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07-151
( 388, )
CHAFITRE V.
Quelques réflexions sur la conduite des commissairescivils : les niulâtres voyent enfn le danger dans lequel
ils couroient se précipiter : repentir tardif.
Défection de Nully. Les noirs royalistes attaquent la
Marmelade et Plaisance : cruelle incertitude des habitans : Polverely role et chasse les noirs espagnols :
slpasse dans l'ouest : attaque de Saint-Miguel : échec,
horrible, dévastation de Plaisance : massacres.
Expédition du Grand-Boucan : défaite des Soldats de
Santhonax: : promenades militaires du général Pierrot:
ses brigands tentent vainement de pénétrer dans le
Borgne.: impuissance des commissaires civils pour arrêter ces désordres.
Quelqués faits propres à fixer le jugement sur la con- 683
duite des commissaires civils: ils proclament l'affranchissement général.
SUPFLÉMENT.
3 -
Etat actuel de Saint-Domingue : conduitedu quartier du
Borgne: mulâtres du Port-de-Paix: : vengeances : massacre de François Lavaud, qui avoit sauvé ces çontrées : son assassin récompensé. Affairès dus sud : désespoir des habitans de cette partie : ils reçoivent les
Anglais, qui s'emparent de Jérémie, du môle SaintNicolas ct de Saint-Marc': vaines tentatives de Santhonax pour reprendre le môle : il fuit au Port-auPrince : les commissaires civils livrent cette ville aux
Anglais et retournent en France.
3,3
Posz-scniyrus.
3,3
Massacre effroyable du Fort-Dauphin : ruine du quartier du Borgne.
Fin de la Table.
ir des habitans de cette partie : ils reçoivent les
Anglais, qui s'emparent de Jérémie, du môle SaintNicolas ct de Saint-Marc': vaines tentatives de Santhonax pour reprendre le môle : il fuit au Port-auPrince : les commissaires civils livrent cette ville aux
Anglais et retournent en France.
3,3
Posz-scniyrus.
3,3
Massacre effroyable du Fort-Dauphin : ruine du quartier du Borgne.
Fin de la Table. --- Page 5 ---
DU
SEUL PARTI A PRENDRE
A L'ÉGARD DE
SAINT-DOMINGUE.
A PARIS,
Cusz DELAUNAY ET PÉLICIER, LIDRAIRES, AV PALAIS-ROYAL;
1819. --- Page 6 ---
DE L'INPRINERIE DE PLASSAN, RUE DE VAUGIRARD, No 15,
DERBIÈRE L'ODÉON. --- Page 7 ---
DU
SEUL PARTI A PRENDRE
A LÉGARD DE
SAINT-DOMINGUELr grand art de gouverner les hommes,
reconnu de tout temps comme si difficile,
seraitinfiniment simplifié si tous les individus
des lois éterneiles, par le principe
appelés par
même de'lleur intelligence, à vivre en société,
être amenés à agirles uns à l'égard
pouvaient
cette fraternité dont la nature
des autres avec'
le sentiment au fond de nos coeurs,
a placé
ainsi
la véritable philosoque la raison,
que
mais
phie,ne cessent de précheraux hommes,
d'un autre côté la triste réalité et tous les
que
de T'histoire nous montrent sans
monumens
des cruelles pascesse étouffée sous l'empire
sions. Ils n'approcheraient plus dès-lors ceux
chargés du pénible soin
de leurs concitoyens
les éclaidu gouvernement, qu'avec le désirde
--- Page 8 ---
Z
rer; ils nese combattraient plus dans des écrits
trop souvent inspirés par la haine, l'égoisme
ou lemensonge; et n'ayantqu'un seul et même
but, celui de l'amélioration de leur condition
sociale, on ne les verrait pas s'engager dans
des luttes, des dissensions souvent aussi funestes à leurs intérêts qu'au bien de la patrie.
C'est ainsi que l'on voit journellement
raître des écrits sur l'importante question pa- du
la restauration de Saint-Domingue, écrits entachés, pour la plupart, de l'esprit de parti,
et surtout riches en déclamations contre l'état
actuel des choses dans cette ile; état dont on
n'accuse pas tout-à-fait le ministère actuel, mais
qu'on lui prescrit impérieusement de changer,
de bouleverser au gré de prétentions
que,
pour nous montrer plus modérés que nos adversaires, nous nous contenterons de qualifier
d'insensées.
Tous ces écrits, au reste assez semblables
pour le fond et pour la forme, et qui ne reproduisent guère que les mêmes idées,
peuvent se réduire aux points fondamentaux qui
suivent, et dont nous nous chargeons de démontrer facilement la fausseté.
10 Vives injonctions aux ministres d'avoir
à s'occuper sur-le-champ du grand objet de la
que,
pour nous montrer plus modérés que nos adversaires, nous nous contenterons de qualifier
d'insensées.
Tous ces écrits, au reste assez semblables
pour le fond et pour la forme, et qui ne reproduisent guère que les mêmes idées,
peuvent se réduire aux points fondamentaux qui
suivent, et dont nous nous chargeons de démontrer facilement la fausseté.
10 Vives injonctions aux ministres d'avoir
à s'occuper sur-le-champ du grand objet de la --- Page 9 ---
de Saint-Domingue, qui peut seule
restauration
rendre à la France son ancienne splendeur; iml'on
chimérique et
Idée que
prouvera
possible à atteindre.
coloNécessité de conserver le système
ce jour, aunial tel qu'on l'a conçu jusqui'à soit intétoute PEurope
quel on veut que
dit-on, les
ressée, et dont V'altération a causé,
massacres de Saint-Doningue; de la traite amènera
Alors que la cussation
le changement de ce système
nécessairemant
désirent tout au
que toutes ies puissances est bien prouvé
moins de voiradoucir, etqu'il
du jour oùt
que ces massacres datent surtout
sont
à la solde de T'Angleterre
des aventuriers
campagnes de
désoler les florissantes
venus
Saint-Domingue. contre les noirs, que Pon
30 Déclamations
de
et de paresse;
accuse brigandages avec toute sécurité
Quoique lon voyage
écrits
et que ces mêmes
dans Saint-Domingue, sans doute cette paannoncent (pour prouver
et indolens
que ces stupides
resse supposée)
bientôt T'Atantique de
Haitiens couvriront
redoutables à
leurs bâtimens, et s'y rendront
toutes les puissances.
physiques
de constitution
4o Diférence --- Page 10 ---
Qui pourrait en effet être constatée,
ment, il est vrai, que les adversaires autretendent,
l'enparl'avantage qu'a le noir d'être invincible dans Saint-Domingue.
5° Crainte de voir eaterminer la
che dans les Antilles
race blanpar les noirs libres, devenus lefléau des nations;
Alors que l'on a la certitude que les noirs
se sont montrés bons, sociables et
de vivre sous un
capables
suite de la liberté gouvernement régulier, à la
qui leur fut donnée, d'une
manière toutefois si désastreuse, à Saint-Domingue.
Les blancs n'ont point été inquiétés
les
noirs pendant tout le temps
par
leur liberté,
qu'ils ont joui de
sous les gouvernemens successifs
du négrophile Laveaux, de l'agitateur Sonthonax, du contemplatif
rascible
Raymond, de l'iHédouville, du démocrate
surtout des deux chefs noirs,
Roume, et
l'étonnant Toussaint, et le sévère et probe Christophe Henri.
Non, jamais les noirs libres ne seront le
fléau des nations ; ils vivront de peu dans
une
sage obscurité, et à l'abri de la fièvre malfaisante des conquêtes. Le souvenir des cruautés
des blancs, les leçons qu'ils ont reçues de
quelques misérables Français à la solde de
ville, du démocrate
surtout des deux chefs noirs,
Roume, et
l'étonnant Toussaint, et le sévère et probe Christophe Henri.
Non, jamais les noirs libres ne seront le
fléau des nations ; ils vivront de peu dans
une
sage obscurité, et à l'abri de la fièvre malfaisante des conquêtes. Le souvenir des cruautés
des blancs, les leçons qu'ils ont reçues de
quelques misérables Français à la solde de --- Page 11 ---
qui en ont fait des soldats, et
T'Angleterre,
après leur avoir fait asles vendaient souvent les rendront toujours
sassiner leurs maîtres,
leurs
où
dans
repaires,
méfians et invincibles
mais ils n'attails se défendront à outrance;
queront'j jamais. de traiter avec les noirs;
6° Impossibilité
sont admis,
Tandis que tous les pavillons
dans leurs ports, à T'exception
et se pressent
à raison des écrits mendu pavillon français,
circulent en
songers et provocateurs qui
des FranFrance, et de toutes les préientions
toujours annoncées sans mesure.
çais Nécessité, enfin, de Péiatde guerre pour
7"
la souveraineté des Anconserver à PEurope
celle de la
tilles, et plus particulirement
Martinique et de la Cuadeloupe; conclasion d'une
Heureuse et humaine
doute de
lon n'accusera pas sans
secte que
sentimentales, mais qui
rèver des niaiseries
l'émaneipation
ferait bien de reconnaitre résultat que
de plus en
devient tous les jours le
écrits, et de
inévitable de ses irritans
plus
qui devrait surtout
ses funestes prétentions;
des Antilles,
s'apercevoir que la souveraineté
TEurope, n'étant probablement
réclamée pour intérêts de la seule puissance qui
pas dans les --- Page 12 ---
a la force nécessaire pour l'établir et la maintenir, cette souveraineté ne saurait subsister
long-temps.
Quant àl la tranquillitéà conserver aux deux
iles de la Martinique et de la Guadeloupe, elle
serait bien plus assurée, sans doute, par un
traité fait avec les gouvernemens qui régissent
actuellement
Saint-Domingue, que par tous
les éctits incendiaires qui peuvent porter ces
mêmes gouvernemens à faire éclater leur animosité contre la France et ses possessions aux
Antilles.
Tel est à peu près le léger et faible canevas des imputations odieuses et inexactes sur
lequel les pamphlétaires coloniaux brodent
leurs rêveries guerroyantes et leurs projets
chimériques pour rappeler l'ancienne splendeur coloniale de la France. Ils font parade
de grandes combinaisons, annoncent toujours
debrillans résultats, maisils n'approfondissent
rien, ne traitent à fond aucune question, et
leurs vaines et ignorantes déclamations ne
peuvent qu'accroitre les embarras de l'administration, en même temps qu'elles irritent
des hommes que l'on ne soumettra plus par
la force, mais dont l'on pourrait encore obtenir de grands avantages, en consentant à
ques pour rappeler l'ancienne splendeur coloniale de la France. Ils font parade
de grandes combinaisons, annoncent toujours
debrillans résultats, maisils n'approfondissent
rien, ne traitent à fond aucune question, et
leurs vaines et ignorantes déclamations ne
peuvent qu'accroitre les embarras de l'administration, en même temps qu'elles irritent
des hommes que l'on ne soumettra plus par
la force, mais dont l'on pourrait encore obtenir de grands avantages, en consentant à --- Page 13 ---
reconnaître ce qu'ils sont, et ce qu'ils ne peuvent cesser d'être.
mieux
Il est temps enfin de fixer un peu
les idées, et de mettre au jour des vérités,
d'après lesquelles on puisse asseoir quelque
l'on croira avoir atteint ce but
détermination; ;
et avoir rendu un important service au gouet aux colons si lon parvient à
vernement
les trois assertions suivantes:
prouver 1° Saint-Domingue ne peut être soumis par
desforces européennes. 3
2° Le rétablissement de Saint-Doningue;
soumis
la force, n'est pas dans les intépar
réts de la France;
de re3° Le seul moyen, pour la France 3
avantage de Saint-Domintirer encore quelque
de son
gue, est de reconnaitre Tindépendance
ancienne colonie. --- Page 14 ---
ASSERTION PREMIÈRE.
Saint-Domingue ne peut élre soumis par
des forces européennes.
L'impossibilité de soumettre Saint-Domingue, à l'aide de forces curopéennes, est égalo
ment démontrée par les efforts et les sacrifices
inouis qu'a faits la France pour créer cette
colonie, et par les efforts et les sacrifices non
moins énormes qu'elle a vainement prodigués
pour la conserver.
Ces sacrifices, ces pertes, sont des tributs que
payeront toujours les armemens européens au
climat brûlant et au sol malsain de-Saint-Domingue, lorsqu'ils seront obligés à de grands
travaux au moment de leur arrivée, et à la
suite des fatigues d'une traversée toujours
dangereuse pour eux.
L'art le plus recherché, les soins' les mieux
entendus, qui ne furent jamais aussi bien administrés que dans
Saint-Domingue, arrachaient diflicilement à la mort, et presque --- Page 15 ---
maladie
l'européen qui
jamais à une
grave, T'époque de sa grande
arrivait dans la colonieàl
n'existe
Mais aujourd'hui qu'il
prospérité.
celui qui arrive; aujourplus d'abris pour
débarque est exposé à
d'hui que T'homme qui
du climat; qu'ilaacomtoutes les intempéries
terribattre, outre les misères d'une guerre
leviolent contraste du passage subitd'une
ble,
chaleur à un état de froidure quil le
excessive
après avoir
fait trembler de tous ses membres,
d'eau
les énormes volumes
reçu sur son corps des Antilles; ; aujonrd'hui,
qui trempent le sol
de sauver
dis-je, l'on ne peut plus espérer
seront
la vie des arrivans. Les transpirations la masse du
interceptées à la suite des pluies;
qui s'épurait par les sueurs abondantes,
sang,
leur suppression; le système
sera viciée par
de la
des humeurs entrera en fermentation: fièvre
dissolution des forces vitales, la
jaula
mort, qui dévorera les
ne; et une prompte
ne sera pas ashommes dont la constitution
climat, avant que l'on en exige
souplie au
La fièvrejaune est, et sera
de grandes fatigues.
funeste à l'arplus que jamais, une contagion toujours les
rivant; elle épargne et épargnera mais elle atcolons et les naturels du pays,
trop
inévitablement l'européen
tend presque
forces vitales, la
jaula
mort, qui dévorera les
ne; et une prompte
ne sera pas ashommes dont la constitution
climat, avant que l'on en exige
souplie au
La fièvrejaune est, et sera
de grandes fatigues.
funeste à l'arplus que jamais, une contagion toujours les
rivant; elle épargne et épargnera mais elle atcolons et les naturels du pays,
trop
inévitablement l'européen
tend presque --- Page 16 ---
fatigué au moment de son arrivée dans
Antilles.
les
Si T'européen, lors de
l'établissement de
Saint-Domingue, a trouvé la mort en attaquant un nouveau sol, quoiqu'il n'eut à
ter que contre le climat; si, dans les
lutla haute prospérité de la
temps de
secours de l'art et des colonie, entouré des
soins les plus
chés, on I'a vu encore succomber
recherarrivant, ou du moins
souvent en
n'échapper
jamais à de graves maladies,
presque
espérer aujourd'hui
qu'osera-t-on
que le
loin
un asile, se trouve
pays,
d'offrir
au contraire
un ennemi
occupé par
rien, dort qu'on ne voit point, qui vit de
quand il veut, et où il veut,
d'une force infiniment
jouit
blanc, tandis
supérieure à celle du
que celui-ci se trouve tout-àcoup transporté dans le climat le plus destructeur, le moins approprié à ses
qu'à sa constitution.
habitudes, ainsi
Le sommeil, ce souverain
nos forces, le sommeil
réparateur de
le calme
qui, seul, peut rendre
au sang trop agité du nouvel arrivant
dans les Antilles, lui est absolument
pendant les grandes chaleurs du
interdit
seule
jour. La nuit
amène,s sous ce brilant climat, la tran- --- Page 17 ---
la fraicheur nécessaires au vrai requillité et
instruit de nos besoins, ne
pos; mais le noir,
les momens de cette
manquera pas de troubler
de fusil
précieuse jouissance. Quelques coups
suffisent pour alarmer tout un camp ordinairement sans défense ; la nuit se passe debout
à observer des hommes que l'on ne voit point
voient aisément; les fatigues, les
et qui nous
chaleurs du jour ajoutent à l'embrasement
succombe biendu sang, etle soldat européen
selon Textôt à ces maladies ardentes qui,
pression usitée à Saint-Domingue, pressent
du malade, le médeau même moment, près
cin, le prêure, le notaire et la. mort.
C'est ainsi qu'ont péri 80,000 braves penThorrible lutte amenée par la révoludant
O1I ue saurait assez le répétion. L'européen, les fatigues de la guerre
ter, ne peut soutenir neuf heures du matin,
dans les Antillés après
dans d'autres mois que ceux de novembre,
et
la fin d'avril; hors de
décembre, jusqu'à ci-dessus désignés, il n'est
l'heure et des mois
L'abattement
plus capable des mêmes efforts.
influe sur le moral; l'homme
du physique
l'affaissement de tous ses orlanguit, et, dans
ainsi
chaque jour il se détache pour
ganes,
ter, ne peut soutenir neuf heures du matin,
dans les Antillés après
dans d'autres mois que ceux de novembre,
et
la fin d'avril; hors de
décembre, jusqu'à ci-dessus désignés, il n'est
l'heure et des mois
L'abattement
plus capable des mêmes efforts.
influe sur le moral; l'homme
du physique
l'affaissement de tous ses orlanguit, et, dans
ainsi
chaque jour il se détache pour
ganes, --- Page 18 ---
dire d'une partie de sa vie, et met bientôt
tant d'insouciance à la conserver
auqu'il éprouve
d'impuissance à la bien défendre.
Mais, nous dit-on, peu de soldats vaincront
toujours beancoup de révoltés. L'on doit
ter que ces soldats, pour I vaincre, doivent ajoudes hommes pleins devigueur,
êtré
d'enthouisiasme
et de santé; or, il est prouvé
que l'européen
perd tous ces avantages sous la ligne et dans
les Antilles, où le noir en jouit
Ilr ne peut exister d'enthousiasme pleinement.
dividu débile
dans un inet souffrant, étranger à la cause
pour laquelle il combat; l'enthousiasme
la liberté est au contraire à son comble pour chez
le noir. Quant à la santé, elle est encore exclusivement le partagedecclui-ci sous les brulans climats pour lesquels la nature l'a sans
doute formé.
L'homme qui a vaincu et qui vaincra toujours à Saint - Domingue, c'est le noir, vraiment enthousiasmé et jouissant de toute sa vigueur physique et morale,
Mais écoutons un instant les faiseurs de
jets, si l'on peut même les gratifier de ce procar ces hommes, pour la plupart, sont nom; incapables de rien concevoir de
raisonnable, ou
plutôt ils ne concevront jamais rien hors de --- Page 19 ---
la sphère de leurs passions et de leurs intérêts.
disent-ils, de grandes forces, cin-
<. Envoyez,
exemple, à Saintquante mille hommes, par les révoltés: une camDomingue; enveloppez
rétablir l'orpagne de trois mois suffira pour
les esclaves.> Sans doutel'on
dre et soumettre
idées du résultat obtenu
appuiera ces grandes
de semblables moyens à la Guadeloupe;
par mais, sans vouloir trop analyser ce résultat,
grands sacrifices, et sans vouloir
quiaexigéde ici les énormes pertes causées par la
rappeler
où
dernière expédition de Saint-Domingue,
Français vinrent tremper de leur sang
50,000
comparaison peutle sol de la colonic, quelle
entre le teron faire, militairement parlait,
ritoireimmense deSaintc-Dominguer et une petite possession dont toutes les vraies positions
militaires, connues à l'avance, peuvent être
occupées au même moment et soumises, en
quelque façon, au coupd'ceil du même chef?
à quels sacrifices de tout
A quelles dépenses,
aussi le transport
genre n'entrainerait pas
d'une pareille expédition!
débarquée
Allons plus loin; supposons-la
sur la côte de Saint-Domingue. Quels moyens
être employés pour la faire pénétrer
pourront à douze et quinze lieues de distance
et opérer,
connues à l'avance, peuvent être
occupées au même moment et soumises, en
quelque façon, au coupd'ceil du même chef?
à quels sacrifices de tout
A quelles dépenses,
aussi le transport
genre n'entrainerait pas
d'une pareille expédition!
débarquée
Allons plus loin; supposons-la
sur la côte de Saint-Domingue. Quels moyens
être employés pour la faire pénétrer
pourront à douze et quinze lieues de distance
et opérer, --- Page 20 ---
du bord de la mer? Les vivres
der
pourront abon:
sur la côte; mais l'on peut croire à l'impossibilité de les introduire au travers d'un
pays plus que jamais' couvert de halliers déchirans,
lenuaidenhucalmapalon ne peut
ni soupçonner ni voir. Le soldat,
à
quinze lieues de la côte, y succombera parvenu
également de fatigue et d'inanition, et surtout de
la soif, car l'européen qui ne peut étancher
sa soif en arrivant à Saint-Domingue, à raison
de ses grandes transpirations, sera
cependant
obligé de faire la guerre dans des
dépays
pourvus d'eau.
De tout temps, la colonie de Saint-Domingue a souffert des déprédations de quelques
noirs réfugiés dans les hautes
montagnes, et
connus sous le nom de Nigres-Marrons; le
gouvernement de Saint-Domingue, dans le
temps de sa toute-puissance, ne les soumit
mais; tout le monde a entendu parler des for- jaces indomptables des noirs révoltés des montagnes Bleues de la Jamaique : les Negres de
Saint-Domingue sont maintenant aguerris; ils
connaissent la guerre à faire sur un des
vastes
plus
théâtres des Antilles; ils ont fait succomber d'excellentes troupes dans les premiers
momens de leurs grossiers efforts. De quel es- --- Page 21 ---
aujourd'hui ien attaquant
poir peut-on sei flattera
hommes aussi braves qw'enrepenans?
des
si l'on veut, ce quel'on est loin
Admettons,
perceque deux cents européens
de penser,
rassemblemens
les plus grands
ront toujours facilement que la proue fend
de noirs aussi
que cette proue
T'onde; mais n'oublions pas
la surface
laisse bientôt plus de traces sur
nine
le calme et leur
des eaux qui reprennent sûrement les noirs reveau, et que tout aussi
leurs positions
prendront avec tranquillité qui sera horle passage de la colonne,
après
harassée des combats du jour, qui
riblement
e'de
fait des pertes, et ne pourra prendre
aura
la nuit.
repos pendant
en foule à Tappui
Les faits se présentent
nous a appris
de ce que l'on avance et que Combien ne
une doulourense expérience. faites pour les
trouveraiton pas de preuves les yeux sur des
confirmer rien qu'en jetant circo nstances semlocalités qui réunissent des
éloignées de
quoique bien moins
blables,
nous?
exemple, reste-t-il
Pourquoi le Corse, par
? C'est
dans ses hautes montagnes? enindépendant et la santé soutiennent son
que la vigueur lindépendance. L'on soumer
thousiasme pour
ne
une doulourense expérience. faites pour les
trouveraiton pas de preuves les yeux sur des
confirmer rien qu'en jetant circo nstances semlocalités qui réunissent des
éloignées de
quoique bien moins
blables,
nous?
exemple, reste-t-il
Pourquoi le Corse, par
? C'est
dans ses hautes montagnes? enindépendant et la santé soutiennent son
que la vigueur lindépendance. L'on soumer
thousiasme pour --- Page 22 ---
Phomme qui n'est défendu que par des murailles; l'enfant de la nature est invincible
dans l'inabordable asile où elle
T'appelle, et
qui lui suffit.
Or, quel enfant fut jamais plus favorisé de
la nature que le noir à Saint-1 Domingue
Quelles montagnes, quel climat le défendent
contre l'européen? Oui, sous ce ciel brilant,
sur ces pittons inaccessibles, les noirs détruiraient toute l'armée française.
Quand on est obligé de consigner un tel
aveu, quel ennemi, quelle force prétendra-ton leur opposer?
Accordant toutefois que quelquéapparence
de succès pût se déclarer momentanément
pour l'européen dans une lutte aussi inégale;
qui ne voit que, dans cette hypothèse même,
les pertes de la France ne seraient pas moins
irrémédiables?
Quelle sécurité, en effet, pourrait être offerte à l'habitant qui aurait le courage d'aller rechercher sa propriété en cendres au
milieu d'un reste d'hommes indestructibles et
terribles.?
Quel espoir qu'aucun colon pit faire renaitre sa fortune du milieu des décombres sanglans de ses propriétés consumées, sans le --- Page 23 ---
nombreux cultivatenrs quelons ne
secour's de
plus se procurer, et qui ne trouveraient
peut
dans du sang?
plus qu'une terre délayée
ne peuNon, les noirs de SaintDomingue
la
ne doivent pas être soumis par
vent pas,
force.
homme raisonIls le paraitraient, qu'aucun
et n'ode les conduire,
nable n'entreprendrait
que les
serait se fiera eux; ils le paraîtraient,
dévastécs de cette terre fertile ne
habitations
relevées, ni indemniser Ies
pourraient être leurs sacrifices, et surtout de
propriéuires de
leurs dangers.
T'humanité réunies,
La prudence, la raison,
commandictentde
aveux, nous
nous
pénibles
On ne
dent surtout de nouvelles opinions. le triomméconnaitrel
Tmipliatuatipouetel. des amis des noirs, dont la
phe de la secte
et surtoat trop
marche fut trop précipitée, fortement secondée
éclairée, mais qui,
peu tendance générale de l'opinion publique
de la
les idées libérales, a irrévocaen Europe vers
de Saintblement consacré Yindépendance
cette
Le moment de reconnaitre
Domingue.
venu; c'est le seul
vérité etinconiestablement
par
de diminuer les désastres éprouvés
moyen
de lui rendre quelque chose de
la France, et
lat
trop précipitée, fortement secondée
éclairée, mais qui,
peu tendance générale de l'opinion publique
de la
les idées libérales, a irrévocaen Europe vers
de Saintblement consacré Yindépendance
cette
Le moment de reconnaitre
Domingue.
venu; c'est le seul
vérité etinconiestablement
par
de diminuer les désastres éprouvés
moyen
de lui rendre quelque chose de
la France, et
lat --- Page 24 ---
cetegmadepspondéranceqiollecsers dans
les Antilles, et qui s'anéantira pour elle aux
iles du Vent et sous le Vent, si elle ne cèdeà
l'empire des circonstances.
C'èn est assez, sans doute, pour prouver ce
qui a été avancé sur l'impossibilité de soumettre les noirs de Saint-Domingue à l'aide
des forces européennes. L'on doit néanmoins
donner quelque attention à la proposition
quelquefois mise en avant d'établir un sévère
blocus autour de la partie française de lile, à
la faveur duquel des débarquemens partiels
désoleraient l'intérieur qui, ne pouvant recevoir aucun secours du dehors, serait forcé
à quélque arrangement favorableà la métropole.
L'on observera d'abord, contre l'idée d'une
pareille entreprise, que les débarquemens ne
pourraient pénétrer fort avant dans l'intérieur; ainsi ils ne s'étendraient pas au-delà
des parties du bord de la mer susceptibles de
cultures, mais en même temps les plus malsaines, à raison des débordemens des plus fortes rivières, dont les rives ne pourraient plus
être entretenues:] les troupes de débarquement
trouveront donc d'abord des marais méphitiqucs, couvertadeballiers, debigailles, de mous- --- Page 25 ---
-
et autres insectes; les
tiqures; de maringouins,
dechose dans ces
culturesd sd'ailleurss seront peu
reculées
parties, et les plus importantes seront surtout
dans des lieux écartés et inabordables, de côtes monsi l'on débarque sur des portions l'on ne peut
tueuses et chargées de défilés;
attendre aucun résultat bien inquiétant
donc
débarquemens
pour les noirs, de quelques à I'avance par la.
toujours annoncés
particls,
bâtimens dans le voisiprésence de quelques
lesquels des prénage de la côte, et contre
cautions auront été prises.
résultats à attendre d'un blocus général
Les
bien moins effrayans pour
paraissent encore d'iles voisines avec lesquelun peuple entouré
de communiquer;
les on weTempechersjamaisi
aura en outre les communications
ce penple
la
espagnole, ce,
toujours libres avec
partie besoins, qui sont
etau-dela, à ses
quisufira, bornés. Les vivres du pays ne
cxcesivement
à ses habitans, toujours
sauraient manquer
convenablement
suffsamment vètus, toujours
Tennemi,
logés sous un climat dévorant Yenfant pour de PAfriprodigue de bienfaits pour lesvéritables rique; T'on ne voit pas qu'avec
à rcchesses de la nature, ils aient beaucoup serait en
douter du blocus le plus sévère, qui
etau-dela, à ses
quisufira, bornés. Les vivres du pays ne
cxcesivement
à ses habitans, toujours
sauraient manquer
convenablement
suffsamment vètus, toujours
Tennemi,
logés sous un climat dévorant Yenfant pour de PAfriprodigue de bienfaits pour lesvéritables rique; T'on ne voit pas qu'avec
à rcchesses de la nature, ils aient beaucoup serait en
douter du blocus le plus sévère, qui --- Page 26 ---
Aeedecehematesinem: à la puissance
quiTentreprendrait. Certes, un pareil
ne ferait que corvaincre de
moyen
plus en plus le
gouvernement assez téméraire pour le tenter,
que le possesseur du sol ne peut être soumis
par aucune force européenne, ni de terre ni
den mer, erqu'ilfauti trocouriradautres
d'opérer un
moyens
changement contre
en vain de lutter l'intérêt d'une lequels'efforce
fausse
politique aussi
que funeste à la France. L'on
même ajouter que le succès d'un blocus peut
néral seraitcontraireaux intérêts de
géqui doit désirer de voir les noirs F'Europe,
travail et créer des
se livrer au
moyens d'échange. Un'blocus sévère les rendrait fainéans et farouches,
ce qui n'est dans les intérêts d'aucune
sance, tandis qu'ilimporte à toutes d'en puis- faire
de paisibles cultivateurs.
Tout ce quel l'on a avancé serâ encore bien
plus stremhent démontré, si l'on
parvient à
prouver que le rétablissement de Saint-Domingue par la force ne saurait être dans les
intérêts de la France, ce qui est l'objet de la
seconde assertion, --- Page 27 ---
SECONDE ASSERTION.
de la colonie de SaintLe vétablissement soumise par des forces
Domingue supposée
dans es intérêts
européennes n'est pas
de la France.
à dire, sans doute, après ce qui
Il reste peu
de soumettre
a été avancé sur Timposilbilité une force eules noirs de Saint-Domingue par soumission,
que cettes
ropéenne, pour prouver
la colonie sous :
suite le réablitementdel
et par
ne sauraient être ambison ancien régime,
de la France.
tionnés par le gouvernement qu'après des sanéanmoins
L'on supposera
lon soit parvenuà poucrifices incalcnlables,
qui ne sera javoir croire à une soumission toujours des
car ily aura
mais qw'apparente,
qui
révoltés dans les hantes montagnes
noirs
le désespoir des planteurs.
feront sans cesse
hardis, pressés par le beQuelques habitans leurs habitations, oà
soin, iront sétablir sur
soumetdes noirs que lon aura pu
et
la plupart
ramas de vicillards
tre, ne seront qu'un
auront perdu Thad'hommes impotens, 7 qui
une soumission toujours des
car ily aura
mais qw'apparente,
qui
révoltés dans les hantes montagnes
noirs
le désespoir des planteurs.
feront sans cesse
hardis, pressés par le beQuelques habitans leurs habitations, oà
soin, iront sétablir sur
soumetdes noirs que lon aura pu
et
la plupart
ramas de vicillards
tre, ne seront qu'un
auront perdu Thad'hommes impotens, 7 qui --- Page 28 ---
bitude du travail, et ne supporteront plus les
châtimens violens qui les y contraignaient;
l'on verra naitre dès-lors de nouveaux sujets
de désespoir pour le planteur.
Il est en effet notoire que le noir a deux
moyens certains de se soustraire à la volonté
de son maitre : la révolte et le refus d'un travail raisonnable. Ce second moyen était journellementopposé à la volonté du maitreavant
la révolution; et les punitions les plus fortes
pouvaient scules astreindre au travail ung grand
nombre d'hommes qui en feront bien
peu
aujourd'hui qu'ils ne pourront pas être contraints avec la même sévérité. Quel sera dèslors le sort de ces babitans obligés à des
dépenses excessives pour relever leurs fortunes?
Admettons enfin que le propriétaire puisse
vivre en sûreté sur son habitation; mais estce là l'objet que le gouvernement doive avoir
en vue? Le gouvernement doit surtout s'assurer des moyens d'échange pourle commerce
national, et d'abondantes ressources d'importation et d'exportation pour la marine; il
fant donc que le planteur crée de gros revemus; l'intérêt du gouv vernement veut que ce
planteursoit riché et tranquille:or, t on ne peut --- Page 29 ---
aujourd'hui ni surl l'un ni sur l'autre
çompter
de ces deux avantages.
l'on ne
Il a été suffisamment prouvé que
obtenir le dernier : quant au premier,
peut
habitant
nier qu'il
il n'est aucun
qui puisse dans la
de bois debout
ne reste que très-peu
et que les
partie française de Saint-Domingue,
terres en rapport sont plus ou moins épuisées
les cultures. La haute valeur des cafés dans
par
avait fait abattre la trèsles' derniers temps,
grande partie des bois qui fixaient les nuages,
assuraient les pluies etla fraicheur nécessaires
à la fécondité du cafier; les récoltes en café diconsidérablement dans les parties
minuaient
de la révodu nord et de l'ouest au moment
lution, à raison des grandes sécheresses et de
Tappauvrissement de la terre. L'habitant qui
de beaucoup de bras formait des bois
disposait
nouvelles, pour souteneufs, des plantations
habitation
mais il mettait son
nir son revenu;
vrai,
à bout. Cc fait est connu, et tellement
l'on pourrait avancer avec toute raison
quele que planteur en calé plaçait communément
fortune à fonds perdu, et n'avait qu'un
sa
déterminé de jouissance, qui lui assutemps
intérêt de ses
rait, à la vérité, un énorme
fortune était précapitaux; mais une pareille
pour souteneufs, des plantations
habitation
mais il mettait son
nir son revenu;
vrai,
à bout. Cc fait est connu, et tellement
l'on pourrait avancer avec toute raison
quele que planteur en calé plaçait communément
fortune à fonds perdu, et n'avait qu'un
sa
déterminé de jouissance, qui lui assutemps
intérêt de ses
rait, à la vérité, un énorme
fortune était précapitaux; mais une pareille --- Page 30 ---
caire. Elle cessait du moment que le
ne pouvait plus se créer de
planteur
plantations neuves. De pareils succès n'auraient
pas répondu
long-temps aux vues du gouvernement.
Le vice inhérent aux
plantations en café à
Saint-Domingue, et dont on vient de
ne se borne pas la, dans'la partie
parler,
française de
cette ile, que le'g gouvernement doit regarder
comme usée et sans valeur réelle relativement
au grand objet qu'il doitatteindre, malgréles
tableaux mensongers et les criailleries d'hommes adroits, dangerenx, intéressés.
Les bois qui existaient sur les
montagnes,
généralement à pentes très-rapides dans les
iles, et qui coavraient le seul terrain qui convienne à la culture du calé, avaient la
utilité de retenir" les terres sur les hauteurs grande.
où ils les fixaient, et entretenaient
cheur. nécessaire à la végétation.
une fraiAujourd'hui, et depuis que les travaux sont
négligés, les cafiers se sont chargés de bois
les tuent; le sol des montagnes découvert qui
bit une grande
sudessication, effet des chalenrs
excessives; la terre se fend, se triture, et les
pluies de Saint-Domingue,
tombent
vrais
qui
en
torrens, entrainent dans le bas des monA --- Page 31 ---
nécessaire aux cafiers,
tagnes une dépouille
graine échaudée,
qui ne donnent plus qu'ane
bientôt déracinés et desséchés.
et qui périssent résultant de Yexploitation des
Les ravages
entraînent d'autres désasbois des montagnes,
Les lits des rivières
tres plus graves encore.
sont exhaustraversant les plus riches plaines,
et les
sés
la chute abondante des terres;
par
travaux faits avant la révolution
magnifiques les torrens dans leurs lits, ne
pour maintenir
entrétenus, d'affreux dépouvant plus être
débordemens ont lieu dans les plaines qu'ils
vastent et changent en marais infects. à cet afQue T'on ne reproche pas surtout l'état d'une
fligeant tableau de ne rendre que
étendu
partie dela colonie; ce fléau s'est
petite
presque totalité des quarplus ou moinssurla du Massacre dévorait, en
tiers. La rivière Vanblanc et celles de ses
1801, Thabitation
nécessitaient d'immenvoisins; ses irruptions sàrement pas eu lieu.
ses travaux qui n'ont
dans Thabitation
La, Gragde-Rivière exigeait an-dessous, des
du Pla, et au-dessus comme
après avoir
travaux de jetées énormes qui,
pronégé les habitations d'en-haut, portaient de Cha- )
un fertile limon sur les habitations
ait, en
tiers. La rivière Vanblanc et celles de ses
1801, Thabitation
nécessitaient d'immenvoisins; ses irruptions sàrement pas eu lieu.
ses travaux qui n'ont
dans Thabitation
La, Gragde-Rivière exigeait an-dessous, des
du Pla, et au-dessus comme
après avoir
travaux de jetées énormes qui,
pronégé les habitations d'en-haut, portaient de Cha- )
un fertile limon sur les habitations --- Page 32 ---
tenoi; la rivière du Haut du Cap, Ia ravine
du Cap abiment la belle rade de ce nom, qui
devient de plus en plus difficile.
La rivière du Limbé ravageait sa plaine,
attaquait avec avantage, à la même époque
de 1801, les magnifiques jetées de Blin forcées
de céder aux travaux prodigieux par lesquels
Bayon avait rejeté sur ces jetées l'effort des
eaux, et le Bas-Limbé n'est strement plus
qu'un marais infect aujourd'hui.
Les belles habitations le Gras et celles audessous, dans le quartier du port Margot, sont
également en proie aux irruptions de la rivière qui n'est sirement plus contenue dans
son lit.
Les trois rivières du port de Paix traversent prolablenemsacjourfhui les habitations
Chanceaulme, Aubert, le Brun; et l'habitation Foache se défend sirement très-mal ellemême des crues torrenteuses du petit ruisseau
de Jean Rabel.
Laissonsde côtéleMole, Bombarde, lel Portà-Piment, les Moustiques, Terre-Neuve, et le
Gros-Morne. Tous ces quartiers, pauvres en
cultures, qui manquent de pluies, et qui ont
produit quelque indigo, que refuse aujourd'hui leur sol épuisé, ne produisaient, au --- Page 33 ---
cafiers
momentdel la révolation, que quelques
desséchés sur pied, et que.les
: habituellement herbes et le défaut de culture ont
mauvaises
fait périr.
des Gonaives, qui reçoit peu
Le quartier
la
de pluies dans ses bas, n'admet guère que
culture du coton dans sa plaine, depuis que
sol
se refuse à celle de Tindigo.
son
fatigué
culture que celle d'un végétal que
Mais quelle
dans la vraie saison empèle défaut de pluie
culture
che bien souvent de' semer! Quelle
celle qu'une pluie trop abondante plus
que
tomber ou pourrir sur terre!
tard fait couler,
celle que la cheQuelle culture, enfin, que
laissans
nille dévore en vingequatre.heuves, trace de
seraux malheureux planteurs aucune
produit!
de PArtibonite soutenait ses
La riche plaine
le soin cotcultures avant la révolution par
teux del la conservation de sesimmenses digues,
Tentretien écrasait les ateliers des prodont
vaste
On a vu plapriétaires de cette
plaine.
dont le lit est beausieurs fois cette rivière,
élevé que lc sol de la plaine, rompre
coupplus rives factices, se réunir à T'Ester, eti ravager,
ses
étendue immense, à e magnifiques
sur une
mêmes rives ne sauraient êre
récoltes. Ces
par
teux del la conservation de sesimmenses digues,
Tentretien écrasait les ateliers des prodont
vaste
On a vu plapriétaires de cette
plaine.
dont le lit est beausieurs fois cette rivière,
élevé que lc sol de la plaine, rompre
coupplus rives factices, se réunir à T'Ester, eti ravager,
ses
étendue immense, à e magnifiques
sur une
mêmes rives ne sauraient êre
récoltes. Ces --- Page 34 ---
-
entretenues aujourd'hui; et très-certainement
le bas de ce magnifique bassin n'est plus qu'un
marais.
Les rivières de Léogane, des Cayes et de 1
beaucoup d'autres endroits dont les digues
sont probablement dans le même état d'abandon, ne sont pas moins fanestesàl leurs plaines,
qui ne peuvent plus que faire redouter la
formaticn de vastes marais infects. Comment
songer à rétablir les travaux nécessaires?
Comment dessécher ces pays?la chose est impossible.
Iln'est pas au-dessus des efforts de l'homme
de inaintenir les torrens dans les plaines, en
élevant leurs digues au fur et à mesure
les cultures des hauts rendentleurs
que
poids plus
Jourds par l'exhaussement de leurs lits; mais
vouloir les ressaisir, et conquérir le terrain
qu'ils ont envahi après de nombreuses excursions, et quand le sol des montagnes, déchiré
depuis longues années, charge leurs lits de débris, c'est une entreprise au-dessus des forces
de l'homme dans les Antilles, où les torrens
ont une toute autre allure qu'én Europe.
Une végétation excessivement fougueuse, et
singulièrement: accrue par: l'eauet la fraicheur
qui l'accompagne, charge aujourd'hui les ter.
C --- Page 35 ---
si fécondes, de plantes parasites qui
res, jadis substance de la terre. Aucun efdévorent la
sol
à la culfort ne peut rendre ce aquatique inhabitables
ture; ses environs deviendront et les plus belles
à raison de leur insalubrité, du fort Dauphin,
parties des riches plaines
des Trois-Ridu quartier Morin, du Limbé,
d'autres
vières, de T'Artibonite et debeaucoup
dès aujourd'hui,
quartiers, sont condamnées; et à être envahies par
à une stérilité absolue, d'oà s'exhalent sans
des mansisimpen@iralles les plus meurtrières pour
cesse les vapeurs
l'européen.
Thomme, et surtout pour résultat affreux et néCet état de-choses, irrésistible des évènemens,
cessaire de la force
d'exemples pris sur le
pourrait être appuyé
fait mention.
sol de la Corse, dont on a déjàa
si fertile,
Pourquoi la Corse, ce pays jadis
ne
ses voisins de grains,
qui approvisioniait nourriture suflisante à ses
fournit-il plus une
C'est que,
habitans épars dans les montagnes? Tagitèrent,
civiles qui
lors des commotions
les torrens descenles jetées qui contenaient les conduisaient
dant des hanteurs, et qui
et dans
mer au travers des plaines,
été
jusqgalala élevés que ces plaines, ont
des lits plus
ces eaux dévastatrices
négligées, coupées; que
approvisioniait nourriture suflisante à ses
fournit-il plus une
C'est que,
habitans épars dans les montagnes? Tagitèrent,
civiles qui
lors des commotions
les torrens descenles jetées qui contenaient les conduisaient
dant des hanteurs, et qui
et dans
mer au travers des plaines,
été
jusqgalala élevés que ces plaines, ont
des lits plus
ces eaux dévastatrices
négligées, coupées; que --- Page 36 ---
-
affranchies de leurs barrières, ont inondé les
plus précieux terrains, condamnés par ces irruptions à une stérilité absolue. Ces mêmes
terres, auparavant si fécondes, sont devenues
des marais insalubres, où se sont élevés des
makisimpénéurables que les effortsdel'homme
ne peuvent plus rendre à la culture.
Pressé par le sentiment de sa conservation,
le planteur corse, à l'époque des commotions
civiles de son pays,s'est vu forcé de se retirer,
dans la montagne où le poussait aussi lc génie,
de T'indépendance, Leplus grand nombre des
habitans, et sans doute les plus riches, sont,
allés chercher une terre plus habitable, et
c'est ainsi que le génie destructeur d'une li-,
berté mal raisonnée a ruiné les richesses de la
Corse, expulsé la plus grande partie de sa pcpulation, et jeté le reste indomptable de ses
habitans dans ses inaccessibles montagnes.
La partie française de Saint - Domingue,
tourmentée par les mêmes erreurs, a subile
même sort; elle a vu ses plaines et ses villes
dévastées, sa population la plus riche presque
en totalité chassée ou détruite, et les monta-,
gnes les plus élevées, seule. partie de son sul:
aséschaladksasgpeniios, ne seront plas --- Page 37 ---
d'un reste d'hommes indépen*
que,le repaire force ne soumettra plus.
dans qu'aucune
l'on vient de don
Toutes les preuves que des circonstances
ner, et qui sont fondées sur irrécusables, proulocales dont les effets sont
l'évidence que le réablisement
vent jusqu'a
saurait être dans les
ne
de Sain-Domingue De nombreuses réclamaintérêts de la France.
ces
sans doute contre preuves,
tionss'éèveront
et il restera.
mais on ne les détruira point,
être entièrement
vrai que les noirs ne peuvent facile aux insoumis, et qu'il sera toujours la nuit, une
dépendans de détruire, pendant
des travaux du jour, soit en incendiant, ainsi,
partie
les jetées, et en mettant
soit en coupant
des plaines; il ne
sous l'eau toutes les cultures de tout habimoins vrai, aux yeux
sera pas
vaudrait mieux commentant instruit, qu'il
une terre abso-
- à défricher avec sécurité
cer
de chercher à rendreà
lument nouvelle, que infects couverts de
la culture des cloaques défendus par des
et
halliers impénétrables,
hommes vraiment indomptables. le rétablisseRépétons-le donc hardiment,
dela partie françaised ede Saint-Domingue,
ment
difficilement, à une faible
qui procurerait
habimoins vrai, aux yeux
sera pas
vaudrait mieux commentant instruit, qu'il
une terre abso-
- à défricher avec sécurité
cer
de chercher à rendreà
lument nouvelle, que infects couverts de
la culture des cloaques défendus par des
et
halliers impénétrables,
hommes vraiment indomptables. le rétablisseRépétons-le donc hardiment,
dela partie françaised ede Saint-Domingue,
ment
difficilement, à une faible
qui procurerait --- Page 38 ---
portion de ses habitans, quelques débris de
leurs anciennes fortunes, ne saurait être dans
les vues du gouvernement, qui doit trouver
dans desspéculations plus productives et moins
précaires, un aliment essentiel à l'industrie
française de toutes les classes, et des moyens
d'échange nécessaires à son commerce etàl'entretien de sa marine.
Cédant à l'évidence de ces preuves, quelques personnes en concluront peut-être que si
l'ancienne partie française est presque totalement ruinée, la partie espagnole, parfaitement boisée, et à peu près vierge de culture,
doit offrir les plus grands avantages pour la
création de nouveaux établissemens.
Nous opposerons à cette idée les dangers
d'une population trop voisine et toujours ennemie; nous observerons aussi que si l'ancienne partie française, qui n'est en étendue
que la moitié de la partie espagnole, et qui
avait le tiers de sa surface inutile, s'est trduvée surchargée et écrasée par la masse de ses.
cultivateurs, on doit redouter, avec toute raison, de voirapprocher la partie espagnole de
l'état de splendeur auquel était parvenue la
partie française; elle nes s'y élèverait toutefcis
qu'avec les secours d'un plus grand nombre & --- Page 39 ---
d'esclaves et d'animaux; ; car, en supposant
choses égales d'ailieurs, ce qui n'est
toutes
comprenant de bien
point, la partie espagnole entre ses deux mers,
plus grandes distances
bien
des frais d'exploitation
occasionnerait
Cependant, comment se
plus considérables.
où prendre
procurerdes esclaves aujourd'hui? nécessaires à
d'animaux
la grande quantité
pas
tous les travaux? ce ne sera certainement
française, où les noirs,
dans l'ancienne partie de la France, ne seront
toujours mécontens hommes farouches et dangejamais que des
français, qu'ils verreux pour les planteurs leurs plus cruels enneront toujours comme
mis.
cette population pour
Quel voisinage que la sécurité et la fortune
des planteurs dont
le
de l'escladevraient être basées sur régime
temps,
vage?(
la
ranearaserne
de
puissance
et surtout en temps gueire, puissante des
des Anglais, et Vinfluence plus
les
àl T'agriculture
et
Aegciensaimnlseese indispensable
douceurs dela paix, première homme raicondition de ses succès? Aucun
sonnable ne peut se bercer de ces trompeuses
bien plus enillusions; et le gouvernement,
individu, planteur ou négoeore que tout
ne
régime
temps,
vage?(
la
ranearaserne
de
puissance
et surtout en temps gueire, puissante des
des Anglais, et Vinfluence plus
les
àl T'agriculture
et
Aegciensaimnlseese indispensable
douceurs dela paix, première homme raicondition de ses succès? Aucun
sonnable ne peut se bercer de ces trompeuses
bien plus enillusions; et le gouvernement,
individu, planteur ou négoeore que tout
ne --- Page 40 ---
-
ciant, doit écarter ce
chimériqne et fallacieux
espoir.
Admettant toutefois T'impossible,
et
posant que la partie espagnole de
supà
mingue put s'élever au point où était Saint-Donue la partie française, ce
parvecevoir
quine peut se conqu'autant que cette partie aurait été
enfin soumise, cet
de l'univers,
éablisement,lep plus riche.
deviendrait bientôt
l'envie et de la jalouse inimitié
l'objet-de
d'autres puissances; qui parviendraient sans doute à créer
tôt ou tard des troubles
nouveler les scènes
intérieurs, et à rela
déplorables qui iont amené
complète ruine de l'anciënne colonie fran-
: çaise.
Mais il est temps de terminer
longue discussion, de
celte trop
voir conclure,
laquelle on croit pouavec tout fondement, que le
rétablissement de
ne saurait être dans Saint-Domingnepar) les
la force
intérêts de la France.
Finissons en établissant la troisième
nière assertion, dans
et deravancé
le
laquelle nous avons
que
seul moyen, pour la
de tirer quelqueavantagede
France,
est de reconnaître
Saint-Domingue,
cienne colonie. Tindépendance de son an- --- Page 41 ---
TROISIÉME
ASSERTION,
Le seul moyen
encore
pour ta France de
quetque
retirer
mingue est de avantage de Saint-Doce de son ancienne reconnaitre tindépendan.
cotonie.
Avant d'aborder
délicate de
en elle-mème la
soit permis lindépendance des
question
générales de jeter en avant noirs, qu'il me
sur l'état
quelques vues
et sur les relations actuel du
qui se
Notrens-Mands,
meront entre ses nouveaux forment ou se fordelancien continent.
peuples et ceux
L'on ne peut réfléchir
voir refleurir le
sur la
connaitre
commerce en, nécessité de I
le besoin; ;
France sans revoir une marine pour cette
moins
et des
paissance, d'ade
des ports et
colonies, où tout au
quelqucs ptiviléges. entrepôts où elle jouirait
Cette vérité est un axiôme
çais qui raisonne les intérêts pour tout Frandevient plus
de sa
que jamnais incontestable patrie, et
depuis
réfléchir
voir refleurir le
sur la
connaitre
commerce en, nécessité de I
le besoin; ;
France sans revoir une marine pour cette
moins
et des
paissance, d'ade
des ports et
colonies, où tout au
quelqucs ptiviléges. entrepôts où elle jouirait
Cette vérité est un axiôme
çais qui raisonne les intérêts pour tout Frandevient plus
de sa
que jamnais incontestable patrie, et
depuis --- Page 42 ---
-
que le génie de lindépendance et les convul.
sions del'Europe transportentan-dela des mers
une immense population dont les besoins et
les rapports commerciaux avec une ancienne
patrie doivent tant influer sur la prospérité
des nations européennes.
Avant les changemens qu'opère
ment le mouvement des idées
journellerévolutionnaires, quelques puissances de lEurope glanaient
exclusivement sur des parcelles du NouveauMonde soumises à leur
pouvoir, et fatiguées
pourlap plupartdeculture. Maisces
qui échappent
possessions,
journellement à leur autorité
(pussent-elles même être conservées avec des
sacrifices inouis),doivent ]
parsltreinsullisantes
aujourd'hui, et Ies nations ambitionneront
cans doute de moissonner avec
dans le rapport de leurs richesses avantage, et
territoriales
et industrielles, dans les champs immenses
qu'ouvre à toute l'Europe la population
jours croissante des peuples du Nouveau-Mon- toude, population qui absorbera nécssairement
les Antilles, et dont les intérêts commerciaux
étudiés le plus tôt possible, et bien entendus,
doivent fonder la véritable prospérité des
ples de TAncien-Continent.
peu1 paras- donc démontré que le
système CO- --- Page 43 ---
commercial de l'Europe est au molonial et
grands changemens.
les plus
ment d'éprouver leur amour pour le traLes Français, que
territoriaux et indusvail, et leurs produits à la têle des nations
tricls, placcront toujours rien négliger pour
européennes, ne doivent dans le nouveatt
s'assurer de grands avantages intérêt de bien étusystème qu'il est de leur dire de faire naitre.
dier, et lon osera même
sur la
doit
êure basé, ce système,
Il ne
plus
quelques
possession exclusive et insoffisantede des lois
parcelles de territoire à gonverner par
de
Les moyens
beaucoup trop oppressives. ordre de choses, égalemaintenir un pareil
échappent jourment onéreux et insuffisans,
la France
nellement des mains des métropoles; de cette véfait une cruelle expérience
a déjà
belle colonie de Saint-Domingue,
rité dans sa
être soumise avec avantage
qui ne peut plus
pour elle.
individus, animés par
Vainement quelques
domination à laleurs intérêts et la soif d'une
oseraient
quelle ils ne doivent plus prétendre,
avancer, à l'égard de Saint-Dominguc,
encore
hommes de couleur qui comque le chef des
etlesud, oùt il se montre
mande dans Fouest
avec:
favorable aux blancs, pourrait,
plus
Iat
de Saint-Domingue,
rité dans sa
être soumise avec avantage
qui ne peut plus
pour elle.
individus, animés par
Vainement quelques
domination à laleurs intérêts et la soif d'une
oseraient
quelle ils ne doivent plus prétendre,
avancer, à l'égard de Saint-Dominguc,
encore
hommes de couleur qui comque le chef des
etlesud, oùt il se montre
mande dans Fouest
avec:
favorable aux blancs, pourrait,
plus
Iat --- Page 44 ---
quelques secours de la méuropole,
l'ordre dans l'ile : un pareil
rétablir
projet ne
qu'amerer de nouveaux
peut
doit en attendre
désastres, et l'on ne
aucun succès.
Boyer ne commande que dans la moindre
partie du territoire; il commande à
dont les noirs sont la
un parti
éprouve le besoin principale force, et qu'il
de ménager. Il est soumis
lui-mèmeà la surveillance d'un sénat
qui ne laisse point aller les blancs dirigeant
anciennes
sur leurs
propriétés, lesquelles ont à
été toutes divisées et cédées
peu près
Tout
par petites parties.
prouvequel le commandantn'est)
inquiétude; il lui
pas sans
importe donc d'accueillir les
blancs, de se renforcer tout au moins de leur
suffrage. Mais comment ne pas
de l'idée que les malheureux s'épouvanter
blancs, dont les hommes de couleur propriétaires
désiré léloignement,
ont tant
dans
amoncelés et parqués
quelques points déterminés,
courir les risques de se trouver à la merci peuvent des
évènemens, et pourraient même être pris
otages, dans le cas où une force armée pour
terait un
tendébarquement, et oùt
voix intéressée
plus d'une
rétablir
publierait qu'elle vient pour
l'osclavage? Les blancs; l'on en frissonne d'horreur, semblent être rassemblés --- Page 45 ---
l'ouest et le sud comme ces troupeaux
dans
dans les camps et places de guerre
amoncelés
houcheries des armées
pour être sacrifiés aux
doit beauet des siéges; et pent-être quelon chef de la partie
coup, sous ce rapport, recevoir au'
aucun Frandu nord, qui ne veut nouvelles relations
caisavant d'avoir réglé les
sous
entre la France et le territoire
à établir
son autorité.
motifs de séIl existe tontefois de pnissans
de
de la population
curitésur la tranquillité
le commandel'ouest et du sud; elle est sous distingué; elle
ment d'un homme de mérite
mer, et se
être facilement observée par
des
peut
cela très-facile à contenir par
trouve en
sans perdre de vue
forces qui la parcourraient tireraient toute asdont elles
leurs vaisseaux,
de couleur, qui y sont
sistance. Les hommes
aussi
la plunombre, sont
pour
à
en très-grand
accoutumés
d'anciens propriéaires,
part
qui sabandonnent
l'ordre et à des jouissances
difficilement. donc entrevoir avec satisfaction
L'on peut
pas
l'état de paix ne sera probablement oùl comque
dans les limites du territoire
troublé
estimable, aussi long-temps
mande un homme
des troupes qui
quel Yon n'y débarquera pas
aussi
la plunombre, sont
pour
à
en très-grand
accoutumés
d'anciens propriéaires,
part
qui sabandonnent
l'ordre et à des jouissances
difficilement. donc entrevoir avec satisfaction
L'on peut
pas
l'état de paix ne sera probablement oùl comque
dans les limites du territoire
troublé
estimable, aussi long-temps
mande un homme
des troupes qui
quel Yon n'y débarquera pas --- Page 46 ---
ne pourraient rien, ou très-pen de chose,
contre la population de la province du nord,
et d'une grande partie de l'ouest. Là, en effet,
sous le commandement d'un chef très-sévère
et même despote, une force armée, beaucoup
plus nombreuse que celle de Boyer, et parfaitement soumise, est chargée de la défense d'un
terrain bien plus vaste et plus montueux que
celui qu'occupent les troupes de l'ouest et du
sud. Un pareil théâtre d'opérations offre les
plus sûres combinaisons de défense, et : ces
combinaisons sont connues et éludiées depuis
vingt-cinq ans par les chefs noirs, qui commandent à des hommes dont ils sont surs, et
qui ne peuvent être ni poursuivis ni atteints
par des troupes de débarquement dans leurs
repaires, éloignés de dix à douze lieues de la
mer, d'où l'on devrait tirer tous les moyens
d'assurer les attaques.
Les pluies par torrens qui détrempent heaucoup plus les terres horriblement accidentées
du nord que celles de l'ouest et du sud, rendent aussi cette première partie de terrain
beaucoup plus impraticable, et assurent à ses
défenseurs des avantages que les Anglais et les
Etats-Unis leur maintiendraient au besoin, et --- Page 47 ---
l'on qu'aucnne force ne peut faire
en a trop la certitude. céder, ainsi queQue l'on se persuade donc
d'une force armée à
bien que l'envoi
amener que d'affreux Saint-Domingue ne peut
même où l'on voudrait résultats, dans le cas
soumise aux ordres du chef supposer cette force
commande au
très-dlistingné qui
probablement Port-au-Prince, ce qui ne serait
Que lon point aisé à obtenir.
nière de se persuade enfin que la vraie marentrer à
la possibilité d'être SaincDominguc existe dans
dans le nord;ce admis au Cap-Francais et
nos. ennemis, que bien des gens, et
ne veulent
surtout
prendre; ce qui donne pas nous laisser comrapports que
lieu à tous les faux
quelques
du
Prince, et nos plus messagers Port-audominent dans le dangereux ennemis, qui
tandis
les nord, se plaisent à
que
noirs de cette même exagérer,
absolument isolés de la
province,
défenseur, ne
France, et sans aucun
leur véritable peuvent nous faire connaître
plus siires situation, et encore moins leurs
Mais, dispositions à notre égard.
prochement s'éerie-t-on, comment' parler de
avec des hommes
rapdans le nord, est
dont le chef,
férocité?
tristement fameux par sa
dans le dangereux ennemis, qui
tandis
les nord, se plaisent à
que
noirs de cette même exagérer,
absolument isolés de la
province,
défenseur, ne
France, et sans aucun
leur véritable peuvent nous faire connaître
plus siires situation, et encore moins leurs
Mais, dispositions à notre égard.
prochement s'éerie-t-on, comment' parler de
avec des hommes
rapdans le nord, est
dont le chef,
férocité?
tristement fameux par sa --- Page 48 ---
-
-
Cest la persuasion où l'on est que cette accusation est aussi fausse que préjudiciable à
nos intérêts, qui décide à prendre la défense
de ce chef.
Tous les hommes sans prévention, qui ilont
connu à fond, attestent la régularité de sa
conduite et sa grande probité; il a toujours
été cité comme bon époux et excellent père.
Véritable ami des blancs, dont il faisait sa SOciété intime, aucun chef noir ne soutenait
autant que lui l'activité des cultures, et ne
maintenait autant le bon ordre. Le Cap et ses
environs étaient enviés de tous pour la sécurité etl le brillant état des habitations aux deux
époques fatales de l'arrivée dans la colonie du
présomptueux état-major qui accompagnait le
général Hédouville, et de la pétulante armée
commandée par le général le Clerc.
Christophe Henri venait d'arrêter, au moment du débarquement de cette dernière, les
désastres du massacre des blancs dans les environs du Cap; il fut nommé le sauveur des
européens dans cette circonstance, et se réjouissait avec trente blancs qu'il traitait chez
Ini lorsqu'on vint lui annoncer l'approche
de la flotte française, pour la bonne réception
de laquelle il prescrivitd'amicales
dispositions. --- Page 49 ---
C'est encore lui qui, forcé de
jurieuses provocations dont repousser d'inet hospitalier fut le
son toit généretx
était en sa puissance théâtre, fit tout ce qui
grand nombre de pour sauver la vie à un
terrible du
propriétaires au moment
et n'ayant rien débarquement. Il fit plus encore,
freux
conservé au milieu de cet af.
bouleversement, il n'hésita
mettre aux autorités
pas à realors, pour gage du désir françaises son fils unigue
ver son inaltérable
qu'il avait de proupole et aux Français, attachement à la métroComment a-t-il dté qu'il aimait.
conduit à son
traité? comment s'est-on
tous ses frères ? égard, à l'égard de son fils et de
La solution deces
être d'une manière questions srépondinitpentl'on reproche à cet victorieuse homme aux torts que
qui sont tout au moins
énergique, torts
méchamment controuvés exagérés, s'ils ne sont
homme d'un excellent : car Christophe,
son caractère de
jugement, peut, dans
sévérité, avoir été
Tespéation; mais il n'a
poussé à
sang-froid et par instinct. pas été cruel de
de L'on pense donc que l'on est encore
beaucomp espérer de
en droit
bien entendu
lui; et dans l'intérêt
qu'a la France de chercher
à
énergique, torts
méchamment controuvés exagérés, s'ils ne sont
homme d'un excellent : car Christophe,
son caractère de
jugement, peut, dans
sévérité, avoir été
Tespéation; mais il n'a
poussé à
sang-froid et par instinct. pas été cruel de
de L'on pense donc que l'on est encore
beaucomp espérer de
en droit
bien entendu
lui; et dans l'intérêt
qu'a la France de chercher
à --- Page 50 ---
1 -A -
faire recevoir son pavillon à Saint-Domingue,
où les étrangers, très-adroits à tirer
de notre obstination et de nos fautes, avantage
envoient
journellement des hommes de choix, tels
de sages instituteurs, de bons
que
chirargiens et
médecins, et des hommes de tous états, qui
finiront certainement
par changer les habitudes toutes françaises et même le langage du
pays, l'on ne voit rien de plus urgent
de
tenter tout moyen de rétablir nos relations que
commerciales avec cette ancienne possession. -
Et c'est d'après la conviction résultant de méditations sérieuses auxquelles nous a conduits
le désir d'un succès si essentiel à la France,
que nous osons encore espérer que les dispositions des chefs des noirs et des hommes de
couleur (car le président Boyer est reconnu
pour un homme très-traitable) favoriseraient
probablement un. rapprochement encore éminemment avantageux aux intérêts de la métropole, dans le cas même où elle consentirait
à l'indépendance de son ancienne colonie.
Indépendance! c'est Jà le mot si terrible
que je ne prononce pas moi-même sans crainte
d'effaroucher, et qui ne peut être entendu
sans un mouv vement d'indignation par une
certaine classe d'hommes qui ne voit rien, ne --- Page 51 ---
connaît rien hors le droit
ne peut abandonner; d'oppression qu'elle
dont T'admission,
c'estle seul mot,
dans toutes ses
dis-je,
ces, peut rapprocher la France conséquienaînée de son industrie.
de l'ancienne
Sans marine et sans colonies de
importance à soutenir ou à
quelque
Tantique souveraine des
approvisionner,
le poids de
Gaules, affaissée sous
dépenses
préjugés vaniteux et d'énormes
qui ne s'en séparent jamais,
plus songer. à degrands
ne peut
les hasards des
armemens, ni à tenter
elle ne doit rien grands combats sur mer; mais
concert avec les négliger pour assurer, de
autres puissances
l'indépendance de son
maritimes,
navigation deson
commerce, et la libre
une
pavillon. Elledoit donc avoir
marine, et chercher à former
de mer, avantages
des hommes
qu'en
qu'elle ne peut obtenir
multipliant ses rapports
au-delà de
commerciaux
de quelle TArlantique; et pour celui qui sait
France ressource serait pour la
et son commerce, le
marine de
çais dansles
retour des Franports et rades de
rien ne paraît aussi
Saint-Domingue,
renouer quelques important que de pouvoir
des Antilles.
relations avec cette reine
L'on ne saurait nier aussi
la
que pensée do-
de mer, avantages
des hommes
qu'en
qu'elle ne peut obtenir
multipliant ses rapports
au-delà de
commerciaux
de quelle TArlantique; et pour celui qui sait
France ressource serait pour la
et son commerce, le
marine de
çais dansles
retour des Franports et rades de
rien ne paraît aussi
Saint-Domingue,
renouer quelques important que de pouvoir
des Antilles.
relations avec cette reine
L'on ne saurait nier aussi
la
que pensée do- --- Page 52 ---
minante des peuples, fondée sur leurs anciens
besoins comme sur leurs nouvelles idées,
sée dominante qu'il
penimporte tant
est entièrement
d'observer,
dirigée vers le commerce.
Tous les peuples ont soif de cette
dance essentielle à leur
indépenrepos; c'est donc une
étrange situation pour la France, qui doit au
moins marcher de front avec les autres
sances vers ce grand objet, de ne
puisses vaisseaux et son industrie
pas diriger
vers ces mêmes
ports où toutes ses habitudes et ses
lui assureraientdes
produits
avantagesinfinis. Et
on met en avant, pour motifs de
quand
ciance dans ce
son insougenre, l'inconvenance de
ner un dangereux
donexemple, en abandonnant
la cause d'amis et de voisins, il semble voir
un concours de nombreux athlètes
au prix le plus important pour leur prétendant
lancer dansl'arène, etl'un des
patrie, se
abandonner le but
plus vigoureux
qu'il ne tenait qu'à lui
d'atteindre, par égard pour son pesant et indolent voisin..
Dans des intérêts de l'ordre
le plus relevé pour le bonheur du
peuple,
songeons d'abord à nous; nous aiderons bien
plus puissamment après nos voisins.
Mais est-il bien prouvé
de
que Tindépendance
Suint-Domingue dût ajouter à la facheusc --- Page 53 ---
a
situation actuelle de 1'Espagne à l'égard de ses
colonies ? L'on ne saurait le croire, et pour en
il suffit de considérer d'une
être convaincu,
colonial
Tinsurrection du continent
part que
la
existe depuis
espagnol contre
mère-paurie
hinmbongiompydeauer queses projetsd'indépendance sont souvent aidés anjourd'hui
des armemens qui ont lieu dans les ports
par
de Saint-Domingue. Or,
de la partie française
qui ne voit qu'en reconnaissant lindépendance haîtienne, ces armemens pourraient être
le traité à intervenir entre la
prévenus par
qu'une des
France et son ancienne colonie;
faire cesser ces
conditions de ce traité pourrait
hostiles contre l'Espagne, et refuser
secours même l'entrée des ports et rades aux bâtimens
des
favorables à la cause
de guerre
puissances
de Tindépendance?
L'on objecte encore contre Tindépendance
la crainte du dangereux
de Saint-Domingue
noir au centre
voisinage d'un gouvernement
des Antilles; comme si l'on pouvait supposer
la situation actuelle de Saint-Domingue
que
bien connue dans les autres colonies; C
n'est pas
croire
cette espèce
comme si l'on pouvait
que
sourde
existe entre la France et
de lutte
qui
de
ancienne colonie, n'offre pas plus
son
encore contre Tindépendance
la crainte du dangereux
de Saint-Domingue
noir au centre
voisinage d'un gouvernement
des Antilles; comme si l'on pouvait supposer
la situation actuelle de Saint-Domingue
que
bien connue dans les autres colonies; C
n'est pas
croire
cette espèce
comme si l'on pouvait
que
sourde
existe entre la France et
de lutte
qui
de
ancienne colonie, n'offre pas plus
son --- Page 54 ---
dangers pour les populations des iles voisines
qu'un arrangement sagement consenti, et qui
prévoirait ces mêmes dangers!
Peut-on emfiaraisonnablement, se dissimuler
que les noirs de Saint-Domingue, aidés des
secours de l'Angleterre et des Etats-Unis,
qui
veuiemtlind@pendanere desAntilles, viendront
bien plus strement à bout de bouleverser
nos
autres possessions, si nous les laissons dans
l'état actuel d'inquiétude qui les agite, que si
nous réglons par un traité, également avantageux pour tous, des conditions rassurantes
pour la tranquillité de nos autres possessions?
Veut - on une preuve de cette assertion ?
Voici un fait qui ne peut laisser de doute sur
les dispositions des Haitiens à respecter les
droits des nations. Des noirs, esclaves de la
Jamaique, qui étaient parvenus à quitter l'ile
dans deux bâtimens, s'étaient jetés sur la côte
de Saint-Domingue, où il parait qu'ils ont
été reconnus libres. Le roi Henri, instruit de
cet évènement, a fait notifier au gouvernement anglais que, bien que personne nè
tienne autant que lui à faire jouir ses frères
du droit inaliénable d'hommes libres, il eût
néanmoins fait respecter le droit de propriété
couvert par un pavillon ami, et que si les --- Page 55 ---
noirs esclaves
de la.
sentés dans ses' Jamaique se fussent
raient
ports et
prépas été reçus dans monillages, ils n'auLon peut déduire
ses états.
de cette notification, avec grand fondement,
autres colonies
que la tranquillité des
que jamais si l'on françaises serait plus assurée
clure un traité
pouvait se décider à condire, une
auquel, quoique l'on en
jouisance de fait
puise
depuis quinze ans,
non contestée
une
peut bien faire
jouissance de droit
succéder
à la France.
démontrée avantageuse
Que doit
sance aujourd'hui ambitionner en effet cette puisne peut plus
qu'elle ne doit plus,
ressaisir son autorité qu'elle
Domingue, et que la
à Saintirévocablement ravie? propriété du sol lui est
retirer encore le plus c'est sans doute de
mercial de cette colonie grand avantage comde dépense possible.
en y faisant le moins
Les vues de la France
SaintDomingued doiventd donc
sur
comme
être
purement
considénées
s'exprimer
matérielles, si l'on
ainsi, et l'on
peut
soin, ce qui a
démontrerait au beplus
déjà eu lieu,
songer au
qu'elle ne doit
rait faire
personnel, dont elle ne
respecter Tautorité,
pourLdablisement des
troupes, Tinstallation
dad
de dépense possible.
en y faisant le moins
Les vues de la France
SaintDomingued doiventd donc
sur
comme
être
purement
considénées
s'exprimer
matérielles, si l'on
ainsi, et l'on
peut
soin, ce qui a
démontrerait au beplus
déjà eu lieu,
songer au
qu'elle ne doit
rait faire
personnel, dont elle ne
respecter Tautorité,
pourLdablisement des
troupes, Tinstallation
dad --- Page 56 ---
des tribunaux, la formation de toutes les administrations, exigeraient des dépenses, un
envoi d'agens si considérable, si coûteux, et
surtoutsi étranger aux premières notions qui
conviendraient à ce pays, que l'on doit réellement être effrayé de l'idée d'un pareil
jet. La colonie de
proSaint-Domingue, que l'on
a démontrée infiniment déchue, et sans doute
pour toujours, de son ancienne splendeur, est
loin de pouvoir mériter, et encore plus de
pouvoir obtenir de pareils sacrifices. Dans ce
cas, n'est-il pas infiniment préférable aux intérêts de la France de devenir la puissance la
plus favorisée dans les ports et rades de SaintDomingue, et d'obtenir en même temps une
indemnité annuelle consentie par la colonie
pour prix de son indépendance, laquelle serait
distribuéeaux anciens propriétaires dépossédés
et à leurs créanciers? C'est bien à Saint-Domingue surtout que l'on croit pouvoir faire
aujourd'hui l'application de la maxime jusqu'à ce jour trop peu avouée, que les colonies
ne doivent être ambitionnées que pour leur
commerce et non pour leur propriété.
Supposons en effet, un moment, que les
mers et tout ce que nous désignons aujourd'hui sous le nom de colonies, fussent libres --- Page 57 ---
avantages la
tous les pavillons : quels
pour
pas sur les autres
France ne prendrait-elle à raison de son induspuissances de YEurope
inhérens à son sol?
trie et de tous les avantages
libres un
Or, les mers et les colonies seront
et le génie de la liberté,
jour; ; le commerce
guides du
deux
ces plus puissans
ces
premiers,
tous les
monde, le veulent ainsi, et poussent La Franrévolution.
peuples vers cette grande
est aussi celle
doit le plus - la désirer,
ce, qui
qui doit le plusla
des puissances européennes usera avec Sainthâter; la manière dontelle en
surtout faire faire un grand
Domingue peut
poursuivent les deux
pas vers le système que
avec beaucoup de
Amériques, qui proclament maître chez soi,
chacun doit être
raison, que
doivent être pour tous. Nul
et que les mers
ont la volonté d'étadoute que les Américains
de maintenir ces deux grands principes
blir et
le temps et la force leur
de l'état social, et que
en donneront les moyens.
europuissances
Honneur et prospéritéaux
dans cette
péennes qui entreront les premières
coalition! Témancipation de Saint-Domingue
France est le pas le plus sûr et le plus
par la
faire vers cet
sage que cette puissance puisse le monde enobjet du plus vaste intérêt pour
elle.
tier, et surtout pour
maintenir ces deux grands principes
blir et
le temps et la force leur
de l'état social, et que
en donneront les moyens.
europuissances
Honneur et prospéritéaux
dans cette
péennes qui entreront les premières
coalition! Témancipation de Saint-Domingue
France est le pas le plus sûr et le plus
par la
faire vers cet
sage que cette puissance puisse le monde enobjet du plus vaste intérêt pour
elle.
tier, et surtout pour --- Page 58 ---
AVIS.
En terminant cet écrit, il nous vient à la
pensée qu'il serait possible que, 3 pour une raison ou pour zne autre, on crit, ou Pon
tât de croire, que les opinions quiy sont affoe- exprimées, les projets qui. J sont indiqués, ne sont
que le résultat des circonstances du moment;
qu'en un mot, iZ ne nous a pas été difficile de
zenir, après les événemens, trancher du
pliéte, nous emparer des idées passées en pro- circulation, et, comme tant d'autres, , saisir Pinstant oi les résultats nous auraient indiqué ce
queil convient de dire ou de penser.
Nous sommes bien aises, et nous
même que cette considération peut être crorons de
quelque poids dans la cause que nous défendons; nous sommes bien aises de donner une
preuve irrécusable de la date de notre manière
de considérer la question des colonies, et particulièrement la situation de Saint-Domingue.
C'est dans ce but que nous joignons à cet écrit
les deux pièces que Fonva lire. Lépoque à laquelle elles se rattachent, le sens dans lequel
elles sont rédigées, lout prouve que notre
nion sur Saint-Domingue est le fruit de con- opinaissances déjà anciennes el.de longues méditations. Ce n'est point a nous à prononcer
nous avons rencontréla vérité; mais les lecteurs que
werront du moins que nous Pavons clerchéeavec
bonne foi, et que nous montrons avec persévérance 3 pour le bien de notre chère patrie, les
lumières que nous croyons avoir allumées à son
Jlambeau' sacré.
out prouve que notre
nion sur Saint-Domingue est le fruit de con- opinaissances déjà anciennes el.de longues méditations. Ce n'est point a nous à prononcer
nous avons rencontréla vérité; mais les lecteurs que
werront du moins que nous Pavons clerchéeavec
bonne foi, et que nous montrons avec persévérance 3 pour le bien de notre chère patrie, les
lumières que nous croyons avoir allumées à son
Jlambeau' sacré. --- Page 59 ---
No Icr,
Sur l'état RÉFLEXIONS
actuel de la
mingue et sur les
colonie de Saint-Do
torité de la
moyens d'y établir Pau
de la marine métropole, remises au ministre
Larmée du
Decnis, avant le
général LECLENC;
départ de
octolre 1801.
de Après tout les travaux les plus étonnans
le long cours genre qu'a. supportées
et les souffranees
ait
d'une guerre, l'une lepeuplef des français pendant
plus ensanglanté essenticl les quatre parties du plus allrensesg qui
rieuse
qu'il puisse espérer de monde, la
le fruit le
est sans quinattenduc doute le
qui vient. de lui étre paix aussi glonie de
retablissement de
annoncée,
tif, et l'une Aaiut-Domingues de
que son Timportante colopréciable
ses premibres génie infiniment acriche du pour globe, le travail, avaient vertus, rendu son amour inapFrance.
et la source de la le pays le plis
Les malbeureux
prospérité de la
tuné, dont le nombre habitans a été blancs de ce pays
partous les genres
diminué des cinq inforpressés par la misère' d'horreurs, et
et dont les débris sixièmes
Français qui a connu par le besoin
épars,
core, malgré les rigueurs Smin-Domingue qu'éprouve de le revoir tout
infiniment arbitraire et inouies d'un
endis-je, de cette terre dur; les
gouvernement
la France, pourront-ils de nécessité malheureux pour les habitans,
d'Europe, et autant se réjouir plus
Français et
lc plus puissant des qu'ils le désirent, du que leurs.frèros
à peine, vient
Souvernemens, qu'ils bonheur que
d'assurer au monde
connaissent
milenrewemnent connais leur cruelle le croire; je viens entier? de les Je ne puis
la paix sera pour eux position : la première quitter; je
et de stupeur
un sujet égal d'ivresse, nouvelle de
consternante.
de joie
ant se réjouir plus
Français et
lc plus puissant des qu'ils le désirent, du que leurs.frèros
à peine, vient
Souvernemens, qu'ils bonheur que
d'assurer au monde
connaissent
milenrewemnent connais leur cruelle le croire; je viens entier? de les Je ne puis
la paix sera pour eux position : la première quitter; je
et de stupeur
un sujet égal d'ivresse, nouvelle de
consternante.
de joie --- Page 60 ---
Les noirs, maîtres absolus de la colonie en ce moment, y commandent de la manière la plus exclusive;
un petit nombre de blancs occupent quelques
dans la force armée. Plusieurs sans doute sont emplois
d'estime; mais combien d'entre eux sont voués dignes journellement à la haine et au mépris de leurs frères!
Sous le prétexte de craintes, qui sont toujours infiniment exagérécs, les noirs entretiennent sur
quinze mille hommes d'infanterie et douze cents pied de
cavalerie; la masse entière des cultivateurs,
en milice nationale, commandée par des hommes organisée séduits par quelques principaux chefs, est toujours
à se lever et à marcher; tout le monde, dès-lors, prète est
sous les armes, blancs, rouges et noirs, et tout est nécessairement debout au premier signal, sous peine de
la vie.
Des travaux de défense multipliés dans tous les
de débarquement, ordonnés sous le prétexte de points dangers qui n'existaient pas, assurent qu'il est impossible
de tenter aucun débarquement sans qu'il soit sur-lechamp annoncé dans toute la colonie; rien n'est plus
promptement servi que la correspondance des chefs.
Des munitions de guerre, des armes en quantité
étonnante, existent dans les chefs-lieux, mais surtout
dans l'Intérieur des repaires connus pour être le plus
susceptibles de défense; un long usage de la
sur ses principaux théâtres dans la colonie, a guerre, mis les
noirs à même de faire des dispositions qui annoncent
quelque intelligence.
Mais c'est surtout dans la guerre d'embuscade qu'ils
trouvent toujours leur plus grande force.
Doués de toute leur activité sous le climat brulant
de Saint-Domingue, ils peuvent vivre dans les bois, de
racines et de fruits du pays, habituellement nuisibles
aux Européens; leurs petites armées de
à six
mille hommes tiennent la campague pendant cinq des mois
entiers sans recevoir aucun traitement ni rations. Elles
ont plus fait; on les a vues, privées d'abris et de tout
secours de subsistance, faire dix et douze lieues par
jour pour se rendre sur Santo-Domingo.
Si lon ajoute à ces détails sur la position actuelle
de la colonie les ressources infinies que l'on puise
et de fruits du pays, habituellement nuisibles
aux Européens; leurs petites armées de
à six
mille hommes tiennent la campague pendant cinq des mois
entiers sans recevoir aucun traitement ni rations. Elles
ont plus fait; on les a vues, privées d'abris et de tout
secours de subsistance, faire dix et douze lieues par
jour pour se rendre sur Santo-Domingo.
Si lon ajoute à ces détails sur la position actuelle
de la colonie les ressources infinies que l'on puise --- Page 61 ---
jourellement qui peut être achcté dans le trésor pour SC
paye rien dans
éau-dehors seulergent procurer tout ce
degré de force matérielle Tinerienr), l'on aura
(car l'on ne
l'ile.
qui existe en quelque ce
idée du
A la tête de ces
moment dans
actif et le plus forces, SC trouve T'homme
idée; l'on peut infatigable dont on
le plus
et toujours surtout rigoureusement dire puisse se faire une
lui font croire
où un jugement qu'il sain est partout,
soin particulier que sa présence est plus ct le danger
sa marche les hommes qu'il prend de toujours essentielle. Lc
besoin, fiance et auxquels on croit même dont il a tromper le plus sur de
également qui n'est cependant à qu'il accorde une conde la colonie attendu tous les jours personne, dans fait qu'il est
à lni seul accordée française. Sa grande
les chefs-lieux
de
sobriélé, la faculté
que tout cela, pouvoir ne jamais se
du
Hed
cabinet après Tavantage de qu'il a de
reposer,
pondre à cent lettres
pénibles reprendre le
lement cinq
par jour, et de voyages, lasser de résupérieur à tout secrétaires, ce
en font un homme habituelsoimission
qui T'entoure,
tellement
plus grand nombre pour lui, vont jusqu'au que le respect, la
qu'aucun homme des têtes. L'on peut fanatisme même dans le
d'indivilus, standement aujourdhui n'a pris sur une assurer
qu'a pris le général Toussaint ignorans il estyrai,l le masse
Domingue. Il est le maitre sur ses frères de pouyoir
peut balancer sa volonté, absolu de l'ile, et rien Saintquelques hommes
quelle qu'elle soit,
ne
bre, parmi les marquans, a mais en
bien que
trop grande étendue. noirs, en connaissent et très-petit redoutent nomJe, nui cessé moi-méme
la
nonce depuis
de la
venant toujours cinq ans au souvernement, craindre, et je l'anest bon père, excellent plus redoutable. Au reste, comme detout le
et
époux, bon et
Toussaint
monde; ses
honnète
que sa vie politique est qualités civiles sont aussi envers
Rapproché plus astucieuse et coupable. rares
d'autres, parles
particulierement que
j'ai rendu de grands circonstances, de cet
beaucoup
tionnai et n'en reçus services, et dont homme, je n'en auquel
jamais aucun d'aucune ambiespéce,
n
redoutable. Au reste, comme detout le
et
époux, bon et
Toussaint
monde; ses
honnète
que sa vie politique est qualités civiles sont aussi envers
Rapproché plus astucieuse et coupable. rares
d'autres, parles
particulierement que
j'ai rendu de grands circonstances, de cet
beaucoup
tionnai et n'en reçus services, et dont homme, je n'en auquel
jamais aucun d'aucune ambiespéce,
n --- Page 62 ---
je n'ai cessé de chercher à lui inspirer la qualité la
plus essentielle à son bonheur et à celui de la colonie.
J'ai pu croire long-temps qu'il était digne de toute
mon estime et des bontés du gouvernement; l'avais
laissé dans les plus heureuses
je
de mon départ de la colonie en dispositions l'an 8; mais au combien moment
je l'ai trouvé changé pendant mon dernier voyage!
Ce changement n'a pas pu toutefois grandement me
surprendre. Toussaint, enflé de ses succès contre les.
hommes de couleur du sud qui avaient tout tenté
pour le faire périr; recherché par le perfide gouvernement américain qui traitait exclusivement avec
mettait à sa disposition un grand nombre de bâtimens lui,
armés, et ne l'entretenait que de l'avantage réciproque
qui résulterait pour les deux pays de l'échange direct
de leurs produits; pressé, séduit, violenté peut-être
par les offres et les propositions des Anglais,
voulaient exclusivement
qui
pour eux, les débris du commerce d'une colonie qu'ils désiraient infiniment de
pouvoir anéantir, ne pouvant la posséder; bassement, faussement adulé par des hommes plus mécontens que coupables 2 qu'il a reçus 1 et
sur leurs biens, autant par bonté que
protégés
Toussaint pouvait-il laisser
par politique;
rait
espérer qu'il ne s'égarepas?
Oui, il est pleinement égaré; et c'est là le sujet de
toute peine pour moi, et peut-être la source des
grands malheurs pour le pays que j'aime en bon
et
vetar
çais, que j'ai ia confiance d'avoir bien servi
dant quinze ans.
penCependant, au milieu de son égarement, que j'ai
plus que personne reproché, et peut-être reproché seul
à cet homme auquel j'ai toujours dit la vérité, j'ai reconnu des indications précieuses du reste de la soumission que je lui avais connue envers le gouvernement français. Toussaint ne cesse de se plaindre ;
Toussaint n'a cessé de me dire qu'il est aussi bon
Français que qui que ce soit; mais il assure que le
gouvérnement ne veut pas lui pardonner ses fautes,
qu'on veut les lui faire expier par une fin.
et alors cet homme, du caractère le plus ferme honteuse; et le
plus absolu, laisse trop apercevoir l'intention oùt il est
précieuses du reste de la soumission que je lui avais connue envers le gouvernement français. Toussaint ne cesse de se plaindre ;
Toussaint n'a cessé de me dire qu'il est aussi bon
Français que qui que ce soit; mais il assure que le
gouvérnement ne veut pas lui pardonner ses fautes,
qu'on veut les lui faire expier par une fin.
et alors cet homme, du caractère le plus ferme honteuse; et le
plus absolu, laisse trop apercevoir l'intention oùt il est --- Page 63 ---
de défendre une vie
grandes lée
erreurs, mais qu'il qu'il avoue n'être pas exempte de
par l'imporians services. prétend Il aussi avoir
eJ'aimal fait hicr et
m'a souvent répété: signapourlefait,et bien
jamais avant-hier, je méritais d'être
fait
pour mes intentions; mais puni
t-il jamais aupariavant, voulu me le pourguoi le
j'avais
au-dessus de tout dire? Si j'étais gouvernement n'acomme noir ; mes éloge; je mérite blanc, je serais
mes
fautes
cependant plus
possible inquiétudes.. de confier 0 Il m'a d'aujourd'hui dit enfin sont dues à
C'en est
au papier.
ce qu'il cst imde la colonie assez, et des sans doute, sur la
pressé du besoin sCS infortunés habitans. situation Je actuelle
maux : je sais que d'indiquer quelque remède mc à leurs sens
pelant aux derniers chaque heure qui
tence s'écoule, leur que le temps de leur frappe, en rappeut être terminée d'un rappelle aussi que cette pénible exisnière la plus affreusc. moment à l'autre de existence la
Je vais donc
macirconstance; senter
je proposer serai loin ce que je pense convenir à la
et à la des moyens qui paraissent maibetrensemene de préque peut supériorité du
répondre à la dignité
ajouter
souvernement
ment? le pardon aujourthul des fautes, à sa gloire français; ce
mais
être persnasion et la bonté, des le soin de rallier gouverneles seules jouissances hommes égarés, par la
tionner.
qu'il puisse encore semblent
Il est aisé
ambic'est entièrement d'apereevoir, mon d'après ce qui a été
voir, dis-je, que
opinion; ; il est aisé dit, et
nie, est également Toussnint, maitre maitre absolu de d'aperce- la
tement soumise aux
de faire qu'elle soit coloçais. Nul doute
volontés du
parfaicolonie, si Toussaint qu'au moment souvernement où j'ai
franconsul, et que, lui avait reçu des ordres quitté du cette
stricte exécution, ils Toussaint eut
premicr
sance et exécutés eussent été reçus commandé leur
tans, à quelques ligères avec grande joic par avec tous reconnais- les habiintéressant insignifiantes. Ainsi rien exceptions n'est près, et tout-à-fait
que je crois que de pouvoir approcher plus pressant de
et plus
pénétré du besoin d'avoir cet homme,
l'estime du
que, lui avait reçu des ordres quitté du cette
stricte exécution, ils Toussaint eut
premicr
sance et exécutés eussent été reçus commandé leur
tans, à quelques ligères avec grande joic par avec tous reconnais- les habiintéressant insignifiantes. Ainsi rien exceptions n'est près, et tout-à-fait
que je crois que de pouvoir approcher plus pressant de
et plus
pénétré du besoin d'avoir cet homme,
l'estime du --- Page 64 ---
gouvernement, besoin qui deviendra infiniment
pressant pour lui au moment de la paix.
plus
Je pense donc qu'il faudrait faire
le
bref délai, deux ou trois hommes partir, sous plus
d'un
qui se rendraient à Saint-Domingue
grand nom'
la paix, raisonner' Toussaint et le pour y annoncer
remens; ces commissaires seraient rappeler de ses égalontés du premier consul, et d'une porteurs des VOdernièrement fait au
réponse à l'envoi
Je désignerai deux de gouvernement. ces commissaires,
essentiels à envoyer. L'un d'eux serait le que je crois
non, homme respectable et directeur de citoyen l'institution Coiscoloniale; il devrait emmener avec lui les enfans de
Toussaint, et tous ceux de ses élèves dont l'éducation
est faite. Cet homme, singulièrement estimé à SaintDomingue, y serait vu avec toute vénération, et
duirait la plus heurcuse sensation; il ramènerait prolui de nouveaux élèves, qui continueraient à nourrir avec
les mêmes liens entre la colonie et la
sonne ne peut autaut que le. citoyen Coisnon métropole : perprit de Toussaint et sur tous les chefs noirs. sur T'esJe luiadjoindrais, avec grand
de la mission, 'un homme de mérite, atantagrpourleauces qui est l'ami du
citoyen Pascal, secrétaire général du gouvernement.
Ce secrétaire intime est le seul homme doué des
lités publiques qui soit auprès du général en qua- il
a eu tonte sa confiance. Mais son attachement chei; à la
métropole le fait écarter dans ce moment; il est cependant toujours estimé, et mérite de lêtre: il est indispensable, pour les conciliations, d'être
cet homme. Pascal est plein d'estime et de guidé confiance par
pour le citoyen Mejean, homme de loi; et c'est ce
qui me détermine au choix de ce citoyen éclairé,
je crois infiniment capable de cette importante mis- que
sion.
Je ne m'oublierai pas au point d'indiquer un troisième commissaire, que je désirerais être un
et ne céderai sur ce point qu'aux ordres du militaire, ministre;
mais je pense qu'il doit être un général divisionnaire
distingué.
Ces commissaires auraient les ordres lcs
tifs dc reveuir promptement, et les afligeantes plus dispo- posi-
ine au choix de ce citoyen éclairé,
je crois infiniment capable de cette importante mis- que
sion.
Je ne m'oublierai pas au point d'indiquer un troisième commissaire, que je désirerais être un
et ne céderai sur ce point qu'aux ordres du militaire, ministre;
mais je pense qu'il doit être un général divisionnaire
distingué.
Ces commissaires auraient les ordres lcs
tifs dc reveuir promptement, et les afligeantes plus dispo- posi- --- Page 65 ---
sitions nécessaires
5g
sion ne seraient pas pour négligées assurer le suceès de leur mis3e' onmtmet.imneraise contrainte
courte pendant leur absence,
son pour agir. arrivassent encore dans pourque la lesmoyens
Toussaint, j'ose
meilleures saidans le cas
Tespérer, satisfera le
diminuéc, contraire, et les
son influence sera gonuvernement;
frapperoni bien moyens de réduction infiniment
la conduite des noirs plus strement. Un écrit à employer
disséminé dans la en ce moment, et bien fait sur
grand effet; il m'a colonic, été
produirait aussi furtivement lc
homme Un à distinguer demandé par un chef plus
il y aurait grand moyen Portienlitroment enfin à
noir,
ce serait que nécessité la
de faire usage employcr de la dans le cas oùr
pagne. Les habitans partie de espagnole put être force ouverte,
user de
cette
renducàl l'Esles
représailles, ct
partic, s qui pourraient
troupes de
reprendre sans
sans le conisentement Toussaint, le pays dont coup il férir, sur
garantiraient,
du
s'est emparé
leur pouvoir, les pari le soin qu'ils ouvernemient espagnol,
procurer
auraient des
session de aux la planteurs ménagemens de la partie qu'il importe troupes tant de en
peut aussi seule partie rassurer espagnole par ses francaise. anciens La posdifliciles à arrêter dans contre les émigrations maitres,
recounaîtrait la même autorité. Thypothèse où toute la bien
Peut-être le brolant désir
colonie
froyables que je redoute d'éviter les
désir! gare, et je le crains; pour
malheurs efIl m'a fait
mais que Suint-Domtiegnes ne
m'édes
souhaiter
peut sur moi ce
lonies. préliminaires Rien
de paix eût andlemment qa'un article
lité de celle de n'eût été plus eflicace parlé de l'état des COle bonheur des Aoint-Detmenee colons
que pour de la trauquildépendant
et la prospérité de déclarer que
qui doivent absolument gouverner de la sagesse des la colonie
aux lois de la
ces contrécs
lois spéciales
les mesures république, la France éloignées soumises
rappeler leur mécessaires splendeur, pour y assurer prendra de suite
bonne volonté et le
crqu'ellc
T'ordre et y
a
concours des peut compter surl la
Purvelacet objet puissances contracinportant. Unc pareille
prospérité de déclarer que
qui doivent absolument gouverner de la sagesse des la colonie
aux lois de la
ces contrécs
lois spéciales
les mesures république, la France éloignées soumises
rappeler leur mécessaires splendeur, pour y assurer prendra de suite
bonne volonté et le
crqu'ellc
T'ordre et y
a
concours des peut compter surl la
Purvelacet objet puissances contracinportant. Unc pareille --- Page 66 ---
disposition aurait eu le plus heureux effet
ner les noirs à leur devoir; et il est
pour ramegretter qu'elle n'ait pas'été insérée. grandement à reJe bornerai là mes idées sur les premières
ches à faire pour tâcher de rétablir sans
démarà Saint-Domingue, 2 la soumission due au déchirement
ment. Un plan de réduction par la force des gouverneexigerait un travail très-étendu, et ce ne serait armes
la douleur la plus amère que je m'occuperais qu'avec d'un
projet que je crois devoir coûter à la France des efforts inouis en entrainant la perte presque inévitable
de cette souffrante, et depuis long-temps
malheureuse caste blanche qui afflue journellement trop
Saint-Domingue, où j'estime que, malgré les crimes à
et les égaremens des hommes, le sol le plus riche de
l'univers, qui ne se dément point, fournira
cette année pour la valeur de cent millions de denrées encore
coloniales rendues en France.
Présenter au gouvernement français
pour lui assurer la soumission d'une d'aujourd'hui, section de
territoire, une mesure aussi peu analogue à sa supé- son
rioritéque celle que je viens d'indiquer,c'est sans doute
une chose hardie; mais je connais à fond le véritable
état de la colonie; je ne puis me défendre des idées
les plus accablantes quand je n'arrête sur le sort dont
sont menacés les infortunés européens qui y souffrent
en ce moment. Et quand je pense qu'un envoi de dix
mille hommes en ce moment serait insuffisant et
serait à une révolte certaine, je ne puis retenir pous- mon
désespoir, qui s'augmente encore en prévoyant
vingt mille braves pourraient peut-être détruire trente que
mille noirs; mais qu'il est bien plus probable
trente mille européens pourraient succomber avant que
d'avoir détruit vingt mille noirs retirés dans les bois
et rochers inabordables de Saint-Domingue, où ne
manqueront pas de se retrancher les rebelles après
l'incendie de toutes les plaines, et la nouvelle destruction d'un pays qui marchait déjà rapidement à son
rétablissement.
Paris, le icr brumaire an 10 (25 octobre 1801).
nte que
mille noirs; mais qu'il est bien plus probable
trente mille européens pourraient succomber avant que
d'avoir détruit vingt mille noirs retirés dans les bois
et rochers inabordables de Saint-Domingue, où ne
manqueront pas de se retrancher les rebelles après
l'incendie de toutes les plaines, et la nouvelle destruction d'un pays qui marchait déjà rapidement à son
rétablissement.
Paris, le icr brumaire an 10 (25 octobre 1801). --- Page 67 ---
No II.
le 15 brumaire an 10 (6 novembre 1801).
Paris,
CHRISTOPHE, commande brigude
Au général
du Cap(1).
dant T'arrondisement
à fond mes sentimens pour l'estime vous, t
Vous connaissez vous savez que, pressé conduite par publimon cher général: par votre bonne
non
que vous m'inspitez je ne pouvais vous être dissimulers un ami sûr
que et particaliere, vos amis, que vous soumis deviez aux volontés de
plus qu'à
et
de votre gouvernement,
vous voyais acla mère patrie.
trompé! jc
Comment me larmes serais-je de la joie les bonnes étaient nouvelles recueillir avec les la France, alors qu'elles à vos chefs.
qui intéresaient tout au moins désagréables d'Europe
poussées ou
de lintérêt à mes frères le plus tendre
Vous témoigniez d'autres; vous êtes enfin
maltraités et le par meilleur époux.
ne seront pas
père Tant de qualités qui vous En distinguent ce moment important,
pour mon pays.
distingués près
perdues l'ai donné à croire aux représentans qui semble ne
je
des gouvernemeton
la restaudu plus puissant affaire dans ce moment, sur vOS seplus avoir qu'une
L'on compte de cette
ration de Saint-Domingne cher géneral, pour le succès aimez ne sera
cours, mon
et la France que vous éprouvé et
grande entreprise, Tenez avec votre courage due à la
pas trompée: sagacité ordinaire pour la soumission bonté et votre puisvotre
protégez avec votre
faites enfin que
mère patrie; les hommes et les propriétés; le point envié de
sance
du Cap psoittoujours les cultures. Vous
Varrondisement la sûreté et pour
la colonie pour
ministre
décachetée au
Cette lettre a été remise le également départ de lespédition aux ordres
de marine Decrès, avant
du généra! Leclerc. --- Page 68 ---
07-157
mériterez, ainsi que vous l'avez fait souvent,. de la
mère patrie, et vous serez distingué, ainsi que vous
le méritez, de son gouvernement, qui espère infiniment de vous aujourd'hui.
Bonjour, mon cher général, je compte sur vous; ; je
ne cesse d'assurer de votre zèle ct de votre soumission
les chefs de l'expédition destinée pour Saint-Domingue. Vous êtes incapable de démentir l'espoir qui se
fonde sur vous.
Mes sincères complimens à votre épouse; mille caresses aux petits enfans.
Je vous annonce le mentor qui doit ramener Ferdinand.
Salut et amitié.
ainsi que vous
le méritez, de son gouvernement, qui espère infiniment de vous aujourd'hui.
Bonjour, mon cher général, je compte sur vous; ; je
ne cesse d'assurer de votre zèle ct de votre soumission
les chefs de l'expédition destinée pour Saint-Domingue. Vous êtes incapable de démentir l'espoir qui se
fonde sur vous.
Mes sincères complimens à votre épouse; mille caresses aux petits enfans.
Je vous annonce le mentor qui doit ramener Ferdinand.
Salut et amitié. --- Page 69 --- --- Page 70 --- --- Page 71 ---
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L374p. --- Page 72 ---
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