--- Page 1 ---
Bt Dam sb
11 -' 08 6 y2 --- Page 2 ---
Sent 214
Fednrs --- Page 3 ---
A
EXTRAIT des regiftres de PAlfemblée générale de la partie françaife
de Saint-Domingue.
Séance du trente juin mil fepe cent quatre-vingt-dix.
M. Faugas a donné leSture d'un travail qu'ila fait, , ayant
titre : Réfictation des
principes invariables de rAlfembléc provinciale permanente Eourd nord.
Sur quelques additions qui ont été propofées deux Membres de l'Affemblée 9
Thonorable Membre M.Faugas a offert de revoir bmo ouvrage conjointement avec eux 9
ce qui a été accepté; & l'Alfemblée a arrêté que cet ouvrage feroit imprimé au nombre
de quinze cents exemplaires.
Fait en Affemblée générale, > à Saint-Marc,le trente juin mil fept cent quatre-vingtdix.
Signé,BACON DE LA CHEYALERIE, Préfident.
TAS MILLET, Vice-Préfident.
B. SUIRE, DE MONTAIGU, LE GRAND, TREBUCIEN, Secrétaires.
Tuse
ParxcrpssinariabinvariabigsdetAfontiabigdetAfentispe RÉFUTATION des principes invariables
vincialepermenente du nordspar M.Tre
de PAlfemblée provingiale permanente
mondric,Préfident de cette. Alemblée.
du nord.
La députation de l'Affemblée de Saint- L'ÉCRIT que nous allons combattre
Marc a cherché à vous donner les prévenun titre qui annonce la profeffion de
tions les plus favorables fur la modération Ete del'Affemblée provinciale permanente
de l'Affemblée coloniale, & a voulu vous du nord, exprimée par l'organe de fon
une
fournir
nouvelle explication de fes Préfident. Les principes de T'Aflemblée
principes.
générale y font attaqués, &c notamment
Pour démontrer les erreurs dans lef-' ceux confignés dans fon décret du 28 mai
quelles elle eft tombée,il eft indifpenfable dernier, rendu fur la conftitution.
de développer ceux que la partie du nord
Si nous démontrons d'une manière évia cru devoir adopter.
dente que ces principes font juftes, calLa colonie de Saint-Domingue ne peut quésfurl'ordre des chofes, fur la néceflité
être envifagée que comme une partie de impérieufe 2 & peuvent feuls opérer la
l'empire français : c'eft en cette qualité tranquillité & le bonheur de Saint-Dominqu'elle a député aux Etats généraux; c'eft gue; fi nous prouvons que l'efprit du dé- des
en cette qualité que nos Députés ont été cret du 28 mai eft conforme à celui
accucillis par l'Aflemblée nationale,malgré décrets rendus par l'Affemblée nationale
Pirrégularité de leur éle&tion.
fur les colonies; enfin, fi nous faifons voir
Comme partie de l'empire français 2 les que les principes prétendus invariables de
lois conftitutives de la monarchie font in- T'Affemblée provinciale du nord ne font
violables pour nous, comme pour le refte qu'un enchainement de contradiétions &
delaNarion;telles font les lois qui affurent de raifonnemens verfatiles, nous aurons
la fucceffion à la couronne 2 qui rendent à rempli notre tâche.
la Nation affemblée le pouvoir légillatif
Pour rendre la difcuffion plus frapqu'elle n'auroit jamais dû perdre, qui, pante 2. nous avons mis en regard les arguconftituent le Roi chef fuprême du pou- mens de la province du nord, avec nos
adiétions &
delaNarion;telles font les lois qui affurent de raifonnemens verfatiles, nous aurons
la fucceffion à la couronne 2 qui rendent à rempli notre tâche.
la Nation affemblée le pouvoir légillatif
Pour rendre la difcuffion plus frapqu'elle n'auroit jamais dû perdre, qui, pante 2. nous avons mis en regard les arguconftituent le Roi chef fuprême du pou- mens de la province du nord, avec nos --- Page 4 ---
[2]
voir cxécutif, & rendent fa fanétion né- réponfes, afin que les leéteurs
ccffaire pour l'exécution des aétesdu corps juger plus commodément de
côté puiffent cft
légiflatif.
l'erreur.
quel
Telle cft, Meffieurs, une partie des lois
conftitutives de l'empire français, qui ne
peuvent fouffrir datsmtomtidamnialte
province que ce foit de la monarchie: elles
font d'autant plus obligaroires pour nous,
que nous avons contribué à leur formation
par l'organe de nos Députés.
En nc confidérant, Mellieurs, la colonie
M. le
de Saint-Domingue que camme dépenPréfident, vOus êtes ici en condance de la France , il en réfulte néceffai- dites-vous, tradiétion avec de vous-même 3 il ef aife,
rement qu'elle ne peut, fous aucun point y avoir deux Affemblées convaincre quil ne peut
de yue, prétendre au pouvoir légiflatif. Il un royaune.
legiflatives dans
n'appartient qu'au corps de la Nation dont
A la troifième
de votre
nous faifons partie. IIvous eft aifé de vous paragraphe V, vous page
mémoire,
en convaincre, Meflieurs, qu'il ncp peuty (PAflemblée
dites, elle a fenti
avoir deux Affemblées légillatives dans un tance des licux, nationale) il devoit que ie par la difroyaume. Si, comme la France, nous pré- afaires
préfenter des
tendons en former une, il n'eft pasdouteux célérité, qui 6 exigeroient étoit la plus grande
nous ne
quil
que
ferons plus partic de la mo- lors qu'elle nous confàt indifpenfable le
pour
narchie françaife.
créter
pouvoir de déprovifoirement les objets de cette
nature.
Or,. pour rendre des décrets , même
provifoires, il faut une Affemblée légiflative; dans'ce cas, vous en admettez donc
deux ; mais que deviendra ce principe par
vous établi plus haut 2 qu'il ne peut y
avoir deux. Alemblées légiflatives dans 1n2
royaume?
La contradiStion ne fauroit être plus
manifefte ; vous y avez été entraîné , M.
le Préfident , parce que vous avez commencé par pofer un faux principe &c la
nature des chofes vous ayant ramené,
pour ainfi dire malgré vous, à la néceffiré
d'admettre deux Affemblécs légiflatives,
vous avez été forcé de contredire lc faux
principe que vous aviez établi fans réflexion.
Oui, M. le Préfident, nous le difons
avec vous, avec l'Affemblée nationale 9
article XVII du décret des inftruétions du
281 mars, avect tous ceux qui fentent lesconféquences du décret des droits de l'homme;
qu'ilexifte des afaires célères (ce font vos
termes), & nous ajoutons, un ordre de
chofes fur lefquelles les lois ne peuvent
être faites que parl la colonie; qu'elles doi-
ion.
Oui, M. le Préfident, nous le difons
avec vous, avec l'Affemblée nationale 9
article XVII du décret des inftruétions du
281 mars, avect tous ceux qui fentent lesconféquences du décret des droits de l'homme;
qu'ilexifte des afaires célères (ce font vos
termes), & nous ajoutons, un ordre de
chofes fur lefquelles les lois ne peuvent
être faites que parl la colonie; qu'elles doi- --- Page 5 ---
131 vent y être préparécs, décrétées & exécutées provif@oirement, Voyons de quelle
manière s'explique T'Affemblée nationale
dans l'article XVII du décret des inftructions. Les lois purement intérieures
être provifoirement exécurées avec ETA fanction du Gouverneur, 6 en réfervant les
approbations du Roi & de la lègiflature
frangaife, éc.Lar raifoni indique, quavant
le mot exécurées 9 il falloit mettre celui
décrétées ; car le décret de la loi marche
avant fon exécution. a fervi de bafe à
Dans Tinftrugtion qui
ce décret, cette augufte. Affemblée les ne droits voulant laiffer aucun doute fur
qu'elle nous accorde , a dit, & au-delà
de ce gui confizue les rapports fondamen- ellen'a
taux des colonies édel lar métropole,
voulu rien ajouter qui pitt impofer coloniales: quelque
limite àla libertédes Alfemblées
T'Af
fommes déclarés partie intéVous voyez, 9 M. le Préfident, que
Nous nous
femblée
dans cette inftrustion &c
grante de cet empire ; nous & ne pouvons fom- dans le nationale, décret s'en eft enfuivi, emdonc pas ifoler nos intérêts ; nous
tout ce qui concerne le régime inmes forcés, fi nous voulons être juftes,de blef braffe
qui a rien réfervé, &
les combiner de manière à cequ'ils ne
térieur; qu'elle n'en
fuivi fes inten- que
fent pas ceux de l'Etat auquel nous appar- nous tions nous dans avons le parfaitement décret du 28 mai, à la fanctenons, de la Nation avec laquelle
tion près du Gouverneur, quenousn'avons
faifons un tout.
pas rejetée entièrement 2 mais que nous
avons mitigée.
il faut avoir de la
Mais, Meffieurs, 7 la Nation, à qui feule
M: le Préfident, avez-vous pu avanappartient la puiffance légiflative, a refufé bonne foi; comment affertion P on ne refufe
de nousl la déléguer, malgré la réclamation cer une pareille a été demandé; & jufqu'au déde nos Députés. avonsànous plaindre que cret ce du28 qui mai 7 la colonie a-t-elle jamais
Examinonsfinous:
demandé la faculté de faire fes lois? vous
de fon refus.
ajoutez, malgré la réclamation de nos Députés.1 Lurcorre/pondance
jufqu'à que les
Tévidence, quils n'ont eteRIr
avanzages compris dans le décret du 8
mars. L'inconvénient de laiffer aux légif- de
latures prochaines le foin dangereux
faire des lois fur T'efclavage,l leur a échap- la
pés heureufement que nous trouvons àcet égard
juftification de nos précautions
dans la faculté qui nous eft accordée les
XVII des inftructions ; &
E
l'article précautions du décret du 28 mai fe font
rencontrées avec les vues de l'Aflemblée
I
mars. L'inconvénient de laiffer aux légif- de
latures prochaines le foin dangereux
faire des lois fur T'efclavage,l leur a échap- la
pés heureufement que nous trouvons àcet égard
juftification de nos précautions
dans la faculté qui nous eft accordée les
XVII des inftructions ; &
E
l'article précautions du décret du 28 mai fe font
rencontrées avec les vues de l'Aflemblée
I --- Page 6 ---
[4J
nationale, ce qui eft pour nous
Si l'Affemblée des Repréfentans de la certain qu'elle acceptera ce décret. l'augure
colonie étoit autorifée à devenir
Vous ne faites pas attention que vous
tive, elle ne correfpondroit plus légifla- perfiftez dans votre première contradiclep pouvoir exécurif, fans l'intervention quavec de les tion ; car, fi vous avez admis que dans
l'Aflemblée nationale. afaires guli exigent la plus
Nous ferions expofés à voir refufer la cetrite,P-Afemblic générale alat grande
fanation à nos demandes les plus
décréter, elle eft donc légiflative facultéde ; &n
par les infinuations d'un miniftre légitimes, ou
avons pu, au terme de Tarticle XVII nous
vers , ou furpris. per- infiructions, en faire ufage pour notre des régimeintérieur. Donc l'Affemblée nationale
Quels moyens aurions-nous
de- ne fauroit le trouver mauvais. mander fa réfponfulbilité (le
nous Cet inconvénient, M. le Préfident, 2 ne
en obtenir
2 fi
a pas
ELS
Roors que de la fanêion juftice dul Roi, nous n'avions maux il faur échappé;mais éviter le comme nous de deux
tôt ne feroit que la fanétion minifférielle? xqui bien- préféré recourir à la fanétion pire, du avons
Nous deviendrions étrangers à
malgré T'influence que le
Roi,
nationale, feule capable de nous 'Affemblée faire ref- plurôt que de laiffer aux miniftre y aura 2
Dcfter, &la feule qui puiffe nous
chaines nos lois fur Tefclavage légillatures &cfur pro- nos
L'Aflemblée
protéger. rfranchis 5 & l'Affemblée
a
nous
donner une nbceEeat émanntion de fes
bien fenti qu'il ne. lui
nationale fi
voirs,a cependant fenti que notrepofition pou- méler, que, T'article convenoitpas XVII des inftruc- des'en
géographique &c la nature de
tions, elle Tiliel le régime intérieurà notre
tés néceffitoient une différence nosproprié- & des mo- difpofition. Au furplus 2 dans le cas oùt
difications dansles décretsq
Tintrigue miniftérielle feroit affez
elle nous a lailléjuges des qu'ellearenduss changorons né pour empécher la fanétion d'une puiffante
ceflaires au
que nous habirons ; elle mais oppofée à fes projers 7 les Joijulle, Commifne s'eft PALINTN que le droit indivifible de la faires dela colonie n'auroienr-ils pas alors
décréter les lois qu'elle nous autorife à lui
faculté de s'adrefler à l'Affemblée nadu propofcr, Roi.
illéjuges des qu'ellearenduss changorons né pour empécher la fanétion d'une puiffante
ceflaires au
que nous habirons ; elle mais oppofée à fes projers 7 les Joijulle, Commifne s'eft PALINTN que le droit indivifible de la faires dela colonie n'auroienr-ils pas alors
décréter les lois qu'elle nous autorife à lui
faculté de s'adrefler à l'Affemblée nadu propofcr, Roi. & de les préfenter. à la fanétion obflacle; tionale, 2 au & Roi même, pour vaincre cet
fer que cette n'avons-nous augufte Affemblée pas lieu de pendra la colonie dans les priviléges maintienLepouvoirlégifatif.e qui conficuce ceffen- lui aura reconnus P
qu'elle
tiellement la fouveraineré, eft
Vous ne vous laffez pas , M. le Préfi-
& nous ne fommes pas plus fondés individble; à nous vous dent, de vous contredire vous-même ,
l'approprier titurion dansune
de notre conf ce avez oublié que vous l'avez divifé
que dans la ERA : je
pouvoir légiflatif, dans les
même que nous fommes, quant à préfent, prérends exigent des
célérité, & vous nous afaires forcez gui à
fansintérét à le fairc, & que cette
répétitions faftidicufes, 2 puifqu'il faut
tion malfondéc nepeut nous
préren- encore vous dire que T'article XVII dcs
utilité; ; elle peut au contraire étred'aucune indifpofer inftructions autorife cette divifion ; vous
l'Afferabléc nationale, à qui on prête gra- ajoutez nous que notre prétention malfondée ne
ruirement des Vucs dangercufes pour la peut
étre d'avcune urilité,
colonia, quand.par fon décret du 8
atl contraire incifpofer LADemblée gu'elle peut naeile ue manifefte que des intentions mars, bien- tionale. faifanses. Si vous étes, M. le Préfident,
priétaire d'efelaves; fi vous avez proles alarmes de la colonie fur le
3 fi
FE
philantropique dans les temps où le --- Page 7 ---
L51
feu de la liberté n'avoit pas embrafé tous
les coeurs 3 on a craindre les exemples
de la Jamaique & Va Surinam,ol,lesarmesàlamain,! fhundijendecadécbemes
fi la révolte, enfanglantée des Mulâtres &c
Nègres libres, arrivée récemment à la
Martinique. ,eftpournous un grand exemple, 3 comment avez- - vous pu dire que
notre prétention efer malfondée. E-qui'ellene
peut nous étre d'aucune utilité? Nousajoutons que, bien éloignés de croire que nous
indifpoferons l'Affemblée nationale 2 nous
penfons au contraire qu'elle nousfaurag agré
de lui épargner, à la face de l'Europe, les
contradictions dans lefquelles elle tomberoit, en décrétant des lois fur l'efclavage.
pu dire que
notre prétention efer malfondée. E-qui'ellene
peut nous étre d'aucune utilité? Nousajoutons que, bien éloignés de croire que nous
indifpoferons l'Affemblée nationale 2 nous
penfons au contraire qu'elle nousfaurag agré
de lui épargner, à la face de l'Europe, les
contradictions dans lefquelles elle tomberoit, en décrétant des lois fur l'efclavage. C'eft par une fuite de ces foupçons mal
Nous convenons avec vous 2 que mai- les
fondés qu'on a cherché à nous inipirer des inftruétions décrétéesnous laiffent lès
inquiétudes fur une claffe d'hommes qui tmesdefverlaconditione des Citoyens abtifss
n'eitpas formellement exclue dans l'article mais obfervez que cette fixation n'aura
quif ifxel'activité des Citoyens. Onn'a pas lieu que pour lesAffemblées: fubféquentes,
voulu voir que les inftruétions décrétées &que nous fommes fondésà réclamer connous laifloient maitres de fixer les condi- trelan.1Vdudéeret desinftructions quiap
sions de l'astivité, & que par-là même il pelleaux premières Affemblées dest paroiffes
nousé étoit facile de prononeruneetclufen tous les propriétaires d'immeubles ; or 2
que nous regrettions de ne pas voir formel- qui dit tour,n'excepte rien ;donc, auroient auxterlement énoncée. més de cet article, ces Affemblées de Muété compofées de Citoyensblancs,
lâtres & Nègres libres propriétaires, & de
méfalliés. Quelle dangereufe conféquence
n'en auroitil pas réfulté pour la colonie P
Le feulobjet quip pufeyrsimennousin- Vous voilà, 2 M. le Préfident , ramené
téreffer, le feulauquelil foit important que àl la vérité ; que nous aimons à vous ennous tenions la main, le feul principee enfin tendre raifonner en vrai Colon ! Jej facriàl la défenfe duqueljefacrifieroisr sma fortune fierois ma fortune 6 ma vie pour décréter que PAF
& ma vie, eft que l'Aflemblée nationalene femblée nationale ne puife
fur
puiffe rien décréter fur notre régime inté- notre régime intérieur que les plans ren- que
rieur, qu'il ne lui foit propofé par nous. nous lui préfenterons dans ; CES expreflions du décret
Faifons, Meflieurs, de ce principe un trent parfaitement
l'efprit l'article X de
point fondamental de notre conftitution 2 du 28 mai;& fi vous prenez
& nous nous préferverons de tous les ce décret dans fon véritable fens 2 del vous TAL Y
dangers qu'une coupable anarchie vou- verrez que nous réclamons droits auprès reladroit nous faire entrevoir, & cherche inu- femblée nationale nos
légitimes en faveur
tilement à nous faire craindre. tivement à ce régime intérieur 7
Les queftions agitées dans l'Affemblée duquel vous voulez tout facrifer. nationale, L'Affemblée &c. nationale Meffieurs, nous
Vous retombez, M. le Préfident, dans
a donc fagement refufé le pouvoir légifla- la même contradiction; votre qui efprit retombe fraptif, & ne nous a autorifés qu'à exprimer pé eft comme un maniaque,
de fon
nos voeux. Mais, Meffieurs 2 en refufant dans l'accès à chaque paroxifme
--- Page 8 ---
[6]
de nous déléguer fes pouvoirs, elle a fenti mal.
nationale Meffieurs, nous
Vous retombez, M. le Préfident, dans
a donc fagement refufé le pouvoir légifla- la même contradiction; votre qui efprit retombe fraptif, & ne nous a autorifés qu'à exprimer pé eft comme un maniaque,
de fon
nos voeux. Mais, Meffieurs 2 en refufant dans l'accès à chaque paroxifme
--- Page 8 ---
[6]
de nous déléguer fes pouvoirs, elle a fenti mal. Mais vos
que, par la diftance des lieux, il devoit XVII du décret afaires des eéltres, l'article
fe préjenter des afaires exigeoient la feuls topiques
inftruclions, font les
plus grande célérité, 6 5id étoit indafpenpropres à votre mal. Jable
lors qu'elle nous confiar lepouvoir Trte décréter provifoirement les objets
de cette nature. Ce décret 2 Meflieurs, conforme aux
Nous
principes d'une monarchie dans laquelle
du convenons avec vous, M.le Préle point de perfeation eft la balance exaête fident, balance des principe ; nous connoiffons Ja
des pouvoirs, eft d'une néceflité indifpen- gretté de pouvoirs > & nous avons refable. Il peut feul garantir &c affurer la
La n'avoir pu nous y conformer. véritable liberté, à laquelle vous avez droit Ciroyens colonie, affemblage monftrueux de
de prétendre;libertéq que vous ne tarderiez ne nous a blancs, d'affranchis & d'efclaves,
pas à perdre fi un des pouvoirs, qui conf- de
fufceptible d'aucun point
rituent les monarchies, pouvoit entraîner
perfeétion bea l'occafion de cettebalance;
la balance. nous y avons fuppléé 2 autant qu'il a été
Nous ne pouvons nous
au pouvoir de l'Aflemblée
,
diffimuler, les précautions
générale
Meffieurs, que dans Rant des chofes nous IV& V. du prifes dans les articles R
avons bien plus à craindre, &cà nous ger n'eft
décret du 28 mai. Cet ufage
rantir des abus de la liberté & des
pas nouveau en politique ; il eft
de Tanarchie,que du defpotifme des dangers agens tiqué avec fuccès
les
du
cains, chez
TASTCr
pouvoir exécutif ;
lefquels)
du
LT Préfidento
eft un
leur refponfabilité qui contribue à la fandion , n'eft congrès,
abusd rempart qui nous met à l'abri des violable; & dans l'embarras où
ind'aurorités: mais la fanétion
troiSLEUE
du Repréfentant de Sa Majefté cit provifoire une bar- d'une vée l'Affemblée générale, ellé a envifagé,
rière néceffaire au pouvoir legiflutif. Vous pé part,un. Gamemenrcinsdufr
ne pouvez la renverfer, qu'en rifquant de d'une d'incapacité autre par la défaut néceffité d'inviolabilité;
perdre cette liberté qui fait l'objer de tous colonie dans part,
de fauver la
nos voeux. alors
les temps de calamités ; &
Le pouvoir légillatif, femblable à la raelle a cru ne pouvoir mieux faire
pidité de léclair, n'a befoin, pour créer que moins d'adopter la fanétion quilui a paru la
Ou détruire,
d'un fimple aéte de fa
Quant fufceptible à la d'inconvéniens.
ceffité d'inviolabilité;
perdre cette liberté qui fait l'objer de tous colonie dans part,
de fauver la
nos voeux. alors
les temps de calamités ; &
Le pouvoir légillatif, femblable à la raelle a cru ne pouvoir mieux faire
pidité de léclair, n'a befoin, pour créer que moins d'adopter la fanétion quilui a paru la
Ou détruire,
d'un fimple aéte de fa
Quant fufceptible à la d'inconvéniens. volonté: isedine par'des hommes, &cc des fonétions du comparaifon que vousfaites
L'Affemblée coloniaie, Meffeurs,nous
magiftrat avec celles du
objeste, contre la fanétion provifoire du Gunyrmmun-Gansalone elle eft d'autant moins
del la fanétion,
Gouverneur, 2 qu'elle eft en contradiétion
a des
foutenabie, 2 que le
avec le décret conftitutionnel de l'Affem- magiftrar
règles fixes dans lcs lois
blée nationale, qui fatue que les préroga- générales & particulières dont il ne Peut
tives royales font inceffibles &c incommu- s'écarter, , au lieu que le Gouverneur-Gé
nicables.Jer réponds que l'Affembléc natio- néral, n'ayant aucune donnée cerraine 7
nale n'a rien décrété que pour lintérieur que peut,avec foient lafaveurdu miniftre, ,& quelles
du royaume ; que, 2 convaincue de l'im- joursd'affaire. fes prévarications, Mais,
fe tirer touclle poflibilité de nous appliquer fes décrets, la colonie aura direzvousfansdouts,
y a formellement dérogé pour lcs CO- lorfque le
bien moins de garantie,
lonies, par celui qu'elle a rendu le 8 mars; nous le fentons Gouverneur fera inviolable;
que cette finétion provifoire 2 bien loin deux côtés
bien ; inconvéniens des
d'être une. contradidion,n'ef qu'une cOn- Gouverneur ; auffi efpérons-nous que le
ne jouira jamais de la belle
mnisiEnE Elle nous objeéte, en fecond lieu, qu'il trône, prérogative &: de la fanéion inhérente au
que T'Affemblée générale fera --- Page 9 ---
faut être inviolable, , pour avoir la liberté [7] maintenue,
qu'exige la fonétion de fanêtionner. Je ré- le privilége Partafemnbilenatonaikd de faire exécuter
dans
ponds,
l'inviolabilité n'eft pas plus dans les cas
fes décrets
effentielle 2 la liberté du Gouverneur-. urgens. Général, relativement à fa fangion, que
pour toutes fes autres fonétions, 2 foit publiques, foit particulières:il ne fanétionne
pas en fon nom ; il exerce provifoirement
un pouvoir qui lui eft délégué, les magif
trats n'exercent, , &c.. Ce n'eft point, Meffieurs, l'efprit d'une
eft donc. bonne loid que nous redoutons; maisilnous gularité Oi d'une , M. lc Préfident, l'irréparoit dangereux de l'admettre irréguliè- X du décret du voie laquelle, article
rement, parce que rien
mai, On s'adrefle à
fm
l'on nous en prefcrivit n'empêcheroit de funeftes que l'Affemblée leurs
nationale&cau Roi pour avoir
même voie , lorfqu'elle feroit une ad- douter acceptations P & qu'avez-vous à remife.
d'une , M. lc Préfident, l'irréparoit dangereux de l'admettre irréguliè- X du décret du voie laquelle, article
rement, parce que rien
mai, On s'adrefle à
fm
l'on nous en prefcrivit n'empêcheroit de funeftes que l'Affemblée leurs
nationale&cau Roi pour avoir
même voie , lorfqu'elle feroit une ad- douter acceptations P & qu'avez-vous à remife. d'une loi
TEE
Nous nous propofons donc de dé- berceau le refus qui être étouffée au
montrer les
de
par
la fanstion
I
prétentions l'Affemblée
royale? colonialei lonte dangereufes parleurindépendancc, & nous prouverons qu'eilesfontfes
indapnendaemapurksser mémeded décrets. Par fon décret du 28 mai 7 l"'Affemblée :
S'efedéclarie legiflative, quant à fon régime
un
intérieur. Par Ion décret du Ier juin, elle a vant Oui,encore coup, elle l'a dû fuiconfirmé ce principc, puifqu'elle n'adhère l'article vous-mème, XVII M. le Préfident ; voyez
au décret du 8 mars de l'Affemblée natio- vous dites fur des inftrudlions, 9 & ce que
nale , que dans ce qui ne contrarie les
Quoi! M. les le afaires célères. ufurpations confignées dans fon rieger du rieufement
Préfident, feroit-ce fé28 mai. On nous a préfenté,
raifonnement que vous auriez fait ce prolixe
ce même décret, comme une preuve Mellicurs, de fa
des hommes ; & avez-vous Pu efpérer
foumifion à l'Affembléc nationale; ; mais
contenter ? raifonnables pourroient
il
eft évident que l'articlelI, qui eftgénéral Ses
Nous en appelons à votre
pour tous lès décrets de cette. Affemblée, mettre propre l'abfurde confcience ; elle n'a pu vous perftatue que Ces décrets, en ce qui concerne des
diftinéion que vous faites
le régime intérieur, 2 feront envoyés à la commerciaux articles qui de concernent nos rapports
fanétion du Roi feulement. L'art. X portc, intérieur, 2 ceux de notre régime
à la vérité, que les articles ci-deffus feront
pour en inférer malicieufement,
préfentés à T'acceptation de l'Affemblée uns, que nous & avons envoyé à l'acceptation les
nationale &c du Roi; ou cet article eft en du 28 mai non lesautres:1 l'article Xdu décret
contradiStion avec Farticle II, ou bien il
porte expreffément, les articles
eft équivoque ; ou, comme il ne peut
LAlemblée ci-deffits feront envoyés d Tacceptation de
y avoir de doure, l'Affemblée
dant
nationale & du Roi, & cepentraitant
CSOLIRE
dans l'article VI dc fes rapports P'Affemblée vous penfez., M. le Préfident 2 que
commerciaux, a parfaitement fenti qu'il à
générale n'a entendu cnvoyer
étoit indifpenfable que la Nation décrétât nent l'acceptation que les: articles qui concerle contrat de commerce projeté ; & on ne Préfident lesrapports commerciaux. Ah!.M.le
peut conclure du fens vrai de ce dixième femblée 2 que vos intentions pour T'Afarticle autre chofe 2 finon que l'Affemblée
générale font perfides !
commerciaux, a parfaitement fenti qu'il à
générale n'a entendu cnvoyer
étoit indifpenfable que la Nation décrétât nent l'acceptation que les: articles qui concerle contrat de commerce projeté ; & on ne Préfident lesrapports commerciaux. Ah!.M.le
peut conclure du fens vrai de ce dixième femblée 2 que vos intentions pour T'Afarticle autre chofe 2 finon que l'Affemblée
générale font perfides ! coloniale n'a entendu préfenter à l'acceptation de l'Affemblée nationale & du Roi --- Page 10 ---
[8 J
quc les articles qui peuvent les concerner
féparément. La fouveraineté, vous a-t-on dit, Meffieurs, &cc.. Jefutis loin de contefter une vérité aufli
évidente, &c.. vous renverLe peuple de Saint-Domingue, , qui ne
Oh! pour cette fois,nous à l'article XVII des
fait qu'une partie de l'empire français , ne rons tout fimplement
peut donc en particulier exercer aucune inftruétions 2 qui nous accorde le régime
Jouveraineté. Ii ne
prétendre qu'au intérieur, &à ce que vous avez dit vousdroit que lui donne EKU Nation affembléc, même , fur les afaires célères. de propofer le plan qui lui convient, &c... Vous êtes, M. le Préfident ,
La preuve en eft encore, Meffieurs,
P'Affemblée toujours ;
dans le décret du 28 mai;'Affemblée CO- mal-veillant pour
coloniale générale bien
loniale eit bien éloignée d'y reconnoitre le vous dites, PAlfembléc
eft exécupouvoir exécutif; elle ne veut pas que fes éloignée dy reconnoître le pouvoir oublié
décrets provifoires foient préfentés à la tifs mais vous n'avez pas
les
fanétion du Repréfentant de Sa Majefté; articles III, IV & V du décret du mai
elle ordonne fimplement qu'ils lui feront portent que les décrets de l'Affemblée génotifiés 5 elle ne lui laiffe que la voie de nérale fur le régime intérieur, dans les cas
repréfentation, & s'inveftit ainfi d'un pou- urgens 2 après avoir fubi l'épreuve des obvoir dont P'Affemblée nationale n'eût pas fervations du Gouverneur,&o obtenul lesfuf
ofé fe revêtir, & qu'elle a regardé comme fragesdese deux tiers del'Affemblée, du Roi;& feroient
inconftitutionnel. exécutés Ge envoyés dlafandion
qu'aucas.ques Sal Majeftérefufat) la fangion,
l'exécution defdits décrets feroient fufpendue. Donc l'Affemblée générale reconnoît
formellement lep pouvoir exécutif: doncvos
raifonnemens s'écroulent d'eux-mémes. On nous annonce cependant, comme
Non , M. le Préfident, cette obligation
une grande preuve de la modération de de l'Affemblée générale, de délibérer penl'Affemblée coloniale 2 comme un devoir dant trois féances, d'après les n'eft obfervations aufli
qu'elle a bien voulu s'impofer, l'obligation du Gouverneur-Gengral,
pas
iilufoire d'en délibérer pendant trois féan- illufoire que vous affeêtez del lc penfer,
ces, &de réunir les deux tiers des voix, & lai réunion des deux tiers des voix pour
pour contraindre le pouvoir exécutif à la contraindre le pouvoir exécutifà la propromulgation de fes décrets.
ès les n'eft obfervations aufli
qu'elle a bien voulu s'impofer, l'obligation du Gouverneur-Gengral,
pas
iilufoire d'en délibérer pendant trois féan- illufoire que vous affeêtez del lc penfer,
ces, &de réunir les deux tiers des voix, & lai réunion des deux tiers des voix pour
pour contraindre le pouvoir exécutif à la contraindre le pouvoir exécutifà la propromulgation de fes décrets. mulgation,eft un modérateur qui ramènera toujours les efprits aux vrais principes
dej juftice & de raifon. L'Affemblée coloniale anéantit donc, L'Afemblopinaniopuere cettei méthode,
dans le fait, , le pouvoir exécutif, & le n'anéantity point, commgxouslepnéender,
réunitdans fes mains au pouvoir légiflatif; le pouvoir exécutif; elle ne fait, tout au
elle s'arroge ainfi deux grands attributs de plus, quc le fufpendre pendant de la quelques fanétion
la fouveraineté. Mais, Meflieurs, elle nc mois, & jufqu'à l'arrivée
s'eft pas bornée à ces deux fonêtions ; &il ou du refus du Roi. eft encore aifé de démontrer qu'elle y la
Quant à ia déclamation quer vousfaites,
joint le pouvoir judiciaire: La preuve en M. le Préfident, contrei P'Aîlemblée du génécft dans les mandemens qu'elle a hafar- rale,fur la prétendue réunion pouvoir
dés, &cc...
eflieurs, elle nc mois, & jufqu'à l'arrivée
s'eft pas bornée à ces deux fonêtions ; &il ou du refus du Roi. eft encore aifé de démontrer qu'elle y la
Quant à ia déclamation quer vousfaites,
joint le pouvoir judiciaire: La preuve en M. le Préfident, contrei P'Aîlemblée du génécft dans les mandemens qu'elle a hafar- rale,fur la prétendue réunion pouvoir
dés, &cc... judiciaire au pouvoir legrilatif,al'occafion
dcs mandemens faits parlAffemblée, nous --- Page 11 ---
19J
femblée vous répondrons, qu'à l'imitation de PAf
penfé que nationale le falut s TAfembléc du
générale a
fuprême , que des plaintes peuplc étoit la loi
Comités contre des officiers portées par les
commandans, 2 ont dû nécelliter les majors, 2
demens de ces oficiers; qu'après les man- avoir
ouis; P'Affembléc lesa renvoyés à leurs
fondions clle les 3 que s'ils euffent été
auroit dénoncés au coupables,
Que ne pourrions-nous pas dire fur ciaire.
pouvoir judiTétabliffement des divers Comités,
A l'égard du Comité
ment fr celui des recherches P tribunal notam- PAflemblée générale des a recherches,
odieux! dont la monftrueufe exiftence
les infurredions d été néceflitée
révolté-la Nation , qui ne l'avoit créé a E de Saint-Marc, du Gens de coudans un moment de barbarie, &
& des fitites de ces infurredions. Fond-Parifien,
E trouvér d'excufe que dans le malheur qui E tôt que cette claffe d'hommes eft Qu'auficirconflances.
dans l'ordre, ce Comité a été
rentrée
trois L'Affemblée coloniale a donc réuni les
Nayez donc plus
fupptimé.
pouvoirs qui conflituent la fouverai- Préfident, fur la cumulation d'inquitude,M. le
neté, &c..
de l'Affembléc
des pouvoirs
ni condamné, mais générale; ellea clle n'a ni
férens pouvoirs
furveillé les VE
fion du peuple, pours'oppoferà méthode à T'opprefl'Affembiée
employée
membres des nationale, en mandant RE
Si, comme je crois l'avoir
Bordeaux. parlemens de Rennes & dc
Meffieurs 2 l'Affemblée colonialc démontré, n'eft
Non, , M. le Préfident, , vous
exempte du reproche de
pas rien démontré; car, vous
n'avez
auroit peineà la difeulper fouveraineré, fur celui d'in- on cle par article, nous avons ayant fuivi artidépendance.
qualévidence
prouvé juf
Il me paroit difficile d'être
tradi8ion avec que vous avez été en condépendane:le
fouverain & êtes encore vous-méme, , & que vous
eft incompatible, mélangede CCS deuxq qualités K fuivant ; dans ce paragraphe & dans
déclarée
LAfembles, qui s'eft tré
nous avons au furplus
legifative, quant à fon
que PAffemblée générale ne s'eft démonintérieur, cft donc
régime bué ni fouveraineré ni
attriNation pour cette partic, indépendante de la
indépendance ; que
d'un
RCmmaeee principe faux, font elles-mèmes quevoustirez
fauffes & fans aucun fondement. trèsT'Affemblée s'eft déclarée
Que fi
fon régime intérieur, c'eft légifarive la pour
des chofès la exigé, c'eft que que nature
ceffité M, lePréfident , en avez reconnu vous-même, la néT'article pour les afaires célbres; c'cft
XVII du décret des
que
de FAflemblée nationale inftructions
c'eft que finalement l'article % du autorife ;
du 28
décret
voulu ma.nalgreTensore lui donner,
que vous avez
pas par voie de fouveraineté 2 prouve & que Ce n'eft
d'indépen-
eft que que nature
ceffité M, lePréfident , en avez reconnu vous-même, la néT'article pour les afaires célbres; c'cft
XVII du décret des
que
de FAflemblée nationale inftructions
c'eft que finalement l'article % du autorife ;
du 28
décret
voulu ma.nalgreTensore lui donner,
que vous avez
pas par voie de fouveraineté 2 prouve & que Ce n'eft
d'indépen- --- Page 12 ---
[ho] dance J qu'elle s'attribue cette faculté légiflative 2 mais bien que c'eft un droit difti- que
l'Affembléc nationale ne fera point
culté de lui reconnoitre, en acceptant ce
même Vous décret. voilà enfin, M. le Préfident, au
La députation ne vous a préfents, de Saint- Mef- décret du 14 mai de TAffemblée généralc,
fieurs, les décrets de TAffembléc
portant réforme des abus de l'ordre Thé- judiMarc, que comme proviloiresselle appuie ciaire; vrai tourment des fuppôts de
fa démonftration fur le mot même X 2 e mis 7 ils envifagent avec douleur l'exécueft à la vérité énoncé dans l'article de vous tion de ce décret. Anéantir d'un feul coup
décret du 14 mai; il eft néceffaire
une grande partie des abus cclonie 2 fous l'empire
donner
cn
le&ture..
defquels le peuple de cette ficheux. gémit, Ah!
leur paroit un événement vouloient enfin oufi les bons Citoyens fafcinés par la cabale 9
vrir les yeux trop le
ilsremarqueroienr que colonie pincpsdedat , vient de
nion qui trouble des cette de robe avec
la confedération gens décret
les officiers majors, 9 que le
doit portant faire
établiffement des municipalités fupprimés : ces
regarder d'avance comme fi
dans
deux hiérarchics 2 jadis oppolees, font
le commun danger l'anathème. les mienace.fe Si on les
réunies pour crier fs
comme
en croit, < la colonie T"'Afemblée eft renverfée générale s'é
> leurs fortunes; fouveraine ; elle veut faire fcif-
>> rige en la mère patrie 2 & fa perma-
> fion avec
&r ruineux
>> nence eft un impôr opprefif
> pourl la colonie. >
terreurs! !
Vaines déclamations, 2 inutiles
l'Affemblée générale pourroit y répondre, lifez
en difant aux bons Citoyens, M.le voyez, Préfident,
& jugez. Mais avec vous,
il faut aller plus loin. convenable de tranferire
des travaux de T'Affemblée
Vous trouvez
du décret du 14
K L'ordre
pas encore tout du long T'article X
tribunaux
- générale ne lui permettant
mai, portant fupprefion des fauf celui
de
générale
>> de s'occuper T'organifation judiciaire ;mais d'attribution dans la colonic,
>> &d définitive duj pouvoir eft très-inftant d'ar- d'amirauté.
>
convaincue quil réfultent des attribuDans le puragmaphe.fsireant, vousfaites, aflezi fub-
> rêter les abus qui divers édits ou ordon- M. le Préfident, une ditinétion fi P'Af-
>)
tions données par Général & Intendant tile ; vous prétendez prouver que
> nances; 2 foit aux foit à lun d'eux en parti- femblée pnénleadecrae proviloirenen, de
>> en commun foit 2 à des commiffions parti- ce ni'eft pas en attendant mais Tacceptation
>
fimplement
culier , TAffemblée générale décrête LAfomblée nationale
ne lui a
> culières,
tous les tribunaux parce que Tordre de je le travauz décret
>> provifoirement, 1 que
demeurent
permis d'en rendre
généralo
p d'exception &c d'attribution
celui
Tplag
del'amirauté.
>> fupprimés , excepté
N
à des commiffions parti- ce ni'eft pas en attendant mais Tacceptation
>
fimplement
culier , TAffemblée générale décrête LAfomblée nationale
ne lui a
> culières,
tous les tribunaux parce que Tordre de je le travauz décret
>> provifoirement, 1 que
demeurent
permis d'en rendre
généralo
p d'exception &c d'attribution
celui
Tplag
del'amirauté.
>> fupprimés , excepté
N --- Page 13 ---
[ II ]
> En conféquence, - toutes affaires pendanOn
>> tes dans' lefdits tribunaux feront
manière voit bien, M. le Préfident, votre
>> devant les juges ordinaires, pour portés être
de raifonner, que vous n'êres
> inftruites fuivant les derniers y
encore au cours des principes de P'Affem- pas
>> & jugécs conformément à l'ordonnance erremens, , blée générale. II faut donc vous dire
>> de 1667. >
qu'elle n'aj décréter que provifoirement,
parcc E décrets du
D'après ce que vous venez d'entendre, même
regime intérieur,
il vous
de
les cas
Rii
cftaife voir, 2 Meflieurs, que ce"
urgens pouvant être
mot provifoire n'eft placé dans cet article leur fufpendus par le défaur de fanétion royale,
qu'enoppofition avec celui défnitif. L'AC provifoirement. exécution n'a pu être prononcéc que
femblée ne dicrète pas provifoirement en
Mais il
attendant l'acceptation de l'Affemblée na- cette exécution paroit, , M. le Préfident, , que
tionale, mais fimplement parcequel'ordre vous
vous gêne &
de fes travaux ne lui a
inquiète.
bien,1 TAflemblée
TESTA
rendre le décret général & pas définitif. permis d'en néralc vous dira à Corcille , car il gé- eft
bon que la cabale Tignore, que l'intention de T'Affembléc générale eft en effet
de faire exécuter provifoirement le décrct
du 14 mai; que les abus qu'il
font trop choquans, trop fupprime
pour que PAffemblée nc fe faffe vexatoires pas un 2
devoir facré de lcs anéantir; ; qu'elle met
au-deffus de toutes les maximes de gouvernement LE SALUT DU PEUPLE; qu'elle
en a donné une grande preuve à T'Aflemblée provinciale du nord, en cédant à fes
follicitations pour la confirmation du con- A
fcil du Cap, dont le rétabliffement ne peut
trouver de juftification que dans cette
Jc paffe à la permanence.
maxime facrée.
Le premier inconvénient eft une fur- la Nous voici, M. le Préfident , rendus à
charge d'impofition de quatre millions
vous permanence de l'Affemblée générale ;
an au moins. Malgré limportanced de cette par n'avez êtes naturellement incrédule; : vous
confidération 2 je nc m'y arrêterai : à
pas ajouré foi à ce quc vous Ont dit
ce feroit, Meffieurs, vous faire injure pas
cet égard Meffieurs les Commiffaires de
d'imaginer qu'un intérêt pécuniaire que pût l'Affembléc, fon
, quoiqu'ils vous parlaffent en
balancer dans votre cfprit les avantages de foi nom ; vous n'avez pris leur profeflion
que vous promet une meilleure conftique pour le voeu particulier de leurs
tution,
coeurs ; & 7 marchant à votre but, vous
interprétez que cette permanence eft ruineufe pour la colonie.
En vérité, M. lel Préfident, vous peignez
affez bien en noir; mais continuons le langage de la vérité.
1o.Cette Eomyerdai-sifeaduly
parce que, fans Affemblée permanente, le
peupleeftror du
ou tard opprimé; par lesagens
pouvoir exécutif.
20, Si l'époque du renouvellement de
l'Affemblée générale n'cft pas fixée par la
ruineufe pour la colonie.
En vérité, M. lel Préfident, vous peignez
affez bien en noir; mais continuons le langage de la vérité.
1o.Cette Eomyerdai-sifeaduly
parce que, fans Affemblée permanente, le
peupleeftror du
ou tard opprimé; par lesagens
pouvoir exécutif.
20, Si l'époque du renouvellement de
l'Affemblée générale n'cft pas fixée par la --- Page 14 ---
[12] 1
loi,iln'y aplusde libertérolitique, parce
que les gouvernemens n'aticmblent lesRepréfentans du peuple que lorfqu'ils y font
forcés.
Un des grands inconvéniens qui vous
touchent, eitunc furcharge d'impofition de
quatre millions , qui doit réfulier anuellement de cette permanence.
Vous n'êtes
plus heureux 9 M. le
Préfident , Terdrl de calculs qu'en fait de
plumarinom.bupens sparceque
deux cents douze Députés, à 33 liv. par
jour, ne font par an que 2,553,540 liv.
Au furplus , quand on confidère d'un
côté que, lors des prochaines légiflatures,
PAffembléc générale fera au moins réduite
à la moitié des Membres aStuels (1), que
la durée des feflions pendant CCS légiflatures ne peut qu'être très-courte, que le bureau intermédiaire qui doit remplacer T'AC
femblée générale fera compofé d'un petit
nombre del Membres; & lorfque d'un autre
côté On fait attention aux fommes , bien
plus que fuffifantes pour fatisfaire à ces
frais, provenantes del la fuppreflion dc l'intendant, des officiers d'adminiftration &x
des états-majors.., dont les appointemens
coûtoient énormém.nt à la colonie 2 On
verra, M. le Préfident, s'évanouir ce fantôme monftrueux avec lequel vous avez
voulu épouvanter les Colons. Nous vous
renvoyons 2 à cet égard, 9 aux judicicufes
obfervations mentionnées dans l'ouvrage
intitulé, Diveloppement du décret du 28
mai ,. fervant de réporfe aux obfervations
de rAffemblée provinciale du nord.
Si le voou de la majorité des paroiffes
Enfin, M. le Préfident > dans les deux
eft pour diffoudre l'Affemblée coloniale, 9 derniers paragraphesde vosprincipes invadonnons-nous) la peine d'examiner , avant riables de PAfemblée provincialeda nord,
d'en former une nouvelle, fi une Affem- vous vous montrez à
& nous
blée nombreufe, qui nécefitceuneaugmen- voyons, au grand jour le but tendent
SETTAE
tation de dépenfe confidérable, , eff aufli vos projets.1l étoit en effet difficiledepennéceffaire que nous avons paru le croire fer qu'un homme, aufli inftruit que vous
dans le premier inftant 5 voyons fi la ré- paroiffez Têtre, eùt entaffé tant d'erreurs,
génération de la colonie ne pourroit pas de fophifmes & de faux calculs > fans en
s'opérer d'une maniere plus utile 6 moins
dijpendieufe.
Le Comité de conftitution de l'Aflemblée générale,
dans Q4 travail fur les aflemblées adminiftratives, propcfe
de réduire les Députés à quatre-vingt-dix.
ftant 5 voyons fi la ré- paroiffez Têtre, eùt entaffé tant d'erreurs,
génération de la colonie ne pourroit pas de fophifmes & de faux calculs > fans en
s'opérer d'une maniere plus utile 6 moins
dijpendieufe.
Le Comité de conftitution de l'Aflemblée générale,
dans Q4 travail fur les aflemblées adminiftratives, propcfe
de réduire les Députés à quatre-vingt-dix. --- Page 15 ---
t'isl
avoir un bien marqué; ce but, c'eft ladiffolution de l'Affemblée générale, & l'efpoir l'autorité de l'Aflemblée provinciale ur nord furnagera & primera fur la
colonie entière.
Depuis quatre mois les temps font bien
changés! & cependant tilnes'elt opérédans
la colonie aucune révolution propreà faire
paffer les efprits du blanc au noir. Ce font
donc là les principes invariables de LAF
femblée provinciale permanente du nord !
mais que penfer d'une Affernblée qui, dans
quatre mois 2 va d'un antipode à l'autre,
fans autre motif que celui de l'inftabilité
du jugement des Membres qui la compofent? Pardon, M. le Préfident; mais je ne
peux mc di(penfer de vous dire que vous
avez grandement compromis les principes
invariablesde votreA Aflemblée provinciale;
car, fi vous aviez voulu prouver qu'ellé
n'en a aucun 2 vous n'auriez pas mieux
réuffi. Vous n'avez pu ignorer lc plan
de convocation de l'Affemblée AF eft
venu de laj province du nord, qu'elle
ceffé d'enp précher l'efficacité, & ber
point eu der reposq squ'ellenel'ait fait accepter
aux provinces del'oueft & du fud; & aujourd'hui que l'Affemblée générale eft fur
pied , fans néceffité. 2 & j'oledire fans
deur , lc Préfident de l'Affemblée du bRd
propofe d'opérer la régénération de la colonie d'une manière; plus utile, , moins dafpendieufe & fon grand moyen c'eft la diflolution de P'Affemblée générale.
Il ne faut pas un grand cffort d'imagination pour fentir que l'Affemblée
ciale du nord eft tourmentée du EET de
dominer fur toute la colonie. Dans la douleurd'avoir perdu fa fuprématic, elle voudroit porter fa main barbare fur fon propre
ouvrage, furuneA Affemblée générale, ,compofée en partie de fes frères, de fes enfans,
qui auront toujours les bras ouverts pour
y recevoir leur mère 9 lorfqu'elle fera revenue de fes égaremens. Mais nous lui annonçons que le règne de fes erreurs eft fur
fa fin, que fa didature a été dévoiléc, &
que lés bons Citoyens dc la,ville du Cap
rendronthommage auxvues fraternelles &
patriotiques de l'Affemblée générale.
générale, ,compofée en partie de fes frères, de fes enfans,
qui auront toujours les bras ouverts pour
y recevoir leur mère 9 lorfqu'elle fera revenue de fes égaremens. Mais nous lui annonçons que le règne de fes erreurs eft fur
fa fin, que fa didature a été dévoiléc, &
que lés bons Citoyens dc la,ville du Cap
rendronthommage auxvues fraternelles &
patriotiques de l'Affemblée générale. --- Page 16 ---
O%
E740
I14 J
Quant à vous, > M. le Préfident, , nous
vous confeillons d'envoyer à l'Affemblée
nationale8c au Roia votre projet de diffolution de l'Affemblée générale; mais, , en
attendant, cette dernière emploiera toute
fon autorité pour faire exécuter fon décret
du 14 mai, concernant la réformedes abus
de l'ordre judiciaire.
Après vous avoir non pas perfuadé 9
nous ne nous en flattons pas, mais convaircu que tous VOS argumens portent à
faux, recevez, M. le Préfident, tousnos
voeux pour votre converfion 8:p- ur celle
de nos frères, , que vous avez entrainés
dans votre dangereux fyitème.
Signe, FAUGAS, Député de la
paroiffe des Cayesa
A SAINT-NARC,
DE FIMPRIMIRIE DE FASSEMDIEE GÉNÉRALE