par
une. maltitude infimie de malatres et de negres
gai.marchaient deyat eux, avec piusicurs pièces
de canons, Jes malheurenx 1 en treversant Ja
villes, sur les corps palpitaes de nos frères, 7
semblsientencoreal a
dir de'leurssuccrs Onres
marquait, parmi les prisopmiersie frère ede Galband
qui était lié et, garote.
Oil
(t) Je ne puis passer SORS silence la genéiositdiet
Phumanité anec lesquelles les Améxicains nous traitèrent. Sitôt qu'ils appriren: les mallieurs de Saint-.
Domingue, ils nous prodignèrent tous les secours et
tons les soins qu'en aitendrait à peiue de ses meillouis amis,, ils nons donnèrent ce que nous appellions la ration, 2 c'ost-d-dite, pain, viande, légumes,
boisson 2 logement ct vêtemens. C'est avec des larmes
de receunaissance que je rapporte Ces faits; ct quoi.
que je n'ai point participé à leurs bienfaits ; par ia
sécheresse d'ame de Gouest, notre ministre suprèe
de CCS états, mon estime et mon respect pour Teure
vertas sont si grands gue je nc puis m'empôcher
d'engager nos Représeutans, ( actuciiement que les
Américnins OLE un Ambassadenr à Paris), à reconnaitre de tels services 3 cetle démarche serait digno
dos Repiésentans d'une graade nation,er ne pourxuit qu'honcrer lours ceeurs.
--- Page 26 ---
(22,
Le 14 Juillet, ils furènt procosionellement
entre deux haies nombreuses de nulatres et de
neigres, età travers les déhris de cette ville, ail
Champ de Mars; Polverel leur pronon,a nn discnurs dansl lequelil parloit beaucoup de liberté e,
d'égalité, de vertus, de patriotisme et
d'humanité. Qu'elle hipocris el Comnment peutou se croire T'amide l'humanité; et taire égorger
des railliers de Citoyens.?
Asscz et trop long-tems la bhilantropiea servi
de masque aux eunemis de notre Liberté, et de
notr re République, pour nous porter les atteintes
les plus dangerenses, et commettre les attentats
les plus innouis. Quand nos representans
sauront-ils donc démasquer et punir ces faux patriotes 1 qui viennent a nous sous la forme d'un
agneau, et qui iandedans sont des loups ravissants
qui ne cherchent qu'a - s'engraisser du plus pur de
notre Sang.
antropiea servi
de masque aux eunemis de notre Liberté, et de
notr re République, pour nous porter les atteintes
les plus dangerenses, et commettre les attentats
les plus innouis. Quand nos representans
sauront-ils donc démasquer et punir ces faux patriotes 1 qui viennent a nous sous la forme d'un
agneau, et qui iandedans sont des loups ravissants
qui ne cherchent qu'a - s'engraisser du plus pur de
notre Sang. --- Page 27 ---
(23 )
OSSERYATIOS: S. Lavrys avait accompagné cette Teftre de'
détails
aidraient beancoup à Vintellinotes et de
qui des faits
avance, mais
gence et à la conviction
qu'on qu'it lui a représenté
i les a supprimées, parce
et empêcheu'elles allongeraient trop son ouvrage, si le comité de
rait en qu'on ne le lise; cependant, il est.envoyé, désire.en. sulut pwlic, aupres duquel fera un devoir de les comavoir counaissanees 9 il chargé se de faire un rapport sur"
muniquer à Bréard,
nc contribueront pas"
les colonies ; et il espère qu'elles défavorabies et injustes
peu à détruire les inepresions les colons. Mais avant de finir,
qu'il a contre tous
a d'être bref, il ne
et malgré Pextrême envie-qu'il
d'observer au citoyen Belley,(Repeut s'empécher noir
que si la vertu (a) est à l'ordre
présentant
)
est également, et: qu'à moins
du jour, la justice y
avec elle 7
qu'il a n'y ait aussi des accominodemeris criante (6)
on ne peut sempècher, sans la plus
injustice,
d'entendre les adiversaires de Polverel et Sonthonax. Mais quel sera Pétonnement du public, op, pour
(a) Polverel et Sonthona.z vertueux ! Cest,pour
le coup 2 de la vertu d la Robespierra ; car ils
employaient les mois liberté, égalité, pour faire
Jusiller les blancs d Saint-Domingue, tout comme de
cet infime scélérat employait ceur de vertu, 2
justice, d'humanité et d'amour de la patric., pour
faire guillotiner en France les meilleurs patrioles. (b) Ilest apee les cieatc des accommedemens. ( Molière. )
--- Page 28 ---
(*)
mieux dirc, SOTI indignation, lorsqu'll apprendra
Hon-seulement ils n'ont point été entendus, et leurs que
pièces cenfrontées (c) avec celles de ces
mais eusore, cutin mépris de la liberté commissaires, de
ON a jetté dans Jes
il
lai presse,
les citoyens
prisons 3 n'ya pas quinze jours,
primer qu'ile Raggis et Legrand 2, pour avoir fait imet Sonthionax prouveraient étaient la uatériellement que Polverel
colonie, IL
cause de lary perte de cette
fecte de confondte rehnatquera,. de
que ceux qu'on af-,
afin
avec: les
de T'Holel MasBLELS
siac,
de pouyoir les tenir en prison, étoufier la'
vérités.et faire retomber sur OxXitçut l'odieux dela
ies perte ontdémoncés
sonty qqux-li môme qui
observerz à
(a); et
gusiletiner. Enfiu, ik
CEEELE
D que des aristocrates Dubois-Crancé gui dignit, D quila'y avait
>.
que ceux qu'on af-,
afin
avec: les
de T'Holel MasBLELS
siac,
de pouyoir les tenir en prison, étoufier la'
vérités.et faire retomber sur OxXitçut l'odieux dela
ies perte ontdémoncés
sonty qqux-li môme qui
observerz à
(a); et
gusiletiner. Enfiu, ik
CEEELE
D que des aristocrates Dubois-Crancé gui dignit, D quila'y avait
>. qui parlaient. et Southonax 22plet qui, le lendemain, centre pérorait Polverel à
-
(c) S: ceite confrontation et zériication eussent. etôfones, Bréard n'aurait pas avence ausst af
Aematiuement qu'i2 Pa Rail, que toates les
diaient à la décharge de Poiverel, et Sonthowaz. pieces,
(a) Qu'on lise P'instruction des procés de Barnape et Bienchelende > on serra.que c'est Larchevique-Thibalult, Page et Bruley qui ont déchuvert'
dous ies complots et toutes les trames des membres
de cet ifernal hôtel de Massiac. - Les mernbres de PE818-Masece ont vendt (t
cclute de Sait-Dominigue auE Anglais; Pclvortt
WE Sonthanar taleur ont Tivrée, en neatrelisant
ies forcos constiérables que la France 3 cpait enicerées, en incendiant, eux-mérnes, es rilies et
hebitatiors, en eucitant et pernétuont le guerre
cirile 2 ci 67 78 Tuissant airsi, àla mercie 1s
preinier guisoidrait-s'eh emparer, Poilo, erderig
rauls, Peapiloaiton de P'enigme. --- Page 29 ---
(25 )
da tribure des jacobins pour demander et pour prouver la. nécessité de la liberté des opinions 2 qu'iln'est
Te plus aristocrate que iui; qu'en écrivant contre
commissairés Polverei et Sonthonax, il n'a dit
que ce qu'il'a va, et ce que sa conscience et Famour
de'son pays lui ont dieté; qu'sl n'est point colcn,
qu'en juillet 1794 ( Y.3. ), iln'avait encore yu que
lamer de la rivière de Seine, et
depuis six
mois qu'il est à Paris, od Prieur Araae envoyé il 2
été obligé de se mettre garçon de boutique 2 chez un
libraire > pour subsister.
Ii demande donc :
I°. que Tarcheseque-Tubadt, Page et
et
Thonas Millet (c)jouissent de la même liberté Brulcys que
Polverel ct Sonthouax, et qu'ils soient entendus contradictoirement avec eux.
2°, Qu'Aillasd,ancien collégue de Polverel et Sonthouax qui connaissait toute la monstruosié de leurs
projets iiborticides, soitr reprodait sur lascène, et qu'on
sâche de luiquelles sont les rasonsquillontforcda. aban- -
dourer son poste.
39. Que tous les citoyens, venant de nos obloniess
qux ont été knis en état d'acrestation, leur débarquement dans nOS villes maritimes, soient mis en lin
les eitoyens Littré et Fondeviolle $ secrétàire de municipalité du
mis
EPAN
Cap,
égaiement eIR
prison, soient mandés auprès des comités de salutpublic
etdesureté générale, poar y dépeserles pièces imnportantes dont als sont nantis, et douner tous les renseignemens qu'ais peuvent aveir.
(e) 22 est bor d'observer que Pauteur de cette
iotire r'ajomais pu Page et Bruley, qiil ne COnnait nulierent Thomas Millet, et qu'il ra parl6
que Guua ca trois.fuia e Lercieripiae-ztuboui
, soient mandés auprès des comités de salutpublic
etdesureté générale, poar y dépeserles pièces imnportantes dont als sont nantis, et douner tous les renseignemens qu'ais peuvent aveir.
(e) 22 est bor d'observer que Pauteur de cette
iotire r'ajomais pu Page et Bruley, qiil ne COnnait nulierent Thomas Millet, et qu'il ra parl6
que Guua ca trois.fuia e Lercieripiae-ztuboui --- Page 30 ---
(26 - )
4". Qu'on le rembourse des - dépenses qu'il a é16
obligé de faire, pendant un mois que Prieur Pa gardié
à POricnt, des Trais de voyage qu'il lui en .a coûtés
pour 6C rendre à Paris.
5o. Erlin, qu'il puisse toucher les 500 livres d'indemnités que la convention nationaie a bien voulu
accorder à tous les malleureux incendiés de SaintDoningue.
(f) Sa mere lui avait enpryé 600 lip.
De lImprimerie de PAIN, Passagi-HIonnord --- Page 31 ---
[N9,L
SE
R ÉPONS
DES I
DE SAINT-DOMINGUE,
COLONS
ALADRESSE DE POLVEREL
BELL E Y.
-
Signée
ET SONTONAX,
Polverel etSonU. 1 mémoire signé Belley, mais Conveniion composé par et au public; c'est
thonax, vient d'èire distribué àla qui ne le comprend mêmo
à ces hommcs, et non à l'affricain
pas, quenous adressons nourer réponse. comme ils le prétendent ,66 un raNous ne présenterons pas dénonciarions 1
mendiees à nos partisans,
51 mas de calomnies ,de eximposteurs, une compilariou absurde..
9) des écritesrandaleux ieurs letires, leurs proclamaions que nous
Ce:on: lenis actes,
d'une peau noire ou jaune
allons produire. Envain se couvrent-ils cc ratisment leui seraarraché,
cacher la lividite de la leur,
nousles mourerons.
pour c'est dans stoite la laidear du crinie que
coulent
et
des faits à opposer aux menronges qui nulle l'éloN'ayant de que facili é de leurs plumes, nous rendrons
avec tant les pare, ct qui sous ce costume pourrait séduire.
quence qui
pour n'avoir point à répondre? envain
Envain aitsqueroni-ils
pour faire perdre dans la disnous impoteronteil, leurs sfo-faits,
cette astucieuse cen-,
cussion le tems consacré a les confondre. à aucun de nous ; c'istcopsi
duitc ne fera prendre le change nous les forcerons à descendre
co:ps que nous les saisirons 9
cuirassés d'impostures, ilx
dans l'aiéne, ei c'estlà, oû, quoique traits de la vérité.
succomberent bientôr sous les
lors de l'ar.
Lassemblee coloniale - qui existaita St.Domingue légalement ct constitutionrivéedes rommisairescivil avait de été couleur et les nrg grrs tibres
nellement formee.Si les hommes avair alors aucun décrerqui lcs alla'ont point éreappellés, iln'y
toiisat i en faire partie. --- Page 32 --- --- Page 33 ---
Enas
0286 e - U --- Page 34 ---