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3 E Bu
EXTR AIT 1
DES regiftres de la paroife du Port-au-Prince, & de la
délibération en date du dixc-fept juillet mil fepe cent
quatrevingroné.
MM. les citoyens 8 habitans raffemblés en T'églife
au fon de la cloche, M. le préfident a ouvertla féance.
Un citoyen a abtenu la parole, & a fait lecture d'un
projet d'adreffe à l'Affemblée nationale, où eft dépeint
en termes énergiques le défelpoir qu'a jeté dans l'esprit
de tous les citoyens le décret de l'Afiemblée nationale
en date du 15 mai dernier. Il a été arrêté qu'il feroit
livré à l'impreflion pour être rendu public au nombre
de cinq cents exemplaires, & l'affembléea nommédeux
commiffaires, MM. Ollivier & Van-Eeckhout, à qui 2:1 --- Page 6 ---
la pièce a été remife, pour faire exécurer le préfent tarrêté aux frais de la paroiffe.
Collationné par nous préfident & fecrétaire.
Signi, Ferté, préfident; Miailles, fecrétaire,
= M
PROJET D'ADRESSE
AL'ASSEMBLEE NATIONALE,
Dile en tagemblée de la paroife du Port-ax-Princé,
Cn dae du7jcillet 1791.
DEPUIS que la mafe des forces dont vous avez décrété
P'envoi à Saint-Domingue en date du I 2 octobre dernier, Ont dès
T'infanrdeleur arrivee changéla fice politique de cette colonie,
& vengdles droits méconnus des citoyens 3 les diverfes adreffes
que vous ont fucceffivement fait parvenir la municipalité & le
confeil d'adminiftration de la garde nationale de cette ville ont
dà vous prouver fans doure que la penfée, 9 l'opinion , n'étoient
plus enchainées par la force, que l'intrigue 2 P'illufion aflièrenr
tout aufi bien P'Affemblée qui conftirue le fouverain que le palais
d'un prince Ou d'un roi, &c que le trône infame qu'avoient ufurpé dans la colonie des tyrans, n'étoic point le trône facré de la
coaftitution, denos drcits, & de la liberté,
ée, 9 l'opinion , n'étoient
plus enchainées par la force, que l'intrigue 2 P'illufion aflièrenr
tout aufi bien P'Affemblée qui conftirue le fouverain que le palais
d'un prince Ou d'un roi, &c que le trône infame qu'avoient ufurpé dans la colonie des tyrans, n'étoic point le trône facré de la
coaftitution, denos drcits, & de la liberté, --- Page 7 ---
Si votre comité colonial càt dès l'inftant de la révolution &x
avant la fatale époque fur-tout qui a précédé votre décret du 12
oStobre dernier, réféchi lavec attention, fageffe & impartialité
fur le tableau qu'offroienr alors les colonies ; fi la conduite de
tous ces miniftres atroces & prévaricateurs 2 qui par une confiance aveugle &x criminelle tenoient dans ces premiers temps de
trouble & de convulfion la plus importante parrie de l'empire
françois fous le joug arbitraire de leur volonté,eut étérigoureufement approfondic ; fi la nature du contrat primitif & facré qui a
uni Saine-Domingue à la France & rendu en quelque forte fous
leurs nouveaux rapports cesdeux parties muruellement tributaires
de leurs befoins 2 de leurs richeffes 8z de leur induftrie 3 fi lccaraétère des colons qui l'habitent. 9 f la nature de leurs propriétés,
de leurs mceurs 3 de leurs habitudes, & de Jcurs localités eût été
foumife à une pénible mais trop jufle difcuflion ; fi l'on eût enfin
voulu de bonne foi remonter aux premières' & funeftes caufes
qui ont produit d'auffi finiftres effets, 2 il eft hors de doute que
votre décratduiroSobre dernier n'auroit jamais vu le jour, que
Saint-Domingue n'auroit jamais pu accufer avec juflice votre
comité colonial d'injuftice & de partialité ; que Péclat de la
vérité cn diffipant tous ces nuages formés par l'impofture & la
prévention auroit pénétré dans votre affemblée par l'organe de
nos feuls & légitimes repréfentans, & que le peuple enfin dont
auxtermes des lois, de la nature & devos décrersisregrdenoicme
la volonté généralc, feroit libre, , farisfait & heureux.
Nous ne chercherons pointàfixer de nouvean votre attention,
celle de l'Europe, de l'univers, fur le tableau horible des atrocités dont nous avons été les viétimes ; nous nous tairons fur
toutes ces trames,fur tous ces déteflables complors quelesdérracteurs de vOS lois, les cnnemis de la révolution, ont ouverteinent
mis en ufage pour abattre notre fermcté, laffer nctre courage 2
, feroit libre, , farisfait & heureux.
Nous ne chercherons pointàfixer de nouvean votre attention,
celle de l'Europe, de l'univers, fur le tableau horible des atrocités dont nous avons été les viétimes ; nous nous tairons fur
toutes ces trames,fur tous ces déteflables complors quelesdérracteurs de vOS lois, les cnnemis de la révolution, ont ouverteinent
mis en ufage pour abattre notre fermcté, laffer nctre courage 2 --- Page 8 ---
& faire en ui1 mot de cette colorie un lugubre &x vafte tombeau,
ou un foyer fans ceffe ardent d'ariftocratie & de contre-révolution ; nous ne chercherons point non plus à pénétrer par quelle
fatale infouciance, par quelle contradidion de principes , des
colons qui ne demandent qu'à être unisàl'empire fous lequel leur
parrie a profpéré 2 qui ne font agirés que du befoin & de l'efpoir
de voir refferrerde plus en plus les liens du fang &c de l'affeétion
qui les atrachent irréfifltiblement à la métropole, Ont pu être ainfi
depuis l'inftant de la révolution livrés à l'anarchie, à l'ignorance
des opérations particulières d'un comité colonial,abandonnés àla
difcrétion & à la rage anti-révolutionnaire dles miniftres & de
leurs agens 2 & pourquoi enfin l'on a décoré du titre impofant
du mot loi 2 ce qui jufqu'à ce jour n'a été en grande partie pour
eux que l'effet fingulicr de la force, 2 de la çonfiance & de la
prévention,
C'eft par la bouche du peuple que vous devez apprendre la
vérité,parce que créés par le peuplece font fes intérêts que vous
devez conferver & défendre 5 dans le moment de fa première
énergie il peut fe tromper, , mais cette erreur eft courte 2 la réflexion murit, reétifie bien vite fon jugement, & alors ce jugement eft auffi éclairé, auffi jufte qu'irrévocable. Lorfque le rapporteur de votre comité colonial confacroit dans votre Affemblée par la plus horrible impofture que la tranquillité étoit l'effet
de votre décret du 12 oftobre dernier, il égaroit votre religion 2
pour jouir à plaifir du fruit falarié de fon crime. - Confultez à
cet effet les adreffes de 44 paroiffes;elles renferment nos preuves,
notre vérité, ainfi que votre injuftice & VOS erreurs.
La prévention & l'intérêt particuliergui ont provoqué ce décret,qu'àlahonte & au mépris de la volonté générale du pcuple
on a qualifié du titre fuprême de loi, a porté le défefpoir dansle corps politique de la colonie, &x dans l'ame des vrais citoyens;
ultez à
cet effet les adreffes de 44 paroiffes;elles renferment nos preuves,
notre vérité, ainfi que votre injuftice & VOS erreurs.
La prévention & l'intérêt particuliergui ont provoqué ce décret,qu'àlahonte & au mépris de la volonté générale du pcuple
on a qualifié du titre fuprême de loi, a porté le défefpoir dansle corps politique de la colonie, &x dans l'ame des vrais citoyens; --- Page 9 ---
parceque témoins 8c vistimes des attentats commis par Peinier ,
Mauduit,Couflard, Vincent,& leurs exécrables complices ; nous
n'avons pu fans horreur voir le nom de cCs monftres, condamnés déjà dans la colonie à paffer dans les fiècles futurs chargés de.
honte
haine & de la malédiétion publique 2 infcrits au con2 de les
immortels de
comme des hommes
traire dans faftes
l'empire
utiles à la patrie & dignes de fes remercimens. MMais, fi efclaves
de notre amour &x de notre Edélité, fi raffurés par la pureté de
nosintentions & l'efpoir peut-Stre trompeur de voir dans la fuite
un jugement auffi injufte 8c auffi impolitiqueréroqués fi lorfque
déclarant. folennellement dans un des confidérant de'ce même
décret, que jamais vous ne ftatuerez fur l'état des perfonnes
dans la colonie que fur le vceu libre 8c fpontané des colons; Gi en
nous renvoyant en outre à l'éxécution du décret du 8 mars nous
d'une
facrifié tout refavons en vertu
promeffe auffi authentique
fentiment & fatisfait à votre décret ; que peuvent penfer 2 que
doivent faire aujourd'hui des colons 7 lorfqu'au mépris d'une
auffi augufte promeffe les papiers publics leur annoncent que
leurs droits font facrifiés, que la parole du fouverain d'une nation n'eft pas plus facrée que celle d'un roi, que la ligne de démarcation néceffaire pour lT'exiftence & la profpérité de la colonie
eft rompue, , & que l'ame du colon fenfible, 3 généreux &c bienfaifant, cft déchirée par la hontc, le remords, & le repentir du
bienfait.
Aufitôt que la liberté fère & fûre de la volonté générale
d'une nation 2 eut par l'union de fes repréfentans élevé le trône
de la légitime &feule fouveraineté,auffiros quele peuple flatuant
fur lui-même eût par la connoiffance de fa force 2 de fon pouvoir
& de fes droits 2 prononcé qu'il n'y auroit dans I'empire d'autre
loi que celle qui émaneroit de la volonté générale 5 auffitôt enfin
que par l'accord fimple & fublime des droits de Thomme &. de
2:1
es repréfentans élevé le trône
de la légitime &feule fouveraineté,auffiros quele peuple flatuant
fur lui-même eût par la connoiffance de fa force 2 de fon pouvoir
& de fes droits 2 prononcé qu'il n'y auroit dans I'empire d'autre
loi que celle qui émaneroit de la volonté générale 5 auffitôt enfin
que par l'accord fimple & fublime des droits de Thomme &. de
2:1 --- Page 10 ---
citoyen, vous eûtes pofé les bafes conftiturionnelle;
repofent votre gloire 8le bonheur des
fur lefquelle Es
par le privilège inhérent à fes Iccalités frangot,Sdin-Demingie ne put foufcrire
partie de la volonté générale ; T'exprefion de la loi ne ccmme
être confidérée comme lexprefion de fa volonté; fes droits pur plus
ticuliers lui furent
parconfiquemment reconnus & confervés; le
paûte focial fe forma, & le décret du 8 mars annonça fclennellement à l'empire votre défifltement, en fixant & déterminant
notre unions nos liaifons & nos rapports.
Dès cet inftant la colonie n'a pu avoir de
dans
votre
repréfenrans
fein; dès cet inflant vous avez reneneéiicut droit de
fouveraineté fur les lois néceffaires à notre régime
droit eft devenu notre patrimcine, notre
intcrieur; ce
Fropridté facrée & inviolable, notre page 2 notre convention fociale eft devenue
particulière &c féparée entièrement de la vôtre 2 le; membres
compofant notre affociation ont feuls dû être interrogés & confultés, &c l'émifion de leur voeu a coaféquem nent formé ia
volonté ginérale de notre affociation cu de la colonie. Le
caraétère que nous avions donc imprimé fur les reprifentans de
cette volonté étoit auffi inviolable auffi facré que le vôtre 5 il
émanoit du peuple, & comme les grandeurs ainfi que les quantitésfont toujours relatives, ce peuple fatuant ferlui-même étoic
un tout 7 qui en créant un corps colleéif créoit une puiffance,
que vous avez bien pu diffoudre, defliruér par la force, mais
que la juftice, la raifon, & la fane polrique vous faifoient, un
tll devoir d'enzendre & de: refpeéter.
Fidèles à VOS principes, interrogez les pouvoirs, les droits
des légiflateurs, confultez votre exiflenc: polirique, votre
conftitution & la loi: lorfqu'elie émane de votre fein,
c'eft le peuple qui Far votre orgare la dise, & Par fon
Glenco, ou fon refus, l'approuve ou la détruit ; : agit
polrique vous faifoient, un
tll devoir d'enzendre & de: refpeéter.
Fidèles à VOS principes, interrogez les pouvoirs, les droits
des légiflateurs, confultez votre exiflenc: polirique, votre
conftitution & la loi: lorfqu'elie émane de votre fein,
c'eft le peuple qui Far votre orgare la dise, & Par fon
Glenco, ou fon refus, l'approuve ou la détruit ; : agit --- Page 11 ---
doncalors comme fouverain, commoj jouifant du droit imprefcriprible &inhéren: àfaqualitéde peuple. La fanStion eftappofio
à la loi, le chef fuprime du pouvoir exécatif la promu lgues
dès l'inftant le légifileur, L ch-ffuprom: du pouvoir exécutif,
tout le peuple en un mot devient fujer. Maintenant la
colonie vous demande cà font pour les colons qui T'habitent,
ces deux points de vue, ces deux rapports fi effentiels 8:
fi importans, & G n'étant en aucune manière membre de
ce fouverain, ne paruicipant pcint coniequemment d'aucune
forte à la loi, elle peut &x doit cependant recevoir comme
loi, le réfultat dc cette volonté qui, quant à elle, eft une
volonté toute particulière, formée à deux mil: lieucs de
fon fein, émand: fans fa participation, 2 étrangère & contradiftoire Cn tout point à la volonté générale qu'alle-mème
s'eft crdde & qu'elle renfcr.ne.
Par l'obligation que vous vous êtes impofée dans votre
décret du 8 mars 2 par la conviétion intime &c auchentique
de votre ignorarce fur nos localités, par la contradiétion
manifefte oû les principes que vous avez déjà confacrés
vous mettroient avec les principes qui nous font propres
&c particuliers, vous reconnoiffez & vous décretez quc
dans la foddration générale qui vient de fe former, SaintDomingue n'a pu, ainfi que l'ont fait toutes les autres
parties de l'ompire, aliéner la fomme totale de fes droits,
de fes privilèges à toute la communauté; or, fi la réferve de
nos droits, de nos privilèges a été folennellement & conftitutionnellement recennue, toute atteinte portée à ces droits
eft une ufurpation; ; toute volonté qui ordonne ou fait
exécuter cet adte, une tyraunic, & tout pauple fur qui cet
2Se s'exerce eft un peuple d'efclaves ou de fujets.
Pour exercer légalement quelques fongions, il faut avoir
de fes privilèges à toute la communauté; or, fi la réferve de
nos droits, de nos privilèges a été folennellement & conftitutionnellement recennue, toute atteinte portée à ces droits
eft une ufurpation; ; toute volonté qui ordonne ou fait
exécuter cet adte, une tyraunic, & tout pauple fur qui cet
2Se s'exerce eft un peuple d'efclaves ou de fujets.
Pour exercer légalement quelques fongions, il faut avoir --- Page 12 ---
néc:Tairement un caraétère avoué 8zl légal ; or s'il - n'ya a pas dans
l'affemblée narionale un feul hemme qui foit henoré par le voeu
légalement manifcité de la colonie 3 de quelque mandat ; fi elle
défavoue&zac déjàhaurement & formellement défavoué tout mandataire qui auroit pu obtenir fa confiance dans les premières
fecoufes de la révolution, de quel droit, par quel pouvoir, fur
quelles raifons enfin, finon fur celles des defpotes & des
tyrans 9 paut-on s'appuyer, pour nous forcer à recevoir une
loi qu'on nous dit être di8tée par la politique & par la
raifon, mais qui n'eft pour nous qu'une loi de fang, d'anarchie
& d'indignation.
L'efclavage eft dans la colonie le pivot de fon exiftence
& de fa profpérité ; c'eft à ce prix, c'eft par les travaux
des efclaves que vous connoiffez lc fucre en Europe,&r que votre
commerce s votre marine. 9 votre empire prédominant tiennent
le premier rang. De cet état de la nature 2 de cette race efclave eft née, par la néceffité & lc befoin impérieux de
la nature & du plaifir, une cafte nouvelle, dont l'exiftence,
les propriétés font 9 fous tous les points de vue pofibles, le
fruit de l'amour, de la bienfaifance &c de la générofité des
colons. Il exifte donc dans les deux extrêmes que forment
le noir &c le blanc, des nuances, des modifications, des
progreffions, des liens & des devoirs qu'on ne fauroit tout
d'un coup renverfer, anéantir & détruire. Si l'état civil de
liberté n'accorda jamais par lui-même chez un peuple le
droit d'influer fur l'état politique ; fi ce droit eft & a été
dans tous les empires le fruit d'une fage & froide réflexion 3
combinée avec le meilleur mode poffible de conftitution 1;
fi les dang rs d'accorder à des nègres 2 ou hommes de
couleur libres une liberté, une puiffance politiques avant
que la fuccefion graduelle & progreflive du temps ait en
de
liberté n'accorda jamais par lui-même chez un peuple le
droit d'influer fur l'état politique ; fi ce droit eft & a été
dans tous les empires le fruit d'une fage & froide réflexion 3
combinée avec le meilleur mode poffible de conftitution 1;
fi les dang rs d'accorder à des nègres 2 ou hommes de
couleur libres une liberté, une puiffance politiques avant
que la fuccefion graduelle & progreflive du temps ait en --- Page 13 ---
diuelque forte effacé la tache 9 de l'efclavage dont ils font à
peine fortis, font des dangers cer.ains' 2 incalculables & attentatoires à l'exiftence, 2 à la fureté du corps politique de la'
colonie ; fi pour fintir l'empire &c la force de cette habitude, de cette loi fi néceffaire 2 il faut d'après l'aceord
univerfel de tottes les maximes de légiflation 7 être fur Jes'
lieux, être membre d'un état pour connoitre 8c flacuer
faincment fur ce qui convient aux membres, auv ci-"
toyens de cet état; a la profpérité, la fplendeur erfin de
Sunt-Domingue fnt un effer néceffuire de la foumifion,'
de l'ordre qui doivent régner dans les attcliers, comment
fuproter cette foumiflion, cet ordre,! lorique la claffe intermudiuire qui fe trouve entre les deux extrêmes, abufle par
fes. tolles prétentions 8c plus encore par votre impolitique
décrer, agira fans ceffe pour pouvoir prédominer fur la
race où elle tient par fes rapports 2 par les liens du fang,
de l'habirude &c de l'afegion, en fens contraire de la voloaté des colons qui ont tout fait pour la colonie, & à
qui la colonie en quelque manière appartient P Or, comme
une telle loi n'ofre plus qu'anarchic, défordre, digoûr 8x
ancantiffement, iln'ef plus d'union, plus de pasle, parce
que lorfque la -fomne des maux excède la fomme des
forces n.ceffaires pour les fupporter ; lorfque la force prote'tric: d'un peuple devient au contraire une force opprefive
& meurtrière ; lorfque les clau'es enfin fur lefquelles repofent la fainteté du contrat ne font plus obfervées, alors'
le padle, le contrat d'union eft rompu 2 chacune des partes
rentre dans fes d-oits primitifs 3 & fi dans cette crife toujours
impolitique &x violente, il eft une des parties qui faffe
moyen de fa force, il cft fans doute pour l'avtre fon énergie,
fon: courage, la force de fe défendre & de favoir MOURIR,
au'es enfin fur lefquelles repofent la fainteté du contrat ne font plus obfervées, alors'
le padle, le contrat d'union eft rompu 2 chacune des partes
rentre dans fes d-oits primitifs 3 & fi dans cette crife toujours
impolitique &x violente, il eft une des parties qui faffe
moyen de fa force, il cft fans doute pour l'avtre fon énergie,
fon: courage, la force de fe défendre & de favoir MOURIR, --- Page 14 ---
IO
Tel eft l'état oà votre fatal décret du I5 mai vient de
réduire la colonie : tel eft le fentiment déchirant &: funcite
qu'ila fait naître & qu'i nous fait éprouver. Cef envain
vous avez préfumé de VCS forces & de VOS finiftres
que ;
nos campagnes deviendront plutôt
moyens
défertcs; Tous rumpions
plutét tous les liens qui TOuS urifent & que nous chiriffons
encote fans doute malgré nous ; nous enchaincrons la fomme
de nos befoins à celle de ncs faculés, plér qre d'achérer à
un décret qui n'eft que l'effet d'une rage effrénée de
& non T'effet réféchi des maximes d'rne
religion,
Nous fentons
fage conflituticn.
tous qu'une population de 25 nillions
d'individus que renferme votre cmpire cft une maffe énorme
de puiffance ; mais tous ? nous connoifons ros droits, notre
juftice s vOS promefles 8c VOS décrets, & tout peupis devient
libre quand il a la force 8: le courage de vouloir le devenir.
Avant que cette finifre nouvelle ncus fût
nos
cceurs brûlans d'amour & de fidélité fe réjouifloient paivene, d'avance
fur la perfpefive d'une fidération qu'à V otre
&c
à la méme époque ncus devions célébrer.. Dajà les députés excmple de ia
majorité des paroiffes de la colonie
ncus defirions
s'ticiontrenduss.
tous de ncus unir, s de Prononcer un ferment inviclable
8: jufqu'alors cher à tous les "frangris - : les noires furies de
la difcorde, de l'anarchie Br de la guerre civile abordent
ia colonie, promulguent votre décrct $ aff ôr 2u plaifr &c
à ia joie fuccèdent la rage, le défefpeir &
fentiment confus & punible détouine rOS regards thereur; de la mère un
patric; 3 Thorreur qu'infpire ce fombre avenir cemprime &
refferre les ccours de tous les ciroyens; $ on s'affemble, on
difeute, on dilibère, lx voix terrible de l'unanimité prononce qu'il n'y aura point de ferment ; chacun voit l'abyme
entr'ouvert, muis chacun fe fent affcz de forcc pour le
, le défefpeir &
fentiment confus & punible détouine rOS regards thereur; de la mère un
patric; 3 Thorreur qu'infpire ce fombre avenir cemprime &
refferre les ccours de tous les ciroyens; $ on s'affemble, on
difeute, on dilibère, lx voix terrible de l'unanimité prononce qu'il n'y aura point de ferment ; chacun voit l'abyme
entr'ouvert, muis chacun fe fent affcz de forcc pour le --- Page 15 ---
IT
melurer ; le ferment conftirutionnel eft profcrit, & à fa
place, Saint-Domingue 2 l'autel feul de la colonie reçoit celui
d'un paête fédératif &z d'union. C'eft donc fur cet autel
qu'animés par la juftice de nos droits, qu'agités par le
défefpoir, &c encore plus aigris par votre ingratitude, nous
avons juré, & ridigé Cn caraaores de fang, quoiqu'arrofés encore par nos pleurs, le ferment de nous unir, 9 de
rous défendre contre toutes les atteintes des ennemis de
notre conftitution 5 d'employer tous ncs moyens pour repouffer
& éloigner de nos côtes ce fotal & funefte décret, & faire
eiin toutes fortes de facrifices, dût-il nous en coûrer le
plus grand & le moins ponible peur-ct.e de tous.
la
moit.
Agi Fort-au-Frince, , de l'imprimerie narionile, chez Chaidion
& compagnie, place Vainire. --- Page 16 --- --- Page 17 ---
1791- Ssfostir
crpice Sola Masisherties
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E779
1653 VA
1-Size
V. a --- Page 20 ---