--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Ci4g
Comhet 1250 K --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
DENONCIATION
DE M. L'ABBÉ GRÉGOIRE,
Et de sa LETTRE du 8 Juin 1791,
adressée aux Citoyens de coulcur &
Negres libres de Saint-Domingue, &
des autres Isles Françaises de PAmerique, 8c.
Eh quoi! Mathan, d'un prêtre est-ce-là le langage?
Se
0EA
A PARIS,
Au Bureau de la FEUILLE DU JOUR, rue de
Bondi, No. 74,à côté de l'Opéra;
Et chez les Marchands de Nouvautés.
I 79 I. --- Page 6 ---
- OMTAIEXOKIG
- - - - - - --- Page 7 ---
M
A t44
RA < Nee
< A FaAks
NATIONALE
A L'ASSEMBLÉE
LA France ne peut rester isolée sans
Colonies 8 ses alliances sont
périr; ses
de
nécessaires à sa vie. La conservation
Colonies & de ses alliances tiennent
ses Pexistence réelle d'un Roi.
d
les clameurs de ceux dont
Assiegé par
ces
les aggressions > pleris
je repousse
de savoir s'il existe
réflezions (1) avant
France Un Roi; mais elles me semen
blent tellement constitutionnelles, que
n'hésite point de les dédier aux Reje
de la Nation, à la tête d'un
présentans
des
Ouvrage qui livre à Pindignation
vrais Français, un de ceux qui se sont
déclarés, avec le plus daudace, ennemis
du Roi & des Colonics.
CHARLES DE CHABANON,
Député de Saint- Domingue.
(1) 10 Juillet 1794 --- Page 8 ---
- --- Page 9 ---
DENONCIATION
DE M. L'ABBÉ GRÉGOIRE,
Et.de sa Lettre du 8 Juin 179', adressée aux.
Citoyens de couleur & Nègres libres de SaintDomingue, & des autres Isles Françaises de
PAmérique.
Eh quoi! Mathan, d'un prétre est-ce-li le langage ?
Qorrtr entreprise ! - Dénoncer ! - - Qui? un
inembre du corps législatif, un prêtre, qui, de
a escaladé l'épiscopat et l'a
sermens en sermens,
pris d'assaut :
? Sera-ce à PAssemblée NatioA qui dénoncer
nale? Accueillante, sensible à la voix de tout citoyen
qui la sollicite pour sa sûreté individuelle et pour
le maintien de ses propriétés ; elle a même, dans
élans, étendu cette vigilance materses premiers les Colonies. Les preuves en sont encore
nelle sur
Pourquoi faut-il que, dans
récentes: le 13 Mai
A
'a
sermens en sermens,
pris d'assaut :
? Sera-ce à PAssemblée NatioA qui dénoncer
nale? Accueillante, sensible à la voix de tout citoyen
qui la sollicite pour sa sûreté individuelle et pour
le maintien de ses propriétés ; elle a même, dans
élans, étendu cette vigilance materses premiers les Colonies. Les preuves en sont encore
nelle sur
Pourquoi faut-il que, dans
récentes: le 13 Mai
A --- Page 10 ---
(2)
Tintervalle de deur jours, elle en ait détruit les salutaires elets ? Par quelle fatalité les Colons 3
étayés par quatre comités, lui ont-ils, en vain, dénontré que l'intérêt général de la Nation, autant
que le leur en particulier, réclame en cette cause,
sa protection spériale, contre des philosophes qui,
par délire de vertu, se livrent, d'après Clarkson,
à des déclamations qui ne sont que des développcmens purement oratoires.
L'organe d'un Colon (dussent tous ses compatriotes adopter et signer son opinion ), paroissant
insuffisant, faudroit-il, auprès du commerce, chercher un appui pour cette importante démarche ?
Cette question, ce doute, tournent à la honte de
la Nation. Eh quoi! un peuple immense, qui s'est
spontanément constitué peuple François, , se trouve
réduit à combiner ses secours, lorsqu'il s'agit simplement d'obtenir un acte de justice du corps le
gislatif!
Le commerce, d'ailleurs Ah ! lorsque, par
des pétitions récidivées, des hommes de couleur,
en très-petit nombre, fixés à Paris, el désormais
élrangers aux Colonies. 3 sans caractère, sans mission
aucune émanée des Colonies : lorsque, dis-je, ce petit
nombre d'hommes de.couleur sollicitoit d'être admis à la barre, afin d'obtenir les droits de citayens
actifs, les Colons, 2 individuellement ou par corporations 3 firent passer des adresses à toutes les
chambres de commerce et aux manulactures principales du royaume.
Bien que l'importance d'unir leurs démarches à
celles des Colonics, fût éyidemment démoutrée aux
aucune émanée des Colonies : lorsque, dis-je, ce petit
nombre d'hommes de.couleur sollicitoit d'être admis à la barre, afin d'obtenir les droits de citayens
actifs, les Colons, 2 individuellement ou par corporations 3 firent passer des adresses à toutes les
chambres de commerce et aux manulactures principales du royaume.
Bien que l'importance d'unir leurs démarches à
celles des Colonics, fût éyidemment démoutrée aux --- Page 11 ---
t3)
les Colons n'ont obtertu qu'une foibla
négocians,
et partielle assistance de leur part.
ces Colons, si une conti
t Ils n'en gémiroient pas,
d'avoit
cience moins pure pouvoit leur reprocher
base de leuré prétentions, des projets
pris pour
sarcient seulement per!
injustes et tyramniquesse'tls: des intentions contraires
mis d'éntrevoir, en eux,
Phumanité.
au bon ordre, au patriotisme et à
i Que vouloient-ils ? Qu'ont opposé les députés
des Colonies à la pélition des gens de couleur?
Que celte pétition devoit originer des Colonies : que
Pinitiative promise par deux décrets aux assemblées
comme volontéferme 3 dans
coloniales, 3 et articulée,
le cousidérant du décret du 12 Octobre, fût convertie en décret constitutionel, conformément à Pexpression littérale et précise de PAssemblée Nationale.
37 Y a-t-il rien de plus simple, de plus clair, de
plus juste?
E
Encore si, dans quelque écrit, dans des opinions
imprimées ou émises à la tribune; si, dans quelque relation de voyageurs aux Antilles, on pouvoit puiser, d'une manière authentique et probante,
le projet étoit irrévocablement formé de priver
que
de toute fonction admià jamais et completemnent
nistrative des hommes libres, propriétaires et contribuables, parvenus, par une série de générations
légitimes, à effacer Ja tache originelle de l'esclavage!. Le dédain que les Colonies ont éprouvé de la
part de PAssemblée Nationale, et l'abandon qu'ils
ont à reprocher au commerce, à la place de Bordeaux sur-tout, seroient pleinement justifiés. Mais
A 2
formé de priver
que
de toute fonction admià jamais et completemnent
nistrative des hommes libres, propriétaires et contribuables, parvenus, par une série de générations
légitimes, à effacer Ja tache originelle de l'esclavage!. Le dédain que les Colonies ont éprouvé de la
part de PAssemblée Nationale, et l'abandon qu'ils
ont à reprocher au commerce, à la place de Bordeaux sur-tout, seroient pleinement justifiés. Mais
A 2 --- Page 12 ---
(4)
d'ou induira-t-on l'ombre d'un soupçon à cet égard?
Les imprécations calomnieuses d'une société fanatique, et les singeries imitatives des clubistes
provinciaux. Voilà ce qui a paralysé les chambres
de commerce lorsqu'il importoit le plus à leur
triotisme, de développer de grands
paVoilà ce qui a entraîné une grande partie mouvemens. de l'Assemblée Nationale à étouffer, par d'éclatans murmures, les voix qui réclamoient la justice, et qui
faisoient valoir l'intérêt de la Nation : ainsi deux
décrets ont été rendus nuls, par un décret qui leur
est contradictoire. Cet épisode, dans les travaux
de l'Assemblée Nationale, est bien étrange.
Quoi qu'il en soit, la raison et l'équité ne se
lasseront pas d'élever leur voix.
Ce que, dans des comices.t tumultueux, P'Assemblée Nationale n'a pu entendre, elle l'entendra
dans le calme d'une dissertation mesurée et rés
fléchie.
Je dénonce donc M. l'abbé Grégoire à l'Assembléc Nationale, au commerce, à la Nation entière,
aux citoyens de couleur même ; il est impossible
qu'il n'ait pas excité l'improbation de ceux-ci par
ses principes exagérés. Ils les ont démentis ; je le
prouverai. Certes,la crainte de se rendre coupable
d'ingratitude et d'attentat à la vérité, est bien
puissante SUT des ames qui sortent pour ainsi dire
des mains de la Nature, puisqu'elles résistent à
l'exemple et aux insinuations d'un ministre des
autels.
La manière la plus efficace d'attaquer M. l'abbé
Grégoire, est de faire connoitre sa letire; il ne
. Ils les ont démentis ; je le
prouverai. Certes,la crainte de se rendre coupable
d'ingratitude et d'attentat à la vérité, est bien
puissante SUT des ames qui sortent pour ainsi dire
des mains de la Nature, puisqu'elles résistent à
l'exemple et aux insinuations d'un ministre des
autels.
La manière la plus efficace d'attaquer M. l'abbé
Grégoire, est de faire connoitre sa letire; il ne --- Page 13 ---
(5)
sera pas même nécessaire d'y ajouter beaucoup de
commentaires. La lettre entière et quelques notes
marginales, suffiront pour faire juger POuvrage et
6011 Auteur.
LETTRE écrite par M. GRÉGOIRE, Député à
LAssemblée Nationale, Evéque du Département
de Loire 6 Cher, aux Citoyens de couleur, Gc.
>) A M I S,
m6
Vous étiez hommes, vous êtes citoyens et réin-
> dans la plénitude de vos droits ; vous partitégrés désormais à la souveraineté du peuple. Le
eiperez
T'Assemblée Nationale vient de rendre
décret que
à votre égard, sur cet
n'est point une
Notes.
objet,
est
grace ; car une graée
(r) Quel- cliquetis de un privilége, un privilége
Grace, synonime est une injustice (1); et
mots!--
! Privilége , ces mots ne doivent plus
de privilége
souillerle code des Franune injustice /M.Pex-curé de Lor- çois. En vous assurant
d'un petit village
l'exercice des droits poraine n'oublie certainenous avons acment pas quela crosse et litiques,
une dette (2) ; y
la mître sont une grace quitté
crime
qu'ila obtenue;que cette manquerebiétéune ta-.
est un prixilége re- de notre part et une
grace fusé à d'autres bons cu- che à la constitution. Les
rés, en sa faveur. Il veut législateurs d'une Nation faire
donc que l'on conclut libre pouvoient-ils
le faisant évèque, moins pour vous que nos
qu'en
A 3
ela crosse et litiques,
une dette (2) ; y
la mître sont une grace quitté
crime
qu'ila obtenue;que cette manquerebiétéune ta-.
est un prixilége re- de notre part et une
grace fusé à d'autres bons cu- che à la constitution. Les
rés, en sa faveur. Il veut législateurs d'une Nation faire
donc que l'on conclut libre pouvoient-ils
le faisant évèque, moins pour vous que nos
qu'en
A 3 --- Page 14 ---
(6)
Notes.
Texte.
on a commis une injustice. anciens despotes?
Soit.
D IlJ y a plus d'un siè-
(2) Que parlez-vous de cle que Louis XIVavoit
dette ? il n'en est pas de solennellement recomu
plus sacrées que de res- tproclaméserdnata@)y
pecter. Jes propriétés s:ou mais ce patrimoine (4)
si 2 comme souverains 7 sacré avoit etéenvahi(5)
vous en disposez (n'im- par l'orgueil et la cupiporte de quelle manière) ditéqui,g graduellement,
vous devez la payer dès aggrayuient votre joug
qu'elle est acquise légitimement,
(3) M. Moreau de Saint-Méry a réfuté victorieusement cette citation mal interprétée d'un édit de
1685, en citant le texte de vingt arrêts, ordonnances et édits postérieurs, qui établissent entre les
blancs et les affranchis une distinction telle, par
exemple, que Louis XIV,par une ordounance du
IO Juin 1705, veut que > les liommes de couleur
J libres, qui recèleront des esclaves fugitifs, soient
)) vendus au profit du fisc C,
Les mandemens de M. Pévèque de Blois difierent un peu de ces ordonnances. La suite de sa
lettre va prouver qu'il ne vise à rien moins qu'à
armerles gens de couleur, non pas seulement pour
recéler les esclaves, 3 maisp Pour les rendre libres.
(4) Patrimoine ! Ils sont nés de mères esclaves.
Toujours abus de mots.
(5) Idem. Des négresses esclaves, achetées en
Afrique, faisant en Amérique des mulâtres auxquels les Colons ont donné la liberté, un métier ou
onnances. La suite de sa
lettre va prouver qu'il ne vise à rien moins qu'à
armerles gens de couleur, non pas seulement pour
recéler les esclaves, 3 maisp Pour les rendre libres.
(4) Patrimoine ! Ils sont nés de mères esclaves.
Toujours abus de mots.
(5) Idem. Des négresses esclaves, achetées en
Afrique, faisant en Amérique des mulâtres auxquels les Colons ont donné la liberté, un métier ou --- Page 15 ---
(7)
Notes.
Texte.
des propriétés ; qui ont et empoisonnoient votre
eux-mêmes acheté des existence (6).
Tarésurectinidelen,
esclaves qui jouissoient de pire François ouvrit vos
de tous les agrémens
à
et
la vie civile alors que le coeurs l'espérance, consolateur
despotisme ministériel ne ce rayon
laissoit pas d'autres jouis- adoncifanertumedeyos A peine les soupsances aux Colons mémes. maux.
çonnoit-on en Europe ;
Voilà ce que M.labbEG.
blanes
les Colons
2 qui
appelle un patrimnoine
quha@grolbentparmtinons
envahi.
très-vivese plaignoient
(6)1 Pronvez,M.P'abhé, authenti- ment de la tyrannie mipar des pièces
mais ils n'aou vous êtes un nistérielle;
ques 2
voient garde de parlerde
caloniniateur.
la leur. Jamaisils n'arti-
(7) Et c'est sans excep- culoient les plaintes des
tion aucune quel M.l'abhé malheureux sang-mèlés,
Grégoire fait aux Colons
toutefois sont leurs
desiatrocestneoiraitond qui
racontedes enfans 5 et c'est nous qui,
tout ce qu'on
Antro- à deux mille lieues de
Cannibales et des
distance, avons été conpophages n'en approche traints de défendre les
pas 5 nos Colonies sont enfans contre le mépris,
donc pires que des repai- Pacharnement, contre la
res de bêtes féroces; car cruautédeleurs pères(7).
les pères, nulle part,
rezercent des" cruautés
contre leurs enfans. N'estla
le langage de Mathan ? D'ailleurs,
ce pas-là
de cet acharement 3 de cetto
vérité ! les preuves
cruauté, ou vous êtes un imposteur.
A *
les
pas 5 nos Colonies sont enfans contre le mépris,
donc pires que des repai- Pacharnement, contre la
res de bêtes féroces; car cruautédeleurs pères(7).
les pères, nulle part,
rezercent des" cruautés
contre leurs enfans. N'estla
le langage de Mathan ? D'ailleurs,
ce pas-là
de cet acharement 3 de cetto
vérité ! les preuves
cruauté, ou vous êtes un imposteur.
A * --- Page 16 ---
(8)
Note.
Texte.
(8) Où sont ces récla- Mais voinementonatenté
mations des hommes de d'étouffer Vos réclamacouleur résidens dans les tions 5 vos soupirs, malColonics ? Des procès- gré l'étendue des mers
verbaux ! ou bien la ca- qui nous séparent, Vos
lomnie est avérée.
maux ont retenti (8) dans
(9) C'est-à-dire, que le coeur des François
Jes Colons, sans excep- d'Europe 2 car ceux-ci
tion, 2 n'en onl pas. La ont un cceur (9).
araisemblance seulement,
> Dieu, dans sa tenautorise-t-clle de parcil- dresse, embrasse tous les
les invectives? et clles se Hommesjinnameurn'ad.
placent sous la plume met de différence que
d'un prêtre, dans le style cellegirésulhedeléiene
érotique de l'Eglogue!
due de leurs vertus(10);
(Io) Dieu embrasse bien
différemment lous les hommes : il admet entre eux,
d'énormes différences 2 et celle, notamment de la
liberté à l'esclavage. Sans parler de tous les peuples
de la terre, auxquels Dieu a permis d'avoir des
esclaves, puisque M. l'abbé Grégoire veut, à cet
égard, s'aveugler sur les monumens les plus authentiques de l'histoire ; en ministre de la religion,
du moins devroit-il ne pas perdre de vue la Genèse.
On y lit (chap. XLVII, vers. 18, 19), Et nos et.
terra nostra lui erimus 3 eme-nos in servitutem regiam.
Emit igitur Josepl, clc.
> Il ne reste rien auprès du Seigneur, que nos
2 corps et nos terres. Achetez-nous donc nous et
> notre terre, pour du pain : nous serons serviteurs
a esclaves de Pharaon R,
la religion,
du moins devroit-il ne pas perdre de vue la Genèse.
On y lit (chap. XLVII, vers. 18, 19), Et nos et.
terra nostra lui erimus 3 eme-nos in servitutem regiam.
Emit igitur Josepl, clc.
> Il ne reste rien auprès du Seigneur, que nos
2 corps et nos terres. Achetez-nous donc nous et
> notre terre, pour du pain : nous serons serviteurs
a esclaves de Pharaon R, --- Page 17 ---
(9)
Notes.
Texzel
Ou M. labbé Grégoire la loi qui doit être une
jusqu'à la Ge- émanation de l'éternelle
ignorew
connèse, ou bien il en déna- justice.pouroi-elle
ture et insulte le texte, sacrer une prédilection
Dieu coupable, et la Patrie,
en affirmant que
surveille tous les
n'admet, parmi les hom- qui
dela grande fames 2 d'autre diférence membres
être
que celle de la vertu.
mille, pourroit-elle la maHorace a peint à la mère des uns,
merveille (11)
le style de M. râtre des autres?
l'abbé Grégoire, quand il
>> Non,Mesieurs,vous à la
ampullas et ne pouviez échapper
a dit: Projicit
sollicitude de PAssemsogaipabilsaveasiitat blée Nationale. En déque ce style soit épiscode PUpal ; car il rappelle ce roulant aux yeux Charte
prêchant au centre nivers la grande
que,
dans le de la Nature (1I), elley
d'un orchestre,
vos titres : on
Cirque du Palais-Royal, a retrouvé tenté de les faire
le prélat du Calvados di- avoit
heureusesoit: > PUnivers se tient disparoitre 5
en
> debout surl la terre pour ment les caractères
étoient ineflacables,com-
>saluer la Nature :
sacrée de
L'immensité me T'empreinte
Nature va de Dieu la divinité gravée sur vos
> delal
fronts (12).
> à Dieu,sans passer par
> le néant, qui n'est un
No. 7,
que pour l'absurdité C. (Voyez
> passage de la Bouche de Fer, second discours,
du journal
Fauchet, à Passemblée de la
prononcé par universelle Claude
des Amis de la Vérité).
confédération Ceci est du style oriental, et peut très-bien
(12)
empreinte
Nature va de Dieu la divinité gravée sur vos
> delal
fronts (12).
> à Dieu,sans passer par
> le néant, qui n'est un
No. 7,
que pour l'absurdité C. (Voyez
> passage de la Bouche de Fer, second discours,
du journal
Fauchet, à Passemblée de la
prononcé par universelle Claude
des Amis de la Vérité).
confédération Ceci est du style oriental, et peut très-bien
(12) --- Page 18 ---
(1o)
Notes.
Texte.
être considéré comme le
> Déjà,le 28 Mars 1790,
paragraphe du verset : dans son instruction pour
Nigra sum, sed formosa les Colonics,TAsemblée
idso introduzit me , etc.
Nationale avoit compris
(13) Quidonc fait men- sous une dénomination
tir le papier, ou de celui commune, et les blancs
quiinterprète uneinstruc- et les sang-mélés : vos
tion contradictoirement à ennemis ont voulu faire
un decret, ou ceux quis'en mentir le papier, en imtiennent ane sens positifds primant le contraire (r3);
ce décret ? Il est essentiel mais il est incontestable
d'en retracer ici le texte que quand alors je delittéral. > L'Assemblée mandai que nominative-
> Nationale
n'entend ment vousy fussiez com-
> point comprendre les pris, une foule de dépu-
> Colonies dans la cons- tés, dont plusieurs plan-
> titution qu'elle a dé- taurs, s'empressèrent de
> crétée pourle royaume. crier que l'article vous
Les Colons n'ont ja- enveloppoit dans sa gemais desiré ni demandé néralité; et M. Barnave
autre chose, pour prix de lui-même, qui me l'avoit
leurs richosses, et en dit, cédant à mes interéchange de la protection pellations multipliées
qu'on leur accorde : est- vient enfin d'en faire l'a- 2
ce donc là faire mentirle veu à la face de l'Assempapier?
blée.N'avois-jepas raison
(14) C'est au moment de craindre qu'une interoù M. labbé Grégoire prétation perverse ne tratravestit un décret, qu'il vestit nos décrets (14)?
fait cette question. Cela Des vexations nouvelles,
rappellelapremièrefable à votre égard, et vos
BROS
leur accorde : est- vient enfin d'en faire l'a- 2
ce donc là faire mentirle veu à la face de l'Assempapier?
blée.N'avois-jepas raison
(14) C'est au moment de craindre qu'une interoù M. labbé Grégoire prétation perverse ne tratravestit un décret, qu'il vestit nos décrets (14)?
fait cette question. Cela Des vexations nouvelles,
rappellelapremièrefable à votre égard, et vos
BROS --- Page 19 ---
(I) )
Nots:
Texte:
où le fabu- maux portés à leur comde Phèdre, fait dire (par cer- ble, n'ont que trop justibuliste
fié mes apréhensions (15)-
tain interloeuteur):7.r
Les lettres que jaireçues
bulentam cur mihi facis
ont
?
de vous, à ce sujet,
aquam
Des
des Eancanliermeslarer(6)
: (15)
preuves,
procès-verbaux, des re- La postérité s'étonnera,
lations de voyageurs : s'indignera > peut-être,
vous n'en produisez pas. que pendant cinq jours
calomniez. consécutifs (I7) on ait déDonc, vous
di- battui votre cause, dont
La persécution de ce
à l'élemme est accablante.
la justice est portée
Potrquoi négliger vidence. Hélas ! quand
(16)
est réduite à
de produire cet etiet sur Phumanité
et
lutter contre la vanité
tous vos lecteurs,homme
de Dieu ? Pourquoi ne le préjugé, son triomphe
produire ces lettres? est une pénible conquête!
pas à la vérité des lettres de
> Depuis long-temps la
individus sans Société des Amis des
quelques
Noirs s'occupoit des
caractère, ne seroient pas
d'adoucir votre
des pièces probantes 2 moyens celuides csclaves;
n'importe : M. Pabbé sort et
auroit excité il est dillicile, impossible
Grégoire
peut-être, de faireimpuqueligsesmotvencad'se nément le bien, et son
tendrissement: ; sa: lettre,
lui a
en vérité, a besoin de ce zèle respectable
mérité bien des outrages.
corrrectif. Pu'sque nous sui- Des hommes vils se ca-
(17)
vons de près M. labbé choient sous l'anonyme, 2
Grégoire sur lel chapitre pour lancer sur elle leur
de la xérité,il n'est pas yenin i et dans d'impu-
eligsesmotvencad'se nément le bien, et son
tendrissement: ; sa: lettre,
lui a
en vérité, a besoin de ce zèle respectable
mérité bien des outrages.
corrrectif. Pu'sque nous sui- Des hommes vils se ca-
(17)
vons de près M. labbé choient sous l'anonyme, 2
Grégoire sur lel chapitre pour lancer sur elle leur
de la xérité,il n'est pas yenin i et dans d'impu- --- Page 20 ---
()
Notes.
Textei
inutilede faireremarquer dens libelles, ils
avec quelle facilité il soient de
ne cesl'altère dans les plus lerépéter des objections et des calomnies
gères circonstances : il
dit cing jours consécutifs, sensBaspalerucas-Qes de fois, les
et la discussion n'a duré
pervers, ils
nous ont accusés d'être
I que du jeudi au dimanche. vendusaux Anglois,
C'est une
soules
misbreymaispar doyés contre la France,
petites choses on juge par les
des grandes, dans des avoir Anglois, de vous
cas
adressé des lettres
graves.
incendiaires et envoyé
des armes,
(18) On se croiroit à mes amis, Vouslesavez, combien
une séance de
elles
à l'Académie réception sont lâches et atroces,
Le 8 Juin, M. Françoise. l'abbé ces impostures, nous qui
Grégoire exalte,
vous avons préché sans
comme cesse
ZLIL héros, M. Raimond,
l'attachement à la
mère Patrie, la
parce qu'il a debité à la tion, la
résignabarreles diatribes et fac- tendant patience, le
en attums de la fabrique
réveil de la
copale.
épis- justice. Rien n'a pu attié-,
Deux jours dir notre zèle ni celui de
après,M. Raimond, fla- vos frères sang-mélés
gornant son panégiriste, sont àParis.
qui
assure e qu'on trouvera
M.Raimond,
-toujours
sur-tout, s'est vouéd'une
M.Pabbé Gré- manière
> goire au chemin de la défense héroiqueà votrei
(18). Avec
>justice >,
quel.
transport vous eussiez vu
ce citoyen distingué, à la
barre de l'Assemblée Nationale, 2 dont il mérito
,M. Raimond, fla- vos frères sang-mélés
gornant son panégiriste, sont àParis.
qui
assure e qu'on trouvera
M.Raimond,
-toujours
sur-tout, s'est vouéd'une
M.Pabbé Gré- manière
> goire au chemin de la défense héroiqueà votrei
(18). Avec
>justice >,
quel.
transport vous eussiez vu
ce citoyen distingué, à la
barre de l'Assemblée Nationale, 2 dont il mérito --- Page 21 ---
(13)
présenter le tableau déchirant de
d'être membre;
énergiquement vos droits!
vos malheurs, etréclamer
elle eût flétri sa
Si PAssemblée les eût sacrifiés,
Le devoir lui commandoit de décréter avec
gloire.
avec clarté, de faire exécujustice, de s'expliquer
Dieu
fermeté : elle l'a fait; et si ( ce qu'à
ter avec
événement eaché dans le sein
ne plaise) quelque arrachoit nos Colonies, ne vaude l'avenir, nous
ài déplorer,
droit-il pas mieux avoir une perte
qu'une injustice à nous reprocher.
à la direlevez vos fronts humiliés;
> Citoyens, associez le courage, la fierté d'un
gnité d'hommes, 15
ou vous avez reconquis
Peuple libre : le Mai, jour
et
vos droits, doit être à jamais mémorable pour vous
vos enfans. Cette époque réveillera périodiquement
les sentimens de la gratitude envers l'Etre
en vous
alors vos accens frapper la
Suprême, et puissent
mains
volte des Cieux vers lesquels s'élèveront Vos
reconnoissantes' !
vous avez une Patrie, désormais vous
> Enfin, au-dessus de vous que la Loi; l'avantage
ne verrez
vous assurera le droit
de concourir à sa création,
de tous
imprescriptible
Notes.
les peuples, 2 celui de
n'obéir (19) qu'à vous-
(19) Quel précepte e mêmes.
de
> Vousavez une. Patrie,
Le droit imprescriptible
n'obéir qu'i soi-même ! et sans doute elle ne sera
M. labbé a-t-il réfléchi à plus une terre d'exil,
Fapplication que les Co- dans laquelle vous ne
lons peuvent se faire de rencontriez que des mai-
?
cas tres et des compagnons
ce précepte Quel
ceux-là disferont-ils des Décrets? le de malheur;
'à vous-
(19) Quel précepte e mêmes.
de
> Vousavez une. Patrie,
Le droit imprescriptible
n'obéir qu'i soi-même ! et sans doute elle ne sera
M. labbé a-t-il réfléchi à plus une terre d'exil,
Fapplication que les Co- dans laquelle vous ne
lons peuvent se faire de rencontriez que des mai-
?
cas tres et des compagnons
ce précepte Quel
ceux-là disferont-ils des Décrets? le de malheur; --- Page 22 ---
(X4)
Notes.
Texte)
doelinprompadinduoas
les peuples étant reconnu, wibuantoceut-eirecsel lant le
dodaidrpidnermdnnt
mépris cl les OleAvec ce
trages. Les sanglots de
principe, com- votre douleur
ment P'Assemblée Naétoient
tionale se méle-t-elle de punis comme des cris de
la constitution intérieure rébellionsplacés entre les
et du régime des Colo- poignards et la mort, ces
contrées
nies ?
malheureuses
(20) Quel
furent souvent imbibées
monstrueux de vos larmes,
amastl'horreurs danstous fois teintes
quelgueces mots soulignés ! Il
de wotre
force à le
sang (20).
répéter : Eh!
Vous avez une
quoi, Mathan, d'un prétre et sans doute le Patrie,
est-ce-là le lungage 2
luira sur les lieux bonheur
(21) On observera
qui
M. l'abbé
que vous ont vu naître e;alors
connoit Grégoire, qui vous goûterez en
si bien lesmmances, fruits des
paixles
devroit ne pas aller si vous aurez champs cultivés que
loin pour précher sa mo- trouble; alors
sans
rale : qu'il comience par blé l'intervalle sera comles Thuileries et le Palais
qui, plaçant à grande distance lcs
Royal,àla chute duj jour. uns des autres les enfans
La, plus que par-tout d'un même père, étoufailleurs, s'intéressant en foit la voix de la Nature
bon Citoyen à la popula- et brisoit les liens de la
tion, et en bon prêtre, fraternitéjalors les
aur chastes douceurs de tes douceurs de chasl'union corjugal,iltroulP'union
conjugale,
vera un vaste champpour les sales remplaceront
opérer, par ses prédicaexplosions de la
tions,
débauche, quiinsultoit à
que Cas douceuts lamajestédes smeurs (21).
la voix de la Nature
bon Citoyen à la popula- et brisoit les liens de la
tion, et en bon prêtre, fraternitéjalors les
aur chastes douceurs de tes douceurs de chasl'union corjugal,iltroulP'union
conjugale,
vera un vaste champpour les sales remplaceront
opérer, par ses prédicaexplosions de la
tions,
débauche, quiinsultoit à
que Cas douceuts lamajestédes smeurs (21). --- Page 23 ---
(15)
Notes.
Textes
remplacent les S.
Et par quel étrange
renversement de raison
. Ma plume trop. étoit-il honteux à, un
pudibonde peut-être,se deux fois blanc d'épouser unie femrefuse à tracer
de
tandis
ces expressions pasto- me
couleur, 3
qu'il n'étoit pas déshorales.
continuons à norant de vivre avec elle
(2s)Nous
exhorter M. Pabbé Gré- dans un libertinage grosà combattre de plus sier (22) ? Plus Phomme
goire
près les petits préjugés de mosT
ce genre, et nous doutons que, malgré Ta loi de régalité, on parvienné
jamais à détruire la honte d'épouser tant de milliers
le voile de la nuit invite à insulde créatures, que
dans tous les carrefours
ter à la majesté des maurs,
et les jardins publics.
M. Pabbé Grégoira
Nous remarquons aussi que
n'a
déroulé ici la grande charte de la nature ;
pas
les hommes naissoient vraiment
car, même quand
diflicile
s'aclibres et égaux en droits, il étoit
qu'ils
couplassent tous conjugalement. Cette nature, variée à l'infini, produisoit de belles et de laides femmes, dans ce temps-là comme aujourd'hui; elle produisoit les individus de chaque sexe en nombres
inégaux, mais égaux en besoins 5 il n'étoit donc
guères possible que le grossier libertinage n'eût pas
dès-lors, établi son règne. La civilisation devoit
étendre ce règne; elle a divisé la terre en propriétés, et multiplié, pour le plus grand nombre, la
diflicultéde pourvoiralas subsistance deses rejettons.
Inde mali labes. De-là,le recours à des moyens plus
de chaque sexe en nombres
inégaux, mais égaux en besoins 5 il n'étoit donc
guères possible que le grossier libertinage n'eût pas
dès-lors, établi son règne. La civilisation devoit
étendre ce règne; elle a divisé la terre en propriétés, et multiplié, pour le plus grand nombre, la
diflicultéde pourvoiralas subsistance deses rejettons.
Inde mali labes. De-là,le recours à des moyens plus --- Page 24 ---
(16)
Notes.
Texte:
faciles pour satisfaireaux estdénué de
loix de la nature 3 de-là, il cherche vertus,plus
la nécessité de consulter
à s'entourer
de distinctions
bien des convenances et et quelle
frivoles;
des rapports établis
absurdité,de
par vouloir fonder un
cette civilisationtPrenez
mérite
sur les : nuances de
votre parti 2 Monsieur
la
l'abbé;
peau,sur les teintes
votre
plus
théologie, ou moins rembrunies
votre logique et votre ré- visage ! L'homme du
thorique ne parviendront pense rougit
qui
pas à faire que- nous ne d'être homme, quelquefois
soyons pas civilisés, ni à voit ses semblables quand il
détruire cesinconvéniens
aveuglés - parun tel
de la civilisation.
mais
delire(a3);
comme malheureu-
(23) Mutato nomine de sement
te fabula narratur.
l'orgueil est la
passion la plus stenace(24)
(24)M.l'abbé Grégoire le règne du
en est la preuve ; car il
préjugé se
prolonge ; car l'homme
ne mettroit pas la vie et semble ne devoir atteinles propriétés de tant de dre la vérité
milliers de Citoyens en avoir épuisé qu'après
toutes les
danger, sans autre inté- chances de l'erreur.
rêt que celui de l'orgueil
> Iln'existe point dans
de i'humanité,
nos Colonies orientales,
ce préjugé contre lequel
(25) Nous avonsdéjà elles ont réclamé
dit qu'en fait de vé- l'organe de MM. Mon- par
rité 2 il n'y a point neron (25). Rien de
de minuties, sur - tout touchant
plus
que l'éloge des
pour un ministre du Dieu gens de couleur, tel
de vérité. Voici une cir- l'ont consigné les habi- que
constance
de i'humanité,
nos Colonies orientales,
ce préjugé contre lequel
(25) Nous avonsdéjà elles ont réclamé
dit qu'en fait de vé- l'organe de MM. Mon- par
rité 2 il n'y a point neron (25). Rien de
de minuties, sur - tout touchant
plus
que l'éloge des
pour un ministre du Dieu gens de couleur, tel
de vérité. Voici une cir- l'ont consigné les habi- que
constance --- Page 25 ---
(17)
Notes.
Texte:
moins minu- tans de cette. partie du
constance
mondedamieursinatree
tieuse. Pourquoi, parlant tions pour leurs députés
de Porgane des Colonies
Nationale:
à P'Assemblée
onemmars,NuroneiNe Messieurs L'Académie des Sciences
goire dit - il :
Paris s'honore de
Monneron 2 > call pluriel? de
numbre de
L'hin d'eux est député de compter au
d'Ano- ses correspondans 2 un
la sénéchaussée
mulâtre de: PIsle-denay ; il n'y en a qu'ur
nons;
qui le soit de PInde, et France (25) parmi
seul collègue un nègre estimé est adM. Beglié,
aninistrateur du district
de celui-ci, n'a pointapdans
puyé son opinion. Rien de Saint-Hypolite,
n'est plus adroit que ce le département du Gard.
car ces altérations Nous ne croyons pas que
trait;
en
la diflérence de la peau
sont si légères, appaétablir des droits
rence, qu'elles peuvent puisse différens entre les meméchapper, et elles sont
très-graves. Il en résulte
D 6b
qu'avec une M de plus
avant un nom, toules les Indes orientales, quin'ont
deux représentans à lAssemblée Nationale,
que
souscrire au systême de M. l'abbé Gréparoissent
isolée d'un
goire, tandis qu'il n'y a que l'opinion
individu. C'est ainsi que le véridique prélat donne
l'opinion de quatre hommes de couleur (MM. Raimond T'ainé, Honoré Saint Albert, Fleury, Dusoulchay Saint-Réal ), pour celle de tous les mulâtres résidens dans les s Colonics. -
(25) A merveille:il n'y a pas un Colon qui n'applaudisse à ce.tribut payé au mérite.
B
oissent
isolée d'un
goire, tandis qu'il n'y a que l'opinion
individu. C'est ainsi que le véridique prélat donne
l'opinion de quatre hommes de couleur (MM. Raimond T'ainé, Honoré Saint Albert, Fleury, Dusoulchay Saint-Réal ), pour celle de tous les mulâtres résidens dans les s Colonics. -
(25) A merveille:il n'y a pas un Colon qui n'applaudisse à ce.tribut payé au mérite.
B --- Page 26 ---
(18)
Notes.
(26) Combien de
Texte,
per- bres de la
sonnes diront à M. l'absociété polibé Grégoire qu'il
tique;aussi yous ne troun'y a verez pas ces
que cetteardeurdadnitie
orgueilleusion qui soit étrange de ses petitesses dans nos
la part des députés des Brarec@hande.Nationalis
Colonies! Nous ne som- quivenketalerenAmntmes cependant pas de cet de rique assurer l'exécution
avis; il s'en faut. Nous des nos décrets. Pénétrés
mesurons autrement
sentimens louables
que qu'a
ceux qui, n'étant point de manifestés la ville
intéressés à cette
Bordeaux, ils vous
nelapprofondisent cause ) diront avec elle, que le
pas, décret
I
l'étendue des
relatifaux gensde
qu'auroient
ravages couleur, rédigé sous les
dans les occasionnés, auspices de la prudence
Colonies 2 M. et de la
l'abbé Grégoire et autres
sagesse, est un
sectaires, s'ils n'avoient liommage à la raison et à
point eu de contradic- la justice ; que les députés des
teurs dans l'Assemblée
Colonies ont caNationale.
lomnié vos intentions et
celle du commerce.
(27) De l'exactitude
Elle
denr,M.tolbeiLends- est bien étrange, la conduite de ces mandataires
sollicitant ardemment à
dans P'Assemblée
Versaillesleur admission
de-Paume
(26), jurant avec nous, au Jeu9 de ne pas nous quitter que
constitution seroit
quand la
sute, après le décret achevée,e du et nous déclarant enpeuvent plus
15 Mai dernier, qu'ils ne
tion
siéger parmi nous (27). Cette
est un abandon des
déserprincipes et une brèche à
bien étrange, la conduite de ces mandataires
sollicitant ardemment à
dans P'Assemblée
Versaillesleur admission
de-Paume
(26), jurant avec nous, au Jeu9 de ne pas nous quitter que
constitution seroit
quand la
sute, après le décret achevée,e du et nous déclarant enpeuvent plus
15 Mai dernier, qu'ils ne
tion
siéger parmi nous (27). Cette
est un abandon des
déserprincipes et une brèche à --- Page 27 ---
(19)
Texte.
Notes.
des Colonies ont la religion du serment.
putés.
Déjà les Colons blancs,
déclaré quilsenvoyoient
d'être
le décret à leurs com- qui sont dignes
amettans, et qu'en atten- François (28), s'empresdant leurs ordres, K ils sent d'atjurerdesprévendevoir s'abs- tions ridicules 2 pour ne
> croyoient
voir en vous que des frè-
> tenir de prendre part
amis (29). Avec
aux délibérations de resetdesa
p
Natio- quelle douce émotion
9 PAssemblée
nous citons ces paroles
s nale n.
des Citoyens actifs de
Cela est très-différent Jacmel: K nous vouant à
que de déclarer ne pourèstriction,
voir plus y siéger 5 ce qui ssuivre, décrets sans de P'Assemseroit une démission.
> les
surnotre
Du reste, quelle a été > bléeNationale
et
la conduite de ces dépu- > constitution présente conforM. l'abbé Gré- >à venir, et nous'
tés que
en déna- >1 mer à ceux qui pourgoire calomnie, démarches ? > roient en changer la
turant leurs imminent a n substance (30) n. Les
Un danger
paru menacer l'Etat ;
Paris a pu devenir un alors les députés des
théâtre de guerre civile;
Les applauColonies ont volé vers TAssemblée.
fraternel qu'ils y ont reçus,
dissemens et l'accueil
calomrepousse les imprécations
sont une égide qui
pieuses de M. l'abbé Grégoire.
(28) Nous renvoyons à Particle précédent.
la liste siguée des Colons, ou
(29) La citation,
nous vous déclarons imposteur.
PAssemblée
(30) Ccla se croit facilement. Quand
B 2
erre civile;
Les applauColonies ont volé vers TAssemblée.
fraternel qu'ils y ont reçus,
dissemens et l'accueil
calomrepousse les imprécations
sont une égide qui
pieuses de M. l'abbé Grégoire.
(28) Nous renvoyons à Particle précédent.
la liste siguée des Colons, ou
(29) La citation,
nous vous déclarons imposteur.
PAssemblée
(30) Ccla se croit facilement. Quand
B 2 --- Page 28 ---
(20)
Notes.
Texte:
Nationale a prononcé for- Citoyens du Port -au:
mellseenrlc-8hlararys Prince disent à
> qu'elle n'entend point blée Nationaleles P'Assem-
"comprendreles Colonics choses
smêmes
en d'autres
2 dans la constitution
termes : (
Daignez, Mesqu'elle a décrétée pour wsieurs, recevoir le ser-
>) le royaume 2 ni les > ment que la municipaassujettir à des loix con- > lité prête entre vos
traires à leurs convenan- wmains, au nom de la
ces particulières
> commune du Port-auQuand P'Assemblée Na- >) Prince, de respecter et
tionale, lei2 octobre sui- > exécuter
ponctuellevant, C déclare la ferme >ment tous vos
> volonté d'établir, com- >et de ne jamais décrets, s'en
> ine arlicle constitution- > écarter, sous quelque
anel, qu'elle ne statuera > prétexte que ce puisse
> sur Pétat des person- > être>.
=nes,qhesurla demande
> expresse et formelle des
>' assemblées coloniales >. Très-confians en ces deux
promesses solemnelles, lesl Bakisnededaemelivonr
jamais dû penser ni craindre que le IO Mars
ils fournissoient, par ce dévonement, un prétexte 1791, i
quelques-uns de nos législateurs, pour entraîner
l'Assemblée Nationale à manquer à de telles promesses. Il faudroit que la mimicipalité de Jacmel,
applaudissant au décret du 15 Mai, déclarât désormais ce dévonement. Et encore! M. l'abbé Grégoire
ne seroit pas phes fondéà exciper du veeu de Jacmel, contre celui de tcutes les Colonies, qu'il ne
le seroit à se prévaloir du' voeu d'une petite munia
de nos législateurs, pour entraîner
l'Assemblée Nationale à manquer à de telles promesses. Il faudroit que la mimicipalité de Jacmel,
applaudissant au décret du 15 Mai, déclarât désormais ce dévonement. Et encore! M. l'abbé Grégoire
ne seroit pas phes fondéà exciper du veeu de Jacmel, contre celui de tcutes les Colonies, qu'il ne
le seroit à se prévaloir du' voeu d'une petite munia --- Page 29 ---
(21)
Notesi
Texte
contre celui des Ainsi, la plilosophie
cipalité
agranditson horizon dans
83 Départemens.
le Nouyean Monde, et
(31 Nous répétons
:.
bientôt d'absurdes préjuque ceci est une supposin'auront plus pour
tion fausse: les blancsne gés
quelques
jouissoiant d'aucun avan- sectateurs que
qui
tage) politique. Exceptéles tyrans. subaltemnes, en
voudroient-) perpétuer
fonctions dejagesdansles le Amérique le règne du
tribunaux, (oit encore
écrâsé en
général et l'intendant despotisme
présidoient) tout a dérivé France. Et qu'eussent-ils
deux administra- dit, si les gens de coude ces
leur avoient tenté d'arrateursjusqu'à présent.Par:
la
Ga, les Colons 1 étoient cher aux blancs jouiseux,
ministé- sance des avantages poliasjettisaujoug
Avec quelle
riel. Instruisez n vous itiques(31)?
réclamé
donc, saint prélat, car force ils eussent
vous voyez que volontai- contre cette vexation!Ils de
- écument de rage (32)
rement et involontaire voirqu'on vous aitrévélé
ment vous choquez sans, et rendu vos droits. Par
cesse la vérité,
de consoler leur
2o. Expliquez - vOuS l'espoir
peut-être
sur le anot arracher. orgueil irrité,
garde; il, ne, ilss s'épuiseront en efforts,
Prenez-y
l'idée d'un pourf faire échouerlesueprésente que Vousme cès de nos décrets; ils
acte de violence.
tenteront une secousse.
forcez donc à vous répéarrachant les Coloter: ch quoi, Mathan!
qui, nies(33)àla mère-patrie,
(32) D'un prétre est-ce- leur facilite les moyens
là le langage ?
d'échapper à leurs créan-
(33) Ce mot arrachant,
B 3
en efforts,
Prenez-y
l'idée d'un pourf faire échouerlesueprésente que Vousme cès de nos décrets; ils
acte de violence.
tenteront une secousse.
forcez donc à vous répéarrachant les Coloter: ch quoi, Mathan!
qui, nies(33)àla mère-patrie,
(32) D'un prétre est-ce- leur facilite les moyens
là le langage ?
d'échapper à leurs créan-
(33) Ce mot arrachant,
B 3 --- Page 30 ---
(22)
Notes.
Terte.
que vous employez sifa- ciers (34).Ils n'ont cessé
miliérement, Monsieur de semer la terreur, de
l'abbé, est -il ici le mot dire qu'un acte de
propre P S'adapte-t-il à à votre égard
justice
des Colons qui se sont Saint -
ébranleroit
donnés très - spontanéDomingue (35).
ment à la France ? Et
votre principe donc? Exceptez-vous le
des
Antilles du droit
peuple
de n'obéir
impreseriptible de tous les peuples,
qu'à eux-mêmes ? Vous l'avez fait
primer deux fois ce principe
im-
> ples tiennent de Dieu le droit anarclique : * les peua ne dépendre que d'eux-mêmes imprescriptible de
te judico.
(*) D. Er ore tuo
(34) Nous avons vu des invectives
suppositions hasardées, la calomnie, grossières, des
il manquoit un jugement téméraire limposture;
cri de l'Evangile,
: la charité,
permet-elle à un évèque d'affirmer, par avance et sans preuves, qu'en défendant
Jeurs propriétés, les Colons ne veulent que frustrer
leurs créanciers?
(35) Ils n'ont pas dit cela : (pardon, homme de
bien, qui ne voyez que mensonge ! Ils n'ont cessé
de dire qu'ils vouloient faire eux-mêmes l'acte de
(*) Poyez la Lettre de M. Pubbé Gregoire à ses
diocésains , Sur le départ du Roi, si toutefois il est
des lecteurs qui puissent parcourir, sans fiémir, ce
nouvel arsenal de poignards > aussi gratuilement
ais peuple 3 et roujours avec quelque palliatif, offert
servir d'échappatoire.
pour
ne voyez que mensonge ! Ils n'ont cessé
de dire qu'ils vouloient faire eux-mêmes l'acte de
(*) Poyez la Lettre de M. Pubbé Gregoire à ses
diocésains , Sur le départ du Roi, si toutefois il est
des lecteurs qui puissent parcourir, sans fiémir, ce
nouvel arsenal de poignards > aussi gratuilement
ais peuple 3 et roujours avec quelque palliatif, offert
servir d'échappatoire.
pour --- Page 31 ---
(23)
Notés.
Texte.
justice à légard des gens Dans cette assertion,
de couleur 2 parce que nousn'avonsvaques mensonge ; nous. - aimons - à
cette marchcinporteitam sûreté croire qu'au contraire le
bon ordre et à la
des Colonies. Ils ont pru- décret va serrérlesnauds.
posé pour cela un congrès qui vous: ninissent à la
à l'ile neutre de Sainti métropole. Le patriotisMartin. Ils ontalléguéet me éclaîrant votre intéréclamé linitiative pro- rêtet vosallectionsjeest
amise par deux décrets, et encoré vers la métropole
c'est antérieurement au que votts dirigerez vos
décret du 15 Mai(qu'on opérations commerciales,
bien garde à cette et les tributs mutuels de
circonstance)quils prenne
n'ont l'industrie établiront enauiderepréeserqean tre lal France et ses Coananquement à cette pa- lonies un échange consroleproluireindesnsare tant de fortune et de seneffets sur la confiance, timens fraternels. Si vous
de Saint-Domin- étiéz infidèles à la Frannon pas seulement, mais de ce, vous seriez les plus
gue toutes les Colonies. Le vils et les pluss méchans
décret rendu, ils ont ob- des hommes. Non; généservé le silence et se sont reux Citoyens; vous ne
tenus àl'écart. Lecteurs, serezpoint traîtresà la patémoins de ces faits, ju- trie; cette idée seule vous
de l'exactitude et de pénètred d'horreur;r ralliés
gez la dévotion de M. l'abbé avec tous les bons FranGrégoire pour la vérité! çois sous les drapeauxde
N. B. Que tout ce qu'il la liberté, vous défenimpute aux Colons seuls drez notre sublime conset répété titution. Un jour, des d6i.
a 6té présagé
B 4
de ces faits, ju- trie; cette idée seule vous
de l'exactitude et de pénètred d'horreur;r ralliés
gez la dévotion de M. l'abbé avec tous les bons FranGrégoire pour la vérité! çois sous les drapeauxde
N. B. Que tout ce qu'il la liberté, vous défenimpute aux Colons seuls drez notre sublime conset répété titution. Un jour, des d6i.
a 6té présagé
B 4 --- Page 32 ---
(24)
Notes.
Texté.
cent fois à la tribune par putés de couleur franl'organe de quatre eomi- chiront P'Océan
tés réunis et par plusieurs nir
pour veopinans
siéger dans la diète
très-étrangers nationale, et
avec
aux
jurer
M. Colaniesyentr'autres l'abbé
nous de vivre et de mouMaury et M. rirsous nosloix.
Barnave.
Unjour,
les soleil n'éclairera
(36). Voici une petite vous que des hommes parmi liexcursion assez remar- bres;lesrayons de l'astre
quable : par le titre,e et quicrépand la lumière
jusqu'ici, lablettre étoit tomberont
ne
écrite pour les gens de fers et des plus sur des
esclaves
couleur, et comme ins-
(36).
truction pour ledécret du oir -
15 Mai. Point du toutlicein'étoit
qu'une route détournée, un chemin couvert pour venir
core. a l'initiative. promise
le
attaquer enpar
décret du 13
sur t l'état des personnes non libres. Monsieur Mai,
chargé, de reliques ! ce n'est
le
petit bout, c'est bien l'oreille pas seulement: le
toute entière
passe. Commentt l111 décret rendu lei 13 Mai,vous qui
l'attaquez le IoJuin suivant! ! Vous lel commentez
comme vous avez commenté l'instruction du 28
Mars 1790! et quand un décret nous dit aflirmativement C que le corps législatif ne
1 mais sur le sort des
statuera ja-
* sur la demande
personnes non libres, que
expresse eti spontanée des
3 blées coloniales =, vous
assemment que PAssemblée Nationale prononcez affirmativen'a fait que temporiser, en n'associant pas encore les
sort des hommesde couleur
esclaves au
librestQuosqued scelesti
l'instruction du 28
Mars 1790! et quand un décret nous dit aflirmativement C que le corps législatif ne
1 mais sur le sort des
statuera ja-
* sur la demande
personnes non libres, que
expresse eti spontanée des
3 blées coloniales =, vous
assemment que PAssemblée Nationale prononcez affirmativen'a fait que temporiser, en n'associant pas encore les
sort des hommesde couleur
esclaves au
librestQuosqued scelesti --- Page 33 ---
(=5)
Notes.
Texcte
ruitis, ,( Horace, epodz); LAssemblée Nationale
n'a point; encore: associé
aul cur dexteris aptantul,
enses ?
d:l
5 ces derniers à votre sort,
que les droits des
- (36) Macle quimo gene- parce
bruscitoyens, 7 concédés
rose.. (37) Citez les impos- quenent à ceux qui il'en,
connoissent pas. les. detures, ou l'argument est,.
de droityretorqué contre, voirs, seroient 7 peut-:
yous.
V io 6I : 1 être, pour eux,, un
là les
sent funeste; mais
a
(38) Sont-ce
luvous
mières du christianisme bliespasque.comune)
M. labbé Gragoire ils naissent et demeurent,
que
Pourquoi, n'imi- libres et égaux (36), Il
répand?
est dans la marche irréte-t-il pas ces, courageux,
anisionaires,ui, ont étér sistible des événemens,
lesrépandre dansles con- dans la progression des;
trées du monde, qui y, lumitresquetousles
étoient le plus inaccesi-, ples dépossédés da APSC
bles ? Je l'exborte, lui maine de la liberté récuphilorophs,dlire, pèrent enfin cette prpquiest
inadmissible.
dans le dictionnaire plir pricté
Counfoat
n On vous reproche,
plus qu'aux blanes,del la
les. vau
mais, hélas ! on a rédareté envers
Nègres i
pandu tant d'impostures contre vous (37),que prudemment nous devons; élever des doutes sur cette
accusation : si cependant elle étoit fondée, agissez
de manière qu'au plutôt une médisance devienne
une calomnie.
souvent
loin des
> Vos oppresseurs ont
repoussé
csclaves les lumières du Christianisme (38), parce
la
les. vau
mais, hélas ! on a rédareté envers
Nègres i
pandu tant d'impostures contre vous (37),que prudemment nous devons; élever des doutes sur cette
accusation : si cependant elle étoit fondée, agissez
de manière qu'au plutôt une médisance devienne
une calomnie.
souvent
loin des
> Vos oppresseurs ont
repoussé
csclaves les lumières du Christianisme (38), parce --- Page 34 ---
(26)
Notes.
Texte.
Josophique de Voltaire, que la religion de la douà l'article missions , le ceur (39), de l'égalité,
dialogue d'unjésuiteavec' dela liberté(40), ne conM. Audrais.
vénoit point à la féro-
(39) Prenez donc son cité de ces hommes de'
caractère et son style.
sang(41). Que votre con-
(40) Ah ! Monsieur duite contraste entiérel'abbé ! rappelez-vous mentaveclaleur. Charité
donc le chapitre 47, ver- est le cri de l'Evangile,
set 18 et 19 de la Genèse. vos pasteurs le feront
Cen'est-là ni de l'égalité, retentir au milien de
ni de la liberté.
vous 3 ouvrez VOS coeurs
(4r) On remarquera à cette morale divine
qu'après ces dégoûitantes dont ils sont les organes.
impostures, 7 M. l'abbé Nous avons allégé vos
Grégoire dit: charité est peines, allégez celles de
Ze cride l'évangile. Quand ces malheureuses victiM. l'abbé prèchera-t-il mes (42) de l'avarice, qu?
l'évangile?
arrosent vos champs de
(42) En termes de leurs sueurs, et souvent
guerre et d'escrime, ceci de leurs larmes
est un appel en règle.
l'existence
; que
ne soit plus
(43) M. Grégoire a ou- pour les esclaves un supbliénon-seulement) la ge- plice 3 par vos bienfaits
nese,maisencoretousl les à leur égard, expiez les
monumens de Phistoire. crimes de PEurope (43).
Ilsattestent quelesSpartiates, les Athéniens,les
Romains, 2 etc. etc. ont eu des esclaves aussi dure
ment traités, que ceux de PAmérique le sont humainement par les Colons François. Voilà ce
M, Grégoire appelle les crimes de l'Europe. que
) la ge- plice 3 par vos bienfaits
nese,maisencoretousl les à leur égard, expiez les
monumens de Phistoire. crimes de PEurope (43).
Ilsattestent quelesSpartiates, les Athéniens,les
Romains, 2 etc. etc. ont eu des esclaves aussi dure
ment traités, que ceux de PAmérique le sont humainement par les Colons François. Voilà ce
M, Grégoire appelle les crimes de l'Europe. que --- Page 35 ---
t4)
Texte.
Notes.
L'art de M. Gré- En les amenant progres-
(45)
ici tout sivement à la liberté(45),
goire se déploie
un deentier. Avec quelques vous accomplirez
voir, vous vous prépamots très - clair-semés,
des souvenirs conrerez
comme progresivement, solateurs, vous honorerez
nenrdervehateasarce
d'usurper le caractère de Thananuteyudsmentsce Colonies.
pacificateur ; comme si laprospéritédes conduite
Telle sera votre
ce pen de mots, perdu
vos frères les
parmi tant d'accessoires envers Nègres s: mais que devezincendiaires 2 pouvoit
faire à Pégard de
amortirla rage et la soif vous
les blancs? sans
de vengeance quel lesim- vospères doute il vous sera permis
précations d'un prêtre de verser des pleurs sur
doivent Yexeiterdansl'ame leurs les cendres de Ferrand
des esclaves contre
de Baudière, de cet inmaitres. C'est-à-dire, que fortuné Ogé, légalement
si les provocations de M. assassiné (46),ct mourant
l'abbé Grégoire 2 pour la
Hhent,Velletssient) par
l'effusion du sang de lous Colonies cachant alors
les blancs qui sont dans les
;
il
sous le masque de Thypocrisie,
son triomphe
> ce n'est
feindroit de plaindre les victimes égorgées: j'avois
s'écrieroit-il piteusement 3
> pas ma faute,
leur liberté.. Cette
>) écrit d'amener progressivement évidemment tracée dans
infernale machination est
sa lettre.
donner à la loi, aux tribunaux, le ca-
(46) C'est
du parricide de
ractère de Passassinat. Les vengeurs
M.TabbeGrégoire.
Ravaillacsont des assassins,sclon?
feindroit de plaindre les victimes égorgées: j'avois
s'écrieroit-il piteusement 3
> pas ma faute,
leur liberté.. Cette
>) écrit d'amener progressivement évidemment tracée dans
infernale machination est
sa lettre.
donner à la loi, aux tribunaux, le ca-
(46) C'est
du parricide de
ractère de Passassinat. Les vengeurs
M.TabbeGrégoire.
Ravaillacsont des assassins,sclon? --- Page 36 ---
(28)
Notes.
Texte.
(47) Le mulâtre Ogé sur la roue,
avoir
Etoit libre; ce n'est donc voulu être libre pour
pas pour avoir voulu être mais périsse
(47);
libre
celuid'entre
qu'ilest mort sur la vous qui oseroit conceroue. Excité parle fana- voir contre vos,
tisme de la secte des amis teurs des projets persécu; de
des noirs 2 il est parti de geance. D'ailleurs venFrance
> Iie
Il
pourl.Amérique. sont-ils pas livrés à leurs
s'y est rendn furtive- remords et couverts
ment par P'Angleterre
d'un
et la Nouvelle-Angle- élernelopprobre e?L'exéterre. A peine arrivé à cration contemporaine ne
devancera-t-clle pas 2 à
Saint-Domingue, il ya leur
l'exécration
levé une petite armée, de la égard,. postérité (48)? Ena envoyé un manifeste sevelissez, dans un oubli
aux commandans et aux profond, tous les ressenasserblées administrati- timens dela
ves.
baiue,golitez
Enfin, lep procès-verbal de son jugement dépose qu'ily a eu,de sa part, complication de vols,
pillages, poison, assassinats et incendies 3 dans sa
caste même, tout mulâtre qui a refusé de
dans la troupe, a été assassiné avec sa femme s'engager et
ses enfans. Voilà ce que M. l'abbé Grégoire appelle
mourir sur la roue, pour avoir voulu être libre...
Auguste vérité ! rsainte Religion ! Dieu! avouezvous de tels ministres ?
-
(48) Opprobre, exécration!.. Peut-on concevoir
que ce soient-là les. paroles de paix et les préliminaires par lesquels M. l'abbé Grégoire se propose
de faire ensevelir, dans un oubli profond, tous les
. Voilà ce que M. l'abbé Grégoire appelle
mourir sur la roue, pour avoir voulu être libre...
Auguste vérité ! rsainte Religion ! Dieu! avouezvous de tels ministres ?
-
(48) Opprobre, exécration!.. Peut-on concevoir
que ce soient-là les. paroles de paix et les préliminaires par lesquels M. l'abbé Grégoire se propose
de faire ensevelir, dans un oubli profond, tous les --- Page 37 ---
(29)
Notes:
Texté:
ressentimensde) la haine? leplaisirdélicieuxdefaire
(49) La liberté! Celle du bien à vCs oppresde dix-neuf mille hom-: seurs, et même réprimez
mesde couleur, qui sont les élans trop marqués
à Saint - Domingue seu- d'une joie qui, en rappelement,e est-elle venue de lant leurs torts, aiguiseFrance ?.N'est-ce pas un roit contre eux la pointe
don des Colons ?
du repentir.
(50) La justice ! CherReligieusement soumis
chez donc une fois la ve- aux lois, inspirez-en l'arité, et vous saurez que mouravosenfnsyquune
daus nos tribunaux, il éducation soignée dévearrire fréquemment que loppant leurs facultés
les blancs perdent leurs morales, prépare à la geprocès contre les gensde nération qui vous succécouleurs.Sachezquedans dera, des citoyens verl'aflaire d'Ogé il y a eu tueux, des hommes pudeux blancs suppliciés.
blics 2 des défenseurs de
(51) Le bonheur! Qu'ils la Patrie.
disent, ces nègres, que
> Comine leurs coeurs
Raymord dise. s'ily a au- seront émus, quand,les
cun de nos esclaves, bons conduisant sur V OS rivasujels, qui voulittroquer ges, vous dirigerez leurs
son bonheuractuel contre regards vers la France,
Ie sort misérable descul- en leur disant : par de-là
tivateurs journaliers de ces parages est la mèrevos campagnes!
patric ; c'est de là que
52) Il faut l'avouer; sont arrivés chez nous la
cotacquetretproligyier liberte(a9),lajustirce (50)
ces titres à bon marché. erlebunteur(3i);li. sont
Ces prétendus çonci- nos concitcyens, nos frètoyens, sont des Africains res et nos àmis (52);1ous
ant : par de-là
tivateurs journaliers de ces parages est la mèrevos campagnes!
patric ; c'est de là que
52) Il faut l'avouer; sont arrivés chez nous la
cotacquetretproligyier liberte(a9),lajustirce (50)
ces titres à bon marché. erlebunteur(3i);li. sont
Ces prétendus çonci- nos concitcyens, nos frètoyens, sont des Africains res et nos àmis (52);1ous --- Page 38 ---
(30) )
Notes.
Texte.
très-heureux d'avoir été leur avons juré une amitirés de leur pays natal, tié éternelle. Héritiers de
où la guerre et l'escla- nos sentimens, de nos
vage sont horribles. l1s atfections., que
vos
ontétépayés fortcherpar coeurs et vos bouches réles Colons François. Sans pètent nos sermens: ; viremboursér ce qu'ils ont vez pour les aimer, et
coûté, M.P'abbéGrégoire s'ill le faut, mourez pour
leur dit : C vous êtes li- les défendre.
bres,nos égaux, nos concitoyens, nos frères, et
Signé GREGOIRE.
nos amis >. Mais, comment les nègres parvien- Paris, ce 8 juin 1797.
dront-ils à ce point si desiré par M. l'abbé Grégoire ? Lui seul et quelques philosophes, peuvent
y penser suns frémir. Quel sort auront cent mille
François livrés ainsi à sept cent mille Nègres? Quc
deviendront leurs terres, leurs manufactures établies à grands frais, puisqu'il est di quatre cents
millions au commerce? Que deviendra seulement
cette créance de votre commerce, de ce commerce
qui fait la richesse de la France ? L'homme, vraiment humain et philosophe, palit devant ces perspectives inévitables, et c'est un jeu pour la nouvelle secte. La vie et les propriétés des Colons,
l'anéantissement du commerce et de la richesse de
l'état, ne sont rien : cette phrase dite aux nègres
et aux mulatres : > Vous êtes nos concitoyens, nus
n frères et nos amis 3 nous vous avons juré une
< amitié éternelles, tient licu de tout.
esse de la France ? L'homme, vraiment humain et philosophe, palit devant ces perspectives inévitables, et c'est un jeu pour la nouvelle secte. La vie et les propriétés des Colons,
l'anéantissement du commerce et de la richesse de
l'état, ne sont rien : cette phrase dite aux nègres
et aux mulatres : > Vous êtes nos concitoyens, nus
n frères et nos amis 3 nous vous avons juré une
< amitié éternelles, tient licu de tout. --- Page 39 ---
(3r)
La première réflexion qui se présente, après la
lecture de cette lettre, la voici : > la démarche de
P M. l'abbé Grégoire étoit-elle nécessaire ? a
e
Non-seulement PAssemblée Nationale a rendu le
décret, mais encore elle y a joint une instruction.
Ainsi, la lettre de M. P'abbé Grégoire étoit au moins
inutile; or, un zèle superflu, en pareil cas, est bien
près de ressembler aux efforts turbulens de
de secte et de,
l'esprit
-
parti.
C'est ce que prouve manifestement ces phrases
prophétiques de la lettre.
K Un jour le soleil n'éclairera parmi vous
des
n hommes libres; ; les rayons de l'astre qui que
>
la lumière ne tombéront
répand
plus sur des fers et sur
>> des esclaves.
s N'oubliez pas que, comme vous, ils naissent et
5 demeurent libres.
a Nous avons allégé vos peines, allégez celles de
>> ces malheureuses victimes
quiarrosent vos champs
> de leurs sueurs et souvent de leurs larmes.
>> Que l'existence ne soit plus, pour des
s
esclaves,
un supplice, etc. etc. >.
11 est évident que les intentions de M. l'abbé Grégoire,n'ont plus d'enveloppe, ne sont plus équivoques.
En vain, les gens de couleur, qu'il avoit affecté,
jusqu'à présent, de prendre seuls sous sa tutelle, se
flatteroient d'avoir été l'objet de ses soins. Ils n'é
toient que le premier échelon par lequel lui et une
secte homicide s'élevoient à des tentatives qui ne
présagent que des massacres comparables à ceux
11 est évident que les intentions de M. l'abbé Grégoire,n'ont plus d'enveloppe, ne sont plus équivoques.
En vain, les gens de couleur, qu'il avoit affecté,
jusqu'à présent, de prendre seuls sous sa tutelle, se
flatteroient d'avoir été l'objet de ses soins. Ils n'é
toient que le premier échelon par lequel lui et une
secte homicide s'élevoient à des tentatives qui ne
présagent que des massacres comparables à ceux --- Page 40 ---
(32)
dont les Saint Bernard, les Squin de Florian, les
Ternand Cortez, etc, ont allligé T'humanité.
En vain, les défenseurs des Colonies ont exposé
cent fois, avec le langage de la saine raisen, que
cette terre de feu dévore les Européens accoutunés
à un climat tempéré, qu'elle ne peut être cultivée
que par ces hommes placés par la nature plus près
del léquateur 2 dans les sables brûlans et incultes ori
la guerre, l'esclavage, et même l'antropophagie
exercent le plus afireux empire.
En yain, cette raison saine et droite a représenté
que la férocité (terme familier à M. l'abbé Grégoire ) n'est nulle part le caraétère des homines
policés, mais que Pintérêt est leur Dieu. Que ce
Dieu, que l'avarice aient porté les Espagnols à la
férocité, sur le vaste coutinent de cctte partic du
Alonde,qui renferme, dans son scin, les plus précieux métaux! quoiqu'en frémissant 7 l'imagination
le conçoit; mais les effets opposés s'opèrent ici par
la méme cause : dévastation, carnage, cruantés,
rien ne coûte à l'homme qui a sous sa main des
trésors à conquérir; au contraire, celui qui en a la
propiétéacquise, toutleporte à sela conserver par
les plus grands ménagemens. Ainsi s'expliquent les
contrastes qui se sont succédés en Amérique dans
les mours des Européens qui s'y sont trausplantés.
Ainsi, P'intérêt a fait de Cortez et de Ses compagnous,des hommesde: sang; ainsi, lintérêt seul feroit
des Colons d'aujourdhui, des hommes soigneux à
ménager la santé et la vie de leurs esclaves, à
les
acquise, toutleporte à sela conserver par
les plus grands ménagemens. Ainsi s'expliquent les
contrastes qui se sont succédés en Amérique dans
les mours des Européens qui s'y sont trausplantés.
Ainsi, P'intérêt a fait de Cortez et de Ses compagnous,des hommesde: sang; ainsi, lintérêt seul feroit
des Colons d'aujourdhui, des hommes soigneux à
ménager la santé et la vie de leurs esclaves, à
les --- Page 41 ---
(33) )
Ics préserver de l'idée sèule du maronage (1)
Ces vérités, cent fois répétées et constatés par le
rapport des navigateurs, sont sans réplique ; mais la
raison est une digneimpuissante contre le fanatisme.
Celui de M. l'abbé Grégoire ne peut être contenu
par aucune considération. Le respect même do 'aux
décrets du Corps législatif n'est pas un frein contre
ses emportemens. Une courte analyse va le démontrer.
Par un de ses décrets, l'Assemblée Nationale
prononce formellement C qu'elle ne statuera jamais
> sur l'état des personnes non libres,que d'aprèsles
>> propositions spontanées des Assemblécs Colo-
> niales >.
Si je prouve que M. l'abbé Grégoire statue sur le
sort des personnes non libres; bien plus! qu'il tire
du bienfait rendu aux honmes de couleur, une loi
de reconnoissance, pour qu'ils procurent la liberté
aux esclaves (2),'aurai certainement prouvé que
M. l'abbé Grégoire agit contre un décret, et, par
conséquent, qu'il ne le respecte pas.
Ce décret est celui du 13 mai. En est-il un plus
solemnel ? Non; puisqu'il n'est que la répétition et
la confirmation de deux autres décrets.
(1) Déscrtion des Nègres.
(2) Eh ! quel peut être, pour les gens de coule ur,
qui sont avec les blancs en si grande disproportion
de nombre et de force, le moyen de procurer cette
liberté, si ce n'estlepoignard?
-
-
, et, par
conséquent, qu'il ne le respecte pas.
Ce décret est celui du 13 mai. En est-il un plus
solemnel ? Non; puisqu'il n'est que la répétition et
la confirmation de deux autres décrets.
(1) Déscrtion des Nègres.
(2) Eh ! quel peut être, pour les gens de coule ur,
qui sont avec les blancs en si grande disproportion
de nombre et de force, le moyen de procurer cette
liberté, si ce n'estlepoignard?
-
- --- Page 42 ---
(34)
A peine est-il rendu, que M. labbé
franchit les limites que le Corps
Grégoird
circonspection de
L.égislatif a eu la
s'imposer à lui - même, et,
conséquent, à tous ses membres
par
Il propage
individuellement.
par-tout une lettre imprimée, et
doctrine y professe-t-il?
quella
Ne craignons pas de répéter ses incendiaires
ceples : enuus avonsallégé vos peines,
pré-
> de ces malheureuses victimes.
allégez celles
w que, comme vous, ils naissent libres N'oubliez pas
M. P'abbé Grégoire leur
et égaux >.
assure à tous C le
* imprescriptible de n'obéir qu'à
droit
Telle est la décision tranchante eux-mêmes.
de l'Assemblée Nationale
qu'un membre
place à côté du décret
qui confirme exclusivement aux Assemblées
nialesle droit de
Coloprononcer sur le sort des
nonz libres.
personnes
Si, comme il est impossible de Ie nier, de telles
prédications compromettent les propriétés et la
des Colons, il ne nous reste plus
vie
prises celui quise les est
qu'à mettre aux
permises
avec la clause suivante du décret aulacieusement, du 8
mars 1790.
s Colons et leurs
C Mct les
propriétés sous la
> spéciale de la nation; déclare criminel sauve-garde
> nation, quiconque travailleroit à
envers la
exciter des
a lèvemens contr'eux >.
souVoilà la loi; j'en invoque T'exécution au nom de
tout un peuple. Tel estle texte de ma dénonciation.
Comment M. l'abbé Grégoire en éludera-t-il l'effet?
Répondra-t-il, comme ill'a fait AM. del les Vie, dans
la tribune, cn isolant une ou deux
phrascs au plus
inel sauve-garde
> nation, quiconque travailleroit à
envers la
exciter des
a lèvemens contr'eux >.
souVoilà la loi; j'en invoque T'exécution au nom de
tout un peuple. Tel estle texte de ma dénonciation.
Comment M. l'abbé Grégoire en éludera-t-il l'effet?
Répondra-t-il, comme ill'a fait AM. del les Vie, dans
la tribune, cn isolant une ou deux
phrascs au plus --- Page 43 ---
(-35 )
de sa lettre ? La voix du loyal député, défenseur do
la vérité, a été étouffée; mais ma plume a un ca:
ractère qui ne peut êire anéanti par les clameurs
de M. l'abbé Grégoire et de son parti.
En reproduisant la lettre entière avec cet écrit,
je lui ai donné la vertu du prisme. Les couleurs y
sont détachées sans qu'aucune d'elles soit exagérée
ni affoiblie. Cest un tablcau où l'ensemble du principal objet et de Ses conséquences trace aux juges,
dans le calme du cabinet, qu'il n'y a plus qu'un
moyen de mettre les Colons et leurs propriétés softs
la sauve-gurde spéciale de la Nation ; c'est de faire
justice, de tenir sa parole, en traitant comme croninel envers la Nation, celui que l'auguste caractère
de ministre du Dieu de paix rend plus coupable
d'avoir-tnasuilte, par sa lettre, à erciter des soulèvemens contre les Colons..
Pour affranchir nos plaintes de tout reproche de
mauyaise foi, citons celle des phrases de la lettre
qui pent le plus servir d'égide àM. l'abbé Gréguire.
( Ensevclissez (dit-ilaux gens de couleur) dans
o un oubli profond tous les ressentimens de la
s haine 7).
Si nous nous conformons à sa méthode, si nous
isolons cette plrase, elle ne respire qu'humanité et
concorde.
Joignez la phrase à celle qui la précède immédiatement 2 l'onction se réduit à ce qu'il. en faut pour
qu'un trait meurtrier pénètre plus avant.
( L'erécration contemporaine devancera,'à leur
s égard, l'eaécration de la postérité >.
La voilàcctte phrase : déyoucrà P'ezéeration! quel
C2
ons à sa méthode, si nous
isolons cette plrase, elle ne respire qu'humanité et
concorde.
Joignez la phrase à celle qui la précède immédiatement 2 l'onction se réduit à ce qu'il. en faut pour
qu'un trait meurtrier pénètre plus avant.
( L'erécration contemporaine devancera,'à leur
s égard, l'eaécration de la postérité >.
La voilàcctte phrase : déyoucrà P'ezéeration! quel
C2 --- Page 44 ---
(3 36)
mot! De quels excès sanguinaires n'est-il pas le
signal? Et dans l'étrange association que, dans un
espace de quatre lignes, M. l'abbé Grégoire fait de
ce mot crécration, , avec l'oublides ressentumnens de la
haine , qui ne pénètre les intentions adroites de leur
perfide auteur? peut-on douter de l'impression qui
prévaudra sur les gens de couleur ? sur des hommes à qui l'éducation n'a point appris à raisonner
leurs nouvemens: 5 sur des liommes à qui l'on dit:
( vous naissez libres et demeurez égaux (1) à ceux
s qui écunent de rage de voir qu'on vous ait
> révélé et rendu vos droits (2); sur des hommes
> que l'on peint placés entre les poignards et la
D mort (3), dont les sanglots sont punis conue des
> crisdercbellion ; qui habitent des contrées teintes
> de leur sang, etc, etc; 5 sur des hiommes enfin,
qui sont au nombre de sept cent mille, répandus
dans ce vaste Archipel de P'Amérique, où ily a,
tout etll plus, cenl mille Européens?
Vengeance ! vengeance ! A la lecture de tant
d'imprécations, ce cri doit retentir dans tous les
courS.
Est-ce donc ainsi que Barthelemi de Las Casas
exerça son saint ministère dans ces mémes contrées,
alors vraiment en proie à tous les genres d cruauls
el de dévastation ? Courageusement témoin de ces
(1) Page 12.
(2) Page IO.
(3) Page 6.
érique, où ily a,
tout etll plus, cenl mille Européens?
Vengeance ! vengeance ! A la lecture de tant
d'imprécations, ce cri doit retentir dans tous les
courS.
Est-ce donc ainsi que Barthelemi de Las Casas
exerça son saint ministère dans ces mémes contrées,
alors vraiment en proie à tous les genres d cruauls
el de dévastation ? Courageusement témoin de ces
(1) Page 12.
(2) Page IO.
(3) Page 6. --- Page 45 ---
(37 )
scènes sanglantes, et digne ministre d'un Dieu de
charité, ilt tendoit aux Indiens une. main secourable,
ot, d'un autre côté, amortissant la rage des Espagnols, il leur promit et tint la promesse de n'adresser que des plaintes à Charles-Quint et à Philippe
II: il adoucit enfin le sort des malheureux Indigènes, et obtint en mêmc temps de la clémence
pour leurs barbares concuérans.
Rapprocherons - nous de cette conduite évangélique d'un' pontife, celle que tient M. l'évêque de
Blois ?
Quel contraste! C'est de loin, et (osons. le dire)
c'est lâchement que celui-ci préche sa doctrine,
à Pabri de lout dangerct de toute crainte pour SCS intérels.
A-t-il parcouru ces conirées qu'il dit étre imbibées de larmes, et teinles de sang? Non.
Produit-il desmémoires de doléances des hommes
de couleur qui sont domiciliées dans les Colonics ?
Non.
Ainsi, par un contraste révoltant avec l'évèque
espagnol qui parloit en témoin, en hommei instruit,
et qui agissoit en ministre du Dicu de paix et de
vérité 2 l'évèque françois marche aveuglément
d'assertions en assertions,avec une confiance aussi
audaciense, qu'allarmée et craintive seroit celle d'un
accusateurpublic, quiauroit entre ses mains les procès-verbaux des cruautés qu'il dénonceroit.
Mais ce contraste n'est pas le seul qui dépose
contre M. L'Abbé Grégoire; il y en a un d'autant
plus frappant, qu'il existe entre lui et ceux dont
il s'est établi le défenseur.
C3
e aveuglément
d'assertions en assertions,avec une confiance aussi
audaciense, qu'allarmée et craintive seroit celle d'un
accusateurpublic, quiauroit entre ses mains les procès-verbaux des cruautés qu'il dénonceroit.
Mais ce contraste n'est pas le seul qui dépose
contre M. L'Abbé Grégoire; il y en a un d'autant
plus frappant, qu'il existe entre lui et ceux dont
il s'est établi le défenseur.
C3 --- Page 46 ---
(33)
En même lcmps que M. l'abbé Grégoire produia
Soit sa lettre du 8 juin, quatre hommes de couleur
en ont fait imprimer une deux jours plus tard, pour
la même destination, c'est-à-dire, ( afin de servir
> d'instructions aux hommes de couleur et nègres
> libres, résidens dans les Colonies, relativement
> au décret du 15 mai >.
Nous allons extraire littéralement le plus important paragraphe de celte lettre, signée Raymond
Painé,-- Fleury,-- Honoré Swint-Altert,eta du Soulchay Saint-Real. Voici ce paragraphe e:
c Eh! sur-tout ne perdez pas de vue ce sentiment
> de la nature qui doit unir les liommes comme des.
> frères. Souvenez-vous que si vous l'avez réclamé
- avec force en votre faveur, Vos esclares le ré-
> clament aussi pour eux. Soyez donc humains à leur
> égard. Ils ne se refuseront pas à donner à leurs
> maîtres (I) un travail modéré et suivi, qui n'épui-
> sera pas leurs forces; sur-tout si vous les encou-
> ragez par des petits intérêts sur vos plantations -
> comme cela se pratique par plusieurs habitans (2).
(r) Les hommes de couleur, comme on le voit,
appellent esclaves les esclaves, et ils déclarent que
parmi leur caste, ces esclaves ont des maitres.
(2) Au lieu de plusieurs, il falloit dire partousles.
habitans. Ilen est très-peu, du moins, quin'accordent pas et cette ressource à leurs esclaves, et la
jouissancedesfétesfetesetdimanches, sansavoireu: recours
aux lecons de l'économiste.M. Dupont, (ce que c'est
couleur, comme on le voit,
appellent esclaves les esclaves, et ils déclarent que
parmi leur caste, ces esclaves ont des maitres.
(2) Au lieu de plusieurs, il falloit dire partousles.
habitans. Ilen est très-peu, du moins, quin'accordent pas et cette ressource à leurs esclaves, et la
jouissancedesfétesfetesetdimanches, sansavoireu: recours
aux lecons de l'économiste.M. Dupont, (ce que c'est --- Page 47 ---
(39)
leur population, en accordant aux
> Encouragez
enfans plusde tempsàemployer
> mbresdeplusieurse
éleverl leurs enfans ; qu'ils
- aleur profit;a aidez-lesà
elles (i). Accordez-
> ne soient plus un fardeau pour
elles vous
>> leur méme une liberté entière, quand
> auront donné, par ce genre de prodait,infiniment
travail qui les a exténuées (2) >,
> plus qu'un
des mots soulignés qui ne soit
11 n'y a pas un
des lecteurs. On remardigne de toute l'attention
la
d'abord, comme chose très-importante,
quera
dans laquelle cette instruction des gens
circonstance
de couleur a été mise au jour.
leur
après que le décret qui
Cest immédiatement
conséquent,
est sifavorable, a été rendu; c'est, par
linstant d'un triomphe, moment qui porte peu à
à moilestie et à la modération, si nous en jugeons,
la
les instructions et par le style de
du moins, par
M. l'abbé Grégoire.
de parler de ce qu'on ne connoit pas) ni à
que
de M. Florida Biancha. (Voyez le projet
l'exemple
d'instruction de M. Dupont).
savent, et ils auront
(r) Les quatre signataires
jamais les ensûrement la bonne foi d'avouer que
fans des mères esclaves ne sont à la charge de leurs
mères.
avons dit relativement à la dé-
(2) Ce que nous
sertion, autrement dit maronage, à la vie,alasanté
ici. L'idole, le Dieu deshomdes nègres, s'applique
n'exténuât des
mes, Pintérêt seul empêcheroit qu'on
hommes aussi précieuxC4, --- Page 48 ---
(4)
C'est alors que uatre hommes de couleur, (qui
peut-étre ont élé esclaves eux - mémes ) se bornent à
encouragerla population, parce qu'elle donne un plus
grand nombre d'esclaves (1).
Répétons-la, cette importante phrase des quatre
hommes de couleur.
Accordez-leur (à ces mères de plusieurs enS fans) même une liberté entière, lorsqu'elles vous
a auront donné, par ce gente de produit, plus qu'un
> travail quiles eût exténuées >,
Le mot même, > souligné, a sa valeur; car il exprime ici le maximum de ce qu'il est possible d'accorder, autant que le plus puissant motif pour accorder. La phrase, en tout, prouve évidemment que
ceux mêmes, dont la liberté entière prend sa source
dans Tufranchissoment; et qui, par conséquent, ne
devroient pas plaider) pour l'entretien de cette: source,
prétendent n'affranchir les esclaves qu'à bon escient;
c'est-à-dire, lorsque, sur-tout, des mères auront
rempli, avec usure, le déficit que leur liberté entière occasionneroit dans les atteliers.
L'expression la plus remarquable de cette phrase,
est celle de genre de produit , appliquée à des hommes, 3 parce qu'elle porte le caractère le plus positif
de l'esclavage.
Ici, le lecteur me Permettra une courte, mais
utile digression historique.
(I) Ce mot esclaves est constamment souligné pour
faire observer qu'il est sans cesse sous la plume des
gens de couleur,
rempli, avec usure, le déficit que leur liberté entière occasionneroit dans les atteliers.
L'expression la plus remarquable de cette phrase,
est celle de genre de produit , appliquée à des hommes, 3 parce qu'elle porte le caractère le plus positif
de l'esclavage.
Ici, le lecteur me Permettra une courte, mais
utile digression historique.
(I) Ce mot esclaves est constamment souligné pour
faire observer qu'il est sans cesse sous la plume des
gens de couleur, --- Page 49 ---
(4:)
Ces hommes de couleur, propriétaires, ont, parmi leurs esclaves 2 des négresses. Ces négresses ne
sopt pas les seules inaccessibles aux foiblesses desi
blancs (1), dans les villes et les bourgs principalement, où tout est bon pour des matelots et des'
pacotilleurs.
Qu'arrive-t-il? Le père met à la voile; la mère
enrichit la population d'un homme de couleur de
plus, qui estyipsofacto, esclave d'un homme de couleur, son semblable, el souvent d'u nègre. Ce petit
manège se répète souvent, car il n'est pas un acteur
du drame qui ne trouve ce jeu doux, et voilà justement ce que des hommes de couleur appellent
genre de produit.
Appelleroient-ils autrement, je lc demande, ce
que leurs troupeaux de vaches et de jumens produisent dans leurs hâtes (2)? N'assimilent-ils pas,
cès gens de couleur, les résultats de la population
de leurs esclaves à ce que produit une terre qu'on
rend meuble, que l'on manie et retourne en tout
sens, que le défaut d'industrie, la paresse et la fantaisie de tant d'hommes condamnent même à être
éternellement nulle et foulée aux pieds?
f Quelle leçon ! Tel estl'effet de limprudente manie de prononcer sur tout, même sur les objets que
(1) C'cst ainsi que la décence me prescrit de désigner ce qu'un ministre du Dieudela pudeurnomme
les sales explosions de la débauche.
(r) Les haras s'appellent hâtes aux Antilles. -
la paresse et la fantaisie de tant d'hommes condamnent même à être
éternellement nulle et foulée aux pieds?
f Quelle leçon ! Tel estl'effet de limprudente manie de prononcer sur tout, même sur les objets que
(1) C'cst ainsi que la décence me prescrit de désigner ce qu'un ministre du Dieudela pudeurnomme
les sales explosions de la débauche.
(r) Les haras s'appellent hâtes aux Antilles. - --- Page 50 ---
(42) )
l'on ne connoît pas; on est redressé; et par qui?
Des hommes sans éducation, sans lumières,
ne voient la nature que comme elle frappe leurs qui
et qui la voient sous une infinité de
sens,
formes encore
plus variées dans les hommes que. dans les autres
espécesd'animaux et dansles végétaux; ces hommes,
(sans en avoir la prétention) ) démontrent aux législateurs de la nation, qu'il est absurde de dire indistinctement que tous les hommes naissent et demeurent
égaur. Nous ajouterons qu'il est dangereux deledire,
même en France, à ceux que la politique et tant de
rapports divers ont étagés'dans l'ordre de la société.
Ce sont des hommes que l'assemblée nationale
comble de bienfaits, et c'est à l'instant où ils les
obtiennent qu'ils documentent ainsi l'assemblée nationale.
Leur lettre enfin, que je regarde, à de légères
circonstances près, comme un bon texte d'instruction, mérite d'être lue.
Elle parle d'injustices, de longs malleurs, et...
quoique cela ne soit pas équitable; car enfin, les
gens de couleur n'ignorent pas que les Colons euxmêmes, assujettis aujougdu despotisme ministériel,
ne disposoient de rien, n'avoient ni municipalités,
ni corps administratifs. Le mot citoyen actif, dont
l'assemblée nationale a décoré si précipitamment
quelques hommes de couleur, existe à peine dans
les Colonies; il n'a donc pas pu être
question, 2 jusqu'à présent, d'admettre les gens de couleur aux
fonctions administratives. Voilà cependant l'objet
des plaintes d'un très-petit nombre de ces hommes
de couleur résidens à Paris.
,
ne disposoient de rien, n'avoient ni municipalités,
ni corps administratifs. Le mot citoyen actif, dont
l'assemblée nationale a décoré si précipitamment
quelques hommes de couleur, existe à peine dans
les Colonies; il n'a donc pas pu être
question, 2 jusqu'à présent, d'admettre les gens de couleur aux
fonctions administratives. Voilà cependant l'objet
des plaintes d'un très-petit nombre de ces hommes
de couleur résidens à Paris. --- Page 51 ---
(43)
N'importe abip plura nitent,) n01 ego paucis offendar maculis. La lettre que nous citons, n'est peint
souillée par les horreurs dont M. l'abbé Grégoire
a fourni les modèles; elle ne parle que de longs
malheurs, d'injustices et d'ertinction d'un préjugé.
Le mot sang y est-il tracé? Ce n'est point comme
dans la lettre de M. l'abbé Grégoire, 2 pour reprocher aux Colons la férocité d'hommes de sangs c'est
dans un sens patriotique et édifiant.
M Si vous avez, disent-ils, versé quelques gouttes
à la nation ses Colonies,
> de sang pour eonserver
devez
le répandrejusqu'à la der-
> vous
aujourd'hui
> nière goutte >.
Si ces imputations, 7 (impostures laches et alroces.
Cruautés exercées contr'euz.
Poignards et la
mort.
T'erres imbibées de leurs larmes et teintes de
leur sang), étoient fondées et prouvées, qui doute
les quatre signataires de la lettre n'eussent été
que
empressés à les y. révéler ?
Mais, nous l'avons déjà dit, et nous aimons à le
d'un ministre
répéter, ces hommes, que l'exemple
de la religion pouvoit rendre accessibles à la calomnie ont conservé la franchise du climat sous
lequel 7 ils sont nés; et que l'on ne croie pas que la
crainte d'être démentis par leurs frères résidens
dans les Colonies les ait retenus 2 non ; leur conscience seule leur a imprimé ce respect pour la
vérité.
Il n'appartenoit qu'à M. l'abbé Grégoire seul de se
livrer à la plus sanglante diatribe, sans missions 7
sans titres, 7 sans preuyes 2 qei légitimassent ses
atroces inculpations.
és; et que l'on ne croie pas que la
crainte d'être démentis par leurs frères résidens
dans les Colonies les ait retenus 2 non ; leur conscience seule leur a imprimé ce respect pour la
vérité.
Il n'appartenoit qu'à M. l'abbé Grégoire seul de se
livrer à la plus sanglante diatribe, sans missions 7
sans titres, 7 sans preuyes 2 qei légitimassent ses
atroces inculpations. --- Page 52 ---
(44)
Terminons, il en est temps, cet affligeant come
mentaire.
Nous avons montré M. l'abbé Grégoire se livrant
avec acharnement à des démarches absolument inutilesaudécret du 15 mai, et contraires à celuida 13.
Le rapprochement de sa lettre avec celle des personnes qui paroissent être ses commettans, fait voir
unité de but, mais une opposition dans les principes et dans les conséquences sur-tout, qui
le tort de conjurer tous les orages de la malédiction iaggravo
et de l'exécration sur les propriétés et sur la tête
des Colons. En lisant enfin la lettre de M. l'abbé
Grégoire, on reconnoît que la haine, l'esprit de parti;
le fanatisme et la calomnie sont les malfaisans génies
qui l'ont inspirée.
Que, faut-il de plus pour rendre eflicace cette dénonciation? La rapprocher une seconde foisdu texte
de la loi, et retraeerl'engagement solemnel
PAssemblée
que
Nationale a contracté: .
.
K Metles Colons et leurs propriétés sous la
a garde spéciale de la Nation; déclare criminel sauve-
> vers la Nation quiconque travailleroit à
enx des soulèvemens contr'eux
exciter
>.
Juges! considérez, relativement à l'importance do
nos Colonies, qu'affligées de troublesintestins, leur
situation actuelle exigeoit des procédés de mansuétude: : M. l'abbé Grégoire ne vous en a
de violens >.
inspiré que
Juges ! considérez, que, lorsque tout se réunissoit pour écarter une décision quelconque sur l'état
des personnes dans les
fàt
Colonies, jusqu'à ce qu'on
appelé à traiter ayec connoissance de cause tout --- Page 53 ---
(45)
ee qui tient au régine colonial dans ses rapports
avec la constitution du royaume, M. l'abbé Grégoire, non content d'avoir provoqué un décret dangereux, provoque cncore 1 par des prédications incendiaires, une entière assimilation à cette constitution, dans laquelle Passcmblée nationale a décrété
* qu'elle n'entendoit point comprendre les Colonies >.
Juges ! de ces griefs, pour la troisième fois, je
rapproche votre engagement solemnel:
a Déclare crimirel envers la Nation quiconque
> travailleroit à exciter des soulèvemens contre les
s Colons ",
Juges! prononcez.
dangereux, provoque cncore 1 par des prédications incendiaires, une entière assimilation à cette constitution, dans laquelle Passcmblée nationale a décrété
* qu'elle n'entendoit point comprendre les Colonies >.
Juges ! de ces griefs, pour la troisième fois, je
rapproche votre engagement solemnel:
a Déclare crimirel envers la Nation quiconque
> travailleroit à exciter des soulèvemens contre les
s Colons ",
Juges! prononcez. --- Page 54 ---
POST-SCRIPTU M.
Ce 19 Juillet 1791.
Quarousp puissant que soit l'arrêt de proscription;
prononcé dans le décret du 8 mars 1790, contre
C ceux quitravailleroient à exciter des soulèvemens
contre les Colons-, nous ne devons pas négliger de
nous appuyer encore de celui que l'Assemblée Nationalearendu hier, d'aprèsla proposition de M. de
Regnaudde Saint-Jean d'Angely.
5 Toutes personnes qui auront provoquéle meurtre,
5 le pillage ou Pincendie,soît par des écrits publiés,
> soit par des discours prononcés dans des assemblées
s publiques, seront traitées comme séditieuses et
>) perturbatrices de la paix publique >.
L.esdeux écrits publiés dernièrement par M. l'évéquede Blois, sousle titre de LETTRES,(l'une aux
ciloyens de couleur et nègres libres de Saint - Domingue ; - l'autre, à ses diocésains; sur le départ du
roi),sont, à la vérité, antérieurs à ce décret ; mais
ils sont postérieurs à celui du 8 mars, qui, tout aut
moins, en acquiert plus d'action et de force. Et lors
même que le décret du 18 juillet n'influeroit pas sur
la justice qui doit être faite de M. l'abbé Grégoire,
il s'ensuivroit néanmoins que ses écrits lc rangent
dans la classe des personnes que le corps législatif
déclare séditieuses et perturbatrices de la paix publique.
Saisissons cette occasion de bénir lajustice de PAs- --- Page 55 ---
(47)
sembléc Nationale, qui se déploie enfin contre ces
hommes d'autant plus audacieux, qu'étant dans son
sein, ils s'y croyoient inexpugnables; et d'autant
plus dangereux que, sous létole pontificale, ils ont
cru pouvoir braver l'impunité.
Ce n'est pas tout : je dois encore à ma patrie
Colonies, de faire observer
3 aux
que tous les écrivaing
ou les orateurs qui, au sujet de l'inviolabilité du
roi, ont excité le feu de la sédition par des opinions
autant inconstitutionuellesg
qu'incendiaires, sont précisément ceux qui, par l'abus de leur
ont écarté
éloquence,
P'Assemblée. Nationale de la route qu'elle
s'étoit sagement prescriterelativement aux Colonies,
par ses deux décrets du 8 mars et du I2 octobre
1790.
Actuellement que l'excès du délire d'une fausse
philosophie a fait tomber le masque de ses sectateurs, combien les bons esprits, qui ont contribué
à faire rendre le décret du 15 mai, doivent être
embarrassés ! Tranchons le mot, combien ne doivent-ils pas éprouver de remords, en appercevant
de qui ils ont reçu alors la commotion électrique?
Je me plairois sur-tout à chercher ces remords
dans la conscience de deux membres du corps législatif, qui, par la droiture de leur patriotisme
ont donné tant de poids aux fanatiques,
2 par lesquels
ils se sont laissés entrainer.
L'un d'eux a appris chez les plus fervens apôtres
de l'égalité, parmi les Quakers, que le pays de la
liberté, PAmérique Septentrionale a des loix par-
ils ont reçu alors la commotion électrique?
Je me plairois sur-tout à chercher ces remords
dans la conscience de deux membres du corps législatif, qui, par la droiture de leur patriotisme
ont donné tant de poids aux fanatiques,
2 par lesquels
ils se sont laissés entrainer.
L'un d'eux a appris chez les plus fervens apôtres
de l'égalité, parmi les Quakers, que le pays de la
liberté, PAmérique Septentrionale a des loix par- --- Page 56 ---
(48)
ticulières qui obligent à s'écarter de cette éga
lité (1).
L'autre, député par une province maritime, au-
(1) M. de la Fayette connoit certainement la section 9 de l'art. premier de la constitution fédérale
des Etats-Unis, qui dit: ( the migration, or impor31 tation of such persons as any of tbe states now
> existing shall think proper to admis shall not be
> prohibited by the congresse prior to the year onc
* thonsand cigls hundred and eighs, but a tax or
> duty may be imposed on such importation, not
€ 31 exceeding ten dollars from cach person D.
Traduction litérale.
La migration o1 importation de telles personnes. 7
(Les Américains Septentrionaux n'établissent point
la distinction par les couleurs; ils ne disent point
nègres, mais certaines personnes) comme quelquesuns des Etats à présent existans, ont cru convenable
de stipuler que celte admission ou importation te 1le
sera point prolibée par le congrès, avant l'année
1808, mais que Pon peut imposer une taxe pour
cette même importation, qui n'excédera pas la somme de dixécus par chaque personne, c'est-à-dire par
tête de nègres ", Voilà donc les Etats-Unisa assujettis
par la loi, pour 17 ans encore, à respecter cette
inégalité entre les personnes. Et croit-on que cette
taxe de dix écus ne fera pas,a ainsi que la justice et. la
raison, proroger l'importation?
roit --- Page 57 ---
(49)
dans la moindre atteinte portée à lorroit dû voir,
leur destruction, et dans
ganisation des Colonies,
P'anéancette destruction,let tombeau du commerce,
tissement de la principale source de la prospérité du
royaume. Tous deux trop sages pour ne pas conciles droits de Phomme
Jier les rapports politiquesavec
doivent
que les prestiges
incivilisé 3
aujourdhui,
sont dissipés, se rendre compte C que les préjugés
de la condescendance ";
des peuples exigent plusque
qu'il leur est da des égards d'autant plus grands,
queles préjugés ont acquis, par l'habitude, la même
imforce que la nature, qu'on n'entreprendjamais
punément de contrarier.
Ah! s'il étoit vrai qu'en lisant ainsi dans l'ame du
héros de la liberté et de M. R,.
j'eusse saisi la
arrêter leur ambition noble et vraivérité; qui peut
à moi
dément patriotique ? Qu'ils se joignent
pour la
savouer ceux qui les ont égarés un instant ! que
vie soit rendue par eux aux Colonies, aux manufactures, à la France entière !
Déjà, le comité de révision, (cette institution
mettra la dernière main à la gloire imsublime qui PAssemblée Nationale s'acquiert en
mortelle que
sur-tout), déjà le comité de
cette circonstance-ci
décret de suspension 2
révision, dis-je, attend qu'un
d'avance
relativementad celui du 15 mai, annonce
fera décréter immuablement, < que des.
ce qu'il
doia Colonies, telles que les Antilles Françoises,
, le comité de révision, (cette institution
mettra la dernière main à la gloire imsublime qui PAssemblée Nationale s'acquiert en
mortelle que
sur-tout), déjà le comité de
cette circonstance-ci
décret de suspension 2
révision, dis-je, attend qu'un
d'avance
relativementad celui du 15 mai, annonce
fera décréter immuablement, < que des.
ce qu'il
doia Colonies, telles que les Antilles Françoises, --- Page 58 ---
(4-190
(50)
vent être traitées en soeurs, et non pas en filles
> mineures, pour ne pas hasarder qu'elles s'émancipent d'elles-mëmes.
FIN.
De PImprimerie de LA FEUILLE DU JoUR, rue de
Bondi, No, 74, à côté de l'Opera. --- Page 59 --- --- Page 60 --- --- Page 61 ---
E791
c42td
S4ho --- Page 62 ---