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CH, CHADENAT,
Librairie Americaine et Coloniale,
17 Quai des Grands-Augustins,
PARIS. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
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Extrait des mémoires que M. DUTRONE a présentés à Lassemblée nationale au mois dejanvier1791, tiré du Tournal des' Colonies.
Après avoir démontré que l'existence politiqué
des Colonies est uniquément fondée sur la culture
de quelques plantes dont les produits sont l'objet d'un commerceimmense, après avoir démontré
toute limportance de ces produits pour la prospérité de la France, M. Dutrone offre les
d'éclairer les François sur cette importance moyens etles
colons eux-mêmes, sur tout ce qui peut multiplier
et étendre les sources de leurs richesses.
Pour remplir ce double but, il invite les colons
François à former des sociétés d'agriculture, dans
les diverses isles de lInde et de T'Amérique; à
receuillir tous les faits, toutes les observations
que
la nature leur presente dans les objets qui les
environnent, dans l'économie rurale et domestique des lieux qu'ils habitent; : à entretinir une
correspondance générale de ces sociétés entr'elles
et entre les compagnies savantes de France; à
établir, sur une partie des biens nationaux qui
seront à la disposition des assembleés coloniales,
des écoles pratiques de cultures et de manufacA --- Page 6 ---
EPJCB
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tures; à fixer enfin, dans ces écoles des personnes doninstruites qui puissent, en les administrant,
Tinstruction littérale et pratique
ner au cultivateur
à Téclairer dans tous ses travaux"
propre
réunion des hommes accroit leurs forces
La
leurs forces physiques; les famorales comme
plus actives,
cultés intellectuelles en deviennent
les affections plus grandes et les connoissances
étendues; ainsi la formation de sociétés
plus
dans les Colonies, la correspond'agriculture
sociétés entr'elles et entre les'
dance de ces.
de France n'auroient pas
compagnies savantes de receuillir et de répandre
sculement l'avantage intéressent le bonheur des habitous les faits qui
elles setans. des diverses parties de T'empirc,
de nouveaux liens entre les enfans
roient encore
les vues, les
d'une grande famille, et dirigeroient
sentiments de tous vers un centre commun.
La curiosité a conduit les François dans toutes
du globe; la fortune les a fixés dans
les parties
oà ils vivoient éparts et isolés;
certaines contrées,
Tamour de la patric les réunit tous aujourdhui,
doivent donc travailler de concert pour le,
tous
chacun dans les lieux qu'ils
bien général; et
de ses,
habite, doit étudier la nature, profiter Pour,
bienfaits et les partager avec ses freres. l'au-.
de succès, à ce but,
arriver, avec plus
écoles de cultures et,
teur propose de formerdes
a fixés dans
les parties
oà ils vivoient éparts et isolés;
certaines contrées,
Tamour de la patric les réunit tous aujourdhui,
doivent donc travailler de concert pour le,
tous
chacun dans les lieux qu'ils
bien général; et
de ses,
habite, doit étudier la nature, profiter Pour,
bienfaits et les partager avec ses freres. l'au-.
de succès, à ce but,
arriver, avec plus
écoles de cultures et,
teur propose de formerdes --- Page 7 ---
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de manufactures dans les Colonies, et de fixer
dans. ces écoles des hommes instruits; afin d'y
réunir, ou en France, toutes lesproductions des divers contrées et tous les arts utiles des différens
peuples de la terre.
C'est dans le progrès des connoissances positives que les hommes trouveront le bonheur, et
la paix; ils pourronr facilement satisfaire à tous
leurs besoins, quand ils connoitront bien tous
les objets que la nature leur offre; ce n'est donc
plus que sur elle qu'il doivent tenter des conquétes, et maintenant ce sont les seules dignes
du courage et des lumières des François.
L'auteur propose d'établir d'abord, deux écoles
principales; une de culture à TIsle-de-France,
l'autre de manufactures à Saint-Domingue.
La première seroit le Jardin de Tlsle-de-France,
formé par M. Poivre : il serviroit de pépinière
à toutes les plantes utiles des côtes d'Afrique et
des diverses parties de l'Inde, d'ou lon pourroit
les enlever.
Ce jardin seroit l'école où l'on envoyeroit les
botanistes auxquels on-voudroit confer le soin
des écoles de cultures qu'on peut établir à
Cayenne, à la Martinique, à la Guadeloupe et à
Saint-Domingue ; écoles qui seroient des pépiA 2 --- Page 8 ---
4 )
oà T'on transplanteroit toutes les plantes du
piéres
être cultivées
jardin de TIsle-de-France 1 pour y
botanistes instruits dans ce jardin. Les COparles
dans les pépinières formées au
lons trouveroient,
des
milieu d'eux, les graines et les jeunes plants
dont les produits leur offriroient
arbres et plantes
le
le
de commerce', tel que géroflier,
un objet
tel que l'arbre à
canclier, etc., ou un aliment,
etc. Les botanistes leur donneroient, avec
pain,
une instruction littérale 1
Tinstruction pratique,
en forme de journal, sur les soins partirédigée
culiers que demanderoit chaque plante.
école de manufacture, établie à
La prinçipal
T'art d'extraire le
Saint-Domingue - 5 présenteroit
la fécule de
sucre, lart d'extraire et de préparer
T'art de faire fermenter les mélasses et de
Lindigo,
sur les vrais prindistiler le rhum, etc., régénérés
indicipes 'de la chymic, et d'aprés les moyens
qués par une expérience éclairée.
On fcroit, dans cette école, l'essai de toutes
les machines et deltous les moyens qu'on peut
avec un succès démontré, aux dicmployer,
la préparation des denverses opérations qu'exige
l'essai d'une marées çoloniales 3 par exemple 1
chine à feu, appliquée aux moulins à cannes 9
suppléer les mulets qui coutent, chaque
pour
que
annécauxe colonies, ingmiliendesumidoshed
de cesanimaux.
lesétrangers en exportentpourpaix
de toutes
les machines et deltous les moyens qu'on peut
avec un succès démontré, aux dicmployer,
la préparation des denverses opérations qu'exige
l'essai d'une marées çoloniales 3 par exemple 1
chine à feu, appliquée aux moulins à cannes 9
suppléer les mulets qui coutent, chaque
pour
que
annécauxe colonies, ingmiliendesumidoshed
de cesanimaux.
lesétrangers en exportentpourpaix --- Page 9 ---
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On y formeroit un laboratoire de chymie où
l'on feroit, pour l'instruction des cultivateurs.
*
l'analyse des substances qui peuvent présenter
des produits et des découvertes utiles; on réuniroit, dans ce laboratoire, les productions naturelles du nouveau monde; de sorte que les COlons trouveroient 1 dans cette école, toutes les
connoissances naturelles et physiques propres à
concourir à la prospérité et à la gloire des colonies.
L'école de manufacture de Saint-Domingue serviroit sur-tout à instruire les personnes destinées à
porter, dans les autres isles, les connoissances
qu'elles auroient acquiscs par leur propre expérience; afin d'être en état d'en donner un exemple
pratique, sur les habitations nationales dont l'administration pourroit leur être confiée, sousla surveillance des corps administratifs et des sociétés
d'agriculture.
Les députés et colons des diverses colonies
céans à Paris, ont réuni leurs voeux et leurs
observations sur les vues et les moyens praposés par M. Dutrone : qu'ils ont réduits, sous
forme d'instructions pour être portées par deux
commissaires du Ioi 1 chargés uniquement
de cette mission, dont lun iroit dans les
iles orientales, l'autre dans celles du nouveau
monde; afin de développer aux assemblées colo- --- Page 10 ---
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dans tous lcurs détails, les moyens d'exéniales ,
de diriger ces moyens vers le but
cuter ce plan, et
Plusieurs compagnies
présente leur ensemble.
que
les officiers du jardin des plantes, auxsavantes et
été
1 ont
ont communiquées
quels ces instructions
par leur
témoigné le plus vif désir de concourir,
correspondance, aux voeux des colons.
chargécs par le roi de cette imDeux savans, seroient sans doute bien acportante mission 5
ceuillis dans les colonies: ; sur-tout maintenantqu'el- il leur
les sentent, plus que jamais 1 combien de s'éleurs denrées, et
importe de multiplter
que
clairer tant dans les arts qu'elles pratiquent
T'usage de tous les objets qu'elles renferment;
sur
coloniales ne peuvent faire un
et les assemblées
des biens qu'elles auront à
emploi plus heureux
elles deviendroient
leur disposition, puisqu'alors richesses de TInde, et afla source de toutes les
des tributs qu'elle
franchiroient bientôt la Frands
paye aux autres nations.
l'on observe que le fruit des découvertes et
Si
nombre de voyageurs est
des travaux dun grand
pourlutiaujourd'hui,
Honreniaremoitpredi.e sentira alors tout le prix des
lité publique, on
et dans ce moment
écoles-pratiques coloniales; vient de donner les téon Tassemblée nationale de Tintérêt que la namoignages les plus éclatans
natudes sciences
tion doit prendre aux progrès
'elle
franchiroient bientôt la Frands
paye aux autres nations.
l'on observe que le fruit des découvertes et
Si
nombre de voyageurs est
des travaux dun grand
pourlutiaujourd'hui,
Honreniaremoitpredi.e sentira alors tout le prix des
lité publique, on
et dans ce moment
écoles-pratiques coloniales; vient de donner les téon Tassemblée nationale de Tintérêt que la namoignages les plus éclatans
natudes sciences
tion doit prendre aux progrès --- Page 11 ---
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reiles, ces dépôts seront aussi indispensablès que
précieux 9 pour recevoir les découvertes que fe:
ront les naturalistes qui vont à la recherche de
M. de la Peyrouze.
Si de pareilles écoles avoient éxisté 2 M. de
Jussieu. , Dombey, Commerson, Oblet et divers
autres naturalistes qui ont voyagé dans lInde et
le nouveau monde, yauroient envoyé les plantes
et les animaux utilesdes lieux qu'ils ont parcourus;
on y auroit reçu les envois de gérofliers, de caneliers que M. Poivre fit, à SaintDomingue,il, ya a
25 ans. 9 et qui ont tous péri, excepré un seul dont
le succès semble accoeratjourdiui,lan négligence
de l'ancien gouvernement.
Les vues du plan que nous présentons, sont
grandes et simples, l'exécution en est facile 2 et
les avantages aussi certains qu'incalculables, Il
nous suffit de l'exposer, pour quel'on en conçoive
aisément toute l'étendue et tout le mérite: nous
dirons seulement, 2 en faveur de son exécution,
qu'elle est, en quelque sorte, commencée; puisqu'il y a déjà, alIsle-de-France, : un jardin trèsprécieux ; il y en a aussi un à Cayenne et à StDomingue, 9 qui ne sont que des ébauches, mais
dans ces deux colonies, ainsi qu'à la Martinique et
à la Guadeloupe, la destruction des ordres religienxy y laisse à la nation des biens dont une partie
peut être employée à cette destination. Il ne --- Page 12 ---
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s'agit maintenant, que d'éclairer les intentions des
assemblées coloniales sur ce plan 1, et de les attacher, par les moyens que chacune peut aveir, à
l'ensemble de son exécution dont les premiers
agens fixés, l'un à T'Isle-de France, l'autre à SaintDomingue, dirigeroient les mouvemens pour accorder l'intérêt de chaque colonie avec l'intérêt
général.
A PARIS, de PImprimerie du CERCLE SoCIAL,
rue du Théatre François, ,19.4 --- Page 13 ---
CONSIDÉRATIONS
PRÉSENTÉES
AUX VRAIS AMIS DU REPOS
ETI DU
BONHEUR DE LA FRANCE,
A roccafion des nouveaux mouvemens de
foi-difane Amis-des-Noirs. quelques
PAR M. L. E. MOREAU DE SAINT
- MÉRY,
Député de la Martinique à PAffemblée
nationale,
PREMIER MARS MIL SEPT CENT
QHATRE-VINGT-ONZE
A PARIS,
DE LINPRINERIE
NATIONALE,
1791. --- Page 14 --- --- Page 15 ---
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