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N 14 - 2
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Fund
JOHN CARTER BROWN LIBRARY
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-
N.155.
ESSAI
SUR LA FIEVRE JAUNE,
Observée au Cop-faewcbdeschb-isos
pendant les années 10 et 11; :
Présenté et soutenu d la Faculté de Médecine de Paris, le
24 août 1812, conformément d Part. X1 de la loi du 19
ventose an XI, et à la décision du Ministre de Pintérieur
du 16frimaire an XIII,
PAR P. MOULIE, natif de Roques
(Département du Gers).
Docteur en Médecine de I'Université de Francfort sur I'Oder, et
Chirurgien-MajorLes observations recueillies par les médecins des pays chauds prouvent également qu'ils'y développe des maladies qui sont exclusivement
propres à ces climats : elles prouvent en outre que les maladies qui leur
sont communes avec les autres régions de la terre présentent, 1 sous les
climats brulans, 2 des phénomènes entièrement nouveaux.
Cabanis 2 Rapport du physique et du moral del l'homme; Infl. des
clim. sur les habit. morales, pag. 136.
A PARIS,
DE L'IM P R IMERIE DE DIDOT JEUNE,
Imprimeur de la Faculté de Médecine, rue des Nlagm-Serboeer,nva3.
1812. --- Page 6 ---
4 4 TR iue
FACULTE DE MEDECINE DE PARIS.
M. LEROUX,Dovsx.
M. BOURDIER,
M. BOYER.
M. CHAUSSIER
M. CORVISART,
M. DEYEUX.
M. DUBOIS.
M. HALLÉ.
M. LALLEMENT,
M. LEROY,Preriom
M. PELLETAN.
M. PERCY,Eraminateur.
Professeurs. M. PINEL, Ezaminateur.
M. RICHARD, Ezaminateur.
M. SUE, Ezaminateur.
M. THILLAYE, Ezaminateur.
M. PETIT-RADEL.
M. DES GENETTES.
M, DUMÉRIL.
M. DEJ JUSSIEU.
M. RICHERAND.
M. VAUQUELIN.
M. DESORMEAUX.
M. DUPUYTREN.
Par délibération du 19 frimaire an 7, l'Ecole a arrété que les opinions
émises dans les dissertations qui lui sont présentées, doivent être considérées
comme propres à leurs auteurs ; qu'elle n'entend leur donner aucune approbation ni improbation.
PETIT-RADEL.
M. DES GENETTES.
M, DUMÉRIL.
M. DEJ JUSSIEU.
M. RICHERAND.
M. VAUQUELIN.
M. DESORMEAUX.
M. DUPUYTREN.
Par délibération du 19 frimaire an 7, l'Ecole a arrété que les opinions
émises dans les dissertations qui lui sont présentées, doivent être considérées
comme propres à leurs auteurs ; qu'elle n'entend leur donner aucune approbation ni improbation. --- Page 7 ---
AP
A
MONSIEUR PERCY,
Baron de l'Empire ; Commandant de la Légion-d'Honueur;
Inspecteur général du Service de Santé; Professeur à la
Faculté de Médecine de Paris, etc., etc.
Témoignage d'estime et de reconnaissance.
P. MOULIÉ. --- Page 8 ---
ZATS w AEDIFANNY av TAEN MW P 7 --- Page 9 ---
we
- esoa
V
INTRODUCTIO N..
I
Saint-Domingue vers la fin de l'an 10;
EMBARQUÉ pour
je fus, à mon arrivée, bien étonné, ainsi que mes comde voyage, de-trouver- ce beau pays, naguère si
pagnons florissant, dévasté par les nègres fuyards, dévoré par
les flammes, et ravagé par la plus cruelle des maladies,
frappait indistinctement toutes les
la fèvre jaune, qui
débarclasses, tous les'àges, et portait parmi les nouveaux
la désolation et la mort. Témoin de ses ravages,
qués
souvenir, je vais en tracer le
en conservant un pénible
la
d'ajouter à ce qu'on
tableau, non que j'aie prétention
mais
écrit
années sur cette maladie,
a
depuis quelques
dans la célèbre Faculté à laquelle
seulement pour déposer
j'ose espérer d'appartenir bientôt, de nouveaux matériaux
dont elle pourra peut-être tirer quelque parti (1).
Je me borneraià décrire la fièvrejaune quej'ai observée
ile Saint-Domingue, en' 1802 et 1803.
au Cap-Français, de citations ; je me bornerai au rôle
Je ne ferai point
de parrateur.
années l'Ecole de Médecine de Paris in-
(1) Il n'y a guère que quelques
connaître que les observations qu'ils pouvitait les médecins voyageurs de faire
Payertissement qui est à la téte
vaient avoir faites sur la fièvre jaune. (Voyez
de louvrage de M. Palentin. --- Page 10 ---
v a AS w
- 2 - MWA A P al N
vj
La fièvre jaune d'Amérique, mal de siam , typhus icteraides,typhus tropicus, la matelotte etautresdénominations
qui rappellent ou le pays qui la voit sévir le plus fréquemment, ou les symptômes les plus ordinaires et les
plus sinistres; mais toujours est-il, que c'est sous la zône
torride ou dans les régions les plus voisines de cette
zône, enfin depuis le 10. degré de latitude méridionale,
à peu près jusqu'au 40.e degré de latitude septentrionale,
qu'elle va porter presque tous les ans la désolation dans
ces contrées lointaines.
dénominations
qui rappellent ou le pays qui la voit sévir le plus fréquemment, ou les symptômes les plus ordinaires et les
plus sinistres; mais toujours est-il, que c'est sous la zône
torride ou dans les régions les plus voisines de cette
zône, enfin depuis le 10. degré de latitude méridionale,
à peu près jusqu'au 40.e degré de latitude septentrionale,
qu'elle va porter presque tous les ans la désolation dans
ces contrées lointaines. --- Page 11 ---
ESSAI
SUR LA FIEVRE JAUNE,
ile Saint-Domingue, pendant
Observée au Cap-Français,
les années 10 et 11.
Aperçu topographique du Cap-Frangais.
située entre le s7'et 20, deLiLE de Saint-Domingue se trouve
de longitude à l'ouest
grés de latitude septentrionale, le 71. et77" soixante lieues en londu méridien de Paris. Eile a à peu près cent du nord au midi. Le
de l'est à l'ouest, et soixante de largeur
baie assez
gueur
trouve au nord de l'ile, et bâtie dans une
Cap-Français se
la forme d'une demi-lune. La ville est
enfoncée, qui offre à peu près
au nord et nordLa
de Picolet, 1 placée
exposée au midi. montagne
et celle de T'Hopital des
ouest de cette ville; celle de la Providence
le Cap soit rafraîchi
Pères, directement à l'ouest, empêchent que celles de louest ou dua
les brises du nord-nord-ouest, et par
du
par
à l'est et vers le sud, se trouve la belle plaine
large. Directement
lieues de long, et cinq à six de
Cap, qui peut avoir douze à quinze
la haute marée
Cette plaine est très-marécageuse, en ce que
large.
La rivière du Haut du Cap, et celles qui se jetla couvre en partie.
3 leur cours est lent; elles
tent dans la plaine sont peu importantes des marais considérables,
dans les plaines, et forment
se répandent
avec la marée moatante.
surtout lorsqu'elles se rencontrent le Carénage, basse et boueuse, s
La partie de la ville qu'on appelle
en ce qu'on y jetie
: le quai .est fort malpropre,
est très-malsaine
large.
La rivière du Haut du Cap, et celles qui se jetla couvre en partie.
3 leur cours est lent; elles
tent dans la plaine sont peu importantes des marais considérables,
dans les plaines, et forment
se répandent
avec la marée moatante.
surtout lorsqu'elles se rencontrent le Carénage, basse et boueuse, s
La partie de la ville qu'on appelle
en ce qu'on y jetie
: le quai .est fort malpropre,
est très-malsaine --- Page 12 ---
MEANKON RAIN 7 a -
(8)
toutes les immondices de la ville:
latrines au Cap-Français, c'est là d'ailleurs, commeiln'y a point de
Il existe en dehors et en dedans qu'on de dépose toutes les ordures.
rais étendus, servant de
la barrière Bouteille, des masains,
voirie, ce qui rend les environs très-malLhôpital de la Providence est bâti dans
ruisseau fangeux, contre les
un bas-fond, oà coule tItI
aucun vent. Celui des
montagnes, et ne peut être aéré par
sa sitoation,
Peres,à un quart de lieue de la
exposé à tous les miasmes qui
ville,est, par
Français,
environnent le CapOn trouye dans la ville et ses
sent de l'eau en
environs, des fontaines qui fournisabondance, et fortagréable à boire.
Ouremarque deux sortes de brises au
du nord, ou nord-ouest,
Gap-Français, 2.o la brise
munément
qu'on appelle aussi brise du
très-forte, , se faisant sentir
large, commatin jusqu'à dix heures du soir
depuis neuf à dix heures du
est, et qu'on appelle brise de ou minuit;s. la brise du sud, sudplus
terre, moins forte, mais
étouflante 1 se faisant sentir depuis minuit
plus chaude,
matin jusqu'à dix; celle-ci entraîne
ou deux heures du
tal des Pères, toutes les
avec elle, vers la ville et
exhalaisons
ThopiD'après ces détails, on voit
la marérageuses de la plaine:
deurs du soleil pendant
que ville du Cap est exposée aux artoute la
est à l'abri des brises du
journée, en méme-temps qu'elle
empêche
large, à cause de la
cette brise d'y rafraichir
montagne Picolet, qui
en outre, pendant le
l'atmosphère. Elle est
jour, aux miasmes malfaisans
exposée
quartier de la Providence, du
qui s'élèvent du
cimetière, des
Carénage, du bord de la
boucheries et des égouts.
mer, du
elle est' exposée aux
Durant la nuit et la matinée,
de terre lui apporte de vapeurs marécageuses et putrides que la brise
de la barrière
l'immense plaine du Cap, de la petite anse et
des plus malsaines Bouteille.Je de lile. crois qu'on peut la regarder comme une
Les chaleurs constantes et brâlantes de
dangereuses pour les
ce climat sont d'autant plus
Européens 2 que les rayons solaires y tombent --- Page 13 ---
-C A A a CAAC TXA
(9)
perpendicalairenent toute l'année : elles sont insupportapresque bles dans les plaines, mais elles diminuent à mesure qu'on s'élève
dans les montagnes. On ob-erva,dans l'an 10, que le thermomètre
de Réaumur se tenait entre le 20 et 25° degrés, d'octobre en mars,
de 25 à 30 degrés, de mars en mai, et de 30 à 35 degrés, de maien
octobre.
TXA
(9)
perpendicalairenent toute l'année : elles sont insupportapresque bles dans les plaines, mais elles diminuent à mesure qu'on s'élève
dans les montagnes. On ob-erva,dans l'an 10, que le thermomètre
de Réaumur se tenait entre le 20 et 25° degrés, d'octobre en mars,
de 25 à 30 degrés, de mars en mai, et de 30 à 35 degrés, de maien
octobre. On l'a vu à 57et 38 le II juin 1802, att Cap-Français. Le barometre s'y tient communément entre 28 pouces 2 lignes;, et 28
pouces 2 lignes :
acclimatés et les créoles ont une
Sous ce climat 7 les Européens
brûlé
constitution seche, maigre et débile ; le visage pâle, basané et
le soleil ; la digestion se fait mal chez eux, et le canal intestinal
par
relâché. Ils mangent peu et boivent beaucoup;ils
est singulitèrement
les moindres
ne sont point dispos au travail; ils ne peuvent supporter
fatigues. Le système lymphatique parait prédominer sur le système
veineux, et ce dernier sur le système artériel. Enfin, tout semble
concourir, dans cette ile, à détériorer l'économie animale. Symplômes. des auteurs n'ont établi que deux degrés dans fe déveLa plupart la marche de cette maladie. Je crois qu'on peut en
loppement et
d'irritation inflammatoires; 2." un
distinguer trois : I." symptômes
et 3.° en fin
état de calme qui succède aux premiers symptômes,
état
et j'ose dire de dissolution humorale. Ctte
un
d'adynamie,
mais
fièvre débutait rarement par des symptômes précurseurs;
lorsqu'ils avaient lieu, ils se manifestaient par une insensibilité
faiblesse musculaire, un penchant au repos sans regénérale, 2 une
un sentiment de pesanteur à la répos réel; un somineil fatigant 3
perte d'appétit, disposition à suer,et quelquefois
gion épigastrique,
legère céphalalgie, doulcurs
sueurs réelles, mais non salutaires;
incommode, soif, goût amer, nausées,
dans les membres,chaleur
les
qai desuffocations, etc., tels étaient à peu près symptômes
vançaient quelquefois l'invasion de la fièvre jaune. --- Page 14 ---
2053 - Aw MRF 2 Ae
(1o)
Premier-degré. Ici commençait
ptômes se
l'explosion de la maladie ; ses symdéveloppaient avec une
étaient enflammés,
rapidité étonnante ; les yeux
rouges,saillans,et
ou effàré; une chaleur extrême
quelquefois le regard timide
et mordicante; la peau était
sicheetbrilante ; mal detête,et ordinairement
rouge 3
intense;le pouls était fréquent,
douleur susorbitaire
plein et dor; son élévation se faisait
lentenient,tandis que sa chute était
et brûlante sur les côtés, blanche prompte; la langue sèche, rouge
soif ardente et envies de boissons et enduite d'un mucus au centre ;
acides;!
quelquefois le regard timide
et mordicante; la peau était
sicheetbrilante ; mal detête,et ordinairement
rouge 3
intense;le pouls était fréquent,
douleur susorbitaire
plein et dor; son élévation se faisait
lentenient,tandis que sa chute était
et brûlante sur les côtés, blanche prompte; la langue sèche, rouge
soif ardente et envies de boissons et enduite d'un mucus au centre ;
acides;! l'estomac
téorisé,ct souvent atteint d'un tel
de
douloureux, médes ne pouvaient
degré sensibilité,que les malaquelquefois
supporter les moindres couvertures : il arrivait
cependant que cette sensibilité était
ou nulle; ; la respiration était pénible,
peu considérable
expiré brûlant ; les membres
douloureuse, , accélérée, et l'air
eugourdiset frappés de
douleur vive et constante tout le long de la
prostration ; une
tout aux lombes, et l'appareil
colonne épinière, suraux mouvemens, à tel point, locomoteur se refusait quelquefois
sur leur séant
que les malades ne pouvaient se mettre
pour prendre leurs boissous; les urines
quetées, la vessie très-souvent sensible; les
rares et bridouleurs
propageaient souvent avec rapidité vers les
épigastriques se
tout aux hypochondres ,avec une
parties voisines, et surmeil était toujours pénible et
constipation remarquable; 3 le somtoujours atteint, dès l'invasion jamais réparateur. Les malades étaient
nibles et
les
de la maladie 3 de vomissemens péfatigans;! matières rejetées étaient vertes
muqueuses. Les malades s'affectaient
3 porracées et
gnaient la mort; ; alors elle était
souvent de leur état, et craipresque inévitable. La
quelquefois en froid,et d'autres fois en chaud
fièvre prenait
souvent intermittent et vermiculaire,
; le pouls paraissait
La fievre s'abatiait
ce qui annonçait du danger.
ie 3 de vomissemens péfatigans;! matières rejetées étaient vertes
muqueuses. Les malades s'affectaient
3 porracées et
gnaient la mort; ; alors elle était
souvent de leur état, et craipresque inévitable. La
quelquefois en froid,et d'autres fois en chaud
fièvre prenait
souvent intermittent et vermiculaire,
; le pouls paraissait
La fievre s'abatiait
ce qui annonçait du danger. véhémence,
quelquefois tout à coup
On observait une vraie
pour reprendre avec
sujets, tandis qu'on ne la
rémittence chez quelques
lades étaient tourmentés remarquait de
pas chez d'autres. Certains mails cherchaient des flocons, mouvemens pénibles et involontaires :
chassaient aux mouches, et s'enfonçaient
RoSS --- Page 15 ---
CO
-
qunt
recepe
2 -M
(I1)
profondément dans leurs lits. Le veutre se relâchait quelquefois, et
faisait espérer une crise heureuse : mais on sy trompait presque
l'ordinaire
des matières de
toujours, et il ne s'évacuait pour
que
mauvaise nature. La gravité et l'ensemble des symptômes étaient
d'autres fois portés à un si haut degré d'intensité, que les malades
mouraient en douze, dix-buit et vingt-quatre heures. Dans cette
circonstance, , les trois degrés de maladie étaient si confus, qu'on
avait beaucoup de peine à les distinguer.
Deuzième degré. Il se manifestait par le calme et la diminution
un mieux sensible faisait place à l'état antérieur, si
des symptômes; ;
En eftet, quoique
effrayant; mais il était le plus souvent trompeur.
la fièvre fût calmée, que la rougeur desyeux, de la face et de toute
l'habitude du corps fat sensiblement diminuée, que le mal de tèe
fit
si violent, que les douleurs des meibres et de la colonne
ne plus
sentir, que la chaleur fàr moinépinière ne se fissent presque plus
dre, la respiration plus libre, le ventre moins tendu, et qu'ilpermit
les malades jouissent d'une tranquillité appaquelques selles, que
et
entretien fut
rente, qu'ils se crussent hors de danger, , queleur
libre, etc., etc., O1l voyait dis-je, à travers cette amélioration appa*
la
faisait des progrès rapides, queles vomisserente, que jaunisse
les yeux et les idées se troablaient, et
mens se rapprochaient, de que mieux faisait bientôt place à d'autres sy mque cette apparence
ptômes perturbateurs qui se développaient rapidement.
Troisiëme degré. A la première apparition des symptômes sinistres
naissaient après un calme plus ou moins soutenu, commençait le
troisième qui
degré de cette maladie : on voyait en effel que la jauuisse
et faisait des progrès rapides, que la peau devenait
se développait
couvrait de taches livides ou brunâtres
d'un jaune foncé, qu'elle se
la mort ; et si les malades en
qui restaient quelquefois jusqu'après
leur guérisoa.
réchppaient, elles se maintenaient souvent jusqu'après
On observait de plus que les excrémens devenaient terieux et se
degré de cette maladie : on voyait en effel que la jauuisse
et faisait des progrès rapides, que la peau devenait
se développait
couvrait de taches livides ou brunâtres
d'un jaune foncé, qu'elle se
la mort ; et si les malades en
qui restaient quelquefois jusqu'après
leur guérisoa.
réchppaient, elles se maintenaient souvent jusqu'après
On observait de plus que les excrémens devenaient terieux et se --- Page 16 ---
L LP
SU
Nao R 1a 2
1) -
trouvaient dépouillés de leur couleur naturelle, que les urines se
troublaient, devenaient rares, jaunes ot noirâtres; que l'état de la
langue changeait: elle devenait brune ou noire au centre, et laissait
apercevoir des sillons de même couleur ; que le pouls tombait quelquefois tout à coup; d'autres fois il était intermittent, son élévation
toujours lente et sa chûte prompte : la peau s'altérait également,
elle restait sèche, devenait brune et s'humectait d'une sueur froide,
visqueuse, et exhalait une odeur désagréable. Les vomissemens se
rapprochaient de plus en plus et étaient très-fatigans : les matières
rejetées étaient brunes ou noirâtres:à cette époque, les urines se
suppiimaient et les hémorragies se déclaraient : on les croyait souvent critiques, 2 mais elles l'étaient rarement, surtout si les autres
symptomes s'aggravaient. Les gencives se gonflaient, devenaient
spougieuses et laissaient transsuderdu sang: ces mêmes phénomènes
avaient hieu quelquefois à la gorge, aux poumons et au canal intestinal, Alors les symptômes nerveux et adynamiques croissaient, suivis de délire, perte de mémoire,état
léthargique, mouvemens spasmodiques, selles involontaires et fétides, pouls intermittent et soubresauts des tendons, froidà l'extérieur du corps et souvent ardeur
interne. Ceite maladie était constamment
de douleurs
accompagnée d'anxiétés,
contuses et permanentes dans la région de
la débilité était extrême, les
T'estomac;
syncopes fréquentes, suivies d'hémorragies nasales et autres qui annonçaient une décomposition
chaine, Il survenait dans cette période des roulemens
proregard sinistre, un grincement de dents le
d'yeux, un
s hoquet, et enfin une
augmention de l'état
du
adynamique qui aunonçait un épuisement total
principe de la vie,
Les deuxième et troisième degrés manquaient
malades mouraient dans la violence des
quelquefois, et les
symptômes du premier; mais
ces degrés existaientle plus souvent: c'était
dans
comble des
alors,
ce dernier, le
symptômes adynamiques et du désespoir. On voyait le
physique se décomposer rapidement, le visage devenir
et s'infiltrer d'une humeur noire les
pâle, plombé
; yeux étaient caves et effarés: ;
isième degrés manquaient
malades mouraient dans la violence des
quelquefois, et les
symptômes du premier; mais
ces degrés existaientle plus souvent: c'était
dans
comble des
alors,
ce dernier, le
symptômes adynamiques et du désespoir. On voyait le
physique se décomposer rapidement, le visage devenir
et s'infiltrer d'une humeur noire les
pâle, plombé
; yeux étaient caves et effarés: ; --- Page 17 ---
ECC
(13)
davantage 9 les matieres rejetécs
les vomissemens se rapprochaient
du inarc de café, Les urines
étaient grasses. , fétides et noires comme
les selles devepresque toujours à cette époque,
se supprimaient fétides et noires; le veutre s'affaissait quelquefvis
naient involontaires,
considérable; d'autres fois il restait
tout à coup après un météorisme filtrait chez la plupart des malades
ballonné et très-sensible. Le sang les
les oreilles, les plaies
la bouche, les gencives. 9 le nez, yeux,
souvent de pépar
La surface du corps se couvrait
et les vésicatoires.
arrivait encore dans ce troisième degré
téchies ou ecchymoses, etc.;il
précédens et une prostration exune cessation toiale des symptômes
d'autres fois de Pastrême des forces, signes funestes. Il survenait terminait promptele hoquet, du délire, et la mort
soupissement,
ment cetaffieux état.
de la fieLa jaunisse était un symptôme pathognomonique avant le septième
elle re se déclarait presque jamais
vre jaune ;
et alors elle était crijour chez les personnes qui en réchappaient;
cinquième
mais celle qui se déclarait le troisième , quatrième,
tique;
mortelle; elle ne paraissait
était tresordioairement
et sixième jour,
cominencement du troisième degré.
daus aucune circonstance qu'au
pathognomonides urines n'était pas un symptôme
La suppression
mais quand il arrivait il était constamment
que de cette maladie,
mortel.
était ordinaiLa fièvre jaune que j'ai ohservée au Cap-Français à celte règle,
mais lorsqu'il y avait exception
rement sans délire;
musculaires singulièrement augil était furieux, et les forces
leur santé après ce délire,
mentées. Les malades qui recouvraient
ils étaient frappés
extrême des forces,
éprouvaient une prostration
souvenir du danger qu'ils avaient
de leur état, et n'avaient aucun de délire étaient souvent atteints
couru; ceux qui n'éprouvaient pas d'éblouissemens et d'obscurcissed'nne espèce d'apathie singulière,
mens de la vue.
communément avant le septième jour : le
Les malades périssaient
heures, le deuxième
premier degré durait à peu près quarante-hoit Les personnes qui en
autant, etle troisième était beaucoup plus court.
qu'ils avaient
de leur état, et n'avaient aucun de délire étaient souvent atteints
couru; ceux qui n'éprouvaient pas d'éblouissemens et d'obscurcissed'nne espèce d'apathie singulière,
mens de la vue.
communément avant le septième jour : le
Les malades périssaient
heures, le deuxième
premier degré durait à peu près quarante-hoit Les personnes qui en
autant, etle troisième était beaucoup plus court. --- Page 18 ---
(14)
réchappaient avaient
toujours une convalescence
rechutaient au moindre écart de régime. Chez longue, péaible, et
sique gardait long-temps l'impression
ces personnes le phy.
La fèvre jaune est
que laissait cette maladie.
Européens,
endémique dans les Indes occidentales,
ct.quelquefois épidémique;
pour les
tion, et jamais au moyen d'un contact elles'est propagée par infecimportée, et ses causes étaient locales. mécanique ; elle n'a point été
les Européens quirestent sous le même Elle n'attaque qu'une fois
Les personnes les plus
climat.
d'une constitution forte disposées à en être atteintes, étaient
d'un
et pléthorique, d'un
celles
âge peu avancé, et enfin celles douées tempérament bilieux,
d'une grande sensibilité.
Causes.
Ces causes sont bien faciles à déterminer
phique que nous avons donné,
d'après l'aperçu topograguerre et ses calamités,
J'ajouterai les troubles politiques, la
dans le plus grand abattement. circonstances déplorables qui plongeaient
des mesures que l'humanité Je ne puis passer sous silence l'oubli
les malbeurs
et la saine hygiène exigeaient, mais
rendaient en quelque
que
vu un grand nombre de cadavres façon légitime, C'est ainsi que j'ai
chands; ; j'en ai vu
flotter autour des bâtimens mardonnés
d'humains et de toute
sur les bords des chemins, dans espèce d'animaux, abantions, dans les savanes, etc. Que de leschamps, près des habitaconcours de causes
foyers de putréfaction !
pagation de
physiques et morales pour la
Quel
cette terrible maladie !..
naissance et la proOn se figure quelle pouvait être
tée par tout ce que la nature fait l'influence atmosphérique infecspontanées des
naître dans les
animaux et des
décompositions
aux affections les plus tristes, végétaux, sur les Européens en
la vie,
et manquant des premiers besoins proie de
On sait que
métaux s'y T'atmosphère est si humide dans ces
oxident, que les cuirs s'y
parages 9 que les
moisit, que les viandes s'y putréfient pourrissent, que le pain s'y.
avec une rapidité étonnante :
des
naître dans les
animaux et des
décompositions
aux affections les plus tristes, végétaux, sur les Européens en
la vie,
et manquant des premiers besoins proie de
On sait que
métaux s'y T'atmosphère est si humide dans ces
oxident, que les cuirs s'y
parages 9 que les
moisit, que les viandes s'y putréfient pourrissent, que le pain s'y.
avec une rapidité étonnante : --- Page 19 ---
- V - -
ade TCMLU AN - - - - SLA
(15)
on lui a donné le nom d'atmosphère pourrissante:
voilà pourquoi
militaires , les marches forcées 9
Ajoutons à ces causes les fatigues convenir dans ce climat, etc., etc.,
le costume d'Europe , quine peut
et locales de la malaet nous aurons un tableau des causes générales les trouverons en général
die. Quant aux causes prédisposantes. 7 nous
dans les
dans une constitution forte et pléthorique,
dans la jeunesse 1
bilieux, chez les personces d'une
tempéramens sangnins et suri rtout
beancoup, etc.
sensibilité nerveuse, chez celles qui mangent
mégrande
comme l'out déjà fait plusieurs
Je dois également remerquer, noirs ont été, dans toutes ces cirdecins, que les créoles blanes et
les personnes qui l'ont
de l'épidémie ; que
constances s exempts
atteintes une seconde 2 si elles ne
éprouvée une fois n'eu sont jamais
quittent poiut le climat.
Diagnostic, Crises, Prognostic.
obscur dans cette maladie 2 la triste expéLe diagnostic n'était pas
des premiers symptômes.
rience l'avait rendu facile à Vapparition
dès le début.
pas de temps, et nous agissious
Aussi nous ne perdions
crises spontanées et saVainement nous aurions attendu quelques étaient fort rares ; mais
Jutaires. Celles qu'amèpent les sueurs favorables. Celles proelles avaient lieu, elles étaient
aussi, quand
étaient plus rares encore. Nous pouvions signaduites par les urines
critiques ; nous vîmes un trèsler quelques vomissemens comme
de la
le devenir au commencement
petit nombre d'hémorrhagies
elles étaient funestes, nommaladie ; plus tard, loin d'être critiques, celles par les oreilles 1 par
mément les buccales, 2 les oplithalmiques, intestinal. La jaunisse qui se
les plaies, les vésicatoires et le caoal
plus tard, elle était
manifestait avant le septième jour était funeste; il est vrai, de pétécritique. Enfin on a vu un bien petit nombre, salutaire, s'opérait
chies critiques. La plus ordinaire, comme la plus ou moins noires.
de matières plus
par les sellesplus ou moins copieuses fâcheux. Cependant dans le preLe prognostic était en général
une graode intenquand les symptômes n'offraient pas
mier degré,
et le caoal
plus tard, elle était
manifestait avant le septième jour était funeste; il est vrai, de pétécritique. Enfin on a vu un bien petit nombre, salutaire, s'opérait
chies critiques. La plus ordinaire, comme la plus ou moins noires.
de matières plus
par les sellesplus ou moins copieuses fâcheux. Cependant dans le preLe prognostic était en général
une graode intenquand les symptômes n'offraient pas
mier degré, --- Page 20 ---
a
-
A
(16)
sité, quand les malades réelamaient à
en espérer la guérison.
temps nos soins, nous pouvions
Mais quand les premiers symptômes,
apparition, venaient à
intenses et rapides dans leur
fâcheux : le délire
disparaîitre tout à coup, c'était un cas des plus
qui avait lieu à la fin de cette
d'un funeste présage, ainsi
la
courte période, était
sibilité augmentée
que tension, le météorisme et la senpar la plus légère pression de la région de l'estomac, annonçant un vomissement prochain,
vant les malades du bienfait des boissons. toujours fatigant, priLa vessie douloureuse au toucher, sans
faisait prognostiquer les taches
augmentation de volume,
douleur profonde dans la région des gangreneuses dans ses parois; une
téorisé, signe de suppression
reins 9 le ventre sensible et méd'urine. Les malades,
au nom seul defèvre jaune , en étaient
frappés, abattus
times.
toujours Jes premières vicLes matières du vomissement,
marc de café; les selles noires grasses, fétides, semblables à du
et abondantes, non
purgatif; les douleurs abdominales violentes
provoquées par un
le délire
3 et calmées tout à
concomitant, avec d'autres symptômes
coup;
froides, visqueuses qui coulaient sur le
graves; les sueurs
les hémorrhagies par la bouche, les visage,le cou et la poitrine;
les vésicatoires; les taches
yeux, les oreilles, les plaies et
ecchymoses, les escarrhes pétéchiales, l'anthrax 1 les bubons, les
dans
gangreneuses s enfin l'air froid rendu
l'expiration, étaient en général les avant-courears
certaine,
d'une mort
Traitement.
Nous serions fort embarrassés
qui pit servir de base pour le (raitement d'assigner une méthode générale
les circonstances, attendu
de cette maladie dans toutes
qu'il doit varier d'après une multitude
considérations, telles que l'age, le
de
maladie, le degré de
tempérament, la gravité de la
l'épidémie, etc. Plusieurs médecins
qu'il failait traiter Ia maladie par les
croyaient
drastiques, d'autres par le
embarrassés
qui pit servir de base pour le (raitement d'assigner une méthode générale
les circonstances, attendu
de cette maladie dans toutes
qu'il doit varier d'après une multitude
considérations, telles que l'age, le
de
maladie, le degré de
tempérament, la gravité de la
l'épidémie, etc. Plusieurs médecins
qu'il failait traiter Ia maladie par les
croyaient
drastiques, d'autres par le --- Page 21 ---
a N - tid
EA fur
24 M - 2ASN
(17)
administré sous toutes les formes, ceux-ci par nne méthode
mercure
frictions avec l'écorce de citron,
perturbatrice, ceux-là par plusieurs
aucune
sur toute P'habitude du corps, etc., mais malheureusement
de ces méthodes n'a bieu réussi.
Premier degré. D'après les symptômes caractéristiques du premier
degré de cette maladie , il me semble que la première inrlication
était de calmer la violence des accidens par les antiiblogiatiques, émoltels que la saignée, les limonades, les tisanes adoucissantes,
lientes,nitrées; des fomentations, bains,demi-bains. pédilrves, etc.,
3 en ce que les symptômes de
mais on s'y méprenait quelquefois
avait
étaieut souvent si voisins de ceux d'irritation, qu'ily
prostration d'employer ces moyens ou de les continuer trop longdu danger
à bien examiner la marche des ymtemps. Cétait donc au médecin
trouvaient
ptômes avant d'agir. Mais les plus grands praticiens s'y
encore embarrassés: ; on était, en général, 9 toujours forcé d'employer
dès l'invasion de la maladie. On devait être bien
les antiphlogistiques la
de la saignée. L'expérience nous prouva
réservé sur pratique
ni
ample, en ce que
qu'elle ne devait pas être trop multipliée trop
la réacles malades tombaient bientôr dans un état de faiblesse que
faire disparaitre. II se rention des forces vitales ne pouvaient plus
contra des cas cependant oà la saignée ne dut pas être ménagéc,
tel que chez les personnes fortes, douées d'un tempérament sanguin,
les
etc. L'émétique converiches en couleur 9 chez sujets irritables,
et
nait rarement, en ce qu'il augmentait les douleurs épigastriques,
rapprochait les vomiseemens.
Second degré. Si à travers les symptômes d'irritation qui caractérisaient le premier degré, ou apercevait une amélioration sensible, ott
de
d'eux, tels que la chate du
le calme manifeste
quelques-uns
c'étaille deaxième depouls, la diminution de la chaleur, etc.,
ou.linaigré de la fèvre jaune qui se moutrait. Les malades avaient
rement les premières et sccondes voies embarra.sécs; mais les vo3
degré. Si à travers les symptômes d'irritation qui caractérisaient le premier degré, ou apercevait une amélioration sensible, ott
de
d'eux, tels que la chate du
le calme manifeste
quelques-uns
c'étaille deaxième depouls, la diminution de la chaleur, etc.,
ou.linaigré de la fèvre jaune qui se moutrait. Les malades avaient
rement les premières et sccondes voies embarra.sécs; mais les vo3 --- Page 22 ---
aO AK 7
missemens
(18.)
matières stomacales.Alore permanens étaient plus que suffisans pour évacuer les
évacuer cellesdessecoudles quelques légers minoratifs suffisaient
voies.
pour
sons analogues à l'état des malades, J'administrais ensuite quelquesboisquinquina édulcorée ou rendue
par exemple, une décoction de
tonique; ; une décoction de polygala purgative de , une infusion aromatique,
du punch affaibli, et autres boissons Virginie, ,du vin avec de l'eau,
toniques , restaurantes et
semblables; quelques potions
faiblesse qu'amène le troisième stomachiques, afin de prévenir l'extrême
degré de cette maladie.
Troisième degré. Quand les
nisse devenait générale, que les symptômes s'aggravaient, que la jaud'orine, les
vomissemens noirs, la
c'était alors hémorrhagies le
et autres symptômes sinistres suppression
Jades vomissaient troisième degré de la maladie, A cetle survenaient,
les médicamens, ou
époqne , les malivraient à la tristesse, au
refusaient tout secours; ils se
s'enfonç cient profondément désespoir;ils dans leurs ne voulaient voir
et
consolation que nous
lits. Outre tous les personne, de
pouvioas
moyens
Tage abatru, les médicamens qui employer leor pour relever leur cougre je m'emprexsais de leur administrer, convenaient le mienx, et
excitans,les antiseptiques,
étaient les toniques, les
mes, tels qu'une décoction coufortans de
et variés sous toutes les forrendue purgative ou camphrée, quinqaina simple ou
sons
suivant
émulsionnée,
toniques, stomachiques et
l'exigence des cas; ; les boiset quiranimaient leurs forces; confortantes; les
celles qui soutenaient
antiseptiques et éthérées; les
potions calmantes, camphrées,
acides, 3 rubéfiantes; les lavemens, sinapismes, les frictions
spiritueuses s
moyens hygiéniques que les
fomentations, etc,, etc.; enfin les
tre en usage.
circonstances nous permettaient de metLa potion de Rivière calmait
elle ne les arrêtait jamais
quelquefois les vomissemens, mais
Les créoles et les colons complètement. avaient
cette maladie:ils faisaient boire une manière très-simple de traiter
abondamment, dans le premier de-
rubéfiantes; les lavemens, sinapismes, les frictions
spiritueuses s
moyens hygiéniques que les
fomentations, etc,, etc.; enfin les
tre en usage.
circonstances nous permettaient de metLa potion de Rivière calmait
elle ne les arrêtait jamais
quelquefois les vomissemens, mais
Les créoles et les colons complètement. avaient
cette maladie:ils faisaient boire une manière très-simple de traiter
abondamment, dans le premier de- --- Page 23 ---
Vo NON - FAPRR TA
4 CA AM MTSELL
(19)
limonade végétale faite particulièrement avec l'orange
gré, d'une
des fomentations émollientes sur le basamère ; ils faisaient faire
lavemens dans la journée, baiventre, administraient plusieurs tiede et leur frottaient toute la Stgnaient les malades dans l'eau
,
la maladie arrivait au
perficie du corps avec l'acide citrique: quand
tamarin
deuxième degré, ils purgeaient avec quelquess sels nentres,let étaient atteints
étendus dans beaucoup d'eau ; et squand ils
ou la casse
ils les soutenaient ayec des toniques légers,
de grande faiblesse 3
Ce traitement simple a eu ses ayanpuis le vin 3 le quinquina, ,etc.
tages.
N S,
OBSE 2 RVATIO
de (rente ans, sec, maigre, vifet coloré,
I,"e OBS. M. Audin, âgé
tomba malade vers les quatre
arrivé atl Cap depuis quinze jours, d'un vio'ent mal de tête, partiheures du soir et fut saisi tout à coup
et saillans, la
culièrement au-dessus des orbites; les yeux ronges
côtés et
chaleur brûlante, langue ronge sur les
face enflammée, douleurs dans tous les membres, et suroat aux
brune au centre;
vomissemens fréquens et biliforlombes; sensibilité épigastrique, dans cel état il refusa toute e-pèce
mes. Il ne voulut voir personne; Il
une nuit affrense. Le
de secours, disant qu'il allait mourir. d'irritation passa étaient calinés, mis
lendemain matin tous les symptômes
vomissele malade devenait jaune, 9 son physique se décomposait;les igie nade matières noires eurent lieu à midi, une hémorrhi
mens
profond survint, el il mourut
sale suivit de près, un assoupissement maladie dura vingt-quatre heures,
versles quatre heures du soir,Sa
et fut accompagnée du plus grand désespoir.
homme de vingt et un ans, tempéII OBS. M. Moreau , jeune
tomba malade atl momeut od
rament sanguin, gai et vigoureux, chercher: il avait les mêmes
son ami Audin mourut. Il m'envoya mélicamens qu'il tefusa, et
symptômes. Je lui prescrivis quelques mais les accidens se calse livra au désespoir. La nuit fat orageuse,
soir,Sa
et fut accompagnée du plus grand désespoir.
homme de vingt et un ans, tempéII OBS. M. Moreau , jeune
tomba malade atl momeut od
rament sanguin, gai et vigoureux, chercher: il avait les mêmes
son ami Audin mourut. Il m'envoya mélicamens qu'il tefusa, et
symptômes. Je lui prescrivis quelques mais les accidens se calse livra au désespoir. La nuit fat orageuse, --- Page 24 ---
a 5 : - AU ICR Nat Ns * ce
(29)
mèrent au jour; ce. calme ne fut pas de longue durée ; la jaunisse se
manifesta sur Je blanc des yeux, la face et le cou ; elle fit des
grès rapides; les vomi-semens noirs parurent,ainsi que les selles pro- de
même couleur; les urines se supprimèrent, , ily eut une hémorrhagie nasale et buccale ; le hoquet et les autres symptômes adynamiques emportèrent le malade sur les cinq heures du soir. Il eut
point de délire, mais un grand assoupissement,
n'y
III, OBS. Un mousse âgé de quinze ans, tempérament biliosoDerveux,sec, maigre, vif, mais peu coloré, Il tomba malade à neuf
heures du matin et fut saisi tont à coup des horreurs de la
Je suis perdu, je ne verrai plus ma mère! disait-il.
mort:
grand mal de tête, face alluniée, les
de Symptômes;
iosapp portable, et desir de boissons yeux pleins feu, une soif
acides ; le pouls tendu et trèsdévelopr é, donleurs dans tous les membres et le long de la colonne
épinière; embarras gastrique et des douleurs contusives vers cette
région. Saignée de hoit onces, limonade amère, deux lavemens,
Deuxième jour. Même état, même boisson,
Troisieme jour. Mienx trompeur : pouls calme, chaleur et soif
modérées. Minora if qu'il vomit, Il prit en deux fois une once de sel
d'Epsom laprès-midi, qu'il vomit aiusi que ses boissons, Les vomissemens étaient déjà très-rapprochés, les urines rares, légèrej
Vésicatoires aux
jaunisse.
jambes, 9 potion de Rivière qu'il vomit.
Quatrième jour. Vomissement noir, suppression des
nisse généralc,pleurs,
urines, jauléger délire, et mort à quatre heures du soir.
IV. OBS, Un autre mousse âgé de neufans, ayant de l'embonpoint et une constitution forte, tomba malade
gime : au début, rougeur des yeux, de la face après un écart de rédu
et de toute l'habitude
cor ps ; grand mal de tête, langue rouge et bràlante, soif
fièvre ardente, douleurs contusives au creux de
vive,
vomir. Limnonade, lavemens.
l'estomac, envies de
Deuxième jour. Calme léger ; néanmoins mêmes
symptômes. Un
de l'embonpoint et une constitution forte, tomba malade
gime : au début, rougeur des yeux, de la face après un écart de rédu
et de toute l'habitude
cor ps ; grand mal de tête, langue rouge et bràlante, soif
fièvre ardente, douleurs contusives au creux de
vive,
vomir. Limnonade, lavemens.
l'estomac, envies de
Deuxième jour. Calme léger ; néanmoins mêmes
symptômes. Un --- Page 25 ---
23 Sek W s AEL
ps ESNT A a BAIN
()
fit vomir et aller plusieurs fois à la selle. Vésiéméto-catharti ue le
faiblesse ver's le soir.
catoire à là nuque. Graude vomissemens noirs, selles de sine
Troisième jour. Jaunisse,
sinistres. Potion calmnt e
conleur, délire furieux et mouvemens
aiosi que ses
qu'il vomit : potion de Rivière qu'il vomit également, pleurs, hémorrhagie
boissons. Sneurs froides et visquenses; délire,
faiblesse, assoupissement,
nasale, buccale et auriculaire; grande dans la nuit.
agonie de plusieurs heures, et mort
pilotin, àgé de dix-nenfans, tempérament
V." OBS. Meinsigniac,
nerveux irritable, tomba malade
bilieux, sce,maigre, et le système s'être bien amusé en ville. Symà cinq heures du soir 9 et après
et saillans,1 langue brûlante,
plômes. Visage enflammé , yeux rouges bilieux, fièvre violente, douleurs
embarras gastrique et vomissemens difficulté d'uriner, ventre météorisé,
des membres et des lombes,
doulourenx. Saignée, limonade, lavemens. hypochondres sensibles,
Deuxième jour. Vomissemens fréquens,
Même
urines rares, suflocations 3 inquiétudes.
soif inextinguible;
boisson, lavemens. Diminution des symptômes pouls presque naturel,
Troisième jour.
modérée, etc. Boisson émévisage calme, entretien libre, chaleur
Le
ainsiqu'un laxatifet ses boissons. soir, jaunisse 9
tisée qa'il vomit,
accablement , crainte de mort.
noirs, sueurs grasses et puantes,
Quatrième jour. Vomissemens
désespoir, pleurs.
douleur gravative dans la région épigastrique, vomit. Agonie
Potion de quinquina avec l'éther et le camphre , qu'il
dernier
mort à onze heures du soir. Il conserva ses sens jusqu'au
et
moment de sa vie.
tellement tachée par les matières noires
6 Une de ses chemises fut
n'ont pu la détacher.
du vomissement, que plasteurslesives
de trente ans, robuste, d'un caractère
VI. OBS. M. M âgé
de France, fut saisi des symvif, négociant au Cap, arrivé depuis peu
quinquina avec l'éther et le camphre , qu'il
dernier
mort à onze heures du soir. Il conserva ses sens jusqu'au
et
moment de sa vie.
tellement tachée par les matières noires
6 Une de ses chemises fut
n'ont pu la détacher.
du vomissement, que plasteurslesives
de trente ans, robuste, d'un caractère
VI. OBS. M. M âgé
de France, fut saisi des symvif, négociant au Cap, arrivé depuis peu --- Page 26 ---
PINON WK 11 AR
(22)
ptômes les plus violens : grand mal de tête, face
ges, langue sèche, fièvre ardente,
allumée ,. yeux rouvives à la région de l'èstomac, dans prostration les
des forces, douleurs
nière. Saignée,
membres et la colonne
limonade , orgeat,
épiDeuxième jour. Même état, mêmes
ment.
boissons. Grand accableTroisième jour. Légère amélioration, laxatif salin
quelques selles bilieuses; boisson émétisée.
qui entraîne
Quatrième jour. Les vésicatoires ont bien Vésicatoires aux jambes.
xatifsalin. Léger sommeil l'après-midi, pris. Même état. Un laCinquième jour. Tous les symptômes grande faiblesse.
presque naturel, point de soif.
d'irritation se calment, pouls
potion tonique. Les vésicatoires Serpentaire de Virginie en décoction,
Sixième jour, Mieux
vont bien.
sont
sensible, tous les
dissipés, mais grande faiblesse
symptômes d'irritation
naît,
: cependant le physique reSeptième et huitième jours, La
se
le blanc des yeux, les urines coulent jaunisse manifeste sur le cou et
mentent , et le malade est déjà dans avec facilité, les forces augune convalescence heureuse.
VII. OBS, Laurent, arrivé de France depuis
trente-cing ans, et tempérament bilieux. Il
deux mois, âgé de
symptômes précurseurs; mais douze heures éprouva d'abord quelques
coup d'un grand mal de tête,
après il fut saisi tout à
animée, fièvre ardente,douleurs beaucoup de chaleur à la peau, face
épigastrique, difficulté d'uriner. gravatives aux membres, sensibilité
deux lavemens,
Saiguée de huit onces, limonade,
Deuxième jour. Méme état, même boisson,
Troisième jour. Idem.
Quatrième jour, Mieux sensible; un
mirtrois à quatre fois, et aller plus de éméto - cathartique le fit VOrejeta beaucoup de matières noires vingt fois à Ja garde-robe : il
Cinquième jour. Pouls
par haut et par bas,
naturel, point de soif; les doulears des
membres, sensibilité
deux lavemens,
Saiguée de huit onces, limonade,
Deuxième jour. Méme état, même boisson,
Troisième jour. Idem.
Quatrième jour, Mieux sensible; un
mirtrois à quatre fois, et aller plus de éméto - cathartique le fit VOrejeta beaucoup de matières noires vingt fois à Ja garde-robe : il
Cinquième jour. Pouls
par haut et par bas,
naturel, point de soif; les doulears des --- Page 27 ---
SA Ve A Me - d AH Fa €T YeE
- -
(23)
ainsi
l'affection gastrique. Décoction de
membres se dissipent,
que
kina, eau vineuse.
pour
Physionomie renaissante jauiselégtre,golt
Septième jour.
les alimens solides, convalescence longue.
Un officier du septième régiment de ligne, d'un temVIII. OBS.
constitation sèche, àgé de trente ans, fut
pérament bilieux, d'uve
allumée,
saisi des symptômes suivans : figure
yeux
précipitamment
mal de tète, langue seche, soif inextinrouges et saillans, graud
envies de vomir,vomisguible, fièvre violente, embarras gasaique, des lombes, urines radonlears des met mbres et
semeus spontanés,
res, chaleur incommode. Limonade.
prostration dcs forces.
Deuxième jour. Mênies sympômes,graude
Même boisson.
les
d'irritation
Troisième jour. Mieux sensible ; tous symptômes
boisson émétisée, lavement, sel de Glauber, une once. 9
se calment;!
qui produit quelques selles.
mais mieux sensible. Même
Quatrième jour. Grande faiblesse,
boisson.
Mieux, décoction de serpentaire, poCinquième et sixieme jours.
tion tonique et calmante.
renaissante,
Septième et huitième jours. Appétit, physionomie
jaunisse, convalescencel henreuse.
Ouverture des cadavres.
des taches livides, bleuâtres, de
La surface du corps présentait
le cou et ausur la poitrine 7
larges ecchymoses , particulièrement
de ces lartour des oreilles ; le ventre était sonvent tendu, 3 couvert la bouche
et devenait bleu de suite, après la mort 3
ges ecchymoses, constamment barbouillés de sang, et quelquefois
et le nez étaient
hideux à ces cales
et les oreilles, ce qui donnait un aspect
yeux
davres.
uâtres, de
La surface du corps présentait
le cou et ausur la poitrine 7
larges ecchymoses , particulièrement
de ces lartour des oreilles ; le ventre était sonvent tendu, 3 couvert la bouche
et devenait bleu de suite, après la mort 3
ges ecchymoses, constamment barbouillés de sang, et quelquefois
et le nez étaient
hideux à ces cales
et les oreilles, ce qui donnait un aspect
yeux
davres. --- Page 28 ---
-
(24)
L'ouverture du corps présentait le système
flasques et faciles à déchirer; le
musculaire, le coeur
sinus de la dure-mère,
système veineux, et notamment les
des concrétions
gorgés de sang noir, grumelé, et renfermnant
albumineuses,
vermiculaire; la substance jaunâtres 9 transparentes et de forme
faissée sur elle-même ; les cérébrable ventricules constamment mollasse et afrougeâtre, et le plexus choroide
toujours remplies d'une eau
longée souvent comme rétrécie gorgé d'un sang noir; la moelle altravers le trou occipital,
sur clle-même dans son passage à
Les poumons étaient presque toujours gorgés de
substance facile à déchirer et parsemée de taches sang noir, leur
Les membranes de l'estomac offraient
livides ou noires,
ble; elles étaient infiltrées,
souvent une épaisseur douquelquefois
souvent gangrenées. Je fis l'ouverture d'un tres-gorgées de sang, et
mort au cinquième jour, présentait la
cadavre dont le sujet,
par la gangrène,
moitié de ce viscère détruit
Le foie m'a paru le plus souvent dans l'état naturel.
d'y observer cependant
J'eus occasion
mais de gangrène.
quelques taches livides ou brunes 3 mais jaLa vésicule du Belquelquefoisy
vide et garnie de taches
remplie de bile, mais le plus souvent
gangreneuses; la bile
constamment
qu'elle recélait était
La
grasse 1 épaisse et excessivement noire.
rate paraissait toujours de grosseur ordinaire,
tenant un sang très-noir, quelquefois
friable, et conpancréas était communément
parsemée de taches brunes. Le
sain. Le duodénum
toujours des affections de l'estomac.
participait presque
Les reins ne m'ontjamais paru dans un élat
urinaire, toujours
pathologique; la vessie
taches
contractée sur elle-même s a
souvent
brunes; ; quand elle contenait de
présenté
des
ble,rouge ou noir.
l'arine, ce liquide était trou-
riable, et conpancréas était communément
parsemée de taches brunes. Le
sain. Le duodénum
toujours des affections de l'estomac.
participait presque
Les reins ne m'ontjamais paru dans un élat
urinaire, toujours
pathologique; la vessie
taches
contractée sur elle-même s a
souvent
brunes; ; quand elle contenait de
présenté
des
ble,rouge ou noir.
l'arine, ce liquide était trou- --- Page 29 ---
ERE - Awa CNARAU aae e 22e AV R
(25)
Moyens prophylactiques.
Pour se garantir de Ia fevre jaune, les nouveanx débarqués au
Cap-Français, ou dans toute autre ville de Saint-Domingne, feront
bien de se mettre à l'usage des boissons rafiaichissantes, limonades, elc.; d'observer un régime doux, végétal plutôt qu'animal;
de boire leur vin coupé avec l'eau.; de se tenir le ventre libre aux
moyens des clystères, ou avec quelque prise d'un sel eutre; d'éviter les pluies d'orages, les promenades humides du soir, comme
l'excessive chaleur de la journée. Je leur conseillerais de se vêtir à
la créole en arrivant, sauf les modifications commandées par lhabitude contractée en Europe; de choisir de préféreuce pour leurs habitations l'iotérieur des mornes, exposées au grand air, ens'éloignant
autant que possible des lieux bas et marecageux; de prendre des
bains chauds etjamais des bains d'air, qui, eu général sont nuisibles
en ce qu'ils sechent la peau, arrêtent la transpiration, etc.J'ajonterai
que les personnes robustes, sanguives, , prendraient une précaution
sage, si après leur débarquement elies se faisaient tirer quelque palettesde sang et le meilleur moyen de se garantir de cette maladie,
est l'émigration des graudes villes. --- Page 30 ---
D a < C4F 2a
(26)
PROPOSITIONS AI PHORISTIQUES
I.
La fièvre jaune, malgré la rapidité
de
tersité de ses
effrayante sa marche, l'insymptômes 9 est produite par des causes locales; n'est
point importée, n'est point contagieuse.
I I.
Le calme survenant tout à coup après les douleurs aigués de l'estomac, sigue de gangrène dans ce viscère.
II 1 I.
Les urines noires,
sion totale,
de sédimenteuses,s signe funeste; et leur
signe mort.
suppresI V.
Les hémorrhagies au troisième degré, généralement
mnortelles.
V.
La jaunisse, avant le septième jour, réputée
critique.
mortelle; plus tard,
V I.
Les sueurs froides et visqueuses sur le front, la face et le
gereuses; chaudes et générales, salutaires.
cou, dan- --- Page 31 ---
MOe CRLA T A - Ar M
ERRATA.
Page vj, icteraides, lisez: icteroides.
Page 13, mais quand il arrivait il était etc., lisez: mais quand
elle arrivait elle était constamment morlelle.
Ma --- Page 32 ---
09-74 --- Page 33 ---
a --- Page 34 ---
Poag --- Page 35 ---
ES12
M9266
A2E --- Page 36 ---