--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A20c
Ku
.
e
Jobur Cartrr Brotun
Library
firom Iniversite --- Page 3 --- --- Page 4 ---
1833. --- Page 5 ---
DU CO M M E RCE
DESCOLONIE S. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
a
DU CO M M ERCE
DES COLONIE S.
LE commerce eft un. échange.
Un peuple peut échanger fes productions
territoriales, & c'eft le commerce deluse; celles
de fes manufastures,, & c'eft le commerce
d'induftrie ; les produétions des autres peuples ,.
8 c'eftle commerce d'économie. -
Le commerce eft intérieur ou extérieur.
Il ne peut exifter d'Etat fans un commerce
intérieur.
On a prétendu que les peuples qui poffedent
les matieres du cômmerce de luxe
> pourroient à
toute rigueur fe paffer de commerce extérieur.
Mais on fe trompe : ces peuples difparoitroient
bientôt du monde politique. Je
fuppofe. > pat
exemple, que la France qui jouit du plus grand
commerce de luxe, voulant y renoncer , abandonnât rout-à-comp fes colonies occidentales;
& cette fuppolition n'ef pas fi chimérique. Un
A --- Page 8 ---
[ 2 ]
de
adminifirateur Pa férieufement propofé
grand
cet abandon?
nos
jours. Quanversitil-de de loi fomptuaire s
io. Comme iln'y a point exécution, qui pic
telle févérité qu'on mit à fon
des chofes de luxe auxquelles
empècher T'ufage
il faudroit néceffes habitans font accourumés,
On
fouffir que TEtranger les apportit.
fairement
millions la confomqu'à IOO
veut bienn'évalner
de cette nature, tels
mation annuelle des objets
les
le café, Tindigo, le coton 3
que le fucre,
les teintures , le thé,
poiffons falés, les huiles,
Pétat aétuel des
les toiles de FInde, &cc. Dans
fort
non-feulement cette fomme ne
pas
chofes,
mais il y en entre autant par lexde la France,
de Texcédent de fa conportation à TErtanger,
il faudroit que
fommation. Dans T'état fuppofé,
de fes
fomie fàt fournie par Texcédent
cette
territoriales: mais il eft évident que
produdions
de fes terres étendue & perjamais la culture
reffources de
fectionnée, ni toutes les nouvelles
de numéune maffe
foninduftrie ne donneroient celui dont elle auroit
raire capable de balancer
donc annuelleperdu la fource. De-liréfalteroit
confortie d'une partie de fon numéraire,
ment
du taux de Fintérèr
féquemment augmentation
cédent
cette
territoriales: mais il eft évident que
produdions
de fes terres étendue & perjamais la culture
reffources de
fectionnée, ni toutes les nouvelles
de numéune maffe
foninduftrie ne donneroient celui dont elle auroit
raire capable de balancer
donc annuelleperdu la fource. De-liréfalteroit
confortie d'une partie de fon numéraire,
ment
du taux de Fintérèr
féquemment augmentation --- Page 9 ---
Laj
de l'argent dans le fein du royaume,
conféquemmentaugmentationdu, prix des productionsmème
de
laMétropole, qui ne Pourroient plus foutenir
la concurrence dans les marchés
il viendroit néceffairement
étrangers; enfin
une époque où la
France en'exportant rien, & importanr besucoup,
perdroirfa Propre culture 8cfespropres
& feroit forcée d'en.recevoir les
fabriques,
produits de l'Etranger qu'elle auroit à plus bas prix. Son état
feroit pire que celui de l'Efpagne,
2°.Une branche confidérable des revenus du
gouvernement étant alimentée par le commerce
extérieur, il faudroit qu'en la perdant, il augmenritlesimpôrs fur les terres & fur l'induftrie nationale. In'auroit plus,
dira-t-on, 2 befoin de marine; ainfi fes dépenfes feroient diminuées de
qu'ilen coûite maintenant
ce
pour cet objet. Que fa
marine ne dût pas être confidérable, n'ayant
de terres à protéger dans ce nouvel
plus
hémifphere,
j'en conviens ; mais encore en faudroir-il une
pourgarantir fes Côtes d'uneinvafion hoftile ; ou
fi, àtoute rigueur, ilétoicbien prouvéqu'on
abfoluments'en paffer, du moins faudroit-il pâc
une
augmentation dans les troupes de terre, pour
border ces mêmes Cotes.Ainfila dépenfe feroit a
A 2 --- Page 10 ---
t4)
desfubfdesinpemprèslar mtinctampnemision 1
à moins qu'on
térieurs feroit donc indifpenfable, les dettes de TÉtat,
d'annuller toutes
he peéferde
générale.
& de faire une banqueronte réfulteroit de nos pertes s
1 3°. La foibleffe qui
la force de notre
feroit d'autant plus grande que d'autant. Après avoir
ennemi naturel faccroltroit
abandonnées,
envahi les mines que nous autions
attirelui proetreroient y
les Aots d'or qu'elles les hommes. De-li une émireionnioufticemenr)
troifieme canfe de fa
dela France & une
grarion
ruine.
ci-deffus entre les difféDe la difindion pofée
il fuit: :
xentes efpeces de commerce, fufceptibles d'un comQue fi tous les peuples
le faifoient en
de luxe ou d'induftrie,
aucun
merce
il n'y auroit, pour
entier enx-mèmes > déconomie:
autre > de commerce d'économie fuppofanr, chez
Quele commerce avec une certaine étenduc
les peuplès qui le font faculté d'opérer avec le
& un certain fuccès, la
du moin-
& de fe contenter
moins de dépenfes
ont un avantage décidé
dre bénéfice, ces peuples de luxe aux peuples
enlever le commerce
pour
nanurelement.
quile poffedent
auroit, pour
entier enx-mèmes > déconomie:
autre > de commerce d'économie fuppofanr, chez
Quele commerce avec une certaine étenduc
les peuplès qui le font faculté d'opérer avec le
& un certain fuccès, la
du moin-
& de fe contenter
moins de dépenfes
ont un avantage décidé
dre bénéfice, ces peuples de luxe aux peuples
enlever le commerce
pour
nanurelement.
quile poffedent --- Page 11 ---
IsJ
Qu'il eft conféquemment indifpenfable a ces
derniers peuples des'entourer de furveillances &c
depolaion.dikaeradmr, pas être dépouillés.
Il n'eft aucun pays qui foit ftriétement borné
au commerce d'économie ou au commerce de
luxe. Il y a toujours un peu de mélange. Mais
on peut dire que,despays commerçans donrl'influence foit remarquable, Ia France eft le feul
qui faffe un gsand commerce de luxe & d'induftrie, l'Angleterre, le fenl qui faffe un grand commerce d'induftrie & d'économie, la Hollande &
quelques sautres ÉratsduNord, 00 5 les feuls qui fafe
fent un grand commerce d'économie.
La Hollande penche vers fon déclin. L'Angleterre en étoit jaloufe; elle a fufcitéla révolutions
qui a fait un Roi de fon Stathouder. De-là le
defpotifme ariftocratique &la fervitude, légoif.
me &la deftruétion de lefprit public. L'on.
prédireque cettePuiffance ne tardera
peur
dans fon premier néant. Son exiftence pasarentres
aura été
brillante & courte. Ce fut le fort de Carthage,
deVenife. Ce fera celui de tous
ront
lesBiratsquinand'autre bafe qu'un. commerce en quelque
forte
fusnaturel,telquele commerce d'économie.
Les États-Unis ont toute la parcimonie d'un
A 3 --- Page 12 ---
[61 ]
& toute Tadivité d'une Puifpeuple nouveau,
leur gouvernefance naiffante; leur pofition, rourné vers le
leur génie entiérement
ment,
extrémement redoutables.
commerce les rendent
confidérable de
L'Angleterre joint à la maffe
une
d'avoir perdu
fes forces acquifes - le regret ambition de fe récolonie immenfe, l'ardente
& par deffus toutl T'avantage
parer de cette perte,
occupé fans reincalculable d'un gouvernement
ne fair la
lâche à étendre fon commerce, qui
s'emparer par la force de ce que
guerre que pour lui obtenir pendant la paix.
fon adreffe n'a pu
deux terribles rivaux
La France voifine de ces
& le nouvel hémifphere - , s'eft ref-
'dans Pancien
de fon premier efprit milifentietrop long-tems Nous n'avons eu que le
taire & chevalerefque. dernier fiecle, qui ait elfayé
feul Colbert, dans le
dele tourner vers des
de changer cet efprit, & difficile: ilsen faut
utiles. La refonte étoit
objets
Il faut efpérer ce grand
bien qu'elle foit opérée.
nationale.
ouvrage de T'Affemblée
commercial qu'il
Ceft à ce défaut d'efprit
conclu, ily
le Traité de commerce
faut imputer
la France & TAngleterre, qui
a deux ans, entre
&
moment a détruit nos manufachures,
dans un
le tourner vers des
de changer cet efprit, & difficile: ilsen faut
utiles. La refonte étoit
objets
Il faut efpérer ce grand
bien qu'elle foit opérée.
nationale.
ouvrage de T'Affemblée
commercial qu'il
Ceft à ce défaut d'efprit
conclu, ily
le Traité de commerce
faut imputer
la France & TAngleterre, qui
a deux ans, entre
&
moment a détruit nos manufachures,
dans un --- Page 13 ---
aggrandi celles de notre rivale fur leurs
monument éternel du
ruines ;
génie de fon
tration & de l'ineptie de la nôtre, C'eft adminif.
caufe qu'il faut attribuer la
tala mêie
perte d'une
partie de nos pêcheries l'arrêt du mois grande
1784 qui livre nos colonies à la
d'Août
rapacité de l'Etranger, tout récemment Fordonnance de M. du
Chillau, encore plus
bleffe
funefte, en un mot la foiperpétuelle du Miniftere dans les luttes
dentes qui tendent à achever de
arJ'ai dit ci-deffus
nous dépouiller,
CC que la France
G elle perdoit fa marine & fes deviendroit,
colonies. Une
perte partielle entraineroit bien-tôr
te totale,
une per-
> parce que les moyens de maintenir
léquilibre diminuent fans ceffe pour lÉrar
perd, en fait de commerce, tandis
qui
que lErat
acquicrt, 3 les augmente & finit
qui
à-fait cet
par décider toutéquilibre en fa faveur.
Ces principes pofés que les colonies font indifpenfables au maintien de la puiffance
de la France, & que la
adtuelle
néfice de
perte d'une partie du b6cescolonies ameneroir bien-tôt celle de
la toralité, voyons ce qu'il faut faire
évirer
ce malheur.
pour
Il feroit fuperfu de remonter à la fource de
A4 --- Page 14 ---
[.8J
des colonies- Quand même il feTérablifement
des
démontré qu'elles auroient eu autrefois
roit
feroient maintenant dans le cas de
droits, elles
s'eft donné volontairetout pays conquis ou qui
loix établies.
ment, obligées de fe foumettre aux
Cherchons donc feulement quel eft T'objet des
colonies, & quel eft le régime qui convient le
mieux à cet objet.
Les colonies ne payent que très-peu d'impôts
d'hommes
à la Métropole, & ne fourniffent pas
tandis que la Métropole leur
pour fa défenfe,
& juftice au
affure proredtion au dehors, paix
La rétribution qui lui eft due & qu'elle
dedans.
eft une extenfion de fon commerce; ,
en exige
deftination. Si elles ne la remvoilà leur unique
elles recevroient fans donner,
pliffoient pas,
elles feroient à charge.
Tous les réglemens qui tendent à augmenter
doivent être adoprés. Tous ceux
ce commerce diminuer doivent être profcrits.
qui peuvent les
diftinguer le commerCar il faut foignenfement
de la colonie. La
ce de la Métropole, de celui
colonie pourroit faire un très-grand commerce,
l'effet feroit abfolument nul pour la Métrodont
falle
pole. Mais il eft impoflible quelaMétopole
foient pas,
elles feroient à charge.
Tous les réglemens qui tendent à augmenter
doivent être adoprés. Tous ceux
ce commerce diminuer doivent être profcrits.
qui peuvent les
diftinguer le commerCar il faut foignenfement
de la colonie. La
ce de la Métropole, de celui
colonie pourroit faire un très-grand commerce,
l'effet feroit abfolument nul pour la Métrodont
falle
pole. Mais il eft impoflible quelaMétopole --- Page 15 ---
fojt
un grand commerce avec la colonie fans
eelle-cin'ytrouve: fon
que
avantage.
Les bornes du commerce dela Métropole
la colonie fe mefurent d'un côté
avec
qu'elle
fur les objets
peur luifournir, de l'autre fur ceux
en peut tirer. Il faut donc,
qu'elle
pour que ce commerce
atreigne toute l'extenfion
pollible, 2 que la Métrcpole fourniffe feule àla colonie tous les
dont elle a befoin, &
objets
qu'ellé en retiré
ment feule toutes fes produétions.
pareilleConformément à cette maxime, T'Angleterre
qu'on peut inconteflablement propofer
dele, en fait de
pour mole
commerce, a misfes colonies fous
régime prohibitif le plus févere. Les objers
même qu'elle ne produit pas, tels que le vin
Thuile, 3 le favon, &c. elle ne
>
colonies les tirenti
permet pas que fes
immédiarement; elle
delesleur
fecharge
porter. LEfpagne, le Dannemark &la
Hollande en agiffent demémepourleurse
Il femble d'après cela
la
colonies.
décidée;
que queftion dût être
que la conduite uniforme de toutes les
Nations dûr former un jugement fans
parce que fi c'eft une grande erreur
appel;
fecroire foifeul
en morale, de
plus fage que tout le mondé, c'eft
une grande faute en politique d'accorder à des --- Page 16 ---
[so1
nous tefufent; ;
Etats rivaux des avantages qu'ils
accès dans nos colonies, à des peud'ouvrir un
ples qui nous excluent des leurs.
la chofe en elle-mème, &
Mais examinons
fur le premier
jettons d'abord un coup-d'ail
impofé aux colonies , fur fes effets 9
régime
fur les faveurs accordées, enfin
leurs plaintes, >
fur celles qu'elles prétendent encore.
ne commencerent à faire
Les colonies Françoifes
C'eftà
utile du Royaume qu'en I 670.
une partie
d'Aventuriers devint
cette époque qu'un ramas
des
intégrante de la Nation, que
une portion
richeffes éparfesacquifes & diflipées en pureperte
furent réunies dans un même canal, & coulerent
fut le fruit du
vers la Métropole; ce bienfait
prohibitif. Il eft bien à remarquer que
régime
réellement Teffet dont on fe
fi ce régime avoit
colonies feplaint, de refferrer la culture, les
car à peine leur déroient mortes en naiffant;
frichementétoit-il alors commencé. L'Hiftoire ne
mais fans doute ilfe trouva aufli
rapporte pas,
orateurAméricain qui ne
dans ce tems quelque
raifons &
d'excellentes
manqua pas d'apporter
celles
certainement au moins plus fpécieufes que
le
prohibitif & en
d'aujourd'hui contre régime
colonies feplaint, de refferrer la culture, les
car à peine leur déroient mortes en naiffant;
frichementétoit-il alors commencé. L'Hiftoire ne
mais fans doute ilfe trouva aufli
rapporte pas,
orateurAméricain qui ne
dans ce tems quelque
raifons &
d'excellentes
manqua pas d'apporter
celles
certainement au moins plus fpécieufes que
le
prohibitif & en
d'aujourd'hui contre régime --- Page 17 ---
[n ]
faveur de la liberté de commerce ; mais le fage
Colbert fut fermeg & l'expétience a prouvé qu'il
fit bien. Les colonies févérement
affujetties à ce
régime pendant près d'un fiecle,
à
parvinrent un
très-haut dégré de profpérité. C'eft de quoi le
Gouvernement fe félicitoit, en 1727, dans le
préambule d'une loi qui renouvelle les difpoli- 1
tions de ce régime.
La premiere arteinted la prohibition fut portée
en 1763, mais elle ne put avoir d'effet. Le Miniftere promptement éclairé retira fa déclaration,
quelques mois après l'avoir rendue.
Cette faute du gouvernement quoique réparée
prefqu'auflirôrque commife annonçoir cependant
quelquefoibleffe & cette foxblefcfarlefignaldes
artaques. Onn'avoit d'abord
demandéqulunel libertébornée àun petitnombre d'objets.Bientotcon
follicita l'ouverture entiere des colonies
limporration
tant pour
que pour T'exportation, l'une &
l'autre illimitée. Cette demande fut
heureufemente
communiquée au commerce de France
d'être
> avant
répandue. Il falloit toute la bonté de fa
caufe pour ne la pas perdre ; car l'auteur de la
demande étoit un chef de bureau miniftériel, &
les perfonnes intéreilées ala faire accorder
Occu- --- Page 18 ---
L 12 ]
duConpoient oamripedteapanbaumend
feil. Cependant elle y fut rejettée avec éclat. Il
fict reconnu que la France étoit en état d'approvifionner fes colonies, que la prohibition éroitnéceffaire, & que toute tolérance même pafagere étoit
pernicieufe. Évincés dans leurs demandes de la franchife
entiere & de tous les points des colonies & de
les
de commerce, les colons fe reftreitous objets
gnirent à folliciter deux feuls entrepôts, l'un pour
les ifles du Vent, Fautre pour les ifles fous le
Vent, & bornés au très-petit nombre d'objets
qu'ilsprétendoient que la Métropole ne pouvoit
leur fournir ni leur déboucher. C'étoit à-peu-près
avoient demandé fans fuccès en
tout ce qu'ils
mais cette fois-ci comme ils avoient eu
avoient comP'art de préparer les efprits, qu'ils
outrée, ils ne parumencé par une exagération
rétérerent
raifonnables, lorfqu'ils
rent plus que
avoit révolté d'abord.
une demande qui
Nouvelles repréfentations du commerce > nouvelles répliques des colons.
Enfin, la matiere débattue par des députés des
conférences chez le
deux parties dans vingt-deux
la
il fut décidé que les deux
Miniftre de marine, 2
efprits, qu'ils
outrée, ils ne parumencé par une exagération
rétérerent
raifonnables, lorfqu'ils
rent plus que
avoit révolté d'abord.
une demande qui
Nouvelles repréfentations du commerce > nouvelles répliques des colons.
Enfin, la matiere débattue par des députés des
conférences chez le
deux parties dans vingt-deux
la
il fut décidé que les deux
Miniftre de marine, 2 --- Page 19 ---
3 ]
entrepôts établisneferoient
huit mois, délai
prorogés quep pour dixqui parut néceffaire pour terminer toutes les fuites d'affaires auxquelles
ces entrepôts avoient donné lieu, &
les colonies
qu'après ce tems
rentreroient fous la néceflfité d'ane
prohibition abfolue,
C'eft en 1775 que cette décifion fut rendue.
La guerre vint; on fait combien les
mens en furent défaftreux. Le
commencenavires
grand nombre de
marchands inemmnispatomnemi,edas
qui étoit néceffaire au fervice militaire, la
perlion de quelques
2 dif
convois, l'irrégularitéde tous,
femblerent néceffiter T'admiffion des
neutres à
Tapprovifionnement de nos ifles.
Le commerce ptivé par la guerre de
vifionnement des colonies, devoir du lapprorer qu'à la fin de cette
moinsefpéguerre, > on lui
en le luir rendant, les moyens de
donneroit,
Il n'y avoit aucune raifon
reparerfesperres. le
loin que le nombre de fes pour refufer. Bien
vaiffeaux fit
la franchife accordée
diminué,
au pavillon neutre avoit
rempli plus que jamais fes ports de bâtimens
l'avoient arbord, A la faveur de
qui
colonies
ce drapcau, les
Françoifes regorgeoient de provifions de
toute efpece, tandis que leurs
propres denrées --- Page 20 ---
1 de 141
celles-ci étoient avilies, ;
recherchées autant que
doublé de prix. Cependant cefur,
avoient plus que
colora d'ucomme en 1763,laf afin dela guerre qui
de raifon la demande des colons.
ne apparence examinerfi ce quiauroit tdû arriOnnevoulut pas
effecfuivantle cours naturel des chofes,avoit
ver,
eulieu;& fi par des circonftances partitivement
culieres, le vrai réfultar n'étoit pas précifément
crut de faux
loppofé du sihulnarwafembilatle-ns
mais avec une telle précipitarion, une
expofés,
eftl bien atténuce,
telle légéreté, & cette expreflion
fanslui
confulter le commerce deF France,
quefans même le moindre avis > fur la premiere
en donner
Pétademande clandeftine des colons, on ajouta
bliffement de cinq nouveaux entrepôts aux deux
dix-huir mois feulement.
tolérés en 1775 pour
eft du 30
Larrèt qui confacra cet établiffement,
eut fon cffet dans les colonies plus
Août 1784si1
d'être connu en France.
de deux mois avant
telle
des défordres qu'entraina une
Qluefonjuge
que l'on apprécie,
marche dans Tadminiftration;
immenfes qui en réfulterent
s'il fe peut,les pertes
pour le commerce de France.
nombre de
Les réclamâtions s'éleverent fans
mal étoit univerfel; mais lo Mitoutes paris:le
tabliffement,
eut fon cffet dans les colonies plus
Août 1784si1
d'être connu en France.
de deux mois avant
telle
des défordres qu'entraina une
Qluefonjuge
que l'on apprécie,
marche dans Tadminiftration;
immenfes qui en réfulterent
s'il fe peut,les pertes
pour le commerce de France.
nombre de
Les réclamâtions s'éleverent fans
mal étoit univerfel; mais lo Mitoutes paris:le --- Page 21 ---
[1s J
niftere perifta opiniatrément dans le parti qu'il
avoit pris.
L'époque eft enfin arrivée où la raifon Va juger
elle-même ce grand procès 'entre l'ancien & le
nouveau Monde. Cen'eft point l'intéret des commerçans, ce n'eft point l'intérêt des colons qu'il
faut confulter; c'eft celui de la nation entiere..
Qu'elle connoiffe, & qu'elle prononce! !
Ilya d'abord une véritcimpottante, dont il
faut fe pénétrer; c'eft que toutes les parties d'un
Empire doivent avoir un point central commun,
d'où naiffe l'action, & où fe porte la réaétion. Ce
centre d'activité fait l'effer du coeur dans le corps
humain;il diftribue la vie dahstous les membres,
& la reçoir d'eux réciptoquement. L'un & l'autre
fe reffemblent en ce que, fi la circulation eft obftruée, le corps languir; & ils different en ce que,
dans le corps humain, le membre où la circulation ne peut plus parvenir, périt;au lieu que dans
le corps politique, la partie où la relation eft interrompue > peut acquérir plus de vigueur qu'auparavant, mais en formant un corpsa part, ou en
fe réuniffant à un corps étranger.
Il fuit de-la que, plus les parties d'un Empire font cloignées du centre, plus les liens qui --- Page 22 ---
E16J
doivent être forts. Les colonies
les attachent,
fontà18oo lieues de la) Métropole.Les
Françoifes
ces colonies à la Méfculs liens qui incorporent
quiles francifent, filon peuts s'exprimer
tropole, le commerce & la navigation. Il faut
aini., font
de trèsdonc, attendu leur extiême diftance, >
la
relations de commerce entr'elles &
grandes
Métropole.
f le commerce entre les
Conféquemment,
vient à fe relâcher, il
colonies & la Métropole
de ces trois chofes Fune: ou elles s'éteinarrivera
elles feront un Empire à
dront entiérement, ou
à un autre Empire;8
part, ou ellesfatracheront
la
trois
feront perdues pour
dans ces
cas,elles
France.
Françoifes ont obtenu fept entreLescolonies
ouverts à
poogeefb-ledites qu'elles ont fept ports
indifindemens,ode elles peuvent
roureslesnationsi
&en faire
recevoir certains approvifionnemens, Ainfi, quand
fortir certaines denrées prefcrites. les Etranmême le commercc des colonies avec
véritablement borné à ces objets prefgers feroit
qui affoicrits, voilà déjà des relations étrangeres natio-
& tendent à rompre les relations
- bliffent
font-elles abfolunales. Ces relations étrangeres
ment
pt ports
indifindemens,ode elles peuvent
roureslesnationsi
&en faire
recevoir certains approvifionnemens, Ainfi, quand
fortir certaines denrées prefcrites. les Etranmême le commercc des colonies avec
véritablement borné à ces objets prefgers feroit
qui affoicrits, voilà déjà des relations étrangeres natio-
& tendent à rompre les relations
- bliffent
font-elles abfolunales. Ces relations étrangeres
ment --- Page 23 ---
fr]
ment indifpenfables? Ce feroit Tunique
pour les permertre: ; mais les colonies
motif
bien paffées pendant
s'en font
près d'un fiecle,
tout le tems de leur érabliffement.
pendant
fi le fermier d'une terre
C'eft comme
quil lui auroit été donhée
inculte, attendoit qu'elle fût en plein
pour demander une diminution furle rapport
bail,
ptix de fon
Les colonies
des bois de
Françoifes ont dit: Ilnons faut
toute efpece, des beftiaux
de la morue, du ris
vivans ;
fines &
& autres légumes, des ré
goudrons, & les
nous fournit
Ents-Unispenvenet feuls
ces objers. Ces mêmes Érats font
pareillement les feuls qui puiffent acherer les
firops & les taffias que nous fabriquons,
On auroit dû leur répondre:
Il eft de l'intérêt de Ia France
accès direé dans fes colonies d'intérdire tout
à un peuple nouveau, commerçant par effence, infiniment
nome > actif, induftrienx, dont le
écoabondamment plufieurs denrées
Pays produit
que celles de la Ffance
de même naturé
> qui a un befoin indif
penfable de plufieurs autres du crû des
& qui.conf@quemment,
colonies
quelque
prenne, ne bornéroit jamaisfes précautionqu'on
imporations &t
B --- Page 24 ---
[18 00 ]
à l'efpece de marchandifes qui
fes exportations Si les colonies Françoifes ne
lui feroit prefcrite.
l'achat des
fe palfer des États-Unis pour
peuvent
&
la vente de leurs firops &c
bois & du ris, pour
fe falle
deleurs taffias, il faut que ce commerce
Continent par des navires Frande Pun à l'autre
ou f une fauffe politique y met obltacle;
gois;
commun, > ifolé, à une
il faut établir un entrepôt
Les
ditanceàpeu-près égale des deux poffeflions.
Iles dé St. Pierre & Miquelon, qu'on a
petites
parfaitement cette defdéjàp propofées, rempliront
rination.
auroit-on pu ajouter, eft
Mais la Guyanne,
de forèts, & peut facilement approvicouverte
de bois; mais la Louifianne
fionner les colonies,
cédée à TEfpagne
qui a été fimpolitiquement
à craindre
rendra le même fervice. On n'a point
fi nui@ible aveç
de cette Nation une concurrence
de
autre. Il eft conftaté que le commerce
toute
eft au contraire avannos colonies avec TEfpagne
fe borne àl'extagenx > parce que cette puilffance
qui y
tradtion des objets de nos manufactures
donne fon numéraire
font introduites, & qu'elle
vivans en eft
échange. L'article des beftiaux
en i
De tout tems les Efpagnols qui polleune. preuve.
nui@ible aveç
de cette Nation une concurrence
de
autre. Il eft conftaté que le commerce
toute
eft au contraire avannos colonies avec TEfpagne
fe borne àl'extagenx > parce que cette puilffance
qui y
tradtion des objets de nos manufactures
donne fon numéraire
font introduites, & qu'elle
vivans en eft
échange. L'article des beftiaux
en i
De tout tems les Efpagnols qui polleune. preuve. --- Page 25 ---
Er 19 ]
dent la moitié de l'Ile de St. Domingue y forr
ment un peuple pafteur qui ne fait prefque d'autre commerce que d'élever des beftiaux pour les
vendre à la partie Françoife. Leurs fournitures
dans ce genre feroient dans le cas d'exçéder les
befoins des colons François.
Et pourquoi les colonies Françoifes autoientelles recours aux légumes étrangers, lorfque la
Touraine & le Saumurois rempliffent de leur
fuperflu dans ce genre les befoins de lEfpagne
& de l'Italie?
Quant aux réfines & goudrons, les forêts des
environs de Bayonne, du Condomois, du Bazadois, du Marenfin, de la Telte, en fourniffent
en très-grande quantiré, Nous avons pour fupplément les goudrons quelel Nord nous envoyeabondamment en échange des denrées coloniales.
Ainfi la France eft en état de pourvoir bien au
delà des befoins de fes colonies qui ne peuvent
être que très - bornés dans ce genre, attendu la
modicité de leur marine.
Nous convenons que la pofition de la France,
pour la pêche de la morue, eft infiniment défavo-.
rable en la comparant à celle des Érats-Unis &
del'Anglerere.Les sErat-Unispechent ce poiffon
B 2 --- Page 26 ---
[ 20 ]
&
ainfi dire, fortir de
fur leurs côtes, fans, pour
chez eux.Les Anglois ont formé pour cet objet
établiffemens dans lIle de Terrede grands
du Golfe St.
Neuve, fur les côtes del Labrador,
de PAcadie & du Canada. Ces établifLaurent,
font une extenfion > une
femens permanens
lui affure
nouvelle colonie de TAngletere, qui
Étatsà cet égard les mêmes avantages qu'aux
Unis. Les François au contraire, malgré 160
lieues de côtes que le dernier traité de paix leur
obtenu fur PIle de Terre-Neuve , par la plus
foumiflion à la tyrannique condition de ce
lâche
traité, font encore obligés de tranfporter, chaque
année,à grands frais, des ports d'Europe toutl'attirail de la pêche, &c de le rapporter lorfque cette
on peut prévoir le haut
pèche eft Anie.Cependant
de
dégré d'extenfion que cette nouvelle propriété
terrein & T'aétivité des commerçans de lal Métrode donner à la pèche de la
pole font fufceptibles année de la paix, ce commorue. Dès la premiere
bâtiétoit
anéanti occupa 75
merce qui
prefque
l'année fuivante 103, & en 1784, 330:
mens,
les regiftres des
ce nombre eft conftaté par
ports.
Il eft également conftaté que ces 330 bâtimens
pècherent au delà de 500 mille quintaux de
de lal Métrode donner à la pèche de la
pole font fufceptibles année de la paix, ce commorue. Dès la premiere
bâtiétoit
anéanti occupa 75
merce qui
prefque
l'année fuivante 103, & en 1784, 330:
mens,
les regiftres des
ce nombre eft conftaté par
ports.
Il eft également conftaté que ces 330 bâtimens
pècherent au delà de 500 mille quintaux de --- Page 27 ---
t 21 I
morue;la répartitionde cette quantité étoitfimple:
5o mille quintaux fuffifent à la confommation
de la France; 250 mille à Tapprovifionnement
de nos colonies, attendu que St. Domingue n'en
confomme pas 5o mille, , & que 200 mille rempliffent & au delà tous les befoins des Iles du
Vent; les 200 mille quintaux reftant étoient
pour Marfeille, FItalie, lEpagne & le Portugal. Mais qu'eft-il arrivé? Mesfeille,
FItalie,
lEfpagne & le Portugal ont eu de la morue à
meilleur marché des États-Unis & de PAngleterre, par les raifons qui viennenr d'ètre expofées,
& les nôtres ont été rebutées: : nos colonies
eu de la morue à meilleur marché de
ont
ces mêmes
Nations, , & les nôtres ont été rebutées. Comment
cela, dira-t-on? L'Arrêt de 1784 n'impofe-t-il
pas un droit de 3 liv. par quintal, fur Fintroduction des morues étrangeres dans les colonies
Françoifes : Et ce droit ne fuffit-il
lancer
pas pour balavantage des Etrangers fur les Nationaux
dans cette introducion ? Nous ne répondrons
que par un fait. Avant la derniere
vu les Anglois
guerre, > on a
envoyer à St. Malo même
fieurs
de
plucargaifons
morue qu'ils vendoient au
deffous du prix de la morue Françoife,malgré le
B; --- Page 28 ---
La j
droit de IO liv IO fous par quintal, 2 auquel ils
étoient affitjettis. D'ailleurs quand ce ne feroit
la modicité du droit, lintroduétion étranpas feroit feule fuffifante pour repouffer la
gere
nationale, attendu que la fraude
concurrence
clandeftine accompagne toujours inévitablement
limportation ouverte > & qu'avec cent quintaux
de morue déclarée, TEtranger en fait paffer
fans la déclarer.
une bien plusgrande quantité
Ce-font ces raifons qui ont énervé la grarification de 12 liv par quintal, accordée dans ces
derniers tems aux morues de pêche Françoife
importées dans nos colonies. Puifque Ja ceflion
d'une partie de Terre-Neuve nous met en état
d'approvifionner les colonies Françoifes de morues le feul moyen de mettre à profit cette
ceflion 2 eft donc defermer fan's reftriction l'entrée
de ces colonies à tous poiffons depécheétrangere.
Enfin les colonies Françoifes ont dit : Il nous
faut du charbon de terre 5 des boeufs falés, des
cuirs; & FIrlande peut feule nous fournir ces approvifionnemens.
Onauroit dû leur répondre:
Lintérieur de la Breragne a de tout tems
pluficurs mines de charbon, ceft la feule
exploiré
ion 2 eft donc defermer fan's reftriction l'entrée
de ces colonies à tous poiffons depécheétrangere.
Enfin les colonies Françoifes ont dit : Il nous
faut du charbon de terre 5 des boeufs falés, des
cuirs; & FIrlande peut feule nous fournir ces approvifionnemens.
Onauroit dû leur répondre:
Lintérieur de la Breragne a de tout tems
pluficurs mines de charbon, ceft la feule
exploiré --- Page 29 ---
ta1
prodnétion deplufieurs partics arides & incultes
de ensPoriecEloi@onifisr aux confommations des grandes forges de verrerie 8 de fer qui
des
y font établies, 3 aux approvifionnemens
ports
de Rochefort & de Breft ; & dans le projet d'étendre cette fourniture à tous les befoins des COlonies Françoifes, les entrepréneurs de ces mines
y ont adapté depuis peu des pompes à feu qu'ils
ont tiréesàgrands frais de P'Angleterre. Privés de
ce débouché fur lequel ils comptent, leurs pertes
feroient énormes. Ce feroit commettre une double injuftice, que de ruiner des établiffemens formés, & de donner la préférence à des approvifionnemens étrangers fur des apptovifionnemens nationaux.
Plufieurs Provinces de France élevent d'aufli
gros boeufs que l'Irlande; ilsy font auffi communs que dans cette Ifle; il fe recueille plus
de fel fur nos côtes que fur les rives Hibernoifes; notre main-d'cuvre eft pour le moins à
aulli bas prix quela leur; enfin ils'eft déjà formé
en Bretagne des atteliers de baufs falés & préparés à la maniere d'Irlande: ces premiers établiffemens, pour être imités dans d'autres Provinces; pour s'étendre &cfeperfecdtionner, ne demanB 4 --- Page 30 ---
[ 24 ]
& fureté. Et vous voulez que
dent que protedtion
retour
d'un trait de plumel le Confailrenverfefanst nationale G
d'une manufadturé
les fondemens
précieufe!
Mème réponfe pour les cuirs.
de
La Bretagne & la Normandie poffedent
tanneries. Il seft formé dans cette
nombreufes
aPont-Audemer, une fabriderniere Province,
travaillés
de cuirs dits Anglois > ceft-à-dire,
que
Encore une. fois ce
d'après les' apprèts Anglois.
de culbuter des
feroit une imperitie atroce que
befoins
établiffemens nationaux qui fuffifent aux
élever l'induftrie étrangere
des colonies, pour
fur leurs ruines. s'écrieront les colons, lorfMais la liberté 2
feroitgu'elle elt accordée à Phomme, pourquoi
elle refufée à fa propriéré ? Liberté naturelle s
civile, liberté commerciale: voilà comme
liberté
àla place desidéeslesmots font mis fansréfexion
Laliberté civilen'eft fidéfirable que parce quefans
être heureux; caril eft cerelle Thomme ne peut
Phomtain que fi T'efclave étoit plus sheureux que
l'efclavage feroit préférable. Avant que
me libre,
liberté de commerce, 2 il faut
de prononcer fur la
le mieux
donc favoir quel des deux contribuera affranalaprofpérité de TEtat : d'un t..
commerce
mots font mis fansréfexion
Laliberté civilen'eft fidéfirable que parce quefans
être heureux; caril eft cerelle Thomme ne peut
Phomtain que fi T'efclave étoit plus sheureux que
l'efclavage feroit préférable. Avant que
me libre,
liberté de commerce, 2 il faut
de prononcer fur la
le mieux
donc favoir quel des deux contribuera affranalaprofpérité de TEtat : d'un t..
commerce --- Page 31 ---
[25 1
chi de toute entrave, ou d'un autre affajetti a
certains réglemens? La réponfe eft fimple. Toutes
les fois que les réglemens favorifent
non pas le
commerçant, non pasle colon, mais Ia Nation
il faur en érablir.
>
Quel doit être le but du Gouvernement ? La
population. Il eft certain qu'un homme laborieux
fait produire à la terre beaucoup aul delà de ce
qu'il peut confommer. Ainfi quand bien mème
on admettroit que toutes les terres de la France
fuffent fufceptibles de rapport au moyen de la
culture, il eft pareillement certain
fi
que
ce
Royaume n'avoir qued desagricultengs, fa population feroit beaucoup au deffous de ce qu'elle eft.
Il faut donc que la portion excédante à celle
eft néceffairepour
qui
T'agriculture,fe crée un échange
pour donner aui cultivateur en payement de fa
fubliftance : cet échange, 3 ce font les manufactures qui le produifent.II fuit delà que les manufaétures produifent la plus grande extenfion
poffible del lagriculture, & que ces deux meres
nourricieres de P'Etat font tellement liées lune à
T'aurre,&cl la derniere fur-touttellement fabordonnée, qu'elle doit croître ou décroître
3 fuivant la
profpérité oula décadence de l'autre, Les colo- --- Page 32 ---
f361
être confidérées comme une forte de
nies doivent
la
manufaéhures, en cei fens qu'elles augmentent
Elles font donc rres-précieumale des échanges.
de ne pas
fes : il eft donc de principe politique
en
échanges véparpiller
laiffer ces nouveaux
Ils multiplient
dans les Etats étrangers.
pure perte
les fubliftances,
le mouvement 2 la circulation,
population : en un mot , plus
konfequemmentla
le Corps focial a de vie;
il y a d'échanges, plus
& fans eux, fagnation &c mort.
qu'il faut partir pour
Ceft de ce raifonnement
les colos'il eft avantageux ou nuifible que
juger
foient ouvertes à T'Etranger. Mais
nies Françoifgs
néceffité
il eft, dira-t-on, un objet de premiere fuffifante
la France n'a pas quelquefois en
que
confommation, & dont
quantité pour. fa propre
fes
approvilionner
elle ne peut confsquemment les farines.
colonies : cet objet, cC font
colonies Franannuelle des
La confommation
mille barils qui
en farines s'éleve à 250
çoifes
navires, & forment une
occupent plus de 15O
tant avec
de plus deramillions,
maffe d'échanges
qui fabriYagriculture qu'avec les manufactiures des farines
L'exportation
quent cette fubfiftance.
eft donc un très-grand
réfervée à la Métropole
peut confsquemment les farines.
colonies : cet objet, cC font
colonies Franannuelle des
La confommation
mille barils qui
en farines s'éleve à 250
çoifes
navires, & forment une
occupent plus de 15O
tant avec
de plus deramillions,
maffe d'échanges
qui fabriYagriculture qu'avec les manufactiures des farines
L'exportation
quent cette fubfiftance.
eft donc un très-grand
réfervée à la Métropole --- Page 33 ---
tij
avantage 2 toutes les fois qu'elle en produit un
excédantafa confommation : ce cas arrive com--
munément de 9ànnées furio.Daris le cas aul contraire ou ce produit annuel n'excéderoit pas fes
befoins, Ce ne feroit pas encore une raifon d'er
prohiberT'exportationafes colonies; parce qu'elles
font partie de la France, & que Ia circulation
intérieure dans le fein dela grande famille, doit
toujoursavoirlieu,tel événement qui arrive. Mais
alors le Gouvernement peut & doit appeller la
concurrence de la farine érrangere,dans cette partie du nouveatt Monde : c'eftle cas de néceflité.
C'eft la feule loi impérieufe dela nature qui dor
ve faire taire les loix politiques.
Ils'éleve ici une grande queftion. Les colonies
doivent-elles être revêtues du pouvoir exécutif?
Les rendect-onjuges des cas où la concurrence
de T'Etranger fera néceffaire ? Ou laiffera-t-on
encore cette décifion à la France ? Et dans cette
derniere pofition n'expofe-t-on pas les colonies
aux horreurs de la difette ? On pourroit répondre
par le fait, c'eft que dans l'ordre actuel de cette
branchedep pouvoirs quelaMétropole les'eftroujours
réfervée,d moins de'grands défaftres fabits &impérieux, les colonies n'ont jamais éprouvé devé- --- Page 34 ---
[18 ]
ritable difette. On peut répondre encore que par
cet ordre il eft impofible qu'elles en éprouvent.
fait par exemple que ces 250
Le Gouvernement
nécefmille barils de farine font annuellement
Il a, chaque mois, les relevés
faires aux colonies.
de tous les
de la quantité quiy en a été expédiée
il eft inftruit de ce qu'on en peut exporter
ports,
ce calcul bien Gimpleil envoye,
encore; & d'après
Fintroducfi le cas T'exige > une permiflion pour
il
& en même tems
tion des farines étrangeres,
toutes les places maritimes.
en prévient
interverti, il s'enfuivroit
Si cet ordre étoit
maritimes ne pourroient
d'abord que ces places
liberté
être averties en tems convenable de cette
à
étrangere, ce quiles expoferoit
de concurrence
enfuite ceft que par l'effet
des pertes énormes ;
les homde la difpolition naturelle qu'ont tous
même les plus fages, à mettre leurintérèt
mes. >
de Tintérèt général, à reparticulierà la place
eftavangarder comme néceffaire tout ce quileur
fe transformerageux > les plus légers prétextes
motifs
& le régime prohiroient en
impérieux;
bitif feroit bientôt illufoire.
le haut
Mais enfin le bon marché dans l'achat,
dans la vente, fuite d' une concurrence étratprix
qu'ont tous
même les plus fages, à mettre leurintérèt
mes. >
de Tintérèt général, à reparticulierà la place
eftavangarder comme néceffaire tout ce quileur
fe transformerageux > les plus légers prétextes
motifs
& le régime prohiroient en
impérieux;
bitif feroit bientôt illufoire.
le haut
Mais enfin le bon marché dans l'achat,
dans la vente, fuite d' une concurrence étratprix --- Page 35 ---
[21
gereacgénérale, augmenteroient évidémment les
richeffes de nos colonies. Ces richeffes n'apparHeodesmedlapangiemnih) aMétropole? Ceux
qui les Poféderoient ne font-ils pas partie de la'
Nation? ne viendroient-ils pas les verfer dans fon
fein; & cette: acquifition, fruitducommerce libre,
bien plus confidérable que celle qui provient du
régime prohibitif > ne lui feroit-elle pas infiniment préférable? Puifque vous vouléz une maffe
d'échanges, vous devez donnér la
préférence au
moyen qui produit la plus grande.
Voilà encore exactement la polition de T'E(pagne.I Iln'y a pas de Royaume qui tire autant de
numéraire du nouveau Monde. Mais ces flots d'or
coulert chez elle fans y laiffer de traces
aller fe répandre dans les manufaétures étran- pour
geres dont les produétions lui font indifpenfables. Nous n'avons que trop d'individus opulens:
ce font de grands arbres, au milieu des
champs >
qui étouffent la moiffon. Il faut des canaux de
circulation qui aillent porrer la vie dans toutes
les parties de FEtat.Ceft le travail qui fait l'office de ces canaux : ce font donc des travaux
qu'il faut créer; & cette liberté dont il s'agit
les détruiroit tous. Plus de manufactures
de marine
, plus
2 en un mot plus de France, --- Page 36 ---
E3o1 1
D'ailleurs quel eft l'effet du haut prix dans.
Fachat? C'eft, lorfquiln'y a point ou que peu
dans les objets de vente, > d'en
de concurrence
Or telle eeft la poélever le prix en proportion.
Ce Royaume eft le principal
fition de la France.
marché auquel il eft
marché de T'Europe 2 un
recours
impofible que les autres Nations n'ayent doit
les denrées coloniales. La cherté qui
pour
fur quelques.ap-.
réfulter du régime prohibitif,
fournit à fes
que la France
provifionnemens
néceffairement fur les
colonies, retoinbe donc
En derniere anade ces colonies.
productions
le colon, deft le conlyfe,cen'et donc point
cherté, & furfommateur qui fupporte cette
ceft
étranger, parce que
tout le confommateur
le feul qui achete fans vendre. théorie. Il eft confLes faits juftifient cette
le
des dendans prix
taté que Taugmentation même de beaucoup
rées coloniales en France, a
celle dans le prix des approvilfionneexcédé
mens à TAméique,
encore que le com-
: Les colons fe plaignent
alfezde_Nemerce François ne leur porte pas cher. Quant à
& qu'il les leur vend trop
grcs,
de St.Dominquantité, le demnieclatendant
la
achete fans vendre. théorie. Il eft confLes faits juftifient cette
le
des dendans prix
taté que Taugmentation même de beaucoup
rées coloniales en France, a
celle dans le prix des approvilfionneexcédé
mens à TAméique,
encore que le com-
: Les colons fe plaignent
alfezde_Nemerce François ne leur porte pas cher. Quant à
& qu'il les leur vend trop
grcs,
de St.Dominquantité, le demnieclatendant
la --- Page 37 ---
[ 3I ]
gue, M. de Marbois, qui devoit avoir fur cet
objer des renfeignemens exaéts , a déclaré en
prefence du Confeil fupérieur de cette Ile, qui
ne l'en apas démenti, que dans l'efpace des trois
années 1786, 1787 &I 1788, le commerce François y avoit introduit 90 mille tètes d'efelaves,
ce qui fait 30 mille par an, & que cette quantité étoit fuffifante.
Quant àl la cherté, cen'eftpasle ptix numéraire,
c'eftle prix relatif qui doit fervir de bafe aux
calculs. Or en 1730 les Noirs valoient à St. Domingue I 000 liv. repréfentés par . 125 quintaux
de fucre brut valant alors 8 liv. le quintal ; &
maintenant, en lesfuppofant même à 2400 liv.
il ne faut pour les payer que 48 quintaux de
ce ficre à 5o liv le quintal; ptix courant de
Ia colonie.
Nous ne nierons pas cependant que les Anglois peuvent avoir à cet égard quelques avanrages fur nous : ces avantages tiennent à (des
caufes abfolument indépendantes du commérçant François. L'Angleterre a des établiffemens
permanens fur plufieurs endroits de la côte d'Afrique: au moyen de ces établiffemens protégés
par des Forts dont le Gouvernement fait tous --- Page 38 ---
[1
le navigareur Anglois obtient une
les frais,
& à meilleur marché que
traite plus prompte
d'intermédiaire
le François qui, n'ayant point
du
réfidant, eft affujetti au double inconvénient
retard & des circonftances.
deft le
Une autre faveur pour les Anglois,
des
Il eft inconteftable qu'il
terme
payemens. de bon marché pour celui qui paye
n'y a jamais
des
de la perte
mal, parce que le calcul
rifques néceffairedu retard, augmente
ou fimplement
Un Négrier qui vend
ment le prix de la chofe.
eft afdans les colonies Angloifes
fa cargaifon
lui-mème tout le payement
furé d'en rapporter
librement ou en
il Tintroduit
en Europe; quand
Françoifes il affujettit
fraude dans les. colonies
lacheteur à cette loi. Le Négrier
pareillement
à peine le quart de fa vente.
François rapporte
très-éloignés qui fe reLe refte eft à des termes
: la loi
culent encore, fur les plus légers prétextes
laiffe fans force contre la mauvaife foi;
le
traite allez fonvent le
& le débiteur Américain
luxe infolent
Négociant François, à quiil doitle
dont il eft entouré, comme ce grand Seigneurde
fait éconduire fes créanciers par
la comédie, qui
des valets.
L'Affemblée
-éloignés qui fe reLe refte eft à des termes
: la loi
culent encore, fur les plus légers prétextes
laiffe fans force contre la mauvaife foi;
le
traite allez fonvent le
& le débiteur Américain
luxe infolent
Négociant François, à quiil doitle
dont il eft entouré, comme ce grand Seigneurde
fait éconduire fes créanciers par
la comédie, qui
des valets.
L'Affemblée --- Page 39 ---
[33 I
L'Affemblée nationale en efaçant la tache
gothique de dérogeance imprimée aux profellions
utiles, en fupprimant le luxe de
confidération, >
qui honoroir fi injuftement l'oifiveré
tabli le niveau néceffaire
futile, a rédans la circulation des
travaux & des richeffes de la France. Ceftbeancoup 5 mais c'eft encore loin de fuffire
mettre la Nation Françoife dans le cas de pour déployer utilement fes forces & d'atteindre à
les avantages que lui préfentent fes
tous
fuperbes
propriétés dans le nouveau Monde.
Il faut pour y parvenir :
1°, Supptimer toute efpece d'impofition de
quelque nature & fur quelque
dans
objer que ce foit,
toute l'étendue des colonies Françoifes.
2°, Supptimer pareillement le droit
fouslenom deDomaine
connu
d'Occidentspergufurl les
denrées coloniales à leur entrée en France, Le.
produit de ces deux articles de droits
évalué de 9 àto millions.
peur être
3°. Accorder une prime de 5 pour IOO far
les objets de nos manufactures
importés dans
nosc colonies, ,lors de leur exportation à FEtranger.
4. En échange de toutes ces faveurs, rétablir
dans toute l'étendue des colonies
Françoifes le
C --- Page 40 ---
[34J
régime prohibitif tel qu'il exiftoit avant 17635
fermer les fept entrepôts accoren conféquence
dés parlAret de 1784, n'en ouvrir aucun autre,
interdire rigoureufement, fans retour, fans relâche, fous quelque prétexte que ce foit, toute
efpece d'accès dans nos colonies, à tous bâtiaux feuls bâtimens
mens étrangers > excepté
E(pagnols, àla condition qu'ils n'y porteront
du numéraire, oul des marchandifes du cri,
que
foit de leurs colonies, &
foit de la Métropole,
qu'ils n'en exporteront que des objets des manufaétures de la Métropole Françoife.
Permettre Tintroduétion dans nos colos°.
nies, des objets fuivans tirés de TEtranger : le ris,
les bocufs falés, & les bois; permettre pareillede nos colonies à l'Etranger,
ment. l'exportation
des firops &c des taffias, mais ces deux permiffeulement fur navires François dont le
fions,
propriétaire & les trois quarts de Téquipage all
feront François; & dans le cas où une faufmoins
fe politique s'oppoferoit à ce que ce commerce
national fit fait direêtement > établir un lieu
d'entrepôt, foit aux Ifles St. Pierre & I Miquelon,
foit dans tout autre endroit de convenance
feulement pour les objets menréciproque,
des firops &c des taffias, mais ces deux permiffeulement fur navires François dont le
fions,
propriétaire & les trois quarts de Téquipage all
feront François; & dans le cas où une faufmoins
fe politique s'oppoferoit à ce que ce commerce
national fit fait direêtement > établir un lieu
d'entrepôt, foit aux Ifles St. Pierre & I Miquelon,
foit dans tout autre endroit de convenance
feulement pour les objets menréciproque, --- Page 41 ---
[351 ]
tionnés ci-deffus, & en réfervant
toujours exclufivement aux fculs navires François la navigation de nos Iles à ces entrepôts.
6. Permettre par ces mêmes navires, dans le
feul cas de difette conftatée par les formes
nous avons indiquées ci-deffis, l'introduétion que
des farines étrangeres dans nos colonies.
7". Statuer des loix féveres &
juftes, contre
les débiteurs dans ces colonies.
8. Établir des Forts fur les points de la côte
d'Afrique qui feront jugés convenables pour
téger & faciliter Ia traite des Negres.
pro9°. Dégager la navigarion Françoife d'une
foule de liens qui l'entravent, & F'empèchent
de marcher de niveau avec la navigation des
Nations étrangeres.
10°, Enfin, & cet article effentieln'eft
le
réfultat d'une foule de
que
dévcloppements que les
bornes de ce foible effai ne permettent
de
pas
préfenter ici, donner au commerce maritime
une organifation plus fimplifiée, plus coulante
moins fifcale, & préfidée par des hommes 2
que
leurs connoiffances de tous les refforts de cette
grande machine, auront rendus vraiment Capables de la diriger,
C2
, Enfin, & cet article effentieln'eft
le
réfultat d'une foule de
que
dévcloppements que les
bornes de ce foible effai ne permettent
de
pas
préfenter ici, donner au commerce maritime
une organifation plus fimplifiée, plus coulante
moins fifcale, & préfidée par des hommes 2
que
leurs connoiffances de tous les refforts de cette
grande machine, auront rendus vraiment Capables de la diriger,
C2 --- Page 42 ---
136 ]
PAC
de toutes ces chofes que
Ceft au moyen
conferver à la France
femblée nationale pourra d'échanges de 238 milmalle
la jonifanced'une
des denrées coloniales,
lions, produit annuel
d'une balance de 75 millions dans Texportation d'un
d'une partic de ces denrées,
à TEtranger
d'une fomme de près de
mouvement intérieur
Taction & la réaétion
500 millions, produit par circularion fimultanée
d'une
de ce commerce,
plus de 6 milde travatx & de fubfiftances pour marchande de
lions d'hommes, d'une marine
de 800 navires & de 50,000 marins.
plus
nationale perMaislerefpec dà AalAlfemblée
Pefclavalai propole de conferver
mer-il qu'on
s'il n'eft que ce moyen de
ge 2 Oui fans doute,
de la fociété à laconferver toutes les parties
quelle elle va donner des loix.
une réécolier réalife dans fon efprit,
Qu'un
les chimeres de Plapublique parfaite & toutes
& de Thomas Morus; un vrai Ligilareur
ton
des hommes font imfait que toutes les ceuvres
bien
comme eux, & que le plas grand
parfaites
a eft le moindre mal poffible. Taffranchilfement de
Quand on réléchit que
tout
milie efclaves en Amérique opéretoit
--- Page 43 ---
137)
a coup la ceffation de travaux, la
privation de
fubliftances, la mort de fix millions d'hommes
en France, on tremble que le mot de liberté
retentiffe fur le rivage Améticain.
Mais la condition de ceux à
l'on
donner
qui
veut
cette liberté, eft-elle donc en effet f
malheureufe? Les
Cette
Anglois ne l'ont pas cru.
queftion a été également agitée dans leur
Sénat. Les chefs de cette refpectable Nation
commencé par écarter le verbiage des
ont
phiftes. Ils ont interrogé fur la condition philofodes Negres en Afrique & en Amérique, des témoins
impartiaux & dignes de foi (1).I1 a été prouvé
quel T'efclavage, dans le lieu de leur
étoit
naillince,
indépendant de la vifite des
&
que
leur fort y étoit
Européens,
pire que dans les colonies.
(1) On ne peut fe refufer àt tranfcrire ici
rogatoire tel qu'il eft
cet interJuiller.
rapporté dans le Mercure duss
L'audition d'un grand nombre de témoins à
des Communes a fait fenfiblement
la- Barre
baifler
en faveur de l'abolition de la traite des l'enthoufiafime
réfalté de ces témoignages
Noirs : il eft
Par gens à qui une longue nombreux, détaillés, rendus
formations moins
réfidence a permis des inil eft
fuperficielles que celles des voyageurs,
refalé,difons-nous, ,à P'unanimité de leurs
rapportse
C;
des Communes a fait fenfiblement
la- Barre
baifler
en faveur de l'abolition de la traite des l'enthoufiafime
réfalté de ces témoignages
Noirs : il eft
Par gens à qui une longue nombreux, détaillés, rendus
formations moins
réfidence a permis des inil eft
fuperficielles que celles des voyageurs,
refalé,difons-nous, ,à P'unanimité de leurs
rapportse
C; --- Page 44 ---
[38 ]
confulte pareillement en France un
Quel'on
Blain, Alors feulechevalier de Bouflers, ; un
de
avec connoiffance
ment , on pourra juger
fefclavage exifte en Afrique > de temps im1", Que
mémorial.
la peine de la plupart des délits capi-
.2°, Qu'il-eft
lcs coupables eft d'être
taux, & que T'alternative pour brûlés vifs dans un
efclayes ou mis à mort, mémc
grand nombre de CSS. divifée en une infinité de petits
3°. Que TAfrique eft
eft foumife au GouverErats, dont la moindre partic nombre eft formé en
nement defporique. Le plus grand
Républiques ou Conflitutions mixtes.
rendent en
Que les jugemens s'y préparent & s'y
4'.
de l'inftant > fembiables à
public par des Tribunaux des anciens du licu.
ceux des Jurés, & compofés
dans le but de
s°. Qu'on n'y fait jamais la guerre
des efclaves & de les vendre aux Européens s
faire
en cas de guerre, foient mis
quoique les prifonniers,
à mort, ou réduits en fervitude. des Noirs embarqués
6°.Que la très-grande partie
intérieures &
les Européens , viennent des partics
par
fouvent des côtes de TAfrique.
rrès-éloignées
fournir aucun autre
7°. Que cette contrée ne peut
au delà des
objerdéchange aux marchandifes d'Europc,
d'or,
d'ivoire, de gomme, de poudre
petites quantités
nous çn tirons, & qui fuffifent
dc bois de teinture que
à notre confommation.
-grande partie
intérieures &
les Européens , viennent des partics
par
fouvent des côtes de TAfrique.
rrès-éloignées
fournir aucun autre
7°. Que cette contrée ne peut
au delà des
objerdéchange aux marchandifes d'Europc,
d'or,
d'ivoire, de gomme, de poudre
petites quantités
nous çn tirons, & qui fuffifent
dc bois de teinture que
à notre confommation. --- Page 45 ---
[39 ]
eaufe: alors fans doute on fe déterminera
non
pasi mettre nos colonies fous la
dépendance &
à la merci des
Anglois, ce qui auroit infaillibleVoilà ce que les dépofitions s'accordent
tefter. Nous
toutes à atplaccrons ici les principaux articles du
rapport faità la Barrc par Richard Miles,
cc Les prifonniers faits à la
Ecuyer,
gacrre font-ils vendus
comme efclaves 2-J Jc ne crois pas les
en Afrique, maisje crois qu'il eft certains guerres fréquentes
quand il en fuarvient, les
endroits oi,
prifonniers font vendus : cependant je dois ajouter que dans la partic du
oi
je me fuis trouvé à portée dc faire des
pays
€n général les efcarmouches
obfervations >
ceffent
entre deux villages ou villes
Par l'intervention d'un tiers, Alors on
la plupart des prifonniers, à moins
échange
tel
qu'il ne foit prouvé
que homme ou telle famille a donné lieu à la
relle 5 cC qui eft puni par la vente de cet individu quede cette famille >?,
ou
a Ces efcarmouches ont-elles été
les dix-huit ans
fréquentes durant
que vous avez paffés à la côte : -
un pays comme celui-là oti il y a tant de
Dans
il eft difficile
petits Etats,
qu'il ne furvienne fouvent des
&
des divifions entr'eux
difputcs
: mais ccla va rarement
mériter le nom de
jufqu'à
guerre X,
cc Les naturels font-ils dans T'ufage dc
mêmes un grand nombre
poffeder cuxd'efclaves?- Les cfclaves font
en Afrique une propriété comme ici les terres
gent placé dans les fonds
ou l'arpublics, Lcs naturels ont de
C4
difficile
petits Etats,
qu'il ne furvienne fouvent des
&
des divifions entr'eux
difputcs
: mais ccla va rarement
mériter le nom de
jufqu'à
guerre X,
cc Les naturels font-ils dans T'ufage dc
mêmes un grand nombre
poffeder cuxd'efclaves?- Les cfclaves font
en Afrique une propriété comme ici les terres
gent placé dans les fonds
ou l'arpublics, Lcs naturels ont de
C4 --- Page 46 ---
[40]
T'affranchiffer
ment lieu, fi nous prononcions
confervent la fervitude, mais à
ment lorfqu'ils
mefures
adoucir
prendre comme eux des
pour
en grande quantité 5 mais
lor, & même quelques-uns
c'eft toujours
quand un homme parle de fa propriété,
chofes
veut dire; Tor & les autres
fes efclaves qu'il
comme des accefloires 92.
ne font regardécs que
a-t-il lieu dans le pays
des enfans
Cc L'enlévement
crois
avoir entenvous avez habité?-Je ne
pas
que
Il me
du prononcer CC mot ailleurs qu'en Angleterre. cût lieu à
femble qu'il feroit impofible que ce crime
la côte d'Or fans être découvert, les naturels parlant
& les courtiers qui vendent les
tous Ia même langue,
tous les jours des entrevues avec léquiefclaves ayant
efclave à bord du navire fe
page : fi donc quelque
enletrouvoit du nombre des enfans que l'on prérend
de le révéler aux courtiers
vés, il ne manqueroit pas
refpeét
d'efclaves, qui par motifs d'intérêt ou par
vérifieroient la chofc & fepour les loixde leur pays,
roient trouver les coupables >3e
avez avancé qu'un quart des efclaves exportés
cc Vous
des Negres
de la côtc d'Or, font ce que vous appellez
donc
du côté de l'eau, ( Water fide ): d'oi viennent
de Pintérieur
les autres trois quarts ? - Ordinairement,
du pays >?,
renfeignemens fur
donner quelques
cc Pouvez-vous
efclaves?-Non.
la maniere dont ces derniers deviennent
dit. Je
vifté Fintérieur du pays. Je l'ai déja
Jen'aij jamais
quart des efclaves exportés
cc Vous
des Negres
de la côtc d'Or, font ce que vous appellez
donc
du côté de l'eau, ( Water fide ): d'oi viennent
de Pintérieur
les autres trois quarts ? - Ordinairement,
du pays >?,
renfeignemens fur
donner quelques
cc Pouvez-vous
efclaves?-Non.
la maniere dont ces derniers deviennent
dit. Je
vifté Fintérieur du pays. Je l'ai déja
Jen'aij jamais --- Page 47 ---
[4 ]
le tranfport de ces
à
Afticains, s faire mieux encore,alesrendre efclaves non plus de Thomme,
mais de la loi, d'une loi fage & jufte
quileur
ne puis cn juger que d'après CC que j'ai vu relativementi
ceux du côté de l'cau >7,
cc L'affrcufe pratique des facrifices humains a-t-elle lieu
dans ce pays? Il eft Pénible pour moi de répondre à
cette queftion. Je ne doute pas que ce ne foit un ufage
néral. Je ne l'ai que trop vu de mes
ge
Propres.yeux >>,
cc Avez-vous cu occafion de favoir CC que devenoient
les efclaves que les Européens refufoient
On en facrifie un
d'acheter : - -
grand nombre aux funérailles des principaux perfonnages.Tous ccux qui entendentla langue du
pays, doivent favoir que c'eft un ufage univerfel, lors
méme qu'ils ne l'auroicnt pas vu >2,
c Votre expérience, ce que vous connoiffez de ce
vous mettent-ils à méme de dire filacquifition de pays,
quclques-uns de ces efclaves, faite par des Européens, les a
fauvés du malheur d'être facrifiés :
J'ai moi-méme
donné, dans quelques circonftances, trois ou
nées par tête d'efclave
quatrc guis pour leur fauver la vic 3).
Cc Avez-vous quelquefois entendu les naturels s'entretenir entr'eux de ce que feroient devenus
fonnicrs
quelques priparticuliers, s'ils n'euffent étéachetés par les Eu
ropéens?. J'ai déjà dir que toute perfonne, familierc
avec leur languc, ne doit pas ignorer que l'ufage univerfel eft de les facrifier >),
cc D'aprés VoS obfervations, durant un féjour de dix-
fauver la vic 3).
Cc Avez-vous quelquefois entendu les naturels s'entretenir entr'eux de ce que feroient devenus
fonnicrs
quelques priparticuliers, s'ils n'euffent étéachetés par les Eu
ropéens?. J'ai déjà dir que toute perfonne, familierc
avec leur languc, ne doit pas ignorer que l'ufage univerfel eft de les facrifier >),
cc D'aprés VoS obfervations, durant un féjour de dix- --- Page 48 ---
[42 J
à leurs forces;
alligne un travail proportionné
efficacement contre la violence,
qui les protege
dont
&, leur affure la mème portion de bonheur,
A
dire s'il y a cu des efclaves de
huit annécs, pouvez-vous
faits à la côte par violence; par fraude, ou par oppreffoit des Prinees du pays, foit des Européens qui
fion,
à la
partic de la quesy trafiquent? : Quant
premiere faits par des Rois
tion, rclative aux aêtes d'oppreffion
Apollonic,
ou Princes, je n'en connois pas 2 exceptéà
au
oi j'ai déjà dit que le Gouvernement cft defpotique à la feles fujets n'ont pas de volonté; quant
point que
nc connois qu'un ou deux
conde partie de la queftion , je
la
des Euroexemples de conduite répréhenfible de part
&
crois les coupables ont été mis enjuflice
péens:je
que
à d'autres faits de ce
punis dans le pays mêmc. Quant
ou des
je ne les connois que par des rapports
geure,
oui-dires >),
connoiffance que la Traite
cu
ee Avez-vous jamais occafionnât des guerres entre
des Negres fur cette côte
en
à cette queftion
les naturels ? - J'ai déjà répondu
fuffent tgéndifant que je ne croyois pas que lcs guerres
bien loin d'engager
rales; & que dans les efcarmouches,
on échanles efclaves,
ces petits combats pour augmenter
de chaque côté >7,
geoit les prifonniers
de nos manufaccc Quels font les objets particuliers
achetent les
defquels les Européens
tures, au moyen
en faire lénuméraefclaves fur cettc cô:e : --Je ne puis
les
nombre, Je crois que regiltres
tion; ils font en grand --- Page 49 ---
[43 ]
jouiffent en Europe ceux que la nature & la hiérarchie fociale ont egalement deftinés
aux travaux.
des Douancs lcs feront connoître en grande
partic 22,
cc Achere-t-on les efclaves avcc des articles fortant
direétement des manufaétures
d'Angleterre : - Il en eft
ordinairement ainfi; mais je viens de dire que les regiftres dcs Douanes feroient connoitre les articles
nous exportons >>.
quc
CC Cc pays produit-il quelques objets de commerce
qui puiffent y donner lieu à un négoce étendu &
fidérable, fans y comprendre la traite des Negres 2-Jai confait remarquer plus haut que je n'avois jamais Pénétré
au delà de vinge milles dans l'intérieur des
terres. J'ajouterai que, d'après mes obfervations
, je regarde la
côte d'Or comme le pays de l'Afrique le moins favorable à la culture : j'en excepte cependant
une trèspetite partic de cette côte, entre Accra & la riviere de
Volta 52,
FIN
A VERSAILLES,
De lImprimerie de PH.-D. PIERR
ES,
Premier Imprimeur Ordinaire du Roi
>
rue Saint-Honoré, No 23.
érieur des
terres. J'ajouterai que, d'après mes obfervations
, je regarde la
côte d'Or comme le pays de l'Afrique le moins favorable à la culture : j'en excepte cependant
une trèspetite partic de cette côte, entre Accra & la riviere de
Volta 52,
FIN
A VERSAILLES,
De lImprimerie de PH.-D. PIERR
ES,
Premier Imprimeur Ordinaire du Roi
>
rue Saint-Honoré, No 23. --- Page 50 ---
:7234 --- Page 51 ---
I
ARGU M E NS
POUR ET CONTR E
LE COMMERCE DES COLONIES.
Par M. DE CASAOX
S eft facile de Prouver quele
des colonies eft une des plus ruineufes commerce
ceptions qui foit jamais entrée dans.
conhumaine, il eft auffi aifé de
une tête
l'exiftence civile &
démontrer que
aujourd'hui
politique de PEurope eft
attachée à la confervation de ce
commerce, & qu'une fauffe mefure, à cet
égard, feroitinfiliblement fuivie d'une fcène
univerfelle de dévallations, dont Pidée
fait frémir.
feule
l'autre.
J'entrepends de démontrer f'un &
Argumens contre le commerce des colonies.
Suivant les relevés de fire Charles Withworth, les exportations
delAngleterre, dans --- Page 52 --- --- Page 53 ---
a
L05IS
V.
Tot
--- Page 54 ---