--- Page 1 --- --- Page 2 ---
S
SS
Aj3ba
3labnt Cartrr Srotmn
Lihany
fitom llnibrisite --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
DÉNONCIATION
AUX ÉTATS GÉNERAUX;
DES VEXATIONS,
ABUS D'AUTORITÉ,
ET DÉNI DEJUSTICE,
Commis envers le fieur CLAUDE FOURNIER;
Habitant de l'ile Saint-Domingue,
D
A
e a
L 7 89. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
Clois gom &.
ANOSSEIGNEURS
LES ÉTATS GÉNÉRAUX
DEFRANCE,
NOSSEIGNEURS,
CLAUDr FOURNIER, habitant de l'ile & côte SaintDomingue, quartier de l'Artibonite, paroiffe des Verettes 3
claffé dans les milices de Saint-Marc,
Vous repréfente très-humblement, NOSSEIGNEURS, qu'il
ne peut obtenir que de vous une jufice qu'il réclame en vain
depuis plus de fix années. --- Page 8 ---
BN
-E - :
Tr
da
2 ei
K Toutes les loix quip peuvent garantir sergu. un Pagei a des
du defpotifme; celles qui lui affurent la cireyen libre
attentats.
fa
jouiffance de
propriété 5 celles quirendent fa liberté facrée, fes intérêts
précieux, ont été violées à Saint-Domingue, pour confommer
lan ruine de l'Expofant &; favorifer des calomniateurs fcandaleux, excités par là jaloutie, enhardis par l'impunité,
Forcé de repaffer,en Françe pour. folliciter, de l'équité du
Souverain,la vengeancé-de tant de vexarions, ce ne font
plus des particuliers obfcurs qu'illuia fallu combattre
parvenir jufqu'au pied du trône, Ce font des ennemis pour plus
puiffans, mais non moins attifs, dont les mefures, concertées avec adreffe, écartoient fans relâche fes demandes,
fes plaintes, fes fupplications : Ce font les adminiftrateurs de
la colonie, ce font les chefs du bureau de la marine, c'ft
le Miniftre même de ce département contre lequel il fe voit
obligédelutter: aujourdhui,lui quidénie la jufticequil reconnoît hautement lui être due, & qu'au. mépris. desfordres réitérés du Monarque, il refufc obltinément de lui réndre.
En vous dénonçant, NOSSEIGNEURS, des faits auffi
l'Expofant a bien fenti qu'il s'impofoit la néceffité graves de les s
prouver; ; & c'eft la certitude que les preuves ne laifferont
rien à défirer qui l'a déterminé à prendre une voie fi rie
goureufe, mais à laquelle fes malheurs l'ont impérieufement
contraint de recourir.
Pour, claffer avec méthode tous, ces faits dont la longue
énumérarion. ne préfenteroit.q qu'un récit
les divifera en deux époques. La premicre. ennuyentJEspolang contiendra
perfécution. gail aseflayée en Amérique, & : la fecondesiles la
Micedetininudtgaial faites, à fon. retour en France,
auprès des Minifires,
es malheurs l'ont impérieufement
contraint de recourir.
Pour, claffer avec méthode tous, ces faits dont la longue
énumérarion. ne préfenteroit.q qu'un récit
les divifera en deux époques. La premicre. ennuyentJEspolang contiendra
perfécution. gail aseflayée en Amérique, & : la fecondesiles la
Micedetininudtgaial faites, à fon. retour en France,
auprès des Minifires, --- Page 9 ---
1)1 PREMIERE-EPOQUE
Perfécution efuyée à Saint-Domingue.
Commeles faits de cette premiere époque offrent infiniment.
dedérails,TExpofant va les groupper rapidement;i iln'omettra,
NOSSEIGNEURS, , aucune des circonftances, quelques légeres
qu'elles foient, qui pourront fervir à éclairer votre reli-.
gion.
L'Expofant ayant tenté vainement de fe procurer en France
une aifance. honnête, & ne voulant pas la devoir à cesmoyens honteux, dont fa délicateffe auroit eu tropà rougir,
il réfolut de paffer en Amérique,
A fon arrivée à Saint-Domingue, ne fe trouvant pas des
fonds affez confidérables pour former à fes frais un: 5 étabiiffement, il: s'occupa pendant fept oi huit années à gérer
les habitations de différens particuliers; il n'a reçu d'eux que
des rémoignages fatisfaifans fur fa bonne conduite., fon
intelligence & fon exaête probité.
e Ce fut après ce temps quil: établit pour fon: compte
une guildiverie ou fabrique. de taffia, au bourg appellé la
Petite Riviere.:
fi:
A peine cette manufaêture fut-elle élevée qu'un réglement du. confeil fupérieur du Port-au-Prince défendit de
conftruire. de pareilles fabriques dans les villes ou bourgs du
:
reffort, & ordonna qu'elles feroient éloignées au moins. de
troiscentstoifes: ce réglement! forga.TExpofane de tranfporter
la fienne à une, lieue de la Petite Riviere, fur: un terrein quil
venoit d'affermer & qu'il acquit peu de temps après..
At
fut-elle élevée qu'un réglement du. confeil fupérieur du Port-au-Prince défendit de
conftruire. de pareilles fabriques dans les villes ou bourgs du
:
reffort, & ordonna qu'elles feroient éloignées au moins. de
troiscentstoifes: ce réglement! forga.TExpofane de tranfporter
la fienne à une, lieue de la Petite Riviere, fur: un terrein quil
venoit d'affermer & qu'il acquit peu de temps après..
At --- Page 10 ---
N
ROCE 2
4:
entourée de' plufieurs autres fabriques
Sa guildiverie ;
celle des fieurs
: fe trouvoit contigue à
à
de la même efpece, érabliffement donna de l'ombrage
Guibert; ce nouvel
ces deux freres.
feurs Guiben,immenf@menr
Onsétonnera peut- être queles
un colon dont les
riches, ayent conçu le projet de ruiner aucune inquiéleur infpirer
facultés bornées ne pouvoient
où l'envie d'acquérir promiptement
tude; mais dans un pays feul fentiment qui domine, o
une grande fortune eft le
l'ame vile & corcontinuellement
la foif de l'or tourmente ainfi dire, un befoin de fon exifrompue, & devient, pour
combien Tintérêt fouffre de
facilement
tence, on concevra faifit avidement tous les moyens de
la rivalité,. comme il
n'a d'autre tort à fes yeux que
fe défaire d'un ennemi qui
aétif.
induftrieux ou plus
d'être ou plus
des fieurs Guibert, pour expulfer
La premiere tentative réclamer l'ancien propriétaire contre
T'Expofant s fut de faire
la
étoit cenftruite.
de fon terrein, fur lequel fabrique
la vente
réuffit pas : le réclamant fut condamné
Cette manceuvre ne
& intérêts envers l'Expofant.
en 1500 livres de dommages des fieurs Guibert étoit la préféa Le motif de T'animofité accordoient au taffia de TExpolant,
rence que les Anglois
de leur rhum que tout celui qui
parce qu'il approchoit plus de l'ile.
fe fabriquoit dans le refte
la juftice des magiftrats ;
Les Guibert, n'ayant pu égarer des chefs, & la cachercherent à furprendre Vautorité adopterent pour y par4
lomnie fut le moyen odieux qu'ils
militaire femvenirs-une révolution dans Tadminiftration
ne furent
le fuccès : leurs efpérances
bloit leur en préfager
pas trompées.
qui
parce qu'il approchoit plus de l'ile.
fe fabriquoit dans le refte
la juftice des magiftrats ;
Les Guibert, n'ayant pu égarer des chefs, & la cachercherent à furprendre Vautorité adopterent pour y par4
lomnie fut le moyen odieux qu'ils
militaire femvenirs-une révolution dans Tadminiftration
ne furent
le fuccès : leurs efpérances
bloit leur en préfager
pas trompées. --- Page 11 ---
S
Ilss'adrefferent: au fieur de Couagne, récemment.
Saint-Marc, avec le titre de lieutenant de
arrivé a
gnirent l'Expofant
Roi; ils lui pçicomme un homme dangereux don:
gnement étoit indifpenfable.
T'eloiCet' officier ne cherche pasis'affurer de la vérité
imputés, ne prend aucune
des faits
éclaircifement, & fait traîner information, ne demande aucun
dans
:
Du fond de fa
l'Expofant
les cachots,
favoir
prifon, cet infortuné chargé de
fans
quel eft fon crime, fans connoître fes fers,
arraché fur fes poffeffions
accufateurs,
enleve la faculté de
par un ordre arbitraire qui lui
recourir à. fes
au Général &. à I'Intendant,
juges naturels, s'adreffe
réclame fa
auffi-tôr accordée.
liberté,qui lui eft
L'Expofant fe plaît à rendre ici aux
juftice qu'il ne pourroit leur refufer fans adminifrateurs une
connoiffance. En méme-temps
manquer à la reils
qu'ils briferent fes chaînes
témoignerent au lieutenant de Roi leur
d'une conduite auffi précipitée
mécontentement
qu'illégale.
que l'Expofant fe. voie obligé de leur
Pourquoi faut-il
ce - même abus qu'ils
reprocher aujourd'hui
s'emprefferent de
ne puiffe attribuer fes malheurs
condamner, & qu'il
infouciance !
qu'à leur légereté ou à leur
Quoiqu'il en foit, les Guibert
peut-être difficile de réalifer le penfant qu'il leur feroit
regardant
projet qu'ils avoient
comme un tort confidérable
conçu,
retardoit l'exécution de leur
chaque inftant qui
moyens plus violens & vengeance, eurent recours à des
plus furs; les affaires de
Taffujétiffoient à de fréquens
TExpolant
lile, la' chaleur du climat
voyages dans l'intérieur de
ne lui permertoir de fe mettre en
-être difficile de réalifer le penfant qu'il leur feroit
regardant
projet qu'ils avoient
comme un tort confidérable
conçu,
retardoit l'exécution de leur
chaque inftant qui
moyens plus violens & vengeance, eurent recours à des
plus furs; les affaires de
Taffujétiffoient à de fréquens
TExpolant
lile, la' chaleur du climat
voyages dans l'intérieur de
ne lui permertoir de fe mettre en --- Page 12 ---
1E - MSc -
a
6'
palfat fur un
la nuit, il falloit abfolument qu'il
route que Guibert le firent rompre.
pont ; Les
fon cheval dans le foffé profond
L'Expofant tomba avec
fur; fon negre, garanti. -
fur lequel lil croyoit trouver ce pont
le retira fans conla chûte de fon maitre,
du danger par
noiffance.
aux Guibert un crime quils'
Le hafard ayant donc épargné réfolurent d'en prévenir les
réfléchi, ils
avoient f froidement
aux adminiftrateurs, comme
fuites, Ils dénoncerent TExpofant un homme dont l'étadu repos public,
& cruel, dont
un perturhaseur nui@ble, un voilin turbulent
bliffement étoit
les planrations voifines,
étoient de ravager
les paffe-temps
de fabre les negres des propriétaires
& de déchirer à coups
qui T'entouroient (1).
forme de lettre, fignée par les Guibert
(1) Cette requête, en
près les faits fuivans : L'Expofant
& leurs adhérans 2 contient a-peu voifines de fes habitations, de
eft accufé de dévafter les poffellions de fes voifins, d'infedter les cadéchirer à coups de fabre les negres de fa manuficture, de dérober
naux par la décharge des immondices celle du Mulâtre Chantelot,
la chaux de fes voilins, & noramment
la femme; enfin les
dont il ayoir ofé débaucher & maltraiter afTfurer qu'il ne faudroit
Guibert terminent cet affreux.rablean par détruire la colonie,
cing Fournier à Saint-Domingue pour la bafe de la difamation à
que Ces calomnies devinrent en France
des rémoins que
Guibert fe font livrés; les dépofitions
laquelle les
en font la preuve.
ne
lExpofant à fait entendre tràit toutes ces calomnies, TExpofant
Pour détruire d'un feul
elle ett Gmple, & doit fc préqu'une feule réflexion;
d'avoir dérobé
fe permettra
lExpofaut
fenter narureliement. Les Gaiberracufent celle du Mulâtre Chantelot;
la chaux de fes voi@ns, & notamment
Guibert fe font livrés; les dépofitions
laquelle les
en font la preuve.
ne
lExpofant à fait entendre tràit toutes ces calomnies, TExpofant
Pour détruire d'un feul
elle ett Gmple, & doit fc préqu'une feule réflexion;
d'avoir dérobé
fe permettra
lExpofaut
fenter narureliement. Les Gaiberracufent celle du Mulâtre Chantelot;
la chaux de fes voi@ns, & notamment --- Page 13 ---
Pour domner à cette. requête
envoyée au Général
l'Intendant, une apparence de
& à
dicrent les
fondement, les Guibert menfignatures de quatre
tiel de vous obferver,
particuliers; il eft effenparticuliers eurent Thonnèteté, NOSSEIGNEURS, que trois de Ces
la requête ,. de
poftérieurement à l'enyoi, de
diétion de Saint- porter leur défaveu au greffe de la jurifMarc, en déclarant qu'ils n'avoient
que pour faire plaifir aux Guibert, n'entendant
figné
quteinte ni préjudice à Chonneur de
porter aucune
Sur cette requête, évidemment "Expofanz.
contenbit; que. des rimputations calomnieufe, puilqu'elle ne
génériques, des faits
femblables ; puifqu'elle n'étoit fignée
invrai
qui avoient un intérêt direa à la que par des guildiviers
faéture dont la-fupérioriré
fuppreflion d'une manudiminuoit
lcs adminiftrateurs ordonnent
l'exportation des leurs,
deftruéion, de la
l'expulfion de la perfonne, la
ices, dont,
propriété d'un habitant claffé dans les mipeu de temps avant, ils avoient reconnnu
cence, auquel ils avoient rendu la liberté,
l'innodont" il atoit'oft débaucher & maltraiter la femme.
doute, que la fignatute de
On croit, fans
particularifé, & cependant il Chantelor n'a
va fanétionner un, fait aufi
il- ne la ligne pas. Pourquoi donc aucune cohnoilfance de cette lerre,
Procurer une preuve qui devoit être cette négligence des Guibert à fe
portance ? Pourquoi ? C'ef
pour eux d'une fi haute .ima
la. propofition qu'ils
gue tous les faits étoient faux, & que
fa lignature,
auroient faite a Chantelot, de leur
une ombre de vérité, n'auroit exciré
donnet, par
tion; cependant ce Chantelor étoit celui qui,a
que fon indignaavoit réclamé contre la vente faite de fon terrein linftigation à
des Guibert,
été condamné envers' lui en
l'Expofant s & avois
I5oo livres de dommages & intérêts,
étoient faux, & que
fa lignature,
auroient faite a Chantelot, de leur
une ombre de vérité, n'auroit exciré
donnet, par
tion; cependant ce Chantelor étoit celui qui,a
que fon indignaavoit réclamé contre la vente faite de fon terrein linftigation à
des Guibert,
été condamné envers' lui en
l'Expofant s & avois
I5oo livres de dommages & intérêts, --- Page 14 ---
Quelle étrange contradiation dans la cosduite
niftrateurs! ! Quel renverfement fubit de
des admiQuelle ignorance ou quel
tous les principes!
lefquelles repofent
mépris des loix proteétrices fur
T'honneur, la fureté, la
toyens! Mais, ce quily a de plus
propriété des cil'éxécution de cet ordre eft
extraordinaire, c'eft que
cet officier déjà reçonnu renvoyée au fieur de Couagne, à
mêmes, auquel ils avoient prévaricateur, 3 par les adminiftrateurs
pouvoir, &
déjà reproché l'abus de fon
que cette vexation devoit rendre
confiance.
indigne de leur
Auffi le lieurenant de Roi déploya-t-il,
pofant, tout ce que l'autoriré
vis-à-vis de l'Exmiffion de fes
fubalterne, enhardie par la
chefs, peut avoir de
* du gouvernement,1 lui dit-il,
plus arrogant : les ordres
M VOTRE GUILDIVERIE,
SONT QUE VOUS DÉTRUISIEZ
3 tout délai
Bque vous alliex, dans un
habiter un autre
mois,pour
9 DIER VOTRE
quartier, fnon L'Ox FERA INGENa VOUS SEREZ FABRIQUE, ET SOUS VINGT-HUIT JOURS
3 LES TERRES ESPAGNOLES TRANSPORTÉ PIEDS ET POINGS LIÉS SUR
la notification de
>>, Un fourire infultant
cet ordre exécrable, & un
précéda
la fuivit.
filence menaçant
L'Expofant, malgré toute fon
de courage pour fe
indignation, eut encore affez
réflexion
contraindre, 2 &, fans fe
fur l'illégalité de cet ordre, il fe permettre aucane
de le demander
contenta feulement
forma
par écrit; il lui fut refufé; fur ce refus, il
oppofition, par la voie de la
des Général &
requête, à T'ordonnance
dénonciateurs lui Intendant, & çonçlut à Ce que la requête de fes
fàt communiquée.
Cette nouvelle
demande, qui ne devoir fouffrir aucune
difficulté,
fans fe
fur l'illégalité de cet ordre, il fe permettre aucane
de le demander
contenta feulement
forma
par écrit; il lui fut refufé; fur ce refus, il
oppofition, par la voie de la
des Général &
requête, à T'ordonnance
dénonciateurs lui Intendant, & çonçlut à Ce que la requête de fes
fàt communiquée.
Cette nouvelle
demande, qui ne devoir fouffrir aucune
difficulté, --- Page 15 ---
difficulé, qui ne pouvoit fervir, 9 att contraire';
religion des adminiftrateurs, à leur
qu'à éclairer la
réparer des torts qu'auroient
fournir d les moyens de
ou leur
pu occafionner leur
erreur; cette communication;
précipitation
lExpofant coupable, on ne pouvoit fer qu'en fuppolant même
corder, il ne pur l'obtenir,
difpenfer de lui accorgné fa requéte de
parce qu'il n'avoit pas accompaavoit donné
timoignages gui pufent balancer ceux
contre lui.
qu'on
Quoi! l'Expofant étoit calomnié
favoir qu'on l'avoit dénoncé
fourdement, & il devoit
noiffoit aucun des crimes aux. adminiftrareurs! Il ne cons'cn juftifier! Il ne favoit qu'on lui impuroit, & il devoit
rang, leur crédit,
quels étoient fes accufateurs, 7 - leur
aflertions, & il devoit limpreffion les
que pouvoient, faire leurs
de leur accufation ! II
combattre, démontrer la fauffeté
ignoroit combien l'on avoir donné de
témoignages contre lui, ce qu'ils contenoient, le
preuves qu'ils pouvoient former; & 1l devoir
degré de
témoignages qui puffent balancer ces
produire des
qu'à cette époque, lui avoit dérobé preuves dont tour, juf
: Et c'eft un magiftrar auquel fa Texiftence!
marque honorable
compagnie avoit
a
d'éftime &
donnéune
d'un tribunal fouverain
d'attachement, c'eft le chef
colonie
; c'eft un adminiftrateur
ello-même avoit redemandé,
, que la
fon caraétère, fans égard
fa
quiyi fans refpeêt pour
abaillé jufqu'à devenir pour réputation & fa gloire, s'eft
citoyen,
fervir linftrument terrible de la ruine d'un
pour lintérêt & la
de
de
DT0 vergeance n
fes
: leurs complices!
alliés &
so Conformément à cette feconde
& Intendant, confirmative
ordonnance des Général
Couagne ordonna la
de la premiere,. le fieur de
fuppreffion de la manufaéture de LExB
refpeêt pour
abaillé jufqu'à devenir pour réputation & fa gloire, s'eft
citoyen,
fervir linftrument terrible de la ruine d'un
pour lintérêt & la
de
de
DT0 vergeance n
fes
: leurs complices!
alliés &
so Conformément à cette feconde
& Intendant, confirmative
ordonnance des Général
Couagne ordonna la
de la premiere,. le fieur de
fuppreffion de la manufaéture de LExB --- Page 16 ---
M
à
IO
pofant : déux fois la maréchauffée fut mife eri marche
P'arrêter, deux fois fes" recherches furent'vaines. Le
pour
de. Roi fit chaffer les negres, les
lieutenant
la
ouvriers, le commis de
manufagture, &c. interdic la continuation des travaux. Alors
TExpofant fe rendit au Port-au-Prince,
juftice des
> pour intéreffer la
adminiftrateurs; après avoir pris, tourefois, la
précaution de. faire, pardevant notairés,
2 l'abandon forcé de
tous fes biens (1).
Le défenfeur de l'Expofant, au Port-au-Prince, écrivit
Général & à l'Intendant pour leur démontrer la
au
leur avoit été faite, & leur
furprife qui
peignit avec force les malbeurs &
les pertes qu'elle avoit déjà fait éprouver : la réponfe
reçut des adminiftrateurs lui fit appercevoir
qu'il
facile de les ramener fur cet
qu'il n'étoit pas
objet, Cette réponfe
ainfi : K PluGieurs habitans nous ont préfenté commençoit
22 plaindre d'une guildiverie
requête pour fe
qui étoit nuifible au
>> cet objet, comme vous favet, regarde la haute quartier ;
5) appartient aux
policé gui
adminifrateurs >). Et finiffoit. par
termes concernans le défenfeur de
ces
l'Expofant : 4 Il eft éton92: nant, Monfieur., que vous VOUS foyez prêté à mettre
22 fous nos yeux un parcil tableau; ; nous aimons à croire
>> vousfentire la légéreté de votre démarche )),
que:
La premiere phrafe de cette, lettre contient une
faufferé. Les adminiftrateurs
infigne
prétendent que le fait dont les
(1) L'ufage, l'on pouitroit dire même la jurifprudence de SaintDomingue eft, lorfqu'un citoyen fe voit obligé d'abandonner forcément fes biens, de rendre refponfables des accidens
leur arriver, ceux gui, par leurs vexations, l'ont contraint qui de peuvent
cei dernier parti, :
prendre
a
premiere phrafe de cette, lettre contient une
faufferé. Les adminiftrateurs
infigne
prétendent que le fait dont les
(1) L'ufage, l'on pouitroit dire même la jurifprudence de SaintDomingue eft, lorfqu'un citoyen fe voit obligé d'abandonner forcément fes biens, de rendre refponfables des accidens
leur arriver, ceux gui, par leurs vexations, l'ont contraint qui de peuvent
cei dernier parti, :
prendre
a --- Page 17 ---
habitans fe plaignent eft de leur II
la haute police
jurifdiaion. Il eft vrai que
auffi les appartient aux adminiftrateurs, mais il eft vrai
que inconvéniens que pouvoit occafionner
fement, , quel qu'il fàt , étoit un objet de
un établifenlevé pécialement aux
police ordinaire,
adminiftrateurs, &: réfervé
naux de l'ifle. par l'ordonnance: du Roi de
aux tribu1735 &c
&
1683 , les ordres de
de-1737, par toutes les ordonnances rendues
le fait de la juri(diaion jufqu'en
fur
naires étoient donc feuls
1775 : les: tribunaux orditions
compérens pour juger les conteftaqui s'éleveroient fur ces matieres. & s'en attribuer la
connpiffance, c'étoit donc, de la part des
une infraction formelle aux ordres
adminiftrateurs,
Mais pourquoi les
multipliés du Souvérain.
adminiftrateurs s'étoient-ils conftitués
juges dans une affaire où rien ne follicitoit leurs foins P
ce par une fuire des principes
Etoitdefpotiques qui font ordinaire:
ment la bafe de la condirite de ces dépofitaires immédiats
l'atitorité miniftérielle, ou des motifs de faveur ne les'avoient: de
ils pas plutôr dirigés? Dans l'un comme dans l'autre
feroient également blâmables; &
cas, ils
(l'Expofait ne peut affurer
quie.ce foit cet efprit d'indépendance qui ait animé toutes leurs
opérations, au moins peut-ibleur
reprochér, avec plus de
certitude, une condefcendance criminelle pour desi
fiers:de leur protedtion,
ennémis
auxquelsil ne pouvoir
réputation intacte, honorée de l'eftimeie fes oppoferqu'uine
Auffi, quand on voit les adminiftrateurs, concitoyens.
ruine dun coloni,:s s'émpreffer d'enlever 2 pour avancer: la
naires la connoiffance d'un
aux tribunaux ordimhais
fait qui, plus lentemgnt à la
véritég
en fuivant la progrefion:de la procédure,-feroit
roujeurs revenu' pardevers eux; quand lion descvoit, potr
juftifier ricette:i ufurpation, affirmer avéctant ide-hardiefle
'que
B 2
, concitoyens.
ruine dun coloni,:s s'émpreffer d'enlever 2 pour avancer: la
naires la connoiffance d'un
aux tribunaux ordimhais
fait qui, plus lentemgnt à la
véritég
en fuivant la progrefion:de la procédure,-feroit
roujeurs revenu' pardevers eux; quand lion descvoit, potr
juftifier ricette:i ufurpation, affirmer avéctant ide-hardiefle
'que
B 2 --- Page 18 ---
m
( 2
cette conteftation doit être jugée 12
voient bien intérieurement
paf eux, tandis qu'ils fa
/ étoir de leur
que chaque pas dans cette affaire:
part un attentat à l'ordre établi par le
pour régler la compétence des différentes
Prince,
n'eft plus étonné de voir leur réponfe jurifdistions; on:
menfonge &c fnir par une menace
commencer par uin:
voir effayer d'intimider
; on n'eft plus étonné de les
Thomme.
la malheureufe viéime
couragenx, quia ofé fecourir
tout à la fois fon honneur, de.-leur erreur, forcée de' défendre
fa liberté, fa
on n'eft plus étonné de les voir
fortune & fa vies
T'homme
impofer un filence abfolu à
courageux quia ofé leur démontrer avec
mais avec énergie, les fuites funeftes de
refpeéh 7
qui a ofél leur rappeller des devoirs
leur précipitation 3
& les mettre dans la néceffité d'être quilsavoient paru oublier,
cateurs,
juftes ou d'être prévariPour conferver
cependant une ombre
roitre refpecter encore ces mémes loix d'équité, pour par
vertement, lés adminiftrateurs
qu'ils violoient fi.ouque l'Expofant eft encore à même annoncent de
dans cêtte réponfe
velle requête
leur préfenter une nouaccompagnée de ces
balancer ceux qu'oiz avoit donné timoignages qui puifene
Il fallut donc fe
contre lui. L
préter à ce nouveau caprices i failut
l'Expofant domicilié ; connu, enrôlé dans les
que
réduit, pour certifier. aux adminiftrateurs milices,fe, vit
bonne conduite, àleur fournir
fes moeurs & fa
peine
cette preuve humiliante
ofe-t-om en France exiger des mendians, des.
qu'à
& des gens. fans.
vagabonds
aveu. 1D 3. .
L
) C
210 Elle ne fut pas longue à acquérir cette
caprices i failut
l'Expofant domicilié ; connu, enrôlé dans les
que
réduit, pour certifier. aux adminiftrateurs milices,fe, vit
bonne conduite, àleur fournir
fes moeurs & fa
peine
cette preuve humiliante
ofe-t-om en France exiger des mendians, des.
qu'à
& des gens. fans.
vagabonds
aveu. 1D 3. .
L
) C
210 Elle ne fut pas longue à acquérir cette chofe put confoler
prenve; & fiquelque
TExpofant: de lefpece
il fe yoyoit forcé de
d'abaiffement auguel
defcendre, ce futl'empreffement de tous --- Page 19 ---
les habitans: indignés, à luidonner, I3
honorables & les plus flatteurs
dans.les termes les plus
rêt, de leur eftime & de leur 5, ces: témoignages de leur intéCette preuve fut auffi-tôr mife attachement. fous
-
teurs; elle ne dut rien leur laiffer à les yeux des adminiftraqu'ils avoient
défirer fur les lumieres
peut être
paru. vouloir acquérir F d'après cela, On croira
qu'ils vont. revenir furleurs pas, reconnoitre la furprife qu'on leur a faite, révoquer l'ordre qui
citoyen & fa propriété: : PExpofant le
il fe profcrivoiz le
cette erreur fi douce pour lui fut détruite crut;
trompa, &
qui mit le comble à fon malheur &
par une feélérateffe
totalement. L'ordre
qui acheva de le : ruiner
dans les
ne fut pas retiré; le lieutenant de
excès de fa rage, avoit parlé hautement de
Roi,.
à exécution. L'Expofant étoit malade à trois lieues le mettre
nufaéture ; les travaux avoient. été
de fa Males negres, le commis avoient été fiufpendus; les ouvriers, 2
d'après les nouyelles démarches chaflés; mais TExpolanr,
qu'il avoit.
triompher : fes ennemis profiterent de
faites, pouvoit
réunies, & dans la nuit du
tant de circonftances
17 au. 18. Avril, on, incendia fa
Fabrique : tout. devint lai proie des flammes,
de commerce, livres,
magalins, papiers
établiffement
regiftres ; un inftant. vit. détruire. UIr
qui.rapportoir à l'Expofant plus de 70,000 liv.
derevenu, &. une fortune de près, de 500,000 liv.
par dix années de foins, d'intelligence &de
acquife
21 Un, exprès vint annoncer à T'Expofant la. trayaux, nouveile
défaftre. Sur le.champ il vole à S. Marc rendre
de ce
crime, & rerourne au Cap
le
plainte de ce
teurs, Une chofe effentielle, pour dénoncer aux adminiftrapofant yous fispplie de
NOSSEIGNEURS, & que FExsendant,
ne point perdre de vue, c'eft. que IInlefiçur de Bongars, oblerva,
AEspolantque f
à T'Expofant la. trayaux, nouveile
défaftre. Sur le.champ il vole à S. Marc rendre
de ce
crime, & rerourne au Cap
le
plainte de ce
teurs, Une chofe effentielle, pour dénoncer aux adminiftrapofant yous fispplie de
NOSSEIGNEURS, & que FExsendant,
ne point perdre de vue, c'eft. que IInlefiçur de Bongars, oblerva,
AEspolantque f --- Page 20 ---
a
Ror -s
:
guildiverie n'avoit pu être incendiée que par les
la reguéte calomnieufe ; il lui dit de fe trouver fabricateurs à S. de
quand lui fieur de Bongars & le Général
Marc
voyagé annoncé pour le mois
s'y rendroient 2
P.
fuzivant.
Quelle fut la furprife de TExpofant quand le lendemain fori
défenfeur reçut une. lettre dès! adminiftrateurs,
gnoit le renvoi dela
& des
qu'accompajoints. 1 Le
requête
42 certificars qui y'é étoient
motifde ce renvoi étoit parce que la
des
Guibert n'étoit plus entre les mains des adminiftrateurs, requête
par conféquent ils ne pouvoient la'
qué
de S. Marc, &r que d'ailleurs cette communiquer aux' juges
occafionner un procès ruinetex
communication auroit pu
Ici,
pour toutes les Parties,
NOSSEIGNEURS, vous aurez peine à contenir votré
indignation 2 en voyant des adminiftrateurs fe jouer auffi
froidement d'un citoyen dont ils Ont préparé Ics malheurs;
Hacwellr-avecintidery Pécouter avec bonté, lui défigner fes
'ennemis, lui promettre'la vengeance de toutes leurs
& le lendemain détruire toutés fès
atrocités';
livrer les auteurs de fa D
de lui réndre cipérances, refufer de lli
avoient
ruine',
la juftice qurils lui
promife. Eh quoi! 1 les adminiftrareurs
des
preuves 'de la probité, des moeurs: ie de 1Espolant; exigerit illeuir th
fait paffer, 8 dans leurs'
trr
'
mains ces preuves deviehnent infric
tueufes ;8 efleslailfent fubife; dés Toupgons qu'ils hier
voient manifeffer fans Outrage"Pour
poi
quétè dés Guibeft aux
cohemamaierla é
ch :: Ir
jugesde S.-Marc, 1és7 adminiftrateurs
exrgent uneirequete dé PExpbait; hs ateur préfenre, 84
peine e
5,
eitelle-envoye, 7eag GeRe"de4 fes denoneiateins
schappe de-léins mnyro leieneste deme conduite"n
coupable eftunedétition pluscruené que: leldénide juitte
wau-teaepaery-oa difent-ils, paicel queléetté
de S.-Marc, 1és7 adminiftrateurs
exrgent uneirequete dé PExpbait; hs ateur préfenre, 84
peine e
5,
eitelle-envoye, 7eag GeRe"de4 fes denoneiateins
schappe de-léins mnyro leieneste deme conduite"n
coupable eftunedétition pluscruené que: leldénide juitte
wau-teaepaery-oa difent-ils, paicel queléetté --- Page 21 ---
15.
communicationt agroit py occalionner u2 proces tuineu
toutes-les parties ; RUINEUX: POURTOUTES
pour
Ahlce n'étoit pas de l'Expofant
les
LES PARTIES!
loient
que adminiftrateurs vouparler ; ce n'étoit pas fa fortune qu'ils avoient voulu
ménager quand ils avoient ordonné la deftruétion de fa
priété pour: complaire à des
pronemis acharnés à fa
colomtiagumufrend,4 des enperte: : ce n'étoit pas fai fortune
avoient voulu ménager quand ils avoient autorifé qu'ils
filence les perfécutions qu'il a effuyées & l'incendie par leur
poffeflions entieres : Ce n'étoit pas fa fortune
de fes
ménager quand, pour-favorifer le crime, ils faifoient qu'ils vouloient
loix,: & qu'ils cherchoient à fouftraire à leur
taire les
coupables dont ils avoient enhardi I l'audace, vengeance des
fecondé les efforts, 3 partagé les forfaits; ; c'étoit, c'étoit les Guibert feuls
dont ils vouloient fauver la ruine, & auxquels ils
affurer la jouiffance tranquille de leurs infâmes fuccès. vouloient
Attéré par cette lettre foudroyante, l'Expofant fentit bien
qu'ilne. devoit plus rien atrendre des adminiftrateurs
tourna à Saint-Marc pour fe
à
; il repaffage, & fuivre fur fa
préfenter eux lors. de leur
plainte une procédure criminelle,
a Parmi les dépofitions des témoins, celles des ficurs
Caze & la Roque, 3 font à remarquer; ils difent
Moreau,
des fieurs Guibert leur apporta ,de la,
de fes que l'économe
figner une requête dont
part
maitres, ,à
l'objet étoit de faire détruire la
guildiverie de l'Expofant, & qu'ils la
celte guildiverie étoit
fignerent, parce que.
nuifible aux. leurs.
( Les autres dépofitions n'ont, fourni que des
mais, ces
préfomptions ,
préfomptions, 2 par leur réunion, fuffifent
former 1) un corps de preuves capable, de conftater. un délit pour
quecelui dont l'Expolant pourfuivoit la
tel
réparation,
la
guildiverie de l'Expofant, & qu'ils la
celte guildiverie étoit
fignerent, parce que.
nuifible aux. leurs.
( Les autres dépofitions n'ont, fourni que des
mais, ces
préfomptions ,
préfomptions, 2 par leur réunion, fuffifent
former 1) un corps de preuves capable, de conftater. un délit pour
quecelui dont l'Expolant pourfuivoit la
tel
réparation, --- Page 22 ---
a
a a :
e
S
16.
Enfin les adminiftrateurs arrivent à Saine
promis de rendre dans ce
Marc;i ils avoient
alors qu'il s'abandonne voyage juftice à l'Expolant; c'eft
oublie fes
aux plus flatteufes
malheurs paffés ; d'heureux
illufions, qu'il
entrevoir la fin de tant
preffentiment lui font
froiffée
d'outrages,& fon ame, G
par la douleur, fe r'ouvre à
long-temps
niftrateurs ontrecours
P'elpérance ; les admiles preuves de fon aux informations, & de toutes parts
le. Général,
innocence éclatent dans tout leur
révolté du piége qu'on avoir tendu
jour;
dulité 5 préfenta T'Expofant à l'Intendant
à fa créUNE
en lui difant ; c'efl
ATROCITÉ, UNE HORREUR que les
vexaiians qu'il a
injuflices Gles
éprouvées 5 VOUS VOYEZ
A GROSSIEREMENT SURPRIS:
QUE L'ON NOUS
IL FAUT QUE SES
REMETTEZ-LUI SA REQUÈTE;
JO Ces paroles
ACCUSATEURS SOIENT PUNIS.
confolantes rendirent à
lité. Lintendaingarepondir.
TExpofant fa tranquildu' fieur deque-la requête étoit entre les mains
Couagne; le Général ordonna à
revehir au bout. de b deux jours chercher
T'Expofant de
ajouta: 4 je veux que vous: obienier
cetté requête; ib
Par quelle fatalité
juflice *,
inconcevable, &
au fort de cette malkheureufe
qui femble attachée
du: Général fe 2 trouverent-elles affaire, les-bonnes intentions
aucun effetP Pourquoi les
encore ne pouvoir opérer
voit depuis
injuftices que TExpofant éprouGilong-temps fe perpétuerent-elles
le voeu d'un adminiftrateur
encore; contre
reconnoitre fon
qui: avoit eu le courage de.
erreur, &cqui avoir-la générofité de
laréparen? C'eft querle
vouloir
conoiffant
Ginéraljégaré par fon
micux,; fans; doute : les doix
collégue, 2
détails infinis des loix
militaires que les
crimigellesgravoit laiffé
FIntendane
nclegsi'1 inch 8r agir
trateur
encore; contre
reconnoitre fon
qui: avoit eu le courage de.
erreur, &cqui avoir-la générofité de
laréparen? C'eft querle
vouloir
conoiffant
Ginéraljégaré par fon
micux,; fans; doute : les doix
collégue, 2
détails infinis des loix
militaires que les
crimigellesgravoit laiffé
FIntendane
nclegsi'1 inch 8r agir --- Page 23 ---
cagir feul dansune affaire. dont ilavoit cru pouvoir confier la
décifion à fes lumieres & à fon intégrité.
Auffi f, jufqu'à cette époque, l'Expofant s'eft vu forcé
d'inculper. enfemble les adminiftrateurs, c'eft que les ordres
émanés du gouvernement,e'eft que leurs lettres même,tevêtues
de leurs deux fignatures,ne permettoient pas qu'il à les féparât,
& qu'ayant paru de concert préparer fa.ruine, il falloit néceffairement que fes plaintes fe dirigeaffent contre eux.
Mais auffi avec quelle fatisfadtion l'Expofant ne s'empreffet-il pas de les féparer, lotfque leur conduite particuliere ne lui
plus de les confondre;il aime à retracer ici ces témoipermet d'intérêt; ces marques de fenfibilité qu'ila reçuesde M.
gnages de Bellecombe,
cet officier général a été malheureu-
, quand
fement convaincu qu'il eft bien plus aifé à un adminiftrateur
de déplorer les malheurs caufés par fa furprife s que de les
réparer, fur- tout quand il a pour collégue un homme
artificieux & méchant 1 qui fait faire fecvir à la perte d'un
formes. falutaires, qui font fa plus grande
citoyen jufqu'aux
sûreté.
à l'ordre qu'il en avoit reçu du Général,
1. Conformément
redemander la
l'Expofant fe préfente le furlendemain, pour
derequêéte : on, lui dit qu'elle avoit été renvoyée, & gu'elle
voit fe trouver dans les malles du Sr.de Bongars; ce dernier
avoit même demandé à l'Expofant qu'il lui confiàt les pieces
vouloit faire fervir à fa défenfe, enlui affurant quil les
qu'il
mais T'Expofant
reméttroit à fon avocat au Port-au-Prince;
lui
fait part de cette démarche à M. de Bellecombe 2 il
ayant vivement : alleg chercher vos pieces > car M. de Bonrépliqua
gars. diroit ençore qu'il les a perdues.
La requête ne fe trouva pas plus au Port-au-Prince qu'au
C
iàt les pieces
vouloit faire fervir à fa défenfe, enlui affurant quil les
qu'il
mais T'Expofant
reméttroit à fon avocat au Port-au-Prince;
lui
fait part de cette démarche à M. de Bellecombe 2 il
ayant vivement : alleg chercher vos pieces > car M. de Bonrépliqua
gars. diroit ençore qu'il les a perdues.
La requête ne fe trouva pas plus au Port-au-Prince qu'au
C --- Page 24 ---
- a
T18
Cap & à Saint-Marc, &c HIntendant finit
étoit irrévocablement
par déclarer qu'elle
perdue.
De leur côté les juges de Saint - Marc, fans
aux dépofitions des témoins & aux
avoir égard
qu'elles contenoient, civiliferent le préfomptions accumulées
procès.
L'Expofant interjetta appel de, cette fentence au Confeil
fupérieur. Le même jour, à la même
rendit deux arrêts
audience, cette Cour
débouta
diamétralement oppofés. Le premier
l'Expofant de fori appel, & ordonna l'exécution de la
fentencc; ; après ce premier arrêt, le défenfeur de
fit de fortes repréfentations fur le
l'Expofant
fubfifter un parcil
danger qu'ily auroit à laiffer
jugement; il fit fentir avec
la civilifation d'un procès relatif à un incendie vigueur.combien
des fuites funeftes; ; ces réflexions
entraîneroir
champ un nouvel arrêt', contraire prévalurent, & fur le
fentence,
au premier , infirma: la
renvoya P'inftruéion du procès pardevant d'autres
juges que ceux quien avoient déjà connu,
Sans doute qu'on fe. demandera comment il eft
le Confeil fupérieur ait rendu
poffible que
conforme
un premier arrêt auffi
aux principes & aux loix, Le fait fuivant pen
peut-être donner quelques éclairciffemens."
pourra
Avant Taudience,l l'Expofant avoit été folliciter le feur de
Bongars, qui étoit tout-à-la-fois Intendant &
fident, pour le prier de fe récufer,
premier PréGuibert, & qu'il avoit
puifqu'il létoit allié dest fieurs
le fieur de Bongars
confervé leur requète dans fes mains 5
qui, malgréfa
l'avoit promis' 3 & cependant c'étoit lui
deux
parole,avoit eu la hardieffe de
arrêts.
prononcer les
L'Expofnt,en rendant compte de ces deux
Général, ne put diflimuler les
jugemens au
inquiétudes que lui donnoit
, & qu'il avoit
puifqu'il létoit allié dest fieurs
le fieur de Bongars
confervé leur requète dans fes mains 5
qui, malgréfa
l'avoit promis' 3 & cependant c'étoit lui
deux
parole,avoit eu la hardieffe de
arrêts.
prononcer les
L'Expofnt,en rendant compte de ces deux
Général, ne put diflimuler les
jugemens au
inquiétudes que lui donnoit --- Page 25 ---
cette conduite f étrange du ( Confeil 19
s'apperçut bientôt
fupérieur. Le Général
& illui
que l'Expofant étoit facrifié aux
dit : partet pourla
Guibert,
ici SONT FERMÉS
France, 2 évidemment les tribunaux
POUR VOUS: il lui fit
un paffeport.
auffi-tôt expédier
LExpofant fe difpofoit à partir,
lerappella près de lui; c'étoit quand un ordre du Général
paffeport 3 une lettre de
pour lui remettre, 9 au lieu du
Comme l'Expofant fe recommandation pour le Miniftre.
pas de
propofoit de demander
réclamer des proteéions, il
juftice 2 & non
reconnoiffance,
témoigna au Général
5 garda fon paffeport &
fa
jour fur un navire qui mettoit à la s'embarqua le même
France.
voile pour venir en
D'après ce tableau fidéle de fes
tans de Saint - Domingue
malheurs, dont mille habii
peuvent vous attefter
lExpolant va vous propofer,
la vérité 1
fes
Noffeigneurs,
réilesions, fruitsd de la trifte
quelques-unes de
tions lui ont acquife.
expérience que tant de vexa-'
Le pouvoir des Adminiftrateurs à
trop étendu pour que celui des
Saint - Domingue eft
Tribunaux
quelque reffort : les loix des Souverains
puilfe conferver
blir une jufte balance entre cés deux
> qui Ont voulu étaT'une à l'autre avec un égal
puillances, & les oppofer
degré de force, font reftées fans
vigueur, parce que dans tour pays où
juftice eft ordinairement
l'autorité l'emporte la
Cette
réduite à fe taire.
feulement impuifance des Tribunaux. de faire
les loix qui ont été créés
éxécuter nonftabilité précicufe, , pour les fouftraire. pour leur donner une
maiscelles
au
qui ont été établies
joug miniftériel,
fon repos, fa sireté, fa
pour affurerà chaque habitant
propriété, nait de la réunion dans
Cij
juftice eft ordinairement
l'autorité l'emporte la
Cette
réduite à fe taire.
feulement impuifance des Tribunaux. de faire
les loix qui ont été créés
éxécuter nonftabilité précicufe, , pour les fouftraire. pour leur donner une
maiscelles
au
qui ont été établies
joug miniftériel,
fon repos, fa sireté, fa
pour affurerà chaque habitant
propriété, nait de la réunion dans
Cij --- Page 26 ---
a VEt
un feul individu de la
judiciaire: : c'eft cette réunion puiffance arbitraire & de la
les Habitans
qui favorife tous les puiflance
malheurs de feplaignent fi hautement: : c'eft
excès dont
l'Expofant : c'eft elle
ellequi a caufé les
Cultivateur indufrieux, le Colon qui menace fans ceffe le
appui. Si des ennemis adroits
aétif, le
en vain ces maiheureux
ou prorégés Ont Propristaire juré leur fans
naires ; ils y trouvent s'udrefteront-ils aux Tribunaux perte, ordiMiniftre; les
pour chef, IIntendant
toute leur Magiftras, qui tiennent en
2 l'homme du
foufcrit exiftence, n'ofent pas
quelque forte de lui
d'avance à fa volonté,
contrarier fes defirs; on
Thumanitéfefont entendre à &fi le cri des loix, fi le cride
par la voix plus
leur ame, ils font bientôt
pulllanimitél impérieufe de l'intérêt
étouffés
Chef dont éhonteufe qui vole
perfonnel, ou parcette
on craint
au-devant des intentions
Ces infortunés d'exciter la colere.
d'un
çoit fans peine auront-ils recours à
ont été aflez quel eft le fort quiles T'Autorité? On conheureux pour
attend, fi leurs ennemis
indifpofer contre eux : c'eft prévenir les Adminitrateurs & les
trent 5 mais Ce n'eft
encore Intendant qu'ils
fufrages
plus un homme
renconpour confommer une
obligé de capter des'
prononce feul, qui
injuftice, c'eft un homme
de la haine, de l'intérét sabandonne entiérement aux
qui
qui prononce
ou de la
impreflions
des
feul, & qui, imbu ldution; des
c'eft un homme
peu, bureaux, qu'elle compte pour rien la ruine maximes meurtrieres
tures,
tourne à fon:
d'un ciroyen,
avantage ou à Futilité de fes pour
AinG, de
créaelles font quelque côté qu'on follicite la
tuaire, condamnées au. plus abfolu
juftice des loix,
violées par
filence : dans leur
lautorité, hors de la,
fanc.
méconnues, & le
imbu ldution; des
c'eft un homme
peu, bureaux, qu'elle compte pour rien la ruine maximes meurtrieres
tures,
tourne à fon:
d'un ciroyen,
avantage ou à Futilité de fes pour
AinG, de
créaelles font quelque côté qu'on follicite la
tuaire, condamnées au. plus abfolu
juftice des loix,
violées par
filence : dans leur
lautorité, hors de la,
fanc.
méconnues, & le --- Page 27 ---
plus fouvent méprifées. Qu'on s'étonne donc à préfent que
cette contrée, le centre de T'opulence & des reffources, foit
en même temps le foyer de toutes les injuftices, & l'écueil
de la foiblefle & de l'innocence.
Si le fieur de Bongars n'eut pas été Intendant, & en cette
qualiré, Préfident né du Confeil fupérieur , jamais cette cour
auroit-elle ofé confirmer la fentence des juges de Saint-Marc,
qui avoient civilifé un procès introduit fur une piainié én
incendie? auroit-elle ofé affimiler le citoyen honnêre, victime de la vengeance & de la cupidité, à un être égaré qui
déplore des maiheurs fanraftiques, & dont l'imagination prévenue croit appercevoir à chaque inftant des. pieges, des
flammes & des perfécuteurs.
Pour détruire cet abus, dont les fuites font G dangereufes,
il faudroit que chaque Confeil fupéricur eût, pour le préfider,
indépendant de T'adminiftration; il
un magiftrat toujours
faudroit qu'une loi nouvelle interdit exprefTément aux Adminiftrateurs toute ufurpation fur la puiffance judiciaire, il
faudroit qu'elle leur enlevât le droit qu'ils fe font attribué
deprononcer arbitrairement, & de leur propre autorité, fur les:
biens, fur la perfonne, fur la vie d'aucun citoyen, & que:
des peines féveres devinffent un frein pour celui- qui fcroit
tenté d'éluder cette loi fi néceilaire au bonheur,àla tranquillité
des colonies.
Mais il faudroit fur-tout que le miniftere de France perdit
toute efpece d'influence fur les Tribunaux de lile: eh! que
deviendroient les réformes propolées, fi ladminiftration confervoit encore une infpedion direête (ur. les Tribunaux 1 L'abus
alors ne feroit que pallié, & les effeis qu'il- produit, maigré
éluder cette loi fi néceilaire au bonheur,àla tranquillité
des colonies.
Mais il faudroit fur-tout que le miniftere de France perdit
toute efpece d'influence fur les Tribunaux de lile: eh! que
deviendroient les réformes propolées, fi ladminiftration confervoit encore une infpedion direête (ur. les Tribunaux 1 L'abus
alors ne feroit que pallié, & les effeis qu'il- produit, maigré --- Page 28 ---
R
- Nv
la fage
prévoyance du
cours.
gouvernement, auroient
Le
toujours leur
fyfême des miniftres eft
titutionnels; ; tout ce. qui
trop oppofé aux
leur pouvoir devient peut mettre
principes.conf.
& de réforme;
bientôt pour eux quelgu'entrave un
au jeu de
dont à
appeilés pour un
fi objet daverfion
peine , à leur fortie,
temps court à une
voirs, ce ne font
connoiffent-ils les
place
ment forcés de pas eux qui agillent, ils premiers dés'en
font
ou f, dans la durée de rapporter au travail de lèurs néceflaireopérer feuls, c'eft
leur miniftere, ils veulent bureaux;
à eflayer leurs par ce mêmc inftiné qui
quelquefois
de leurs
forces pendant l'abfence
porte les enfans
furveillans,
ou les
Les bureaux font
occupations
actions. du miniftre; donc les feuls qui dirigent
des chefs même mais comme la
des toutes les
légere
de ces bureaux n'ont plupart
individus &c
teinture des loix, il
pas fouvent la
leurs volontés, tout
s'enfuir que tout ce
plus
qui
ce qui dérange
qui contrarie
s'oppofe à
leurs'
des
T'exécution de leurs
projets, tout ce
précautions inutiles,
plans ne leur
inftitutions vicieufes, que des regles
paroit que
les formes à
Dela cette facilité à fuperflues, que dés
, enfreindré toutes les
fe jouer de toutes
petites
loix
pallions, ou hâter le
pour fatisfaire leurs
moyens.
développement de leurs
Or,les
petits
Adminifirateurs,
reaux, apportent
qui ne font que les agens des
ils fouffrent
néceffairement cet efprit
bu-"
oppofe; & ils impatiemment ne fe
de tous les obftacles dhandépendancrs
qu'ils font bien
permettent tant de vexations qu'on leur
miniftration. Si les certains d'être avoués & foutenus que parce
Toibunaus,révohes de
par l'adces' abus d'aurorité,
petits
Adminifirateurs,
reaux, apportent
qui ne font que les agens des
ils fouffrent
néceffairement cet efprit
bu-"
oppofe; & ils impatiemment ne fe
de tous les obftacles dhandépendancrs
qu'ils font bien
permettent tant de vexations qu'on leur
miniftration. Si les certains d'être avoués & foutenus que parce
Toibunaus,révohes de
par l'adces' abus d'aurorité, --- Page 29 ---
ofent fe permettre quelques 23
plutôr fes fubalternes,
repréfentations; ; le miniftre, ou
réduifent à
érouffent auffli-tôt leurs plaintes & les
une exiftence paffive, toujours foumife
prices des Adminiftrateurs. Si
aux cainjuftice ou de leur
quelque citoyen, viaime de leur
prévarication, fe hafarde à les
pour obtenir une réparation
pourfuivre
faur encore
que tout femble lui affurer, il
le
qu'il s'adreffe aux bureaux : on l'accueille, on
Aatte, on l'amufe; fon courage
à l'intimider; ; fa fermeté laffe-t-elle? déplait-il? on cherche
crifie
on le proferit, on le fa3 par une conféquence abfurde de cette maxime
qu'il ne faut pas compromettre l'autorité dans
barbare,
ceux qui en font revêtus:
la perfonne de
L'Expolant n'a malheureufement
dans ces cruelles circonflances, quetrop éprouvé combien,
font inutiles, les
s la patience & le bon droit
faut lutter contre proteétions méme impuiflantes, quand il
de fon
un adminiftrateur défendu par les bureaux
firmée département, & cette trifte vérité va fe trouver
par le récit des faits de la feconde
conépoque,
SECONDE ÉPOQUE
Démarches
infruttueufes auprès des Minifres.
Arrivé à Paris, au mois de juin
une audience de M. le maréchal 1785,1 TExpofant obtint
après avoir écouté
de Caftries ; ce
avec intérêt les
miniftre,
lui demanda un mémoire
malheurs de l'Expofant,
dont il fe
exa&t & circonftancié des faits'
part du miniftre plaignoit; ce mémoire fut remis la veille du déil avoit
pour Dunkerque, voyage pendant
promis de s'occuper de cette affaire,
lequel
juin
une audience de M. le maréchal 1785,1 TExpofant obtint
après avoir écouté
de Caftries ; ce
avec intérêt les
miniftre,
lui demanda un mémoire
malheurs de l'Expofant,
dont il fe
exa&t & circonftancié des faits'
part du miniftre plaignoit; ce mémoire fut remis la veille du déil avoit
pour Dunkerque, voyage pendant
promis de s'occuper de cette affaire,
lequel --- Page 30 ---
-
T
24 occafionna entre lui & le
de l'Expofant
des
La réclamation chef du Bureau de la marine, rapports à VExfieur de Vaivre,. fouvent réitérés. Ce magiftrat écrivit
le
de follicitation
de fon affaire feroit prèt pour fieur
polant, que le rapport
malgré la promeffs du T'afretour du miniftres cependant, du miniftre & le rapport de
de Vaivre, entre le rerour de trois mois.
faire, il sécoula un efpace
peu de jours après;
fe fit à Fontainebleau;
2 recint la
Le rapport premier commis du contentieux décifion ,
le fieur Bordot,
fur laquelle il annonga.une
fut
requête de TExpofant, L'arrêt rendu fur cette requête les
& lui rendit fes pieces. feur Bordot, & il portoit que
lu à TExpofant par le
feroient tenus de don-
& de Bongars
de
Geurs de Bellecombe ordres & ordonnances, & rapporter
les motifs de leurs
qu'il n'atner
le fieur Bordot, dit en mème-temps,
cet
les requétes :
du Miniftre pour faire expédier
tendoit que la fignature
de TExpofant.
obtenir Tex-.
arrêt au défenfeur plufieurs follicitations pour
Capembant,anar fieur de Vaivre répondit à TExpofant
de çet arêt,le fortes d'arrétssil nc fur que penfer
pédition n'expedioit point ces
commis & le chef du
qu'on contradifion entre le premier
tous les deux
de certe
fe sompoitil,.ou
fon
bureau; Tun ou Tautre ? Ce qui augmentoit encore anciens
TExpofant
aux confeils, un des
sompoient-ils inettitude,cal que fon avocat
de cet arrêt, &
du college ,avoit; Mathaesionioasr fa demande sécartat auffi.oun'étoit; pas prefumableques cerainement être inftruit.
quil
dont, il devoit
fur le
vertement des: regles
de cettc expedition.,
Enfin il abandonna la: pourfuite mémoire pour lohtenir.,
de, préfenter un
&
refps de fon.avocat
aux confeils, un des
sompoient-ils inettitude,cal que fon avocat
de cet arrêt, &
du college ,avoit; Mathaesionioasr fa demande sécartat auffi.oun'étoit; pas prefumableques cerainement être inftruit.
quil
dont, il devoit
fur le
vertement des: regles
de cettc expedition.,
Enfin il abandonna la: pourfuite mémoire pour lohtenir.,
de, préfenter un
&
refps de fon.avocat --- Page 31 ---
& la déclaration qu'il lui ft de 25 ne
fes foins.
pouvoir plus lui continuer
C'efta peu-près vers ce temps que le fieur
& le fieur du Gaz du Vallon fon beau-frere Guibert l'ainé
capitale: la calomnie qui leur avoir G bien parurent dans la
mingue parur auffi pouvoir fervir,
réuffi à S. Domerent-ils
Jeurs projers : auffi diffal'Expofant dans leurs fociétés
fiennes, publiquement,
particulieres, dans lesdont rien n'avoit
avec une indécence, une effronteric
encore fourni
tarda pas à reffentir les effets d'une d'exemple, L'Expofant ne
nue : il fur obligé de fe rétirer de deux diffamation auffi fouted'être
fociétés où il venoit
admis; un mariage fut manqué; il rendit plainte
eux; le procès eft pendant au Châtelet, & à la
contre
voir fa décifion.
veille de recePeu de jours après la défertion de fon
l'Expolant fe préfenta à l'audience du nouveau défenfeur,
le fieur de Bellecombe
Miniftre, & y trouva
: Le Général promit à
d'inftruire M. le Maréchal de Caftries de tôutes les l'Expofant
dont il luiavoit confeillé de venir
vexations
il paffa même chez le fieur de Vaivre porter fsplsinterenfrance;
blement. Immédiatement
pour le difpofer favora-
'bureau dit à
après cette entrevue, 2 le chef de
l'Expofant : Je fuis enchanté des' bons témoignages gue M. le Gouverneur vient de me rendre
il m'a dit qu'il avoit été
de vous ;
cruelles
furpris, que vous aviet eliyé de
vexations, 6 fait des pertes
indiqua même un
confidérables : il lui
rendez-vous à Paris,
L'Expofant fc trouva au rendez-vous donné
de Vaivre, & ce Magiftrat lui
par le fieur
dit à Verfailles, & il
répéta tout ce qu'il lui avoit
ajouta : (ce font fes
que les ficurs Guibert étoient LES VÉRITABLES propres termes)
AUTEURS des
D
iet eliyé de
vexations, 6 fait des pertes
indiqua même un
confidérables : il lui
rendez-vous à Paris,
L'Expofant fc trouva au rendez-vous donné
de Vaivre, & ce Magiftrat lui
par le fieur
dit à Verfailles, & il
répéta tout ce qu'il lui avoit
ajouta : (ce font fes
que les ficurs Guibert étoient LES VÉRITABLES propres termes)
AUTEURS des
D --- Page 32 ---
: n vexations
auguelles P'Expefant avoit éréen
vernement, 2
proie ; le Goucontinua-t-il, va vous indemnifer des
Pexécution des ordres 6 ordonnanices
efeis de
oprez des concefions ou d'un
M. furpris contre vous 9
de vous remettre la
grefe. de Bongars aura ordre:
faires, G vous
le reguéte en déronciation de TOS adverferet maitre de les
pour vos dommages.
pourfuivre à votre gré
L'Espofant témoigna au fieur de Vaivre
bilité; mais en
toute fa fenfiméme-temps, il lui obferva
pas envifager comme un
qu'il ne pouvoit
la. bonté de lui faire : i°, dedommgement dans
les offres qu'il avoirl'ile
toute la partie
de
Saint-Domingue il n'exiftoir
Françoife
20, L'Expofant étoit
plus de terrein à concéder.
gociant, & il falloit d'autres" culivateur, fabriquant de taffia, ndpour exercer l'ètat de
qualités, d'autres connoiffances.
de Vaivre, dont les greffier. Eh bien 1 répondit le fieur
remment des
inftrustions fecrettes contenoient
pouvoirs érendus, je vous
appaconcierge du Cap Frangois.
propofe la place de
L'Expolan: demanda
ter; le lendemain,
vingt-quatre heures pour fe conful
accepta la place de retournant chez le chef de bureau, il
lui feroit conférée concierge du: Cap, à condition
par un brevet du
qu'elle
d'y nommer un repréfentant, & Roi, quilui permettroit
de Bongars de rcme:tre les
qu'on ordonneroir au fieur
lés Guibert.
pieces & les requêtes fournies
par
Le feur de la Mardelle,
périeur de
Procureur-Ginéal du Confeil fuil applaudit SaincDomingue, à la
étoit préfent à cet entretien, &
modération de
Je fiis content de vous
TExpofant.
pofant, il ne faut
>- dit alors le fieur de Vaivre à
pas demander la mort du
l'Expécheur. Tout e/t
qu'on ordonneroir au fieur
lés Guibert.
pieces & les requêtes fournies
par
Le feur de la Mardelle,
périeur de
Procureur-Ginéal du Confeil fuil applaudit SaincDomingue, à la
étoit préfent à cet entretien, &
modération de
Je fiis content de vous
TExpofant.
pofant, il ne faut
>- dit alors le fieur de Vaivre à
pas demander la mort du
l'Expécheur. Tout e/t --- Page 33 ---
fini: donneg-moi votre pargle dhonneur: JE.VAIS TOUT ARRANGER AVEC LE MINISTRE, AU-GRÉ DE,VOS DESIRS.;
Après cette promeffe,il ne reftoit plus àl'Expofant qu'àattendre avec confiance la fin d'un arrangement qui lui avoit
été offert fi librement,auquel il ne manquoit que la fanêtion
du Miniftre, fanétion qui ne devoit fe préfumer être bientôt
T'empreffement du fieur de Vaivre à propofer
accordée; par,
cet accommodement; ; mais toutes ces entrevues, n'étoient que
des lenteurs préparées de la part du chef de bureau ; toutes
ces propofitions n'avoient d'autre but que de promener l'Expofant d'efpérance en efpérance, jufqu'à ce que, laffé de tous
ces retards, : le parti qu'il prendroit déterminàt la conduite
qu'il faudroit tenir.
Ayant obtenu une audience de M. le Marécha! de Caftries,
ilsy rendit, comme il en étoit convenu avec le fieur de
Vaivre,
recevoir l'approbation du Miniftre fur l'arranpour
bureau.
fut fa furprife,
gement projetté avec le chefde
Quelle
quana il entendit le Miniftre lui annoncer qu'il ne pouvoit
lui accorderla conciergerie du Cap, parce que les Adminiftrales lieux! que d'ailleurs c'étoit à ceux
teurs en difpofoient fur
& il
avoient occafionné fa ruine à l'en dédommager;
qui lui ordonna de dreffer fur le champ un précis fuccinét de fon
affaire.
obéit; malgré les mouvemens divers d'étonneL'Expofant
ment, de colere quefaifoit naitre ece refus fi caraftérifé,il rédigea
avec le plus d'ordre qu'il lui fut poffible le précis demandé,
le remit au Miniftre qui lui ordonna de revenir après fon
diné; il revint, M. le, Maréchal entra dans fon cabinet avec
le fieur de Bellecombe; on manda le fieur de Vaivre, & on
ordonna à l'Expofant d'attendre.
D:
neL'Expofant
ment, de colere quefaifoit naitre ece refus fi caraftérifé,il rédigea
avec le plus d'ordre qu'il lui fut poffible le précis demandé,
le remit au Miniftre qui lui ordonna de revenir après fon
diné; il revint, M. le, Maréchal entra dans fon cabinet avec
le fieur de Bellecombe; on manda le fieur de Vaivre, & on
ordonna à l'Expofant d'attendre.
D: --- Page 34 ---
a
Pendant cette conférence 28
foir; il feroit impoflible de qui ne finit qu' fept heures du
FExpofant; fes demandes peindre'les fentimens quragiterent
mation fera-t elle rejettée P feront-elles La
accueillies? fa réclafur cette derniere idée'; mais réponfe du Miniftre T'arrêtoit
Vaivre, l'intérér qu'itluia avoit lès prévenances du fieur de
tes qu'il lui avoir
témoigné , les offres
comme
faites, tout l'en
obligeanun ontrage pour cer
écartoit, & il regardoit
long-temps, Cependant, f l'on Adminiftrareuir fe
de s'y fixer plus.
juftice, 3. pourquoi cette delibération déterminoit à lui rendre
éroient prompts - 3. leur exécution
fi longue? Les moyens.
foit pour décider
faeile, un inflant feul fufile motif de la durée Tadminifration de cet
: quel pouvoir donc être
ragement, linquiétude fe entretien? L'efpérance, le découame, & cette flustuation fuccédoient rapidement dans for:
de quatre heurcs,
cruelle fe perpétua pendant près.
Enfin le fieur de Bellecombe
avec confance, lui demande la fort; T'Expofant l'aborde
témoignages, de fa proreétion; le continuation de fes bons
chement : M, vous
Général lui
engage.
prendret ce gu'on vous donnera, répond f6.
Un inftant
je vous y
avec
après parut le fieur de Vaivre: lltira
de décider empreffement à part, & lui dit : M, le
TExpolant
qu'il faut vous rendre
Maréchal vierit
penfable d'auendre le retour de jufice ; mais: iZ eff indif.
Es
M. de
auendant, jai charge de vous
Bongars en France.
foutenir a Paris.
afrir des fecours pour vous
Il lui obfèrva Deguelle fomme
en
préfumer-vous de.
aroir befoint
fomme trop forte ; méme-remps FExpofant
ne pas demander une:
répondit qu'il la- borneroit au.
vous rendre
Maréchal vierit
penfable d'auendre le retour de jufice ; mais: iZ eff indif.
Es
M. de
auendant, jai charge de vous
Bongars en France.
foutenir a Paris.
afrir des fecours pour vous
Il lui obfèrva Deguelle fomme
en
préfumer-vous de.
aroir befoint
fomme trop forte ; méme-remps FExpofant
ne pas demander une:
répondit qu'il la- borneroit au. --- Page 35 ---
fimple néceffaire, & promit de 29 travailler à
à fes demandes à fon
un mémoire relatif
retour à Paris.
On n'attendit pas fa réponfe, &c on lei rappella à
pour connoitre la décifion du Miniftre
Verfailles,
renvoie
: il fe
au fieur Bordot qui
préfente, s on le
tion de
luiremet un brevet de
5o0 livres. S
gratificaC L'Expofant ne demandoit pas l'aumône, il
tice; ; il avoit fait deux milles lieues
demandoit juf-
& non pour obtenir la.
pour venir la chercher:
indemnité d'une
gratification qu'on lui donnoit en
perte réelle de plus 800,000
dant. il garda le brevet fans en toucher le livress cepenan aveu que la juftice qu'il réclamoit
montant, comme
due: -
lui étoit véritablement
L'Expofant paffa enfuite chez le fieur de Vaivre
au moins quelle étoit cette décilion du
pour favoir
bureaului dit avecl'airleplus
Miniftre; le chef de
elle efl
miftérienx: : quant à la
Miniférielle, Gvous ne devez pas la connoitre. décifon, Je
engage à aller toucher la gratification,
vous
croiroit que vous mépriferles bienfaits. autrement le Minifre
Voilà, NOSSEIGNEURS, à quoi fe réduifirent
efpéranices qu'on. avoit fait concevoir à
toutes les
places, toutes ces indemnirés qu'on. lui FExpofant; avoit
toutes ces.
nouirent au moment où il les
promifes s'évareconnut lui être due, dont il accepta 2 & cette juftice qu'ou
fe borna à une
favouroit déjà les heureux effets,
gratification de 500 livres, & à une
miniftérielle. qu'il a. toujours
décifion
eft facile à
ignorée, mais dont la. fubftance
preffentir.
L'Expofant vit bien qu'il - avoit étéjoué, & le Sr de
le feul qu'il accufa de cette injuftice : il fentit
Vaivrefut
trop occupé pour voir tout
que le Miniftre,
par lui-même avoit dû néceffai.
heureux effets,
gratification de 500 livres, & à une
miniftérielle. qu'il a. toujours
décifion
eft facile à
ignorée, mais dont la. fubftance
preffentir.
L'Expofant vit bien qu'il - avoit étéjoué, & le Sr de
le feul qu'il accufa de cette injuftice : il fentit
Vaivrefut
trop occupé pour voir tout
que le Miniftre,
par lui-même avoit dû néceffai. --- Page 36 ---
Ed -
A
:
& quele chefde
au chef de fon bureau; de Bellecombe,
rement s'en rapporter Il fentit que le fieur
fieur
bureau l'avoit trompé.
par égard pourle
peur-êrre pour fon collegue,
qui confervoit
par égard
Intendant de la Colonie,8 laiflé. entrainer
de Vaivre, 9 ançien
influence, 5 s'étoit
encore. fur elle une coupable ; & que tar-Adminifraseur dont
des moyens de confidération; le fieur de Vaivre,
par
il fentit fur-tout que
la Colonie un Aléau
l'avoit gagnés défaftreufe avoit été pour
fieur de
Vadminiftration
cherché, non pas à fauverle lui, mais
de fix années, avoit
qui sélevoient contre vi@imes.
Bongars des réclamations
de fes nombreufes
du
la pourfuite
à la conduite
à Neoinebertemimeau les motifs que PExpolant prèta dans la fuite.
Tels furent
que trop juftifiés
fieur de Vaivre, motifs quiln'a TExpolant choifit un nouveau de
Dans cette cruelle conjon@ure) mémoire à M. le Maréchal à
défenfeur, qui préfenta un qu'il y avoit lieu à la prife
dans lequel il érablit
Cafrits,
s'étant
contre les Adminifrateurs.
l'Expofant
partie
après cette démarche;
& traita
Peu de temps
celui-ci s'emporta
chez le fieur de Vaivre, Miniftre.
préfenté le mémoire donné au
lExpofant
de libelle
courroucé,
&c
cet
ex-Adminiftsteur des inquiétudes
En quittant compte à M. le Maréchal Miniftre eut la bonté
courut rendre du chef de bureau; le audience pour le jour
des menaces
& lui indiqua une
de le tranquillifer,
de réfifter
fuivant.
eft difficile à un homme en place fur fon efpric un
Mais qu'il d'un fubalterne qui exerce
eft moins le
aux imprefions fur-tout quand fa confiance de la néceffité!
empire defpotique; habirude connue, que le fruit les infinuaréfultat d'une
Caftries fe laifla féduire par
M, le Maréchal de
de bureau; le audience pour le jour
des menaces
& lui indiqua une
de le tranquillifer,
de réfifter
fuivant.
eft difficile à un homme en place fur fon efpric un
Mais qu'il d'un fubalterne qui exerce
eft moins le
aux imprefions fur-tout quand fa confiance de la néceffité!
empire defpotique; habirude connue, que le fruit les infinuaréfultat d'une
Caftries fe laifla féduire par
M, le Maréchal de --- Page 37 ---
tions du chef de bureau, & au lieu de ces
bonté que l'Expofant recevoit du
témoignages de
Miniftre,iln'entendit.
paroles terribles: Yousaverfait
que ces
imprimerunlibelle contre des
adminifrateurs, ne vous avifz pas de
ici
>
faire
comme à
Sain-Domingue; SJE VOUS
voulut fe permettre quelques MaonaaimactEgater
garde, continua le
repréfentations : Preney
Miniftre, je ne vous en dis pas davantage, s n & il parla à une autre perfonne.
Cependant M. le Maréchal de Caftries ne fut
temps à reconnoitre qu'il avoit été
pas Iongaudience il le fit
furpris, & dans nne
appercevoir à
çant avec bonté
FExpofant 2. en lui annonil falloir attendre le que, fieur pour pouvoir lui rendre juftice 2
pas le
de Bongars, & qu'il ne vouloit
juger comme on l'avoit jugé à
Cet Intendant arrive enfin, & fous Saint-Domingue,
il fit attendre fes réponfes
différens prétextes 2
Les
pendant trois mois.
malheurs de l'Expofant lui avoit
teur ardent & généreux
procuré un protec-
& requêtes de
qui, après la le&ture des mémoires.
l'Expofant, voulut bien fe
la colere du chef de
charger d'appaifer
snit à
bureau; : en effet, il fe
Ce Prince qu'on accorderoit à
calma, & proil daignoit
l'infortuné pour
s'intéreffer. 9 une place confidérable, & lequel
de la requête calomnieufe des Guibert.
la remife
Le fieur de Vaivre a prétendu n'avoir
gage; TExpofant pourroit
pas tenu ce landejbureau le
oppofer viaorieufement au chef
témoignage du Prince, & lon fent
qu'il pourroit détruire avec fuccès fa
d'avance
pofant fe contentera feulement
dénégation. Mais l'Exniftrateur
de rappeller à
une lettre écrite par lui au
l'ex-Admicette promeffe
Prince, & qui contiene
exprimée en termes très-clairs.
endu n'avoir
gage; TExpofant pourroit
pas tenu ce landejbureau le
oppofer viaorieufement au chef
témoignage du Prince, & lon fent
qu'il pourroit détruire avec fuccès fa
d'avance
pofant fe contentera feulement
dénégation. Mais l'Exniftrateur
de rappeller à
une lettre écrite par lui au
l'ex-Admicette promeffe
Prince, & qui contiene
exprimée en termes très-clairs. --- Page 38 ---
-
L-Expofant, inftruit
fes motifs, fe rendit-à que le fieur Bongars venoit de donner
prendre
Verfailles avec fon Confeil
alors chez communication, le Minifre on la leur refufa : ils fe pour en
jufle leur feroit
s qui les affura qu'une préfenterent
accordée; ils
fatisfaétion auffi
dot;ce commis exigea un ordre retournerent chez le fieur Bordoit fa protection à l'Expofant par éctit. Le Prince qui accorPremicr commis
follicita & obtint cet ordre; le
Bongars, mais un communiqua, écrit
non pas les motifs du fieur de
le fieur Bordot affura figné Par les Guibert & adhérans
dant & dont il
être la feule piece
que
ne voulut pas donner
remife par l'IntenLe lendemain, le défenfeur
copie.
requête pour demander
de PExpofant préfenta une
remife dans le
que cette piece, qui auroir dû
temps aux juges de
être
original au greffe du Confeil du Saint-Marc, le fit en
Le fieur de Vaivre,
Roi,
de prévenir fon effet; que cette demande embarraffa, réfolut
rendre inutile
pour hâter la ruine de
le fouftraire cette précaution nouvelle TExpofant, pour
à la profeription dont il
9 qui feule pouvoir
miniftrateur n'héfita pas à profaner le étoit menacé, l'ex-Adpe@tables du Monarque, dans
nom & l'autorité refdonné en
un arrêt furpris à fon
commandument, 'arrêt
Confeil,
déboute P Expofane de
quijufifie le feur de
Unarrêt
toutes fes demandes.
Bongars,
en commandement!
lue du
c'eft-à-dire la
Souverain, ou plutôt la
volonté abloniftre trompé, la volonté d'un volonté paflive d'ua Miprévaricateur, voilà Ce
chef de bureau
perdre fans retour
qu'on a ofé fubftiruer à la partial &
sune, la
un citoyen dont la préfence loi, pour
patience
la
étoit
ce qu'un
fatiguante, fermeté redoutable imporMagiftrat n'a pas rougi de folliciter
: voilà
pour mettre
un
ou plutôt la
volonté abloniftre trompé, la volonté d'un volonté paflive d'ua Miprévaricateur, voilà Ce
chef de bureau
perdre fans retour
qu'on a ofé fubftiruer à la partial &
sune, la
un citoyen dont la préfence loi, pour
patience
la
étoit
ce qu'un
fatiguante, fermeté redoutable imporMagiftrat n'a pas rougi de folliciter
: voilà
pour mettre
un --- Page 39 ---
un Adminiftrateur
coupable à Pabri des
malheureufe viétime des abus de fon
pourfuites de la
fon autorité,
pouvoir, des excès de
Dans le vu de cet arrêt, le fieur de
fidélité jufqu'a
Vaivrea pouffé l'indiffimuler les demandes de
qu'à dérober fes motifs; il a
de TExpofant, juffes mémoires, fes
négligé vifer ou il a écarté
confultations, fes
effentielles des fieurs de Bellecombe requêtes ; deux lettres
voient à prouver
& de Bongars, qui ferjuftice, &
l'innocence de lExpofant, leur déni de
fur-tout la requête des Guibert ont été omifes.
L'Expofant ne fe permertra aucunes
conduite criminelle du fieur de
réflexions fur cette
d'elles-mémes.
Vaivre; elles doivent naître
L'Expofant réclame contre la
du Souverain; il démontre
furprife faite à la religion
il en donne les
l'infidélité du travail des bureaux,
fieur de Vaivre preuves dans fa nouvelle requêre, Aufli-tôt le
s'amprefle d'étouffer fes
encore un fecond arrêt
plaintes, 2 il fait rendre
lep premier,
en commandement, qui confirme
lui fait défenfes déclarelExpofant de
calomniateur du fieur de Vaivre,
relle, & interdit récidiver, fous peine de punition
fon défenfeur
corpoaffiché fur tous les
pour un an. Cet arrêt eft
villes
murs de la Capitale, & dans
ou bourgs de la
toutes les
leufe.
Colonie, avec une profulion fcandaPar ce nouvel arrêt, vous
le fieur de Vaivre immole deux voyez, NOSSEIGNEURS, 2 que
pofant & fon défenfeur.
viétimes à fa fureté, lExcorporelless'il ofe
L'Expofant fe voit ménacé de peines
nacé de la
élever la voix, fon défenfeur fe voit meclient
perte de fon état s'il ofe aider fon
de fon miniftere. Quelle
malheureux
politique!- quel rafinement de
E
ieur de Vaivre immole deux voyez, NOSSEIGNEURS, 2 que
pofant & fon défenfeur.
viétimes à fa fureté, lExcorporelless'il ofe
L'Expofant fe voit ménacé de peines
nacé de la
élever la voix, fon défenfeur fe voit meclient
perte de fon état s'il ofe aider fon
de fon miniftere. Quelle
malheureux
politique!- quel rafinement de
E --- Page 40 ---
a
-
cruauté dans la conduite du chef 34 de
punifant le défenfeur
bureau! r Il favoit qu'em
la juflice à la bienveillance intrépide qui avoit préféré l'amour de
lement il le forcéroit
des agens miniftériels, non-feucourageufement défendue, d'abandonner la caufe qu'il avoit fii
mais
ne fe hafarderoit à tenter
qu'sucun de fes collegucs.
un citoyen opprimé, objet quelques de
démarches pour fecourir
d'an Magiftrat vindicatif & l'animadverfion & de la colere
là T'Expofant, fans
puiffant; il obligeoit donc par:
vers, à s'éloigner d'une appui, fans confeil; laffé de tant de replus que de vains fimulacres, Adminiftration où les loix ne font
preflion.
remplacées par l'intérêt & T'opMais ce quily a de plus
Vaivre a. eu Tindécence, révoltant, c'eft que le fieur de
le Monarque
dans ce dernier arrêt, de rendre:
faire lui-même l'apologifte de fa conduite; il n'a pas eu
fon propre éloge, & de
hontede:
pure &cinaltérable du
forcerla voix toujours.
fieur de Vaivre.
Souverain à confacrer ce
a cru
menfonge. Si le
pouvoir en
ceux qui n'ont. reffenti, durant fa impofer par tant d'audace à
que des maux en tous
trop longue
genres, ,
adminifiration,
enivrant de toutes fes
qu'il fe défabufe, & fi le fuccès.
fur fes coupables manceuvres la laiffé réféchir un inflant
excès, il fera bientôt
que difficilement
perfuadé qu'il
échappé aux peines réfervées
n'eût;
zeurs. pervers, a fes vexations, fes
aux adminiftranues d'un Prince qui ne refpire injuftices euffent été con-.
peuples & le maintien des loix.. que pour le bonheur de fes.
Cesarréts en
Roi, font des commandement, actes
ou du propre mouvement dux
illégaux, abufifs, dont vous ne fauriez,.
NOSSERGNEURS, tolérer plus
cieux,,
long-rcmps lufage perni-
ût;
zeurs. pervers, a fes vexations, fes
aux adminiftranues d'un Prince qui ne refpire injuftices euffent été con-.
peuples & le maintien des loix.. que pour le bonheur de fes.
Cesarréts en
Roi, font des commandement, actes
ou du propre mouvement dux
illégaux, abufifs, dont vous ne fauriez,.
NOSSERGNEURS, tolérer plus
cieux,,
long-rcmps lufage perni- --- Page 41 ---
Parmi les arrêts du propre
il
tinguer de deux efpèces : les mouvement, en faut difrations
uns font le réfultat des délibé.
prifes par le Roi & fon Confeil,
approfondi des affaires qui intéreffent
d'après un examen
giflation & l'ordre public. Ces arrêts l'adminifration, la l6que des projets
ne font en quelque forte
, jufqu'à ce qu'ils ayent été revêtus d'un enregiftrement libre & volontaire, , qui leur donne ce caraétère
légal fans lequel la Nation ne pourroit les
autres
reconnoitre; les
participent tout à la fois du pouvoir légiflatif & du
pouvoir judiciaire; non enregiftrés, ils n'entrainent
exécution forcée, majs non pas légale,
le qu'une
feul a jugé, fans que la Nation ait confenti puifque Souverain
jugement : ainfi les arrêts du
l'exécution de ce
leur nature,
propre mouvement, vicieux dans
illégaux dans leur forme, contraires aux
conftirutionnels dans leur
principes
réprobation d'une
exécution, ne doivent exciter que la
fes droits 8x fa liberté. Nation éclairée, & qui cherche à recouvrer
Pour juftifier ces aétes purement
qu'ils n'ont pour but que des objets d'autorité, on prétend
la célérité veut qu'ils foient
d'adminifration, & que
mais quand. même ces
indépendans de toutes regles; :
objets
arrêts ne feroient rendus que fur des
fuivroic d'adminiftration, ce qui n'arrive pas toujours, ils s'enqu'ils n'en feroient pas moins un abus,
quelque preffante que foit la décifion d'une affaire parceque, de
efpèce, la célérité qu'elle exige ne doit pas fervir de cette
pour éluder, toutes les formes qui établiffent des bornes prétexte
entre.le pouvoir. légiflatif & le pouvoir judiciaire.
fures
C'eft dans la réunion de ces deux pouvoirs
prend fa fource, & la facilité laiffée
que cet abus
tiplier ces adtes, fait
aux Miniftres, de mulqu'ils les appliquent
arbitrairement aux
Ez
aire parceque, de
efpèce, la célérité qu'elle exige ne doit pas fervir de cette
pour éluder, toutes les formes qui établiffent des bornes prétexte
entre.le pouvoir. légiflatif & le pouvoir judiciaire.
fures
C'eft dans la réunion de ces deux pouvoirs
prend fa fource, & la facilité laiffée
que cet abus
tiplier ces adtes, fait
aux Miniftres, de mulqu'ils les appliquent
arbitrairement aux
Ez --- Page 42 ---
R A
affairès
générales & d'adminifration;
ticulieres & de difcuffion.
, comme aux affaire sparOr, rien de plus facile
mandeinent; on fait affez que d'obtenir ces arrêts en comConfeil des Dépêches. Les comment fe font les arrêts au
fait fon
Miniftres réunis, chacun
rapport, non fur la
d'eux
le travail des bureaux de fon produétion des parties, mais fur
Miniftre forme Parrêt, & jamajs départements il
l'opinion du
Si, comme lExpofint vient de le n'eft contrarié.
mandement ne peuvent fubfifter, dire, les arrêts en comminiftration, à plus forte
même pour les objets d'adtoute affaire de
raifon faudra-ti il les anéantir dans
hers; & vous êtes difeuffion, ou qui intéreflent des particula caufe de
déjà convaincus, NOSSEIGNEURS,
moins
FExpofant étoit une de celles
que
Jes aétes arbitraires de l'autorité quinéceffiroient le
On fe feroit bien gardé de laiffer
des Miniftres.
prononcer fur cette affaire
les Tribunaux ordinaires
nombreux
: on craignoit les
que des défenfes
éclairciffemens
Pour fauver des Adminiftrateurs refpeatives pouvoient produire.
jufqu'a leurs écarts , étouffer les defpotes, faire refpecter
avoient immolée à leur
plaintes de la vidtime qu'ils.
facrifier le voeu de la vengeance 2 à leur intérêt; il falloit
encore des
juftice & des- loix; : il falloit
peines au Ciroyen
infliger
voix contre toutes les vexations opprimé, qui élevoit la
loit lui enlever toute
qu'il avoit éprouvées; il falcfpece de
toute fa fortune: : un arrêr en relfources,le dépouiller de
ces objets, onFa obtenu mais commandement remplifloit tous
mier que ces aêtes
;
cet abus, edt-ile été le
cuffent fait naitre il
preprofcrire.
>: faudroir les
L'Expofant croit danc vous. avoir affez:
démontré, NossEs-
élevoit la
loit lui enlever toute
qu'il avoit éprouvées; il falcfpece de
toute fa fortune: : un arrêr en relfources,le dépouiller de
ces objets, onFa obtenu mais commandement remplifloit tous
mier que ces aêtes
;
cet abus, edt-ile été le
cuffent fait naitre il
preprofcrire.
>: faudroir les
L'Expofant croit danc vous. avoir affez:
démontré, NossEs- --- Page 43 ---
GNEURS, combien il eftindifpenfable de détruire cet abusdlangereux qui menace toutes les claffes de la fociété 2 par la
facilité des Miniftres d'étendre ces aStes à toutes fortes d'affaires, foit d'adminiftration ou de difcuffion, & combien un
pareil aête eft illégal & vicieux, puifqu'il eft oppofé aux
principes les plus effentiels de la conftitution de la monarchie Françaife. Il ne refte plus à l'Expofant qu'à vous mettre
fous les yeux, NOSSEIGNEURS, des faits dont le récit eft auffi
douloureux pour lui que le fouvenir.
L'Expofant, certain que ces deux arrêtsavoient été évidemment furpris à la religion du Roi, préfenta un placet à
fa Majefté, dans lequel il dénonça les deux arrêts 3 le fieur
de Vaivre, comme en érant le Rédaéteur 5 & il demanda er
même-temps. à être jugé par une commiflion.
Le placet fut renvoyé à M. le Comte de la Luzerne, qui
venoit de remplacer. M. le Maréchal de Caftries.
L'Expolant fe préfenta à l'audience du nouveau Miniftre s
&. il ne tarda pas à s'appercevoir que le fieur de Vaivre l'avoit
indifpofé contre lui.
L'Expofant connoiffant le caraétère du nouveau Miniftre s
jugea que des proteétions puiflantes ne pouvoient que lui être
très-utiles, 7. en conféquence, s il eut l'honneur de préfenter
à la Reine un mémeire très-détaillé de toutes les particularités de fon affaire : cette augufte Princefle, dont la bienfaifance égale la générofité, 7 ne put fe défendre d'accorder
quelqu'intérêt aux malheurs de l'Expofant: elle daigna. parler
elle-même à M. le Comte de la Luzerne, & lui demanda une
prompte décifion.
s'étant rendu chez le MiPeu de jours après, l'Expofant
niftre, celui- ci lui. exigea une nouvelle Requêre 2 que
fon affaire : cette augufte Princefle, dont la bienfaifance égale la générofité, 7 ne put fe défendre d'accorder
quelqu'intérêt aux malheurs de l'Expofant: elle daigna. parler
elle-même à M. le Comte de la Luzerne, & lui demanda une
prompte décifion.
s'étant rendu chez le MiPeu de jours après, l'Expofant
niftre, celui- ci lui. exigea une nouvelle Requêre 2 que --- Page 44 ---
-
- A -9
IExpofant
pieces.
s'empreffa de lui remettre avec de
nouvelles
Huit mois s'écoulent fans
TExpofant , ne fachant à pouvoir obtenir le rapport :
au Miniftre dix
quoi attribuer ce retard, écrit
pendant cet intervalle'; lettres, toutes plus preffantes, fe fuccédent
pofant prend le Parti de toutes reftent fans réponfe, L'ExDeux placers furent porter fes plaintes à leurs Majeftés,
la Reine,
préfentés
, qui les renvoyerent à fuccefivement M. le
au Roi & à
maisleg Août 1788,
Comte de la Luzerne;
niftre lui
l'Expofant étantà
fàt
annonça qu'il étoit debouté, Cette Taudience,le Miconfirmée le 16 par une lettre
déclaration lui
ces mots : R jai mis fous les
miniftérielle contenant
$ fail, les repréfentations yeux du Roi, érant en fon Con5 les: deux Arrêts rendus que vous avetfaites,
contre
vous
Monfeur, fir
Juillet 1787 s ainf que les
> les 17 Févriér 6 28
> lefquelles ces
pieces de la
Arréts Jont
procédure 3
axquléricuremen) interverus 6 toutes celles d'apris
# deux Arrêts de produites. Sa Majeflé a décidé que vous
9 IRRÉVOCABLES fon Confeil étoient
que les
> J Etre'porté
SUR TOUS LES CHEFS, INATTAQUABLES, 6
AUCUNE
quil ne devoit
> les pieces
ATTEINTE. Je vous
que vous mavez
renvoye toutes
L'Expofant obferva
adrepees, ,6 fuis Gc.
un Arrér il
qu'une lettre miniftérielle
écrivit de > demanda qu'on le lui
n'étoit point
fa main au bas des
délivràt; ; le Miniftre
Bordor , fur le mémoire de obfervations faires par le fieur
Roi étoit gu'il ne fit pas rendu TExpofant, que Tintention du
Vous croirez,
d'Arrèt.
peut-être,
cifionsannoncees par M. le NonetoNeets,quer Comte de
toutes les défoflivement les décifions du Roi;
la Luzerne 2 font efque c'eft fur le rapport de
'étoit point
fa main au bas des
délivràt; ; le Miniftre
Bordor , fur le mémoire de obfervations faires par le fieur
Roi étoit gu'il ne fit pas rendu TExpofant, que Tintention du
Vous croirez,
d'Arrèt.
peut-être,
cifionsannoncees par M. le NonetoNeets,quer Comte de
toutes les défoflivement les décifions du Roi;
la Luzerne 2 font efque c'eft fur le rapport de --- Page 45 ---
cette affaire que Sa Majefté s'éft déterminée à maintenir les
deux arrêts précédemment rendus ; eh bien ! non ; ces décifions font T'ouvrage du Miniftre feul , c'ett lui qui fait parler
le Monarque, c'eft lui qui ofe le calomnier, 2 en Jui faifant
ordonner l'exécution de deux jugemens 2 qui, s'il les avoit
portés, blefferoient toutes les loix, autant qu'ils contrarieroient fes principes.
Comment caraétérifer une pareille conduite, & quel nom
donner à une audace peut-être jufqu'alors fans exemple P Un
Miniftre prévenu refufe de rendre juftice à un homme dont
il reconnoit le bon droit, il perpétue l'effet des vexations
opérées par fon prédéceffeur ; & il ofe imputer au Souverain
la profeription d'un de fes fujets! Un Miniftre féduit par lesinfinuations d'un chef de bureau fourbe &x méchant, égaré:
parl les impreffions de ce magiftrat prévaricateur, s'empreffe 93
pour épargner des adminiftrateurs coupables,, d'éloigner du
trône leur malheureufe viétime; & il ofe. imputer au Souverain 7 cette criminelle indifférence. , le défigner comme
l'auteur volontaire d'une injuftice auffi révoltante ! Un miniftre, par des motifs particuliers craint de revenir fur fespas, redoute les lumieres qu'on pourroit répandre fur linnocence de l'infortuné qu'il pourfuit; & il ofe accufer le
Souverain être le
du citoyen dont il a
perfécureur
favorablement accueilli les plaintes, & pour lequel il a lui--
même vainement réclamé cette juftice qu'on lui refufe depuisfi long-temps! !
Ah! jamais, non jamais T'Expofant n'a penfé un feulinitans:
que fes nouveaux malheurs fuffent ordonnés par un Roi qu'il:
chérit & qu'il réveres jamais il n'a pu croire qu'un Prince:
jufte & bienfaifant, ami des loix & de Thumanité,. ait pu fe:
ur
favorablement accueilli les plaintes, & pour lequel il a lui--
même vainement réclamé cette juftice qu'on lui refufe depuisfi long-temps! !
Ah! jamais, non jamais T'Expofant n'a penfé un feulinitans:
que fes nouveaux malheurs fuffent ordonnés par un Roi qu'il:
chérit & qu'il réveres jamais il n'a pu croire qu'un Prince:
jufte & bienfaifant, ami des loix & de Thumanité,. ait pu fe: --- Page 46 ---
réfoudre à confacrer fa
à fon autorité;
perte par aucun des jugemens
il a daigné
jamais il n'a pu croire que la
furpris
d'intérêt lhonorer fe foit bornée à des protedion dont
& de fenfibilité; & fi, livré à rémoignages ftériles
plant dans la folitude
lui-mème, &
n'a pu fe défendre de toute T'horreur de fon fort, l'Expolant contemconnoifance font venues quelques fe murmures, , des larmes de revent arrachées de fi triftes mélerà celles que lui ont fi fouLa Preuve de la faufferé fouvenirs.
par M.le comte de la
de ces décifionis attribuées au Roi
donné par Sa
Luzerne, T'Expofant l'a tiréede
de l'affaire, Majefté au Miniftre de faire un
l'ordre
Cet ordre, poftérieur d'environ nouveau rapport
décifions
fix femaines
Luzerne prétendues, 3 fe trouve notifié à M. le
à ces
par le renvci du
comte de la
fenté, Or, G le Roi vouloit placet que l'Expofant avoit préMiniftre lui.fit tin
qu'au mois d'Oaobre
nouveau
1788, le
n'avoit donc
rapport de 'cette
les deux
pas pu vouloir, au mois d'Aoûr affaire, S. M.
arrêts rendus par Elle fufent
précédent, que
guilny fie porté AUCUNE
INATTAQUARLES, 6
renvoi de tous les placets de ATTEINTE, fur tout quand le
fauffes décifions,
TExpofant, bien antérieur à
de demander n'avoit eu de la part du Roi d'autre
ces
M. le
toujours un nouveau rapport de
objet que
Comte de la Luzerne eft
l'affaire.
ont été fes motifs P
sy. conftamment
mais au moins
L'Expofant n'a pu encore les refulésquels
peut-il affurer nes'être
pénétrer ;
qui ait pu lni attirer de fa
portéà aucune démarche
Le
part une
Miniftre a
animadverfion fi
oppofé aux ordres du
marquée.
Reine, une réfiftance qu'on
Roi, aux inftances de' la
une défobéiffance
pourroit regarder plurôt comme
fatté comme
que comme un refus. Qui ne fe feroit
TExpolant, à l'aide de ces auguftes
proteÉeurs,
de
trer ;
qui ait pu lni attirer de fa
portéà aucune démarche
Le
part une
Miniftre a
animadverfion fi
oppofé aux ordres du
marquée.
Reine, une réfiftance qu'on
Roi, aux inftances de' la
une défobéiffance
pourroit regarder plurôt comme
fatté comme
que comme un refus. Qui ne fe feroit
TExpolant, à l'aide de ces auguftes
proteÉeurs,
de --- Page 47 ---
de voir s'accélérer Ia fin de tant 47
Cependant le caprice d'un Miniftre d'inquiétudes & de tourmens?
rend leurs intentions
fructueufes, il trouve moyen d'éluder les ordres
inlui donne, & plus maitre que fon
précis qu'on
bienfaifance, il impofe filence à fon Roi, il commande à fa
Des
humanité.
perfonnages moins auguftes Ont effayé
Comre de la
d'ébranler M.le
relpectable Luzerne,rien n'a pul le vaincre ; enfin, un
par fes vertus & fes
citoyen
ponfe: Que
grades, en a arraché cette rés
LeweDoowlemanusatars
QU'EILE EUI FUT DUE,
JUSTICE, QUOItoit le fieur de Vaivre
L'Expofant, de fon côté 3 follicià faire ceffer
pour T'engager à déterminer le
cette perfécution cruelle; le chef de Miniftre
froidement à
bureau dit
siles
lExpofant 7 que toutes fes démarches
S & qu'on ne revenoit point contre des
étoient inueonnoifance de caufe Gfur
arrêts rendus. en
produdions
Ici le fieur de Vaivre eft
refpedlives.
vérité.
encore en. contradiétion avec la
Dans tous les cas ordinaires, certainement
admis à réclamer, lorfqu'un Tribunal
qu'on n'eft plus
prononcé; parce qu'il eft effentiel légalement conftitué a
des
que l'état & la
citoyens ne foient pas toujours en
propricté
Mais à l'égard d'un arrêt en
fufpens.
NOSSEIGNEURS, qu'il n'émane commandement, vous favez 3
n'eft pius verfatile
les
que del'autorité, & que riens
que aêtes qui n'ont d'autre
larbitraire : fur une infinité
principe que:
des archives du
d'exemples qu'en offriroit le
confeil, TExpofant n'en citera
dépôr
un arrêt forti des bureaux de la marine
qu'un feul : c'eft
le Maréchal de Caftries & de la
fous le miniftere: de M,.
lui-méme.
connoiffance du fieur de Vaivre:
Le feur du Garrier d'Uzeh s'étoit rendu
appellant de deux:
E
une infinité
principe que:
des archives du
d'exemples qu'en offriroit le
confeil, TExpofant n'en citera
dépôr
un arrêt forti des bureaux de la marine
qu'un feul : c'eft
le Maréchal de Caftries & de la
fous le miniftere: de M,.
lui-méme.
connoiffance du fieur de Vaivre:
Le feur du Garrier d'Uzeh s'étoit rendu
appellant de deux:
E --- Page 48 ---
Bemte a
des 2 Mai &
de S. Domingue
ordonnances des adminitrateurs
Juillet 1774
deux arrêts du
été débouté de fa demande par
Il avoit
des Mai 1782 & 3 Janvier 1784. de
confeil des dépêches 3
de M. le Maréchal
troifieme arrêt, rendu au rapport annulle les précéUn
Novembre 1786, caffe &
de S.DoCaftties, le 9
des adminiftrateurs
dens, ainfi que les ordonnances fond devant les juges du tribunal
& renvoie fur le
mingue, du Port-au-Princs
par Leurs
terrier Comte de la Luzerne, charg@expreffement s'étoit pas laiffé
SiM.le
nouveau rapport, ne
Majeftés de faire un
la juftice, il fe feroit emsiln'avoit confulté que
de l'autorité furprife;
prévenir,
honteux
d'anéantir ce monument
quiavoit eu des fuites
preffé empreffé de réparer une erreur de fon
il
feferoit
à Vexemple
prédécefleur, faire
fi terribles : çar il pouvoir, du confeil des dépèches, &
les deux arrêts
fur le fond ;
faire révoquer à l'Expofant pour prononcer motiver fon
donner des juges
pouvoit feule
de fuivre cet exemple il.eft blâmable: fi ce
Timpofibilité
n'exiftoit pas,
d'intérèt
refus; cette impofibilité fecrettes d'animofité ou
des raifons
font au contraire
plus criminel.
retenu, il n'eft que devoit avoir aucun prétexte pour
quilont n'avoir donc, & il ne
rétérés de LL. MM.;
Il
formellement aux ordres
étoit dûr
défobéir auffi
il reconnoiffoit qu'il
à
commei il l'a dit lui-même,
jufqu'à ce jour
fi,
a-t-il perlifté
juftice à TExpofant , pourquoi Pourquoi, fatigué de la perfévévouloirla lui rendre?l
du Roi, ce Miniftre
ne pas
à recourir aux pieds le faire embarquer
rance de l'Expofant de le faire enlever 2 de
de fon
a-til ofé le menacer
P Pourquoi s'armer
de force & punir à S. Domingue une terre étrangere, vis-à-vis
crédit & de fon pouvoir, dans
ut -
lifté
juftice à TExpofant , pourquoi Pourquoi, fatigué de la perfévévouloirla lui rendre?l
du Roi, ce Miniftre
ne pas
à recourir aux pieds le faire embarquer
rance de l'Expofant de le faire enlever 2 de
de fon
a-til ofé le menacer
P Pourquoi s'armer
de force & punir à S. Domingue une terre étrangere, vis-à-vis
crédit & de fon pouvoir, dans
ut - --- Page 49 ---
d'un homme dont il connoiffoir 43
& refter dans
l'innocence & le bon
une inaétion perfide fous les
droir; ;
d'un Monarque dort il trompoit fans ceffe la yeux paternels
bonté P
confiance & la
Voilà, NOSSEIGNEURS
du miniftre
, quelle eff la conduite coupable
Tout
que l'Expofant traduit aujourd'hui devant vous.
Ce qa'un citoyen peut éprouver de
fon
plus cruel, foit dans
honneur, 2 fa liberté, fa fortune,
diffamé par des envieux avides,
lExpofant l'a fouffert :
d'an officier
emprifonné par les ordres
inhumain, ruiné par des ennemis opulens &
protégés, facrifié par des adminiftrateurs lâches &
joué par un minifre foible,
defpores s
ficieux & vindicatif,
profcrit par un fubalterne artitable &
perfécuté enfin par un Miniftre
calomniateur de fon Roi; voilà les horreurs indomppofant a effuyées, voilà les crinies
que l'Exdont il
qu'il vous dénonce &
pourfuit en vain depuis fi long-temps la jufte réparation.
Appeilés par Ie Monarque à la régénération de fon
dignes coopérateurs d'un Roi digne de vous, c'eft Empire, à
feuls, NOSSEIGNEURS, à porter un regard affuré
vous
antres ténébreux oùr la calomnie, la haine & la dans ces
entaffent leurs viétimes; ; c'eft à vous feuls
vengeance
réforme des abus
qu'appartient la
que l'Expofant a le courage de vous faire
connoitre. Que des loix fages 8c féveres renferment les adminiftrateurs des Colonies dans les bornes de leur
qu'elles rendent les
pouvoir;
Trbunauxindépendan de l'autorité miniftérielle en leur donnant pour chefs des magiftrats
mandables par leur intégrité, leur amour
la
recomdont la voix publique attefte
pour juftice 2 8c
également & le mérite & les
moeurs, Divifez en France le pouvoir légiflarif du
pouvoir
F 2
féveres renferment les adminiftrateurs des Colonies dans les bornes de leur
qu'elles rendent les
pouvoir;
Trbunauxindépendan de l'autorité miniftérielle en leur donnant pour chefs des magiftrats
mandables par leur intégrité, leur amour
la
recomdont la voix publique attefte
pour juftice 2 8c
également & le mérite & les
moeurs, Divifez en France le pouvoir légiflarif du
pouvoir
F 2 --- Page 50 ---
a 5
AN
arbitraité
aêtes odieux de la pailfance
exécutifs andanrifez ces
prefque toujours! les principes
dont lexiftence illégale annonce confiez à un Tribunal, totalement
vicieux de leurs auteurs ; droit de connoître des appels des.
le
des Tribuétranger au miniftere,
& des jugemens
ordonnances des adminiftrateurs réduifez. la puiffance illimitée
ordinaires; mais fur-tout
fixe; que pour eux
naux
donnez-leur une ftabilité
unissque:
des miniftres, foient deux termes fiétroitement
de
juftice & devoir
la conféquence immédiate fi:
Tun. leur préfente toujours à s'élever en paix le: fyftème
Tautre.. Alors commencera
; alors renaitront ces:
oublié de la liberté publique; fur leur fort, cullong-temps heureux où les citoyens 9- tranquilles induftrie ; oùi Yégoilme:
jours
ardeur les fruits de leur
en protivoient avec
encore gradué la population dans les
deftrusteur n'avoit pas où les fcélérats trouvoient
&c
de la fortune;
aufteres des loix,
greflion de l'autorité des vengeurs
à fauver le:
dépofitaires
ardens, toujours prompts fi defirée:
non des proteSeurs linnocence. Une révolution
crime pour écrafer
& fi les réflexions que TExpofant:
deviendra votre ouvrage: ;
influer fur le bonheur:
de vous propofer peuvent fix années d'infors'eft permis
il oubliera bientôt
de fes. compattiotes, cette. douloureufe expérience
tunes qui lui ont acquis
fus
il vous plaife, 9
CONSIDÉRE, NOSSEIGNEURS, 8 demandes de FExCE
vous fera fait des plaintes
& de toutes.
le rapport qui furle vû de fes différentes requêtes la caffation despolant, &
feront jointes s demander du Roi,. les 18:
les pieces qui y
au nom
faux. ex-. 0
arrêts rendus en commandemens comme furpris fur un
février & 28. juillet 1787, YExpofant, tant fur fon appel
polé; : & pour être fait droità
u --- Page 51 ---
des ordonnances des Général & Intendant de S. Domingue;
que fur la demande en prife à partie 3 demander qu'il foit
renvoyé pardevant tels juges qu'il plaira au Roi; comme
auffi il vous plaira recevoir la dénonciation que l'Expofant
prend la liberté de vous faire, tant des abus d'autorité que le
fieur de Vaivre a commis &c fait commettre, que du déni de
juftice que l'Expofant a éprouvé de la part du Comte de la
Luzerne.
FOURNIER,
fur la demande en prife à partie 3 demander qu'il foit
renvoyé pardevant tels juges qu'il plaira au Roi; comme
auffi il vous plaira recevoir la dénonciation que l'Expofant
prend la liberté de vous faire, tant des abus d'autorité que le
fieur de Vaivre a commis &c fait commettre, que du déni de
juftice que l'Expofant a éprouvé de la part du Comte de la
Luzerne.
FOURNIER, --- Page 52 ---
-
-
--- Page 53 ---
M É M OIR E
PRÉSENTÉ
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
Parles Habitans des Iles de France el de Bourbon,
actuellement à Paris.
RO:
MEsSIEURS,
LES Habitans Soussignés des Iles de France et de
Bourbon 5 résidens actuellement à Paris 1 ayant eu
connoissance d'un mémoire lu à l'Assemblée Nationale
le 15 octobre dernier, par M. Louis Monneron Député
de Pondichéry, croient devoir réfuter des assertions
quisly trouvent, qui leur paroissent erronées, et qui
A --- Page 54 ---
9 1( --- Page 55 ---
M
- te - UP re
Vase
E790
B233e
I-SIZE
v.2 --- Page 56 ---