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Tlelm Carfrr SBrolon
Library
Armn Ilniversity --- Page 3 ---
a
in --- Page 4 --- --- Page 5 ---
DISSERTATION N.420.
Sur les Fièvres rémittentes pernicieuses qui .
régnèrent épidémiquement au Port-auPrince français,. dans les Hôpitaux des
blessés,
les mois de Germinal,
2 pendant
Floréal et Prairial an 115
Présentée conformément d Part. XI de la loi du 19 Fentose
an 11, et soutenue à PEcole de Médecine de Paris,
le 27 Ventose an 13,
Par G. REYNAUD, de Toulouse 3
(1 Département de la Haute-Garonne, )
Ancien Élève national de lÉcole de Médecine de Montpellier 9
Ex-Chirurgien de première classe aux Armées d'Egypte et de
Saint-Domingue,
Cognitio morbi est materia remediorum.
GALIEN.
A PARIS,
DE LIMPRIMERTE DE DIDOT JEUNE,
Imprimeur de l'Ecole de Médecine, rue des Maçons -Sorbonne, n,° 406.
AN XIII. (1805.) --- Page 6 ---
PRESIDENT,
M, DUBOIS.
E XA MINATEURS,
M M. LASSUS
LECLERC.
LEROY.
PELLETAN,
PERCY,
Par délibération du 19 frimaire an 7, P'Ecole a arrété que les opinions
émises dans les dissertations qui lui sont présentées, doivent étre considérées
eomme propres à leurs auteurs; gu'elle. n'entend leur donner ancune approbation ni improbation. --- Page 7 ---
A MESSIEURS
DESGENETTES ET LARREY,
Membres de lInspection générale du service
de santé des armées de terre;
Comme un lémoignage de respect et de
reconnaissance.
G. REYNAUD. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
(3)
DISSERTATIO N
Sur les Fièvres rémittentes pernicieuses qui
régnèrent
iemshseter
français, dans les Hôpitaux des blessés, penFloréal et Praidant les mois de Germinal,
rial an 11.
AYANTIPROPOS
de l'an II, MM. les officiers de santé en chef de
Le 7 germinal
m'ordonnèrent de diriger, au Port-aul'armée de Saint Domingue de Phôpital Bel - Air. Cet établissePrince, , le service chirurgical trois cents blessés. Placé sur un morne qui
ment pouvait contenir
recevoir sans obstacle les effets biendomine la ville, il pouvait
l'air était constamment
faisants de la brise de terre et de mer : construit en bois nétait
renouvelé et rafraichi. Ce vaste bâtiment, défendait des ardeurs du
entouré d'une galerie couverte, qui le
les officiers
soleil ; T'administration des hôpitaux, surveillée par malades,
de santé, avait soin d'entretenir dans les salles, et parmiles neuves; les aliles fournitures des lits étaient
une grande propreté;
malgré ces avantages, les fièvres réments de bonne qualité, et,
épidémiquement.
mittentes de mauvais génie y régnaient
ichi. Ce vaste bâtiment, défendait des ardeurs du
entouré d'une galerie couverte, qui le
les officiers
soleil ; T'administration des hôpitaux, surveillée par malades,
de santé, avait soin d'entretenir dans les salles, et parmiles neuves; les aliles fournitures des lits étaient
une grande propreté;
malgré ces avantages, les fièvres réments de bonne qualité, et,
épidémiquement.
mittentes de mauvais génie y régnaient --- Page 10 ---
(4)
Les grands ravages que faisaient ces maladies parmi les
fixèrent particulièrement mon attention. Ardemment
blessés,
connaître le caractère, d'en suivre la marche,
desireux d'en
traits, les mutations et les
d'en saisir les divers
servation, Je notail les formes,je me livrai tout entier à l'obsentaient
circonstances les plus saillantes qui se préjournellement dans ma pratique
les
parai entr'elles; je plaçai sur la même ligne chirurgicalesje celles
comdes rapports. Des observations
qui se liaient par
nouvelles me firent
nouyeaux faits, qui se trouvaient
apercevoir de
rapp orts analogues. Par cette méthode également enchaînés par, des
fixer leur vrai caractère
analytique, je ne tardai pas à
tagieuses.
: je reconnus en outre qu'elles étaient conLe venin contagieux fut, à certaines
trant, que les officiers de santé
époques, si actif et si pénéles malades,
et les personnes déstinées à servir
Lhistoire échappèrent difficilement à sa maligne influence.
que je vais donner de cCS fièvres,
à-la-fois le système
qui intéressèrent toutplus remarquable, gastrique et le système nerveux, est d'autant
leur traitement quc leur vrai caractère avait été méconnu, ct
par conséquent manqué,Je
le
chirurgien de première classe,
fus,peut-être, premier
servation soutenus,
qui, après un travail et une obdéterminai leur marche, leur
et fixai une méthode de traitement
génie pernicieux,
nombreux
plus avantageuse. Lcs succès
peines n'avaient que j'obtins, me prouvèrent que mon travail et mes
pas été infructueux. Si
sultats
j'étais parvenu à ces réheureux, je ne, les devais qu'aux connaissances
puisées dans les ouvrages des meilleurs
que j'ayais
la certitude
médecins cliniques, et à
éclaitée
que j'avais que la chirurgie doit être constamment
dc
par la médecine : ce sont deux soeurs qu'il est
séparer; leur union ne peut qu'être
dangercux
guérir.
avantageuse à l'art de
Si le chirurgien ne fait consister ses connaissances
unécanisme de son état, et le talent de bien faire que dans le
tion, il n'est alors qu'artiste,
une opéraNégligeant Ics connaissances médi-
et à
éclaitée
que j'avais que la chirurgie doit être constamment
dc
par la médecine : ce sont deux soeurs qu'il est
séparer; leur union ne peut qu'être
dangercux
guérir.
avantageuse à l'art de
Si le chirurgien ne fait consister ses connaissances
unécanisme de son état, et le talent de bien faire que dans le
tion, il n'est alors qu'artiste,
une opéraNégligeant Ics connaissances médi- --- Page 11 ---
(5)
les. maladies qui les
cales, il ne peut prévoir, éloigner, guérir
compliquent et les dérangent. Suivant une pratique aveugle, toujours en. butte à un tâtonnement continuel, il a une décourageante
alternative de succès et de revers ; il trouve à chaque pas les
marques certaines de son insuffisance ; il ne lui reste plus que
les regrets de n'avoir pas étendu les limites de son état, et de
s'être concentré dans un cercle si étroit.
Circonstances qui paraissent favoriser le développement des.
muladics épidémiques, et influer sur leitr génie.
Lcs maladies épidémiques de nature putride ou asthéniques,
sont très-communes à Saint-Domingue. La difficulté que l'on éprouve
à déterminer, d'une mânière positive, quelles sont les circonstanccs
à leur apparition, force le médecin observateur à hésiter
propres
sur l'opinion qu'il peut avancer; car, ne pouvant pas quelquefois
donner des raisons satisfaisantes sur les causes productrices de
ces constitutions médicales, il est obligé de les attribuer à des
causes occultes.
Les maladies épidémiques paraissent tenir à un trouble insolite
et soutenu dans les saisons antérieures; elles sont le plus souvent
indépendantes des qualités sensibles de l'air pendant la constitution
sous laquelle elles exercent leurs ravages.
On est porté à croire qu'elles penvent tenir à des circonstances
locales.
Presque toutes les villes, à Saint-Domingue, sont placées au
bord de la mer; elles reçoivent continuellement les éfluves putrides qui s'élèvent des marais et des lagons qui les avoisinent; ces
vapeurs délétères deviennent une source inépuisable d'épidémies de
mauvais génie, lorsque les briscs soufflcnt faiblement et sans régur
larité, que les pluics ne viennent point à arrêter la chaleur brû-
locales.
Presque toutes les villes, à Saint-Domingue, sont placées au
bord de la mer; elles reçoivent continuellement les éfluves putrides qui s'élèvent des marais et des lagons qui les avoisinent; ces
vapeurs délétères deviennent une source inépuisable d'épidémies de
mauvais génie, lorsque les briscs soufflcnt faiblement et sans régur
larité, que les pluics ne viennent point à arrêter la chaleur brû- --- Page 12 ---
(6)
et abattre ces émanations septiques qui attalante de l'atmosphère, le principe de la vie.
quent si profondément
destinés à recevoir les malades, sont
Les établissements qui sont
l'air y' cirdans des endroits bas et insalubres;
en général placés
renouveler celui qui est vicié par le
culant difficilement, ne peut d'hommes, réunis le plus souvent
séjour d'un plus grand nombre
dans un espace trop étroit.
nécessité, et les affections
La privation des choses de première Zimmermann et autres
de Pame, peuvent encore les déterminer.
nous en.fournissent des exemples. d'observer au môle Saint-Nicolas,
Moi-même, j'ai été à même
de fièvres
dans les mois de thermidor et fructidor, une épicémie
ces
pernicieuses, qui ne pouvait être rapportée qu'à
rémittentes
circonstances. avaient bloqué ce port; on ne pouvait avoir aucune
Les Anglais
le
qui se tenait au Cap francommunication avec quartier-général, la
fut privée de
ies nègres avaient investi la place; garnison
çais;
contenaient les magasins furent bientôt épuisés:
vivres frais;ceux que
du pain et des salaisons souvent de
elle fut réduite à manger
étaient encombrés de blessés, de
mauvaise qualité. Les hôpitaux
de la fièvre jaune : ces asyles
dysenteriques et de malades attaqués le besoin, la douleur et la mort; ;
dévorants ne renfermaient que
s'assurer de leur sépulture.
les malades ne s'y rendaient que pour
de
service était rebutant pour les officiers santé,quin'avaient
Que ce
les moyens de partager leurs peines, ct de
en leur pouvoir que consolations! L'art devenait insuffisant pour le
leur prodiguer des
le manque de médicaments , d'alitraitement de leurs maladies;
leur enlevait les secours qu'ils
ments substantiels de bonne qualité les soulager on les guérir.
auraient employés victorieusement la pour
une telle crainte, que
Ces circonstances imprimèrent à garnison
fut atteint de
nombre des troupes qui la composaient
le plus grand
meurtrière, que le physique et le
Tépidénie, qui fut d'autant plus
moral étaient affaiblis.
le manque de médicaments , d'alitraitement de leurs maladies;
leur enlevait les secours qu'ils
ments substantiels de bonne qualité les soulager on les guérir.
auraient employés victorieusement la pour
une telle crainte, que
Ces circonstances imprimèrent à garnison
fut atteint de
nombre des troupes qui la composaient
le plus grand
meurtrière, que le physique et le
Tépidénie, qui fut d'autant plus
moral étaient affaiblis. --- Page 13 ---
(7)
C'est ainsi que vivaient, sous un ciel qui lcur était étranger, des
hommes sans cesse tourmentés par le souvenir d'un meilleur sort,
et l'attente d'un avenir plus triste et plus malheureux encore.
Constitution méléorologique des mois de Germinal, Floréal
et Prairial an II.
Les constitutions des saisons ont une influence si marquée sur
le génie des maladies, que les unes et les autres doivent être constamment enchaînées dans leur histoire. Celui qui ne fait pas marcher ensemble leur étude, risque de s'égarer à chaque pas sur
la route des épidémies. Hippocrate, ce grand observateur, en avait
tellement reconnu l'utilité, qu'il reccommande spécialement cette
étude à ses disciples.
Quicumque artem medicam integré absequii welit,primim quidem
temporum anni rationem habere debet, quantiem potentia qualibet
eorum valeat (Non enim simile quidquam in illis existit; verim differunt invicem propter varias quee in eis fiunt mutationes.)
HiPP., de Aére, Aquis et Locis.,
Pendant les six premiers mois de l'année, il régna à Saint-Domingue une sécheresse extrême ; la chaleur fut dévorante; cet état
de l'atmosphère imprima un caractère de malignité à toutes les
maladies.
M. Desportes, qui a pratiqué pendant Iong-temps dans les Antilles, avait observé que, lorsque la constitution sèche établissait trop
long-temps son empire, elle rendait les maladies épidémiques dangereuses et meurtrières.
Germinal,
Les premiers jours de ce mois furent brûlants ; l'atmosphère
n'était agitée que par le vent du sud, qui soufflait faiblement.
'atmosphère imprima un caractère de malignité à toutes les
maladies.
M. Desportes, qui a pratiqué pendant Iong-temps dans les Antilles, avait observé que, lorsque la constitution sèche établissait trop
long-temps son empire, elle rendait les maladies épidémiques dangereuses et meurtrières.
Germinal,
Les premiers jours de ce mois furent brûlants ; l'atmosphère
n'était agitée que par le vent du sud, qui soufflait faiblement. --- Page 14 ---
(8)
Le 5, dans l'après-midi, une pluie très-forte, amenée par le vent
du sud, abattit la grande poussière qui s'élevait de la terre desséchée, et qui couvrait la ville du Port-au-Prince et ses environs.
Ensuite on eut de la sécheresse, du calme, et toujours du soleil
jusqu'au 27.
heures de l'après-midi, des nuages s'amoncelèrent
Le: 27, à quatre
sur la cime des mornes qui avoisinent la ville; le soleil s'obscurcit,
le tonnerre gronda, l'orage creva, et il tomba beaucoup d'eau.
Le lendemain, le temps fut serein; le soleil reparut avec tout
son éclat, et les chaleurs recommenctrent.
Le 30, il plut abondamment.
Le thermomètre de Réaumaurindiqua 25 à 30 degrés.
Le baromètre se tint ordinairement entre 28 pouces 2 lignes : y
et 28 pouces 3 lignes :.
Floréal.
La chaleur fut modérée les premiers jours de ce mois.
La brise de terre et du large souffla avec force et régularité.
Le le soleil commença à brûler la terre; la chaleur était in4,
était dans des anxiétés extrêmes; on desirait le somsupportable; on
les animaux étaient haletants de chameil et on ne pouvait dormir;
leur; les vents étaient variables, brûlants, et soufflaient faiblement;
ils passaient du sud à l'est et de l'est au sud.
Les 5, 6, 7,8 et 9, même état dans l'atmosphère.
Le 1O, sur les cinq heures du soir, des vapeurs s'élevèrent du
côté de la mer, et furent se fixer sur la tête des mornes. Le vent
du sud souffla avec force, mais par intervalle; on sentit un bruissement dans Pair; les cieux présentaient l'image effrayante de la nuit;
la terreur, la consternation régnaient partout ; tout gardait un
silence d'effroi;les hirondelles de mer effrayées cherchaient un asyle
vers la terre; les éclairs et le tonnerrc succédèrent bientôt à ce
calmc; on ressentit quelques secousses de tremblements de terre; --- Page 15 ---
(9)
la mer était fortement agitée; énfin, l'orage éclata, et une pluie
grosse et abondante fut la crise de cette révolution atmosphériqueLes II, 12, 13 et 14, le soleil se cacha vers le soir; des orages
épouvantables éclatèrent sur la ville, et il tomba beaucoup d'eau. Ensuite, le calme vint; la chaleur augmenta: ; l'affaissement et la
le souffle
Jangueur qui en résulterent, furent à peine mitigés par
léger des vents de terre et de mer.
une pluie
grosse et abondante fut la crise de cette révolution atmosphériqueLes II, 12, 13 et 14, le soleil se cacha vers le soir; des orages
épouvantables éclatèrent sur la ville, et il tomba beaucoup d'eau. Ensuite, le calme vint; la chaleur augmenta: ; l'affaissement et la
le souffle
Jangueur qui en résulterent, furent à peine mitigés par
léger des vents de terre et de mer. Le 20,un grand orage dissipa cet état de mollesse et d'abattement;
l'air fut rafaichi par un coup de vent du nord. Les dix derniers jours furent tempérés; les fréquents orages arrêterent la chaleur brûlante, qui, sans ces variations atmosphériques,
aurait repris son empire. Le thermomètre indiqua 28à 30 degrés. Le baromètre se tint presque toujours entre 28 pouces 2 lignes :
et 28 pouces 3 lignes :
Prairial. Lessix premiers jours de ce mois, le temps fut très-variable; les
coups de vent du sud furent friquents et rarement sans pluie. Les 7, 8,9 9, IO et II, la chaleur fut plus modérée. Les 12, 13, 14 et 15, le temps fut calme, la chaleur plus vive;
le vent d'est souffla faiblement. Les 16, 17 et 18, même état dans l'atmosphère. Le 19, sur les deux heures de laprès-midi, le vent du sud entraîna deyant lui une grande quantité de nuages ; il augmenta en
force vers les quatre heures : on fut menacé d'un orage qui éclata
dans l'intérieur de l'ile. Les 20, 21, 22, 23 et 24, le temps fut variable, les vents furent
tantôt à l'est, tantôt au sud; ; il tonna beaucoup s mais ces orages
furent sans pluie. Le thermomètre de Réaumur indiqua 25 à 30 degrés. --- Page 16 ---
(1o)
'Le baromètre se tint ordinairement entre 28 pouces 2 lignes ;
et 28 pouces 3 lignes :
Obserzations SILr la chaleur qui règne en Amérique. En Amérique, la plus grande chaleur de la journée, indiquée
par le thermomètre, est ordinairement à une heure ou une heure
et demie pour le plus tard: elle commence quelquefois à être dans
sa plus grande force dès les onze heures du matin; les exemples
du contraire sont très-rares, moins qu'il ne survienne quelque
cause accidentelle. Depuis le Jever du soleil jusqu'à une heure de l'après-midi, la
chaleur augmente de plus en plus; et, depuis ce moment jusqu'au
coucher du soleil, elle diminue sensiblement : mais après le coucher du soleil, à peine y a-t-il quelques changements dans la température de l'air. La fraîcheur des matinées ne diffère Pw ordi. nairement de celle des soirées, si l'on peut appeler fraîcheur une
diminution de 3 à 4 degrés. On est donc comme assuré de retrouver le thermomètre, le matin, presque au même point où il
était, la veille, à huit ou neuf heures du soir. C'est surtout dans l'ile de Saint-Domingue que les indications du
thermomètre s'accordent peu avec nos sensations. Ce n'est pas, à
proprement parler, la chaleur actuelle du climat qui décide de celle
qu'on y ressent : c'est le vent qui rafraichit tant qu'il souflle; s'il
se calme, ou si on est à l'abri, on ressent alors la chaleur dans toute
sa force.
où il
était, la veille, à huit ou neuf heures du soir. C'est surtout dans l'ile de Saint-Domingue que les indications du
thermomètre s'accordent peu avec nos sensations. Ce n'est pas, à
proprement parler, la chaleur actuelle du climat qui décide de celle
qu'on y ressent : c'est le vent qui rafraichit tant qu'il souflle; s'il
se calme, ou si on est à l'abri, on ressent alors la chaleur dans toute
sa force. Tous les vents ne procurent pas CC soulagement : il ne faut l'attendre que du vent d'est, ou de ceux qui en participent, et presque
point de tous ceux qui tiennent du sud. Ces vents sont moins constants et moins réglés que ceux de la partie de l'est. Cette différence de la chaleur, désignée par le thermomètre, à
celle qui est indiquée par nos sensations, m'a porté à croire qu'il
était préférable de distinguer la température de Pair chaque jour, --- Page 17 ---
(r)
d'après les sensations qu'éprouvaient les personnes. .qui habitaient,
comme moi, depuis peu de temps, 3 la colonie; on connaîtra par-là
l'effet que produit sur nous le vent dans cette partie de la zône
torride; et on ne sera. pas étonné que je désigne comme tempérés
des jours qui, sur l'indication du thermomètre, seraient en France
les plus chauds de l'été.
Il eût été impossible d'habiter sous la zône torride, à cause des
chaleurs excessives, si la nature n'avait remédié à cet obstacle : dans
l'espace de vingt-quatre heures, deux vents opposés se succèdent
régulièrement; Pun et l'autre rafraichissent l'air. Le premier ne se
lève que vers les neuf et dix heures du matin; il augmente à
mesure que le soleil monte sur. l'horizon, diminueà mesure que cet 1
astre baisse, et se calme au soleil couchant. L'autre vent lui succède,
et souffle du côté opposé jusqu'au lendemain matin. Le vent qui
soutile le soir du côté opposé, est celui que l'on appelle le vent de
terre oû la brise de terre; celui, au contraire, qui commence tous
les jours vers les neuf heures du matin, a été nommé le vent du
large-ou la brise du large.
e Les pluies contribuent aussi à tempérer la chaleur brûlante du
climat. Là où rien ne fait obstacle au vent d'cst; il cliasse les nucs
à mesure qu'elles se forment, et les oblige d'aller crever dans Ics
bois ou sur les mornes. Lorsque les vents du nord ou du sud vien:
nent troubler son empire, il pleut abondamment : ces pluies, à la
vérité, rafraichissent l'air; mais elles causent une humidité constante, dont les suites sont également incommodes et funestes.
du
climat. Là où rien ne fait obstacle au vent d'cst; il cliasse les nucs
à mesure qu'elles se forment, et les oblige d'aller crever dans Ics
bois ou sur les mornes. Lorsque les vents du nord ou du sud vien:
nent troubler son empire, il pleut abondamment : ces pluies, à la
vérité, rafraichissent l'air; mais elles causent une humidité constante, dont les suites sont également incommodes et funestes. --- Page 18 ---
(12)
HISTOIRE DE LA MALADIE.
UxE exaltation de sensibilité, un mal-aise général, des lassitudes, une douleur de tête accompagnée, chez quelques malades,
d'anorexies et de nausées : tels étaient les symptômes précurseurs
de cette maladie, qui quelquefois n'était accompagnée d'aucun
prodrome,
un caractère
Dans d'autres circonstances lessymptômes prenaient
plus prononcé; alors, elle préludait par des frissons, qui rarement
s'élevaient jusqu'au rigor, une douleur gravative à la tête, des vertiges, de l'abattement, de la morosité; un air d'ivresse, de stutroublé
les rêves et les idées de la e
peur; un sommeil fatigant,
par
mort; la langue était blanche, visqueuse. et encore humide, la respiration un peu gênée.
Le quatrième jour fut souvent marqué par des hémorrhagies
nasales. Le stillicidium était d'un bien mauvais augure ; ce
symptôme annoncait le plus souvent la mort. Hippocrate observa
chez
malades, dont il parle dans son prece phénomène
plusieurs
livre des
mier livre des maladies populaires (:) et dans son
prédictions (2).
(1) In physico enim et epaminone ac sileno quartà aut quinti dic, parim de
naribus stillavit sanguis, et moricbantur. De morb. pop. lib. I.
(2) Nasus in iis distillans perniciosus 3 tim alids 1 tiim quarto ab initio die.
Lib. praedict. n.° X.
parle dans son prece phénomène
plusieurs
livre des
mier livre des maladies populaires (:) et dans son
prédictions (2).
(1) In physico enim et epaminone ac sileno quartà aut quinti dic, parim de
naribus stillavit sanguis, et moricbantur. De morb. pop. lib. I.
(2) Nasus in iis distillans perniciosus 3 tim alids 1 tiim quarto ab initio die.
Lib. praedict. n.° X. --- Page 19 ---
(13)
Si le mal faisait des progrès, il survenait d'autres accidents : du
des forces, battement trèsseptième au onzième jour, , prostration
fort des carotides, des alternatives de rougeur et de pâleur au
teinte
à la conjonctive , déterminée par le
visage s
rougeâtre
des petits vaisseaux qui arrosent cette membrane ; l'hagonflement leine était fétide, la langue sale, le pouls petit et retiré; ilsurvenait
des accès de fevre plus forts le soir et la nuit, affectant ordinairement le type tierce ou double tierce; la peau était sèche, aride et
d'une chaleur mordicante : il s'élevait quelquefois sur la périphérie
du corps, des pétéchies qui tantôt étaient insignifiantes, tantôt trèsmais jamais critiques; ; le ventre devenait tendu, il y
avait dangereuses de légers , mouvements conyulsifs dans les doigts, presque toutrouble dans les fonctions de l'entendement; un délire tantôt
jours
gai et léger, tantôt triste et sombre, souvent furieux, quelquefois
présentant successivement ces divers caractères. s'établissait; borné
chez la plupart aux exacerbations, il n'éprouvait plus de rémission
chez d'autres ; ce symptôme était souvent prévenu et toujours affaibli par des hémorrhagies nasales un peu considérables. Le stillicidium aggravait le délire et l'état du malade.
Du onzième au dix-septième jour, si les forces.médicatrices de la
nature et de l'art ne produisaient pas quelques changements avantales symptômes augmentaient et s'accroissaient; les forces s'ageux, battaient; on observait des défaillances: ; les yeux étaient ternes, stupides, quelquefois larmoyants, chassieux, et d'une inégale grandeur; la figure pâle et décolorée, soubresauts des tendons, 9 tremblement des mains, tendance à se découvrir, à plier et à ramasser
la couverture; le pouls était faible, tremblottant, surtout à l'issue des
redoublements; la respiration difficile et stertoreuse; le sang découlait des narines par grosses gouttes; la langue était sèche, noire
dans son milieu et rouge sur ses bords ; l'cesophage se resserrait,
et le malade montrait une insensibilité absolue pour les liquides ;
l'abdomen se météorisait, les déjections étaient involontaires, et
répandaient une odeur infecte; les urines rouges, troubles ou claires;
, surtout à l'issue des
redoublements; la respiration difficile et stertoreuse; le sang découlait des narines par grosses gouttes; la langue était sèche, noire
dans son milieu et rouge sur ses bords ; l'cesophage se resserrait,
et le malade montrait une insensibilité absolue pour les liquides ;
l'abdomen se météorisait, les déjections étaient involontaires, et
répandaient une odeur infecte; les urines rouges, troubles ou claires; --- Page 20 ---
(14)
il survenait dans différentes parties du corps des plaques violettes
semblables à des meurtrissures; le corps était
le malade
couché sur le dos ne se retournait plus, et s'abandonnait inerte;
à
son
propre poids, qui l'entraînait aux pieds du lit;des sueurs froides, visqueuses, 9 mouillaient la tête et différentes parties du corps; les
membres étaient glacés, les côtes chaudes; et la mort terminait
cette longue chaîne de phénomènes.
D'autres fois elle avait à son invasion une marche plus
les symptômes se développaient avec un appareil plus précipitée;
les malades auraieht certainement
dangereux;
péri au troisième ou au quatrième
redoublement, si je n'avais porté un prompt secours : elle
ce caractère pernicieux chez les blessés qui avaient
prenait
grande
supporté une
opération 9 ou qui avaient des plaies qui présentaient de
grandes surfaces, ou à la suite de fortes commotions.
Dans ces circonstances, les périodes d'inflammation et de
ration étaient passés, ou déja bien avancés
suppu9 lorsque les premiers
signes de la fièvre rémittente commençaient à se montrer.
La fièvre était intense, les exacerbations"
procédaient par un mouvement accéléré, montaient avec précipitation vers leur augment
pour descendre avec la même facilité vers leur déclin ;1 les malades
éprouvaient des douleurs de tête vives et instantanées, des vertiges,
des rêves continuels avec un réveil en sursaut. Plusieurs demandaient
ou cherchaient des armes pour combattre un ennemi que leurimagination leur retraçait ; d'autres sautaient de leur lit pour éviter une
mort qu'ils croyaient certaine, et ils tombaient à l'instant dans l'accablement de la prostration.
Quelquefois ils étaient livrés à un état extatique : sourds à la voix
qui les interrogeait, indifférents pour tout ce qui les environnait,
ils fermaient les yeux en laissant tomber quelques larmes; ct à
l'instant ils semblaient atteints du sommeil de Ja mort, si la
ration qui existait encore ne les eût fait distinguer.
respiCe reflux ct cette concentration des puissances nerveuses vers
l'organe cérébral, ne tardait pas à déterminer le délire comateux.
un état extatique : sourds à la voix
qui les interrogeait, indifférents pour tout ce qui les environnait,
ils fermaient les yeux en laissant tomber quelques larmes; ct à
l'instant ils semblaient atteints du sommeil de Ja mort, si la
ration qui existait encore ne les eût fait distinguer.
respiCe reflux ct cette concentration des puissances nerveuses vers
l'organe cérébral, ne tardait pas à déterminer le délire comateux. --- Page 21 ---
(15)
survenait tantôt dans le commencement, tantôt
Cet état carotique
il s'accroissait et diminuait
dans l'augmentation du redoublement; excitants,et devenait meuraveclui:il résistait souvent aux plus forts
autres, et
les accès anticipaient les uns sur les
trier, à mesure que
que la fèvre tendait à la continuité.
les espèces de rémissions
C'était du second au troisième jour, que
ou à
à être moindres, et les paroxysmes à se succèder
commençaient
un certain nombre de révolutions
se suivre plas promptement: ; après autres, au point qu'ils ne laisfébriles, ils gagnaient les uns sur les
Cette célérité dans
saient plus entr'eux qu'une faible démarcation.
était trèsle mode de rémission ou dans celui des redoublements, de la
à m'éclairer sur le caractère plus ou moins pernicieux
propre
lindication des moyens curatifs que je devais employer
fièvre, et sur
pour la combattre.
langue devenait sèche,
Si les phénomènes augmentaient en force,la
couche
tremblottanto,retince vers sa base: elle se couvraitbientord'une
noirâtre, épaisse et raboteuse, qui couvrait peu à peu
plus ou moins
formait ce rebord gluant dont parle
les dents et les gencives, et lentores circà dentes. Cette croûte
Hippocrate, sous le nom de
fendillaient et étaient comme
s'étendait encore sur les levres qui se
et prenait un air cadavéreux (1),
grillées : la face se décomposait quelquefois il conservait son état
le pouls était petit etintermittent;
naturel ; le ventre se ballonait.
le principe acietère, semL'irritabilité musculaire, frappée par
nerveux d'une
blait menacer de s'éteindre;ou bien des phénomènes
les
extrême et d'un présage funeste, annonçaient que
irrégularité
dans leur principe, et qu'il ne
forces de la vie étaient attaquées
certaine.
d'être spectateur d'une mort
restait plus que
tous les symptômes d'hydrophobie
: Plusieurs même ont éprouvé
à la chute rapide des forces toniques > les grands
(t) On doit attribuer
en decomposent T'ensemble chez
changements qui se font dans le visage, qui funestes.
les hommes qui sont frappés de maladies
présage funeste, annonçaient que
irrégularité
dans leur principe, et qu'il ne
forces de la vie étaient attaquées
certaine.
d'être spectateur d'une mort
restait plus que
tous les symptômes d'hydrophobie
: Plusieurs même ont éprouvé
à la chute rapide des forces toniques > les grands
(t) On doit attribuer
en decomposent T'ensemble chez
changements qui se font dans le visage, qui funestes.
les hommes qui sont frappés de maladies --- Page 22 ---
(16)
et la plupart d'enti'eux sont morts dans les
horribles. Non, jamais la mort ne s'est
conyulsions les plus
un aspect aussi hideux!
présentée à mes yeux sous
Le type rémittent était celui qu'affectaient
vres, comme je Pai énoncé dans un des
ordinairement ces fièobservait une constance
paragraphes précédents. On
qui. semblaient être le régulière dans les retours de SES périodes,
tidièn.. Ainsi les exacerbations plus souvent assujéties à suivre le type quonairement le soir
revenaient chaque jour. C'était ordisentaient deux qu'elles se faisaient sentir : les paroxysmes
modes différents qui s'alternaient, de
prédeux paroxysmes également forts étaient croisés manière que
plus faibles; dans ce cas, les redoublements
par deux autres
à deux fièvres distinctes,et affecter la forme des paraissaient appartenir
en avait ordinairement
doubles tierces. II n'y
était ordinaiement qu'une qui fût vraiment pernicieuse; l'autre
moins grave.
Influence de la maladie sur la plaic.
Ily a une connexion si intime entre tous les
l'économie animale, que les désordres
phénomènes de
cun d'eux, coincident
qui se manifestent dans chale médecin isole
souvent pour aggraver une autre affection. Si
en saisir le
ces phénomènes par l'analyse 9 c'est pour mieux
caractère et le genre de
vient.
dérangement qui leur surL'influence que cette maladie avait sur la
les
ments et les phénomènes qu'elle
plaie;
changeproduisait,
une douleur locale vive et instantanée
étaient annoncés par
était dérangé; la plaie n'élaborait
; l'acte de la suppuration
une couenne
plus un pus de bonne
jaunâtre 9 lardacée, parsemée de
caillots qualité;
la recouvrait; les bords, d'une sensibilité petits
de sang,
se renversaient; il en découlait
exquise, se gonflaient et
qui enflammait les
une humeur ichoreuse et putride
parties saines qu'elle touchait; elle changeait --- Page 23 ---
(17)
de couleur à raison de la gravité de la maladie; elle était entourée
différentes couleurs, suivant que les
d'un cercle rouge qui prenait
ou moins prononcés,
adynamiques étaient plus
symptômes
était très-vive, et que la plaie se trouvât à un
Si Tinflammation
membresupérieur
cats2aat
irritation était marquée par un sillon eouleur de rose, qui
cette
glandes qui étaient les plus en rapport avec
s'étendait jusqu'aux
venaient souvent
elle; elles s'enllammaient, elisfengorgeizeut,et
heureuselorsquc la maladie avait une solution
en suppuration,
une chaleur brûlante; le malade ne
La plaie était dévorée par
il était dans des anxiétés alarpouvait conserver aucune dormir position; ni le jour ni la nuit; sa sensibilité était
mantes; il ne pouvait
était
long-temps soutenu, et
exaltée; lorsque cet état nerveux
trop étaient sans effet, la fièvre
que les anti-spasmodiques.
izeut,et
heureuselorsquc la maladie avait une solution
en suppuration,
une chaleur brûlante; le malade ne
La plaie était dévorée par
il était dans des anxiétés alarpouvait conserver aucune dormir position; ni le jour ni la nuit; sa sensibilité était
mantes; il ne pouvait
était
long-temps soutenu, et
exaltée; lorsque cet état nerveux
trop étaient sans effet, la fièvre
que les anti-spasmodiques. les calmants,
caractérisait par une telle gravité, que les moyens thérapeutiquesse
étaient quelquefois impuissants. à du boeuf grillé; les
Alors; la plaie se desséchait et ressemblajt odeur cadavéreuse;
éfluves putrides qui s'en élevaient, avaient une
recommandais aux officiers de santé chargés des pansements,
aussije
découvriraient les malades pour
de prendre des précautions lorsqu'ils
hors des salles les
renouveler les appareils, et de faire apporter
attention;
avaient servi à bander les plaies. Malgré cette
linges qui été atteints de la contagion : on sait d'ailleurs que le
plusieurs ont
affecté aux fièvres putrides magénic contagieux est spécialement continuellement échapper des
lignes, et que les plaies qui laissent actifs le venin septique. yapeurs putrides; rendent bien plus
elle avait plus
La douleur était assujétieà un "ordre paroxystique; l'exacerbation de
d'intensité le soir ou la nuit, époque à laquelle
la fin du rela fievre rémittente avait lieu ; elle ne diminuait qu'à
doublement. Elle était encore subordonnée aux variations atmosphériqoes;1one. n'éprouvait
le temps était à l'orage ou à la pluie, la douleur
que
aucun amendement. --- Page 24 ---
(18)
Au moment de l'iovasion du
un aura qui semblait
redoublement, le malade ressentait
du
prendre son origine à la plaie,
le
dos; et se répandait daris toutes les
fuyait long
parties du corps. Circonstances qui m'ont paru fJavoriser le
développement de la
maladie. Les circonstances propres au développement de cette
m'ont paru tenirà la constitution
maladie
locales et à la disposition des atmosphérique,a des circonstances
individus. L'atmosphère conyenable est celle qui est formée
et humide, au milieu duquel le
par un air chaud
Huzham
corps vivant se trouve sans
s'exprime ainsi sur cette qualité de lair:
énergie. sits ab ultimd antiquitate talis
Meritôp prorJuit pestilens. De Acre et morbis, atmosphere constitutio reputata
Ce sont ces effets et celte continuité épid. de proleg. humide qui règne à
chaleur presque toujours
Saint-Domingue, qu'on ne saurait
lorsqu'on ne l'a pas éprouvée, Les facultés morales représenter
sont affaiblies; les forces s'épuisent
des. et physiques
rations abondantes;
par
sueurs et des transpichaleur
l'organe cutané, doublement énervé par cette
humide, semble Ini seul absorber (ous les
nomie animale; rien ne les
fluides de l'écoprincipes vivifiants; les
répare ; le sang se dépouille de SCS
faiblesse
organes de la digestion sont frappés d'une
directe; leurs fonctions se ralentissent; leurs
dépravent, et les humeurs
produits se
fait marcher à grands
contractent un genre d'altération qui les
pas vers la
Les circonstances locales
décomposition.
é par cette
humide, semble Ini seul absorber (ous les
nomie animale; rien ne les
fluides de l'écoprincipes vivifiants; les
répare ; le sang se dépouille de SCS
faiblesse
organes de la digestion sont frappés d'une
directe; leurs fonctions se ralentissent; leurs
dépravent, et les humeurs
produits se
fait marcher à grands
contractent un genre d'altération qui les
pas vers la
Les circonstances locales
décomposition. tiennent à des estèrs (1) ou un sol
(1) Lcs estèrs sont des rivages de niveau avec la mer
vre dans le Alux; ces plages marécageuses sont
basse, et qu'elle coudune prodigieuse quantité d'insectes, de
couvertes de mangles, deieure
tacées, dont les décompositions
maringoins, de moustiques et de crusdes miasmes délétères, sources exhalent, avec lcs détritus des végélaur,
inépuisables de maladics de mauvais génic. --- Page 25 ---
(19)
marécageux qui laisse, par l'écoulement de ses eaux, une grande
surface bourbeuse et fétide en exhalaisons; ; ces circonstances comencore-le dégagement de toutes les substances animales
prennent
et végétales en décomposition, et l'air vicié des hôpitaux.
La disposition des individus tient toujours à un état de débilité
de résister
physique, ou à un découragement moral, qui empêche
aux causes d'infection. Cet état du corps et de l'ame ne contribuait
peu à donner à cette maladie un caractère de malignité qui la
rendait pas le-plus souvent mortelle. Les historiens des maladies nous
fournissent des exemples frappants de l'influence du moral sur le
physique, et du physique sur le moral.
Cet état peut encore être déterminé par un concours de circonstances très-variées, telles que le passage d'un climat tempéré
dans un climat brûlant; les exercices immodérés sous un soleil
ardent; le passage brusque de la chaleur du jour à la fraicheur
des nuits; la mauvaise qualité des eaux et des aliments dont Ics
soldats ont usé dans des circonstances impéricuses; l'abus des choses
trop excitantes ou déprimantes.
La commotion qu'éprouvaient les soldats, lorsqu'ils étaient grievement blessés, et les affections de l'ame, m'ont paru être les
favorisaient plus
le développement de cette
causes qui
promptement
du
maladie, et les disposaient davantage à recevoir l'impression
caractère pernicieux de l'épidémie existante.
Les effets principaux de la commotion, sont de porter un ébranlement dans toutes les parties du corps qui en sont susceptibles,
de produire un trouble dans la succession naturelle des fonçtions
de l'économie animale, de mettre le système nerveux dans un
état d'exaltation, pendant qu'elle affaiblit le système entier des
solides.
La crainte qu'inspirent aux blessés les grandes opérations chirurgicales, la douleur et les sensations pénibles qu'ils éprouvent
en voyant couler leur sang, qui communiquent à leur ame des
de porter un ébranlement dans toutes les parties du corps qui en sont susceptibles,
de produire un trouble dans la succession naturelle des fonçtions
de l'économie animale, de mettre le système nerveux dans un
état d'exaltation, pendant qu'elle affaiblit le système entier des
solides.
La crainte qu'inspirent aux blessés les grandes opérations chirurgicales, la douleur et les sensations pénibles qu'ils éprouvent
en voyant couler leur sang, qui communiquent à leur ame des --- Page 26 ---
(20)
impressions fortes et soudaines, qui donnent à la sensibilité un
aceroissement excessif; ; cet état de l'ame était annoncé par des
tremblements spasmodiques, et de phénomènes nerveux
vertissaient
quiinterl'ordre des mouvements de la nature, qui devaient
tendre vers la plaie, pour établir la fièvre de suppuration.
Une partie lésée dans l'acte de la suppression, attire et fixe sur
elle toutes les forces de la nature : elle devient un centre d'action vers lequel tous les efforts des autres organes se dirigent; la
nature ne saurait agir dans' un ordre différent, sans altérer
vement le système de ses forces.
graLa fièvre pernicieuse survenant après ces atteintes du système
organique, amenait une distribution de mouvements différents
que celle qui était nécessaire pour le travail réparateur des
elle partageait la hature entre deux affections différentes, qui plaies; détruisaient l'harmonie de ses efforts et Pinutilité d'action.
Pronostic.
La nature et le génie de cette maladie; le désaccord qui existait entre la sensibilité et lirritabilité; leur exaltation et leur destruction apparente; l'état, souvent passif, du système artériel et
rénal, qui conservaient leurs fonctions harmoniques au milieu de
ce trouble; la tendance que la fièvre avait d'abandonner le
rémittent, pour devenir continue; le défaut de concentration type des
forces de la nature pour opérer une défense effective; la formation, au contraire, d'une multitude de points inégaux d'irritation,
d'ot,résultaient constamment des symptômes anomaux,
Cet ensemble de plénomènes faisait que je pouvais établir un
pronostic qui n'était pas rassurant, si l'art n'ayait tout fait, et
commandé le plus souyent à la nature.
Le début des symptômes'nerveux avant le cinquième jour,
de l'activité excessive du principe morbifique,
signe
vité extrême dans les
présageait une grasymptômes,
d'irritation,
d'ot,résultaient constamment des symptômes anomaux,
Cet ensemble de plénomènes faisait que je pouvais établir un
pronostic qui n'était pas rassurant, si l'art n'ayait tout fait, et
commandé le plus souyent à la nature.
Le début des symptômes'nerveux avant le cinquième jour,
de l'activité excessive du principe morbifique,
signe
vité extrême dans les
présageait une grasymptômes, --- Page 27 ---
(a1)
immédiat de la première à la troisième période ;
Le passage combien serait faible la réaction de la nature contre
faisait prévoir
la maladie et le principe délétère.
n'était pas suivi d'un
Le délire borné aux exacerbations, qui
fàcheux.
assoupissement profond, était d'un pronostic peu
la
Le délire qui succédait à l'assoupissement, indiquait que
ranimer le système.
sensibilité se réveillait et se reproduisait pour délire, c'était d'un
succédait au
Si, au contraire, Tassoupissement la nature allait succomber, et
mauvais augure; il annonçait que
destructeur qui
qu'elle n'offrait que de faibles efforts au principe
Fattaquait.
survenait à une prostration générale
Il était mortel, lorsqu'il
des forces.
après l'invasion du délire, offrait le
La surdité qui survenait
présage ordinaire d'une bonne terminaison.
lorsqu'elles
Les hémorrhagies étaient quelquefois avantageuses, elles
dans les deux périodes de la maladie : tantôt
présurvenaient
tantôt elles le diminuaient, ou le faisaient dispavenaient le délire, survenaient à la fin de la maladie, annonçaient
raitre. Celles qui malheureuse. Les faits m'ont démontré que, quand
une terminaison
solution heureuse, la plaie offrait un point
la maladie avait une
ses motvements harmoessentiel, vers lequel la nature dirigeait annoncée
le ramolniques. Cette terminaison favorable était linflammation, par
de la
lissement de' ses bords, la disparition de d'un
de bonne
douleur; de l'eréthisme, et la secrétion
pus
qualité.
Autopsie cadavérique.
ne me présentait pas un point d'insL'anatomie pathologique fixer mon raisonnement sur le siége
truction assez solide, pour dans les affections générales, la cause essenessentiel de la maladie;
sur tout le
tielle, portant le plus souvent une égale impression
flammation, par
de la
lissement de' ses bords, la disparition de d'un
de bonne
douleur; de l'eréthisme, et la secrétion
pus
qualité.
Autopsie cadavérique.
ne me présentait pas un point d'insL'anatomie pathologique fixer mon raisonnement sur le siége
truction assez solide, pour dans les affections générales, la cause essenessentiel de la maladie;
sur tout le
tielle, portant le plus souvent une égale impression --- Page 28 ---
(22)
système, n'appuie pas assez sur un organe
des traces de son passage : sij'ai rencontré particulier, pour y laisser
niques, je ne suis pas éloigné de croire
quelques lésions orgasymptôme graye qui avait signalé la qu'elles étaient relatives at
promptement le caractère
maladie, lorsqu'elle prenait
La
pernicieux.
décomposition des corps morts était si
infecte qu'ils exhalaient était
prompte, T'odeur
plus
capable de rebuter le médecin le
courageux : cette circonstance m'a arrêté souvent dans
recherches.
mes
Analyse de Thistoire de la maladic.
On lui reconnaissait, , comme je l'ai tracé dans
phes précédents, trois degrés d'intensité:
un des paragraune fièvre
au premier degré, c'était
adynamique simple. Elle présentait
au septième jour, une bénignité apparente; les quelquefois, jusques
loppaient avec une
symptômes se déverégularité, une énergie, qui annoncaient
nature jouissait de toutes Ses
que la
suite d'efforts propres à lui faire ressources, subir
qu'elle déterminait une
reuse. Le pouls était fort et
une solution prompte et heumée, la chaleur animale
développé, la face plus ou moins anide frissons et de paroxismes constamment excitée, avec des alternatives
réguliers, suivies d'une irritation
trique plus ou moins vive ; la tête était un
gasDans le second degré, c'était la fièvre peu embarrassée.
intensité : les accidents étaient
adynamique dans toute son
redoutables et
roxisme ou l'exacerbation fébrile était
multipliés; le paconsidérable;
prostration effirayante lui succédait;des alternatives quelquefois une
dépression de la chaleur
d'excitation oude
animale, un délire taciturne, ou des retours
irréguliers d'une affection
fonctions des
comateuse; une suspension totale des
sens, de Tentendement, semblaient faire
terminaison funeste.
précager une
Au troisième degré, c'était la fievre
toute sa gravité, Trois ou quatre redoublemcuts adoumigue-ataxique la
dans
caractéricaient:
quelquefois une
dépression de la chaleur
d'excitation oude
animale, un délire taciturne, ou des retours
irréguliers d'une affection
fonctions des
comateuse; une suspension totale des
sens, de Tentendement, semblaient faire
terminaison funeste.
précager une
Au troisième degré, c'était la fievre
toute sa gravité, Trois ou quatre redoublemcuts adoumigue-ataxique la
dans
caractéricaient: --- Page 29 ---
(23)
aucun rapport d'égalité, ni avec
chaque redoublement ne conservait devait suivre : il anticipait
celui qui précédait, ni avec celui qui invasion et de sa durée; il le
le témps de son
sur le premier pour
et l'intensité des symptômes; il se prosurpassait pour le nombre
et qui recelongeait vers le suivant qui se trouvait plus rapproché, ensorte que, d'un
sensible d'augmentation 5
vait encore un degré
devénaient moindres; les redouparoxisme à T'autre, les rémissions
: le caractère
blements étaient plus forts, plus longs et plus rapides abandonner son type
de rémittence s'eflaçait, et la fièvre semblait
ardente, coutendre à la continuité, La langue était rouge,
noire et
pour
humide sur ses bords, âpre,
verte d'inégalités à sa surface,
beaucoup de variation; tantôt il
sèche au milieu : le pouls éprouvait tendu, vibrant avec effort; il ne
restait naturel, tantôt plein, serré,
il devenait alors
quelques paroxismes;
perdait de sa force qu'après intermitent et convulsif.
rare, faible, petit,
et prenaient une forme
Les traits du visage se décomposaient les yeux se fixaient, tout le
hideuse; les lèvres se renversaient, de l'origine commune des nerfs
corps frémiseait, les organes voisins violents et irréguliers, et c'était
n'avaient plus que des mouvements
l'ame achevait de rompre
dans cette secousse faible et funeste que
sa chaîne.
Traitement.
offert des caractères entièrement opposés dans
La maladie ayant indications variant avec eux, ont nécessité
ses trois périodes, les
tres-différentes.
Pemploi de méthodes curatives
la fièvre était forte, et que les
Lorsqu'elle se déclarait, tant que
m'ocd'irritation gastrique existaient, je ne pouyais guère
accidents
choses
du soin de calmer par des boissons adoucuper d'autres
que où les évacuants pussént êtré employés
cissantes : il était peu de cas
dans les premiers instants de la maladie.
des
elle
toujours dans son principe
signes
Comme
présentait
fièvre était forte, et que les
Lorsqu'elle se déclarait, tant que
m'ocd'irritation gastrique existaient, je ne pouyais guère
accidents
choses
du soin de calmer par des boissons adoucuper d'autres
que où les évacuants pussént êtré employés
cissantes : il était peu de cas
dans les premiers instants de la maladie.
des
elle
toujours dans son principe
signes
Comme
présentait --- Page 30 ---
(24)
éridentsdeturgesceucer somacaleyqufiembleieat
ces
justifierleuru
symptômes étaient trompeurs,
usage,
lorsque je me
sur
ment
eux pour décider leur emploi; ils se manifestaient reposais uniquecertaines dispositions du corps absolument
dans
opposées; ils étaient
quelquefois produits par la sympathie des nerfs, ou par un excès
d'organisme du système gastrique.
Avant de les ordonner, je faisais un ensemble des
concomitants ; je les comparais entr'eux
symptômes
calcul
après un examen et un
rigoureux : si la majorité des symptômes gastriques
tait, et que d'autres dispositions dépendantes de
l'emporl'idiosyncrasie du
sujet ne sy opposassent point, je me croyais en droit de l'administrer.
Après avoir rempli ces indications, le tartrite de potasse antimonié
était bien avantageux. Pringle 2 Lind, Mouro ont
emploi et ses heureux effets dans le traitement des préconisé son
tagieuses. Par sa vertu évacuante, excitante, il
maladies conces de l'estomac, qui chassait avec plus de facilité augmnentait les les forhétérogènes qui y étaient contenues : son effet excitant s'irradiait matières
sur tout le système de l'économie vivante, et déterminait
fois des sueurs abondantes qui étaient
quelquetrès-avantageuses. Ce traitement n'était qu'une heureuse incitation des procédés de la
qui, livrée à elle-même chez des individus pleins de force nature,
vigueur, et qui n'avaient. pas encore ressenti l'influence
et de
du nouveau climat qu'ils habitaient, a quelquefois choisi pernicieuse le vomissement et les sueurs pour voie de solution.
Plusieurs malades d'une constitution faible, quiavaient
des grandes suppurations, furent atteints, au début de la éprouvé
d'une diarrhée qui les faliguait beaucoup. Je crus qu'il serait maladie,
tageux d'administrer dans cette circonstance
avanrésultats ne répondirent pas à mon
il lipécacuanha. Lcs
intention; augmenta la diarrhée,développa des cardialgies, des spasmes d'estomac et des vomituritions : je ne trouvai de ressource, pour arrêter ccs plénomènes
neryeux, que dans l'administration de T'anti-émétique de Rivière, --- Page 31 ---
(25)
de T'opium, du laudanum liquide de Sydenham, et de Phuile
d'amandes douces. Frappé de cette contrariété, je poussai plus loin
mon observation et mes recherches : je reconnus que lipécacuanha
était mélangé avec celui qui croît à Saint-Domingne, qui possède
une vertu drastique. Ensuite j'avais soin d'assujétir ces malades, pendant deux ou trois
jours, à des tisanes délayantes et adoucissantes.
opium, du laudanum liquide de Sydenham, et de Phuile
d'amandes douces. Frappé de cette contrariété, je poussai plus loin
mon observation et mes recherches : je reconnus que lipécacuanha
était mélangé avec celui qui croît à Saint-Domingne, qui possède
une vertu drastique. Ensuite j'avais soin d'assujétir ces malades, pendant deux ou trois
jours, à des tisanes délayantes et adoucissantes. Cette précaution
était d'autant plus nécessaire, que tout évacuant, quelque faible qu'il
fot, donné sans cette attention, augmentait l'irritation gastrique,
décidait des accidents funestes et quelquefois mortels. S'il y avait un amendement dans les symptômes d'irritation, je
faisais faire usage d'un doux minoratif et de quelques lavements
rafraichissants, rendus quelquefois laxatifs. Si ces remèdes produisaient quelques avantages, que la congestion des mauvais sucs fût
encore prononcée, je les réitérais, observant toujours de ne pas
trop affaiblir le malade. L'administration des purgatifs dans cette période de la maladie;
était constamment funeste : ils décidaient le plus souvent des évacuations excessives qui détruisaient les forces du malade, et ajoutaient, par leur action débilitante, à la faiblesse dont les miasmes
contagieux avaient frappé l'économie animale. J'ai eu recours pour quelques sujets, surtout à l'égard de ceux
dans qui j'apercevais une faible disposition à la sueur; ; j'ai eu, disje, recours aux bains tiedes. Dans ces cas; 1 iy faisais mettre le
malade durant l'intervalle du redoublement : j'en ai fait même
mettre dans'le fort de la tièvre ou à l'approche du délire; je faisais
attention de bien examiner les différences qui arrivaient, soit au
pouls ou au visage, pour. ne laisser le malade dans l'eau que le
temps qu'il convenait; ; à la sortie du bain, j'ordonnais qu'on les
tint chaudement. C'était un heureux présage quand je voyais 'survenir, après le
septième jour, des urines épaisses et sédimenteuses, des sueurs universelles, des affections cutanées, lictere, une hémorthagie nasale,
--- Page 32 ---
(26)
un flux hémorroidal;quand la sinergie des mouvements
se tournait du côté de la plaic,
la
de la nature
que le
que suppuration se rétablissait;
pus qui en découlait-était blanc,
qualité,
homogène et de bonne
Si les symptômes
dents d'irritation, augmentaient en force, et qu'à travers les accije découvrais ceux de
tère gastrique persistait,
prostration, ,'et si le caracredoublement,
je saisissais le moment de la rémission du
neutres. J'ai retiré pour administrer le quinquina combiné avec les sels
il résultait
les plus grands avantages de celte combinaison:
des évacuations d'autant plus salutaires,
vaient pas les forces vitales,
qu'elles n'énerla tête, qui, à cette
qui, par un effet révulsif, dégagaient
époque de la maladie,
le soir, à l'approche du redoublement. s'embarrassait, surtout
A quelque temps de la, maladie que le délire ou
ment se déclarât, je les combattais par les
l'assoupissesifs et dérivatifs.
de celte combinaison:
des évacuations d'autant plus salutaires,
vaient pas les forces vitales,
qu'elles n'énerla tête, qui, à cette
qui, par un effet révulsif, dégagaient
époque de la maladie,
le soir, à l'approche du redoublement. s'embarrassait, surtout
A quelque temps de la, maladie que le délire ou
ment se déclarât, je les combattais par les
l'assoupissesifs et dérivatifs. C'est dans le traitement de ant-spasmodiques reyulqu'il est essentiél de connaître
ces affections nerveuses
lesrapports
-leur action et leur réaction mutuelles. ynphaiguedergutncs
Ces symptômes annoncaient qu'il était instant de
idirection des mouvements
changer la
C'est à
qui se portaient vers la tête. ce titre ique j'employais successivement les
tièdes, les fomentations chaudes,
pédiluves
les pieds et les jambes, les
avec l'eau et le vinaigre sur
mêmes parties. sinapismes et les vésicatoires sur ces
Toutes les fois que je voyais paraitre la
des yeux, le battement des artères
rougeurnde la face,
temporales, ou des
que je remarquais inne insensibilité de la pupille, la carotides,
la dureté du- pouls, ces sigues me faisaient
fréquence et
gestion sanguine vers lorgane cérébral. Les apercevoir une contempes, la saignée à la veine
sangsues posécs aux
toujours affaiblie ou
jugulaire, au bras, l'ont presque
dissipée (1).
artères
rougeurnde la face,
temporales, ou des
que je remarquais inne insensibilité de la pupille, la carotides,
la dureté du- pouls, ces sigues me faisaient
fréquence et
gestion sanguine vers lorgane cérébral. Les apercevoir une contempes, la saignée à la veine
sangsues posécs aux
toujours affaiblie ou
jugulaire, au bras, l'ont presque
dissipée (1). (:) Les feuilles du ricin, Ricinus palma christi, LINN.,
vinaigre froid, et appliquécs sur le froot et la téte, étaient trempées des dans le
réfrigérants --- Page 33 ---
(27)
Un accident assez familier dans le cours de cette période, était
la concentration des forces de la nature sur l'épigastre, qui décidait le météorisme du bas-ventre, quelquefois la rétention, d'urine : des fomentations émollientes sur l'abdomen, des embrocations avec l'huile camphrée, des lavements de même nature ont
suffi pour le dissiper, pour entretenir la liberté du ventre et le
cours des urines. Si ces divers moyens n'étaient pas suffisants pour
le ramollir, il était avantageux alors de donner, de demi-beure
en demi-heure, une cuillerée à bouche, d'une potion composée
avec Phuile d'amandes douces, le sirop de limon, le camphre,
la liqueur minérale-anodine d'Hufmann, et l'eau de fleur-d'orange.
L'application des vésicatoires aux hypocondres a suffi quelquefois pour enlever le spasme abdominal.
D'après l'histoire que jai donnée de cette maladie, on a remarqué que les phénomènes nerveux se. développaient avec plus d'intensité du II. au 17.° jour s et que quelquefois l'époque n'était
marquée d'une manière positive. A cette époque, Part
devait pas triompher du génie délétère; tout faisait connaître qu'il
fallait venir augmenter les forces de la nature. défaillante, rompre
le défaut d'barmonie du système nerveux, imprimer aux symptômes une marche régulière, et tâcher à produire une terminaison plus favorable.
A cette époque, elle s'accompagnait de symptômes graves,
tels
les spasmes, les convulsions, les soubresauts des tendons,
les que tremblements des mains ; le pouls était faible, concentré;
quelquefois intermittent, la respiration rare, stertoreuse ou singulteuse; le délire morne, silencieux, présentait différents caractères;
avantageux dans les douleurs de tête occasionnces par cette détermination
trop vive du sang vers l'organe cérébral; on remarquait qu'elles excitaient
de la
sur laquelle elles étaient appliune transpiration très-abondante
partie
quées, qui soulageait beaucoup le malade.
que tremblements des mains ; le pouls était faible, concentré;
quelquefois intermittent, la respiration rare, stertoreuse ou singulteuse; le délire morne, silencieux, présentait différents caractères;
avantageux dans les douleurs de tête occasionnces par cette détermination
trop vive du sang vers l'organe cérébral; on remarquait qu'elles excitaient
de la
sur laquelle elles étaient appliune transpiration très-abondante
partie
quées, qui soulageait beaucoup le malade. --- Page 34 ---
(28)
on observait la stupeur de l'ame, des défaillanccs, des cardialgies,
l'affaiblisement des sens, des altérations diverses de la chaleur
animale, des sueurs froides et partielles. Ces symptômes pernicieux
s'élevaient au plus haut degré pendant le redoublement; mais
un d'entr'eux prédominait toujours sur les autres. Souvent le symptôme particulier qui prédominait dans cette fièvre de mauvais
génie, n'était pas essentiel à la maladie, il survenait d'une manière
accidentelle.
J'avais observéque les malades qui avaient antérieurement éprouvé des maladies qui avaient affecté un organe principal, le
symptôme prédominant tirait son origine de l'organe qui avait
été sujet à l'affection maladive.
La plaie était altérée dans sa consistance et dans sa couleur:
elle devenait tantôt noire, tantôt molle et livide; si elle n'était
pas affectée d'un prompt dessèchement, elle se couvrait d'une
matière séreuse, fluide, grise, cendrée ou verdâtre, exhalant une
odeur infecte. Ces effets généraux et constants' me servaient à
mesurer la malignité de la maladie.
Tout annonçait donc qu'il etait instant de détruire le principe
malin qui frappait spécialemeot le système neryeux; de fixer le
redoublement futur, dont les suites pouvaient être funestes, et
d'avoir recours au quinquina. Le moindre délai dans l'exhibition
de cette écorce, était quelquefois irréparable. Le temps de la rémission a été fixé pour Son administration : jen'ai pas besoin d'accumuler les autorités, quand les faits parlent hautement pour cette
méthode.
L'action du quinquina était d'autant plus énergique, qu'une
plus grande partie de cette substance étail administrée dans un
temps plus court. La première dose du febrifinge était telle,
je pouvais établir une confiance raironnable sur son cflicacité; que
car les suivantes, quoique données avant son invasion, se
chaient souvent trop de lui, pour que je pusse compter sur rappro- leur
action, L'expérience m'a appris que, jusqu'à un certain point,
cette
méthode.
L'action du quinquina était d'autant plus énergique, qu'une
plus grande partie de cette substance étail administrée dans un
temps plus court. La première dose du febrifinge était telle,
je pouvais établir une confiance raironnable sur son cflicacité; que
car les suivantes, quoique données avant son invasion, se
chaient souvent trop de lui, pour que je pusse compter sur rappro- leur
action, L'expérience m'a appris que, jusqu'à un certain point, --- Page 35 ---
-
(29)
la dose suppléait au temps; plus l'intervalle du temps était court,
plus-la dose devait être grande. C'est à l'immortel Torti que nous
devons la découverte de cette précieuse loi.
D'après ces principes,je partageais une once de quinquina rouge;
la première prise, ou celle que je donnais dans le temps le plus
éloigné du redoublement, était la plus forte. Ensuite je donnais
le reste en portions successivement décroissantes, et dans un intervalle plus ou moins grand, selon la nature de la maladie, et
la distance réciproque des redoublements.
Différentes circonstances paraissaient solliciter le mélange de
certaines substances qui semblaient accroitre son énergie.
Si les redoubiements se développaient avec trop de prostration,
sueurs froides, faiblesse et lenteur du pouls $ je combinais la valériane avec le quinquina ; d'autres.f fois, j'ai administré, sous le même
rapport, le quinquina marié avec la serpentaire dé Virginie dans
du vin généreux.
Quelquefois le quinquina rencoptrait des contradictions tellement
puissantes, par l'irritation gastrique qu'il faisait naître ou qu'il
accroissait, que je me voyais, pour ainsi dire, forcé d'y renoncer.
Je tâchai de vaincre cet obstacle apparent, et, de détruire cette
sensation insolite de l'estomac. Je combinai le quinquina avec l'o-.
pium gommeux et la thériaque. Je me comportai, de même, lorsque le ventre était trop libre; quand, malgré cette précaution, le
malade continuait à le rejeter, la prudence m'invitait à l'essayer en
décoction, en forme d'apozème. Si, administré sous cette forme,
il excitait encore le vomissement, je le prescriyais en extrait;) j'ordonnais une mixtion composée avec lextrait de quinquina, le suc
de limon, le sel d'absynthe, l'eau de tleur-d'orange, de mélisse,
et les gouttes d'éther sulfurique. Quand ces différentes préparations ne pouvaient pas être employées avec avantage, j'avais recours
aux lavements préparés avec l'écorce du Pérou : ils furent le plus
souvent sans effet.
L'application des vésicatoires comme excitants, placés sur dif-
j'ordonnais une mixtion composée avec lextrait de quinquina, le suc
de limon, le sel d'absynthe, l'eau de tleur-d'orange, de mélisse,
et les gouttes d'éther sulfurique. Quand ces différentes préparations ne pouvaient pas être employées avec avantage, j'avais recours
aux lavements préparés avec l'écorce du Pérou : ils furent le plus
souvent sans effet.
L'application des vésicatoires comme excitants, placés sur dif- --- Page 36 ---
(30 )
férentes parties du corps, était très-avantageuse : ils aidaient à re.
lever les forces de la nature, et à augmenter ou favoriser i'action du quinquina. Quelquefois le principe délétère développait
des phénomènes nerveux d'un bien mauvais présage, tels que le
rire sardonique et le hoquet. Je donnais, dans cette circonstance,
au, malade un bol composé avec le camphie, le nitre et le musc.
Si le boquet était presque continuel, je faisais appliquer sur le
creux de l'estomac un épithème préparé avec la thériaque, le
camphre et le musc, ou un vésicatoire, s'il résistait aux autresmoyens. L'assoupissement ou le délire comateux remplacait souvent ces
phénomènes nerveux; l'application d'un vésicatoire à la nuque fut
presque toujours suivie de succès.
Lorsque cette.maladie se rapprochait dela fièvre ardente, ,etqu'elle
était accompagnée d'altération et de chaleur brûlante à la peau,
de sécheresse à la langue, de difficulté d'uriner, de tension, d'élévation des hypocondres et des symptômes pernicieux, le quinquina,
au lieu d'être utile, aggravait la maladie.
Placé entre ces deux écueils redoutables, je ne pouvais que pré-.
le plus communément, l'issue funeste de cette double affecvoir, tion. Réduit à faire une médecine de symptômes, je combattais alternativement celle des deux affections dont la marche devenait
plus rapide et plus alarmante. Mais comme elles étaient d'une nature essentiellement opposée, le traitement, pour l'uned'elle, exaspérait les accidents de l'autre, et mes secours devenaient quelquefois impuissants.
Il arrivait de là que ce remede héroiqne perdait son action spécifique. On ne peut nier que 1 quoiqu'il soit doué d'une action vésuivant les cas dans lesquels il est
ritable, il ne.. pui-se produire,
employé, des effets absolument contraircs.
Forcé de Pabandonner,je me contentais d'employer une méthode
de traitement plus tempérante.
acidulécs
J'ordonnais des boissons adoucissantes, ou des limonades
fois impuissants.
Il arrivait de là que ce remede héroiqne perdait son action spécifique. On ne peut nier que 1 quoiqu'il soit doué d'une action vésuivant les cas dans lesquels il est
ritable, il ne.. pui-se produire,
employé, des effets absolument contraircs.
Forcé de Pabandonner,je me contentais d'employer une méthode
de traitement plus tempérante.
acidulécs
J'ordonnais des boissons adoucissantes, ou des limonades --- Page 37 ---
X
(3:) )
les acides végétaux ; des petites prises de crême de tartre
avec
le nitrate de
des pillules faites avec la poudre
mariées avec
potasse; lavements rafraichissants rendus légèretempérante de Sthall; des'
laxatifs
la mélasse, les feuilles de médicinier. (Liatropha
ment
par le tamarin, les sels neutres, et les frictions faites
carcas , LINN.),
des citrons ouverts. Les bains
sur toutes les parties du corps avec
aidèrent plusieursfois à enlever l'éréthisme.Je passais aux évacuants
combinés avec les toniques, lorsque le spasme avait disparu, que
la peau était moite, et que la langue était humectée.
la
Lorsque les signes d'irritation dissipés étaient remplacés par
prostration des forces et la tendance à l'adynamie, qu'il survenait
considérables du nez, de la bouche, du fondes hémorrhagies trop
des plaques violettes,
dement ou des parties de la génération.,
semblables à des meurtrisire.jemplayta le quinquina en extrait
les fleurs et racines d'arnica - montana, , la seret en décoction,
T'élixirde vitriol, les acides minéraux; à l'exempentaire de Virginie,
les donnais à fortes doses, calculant
ple de Tissot, d'Huzham, je
toujours la quantité du remède à l'intensité de la maladie.
Les cordiaux, dont le vin est peut- être le premier, étaient emcomme des remèdes très-puissants dans l'état extrême d'abatployés des forces. Souvent il ranimait la flamme vitale, lorsqu'elle
tement
était prête à s'éteindre. Lorsque tous ces moyens ne redonnaient
pas à la nature son énergie, j'avais recours aux vésicatoires applidifférentes
du
comme rubéfiants et excitants.
qués sur
parties corps,
Cependant je suis forcé de convenir que lorsque la maladie parvenait à ce degré d'adynamie, le traitement n'offrait souvent qu'impuissance et secours indirects contre cette affection.
La maladie terminée, il ne s'agissait plus que de prévenir les
rechutes.
Les purgatifs furent avantageusement employés à cette-époque,
lorsque des signes évidents annonçaient la présence d'un reste de
matière saburrale, qui aurait pu devenir' le foyer d'une nouvelle
infection ou la cause d'une rechute.
ie parvenait à ce degré d'adynamie, le traitement n'offrait souvent qu'impuissance et secours indirects contre cette affection.
La maladie terminée, il ne s'agissait plus que de prévenir les
rechutes.
Les purgatifs furent avantageusement employés à cette-époque,
lorsque des signes évidents annonçaient la présence d'un reste de
matière saburrale, qui aurait pu devenir' le foyer d'une nouvelle
infection ou la cause d'une rechute. --- Page 38 ---
(33) )
Dans les affections nerveuses, ou les maladies dans
le
systènie sensitif. a été vivement affecté
lesquelles
par quelque cause
l'estomac. ressent une telle impression,
irritante,
saburrale qui les
que souvent la congestion
accompagne ne subit qu'une coction
Comine la nature ne peut établir un ordre de
imparfaite.
puissants pour chasser le principe
mouvements assez
est nécessaire d'avoir
qui pourrait les renonveler, il
recours à ces remedes. Hipporrate en recommandait l'emploi, lorsque la crise était imparfaite, et qu'il était
demeuré dans l'économie animale quelque partie de la matière
morbifique.
Souvent, quoique le stimulus des nerfs fût détruit ou émoussé,
l'habitude qui leur avait été imprimée faisait que l'affection neryeuse revenait, quoique, la cause stimulante fût écartée, Dans ce
cas 7 le quinquina et les amers farent les correctifs de l'irritabilité.
des nerfs, et le temps amenait la désuétude.
J'ai vu plusieurs fois que les malades conservaient un état
que dans leurs convalescences,
léthargilorsque, > dans leur maladie, ils avaient
été atteints de l'assoupissement; je ne pouvais enlever cette habitude du système nerveux que par les fortifiants et les analeptiques;
que d'autres ne pouvaient dormir, et que la, faculté du sommeil
leur était rendue, lorsque J'augmentais les forces par une nourriture plus abondante et par l'usage de l'opium.
Les conyalescences furent en général longues et pénibles; elles
étaient une suite naturelle de la maladie et de la profonde
sion qu'elle avait portée sur le système,
impresLe régime diététique était proportionné à la violence, à l'affaiblissement radical des forces du système vivant, à l'âge, au tempérament, et à T'habitude que les malades avaient contractée.
Il était essentiel de leur faire observer une.grande sobriété;
pour
peu qu'ils s'écartassent de cette règle, ils couraient risque de tomber dans des rechutes plus difficiles à guérir que la maladie
mitive.
priLes boissons vineuscs, les doux cordiaux, les analeptiqucs étaicht --- Page 39 ---
(33)
j'ordonnais lesbouillons au riz, aux herbes, les
tour à tour utiles;
aromatisées par la canelle, les
crêmes de riz à l'eau, au sagou,
l'ébullition, à létat
bouillons des substances animales parvenues, par
si les foices augmentaient,
de geléc, arrosée par le suc de citron;
bonne
je pasfût peu abondante et de
qualité,
que la suppuration substantiels, mais d'une digestion plus facile.
)
j'ordonnais lesbouillons au riz, aux herbes, les
tour à tour utiles;
aromatisées par la canelle, les
crêmes de riz à l'eau, au sagou,
l'ébullition, à létat
bouillons des substances animales parvenues, par
si les foices augmentaient,
de geléc, arrosée par le suc de citron;
bonne
je pasfût peu abondante et de
qualité,
que la suppuration substantiels, mais d'une digestion plus facile. sais aux aliments plus
les puissants. Je le regarLe vin m'a paru être un des toniques plus de l'estomac, l'aliment le
dais comme le régénérateur des forces
plus propre à avancer la convalescence. diminuer et arrêter la contagion. Moyens que P'employai pour
d'entretenir,
forcé d'éviter, l'encombrement de Phôpital,
Je fus
des salles; d'établir,au moyen
autantqu'il était posible,la propreté
renouvelait continuelledes ventilateurs, une circulation d'air qui
recours à tous les
ment celui qui était infecté; d'avoir encore
sur lesquels le
la chimie moderne a fait connaître,
moyens que
des armées a publié une instruction Si utile;
conseil de santé
a. si bien apprécié et développé;
secours que M. Guyton-Moneau des personnes qui demeuraient,
de faire laver exactement le corps
du suc de citron. exposées à Tinfection,. avec l'eau tiede chargée lorsqu'elles commenCette précaution était surtout avantageuse, de la maladie. Je
caient à ressentir les symptômes avant-coureurs alarmes précèdent toules invitais d'opposer une ame forte aux
qui
aux
d'un mal dont la gravité se proportionne
jours T'appréhension
terreurs qu'il inspire. de la maladie. Pansement des plaies compliquées
est une des plus propres à distinguer
La doctrine des pansements
le hasard peut faire:
de T'empyrique 2
le chirurgien dogmatique
vrai chirurgien qui soit
heureuse : mais il n'y a qu'un
une cure
les 'connaissances nécessaicapable d'apporter dans ses pansements et à différencier les complicares, qui le rendent apte à connaître
éprouver les affections
tions et les variations délicates que peuvent
externes. --- Page 40 ---
(34)
Le chirurgien qui ne distingue
ment ne doit être employée pas que telle méthode de traitecontredira pas les
que lorsqu'il sera assuré qu'elle ne
principes et les
pourra se promettre que des succès opérations de la nature, ne
heureux. incertains et des résultats malL'oubli de ces préceptes fait le
de Magatus, dans
sujet des réflexions
son excellent
judicieuses
plaies. ouvrage sur les pansements des
Chargé de la direction du service
après avoir eu des notions
chirurgical de T'hopital Bel-Air,
et sur l'influence
assez étendues sur lépidémie
qu'exercait la fièvre rémittente
régnante,
plaies, je ne tardai pas à
pernicieuse sur les
de ces affections externes m'apercevoir que le traitement curatif
surune fausse analogie, n'était pas raisonné, et n'était fondé que
persuasion que les
Plusieurs officiers de santé avaient la ferme
exigeaient le même gangrènes étaient de même nature, et
nait à une
traitement.
fluence
assez étendues sur lépidémie
qu'exercait la fièvre rémittente
régnante,
plaies, je ne tardai pas à
pernicieuse sur les
de ces affections externes m'apercevoir que le traitement curatif
surune fausse analogie, n'était pas raisonné, et n'était fondé que
persuasion que les
Plusieurs officiers de santé avaient la ferme
exigeaient le même gangrènes étaient de même nature, et
nait à une
traitement. Au moindre
qu'elles
plaie, effet ordinaire de la fièvre changement qui survene voyaient qu'un commencement de
qui la compliquait, ils
alors les remèdes réputés
pourriture : ils employaient
quina, la térébenthine, les capables d'arrêter la putridité : le quinun triomphe certain, ignorant spiritueux, semblaient leur promettre
sur ces affections externcs. peut-être l'influence de la maladie
alarmés par les symptômes Etonnés de l'insuffisance deleur méthode,
passaient, pour la
pernicieux que prenait cette fièvre, ils
de quinquina. traiter, aux potions camphrées et à la décoction
le génic
Comme ces moyens étaient insuffisants
délétère, le malade ne tardait pas à
pour combattre
Je changeai le mode curatif qui était
succomber. ne pouvait espérer un changement
établi, et démoatrai qu'on
que lorsque l'on aurait détruit Ja avantageux maladie dans l'affection locale,
les gangrènes n'étaient pas dela même
qui la compliquait; que
pas à la même altération du
nature, et qu'ellesne tenaient
mes observations
système de l'économie
me portaient à croire
animale; que
guer: : en putrides, celles qui
qu'on pouvait les distintenaient à la dissolution des humeurs;
changement
établi, et démoatrai qu'on
que lorsque l'on aurait détruit Ja avantageux maladie dans l'affection locale,
les gangrènes n'étaient pas dela même
qui la compliquait; que
pas à la même altération du
nature, et qu'ellesne tenaient
mes observations
système de l'économie
me portaient à croire
animale; que
guer: : en putrides, celles qui
qu'on pouvait les distintenaient à la dissolution des humeurs; --- Page 41 ---
(35)
ou d'iritation des nerfs;
à un état d'exaltation
et en nerveuses,
ordinairement les inflammations bilieuses.
celles- ci accompagnaient
leur traitement les antiseptiques
Les premières demandaient pour les calmants et les anti-spasmodiJes plus actifs; et les secondes;
exclusives de traiteToutes les méthodes
ques les plus puissants:
comme en médecine. Les cirment sont dangereuses en chirurgie trouver le corps vivant, doivent
constances dans lesquelles peut se des règles qui ne peuyent pas
apporter des modifications, et dicter
être toujours les mêmes. rassemblai mes observations: ; j'en fis de
D'après ces données, je
m'assurer de la vérité des
nonvelles, en assez grand nombre, pour
et de bien distinguer
faits principaux; je tâchai de les généraliser, n'étaient qu'accessoires au
ceux qui étaient cssentiels, de ceux qui les liai ensemble, confirmaj
considérais; ensuite, je
sujet que je certains points équivoques, par des expériences,
ou déterminai
devait me guider dans le traitement des
et formai. le plan qui
rémittente pernicieuse.
plaies compliquées de la fièvre
Lorsque la plaie était dérangée parla fièvre remitente,lVéubbsnik qui traite de son intracés à Particle
un ordre de phénomènes quejai
et Tinflammation, qui
fluence. La douleur, la tension, T'engorgement les nuances variées qu'elle .
parvenaient avec célérité à leur apogée, étaitt troublée dans ses fonctions, et
prenait annonçaient quel la nature de mouvements harmoniques, proqu'ellene pouvait établir un ordre délétère. Comme cetteaffection locale
pres à vaincre l'action du génie
avec la pourriture d'hôpin'avait que des rapports tres-indirects
les spiritueux, furent
tal, les anti-putrides, tels que le quinquina, succès les émollients,
éloignés pour la combattre. J'employai avec dans
j'avais fait
les bains locaux, la teinture de safran, de la laquelle charpie mollette,
digérer l'opium. Elle était recouverte par
faites sur
imbibée de laudanum; les frictions huileuses camphrées, furent suivis de
le membre lésé, ou aux environs de la plaie, étant à charge à la
grands avantages. Les pansements fréquents des appareils caulimpreseion de l'air, et le renouvellinent
nature,
les bains locaux, la teinture de safran, de la laquelle charpie mollette,
digérer l'opium. Elle était recouverte par
faites sur
imbibée de laudanum; les frictions huileuses camphrées, furent suivis de
le membre lésé, ou aux environs de la plaie, étant à charge à la
grands avantages. Les pansements fréquents des appareils caulimpreseion de l'air, et le renouvellinent
nature, --- Page 42 ---
- : 36 )
saient toujours des irritations qui
veux.
ajoutaient aux phénomènes nerIl était rigoureusement nécessaire de faire
local avec celui de la fièvre.
coincider le traitement
Tels sont les moyens que mon observation
de celle des grands praticiens, m'a fait
particulière, étayée
fièvres rémittentes. Les succès
opposer à la marche de ces
verent la validité de ma méthode nombreux de
que j'obtins, me prouIl m'aurait été facile de
traitement.
grand nombre d'observations rapporter à la fin de ce. mémoire un
fournies. Cest par réflexion que mon expérience personnelle m'a
que je m'en suis abstenu. Les
particulières ne prouvent que ce qu'on veut leur observations -
et par-là même ne le prouvent jamais
faire prouver,
decine l'on veut établir des.
suffisamment. Lorsqu'en mévérités,je crois
sur l'expérience générale. C'est à ce témoin qu'on les doit appuyer
qu'il est vraiment
que j'en appelle, parce
ment le
irrécusable, et que tout le monde peut facileconsulter; au lieu que l'observation
été, ou mal faite ou mal jugée,
particulière peut avoir
force de celui qui la
c'est-à-dire, qu'elle tire toute sa a
général très-peu. à rapporte, et, par conséquent, elle ajoute en
l'opinion de l'observateur. --- Page 43 ---
S -
(37)
APHORIS MI HIPPOCRATIS,
I.
Qui validis febribus decumbunt; ; his non antè febris remissionem
pharmacum dare oportet, De purg., sect. XX.
t..
I I.
Quibus quidem benè ac large sanguis per nares erupit, per hoc
maximè servabantur, et nullum novi qui in hâc constitutione mortuus esset, si recte ipsi sanguis profluisset. De morb. pop. lib. I.
III
Quibus in febribus morbus regius septima, aut nonâ, aut decima
quartâ die accedit, bonum, si non praecordium dextrum durum fiat;
sin minus, non bonum. Aph. LXIV.
V I.
Quae judicantur, et judicata sunt integrè, neque movere oportet,
neque novare, neque medicamentis, neque aliis irritamentis, sed
sinere. Aph. 20, sect. I.
V.
Si quis in laboriosa febre singultiat vel obtupescat, morbo laborat pessima. Coac. pranot. lib. I, sect, 17.
V I.
Quibus in febribus ardentes tremores facti fuerunt, mentis emotio solyit, Lib, FI, aph, 26. --- Page 44 ---
(38-)
VII
Caput autem et manus et pedes, si frigida sunt, malum est; ubi
venter et latera calida sunt, Progt. 22,° 8.
so
VIII
In morbis acutis extremarum partium frigus, malum. Lib. FII,
apl. sect. I.
I
opil
o0
Fa
Anbeb 308 Turos tirs
a mcat nud D 81(
0 vane
- stoi 1Er
bum inaar dzi aiile orges
L3L
-01 ebor wongradol
bie F grisl mloinl
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I
V
cE Sts,lamnl io nutiemotil aotio sls :
Op HUr
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In morbis acutis extremarum partium frigus, malum. Lib. FII,
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V
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R459
1-312E --- Page 48 ---
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-
dans j'avais fait les bains locaux, la teinture de safran, de la laquelle charpie mollette,
digérer l'opium. Elle était recouverte par faites sur imbibée de laudanum; les frictions huileuses camphrées, furent suivis de
le membre lésé, ou aux environs de la plaie, étant à charge à la grands avantages. Les pansements fréquents des appareils caulimpreseion de l'air, et le renouvellinent
nature, — Page 42 —
- : 36 ) saient toujours des irritations qui veux. ajoutaient aux phénomènes nerIl était rigoureusement nécessaire de faire
local avec celui de la fièvre. coincider le traitement
Tels sont les moyens que mon observation de celle des grands praticiens, m'a fait particulière, étayée fièvres rémittentes. Les succès opposer à la marche de ces verent la validité de ma méthode nombreux de que j'obtins, me prouIl m'aurait été facile de traitement. grand nombre d'observations rapporter à la fin de ce. mémoire un fournies. Cest par réflexion que mon expérience personnelle m'a que je m'en suis abstenu. Les particulières ne prouvent que ce qu'on veut leur observations - et par-là même ne le prouvent jamais faire prouver, decine l'on veut établir des. suffisamment. Lorsqu'en mévérités,je crois sur l'expérience générale. C'est à ce témoin qu'on les doit appuyer
qu'il est vraiment que j'en appelle, parce ment le irrécusable, et que tout le monde peut facileconsulter; au lieu que l'observation
été, ou mal faite ou mal jugée, particulière peut avoir force de celui qui la c'est-à-dire, qu'elle tire toute sa a général très-peu. à rapporte, et, par conséquent, elle ajoute en l'opinion de l'observateur. — Page 43 —
S -
(37)
APHORIS MI HIPPOCRATIS,
I.
Qui validis febribus decumbunt; ; his non antè febris remissionem
pharmacum dare oportet, De purg., sect. XX. t..
I I.
Quibus quidem benè ac large sanguis per nares erupit, per hoc maximè servabantur, et nullum novi qui in hâc constitutione mortuus esset, si recte ipsi sanguis profluisset. De morb. pop. lib. I.
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Quibus in febribus morbus regius septima, aut nonâ, aut decima quartâ die accedit, bonum, si non praecordium dextrum durum fiat;
sin minus, non bonum. Aph. LXIV.
V I.
Quae judicantur, et judicata sunt integrè, neque movere oportet, neque novare, neque medicamentis, neque aliis irritamentis, sed sinere. Aph. 20, sect. I.
V.
Si quis in laboriosa febre singultiat vel obtupescat, morbo laborat pessima. Coac. pranot. lib. I, sect, 17.
V I.
Quibus in febribus ardentes tremores facti fuerunt, mentis emotio solyit, Lib, FI, aph, 26. — Page 44 —
(38-)
VII
Caput autem et manus et pedes, si frigida sunt, malum est; ubi venter et latera calida sunt, Progt. 22,° 8. so
VI
In morbis acutis extremarum partium frigus, malum. Lib. FII, apl. sect. I.
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