--- Page 1 --- --- Page 2 ---
TSW ENEnINeWA -
CURTURELU
à
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Bohu Carter Broton. --- Page 3 ---
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Vo Neetrotte a a EVEnETU --- Page 4 ---
CHEEOSINENENSIENEDENENEMENEUnaumsNttREEUEECUEIEENEE -
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KALETAUUNEENIMMENIMIATAIMIANALIIIVITIMEIAIINIEIEIIMIMIN --- Page 7 ---
E 3 SS A C I
SUR
F'ADMINISTRATION
DE
STD 0 M IN G
UE,
PAR
GUILLAUME THOMAS
RAYNAL.
PN
Ren
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2,
I 7 8 à
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dacmnattenelanenencEnCEUEACAVEnE3A0AVEI TTEW ENCATCANENEANEE
COGOIUIEMINIMEMATTHIHIAIAIEIILILIYLIVIIITIEMMIMINM --- Page 9 ---
DISCOURS
PRE L
ININAIR) E.
A
des Colonies
Lninmitnin
les détails civils & militaires
renferme tous
du Gouvernement
intérieur du Royaume, elle eft foumife
néral aux mêmes
en géprincipes, mais ne peut
s'exécuter toujours par les mêmes Loix. pas
Pour établir cette différence il faut examiner
dabord une Colonie & fon objet, la place
occupe dans T'Etar, fes produits, fes
qu'elle
le fol, les habirans quile cultivent.
rélations,
dérer même unel habitation & fa Ilfautconficlaves
culrure, les esqui en font les
Laboureurs, tous objets
in-hérens à Fadminiftration d'une
qui font le plus
Colonie, &
couvent étrangers à ceux
onti far cettc matière ou un
qui
nion. Combien
fyftême ou une opide gens par exemple, dans la
claffe même des gens éclairés, ont voulu
rendre
problèmatique l'utilité des Colonies
poffèdons, parcequelle font
que nous
fondées, difent-ils,
A 2
o 1s Eu - TanEg a u3 - : t uA Na MAU a Wa 2
qui font le plus
Colonie, &
couvent étrangers à ceux
onti far cettc matière ou un
qui
nion. Combien
fyftême ou une opide gens par exemple, dans la
claffe même des gens éclairés, ont voulu
rendre
problèmatique l'utilité des Colonies
poffèdons, parcequelle font
que nous
fondées, difent-ils,
A 2
o 1s Eu - TanEg a u3 - : t uA Na MAU a Wa 2 --- Page 10 ---
PPRNTmITUNANeT
Elv -
:
IV
fur deux abus de la police
fociale, l'émigration
que
&reclavegeijivoue
qui fe préfente
c'eft la première idée
à T'obfervateur
mais quoiguiln'entre
philofophe,
fociété qui s'établit point dans le plan d'une
étranger
de renvoyer fous un
une portion de fes
ciel
chercher ou muliplier les
membres pour y
L'ordre des
moyens de fubfifter.
tems & des événemens
de cette
pent faire
émigration une condition
T'exiftence
néceflaire à
politigue de la nation
met. Je ne parle
qui s'y fouples nombreux
pas feulement de ces peu.
dont la
fomme de la terre
malliplication excéde la
plus depnis
qui les nourrit. On ne voit
longrems cette furabondance
dividus qui fep preffent & refoulent
d'inces libres. Une
dans les espaagite &
autre caufe non moins adive
déplace lcs Européens, c'eft le
des arts & les efforts de
progrès
l'induftric
cent d'un pole à l'autre &
qui s'élanfur toute la terre
cherchen à s'étendre
ment
habitable, alors le mouvela
prodigieux d'hommes & de chofes
cupidité met en ceuvres
que
aux moins induftrieux
épuife ou dérobe
les reffources
les matières premières,
dans fa main locales; T'aétivité d'un feul réunit
loccupation & la fubfiftance de --- Page 11 ---
V
pluficurs. Alors it fe trouve des furnumeraircs qu'il cft bon, qu'il eft utile
loin à créer des
d'employer att
produéions étrangères, & lc
peuple qui le premier en fait un bon
voit par cette émigration
emploi
faétures,
augmenter fes manufon commerce, 2 fon agriculture, &
par conféquent fà population. Telle eft
mi nous l'origine &
parMais
l'atilité 5 des Colonies.
en employant ceux que j'appelle-les furnuméraires' de la métropole, c'eft
bien dangéreufe
une erreur
que de croire qu'on doit auffi
y envoyer Ics mauvais
fujets. La
& la Guyaune
Louifianne
ont englouti par cette
des hommes & des tréfors.
faute
Il eft inconeevable
qu'un préjugé qui n'a
pu naître que dans le premier
découverte & d'un
moment de la
défrichemént
flue encore far la
perilleux indiftribution de certains 'emplois de la Colonie, comme fune
vince habitée
grande Pro:
par de riches
tous états, et qui font
propriéraires de
aujourd"hui à la fixième
génération pouvoit toujours étre, fansinconvé."
seec.hentegpuabidoroetead fortes
Ce fur pour TErabliffement
d'avanturiers."
que celle des
une fage inftitution
engagés ou trenté fix moisycéroit
A 3
o W uat 1EME0 Wol L1slo1lE0 1 PUE WEne NEaUe 0 W o105
tous états, et qui font
propriéraires de
aujourd"hui à la fixième
génération pouvoit toujours étre, fansinconvé."
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Ce fur pour TErabliffement
d'avanturiers."
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une fage inftitution
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ceencianan a I Lnelle N 1ET
MEMEn a
a e
VI
des artifans, des
France & dont le Journaliers gu on envoyoit de
travail
bitant pendant trois
appartenoit à un havenu, Il n'éteit ni ans moyenaut un prix confaire
poffible, ni néceflaire de
pour T'emploi de ces gens-là
mation exaéte - de vie &
une informarchand
mceurs: mais qu'un
de
bungueroutier, un Officier
quitter en France fon
obligé
civil foient
emploi militaire ou
indifféremment
dans une Colonie
accueillis &placés
par la protcéion même du
Gouvernement, c'eft renverfer
Tordre et la police
d'une main,
Tautre: c'eft
qu'on cherche a établir de
expofer d'honnêres
Alliances, à dcs affociations
habitans à des
perpétuer dans une fociéré dangéreufes; c'eft
le désordre du
a@luellemencformée
torifer il faut premier moment, & pour l'aune. la pas connoitre.
Les Anglois qui
un peu plus
prennent à leurs Colonies
auffi leurs
d'intérér que nous y.
mauvais fujets, mais
envoyent
faire vendre & travailler
c'eft pour les
à la terre
Sats ; encore eft-il
comme forn'eft ni
reconnu que cette
fage ni utile, car c'eft
pratique
corruprion pour les
un, moyen de
étre un
Esclaves, & ce ne peutfupplement à la traite des noirs. --- Page 13 ---
VII
Cette vente de négres & l'ésclavage qui en
eft la faite, fert encore de texte à des jugemens
hazardés fur la régence des Colonies. L'esprit
qui a fait du bien & du mal; fephilofophique
de ceux qui le prolon l'csprit & les principes
d'une cenfure éloquente
feffent à produit plus
A
à T'humanité.
de ce commerce injurieux
l'esici,de confacrer
dieu ne plaife que j'eflfaye
& dc le réduire en principes, il eft;
clavage
violation du droit natu-
& il fera toujours une
connoit
rel dans la perfonne de celui qui le
& le respeête.
T'homme eft forti
Tachons de croire que
libre des mains: du créateur, mais par une
fuite de Tordre établi ou toléré par la provicette liberté fubit d'étranges révodence, que
même chez le petit nombre
lutions!i enchainée
dontla police eft raifonnable ou peut
de peuples
dans
en fuivre la dégradation proportionnelle
fociétés informes quipeuplentla terre,
toute ces
qui fe reniconjusqu'a ces troupes vagabondes
des deux
trent & fe détruifent dans les déferts
Sans doute il feroit beau de n'alcontinents:
& féroces
ler chercher ces hommes ftupides
les éclairer furleurs droits, fur leurs
que pour
A 4
oual D - - CAML CUE à wWVE - a
1ot MEDTENTEUTE
en fuivre la dégradation proportionnelle
fociétés informes quipeuplentla terre,
toute ces
qui fe reniconjusqu'a ces troupes vagabondes
des deux
trent & fe détruifent dans les déferts
Sans doute il feroit beau de n'alcontinents:
& féroces
ler chercher ces hommes ftupides
les éclairer furleurs droits, fur leurs
que pour
A 4
oual D - - CAML CUE à wWVE - a
1ot MEDTENTEUTE --- Page 14 ---
- 2
o
VIII
intérêts & de les rendre à la nature
& plus heureux. Mais fi la
plus libres
l'humanité n'ont
philofophie &
jamais ordonné de femblable
miffion, fi ce n'eft point être
elles que de ne point s'y
coupable envers
devoier, il femble
quelles pourroient nous pardonner
d'aller prendre fur l'autel du
également
abfurdes de fes viétimes despotisme les plus
renaiffantes
faire t des laboureurs. - Le
pour en
péen far les côtes
marchand Euro.
fervitude.
d'Afrique n'a point crée la
& ne fauroit la. détruire: il achere
d'une fociété barbare les membres
pofent, &iqui fe vendent
qui la couennemis,
alternativement, amis,
Princes, fujets, pères & enfans felon
l'état & ila 0 volonté du plus fort, &
pour de Targent à. un colon
les-livrent
Américain qui-lés
employe au travail de la terre & quilaveé le
droit & le pouvoir de lesi rendre
tracte au moins
henreux, cori-.
l'obligation de les bien: trairer,
Je ne dis pas qu'enfuite ce maitre
ne devieine
n'abufe &
injufte, mais il rentre alors
la claffe des infraéteurs des loix
dans
C'eft à
& des devoirs.
fi la Tadnindfhrationaredifier cet abus. Mais
législation d'an grand Empire fuppofe &
entretient tous les befoins du Luxe & de
lopu-
- --- Page 15 ---
1X
lence qui s'éloignient infiniment de désintéref.
fement & de T'abftinence
-au nombre de
philofophique e; fi
ces befoins font aujourd'huile
fucre, le caffé, l'indigo, &c.
qui ne
être cultivés que par des négres;
peuvent
je crois que
ceux-ci; jusqu'à ce qu'il s'éleve
parmis eux un
Montesquieu, font encore plus
la condition d'hommes
rapprochés de
raifonnables en deve-
-nant noS laboureurs qu'en reftant dans leurs
pays foumis à tous les excès du
de la férocité.
brigandage &
.i - Le mêmé principe de liberté a fait
les loix prohibitives qui tendent à attaquer
Irer la propriété & le
nous afficommerce exclufif de nos
Colonics. Cette tentative.
le. zèle
dangérenfe a fufcité
extrémeid'an fes: Contradi@teurs.
affertions; des'
Des
négations, dés
&
des
propofitions,
conféquences générales des deux
n'ont produit aucun réfultat
parts
précis &
ble à la pofition de telle
applicaou telle Colonie,
ce qu'en toute chofe il fant voir
parce qui eft,
pourjuger ce qui eft bien ou ce qui eft mak,
Le commerçant qui affure
Tadmiffion des
vaguement que
Errangers eft un erime d'étar,
ignore que Colbert aflocia les Hollandois à
A S
hn
o
-
302 o RLOMEW We 2 e s
n'ont produit aucun réfultat
parts
précis &
ble à la pofition de telle
applicaou telle Colonie,
ce qu'en toute chofe il fant voir
parce qui eft,
pourjuger ce qui eft bien ou ce qui eft mak,
Le commerçant qui affure
Tadmiffion des
vaguement que
Errangers eft un erime d'étar,
ignore que Colbert aflocia les Hollandois à
A S
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o
-
302 o RLOMEW We 2 e s --- Page 16 ---
- ATTCITELT
-
- -
Fa a
X
T'établiffement de St.
qui voudroit en
Domingue; mais celui
conclure qu'il faut les
aujourd'hui à
aflocier
fionnement Texportation, & à T'approviattaqueroit
& les droits du
évidemment les intérêts
pofitions, les commerce national. Ainfi les -
époques, les befoins autorifent
l'exception gni fe trouve proscrite dans
circonflances: Ainfi
d'autres
un plan de
pour arrefter ou modifier
pole & une commerce exclufif entre la métro,
Colonie, il faut
noître fa fituation & fes
perfaitement conIl en eft de même de reffburces.
militaire, un Magiftrat Tadminiftration. Un
Gouvernement
propofent un plan de
fouvent rélatif à la robe
porte & fort peu. aux hommes
qu'il
qu'il faut régir. Il eft
& aux intérêts
les des
difficile de fe dépouilpréjugés de fon état,
de l'extenfion de-fa
chacun s'occupe
le hardiment
prérogative & on appelIl eft cependant Cette perfonnalité le bien public.
n'eft
certain que le Gouvernement
point uniquement établi
des prépofés & qu'ils
pour l'avantage
doivent être
eux, leurs
fubordonnés
places, & leur
pes du Gouvernement.
esprit aux princ'-
ces
Je rechercherai donc
principes en expofant les vices & les
abus. --- Page 17 ---
XI
obfervations réfulrera
De ces différentes
des
induétion une connoiffance générale
par
leur convient 2 car
Colonies & du régime qui
différences locales qui les diftinguent ne
ces
communs fous les
peuvent altèrer les rapports
droit les confidèrer & les régir. Ces
quels on
navigarapports font agriculture, commerce,
des Colons 2 avantion, police, 2 prospérité
auffi les obrages de la métropole ; ce font
& législation des Cojets de l'adminiftration
lonies.
celle de St. DominJ'ai choifi par exemple
parcequelle cft la plus confidérable de nos
gue
met toute feule dans la bapoffeffions, quelle
les
lance du Commerce deux fois plus que
enfemble:
ai dailleurs eu de granautres
J'y
des relations 2 & c'eft après en avoir étudiéles intérêts, le commerce, la jurisprudence,
tous les détails enfin del'adminiftration que j'ai
mémoires. Leur but effentiel cft de
écrit ces
d'être dcs
déterminer un plan, une manière
Colonies avec la métropole, du Gouvernement
il n'y.
avec les Colonies, car jusqu'à préfent
cn a pas eu d'arrêté.
fuit
De cette incertitude dans les principes
UEUTCU1EN - - - a
- L aR a às a TVENA
, la jurisprudence,
tous les détails enfin del'adminiftration que j'ai
mémoires. Leur but effentiel cft de
écrit ces
d'être dcs
déterminer un plan, une manière
Colonies avec la métropole, du Gouvernement
il n'y.
avec les Colonies, car jusqu'à préfent
cn a pas eu d'arrêté.
fuit
De cette incertitude dans les principes
UEUTCU1EN - - - a
- L aR a às a TVENA --- Page 18 ---
anctentale
EIT - 2 A
-
XII
néceflairement une grande
moyens; des
inflabilié dans les
ordonnances mal
abrogées pregu'auffiror
conçues &
décilions variables &
que promulguées, des
jets toujours
momentanées fur des obdans les
infans, des formes
cas graves &
arbitraires
& Tinexécntion
urgents, l'oubli
des loix les plus
enfin,
Dans la Colonie
falutaires.
créé ou détruir, dans le chaque adminiftrateur a
miniftère
me en placea mis fon
chaque homde fon
opinionà la fuite de celles
prédeceffeur; toutes ces
tes ces inflitutions
volontés, tou-
& T'enfemble eft partielles font reftées ifolécs
devenu
Si de ce premier monftrueux.:
détails, les
apperçu nous paflons aux
fentent de inc@mf@guences & les abus fe
tonte part. Eft-ce le
pré
Commergant que nous
Colon, le
voyons ces deux états confidérons ? nous
relle & le
en oppofition, en quieGouvernement
fa voix puiffante
neutre, tandis que
peut. en les
peller au même but & les conciliant les approteélion égale aux mêmes foumettre par une
Sera-ce l'exercice de
principes,
intéricure? ricn n'eft
Taurorité? la police
fixe,
déterminé d'une manière
inyariable, des décifians
autorifent toites --- Page 19 ---
XIII
lesprétentions, T'habitude de tout confondre dans
les genres & les espèces, dans les places & les
fonétions rend tous les cas problématiques,
forment fans ceffe de rouvelles
&
décifions qui font
entre la Cour & des Agents T'aliment
d'une
correspondauce immenfe & abufive.
Enfin fi nous cherchons ce qu'on a fait
la prospérité des Colons,
pour
de leur culture;
pour l'amélioration
ledebouchéplus facile de leurs
denrées, pour la confervation de leurs
fions en tems de
poffesguerre, nous verrons la néceffité de mieux faire. On ne
peut pas douter
que depuis vingt ans les différens miniftres de
la marine n'ayent connu cette néceffité & déffré ce mieux, mais leurs tentatives
ont été infruétucufes
poury arriver
parceque les innovations
n'étoient point liées à un, plan
changé les
général, on a
corps miliraires, les tribunaux; on
a multiplié lcs plans,
augmenté les
fait de nouvelles loix, & on n'a
impôts,
né ce qui devoit être
point détermil'esprit & l'autoriré' militaire dans une Colonie; on ne, lui a
propresles tribunaux & les loix
pas rendu
qu'ony a établies; on a cru le genre & la qualité de
indifférens, On a fait des
l'impot
réglemens inutiles,
ET 1s1 :5
o - et aNnE EU21 NEWe MENIEI 1 de
de nouvelles loix, & on n'a
impôts,
né ce qui devoit être
point détermil'esprit & l'autoriré' militaire dans une Colonie; on ne, lui a
propresles tribunaux & les loix
pas rendu
qu'ony a établies; on a cru le genre & la qualité de
indifférens, On a fait des
l'impot
réglemens inutiles,
ET 1s1 :5
o - et aNnE EU21 NEWe MENIEI 1 de --- Page 20 ---
EMTIEEITEI
L
Me
XIV
& on a oublié ccux qui étoient
le moment étoit arrivé
indispenfables;
on rout alloit
une face nouvelle, un code
prendre
des mains du
entier alloit fortir
Miniftre, c'efta cette époque
jai propofé les coufidérations
que
devant fervir de baze
fuivantes comme
à la législation de St.
Domingue.
Une
Coloniedansfempaced de quatre
eft fortie du néant, & fes
vingtans.
dus à la fertilité du
progrès uniquement
fol, à l'induftrie des
tans & aux fecours du
habiCommerce, font
nus une portion confidérable
deveT'état, qui doit enfin
des richefles de
affeoir fon
cette Colonic,
jugement fur
La pauvreté 2 le travail, la fobriété
petir nombre d'homme
du
qui ont
cet établiffement avoient
commencé
a peine befoin
rité pour les contenir, & de
d'auto-:
les défendre.
proteion pour
Aujourd'hui T'opnlence, le luxe, l'induftrie, les penfions d'une
grande Société éxigent une conftitution civile &
lui foit propre.
politique qui
Si cette conftitution étoit accélérée
tardée fans proportion
ou réavec les progrès de --- Page 21 ---
xy
l'érabliffement, elle feroit mauvaife oir cefleroit d'être bonne raux époques
d'accroiffe.
mens ou de dégradations, ainfi il faut l'état
de la Colonie pour fixer la.législation.
Si nous trouvons que tous les
tous les objets de discuffion
intérêts,
fament
y foient fuffdéveloppés, c'eft le moment de
mer la
forjurisprudence, car il n'eft pas
ble que les loix & les
poffifoient
coutumes de France
toutes bonncs en Amérique.
Si la création fucceffive des
emplois, & dcs tribunaux
places, des
a occafionné beaucoup de compromis, de difficultés, de
réclamations, c'eft le moment de déterminer
l'exercice & la fubdivifion de l'autorité.
Si le commerce national
cé
qui à commenpar envoyer deux ou trois Vaiffeaux
année dans cette Colonie
par
d'hui trois
cn envoye aujourcents, il eft tems d'examiner & de
fixer la' pofition
refpedtive du Commerce
de la Colonie.
&
Si le Colon par fes manufaétures
venu aflez utile à l'état
eft depour être
comme Agent, il faur auffi le
compté
comme
confidérerer
citoyen 5 & lui affurer fur la
terre
D 5 ot ue a H -ot 131 -1121 - WE NEWe N200000e
cn envoye aujourcents, il eft tems d'examiner & de
fixer la' pofition
refpedtive du Commerce
de la Colonie.
&
Si le Colon par fes manufaétures
venu aflez utile à l'état
eft depour être
comme Agent, il faur auffi le
compté
comme
confidérerer
citoyen 5 & lui affurer fur la
terre
D 5 ot ue a H -ot 131 -1121 - WE NEWe N200000e --- Page 22 ---
T 1a
-
-
GANA A N:
XvI
la portion de liberté & de
ceflaires pour la lui faire
proteaion nés
Si les produits
aimer.
dans leur état
intérieurs de la Colonie
actuel & les
dont ils font fusceptibles,
accroiffemens'
ou exiger dcs érabliffemens peuvent permettre
té, la falubrité, la
rélatifs à Tutili
T'adminiftration
commodité dcs Colons;
doit auffi s'en
Si le débonché des
occuper.
féquent T'amélioration
denrées & par con-
& la culture
en partie de T'affiette & de
dépendent
droits impofés, il
la qualité des
d'impofition
convient d'érablir un plan
qui s'éloigne autant
poflible des vues fiscales.
qu'il eft
Si la
confervation de cette
tems de guerre ne
Colonie en
pédiens & des
Iganroit dépendre des exmoyens que Toccafion
fuggérer, il faut arrêter &
peut
de défenfe locale
cxécuter lc plan
qui lui fera réconnu
pre.
proEn convenant de tous ces
s'agit plus que de
points il ne
& fes détails
parcourir cette Colonie
pour connoitre la forme
minifration & les loix qui lui
d'ad-,
conviennent.
ESSAI --- Page 23 ---
ES S A I
SUR
L'ADMINISTRATION DE LA COLONIE
DE
ST DONINGUE
NOEA
e me propofe d'éxaminer les
les reffources de l'établiffement avantages &
rable
le plus confidé.
que nous ayons en Amérique, fes
bles intérêrs & ceux du
véritacommerce
en font
national qui
inféparables; les vices de fon admini.
ftration, et les moyens de la rendre
meilleure.
Ce n'eft point une opinion
je veux produire & défendire: particulière que
& des obfervations
ce font des faits
que j'expofe,
B
1e00-t0e ET us 3
sii otlal - EUA THAuanama
é.
que nous ayons en Amérique, fes
bles intérêrs & ceux du
véritacommerce
en font
national qui
inféparables; les vices de fon admini.
ftration, et les moyens de la rendre
meilleure.
Ce n'eft point une opinion
je veux produire & défendire: particulière que
& des obfervations
ce font des faits
que j'expofe,
B
1e00-t0e ET us 3
sii otlal - EUA THAuanama --- Page 24 ---
TPeetrmneAneNeate
MEIEEAT
sneecmesees
Une Colonie eft établie
pour le plus
avantage de la métropole
grand
les
; voila fa fin: mais
moyens de confervation, &
nc peuvent êtrc rélatifs
d'accroiffement
qu'a la furéré, à la
prospérité des Colons, & le
peut avoir d'aurre objet
Gouvernement ne
fement & les
que la fin de l'Erablif.
moyens de fa confervation.
C'eft à ces principes fimples
tent mes obfervations.
que fe rapporUne description
graphique n'entre point dans mon
géoterai de dire cè qu'on
plan, j'évil'on trouve ici des peut lire ailleurs, ou fi
qu'ils
détails déja connus, c'eft
précédent ou fuivent néceffairement
réfexions. Ainfi je fuis
mes
obligé de
par extrait une idée générale de la préfenter
fon organifation, de fa
Colonie, de
culure,
au tableau de fes produits,
pour arriver
la
de fa rélation avec
métropole, avec les Etrangers. Ces
font néceffairement liés à
objets
ladminifration
peut tout, en bien ou en mal, fur
qui
une Société
d'Agriculteurs & de
dre des matières
Commergans, tel eft l'orque je vais traiter.
TEE 1 --- Page 25 ---
PREMIERE PARTIE
Idée ginirale ou viie intérieure de la Colonie.
CHAPITRE I.
LocAL.
Colonie
L.
PIsle
Françaife occupe le tiers de
de St. Domingue & les
deux autres tiers. A
Espagnols les
l'avénement de
Cing au trône
Philippe
d'Espagne, ce dont nous étions
en poffeffion à cette époque nous fut
propre: mais alors nos limites
reconnu
doient à plus de quinze lieues avouées s'étenau de la de ce
que nous poffedons aujourd'hui;
re
de la rivière de Neybe d'un l'embouchude la rivière de
part, & celle
monte - Chrift de l'autre formoient la ligne de démarcation; des
friche des deux
terres en
parts n'étant précieufes à aucune des deux nations, on ne disputoit
les limites & comme lcs bords
pas far
été le
de la mer ont
premier fol cultivé,
foncé dans les
qu'on ne s'eft enterres qu'à mefure que la.
lation & les moyens
popuchant
augmentoient, alors martoujours far nos terres, nous nous fommes approchés des Espagnols
errants avec leurs
troupeaux, cilfe fontarrèrés fort au dela de a
B 2
to u21 12W3 - NEEe Wail EWel WEl EURURUAUAL 1o0000
far
été le
de la mer ont
premier fol cultivé,
foncé dans les
qu'on ne s'eft enterres qu'à mefure que la.
lation & les moyens
popuchant
augmentoient, alors martoujours far nos terres, nous nous fommes approchés des Espagnols
errants avec leurs
troupeaux, cilfe fontarrèrés fort au dela de a
B 2
to u21 12W3 - NEEe Wail EWel WEl EURURUAUAL 1o0000 --- Page 26 ---
ligne convenue, le défir de nous
n'ayant pas été contrarié, le éloigner d'eux
Colons qui pouvoient
petit nombre de
furface libre
encore s'étendre fur une
ne lifant point dans l'avenir;
fipulant point pour leur poftérité, &
ne
vernement étant auffi
le Goumis en oubli, & les paffif, nos droits ont été
rière eux: des deferts, Espagnols ont laiffe derfe font réunis en
meaux & en Bourgs
hapour marquer la
re, nous les avons laiffé faire
frontie.
mons aujourd'hui.
& nous réclaCHAPITRE II.
CLINA T.:
Le Climat de St.
Domingue eft
Zône torride. mais fa
celui de la
dans les
température eft différente
plaines & dans les
- leil ardent brule la
montagnes. Un Soréfoud. Des fels
terre, un air humide la
caires fondics abondants, des matières calpar dc fréquentes pluies,
lées par une chaleur contintie
travailcondité prodigieufe
opérent une fe.
dans les plaines, fans ceffe
engraiflées pas les débris des
les torrens entrainent
montagnes que
glée rend
avec eux. Une brife ré.
cette terre habitable, mais on con- --- Page 27 ---
S
çoit comment les tempéramens
Etropéens s'y
degradensyddmuif@atzk le fang roujours dilaté
par la chaleur fatigue, brife
Vaiffeaux
quelque fois les
ou il'cireule mal; une
forcée en extrait tout T'humide, transpiration
les fibres fe
déffechent, l'ufage des liqueurs fortes
abus' de
par un
régime, une licence de mceurs
produit l'esclavage, : les eaux
que
mentées
ftagnantes; ; ferpar un Solcil ardent, font les caufes des maladies épidémiques.
Cef étàt phyfique des individus de St. Domingue influc, plus qu'on ne penfe far leur régime focial, fur'les loix qui leurs
& impofent au moins au
conviennent,
tion de
gouvernement l'obligaprévenir, d'atrénuer autant qu'il eft
polfible le concours des caufes deftruétives.
CHAPITRE III.
MORURS.
Les hommes ne fe perpéruent
fe repréfentent
point, ne
point à St. Domingue de
nération en
g6
Fon
génération, on s'y enrichit, ou
y périt, &lhomme riche
pe. La maffe des habitans
repafle en Euroeft fans ceffe
vellée par les arrivans de
renou:
France; il s'enfuir de
B3
:
3 Nonar NEnEE UUE01E0EUE MEW2W EWe -s
URS.
Les hommes ne fe perpéruent
fe repréfentent
point, ne
point à St. Domingue de
nération en
g6
Fon
génération, on s'y enrichit, ou
y périt, &lhomme riche
pe. La maffe des habitans
repafle en Euroeft fans ceffe
vellée par les arrivans de
renou:
France; il s'enfuir de
B3
:
3 Nonar NEnEE UUE01E0EUE MEW2W EWe -s --- Page 28 ---
aaneT - TET
T - - - - -
là qu'il n'y a point d'esprit
chacun y apporte le
national parceque
fien, fes
éducation, fes vices
préjugés, fon
Gascon, le
domeftiques, Mais le.
Provengal, le
en confervant leurs
Normand, le Picard
tent encore cc
mceurs propres contracde Colonier.
que J'appellerois des habitudes
&
Cette diftradion eft
ne doit point
importante,
morale &
échapper à un obfervateur : cn
Tesprit
en polirique on étudie, on dirige
public, le caraétère d'un
Domingue,
peuple. ASt.
il
iln'y a point de corps de
n'y. a: que quelques individus
peuple,
ques intérêrs communs &
qui ont quel,
des vues ifolées.
Un Creole n'eft
il eft Gascon
pas toujours
ou
Américain;
avec fon père
Provencal, s'il a aflez vécu
fes
pour entendré fa langue & fuivre
Ptincipes,
L'homme de lettres qui eft à
tout le contraire
Paris a écnit
l'a crû fans doute, mais
pas và.
ne l'a
De On.ne peur donc pas dire
de St. Domingue eft
que Thabitant
liberal, bon
gay ou trifte, avare ou
ou méchant, intelligent
de, vain ou modefte,
ou fupipareffeux ou adif; on --- Page 29 ---
y voit tous ces caraétères mélangés & confondus fans couleur prédominantes.
Mais le climat, le genre de vie, de travail,
d'induftrie ont néceffairement des influences
générales & uniformes fur cette diverfité d'espèces. Voila, fur quoi il ne faut pas fe méprendre & ce que j'appelle halitude de Colomie.
: Ilya une aifance générale,
ily a un luxe
relatif; le climat affaiffe ou incline
la cupidité réveille &
au repos;
gourmande la pareffe;
l'induftric agir, tout le monde eft
Ies nerfs plus facilement
occupé.
agaçés portent aux
plaifirs, aux excès, le plus grand nombre firccombe, la commodité, la falubrité
au local, parcequ'on
manquent
n'y a rien mis de ce qui
peut plaire, féduire, attacher. Tous veulent
le quitter, chacun fe hâte, fe
l'air de marchands
dépéche, ils ont
dans une foire. L'art du
Gouvernement eut été de les rendre Citadins.
Voila les traits & les nuances
Colons
qui rendent les
différens & femblables.
soe
B 4
t 1 ol er a Tae NalEnemer EWe IEne War U -2 N2u2
de ce qui
peut plaire, féduire, attacher. Tous veulent
le quitter, chacun fe hâte, fe
l'air de marchands
dépéche, ils ont
dans une foire. L'art du
Gouvernement eut été de les rendre Citadins.
Voila les traits & les nuances
Colons
qui rendent les
différens & femblables.
soe
B 4
t 1 ol er a Tae NalEnemer EWe IEne War U -2 N2u2 --- Page 30 ---
Tatamettane
TET
LI1 111 a 1 - ET 2 La11 a -
CHAPITRE IV.
Du SoL, ET DES
PRODUCTIONS DES FRAN.
içoIs.
Le Sol de St.
me
ni de bled, ni de Domingue n'eft fusceptible
à la culture
vin, mais il eft très
du fucre, delindigo,
propre
cacao, dont les
caffé, coton,
réuffi, & fe font plantations ont parfaitement
dans les
multipliées dans les plaines &
montagnes fuivant la
& la tempéramre
qualité du fol,
propre à chaque
Cette Colonie faible dans
espèce.
me tous les établiffemens fon origine comdes mains d'une
nouveaux, eft fortie
chaffoient
centaine d'ayanturiers
des Bcufs fauvages
Iqui y
les cuirs, & récoltoient
pour en vendre
nes quelques vivres
autour de leurs cabaL'espoir de faire du pays &. un pen de tabac,
gens honnètes, fortune y attira bientôt. des
patiens &
rérent de la
laborieux, ils infpiconfiance; la
des leur donna des
Compagnie des Ins
fecours en
négres. Elle a dabard
marchandifes, en
duftrie des premiers encouragé, protégé l'inbientôt
Colons; elle l'eut étouffé
par toutes les fervirudes
ptivilége de commerce
qu'impofe un
exclufif, il fut aunullé --- Page 31 ---
en 1725. & depuis cette époque, les
lcs progrès de cet établiffement
faccès,
ont été prodigieux. Des Villes, des Bourgs, des
fe font élevés de tous côrés.
hameaux,
Nombre de Gentils-hommes, des cadets de famille condamnés
à la Pauvreré dans leur
patrie ont adopté celle
ou laifance eft le fruit du travail:
factures
Des manuen fucre, en indigo ornent & enrichif.
fent les plaines, les
font
montagnes& les vallons
chargés de caffé, de coton & de cacao.
L'exportation de toutcs ces denrés-qui
poir à peine dix vaiffeaux
occtau
du
commencement
fiècle, en occupe
:
aujourd'hui trois cents..
Enfin la Colonie eft compofée de
vingt-cinq mille
phus de
blancs, &. de près de troiseerits mille négres emploiés au travail de la
terre.
.
CHAPITRE V.
Du SoL, ET DES: FRODUCTIONS
DES
ESPAGNOLS.
Iis'en faut bien que les
fins
Espagnols nos voi
ayent fiivi cette progreffion de travail &
d'indufttie. Poffeffeurs de la majeare
de FIsle, & de la mcilleure
partie
terre; il font auE S
Mo1 10.1060 DEneNsUCtTeUT TaUlellelten We NEW2Wel
:0
o a
terre.
.
CHAPITRE V.
Du SoL, ET DES: FRODUCTIONS
DES
ESPAGNOLS.
Iis'en faut bien que les
fins
Espagnols nos voi
ayent fiivi cette progreffion de travail &
d'indufttie. Poffeffeurs de la majeare
de FIsle, & de la mcilleure
partie
terre; il font auE S
Mo1 10.1060 DEneNsUCtTeUT TaUlellelten We NEW2Wel
:0
o a --- Page 32 ---
JO
jourd'hui dans un état pire que celui
tophe Colomb laifla fes
ou ChrisIls ont
premiers Compagnons.
préféré au défrichement des
nourriture & l'entretien
terres la
des
nous avons négligé, & leur troupeaux 9 que
utile en ce gu'ils font devenus pareffe nous ef
naturels, tandis
nos pourvoyeurs
que nous leur fourniffons
échange les chofes de
en
ils
première néceffiré dont
manquent & que leur gouyernement
fort les empêcher de
voudroit
villes & hamcaux
prendre chcz nous. Leurs
des
font habités par des
gens de gucrre ou des citadins moines,
qui dorment ou fc répofent le
nonchalans
tandis
jour & la nuit;
que leurs troupcaux errent dans des
Campagnes incultes. On voit
tour des habitations
cependant au-
& à
quelques Jardins à fruit
légume, un peu de tabac, de
fucre cru, de caffé, mais en fi
cannes.à
que le maitré y trouve à
perite quantiré
peine fa
on, Les plus opulens font
confommati.
de ces denrées & des
un petic commerce
Un
cuirs de leurs
ou deux vaiffeaux de la
animaux,
talogne fuffit à cette
Compagnie de Cace qu'ils appellent exportation, ainfi qu'a
Colonie, dont
lapprovilionnement de leur
exclufff.
cette Compagnie a le privilége --- Page 33 ---
II
la quelle nous éproure C'eft la raifon pour
des entraves dans
de leur part
dévons anjourd'hui
qui font toutes
la vente de nos marchandifes achetent néanil les
clarécs de contrebande;
de la confiscation,
moins en courant les risques leurs animanx en
achetons de même
& nous
eft poffible les droits
esquivant autant qu'il
fortie. Il réénormes qu'on a impofé fur la
forte un état de guerre
fulte de la en quelque
Car ils nous
entre les deux gouvernemens. plus de trois
fourniflent annuellement pour
recevoir
d'animaux, qu'ils voudroient
millions
qu'cn
& que nous ne pouvons payer
en argent
fommes donc fur cet obmarchandifes: Nous
& fur un autre
jet dans leur dépendance,
encore plus important.
à un travail pénis
Nos Esclaves emploiés
le
devant les yeux Spc@a:
ble & continuel ayant
défertent,
cle attirant de loiliveté Espagnole
T'Esd'autant plus volontiers que
& font reçus.
rétribution honnète,
pagnol qui les rend a une
au
les employer
& celui qui les garde pour
eft
foin de fon troupeau y gagne encore plus.I de
ici que n'ayant point
bôn de remarquer
pour la
dired à la côte d'Aftique
commerce
TTEII Tua N V NEN à
T511 a
- TENELOUTELL
ertent,
cle attirant de loiliveté Espagnole
T'Esd'autant plus volontiers que
& font reçus.
rétribution honnète,
pagnol qui les rend a une
au
les employer
& celui qui les garde pour
eft
foin de fon troupeau y gagne encore plus.I de
ici que n'ayant point
bôn de remarquer
pour la
dired à la côte d'Aftique
commerce
TTEII Tua N V NEN à
T511 a
- TENELOUTELL --- Page 34 ---
-
traite des noirs
dent à St.
presque tous ceux qu'ils poffe.
Domingue ont apparrenus
François.
aux
Iya eu fur cet article ainfi
reflitution des Soldats
quc pour la
tions, des traités
déferreurs des conven.
entre les deux
gue Général a fait le fien, mais Colonies; chades deux chefs, le
Tsloignement
bli
peu de
entr'eux, le caraétère correspondance étament
negatif du Gonverne
Espaghol, occafionnent des
toujours renaiflantes fur les
difficultés
fur les limites, fur
différens objers;
toutes les rélations des
peuples.
deux
Lorsque j'entrerai dans les
ra que ce feroit un
détails on verz
lui d'un Confal
érabliffement utile que ced
d'un Conful
François chez les Espagnols;
Espagnol chez les
qu'ilya a beatcomp de chofes
Frangois, &
nous rétirions de leur
à faire pour que
que leur intérèr bien voififnage les avantages
refufer.
entenda ne fauroit nous
En Parcourant ainfi la furface des
Ionies, je n'ai voulu
deux Corespedlives,
qu'indiquer les pofitions
j'aurai occafion d'en
d'une fois. Révenons
parler plus
aux François, --- Page 35 ---
CHAPITRE VI.
DEs. Esci A V E 8.
J'ai dit que la terre eft cultivée
des
gres Esclaves ; T'ardeur du Soleil par
né.
point aux hommes blancs les
ne permet
Campagne ainfi
travaux de la
pour tirer parti de ce fol
ticux, il la fallu former une
prélière de
espèce particulaboureurs, les transplanter de leur
climat brulant dans celui-ci plus
eux & ériger en loi le droit tempéré pour
fort, qui établit
terrible du plus
cette diftance énorme du
tre à T'Esclave; nos
mai.
doute, &
mceurs la modifient fans
tous les Colons humains rendent
leurs négres plus heureux
mais quand T'avidité
que nos payfans,
du proptiétaire attire
à lui, l'homme noir n'eft dans fes
tout
inftrument aratoire
mains qu'un
frais
qu'il emploie aux moins de
poffibles.
Six aulnes de groffe toile
forme fon
par chaque année
vétement, un coin de terre travaillée
par le négre, aux heures qui devroient
celles du repos
être
pourvoir à fa
le
refte de fon tems, fes
fubfiflance;
bras, fa fueur
tiennent au maitre qui peut forcer lcs apparchatioitE ot net
Wan 3105 12 NE u TEWe we V
a
frais
qu'il emploie aux moins de
poffibles.
Six aulnes de groffe toile
forme fon
par chaque année
vétement, un coin de terre travaillée
par le négre, aux heures qui devroient
celles du repos
être
pourvoir à fa
le
refte de fon tems, fes
fubfiflance;
bras, fa fueur
tiennent au maitre qui peut forcer lcs apparchatioitE ot net
Wan 3105 12 NE u TEWe we V
a --- Page 36 ---
NmOENDUnE le recherche,
fans que' la loi impuiffante
mens,
De la le désespoir, la vengean-
& le punilfe.
les incendies. Telles
ce, les empoifonnemens, maitre à Tesclave.
font les relations du
à St. DoIly a donc deux Gouvernemens différens, cedont les principes font
T'autorité
mingue
publique, celui de
lui de Tautorité
domeftique.
deux PoIl fuit de la deux Jurisprudences ne crois
différentes. Je
lices, deux Juffices infifté fur cette diffinStion
qu'on aie aflez
Si
pas
effets relatifs à T'adminiftration.
& fur fes
alloit bien cet objet important,
tout le refte
encore
été mal vu dérangeroir
ayant toujours & on ne fent pas aflez que
Tordre public,
à la longue le
peut prévenir
naice dérangement Colonie. Nous en voions
renverfement dela
le code
attendant des crimes multipliés
tre en
dans un tems ou Texpériencé
noir à été fait
pour tempérer
manquoit. Ce qu'il prescrit contenir l'inde la fervitude, pour
cté
les rigueurs
des maitres n'a jamais
juftice & la cruanté oublié les moyens, parà
exécuté, parcequ'on détails outrés & inutiles;
cequily a quelques
habitans juftes & honmais Fil eft vrai que les --- Page 37 ---
IS
nêres qui traitent leurs négres avec
n'en jouiffent
humaniré,
pas moins du fruit de leurs travaux, qu'on ne dife plus qu'il feroit
renx de contenir un petit nombre
dangé:
d'hommes
injuftes & crucls, & d'accorder
teétion aux déplorables
quelque proviétimes de leur barba:
rie, la juftice le demande, la
donne. L'une & l'autre
politique l'ar:
clave, des heures de
prescrivent pour l'esrepos gu'il faur
une nourriture
respeéter,
fuffifante, un vétement nécef.
faire, des charimens modérés, dcs foins
les malades & les infirmes, Celui
pour
point à cette
qui ne croit
partie de ces devoirs n'eft
ce Colon honnète & utile
point
pour le
que les foins & la proteétion du queljinvoment.
GouverneCHAPITRE VII.
DES H A B I T A TI O N S.
Une habitation eft la portion de
cedée au premier Colon,
terre condescendans.
ou transmife à fes
L'étcndue la plus ordinaire eft de
mille ou douze cenrs pas quarrés. Sur
quantité de terre cultivée
cette
en cannes à
on en compte un douzième
fucre,
en Savannes ou pa-
pour le
que les foins & la proteétion du queljinvoment.
GouverneCHAPITRE VII.
DES H A B I T A TI O N S.
Une habitation eft la portion de
cedée au premier Colon,
terre condescendans.
ou transmife à fes
L'étcndue la plus ordinaire eft de
mille ou douze cenrs pas quarrés. Sur
quantité de terre cultivée
cette
en cannes à
on en compte un douzième
fucre,
en Savannes ou pa- - ol 061638 a ietEll 1EWe W2 WRWEW 2 ote --- Page 38 ---
ENETENENN :
AUEA
turages pour les animaux & fur cet
ment font pris les bâtimens de la
emplacele logement du maitre &
manufaélure
Un dixième eft
celui de fes négres.
du
employé à la culture des vivres
pays néceffaire à la fubfiftance des
un autre dixième fe trouve
négres,
divifions ou chemins
confommé par les
ons, le refte
tracés dans les plantatiproduit du fucre.
En fuppofant Thabitation
pour exemple de douze
que nous prenons
bonne terre fon
cents pas quarrés de
négres, cent exploitation exigera deux ccnts
vinge mulets,
ce mobilier peur-être eftimé quarante buufs,
livres argent de
à trois cents mille
manufacture,
France, Les bâtimens de la
ceux du maitre, les cafes de
négres ne peuvent être évalnés à
fes
cents mille livres, & la
moins de deux
objer de cent mille
terre toute nue eft un
écus. Cette
toute établie abforbe donc
habitation
cent mille livres,
un capital de huit
qui donnera
trois cents cinquante, à
annuellement de
de fucre blane, dont la quatre cents milliers
cinquante mille écus.
vente pourra rendre
De ce revenu il y a à diftraire les
ploitation le remplacement
frais d'ex.
d'un mobilier périf
fable, --- Page 39 ---
& les accidens occafionés par les ourafable,
les incendies, les épidégans, les fécherefles,
mille
à près de quatre-vingt
mies, ce quiréduit
francs. lc produit net.
habitation compofée du Maitre
Une telle
famille, ou dc fon régiffeur, d'un ou
& de fa
conde deux économes, & d'un Chirurgien,
annuellement en vivres, animaux ou marfomme
chandifes
de France.. 'Angleterre. d'Espagne,
850 1. 200 1.
1.
Farines
Ris & Légumes
5o
Vin
e
1OOO
Vinaigre
-
Huile
Beurre
Savon
Bougie
5o
Morue & poiflon falé
Beuf falé .
IOO
Cochon falé .
IOO
Chandelle & Suif 300
so
Uftenfiles e e
Tuiles & briques
Drogues médicinales 200
-
o Nua Na TAUTCNVEIVEI NENEI WEUEl ToU0o
o AUAUCUETEATAUEU
Légumes
5o
Vin
e
1OOO
Vinaigre
-
Huile
Beurre
Savon
Bougie
5o
Morue & poiflon falé
Beuf falé .
IOO
Cochon falé .
IOO
Chandelle & Suif 300
so
Uftenfiles e e
Tuiles & briques
Drogues médicinales 200
-
o Nua Na TAUTCNVEIVEI NENEI WEUEl ToU0o
o AUAUCUETEATAUEU --- Page 40 ---
- N - -e
de France. MAngleterre. d'Espagne,
Epices :
Fromage
fo
Groffe toile
Linge & toile fine : 1200
Meubles & habits -
Poterie, fayance &
uftenfiles de mé.
nage
Animaux
Merreins 8co
Facillards .
Bois de conftruéion
4co
Cordages a
IOO
Negres
so
Total
22590 3100
Tels font à peu près les confommations
T'habiration dont nous
de
parlons. Elle paye en
outre à la France pour le frêt. &
fes
transport de
revenus - 13000 livr.
Elle vendou procure occalion de vendre
marchandifes deFrance
en
ou denrées de fon crû. --- Page 41 ---
A la France. Aux Anglois,
AnxElpagnols
enfucre en firop & taffia
Ifoooolir.
Icooliv.
4oooliv.
On conçoit que cet état de confommation doit
être foumis aux proportions de la richefle des
habitans, à
-
commencer per celui qui poffede
400 noirs, jusqu'a célui qui commence
avec
quatre ou cinq. Cette balance de
la vente & achars du
produits de
commerce occalionnel
procure une habitation, étoir néceffaire que
en donner une idée jufte.
pour
1t
On voit par cet
perçu ce gu'cft un habitant à la métropole, ap.
qu'il eft au Gouvernement. Il
cé
fournit à la confommation
confommé ou
mille
près de denx cehts
livres par ân ; il occupe un vaifleau de
de deux cents tonneaux : 1 eft dans létat auffi
confidérable qu'un bourg de la fecond claffc.
C'eft donc un homme précieux cominc
Si vous le confidérez comme maitre
Colon,
&
taire, il n'eft pas moins
proprié.
dans
intéreffant; il exerce
l'Erat une autorité qhe n'efl point celle de
TEnt; il gouverne quatre cents hommes,
font à lui comme fa terre: il faut à
qui
homme de la
un tel
liberté, de la protcétion & un
C 2
1ot s oue AUAUUIDISIUIIETE aW2 Nallotlenner a
cominc
Si vous le confidérez comme maitre
Colon,
&
taire, il n'eft pas moins
proprié.
dans
intéreffant; il exerce
l'Erat une autorité qhe n'efl point celle de
TEnt; il gouverne quatre cents hommes,
font à lui comme fa terre: il faut à
qui
homme de la
un tel
liberté, de la protcétion & un
C 2
1ot s oue AUAUUIDISIUIIETE aW2 Nallotlenner a --- Page 42 --- Il faut qu'il foit vu, & qu'il le fàche,
frein.
fans le tourmenrer; il faut
qu'on lui en impofe
mais
foit fans entraves,
Sesbindenersfteaue rencontre un obftacle à fa
qu'il craigne, qu'il il cft
& le Colon
yolonté déréglée, car,
defpote;
hier
homme nouveau, qui n'étoit pas
étant un
il eft probable que
ce qu'il cft aujourd'hui,
font
bonnes.
les loix anciennes ne
pas
toutes
pour lui.
nous venous
en fucre que
La manufactare
de la premiere
d'examiner peut être réputée
quoiquily en ait de plus confidérables,
claflfe,
nombre eft au-deffous.
mais le plus grand
& coLes mannfaéhures en caffé, indigo,
de moindre valeur, tant à
ton font des objets
relativement
caufe de la qualité de la terre, que
bârimens & au nombre de negres.
aux
des habitans qui emploient
Ily. a cependant la culture de l'indigo, de
deux cents negres à
plantations de caffé.
même qu'aux
cultivent le coton, iln'eft
Parmi ceux qui
d'attclier au-deffous de cent negres.
pas diviserois ces trois especes de manufacJe
clafTes de produit, depuis cent
tures en dix
lieu que les fucrejusquà dix mille livres, au de
--- --- Page 43 ---
depuis deux cents
rics peuvent être comprées
au-deffous, fi
jusqu'a trente ; il n'en eft pas
biens abandonnés, ou
l'on en excepte quelques
mal régis.
font
une
R Les planteurs de cacao ne
point
claffe à part, en ce qu'il en eft peu qui cultivent cet arbre uniquement.
dit
le dixieme des terres à fucre
J'ai
que
des vivres du pays;
étoit confacré à la culture
eft à
près de même de toutes les auil en
peu
les travaux du
tres manufaStures 2 parce que
occafionnent toujours les neuf dixiemes
maitré & des forces du negre. Cette obfervadu tems
de celles où l'ail de TAdtion eft du nombre
s'il
miniftration doit s'arrêter. Qu'clle prononce
mieux affurer la fubfiftance
eft fage de ne pas
difette des fedes esclaves, de Texpofer à la
aux accidens intéricurs procours étrangers,
venans de Yimtempérie de l'air.
des habitans voués uniIl y a cependant
méà la culture des vivres; les terres
quement
avoifinent les villes
diocres des hauteurs, qui
& les bourgs,y font ordinairement deftinéespar.
On récolte des 16:
la facilité du débouché.
y
C3
16002112 Voou
CUSMANENIEUEUAL 1ol a 1a MMOSXOMIA
idens intéricurs procours étrangers,
venans de Yimtempérie de l'air.
des habitans voués uniIl y a cependant
méà la culture des vivres; les terres
quement
avoifinent les villes
diocres des hauteurs, qui
& les bourgs,y font ordinairement deftinéespar.
On récolte des 16:
la facilité du débouché.
y
C3
16002112 Voou
CUSMANENIEUEUAL 1ol a 1a MMOSXOMIA --- Page 44 ---
- -
gumes de toutes especes, quelques fruits
pays, des parares, du petir mil, des
du
On
pois.
compte autour du Cap, qui eft la ville la
plus confidérable de la Colonie,
tations de cette
quarante habiespece, qui peuvent
deux cents uegrçs,
occuper
En récapitulant les divers
établifemens,nous
trouvons
Neufs cents dix fucreries.
Sept cents indigoreries.
Trois mille caffétieres.
Cent cinquante cotoneries.
Soixante cacaojeres.
Quatre-cent-vingt places à vivres.
Cenr-guatre-vingt huttes, ou places à
befliaux.
Soixante & dix fours à chaux en manufaétures.
Quatre-vingt-deux tuileries > ou briqueries.
Cent quildiveries.
Voilà à peu près ce qui conftirue la maffe
des habitations répandues dans les différens
quartiers de la Colonie, & divifées en
fix paroiffes, dont chacune
quarante
dépend d'une Ville
eu d'un Bourg, --- Page 45 ---
CHAPITRE VIIL
DES VILLES..
En Europc, où la terre
chofes néceflaires à la
produit toutes les
étre
vie, les villes
confidérées comme une affemblée Peuvene
qui s'occupent fous leurs
de gens
fc repofent, &
toits, s'amufent ou
qui tiennent à leurs
gens de la campagne
gages les
tretien & à leur
pour fournir à leur enc'eft tout le
fubfiftance. A St.Domingue,
contraire; les villes ne font
que pourle fervice
établies
les Magafins & deshabitans,dont ellcs font
réunis Ics
TEntrepôt. Là fe trouvent
marchands, les
greffiers, notaires,
artifans, les juges,
deçins, foldats, les procureurs, huiffiers, mépofés du
prètres, & enfin les prérigent. Il Gauvernemient qui contiennent & die. n'y a ni nobles, ni
rentiers, ni beaux
bourgeois, ni
efprits.
un attelier relatif
Chaque ville eft
indigo, &
au fucre, au caffe,
aux gens quc les
coton,
le monde y eft
cultivent ; tout
font fur le
occupé, Les places vacantes
France, champ remplies par les arrivans de
qui fe préfentent
mauvais, médiocres,
pele-mele, bons,
&s'arrètent au premicr
C 4
toIT 1051 dar nanauen tan a 1o W2l W e
NRW2 a - o0
attelier relatif
Chaque ville eft
indigo, &
au fucre, au caffe,
aux gens quc les
coton,
le monde y eft
cultivent ; tout
font fur le
occupé, Les places vacantes
France, champ remplies par les arrivans de
qui fe préfentent
mauvais, médiocres,
pele-mele, bons,
&s'arrètent au premicr
C 4
toIT 1051 dar nanauen tan a 1o W2l W e
NRW2 a - o0 --- Page 46 ---
I--e
stmnmerenememsmene
pofte. Une troupe de
tent dsintriguenty
furnuméraires s'agidemande
pour y arriver; l'homme
une place
qui
ment marchand &
cdenmw.BfinDBimeroe
tre qui avoit été Vicaire procureur. J'ai vu un pré.
la même ville
au Cap, fe faire dans
marchand cucherdehmunechasfts & enfuite
graiffeur; il étoit de plus moine
Gentilhomme 9 & fat reconnt
&
que par un
dans fa boutin'eft
Supérieur de la miffion. Mais
-pas par cettc anecdore
ce
prétends juflifier des affertions plaifante quc je
Je dis tres-ferieufement
générales,
me, l'Officier
que le Gentilhomchand,
réformé, le commis, le marqui manquent de reffources
& qui viennent cn chercher
en France,
y deviennent
à St.
tour ce qu'on
Domingue,
les circonftlances leur
veut, tout cc que
pas rare de voir
permettent d'ètre: il n'eft
un rafineur,
chez unhabirant,
écumage le fucre
vu le petit
porter un nom difingué.
neveu d'un homme
J'ai
ver trop heureux de
"illafire fe troufier, & ce n'étoirp
trouver une place d'huif
point un mauvais
homme borné & avili
fujet, mais un
de condition
par la mifere.
fe fait
L'homme
ou de fermier d'un
pacotilleur, , ou régiffeur,
roturier; le marchand homme
. --- Page 47 ---
T'honnète bourgeois à des negres'
de robe ;
â toute fa fociéboulangers, & vend du pain
d'ètre boucher ou
té; un autre ne rougit point
boucheries. L'artifan qui a fait
fermier des
achete
fortunc, quitte la ville & fa boutique,
& devient un homme confidénne habitation,
même
rable, qu'il feroit ridicule & dangereux
un Artifan. Tel homme a
de traiter comme
qui au'
vendre des alumetes,
commencé par
d'un
bout de dix ans fe trouve propriétaire fe'
de cent mille écus. Vingt autres
Magazin
à crédit, venruinent, élevent unc boutique
termes, & finiffent
dent à perte pour payeranx eft le tableau mouTel
par une banqueroute.
d'une ville de St.
vant d'une ville de Colonie,
aflis
Onn'y voit point d'homme
Domingue.
avec intérêt de fa ville,
fur fon foyer, parlant
on"
de fa paroiffe, de la maifon dc fes peres;
& des voyageurs. Tout
n'yvoir que desauberges
entrez ,
dans'
correspond à l'idéc que J'exprime;
ni
leurs maifons, clles ne font ni commodes,
ornées : ils n'en ont point le tems, ce n'ef
voilà leur langage. Elt-il quepas la peine 2
d'une'
ftion d'un bâtiment, d'une machine,
tranfaction, d'un aête de partage, d'un régleC S
TEMTENTEITE
1eT AURINENSTRUET 1Eh1a1 N3 3U21 ANSINUCTTIICTAUD
à l'idéc que J'exprime;
ni
leurs maifons, clles ne font ni commodes,
ornées : ils n'en ont point le tems, ce n'ef
voilà leur langage. Elt-il quepas la peine 2
d'une'
ftion d'un bâtiment, d'une machine,
tranfaction, d'un aête de partage, d'un régleC S
TEMTENTEITE
1eT AURINENSTRUET 1Eh1a1 N3 3U21 ANSINUCTTIICTAUD --- Page 48 ---
1311 .
ment de compte? rien n'eft fini, rien
l'empreinte de la
ne porte
patience & de l'attention. La
plupart des-aêtes fant vicieux &
fourniffent matierc à des
imparfaits, &
procès fans nombre,
qui, fouvent mal inftruits, font
mal jugés,
guelgue fois
Ce défaut d'ordre & de fuite
corrigé par le Gouvernement, pourroit être
mêmes couleurs.
s'il n'eût pris les
On propofe, an
ce un établiffement, & on n'eu
commenvingt ordrcs
parle plus. De
doanés, quinze reftent fans exécution, c fans qu'on puiffe en fuivre la
II faudroit cependant dans les Villes trace.
lonie une Police bien
de Coplus aétive, plus exaéte,
plus détaillée que dans celles
l'efprit de famille,
d'Europe, où
locales
l'efprit de corps, les meeurs
font la moitié des fonétions du Gouvernement.
Ici la fgêne & les aéteurs
de dix années;
changenten moins
vous avez fans cefle des homines différens, fans patrie, fans famille,
projets; fans moyens déterminés,
fans
à faifir tous les projers,
mais prèts
tous les moyens. Oi
pourroit-on micux appliquer cet ordre
ge chacun dans fa claffe,
qui ranqui ly rappelle qui --- Page 49 ---
l'y fnit, qui obferve les mouvemens, les
déplaçemens, qui, fans géner la marche, arrête les
écarts. Remarquez même une chofe, là où
cet ordre eft lc plus néceffaire, il eft le
plus
facile; car les oififs, les
gens qui nc font que
riches, valuprueux, vous
ils
le tems de vous
échappent,
ont
tromper; mais l'induftrie eft
toujours en dehors. Or ces gens-ci font
OCcupés, ou defirent de Têtre; la
cupidité les
pouffe à la rencontre l'un de
l'autre, ils fe
heurtent > ils fe divifent, mais il fe laiffent
voir.
CHAPITRE IX.
Du COMMERCE QUI SE FAIT DANS LES
VILLES.
Les Négocians répandus dans les Villes
font aucun commerce direét, ils
ne.
être confidérés
ne peuvent
que comme les Commis ou facteurs des Négocians de France. Ils
des cargaifons à leur adreffe, & les reçoivenz
pour. le compte de leurs
vendent
enfuite
commettans ; ils font
l'emploi de ces fonds en denrées du
pays, & les chargent en retour. Ces
achats s'exécutent
ventes &
auffi par les Capitaines mars
-Antaluontan UE1 alatanmieten -
-a o0030 12
confidérés
ne peuvent
que comme les Commis ou facteurs des Négocians de France. Ils
des cargaifons à leur adreffe, & les reçoivenz
pour. le compte de leurs
vendent
enfuite
commettans ; ils font
l'emploi de ces fonds en denrées du
pays, & les chargent en retour. Ces
achats s'exécutent
ventes &
auffi par les Capitaines mars
-Antaluontan UE1 alatanmieten -
-a o0030 12 --- Page 50 --- chands fans la médiation d'un
Iln'eft
commiffonnaire.
guere que la cargaifon des noirs
exige, 2 parce que far une vente
qui en
il y a cing ou fix mille livres
d'un million;
dc
en une, deux ou trois années. çrédit payables
C'eft une chofe merveilleufe
fes effers, & fes fuites
que ce crédit,
à St.
tout ailleurs il s'établit fur la Domingue ; parfireté du
confiance, fur la
rembourfement, fur les
tifs qui l'operent. A St,
moyens coacrien de tout cela, &
Domingue il n'y a
traitent
toutes les affaires ne s'y
qu'à crédit. Ce n'eft pas tout
aurez un billet; un
; vous
contrat, une
une terre confidérable, mais
marchandife,
avec le
pier vous ne trouverez
mêmepaprunter. Tel
point d'argent à emhomme qui achétera à
une habitation de cent mille
crédit
roir pas dix mille fur fon écus, n'en trouve.
biller à ordrc.
a point de papier circulant
Iny
&
dans les
sily a de
places;
d'un lieu
l'argent, on le verfe en nature
à un "wutre lorfque les
l'exigent : il ne répréfente
Ipéculations
nos marchés
point comme dans
d'Earope; & le même marchand
qui me refufera cent Louis à trois
vend pour douze mille francs
ufances, me
de negres à un --- Page 51 ---
29 1 -
D'oà provient cettc diferenes3
an de terme.
la matiere en vaut la
cherchons-en la raifon,
Pétat de créan.
peine; car, fije ne me trompe,
débiteur font les deux principaux
cier & de
rôles à St. Domingue.
traverfent point les
Les gros Capitaliftes ne Colonie, mais l'ef
aller fonder une
mers pour
confidérable peut les détermipoir d'un profit
fonds. Les premiers
leurs
ner à y envoyer
étoient donc des efpeces. d'amphitiotes
Colons
leur induftrie, car la
qui n'avoient de mife que
ne leur coufar laquelle ils travailloient
terre
Colonie eft néceflairetoit rien. Ainfi une
vivres,
fondée far le crédit; les negres,
ment
dus etrelivrés à terme aux premiers
uftenfiles, ont
payer qu'avec
car ils ne pouvoient
habitans 2
leur donnoit le
de la terre qu'on
lc produit
le
d'exploiter. Par cet arrangement,
moyen
aux produits, en mettant
Négociant s'affocioit
& le Colon, qui
relatif à fes avances,
un prix
fon tems & fa peine, y
n'y mettoit rien que
reftoit quelque chofe.
gagnoit auffi dès qu'illai
il ne falloit
aflez de lui preter,
Ce n'étoit pas
les conditions ripas auffi le décourager par
car fi les
du rembourfement :
goureufts
Sa
e2
TEUEI
-ssa
TCTIEIIEL MEUIEIIGUET TOSETRLONE
Colon, qui
relatif à fes avances,
un prix
fon tems & fa peine, y
n'y mettoit rien que
reftoit quelque chofe.
gagnoit auffi dès qu'illai
il ne falloit
aflez de lui preter,
Ce n'étoit pas
les conditions ripas auffi le décourager par
car fi les
du rembourfement :
goureufts
Sa
e2
TEUEI
-ssa
TCTIEIIEL MEUIEIIGUET TOSETRLONE --- Page 52 ---
- : a
objets périffables que vous lui avancez lui
quent tous à la fois, avant qu'ils
manfa terre, comment
aient fécondé
d'aucre
vous payera-t-il?Vous n'avez
moyen de rembourfement
prêter encore; & fivous
que de lui
fiffez fa terre en
T'arrèrez, fi vous faifriche, vous en ferez un
me ftérile, gui ne fera
hommais
pas mème un
une charge pour fon Créancier. gage,
les premiers débiteurs
Ainfi
ont dû éprouver de l'in:
dulgence & de la
qui ai auroit voulu proteétion; car qui eft-ce
a
lètre fi le créancier avoit
eu ufer comme chez les Romains?
pu
Par cette
dans les
confidération; il a dà s'établir
Colonies une Jurisprudence
favorable aux débiteurs. Le
d'ufage
a été déclaré non faififfable mobilier aratoire
terre n'a
fans la terre, & la
pu être faific
la difficulé des
réellement, à caufe de
formes, & parce qu'il eft rare
qu'unc terre grévéede dettes, même au-delà de
fa valeur, ne reconnoiffe qu'un feul
Que le concert de plufieurs n'eft
créancier;
facile, & qu'enfin les
pas toujours
tribunaux même
cru devoir fe prêter
n'ont
faifies réelles.
qu'avec répugnance aux
Cette tolérance à la premiere
époque de
- --- Page 53 ---
& fans inTétabliffement étoit bien entendue,
fuffifamen ce que le débiteur étoit
convenient,
par fon intérêt, par
ment lié à fon créancier
fecours. Mais
d'obrenir de nouveaux
la nécellité
un terme à cette
n'auroit-on pas dû marquer clafles de débiles
tolérance, ou diftinguer Phéritier riche de ce
teurs? Eft-il julte que
de la pofition
Colon indigent profite
premier
n'eft plus la fienne, pour
de fes peres, qui
étoit bon pour
léfer fon créancier? Ce qui
anjourl'établiffement, , n'eft-il pas contraire destoù il n'ya pas
d'hui à Taccroifement?Care
d'inil n'y a point
reté dans les engagemens, moins d'économie
térêt dans les moyens, 2 &
Tinduftrie,
; dès lors
dans les confommations
tout Taccroiffela culture n'éprouvent point
ment poflible.
pourquoi les enOn demandera peut-être
à
n'ont pas été fubftirnés
gagemens par corps
préfente une
illufoire, que
cette hypotheque La raifon en eft fort fimterre non faififfable?
terre, mon uftenple; j'habite un pays où ma
ne le
comment ma perfonne
file eft refpeaé,
fuffi pour annuller
feroit-elle pas ? L'opinion a
la févérité des loix.
en cette partie
N -U TAU - A - VE
TETEUNET TENEIIEEU NVal ITELSIAN TOUEIT
éfente une
illufoire, que
cette hypotheque La raifon en eft fort fimterre non faififfable?
terre, mon uftenple; j'habite un pays où ma
ne le
comment ma perfonne
file eft refpeaé,
fuffi pour annuller
feroit-elle pas ? L'opinion a
la févérité des loix.
en cette partie
N -U TAU - A - VE
TETEUNET TENEIIEEU NVal ITELSIAN TOUEIT --- Page 54 ---
SMEMTENT viens de dire on a bien
Dans ce que je
mais
la raifon du défaut de confiance,
trouvé
s'eft malgré cela perpétuc,
cclle du crédit, qui
la voici.
nc fe préfente pas encore: Colon à celle defes
De la dette du premier chainc non interneveux, il y a eu une
fur
petits
& d'avances fondés
rompuc d'emprunts
moi encore afin
le premier principe : prètez Les créances font
je vous rembourle.
que
la terre aux différens propriétranfinifes avec
les gens honnetaires; on a payé les intérêts,
ancicns,
même rembourfé les capiraux
tes ont
avances.
-
demandant de nouyelles
n'a
en -
premier anteur de fa fortune,
Le Colon,
ileftmort, ou s'eft
rellélong-temse cn place;
fa
des
pas
Il a d'abord pris part
retiré en France.
fon fonds & fes dettes à
produits, & il a laiflé
faccédé à fes engagemens.
gui a
un acquérenr
& n'a
-
payé
contracté de nouveaux,
Celui-ci en a
à l'autre. Quand je dis - *
Fun qu'en empruntant
de moyens ara- :
emprunter, -
je parle toujours récl du crédit
car dans ce diferédit
de
toires 2
pas circuler à titre oit
public, l'argent ne peut
à terne livrera jamais
2R
Le commergant
inftrument de
prer.
être un
L3
me que ce quil fuppole
:
fon --- Page 55 ---
fon rembourfement & de fon
bénéfice', tels
que les negres, uftenfiles, kc. dont
on voit
l'emploi far la terre; mais l'argent qui
foit ati clin d'aeil, qui porte avec lui le difpade jonir & d'abufer, ne peur être mis à moyen la difcrétion de gens qui abufent, &
qu'on ne peut
pas contraindre à faire mieux.
Nous trouvons donc la raifon du crédit &
du défaut de confiance dans la
pofition
tive du Colon &
refpec.
duNégociant, liés l'un à l'autre par leurs relations
antécédentes S: il faut
qu'elles fes perpétuent; mais la défiance de l'un
l'éloignant autanr qu'il eft poffible, il ne prête
point fon argent, parce qu'iln'yeft point forcé.
Il en eft de même dcs Colons
entr'eux; il faut
gu'ils fe vendent à crédit leurs
cc qu'aucun n'eft affez riche poffefions 2 paren efpeces
acheter comptant; s'il avoir de
pour
l'argent, il le
garderoit, parce que Targent fe tranfporte od
l'on veut. Mais alors pourquoi vendre fa
à des termes, à des conditions
terre
incertaines? c'eft
que l'Habirant qui fe retire, qui a accumulé fes
rèvenus, & en a fait des
capiraux en
aimc autant livrer fon bien à
France,
certain
un acquéreur ins
qu'à un régifleur infidele; ; c'eft qu'on
D
Ao11W 0 021 DEHEIET Nol Hatsmel LeUeUleleUe UWCWET 2 12003012
a
des termes, à des conditions
terre
incertaines? c'eft
que l'Habirant qui fe retire, qui a accumulé fes
rèvenus, & en a fait des
capiraux en
aimc autant livrer fon bien à
France,
certain
un acquéreur ins
qu'à un régifleur infidele; ; c'eft qu'on
D
Ao11W 0 021 DEHEIET Nol Hatsmel LeUeUleleUe UWCWET 2 12003012
a --- Page 56 --- fe débarafTer fur un antre dd
veut fe retirer,
dévient
poidsdefts engagemens, & ce débiteur
alternativement créancicr.
Tel eft l'état du crédit & des négociations
& les Colons. J'ai vu
entre les Commergans
applandiffent, qui affurent que.
des gens qui y
qu'il en
cela eft bien, & qu'il feroit dangereux
Je crois fort qu'ils fe trompent,
fit autrement.
doit
le premier aête du Gouvernement
& que
la Colonie eft établie,:
être de prononcer, que
débis:
la faveur accordée aux premiers
& que
créanciérs
reurs , eft reverfible aux premiers
inha-!
mais que de mains
de leurs repréfentans;
la remonbiles ne brifent pas la machine pour
pas de faire payer fur.
ter! Je ne propofe
toutes les dettes, ce qui eft impofibles
Fheure
faut détruire le fyftème abfurde:
je dis qu'il
& élever fur fes rui-:
qui déttuit la confiance,
de:
crédit immenfe & folide, priver
nies un
la témérité & la mauvaife foi,.
toutes reffources
de l'induftrie honnèrc,
pour multiplier celle
la Colonie fera dans.
C'eft alors feulement que
& atteindra au dégré,de perun état Roriffant,
Alors les en-:
fcéion dont elle eft fufceptible.
téméraires porteront leur peine avec,
gagemens
-- --- Page 57 ---
39:
eux, & ceux que l'économie intelligente
formés & foutenus feront la fource de aura
les richeffes.
nouvel.
L'argent ne fe retirera plus dans:
les. caiffes, il circulera > il fera repréfenté;
Capitaliftes de France, qui
les
trouveront à
cer farementà un plus fort intérêt,
le.plas
verferont de
nouveaux fonds dans la Colonic. Les
fons des noirs fe
Cargaimultiplieroht, lès manufac.
tures feront améliorées, lcs
valeur relative, les
terres.auront une
produits fuivront les me
mes proportions ; on verra de nouveaux établiffemens en culture, de nouvelles
enfin tout ce qui s'opere
la entreprifes,
par
le crédit, (kje crois
confiance, par
qu'on leur doit les
grands prodiges de l'induftrie)
plus
St.
s'exécutera à
Domingue, où l'on eft réduit
aux feuls fruits de la terre.
aujourd'hui
F Je me fuis peut-être
trop étendu fur cet article, qui eût été mieux placé à côté des
d'Adminiftration
détails
que je traiterai; mais
tance de la matiere m'a
fimporcuffion.
emporté dans cette dif
Comment, en parlant des villes & de
leur mouvement 5 de l'aftivité
ya
gu'on apperçoir,
prodigieufe
pouvois-je peffer fous
ce l'inertic réelle
filen.
gu'y-produit. un.abus de rés
D 2
M-11E L TonE AeumMEa EWe
Nlelaletmonent Da No1Note
je traiterai; mais
tance de la matiere m'a
fimporcuffion.
emporté dans cette dif
Comment, en parlant des villes & de
leur mouvement 5 de l'aftivité
ya
gu'on apperçoir,
prodigieufe
pouvois-je peffer fous
ce l'inertic réelle
filen.
gu'y-produit. un.abus de rés
D 2
M-11E L TonE AeumMEa EWe
Nlelaletmonent Da No1Note --- Page 58 ---
/
ANETTETTETTE nan
gime ? C'eft ce fpeÉlacle
d'achats qui vous
impofant de ventes &
trompe: il falloit
ment on y fait un commerce
dire com:
il Peut s'accroitre
obligé, comment
en devenant facile
taire.
& volons
CHAPITRE X.
DEs Bou R G S.
Quelques maifons d'Artifans réunies
de l'Eglife paroiffiale forment
autour
y voit auffi des
un Bourg ; on
boutiques, des
les jours de fêtes il
magafins, &
les Efclaves font
s'y établit un marché, od
un petit commerce des denrées
qui lenr font propres, de leurs
leurs fruits; ils achetent
volailles, de
des viandes
en échange du
on poiflon fale,
pain,
ries, &c. Deux archers
quelques toile.
de la
font ordinairement la Police
maréchauffée
les ordres de
dece marché, fous
dans le quartier. TOficier-Major qui commande
Ces archers vexent un peu les
negres s les mettent à contribution.
queftion que de miférables
Il n'eft
attention
les
; on ne fait pas
que petites vexations ont
effers, & que l'avidité qui
degrands
arrêter les défordres
s'y prête ne fauroit
réels, qu'elle doit même --- Page 59 ---
37.
favorifer les voleurs,leareccleurs
qui la
comme cela arrive.
payent,
CHAPITRE XL
Des NEGRES ET MULATRES
LIBRES.
En parcourant les villes & les
campagnes
deSt.Domingue, nous n'avons pas vu de
ple, ni aucune efpece d'homme
peu-,
allimilée à nos
qui puiffe être,
payfans d'Europe. La
& ce qui eft néceflaire
fervirade,
pour la maintenir. > a.
margué une diflanceimmenfe de Thomme blanc
à l'homme noir. Les. gros
tions les
ouvrages > les foncplus viles font abandonnés à celuici, dont l'abaiffement éleve à
le premier au-deffus de fa
chaque inftant
condition. Le Char-,
pentier, le Maçon, qui a des efclaves qu'il fait
travailler dans fon art, > trace
2 commande en
Architeéte, en Artifteà mefure que fa fortune.
augmente, & bien-tôt il abandonne fa
fion; ce n'eft plus un ouvrier, c'eft
profefriche, qu'il feroit
un homme:
dangereux peut-être de traiter en artifan. Le profond
refpeét qu'on infpire aux negres pour tout ce qui eft
donne une forte de valeur
blanc,
au plus miférable
manant ; & j'ai vu: à cétte occafion;
que:les
D 3
1 1s1 5 J EHE1E WaLaEMel - S1121 NelelrehIe 1e
plus un ouvrier, c'eft
profefriche, qu'il feroit
un homme:
dangereux peut-être de traiter en artifan. Le profond
refpeét qu'on infpire aux negres pour tout ce qui eft
donne une forte de valeur
blanc,
au plus miférable
manant ; & j'ai vu: à cétte occafion;
que:les
D 3
1 1s1 5 J EHE1E WaLaEMel - S1121 NelelrehIe 1e --- Page 60 ---
-
DCATEITEITEITERCEIT - anam ME
gens du peuple font aufi
que les courtifans il fufceptibles d'orgueil
les
>
ne leur manque
moyens de le déveloper.
que
Cc qui pourroit donc être
tion du peuple à
une repréfenta.
Sc.Domingue, eftla
negres & mulâtrcs libres
clafle des
coulenr cette
; ils - onr par cette
portion
dans tous les
le d'aviliffement, qui eft
de la Société: pays partage du dernier rang
mais ils jouiffent des
aétions civiles, ils ont des
droits &
d'eux; & ceux de cet ordre efclaves au-deffous
coup d'efclaves & de
qui poffedent beanil en eft, ont à certains grandes terres, comme
& l'exiftence des
égards les privileges
le préjugé local grands Colons, tandis que
deflous
les rappelle & les
des derniers blancs.
place auroit être fans
Cepréjugé pourcirconflances. ineonvénient modifié fclon les
une penfion Louis, negre libre du Cap, fait
de mille écus à fon
tre; l'honnère affranchi,
premier Maimaitre
qui nourrit ainfi fon
s qui partage avec lui fon
peut êtrc un homme vil,
aifance, ne
devroit-on le
quoigu'il foit noir;
pareffeux
mettre en parité avec le blanc
qui mendie fon pain au coin des
Pent-on même avilir fans
rues?
rifques une troupe --- Page 61 ---
d'hommes a qui l'on confie
font partie dela
des armes, qui
fecours effentiel nticeautonaogeifrsientd dun
leur cii
contre les efclaves de leur
cas de révolte ? Je
cou-
-
re leur infliruer des
voudrois au contrai.
honneurs & des
propres, admettre les plus notables diftina,ons
grades
à certains
droits de honorifiques, la
& conferver à tous les
liberté, qui font trop
dans leurs démélés
fouvent violés
avec les blancs.
-pas qu'il faille mettre
Je ne dis
lents; mais
en parité les deux couqui s'allient pourquoi des gens de bas
avec des affranchis
étage
tés d'infamie? il
feroient-ils nofuffiroit de les
1 état
tenir dans un
fubordonné; on
qui peuple & qui
multiplieroit ainfi la claffe
travaille,
deux générations d'ouvriers Sitayauroitjhansis
En
dans la Colonie.
confidérant fous un autre
negres & mulâtres libres,
afpedt les
déplorer la licence &
on ne fauroit trop
on les laiffe vivre.
l'oifiveté dans laguelle
Ceux
ni bien fonds, ni
d'entr'cux qui n'ont
coup, vivent
métier, , & il y en a beau.
rie.
uniquement de vol &
Leurs femmes font
d'eferoquecrées aux
généralement confa.
plaifirs des
avec profitfion;
blanes, qui les payent
elles ont.plus d'une fois
porté
D 4
NILET ammimtamam
chsmel ele 2 -
AnamnanaTaT Non0: 2 e1
Ceux
ni bien fonds, ni
d'entr'cux qui n'ont
coup, vivent
métier, , & il y en a beau.
rie.
uniquement de vol &
Leurs femmes font
d'eferoquecrées aux
généralement confa.
plaifirs des
avec profitfion;
blanes, qui les payent
elles ont.plus d'une fois
porté
D 4
NILET ammimtamam
chsmel ele 2 -
AnamnanaTaT Non0: 2 e1 --- Page 62 ---
MEMEE defordre & les crimes dans les familles.
le
fans préjugés
Sans mceurs 5 fans principes 2
même, la jaloufie, l'avidité, ou feulement une
fantaifie, les rend capables des plus grands
excès. Mais c'eft par les femmes efclaves que
a commencé 5 admifes au lit
ce déréglement
tous les privileges
de leur maitre, partageant
la
celles qui n'ont pu y joindre
d'époufes,
défefpoir fous
liberté,n'ont pu rentrer qu'avec
& la vengcance leur a
lc joug de l'efclavage,
nombre
fuggéré des forfaits. Le plus grand
obtenu & obtiennent tous les jours pour
ont
leurs bâtards Taffranchiffement ;
elles, pour
l'origine de cette quantité
& c'eft a-pen-près
l'on voit aude gens de couleur libres que
Ceux qui font dotés par leurs anciens
jourdhui.
vivent de leurs revenus ; quelquesmaitres 1
ont été mis par eux en apprentiflage
uns qui
dix mille au moins
exercent un métier : mais
vivent dans le libertinage &. le défceuvrement,
fouffrir. Il feroit
ee qu'on ne devroit point
facile
de répartir ces gensauffi
qu'important,
trois clafles, les propriétaires de terre,
là en
On pourroit réles artifans 5 les vagabonds.
ni fonds,
puter tels tous ceux qui ne pollfedent
-- --- Page 63 ---
ni terre 9 les renvoyer des villes &
bourgs,
auxquels ils font à charge par leurs brigandages, & les vouer à la culture des vivres
l'entretien des beftiaux les
2 à
mettre aux
des autres habitans, & des
gages
gens riches de leur
couleur 2 en déclarant confacrés aux travaur
publics tous ceux qui ne pourroient juftifier
d'un revenu, ou travail fuffifant
leur vie. Je n'excepterois
pour gagner
point les femmes
du réglement, & fans limiter la faculté d'affranchir, fans déterminer les cas & les
fur quoi il eft aifé de
le efpeces,
tromper
gouvernement, je voudrois que le maître n'en pit ufer
gu'en dotant fon affranchi
2 ou après l'avoir
pourvu d'un métier qui pôt le faire vivre.
J'imagine qu'il n'y a point d'autre
moyen
que cette multitude de gens libres
pour
de
ne devienne
plus en plus à charge à la Colonie.
D S
Vo
e NENETET DIE1IEUEIIET - EUe TENET Nemetretan No1020 8
,
tromper
gouvernement, je voudrois que le maître n'en pit ufer
gu'en dotant fon affranchi
2 ou après l'avoir
pourvu d'un métier qui pôt le faire vivre.
J'imagine qu'il n'y a point d'autre
moyen
que cette multitude de gens libres
pour
de
ne devienne
plus en plus à charge à la Colonie.
D S
Vo
e NENETET DIE1IEUEIIET - EUe TENET Nemetretan No1020 8 --- Page 64 ---
EMENENC SECONDE PARTIE.
de la Colonie confidéré dans
Etat politique
89 avec
relations avec la Métropole,
Jas
pendant la paix 8g penles Etrangers,
dant la guerre.
soe
Ls fyftème politique des principales nations
eombiné fur leurs
dc l'Europe eft aujourd'hui
& leurs réfolutions de commerce,
principes
réfulter des motifs de guerre
nous cn voyons
Le Parlement d'An-
& des conditions de paix.
met aul nombre des objets importans
gleterre
& T'accroiflede fa législation, la confervation
de fes
de fes Colonies > de fa pêche,
ment
Des feffions entieres y font.emmanufaétures.
& lorfque fur ces matieres une opiployées;
la chanion hazardée s'éleve dans T'affemblée,
la difcu(ion qu'elle exifte
leur, l'attention * le fort de la nation Y eft
feroient croire que
& les
attaché. En effet, depuis que la déconverte
de T'Amérique ont changé les rapports
produits
de l'Europe, on ne peut pas fe
& les intérêts
Colonies fur les M6diffimuler Pinfluence des
T
DAhsaoas0X3EA19A1E418
MCtOlNe ai a - --- Page 65 ---
tropoles auxquelles elles
appartiennent : 1 ce:
pendant il eft permis de croire que : la France
n'y met pas affez
&
d'importancé, qu'elle a
quelquefois confidéré les fiennes comme
ceffoire inutile. Nous
an ack
avions un magafin d'hommes, de grains, > de bois & de fourures,
fournifioit au commerce & à la
9 qui
des bras vigoureux &. des matieres navigation
on l'a perdu fans lc connoitre précicufes;
vu Tarfenal d'un
3 fans y avoir
grand Empirc. La Louifiane,
pays immenfe, plus riche, & anffi fain
la
nouvelle Angleterre, n'exifte
que
&
plus pour nous,
n'apas été mieux connu. Si on y eût verfé
le quart des fecours fi inutilement
à la Guyanne, il cft vraifemblable prodigués
mieux réuffi.
que cela eût
Enfin St. Domingue nous
& vaut à lui feul toutes nos Isles du
refte,
fes relations
vent; mais
avec la Métropole ne font pas ce:
qu'elles devroient êtrc. On ignore
Colonie s'eft établie
que: cette.
toute fenle, & qu'elle ne
peut plus fe fourenir-de-mème
tres nations
; que les au2 qui avee des foins multipliés &
des conquètes, font parvenus à faire
fucre & de caffé
autant de
que nous, > le voudront
micux, 3 nous donncront même dc l'exclufion
0-T0EITE0 2t N3 MElETET IcLEnallenen
NEnener AURNW2WE - Wo0E 2
cette.
toute fenle, & qu'elle ne
peut plus fe fourenir-de-mème
tres nations
; que les au2 qui avee des foins multipliés &
des conquètes, font parvenus à faire
fucre & de caffé
autant de
que nous, > le voudront
micux, 3 nous donncront même dc l'exclufion
0-T0EITE0 2t N3 MElETET IcLEnallenen
NEnener AURNW2WE - Wo0E 2 --- Page 66 --- les marchés étrangers, fi le Gouvernedans
ne nous aide à foutenir la concurrence,
ment
lieu de nous aider, les vues fifcales
& fi au
du fifc.
fur l'intérêr bien entendu
prévalent d'avoir les yeux ouverts fur la baSi on cefle
& de T'exportation, 2 far
lance de Timportation
fur les
la faveur. ou le difcrédit des denrées,
caufes qui T'occafionent 1 on verra néceffaireculture, &
ment déchoir nos établiffemens.en
le commerce & la navigation qui y
avec eux
de
(c'eft une
tiennent ; mais on verra
plus
fentie) la furchage des droits en faire
vérité peu
Ofons dire que le Gouverdiminuer la recette.
défuffifamment éclairé fur ces
nement n'eft pas
qu'il néglige ou dédaigne les fecours,
tails,
décourage les gens
qu'on éloigne, ou qu'on
en fournir, & que ce n'eft pas.
qui pourroient
furtivement qu'un
d'un Mémoire donné
Miniftre tirera la vérité.
:
MELLATOONUENUELLE olls
NONoN
- --- Page 67 ---
CHAPITRE I.:
De L'Ixrexratiox
L'objer le plus confidérable
confifte dans les
d'importation
Cargaifons de noirs deftinés à
T'exploiration des terres. Le
en
commereFrangois
introduit par chaque année quinze à dixhuit mille à St.
Domingue s' ce qui ne fuffit
pas au remplacement ou augmentations
faires. Le
néccf.
prix en eft devenu cher pour les
habirans qui ne font point fucriers
cens francs, dont moitié
; quinze
à
comprant, & l'autre
un an de terme, font la valeur d'un
piece d'Inde.
negre,
En achetant au
comptant, on obrient une
diminution d'un
cinguieme , ce qui montre
combien l'incertitude du
intérêts ufuraires
payement rend les
2 & devient par
onéreux aux habitans.
conféquent
Pendant que nous
payons les negres à un prix confidérable,
que la traite eft
&
pour nous au-deffous des befoins, les Anglois, qui en confomment
davantage > peuvent en aprovifioner leurs
& les donner à un prix plus
voifins,
eft la caufe
modéré 2 ce qui
naturelle du commerce de contreM-IET CNl2 HENEET LUERIEUEUTET a
-mm NE10E01E - o
onéreux aux habitans.
conféquent
Pendant que nous
payons les negres à un prix confidérable,
que la traite eft
&
pour nous au-deffous des befoins, les Anglois, qui en confomment
davantage > peuvent en aprovifioner leurs
& les donner à un prix plus
voifins,
eft la caufe
modéré 2 ce qui
naturelle du commerce de contreM-IET CNl2 HENEET LUERIEUEUTET a
-mm NE10E01E - o --- Page 68 --- qu'ils font fur cet objet dans nos Cobande
à St. Domingue
lonies. Ils en introduifent
qu'ils le peuvent. Deux quartiers nouautant
& Ferémie, , n'ont été
venux, le Cap-Tibaron
Le
lcs noirs de la Jamaique.
établis qu'avec
le GouverCommerce national en murmure,
fontient les loix prohibitives, ,en faifant
nement
les
croifer contre les interlopes, en confifquant
l'on fait par intervalle, & la conpriles que
trebande continue.
vaut.
.1 On a avancé que c'eft un bien, qu'il
mieux devoir aux Anglois une augmentation
augmentation de culde negres, qui produit
nécelfâire. Mais je:
ture, que de manquer du
fc'eft
n'examine point encore fic'eft un bien,
difeuterons tout-à-Theure les:
an mal ; nous
Cherchons ici lesi
relations avec les Etrangers.
dans lai
faifons de la fupériorité des Anglois
leur'i induftrie nous:
traite des noirs; pourquoi
infruétuens
donne-t-elle fi fouvent des leçons
fes ?
det
Robert Laade eft chez eux l'infliruteur
des noirs à la côte.d'Afrique ; non;
la traite
connu avant lui, mais
que ce commerce ne fat
réglé, éclairé; que fes fpéculaparce quill'ar
-- --- Page 69 ---
tions ont été les plus intelligentes, les
économiques 2 & qu'il fit adopter fon
plus
comité des Colonies.
plan au
Toutes les marchandifes de traite font af,
franchies des droits d'entrée & de fortie
troduéion de celles
: l'inqui viennent du dehors
été encouragée par des
a
gratifications.
Les Armemens pour la côte font
giés dans la levée & formation des
privilé.
ce font les feuls qui ne foient
Equipages;
preffe.
pas foumis à la
Les marchandifes
provenant de la vente des
cargaifons des noirs jouiflent des mêmes
leges que celles des traires.
priviDeux Vaiffeaux du Roi at moins font
cefle en croifiere ou en fation fuar la
fans
protéger la traite.
côte pour
Des Fateurs, établis par le
dans les comptoirsyschetent Gouvernement
terres, & forment
dans l'intérieur des
enfuite des dépôts de cargaifons où le Traiteur prend les
de Tachat,
negres au prix
moyenant. trois pour cent de commiffion; cct avantage eft inappréciable.
que nous fsjournons huit à dix
Pendant
mois dans
rades, 2 où nos marchands,
les'
nos équipages,
to Tetioter Enal HENELET ALENLI-IT:TIT AeLIeUatIen 10200200200
terres, & forment
dans l'intérieur des
enfuite des dépôts de cargaifons où le Traiteur prend les
de Tachat,
negres au prix
moyenant. trois pour cent de commiffion; cct avantage eft inappréciable.
que nous fsjournons huit à dix
Pendant
mois dans
rades, 2 où nos marchands,
les'
nos équipages,
to Tetioter Enal HENELET ALENLI-IT:TIT AeLIeUatIen 10200200200 --- Page 70 ---
MEIN -
-
les maladies de terre & de mer,peréprouvent!
la
fouvent leur cargaifon à méfure qu'ils
dent
en fix femaines font arriforment, les Anglois
chargés, & remettent à la voile.
ves;
s'étonne donc plus s'ils font
Qu'on ne
il
& à meilleur marché,
mieux aprovifionés
aux leurs.
comparer nos procédés
n'y a qu'à
mais
fupprime les détails de la comparaifon,
Je
faire ce qu'ils font,8
je dis que nous pouvons noirs à St. Domingne
que la contrebande de
à raifon de-la
doit augmenter ou diminuer
différence ou de la parité des principes.
dix-huit mille noirs introduits par le
Des
dixieme périt dans
commerce des François,tih maladies de bord,
Tannée par une fuite des
défaur
de l'efclavage, ou par un
des chagrins
dixiemes périfTent dans
de foin. Deux autres
le poifon,
années par la petite vérole,
fept
naturelles; les fept dixiemes
ou les maladies
mille naiflan:
reftans, ajourés à quatre ou ciuq
lcs morts; ainfi je ne compte
ces, remplacent
réelle au mobilier de le
pour augmentation eft introduit en contreColonic que ce qui
évalua:
bande, & on en feroit difficilement une
tion exacte.
Les
- --- Page 71 ---
Les autres objets d'importation confiftent
en confommation annuelle.
Farine so à 60oco Barils à sol.
Boeuf - - 30000 Barils à 40. 1200c001,
Beure - - 13000 Fréquins 45. : 5850co
Lard - - 24000 quintaux 24. $76000
Chandele. 1300 quintaux
60. 68000
Bougie a 400 quintaux 180 , 720cO
Savon
2600 quintaux. 80 , 208000
Huile
5000 quintaux 82 - 4ICO00
Fromage. 300 quintaux T5o - 45cOo
Fruits & Légumes
Vins
socostivn-rsfjocoso
de Bordeaux 30000 Batig.lgo.450c000
Vins de Provence 120CO Bariq.
Biere
75.2 225coco
2000 Bariq. 40. 80000
Vinaigre
1800 quart. 20. 360.0
Liqueurs -
200001 Pots
I. 20000
Marchandifes feches.
Toiles
o 0
Soiries 2000 ballots à sool.
Quincailleric l'un dans T'autre.
Bijouterie.
fait
IO0000001.
Vente deNegres
20000000.
E
ABURBmDDOmn taenel EUEWE WEN2 Ne
Naamer stoir
2000 Bariq. 40. 80000
Vinaigre
1800 quart. 20. 360.0
Liqueurs -
200001 Pots
I. 20000
Marchandifes feches.
Toiles
o 0
Soiries 2000 ballots à sool.
Quincailleric l'un dans T'autre.
Bijouterie.
fait
IO0000001.
Vente deNegres
20000000.
E
ABURBmDDOmn taenel EUEWE WEN2 Ne
Naamer stoir --- Page 72 ---
NEANE
50.
annuelle des objets ciLa confommation
énoncés n'a pas été depuis cinq ans audeffus
deux millions 2 & elle a
deffous de quarante
excédé quarante huit en 1772.
Ici nous. devons obferver que çe tableau
centenant à peine la fomme du
dimportation
lorfque le commerce national ne le
néceffaire,
les
la Colonie fouffre, on appelle
fouenit pas,
fecours étrangers.
Or il eft des articles, les farines par exemla Métropole n'envoie pas .en quanple, que
elle-:
tité fuffifante > quand cHe en manque
quand cHe craint la contrebande 2 ou
même,
l'étranger s'exélorfque fes chargemens pour
préférence à T'aprovifionement
cutent par
des cins
des Colonies. ; alors le complétement
foixante mille bariques eft néceffais
quante à
rement fourni par les Anglois.
Mais il eft d'autres objets de confommatiTon ne trouve point
on à St. Domingue 2 que
d'importation, le ris, les bois,
dans le tableau
les mules harengs 2 les chévaux,
la morue, 2
cela arrive cependant,
lets & les beufs; tout
y
la
& c'eft la matiere d'àn graid procès entre
& la Colonie. Cemmençons par
Métropole
conftater le corps de délit.
J Ju
W - --- Page 73 ---
SI
Les Anglois introduifent
par annéc
300 chevaux à
3001..
400 beeufs
sO0co
- L I5O - 60000
4000 quintaux de mbruce - 20 1 - 80cc0
2000 barils
d'harengs b - 20 - 40000
40c00opicces de bois e a
I-IO 600000
800 quintaux de
bougie - Ifo -
200 barits
mantigne
30 a
20CO barils de bauf
E000
S b soooooo.de merreins
ICO a
I0COO barils de ris
SOOO0O
b 40
f00O barils pois & mais
-
30 -
6c00 barils de farine
1f0000
a
200 quintaux de
fuif 6 5 5o
IOOO
SOo barils de bicre
40 - 200CO
Ce"qui ajouté à deux millions
près de negres introduits
ou à peu
en contrebande, éleve à plus de cinq millions le
par les Anglois.
commerce fait
Celui des Efpagnols
$ auxquels ils s'affocient, peut être un objet de deux millions
cens mille livres en baeufs
cing
& bois; mais
2 cochons, > mulets
ces bons
Efpagnols nous porrent
E 2
M-IETEN 1E1 IBNAORIMMAEUAT Ne W21 1TTEl
1200E1 a
introduits
ou à peu
en contrebande, éleve à plus de cinq millions le
par les Anglois.
commerce fait
Celui des Efpagnols
$ auxquels ils s'affocient, peut être un objet de deux millions
cens mille livres en baeufs
cing
& bois; mais
2 cochons, > mulets
ces bons
Efpagnols nous porrent
E 2
M-IETEN 1E1 IBNAORIMMAEUAT Ne W21 1TTEl
1200E1 a --- Page 74 ---
-
de trois cens mille
auffi en contrebande plus
piaftres. eft difficile de déterminer même par apIl
la fomme des différens articles
proximation
mettre fur leur
d'importation qu'on pourroit
parce qu'ils n'ont, jamais qu'acciden:
compre,
de vendre ou d'acheter.
tellement la permifion
dans leurs Ilcs par les gardeEmptifonés
cher des
côtes > ils ne forteut qu'en payant
ou 'en rifquant la confifeation;
pafleports 9
les aller chercher. Les
même difficulté pour
Anglois fe font rendus médiateurs nécellaires,
favent tout ofer: tantôt ils fe mafparce qu'ils
Efpagnol > tantôt ils prèquent fous pavillon
de cette nà>
tent leur enfeigne aux marchands
leurs
tion S la mer & les côtes couvertes de
vaiffeaux leur offre par-tout azile, reffources
& fuccès.
combien la Colonie
Je ne dirai donc pas
de la
de St. Domingue & celle de Porto-rico
fournillent annuellement de
Havanhe nous
de chevaux, de mulets & de cochons:
beufs,
direêtemais outre ce qu'on en a vu arriver
de la nouvelle Anglererre > j'eftime que
ment
les
commis ou
par les Efpagnols ou
Anglois,
A
au - woW
T
Non --- Page 75 ---
$3
il nous vient chaque année fix à
eommettans,
fept mille bceufs , trois à quatre mille mulets,
trois mille cochons 2 dont
fix cens chevaux 2
de St. Domingue & celle
la Colonie Efpagnole
feules faire la fournide Porto-rico pourroient
des Anglois, & leur inture. Cette agence
aétif &
fluence direêtc fur notre commerce
les confidérations. les plus impaffif, préfentent
portantes : je vais les expofer,
CHAPITRE II.
Du COMMERCE - ETRANGER QUI SE, FAIT
A ST. DOMINGUE.
de la liberté préfente de fi
Le fyftème
avantages, que je ne fais point étonné
grands
défenfeurs. Si le projet de paix
qu'il ait des
entre les puiffances de l'Europe
perpéruelle
pouvoit être réalifé 2. ce feroit en érabliflant
la liberté du commerce de nation à nation fur:
toutes les denrées & marchandifes poffibles.
Jamais la politique , qui a confacré le fyftème
n'auroit rien fait de plus utile pour
contraire,
& de plus confé-i
le bonheur des hommes,
vrais
du droit naturel.:
quent aux
principes
E 3
Tawal NonvEt
a 2
TONCTTANENAELEL Mellaatle W - TElel W2NE
en érabliflant
la liberté du commerce de nation à nation fur:
toutes les denrées & marchandifes poffibles.
Jamais la politique , qui a confacré le fyftème
n'auroit rien fait de plus utile pour
contraire,
& de plus confé-i
le bonheur des hommes,
vrais
du droit naturel.:
quent aux
principes
E 3
Tawal NonvEt
a 2
TONCTTANENAELEL Mellaatle W - TElel W2NE --- Page 76 ---
Une
en effet que le commerce?
Eh ! qu'eft-ce
qui aicomrelation de befoins & de fecours,
&
les voifins du même champ,
mencé entre
ont étendu de Fun
que nos arts perfe@ionnés
à T'équateur.
à l'autre hémifphere > des poles
mocontradi@tion nas' Législations
Par quelle
tout à la fois s comme
dernes veulenr-elles étendre & brifer ces lens
celle de Carthage,
les achefraternité, appeler & repouffer
de
réfulte-t-il done de
teurs & les vendeurs? Que
de s'atannoncé par chaque peuple
ce projet
tous les fruits. de fon
tribuer exclufivement
pas,
induftrie & dc fes richeflcs ? N'arrive-t-il
état de
& dc prohibition,
malgré cet
guerre indufricufe fait le plus
que la nation la plus
& le plus lucratif, , queile
grand commerce
de bled ceux: qui
peuple laboureur sprovifione même des méen eft de
n'en ont pas ; qu'il
des foies; que la nataux, du vin, des huiles,
climat,
à chaque fol, à chaque
ture a départi
fes reflources ; que: le
fes produ@lions &
par-delà
peuple indigent ne peut confommer fi la mer étoit
fes moyens ? Et qu'arriveroitil les barrieres
libre, fi tous les ports 7 toutes l'acheteur ? Où
s'ouvroient au vendeur & àl :
rhassowowemsuas e
- --- Page 77 ---
SS
lor du Eréfil, les foies du Piémont,
pafferoit
les huiles de Provence,
les vins de Guyenne,
les bois & les métaux du Nord, les laines'&
d'Angleterre 2 Je nc. vois point
draps
politique fit ébranlée
qu'aucune conftitution
le
incette innovation. Le, pcuple
plus
par duftrieux feroit toujaurs le plus commerçant;
culivateur du meilleur fol vendrois fon
le.
le navigareur le plus adif, le plus
fuperfu ;
économe, auroit la préférence des tranfports;
Fartifte & louvrier le plns expert., celle des
fabriques. Le peuple noffeffeur des mines
tous.les autres comme il les paye aupayeroit & celui dont la législation feroit
jourd'hui; fenfée feroit le plus heureux : voilà
la plus
Que
lcs effets de la liberté du comamerce.
de plus les loix prohibitives ? ou
produifent
arriver à lâ richefTe & aux jouifplutôt, pour
fances exclulives 2. qu'elles ne produifent pas,
n'engendrenz-elles point les querelles 7 les
les crimes, les
guerres, les haines. nationales,
les
& par elles toutes les
peines 2
privations,
n'étouf
fantaifies du luxe & de la cupidité i
fent-clles point l'induftrie & lcs reffonrces. de
Tindigence ?
E.4
OUVENNE
eh
- WElVel MTENTCITCIVA1L3
o -
2. qu'elles ne produifent pas,
n'engendrenz-elles point les querelles 7 les
les crimes, les
guerres, les haines. nationales,
les
& par elles toutes les
peines 2
privations,
n'étouf
fantaifies du luxe & de la cupidité i
fent-clles point l'induftrie & lcs reffonrces. de
Tindigence ?
E.4
OUVENNE
eh
- WElVel MTENTCITCIVA1L3
o - --- Page 78 ---
à la vÉAprès avoir rendu ces hommages
droits de Phumanité 2 convenons
rité & aux
établi des loix
le Prince qui le premier a
que
forcé tous les autres à l'imiter.
prohibitives a
maxime, & avant d'en
Mais en adoptant cette
me refudéveloper les détails > je ne peux pas
de la combatre.
fer encore au plaifir
le monde qui produit
S'il eft un pays dans
& qui
toutes les matieres premieres,
prefque
de denrées 2 des maait en outre un faperfu
accrédités , quel
nufaétures, 2 & des ouvriers C'eft fans douêtre l'intérêt de cet Etat?
n'en
peut
les achereurs & de
te d'attirer à lui tous
pauvre
Ainfi fi un peuple
repouffer aucun.
l'ufage des
s'interdit par des loix fompruaires
riche ; fi un peuple
faperfuirés de ce peuple
toute
veut étouffer par des prohibitions injaloux
étrangere ; fi un Gouvernement
induftrie
dans fon domaine des
conféquent veut créer
le climat
des manufaStures, que
produ@lions,
les befoins & les
& le fol proferivent 2 quc s'il. veut retenir
mceurs nationales détruifent ;
lui le
s'échapent malgré
des elpeces qui
doit-il s'abandonpaysriche dont nous parlons
fa marche
imitatif, & régler
ne a cc régime --- Page 79 ---
fur les vues & les moyens de fes
& fes projets
? Non fans doute, & la France , qui
voifins
ouvrir
eft dans cet état d'exception 7 pourroit
les
& à toutes les
fon fein à tous
peuples.,
de la terre 2 fans qu'il en réfultât
produétions
de devenir le magafin &
d'autres effets que
du monde entier. Etrangers, parl'entrepôt
nos
2 nos provinces: ; portez, 1
courez
ports
vendez, achetez tous les objets commerçables, chacun de vous recevra auffi en échange
chacun de vous
une portion de nos produits;
nous refufer l'entrée que nous acne pourra
cordons à tous.. Les befoins qui vous rapprochent de nous dans T'état de prohibition 2 ne
cefferont pas avec la liberté; en trouvant dans
ouverrs à tous les peuples ce que
nos magafins
allez chercher chez eux 2 il eft probable
vous
venant nous vendre vous vous aproviqu'en
&
vos achats excéderont vos
fionerez 2
que
puifque nous avons plus de faperfu
ventes 3
Or fi la balance du commerce eft
que vous.
feroit-ce
dès à préfent en notre faveur, que
les bénéfices d'entrepot de
en y ajoutant
commiffion :
& de tranfport, esx multipliant
E S
TDTTEUUCTTELLE a
aW - W 1 AUBURUBUMIBLRIT
vous vous aproviqu'en
&
vos achats excéderont vos
fionerez 2
que
puifque nous avons plus de faperfu
ventes 3
Or fi la balance du commerce eft
que vous.
feroit-ce
dès à préfent en notre faveur, que
les bénéfices d'entrepot de
en y ajoutant
commiffion :
& de tranfport, esx multipliant
E S
TDTTEUUCTTELLE a
aW - W 1 AUBURUBUMIBLRIT --- Page 80 ---
-
aEtuels de notre: crà , par cette
les produits
nécelfaire de confommation
augmentation
dira-t-on, fi dans ce marché uniMais;
donnoient la préféverfel vos propres fujets
aux fabriques étranges
rence aux produStions,
manufaStures ?
déviendroient vos
res 2 que
qui n'a pas dans
Eh ! quel eft le Gouvernement
fa main le tarif de tous les prix & des mainla faveur ou le difcrédit de fa cultud'ceavres,
& de fon commerce ? Il eft
re, de fes arts ,
eertain que fi d'une part les Portugais nous apdes vins de Porto, & que de Y'autre
portent
des tailles pefe fur le Vigneron
un Receveur
de Beaune , il eft poffible que nous foyons
obligés de boire du vin de Portugal: mais...
revenons aux Colonics:
du commerce -
étranger qui fe fait a
C'eft
: des loix * & des intérêts qui
St. Domingue 2
Ici les droits
Ic réprouvent que j'ai à parler,
aufteres de la propriété excluent toute toléle fyftème de la liberté s'écroule fous
rance;
profcrit. Ecoutons'
le poids de Fautorité quila"
de
T'arbitre des nations, > Fauteur immortel 10
PEfprit des loix.
AUEUTALU - o
3 ui --- Page 81 ---
$9
>> L'objet des Colonies eft de faire le com-
>> merce à. de meilleurcs conditions
sle fait avec des
qu'on ne
peuples voifins, - avec lefguels
s5.t tous les avantages font réciprogues.
* établi que la Métropole feale
On a
pourroit
a cier dans la Colonie, & cela
négo:
avec de grandes
sraifons 2 parce que le bat de Finflitution
>> été l'extenfion du cominerec; &
a
non la fonsdation d'une ville ou d'an nouvel
>> ainfi c'eft encore ane loi fondamentale Empire:
de
slEnrope,que tout commerce avec une Colo-:
snie étrangere eft regardé comme un
>51 nopole puniflable par les loix ; il eft pas moencore
>> reça que le commerce établi entre les Mé.
>> tropoles n'entraîne point une permiffion
sles Colanies, qai reftent
pour
état de
toujours dans un
>>
prohibition. Le défavantage des ColosDies $ qui perden: la Hberté da
s,eft vifiblement compenfé
commerce,
par la proredion
>de la Métropole, qui les défend
5) armes s. ou les, maintient
par fes'
par fes loix.i
>Delà une troifieme loi de
T'Europe, que le
s5 commerce étranger avec la Colonie étant de.
sfendu, , on ne peur pas naviguerdans fes
siquc dans les cas établis par les traités. 93 mers
1N oNlEl MENETET UUE0TELETTENT TENVET Alehatatminen -
>de la Métropole, qui les défend
5) armes s. ou les, maintient
par fes'
par fes loix.i
>Delà une troifieme loi de
T'Europe, que le
s5 commerce étranger avec la Colonie étant de.
sfendu, , on ne peur pas naviguerdans fes
siquc dans les cas établis par les traités. 93 mers
1N oNlEl MENETET UUE0TELETTENT TENVET Alehatatminen - --- Page 82 ---
fignifient plus
Ces paroles de Montefquieu
narional
tous lcs Mémoires de commerce
elles.
que
maintien des loix prohibitives 5
pour le
& les motifs 2 elles les
en montrent T'objet T'homme qui-a le mieux
rendent refpe@tables.: les intérêts des hommes,
connu les droits &
comme
le Colon à fa Métropole,
(ubordonne
L'éxtenfion du com-:
le moyen Teft à la fin.
fait établir la
national eft la raifon qui a
merce
facrifice de fa liberté eft la condiColonie; lci
le prix de la concelion
tion de fon exiftence :
c'eft
du Seuverain,
du fol & de la proteftion
la redevance
du Vaffal,
la foi & Thommage
toutes les loix
du tenancier ; tous les paôtes,
confacrent celle là.
T'efprit de Tinfiration
Il eft donc contre
à la Colonie qui
d'accorder aucun avantage la mefure de la.
nuire à la Métropole :
lintérèt
puifle
de! l'une doit être celle de
profpérité
invariable des ral'autre. Tel eft le terme
de
fondarenr.
de la Colanie au peuple
ports
admiff-:
Ainfi-ce n'eft pas une propofition
T'exportacelle de livrer aux étrangers
ble que
de la Colonic 1 pour:
tion & Taprovifionement
de richefles.
un plus haut degré
lui procurer
aatsassessas a
--- Page 83 ---
A quoi fe réduiroit la proprié-
& de fplendeur.
les fruits ne lui
té de la Métropole, fi tous
reverfibles, s'iln'en réfultoit l'entretien
étoient
Ie
marine 2 lamclioration de fa culture 2
de fa
>
facile de fcs manufaétares?
débouché plus
font inconteftables 9 ne
Mais fi ces principes
l'objet même de l'intérêt nacroyons pas que
littérale dans
tional en permette lapplication
tous les cas & dans toutes les circonftances.
Telle Métropole > qui a le plus févérement
avoir
foutenu fes loix prohibitives 3 pouvoit
le plus grand intérêt à s'en départir. Prenons
exemple. Maitreffe de la meill'E(pagne pour
du continent & des Iles de PAméleure partie
été interdit à tous les
rique > l'abord en a
dc T'Europe depuis le premier inftant
peuples
fcs provinde la conquète jufqu'à nos jours;
fe font épuifées pour fournir à
ces d'Europe
ni arts > ni
l'érabliffement ; elle n'y a porté
des Maures & l'émiculrure; car Texpulfion
lui avoit fait abandonner
gration en Amérique
lun & l'autre. Privée dès-lors des grands
elle n'a fait que la
moyens de population 2
en, Europe, fans
diminuer infru@tueufement
répandre un nombre fuffifant d'habitans dans
TBTTGUTETIOT ATELTITTENIGIOT Noveo
-
l'érabliffement ; elle n'y a porté
des Maures & l'émiculrure; car Texpulfion
lui avoit fait abandonner
gration en Amérique
lun & l'autre. Privée dès-lors des grands
elle n'a fait que la
moyens de population 2
en, Europe, fans
diminuer infru@tueufement
répandre un nombre fuffifant d'habitans dans
TBTTGUTETIOT ATELTITTENIGIOT Noveo
- --- Page 84 ---
monde. Ces hommes tranfplantés
le nouveau
fans commerce avec un autre
fans mélange,
confervé leurs
peuple de T'Europe 2 ont
dans
leur pareffe > & leur ftérilité
maurs 2
fertile du glohe. Ils y ont étale pays le plus
monafteres au lieu de manufactures;
bli des
Péron, & les Antilles ont eu
le Mexique 2 le
& des chades moines de toutes les conleurs,
Lorette,
de
pelles auffi riches queNotre-Dame
à l'ex-.
narurels du pays ont été employés
Les
dont le Souverain cft deploitation dcs mines,
s'eft
, & toute fon attention
venu propriétaire
exclufivement le probornée à s'en attribuer
n'a pu avoir lieu; car pour
duir , ce qui
on a voulu
le but d'établiffement ,
remplir
mais l'induftrie
commercer avec ces Colonies,
elle ne
& les bras manquant à la Métropole,
de fon crà fournir des munitions,
pouvoit
des étoffes ; & fcs Colonies
des uftenfiles 3
narionales, c'eft-à-dire
réduites aux reffources d'induftrie, ne pouauffi de dras &
manquant
dans fon fein ni manufactuvoient faire naitre
les loix prohibires, ni culture. Ainfi malgré
il a
la jaloufie de la prnpriété ,
tives, malgré
recevoir d'eux
fallu admettre des étrangers, --- Page 85 ---
les objets d'un commerce
neceffires, mais contraint & refferré, & dout on fe
rêter
plaifoit à ar-.
T'extenfion.
L'Amérique a continus
d'être inabordable, & l'entrepôt de Cadix
s'eft ouvert Tous les marchands de l'Euros
pe y font accourus ; alors les piafires & les
lingots en font fortis : ce qui refte eft
abforbé par les frais de garde & de prefque
police de
ces vaftes poffeffions, Suppofons
maintenant
l'abrogation de fes loix prohibitives
; l'Améris
que elgagnole s'ouvre à teus les anarchands;
à tous les cultivateurs étrangers.q qui fe
tent ; l'abfurde & cruclle
préfenfeule exclue
Inquifition en eft
; tin Gouvernement doux & modéré accueille l'induftrie
, favorife les
tions >
quel feroit l'effet de
plantas
cette loi.?
Quel en feroit l'effet? le voici: d'effacer
bord lcs traces de la déftruétion
d'aqui fubfiftent
encore dans ces vaftes contrées, de
les déferts, de vivifier les villes 2
peupler
de tranfplanter filon vouloit languiffiuntes,
dans leurs territoire les épiceries des Moluques &
toutes les
produélions de
TEurope 2 d'y fixer une
tion de fes.arts,
por.
d'incorporer aux Créoles
efpagnols des milliers d'européens
qui ne cod.
MoI - Usneuenenel s1 IaEnal EI2 WENEWET Ws e -
les déferts, de vivifier les villes 2
peupler
de tranfplanter filon vouloit languiffiuntes,
dans leurs territoire les épiceries des Moluques &
toutes les
produélions de
TEurope 2 d'y fixer une
tion de fes.arts,
por.
d'incorporer aux Créoles
efpagnols des milliers d'européens
qui ne cod.
MoI - Usneuenenel s1 IaEnal EI2 WENEWET Ws e - --- Page 86 ---
de créer fur les
teroient rien à la Métropole ;
& du Pérou des chantiers,
rives du Mexique
des matelots > des
des arfenaux, des foldats,
les
blancs & noirs, & changer
labonreurs
national diftant de deux femceurs & l'efprit
par le dede l'Europe
cles des autres peuples
dans
S de rapeler
faut de communication
réadtion né
Provinces d'Efpagne par une
les
des arts & du commerce , d'en
ccffaire le goûr
infiniles moyens, & d'angmenter
multiplier
& de défenfe par les proment ceux d'atraque
réfultans de tous ces avantages.
duits
cherche & montre le danQue T'Efpagne
Eft-ce la crainde fe rendre ainfi acceffible.
ger
invafion? Mais qui l'en a prefervte?
te d'une
ni de cartes , ni de piloL'Europe ne manque
font ouverts;
les chemins du Mexique
tes >
la paix, des
mais la foi des traités pendant fans doure
pendant la guerre, Tont
Efcadres
deviendroit-elle alors plus
défendue. La paix
le fignal
qui cn donneroit
funefte à un peuple
feroit leur bienfaiteur
à tous les peuples 2 qui fes tributaires ; &
& leur ami en les rendant moins d'avantage
la guerre fe feroit-elle avec
de fes
quand le produit
par ce même peuple,
douanes
TAU à E . AMDSBUSDEUBILE --- Page 87 ---
donanes auroit
6,
reçu un accroifement
quand fon territoire
énorme,
en
abonderoit en ouvriers,
calisareurs, en
toute
maticres, en denrées de
elpece ? Les moyens de maintenir
puiffance ne cefferoient
fa
veau régime,
donepoint avec ce nou2 mais ils feroient
ils font infufifans ; ils
immenfes, &
cc inépuifable
partiroient d'une four-
&
qui fe multiplie par
TEIpagne vit depuis
elle-mème,
long-temps fur fon ca.
pirtal, qui ne peut être que
la Métropole citée
décroiffant : ainfi
fachement
pour exemple dans fon
aux loix prohibitives
atl'intérêt bien entendu
1 eft celle dont
feroit de n'en avoir
In'en eft pas de même de
point.
la France : ces deux
lAngleterre & de
tout, , ont
nations 7 la premiere furpu. avec leurs
& aprovifioner leurs
propres forces établir
vement à elles
Colonies, , & c'eft relatique le but de
été parfairement rempli,
l'établiftement a
faétures & leur culture puilque leurs manufement
en ont reçu un accroif.
prodigieax, qui a
même proportion la fomme augmenté dans la
blies. Pour nous
des revenus pu-
& les Hollandois François, ce font les Anglois
qui font nos
culture, en
précurfaurs en
commerce, 3 & que nous n'avons
F
-UCITEIT DEUBIEIRDEIAN
Taael - 91 -
waller e 7 ote o - -
tabliftement a
faétures & leur culture puilque leurs manufement
en ont reçu un accroif.
prodigieax, qui a
même proportion la fomme augmenté dans la
blies. Pour nous
des revenus pu-
& les Hollandois François, ce font les Anglois
qui font nos
culture, en
précurfaurs en
commerce, 3 & que nous n'avons
F
-UCITEIT DEUBIEIRDEIAN
Taael - 91 -
waller e 7 ote o - - --- Page 88 ---
-
atteints dans la partie économique
pas encore deux arts : c'eft à eux que nous devons
'de ces
en Amérivéhicule de nos cultures
le premier
fait alors la même faute
quc. Si nous avions
de Colbert ne
les Epagnols, fi le genic
que
, le commerce qu'il
nous en cûàt préfervés
dans fon enfancréoit n'auroit rien engendré
point encore de facultés proce, il ln'auroit
'elles fe font mul
duéives ; elles font arrivées,
cè
& les érrangers ont été exclus ,
tiplices >
adopté en
eft bien dans l'ordre politique
qui
avoir retiré plus de deux
Europe. Mais après
fiecle de la feule Ile
milliards en moins d'un
en 'en retirant maintenant
de St. Domingne 2
millions par an, cn y employant
quatre-vingts
trois cens
T'importation & exportation
pour
national 2 qui ne fait
vaiffeaux 2 le commerce
peut-il
d'arriver à cet Etat de fplendeur,
que
des étrangers,
fe plaindre de la concurrence admétions au
perfuader que nous les
peut-il
font donc les mupartage des fruits ? Quelles
de
les comeftibles , les marchandifes
nitions,
la Métropole peut
luxe & de néceffité que
& quelle ne fournit
fournir à St. Domingue, manufaétures requelle eft celle de nos
pas,
STENLALLEILE usmaul - TEtLeli --- Page 89 ---
butée par la préférence
tures'
donnée aux manufac.
étrangeres 2 quel objer de traite
commerce le négociant
ou de
par la feule raifon de françois s'eft-il interdit
la
les font enfin les
concurrence, 2 ou quelplaces
tion avec St.
marchandes en relaDomingue où cette Colonie
poinr verfé des tréfors ?
n'ait
fidiaires, > que vous n'avez Quedes moyens fubnégligez, un
pas. > ou que vous
fupplément de fecours
re, dont T'emploi
néceffai.
tourne à
vos capitaux, vous
T'umélioration de
un
indifpofe & vous alarme
accident', un befoin
;
T'exception eft dénoncé imprévu qui force
lation de la loi,
par vous comme viocomme léfion de
tional. Mais cet intérêr
l'intérer nade votre
n'eft-il pas lextenfion
commerce ? Tout Cc qui y nuit
mal, tout ce quiy tend eft bien;
eft
la regle & la mefure de
; n'eft-ce pas
vos
vos opinions ?
opérations & de
cipes.
Jugcons les faits fur ccs prinC'eft ici où jabandonne
partifans du
forcément les
Métropole'me commerce étranger. Celui de la
de
répond avec autant de
vérité :
ce
forceque
vous le diffimuler? que j'ai fait s pouvéz-vous
Quel autre que moi a depuis
F 2
mesmiaonmamm U tauanet
Natetten - WE mNeW Mele a00c
pas
vos
vos opinions ?
opérations & de
cipes.
Jugcons les faits fur ccs prinC'eft ici où jabandonne
partifans du
forcément les
Métropole'me commerce étranger. Celui de la
de
répond avec autant de
vérité :
ce
forceque
vous le diffimuler? que j'ai fait s pouvéz-vous
Quel autre que moi a depuis
F 2
mesmiaonmamm U tauanet
Natetten - WE mNeW Mele a00c --- Page 90 ---
& fécondé vos terquatre-vingts ans défriché
vous-méme:
res ? Colon 9 répondez-moi & les conditions
quelles ont été les charges
que de la
conceffion ? De ne recevoir
de votre
de dépofer dans
main qui vous a concédé fruits >
de la culture,
même main tous les
cette
du terrein concédé pour
d'employer. une partie
je me fuis engades efclaves que
la fabliftance
labourer vos champs,
gé de vous fournir pour
ni cultiver les den-:
les étoffes,
de ne fabriquer
TEtat fondateur a intérêt
rées principales que
font légitimes,
fournir. Ces charges
de vous
de la terre qui vous.
puilfquelles font le prix
qui vous en af-
& de la proteftion,
eft livrée,
font fupportaCes charges
fure la joniffance. eft de vous tenir dans le.
bles, car la mienne
pofmible, mais par
plus grand état de richefle feceurs & de mes
la feule astion de mes
; met-;
Nos devoirs font comparés
moyens.
à les rem-:
à côté votre fidélité réciproque
tons
aufli-tôt que les enplir. Moi Commersant, exclufif ont été brifées,
traves d'un privilege
plus éclaire m'a
anffi-tot qu'un Gouvernement matérianx & des ou-.
procuré des ports, des
jai clevé desj'ai bâti des vaiffeaux,
vriers,
-awnesss
--- Page 91 ---
manufagures
;# j'ai été u chercher des
en Afrique , je vous les ai
efclaves
trouvés fur votre côte
portés ; je vous ai
de St.
vres & nuds,
Domingue paumanquant de
vous ai avancé des vivres
fubfiflance s je
utenfiles
, des vétemens, des
9 des negres, 2 de l'argent 5
rif
qué mes fonds fur votre
j'ai
téte, fur votre indu-
-firie, votre probité, Vous
cannes & des caffés,
avez planté des
, j'ai acheté vOS
je les ai étendues,
récoltes,
les avances
multipliées par de nouvel-.
5 vous êres devenus: riches & fafueux, j'ai fourni à vOs fantaifies,
luxe ; il s'en eft établi
à votre
pétuel entre
un compte ouvert pervous & moi, dont vous me
encore la folde? Telle eft
devez
relations refpeétives
notre pofition, nos
; & c'eft de là
partez pour appeler les
que vous
champ que j'ai femé
étrangers dans ce
térêt de
> pour les affocier à l'inmes
des
capitanx, 9 pour réduire le falaire
ouvriers, 9 des laboureurs des
de laMétropole
,
matelors,
que j'emploie à votre
pour augmenter le prix de vos
fervice;
faire perdre le bénéfice
denrées , & me
commiffion
de la revente & de la
dans les marchés
Colons, 2 vous êtes
étrangers.
ingrats s injuftes e & le
F 3
REMET
uenenatevan la1
mienataman e Wer N:nENeT R 1o0: MRE002
9 des laboureurs des
de laMétropole
,
matelors,
que j'emploie à votre
pour augmenter le prix de vos
fervice;
faire perdre le bénéfice
denrées , & me
commiffion
de la revente & de la
dans les marchés
Colons, 2 vous êtes
étrangers.
ingrats s injuftes e & le
F 3
REMET
uenenatevan la1
mienataman e Wer N:nENeT R 1o0: MRE002 --- Page 92 ---
s'il vous laiffe faiGouvernement aveugle
re.
qu'une réplique à cette apoJe ne connois
& Tinfidéftrophe, c'eft de nier Tingratitude cela eft diffilité; car, chercher à la juftifier 1 fans inconvécile, & cettc négative n'eft pas
la Colonie
niens. Jai dit rout-a-Theure que
natioa enrichi le commerce
de St. Domingue
Timportation 5 &
nal, & cela eft vrai ; que
occupoient. trois cens vaiffeaux
T'exportation.
pas de concurfrançois , ce. qui ne fuppofe
aucun objet
manufa@lure ,
rence : quiaucune n'étoit foumis à la rivalité
de traite nationale
n'étoit pas une vérité
des étrangers 1 ce qui
parlé
mais feulement rclative. J'ai
pofitive,
national des moyens
enfuite à çe. commerce
néglige,
fubfidiaires qu'il n'a pas. ou qu'il
des beloins imprévus qu'il nous
d'accidens., cela n'eft pas clair s c'eft par
difpure. Tout
les querelles deces affertions générales que
fait. Y ainterminables : venons au
yiennent
à St. Domingue un comr-il, ou n'y a-t-il pas
Ef-il indifpenfainterlope ? il exifte.
merce
à la Métroble, ounon 2 eft-il dommageable fommes convenus
pole ? oui. Hé-bien nous
--- Page 93 ---
des principes : que lc Gouvernement
donc au plus vite, les fecours interdife
Attendez, examinez d'abord
étrangers,
cours, s'ils, font
quels font ces fesuiles, fi le
nécelfiret, ou feulement
dommage, qui en réfalte pour le
commerce national, n'eft pas. compenfe
quelqu'avantage, 2. fi.les circonflances
par
changemens furvenus, dans la
ou les
Domingue
Colonie- de St.
n'entrainent point une
aomentanée aux loix & aux
dérogation
rieurs. Si un régime
principes anté.
plus. furveillant
6conomique, peut:
2 plus
étrangeres
fuppléer à. ces reffaurces
>. recourez-y : fi des
mens donnés au commerce
encourage.
le même effet,
national opéroient
des produits de employez-les ; fi une partie
la
votre Colonic, reburée par
Métropole, eft recherchée
ne. craiguez Pas de leur:
par les Anglois,
mais fi vous
livrer, ces produits;
pouvez vous
vente & le tranfport.,.
en.appropricr la
Quand vous
hatez-vous de le faire.
aurez pefé mârement toutes
soublentions, foyez exclufifs
ces
connoiflance de caufe,
ou tolérans en
pofe.les.p
Or.après yous avoir exflion de principes, sprès avoir strairé la quedroit, voyons celle de fait. Les AnF 4
I UATEIANEUBNAM aemet
EUEW 2 2 s Welel our : 415 81
pricr la
Quand vous
hatez-vous de le faire.
aurez pefé mârement toutes
soublentions, foyez exclufifs
ces
connoiflance de caufe,
ou tolérans en
pofe.les.p
Or.après yous avoir exflion de principes, sprès avoir strairé la quedroit, voyons celle de fait. Les AnF 4
I UATEIANEUBNAM aemet
EUEW 2 2 s Welel our : 415 81 --- Page 94 ---
fourniffent en fraude à St. Domingne
glois
farines , du blanc de baleine,
des negres 1 des
bois de toute efpece, du
du
& avec permifion,
vivans ; ils exporpoiffon falé 2 : des animaux
du
du fucre', de l'indigo,
tent frauduleufement
des firops & du
caffé, & avec permifion :-
:
taffia.
traiter à T'amiaSi les tolérans pouvoient
de
ils conviendroient
ble avec les exclufifs,
févérement toute
prime abord de profcrire" frauduleufe, & de
fourniture & exportation
ce
fubfifter celles que le Gouvernement
laifler
nécelfaire lors de Tesblifenentdereis.
eftimés
Le procès feroit
trepôt au môle St. Nicolas:
inutile;
& toute differtation fubféquente
- juge,
; &
:
veulent une liberté indéfinie
mais les uns
abfolue : je renonIcs autres une prohibition deux fcêltes, & je
ce à la concordance des sovuot ann 1
:.
pourfuis mon examen.
les Anglois
Eft-il néceffaire ou' utile que
des
à la Colonie dc St. Domingue
fourniffent
du blanc de baleine?
negres 1 des farincs , -
de
fauté au Gouvernement
Non, c'eft une
tolérance ayant été
Tavoir fouffert ; & cette
fenIles du vent', * - la diminution
exceflive aux
NENON OURIB STTAUA :
- --- Page 95 ---
fible du commerce
La
national en a été la-fuite.
prolongation de cet abus
égalemen: les armateurs
déourageroit
& fi cela n'eft
pour St.
pas
Domingue;
raifon. L'extenfion encore arrivé, en voici la
de caffé dans
prodigicufe des
cette Ile depnis la plantations
abforbé le double des
pair, auroit
la
cargaifons de négres que
Métropole a pu fournir ; ainfi
font venues en contrebande
celles qui
baiffer le prix de
n'ont pas da faire
nos
a cependant réfulté comptoirs. Mais il en
mateurs
in tort réel pour nos ar-
> en ce Que le marchand
vendu comprant, & le
interlope a
ce que ce dernier
François à crédit, en
de
a vu réduire par la facilité
Taprovifionement fès - moyens de
ment ; car ila perdu
recouvrele Colon a livre
Targent ou la denrée
à
que
TAnglois en
gu'on ne dife pas que la Colonie payement, Et
cette angmentation de
a gagné à
toit quinze millions culture ; fi on y récol
de caffé de
pouvoit y rappeler le
moins, fi on
prix de
negres anglois, & que les Colons vingt-cing mille
d'aurant envers la
fe libéraffent
leur pofition feroit Métropole, , je penfe que
plus
bondance de leurs
avantageufe ; car l'adenrées avilit le prix de
TEILET MPTEIANENETAT
TEsnell EUEN ellel Uetem2 M2ll20 N0
fi on y récol
de caffé de
pouvoit y rappeler le
moins, fi on
prix de
negres anglois, & que les Colons vingt-cing mille
d'aurant envers la
fe libéraffent
leur pofition feroit Métropole, , je penfe que
plus
bondance de leurs
avantageufe ; car l'adenrées avilit le prix de
TEILET MPTEIANENETAT
TEsnell EUEN ellel Uetem2 M2ll20 N0 --- Page 96 ---
-
trente millions ne repréfentelle forte, que
quela valeur de quinze: ils ont donc;
tent plus
dette
à
pu'lien de bénéfice 1 unc
équivalente
mille negres,qu'ils ont payés comp:
vingt-cinq
lcs réçoltes.
taut pour augmenter mille negres font une
5 Mais ccs vingt-cinq
de moyens
réelle de mabilier 2.
augmentation
redevenu propricté expour la Colonie ;: qui
lai rendra les
clufive du commerce national,
n'a pas fourni : voilà
intérèts du capital qu'il
Non, cet avantage n'exi:
donc un avantage.
les Anglois ne
fte pas. II cft. démontré que
que le rebut de leur cargaifon;
nous apportent
fe vendent
les noirs arrivés en contrebande
choix & à la hâte; T'habitant quiles paye
fans
ceux de la Métropale,
un quart de moins que
5 il emconfidere que le bénéfice apparent
ne
& mal fains. pour la
ploie ces hommesfoibles,
qui les excedent,
plupart 7 à des défrichemens
tous en moins de dix années.
ils périflent
comme je l'ai dit,, il refte
Ainfi aujourdhur,
fon bénéfice de contrebande
à la Colonie, pour
à ces vingeen negres; ; une dette équivalente
cing mille têtes. qu'clle a payécs comptant.
maintenant-la continuité de cette
Suppolez
e
TETCIT
watal -ms --- Page 97 ---
opération, ne trouvercz-vous
Faffoibliffement
pas au réfultat
nationale
très-prochain de notre traite
, qui encouragée & fontenue
parfaitement fournir aux befoins
* peut
fement de la Colonie?
& à l'accroif
ploient à peu près
Nos armateurs empour la traite
trente à trente cinq navires
à St. Domingue, le
quels fournit frêt &
retour def:
Que la concurrenee cargnifon à cent vingt.
des Anglois
ment nos armemens
diminue feuleil clt clair
d'un trentieme par année,
tion de la qu'an bout de trente ans l'exportaColonie fera diminuée à
navires, dont le frêt &
cent vinge
par nos Colons
la-cangaifon fournis
Eft-il, néceflaire de appartiendront aux Anglois.
scctte perte
rétablir la répartition de
annuelle, & de
elle porte
montrer comment
effentiellement fur la
manufi@lares, &c?
navigation : les
Veur-on me
mens
retorquer mes
, ot plutôt ceux
premiers argupartifans de la
que j'ai émpruntés des
liberté, dont le
nos commerçans fe font
réfumé eft que
commerce national s'eft enrichis s & que le
Domingue dans
énormément accru à St.
les
un intervalle donné,
Anglois y aient fait la
quoique
contrebande, 2 ce qui
HT umenataram Nal ManEW2l
MUET 2 2
We 1
retorquer mes
, ot plutôt ceux
premiers argupartifans de la
que j'ai émpruntés des
liberté, dont le
nos commerçans fe font
réfumé eft que
commerce national s'eft enrichis s & que le
Domingue dans
énormément accru à St.
les
un intervalle donné,
Anglois y aient fait la
quoique
contrebande, 2 ce qui
HT umenataram Nal ManEW2l
MUET 2 2
We 1 --- Page 98 ---
manar
eft réfulté aucun tort pour
prouve quilin'en
mal. Les Anglois ont
nous? Oh ! cela pronve
avons
à St. Domingue - , donc nous
: commercs
néceflaire & la mieux
perdn, deft la conclufion
tout cc qu'ils
érablie ; car nous avons perdu aurions pu
des.Vinflant où nous
: ont gagné
fournitures : : & par la même
:faire les mêmes
dans les Colonies
raifon que votre. commerce
de
extin@lion, en proportion
diminnere jufqu'à
contrebande, vous auFacroilisment de leur
de
le bénéfice & le. tranfport
riez eu le prixi,
frauduleufe.
& exportation
leur importation
du fyftème exclufif
néceflaire
3 Tel eft-lobjet
; & les Antoutes-1 les Métropolés
adopté par
font fi convaincus 2 qu'ils
glois enx-mèmcs en
tolérer chez eux ce que
sestunifiroien pas de
de porter
chez vous. Effayez
vous pormettez dans leurs Colonies, vous
vos marchandifes
libre de TEucomment le feul peuple
feroit
werrez
le genrc de libérté qui
accueille
2 rope
spour eux ferviride.
étoient hors d'état
Mais fi nos marchands
s'en
a
vaudroit-il mieux
de fournir des noirs ,
Non,
d'en recevoir de nos rivaux?
ils
paller que
font les E(pagnols, 2 &
c'eft la faute que.
NN L --- Page 99 ---
ont torta mais nous ne fommes
cet état
point dans:
d'impuiffance, & nous ne pouvons
arriver que par la concurrence & les
y
du Gonvernement.
erreurs:
Oui, mais le Colon &
l'écrivain de la liberté
propofent une autre objedtion : vOS cargaifons font rares &
dois-je vous payer plus & recevoir
cheres,
être fidele à vOs intérêts
moins pour
s manquer
ment de moyens aratoires ? Ce
conféquemes frais, diminue
qui angmente 2
mes revenus. 2- & votre ex-.
portation même, N'eft-il
pas expédient
je me livre pour un inftant à
que
j'en reçoive à bon marché Tétranger 2 que
fecours,
une abondance de
qui me mettent tout de fuite
l'état de la plus grande
dans:
conferver enfuite
culture, pour vous en:
abfolument les fruits.
Cette objeétion eft feiluilfante;
venus : j'ai déja indiqué, &
je Tai pré.
je vais dire
re ce qui peut
enco-:
multiplier nos
au
Quant
cargaifons.
prix, o1 a tort de s'en
Quelle eft la monnoie
plaindre.
principale du
Sa denrée; ;or il ne donne
Colon?
de fucre
pas aujourd'hui plus
pour un negre, qu'il n'en donnoit il
y a trente ans : la valeur numéraire
& de l'autre a augmenté
de lun
dans la même
procUl-tte0rentent SURUBLEIMIOAINE etelleleten meNelvatren -T
plier nos
au
Quant
cargaifons.
prix, o1 a tort de s'en
Quelle eft la monnoie
plaindre.
principale du
Sa denrée; ;or il ne donne
Colon?
de fucre
pas aujourd'hui plus
pour un negre, qu'il n'en donnoit il
y a trente ans : la valeur numéraire
& de l'autre a augmenté
de lun
dans la même
procUl-tte0rentent SURUBLEIMIOAINE etelleleten meNelvatren -T --- Page 100 ---
eft
de mème du caffé,
portion. Il n'en
pas Si la Colonie n'a-
&Jen ai déja dit la raifon.
fa
des noirs que de la Métropole;
voit reçu
feroit moindre & plus laculture en caffé
d'acquéelle auroit plus de moyens
crative ;
font devenues
rir, & fcs améliorations, > qui
été frucleur extenfion', euffent
nulles par
intelligente. Il eft
tueufes par une gradation de fe livrer me:
donc inutile & dangereux
de recévoir de
inftant à T'étranger, &
me un
qui font beauabondanee de fecours,"
lui une
appanvriflent la.
chers, lorfqu'ils
coup trop
nationales ; le
navigation & les manufaélures mème incer
feroit
retour à la Métropole aifé de prévenir un
tain , car il eft plus
de le faire ceffer.
abus, que
je T'ai dit, la traite naProrégeons, comme
la totaliré de
emploie déja pour
tionale , qui
fomme de huit millions en
nos.Colonics une
fur les manulaquelle fe répartit
armemens >
qui y concourent,
fagtures & main-d'oeuvres les retours des carenfuite par
& raportent
de trente millions;
gaifons -
une autre fomme
& fur le
répartie fur tous les agens
également
Que des gratifications
fife de la Métropole.
333 a 0
- e to
NV
- --- Page 101 ---
T'introduétion en multiplient les
accordées pour
mife far Ce commoyens : que toute entrave le refte de nos commerce foit anéanrie ; que
fur la côre de Guinée foit éclairé, proptoirs
les reconvremens des
tégé & bien régi 3 que
bien-tôt la
armateurs foient affurés , on verra
furpaffer les befoinss
fourniture angmenter 3
néceffaire eft
mais le premier encouragement
la contrebande en cette partie.
d'empêcher
Jen dis autant d'un objet moins important, mais qui a fait difparoitre abfolument
les bougies de France 3 ce
dans nos Colonies
celles de blanc de baleine fournies par
font
Pourquoi leur véut-on payet
les Anglois.
mille livres par
à-St. Domingue trois cens
facaux ciriers du Mans, & aux
préférence
dc baleine de Provence ? Il
teurs du blanc
de raifon à alléguer pour jaftin'y a point
celui des fantaifies des
fer cet abus, ainfi que
meubles & utenfiles, dont je n'ai pas parlé,
tire auffi de la nouvelle Angletermais qu'on
marché eft infoure. Le prétexte du meilleur
tenable pour les objets de luxe ; ilm'eft inutile
crois, là- deffus davantage.
de m'étendre. je
La fourniture des farines, les circonftances
SURUSUEUSUOINIST ADENNEDBEITD
-
celui des fantaifies des
fer cet abus, ainfi que
meubles & utenfiles, dont je n'ai pas parlé,
tire auffi de la nouvelle Angletermais qu'on
marché eft infoure. Le prétexte du meilleur
tenable pour les objets de luxe ; ilm'eft inutile
crois, là- deffus davantage.
de m'étendre. je
La fourniture des farines, les circonftances
SURUSUEUSUOINIST ADENNEDBEITD
- --- Page 102 ---
1 & qui ont
dans lefquelles on y a etl recours
préfente
l'abus de la contrebande,
accrédité
de difecufion.
f
au moins un objet
les Colons qui s'en
La farine eft pour
nécelfité; &
objet de
nourriffent un premier
la Métro.
quand il cft queftion de fabfiftance, cxclufif
avoir de privilege
pole même ne peut
invariaferoit-on valoir ici les droits,
vain
omaiaLenioat
blement. En
il n'en eft
de la conceflion,
les conditions cédcr à la premicre loi, cclle
pas qui ne doive
les fois que la Colonie
ainfi toutes
de fubfifter;
ou une fuf
lieu de craindre une dimination
a
des comeftibles, fon
dans le tranfport
penfion
locale eft très-fondée à appeler
adminifiration
C'eft ce qu'on a fait à
les fecours étrangers.
alors les commerçans
St. Domingue en 1772.; réclamations légitiont diferédité leurs
francois
en exagéfur la contrebande en général,
mes
abus néceffaire, & qui
rant dans ce cas un néceffité. La Colonie
ceffoit de Têtre par cette
fariné de France en 1772. jy.
de
a manqué
foit que la récolte eût été
étois, je l'ai vu :
foir
dans Tintérieur du Royaume,
mauvaife
l'on faifoit alors fur
que les fpéculations que
les --- Page 103 ---
les bleds euffent contrarié la. marche & les
vois accoutumés en
cnAmérique 9 on a eu recours aux Anglois 2 & on a fait fagement.
Ah ! fi le commerce national s'étoit
plaint feulement qu'ils euffenr Été appelés &
dans d'autres ports que ceux de T'entrepôr, regus
ils
auroient eu raifon ; car dans ces cas extraordinaires s & qui forcent l'exception, il
convient
encore d'ufer de précaution
feul
pour réduire au
objet néceffaire la tolérance du
Mais, difent les négocians
moment.
2 vous n'avez point
manqué de farines , I nous n'avons ceffe de
en apporrer, que parce
vous
que vous avez
celles dc la nouvelle
reça
Anglererre 2 dont le
éft fort intérieur anl nôtre. A
prix
lcs
quoi répondent
Colons, nous n'avons reçu les Anglois
parce que vous avez ceffé
que
les uns affirment, & les
d'apporter : ainfi
autres nient. La concurrence des farines Angloifes feroit diminuer
& ceffer même abfolument
Timportation des
nôtres par la différence des
ainfi
prix,
On ne
peut point l'autorifer ; mais on ne doit
non plus rendre cct aprovifionement
point
& incertain. Celui de St.
précnire
près à foixante
Domingue va à peu
mille quarts par année : que
G
--
ment, & les
d'apporter : ainfi
autres nient. La concurrence des farines Angloifes feroit diminuer
& ceffer même abfolument
Timportation des
nôtres par la différence des
ainfi
prix,
On ne
peut point l'autorifer ; mais on ne doit
non plus rendre cct aprovifionement
point
& incertain. Celui de St.
précnire
près à foixante
Domingue va à peu
mille quarts par année : que
G
-- --- Page 104 ---
fe répartiffent cétte
de commerce
nos places
envers le Gouverrourniture. >. & s'y engagent
de prétexte &
alors il n'y a plus
nement 2
l'admiffion des étrangers;
d'aecidens qui juftifie abfolument prendre ces
la Métropole peut
annuele excede touSa récolte
engagemens.
nous fournic
fa confommation 2 puifque
jours
& àla Hollande;
fons des bleds au Portngal affurécs de la préférenque les Colonies foient
foient en tous
cc, que les ports du Royaume de la nouvelle Anouverts aux farines
temps
armateurs les porterônt eux-mé
gleterre, nos
lorfqu'on fera forcé d'y
mes en Amérique,
avoir recours.
à la partic du com :
Nous voici parvenus
qui a reçu
étranger de St. Domingue.,
merce
par T'érabliffement
T'arache du Gouvernement St. Nicolas en 1768d'un entrepôt au môle
réclame toucontre laquelle
Cette opération,
eft-elle utile,,
jours le commerce narional 2
la
néceffaire ; & après avoir proferit
eft-elle
dite, faudra-t-il comcontrebande proprement confacréc par le L6
batre aufi unc tolérance
gislateur ?
Mémoire prohibitif des,obJai lu dans un
AUa1
.
-
auor
TAU --- Page 105 ---
très-fortes contre les entrepôrs des
fervations
Colonics. La porte des Colonics, dit l'auteur,
fermée à Timportation
doit être entiérement
des étrangers. On ne pour-
& à T'exportation
roit l'onvrir par la loi pour un objet, qu'on
nel'ouvrit la à fraude pour une multitude d'au-
& fi celle-ci fe gliffe quand toutes les
tres ;
facilité n'auroitautres font fermées, 2 quelle
fi on lui laiffoit un jour par où elle
elle pas,
Reftreindre les loix prohipourroit pénétrer?
borner T'étendue, leur affigner
bitives > en
confidération que ce
des limites pour quelque
être ce feroit les détruire & les anépuiffe
,
antir. 6
difficile qu'une ile accellible
Il eft en effet
de tous les côtés, ne le foit pas aux interlopes,
auront la liberté de naviguer dans fes
lorfqu'ils
fur fes côtes 2 fous
mers & de fe préfenter
d'aller mouiller à l'entrepôt. Mais
prétexte
être vaincue ; pafTons à
cette difficukté peut
eft l'objet de cet entrepôt?
d'autres. Quel
des
& des forde recevoir avec
précaurions
convenues des denrées & marchandifes
malités
indifpenfable dans
étrangeres : dont l'emploi
la Colonie tourne au profit de la Métropole.
G 2
UCUIEILEN W - 0 0
AMMTANRURURUAU TEHE s STTEUTENVEN
texte
être vaincue ; pafTons à
cette difficukté peut
eft l'objet de cet entrepôt?
d'autres. Quel
des
& des forde recevoir avec
précaurions
convenues des denrées & marchandifes
malités
indifpenfable dans
étrangeres : dont l'emploi
la Colonie tourne au profit de la Métropole.
G 2
UCUIEILEN W - 0 0
AMMTANRURURUAU TEHE s STTEUTENVEN --- Page 106 ---
mMena ces denrées
Et quelles font ces marchandifes,
de
néceflaires que vous me déclarez incapable
fournir à la Colonie ? les voici : les poillons
ris & mais pour la fubfiftance des nefalés,
& merreins, les beftiaux & ani
gres, les bois
des
vivans néceflaires à T'exploitation
maux
des bou:
mannfaatures & à la confommation
denrées fe payent à T'entrecheries ; lefquelles
dont
T'échange des firops amers 3
pôt par
tire aûcun parti, & que lcs
la Métropole ne
Ainfi
recherchent avec empreffement.
Anglois
le commerce étranger aux aren reftreignant
négocians françois 2 ne
ticles énoncés 2 vous 2
même l'occafion de gagner, 2 puif
perdez pas
de matieres & denrées que
qu'il eft queftion
n'avez pas ou dont vous ne voulez pas.
vous
la détruis, répond P'excluAffertion fauffe ; je
l'étranfif. Fermez votre entrepôt, & repbuffez
m'affame, & qui m'apauvrit parger qui
je vous fournirai des
tout où il fe préfente,
Cofalés ; quant au ris & au mais 2
poiffons
c'eft votre intérêt & votre
lons, cultivez-le,
labourée par votre
devoir. Que cette terre
d'abord fa fubfiftance , avant
efclave produife
votre luxe: du beis, du merrein,
d'alimenter àu AUUmmmm T31 Telli
- - --- Page 107 ---
: dcs belliaus, élevezje vous en porterai
vos
demandez - en à
en dans vos favanes 2
Dominles
de Cuba > de St.
voifins
Efpagnols
font
Mulripliez avec eux vos relations; ce
gue.
qu'il cft utile & jufte de
lcs feuls étrangers
de For fans inqu'ils ont
fréquenter, > parce
leur, enlévera
duftrie, & que mon induftrie
vos mains. Quant à vos firops
cet or par
c'eft une faute
amers, je vous les achéterai ;
de ne n'en avoir pas pludu Gouvernement
tôt procuré les mnoyens. Mais prouverez-vous,
? oui
effe8uerez-vous ces paroles impofantes
examinons donc les détails.
fans doute;
& je reprends
Je laiffe ici nos interlocuteurs,
formule d'arbitrage, , qui convient mieux
ma
aux
& aux
à une difcuffion impartiale 9
faits,
le
circonftances locales qui doivent motiver
jufqu'à préfentdévelopé & comjugement. Jai
de la liberté 2 comme une
batu les avantages
d'une"
fidele qui feroit touché des graces
époux
& réfifteroit à fcs carefTes ; mais
courtifane,
befoin dc revenir fouvent aux
je fens que j'ai
tous
grands principes avoués & profefTés par
fondateurs de Colonies, & de me
les peuples
de leur utilité relative à chacun d'eux,
pénétrer
G 3
--- us BUTEN TE UEW wew
liberté 2 comme une
batu les avantages
d'une"
fidele qui feroit touché des graces
époux
& réfifteroit à fcs carefTes ; mais
courtifane,
befoin dc revenir fouvent aux
je fens que j'ai
tous
grands principes avoués & profefTés par
fondateurs de Colonies, & de me
les peuples
de leur utilité relative à chacun d'eux,
pénétrer
G 3
--- us BUTEN TE UEW wew --- Page 108 ---
ce qu'ils ont
ne pas fentir de préférenice
pour
pour tous. Oui,
de cruel & d'inconfequent eft devenu l'état
c'eft cet état de guerre qui
c'eft à fe
des nations ;
naturel & néceffaire
& c'eft fur
qu'elles tendent toutes 2
dépouiller
rédiger tous les plans ; ou
faut
ce plan-là qu'il
voudroit créer un diamétralement
celui qui en
ni
à tous les autres, ne perfanderoir d'uoppofé
ne diroit ricn
les Princes , ni les fajets,
tile & de relatif à leur état astuel.
convenu que tout ce qui peut
Il eft donc
d'une na-
& alimenter la navigarion
accroitre
détriment de la nôtre, doit
tion rivale au
D'après cela, il eft
être févérement proferit. donner plus d'extentresimportant de ne pas
circonla pêche angloife 2 qui a déja
fion à
des limites fort étroites.
fcrit la nôtre dans
la fubfiftance infalés ne font pas
Les poiffons
Lorfquils ont abondi(penfable de nos negres.
de graines,
"dament de racines 2 de fruits 7
le beuf
on pourroir y ajouter
& de legumes,
& s'il faut de la
& le cochon falé de France; devons la tirer de
morue $ je penfe que nous
peuvent , fi - le
Ia France 1 dont les armateurs fecours, , faire
Gouvernement vient à leur
cette fourniture.
AMUEINAISAEISLEDE
ol To
a TENHTEUTUBLIS
- --- Page 109 ---
-
la payera plus cher qu'aux
De ce qu'on
ccux-ci doivént
Anglois, il ne s'enfuit pas que
être. admis à la concurrence ; ils ne raifonent
leur compte : mais c'eft une
pas ainfi pour
7 que
confidération digne du Gouvernement
de diminuer lc prix des objets de
la néceffité
de la morue feche 2 de
fubfiftance. La pêche
des
2 doit être augla fardine,
maquereaux
mentée & encouragée par des gratifications,
nos Colonies puiffent en fupde maniere que
il eft impof
porter le prix 5 & jufqu'à préfent
falés
fible à un habitant de payer les poifTons
de France. & de les faire confommer à
venant
la raifon que le Roi ne pourfes negres 7 par
mille hommes, fi
roit pas entretenir trois cens
lieu de cinq fols il falloit leur en donner
au
dix.
Eniexaminant les côtes de. St. Domingue,
font en certains endroits très-poiffoneuqui
établir une pêche
fe,jais vu la pofibilité d'y
tireroit
parti. J'ai vu.faler aux
dont on
grand
font
de
5, qu'ils
negres / toutes fortes
poiflons
enfuite fécher au foleil; ils les confervent
deux ou trois mois :
fans autre précaution
de certe
pourquoi ne' nous aviferions-nous pas
G 4
13 WEWEN We1 NENTNLeI Wal 0e 0
ciasassmes
une pêche
fe,jais vu la pofibilité d'y
tireroit
parti. J'ai vu.faler aux
dont on
grand
font
de
5, qu'ils
negres / toutes fortes
poiflons
enfuite fécher au foleil; ils les confervent
deux ou trois mois :
fans autre précaution
de certe
pourquoi ne' nous aviferions-nous pas
G 4
13 WEWEN We1 NENTNLeI Wal 0e 0
ciasassmes --- Page 110 ---
affignoit une
reffource ? Si le Gouvernement
bateau qui expoferoit
récompenfe au premier
pechés
tant de milliers de poiffons
en vente
ne doute pas qu'on ne
& falés fur la côte s je
réuffifent, & que ce moyen
fit des effais qui
pour le cafabliftance ne devint puiflant
de
Lorfque les Anglois enbotage de la Colonie.
ce foit un
trevoient dans quelque genre que
des
point
objet d'utilité 1 ils ne s'occupent
de les vaincre,
difficultés 2 mais des moyens
C'cft ainfi
ordinairement.
& ils y parviennent
réuffiroit dans
de favoir fi la vigne
qu'avant
méridionales, ils ont commenlcurs Colonics
iils font du vin.
aujourd'hui
cé par en planter ;
de leur enlever la
Il feroit donc très-fenfé
la falaifon de St. Domingue:
fourniture de
la Colonie,
Que ce ne foit pas en privant mais en nous
cela eft difficile 2
parec que
foit par une perite
nous-memes,
enaprovifionant foit par la grande pêche >
pèche locale,
foutenue.
eouragée 2 augmentée, 9
feroit
Pour le ris & le mais, le commerce n'en
demander : pourquoi
euffi fondé à nous
qu'en cffet
eultivez-vous pas ? Je réponds
des terres de St. Domingue,
dans le parrage
o : u I e li
BNtoW TOL --- Page 111 ---
des conccfions, il eût
dans la diftribution
des vivres du
d'affeéter à la culture
été fage
font propres 2 N & de
pays les terres qui y
les grandes
indiftinêlement
ne pas permettre
c'était un moyen
plantations à tous venans ;
former un ordre intermédiaire , nne
sûr de
affimilés à nos payclafle de petits habitans,
rcffource
riches
auroient été une
fans
2 qui
la défenfe de la Colonie par une popular
pour
Thabitude du travail &
tion abondante 2 par
tout conde la médiocrité. On ne l'a pas fait;
ou. riche a voulu, fi non
ceffionaire pauvre moins du caffé , du coton,
faire du fucre, au
de s'en tenir aux petites
& tous ont dédaigné
au foin des
cultures de grains & de légumes 2
& des volailles, qui exige moins
troupeaux moins de mifes dehors, & qui
de moyens 2
donneroient un bénéfice sûr. Le Gouverner
éclairé ces fantaifies de la
ment n'a jamais
liberté d'abatre fon
eupidité ; chacun a eu la
& de faire de fa terre
bois , de le braler, 2
les
lui plait. Delà nous avons vu
ce qui
de caffe,
immenfes des plantations
progrès
occafioné la baiffe
qui en ont fucceffivement
& le difcrédit.
Gs
1a IATANRIRUAIRLRD
---
. Le Gouverner
éclairé ces fantaifies de la
ment n'a jamais
liberté d'abatre fon
eupidité ; chacun a eu la
& de faire de fa terre
bois , de le braler, 2
les
lui plait. Delà nous avons vu
ce qui
de caffe,
immenfes des plantations
progrès
occafioné la baiffe
qui en ont fucceffivement
& le difcrédit.
Gs
1a IATANRIRUAIRLRD
--- --- Page 112 ---
les terres fraiches &
En employant toutes
on s'eft
à la culture du caffé,
montagneufes reffource du ris qui y croîtroit à
privé de la
acoutumé à croire qu'il
merveille, & on s'eft
faire venir de
étoitplus fimple & plus utile d'en
Il
qu'elle étoit à nous.
la Louifiane pendant
des cargaien arrivoit à volonté
eft vrai qu'il
rendoit à St.
modéré, ce qui
fons à un prix
utile en
T'emploi de la terre plus
Domingue
nous n'avons plus
nne autre denrée. Lorique
fe font ofà la Louifiane, les Anglois
été reçu
donné le ris à peu près au
ferts, & nous ont
trois chofes
prix. Alors il n'y avoit que
même
rour-à-fait, ce qui
à faire , ou de s'en pafler chez foi, ce qui
eft difficile, ou de le cultiver
reffource népofible, ou s'il étoit
n'eft plus
Tintrodu8tion ; c'eft le
ceffaire , d'en tolérer
ne puif:
qu'on a pris. Je ne dis pas qu'on
parti
mais faifons, & ne croyons
17 fe faire mieux ;
tenir lieu d'une
pas qu'une. privation puiffe ordoner & multi:
reffource. Il faudroit donc
puiffent
en vivres qui
des établiffemens
R plier
tels que les pois de toutes
remplacer ceci-s
iniames & les
efpeces, maniocs ,. bananes,
terres niouaffeête partie des
patates. Qu'ony
IT
sNtON --- Page 113 ---
vélement concédées
91:
habitans
ou réunies, 2 & tous les
qui ne peuvent pas
dix negres en grande
employer plus de
culture.
Malgré ces précautions, , je voudrois
permertre l'entrée dans les ports de France encore
ris 2 graines 2 farines & mais de
des
Angleterre, fil'onveur
la nouvelle
immédiate des
fupprimertoute relation
Car
Colonies avec les
quelque foin que l'on
étrangers,
tilles pour
prenne dans les Any cultiver les vivres du
ouragan 2 une féchereffe,
pays, un
muns dans ces contrées, accidens trés-comde récoltes ; & il faut détruifent tout efpoir
fe foit bien affaré
que le Gouvernement
d'y remédier à
d'interdire la communication
temps, avant
par
libre des fecours
T'entrepor. Si les Efpagnols,
actucls de la Louifiane,
propriéraires
des grains , il n'eft
vouloient y cultiver
bien de leur
pas doutenx qu'on ne fir
donner'la
peut-on efpérer d'une preférence; mais que
pareffeufe?
nation repouffante &
Que les
s'entendent & fe Gouvernemiens au moins
défirables
concertent fur ces relations
entre les deux peuples, &
n'abandonne jamais les Colons
qu'on
fources intérienrés.
à leurs ref
Confidérez que leur terre
NETE aNANEnananaT 1o Tananar I eWe1 21 WeNEN a02012
a
donner'la
peut-on efpérer d'une preférence; mais que
pareffeufe?
nation repouffante &
Que les
s'entendent & fe Gouvernemiens au moins
défirables
concertent fur ces relations
entre les deux peuples, &
n'abandonne jamais les Colons
qu'on
fources intérienrés.
à leurs ref
Confidérez que leur terre
NETE aNANEnananaT 1o Tananar I eWe1 21 WeNEN a02012
a --- Page 114 ---
Neareenenenatv
-
s'ufe
fertile dans fa jetuneffe,
prodigicufement
& qu'on en eft
& fe dégrade journélement >
à la reffourdéja venu dans plufieurs quartiers les mondes
dans les plaines , car
ce
engrais
Les pluics,
tagnes n'en font point fufeeptibles.
la terenlévent & précipitent toute
les torrens
eft déboifée ; il ne refte
re végétale lorfqu'elle
être régénéré
bientôt que le tuf, qui ne peut
des
& fécondé qu'à ala longue en y replantant laun Colon eft obligé de
bois. Or quand
bourer & de fumer fon champ, pouvez-vous du
qu'il en faffe les frais pour Y femer
exiger
culture riche
ris & du maïs ? Il n'y a qu'une
On fera donc obligé
qui puiffe les fupporter. fecours étrangers ; ainfi
alors de revenir à ces
peut bien s'en affurer letranfport,
laMétropole
mieux s'en affurer les
mais elle doit encore
moyens.
& merreins font encore une porLes bois
condamnée &
tion de la fourniture angloife
le commerce. de France.
réclaméc par
a été, comme touL'Ile de St. Domingue
feptentrionale,
tes les parties de l'Amérique
lont dééouverte de bois ; les défrichemens enfuité
d'abord dans les plaines 7 &
pouillée
-
NAITEURITEUT A9MEUMOSDBROASDE --- Page 115 ---
far les
montagnes, 3 en forte qu'il
a
que les lieux inaccefibles
n'y plus
& inhabités où
trouve des arbres en haute futaie.
l'on
fommons cepéndant
Nous conpour nos
nos bâtimens de toute
manufaétures &
efpece une affez
quantité de bois. Pour
grande
denrées, j'eftime
T'exportation de nos
qu'il nous faur
deux cens cinquante mille
annuélement
plus de cing milions de
barigues, 3 faifant
nie en fournit
merrcins. Si la Coloun tiers, c'eft
faur que les deux
beaucoup ; il
autres tiers nous arrivent du
dehors, & inceffament la Colonie
rien 5 car à force d'abatre
ne fournira
pour les
& de brûler les boig
défrichemens
2 iln'en reftera
Outre ce merrein, utenfile
plus.
tirons
effentiel, nous
également du dehors les bois de
ftruéion, dont la
conquantité eft d'aurant
confidérable
plus
2 que les bâtimens
hommcs durent moins
comme les
à St.
par-tout ailleurs.
Domingue que
Il étoit
dérer
poffible au Gouvernement de moTindiferétion avec
laquelle une partie des
habitans, 9 fans projets
fié à des cultures
pour Tavenir, a facrimenfes &
mal combinées des forêts im.
magnifiques. On auroit dà, & on
AMTEUEVENATETE JBTETRIETEY
etteltattel U21 ue u2l Wall o1 s0 a
a ai
.
par-tout ailleurs.
Domingue que
Il étoit
dérer
poffible au Gouvernement de moTindiferétion avec
laquelle une partie des
habitans, 9 fans projets
fié à des cultures
pour Tavenir, a facrimenfes &
mal combinées des forêts im.
magnifiques. On auroit dà, & on
AMTEUEVENATETE JBTETRIETEY
etteltattel U21 ue u2l Wall o1 s0 a
a ai --- Page 116 ---
MEMAE
-
encore forcer chaque particulier à fe
pourroit
réferver en haute futaie une certaine quantité
bois, à les renouveler dans les terres
de
dans leurs favanes 2
ufées, & cn planter
chemins, le long des folles,
dans les grands
de
des rivieres 5 des haies. Il étoit conféquent
le merrein, les poteaux 3 les travers,
compter
chevrons au nombre des outils indifpenles
manufaétures ; mais cela n'a pas
fables de nos
été fait.
alors de la LouifiaNous étions maitres
fourniffoit ces mêmcs bois à
ine, qui nous
été de cet article comgrand marché : il en a
Thabitant aimoit
me des grains & deslégumes;
de
acheter des bois de Miffiffipi, que
mieux
& de la confervas'occuper de l'exploitation
tions des fiens.
il
nous avons perdu la Louifiane,
Qnand chercher des bois ailleurs. Le
a bien fallu
ci-devant
Gouvernement n'a pas plus alors que
à fe créer des refTources, & l'habi-
"cherché
ne voit jamais que l'inftant préfent,
tant 5 qui
s'il, devoit en
qui vit à St. Domingue comme
Thabirant n'a eu garde
fortir le lendemain,
des précautions s, & de fe donner
de prendre
- o
l --- Page 117 ---
des entraves
9$
qu'on ne lui fnggéroit
glois eft venu propofer
pas ; LAn.
les a reçus.
fes moyens > & on
Mais font-ils les feuls
sprovifioner en cette
qui puiffent nous
cela. J'ignore l'état
partie ? je ne dis pas
& fes
de la Colonic de Cayenne
reffurces, mais je fais
verte de bois ;
qu'elle eft cous
tion & le
procurez-en. donc l'exploiratranfport : encore les bois durs
Cayenne ne font-ils pas
de
de charpente
propres à toute
de
; on ne peut tirer le
elpece
la partie feptentrionale.
fapin que
Après Cayenne, les Colonies
mériteroient farement la
efpagnoles
Anglois. La.Louifiane
préférence fur les
parrimoine, feroit,
d'abord , notre ancien
fielle nous étoit
magafin intariffable: la
ouverte, un
mingo, Porto-rico
Havane 2 Sto. Dopenvent.
procurer des bois de
également nous
meirein.
conftruéion & du
Mais il faur que l'Efpagne
&. concoure
permette d'abord
enfuite à cette relation,
cite & favorife
, quelle exouvrant des chemins, l'exploitation de fes bois, , en
de fes Colons &
en autorifant le cabotage
des nôtres, 5 en convenant
enIT NENENETAVBT
anmmnetmma EU WeRuret 12
openvent.
procurer des bois de
également nous
meirein.
conftruéion & du
Mais il faur que l'Efpagne
&. concoure
permette d'abord
enfuite à cette relation,
cite & favorife
, quelle exouvrant des chemins, l'exploitation de fes bois, , en
de fes Colons &
en autorifant le cabotage
des nôtres, 5 en convenant
enIT NENENETAVBT
anmmnetmma EU WeRuret 12 --- Page 118 ---
tet a
-
fin qu'il eft auitant de fon
intérêt que dunôtre de
rompre toute livraifon fruducufe
Angloife ; il s'en faut
à la marine
jamais déféré à
bien que l'Efpagne ait
cette
ble à tous,
convenance : inacceffi-
> c'eft le jardin des
pour en garder les
Hefpérides ; &
lent à toutes les pommes, les dragons veil.
avenues,
Le commerce de Nantes a
propofé de
inconfidérément
fappléer à cette
bois & de merrein il
imporation de
; affuroit
lc
me en fournit
que Royauabondamment, &
ce
une occafion de frêt
que
feroit
pour fes
partent fouvént à vide
vaiffeaux, qui
ou à
Vraiment oui le
demi-charge.
beaucoup
Royaume en fournit, &
trop 7 car Tarbre débiré en
feroir bicn mieux
merrein
maritimes.
employé dans nos chantiers
Rien ne feroit plus mal
cette extraéion nouvelle
vu que
des bois de
où il diminuc fenfiblement,
France,
mentation des
depuis que Taugimpôts & du luxe en fait faire
l'exploitation par coupes de
Les
vingt annécs.
propriétaires des
tieme d'un
forets, allujéris au vingrevenu qui s'éloigneroit à mefure
qu'ils laifferoient croitre & mârir leurs
les. débitent en merrcin &
bois,
en bois de chauffage,
dont
Onitimanuamamn U e o HIRBT WRUR allallatlanion
1o
: --- Page 119 ---
dont la confommation devient
exceffive. Si vous
y joignez celle du
des
chironage 3
ameublemens 2 des conftrucions, qui fe
infiniment
mulriplient
, on concevra qu'il ne reftera bientôt plus un feul arbre propre à la
n'ayant plus à notre fervice les marine; &
forêts du Canada, ni celles du Royaume les
Anglois devenant tous les jours les maîtres du Commerce
du nord, je ne vois pas trop comment
pourrons entretenir notre
nous
obfervation
navigation. Cette
qui m'échappe, 2 feroit bien
de l'attention du
digne
Gouvernement ; elle doit au
moins fuffire pour fatisfaire les
France
négocians de
2 dont un zele plus éclairé
l'aétivité fur des reffources
dirigera
praticables.
Leur recommandation aux Colons
des beftiaux, on d'en demander
d'élever
aux Elpagnols
plurôe qu'anx
Anglois 9 préfente encore à
l'examen quelques difficultés. Il faut
le
fervice des
pour
manufaétures, des chevaux
boeufs & des mulets
9 des
; pour la nourriture des
troupes & des Colons 2 des baufs, des
chons & des moutons.
coIlya eu des réglemens fenfés
bliffement des hattes &
pour l'étacorails 5 jamais ils
H
1EIEIET NET MENETET TE1aEu2tl Anammmmme
ente encore à
l'examen quelques difficultés. Il faut
le
fervice des
pour
manufaétures, des chevaux
boeufs & des mulets
9 des
; pour la nourriture des
troupes & des Colons 2 des baufs, des
chons & des moutons.
coIlya eu des réglemens fenfés
bliffement des hattes &
pour l'étacorails 5 jamais ils
H
1EIEIET NET MENETET TE1aEu2tl Anammmmme --- Page 120 ---
-
qu'en général les
n'ont été exécutés 2 parce
loix font nulles à St. Domingue.
Si toutes les terres qui ont été concédécs
d'élever des beftiaux feulement,
à la charge
au lieu de
n'avoient point eu d'autre emploi, 2
nous aurions du famanquer. du néceflaire 2
font
en
mais enfn ces terres ne
pas
perflu; 5
quelque chofe, & ces
friche, 2 elles produifent
font reverfibles à la Métropole.
produits
de rétaMaintenant il eft prefqu'impofmible
blir les hattes 5 le pays eft trop découvert,
raprochées, les fécherefles
les cultures trop
marons trop
fréquentes s & les negres
trop
multipliés.
S cela eft
Adreffons-nous aux Efpagnols
& c'eft ce qu'on a fait. Ceux de St.
bien dit,
n'ont d'autre reflource que
Domingue far-tour
mais j'ai vu en
la vente de leurs animaux;
abfolument interrompu.
1771, ce commerce naturelle & la communauté
Malgré l'allianee
nous
réunit les deux nations 2
d'intérèts, qui
la
de leur part tout ce que jalouéprouvons & la malveillanee pourroient fugfie, l'aigreur
coLeur adminiftration
gérer à des ennemis.
difficile, arbitraire & fifcale , impofe
loniale,
ADUDRLIEIEENR
BITDENNIEAIN
0 1a AMUMIAUAIRINAUEE --- Page 121 ---
far la fortie de ces beftiaux
des droits
n'en permet la vente qu'en
excefifs,
refte de leur
un feul lieu : le
Colonie eft femé de
batis
gardes, d'ad'arbres, 2 de foffés qui rendent la
munication impoffible ; en forte
comtiers françois les
que les quarplus diftans du marché
gnol ne peuvent
efpades. chemins & la s'prorifoner,par la difficulté
n'eft
nouriture des animaux,. Ce
pas tour, le
voir en. échange Gouvernement ne veut receaucune efpece de
ou de
comeftibles
marchandifes, c'eft avec de l'or
veulent être
qu'ils
payés ; en voici la raifon.
commerce très-miférable de leur
Le
Domingue eft livré à
Colonie de St.
une Compagnie privilé.
giée, qui s'eft chargée de
exclufif, qui expédie
Taprovifionement
vaiffeaux
pour ccla deux ou trois
par année. Pour favorifer
cette
pagnic, il faut lui facrifier
Comla peuplade de St.
T'aifance de toute
vendant fes
Domingue 2 qui en nous
animaux > reçoit en
nous toutes fes
échange de
Voilà
commodités > tous fes
cc que le Gouvernement
befoins.
& ce qui a fait
n'entend pas,
multiplier les droits
les corps de
de fortie,
garde & lee
nous convient-il à
confications : or
nous de payer annuélement
H 2
tET UBTEUBIATRDET VETBTETET
ae VElVol ABInIBNAIE NOnGUE
qui en nous
animaux > reçoit en
nous toutes fes
échange de
Voilà
commodités > tous fes
cc que le Gouvernement
befoins.
& ce qui a fait
n'entend pas,
multiplier les droits
les corps de
de fortie,
garde & lee
nous convient-il à
confications : or
nous de payer annuélement
H 2
tET UBTEUBIATRDET VETBTETET
ae VElVol ABInIBNAIE NOnGUE --- Page 122 ---
n31
IOO
en argent & non
trois millions aux Efpagnols
fuffire; la
marchandifes? Pourrions-nous y
en
bientôt épuifée 2 fi
Colonie ne feroit-elle pas
qu'ils nous
leur rendions même Targent
nous
en contrebande?
apportent
des mulets à la côte d'EfpaLe commerce mêmes entraves ; c'eft à
gne eft foumis aux
faire la traite : lcurs
coups de fufil qu'il faut
Toccafion de
principes font de manquer plurôt
Ainfi les
d'avoir celle d'acheter.
vendre que
les beufs, , que nous
les chevaux,
mulets 2
& qu'il faut nous
n'avons point chez nous 2
foit nous
à quelque prix que ce
procurer
Efpagnol
font refufés par le Gouvernement
qu'il eft en lui de le faire.
antant
comment fe fouftraiDans cette pofition 2
Maitres de la rive
fecours des Anglois ?
re aux
ils en partagent le comgauche du Miffiffipi,
ils profitent
malgré les Efpagnols ;
merce
ils arrivent dans nos
même de leur pavillon 2
Ceux-ci
efpagnols.
ports avec des congés
intérets contraires
& des
ayant des principes
s'affocient avec
à ceux de leur Gouvernement. 2
leurs facAnglois , deviennent
des marchands
de chevaux, de
teurs, & nous aprovifionent
AANRIMUBIRISND à
o To
--
PNOUOTAN 33 --- Page 123 ---
IOT
beufs, de mulets, &c. Certainement
le Miniftere elpagnol voudra
quand
cclui de
s'entendre avec
France, 9 cette fourniture d'animaux
peut être invariablement
adjugée aux Efpagnols fans l'intervention des Anglois.
Tels font les articles, > en y ajoutant
ei-deffus énoucés,
ceux
, que la nouvelle Angleterre
fournit à St. Dominguc, qui la
car l'extraétion
paye en firops;
frauduleufe des autres denrées
ne peut avoir lieu que pour payer la vente des
negres.
Il y a trente ans qu'on ne tiroit
parti des firops amers
aucun
9 qui font le dernier ex-.
trait des fucres terrés ; on les abandonoit
aux animaux. Les
Anglois nous avoient
pris à les diftiller & en faire
apdont
unc eau de vic,
lufage eft plus falutaire que celle
lon fait avec du vin. Mais la
que
n'en étant point
confommation
permife en France, les guildives établies dans la Colonie n'ont
qu'aux befoins
pu fournir
intérieurs ; celles des
au contraire ont tellement
Anglois
profpéré, 3 que nos
firops amers ont été portés par eux à un
affez avantageux pour être regardé
prix
comme le dixieme de
aujourd'hui
nos revenus.
H 3
a
- Intehenneteum NEnreller 1010540
étant point
confommation
permife en France, les guildives établies dans la Colonie n'ont
qu'aux befoins
pu fournir
intérieurs ; celles des
au contraire ont tellement
Anglois
profpéré, 3 que nos
firops amers ont été portés par eux à un
affez avantageux pour être regardé
prix
comme le dixieme de
aujourd'hui
nos revenus.
H 3
a
- Intehenneteum NEnreller 1010540 --- Page 124 ---
-
Sous le miniftere de M. lc Duc de Praslin
branehe de commerce 7 dont les négoeette
s'accommoder, fut
cians françois ne pouvoient
leur afabfolument livrée aux Anglois, & on
le môle St. Nicolas pour entrepôt à St.
figna
millions tournois
Domingue. J'effime à quatre
ainfi voici un tribut
lc produit de nos firops ;
par la Colonie de St. Doimpofé aux Anglois
le Lémingue, voila un débouché avoué par
une denrée coloniale., dont il
gislateur pour
national de fe
ne convient point au commerce
charger.
en
le Gouvernement
Mais qu'a prétendu
?
d'acheter nos firops
permettant aux Anglois
? La
Efpéroit-il qu'ils les paycroient Cil argent
Angleterre abondante en denrées 9
nouvelle
riche de fon induftrie, mais pauvre en efpeccs
n'auroit firement pas cond'or & d'argent,
être
onéreux ; ainfi il n'a pu
fenti à ce marché
fair d'aucune des deux parts. En leur ouvrant
nous leur avons donc
le môle St. Nicolas >
dit, ou cenfé T'avoir fait : portez-nous pour
millions de bois & de merreins 2 d'aniquatre
de grains dont nous
maux 7 de falaifons 2
& nous vous payerons en firops.
manquons 2
W TWi
- REIAUBIEINIAL W
- --- Page 125 ---
IO3
eonvention tacite qui s'eft faite entre
Voilà la
a accédé le comles deux nations 7 à laquelle
fe
mational, puifquil ne pouvoit pas
merce
de nos produits ; à lacharger de cettc partie
puifqu'il
le Gouvernement,
quelle a confenti des étrangers , qui ne peua permis cet abord
eft permis de
vent acheter qu'autant qu'illeur
vendre.
de Ia Métropole
Aujourdhui les négocians
liaifon de
veulent rompre abfolument toute
"les
2 & fentant bien
commerce avec
Anglois donnant un atitre d6que ce ne pent ttre qu'en
Pentrepôt
bouché à nos firops , en follicitent
font
France. N'oubliez pas que ces frops
en
la Colonie paye attla monnoie avec laquelle
les fajourd'hui le ris 2 le bois 2 le merrein 2
dont Timportation lui eft
laifons 3 les animaux
qu'ainfi le commerce de France
néceflaire ;
de l'entrepôt en en
prend toutes les charges
demandant le bénéfice.
la
Mais il ne fuffit pas de lui en accorder
permillion, il y a d'autres obftacles à vaincre.
les fecours, dont lcs firops
En fuppofant que
puiffent être sûrement remplacés,
fontla folde,
& le débit
il faudroit encore affarer l'emploi
H 4
TEIIEUERIE IOTTENTEIEI ATELISIIGIVALLOT 0N0oT
AISIATEOETEIEIES
prend toutes les charges
demandant le bénéfice.
la
Mais il ne fuffit pas de lui en accorder
permillion, il y a d'autres obftacles à vaincre.
les fecours, dont lcs firops
En fuppofant que
puiffent être sûrement remplacés,
fontla folde,
& le débit
il faudroit encore affarer l'emploi
H 4
TEIIEUERIE IOTTENTEIEI ATELISIIGIVALLOT 0N0oT
AISIATEOETEIEIES --- Page 126 ---
neTETETaT
1 211
ARMSNETOROCOTNEDE
amspenememneronene
& le commerce voit-il bien tout
de ces firops 3
a à faire pour cela ? Il faudroit
ce qu'il y
frais les armed'abord réduire à de moindres
St. Domingue. Tant que la valeur
mens pour
de cargaifon fera prefintrinfeque d'un objet
à la valeur de fon tranfport en Euque égale
doit Y renoncer : or mainropc 2 le commerce
eftimée centtenant une barique de taffia 2
livres en coûteroit plus de quarante
vingt
pour être portée en Europe.
tranfcônviendroit donc de deftiner à ce
Il
Alûtes navigables par leur
port de groffes
conftruSion & la difpofition des manceuvres,
de moindres équipages 2 compofés
avec
de novices & de mouffes ; réduifeulement
à deux maitres cu pilotes,
re l'Erat-Major
les difpenfer de tous tranfports d'engagés,
& amirauté 3 & quand le Goudroits d'ancrage
vernement iroit jufqu'aux gratifications 2 pour
la fortie & le tranfport des taffias,
encourager
aête conféquent à fon objer.
ce ne feroit qu'un
& j'aurois dû le dire d'abord,
Je fuppofe, 2
aux Anqu'en renonçant à vendre nos firops
nous avons arrêté qu'ils feroient conglois 2
& qu'en
verus en taffia à St. Domingue,
d3 --- Page 127 ---
1oS
conféquence l'établiffement des guildives
feroit provoqué & encouragé
y
par tous les
moyens convenables.
L'emploi de ces taffias rendus en France,
peut être combiné de deux manieres : ou le
débit en fera libre pour l'intérieur du
me, & pour
RoyauTétranger, ou il n'aura que
cette derniere deftination.
Dans les deux cas 2 les marchands d'ean de
vie & les propriétaires des
feront entendre
petits vignobles
leurs plaintes j ils vont être
ruinés par cette concurrence. Les Fermiers
des Aides viendront à leur fecours, & l'on
prouvera que c'eft une mauvaife opération
dc protéger les Colons de St.
que
préjudice de ceux du Poitou & Domingue de la
att
Saintonge. Il y a cependant an moyen de la rendre
bonne , c'eft de multiplier les confommations
d'eau de vie & de
:
raffia, en étendant nos rela.
tions dans le Nord, en Suede, dans le Danemarck & la Ruffie > & faifant dans l'Inde
le Levant dcs envois de taffia
&
convient
y
mieux
feulement, qui
au climat, & peut être em-:
ployé aux boiffons
compofées des
chauds.
pays
H S
- Alanelenntren MeNreWeT
de multiplier les confommations
d'eau de vie & de
:
raffia, en étendant nos rela.
tions dans le Nord, en Suede, dans le Danemarck & la Ruffie > & faifant dans l'Inde
le Levant dcs envois de taffia
&
convient
y
mieux
feulement, qui
au climat, & peut être em-:
ployé aux boiffons
compofées des
chauds.
pays
H S
- Alanelenntren MeNreWeT --- Page 128 ---
-
I06
Deflinons-les auffi à la traite des negres
fur la côte de Guinée, & la confommation
immenfe e,fi ce commerce
pourroir en devenir
devenoit lui-même plus confidéenicouragé
rablc.
Me voilà toujours invoquant les encoura.
les foins 7 l'attention du Gouvernegemens 2
tous les détails;
ment fur tous les objets ,
ne connois point d'autres refforts, s
c'eft que je
fe croie'eft que tous les intérêts particuliers
fent & fe détruifent, & qu'il n'y a que l'intémis en action par le Législateur qui
rêt général
diriger, conferver & créer.
puiffe
qu'on vient de lire,
Après les obfervations
avoir difeuté dans le plus grand détail
après
les
lcs raifons & les
les principes 7
faits 2
facile de
rofpc@lifs, il devroit être
moyens
le parti définitifà preneonclure & d'indiquer
célebre du commerce
dre fur cette queftion
Pourquoi cependant fuis-je embaraf.
étranger.
& qu'ila été
f6? C'eft que j'écris en France,
dangereux de prêter fes idées & fon
fouvent
Dans lun &
argent à notre Adminiftration.
réduire fon capital, ou
Fautre genre on voit
ainfi
Ton eft forcé d'en regréter T'emploi ;
-u aeue o amsaamausauae
à MEalrL 3 J e --- Page 129 ---
I07
pour être conféquent à.mon
expofé & à mes
propres réfexions, > je devrois arrêter le
des reffources intérieures &
plan
nationales, 2 des
encouragemens > des foins * des
dcs relations utiles avec les
procédés,
doner à fon
Efpagnols, & fuborprincipe mon feutiment
Mais j'avoue
intime.
que ce n'ef point la ma conclufion ; car tout faifeur de
projets
au Miniftere dans le moment où il s'adjoignant
tour de fuite fon Mémoire
écrit, voit
nance
converti cn Ordon-
* & celle-là
m'inqniéreroit f j'en étois
Taureur. La légéreté & l'inflabilité de
rations, le mouvement
nos opéperpétuel de eeux
y concourent, femble nous interdire
qui
qui ne fcroit bon
un plan,
que par lindivifibilité
toutes les parties : tel feroit celui
dans
bition.
de la prohiJe ne parle pas de celle des
des
noirs &
farines, dont la contrebande
ceffer ; mais
peur & doit
T'érabliflement d'un
les Colonies
entrepdt dans
pour les autres
roit être utilement
objets, ne pournement
détruit que par un Gouver.
qui n'eft pas le nôtre. La
les Colonies font fous la
marine &
d'un feul
main & dans la tête
homme qui change
leur régime
inceffamment, &
change avec ce Miniftre. Le fucmummmomommamy
NEneLETENY lener 2 1e NENET WE
& doit
T'érabliflement d'un
les Colonies
entrepdt dans
pour les autres
roit être utilement
objets, ne pournement
détruit que par un Gouver.
qui n'eft pas le nôtre. La
les Colonies font fous la
marine &
d'un feul
main & dans la tête
homme qui change
leur régime
inceffamment, &
change avec ce Miniftre. Le fucmummmomommamy
NEneLETENY lener 2 1e NENET WE --- Page 130 ---
MEIET Taan a a *
-
fablifter une loi, s mais il en anuceffeur laiffe
devient
fans laquelle la premicre
le une autre,
& il n'a pas le
inconféquente ou abufive 2
il
de s'en apercevoir ;
temps & les moyens
n'ofent penfer
cft feul ou entouré de gens qui
donc que ce Minicomme lui- Suppofons
que
vues & les lumieres
ftre, avec les meilleures
dont eft queles plus stres ; adopte le plan
fa loi prohibitive; il veille:
fion, & promulgue
fur les encouragemens,
fur les remplacemens,
qu'ils dépendent
il les ordonc 2 en fuppofant
affaires.
de lui: il paffe enfuite à d'autres
tous
lui fur celle-là?
Qui eft-ce qui véillera pour
les lettres,
fori commis ; mais les expéditions 2
&
les bordereaux > qui fc fucccdent
les 'états ,
à ce fubalterne
s'ammoncélent, permettent-ils
homme
vues & les moyens d'un
les grandes
manles encouragemens
d'état. Cependant
7 & ceuxaux Colons & aux négocians
quent
leurs engagemens: La
ci ne peuvent remplir
récoltes en vivres
peche n'à rien rendu, les
font détruites 2 les Efpagnols
à St. Domingue
inabordables ; on rend
continuent à être
la
Miniftre de l'état des chofes >
compte au
milieu de deux mille autres; ;
lettre échape au
TTENlE
-
3 a L * a --- Page 131 ---
:109
le Miniftre & fon bureau
changent, & la
hibition refte, Un Officier
provenu à St.
garde-côre , qui eft
Domingue dans l'intervalle avec la
loi & les inftruéions de ce Miniflre
plus, eft prévenu
le
qui n'eft
que nouveau régime
hibitif tient à la févérité de fa croifiere proles interlopes ; il
il
contre
éloigne, 9 empêche obftiné.
ment les fecours 2 & la Colonie eft
les habitans & leurs
aux abois,
negres dans le
& le Miniftre dans
défefpoir,
Tignorance de ce qui fe
paffe & dans Timpuiflance d'y remédier.
Vivons au jour le jour 2 c'eft là ce
nous convient. Que le Miniftere
qui
emploie les
précautions, accueille & multiplie les
ces nationales, en prépare la fuffifance reffourlaiffons fubfifter
; mais
l'entrepôt, & que le commerce de la Métropole s'en
le mal
confole, cn confidérant
qui pourroit réfulter du contraire, &
en recevant en outre plus de quinze-cens
francs des Anglois pour les
mille
huiles & favons de
vins 2 liqueurs
France qu'ils achétent par
occafion à St. Domingue,
x0eh
mmmImImImDmT UUmanm We vW o N
ons fubfifter
; mais
l'entrepôt, & que le commerce de la Métropole s'en
le mal
confole, cn confidérant
qui pourroit réfulter du contraire, &
en recevant en outre plus de quinze-cens
francs des Anglois pour les
mille
huiles & favons de
vins 2 liqueurs
France qu'ils achétent par
occafion à St. Domingue,
x0eh
mmmImImImDmT UUmanm We vW o N --- Page 132 ---
ahetisl
SIO
CHAPITRE III.
DE
L'EXFORTA A TION.
Si nous avons pu indifpofer la
par le détail de quelques
Métropole
lui de fes
infidélités, voici cejouiflances exclufives. La
doit trouver
Colonic
grace à fes yeux en verfant
fon fein la totalité de fes
dans
richelles, le
même de fes contraventions
produit
3 & s'il fe troave
encore une fouftraaion, n'oublions
généalogie de caufes & d'effets
pas cette
qui
un certain ordre
détermine
d'événémens. Il fort annuc.
lemene de St. Domingue, &
les navires
on y charge fur
nationaux :
En fucre blanc 80500000
b à sol..
Sucre brut a
28800000 : à 27
Caffé
38700000 - à -
IO
Indigo
1207700 - à IO
Coton
Ifo70co o à II IO
Cuirs
I2COO - à 6
Piaftres
200000 . à S
Cacao o
4C00 - . à OI IO
On pent me contefter
lexaSticude de cet
érat, mais j'affare qu'il eft difficile de s'en
curer de plus fidele,
proNe
Rtahaummmmumm
a
METRBTRN EUI a
uu TENeIET --- Page 133 ---
III
La Colonie vend en outre aux Anglois
quatre millions de firops amers.
pour
Aux Elpagnols pour quatre cens mille
francs de taffia.
Mais nous devons comprendre auffi dans
fon exportation la portion de marchandifes de
France dont elle procure occafion de vendre
aux étrangers. Je l'évalue pour les Anglois,
A deux mille bariques de vin à
- Ifol.
Cing cens quintaux d'huile . à
Six cens quintaux de favon
- à -
Dix mille pots de
liqueurs e à
I
Aux Efpagnols
Huit cens bariques de vin - à a Igol.
Deux mille barils de farine . à
Huit mille pots de
So
liqueurs à e
I
Toiles & foiries -
Bijouterie
Ferremens
Sucre, , caffé, indigo, favon. 13C000
IOCOCOO
Nous payons auffi aux Anglois la folde de
leurs fournitures licites & illicites
caffé & indigo. Mais
en fucre,
cette exportation frauduleufe eft moins confidérable
qu'on n'affeste de
-- a
- W21 Netretter WRWET Wo
Huit mille pots de
So
liqueurs à e
I
Toiles & foiries -
Bijouterie
Ferremens
Sucre, , caffé, indigo, favon. 13C000
IOCOCOO
Nous payons auffi aux Anglois la folde de
leurs fournitures licites & illicites
caffé & indigo. Mais
en fucre,
cette exportation frauduleufe eft moins confidérable
qu'on n'affeste de
-- a
- W21 Netretter WRWET Wo --- Page 134 ---
ne font avec nous
le dire ; car fi les Anglois
d'échange, & leur intelligenqu'un commerce
ils ne peuvent enle-,
ce doit en être caution,,
de denrées
que la quantité
ver fraudulenfement
folder l'échange,
de la Colonie néceffaires pour
d'efpeces à nous donner.
n'ayant point
par eux
à cela l'introduéion
On oppofe
comme ne poufaite de monoie de bas aloi ,
denrées;
l'achat de nos
vant fervir qu'à payer
de la
là T'objet des fripons
mais ce n'étoit pas
ont ainfi tromnouvelle Angleterre qui nous
à St. DoRetirer le bon or qui circuloit
voilà
pés.
fubftiruer de mauvais 2
mingue, 2 & en
vouloient, & ce qu'ils ont exécuréavec
cc qu'ils
expofe à la dérifion.
une facilité qui nous
détails.
article monoie mérite quelques
Cet
de piaftres à
de Timportation
En parlant
dû
les Efpagnols 2 jaurois
St. Domingue par
auffi fourni de Tor. Il
dire qu'ils nous avoient
déterminer même par approxieft difficile d'en
les viciffitudes
mation la quantité, par toutes
nous faiutile que
qu'éprouve la contrebande
d'or
; mais la monoie
fons avec les Efpagnols étant les feules circud'E(pagne & de Porrugal
il convient que j'exlant à St. Domingue,
plique
AENON - COUB awanoer TL -
--- Page 135 ---
plique ici comment on s'eft
la valeur.
trompé en en fixant
La derniere révolution
de fubir en cette
que la Colonic vient
fa
partie trouve ici
place.
naturélement
CHAPITRE IV.
DEs MONOIES
QUI ONT
A Sr. DOxINGUE. COURS
Le commerce
des Aibufticrs
interlope, & les
à la côte d'E(pagne
courfes
les premieres efpeccs
ont introduit
d'argent & d'or
voyons à St.
que nous
toit en
Domingue, d'oi on les
France, avant que nos
exporun objet de retour
cultures fuffent
pour les
profirable que les efpeces.
armateurs plus
Alors les inatieres d'or &
a un coin
d'argent frapées
n'auroient étranger 2 & qui- par cette raifon.
jamais dû être
ont fervi de monoie
que marchandifes,
fous le vent. Elles dans nos Iles du vent &
noie nationale, ont été aflimilées à la mo-
& leur valeur fixée
change fans aucune altération
pour le
miere
: c'eft une
faute, 3 dont on n'apergur
pre.
point les conI
LmImmIIED Taaanal Mne - 1200 De
apées
n'auroient étranger 2 & qui- par cette raifon.
jamais dû être
ont fervi de monoie
que marchandifes,
fous le vent. Elles dans nos Iles du vent &
noie nationale, ont été aflimilées à la mo-
& leur valeur fixée
change fans aucune altération
pour le
miere
: c'eft une
faute, 3 dont on n'apergur
pre.
point les conI
LmImmIIED Taaanal Mne - 1200 De --- Page 136 ---
-
fommés mis par là dans
fequences; nous nous
efpagnol, qui
la dépendance du Gouvernement
volonté diminuer le titre &le poids
pouvoit à
toujours au
de fa monoie, & nous la donner
mêmc prix.
de mauvaife foi étoit inMais fi cet aête
ne foit
quoiqu'il
digne d'un- Gouvernement,
moins crainfans excmple, on devoit au
point
étrangers ou
dre que Tavidité des particuliers d'un bénénationaux ne fat tentée par T'apas
arrivé.
énorme & facile - , ainfi que cela eft
fice
qu'an licu de voir les
Il eft tres-extraordinaire
cette adabus & les défordres qu'entraineroit
en
& fimple de pieces étrangeres
miffion purc
n'ait
s'occuper
qualité de monoic, Oil
paru le mal.
à augmenter
que des moyens propres
à mulC'eft ce qu'on a fait en cherchant
& à fixer à St. Domingue les piftoles
tiplier
On a fuccelfived'Efpagne & les portugaifes.
taux où
leur valeur jufqu'au
ment augmenté
augelles font aujourd'hui ; on a par gradation
avec l'Europe jufqu'à un
menté le change
auffi abfurde en elletiers en fus, opération
dangereufe par fes confequeuces.
même que
fut fondée fur la : crainte
Cette opération
.
piain --- Page 137 ---
IIS
de voir difparoitre ces efpeces dans
un moment où la rareré de nos denrées,
àl la quantité des navires
comparée
venus pour les exporter , offroit un retour plus utile en pieces d'or
ou d'argent. Mais ce remede dangereux n'étoit
que celui du moment ; la valeur des
A difes eft
marchantonjours en proportion avec celle dit
figne qui les paye, & peu importe
nommiez trois et
que vous
Amérique la même piccé
qui ne vaut que deux dans les marchés
d'Europe. Le faéteur portcra auffi fa marchandife
de deux à trois, & dans
leurs
l'échange de nos val'augmentation des
quantités ne fera
qu'illufoire.
Voilà le réfultat final de toute
tion numérique fur les monoies
augmentatiere eft
3 quand la ma=
connue. 2 le titre sûr, les
d'appréciation exaéts & uniformes, & moyens
la caufe de certe
lorfque
augmentation ne provient
d'une fouftraéion ou difete de métal
pas
révolution
, qu'ane
quelconque peut faire paffer d'un
royaume dans un autre.
Ainfi même dans cette circonflance
mentation eft illufoire, &
Taugs
ne peut être utile
qu'un inftant au Prince, qui diroit
aux créanI 2
tamnmenmen TEnae MElen e WEU el e Ns N
, & moyens
la caufe de certe
lorfque
augmentation ne provient
d'une fouftraéion ou difete de métal
pas
révolution
, qu'ane
quelconque peut faire paffer d'un
royaume dans un autre.
Ainfi même dans cette circonflance
mentation eft illufoire, &
Taugs
ne peut être utile
qu'un inftant au Prince, qui diroit
aux créanI 2
tamnmenmen TEnae MElen e WEU el e Ns N --- Page 138 ---
à
I16
voilà un marc d'or avec
ciers de fon Etat :
dois.
lequel j'en paye deux que je vous fommes a
Mais dans la pofition où nous
la valeur numéraiaugmenter
St. Domingue,
n'avons point la
d'une monoie dont nous
re
dont le titre n'eft point garanti par
matrice,
d'appréciation
le Prince, dont aucun moyen
c'eft s'exdéterminé,
ne peut être légalement
gratuitement à etre volé.
de
pofer
confidérez enfuite : que partie
Si vous
l'on cherche à
circulantes > que
ces efpeces
confite en piftoles cor
fixer dans la Colonie,
leur forme
3 que
nues 3 rondes 2 oétogones de cordons laiffe aux
irrégulicre & dépourvne
; il eft
Putile facilité de les rogner
fripons
T'augmentation de la vaclair que d'une part
l'autre la fouftraétion
& de
leur numérique,
rompront toutes les
intrinfeque
dc la.valeur
de nos moyens
proportions. 3 tout Téquilibre
d'échange avec la Métropole. étions à St. DoTel étoit Térat où nous
plufieurs années 3 faus qu'on
mingue depuis
imaginar qu'il
& fans qu'on
en fàt occupé 2
s'étoit accourumé à repourroit. empirer, On
inamovible la maffe
garder comme un fonds
- --- Page 139 ---
des efpeces d'or circulant
dans la
elle
Colonic; ;
repréfentoit au moins deux
fas de fa
cinquiemes en
valeur, 3 ce qui la fixant à
dans Tile, nous affuroir
perpétuité
intéricure
pour la circulation
un capital déja trop confidérable, &
qui ne pouvoir qu'angmenrer par le bénéfice à
faire fur l'entrée des efpeces. En
gociant de Marfeille
effet, un né.
imagina le premier d'envoyer au Cap de très-gros navires
portugaifes
avec des
feulemenr, 2 au lieu de cargaifon
ordinaire ; ce qui lui donna d'abord de trèsgros bénéfices par l'avantage du change, la diminution des frais, & la briéveré des
Cette opération à été confament voyages.
lors de la baiffe
prariquée
occafionele des denrécs des'Colonies, ou lorfque les
une grande demande armateurs en ont prévu
fare
en Europe 3 mnais à meque le numéraire
étant montées
augmentoit, les denrées
à un prix relarifa cette
tation 2 çeux qui envoyoient dés
augmentrouvant plus lç même bénéfice cfpeces 2 ne
briquer à Geneve &
* en firent faà Gênes d'un poids inférieur, & cette nouvelle fpéculation
aucun rifque pour les
réuffit fans
remplir
auteurs 3 car pour mieux
l'objet d'attirer & de fixer lcs cfpeces
I 3
BBIBIEUEIBIRUBT TnaRnET LlEUle10E11Elan WATTET Mellar Namnettettart
ient dés
augmentrouvant plus lç même bénéfice cfpeces 2 ne
briquer à Geneve &
* en firent faà Gênes d'un poids inférieur, & cette nouvelle fpéculation
aucun rifque pour les
réuffit fans
remplir
auteurs 3 car pour mieux
l'objet d'attirer & de fixer lcs cfpeces
I 3
BBIBIEUEIBIRUBT TnaRnET LlEUle10E11Elan WATTET Mellar Namnettettart --- Page 140 ---
CATRTETEITE
-
bien de rebudans la Colonic , on fe gardoit
ter les picees foibles.
lieu
les piftoméme tolérance eut
pour
La
d'Epagne
doubles piftoles & quadruples
les ,
d'en avoir fixé les bornes,
rognées 5 & faute
fixe entre leur valeur
iln'y eut plus de raport numéraire. La 16iarrinfeque & leur valeur
de rendre
Yalrération ont été au point
géreté,
qui caraélédouteux le volume & Y'empreinte
de figne
leur valeur. Il n'y avoit plus
rifoient
un louis 2 un demicertain pour diftinguer
& un quadruple.
un double louis,
louis, +
s'aveugloit fur les conféLc Gouvernement
lc défordre étoit déja
quences 2 & cependant & les commerçans, de
rel, queles particuliers & par un concert unalcur propre autorité 2 le louis qui 'peferoit
nime, convinrent que feroit reçu pour trendelà d'un demi-louis
au
double louis qui peferoit an-dela
te livres , le
pour 60 livres,
d'un louis & demi féroit reçu plus de deux
& le quadruple , qui peferoit 120 livres.
louis & demi, feroit reça pour
fans en
de pareilles efpeces
a Contrefaire
à St. Dominaltérer le titre, & les introduire. du Gouverc'étoit d'après la tolérance
gue >
THTaN N - TENVEIL 1o
etaN T
o Tonal --- Page 141 ---
nement , fir la
légéreté de fes
nus far
principes conTintroduéhion, >
fans péril un
c'étoir, dis-je, tenter
qui donnoit nouveau genre de
de prime abord
commerce,
cent de bénéfice. Les
vingt-cing pour
profité dela
Anglois nos voifins ont
circonAance:
colas, admis
reçus au môle St. Nidans le
même à certaines conditions
port d'amirauré , où ils
bois, 2 des légumes & des
portoient des
ont répandu d'abord
animaux vivans, 9 ils
piftoles &
avec modération leurs
quadruples de Neuw-Yorck,
changeoient contre des
qu'ils
gain les a rendus
porrugaifes. L'apas de
ftoles &
bientôr plus avides : ces pitrès-bon quadruples eontrefaites étoient d'un
or; ils fe contentoient de
quart fr le poids, & de
gagner un
cent-vinge livres
nous donner pour
réellement
une piece qui n'en valoit
çue foixante - quinze
réduit pen-à-pet
> ils ont
moitié
cette valeur par
s au tiers, 3 au
F'alliage à
vale euivre doré
quart; enfin nous avons
pour de l'or.
donné & reçu en payemene
Deux Anglois fucceflivement
conyaincus de eette
arrêtés &
quites : pour le
introduéion, en ont été
baniffement. Le Gouverne14
JU a enptenatanen
UANETETEN - ee 1e e Net 181
et
> ils ont
moitié
cette valeur par
s au tiers, 3 au
F'alliage à
vale euivre doré
quart; enfin nous avons
pour de l'or.
donné & reçu en payemene
Deux Anglois fucceflivement
conyaincus de eette
arrêtés &
quites : pour le
introduéion, en ont été
baniffement. Le Gouverne14
JU a enptenatanen
UANETETEN - ee 1e e Net 181 --- Page 142 ---
31 - EEI 1 a E1
-
aRAMONTERTEEOTM
le cri public a délibéré , a orment averti par
contenir & arrêter
doné des précantions pour
empèdes étrangers 2 & pour
les manceuvres
monoics contrefaites
cher que la maffe de ces
mais on ne les
n'augmente dans la Colonie 2
celles de
dans la circulation ;
a pas proferites dans le même état, & cet
poids léger reftent devoit nous éclairer 2 qui
inftant de crife, qui
l'ordre, n'a fervi encore qu'à
devoit rétablir défordre. On a mis en queftion
angmenter le
qu'urile de toucher
s'il étoit plus dangereux de ruiner la Coloaux monoies ; on a craint
2 fi
les epeces rognées,
nie fi Ton proferivoit de la valeur : tout le
l'on raprochoit le figne
lor
fi l'on ne reçoit
numéraire va_difparoitre,
1 les denqu'au poids ; les affires.languiront.
rées vont baifler, tout eft perdu.
tiennent ceux qui
Voila le langage. que
dans
d'inconyéniens. & de dangers
voient moins
dans les remedes poffibles. i
le mal aStuel que
profitent de
aucontraire
Les commerecans
hautement
circonftance pour fe plaindre
cette,
à T'entrepor, Jeur
de l'admifion des étrangers
raifon le défordre des monojes.
imputant avec
de maintenir les loix
Jls en inferent la nécefité
a à aue
a TCTTEITENT C
E --- Page 143 ---
-
prohibitives s de circonferire
les Colons dans leurs
rigourenfement
pole ; ils défirent de relations avec la Métronir marchandifes
voir l'or & T'argent devetraire eft
5 non pas parce que le conun mal dans l'état aGtuel, mais
que les retours feroient
parce
fices plus certains.
plus faciles, les béné.
Ils demandent
abfolue des
l'exclufion
facheux
Anglois 2 non pas parce qu'il eft
qu'à certains égards nous
leur
foyons dans
dépendance 2 non pas en affurant
moyens de-nous aftanchir,
les
affuarent que nous
mais parce qu'ils
n'y fommee
fidérer les cas
pas, fansseonpolition conftante d'exception, relatifs à notre
& aceidentele, Enfin
principes font inconteliables
leurg
que les conféquences
2 mais on a vi2
pas. J'ai dit
qu'ils çn tirent ne le font
arrêté
par quelle confidération on a 1 ét6
pour prévenir fur les lieux
des monoies, &
Taltération
a.
pour fixer leur valeur.
craint : qu'en ramenant les
On
naturel, 1 2 en ne
chofes à l'ordre
elpeccs dont la maffe prenant plus qu'an poids des,
eft viciée,
foire, 2 la Colonie
* le titre illutoute
ne fe trouvâr
elpece numéraire,
dépourvue de
n'arrivera jamais
Js penfe que cela
2 & que cet inconvénient
Is
mmanammmmom
annammnastmam: NEweil et
raint : qu'en ramenant les
On
naturel, 1 2 en ne
chofes à l'ordre
elpeccs dont la maffe prenant plus qu'an poids des,
eft viciée,
foire, 2 la Colonie
* le titre illutoute
ne fe trouvâr
elpece numéraire,
dépourvue de
n'arrivera jamais
Js penfe que cela
2 & que cet inconvénient
Is
mmanammmmom
annammnastmam: NEweil et --- Page 144 ---
DEt
Tincertitude & la
même eft bien moindre que l'état où jai laifle
difficulté des échanges dans
en
; & jajoute,
les chofes à St. Domingue
que ce
ici la caufe du commerce ,
défendant
& les créanciers
les armateurs
feroit expofer
énormes, que de
de la Colonie à des pertes
du titre &
long-temps Taltération
tolérer plus
donnerai la preuve
du poids dcs efpeces , j'en
tout à T'heure. (1) intervenir doit donc proà
- - Le réglement
altérées &
non-fealement les elpeces
fcrire
mais même
contfefaites par les Anglois,
qui
d'or rognées ou, légeres
toutes les pieces
& dont:
ci-devant à St. Domingue,
feul
eirculoient
Le
été le réceptacle.
cette ile a tonjours
eft de réduire en marmoyen de profeription
non cordonées.
les efpeces
chandifes au poids
d'altération , & de
comme plus fufceptibles relative aux changés
fixer mèmc la valeur cordonées $, aux louis
d'Europe des pieces
d'Efpagne & de Portugal.
faits : le prix des denrées eft dans
() Elle git en
& pour cent de perte dans
ce moment-ci à 45 50
le retour. 351
CNUET --- Page 145 ---
Pour détruire toutes les
& à faire contre
allégations faites
chofe à
cette opération , je n'ai autre
prouver que le mal qui
ne le fait
arrivera fi on
pas. (2) En voici les calculs fimples, qui peuvent nous éclairer far le
comme fur Favenir.
paffé
I°.) La piftole d'Efpagne de
Europe, monoie de
poids vaut en
dix à
France, 2 dix-neuf livres
quinze fols, elle paffe à St.
pour trente livres. En la réduifant Domingue
gnure & la contrefaéion
par la roquinze
à feize & même à
livres, comme toutes celles
eours, , eile ne vaur plus,
qui ont
monoie
quedix à onzelivres, & à St.
d'Europe,
frenrelivres, valeur
Dominguer roujours
portugaifes valant
muntrurm.emsptemphaices
fohsanre-ficlivres. Il eft
que par cet échange j'aurai
clair
phus fixlivres
pour deux piftoles
d'Amérique, une
quarante-denx livres
portugaife valant
, comme toutes celles
eours, , eile ne vaur plus,
qui ont
monoie
quedix à onzelivres, & à St.
d'Europe,
frenrelivres, valeur
Dominguer roujours
portugaifes valant
muntrurm.emsptemphaices
fohsanre-ficlivres. Il eft
que par cet échange j'aurai
clair
phus fixlivres
pour deux piftoles
d'Amérique, une
quarante-denx livres
portugaife valant argent deFrance. Ce petit
(2) Les difficultés furvenues à St.
que je fuis parti 3 vérifient Domingue depuis
payemens ne s'exécutent
ce que je dis. Les
rées , & les débiteurs prefque plus qu'en den.
gagnent aftuellement qui payent dans la Colonie,
40 pour cent Sur leurs dettes,
-ms TETel EWeWet
ARUTET e --- Page 146 ---
rendant foixante-fix pour cent $
commerce 2
ce quiln'y'a ait plus
s'eft fait & fe fera jufqu'à
feà St. Domingue 1 & nous y
de portugaifes
qui
réduits alors à nos efpeces legeres,
rons
tiers > une moitié au deffus
repréfenteront un
deviendront les créde leur valeur. Alors que
ccux
les armateurs 2 & généralement
anciers,
des valeurs de chofes conqui ont à échanger
tre des valeurs der monoie.
pas toutes les efpe2°. En ne proferivant la Colonie de St.
ces légeres, 9. non feulement
de toufera à la longue dépourvue
Domingue
d'or, mais même les piaftres,
tc bonnes pieces
enlevés ; & c'eft à cette
les efcalins cn feront
extrème de
doit attribuer la difete
caufe qu'on
chez les
monoie. (3) Le numéraire
la petite
piaftres & réaux.
Efpagnols fe compte par
piane vaut chez eux que quatre
La piftole
livres, argent d'Améfres 2 ou. vingtquatre
trente chez nous.
taudis qu'elle en vaut
rique >
à tout. J'ai vu dans les commen-
(3). On s'accoutume
univerfel, &
cemens de cette difete un murmure altuellement on paye
une obftruétion générale :
avec des cartes.
L Tl
aNU
petite
piaftres & réaux.
Efpagnols fe compte par
piane vaut chez eux que quatre
La piftole
livres, argent d'Améfres 2 ou. vingtquatre
trente chez nous.
taudis qu'elle en vaut
rique >
à tout. J'ai vu dans les commen-
(3). On s'accoutume
univerfel, &
cemens de cette difete un murmure altuellement on paye
une obftruétion générale :
avec des cartes.
L Tl
aNU --- Page 147 ---
Eeur piaftre n'eft
bles efcalins
compofée que de quatre dou21 valant huit réaux. Ils fe
reront donc avec une piftole de
proculivres, valeur
quinze ou feize
lins
intrinfeque, vinge doubles efcaeft valantréellement trenté livres., Cc bénéfice
énorme; il eft sàr; ils le font
jours, fans devenir
tous les
les Anglois
fauxmonoyeurs comme
3 & nous les laiffons faire.
lonie feroit déja vide
La Cocaufe, fi les Efpagnols d'efpeces par cette feule
n'en
famment pour
raportoient incef.
payer nos marchandifes.
3°, Là tolérance des
influer, comme je l'ai efpeces légéres doit
des
dit, far
cargaifons de
limporration
denrées, far l'érat France, far le prix de nos
des
créanciers,
citoyens, 2 far celui des
3 des commergans ; & le
hement doit à tous
Gouver.
proteétion &
avons vu nos denrées
sûreré, Nous
une augmentation
éprouver fiucceffivement
dcs elpeces.
relative au furhauffement
Cette
perte far les rétours augmentation a établi la
fous du
plus fréquemment au-def
change ordinaire de trente-trois
tiers, qu'au-deffus. Pour
un
& les frais du
fupporter cette perte
voyage > les armareurs
trouver un bénéfice fur les
doivent
cargaifons d'entée,
- Nener Mleltetratatner --- Page 148 ---
les déchets de la fortie. Mais
qui compenfent
de la Colonic augfi à la longue les denrées
raifon du
mentent, comme cela arrivera, en
donnent les efpeces légeres
profit énorme que
bénéfice ne
avec lefquelles on les achére, quel
faire fur la cargaifon de France
faudra-t-il pas
de denrées?
balancer cette augmentation
pour
J'achéte pour
J'explique ceci par un exemple.
fuis
mille francs d'efpeces légeres, que je
vingt
à St. Domingue S j'en
sûr de placer à quarante
francs de facre.
cnléverai pour quarante mille
le feul à faire cette fpéculation , je
Si j'étois
énorme, & la denrée
ferois feul une fortune
n'augmenteroit pas. Mais comme T'opérarion
de tout le monde, & que la
eft à la portée
quand le bénéfraude eft impoffible à arrêter
bienfice eft immenfe, nous nous trouverons
de monoie, avec dix fois plus
tôt dix agioteurs
en avoit dans la
de moyens d'acheter qu'il n'y
16.
l'introdnétion de nos efpeces
Colonie avant
des denrées arrigeres. Alors Taugmentation
alors les arvera dans cette proportion cefferont .
tout commateurs fe ruineront, ou
étant
que les fignes des valeurs
merce 2 parce
le fu
invariables dans.Jes marchés d'Europe,
a
nous nous trouverons
de monoie, avec dix fois plus
tôt dix agioteurs
en avoit dans la
de moyens d'acheter qu'il n'y
16.
l'introdnétion de nos efpeces
Colonie avant
des denrées arrigeres. Alors Taugmentation
alors les arvera dans cette proportion cefferont .
tout commateurs fe ruineront, ou
étant
que les fignes des valeurs
merce 2 parce
le fu
invariables dans.Jes marchés d'Europe,
a --- Page 149 ---
cre , qui éprouveroir
une
vingt écus par quintal à St. augmentation de
vendroit peur-être
Domingue, ne fe
France. Le fort pas un écu plus cher en
des créanciers de
ne mérite pas moins
la Colonie
d'égards ; payés à
Domingue en une monoie qu'ils
St,
traniporter nulle
ne Pourroient
part, 9 contraints de
ployer en denrées qui fubiroient
l'emde foixante à quatre-vinge
une perte
roit-ce pas dans le fond pour cent, ne feà moitié ?
réduire lcur créance
En fe bornant donc à
tion des fauffes
empécher l'introducles
monoies 5 ou contrefaites
Anglois 2 ce qui eft très-difficile,
par
fcrire en même temps
fans procordon
toutes celles
au coin de
frapées fans
dans le cerçle
l'E(pagne 2 c'eft tomber
La monoie
vicieux que je viens de tracer,
nationale a feule le droit
confiance dans fon
d'infpirer
la dénomination titre, & de circuler fous
elle feule
que le Prince lui imprime;
devroit fuffire à nos
rieurs 2 comme
échanges inté.
monoie, & les
geres données &
pieces étranme marchandifes. reçues en payement, 9 comCependant la difficulté
peler, de fixer à St.
d'apDomingue la monoie
- EU
Tanenen us 1e --- Page 150 ---
moment de
fur-tout dans le premier
nationale,
feroit incliner à lui affimila révolution, me cordon en or & en argent
ler les picees à
en fixant la vad'Efpagne & de Portugal * en
&
relativement au change d'Europe ,
leur
deffus pour calmer les terd'un vingtieme au
difeté
dans le cas
annoncées fur la
d'or,
reurs
od on les réduiroit au poids. confidération me
Ce n'eft pas que cette
fera du fucre
importante ; tant qu'on
paroifle
il y arrivera des acheteurs
à St. Domingue 2
fi on veut le vendre
& des moyens d'acheter :
auront porté
les marchands qui y
trop cher )
en raporteront le
de France 51
des cargaifons
mais leur baiffe
prix en or > non en denrées; & la concurrenbientôt les efpeces,
rapélera
ce rétablira léquilibre. de Tinquiérude que
Il en eft de même
de voir paller
avoir le Gouvernement
pourroit
des louis ou écus de France.
à St. Domingue
craindre que ces efpeces
Il n'y auroit point à
commerce interlope
paffafment à Yétranger; ; le
c'eft à nos denn'en veut point à notre or 1
toujours
nous porteront
rées. Les Efpagnols
payer nos marchandifes
leurs piftoles pour
feches;
. de Tinquiérude que
Il en eft de même
de voir paller
avoir le Gouvernement
pourroit
des louis ou écus de France.
à St. Domingue
craindre que ces efpeces
Il n'y auroit point à
commerce interlope
paffafment à Yétranger; ; le
c'eft à nos denn'en veut point à notre or 1
toujours
nous porteront
rées. Les Efpagnols
payer nos marchandifes
leurs piftoles pour
feches; --- Page 151 ---
feches ; les Anglois
payent nos
bois, des falaifons, des
firops avec du
Pour nous foldet
vivres, & font obligés
d'y ajouter de
qu'ils achétent plus
T'argent, lorf
pofe la contrebande qu'ils ne vendent: je fupalors c'eft sirement des noirs arrérée, car
folde
la Colonie
en denrées.
qui Paye la
Le tranfport & le retour de For.
donc lieu que de la France à la n'auroient
feroit un mouvement
Colonie ; ce
continuel des
elpeces > qui feroit de
mêmes
menté par les pieces
temps en temps augétrangeres
gots.
devenues linCHAPITRE, V.
SITUATION DE LA COLONIE
EN TEMPS
DE GUERRE.
Le tabléau que je viens de
celui d'une longue
préfenter eft
Paix, 2 pendant
commerce &
laquelle le
Iagriculture ont Aleuri à St.
mingue, & ont reçu. de Tinduftrie
Dotout T'aeeroifement
feulement
ftrudion où
pollible dans l'état d'obeflentieles nous avons vu pluffeurs
du Gouvernement.
parties
ael
K
IUBEOIIOY
Uemmisnataman 2 ua DENEMENAT : --- Page 152 ---
MANCN
-
c'eft tout autre chofe.
En temps de guerre
reffemble au pafle, il n'y a plus
Si l'avenir
affurées ; T'agrid'importation ni d'exportation
culrure & le commerce font fans mouvement
& la Colonie eft livrée comdevant Temnemi,
doivent
un. fort aux troupes de terre qui
me
défendre. Alors des Ingénieurs préfentent
la
trace des camps'; on éleve: des
des plans ; on
le lieu où l'ennemi fedétermine
bateries, 2 on
& on eft prèt à le rel
ra fon débarquement,
font
cevoir. Mais la côte & le debarquement
abandonés-aux" Anglois 5 & ils-n'en-veulent pas
tout ce qui fort, tout cC qui endavantage ;
leurs mains ; nos produits de
tre tombe entre
de France,
nos marchandifes
St. Domingué 2
ils nous laiffent la
leurs. deviennent propres i 2
& T'entretien de la terre. Que gagnegarde
la Colonie ? Il faudroit
roient-ils à conquérir
efcadre ponr s'en
entrefenirune armée 2 une
y
& ils-les obtiennent.fans
afTurer les produits,
vrai
mife. Il eft donc
querleur
cette premiere
tant que nous ferons
plan ne changera pas 2
fideles au nôtre,
les bàpas ici les foldats,
231 Je ne compterai
deftinés 13 à à la
teries, les forts , -les canons
MRip
udroit
roient-ils à conquérir
efcadre ponr s'en
entrefenirune armée 2 une
y
& ils-les obtiennent.fans
afTurer les produits,
vrai
mife. Il eft donc
querleur
cette premiere
tant que nous ferons
plan ne changera pas 2
fideles au nôtre,
les bàpas ici les foldats,
231 Je ne compterai
deftinés 13 à à la
teries, les forts , -les canons
MRip --- Page 153 ---
-
tee
-
défenfe de St.
I31
plus la
Domingue 5 je ne ferai pas non
répartition des negres de
chevaux, 9 des mulets
corvées, des
fournir ; fi on les
que chaque habitant doit
s'ils s'y
emploie bien, 2 & à propos,
leur perfone. emploieront avec zele & payeront de
Mais un projet de
d'araque n'eft point de
défenfe oiz
pofe feulement
mon reffort; je proquelgues
vent y conduire. C'eft obfervations qui peu.
ordre de
au militaire à juger d'un
bataille, 2 à lingénicur
cation ; mais tout homme
d'une fortif.
& la faculté de
qui a le fens droit
La Colonic voir, peut rendre ce gu'ila vu,
dans fes principales
peut pas nourir & loger
places ne
fepr mille hommes,
fainement plus de
En divifant les forces
à Toueft les forts font
au nord & au fud,
Il n'y a point de fort dégarnis. à
cepté la baterie du môle St. Domingue, cx.
fe foutenir le' feu
St. Nicolas 3 qui puif
Canons.
de deux vaiffeaux de
74Dans un pays où la
de maniere à déraciner
terre tremble
chirer les
les arbres, 3 à dé.
montagnes, 2 à faire
canon de
fur
pirouéter un
vingtquatre fon affur
: les grande
K 2
a imimIEIEMET
UEURIaTaN 21 lalettater NEAT --- Page 154 ---
-
font au moins inutiouvrages en pierres
les.
marche de trente lieues en cinq jours
Une
d'infann'eft pas praticable pour une troupe
la
fans qu'il en refte moitié à Thôpital ;
terie,
fe porter en nombre avec
cavalerie ne peut pas
à 'caufe
d'avantage d'un lieu à un autre 2
plus difficulté des fourages, qui manquent
de lar
féchereffes.
abfolument dans les grandes
coucher au bivac
Les troupes ne peuvent
réfulte des
dans aucune failon, fans qu'il en
maladies.
être
de bouche ne peuvent
Les provifions
de terre au delà
confervées dans les magafins
précaution que l'on
d'une année 2 quelque
l'humidité ; ainfi
prenne pour les garantir dc
& renouveler journélement.
il faur confommer
s'altere & fe décomLa poudre de guerre
dans les meilleures poudrieres en quatre
pofe
ainées.
de
d'Europe 2 les'
Sur un envoi
troupes
éprouvènt la maladie du pays
deux cinquiemes
& de fept il en
dans la premiere quinzaine,
&
deux dans les chaleurs ; s'ils fatiguent
périra
nouris très-fainement, il
qu'ils ne foient point
ur confommer
s'altere & fe décomLa poudre de guerre
dans les meilleures poudrieres en quatre
pofe
ainées.
de
d'Europe 2 les'
Sur un envoi
troupes
éprouvènt la maladie du pays
deux cinquiemes
& de fept il en
dans la premiere quinzaine,
&
deux dans les chaleurs ; s'ils fatiguent
périra
nouris très-fainement, il
qu'ils ne foient point --- Page 155 ---
en périra trois. Dix foldats
plus de fervice
acclimatés feront
que trente-fix
hommes de mer dureront européens ; fept
temps far leur vaiffeau
encore plus longmatés.
que dix foldats accliSi les gens de mer ont eu de bons
pendant la
vivres
état & fe campagne 2 ils arriveront en bon
conferveront de même dans les
des, quand même il
ramie à
y auroit eu une
terre.
épidé.
S'ily a difete des vivres
dats acclimatés
d'Europe , les folfruits,
pourront être nouris avec les
racines & légumcs du
pays.
Les matelots accoutumés à la
St. Domingue s'cn
navigation de
mieux; les nouveles accomoderont encore
modécs.
troupes en feront incom.
Les rivieres'de St.
rens qui
Domingue font des torles.
grofliffent en une heure 3 rompent
digues qu'on leur oppofe, & inondent la
campagne.
La guerre de campagne
ches, des
exigeant des marcampemens 9 des
nitions -
tranfports de mu2 d'équipages, & des paflages de rivieK 3
HEILEIT ABIBIBIEIEN UUElaEnT2t Ener
e 120 us 21 o --- Page 156 ---
MEU
de
il eft difficile à St. Domingue
res à garder,
faire une guerre de campagne.
être foutenus que
Les fieges ne peuvent
S'il
& il n'y en a pas.
dans des places fortes,
pas
comme elles ne pourroient
y en avoit,
nombre pour garantir trois
errc en affez grand
s'établiroit tottlieues de côre, Fennemi
cens
libres 2 & couperoit
dans les intervalles
jours
facilité les communications. 2
toujours avec
la
maître de la mer. Si vous fuppofez
étant
de forts, ce fera pire encore;
côte hériffée
& de moyens de deelle fera vide d'hommes
fenfe.
le climat, la pofition de l'ile ne
Le local,,
défenfe maritime,
comportent donc qu'une
de mer.
des vaiffeaux & des gens
opérée par
de sûreté doit être
Alors le premier objet
être
arfenal dans lequel une cfeadre puiffe
un
radoubée, ravitaillée ; où
reçue 2 réparée,
des cordages > des agI'on trouve des mats 9
les condes magafins pour
grès, apparaux,
les mettre en ceurenir, & des maitres pour cela à St. Dominvre ; il n'y a rien de tout
que.
'une
de mer.
des vaiffeaux & des gens
opérée par
de sûreté doit être
Alors le premier objet
être
arfenal dans lequel une cfeadre puiffe
un
radoubée, ravitaillée ; où
reçue 2 réparée,
des cordages > des agI'on trouve des mats 9
les condes magafins pour
grès, apparaux,
les mettre en ceurenir, & des maitres pour cela à St. Dominvre ; il n'y a rien de tout
que. --- Page 157 ---
La
pofition de cet arfenal n'ef
zente, elle eft même
pas iudiffé.
lieux.
indiquée par la nature des
L'ile eft foumife à une brife
vient confament de l'eft
régléc, qui
ou du nord-eft,
vous mettiez l'arfenal fous le
Si
droit inutile
vent, il devien-
; car comment , en cas
dans la partie de
d'ataque
l'eft-nord-eft, ferez-vous
remonter vOS vaiffeaux contre la brife & le
courant ? Ils feroient alors forcés de
& nous avons vu des bàtimens
louvoyer,
dant un mois
contrariés penpour faire trente leues.
Siau contraire vous avez dans la
nord , à la tête de vOS
partie du
pollellions un
que port 3 que la nature feule ait mis magnif- à
des infulres & des
Tabri
foit l'arfenal
orages, il femble que ce
olligé de la Colonie 5 car de ce
point vous garderez tous les autres.
ne peut fe préfenter dans
L'ennemi
aucun lieu de débarquement 2 que vous n'ayez le temps de le deviner, de le faire obferver
par des
qui en feront donner des
fregares,
nouveles
en vingt-quatre heures
par terre
du
au dépôt des forces &
fecours, d'oi il fe porte facilement
les lieux menacés
dans
d'ataque. Si l'ennemi vous
K 4
manammiamam
TENRETTAUE TTET ENEUET W J2 --- Page 158 ---
qu'il
par une fauffe manceuvre 5
A trompé
de
un déplacement
n'ait voulu qu'occafioner elles font de mévOS forces, alors 3 comme
d il eft fous le vent
me efpecc que les fienes 2
La fupecomme vous 5 vous êtes en parité.
décide du débarqueriorité des manceavrés
file combat ne s'engage auparavant;
ment ,
perdue ou gagnée fait
car alors une bataille
le fort de la Colonie.
le débarqucMais en tout état de caufe,
&x exécuté par
ment de T'ennemi étant projeté foutenir à St.
efcadre, il eft impofible de
une
de fiege ou de campaDomingue une guerre
& il n'eft
ainfi la Colonic eft prife,
gne 5
puiffe l'en empècher.
qu'une efcadre qui
l'arfenal naturel que
Le magnifique port 7
Fort Dauviens de défigner, fe trouvent au
je
du nord à la tête de nos
phin dans la partie
poffeffions.
condamner TérabliffeJe ne prétends pas
dont la baic eft
ment du môle St. Nicolas 5
de T'ile,
aufibelle, & fe trouve placée au milieu
fud
naturel de la partie du
comme boulevard
& les bateries de
& de l'oueft. Mais la défenfe
&un emploi
cetie baic exigent un dévelopement
viens de défigner, fe trouvent au
je
du nord à la tête de nos
phin dans la partie
poffeffions.
condamner TérabliffeJe ne prétends pas
dont la baic eft
ment du môle St. Nicolas 5
de T'ile,
aufibelle, & fe trouve placée au milieu
fud
naturel de la partie du
comme boulevard
& les bateries de
& de l'oueft. Mais la défenfe
&un emploi
cetie baic exigent un dévelopement --- Page 159 ---
e
trop confidérables d'hommes
quartier du môle,
& d'artillerie. Le
duit
ftérile & inculte 9 ne
aucune reffource pour la vie.
proDauphin eft à la frontiere
Le Fort
tée de tout fecours & de Efpagnole > à por-.
tile de la Colonie.
la plaine la plus ferT L'entréc du môle, où l'on
ne peur pas être
pent louvoyer,
comparée à celle du Fort
Dauphin, 9 dont le gouler n'a
re de large. Là il faut des
qu'une encablu:
dont les feux
bateries immenfes,
incertains fe croifent à
un corps mort barre le
peine ; ici
de mortiers
gouler, une baterie
éloigne les vaiffeaux
roient le
qui ellaye.
mouillage, un
peur les
changement de vent
charger en côte,, & les échouer
manquent la. bordéc.
s'ils
Je n'ai garde cependant de dire
abandoner le môle,
gu'il faille
conferver; les
2 c'eft un point effentiel à
;
bateries qui y
&
vaiffeaux en ftation fuffifent font, deux
qu'ily aura une efcadre
pour ccla, tant
partie du nord.
en obfervation dans la
des
C'eft là que la
vents & du local
confidération
forces & des fecours indiquent le dépôr des
en terre foient
; qu'enfuite des bateries
placées dans lcs anfes, dans Ics
K S
BIRIIDUEISIEDET
TETHIRMEUT TTET TETENTETTEN --- Page 160 ---
les points de dédans tous
embirquaderes, confiés à la milice du quartier.
barquement, &
croifant le long
& corfaires
Quic des frégates
intérieur,
le cabotage
de la côte protegent & les corfaires de l'enéloignent les frégares
foient diftri:
les troupes de terre
nemi ; que
des vaiffeaux , pretes à y
buées à la portée
Voilà je crois un
fignal.
monter au premier
défendre la Codes moyens qui peuvent
aperçu
lonie en temps de guerre., de la défendre conMais ce n'eft pas aflez
de cet
il faut auffi la préferver
tre T'ennemi,
clle femble condamnée penétat paflf, auquel
dant la guerre.
côtes d'Europe & les
Nous avons vu nos
affaillis de
de St. Domingue
débarquemens
croifiere, qui enlecorlaires & de frégates en
cemarchands. Les armateurs
voient tous nos
tantôt à la légéreté & à
pendant fe confiant,
tantôt à un arla marche de leurs bâtimens,
combat,
infuffifant pour un
mement toujours
effais, & ils
toujours de nouveaux
sifquoient
devroit-il
étoient punis. Le Gouvernement
en
ineerninerlerhomlivrersinfiad desfpéculations Tétat ? Pendant la
mes& les richefTes de
e
a
cemarchands. Les armateurs
voient tous nos
tantôt à la légéreté & à
pendant fe confiant,
tantôt à un arla marche de leurs bâtimens,
combat,
infuffifant pour un
mement toujours
effais, & ils
toujours de nouveaux
sifquoient
devroit-il
étoient punis. Le Gouvernement
en
ineerninerlerhomlivrersinfiad desfpéculations Tétat ? Pendant la
mes& les richefTes de
e
a --- Page 161 ---
MAEM
paix, le commerce veut être abandoné
à fa
propre impulfion, & aux fantaifies de la
culation ; il feroit fage de les
fpé.
& de lcs contrarier
proréger fouvent,
rarement. Pendant la
re, le commerçant maritime & fes
guerfont néceffairement
opérations
& à l'état
fubordonées au fyftême
politique. Il emploie pour fon
re propre une partie des forces & des affai.
dc l'état ; s'il doit
moyens
les livrer à l'ennemi, probablement les perdre,
vous devez l'en
cher 1e s ou pluror il faut le
empe.
car l'inertie n'eft
mettre en shreté;
pas ce que
elle
tue, elle détruit comme les
jeiveux,
armes de l'ennemi.
Il eft donc néceffaire alors dc faire
guer les marchands en flote,
navi-
, & de les convoyer avec des forces fuffifantes
pas tout, iln'ef
; mais CC n'eft
ftances de
plus queftion dans ces circonloix prohibitives, de commerce
clufif; tout étranger doit être
ex.
Il faut bien livrer
réputé national.
une partie de fcs bénéfices
pour conferver l'aurre; ; c'eft
que de n'en rien donner à gagner beaucoup
ne pouvez lui en fouftraire l'ennemi : or vous
fociant les
la totalité, qu'en af.
neutres à votre importation & a
NE1EEIT IDADAUUmammt TET Telletiete --- Page 162 ---
-
C'eft le moyen d'aprovivotre exportation.
des
de leur conferver
fioner des Colonies 2
dans l'intervalle de vos convois ;
débouchés
expédier qu'une
car vous ne pouvez guere
ou deux Aotes par an. --- Page 163 ---
12 - L311 -
TROISTEME PARTIE.
Etat civil de la Colonie.
CHAPITRE I.
A D M I N I S T R A T I O N.
habirant
Se,
premier
d'une Colonie avoit
traiter avec le
pu
Gouvernement, je préfume
qu'il auroir dit: : je vais dans l'efpoir de
richir afronter un climar
m'enparer de nouveles
deftruéteur 2 & prébranches de commerce. Ma
fortune particuliere
augmentant celle
je deviens en
del'Erat,
m'expatriant un de fes eitoyens
utiles, ainfi protégez-moi,
fruit de mon travail
affurez-moi le
; que ma condition de fjec s'allege en proportion des fervices
vous rendre mon induftrie
que va
à craindre loin
2 que je n'aie point
du Souverain celui qui abufcroit de fon nom pour me nuire
courage, déja éprouvé
2 que mon
par lintempéric de
par les' dangers & les farigues
l'air,
ne s'affaiffe
fous
que je brave,
point
le poids de l'autoriré
bitraire. Je veux vous obéir,
arPrince
fervir mon
2 contribuer à
tine du
Taugmentation de fa ma-
>
commerce & des finances
2 mais
- TeTTEl T:lleNehen e
-
qui abufcroit de fon nom pour me nuire
courage, déja éprouvé
2 que mon
par lintempéric de
par les' dangers & les farigues
l'air,
ne s'affaiffe
fous
que je brave,
point
le poids de l'autoriré
bitraire. Je veux vous obéir,
arPrince
fervir mon
2 contribuer à
tine du
Taugmentation de fa ma-
>
commerce & des finances
2 mais
- TeTTEl T:lleNehen e
- --- Page 164 ---
amal
commode & sûr le nouveau féjour
rendez-moi
votre intérêt & pour
que je me deftine pour
m'abandonez,
lc mien. Si au contraire vous
fi ma propar vos agens 2
fije fuis tourmenté
incertaines, jaipriété, ma sûreté deviennent
à rous ces
encore mienx etre expofé
merois
oà j'ai en
dans ma terre natale,
inconvéniens
falubre. Tel eft,
un air plus
dedomagement tacite qui s'eft fait entre un
je crois, le pacte
habitans d'une ColoSouverain & les premiers
par
fi la Colonie de St. Domingue
nie ; &
reffource principale du
exemple devient une
eft bien plus
de la Métropole : il
commerce
fidélement les conditions
important d'exécuter
du traité.
fur le régime de St. Domingue
La queltion
celui qui peut le mieux
fe réduit à déterminer
remplir en mème
atacher les Colons 2
la Métropole.
y
du Prince & de
temps les vucs
moce feroit un Gouvernement
Je crois que
dans fa conflitution, fimdéré, fixe & certain
Toumis aux for-
& facile dans les détails,
les
ple
entraves 2 févere pour
mes $ point aux
les Colons dans tout
prépofés, tolérant pour
protéblefle point Tordre public,
ce qui ne
maintenant la juftice.
geant le commerce 2 --- Page 165 ---
D'ane telle confticurion
claires &
dérivent des loix
précifes, & une
voirs qui ne fe croifent diftribution de pouOn voit au
pas dans T'exécution.
miniftration premier rang l'aurorité de
3 qui veille fur les
l'ad.
rige immédiatement
dérails, ne dice; fuivent les
que ceux de la haute polis'étend fur
tribunaux, dont la
toutes les matieres jurisdiclion
civiles &
contentieufes,
fouftraites crimineles, qui ne peuvent leur
fans qu'il n'en réfulte
être
tyrannie Ou anarchie ; viennent
confafion,
des prépofés du
enfin les agens,
lice &
Gouvernement Çn milices,
finances, s dont les fonéions
porées par des bartieres
font fépas'écarte de cet ordre inamovibles. Mais qu'on
rout ce qui eft bien, conflant 5 qui préfide à
que les loix rombent
défuétude, qu'on prérende
en
ordonauces nouveles
y fuppléer par des
qui fe
cent
fuccedent & s'éfaperpénudement, que
teur donne
chaque Adminiftraà Tadminifiration; impanément fon ton & fa maniere
qui eft foible,
qu'elle foir lâche avec celui
inepte avec
te avec l'homme
l'ignorant, violende gouvernement. violent, alors il n'y a plus
réellement à St. Examinons celui qui exifte
Domingue, L'autorité d'ad11:1 TENEIAUENEU al narema - TTEl : nen
2 2 : 0
udement, que
teur donne
chaque Adminiftraà Tadminifiration; impanément fon ton & fa maniere
qui eft foible,
qu'elle foir lâche avec celui
inepte avec
te avec l'homme
l'ignorant, violende gouvernement. violent, alors il n'y a plus
réellement à St. Examinons celui qui exifte
Domingue, L'autorité d'ad11:1 TENEIAUENEU al narema - TTEl : nen
2 2 : 0 --- Page 166 ---
MeNS
-
eft confiée au Général & à PIntenminiftration
commande feul les troupes &
dant. Le premier
de pourvoir à la déles milices, il eft chargé
de
fence & sûreté de la Colonie, & il ordone
tout ee qui y a raport ; le fecond gouverne
les deux réunis dirigent
feul . les finances : tous
la juftice, .' le com
en commun la haute police,
les comla navigation 2 T'agriculture 2
merce 1
& paroiffes ; ils peuvent
munautés S fabriques
objets rendre des ordonances
fur ces différens
jufqu'arce
provifoires , qui ont force deloi,
aient étG anulées ou confirmées par
qu'elles
le Roi.
donc aveir
a Ces deux chefs ne devroient
ils en ont
qu'une volonté, & ordinairement
deux. En cas de partage C 2 la prépondérance
attribuée atl Général, ce qui trancheroit
eft
fi ces différences d'avis en
toutes difficultes,
fur les chofes du
tre eux ne portoient que
commun ; mais du commandement
pouvoir
au Général , il réfulte
fuprème qui apartient
s'étend fur: rous
une forte de jurisdi@ion qui
& fur tous les objets , à Texclules individus
Celui-ci réuniffant par
fion de fon collegue.
des: détails & des
fa magiftrature la plaralité
relations --- Page 167 ---
a ev
anav
relations
dadminifration, s fans les
deaéeution, que le commandement moyens
Général, il arrive
donne au
que le
purement militaire,
gouvernement eft
> lorfque le
quelque énergic dans le
Gouverneur a
traire c'eft l'Intendant
caraétcre. Si al conqui eft
à moins
T'homme
que le Général
capable,
ne veuille comme
n'adopte fes vues, &
lui,
faute de moyens
Tadminifiration languit
9 parce que les
immédjats da Général
fubordoncs
ne le font point de
seudant, & que toute la
l'Inmains. Ils ont Tun
police eft entre leurs
& T'autre leurs
tans dans un ordre
repréfendifférent.
hiérarchique femblable
Deux Commandans
&
nord & au fud reçoivent
particulicrs air"
ral & les font
les ordres du Géné.
paffer aux Licutenans
Majors & Aide-Majors
de Roi,
de leur
répartis dans les placcs
la
commandement: Tous, les
Colonie Étant en
habitans de
gnies de
outre formés en compamilice, font fmbordonés
ment, eux & les Commandans
perfonéletiers dont ils ont la
de leurs quarficiers de
police, > à ce3 différens Of
cette conftitution T'état-major ; & comme on a melé à
& de
militaire des détails de police
municipalité, tels que les
recenfemens
L
BIBIEIEIINDAIN
Aennienatimten ENeT lletemer
habitans de
gnies de
outre formés en compamilice, font fmbordonés
ment, eux & les Commandans
perfonéletiers dont ils ont la
de leurs quarficiers de
police, > à ce3 différens Of
cette conftitution T'état-major ; & comme on a melé à
& de
militaire des détails de police
municipalité, tels que les
recenfemens
L
BIBIEIEIINDAIN
Aennienatimten ENeT lletemer --- Page 168 ---
1N E
-
& les chemins qui reffortiflent à l'Intendant,
celui-ci eft reconnu comme magiftrat par une
& lui ordone fans
claffe réputée militaire, 2
être obéi.
Commiffaires de
Ses repréfentans font des
dans les différens quartiers de
marine chargés
de la perception des impôts,
lui rendre-compte
& dépenfes, des revues de troupes,
des' recettes
manutention des mainfpetion d'hôpitaux >
gafins & de la difcipline des claffes.
du pouvoir comMeis les grands objets
Tadminiftration générale,
mun comprenant
civile & politique - 2 VIntendant n'y participe
délibérer, T'exécution eft abfoluque pour en
Général & comme fes
ment fous la main du
S
font militaires 2 qu'ils ne doivent aucun
agens
il fuit delà qu'une décicompte à TIntendant,
réféchie & dirigée entre les deux chefs,
fion
du droit public ou de la
felon les principes
devenir dans Pexé.
conftitution politique 3 peut
arbitraire & vexatoire par l'altération
cution
de la part des agens militaiqu'elle éprouve
res.
encore le concert dans la
Mais ceci fuppofe
délibération : lorfqu'il y a méfintelligence
Do à
V51 --- Page 169 ---
uauan
lorfque le Général & l'Intendant en font à s'obferver l'un & l'autre, ils fe
leurs écarts
complaifent dans
relpedtifs, & s'impurent
quement les incidens
récipro-
> les contrariétés qu'ils
éprouvent; alors c'eft une caufe
fi ladminiftration eft
d'inertie, ou
en action, le
en eft
mouvement
irrégulier 2 les opérations vicieufes &
incertaines. Il faudroit
pour une telle conflitution deux. hommes & deux caraéteres
dont les qualités & les défauts faffent donnés,
affortis
tellement
, qu'ils ne puiffent être meilleurs fans
inconvénient.
Dans cette affociation, celui qui
plus, qui eft toujours
peut le
naturel le
armé, devroit être du
plus doux, le plus
doué
d'un jugement facile & sûr, mais ferme,
les confeils, & capable d'en bien ufer. recherchant
verité dans fon
La f6collegue. auroir alors de bons
effets ; il ufera avec diferétion de
militaire
l'autorité
s car ce n'eft pas la fienc, mais il
mettra en vigueur les loix dont ileft
& le miniftre immédiat. La
l'organe
dération du
fagefle & la mopremier feront le vérement des
qualités aétives du fecond 5 leur
fera auffi bonne qu'elle
adminiftration
peut l'être. Si aul conL 2
- - W2 Danmetmimiten o
a avec diferétion de
militaire
l'autorité
s car ce n'eft pas la fienc, mais il
mettra en vigueur les loix dont ileft
& le miniftre immédiat. La
l'organe
dération du
fagefle & la mopremier feront le vérement des
qualités aétives du fecond 5 leur
fera auffi bonne qu'elle
adminiftration
peut l'être. Si aul conL 2
- - W2 Danmetmimiten o --- Page 170 ---
TETEIS
-
que l'un
de carastere,
traire ils changeoient
feroit
de T'autre, lc premicr
acquit les qualités
T'autorité toujours
fort, le fecond mul,
trop
& les loix en filence.
en action,
dépend
de St.Domingue
Le gonvernement
&. de lunion des
donc abfolument du caraStere
les choichefs: c'eft un mal quand même on
nc vaut rien. Il faut
firoit bien ; ce partage
le Gouverneur
T'autorité foit une , & quie
que
ne fignifie pas
gouverne ; car cette expreflion
qui
des armécs,
feulement le commandement
de
fur-tout en temps
eft la moindre partie,
Province
L'adiminiftration d'une grande
paix.
fuppofe dans
civile , qui
éft une magiftrature connoiffanee des loix &
celui qui l'exerce la
chez lcs
politiques. Les Proconfals
des raports
revêtus de cette antorité ; il
Romains étoicnt
leurs études,
eft vrai que leur éducation 2
les états &
embraffoient tous
leurs occupations
La diftinétion qui s'eft
les devoirs du citoyen.
entre les clercs
faite chcz les peuples modernes
le premier
licenciés & les Chevaliers après
ou
ne leur permettoit d'auétat de barbaric 2 qui
a tranfmis
exercice que celui des armes 2
tre
indifférence de la nobleff
jufgu'a nous cette
U --- Page 171 ---
1a1
e
LEM -
pour les fonétions & les
étudcs de la
frature : elle s'eft vouée
magiprofefion des
exclufivement à la
armes ; delà eft
fité de départir la
venuc la nécef :
de
portion la plus confidérable
Tadminiftration des Provinces à
de magiftrats
un ordre
qui ont le titre d'Intendant.
peur être fans inconvénient
Cela
dans l'intérieur du
Royaume, > où les décifions du Roi
Confcil
& de fon
pourvoient à tout d'un inftant
tre ; encore a-t-on vu plus
à l'auque des grands
d'une fois que lorf
mèlés de la
Seigneurs pen inftruits fe fonz
dircétion des affaires
& Tautorité de
avec le titre
Commiffaires du
eft réfulté des embaras
Roi, il cn
& cela eft
pour lc
tour fimple. Un homme Gomgernement,
noit que le commandement
qui ne conCc
abfolu, T'obéiffanaveugle > fe départ difficilement
habitude d'ordres donnés
de cette
plique ; l'obfervance
& exécutés fans ré.
des formes lui
minuticufe 5 & cependant
paroit
que ce fimulacre de
nous n'avons plus
liberté à
marche des tribunaux
conferver : la
eft
veut
abréger, aller
lente, capricufe ; il
l'autorité
au but, on lui réfifte
eft compromife.
> &
Pour en revenir aux vices de
Ce. gouyerneL 3
amimmmmmmmmmm
Uenmetattaman 1:1 TE allemetnenen -
minuticufe 5 & cependant
paroit
que ce fimulacre de
nous n'avons plus
liberté à
marche des tribunaux
conferver : la
eft
veut
abréger, aller
lente, capricufe ; il
l'autorité
au but, on lui réfifte
eft compromife.
> &
Pour en revenir aux vices de
Ce. gouyerneL 3
amimmmmmmmmmm
Uenmetattaman 1:1 TE allemetnenen - --- Page 172 ---
-
I5o
mixte dans les Colonies 2 je conçois qu'il
ment
de camp,
eft difficile de confiur à un Meréchal
d'efcadre une magiftrature unieu à un Chef
s'il ne fait la remplir; mais n'cft-il pas plus
que
affocier un homme qui eft fon
ridicule de lui
rival & fon ennemi né 9 qui peut à chaque inftant le contrarier, & qui le peut tonjours arlon cherche des homrêter & embaraffer? Que
qu'on en Eleve, qu'on en crée;
mes capables >
ont
& s'il n'y en avoit pas parmi ceux qui y
droit & prétention 2 qu'on en prenne par-tout
les lumieres & les ralens
où l'on trouveroit
convenables. Mais s'il étoit poffible que dans
la clafle dés hommes deflinés au commandetrouvât
des talens militaires,
ment on ne
que
fans connoiffance ni pratique des principes
d'adminifitration , alors je ne balance pas à dire
faudroit érablir un Commandant pour les
qu'il
les Colons.
troupes & un Gouverneur pour
pour les trouQu'on érabliffe un Commandant
Gouverneur pour les Colons, pour
pes, un
les tribunaux - 7 pour
les commerçans 2 pour
& comme les troupes ne font que
les finances;"
le
la sûreré & la police de la Colonie, 2
pour
Gouvérneur s'en raportera au Commandant
Jo 3e
TUET --- Page 173 ---
1 e
e
2 o Eu
pour les revues
ISI
un
2 l'exercice, 2 la
Commifhire
difcipline, à
autre
pour les gens de
à
pour les
&
mer, un
la police
finances, à un autre
, mais il veillera fur
pour
uiftre far lui; les
tour, & le Miaurontle
corps & les
droit de faire entendre particuliers
& leurs remontrances.
leurs plaintes
"abufe
Si ce même
ou remplit mal fa
homme
foit puni, le fuacceffeur charge 2 alors qu'il
On fe récriera
prendra garde à lui.
contre cette
ce n'en eft point une
innovation, mais
mes de
: dans tous les Royau.
l'Europe - excepté en Pruffe, les
grands Seigneurs ne
plus
places du
Parviennenr aux premieres
connoiffance Gouvernement que par l'étude &
des loix nationales.
la
Le véritable Commandant
qui y exerce l'autoriré
de Paris, 9 celui
tenant de policc.
la plus aétive eft le Lieuquine fauroit Croit-on qu'un bon militaire,
que fon métier, fûr
aicelai-là ? Que dans les
trespropre
maindres villes
Major, un Lieutenant de Roi falle
un
police ? Qu'a donc de
mieux la
la
commun la
législation-? Puifgu'ici le
tactique avec 3
qui met tout fon art &
même 8 homme,
& à faire
fon érude à.conduire
mancuvrer des hommes
fous les arL 4
BIDIOI
Lenaetataman 2 Val Aehmmenan W21 1o
ai-là ? Que dans les
trespropre
maindres villes
Major, un Lieutenant de Roi falle
un
police ? Qu'a donc de
mieux la
la
commun la
législation-? Puifgu'ici le
tactique avec 3
qui met tout fon art &
même 8 homme,
& à faire
fon érude à.conduire
mancuvrer des hommes
fous les arL 4
BIDIOI
Lenaetataman 2 Val Aehmmenan W21 1o --- Page 174 ---
snetevetene DeN a
-
fauroit avec cette feule connoilfanee
mes, ne
leurs démèlés, 2 les arrèter
les concilier dans
éclairer dans leur comdans leurs écarts, lcs
pourradans leur culture, comment
merce 2
donner un mouvement rétil fans expérience
7 aux
gulier aux tribunaux , aux commanautés felon
diriger tant d'agens différens
paroiffes,
leurs
de la conftitution , apprécier
les principes
rendre compte, protalens leurs défauts 2 en
aux emplois ?: Non,
pofer des fujets propres droiture de T'efprit
rout cela exige, outre la
d'un hom-
& du cceur, la capacité éprouvée
pour
habité fon cabinet ; & quand
me qui ait
adminiftrateur on-lui donne
éclairer le premier
véritablement tout le
un collegue qui porte
& ne pent pas,
poids des affaires 1 qui peut, tantôt le fecond,
qui eft tantôt le premier, , homme violent
eft expofé de la part d'un
qui
7 à dc mauvais traitemens,
à un aétc d'antorite,
vu, ce . quie-jai
il arrive ce que nous avons
dit, ce: que je dirai encore. :
que
des confidérations
Mais veut-on 2 par
forme établie
conferver cette
n'entends pas,
fautje
- 2 au moins
malgré tolIS les inconvéniens concilier ces deux
pour
il quelgues précautions --- Page 175 ---
111 e
1311 - I
hommes trop fouvent
doit s'atacher à rendre inconciliables. Alors on
la ftabilité du
nement indépendante de
gouverdrer pour ainfi dire
ces agens 2 les encé.
fubordoner
dansla formep preferite, &les
à un plan & à des
foient toujours les mêmes.
principes qui
Alors l'efprit & le
ment doivent être
fyftême du gouvernetés
toujours vivans &
par un établiffement
repréfene
qui ne
qui ne change point
périfle point,
avec les chefs.
Ony y conferveroit F'état de la
lui des loix ancienes &
Colonic, cei
les inconvéniens
nouveles, 2 les raifons,
2 les difficultés on
roit un
;
y arrête.
pland'opérations à fuivre
& trente années.
pendant vinge
Les
améliorations', les
encouragemens 2 les
moyens d'exécution établiffemens utiles & les
ordre précis
feroient préfentés dans cet
qui laifferoit à chaque
teur la gloire d'y
adminiftra.
de rejeter
concourir, & non la faculté
ou négliger tout ce qu'il n'a
giné, La conduite à
pas ima.
naux.
obferver. avec les
, avec les Colons, les
tributemps de.guerre, feroit 2
érrangers 9 en
par la
notée dans les regiftres
comparaifon des
des elpeces. Des
événemens 7 des cas &
gens. honnêtes & intelligens,
L 5
aimnmIAINDM TEHaETTaUl
TeTeT :
IBUBNRIRUAY a
gliger tout ce qu'il n'a
giné, La conduite à
pas ima.
naux.
obferver. avec les
, avec les Colons, les
tributemps de.guerre, feroit 2
érrangers 9 en
par la
notée dans les regiftres
comparaifon des
des elpeces. Des
événemens 7 des cas &
gens. honnêtes & intelligens,
L 5
aimnmIAINDM TEHaETTaUl
TeTeT :
IBUBNRIRUAY a --- Page 176 ---
eneornenegnearemnerter - C
des arrivans de France,
qui ne feroient point
chargés de la tenue de ces regiftres,
feroient
d'inftrustions, de dé-
& de ce dépôt de loix.,
Commiflaires ou
cilions. On les appeleroit
fixe dans la
Confeillers ; ils feroient à pofte
& leur emploi
réfidence du Gouvernement,
ou de propofer
-ne feroit pas de pronencer
Chefs celles
décifions, mais de rapeler aux
4cs
telle affaire, de diriger
rqui ont eu lieu dans ordonnances & les ufaleurs volontés entre. les
cefle le plan des
de leur préfenrer fans
iges,
fuivre avec cette perféverance qui
opérations à
n'eft jamais celle de
arrive au but, & qui
d'ordre
l'homme nouveau. La correfpondance
leurs mains pour être regiftrée,
palferoit entre
d'une lettre inconféjls arrêteroient l'envoi
ordonances , ils
aux
quente ou contradiStoire
ordres
l'exécution de ces
journaliers
fuivroient
de cclui qui les donne
qui échapent des.mains
les affaires
n'y. plus revenir. 2 parce que
tête.
-pour
& s'éfacent dans une feulc.
fe fuccedent
Confeil privé ou
érabliffement fereit un
Cet
d'adminiftration fubordonée
ane Commifion
dont les membres
Général & à IIntendant,
:au
feroient chargés d'éclairer les
tonjours anciens
a --- Page 177 ---
1 e Ute 1:
mameN : 13M1E 41
AEAENGITETET - Tlleits
deux
ISS
hommes, 3 fouvent nouveaux
vernent la Colonie. Ils
2 qui goude les arréter
n'auroient pas le droit
, de les contrarier
'roient pris un parti
lorfqu'ils auF'aurorité foit
abfolu, 3 car il faut que
ane, Mais quel feroit le
ou T'Intendant qui, fans les
Général
dérations
plus fortes conff.
, s'écarteroit des regles &
mes preferites,
des forlorlqu'il feroit
touré de gens autorifés
toujours enles yeur?
à les lui mettre fous
Alors il faudroit motiver
& inferire
cet écart,
même
T'exception & la raifon ; les faures
auroient place dans fes
ferviroient fans doute à
regiAres, s &
car un des droits
en éviter de nouveles;
feroit
néceflaires de la Commiffion
d'avertir le Miniftre de l'oubli
violarion des loix.
& de la
Un tribunal ne peur
car je' ne veux
pas remplir cet objet;
mais
pas un Confeil qui
qui faffe
gouverne,
membres fous gouverner, Frois ou quatre
unc dénomination
pourvu quelle fit honorable,
quelconque,
cela : un premier ordre
fuffiroient pour
bien
daétion & la tenue des
conçu; pour la ré.
da
regiftres, en- produiroit
continuité, & cette machine
nc fe dérangeroit
ainfi montée
pas facilemene; car ceux qui
Anmimmmmmmmm anlacta TEneT Eu Tanetener
qui faffe
gouverne,
membres fous gouverner, Frois ou quatre
unc dénomination
pourvu quelle fit honorable,
quelconque,
cela : un premier ordre
fuffiroient pour
bien
daétion & la tenue des
conçu; pour la ré.
da
regiftres, en- produiroit
continuité, & cette machine
nc fe dérangeroit
ainfi montée
pas facilemene; car ceux qui
Anmimmmmmmmm anlacta TEneT Eu Tanetener --- Page 178 ---
metone
d'autre exiftenauroient la direétion n'ayant
en
fe rendre
d'autre emploi, & ne pouvant
cc,
leur utilité, ils conferveimportans que par l'ordre & la forme, fans
roient neceflirement
rien à faire.
lefquels ils n'auroient plus
fait à T'arrivée
Suppofez cet érabliffement
débarquent
Général ou d'un Intendant qui
d'un
& leurs fecrétaires , qui
-avec leurs inftruations
à deux cens
le lendemain ont à répondre
dédès
du
; les Commiffaires
Jettres ou requêtes
pot pourroient leur dire:
fur votre
Mellieurs,
Avant de vous affeoir, de la Colonie 2 dont
connoiffez létat
tribunal ,
mémoire n'a pu vous
aucune réhation, aucun
Nous
les détails & les mouvemens.
des
peindre
des loix,
fommes chargés de vous rapeler lus à Paris
faits & des nfages que vous avez celui où ils fe
ordre tout différent de
dans un
Voici le champ de vos opérapréfentent ici.
antérieurs
jetez les ycux fur les temps
tions ;
qu'ily a eu' des hommes
à vous 2 vous verrez ntiles, des pratiques
fages, des réglemens
nombre. Vos pré:
fenfées, & des fautes fans
à faire,
yous ont laiffé beaucoup
décelleurs
& les fen'avoient point les avantages
& ils
IT --- Page 179 ---
a K. Enlalten TEMEUe
AUATETEITETET I melleu:ll:
cours qui vous font deflinés.
Ici
rez tout ce qui peut vous éclairer vous trouvemes & fur les affaires
fur les homre. Là font les
que vous avez à conduileur
tribunaux & leurs
efprit, leur conflittion, jugemens,
fouvent infufifante
leur autorité
duit
: vous verrez ce qui
pour eux le difcrédit &
pro-
& vis-à-vis de vous les
linconfidéntion,
tes. Ici vous
compromis & les plaintrouverez l'ordre
dans lequel les affaires
légal & naturel
vous verrez qu'il
doivent être traitées ;
veiller
y a plus d'art & de
à ce que chacun faffe
mérite à
de vouloir , attirant
fa charge 2 que
les
tout à foi, remplir
charges. Là-font les
toutes
& la néceffité
troupes & leur
d'une difcipline
emploi,
où ily a des hommes fous
févere par-tour
les
une autre forme fe
armes. "Ici fous
c'eft un
préfente la milice du
autre elprit qui la
pays;
tres moyens qui la
meut, ce font d'aurégiffent :
ces nuances
n'éfacez
2 voyez comme la confufion jamais
pouvoir & de. volontés fait
de
Ici vous trouverez les
naître lanarchie:
cas où vous devez
raifons, 2 les différens
vous-mêmes,
pourvoir & ordoner
ou feulement
par
par les
Hieux, par les chefs des
juges des
corps & des commumBimmmmImmam
Tnnmienatamam
amnnenmmaNe 2
meut, ce font d'aurégiffent :
ces nuances
n'éfacez
2 voyez comme la confufion jamais
pouvoir & de. volontés fait
de
Ici vous trouverez les
naître lanarchie:
cas où vous devez
raifons, 2 les différens
vous-mêmes,
pourvoir & ordoner
ou feulement
par
par les
Hieux, par les chefs des
juges des
corps & des commumBimmmmImmam
Tnnmienatamam
amnnenmmaNe 2 --- Page 180 ---
enestrerescerne AEN
-
158 -
Nous vous inviterons à juger rarenautés.
votre tribunal
ment, en vous montrant que
dans ce
d'exception eft fouvent abufif. Voyez
& des fubfiftanees de
tabjeau celui des moyens
le volula Colonie S travaillez à en augmenter fouftraifi vous voulez efficacement vous
me: 2
Ici s'ouvre
re à la dépendance des étrangers.
mais
plus vafte à votre activité,
un champ
rien à créer. Voici
n'aura
votre imagination
utiles
arrêté de tous les érabliffemens
le plan
faire dans la Colonic ; les ponts,
que l'on peut
les quays 2
les canaux > les chemins royaux 2
des rivieres 2 le defféchement
lcs redreffemens
d'un. college,
T'établiffement
des marécages,
dc méécole vétérinaire, d'un college
d'une
chambre de commerce 5 d'un
decine, d'une
vendre
d'apothieaires * qui ne puiffe pas
corps
& des remedes.
impunément des poifons
nouvele
fufceptibles d'une
Voici, les quartiers
communications ; mais
paroiffe, de nouveles
établir
années fuffiront à peine pour
trente
& votre tâche eft de comtous ces objets >
cite de tous les Corps de métiers que les
# Je ne
qu'il eft affreux qu'on laifle
apothicaires, 1 parce
par eux.
fubfifter les abus qui fe commettent
& des remedes.
impunément des poifons
nouvele
fufceptibles d'une
Voici, les quartiers
communications ; mais
paroiffe, de nouveles
établir
années fuffiront à peine pour
trente
& votre tâche eft de comtous ces objets >
cite de tous les Corps de métiers que les
# Je ne
qu'il eft affreux qu'on laifle
apothicaires, 1 parce
par eux.
fubfifter les abus qui fe commettent --- Page 181 ---
menten MEEED W 1 1a11E1 LUE11ET
ile
mencer par un & de lc fuivre.
que vous
Voilà les fonds
mille francs pouvez y employer > trois cens
par an penvenr être deftinés à
oméliorations, fans que les
ces
publiques foient en
autres charges
renoncer
foufrance; il ne faur
aux dépenfes
que
inutiles, & les voici.
C'eftainf M. M. que nous vous
fans ceffe à ce qui eft arrêré
rapélerons
imprévus font
& ordoné, Les cas
cifion
pareillement foumis à
3 mais nos
votre de.
encore des
regiftres vous fourniffent
exemples & des confeils.
correfpondance doit
Votre
pour la faire ou
nous revenir 2 non pas
pour la
tenir note de
réformer, mais
vos ordres
pour
trace & pour vous
> pour en fuivre la
avertir des
Au lieu d'un femblable
inconfequences.
a rien, & les deux chefs énbiftmcnt,Hay
provifions toujours
arrivent avec leurs
à pcine quelques
infuffantes ; ils trouvent
courantes ils renfeignemens fir les
2 font néceffatrement
affaires
répréfentans 011 à
livrés à leurs
tout
quelque officieux
5 iqui-a tout vu, &
qui fait
defeription des
qui fe charge de la
fones. Les
lieux, des chofes & des
militaires
perles gens de loi
s'emparent du Général,
ou de finance de
FIntendanr;
ammimmamORmmT
Lensnenetiama WaT WEN TeWel .
--- Page 182 ---
-
cherche à étendre les privileges de fon
chacun
habitans mécontens des uns & des
ordre. Les
& efpérant toujours qu'un nouveau
autres 2
meilleur arrivent en fougouvernement fera
>
obfedent ces deux hommes de complimens
le, demandes. Lcs lettres furviennent par
& de
alors les fecrétaires fe mettent en
cenraines,
les chefs font accablés fous le poids
ceuvre 9
immenfe & inutile; T'end'une correfpondance
lcs
femble de ladminiftration leur échape 2
, & ils défefperent de les
abus les gourmentent,
qu'ils ne favent par où s'y
réprimer, parce
d'nfer de l'autoprendre. Tantôt ils craignent
rité où elle feroit utile, tantôt ils l'emploient
clle nuit; alors ils fe découragent & laiffent
oû
foufle, alors s'exeraller la barque au vent qui
fubalternes. Les fous-ordres,
cent les vexations
dans fon diftri8t, veulent être le gouverchacun
nement:telhomme qui eft fait pour prononcer
de jeu, ou un tapage en maufur un querele
dansla même clafle une quevais lieu, range
flion de droit ou un fait d'adminiftration: ;
alors les gens au deffus du commun par leur
&
leurs richefles fe gouvernent euxton
par
leur
mêmes. L'autorité ainfi proftituée ne peut
en
a
vexations
dans fon diftri8t, veulent être le gouverchacun
nement:telhomme qui eft fait pour prononcer
de jeu, ou un tapage en maufur un querele
dansla même clafle une quevais lieu, range
flion de droit ou un fait d'adminiftration: ;
alors les gens au deffus du commun par leur
&
leurs richefles fe gouvernent euxton
par
leur
mêmes. L'autorité ainfi proftituée ne peut
en
a --- Page 183 ---
à -
o - 0 131
uanleuts
en impofer ; les autres
plas mince fubalterne font fous le fouer du
nace.
qui ordone & qui me.
Ce n'eft point uné vaine
une
oit
;
enfireintiftrere
dicdanasios,
ter ? Je n'ai auchn
qui oferoit me démen.
figner s j'écris
fait, aucun homme a dépubligue
pour être utile ; c'eft la
qué j'ai devant les
chofe
places & les perfones:
yeur; & non' les
Loin de les
déprifer 2 que ne
imprimer un caraétere de
puis-je leur
ce qui manquie même
dignité ! Mais c'eft
eft dépourvie
à
elle
d'autorité, . >
Teesiraioas
torité ? cela paroit
de dignité D'au.
montie les abus. étrange au moment ou
Mais ne confondez
j'en
volonré, la fantaifie
point la
mnicre avance
avec T'autorité. La
ou recule felon le
prè:
gens qu'elle ataque, la feconde caraétere des
fante, & ne doit jamais
doit être puit
d'an homme en
parler en vain: Plus
dcs
place, 2 auquel on a
exeds, n'a pas fa fe fairé
reprochié
cela ? c'eft
obéir. Pourquoi
pu
qu'accourumé à avoir
perfuader une fois qu'il
tort, il'n'a
avoit raifon.
defporifme 5 que l'on croit
Le
prelque roujoars timide & audacieur, , eft
ignorant; ; fans cée
M
anBImmBIEIAIADN anetenan Melel
Watatatatnan 2 2 -
aau --- Page 184 ---
NEMET Ra
-
-
162,
ont fubi le joug féroient
la les nations qui en
Delà les" inconféréduites à brouter l'herbe.
Tel
lon voit à St. Domingue.
quences que mandé, menacé 9 puni par
habitant fera
de negres ;
pour une difpute
un prépofé
bien, ne paiera ni fon
tcl autre 9 s'il lc veut
ni même les
ni fon boulanger,
boucher, 2
& fe fera craindre de fes voidroits au Roi,
qu'il n'y a ni loi ni ordofins. Conclura-t-oi
n'en manquons pas ;
nances ? hélas! nous
de M. Petit, mais
lifez-les dans la colleétion
attention, vous verrez ce qui
lifez-les avec
leur manque.
de la Colonie toutes les inDans Torigine
elles étoient prépaftitutions ont été bonnes,, clles font forties
les circonflances ;
rées par
L'adminifiration étoit
de la nature des chofes.
les affaires
fes agens peu nombreux ;
fimple,
prefque toutes dans l'ordre
civiles rentroient
eux-mêmes
fommaire. Les Colons
de la police délibéroient fur leurs intérets;
propofoient 5
nouris au milieu
ceux qui les commandoient
de l'autorité
d'eux, avoient, indépendament tribunal de confitenoient du Roi, un
qu'ils
volontairement touance auquel reffortiffoient
ofes.
les affaires
fes agens peu nombreux ;
fimple,
prefque toutes dans l'ordre
civiles rentroient
eux-mêmes
fommaire. Les Colons
de la police délibéroient fur leurs intérets;
propofoient 5
nouris au milieu
ceux qui les commandoient
de l'autorité
d'eux, avoient, indépendament tribunal de confitenoient du Roi, un
qu'ils
volontairement touance auquel reffortiffoient --- Page 185 ---
21 1a1 MEUTEMEUEN tes les affaires, tous les démèlés. Les
les fabalternes ércient
prépofés,
fignés
en quelque forte dépar les habitans. . Un Officier de
après avoir monté la
milice,
garde, 2 alloit
Confeil : fans avocats
juger au
mandeur
2 fans procureurs, 2 le deexpoioir fon affaire & fon titre
le défendeur ; le bon fens
contre
par fes premieres
prononçoir, éclairé
notions, qui
& tout cela étoit bon. A mefire fuffifoient alors,
flances
que les circonl'exigeoient 2 on propofoir un
ment ; la Cour Tadoptoit, & il
régleà la Colonic, car il
étoit propre
y avoir été fait.
avoit un efprit public dont la
Alors il y
le Gouvernement.
réaélion dirigeoit
C'étoit la le
de
premier âge
laColonie, 2 dont nous pouvons
la fin en 1730. Depuis
compter
cette
tré T'accroiffement de la
époque j'ai.r monlation;
culture & de la
; les affaires & les places fe font popuplices, & tout a changé de
multi-,
les ancicnes inflirutions
face, c'eft-a-dire
fans avoir ét6
font devennes nulles
abrogées. On a fait d'autres ré.
glemens fans liaifon, fans
les premiers. On a
concordance avec
dentaire &
fupprime une troupe f6.
acclimanée, qui formoit des
ciers propres aux emplois militaires
offidu pays;
M 2
-
- Tetelene WEW --- Page 186 ---
-
quantité
de France une grande
on a envoyé
occuper Ics places,,
d'hommes nouveaux pour
de la Magitous les peftes de TEtat-Major, aboli les milifrature & des Finances. On a
5, O1 les a recréés ; OI
ces & les Erats-Majors
lniffant fubfifter
toutes les formes en
a changé
ordonances confécntives
l'ancien cadre. Trois
difdes principes & des prariques
ont preferit
qui eft le dernier
férentes. Celle de 1766,
de la Colonic pour lc Gouvernement
code
qui ne font plus tels
civil, fuippofe des agens
ceux
2 & ne fuppofe pas
que les Subdélégués
Commandans de miexiftent, tels que les
qui
de TErat-Major. 2 parce qu'en
lice , les Officiers
alors. Celle de768effct ils n'exiftoient pas milices, ne fait point
des
pour le rérabliffement
qui ont été érablis
mention des Etats-Majors,
fongions font
même temps ; & toutes leurs
en
des quartiers , qui
attribuces aux Commandans
de
ceff6 d'en avoir lorfque les Lieutenans
ont
des places ont été
Roi, Majors & Aide-Majors
dont l'exerCeux-ci ont une autorité
ponrvus.
& qui varie felon les circoncice eft indéfini, foible. Les tribunaux I , fefanccs du fort au
fe trouvent
de leur conftitution,
lon l'efpece
fongions font
même temps ; & toutes leurs
en
des quartiers , qui
attribuces aux Commandans
de
ceff6 d'en avoir lorfque les Lieutenans
ont
des places ont été
Roi, Majors & Aide-Majors
dont l'exerCeux-ci ont une autorité
ponrvus.
& qui varie felon les circoncice eft indéfini, foible. Les tribunaux I , fefanccs du fort au
fe trouvent
de leur conftitution,
lon l'efpece --- Page 187 ---
U a Na
RCnarenenRMaNeEmeT :o D L3
Walsile
vis-à-vis d'eux ou oppofans on réclamans.
Que l'on appcle les Oficiers
Ce
qui fonr les moyens de
d'adminifiration,
Fintendant, femblent
appelés à la repréfentation du
mun 2 & ils font encore dans pouvoir comune pofition plus
équivoque. Entre les Officiers militaires
les
2 les
Magiftrats, 2
Officiers de
chacun
feulement ce qu'il faur
milice,
a
pour embaraffer les auttrcs ; on fe contrarie
ccffe fur
> on fe difpure fans
lcs qualités 5 car les ordonances à
St. Domingue font comme les arrêts
préfentent des autorités
qui
la
pour ou contre, Voicomment T'adminiftration eft
dépourvue
dantorité, de dignité. Dans Cc confit
péruel de volontés
perdreffe
, de prétentions, on s'a.
aux Chefs pour les plus petirs
& au lien de
détails;
à
gouverner , leur temps fe paffe
prononcer far des faits particuliers.
incidens fe
Plus les
multiplient , plus il eft facile de fe
tromper ; on fe trompe donc, & on
fur fes pas
revient
2 & % comme je l'ai dit, 011 fe décourage.
Un des articles qui occupe le
TIntendant,
Général &
quoiqu'il dàt être
étranger à
Tadminifiration, c'eft le paiement des dettes.
M 3
- o
W2 URUTEW2N --- Page 188 ---
TENTEIRETEEDETET 1o -
peommanme
confirmée par arrêt,
En France, une fentence
créan-
& des huifliers bien payés fuffifent au
avoir raifon de fon débiteur, quand
eier pour
T'aril n'eft point infolvable: à St. Domingue,
rêt & les huiffiers ne font qu'un protocole
le formulaire qui termine une
auffi nul que
Ilfaut donc quaid
lettre ; j'en ai dit la raifon.
&
fort à cceur 2
que
on a fon rembourfement
il faut s'ale débiteur éloigne les époques,
de
Chef
obrenir des ordres
dreffer au
pour
d'emprifocontrainte, c'eft-à-dire la menace
arrêts fuivant la difféner, de mettre - aux
à
d'états. Ces ordres ne s'accordent pas
rence
auftout le monde , çar alors ils deviendroient
nuls
les arrêts 7 ou la certitude d'y
fi
que
ainfi
feroit qu'on les préviendroit:
être expofé
ou les perfoon fait un choix, & ce font,
Si
ou Ics affaires qui font privilégices.
ncs ,
le débiteur fe plaint de
cc font les perfones,
les Chefs
la préférence ; fi ce font les affaires,
s'attribuer une révifion de jugement
femblent
qui préfente des inconvéniens.
de la loi
Tout ce qui s'exécute en vertu
& la conviétion 5 mais
imprime le refpeêt
les
fait, de bien même 2 par
tout ce qu'on
NT
font,
Si
ou Ics affaires qui font privilégices.
ncs ,
le débiteur fe plaint de
cc font les perfones,
les Chefs
la préférence ; fi ce font les affaires,
s'attribuer une révifion de jugement
femblent
qui préfente des inconvéniens.
de la loi
Tout ce qui s'exécute en vertu
& la conviétion 5 mais
imprime le refpeêt
les
fait, de bien même 2 par
tout ce qu'on
NT --- Page 189 ---
AETETGTICATmT 1su1a11: EMLEITEIIEI
e13
voics arbitraircs
, répand de toutes parts la
défiance & le murmure.
Une autre occuparion du Général & de
"Inrendant, c'cft de juger certaincs affaires
dont ils ont droit de connoitre,
1 telles quc les
conteftations entre' riverains
pour prife d'eau,
arrofement, celles qui réfultent des titres de
conceffion, 2 la réunion des terres en
: les fervitudes
friche,
pour chemins & autres objets
relatifs. Trois Confeillers leur font
adjoints
pour inftruéion & jugement ; ce tribunal eft
connu fous le nom de.tribunal terrier. L'Ordonance de 1766. lufa donné une forme
Ic par l'adjonétion des
légaConfeillers, car
ravant lcs deux Chefs
aupajugeoient feuls. Mais
s'il cit vrai qu'il foit toujours
plus fage de
fimplifier Ies formes & lcs
les juges ordinaires
moyens 1 pourquoi
ne feroient-ils pas
tens pour toutes les matieres ?
compé.
i7 que les
Pourquoi fautadminiftratcurs faits pour les
ter * pour les rapeler à leurs
infpecrobent
devoirs, fe deau foin de l'ordre public, &
Jeur attention firr des
épuifent
procès fouvent très-compliqués, ou laiffent craindre aux parties des
négligences, dcs difraÉlions,
9 qui ne peuvent
M 4
-- --- Page 190 ---
pmNeTMTenae
13113 ELTENTERTEAUEATT
être relevées que par un appel au Confeil du
Roi? Adminiftrer & juger font deux chofcs
bien différentes 2 & qui exigent chacune un
homme tout entier.
L'Intendant a encore un tribunal d'excep:
à la comptabilité , &
tion relatif aux finances,
celui-là cft néceffaià tout ce qui en dépend 5
des impofitions & les çonre. La perception
ainfi
traventions qui peuvent s'y commettre 2
dans l'emploi des fonds 2 ne fauroient être
que
l'homme qui y veille
mieux jugées que par
fans ceffe, & qui en ordone journélement. Je
montrer que ce qui
parle de ce tribunal pour
à fon objet paroit tel au
eft bon & conféquent
chercher les
premier coup d'ceil : mais s'il faut
motifs d'un érabliffement, 2 & qu'il fe préfente
de raifons de le condamner que de l'applus
prouver 2 alors il eft mauvais.
En jugeant far ce principe ce que nous
de T'enfemble & des détails de l'adavons vu
T'imaginer meilminifration agtucle, on peut
leur & en voir les moyens.
pas à faire pour ccla cft 1°. un
Le premier
forréglement clair & précis 2 qui prononce
Tadminiftration fera civile &
mélement que
à
raifons de le condamner que de l'applus
prouver 2 alors il eft mauvais.
En jugeant far ce principe ce que nous
de T'enfemble & des détails de l'adavons vu
T'imaginer meilminifration agtucle, on peut
leur & en voir les moyens.
pas à faire pour ccla cft 1°. un
Le premier
forréglement clair & précis 2 qui prononce
Tadminiftration fera civile &
mélement que
à --- Page 191 ---
a o A21a 1a1
-
17 MEAIETIEL clleatett:n
jamais
militaire, & qui indique
que par des phrafes
autrement
affaires, le
& équivoques l'ordre des
rang les fonétions dcs
20, Le Dépôt ou
agens,
parlé,
Commifion dont j'aj
30. L'aurorifation d'une
férens quartiers de la
députation des dif
fembler
Colonie à l'effet de s'af.
une fois l'an pour délibérer fur
intérèrs communs, éclairer
Jeurs
& faire
les adminifrateurs,
parvenir au Roi leurs plaintes &
réclamations, s'ils font fondés
leurs
inflicuation eft
à en faire, Cette
car le Roi & indifpenfable fon
fi on veut le bien;
Confeil ne
qui fe Paffe en Amérique
peuvent voir ce
prépofés; & fi ceux-ci que par les yeux des
plus de remede
voient mal, il n'y a
lorfqu'ils font feuls à
compte,
rendre
4°. Le choix eft, fi j'ofe le
cation des
dire, 2 l'édugens deftinés aux
lonies. Il eft
places des Comis d'y
malheurenx qu'on fe foit pergés & des envoyer prefque toujours des protégens neufs: un homme
acclimaté vaut un homme
médioere
l'eft pas ; & celui
d'efprit qui ne
fances locales
qui a acquis des connoif
> qui a déja infpiré de la
cone
M $
a
2 e NRITOI a11
- --- Page 192 ---
1a
- 311 - 1 - 11 a
aaguwwmmmnawe
fianee cn fes mceurs &-en fes principes,
vaut mieux que tous les autres.
5°. Si l'on ne veut ni punir , ni récomfoit égal de bien ou de.mal
penfer > qu'il
le
faire, qu'on ne daigne pas même examiner
mérite & le démérite 2 qu'un adminiftrateur
integre, éclairé, & celui qui nc T'eft pas fe
de traitement dans T'antrouvent en parité
tichambre du Miniftre s tout ce que j'ai dit
eft inutile, & malgré les meilleurs réglemens
des
des quereles & des
on ne verra que
abus,
fautes.
6°., Enfin le grand reffort de Tadminiftraconfifte dans l'adtivité de la juftice & la
tion
des tribunaux qui font chargés de la
dignité
eft l'état & la
rendre 5 nous allons voir quel
forme de ceux de St.Domingue.
O0
V
tichambre du Miniftre s tout ce que j'ai dit
eft inutile, & malgré les meilleurs réglemens
des
des quereles & des
on ne verra que
abus,
fautes.
6°., Enfin le grand reffort de Tadminiftraconfifte dans l'adtivité de la juftice & la
tion
des tribunaux qui font chargés de la
dignité
eft l'état & la
rendre 5 nous allons voir quel
forme de ceux de St.Domingue.
O0
V --- Page 193 ---
e s1
a EMcIeNEnE tattell:t
I7I
CHAPITRE II.
DE LA JUSTICs ET
DELA JUxIs.
PRUDENCE.
Il ya denx degrés de
les Colonics
jurisdiaion dans
2 la Sénéchauffee & les
fupérieurs qui jugent en dernier
Confeils
Les premiers
reffort.
juges connoiffent
res civiles & crimineles,
des matie.
temps Licutenans de
& font en même
où cette
T'imirauté dans Ics ports
jurisdi@ion cft
l'inftruétion des
établic. Iy a pour
procès & l'exécution
mens des
des
avocats, des
jugefiers : la juftice
procureurs & des huif
ordonances
s'exerce felon les loix & les
du Royaume & la
Paris ; voilà Tinflirnution,
coutume de
que.
voici ce quiy man,
La matiere des procès
jets d'intérèts
Portant fur des obabfolement
nous
étrangers à ceux qui
occupent en France, il femble
confervant Tefprit de nos loix & de
qu'en
tumes on eût dû les
nos coufelon lcs cas & les combiner, les modifer
Colonie : car
clpeces propres à une
un habirant n'eft point
Bourgeois 5 une habitarion n'eft
un
ni unc mé.
CENETET
- --- Page 194 ---
1 -
UNnMOMTONaTE
des
ne font point des
tairie ni un fief,
negres
les créanccs, les hypothequés n'ont
payfans ;
entre héplus le même caraêtere ; les partages
ritiers direêts ou collatéraux ne peuvent être
mêmes fubdivifions. Il eft telle
foumis aux
divimanufacture que vous anéantirez fi vous
fez la terre , les negres 2 les bâtimens en quaLe plus grand nombre n'eft
gre ou cinq parties.
Alors
même fufceptible d'auçun partage.
pas
ordoner des léfaut-il inftituer des héririers,
les cadets ? c'eft ce que je ne d6gitimes pour
mais je dis qu'il faut y pourvoir,
giderai pas 3
deman-
& balancer l'intérêt de la Colonie, qui
fes produits 2 avec celui des
de à augmenter
particuliers qui peut y mettre obftacle.
les améliorations ou dégraLes fermages,
des biens affermés préfentent les mêdations
conditions de réfimes différences , quant aux
intérêts, &c. En Franliation, aux domages
ce les cas de cette efpece, quoique prévus
deviennent quelquefois problé-
& déterminés,
les décifions ne peumatiques ; en Amérique
car la loi eft nulle,
vent être qu'arbitraires,
infuffifante & injufte. Je demande par exemple
loi, fur quelle coutume de France
fur quelle
biens affermés préfentent les mêdations
conditions de réfimes différences , quant aux
intérêts, &c. En Franliation, aux domages
ce les cas de cette efpece, quoique prévus
deviennent quelquefois problé-
& déterminés,
les décifions ne peumatiques ; en Amérique
car la loi eft nulle,
vent être qu'arbitraires,
infuffifante & injufte. Je demande par exemple
loi, fur quelle coutume de France
fur quelle V --- Page 195 ---
a
smmmamemtanemme
MUEEENTEITEIT tenell:t
on prononcera les
173dus. Si mon fermier dedomagemens qui en font
livre
à la fin de fon bail
mon mobilier dans un état
me
qui m'oblige à le renouveler, d'épuifement
vivre mes
ou s'il a laiffé
negres dans le brigandage
ceuvfement
ou le déf
1 ou s'il a négligé de
traiter des maux
les faire
vénériens,dontils
toujours ataqués, il me les rend foneprefque
impotens.
infirmes &
En France un fermier
bien de cent mille
ne peut pas fur un
francs m'occafioner
gradation pire que du dixieme
une dégue il peur me ruiner
; à St. Dominhors d'état de faire toralement, me mettre
fieurs aunées
aucun rérenu pendant plu-
; &
s'il
cependant au terme de
bail, me rend le
fon
bâtimens en
mobilier, la terre & les
der. Ce
nature 5 je n'ai rien à lui
n'eft pas tout $ fi je le
deman:
fera mon gage? Nous
pourfuis, quel
rons encore
avons vu; & nous vercomment les contraintes
n'ont prefque jamais licu,
par corps
theques foncieres
comment les hypodeviennent illufoires.
tiendrois-je donc d'un
Qu'obvolonté, T'opinion
procès incertain, où la
loi que je puiffe
de mes juges eft la feule
invoquer?
e 1 URWe e
- --- Page 196 ---
TERTEEN
-
les procureurs d'habitation
Les régifleurs 2
forment encore une claffe très-diftinéte de tout
leur être affimilé en France.
ce qui pourroit d'hommes d'affaires à qui
On n'y voit point
intérêts ; d'ailleurs dans
:. lon confie de fi grands
un régiffeur ne repréfente point
n0S provinces
puiffe s'adrefrellemenrleproprictuire qu'onne
n'intervienne lui-même en cerfer à lui, qu'il
d'examitains cas 2 & qu'il ne foit à portée
fi bon lui femble, fa propriéte, fon rener, & dc retirer fa confiance d'un moment
venu,
la moitié de la Coà l'autre. A St. Domingue,
d'habitation,
lonié eft livrée aux procureurs
font en France. Si les
dont les propriétaires
deviennent mal-honètes, négligens,
premiers
moins dereffources coninfideles, ily a encore
contre les fermiers : il n'y a point
tre eux quc
détermine leurs obligade réglement civil qui
les affujetiffe à des formes de
tions 2 qui
L
qui éclaire leur geftion 9 qui
comptabilité 2
fous
en leurs qualirés
les mette privativement
des tribunaux ; ils ne peuvent y
l'infpeétion
comme accufés, & comment
être cités que
dcs efclaves
accufer des gens. qui n'ont que
témoins de leurs attions ? Le malheuréux
pour
termine leurs obligade réglement civil qui
les affujetiffe à des formes de
tions 2 qui
L
qui éclaire leur geftion 9 qui
comptabilité 2
fous
en leurs qualirés
les mette privativement
des tribunaux ; ils ne peuvent y
l'infpeétion
comme accufés, & comment
être cités que
dcs efclaves
accufer des gens. qui n'ont que
témoins de leurs attions ? Le malheuréux
pour --- Page 197 ---
e 1:1 Iet : a
a1 13 a -
Colon, qui apprend. que fon bien
qui voit fes revenus décroitre
dépérit,
parti à prendre
9 n'a d'autre
que de renvoyer fans fe
dre T'homme qui l'a ruiné &
plain-
, d'en
autre qui pcut en faire
rifquer un
autant
Je ne dis pas que tous les
impanément.
cet
régiffeurs foient de
ordre, il eft parmi eux des
qui par leurs travaux & leur gens d'honeur,
réparé la fortune de leur
intelligence ont
les loix ne confiderent
commettant; ; mais
que les
& font faites pour les
prévarications,
partie la juftice & les prévenir. Or en certe
tribunaux font
il n'y a point de loi.
nuls, car
Les ordonances fiur les contrats de
tion, fur l'intérêt légal & celni
confliru
re ne font point
répuré ufuraiconféquentes aux
aux befoins de la Colonie
produits de
contraint
; & le juge qui eft
de déclarer illicite un prét
à fept ou dix pour cent.
d'argent
, ou qui ne peut lui
procurer la proteétion de la loi,
commct 1également une injuftice nuifible au
à
commerce &
Tagriculture, car l'intérêt de
fuivre la
Targent doit
proportion du produit des fonds
terre, Or le terme
de
moyen de ceux-ci eft
fept à huit pour cent 3 ainfi
de
fjai befoin d'ar.
- teMEWE e 41s Lel --- Page 198 ---
n1 a à
sSPmmmeeUee - TEATETTERTETESTE
améliorer ma terre, comment en
gent pour
trouverai-je à cinq ?
fervitudes locales, 5 les prifes d'eau, 7
Les d'arrofement, & égouts ne font pas
canaux
Un armieux déterminés par la jarisprudence.
bien être comparé à in aupent de terre peut
riviere à une riviere ;
tre arpent de terre 2 unc
la loi qui vous donne lieu daris cette pomais
n'a
fitioh d'arrofer votre verger en Touraines
cette fervitude à St: Dopas pu prévoir que
mille livres de renmingue me coûteroit cent
les batardeaux que vous y prate, en ce que
de Touraine,
tiquez felon les us & coutumes
enfler un torrent d'Amérique, 5 qui en
font
mes cannes de dix pieds
deux héures coivre
fi ma terre
d'éau ; & àu contraire en France
fur la vôtre égout naturel , la coutun'a pas
garde mes eaux, 5 & que je
me veut que je
faffifent pour les
creufe des foflés chez moi qui
les cataraStes du Ciel ne
recevoir, parce que
comme fur St.
ouvertes far la Frarice
font pas
coutume eft barbare en
Domingue. Mais cette
&
le
où pour votre intérêt
pour
Amérique >
nous laif
mien il faut que de proche en proche
qui fans nous'
fions pallage à ce déluge d'eau,
faire
5 & que je
me veut que je
faffifent pour les
creufe des foflés chez moi qui
les cataraStes du Ciel ne
recevoir, parce que
comme fur St.
ouvertes far la Frarice
font pas
coutume eft barbare en
Domingue. Mais cette
&
le
où pour votre intérêt
pour
Amérique >
nous laif
mien il faut que de proche en proche
qui fans nous'
fions pallage à ce déluge d'eau,
faire --- Page 199 ---
- 1a1 NENETENENEO 1
13 slleiet -
faire aucun mal iroit fe
perdre dans la
au licu que ma terre inondéc
mer,
de quelques
devient au bout
jours uin marais ftérile & mal-fain
qui vous donne la fievre & à moi auffi.
Ces obfervations fuffifent
la néceffité d'une
pour démontrer
jurisprudence locale, à
quielle on n'a jamais fongé. Pendant
laâge de la Colonie dont
le premier
j'ai parlé 5 la forme du
Gouvernement y fuppléoit
qu'on jugeoit utile &
2 on ordonoit cé
l'expérience
raifonable ; la fageffe &
formoient à peu près
des gens en place, Mais
l'érudition
cats ont eu
depuis que lès Avo5 'comme à Paris 5 la
d'occuper fix audiences
permiflion
que les publiciftes, les pour une fimple caufe,
arrétiftes, $ les
fultes $ les commentateurs fe
jurisconfont
hos affaires
mèlés de
5 leur profond favoir ious a
pris que la coutume de Paris & les
apinftituts de
Juftinien ont été rédigés fous tne latitude
diftante de cclle de St.
trèsDomingne.
Cette difete des loix
tribunanx & leurs
propres apauvrir les
jugemens, dont
tient encore à d'autres catfes. l'inexécurion
Cicéron â dit:
Ponr-juger de la dignits de la
confidere celle des
République $ je
juges 8 des ingemens. Il
N
-
NUAUMEnT No00emE
0 M --- Page 200 ---
-
avez de bons magiavoit raifon 5 la où vous
territoire eft en
& de bonnes Joix, le
ftrats
contraire.
bon ordre, & au
de la Colonie
Les tribunaux fupéricurs d'habitans, qui
anciénement compofés
étoient
s'affeyoient aurour d'une
fans autre apparcil
l'aide de Dieu
ronde, &yjugeoient avec
rable
même étoient verfés
& du bon fens ; plufieurs
tous avoient celdes loix ,
dans la connoiffance
lcurs charges fans
le du pays : ils faifoient
de la confidérarétribution 2 fatisfaits
aucune
arachéc, & lcs procès alloient
tion qui y étoit
antant qu'aujonrleur train 7 on en expédioit forme maturcle. &
On s'enhuya de cette
d'hui.
les habitans Confeilfimple ; il fut décidé que
êrre de favans jurisconfaltes,
lers ne pouvoient faire venir de loin à prix
& qu'il falloit etl
7 on déon fixa des apointemens
d'argent ;
de Paris pour aller readre la
figna des Avocats
& il en coûta deux
juflice à St.. Domingue c,
avoir dcs
mille francs à la Colonie pour
cens
audienecs, des hauts fiegrandes & des petites
la folemnité des
& des bas fieges, 2 & toute
huit mille
ges
fouveraines , fontenue par
Cours
chaque membre,
francs d'apointemens pour
fixa des apointemens
d'argent ;
de Paris pour aller readre la
figna des Avocats
& il en coûta deux
juflice à St.. Domingue c,
avoir dcs
mille francs à la Colonie pour
cens
audienecs, des hauts fiegrandes & des petites
la folemnité des
& des bas fieges, 2 & toute
huit mille
ges
fouveraines , fontenue par
Cours
chaque membre,
francs d'apointemens pour --- Page 201 ---
e
ce qui fait à peu près lc vittum & le
ttrn à St. Domingue,
vefti.
Un des motifs annoncé de cet
fat que les anciens Confeils
érabliffement
dentaires,
n'étant point f62 ne tenoient leurs féances
taincs
qu'à cer.
époques, 2 & ne pouvoient
fuite toutes les affaires.
expédier de
Le fait cft que les
nouvcaux s'affemblent pendant huit
vaquent l'autre huitaine,
jours, &
, ce qui fair
moitié de T'année en
déja la
de
repos , enfaite deux mois
vacances 2 les quinzaines de
Nosl, quatre-vingt
Pâques & de
jours de fètes
trois mois
réduifent à
par année les féances
l'ancien Confeil cn faifoit
effeélives i
tour autant.
Mais en ne payant les anciens
diflinélions,
qu'avec des
iln'y avoit que les plus
d'entre les Colons qui
notables
pouvoient fe vouer à la
magiftrature, & on avoit le
gu'en donnant
choix, au lieti
aux autres l'étroit néceffaire,
n'y a que les plus pauvres & les
, il
des Avocats de Paris
moins célebres
qui puiffent
der de cette dignité ; & comme il s'accommochercher à deux mille
faut la venir
lieues, fous un climat
dangereux, cet
arrangement.a été aufff meurN 2
a VA
-- --- Page 202 ---
CeNNetENDETE
-
Tordre des Avocats qu'infrudueus
trier pour
pour la Colonie.
Confeillers Colons ne
Mais, dit-on, ces
donc il faur leur
payoient point leurs dettes,
d'autres
fubfituer des Avocars 1 qui n'auront
dc devenir Colons en acherant
reffources que
à crédit & en
comme les autres des habitations
failanr des dettes. n'étoit ni aéive , ni refpecMais la juftice
d'exéention,
téc, les jugemens n'avoient point
confumoienr ên frais les parties,
les procurenrs
de deux côtés
les huifficrs fc faifoient payer
faifir. Eh bien ! qu'avezpour faifir & ne pas
moins longs,
obtenu ? Les Procès font-ils
vous
les frais fonr-ils moins énorpaye-t-on micux,
fideles, les procureurs
mes, les huiffiers plus
contens? Un
moins riches 1 les plaideurs plus
Licencié ne peuvent rien à céla,
Bachelier, un
qui redrefTera
c'eft Teil févere de la législation
s'en
fur T'heure Ces abus quand on voudra
occuper.
qu'il ne foit plus convenable
Je ne dis pas
dans la magiftratnd'employer par préférence
de T'étude des
des
qui fe font occupés
re
gens
difpofer lcs enfans
loix; mais on pourroit y
Un
moins riches 1 les plaideurs plus
Licencié ne peuvent rien à céla,
Bachelier, un
qui redrefTera
c'eft Teil févere de la législation
s'en
fur T'heure Ces abus quand on voudra
occuper.
qu'il ne foit plus convenable
Je ne dis pas
dans la magiftratnd'employer par préférence
de T'étude des
des
qui fe font occupés
re
gens
difpofer lcs enfans
loix; mais on pourroit y --- Page 203 ---
1:
des
Colons, qui auroient défire d'avoir
leur patrie un état honorable.
dans
f néceffaire de
D'aillenrs il eft
rédiger un code
la Colonic
particulier pour
2 que s'il exifloir une
érude cffenticle feroir à la
fois, 2 certe
monde,
po:tée dic rout le
Faites done d'abord de bonnes loix
avoir de bons
pour
magifkrats, & quand rous
vez choifir dans l'ordre des riches
poului des pauvres
ou dans ce2 gardez-vous bien de
une aifance honnête éleve
balancer;
Tame, le beloin
trop fouvent l'avilit.
Si vous craignez encore que les Confeillers
habitans faffent des dettes & ne les
je vous dirai
paient pas,
toujours : faites de bonnes
tout le monde paiera fes dettes,
loix,&
La terre eft prefque infaififable,
bilier ne peur être faifi fans
& le moT'opinion
la terre ; Tufage,
2 T'habirude anulent en
un décret par
quelque forte
corps prononcé contre le débitcur ; I'huiflier n'oferoitle
on le paye bien, &
mettre à exécution,
rèt foit exécuré,
peu lui importe que l'ar.
de la
Voilà, , je crois, l'érat aétuel
jultice & des jugemens civils. Eh
fuppoté qu'ily aic un regiftre
bien!
d'hypotheque à
N 3
- ATElEllEl mammamamoma
-10-4 --- Page 204 ---
RSUmNOMGN o . 1311 SME11EM1E
chacun fit tenu de faire
St. Domingue, que
regiftrer fa créançe fur un fonds quelconque,
lcs cinq huitiemes du fonds fe
que lorfque
euftrouveroient hypothéqués, les créanciers
fent le droit de faire vendre la terre par décret,
cela s'exécutât par des formes invariables,
que
cette feulc opération n'aquicroyez-vous que
tcroit pas beaucoup de dettes.
éta--
Si enfuite dans un pays marchand on
cela devroit être pour les letbliffoit, comme & les billets à ordre, la céléritres de change
de la jurisdi@tion confulaire 2
té rigoureufe
fa traite fàt
que tout tireur qui laiffe protefter
comme cela fe pratisûr d'être emprifoné 7
refuferoit
par-tout ; fi T'huifier qui s'y
que
étoit envoyé aux galeres , fi
pour de T'argent
cclui qui eft batu étoit vengé, croyez-vous
la juftice feroit nulle ? Et quel obftaalors quc
les chofes priffent
cle y auroit-il donc à ce que
fortournure ? Je fontiens de toutes mes
cette caufe & les intérêts des Colons, mais'
ces.la
du monde & dans tous les
dans tous les pays
& il
il faut payer fes dettes,
gouvernemens abfurde de croire qu'un de leurs privileferoit
foumis aux contrainges feroit de n'être point
royez-vous
la juftice feroit nulle ? Et quel obftaalors quc
les chofes priffent
cle y auroit-il donc à ce que
fortournure ? Je fontiens de toutes mes
cette caufe & les intérêts des Colons, mais'
ces.la
du monde & dans tous les
dans tous les pays
& il
il faut payer fes dettes,
gouvernemens abfurde de croire qu'un de leurs privileferoit
foumis aux contrainges feroit de n'être point --- Page 205 ---
1a DAny a UTEIY
-
tes par corps. A Paris un homme de
qui ne paic pas une lettre de
qualité
en prifon ; à St.
change eft mis
Domingue doit-on fe joner
impunément de fon créancier ? Pourquoi
différence ? Elle nuit à la
cette
à la
streté, à la liberté,
profpérité de la Colonie, & nc
fter qu'autant que le
peur exiGouvernement
y prendre l'intéré: qu'elle méritc.
daignera
Mais il dépend encore des juges de faire
exécurer CCS loix ; veillez far les
les
juges, que
adminiltrateurs, au lica de fe mettre
quefois à leur place, fe
quelftivre toujours.
contentent de les y
Je fais bien comment tout fe
s'aitcre, mais
dégrade &
fe
nous voyons auffi comment tout
Fégéncre; ; lcs principes de la vie
de l'ordre civil
morale &
drc
reffemblent fort à ceuix de Forphyfique,
Les matieres
des
crimineles, & T'infruéion
procès qui y ont raport,
feinblable révifion,
exigeroient une
Premiéremenr les juges inféricurs
apartient linftrusion font
auxquels
en même
chargés des affaires
temps
utiles.
civiles, qui font les feules
Sily avoit un magiftrat à payer dars
N 4
- - --- Page 206 ---
MAMENE
-
Lieutenant criminel
la Colonic, ce feroit un
n'eûr d'autre
dans chaque jurisdiétion, qui
être diftrait
celui-là. Il ne pourroit
emploi que
lucratives de T'artention &
par des opérations Ton doit à la sûreté publide la vigilance que
point amonces
les criminels ne feroient
que 3
dans un pays oà il n'eft
lés dans les prifons
air renfermé
de cachot habitable, où un
point
aifément contagicux,
peur devenir
donnant lieu à beaucoup de
20. L'efclavage
la nullité du
crimes fecrets, & s'oppofant par
des
des efclaves au complétement
témoignage
bon d'examiner
judiciaires S 2 il feroit
à
preuves
mieux de laiffer certains délits
s'il çonvient
domefique 1 que de trapunir par l'autorité accufés devant les tribuduire inurilement les
condamner un
fouvent
paux qui ne peuvent
donCet inconvénient ne peut-il.pas
çoupable.
abufive, celle de faire
ner lieu à une tolérance
de fon efclave ?
du maitre le juge fouverain camarade l'a vu
Mon negre a empoifoné 2 fon fou crime Ta ac-
& me T'a dit, la viétime de
daus
trouvé du poifon
çufé en mourant * j'ai
me fuffifent
fa poche ; voilà des preuves qui & le coupamesyeuxle crime
pourdéemineri
-il.pas
çoupable.
abufive, celle de faire
ner lieu à une tolérance
de fon efclave ?
du maitre le juge fouverain camarade l'a vu
Mon negre a empoifoné 2 fon fou crime Ta ac-
& me T'a dit, la viétime de
daus
trouvé du poifon
çufé en mourant * j'ai
me fuffifent
fa poche ; voilà des preuves qui & le coupamesyeuxle crime
pourdéemineri --- Page 207 ---
- 1a1a TME1:MA 1o1 ACAATETELET Aautell
ble, mais la juftiçe les
trouve
ne pent prononcer :
infufmifanres, &
fais
j'explique fon filence
périr mon negre
je
d'avoir fait
2 & je fuis convaincu
un aete de juflice. Mais fi je
roge ainfi le droit de difpofer
m'ard'un
que devient l'autorité
efclave,
ne Pnis-je
publique ? Jufgu'on
pas érendre celle de mon tribunal
domefliqué ? Doit-on livrer ainfi à
tion les miférables
ma difcré.
colere
créatures qu'un inftant de
peut fuppofer coupables &
antir ?
peur ané.
J'aimerois bien mieux
légales que de les
changer les formes
anéantir, Je ne fuis
que d'efclaves : eh bien !
lcs
cntouré
paroiffent devant lc
que
efclaves comjuge; s'ils m'ont
cu, ils doivent le convaincre
convain.
doures, je devrois
3 s'illuirefte des
de
en avoir auffi; le conçours
circonflanccs qui m'a montré la
lui montrera auffi, Mais
vérité la
fi la loi ne les
pas ? La loi a tort à St,
admet
la
Domingue, & il faut
réformer; car il vaut mieux en faire
autre que de n'en avoir point,
une
Ainfi la juftice & les tribunanx
des additions & des réformes
demandent
civil & criminel eft
; un code local
indifpenfble, J'en ai inN 5
- - --- Page 208 ---
a a
-
éviarticles dont on reconnoit
diqué quelques
& Tutiliré : mais pour
demment limiportance
de ce code,
la formation & lc complétement
d'avoir recours aux Jurisil faut bien fc garder
les tribunaux de
confultes de France, ce font
de loi, fes habitansiqu'il
la Colonie, fes gens
établir une comfaut entendre. On pourroit y
de
deflinée à recevoir les obfervations
miflion
vondroient en communiquer,
tous ceux qui
à la réda@tion, &
antorifer les adminiftrateurs
à la
délibéré avec les Confeils >
après cil avoir
après un certain
promulgation provifoire ;
recevront la
nombre d'années ces réglemens
fangion du législateur.
il condes tribunaux,
Pour la compofition
Confeils & dans
dans les
vient de multiplier
& de les prenles Affeffeurs,
les Jurisdidions
; on leur donnedre dans Tordre des habirans
après avoir
de titulaires
roit des provifions
Mais
& leur capacité.
éprouvé leur conduite
aux diftincfaute d'ajonter
on a fait une grande
des apointetions accordécs aux magiftrats
le mal fe
mieux que
mens ; rien ne prouve
de même; car
aifément & ne fe répare pas
fait
accontumés à être
les hommes que vous avez
,
les Jurisdidions
; on leur donnedre dans Tordre des habirans
après avoir
de titulaires
roit des provifions
Mais
& leur capacité.
éprouvé leur conduite
aux diftincfaute d'ajonter
on a fait une grande
des apointetions accordécs aux magiftrats
le mal fe
mieux que
mens ; rien ne prouve
de même; car
aifément & ne fe répare pas
fait
accontumés à être
les hommes que vous avez --- Page 209 ---
lot 131 - I -
-- MEMEIT:
payés, fe trouveront maltraités nç l'étant
D'ailleurs il n'eft point jufte de
plus,
fubfiftance à
retrancher la
ceux quc l'on a appelés à cette
condition , & qui ont quité leur
étar pour aller vivre
parric, , leur
en Amérique avec les feuls
moyens qu'il feroir queftion de Jeur
alors je vois un grand inconvénient Oter;
deux claffes de
dc faire
Confeillers gagiftes & non gagiftes, ce feroit une occafion de
pour. les premiers, & il faur
dénigrement
que tous les magiftrats foient tous refpcétés & refpeétables,
Je crois donc qu'il n'y a gu'un feul
à prendre : commc plufieurs de
parti
lers
CÇS Confeil.
étrangers ont fait des établiffemens dans
la Colonie, CC qui les met dans la claffe des
habitans , il faut que les Confeils
fupérieurs
renoncent d'aburd à être
doit leur accorder
apointés, 2 mais on
une fomme à titre d'indem.
nité, & à la difpofition abfoluc de la
Compagnie, qui détermine elle-même
annéc les feçours à douner
par chaque
à ccux de fes membres qui en ont befoin ;
infenfiblement cet
ufage s'abolira, fi on a l'attention de
lcs affeffeurs créoles,
muliplier
- LEWEUTET a
€ --- Page 210 ---
51 3 121 - - a - 1:1131 1 -
5 a Cenene
Pour les JurisdiStions, il. eft cffentiel que
de
de Procureur du Roi &
les places
Juges,
de Gréfier nie foient plus foumifes aux indults
des protégés de la Cour & des Bureaux. Un
homme qui n'a aucune idéc de jurisprudence
ni d'affaires demande. hardiment une place de
judicature à Sr. Domingue, & vient encore
plus hardiment la remplir > parce qu'elles vaIent depuis quinze jufqu'à quarante millelivres;
homme cit quelquefois un Commis > un
cet
Officier réformé. Tout eft bon
Marchand, un
Colonie 1 & enfuite on
pour cette pauvre
des'érone du défordre qui y regne, & on
mande férieufement les moyens d'y remédier.
les voilà : ne faites point le mal
Ces moyens 2
le mal. Ayez pitié de cette Colonie, n'y
pour
le rebut dcs autres Etats > vous y
envoyez pas
car les réglefercz alors tout le bien poffible ;
difficiles à rédiger, Le choix
mens nc font pas
des bons fujets, des gens utiles n'eft pas au
humain. Il vous faut
deffus de P'entendement
St. Domingue ; eh bien! ardes Juges pour
s'en forme
les chofes de maniere qu'ils
rangez
dans lc lieu même ; que le Juge foit remplacé
T'Affeffeur,.1 le Lieutenant, le Procureur
par
pas
car les réglefercz alors tout le bien poffible ;
difficiles à rédiger, Le choix
mens nc font pas
des bons fujets, des gens utiles n'eft pas au
humain. Il vous faut
deffus de P'entendement
St. Domingue ; eh bien! ardes Juges pour
s'en forme
les chofes de maniere qu'ils
rangez
dans lc lieu même ; que le Juge foit remplacé
T'Affeffeur,.1 le Lieutenant, le Procureur
par --- Page 211 ---
un:
:3
1E1
-
du Roi par fon fubftirut > le Gréfier par fon
commis : ou prenez des Avocars militant
Confeil ; que le Général & I'Intendant
au
fent lcs fujers > que le Confeil les
propocxamine &
les approuve.
Mais le Général & lIntendant
propoferont
auffi leurs protégés, leurs créatures. Eh bien!
que le Confeil les refufe," 's'ils ne font
nus pour être capables, &
les
pas conque
Adminiftrateurs n'ofent pas impunément fcrcer la main
aux examinateurs ; qu'on fache qu'il eft
mis, qu'il eft glorieux de leur réfifter dans pcrcas-là. Mais que les Miniftres & les
ce
Eureaux
s'abftiennent de nommer tous ces folliciteurs
de place qui abondent autour
d'eux, qui mettent en mouvement & la Cour & la Ville, &
qui prendroient également un emploi militaire
ou civil, une Cure même
eût de
> pourva qu'il y
l'argent à toucher.
Quand on aura déterminé l'exercice de la
juftice civile & criminele $ la formation & le
remplacement des tribunaux, il faut encore arrèter l'influence qu'ils doivent avoir fur la
lice générale & particuliere.
po40e
-- o B --- Page 212 ---
a o COETETCEST - 6
NMPmReUneNes
CHAPITRE III.
DELA POLICE GENÉRALE.
Ilya, je crois, 2 trois efpeces de police,
d'ordre & de sûrccelles d'aprovifionement,
les trois font tellement liées l'une
. té 5 toutes
à Tautre, qu'il ne peut, y avoir d'aprovifionefans ordre, & qu'il n'y a point de sûrcment
té oà il de n'y a point d'ordre ni d'aprovifionement.
Tous les pays de l'univers régis par des
loix reconnoillent celle-là, mais l'exécution en
différemment combinée felon les mceurs
eft
& les lumieres, enforte que le peuple le mieux
eft néceffairement le plus éclairé. Il faut
policé
la Colonie de St. Domingue foit encore
que
car je cherche fa police, &
dans les ténebres,
S je ne la trouve pas.
accidentelement
Pour Taprovifionement
néceffaire, il n'y a aucune précaution, nous
Yavons vu.
Pour l'ordre intérieur, il y a dcs empechemens dirimans dans la diftribution des pou;
voirs qui fe croifent & ne s'entendent pas.
ceffairement le plus éclairé. Il faut
policé
la Colonie de St. Domingue foit encore
que
car je cherche fa police, &
dans les ténebres,
S je ne la trouve pas.
accidentelement
Pour Taprovifionement
néceffaire, il n'y a aucune précaution, nous
Yavons vu.
Pour l'ordre intérieur, il y a dcs empechemens dirimans dans la diftribution des pou;
voirs qui fe croifent & ne s'entendent pas. --- Page 213 ---
u3 u3 1a1 L la sûreté, il y a deux Compagnics
Pour
2 malarmécs. 2
mal compofées
&
de Maréchauffse
à cheval
montées 3 ainfi un criminel
& point
sureté que le Public.
bien armé eft plus en
villes eft confice par les OrLa Police des
& par T'ufage
des lieux 1
donânces aux Juges Officiers de T'état-major,
&
aux Commandans
la police eft faite
qui font convaineus que
des tapages
quand ils ont" reçu les comptcs & qu'il y a eu
de nuit & des rixes de jour 2
quelqu'un d'emprifonc.
apartient encore
La policc des campagnes
des
partie aux Juges
par les Ordonances 2 de quartier, & par
lieux," aux Commandans dévolue aux Offi
I'ufage elle eft entiérement dans le reffort 2
ciers majors qui commandent
de Maont à leurs ordres les Brigades
& qui
réchauffees.
très-indifférent que tel ou
Mais il feroit
de veillerdTordrepublis,
telprépofe fit chargé
cela des moyens conqu'ily eût pour
pourvu & des formes certaines.
venus
jai fait des diférens
D'après T'expofé que
, il
de la Colonie & de fon organifation
états --- Page 214 ---
-
je vois le plan de policc qui
me femble que
lui feroit propre.
voudrois un recenfePremiérement ) je
très-exaÉt de fes habirans & de fes habiment
rien de. commun avéc lcs
tations. Il n'auroit
déclarations informes que l'on donne anjourne donne pas 7 car la néglid'hui 3 ou qu'on
eft telle que T'alternative eft égale.
gence matricule de chaque paroiffe préfenteLa
réduite les manufaétures &
roit dans une caite
les biens fonds du quartier $ numérotés
tous de vent, & on y verroit les noms des
par air
& chaque numéro &
propriétaires agtucls 2
Jeurs abornemens 5 les chemins royaux en particuliers, les rivieres & les canaux:
feuille
à chaque
Dans une
correfpondante
des déclarations exaêtes
numéro on trouveroit
car elles ne feroient point
du propriétaire 2
fes negres 5 ce qui ne
exigées pour impofer
lc plus jufte,
peut être le genre d'impofition connoiffance
mais feulement pour avoir une
des morts, des épidéprécife des naiffances,
d'une inonmies, des effets d'une fécherefle,
& de la quantité des
dation, d'un ouragan,
cultivées en vivres, en fucre, &c.
terres
Cette
car elles ne feroient point
du propriétaire 2
fes negres 5 ce qui ne
exigées pour impofer
lc plus jufte,
peut être le genre d'impofition connoiffance
mais feulement pour avoir une
des morts, des épidéprécife des naiffances,
d'une inonmies, des effets d'une fécherefle,
& de la quantité des
dation, d'un ouragan,
cultivées en vivres, en fucre, &c.
terres
Cette --- Page 215 ---
t 1 Lsnan Dananan Tatltel
-
Cette premiere opérarion ne feroit
Onl pénible à vérifier qu'une fois,
difficile
çoit combien il feroit enfuite
car on confacile d'interroger. les numéros & de connoitre toutes les
lutions, 5 tous les monvemens
révo.
qui arriveroient
parmi les propricraires.
Ce feroit le grand livre de la Colonie,
Jequel on pourroit flaruer
2 far
pour
mhent, , pour. les milices
l'aprovifione-
, pour les carvées &
pour les chemins.
Le Commandant des milices du
paroir.être l'agent le plus naturel à quartier
pour ces déclarations ; il s'en ferviroit employer
régler les petits détails de commandement pour
le regardent, tandis que leur dépôt réuni qui
un burcau d'adminifiration
dans
feroit la bafe fur
laquelle le Général & TIntendant
de la haute police.
ordoneroient
Quant aux quereles des habitans, à l'ordre
intéricur du quartier 2 le Commandant de
lice > qui ordinairement eft un
minotable anciens
honète, ayant la confance de fes
cet homme là , qui d'ailleurs
camarades,
feroit
ne coûte rien,
plus en état d'y pourvoir que tout
pourvu gu'il.far autorifé &
autre,
>
qu'il ne pit
D
-- --- Page 216 ---
SSMMTMIMUDGNNT MEM a a - - e 1 11131
a
être défavoué ou contredit par aucun Officier major.
Il nc convient cependant pas que cet Officier de milice foit cn potentat dans fon quardoivent être fubordonées.
tier, fes opcrations
confifteroit exaétement à rendre
Son emploi
& c'cft au bureau d'adminifiration
compte 2 chacun des trois départemens de la
érabli dans
feroient adreffés. Ce
Colonie que ces comptes
compofé de chefs oit de leurs reprébureau
diriged'un ou deux magiftrats,
fentans 2
la police fommaire & la
roit fupérieurement les ordrcs feroient exécuhaute police 5 alors
ils'
du ceutre des pouvoirs,
tés, car partiroient
feroient émondés.
& tous les rameaux inutiles
Pour les villes, il faut plus de détails,
car tous les Colons nc font
plus de moyens 2
dont les intérèrs, les
qu'und claffe d'hommes,
il
fe reffemblent; dans une ville,
occupations
en a dis 2 & chacune a un mouvement
y
propre.
voudrois donc d'abord claffer touts ces
Je
& lcs voir dans lcurs poftes $ les
individus
les étrangers, > les
mmarchands, les artifans,
les, il faut plus de détails,
car tous les Colons nc font
plus de moyens 2
dont les intérèrs, les
qu'und claffe d'hommes,
il
fe reffemblent; dans une ville,
occupations
en a dis 2 & chacune a un mouvement
y
propre.
voudrois donc d'abord claffer touts ces
Je
& lcs voir dans lcurs poftes $ les
individus
les étrangers, > les
mmarchands, les artifans, --- Page 217 --- -
gens d'affaircs, 5 les furnuméraires les
de couleur, & enfuite les
gens
fubdivifions.
Une recrue de deux mille hommes
-
de tous
états débarque annuélement dans les ports de
la Colonie ; le premicr ordre à
c'eft
fur ces nouveaux
établir,
venus, en leur faifant déclarer à leur arrivée leurs noms &
leurs moyens > & les obligeant de fe faire qualités,
ferire en leur qualité nouvele auffi-tôt
inanroient
qu'ils en
eu dans le pays. Ils fe trouveroient
au bour d'un certain temps placés dans l'une
des elaffes utiles 2 & l'on connoitroit
ceux qui,
dépourvas de facultés, vivent du dépens du
Public 5 & peuvent lui devenir à charge,
Avant de paffer outre, je demande
Grtfe & un Licutenant de
un
police dans les
chef-lieux.
Dcs regiftres particuliers
profeffion
pour chaque
contiennent la nouvele demeure de
tous ceux qui T'exercent; ils font
repréfentés
par un fyndic, & plufieurs fyndics
tent des corps,quclon conduir
repréfendre & de facilité
avec plus d'orque des hommes épars &
ifolés,,
-- --- Page 218 ---
casewmmenewenes alt
111311 e
Les chefs fc font toujours oppofés à la
dans la
formation des corps on communautés
qu'sls font inuriles &
Colonie 7 en alléguant
contraidangereux ; c'eft précifément tout le
Il elt miférable de croire que Taurorité
re.
avoir quelque chofe à craindre
fouveraine pent
chambre de commerce 2 ou du corps
d'une
, ou de celui des chirurgiens.
des apothicnires,
être éclairé far.des
Le Gourernement peut en
relatives à leur profcfion > jamais emchoies
mais il cft vrai qu'un homme en place
baraffé;
dc l'invoudra tout bouleverfer au mépris
qui
& du fervice du Roi, fera plurôt
térét public
démalqué per un corps que par un particulier.
comment la bonne police
Faut-il montrer
ville cxige cette divifion d'habitans par
d'une
les raifons.
& communautés ? en voici
corps
érablit une boutique
Un homme au Cap
livres de chandeles,
de grenéteric avec quelques
ne le cotlde beure & de fromage 5 perfone
voit de
qu'il cxifte, & on ne
noit, on ignore
dans fa bontique; mais
lui que ce. qu'il montre
il
bontique il rogne dcs louis >
dans Tarriere
le fucre & le firop volés par les negres 1
achéte
communautés ? en voici
corps
érablit une boutique
Un homme au Cap
livres de chandeles,
de grenéteric avec quelques
ne le cotlde beure & de fromage 5 perfone
voit de
qu'il cxifte, & on ne
noit, on ignore
dans fa bontique; mais
lui que ce. qu'il montre
il
bontique il rogne dcs louis >
dans Tarriere
le fucre & le firop volés par les negres 1
achéte --- Page 219 ---
cuaa : - : : nanal ateaten
wvallaucil:u
-
il préte fur gages, il fait
bourique, &
fortune, laiffe là fa
part pour la France avec une barigue de piaftres, fans
que la police ni le
gouvernement aicnt jamais entendu
Jai, s'il n'a batu
parler de
arrérer
perfone, & s'il nç s'eft fait
par la garde.
Un autre fe fait
l'arfenic
apotlicaire, & vend de
aux negres & des drogucs
médicinales
avarides, qu'il donne à cinquante
dc moins à des
pour cent
chirurgiens auffi fripons
lui, qui répandent ainfi la
que
quartier. Qui dénoncera dyflenterie dans un
gues comme
ce marchand de drovoleur, ou comme un
Qui le
connoit, le voir, le firit, dans ignorant?. fon
Un
étar?
Chirurgien, on foi-difant
les malheureux
tel, eftropie
vénétiens
qu'on lui confie, il traite les
avec du fublimé corroffif; il
dans un quarcier où il
s'établit
tille, d dévafte
n'y a point d'autre arla banlicue
hazard lui donne
jufgu'a CÇ que le
un facceffeur,
Si tous ces gens-là
mumutés, la néceflité apartenoient à des comd'être
les informations
examinés > reçus,
d'eure fous les préliminaires, la certitude
yeux 3 fous la main de fon
O 3
B0 - --- Page 220 ---
SREMOATNEBnEnB a a - 131 a 131 113 e
corps & de la police 11C fauveroient-clles pas
unc partie des défordres ?
Je fai que la Colonie eft afranchie du droit
de maitrife, & je n'ai garde de voulcir létablir. Qu'un cordonier falle des fonliers aufitôt qu'il en faura faire, qu'iln'achéte point la
liberté de travailler pour gagner fa vic > mais
je fache, moi magiftrat, qu'il y 2 cent çorque
doniers dans ma ville, & que lcur fyndic qui
me
au befoin le
les a reçus puiffe
repréfenter
nom', le domicile & la patrie de chacun.
Qu'un homme qui n'a pas une parfaite
connoiffance des drogues ne puiffe pas impunément, vendre & çompofer- des médecines
dans un pays où le poifon eft tous les jours
que çet homme foit foumis à Texaemployé 2
de fes
men de fes confreres., à T'infpeétion
fupérieurs 5 que les étrangers qui abondent
dans ma ville foient à la recommandation d'un
Conful ou tel autre prépofé, qui fache leurs
noms leurs demeures & leurs affaires 2 2 &
qui en inftruife la police.
Que les marchands maritimes foient diftinêts
des marchands en boutique 1e > & ceux-ci- des
commiffionaires qui vendent & achétent pour
de fes
men de fes confreres., à T'infpeétion
fupérieurs 5 que les étrangers qui abondent
dans ma ville foient à la recommandation d'un
Conful ou tel autre prépofé, qui fache leurs
noms leurs demeures & leurs affaires 2 2 &
qui en inftruife la police.
Que les marchands maritimes foient diftinêts
des marchands en boutique 1e > & ceux-ci- des
commiffionaires qui vendent & achétent pour --- Page 221 ---
oll
-
le compte des habitans ; que les uns & lcs'
autres foient connus.
Que lcs Médecins & Chirurgiens foient
obligés de donner avis des maladies dans la
ville, afn qu'on empéche d'accumuler les
malades dans une même maifon, dans une
même rue , &de prévenir par toutes les précautions poffibles la contagion
2 l'épidémie
dont un pays chand eft toujours menacd.
Qre les gens de couleur libres foient répartis 2 comme je -Tai dit, en deux claffes,
ceux qui ont un fonds, un métier, ceux qui
n'en Gnt pas, afin quc l'on difpofe lcs derniers
à tin fravail
qucleonque 2 au moins qu'on les
tieune poar fufpeas.
Que tous les. comeftibles qui arrivent du
dehors foient inférés fur un regiftre; & que
fur un caleul de confommation on regle celui
d'uprovifionement.
Voilà à peu près comment on pourroir régler la police d'une ville de Colonic, & com.
ment on eft str qu'il n'y en a pas quand allcun de ces érabliflemens n'exitte.
J'ai dit qu'il falloir un Grefe & un Licute.
nant de police. Sans un dépor de faits & de
O 4
- AoTPEmE --- Page 222 ---
UMANTTOSE
le fl d'auçune afformes 01l ne fuivra jamais
pofée T'adfaire ; c'eft fur des regillres qu'eft
machine de la police de Paris.
mirable
cru qu'il
A St. Domingue on a toujours
feroit
d'examiner & d'ordoner ; ce
fuffifoit
chofe quc ces examens préalables,
quelque
état de les faire, & de pro-.
qu'un homme en
tout. L'orenfuire , mais ce n'eft pas
noncer
ne doiverit point
dre, la forme & les principes
foient
il fant qu'ils
dépendre de Thomme,
invariablement,
réfléchis, arrêtés & preferits feroit celui ou
Le meilleur des gauvernemens mieux faire
Thomme de génie ne pourroit pas. & l'autre ne
Phomme médiocre, car Tun
que
ferviles de la loi qui aulferoient que les-agens
roit tout prévu.
géndDirai-je ici qu'sprès ces réglemens dans
de defcendre
raux. il feroit aufli important
& de sy arrêter s de voir ce qu'il y
les détails
Ja commodité,
a de fait pour la propreté, fi
dis qu'il n'y a
la (alubrité des villes , ou je les rues cft
rien ? que le feul ordre de balayer
pavé
fans exécution, qu'un
prefque toujours
le foleil caleibralant n'eft jamais arrofé , que
dans les rues 5 qui pourroient
se les paflans
eroit aufli important
& de sy arrêter s de voir ce qu'il y
les détails
Ja commodité,
a de fait pour la propreté, fi
dis qu'il n'y a
la (alubrité des villes , ou je les rues cft
rien ? que le feul ordre de balayer
pavé
fans exécution, qu'un
prefque toujours
le foleil caleibralant n'eft jamais arrofé , que
dans les rues 5 qui pourroient
se les paflans --- Page 223 ---
lua i
être tentées.,
qni pourroient être
inondées par des ruifftaux,
rafmnichics,
des arbres, que des
ombrages par
guartiers
halent une odeur infeéte,
marécagenx eXque année des
qu'il's'en éleve chatorrens de fievres
qu'aucune précaution n'eft ordonée malignes,
incendies,
pour les
9 que les quais informes d'une ville
opulente font fans ceffe
préfentent
embaraffés, & ne
aucune de CÇs
au commerce ?
failités-néceffires
Si je dis tout ccla, n'eft çe
fulpeét
pas me rendre
d'eragération, & accufer de
cc ccux qui auroient da s'en.
négligenpourtant dans l'exagte
occuper, Voilà
préfenre
vérité le champ qui fe
aux mains bienfaifanres
le travailler.
qui voulront
Qu'on n'allegue point ici les
textes frivoles de la pareffe & de
Dréne peut pas faire à volonté T'ineptic qu'on
le bien & le
mieus, que l'ordre & la perfeétion
idées fublimes
font des
les
propres à être configuées dans
romans 2 ou mis en ceuvre dans le
me de Salente. Eh ! qui
Royau.
fection !
vous parle de perDebrouillez feulement le
mettez en pratique un
cahos,
les peuplcs
précepre reça chez tqus
policés 5 il nous reftera encore
O5
o1
--- Page 224 ---
mamer ICEICCIDEATCINT
E
aspesermeaanse
aflez de vices & de défordres., 2 je ne prétends
pas les réformer,
Mais quelqu'un me prépare ici une objection plus folide. Iln'ya point, dites-vous, de
police dans votre Colonie, la juftice y eft
Tadminiftration mal entendue, & cCnulle 2
pendant vous nous avez parlé d'un accroiffedans vOS cultures ; nous en
ment prodigicux
voyons entrer dans nos ports des produits imconcevoir
forte tant
menfes : comment
qu'il
de-richefTes d'un pays oû tout eft à faire & à
réformer ? Fort bien, mais voyez auffi le
Pont-Euxin couvert de vaiffeaux, Conftantiremplie d'étrangers, de marchands, de
nopie
marchandifes, T'Arabe verfant de fes ports dans
les vôtres fon caffé & fon: parfum, FInde
fourniffant à la moitié de la terre des alimens,
des toilcs 2 & des diamans 3 qu'en conclurczvous ? qu'un folheureux follicite Tinduftrie, &
que Tun & l'autre peuvent luter quclque temps
contre une mauvaife 1égislation.
CO4t
iremplie d'étrangers, de marchands, de
nopie
marchandifes, T'Arabe verfant de fes ports dans
les vôtres fon caffé & fon: parfum, FInde
fourniffant à la moitié de la terre des alimens,
des toilcs 2 & des diamans 3 qu'en conclurczvous ? qu'un folheureux follicite Tinduftrie, &
que Tun & l'autre peuvent luter quclque temps
contre une mauvaife 1égislation.
CO4t --- Page 225 ---
lna enEneEa
-
CHAPITRE IV.
DE LA POLICE ET COMPOSITION
DES Trou.
PES ET MILICES.
En parlant de la firuation de la Colonie
pendant la guerre,lai expofé
qui pourroit opérer fà défenfe fommairement ce
écrit &
; on a beauconp
projeré far cct objet 1 j'ajouterai
peu de dérails au petit nombre
d'obfervations
queje me fuis déja permifes. Les mémoires
Généraux, des Ingénieurs
des
ont indiqué les pofitions, , les répartitions de troupes & les
vifionemens néceffaires. Je confidere
aprolement ici lcs officicrs & les foldats, principadans ce
qu'ils ont de relarif à la police & sûreté intérieure de la Colonie.
La forme à donner aux
corps militaires
changée, , rechangée f fouvent, n'annonce
de la part du réformateur
rien
que l'amour de la
nouveauté. Légion ou régiment, bataillons
brigades féparées, c'eft
ou
comme T'habit blanc
ou bleu, au moins à (St. Domingue
n'ignore pas que pour Ja
3 car je
compofition d'un
d'armée il ne foir néceffaire
corps
modificr les
d'organifer & de
corps particuliers felon la for.
-- --- Page 226 ---
ToMEmai TENUELCCITEITT :
soenenesos
l'objet des armes & des manceuvres
me &
qui leur font alignées,
de faire
Mais dans une ile où il eft difficile
de
dont la garnifon ne
- une guerre
campagne,
êtrç utilement employée qu'a empècher
peut
invafion fubite où les
une defcente 2 à une
les
vaiffeaux doivent jauer le premier rôle ,
de terre ne peuvent être vues en temps
troupes
auxiliaire
de guerre que comme un inftrument
des vaiffeaux, , & en temps de paix comme un
de police. A Çe titre-là le fond de trois
moyen
réduit même à deux par les
mille hommes, ,
journaliers, fuffiroit à St. Domingue
accidens
pendant la paix,
fuffent
J'aimerois mieux que ces troupes
enr(gimentées que diftribuées en compagnics
frarches, parce qn'il me femble que notre
eft le chef-d'ceuvre de l'informe de régiment
le
militaire anciene & moderne pour
fitution
Les
fervice de guerre & pour la difcipline.
franches ne paroiffent fufeepribles
compagnies
d'enfemble, ni de tenue: 2 ni d'émulation,
ni
mobile du foldat; d'ailleurs
qui eft le grand
s'cxécurent
routes vos évolutions impofantes
cfcadron, ainfi à quoi bon
par bataillon, par
chef-d'ceuvre de l'informe de régiment
le
militaire anciene & moderne pour
fitution
Les
fervice de guerre & pour la difcipline.
franches ne paroiffent fufeepribles
compagnies
d'enfemble, ni de tenue: 2 ni d'émulation,
ni
mobile du foldat; d'ailleurs
qui eft le grand
s'cxécurent
routes vos évolutions impofantes
cfcadron, ainfi à quoi bon
par bataillon, par --- Page 227 ---
-
20;
divifer vos troupes par compagnies ifolées ?
Si vous êtes obligés pour les employer & lcs
faire manceuvrer de ies réunir par bataillons
au commandement d'un feul, je ne fuis
militaire , mais dans ce que j'ai vu & la, pas
ne trouve point les raifons. de ces
je
franches
compagnies
2 qui conviendroient tout au plus à
la République de Luques. J'excepre le fervice
maririme * celui des vaiffeaux, 3 qui effcétirement eft fufceptible de cette
faut fur les
forme, car il ne
gaillards des vaiffeaux que dcs file
filiers. Les
évolutions, 5 les manceuvres fe réduifent à charger & à tirer jufte ; ainfi de
tits corps de cent ou de cent
pecinquante hommes font encore plus propres que des
mens à être diftribués fur les vaiffeaux. régiMaisà St.i Domingue gardons nos régimens,
qui commencent à être formés & diftiplinés,
malgré le mauvais choix d'hommes
les
cruteurs
que
redeftinent aux Colonies.
Comme il ne faut pas arrêter un plan militaire pour la paix, mais pour la
porterois à dix bataillons
guerre, je
d'infanterie, & deux
d'artillerie 1 la fomme des forces de terre af
fignée à la défenfe-de St. Domingue.
-- --- Page 228 ---
aenmmwmenaeneen 1311311 o 11121
2c6
Lc fond de ces troupes divifées en trois rédans la Colonic, &
gimens doit être permanent
moment par les comcompléré au premicr
franches de la marine, 2 & les brigades
pagnies
fcroient elies-mêmes recrutées
d'artillerie, , qui
d'inconvéniens que les Colonies
avec moins
L'habitude de'la
par des hommes nouveaux.
foldats
féjour des ports rendent les
mer &le
que tous lcs aude marine bien plus propres
fervice des Colonics ; cette confidératres au
& toutes les autres doition eft importante,
vent lai être fubordonées.
difciLes officiers & les foldats foumis à la
la plus cxaête & à la police intérieure de
pline
doivent jamais influer fur
leurs corps, ne
celle de la Colonie, à moins d'une commod'un inccudie. Cette force
tion dangerenie,
n'en
eft dans la main de l'adminiftration pour
ufer. Armis decoraium 2 3 oportet legipoint
dit Juftinien en parlant de
bus elfe armiatum,
la fouveraineté.
de troupe ne peut jamais
Delà uni officier
officier civil, ni en faire les fonéions;
être un
confufion répugne à tous nos gouvernecette
même à cclui des Tures,chez
mens moderncs,
ie. Cette force
tion dangerenie,
n'en
eft dans la main de l'adminiftration pour
ufer. Armis decoraium 2 3 oportet legipoint
dit Juftinien en parlant de
bus elfe armiatum,
la fouveraineté.
de troupe ne peut jamais
Delà uni officier
officier civil, ni en faire les fonéions;
être un
confufion répugne à tous nos gouvernecette
même à cclui des Tures,chez
mens moderncs, --- Page 229 ---
-
lefquels un Cadi n'eft point it1l
Janiffaire. Un
Capitaine s un Major de troupes ne doivent
avoir dans aucun cas un ordre à donner à
individu qui ne foit pas foldat; & G
un
un officicr
fupérieur fe trouve chargé de détails d'adminiftration, nous avons vu combien il ef effenticl qu'il lcs fiche, qu'il les ait
qu'il ceffe d'être
appris > &
militaire quand il n'eft
à la tête de fa troupc.
plus
Il eft donc tres-abufif
le
que
commande
ment & Tadminifration qui y eft atachée fe
repréfente dans une ville de
grade en grade
jufqu'à celui de Capitaine & de Licutenaht,
Que la troupe foit commandée
ainfi, à la bonne heure; ; mais-que celai -qui crérce
tagc une
Oul parmagifirature, même par interim,
foit abfolument
y
éranger, cela n'eft pas
rable. Il faudroit donc
fuporpourvoir à CCS évensucls., & que le repréfentant immédiat
Gouverneur ne pûr être
da
remplacé par interim
que par un officicr fupéricur ou par le chefdu
Confeil, auquel il convient qu'an
me ou un officier fans
jeune homexpérience foit fubordoné pour des détails civils.
Mais je nevoudroispoint laiffer les officiers
-
-- DEREUKNE --- Page 230 ---
- A - (15
fans perfpeétive d'avancement S il
fubalternes
Lieutenant eût
feroit à défirer qu'un fimple
d'être fait Gouverneui-genéral s'il
l'efpéranee
s'en rendoir capable.
Dans le plan de police que j'ai propofé,
astuel fe trouvé inutile; mais
tout P'Etat-Major
telle que celle de
nixte ,
une adminiftration
ordre de fujers miliSt. Domingue, exige un
y participer : ainfi il cft nés
taires qui puiffent
intermédiais
ceffaire d'en former dans un rang
tienne à cette conftitution.
re qui
adminiftrant pourroit dont
L'Etat-Major
& les
être compolé - , outre le Gouverneur
Commandans en fecond, de deux Lieudeux
de Roi & de fix Aide-Major- r Généraux.
tenans
Lieutenans de Roi feroient fédentaiLes trois
feroient
dans.les chef-lieux ; les Aide-Majors
res
alternativement daus tous les quartiers
envoyés
vifiter
de la Colonie pour y faite des revues 3
les lieux, les ports 5 les munitions $ examiner
fur
rendre compte des affaires particulieres
on
les chefs auroient à prononcer.
lefquelles
lordre , &
commander quand ils en auroient
dérangeroient la
que des difficultés imprévues
marche ordinaire 5 affifter aux délibérations
des.
les Aide-Majors
res
alternativement daus tous les quartiers
envoyés
vifiter
de la Colonie pour y faite des revues 3
les lieux, les ports 5 les munitions $ examiner
fur
rendre compte des affaires particulieres
on
les chefs auroient à prononcer.
lefquelles
lordre , &
commander quand ils en auroient
dérangeroient la
que des difficultés imprévues
marche ordinaire 5 affifter aux délibérations
des. --- Page 231 ---
atnen
-
des chefs lorfqu'il feroit queftion
d'aprorifionement, de difcipline > de quereles entre les
corps, 2 exécuter enfin les ordres de détails
le Général jugeroit à propos de leur confier. que
Tels feroient lcs grades
indépendans des
graces militaires auxquels pourroient être deftinés' ceux des Officiers de la Colonie
treroit de
qui monl'aptitude aux affaires ; & je crois
gu'il feroit fage de ne pas chercher ailleurs les
Commandans en fecond. & le Gouvernenr
même.
Du refte, 2 je voudrois qu'on prévint cfficacement toute querele d'officiers avec le bourgeois, qu'on empéchit toute communication
des foldats avec les negres, &
qu'on ne leur
permète d'aller travailler dans les
ce
habitations,
qui importe autant à la bonne police
leur confervation. Si on
qu'à
veut leur faire
de Targent, qu'on les
gagner
emploie aux travaux
publics.
La formation des milices
, qui a fouffert
quelques difficultés > parce qu'il y avoit eu
une parole donnée & de l'argent exigé
renoncer 2 cette inftiturion,
pour y
2 dis-je,, eft
dant utile. Il convient
cepenque trente mille blancs
P - aupaBar
--- Page 232 ---
L - - TEMEM 12
de deux cens mille
foient armés contre plus
intérieure & même la police
noirs ; la poliee
y
de la Colonie en paix & en guerre peuivent
trouver des fecours.
effe@tifs la
J'eltime à onze mille hommes
nationale, fur lefquels Onl peut compter
milice
ou mulâtres libres,
plus de trois mille negres
bons à employer à tout en temps de guerre
les payant bien 7 car ce feroit injufte autreen
notament très-propres à
ment ; ils feroient
faire le fervice de
renforcer les bateries 2 & à
la moufqueterie dans un pofte.
blancs habitans , on ne peut en
Quant aux
& encore ne fauexiger qu'un corps de main,
les déplacer de leurs quartiers, mais
droit-il pas
plufieurs
c'eft beaucoup que de pouvoir garnir
fur les côtes fans afoiblir lcs garnifous
poftes
préfame que fi on avoit à
des chef-lieux. Je
on feroit la diftribution
craindre une ataque 2
onéreufe de
& la moins
la plus intelligente
détachefecours & qu'on méleroit aux
ces
,
& officiers d'artilmens de milices des fergens
diriger le fervice des batéries.
lerie pour
fervice des milices doit
Pendant la paix ce
être nul, & les revues rares 2 pour ne point
es
préfame que fi on avoit à
des chef-lieux. Je
on feroit la diftribution
craindre une ataque 2
onéreufe de
& la moins
la plus intelligente
détachefecours & qu'on méleroit aux
ces
,
& officiers d'artilmens de milices des fergens
diriger le fervice des batéries.
lerie pour
fervice des milices doit
Pendant la paix ce
être nul, & les revues rares 2 pour ne point --- Page 233 ---
atnenenemeveee
-
21I
fatiguer ni déranger de leurs travaux les habitans & les artifans. Le
commandement & la
difcipline militaire ne peuvent avoir lieu
ce corps volontaire ; il eft ridicule &
pour
vexatoire de prononcer les arrêts , ou la prifon
tre un pauvre habitant qui fera mal
conarmé,
arrivera tard à une revue 9 ou qui s'en abfen- qui
tera pour une caufe légitime. Il eft inutile à la
digniré d'un homme en place de fe faire efcorter par des économes
> rafineurs ou habitans
en uniforme 5 & fi leur
empreffement les
te fans fuggeftion, à ces
porcayalcades, il eft
fage de les leur interdire
7 parce qu'aucun de
ces gens-là n'a un jour à perdre pour fa fortune ou pour celle de fon commettant.
Un Commandant de milice & nul
ne doit être autorifé à faire foner
autre
boute-felles à fa volonté.
2 ainfi les
Les negres & mulatres libres miliciens ne doivent
point êrre employés comme des archers ou des couricrs
porter des ordres des
à
les
Commandans, 2 fi on ue
paie. Il faut que chaque individu
jouiffe
pleinement de fes droits
9 & ne puiffe être
trouble 2 mandé, menacé que dans les formes
& les cas convenus.
P 2
-
in
--- --- Page 234 ---
- - 1311 a
A
libre doivent bien être
Ces gens de couleur
à la pourfuite des negres marrons,
employés
foient propres ; mais il
il n'y a qu'eux qui y
ils marfaut que la Colonie les paye quand
feroient-ils foumis gratuirechent : pourquoi
ment à cette corvée ?
de camexpliqué à l'article de la police
J'ai
officiers de micomment les principaux
pagne
Il n'y font pas
lice peuvent.y être employes.
mais il faut déférer au faffrage
tous propres 2
eft aflez sûr. Ce font
public qui ordinairement
des graces 2 qui
là des fujets à diftinguer par
leur effet lorfqu'elles fontproftiruées.
manquent ordonance des milices a annoncé
La derniere militaires & da croix impétrable par
les grades
de fervice dans la milice 2
la feule anciéneté
fervices miliraires
eft abufif, car ces
ce qui
je l'ai dit, pendant la
n'exiftent pas 2 comme
& acciden-
& ne peuvent être' que rarcs
paix,
wirtutis Bellicee
tels à la guerre. Le fignum
& non
motivée ,
devroit être une récompenfe
n'a d'autre
un lot échu au farvivant, qui
pas
date de fa commiffion de milices.
titre que la
fagement dans
Ah ! Thomme qui a commandé
Tharentretient la paix,
fon quarticr 2 qui y
'ai dit, pendant la
n'exiftent pas 2 comme
& acciden-
& ne peuvent être' que rarcs
paix,
wirtutis Bellicee
tels à la guerre. Le fignum
& non
motivée ,
devroit être une récompenfe
n'a d'autre
un lot échu au farvivant, qui
pas
date de fa commiffion de milices.
titre que la
fagement dans
Ah ! Thomme qui a commandé
Tharentretient la paix,
fon quarticr 2 qui y --- Page 235 ---
Alua
-
monie. , qui entend & exécute avec
lcs ordres de l'adminiftration,
intelligence
2 qui ne mer d'importance qu'à êtrc utile 2 cet homme-là mérite
la croix; qu'il parvienne même à la commiffion
honoraire de Major, de Licutenant de Roi
par de longs fervices, 2 les exemples
meilleur effet. Mais
auront le
que tous officiers de milice
indiflinétement n'obtiennent
point une décoration militaire, qu'ils foient convaincus
eft néceffaire
qu'il
pour l'obtenir de fervices réels
pendant la paix ou la
guerre, 3 que le
des chefs de l'adminiftration
fuffrage
foit néceffaire
pour noter léur conduite & leurs titres &
que le plus cffentiel
;
pour eux foit un concours
perfévérant au bon ordre & au bien
public. -
P 3'
InumEus er
-- --- Page 236 ---
- - E1 a
-
CHAPITRE V.
DE LA POLICÉ DES GENS DE MER
A ST. DOMINGUE.
des claffes connus & admiNos réglemens
rés dans toute TEurope maritime ne peuvent
pour la partie effenavoir lieu àSt. Domingue
T'enrôlement & la diftribution des gens
tiele,
de matelots,
de mer 5 en ce qu'il n'y a point
arrivent fur les vaiffeaux
outre que ceux qui y.
du Roi ou du commerce. Je propole cepend'ordonance de claffer
dant -dans mes projets
de couleur libres qui n'ont ni terres,
les gens
dans les rades OCni métiers ; mais leur féjour
des
calionant des défertions, des quereles,
Ordonances renplaintes. Il y a et diverfes
les Codues pour la police des équipages dans
ces Ordonances & pour
Ionies ; c'eft d'après
fuivre
affurer leur exécution 2 ainfi que pour
primitifs qu'on a érablit
T'efprit des réglemens
un budans tous les ports de St. Domingue
des clafTes, dirigé par un fous-commillaireau
écrivain. L'office de
re de la marine & par un
vifer le rôle
eft de recevoir &
ees propofés 2
d'en paf
à T'arrivée du vaifleau,
de l'équipage
c'eft d'après
fuivre
affurer leur exécution 2 ainfi que pour
primitifs qu'on a érablit
T'efprit des réglemens
un budans tous les ports de St. Domingue
des clafTes, dirigé par un fous-commillaireau
écrivain. L'office de
re de la marine & par un
vifer le rôle
eft de recevoir &
ees propofés 2
d'en paf
à T'arrivée du vaifleau,
de l'équipage --- Page 237 ---
Altuc MINCNNOTERENTET
-
fer la revue , ainfi que celle des
certifier le
paflagers , en
débarguement, recevoir les plaintes
s'ily y en a, renvoyer par-devant le tribunal de
l'amirauré tout cC qui eft contentieux
> & faire
provifionclement la police fommaire en rendaut
compre à l'Intendant.
C'eft fans doute un-bon érabliffement
cclui-là, car s'il n'exiftoit
que
roir
pas 2 on ne pourpas fuivre la trace des gens de mer & autres qui s'embarquent ; ils feroient fouvent
perdus pour l'Etat auquel ils apartiennent &
pour les familles auxquelles il
ver dans uu
importe de troudépôt public les époques d'arrivée
& de départs, &c.
les Ordonances
Mais, dirons nous que
les plus fages ne s'exécurent
pas, il eft rebutant de le répéter fi fouvent,
eft vrai cependant
Il.
qu'on a perdu T'habitade de.
paffer la revue des équipages & des
à T'arrivée & au départ
paflagers
; on fc contente des
déclarations des Capitaines
2 & jai'vu
rôle d'armement fait dans la
plus d'un
nir que des noms
Colonie ne contefuppofés.
J'ai vu auffi mettre en. queftion s'il étoit
utile ou dangereux de tolérer les défertions
gens de mer 2 & la tolérance
des
a prévalu ; nomP 4
-- 2121 E voTe a --- Page 238 ---
.
CITAIA STETETCITET
bre de mâtelots abandonnentleurs vaiffeaux par
d'un grand bénéfice 2 en travaillant
l'appât
foffoyeurs fur les
comme pioniers 2 comme
ciel
Ces ouvrages forcés fous un
habitations.
les
ardent les épuifent bientôt ; le libertinage
& ils périffent fans poftérité. Ce mal
acheve 2
avec le petit
extrême peut-il être mis en parité
qu'on prétend retirer de ces déferavantage foutenir le cabotage intérieur & la
tions pour
de la Colonie ? Si l'on ne veut pas 2
peche
employer unicomme cela feroit poffible , y
mieux
des negres 2 ne vaudroit-il pas
quement
demancongédier de gré à gré les matelots qui
à rcfter dans la Colonie 2 à la charge
deroient continuer leur métier de marin, en
par eux de
fur les baformer un dépôt, & les diftribuer
caboteurs, en leur interdifant fous les
teaux
féveres le travail de la tcrre aupeines les plus
Certainement s'il
quel ils ne peuvent refifter?
il feroit
avoit dans la Colonic un. arfenal,
y
entretenir toujours un certain nonibien d'y.
& de les diftribuer
bre de gens de mer s
fervice &
en clafTes de
comme en Europe
mais puifqu'il n'y a aucun point
de repos 3
n'cft.
de ralliment pour ces hommes épars,
interdifant fous les
teaux
féveres le travail de la tcrre aupeines les plus
Certainement s'il
quel ils ne peuvent refifter?
il feroit
avoit dans la Colonic un. arfenal,
y
entretenir toujours un certain nonibien d'y.
& de les diftribuer
bre de gens de mer s
fervice &
en clafTes de
comme en Europe
mais puifqu'il n'y a aucun point
de repos 3
n'cft.
de ralliment pour ces hommes épars, --- Page 239 ---
ce pas en favorifer la
d'en autorifer la défertion confommation > que
punir d'ane
? Je voudrois même
amende les habitans
ploient. J'eftime qu'il déferte
qni les emprès de fix-cens
à St. Domingue
dans les
matelors par an ; leur
ports 2 quoique bien ordonéc police
mieux cxécutée , les
n'eft pas
pretentions du
dement, des tribunaux
commiancier des
croifent fouvent l'offis
elaffes, qui n'eft pas
rifé, & qui cependant
fufifament autoabufe
toujours vu avec peine
quelguefois. J'ai
lots pour des fautes
emprifoter les mate.
Domingue eft
légeres ; un cachot à St.
voudrois
prefque une peinc capirale.
que les gens de mer
Je
fon
euffent une
particuliere, ou qu'ils fuffent
prifur le vaiffean
mis aux fers
commandant,
d'être punis.
lorfquils méritene
Les armemens qui fe font dans
& pour lefquels il
la Colonie,
font
y a des regles établies,
prefque affranchis
2 en
mer où il
; un bâtiment va délarplait au Capitaine.
J'abrege des
ennuyeux,
détils, que je penfe rendre
ajouter
en difant qu'iln n'y a pas un article
aux Ordonances déja faites
à
fes, mais
fur les claf.
qu'il en eft fort peu d'exécurés,
P S
a
-
AMIAMATAIAIA --- Page 240 ---
CANENLC oll TPTETTETETET
CHAPITRE VI.
DES FINANCES
La Colonie de St. Domingue, & en général toute Colonie ne doit payer d'autre impôt
de fon
S tel a.
quc les charges
gouvernement.
de la conftitution ; on s'en eft éloiété l'cfprit
connoif
gné. Lc Roi a voulu que les Colons
fent leurs befoins & y pourvuffent dans une
& compofée des déaffemblée dite nationale,
des deux Confeils, des principaux Offiputés
des Comciers militaires & d'adminiftration,
de milice. Le, titre d'o8troi, qui eft
mandans
qui fe perçoit fur les
celui confacré à l'impot
deurées d'après aveu 2 annonce un aête
& confenti. La formation de T'affemblée
libre
aflociés aux
annonce un corps de repréfentans
Texamen des befoins & des
gens du Roi pour
eft à certains
moyens. Enfin une Colonie
fociété de culture & de commerce,
égards une
d'autres charges que
qui ne peut être grévée
& à fa conferde celles relatives à fes intérêts
vation.
faire confifter la
Comment pourroit-on
dans une influence abgrandeur du Monarque
& confenti. La formation de T'affemblée
libre
aflociés aux
annonce un corps de repréfentans
Texamen des befoins & des
gens du Roi pour
eft à certains
moyens. Enfin une Colonie
fociété de culture & de commerce,
égards une
d'autres charges que
qui ne peut être grévée
& à fa conferde celles relatives à fes intérêts
vation.
faire confifter la
Comment pourroit-on
dans une influence abgrandeur du Monarque --- Page 241 ---
-
folue fur la déterminination des befoins
& des
moyens de cette fociété ? La
législation, la
police & l'adminiftration font une émanation
droite & naturele de l'autorité
fouveraine, qui
gouverne par des agens 2 & qui applique à fon
profit les fruits relatifs de la. Colonie. C'eft
ce fens qu'elle rentre dans l'ordre
en
fifcal, &
qu'elle alimente la puiflance de l'état. Mais
il vous importe de vous
plus
approprier les produits, de lui faire augmenter
ceux de la Métropole, plus vous devez alléger fcs
locales & fa contribution
charges
Janfible ; car elle ceffe
d'être Colonie du moment qu'elle eft traitée
comme domaine.
Chaque homme eft en quelque forte habitant obligé de fa ville, 2 de fon village les
lations, les liens
;
requi T'y atachent ne
être rompus que par accident : mais penvent
nent membre volontaire
en devede la Colonic,
de la fortune qui m'y
l'efpoir
appele peut feul
retenir. Protégez donc ma fortune
m'y
au lieu de
T'ataquer; ; & s'il faut que je paie la
laiffez-moi le mérite &
proreétion,
l'apparence d'une contribution volontaire : celle que je dois à l'état
-- T2l2 - R --- Page 242 ---
TCIAl uen 13113113 a11 - 21 1e
fujet eft largement payée par mon tracomme
vail de Colon.
qui
Ainfi cette affemblée de repréfentans,
fur Fo&troi, fur les charges, far
doit déliberer
étoit bien vue par le Gonverneles moyens,
& felon lefment 5 elle eft dans les principes
à
Nul inconvénient n'étoit
prit de la Colonie.
c'eft
craindre de la liberté dc fes opérations ;
& un crimc fouvent',
une chimere abfurde 2
fur des
d'allarmer T'autorité fouveraine
que
poffibilités moralemient impoffibles.
Il eft inutile de rapcler les époques où cetd'être autre chofe qu'une
te affemblée a ceffé
les ordres
vaine formule qui fert à promulguer
Ce ne font point des Conde Tadminiftration.
affaires étrangeres à la Colonie qui
feillers des
de fes repréfentans ; un
peuvent faire P'officc
fuffifant d'habitans, des commerçans
nombre
devroient y padéputés par leurs quartiers 2
lamicres.
des inftrustions & des
roître avec
la volonté
Alors les chefs, en annonçant
fur les charges civiles du Gouvernement
du Roi
des Colons fur la meilentendroit auffi le vceu
les
économie ; alors après avoir arrêté
leure
défenfe felon le plan ordofrais de police avec
uvent faire P'officc
fuffifant d'habitans, des commerçans
nombre
devroient y padéputés par leurs quartiers 2
lamicres.
des inftrustions & des
roître avec
la volonté
Alors les chefs, en annonçant
fur les charges civiles du Gouvernement
du Roi
des Colons fur la meilentendroit auffi le vceu
les
économie ; alors après avoir arrêté
leure
défenfe felon le plan ordofrais de police avec --- Page 243 ---
né par
fadminifration, cette affemblée indiqueroit auffi ce qui eft utile à fon
à fon commerce à
agricultures
de
&
2 T'exploitation de l'un &
Tautre, y alligneroit des fonds dont
ploi lui feroit
l'emavilir ni
repréfenté: : car ce n'eft point
compromettre l'autorité
trer cette forte de refpedt
que de monle Prince méme
pour la
ne
foipabligue;
privé
pouvant avoir ici
ou contradiStoire à ceux de la d'intérêt
ne fauroit trop mettre fes
Coloniey
Au refle ceci n'eft agens en évidence.
point une
propofée, c'eft l'efprit & la lettre innovation
tion. Les Confeillers
de l'inftirules recenfemens
habitans faifoient ci-devant
qui fervoient à établir
ils arrêroient avec FIntendant
Timpôt;
les
recettes & de dépenfes, &
comptes de
encore. Les
cette forme fubfifte
Confeillers font
fellion d'une caille
toujours en pof
appclée
ils reglent
municipale, dont
fe 5 c'eft celle privativement la recette & la dépenqui fert à payer les Curés & les
Maréchauffées, & cette
diétion &
exception de la jurismanutention, de
même être répurée abufive. TIntendant peut
dates quelconques
Les tribunaux, les
détails :
dirigeront toujours mal les
que pluffeurs déliberent, mais
qu'un
21 - al121 :
/ --- Page 244 ---
MIlci1e I FRENE A 2 2
a
cette maxime & la fubdivifait exécuter ; j'aime
fion dans la pratique.
* Dans l'état astuel, la Colonie paie argent
de France.
droits d'exportation fur les denrées
En
livr. 300G000
fur les efclaves 400000
En droit decapitation
En ferme des poftes 2 recette effeétive 5CO00
En ferme des boucheries, recette effe@tive40000
En droits de 51 P. cent furles loyers de mai80000
fons
La dépenfe fe monte
75C000
En appointemens
En Penfions
Solde & fubfiftance des troupes
48c00
Marine de la Colonie
Fortifications & artillerie
35c000
Hopitaux
dans cet état annuel de dé-
* Il ne peut être queftion
du Port au
penfes occafionées par la reconfiru@tion
vont à plus de deux milliers jufqu'à
Prince s qui
préfent,
mai80000
fons
La dépenfe fe monte
75C000
En appointemens
En Penfions
Solde & fubfiftance des troupes
48c00
Marine de la Colonie
Fortifications & artillerie
35c000
Hopitaux
dans cet état annuel de dé-
* Il ne peut être queftion
du Port au
penfes occafionées par la reconfiru@tion
vont à plus de deux milliers jufqu'à
Prince s qui
préfent, --- Page 245 ---
Dépenfe des Vaiffcaux du Roi
Loyers de maifon &
IOOOCO
logemens
Fournitures 2 & diverfes
SOOCO
Dépenfes
dépenfes
40COCO
a
extraordinaires
260CC0
299400c.
Telle eft à peu près la recette & la
annuele, dont la balance
dépenfe
la caiffe de la
paroit à Tavantage de
qu'au
Colonie ; & je ne doute
premier
pas
ne paroiffe
coup-d'eil cer état de fituation
merveilleux. Quelle
t-on s pour établir
facilité, dira.
fond
une caiffe
en réferve
d'épargnes, un
pour les temps de
que ne diroit-on
fi
guerre ? Et
pas l'on favoit
core plus facile de
qu'il eft enretrancher
cens mille livres far
plus de quatre
l'état des
fans publier ici,
dépenfes ? Mais
monde
ce qui ne plairoit pas à tout le
2 j'affure que le régime
d'une Colonie exclut
économique
tout amas
comme il ne
d'efpeces ; car
ceffaire
peur y en avoir que ce qui eft népar la.
fi
une partie dans cireulation, vous en arrêtez
nuit
les caiffes, cette abftraétion
& indubitablement à T'activité des
achars.
recettes
Indépendament de cette confidéraLe aTal - 2ll2
- --- Page 246 ---
TETTEITEITEATER
- 3 1
1a
s'il eft facile d'amaffer dans un pays oà
tion,
indiffcrent de forcer les impôts 1 il
l'on croit
de dépenferoit difficile de manquerd'ocafions
urilement dans ce même pays où tout cft à
fer
établiffemens utiles : car cn fuppofant
faire'en
fans inconvénient à quatre
qu'on pût porter
de
d'épargnes le reftant en caile
plumillions
pas fc faire un
fieurs années, 2 ne feroit-ce
fonds de réferve pour la guerre que de les déannuelement dans un Arfenal en apropenfer
de veiles, cables, matures s corvifionemens
ferremens, d'en affignerune partie pour
dages,
pour la conla sûreté de la communication,
des
ftruétion des ponts néceffaires, Fouverture
canaux utiles, &c.?
préfent il n'a pu être queftion
Mais jufqu'à
fur cela que de fpeculations 2 car l'acquiteanciencs dettes & des nouveles d6ment des
de terre
occafionées par le tremblement
penfes
1 des créations des pladu Port au Prince , par
la totalité des reecs,, abforbe ou à pen près
Ainfi pas même fur des impots que je
cettes. fonder les amcliorations 2 > les érablif
voudrois
doit êtrc néceffaire &
femens utiles 5 Timpôt
& l'autre font un
L'un
fon objetindlifpenfable
devoir
d6ment des
de terre
occafionées par le tremblement
penfes
1 des créations des pladu Port au Prince , par
la totalité des reecs,, abforbe ou à pen près
Ainfi pas même fur des impots que je
cettes. fonder les amcliorations 2 > les érablif
voudrois
doit êtrc néceffaire &
femens utiles 5 Timpôt
& l'autre font un
L'un
fon objetindlifpenfable
devoir --- Page 247 ---
-
devoir févere ; mais ce qui eft utile &
de à tous, fe préfente fous un
commorable, il femble
objer plus favoque la volonté qui peut le res
jetter s'y porte facilement & s'arrête
plaifance far le choix des
avec commoyens. Ainfi les
charges de la_Colonie pour les frais de T'adminiftration & de fa défenfe doivent être
fes à l'examen le plus
foumi.
ferupuleux, à la plus
rigide économie, car elles font un
on doit le réduire
impôt., &
eft
autant qu'il peut l'être. S'il
poffible d'établir des juges fans
mens, de confer le commandement appointe.
tiers à d'anciens
des quarOfficiers de milice
fans
quil'exercent
rétribution, de fupprimer la défenfe d'une
fortification inutile, 5 de diminaer les frais de
régie & de manutention,
doivent
toites ces réduétions
tourrer au profit des denrées des
res impofées, quand même
terdu
toutes les chaînes
commerce feroient à l'avantage du
Mais fi l'une de ces denrées
Colon,
invendue
difcréditée refte
5 ou éprouve dans fa valeur une rés
volution qui Tavilit, alors la raifon
cette denrée foit
veut que
déchargée par préférence,
quelques foient les befoins
publics. L'état des
impofitions eft aStuellément forcé à St.DominQ
-- --- Page 248 ---
Neltoilel CTETETTETET -
fe foutenir. S'il exifte une
gue,8 ne, peut
où le
fur les éfciaves dans un pays
capitation
relatif à la
travailid'un negre eft un produit
exploite, en forte que
valeur de la terre qu'il
varie d'un à dix, la raifon veut
ce produit
de fubencore qu'on cherche un autre moyen
s'applique avec plus d'égalité aux diffide qui
Si dans Taffemblée
férentes claffes de richefle.
mettoit en évidence le redite nationale on
fupertranchement abfolu de toutes dépenfes
attentive de tous les
Aues, & la confidération
que l'on parut plus occupé
intérêts publics 2
croitréduiré qu'à augmenter les charges,
à
de reffources pour les
on que l'on manquât
de les indiaméliorations, 2 ne fuffiroit-il pas
& qui eft ce qui fe refufe à T'augmentaquer,
de fon aifance, 2 de fa commotion démontrée
famille qui appele près de
dité ? Le pere de
fa maimédecin, un chirurgien pour
lui un
l'éducation de
fon, un homme à talens pour
ceil
voit-il leur falaire du même
fes enfans 2
de nos revenus proque les impots? L'emploi
les chofes néne confifte-t-il pas à payer
pres
à la vie ? Ainfi la
ceflaires, utiles ou agréables
affemblée qui auroit participé à T'examen
même
près de
dité ? Le pere de
fa maimédecin, un chirurgien pour
lui un
l'éducation de
fon, un homme à talens pour
ceil
voit-il leur falaire du même
fes enfans 2
de nos revenus proque les impots? L'emploi
les chofes néne confifte-t-il pas à payer
pres
à la vie ? Ainfi la
ceflaires, utiles ou agréables
affemblée qui auroit participé à T'examen
même --- Page 249 ---
-
& à la fubvention des
charges , fe
encore plus honorée de
trouveroit
à la commodité, à la pouvoir concourir à
falubrité
de n'ayoir qu'à payer les
publique, &
établiflemens
qui lui feroient propofés.
utiles
Jc n'ai pas compté au nombre des
publiques différens droits
recettes
font partie, quoi qu'ils
domaniaux qui en
caifle du Tréforier
n'entrent point dans la
de la Colonie, &
droits
d'autres
municipaux dont la manutention
particuliérement fubordonée
eft
premiers confiftent
aux Confeils, Les
en droit de péage, amende,
confifation, déshérence,
deux
2 bâtardife, $ droit de
pour cent far les adjudications.
Les feconds appelés droits
Juppliciës, font
curieux 8
impofés par les
de paroiffes à raifon de tant
marguilliers
& efclave, &
par homme, libre
fervent à payer les
-des Curés, les Compagnies
honoraires
& le rembourfement
de Maréchaufiée,
des efclaves
car on a craint avec raifon
fuppliciés;
livrâr pas fon efclave
qu'un maitre ne
coupable à la
n'en pas perdre le prix.
juftice pour
Les droits de péages fe
barques des
perçoivent far les
rivieres, & devroient être deftinés
Q2
- 1-reott 3 --- Page 250 ---
11 9 2
mais il n'en eft rien;
à conftrnire des ports 2
monter à I 10O,OCO livr.
cet objet peut
à payer
& confcationsferventi
Les amendes
& ne
les frais & la fubfiftance des prifoniers,
la recette enl cette partie n'allant
fuffifent pas 2
pas à 80000 livr.
Le droit de deux pour cent étoit primitives
& chauffées, & il n'y
ment deftiné aux ponts
été employé : ; il peut rendre 25000
a jamais
livr.
curieux & fuppliciés, montent
Les droits
livr., fur lefquelles on paie
à plus de 300,000
de MaréCurés, deux Compagnies
quarante
fomme en remchauflées, 2 & une très-petite
bourfement de negres fuppliciés.
pourrois dire de ces différentes
Ce que je
chacune d'elles à fon
caiffes fe réduit à affigner
ordre &
& à les foumettré au même
objet,
qui eft l'adcomptabilité envers TIntendant 2
miniftrateur néceffaire des finances.
la forme établie
Quand à la comptabilité,
de la Marine, eft fans conpar les Ordonances
l'évident des retredit la meilleure. La sareté,
font demontrées ; le concettes & dépenfes y
ordoné de plufieurs agens qui ifevérifient
cours
fon
caiffes fe réduit à affigner
ordre &
& à les foumettré au même
objet,
qui eft l'adcomptabilité envers TIntendant 2
miniftrateur néceffaire des finances.
la forme établie
Quand à la comptabilité,
de la Marine, eft fans conpar les Ordonances
l'évident des retredit la meilleure. La sareté,
font demontrées ; le concettes & dépenfes y
ordoné de plufieurs agens qui ifevérifient
cours --- Page 251 ---
AnAaRneAtenetnene
/
l'an l'autre affare leur
miniftration
opération ; & notread.
a dans cette partie un
perfection que plufieurs
dégré de
ont pris
autres Gouvernemens
pour modele. In'y auroit donc
T'infinuation dcs Ordonances
que
à craindre & à
prévenir 2 fur-tont dans un
où
au relichement ; il fant pays
tout tend
nous en fommes
même avouer que
déja là, Lcs bureaus,
par-tout pays la machine de
qui font
font mal compofés â St.
Tadminifiration
s'eft point occupé
Domingue ; on ne
d'y former des
ne leur préfente
fujers, on
aucune
cettes & autres
perfpedive, Lcs replaces de finances
être leur recompenfe,
qui devroient
tcgés qui fouvent
font données aux pron'y entendent rien.
point de traitement fixe &
Iny a
un chef de
convenable pour
commis de burcau, dans un pays oi un bon
négociant cft
de devenir un
prefque tonjours sûr
affocié,
Le Contrôleur de la Colonie
l'efprit de T'Ordonance
2 qui felon
comptabilité de
eft FImfpe&eur né de lz
eft
toutes les recettes &
devenu par une erreur de
dépenfes,
pallif, dont les fongions
régime un être
tout ce
fe réduifent à figner
gu'on lui préfente ; on l'a mis dans
Q3
nells
/ --- Page 252 ---
-
fubalterne à une diftance énorme de
un grade
TIntendant, & il devroit être à fes côrés. On a
craint les tracafferies 2 les compromis , on en
a fait un homme nul, comme fi en laiffant la
prépondérance à TIntendant, on ne pouvoit
donner plus d'autorité au prépofé qui doit
pas fuivre l'exécution de fes ordres en finance ; il
feroit même utile qu'il pûr les fufpendre juf
qu'à un ordre itératif, çar le dernier mot doit
toujours être prononcé par un feul. Mais fi
lIntendant fe trompe, 2 s'il eft trompé par un
fourniffeur 2 par un comptable 2 n'eft-il pas
convenable que l'homme fait pour le lui dire
foit çonftitué en autorité 2 que fon avis foit
de quelque poids ? Lorfqu'un marche, une
entreprife paroit onéreufe 2 çe Contrôleur paf
fif ne fignifie rien pour le" marchand d, l'entrepreneur : s'il a féduit l'Intendant, tout eft
fait; s'il falloit en tromper deux, cc feroit
moins facile. Je voudrois donc que fans rien
le Contrôleur eût la liberté dc ne
arrèter,
fe feroit en finance
point figner tour ce qui
fon avis, à la charge par lui d'en rençontre
en avoir confédre compte au Miniftre, après
sé aveç FIntendant.
if ne fignifie rien pour le" marchand d, l'entrepreneur : s'il a féduit l'Intendant, tout eft
fait; s'il falloit en tromper deux, cc feroit
moins facile. Je voudrois donc que fans rien
le Contrôleur eût la liberté dc ne
arrèter,
fe feroit en finance
point figner tour ce qui
fon avis, à la charge par lui d'en rençontre
en avoir confédre compte au Miniftre, après
sé aveç FIntendant. --- Page 253 ---
AAoNMmemee Le fecond abus à réformer dans la comptadepuis long-remps & fablifte
bilité eft connu
L'Ordonance preferit de n'employer
toujours.
fur une décharge en
les parties prenantes que
fait tout le
forme & non fur un acquit 3 on
n'étant point
contraire. Ces acquits journalicrs
font réformés à la fin
pieces comptables, 9
& convertis en ordonances ;
d'un" exercice 2
que cC double travail prolonmais on conçoit
in-
& embaraffe la rédaétion des comptes,
ge
peuvent fe glifdépendament des erreurs qui
refonte
de pieces. Il
fer dans une
perpérucle
fimple, plus, exaét & beaucoup
feroit plus
de ne payer les dépenfes que
moins pénible
puifqu'à la fin d'ane
dans la forme preferite,
revenir. L'ufage de ces
année on eft obligé éd'y
oû lon
s'eft introduit dans les temps
acquits
.de fonds, où l'on ne payoit que
manquoit
la caifle eft aflez
par à comptc ; mais puifque
faire face aux dépenfes,
bien pourvue. pour
modès les premiers
pourguoi ne veut-on pas
à cela 1
mens les mettre en régle : on oppole
l'habitude.
dont
Un autre vice dhabitudeefhlercligar
comptables fe trouvent redevables à
pluficurs
Q_4
--- Page 254 --- leur caiffe. Je blâme fort Tindulgence dans
circonftance ; il mc femble qu'il n'y
parcille
obdes malheurs démontrés qui pniffent
a que
tenir exception à la févérité des Ordonances.
Dans la clafle des comptables fe trouve un
dont l'emploi n'a rien de comofficier public,
avec le - fifc, & n'en cft pas moins immun
c'eft le curatcur ayx bicns vacans,
portant ;
chargé de régir & de percevoir les revenus
des fucceffions qui n'ont point d'autre repréL'inftirution de cet office étoit néceffentans.
faire & bien entendue - , mais la cupidité 2 la
l'impéritic de divers titulaires ont
négligence,
quelquefois fruftré en tout ou en partieles créanciers & les héritiers de CCS fucceflions. ADieu
imputation auffi vague s'adref
ne plaife qu'une
ont exercé l'emploi de cufe à tous ceux qui
rateur ! il en eft affurément à l'abri de tous rej'en pourrois citer un au deffus
proches , &
la prode T'éloge, par lordre, l'intelligence,
févere
le diftingue ; mais c'eft ici le
bité
qui
lieu de remarquer qu'une charge publique qui
fous la main d'un homme, la fortune & les
a
doit être foumife à une
intérêts de plufieurs 3
une infpection réglée,
eenfure journaliere,-à
il en eft affurément à l'abri de tous rej'en pourrois citer un au deffus
proches , &
la prode T'éloge, par lordre, l'intelligence,
févere
le diftingue ; mais c'eft ici le
bité
qui
lieu de remarquer qu'une charge publique qui
fous la main d'un homme, la fortune & les
a
doit être foumife à une
intérêts de plufieurs 3
une infpection réglée,
eenfure journaliere,-à --- Page 255 ---
DBMDRIENETETE
-
On n'y a pas pourvu, car les bordercaur
envoyés tous les trois mois à TIntendant
fifent
ne fuf.
pas pour éclairer la conduite de celui qui
abufe,
Enfin le dernier abus, mais un des
plus
importans de la régie des finances à St. Domingue 2 eft que le Miniftre en ait cru voir
la sûreté dans, la révifion, la rédaétion
& le
redreffement des comptes faits dans fes burcaux,
& qu'il fafle comprer de la recette & de la dé,
penfe de la Colonie par un tréforier
réfident à Paris, qui n'a rien de commun général
cette Colonie,
avec
Où cette opération pouvoit-elle être mieux
faite que dans le lieu même 2 par lcs foins &
fous les yeux de ceux qui ont le plus grand
intérêr à un emploi fage des fonds, &
peuvent feuls en juger fainement.
qui
Le Miniftre n'eft-il pas intércflé à fe déba.
raffer lui-mème 2 quand cela eft poffible, de
la multitude & de la confufion des
font
papiers qui
autant de voiles épais mis devant fes
yeux ?
Quand on adreffe au Secrétaire d'Etat
un
paguer énorme cantenant des comptes
2 qu'y
Qs
- Nananer - --- Page 256 ---
voit-il? C'eft à fes bureaux qu'il s'en raporte ; & les commis de Verfailles peuvent-ils
le gafpillage fait à St. Domingue, lorsjuger
qu'il eft revêru de cette forme précieufe apelée comptabilité ?
Un adminiftrateur ignorant ou mal-honêté
très aifément mafquer les fauf:
ne peut-il pas
&
a faites dans la Colonie,
fes opérations qu'il
la mife en reen retardant ce qu'on apele
fc fouftraire à la fenfation qu'auroit faite
gle,
un avis donné au Gouvernement?
une plainte ,
arfept années de comptes
Ily a actuclement
riérés
ne font point encore parvenus au
2 qui
en les receMiniftre ; que peut-il prononcer
vant ?
feroit effenticl que la
J'imagine donc, qu'il
& dépenfe de Ia Colonie, ordonées
recette
fur les inftruétions du Miniftre,
par T'Intendant
dans un des
fuffent vérifiées & approuvées
les dépenfes de
Confeils fupérieurs 2 y joint
la Colonie.
ly a actuclement
riérés
ne font point encore parvenus au
2 qui
en les receMiniftre ; que peut-il prononcer
vant ?
feroit effenticl que la
J'imagine donc, qu'il
& dépenfe de Ia Colonie, ordonées
recette
fur les inftruétions du Miniftre,
par T'Intendant
dans un des
fuffent vérifiées & approuvées
les dépenfes de
Confeils fupérieurs 2 y joint
la Colonie. --- Page 257 ---
-
CHAPITRE VII,
Du RÉGIME. SPIRITUEL,
L'influence des
prêtres, 2 de leur do@rine,
& de leurs moeurs far la conduite des
libres & des efclaves,
hommes,
importe autant à l'ordre
public que les autres parties de la législation,
Ouselankcofifepolaigue & morale de maintenir & proréger dans une Colonie l'exercice
la religion nationale, il n'eft
de
pas douteux
qu'on en peut retirer des avantages civils
lativement à la police des
renegres, & aux
mceurs refpeétives des maîtres & des efclaves.
Le régime eccléfiatique établi à St. Domingue
fe préteroir fur cela à toutes les vues falutaires
qu'il conviendroit au Gouvernement
La puiffance des chefs y eft abfolument d'adopter;
fub.
ordonée à l'antoriré civile, elle eft fans
jurisdiétion, dépourvue de l'apparcil
impofant des
richeffes, droits & prétentions
qui nous l'ont
rendue quelquefois formidable. Le
de Ja
fupérieur
miffion, 2 qui eft le premicr prêtre de la
Colonie reçoir de Rome le titre de Préfet
ftolique, 2 & la faculté des difpenfès
aponéceffaires pour T'ordre civil, Il nomme les Curés &
- 130P0BIRE --- Page 258 ---
le méritent, fans inforles deflitue lorfqu'ils
fans infrugion 1égalc.
mations judiciaires,
& TInrendant ordonncnt fupérieuLe Général
rement tout cC qui n'eft pas du fort intérieur,
contiennent le Supérieur & les Curés, veillent
fur leur conduite, & les renvoyent en France
à propos. Çette inftitution vicieuS ils lejugent
devenir excellenfe dans certaine partie 2 peut
&cer n'eft pas feulement en ce genre que
tc,
d'une Colonie auroit de l'ale gouvernement
la nonfur celui d'une Métropole par
vantage d'une infinité de caufes qui anulent
éxiftence
Empire les bonnes intentions
daus un grand
n'eft
du Prince & des Miniftres. Mais ce
pas
d'une bonne loi; fi le relâchement vient
affez
à la fuite , il arrive cc que nous
toujours
avors vu.
de mauvais Prêtres, igno-
- Une fucceffion
déréglés, a détruit dans prefque toutes
rans,
de la Colonie le refpeêt pour leur
lcs paroiffes
une
état & la pratique éclairée de la religion ;
atroce eft devenue le vice habituel de
cupidité
occupés du
la plupart des Curés. Uniquement
cafuel de leurs fongions, ils ont fait
produit
de finances; ils
de leur miniftere un cmploi
avors vu.
de mauvais Prêtres, igno-
- Une fucceffion
déréglés, a détruit dans prefque toutes
rans,
de la Colonie le refpeêt pour leur
lcs paroiffes
une
état & la pratique éclairée de la religion ;
atroce eft devenue le vice habituel de
cupidité
occupés du
la plupart des Curés. Uniquement
cafuel de leurs fongions, ils ont fait
produit
de finances; ils
de leur miniftere un cmploi --- Page 259 ---
-
ont porté à des prix foux les cérémonies
de
mariage & d'enterrement réglés par dcs tarifs.
Un Curé envoie fon mémoire de
fervice, &
impofe à deux ou trois mille livres la fucceffion
du défunt ; ur ufage infenfé,
2 fonde fur la
vanité, fait qu'on fouferit ci2 murmurant a
ces exagtions.
Du refte nulle inftruéion
paftorale & relaa
tive à la fimpliciré 7 à la faperftition des
negres n'occupe ces eccléfiaftiques. Aucun d'eux
n'acquiert fur fes paroiffions l'autorité des bonnes mceurs 2 d'anc vie pieufe & charitable.
Quelgues lieux communs débités dans les chaires 2 des inveétives plates contre les
monde
gens du
dégotitent ceux-ci de la
des églifes. Des quereles éterneles -fréguentation
entre les
prètres & les
fabriques 2 & toujours relatives
à des difcuffions
:
d'intérêt, éloignent les honé.
tes gens des affemblées de paroiffes. Les biens
en font mal adminiftrés, les
comptables pref.
quie toujours reliquataires; les églifes tombent
en ruines, le Gouvernement refle
neutre. Tel
eft en fubftance l'état aétucl de l'Eglife de
Domingue,
Ste
-- --- Page 260 ---
On la divife en deux préfeétures livrées
& aux Dominicains. La préfecaux Capucins
vingt cinq paroifture de l'oueft comprend
& celle du nord vingt-une, 2 ce qui fupfes,
prêtres Curés dans la Colopofe quarante-fix
de deux Prèfets & des
nie, indépendament
Vicaires ou autres Eccléfiaftiques attachés aux
Ce nombre de religieux des deux
paroiffes. Dominicains & Capucins eft toujours
ordres
la difficulté que leurs proincomplet, par
vinciaux ont à fournir les remplacemens qu'un
dangereux rend fréquens.
climat roujours habituélement dans la Colonie
Ily a donc
de prètres féculiers &. réguliers
un fuplément chercher fortune, & qui iont
qui viennent y
de
comme Curés lorfqu'il n'y a pas
émployés miffionnaires à placer ; mais quand
religieux
ou un Dominicain s les
il arrive un Capucin
deffervans font révoqués. Ces changemens perdes
inconvéniens de la
péruels font un
grands
Préfeéture des moines, qui dans tous les cas,
dans tous les lieux ne voient & ne confiderent
leur ordre ; il arrive de la que le Curé
que
fans confidération dans fa
éft prefque toujours
& les paroiffiens fans confiance pour
paroifle,
mais quand
religieux
ou un Dominicain s les
il arrive un Capucin
deffervans font révoqués. Ces changemens perdes
inconvéniens de la
péruels font un
grands
Préfeéture des moines, qui dans tous les cas,
dans tous les lieux ne voient & ne confiderent
leur ordre ; il arrive de la que le Curé
que
fans confidération dans fa
éft prefque toujours
& les paroiffiens fans confiance pour
paroifle, --- Page 261 ---
-
leur Curé , qu'ils ne voient qu'en
Les prètres féculiers paffent fans
paffant,
ceffe d'une
églife à une autre, > & les moines eux-mêmes
ne gardent leur emploi que
jufgu'à ce qu'ils
aient amaffé affez d'argent pour fe faire fécularifer 2 ou pour aller vivre commodément
dans leur couvent. J'ai vu en
17T0, un Capucin qui n'y employa que dix-huir mois. Cet
homme 2 qui paroiffoit d'une fimplicité
qu'imbécile, avoit
pref
pris un tel afcendant fur
les negres s qu'ils venoient comme dans les
premiers temps de T'Eglife mettre à fes
leurs meubles & leur
pieds
argent.
Le Capucin mourut dans la traverfée, &
fon inventaire fut
très-feandaleux; on lui trou.
va, outre vingt-quatre mille francs en
très-grande
or, une
quantité d'effets que le Miniftre
fit retenir & diftribuer aux
pauvres.
Cette facilité à s'eurichir dans des
qui devroient être plus refpeétables
places
zives eft
que lucra2
l'écueil de la régularité & même de
la probité de prefque tous les
coutumés
religieux ; ac.
dans leurs couvents aux privations
de toute
efpece 9 à une forte d'indigence, à
une dépendance journaliere, ils
perdent en
-- --- Page 262 --- dans une Colonie toutes les vertus de
arrivant enivrés bien-tôt de leur liberté, de
leur état :
horrileur aifance, ils en abufent quelquefois
Le Capucin le plus déceht, lc plus
blement.
auffi-tôt
honnete, 2 n'eft plus un Capucin
plus
de linge & d'étoffes fines,
qu'il eft couvert
& qu'il a
qu'il eft fuivi par des negreffes, 2
un cocher & un.
dans fa maifon un équipage,
cuifinier. Ce pauvre moine 2 qui follicite avec
fon
de l'expéferveur en France
provincional
fait fort bien quel
dier pour St. Domingue,
dévoeft le fort qui T'y attend. Le zéle quile
celui de la miflion $ c'eft l'ennti
re n'eft pas
Le défir de s'y
de fa regle &: de fon couvent.
& nulle précauition 5 nulle autorifouftraire 2
jamais un moine quin'eft plus
té ne contiendra
& de fes confous les yeix de fon fupérichr
même en France que le
freres. On remarque
s'introdnit toujours dans les morelichement
par la même raifont
nafteres peu nombrenx 2
exaétele fervice militaire fe fait moins
quc
ville ouverte que dans uné
ment dans une
obfervation, qui a dé:
place de guerre. Cctte
réunif
eccléfiaftique à
terminé la commiffion
monafteres tout ceux qui manquent
à d'autres
de
fupérichr
même en France que le
freres. On remarque
s'introdnit toujours dans les morelichement
par la même raifont
nafteres peu nombrenx 2
exaétele fervice militaire fe fait moins
quc
ville ouverte que dans uné
ment dans une
obfervation, qui a dé:
place de guerre. Cctte
réunif
eccléfiaftique à
terminé la commiffion
monafteres tout ceux qui manquent
à d'autres
de --- Page 263 ---
SENENEIENETEN
-
de fujets, $ feroit bich plus décifive
moines épars & ifolés dans
pour les
arrivent
une Colonie, Ils
déja dépouillés de leur habit, de leur
efprit, & trouvent à chaque pas des écueils
d'autant plus dangereux pour leurs
que la tentation eft jointe
mceurs,
défir de fuccomber & à
ordinairement au
l'efpoir de limpunité,
Exceptons cependant les
font plus ; de cette cenfirre Jéfitites 2 qui ne
méritée
les autres réligieux miffionnaires
par tous
On doit à la Société la
des Colonies..
chefs
juftice de dire que fes
mettoient la plus grande attention dans
le choix des fujets auxquels ils
confioient les
paroiffes 5 & 4 comme ils en avoient un nombre
fufifant, la maifon du Cap, qui leur fervoit
de dépôr, étoit foumife à la même
leurs couvents deFrance. Nulle
regle que
l'habit, la nouriture & les
différence dans
exercices intérieurs;
l'efprit de la fociété fe reproduifoit
avoir de la confidération & de
par-tout:
leur objet effentiel, & ils
l'argent étoit
à St. Domingue
y étoient parvenus
comme ailleurs. Les
liers étoient modeftes &
particuavoit des
pauvres ; la miflion
poffeffions immenfes & une autorité
redourable, même aux adminiftrateurs, Telle
R
-- : : --- Page 264 ---
T'influence d'une législation aniétoit par eux
même dans fes abus. Les autres moines
que,
ceux là avoient une loi
n'ont qu'unc regle,
& un efprit des loix.
Il eft certain que les Jéfuites n'ont pu endans leur million duNord.
core être remplacés
fuccéderent imféculiers qui leur
Les prétres
des plus
médiatement, étoient un aflfemblage
fujets qui euffent encore paru dans la
mauvais
devoit être. Le choix & l'exaColonie, & cela
deftinoit ne dépendant
men de ceux qu'on y
Bureau des
d'aucun fupérieur eccléfiatique , le
faifoitembarquer indiftinêtement ceux
Colonies
&
Les adminifirateurs,
qui fe préfentoient.
révoltés des accès
les habitans furent bien-tôt
leurs pafteurs. On eut
auxquels fe livroient
Miniftre
recours aux, Capucins 9 ou plutôt le
leurs follicitations ; ils furent chargés
céda à
&
comme on Ta vi en 1769,
de la miffion,
miffionnaires ne conferverent
ces nouveaux
de leur état. J'ai dit
pas long temps T'efprit
devoit fuivrelerelichecomment la corruption
Il en, eft
ment & loubli de la vie monaflique.
dans la partie de T'Oueft.
de même des Jacobins
eft
de l'état monaftique
Ainfi la compofition
plutôt le
leurs follicitations ; ils furent chargés
céda à
&
comme on Ta vi en 1769,
de la miffion,
miffionnaires ne conferverent
ces nouveaux
de leur état. J'ai dit
pas long temps T'efprit
devoit fuivrelerelichecomment la corruption
Il en, eft
ment & loubli de la vie monaflique.
dans la partie de T'Oueft.
de même des Jacobins
eft
de l'état monaftique
Ainfi la compofition --- Page 265 ---
-
vicieufe dans fn forme 3 & infufffante dans
fa difcipline.
En renvoyant les
font
réligieux 5 parce qu'ils
déplacés par-tour ailleurs que dans un monaftere, 9 il faudroit avoir unl corps & un dépôt d'eccléfiafliques éprouvés & reconnus
pres à gouverner des paroiffes. Le
prodépôr ferat-il dans la Colonie ou en France ?
fera le régime & le
Quel eri
fapérieur ? Comment fe
feront les renplacemens ? Voilà les queftions
dont on avoit imaginé la folution en établiffant
un Evèque in partibus & un efpece dc féminaire dans chaque Colonie.
Ce feroit effeétivement une inftirution utile
à bien des égards que celle d'un
à
d'une officialité
Evèque &
; jy vois des avantages 5 &
beaucoup d'inconvéniens. Ce n'eft pas feulement d'affigner des revenus, 5 de furcharger la
Colonie d'une dépenfe qui deviendroir confidérable par tous les acceffoires, d'avoir à
cier avec la Cour d'Elpagne,
négo.
pour faire renoncer l'Evèque de Sto. Domingo à la jurisdiélion
prétendue au moins celle de Métropolitain;
d'avoir à craindre des quereles embaraffantes
entre l'Evèque & les
Adminifirateurs, par
R 2
- ADENEIR --- Page 266 ---
GME1 ue
Thabitude où font ceux-ci de fe mêler de la
eccléfiaftique e, par l'influence qu'auroit
police fur les détails d'adminiftration. Toule Prélat
&.
difficultés peuvent être vaincues,
tes ces
pas far le bien que pourroit
ne l'emportent
homme
faire, aux mceurs & à la religion un
& en autorité pour la faiconftitué en dignité
d'abord par fon esemple, & enrc refpeéter,
impofant de TEpifcopat.
fuite par T'apparcil
cffenticlle devant
Il n'eft qu'une confidération
toute autre doit difparoitre 2 c'eft
laquelle
de Diocéfain qui auroit à gouverner
T'efpece
Les trente mille blancs qui font
cet Evèque.
commandent à trois cens mille
à St. Domingue
humai-
& ces negres font de T'efpece
negres,
Ceux qui font
nela racc la plus fuperflitieufe.
les églifes, n'ont aubaptifés & qui fréquentent
idée de la religion ; ils ne connoiffent
cune
& les images > ils lcur croient
les prètres
d que
une vertu magique,
en général une puiffance 2
toutes les extravails mélent à cette croyance
ni
d'un culte idolâtre. On ne prend
gances
de les inftruire, & leur
le temps 9 ni la peinc
d'ailleurs, fe paffe dans cet abrutifvie pénible
Témoins des déréglemens
fement pitoyable.
la religion ; ils ne connoiffent
cune
& les images > ils lcur croient
les prètres
d que
une vertu magique,
en général une puiffance 2
toutes les extravails mélent à cette croyance
ni
d'un culte idolâtre. On ne prend
gances
de les inftruire, & leur
le temps 9 ni la peinc
d'ailleurs, fe paffe dans cet abrutifvie pénible
Témoins des déréglemens
fement pitoyable. --- Page 267 ---
1 MUMDATEUNTNONT
-
des prôtres 2 & de l'inconfidération
le fruit, ils n'en font
qui en eft
pas moins craintifs &:
foumis devant eux. Que feroit-ce s'ils
un Evèque, refpeété
voyoient
par tous les ordres de la
Colonie, revêtu de toute les
dignité,
marques de fa
parlant à leurs maîtres avec autoriré?
ils le prendroient
pour un Dieu, & le Prélat
feroir le feul maitre des habitans & des
tions. Toutes les
habitaplaintes de ce peuple efclave
s'adrefferoient à lui, s'il étoit fenfible
traitemens quelquefois
aux
injufles qu'on leur fait
cffuyer. Eh certes ! il fuffit diêtre bon &
jafte
pour en être. touché ; mais s'il le
ce feroit pour les efclaves le
paroiffoir,
fignal de la vengeance & de limpuinité. Servi
par des
eet Evèque ne pourroir dire
negres,
un mot s faire un
figne, qui ne fat rendu à tous les
la converfation la plus innoccate
efclavés;
fur les affaires
publiques :: la plus légere improbation d'un
jugement, . , d'ua ordre donné feroit
un anathême
pour eux
prononcé contre les adminiftrateurs, contre les tribunaux ; le fanatifmne le
plus horrible exelteroit leur tétc. Le
mnent, la mort d'un
changeEvèque feroit une révolution, & on ne peur pas prévoir
jufqu'ou elle
R 3 LPTCPltErT 3
- --- Page 268 ---
Tout cela feroit poffible en fupferoit portée,
trèspofant le Prélat nommé très-religieux 1
mais fi l'on faifoit un
fenfe, très-prudent 1
mauvais choix, fi cet Evèque fe permettoit
écarts, quel en feroir le frein
auffi quelques
& de fes
à deux mille lieues de fon Souverain
confieres! !
ont-ils des
Mais pourquoi les Efpagnols
fans qu'il en réfulte tous ces chanEvèques ;
mais
? L'objeétion eft très plaufible,
gemens
Les créoles efpala réponfe eft fans réplique.
gnols fout à peu près dc T'efpece des negres;
eux fort peu d'Européens & un
il y a parmi
d'efclaves. Le fang y eft métres-petit nombre
les nuanne diftingue plus
lé au point qu'on
L'éducarion, a
les moeurs des maîtres &
çes.
font abfolument les mêmes S le
des efclaves
narional eft tourné vers la fuperftiçaraStere
tion & la foumiffion religieufe. Les prètres
autoriré, l'admiont chez eux la plus grande
niftration même leur eft affervie. On ne peut
fonger à l'exécudonc pas vraifemblablement Dans la néceftion d'un projet auffi funefte,
un, cclui-ci m'a paru le moins
fité d'enadopter
de difficulré & le plus convenable
fufceptible
ft tourné vers la fuperftiçaraStere
tion & la foumiffion religieufe. Les prètres
autoriré, l'admiont chez eux la plus grande
niftration même leur eft affervie. On ne peut
fonger à l'exécudonc pas vraifemblablement Dans la néceftion d'un projet auffi funefte,
un, cclui-ci m'a paru le moins
fité d'enadopter
de difficulré & le plus convenable
fufceptible --- Page 269 ---
: : cAenEne 1 vatl a
-
d'après la connoiflance
nies,
que j'ai des ColoJe voudrois. qu'un Evèque de France fat
nommé Commiffaire du Roi & du Sr.
pour le gonvernement
Siége;
Ipirituel &
de T'Eglife
temporel
françoife en Amérique.
Je préférerois cette forme de
réunit
jurisdiÉion
qui
les deux autorités à toutes
en ce qu'elle tranche les difficultés
autres,
& d'adminiftration.
de Diocefe
L'Evéque Commiffaire
qualiré
défigneroit en fa
un grand Vicaire official, qui feroit
dans la Colonic le Supérieur
droit de cenfure
eccléfiaftigue, avec
7 fufpenfion; interdiaion,
après les informations
niere
préalables en la maaccoutumée,
Le grand Vicaire auroir près de lui un Séminaire, un dépôt d'eceléfafliques
qui feroient
envoyés par T'Evèque
&
après avoir été choifis
examinés avec foin. On pourroit les
dre dans la claffe des Vicaires
prendu diocèfe,
ce feroit
&
pour eux un objet de
car en général toutes les
récompenfe,
cures font bonnes en
Amcrique.
R A
-- --- Page 270 ---
Les cures feroient déclarées inamovibles
fauf lcs cas prévus par
comme en France,
les loix civiles & canoniques.
Le féminaire ou dépôt feroit régi en comféculiere pour le logement & nourimunauté
ture , & il feroit payé à chague eccléfiaftique
convenable pour fon entretien jufune penfion
gu'à ce gu'il foir'placé.
du grand Vicaire feroient
Les pouvoirs
fubftitués à deux prêtres en cas de
toujours
mort, & la fubftitution enregiftrée.
de la Colonie n'auLes adminiftrateurs
générale des mceurs,
roient plus quel'infpe&ion
dela conduite du Supérieur & des fubordonés,
Commiffaire
& fe concerteroient avec TEvèque
néceflaires excepté dans
pour les changemens
font naturélement
le cas où les eccléfiaftiques
foumis à l'autorité des loix.
droit de chapelle fur leur habitation feLe
roit accordé à tous les habitans propriétaires
ce qui feroit très-utile
de deux cens negres 2
les chaefclaves & aux maitres, en ce que
aux
auffi élever leurs enfans.
pelains pourroient
ne pourroit fe préfenter
Mais auçun prètre
démiffoire de T'Eve.
dans la Colonie que fur un
eccléfiaftiques
foumis à l'autorité des loix.
droit de chapelle fur leur habitation feLe
roit accordé à tous les habitans propriétaires
ce qui feroit très-utile
de deux cens negres 2
les chaefclaves & aux maitres, en ce que
aux
auffi élever leurs enfans.
pelains pourroient
ne pourroit fe préfenter
Mais auçun prètre
démiffoire de T'Eve.
dans la Colonie que fur un --- Page 271 ---
-
mma:men:na
1 t
que Commiffaire
s & on renveroit
moines ; & quand aux
tous les
font aétuélement
prêtres féculiers qui y
habirués, lé grand
prendroir toutes les informations
Vicaire
pour ne déplacer que les mauvais convenables
féreroit fir cela au
fujets; il dédes notables habitans, témoignage des juges. &
Quant à cette partie du miniftere
que relative aux efelaves,
eccléfiaftireligion utile dans
pour leur rendre la
il feroit
l'ordre moral & politique,
important d'obliger les
cendre jufgu'à eux. Il femble prêtres à destions religieufes
que les inflrucqui Icur font
avoir deux
propre doivent
cara@eres, la
ceptes appliqués à leur
fimplicité dcs prépratiques ; les
état, & la facilité des
differtations
thcologigues, ne conviennent méthaphyfiques &
vres gens fort au deflous
point à ces pauexpofé court &
de nos payfans. Un
inftruiroit
précis dans leur
les
des
langage
premiers dogmes
cription fouvent répétée
2 la prosfurde fur la
de leur croyance abmagie, fur lcs
Ics excès de débauche,
cfprits 2 de tous
d'obéillance,
les confeils de
2 de charité, la
Paix,
bons, la punition des
récompenfe des
méchans, voilà leur
R 5
N --- Page 272 ---
a11% - 2 -
cathéchifme, Cette formule devroit être unichez tous les
verfelle & nniforme , répanduc
être réitérée dans les priéres de
habitans pour
Târelier, & répétée dans les églifes s, car ils
n'entendent ricn de ce qu'on y dit 5 ils y vont
très-rarement à caufe de l'éloigned'ailleurs
qui les
ment., & de leurs travaux particuliers
les jours de fères; ce qui prouve endecupent
domeftiques dans
core T'utilité des chapelles
Si l'entretien d'un aumônier
lcs campagnes.
paroilloit trop difpendieux pour un habitant,
réunis pourroient en payer un
trois ou quatre
dire la mefle fur chaqui iroit alternativement
habitation, & rapeler aux negres le petit
que
dont ils font fufcepnombre d'idées religieufes
tibles.
fur
Voilà à peu près ce que je propoferois
& pour la compofition &
le régime fpirituel, 2
ladifcipline d'un autre corps d'eccléfiaftipour
être facilement entretenu
ques. Il pourroit
de nouveles charges à la Colonie.
fans impofer
l'entreElle paie déja fix cens mille livres pour
tien des Curés & fabriques, leur cafuel peut
évalué à
fomme ; en réduifant à
être
pareille
tarif modéré les droits d'enterrement 2 ferun
compofition &
le régime fpirituel, 2
ladifcipline d'un autre corps d'eccléfiaftipour
être facilement entretenu
ques. Il pourroit
de nouveles charges à la Colonie.
fans impofer
l'entreElle paie déja fix cens mille livres pour
tien des Curés & fabriques, leur cafuel peut
évalué à
fomme ; en réduifant à
être
pareille
tarif modéré les droits d'enterrement 2 ferun --- Page 273 ---
Emmaoimnmar
-
&c. enfuite les propriérés de la miffion
vices,
celles des mifionnaires, je penfe
n'étant point
n'en uferoit pas pour celle des Jacobins
qu'on
ufé
celles desjéfuites, qui
comme on en a
pour
ont été adjugées à leurs créanciers,
poffedent deux fucreries &
Les Jacobins
miffionplus de deux cens negres ; comme
& deffervant les paroiffes de T'oueft,
naires
n'a rien de commun avec l'orcette poffeffion
Si la Colonie eût eu
dre de St. Domingue.
lors de T'arrangement fait par
des repréfentans
des
> je ne doure pas
les créanciers
Jéfuites
n'cuffent réclamé le bien de la miffion,
qu'ils
n'cuffent été fondés à le faire.
& qu'ils
a
- --- Page 274 ---
CONCLE USION
Il réfulte de mon expofé que ia Colonie de
St. Domingue en ce quelle eft, & ce quelle
être, mérite toute l'attention du Goupeut
vernement.
Les Colons font des hommes utiles 2 leurs
manafa@tures des objets précieux confacrés à
la Métropole, lorfque leur profpérité devient
le prix du facrifice.
L'accompliffement de cette condition refurveillant &
fpeftive exige un régime plus
micux entendu dans la partie économique &
dans les rclations avec lcs étrangers.
a été auffi bonne
L'adminiftration 2 qui
gu'elle pouvoit l'être lors de l'établiffement,
eft devenue mauvaife par les changemens
a fait lors de T'accroiflement , &
qu'on y
par ceux qu'on n'y a pas fait.
La premiere chofc à régler eft la diftribution des pouvoirs qui eft confufe, incertaine
& variable 5 la feconde à établir eft un dépôt
Confeil d'adminiftration qui furvive aux
ou
la troifième, le choix, l'inadminiftrateurs ;
Arultion des gens deftinés aux places.
'établiffement,
eft devenue mauvaife par les changemens
a fait lors de T'accroiflement , &
qu'on y
par ceux qu'on n'y a pas fait.
La premiere chofc à régler eft la diftribution des pouvoirs qui eft confufe, incertaine
& variable 5 la feconde à établir eft un dépôt
Confeil d'adminiftration qui furvive aux
ou
la troifième, le choix, l'inadminiftrateurs ;
Arultion des gens deftinés aux places. --- Page 275 ---
u31 - 121 a enfuite la néceflité de détermiOn trouve
locale & applicable aux
ner. une jurisprudence
Colonie.
exceptions que préfente une
& la compofition 4
L'inertie de la juftice
laifTent voir la poffibiaRtuclle des tribunaux,
plus confélité d'un nouvel ordre de chofe,
quent & plus utile.
enfemnullité de la police dans fon
La
la caufe des défble & fes détails, explique
comme la
ordres intérieurs qui s'effaceroient
lc
lorfque le Gouvernement
nuit devant jour,
deviendra ferme & éclairé.
différence qui diftingue une Coa
Mais une
de l'Etat la plus fenfible
lonic & une Province
le fyftème des
1. , doit être
en adminiftration
donnant tout à l'Etat
finances ; car les Colons
de n'acheT'obligation qui leur eft impofce
par
vendre qu'aux fujets de T'Etat,
ter', que de ne
être auffi légere qu'il
leur charge locale doit
eft poflible.
la difeavoir pourva au néceffaire 2
Après
utiles, 2 commodes 2 agréate d'établiflemens
les moyens, & ils fc
bles en fait rechercher
préfentent.
NRW -
ael --- Page 276 ---
Enfin le régime fpirituel , qui n'eft indifé.
rent dans aucun Gouvernement, prépare à
celui-ci un,bien à faire & des maux à réparer.
: Ici finit la tache que je me fuis impofée
& pourroit commencer celle du Législateur.
F 1 I N. --- Page 277 ---
TABLE DES MATIERES.
PREMIERE PARTIE.
Idée générale 02l viie intérieure de la
Colonie
pag. 3
CHAPITRES.
I. Du Local
p. 3
2. Climat
p. 4
Meurs
p. 5
3.
des
des
4 : Du fol 8
produtions
p. 8
François
$. Du fol 89 des productions des p. 9
Espagnels
6. Des Esclaves
p. 13
7- Des Habitations
p. IS
8: Des Villes
p. 23
9. - Du Commerce quife fait dans
les villes
p. 27
p. 36
IO. Des Bourgs
libves
II. Des Négres 8g Mulâtres
véfidents doslansiluccampr
p. 37
gnet.
SECONDE PARTIE
Etat) politiquedel la Colonic confidéré dans les
fes rélations avec la métropole, avec la
ttrangert,pendant la; paix, pendant
p.42
guerre
-
p. 23
9. - Du Commerce quife fait dans
les villes
p. 27
p. 36
IO. Des Bourgs
libves
II. Des Négres 8g Mulâtres
véfidents doslansiluccampr
p. 37
gnet.
SECONDE PARTIE
Etat) politiquedel la Colonic confidéré dans les
fes rélations avec la métropole, avec la
ttrangert,pendant la; paix, pendant
p.42
guerre
- --- Page 278 ---
CHAPITRES
I. Importation de la Métropole pag-45
2. Du Commerce Etranger
p. $3
3. Exportation de la Colonie
P. IIO
4- Des Monnoies qui ont cours à
St. Domingue
p. II3
S. Situation de la Colonie pendant
la guerre
P. 129
TROISIEME PARTIE.
Etat civil de la Colonie
P. 141
CHAPITRES.
I. Adminifiration
p. 141
2: De la Tuftice 8 de la Surisprudence
p. I7I
3- De la Police génèrale
P. 190
4. De la Police ES compofition des
troupes 87 milice
p. 203
S. De la Police des gens de mer
à St. Domingue
P. 214
6. Des Finances
P- 218
7. Du Régime /pirituel
P. 235
HO SpH --- Page 279 ---
-ahsnetoueGAIENETIEITETERAEEWE UEUEWnEnsnsuswoWDWEnENEMaUEnEWs1autleusttsl
aElEallaUElEUE1E1TEDE112TTAEl1EITElallaEUEUalalallallen - NEHER --- Page 280 --- --- Page 281 ---
aNauasnmmeu 1EHE0EWEWENEWNranistesuswananEnEnEnsnsPSIasM:tst)
- E785
R27te
AUIRIEDITAIEDEALIIAIIIIIIELIIIIEDLEITTEEEIE --- Page 282 --- --- Page 283 ---
AMAPAC
R
-
- --- Page 284 ---