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DU DISCOURS
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DU DISCOURS
DE M. L'ABB E M A U R Y,
CONCERNANT les Gens de Couleur nés libres, prononcé d
LAfenilte-Nuionale & imprimé par fon ordre.
Séance du 13 Mai.
Lox fe propofe fouvent d'éblouir des affemblées nombreufes
des raifonnemens métaphyfiques, ou de les entraîner feruien mouvemens oratoires, & c'eft ordinairement
compromettre une bonne caufe que de la difcuter. Pour moi,
j'ai écouté avec beaucoup d'attention, fans aucune cfpece
d'intérét perfonnel, les orateurs pour &c contre. Je me permettrai de leur faire un reproche 2
les deux partis me
femblent avoir également mérité. plire remarqué
de
& d'autre les orateurs fe trouvent dans un
doivent à
RSLSE Venctat
qu'ils
eux-mêmes, parce qu'ils fe font fécrétement
promis, de ne pas nous dire tout ce qu'ils penfent. Jen'ai pas
dans cette caufe, pour convaincre, 2 j'ole le dire, tous les
bons efprits, d'autre marche à fuivre que de difcuter avec,
franchife.Je vais lever le-voile,je vais traitér cette quefA
e de déci
'autre les orateurs fe trouvent dans un
doivent à
RSLSE Venctat
qu'ils
eux-mêmes, parce qu'ils fe font fécrétement
promis, de ne pas nous dire tout ce qu'ils penfent. Jen'ai pas
dans cette caufe, pour convaincre, 2 j'ole le dire, tous les
bons efprits, d'autre marche à fuivre que de difcuter avec,
franchife.Je vais lever le-voile,je vais traitér cette quefA
e de déci --- Page 8 ---
du
& avec une
an
tion avec toute la candeur de l'impartialité,
modération que rien ne pourra altérer. Voici donc ce qu'on
a voulu diffimuler à l'Affemblée. Les partifans des hommes
de couleur défiraient, je crois très-fincérement, & par des
motifs très-louables, nous acheminer vers cette grande patente nationale qui proclamera la liberté dans tout l'empire
a
français, &x c'eft r'afranchiffement des negres qui caufe
de couleur libres. Les adS
l'intérêt
prennent aux gens
3 je
verfaires cette opinion ont imité cette marche : ils ont
k es
vu
fe cachait
les combattre, ils fe font cachés
le
qu'on
pour
C
eux-mêmes pour fe défendre ; mais ils ont rendu leur pofid
tion tres-embarraffante : ils n'ont
ofé dire nettement. que
a
pas être une
de la
T
le droit de cité ne pouvait pas
conféquence
pT
A
liberté que les. hommes de couleur de l'Amérique ne devaient obtenir ce droit, qu'avec des conditions, 8c en louvoyant ainfi, ils n'ont follicité
décret provifoire :
dans un
font infiniment plus faCi
j'avoue que
pareil pofte
Tt
et
ciles à vaincre. Pour moi, i me femble qu'en interrogeant
les droits de l'humanité,; & certes il ne faut pas les mettre
à l'écart; nous pouvons placer avec confiance la juftice 2
ia politique entre nous & les hommes de couleur. Je foutiens que la juftice & la politique vous ordonnent d'adopter
le projet des quatre comités avec des articles additionels,
qui ne rendront pas vaine & illufoire la volonté ferme que
Vous avez d'appéler fucceflivement, mais avec prudence, 7
tous les Français aux grands bénéfices de la conftitution
que vous leur avez donnée.
Or, la juftice dans cette caufe ne doit pas être préfentée
comme une mefure de rigueur abfolue. Nous ne fommes
pas ici dans. une école, nous ne fommes pas des jurifconfultes, nous ne foutenons pas une thefe : nous difcutons un
grand intérêt national, & notre premicr foin devrait être
de porter ce principe facré, ce principe confervateur de
toute fociété, que, dans les gouvernemens les plus libres de
la terre, le droit de liberté eft abfolumnent féparé du droit
de cité. La liberté eft un droit de la nature; ; le droit de
pas ici dans. une école, nous ne fommes pas des jurifconfultes, nous ne foutenons pas une thefe : nous difcutons un
grand intérêt national, & notre premicr foin devrait être
de porter ce principe facré, ce principe confervateur de
toute fociété, que, dans les gouvernemens les plus libres de
la terre, le droit de liberté eft abfolumnent féparé du droit
de cité. La liberté eft un droit de la nature; ; le droit de --- Page 9 ---
cité eft une difpenfation du corps focial. Qu'a-t-on fait en
Angleterre, où l'on a des Colonies, & où l'on refpcéte auffi
les droits des hommes ? On ne vous a pas même parlé des
Colonies anglaifes, de celles du Couchant, du Levant, des
Antilles, de Saint-Chriftophe,
Connaît-on dans ces Colonies du peuple le plus libre de
l'Europe, des hommes de couleur-appelés au droit de citoyen actif? Non, iln'yen exifte pas, & les colons anglais,
contens de leur liberté & de leur induftrie, affurés de la
protection commune de la loi, certains qu'on ne fera jamais pour eux des lois qui n'aient pas été décrétécs
Funiverfalité des colons, vivent heureux & enrichiffent cur
patrie en s'enrichiffant eux-mémes. Quel eft T'ufage
l'on a fuivi chez une nation plus neuve 2 qui femble avoir que
donné au monde entier l'éveil de la liberté? Dans les Colonies feptentrionales, où les hommes libres propriétaires
cultivent, les droits de l'humanité viennent d'être examinés
avec la plus ferupuleufe riguéur. Dans ces heureufes contrées les hommes de couleur ont-ils été admis au rang des
citoyens actifs 2 par ces hommes qui ont fi heureufement
conquis leur liberté P Non, dans le congrès, dans les af
femblées particulieres des états, dans les affemblées
maires des paroiffes, on ne connaît point la prétention prinouvelle fur laquelle votre délibération a été provoquée.
C'eft dans la république la mieux organifée dc l'univers
que des hommes fe font crus libres & citoyens, fans être 2
encore appelés au
des droits politiques que la fociété a le droit de RTEL 2 quand, ne cédant
à un
enthoufiafme oratoire, elle voit les hommes tels pas font
& non pas tels qu'ils devraient être. Informez-vous qu'ils encore
de ce qui s'cft paffé en Angleterre. Tous les anglais, &
j'appele de ce nom tous les hommes nés en
ou devenus anglais par des lettres de naturalifarion; Angleterre tous 2
ces hommes ainfi naturalifés anglais, jouiffent-ils dans cette
île fortunée. 2 du droit de citoyen acif? Non. Le fils d'un
homme naturalifé n'a pas encore la plénitude de tous fes -
de décré
ient être. Informez-vous qu'ils encore
de ce qui s'cft paffé en Angleterre. Tous les anglais, &
j'appele de ce nom tous les hommes nés en
ou devenus anglais par des lettres de naturalifarion; Angleterre tous 2
ces hommes ainfi naturalifés anglais, jouiffent-ils dans cette
île fortunée. 2 du droit de citoyen acif? Non. Le fils d'un
homme naturalifé n'a pas encore la plénitude de tous fes -
de décré --- Page 10 ---
droits politiques : ce n'eft que 4 fon arricre petit-fils que l'on
regarde comme incorporé à la nation. Vous faut-il un autre
exemple des précautions que l'on doit prendre
graduer
pe
ROBCIE jamais
cette adoption nationale, qu'un peuple fage
s'eft
prodiguer légérément à des étrangers? Voyez ce qui
paffé à Geneve : on reçoit les étrangers qui veulent s'y
font fous la
de la loi, cn
d
établir. Les étrangers leurs enfans protection fe nomment des natifs,
lcs appele des habitans; les enfans des natifs
ont le droit d'en-
& ce ne font que
de
Voilà
es
commun
9e
trer dans le grand confeil
république.
le
des autorités refpeétables. Telles font les maximes adoptées
par des peuples qu'on n'accufe ni de defpotifme, ni de barbarie. Le premier moment de l'agrégation n'aj jamais acquis
>
à perfonne le droit de cité, dans tous les pays que je viens
de parcourir.
l'état : de nos colonies avec la même
Examinons maintenant
impartialité, le même défir d'affurer le bonheur de nos femCl
blables. Nous trouvons des hommes blancs, des affranchis,
et
des hommes 2 couleur libres & des efclaves. Avant de fe
livrer à la recherche des véritables intérêts des colons, des
hommes de couleur, de la métropole, nous devons nous arrêter à deux confidérations puiffantes : ne portons
en
nos
conititutionels, ils y, font
Emele
Amérique cables. Le régime principes colonial fera toujours effentiellement différent du régime de la métropole. Si nous pouvions douter feul
de limpofibilité d'admettre ce même régime, le climat
nous infpirerait d'admettre des raifons particulieres de nous
prémunir contre cet enthoufiafme d'humanité que l'on nous
préfente comme le Aambeau de la raifon. Nous allons apprécier, devons-nous nous dire à nous-mêmes 2 les préten- Comtions des habitans d'un pays où il y a des efclaves. de
ment, après avoir autorifé à regret, par la néceflité conferver à la France le rang politique dont elle jouit fermé parmi les
les puiffances de l'Europe; comment, après avoir
yeux. fur un fi grand outrage fait à T'humanité, droits irons-nous
fi
l'exercice des
qui,
nous montrer fcrupuleux pour
ier, devons-nous nous dire à nous-mêmes 2 les préten- Comtions des habitans d'un pays où il y a des efclaves. de
ment, après avoir autorifé à regret, par la néceflité conferver à la France le rang politique dont elle jouit fermé parmi les
les puiffances de l'Europe; comment, après avoir
yeux. fur un fi grand outrage fait à T'humanité, droits irons-nous
fi
l'exercice des
qui,
nous montrer fcrupuleux pour --- Page 11 ---
en derniere analyfe, ne peuvent flatter que l'orgueil, Là où
nous trouvons des efclaves, nous trouvons des hommes de
couleur : ces hommes de couleur font tous les defcendans
des efclaves &c des blancs : ces hommes de couleur doivent
leur liberté à ces mêmes hommes blancs auxquels on nous
propofe de les affimiler brufquement; il me femble que le
décret qui établirait aujourd"hui cette égalité entre les hommes blancs & les hommes de couleur, 2 ferait du plus grand
danger. Ce danger eftfacileà découvrir, quand onle cherche
fans prévention & de bonne foi. Il ferait dangereux d'établir
fur le même niveau politique les hommes de couleur & les
hommes blancs, parce
la plapart de CCS hommes affranchis ont encore leurs Feds leurs neveux. leurs oncles,
leurs peres peut-être dans des atteliers peuplés d'efelaves,
car une famille n'eft pas affranchie tout à la fois.
Je demande que l'affemblée fe pénétre qu'il ne s'agit pas
dans cette tribune, de faire de grandes déclamations en
faveur de l'humanité 9 toutes les fois qu'il n'exifte manifeftement aucune plainte d'opprefion 2 à quoi cela pourrait-il
aboutir ? Perfonne ne veut opprimer les gens. de couleur.
Quel eft notre but? Voir s'il ne ferait pas funefle de les
appeler tous à l'exercice des droits politiques qui finiraient
par mettre la Colonie entre leurs mains. Car on a difpuré
dans cette Affemblée fur le nombre refpedtif des hommes
de couleur & des hommes blancs, & il me femble que
l'on n'eft pas d'accord fur l'équilibre qui exifte entre ces
deux clafles d'hommes. Eh bien ! je choifis le parti le
moins favorable à la caufe que je défends. Je fuppofe
les hommes de couleur font inférieurs en nombre, & 3
dis
ces hommes de couleur attachent un grand prix
au dne de dominer ; que fi la fantaifie du gouvernement
eft devenue le luxe de leur amour pour la liberté, ces
hommes-là feront inceffamment les plus nombreux. ; &
qu'alors ils feront les maîtres des Colonies. Il n'eft aucun
homme de couleur qui n'ait la faculté d'affranchir fon
rent qui eft encore efclave; il l'appelera donc dans Tae
e de décréte
en nombre, & 3
dis
ces hommes de couleur attachent un grand prix
au dne de dominer ; que fi la fantaifie du gouvernement
eft devenue le luxe de leur amour pour la liberté, ces
hommes-là feront inceffamment les plus nombreux. ; &
qu'alors ils feront les maîtres des Colonies. Il n'eft aucun
homme de couleur qui n'ait la faculté d'affranchir fon
rent qui eft encore efclave; il l'appelera donc dans Tae
e de décréte --- Page 12 ---
mois dans les affemblées primaires, dans les affemnblées
éleétorales, dans les aflemblées coloniales. Les blancs ne
pourront jamais fe recruter fuffifamment pour s'oppofer
des hommes de couleur : ceux-ci devienaux dront prétentions les rois des Colonies, le jour qu'ils entreront dans
les affemblées coloniales. Je ne vois pas que cette confépuifle être douteufe pour aucun bon efprit, s'il eft
quence vrai fur-tout, comme on ne ceffe de répéter dans cette
les hommes de couleur attachent le
affemblée, 2 que
e
droits
grand prix à l'exercice de leurs
politiques.
X
plus
ne leur font
dis à la prele
droits
pas
bi
miere Ces
à la politiques feconde & peut-être même à la troifieme
d'
génération. 2.
Des efclaves font affranchis quand ils ont leur
affranchi ne s'eft pas encore amalgamé à
IT,
liberté ; mais un
avoir droit d'influer
la nation à laquelle il appartient pour fa tribut l'attache à
fur le gouvernement, infiniment furtout lorique nombreufe qui ne doit pas
une claile d'homme
des hommes blancs, car ce ferait
Ci
être favorifée au préjudice
leshommes
ét
livrer ceux-ci à la mercidesnegres que d'appeler à l'exercice
de couleur, après une ou deux générations 2
de la puiffance politique qui appartient à tous les & citoyens. c'eft là
Je dis que ce ferait une véritable imprudence, abordé dans
le point de la difficulté qu'on n'a pas encore
cette tribune.
ne fais fi c'eft avec fondement
On nous a menacés,je fciffion des Colonies. J'aime à efpérer
& de bonne foi, dela,
que la France n'éprouvera jamais un auffig grand malheur, qui,
quoiqu'on en dife, nous ferait defcendre au nombre des puif
fances du troifieme ordre, fi nous perdions I 20 millions
feuls forment dans un état de profperité la balance
qui politique du commerce avec l'Europe. Souvenez-vous que
de IOO millions d'intérêts annuels aux
vous devez près
fouvenez-vous
fi vous
étrangers 2 par VOS emprunts ;
alimenter que
nos
n'aviez pas le commerce de VOS Colonies pour
manufactures, pour entretenir l'aétivité de votre agriculture,
le royaume ferait perdu. Il le ferait inévitablement. 2 non
S
feuls forment dans un état de profperité la balance
qui politique du commerce avec l'Europe. Souvenez-vous que
de IOO millions d'intérêts annuels aux
vous devez près
fouvenez-vous
fi vous
étrangers 2 par VOS emprunts ;
alimenter que
nos
n'aviez pas le commerce de VOS Colonies pour
manufactures, pour entretenir l'aétivité de votre agriculture,
le royaume ferait perdu. Il le ferait inévitablement. 2 non
S --- Page 13 ---
par la faute des hommes blancs, mais, j'ofe le dire, par
E faute de la loi indifcrette que vous auriez décrétée; car fi
vous appeliez foudainement tous les hommes de couleuraux
droits de citoyens aétifs, vous forceriez tous les blancs à
s'expatriers le féjour des Colonies deviendrait pour eux
inhabitable ; ils feraient obligés de vendre 2 fi on daignait
toutefois acheter encore leurs propriétés; on les chafferait, on les vexerait; & ces blancs fur lefquels on cherche,
je ne fais pourquoi 2 à jetter tant de défaveur, font cependant, les véritables, les feuls liens qui attachent les Colonies
à la métropole. Le jour où vos Colonies ne feront plus habitées & dirigées par les blancs, vous n'aurez plus de Colonies. Ce fera une claffe d'homme noirs qui les habitera;ce
feront des hommes qui mourront peut-étre de faim, livrés
al'impéritie, à l'imprévoyance, à la pareffe de leur caractere. Mais foit que ces heureufes contrées périffent de
mifere, foit qu'une puiffance voifine s'en empare, il eft
clair qu'il ne faut voir dans ces menaces, ni dans.ces
diétions finiftres 2 le fort des Colonies 9 il faut le voir
SGs
notre propre décret, parce que leur confervation ou
leur perte éternelle eft la conféquence néceflaire du decret
que vous allez rendre.
Que les hommes de couleur deviennent,
un certain
tems, après un certain nombre de RELAER citoyens
altifs; je le conçois, je le defire ; perlonne ne oppofera.
Mais
ce foit le bienfait
d'une
nouvelle ;
i
que
général
que des hommes qui ont à peine brifé les fers de l'efclavage, fe trouvent armés de toute la puiffance politique
fur leurs concitoyens, fur leurs anciens maitres, fur des
hommes dont ils font rivaux, fur des hommes qu'ils
vent à
inftant exterminer en fe mettant à la
Rete
chaque
d'une armée de 600 mille de leurs concitoyens : j'ofe le
dire 1 ce n'eft pas là une mefure que des legillateurs français puiffent jamais prendre. Malgré les orages que cette difcuffion a
exciter dans cette aflemblée, je n'ai jamais
défefpéré Pait fort de la France. Imaginons-nous tenir en
C
psé de décréter
qu'ils
vent à
inftant exterminer en fe mettant à la
Rete
chaque
d'une armée de 600 mille de leurs concitoyens : j'ofe le
dire 1 ce n'eft pas là une mefure que des legillateurs français puiffent jamais prendre. Malgré les orages que cette difcuffion a
exciter dans cette aflemblée, je n'ai jamais
défefpéré Pait fort de la France. Imaginons-nous tenir en
C
psé de décréter --- Page 14 ---
main une balance : dans l'un des baffins fe trouvent 5o
mille blancs 2 dans l'autre 700 mille noirs ou hommes de
couleur. Si vous ne vous hâtez de mettre du côté des blancs
la protetion de la loi, la proteétion de la force publique,
il n'y a plus d'équilibre; les Colonies ne feront que changer accufer
d'opprefleur. Ce' ne fera pas vous que l'on pourra
d'avoir méconnnu les droits de l'humanité, 2 lorfque, vous
fouvenant que le gouvernement d'un grand empire vous eft
confié, vous direz aux colons, vous direz à l'univers: : non 2
de
ex
jen
pas indiftinétement tous les hommes couleur
le
n'appele
mais leur affure à tous dans les triL
dans les tribunaux,
je
bunaux une égale juftice ; je ne les appele pas tous aux
commandemens militaires, mais je leur alfure à tous la pro-
,
aux
teéticn de la force publique. Je ne les appele pas tous
confeils municipaux;je ne leur donne pas à tous les mêmes
droits politiques 2 mais j'impofe à tousles hommes auxquels de les
fera délégué l'exercice de cette puiflance, l'obligation
et
protéger. Votre dette, à ces conditions, eft fuffifamment acquitée :
& permettez - moi, fans heurter dans cette Affemblée
aucune prévention particuliere 2 fans rappeler d'anciens des
fouvenirs qui pourraient troubler P'heureufe harmonie
fentimens que je voisiregner en ce moment autour de moi;
pemettez-moi, dis-je, , de vous demander par quelle impru- du
dence on a ofé aflimiler le fort des Colonies au fort
royaume de France , en vous rappelant la révolution que
la France vient d'éprouver. Eft-ce une révolution
l'on
les
une révolution dans les
deicnies
veut dans Colonies?Mais
en ferait l'anéantifement.
On
faire. une révolution dans un grand État, quand
on met PENt raifon & la juftice à la place des abus. Vous mettriez à la place d'une claffe de citoyens qui connaiffent de
vos lois, qui les ont étudiées 2 qui ne font point féparés
la métropole, qui ne vont dans nos Colonies que
en
le
s'enrichir 2
pour
la
TECLIENE
cultiver fol, que pour
que
en allant
France à leur tour 2 qui ne croient point émigrer
un grand État, quand
on met PENt raifon & la juftice à la place des abus. Vous mettriez à la place d'une claffe de citoyens qui connaiffent de
vos lois, qui les ont étudiées 2 qui ne font point féparés
la métropole, qui ne vont dans nos Colonies que
en
le
s'enrichir 2
pour
la
TECLIENE
cultiver fol, que pour
que
en allant
France à leur tour 2 qui ne croient point émigrer --- Page 15 ---
travailler à la profpérité de votre patrie, à une fi grande
diftance ; vous mettriez à leur place des hommes qui
ont été étrangers à la nation, ne vous font unis par
aucun noeud politique : des
que l'éblouiflement
ru3ia
de ce nouveau bienfait rendrait trop dangereux, pour que
vous lc leur accordafliez prématurément. Qu'on les appelle
doncà l'excrcice des droits politiques fur le voeu des allemblées primaires qui font légales, puifque vous lesavezreconnues. Connaiffons jufqu'on ira Phumanité, la générofité &
la prudence de nos Colons blancs; fachons à quelle condition ils veulent établir leur égalité politique avec lés
hommes de couleur : ils ne referveront que ce qu'ils ne
pourraient abandonner, fans compromettre leur intérêt, l'intérét national & leur vie. Mais nous qui fommes placés à une
f grande diftance, n'allons pas faire les
fans avoir
entendu les parties intéreffées. Ilfaur faire Earae facrifices, le
tems eft venu où toutes le claffes de citoyens doivent en
faire. Eh bien ! VOS colons de l'Amérique en feront aufli.
Mais ne défefpérez pas légérement de léur patriotifme ; ne
les mettez pas à la merci d'une claffe nombreufe qui
les dominer, les affervir, 2 les égorger à fon gré. Ce ASA
pas dans dcs jours d'infurreétion qu'il convient d'établir un
nouvel ordre de chofes. Ce peuple eft-il mûr pour la liberté,
pour l'exercice du droit de cité P
Eft-ce dans un pareil moment qu'il fautfavorifer cetteautre
puiffance incalculable de l'imagination, livrer de nouveaux
citoyens à toutes les efpérances témeraires d'une imagination trompée 3 les appeler aux droits de citoyens ce
qui eft pour eux un droit de repréfailles un droit de fe
venger deshommes auxquels ils confervent de' longs &de fi
profonds reffentimens? Non, ce n'eft pas dans une pareille
circonftance qu'un corps de légiflateurs peut prendre une
telle détermination. Ce qu'il faut faire, c'eft d'affurer proteftion, mais proteêtion à tous, à ceux qui font le moins
nombreux, à ceux qui font les plus faibles, à ceux dont
vous interrogez le patriotifine s & qui répondront à ce téae C au5or
posé de dé --- Page 16 ---
IO
moignage de confiance, à ce grand a&te de juftice nationale 2 -
je ne peux pas appeler un bienfait, en vous indiquant
ue nouveaux moyens de profperité pour les Colonies.
(On applaudit à plufieursreprifes dans toutes les partics dela
falle.-- Plufieurs mcmbres de la partie droite s'élancent audevant de M. l'abbé Maury, & l'embraffent.)
L'Affemblée décide,
a
à la prefqu'unanimité, l'impreffion
du difcours de M: l'abbé Maury.
le
C
je ne peux pas appeler un bienfait, en vous indiquant
ue nouveaux moyens de profperité pour les Colonies.
(On applaudit à plufieursreprifes dans toutes les partics dela
falle.-- Plufieurs mcmbres de la partie droite s'élancent audevant de M. l'abbé Maury, & l'embraffent.)
L'Affemblée décide,
a
à la prefqu'unanimité, l'impreffion
du difcours de M: l'abbé Maury.
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de décréter que les électeurs tjen- à de tous les hommes libres sans distinc- Le ministre s'est empare des dividen- a --- Page 18 --- --- Page 19 ---
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1-Sizc
V. a --- Page 20 ---