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E SS A I
S U R
LA COCHENILLE ET LE NOPAL,
POUR SERVIR
4 FHISTOIRE de FEtablissement
de la première Nopalerie Frangaise,
dans Elle Saint - Domingue,
PAR LE C. BRULLEY.
PRECIS des Rapports et Expériences
faites sur la Cochenille, tant au Lycde
des Arts qu'au bureau de Consultation,
itar 422 77 241 --- Page 4 --- --- Page 5 ---
calle
K
DISCOU RS
HISTORIQUE,
Sur la Culture du NOPAL et rEducas
tion de la COCHENILDE 5
Prononcé le IO Germinal, dans la
Séance publique du Iycéc des Arts;
par le Citoyen BRULLEY, en vertu
de PArrêté du Directoire du Lycée,
en date du 17 Ventôse précédent:
CITOYENs,
Conformément à Tarrêté du directoiré dii
Lycce des Arts, je vais exposer des détails
essentiels siir la cochenille et le nopal. Comme
ils intéressent également les arts, Jes manufactures etle commerce, ils fiseront sans douté
l'attention du pablic éclairs qui prend un véritable intérêt à la prospérité de la France:
A --- Page 6 ---
(2)
Utilité de la Cochenille.
La nature et l'utilité de la cochenille sont
aujourd'hui généralement reconnus. Sans elle
point de couleur ronge solide et hrillante. C'est
la cochenille qui fait la base de l'écarlate, du
pourpre, du ponceau, des violets, même des
beaux bleus.
Comme PEspagnol était seul en possession
de fournir la cochenille à toute PEurope, ct
quecette denrée était rare ettoujonrsd'une trèsTaute valeur, les académies avaient proposé
des prix pour ceux qui trouveraient un moyen
de remplacer la cochenille dans la teinture.
C'est en vain que les artistes se sont attachés
à substituer à la cochenille un ingrédient COlorantqui pût donnerles mêmes résultats s;leurs
recherches ont été infructueuses : elles n'ont
serviqu'à démontrer que rien ne pouvait remplacer la cochenille dans la teinture du bon teint.
La cochenille est donc d'une ntilitéindispensable pour les arts, les manufaciures et le commerce.
Cette ntilité est attestée par tous les artistes
célebres; elle est exprimée par le nom qui lui a.
été donné par eux. lls Pappellent la mère des
belles couleurs. C'est ce qui m'a été attesté
par Ic citoyen Decurel, dont les soins éclairés
par une longue expéricrce dans l'art de teindre,
ont conconru au succès des épreaves dout les
'une ntilitéindispensable pour les arts, les manufaciures et le commerce.
Cette ntilité est attestée par tous les artistes
célebres; elle est exprimée par le nom qui lui a.
été donné par eux. lls Pappellent la mère des
belles couleurs. C'est ce qui m'a été attesté
par Ic citoyen Decurel, dont les soins éclairés
par une longue expéricrce dans l'art de teindre,
ont conconru au succès des épreaves dout les --- Page 7 ---
(8)
résultats sont sous les yeux de Passemblée,
Mais qu'estce que lal cochenille ? demandent
sans doute plisienrs de cenx qui en admirent
les résultats. Je vais tenter de répondre à cette
question d'une manière satisfeisante. Je joindrai aux observations des anteurs qui ont
traité cet objet les remarques ue m'ont fait
faire dix années de travaux dans cette partie.
Définition de la Cochenille.
ACOSTA en 1530, et Héréra en 16or,sont
les premiers autcurs qui aient donné des notious sur la cochenille. Depuis etix Bomare,
Reynal, ct pinsieurs autres en ont donné dcs
définitions à peu-près semblables, nais totitcs
incomplettes ; parce qu'ancun d'eix n'avait TLL
et observé la cochenille vivante.
La cochenille cst un insecte, on pourrait
néme dire une espèce de gale - insecte. Sa
forme et sa grosseur sont à peu-près cellesd'une
panaisc ; ses proportions sont les mêres dans
les deux espèces, ou plutôt, dans les varictés de
Pespèce. Car on distingue denx sortes de cochenilles,Tune omiseneemnstberobant
Toutes denx ont la même conformation,
se nourrissent sur la même plante, donnent
les niêmes résultats. Elles ne different que
par une enveloppe cotonneuse qui reconvre
A 2 --- Page 8 ---
(4)
Ia cochenille sylvestre ; la cochenille mestèquie
au contraire ne porte qu'un léger duvet.
Description de la Cochenille Femelle.
LA cochenille en général a deux sexes
comme tous les autres animaux. La femclle
est mal proportionnée, lente, engourdic. Le
mâle est actif, mince, grêlc en comparaison
de la femelle; ; il ne parattrait pas méme, au
premier aspect être de la même espice ; tant
il y a de différence entre eux. Tous deux
sont d'une couleur rouge-brun. Le mâle est
d'nn rouge plus clair.
La cochenille femelle a lesyeux, la bouche,
les antennes et les pattes tellemient cnfoncés,
tellement cahés dans les replis de sa peau 2
qu'il est impossible de les distinguer sans le
secours du microscope. De-là vient que quelques persoanes l'ont prise pour une graine.
Jai observé que les articulations de la COchenille sylrestre sont assez marquées dans SOII
jeune âge. De-là vient sans doute qu'elle est
plus active et plus propre à se répandre, que
la cochenille mestèque.
Description du Mdle de la Cochenille.
LE mâle de la cochenille est d'une conformation plus aiséc à distinguer et définir.
les distinguer sans le
secours du microscope. De-là vient que quelques persoanes l'ont prise pour une graine.
Jai observé que les articulations de la COchenille sylrestre sont assez marquées dans SOII
jeune âge. De-là vient sans doute qu'elle est
plus active et plus propre à se répandre, que
la cochenille mestèque.
Description du Mdle de la Cochenille.
LE mâle de la cochenille est d'une conformation plus aiséc à distinguer et définir. --- Page 9 ---
(5)
-Son cou est plus étroit que la tête, et plus
encore quc le reste du corps. Le torax est de
forme clliptique, un peu plus long que le cou
et la tête ensemble. Il est applati par en bas.
ses antennes sont articulées, et de chaque articnlation sortent quatre soies disposécs par
paires de chaque côté. II a SIX pattes, chacune
formée de trois parties. De l'extrémité posterieure de son corps s'ailongent dcux grandes
soies, ou poils qni ont trois ou quatre fois la
longueur de l'insecte. Il porte deux ailes plaritées sur la partie postérieure du torax, qui
s'abaissent, comme les ailes des iouchcs ordinaires, 2 lorsqu'il marche ou qu'il se repose.
Ces ailes de forme oblonguc, diminuent brusquement de largeur au point de leur attache
au eorps. Elles sont fortifiées de deux: longs
muscles , dont l'un s'étend extérieurement
an tour de Paile, et l'autre, intérieur et
parallele au premier, semble interrompu vers
la sommité des ailes. Il ne s'en sert jamais
pour voler loin, mais senlement pour passer
d'une partie du nopal à l'autre, pour accélérer sa marche et s'aider à passer sur lcs
femelles. Cellcs-ci sont en bien plus grand
nombre que les mâles. On peut même dire
qu'ils sont rares. Mais la sage nature n'en
arrive pas moins à son grand but, la reproA 3 --- Page 10 ---
(6)
daction de l'espèce. Ellc a doué CCS mâles
de facultés reproductives qui compensent leur
petit nombre.
J'ai compté sur un seul article de nopal,
jusqu'a 219 cochenilles femelles pour un scul
male ; il les a toutes fécondées. Elles ont
donné naissance à une nombreuse postérité.
Le mile dela cochenille sylvestre n'est point
recouvert de coton ; il est exactement seniblable au male mestèque. Cc qui tend encore
à prouver que cest la même cspèce.
Le mâle, dans les deux variétés de l'espèce,
reste enveloppé dans unc capsule blanchâtre
et cotonnense, jusour'a ce que Ics femelles
cochenilles aient aiteint Pâge de puberté. C'est
alors qu'il sort de son enveloppe pour féconderles femelles. I! meurt immédiatement après
cette opération.
La durée de Pexistence des cochenilles femelles est de soixante jours. J'ai cru devoir
diviser cet espace de (emps en trois époques
bien marquécs.
Peudant les dix premiers jours de sa vie, la
cocheaille femelle se promène sur les nopals
avant d'avoir choisi la place oit eilc doit se
fixer. Je Pappelle cochenilie ambulante.
Entre le dixième et douzième jour la Cochenille cesse de marcher. Elle a choisi la
de Pexistence des cochenilles femelles est de soixante jours. J'ai cru devoir
diviser cet espace de (emps en trois époques
bien marquécs.
Peudant les dix premiers jours de sa vie, la
cocheaille femelle se promène sur les nopals
avant d'avoir choisi la place oit eilc doit se
fixer. Je Pappelle cochenilie ambulante.
Entre le dixième et douzième jour la Cochenille cesse de marcher. Elle a choisi la --- Page 11 ---
(7)
place oil elle doit rester atiachée, je la nomme
alors cockenille fixée.
Le vingt-cinquième jour les femellcs cochenilles ont atteint T'age de puberté, c'est alors
que le mâle les féconde, elles acquièrent bientôt le dernier point de grosseur, 2 clles sont
afors coclenilles pleines.
Reproduction des - Cochenilles.
C'est.du trentième au trente-cinquieme jour
que les Cochenilles mettent aul jour leur progéniture. Elle est communément très -nombreuse. Cette opération est annoncée par une
goutte de liquear roussâtre qui s'échappe de
la partie postérieure de l'insecte.
La cochenille est-clle ovipare ou vivipare?
c'est une question que les naturalistes ont
laissée indécise.
Ce que je peux affirmer après Péxamen. le
plus, soigneux, > c'est que si la- cocheuille cst
ovipare, ses ceufs éclosent si promptement qu'a
peine on a le temps de les remarquer ; lon
voit au contraire très-distinctement les petites
cochenilles sC mouvoir pcu de momens après
leur naissance.
Ces remarques s'adaptent également à la
eochenille mestèque et à la sylvestre. Mais
s'il n'y a pas de différence entre elles >
A 4 --- Page 12 ---
(8)
quant à Teur forme, Jeurs habitudes, la darée
de leur existence, elles ne peuvent être les
mêmes aux yeux du cultivateur. Il ne lui
sera pas difficile de se convaincre que la COchenille sylvestre lui'offie plus d'avantages
que la mestèque. Comme cette dernière a
été jusqu'à. Ce jour la plus estimée daus le
commeree 2 mon assertion parait peut-être
paradoxale. Il est donc nécessaire d'en démontrer la vérité, par lc développement de
quelques observations fondées sur l'expérience.
Comparaison de la Cochenille Mesièque
arec la Sylrestre.
Ox sait que la cochenille mestèque, dès sa
naissance, est lente ct comme engourdie i
qu'clle se répand sur les nopals avec difficulté,
On n'ignore pas que le duvet dont clie cst
légèrement couverte". 1 la met à l'abri d'une
pluie passagère, mais ne peut la garantir de
la mort que lui donne une pluie un pen froide
ct prolongée. ) Il est (galement connu que
cette cochenille ne survit pas au moindre déplacement. Ces différentes causes oecasionnent
la diminution, souvent même la perte de k
totalité de la récolte de la cochenillé mestèque.
Il n'en est pas de même de la cochenille
sylvestre élevéc et récoltée à St. Domingue,
'une
pluie passagère, mais ne peut la garantir de
la mort que lui donne une pluie un pen froide
ct prolongée. ) Il est (galement connu que
cette cochenille ne survit pas au moindre déplacement. Ces différentes causes oecasionnent
la diminution, souvent même la perte de k
totalité de la récolte de la cochenillé mestèque.
Il n'en est pas de même de la cochenille
sylvestre élevéc et récoltée à St. Domingue, --- Page 13 ---
(9)
Elle présente des avantages réels dans les trois
époques de sa vie.
Quand elle est ambulante, son agilité la
met dans le cas de choisir plus facilement et
par' conséquent beaucoup mieux, l'endroit de
lay patte de nopal où elle tronvera une nourriture plus facile et plus abondante. Les COtons oupoils dont elle. est alors hérissée, lui
sont. de la plus grande utilité. Ils la garantissent d'être entrainée parla pluic. De plus, 7
ce sont des armes défensives qu'elle meut à
volonté, pour a se préserver dc devenir la
proie de la fourmi.
J'ai remarqué que les cochenilles ambulantes s'arrêtent qnand eilcs voient une fourmi.
Si èlles sont plusienrs cochenilles lcs unes auprès des antres, elles se rapprochent et ne
présentent à la fourmi qu'un peloton hérissé
de toutes parts; de cotons. Ils sont tellement
entrelassés qu'ils, forment un rempart impénétrable contre les attaques de ces animaux
voraces.
Un autre avantage, c'est que ces cotons ou
poils souticuinent dans Pair, la cochenille que le
veut enlève sonvent des extrémités des pattes de
nopals. Celong duvet ralentit la châte de Pinsectc, etle porte sur un autrenopal voisin;en un
mot ces cotons sont, dans cette circonstance,ala --- Page 14 ---
(ro)
cochenille ce que sont de longs poils ou aigrettes
que lon remarque au tour de certaines graines
destinées par la nature à être emportées par
le vent et sèmées au loin. sir
Cet effet a été sensible dans: ma nopalerie,
Je n'avais d'abord placé des cochenilles que
sur un petit nombre de nopals qui étaient
asscz forts pour les nourrir en petites guantité,
Bientôt elles se sont répandues d'ciles-mémes
sur tous les autres jeunes nopals quit étaient
dans le voisinage, Un entourrage qai séparait
cette plantation des autres;-et la distance de
huit pieds, qu'il y a entre. chàqe. nopal,
n'ont point empêché que ces.inséctes me soient
portés et répandus suri la plus grande partie
de mes plantations.
e -
15,1 eotine
Cette agilité 2 cette facilité à se défendre
eontre scs ennemis et à se répandre sur les
nopals, sont, sans contredit, de grandsravarttages que le cultivâteur remarquera dans la
cochenille sylvestre, quand elle est ambulante.
Elle n'en a pas moins quand elle est devenue
cochenille fixée.
A cette époque, les brins de coton qui
étaient hérissés sur tout le corps de la cochenille s'allongent, se croisent et s'épaississent de
manière à recouvrir enticrement le corps de
l'insecte ; ensortequ'on n'apperçoit plus qu'une
de grandsravarttages que le cultivâteur remarquera dans la
cochenille sylvestre, quand elle est ambulante.
Elle n'en a pas moins quand elle est devenue
cochenille fixée.
A cette époque, les brins de coton qui
étaient hérissés sur tout le corps de la cochenille s'allongent, se croisent et s'épaississent de
manière à recouvrir enticrement le corps de
l'insecte ; ensortequ'on n'apperçoit plus qu'une --- Page 15 ---
(Yt)
enveloppe cotonneuse, qui rénd la cochenille
ficée eucore plus adhérente au nopal, ct la
met à Pabri de la violence du vent ct des
pluies qui_font périr les' cochenilles mestèques
Quand les sylvestres sont parvenues à Pétat
de Cochenilles pleines, elles' éontinuent à
jouir de Pavantage que-leur procure leur enveloppe cotonneuse ; clle est très-utile a"leuts
petits, ils y trouvent un abri contre les iltempéries de Fair et les attaques de leurs ellnemis, jusqu'au moment ou ces jeunes cochenillesaient acquis assez de force, assez d'agilité pour s'en garantir d'elles-m@ines. 1
Ainsi donc, depuis l'instant de leurir naissance jusqu'à cclui de deur mort, les cochechenilles svlvestres élevées àr St., Domingue,
tirent de leur duvet cotonneux les plus graads
avantages 5 ils sont sur-tout, 'essentiels pour le
cnltivateur, qui par ce: moyen est plus assuré de ne se. pas voir frustré du fruit de
ses peines, il attendra avec plus de sécurité
Finstant de la récolte, parce qu'il saura que
la cochenille sylrestre court moins de danger
que la mestèque.
Mais O11 objectera sans doute, que ces avantages du duvet cctonnenx de la cochenille
sylvestre sont compensés par la différence du
prix, entre les deux variétés de cocherilles. --- Page 16 ---
(12)
Difference du prix, entre les deux varictés
de Cochenilles.
Il est.vrai que la cochenille sylvestre s'est
toujours vendue un tiers ct moitié moins que
la mestèque; cctte différence provient du duvet cotonneux adhérent à la cochenille sy'-
vestre, c'est une partie hétérogêne pour la
teiature, il n'est pas juste, que P'artiste paie
ce qui lui est inutile.
Mais si par des procédés simpies et faciles,
on dépouille la cochenille syivestre de ce duvet
cotonneux, alors elle aura joui pendant sa
vie de tous les avantages de son enveloppe,
sans en avoir les inconvéniens après sa mort.
Alors, à volume égal avec la mestèque, elle
donnera la même quantité de partics colorantes, elle produira les mêmes résuitats pour
la teinture; son prix sera donc le mêmc que
celui de la cochenille mestèque.
C'était le but que je m'étais proposé; je crois
Pavoir atteint parles moyens les plus ssimples; on
en vajuger. Mais avant d'entrer dans ces détails
qui tiennent à la manutention de mon établissement, ilest nécessaire de donner une deseription exacte du végétal qui nourrit la cochenille.
antes, elle produira les mêmes résuitats pour
la teinture; son prix sera donc le mêmc que
celui de la cochenille mestèque.
C'était le but que je m'étais proposé; je crois
Pavoir atteint parles moyens les plus ssimples; on
en vajuger. Mais avant d'entrer dans ces détails
qui tiennent à la manutention de mon établissement, ilest nécessaire de donner une deseription exacte du végétal qui nourrit la cochenille. --- Page 17 ---
(13)
Description du Nopal.
Cet arbrisseau (r) est connu sous le nom de
nopal, de raquette ou de figuier d'Inde ; il est
dans la classe des plantes grasses ct en a
toutes les propriétés. Il y en a de plusieurs
espèces, mais il est des signes caractéristiques
auxquels on reconnaît le nopal cochenillifer;
sa tige est charnue, large, applatie, veloutée,
couverte d'épines, dont la force
un peu âpre,
different suivant les diet le rapprochement
verses variétés de cette espèce. Le nopal se
ramifie beaucoup et se rétrécit ainsi que ses
rameaux dans chacun de ses points de division ; ce qui donne aux diverses portions de
la plante ainsi divisée et étranglée, la forme
de feuille orale, épaisse et épineuse. Cet arbrisscau n'a point d'autres feuilles. Ses fleurs
éparses sur les jeunes tiges, sont composées
d'un calice écaillenx qui supporte beauceup
de pétales et d'étamincs ; le pistil surmonté
d'un seul style et caché dans le fond du calice,
devient avec lui un péricarpe ou fruit bon à
manger, semblable à une figue remplie de semences, nichées dans une pulpe dont la couleur varie ; sur quelques nopals elle est rouge;
DJ Quand il a acquis un certain age, il est absolament
ligncux, c'est donc un véritable arbrissect. --- Page 18 ---
(14)
d'autres la donnent blanche. La même variété
de couleur a lieu pour les fleurs. Elles sont Ou
jaunes ou rouges, suivant la variété des nopals,
Celui des nopals qui a la tige lisse, les
épines nombreuses ct trop rapprochées S est
le moins propre à l'éducation de la cochenille ; on pent cependant s'en servir en fair
sant tomber les épines, qui après leur châte
ne repoussent plus. Mais la cochenille réussit
mieux sur le nopal qui a peu d'épines. et une
surface veloutée propre à lui donner une assiette plus assurée.
Le nopal croit par tout, mais il se plait
d'avantage dans les terrains arides. Pour le
multiplier il suffit de planter une ou deux
de ses pattes ou articles; il se reproduit si
facilement, que des articles tombés et laissés
sur nne terre sarclée, prennent racine ct servent de base à une ou plusicurs tiges.
Maladies du Nopal.
Quoiquele nopal soit très-vivace, il est sujct
à des maladies graves ; elles sont au nombre
de trois; j'ai cru pouvoir les nommer; la
gomme, la pourriture et le desséchement.
Toutes trois donnent la mort au nopal, mais
il est, contre elles, des remedes dontles succès
avantageux m'ont été confirmés, par des CXpériences réitérées.
prennent racine ct servent de base à une ou plusicurs tiges.
Maladies du Nopal.
Quoiquele nopal soit très-vivace, il est sujct
à des maladies graves ; elles sont au nombre
de trois; j'ai cru pouvoir les nommer; la
gomme, la pourriture et le desséchement.
Toutes trois donnent la mort au nopal, mais
il est, contre elles, des remedes dontles succès
avantageux m'ont été confirmés, par des CXpériences réitérées. --- Page 19 ---
(15)
f La gomme est un épanchement externe de la
sève du nopal; un conp, une piqûre, qui entame Pépiderme du nopal suflit pour Occasionner cet écoulement. La sève qui est naturellement blanche,se convertit au soleilen une
gomme jaunâtre, , d'abord très-molle et visqueuse intérieurement 2 mais qui blanchit
ensuite en séchant d'avantage et devient friable
sans être moins opaque ; elle sC fond très-dif
ficilement,et, en sortant du nopal, elle forme
sur les pattes des tubercules ou des fusées
assez longues; il faut avoir soin de les ôter
quand on les apperçoit, alors, il n'en résulte
aucun inconvénient pour le nopal; son séjour
au contraire sur les pattes, donne la maladie
que. j'ai nommée pourriture. Quand l'ouverture faite à la patte de nopal est peu considérable, la gomme qui en est sortie se détache,. tombe d'clle-même, et Pouverture se
referme sans aucuin inconvénient ultérieur.
La pourriture est une espèce de dépôt qui
se forme sous la peau du nopal, souvent sous
la gomme, ce'ni'est d'abord qu'une tache d'un
verd brun, mais elle augmente bientôt sensiblement, s'étend sur toute la patte, delà clle
gagne la souche et même la racine; alors le
nopal tombe, on n'apperçoit plus que quel
ques unes des plus grosses Sbres avec une --- Page 20 ---
(16)
eau roussâtre et fétide ; la racine, si on: la
déterre, est réduite en un fumier qui exhale
une odeur nauséabonde.
La cause la plus ordinaire de cette maladie, c'est une meurtrissure ou contusion occasionnée par quelques coups qu'aura reçu le
nopal; il ne . peut être froissé inpunément;
aussi faut-il éviter de le trop fouler quand
on le plante. - Pour n'avoir pas fait cette attention dans le principe de mon établissement,
j'ai perdu beaucoup de pieds de nopals par la
pourriture ; j'ignorais alors le remède qu'on
pouvait y apporter. C'est l'amputation de la
partic malade $ au moyen d'un couteau
dont la pointe est arrondie, le fer plat et
tranchant des deux côtés. On coupe toute la
partie qu'on appereoit être attaquéc de la
pourriture; il est nécessaire même que l'amputation s'étende jusque sur la partie saine de
P'arbrisseau, parce que le moindre reste de
pourriture occasionne lc funeste effet qu'on
veut éviter. Après cette amputation faite, le
nopal se cicatrise et continue à pousser sans
aucune apparence de maladie.
Le desséchement est un défaut de circul:
tion de la séve du nopal, soit dans une partic,
soit dans la totalité d'une patte. On s'en apperçoit quand elle commenee à être d'un verd
jaunêtre
saine de
P'arbrisseau, parce que le moindre reste de
pourriture occasionne lc funeste effet qu'on
veut éviter. Après cette amputation faite, le
nopal se cicatrise et continue à pousser sans
aucune apparence de maladie.
Le desséchement est un défaut de circul:
tion de la séve du nopal, soit dans une partic,
soit dans la totalité d'une patte. On s'en apperçoit quand elle commenee à être d'un verd
jaunêtre --- Page 21 ---
(17)
jaunêtre ct marquée de taches jaunes en diffe.
rents endroits, sur-tout aux extrémités. Ces
taches augmentent sensiblement ; les deax
peaux de nopat se resserrent et se dessèchent
au point de devenir ainsi que les membranes
intéricares. commne une paille. L'épiderme
s'enlève alors aisément par écailles et laisse
voir à découvert les fibres de la patte du nopal. Elle ressemble alors à CeS plantes maritiincs que l'an recherebe à cause de la contextare et de lealacement de leurs fibres dés
liées.
Lorsquele dessèchement est parvenu jusqu'à
la jonction de la patte à celle à laquelle
elle est. adhérente, Ou au tronc principal, la
Ratte desséchée tombe 5 et les taches jaunes
ainsi que le dessèchement. se communiquent
insensiblement à toutes les parties de l'arbre
josqu'a sa racine.
Pour éviter les progrès de cette maladic, il
faut promptement extirper lés parties qui coinmoucent à 8e desséeher. En coupant ainsi
Tartiele au vif, il se cicatrise et reverdit 5 surtout qirand le dessèchement est accidentel et
qu'il ne provient pas de la qualité du sol qui
peut ne point convenir au nopal,
Il arrive souvent que ia grande quantité de
cochenilles dont tue patte de nopal est cliarB --- Page 22 ---
(18)
gée 0 lui -6 donne la maladic appelée dessèchement.
On s'en apperçoit aux taches jaunes qui se
forment au tour des groupes de cochenilles.
Si ces: taches sont multipliées sur le nopai ,
il fant promptement diminuer le nombre des
inscctes; souveut même les ôter tous, pour
éviter la mort du. nopal,"suite certaine de la
maladie appelée dessèchement. On est quelquefois obligé de donner trois ou quiatre
mnois de repos à ce nopal, avant d'x placer
dela cochenille. Ces insectes, quand ils sont
extrêmement multipliés sur le nopal, ne
penvent que lui nuie 1 et tendre à le dessécher, parce qu'ils intorceptent une trop graude
partie de la sève pour leur nourritare
Cette, même sève grasse est singuliérement
recheichée par les fourmis. Ces insectes altaquentles jeunes pattes du Nopal et parviennent
souvent à les dessécher. Les fréquentes sarclaisons éloignent les fourmis de la grosse espècc - : mais commeies unes etles autres n'ont
beaucoup nui dans le principe de mon établissement, la nécessité de garantir de leur voracité mes Nopals et mes. Cochenilles m'a forcé
de recourir à divers essais, pour tronver 11
préservatif. Je Pair enfin obienn dans une lqueur formifuge qui conserve pendant plusicurs.moie son utile propriété, Jai donné la
quentes sarclaisons éloignent les fourmis de la grosse espècc - : mais commeies unes etles autres n'ont
beaucoup nui dans le principe de mon établissement, la nécessité de garantir de leur voracité mes Nopals et mes. Cochenilles m'a forcé
de recourir à divers essais, pour tronver 11
préservatif. Je Pair enfin obienn dans une lqueur formifuge qui conserve pendant plusicurs.moie son utile propriété, Jai donné la --- Page 23 ---
(t9) )
recette de cette composition dans les papicis
publics de S.-1 Doningue.
Indépendamment de la fourmi, il est encoré
un autre insecte nuisible également à la Cochenille et aul Nopal. C'est une espècc de chenille. courte et, verdâtre. Elle attaque les pattes
de Nopal, en y formant des sillons qui de:
vieunent d'un verd blanchâtre ; il en resulté
souvent pour le Nopul la maladie appellée desséchement 2, qusud à la Cochenille, éette insecte la tue en passant sous elle : heureusement cette chenille est rate. On peut d'ailleurs facilement Pappercevoir par les sillons
qu'elle trace sur lcs Nopals. On la détruit en
la coupant avec le couteau à deux tranchants
employé aux'ampatations des Nopals.
Telest la nature, tel sont les maladies et
les enucmis du Nopal; mais il est essentiel
d'observer quiela cochenille elle-méme est nne
vraie maladie que l'on donne à cet arbrisscau;
atissi n'est-il pas indifférent de placer et récolter la eochenille dans'tous-les temps indistinetement. Il est: à cet égard' une iarche qui
m'a été dictée par P'expérience ; c'est conine
on le sait 2 eil fait de eulture, le guide le
inoius trompeur. J'ai eru devoir m'écarter
dans bieh des poinis de la néthode des Ks.
pagnols Mexiquains, les sculs qui se solent
B 2 --- Page 24 ---
20) )
livrés jusqn'alors à ce genre de culture. On
n'ignore pas qu'iis sont dans l'enfance de la
civilisation et les entraves de la superstition,
et par conséquent pen propres à raisonner
leurs procédés et à simplifier leurs usages minutieux. Je m'en suis constamment occupé
pendant dix ans : j'ai enfin prouvé par des
succès, l'utilité de ma méthode. Elle pourra
sans doute être rectifiée, peut-être même reniplacée par une meilieure ; mais.er attendant,
elle pent être adoptéc, puisqu'elle a' en sà
faveur une réussite constatéc.
Manière de planter le Nopal.
D'abord quant à la plantation du nopal, il
faut choisir les pattes les plus fraiehes, les
plus saines, les plus épaisses. On les place à
huit pieds les unes des autres, dans de petits
fossés de quatre à cing ponces de profoudeur.
Il faut qu'eiles soient tournées de, manière
qu'un des côtés plats de la patte soit ell face
de l'Ouest ; c'est de.ce côté que les cochenilles
préférent de se placer.
Ce n'est qu'après seize on dix-huit mois
que le nopal a acquis assez de force pour
supporter l'effet de la cochenille, sans être
malade, ou détruit. C'est,a celte époque que.
ossés de quatre à cing ponces de profoudeur.
Il faut qu'eiles soient tournées de, manière
qu'un des côtés plats de la patte soit ell face
de l'Ouest ; c'est de.ce côté que les cochenilles
préférent de se placer.
Ce n'est qu'après seize on dix-huit mois
que le nopal a acquis assez de force pour
supporter l'effet de la cochenille, sans être
malade, ou détruit. C'est,a celte époque que. --- Page 25 ---
(21) )
cet arbnste donne de beaux fruits : ils annoncent qu'il a atteint l'âge qui lui est nécessaire pour nourrir la cochenille. C'est doue
alors qu'il faut la placer suF les nopals.
Manière de conserver et multi,ler les
Cochenilles.
Il est essentiel d'observer qu'à lépoque de
la saison des pluies, on a dû mettre sous des
abris une assez grande quautité de nopals pour
y faire multiplier la cochenille destinée à être
placée sur le reste des plantations. Ces abris
sont ou des hangards 2 ou des claies, comme
j'en ai employées, ou des tentes, qui me
paraissent préférables, parce quc, sans déplacer le nopal, on le convre, et-la cochenille s'y multiplie, sans que l'arbre se fane,
ce qui arrive nécessairement quand il ést suspendu dans les hangards.
Quand la saison des pluies est passee, et
que les nopals ont atteint Fâge et la force
nécessaires, OH a soin de les corper tous a
la hantenr de cinq pieds et demi; cnsuite 011
coupe les articles des nopals qui avalent été
abrités, 1 on va les placer sur chacun des
autres nopals qa'on veut garnir de cochenille.
Ceiles qui sont agglomérées sur ces articles,
B 3 --- Page 26 ---
(22 )
ne tardent pas à faire leurs petits, qui se
répandent rapidement sur toutes les parties
des nopals. On les récolte cinquante-huit et
cinquante-nenf jours après les avoir ainsi
placées.
Un afpent de terre couvert de nopals et
cochenilles, 2 rend un quintal de cette denrée
chaque année ; L1Il seul homme suflit à le
enitiver ei à le récolter.
Récolie de la Cochenille,
Cette récolte se fait de la manière la plus
simple. On pose au pied du nopal une grosse
ioile de la longueur d'une brassée ; on gratte
ensuité Farbre avec un couteau dont la pointe
est arrondie ; les cochenilles tombent sur la
toile; on les met de suite dans un panier également garni en toile. C'est ainsi qu'on les
apporte vivantes à la maison. Aussitôt qu'elles
y sont il faut les faire périr ; le retard à cet
égard occasionne des pertes, parce que les COchenilles pleines font leurs petits qui s'en vont
en poussière et forment une dinaination sensibic dans la quotité des parties colorantes.
II faut doncle plutôt possible les faire pas-
$er à l'ean chaude, qui les cuit 3 on les y
laisee cinq minutes., entre deux tainis de toile
. C'est ainsi qu'on les
apporte vivantes à la maison. Aussitôt qu'elles
y sont il faut les faire périr ; le retard à cet
égard occasionne des pertes, parce que les COchenilles pleines font leurs petits qui s'en vont
en poussière et forment une dinaination sensibic dans la quotité des parties colorantes.
II faut doncle plutôt possible les faire pas-
$er à l'ean chaude, qui les cuit 3 on les y
laisee cinq minutes., entre deux tainis de toile --- Page 27 ---
(23) )
de brin, après quoion Jes retire et on les met
sécher au soleil.
La se bornent les procédés à employer
pour la récolte de la cochenille.
Préparation de la Cochenille.
Four dépouiller la cochenilic sylvestre de
son duvet cotonneux 2 j'ai imaginé un moyen
qui m'a complettenent réussi.
Ce moyen est une machine de la strncture
la plus simple. Son plan et ses détails ont
été mis, 3 et sont encore sous les yeux des
membres du Lycée des Arts.
C'est une roue en fer blanc, dont le diamètre est de deux picds, l'épaisseur de six
pouees. Il ya dans l'épaisseur une ouverture
pour y mettre la cochenille ; quand elle y
est On ferme la roue à Paide d'une cheville
de fer 3 on la pose sur un.b baquet plein d'eau
chaude, et à l'aide d'un essieu anquel est
adaptée une manivelle, on met cette roue
en nouvement dans le baquet. C'ést par cette
rotation qu'en sept minutes la roue se vuide; ;
les cocheailles sortent par des trous pratiqués
à cet effet dans toutes les parties de la roue.
Ces troux sont proportionnés à la grosseur
des cochenilics : comme on a ett soin de les
B 4 --- Page 28 ---
(24)
percer cn dehors de la roue, ils forment en
dedans une espèce de rape, dont les aspérités
acerochent T'enveloppe cotonneuse de la COchenille ct la retiennent en dedans de la roue,
quand Peau force l'insecte d'en sortir. Cette
enveloppe est ensuite détachée de l'intériear
de la roue et poussée en dehors par la rapidité et la continuité du mouvement, en sorte
qu'it ne reste dans la roue que les morceaux
de gomme ou parenchyme desséché du nopal qui s'en détachent quelquefois, quand
on ramasse la cochenille ; encore ne trouveton dans rintérieur de la roue, que ceux
de ceS morccaux qui sont de trop gros VOlume pour passer par les petites onvertures.
Quand la roue est vide, on remarque sur
Peau le davet cotonneux de la cochenille et
qpuelques-uns de ces insectes trop petits pour
avoir eté genés lors de ieurs passage par les
trous de la roue. Ils ne surnagent, qu'au
moyen d'ane partie, quelquefois même de la
totalité de leur enveloppe cotonneuse qui'ils
ont couservéc. Les autres cochenilles entièrement dépoaillées de leur coton, se pricipitent au fond dn baqaet. On écame avee
soin le duvet cotonnenx ct les petites cochenilles que jo nomme, écame de cochenilles,
et qai renferment néccssairement des parties
passage par les
trous de la roue. Ils ne surnagent, qu'au
moyen d'ane partie, quelquefois même de la
totalité de leur enveloppe cotonneuse qui'ils
ont couservéc. Les autres cochenilles entièrement dépoaillées de leur coton, se pricipitent au fond dn baqaet. On écame avee
soin le duvet cotonnenx ct les petites cochenilles que jo nomme, écame de cochenilles,
et qai renferment néccssairement des parties --- Page 29 ---
(25).
colorantes. On à soin de vider cette partie
avec précantion, pour ne point la mêler avcc
les insectes qui sont au fond du baquet ; ils
se vident à leur tour, par un trou pratiqué
au bas du baquet; ; ils tombent dans un tamis
de brin et y restent avec quelques portions de
de terre qui sont souvent mêlécs avec cclles,
des cochenilles qui sont aux pieds des nopals.
pour achever de nettover P'insecte, il suffit
de poser le tamis au dessus de l'ean fraiche
et propre, de mantère qu'elle y entre ; alors
en agitant le tanis, la terre détrempée s6coule avec l'cau et laisse la cochenille purfaitenient nette au fond du tamis. C'est dans
cet éfat qu'on Pexpore au soleil : un jour entier clair et serein est suifisant pour donner à
la cochenille le degré de sécheresse nécessaire,
afin qu'elle soit susceptible de se conserver.
C'est ainsi qn'à été préparée la cochenille
qui a été soumise à Pexamen du Lycée. Il
est aisé de juger, en la voyant, qu'elle est
eutièrement dépouiliée de son enveloppe COtonneuse ; et comme cette envéloppe était la
seule cause de la différence de prix an désavantage de la cochenille de St. Dominguc,
il est évident que dans le commerce elle doit
marcher de pair avec la cochenille du Mexiquc, que les Espagnols seuls foarnissent à --- Page 30 ---
(26)
tous les peuples de FEurope. Dès-lors j'aurai
atteint le but que je me suis proposé, car
mes travaux, mes recherches, mes voyages,
les dangers que j'ai courus ne tendaient qu'à
mettre la France dans le cas de partager
avec FEspague cctte cspèce de privilege CXclusif de fournir aux antres peuples une
denrée aussi ntile, aussi précicase que la COclenille.
C'est ce même désir, c'est ce même projet,
qui avait décidé Thiery de Ménonville à courir la même carrière. Sans nous connaitre,
nous avions conçu le même plan, dans le
même temps ; le ministre Sartine ft à chacun
de nos mémoires la même réponse. Elle me
priva des moyens que j'attendais de mes parens pour effectuer mon voyage. Il fut différé, Thiery de Ménonville partit. Il avait
compté sur des promesses ministériclles qui
ne s'efiectuérent point. Il revint de St.- Do-.
mingue en France et retourna de nouvean
en Amérique, après avoir pris des mesures
plus certaincs. Il fut au Mexique, et en rapporta la cochenille mestèque et la sylvestre 7.
Pune et l'autre réussirent à St.-Domingue;
ii en a acquit la preuve et se disposait à
former une nopaleric quand il mourut. Il
n'eut pasla satisfaction de démoatrer en grand
les qui
ne s'efiectuérent point. Il revint de St.- Do-.
mingue en France et retourna de nouvean
en Amérique, après avoir pris des mesures
plus certaincs. Il fut au Mexique, et en rapporta la cochenille mestèque et la sylvestre 7.
Pune et l'autre réussirent à St.-Domingue;
ii en a acquit la preuve et se disposait à
former une nopaleric quand il mourut. Il
n'eut pasla satisfaction de démoatrer en grand --- Page 31 ---
(27)
Pitilité et la possibilits de cette cnlture, pour
l'établissement delaquelle il s'était si généreuscmenteacrific.
La mort de Thiery de Ménonville, fut sans
la colonic do
donte une grande perte pour
St.-Domingue, elie en fut une pour la France
cntière ; ses lumières, son zèle, son activité,
auraient procuré aux français tous les avantages qu'offre an commerce, aux manufactures, la culture de la cochenille dans les
possessions françaises d'outre-mer. Bientôt la
France n'aurait plus été obligée de donner
chaque année neuf millions à PEspagne, pour
dc cocheaille;
sa consommation indispensable
et comme elle aurait tiré cette denrée de
c'était
clle dans le comses colonies,
pour
merce, un bénéfice réel de dix-huit millions.
Historique de mon voyage d St-Dominge.
Bien convainen de Ce3 résultats importans,
je persistai toujours dans mon projet de
eulture. Enfin j'obtins les moyens de partir.
A mon arrivéc à St.-Domingue, jappris, non
les
les travaux et la fin
sans peine,
voyages,
prémaiurée de "Thiery de Manonville, à peine
sa mort avait elle fait quelque sensation ; ses
saccès momentanés en avaient fait si pen, que --- Page 32 ---
(28),
les administrateurs eux-mêmes ne regardaient
Ja culture du nopal et léducation de la CGchenille, que comme un objet d'amusement
et de curiosité plutôt que d'utilité. Le public
vient d'en avoir une prenve matérielle dans
la lettre de Bongards, alors intendant de St.
Domingue ; que je viens d'être forcé de faire
publier et imprimer.
Cette insouciance des chefs de la colonie
ponr l'établissement d'une culture aussi utile,
m'étonna ; cependant je n'abandonnai pas
mon projet.
C'était au Cap, par conséquent, dans leNord
de St. Doningue que j'avais débarqué. J'y
avais contracté des liaisons utiles et agréables.
Je me décidai à y remplir une place honcrable ; mais toujours occupé de T'objet qui
m'avait conduit à St. Domingue, je demandai et obtins quelques cochenilles sylvestres
avec deux pieds de nopal. Les cochenilles
mestèques n'existaient plus ; privées des soins
qui leurs sont nécessaires, elles avaient peu
survécu à Thiéry de Ménonville. On ne put
donc m'envoyer que de la cochenille sylvestre.
L'intendant Bongards m'en fit passer ODzC.
Je les élevai et multipliai avec suceès au
point que je fus bientôt dans le cas d'en
ai et obtins quelques cochenilles sylvestres
avec deux pieds de nopal. Les cochenilles
mestèques n'existaient plus ; privées des soins
qui leurs sont nécessaires, elles avaient peu
survécu à Thiéry de Ménonville. On ne put
donc m'envoyer que de la cochenille sylvestre.
L'intendant Bongards m'en fit passer ODzC.
Je les élevai et multipliai avec suceès au
point que je fus bientôt dans le cas d'en --- Page 33 ---
(29)
donner et poser moi-même sur quelques pieds
de nopals du jardin du cercle des Philadelphes;
c'était une association dont le but était le
progres des scicnces, des arts et de P'agriculture.
Encouragé por ces premiers succès obtenus
dans la partic du Nord de St. Domingue, oi
la température pluvieuse et plus froide, convient moins à la cochenille, je me décidai à
tenter de former un établissement en guand.
J'étais occupé des moyens d'exécution de
ce projet ; j'en parlais à tous les cultivateurs
avec lesquels j'avais occasion de me trouver.
Le hasard voulut que je m'en entretinsse avec
iun d'eux qui y prit intérêt. Sur la définition
que je lui donnai du nopal, il m'assura en
'avoir vu auprès d'une casc ou maison dansla
partic espagnole de St.-Domingue. Je lui proposai d'y aller, il accepta. Cette découverte
acheva de me décider. J'achetai à quelques
lieues de-là, une portion de terrain aride qui
me promettait des succès pour les plantations
de nopals. J'avais formé le projet de tirer
mies plants de ceux que j'avais vu dans la
partie espagnole ; ;j'avais dès-lors plus que jamais lespoir de former une nopalerie. --- Page 34 ---
(30)
Elablissement de la Nopalerie.
Pour le réaliser je me décidai à quitter le
séjour de la ville : je me retirai dans les bois,
au fond des doubles montagues. La seul avee
une poignée d'Africains, je commençai mon
établissement. Lorsque j'ens préparé T'emplacement destiné à la nopalerie, je m'occupai
des moyens de me procurer des nopals que je
connaissais. Je proposai d'abord en échange
du sucre 5 du café, du taffia. Mcs propositions furent acceptées. J'emportai donc en
deux voyages conrécutifs les charges de quinze
mulets. Au troisième voyage la garde Espagnole vint, fit des questions sur cet enlevement de nopal. Je lui répondis vaguement
et- continuai mon opération. Ce ne fut qu'au
sixième voyage que les Espagnols armés tentèrent de s'opposer à ce que j'emportasse les
nopals déjà chargés sur les mulets. Je les fis
marcher en avant et me tins sur la défensive avec un de. mes amis, dans une contenance assez assurée pour que la garde Espagnole, quoique supérienre en force, n'osât
noLiS attaquer. Dans un voyage sabséquent,
mon cheval glissa dans un chemin difficile et
ronla dans une falaise. Il m'aurait écrasé, si
je n'avais eu lebonheur de me tenir suspendu
à une branche d'arbre.
ulets. Je les fis
marcher en avant et me tins sur la défensive avec un de. mes amis, dans une contenance assez assurée pour que la garde Espagnole, quoique supérienre en force, n'osât
noLiS attaquer. Dans un voyage sabséquent,
mon cheval glissa dans un chemin difficile et
ronla dans une falaise. Il m'aurait écrasé, si
je n'avais eu lebonheur de me tenir suspendu
à une branche d'arbre. --- Page 35 ---
(3:),
Mais ces dangers, ces contretemps ne me
rebutèrent pas. Malgré les Espagnols et les
mauvais chemins, je parvins cnfin à me procurer une quantité de nopals suffisante pour
former une grande plantation. J'avois successivemert multiplié mes nopals au point de
les porter au nombre de quafre mille. Je
multipliai aussi la cochenille avec les précautions nécessaires pour ne pas nuire à mes trop
jeunes plantations. Elles. prospéraient sensiblement, quand je faillis éprouver le sort de
Pinfortuné Thiery de Ménonville. Une maladie aigiie me conduisit aux portes du tombeau : une longue et pénible convalescence
mne priva de donner mes soins à ma nopalerie naissante. Elle en souffrit beaucoup. Les
dommages qu'elle éprouva reculérent le moment de la jouissance. Cependant j'avais tout
préparé à force de soins et de travaux ; je
touchais au moment de mettre mon établissement en grande valeur, quand la révolution
se fit. J'avais déjà fait en France trois envois
de cochenille ; je me disposais à en faire un
quatrieme plus considérable, quand mes concitoyens vinrent m'arracher des soins et des
travaux de ma culture, pour m'en confier de
bien plus importans.
Depuis la fin de 178) je n'ai pas' cessé jus- --- Page 36 ---
(32) )
qn'à CG moment d'êfre fonctionnaire public
très-oecupé. Dès-lors il ne m'a plus été pos:
sible de donner à ma nopalerie les soins qu'elle
exigeait, et que peu de personnes autres que
moi étaient susceptibles de prendre. Ainsi donc
sans être abandonnée, cette culture n'a pas
atteint le degré d'importance auquel elle fit
parve.me, si j'avais pu continuer à la suivre
comme je l'avais commencée.
Chacun de vous, Citoyens, voudrait sans
doute savoir dans quel état cst actuellement
cet établissement, dont P'utilité est démontréc.
Je souhaiterais pouvoir donner à cet égard
des renseignemens pesitifs, mais les désastres
de St. Domingue sont connus.
On sait combien il importait à P'Angleterre
de détruire le commnerce de la France. Pour
le ruiaer, la destruction de SCS colonies, surtout de St. Domingue, était nécessaire. Ges
projets dévastateurs de l'Anglais n'ont été que
trop bien exécutée.
Cependant jusqu'en Juin 1792, époque à
laquelle j'ai quitté cette colonie, pour cause
de mission, 2 une trés-granje portion de la COlonie était préservée, ct ma nopalcrie faisait
partie des habitatiens à la conservation desquelles j'ai eu le bonheur de concourir.
Mais
de SCS colonies, surtout de St. Domingue, était nécessaire. Ges
projets dévastateurs de l'Anglais n'ont été que
trop bien exécutée.
Cependant jusqu'en Juin 1792, époque à
laquelle j'ai quitté cette colonie, pour cause
de mission, 2 une trés-granje portion de la COlonie était préservée, ct ma nopalcrie faisait
partie des habitatiens à la conservation desquelles j'ai eu le bonheur de concourir.
Mais --- Page 37 ---
(33)
Mais bientôt sans doute les victoires cons*
tantes de la République amèneront une paix
générale, et par une: suite nécessaire, celle de
nos possessions én Amérique.- Alors les colons
malheureux, mais non pas abattus ni découragés, s'empresseront de retourner à St. Domingue, Ils iront fertiliser de notiveat ce
riche sol qui n'offre plus que des ruines, des
cendres et des ossemens. Bientôt, avec de
sages règlemens, on verra reparaitre dans le
commerce les sucres, les cafés 7 les cotons $
les indigos et autres prodactions, Il faudra
peu de temps pour qu'eiles rendent à la
Francc, dans la balanee du commerce. 2 cette
prépondérance de 7+ miliions qu'elles lui
assurait chaque année.
Parmi CCs denrées coloniales, la cochenille
sC fera remarquer par sa bonne qualité et
ses propriétés bien constatées. Elles sont trèsimportantes pour les manufactures Françaises.
C'est ce qu'ont démontré les expériences faites
par les C. commissaires du Lycce des Arts,
qui vont en exposer les détails.
BRULLEY,
Commissaire de St. Domingue,
Paris, de Ib Germinal, an TIT de la Rép. Frarg.
C --- Page 38 ---
(3+)
Détail des ezpériences,
Si la cochenille n'était pas aussi connue
des" naturalistes, et si ses avantages précicux
pour la teinture n'étaient pas hors de doute,
cc serait bien le moment de faire précéder
le récit de ce travail de tout ce qui peut intéresser les arts et les sciences.
T.es Citoyens Delunel, Darcel, Désaudray
et Cosiel aidés du Citoyen Decurel, artiste
distingué, âttaché ci-devant aux Gobelins 5
ayant été nommés commissaires par ie directoire du Lycée des Arts, pour l'examen chymique d'une cochenille sylvestre, élevéeà St.-
Domingue : par le citoyen Brulleyi, dans la
nopalerie qu'il est parvenu à former dans
son habitation ; leur rapport doit donc se
borner à fixer Pattention du directoire.. sur
la plus ou moins grande utilité de celte COchenille, par rapport à la teinture.
Des expériences qui ont pour but de rendre
hommage au zèle et aux talents, d'encourager la patience et lindustrie, en démontrant
la possibilité d'enlever à lEspagne un conimerce important. ne pouvaient avoir trop de
témoins ; aussi ont-eiles cté faites en pré-
former dans
son habitation ; leur rapport doit donc se
borner à fixer Pattention du directoire.. sur
la plus ou moins grande utilité de celte COchenille, par rapport à la teinture.
Des expériences qui ont pour but de rendre
hommage au zèle et aux talents, d'encourager la patience et lindustrie, en démontrant
la possibilité d'enlever à lEspagne un conimerce important. ne pouvaient avoir trop de
témoins ; aussi ont-eiles cté faites en pré- --- Page 39 ---
(35) )
sence des citoyens Désaudray 3 Delumel,
Costel, Bralley et d'in député de St.-Domingne. Connie R existe deaxespèces de cochcnille, P'une démommée cochenille mestèque oit
du Mexique, Pautre appolléé cochenitteasyhies
tre, apportée par letioyen Brulley,et quila
preinière, est : d'une usage antérieur dans la
teinlure ; la comiparaison des expériences et
Pidentité des conleurs,ont 616 pour les conmissaires un moyen facile d'établir lear jugement,
et. pour Pinportateur une preuve assurée de
son succès.
Il est nécessaire de parler iei d'uie diference existante entre les deax cechenilies,
laquelle offrait une difficulte que le citoyen
Brulley a St vaiticre. La cochenille sylrestre
porte un duvet absolument inutile à la teinture, et qui môme était un obstacle dans sa
fabrication- Par lc moyen d'un monlin fort
ingénicusement imaginé, - le davet disparait :
et ce mécanisme est tres-simple 3 deix plaques
rondes de for Blanc, percées de petits trous,
la maniere d'ane rape, sout réunies par ane
plate-bande qui en forme un tambour, c fixées
horizontalement à unaxe, qui est placé verticalement dans un baquet ordinaire, et arrêté par
une traverse, dontles dewrestiénsités Hennent
aux bords dn baquet. Cet axe Cst u par une
C aa --- Page 40 ---
(35)
manivelle, et la plaque de fer blanc est mise
ainsi en mouvement dans le baquet que l'on
remplit d'eau. -- L'insecte y est jetté, et le
duvet qui le recouvie, arraché dans ce monvemnent rapide par les aspérités qui se trouvent aux trons des plaques de fer blanc,
vient nager à la surface de Pean, et est facilement enlevé avec une écumoire; la cochenille se retrouve ensuite au fond del l'eau sans
dupel. L'impossibilité de-priver ainsi cette COchenille d'une substance, sinon nuisibie, au
moins inutile dans son application à la teinture, ent été une défaveur pour elle, parce que
la cochenillemesteque ayant donné plus deputies colorantes, lui eit toujoars bté préferte.
La manière d'appliquer les expériences, ct
d'y joindre de nouvelles recherches avec Pespoir d'un résultat heureux, étaient déjà colnus des citoyens Darcet et Berthollel, qui
ont eu occasion : d'examiner une cochenille
sylrestre, qui anciennement avait été envoyéc
par Thiery de Ménonville, au citoyen Rostagny, député du commerce de Marseille. Des
préventions aussi favorables, ont encouragé
vOS commissaires à répéter avec confiance,
les expériences qui vont être détaillées.
Un premier bain connu en teinture, sonS
le nom de bouillon, a été fait avec tartrite
et et Berthollel, qui
ont eu occasion : d'examiner une cochenille
sylrestre, qui anciennement avait été envoyéc
par Thiery de Ménonville, au citoyen Rostagny, député du commerce de Marseille. Des
préventions aussi favorables, ont encouragé
vOS commissaires à répéter avec confiance,
les expériences qui vont être détaillées.
Un premier bain connu en teinture, sonS
le nom de bouillon, a été fait avec tartrite --- Page 41 ---
(37)
acidale de potasse o11 crême de tartre, 36
grains ; cochenille préparée par le citoyeir
Brulley, 36 grains ; composition, 2 gros, 36
grains ; (composition en terme technique de
teinture 1 signific : dissolution d'étaim fire
dans Ieau régale.) Après avoir fait bouillir
la crême de tartre et la. cochenille pendant
quelques minutes, les 2 gros et : y ont été
versés, 2 et Péchantillon de drap blanc après
nne jinmersion d'un quart-d'heure dansle bain
bouillant, a été lavé dans l'eau de rivière;
ensuite on a préparé le second bain, qu'on
appelle rougie.
Dans ce second bain fait avec de nouvelle 1
ean, on a jetté, cochenille préparée, I gros;
crême de tartre, I gros ; terra merita, 36
grains ; composition comme ci-dessus, I once;
après 5 à 6 bouillons, la composition y a été
versée, et un instant après, on y a plongéle
même échantillon qui venait d'avoir Te bouillon ; le bain ayant été tenu bouillant pendant
une demie heare, Péchantillon a éte retiré
pour être rincé et Javé; devenu sCC à l'air
libre, il s'est tronvé jetfer tin fen bien vif et
donner un grand éclat, ainsi qu'on peut juger
par léchantilloa numéro I. Les mêmes expériences ont été répétées sur la cocheniile sylvestre brute, avec différence dans les dôses
C 3 --- Page 42 ---
38) )
La belle teinte de l'échantillon numéro 2,
annonce également la parfaite réussite, et
tont ce que l'on doit attendre de la cochenille sylvestre.
Ces expéricnces prouvent d'une manièrc incontestable, que la cochenilie de St. Domingue,
élevée par le citoyen Brulley, donne absolument la méme couleur, avec la mêmc franchise et le même éclat que la cochenille dut
Mezique. Mais, comme cette dernière est
pius grosse, et qu'elle ne porte pas de duvct
cotonneux, tout en elie est partie colorante;
Je citoyen Brulley suppiée à cet avantage cn
dépouillant la sienne de son duvet, ce qui
rapproche d'autant la partie colorante ; aussi
n'avons nous pas mis plus de cochenille dans
chacun des deux premiers bains du nunéro
1, que si nous avions cu à teindre avec la
cochenille du Mexique. Deja la décision du
dircctoire est fixée sur le compte du citoyen
Brulley, ou du moins, vOS conmissaires se
flattent qu'elle ne sera pas long-temps douteuse à son égard, d'aprés ce qu'ils viennent
de vous détailler, si pour rendre cette découverte plas intéressante, s'il fallait dire.ici à
combien de sacrificcs nous la devons, nous
vons parlerions des peines, des dépenses, des
soins st des dangers de Panteur : c'est par
ision du
dircctoire est fixée sur le compte du citoyen
Brulley, ou du moins, vOS conmissaires se
flattent qu'elle ne sera pas long-temps douteuse à son égard, d'aprés ce qu'ils viennent
de vous détailler, si pour rendre cette découverte plas intéressante, s'il fallait dire.ici à
combien de sacrificcs nous la devons, nous
vons parlerions des peines, des dépenses, des
soins st des dangers de Panteur : c'est par --- Page 43 ---
(39)
lui que nous sommes dédommagés de la
perte de Thiery de Ménonville ; rappellezvous sur-tout, que sans la préparation opérée
à l'aide de son moulin, nous courrions les
risques d'être pour long-temps, peut-étre,
tributaires des étrangers ; VOS commissaires,
en conséquence vous présentent le C.Brulley,,
comme ayant droit à la médaitle ct à la
couronne fraternelle, ? que le Lycée décerne
au vrai talent, sur-tout quand il est aidé du
zèle pur ct du désir méritant de se rendre
utile à la patrie.
Délibéré au directoire, le 7 Germinal.
DARCET, LUNEL, DÉSAUDRAY, COSTEL
et DÉCUREL, commissaires.
Addition importante aus cxpériences sur
la Cochenille.
Dans de nouvelles expériences faites: par le
eitoyen Dareet 1 à l'aide du méme artiste
Décurel, ce chymiste dont le zèle seul peut
égaler lcs talents, est venu à bout de faire
d'aussi parfaite teinture écarlatte, sans aucun choix particulier d'eau et en supprimant
C4 --- Page 44 ---
(40)
la Terra merita, par des procédés infiniment
plus simples, aussi surs, et beaucoup nioins
dispendicux.
Dans ces noureaux essais, le citoyen Darcet
a imaginé de chercher quel parti on pourrait
tirer d'une tres-grande quantité de poussière,
jugée jusqu'ici inutile, qui se trouve d'ordinaire dans les ballots de cochenille quel'on CKpédie par les vaisseaux, et qui provient de
cet insecte lorsqu'il est mangé par les mites.
Il a découvert que la mite ne détruit pas
la partie colorante, et que c'est cette dernière qui constitue la presque totalité de
cette poussiere, , jusqu'ici jugée inutile et que
f'on ne manquait pas de jetter.
An
moyen d'un procédé très-simple, employé par
le citoyen Darcet, cette poussière a donné
une très-belle couleur, et il est constant aujourd'hui qu'eile peut servir avec un trèsgrand avantage, au moins à faire les premiers
bains, 2 ce qui contribuerait à procurer une
plus belle couleur et tue tres-grande épargne
dans P'emploi de la cochenile. On n'a pas
besoin d'insister sur l'utilité de cette découverte.
A l'appui de ce méinoire, le C. Brulley a
fourni au Lycée dies Arts, I°., des échanCAT
une très-belle couleur, et il est constant aujourd'hui qu'eile peut servir avec un trèsgrand avantage, au moins à faire les premiers
bains, 2 ce qui contribuerait à procurer une
plus belle couleur et tue tres-grande épargne
dans P'emploi de la cochenile. On n'a pas
besoin d'insister sur l'utilité de cette découverte.
A l'appui de ce méinoire, le C. Brulley a
fourni au Lycée dies Arts, I°., des échanCAT --- Page 45 ---
(41) )
tilions des cochenilles sylrestres 1 encore
charges de leur enveloppe cotonnense. 2°.
des échantillous de ces cochenilles dépouillées
de leur duvet, à l'aide de la machine qu'il
a imaginée et dont nous avons donné la description. 3°. Une poussière qui se trouve
ordinairement dans tous lcs ballots de cochenille, et qui n'est autre chose, que le résidu
d'une partie de la cochenille mangée par les
mites. Enfin, un certificat signé des commissaires de la colonie de St. Domingue, qui
constate l'existence des nopaleries, 2 oit 7 par
les soins du C. Bralley, y ont été produitsles
susdits échantillons.
Nous devons, ponr l'exactitude de notre
rapport et pour P'intérét mnême de linventeur,
copier ici le certificat en entier ; et nous
ajonterons que pour plus grande authenticité, nous Pavons fait appuyer de la signature de plusienrs cultivateurs et gens-deIettres qui étaient à St. Domingue, et qui
ont vu les éducations particnlières que le C.
Thiery de Ménonville a essayé d'y faire, ainsi
que Pétablissemnent que leC. Brulley y a forme;
il nous fallait des témoignages aussi reconimandables, pour régler avant tont notre opi.
nion et nous mettre Cil état de partir d'un --- Page 46 ---
(42 )
point fixe, qui ne nous laissat pasparlà de' doufe
raisonnable sur le véritable mérite de P'auteur.
Certificat.
Nous soussignés, commissaires de St.-Domingue, députés près la Conrention nationale;
certifions, qu'Augustin-Jean Erulley, s'est OCcupé depais plusieurs anuées à St.-Domingue,
de la culture du Nopal ct de l'éducation de
la Cochenille ; que les succès de ses travaux
ont été anuoncés par des lettres ministérielles, insérécs dans les papiers publics, et
qu'il cst le premier qui ait établi une nopaJerie dans la partie francaise de St.-Domingue ; en foi de quoi, nous avons délivré le
préseut certificat.
Signé, DUxY, VERNEUIL, CLAUSSON,
PAGE, MILLET, D'AUBONNEAU, FoxDENIOLLE.
C'est dans cet état des choses, que le Lyeée
des Arts a nommé pour commissaires., les.
citoyens Darcet, Lunel, Malherbe et Désaudray ; et, sur la demande du C. Darcet,
doat les talents supérieurs, loin de la redouter, recherehent par-tout la lumière et ne dédaignent aucun moyen de s'en aider ; on y
a adjoint le citoyen Décurcl, artiste, infini-
UBONNEAU, FoxDENIOLLE.
C'est dans cet état des choses, que le Lyeée
des Arts a nommé pour commissaires., les.
citoyens Darcet, Lunel, Malherbe et Désaudray ; et, sur la demande du C. Darcet,
doat les talents supérieurs, loin de la redouter, recherehent par-tout la lumière et ne dédaignent aucun moyen de s'en aider ; on y
a adjoint le citoyen Décurcl, artiste, infini- --- Page 47 ---
(43)
ment recommandable et l'un des plus habiles
teinturiers de la manufacture des Gobelins.
Les expériences ont eu lieu dans le laboratoire de la monnaie, ct elles ont été faites
en présence de plusieurs membres du bureau
de consultation des aris, ainsi que des commissaires des colonies.
Résullats. e D'après ces expériences ct
d'après les certificats recucillis avec le plus
grand soin par le Lycée, il parait constant,
Io, que feu Thiery de Ménonville ct le C.
Brulley, ont eu à peu-prés en méme-temps,
Pidée de la conquête de la cochenille. Thiery
ardent, plein de zèle et protégé alors par le
gouvernement, obtint le premier des secours,
partit pour les isles, et vint à bout avec autant de courage que d'intelligence, au risque
même de sa liberté et de sa vie, d'enlever
aux espagnols un petit nombre de cochenilles
mestèques, espiee qui élait la plus estimée.
Il voulut commencer des édurations, mais
elles étaient en si petit nombre, que Fintendant Bongards ne les regardait que comme
un objet de curiosité. Thiery monrut à la
peine, une maladie violente l'enleva et seS
éducations périrent avec lui, il n'en resta
rien. Cette fin désastrense ne diminue pas
son mérite, elle ne fait que doubler ncs re- --- Page 48 ---
(4)
grets, mais il n'en est pas moins vrai, que
de ce côté les résultats ont été nuls et la
nation ne peut calculer que d'après eux.
Averti par les malheurs et la conduite de
Thiery, le citoyen Brulley n'y a trouvé qu'un
nouveau sujet d'émulation, au lieu de s'effrayer d'un pareil sort, il est parti dans le
dessein de tout réparer et il y a réussi. -
Mais au Jieu de s'attacher à la cochenille mestèque, très-délicate à élever, frès-diflicile à
avoir, et de s'en tenir comme les artistes ordinaircs aux préjugés et aux routines ordinaires, 2 il a vu cette entreprise en obeervateur instruit ; il s'est attaché à la cochenille
la moins estimée 7 la plus facile à obterir;
il en a perfectionné la culture et il est parvenu, comne on l'a vu, en la dépouillant
de son duvet cotonneux, en tirer Hn parti
si avantageux, qu'elle peut rivaliser aujonr;
d'hui avec celle des espagnols et qu'elle fournit des récoltes bien plus faciles et plus abondantes. Ainsi le commerce y trouvera un
double avantage, celui de se passer de l6tranger et d'avoir cette denrée à beaucoup
meilleur marché.
Enfin, Ce qui est beaucoup à considérer
pour le goavernement, c'est que les nopalc-
vu, en la dépouillant
de son duvet cotonneux, en tirer Hn parti
si avantageux, qu'elle peut rivaliser aujonr;
d'hui avec celle des espagnols et qu'elle fournit des récoltes bien plus faciles et plus abondantes. Ainsi le commerce y trouvera un
double avantage, celui de se passer de l6tranger et d'avoir cette denrée à beaucoup
meilleur marché.
Enfin, Ce qui est beaucoup à considérer
pour le goavernement, c'est que les nopalc- --- Page 49 ---
(45)
ries formccs en grand par le C. Brulley, ont
infiniment éclairé sur la culture iportante
dunopalet qu'elles assurent caux colouies la possibilité de rétablir promptement cette précieuse industrie, qui sera due en définitif,
aux soins et intelligence de ce cultivateur.
Nous devons mettre aussi an nombre des
résultats intéressants, Pexpérience faite par
le citoyen Darcet, sur la poussière provenant
des cochenilles mangées par les mites, dont
ce chymiste à sil tirer un parti tres-avantageux. Cette découverte est d'une très-haute
importance, puisqu'une partic regardée comme
inutile, et jusques ici jettée et perdue, peut
suffire pour préparer Jes premiers bains des
teintures et procurer une épargne considérable dans ces opérations.
Le C. Brullcy a profité de ces expériences
pour faire teindre en écarlate, un morceau
de voile qui lui a servi à établir un pavillon
tricolor, dont il fait hommage au Lycée, 7
ct c'est d'après unl rapport circonstancié de
ces détails importans, que le directoire lui
a décerné une médaille et une couronne, a
sa séance publique du 20 Prairial.
Mais, en rendant cette justice solemnelle
au zele et au talent du citoyen Brulley, la --- Page 50 ---
(46)
tâche honorable que le Lycée s'est imposée
n'était pas encore entièrement remplic.
Le but de cet établissement, est non-seus
lement de faire connaitre au public les nouveaux procédés intéressants dans les arts,
mais encore d'appcler sur eux l'attention du
goursraement, lorsque lour importance eil
est digne ; en conséquence le directoire à
arrêté, que le pavillon du citoyen Brulley: 3
portant inscription, productions des coloniesfrançaises, serait présenté à la convention: par
une députation 3 chargée de lui porter. en
même-temps le rapport des commissaires ct
les pièces qui sont à Pappui.de cette intéresa
sante déconverte. En conséquence la députation s'y. est rendue le 15 Fioréal, et Charles
Désandray a prononcé le discours suivant;
dont mention lionorable et inscrtion au bultin ont été décrétées.
A la 4 Convention Nationale.
CITOYENS REPRÉSENTANS,
Ci
Toujours constant dans son zèle et ses travaux, toujours occupé de recueillir les henFOux résultats de lIndustrie, le Lycée des
Arts vient vous offrir une nouvelle conquéte
sur nos ennemis,
quence la députation s'y. est rendue le 15 Fioréal, et Charles
Désandray a prononcé le discours suivant;
dont mention lionorable et inscrtion au bultin ont été décrétées.
A la 4 Convention Nationale.
CITOYENS REPRÉSENTANS,
Ci
Toujours constant dans son zèle et ses travaux, toujours occupé de recueillir les henFOux résultats de lIndustrie, le Lycée des
Arts vient vous offrir une nouvelle conquéte
sur nos ennemis, --- Page 51 ---
(47)
Tout le monde connait l'importance de la
cochenille pour les belles teintures.
Eh bien ! la cochenille pcut dans VOS possessions rivaliser anjourd'hui avec celle du
Mexique, et vous voyez derant vous, Citoyens
Représeutans, un Pavilion qui tout entier est
di à vOS productions coloniales.
C'est votre indigo qui a iteint la partie
bleue, la blanche est die à VOS cotons, et la
partie écarlate,dont la beanté égale la couleur
donnée par la cochenille du Mexique, a été
teinte avec de la cochenille dite sylvestre qui
a été élevée dans des Nopaleries fondées enl
grand à S.-Domingae.
Vers lan 1777, Thiery de Ménonville vint
à bout d'y importer la cochenille mestèque qui
était regardée comme la plus estimée et de
l'y cultiver avec succès. Mais bientôt il mourut et nous perdimes totalement cette préeiense importation.
En 1780 (p. st.) le citoyen Erulley, ici
présent y cultiva la cochenille sylvestre qui
paraissait moins propre aux belles teintures,
attendu qu'elles étaient recouvertes d'un duvet
cotonneux qui. en rendait Pusage très-difficile.
Il. remarqua-que ce qui.senblait la dépriser
TVC --- Page 52 ---
48) )
était un avantage pour cette espèce de COchenille, qui défenduc ainsi contre les intempéries de l'air, pouvait s'élever plus facilement
et en bien plus grande abondance. En conséquence il forma des nopaleries en grand, et
elles avaient ua plein succès au moment oû
les troubles sont survenus. Différens avis anlnoucent que jusqu'ici elles ont é16 respectées ct
c'est un objet trop important 1 Législateurs,
pour ne pas être pris dans la plus grande considération par vOS commissaires qui vont SC
transporter à St. - Domingue.
Il est impossible que les triomphes constants
des armes de la Répubiique n'étendent pas
son influence au - delà des mers.
De telle manière que ce, soit, bientôt sans
donte nos ennemis cesseront de dominer nos
colonies 2 et la culture de: la cochenille ,
puisqu'elle J est devenue pessible, est une
trop riche acquisition poar ne pas être digne
de toas les soins de vOs coliègues,
Ce sont les CC. Dareet, Costel et Lunel
ici présents, et dont les nois seuis appeilent
votre confiance, que le Lycée des Arts a
chargés des expériences, et elles ont été faites
avec autant de soin que de succès, a l'aide
du
colonies 2 et la culture de: la cochenille ,
puisqu'elle J est devenue pessible, est une
trop riche acquisition poar ne pas être digne
de toas les soins de vOs coliègues,
Ce sont les CC. Dareet, Costel et Lunel
ici présents, et dont les nois seuis appeilent
votre confiance, que le Lycée des Arts a
chargés des expériences, et elles ont été faites
avec autant de soin que de succès, a l'aide
du --- Page 53 ---
(49)
du citoyen Décurel Pan des meilleurs ouvriers
de la manufacture des Gobelins.
Le citoyen Brulley a ajouté à P'iatelligence
de la culiure de cet insecte, une machine
tres-ingénieuse et tres-simple qui le dépouille
très- facilement du petit duvet cuii ic recouvre
et nous avons vérifié qu'alors, à dose égale,
cette cochenille donne ane aussi belle teinture
que celle du Mexique.
Le citoyen Darcet a imême fait deux expiriences trés-intéresantes
La Cochenille mangee par les inittes dans
les longs transports qu'on en fait, formait une
poussière dont izue tres-grande quantité était
perdue et jettée comine inutile. Ia déconvert
que cette poussiere si negligée jusqu'ici renferne toute la partic colorante qhin'est point
détruite par la mitté, et il en a fait uu trèsbon usage dans la teinture.
Enfin, il a modifié le procédé très-cottenx
de la teinture écarlate, et it est parveni a
donser. une aussi belle couleur en supprimant
la tcrra-mérita.
Ces découvertes étaient trop intéressantes,
Citoyens Representans, pour manquer de vous
ei faire hommage, ct de désigner à votre es= a
time le Citoyen à qui la France devra cette
J --- Page 54 ---
50 )
nouvelle riehesse territoriale, pour laquelle
nous étions chaque année tributaircs de 18 a
20 millions envers les Espagnols.
Nous profitons de cette circonstance 4 Lerappeler à votre justice les
gislateurs, 2 pour
efforts que le Lyeée des Arts a fait constamment au milicu des orages depuis trois
années, pour le soutien des Artset de PIns-,
truction.
:
u
Nous désircrions pouvoir continner d'aussi
grands sacrifices, nais lcs entraves, se Pro-i
longent et ils ne peuvent pas être éternels.
Nous nc vous dirons pas comment il s'est,
fait que tout le bien que le Lycée a PH
faire,. 1 a, été sans cesse entravé par des-aitorités. subalternes, dont la fureur était de
gonverner, ct d'écarter tout ce qui n'était
de leur création souveraine. Mais lorsque
pas
nationale s'est répanduc S1
la munificence
sur les arts et sur les savans,
généreusemient
douleur :
les Profesnous avons vu avec
que
seurs du Lycée des Arts, qui'ont mnontré
depuis trois ans tant de désintcressement, nout
été compris pour rien dans les répartitions qui
devaient être faites, suivant vos intentions,
entre tous ceux qui avaient contribué au soutien des arts et de Pindustric.?
Malgré votre volonté bieti prononeée à
S1
la munificence
sur les arts et sur les savans,
généreusemient
douleur :
les Profesnous avons vu avec
que
seurs du Lycée des Arts, qui'ont mnontré
depuis trois ans tant de désintcressement, nout
été compris pour rien dans les répartitions qui
devaient être faites, suivant vos intentions,
entre tous ceux qui avaient contribué au soutien des arts et de Pindustric.?
Malgré votre volonté bieti prononeée à --- Page 55 ---
(5r) -
)
cet égard; malgré vos mentions honorables;
malgré plusicurs arrêtés favorables des antorités constitules et du comité actuel de salat
pablic, le Lycée des Arts n'a recu aucuu
secours ; et, depuis sept mois, il n'a pu obtenir l'exécution de vos décrets, tandis que
les trésors de'la Nation ont été épuisés pour
des plans qui ont été surpris à votre sagesse
par des arrières-protégés de nos tyrans, - et
qu'il a fallu abandonner.
Un mois perdu, faute de local pour les
élèves de Pécole nermale,ou bien un quart
des préparatifs inutiles faits pour eux à la
Sorbonne, auraient payé toute la dépense du
Lycée des Arts depuis trois années.
Cependant, citoyens Représentans > nous
ne venons point vous demander des dédommagemens.
Le Lycée a seul résisté aux orages, il a
fait de grands sacrifices et il est assez réconpensé Sl son atilité est reconnue.
Mais il réclame aujourd'hni de vous, Lé
gislateurs, une portion de cette attention vigilante qui va s'étendre sur le besoia général
de l'instruction pablique.
Nous demandons pourlintérêt seul de cetle
instruction et pour celui des arts.
1. Conformement an mode d'exécution de.
D 2 --- Page 56 ---
(3a)
la loi, adopté par la commission d'Agrieutture et des Aris et par le comité de Salut
public, limpression aux frais de la Nation
du journal des séances publique da Lycée,
au nombre de 3000 exemplaires ainsi que
cela a lieu déjà pour plusieurs antres journaux, et en exécation de l'art. 9 de votre
décrct du 19 Vendémiaire dernier, qui Ordonne ladite impression.
2.0 Nons demandons, à l'avenir, le juste Salaire de nos prolesseurs 2 à raison d'une
somme qui sera fixée pour chaque éducation
constatée.
3.° Une modération de prix sur le lnyer
exorbitant de notre local, imposé par feu"
Orléans à 60,000 liv.
Le tout provisoirenent et sous telle surveillance quil vous plaira indiquer, en chargeant le représentant Grégoire rapporteur dejà nommé par le comité, et qui vous : a
présenté le Itr décret, de faire un rapprot
général sur le Lycée des Arts, afin que
vous jugiez si cet établissement est digne
définitivement de la protection nationale.
Voila, citoyens Représentans, ce qne nous
soumettons avec confiance à votre équité.
Assez de destructions nous environnent.
Pourquoi laisseriez vous consommer celle du
ant Grégoire rapporteur dejà nommé par le comité, et qui vous : a
présenté le Itr décret, de faire un rapprot
général sur le Lycée des Arts, afin que
vous jugiez si cet établissement est digne
définitivement de la protection nationale.
Voila, citoyens Représentans, ce qne nous
soumettons avec confiance à votre équité.
Assez de destructions nous environnent.
Pourquoi laisseriez vous consommer celle du --- Page 57 ---
(53:)
Lycée des Arts 7 qui depuis quatre ans a
paru mériter la confiance pablique?
Voilà ce quc voudrait le reste impur dn
Vandalisme expirant. Mais la Convention est
là pour nons défendre! qu'elle continue de
protager Jes Arts et la Justice; la Justicc ct
les Aris la défendront.
Législatenrs, si vous avez été quelques-fois
entraînés malgré vous, ne craiguez pas de
revenir sur vOS pas, cest le plus sublime
effort du véritable patriotisme; et nous devoas.
aujourd'hui vous dire, que vous avez presque
tout à refaire dans lc plan général de Pinstruction.
Au milien des orages dont clle est environnée, la Convention ressemble à CC vaisseau
de premicr rang, qui, continuellement battu
par la tempête, surmonte snccessivement tous
les obstacles et suit. majestueusement sa roufe;
s'il parait quelques monens détourné par des
vents malfaisans ou par des courans perfides,
guide par des pilotes habiles quislapperçivent
bientôt de la dérive, il est remis aussi-tôt aiz
droit du rent ; chemin faisant, il peut lui
arriver de perdre quelques hommes de sont
éqsipage, ou de de se voir réduit à calculer
ses subsistances et diminuer ses rations ; mais;
soutern par Stl confiance en SeS conducteurs,
D 3 --- Page 58 ---
reqaipage Tic fait que rédoubler de courage;
bieniet le caime succède à la tourmente, et
c'est le pavillon tricolor en main 2 qu'it
entre trioinphant dans le port où il trouve
le repos et le prix de ses glorieux travaux.
Nous" dépesons ici, citoyens Représentans,
ce drapeau et les procès-verbaux des exp6riences faites sur la Cochenille sylvestre *
comme un tribut de notre zéle, et un hommage rendu aux talents d'un citoyen utile.
Pour et au nom de LddministrationOisauleay
Après ane réponse dans laquelle le président a rendu justice anx efforts faits constamment par le Lycée des Arts, pour résister.au Vandalisme et empêcher la destruction totale des Arts ainsi que l'anéantissement de Tinstruction pablique, l'assemblée a
décrité, limpression de Padresse, l'insertionau builetin, et la mention honorable; la députation a été invitée aux honneurs de la
séanee, ct la pétition a été renvoyée aux
trois comités réunis d'Agrienltere et des Arts,
d'Instruction publique et des Finances, pour
en faire un rapport sous 3 jours.
Vandalisme et empêcher la destruction totale des Arts ainsi que l'anéantissement de Tinstruction pablique, l'assemblée a
décrité, limpression de Padresse, l'insertionau builetin, et la mention honorable; la députation a été invitée aux honneurs de la
séanee, ct la pétition a été renvoyée aux
trois comités réunis d'Agrienltere et des Arts,
d'Instruction publique et des Finances, pour
en faire un rapport sous 3 jours. --- Page 59 ---
55 ) J
BUREAU DE COXSULTATION
DES ARTS ET MÉTIERS.
An 3.dela République Française, le 9 Messidor.
RAPPORT sur les teintures efectuées
avec la Cocherille Sylvestre, certifiée provenir des Nopaleries établies en grand,
dans les Colonies Françaises de Pimerique, par le C. Brulley 2 avec des produits égaux à ceux de la Cochenille Mestèque,
Commissaires, les CC. Pelletier, Sylrestre,
Reth et Désaudray > rapporteur.
Citoyens, 7
Vous avez chargé vos commissaires, de
vous rendre compte des titres que le citoyen
Brilley pouvait avoir aux récompenses nationales, et leur premier soin, a été de vérifier qu'il a rempli toutes les formalités pres--
crites par la loi.
L'objet pour lequel le citoyen Brulley se
présente au bureau, parait digne de toute
D 4 --- Page 60 ---
(56 )
votre attention, 2 ainsi que de Pintérêt du
gouvernement. Il s'agit de l'établissement en
grand de plusieurs nopaleries dans la partie
enéridionale de St-Domingue et d'une nourelle culture de Ia cochenille sylvestre, qu'il
y a familiarisée, en y ajoutant plusieurs
procédés mécaniqnes, à Paide desquels il est
parvenu à lui donner dans lc commerce,
une utilité aussi étendue que la cochenille
dite mesteque 3 2 que la France est obligée de
payer très-chèrement à PEspagnol.
Nous allous entrer, à cct égard, dans des
détails indispensables qui établiront. Io. Quels
penvent être les droits du
citoyen Brulley 2
sur cette propricté industriclle. 2". Quel a été
ie succès de ses nopaleries. 3°. Quels sont les
résultats des expériences qui ont été faites par
vOS commissaires, sur les cochenilles qui nous
ont été certifiées provenir de ses établissemens.
Nous n'avons pas besoin de nons étendre
sur la nature et lutilité dc. la cochenille,
elles sont assez conuues, ; c'est son importance dans les arts et le commerce, pour les
teinfures solides et brillantes en écarlate,
pourpre, violet, ponçean, même dans les
beaux blens, qui lui a fait donncr le nom de
mère des belles couleurs.
vOS commissaires, sur les cochenilles qui nous
ont été certifiées provenir de ses établissemens.
Nous n'avons pas besoin de nons étendre
sur la nature et lutilité dc. la cochenille,
elles sont assez conuues, ; c'est son importance dans les arts et le commerce, pour les
teinfures solides et brillantes en écarlate,
pourpre, violet, ponçean, même dans les
beaux blens, qui lui a fait donncr le nom de
mère des belles couleurs. --- Page 61 ---
(57)
A Comme PEspagnol était le seul en possession de fournir la cochenille à tonte l'Europe, et que cette production était d'une
très-hante valeur, les académes avaicnt proposé des prix pour ceux qui trouveraient un
moyen de remplacer la cochenille dans les
teinfures ; mais, c'est en vain que les artistes
sC sont attachés à y subetituer un ingrédient
colorant, qui put donpcr les mêmes résultats.
Le seul moyen qui restait à l'industrie
Française, 2 pour satisfiire à ÇC besoin prignaire dans les arts, ct enlever aux Espagnols
le bénéfice de cette importation., 2 c'était de
favoriser la culture en grand de cette insccte
dans nos possessions, et de T'y muitiplier au
point de ponvoir nous passer de Tétranger.
Un citoven zéle, Thiery de Ménonrille,
essaya le premier, de procurer à la France
ceite riche conquete, et il parvint à trans-.
porter du Mexique Cn Aniérique, la cochenille de la plus belle espéce, rappeliée mCStèque, dont il fit plusicars éducations ; mais
les chaleurs du climat altérèrent bientôt sa
santé ; une matadie violente le surprit au
milieu de ses travaux, it mourut et son
établissement fut anéanti avec lui. --- Page 62 ---
( (58 1e )
Depuis cette époque, plusienrs Francais
ont tenté de former d'autres érabiissemens
en ce genre 7 mais aucun n'a roussi comme
celui du citoyen Brulley, dont l'espérience,
les recherches, les soins, le zèle et Pinteiligenee, sout prouvés dans un mémoire assez
étendu sur la cochenille que nous joignons à
ce rapport. Cemémoire est une histoire complette de la nature de cet insccte ct de tout
ce qui tient à son éducation, à SCS habitudes, à ses nialadies, aux moyers de le conserver, de le multiplier, de le récolter et de
le préparer ; enfin, de tous les détails de sa
vie, depuis sa naissance jusqu'à sa mort,
ainsi que de la plante appellée Nopal, Ruquette ou Figitier - d'Inde, qui sert à sa
nourriture.
Ce mémoire, lu à la séance publique du
Lycée des Arts, du IO Germinal dernier, y
a obtenu le suffrage général, particuliezement
de plusieurs naturalistes qui y ont attacié U
très-grand prix. Les détails intéressants, lcs.
recherchés, les observations raisonnées dent
il est rempli, indépendamment de Putilité
dont ils sont pour P'art en général, pronvent
dans le citoyen Bralicy que vous avez à récompenser, cette constance de travail, cetfe
intelligence daus sa direction utile ; eniin,
/
ée des Arts, du IO Germinal dernier, y
a obtenu le suffrage général, particuliezement
de plusieurs naturalistes qui y ont attacié U
très-grand prix. Les détails intéressants, lcs.
recherchés, les observations raisonnées dent
il est rempli, indépendamment de Putilité
dont ils sont pour P'art en général, pronvent
dans le citoyen Bralicy que vous avez à récompenser, cette constance de travail, cetfe
intelligence daus sa direction utile ; eniin,
/ --- Page 63 ---
(59 )
ce taet ct ce coup-d'il précieux qui carac:
térisent le véritable artiste et P'habile observateur 3 en méme-temps qu'ils sont une preuve
des soius qu'il s'est donnés, ainsi-que des dépenses qu'il a di faire et qui le mettent dans
le cas de prétendre à la prenière classc des
réconpenses nationales.
D'après plusieurs piéces ministérielles qui
nous ont été communicuces, il paraîtrait
aussi constant que les idées du citoyen Brulley
sur les moyens de nationaliser la culture de
la cochenille, remontent à-pen-près à la même
date de Thiery de Ménonville, qui, secondé
par le ministre d'alors quoique bicn faible-*
ment, partit pour le Mexique, aidé de soI
courage plus que des soins du gouvernement,
et eut ainsi le premier mérite de cette importante entreprise.
Lcs voyages ct les succès de Thiery, sa
mort mênc ci Tandantissement de SCS premiers essais, [ear c'érait ainsi que les appellait Pintendant Bongards, qui écrivait alors
qa'il ne les regardait que comme un objet de
curiosité), ces premiers essais, dis-je, servirent de leçon ct de nouveau point démulation au citoyen Brulley, qui, profitant des
preniers crremens acquis par Thiery de M6- --- Page 64 ---
(60)
nonville, partit d'ici à ses frais, sacrifiant un
éiat lucratif; ct qui dévoré du désir de remplir
une vue aussi utile, y dévoua sa vie et sa
fortune. - Mais, conduit par un zèle éclairé
et réfléchi, ayant trop de caractère pour SC
borner aux méthodes tracées par les préjugés
recus, et trop d'imagination pour se renfermer dans les vieilles routines ; arrivé à St.-
Domingue, dansla partie septentrionale, ilse
détermina bientôt à aller vivre isolé dans la
partie méridionale 7 voisine des possessioas
espagnoles. Là, il parvint à se procurer des
nopals d'une espèce plus favorabie et quin'étant point épineux, furent reconnus infininent plus propres aux édacations. La, il
observa que i'espèce de cochenille la plus estimée, appeliée mestèque, sujette à beaucoup
d'inconréniens, plus délicate et moins multipliante, n'était pas cclle qui devait fixer principalement les soins du cnltivateur.
I s'attacha donc à la eulture d'ane autre
espèce regardée eomme saurage et appellée
syivestre, enveloppée d'un duvet cotonnenx
qui la rendait très-difficile à être employée;
bientôt it soupçonna qu'il était possible de la
dépouiller de CC duvet et ne contenanf les
mêmes parties colorautes que la cocheniile
mestique, clle avait de plus que celle -ci,
alement les soins du cnltivateur.
I s'attacha donc à la eulture d'ane autre
espèce regardée eomme saurage et appellée
syivestre, enveloppée d'un duvet cotonnenx
qui la rendait très-difficile à être employée;
bientôt it soupçonna qu'il était possible de la
dépouiller de CC duvet et ne contenanf les
mêmes parties colorautes que la cocheniile
mestique, clle avait de plus que celle -ci, --- Page 65 ---
(6r)
précisément par CC duvet, un moyen qui lui
était fourni par la nature, de se défendre
contre les injures de Tair, de s'élever plus faeilement et d'être plus productive.
Ili 1le s'agissait donc plus que de la délivrer
de cette enveloppe cotonneuse, qui, quand
cette cochenille devait être passée dans le commerce, la déprisait et devenait un obstacle à
son emploi dans les teintures.
Poury parvenir, le citoyen Brulley a imaginé nne machine très-simple, qui arrive parfaitémeet au but qu'il fallait atteindre.
Sr
4 L'action de cette machine est facile à comprendre et si sûre, qu'il sullit, pour se convaincre de son entier succès, de jetter les
yeus sur le dessein que VOS commissaires mettent ici sur le bureau.
21 L'apparcil consiste en. un baquet ordiuaire,
surles bords duque! est adapté un axe en fer,
et an milieu de cet axe est fixé un tambour
de deux pieds et demi de diamètre, sur six
Bers d'épaissenr ; tes parois sont construts
en plaquies de fer blanc; et ses côtés ainsi
que la platte-bande qui forme sa cireonférence 1 sont percés de quantités de trous
proportionnés à la grosseur de l'insecte.
Ces trons sont pratiqnés de manière que --- Page 66 ---
(62)
les rebarbes du fer blanc étapt en dedans du
tambour, elles forment intérieurement une
espèce de râpe.
Enfin, à la plattc-bande de la circonférence est adaptée une petite. porte, par laquelle on introduit la cochenille sylrestre. On,
pose ensuite l'axe sur le baquet rempli d'eau,
chaude, dans laquelle une portion du tambour.
se trouve plongée, et Tappareil étant ainsi
monté, ilsuflit de faire tourner lc tambour
avec un peu de vélocité pendant cinq minutes,
au moyen d'une manivelle adaptée à l'une
des extrémités de l'axe. Dans ce court espace
de temps, les cochenilles obligées de passer au
travers des trous, s'y dépouillent de leur enveloppe cotonnense qui est arrêtée par les rebarbes du fer blanc ; cette enveloppe finit par.
surnager ; on peut facilement l'enlever comme
nne écume, et' l'insccte tombant au fond du
baquet, en est retiré au moven d'un tamis,
pnis séché au soleil.
à l'une
des extrémités de l'axe. Dans ce court espace
de temps, les cochenilles obligées de passer au
travers des trous, s'y dépouillent de leur enveloppe cotonnense qui est arrêtée par les rebarbes du fer blanc ; cette enveloppe finit par.
surnager ; on peut facilement l'enlever comme
nne écume, et' l'insccte tombant au fond du
baquet, en est retiré au moven d'un tamis,
pnis séché au soleil. C'est ainsi qu'a été préparée la cochenille
que le bureau a sous RCF yeux et dont une
partie a servi aux expérieuces qui ont en lieit
chez le citoyen Darcet en présence de denx
de VOS commissaires,
Le bureau voit par ces détails que le ci- --- Page 67 ---
(63)
toyen Brulley: aajouté au mérite de ses éducatious. 1n moyen mécanique, dont la simplicité fait ie premier avaniage et sans lequel
il ent été impossiblo. de tirer aucun parti utile
de icest édncations.
Ces établissemens ont été. connus a à S.-Domingue-dempinicurs commisairos-dont le certilicatrest ci-joiat: et yquijen attesient le succèsit jitquiau lt moment oû les troubles suryenusg Pont oblige d'abaudonner ses nopaJeries(I). pour I venit sici remplig. une. mission
iniporianie. Des nouvelles arriyées ultéricurement, semblent annoncer que les popalerics
ont, été respectées. et.qu'on, lesyiconserve précicasenient. Bientôt, sars dasies les triomphes de la Répnblique, étendantson influence
an-dolà des mers , contribueront à rétablir
hosi relationss coloniales, ct la France jouira
alors pleinemént de cette ntile culture qui
enleverait-aux Espagnols un commerce, annuel
der8.a.20 millions. * T0.
Leciure du certificat des cgmmissaires de
S-Diiningue et dei la lettre de l'intendant
Bofiglids.
Ypus voyez par ces pièces, citoyens, que
fétablissement des Nopaleries eni grands dans
(1) 1l avait alors quatre mille pieds de Nopsle.
i --- Page 68 ---
64)
nos colonies, est dû au citoyen Brulley, à
qui elles accordent d'avoir mis le premier dans
une activité réelle cette branche essentielle-de
commerce, 2 une mort inopinée avant privé.
Jes colonies des résultats heureux qu'on atrait pu attendre des soins et de Pintelligence
de Thiery de Ménonville. Cette propriété du
citoyen Brulley, est d'ailleurs bien constatée
par la suite de la correspondance de l'inten=
dant Bongards 1e 5 qui alors luira fait payer,
pour divérs expériences et essais de teintures,
des frais et avànces moutant à 3,000 liv.,
en rendant la plus grande justice à ce travail
important ; mais la révolition, survenue : peu
de temps après 9 a empéché la. suite: que
le gouvernement allait mettre. à ces établissemens.
E
Il ne fant pas oublier qu'indépendamment
de cette culture en grand, on deit au citoyen
Brulley- le procédé aTaide. daquel on dés
pouille la cochenille de son cniveloppe cotonnense, et que,c'est à cette, industrie, 7 qui
est une seconde propriété de l'artiste Brulley,
que sera dû le riche parti que l'on pourrs
tirer de cetie. espèce regardée jusqu'ici comme
inférieure, tandis qu'elic Paut aujourd'hui
rivaliser celle dite mestèque.
IL nous reste à vOUS rendre compte. des
expérienccs
é aTaide. daquel on dés
pouille la cochenille de son cniveloppe cotonnense, et que,c'est à cette, industrie, 7 qui
est une seconde propriété de l'artiste Brulley,
que sera dû le riche parti que l'on pourrs
tirer de cetie. espèce regardée jusqu'ici comme
inférieure, tandis qu'elic Paut aujourd'hui
rivaliser celle dite mestèque.
IL nous reste à vOUS rendre compte. des
expérienccs --- Page 69 ---
(65)
périences faites chez le citoyen Darcet, au
laboratoire de la Monnaie, devant une partie
de vos commissaires, devant ceux du Lycée,
devant ceux de St.-Domingue, enfin, en
présence du citoyen Décurel, Pun des plus
habiles artistes teinturiers des Gobelins ; it en
est résulté que les teintures obtenucs avec la
cochenille syivestre, ainsi préparée, sont anssi
brillantes, aussi solides que celles produites
par la cochemille mestèque ; et nous mettons
ici sous les yeux, du bureau, les échantillons
de drap qui ont été teints en présence. des
mêmes commissaires. Nous joignons aussi à
notre rapport celui des citoyens Darcel et
Lunel, signé de deux de vos commissaires et
qui contaste que les coc'tenilles sylvestres sur
lesquelles nous avons opéré, donnent 3 les
mnènus qualités de teinture que celle mcstèque et n'ont pas besoin d'être employées en:
plus grande quantité. Il en résulte donc ta
donble bénéfice pour le commerce, puisqu'en.
dondant des produits aussi beaux, ces cochenilles sont infuiment plus faciles à élevera
plus productives ct moins chères,
J'ajouterai ici deux taits, qui ne sont pas
entièrement étrangers au citoyen Bruliey, - ils
sont la suite de ses travanx ct ils intércesent
celte 11
partie de l'art pour être passés souS
frop
E --- Page 70 ---
(65) )
silence. Ce sont deux
expériences sur lesqnelies
in'a fait que donner Péveil, et qui sont ducs
à cette activité du citoyen Darcet qui nc laisse
rien échaper.
::
P R E M I E P F A I T.
Lc citoyen Bralley, en apportant de St.-
Doningue dcs échantillons de scs éducations
de cochenille sylvestre, n'a pas négligé de
ramasser cette poussière qui communément C
sC trouve en abondance an fond des ballots
expédiés par mer, et que lon jettait comme
inutile. Elle provient des cochenilles
par les mitcs, ét le citoyen Darcet mangées
nant "avec lui qu'elle pouvait contenir soupcon- 1I
encore
queiques principes colorant, en a fait Péprenve: TI s'est trouvé que la mite ne : mange .
quela partie fibrcuse ou charnue de Panimal, 1
er'qmela partie colorante est ertièrement respectée par'clle ; il a donc tiré de cette
poussierdn nne teinture aussi belle que de la COchenilie entière, et il en a concl 1 ga'au- -
anoins, cette matière ordinairement a
rejettce
et'pefduc c77 $ pouvait sérvir à fuire'les'
bains
remiers
dans ics teintures dont t'ellé dunonntAait
par consiquent lcs
M
Tats-Pen contebindf" a
leur dônner uac couleur plus solide et prla
cette
poussierdn nne teinture aussi belle que de la COchenilie entière, et il en a concl 1 ga'au- -
anoins, cette matière ordinairement a
rejettce
et'pefduc c77 $ pouvait sérvir à fuire'les'
bains
remiers
dans ics teintures dont t'ellé dunonntAait
par consiquent lcs
M
Tats-Pen contebindf" a
leur dônner uac couleur plus solide et prla --- Page 71 ---
(67)
brillante. C'est ce qui : a été constaté à plusicprs reprises ; et voilà ou conduisent l'oeil
obseryateur d'un véritable artiste, et ce soin
scrupuleux, cette aftention vigilante, qui lui
font metirc à profit des cireonstances qui
échappent à tous les auires,
DE U XI E M E F A I-T.
Le citoyen Darcet ayant obscrvé que la COchenille sylrestre, avait une sorte de mordant
que la mestèque n'avait pas dans P'opération
de la teinture, a imaginé de se servir de
l'ean ordinaire de rivière ; et il a retranché
de la composition, Pingrédient appellé terra
merita qui devient inutile, les teintures n'en
ayant pas moins cu toute' la qualité désirable.
Le rapport qa'il. a fait de ses expériences
sur la cochenille étant joint ici à celui de
VOS commissaires; nous nous référons aux dé+
tails qui yr sont contenns.
Nous Ainissons en ajoufant N:
qu'un pavillon
tricolor dont la partte 43
Ccarlate avait été teinte
dans .0 ers :! exptitolkces, a 6te porté par une
députation du Lycée à a Convéntion nationile qie 1 en a nccepte
Phonmage,et
ef 14t
-e
gui,
en applandissant à la beauté de cette teinture d'et aux détails des expériences, en a or- --- Page 72 ---
(68 - )
donné la mention honorable au procès-yerbal
et Pinsertion au bulletin.
D'après ce compte exact des travaux et du
snccès du citoyen Brulley , dans la culture
en grand de la cochenille et dans les procédés
qu'il a imaginés pour ntiliser l'espèce regardée
jasqu'ici comme inutile, en la dépouillant
de son duvet cotonneux ; vOS connissaires
vous proposent Parrêté suivant.
Le bnrean de Consultation des Arts et
Métiers, ayant entendu le rapport de ses commissaires SuIr les teintures produites par une
quantité de cochenilies sylvestres, quileur a
été duement certifiée prorenir des édncations
faites dans la partic méridionale de St.-Domingue, par le citoyen Brulley, et sur Ics
procédés mécaniques qu'il y a joints : CoxSIDÉRANT, qu'en ntilisant ainsi cette espère
de cochenille infiniment plus facile à cultiver
que la mestèque, le citoyen Brulley parait
étre le promier qui ait présenté ces résuitats
cn grand, et qui, suivant les certificats délivrés par les commissaires de St.-Domingue
dont copie reste annexée, ait pronvé la possibilité d'établir dans les Colonies Françaises,
des Nopaleries suflisantes pour parvenir à
nous passer absolument de l'étranger 5 considérant Cn outrc, qu'aux noureaux movens de
iver
que la mestèque, le citoyen Brulley parait
étre le promier qui ait présenté ces résuitats
cn grand, et qui, suivant les certificats délivrés par les commissaires de St.-Domingue
dont copie reste annexée, ait pronvé la possibilité d'établir dans les Colonies Françaises,
des Nopaleries suflisantes pour parvenir à
nous passer absolument de l'étranger 5 considérant Cn outrc, qu'aux noureaux movens de --- Page 73 ---
(69)
de cet insecte 2
eulture et de multiplication
d'une
lc citoyen Brulley a joint Papplication de démackine simple dont P'avantage est
la cochenille sylvestre de son duvet
poniller
la rendre propre i
cotonneux, ce qui parait
selides et aussi
donuer des teintures aussi
la cochenille mestèque, sans avoir
brillantes que
besoin d'être employée en, plus grande quantité considérant, enfin, que pour parvenir
; résultats, le citoyen Brulley a entreà ces
et a fait des avances
pris de longs voyages
cultivateur
considérables ; EST D'AVIS, que ce
ainsi
dans la premiére classe
se troave
placé
confordes récompenses nationales, et que,
mément à l'art. sixième de la loi du 12 Sepil mérite le MAXIMUM de cette
tembre 1791,
la somme de six
premiere classe, c'est-à-dire,
mille livres.
(Cunclusions adoptées).
bureau de Consultation des Arts
Fait au
Messidor de l'au 3°. de la
et Métiers, le 9
Rép. Française.
Désaudray, Rapporteur.
Reth et Pelletier, Commissaires.
Pour extrait conforme,
Silvestre Secrétaire.
du Lycée desArti, cul-de-sac Matigpon.
Dc PImprimesie --- Page 74 ---
64-44
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