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Jahir Carter Mrolun
fibrany
Amm Mititersitu
-
( --- Page 3 --- --- Page 4 ---
R --- Page 5 ---
DU
R ÉGIM E
COLONIAL,
PAR MILSCENT, Créple,
A PARIS,
De TImprimeric du CERCLE SOCIAL, rue du
Théatre-François, n°. 41792:
L'AN4D DE LA LIBERTÉ
A A
a --- Page 6 --- --- Page 7 ---
NOTES ET REMARQUES
SUR LE R É G I M E
DES COLONIES S,
Etp particulièrement: surcelledé S. Domingue,
I. étoit si aisé de prévoir les funestes évènemens de Ia
province du nord de St. Domingue parle régime des colonies, queje suis dans la ferme persuasion qu'il n'est pas
un seul de ces colons mêmes qui témoignent le plus de
répugnance pour voir anéantir le préjugé colonial, qui ine
T'ait senti comme moi. Mais, soit crainte de se compromettre. - dans un lieu où l'on est suspecté du crime de
lèse-nation , sur cela seul qu'on est d'une opinion contraire
cefatal préjugé ,soit insouciance, soit orgueil, personne
n'en a voulu convenir. Ceux que cette pusillanime crainte
arrête, disent : que. j'ose manifester ce que je sens 7 ce que je
vois, ma vit, ou tout au moins mes biens sont exposés au plus
grand danger : en me taisant 2 je suivrai le torrent, et j'en
passerai par ce que des ames vertueuses et lamaines ne peuvent
d'opérer dans Passembléé nationale 2 qui ne marche 016
onanquer
ne doit marcher que SuT les principes de la constitution , fondée
droits sacrés ct
de Phomme.. Au reste, les
sur les
imperturbables
choses en iront comme par le passé 1 etj'en profiterai à Tabri de
mon silence et de lignorance oi l'on sera de ma manière de
penser. Voilà le langage des esprits foibles. Ceux dont T'insouciance est la maladie 7 disent; que m'importe un regime ou
8472 autre ? tel que Ton décidera 5 j'en profiterai,je n'irai pas
--- Page 8 ---
14)
The troubler le repos pour une chose qui n'aboutit à rien dans le
réalité 5 soit pour ou contre. Ceux que le seul orgueil et l'ambition guident, tiennent un tout autre langage ; leurs vues de domination
s'étendent autant surles mceurs que surl'intérêt pécuniaire. Nous nesoufrirons jamais 2 discnt-ils 1 que nos afranchis Ou
leurs descendans s'egalent' à nOxS : nous les exterminerons tous
plutôt, s'il le faut. S'il en survient du trouble s'il
du
en coûte
sang, c'est égal; sout rentrera dans l'ordre ensuite. On
criera Un peu contre nous, 2 nous aurons toujours triomphé. Nous cricrons aussi contre ceux qui Se seront opposés à nos
vaux. 2 et mous les traiterons de philantropes odieux, de
tieux
facinfames; nous publierons qu'ils veulent nous faire
nos
égorger
par
esclaves. Nous metlrons de notre côté lous ceux' qui 5e
plaigent dui nouveau rigime, et parmi ceux-là 2 le pouvoir exécutif sera pour nous 1 arrêtera nos adversaires renverserd
leurs mesures, Ou les entravera, et mous serons maintenus 1
dans
notre régime dominateur.
ous les traiterons de philantropes odieux, de
tieux
facinfames; nous publierons qu'ils veulent nous faire
nos
égorger
par
esclaves. Nous metlrons de notre côté lous ceux' qui 5e
plaigent dui nouveau rigime, et parmi ceux-là 2 le pouvoir exécutif sera pour nous 1 arrêtera nos adversaires renverserd
leurs mesures, Ou les entravera, et mous serons maintenus 1
dans
notre régime dominateur. Voilà ce qu'on n'a pas craint de dire en ma
dans la colonie de St. présence, 1
Domingue, dans toutes les sociétés. Si les journalistes du lieu eussent osé, ils eussent dénoncé
cette doctrine affreuse : ils n'ont pu l'indiquer qu'amphibologiquement, et Gatereau 1 auteur du courier littéraire
du Cap, pour avoir manifesté plus clairement son sentiment là-dessus, a été enlevé de chez lui, mis au cachot,
d'oà il-a été conduit lié et garrotté à bord d'un navire 9
provençal qui faisoit voile pour Marseille. Cependant, les colons, dans leur délire, oubliant leur
foiblesse et les forces de la nation, ont osé répondre
que' le décrct rendu en faveur des hommes de couleur. peut non-sculement occasionner des troubles dans les
colonies , mais même causer sa subversion et leur scission
avec la France. On a vu quelques places de commerce
dominécs sans doute
par l'esprit colonial 1 répéter ces
absurdités. Il faut n'avoir aucune notion de la disposition
de la majcure partie des colons, ou être de mauyaise fois
A
TAL
et les forces de la nation, ont osé répondre
que' le décrct rendu en faveur des hommes de couleur. peut non-sculement occasionner des troubles dans les
colonies , mais même causer sa subversion et leur scission
avec la France. On a vu quelques places de commerce
dominécs sans doute
par l'esprit colonial 1 répéter ces
absurdités. Il faut n'avoir aucune notion de la disposition
de la majcure partie des colons, ou être de mauyaise fois
A
TAL --- Page 9 ---
t5 )
oser donner ces rêves pour des vérités politiques:
pour
inutile de s'attacher à démontrer comIl est aujourd'hui décret du 15 mai est nécessaire à la
bien au contraire le
sûreté et à la splendeur dès colonies : malheureusement
dela
du nord de St. Domingue ne le
les désastres
province
trop bien. Si l'on n'avoit pas eu l'impolitiprouvent désarmer que
les hommes de couleur et de les traiter
que d'y
les esclaves n'eussent pensé à se
aussi injustement 1 jamais
soulever.
du Cap, et notâmment le MoniJ'ai les papiers publics
avec attention, on est conteur colonial ; en le parcourant
vaincu
tous les écrits des assemblées, 2 des municipapar
des corps de troupes de
lités, du gouverneur général,
la fin
ligne, de cent particuliers de St. Domingue ; qu'à
avant la mort de M. Mauduit, le bruit
d'avril, un peu
l'ass'étant répandu, à l'occasion des commissaires, que
semblée nationale énvoyoit pour pacifier les colonies 1
qu'elle avoit rendu, le 17 décembre, > un décret qui rende couleur libres tous leurs droits ; on
doit aux hommes
convaincra de la
eut le public en général; 3
se
joie qu'en
le
Blanchelande et l'ason verra encore que
gouverneur
semblée provinciale du nord se plaignirent publiquement
de la satisfaction de la plâpart des habitans et des troupes
dc
à
l'un et l'autre reprochèrent d'avoir emligne, les 2 hommes qui de couleur dans les rues 1 pour les félibrassé
venoit, soi-disant, de leurr rendre.
citer de lajustice quel'on
On (1) verra encore par T'entortillement des expressions
de plus de vingt lettres consignées dans le même journal,
des articles du rédacteur
et par lc sens amphibologique
(r) Qu'on compulse les registres des municipalités des campagues, on verra que lors des prémières assemblées primaires, les hommes de couleur y furent reçus sans difficulté;
il en a été de même de plusieurs districts du Cap. C'est que
les instructions Barnavienncs n'étoient pas encore recues et
adoptées dans ce pays,
V
a
par T'entortillement des expressions
de plus de vingt lettres consignées dans le même journal,
des articles du rédacteur
et par lc sens amphibologique
(r) Qu'on compulse les registres des municipalités des campagues, on verra que lors des prémières assemblées primaires, les hommes de couleur y furent reçus sans difficulté;
il en a été de même de plusieurs districts du Cap. C'est que
les instructions Barnavienncs n'étoient pas encore recues et
adoptées dans ce pays,
V
a --- Page 10 ---
(61
même, que le sentiment de la presque totalité est
probation de ce décret 7 qui ne fut cependant rendu l'apa
le 15 mai suivant; mais une funeste incertitude
que
un silence qu'on ne gardoit qu'avec autant de contrainte imposoit
que de douleur, et qu'il n'eut fallu gu'un mot de l'assemblée nationale, pour rendre à tous les cocurs justes, le
courage que la fureur. et la licence des autres retenoit
dans l'inaction. Cette vérité est sensible ; pourroit on sC:
persuader qu'il n'y eût de bons Français qu'en Europe?
Si donc l'assemblée constituante eût profité de la disposition des esprits 1 et n'eit pas attendu les
et les trâmes perfides des malveillans, elle eût longucurs
St. Domingue des maux qu'il vient d'éprouver. préservé
Pourquoi
séparer les colonies de la France, par un régime différent,
régime qui y laisse le despotisme à la place de. la
ct de Thumanité?
justice
Voilà mes preuves pour St. Domingue ; elles ne sont
pas moins évidentes pour la Martinique, qui n'a cessé. de
se plaindre que les habitans, d'accord avec M. de Damas,
avoient rendu aux hommes de couleur tous leurs droits. ,
On sait qu'il n'y avoit que quélques négocians de St.
Pierre qui se plaignissent de cette justice.
A T'appui de ces vérités incontestables
1 je puis attester
ici, sans craindre d'être démenti par personne de bonne
foi, et autrement que par une simple négative dénuée de
eause, que, à ma pleine connoissance, plus des deux tiers
des blancs de St. Domingue desiroient ce décret constitutionnel et
avantageux, 7 mais qu'ils n'osoient manifester
leur veeu aux yeux de ces hommes qu'on appelle sur les
lieux, les petits blanchets (1), qui ne desirent le contraire
que dans l'espoirde trouver debonnesoccasions de se
sur lés propriétés des hommes de couleur, dont
jetter
nombre est fort riche.
un grand
Qu'on demande à voir le fond de la procédure d'Ogé,
(1) Cc qui veut dire gens sans aven et mal farnés.
-
A
, 7 mais qu'ils n'osoient manifester
leur veeu aux yeux de ces hommes qu'on appelle sur les
lieux, les petits blanchets (1), qui ne desirent le contraire
que dans l'espoirde trouver debonnesoccasions de se
sur lés propriétés des hommes de couleur, dont
jetter
nombre est fort riche.
un grand
Qu'on demande à voir le fond de la procédure d'Ogé,
(1) Cc qui veut dire gens sans aven et mal farnés.
-
A --- Page 11 ---
(7)
osé interroger en public; procédure qu'ort
qu'on n'ajamais soin de rendre oculte à toute la colox
a pris un si grand
foule de blancs
si l'on a tout écrit, qu'une
nie 5 on y verra,
avoir trempé dans la
ont été compliqués, non pour
y
professé Téquité envers
révolte, 1 mais seulement pouravoir la tyrannie vouloit
cette classe infortunée contre laquelle
L'accuarbitrairement.
conserver le droit de se déchaîner
de
d'Ogé remontoit si loin au-delà
sation des compagnons
colonie
n'a osé
de son arrivée dans la
2 qu'on.
l'époque
eut délié la langue de la justoucher à cette corde, qui
dans toute l'ile. De tels faits ne peuvent se détruire,
tice
dit dans les affiches de Bordeaux le trèsquoiqu'en ait
de la Grande Rivière à
jeune député de la municipalité
l'assemblée du Cap, M. Mazerres.
autre part donc 1 que de celle des nègres ;
De quelle
et les guerres dans les
eussent pu venir les insurrections
?
colonies ? Seroit-ce de quelques orgueilleux impuissans
bien ! On vient de voir leur empresseIls s'en garderoient hommes de couleur dont ils faisoient
ment à recourir à ces
si
et dont s disoient-ils, 1 ils pouvoient
tant de mépris 1
de les voir envoyer à toute hâte
bien se passer 5 on vient
d'Ogé et de Chades lettres de réhabilitation aux frères
qu'ils ont défendu les blan'cs 3 et ils avoient
vanne 1 parce
les avoir voulu préserver de
été condamnés à mort pour
tout trouble et de toute attaque.
T'affirmer hautement, la révolution est entièrement
J'ose dans les colonies : le dessous des cartes est connu 1
faite
de l'énigme est trouvé : le premier est que si
et le mot
des hommes de couleur
les blancs pouvoient se passer
ils les fouleroient aux pieds, s'ils ne les extermilibres,
noient pas : le second, c'est qu'ils ne peuvents'en passer,
l'esclave n'auroit plus à craindré
et que, du moment que
il
auroit plus d'esclales hommes de couleur libres, n'y
des nègres cst à un tel point, qu'il
vage, Le nombre
e les' maintenir dans
faudroit des armées formidables pour
les
libres. Ces armées coûtercient à la
Tordre, sans
gens
A - oe
ne les extermilibres,
noient pas : le second, c'est qu'ils ne peuvents'en passer,
l'esclave n'auroit plus à craindré
et que, du moment que
il
auroit plus d'esclales hommes de couleur libres, n'y
des nègres cst à un tel point, qu'il
vage, Le nombre
e les' maintenir dans
faudroit des armées formidables pour
les
libres. Ces armées coûtercient à la
Tordre, sans
gens
A - oe --- Page 12 ---
(8)
France dix fois plus en hommes et en
colonies ne lui produisent. Les colons argent, que les
pour faire cette énorme dépense ? alors se cotiseront-ils
pour eux; et que sert-il d'aller'sc livrer point de richesses
rant, si l'on ne risque
à un climat dévorichir dans
pas de pouvoir au moins s'endixans7Quelon compare les recrues des
d'outremer avec ceux des troupes
troupes
et l'on verra ce que coûteroit la qui restent en France;,
en hommes, 2 si ceux de couleur conservation des colonies
ne
d'y en envoyer,
discontinuoient pas
Mais les esprits sont mieux disposés
dier à cet effroyable
que jamais à remédont la
inconvénient, depuis les désastres
Martiniqne et Saint-Domingue ont été
a fait une malheureuse
frappés. On
expérience du danger d'un
insensé, qui n'attaque pas même le plus léger préjugé
propre. Si l'assemblée nationale
amourrable de
manque cet instant favorétablir, ou plutôt de faire agir le décret
15 de mai, quin'apu être
du
qu'elle n'étoit
révoqué par T'assembléc, lorsplus que législative, les maux ne
point finis dans les colonies: le feu
sont
il ne faut qu'un
du
couve sous la cendre;
peu
vent du
de nouveau. Les bons
désespoir pour l'allumer
tendent
esprits du Cap le sentent ; ilsi n'atplus qu'un décret de l'assemblée
se livrer ouvertement à la satisfaction
nationale pour
d'être
une classe à laquelie on est plus obligé
justes envers
qu'on lui doit le salut de la colonie. que jamais, puissensibles et vraies béniroient
Combien d'ames
sages,i elles leur
nos législateurs humains et
le
deyoient une loi qui, en rétablissant
calme, et ramenant Ia splendeur des colonies
cice de la justice, permettroit
par T'exersans contrainte à la
aux coeurs droits de se livrer
douceur de la reconnoissance et de
P'épanchement de l'estime.
Voiciune remarque importante. Avant que l'assemblée
ccloniale se fat formée à
province du
Léogane, 7 on vit celle de'la
Nord, à T'exemple de toutes les municipalités
aurpays, déclarer, par un serment authentique
7 qu'elle
aX
accepterois
A
a
par T'exersans contrainte à la
aux coeurs droits de se livrer
douceur de la reconnoissance et de
P'épanchement de l'estime.
Voiciune remarque importante. Avant que l'assemblée
ccloniale se fat formée à
province du
Léogane, 7 on vit celle de'la
Nord, à T'exemple de toutes les municipalités
aurpays, déclarer, par un serment authentique
7 qu'elle
aX
accepterois
A
a --- Page 13 ---
(19)
obeissance et recomnoissance, tous les
eccipteroit avec respect, législatif de l'empire frangois. On
décrets possibles du corps 2droit
prévenir les murmues
voit que c'est un détour
pour mal-inientionnés, etde
de quelques-uns de ces petites gens
desirs des autres sur. le décret en fayeurdeshomseconderles
l'on sentoit ne pouvoir éviter d'après
mes de couleur, que
de la rigenteraiom-taageiue,
les bases constitationnelles
coloniale.
les vues d'une sage politique
et d'après
de toute la colonie alors,
Telles étoient les dispositions,
dans le Moniteur coloet toutes ces pièces sont consignées l'assemblée coloniale à Léogane
mial, Ce n'est que lorsque
de 67 voix sur 46, qu'on
s'est déclarée telle, à la majorité
"ci devant
à sentir linfuence de cinq ou six
a commencé
les esprits de la colonie. Alors les autres
chicaneurs, sur
voulu s'écarter des prin-
(les 46 sans doute) n'ayant. pas
auprès du bon
tout-à-coup T'assemblée accourt
cipes,
avoit juré la rejection du décret.
général qui
dans tout cela un mystère dont l'explicaN'y a-t-il pas
les choses les plus importantes dans
tion nous apprendroit comme de ses dévoués ? On avoit
la conduite du général, de St. Marc avoit été poursuiT'assemblée
vll comment
par les Barnaviens : l'asvie, recommandée, 2 puis jugée
d'après la
légalement,
semblée de Léogane 7 convoquée
commode aux
de ce gouverneur, toujours
proclamation devant y. tenir ses séances revient au Cap,
colons despotes,
des décrets de l'assemblée nationale.
au centre des ennemis
intéressante à faire : c'est que
lly a une autre.remarque Tassemblée coloniale étoit séante
dans le même tems que
du Port-au-Prince,
à Léogane, il paroit 5 par Je concordat de couleur du lieu;
quilya eu un monementchetleagens
instruit ni du
qu'ils ont pris les armes, etc. 5 et onn'est le demande aux
sujet, ni des vraies circonstances. Or,je siles
de coucolons les, plus de mauvaise foi même,
gens les arlibres n'avoient pas été nécessité à prendre
couleur
même ne s'en seroit-il pas plaint ?N'en
mes,le gouverneur
au ministre ou à T'assemblée
auroit-on pas rendu compte
B
I o
eu un monementchetleagens
instruit ni du
qu'ils ont pris les armes, etc. 5 et onn'est le demande aux
sujet, ni des vraies circonstances. Or,je siles
de coucolons les, plus de mauvaise foi même,
gens les arlibres n'avoient pas été nécessité à prendre
couleur
même ne s'en seroit-il pas plaint ?N'en
mes,le gouverneur
au ministre ou à T'assemblée
auroit-on pas rendu compte
B
I o --- Page 14 ---
(1o
nationale'? Mais nullement : le concordat
dit pas un motdes circonstances
a lie, on rie
qui l'ont
ont donné lieu (1). N'es-il facile
précédé et qui y
pas
de voir
et sans doute T'assemblée
que les blancs,
coloniale la
voulu faire aux hommes de couleur première 7 avoient
du
tout au moins ce qu'ils avoient faità
Por-au-Prince,
M. Blanchelande
ceux du Cap?.
a rendu compte au ministre
bles de'la province du nord , mais. il
des troude la formation ni de la
ne dit pas un mot
translation de l'assemblée
Léogane, 2 au Cap. Ce qu'il dit du concordat
de
qu'une réticence ; à moins
le
n'est encore
dit à l'assemblée
que ministre n'ait pas tout
nationale.
M. Blanchelande 9 dont les principes
faciles à pénétrer en voulant les rendre deviennent trop
se plaint des régimens d'Artois
trop équivoques,
et de Normandie
avons des lettres qui élèvent
; et nous
services de ces deux
aux nues la conduite 'et les
trépidité des hommes corps, 1 quiont si bien secondé l'inde couleur contre les nègres
D'aprèsles remarques fondées sur des idées
rebelles.
il est visible que St.
authentiques,
décrets de l'assemblée Demingue étoit disposé à obéir aux
nationale, mais
colons en erreur. Il ne faut
qu'on a induit les
de M. Blanchelande
que se ressouvenir de la lettre
qu'il
au ministre , par laquelle il
versera plutôt jusqu'à la dernière
assure
que de souffrir que les habitans goutte de son sang,
tournentleurs armes les
confiés à ses soins 9
uns contre les
se rappeller encore
autres;il ne faut que
laretraite des députés
semblée 'constituante
coloniaux de l'asfil de la
aprèsle décret du 15:
trame affreuse
mai,pour saisirle
ourdis
"que les nial -
contre les colonies. La déclaration intentionnés ont
ce décret auquel,
de Barnave contre
est une
disoit-il; il n'avoit en rien
nuance de plus pour éclairerles traits de participé 1
représentatif de tous les maux de la
ce tableau
Domingue.
Martinique et'de St.
Un des traits les plus saillans de
cette afiligeante image,
(r) Ce qu'on en sait n'instruit
-
pas sur cette
-
A 47
affaire,
les nial -
contre les colonies. La déclaration intentionnés ont
ce décret auquel,
de Barnave contre
est une
disoit-il; il n'avoit en rien
nuance de plus pour éclairerles traits de participé 1
représentatif de tous les maux de la
ce tableau
Domingue.
Martinique et'de St.
Un des traits les plus saillans de
cette afiligeante image,
(r) Ce qu'on en sait n'instruit
-
pas sur cette
-
A 47
affaire, --- Page 15 ---
Ca:)
c'est la basse flatterie de quelques négocians égoistes. qui,
dans l'espoir de s'attiter à eux sculs toutes lcs corresponont
des adresses à l'assemblée
dances coloniales, présenté
nationale selon les vucs des, colons Barnaviens. Cette
fait pitié. Se peut il qu'ils n'ayent pas
aveugle croyance
êtte sensible, sont
senti que les colons qui pourroient y
mais encore
non-seulement encore pluis égoistes qu'eux,
très-petité
qui soit contre le
qu'il n'y a qu'une
partie
décret du 15 mai 1 sans savoir ni pourquoi 2 ni comment!
être le voeu de gens qui
Or, de quelle importance peut eux-mêmes ? faute de
ne peuvent s'en rendre compte à
ils ont fait de vaines menaces: : ils ont fait comraisons 7 enfans,
crient et font tapage dans T'obscumencer les
2 qui
rité par la peur qu'ils ont des phantômes.
donc de répandre qu'une loi qui ne fera
Qu'on cesse
la
le bonheur. la prospérité, la
naitre. que T'ordre, paix,
France.
les colonies à la
>
reconnoissance et' assure àjamais
T'effet contrajre : cette vérité vient d'être
puisse produire malheureusement quirrévocablement 1 et
prouvée aussi
cessent aussi
que ces négocians que la cupidité égare,
des
de spéculer sur leurs fades jérémiades : les habitans
colonies ne leur en iront ni plus ni moins. Le cours des
déterminé comme celui des grands fleuves:
affaires est déjà
bouleverserien ne sauroit désormais le détourner qu'àn
La justice des gens sensés des colonies,
ment général.
des hommes de
jointe à la loyauté et à la reconnoissance
reconnoitront mieux que jamais, et avec
couleur, qui
affermit à jamais
raison 2 la France pour leur mère-patrie 1
le pacte qui les lioit à T'empire 2 et assure les droits des
négocians dans le nouveau monde françois.
Ceux de Bordeaux en auront d'éternels monumens de
gloire dans les fastes de la révolution. Quel est T'homme,
s'il n'est tyran par goût et par tempéramment, quin n'élève
un autel de reconnoissance à l'assempas dans son coeur
Et
ce bienfait rendu à Thumanité?
blée nationale, 1 pour
vous amis des noirs, ames vraimens humaines, quin'avez
B %
- - oi
ans dans le nouveau monde françois.
Ceux de Bordeaux en auront d'éternels monumens de
gloire dans les fastes de la révolution. Quel est T'homme,
s'il n'est tyran par goût et par tempéramment, quin n'élève
un autel de reconnoissance à l'assempas dans son coeur
Et
ce bienfait rendu à Thumanité?
blée nationale, 1 pour
vous amis des noirs, ames vraimens humaines, quin'avez
B %
- - oi --- Page 16 ---
(12)
cessé de tonner contre la tyrannie des colons, ne méritezvous pas des courounes civiques pour toutes les vérités
que vous avez publiées avec tant d'énergie et de constance ? Ah ! croyez, hommes vraiment dignes de ce titre,
croyez que par-tout oà Thumanité sera connue. 2 les noms
des BRISSOT 1 des GRÉGOIRE 7 des PÉTION, des CoNDORCET - des CLAVIÈRE 9 des ROBESPIERRE, des FAUCHET, etc. * seront révérés et chéris. En vain l'aristocratie
coloniale voudra-t-elle ternir l'éclat de votre gloire, toute
la France, ou plutôt tout l'univers vous vengera de leurs
infâmes calomnies par son assentiment, et T'hommage le
plus pur 2 puisque nulle considération particulière ne
l'aura arraché. La honte et le déshonneur de yos détracteurs seront VOS éternels triomphes 1 et le bonheur de tout
un peuple votre récompense. Eh pourroit-on en offrir une
plus flattcuse aux amis de l'humanité!
Et toi, Cercle Social, quias commencé la confédération
universelle des Amis de la Vérité, ta récompense est
dans les numéros de la Bouche de Fcr : ton organe incorruptible et fidèle; on les lira dans tous les siècles, comme
autant de monumens de vengeance contre la
tyrannie 1
comme autant d'hommages à la justice et à l'humanité,
comme un doux délassement contre les vexations des despotes, comme une consolation conire les vices humains ;
et si des hommes, que je ne veux point nommer ici,
après ceux dont je viens de tràcer les noms glorieux
ont pu consacrer] leur tems, leur plume 1 letr intelligehce
à la proscription de la liberté et de l'égalité ; on pourra
au moins se dire avec un soupir soulageant : quelques
hommesintègies, amis dela vérité,etc., sc voucront dans
le mêmc tems à leur défense.
Continuation sur lrs principes des colons, et comment ils
cherchent à les justifer.
Déclarer ouvertement quc le préjugé colonial ne tenoit
AE
AK
ont pu consacrer] leur tems, leur plume 1 letr intelligehce
à la proscription de la liberté et de l'égalité ; on pourra
au moins se dire avec un soupir soulageant : quelques
hommesintègies, amis dela vérité,etc., sc voucront dans
le mêmc tems à leur défense.
Continuation sur lrs principes des colons, et comment ils
cherchent à les justifer.
Déclarer ouvertement quc le préjugé colonial ne tenoit
AE
AK --- Page 17 ---
(13)
qus la volonté capricieuse et qu'à T'amour-propre 1 qu'att
de domination et de distinction des colons, ç'eût
goût été démander soi-même qu'on labolit promptement.
L'orgueil, embarrassé de raisons pour justifier son despotisme a recouru aux mensonges et aux chimères. Ceux qui
le droit arbitraire et si chéri de maivouloient conserver les hommes de couleur, et d'autres
triser impunément
de lier leur cause à celle
pour flatter ceux-ci, ont imaginé
des esclaves, afin d'embarrasser rle jugement de l'assemblée
nationale. C'étoit en effet le moyen le plus perfide qu'ils
à l'aide du parti
pussent présenter 1 puisqu'il pouvoit.
colonial, qui dominoit dans le côté droit : paroitre spéles
clairvoyant 1 intimider les
cieux et égarer
esprits peu
craintives et
un air de vérité aux bons esprits
ames
opposer invention
l'on doit aux
du côté gauche. Cette
1 que
Laborie, aux Moreau dit St. Méry, aux Blin,aux Gouy, etc.
maniée par les Barnave 7 les Malhouet, 1 appuyée par les
Maury, les Lameth,les Cazalès, etc., a tellement masqué
vérité
n'a
été possible de la faire voir dans
la
, qu'il
plus
étendue à Tassemblée. Voici comme on s'y prit
toute son
d'abord.
naturaliste M. Beauvois, qui se trouvoit au
Un savant
,
de
Cap au moment où il étoit le plus fortement question
à jamais une ligne de démarcation entre les hommes
poser de couleur libres et les blancs 3 M. Bcauvois 1 qui
s'étoit nourri l'esprit du systême de Linnée 9 imagina de
il s'attacha à démontrer
composer un ouvrage parlequel
nègre n'étoit qu'une nuance de la bête à Thomme;
quele voici comme il graduoit ses nuances : entre Thomme blanc
SC trouve le rouge; entre le rouge et i'Oranget le nègre 2
entre le nègre et le Gibon se
Outang se trouve le nègre,
souelOang-Ouang. etc. : le blanc, ajoute-t-il, espèce
d'homme, est susceptible de toute la perfectibilité
purc humaine ; le rouge qui vient après, doué d'une portion
bien moindte d'intelligence, n'est pour ainsi-dire qu'une
esquisse de l'espèce humaine, 5 qu'unc de ces foibles nuanL
ri
'Oranget le nègre 2
entre le nègre et le Gibon se
Outang se trouve le nègre,
souelOang-Ouang. etc. : le blanc, ajoute-t-il, espèce
d'homme, est susceptible de toute la perfectibilité
purc humaine ; le rouge qui vient après, doué d'une portion
bien moindte d'intelligence, n'est pour ainsi-dire qu'une
esquisse de l'espèce humaine, 5 qu'unc de ces foibles nuanL
ri --- Page 18 ---
(14)
ces; le noir qui vient après le rouge, est autant inférieur
an rouge 1 que celui-ci au blanc, et
noir, que.celui-ci
TOrang-Outang au
au rouge, 2 etc. La conclusion de l'ingénieux naturaliste 1 est que le
Caraibe
nègre 1 pas même le
ou le Morisque ou l'Indien, n'est de Tespèce des
blancs, ni même d'une espèce parfaitement humaine.
Il est aisé de remarquer dans ce systême, le double
dessein de justifier le préjugé colonial, etles traitemens
exercés contre les esclaves. Traiter tyranniquement
des
hommes, seroit une barbarie repréhensive ; traiter durement des. animaux quin'ont que la figure
n'est pas un plus grand mal
d'humain, ce
que d'aiguillonner les boeufs,
que de fouetter les chevaux.
Ainsi, pour justifier
tes cruautés. un préjugé insensé, on n'a
hésité d'injusmettre l'homme au rang de la brute.
pas le
à
Or,je
demande
aux hommes justes 1 est--ce sur une supposition aussi
gratuite que l'on jugera la cause des hommes de couleur?. Sera-ce un tel sarcasme qui sera la donnée sur laquelle on devra asseoir un systême législatif? Ne
1 le nègre que comme une nuance de la brute à lhomme regarder
éloignée du blanc, et lui refuser une intelligence et une
perfectibilité qu'il ne nous prouve que trop chaque jour à
travers les traits grossiers de son éducation, c'est renverser
l'ordre' de la nature pour y substituer une
dont
on
chimère,
veut faire ensuite une règle de conduite; c'est éteindre le flambeau de la
raison, pour marcherà tâton dans
les ombres de la nuit des
briser la
préjugés ; en un mot, 2 c'est
boussole pour ne suivre que la girouette.
De ce systême idéal, M. Beauvois a tiré une consé.
quence qui en étoit la suite nécessaire, et à laquelle il
vouloit venir. ; la voici: si entre les blancs et les
encore
négres,
ilya
une nuance avant d'être parfaitement homme,
les Métis des premiers et des derniers 1 ne sont qu'une
espèce mixte qui participe à la vérité des deux, mais
cela même, , sont d'autant abâtardis et incapables de par
jamais layer dc ce mélange dégénérant. Cette
se
conséquence
S
(
toit la suite nécessaire, et à laquelle il
vouloit venir. ; la voici: si entre les blancs et les
encore
négres,
ilya
une nuance avant d'être parfaitement homme,
les Métis des premiers et des derniers 1 ne sont qu'une
espèce mixte qui participe à la vérité des deux, mais
cela même, , sont d'autant abâtardis et incapables de par
jamais layer dc ce mélange dégénérant. Cette
se
conséquence
S
( --- Page 19 ---
(1 15) )
# paru à St. Domingue 2 une découverte d'autant plus
étoit
inextricable, et favorisoit
heureuse 1 qu'elle
plus
le systême de distinction et de domination que
davantage
T'aristocratie coloniale a ouvertement adopté.
M. Beauvois fut
les hommes de
: La conclusion de
que
couleur devoient être regardés comme inhabiles à posséder, et qu'ils ne devoient pas mêmes jouir illimitément
de la liberté : qu'elle devoit être astreinte 2 et que tous les
libres devoient être incorporés dans des troupes solgens
les affranchissant, ou dès l'age de seize ans quand
dées en
ils étoient nés de pères et mères affranchis.
n'excitât
l'in-
. Il étoit impossible que cette opinion
pas
dignation des hommes de couleur ; ils : la manifestèrent
dès lors d'une manière inquiétante 1 et l'assemblée du
nord se vit comme forcée d'improuver et de proscrire
Fouvrage de M. Beauvois. 9 et elle le fit par un arrêté
formel.
L
Le systême de ce naturaliste étant trop exagéré 5 et dévoilant trop celui des colonies 1 on en imagina un autre
non moins funeste > mais bien plus perfide en ce qu'on
eut la finesse d'en faire un principe d'ordre et de riehesses
les colonies : ce fut d'avancer 1 de soutenir et de
pour
axiome
lesclave n'est obéispublier comme un
certain, que
voit le blanc d'une espèce supéricure à la
sant que parce qu'il
sienne. Comme s'il est possible d'interdire à des êtres intelligens-la connoissance de ces vérités premières , de ces trade la main de la
dans le coeur de
ces ineffaçables
nature,
Thomme, ses plus chers intérêts. Comme s'il y a un être
intelligent capable de croire le nègre assez borné pouravoir
voilà l'unique base sur laune telle croyance. Cependant
quelle s'appuyent anjourd'hui les, colons pour rejetter le
décret du 15 mai. Mais comments s'appuyer de cette hypotèse poura affirmer que le préjugé colonial est nécessaire au
régime des colonies ? C'est ce que nous allons voir.
On n'ose plus dire que les hommes de couleur ne soient
faits
participer aux droits de T'homme'; les amis
pas
pour
L A
-
voilà l'unique base sur laune telle croyance. Cependant
quelle s'appuyent anjourd'hui les, colons pour rejetter le
décret du 15 mai. Mais comments s'appuyer de cette hypotèse poura affirmer que le préjugé colonial est nécessaire au
régime des colonies ? C'est ce que nous allons voir.
On n'ose plus dire que les hommes de couleur ne soient
faits
participer aux droits de T'homme'; les amis
pas
pour
L A
- --- Page 20 ---
( - 1 16)
de l'humanité ont détruit cette grossière absurdité; ; on a
vu que l'assemblée nationale ne vouloit pas, ou ne dcvoit
pas toucher à la propriété des colons sur les esclaves ,on
s'est repris à cette corde étrangère à la cause des,hommes
de couleur libres 2 parce qu'on a reconnu la nécessité de
nombreux atteliers pour cultiver les colonies et en tirer les
richesses immenses $ parce qu'on ne peut de long-tems
remplacer les bras de la servitude; parce que les
esclaves 2
tout-à-coup affranchis 9 le coeur encore ulcérés contre leurs
maitres, ne voudroient peut-être pas travailler pour eux,
même en les payant; parce qu'enfin 5 on ne peut priver
le maître de son esclave sans lui en rembourser la valeur.
Ces vérites-bien senties des colons 1 et bien reconnues des
hommes justes en France, les premiers ont espéré qu'en
assimilant la cause des esclaves avec celles des libres, ce
seroit le moyen de maintenir les derniers sous le joug du
préjugé qui les tient courbés sous le pouvoir des blancs,
parce que l'assemblée nationale égarée, confondroit les
deux castes 7 et rendroit, par le moyen des Bamnaviens,
un décret sur lequel il ne seroit plus possible de revenir rau
moins de quelques annnées.
Ainsi 1 sousprétexte d'une politique locale, on sacrifieroit toute une classe d'hommes aux vues de l'ambition et
de l'orgueil; ainsi, pour arrêter la main bienfaisante des
législateurs 7 on leur a présenté la cause des hommes de
couleur libres 1 comme inséparable de celle des esclaves,
comme cssentiel au maintien de la subordination parmi
ceux-ci, et l'on a eu soin de la lier au bonheur et à la
splendeur des colonics.
C'est ainsi que le despotisme cherche toujours à mettre
le. bandeau sur les yeux des hommes
1 pour pouvoir
mieux les conduire où bon lui semble ; c'est ainsi
que T'aristocratic cherche toujours à sacrifier à son orgueillcuse noblesse, le tems, les services et la volonté
des hommes.
Mais il falloit une apparence plausible
pour persuader
la'ssemblée
K
-
ux-ci, et l'on a eu soin de la lier au bonheur et à la
splendeur des colonics.
C'est ainsi que le despotisme cherche toujours à mettre
le. bandeau sur les yeux des hommes
1 pour pouvoir
mieux les conduire où bon lui semble ; c'est ainsi
que T'aristocratic cherche toujours à sacrifier à son orgueillcuse noblesse, le tems, les services et la volonté
des hommes.
Mais il falloit une apparence plausible
pour persuader
la'ssemblée
K
- --- Page 21 ---
(1)
lesamis de l'humanité
T'assemblée nationale , et dévoyer
; on. a encore imaginé de donner pour
et de la justice
soumis
-
si l'esclave 1 qui n'est
que
principe certain 2 que
divine,
qu'il croit le blanc d'une espèce presque
parce
leurs descendans s'élever à T'égalité
voyoit les affranchis ou
les nègres libres
des blancs. il diroit: Quoi? les sang-môlés,
des places 2 des emplois
sont autant que les blancs 1 occupent si
à nous ?
eux ? Les blancs ne sont donc pas supérieurs
comme
nombre qu'eux 2 secouons donc
Nous sommes en bien plus grard
ridicule, les
lè joug de l'esclavage. Après cette supposition
infèrent qu'il seroit de la. . dernière inconséquence
colons
aux hommes. de couleur libres.
d'accorder la citoyenneté colons
se sont montrés conVoilà T'unique but des
qui
le décret du 15 mai. Il en est d'autres qui, profitant
tre
des premiers 1 ont cru pouvoir fonder
de la fermentation
obérés au-delà de tout ce
de plus grandes espérances :
aidant aux esprits
qu'ils possédent 2 ils ont cru qu'en
leurs dettes en
mûs par le préjugé , ils pourroient payer
angloise. Frappés de cet espoir;
passant sous la puissance
n'ayent fait jouer pour
il n'est sortes de: manceuvres qu'ils les hommes de couà leurs fins : faux bruits sur
de l'asparvenir
à la partie saine
leur libres, faussesinculpations calomnies atroces' contre
semblée nationale : inculpations 5
leura coûté. Ils ont
tous les amis de T'humanité; rien ne ennemis de la conssecondés par les
été merveilleusement les ci-devant , et même par des puissantitution 1 par.t tous
des journalistes salariés par
ces étrangères , et sur:tout par réunies de tant de maule parti colonial. Les clameurs
; c'est-à-.
ont fait l'effet qu'ils en attendoient
vaises gens 7
la matière, ont intimidé les négodire 1 ont embrouillé
instruits, ont attiédi quelques
cians de bonne foi et peu
le
ont
ont égaré jugement.
amis de T'humanité 2
suspendu, secondé de la len+
et ont fourni au parti colonial,
batteries
public
tout le tems de dresser ses
teur ministérielle 1
l'on pût ts'en défendre. 4
et de faire tout le mal avant que
révoailleurs la cause de la prétendue
Ne cherchons pas
>
C
r
embrouillé
instruits, ont attiédi quelques
cians de bonne foi et peu
le
ont
ont égaré jugement.
amis de T'humanité 2
suspendu, secondé de la len+
et ont fourni au parti colonial,
batteries
public
tout le tems de dresser ses
teur ministérielle 1
l'on pût ts'en défendre. 4
et de faire tout le mal avant que
révoailleurs la cause de la prétendue
Ne cherchons pas
>
C
r --- Page 22 ---
(1s)
Cation du décret du 15 mai, par le corps même
décrété qu'on ne pouvoit plus toucher à la
qui avoit
révocation qui remettroit le
constitution;
le sein des colonies
germe de tous les maux dans
en y propageant une haine
plus implacable > 10 qu'on auroit en même-tems
d'autant
espérances des deux
trompé les
partis en rendant et en
décret. Mais les désastres de St.
retirant le
Domingue ont
en prouvant le besoin
prononcé,
indispensable des hommes de
leur contre les esclaves.
couIls en est donc encore tems ; Tassemblée
tarir la source de nos malheurs
nationale peut
en fixant les loix des
nies. Elle fixera aussi par-là lincertitude
colodeux mondes, et
des esprits des
dissipera leurs inquiétudes
Jusqu'à ce moment on n'a vu dans les colonies respectives.
ler d'une
à
que vascilopinion une autre, heurter tous les
sans s'arrêter à aucun 2 recourir à des
principes
hypothèses, à des
systémes assez spécieux, tant pour
vrais motifs aux
justifier ou voiler ses
à
yeux des autres 1 que pour s'en
soi-même. De-là cette étonnante
imposer
dans les colonies
versatilité de volonté
; tantôt une assemblée tantôt
et tels que les enfans, on a vu les colons
une autre;
suivant tout ce qui les avoit
briser le jour
faut être à St.
enthousiasmés la veille. Il
le dangerde Domingue pour ne pas sentir le ridicule et
varier ainsi dans les chosesles:
plus importantes. N'est-ce
plus sgraves etles
dale et un bien
pas 1 par exemple, un vrai scangrand malheur, que le desir avec
on forma, T'assemblée de St
lequel
Marc, et la fureur avec
quelle on la poursuivit ? Et c'est des assemblées
ladont Tintrigue, la cabale, et la malveillance coloniales
ainsi ? Remarquez en
se jouent
passant, que Tassemblée séante
Léogane avoit déclaré à sa première séance
à
les créances des négocians de
qu'elle prenoit
foi prublique de la
France sous la protection de la
colonie; que la colonie faisoit
grante de la France, qu'elle suiuroit
partie intésemblée nationale.
tous les décrets de l'asl'aura
Ne seroit-ce pas cette déclaration
fait rappeller au Cap ?
qui
la France..
Payer ses dettes et rester à
Que de projets renyersés!
AT
AE
oit déclaré à sa première séance
à
les créances des négocians de
qu'elle prenoit
foi prublique de la
France sous la protection de la
colonie; que la colonie faisoit
grante de la France, qu'elle suiuroit
partie intésemblée nationale.
tous les décrets de l'asl'aura
Ne seroit-ce pas cette déclaration
fait rappeller au Cap ?
qui
la France..
Payer ses dettes et rester à
Que de projets renyersés!
AT
AE --- Page 23 ---
(19)
T'ouvrage de T'égoismes
Tout cela est aussi en partic
aux premières plaenfant du despotisme: : chacun prétend volonté , les faire
aux autres son unique
ces 1 imptimer
pour soi. Il suffit à
penser comme soi et n'agir que
le suffrage de ses
d'avoir individuellement
St. Domingue
collecen être hai, 9. jalousé, persécuté
concitoyens, 1 pour
anarchie est la source de tout goutivement. Cette affreuse
mère de tous les désastres.
vernement arbitraire 2 et la
les colons de
Tout semble s'être conjuré pour égarer
dans le dédale de leurs puérils et monstrueux
bonne foi,
de vue tous leurs intérêts les plus
préjugés ; ils ont perdu de la raison et de Thumanité,
xéels, avec les principes
plus sârement les
courir après tout ce qui pouvoit
pour
quitte le revers de la feuille
perde. C'est le papillon qui
brâler à la chandelle.
où il étoit en sûreté 1 pour venir se
veulent s'égaler
Les gens 'de couleur, se sont dit Ics colons,
étoient
leurs descendans 1 ceux qui
à nous ! Nos afranchis,
demain se mettre à nos côtés 1
hier nos esclaves 1 viendroient
demander nos filles €7b
à notre table, partager nos emplois,
sous les ruines
mariage Non! nous nous enterrerons platôt
de la colonic !.
embrassé avec une avide fureur,
Ce raisonnement posé 5
la voix de la jusété
de faire entendre
il n'a plus
possible même celle de l'intérêt personnel,
tice et de la raison 1 pas
des colons. Ils ont fait couler
ce puissant et premier mobile s'abreuver des membres per272 Reuve d'or où sont venus
des
constituante e , et les plus sages
fides de T'assemblée
mars et 15 mai sur-tout 1 si
décrets 1 ceux des 8 et.28
officiellement; ce
n'ont point été envoyés
combattu 1
le
à tout ce qui pouvoit
fleuve cofrupteur a barré passage
leurs fortunes
blesser la vanité des colons, mais eût assuré
l'envoi
jours. Après un long silence sur
et leurs propres
des troubles que l'on dit
de ce dernier décret, on suppose
augmenta son parti,
en découler; la coalition démasquée pactole, se divisa, se
le fleuve enchanteur. 1 ce nouveau
les places les plus
se subdivisa, se ramifia dans toutes
U
ri
tout ce qui pouvoit
fleuve cofrupteur a barré passage
leurs fortunes
blesser la vanité des colons, mais eût assuré
l'envoi
jours. Après un long silence sur
et leurs propres
des troubles que l'on dit
de ce dernier décret, on suppose
augmenta son parti,
en découler; la coalition démasquée pactole, se divisa, se
le fleuve enchanteur. 1 ce nouveau
les places les plus
se subdivisa, se ramifia dans toutes
U
ri --- Page 24 ---
(20')
importantes ; on séduit le public par des écrits
gers 1 par de perfides agens
des
menson
vées s;lamour de Phumanité 1 par
nouvelles controuchent, et après
les
s'affoiblit, les cceurs se dessè.
de couleur
que
blancs eurent désarmés les hommes
libres dans la partie du nord ,le
ne craignant plus rien, redoubla
parti colonial,
ouvertement ses
T'emporta sur les
efforts 9
patriotes. et ces décrets furent
par un corps qui n'en avoit
réyoqués
la loi
pas le droit, et qui violoit
expressément pour signer la' ruine et la
de la plus riche colonie. Les colons
désolation
années de leurs
avoient sacrifié des
devoit
revenus pour' obtenir ce
leur coûter encore une partic de leur triomphe, qui
esclaves les ont pris au
capital : les
foyer de
dépourvu, et la partie du nord.,
ce principe infernal, a été une vaste
ruines. , jonchée de morts
province de
Voilà
1 baignée de sang.
ce que j'avois prévu , voilà ce qu'il étoit aisé
prévoir et de prévenir 5 pour l'avoir dit, la haine
de
colonial m'en a fait un crime
du parti
porter les plus funestes
énorme, eta cherché à me
coups par l'infâme calomnic.
Toujours attentifà poursuivre son
ce
a cherché jusque dans le
objet, parti odieux
auquel lui seul avoit donné soulévement même des esclaves
de couleur libres
lieu, à inculper les hommes
: au moment de
qu'iln'y avoit qu'eux qui eussent l'insurrection, on s'écria
pu la fomenter
geance contre les blancs. Ce
par venl'on
soupçon devient un bruit
général,
se jette dans les rues sur les
se présentent, et ils sont indignement
premiers qui
s'empare d'un homme
massacrés. La peur
assassins, il
estimable; il veut échapper à ses
descendre 1 monte sur le toût de sa maison , on l'en fait
d'un coup de fusil
Cependant, le lendemain, , les autres ne
courage ; ati risque d'éprouvér le même perdent point
l'assemblée coloniale offrir
sort, ils vont à
ravoir lcurs
les plus chers ôtages pour
armes et défendre leur
volent ensuite au
des
ingrate patrie. Ils
aux portcs de la ville. camp
rebelles, 9 ct ils les arrêtent
C'est ainsi que ces Métis de brutes
A
T
d'un coup de fusil
Cependant, le lendemain, , les autres ne
courage ; ati risque d'éprouvér le même perdent point
l'assemblée coloniale offrir
sort, ils vont à
ravoir lcurs
les plus chers ôtages pour
armes et défendre leur
volent ensuite au
des
ingrate patrie. Ils
aux portcs de la ville. camp
rebelles, 9 ct ils les arrêtent
C'est ainsi que ces Métis de brutes
A
T --- Page 25 ---
(*)
de ces êtres si parfaits ! Les blancs qui eust
es sont vengés les voir à leurs côtés à table. 1 les ont. vus
sent rougi de
dans le chemin de la victoire 1 faii
toujours devant eux
Ce
notre divine espèce ne pouvoit faire
sant dans un jour que
lesfatigues de la guerre,
constamment
dans huit - soutenant
des blancs succemboit ! : - à
tandis que la race pure
justice !
dans le délire de la joie de s6
Dans l'enthousiasme,
des hommes qu'on
veir préservés si génércusement par
onleur
àravaller au-dessous de l'esclave même 1
s'étoit plà
du décret du 15 mai : puisse cette
a promis bien au-delà
promesse être bien sincère
est donc la
Mais
me demander, quelle
1 pourroiton les colons s'obstinent à vouloir concause pour laquelle
à leurs vrais * intérêts ? Je
server un préjugé si contraire
donne tant d'emréponds à cela. 1 que sans le préjugé qui
blancs sur les hommcs de couleur, 9 les premiers
pire aux
impunément] les filles de ceuxne pourroient plus prendre
et
ci,leur enlever leurs femmes , leurs biens par d'infidèles
arbitraires arpentages; les gens libres pourroient occupper
efforts desnobles et
des places, etc. En outre on voitparles
hommes
des prêtres, combien' Taristocratic est chère aux ils risunefois habitués à dominersurlesautres :
qui sc sont
droit barbare. Tels sont aussi
quent tout pour recouvrer ce
dans leurs efforts
en partie les motifs des colons
si
à leur
tomr
maintenir le préjugé colonial préjudiciable
heur et à leur sûreté.
Il ne faut pas que je termine ces notes, sans y ajoutrès
et qui pourra peut-être
ter une remarque
importante,
ourdie contre
servir à découvrir le bout du fil de la trame
les
de couleur libres, et peut-être contre la constigens
tution en général, de l'un à l'autre monde.
Tandis que lcs colons répandoient que les sang-mélés
n'accépteroient point le décret du 15 mai, parce que,
il n'avantageoit que les nègres libres,
ajoutoient-ils :
auroit tout
M. Blanchelande marquoit en France qu'iln'y
A - oi
,
ourdie contre
servir à découvrir le bout du fil de la trame
les
de couleur libres, et peut-être contre la constigens
tution en général, de l'un à l'autre monde.
Tandis que lcs colons répandoient que les sang-mélés
n'accépteroient point le décret du 15 mai, parce que,
il n'avantageoit que les nègres libres,
ajoutoient-ils :
auroit tout
M. Blanchelande marquoit en France qu'iln'y
A - oi --- Page 26 ---
(sg)
au plus que quatre cent hommes de couleur au Port-auPrince 1 au moment où il étoit sûr que ce décret étoit
rendu : qu'il employeroit toutes les forces qui lui étoient
confiées, pour faire observer les décrets sanctionnés
plus ultra. On n'a pas oublié qu'il avoit
, nec
tre, qu'il verseroit jusqu'à la dernière marqué au minisplutôt
de
goutte de son
que
souffrir que les hommes confiés à ses soins, sang,
tournassent leurs armes les uns contre les autres,
1". Comment se figurer un moyen de verser son
sang, carc'est au collectif dont parle ce général, sans
ses armes contre quelqu'un ?
tourner
2°, Il est visible que M. Blanchelande entendoit
des troupes de ligne et des colons aristocrates parler
lant en son
2 en parpropre nom 2 et qu'en disant qu'il ne souffriroit pas que les hommes confiés à ses soins tournassent
leurs armes les uns contre les autres il
bons
2 entendoit que les
patriotes etles sang-mélés n'étoient pas ces hommes
confiés à ses soins.
30, Ilest clair encore qu'en écrivant de la sorte au Portau-Prince 7 il étoit en même-tems bien informé
le
décretn'auroit jamais été ni sanctionné ni
que
envoyé officiellement, et qu'il auroit' été révoqué, si le roi avoit accepté la constitution qui sanctionnoit tous les décrets
antérieurs.
4°, Pourquoi, au lieu d'envoyer de suite des avisos en
France, ne s'est-on adressé qu'à la Jamaïque ? Comment
s'y est-on pris P Quels secours lui a-t-on demandés ?
Quels sont ceux qui ont été accordés ? Pourquoi de suite
une frégate angloise dans notre rade P Pourquoi des
des venir à la
aller,
rien
Jamaique, 1 par des députés qui ne portent
par écrit de la part de l'assemblée du
ou
ne portent que des discours
Cap 2
qui
de T'assemblée
vagues P Pourquoi cctte lettre
coloniale au ministre
tant que l'anglois avoit recueilli les débris d'Angleterre de la colonic 1 ? por59 Le refus dcs Espagnols ct leur réponse méritc
grande attention de la part des François.
une
L
U
rien
Jamaique, 1 par des députés qui ne portent
par écrit de la part de l'assemblée du
ou
ne portent que des discours
Cap 2
qui
de T'assemblée
vagues P Pourquoi cctte lettre
coloniale au ministre
tant que l'anglois avoit recueilli les débris d'Angleterre de la colonic 1 ? por59 Le refus dcs Espagnols ct leur réponse méritc
grande attention de la part des François.
une
L
U --- Page 27 ---
(a9)
calomnies des colons contre tous les bons pat
66, Les
la cocarde noire portée par presque
triotes de France 1
à cela la déclaration
toute T'assemblée coloniale i ajoutez
de Léogane, de se regarder comme partie
de Tassemblée,
de
les dettes de la CO
intégrante de la France,
prendré
translation
; puis la subite
lonie sous sa responsabilité de tels principes en ce lieu
d'une assemblée qui manifeste
et change au Cap aussi extraordinairement.
rendre justice aux hommes
Si lon ne cherchoit qu'à
en
couleur libres ; si lon ne cherchoit qu'à se mettre
de
sans chercher à adoucir leur sort,
force contre les esclaves,
mais encoreilseroit
non seulement cet coubiseroitinhumaing le mal pour un
très-impolitique : ce ne seroit que pallier
seroit se tenir en un état perpétuel de guerre y
tems : ce
redoutable, et quine
tenir en haleine un ennemi toujours
de
de saisir la moindre occasion
s'agiter.
peut manquer
pas d'étendre ses
Lassembléc nationale ne dédaignera
sollicitudes ,scs vues de bienfaisance et de justice
tendres
classe si misérable, , à laquelle cependant
jusque sur cette
immenses du nouveau monredevable de richesses
on est
égare le plus souvent. On
de 1 et que le seul désespoir
les soins des colons du
apprendra dans peu 1 malgré tous
telles
celles
d'habitations,
que
Cap, qu'ily a eubeaucoup
Lachevalerie, etc., où les
de Walsh, Deparoy, Duplaa,
habillés,
bien traités, bien nourris et bien
nègres 1 toujours
outrance contre.les rébelles qui
se sont défendus à toute
à les
vouloient incendier ces biens , et sont parvenus
préde l'incendie après avoir éteint le feu à plusieurs
server
reprises.
assurément
plus de droits sur les
Les colons n'ont
pas
eux-mêmes
hommes de couleur libres 1 qu'ils n'en ont
les uns sur. les autres ; on ne peut aussi leur disputer célui
esclaves; c'est leur bien, c'est le
de propriété sur leurs
du nouveau monde -
nerf des fortunes et du commerce
Mais
et les colons ne peuvent en être privés impunément. de
il n'en est pas. moins yrai que T'assemblée législative
server
reprises.
assurément
plus de droits sur les
Les colons n'ont
pas
eux-mêmes
hommes de couleur libres 1 qu'ils n'en ont
les uns sur. les autres ; on ne peut aussi leur disputer célui
esclaves; c'est leur bien, c'est le
de propriété sur leurs
du nouveau monde -
nerf des fortunes et du commerce
Mais
et les colons ne peuvent en être privés impunément. de
il n'en est pas. moins yrai que T'assemblée législative --- Page 28 ---
(24)
France, devant donner des loix à tout ce qui tient à l'emFrançois, elle doit également régler celles par lespire les esclaves : qui sont des hommes 1 doivent être
quelles
traités. En augmentant nos forces contre le nombre considérable de nos nègres par l'état civil accordé, ou rendu,
hommes de couleur libres, et en améliorant le sort
aux
nous doublerions ces forces encore en dides premiers 1
minuant le besoin d'en faire usage. L'assemblée nationale
devants'occuper de cet objet,jejoins ici un projet relatif,
dans lequel peut-être on trouvera des choses importantes
à l'ordre , au calme et à la prospérité des colonies.
Voilà ce que j'air remarqué sur les colonies : je réponds
de tous les faits que j'avance ici. On m'a fait au Cap un
crime d'avoir manifesté mon opinion sur le régime
grand colonial, d'avoir participé au décret du 15 mai : que diront
donc les colons démasqués, si ces notes sont publices ?
Mais la partic saine du public me jugera. Quand on est
sûr de travailler sincèrement pour le bien de sa patrie 9
sa consolation dans son coeur si l'on en est mal
on porte
jugé. Au reste 1 ma patrie ne sauroit être mon juge; c'est
aux vrais François à prononcer entre les colons qui me blàment et moi.
ESSAI
( --- Page 29 ---
E SSAI
S U R
DU SORT
L A M LELIORATION
ESCLAV E S.
DES
0 xat diversement écrit sur le sort des esclaves de l'Amé
qu'on n'a écrit quersur parole 5 ou sur des
rique, parce faux. On convient assez généralement que
des mémoires
et c'est le seul point auquel
leur sort est très-à plaindre 2
la vérité se
tous les écrivains se rencontrent, 5 parce que
des
; mais aucun n'a encore proposé
touche toujours
améliorer l'état des misérables qui
inoyens efficaces pour
ces richesses immenarrachent de la terre de T'Amérique
tant leurs maitres 5 qui font pencher
ses dont se targuent
du côté de la France.
la balance de TEurope
sont insuffisans
l'abbé Raynal
Les moyens, que propose
T'abolition
; Montesquieu n'indique que
ou impraticables
réticence absolue sur le sort des
de l'esclavage par une
dangereux à l'ornègres ; le moyen est non-seulement mais encore contre
dre et à la prospérité des colonies 5
dont on ne
contre le droit de propriété
toute équité 1
le maitre de l'esclave. 11
pourroit impunément dépouiller
remède; il ne faut
aucun mal qui n'ait son
n'est cependant Celui-ci intéresse à la fois Thumanité et
que le trouver.
du monde ; tout
la prospérité d'un des premiers empires
te
doit à sa patrie le tribut de tout qu'ilpeut
bon françois
savoir de propre à y remédier.
D
contre le droit de propriété
toute équité 1
le maitre de l'esclave. 11
pourroit impunément dépouiller
remède; il ne faut
aucun mal qui n'ait son
n'est cependant Celui-ci intéresse à la fois Thumanité et
que le trouver.
du monde ; tout
la prospérité d'un des premiers empires
te
doit à sa patrie le tribut de tout qu'ilpeut
bon françois
savoir de propre à y remédier.
D --- Page 30 ---
26 )
Ceux qui habitués à ne regarder
comme une espèce brute, inférieure feurs esclaves que
une race d'hommes créée
à la leur; ; que comme
et la satisfaction de leurs tout exprès pour leurs besoins
êtres privés de toute
caprices : que comme des
intelligence, de toute
gue comme des bêtes de somme;
sensibilité;
misérables cannibales
; enfin que comme des
de la
qu'on a tirés du sol le
nature. 5 de la vie la plus dure
plus disgracié
pour les transplanter dans- ane
et. la plus précaire 2
sont millé fois plus heureux terre de promission oà ils
qu'au milicu de leurs
que dans leur climat naturél,
familles; ceux-là,
ment que les noirs , au milieu: des
dis-je 1 qui affirde leurs maîtres, sont moins à
traitemens arbitraires
françois, trouvent
plaindre que les paysans
s'occuper dedeur extraordinairement étrange qu'on
sort. 1 et le trouver mauvais.
puisse
vérité, et de l'humanité quin'est
L'ami de la
tude, voit et raisonne
jamais l'esclave de Thabice qu'il a vu,
tout différemment : il ne dit
que comme il. a vu.
que
Consultez le marin qui va à la côte
il vous dira qu'ils sont en
chercher des nègres,
riture,
peine de pourvoir à leur
qu'ils se déchirent tellement
nourque l'espèce subsiste eucore. Ce entr'eux,quil est étonné
qui veulent justifier la traite
langage est celui de ceux
la suite. Le nombre
et tous les maux qui en sont
deux siècles
prodigicux de nègres amenés
et demi dans les colonies,
depuis
tes puérils. De même,sile
répond à ces connègre étoit si
sa patrie,. s'il y étoit soumis à
malheureux dans
de peine à pourvoir. à sa
l'esclavage 1 s'il avoit tant
bien
nourriture 1 pourquoi est-il
proportionné 1 si fort, si
si'
si
robuste, doué d'une
vigoureuse en arrivant dans les
santé
qu'au bout d'un an qu'il
colonies-2.D'ot vient
foiblesse , de
y est, il-tombe dans un état de
maigreur, de langueur qui le rend
noissable, ct dont il ne se relève
méconquand iln'en meurt pas ?D'ou vient jamais parfaitement,
la liberté, Zzuse des
soupire-t-il tant aprés
colos de bonne foi ehi fréquens maronages ? Quel est-le
ne.convienne que pouravoircent
é
qu'au bout d'un an qu'il
colonies-2.D'ot vient
foiblesse , de
y est, il-tombe dans un état de
maigreur, de langueur qui le rend
noissable, ct dont il ne se relève
méconquand iln'en meurt pas ?D'ou vient jamais parfaitement,
la liberté, Zzuse des
soupire-t-il tant aprés
colos de bonne foi ehi fréquens maronages ? Quel est-le
ne.convienne que pouravoircent AK
- --- Page 31 ---
47)
faurenterrer au moins qnatre cént ? de même;
nègres , iI enmalheureux dans son pays , s'il étoit
si le nègre étoit si
voit-on le désespoir les porier
sans sentiment 1 pourquoi
causes
si souvent au suicide, une des premières
pour
les ticnt si fort à la
dans les navires ?
lesquelles on
gêne
qui sont nés dans les' colonies ne se porPourquoi.ceux
tentils pas aussi au suicide ? En attendant que quelqu'un
tâchons de rechércher les maux
réponde à ces questions 4
des esclaves, et les.r moyens d'y remédier.
Pour.bien faire ces recherches , tâchons de nous isoler
entièrement de.l l'intérêt pour ou contre lesclavage. Irseroit
impossible de juger avec Timpartialité du vrai philosophe,
si lon prenoit pour règle ces deux mots mis en opposition : liberté et esclavage. Il ne Faut cependant pas aussi
de. vue l'idée que, d'un côté les esclaves y
perdre
de l'autre leur maitres y attachent. Ges'
mettent ;9 et que
si
condcux éfats , pris à la rigueur 9 impliquentun grand
semble
ne pwisse en aucune'
traste à T'esprit, qu'il
qu'on
mais
manière les rapprocher > encore moins les: concilier;
ils existent dans un même lieu,il n'est peut-être pas facile'
est du bien de la nation entière de cherde les séparer , il
bien de l'empire,
cher à assurerla propricté delun pourle
ct.adoucit le sort de celui qui doit souffrir de la seule vue
de. l'autre 5 de celui qui éprouve encore de l'autre des
traitemens propres à le lui rendre plus insupportable. C'est'
à mitiger d'un côté le pouvoir du
aux sages législateurs
à celui-ci
maitre sur, l'esclave, ct. à procurer
quelques
de consolation, et même d'espérance, La funeste"
objets
toute vidée
une
boëte de Pandore se seroit-elle
pour
a
besoin d'espoir pour la souclasse. d'hommes qui plus
tenir dans ses maux et dans ses fatigues perpétuelles 2
Ily y a bien peu de colons qui ne pensent pas que leur
de l'état actuel des
honneur et leur gloire dépendent
esclaves, et qu'ils sont plus itéressés à Fagraver qu'à:
Tadoucir. Leur proposer une réforme indispensable dans
c'est comme si on leur proposoit de se déce régime,
à DA
a
besoin d'espoir pour la souclasse. d'hommes qui plus
tenir dans ses maux et dans ses fatigues perpétuelles 2
Ily y a bien peu de colons qui ne pensent pas que leur
de l'état actuel des
honneur et leur gloire dépendent
esclaves, et qu'ils sont plus itéressés à Fagraver qu'à:
Tadoucir. Leur proposer une réforme indispensable dans
c'est comme si on leur proposoit de se déce régime,
à DA --- Page 32 ---
(28 1
sister de leur droit de propriété.
devient plus nécessaire
Cependant cette réforme
L'esclave
que jamais.,
, dites-vous , a tous les
vertu. Je conviens
vices, sans une seule
celui qui le
que ne pouvant supporter la vue de
prive de tout, jusqu'à sa
même, , s'abandonne à tous les écarts.
volonté morale
qui les lui inspirez ?
Eh ! n'est-ce pas vous
Quelle récompense
Hélas ! c'est d'être abandonné
attend-il de vous?
au fond de votre. jardin
dans un mauvais ajoupa 1
à
9 loin de vOS
peine se trainer
yeux, lorsqu'il peut
bois pour faire cuire pour se procurer. un peu d'eau et de
lent bien
ce que ses pauvres camarades
ou peuvent lui donner,
veuil va quêter sa subsistance
9 quand à la' nuit close
dans leurs
cst pas même permis de
cases Carilne lui
tableau, si
quitter son exil Ah !
je voulois ici le tracer Vous
quel
vous-mêmes... Car vous ne
en frémissez
Phumanité de vos
pouvez tout-à-fait arracher
tièrement
coeurs, 1 quand l'habitude les auroit
blasés.
enOn ne peut se dissimuler
res de T'éducation
que T'esclave, privé des lumiè.
culières de
1 doit être contenu par des loix partipolice : mais elles doivent être
sagesse. 1 et rédigées par la
pesées parl la
avec les intérêts du
justice et T'humanité, d'accord
maître, La loi
et qui ne
le
qui n'est que repressive
protége pas sujet, n'est
une oppression absolue
pas une loi; mais est
propriété du maître
et sanctionnée, L'esclave cst la
tant
9 nulle loi ne peut le
d'en
qu'il ne s'en est pas désisté;
priver
jouir
peut pas non plus détruire la
mais cette propriété ne
jouisance que la Ioi doit à tout protection de sûreté ct de
Louis XVI avoit rendu
homme,
qui tendoit
un édit en décembre
au but que je
1784,
fruit d'un faux
propose 3 mais cette loi,
d'adoucir le apperçu 1 sembloit avoir moins eu en vue
joug de l'esclavage, que de
par le noir, et lc noir
le
détruire le blanc
contre l'autre
par blanc, cn les aigrissant lun
Si le
par mille occasions qu'on leur
sort des
présentoit,
csclaycs est si à plaindre au physique,
Y
AK
tendoit
un édit en décembre
au but que je
1784,
fruit d'un faux
propose 3 mais cette loi,
d'adoucir le apperçu 1 sembloit avoir moins eu en vue
joug de l'esclavage, que de
par le noir, et lc noir
le
détruire le blanc
contre l'autre
par blanc, cn les aigrissant lun
Si le
par mille occasions qu'on leur
sort des
présentoit,
csclaycs est si à plaindre au physique,
Y
AK --- Page 33 ---
("20)
il l'est bien plus au moral. C'est dans son ceeur, c'est dans
sont ses
grands tourmens. C'est
sa propre opinion que
plus
donc là qu'il faut chercher le plus l'adoucissement de son
en est simple et aisé : c'est de T'attacher
sort , le moyen
réclle.
à lui-même, c'est de lui accorder une sorte de propriété
Par-là seul on lui donnera une existence réelle s on Ty
attachera, et on l'attachera aux intérêts de son maître:
Déjà on accorde à chacun une certaine portion de terre
vivre s'il
du
se nourrir,
en jouissance pour
peut
produit
se vêtir 5 pourquoi ne peut-il pas avoir authentiquement
la propriété de ce fruit de son travail, et la faculté de,le
fixer sur d'autres objets dont il pourroit encore disposer
librement ? L'esclave ne peut rien posséder. qui n'appartienne à son maître : en vain épargneroit-il, en vain seroit-il laborieux et indûstrieux. 2 il ne peut rien transmettre à ses enfans. De là cette insouciance, cette pré- -
tendue imprévoyance que l'on reproche au nègre, et qui
la
de sa prudence.
sont au contraire précisément preuve
Puisque, se dit-il, je n'ai rien à moi, puisqu'après. avoir
travaillé au jardin de mon maitre à ses heures et pour son
ce
puis
aux miénnes par mes
compte 1
que je
gagner
sueurs lui appartiendroit encore, 9 pourquoi me fatiguela consolation de laisser à
rois je, sans pouvoir goûter
mes parens le fruit de mes travaux ?
lesclave ne travaille
Après ce raisennement naturck,
qu'autant qu'il lui en faut pour ne pas aller nud et mourir
de faim. Plus de la moitié ne daigne seulement pas travailler pour se nourrir ni se vêtir. De là le vol commun
aux esclaves de tous les tems et de toutes les couleurs. Si
mon maître n'est pas content, disent-ils. 1 que nous lui
vollions de quoi manger, il a besoin de nous 1 qu'il nous
nourrisse comme ses chevaux et ses bceufs.
défend la
à l'esclave, est non-
- La loi qui
propriété
seulement plus injuste et plus cruelle que l'esclavage
même, mais encore elle implique une telle contradiction
avec elle-même, qu'il est inconcevable qu'clle ait pu aveir
CE - a
mon maître n'est pas content, disent-ils. 1 que nous lui
vollions de quoi manger, il a besoin de nous 1 qu'il nous
nourrisse comme ses chevaux et ses bceufs.
défend la
à l'esclave, est non-
- La loi qui
propriété
seulement plus injuste et plus cruelle que l'esclavage
même, mais encore elle implique une telle contradiction
avec elle-même, qu'il est inconcevable qu'clle ait pu aveir
CE - a --- Page 34 ---
(301
lieu chez des peuples policés.
Car,si un hommea se
vendre, ne peut-il pas encore mieux, ne doit-ilpas pu
disposer du prix de sa liberté, et par la même dis-je
la conserver ? Si le prix de sa liberté
raison
rester
ne peut lui
2 n'est-il pas évident qu'il n'a pu T'aliéner?
des axiomes invariables de droit et de
Un
peut donner et retenir :
raison, est qu'on ne:
ici, on donne pour avoir le don et le
donnataire. Ce n'est-donc point un contrat
valide, ce n'est
qu'un acte de surprise, de force et de
claven'estq quun
violence, et l'esprisonnier éternel. S'ils'est vendu
il doit jouir du prix de sa liberté
lui-mième,
mieux
7 jamais propriété ne fut
acquise et plus sacrée 2 s'il a pu se vendre : autrement son maitre n'auroit fait que lui
présenter un hameçon, sar.qu'il étoit de ravoir ct.l'appas et Ie
c'est une perfidie. Si l'esclave a été vendu
prisonnier:
Cen'est
par un voleur..,
qu'un prisonnier, etles prisonniers se rançonnent,
Pourquoi donc l'esclave ne pourroit-il pas jouir du même
bénéfice? On lui a ôté le droit de propriété
pour le priver de l'exercice de ce bénéfice... expressément
C'est: le
comble, c'est le dernier rafinement de Tinhumanité.
En accordant à l'esclave la propriété absolue de
pécule, ce ne seroit qu'ébaucher son sort ; il faudroit sonl'améliorer
poux
réellement et entiérement, qu'il
sortir
la servitude quand il auroit
pât,
de
épargné de. quoi
sa valeur à son maitre, 1 et cette valeur
rembourser être
avec des précautions
peut
fixée,
contre les fraudes de la
de
tyrannic et
l'avarice, sur les rôles des récensemens
les talens et la
annuels, selon
bonne ou : la mauvaise constitution de
l'individu.
Il est fort aisé de prouver que le maître gagneroit
toutes les manières à cette loi de justice. Si l'esclave de
voit espérer de rompre sa chaîne par son travail, pou:
industrie
par son
2 par sa conduite, combien ne se soigneroit-il pas
lui-même., combien ne s'empresseroitil pas lui-même à
remplir sa tâche pour nc l'avoir plus un jour ! Ic maitre,
auroit aussi des ouvricrs plus. adroits pour ses travaux,
A
U
que le maître gagneroit
toutes les manières à cette loi de justice. Si l'esclave de
voit espérer de rompre sa chaîne par son travail, pou:
industrie
par son
2 par sa conduite, combien ne se soigneroit-il pas
lui-même., combien ne s'empresseroitil pas lui-même à
remplir sa tâche pour nc l'avoir plus un jour ! Ic maitre,
auroit aussi des ouvricrs plus. adroits pour ses travaux,
A
U --- Page 35 ---
(3r)
ses manufactures ; l'esclave seroit intéressé à s'instruire de,
quelque métier pour s'aider dans son projet de
de quoi s'affranchir. Que risque son maitre d'ailleurs?Un gagner
esclave ne commence à être en âge de gagner de
son
T'argent
pour
compte 1 que vers trente ou quarante ans ; il ne
faut en excepter que fort peu; et alors il s'est déjà
par son travail. Il lui faut, en bien
s'il payé
métier, plus de
travaillant, a un
quinze ans pour gagner sa valeur, vivre
et se vêtir; et s'il n'a aucun talent 7 il lui faut
de
vingt ans, s'il est bien sobre et bien économe. Il plus
donc de 60-à70: ans lorsqu'il demanderoit à
auroit
Sortir de la
servitude : or, n'est-il pas alors arrivé à l'age où il
bientôt être hors d'état de rendre service à
va
Pendant le tems qu'il se seroit occupé à
son'maître ?
se' racheter de
amasser dé quoi
l'esclavage, 2 il auroit préché
d'exemple aux
jeunes esclaves par une bonne conduite
9 l'exactitude à
son devoir, et n'auroit pensé qu'à l'heureux moment où
il auroit enfin brisé ses fers. Son maître
celui
aura donc été
quiauroit réellement gagnée à cela, puisqu'après les
bons services du sujet 2 il n'auroit été remboursé de
Valeur, au moment où il devoit perdie l'un et l'aurre. sa
Par
tnerespérance 2 presque fictive de son esclave, il wuroit
doublement gagné sur son travail et sa fidélité :
auroit élé heureux long-tems d'une
l'esclave
perspective
et souvent imaginaire.
éloignée
On pense bien que dans le cas oà il parviendroit à la
réaliser, il devroit être exempté de cette taxe excessive
qu'ilfrur donner pour affranchir un bon sujet que l'on
veut récompenser par le don de la liberté, I
Au surplus' , on pourroit encore établir
le
que maître
deviendroit, comme par aubaine,Théritier de son
si celui-çi meurt sans enfans ou
esclave,
parens
- La propriété absolue du pécule de l'esclave légitimes.
encore : ce bien, de diminuer les désertions produiroit
en fixant
sorte. d'amende sur son avoir au profit du maître, dans une
cas de maromage., ainsi que dans le cas
le
:
de délit, pro7 a Ci
pourroit encore établir
le
que maître
deviendroit, comme par aubaine,Théritier de son
si celui-çi meurt sans enfans ou
esclave,
parens
- La propriété absolue du pécule de l'esclave légitimes.
encore : ce bien, de diminuer les désertions produiroit
en fixant
sorte. d'amende sur son avoir au profit du maître, dans une
cas de maromage., ainsi que dans le cas
le
:
de délit, pro7 a Ci --- Page 36 ---
(32)
portionné à ia gravité du crime. Personne,
contestera
1 je pense, ne
que ce sont-là de puissans ressorts
contenir l'esclave et épurer ses mceurs. Mais les colons pour
n'imitent-ils pas un peu les Espagnols qui firent
les
Caraibes pour des brutes afin de justifier leurs passer
En épurant les mceurs des esclaves
cruautés
peu de faire
9 ne craint-on pas un
contraster trop leur sort avec leur manière
d'être et d'agir et le goût des
si
a
maitres pour ces Africaines, viles à leurs yeux, ne seroit-il
par une loi qui rameneroit la chasteté pas trop contrarié
Si l'esclave
dans leur ame ?
avoit la consolante perspective de
un jour se racheter par ses épargnes, la servitude pouvoir
pas plus dure à supporter
ne seroit
pour lni, que le service pour le
soldat, qui se console de son engagement
la certitude
où il est d'en voir arriver Ia fin.
par
plus de douceur dans les
Ajoutez à cela un peu
châtimens auxquels il seroit soumis, on ne perdroit pas tant de nègres chaque année,
les négrillons ne périroient plus tant au berceau, bien
moins encore au sein de leurs mères. Une
constante
expérience aussi
que peu sentie des colons
nègres et sang-mélés librcs
2 prouve que les
1 vivent bien plus
que les esclaves et multiplient infiniment
long-tems
davantage, en
exceptant quelques domestiques de maisons
ont le bonheur
. et ceux qui
d'appartenir à des maîtres d'une douce
administration. L'homme satisfait de son sort est
mieux portant, et plus porté au bien qu'au mal. C'est toujours
le contraire de celui que l'ennui
tout
tourmente 1 que le
et
accable,
c'est bien pire de celui
dégont
dans l'ame !
qui a le désespoir
Ce qui aflige le plus les ames sensibles
pouvoir douter
9 c'est de ne
qu'en améliorant le sort des esclaves, les
colons en seroient plus riches
heureux. Traitez
1 plus tranquilles et plus
humainement votre esclave, ayez-en soin,
récompensez-le quand il remplit ses devoirs avec
il
scra mieux
zèle,
portant 1 moins méchant, vivra plus
tems, et vous rendra conséquemment
de longplus
service.
- -
ige le plus les ames sensibles
pouvoir douter
9 c'est de ne
qu'en améliorant le sort des esclaves, les
colons en seroient plus riches
heureux. Traitez
1 plus tranquilles et plus
humainement votre esclave, ayez-en soin,
récompensez-le quand il remplit ses devoirs avec
il
scra mieux
zèle,
portant 1 moins méchant, vivra plus
tems, et vous rendra conséquemment
de longplus
service.
- - Combien
A a --- Page 37 ---
(93 )
ménager une centaine de
Combien de colons 5 pour
livres
an, en nourriture. , pendaat la maladie d'un
par
trois mille livres et plus par sa mort!
esclave, , perdent
vouloir en
combien de journées de travail perdues pour
gagner une ou deux de plus ?
les moeurs des esclaves 3 les maîtres gagnaEpurant
travailler,
roient encore : l'esclave ne penseroit qu'à
qu'a
thésauriser au lieu d'enterrer son argent, ou de le manger
débauche ou de s'en souler pour s'étourdir sur son
en
Avec le droit de propriété sur SOFL
éternel malheur. celui de transmettre à ses enfans et à
pécule * s'il avoit
dans les
légitimes 4 on verroit naitre le mariage
ses parens
verroit
ce libertinage affreux
habitations 3 on en
disparoitre
fait
tant de
achève de dégrader l'esclave, et en
périr
qui
milliers.
ou feignent de penser
Il y a des colons qui pensent. 3
le mariage n'est pas nécessaire aux esclaves 2 qu'il
que même leur être nuisible : ou ils ne sont pas sincères,
peut
réfléchis. Le nègre à une singulière
ou ils n'y ont pas
vénération pour cet état; il regarde ses cnfans légitimes
bien
à lui $ et ceux-ci
comme étant
plus particulièrement
Si l'on voit
les aiment et les respectent bien davantage.
les esclaves 1 il n'en faut chermoins de mariages parmi
dans l'extrême crainte de faire trop
cher la cause que
cette
et un
d'enfans misérables : c'est aussi par
raison,
le pouvoir qu'à son maître sur ses negresses que
peu par
hors
les esclaves aiment mieux C allerse chercher rune femme
habitation : du moins, se dit-il,si mon maître la
dc son
n'en saurai rien; si mes enfans sont maltraités,
séduit, je
la doulenr d'en être le témoin.
je n'aurai pas
s'il avoit une sorte
crainte feroit place au desir,
Cette
en faveur de ses
de propriété 1 s'il pouvoit en disposer
enfans légitimes, et s'il étoit traité avec plus de'douceur,
s'il n'a pu les tirer de l'esclavage, il mourroit
parce que, consolant de leur laisser de quoi en sortir
avec l"'espoir
banni parmi
plutôt. Il est de fait que depuis quelemariage
E
C C
s'il avoit une sorte
crainte feroit place au desir,
Cette
en faveur de ses
de propriété 1 s'il pouvoit en disposer
enfans légitimes, et s'il étoit traité avec plus de'douceur,
s'il n'a pu les tirer de l'esclavage, il mourroit
parce que, consolant de leur laisser de quoi en sortir
avec l"'espoir
banni parmi
plutôt. Il est de fait que depuis quelemariage
E
C C --- Page 38 ---
(34)
les csclaves à force de les
femmes.
ridiculiser, ou d'abuser de leurs
7 depuis que la paternité n'est plus qu'une
doulourcuse à. leurs
chimère
yeux ; on ne les voit
à rien de suivi, et on les voit
plus s'attacher
se livrer à tous les
Le droit de
désordres.
propriété. 2 d'hérédité 1 et de retrait sur la
liberté feroit donc naître des mceurs
ves,;
pures parmi les esclapour assurer leur héritage à leurs descendans, ils
courroient au mariage, ce lien de la société
resant les hommes par des égards sacrés
qui, en unisà leurs
cit leur caractère
yeux, adou2 épure leurs sentimens. Les
n'étant contenus par aucune de ces chaines esclaves
volontaires ne tiennent à rien, désertent
morales et
pour peu de chose, ne craignent
sans sujet, ou
pas même les
châtimens : 2 regardent la mort
plus rudes
comme le terme à
maux 1 et ne cherchent qu'à éviter la
leurs
tres. Qui les retiendroit ? leurs
vue de leurs maifemmes, elles
celles du premier venu 1 ou tout au moins peuvent être
maîtres si le caprice lui en
celles de leurs
prend, comme cela n'est
trop ordinaire;leurs enfans? ne sont-ils
que
mêmes maux, ne sont-ce' pas même des pas condamnés aux
souffrances - de
pour eux ? Peuvent-ils les regarder
plus
blement les leurs ? Leur avoir ? comme étant véritala reconnoissance P de
en quoi consiste-til?
quel bienfait ?
Toute la consolation de T'esclave est dans
dans sa danse, et on lui défend de danser sa chanson,
par an. Il voit les blancs et les
plus d'une fois
gens de couleur
s'assembler , s'amuser, goiter le plaisir de la danse libres
est passionné 7 et il lui est défendu de
dont il.
quelquefois de ses semblables, de
se rapprocher
sur son sort par le bruit enchanteur s'étourdir un instant
de son
Désespéré de se voir tout ôter,
tambour.
plus innocens
il
jusqu'à ses plaisirs les
mêmes, se soule en secret, ,
veilles et en débauches, va dans les bois
s'épuise en
gagne des maladies.
danser da nuit,
, périt ou devient caduc avant
il me semble entendre son maître
l'âge.
répondroà ces
notoires : 66 Je suis dans un pays où l'on
vérités
ne vient que
M
47L
éré de se voir tout ôter,
tambour.
plus innocens
il
jusqu'à ses plaisirs les
mêmes, se soule en secret, ,
veilles et en débauches, va dans les bois
s'épuise en
gagne des maladies.
danser da nuit,
, périt ou devient caduc avant
il me semble entendre son maître
l'âge.
répondroà ces
notoires : 66 Je suis dans un pays où l'on
vérités
ne vient que
M
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(35) )
faire fortune,' oà la durée de la vie est incertaine et
pour
il faut que je tire de mes nègrcs le plus grand
précaire ;
et le plus prompt parti : ils vivront peu 5 peu m'importe,
j'en aurai tiré la quintescence. Ceux qui me succèderont
s'en procureront d'autres s'ils veulent 27.
J'ai entendu nombre de colons dirc que pourvu qu'ils
conservassent le quart des nègres qu'ils avoient achetésau
bout de dix ans. 9 c'étoit tout ce qu'ils demandoient.
Si l'esclave avoit quelquefois la consolation de s'amuil s'attacheroit davantage à travailler pour lui-même,
ser,
de la perspective de la liberté,afin de
indépendaiment
s'habillcr proprement pour aller danser. On en
pouvoir
a la preuve : à T'approche du premier de T'an, époque
si chère et si mémorable pour les esclaves, parce que
c'est le seuljour quils sont assurés de danser sans empêchement: : ils font tous leurs efforts pour sC donner un
rechange propre. Ils se privéroient de nourriture pour
paroitre bien habillés ce jour-là : rien n'est plus honteux
à leurs yeux que de ne Têtre pas ce grandjour de fête.
l'attelier
nc soient pas bien mis, Ics
S'il y en a dans
qui
de
au calinda. C'est-alors
autres leur prétent
quoi figurer
qu'ils goûtent ce doux plaisir de répéter une chanson nouvelle. Le lendemain 1, ils la répètent encore, ils
racontent avec une nouvelle joie la manière dont un tel
a battu le baboula, 9 dont un autre a dansé, a chanté 5
comment tels et tels étoient habillés, etc. c'est le sujetd'un mois des entretiens les plus intéressans : c'cst ce qui
bannit pendant tout CC tems tout souvenir désagréable
de leuve csprit; heureux s'ils n'en avoient jamais del leur état!
Pendant ce mois de délices pour cux, ils sont plus gais 1
plus courageux à T'ouvrage. Leurs instrumens aratoires se
lèvent et retombent tous en même-tems en cadence, et
Fouvrage en avance d'autant. Ce sont autant de moyens
s'offrent d'eux-mêmes aux colons pouradoucir le sort'
qui
des esclaves et qui servent leurs propres intéréts.
: Mais ils. craignent que dans les assemblées des.esclaves,
E_2
- C
ux, ils sont plus gais 1
plus courageux à T'ouvrage. Leurs instrumens aratoires se
lèvent et retombent tous en même-tems en cadence, et
Fouvrage en avance d'autant. Ce sont autant de moyens
s'offrent d'eux-mêmes aux colons pouradoucir le sort'
qui
des esclaves et qui servent leurs propres intéréts.
: Mais ils. craignent que dans les assemblées des.esclaves,
E_2
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56.)
ils ne concertent la perte de leurs maitres
toujours tremblans
; 66 les tyrans sont.
99, Eh! nesentent-ils donc
traitant plus humainemeur, ils
pas qu'en les
dangereux
n'auroient plusen eux d'aussi
ennemis P Ne sententils donc
comme ils le sont
pas que 2 traités
actuellement, les esclaves
aisément fomenter leur
peuvent trop
perte sans des assemblées
ques, où il n'est jamais prudent de s'ouvrir
publiimportant P Est-ce au sein des
d'un secret
crimes ? non... C'est
plaisirs où l'on pense aux
sous le poids de
Eh
soyons justes et humains envers
l'injustice.
!
nos affranchis,
nos esclaves, et envers
tous nos sujets de crainte seront
et: nous ne serons plus environnés
anéantis,
que de cceurs reconnoissans, que d'amis, Quel échange,
Parcourons T'histoire de
cependant!
que chez tous les
toute la terre 9 nous verrons
étourdir les
peuples, 9 policés ou barbares 9.
hommes de la classe malheureuse
pour
misère 1 et peut'être pour lés contenir
sur leur
pensées du sentiment de leur
en détournant leurs
spectacles,
sort,-on leur donne des
1 on leur permet des jeux, des fêtes,
scmens
des amupublics 3 on a vu le peuple romain souffrir
ticmment les cruautés de
pavoulut lui ôter
Néron, et se soulever quand on
son Bouffon. Les seuls esclaves
nies ne peuvent avoir aucune
des coloclandestin
sorte d'amusement. Tout est
pour eux ; sous-prétexte
ne peuvent être qu'illicites,
que leurs asemblées
de goûter le seul
tumultueuses, ou leur défend
l'on
plaisir qu'ils peuvent avoir. Comme si
pouvoit les empécher de s'assembler
si leurs assemblées
en secret, comme
gereures
celles publiques pourroient être aussi danque
qu'ils tiennent la nuit ; comme si
danse,. dont ils sont si
la
idées de complot
passionnés, ne les écartoit pas des
qu'en leur
qu'on redoute tant de leur part ! tandis'
permettant de danser en présence d'un
nome, ils s'amuseroient
écofaire de nuit et
assez pour ne plus chercher à le
dans les bois comm e on ne saaroit
l'empécher. Etl'on peut préférer une vie ausstri
une tâche aussi rude et aussi
oublée 9
inhumaine, à la douceur
K
de complot
passionnés, ne les écartoit pas des
qu'en leur
qu'on redoute tant de leur part ! tandis'
permettant de danser en présence d'un
nome, ils s'amuseroient
écofaire de nuit et
assez pour ne plus chercher à le
dans les bois comm e on ne saaroit
l'empécher. Etl'on peut préférer une vie ausstri
une tâche aussi rude et aussi
oublée 9
inhumaine, à la douceur
K --- Page 41 ---
(37 -
)
! oh, que Ies
et bienfaisante
d'une vie paisible 4 juste
!
tyrans sont aveugles ct malheureux
véritable on s'opMais croira-t-on par quelle politique
Oui,
danses des nègres ? par jalousie...
pose ainsi aux
avoir le droit exclusif et arbitraire
les blancs 1 quiveulent
s'ils les laissoient aller
sur leurs négresses. 9 craignent que
leurs plaides nègres partageroient
dans des assemblées,
qu'avec toutes leurs présirs Pauvres colons ! ignorent-ils toujours un nègre ?
cautions leurs négresses préférent
le sort de leurs
Loin donc de rien risquer en adoucissant
L'esclave
de toutes les façons.
esclaves ils y gagneroient amasser son prix que sur la
le plus entendu ne pouvant
sa perte ou les
fn de sa carrière 9 il ne feroit qu'éviter soute sa vie, le
charges de sa veillesse à son maître ; et lui aura été un
seul espoir de devenir un jour libre, tout. à l'avanstimulant, , oy plutôt un frein puissant et
tage du propriétaire. doute les maîtres qu'une ignorante cuMais diront sans
avoit le droit de propriété réelle
pidité guide, si l'esclave
assurer plutôt son
il nous pilleroit pour
sur son pécule,
toujours T'esclave est
sort. A 'cela je réponds, 1°. que
le seroit involeur, de quelque couleur qu'il soit : go, qu'ill
vols et
finiment moins s'il avoit de quoi répondre de ses
les bontés de son maitre : 30. qu'en
ménager davantage
loix
que ses
établissant pour une de ses
réglémentaires établisd'autant de la liberté : 4°. en'
vols T'éloigneroient
avoir.
sant une sorte d'amende sur son
de T'esclave, qui
Mais tel qu'est actuellement le sort
détourner du vol et le porter au bien, au : trapeut le
à la sobriété ? qu'il fasse bien ou
vail, à la fidélité et
c'est tout un, n'ayant
mal à ses yeux 1 et dans le fait,
S'il pèche, il
aucune sorte de récompensc à en attendre. mais s'il fait
est sûr, à la vérité 1 d'être rudement châtié ;
devoir il est aussi sûr de n'en être point récompensé.
son
le voudroit, se résouCar quand bien même son maître
puis
droit-il à sacrifier sa 'valeur, si chère aujourd'hui,
-
>
2 C
T
c'est tout un, n'ayant
mal à ses yeux 1 et dans le fait,
S'il pèche, il
aucune sorte de récompensc à en attendre. mais s'il fait
est sûr, à la vérité 1 d'être rudement châtié ;
devoir il est aussi sûr de n'en être point récompensé.
son
le voudroit, se résouCar quand bien même son maître
puis
droit-il à sacrifier sa 'valeur, si chère aujourd'hui,
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2 C
T --- Page 42 ---
1 38)
encore à donner la somme extraordinaire
pour obtenir son affranchissement
qu'il en coûte
étoient empéchés
P les bons maîtres:
par-là de récompenser leurs
sujets, et les mauvais trouvoient le
fidèles
à la justice et à la bienfaisance. prétexte de manquer
couroit donc, ou plutôt
Le gouvernement conle sort des esclaves
aggravoit 2 appesantissoit encore
en rendant leur affranchissement
quimpossible ; tout ce que ceux-ci
presleurs maitres 1 pour leurs bons
peuvent attendre de
châtiés quand ils méritent
services, c'est de n'être pas
On ne
des récompenses
peut lire 1 sans une amère
cruels déchiremens, dans le
douleur 2 sans de
rique à l'assemblée
rapport des dépurés de T'Améle
à
nationale, que les nègres
plus se louer des bontés de leurs
quiavoient
les
maitres , ont été
premiers, pendant leur révolte 1 à les trahir et à
égorger... Eh ! ne-s sont-ils donc
les
faut-il encore
pas déjà assez à. plaindre!
chercher à les rendre
n'êtes. vous pas assez entourés de
plus misérables! et
les esclaves à un état plus
danger; faut-il réduire
hommes ont
désespérant encore ! Quoi? des
pu se flatter de persuader à. une
composée des hommes lcs plus
assemblée
pirc françois,
savans de tout l'emque plus on fait de bien aux
plus ils sont
esclaves, et
maltraités méchans! que ceux qui avoient été les
sont ceux qui se sont montrés les
plus
et les plus attachés à leurs
plus fidèles 7
qui les ont sauvés
maitres, qui les ont défendus,
Ainsi, votre conclusion
que vous les traitiés encore
barbare est
mieux
plus cruellement pour en être
servis, plus aimés, et plus sûrement
Oh! quelle maxime et l'on
Préservés
Les Espagnols
a pu la mettre au jour :
avoient une loi fort
çant ils ont abolic : un esclave
sage qu'en se, polide lui donner la liberté
pouvoit forcer son maître
tournois. L'édit de
moyennant la somme de 1200 liv.
toute
1784 accorde la liberté dc Savanne à
fans. Mais négresse qui pourra présenter à son maitre six enla liberté qu'est-ce pour elle que- cette vaine image de
après laquelle le cceur de T'esclare
soupire tant ?
A
A
-
do
ils ont abolic : un esclave
sage qu'en se, polide lui donner la liberté
pouvoit forcer son maître
tournois. L'édit de
moyennant la somme de 1200 liv.
toute
1784 accorde la liberté dc Savanne à
fans. Mais négresse qui pourra présenter à son maitre six enla liberté qu'est-ce pour elle que- cette vaine image de
après laquelle le cceur de T'esclare
soupire tant ?
A
A
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do --- Page 43 ---
(39) )
Ne sait-elle pas bien que si elle vient à faire d'autres enfans, ils n'en appartiendront pas moins à son maître ?
Ne sait-elle pas bien qu'ellene peut sortir de cette Savanne
sans un billet de son maître, et que ce n'est-là qu'une liberté absolue à toute mère de huit enfans vivans ? On eut
par-là donné naissance à de milliers de négrillons de plus,
on eut rendu leurs mères plus soigneuses à les nourrir, à
les préserver des vers, à les échiquer. Eh bien 2 cette liberté
imaginaire 1 dont très-peu de négresses auroient pu jouir
par le pur hasard , croira-t-on qu'elle a été rejettée d'une
grande partie des colons ?
C'est-quelque chose de frappant que la chaleur avec
laquelle les esclaves poursuivent la liberté , et l'enthousiasme avec lequel ils la reçoivent : peut-on ne pas appercevoir que c'est - là le moyen le plus éffcace que
lon puisse employcr pour les porter à tout ce qu'on
doit en exiger,s'ils étoient sûrs d'en obtenir cette récompense si chère à leurs coeurs ? mais il semble que, pour
servir le goût des colons, le, gouvernement soit fâché de
voir sortir un esclave de son état. Et cependant on ne
peut plus douter aujourd'hui que lc salut des colonies dé- A
absolument du nombre des hommes de couleur
pende
libres.
m'a appris. Mon
Voilà ce qu'une longue expérience
projet, et bien mieux encore mes réflexions, trouveront
de partisans parmi certains colons ; mais dans des vues
pcu d'utilité générale 7 le bon citoyen s'élève sans crainte audessus des considérations particulières 5 et quand son
examen a été fait par T'aeil impartial de la raison et de
T'humanité, s'ilr n'a point les suffrages de tous ses concitoyens, ilala douceur du témoignage de sa véracité pour
se consoler.
MILSCENT, créole.
Paris, ce 18 décembre 1791.
Ca >
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63- 137
Nou 62.
tros
E792
M 661d
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A
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AA Z1
E792
M66ld
>
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